V/ORLD FMALTH ORGANIZATION AFRICAN REGION ORGANISATION MONDIALE DE LA SANTE REGION DE L'AFRIQTIE@ ONCHOCERCIASIS CONTROL PROGRAMME IN WEST AFRICA PROGRAMME DE LUTTE CONTRE L'ONCHOCERCOSE EN AFRIQUE DE L'OIJEST B.P. 549 OUAGADOUGOU, Burkrna Faso Télépr.: ONCHO OUAGADOUGOU Té1. 34 29 53 - 34 29 59 - 34 29 60 Télex: ONCHO 5241 BF Fax: 34 28 75 RAPPORT DE SYNTHESE DBS ACTIVITES DE L'OCP SUR LES AFFLUENTS DE L'OTI (KERAN-KARA-MO) DE 1976 A 2001 AGOUA Hyacinthe* Document rédigé sous Accord de Services Contractuels OMS/OCP, avec la collaboration du Directeur du Programme et des Chefs de Services et d'Unités techniques. No 400/02/vcu/TEC/3.9 *Entomologiste médical. Ancien membre du Personnel de I'OMS-Programme Onchocercose. par Ouagadougou, Juillet 2002
22. 3. 4. SOMMAIRE 1. INTRODUCTION GENERALITES SUR LE PROGRAMME DE LUTTE CONTRE L'ONCHOCERCOSE EN AFRIQUE DE L'OUEST PRESENTATION DE LA ZONE DE LA KERAN - KARA - MÔ. ACTMTES ENTOMOLOGIQUES 4.1. Historique de la Surveillance Entomologique. 4.1.1. Les gîtes larvaires. 4.1.2. Les points de captures. 4.1.3. Les prospections entomologiques. 4.2. Historique des traitements larvicides. 4.2.1. Quelques données hydrologiques 4.2.2. Schéma d'utilisation alternée des insecticides à I'OCP. 4.2.3. Utilisation des insecticides sur la Kéran-Kara-Mô. 4.2.4. Traitements larvicides au sol. 4.3. Résultats entomologiques. 4.3.1. Identification des vecteurs. 4.3 -2. Identification des parasites. 4.3.3. Transmission. 4.3.3. l.Transmission de 197 6 à 1 987. 4.3.3.2. Transmission de 1988 à 2001 5. 6. SURVEILLANCE DE LA FAUNE AQUATIQUE ENQUÊTES EPIDEMIOLOGIQUES Résultats épidémiologiques avant Ie début de la lutte antivectorielle. Résultats épidémiologiques de 1996. La situation épidémiologique dans les villages de suivi. La situation épidémiologique dans d'autres villages évalués en 1996. ACTIONS MENEES DE 1997 A 2OO1 POUR AMELIORER LA SITUATION SUR LA KERAN - KARA. MO. 6.1. 6.2. 6.1.1 6.1.2 7 7.1. Actions prises par l'Unité VCU. 7.2. Actions prises par l'Unité PET. 7.3. Résultats des actions prises par VCU et PET. 7.4. Actions envisagées après 2002. 8. DISTRIBUTION DE L'IVERMECTINE. 9. ENQUÊTES SOCTOLOGTQUES. J10. ACTIVITES DE SENSIBILISATION ET DE MOBILISATION DES POPULATIONS. 11. DISCUSSIONS CONCLUSION. REMERCIEMENTS BIBLIOGRAPHIE. ANNEXES 12. 13. 14. 15. 4INTRODUCTION La Kéran, la Kara et la Mô sont les trois affluents les plus importants de l'Oti- Pendjari. Ils font partie de la Phase III Est du Programme de Lutte Contre l'Onchocercose en Afrique de l'Ouest où les traitements larvicides ont commencé en mars 1977 (figure l). Ces trois rivières interessent surtout le Togo et le Bénin. Un petit bief de la basse Mô interesse le Ghana. La Kéran, la Kara et la Mô ont toujours retenu l'attention des responsables de I'OCP. En effet, bien que les traitements larvicides aient débuté en nrars 1977,les résultats entomo- épidémiologiques ne sont pas encore tout à fait satisfaisants. L'évaluation des résultats entomologiques montre qu'il y a encore une transmission résiduelle sur quelques points de capture. Les enquêtes épidémiologiques des deux dernières années (2000 et 2001), montrent qu'il y a encore des villages avec des prévalences relativement élevées. Le présent rapport de synthèse passera donc en revue les activités de I'Unité de Lutte Antivectorielle (Vector Control Unit ; «VCU»), en particulier les traitements larvicides, les évaluations entomologiques et celles de I'Unité de Planification, Evaluation et Transfert (PET), enquêtes épidémiologiques, distribution de I'ivermectine et activités de sensibilisation des populations. 2. GENERALITES SUR LE PROGRAMME DE LUTTE CONTRE L'ONCHOCERCOSE EN AFRIQUE DE L'OUEST Le Programme de Lutte contre I'Onchocercose en Afrique de I'Ouest (OCP) a commencé ses activités en 1974, et intéressait alors 7 pays (Bénin, Burkina Faso, Côte d'Ivoire, Ghana, Mali, Niger et Togo). Il couvrait dans sa zone initiale de savane, une superficie de 654 000 km2. C'est la zone où sévissait I'onchocercose sous sa forme grave) cécitante entraînant la désertion des vallées. Avec les extensions effectuées en Côte dlvoire en 1978-1979,|a superficie du Programme a été portée à764 000 km2 ; ce qui représente environ l8 000 km de rivières traitées. Compte tenu des bons résultats obtenus et pour prévenir la réinvasion, des extensions ont été effectuées vers le sud et I'ouest en 1987-1988. Actuellement, le Programme couvre l1 pays (Béniq Burkina Faso, Côte d'Ivoire, Ghana, Guinée, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal, Sierra Leone et Togo), et s'étend sur environ I 300 000 k# (fig. 1). L'objectif du Programme est de lutter contre I'onchocercose afin que cette maladie ne soit plus un problème de santé publique, ni un obstacle au développement socio-économique, et de s'assurer que les pays participants sont en mesure de maintenir cette réalisation. 5Sur le plan administratit la Direction du Programme de Lutte contre I'Onchocercose est basée à Ouagadougou au Burkina Faso. Elle possède des Unités : Administrative, Planification, Evaluation et Transfert et de Lutte contre le Vecteur. Sur le plan opérationnel, l'Unité de Lutte contre le Vecteur s'appuie sur 2 zones (Est et Ouest), des secteurs, des sous-secteurs et des bases opérationnelles, toutes reliées par radio, ce qui permet la transmission rapide des données entomologiques et des directives scientifiques et administratives. En 1990, il existait dans la zone initiale de I'OCP et en extension sud, 5 secteurs, 20 sous-secteurs et une antenne à Bandiagara (Mali). En Extension-ouest, 8 secteurs et 25 bases opérationnelles. Le Conseil d'Administration de I'OCP est le Comité Conjoint du Programme (CCP) constitué des représentants des Pays participants, les Agences Parrainantes et les délégués des 23 Organismes et Pays donateurs. Le Comité Consultatif d'Experts et le Groupe écologique donnent des avis techniques au CCP. Le Comité des Agences Parrainantes (CAP) comprend I'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), qui est I'Agence chargée de I'exécution du Programme, I'Organisation des Nations Unies pour I'Alimentation et I'Agriculture (FAO), le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) et la Banque Mondiale. Compte tenu des résultats satisfaisants obtenus sur la plupart des bassins fluviaux, certaines activités du Programme ont été progressivement réduites à partir du milieu des années 1990 ; ce qui a entraîné la fermeture d'un certain nombre de secteurs, de sous-secteurs et de bases opérationnelles. Les activités de I'OCP prendront fin le 31 décembre 2002. 3. PRESENTATION DE LA ZONE DE LA KERAN KARA MO. La Kéraq laKara et la Mô ont de nombreux affluents et sous-affluents qui prennent leurs sources dans une région montagneuse. Cette région fait partie de la longue chaîne de I'Atacora qui commence au sud de la ville de Ho au Ghana se prolonge au Togo par les monts du Fasao, puis les monts Kabyè et de Defale et se termine dans la région de Natitingou au Bénin. Dans cette région de montagnes, de nombreux sommets culminent à plus de 900 mètres d'altitude. Les cours supérieurs et moyens de la Kéran-Kara-Mô sont presque entièrement dans la région montagneuse, diffrcile d'accès. Les cours inférieurs sont dans une plaine plus ou moins accidentée avant leurs confluences avec I'Oti. 3.1. La Kéran-Koumongou. La Kéran est un affluent de la Koumongou (fig. 2). La Koumongou a une longueur d'environ 170 km et prend sa source au Bénin à I'Ouest de la ville de Toukountouna dans les montagnes de l'Atacora; (01" l8' 28" Est et 10" 34' 10" Nord) ; et se jette dans l'Oti au Togo en aval du village de Faré (0" 2l' 25" Est et l0o 0'7' 25" Nord. La Kéran qui a une longueur de 144 km prend sa source au Bénin dans la région de Birni (01" 36' 16" Est et 10o 19' 36" Nord) et se jette dans la Koumongou au Togo en amont du village de Naboulgou (0o 5l' 26" Est et l0o 10' 59" Nord). Dans le présent rapport nous entendons par Kéran l' ensemble Kéran- Koumongou. 