CONFERENCE DES PARTIES A LA CONVENTION-CADRE DE L’OMS POUR LA LUTTE ANTITABAC Deuxième session
A/FCTC/COP/2/DIV/6 5 juillet 2007
Remarques liminaires du Directeur général adjoint
Monsieur le Premier Ministre adjoint, Mesdames et Messieurs les Ministres, Excellences, Dr Samlee, Mesdames et Messieurs, Au nom du Dr Margaret Chan, Directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé, j’ai le grand plaisir de vous accueillir à la deuxième session de la Conférence des Parties à la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac. Pour nous qui travaillons à l’OMS, c’est un événement historique. C’est la première fois depuis la fin des années 60 qu’une réunion d’un organe directeur de l’OMS se tient en dehors de Genève. Comme vous pouvez l’imaginer, les hôtels et restaurants de Genève n’en sont pas très contents ! Mais nous sommes très heureux et reconnaissants que le Gouvernement thaïlandais ait accepté d’organiser cette réunion, avec toutes les joies et les soucis que cela entraîne. A de nombreux égards, la tenue de cette Conférence ici, à Bangkok, est très appropriée. Depuis plus de vingt ans, la Thaïlande a été une source d’inspiration et a joué un rôle de premier plan dans de nombreux domaines de la lutte antitabac, avec le droit d’accise pour financer la promotion de la santé par le biais de la Thai Health Promotion Foundation ou, très tôt, l’apposition de grandes mises en garde, en gros caractères, sur le conditionnement des produits du tabac, ainsi que l’interdiction de la publicité pour le tabac dans les points de vente. La Thaïlande a joint les actes à la parole et nous sommes fiers de ce pays. Mesdames et Messieurs, nous avons des raisons de nous réjouir. Quand je n’étais encore qu’un jeune homme, il y a de nombreuses années, la cigarette était très à la mode. Presque toutes les stars du cinéma et les célébrités que je connaissais fumaient. Dans le langage d’aujourd’hui, nous dirions que c’était « cool » de fumer. Le cendrier faisait partie de l’ameublement des foyers, des bureaux ; il était dans tous les lieux publics et même dans les voitures. Aujourd’hui, les choses ont bien changé. Dans de nombreuses régions du monde, fumer n’est plus à la mode. Les environnements sans fumée se généralisent, les cendriers disparaissent et les gens ne reconnaissent plus fièrement qu’ils fument. Ce n’est pas arrivé par hasard et le chemin a été ardu pour nous tous. Vous me permettrez donc de saluer votre engagement et celui de tous ceux qui ont participé à cet effort sans précédent pour mettre un terme à cette épidémie mondialisée.
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La semaine dernière, lorsque j’ai dit à un ami, ancien fumeur, que j’allais participer à cette Conférence, il a dit avec surprise : « Je pensais que la bataille était gagnée. On reconnaît désormais qu’il est mauvais de fumer et le tabagisme régresse. Pourquoi continuez-vous à persécuter et à poursuivre en justice l’industrie du tabac ? ». J’ai pensé un instant qu’il était payé par ce secteur (ce qui d’ailleurs ne marche pas avec l’OMS !). Je suis sûr qu’il n’est pas le seul à penser ainsi. Mesdames et Messieurs, aujourd’hui, notre plus grand ennemi dans la lutte antitabac n’est plus l’industrie du tabac, mais le laisser-aller. Les progrès que nous avons faits ne sont pas irréversibles. Il est vrai que l’on compte désormais 146 Parties à la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac et deux autres Etats vont les rejoindre dans les prochains mois, mais il n’en reste pas moins que les lois dans les textes ne sont pas forcément appliquées dans les rues. Il est vrai que le concept d’environnement sans fumée devient populaire, mais il n’en reste pas moins que des millions d’enfants sont exposés chez eux à la fumée des autres. Les travailleurs dans les entreprises petites et moyennes sont eux aussi exposés sur leur lieu de travail. Dans beaucoup trop de pays, les taxes sont encore trop basses pour avoir le moindre effet sur la consommation du tabac. Trop de fumeurs, en particulier dans les pays en développement, n’ont toujours pas les conseils dont ils ont besoin pour arrêter de fumer ou n’ont pas les moyens de se procurer à un prix abordable les produits de sevrage. L’exposition à la fumée des autres conjuguée à la lenteur des progrès dans l’augmentation des prix du tabac et des taxes signifie que les projections, faisant état de plus de 8 millions de décès par an liés au tabac d’ici à 2030, se réaliseront, ce qui sera une tragédie payée au prix fort par les familles et les économies nationales. Comme notre Président nous l’a dit, pour que les progrès accomplis deviennent irréversibles, nous devons agir davantage et je vais reprendre certains des points qu’il a évoqués en rapport avec ce que nous devons faire, en plus de démoder le tabagisme. Premièrement, nous devons le rendre répréhensible. Deuxièmement, nous devons réglementer les produits du tabac. Troisièmement, nous devons faire en sorte que la production du tabac ne soit pas rentable. Je voudrais vous donner quelques explications. Lorsque quelqu’un décide de fumer, il ou elle a non seulement pris consciemment la décision de se tuer mais aussi, consciemment ou inconsciemment, la décision de tuer d’autres personnes par le tabagisme passif. C’est la raison pour laquelle nous devons faire en sorte que le tabagisme soit répréhensible. Nous réglementons les médicaments, même s’ils ont pour objectif premier de redonner la santé. Ils sont réglementés parce que ce qui peut guérir peut aussi tuer. Pourtant, nous ne réglementons pas les produits du tabac qui ont pour effet avéré de tuer la moitié des personnes qui les consomment. Je suis sûr qu’à cet égard, les générations futures ne nous comprendront pas et ne nous pardonneront pas. La lutte contre le tabac ne réussira pas tant que l’industrie du tabac restera un secteur rentable. C’est pour toutes ces raisons que les discussions prévues à cette Conférence sont cruciales. La protection contre l’exposition à la fumée du tabac, la réglementation des produits du tabac, l’arrêt du commerce illicite, l’interdiction des publicités transfrontières, de la promotion et du parrainage et la recherche de cultures de remplacement sont autant de points essentiels pour notre lutte.
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Mesdames et Messieurs, au cours des années vous avez fait preuve d’une autorité et d’un courage exceptionnels, mais la bataille n’est pas encore gagnée. Nous avons besoin de votre persévérance et de davantage de partenariats. C’est à la lumière de ce qui précède qu’à l’OMS, nous nous félicitons particulièrement des efforts croissants de divers partenaires pour garantir une généralisation de la mise en oeuvre au niveau des pays. Je ne doute pas un instant que vos débats vont être animés et passionnés dans les prochains jours. Mais, avant de vous quitter, j’aimerais vous adresser une demande. Pendant que vous débattrez sur les protocoles, directives et autres modèles, l’action doit se renforcer sur le terrain. La Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac donne, sur des bases factuelles, des orientations suffisamment claires sur ce que les pays peuvent et doivent faire dès maintenant. N’attendez pas. AGISSEZ ! Une fois encore, au nom de l’Organisation mondiale de la Santé, je souhaite que cette Conférence soit un grand succès. Kob-koon krap.
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