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Équipements de bronzage artificiel : interventions de santé publique pour la gestion des appareils de bronzage

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CONTACT IRPA : International Radiation Protection Association: www.irpa.net EMAIL : Secrétaire du comité exécutif IRPA: exec.off@irpa.net Secrétariat SFRP : secretariat@sfrp.asso.fr Interventions de santé publique pour la gestion des appareils de bronzage Équipements de bronzage artificiel : Traduction en français de la publication « Artificial tanning devices: Public Health interventions to manage sunbeds » de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) Réalisée par : IRPA International Radiation Protection Association

Interventions de santé publique pour la gestion des appareils de bronzage Équipements de bronzage artificiel : Traduction en français de la publication « Artificial tanning devices: Public Health interventions to manage sunbeds » de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) Réalisée par : IRPA International Radiation Protection Association ÉQUIPEMENTS DE BRONZAGE ARTIFICIEL • INTERVENTIONS DE SANTÉ PUBLIQUE POUR LA GESTION DES APPAREILS DE BRONZAGE © Traduction française : International Radiation Protection Association (IRPA), 2018 Avertissement Les informations contenues dans ce document ont été traduites à partir du document original de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) par la Société Française de Radioprotection (SFRP), avec pour objectif de diffuser les informations qui y figurent. L’IRPA, la SFRP ou leurs membres, ne sont pas tenus responsables quant à l’exactitude, l’exhaustivité ou l’utilité des informations, des appareils, des méthodes ou des procédés mentionnés dans ce document, et leur utilisation ne peut pas violer le droit de propriété privée. L’IRPA, la SFRP ou leurs membres déclinent toute responsabilité concernant l’utilisation ou les dommages résultant de l’usage de toute information, processus, méthodes ou appareils signalés dans le présent document Droits de diffusion Cet ouvrage est disponible sous la licence Creative Commons Attribution-NonCommercial-ShareAlike 4.0 (CC BY-NC-SA 4.0 ; https://creativecommons.org/licenses/ by-nc-sa/4.0). Cette licence vous permet de copier, redistribuer et adapter les travaux à des fins non commerciales, sous réserve que les travaux soient dûment cités, comme indiqué ci-dessous. L’utilisation de ces travaux ne doit en aucun cas suggérer que l’OMS approuve une organisation, des produits ou des services spécifiques. 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Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7 1. 1. Objectif de ce document . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8 1.2. Utilisation des appareils de bronzage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8 1.3. Type de rayonnement émis par les appareils de bronzage . . . . . . . . . . . . 9 2. Conséquences sur la santé de l’utilisation des appareils de bronzage . . . . . . . . . 11 2. 1. Risque de cancer . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12 2.2. Production de vitamine D . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13 2.3. Populations les plus exposées aux risques liés à l’utilisation des appareils de bronzage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14 3. Options politiques pour réduire les risques sanitaires des appareils de bronzage . . . . 17 3. 1. Promouvoir les stratégies d’éducation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18 3.2. Réglementer l’utilisation des appareils de bronzage . . . . . . . . . . . . . . . 20 3.2. 1. Cadres réglementaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20 3.2.2. Interdire les appareils de bronzage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21 3.2.2.1. Interdire tous les équipements de bronzage artificiels . . . . . . . . 21 3.2.2.2. Interdire la location et la vente d’appareils de bronzage à usage domestique 21 3.2.3. Restreindre l’accès aux appareils de bronzage . . . . . . . . . . . . . . 21 3.2.3.1. Interdire les services de bronzage artificiel non surveillés . . . . . . 21 3.2.3.2. Fixer une limite d’âge pour l’utilisation des appareils de bronzage . . . 22 3.2.3.3. Empêcher l’utilisation des appareils de bronzage par les personnes à haut risque . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22 3.2.4. Gérer l’exploitation des appareils de bronzage . . . . . . . . . . . . . . 22 3.2.4. 1. Surveillance et habilitation des établissements de bronzage . . . . . 22 3.2.4.2. Contrôle de l’exposition aux UV . . . . . . . . . . . . . . . . 22 3.2.4.3. Exiger une protection oculaire . . . . . . . . . . . . . . . . . 24 3.2.4.4. Former les encadrants . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25 3.2.4.5. Taxer les séances de bronzage . . . . . . . . . . . . . . . . . 25 3.2.5. Prescrire la communication des risques . . . . . . . . . . . . . . . . . 25 3.2.5. 1. Exiger la fourniture d’informations . . . . . . . . . . . . . . . . 25 3.2.5.2. Interdire le marketing et la promotion des appareils de bronzage . . . 25 3.2.5.3. Exiger l’affichage de notices d’avertissement . . . . . . . . . . . . 25 3.2.6. Garantir la conformité et la mise en œuvre . . . . . . . . . . . . . . . . 27 1 ÉQUIPEMENTS DE BRONZAGE ARTIFICIEL • INTERVENTIONS DE SANTÉ PUBLIQUE POUR LA GESTION DES APPAREILS DE BRONZAGE 4. Discussion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29 4.1. Considérations financières de santé publique . . . . . . . . . . . . . . . . . 30 4.2. Considérations commerciales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30 4.3. Implications pour les droits de l’homme et considérations éthiques . . . . . . . . 30 4.4. Domaines de recherche prioritaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31 Références . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32 Abréviations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37 Glossaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38 Annexe 1. Synthèse des risques sanitaires autres que le cancer . . . . . . . . . . . . 39 A. 1. Peau . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39 A.2. Yeux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39 A.3. Autres effets sur la santé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40 Références . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40 Annexe 2. Exemple de formulaire d’information client (Irlande) . . . . . . . . . . . . 42 2 ÉQUIPEMENTS DE BRONZAGE ARTIFICIEL • INTERVENTIONS DE SANTÉ PUBLIQUE POUR LA GESTION DES APPAREILS DE BRONZAGE Avant-propos Le bronzage artificiel est un phénomène récent. Les appareils de bronzage et autres équipements de bronzage émettant des rayonnements ultraviolets (UV) artificiels ont été développés dans les années 1960, mais ce n’est que dans les années 1980 qu’on a commencé à utiliser des appareils de bronzage en grand nombre. Dans les années 1990, l’industrie du bronzage artificiel a connu une croissance rapide en Europe du Nord, en Australie et en Amérique. Avec une exposition croissante des jeunes, souvent des femmes, aux rayonnements ultraviolets artificiels, les risques pour la santé sont très vite devenus évidents. Le bronzage artificiel est désormais considéré comme un problème de santé publique, responsable d’environ un demi-million de nouveaux diagnostics de cancer chaque année aux États-Unis d’Amérique, en Europe et en Australie. Les preuves attestant d’un lien entre le bronzage artificiel et le risque de cancer de la peau confirment clairement que le risque est le plus élevé chez les personnes exposées très tôt au bronzage artificiel. En 2003, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a réagi à ce défi de santé publique grandissant en publiant un document d’orientation sur la législation en matière de appareils de bronzage, Artificial tanning devices : public health interventions to manage sunbeds. En outre, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) de l’OMS a classé en 2009 l’exposition aux équipements de bronzage émettant des UV (appareils de bronzage) comme cancérogène pour l’homme. Depuis lors, la dynamique s’est développée auprès des décideurs politiques pour réguler l’utilisation des appareils de bronzage. A l’heure actuelle, plus de 40 autorités nationales ou provinciales dans le monde ont mis en place des interdictions ou des restrictions fermes sur l’utilisation des appareils de bronzage. Conformément à l’objectif de développement durable (ODD) des Nations Unies sur la santé et le bien-être pour tous, l’OMS s’engage fermement à réduire la mortalité prématurée due aux maladies non transmissibles, y compris le cancer, au moyen de diverses stratégies de prévention et de contrôle (indicateur ODD 3.4). Ce livret a pour objectif de fournir aux décideurs politiques des informations sur les risques pour la santé liés à l’utilisation des appareils de bronzage, et sur la manière dont certains pays ont abordé ce défi par un certain nombre d’interventions de santé publique. Les gouvernements et les autres parties prenantes ont un rôle clé à jouer dans le traitement et la remise en question des mythes et comportements liés à l’utilisation des appareils de bronzage, souvent chez les jeunes, qui contribuent à augmenter la morbidité et la mortalité tout en n’apportant aucun avantage évident au-delà des résultats cosmétiques. MARIA NEIRA DIRECTRICE À PLACER EN-DESSOUS DE MARIA NEIRA DEPARTEMENT SANTE PUBLIQUE, DETERMINANTS SOCIAUX ET ENVIRONNEMENTAUX DE LA SANTE ORGANISAT ION MONDIALE DE LA SANTÉ 3 ÉQUIPEMENTS DE BRONZAGE ARTIFICIEL • INTERVENTIONS DE SANTÉ PUBLIQUE POUR LA GESTION DES APPAREILS DE BRONZAGE Remerciements Ce document a été préparé par Emilie van Deventer (Département Santé Publique, déterminants sociaux et environnementaux de la Santé) et Craig Sinclair (Cancer Council de Victoria, centre collaborateur de l’OMS pour les rayonnements UV). L’OMS remercie les collaborateurs qui ont fourni assistance technique et soutien : Australian Radiation Protection and Nuclear Safety Agency, Australie (P. Gies, R. Tinker) ; Cancer Council Victoria, Australie (K. Dunstone, A. Nicholson, C. Sinclair) ; Universidad Mayor de San Andres, Bolivie (L. Blacutt) ; Association Sécurité Solaire, France (M. Boniol, JP. Césarini, P. Césarini, JF. Doré) ; Office fédéral de radioprotection, Allemagne (C. Baldermann, D. Weiskopf) ; Office fédéral de la santé publique, Suisse (D. Storch) et Public Health England, Royaume-Uni (M. Khazova, J. O’Hagan). Les contributions au rapport ont été fournies par le biais de consultations auprès d’experts externes dans le cadre du programme INTERSUN de l’OMS. Les contributions reçues des agences des États membres sont grandement appréciées. Elles incluent le ministère fédéral de la Santé et des droits des femmes, Autriche (N. Leitgeb, M. Renhardt) ; le Centre national de santé et d’analyse publique, Bulgarie (M. Israel) ; Health Canada (J. McNamee, S. Qutob), le bureau du Médecin-chef en charge de la santé du Nouveau-Brunswick (S. Hamel), Canada ; l’Autorité