6Les principaux affluents de la Kéran-Koumongou sont : la Binatu la Yerpao, la Perma, le Wémou et la Sina-Iciré (figure 2). 3.2. La Kara. La Kara a une longueur de 196 km environ et prend sa source au Bénin au Nord du village de Alédjo (01' 28' 55" Est et 09o 18' 52" Nord) et se jette dans l'Oti au Nord du village de Koutiflékou ( 0" 24' 30" Est et 10'01' 15" Nord). Les affluents de la Kara, sont : le Niankpé, la Koua la Kpélou, la Kpaya, le Massabo, la Sala et I'Agougou. 3.3. La Mô. La Mô a une longueur de 169 km environ. Elle prend sa source au Togo dans les « Failles d'Aledjo » au Nord du village de Aléhéridé (01" 13' 35" Est et 09o 14' 39" Nord) et se jette dans I'Oti au Ghana au Nord du village de Damonko (0o 12' 43" Est et 08o 44' 43" Nord). Les affluents de la Mô sont tous au Togo ; il s'agit notamment de la Katcha, la Kama, le Boualé, la Kamassi, et le Bouzalo. Il existe sur la Kéran, la Kara et la Mô de nombreux petits affluents et sous-affluents qui ont de très forts écoulements en saison des pluies. Tous les biefs et tous les affluents et sous-affluents sont codés par les Opérations Aériennes; OK 300' ; OR 403* et OO500*, (figures 3 et 4). La végétation de la zone est de type "savane guinéenne" avec des galeries forestières plus ou moins denses le long des rivières et leurs affluents. La superficie totale de la région de la Kéran-Koumongou, la Kara et la Mô au Togo, au Bénin et au Ghana est environ de 22 470 kmz, pou une longueur totale de rivières traitées de2400 km environ (figure 2). 4. ACTMTES ENTOMOLOGIQUES 4.1. Historique de la Surveillanc Entomologique. 4.1.1. I.es gîtes larvaires. (figure 3). Pendant la saison des pluies, la Kéran, la Kara, la Mô, leurs affluents et sous-affluents ont un fort écoulement favorable au développement des stades pré-imaginaux de S. damnosum s.l. comme le montre la Iigure 3 en annexe, il y a beaucoup de gîtes. Le vecteur de ' Art, de faciliter les activités des Opérations aériennes dans le cadre de lo lutte contre le vecteur de l'onchocercose les biefs des cours d'eau ont été codifiés en tenant compte du nom du bassin et en ajoutant un chffie allant de 100 à 900. Exemple : OK300 signifie : Kéran bief 300; OR403 signifie : Kara bief 403; OO500 signifie Mô bief 500. 7I'onchocercose peut se développer pratiquement sur tous les cours d'eau de la région qui sont en écoulement. Sur la KérarU la Kara et leurs affluents, les gîtes sont très importants et complexes sur les cours supérieurs au BénirU et au Togo. Sur les cours inferieurs vers la confluence avec I'Oti, les gîtes sont moins importants et plus espacés. Sur la Mô et ses affluents, il y a d'importants gîtes sur les cours supérieur, moyen et inférieur au Togo. Le bief situé sur le cours inferieur au Ghana avant la confluence avec I'Oti coule dans une grande plaine où il y a peu de gîtes. La plupart des affluents et sous-affluents de la Kéran, de la Kara, et de la Mô ont un couvert végétal dense qui rend diffrcile les traitements au B.t. H-14. Cependant en saison des pluies avec les autres insecticides corlme le téméphos et le pyraclofos qui ont une plus grande portée on obtient de meilleurs résultats. 4.1.2. Les points de capture. (figures 5 et 6) Les captures ont commencé sur la Kéran, la Kara et la Mô en 1976 pour la collecte des données de "précontrôle" un an avant le début des traitements larvicides. 4.1.2.1. La Kéran-Koumongou et affluents. Tapoundé (sur la Kéran code 1804) Des captures régulières ont commencé sur ce point en août 1976 et s'achèveront vers la fin de I'an2002. Titira (sur la Kéran code 1609) Ce point a été régulièrement visité à partir de juin 1976 ; la fin des captures est prévue pour 2002. Tipaoti (Kéran code 1205) Des captures ont été entreprises sur ce point de janvier 1980 à fn1992. Korontière (sur la Kéran code2402) Ce point a été visité de juillet 1976 à fin août 1987. Kouporgou (sur la Koumongou code 2403) Des captures ont été effectuées sur ce point de juillet 1976 à fin awil 1982. Koumongou (sur la Koumongou code l7l2) Ce point a été visité de janvier 1976 à fin avril 1983. Naboulgou (sur la Koumongou code 1720) 8Les captures ont débuté en octobre 1976 et et ont fin juin en fewier 1994. Puis une reprise des captures dejanvier 1997 à octobre 1999. Beressingou (sur la Yerpao code 1801) Les captures ont commencé en juin 1976 et ont pris fin en août 1987. Pouya (chutes) (sur la Yerpao code l82l) Ce point a été visité de mars à novembre 1977 .Il n'y a pas eu de captures en 1978 ; puis une reprise des captures de mars à octobre 1979. Ourbouarbou (sur la Yerpao code 1817) A été visité de juin 1976 à feuier 1980. Perma (Pont) (sur la Perma code 1802) Ce point a été visité de juin 1976 à mars 1986. Tchoumi-Tchoumi (sur la Wémou code 1803) Des captures ont été effectuées de juillet 1976 à aait 1992. Dangoussar (sur la Binah code 1813) Ce point a été visité de juillet à décembre 1976. Des captures sporadiques ont été effectuées en1977,1979 et 1980. Pouda (sur Ia Binah code 1610) A été régulièrement visité de juin 1976 à2002 Pagouda (sur la Binah code 16l l) A été visité de juin à décembre 1976. Des captures sporadiques ont été faites en 1978,1979 et 1982. Tchelenga (sur la Binah code 1812) Des captures ont été efïectuées d'août 1976 à lur juillet 1992. 4.1.2.2. La Kara et afïluents. Lama-Kara Pont (sur la Kar4 code 1607) Il y a eu seulement 2 mois de capture en 1976. Sarakawa-Kara (sur la Kara code 1606) 9Ce point a été visité de juin à novembre 1976 ; puis des captures régulières ont été faites de 1985 à 1993 et des captures sporadiques en 1978, 1979,1981,1984,1994 et 1997. Landa-Pozanda (sur la Kara code 1608) Des captures régulières ont été entreprises de février 1976 à2002. Sarakawa Kpélou (sur la Kpélou code 1613) Des captures régulières ont été effectuées sur ce point de 1980 à 2002. Kaoua - Pont (sur la Kaoua code 1616) A été visité de juin à novembre 1976. Labo (sur la Kaoua code 1628) Des captures ont été faites de septembre 1976 à décembre 1987. Kpaya- Pont (sur la Kpaya code 1615) A été visité de juin à octobre 1976. Kpa),ando (sur la Kpaya code 1630) Des captures régulières ont été effectuées de 1976 à2002. Kouremalé - Pont (sur la Sala code 4203) Ce point a été visité seulement pendant 4 mois en 1986 et 2 mois en 1987 Kétao - Pont (sur la Sossa code 1620) Des captures ont été entreprises de juin 1976 à mars 1987 . 