ocPfæ.L ANNEXE VI.4 CONTROLE DE L'ONCHOCERCOSE DAI.IS LA REGION DU BASSIN DE LA VOLTA Rappor t préparé pour les Gouvernements de Côte d'Ivoire, Dahomey, Ghana, Haute-Vo1ta, MaIi, Niger et Togo ANNEXE VI-4 : INSTALT,ATION DE STRUCTURES D'ARTISANAI, DE COMMERCE ET DE CREDIT DAT.IS LES ZONES DE REPEUPLEMENT Genève 1973 Programne des Nations Unies pour le Développement Organisation pour 1'Alimentation et I'Agriculture des Nations Unies Banque Internationale pour la Reconstruction et Ie Développement Organlsation Mondiale de 1a Santé I Annexe VI-4 Page I INSTALLATION DE STRUCTURES D'ARTISANAî, DE COMMERCE Eî DE CREDITS DA.I.TS LES ZONES DE REPEUPLEMET.IT 1. II.ITRODUCTION 1. La mise en valeur des vallées, rendue possible par le contrôle de 1'onchocercose, va entraîner une migration de populations et donc f implantation de'villages au bord des cours d'eau. Les études prétiminaires ont permis de cerner certains aspects du problème, tels que : - problèmes sanitaires de contrôIe de I'onchocercose; - problèmes agricoles d'exploitation optimale des vallées; - problèmes ethno-sociologiques de migration, d'occupation des soIs, de droits coutumiers, etc. 2. I1 semble également indispensable d'étudier Ie phénomène induit de ces migrations en ce qui concerne les infrastructures d'accueil et plus précisémenf l'infrastructure tertiaire des zones de repeuplement. 3. Un ordre de grandeur mérite d'être souligné, c'est la superficie des vaIlées désertes dans la régron du Programm(, d,. ('ontrôle de I'Onchocercose, qur est arr:nor.ng di-- 60 OOO km2. 11 est évident que le repeuplement des terres abandonnées ne se fera pas dans 1'ensemble de Ia région du programme d'une façon massive et suivant Ie rnôrar-. rythme. I1 apparaît par exemple que les Kabré du Togo ont plus tendance à descendre ,'ers le sud qu'à remonter vers la zone de savanes; que par contre, en Haute-Volta, i1 existe dé.1à une poussée migratoire très forte à partir du plateau mossi aussi bier vers 1tétranger (surtout la Côte d'Ivoire) que vers certaines vallées voltalques (notamment celle de la Vo1ta Noire). 4. I1 est évident aussi que les pays riverains de 1'océan offrent un éventail de possibilités économiques plus large que les pays situés entièrement dans Ia zone des savanes. La reconquête sur I'onchocer('(rs3 des vallées désertes présente donc pour ces derniers un intérêt beaucoup plus gl'and et plus rmmédiat dans la mesure où ces vallées constitueront un exutoire indispensable pour les régions surpeuplées. 5. On peut dire cependant que le contrôIe de I'onchocercose donnera à chacun des sept pays de nouvelles chances de développement en leur permettant de mieux lutter contre certains déséquilibres dans 1a répartition de ta population, déséquilibres entre les revenus du secteur traditionnel et du secteur moderne, déséquitibres dans les pays côtiers entre les niveaux économique et social de Ia zone humide et de Ia zone sèche; en leur permettant aussi de mieux exploiter les aptitudes agricoles ou pastorales des régions de savanes, et d'obtenir une plus grande diversification de leur production. Annexe VI-4 Page 2 6. Il est donc raisonnable de penser que, avec des formes diverses et suivant des calendriers plus ou moins étaIés, tous ces pays chercheront à tirer le meilleur parti des nouvelles possibitités qui leur sont offertes. Crest donc au niveau de toute la région du programme que devrait être étudié Ie problème du secteur tertiaire et des infrastructures d'accueil. Mais les contours de 1'action économique qui sera décidée ne sont pas encore suffisamment précisés partout pour que ce problème soit dès à présent efficacement étudié. 7. I1 a donc paru préférable de se limiter à I'exemple de Ia Haute-Volta, où peuvent pour Ie moment être évaluées avec Ie plus de précision les conséquences du contrôle de 1'onchocercose. Ces conséquences seront fonction des options prises par le Gouvernement et iI est évidemment encore trop tôt pour que ces options aient un caractère définitif. Aussi, 1'étude est-eIle faite dans I'hypothèse d'une action maximale de repeuplement des vallées. 