sanitaire danoise, Danemark (P. Søgaard Thygesen) ; l’Autorité de sécurité des radiations et nucléaire, Finlande (R. Visuri) ; l’Agence nationale de sécurité sanitaire et de l’alimentation, de l’environnement et du travail, France (J. Fite) ; le ministère fédéral pour la Protection de la nature, les Bâtiments et la Sécurité nucléaire, Allemagne, (B. Keller) ; la Commission grecque pour l’énergie atomique, Grèce (E. Karabetsos), le département de la Santé, Hong Kong, Chine (YK. Wan) ; l’Autorité de sécurité des radiations, Islande (S. Magnússon) ; le ministère de la Santé, Irlande (G. Connolly) ; l’Agence de protection environnementale, Irlande (B. Rafferty) ; le Centre d’information de l’État israélien pour les rayonnements non ionisants, Israël (S. Sadetzki) ; la région Toscane, Italie (I. Pinto) ; le ministère de la Santé, Italie (P. Rossi) ; le ministère de la Santé, Nouvelle-Zélande (M. Gledhill) ; l’Autorité norvégienne de protection contre les radiations, Norvège (LT. Nilsen, TM. Sjømoen) ; l’Autorité suédoise de sécurité des radiations, Suède (J. Gulliksson) ; le ministère de la Santé, Turquie (E. Hacikamiloğlu) ; le ministère de la Santé d’Irlande du Nord (N. McMahon) ; la Direction de la santé de la population du gouvernement écossais (M. Stewart), Royaume-Uni ; la Food and Drug Administration, États-Unis d’Amérique (S. Miller) ; les Centres de contrôle et de prévention des maladies, États-Unis d’Amérique (M. Watson). Est également remerciée la contribution des organisations non gouvernementales suivantes : EUROSKIN (R. Greinert), la Commission internationale sur la protection contre les rayonnements non ionisants (A. Green) et l’Association des cliniques européennes contre le cancer qui a recueilli les réponses de l’Association chypriote des patients atteints de cancer, Chypre (D. Constantinides) ; la Société danoise de lutte contre le cancer, Danemark (P. Dalum) ; la société islandaise de lutte contre le cancer, Islande (L. Sigurðardóttir) ; l’Irish Cancer Society, Irlande (E. Browne) ; L’Association israélienne de lutte contre le cancer, Israël (M. Ziv) ; Cancer Focus, Irlande du Nord (G. McElwee) ; la Ligue contre le cancer Slovaquie (E. Siracka) ; et la Ligue suisse contre le cancer, Suisse (N. Gerber). 4 ÉQUIPEMENTS DE BRONZAGE ARTIFICIEL • INTERVENTIONS DE SANTÉ PUBLIQUE POUR LA GESTION DES APPAREILS DE BRONZAGE Un soutien a également été apporté par les collègues de l’OMS, y compris par le Groupe consultatif en matière d’éthique en santé publique (A. Croisier, R. Johnson, MP. Preziosi, A. Reis) ; Département des médicaments essentiels et des produits de santé (J. Hansen) ; Département du genre, de l’équité et des droits de l’homme (R. Thomas Bosco) ; Département de la prévention des maladies non transmissibles (K. Schotte) ; Département de la gestion des maladies non transmissibles, du handicap, de la violence et de la prévention des blessures (A. Ilbawi), Département de la santé publique, des déterminants sociaux et environnementaux de la santé (MN. Bruné- Drisse, M. Perez, A. Prüss-Ustün) et le Centre international de recherche sur le cancer (B. Lauby-Secretan). Le projet a été soutenu par le ministère français de la Santé et financé par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES, France) et l’Agence australienne de radioprotection et de sécurité nucléaire (ARPANSA). 5 ÉQUIPEMENTS DE BRONZAGE ARTIFICIEL • INTERVENTIONS DE SANTÉ PUBLIQUE POUR LA GESTION DES APPAREILS DE BRONZAGE © Sh ut te rst oc k ÉQUIPEMENTS DE BRONZAGE ARTIFICIEL • INTERVENTIONS DE SANTÉ PUBLIQUE POUR LA GESTION DES APPAREILS DE BRONZAGE 1. Introduction Le cancer de la peau est la forme la plus répandue de cancer dans les populations à peau claire. L’incidence du mélanome, le cancer de la peau le moins fréquent mais le plus mortel, a augmenté de manière alarmante au cours des dernières décennies (voir exemple de la Norvège en fig. 1). En 2012, on recensait plus de 230 000 nouveaux cas de mélanome dans le monde, pour un nombre de décès estimé à 55 500 (1). Les cancers des kératinocytes (également appelés cancers de la peau non mélanome) sont beaucoup plus fréquents. Rien qu’aux États- Unis d’Amérique, ils représentaient plus de 5,4 millions de cas en 2012 (2). La cause environnementale principale est le rayonnement ultraviolet (UV) (3). L’exposition aux UV provient principalement du soleil, mais au cours des trois dernières décennies, l’utilisation de sources artificielles d’UV a augmenté sous la forme d’équipements de bronzage artificiel, tels que les appareils de bronzage, les cabines verticales et les appareils de bronzage faciaux (tous dénommés « appareils de bronzage » dans ce document). Cette exposition intentionnelle aux UV à des fins cosmétiques augmente l’incidence des grands types de cancer de la peau et abaisse l’âge de la première apparition (4, 5, 6). 7 ÉQUIPEMENTS DE BRONZAGE ARTIFICIEL • INTERVENTIONS DE SANTÉ PUBLIQUE POUR LA GESTION DES APPAREILS DE BRONZAGE 1.1. OBJECTIF DE CE DOCUMENT L’objectif de ce document est de fournir des informations pour favoriser l’introduction d’interventions pertinentes en matière d’utilisation et de gestion des appareils de bronzage. Il présente une synthèse des effets sur la santé ainsi qu’un catalogue d’interventions qui ont été utilisées pour réduire les risques associés au bronzage artificiel. Il est complété par une base de données de l’OMS sur les réglementations en matière de appareils de bronzage (8). Il s’adresse principalement aux décideurs politiques au niveau national ou régional, dans les pays qui envisagent le développement ou la révision de la réglementation relative à l’utilisation des appareils de bronzage. Le document traite uniquement des appareils de bronzage artificiel utilisés à des fins cosmétiques, et n’est pas destiné à couvrir les dispositifs de thérapie UV utilisés à des fins médicales sous la direction d’un praticien formé. 1.2. UTILISATION DES APPAREILS DE BRONZAGE Avant 1980, rares étaient ceux à avoir jamais utilisé un appareil de bronzage. Mais à la fin des années 2000, les enquêtes ont identifié qu’en Europe du Nord, 60 % des personnes âgées entre 15 et 59 ans avaient utilisé un appareil de bronzage au moins une fois (9). Aujourd’hui, les appareils de bronzage Figure 1. Augmentation des taux d’incidence du mélanome en Norvège sur six décennies Hommes Femmes | 1958 | 1963 | 1968 | 1973 | 1978 | 1983 | 1988 | 1993 | 1998 | 2003 | 2008 | 2013 0 — 2 — 4 — 8 — 12 — 14 — 18 — | 1953 Ta ux po ur 10 0 0 00 6 — 10 — 16 — 20 — 22 — 24 — 26 — Norvège : Association des registres du cancer nordique (7). 8 ÉQUIPEMENTS DE BRONZAGE ARTIFICIEL • INTERVENTIONS DE SANTÉ PUBLIQUE POUR LA GESTION DES APPAREILS DE BRONZAGE se rencontrent surtout dans des pays où il y a peu de soleil pour bronzer naturellement, et dans les régions ensoleillées où les individus portent des vêtements mettant en valeur le corps et peuvent être plus sensibles à leur image. Bien que les installations de bronzage artificiel se soient répandues dans de vastes régions géographiques, les données sont limitées quant à l’importance de leur utilisation dans les pays à revenu intermédiaire et faible. Les appareils de bronzage sont principalement utilisés par les femmes, en particulier des jeunes femmes. Il existe un grand nombre de données caractérisant les utilisateurs d’appareils de bronzage, essentiellement en Amérique du Nord, en Europe et en Australie. Celles-ci ont fourni trois résultats principaux : 1) les utilisateurs sont principalement des femmes ; 2) les jeunes adultes utilisent plus le bronzage artificiel que les autres adultes et 3) le taux d’utilisation dans tous les groupes d’âge a augmenté ces dernières années (4, 10, 11). Si les adolescents restent exclus des dispositifs de bronzage artificiel dans un certain nombre de pays et constituent la plus petite part d’utilisateurs, ils font toutefois état d’une utilisation étonnamment répandue : entre 7 et 24 % des adolescents aux États- Unis d’Amérique ont déjà utilisé un appareil de bronzage. (4, 12). Une enquête danoise de 2008 indique que 2 % des enfants âgés de 8 à 11 ans avaient déjà utilisé un appareil de bronzage au cours des 12 derniers mois. (13). 1.3. TYPE DE RAYONNEMENT ÉMIS PAR LES APPAREILS DE BRONZAGE Les rayonnements UV d’un appareil de bronzage sont divisés en deux bandes de longueur d’onde – UV-A (315–400 nanomètres, nm) et UV-B (280–315 nm). Ils présentent les mêmes caractéristiques physiques que les rayonnements UV du soleil, bien qu’ils soient composés de différents ratios d’UV-A et d’UV-B en fonction du type de lampe. De nombreux appareils de bronzage émettent principalement des UV-A avec une irradiance beaucoup plus élevée que celle du soleil, ainsi qu’un peu d’ UV-B (14, 15). Les appareils de bronzage sont conçus pour fournir un bronzage rapide. Dans cette optique, ils émettent des UV de forte intensité. La plupart des appareils de bronzage en Europe émettent des UV à des niveaux équivalents au soleil tropical de midi (14, 15), mais certains des appareils les plus puissants peuvent émettre des UV dont l’intensité est équivalente à un index UV « extrême » (>11), et avec des intensités UVA bien supérieures à tout ce qu’on peut trouver dans la nature (15, 17, 18, 19). 9 ÉQUIPEMENTS DE BRONZAGE ARTIFICIEL • INTERVENTIONS DE SANTÉ PUBLIQUE POUR LA GESTION DES APPAREILS DE BRONZAGE © IS to ck /ja m es be ne t ÉQUIPEMENTS DE BRONZAGE ARTIFICIEL • INTERVENTIONS DE SANTÉ PUBLIQUE POUR LA GESTION DES APPAREILS DE BRONZAGE 2. Conséquences sur la santé de l’utilisation des appareils de bronzage L’exposition aux uv naturels et artificiels présente plusieurs conséquences sur la santé. Les effets néfastes associés à l’utilisation d’un appareil de bronzage sont aujourd’hui bien documentés et le corpus de preuves continue de se développer. Le cancer, les coups de soleil, le vieillissement accéléré de la peau, l’inflammation des yeux et l’immunosuppression transitoire sont tous associés à une utilisation des appareils de bronzage. Le cancer est de loin la conséquence la plus grave et fait l’objet de que cette section (cf. Annexe 1 pour une synthèse des risques sanitaires non liés au cancer). La production de vitamine D à partir des rayonnements UV est également abordée. 11 ÉQUIPEMENTS DE BRONZAGE ARTIFICIEL • INTERVENTIONS DE SANTÉ PUBLIQUE POUR LA GESTION DES APPAREILS DE BRONZAGE 2 . 