4.1.2.3. La Mô et aflluents. Bagan (sur la Mô code 1622) Ce point a été régulièrement visité de mars 1976 à2002. Pibila (sur la Mô code 1513) Des captures régulières ont été effectuées de mai 1976 à juillet 1987 et des captures sporadiques en 1999. Mô (sur la Mô code 1621) Des captures régulières ont été entreprises de féwier 1976 à2002 10 Dimouri (sur la Katcha code 1623) Aété visité de juin 1976 à mars 1987. Gagan (sur la Katcha code 1624) A été seulement visité d'août à novembre 1976. Kama-Pont (sur la Kama code 1617) Les captures ont été effectuées de juin 1976 à juillet 1993. Tchatchaminade (sur la Kama code 1627) Ce point a été visité d'août à novembre 1976. Aleheride (sur la Boualé code 1625) Point de capture régulièrement visité de juin 1976 à2002. Il convient de préciser qu'en 1986-1987, I'OCP a eu des problèmes financiers importants. Il était alors nécessaire de faire des économies et de réduire les points de capture. C'est ce qui explique que des captures ont été arrêtées sur un certain nombre de points en 1986 et en 1987. Les points de capture sont classés en 03 catégories les points {< A »>, sont ceux qui sont visités toutes les semaines; en général ces points sont situés près des villages qui, au début du Programme étaient hyperendémiques et qui sont au niveau de gîtes simulidiens très productifs ; les points « B » sont visités tous les 15 jours ; les points << C » sont d'anciens points de capture qui ne sont plus utilisés en permanence et qui sont visités soit pour des « captures tests »>, soit potr des études particulières. Actuellement, des captures sont régulièrement effectuées sur 09 points de la Kéran- Kara-Mô (fig.6). Trois points sont üsités sur la Kéran : Titira (point A) est visité toutes les semaines; Tapoundé et Pouda (points B) sont visités toutes les deux semaines. Sur la Kara : Landa-Pozanda est un point "A", Sarakawa-Kpélou et Kpayando sont des points B. Sur la Mô : Bagan un point "A" ; Aléhéridé et Mô qui sont des points "8" 4.1.3. Les prospectionsentomologiques. ll Compte-tenu de la quantité impressionnante des gîtes simulidiens qui existent sur la Kéran, la Kara et la Mô, de nombreuses prospections aériennes ont été efÏectuées périodiquement en saison des pluies et en saison sèche dès 1977 pour évaluer I'impact des traitements larvicides. Certaines prospections aériennes avaient permis de comprendre les sources probables des simulies de réinvasion capturées sur la Kéran, la Karu la Mô et leurs affluents (Zerbo et al.1978 et Sowah et al.1984). Des prospections de routine au sol ont été également entreprises chaque semaine par les Sous-Secteurs de Kara et Natitingou. En 1997, suite à une forte transmission observée de la semaine 18 (fin awil) à la semaine 23 (début juin) il a été décidé d'intensifier les prospections au sol ; une moyenne de 70 gîtes sont prospectés chaque semaine. 4.2. Historique des traitements larvicides. 4.2.1. Quelquesdonnéeshydrologiques. L'utilisation des larvicides antisimulidiens nécessite de bonnes données hydrologiques qui sont obtenues soit à partir des échelles de crue, soit à partir des balises Argos. En annexe sur les tableaux 1 à 4 figurent les débits heMomadaires de la Kéran-Kara- Mô de 1987 à2001. Les graphiques (figures 7 àll) donnent les débits des quatre dernières années (1998 à 2001). Sur la Kéran à Naboulgou (figure 7) le débit maximum au cours des quatre dernières années a été enregistré en 1998 à la37è^" semaine et était de 6ll m3/sec. A Titira (fig. 8) un débit de 576 m3/sec a été enregistré la même année à la 39è'" semaine. Sur la Kara, à la station de Kara (figure 9) le débit maximum était enregistré en 1998 à h 30è'" semaine et était de 285 m3/sec. Sur la Mô à Bongoulou le débit maximum au cours des quatre dernières années était de 705 m3/sec àla2gè^" semaine en 1998 (frg.11). 4.2.2. Schéma d'utilisation alternée des insecticides à I'OCP Comme sur la plupart des bassins fluviaux du Programme, les larvicides ont été utilisés en rotation sur la Kéraru la Kara et la Mô en fonction des débits et de la sensibilité des larves de S. damnosum s.l. Le B.t. H-14 est I'insecticide des très faibles débits ; Le téméphos est utilisé chaque fois que les résultats des tests de sensibilité le permettent. Le phoxime garde son utilité là où des cas de baisse de sensibilité au téméphos ont été signalés ; t2 Le pyraclofos reste I'insecticide des périodes délicates au point de vue entomologique à la montée des eaux et à la décrue ; La perméthrine est I'insecticide qui présente un rapport coût/effrcacité favorable aux forts débits et reste surtout utilisé aux hautes eaux ; - L'étofenprox est utilisé chaque fois que cela est nécessaire au-delà de 15 m3/sec. En résumé le schéma général de I'utilisation des larvicides est le suivant : (fig.12). - Entre I et 15 m3/sec ; 3 insecticides peuvent être utilisés ; le téméphos, le phoxime, etle B.t. H-14. Entre 15 et 70 m'/sec, 4 larvicides peuvent être utilisés ; le téméphos, le phoxime, le pyraclofos et l'étofenprox. Entre 70 et 150 m3/sec, le choix est possible entre le téméphos, le pyraclofos, la perméthrine et le carbosulfan. Entre 150 et 300 m3/sec, on peut utiliser le téméphos, le pyraclofos ou la perméthrine, le carbosulfan devient trop cher. Entre 300 et 450 m3/s et au-delà, I'indice coût/efficacité n'offie le choix qu'entre deux composes ; le téméphos et la perméthrine. 4.2.3. Utilisation des insecticides sur la Kéran-Kara-Mô. Au début des activités de I'OCP le seul insecticide disponible était le téméphos ou Abate@ . Suite à la résistance au téméphos décelée aux Chutes Gauthier sur le bas-Bandama (Guillet et al. 1980), I'OCP a intensifié la recherche sur des larvicides de remplacement et a mis au point un système de rotation des insecticides pour prévenir la résistance. Les tests de sensibilité effectués sur la Kéran, la Kara et la Mô ont montré que la sensibilité au téméphos est intermédiaire. L'Abate@ est donc utilisé sur ces trois rivières avec beaucoup de prudence. Il est important de préciser que les données relatives aux traitements larvicides aériens de I'année 1977 n'ont pas été retrouvées à cause du système d'archivage qui n'était pas au point au tout début du Programme. Cependant, la Kéran. la Kara et la Mô ont été ef[ectivement traitées à I'Abateo au début des écoulements en 1977. La Kéran (tableaux 5 à 19). De 1977 à 1986 (10 ans) le seul insecticide utilisé sur la Kéran est I'Abate@. Le chlorphoxime a été introduit sur la Kéran pour la première fois en 1987 à la l5è'" semaine ; le Vectobac* 18.t. H-14) a été aussi introduit la même année à la 50è-" semaine. De 1987 à 1990, trois insecticides ont été utilisés en rotation sur la Kéran ; I'Abate o, le Vectobac @ et le chlorphoxime. 13 Le carbosulfan a été introduit en 1991 à la 36è'" semaine ; la perméthrine la même année à la 2gè^" semaine ; le pyraclofos à la 4lè*" semaine en 1992 ; le phoxime qui a remplacé le chlorphoxime a été introduit en 1992 à la 5lè'" semaine. L'étofenprox a été ultilisé pour la première fois sur la Kéran en 1996 à la 41è'" semaine ; le Teknaro (B.t.H-14) en 1999 àla 42è^" semaine. En résumé, les six insecticides opérationnels à I'OCP ont été utilisés en rotation pour prévenir la résistance. Il s'agit de I'Abate @, le phoxim,le B.t. H-14 ; (Vectobac@ et Teknar@ ), le carbosulfan, la perméthrine et l'étofenprox. La Kara (tableaux 20 à37). Comme sur la Kéran, I'Abate@ a été le seul larvicide utilisé sur la Kara de 1977 à 1986 (10 ans). En 1987 le Vectobac* (At. H-14) a été introduit pour la première fois sur la Kara à la 50è-" semaine ; le chlorphoxime la même année à la 34è-" semaine. En 1991 la perméthrine a été introduite à la 33è'" semaine ; le carbosulfan à la 41è-" semaine ; le phoxime qui a remplacé le chlorphoxime a été introduit à la 29"'" semaine. En l992,le pyraclofos a été utilisé pour la première fois à la 42è^'semaine. L'étofenprox a été introduit en 1996 à la 41è'" semaine et le Teknar@ (8.r. H-14) en 1999 àLa43ù" semaine. Comme sur la Kéran, les six insecticides opérationnels ont été utilisés en rotation sur Kara. La Mô (tableaux 38 à 49). L'Abate@ aetéle seul insecticide utilisé sur laMô de 1977 à1986. La Vectobac* 18.t. H-14) a été introduit pour la première fois sur la Mô en 1987 à la 32è'" semaine ; le chlorphoxime en 1988 à la32è^" semaine, le pyraclofos en 1991 à la 41è" semaine ; le phoxime en7992 à la 5lè-" semaine ; le carbosulfan en 1995 à la 44è^" semaine ; l'étofenprox en 1996 à la 39è'" semaine ; la perméthrine en lggg à la 4lè" semaine et enfin le Teknaro (8.t. H-I4) en 1999 à Ia 43è'" semaine. Les six insecticides opérationnels ont été utilisés en rotation. Il est important de noter que les traitements larvicides ont été suspendus sur la basse Kéraru la basse Kara et I'Oti (la rivière principale, biefs 600, 700 et 800) de 1993 à 1996, (figure 13). 