2. EXEMPLE DE LA HAUTE-VOLTA 8. Dans I'hypothèse diune action d'ensemble, le calendrier d'implan,tation des migrants pourrait être celui indiquédans le tableau VI-4.1 se résumant comme suit : - Vallées des Voltas Blanche et Rouge : implantation en 15 ans de 260 villages, soit 13O à 15O OOO personnes - Vo1ta Noire (zone de Dédougou) : llO villages, soit environ IIO OOO personnes - Comoe [.,eraba : 6O villages, soit environ 60 OOO personnes - Sissili : 1lO villages, soit environ 11O OOO personnes - Pama : 65 villages, soit environ 65 OOO personnes - Volta Noire (zone de Bororno) : 25 villages, soit environ 25 OOO personnes - Bougouriba : 67 villages, soit environ 60 OOO personnes - Soit un total de 560 OOO personnes immigrant dans 69? villages. Il- faut préciser que ces données sont minimales, puisque ne sont comprises que les famil-Ies paysannes - On peut raisonnablement augmenter ces chiffres de 20 à 25 % représentant une population de fonctionnaires, artisans, commerçants, etc. g. Considérant I'ampleur des proJets et l'i.mportance de Ia mlgration, rl est indis- pensable que les populations migrantes trouvent sur place une infrastructure tertiaire adaptée à leurs besoins. Faute de cette infrastructure, les populations nlgrantes risqueraient de tomber dans une apathie préjudiciable à 1'essor économique de ces vallées ou encore, comme cela a tendance à se produire actuellement dans la vallée du Kou, repartiraient vers des terres peut-être plus pauvres mais mieux équipées. Annexe VI-4 Page 3 IO. Il est donc indispensable de prévoir une structure : - artisanale (forgerons, menuisiers, maçons) - commerciale : a) achat de denrées et obJet de consonmation b) achat de petit outillage agricole c) vente de produits de 1'agriculture et de l'élevage - de crédit : prêts de campagnes et d'investissements. 1I. Ceci est d'autant plus indispensable que dans les zones des projets, Ia part de 1a production commercialisée va devenir plus importante, avec donc un revenu monétalre accru. 3. ARTISANAT 3.1 Besoins 12. Certains pays appartenant à Ia région du programme ont fait I'expérience des inconvénients que peut présenter pour des viltages pilotes I'absence de moyens locaux nécessaires à L'entretien du matériel agricole (charrue, charrette, etc. ) : régression ou stagnation de Ia culture attelée, passivité des paysans qui attendent f inter- vention de 1'administration, etc. La présence sur place d'artisans compétents (for- geron, menuisier, maçon) permettra en outre aux populations d'acquérir à des prix raisonnables Ie matériel de culture nécessaire (charrues, herses, houes, etc.). 13. I1 est évident que ta structuration et Ia modernisation de I'artisanat sont des facteurs directs du développement économique et social du milieu rural, farticulièrement pour : - Ie développement de la culture attelée par la fabrication et 1'entretien de tout Ie matériel agricole correspondant; - I'introduction et I'entretien des outils et instruments agricoles perfectionnés permettant de résoudre les difficultés d'une trop brève période culturale; - la construction et I'entretien des infrastructures rurales; - I'accroissement par voi.e de conséquence de revenus des exploitations agricoles et des artisans. ]-4. La mise à profit de ces revenus accrus permettra à son tour de promouvoir : - une amélioration de 1'habitat - une amélioration de I'équipement domestique - une évolution des habitudes sociales. 3.2 Situation actuelle 15. Comme dans Ia plupart des pays d'Afrique, Ia majorité des artisans voltalques ont hérité des méthodes de travail ancestrales, utilisant des outils rudimentaires avec des techniques primitives. En outre, ces méthodes artisanales sont difficilement perfectibles puisque les artisans passent 1a plus grande partie de leur temps à des activités agricoles afin de pourvoir à leur subsistance. Annexe r-4 Page 4 16. Cette situation étant particulièrement sclérosante pour 1e développement du monde rural, te Ministère de la Fonction publique et du Travail a élaboré un proJet très efficace pour Ia "Formation professionnelle des Artisans ruraux de Service". L'objectif de ce projet en cours de réalisation est Ia formation en quatre ans de 695 artisans dans les spécialités suivantes : - forge, mécanique rurale, réparation du matériel agricole; - menuiserie, charronnage; - constructions rurales, briqueteries. 