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Vue d’ensemble de la situation sanitaire dans les pays de la Région en 2019
Profil Santé et Bien-être dans la Région de la Méditerranée orientale
Le présent document est une version abrégée de la publication originale en anglais Health and well-being profile of the Eastern Mediterranean Region An overview of the health situation in the Region and its countries in 2019. Outre le contenu de ce document, la version originale présente des profils succincts qui contiennent des informations clés sur chaque pays de la Région OMS de la Méditerranée orientale.
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Noms : Organisation mondiale de la Santé. Bureau régional de la Méditerranée orientale Titre : Pro�l Santé et Bien-être dans la Région de la Méditerranée orientale : vue d’ensemble de la situation sanitaire dans les pays de la Région en 2019 / Organisation mondiale de la Santé. Bureau régional de la Méditerranée orientale Description : Caire : Organisation mondiale de la Santé. Bureau régional de la Méditerranée orientale | 2021 | Comprend des références bibliographiques. Identi�cateurs : ISBN 978-92-9274-711-4 | ISBN 978-92-9274-712-1 (en ligne) Sujets : État de santé | Développement durable | Couverture maladie universelle | Services des urgences médicales | Promotion de la santé | Région de la Méditerranée orientale Classi�cation : NLM WA 300
Le présent ouvrage a été publié dans sa version originale sous l’ISBN 978-92-9022-793-9, 978-92-9022-796-0
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Vue d’ensemble de la situation sanitaire dans les pays de la Région en 2019
Sommaire
Avant-propos vii
Préface ix
Remerciements x
Sigles et abréviations xi
Résumé d’orientation xiii
1. Santé et objectifs de développement durable 1
1.1 Programme de développement durable à l’horizon 2030 1
1.2 Treizième programme général de travail de l’OMS 2
1.3 Objectifs du « triple milliard » 2
2. La Région de la Méditerranée orientale en bref 4
3. Instauration de la CSU couverture sanitaire universelle 8
3.1 Indice de la couverture des services de la CSU 8
3.2 Gouvernance 9
3.2.1 Approches et partenariats multisectoriels 10
3.2.2 Diplomatie sanitaire 11
3.2.3 Renforcement de la législation sanitaire visant à faire progresser la santé 12
3.3 Prestation de services et qualité des services 13
3.3.1 Paniers de prestations prioritaires 13
3.3.2 Soins de santé primaires et médecine familiale 14
3.3.3 Gestion des soins hospitaliers 17
3.3.4 Qualité des soins de santé et sécurité des patients 18
3.3.5 Rôles et réglementation du secteur privé de la santé 19
3.4 Financement de la santé et protection financière 21
3.4.1 Financement de la santé 21
3.4.2 Protection financière 24
3.5 Données sanitaires et systèmes d’information sanitaire 26
3.5.1 Amélioration de l’enregistrement des actes et des statistiques d’état civil 26
3.5.2 Indicateurs sanitaires de base et indicateurs des ODD 29
3.5.3 Amélioration de la surveillance systématique et des systèmes d’information des établissements 30
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Profil Santé et Bien-être dans la Région de la Méditerranée orientale
3.6 Personnels de santé 31
3.6.1 Politiques et cadres réglementaires sur les personnels de santé 34
3.6.2 Information sur les personnels de santé 35
3.6.3 Qualité de la formation des personnels de santé et rôle des universités 35
3.6.4 Protection des personnels de santé dans les situations d’urgence 37
3.7 Accès aux médicaments, aux vaccins et aux produits sanitaires 37
3.7.1 Accès aux médicaments essentiels 37
3.7.2 Technologies d’assistance 39
3.7.3 Dispositifs médicaux sélectionnés 40
3.7.4 Disponibilité de produits essentiels ou de produits d’importance vitale 42
3.8 Capacité de recherche et utilisation de données factuelles 42
3.8.1 Capacité et résultats de la recherche 42
3.8.2 Priorités de la recherche, gouvernance et soutien à la recherche en santé 43
3.8.3 Utilisation de données de recherche pour l’élaboration de politiques 45
4. Situations d’urgence sanitaire 48
4.1 Situation régionale 48
4.1.1 Capacité des pays à répondre aux situations d’urgence 49
4.1.2 Initiative pour la sécurité des hôpitaux 49
4.2 Préparation à la riposte aux flambées 49
4.2.1 Campagnes de prévention des épidémies 51
4.3 Préparation à la riposte aux urgences humanitaires 51
4.3.1 Disponibilité des services de santé d’importance vitale 52
4.3.2 Santé mentale et soutien psychologique 52
4.3.3 Services de réadaptation 54
4.4 Coordination et collaboration entre les institutions des Nations Unies et d’autres partenaires 54
4.5 Reconstruction des systèmes de santé dans les pays touchés par des situations d’urgence 55
5. Promotion de la santé tout au long de la vie 56
5.1 Santé reproductive, santé de la mère, du nouveau-né, de l’enfant et de l’adolescent et vieillissement 56
5.1.1 Santé reproductive et maternelle 56
5.1.2 Santé du nouveau-né et du jeune enfant (moins de 5 ans) 60
5.1.3 Santé et développement de l’enfant et de l’adolescent 67
5.1.4 Vieillissement et santé, y compris démence 69
5.2 Violence, traumatismes et incapacités 71
5.2.1 Violence et traumatismes, en particulier à l’égard des femmes, des filles et des enfants 71
v
Vue d’ensemble de la situation sanitaire dans les pays de la Région en 2019
5.2.2 Traumatismes dus aux accidents de la circulation 74
5.2.3 Incapacités, y compris la prévention de la cécité et de la surdité 75
5.3 Maladies non transmissibles 76
5.3.1 Charge des maladies non transmissibles 76
5.3.2 Principaux facteurs de risque des maladies non transmissibles 78
5.3.2.1 Tabagisme 78
5.3.2.2 Sédentarité 81
5.3.2.3 Usage nocif de l’alcool 82
5.3.3 Surveillance et évaluation des maladies non transmissibles et de leurs facteurs de risque 83
5.4 Maladies non transmissibles prioritaires 83
5.4.1 Diabète 83
5.4.2 Maladies cardiovasculaires et hypertension 84
5.4.3 Soins et services en cancérologie 86
5.4.4 Asthme et maladies respiratoires chroniques 89
5.5 Santé mentale et troubles liés à l’usage de substances psychoactives 90
5.5.1 Charge des troubles mentaux 90
5.5.2 Combler les lacunes en matière de traitement 91
5.5.3 Troubles liés à l’usage de substances psychoactives 93
5.6 Double fardeau de la malnutrition 95
5.6.1 Situation nutritionnelle et enjeux 95
5.6.2 Approches stratégiques 100
5.7 Élimination et éradication des maladies transmissibles à fort impact 101
5.7.1 Amélioration de la couverture vaccinale 101
5.7.2 Éradication de la poliomyélite et plan de transition 104
5.8 Maladies transmissibles prioritaires 105
5.8.1 Paludisme et autres maladies à transmission vectorielle 105
5.8.2 Maladies tropicales négligées 107
5.8.3 Tuberculose 109
5.8.4 VIH et sida 112
5.8.5 Hépatite virale 114
5.9 Résistance aux antimicrobiens 115
5.9.1 Élaboration de plans d’action nationaux pour combattre la résistance aux antimicrobiens 116
5.9.2 Surveillance de la résistance aux antimicrobiens, de leur utilisation et de leur consommation 117
5.9.3 Programmes de prévention et de contrôle des infections 119
5.9.4 Gestion des antimicrobiens et programmes de sensibilisation 120
5.10 Environnement, changement climatique et santé 121
5.10.1 Environnement et santé 121
5.10.2 Changement climatique et santé 125
vi
Profil Santé et Bien-être dans la Région de la Méditerranée orientale
6. Autres domaines d’action prioritaires dans la Région 127
6.1 Migration et réfugiés 127
6.1.1 Réponse politique et législative à la santé des migrants et des réfugiés 127
6.1.2 Systèmes d’information sanitaires ouverts à tous 128
6.1.3 CSU et protection financière des migrants et des réfugiés 129
6.1.4 Protection de la santé et du bien-être de la femme, de l’enfant et de l’adolescent 129
6.1.5 Prise en compte des MNT et de la santé mentale, initiatives communautaires comprises 130
6.2 Cadres de vie sains et urbanisme 131
6.3 Rôle de la société civile, des organisations non gouvernementales et des réseaux 132
6.3.1 Organisations de la société civile 132
6.3.2 Participation communautaire et agents de santé communautaires 134
6.4 Déterminants sociaux de la santé et santé dans toutes les politiques 135
Conclusion 137
Références 140
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Vue d’ensemble de la situation sanitaire dans les pays de la Région en 2019
Avant-propos Les objectifs du Millénaire pour le développement et les objectifs de développement durable (ODD) qui leur ont succédé ont fait émerger de nouvelles possibilités pour améliorer sensiblement la situation sanitaire et le bien-être à l’échelle mondiale. Dans de nombreux pays, l’espérance de vie a augmenté en dépit de défis complexes et récurrents tels que la pauvreté, les inégalités, le changement climatique et les crises humanitaires prolongées.
Tel qu’énoncé dans le document intitulé Vision 2023 : la santé pour tous et par tous dans la Région de la Méditerranée orientale – un appel à la solidarité et à l’action, tous les pays de la Région se sont engagés à faire progresser la couverture sanitaire universelle et à promouvoir la santé pour tous afin d’éliminer la pauvreté, de protéger la planète et de faire en sorte que tous jouissent de la paix et de la prospérité. La triade formée par la pauvreté, les modes de vie malsains et la dégradation de l’environnement reste cependant un déterminant essentiel de la morbidité, de l’incapacité et de la mortalité. Le bon fonctionnement et la performance des systèmes de santé influent également sur l’état de santé des populations.
Dans notre Région, certains pays peinent encore à lutter contre les maladies infectieuses, tandis que d’autres sont davantage menacés par les maladies chroniques liées au mode de vie, telles que les maladies cardiovasculaires, le diabète, les maladies respiratoires et les cancers. L’OMS continue d’aider les pays à mettre en place des systèmes de santé opérationnels et accessibles et s’attache à promouvoir la prise en compte de la santé dans toutes les politiques. Près des deux tiers des pays de la Région sont directement ou indirectement touchés par des crises. Du fait de leur ampleur, les conflits, les catastrophes naturelles et l’instabilité politique se traduisent par une souffrance humaine généralisée et posent des défis particuliers aux pays de la Région. Depuis le début de 2020, la Région est également touchée par l’épidémie actuelle de maladie à coronavirus (COVID-19). Celle-ci met à l’épreuve les systèmes de santé et a une incidence sur l’état de santé des populations. Elle montre aussi que le renforcement de la préparation des systèmes de santé ne concerne pas seulement les pays sujets aux situations d’urgence et qu’il s’agit d’une nécessité pour tous les pays, même ceux dont les systèmes de santé sont solides et bien établis.
Le présent document s’inspire des priorités stratégiques du treizième programme général de travail de l’OMS (treizième PGT), à savoir l’instauration de la couverture sanitaire universelle, l’intervention dans les situations d’urgence sanitaire et la promotion de la santé des populations tout au long de l’existence. Dans le contexte du treizième PGT et de la Vision 2023, ce profil offre l’occasion de revoir notre position en tant que Région et d’évaluer les opportunités et les défis à venir. Il vient également compléter les efforts actuellement déployés pour faire progresser l’utilisation de bases factuelles et de données issues de la recherche dans la prise de décisions.
