DIFFUSION RESTREINTE Rapport No. AW-Z7a TRADUCTION NON-OFFICIELLE A TITRE D'INFORMATION Ce rapport ne peut être utilisé que par le Groupe de la Banque et les organisations ou personnes spécialement autorisées, et à des fins officielles seulement. Il ne peut être ni publié ni cité sans l'autorisation du Groupe de la Banque, lequel ne garantit en aucune manière son exactitude ou. son caractère exhaustif. BANQUE INTERNATIONALE POUR LA RECONSTRUCTION ET LE DEVELOPPEMENT ASSOCIATION INTERNATIONALE DE DEVELOPPEMENT SITUATION ET PERSPECTIVES ECONOMIQUES DE LA MAURITANIE (en quatre volumes) VOLUME IV EDUCATION le 5 aout 1971 De'partement Afrique de l'Ouest TAUX DE CONVERSION Unité monétaire: Franc CFA (FCFA) Avant le 11 août, 1969: 1,00 dollar E.U. 246,85 FCFA 1.000 FCFA 4,05 dollars E.U. Après le 11 août, 1969: 1,00 dollar E.U. 277,71 FCFA 1.000 FCFA 3,60 dollars E.U. POIDS ET MSURES 1 tonne métrique (t) : 2.205 livres 1 kilogramme (kg) 2,2 livres 1 kilomètre (km) 0,62 mile 1 mètre (m) 3,28 pieds COPOSITION DE LA MISSION Ce rapport est basé sur les observations de la mission qui a séjourné en àauritanio en mars-avril 1970; elle comprenait: Heinz B. Bachmann Chef de mission Carlos Me:rayo Economiste général Mohamed %oghazi Economiste agricole Dr M. Lacrouts (Consultant) Expert en élevage Dr R. Maal (Conultant) Expert en p6che Rem:i van Waeyentreghe (Consultant-UNESCO) Expert en education Ce volume a été préparé par Remi van Waeyenberghe (Consultant-UNESCO). TABLE DES MIATERES SYNTHESE ET CCNCLUSI(1MS I. LA SITUATIQN ACTUELLE DU SYSTEME D'EMSEIGNESMENT A. LA SITUATICN D'IENSEMBLE 1. L'évolution au cours des dix dernières années 2 2. La pyramide scolaire, la production actuelle et les besoins en cadres 3 3. Le coût de l'enseignement de type classique (moderne) h h. Conclusions 5 B. LA SITUATION AU PREMIER DEGRE 5 1. Pouvoirs organisateurs et structure 5 2. La durée effective de la scolarité primaire 7 3. Les langues d'enseignement 7 h. Les installations matérielles et le personnel enseignant 8 5. Coût de l'enseignement primaire et son rendement 9 C. LA SITUATICN AU SECOND DEGRE 10 1. Structure 10 2. Effectifs et capacités d'accueil l 3. Production du second degré et son coût 12 4. Le personnel 12 D. LES FORMATICTSTECHNIQUES 13 1. Les moyens nationaux de formation 13 2. Les formations à l'étranger 15 3. La formation des enseignants et conclusions 16 II. LES PERSPECTIVES 17 A. LES OBJECTIFS DU PLAN 1970-73, EN MATIERE D'EDUCATION 17 1. Les objectifs quantitatifs 17 2. Les objectifs qualitatifs 19 3. Les besoins reconnus en cadres 19 4. Les investissements prévus, leur financement et l'assistance technique 20 B. LES PROBLEMES A RESOUDRE 22 1. L'insuffisance en cadres et les coûts de l'enseignement classique 23 2. Le choix de la langue d'enseignement 25 3. La formation professionnelle des ouvrierset cadres subalternes 27 4. L'éducation en milieu nomade et rural 29 C. LES MOYENS D'ACTICN NECESSAIRES: LES RECHERCHES DE BASE 32 ANNEXES I. Evolution de la population totale du premier degré Il. Evolution de la population du deuxième degré public III. Evolution du budget national et des crédits d'éducation IV. Les besoins supplémentaires en cadres moyens et supérieurs dans le secteur public en 1970 et 1973 RESUME ET CONCLUSIONS i. Dix ans après l'indépendance, le système moderne d'enseignement compte seulement 28.000 élèves à l'école primaire, 3.000 élèves au second degré et 600 en formation professionnelle. En recevant moins de 15 pour cent de la population scolarisable, l'école primaire contribue très peu à la lutte contre l'analphabétisme et les huit écoles secondaires existantes fourniront moins de la moitié des cadres dont le pays aura besoin entre 1970 et 1973. Malgré ses dimensions très modestes, le système d'enseignement absorbe déjà 20 pour cent du budget courant et le coût actuel d'un élève formé est tel que, financièrement, il sera impossible d'augmenter rapide- ment les effectifs scolarisés. Cette situation résulte de la coexistence de trois facteurs particulièrement défavorables: le nomadisme obligatoire de 70 pour cent de la population, la dispersion de l'habitat chez les agriculteurs et l'absence de grandes villes; elle est encore aggravée par le système actuel de formation bilingue à l'école primaire. ii. Aussi longtemps que le nomadisme affectera près des trois-quarts de la population scolarisable, il sera très difficile de développer le système moderne d'enseignement, mais, si l'on n'augmente pas le nombre des élèves dans l'enseignement secondaire, le pays ne disposera pas des cadres nécessaires à son développement. Dès lors, la recherche de solutions aux problèmes éducatifs devrait être orientée dans deux voies parallèles: d'une part, il faudra, malgré les obstacles, trouver les moyensde développer le système d'enseignement actuel pour qu'il produise au moins les cadres dont le pays a besoin et, d'autre part, il faudra rechercher de nouveaux procédés d'éducation afin de développer les ressources humaines des populations nomades et des agriculteurs. iii. Pour réduire le manque de cadres, le Plan 1970-73 prévoit un pro- grarme d'investissements (pour lequel l'aide de la Banque sera sollicitée) pour la construction et l'équipement de sept collèges supplémentaires. L'assistance technique bilatérale et internationale devra continuer provi- soirement à fournir du personnel de substitution dans les écoles secondaires, mais elle oriente son action future de manière à former plutôt des forma- teurs et des spécialistes nationaux, coime prévu dans le programme FAC d'une école normale supérieure. Les gros utilisateurs de main-d'oeuvre, comme les industries minières ou de la pêche, devraient assurer eux-mêmes la spécialisation des techniciens dont ils ont besoin, tandis que les adjoints techniques et les cadres supérieurs nécessaires aux services pu- blics continueraient à être formés en partie dans les instituts régionaux des pays voisins et en Europe. iv. Le Plan n'aborde pas les besoins d'éducation des masses rurales, nomades ou sédentaires. Or, la réforme du système d'enseignement réussira dans la mesure où l'école primaire future sera une émanation de la société dont elle prépare l'accès, ce qui suppose une action éducative parallèle - ii - sur le milieu familial. Différents de la situation dans l'éducation moderne, les chemins à suivre dans l'éducation des masses nomades et paysannes et les situations à mettre en place ne sont pas encore définies et restent à élaborer. En conséquence, avant de se lancer dans la réalisation de projets, une recherche approfondie est à faire pour trouver des solutions adaptées avec conditions de vie de ces deux types de populations rurales. Pour cette raison, la solution du problème rural doit commencer par la mise en place de services de recherches et d'études appliquées en Pédagogie. Sans une meilleure connaissance de la situation, des composantes des prix de revient, de la demande d'éducation dans les différentes régions et des besoins en cadres selon les niveaux et les spécialités, le Gouvernement ne pourra pas choisir des solutions réalistes aux problèmes d'éducation. Le service de recherche devrait pouvoir l'éclairer sur ces questions avant que les décisions soient prises. v. Il va de soi que cette recherche doit être entreprise par des experts mauritaniens eux-mêmes, aidés par une assistance technique étran- gère. Pour cette raison, la formation de spécialistes nationaux en matière d'éducation est d'une haute priorité pour le développement de l'éducation. Jusqu'à présent, ce besoin n'a pas été nettement formulé ni dans le Plan ni dans les autres études sur l'éducation en Mauritanie. Mais il est évident que le pays ne pourra pas réorganiser son système éducatif sans un "état- major" compétent: inspecteurs, orienteurs, planificateurs, méthodologistes et chercheurs, qui adapteront les techniques existantes aux réalités nationales. vi. Les problèmes qui se posent pour l'éducation des masses nomades et des agriculteurs dispersés ne sont pas particuliers à la Mauritanie, mais ils s'y présentent à "l'état pur" et à une très petite échelle, ils y sont donc plus faciles à appréhender. Si des solutions peuvent être trouvées pour la Mauritanie, elles seraient applicables dans de nombreux pays où une partie au moins de la population vit dans des conditions si- milaires, soit dans les pays sahariens, depuis la côte Atlantique du . Sénégal jusqu'au Golfe Persique, soit dans les pays où l'agriculture est artisanale. Il s'agit donc de problèmes essentiels qui justifieraient des recherches de base conduites avec toute la rigueur nécessaire. I. LA SITUATICI ACTUELLE DU SYSTEME D'ENSEIEMENT A. LA SITUATICN D'ENSEMBLE 1. Un million d'habitants éparpillés sur un territoire désertique d'un million de kilomètres carrés, telle est la donnée de base des pro- blèmes éducatifs en République Islamique de Mauritanie. Cette dispersion exceptionnelle explique et justifie le taux très faible de scolarisation et la lenteur de l'expansion du système éducatif moderne. 2. La Mauritanie offre "à l'état pur" tous les problèmes d'enseigne- ment qui se posent aux sociétés pastorales et sahariennes: - environ 160.000 habitants seulement sont des citadins groupés dans de petites cités dont la plupart comptent moins de 10.000 habitants - environ 165.000 sont des agriculteurs sédentaires. Ils sont dispersés dans le sud du pays, le long du fleuve, et vivent sur les lieux de culture en petits groupes; - environ 125.000 sont de vrais nomades, des "fils des nuages"; ils se déplacent en permanence dans les espaces désertiques du nord du pays et les pays voisins; - presque 700.000 habitants sont des pasteurs transhumants; ils se déplacent aussi à la recherche des pâturages mais en suivant des parcours annuels réguliers et en installant leurs tentes pour un temps assez long autour de certains puits. 3. En termes de scolarisation, cette dispersion se traduit de la manière suivante: - 15 pour cent des enfants scolarisables habitent des cités et peuvent être aisément scolarisés; - 15 pour cent appartiennent à des familles sédentairesr ils pourraient bénêficier d'une éducation élémentaire si des écoles à une seule classe et à maître unique étaient ouvertes dans les petits villages; - 70 pour cent des enfants scolarisables échappent aux conditions habituelles de scolarisation. La situation actuelle confirme ces constatations: pour l'ensemble du pays, le taux de scolarisation n'atteint pas 15 pour cent et les trois-quarts des écoles primaires existantes sont à structure incomplète; elles com- portent seulement un, deux ou trois cours. - 2 - 4. Dans ces conditions très particulières, il est matériellement impossible d'envisager une augmentation sérieuse du taux de scolarisation aussi longtemps que les enfants des nomades et des transhumants resteront inaccessibles et que le pays ne formera pas de maîtres capables d'éduquer, en un seul groupe de 25 à 30 élèves, tous les enfants âgés de 7 à 12 ou 13 ans, issus des familles d'agriculteurs sédentaires. 5. L'incidence de la dispersion des populations sur les progrès éventuels de la scolarisation a été soulignée dans tous les rapports anté- rieurs mads aucun no sembla en avoir tenu suffisamment compte dans le choix des remèdes ou dans les recommandations: tous préconisent des regroupements sans en avoir évalué les possibilités et sans avoir analysé les conséquences financières et sociales de la création d'internats au niveau élémentaire. Or, il est évident que le second degré ne pourra pas être suffisamment alimenté en élèves bien formés aussi longtemps que l'école primaire ne recevra que 15 pour cent de la population scolarisable et qu'une moitié des inscrits devront abandonner en cours de formation parce qu'il n'existe pas d'école primaire à structure complète à proximité de leur domicile. Enfin, il faut se demander comment l'école primaire peut jouer son rôle de "moteur du développement" si elle se limite à préparer à des études secondaires auxquelles les trois-quarts des élèves n'auront pas accès. 6. Ainsi se trouvent posés trois problèmes essentiels: - comment scolariser les 70 pour cent des enfants scolarisables qui appartiennent aux familles de nomades et de transhumants; - commeiit offrir une scolarité élémentaire complète aux enfants des agriculteurs sédentaires dispersés sur les terres cultivables, - comment adapter les programmes de l'école classique (moderne) pour faire face aux besoins d'éducation des enfants qui ne fréquenteront pas l'école secondaire et qui représentent 75 pour cent de la population scolarisée. 1. L'évolution au cours des dix dernières années 7. La Mauritanie dispose actuellement de 262 écoles primaires avec 28.000 élèves, de 5 collèges de premier cycle et de 3 lycées complets avec au total, 3.000 élèves au second degré, tandis que 6 centres de forma- tion professionnelle ou technique reçoivent environ 600 inscrits. Cette infrastructure est très "légère" et nettement insuffisante pour répondre aux besoins d'un million d'habitants. 