4.2.4. Traitements larvicides au sol 14 En saison sèche, lors de la suspension des traitements aériens, les équipes du sous- secteur de Kara ont entrepris des traitements larvicides au sol sur la plupart des gîtes productifs. En saison des pluies, les traitements au sol ne peuvent être effectués que sur les gîtes accessibles en complément aux traitements aériens. 4.3. Résultats ento!trqlqglquç§ 4.3.1. Identification des vecteurs Les simulies capturées selon la méthode décrite par Walsh et al. (1978), sont séparées en differents groupes en fonction de la coloration des soies alaires. Ces groupes sont classés en 01, 02,03,04 et 05. Dans le groupe 01 sont les simulies dont toutes les soies alaires sont claires. Dans le groupe 02, sont les simulies dont la majorité des soies alaires sont claires, mais avec quelques soies sombres (moins de 50% du total des soies alaires). Ces deux groupes sont considérés comme appartenant aux espèces de savane, en particulier S. damnosum s.s. et S. sirbanum. Dans le groupe 03 sont les simulies dont les soies alaires sont constituées de 50Yo de soies claires et 50% de soies sombres. Ces simulies peuvent être soit des simulies de savane (S. damnosum s.s.), soit des simulies de forêt (S. squamosum ou S. soubrense). Dans le groupe 04 sont les simulies qui ont une majorité de soies alaires sombres. Quant au groupe 05, il s'agit des simulies qui ont 100% de soies sombres. Dans ces deux groupes sont les simulies de forêt, S. sanctipauli et S. soubrense. A partir de 1993-1994, les données relatives à la coloration des soies alaires ont été complétées par des examens morphologiques pour préciser qu'il s'agit bien d'une simulie de savane ou de forêt. En ce qui concerne la cÿota:<onomie (identification des vecteurs par l'étude des chromosomes), les données relatives à ces études pour la période allant de 1992 à 2001 sont dans le tableau 50 et les figures 14 à 17. Sur la Kéran (figure l4), les résultats cÿotaxonomiques donnent 99 Yo de savanicoles (80 % de S. sirbanum ; 19 % de S. damnosum s.s. et I %o de forestières (S. squamosum). Sur la Kara (figure l5), on note 94 %o de savanicoles (65 % de S. sirbanum ;29 %o de S. damnosum s.s.) et 6%o de forestières (S. squamosum). Sur la Mô (figure 16) il y a 92 o de savanicoles (62 % de S. sirbanum et 30 % de S. damnosum s.s) et 8Yo de forestières (S. squamosum). Sur I'ensemble du bassin de la Kéran-Kara-Mô, (figure l7), on note 95 %o de savanicoles (68 % de S. sirbanum ;27 % de S. damnosum s.s.) et 5 %o de forestières (S. squamosum). l5 Au vue de ces résultats, il apparaît que la majorité des simulies piqueuses sur la Kéran- Kara-Mô, est constituée de femelles savanicoles. De 1992 à 2001, les espèces suivantes: S. yahense, S. soubrense (forme Beffa) et S. sanctipauli n'ont pas été identifiées sur la Kéran-Kara-Mô. 4.3.2. Identification des parasites Les tableaux 51 à 53 et les figures l8 à 20 en annexe donnent les résultats des identifications des larves infectantes récoltées sur la Kérary la Kara et la Mô au cours des dissections de routine de 1992 à 2001. Sur la Kéran il y a 68 oZ d'O. volvulus (dont 62 o/o de O. volvulus savane ; 6 % de O. volvulus forêt) et32%o d'autres onchocerques (fig. l8). Sur la Kara, 72 o/o d'O. volvulus (dont 55 Yo de O. volvulus savane ; 17 %o de O. volvulus forêt) et28%o d'autres onchocerques (fig. l9). Sur la i:[ufLô, 62 o/o d'O. volvulus (dont 41 %o de O. volvulus savane ;21 % de O. volvulus forêt) et38Yo d'autres onchocerques (fig. 20). 4.3.3. Transmission Les résultats entomologiques de la Kéran-Kara-Mô obtenus de 1976 à 2001 sont dans les tableaux 54 à 59 et les figures 2l à 34 enannexe. Il faut préciser que jusqu'en 1988 (début des traitements larvicides en extension Sud- Est au Togo, au Bénin et au Ghana), la Kérar1 la Kara et la Mô n'étaient pas bien protégées. Les résultats entomologiques relativement satisfaisants n'ont commencé à être enregistrés qu'à partir de la mise en æuvre des traitements larvicides en extension Sud-Est. 4.3.3.1. Transmission de 1976 à 1987 Sur la Kéraru (tableaux 54 à 57 et figures 2l à23) les TAP/ABRI de 1976 (précontrol) étaient de24072 àTitira, 12101àNaboulgou et 11486 à Pouda et 5154 à Tapoundé. Ces TAP correspondaient à des PAT/ATP2 brut de 1339 ;249 ;369 et 172. En 1987 les TAP/ABR à Titira, Naboulgou, Pouda et Tapoundé étaient respectivement de 4228; 1643 ;645 et 7612. Ces Taux Annuels de Piqures correspondaient à des Potentiels Annuels de Transmission de 159 ; 99; 60 et 0. Il convient de préciser que dars la période allant de 1976 à 1987, les PAT/ATP les plus élevés étaient de 1227 à Titira en 1980, 1464 à Tapoundé en 1980 et 388 à Naboulgou en 1979. Sur la Kara, en 1976, les TAP/ABR étaient de 26203 à Landa-Pozanda" 14196 à Sarakawa-Kpélou et 10449 à Kpayando. ' TAP: Taux Annuel de Piqures ABR: Annual Biting Rate 2 PAT: Potentiel Annuel de Transrnission ATP : Annual Transmissiqr Potential t6 Ces TAP/ABR correspondaient à des PAT/ATP brut de 771, 1225 et9l. Dans la période 1976 à 1987, les PAT/ATP les plus élevés enregistrés étaient de 1617 à Landa- Pozanda en1977 ; 531 à Sarakawa-Kpélou en 1977 et de 565 à Kpayando en1979. Sur la Mô en 1976,les TAP/ABR étaient de 22557 à Alehéridé ; 43076 à Bagan et 39210 à Mô à Mô. Ces Taux Annuels de Piqures correspondaient à des PAT/ATP brut de 155 ; 81 1 et 667. Dans la période 1976-1987,les Potentiels Annuels de Transmission bruts les plus élevés ont été de 406 à Alehéridé en 1980 ;2504 à Bagan en 1984 et 1697 à Mô à Mô en 1971. Ces valeurs des PAT/ATP bruts montrent que entre 1976 et 1987,la région de la Kéran-Kara-Mô n'était pas bien protégée. 4.3.3.2. Transmission de f988 à 2001 Comme mentionné précédemment, en fewier 1988, les « traitements larvicides d'attaque » ont commencé en Extension Sud-Est au Bénin, au Togo et au Ghana. Ces traitements larvicides sur les bassins de I'Ouémé et du Mono ont permis d'améliorer les résultats entomologiques sur certains points de capture ; cependant la situation reste préoccupante. En effet sur la Kéran à Titira dans la période 1988 à 200l,le PAT/ATP brut a varié de 580 en 1997 à 58 en 1988. Le PAT/ATP corrigé a varié de 36 à 413. A Tapoundé les PAT/ATP corrigé ont varié de 0 à 238 et à Pouda ils ont été inferieurs à 100 et ont varié de 0 à 28 (tableau 57 et figures2l et22). Sur la Kara, dans la même période les PAT/ATP brut ont varié de 0 à 223 à Landa- Pozanda,les PAT/ATP conigés de 0 à 54. A Sarakawa-Kpélou, les PAT/ATP bruts ont varié de 0 à 405 et les PAT/ATP corrigés de 0 à 193. A Kpayando, les PAT/ATP bruts et corrigés ont été inferieurs à 100 et ont varié de 0 à 35 (tableau 58 et figures24 et25). Sur la Mô à Alehéridé de 1987 à200l,les PAT/ATP ont été inferieurs à 100 et ont varié de 0 à 71. A Bagan, de 1988 à 2001, les PAT/ATP bruts ont varié de 0 à 237 et les PAT/ATP corrigé de 0 à 190. A Mô à Mô les PAT/ATP bruts ont varié de 0 à 165 et les PAT/ATP corrigés de 0 à 35 (tableau 59 et figures26 et27). Les graphiques des PAT/ATP bruts, conigés et de savane des principaux points de capture sont en annexe (figures 29 à34). En awil-mai 1997, une transmission anormalement élevée a été enregistrée sur la plupart des points de captures de la Kéran-Kara-Mô. Des actions énergiques ont été prises par I'Unité de Lutte contre le Vecteur potr maîtriser la situation. 