Je me réjouis à la perspective de voir ce profil Santé et Bien-être régional mis à jour en 2023 pour montrer les progrès que nous aurons accomplis ensemble dans la réalisation du programme et des objectifs ambitieux de la Vision 2023 et du treizième PGT.
Dr Ahmed Al-Mandhari Directeur régional de l’OMS pour la Méditerranée orientale
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Vue d’ensemble de la situation sanitaire dans les pays de la Région en 2019
Préface
Le présent profil Santé et Bien-être de la Région de la Méditerranée orientale de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) présente les réalisations, les défis et les initiatives aux niveaux régional et national.
Il s’articule autour des objectifs et des priorités stratégiques du treizième programme général de travail de l’OMS (treizième PGT), à savoir l’instauration de la couverture sanitaire universelle, l’intervention dans les situations d’urgence sanitaire et la promotion de la santé des populations tout au long de l’existence. Pour la première fois, la situation sanitaire de la Région ainsi que les progrès réalisés et les défis rencontrés sont évalués de manière exhaustive sur la base des données disponibles pour la période allant de janvier 2013 à octobre 2019. Le document met notamment en évidence les progrès accomplis dans l’établissement de rapports sur les indicateurs régionaux de base et les indicateurs des ODD relatifs à la santé, en mettant l’accent sur trois domaines principaux : 1) le suivi des déterminants de la santé et des risques sanitaires ; 2) l’évaluation de l’état de santé, y compris la morbidité et la mortalité par cause spécifique ; et 3) l’évaluation de la réponse du système de santé.
La première moitié de ce document donne un aperçu de la situation sanitaire actuelle dans la Région de la Méditerranée orientale. Les thèmes couverts comprennent la couverture sanitaire universelle, les situations d’urgence sanitaire, la promotion de la santé tout au long de la vie et d’autres domaines d’action prioritaires pour la Région. On y aborde également les principaux défis rencontrés et les principaux facteurs influant sur la santé, ainsi que la situation et les tendances sanitaires des dernières années.
Ce document s’appuie sur des données tirées de sources multiples, notamment les chiffres fournis par les États Membres de l’OMS, les plus récentes éditions des Statistiques sanitaires mondiales, les données de l’Observatoire mondial de la santé de l’OMS et des estimations mises au point par des institutions des Nations Unies, dont l’OMS. La plupart des données ont été recueillies entre 2013 et 2019, mais quelques indicateurs reposent sur des données obtenues entre 2007 et 2015.
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Profil Santé et Bien-être dans la Région de la Méditerranée orientale
Remerciements
Le profil Santé et Bien-être de la Région de la Méditerranée orientale 2019 a été établi sous la direction générale et la supervision technique d’Arash Rashidian (Directeur, Science, Information et Diffusion des savoirs, Bureau régional de l’OMS pour la Méditerranée orientale). Les principaux auteurs étaient Mahshid Taj (consultant international) et Henry V. Doctor, Coordonnateur, Systèmes d’information pour la santé, Bureau régional de l’OMS pour la Méditerranée orientale).
Rana Hajjeh (Directrice de la gestion des programmes) a apporté un soutien et des conseils généraux. Parmi les contributeurs des départements techniques du Bureau régional de l’OMS pour la Méditerranée orientale, l’on peut citer (par ordre alphabétique) : Science, Information et Diffusion des savoirs : Eman Abdelkreem Aly, Azza Mohamed Badr, Ahmed Mandil et Rokaya Nassar (ancienne stagiaire). CSU/ Systèmes de santé : Adham Abdel Moneim (ancien Conseiller régional, Dispositifs sanitaires et biomédicaux), Hala Abou Taleb, Adi Al-Nuseirat, Ali Ardalan, Ilker Dastan, Feyith Gulin Gedik, Faraz Khalid, Reza Majdzadeh, Houda Langar, Mondher Letaief, Awad Mataria, Arwa Oweis, Hamid Ravaghi, Hassan Salah, Sebastian van Gilst et Gohar Wajid. CSU/Maladies non transmissibles : Fatimah El-Awa, Ayoub Al-Jawaldeh, Heba Fouad, Charles Fraser, Asmus Hammerich, Khalid Saeed et Slim Slama. CSU/Maladies transmissibles : Muhammad Akhtar, Hoda Atta, Kenza Bennani, Kamal Fahmy, Joumana Hermez, Yvan Hutin, Frank Konings, Mona Osman, Ahmed Sabry, Maha Talaat, Nadia Teleb, Sara Tolba, Supriya Warusavithana, Ghasem Zamani et Bassim Zayed. Amélioration de la santé des populations : Jamela Al-Raiby, Ahmed Basel Al-Yousfi, Hala Sakr Ali, Maha El-Adawy, Samar Elfeky, Karima Gholbzouri, Wasiq Khan, Ramez Mahaini, Mazen Malkwai et Khalid Siddeeg. Bureau du Directeur régional : Ruth Mabry, Situations d’urgence sanitaire : Abdinasir Abubakar, Alaa Abouzeid, Richard Brennan et Tonia Rifaey. Relations extérieures et communication : Misbah Sheikh.
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Vue d’ensemble de la situation sanitaire dans les pays de la Région en 2019
Sigles et abréviations
AA-HA! Action mondiale accélérée en faveur de la santé des adolescents
BPCO bronchopneumopathie chronique obstructive
CCG Conseil de Coopération du Golfe
CIM Classification internationale des maladies
CSU couverture sanitaire universelle
DALY années de vie ajustées sur l’incapacité
DTC diphtérie-tétanos-coqueluche
EEC évaluation externe conjointe
GLASS Système mondial de surveillance de la résistance aux antimicrobiens
GOARN Réseau mondial d’alerte et d’action en cas d’épidémie
HCR Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés
MNT maladies non transmissibles
ODD objectif de développement durable
OIM Organisation internationale pour les migrations
OMS Organisation mondiale de la Santé
ONU-Femmes Entité des Nations Unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes
PCI prévention et contrôle des infections
PFA paralysie flasque aiguë
PIB Produit intérieur brut
PVDVc poliovirus circulants dérivés d’une souche vaccinale
RSI (2005) Règlement sanitaire international (2005)
STEPS approche STEPwise de la surveillance de l’OMS
TDR programme spécial de recherche et de formation concernant les maladies tropicales
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Profil Santé et Bien-être dans la Région de la Méditerranée orientale
TMM taux de mortalité maternelle
Treizième PGT treizième programme général de travail, 2019-2023
UNFPA Fonds des Nations Unies pour la population
UNICEF Fonds des Nations Unies pour l’enfance
UNRWA Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient
WASH eau, assainissement et hygiène
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Vue d’ensemble de la situation sanitaire dans les pays de la Région en 2019
Résumé d’orientation
Santé et objectifs de développement durable
À l’échelle mondiale, les pays ont réalisé des progrès importants dans le domaine de la santé ; toutefois, des menaces complexes et interdépendantes subsistent, notamment la pauvreté, les inégalités, les conflits et le changement climatique. Le treizième programme général de travail (treizième PGT) s’appuie sur les ODD pour définir les orientations stratégiques de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour la période 2019-2023. Le treizième PGT décrit également la façon dont les programmes seront mis en œuvre et fournit un cadre pour mesurer les progrès. L’impact dans les pays est au cœur du programme et s’inscrit dans la mission de l’OMS consistant à promouvoir la santé, préserver la sécurité mondiale et servir les populations vulnérables. Le treizième PGT s’articule autour de trois grandes priorités stratégiques interdépendantes destinées à garantir une vie en bonne santé et le bien-être pour tous à tout âge, à savoir l’instauration de la couverture sanitaire universelle, l’intervention dans les situations d’urgence sanitaire et la promotion de la santé des populations. Ces priorités sont liées à trois objectifs ambitieux : un milliard de personnes supplémentaires bénéficiant de la CSU, un milliard de personnes supplémentaires mieux protégées face aux situations d’urgence sanitaire et un milliard de personnes supplémentaires bénéficiant d’un meilleur état de santé et d’un plus grand bien-être.
La Région de la Méditerranée orientale en bref
La Région OMS de la Méditerranée orientale abrite près de 9 % de la population mondiale. Elle fait face à des crises humanitaires prolongées qui ont entraîné le déplacement forcé de millions de personnes, l’affaiblissement des systèmes de santé et la réémergence de maladies évitables par la vaccination. Dans cinq pays, plus de 25 % de la population vit en dessous du seuil international de pauvreté. L’espérance de vie et l’espérance de vie en bonne santé dans la Région sont inférieures aux moyennes mondiales. En 2016, l’espérance de vie et l’espérance de vie en bonne santé moyennes dans la Région étaient estimées à 69,1 ans et 59,7 ans, respectivement, contre 72,0 ans et 63,3 ans à l’échelle mondiale.
Instauration de la CSU
L’OMS utilise l’indice de couverture des services de la CSU pour mesurer la proportion de la population qui a accès aux services de santé essentiels. Selon les derniers chiffres disponibles, la couverture dans la Région de la Méditerranée orientale est bien inférieure à la moyenne mondiale. Au niveau mondial, l’indice CSU est
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Profil Santé et Bien-être dans la Région de la Méditerranée orientale
de 64 (sur 100), tandis que la moyenne pondérée pour la Région est de seulement 53. On rapporte de graves lacunes en matière de gouvernance : près de la moitié des pays de la Région n’ont pas encore pris des mesures pour renforcer les capacités de gouvernance en vue de réaliser la CSU. Les pays qui se sont dotés de politiques et de stratégies doivent quant à eux suivre de près leur mise en œuvre et les réviser si nécessaire. La Région investit peu dans la santé : alors qu’elle abritait près de 9 % de la population mondiale en 2015, elle représentait moins de 2 % des dépenses de santé mondiales. En outre, les dépenses de santé publique ne représentent qu’une faible proportion des dépenses de santé courantes – environ 50 % pour la période 2000-2015 –, ce qui signifie que de nombreuses personnes sont contraintes d’effectuer d’importants paiements directs et se heurtent ainsi souvent à des difficultés financières.
De nombreux pays s’efforcent d’élargir la couverture de services en créant des paniers de prestations prioritaires pour la CSU et en renforçant la prestation de services par le système de soins de santé primaires. Toutefois, 12 pays de la Région, dont quatre à revenu élevé, comptent moins d’un établissement de soins de santé primaires pour 10 000 habitants. De même, les efforts visant à renforcer la médecine familiale, améliorer la qualité et la sécurité des soins de santé et tirer parti de l’important secteur privé de la Région pour atteindre la CSU sont actuellement insuffisants dans la plupart des pays.
Chaque année, les pays communiquent à l’OMS des données sur 75 indicateurs sanitaires régionaux de base. Dans 17 pays, la notification sur les indicateurs de base est comprise entre 76 et 95 %, tandis que, dans les cinq autres pays, ce chiffre est compris entre 62 et 75 %. En moyenne, la notification sur les indicateurs de base a augmenté de 15 % au niveau régional sur la période 2014-2018. Tous les pays à l’exception de la Somalie disposent de systèmes d’enregistrement des décès, la couverture atteignan 90 % ou plus dans la moitié des pays. Le taux moyen d’exhaustivité des données sur les causes de décès dans la Région est de 32 %, contre un taux mondial de 49 %. Tous les pays de la Région disposent de systèmes d’enregistrement des naissances. La couverture de l’enregistrement de tels événements est supérieure à 90 % dans 14 pays, mais inférieure à 70 % dans les pays à faible revenu.