8. Au premier degré, comme dans les autres pays sahariens et pour les mêmes raisons,la scolarisation a été tardive et reste lente. En 1951 le pays ne comptait que 2.600 élèves dans ses écoles de type moderner en - 3 - 1961, ce nombre avait quadruplé (11.300) et, en 1968, il a décuplé (26.200). Il faut signaler que les enfants qui reçoivent une éducation coranique traditionnelle n'ont jamais été recensés. En valeur absolue, les résultats enregistrés sont spectaculaires- en valeur relative, ils sont des plus modestes, puisque, avec 1.400 élèves supplémentaires chaque année depuis 1951, l'accroissement annuel moyen de la population scolarisée aura été inférieur à l'augmentation de la population scolarisable. 9. Au second degré, les effectifs sont passés de 528 inscrits en 1960/61 à 2.663 en 1968/69. Ils ont donc quintuplé au cours des huit dernières années mais l'accroissement annuel moyen n'aura été que de 267 élèves. Les formations spécialisées sont actuellement dispensées à environ 900 élèves, dont 600 dans des écoles nationales, alors qu'en 1952, 200 Mauritaniens seulement étaient en formation dans les pays voisins et en France. 10. L'ensemble du système éducatif aura donc progressé régulièrement mais lentement. Son développement reste freiné à la base par le nomadisme de plus de 70 pour cent de la population, ce qui empêche l'expansion de la scolarité élémentaire sans laquelle le second degré et les formations techniques ne peuvent se développer à leur tour. 2. La pyramide scolaire, la production actuelle et les besoins en cadres 11. Tel qu'il se présente en 1970, le système éducatif n'est pas encore équilibré: pour 100 élèves recensés à l'école primaire, on en compte 10 au second degré et 1,4 en formation supérieure. La scolarisation des filles a débuté encore plus tardivement que celle des garçons et elle ne touche que 9 pour cent des effectifs du secondaire pour 23 pour cent de l'effectif du premier degré. Enfin, les formations spécialisée sont en voie d'organisation et les écoles nationales reçoivent déjà les deux- tiers des effectifs recensés, mais le pays reste tributaire de l'étranger pour les formations supérieures. 12. En 1968: - Sur près de 3.300 élèves inscrits en classe terminale, le premier degré a sorti environ 700 élèves ayant obtenu le Certificat d'études primaires (C.E.P.); - le ler Cycle du secondaire a décerné 167 Brevets d'Etudes du Premier Cycle (BECP)* - le 2nme Cycle a fourni 1 bacheliers nationaux dont 8 littéraires et 6 scientifiques. (E 1969, sa production a été de 27 bacheliers nationaux dont 9 littéraires et 18 scientifiques): - le collège et le lycée technique sortiront leur première promotion en 1970. 13. Depuis 1963, plusieurs études ont été consacrées à la situation et aux besoins en personnel formé. elles ont été actualisées lors de l'élaboration du Plan de développement 1970-1973. Un dépouillement rapide de ces travaux a permis de constater qu'en 1967, il restait environ 2.500 étrangers occupant des emplois de cadres (250), de maîtrise (1.000), d'employés qualifiés (300), d'ouvriers ou d'aides spécialisés (750) et même de manoeuvres (200). Le Plan 1970-1973 prévoit la création de 500 à 600 emplois de cadres moyens et supérieurs au cours des quatre prochaines années. En d'autres termes, les besoins minima à court terme pour assurer la mauritanisation des cadres et l'expansion seraient de l'ordre de 1.500 à 2.000 emplois au niveau des diplômés de l'enseignement secondaire alors qu'il n'y en a que 500 à 600 en formation. Malgré leurs imprécisions toutes les évaluations des besoins débouchent sur une conclusion identique: le système scolaire actuel fournira environ la moitié des cadres moyens nécessaires jusqu'en 1975, et il faudra retarder la mauritanisation des cadres supérieurs. Dès lors, il semble provisoirement inutile de rechercher avec plus de précision les dimensions d'un pareil déficit; à court et moyen termes, il n'y aura aucun risque de surproduction en personnel qualifié. 3. Le coût de l'enseignement de type moderne 14. Le système scolaire ne produit pas encore beaucoup de diplômés, mais il coûte très cher: les dernières estimations montrent que les seuls frais de fonctionnement s'élèvent à 35.000 FCFA par année/élève à l'école primaire, à 110.000 FCFA au second degré pour la formation générale et à 150.000 FCFA pour la formation technique. Ces chiffres ne tiennent pas compte des sommes consacrées aux élèves qui abondonnent ou sont éliminés, de l'amortissement des sommes dépensées pour la construction des locaux et de leur équipement, et supposent que les élèves diplômés n'ont jamais doublé, c'est-a-dire, sous-estiment de plus de moitié les dépenses réelles. En conséquence, on peut considérer que l'Etat investit actuellement: - environ 500.000 FCFA pour former un certifié d'études primaires (6 ans)? - environ 1.200.000 FCFA pour produire un breveté de ler cycle (6 ans et h ans)- - environ 2.000.000 FCFA par bachelier (6 ans et 7 ans); - environ 1 million et demi FCFA pour former un ouvrier qualifié (6 ans et h ans) et plus de 2 millions pour produire un technicien. Il est évident que l'expansion du système éducatif sera impossible si ces coûts ne sont pas fortement réduits. -5 - 4. Conclusions 15. Au terme de cette approche globale cinq constatations essentielles peuvent être dégagées: - le nomadisme de plus de 70 pour cent de la population, l'absence de grands centres urbains et la dispersion des populations sédentaires constituent des obstacles presque infranchissables aux progrès de la scolarisation élémentaire; - la "minceur" des effectifs scolarisés au ler degré ne permet pas d'envisager un recrutement suffisant en quantité et en qualité au second degré; - le nombre des élèves formés au ler cycle secondaire est insuffi- sant pour assurer un bon recrutement pour les centres de for- mation de cadres moyens spécialisés et le nombre des bacheliers ne répond pas encore aux besoins de formation en cadres supérieurs; - le coût de l'enseignement est tel que le budget de fonctionnement de l'Etat pourrait très difficilement couvrir les dépenses qui résulteraient d'une expansion rapide du système scolaire: - et cependant l'évaluation la plus modérée des besoins du pays en cadres moyens et supérieurs montre que la production actuelle du système scolaire restera insuffisante pour couvrir les besoins à moyen terme. B. LA SITUATIGT AU PREMIER DEGRE 1. Pouvoirs organisateurs et structure 16. L'enseignement public moderne est organisé par l'Etat qui prend à sa charge le traitement des maîtres, fournit le matériel scolaire et dis- tribue le plus souvent les livres et les fournitures de classe. La cons- truction des locaux et des logements ainsi que leur entretien sont à la charge des collectivités (autorités régionales et locales) mais l'Etat participe aussi dans ces dépenses. 17. L'enseignement privé est de trois types: - Un nombre indéterminé de maitres enseignent le Coran au niveau élémentaire. Ils sont disséminés sur l'ensemble du pays et sont à la charge des parents ou des tribus. Certaines de ces écoles coraniques sont reconnues et perçoivent des subventions de l'Etat; elles n'ont pas encore été recensées. - 6 - - Les écoles privées "BEN AER" relèvent d'une organisation de ce nom; elles viennent d'être créées dans quelques centres et comptent h5 écoles avec 85 classes. On y enseigne en arabe le Coran et les disciplines de base ainsi que le français. - Deux écoles privées de la MIFERMlIAÅ/ sont installées à Nouadhibou et à Zouerate; elles accueillent les enfants du personnel de la firme et sont à la charge de celle-ci. 18. Jusqu'à présent, l'école primaire comporte six années d'études, mais la Loi du 11 juin 1968 prévoit l'adjonction d'une septième année et l'organisation de deux cycles, l'un de cinq années et l'autre de deux années. A l'issue du ler cycle les élèves les plus jeunes et les mieux doués bénéficieraient de deux années de formation générale complémentaire tandis que les autres seraient orientés vers des centres de formation rurale où ils recevraient pendant deux ans un enseignement tourné vers los activités économiques de leur région, leur formation étant sanctionnée par un Certificat d'études rurales. 19. Les élèves issus de 2ème cycle primaire se présenteraient au Certificat d'études primaires et au concours d'admission dans le second degré, après quoi ils seraient orientés vers les études secondaires, générales ou techniques, ou vers les centres de formation professionnelle, en fonction des places disponibles dans les établissements. Organigramme de l'Ecole primaire ler cycle primaire ( 7- = 2è cycle primaire, vers - AQe7 - /77 - - - ( l'enseignement secondaire. (/6e/- /7 Centres de formation rurale, vers la vie active. 20. Cette réforme de structure a été entamée en octobre 1968 par la mise en place d'une année d'initiation à la langue arabe ouverte aux nouveaux élèves admis à l'école primaire. Mais le 2ème cycle de formation différenciée n'est pas encore créé; il faut encore étudier les modalités de mise en oeuvre des centres ruraux, les équiper, arrêter le contenu de cette formation et former les maîtres nécessaires. Il s'agit donc d'une loi d'intention plutôt que d'un programue d'exécution, et celle-ci risque d'être retardée car la structure des écoles existantes se prête mal à une telle reconversion. 1/ MIFERMI!A: Société des Mines de Fer de MNauritanie. - 7 - 21. En effet, sur 269 écoles recensées en 1968/69, 140 sont à une seule classe, 39 en comptent deux, 27 en comptent trois, 12 en comptent quatre et 51 seulement groupent cinq ou six classes et plus. En d'autres termes, moins de 20 pour cent des écoles existantes sont à structure complète et pourraient différencier les formations prévues au 2ème cycle de l'école primaire; encore faudra-t-il qu'elles comptent suffisamment d'élèves qui accèdent à ce niveau. En effet, sur les 269 écoles, 82 seule- ment disposent de l'année terminale (6ème année) du cycle primaire; même en supposant que ces 82 écoles regroupent suffisamment d'élèves, moins du tiers des effectifs scolarisés pourraient bénéficier de la nouvelle structure. En dernière analyse, il semble bien que des études complé- mentaires devraient être entreprises d'urgence pour préparer une réforme de cette importance car la situation actuelle des écoles existantes s'y prête fort mal. 2. La durée effective de la scolarité primaire 22. L'année scolaire commence le 1er octobre pour se terminer le 30 juin, mais les congés de trimestre, les difficultés d'organisation, les examens et les absences réduisent à moins de 30 semaines sa durée effective. Si on considère les "temps morts" des récréations, des entrées et sorties, on peut évaluer à environ 25 heures par semaine la présence utile en classe. Pour un cycle d'une durée théorique de six années, le temps disponible serait donc d'environ 25 heures x30 semaines x 6 ans = 4.500 heures; elle serait de 5.250 heures si cette durée est portée à sept ans. 23. A titre de comparaison, les systèmes scolaires non sélectifs d'Europe disposent de six années de 40 semaines de 25 heures de présence effective, soit d'environ 6.000 heures pour entreprendre l'éducation pri- maire, celle-ci se faisant dans une seule langue qui est la langue mater- nelle de l'enfant et étant confiée à des instituteurs qualifics formés au niveau du baccalauréat. Cette comparaison illustre l'importance des options choisies par les autorités mauritaniennes en ce qui concerne le bilinguisme et la langue d'enseignement: avec moins de présence utile, des maîtres moins qualifiés et un milieu familial moins riche sur le plan culturel, est-il réaliste de généraliser le bilinguisme? 3. Les langues d'enseignement 24. L'enseignement primaire est bilingue à prédominance du français, mais les dispositions prises vont renforcer les horaires attribués à la langue arabe. Il faut se demander si ces dispositions seront efficaces car elles ne respectent pas les étapes psychologiques du développement de la pensée chez l'enfant. In tout état de cause, l'expérience lancée par les autorités mauritaniennes est originale: c'est la première expérience de bilinguisme "en sandwich" à l'école primaire: depuis octobre 1968, les élèves reçoivent une année d'initiation unilingue arabe, suivie d'une année d'initiation à dominante française (20 heures sur 30), après quoi ils recevront un enseignement bilingue à raison de 23 heures en français et de 7 heures en arabe. - 8 - 25. Comme expliqué plus en détail dans le chapitre B de la deuxième partie de ce rapport, il semble douteux que ce système puisse donner de bons résultats, et il reste exceptionnellement coûteux puisqu'il exige deux maîtres par groupe d'élèves dans les écoles à classe unique. Un contrôle expérimental devrait accompagner la mise en oeuvre de ces dispo- sitions, et il y aurait lieu d'analyser les résultats des expériences déjà réalisées en matière de bilinguisme dans les autres pays arabes, qui tous ont adopté des solutions moins coûteuses. 