1 . R I S Q U E D E C A N C E R L’incidence du cancer de la peau, provoqué par l’exposition aux UV, a considérablement augmenté ces dernières décennies chez les populations à peau claire. Si la plupart des cas sont imputables à l’exposition au soleil, l’utilisation des appareils de bronzage est aussi responsable d’un nombre croissant de cancers de la peau. Le bronzage artificiel induit des lésions de l’ADN dans les cellules de la peau, similaires à celles induites par l’exposition aux UV solaires (20). Ces lésions peuvent survenir même avec des doses d’UV trop faibles pour provoquer des coups de soleil (21) et le risque de cancer de la peau augmente à chaque exposition (22). Le rayonnement UV-A, prédominant dans la plupart des appareils de bronzage, pénètre la peau plus en profondeur que les UV-B et est lié au photovieillissement. Il est en réalité moins efficace pour la production de pigments de mélanine et de vitamine D. Les rayonnements UV-B provoquent des rougeurs de la peau et des coups de soleil et contribuent au bronzage. Plus important encore, les UV-A et les UV-B favorisent les lésions de l’ADN, le CIRC a par conséquent classé l’ensemble du spectre des rayonnements ultraviolets et l’utilisation d’appareils de bronzages émettant des UV (appareils de bronzage) comme cancérogènes pour l’être humain (23). Les appareils de bronzage sont classés cancérogènes par le Centre International de Recherche sur le Cancer. Le risque de développer un cancer de la peau varie fortement selon le type de peau et la majorité des cancers de la peau surviennent chez les personnes à peau claire, en particulier celles qui présentent une faible réponse de bronzage aux rayonnements UV. Les trois grands types de cancer de la peau sont répertoriés ci-dessous par ordre de gravité croissante et de fréquence décroissante. • Le carcinome basocellulaire est issu de cellules épithéliales de la peau et ne se transmet généralement pas à d’autres parties du corps mais peut former une plaie profonde s’il n’est pas éliminé chirurgicalement. • Le carcinome épidermoïde (ou spinocellulaire) se forme lui aussi dans les cellules épithéliales de la peau et peut s’étendre dans le corps s’il n’est pas détecté précocement et éliminé chirurgicalement. • Le mélanome est le cancer le moins fréquent, mais le plus mortel. Il provoque la majorité des décès dus au cancer de la peau. Ce cancer, qui se développe dans les cellules pigmentées (mélanocytes), peut survenir très tôt dans la vie et est l’une des pathologies malignes les plus fréquentes chez les jeunes femmes caucasiennes (15 à 49 ans) (24). Le risque de mélanome augmente avec une première utilisation des appareils de bronzage à un jeune âge et une plus grande utilisation des appareils de bronzage au cours de la vie (6, 25). Une revue systématique a montré que les personnes ayant utilisé un appareil de bronzage au moins une fois à n’importe quel stade de leur vie présentent un risque 20 % plus élevé de développer un mélanome que celles n’ayant jamais utilisé un appareil de bronzage, et qu’une première utilisation de appareils 12 ÉQUIPEMENTS DE BRONZAGE ARTIFICIEL • INTERVENTIONS DE SANTÉ PUBLIQUE POUR LA GESTION DES APPAREILS DE BRONZAGE de bronzage avant 35 ans augmente le risque de développer un mélanome de 59 %. (6). Le risque de mélanome augmente de 1,8 % à chaque session supplémentaire d’utilisation d’appareils de bronzage par an. Le risque supplémentaire d’utilisation précoce des appareils de bronzage a été confirmé par une récente étude de cohorte prospective de plus de 140 000 femmes norvégiennes (26). Les appareils de bronzage présentent un risque spécifique pour le mélanome, indépendamment du type de peau et de l’exposition solaire (6, 21, 25, 26). On estime que l’utilisation d’appareils de bronzage est responsable de plus de 450 000 cas de cancers cutanés non mélanome et de plus de 10 000 cas de mélanome aux États-Unis d’Amérique, en Europe et en Australie. L’utilisation des appareils de bronzage est également associée aux cancers du kératinocyte (27, 28). Pour les carcinomes épidermoïdes et basocellulaires, une utilisation précoce constitue un facteur de risque important. Une revue systématique confirme une augmentation de 102 % du risque de carcinome basocellulaire et de 40 % du carcinome épidermoïde lorsque la première exposition aux appareils de bronzage a commencé avant l’âge de 25 ans (5). On estime que l’utilisation d’appareils de bronzage est responsable de plus de 450 000 cas de cancers cutanés non mélanome et de plus de 10 000 cas de mélanome aux États-Unis d’Amérique, en Europe et en Australie (4, 29). Avec le vieillissement des populations de ces pays, les taux de mélanomes, y compris ceux provenant de l’exposition aux appareils de bronzage, devraient continuer à augmenter pendant au moins la prochaine décennie (30). Le mélanome oculaire est beaucoup moins fréquent que le mélanome de la peau, mais il est également mortel et nécessite souvent une exérèse chirurgicale de l’œil. (31). Les études épidémiologiques montrent un risque accru de mélanome oculaire avec l’utilisation des appareils de bronzage, en particulier chez les personnes ayant commencé le bronzage artificiel avant 20 ans. (23). En raison des preuves solides d’une induction de cancer de la peau suite à une exposition aux appareils de bronzage et sans aucune indication de seuil, le Comité scientifique des risques sanitaires, environnementaux et émergents (SCHEER) de la Commission européenne a conclu à l’absence de limite de sécurité pour l’exposition aux rayonnements UV des appareils de bronzage. (10). 2 . 2 . P R O D U C T I O N D E V I TA M I N E D La vitamine D est une hormone importante pour la santé musculo-squelettique. Sa synthèse est déclenchée dans la peau par l’exposition aux UVB, y compris ceux des appareils de bronzage (32, 33, 34, 35). Si les concentrations optimales de vitamine D dans le sang font l’objet d’un débat scientifique (36, 37), des taux faibles en vitamine D, décelés chez des patients présentant un large éventail de maladies, pourraient être un marqueur plutôt qu’une cause de mauvaise santé. Les interventions pour augmenter les taux de vitamine D n’ont en général pas amélioré les résultats de santé non musculo-squelettique (38). 13 ÉQUIPEMENTS DE BRONZAGE ARTIFICIEL • INTERVENTIONS DE SANTÉ PUBLIQUE POUR LA GESTION DES APPAREILS DE BRONZAGE La synthèse maximale de la vitamine D est déclenchée par des doses sub-érythémateuses d’UV (39), et des expositions plus longues entraînent une augmentation linéaire des lésions de l’ADN sans rien ajouter au niveau de la vitamine D (40). Les organisations scientifiques et des agences nationales de santé dans plusieurs pays, et plus récemment l’EC SCHEER, déconseillent l’utilisation des appareils de bronzage pour améliorer les niveaux de vitamine D car tout effet bénéfique d’une augmentation de la synthèse de la vitamine D est surpassé par des effets défavorables (10). Les sources alternatives de vitamine D (vitamine D alimentaire et compléments alimentaires) sont facilement disponibles. L’utilisation des appareils de bronzage pour améliorer les taux de vitamine D est déconseillée. 2 . 3 . P O P U L A T I O N S L E S P L U S E X P O S E E S A U X R I S Q U E S L I E S A L’ U T I L I S AT I O N D E S A P PA R E I L S D E B R O N Z A G E Si tous les utilisateurs d’appareils de bronzage sont exposés aux effets néfastes sur la santé, les études sur l’exposition aux UV du soleil ou des appareils de bronzage indiquent que certaines personnes présentent un risque accru, y compris celles qui : • tendent à présenter des taches de rousseur • ont une peau qui brûle facilement • ont des antécédents de coups de soleil dans leur enfance • présentent un grand nombre de grains de beauté • prennent des médicaments qui peuvent augmenter la photosensibilité • portent des cosmétiques • présentent un système immunitaire affaibli • ont des antécédents familiaux de cancer de la peau • ont déjà été traitées pour une kératose actinique ou un cancer de la peau • présentent des lésions cutanées pré-malignes ou malignes • ont été exposées au soleil ou aux appareils de bronzage au cours des 48 dernières heures. Personnes présentant des taches de rousseur Les taches de rousseur, des points légèrement pigmentés, sont plus visibles après exposition aux UV mais peuvent aussi être permanents, en particulier chez les personnes rousses. Les taches de rousseur sont un signe de forte sensibilité naturelle aux UV ainsi qu’ un facteur de risque élevé pour le mélanome cutané (41, 42). Les personnes ayant des taches de rousseur permanentes ou qui en présentent après exposition aux UV sont plus à risque lorsqu’elles utilisent des appareils de bronzage. Personnes ayant une peau sensible au soleil Les personnes présentant une sensibilité naturelle au soleil – personnes présentant une peau claire qui subissent facilement des coups de soleil (phototypes cutanés I et II dans le Tableau 1) – présentent 14 ÉQUIPEMENTS DE BRONZAGE ARTIFICIEL • INTERVENTIONS DE SANTÉ PUBLIQUE POUR LA GESTION DES APPAREILS DE BRONZAGE un risque plus élevé de cancer de la peau et de mélanome oculaire (27, 43). Le risque de cancer lié à l’exposition aux appareils de bronzage ne se limite toutefois pas aux populations présentant une peau sensible aux UV et augmente même chez les personnes qui n’ont jamais souffert de coup de soleil. (21). Jeunes Les études épidémiologiques révèlent que l’exposition aux UV pendant l’enfance et l’adolescence entraîne un risque plus élevé de mélanome à l’âge adulte (45, 46, 47, 48), et que le bronzage artificiel pendant la jeunesse entraîne un risque supplémentaire spécifique (4, 49). Une étude estime ainsi qu’un cas de mélanome sur six diagnostiqué chez des Australiens âgés de 18 à 29 ans pourrait être empêché en évitant les appareils de bronzage Personnes présentant un nombre élevé de grains de beauté Le nombre de grains de beauté est un marqueur important du risque de mélanome (51, 52, 53, 54), y compris à cause de celui dû à l’utilisation des appareils de bronzage (55). Personnes prenant des médicaments ou portant des produits cosmétiques De nombreux médicaments et produits cosmétiques peuvent stimuler les réactions photosensibles (phototoxiques et/ ou photoallergiques) de la peau (56). L’exposition aux rayonnements UV après avoir pris ou touché des substances photosensibilisantes peut provoquer une réaction cutanée toxique/allergique aiguë, qui peut s’avérer grave et potentiellement mortelle. Les accélérateurs de bronzage, en particulier ceux contenant des composés de psoralène, peuvent provoquer des brûlures graves chez les personnes utilisant des appareils de bronzage (57). L’utilisation de psoralène pendant l’exposition aux UV est mutagène et cancérogène. Source : Adapté de (44). Tableau 1. Phototypes cutanés : caractéristiques typiques et capacité de bronzage I Peau blanche et pâle ; cheveux blonds ou roux ; yeux bleus ou gris ; taches de rousseur très fréquentes B R U L E T O U J O U R S , N E B R O N Z E J A M A I S II Peau claire, blanche ; cheveux blonds à bruns ; yeux bleus, gris, verts ou noisette ; taches de rousseur fréquentes B R U L E H A B I T U E L L E M E N T, B R O N Z E U N P E U III Peau claire ; cheveux blonds foncés à bruns ; yeux gris ou bruns ; taches de rousseur rares B R U L E M O D E R E M E N T, B R O N Z E U N I F O R M E M E N T IV Peau brun clair à olive ; cheveux bruns foncés ; yeux bruns à bruns foncés ; pas de taches de rousseur B R U L E U N P E U , B R O N Z E T O U J O U R S V Peau brun foncé ; cheveux bruns foncés à noirs ; yeux bruns foncés ; pas de taches de rousseur B R U L E R A R E M E N T, B R O N Z E T R E S F A C I L E M E N T VI Peau très pigmentée, brun foncé à noire ; cheveux noirs ; yeux bruns foncés ; pas de taches de rousseur N E B R U L E J A M A I S , N E B R O N Z E J A M A I S 15 ÉQUIPEMENTS DE BRONZAGE ARTIFICIEL • INTERVENTIONS DE SANTÉ PUBLIQUE POUR LA GESTION DES APPAREILS DE BRONZAGE © Al am y ÉQUIPEMENTS DE BRONZAGE ARTIFICIEL • INTERVENTIONS DE SANTÉ PUBLIQUE POUR LA GESTION DES APPAREILS DE BRONZAGE 3. Options politiques pour réduire les risques sanitaires des appareils de bronzage Plusieurs options s’offrent aux décideurs politiques, volontaires ou législatives, pour gérer les risques sanitaires liés aux appareils de bronzage. La sélection des approches doit prendre en compte les spécificités de la population (par exemple, le degré de risque posé actuellement, l’acceptabilité politique et sociétale des restrictions et autres solutions réglementaires), le coût et la faisabilité de la mise en œuvre et la probabilité de réussite. Certaines de ces approches peuvent ne pas être adaptées ou pertinentes dans certains pays. Les éléments qui suivent présentent certaines des options politiques qui peuvent être envisagées par les législateurs et les autorités réglementaires. Dans chaque cas, l’intervention a été mise en œuvre dans au moins un pays ou État membre. De plus amples informations sont disponibles dans la base de données de l’OMS sur les réglementations en matière de appareils de bronzage (8). 