5. SURVEILLANCE DE LA FAUNE AQUATIQUE Les insecticides chimiques utilisés par I'OCP sont dégradables, et ne s'accumulent pas dans la chaîne alimentaire. Les doses utilisées pour tuer les larves de simulies ne sont pas t1 toxiques pour l'homme et les mammifrres. C'est la première condition pour le choix d'un insecticide antisimulidien par I'OCP. Les insecticides qui remplissent ces conditions subissent ensuite la procédure du criblage mise en place par le Programme OCP et son Groupe Ecologique. Ce groupe écologique indépendant composé d'Experts scientifiques internationaux analyse les résultats et oriente les actions de I'OCP dans le cadre de la surveillance et de la protection de I'environnement aquatique. La surveillance de la faune aquatique est assurée par les équipes nationales d'hydrobiologistes (invertébrés et poissons). La localisation des stations de surveillance aquatique est présentée à la figure 35. Sur la Kara la surveillance de la faune non-cible a porté uniquement sur les poissons. Elle a été instituée à partir de décembre 1981 jusqu'en octobre 1985 sur la station de Landa Pozartda. Durant cette période, onz-e missions d'échantillonnage ont été effectuées et ont permis de dénombrer 34 espèces de poissons dont les plus fréquentes ont été B. macrolepidotus, H. pictus, H. forskalii et T. zillii. Petdant la même période aucune perturbation de la richesse spécifique et de l'état physiologique des poissons n'aété observée. Indépendamment des variations saisonnières, les prises totales par unité d'effort (en nombres ou en poids) sont restées dans l'ensemble stables. Les résultats enregistrés en cinq ans n'ont pas permis d'identifier un impact perceptible des larvicides anti-simulidiens sur les poissons de la Kara au niveau de cette station. Mais, étant donné la proximité de cette station à la ville de Kara qui prend de l'essor d'année en année, il était à craindre que dans les années à venir, n'interviennent une perturbation de l'habitat aquatique et une pollution importante préjudiciables à la qualité de vie des poissons. Cette situation avait été probablement l'une des raisons qui avait aussi milité à l'abandon de cette station comme point de suivi de l'impact de traitements larvicides sur la faune aquatique non cible. 6. ENQUÊTES EPIDEMIOLOGIQUES Les résultats des enquêtes parasitologiques et ophtalmologiques effectuées sur la Kéran-Kara-Mô sont dans les tableaux 60 à66 et figtues37 à47 enannexe. 6.1. Résultats épidémiologiques avant le début de la lutte antivectorielle. Avant le début de la lutte antivectorielle, I'onchocercose sévissait dans la plupart des villages de la Kéran-Kara-Mô sous forme hyperendémique. Sur la haute Koumongou-Kéran à Kouporgou au Bénin, en janvier 1978,la prévalence était de 74yo,laCMFC (Charge Microfilarienne Communautaire) était de 26,41 mflb et le taux de cécité de 1,62 % (tableau 60). 18 A Fare sur la basse Koumongou-Kéran, au Togo, en décembre l9J6,la prévalence était de 50,1o/o,la CMFC de 5,02 mflb et le taux de cécité de 0,46 % (tableau 61). Sur la Kéran, à Titira au Togo, en décembre 1976 la prévalence était de 88,5 %o,la CMFC de 36,62 mflb et le taux de cécité de 2,91 Yo (tableau 63). Sur la Kara, à Landa-Pozanda, en octobre 1976, la prévalence était de 82,7 Yo, la CMFC de 17,78 mflb, et le taux de cécité de 4,02 %o (tableau 64). A Kpesside en octobre l976,la prévalence était de 56,4 Yo,la CMFC de 6,8 mflb et le taux de cécité de 2,21 Yo (tableau 64). A Léon en octobre 1976,la prévalence était de 62o/o,la CMFC de 5,82 mflb et le taux de cécité de 1,26o/o (tableau 64). A Anina-Maison, en octobre 1976,la prévalence était de 68,1 yo,la CMFC de 12,49 mflb et le taux de cécité de 0,93 o (tableau 64). Sur la Mô à Kemini, en novembre 1976,la prévalence était de 53,4 Yo, la CMFC de 5,19 mflb et le taux de cécité de 1,25 %;o. A Bagan en novembre l976,la prévalence était de 67,5 Yo,la ClvffC de 7,45 mflb et le taux de cécité de2,32Yo (tableau 65). A Moala, en mars 1978,la prévalence était de 59,9%o,la CMFC de ll,4lmflb. (tableau 66). 6.2. Eyeluallions épidémioloeiq ues de 1996 6.2.1. La situation dans les villages de suivi Les évaluations de 1995-1996 dans les villages de suivi ont montré que les prévalences et les CMFC ont dans I'ensemble baissé par rapport aux données de précontrole mais la situation n'est pas encore satisfaisante. Au Bénin en mai 1995 à Kouporgou sur la haute Koumongou la prévalence était de 37oÂ,la CMFC de 3,86 mflb, et le taux de cécité de 0,15%o (figure 37). Sur la Kéran au Togo, à Tapoundé en mai 1995, la prévalence était de 48,6 yo, la CMFC de 3,91 mflb alors qu'en novembre 1992, la prévalence était de 30,5 oÂ,la CMFC de 2,44mflb. Les paramètres épidémiologiques ont donc augmenté à Tapoundé de 1992 à 1995 (figure 39). A Sola, lors de l'évaluation de mai 1995,la prévalence et la CMFC ont augmenté par rapport aux données de 1992. en effet en mai 1995,la prévalence était de 57,1 yo et la CMFC de 8,56 mflb, alors qu'en 1992, on avait enregistré 26,2 o de prévalence et 1,18 mf/b de CMFC (figure 40). A Titira, en mai 1995,laprévalence était encore de 64,5 %o,laCi[l{FC de 10,98mflb et le taux de cécité nul (fig. 4l). l9 Sur la Kara à Landa-Pozanda en juin 1996 la prévalence et la CMFC ont baissé et étaient de 8,1 o et0,l4 mflb. Le taux de cécité de 0,86 % (frg.42). A Kpessidé en juin 1996,laprévalence était de 29,4 yo et la CMFC de 0,99 mf/b. (fig. 43) A Léon, la prévalence qui était de 9,5 o/o en 1993 est passé à 19,8 o/o en juin 1996 et la CMFC de 0,1 mflb à 0,6 mflb. (frg.44). A Aninna-Maison en juin 1996,laprévalence était de 7,2yo,la CMFC de 0,31 mflb. Sur la Mô, à Kemini, en juin 1996,laprévalence était de 4,5 yo,la CMFC de 0,23 mf/b alors qu'en 1976,laprévalence et la CMFC étaient respectivement de 53,4 yo et de 5,19 mflb. (figure 45). A Bangan en juin 1996,la prévalence et la CMFC ont baissé et sont de 9,8 %o et 0,19 mflb. (figure 46). A Moala (sur la Mô au Ghana), en mai 1998, la prévalence est montée à 62oÂ,la CMFC est descendue à6,37mf1b. (figure 47). 6.2.2 La situatiou éLtidétniologique dans d'autres villaees évalués en 1996 Les résultats épidémiologiques dans les villages évalués pour la première fois ne sont pas bons (tableaux 60 et 64). Au Bénin, à Koupongou sur la haute Koumongou, en novembre 1996, la prévalence était de 48,5 yo et la CMFC de 19,57 mflb. il n'y a pas eu d'enquête ophtalmologique (tableau 60). Sur la Kara à Kadjol II en juin 1996,la prévalence est de 60,5 yo et la CMFC de 9,41 mflb. (tableat64). A Sakpone la prévalence est de 42,1yo et la CMFC de 3,48 mflb. A Sikan, la prévalence est de 67,1yo et la CMFC de 12,09 m0/b. A Touguel, la prévalence est de 56,6 o etla CMFC de 10,98 mflb. A Kpangbassibiyo, la prévalence est de l9oÂ,la CMFC de O,4mflb. A Ouro-Gaode, la prévalence est de l,4o et la CMFC de 0,05 mflb. A Weloude, la prévalence est de26,5 % la CMFC de 0,8 mflb. A Karbongou, la prévalence est de 8,5 o le CMFC de 0,33 mf/b. A Tchirkpeni (Katchamba),laprévalence est de 6,7 oÂ,laClvffC de 0,26 mflb. 20 A Kawa-Bassar la prévalence est de 38,6Yo et la CMFC de 4,8 mflb. A Aho-Lao, la prévalence est de 53,1 Yo etla CMFC de7,9 mf/b. En résumé sur la Kéran-Koumongou, 5 villages ont en 1995-1996 une prévalence de plus de 30 o/o il s'agit de Kouporgou, Koupongou, Tapounté, Sola et Titira. Sur la Kara, 5 villages ont une prévalence de plus de 30 % ; Kadjol II, Sapone, Sikaru Touguel, Kawa-Bassar, et Aho-Lao, ils sont tous situés sur le cours moyen de la Kara. Lors de cette importante évaluation épidémiologique de juin 1996, des enfants de la tranche d'âge de 0 à 6 ans sont infectés, ptr exemple : Aho-Lao : 3 enfants de 5 ans Kawa-Bassar : I enfant de 5 ans Touguel : 2 enfants de 5 ans