4. Les installations matérielles et le personnel enseignant 26. Sur les 663 classes recensées en 1968/69: - 29 étaient installées sous la tente- - 59 "' " paillote; - 32 " " " hangar- - 8 " " " d'autres abris- -151 " construites en matériaux locaux (banco); - 61 " " " " associés à de la pierre; -323 " édifiées en ciment. En d'autres termes, 128 classes, ou 19 pour cent, ne disposaient pas d'ins- tallations durables et 535, ou 81 Pour cent, étaient abritées par des mu- railles, dont 212, ou 32 pour cent, construites en matériaux locaux. 27. L'inspection considère que l'équipement est incomplet ou mal adapté dans près de la moitié des écoles importantes et la quasi-totalité des petites écoles isolées. En outre, la pénurie en manuels répondant aux exigences du pays est signalée par toutes les autorités. 28. En 1968, 969 maîtres étaient en service dans les 663 classes de l'enseignement public, soit 1,h maître par classe ou 1 maître pour 27 élèves, ce qui constitue une des moyennes les plus basses en Afrique. Parmi ce total, 519 enseignaient en langue française (53,5 pour cent) et 450 en langue arabe (h6,5 pour cent). Cette répartition ne correspond pas à la répartition des horaires qui prévoit 66 pour cent de cours en langue française et 33 pour cent en arabe: il faut en déduire que les maîtres d'arabe ne sont pas utilisés à temps plein. Les 969 maîtres en service dans les classes peuvent être groupés en quatre catégories selon leur qualification: - 9 - - les instituteurs, au nombre de 184, soit 19 pour cent; - les instituteurs adjoints, au nombre de 306, ou 31,5 pour cent; - les moniteurs, au nombre de 344, ou 35,5 pour cent; - les moniteurs contractuels, au nombre de 135, ou 14 pour cent; ce qui donne 50 pour cent de personnel qualifié et 50 pour cent de moniteurs. 5. Le coût de l'enseignement primaire et son rendement 29. Toutes les études antérieures ont mis l'accent sur le prix de la scolarisation en Mauritanie qui est parmi les plus élevés d'Afrique. Si l'on s'en tient aux dépenses de fonctionnement (personnel et matériel) à charge de l'Etat, on constate que le coût d'une année/élève ne cesse d'augmenter: il était de l'ordre de 16.000 FCFA en 1962, de 24.000 FCFA en 1967 et le Plan prévoit une dépense de 964.080.000 FCFA pour 28.500 élèves en 1969/70, soit 35.000 FCFA par élève. Il est certain que ce coût interdit toute expansion substantielle de la scolarisation élémentaire. Une analyse exhaustive des composantes des prix de revient devrait être entreprise d'urgence pour permettre de choisir les types de dépenses sur lesquels des économies devront être réalisées. 30. Jusqu'en 1967, les statistiques disponibles ne renseignent pas sur le nombre des redoublants et depuis, la création de la classe d'initia- tion arabisée est venue modifier les séries, ce qui n'autorise pas encore le calcul correct des taux de déperditions. Pour l'ensemble, on trouve de 20 à 23 pour cent de doublants et triplants; ils sont peu nombreux dans les années inférieures mais représentent 42 pourcent des inscrits en classe terminale. Les abandons constatés de 1967/68 à 1968/69 sont de l'ordre d'un millier, dont près de 500 entre la 2ème et la hème année d'études, ce qui permet de supposer que ces élèves n'auront tiré aucun profit de leur scolarisation. Sur 3.291 élèves inscrits en classe terminale du cycle primaire en 1967/68: - 691 ont été admis au second degré, dont 67 à l'école normale (cycle A), - 1.509 ont doublé la classe terminale en 1968/69: - 1.091 ont quitté l'école. 31. La production actuelle de l'école primaire peut donc être évaluée à: - un millier d'élèves (36 pour cent) qui abandonnent avant d'avoir pu acquérir une formation élémentaire; - 10 - - environ 700 élèves (25 pour cent) qui accèdent au second degré; - environ 1.100 élèves (39 pour cent) qui entrent dans la vie active- ils sont parvenus au terme du premier degré et on peut se demander si leur formation est suffisante. Dans ces conditions, on peut considérer que l'école primaire prépare essentiellement à l'entrée dans le second degré. Il faut ajouter qu'un certain nombre d'élèves pourront encore pendant quelques années obtenir des emplois subalternes dans les services publics et privés, grâce au certificat d'études primaires, mais ce débouché devient très aléatoire. C. LA SITIJATION AU SECCND DEGRE 1. Structure 32. L'enseignement secondaire public est dispensé dans: - trois lycées: Nouakchott garçons, Nouakchott filles et Rosso; - cinq collèges: Aioun, Atar, Boghé, Kaëdi et Kiffa-Li - un institut des hautes études islam-iques (I.H.E.I.) à Boutilimitt; - deux écoles privées (MýIiFEIRM!A) à Nouadhibou et à Zouérate qui reçoivent 70 élèves, dont 6d étrangers. L'enseignement secondaire comporte deux cycles: - un ler cycle, d'une durée de quatre ans, qui prépare au brevet d'études du premier cycle (B.E.P.C.), - un 2ème cycle, d'une durée de trois ans, ui prépare au baccalauréat francais organisé et contrôle par l'Office de DAKAR. Les collèges ne dispensent que l'enseignement du ler cycle! les lycées dispensent les enseignements des ler et 2elme cycles. L'Institut islamique dispensera bientôt une formation secondaire complète en langue arabe selon ses propres programmes. L'admission dans l'enseignement secondaire se fait par concours et en fonction des places disponibles: sont autorisés à s'y présenter les élèves qui ont terminé le cycle primaire. à Néma. I En automne 1970 un collège supplémentaire a été inauguré . 6ra. - il - 33. Au terme du ler cycle, les élèves sont orientés en fonction de leurs aptitudes et des places disponibles, soit vers le 2ème cycle secondaire, soit vers le 2ème cycle technique. Les élèves non orientés entrent dans la vie active ou dans les centres de formation spécialisée. Au 2ème cycle secondaire, trois options sont offertes: la philosophie et lettres, les sciences mathématiques et physiques ou les sciences expéri- mentales (Section A, C et D du baccalauréat français). Les horaires et programmes de l'enseignement secondaire sont ceux de l'enseignement secon- daire français- ils ont été adaptés pour faire une place importante à l'enseignement de la langue arabe: 9 heures par semaine les deux premières années, 5 heures par semaine les deux années suivantes et h heures par semaine au 2ème cycle. Les programmes d'histoire, de géographie, et de sciences naturelles ont été ajustés. 2. Effectifs et capacités d'accueil 34. En 1962/63, le second degré comptait 941 élèves mauritaniens dont 81 seulement recensés au 2ème cycle. Parmi eux se trouvaient 57 filles. En 1968/69, il compte 2.663 élèves, dont 2.538 mauritaniens et 18h jeunes filles. Parmi eux 2.350 (88 pour cent) sont recensés au 1er cycle et 313 (12 pour cent) au 2ème. Selon le recensement provisoire pour 1969/70, il y aurait actuellement 3.008 élèves inscrits au second degré. Au cours des sept dernières années, l'accroissement annuel moyen aura donc été de l'ordre de 300 élèves. Les étrangers sont très peu nombreux et localisés dans la capitale tandis que le nombre des jeunes filles augmente mais lentement. Presque 90 pour cent des élèves du second degré reçoivent des bourses de l'Etat, dont trois quart une bourse d'internat (42.500 FCFA), et 12 pour cent une bourse d'externat (30.000 FCFA). 35. Deux établissements ont atteint des dimensions optimales: le lycée pour garçons de Nouakchott, avec d06 élèves en 1968/69 et celui de Rosso avec 650 incrits. Le lycée de jeunes filles ne compte que 169 élèves et l'institut islamique 171, tandis que les quatre collèges comptent de 200 à 242 élèves chacun et de quatre à six classes. Tous ces établis- sements comportent des internats qui reçoivent 90 pour cent des inscrits. 36. Actuellement, les capacités d'accueil sont utilisées au maximum et la moyenne par classe varie de 31 à 40 élèves. Depuis 1961, les lycées et collèges ont absorbé 1.500 élèves supplémentaires avec 38 locaux nouveaux, et le moment semble venu: - d'alléger les taux d'occupation des locaux aux collèges de Kaedi et d'Aioun; - de réserver le lycée de Nouakchott au 2ème cycle; - de prévoir l'expansion des collèges en zone rurale existants ou la création de nouveaux collèges dans ces régions. - 12 - 3. La production du second degré et son coût 37. Les redoub]ants sont peu nombreux: 202 sur 2.168 inscrits, soit 9,3 pour cent en 1967/68 et 289 sur 2.663 inscrits, soit 10,8 pour cent, en 1968/69. Les abandons au ler cycle sont rares: environ 45 élèves auraient quitté en cours d'études entre 1967/68 et 1968/69: mais 56 élèves auraient quitté au 2ème cycle: 42 entre la 2ème et la lère et 1h entre la lère et la classe terminale. A ce niveau, de telles sorties sont importantes: 56 sur 195 inscrits, soit plus de 28 pour cent. 38. Au terme du ler cycle, 186 élèves auraient quitté le second degré, soit pour entrer au lycée technique (25) ou pour l'étranger, soit pour entrer dans la vie active. Au terme du 2ème cycle, la production en bacheliers a été de 14 mauritaniens en 1967, et de 27 mauritaniens en 1968, dont 9 littéraires et 18 scientifiques. Compte tenu des effectifs actuels, on peut prévoir annuellement environ 150 sorties au niveau de ler cycle et 75 à 100 sorties au niveau du 2Mme cycle entre 1970 et 1973. 39. Une estimation très sommaire des seules dépenses de fonctionne- ment, en négligeant les dépenses communes, les services spéciaux, etc. a permis de constater que l'année/élève coûte plus de 110.000 FCFA. Cette procédure d'estimation des coûts est à peine acceptable et une analyse exhaustive des dépenses réelles devrait être entreprise de toute urgence, mais l'indication qu'elle fournit suffit à démontrer la nécessité de revoir les dispositions actuelles: L'Etat ne pourra envisager l'expansion du second degré si le coût actuel de l'année/élève n'est pas réduit. h. Le personnel 40. En 1968/69, l'enseignement public du second degré utilisait les services de 390 agents: - 4i agents du personnel administratif, tous nationaux; - 119 enseignants, dont 46 nationaux, 59 français et 1 étrangers d'autres nationalités; - 63 agents du personnel de surveillance; - 167 agents de service Si l'on exclut ces deux dernières catégories, on constate que la mauritani- sation est acquise à 54 pour cent avec 87 agents sur 160 membres du personnel enseignant et spécialisé. - 13 - 41. Parmi le personnel enseignant, on ne recense que 5 agents dont la formation est inférieure au baccalauréat et 27 qui sont instituteurs, professeurs de C.E.G. ou maîtres d'éducation physique; les autres ont reçu une formation universitaire ou supérieure. Sur le plan de la qualification, la situation est donc satisfaisante, mais les agents nationaux appartiennent, en majorité, aux catégories inférieures. h2. L'assistance techniqpe bilatérale est accordée à tous les établis- sements d'enseignement secondaire; elle est surtout importante à Nouakchott et à Rosso (respectivement de 80 pour cent et 75 pour cent) tandis que le personnel étranger est minoritaire (40 pour cent) dans les collèges situés à l'intérieur du pays. Il serait intéressant de connaître les spécialités enseignées par le personnel étranger, de manière à planifier son rempla- cement. Parmi le personnel enseignant, on compte 7 femmes, dont 6 mauri- taniennes et il faudra encourager les jeunes filles dans la voie de l'en- seignement afin de pouvoir développer le secteur féminin. D. 3S I'OR TITS3 TECHLUE3 1. Les uoyensr3ationaux de formation 43. Le pays dispose déjà de six centres de fonnation: (a) Le centre de formation professionnelle rapide "MAIP.NA,DOU TOURE". Installe à Nouadhibou, il reçoit des jeunes adultes analphabètes ou ayant bénéficié d'une certaine scolarisation primaire mais âgés d'au moins 17 ans qui sont sélectionnés au moyen d'épreuves psycho-techniques. Il forme des aides-ouvriers en un seul cycle de neuf mois dans huit sections: plomberie, pêche, menuiserie, mécanique automobile et moteurs Diesel, ajustage, électricité et maçonnerie. L'ouverture ou la suspension des sections est dé- cidée en fonction des besoins du marché de l'emploi. Actuelle- ment, 132 candidats sont en formation. Le personnel enseignant est fourni en partie par la France. (b) Le centre de formation et de vulgarisation agricoles de KAEDI. Il reçoit pour trois années d'études (deux de tronc commun et une de spécialisation) des candidats admis à l'examen d'entrée au second degré ou ayant déjà suivi une ou deux années d'études secondaires. Il forme des moniteurs ou des vulgarisateurs de base pour l'agriculture, des préposés au service des Eaux et Forêts, des infirmiers pour le service