La Région connaît de graves pénuries de personnels de santé. Plus de la moitié des pays de la Région se situent en deçà du seuil minimum de 44,5 médecins, personnels infirmiers et sages-femmes pour 10 000 habitants. Sept pays ne disposent pas de la densité minimale de 23 médecins, personnels infirmiers et sages-femmes pour 10 000 habitants nécessaire pour assurer les interventions sanitaires de base. Les problèmes sont exacerbés par le nombre élevé d’attaques perpétrées contre les agents de santé et les établissements de santé dans certains pays : en 2018, les agents de santé de la Région ont été visés par 725 attaques qui ont fait 137 morts.
La plupart des pays à revenu faible et intermédiaire de la Région connaissent des pénuries de médicaments essentiels, tant dans les établissements publics que privés. Les prestations de services et les mécanismes de réglementation concernant les technologies d’assistance sont inadaptés ou inexistants dans de nombreux pays. Quant à l’accès aux dispositifs médicaux, il est extrêmement limité dans les pays à revenu faible et intermédiaire, voire dans certains pays à revenu élevé.
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Vue d’ensemble de la situation sanitaire dans les pays de la Région en 2019
Les résultats de la recherche liée à la santé ont sensiblement progressé ces dernières années, mais ils sont inégalement répartis et dépendent fortement de quelques pays. Parmi les principales catégories de recherche, on peut trouver, dans l’ordre, la recherche en santé publique, la recherche sociale/comportementale et la recherche clinique/expérimentale. Étant donné les interactions limitées entre les chercheurs et les responsables de l’élaboration des politiques, il est rare que les connaissances produites donnent lieu à des politiques fondées sur des bases factuelles.
Situations d’urgence sanitaire
En 2018, sur les 131,7 millions de personnes ayant besoin d’aide au niveau mondial, 70,2 millions (53,3 %) vivaient dans la Région. Fin 2018, plus de 37 millions (46 %) des 80 millions de personnes touchées par des conflits, des guerres et des catastrophes naturelles étaient originaires de pays de la Région. Dix-neuf flambées majeures de maladies émergentes et de maladies à potentiel épidémique sont survenues ou ont persisté dans 12 pays de la Région en 2018, et neuf pays faisaient encore face à des situations d’urgence sanitaire classées.
Les évaluations externes conjointes (EEC) permettent aux pays d’évaluer leur capacité à prévenir, détecter et répondre rapidement aux menaces de santé publique. Dix-sept pays de la Région ont effectué des EEC en 2019. Le score général moyen des EEC pour les 19 domaines techniques était de 3, ce qui signifie que la Région dispose d’une « capacité développée ».
La préparation à la riposte aux flambées épidémiques a été renforcée par la mise en place du Réseau d’alerte précoce et de réponse dans sept pays aux prises avec des situations d’urgence prolongées. Le Réseau régional de laboratoires travaillant sur les agents pathogènes émergents et dangereux a été créé en 2017 afin de mettre en place des laboratoires de haute sécurité pour la détection, la prise en charge et l’endiguement en temps opportun des flambées. Des campagnes de vaccination de masse contre le choléra, la fièvre jaune et la diphtérie ont été menées dans les zones à haut risque pour prévenir les épidémies dans les pays vulnérables.
L’OMS continue de renforcer le système de gestion des incidents et le Centre d’opérations d’urgence régional afin de pouvoir intervenir en temps opportun dans les situations d’urgence humanitaire. Les partenariats opérationnels actifs dans la Région comprennent le groupe sectoriel mondial pour la santé, le Réseau mondial d’alerte et d’action en cas d’épidémie et l’initiative des équipes médicales d’urgence. La fourniture de services de santé et de médicaments d’importance vitale reste une priorité absolue ; en 2018, près de 75 % des fournitures médicales de l’OMS au niveau mondial étaient destinées à la Région. Les capacités en matière de santé mentale et de services de soutien psychosocial sont renforcées afin de venir en aide au nombre croissant de personnes souffrant de troubles mentaux dus à des conflits. Les services de réadaptation doivent aussi être intégrés dans la planification des interventions ; les incapacités peuvent de fait augmenter durant les situations d’urgence en raison de blessures, de soins médicaux élémentaires de mauvaise qualité ou de systèmes de santé et de soutien défaillants.
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Profil Santé et Bien-être dans la Région de la Méditerranée orientale
Les pays en transition doivent se préparer à une baisse progressive de la contribution des donateurs. Ils devraient par ailleurs mettre l’accent sur les initiatives communautaires afin de fournir des services accessibles et abordables. En 2018, le Laboratoire Systèmes de santé dans les situations d’urgence a été créé dans la Région afin d’améliorer la résilience des systèmes de santé en intégrant leur renforcement à la préparation aux situations d’urgence, à la riposte et au relèvement. En outre, l’OMS a élaboré des orientations en vue de fournir un appui technique aux pays pendant la phase progressive de relèvement post-crise.
Promotion de la santé tout au long de la vie
Santé reproductive, santé de la mère, du nouveau-né, de l’enfant et de l’adolescent et vieillissement
La Région a réalisé des progrès dans la mise en œuvre des cibles des ODD relatives à la santé maternelle et infantile, mais il existe d’importantes variations entre les pays. Le taux de fécondité total varie de 1,8 à 6,4 dans les pays, et la proportion de femmes dont les besoins en matière de planification familiale sont satisfaits est comprise entre 33,3 et 81 %. Le taux de fécondité des adolescentes de la Région est de 44,5 pour 1000 filles (15 à 19 ans), ce qui est supérieur à la moyenne mondiale. Entre 1990 et 2017, le taux de mortalité maternelle (TMM) a diminué de 50 % dans la Région. Il s’est établi à 166 décès pour 100 000 naissances vivantes, contre 216 pour le taux mondial. Toutefois, dans certains pays à faible revenu, le TMM est nettement plus élevé ou a connu une hausse. Neuf pays sur 22 ne sont pas en voie d’atteindre la cible mondiale pour 2030.
On estime que 800 000 enfants de moins de 5 ans, dont plus de 54 % étaient des nouveau-nés, sont décédés dans la Région en 2017. Le taux de mortalité néonatale est plus élevé dans la Région qu’à l’échelle mondiale, ce qui indique une faible couverture des interventions essentielles comme la présence de personnel qualifié à l’accouchement. Malgré les taux élevés enregistrés dans certains pays, plus de 60 % des pays de la Région ont réussi à réduire la mortalité néonatale et la mortalité des moins de 5 ans, comme prévu dans la cible fixée pour les ODD à l’horizon 2030.
Le taux de mortalité des enfants âgés de 5 à 9 ans a diminué, passant de 158 décès pour 100 000 enfants en 2000 à 96 décès pour 100 000 enfants en 2016. Il s’agit de la baisse la plus lente enregistrée pour ce groupe d’âge parmi les Régions de l’OMS. Les données disponibles sur l’état de santé des adolescents dans la Région révèlent des tendances inquiétantes : le taux de mortalité des jeunes adolescents (10-14 ans) est passé de 76 à 89 décès pour 100 000 habitants entre 2000 et 2016 et le taux de mortalité des adolescents plus âgés (15-19 ans), qui s’est établi à 134 décès pour 100 000 habitants en 2016, est le deuxième plus élevé au monde.
Conformément aux tendances mondiales, la part de la population régionale âgée de 60 ans et plus augmente ; elle représentait près de 7 % de la population totale en 2017. La plupart des personnes âgées sont soignées à domicile, ce qui fait peser sur les familles une charge mentale et économique considérable, en particulier du fait de l’augmentation de la prévalence de la démence et de l’absence d’établissements de soins spécialisés dans la Région.
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Vue d’ensemble de la situation sanitaire dans les pays de la Région en 2019
Violence, traumatismes et incapacités
La Région enregistre la deuxième prévalence la plus élevée (37 %) de femmes en couple ayant subi des violences exercées par leur partenaire intime au cours de leur vie. Le taux de mortalité par homicide est de 6,8 pour 100 000 habitants dans la Région, contre une moyenne mondiale de 6,4. Le nombre de décès directs dus à des conflits majeurs est estimé à 24,1 pour 100 000 habitants, soit environ 10 fois le taux mondial (2,5) et significativement plus que dans d’autres Régions de l’OMS.
Près de 9 % des décès mondiaux causés par les accidents de la circulation ont lieu dans la Région. En 2016, le taux de décès dus aux accidents de la circulation était de 18 pour 100 000 habitants. Les victimes des accidents de la circulation sont principalement des hommes et 80 % des décès surviennent dans les pays à revenu intermédiaire. Une application plus stricte des lois sur la sécurité routière et une meilleure collecte de données sur le comportement des usagers de la route sont nécessaires pour faire face à ce problème de santé publique majeur, mais évitable.
La Région abrite environ 100 millions de personnes handicapées. La prévalence du handicap enregistrée dans les pays varie entre 0,4 et 4,9 %. Près de 4,9 millions de personnes sont atteintes de cécité ; 18,6 millions souffrent d’une faible vision ; 23,5 millions sont atteintes d’une déficience visuelle ; et au moins 10,7 millions de personnes présentent une perte auditive incapacitante. Seize pays ont élaboré des plans d’action quinquennaux sur la santé oculaire ou révisé des plans d’action existants. Une analyse de situation sur la santé auditive a été menée et quelques pays ont mis au point des plans nationaux sur les soins de l’oreille et de l’audition. Un appui est cependant nécessaire pour que les politiques puissent se traduire par des actions programmatiques.
Maladies non transmissibles et santé mentale
Les MNT sont la principale cause de mortalité dans tous les pays de la Région sauf un ; elles ont été responsables de 2,6 millions de décès en 2016. La probabilité de mourir entre exactement 30 et 70 ans des quatre principales MNT (maladies cardiovasculaires, cancer, diabète, maladies respiratoires chroniques) est de 22 % dans la Région, ce qui la place au deuxième rang des Régions de l’OMS. Le cadre d’action régional sur les MNT offre une feuille de route pour réduire les décès prématurés dus aux MNT ; cependant, 60 % des pays ne satisfont qu’à un tiers des indicateurs de progrès établis dans ce document.
Les principaux facteurs de risque des MNT incluent le tabagisme, la sédentarité et l’usage nocif de l’alcool. Chez les personnes âgées de 15 ans et plus, la prévalence régionale du tabagisme standardisée en fonction de l’âge est de 19,3 %, ce qui est inférieur à la moyenne mondiale. À l’exception du Maroc et de la Somalie, tous les pays sont Parties à la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac, et six pays sont Parties au Protocole pour éliminer le commerce illicite des produits du tabac. Toutefois, très peu de pays de la Région ont pleinement mis en œuvre les principales mesures de lutte nécessaires pour réduire le tabagisme.
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Profil Santé et Bien-être dans la Région de la Méditerranée orientale
La prévalence de la sédentarité est de 44,5 % dans la Région ; conformément à la tendance mondiale, elle est plus élevée chez les femmes. Seuls 16 % des adolescents respectent la recommandation mondiale qui préconise la pratique d’au moins 60 minutes d’activité physique quotidienne cinq fois ou plus par semaine. La consommation d’alcool dans la population adulte est de 0,6 litre par habitant, soit seulement un dixième du taux mondial ; cependant, environ 71 % de la consommation d’alcool dans la Région n’est pas enregistrée. La plupart des pays ne disposent pas de services spécialisés dans les troubles liés à la consommation d’alcool et la dépendance à l’égard de l’alcool.
