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Observations sur la faune benthique du bief de Song Loulou après traitement à la permetrhrine

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PROGRAIVTME DE LTJTIE CONTRE L'ONCHOCERCOSE ONCHOCERCIASI§ CONTROL PROGRAMME EN AFRIQUE DE UOUEST IN WEST AFRICA GROUPE ECOLOGTQUE Quinzième Session Bouaké. 3l ianvier - 4 février 1994 ocP/vcu /HYBto/94.3 ORIGINAL: Français flr$ÿ, 3 ,7, oBSERVATTONS SL,R r FAIJNE BENTHTQUE DU BrEF DE SONG rot rOU APRES TRAITEMENT A I"A PERMETHRINE (F.M. Gibon, 1990) I-e secteur de Song-Loulou sur la Sanaga fait l'objet depuis quatre ans de traitements hebdomadaires antisimulidiens à la perméthrine (avec occasionnellement des périodes d'intemrption). Deux couftes missions y ont été réalisées afin d'y observer, dans la mesure du possible, les effets de ces campagnes sur la faune entomique non-cible. En face d'une telle situation, les méthodes habituellement utilisées par OCP n'offrent que peu d'intérêt, ceci pour deux raisons: - il ny a aucune donnée disponible sur l'état avant traitement; - elles imposent la récolte de longues séries de mesure et, de ce fait des visites répétées sur le site. I-a seule possibilité que nous avions était d'utiliser à tire de référence une zone de rapides située en amont du pont de Sakbayémé, qui est [e premier des points de traitement. Nous avons utilisé plusieurs approches, deux d'entre elles ont fourni des résultats exploitables, l'une quantitative, la recherche d'un microbiotope comparable sur les deru sites, l'autre qualitative mais susceptible de fournir un indice de la richesse biologique du bief étudié : le piège lumineur 1. APPROCHE QUANTITATM 1.1. Méthodes Il est délicat de comparer entre elles les faunes de deux zones de rapides. L'expérience acquise enAfrique de l'Ouest montre que la mesure des indices de dérive, par exemple, est inutilisable (elle donne des résultats variables entre deux points d'un même site). L'utilisation de substrats artificiels est la méthode qui conviendrait le mieux à cette situation, mais, outre son côté aléatoire, elle est longue à mettre en oeuwe. Nous avons donc cherché un microbiotope pour lequel les différences observées ne seraient pas trop influencées par des variations de vitesse du courant, de profondeur, de nature ou de rugosité du substrat... Uétude des peuplements des tapis de Tristichia spp. a été choisie parce que les conditions nécessaires à I'installation et au développement de ces végétau:q garantissent que l'on se situe dans des situations comparables. Avantage supplémentaire, ces biotopes sont colonisés par une faune riche et diversifiée. Sur un plan pratique, nous avons procédé en arrachant plusieurs touffes de ces végétaux sur chaque site. Ces préievements sont choisis a^ssez épais de façon à limiter au maximum les peftes de faune au cours de Ia récolte. C,! 12. Résultats En données exprimées en nombre d'indiüdus par mètre carré, nous observons environ 54.000 ind/r* en zone témoin et environ 44.000 ind/m2 en zone traitée (Figure 1). La différence observée de l8,5Vo n'est ni très importante, ni très significative; car il est extrêmement difficile dans de telles conditions de mesurer le volume réel échantillonné. En revanche, nous mettorrs en évidence la présence sur le bief de Song-t oulou d'une faune entomique relativement abondante. La différence de structure de peuplement entre les deux sites est de plus, particulièrement nette. Sur le bief témoin dominent les Chewnatopsyche, qui constituent plus de la moitié des effectifs, alors qu'ils n'en représentent que moins d'un huitième à Song-Loulou. Bien que les Ephéméroptères ne constituent pas un groupe dominant dans ce §pe de peuplement" on observe en zone traitée une disparition des Tricorythidae, qui s'accompagne d'une forte baisse de la place occupée par les Baetidae. Ces phénomènes s'accompagnent d'un accroissement de l'importance relative des Chironomidae et surtout des Simuliidae. I-e groupe de Chironomes le plus favorisé par ces modifications est celui des Orthocladiinae. Il existe une petite population de $rralidae qui ne paralt pas affectée par les traiternents. Enfin des observations réalisées en différents points de la zone traitée nous ont permis de constater la présence des taxons suivants: Heptageniidae (Ephemeroptera) et I-eptoceridae (Trichoptera). 