17 ÉQUIPEMENTS DE BRONZAGE ARTIFICIEL • INTERVENTIONS DE SANTÉ PUBLIQUE POUR LA GESTION DES APPAREILS DE BRONZAGE 3 . 1 . P R OM O U V O I R L E S S T R AT E G I E S D ’ E D U C AT I O N Les campagnes de santé publique sont les plus efficaces lorsqu’elles s’adressent aux groupes les plus touchés par le mal en question. Dans le cas du bronzage artificiel, les campagnes sont souvent dirigées vers les femmes et les plus jeunes, qui sont les plus susceptibles d’utiliser précocement les appareils de bronzage (cf. exemples du fig. 2). Certains pays, comme par exemple le Canada, le Danemark et les États-Unis d’Amérique, font appel aux médias sociaux de manière efficace pour cibler les jeunes. Au Danemark, une campagne publique de sensibilisation a été suivie d’une nette réduction de l’utilisation des appareils de bronzage (9). Une étude italienne a montré que l’utilisation des appareils de bronzage par les parents influence le désir des adolescents de les utiliser à leur tour, plus que leur participation à des interventions éducatives, ce qui souligne l’importance des interventions éducatives impliquant les familles (58). Il est également prouvé que le conseil des médecins généralistes et des pédiatres peut entraîner modérément un changement de comportement des jeunes (59). Les décideurs politiques peuvent tirer profit de groupes influents et variés, notamment les associations de lutte contre le cancer, les associations professionnelles et même les leaders religieux, pour développer des messages innovants et percutants. Au Royaume-Uni, par exemple, les agences de mannequin ont uni leurs efforts en 2012 dans une campagne destinée à mettre en évidence les dangers des appareils de bronzage. L’activisme des utilisateurs de appareils de bronzage ayant développé un cancer de la peau constitue également un puissant facteur de changement de politique. Pour être efficaces, les campagnes de sensibilisation doivent tenir compte des arguments avancés en faveur de l’utilisation des appareils de bronzage, et faire appel à des arguments scientifiques pour les contrer. Le tableau 2 compile quelques exemples des allégations relatives aux avantages des appareils de bronzage et les preuves scientifiques qui peuvent servir de contre-indications. Figure 2. Exemples de campagnes de sensibilisation 18 ÉQUIPEMENTS DE BRONZAGE ARTIFICIEL • INTERVENTIONS DE SANTÉ PUBLIQUE POUR LA GESTION DES APPAREILS DE BRONZAGE Tableau 2. Affirmations sur les avantages des appareils de bronzage et contre-arguments efficaces benefices cosmétiques immédiats « L’utilisation d’appareil de bronzage procure un hâle sain instantanément » La pigmentation immédiate de la peau qui suit l’exposition aux rayonnements UV de l’appareil de bronzage peut en effet cacher les imperfections optiques existantes telles que les petites rides, les télangiectasies et les autres imperfections pendant quelques heures (65). Cet assombrissement instantané mais pas nécessairement uniforme, s’estompe rapidement et les imperfections cutanées sont de nouveau visibles, ce qui incite les utilisateurs à utiliser de nouveau l’appareil de bronzage. Ce qui peut conduire à un « bronzage tout au long de l’année », qui augmente le risque de vieillissement prématuré et de cancer de la peau (21). bronzer sans at tr aper de coups de soleil « Ma peau n’est endommagée que si j’ai un coup de soleil » Le bronzage indique que la peau a été endommagée par les rayonnements UV, il n’est en aucun cas un signe de bonne santé. Le bronzage sans coup de soleil peut très bien provoquer un vieillissement prématuré de la peau et accroître le risque de cancer de la peau par des lésions irréparables de l’ADN (21). Chaque fois que la peau est exposée aux rayonnements UV du soleil ou d’un appareil de bronzage, le risque de développer un cancer de la peau s’accroît (61). b i e n - ê t r e p s yc h o l o g i q u e « L’utilisation d’appareil de bronzage améliore le bien-être et joue un rôle positif dans le traitement de la dépression saisonnière » Cette affirmation est la plus difficile à contrer car le sentiment de bien-être ressenti par les utilisateurs d’appareils de bronzage après une séance peut être authentique et est régulièrement signalé dans les sondages comme le motif principal d’utilisation répétée des appareils de bronzage. Ce qui peut être lié au sentiment d’être plus séduisant ou d’avoir « meilleure mine » (66). Il se peut aussi que la séance de bronzage génère des opioïdes endogènes, ce qui se traduit par un sentiment de bien-être et la possibilité d’une addiction au bronzage. (67). Une exposition à la lumière visible plutôt qu’aux UV constitue une thérapie courante pour lutter contre la dépression saisonnière. bronz age dit « de prepar ation des vac ances » « L’utilisation d’un appareil de bronzage est une manière contrôlée de développer un bronzage qui protège contre les coups de soleil lors d’une exposition non contrôlée au soleil pendant les vacances » Le bronzage induit par les équipements de bronzage artificiel offre peu de protection contre les dommages causés par les coups de soleil et les lésions de l’ADN par UV solaire (61). Les tests humains en laboratoire confirment qu’il constitue un écran solaire avec un indice de protection solaire (SPF) d’environ 3 seulement (62). Les recherches confirment qu’un bronzage par appareil de bronzage ne réduit pas le risque de coups de soleil dus à l’exposition solaire et peut même l’augmenter en donnant un faux sentiment de protection (63, 64). b r o n z a g e c o n t r ô l é « Les appareils de bronzage sont plus sûrs que le soleil car ils font principalement appel aux rayons UV-A et sont plus faciles à contrôler » Cet argument était également utilisé à l’époque où les UV-A étaient considérés comme des UV inoffensifs. Il est aujourd’hui prouvé que c’est inexact (23). Les utilisateurs des appareils de bronzage peuvent être exposés à des doses d’UV plus élevées que prévu car un grand nombre d’appareils émettent des UV supérieurs aux limites de sécurité (14, 15, 16). v i ta m i n e d « L’utilisation d’un appareil de bronzage permet aux personnes de générer de la vitamine D, essentielle pour la santé des os et des muscles » L’utilisation d’un appareil de bronzage n’est pas un moyen efficace de générer de la vitamine D (10, 60). Sous la plupart des latitudes, seule une très courte exposition aux rayons du soleil est nécessaire pour synthétiser les niveaux adéquats de vitamine D. Pour les personnes à haut risque de carence en vitamine D et d’exposition solaire très limitée, la prise de compléments oraux est un moyen efficace non cancérogène d’augmenter les niveaux de vitamine D. AFFIRMATIONS LES FAITS 19 ÉQUIPEMENTS DE BRONZAGE ARTIFICIEL • INTERVENTIONS DE SANTÉ PUBLIQUE POUR LA GESTION DES APPAREILS DE BRONZAGE 3 . 2 . R E G L EM E N T E R L’ U T I L I S AT I O N D E S A P PA R E I L S D E B R O N Z A G E Il y a essentiellement deux options envisageables pour l’application de réglementations de santé publique concernant les appareils de bronzage : les interdire catégoriquement, comme certains pays l’ont fait, ou restreindre et gérer leur utilisation et informer les clients. Ces interventions sont présentées à la Figure 3 et discutées plus bas. Figure 3. Options réglementaires pour réduire les risques sanitaires des appareils de bronzage • Interdire tous les services de bronzage • Interdire la location et la vente d’appareils de bronzage à usage domestique LIMITER • Interdire un accès non surveillé • Fixer une limite d’âge pour l’utilisation • Retreindre l’utilisation des appareils de bronzage par les individus « à haut risque » ENCADRER • Exiger une surveillance et une licence des établissements de bronzage • Fixer des limites pour les lampes de bronzage et les temps d’exposition • Exiger une protection oculaire • Former les opérateurs • Imposer des taxes INFORMER • Exiger d’informer les utilisateurs sur les risques sanitaires • Exiger l’affichage de panneaux d’avertissement • Interdire le marketing et la promotion des appareils de bronzage . OUINTERDIRE Les pouvoirs publics d’un nombre croissant de pays imposent des réglementations pour décourager l’utilisation des appareils de bronzage en général et chez les jeunes adultes en particulier. La régulation seule, y compris l’autorégulation par les exploitants d’appareils de bronzage, en utilisant un code de pratique développé par l’industrie, s’avère inefficace et n’a pas réussi à empêcher les personnes à haut risque d’utiliser les appareils de bronzage (68, 69, 70). Pour être efficace, la régulation nécessite une mise en œuvre exhaustive, qui implique la formation, l’habilitation et le contrôle ainsi que l’éducation du public. 3.2.1. Cadres réglementaires Étant donné que la plupart des pays caractérisent les appareils de bronzage comme des produits de consommation plutôt que comme des dispositifs médicaux, une législation spécifique peut être nécessaire pour réglementer leur vente ou leur utilisation. Les équipements de bronzage artificiel relèvent de deux industries distinctes : l’industrie des équipements de bronzage (vente et fabrication d’appareils de bronzage), et la commercialisation de services de bronzage (accès aux appareils de bronzage dans les établissements de bronzage, les studios de remise en forme, les hôtels). Ceux-ci sont régis dans certains pays par deux cadres réglementaires distincts. Par exemple, aux États- Unis d’Amérique et au Canada, le gouvernement fédéral exige que les équipements de bronzage disposent de nombreuses fonctions d’ingénierie, d’étiquetage et d’informations (par ex. interrupteur d’arrêt d’urgence, minuteur, étiquettes d’avertissement, temps d’exposition recommandé) avant d’être fabriqués, vendus ou importés. Il est de la responsabilité des gouvernements des États, des provinces et des territoires de réglementer l’industrie des services personnels (qui englobe les salons de bronzage, entre autres services). 