On estime que 54 % des décès dus aux MNT dans la Région sont dus aux maladies cardiovasculaires. En 2015, plus de 1,3 million de personnes sont décédées des suites d’une maladie cardio-vasculaire. Ce chiffre représente environ un tiers des décès enregistrés dans la Région. Environ 43 millions de personnes vivent avec le diabète et un adulte sur quatre souffre d’hypertension. Pour réduire les taux de mortalité due aux maladies cardiovasculaires, il faut absolument agir sur les facteurs de risque de ces maladies et mettre en œuvre l’ensemble d’interventions essentielles de l’OMS pour lutter contre les maladies non transmissibles dans le cadre des soins de santé primaires.
Le cancer tue près de 400 000 personnes chaque année dans la Région. Le cancer du sein est la première cause de mortalité par cancer (42 000 décès), suivi du cancer du poumon (29 000 décès). L’incidence de tous les types de cancer varie d’un pays à l’autre, comprise entre 76 et 243 cas pour 100 000 personnes. Les taux de survie au cancer sont relativement faibles dans la Région, car les patients consultent généralement à un stade avancé de la maladie. Des efforts doivent être déployés pour améliorer le diagnostic et le dépistage précoces, accroître l’accès au traitement, élaborer des lignes directrices pour la prise en charge du cancer et étendre les services de soins palliatifs.
Les données sur la situation de l’asthme et des maladies respiratoires chroniques dans la Région sont insuffisantes. Cependant, les estimations indiquent qu’environ 8 % de la population souffre d’asthme et que la prévalence augmente, en particulier dans les pays à revenu élevé. La bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) semble être plus prévalente dans les pays à revenu faible et intermédiaire. Pour réduire et contrôler la prévalence de la BPCO, il faut agir sur les facteurs de risque tels que le tabagisme et l’exposition à la fumée à l’intérieur des habitations au moyen d’initiatives politiques et sociales et d’initiatives de santé publique.
En 2015, 10,7 millions d’années de vie ajustées sur l’incapacité (DALY) ont été perdues dans la Région en raison des troubles mentaux. Les troubles dépressifs et les troubles anxieux sont hautement prévalents, en particulier dans les pays touchés par des situations d’urgence. On estime que plus de 90 % des personnes souffrant de troubles mentaux dans la Région ne reçoivent pas le traitement dont elles ont besoin. Le taux de mortalité par suicide standardisé en fonction de l’âge était de 4,3 pour 100 000 habitants en 2016, soit un taux inférieur à ceux enregistrés dans les autres Régions de l’OMS. Comme c’est le cas ailleurs dans le monde, le taux de mortalité par suicide est environ 2,5 fois plus élevé chez les hommes que chez les femmes.
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Vue d’ensemble de la situation sanitaire dans les pays de la Région en 2019
La Région fait face au double fardeau de la malnutrition, à savoir la présence simultanée de la dénutrition ainsi que du surpoids, de l’obésité ou d’autres MNT liées à l’alimentation. Environ 25 % des enfants souffrent de retard de croissance et 7,8 % d’émaciation, des taux supérieurs aux moyennes mondiales. Les données montrent une forte prévalence du surpoids et de l’obésité chez les adolescents. Dans la majorité des pays, quel que soit leur niveau de revenu, plus de la moitié des adultes sont en surpoids. En octobre 2019, le Comité régional a approuvé la Stratégie sur la nutrition dans la Région de la Méditerranée orientale pour la période 2020-2030. Ce document fournit un cadre aux efforts visant à atteindre les cibles des ODD portant sur la nutrition et sur les MNT liées à l’alimentation et guide la mise en œuvre dans la Région de la Décennie d’action des Nations Unies pour la nutrition (2016-2025) pour les années restantes.
Élimination et éradication des maladies transmissibles à fort impact
La Région a réalisé des progrès dans l’élimination des maladies évitables par la vaccination ; elle maintient une couverture vaccinale de 80 %. Quatorze pays ont atteint une couverture de 90 % pour la troisième dose du vaccin antidiphtérique- antitétanique-anticoquelucheux (DTC 3). On estime toutefois que 3,2 millions d’enfants de moins d’un an n’ont pas reçu le DTC 3 en 2017. L’élimination du tétanos maternel et néonatal a été réalisée dans tous les pays sauf cinq. Dans 12 pays, la couverture par la première dose de vaccin à valence rougeole était de 95 % ou plus en 2018. Une deuxième dose systématique a été administrée dans 21 pays avec une couverture qui, à 69 %, est supérieure au taux mondial. Le taux d’incidence de la rougeole dépasse cependant les 100 cas pour un million d’habitants dans six pays de la Région. Plusieurs nouveaux vaccins ont été introduits, dont le vaccin contre Haemophilus influenzae type b et le vaccin antipoliomyélitique inactivé (tous les pays), le vaccin antipneumococcique conjugué (17 pays) et le vaccin antirotavirus (14 pays).
La transmission du poliovirus sauvage n’a jamais été aussi faible dans la Région : elle se limite à quelques zones en Afghanistan et au Pakistan. La surveillance de la paralysie flasque aiguë (PFA) a permis d’identifier près de 23 000 cas en 2018, soit une augmentation de 43 % par rapport à 2016. Vingt pays ont atteint l’indicateur clé de surveillance concernant le taux de PFA non poliomyélitique (2 pour 100 000 enfants de moins de 15 ans). Une surveillance environnementale est mise en place dans neuf pays afin de détecter précocement les poliovirus circulants dérivés d’une souche vaccinale, en particulier dans les zones touchées par des situations d’urgence et les zones difficiles d’accès. Des activités de vaccination supplémentaires sont en cours dans les deux pays d’endémie et dans six pays à risque. Quatre pays de la Région (Afghanistan, Pakistan, Somalie et Soudan) font partie des 16 pays qui ont été identifiés prioritaires à l’échelle mondiale pour la planification de la transition post- éradication. Quatre autres pays (Iraq, Libye, République arabe syrienne et Yémen) sont considérés comme des priorités par la Région pour l’élaboration d’un plan de transition.
D’importants progrès ont été réalisés sur la voie de l’élimination du paludisme, et 14 pays de la Région en sont désormais exempts. La population exposée au risque de paludisme s’élève à 295 millions de personnes ; environ les deux tiers d’entre
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Profil Santé et Bien-être dans la Région de la Méditerranée orientale
elles vivent au Pakistan. En 2018, la Région a fait état de plus de 5 millions de cas présumés et confirmés de paludisme, parmi lesquels près de 2,2 millions ont été confirmés. Le nombre estimé de décès liés au paludisme était de 8 300 en 2017, parmi lesquels 1627 étaient des cas confirmés déclarés (en hausse par rapport à 2015). Les efforts d’élimination sont entravés par les flambées d’autres maladies à transmission vectorielle, l’insuffisance des investissements dans les programmes de lutte, les changements dans l’éco-épidémiologie du paludisme et la résistance croissante aux insecticides. Les principaux documents qui orientent la lutte contre le paludisme comprennent le Plan d’action régional sur le paludisme 2016-2020 et le Plan d’action régional 2019-2023 pour la mise en œuvre de l’Action mondiale pour lutter contre les vecteurs 2017-2030 de l’OMS.
En 2017, le nombre de personnes ayant besoin d’interventions contre les maladies tropicales négligées dans la Région était d’environ 7,5 millions. La Région met l’accent sur l’éradication ou l’élimination de cinq maladies tropicales négligées : la dracunculose, l’onchocercose, la schistosomiase, la filariose lymphatique et le trachome. Quatre pays mettent en œuvre la stratégie CHANCE (chirurgie, antibiothérapie, nettoyage du visage et changements de l’environnement) pour lutter contre le trachome et l’éliminer. À l’exception du Soudan, tous les pays de la Région sont certifiés exempts de transmission de dracunculose et de filariose lymphatique en tant que problème de santé publique. En 2018, la Région concentrait 70 % des cas de leishmaniose cutanée signalés dans le monde ; elle était aussi la plus fortement touchée par la leishmaniose viscérale.
En 2018, l’incidence de la tuberculose était de 115 pour 100 000 habitants dans la Région, ce qui est inférieur au taux mondial de 132. Au cours de l’année 2018, ce sont 537 761 cas de tuberculose qui ont été notifiés sur un total estimé à 810 000 cas, ce qui représente un taux de couverture thérapeutique de 65 %. Cinq pays supportent 91 % de la charge de morbidité tuberculeuse dans la Région, la majeure partie étant supportée par le Pakistan. En 2018, le nombre de cas de tuberculose multirésistante dans la Région a été estimé à environ 38 000, dont seulement 4566 (12 %) ont été mis sous traitement. Des taux de guérison de 92 % et de 62 % ont cependant été atteints respectivement pour les cas de tuberculose pharmacosensible et de tuberculose pharmacorésistante. Ce sont les taux les plus élevés enregistrés dans les Régions de l’OMS.
La prévalence du VIH est faible dans la Région, même si l’épidémie progresse plus rapidement que dans d’autres Régions de l’OMS. Le nombre de personnes vivant avec le VIH est de 400 000, avec 41 000 nouvelles infections par le VIH et 15 000 décès en 2018 (soit une augmentation de 32 % et 63 % respectivement depuis 2010). Plus de 95 % des nouvelles infections qui surviennent dans la Région touchent les principaux groupes de population à risque. Seules 32 % des personnes vivant avec le VIH ont reçu un diagnostic, ce qui témoigne d’un accès limité au dépistage. La couverture par le traitement antirétroviral dans la Région est faible (21 %). Elle est particulièrement faible dans les pays à plus forte charge de morbidité. Pour améliorer l’accès au traitement, la première et la plus importante des réponses consiste à élargir la couverture des services de dépistage du VIH ciblés.
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Vue d’ensemble de la situation sanitaire dans les pays de la Région en 2019
En 2016, la prévalence globale de l’antigène de surface de l’hépatite B dans la Région était de 3,3 %, ce qui veut dire qu’environ 21 millions de personnes présentaient une infection chronique. La couverture régionale par la dose de vaccin anti-hépatite B administrée à la naissance est passée de 27 % en 2016 à 33 % en 2018, mais ce taux reste relativement faible. La Région enregistre la plus forte prévalence du virus de l’hépatite C dans le monde (2,3 %), ce qui représente environ 15 millions de personnes ayant une infection chronique. L’incidence de l’hépatite C est de 62,5 pour 100 000, soit presque le triple du taux mondial (23,7). Douze pays de la Région disposent de plans nationaux de prévention et de lutte contre l’hépatite virale.
Résistance aux antimicrobiens
La résistance aux antimicrobiens est un problème de santé publique majeur dans la Région. Cela est dû à l’inadéquation de la réglementation, à l’insuffisance des politiques, à la méconnaissance du public et à l’absence de systèmes nationaux de surveillance. La plupart des pays ont maintenant élaboré des plans d’action nationaux pour combattre la résistance aux antimicrobiens qui sont alignés sur le plan mondial et intègrent une approche « Un monde, une santé » . Dix-huit pays sont inscrits sur la plateforme du système mondial de surveillance de la résistance aux antimicrobiens (GLASS) et 15 d’entre eux ont transmis des données sur ce phénomène en réponse à l’appel de données pour 2019. L’OMS aide quatre pays à mettre en place des systèmes de surveillance de la résistance aux antimicrobiens, et des évaluations sur site de laboratoires nationaux de référence ont été effectuées dans sept pays. Des données sur l’état d’avancement des programmes nationaux de prévention et de contrôle des infections (CPI) ont été recueillies dans 19 pays à l’aide de l’outil-cadre OMS d’évaluation PCI.