et 4 enfants de 6 ans Sikan: I enfant de 3 ans et I enfant de 5 ars Ifudjol II : 2 enfants de 4 ans et I enfant de 5 ans. Suite à cette évaluation de 1996, le Coordonnateur national du Togo a mentionné dans son rapport que : citation << Parmi les 12 villages ayant une prévalence supérieure à l0 o/o, 11 sont situés dans le bassin de la Kara. L'enquête de migration nous révèle que la plupart des cas positifs dans les villages du bassin de I'Oti sont des migrants venus du sud Togo. A Aho-Lao, un village du bassin de la Kara, la quasi-totalité des cas positifs sont détectés parmi les populations installées depuis 4 ans en provenance du sud du Togo ». Fin de citation. En 1997, suite à ces résultats entomo-épidémiologiques non satisfaisants, des actions énergiques ont été prises pour améliorer la situation qui prévaut sur la Kérarq la Kara et la Mô ACTIONS MENEES DE 1997 A 2OO1 POUR AMELIORER LA SITUATION SUR LA KERAN.KARA.MO. 7.1. Actions prises par l'Unité VCU. a) Les prospections entomologiques et les traitements au sol ont été intensifiées et se sont poursuivies sur la Kéran, la Kara et la Mô pendant toute la période des écoulements. Cette intensification des activités a nécessité le recrutement d'une équipe temporaire de trois personnes pour renforcer les prospections et les traitements au sol sur la Kéran-Kara- Mô. b) Les traitements larvicides aériens sont effectués avec un accompagnateur VCU chaque fois que cela est possible. 7 c) Des captures-tests sont entreprises sur I'Oti, la Kéran et la Kara pour mieux ajuster les traitements larvic ides. 2l d) Des traitements larvicides expérimentaux de 05 à 06 cycles sont effectués sur IOti (la rivière principale) pendant I'harmattan (décembre, janvier et fewier) afin d'éviter que les simulies de I'Oti ne migrent sur la Kéran et la Kara. e) Extension des traitements larvicides réguliers sur la basse Kara et la basse Kéran qui avaient été suspendus pendant 4 ans de 1993 à 1996. 7.2. Actions prises par l'Unité PET. a) La distribution de I'ivermectine sur une base communautaire a été intensifrée 2 fois par an sur la Kéran, la Kara et la Mô. b) Une enquête sociologique a été ef[ectuée pour mieux comprendre la situation qui prévaut sur la Kéran-Kara-Mô. c) La sensibilisation des populations effectuée par les Equipes nationales, PET et VCU a été intensifiée auprès des populations rurales et des autorités administratives. d) Les prédictions (ONCHOSIM) montrent que si I'on poursuit la stratégie de la lutte antivectorielle combinée à la distribution de I'ivermectine, la transmission pourrait être maîtrisée dans le bassin de la Mô. Potr la Kéran et la Kara, il faudra continuer la distribution de I'ivermectine au delà de 2002 jusqu'en 2010 au moins (figures 48,49 et s0). 7.3. Résultats des actions prises par VCU et PET. En ce qui concerne I'Unité de lutte contre le vecteur, les Potentiels Annuels de Transmission corrigés ont été inférieurs à 100 sur tous les points de capture de la Kara et de la Mô dans la période 1998 à 2001. Sur la Kéran, les PAT/ATP conigés ont été nuls à Pouda de 1998 à 2001. A Tapoundé ils ont été inférieurs à 100 dans la même période et ont varié de 0 à82. A Titira des PAT/ATP corrigés de 145, 128, 77 et 65 ont été enregistrés respectivement en 1998, 1999,2000 et 2001. Quant à lunité PET, les enquêtes épidémiologiques entreprises en 2000 et 2001 ont montré qu'au Togo les prévalences et les CMFCs ont baissé dans tous les villages évalués. La situation épidémiologique ne s'est pas agravée par rapport à1996 (tableau 67). En mars 2001 à Titiira, la prévalence est de 21,70Â,la CMFC de O,9mflb. alors qu'en l99i,laprévalence était de 64,50 et la CMFC de l0,98mftb. Cependant au Bénin sur la haute Koumongou à Kouporgou une prévalence de 46,5 Yo avec une CMFC de 4,74 mflb et un taux de cécité de 0,64 Yo a été enregistrés en mars 2000 contre une prévalence de 37 yo, une CMFC de 3,86 mflb et un taux de cécité de 0,15 %o en 1995. Sur la Mô à Moala au Ghana, en Ëwier 2001,1a prévalence et la CMFC ont baissé et étaient respectivement de 10,1olo et 0,27mflb. 22 7.4. Actions envisasées après 2002. Après la fin des activités de I'OCP au 31 décembre 2002, il est prévu de continuer pendant 5 ans, sur la Kéran-Kara-Mô, la lutte antivectorielle combinée à la distribution de I'ivermectine. Une telle action est nécessaire afur d'avoir la « main-mise >> sur ce foyer très important et d'éviter une explosion de la transmission onchocerquienne dans la zone. Ce-ci en attendant l'arrivée d'un macrofilaricide qui va permettre d'améliorer davantage la situation de l'onchocercose sur la Kéran-Kara-Mô. 8. DISTRIBUTION DE L'IVERMECTINE Le résumé des activités de distribution de l'ivermectine figure dans le tableau 68 en annexe. La campagne ivermectine au Togo sur la Kéran, Kara" Mô par les Equipes mobiles a débuté en 1988 par des distributiions par « poches ». Les zones de traitement se sont limitées à quelques villages de première ligne. De l99l à 1993,la distribution de l'ivermectine a été perturbée par les troubles socio- politiques. Au cours du deuxième semestre de 1996,1'Equipe nationale du Togo a commencé à mettre en place la distribution de l'ivermectine sur une base communautaire. 9. ENQUÊTES SOCTOLOGTQUES Avant 1998, aucune enquête sociologique formelle n'aété entreprise dans le bassin des affluents de I'Oti (Kéran, Kara, Mô). Cependant au cours des évaluations épidémiologiques, l'équipe nationale remplit chaque fois que cela est nécessaire un questionnaire sur les patients positifs afin de déterminer s'ils sont des natifs du üllage ou des immigrants. En janvier et fewier 1998, une enquête de migration a été effectuée sur la Kéraru Kara" Mô. L'examen des résultats préliminaires a montré que tous les villages qui ont des prévalences élevées ont connu des mouvements de populations au cours des dix dernières années. Une grande mobilité de la population a été constatée. Presque tous les villages ont vu arriver ces dernières années de nouveaux résidents (T. Diarra - 1998). Les villages qui ont les plus fortes prévalences sont ceux qui ont connu le plus de mouvements de populations au cours des sept dernières années. Ces mouvements ont eté importants en 1991 dans des villages corlme Sikan, Wéloudé, Landa-Pozanda, Kpétab, Kawa-Bassar, Kadjol II, Aho-Lao. Ces mouvements de populations sont en partie due aux troubles socio-politiques que le Togo a connu en 1992-93. Dans quelques cas, il s'agissait de mouvements saisonniers des populations du Nord vers le Sud pour des travaux agricoles. Certains villages ont même été créés pour recevoir des personnes expulsées d'ailleurs. C'est le cas de Aho-Lao et Touguel qui sont les villages qui ont la plus forte prévalence onchocerquienne parmi les 30 villages visités par les enquêteurs. 