Groupe de la Banque mondiale · Pre-2003 Economic or Sector Report

Mali - Economic development in Mali : evolution, problems and prospects (Vol. 3 of 5) : Energie electrique et hydraulique

Mali Banque mondiale
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DIFFUSION RESTREINTE ¶ECO?! Rapport No. AW- 14a TRADUCTION NON-OFFICIELLE A TITRE D'INFORMATION Ce rapport a e'te prepare' a titre de document interne. Ni la Banque ni les organismes qui lui sont offiliés n'acceptent aucune responsabilite' quant à son exactitude ou son caractère exhaustif. En aucun cas ce rapport ne saurait être publié ou cité comme représentant leurs vues. BANQUE INTERNATIONALE POUR LA RECONSTRUCTION ET LE DEVELOPPEMENT ASSOCIATION INTERNATIONALE DE DEVELOPPEMENT DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE AU MALI EVOLUTION, PROBLEMES ET PERSPECTIVES VOLUME III ENERGIE ELECTRIQUE ET HYDRAULIQUE 15 mai 1970 Departement Afrique de l'Ouest TAUX DE CHANGE Avant le h mai 1967 246,853 FM = 3, dollar E.U. 1 FM = 1 franc CFA Du h mai 1967 au 11 août 1969 . 93,706 FM = 1 dollar E.U. 1 FM = 0,50 franc CFA Après le 11 août 1969 555,419 FMi = 1 dollar E.U. 1 FM = 0,50 franc CFA Note: Les chiffres relatifs aux coûts et aux investissements donnés en francs maliens dans ce rapport n'ont pas été rectifiés pour tenir compte de la dévaluation partielle du 11 août 1969. Sauf indication contraire, tous les équivalents en dollars ici mentionnés sont calculés sur la base du taux de change antérieur à la dévaluation. DEVELPPEM]TI' ECONOIIQUE AU NALI VCLU. III ITRGIE ElCTRIQUE 7T iYDRAULIQUE T. BLE DES MATZIRS CARTE Page no I. Introduction . . . . . . . . . . . . . II. Unergie du Hali . . . . . . . . . . . . 2 III. Le m1arché énergétique . . . . . . . . . . 4 A. Historique . . . . . . . . .. . . 4 B. L'avenir. . . . . . . . . . . .6 IV. Installations actuelles de production et de distri- bution . . . . . . . . . . . . . . . 7 A. Production . . . . . . . . . . . 7 B. Transmission . . . . . . . . . . 8 C. Distribution . . . . . . . . . . 8 7. Expansion future. . . . . . . . . . . . 9 A. Rapides de Kenié'... ...... 9 Petit Kenié. . . . . . . . . . 9 Grand Kenié. . . . . . . . . . 10 B. Sotuba . . . . . . . . . . . . 10 C. Selingué . . . .. . . . l Sotuba, 2 groupes. . . . . . . . 12 Sotuba, h groupes. . . . . . . . 12 D. Balandougou. . . . . . . . . . . 1h L. Projet de Dioila . . . . . . . . . 14 F. Harkala . . . . . . . . . . . . 14 G. Papides de Tossaye . . . . . . . . 15 H. Toubani . . . . . . . . . . . . 15 I. Bassin du Sénégal. . . . . . . . . 15 VI. Programme d'investissement . . . . . . . . 16 VII. Situation financière . . . . . . . . . . 18 -1. Bilans ..... . .....18 B. Comptes d'exploitation . .....19 C. Tarifs . . . . . . . . . . . . 21 D. ImpÔts . . . . . . . . . . . . 23 E. Consommateurs . . . . . . . . . . 23 VIII. Ccnclusions . . . . . . . . . . . . 23 12 8° 0 4° REPUBLIQUE DU MALI ENERGIE DU MALI (EDM) 20°- MARKALA CENTRES DESSERVIS PAR EDM -20' KOUTIALA FUTURES CENTRES DESSERVIS PAR EDM PROJETS HYDRO-ELECTRIQUES ACTUELS ->- EMPLACEMENTS DE BARRAGES ET PROJETS HYDRO-ELECTRIQUES POSSIBLES ROUTES PRINCIPALES - BITUMEES ROUTES PRINCIPALES - EN COURS DE BITUMAGE ROUTES PRINCIPALES - NON BITUMEES AUTRES ROUTES IMPORTANTES VOIES FERREES COURS D'EAU NAVIGABLES (JUILLET - JANVIER) ZONES D'INONDATION TOMBOUCTOU -P o 120 200 300 400 KILOMETRESGA 16 6 M A U R I T A N IE -~~~~ ~~~ -- ----- MOPTN I G E R KAYES FAlouR VER DAK R N RY GousaL G> lkg GalugaMARKALA N IAMEY SEGOU PRONV KOULIKRO - .H A U T E V O L T A- FANA ' ou.bani OROCC- cfR B MAKO uiv ORE A O HN 12- . 