2. §proche quaütative 2.L. Méthode Nous avons cherché à établir des inventaires faunistiques détaillés pour un groupe test. I-es Trichoptères ont été choisis pour plusieurs raisons dont nous rappelons les principales: 1. Ils constituent un élément majeur des biomasses benthiques dans les zones de fort courant, souvent le plus important. Leurs effectifs sont généralement élevés (des densités de plusieurs centaines de milliers d'individus par mètre carré ont parfois été cpnstatées), et ce sont des insectes de taille relativement grande. 2. Ils comprennent le principal groupe de prédateurs des larves de Simuliurn darnnosum s.l, or, lors des campagnes de lutte, les prédateurs sont la priorité de toute surveillance écologique. De nombreux exemples, dans le domaine agricole, montrent que les prédateures sont beaucoup plus lents que les groupes cibles à réapparaitre et à consituer leurs populations lorsque les traitements sont arrêtés. Il s'ensuit généralement une nuisance accrue. 33. Ils ne sont pas inféodés à une ressource alimentaire ou à un biotope partianlier, mais, au contraire, sont représentés par un grand nombre d'espèces qui colonisent un large évantail de tlpes de substrats, de profondeurs et de vitesses d'écoulement. Ils présentent des régimes alimentaires et des modes de récolte de la nourriture variés (on y rencontre des prédateurs, des filtreurs, des brouteurs, etc.). Cette diversité des localisations dans la rivière, ainsi que des modes de vie nous permet de supposer cet ordre susceptible de révéler un impact des traitements en dehors des milieux directement üsés, ou à différents niveaux de réseaux trophiques. Dans l'état actuel des connaissances, seule l'é,ude des imagos pennet une approche faunistique précise, c'est-àdire spécifique, et I'utilisation de pièges lumineux est la seule qui permettent d'obtenir des résultats en quelques jours sur le terrain; les chasses au filet dans la végétatioq les pièges d'émergence ou d'interception ne fournissent que des résultats partiels. Sur un plan pratique, quatre sites d'étude ont été choisis, deux sur le bief traité et deux en amont. Deux prélèvements ont été réalisés sur chaque station à l'aide d'un éclairage en lumière noire et d'une lampe de type "lumogaz". 2.2. Résultats Quarante deux espèces ont été capturées et répertoriées, leur présence sur les quatres sites étudiés est consignée sur le tableau 1. On peut estimer que cette liste représente assez bien la faune de ce secteur de la Sanaga Il y a évidemment une certaine variabilité due à la station (le site À par exemple est pauwe en Hydroptilidae, ce qui est dt aru( caractéristiques du milieu et non aux effets des traitements, puisque le site B est plutôt riche). Ia seule différence nette qui apparaisse entre les deux séries est l'absence de Chimana sur le bief traité. Ce genre, dont les larves colonisent les zones de fort courant, est connu pour sa sensibilité à certains insecticides (notamment le Téméphos). En revanche, on remarquera que les principau prédateurs des Simulies (deux espèces de Cheurnatopsyche) présentent des effectifs très élevés sur les deux zones. 