17. Les premiers résultats de cette expérience sont bons. A ce ;our, plus de 13O artisans ont été formés et instatlés à travers toute la Haute-Volta après avoir acquis ou construit un matériel moderne. A titre d'exemple, on peut citer : - la construction d'une habitation solide pour un prix de revient de $+8O;1 - la construction de charrues ou socs à partir de métaux de récupération, etc. 3.3 Pro.jet pour 1'adaptation de st ruc artisanales adéquates dans les zones de repeuplement 18. Etant donné le développement escompté de Ia culture attelée, i1 sembLe raison- nable de prévoir f installation d'artisans forgerons dans chaque groupe de cinq villages, soit pour 1'ensemble du proJet, 14O forgerons. Les besoins en menuisiers et maçons seront au départ moins éIevés, mais on peut néanmoins les estimer à 50 menuisiers et 50 maçons (estimation du Ministère du Travail et de Ia Fonction publique). Ces artisans pourront être formés dans les centres existants et réintégrer par Ia suite leur communauté. Ils devront bénéficier d'une assistance technique qui aura comme objectif,de parfaire leur formation et de détecter les nouveaux besoins. 4. COMMERCE 4.I Besoins 19. Dans La plupart des pays africains, on constate un manque d'intérêt certain pour le secteur de 1a distribution et ce pour plusieurs raisons et, tout d'abord, la méconnaissance du rôle de Ia distribution dans Ie processus économique. Alors que 1'agriculture et I'industrie sont considérées comme producteurs de valeur ajoutée, ce qui est évident, le commerce semble être perçu comme une activité parasitaire, comme un mal nécessaire. 20. Le rôle indispensable de Ia distribution, qui consiste à servir de lien entre les producteurs et les consommateurs et qui est aussi génératrice de valeur ajoutée, semble être totalement méconnu. Ensuite, i1 semble que les planificateurs fassent à 1'égard du secteur commercial t'hypothèse d'une capacité d'adaptation structurelle permanente. 'ao.." dans tous les documents concernant ce programme, Ie dollar des Etats-Unis a été pris comme unité de compte à sa valeur de juillet L972. Annexe VI-4 Page 5 21. Dans plusieurs pays de la région du programme' et notamment de Ia Haute-Volta' l,appareil distributif présente des risques d'inadéquation, et 1a liaison production- importation-distribution semble rompue. I1 s'ensuit pour ces pays une dépendance maintenue, sinon accrue, vis-à-vis des grandes socit':tés commerciales étrangères et une lncapacité à maîtriser les problèmes de 1a distribution. Or, ces problèmes sont particulièrement cruciaux dans des zones de repeuplement où il est indispensable que Ies populations migrantes trouvent à teur disposition tôut 1e matériel et les produits nécessaires à leur exploitation agricole et les diffeirents biens de consommation destinés à leur bien-être. I1 est certain que si des structures commerciales n'étaient pas miseS en place lors de 1a phase d'installation des populations, on provoquerait une des situations suivantes : - ou bien installation de quelques boutiques de type purement local, avec, comme conséquence : installation tardive par rapport aux besoins; implantation trop clairsemée ou mal répartie, faute de pouvoir apprécier les besoins du marché; insuffisance d'approvisionnement, faute de trésorerie; cherté des prix due à Ia pénurie et à un systènle d'approvisionnement au coup par coup, entraînant un alourdissement des frais de transport; - ou bien installation de commerçants étrangers, ce qui priverait 1'économie voltalque des profits réa1isés qui ne seraient que très partiellement réinvestis dans le pays. 22. Le bénéfice à attendre des actions de développement projetées réside non seulement dans 1'accroissement de 1a production, mais aussi dans 1'augmentation de 1a fraction commercialisée, c'est-à-dire des possibilités nouvelles de formation de capital. Dans les pays en voie de développement, un des handicaps maJeurs est l'absence ou Ie niveau trop bas de formation d'un capital destiné à I'investissement sur place. Tout ce qui peut favoriser cette formation a un effet heureux sur I 'économie . 