de l'élevage, des agents pour les coopératives et pour l'animation rurale. Les différent3s - 14 - sections sont ouvertes ou fermées en fonction des besoins reconnus des administrations intéressées. Le personnel enseignant est fourni en partie par la FAO sous financement PNTUD. (c) L'école des infirmiers, annexée à l'hôpital de Nouakchott recrute des élèves "Infirmiers diEtat"l au niveau du B.E.P.C. et des élèves "Infirmiers du ler cycle" au niveau du C.E.P. Les études durent deux ans et le recrutement est bisannuel. Sept élèves de la lère catégorie et 19 de la 2ème sont actuellement en for- mation. (d) Le collège technique de Nouachkott. Crée en 1967, le collège reçoit en lère annee d'observation des élèves admis au second degré et ayant subi des épreuves psycho-techniques; ils y sont sensibilisés et initiés aux techniques manuelles. La 2ème année d'études est consacrée à une pré-formation professionnelle dans quatre sections de base: la mécanique générale, la mécanique au- tomobile, l'électricité et les métaux en feuilles. La 3ème année permet de dispenser une certaine spécialisation dans chacun des quatre secteurs et de former des ouvriers qualifiés en fonction des aptitudes des élèves et des besoins du marché de l'emploi. Une hème année de spécialisation est prévue pour offrir à environ 20 pour cent des meilleurs éléments une spécialisation plus poussée. Il est aussi prévu d'ouvrir deux sections supplémentaires en génie civil pour former des conducteurs d'engins et des mécaniciens de chantier pour les travaux publics et miniers. (e) Le lycée technioue de Nouakchott a été crée en 1967 pour recevoir des elèves ayant termin. le 1er cycle et forr, - en trois ans, des cadres moyens. La première annce cst consacrée à l'orientation et à la reconversion; en 2ème année est appliqué un prograrue inspiré des classes du même niveau en France, ce qui permet aux meilleurs *lèves de poursuivre leurs études dans ce pays pour ob- tenir le baccalauréat technique. Lee autres reçoivent, en 3ne année, une formation du type brevet d'études industrielles (3,E,I.) français. Le collège et le lycée technique sortiront leur première promotion en juin 1970; ils comptent actuellement 232 élèves. Le personnel enseignant est fourni par ltassistance technique. (f) L'école nationale d'administration. Cette école installée à Nouakchott, forme en trois sections les cadres moyens supérieurs, moyens et subalternes nécessaires aux différentes administrations, spécialement pour les Finances et la Justice. Elle recrute, selon la section, sur titre de Licence, du baccalauréat ou du brevet et par concours à ces niveaux; la formation dure deux ans, y coïmpris deux mois de stage pratique. Les sections peuvent être subdivisées en séries spécialisées selon les besoins du recrutement ou du per- fectionnement. - 15 - 2. Les forrmationsà 1'étranger 44. Comme indiqué dans le Plan de développement 1970-1973, 243 cadres moyens et 133 cadres supérieurs seraient en formation dans 19 pays différents en 1970, dont 69 au Sénégal, et 26 dans les autres pays d;Afrique Noire; 74 en République Arabe Unie; 39 au *Koweit; et 48 dans les autres pays arabes; 47 en France et 9 dans d'autres pays d'Europe occidentale; 60 en U.R.S.S. et h en Yougoslavie. Les formations supérieures sont très groupées: 31 en France, 43 à l'Université de Dakar, 35 en R.A.U., 14 en Algérie, et 10 dans d'autres pays, tandis que les formations moyennes sont plus dispersées: U.R.S.S. 56; R.A.U. 39; Koweit 39; Sénégal 26; France et Mali 16; Tunisie 15; Syrie 10; neuf autres pays 26. 45. Les étudiants de l'Enseignement supérieur poursuivent les études suivantes: Droit, Sciences économiques et commerciales 39 Lettres 27 Médecine 23 Mathématiques, Sciences 30 Médecine vétérinaire 5 Agronomie 7 Aviation 1 Administration 1 46. Les cadres moyens peuvent être regroupés sous les rubriques sui- vantes: Préparation au Professorat du ler cycle 47 Mécanique - Electricité 43 Laboratoire - Chimie - Géologie 31 Journalisme - Cinéma - Traduction 25 Pêche - Agriculture - Elevage - Eaux et Forêts 30 Aviation - Météo - Transports 21 Travaux publics - Architecture 20 Banque - Commerce 6 Divers 20 47. La diversité des formations illustre bien la diversité des besoins du pays, et le petit nombre de boursiers dans chaque spécialité démontre qu'il serait très difficile de les former en Mauritanie. Par contre, leur dispersion et la variété des langues dans lesquelles ils sont formés ainsi que la variété des structures scolaires dans les pays d'accueil font supposer que des stages d'adaptation seront nécessaires avant leur entrée en service actif. -16- 3. La formation des enseignants et conclusions 48. Jusqu'à présent, seule la formation des instituteurs est assurée dans le pays par l'Ecole Normale de Nouakchott. Elle comprend encore deux cycles de formation: - Le Cycle A, qui recrute par concours au terme des études primaires et forme des instituteurs-adjoints en quatre ans; - Le Cycle B, qui recrute par concours après le B.E.P.C. (fin du ler cycle secondaire) et forme des instituteurs en trois ans. L'Ecole Normale organise en outre un cycle de perfectionnement pour les maîtres en exercice. En 1970, elle compte 286 élèves, 200 au Cycle A et 86 au Cycle B: on espère que les instituteurs-adjoints formés au Cycle A pourront être considérés comme bilingues tandis que le Cycle B comportera deux sections, une francophone et l'autre arabophone lorsque l'Institut islamique sortira des élèves au niveau du 2ème cycle. 49. Les formations essentielles (agriculture, santé publique, technique de base, administration et enseignement primaire) sont déjà organisées dans le pays au niveau des cadres subalternes. Au niveau des cadres moyens et supérieurs, les "dimensions" des besoins ne justifient pas la création d'écoles ou de sections distinctes pour toutes les formations spécialisées, mais il n'existe pas encore d'établissements formant du personnel de bureau (secrétariat, comptabilité ou dactylographie) au niveau de l'exé- cution. De même, aucune école technique n'offre de possibilités aux jeunes filles (excepté au service de santé où 7 jeunes filles se préparent au métier d'infirmière de ler cycle). La plupart des centres ont au moins une section qui recrute au niveau de l'école primaire. Il faut se demander si cette formation de base est suffisante pour valoriser des formations professionnelles qui sont très onéreuses. Toutes les sections spécialisées reçoivent des effectifs réduits. 50. En dehors des écoles publiques, la MIFEMIA a organisé la formation professionnelle du personnel subalterne dont elle a besoin. Comme le Centre Miadou Touré, elle recrute dans la masse et forme des ouvriers semi-qualifiés en cinq mois dont deux mois de stage contrôlé en atelier. Elle organise aussi le perfectionnement de promotion des ouvriers spécialisés susceptibles d'accéder à la petite maîtrise mais, après une première promotion fructueuse (15 réussites sur 20 candidats), elle éprouve des difficultés à trouver encore des ouvriers suffisamment instruits pour aborder des cours de perfectionnement à ce niveau, la formation générale de base étant trop insuffisante. D'autres entreprises industrielles, en cours d'installation, assureront aussi la lormation d'une partie de leur personnel. Il est certain que cette solution ne manque pas d'intérêt dans la mesure où les entreprises disposeront de candidats bien préparés et où elles agiront en coordination avec les autorités chargées de la formation des cadres. -17- II. LES PERSPECTIVES A. LES OBJECTIFS DU PLAN 1970-1973 EN MATIERE D'EDUCATION 51. Comme précisé dans son introduction, le Plan de Développement 1970-73 constitue un programme d'intention plutôt que d'action: trop de facteurs sont encore mal connus et trop d'études préparatoires sont encore à entreprendre pour qu'il en soit autrement. En ce qui concerne les secteurs éducatifs, les autorités font preuve de lucidité et d'objec- tivité dans la description de la situation; elles ont pris une nette conscience des difficultés à vaincre au cours des prochaines années et, de ce fait, les objectifs à atteindre sont réalistes: il est prévu de consolider les résultats obtenus, de restaurer la qualité, de relancer l'expansion quantitative et de compléter l'infrastructure existante en tenant compte des besoins économiques reconnus et des ressources nationales probables. Si le Plan fixe la "ligne générale" de la politique scolaire, il ne précise pas comment la mettre en oeuvre. En d'autres termes, la véritable planification reste à élaborer, ce qui suppose des services spéciaux qu'il faudrait créer ou développer. 1. Les objectifs quantitatifs 52. Au Premier Degré, le Plan prévoit un accroissement global de 10.000 élèves en quatre ans (+36% ou 8,5% par an), ce qui suppose la construction de 50 à 60 nouveaux locaux chaque année. Ce taux de croissance est pratiquement déjà atteint, car la création d'une 7ème année d'études pri- maires en 1968 a entraîné une augmentation de l'effectif global de l'ordre de 2.500 élèves, et cet accroissement suffira pour assurer la réalisation de l'objectif, même si le nombre des nouveaux admis n'augmente pas au-dessus du niveau de 1968. 53. Le Plan estime que ce supplément d'élèves pourrait être accueilli sans augmenter le nombre de maîtres car une "'économie de près de 200 maîtres pourrait être réalisée si les conditions d'une politique idéale... étaient réunies." Cette hypothèse suppose un regroupement des écoles existantes et la disparition des écoles à classe unique; or, celles-ci sont au nombre de 140 et représentent 52% des établissements existants; cette hypothèse semble donc très optimiste. Une analyse plus fouillée des possibilités réelles de regroupement devrait être entreprise d'urgence car, aussi longtemps qu'on ne disposera pas d'informations plus précises, il sera impossible de chiffrer les dépenses de fonctionnement à prévoir pour accueillir ces 10.000 élèves puisque ces dépenses varient avec le nombre de maîtres à payer et que leurs traitements représentent plus de 80 pour cent des frais de fonctionnement. Cette recherche devrait aussi tenir compte des classes à effectifs réduits (moins de 24 élèves) qui existent en grand nombre et dont le Plan prévoit le regroupement ou la supression sans préciser connent ce résultat peut être espéré. 54. Au Second Degré, le Plan envisage de porter de 600 à 900 le nombre des élèves nouveaux admis chaque année. Cette expansion serait réalisable grâce à certaines extensions des établissements existants et à l'ouverture de de - 18i - sept nouveaux collèges, (totalisant environ 40 classes) qui seraient situés dans les centres régionaux où la population des classes terminales du Premier degré serait suffisante pour assurer un recrutement sur place afin de réduire les besoins en places d'internats et les dépenses sociales. Cette régionalisation de l'enseignement secondaire du ler cycle supposerait le recrutement d'environ 60 professeurs nationaux dont une trentaine sont déjà en formation dans les écoles normales supérieures de Dakar et de Tunis ainsi qu'en R.A.U. Dans cette perspective, l'effectif total passerait de 2.663 élèves en 1968/69 à 4.200 élèves en 1972/73, ce qui entraînerait une augmentation des dépenses de fonctionnement de l'enseignement secon- daire de l'ordre de 50 pour cent en quatre ans. 55. Les 7 collèges supplémentaires sont prévus à quatre classes, dont une équipée pour l'enseignement des sciences. Il s'agirait donc "d'unités légères" destinées à recevoir de 100 à 150 élèves. Même si l'on n'est pas certain que des écoles de ce genre seront suffisamment productives, le principe de créer des unités culturelles dans toutes les régions du pays ne peut pas être critiqué. il y a là un besoin à satisfaire. Mais il sera aussi nécessaire de prévoir l'encadrement pédagogique du personnel de ces collèges ce qui posera sans doute des problèmes car les distances et les difficultés de transport sont telles qu'une inspection organisée à l'échelon national consacrerait tout son temps à courir les pistes pour effectuer quelques visites rapides et peu fructueuses. 56. Dans l'enseignement normal et supérieur, une réforme du système de recrutement et de la fonnation des instituteurs est prévue ainsi que la mise en place d'une école normale supérieure pour former des professeurs de 1er cycle. 