-.t D WORLD HEALTH ORGANIZATION ORGANTSATION MONDIALE DE LA SANTE ONCHOCERCIASTS CONTROL PROGRAMME IN WEST AFRICA PROGRAMME DE LUTTE CONTRE L'ONCHOCERCOSE EN AFRIQUE DE L'OUEST COMITE CONSULTATIF D'EXPERTS Quatorzième Session Ouaeadoueou. 7-ll Juin 1993 ocP/EACI4.9 (93/ tt9/devo/2.t7) ORIGINAL: FRANCAIS SURVEILLANCE ENTOMOLOGTQUE DE L'ONCHOCERCOSE DANS LE CADRE DE LA DEVOLUTTON DE L'OCP I. POSITION DU PROBLEME La surveillance épidémiologique essentiellement axée sur des enquêtes parasitologiques(biopsie cutanée) ainsi que le traitement des onchocerquiens par I'ivermectine constituent à I'heure actuelle (les campagnes de sensibilisation mises à part), les seuls domaines d'activités relatives à I'onchocercose retenus dans le cadre de la dévolution de I'OCP. Dans I'aire initiale du Programme assainie dans sa grande majorité par la lutte antivectorielle seule, cette surveillance épidémiologique longitudinale pour la détection précoce d'une éventuelle recrudescence de I'infection constitue de loin la principale activité dans le cadre de la dévolution. Or les enquêtes parasitologiques se heurtent de plus en plus à un certain nombre de difficultés dont les principales sont : - une baisse de sensibilité de la technique de biopsie cutanée du fait du traitement des populations par I'ivermectine qui diminue de façon considérable les charges microfilariennes chez les personnes traitées; - une réticence des populations à l'égard de cette technique, réticence qui, sans doute, ira en s'accentuant; - I'absence à I'heure actuelle d'une autre technique de détection précoce d'une recrudescence éventuelle de I'infection. Face à cette situation à hquelle on essaie en pârtie de rémédier par des campagnes de sensibilisation auprès des populations pour les amener à mieux comprendre le bien-ionaé oes biopsies cutanées, il semble indiqué de voir si une surveillance entomologique adaptée au contexte particulier de la dévolution ne complèterait pas utilement les enquêtei jarasitologiques actuelles menées au sein des populations humaines et servirait ainsi d'outil srppié-entairé pour une détection précoce de la recrudescence de I'infection onchocerquienne. Par surveillance entomologique nous entendons ici la capture des simulies et leur dissection en vue de rechercher I'agent pathogène de la maladie : O. volvulus ; cette surveillance entomologique devra aboutir à la mesure d'indices entomologiques. L'interpiétation des résultats et la prise de décisions relatives à une possibilité de recrudêscence de I'infection constitueront l'étape finale de tout ce processus. ocP/EACI4.9 Page 2 Nous allons donc aborder à présent les différentes étapes des activités évoquées ci- dessus pour voir si : a) les techniques impliquêes sont facilement utilisables par les Pays participants dans le cadre de la dévolution; b) si les résultats obtenus peuvent servir à prévenir la recrudescence de I'onchocercose ou à lutter contre elle. 2, LES TECHNIQLTES IMPLIQUEES 2.1. La capture des slmulles Les pays pourront facilement adopter la méthode de captures par les villageois présentement utilisée par I'OCP lors des études entomologiques de post-contrôle ; I'objectif visé est de collecter le plus grand nombre possible de simulies. 2.2. La dissectlon des simulles Elle consistera à séparer les simulies pares des nullipares puis à ne rechercher I'agent pathogène que dans les têtes des simulies pares. Cette technique est également bien maitrisée par rOCP. Un seul technicien expérimenté d'OCp peut par cette technique, disséquer en moyenne 100 simulies en 45 minutes. Les techniciens des équipes nationales préalablement recyclés pratiqueront sans difficulté ces dissections. 2.3. L'ldentiflcatlondesonchocerqucs Les équipes nationales pourront envoyer leurs échantillons d'onchocerques au laboratoire d'identification par sondes à nON de Bouaké (Côte d'Ivoire) qui deviendra ainsi un centre de référence pour les Pays participants chargê, entre autres activités, de séparer O. volvulus des autres onchocerques récoltées durant les dissections. 