23 Les villages ayant les mêmes facteurs d'exposition à la maladie ont souvent des prévalences fort différentes. C'est par exemple le cas de Sola et Titira qui ont une prévalence élevée (plus 40 %) alors qu'un village dans la même aire géographique comme Kounkoumboule a une prévalence nulle. En effet les villages de Titira et Sola ont connu beaucoup de mouvements de populations, alors que les habitants de Kounkoumboule émigrent rarement de leur village figure36. L'examen préliminaire des données relatives aux familles ayant des cas positifs montre qu'envhon 66 % des personnes n'ont pas migré de leur village au cours des I I dernières années. Tout laisse penser que des mouvements de populations seraient probablement en partie responsables de la détérioration de la situation épidémiologique sur la Kara et la haute Kéran. En août-septembre 2001 une étude socio-démographique a été effectuée sur la Kéran et la Kara. Cette étude a mis en évidence un certain nombre de facteurs qui pourraient expliquer la persistance de I'endémie onchocerquienne sur la Kéran et la Kara. a) Les réalités physiques géographiques de laZone (région de montagnes), le manque de routes pourrait constituer de sérieux handicaps pour le déplacement des ATC (Agent de Traitement Communautaire) ou des agents de santé. b) Du côté de la populatiorl il existe des personnes qui sont refractères au traitement à I'ivermectine. Certains ont des idées erronées sur les ATC et refusent de les aider dans leur travail. c) Du côté des agents de santé, il semble que la formation qu'ils ont reçue est insuffisante. Certains n'ont reçu aucune formation et le manque de recyclages entraîne beaucoup de lacunes dans leurs activités. Les agents de santé n'ont mis en æuvre aucune stratégie d'évaluation des activités des ATC qu'ils assistent rarement en supervision et en suivi. Il est important de noter que dans la région de la Kéran et de la Kara, les agents de santé manquent cruellement de moyens logistiques pour leur déploiement effectif sw le terrain. En d'autres termes, les Agents de Santé n'ont pas la possibilité d'encadrer effectivement et efficacement les ATC dans leurs activités. d) En ce qui concerne les ATC, certains ne maîtrisent pas bien toute la stratégie parce qu'ils n'ont pas reçu une formation adéquate. << Les ATC sont en nombre insuffisant, mais sont sollicités pour faire la distribution à travers champs, concessions, hameaux et fermes dispersées ; ils n'ont pas les moyens de déplacement. Ils nront ni motivation, ni aide de la part des populations qui les perçoivent comme des salariés payés pour déranger les gens. Les ATC ne peuvent pas vraiment s'impliquer dans Ie programme eflicacement et sérieusement » (K. T. Djonoukou 2001). e) Les flux migratoires, les mouvements de populations existent bel et bien dans la zone. Le phénomène a été conlirmé aux enquêteurs par certains agents de santé et quelques ATC qui ont traité certains immigrés à I'ivermectine. Parmi les "migrants" ont peut citer les chercheurs d'or et surtout les éleveurs peulhs dont les déplacements sont imprévisibles. 24 D'après Monsieur K.T. Djonouhou, le Socio-Anthopologue qui a fait l'enquête, citation : << Ies agents de santé sont formels pour reconnaître qu'il y a un lien entre ces mouvements de populations et la couverture géographique et thérapeutique de la zone en ivermectine, étant donné que les migrants ne sont pas recensés et pris en compte et traités » fin de citation. 0 Parmi les autres facteurs on peut citer : des mouvements mÿhico-religieux (ou des sectes) qui sont présents dans la zone de Tchichira et Tapoundé. Ces sectes prétendent : << s'approprier la maladie de I'onchocencose et proposent la guérison miraculeuse aux populations. Certains villageois onchocerquiens sont tombés dans leur filet, ont refusé I'ivermectine et sont aujourd'hui hélas frappés par la cécité » ( K.T. Djonouhou,200l). Selon I'enquête, I'existence de ces mouvements mythico-religieux est confirmée par les membres de I'Equipe nationale du Togo qui reconnaissent que souvent les agents de santé ont du mal à faire passer des messages (IEC, planification familiale, vaccination etc...). g) Malgré tous ces problèmes le TIDC a un "impact fort" sur les populations. En effet d'après l'étude socio-anthropologique qui a été effectuée : 89,3 yo des villageois interrogés savent reconnaître I'onchocercose et sont capables d'établir une relation de cause à effet entre les piqûres de simulies et la maladie. 91,4 yo savent qu'il y a un médicament pour traiter I'onchocercose 99,2 yo connaissent I'ivermectine et en prennent régulièrement. 89,5 o attestent I'efficacité du médicament et reconnaissent les bienfaits qu'il peut apporter à celui qui le prend régulièrement. Il est encourageant de noter que des ATC sont animés d'une volonté inébranlable pour faire ce travail en dépit des problèmes et des diffrcultés qu'ils peuvent rencontrer. Les agents de santé ont intégré le TIDC à leur plan d'action. Il serait souhaitable que tous ces facteurs soient analysés par les équipes nationales du Bénin et du Togo avec I'aide de I'Unité PET pour une meilleure couverture géographique et thérapeutique dans laZone de la Kéran et de la Kara. 10. ACTIVITES DE SENSIBILISATION ET DE MOBILISATION DES POPULATIONS. En ce qui conceme la sensibilisation et Ia mobilisation des populations il est important de rappeler que depuis 1974,les responsables du Programme OCP ont manifesté un constant désir de faire participer à leur action les différents éléments sociaux des collectivités dans tous les domaines où cela s'avérait possible. Dès 1975 une campagne d'information par la presse et les services d'éducation sanitaire a permis de sensibiliser les populations aux dangers de I'onchocercose. La publicité par affrches, aussi bien que les médias ont été utilisés. Les communautés ont assez vite 25 compris les relations qui existent entre la simulie et la cécité, ainsi que les objectifs du Programme. Elles ont compris I'intervention des avions et des hélicoptères qui assuraient le traitement hebdomadaire des rivières. Cet effort d'information ne s'est pas limité aux populations à risque, il s'est adressé aux autorités administratives et médicales dont il dewait entraîner I'adhésion totale. Il a également été dirigé vers les pays donateurs soucieux de suivre les progrès d'une action à laquelle ils ont apporté leur soutien. Les activités de sensibilisation et de mobilisation des populations sont faites par les équipes VCU lors des prospections entomologiques et par les Equipes nationales avant les évaluations épidémiologiques et la distribution de I'ivermectine. Cette sensibilisation s'adresse à toutes les couches sociales des localités visitées par les équipes; (enseignants, guérisseurs traditionnels, responsables sanitaires et religieux etc...) et les autorités politico-administratives. Des causeries-débats sont organisées dans les villages avec des distributions de dépliants sur les activités de I'OCP et chaque fois que cela est possible, des projections de films sont réalisés. Au cours de ces causeries, les thèmes suivants sont développés : Transmission de I'Onchocercose ; lien entre le cours d'eau, les piqûres de simulies et la maladie. Les manifestations cliniques de la maladie ; les démangeaisons, les lésions aigües (dermatite onchocerquienne), les nodules, les manifestations cutanées chroniques (dépigmentations), les troubles de la vue (baisse de I'acuité visuelle, la cécité) ; Les conséquences socio-économiques ; les invalidités (cécité) I'abandon des villages de première ligne (les plus près de la rivière) donc des vallées fertiles constituant ainsi un frein au développement socio-économique. La lutte contre la maladie ; la lutte antivectorielle, les traitements au sol, la chimiothérapie (traitement ivermectine). En ce qui concerne la lutte antivectorielle, I'adhésion des populations est sollicitée pour le gardiennage des dépôts de kérosène et insecticides afin d'éviter les vols. A propos du traitement à I'ivermectine, un accent particulier est mis sur les doses à administrer en fonction de la taille, les contre-indications, la périodicité, la régularité de la prise du médicament, les effets secondaires et la conduite à tenir. L'intensification de la sensibilisation a permis d'augmenter graduellement le taux de couverture lors de la distribution de I'ivermectine. Elle a permis aussi aux populations d'accepter plus facilement la biopsie cutanée lors des enquêtes épidémiologiques. 