3. Discussion Si l'on raisonne en termes de présence/absence, I'effet des traitements à la perméthrine se marquerait, sur l'ordre des Trichoptères par la disparition des Philopotamidae (représenté sur ces riüères par le seul genre Chimana). Cela constitue une perte de richesse faunistique, qui peut être estimée relativement faible. I-es modifications de la structure du peuplement sont remarquables. Elles confirment quelques éléments que nors connaissions déjà. La disparition des Tricorythidae sur la zone traitée est un phénomène attendu, il est toutefois utile de la signaler, car certains essais réalisés par OCP ont lieu sur des cours d'eau ou ce groupe s'est considérablement rarefié à la suite de traitements antérieurs au Téméphos ou au Chlorphoxim (le Sassandra, par exemple). Yaméogo (1986) signale en outre un très fort impact sur les Baetidae que nous vérifions à Song-L,oulou. Il faut cependant "remarquer que des populations se maintiennent sur le secteur traité. On observe une situation analogue pour les Cheumatopsyche. Cependant l'intérêt principal de ces observations est de révéler un impact plus faible que celui que l'on pouvait craindre en extrapolant les effets à court et moyen terme observés en Afrique de I'Ouest. )En effet, la synthèse sur les effets à moyen et court terme de la Perméthrine Talcord (Yaméogo, 1986) conclue que seuls les Chironomidae/Chironomini se sont maintenus. Or l'on s'aperçoit à Song-Loulou, après deux années de traitements, que les effets à long terme ne sont pas plus graves que ceux causés par les insecticides organophosphorés. Il y a dong soit un problème de traitement sur la Sanag4 soit une "atténuationn de l'impact écologique de la Perméthrine au fur et à mesure de son utilisation. Ce phénomène ne serait pas limité à la Perméthrine, des observations similaires ont été réalisées lors de I'emploi du Chlorphoxim et les premiers essais en rivière ont eu des effets beaucoup plus marqués (Dejoux et aL, 1981), que les suivants (Dejoux et aI, 1982). Une explication possible est l'occupation des "niches écologiques" des espèces qui disparaissent par des formes voisines, moins sensibles à l'insecticide employé, qui étaient soit absentes des écosystèmes étudiés soit présentes à des densités trop faibles pour être mise en évidence. Cela a été observé sur les Simulies de la Marahoué (Elouard et Gibory 1985). Il est possible que de tels phénomènes se produisent également chez les Cheumatopsycltc, à Song-Loulou, les espèces de la zone traitée sont bien les mêmes que celle de la zone témoin. Il faut dong au moins pour ce groupe rechercher d'autres explications. Il est possible que la sensibilité des populations diminue. 5TABLEAU 1 : Espèces capturées au piège lumineux (effectifs, mâles uniquement, suivant I'indice suivant 1= 1 ind; 2=2 à 5 ind; 3 =5 à 20 ind; 4=2Ç à 100 ind;S=plus de 100 ind) Traité Traité Non traité Non traité HYDROPSYCHIDAE Aethaloptera dispar 3 3 Protomacronema sp. 3 4 Cheumatopsyche gibbsi 5 5 Cheumatopsyche sedasciata 5 5 PHII-OPOTAMIDAE Chimarra camerunensis Chimarra sp. C2 ECNOMIDAE Ecnomus gerus Ecnomus ulmeri Ecnomus sp. C1 Ecnomus sp. C2 Psychomyiellodes tropicus Psychomyiellodes sp. C2 Psychomyiellodes sp.C3 POLYCENTROPODIDAE Pseudoneurecüpsis sp. Cl Pseudoneureclipsis sp. C2 Nyctiophilax occidentalis FTYDROPTILIDAE Orthotrichia sp. C1 Orthotrichia sp. C2 Orthotricüia sp. C5 Hydroptila jeannae Catoxyethira veruta Catoxyethira sp. C6 C;atoxyethira sp. C2 Ugandatrichia yameogoi LEPTOCERIDAE Ceraclea squamosa Ceraclea hexaspinata Ceraclea cf. corbeti Ceraclea longispina Ceraclea sicula Athripsodes caeruleatus Athripsodes sp. Cl Athripsodes sp. C3 Athripsodes sp. C4 Setodes baccata Trichosetodes sp. Cl Parasetodes cf. sudanensis Hemileptocerus sp.A Oecetis sp. Cl Oecetis sp.C3 Setodellina sp. CB Setodellina sp. CA Setodellina sp. CC Richesse spécifique 4 3 5 5 2 1 3 1 3 3 2 2 2 3 3 3 2 4 2 5 5 2 2 1 2 2 3 4 4 1 2 2 2 2 3 2 3 3 2 2 4 2 4 2 1 3 1 4 2 2 3 I I 2 2 3 2 2 I 1 2 3 2 1 1 2 2 2 3 1 4 4 2 3 2 3 2 3 3 3 3 4 1 2) 2 2 2 2 1 3 4 2 3 2 2 J 2 2 3122 31 26 BICF NON T'RAME BIEFTRAITE I I CIIEUMATOPSYCIIE A 2 SIMULIIDI\E EI 3 ORT}IOCIADIINAE A 4 cnlRoNoMtNr O 5'r^Nrr^RstNl E 6 BAETIDAE El z rRrcoRrrutD^E E 8 PYRALIDAE n e DIvERS PEUPLEMENT DES ROCI{ERS A PODOSTEMACEES t000 ri00 f,00 .l()0 200 o 600 400 200 0 Eflf'ectil's récoltés (pour un prélèvement moyen pourcentage des principaux taxons. T'I tIF TRAI TE Figure 1. : sur 30O c*2 ) ct

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