2 SAN $ VEGISN COUVERTE VERS ACCRA PAR LA CARTE B landougou l." G I N E E SelingueSIA O G iN EBOUGOUNI SIKSSOMALI 1E { A SIERRA LE NEN ..VORY NIGERIA '-4' VERS CONAKRY 7G H A N A .r-ER eCOTE D'IV IRE AtIartic Ocean DHMy EO AB2JA VERS ABIDJAN )VERS ABIDJAN 4 JANVIER 1970 BIRD -2817 DAW0OPPEMENI' ECONOM1QUE AU WLI VOLUHE III ENERGIE ELECTRIQUE ET HYDRAULIQUE R E S UM E 1. L'Eýnergie du Mali (FEM), créée p-tr le Gouvernement du 1,ali en 1961 avec la participation de l'Electricité de France (EdF) et de la Caisse centrale de Coopération économique (CCCA), est chargée de la production, du transport et de la distribution d'énergie et de la distribution des eaux. Sur son capital-actions actuel de 100 millions de FM (US$200.000), 55 pour cent appartiennent i l'tat, 35 pour cent à la CCCE et 10 pour cent à l'EdF. 2. L'EdM dessert actuellement huit agglomérations distinctes. La capacité installée atteint un total de 17,9 11T, dont 5,9 111 sont d'origine hydraulique (l'usine de Sotuba de 5,h I1J desservant Bamako, la capitale, et celle de Felou, de 0,5 AU desservant Kayes) et 12 I d'origine thermique (diesel). 3. En 1967/68, la production totale a atteint 34,2 GIJh, soit 5 pour cent de plus que l'année précédente. Sur ce total, la consomma- tion de la ville de Bamako a été de 28,9 Gh, soit environ 85 pour cent de la production totale du Nali. Le taux d'accroissement annuel moyen pour la période 1962-1968 a été d'environ 10,3 pour cent, mais pour la période 1965-1968, il n'a atteint que 6,3 pour cent. 4. La centrale hydraulique de Sotuba, mise en service en 1966, a été financée grace à des prêts et crédits accordés à l'Etat, d'un montant total de 4.310 millions de FM (US$8,6 millions). Cette usine appartient encore à l'Etat. 5. Dès les débuts, l'Ed% s'est trouvée en proie à des difficul- tés financières et administratives, aggravées par la dévaluation du franc malien en avril 1967, après laquelle le cours du dollar des Etats-Unis est passé de 250 à 500 FM. 6. Conscient des problèmes de l'dI, le Gouvernement a demandé à l'EdF de procéder à une étude de la direction, de l'organisation, des méthodes et du système de comptabilité, de l'évaluation des avoirs, de la structure des tarifs, des politiques d'amortissement et de recrute- ment du personnel de l'Ed, ainsi que du marché énergétique, et de pré- senter des recommandations quant au transfert de l'usine de Sotuba à l'EA. Financée par le Fonds d'Aide et de Coopération (FAC), cette étude doit être achevée vers le miiu dCe 1969. 7. La situation financière de l'EdM est complexe. Les exploita- tions énergétique et hydraulique ne sont pas séparées de manière adé- quate. Au 30 juin 1968, le total des avoirs fixes, à l'exclusion de l'usine de Sotuba, était évalué à 3.970,5 millions de FM (US$7,9 mil- lions) et le total cumulatif des amortissements s'élevait à 1.193,h mil- lions de M (US$2,h millions). A la même date, le total des prêts non remboursés atteignait 1.392,h millions de FM (US$2,8 millions), dont 520 millions de FM (US$1 million) représentant des dettes à court terme. 8. Il est difficile de déterminer un taux satisfaisant de rému- nération sur les avoirs fixes nets en exploitation. Une estimation faite pour l'exercice financier 1967/68 indique que, à l'exclusion de Sotuba, un rendement d'environ 6,9 pour cent a été obtenu. A la suite de la dévaluation, les tarifs furent ajustés à l'aide d'une surcharge de 47 pour cent pour l'électricité et de 50 pour cent pour l'eau. Cette mesure fut toutefois appliquée après un délai de neuf mois, de sorte que les recettes de 1967/68 ne reflètent pas pleinement la sur- charge. Les estimations établies pour 1968/69, année où les recettes reflètent pleinement l'augmentation des tarifs, font ressortir un taux de rémunération d'environ 19 pour cent à -l'exclusion de Sotuba, ou d'environ 8 pour cent en incluant Sotuba. 9. La question la plus importante est celle des arriérés. A la fin de 1967/68, -les sommes brutes à recevoir des abonnés s'élevaient à un total de 1.001,7 millions de FM (US$2 millions) et représentaient environ 8h pour cent des recettes de 1967/68 provenant de la vente d'électricité et d'eau. Les principaux débiteurs sont les municipalités de Bamako et de Kayes. 