Environnement, changement climatique et santé
Les facteurs de risque environnementaux tels que la pollution atmosphérique, la pollution de l’eau et du sol, les mauvaises conditions d’hygiène et le manque de services d’assainissement, l’exposition aux produits chimiques, les changements climatiques et les rayonnements contribuent à plus de 100 types de maladies et de traumatismes. La charge est particulièrement élevée chez les enfants : on estime que 26 % des décès d’enfants pourraient être évités par la réduction des facteurs de risque environnementaux. Plus de 98 % de la population urbaine de la Région vit dans des endroits où l’air est pollué, régulièrement exposée à un air contenant des quantités de polluants jusqu’à 12 fois supérieures aux niveaux recommandés par l’OMS. Les projections laissent penser que la Méditerranée orientale sera la deuxième Région la plus touchée par le changement climatique. On prévoit notamment une diminution de 50 % des ressources hydriques renouvelables d’ici à 2050. En 2017, le Comité régional a approuvé un cadre d’action sur le changement climatique et la santé dans la Région (2017-2021). À ce jour, huit pays ont élaboré des plans d’action nationaux en vue de sa mise en œuvre.
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Profil Santé et Bien-être dans la Région de la Méditerranée orientale
Autres domaines d’action prioritaires dans la Région
L’OMS élabore un cadre régional pour 2019-2023 visant à intégrer la santé des réfugiés et des migrants dans toutes les politiques. Certains pays de la Région ont déjà pris des mesures législatives et des mesures politiques de haut niveau pour promouvoir la santé et le bien-être des migrants et des réfugiés. D’autres renforcent leurs systèmes d’information afin de recueillir des données fiables sur la situation sanitaire et la prestation de services aux réfugiés. Des efforts ont été déployés dans sept pays pour garantir aux réfugiés et aux migrants un accès équitable aux services de santé, médicaments et vaccins essentiels, ainsi qu’une protection financière. On rapporte par ailleurs de nombreuses initiatives communautaires dans les domaines de la promotion de la continuité des soins et de la lutte contre les MNT et les problèmes de santé mentale au sein des communautés de migrants et de réfugiés.
En 2012, la Région a créé un réseau régional de villes-santé pour s’attaquer aux problèmes auxquels se heurtent les villes, notamment l’insuffisance de l’approvisionnement en eau et des services d’assainissement, la pollution, le surpeuplement, les modes de vie sédentaires, les maladies infectieuses, les MNT, le chômage et la violence. Ces dernières années, un nouvel élan a été insufflé au programme des villes et villages-santé, notamment dans les pays du Conseil de Coopération du Golfe et en République islamique d’Iran.
Les organisations de la société civile, dont le rôle dans le contexte multiculturel de la Région est de plus en plus accepté, peuvent servir d’intermédiaires pour véhiculer des messages de promotion de la santé adaptés, et notamment des messages tenant compte des différences entre les sexes. Les organisations de la société civile s’efforcent de pallier la pénurie de personnels de santé et d’offrir aux populations déplacées des services de prévention et de prise en charge des MNT. Treize pays disposent déjà d’un programme concernant les agents de santé communautaires. L’OMS s’emploie par ailleurs à renforcer les interventions communautaires au moyen de lignes directrices et d’outils fondés sur des bases factuelles. Elle a notamment conçu un module de formation sur la promotion de la santé et du développement à domicile du nouveau-né, du nourrisson et de l’enfant à l’intention des agents de promotion de la santé au niveau communautaire.
Il existe des exemples d’initiatives réussies en faveur de l’adoption de la santé dans toutes les politiques dans la Région. Plusieurs pays ont par ailleurs tenu compte des déterminants sociaux de la santé au moment d’élaborer leurs programmes dans le domaine de la santé. Pour progresser à cet égard, l’OMS a créé, en 2019, une Commission régionale des déterminants sociaux de la santé ayant pour mandat de formuler des recommandations pragmatiques reposant sur des bases factuelles en vue de réduire les inégalités en santé. En agissant sur les déterminants sociaux de la santé au moyen de l’approche de la santé dans toutes les politiques, on pourra contribuer à la mise en œuvre de la Vision 2023 et à l’accélération des progrès en vue de la réalisation des ODD.
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Vue d’ensemble de la situation sanitaire dans les pays de la Région en 2019
1. Santé et objectifs de développement durable
1.1 Programme de développement durable à l’horizon 2030
Dans la Constitution de l’OMS, on définit la santé comme « un état de complet bien- être physique, mental et social », en précisant qu’elle « ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité ». À l’échelle mondiale, on rapporte une amélioration significative de la santé et du bien-être depuis 1990, parallèlement au développement économique et social croissant et à la réduction de la pauvreté et des inégalités. Ces progrès se traduisent par une augmentation de l’espérance de vie dans de nombreux pays du monde. Cependant, des problèmes complexes tels que la pauvreté, les inégalités (sociales, politiques, économiques et entre les sexes), le changement climatique, les conflits sociaux et politiques et les guerres continuent de menacer sérieusement la santé et la sécurité de millions de personnes ainsi que leur environnement. Les maladies transmissibles restent un problème de santé publique majeur, notamment avec l’émergence de la résistance aux antimicrobiens ; parallèlement, la charge des MNT, y compris les troubles mentaux et les troubles liés à l’usage de substances psychoactives, est en hausse. Les complications pendant la grossesse et l’accouchement continuent de faire des victimes. Il est devenu plus compliqué de résoudre tous ces problèmes en raison du nombre croissant de migrants et de personnes déplacées.
Le Programme de développement durable à l’horizon 2030, adopté en 2015 par tous les États Membres des Nations Unies, invite tous les pays à prendre d’urgence des mesures visant à mettre fin à la pauvreté, promouvoir la paix mondiale, réduire les inégalités et stimuler la croissance économique, tout en s’attaquant au changement climatique et à d’autres risques pour l’environnement. Le Programme 2030 comprend 17 ODD et 169 cibles qui visent ultimement à garantir la paix, la prospérité et le bien-être pour tous (1). Le cadre mondial d’indicateurs relatifs aux ODD présente quant à lui 232 indicateurs permettant de suivre les progrès accomplis dans la réalisation des cibles. Ces indicateurs sont révisés chaque année par la Commission de statistique des Nations Unies (2).
La santé et le bien-être sont au cœur du programme des ODD. L’ODD 3 met plus particulièrement l’accent sur la santé. Il vise ainsi à « permettre à tous de vivre en bonne santé et promouvoir le bien-être de tous à tout âge », conformément à la définition de la santé énoncée dans la Constitution de l’OMS. L’ODD 3 comprend 13 cibles et 26 indicateurs de suivi des progrès (ou de l’absence de progrès) qui permettent aux pays d’intensifier leurs efforts ou de revoir leurs plans nationaux en l’absence de progrès. Les pays et les entités régionales doivent absolument aligner leurs stratégies et leurs objectifs sanitaires sur les ODD, car les programmes isolés sont contre-productifs et constituent un gaspillage de ressources.
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Profil Santé et Bien-être dans la Région de la Méditerranée orientale
L’ODD 3 est étroitement lié aux autres ODD concernant la pauvreté, la faim, l’éducation, l’égalité des sexes, l’eau et l’assainissement, la croissance économique, les inégalités, la sûreté des villes, les changements climatiques et les partenariats. La relation bidirectionnelle entre la santé et ces autres domaines rend les progrès réalisés dans chacun d’eux bénéfiques pour les autres. Les ODD définissent des questions transversales (la plus importante étant la couverture sanitaire universelle) et mettent l’accent sur la gouvernance de la santé et la santé dans la gouvernance. Par conséquent, le secteur de la santé doit non seulement renforcer son système de gouvernance, il doit aussi adopter une approche proactive pour plaider en faveur de l’inclusion de la santé dans toutes les sphères politiques, ce qui est l’essence même de l’approche de la santé dans toutes les politiques (3, 4).
1.2 Treizième programme général de travail de l’OMS
Le treizième programme général de travail de l’OMS (2019-2023) est fondé sur le Programme de développement durable à l’horizon 2030. Il témoigne d’un engagement envers l’ODD 3 et tous les autres ODD relatifs à la santé (5). Le treizième PGT vise à aider tous les pays, quel que soit leur niveau de développement, à améliorer leur santé, agir sur les déterminants de la santé et répondre aux défis sanitaires. Il tient compte du fait que, selon leur niveau de développement, les pays ont besoin de différents types d’aides et d’interventions.
Dans le contexte des ODD, le treizième PGT présente la vision de l’OMS telle qu’elle ressort de l’article 1 de la Constitution de l’Organisation, à savoir : « un monde dans lequel tous les peuples atteignent le niveau de santé et de bien-être le plus élevé possible. » Il résume également la mission de l’OMS, qui consiste à promouvoir la santé, préserver la sécurité mondiale et servir les populations vulnérables. En fondant le treizième PGT sur les ODD, l’OMS s’est engagée à ne laisser personne de côté. Dans ce contexte, toutes les actions de l’OMS reposent sur la mise en œuvre d’approches de la santé fondées sur l’égalité des sexes, l’équité et les droits qui permettent de renforcer la participation et la résilience des communautés et de leur donner les moyens d’agir. L’OMS veillera à garantir le droit à la santé des personnes handicapées, des groupes marginalisés ou vulnérables (comme les migrants, les personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays et les réfugiés) et de toutes les personnes qui sont victimes de stigmatisation et de discrimination en raison de leur appartenance ethnique, de leur religion ou de tout autre statut social.
1.3 Objectifs du « triple milliard »
Le treizième PGT s’articule autour de trois priorités stratégiques interdépendantes (fig. 1) visant à garantir une vie saine et le bien-être de tous à tout âge.
1. Instauration de la CSU – 1 milliard de personnes supplémentaires bénéficiant de la CSU. Cette priorité est alignée sur la cible 3.8 des ODD, qui met l’accent sur l’instauration de la CSU.
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Vue d’ensemble de la situation sanitaire dans les pays de la Région en 2019
2. Interventions dans les situations d’urgence sanitaire – 1 milliard de personnes supplémentaires mieux protégées face aux situations d’urgence sanitaire. Cette priorité est basée sur l’indicateur 3.d.1 des ODD (capacités au titre du Règlement sanitaire international (RSI) et préparation aux situations d’urgence sanitaire).
3. Promotion de la santé des populations – 1 milliard de personnes supplémentaires bénéficiant d’un meilleur état de santé et d’un plus grand bien- être. Cette priorité se fonde sur une estimation composite dérivée de l’addition de plusieurs cibles des ODD.
Pour mettre en œuvre ces stratégies fondées sur les ODD, l’OMS jouera de manière proactive le rôle de chef de file qui lui incombe en tant qu’autorité sanitaire mondiale et collaborera avec les acteurs étatiques et non étatiques et les partenaires internationaux dans la mise en œuvre du programme mondial d’action sanitaire. L’OMS préconise une approche pangouvernementale, pansociétale et fidèle au principe de « la santé dans toutes les politiques » pour atteindre les objectifs du treizième PGT (5).
Fig. 1. Treizième PGT : un ensemble de priorités et d’objectifs stratégiques interdépendants pour garantir une vie en bonne santé et promouvoir le bien-être pour tous à tout âge
CO U
VE RTURE SANITAIRE UNIVERSELLE
D’UN MEILLEU R ÉTAT D
E SANTÉ ET D'UN PLUS GRAND BIE
N-Ê TRE
SITU ATIO
N S
D'URGENCE SANITAIRE
Un milliard de personnes
supplémentaires bénéficiant de la
Un milliard de personnes
supplémentaires bénéficiant
Un milliard de personnes
supplémentaires mieux protégées
face aux
Source : OMS (2019) (5).