57. En formation des cadres, le Plan prévoit l'extension de plusieurs établissements et la création de trois nouvelles écoles. Les extensions concernent le collège technique (création de deux sections "Génie Civil"); l'école d'infirmiers (doublement de la production actuelle)1 le centre Mamadou Touré (ouverture d'une section pour charpentiers de marine); et le centre de Kaedi où l'ouverture d'un 2ème cycle d'études pour la formation des cadres moyens de l'Agriculture, de l'Elevage et des Eaux et Forêts est prévue, avec recrutement au niveau du B.E.P.C. Les créations nouvelles concernent un Centre polytechnique destiné à former des cadres moyens pour le Génie rural, les Travaux publics, les Mines,etc; une section d'enseignement commercial pour couvrir les besoins en comptables, secrétaires et dactylographes; et des Centres de préformation rurale qui complèteraient la formation reçue à l'école primaire et prépareraient les élèves qui ne poursuivent pas leurs études à agir sur leur milieu naturel. Tous ces projets de créations nouvelles doivent encore être étudiés. 58. Le Centre polytechnique permettrait de ne plus envoyer d'élèves mauritaniens dans les écoles spécialisées des pays voisins, il semble douteux que les besoins limités de chaque spécialité permettent un fonc- tionnement économique d'une telle école. En enseignement commercial,il y a sans aucun doute un besoin urgent que l'on pourrait satisfaire sur place. En ce qui concerne les Centres de préformation rurale, leur nombre (18), leur capacité d'accueil (30 élèves par an) et les délais de mise en place (10 ans) obligent à douter de leur efficacité: s'il s'agit d'offrir un - 19 - aux élèves ayant terminé le ler cycle primaire et qui ne sont pas orientés vers le secondaire, il faudrait prévoir un millier de places par an et disposer d'un personnel spécialisé qui n'est pas encore formé. Les expériences de ce genre tentées par d'autres pays ont été peu encourageantes et il serait prudent de revoir ce problème avant de s'engager dens cette voie. 2. Las obj actifs qualitatifs 59. Le Plan souligne que l'amélioration qualitative de l'Enseignement Primaire, déjà préconisée par le Plan précédent, doit être "impérativement poursuivie", ce qui suppose: - une "réforme ou une adaptation des programmes d'enseignement qui doit être confiée au Centre pédagogique national..." dont les moyens d'action, en.tout état de cause, sont à renforcer"; - La suppression du recrutement de moniteurs et l'extinction progressive de cette catégorie d'enseignants; - la formation de maltres bilingues dont le niveau de recrutement serait le Brevet; - la priorité accordée au perfectionnement pédagogique. 60. Pour l'Enseignement secondaire, le Plan envisage: - la révision des programmes de langue arabe, d'histoire, de géographie, de sciences naturelles et, bient8t, de langue française; - l'organisation d'un système de contrôle pédagogique afin d'aider spécialement les professeurs enseignant dans les collèges situés à l'intérieur du pays; - la définition d'un nouveau contenu de la formation des maîtres, spécialement sur le plan linguistique et en ce qui concerne les maîtres pour les écoles à cours multiples améliorera la qualité des enseignants dans les écoles primaires. 61. En Formation des Cadres, les objectifs qualitatifs sont moins claire- ment formulés mais tous les commentaires insistent sur la nécessité de relever le niveau de recrutement et d'organiser le perfectionnement, de manière à libé- rer le pays de l'obligation ou il se trouve encore de confier la formation de ses cadres moyens aux pays voisins. Cette politique suppose, en premier lieu, la mise en place d'un corps professoral de qualité. 3. Les besoins reconnus en cadres 62. Le Plan fournit des indications détaillées concernant les besoins du secteur public en cadres moyens et supérieurs pour les années 1970 à 1973; il estime qu'il faudra: - 20 - - engager de 50 a 60 bacheliers dans les études supérieures; - former une centaine de techniciens, au moins au niveau du baccalauréat, dont quarante environ pourraient recevoir leur formation dans des écoles nationales; - former de 175 à 200 techniciens, au moins au niveau du B.E.P.C., dont une centaine à former sur place; - recruter environ 150 agents spécialisés formés sur place au niveau du ler cycle (une estimation détaillée est donnée dans l'Annexe IV). Cette évaluation ne tient compte que des besoins reconnus des services publics; elle suppose que les investissements pour la mise en place de l'infrastructure que nécessitera ce personnel seront obtenus de sources extérieures de finance- ment; et elle porte sur les besoins en cadres à engager entre 1970 et 1973. 63. Si l'on tient compte, d'une part, des cadres en formation à l'étran- ger et, d'autre part, de la production probable du système scolaire durant la période envisagée, on peut estimer que l'équilibre quantitatif entre les besoins et la production est réalisable pour le secteur public. Mais les élèves qui sortiront du secondaire devront encore recevoir leur formation technique; il faut donc prévoir, pour 50 pour cent des cadres, un décalage de deux à six ans entre le moment ou ln en aura besoin et le moment oÙ ils seront disponibles. Dès lors, les besoins estimés par le Plan pour les dif- férents secteurs publics ne semblent pas pouvoir être satisfaits dans les délais prévus. Ces prévisions ne permettent pas d'envisager une mauritani- sation rapide, sans parler des besoins croissants du secteur privé, et il n'y a aucun risque de sur-production en diplômés des ler et 2P'me cycles secondaires au cours des prochaines années. h. Le-s investiss3aents pr,vus, lour financement et lrassistance technique 6h. Pour atteindre les buts quantitatifs et qualitatifs stipules, le Plan prévoit les investissements suivants: Ecoles primaires et secondaires: (a) Construction de 200-250 classes primaires supplémentaires dont la première cinquantaine sera financée sur le 2ème FED, et le remplacement des écoles sous tente ou en paillotte. (b) La création de sept collèges ruraux. Les études préparatoires menées jusqu'à présent semblent limitées aux besoins à court terme; il faudrait revoir la question en prévoyant des structures plus conformes aux besoins futurs et considérer que la structure proposée (5 salles et un bureau) ne constitue qu'une remière phase des projets. Ce programme a été soumis à la Banque Mon- diale. - 21 - (c) La construction de logements pour les enseignants répond à une nécessité reconnue mais n'a pas encore fait l'objet d'une décision de principe. Des précisions devraient être deman- dées aux autorités car les seules indications retenues par le Plan signalent la"... construction et l'équipement de 29 lo- gements d'enseignants..." pour un montant global de 120.500.000 FCFA, ce qui mettrait le coût moyen d'un logement à 4.155.000 FCFA. Très approximativement ce programme se chiffre comme suit: En millions de FCFA Constructions pour le ler degré 520,0 Remplacement des tentes et paillottes 52,8 Constructions pour le 2.ème degré 437,3 au total 1.010,1 tandis que la charge annuelle supplémentaire de fonctionnement est estimée à 225 millions de FCFA, ce qui est manifestement sous-êvalu'. 65. En Formation des Cadres, le Plan ne donne aucune indication sur les investissements éventuels mais le programme d'action prévoit avant tout la création: - d'une section de formation de personnel de bureau (enseignement commercial); - d'un centre de formation féminine; - de centres de prkformation rurale. Les seuls investissements déjà étudiés sont ceux qui concernent l'extension du collège technique, assurés par l'assistance française. La formation féminine serait localisée a Kaedi comme annexe au Centre agricole qui reçoit déjà une aide substantielle du PNUD et le personnel de bureau pourrait être forme, soit au lycée technique, soit dans un centre qui serait pris en charge par les utilisateurs ou encore par l'E.N.A.; toutes ces opérations exigeraient peu d'investissements. Le Bureau International du Travail (B.I.T.) a étudié un avant-projet d'assistance du PNUD en vue de la création des Centres de pré- formation rurale. Il fournit aussi deux experts qui s'occupent de la fabri- cation artisanale de tapis. 66. Conformément à la nouvelle orientation de la politique française d'assistance au développement, les autorités de ce pays souhaitent favoriser la "formation de formateurs" plutôt que de continuer à fournir du personnel - 22 - de substitution. En ce but elles ont accepté de financer l'Ecole normale supérieure et de fournir les enseignants nécessaires. Cette école formera environ 380 professeurs de ler cycle en dix ans. 67. En plus de l'assistance technique substantielle de la France, qui a déjà été mentionnée, plusieurs organisations spécialisées des Nations Unies ont des programmes plus réduits dans l'éducation. L'UNICEF fournit des bourses et du matériel technologique et audio-visuel à l'école normale et à l'ensei- gnement secondaire ainsi que des véhicules pour l'inspection. De juillet 1969 % juin 1972, l'aide globale représentera environ 179.000 dollars E.U. Le Programme Alimentaire Mondial (PAM) fournit des produits alimentaires qui per- mettent d'assurer 7 pour cent de la ration en calories des élèves internes du second degré, ce qui représente environ 100 tonnes de produits par an. Les frais du transport à l'intérieur du pays, de l'entreposage, du conditionnement, de la préparation et de la distribution sont à charge du budget national; ils représenteront, pour la durée du nouveau programme 1970-1974, une dépense de l'ordre de 6 millions de FCFA pour un apport du PAM d'environ 2,5 millions de FCFA. Une extension de ce programme est envisagée en faveur des cantines pri- maires mais elle se heurte à la dispersion des écoles, à la minceur de leurs effectifs et aux difficultés du transport intérieur. L'UNESCO fournit une aide en experts et en équipement: un spécialiste participe a l'introduction de la technologie dans les programmes d'enseignement général au ler cycle et un autre expert s'attache à promouvoir l'utilisation des auxiliaires audio- visuels. B. L7S PROBLS A RESOUDRE 68. L'analyse du Plan de Développement 1970-73 montre que deux problèmes fondamentaux conditionnent le développement du secteur éducation en Mauritanie, et leur solution reste une précondition pour tout développement satisfaisant dans ce secteur: (a) l'insuffisance quantitative de l'éducation de type moderne en Mauritanie, qui ne sera pas en mesure, avant un certain temps de satisfaire les besoins du pays en cadres moyens et supérieurs et dont le développement sera freiné par les coûts excessifs de ce type de formation; (b) l'absence quasi-totale d'un système ou d'un programme d'édu- cation des populations nomades et paysannes dispersées qui permettrait de contribuer au développement de ces 80-90% de la population du pays sans les aliéner de la vie rurale. 69. Tandis que les problèmes de l'éducation moderne sont discutés dans le Plan, mais restent loin d'être résolus, le deuxième problème n'est même pas mentionné, et aucune action n'est prévue dans ce secteur, qui à long terme sera un secteur clé pour le développement de la Alauritanie. Un troisième problème qui se pose est celui de la formation professionnelle des ouvriers et cadres subalternes. Le présent chapitre analyse de plus près ces trois pro- blêmes. - 23 - 1. L'insuffisance en cadres moyens et supérieurs et les coûts de l'enseignement classique a. Le problème des cadres 70. Le système actuel d'éducation en MIauritanie, qui est basé sur le sys- tème européen classique, légèrement adapté aux conditions locales, est orienté presque exclusivement vers l'éducation supérieure et la production de cadres. Son efficacité doit donc être jugée sur ce critère. Or, il a déjà été men- tionné que malgré le fait que l'enseignement de type classique absorbe le quart des ressources financières du gouvernement, le système scolaire existant produit à peine la moitié des cadres dont le pays a besoin pour se développer. Si on peut espérer annuellement la sortie de 150 ièlves au niveau du ler cycle et de 75 êlèves au niveau du 2 ème cycle entre 1970 et 1973, il ne faut pas envisager un accroissement très important de cette production entre 1974 et 1980. En effet, l'augmentation du nombre des admissions entre 1970 et 1973 ne peut être ressentie à la sortie que quatre a cinq années plus tard pour le ler cycle et après sept à huit années pour le 2.ème cycle. Toutes les autres conditions restant égales, l'expansion prévue entre 1970 et 1973 donnerait environ 200 sorties au niveau du ler cycle vers 1976-1977 et de 100 à 125 sorties au niveau du 2 ëme cycle vers 1979-1980. En conséquence, avant 1980, le système scolaire ne pourra produire suffisamment de candidats aux emplois moyens et supérieurs vacants ou a créer, ce qui doit entraîner une augmentation provisoire du nombre de ces emplois qui seront confiés a du personnel étranger et, par voie de conséquence, un retard supplémentaire de la mauritanisation. 