20 ÉQUIPEMENTS DE BRONZAGE ARTIFICIEL • INTERVENTIONS DE SANTÉ PUBLIQUE POUR LA GESTION DES APPAREILS DE BRONZAGE Etant donné les preuves solides qui associent l’utilisation des appareils de bronzage et le risque de cancer de la peau, certains pays ont mis en œuvre une interdiction des appareils de bronzage à des fins cosmétiques. 3.2.2. Interdire les appareils de bronzage 3.2.2.1. Interdire tous les services de bronzage artificiels Etant donné les preuves solides qui associent l’utilisation des appareils de bronzage et le risque de cancer de la peau, certains pays ont mis en œuvre une interdiction pure et simple des appareils de bronzage à des fins cosmétiques. Lorsque les gouvernements optent pour l’interdiction des appareils de bronzage, l’éducation du public et l’application stricte de l’interdiction doivent faire partie de la série des interventions. Il convient de prendre en compte les conséquences imprévues, notamment la vente accrue d’appareils domestiques et l’utilisation de services de bronzage non surveillés. En novembre 2009, le Brésil est devenu le premier pays au monde à interdire la commercialisation et l’utilisation d’appareils de bronzage artificiel. Les seuls dispositifs de thérapie UV légalement autorisés dans le pays sont ceux utilisés à des fins médicales (71). En janvier 2016, tous les États australiens ont également promulgué sur une interdiction pure et simple des appareils de bronzage commerciaux. Suite à une application rigoureuse et à des facteurs d’incitation pour les entreprises, l’adhésion a été très forte. (72). 3.2.2.2. Interdire la location et la vente des appareils de bronzage à usage domestique L’interdiction de l’usage domestique est considérée comme une mesure complémentaire dès lors que des interdictions ou des restrictions sévères sont imposées aux salons et autres centres de bronzage. L’Irlande et l’Écosse interdisent la location ou la vente d’appareils de bronzage aux moins de 18 ans. Plusieurs pays, dont la France, l’Italie et l’Espagne, ont assorti l’interdiction des services de bronzage non surveillés d’une interdiction de la vente d’appareils de bronzage à des fins domestiques. Avec la législation interdisant les appareils de bronzage dans un certain nombre d’États et de territoires en Australie, certains ont inclus une incitation financière pour que les propriétaires éliminent leurs unités de bronzage artificiel par le biais de recycleurs agréés par le gouvernement plutôt que de les vendre au grand public. Cette méthode a permis de réduire considérablement le nombre d’appareils de bronzage disponibles à des fins privées. Si l’interdiction de l’usage commercial des appareils de bronzage peut faire craindre un transfert du risque des salons commerciaux vers l’usage privé, une étude à la suite de leur interdiction à Victoria, en Australie, a montré que cela n’avait pas été le cas. (72). 3.2.3. Restreindre l’accès aux appareils de bronzage 3.2.3.1. Interdire les services de bronzage artificiel non surveillés Les appareils de bronzage non surveillés sont le plus souvent situés dans les résidences d’étudiants, les centres de remise en forme, les piscines intérieures, les hôtels et les autres établissements de services où l’accès à un de bronzage constitue un service ajouté. Les appareils de bronzage non surveillés sont plus susceptibles d’être utilisés par les mineurs que par les adultes. Plusieurs pays, dont l’Autriche, la Belgique, le Chili, la Finlande, la Lettonie et la Slovaquie, ont interdit les appareils non surveillés en même temps qu’ils restreignaient l’accès par une limite d’âge. Sinon, les limites d’âge peuvent très bien inciter un plus grand nombre de clients trop jeunes à utiliser des appareils de bronzage non surveillés, comme cela a été observé en Allemagne. (73). 21 ÉQUIPEMENTS DE BRONZAGE ARTIFICIEL • INTERVENTIONS DE SANTÉ PUBLIQUE POUR LA GESTION DES APPAREILS DE BRONZAGE 3.2.3.2. Fixer une limite d’âge pour l’utilisation des appareils de bronzage Comme mentionné précédemment, l’utilisation des appareils de bronzage chez les plus jeunes augmente le risque de mélanome (6). Les preuves suggèrent que, plus la limite d’âge interdisant l’accès aux appareils de bronzage est élevée, plus le bénéfice de santé publique est important en terme de réduction du risque de mélanome. Dix-huit ans correspond à l’âge de la majorité dans de nombreux pays et constitue par conséquent un point de coupure pratique pour limiter l’accès aux appareils de bronzage. De plus, la Convention des Nations Unies sur les droits de l’enfant demande une protection spéciale pour les moins de 18 ans (74). Il n’existe néanmoins pas de données scientifiques permettant d’étayer que l’âge de 18 ans soit un point absolu où le risque de mélanome diminue significativement à la suite d’utilisation d’appareils de bronzage. De nombreux pays, dont l’Autriche, la Belgique, la France, l’Allemagne, l’Islande, l’Irlande, l’Italie, Israël, la Norvège, le Portugal et l’Espagne interdisent désormais aux moins de 18 ans d’utiliser des appareils de bronzage. En Australie, avant l’interdiction totale, les campagnes de sensibilisation sur les dangers de l’utilisation des appareils de bronzage, associées à de nouveaux contrôles législatifs incluant l’interdiction aux moins de 18 ans, ont permis une diminution de 51 % du nombre d’exploitants d’appareils de bronzage. (75). Certains États aux États-Unis d’Amérique ont instauré des restrictions d’âge inférieures. Exiger des mineurs qu’ils soient accompagnés par un parent ou qu’ils obtiennent un accord parental par écrit sont des approches alternatives pour restreindre l’accès aux installations de bronzage. De telles mesures juridiques peuvent avoir un impact limité dans les familles où un ou plusieurs parents est un utilisateur d’appareils de bronzage. (58, 76). 3.2.3.3. Empêcher l’utilisation des appareils de bronzage par les personnes à haut risque Le risque de mélanome provoqué par l’utilisation de appareils de bronzage ne se limite pas aux populations à la peau sensible (21) ; l’utilisation des appareils de bronzage est particulièrement dangereuse pour certaines catégories de personnes présentant un risque plus élevé de développer un cancer de la peau ou d’être impactés négativement par les rayonnements UV. En Italie, des contrôles législatifs ont été mis en place qui ont enjoint à l’exploitant d’appareils de bronzage d’en interdire l’accès à toutes les personnes de phototype cutané 1 (cf. tableau 1) et aux femmes enceintes. 3.2.4. Gérer l’exploitation des appareils de bronzage 3.2.4.1. Surveillance et licence professionelle des établissements de bronzage Un certain nombre de pays régulent les exploitants d’appareils de bronzage par le biais de licences. En France et dans certains États des États-Unis d’Amérique, les établissements doivent détenir une licence. Les autorités disposent ainsi d’une liste du nombre d’appareils de bronzage en exploitation, et peuvent révoquer les licences lorsque les opérateurs ne respectent pas les procédures et réglementations appropriées. Une nouvelle réglementation a été mise en œuvre en France : une inspection initiale des équipements de bronzage doit désormais être effectuée avant leur mise à disposition du public (auparavant, la Loi ne prévoyait qu’un contrôle technique tous les deux ans) (77). En Allemagne, une licence commerciale générale pour les établissements appareils de bronzage sert de notification, et l’exploitation commerciale des appareils de bronzage (c’est-à-dire les normes pour les appareils émettant des UV, leur exploitation, la présence de personnel qualifié, la qualification du personnel, ainsi que l’offre obligatoire de conseil client) est régie par décret (78). 3.2.4.2. Contrôle de l’exposition aux UV La quantité d’exposition aux rayonnements UV des appareils de bronzage dépend à la fois de irradiance UV de l’équipement et de la durée de l’exposition (ou du programme de bronzage). Différents pays utilisent différentes approches pour réglementer les équipements et leur utilisation afin de contrôler l’exposition et de réduire à la fois les effets néfastes aigus et à long terme. 22 ÉQUIPEMENTS DE BRONZAGE ARTIFICIEL • INTERVENTIONS DE SANTÉ PUBLIQUE POUR LA GESTION DES APPAREILS DE BRONZAGE 23 Prévenir les lésions oculaires Restreindre la limite d’âge Surveiller et inspecter les appareils de bronzage Former les opérateurs d’appareils de bronzage © Al am y © To m m y N . A ale ru d, No rw eg ian Ra dia tio n P ro te cti on Au th or ity © Al am y © th e R ad iat ion an d N uc lea r S afe ty Au th or ity , F inl an d ÉQUIPEMENTS DE BRONZAGE ARTIFICIEL • INTERVENTIONS DE SANTÉ PUBLIQUE POUR LA GESTION DES APPAREILS DE BRONZAGE La Commission Electrotechnique Internationale (IEC) a publié une norme pour les équipements émettant des UV (60335-2-27:2009+AMD1:2012+AMD2:2015) qui fournit une limite supérieure d’irradiance pondérée par érythème pour un UV total de 0,7 W/m2 (équivalent à un indice UV de 28) (79). Des plannings de bronzage suggérant la durée d’exposition lors de la première session et des sessions ultérieures sont également fournis. Ils sont conçus pour éviter l’érythème dû à la surexposition (par ex. les coups de soleil) mais ne seront valables que si l’irradiance pondérée par érythème pour l’UV total est connue et que les lampes sont conformes aux spécifications, ce qui n’est souvent pas le cas (cf. section Garantir la conformité et la mise en œuvre ci-dessous). L’impact de la norme est limité tant par son caractère volontaire que par l’impraticabilité de sa mise en œuvre (par exemple, à une intensité de 0,7 W/m2, une personne non bronzée atteindrait les limites d’exposition dès une première session de 2,4 minutes). Par conséquent, une exposition excessive est très fréquente dans de nombreux contextes. La norme européenne pour les dispositifs de bronzage (EN 60335-2-27:2013) (80) est plus stricte, et prescrit une limite maximale d’irradiance érythémale UV totale de 0,3 W/m2 (équivalente à un indice UV de 12). De plus, tous les appareils de bronzage doivent être classés dans les types UV de 1 à 4 selon les irradiances UV-A et UV-B, et des exigences relatives aux instructions d’utilisation et aux programmes de bronzage en fonction de l’irradiance UV de l’appareil de bronzage sont données. La plupart des pays européens sont membres du Comité Européen de Normalisation Electrotechnique (CENELEC) et sont donc tenus de respecter cette norme. Certains pays européens ont adapté d’autres restrictions dans leur législation, par exemple en n’autorisant que les appareils de bronzage de type 3 (irradiance érythémale UV-A et UB-B maximum n’excédant pas 0,15 W/m2 dans chaque bande). Aux États-Unis d’Amérique, les réglementations de la Food and Drug Administration (FDA) ne contrôlent pas l’irradiance des équipements de bronzage, mais préconise des limites sur l’exposition maximale autorisée (c’est-à-dire l’irradiance multipliée par la durée d’exposition ou la « dose ») et propose des recommandations sur la manière de concevoir le programme d’exposition. (81). Elle exige des fabricants qu’ils fournissent aux opérateurs et aux utilisateurs des programmes d’exposition basés sur les caractéristiques des lampes et le type de peau. En décembre 2015, la FDA a proposé de modifier sa Norme de performance de 1985 pour l’aligner sur les clauses IEC 60335-2-27 (82). 