10. Un programme d'expansion pour 1969-1973 prévoit un investis- sement total d'environ 4.442 millions de FM (US$8,9 millions), dont 2.449 millions de FM (US$h,9 millions) requis pour 1'adduction de l'eau; 1.749 millions de FM (US$3,5 millions) pour l'électricité; et 2hh millions de FM (US$500.000) pour le logement, etc. 11. L'IM peut financer 58 pour cent de ce programme sur ses ressources propres (2.567 miillions de FM, soit US$5,1 millions). Elle a obtenu un financement de 1.265 millions de FM (US$2,6 millions) de la part du FAC et du FED et un crédit-fournisseur français d'environ 230 millions de FM (US$o,5 million) pour l'installation d'un groupe diesel de h,5 MJ à Bamako. Les dispositions relatives au financement d'installations secondaires de distribution d'eau -Bamako restent encore à prendre (300 millions de FM, soit US$0,6 million). Le programme ne comporte aucune provision concernant les installations thermiques qui pourront s'avérer nécessaires en 1973 ou 197h à Bamako, pas plus qu'il ne prévoit de doter certaines villes de province d'un réseau d'adduction d'eau. - iii - 12. Pour répondre à la demande d'énergie à long tenue, le Gouver- nement souhaite réaliser le projet hydraulique de Selingue sur le Sankarani. Situé à 140 km au Sud de Bamako, le 3ankarani forme la frontière entre la Guinée et le Hali. Etant donné que ce réservoir inonderait une partie du territoire guinéen, la réalisation du projet devrait faire l'objet d'un ac- cord préalable du gouvernement guinéen. La décision finale de ce projet devrait dans tous les cas attendre la réalisation des études détaillées qui, entre autres choses, devraient examiner les mérites relatifs des centrales thermiques et hydrauliques, y compris la nécessité de potentialités thermi- ques additionnelles avant que la construction de Selingue ne soit justifiée. 13. La situation future de l'EdMI dépendra du résultat de l'étude sur l'organisation et la gestion, de l'enquête sur le marché énergéti- que et des prévisions de consommation, entreprise par l'EdF, ainsi que de la capacité de l'Edl à mettre en oeuvre les recommandations présentées. 1h. La mission n'a pas pris en considération les projets de pro- duction d'électricité sur le Sénégal ou ses affluents qui sont à l'étude dans le cadre de l'enquête sur le bassin du Sénégal. La justification ultime de tout projet de ce genre, en tout état de cause, dépend de manière critique du résultat des études sur la possibilité dtassurer une utilisation efficace et économique des quantités considérables d'électricité et d'énergie dont la production pourrait être assurée. ENERGIE ELECTRIQUE ET HERAULIQUE I. INTRODUCTION 1. L'électrification du Mali a commencé en 1928 avec l'instal- lation d'un groupe hydroélectrique de 500 kW à Felou, près de Kayes. Au cours des années suivantes, divers groupes diesel ont été installés à Bamako, Bougouni, Gao, Kayes, Mopti et Ségou. 2. A l'origine, les autorités coloniales, responsables de l'approvisionnement du public en électricité, nommait des sociétés chargées d'assurer la gestion, l'exploitation et l'entretien des ins- tallations de production et de distribution. Ultérieurement, des concessions furent attribuées, tout d'abord en 1951 à l'Energie Elec- trique d'Afrique de l'Ouest Française (AOF) et finalement en 1957 à la Société Africaine d'Electricité (SAE). En janvier 1961, après l'acces- sion à l'indépendance, le Gouvernement du Mali se chargea de toutes les installations de production, de transport et de distribution d'électricité et de distribution d'eau. 3. Conjointement avec l'Electricité de France (EdF) et la Caisse centrale de Coopération économique (CCCE), le Gouvernement créa l'Ener- gie du Mali (EdM), qu'il chargea de la production, du transport et de la distribution d'électricité et de la distribution d'eau dans toute la République du Mali. Dotée d'un capital-actions initial de 50 millions de FM (US$200.000), l'EdM appartient à la République du Mali (55 pour cent), à la CCCE (35 pour cent) et à l'EdF (10 pour cent). 