71. Au cours de la périDde 1973-1980 il faut espérer que le développement économique entraînera une augrrielitation des besoins en cadres moyens et supé- rieurs. Si les besoins reconnus pour la période 1970-1973 augmentent seulement d'un tiers entre 1974 et 1980, le déficit actuel se maintiendra malgré l'ex- pansion envisagée pour le second degré entre 1970 et 1973. Il est donc indis- pensable de prévoir une expansion de l'enseignement classique jusqu'a ce que sa production soit en mesure de couvrir au moins les besoins élémentaires en cadres pour les services publics et les entreprises privées. Agir autrement reviendrait à enfermer la Mauritanie dans un "désert culturel". Dans ces conditions la priorité accordée au développement du système scolaire existant est justifiée, même si ce système ne donne pas encore satisfaction et s'il coûte beaucoup trop cher; il faut "guérir' ce malade mais on ne peut l'aban- donner. 72. Le Ministère de la Formation des Cadres a dressé un inventaire des besoins du secteur public en personnel qualifié pour les quatre prochaines années; il a aussi précisé ses exigences minimales quant à la formation de base et à la durée de la formation spécialisée qui seront requises de ce per- sonnel, mais il n'a tenu compte ni des possibilités actuelles de recrutement aux niveaux souhaités ni des délais que ces exigences imposent. Non seulement ce Ministère souhaite recruter des agents mieux formés mais il voudrait aussi les former dans le pays. Or, le relevé des besoins fait apparaître l'extrême diversité des formations requises et le petit nombre des agents nécessaires dans chaque spécialité. Pour répondre aux voeux des autorités, il faudrait donc ouvrir un grand nombre de centres ou de sections de formation qui rece- vraient un très petit nombre de candidats, ce qui augmenterait considérablement les difficultés d'organisation ainsi que les prix de revient. - 24 - 73. Ces quelques constatations illustrent à suffisance les contra- dictions profondes qui subsistent entre les désirs, les besoins et les possibilités; elles démontrent aussi le caractère illusoire de certaines solutions proposées à la hâte et en s'inspirant de situations existant dans les pays développés ou dans les pays du Tiers-Monde aux populations sédentaires plus nombreuses et mieux groupées. Dès lors, une conclusion s'impose: il faut rechercher des solutions nouvelles mieux adaptées aux problèmes spécifiques de la Mauritanie. Le problème le plus important qui se pose est celui du coût de l'éducation classique car, sans une réduction substantielle de ces coûts, tout programme d'expansion restera forcément très limité. b. Le coût de l'éducation classique 74. L'analyse des dépenses réelles d'éducation reste très difficile: - les comptes définitifs des dernières années ne sont pas encore disponibles; - les dépenses d'éducation sont dispersées entre plusieurs ministères ainsi qu'entre les autorités régionales et locales; - le coût de l'aide extérieure ne peut être évalué. Malgré ces réserves, il reste possible d'apprécier l'effort financier consenti par l'Etat en faveur du système éducatif: - Entre 1954 et 1963, le budget de l'Etat était multiplié par 5,5 et les crédits d'éducation par 6,9; - Entre 1964 et 1973, on prévoit que le budget de l'Etat sera multiplié par 2 et ces crédits par 3,7. Alors que les crédits d'éducation représentaient 12 pour cent du budget de l'Etat en 1954, ils pourraient représenter près de 18 pour cent en 1973. D'après ces indices, la Mauritanie consacrerait à l'éducation une part de ses ressources beaucoup plus importante que la plupart des pays riches, et cela, pour scolariser environ 15 pour cent seulement de sa population en âge scolaire. 75. Trois obstacles naturels ont l'effet d'augmenter les coûts de ltéducation: a) le nomadisme de plus de 70 pour cent de la population; b) la dispersion des populations sédentaires dans la vallée du Sénégal; c) le nombre réduit de centres urbains et leur grandeur limitée. Ces obstacles subsisteront à l'avenir et doivent être pris en considération lorsqu'on s'efforcera de trouver les moyens de réduire les dépenses d'éduca- tion dans le moyen et long terme. Les charges d'internat représentent un des autres facteurs qui pèse lourdement sur les coûts car près de 90 pour cent dea inscrits dans l'enseignement secondaire sont nourris, logés et transportés aux frais exclusifs de l'Etat et ces dépenses sociales représentent plus de la moitié des frais de fonctionnement. - 25 - 76. Une étude prévisionnelle du budget de fonctionnement pour la période 1970-1973 (Direction du Plan) a retenu comme hypothèses de calcul que le coût de l'année/élève serait abaissé de 35.000 à 31.000 FCFA dès 1970 à l'école primaire et qu'il resterait stabilisé à 110.000 FCFA au second degré. Ces coûts ont été appliqués à une augmentation des effectifs de 10.300 élèves au premier degré et de 550 seulement au 2ème degré. Or, tout porte à croire que les coûts ne diminueront pas et qu'il faut prévoir une augmentation plus importante des effectifs. 77. Si l'on veut prévoir correctement les dépenses futures, il serait indispensable de procéder d'urgence à une analyse exhaustive des dépenses d'enseignement. Cette précaution est d'autant plus nécessaire que les pré- visions du Plan précédent n'ont pas été réalisées en ce qui concerne les effectifs mais qu'elles ont été largement dépassées au chapitre des dépenses: en 1968, on prévoyaitl/ que les dépenses d'éducation s'élèveraient à environ 1.009 millions de FCFA en 1971; or, en 1970, ces dépenses sont déjà de 1.678 millions et on prévoit qu'elles seront de 1.884 millions en 1971. Ces décalages doivent servir de signal d'alarme; ils justifient l'urgence d'une analyse immédiate des coûts. 2. Le choix de la langue d'enseignement 78. Un autre facteur qui pèse lourdement sur les coûts de l'éducation primaire et qui dépasse en importance les seules considérations financières est la manière dont le bilinguisme a été organisé puisqu'il exige en moyenne 7 maitres pour 5 classes ou, dans les cas extrêmes, deux maîtres pour une seule classe. Cette situation a été relevée dans toutes les études et a donné lieu à deux types de recommandations: les unes préconisent la forma- tion de maitres bilingues tandis que les autres proposent un premier cycle unilingue suivi d'un cycle complémentaire bilingue. Dans les deux cas, le remède suggéré suppose la formation d'un nombre plus ou moins grand de maîtres bilingues, Il faut bien constater que ces remèdes n'ont pas produit les résultats espérés puisque le coût de l'année/élève n'a pas cessé d'augmenter. 79, La cause première de ces échecs réside dans la difficulté de re- cruter des candidats-instituteurs ayant, à la fois, une formation de base satisfaisante, c'est-à-dire un brevet d'études de premier cycle, et une connaissance suffisante des deux langues nationales, l'arabe et le français. Ces conditions ne sont presque jamais réunies, et des pays bilingues comme le Canada ou la Belgique ont abandonné cette formule depuis fort longtemps: les maîtres primaires y sont unilingues et les élèves y reçoivent l'éducation primaire dans leur langue maternelle, Lorsqu'une deuxième langue est enseignée à l'école primaire, les élèves sont initiés à son usage mais cette langue ne sert pas de véhicule à l'éducation de base. 80. De nombreux pays arabes ont été obligés de conserver un certain bi- linguisme à l'école primaire pour faire face aux exigences du second degré et La Mauritanie aurait intérêt à étudier les conditions dans lesquelles l'arabisation y a été entreprise car, nulle part, on n'a fait alterner une année d'initiation en arable et une en français, et il est presque certain que cette procédure sera peu fructueuse. Si le pays ne peut espérer produire 1/ Rapport BIRD, "MAURITANIE: Esquisse d'un Programme de Développement Quadriennal", Novembre 1968. - 26 - des maîtres bilingues de bonne qualité avant une dizaine d'annêes et si l'organisation actuelle du bilingusime a très peu de chances d'etre effi- cace, une révision des options prises serait souhaitable. 81. Dans cette perspective, il n'est pas inutile de préciser le rôle respectif des langues enseignées à l'école primaire. Les expériences menées depuis vingt ans ont montré que les résultats sont nettement meilleurs lorsque la scolarisation élémentaire est entreprise dans une langue familière à l'enfant. Pour éduquer le jugement et le raisonnement, l'école doit ap- prendre à formuler des pensées personnelles, ce qui suppose au moins la maîtrise du langage parlé. Dès lors, le choix de la langue d'enseignement doit s'inspirer - en premier lieu - du souci d'efficacité: la scolarité sera fructueuse dans la mesure où l'élève comprendra les explications du maître et saura formuler aisément ses réflexions personnelles. 82. Les mêmes expériences ont montré qu'il fallait au moins quatre an- nées de scolarisation efficace pour mener à bonne fin et dans une seule langue l'apprentissage des outils élémentaires du savoir (la lecture, l'écri- ture et le calcul). Si ces premières années sont consacrées à initier à deux langues aussi différentes dans leur structure et leur forme écrite que l'arabe et le français, il est inévitable, d'une part, que les résultats soient insuffisants puisque le temps qui est consacré à chacune d'elle sera réduit de moitié et, d'autre part, que la confusion s'installe dans l'esprit des élèves lorsqu'ils s'efforcent de formuler leurs pensées. Sauf dans cer- tains cas exceptionnels, les élèves traités de la sorte ne connaissent ni l'arabe, ni le français et ne pensent plus par eux-mêmes; ils répètent ap- proximativement des mots entendus et retenus, mais l'école n'a pu les éduquer ou leur apprendre à réfléchir, à juger, à raisonner, à s'exprimer. 83. Dès lors, il serait préférable d'aborder l'initiation à la deuxième langue lorsque l'éducation de base dans la langue familière à l'enfant a acquis une solidité suffisante et, au plus tôt, après les quatre années élé- mentaires. Même à ce moment, la deuxième langue devrait rester un instrument de communication orale permettant de comprendre les concitoyens pratiquant l'autre langue nationale, la pratique d'une deuxième langue écrite n'inter- venant qu'au second degré. Cette distinction entre langue d'éducation et langue de communication devrait orienter le choix de la langue d'enseigne- ment: selon que l'enfant est familiarisé à l'arabe ou au français dans son milieu naturel, il serait éduqué pendant quatre ans au moins en arabe ou en français, et ce n'est que par la suite qu'il serait initié à l'autre langue sous sa forme orale. 84. Le problème de langue est d'autant plus important que la prolonga- tion des études au second degré va poser le problème de l'acquisition d'une langue scientifique et commerciale d'usage international. Située à l'extrême limite occidentale du monde arabe, la Mauritanie ne pourra se développer sans contacts permanents avec les pays voisins et l'Europe, ce qui suppose des relations industrielles et commerciales qui exigeront la pratique du français, de l'espagnol ou de l'anglais. En outre, ses dimensions ne lui permettront pas avant longtemps de disposer d'une université. Pour former ses cadres supérieurs, elle devra donc envoyer ses étudiants à l'étranger et les préparer à s'exprimer couramment dans une langue d'usage international. Enfin, aussi longtemps que le pays n'aura pas formé ses professeurs et qu'il sera tributaire de l'assistance française, les élèves qui aborderont les études secondaires devront connaître le français. 85. En conséquence, il est urgent que les autorités reconsidèrent leur décision de pratiquer le bilinguisme "en sandwich". Une solution possible serait d'augmenter la place accordée à la langue arabe dans les zones ou cette langue est dominante et d'orienter les élèves ainsi formés vers des études - 27 - littéraires et juridiques arabisées ou vers le professorat en langue araoe, tandis que les études scientifiques, techniques et commerciales seraient réser- vées aux élèves ayant maîtrisé la Ingue française. Si cette solution parait trop discriminatoire, il reste à renforcer le bilinguisme dans les années termi- nales du cycle primaire et au second degré mais, en tout état de cause, il fau- drait simplifier le régime linguistique des années inférieures de l'école primaire dans le sens de l'unilinguisme. 3. La formation professionnelle des ouvriars at cadres subalternes 86. Pays à vocation pastorale et agricole, la Mauritanie ne dispose d'aucun "stock" d'ouvriers spécialisés ou de techniciens; elle doit donc importer non seulement les formateurs de main-d'oeuvre, mais même de la main-d'oeuvre quali- fiée. Au cours des dernières années, les utilisateurs du secteur public et privé ont formé des ouvriers et cadres subalternes :en utilisant les méthodes de formation accélérée pour adultes et en créant des centres de formation qui sélectionnaient des adultes analphabètes ou des jeunes gens ayant reçu une certaine formation élémentaire, mais les résultats quantitatifs sont restés largement insuffisants pour satisfaire les besoins. Trois données de base conditionnent actuellement le choix de solutions aux problèmes de formation professionnelle et technique: - pour être efficace et durable, la formation accélérée devrait s'adresser à des individus ayant reçu une meilleure formation générale. Il faudrait donc relever le niveau de recrutement, ce qui suppose une augmentation quantitative et qualitative des sorties du système scolaire; - les besoins sont extrêmement diversifiés mais il faut relati- vement peu d'agents dans chaque spécialité; - la création du collège et du lycée technique ont ouvert la voie à des formations spécialisées de type scolaire qui vont déboucher sur un marché de l'emploi assez limité. 