3.2.4.3. Exiger une protection oculaire Les pays qui ont mis en œuvre des contrôles des appareils de bronzage rendent généralement obligatoire le port de lunettes de protection UV. Les opérateurs d’appareils de bronzage sont tenus de s’assurer que chaque utilisateur porte des lunettes de protection chaque fois qu’une unité de bronzage fonctionne. Les lunettes doivent avoir une fixation sécurisée sur les yeux pour former un joint étroit contre la peau. La protection oculaire ne doit pas transmettre plus de 1 % d’UV-A (320-400 nm) et 0,1 % d’UV-B, selon les limites fixées par IEC 60335-2-27:2009+AMD1:2012+AMD2:2015 (79, 83), et EN 60335-2-27:2013 en Europe (80), AS/NZS 60335.2.27:2010 en Australie et Nouvelle-Zélande (84), et les normes 21 CFR 1040.20 aux États-Unis (81). Des lunettes de protection correctement conçues permettent d’empêcher efficacement la lumière visible et les UV d’atteindre les yeux, or de nombreux modèles de lunettes n’assurent pas une telle protection. En outre, les enquêtes auprès des utilisateurs de appareils de bronzage ont montré à plusieurs reprises que la protection oculaire n’est souvent ni proposée ni utilisée lors des séances de bronzage (85,86). 3.2.4.4. Former les opérateurs Le rôle d’un opérateur d’appareil de bronzage est d’évaluer chaque client et de contrôler les durées d’exposition. Une évaluation appropriée comporte par l’identification des facteurs de risque individuels, tels que l’âge du client, le type de peau, l’exposition aux UV au cours des 48 dernières heures, les réactions indésirables antérieures à l’exposition au soleil et les situations médicales susceptibles 24 ÉQUIPEMENTS DE BRONZAGE ARTIFICIEL • INTERVENTIONS DE SANTÉ PUBLIQUE POUR LA GESTION DES APPAREILS DE BRONZAGE d’augmenter le risque de coup de soleil chez le client. Cette surveillance permet également de s’assurer que les lunettes sont utilisées et que les durées d’exposition sont suffisamment limitées. Une norme européenne intitulée « Services professionnels d’exposition aux UV en intérieur » (EN 16489-1:2014, EN 16489-2:2014 et EN 16489-3:2014) définit les exigences en matière de formation des consultants, qui peuvent servir de base à des réglementations nationales plus détaillées et juridiquement contraignantes (87). Des pays tels que la France, l’Allemagne et la Norvège ont introduit dans leur cadre juridique une formation certifiée pour les exploitants d’appareils de bronzage. Par exemple, le décret allemand relatif aux appareils émettant des UV et utilisés à des fins cosmétiques exige que seuls des centres accrédités puissent former le personnel d’exploitation d’appareils de bronzage. 3.2.4.5. Taxer les séances de bronzage Taxer les produits ou les services mauvais pour la santé (par exemple le tabac, l’alcool et les boissons sucrées) fait partie de la boîte à outils pour la prévention des maladies non transmissibles. L’augmentation de la taxation sur le tabac et les produits alcoolisés a un effet dissuasif prouvé. Il est donc probable qu’une taxe sur les revenus dérivés des services d’appareil de bronzage puisse avoir un effet similaire. (88). Par exemple, le service des recettes intérieures des États-Unis a mis en place une taxe de 10 % sur les services d’appareil de bronzage depuis le 1er juillet 2010 dans le cadre de la loi sur la protection des patients et les soins abordables. La seule taxation de l’utilisation des appareils de bronzage peut toutefois ne pas suffire en l’absence d’autres mesures pour améliorer les pratiques opérationnelles et réduire leur utilisation. 3.2.5. Prescrire la communication des risques 3.2.5.1. Exiger la fourniture d’information Dans certains pays, les clients doivent remplir et signer un formulaire avant de commencer une ou plusieurs séances de bronzage. Ces formulaires sont conçus pour fournir des informations sur les risques sanitaires associés à l’utilisation des appareils de bronzage. L’annexe 2 fournit un exemple de formulaire d’information du client en provenance d’Irlande. 3.2.5.2. Interdire le marketing et la promotion des appareils de bronzage Dans certains pays, les exploitants d’appareils de bronzage ne sont pas autorisés à faire valoir des allégations de santé non fondées ou frauduleuses auprès des consommateurs, tant dans le cadre de la législation relative à la protection des consommateurs (pour les services) et/ou de la législation relative aux médicaments/dispositifs médicaux. Des pays comme le Canada, le Chili, la Colombie, la Slovénie et les États-Unis d’Amérique ont mis en place des contrôles visant à empêcher les exploitants d’appareils de bronzage de promouvoir des bénéfices sanitaires non cosmétiques. Il est à craindre également que les offres promotionnelles, telles que le bronzage illimité pour un prix fixe, ne conduisent à une utilisation excessive. À cet égard, l’Irlande a introduit des réglementations interdisant certaines pratiques de commercialisation qui encouragent une utilisation supplémentaire des appareils de bronzage, telle que leur utilisation gratuite, des horaires promotionnels, des tarifs réduits et d’autres types de promotions et de publicité. 3.2.5.3. Exiger l’affichage de notices d’avertissement Certains pays exigent que tous les établissements de bronzage commercial affichent des notices d’avertissement, soit à des endroits visibles dans les locaux (par ex. point de vente, entrée) ou sur l’équipement, qui informent les utilisateurs des risques qu’ils prennent lorsqu’ils utilisent des bronzage artificiel. Ces avertissements sont particulièrement pertinents pour les appareils domestiques. La figure 4 fournit des exemples de notices d’avertissement qui constituent une obligation légale dans leurs juridictions respectives. 25 ÉQUIPEMENTS DE BRONZAGE ARTIFICIEL • INTERVENTIONS DE SANTÉ PUBLIQUE POUR LA GESTION DES APPAREILS DE BRONZAGE Figure 4. Exemples d’avertissements sur l’utilisation des appareils de bronzage 5 26 ÉQUIPEMENTS DE BRONZAGE ARTIFICIEL • INTERVENTIONS DE SANTÉ PUBLIQUE POUR LA GESTION DES APPAREILS DE BRONZAGE Par exemple, la province canadienne d’Ontario impose à tous les exploitants d’appareils de bronzage d’afficher quatre types différents de panneaux dans le cadre de la loi sur la prévention du cancer de la peau (appareils de bronzage), 2013 : un panneau d’avertissement sur le point de vente, un panneau d’avertissement sanitaire, un autocollant de restriction d’âge et d’identification, ainsi qu’un autocollant de rappel pour le gestionnaire (89). Une étude française a montré que, si l’information est nécessaire, elle n’est pas forcément très efficace (90). 3.2.6. Garantir la conformité et la mise en œuvre L’expérience en matière de mesures de santé publique associées à l’alcool et à la lutte contre le tabagisme indique qu’une mise en œuvre efficace et durable est cruciale pour parvenir à respecter des réglementations nationales ou locales. La législation peut ne pas avoir l’effet escompté si aucune disposition ne prévoit un contrôle adéquat et une mise en application de la conformité, et si elle n’est pas accompagnée par une sensibilisation du public (76). Il est important d’inclure dans le cadre juridique non seulement les rôles, mais aussi les coûts associés de la mise en application. Dans certains pays où l’obtention d’une licence est obligatoire pour les exploitants d’appareils de bronzage, les droits de licence permettent l’embauche de responsables de la conformité et de la mise en œuvre. Une application efficace et durable est cruciale pour parvenir à respecter des réglementations nationales ou locales. Les enquêtes en Europe, en Australie et aux États-Unis d’Amérique ont montré en général une mauvaise conformité par les exploitants des appareils de bronzage de leurs propres codes de pratique ou de la législation en place (91,92,93,94). Par exemple, un examen des auto-régulations en Australie a permis d’observer que 90 % des personnes de type de peau I avaient eu accès à des appareils de bronzage alors même que le code de bonnes pratiques stipulait une utilisation restreinte pour ces types de peau (92). Selon une autre étude australienne, 4 adolescents sur 5 avaient eu accès à un appareil de bronzage – contrairement à la loi de l’Etat – en cherchant à mentir sur leur âge (95). Une partie du problème peut provenir du faible taux d’inspection et d’application de sanctions par les autorités régulatrices. Une enquête récente menée en 2010 auprès de la population française a montré que 3,5 % des personnes de moins de 18 ans avaient utilisé un appareil de bronzage au moins une fois au cours de leur vie, alors même que l’utilisation d’appareils de bronzage commerciaux est interdite aux mineurs depuis 1997 (90). Dans un certain nombre de pays, les autorités nationales peuvent effectuer des mesures UV dans le cadre de leurs inspections régulières ou après le signalement de brûlures de la peau. Un projet commun de surveillance du marché a été mené dans plusieurs pays européens afin d’harmoniser les inspections et les réglementations. Les enquêtes d’inspection ont montré un respect insuffisant (68). Des campagnes de mesure sur les services de bronzage artificiel commerciaux ont été réalisées pour évaluer le respect de la limite d’irradiance érythémale efficace de 0,3 W/m2. Un examen systématique récent des études de mesure d’ UV a montré un respect très insuffisant des limites européennes (15). Par exemple, en Grèce, les appareils de bronzage excédaient les limites d’irradiance dans 64 % des cas (96), tandis qu’en Angleterre, les mesures réalisées ont montré que 9 appareils de bronzage sur 10 dépassaient ces limites (14). 27 ÉQUIPEMENTS DE BRONZAGE ARTIFICIEL • INTERVENTIONS DE SANTÉ PUBLIQUE POUR LA GESTION DES APPAREILS DE BRONZAGE © N or we gia n R ad iat ion Pr ot ec tio n A ut ho rit y/ Ro nn y Ø stn es ÉQUIPEMENTS DE BRONZAGE ARTIFICIEL • INTERVENTIONS DE SANTÉ PUBLIQUE POUR LA GESTION DES APPAREILS DE BRONZAGE 4. Discussion Le cancer de la peau est le plus grand risque sanitaire posé par l’exposition aux rayonnements uv ; une relation de causalité claire a été établie. La science est désormais affirmative sur le fait que le bronzage artificiel est responsable d’une partie des cancers de la peau et offre ainsi une excellente opportunité de prévention primaire. L’objectif à long terme est de permettre un changement de culture chez les personnes à peau claire en matière d’exposition au bronzage artificiel par la réglementation, l’éducation et la sensibilisation. Entre-temps, diverses mesures ont été prises par les gouvernements pour réduire les risques sanitaires liés au bronzage artificiel. Comme évoqué ci-dessus, ces actions englobent un mélange d’instruments politiques, tels que les outils volontaires, législatifs et financiers, pour assurer le meilleur usage qui soit des dépenses de santé (considérations économiques) tout en intégrant la protection des droits individuels d’un point de vue éthique. La conception et la mise en œuvre de politiques et de programmes permettant de faire des choix de style de vie en matière de santé sont essentiels pour réduire le fardeau de maladies non transmissibles et atteindre la cible 3.4 des objectifs de développement durable des Nations Unies (ODD). (97). 