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Profil Santé et Bien-être dans la Région de la Méditerranée orientale
2. La Région de la Méditerranée orientale en bref
Les 22 pays de la Région OMS de la Méditerranée orientale sont les suivants : Afghanistan, Arabie saoudite, Bahreïn, Djibouti, Égypte, Émirats arabes unis, République islamique d’Iran, Iraq, Jordanie, Koweït, Liban, Libye, Maroc, Oman, Pakistan, Palestine, Qatar, République arabe syrienne, Somalie, Soudan, Tunisie et Yémen. La Méditerranée orientale est la moins peuplée des Régions de l’OMS. On estime sa population à 676 millions d’habitants, soit près de 9 % de la population mondiale. En 2018, le pays le moins peuplé de la Région était Djibouti (moins d’un million d’habitants) et le plus peuplé était le Pakistan (environ 208 millions d’habitants). La même année, les taux de croissance démographique des pays de Région étaient compris entre 1,1 % (Maroc) et 10,8 % (Koweït).
La Région se caractérise notamment par son hétérogénéité en ce qui concerne le contexte historique, le contexte géopolitique et social, l’appartenance ethnique et les langues parlées, le produit intérieur brut (PIB), les profils sociodémographiques, les indicateurs de santé ainsi que les capacités et la couverture des systèmes de santé. Les guerres, les conflits et l’instabilité sociale ou politique ont entraîné le déplacement forcé et la migration de millions de personnes. Ils ont aussi affaibli les structures en place et perturbé le bon fonctionnement des systèmes de santé dans les zones touchées, ce qui a finalement ralenti les progrès en matière de promotion et de protection de la santé et même inversé les progrès qui avaient été réalisés dans certains domaines (6, 7). En outre, l’afflux rapide de réfugiés observé dans certains pays a mis à rude épreuve les ressources et les systèmes de santé existants. Par exemple, en 2018, 1 personne sur 6 au Liban (156 pour 1000) et 1 personne sur 14 en Jordanie (72 pour 1000) étaient des réfugiés (8).
La proportion de personnes vivant en deçà du seuil international de pauvreté (c’est- à-dire avec moins de 1,90 dollars US par jour) dans les pays ayant notifié des données est supérieure à 25 % dans la Région. C’est au Yémen que la proportion est la plus élevée : près de la moitié de la population du pays vit en deçà du seuil de pauvreté (fig. 2). La majorité de la population de la Région vit en zones urbaines (7 personnes sur 10 vivant en ville) (fig. 3). Le niveau d’alphabétisation varie d’un pays de la Région à l’autre. Les données disponibles pour 12 pays montrent que les femmes sont moins instruites que les hommes en moyenne (62,5 % contre 82,5 %) et que, dans trois pays, plus de 40 % de la population est analphabète (fig. 4). Dans 12 pays de la Région, 90 à 100 % des enfants sont inscrits à l’école primaire ; toutefois, dans cinq pays, le taux de scolarisation est inférieur à 60 % et il est plus faible chez les filles que chez les garçons (fig. 5).
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Vue d’ensemble de la situation sanitaire dans les pays de la Région en 2019
Fig. 2. Pourcentage de la population vivant en deçà du seuil international de pauvreté, 2014-2018
0 10 20 30 40 50 Pourcentage
Yémen
Pakistan
Soudan
Palestine
Égypte
Iraq
Tunisie
Libye
Maroc
Iran, République islamique d'
Qatar
Émirats arabes unis
Oman
Source : OMS (2020) (9).
Fig. 3. Pourcentage de la population vivant en zone urbaine, 2014-2018
0 20 40 60 80 100
Pourcentage
Qatar Koweït Bahreïn
Jordanie Palestine
Libye Émirats arabes unis
Arabie saoudite Iran, République islamique d'
Iraq Tunisie Maroc
Somalie Égypte
Pakistan Soudan Yémen
Afghanistan
Source : OMS (2020) (9).
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Profil Santé et Bien-être dans la Région de la Méditerranée orientale
Fig. 4. Taux d’alphabétisation des 15-24 ans (%) par sexe, 2013-2018
0 20 40 60 80 100
Pourcentage
Koweït
Arabie saoudite
Qatar
Palestine
Oman
Jordanie
Iran, République islamique d'
Émirats arabes unis
Maroc
Libye Iraq
Pakistan
Hommes Femmes
Soudan
Afghanistan
Source : OMS (2020) (9).
Fig. 5. Taux brut de scolarisation en primaire (%) par sexe, 2013-2018
0 20 40 60 80 100
Pourcentage
Koweït Jordanie
Oman Libye
Iran, République islamique d' Palestine
Tunisie Liban
Émirats arabes unis Arabie saoudite
Qatar Iraq
Maroc Soudan
Afghanistan Djibouti Pakistan
Égypte Somalie
Hommes Femmes
Source : OMS (2020) (9).
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Vue d’ensemble de la situation sanitaire dans les pays de la Région en 2019
Le tableau 1 montre que l’espérance de vie et l’espérance de vie en bonne santé à la naissance sont plus faibles dans la Région que dans le reste du monde et que la Méditerranée orientale se classe à l’avant-dernier rang parmi les six Régions de l’OMS (10). Dans tous les pays à l’exception de la Somalie, les femmes vivent plus longtemps que les hommes ; en République arabe syrienne, l’écart est de près de 9 ans. Parmi tous les pays de la Région, seule la Somalie a une espérance de vie inférieure à 60 ans (55,4 ans). L’espérance de vie en bonne santé est cependant inférieure à 60 ans dans huit pays de la Région ; c’est en Somalie qu’elle serait la plus faible (50 ans) selon les estimations. Dans la plupart des pays, y compris les pays à revenu élevé, l’écart entre l’espérance de vie et l’espérance de vie en bonne santé est de 10 ans ou plus, ce qui laisse supposer que ceux qui vivent plus longtemps n’ont pas nécessairement une bonne qualité de vie.
Tableau 1. Estimations de l’espérance de vie et de l’espérance de vie en bonne santé dans la Région et dans le monde, 2016
Population totale
Espérance de vie à la naissance (en années)
Espérance de vie en bonne santé à la naissance
(en années)
Hommes Femmes Total Hommes Femmes Total
2016 2016 2016
Régional 679 377 67,7 70,7 69,1 59,1 60,4 59,7
Mondial 7 430 261 69,8 74,2 72,0 62,0 64,8 63,3
Source : OMS (2020) (9) et OMS (2019) (10).
De nombreux pays de la Région peinent à maintenir des systèmes de santé efficaces et performants et à fournir des services de qualité à toutes les populations, et ce, sans charge financière. Ils doivent notamment composer avec une gouvernance peu efficace et un leadership faible ; un financement insuffisant de la santé ; des pénuries de personnels de santé et des déséquilibres dans l’éventail des compétences et la répartition géographique ; une intégration insuffisante des services dans les soins de santé primaires ; et une qualité sous-optimale des soins. Les crises humanitaires prolongées qui sévissent dans des pays comme l’Afghanistan, la République arabe syrienne et le Yémen compliquent encore davantage la situation. La sûreté et la sécurité des prestataires de services de santé qui interviennent dans les zones de conflit constituent également une préoccupation majeure.
La Région de la Méditerranée orientale a aligné sa stratégie 2020-2023 sur les ODD et le treizième PGT en élaborant une nouvelle vision pour la Région. Le document, intitulé Vision 2023, invite à mettre en œuvre une action coordonnée en vue de réaliser « la santé pour tous et par tous ». Cette stratégie vise à transformer le modèle opérationnel du Bureau régional de l’OMS et à réorienter les systèmes de santé vers la CSU en fonction des charges de morbidité les plus élevées dans les pays de la Région. La stratégie énonce quatre priorités sanitaires communes qui s’appliquent à tous les pays, même s’ils ont des profils sanitaires différents ou qu’ils n’ont pas le même niveau de développement social et économique. Ces quatre priorités sont les suivantes : faire progresser la CSU ; intervenir dans les situations d’urgence sanitaire ; promouvoir la santé des populations ; et apporter des changements pour la transformation de l’OMS (11).
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Profil Santé et Bien-être dans la Région de la Méditerranée orientale
3. Instauration de la CSU
3.1 Indice de la couverture des services de la CSU
La CSU constitue une plateforme globale pour atteindre les ODD relatifs à la santé et l’un des objectifs clés du treizième PGT de l’OMS (2019-2023). Les ministres de la Santé de la Région ont signé collectivement le Pacte mondial CSU2030 à l’occasion d’une réunion ministérielle ouvrant la voie à la CSU qui s’est tenue à Salalah (Oman) en septembre 2018. Les ministres ont confirmé leur engagement à instaurer la CSU par le biais d’une approche pangouvernementale et pansociétale et approuvé la Déclaration de Salalah, reconnaissant de ce fait « le rôle clé de la couverture sanitaire universelle pour garantir le droit aux soins de santé et le droit à la santé de toutes les populations de la Région de la Méditerranée orientale » (12).
Seize marqueurs ont été sélectionnés pour mesurer la couverture des services de santé essentiels pour la CSU (cible 3.8 des ODD), notamment la santé reproductive et la santé de la mère, du nouveau-né et de l’enfant ; les maladies infectieuses ; les maladies non transmissibles ; et la capacité d’accueil et l’accessibilité des services. L’indice de la couverture des services de la CSU combine les 16 marqueurs en une seule mesure synthétique. Selon l’indice de CSU, les services de santé essentiels sont moins largement accessibles dans la Région de la Méditerranée orientale que dans la plupart des régions du monde. D’après les données du Rapport mondial de suivi 2017, élaboré conjointement par l’OMS et la Banque mondiale, l’indice de la couverture des services de la CSU avait une valeur de 64 (sur 100) à l’échelle mondiale en 2015. Dix pays de la Région affichent un indice inférieur ou égal à 64, comme le montre la figure 6. Cela signifie qu’environ 347 millions de personnes, soit une moyenne pondérée de 53 % de la population de la Région, ont accès à des services de base de la CSU. On peut donc en déduire que près de la moitié de la population de la Région n’a pas accès à 16 services de santé essentiels (13,14).
Fig. 6. Indice de la couverture des services de la CSU, 2015
0 20 40 60 80
Indice de couverture des services de la CSU
Bahreïn Émirats arabes unis
Koweït Jordanie
Arabie saoudite Liban
Iran, République islamique d' Tunisie Maroc Oman Qatar
Égypte Palestine
Libye Iraq
République arabe syrienne Djibouti Pakistan Soudan Yémen
Afghanistan Somalie
Source : OMS (2020) (9).
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Vue d’ensemble de la situation sanitaire dans les pays de la Région en 2019
Le Rapport mondial de suivi 2019 montre qu’entre 2000 et 2017, l’indice de la CSU est passé, au niveau mondial, de 45 à 66 (sur 100) ; la valeur de l’indice est cependant restée inférieure à 60 pour la Région de la Méditerranée orientale (15).