4.2 Situation actuelle 23. C'est certainement dans le secteur de Ia di.stribution de marchandises générales que les efforts les plus importants devront être consentis. Comme iI est dit plus haut, I'appareil distributif voltatque présente des signes d'inadéquation et de rigidité structurelle. En fait, 1a distribution des produits de consommation est assurée par différents canaux. Le schéma en est approximativement indiqué par 1a figure VI-4. I. Annexe VI-4 Page 6 1.2,1 Importateurs-grossistes 24. A ce stade, on rencontre des sociétés bien organisées groupées en association âu sein du SCIMPEX (Syndicat des commerçants importateurs et exportateurs) de Haute-Volta. La plupart de ces sociétés sont étrangères et donc dirigées par des étrangers. 4.2.2 Comme rce de détail 25. Le commerce de détail est assuré à environ 30 % par des détaillants ouest- africains, à 20 % par la SOVOLCOM (Société VoltaÏque de Commerce), et à 50 % par des commersants expatriés. L'importance de ce dernier groupe crée des problèmes pour l-'économie de 1a Haute-Volta par suite des méthodes pratiquées qui comprennent parfois une fixation arbitraire et fantaisiste des prix, la pratique du crédit de soudure à des taux usuraires avec, comme conséquence, la main-mise sur les récoltes, et enfin 1a réexportation de 1a quasi-totalité des bénéfices. 26. La SOVOLCOM est une société d'Etat créée par le Ministère des Finances. Son but initial était de mettre à Ia disposition du monde rural des petites unités commer- ciales. La SOVOIÆOM n'a cependant pas atteint ses obJectifs. A ce jour, elIe ne compte en effet que 21 points de vente qui ont réalisé en I97t un chiffre d'affaires de $5,2 millions. Malgré lrintervention d'une société d'études émanant de la Compagnie du Niger, de Ia SCOA (Société Commerciale de 1'Ouest-Africain) et de Ia CFAO (Compagnie Française de l'Afrique Occidentale), les magasins SOVOLCOM ont gardé une image de marque défavorable. 27. Cette image de marque défavorable est sans doute due à leur manque d'adaptation au monde rural et à leur système archalque de gestion. En effet, ces magasins ont en général un aspect déIabré et sale, et ils ne disposent que d'une gamme de produits réduite et souvent peu adaptée aux besoins, et de plus sont très souvent en rupture de stock puisqu'iIs ne sont approvisionnés qu'une fois par mois après inventaire. Lorsqu'on compare les réalisations de 1a SOVOLCOM avec celles du PAC (Programme d'Action Commerciale) en Côte d'Ivoire par exemple, on s'étonne de Ia faiblesse des résultats de Ia SOVOLCOTU. Le PAC a en effet réussi à implanter 2@ magasins en deux ans, sur toute 1'étendue du territoire ivoirien, et a réalisé en 1972 un chiffre d'affaires de plus de $6,4 millions. 11 a initié 1'Ivoirien à un commerce moderne, et a créé une classe d'entrepreneurs initiés à des techniques évoluées de gestion. 28. Les autres commerçants de détait sont constitués de petits commerçants africains trad].tionnels totalement inorganisés, et vivant au iour Ie jour. 4.2.3 La commerc ialisation des denrées aqricoles 29. Une étude plus approfondie mériterait d'être réalisée à ce sujet, puisque ce problème se posera naturellement lors de I'implantation des populations et de la commercialisation de 1a production. Dans Ies conditions actuelles, on constate déJà fuinexe V I.4 Page 7 une inadéquation des circuits traditionnels qui s'avèrent !rop longs, trop coûteux pour le consommateur, du fait de Ia multiplication des intermédiaires, et pas assez rémunérateurs pour les petits producteurs. En outre, vu f inorganisation de ces circuits, il existe des