26 Sur le plan de la lutte antivectorielle, la sensibilisation des populations a contribué à réduire de façon significative les vols de kérosène et d'insecticides sur Ia plupart des dépôts. 11. DISCUSSIONS a) De 1977, (début des traitements larvicides en Phase III Est) à 1988 (début des traitements larvicides dans I'extension Sud-Est) les résultats entomologiques et épidémiologiques n'étaient pas satisfaisants sur la KérarU la Kara et la Mô. En effet à partir du haut Mono et du haut Ouémé qui n'étaient pas traités, il y avait des migrations de simulies vers le bassin des affluents de I'Oti (Kéran, Kara et Mô). On dewait en principe dans l'évaluation des résultats obtenus par I'OCP sur la Kara- Kéran-Mô, considérer les données de la période 1977-1987 comme les données de "précontrôIe". Par conséquent, l'évaluation correcte des résultats devrait commencer en 1988, année de début des traitements larvicides en Extension Sud-Est. C'est à partir de 1988 que la zone a commencé à être effectivement protégée. De ce fait, de 1988 à 2002[a protection aura été de 14 ans, ce qui constitue la durée normale d'une bonne lutte antivectorielle. Les résultats entomologiques de ces 3 dernières années montrent que la situation s'est améliorée sur la Kara et la Mô, mais reste encore relativement pré-occupante sur la haute Kéran dans la région de Titira et Tapoundé. Les résultats épidémiologiques dans la plupart des villages de suivie comme Landa- Pozanda, Bagan et Kémini, montrent une décroissance progressive de la prévalence et de la CMFC. Dans d'autres villages de suivie corlme Kpessidé, cette décroissance est moins rapide. Les villages à prévalence et CMFC très élevées où les enquêtes épidémiologiques ont été entreprises pour la première fois en 1995-1996 (comme Touguel, Kadiol II, Sapone, Sikan, etc...), méritent une attention particulière. Il est nécessaire de déterminer dans ces villages I'importance des migrations des populations du sud vers le nord afin de prendre les actions qui s'imposent dans le cadre de la distribution de l'ivermectine. b) En effet, lors des troubles socio-politiques de 1991 à 1993 au Togo, des populations Kabye et d'autres ethnies originaires de la région de la Kéran, Kara, Mô qui travaillaient dans les plantations du sud du Togo sont rentrées dans leurs villages d'origine. Dans les régions de Sakpone, Kadjol II, Sikan, Kpessidé et Aho-Lao, ces migrants venus du sud ont créé des fermes agricoles et se sont installés dans des zones qui dans la plupart des cas n'étaient pas mises en valeur. c) Sur la Kéraru dans la région de Titira, Tapoundé et Sola où des prévalences et des CMFC élevées ont été enregistrées en 1995, les équipes VCU ont noté qu'en période de saison sèche des milliers de chercheurs d'or venus du Togo, du Ghana, du Bénin, du Nigéria etc... colonisent la zoîe. Il n'est pas impossible que ces "migrants temporaires" aient un rôle, si petit soit-il, dans la persistance de la transmission de I'Onchocercose dans la région. Les migrations des populations sont importantes sur la haute Kéran en particulier à Titira et Sola. Les affluents et sous affluents de la Haute Kéran, Kara, Mô, et ceux du haut Ouémé et du haut Mono coulent en saison des pluies dans la même région bio-géographique, des montagnes de I'Atacora et sont très proches les uns des autres. d) 27 Avant 1988 (début des traitements larvicides en extension Sud-Est) il y avait des migrations de simulies des hauts bassins du Mono et de I'Ouémé vers le bassin des affluents de I'Oti (Kéran, Kara, Mô). Ces migrations de simulies provenant de régions non-traitées ont compromis les résultats de la Kéran, Kara, Mô (figure 51). C'est pour cette raison qu'il est prévu dans la « phase post-OCP » de traiter aux larücides la Kéran-Kara-Mô et le haut Ouémé. e) Comme mentionné précédemment, les hauts bassins de la Kéran, Kara, Mô sont dans une région montagneuse ; il y a peu de routes pour accéder aux petits villages accrochés aux flancs des montagnes. Il n'est pas certain que I'ivermectine puisse atteindre régulièrement tous les villages, même si la distribution est organisée sur une base communautaire. Il est donc important que dans la « phase post-OCP » la lutte antivectorielle soit couplée à une bonne distribution de I'ivermectine pour avoir de bons résultats. 12. CONCLUSION La situation de I'Onchocercose dans le bassin des affluents de I'Oti (Kéran, Kara et Mô) est très préoccupante. En effet sur la Kara et la Mô, la situation entomologique n'a commencé à s'améliorer qu'à partir de 1988 (année du début des traitements larvicides en Extension Sud-Est). Depuis 1998, la situation entomologique est excellente sur ces deux rivières. Quant à la Kéraru la situation entomo-épidémiologique est satisfaisante sur la basse Kéran-Koumongou ; elle est nettement mauvaise sur la haute Kéran (région de Titira, Tapoundé et Sola) et sur la haute Koumongou (région de Kouporgou).. Le rôle des migrants positifs dans la persistance de la transmission de la maladie dewa être pris très au sérieux par les Equipes nationales qui dewont s'organiser pour les inclure dans le traitement à l'ivermectine. L'analyse des données entomologiques et épidémiologiques permet de recommander pour les affIuents de I'Oti la poursuite de la lutte antivectorielle et I'intensification de la distribution de I'ivermectine sur une base communautaire pour une période minimum de cinq ans, après la fin des activités de I'OCP. Un plan d'action « post-OCP >> s'impose pour le bassin de la Kéran-Kara-Mô. 13. REMERCIEMENTS Je voudrais exprimer mes remerciements au Dr B.A. Boatiq Directeur du Programme OCP et au Dr L. Yaméogo, Chef VCU, qui m'ont fait l'insigne honneur de me désigner pour rédiger ce Rapport de synthèse. Je les remercie aussi pour les remarques pertinentes qu'ils ont formulées et qui ont permis la finalisation de ce rapport. Je voudrais remercier le Dr K. Siamévi, Chef PET, Messieurs S. N'Gadjaga et D. Somé, qui m'ont communiqué les données des enquêtes épidémiologiques et de distribution de l'ivermectine. 28 Je voudrais aussi remercier le Dr L. Toé, Mr A. Adjami et toute l'équipe du laboratoire de biologie moléculaire de I'OCP pour les précieuses informations qu'ils m'ont communiquées sur l' identification du parasite. Mes remerciements s'adressent aussi au Secrétariat VCU, Monsieur Traoré Aly Robert, Madame Compaoré Constantine, Mademoiselle Simporé Céline pour l'excellent travail de secrétariat entrepris pour la mise en forme du présent rapport. Mes remerciements s'adressent également à Messieurs Robert Toé et Pierre Nikièma qui ont élaboré les nombreux tableaux, graphiques et cartes, relatifs à la lutte antivectorielle. Je ne voudrais pas terminer sans remercier chaleureusement tout le personnel de terrain de I'OCP et des Equipes nationales, les Entomologistes, les Techniciens entomologistes, les informaticiens, les hydrologues, les Responsables des Opérations aériennes et de la Recherche, les chauffeurs, les mécaniciens et captureurs dont le travail inlassable sur le terrain depuis plus de deux décennies a permis au Programme de lutte contre I'onchocercose en Afrique de l'Ouest de mener ses activités avec succès. 14. BIBLIOGRAPHIE 1). Agoua, H., Quillévéré, D., Back, C., Poudiougo, P., Guillet, P., Zerbo, D.G., Henderickx, J.E.E., Sékétéli, A. et Sowalq S. (1991). Evaluation des moyens de lutte contre les simulies dans le cadre du Programme OCP (Onchocerciasis Control Programme). Ann. Soc. Belg. Méd. Trop., 1991, 7l (Suppl. l), 49-63. 2). Agoua, H., Alley, E.S., Hougard, J.M., Akpoboua, K.L.B., Boatin, B. et Sékétéli, A. (1995). 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