87. Si l'on tient compte de ces données de base, l'organisation d'un sys- tème rationnel de formation des cadres supposera: - le développement du second degré, de manière à produire plus de brevetés du ler cycle et de bacheliers; aptes à recevoir rapidement une formation spécialisée; - l'ouverture de sections techniques temporaires qui spé- cialiseraient sur la base d'une préformation commune à plusieurs sections; - la mise en place d'un organisme permanent de coordination entre les services de formation et les utilisateurs, afin d'assurer la validité du contenu des formations et le place- ment des diplômés. - 28 - 88. L'infrastructure mise en place pour assurer les formations techniques est encore très modeste mais elle coute déjà très cher et il ne semble pas qu'elle puisse être développée à la mesure des besoins si l'Etat doit couvrir seul toutes les charges que cette expansion entraînera. Il faudrait donc rechercher des solutions moins onéreuses ou une nouvelle stratégie du finance- ment et voici quelques suggestions sur ce thème: - le relèvement du niveau de recrutement permettrait de réduire la durée des formations spécialisées; - l'introduction de cours de technologie dans les programmes de formation générale faciliterait le dépistage des élèves doués pour les activités techniques, ce qui réduirait le nom- bre des erreurs d'orientation et la durée des formations spécialisées; - les établissements scolaires pourraient limiter leurs ambi- tions'à pré-former des techniciens, laissant aux utilisateurs le soin d'assurer la spécialisation en fonction de leurs.be- soins; - la formation des adjoints techniques au niveau du baccalauréat ou après celui-ci serait confiée aux instituts régionaux existants dans les pays voisins et à l'étranger, de manière à éviter les créations de centres très spécialisés à faible effectifs; - les cadres nécessaires à la gestion administrative seraient recrutés à un plus haut niveau de formation générale et leur formation spécialisée serait organisée par l'Ecole Nationale d'Administration avec, comme professeurs, le personnel qui dirige actuellement les services de gestion; - les gros utilisateurs, comme les industries minières et la pêche, continueraient à prendre en charge la formation pro- fessionnelle des ouvriers, car on ne peut espérer voir le systeme scolaire développer et réussir ces formations; - les utilisateurs moyens, comme les banques, les sociétés d'assurances et les entreprises commerciales, se grouperaient en unions professionnelles pour organiser la spécialisation d'élèves ayant reçu une bonne prformation dans une section commerciale qui serait ouverte au 2ème cycle du Lycée Nouakchott; - quant aux petits utilisateurs, ils formeraient "sur le tas" des éléments prparés au niveau du C.E.P. ou du brevet, selon leurs besoins et les possibilités de recrutement; que ce soit d n e s3cteur public ou la sectsur prive, tous les centres de formation sxistants ou à crd devrai3nt pr:évoir.deux cycles de spécialisa- tion: un cycle dD foriation rés 3rv'é aux élâves issus du socond dsgrà et un cycle de p3rfa t m n -romotion r'servS Êu personnel an xrcica. - 29 - 89. En dernière analyse, les dimensions du pays, la diversité et l'ordre de grandeur de ses besoins ne justifient pas la mise en place d'une infrastruc- ture de formation technique et professionnelle qui serait calquée sur celle des pays plus peuplés et dont le développement industriel est plus avancé. La contribution des utilisateurs de main-d'oeuvre devrait être organisée systématiquement, l'école se limitant à relever le niveau de préparation et a pré-former les techniciens. Etalée sur les cinq prochaines années, cette politique permettrait de couvrir les besoins à court terme et laisserait le temps nécessaire pour former des professeurs nationaux de cours techniques, de manière à préparer la mise en place d'un système national lorsque les ressources du pays le permettront. 4. L' Dducation -an iili3u norad9 et rural 90. Il est très probable que la généralisation de la scolarité élémen- taire ne sera jamais acquise en Mauritanie si l'on ne trouve pas de formules originales pour toucher les enfants des nomades, des transhumants, et des paysans dispersés. Il est aussi très probable qu'une scolarisation du type classique actuel contribue seulement à déraciner ces enfants et à les couper de leur milisu s-rns lur donner una 1'ormnation utilisable dans le monde rural. Dès lors, la rechercha dun systèa d' ducation a&a.ptë aux besoins de 90 pour cent ds enfants raurit'nians doit être entreprise avec vigueur et détermination. 91. Jusqu'à présent, la plupart des expériences de scolarisation des nomades se sont soldées par des échecs ou ont été abandonnées pour des rai- sons économiques; ce n'est que lorsque les autorités ont pu sédentariser plus ou moins ces populations que la scolarisation a fait quelques progrès. Mais il ne semble pas que cette solution soit la bonne pour la Mauritanie car la transhumance est et restera un pilier fondamental de l'économie de ce pays. Dès lors, il importe de rechercher des solutions originales dans d'autres voies que celle qui consiste à implanter à tout prix des écoles de type clas- sique dans les campements. Il faut ajouter que le type moderne d'éducation, même s'il pouvait être introduit dans le mode de vie des populations nomades y rencontrerait des obstacles supplémentaires, comme la structure archaique de cette société et les réticences des autorités religieuses. 92. Et cependant, les priorités reconnues aux actions à entreprendre en faveur du monde rural supposent que l'éleveur devienne un élément déterminant des progrès futurs; il faut donc envisager une action éducative qui toucherait, non seulement les enfants, mais aussi les adultes et, dans cette perspective, le recours à la radio offre certainement des possibilités qui n'ont pas encore été suffisamment exploitées. Mais il ne faut pas envisager la radio uniquement comme un moyen de remplacer le maître ou de diffuser le contenu actuel de l'enseignement primaire. Cet instrument pourrait être utilisé de manière à exploiter la transmission orale des connaissances toujours en honneur chez les peuples nomades en vue d'éduquer les masses rurales, non de les instruire "au rabais". 93. Dans cette perspective, le service de la planification au Ministère de l'Education a envisagé une recherche de base qui présente un grand intérêt, non seulement pour la Mauritanie, mais pour toutes les populations sahariennes qui vivent dans les mêmes conditions. Il s'agirait: a) d'établir une "carte" des parcours suivis par les groupes importants de transhumants. Ces parcours - 30 - sont assez réguliers et s'inscrivent dans les habitudes; b) de localiser les endroits où ces tribus stationnent pendant certaines périodes, les tentes restant sur place et les troupeaux parcourant les pâturages environnants mais revenant au puits en fin de journée; c) d'organiser des équipes itinérantes qui, connaissant le calendrier et les endroits de stationnement, entre- prendraient une action éducative auprès de ces tribus pendant la durée de leurs haltes. L'action de ces 3quipes comprendrait, dans l'ordre des priorités: (a) une éducation des adultes quant aux soins à donner aux troupeaux qui constituent leur seule richesse et leur principal pôle d'intérêt (effort de vulgarisation); (b) une action sanitaire: vaccination, soins aux malades, aux bébés, etc. (c) une activité commerciale: des petites "boutiques" facili- teraient l'approvisionnement des familles; (d) enfin, une action éducative en faveur des jeunes. Cette "scolarisation" occasionnelle resterait intégrée à l'oeuvre d'éducation permanente entreprise par l'ensemble de l'équipe; elle ouvrirait la voie à une 5cole mieux adaptée aux condi- tions de vie qui resteront celles des enfants qui n'accèdent pas à l'enseignement secondaire. L'enquête préconisée répondrait aux préoccupations de plusieurs ministères et organisations internationales; elle pourrait constituer une enquête- pilote, les équipes assurant des contacts réguliers avec les groupes nomades. Comme la plupart de ces groupes stationnent aux mêmes périodes de l'année, les équipes d'éducation devraient être considérées comme des "antennes" des services chargés de concevoir les programmes radio et de ceux qui évalueront le rendement de cette formule. 94. En milieu paysan sédentaire, les problèmes d'éducation sont un peu moins difficiles; mais Là aussi l'éducation se heurte à un problème crucial: l'école primaire du type européen (comme elle est pratiquée avec de légères modifications en auritanie) est orienté"e entièrement vers l'école secondaire classique et ne satisfait pas du tout les besoins d'éducation d'un paysan du sud mauritanien. Dans l'état actuel des choses, pour un enfant qui va continuer au second degré et qui aura donc une chance d'acquérir une formation suffisante pour faire son chemin dans le secteur moderne de l'économie, les écoles primaires en produisent trois autres qui n'iront pas plus loin, qui resteront semi-lettrés, déracinés de leur milieu et de leurs familles, incapables d'utiliser le peu d'éducation qu'ils ont reçu ni dans le secteur moderne ni dans le secteur traditionnel. Il est certain que tous les efforts et investissements consentis en faveur des trois quarts des enfants à l'école primaire sont "stérilis's" et pire en- core, produisent des effets sociaux et économiques néfastes. Cette prodi- galité des ressources humaines et matérielles est un obstacle majeur au développement économique et social du pays. - 31 - 95. Une autre conséquence de cette situation néfaste est la fréquentation insuffisante de beaucoup d'écoles de brousse: depuis plusieurs années, les autorités doivent fermer les écoles qui reçoivent moins d'une vingtaine d'élèves, mais le Plan prévoit l'ouverture de cinquante à soixante classes nouvelles par an; d'une part, on ferme des écoles existantes et, d'autre part, on en ouvre de nouvelles. Cette situation justifie l'organisation d'une enquête qui con- sisterait à établir une fiche par école en résumant son "histoire" au cours des dernières années (nombre d'élèves par cours, nombre de locaux et nombre de maitres)et qui permettrait d'analyser les raisons des fermetures. Par la suite, il suffirait de tenir ces fiches à jour pour disposer d'un inventaire permanent de la situation qui permettrait d'identifier les écoles ou% des extensions seront nécessaires et de repérer celles dont la situation est critique. Cette simple recherche permettrait d'établir des critères de viabilité pour les nouvelles écoles; elle éviterait à l'avenir de devoir abandonner des installations scolaires dans un pays qui compte moins de 15 pour cent d'enfants scolarisés. Le fichier ainsi constitué permettrait aussi de dresser la "carte scolaire" du premier degré et d'étudier sur des bases objectives, les regroupements éventuels. 96. Le problème des 75 pour cent d'enfants qui quittent chaque année l'é- cole primaire sans entrer à l'école secondaire est bien connu et les autorités s'efforcent de le résoudre par l'instauration d'un deuxième cycle primaire rural. Les dispositions légales qui prévoient ce cycle terminal de deux années consacré à la préparation à la vie rurale méritent une attention parti- culière puisque cette initiative répond au besoin très net de valoriser la scolarisation élémentaire de tous les élèves qui ne poursuivront pas leur formation dans l'enseignement secondaire. lais l'instauration de ce nouveau type de formation exige des études socio-économiques préparatoires et des dispositions d'ordre pédagogique qui devront être planifiées par la suite. Il s'agira de savoir: - ou seront créés les 2èmes cycles ruraux; - de quelles installations particulières ils disposeront; - qui va recruter, former et encadrer le personnel nécessaire; - quel sera le cout de l'année/élève dans ces sections; - quels seront la finalité et les programmes d'études de ce cycle rural. Jusqu'à présent, les descriptions qui en sont faites restent théoriques, et il ne semble pas que l'on pourra appliquer la loi de juin 1968 au cours de la période couverte par le Plan 1970-1973, même si ces études préparatoires sont entreprises de toute urgence puisqu'il faudra, d'abord, former le personnel indispensable. -32 - C. LES MOYENS D'ACTION NECESSAIRES: L'S 7CHER?CHES D BASE 97. Comme il a été montré clairement dans les derniers chapitres, le système d'éducation en Mauritanie se trouve actuellement dans une impasse. Ce système n'arrive pas à satisfaire les besoins en ouvriers qualifiés et en cadres du secteur moderne de l'économie, et son expansion rapide est bloquée par les coûts extrêmenent élevs, tandis que les besoins du secteur tradi- tionnel (qui comprend 80 pour cent de la population et produit 45 pour cent du PNB) en éducation, ne sont pas couverts du tout. Cette impasse ne peut pas être résolue sans une recherche approfondie en plusieurs directions, comme mentionné déjà à plusieurs reprises. 