3.2 Gouvernance
« La gouvernance en santé fait référence à un large éventail de fonctions de pilotage et d’élaboration de règles qui sont assumées par les gouvernements/décideurs dans la poursuite d’objectifs nationaux de santé favorables à la réalisation de la couverture sanitaire universelle » (16). Il faut impérativement une vision claire, des structures de gouvernance et des fonctions de santé publique solides ainsi que des partenariats efficaces pour améliorer la performance et la résilience des systèmes de santé et soutenir la riposte des programmes de santé prioritaires. Le treizième PGT énonce que : « La gouvernance doit être efficace pour que les pays progressent sur la voie de la CSU. Les gouvernements jouent un rôle fondamental en ce qui concerne les politiques et la planification, l’organisation du système de santé, la réglementation des services, le financement, les ressources humaines et les technologies. » Les ministères de la Santé ont également un rôle à jouer en tant que gestionnaires des systèmes de santé nationaux. Il est d’ailleurs nécessaire de renforcer la fonction de gestion des ministères de la Santé de la Région de la Méditerranée orientale. Au niveau régional, la gouvernance des systèmes de santé se heurte aux difficultés suivantes : • les stratégies de transformation des systèmes de santé sont mal conçues ;
• les fonctions essentielles de santé publique ne sont pas bien définies ou bien réparties entre les différents acteurs du système de santé ;
• la configuration et l’architecture institutionnelles des systèmes de santé ne sont pas « adaptées au but » ;
• les législations/réglementations ne sont pas en adéquation avec les stratégies de transformation en faveur de la CSU ;
• les approches participatives de la prise de décisions en matière de santé ne sont pas correctement soutenues ;
• on rapporte un manque de coordination, d’intégration et de transparence dans la gestion et le partage des informations sanitaires.
Plusieurs pays de la Région ont développé une vision, une stratégie ou une législation nationale pour ouvrir la voie à la CSU, mais sa mise en œuvre se heurte à des défis opérationnels. L’Arabie saoudite, Oman et la République islamique d’Iran ont élaboré des visions à long terme pour la transformation des systèmes de santé en vue de la CSU. Bahreïn, l’Égypte et le Soudan ont adopté de nouvelles lois pour progresser sur la voie de la CSU ; la Jordanie, le Pakistan, le Soudan et la Tunisie ont quant à eux élaboré des stratégies sectorielles de santé en vue d’atteindre la CSU ; enfin, le Maroc et le Soudan ont émis des déclarations royale et présidentielle en faveur de la CSU (17). Cependant, plus de la moitié des pays de la Région n’ont pas encore pris de mesures pour se doter de politiques, de stratégies et de plans opérationnels permettant d’avancer sur la voie de la CSU. Les États Membres cherchent de plus en plus à renforcer leurs capacités institutionnelles
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Profil Santé et Bien-être dans la Région de la Méditerranée orientale
et managériales afin de soutenir la mise en œuvre opérationnelle des politiques, stratégies et plans relatifs à la CSU ainsi que des stratégies de transformation de la gouvernance des systèmes de santé.
3.2.1 Approches et partenariats multisectoriels
Le concept de multisectorialité a été évoqué à l’époque de la Déclaration d’Alma- Ata, en 1978. On parlait alors de la nécessité d’une « action coordonnée de tous les secteurs ». Le concept s’est élargi et inclut désormais l’approche de la santé dans toutes les politiques. Il est par ailleurs renforcé par le fait que de nombreux ODD relatifs à la santé influencent la santé et le bien-être. Certains pays de la Région de la Méditerranée orientale, dont la République islamique d’Iran et le Soudan, ont élaboré des stratégies relatives à l’approche de la santé dans toutes les politiques et rédigent actuellement des plans de transformation institutionnelle portant sur la gouvernance des systèmes de santé en vue de soutenir la mise en œuvre opérationnelle de ces politiques et de progresser sur la voie de la CSU.
Le Cadre de collaboration avec les acteurs non étatiques a été adopté en 2016 par la Soixante-Neuvième Assemblée mondiale de la Santé. Il s’agit du premier cadre général de l’OMS qui s’applique à tous les genres de collaborations et tous les types d’acteurs non étatiques (organisations non gouvernementales, entités du secteur privé, fondations philanthropiques et établissements universitaires). Son objectif est de fournir un ensemble de réglementations visant à développer et à améliorer la collaboration de l’OMS avec les acteurs non étatiques, tout en faisant en sorte que la gestion des risques potentiels par l’OMS soit renforcée pour ce type de collaborations. Il est nécessaire de renforcer le dialogue entre les ministères de la Santé et les autres acteurs du système de santé (par exemple, la société civile, les médias et le secteur privé) dans les processus nationaux et infranationaux d’élaboration des politiques et de planification et de révision de programmes visant la réalisation de la CSU.
S’appuyant sur le treizième PGT et la Vision 2023, qui constitue un appel à la solidarité et à l’action en faveur de la « santé pour tous et par tous » ainsi que meilleure communication avec les parties prenantes de la santé en vue de faire des progrès en matière de santé et de bien-être, le Bureau régional s’est engagé à aider les parlementaires, la société civile, y compris les médias et le milieu universitaire, ainsi que le secteur privé à participer davantage aux décisions dans le secteur de la santé et au suivi des progrès accomplis aux niveaux régional et national. Cet engagement s’est concrétisé avec la création d’un partenariat entre le Bureau régional et le Forum parlementaire régional pour la santé et le bien-être, dont la première réunion a eu lieu en juin 2019 en Tunisie.
Le Partenariat H6 rassemble six institutions, organismes, organes et fonds et programmes des Nations Unies. Il vise à sauver la vie et à améliorer la santé des femmes, des enfants et des adolescents et a été créé pour appuyer la mise en œuvre de la Stratégie mondiale pour la santé de la femme, de l’enfant et de l’adolescent (2016- 2030). Les partenaires sont l’OMS, le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA), le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA), le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), l’Entité des Nations Unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes (ONU-Femmes) et la Banque mondiale.
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Vue d’ensemble de la situation sanitaire dans les pays de la Région en 2019
Le Partenariat pour la couverture sanitaire universelle (Partenariat CSU) s’est donné pour mission d’aider les pays à élaborer et à mettre en œuvre des stratégies visant à instaurer la CSU. Au moment de sa création, en 2011, le Partenariat CSU regroupait sept pays. Il en comptait 66 en 2018 (18) et 115 ou plus en juillet 2019 (19). Il est financé par la Commission européenne, la France, l’Irlande, le Japon, le Luxembourg et le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord. Le Partenariat CSU a déjà soutenu plusieurs pays de la Région et, au cours des trois prochaines années, il apportera son appui à 14 pays (Afghanistan, Djibouti, Égypte, Jordanie, Liban, Iraq, Pakistan, Palestine, République islamique d’Iran, Somalie, Soudan, Maroc, Tunisie et Yémen).
3.2.2 Diplomatie sanitaire
La diplomatie sanitaire a un rôle essentiel à jouer dans la mise en œuvre de nombreux programmes de santé nationaux et régionaux dans la Région de la Méditerranée orientale. L’éradication de la poliomyélite, par exemple, ne peut être obtenue sans la mobilisation de nombreux acteurs internationaux visant à renforcer les programmes de lutte et à créer un environnement sûr pour les campagnes de vaccination. La diplomatie sanitaire est importante pour les pays de la Région, car ils sont aux prises avec de nombreux problèmes de développement directement liés à la santé. La Région est aussi touchée de manière disproportionnée par des crises sanitaires anthropiques et humanitaires dont la résolution exige des efforts de collaboration (20).
Ces dernières années, le Bureau régional a œuvré au renforcement des capacités des pays en matière de diplomatie sanitaire. Jusqu’à présent, l’OMS a organisé cinq séminaires annuels réunissant des acteurs clés des ministères de la Santé et des Affaires étrangères, des diplomates, des parlementaires et des experts afin de renforcer la relation entre la santé et la politique étrangère. Ces séminaires abordent des questions hautement prioritaires et importantes pour la Région et ont pour objet de mieux faire connaître la valeur de l’intégration des concepts de diplomatie sanitaire dans la politique étrangère. Les pays ont défini des mesures clés visant à renforcer les capacités nationales en matière de diplomatie sanitaire, notamment : la mise en place d’unités de diplomatie sanitaire au sein des ministères de la Santé ; la désignation de points focaux de haut niveau pour la diplomatie sanitaire ; et le renforcement de la présence internationale et de l’implication de ces points focaux dans les questions mondiales de santé, en particulier les MNT, les maladies émergentes et la santé des réfugiés (21). Le Bureau régional s’efforce également de promouvoir le rôle de chefs de file joué par les parlementaires dans la réalisation de la CSU dans le cadre de la Vision 2030 : la santé pour tous et par tous (22).
En décembre 2017, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté une résolution intitulée « Santé mondiale et politique étrangère : s’occuper de la santé des plus vulnérables pour une société inclusive (23). En septembre 2019, la réunion de haut niveau sur la couverture sanitaire universelle, intitulée « Couverture sanitaire universelle : œuvrer ensemble pour un monde en meilleure santé », a réuni des chefs d’État, des dirigeants politiques et des dirigeants du secteur de la santé, des responsables de l’élaboration des politiques et des défenseurs de la CSU pour plaider
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Profil Santé et Bien-être dans la Région de la Méditerranée orientale
en faveur de la santé pour tous. De telles réunions internationales sont cruciales, car elles permettent d’adopter des résolutions qui contribuent à protéger le droit à la santé et d’améliorer la coordination entre les ministères de la Santé et les secteurs de la santé , d’une part, et les partenaires internationaux, d’autre part. À cet effet, et pour faciliter la concrétisation de ces engagements, le Bureau régional de la Méditerranée orientale collabore avec les ministères des Affaires étrangères et de la Santé ainsi qu’avec d’autres acteurs concernés pour veiller à l’application efficace et à l’imputabilité des politiques et des plans visant à réaliser la CSU. Cela permet en outre d’améliorer la coordination entre les pays de la Région et de faire valoir les besoins régionaux lors des réunions du Conseil exécutif de l’OMS et de l’Assemblée mondiale de la Santé.
3.2.3 Renforcement de la législation sanitaire visant à faire progresser la santé
Les cadres juridiques et les textes législatifs sont des outils essentiels pour mettre en œuvre les politiques et les stratégies nationales de santé ayant été identifiées comme prioritaires ainsi que pour appuyer les mécanismes et les structures de gouvernance afin d’améliorer la réactivité et la responsabilité des systèmes de santé. Les pays souhaitent de plus en plus renforcer les capacités des législateurs en matière de proposition, d’élaboration et d’application de lois relatives à la santé. Il est essentiel d’impliquer les parlementaires dans la réponse du secteur de la santé afin de coordonner l’action des branches législative et exécutive des gouvernements et de réaliser la CSU. L’OMS collabore avec le Forum parlementaire régional pour la santé et le bien-être pour améliorer le dialogue avec les parlementaires et les législateurs de la santé et ainsi renforcer leurs capacités.
L’utilisation efficace des lois et des réglementations est un élément clé de la mise en œuvre réussie des programmes nationaux, et notamment de ceux qui visent à lutter contre les MNT. La lutte contre les facteurs de risque des MNT doit absolument passer par l’application de la loi. En effet, les intérêts commerciaux des entreprises alimentaires et des fabricants d’alcool et de tabac sont rarement compatibles avec la mise en œuvre volontaire d’interventions de santé stratégiques en la matière. Dans ce contexte, l’OMS s’est associée au O’Neill Institute for National and Global Health Law de l’Université de Georgetown (Washington) pour soutenir la réforme juridique relative à la prise en charge des MNT dans la Région. Le partenariat établi entre le Bureau régional et l’O’Neill Institute a permis l’élaboration d’une liste détaillée de politiques juridiques et d’interventions réglementaires offrant un bon rapport coût/ efficacité et reposant sur des bases factuelles en vue de réduire les MNT. La liste s’accompagne d’orientations de mise en œuvre et de propositions d’initiatives de renforcement des capacités. Les interventions proposées couvrent trois domaines prioritaires : 1) la gouvernance des MNT ; 2) l’adoption de lois antitabac conformes à la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitab) ; et 3) l’adoption de lois visant à promouvoir des régimes alimentaires plus sains (diminution de la consommation de sel et de sucre). L’OMS est résolue à aider les pays de la Région à mettre en œuvre ces interventions clés pour améliorer la santé de la population (24).