29 ÉQUIPEMENTS DE BRONZAGE ARTIFICIEL • INTERVENTIONS DE SANTÉ PUBLIQUE POUR LA GESTION DES APPAREILS DE BRONZAGE 4 . 1 . C ONS I D ERAT I ONS F I N ANC I E RE S D E S ANTE P UBL I QUE En choisissant une intervention, les décideurs politiques devront tenir compte à la fois de l’impact sur la santé et des implications financières. L’incidence accrue du cancer de la peau, associée à des ressources limitées en matière de soins et des conditions budgétaires contraintes, a renforcé l’importance d’une compréhension de l’impact économique du cancer de la peau. Les coûts directs associés à sa prise en charge (du diagnostic au suivi en passant par le traitement) et les coûts indirects (associés à la morbidité et à la mortalité prématurée) doivent être pris en compte. Des estimations réalisées dans quelques pays, par exemple la Suède (98) et l’Australie (99), ont fourni aux décideurs des informations sur les économies monétaires que peuvent permettre les efforts de réduction de l’incidence du cancer de la peau. Une publication récente a estimé que le coût des soins médicaux directs pour les cancers de la peau causés par les appareils de bronzage aux États-Unis était supérieur à 340 millions de dollars par an, soit une perte économique totale de plus de 127 milliards de dollars sur la durée de vie des personnes touchées (29). Une étude belge a déterminé qu’une interdiction totale des appareils de bronzage en Belgique serait plus rentable que les autres efforts de prévention primaire (100). En outre, compte tenu de l’âge relativement jeune de nombreux patients atteints de mélanome, l’impact total sur la santé mesuré en années de vie corrigées du facteur invalidité (AVCI) peut être important dans certains pays. A l’évidence, le bronzage artificiel est responsable d’une partie des cancers de la peau et offre donc une excellente opportunité de prévention primaire. 4 . 2 . C O N S I D E R AT I O N S C O MM E R C I A L E S Les conséquences financières pour le secteur privé – en particulier les pertes économiques et les pertes d’emplois – sont une question qui est souvent avancée comme argument contre les réglementations des appareils de bronzage, par les opérateurs et les décideurs politiques. Pour aborder ce problème, le Gouvernement de l’Etat de Victoria en Australie a donné jusqu’à 2 000 dollars australiens par appareil de bronzage pour aider les opérateurs à faire une transition vers d’autres activités. De nombreuses entreprises offrant des services de bronzage artificiel par appareils de bronzage UV ont maintenant diversifié leur activité qui comprend des cabines de bronzage par systèmes de brumisateurs, ainsi que la commercialisation de lotions de bronzage, de cosmétiques et d’autres produits de soin de la peau. Un relevé d’impact de réglementation compilé par un Gouvernement d’Etat Australien a suggéré que parce que l’utilisation d’un appareil de bronzage constitue une dépense librement choisie par le consommateur, toute réduction de dépense dans le domaine des appareils de bronzage résultant de nouveaux contrôles législatifs aurait vraisemblablement pour effet un transfert de dépense vers d’autres articles librement choisis plutôt qu’un retrait de l’économie dans son ensemble (101). Les avantages économiques de la réglementation seraient importants. 4 . 3 I M P L I C AT I O N S P O U R L E S D R O I T S D E L’ H O MM E E T E T H I Q U E S De nombreux facteurs incitent les personnes à utiliser des appareils de bronzage. Ceux-ci émanent de normes liées au genre, aux rôles et aux comportements, comme ce qui perpétue les normes idéalisées d’apparence physique et les stratégies de marketing commerciales. Outre le sexe, la mesure dans laquelle l’utilisation des appareils de bronzage est liée à des considérations d’équité telles que le 30 ÉQUIPEMENTS DE BRONZAGE ARTIFICIEL • INTERVENTIONS DE SANTÉ PUBLIQUE POUR LA GESTION DES APPAREILS DE BRONZAGE statut socioéconomique, l’âge, l’éducation, la situation géographique et d’autres facteurs nécessitent aussi d’être mieux comprise. Certaines recherches ont fourni des profils contextuels d’utilisateurs des appareils de bronzage qui proposent des schémas à travers les différents groupes socioéconomiques (10). Ces tendances doivent être identifiées et explorées plus profondément afin de mieux cibler la réglementation et sensibiliser ces utilisateurs. La culture du bronzage influence principalement les filles et les femmes et les expose au risque de cancer de la peau. Elle a donc un impact sanitaire sur leur santé tout au long de la vie. Si la protection et le respect du choix individuel des consommateurs sont importants s’agissant du droit à la santé, les droits de l’homme confèrent à l’Etat la responsabilité de veiller à ce que les consommateurs soient correctement informés et que des protections existent pour protéger contre la surexposition aux risques sanitaires tels que ceux impliqués par l’utilisation des appareils de bronzage. Cette dimension est particulièrement importante pour les enfants, comme le décrit la Convention des Nations Unies sur les droits de l’Enfant. Dans le cadre de l’élaboration de stratégies visant à éliminer ou limiter l’exposition à une utilisation nocive des appareils de bronzage, les États peuvent souhaiter : • réfléchir à la manière dont les normes locales en matière de sexe peuvent affecter l’utilisation des appareils de bronzage et diriger des stratégies de marketing de bronzage ciblant les femmes et les jeunes filles ; • compiler ou passer en revue les informations qualitatives sur les déterminants d’utilisation des appareils de bronzage dans différents groupes de population ; • impliquer les populations cible dans le développement de campagnes de prévention et de sensibilisation ainsi que dans les décisions politiques en matière d’utilisation des appareils de bronzage. Une autre réflexion porte sur la discrimination ou la stigmatisation qui peut accompagner un diagnostic potentiellement mortel comme le mélanome. Les nombreux patients atteints de mélanome qui survivent après traitement se retrouvent souvent obligés de déclarer leur maladie antérieure afin de garantir un financement (par ex. assurance maladie, assurance-vie et prêts immobiliers) (102). Une législation récente en France, qui dispense les survivants du cancer de déclarer leurs antécédents de cancers après un certain nombre d’années, peut servir de modèle pour répondre à cette problématique (103, 104). 4 . 4 . D O M A I N E S D E R E C H E R C H E P R I O R I TA I R E S Bien que les preuves scientifiques qui lient le risque accru de cancer de la peau à l’utilisation de dispositifs de bronzage artificiel soient nombreuses, des recherches complémentaires sont nécessaires pour comprendre les différentes voies vers le mélanome, et indiquer quelles interventions destinées à réduire ce risque sont probablement les plus efficaces dans le temps. Un intérêt particulier sera porté à l’efficacité de l’interdiction totale des appareils de bronzage commerciaux, proposée par plusieurs agences nationales et associations professionnelles, et mise en œuvre dans deux pays à ce jour. Les pays qui réfléchissent à de nouveaux changements politiques doivent par conséquent envisager d’investir dans des études pour étayer l’efficacité et le coût des interventions. 31 ÉQUIPEMENTS DE BRONZAGE ARTIFICIEL • INTERVENTIONS DE SANTÉ PUBLIQUE POUR LA GESTION DES APPAREILS DE BRONZAGE Références 1. Ferlay J, Soerjomataram I, Ervik M, Dikshit R, Eser S, Mathers C, et al. GLOBOCAN 2012: estimated cancer incidence, mortality and prevalence worldwide. IARC CancerBase No. 11 [online database]. Lyon: International Agency for Research on Cancer; 2013 (http://gco. iarc.fr/, accessed 15 May 2017). 2. Rogers HW, Weinstock MA, Feldman SR, Coldiron BM. Incidence estimate of nonmelanoma skin cancer (keratinocyte carcinomas) in the U.S. population, 2012. 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Bronzage artificiel – faire appel à un équipement qui émet un rayonnement ultraviolet (UV) pour produire un bronzage cosmétique. Cancérogène – substance ou agent capable de provoquer un cancer dans le tissu vivant. Cancers de la peau non mélanomes – tous les types de cancers de la peau qui ne sont pas des mélanomes, tels que le carcinome basocellulaire et le carcinome épidermoïde. Carcinome basocellulaire – cancer de la peau dérivé et conservant la forme des cellules basales de la peau. Carcinome épidermoïde (spinocellulaire) – carcinome composé ou dérivant de cellules squameuses. Cataracte – opacité du cristallin de l’œil ou de sa capsule. Dépression saisonnière – type de dépression lié au changement de saison, qui commence et se termine généralement à peu près à la même époque chaque année. Dose – produit de l’irradiation et de la durée d’exposition, généralement exprimée en joules par mètre carré (J/m2). Érythème – rougeur de la peau, y compris due à une réponse inflammatoire causée par un rayonnement ultraviolet (UV) solaire ou artificiel. Genre – caractéristiques comportementales, culturelles ou psychologiques généralement associées à un sexe donné. Index UV – L’index UV mesure le niveau des rayonnements UV. Les valeurs de l’index démarrent à zéro – plus l’index UV est élevé, plus le risque de dommages pour la peau et l’œil est important et moins il faudra de temps pour que le dommage se produise. Irradiance – Puissance rayonnante UV reçue sur une surface, par unité de surface, généralement exprimée en watts par mètre carré (W/m2). Kératose actinique – excroissance rugueuse, étendue, rose ou blanche qui se produit à la surface de la peau dans des zones (telles que le visage, le cou et le dos des mains) fréquemment exposées aux rayonnements UV et qui peut évoluer en carcinome épidermoïde. Longueur d’onde – distance entre les points identiques de deux crêtes successives d’une onde électromagnétique. Mélanocytes – cellules de l’épiderme produisant de la mélanine. Mélanome – type le plus grave de cancer de la peau, issu de mélanocytes atypiques (cellules produisant de la mélanine) dans la peau. Mélanome oculaire – type de cancer qui se développe dans ou autour de l’œil dans les cellules qui produisent du pigment. Photosensibilité – réaction cutanée négative qui résulte de l’application locale d’un certain produit chimique ou médicamenteux, ou d’une prise systémique alors qu’une personne est exposée à un rayonnement UV ou à la lumière visible. Rayonnement ultraviolet (UV) – type de rayonnement produit par le soleil et certaines sources artificielles, telles que les appareils de bronzage. Le rayonnement UV couvre la longueur d’onde 100– 400 nm et se divise en trois bandes : UVA (315–400 nm), UVB (280–315 nm) ; et UVC (100)–280 nm). Les trois bandes sont classées comme cancérogènes pour l’homme. Santé – état de bien-être physique, mental et social complet et pas seulement l’absence de maladie ou d’infirmité. Vitamine D – vitamine liposoluble naturellement présente dans certains aliments et disponible sous forme de complément alimentaire. Elle est également produite de manière endogène par l’exposition aux rayonnements UVB. 38 ÉQUIPEMENTS DE BRONZAGE ARTIFICIEL • INTERVENTIONS DE SANTÉ PUBLIQUE POUR LA GESTION DES APPAREILS DE BRONZAGE Annexe 1. Synthèse des risques sanitaires autres que le cancer A . 