4. L'accord de concession conclu entre la République du Mali et l'EdM a été signé le 17 janvier 1961, pour une durée de 30 ans, à échéance du 31 décembre 1990. Les modalités de la concession sont da- tées du 6 aoit 1962. Les installations reprises par la République du Mali à la suite de la nationalisation de la SAE ont été mises à la dis- position de l'EdM contre paiement symbolique de 1 FM à la condition que l'EdM assure l'entretien des installations et constitue une réserve d'amortissement pour lesdites installations. 5. Au cours de l'exercice financier 1967/68, l'EdM a produit 33,9 G1h, dont 27,7 GWh ont êté vendus à 14.300 abonnés et 6,2 GWh, soit 18,3 pour cent, représentaient des pertes de transport et de dis- tribution ainsi que des utilisations connexes. La demande maximum a atteint 7,3 MW, l'indice de charge annuel moyen étant d'environ 52,5 pour cent. La puissance installée était de 17,9 MW, dont 5,9 Mw d'ori- gine hydraulique et 12 MT d'origine thermique (diesel). 6. Bamako, la capitale, a consommé 23,6 GWh en 1967/68, soit environ 85 pour cent de la consommation totale d'électricité au Mali. Le nombre d'abonnés à Bamako atteignait un total de 9.400, soit 66 pour cent du nombre total du pays. - 2 - 7. Dans l'ensemble, l'énergie a été utilisée comme suit i. éclairage public et administration 3 pour cent, ii. industrie et commerce 47 pour cent, et iii. ménages 50 pour cent. II. ENERGIE DU MALI 8. L'EdM, dont le siège est à Bamako, est dirigée par un Conseil de sept membres élus pour un mandat de trois ans. Les sept membres éli- sent leur président et un ou deux vice-présidents par cooptation. Le Conseil peut confier la gestion de l'EdM à une société ou nommer un Directeur-génêral chargé des opêrations courantes. C'est cette dernière solution qui a été adoptée. Le Conseil nomme et rêvoque tous les employés et fixe leurs traitements. 9. Conformément au droit malien, l'EdM est soumise au contrôle de l'Etat, exercé par (a) un Contrôleur de l'Etat nommé par le Conseil des Ministres qui est attaché au Cabinet du Président de la Rêpublique, et (b) deux ou plusieurs commissaires aux comptes nommés par les action- naires pour un mandat de trois ans, dont l'un doit être le vêrificateur des comptes de l'Etat. Le Directeur-général et les commissaires aux comp- tes ne peuvent être ni membres du Parlement ni Ministres d'Etat. 10. Une réunion des actionnaires est convoquée par le Conseil au moins une fois par an, dans les six mois suivant la fin de l'exercice financier (ler juillet - 30 juin) pour approuver le bilan et l'êtat des recettes, déterminer le niveau du capital-actions, fixer le montant des dividendes et procéder à l'élection des membres du Conseil et des commis- saires aux comptes. 11. Les statuts de l'EdM définissent le revenu net comme le revenu brut moins les frais d'exploitation, les frais généraux, les intérêts, l'amortissement de la dette, la dépréciation et les réserves jugées néces- saires par le Conseil. Après déduction du revenu net de toutes pertes encourues durant les années prêcédentes, tout solde bénêficiaire est alloué à : i) un fonds de réserve, auquel est affecté un montant égal à 5 pour cent du revenu net jusqu'à ce que le fonds attei- gne 10 pour cent du capital-actions; ii) un dividende de 5 pour cent sur le capital-actions; et iii) un f'onds d'aide sociale, d'un montant à d'terminer par les actionnaires. Tout excédent est alors employé à créer des réserves extraordinaires, à alimenter une caisse de retraites, ou à amortir le capital-actions. - 3 - 12. Depuis sa création, l'EdI a éprouvé un certain nombre de difficultés économiques, financières et techniques. Même avant la déva- luation, l'EdM n'était pas en mesure d'assurer l'entretien de manière