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Vue d’ensemble de la situation sanitaire dans les pays de la Région en 2019
3.3 Prestation de services et qualité des services
3.3.1 Paniers de prestations prioritaires
Tous les pays de la Région de la Méditerranée orientale disposent de paniers de services de santé essentiels explicites ou implicites. Vu l’évolution de la charge de morbidité, toutefois, il devient de plus en plus nécessaire de réviser ces paniers pour mettre davantage l’accent sur les MNT et les troubles mentaux, qui représentent désormais plus de la moitié de la charge de morbidité dans la Région. L’amélioration de la santé de la mère, du nouveau-né et de l’enfant et la lutte contre les maladies transmissibles restent néanmoins des priorités pour la Région.
Les pays doivent progresser dans au moins trois domaines pour parvenir à réaliser la CSU : 1) le développement des services ; 2) l’extension de la couverture de la population ; et 3) l’amélioration de la protection financière (25). Afin de développer les services, le Bureau régional a décidé d’élaborer et de mettre en œuvre des paniers de prestations prioritaires pour la CSU dans les pays de la Région (26). La première étape consiste à définir un ensemble de mesures souhaitables qui permettraient de réaliser la CSU et d’atteindre d’autres objectifs de développement durable relatifs à la santé. Comme il a été convenu lors de consultations, le panier de prestations prioritaires pour la CSU est un ensemble d’interventions prioritaires fondées sur des données factuelles ayant été définies au moyen d’un processus délibératif qui tient compte des réalités économiques et des préférences sociales. Il peut notamment s’agir de services et de programmes de santé, d’actions intersectorielles ou de politiques fiscales. Le panier de prestations prioritaires pour la CSU doit être accessible à tous et de bonne qualité. Il doit en outre être offert au niveau approprié de prestation de services et au moyen de la plateforme de prestation de services adéquate. Il doit enfin s’appuyer sur une approche intégrée centrée sur les personnes et être couvert par des dispositifs de protection financière adéquats.
La Déclaration de Salalah sur la CSU, adoptée en septembre 2018, invitait les responsables de l’élaboration des politiques de santé à définir un ensemble de services de santé essentiels adapté au contexte local et reconnaissait de ce fait la nécessité d’élaborer et de mettre en œuvre des paniers de prestations prioritaires pour la CSU(12). Vu son incidence potentielle, le panier de prestations prioritaires pour la CSU est présenté comme l’une des 10 initiatives clés de la Vision 2023 (27). En 2019, l’OMS a dressé une liste régionale de services essentiels pour les paniers de prestations prioritaires pour la CSU et élaboré des orientations opérationnelles pour la mise au point d’un ensemble de services au niveau national. L’Afghanistan, la Jordanie, le Pakistan, la Somalie et le Soudan mettent au point des paniers nationaux de prestations prioritaires pour la CSU en collaboration avec l’OMS. En 2019, au moins 11 pays de la Région membres du Partenariat CSU travaillaient à l’élaboration et à la mise en œuvre de paniers de prestations prioritaires pour la CSU. En outre, d’autres pays, dont le Liban, la République arabe syrienne et le Yémen, ont prévu d’élaborer des paniers de prestations dans le cadre d’autres programmes.
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Profil Santé et Bien-être dans la Région de la Méditerranée orientale
3.3.2 Soins de santé primaires et médecine familiale
La Région a toujours été attachée aux valeurs et principes fondamentaux des soins de santé primaires énoncés dans la Déclaration du Qatar sur les soins de santé primaires, qui a été signée en 2008 par les ministres de la Santé de tous les pays (28). La résolution EM/RC60/R.2 sur la CSU, adoptée par le Comité régional de la Méditerranée orientale lors de sa soixantième session, en 2013, exhortait les États Membres à étendre la prestation de services de santé intégrés fondée sur les soins de santé primaires (29). La Conférence mondiale sur les soins de santé primaires qui s’est tenue en 2018 à Astana (Kazakhstan) a mis l’accent sur l’importance de renforcer la prestation de services de santé dans le système de soins de santé primaires afin de réaliser la CSU.
Parmi les exemples des meilleures pratiques adoptées pour renforcer et élargir les soins de santé primaires dans la Région figurent le système de santé wilayat (district) à Oman ainsi que le shabakeh behdashti (réseau de soins de santé primaires) et le behvarz (agent de santé communautaire) en République islamique d’Iran. En 1994, le Pakistan a créé le programme des femmes agents de santé (Lady Health Workers), elles étaient plus de 100 000 dans le pays en 2019. L’Afghanistan a sous-traité des services de soins de santé primaires à des organisations non gouvernementales avec des résultats probants. Ces exemples de réussite peuvent inspirer d’autres pays de la Région et du monde à renforcer la prestation de services par le système de soins de santé primaires (30).
La couverture des services de santé essentiels est inférieure à 70 % dans de nombreux pays de la Région, y compris dans certains pays à revenu élevé ; un investissement dans la réorientation des services de santé vers les soins de santé primaires sera donc nécessaire pour réaliser la CSU. Comme le montre la figure 7, le nombre d’établissements de soins de santé primaires est insuffisant dans toute la Région, et ce, quel que soit le niveau de revenu des pays concernés. Douze pays de la Région, dont quatre à revenu élevé, comptent moins d’un établissement de soins de santé primaires pour 10 000 habitants.
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Vue d’ensemble de la situation sanitaire dans les pays de la Région en 2019
Fig. 7. Densité des établissements de soins de santé primaires, 2013-2018.
0 2 4 6 8
Établissements de soins de santé primaires pour 10 000 habitants
Jordanie Émirats arabes unis
Iran, République islamique d' Qatar Libye
Tunisie Somalie
Palestine Soudan Yémen
République arabe syrienne Maroc
Afghanistan Arabie saoudite
Iraq Égypte
Djibouti Pakistan
Oman Liban
Koweït Bahreïn
Source : OMS (2020) (9).
Les systèmes de soins de santé primaires de la Région font face à plusieurs défis, notamment : l’expansion rapide du secteur privé de la santé et l’accroissement de ses partenariats avec les gouvernements ; l’évolution démographique et les problèmes de santé associés au vieillissement ; l’évolution des technologies de la santé ; la protection financière des ménages pour l’accès aux services de santé ; et les attentes croissantes d’une population mieux informée. En outre, les situations d’urgence humanitaire complexes et les conflits prolongés qui affectent la Région ont provoqué le déplacement forcé de plus de 30 millions de personnes, dont beaucoup appartiennent à des groupes vulnérables comme les femmes et les enfants (30).
En vue de traduire en actions les engagements de la Déclaration d’Astana (2018), le Directeur régional pour la Méditerranée orientale a annoncé le lancement de l’Initiative de mesure et d’amélioration des soins de santé primaires à l’occasion de la Journée mondiale de la Santé qui s’est tenue le 7 avril 2019. Celle-ci s’appuie sur l’Initiative pour la performance des soins de santé primaires, le cadre opérationnel des soins de santé primaires, les efforts régionaux préexistants concernant l’approche de la médecine familiale, les indicateurs de qualité des soins de santé primaires et les profils des systèmes de santé du Bureau régional. Elle permettra de renforcer les capacités nationales d’amélioration des soins de santé primaires, y compris l’approche de la médecine familiale, déjà bien établie, en s’appuyant sur des évaluations.
Le Rapport mondial de suivi 2019 de l’OMS, intitulé Les soins de santé primaires pour atteindre la couverture sanitaire universelle révèle que près de 50 % de la population de la Région n’a pas accès à 16 services de santé essentiels (15). La conclusion de contrats avec les prestataires du secteur privé en vue de fournir des paniers de
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Profil Santé et Bien-être dans la Région de la Méditerranée orientale
services de santé essentiels en recourant à des options d’achats stratégiques et des dispositifs de protection financière aidera les pays à réaliser la CSU. En 2018, le Comité régional a adopté la résolution EM/RC65/R.3 sur l’engagement du secteur privé en faveur de la CSU, dans laquelle il prie le Directeur régional de « fournir un appui technique aux États Membres pour créer et renforcer une collaboration efficace avec le secteur privé pour la prestation de services ». À cette fin, le Bureau régional a aidé les États Membres à réaliser des évaluations approfondies de leur secteur privé de la santé en 2018-2019 afin de recenser les défis auxquels ils sont individuellement confrontés. En 2020, le Bureau régional OMS de la Méditerranée orientale, le Bureau régional de l’UNICEF pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord et le Bureau de l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) pour le Moyen-Orient pilotaient ensemble la mise en œuvre de mesures et interventions dans certains pays (Égypte, République islamique d’Iran, Iraq, Libye, Maroc, Pakistan, Tunisie et Yémen).
La majorité (93 %) des établissements de soins de santé primaires sont gérés par des médecins généralistes qui ne disposent ni d’une formation professionnelle ni d’une expérience dans la création d’équipes de soins de santé centrées sur la pratique de la médecine familiale. Le document technique intitulé « Développer la médecine familiale : progrès sur la voie de la couverture sanitaire universelle » a été présenté lors de la soixante-troisième session du Comité régional, en 2016. Sa présentation a été suivie de l’adoption de la résolution EM/RC63/R.2 demandant aux États Membres de « créer des programmes-relais pour les médecins généralistes » (31, 32).
La médecine familiale peut être définie comme les services de soins de santé fournis par un médecin de famille et par son équipe multidisciplinaire, caractérisés par une approche complète, continue, coordonnée, collaborative, personnelle, familiale et axée sur la communauté. En 2014-2016, l’OMS a réalisé une évaluation de la médecine familiale dans les 22 pays de la Région. L’évaluation a révélé que 16 pays avaient inclus la médecine familiale dans leur politique nationale de santé. La mise en œuvre est cependant à la traîne dans certains pays et le programme est presque inexistant dans la plupart des pays à faible revenu de la Région. L’un des principaux obstacles au développement de la médecine familiale est la pénurie de ressources humaines formées due, principalement, à la rareté des programmes de formation et au manque de soutien accordé à cette spécialité par les responsables de l’élaboration des politiques. Pour atteindre l’objectif de trois médecins de famille pour 10 000 habitants d’ici à 2030, l’OMS, en collaboration avec l’UNICEF, Asia United Bank et l’Organisation mondiale des médecins de famille, a créé un diplôme professionnel régional en médecine familiale. Il s’agit d’un programme-relais qui peut être défini comme une période transitoire au cours de laquelle le médecin généraliste apprend le métier de médecin de famille et acquiert de meilleures connaissances et compétences en matière de prestation de services. Le programme en question a été présenté aux ministres de la Santé lors de la session du Comité régional qui s’est tenue en 2019. Les États Membres se sont félicités de la création du diplôme, qu’ils voient comme un programme-relais ainsi que comme un moyen de combler la grave pénurie de médecins de famille.
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Vue d’ensemble de la situation sanitaire dans les pays de la Région en 2019
En 2018, le Bureau régional de