distorsions graves entre régions excédentaires ou déficitaires, pourtant souvent voisines, ceci entraînant de dangereuses fluctuations de prix.l 30. Vu Ia complexité des problèmes, on ne peut entrevoir une solution immédiate et une étude exhaustive s'avère nécessaire. Cependant, on peut indiquer que la Côte d'Ivoire semble avoir trouvé une solution originale à ce même type de problème en créant la société AGRIPAC (Programme d'Action Commerciale des Produits Agricoles) dont les obJectifs peuvent être résumés ainsi : - rétribuer convenablement le producteur, tout en protégeant Ie consommateur; - contrôIer les prix de cession de gros et de détail; - ratlonaliser les circuits de distribution; - organlser les exportations et régulariser les importations; - former des professionnels de Ia production et de la distribution; - enfin, permettre au pays, dont 1'économie est encore axée principalement sur la production agricole, de mieux contrôler les termes de 1'échange, et de bénéficier de la plus-value due à 1a commercialisation de ses produits agricoles. 4.3 Pro.jet pour 1'adaptation des structures commercial es adéquates aux zones de repeulrlement 31. It faudra déterminer d'une part la nature des besoins en matière de service, et d'autre part la quantité des besoins en liaison avec le calendrier d'implantation. 32. En matière de service, iI y aurait tieu d'instaurer des structures commerclales entièrement intégrées afin d'une part, de rentabiliser rapidement les investissenents, d'autre part, d'apporter un service complet aux populations. Par structure commerciale intégrée, i1 faut entendre une liaison complète et constante entre production et distribution. Les services à apporter consistent donc à mettre à la disposition des paysans tous les produits et matérrels nécessaires à leurs exploltations agrrcoles. tous les biens de consommation destinés à leur bien-être, et à les aider dans la commercialisation de leur production. L'enquête faite en l-972 par 1'ORD de Ouagadougou sur les mercuriales dans les lieux et32 marchés montre des variations de prix considérables, suivant suivant les dates : Sorgho rouge : maximum à CUELWONGO, en juin : $2,64. minimum à ZIHENGA, en février : $O,9O. Petit mil : de $1 (TAMPEOCO, février) à $2,80 (CORABIE,3uin/juillet) Sésame : de $1,40 (SAPoNE, octobre) à $3,20 (DONDoULMA, octobre) Niebe : de $o,40 (zoRCHo, juillet) à $4 (DONDOULMA, août/septembre) vandjou : de $or80 (MocTEDo, octobre; à $3r9o (BOUGRE, mars). 1 Annexe VI-4 Page 8 33. En ce qui concerne le nombre de points de vente et de commercialisation, un calendrier drimplantation est à prévoir en fonction des revenus des populations migrantes, et pourrait être par exemple : Années Centres de commercialisation et de distribution 13 26 3rO 416 523 625 ,rt 845 95s 10 66 11 7? 12 89 13 100 14 tt2 15 r23 34. Une fois de plus, iI faut préciser que ces données sont minimales puisque : a) 1a population et le nombre de villages pourraient être plus importants; b) il n'est pas exclu que les populations d'autres régions de Haute-Volta s'inspirent de cet exemple de commercialisation et instaurent un système identique chez eux. 35. Lradaptation des structures commerciales peut se faire soit en faisant appel aux circuits existants, soit par création d'un nouveau circuit propre aux zones de repeuplement. 4.3.1 Adaptation de circuits existants 36. Laisser au hasard f implantation des différents commerces du type africain traditionnel ou libano-syrien présenterait les dangers indiqués précédemment. Les seules possibilités d'adaptation de circuit existant consisteraient à faire parti- ciper la SOVOLCOM au projet de repeuplement. Cette formule présenterait cependant des inconvénients importants : - Ie manque de souplesse de la SOVOLCOM, sa garnme restreinte et peu adaptée; - et surtout Ie risque de rejet des commerçants SOVOLCOM par les populations migrantes. On voit en effet que les populations miBrantes ont un esprit de caste très développé et n'accepteraient sans doute pas les services des commerçants implantés dans leurs zones, sans aucune difficulté. 