adéquate. Cette situation s'est trouvée aggravée par la dévaluation du franc malien en avril 1967 (de 250 à 500 FM pour un dollar EU) et par le délai apporté à ajuster les tarifs. En conséquence, il a été difficile pour l'EdM d'élaborer des prévisions financières et des programm-es d'ex- pansion à long terme. Les principaux problèmes techniques et financiers ont toutefois été résolus du fait que le Fonds d'Aide et de Coopération (FAC), la CCCE et les fournisseurs ont fourni à l'Etat en 1964 des prêts et crédits pour la construction de la centrale hydroélectrique de Sotuba, près de Bamako, et la modernisation du réseau de distribution d'électri- cité de Bamako. Cependant, bien que l'exploitation et l'entretien en soient assurés par l'EdM, la centrale de Sotuba appartient encore à l'Etat, étant donné que les problèmes d'ordre juridique et financier que pose le trans- fert de cette usine à l'EdM n'ont pas encore été résolus. Depuis la dévaluation, le Fonds européen de Développement (FED) a assuré le finan- cement d'un petit projet d'adduction d'eau pour alimenter Tombouctou et s'occupe activement de l'étude d'un projet d'adduction d'eau destiné à Bamako. 13. Reconnaissant les difficultés de l'EdM, le Gouvernement a obtenu du FAC un prêt de 29 millions de FMl (US 58.000) pour une étude de la direction et de l'organisation de l'EdM. Cette êtude,effectuée par l'Inspection générale pour la Coopération hors Métropole (IGECO), filiale de l'EdF, doit être achevée vers le milieu do 1970. 14. Cette étude couvrira les aspects suivants: i) organisation et direction, y compris politiques portant sur personnel, traitements, avancement, assurances et prestations sociales; ii) comptabilité, y compris examen des méthodes et systèmes, capacité du personnel existant, situation des comptes existants, relevé des compteurs, méthodes de facturation et d'encaissement, procédures afférentes aux arriérés, gestion des dépôts et évaluation des avoirs; iii) aspects juridiques de l'accord de concession en vigueur; iv) implications financières du transfert de Sotuba; v) étude du marché énergétique et prévisions de demande jusqu'en 1980; vi) programme d'investissement et plan de financement; et vii) examen des tarifs. 15. Cette étude est d'une importance vitale pour l'avenir de l'EdM. Avant de pouvoir envisager un financement, la Banque/IDA devrait examiner le rapport IGECO/EdF, et obtenir l'assurance que les recomman- dations visant à une exploitation efficiente et économique seront mises en oeuvre sans délai. 16. L'EdM manque de personnel qualifié, notamment au niveau des cadres moyens. Il n'y a pratiquement pas de personnel intermédiaire entre les ingénieurs et les ouvriers dont la plupart sont illettrés. Le Conseil de l'EdM s'est vite rendu compte du problème et, avec le concours de l'EdF et de l'IGECO, a créé un centre de formation spécialement chargé d'assurer la formation de contremaîtres, d'électriciens et de mécaniciens dans le cadre d'un programme composé de stages de dix-huit mois. Depuis le début du programme en 1966, deux stages ont eu lieu, le premier pour électriciens et le second pour mécaniciens. Un autre programme est envi- sagé pour les ouvriers dont les capacités professionnelles ne peuvent être pleinement utilisées du fait de leur connaissance insuffisante de la langue française. Ce programme est destiné aux poseurs de lignes, au personnel d'entretien et aux mécaniciens diesel. 