98. Doivent être ètudiés de toute urgence: - les problèmes du coût de l'éducation classique y inclus le problème du bilinguisme à l'école primaire; - le problème des masses rurales; - la planification des solutions envisagées. 99. Avant de toucher aux structures, il faudra donc disposer d'un service d'études et de recherches appliquées en pédagogie et attendre les résultats de ses travaux pour planifier la réorganisation du système scolaire. Tous les services nécessaires à la conception, à l'organisation, a la mise en oeuvre et à la réussite d'une réforme du système d'enseignement existent mais ils man- quent de personnel et de moyens d'action; ils sont aussi beaucoup trop disper- ses. 100. Au Ministère de l'Education Nationale: - le service de la planification et des statistiques relève du secrétariat général; - la section de l'équipement et un service d'études pédagogiques dépendent de la direction du premier degré; - les bourses, les examens, l'information et l'orientation relèvent de la direction du second degré; - l'inspection régionale de l'enseignement primaire, le Centre pédagogique national et l'école normale de Nouakchott sont considérés comme des services extérieurs. 101. Le Ministère de l'Enseignement Technique, de la Formation des Cadres et de la, Fonction Publique gère, entre autres activités, l'enseignement supé- rieur et l'enseignement technique. Il dispose, lui aussi, d'un service de l'orientation et de la planification ainsi que d'un service des études. 102. Cette dispersion des attributions et des responsabilités n'est pas nécessaire en Mauritanie: les effectifs et le nombre d'établissements sco- laires ne la justifient pas. Il faudrait, au contraire, profiter des dimensions réduites du système d'enseignement pour assurer l'unité d'action pédagogique et faire de sérieuses économies sur les frais de gestion. Dans cette perspec- tive, le Ministère de l'Education Nationale prendrait la responsabilité de tous les moyens d'enseignement, y compris l'enseignement technique dispensé au - 33 - collège et au lycée de Nouakchott, ainsi que les services annexes: planifica- tion, équipement, information, orientation, formation, perfectionnement et recherche relatifs au système scolaire, tandis qu'un Ministère (ou un Secréta- riat d'Etat) s'occuperait de la formation des cadres et des boursiers à l'étranger. En d'autres termes, l'éducation nationale éduquerait et eréfor.- merait la jeunesse, laissant à une autre autorité gouvernementale le soin 'or- ganiser les formations à l'extérieur du pays et le placement en fonction des besoins. Cette répartition des t9ches permettrait le regroupement et une meilleure utilisation des services existants qu'il faudra doter du personnel. et des moyens d'action indispensables. 103. Il serait alors possible de créer une Division de la Planification de l'Education qui relèverait directement du Secrétaire Général du Ministère de l'Education Nationale et travaillerait en liaison constante avec la Direc- tion Générale du Plan. Elle comprendrait: - un Bureau de la Statistique et de la Carte Scolaire; - un Bureau des équipements et des dépenses; - un Bureau de l'Information et de l'Orientation; - un Service commun pour les recherches socio-économiques. 104. Le Centre National Pédagogique entièrement rénové, comporterait une Division de la recherche appliquée en Pedagogie et une Division de la Formation et du Perfectionnement, qui regrouperaient tous les organes de conception et de recherche en matières pédagogiques. 105. L'autorité chargée de la formation des cadres travaillerait en liaisn-1 constante avec la Direction du Plan et les autres ministères; elle serait chargée: - de déterminer les besoins, les modalités de recrutement, la formation et le placement des cadres moyens et supérieurs nécessaires pour accélérer la mauritanisation et le dévelop- pement du pays; - d'organiser les formations spécialisées pour le secteur public; - d'établir les relations nécessaires avec les organisations patronales et syndicales afin d'assurer, avec le concours actif et permanent des utilisateurs, la formation des cadres écessa-irespour le secteur privé. 106. Bien que toutes ces institutions aient besoin d'une certaine assis- tance technique, il sera vital pour la recherche en matière d'éducation et son application qu'elle soit entreprise en premier lieu par des nationaux mauri- taniens; eux seuls peuvent définir avec autorité et en connaissance de cause tous les éléments sociaux et politiques ainsi que les orientations fondamen- tales du futur système d'éducation. Il est donc prioritaire de former un - 34 - noyau de chercheurs mauritaniens de haute qualité qui seront capables de for- muler des nouvelles politiques et de les appliquer ensuite. Ce but pourrait 6tre atteint en organisant des stages auprès d'institutions de recherches pé- dagogiques à l'étranger pour un petit nombre de Mauritaniens qualifiés; ils n'y trouveront pas de solutions aux problèmes mauritaniens mais ils se fami- liariseront avec les outils nécessaires pour les trouver. 107. Jusqu'à présent, ce besoin n'a pas été nettement reconnu, ni dans le Plan, ni dans les autres études sur l'éducation en Mauritanie; or il est évi- dent que le pays ne peut réorganiser son système éducatif sans un "état-major" compétent: inspecteurs, orienteurs, planificateurs, méthodologistes et cher- cheurs qui adapteront les techniques existantes aux réalités nationales. 108. Les problèmes qui se posent pour l'éducation des masses nomades et des agriculteurs dispersés ne sont pas particuliers à la Mauritanie; mais ils s'y présentent à "l'état pure' et à une très petite échelle, ils y sont donc plus faciles à appréhender. Si des solutions peuvent leur être trouvées, elles seraient applicables dans de nombreux pays ou une partie au moins de la popu- lation vit dans des conditions similaires, soit dans les pays sahariens, depuis la câte Atlantique du Sénégal jusqu'au Golfe Persique, soit dans les pays ou l'agriculture est artisanale. Il s'agit donc de problèmes essentiels qui jus- tifieraient des recherches de base conduites avec toute la rigueur nécessaire; en les abordant dans de bonnes conditions, on éviterait l'éparpillement des moyens d'action tout en multipliant les chances de réussite. ANNEXE I TABLEAU l/A EVOLUTION DE LA POPULATION TOTALE DU PREMIER DEGRE ENTRE 1951-52 ET 1968-69 1951-52 : 2 620 inscrits, dont 192 filles, ou 7,3%; 1956-57 : 5 h90 759 "" 13,8%; 1961-62 : 14 915 , 2 950 " " 19,8%; 1966-67 : 21 808 , 5 001 " " 23,0%; 1967-68 : 23 635 , 5 930 " 25,1%; 1968-69 : 26 200 , 729h " " 27,9%; TABLEAU l/B EVOLUTION DE LA POPULATION PAR ANNEE D'ETUDES AU PREMIER DEGRE ENTRE 1960 ET 1969 Années - de 1960 à 1967 1ère 2ème 3ème hème 5ème 6ème TOTAL - à partir de 1968 1ère 2ème 3ème hème 5ème 6ème 7ème 1960-61 - 3 952 2 688 1 671 1 283 880 805 11 279 1961-62 - 5 545 3 37h 2 301 1 539 1 207 9h9 1h 915 1962-63 - 5 791 h 635 3 034 2 023 1 394 1 321 18 198 1963-6h - h 62h h 872 3 526 2 430 1 712 1 4h2 18 606 196h-65 - h 740 3 925 3 639 2 938 2 128 1 703 19 073 1965-66 - 5 602 3 675 3 549 3 182 2 257 2 168 20 433 1966-67 - 5 459 h 175 3 477 3 128 2 663 2 906 21 808 1967-68 - 5 215 5 039 h 111 3 218 2 761 3 291 23 635 1968-69 6 690 h 320 1 103 3 975 3 h8 3 069 3 586 26 191 TABLEAU 1/C EVOLUTION DU NOMRE D'ECOLES ET DE LEUR STRUCTURE 196h-65 : 250 écoles, dont 32 ont plus de six classes et 218 moins de six classes, dont 140 à une seule classe; 1968-69 : 269 écoles, dont h2 ont six classes ou plus et 227 moins de six classes, dont 140 à une seule classe. ANNEXE II TABLEAU II/A EVOLUTION DE LA POPULATION DU DEUXIEME DEGRE PUBLIC ENTRE 1962-63 ET 1968-69 Total Total Total Années 6ème 5ÈMe 4eme 3ème 1o Cyc. 2eme lère Term. 20 Cyc. 20 Deg. 1962-63 352 228 136 128 844 43 19 13 75 919 1967-68 630 635 374 385 2 024 120 60 214 204 2 228 1968-69 681 663 611 395 2 350 201 81 46 328 2 678 TABLEAU II/B EVOLUTION DU NOMBRE D'ECOLES ET DE CLASSES SECONDAIRES ENTRE 1961-62 ET 1968-69 1961-2 1962-3 1963-4 1964-5 1965-6 1966-7 1967-8 1968-9 Nombre d'écoles 5 6 6 7 7 7 7 7 Nombre de classes 26 33 37 8 53 60 65 77 dont : - Lycées 2 3 3 3 3 3 3 3 et classes de Lycées 17 22 26 33 37 42 5 55 - Collèges 3 3 3 h 4 4 4 4 et classes de Coll. 9 il il 15 16 18 20 22 TABLEAU II/C EVOLUTION DU NOMBRE DE FILLES AU DEUXIEME DEGRE PUBLIC 1962-63 : 57 filles sur 919 élèves, ou 6,2%; 1968-69 : 2Uh filles sur 2 678 élèves, ou 9,1%. ANNEXE III TABLEAU III EVOLUTION DU BUDGET NATIONAL ET DES CREDITS DIEDUCATION DEPUIS 1954 SELON LES DIVERSES SOURCES CONSULTEES (en millions de F.C.F.A.) B u d g e t N a t i o n a 1 Crédits d'éducation Années () (2) (3) (4) (La() (35 1954 906 - - - - 110 - - - - 1959 2 249 - - - - 340 - - - - 1960 3 427 - 3J146 - - 487 - - - - 1961 3 882 4 220 3 736 - 457 446 - - (3) 1962 4 679 4 095 4 606 - 4 250(3) 635 560 - - 531 1963 4 987 4 669 4 331 - 4 830 764 663 620 - 620 1964 - 3 974 4 137 4 137 4 137 - 636 643 636 642 1965 - - 4 164 4 350 4 350 - - 700 700 700 1966 - - 4 409 4 710 4 710 - - 737 695 733 1967 - - 5 113 5 613 - - - 853 825 - 1968 - - - 6 075 -- - - 908 - 1969 - - - 7 083 6 403(5) - - - 1 162 i 495;(5) 1970 - - - 8 257 6 866 - - - 1 456 1 678 1971 - - - - 7 374 - - - - 1 884 1972 - - - - 7 934 - - - - 2 116 1973 - - - - 8 548 - - - - 2 376 (1) Rapport Botti et Vésinet - S.E.D.E.S. - 1963 Tome I, Page 17; (2) The Econoev of Mauritania - I.B.R.D. - 14-12-1964 - Tableau 12; (3) Mauritanie : Esquisse d'un programme de développement quadriennal - B.I.R.D. 1968 - pages 93 et 139; (h) Source : Service de la Planification - Ministére de l'Education Nationale (1970), (5) Direction du Plan - Etudes préparatoires - 20-5-1969 (Martinor et Branger); (6) Guidelines for a Four-Year Development Program - Vol. II - Part. II - B.I.R.D. 1968 - Tabl. 15 et 16 et page 78. ANNEE IV LES BESOINS SUPPLEMENTAIRES EN CADRES MOYENS ET SUPERIEURS DANS LE SECTETR PUBLIC ETTRE 1970 ET 1973 Secteur rural: - 4 à 5 bacheliers a orienter chaque année vers les études de médecine vétérinaire; - 41 agents à former pour les coopératives, dont 19 sortant du Centre de KAEDI; - 23 agents d'animation rurale, dont 3 form6s -à KAEDI et 4 à l'Ecole Nationale d'Administration (E.N.A.). Infrastructure: Ports de Boghé et de Zouadhibou a/ Durant les travaux: quatre conducteurs; trois comptables-gestionnaires; onze surveillants de travaux; six techniciens (topographes, métreurs, etc.); b/ Pour le fonctionnement: 4 ingénieurs et 20 adjoints techniques. Transports, Postes, Télécommunications, Mines, Services Topographiques: - Universitaires ........................................... 19 - Techniciens formés après le baccalaurêat .................. 18 - Techniciens formés au niveau du baccalauréat ................ 75 - Agents spécialisés formés au niveau du B.E.P ............. 80 Commerce: 40 agents spécialisés (inspecteurs et contrôieurs) à former a l'E.N.A, dont 10 au niveau du baccalauréat et 30 au niveau du B.E.P.C. Tourisme: 20 agents a former â l'E.N.A., dont 10 au niveau du baccalauréat et 10 au niveau du B.E.P.C. Inforimation: 60 agents à former pour la radio et la presse écrite, dont 40 après le baccalauréat et 20 après le B.E.P.C. Santé: Le cadre actuel compte: - 44 médecins, pharmaciens et dentistes dont 41 fournis par l'assis- tance technique et 3 nationaux; - 2 assistantes sociales étrangères; -2- - 10 sages-fenmes, dont 8 étrangères; - 45 infirmiers d'Etat étrangers; - 301 infirmiers brevetés, aides-infirmiers, agents sanitaires, microscopistes et aides de laboratoire, tous nationaux. Le cadre en formation compte 29 étudiants en médecine, un en - pharmacie et un en dentisterie plus trois élèves ingénieurs sanitaires. Le cadre à former: il faudrait orienter chaque année 10 bacheliers vers les sciences médicales et organiser le recrutement annuel à l'école- pour infirmiers, de manière à doubler la production de cet établissement.
Groupe de la Banque mondiale · Pre-2003 Economic or Sector Report
Mauritania - The current economic situation and prospects of Mauritania (Vol. 4 of 4) : Education
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