4.3.2 Création de nouveaux circuits 37. Considérant les désavantages des formules précédentes, i1 est souhaitable de créer un circuit totalement nouveau et parfaitement intégré au phénomène global du Annexe VI-4 repeuplement. Pour ce que : Page 9 faire, il y a lieu de tenir compte de certains impératifs, tels - nécessité de trouver les commerçants dans les populations migrantes; - adaptation parfaite de 1a gamme des produits (engrais, insecticides, produits phytosanitaires, etc. ) ; - participation des populations à 1'effort consenti. 38. La formule proposée se base sur les démarches suivantes : - recrutement et formation des Jeunes migrants en vue d'une future implantation dans leur famille (1a formation de ces Jeunes migrants pourrait éventuellement se faire en collaboration avec 1'OPEV (Office de Promotion de t'Entreprise vo1 taTque ) ; - participation de Ia population à 1'effort consenti en 1a faisant éventuellement collaborer à Ia construction des locaux; - encadrement et assistance permanents durant toute la phase d'installation de ces cellules de commercialisation. 39. Des formules similaires ont été expérimentées dans d'autres pays et notamment en Côte d'Ivoire et ont donné des résultilts très probants. I1 est évidemment néces- saire d'entreprendre les études de factibilité d'un tel programme mais d'ores et déjà, et sans compter les effets induits d'un tel circuit, cette formule présente les avantages suivants : - africanisation du commerce, respect des prix, régularité des approvisionnements, servi.ce total aux populations; - constitution d'un capital pouvant être réinvesti en Haute-Volta; - développement de f industrie et des services voltalques par Ia création de nouveaux débouchés organisés et encadrés; - développement régional : une infrastructure commerciale de ce type contribuera à I'animation du monde rural et constituera un frein à 1'exode par les services qu'eIle rendra aux consommateurs; - création de nouveaux emplois dans tous les secteurs de I'économie voltatque; - et enfin, 1'exemple donné par un tel circuit de distribution et de commercia- lisation dans les zones de repeuplement pourra, à terme, être suivi dans d'autres régions de Haute-Volta et servir ainsi d'école au développement de circuits modernes de commercialisation. 5. CREDIT 5.1 Besoins 40. 11 semble inutile de répéter ici la nécessité de la distribution de crédit aux populations paysannes. I1 est clair que, faute de financement, ces populations ne pourront réaliser une mise en valeur profitable des zones de repeuplement. A titre Annexe III-4 Page IO d'exemple, on peut indiquer que le développement de la culture attelée est avant tout freiné par un bas niveau de revenu et I'incapacité des cultivateurs de supporter I'endettement correspondant (Mesnil, 1970). 5.2 Situation actuelle 4I. La BND (Banque nationale de Développement) est actuellement le seul organisme consentant des crédits agricoles. Elle agit de concert avec les ORD (Office régional de Développement), structures régionales de développement rural auxquelles eIIe a confié un certain nombre de tâches : - constitution de groupements villageois précoopératifs par t'i-ntermédiaire desquels les prêts sont accordés aux producteurs; - établissement des dossiers de prêts; - participation aux différents comités d'oetroi; - contrôle des opérations effectuées au titre du crédit agricole; - recouvrement des échéances. 42. La répartition des tâches entre Ia direction du Crédit agricole de la BND et les organismes régionaux de développement résulte de I'application des principes sur Iesquels repose 1'organisation du Crédit agricole en Haute-Volta, et qui sont les suivants: - un seul prêteur : la BND; - un seul responsable financier vis-à-vis de Ia BND : I IORD qui est donc la structure de relais pour la distribution du crédit au paysan; - un seul bénéficiaire : la coopérative ou groupement villageois précoopératif. 