1 . P E A U L’exposition aux rayonnements UV est associée à divers troubles cutanés et provoque des lésions cutanées à court terme et permanentes. Vieillissement cutané accéléré Des expériences de laboratoire extensives chez l’homme et les animaux ont montré que l’exposition chronique ou excessive aux rayonnements UV du soleil ou des appareils de bronzage provoque un vieillissement accéléré de la peau exposée, caractérisée par une altération de l’épiderme, l’apparition de ridules et une perte d’élasticité (A1, A2, A3). Coups de soleil Le coup de soleil correspond à une blessure aiguë causée par une exposition excessive aux rayonnements UV. Il est également fréquent après des séances de bronzage artificiel (A4, A5). Il se caractérise par un érythème (rougeur cutanée résultant de la vasodilatation) et un œdème (gonflement), tous deux pouvant être graves. Le coup de soleil est un indicateur précoce du risque de mélanome, car il s’agit d’un marqueur biologique de l’exposition excessive aux rayonnements UV (A6, A7). Réactions phototoxiques et photoallergiques Deux types de réactions cutanées aiguës à la photosensibilité aux rayonnements UV et induites par les médicaments ont été décrits – les réactions phototoxiques et photoallergiques. Tous deux surviennent chez des personnes prenant des médicaments ou des aliments spécifiques ou touchant certaines plantes qui contiennent des agents photoréactifs, tout en étant simultanément exposés aux rayonnements UV ou à la lumière visible. Les réactions phototoxiques, qui peuvent être observées quelques minutes à quelques heures après l’exposition, provoquent généralement un coup de soleil exagéré. Dans les réactions photoallergiques, les rayonnements UV provoquent une réponse immunitaire, provoquant une réaction cutanée généralement observée plusieurs jours après exposition et souvent sur des zones non exposées au soleil. Autres affections cutanées En raison des effets immunitaires de l’exposition aux UV, le bronzage solaire et artificiel peut induire d’autres lésions aiguës cutanées telles que les éruptions légères polymorphes, ainsi que la réactivation de herpès (A8, A9). Ces affections sont bénignes et disparaissent après la fin de l’exposition. A . 2 . Y E U X L’exposition aux rayonnements UV est associée à une variété de troubles oculaires, y compris des dommages aux paupières, à la cornée et au cristallin (A10). L’exposition répétée des yeux aux rayonnements UV provoque des troubles oculaires à court terme et des lésions permanentes. L’œil est structuré pour empêcher la plupart des rayonnements UV d’atteindre et de détériorer la rétine. Cependant, l’UV-A et la lumière bleue, émanant à la fois du soleil et des dispositifs artificiels de bronzage aux rayonnements UV, peuvent atteindre la rétine et provoquer des affections aiguës et chroniques. 39 ÉQUIPEMENTS DE BRONZAGE ARTIFICIEL • INTERVENTIONS DE SANTÉ PUBLIQUE POUR LA GESTION DES APPAREILS DE BRONZAGE La cataracte L’exposition chronique à faible dose à l’UV-B similaire aux niveaux émis par les appareils de bronzage peut entraîner une formation prématurée de cataracte (A11). Inflammation oculaire Une inflammation oculaire ou photokératite, communément connue sous le nom de cécité des neiges ou flash du soudeur, survient lorsqu’un œil non protégé est exposé à un rayonnement UV excessif qui provoque ce qu’on appelle le coup de soleil de la cornée. Comme pour le coup de soleil de la peau, les symptômes sont retardés pendant plusieurs heures, et commencent par une sensation de démangeaison (comme du « sable dans l’œil ») puis une augmentation du larmoiement, suivie d’une douleur et d’une photophobie sévères (sensibilité extrême à la lumière). Ceci est dû à une réaction inflammatoire dans la cornée et la conjonctive, qui entraîne un gonflement et une perte de cellules cornéennes et conjonctivales externes. La photokératite se résout généralement en quelques jours en raison de la régénération des cellules externes de la cornée. Phototoxicité rétinienne L’UV-A intense et la lumière visible émises par certaines lampes utilisées dans les appareils de bronzage peuvent produire une phototoxicité rétinienne directe (A12, A13). Des lunettes de protection adaptées peuvent bloquer une part importante d’UV et de lumière visible. A . 3 . A U T R E S E F F E T S S U R L A S A N T E Addiction Des études sur les personnes qui bronzent fréquemment ont suggéré des liens possibles entre le comportement de bronzage et la dépendance ou addiction (A14, A15, A16, A17). Il est prouvé que les personnes qui bronzent fréquemment développent des symptômes de sevrage et éprouvent des difficultés à contrôler leur utilisation, générant un bronzage compulsif. Des études récentes suggèrent que les mécanismes biochimiques peuvent renforcer le comportement de recherche de rayonnements UV. De nombreuses personnes qui veulent bronzer font état d’une relaxation et d’une amélioration de leur humeur comme source de motivation pour le bronzage, ce qui suggère la possibilité d’une dépendance psychologique (A18). Immunosuppression Il a été montré que l’UV-A et l’UV-B affectent l’immunité de la peau et des organes, par des mécanismes qui semblent dépendre de la quantité d’UV-A et d’UV-B présents (A19, A20, A21). Cela signifie que les humains peuvent avoir une réponse immunologique différente à un événement tel qu’une infection virale ou une vaccination selon l’intensité de l’exposition aux rayonnements UV à ce moment. R E F E R E N C E S A1. Leyden J. What is photoaged skin? Eur J Dermatol. 2001; 11(2):165–7. A2. Uitto J. Understanding premature skin aging. N Engl J Med. 1997; 337(20):1463–5. A3. Reimann V, Krämer U, Sugiri D, et al. Sunbed use induces the photoaging-associated mitochondrial common deletion. J Invest Dermatol. 2008; 128(5):1294–1297. A4. Schneider S, Zimmermann S, Diehl K, Breitbart EW, Greinert R. Sunbed use in German adults: risk awareness does not correlate with behaviour. Acta Derm Venereol. 2009; 89(5):470–5. 40 ÉQUIPEMENTS DE BRONZAGE ARTIFICIEL • INTERVENTIONS DE SANTÉ PUBLIQUE POUR LA GESTION DES APPAREILS DE BRONZAGE A5. Gordon LG, Hirst NG, Green AC, Neale RE. Tanning behaviors and determinants of solarium use among indoor office workers in Queensland, Australia. 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Exemple de formulaire d’information du client (Irlande) Public Health (Sunbeds) (Health Information) Regulations 2015 (http://www.irishstatutebook.ie/eli/2015/si/50/made/en/pdf) AVERTISSEMENT DE SANTE INFORMATION POUR LES UTILISATEURS D’APPAREILS DE BRONZAGE (Traduction en Français) L’utilisation d’appareils de bronzage peut gravement nuire à votre santé et entraîner un cancer de la peau de type mélanome. Les appareils de bronzage sont associés : • à un risque plus élevé de cancer de la peau. Les personnes qui utilisent des appareils de bronzage pour la première fois avant l’âge de 35 ans augmentent de 75 % leur risque de développer un mélanome malin (la forme la plus grave de cancer de la peau) ; • toute personne ayant utilisé au moins une fois un appareil de bronzage est au moins 20 % plus susceptible de développer un mélanome malin ; • aux lésions oculaires, y compris le mélanome de l’œil et un risque plus élevé de cataracte ; • au vieillissement prématuré de la peau, ce qui signifie que votre peau devient plus rugueuse, tannée et ridée à un âge plus jeune. Votre risque de développer un cancer de la peau augmente chaque fois que vous utilisez un appareil de bronzage. Il existe également des effets à court terme sur la santé : • une peau brûlée, qui peut devenir rouge, douloureuse et cloquée ; • sécheresse cutanée ; • une éruption « thermique » avec des démangeaisons ; • des démangeaisons des yeux, une conjonctivite ou un dommage plus grave, en l’absence de protection oculaire adaptée. Vous ne devez jamais utiliser un appareil de bronzage si vous : • avez eu par le passé un cancer de la peau ; • présentez des antécédents familiaux de cancer de la peau ; • avez des coups de soleil/des lésions cutanées ou si vous avez des antécédents de coups de soleil, en particulier pendant votre enfance ; • brûlez facilement sous le soleil ; • avez une peau qui ne bronze jamais ou difficilement ; • avez une peau très claire ou sensible ; • présentez un grand nombre de taches de rousseur et/ou des cheveux roux ; • avez un grand nombre de grains de beauté ; • utilisez des médicaments ou des crèmes qui rendent votre peau plus sensible au soleil ; • avez une maladie aggravée par le soleil ; • avez un système immunitaire défaillant ou affaibli ; • ne protégez pas vos yeux – n’utilisez jamais un appareil de bronzage sans porter de protection oculaire conforme à la norme requise ; • si vous avez moins de 18 ans (aucune personne de moins de 18 ans n’est autorisée à utiliser un appareil de bronzage dans ces locaux ni à acheter ou louer un appareil de bronzage). La peau est plus sensible aux rayonnements UV pendant la grossesse et les coups de soleil sont plus fréquents. Par conséquent, le risque de cancer de la peau est accru. Les appareils de bronzage ne doivent jamais être utilisés pendant la grossesse. LA LOI INTERDIT D’AUTORISER UNE PERSONNE DE MOINS DE 18 ANS A UTILISER UN APPAREIL DE BRONZAGE DANS UN CENTRE DE BONZAGE OU DE LOUER OU DE VENDRE UN APPAREIL DE BRONZAGE À UNE PERSONNE DE MOINS DE 18 ANS Ce formulaire doit être signé à chaque fois par le client avant d’utiliser, de louer ou d’acheter un Appareil de bronzage. Je confirme avoir reçu un exemplaire des informations prescrites et avoir eu l’occasion de lire et d’examiner ces informations. Signé : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Date : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42 ÉQUIPEMENTS DE BRONZAGE ARTIFICIEL • INTERVENTIONS DE SANTÉ PUBLIQUE POUR LA GESTION DES APPAREILS DE BRONZAGE CONTACT IRPA : International Radiation Protection Association: www.irpa.net EMAIL : Secrétaire du comité exécutif IRPA: exec.off@irpa.net Secrétariat SFRP : secretariat@sfrp.asso.fr Interventions de santé publique pour la gestion des appareils de bronzage Équipements de bronzage artificiel : Traduction en français de la publication « Artificial tanning devices: Public Health interventions to manage sunbeds » de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) Réalisée par : IRPA International Radiation Protection Association

Informations clés
Type de document Publications
Date d'adoption
Source Organisation mondiale de la santé