3. CHOIX ET CALCUL DES INDICES ENTOMOLOGIQUES Le nombre de femelles de simulies infectieuses pour 1000 femelles pares peut être retenu comme unique indice entomologique à utiliser. 4. INTERPRETATION DES RESULTATS ET DECISIONS Les rêsultats des simulations effectuêes avec le modèle épidémiotogique de la transmission de I'onchocercose (ONCHOSIM) développé par IOCP ont permis de retenir le paramètre entomologique êvoqué ci-dessus, avec un seuil critique d'infectivité des mouches qui permet, durant les deux premières années qui suivent I'arrêt des épandages larvicides dans une zone donnée, de confirmer ou non la décision.d'arrêter définitivement la lutte antivectorielle dans le bassin fluvial concerné. Si I'on veut utiliser ce paramètre entomologique dans le cadre de la dévolution pour signaler une recrudescence de I'infection il faudrait au préalable répondre aux questions suivantes: a) Quel est le seuil critique d'infectivité au-delà duquel on peut, plusieurs années après I'arrêt de la lutte antivectorielle par [OCP, évoquer la possibilité d'une recrudescence de I'infection dans la zone de dévolution concernée ? b) Combien de mouches faudra t-il disséquer pour un point donné avant d'établir un taux d'infectivité statistiquement valable ? a ,ocP/ECAr4.9 Page 3 c) Sommes-nous autorisés à instituer dans une zone un traitement à grande échelle à I'ivermectine sur la seule base du seuil critique d'infectivité des mouches ? d) Doit-on percevoir ce seuil critique d'infectivité uniquement comme un signal d'alarme devant amener dans un premier temps à conduire des enquêtes d'évaluation épidémiologique au sein des populations humaines de la zone concernée? 5. CONCLUSION Il existe à I'heure actuelle certaines techniques entomologiques relativement simples qui pourraient être facilement utilisées par les équipes nationales des Pays participants dans le cadre d'une surveillance entomologique qui viendrait valablement compléter la surveillance épidémiologique actuelle en vue de la détection précoce d'une éventuelle recrudescence de I'infection onchocerquienne dans les zones de dévolution du Programme. Par ailleurs, par les sondes à ADN, il sera bientôt possible à partir d'un groupe de mouches, de détecter et de quantifier la présence d'Onchocerca volvulus. Cette tâche d'identification pourra être confiée au centre de référence mentionné plus haut. Pour un meilleur rapport coût/efficacité, cette surveillance entomologique pourrait se limiter aux zones à haut risque de recrudescence (zones de fortes densités simulidiennes, autrefois hyperendémiques, sujettes à d'intenses mouvements migratoires humaines...). Mais avant d'encourager les Pays participants de I'OCP à inclure ces activités de surveillance entomologique dans leurs plans de dévolution, il conviendrait d'une part, de définir le seuil critique d'infectivité des mouches qui serait évocateur d'une recrudescence de I'infection onchocerquienne dans les populations humaines et d'autre part, d'arrêter la conduite à tenir face à ce seuil critique d'infectivité. Les réflexions devraient se poursuivre dans ce sens et aboutir à l'élaboration d'un guide pratique de surveillance entomologique à mettre à la disposition des pays concernés. On sera alors en mesure de recommander une surveillance entomo-éoidémioloeioue de I'onchocercose à mener dans Ie cadre de la dévolution, ce qui renforcerait la capacité de ces pays à détecter précocement une éventuelle recrudescence de I'infection et à lutter plus efficacement contre elle. a
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Surveillance entomologique de l'onchocercose dans le cadre de la dévolution de l'OCP
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