43. Le Crédit agricole est donc décentralisé et s'accorde par I'intermédiaire et sous la responsabilité de 1'ORD. Au niveau villageois, un comité d'action composé de représentants des producteurs et des autorités administratives engage Ia responsa- bilité du groupement pour tout prêt accordé à I'un de ses membres. 44. Le système de distribution de crédit agricole mis en place au niveau des ORD repose sur les agents de vulgarisation qui doivent non seulement susciter par les méthodes de vulgarisation appropriées 1'amélioration des techniques culturales pour 1'emploi de certains facteurs de production, mais aussi faire appel au crédit pour inciter au développement. 5.3 Pro-jet pour l'adaptation de structures de crédit adéquates aux zones de repeuplement 45. I1 est difficile, dans 1'état actuel des choses, de prévoir une solution au probtème de crédit dans les vallées de repeuplement puisqu'on ne sait pas encore si les ORD seront intégrés au projet. I1 est question de créer une société nationale d'aménagement des vallées des VoIta, mais les statuts n'ont pas encore été publiés. En fonction de Ia création ou non de cette société, il ÿ aura lieu d'étudier u1té- rieurement les possibilités d'institution d'un organisme de crédit dans ces régions. tAnnexe VI-4 Page ll 46. Tout au plus peut-on estimer indispensable, d'intégrer entièrement Ies structures de crédit aux structures de commercialisation telles que définies plus haut. Cette intéSration est rendue nécessaire par les difficultés que posent les circuits moné- taires en Afrique, du fait de la lenteur des communications. 47. L'intégration des deux circuits permettrait d'établir le schéma suivant : 48. Des accords pourraient être ultérieurement conclus avec les ORD ou tout autre organisme de crédit afin drétudier les formules les plus intéressantes pour les deux parties. 6. CONCLUSIONS 49. l,e coût de ce type de projet n'est guère chiffrable pour !e moment tant que des études de factibilité ntont pas été réalisées par un expert en matière de distribution et de commercialisation avec 1e concours des organismes déjà en place, études qui pe!'mettraient d'évaluer les moyens à mettre en oeuvre et les résultats tangibles de ce proiet. Elles sont en tout cas d'autant plus indispensables que les données du développement, ainsi que cela a dé3à été souligné dans lrintroduction, sont spécifiques à chaque pays, et que par conséquent un canevas uniforme ne peut être élaboré. 50. Ce caractère indispensable vient sans doute encore plus du fait que 1es actions sectorielles, si diversifiées que puissent être les productions dont on cherche le développement, risquent touJours de buter sur une insuffisance des infrastructures d'artisanat, de distribution et de commercialisation, de crédit. Ceci reste vrai même dans le cas de réussite à moyen terme des actions sectorielles, justement dans 1a mesure où elles accroissent les besoins de consommation intermédiaires qui n'arrivent pas à se satisfaire, les quantités de production qui parviennent mal à s'écouler, les niveaux de revenu qui ne trouvent à s'employer que dans de mauvaises conditlons. Ne considérer 1'homme que comme un producteur risque donc de conduire à plus ou moins long terme à un échec. Un développement véritabtement intégré doit prendre en charge tous les aspects de la réalité économique et sociale. Organisme de crédit Centre de commercialisationet distribution Paysans Annexe VI-4 Page 12 7. 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Organisation mondiale de la santé (OMS) · Technical Documents
Contrôle de l'onchocercose dans la région du bassin de la Volta : rapport préparé pour les Gouvernements de Côte d'Ivoire, Dahomey, Ghana, Haute-Volta, Mali, Niger et Togo; annexe VI-4 installation de structures d’artisanat, de commerce et de crédit dans les zones de repeuplement
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Organisation mondiale de la santé (OMS)
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Technical Documents
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Organisation mondiale de la santé