17. L'EdM emploie actuellement 600 personnes environ dans ses services énergétiques et hydrauliques. L'EdF examinera dans son étude les besoins réels et présentera des recommandations quant à l'effectif nécessaire à une exploitation optimale. III. LE MARCHE ENERGETIQUE A. Historique 18. La production d'électricité au Mali est passée de 18,8 GWh en 1962 à 33,9 GWh en 1968, à un taux moyen de croissance de 10,3 pour cent par an. Au cours de la même période, la puissance installée est passée de 8 MW à 17,9 I,1 et la demande maximum de 4,3 MW4 à 7,3 IW. Le tableau ci- dessous résume cette évolution par année civile : 1962 1963 1964 1965 1966 1967 1968 Production en GWh 18,8 21,3 25,5 28,0 31,6 33,2 33,6 Pertes en GWh 3,0 3,4 6,2 6,2 5,2 5,5 5,1 Ventes en GWh 15,8 17,9 19,3 21,8 26,4 27,7 28,5 Taux d'accroissement des ventes - 13,5 8,0 13,0 21,0 5,0 3,0 Pertes en pourcentage de la production 16,0 16,0 24,3 22,2 16,5 16,6 15,0 Demande maximum en M h, 3 4,9 5,8 6,3 7,1 7,2 7,3 Puissance installée en MT 8,0 8,0 9,7 12,3 17,6 17,9 17,9 Indice de charge annuel royen en pourcentage 50,0 49,8 50,5 51,0 51,0 53,0 52,5 - 5- 19. L'énergie en GWh a été utilisée comme suit 1962 1963 1964 1965 1966 1967 1968 Eclairage public et administration 0,h 0,5 0,6 0,6 0,7 0,7 0,7 Industrie et commerce 7,6 8,3 9,1 11,0 12,7 13,3 13,6 Ménages 71l8 13,0 13,7 14,2 Total 15,8 1729 19,3 21,8 26,h 2 28?5 20. Le taux moyen de croissance annuelle pendant la période 1962-1968 pour les trois catégories ci-dessus a été le suivant : Eclairage public et administration 12,3 pour cent Industrie et commerce 10,1 pour cent Ménages 10,5 pour cent Total 10,3 pour cent 21. Exprimée en pourcentage du total, la consommation d'énergie dans ces trois catégories a été la suivante : 1962 1963 1964 1965 1966 1967 1968 Eclairage public et administration 3,0 3,8 3,0 3,0 3,0 2,5 2,5 Industrie et commerce 8,80 46,5 47,0 50,5 48,0 48,0 48,0 Ménages , 5 52 4 49,0 45 4 Total 100,0 100,0 100,100 -9002 100,0 100,0 1000 22. La consommation aux fins de l'éclairage public, après un accrois- sement sensible en 1961 et 1962, est demeurée pratiquement stationnaire au cours de ces dernières années. La consommation industrielle et commerciale s'est accrue en 1965 et 1966 lors de l'entrée en service d'un certain nombre de petites entreprises qui furent alimentées en électricité, telles que : fabriques de cigarettes, d'allumettes et de chaussures à Bamako, abattoirs réfrigérés à Bamako et à Gao et usines d'égrenage du coton à Ségou et à Sikasso. 23. La production en GWh aux huit agglomérations actuellement desservies par l'EdM est indiquée ci-après : -6 - Taux 1965 1966 1967 1968 moyen de _________ ________ ________ _________ croissance annuelle * du du , du j du 1965/68 G%)h total GIh total G:lh total GWh total en Bamako 23,8 35,0 26,8 3h,8 28,5 85,9 28,3 84,2 6,0 Kayes 0,9 3,2 1,1 3,h 1,1 3,3 1,2 3,6 10,1 Iopti 0,5 1,8 0,6 1,9 0,6 1,8 0,7 2,1 11,9 Gao 0,6 2,1 0,6 1,9 0,7 2,1 0,7 2,1 5,4 Sikasso 0,h 1,h 0,5 1,7 0,h 1,2 0,5 ,5 7,7 Bougouni 0,1 0,h 0,1 0,3 0,1 0,3 0,1 0,3 - 'Markala-Ségou 1,6 5,7 1,8 5,7 1,6 4,8 1,9 5,6 6,0 Tombouctou _0ul ,4 0,h 0,0, ,6 0,,6 26, Total 28,0 100,0 31 100,0 2 100,0 3326 100.0 _63 24. Le taux d'accroissement de 6,3 pour cent enregistré au cours de ces trois dernières années est lent pour un pays en voie de développement. Il reflète en partie la stagnation de l'économie et en partie l'incapacité de l'EdM, pour des raisons financières, de rattacher de nouvelles zones non encore électrifiées, notamment à Bamako. Quelques usines industrielles ont également installé leur propre équipement de production d'électricité. B. L'avenir 25. L'Ed n'a pas procédé à l'établissement de prévisions en ce qui concerne les besoins futurs en électricité. Toutefois, l'étude IGEC/EdF prévoit une enquête sur le marché énergétique et une prévision des besoins futurs jusqu'en 1980 sera établie. La d3composition ci-après vise à établir les prévisions de la demande future, sur l'hypothèse d'un taux moyen de croissance annuelle d'environ 6 pour cent enregistré au cours de ces derniè- res années dans les zones actuellement alimentées, en outre i) l'électrification de nouveaux quartiers de Bamako et d'agglcmé- rations telles que Fana, Koutiala et Koulikoro ; et ii) les nouvelles charges industrielles. - 7 - 1968 1969 1970 1971 1972 1973 1974 1975 Production en GT.i 33,6 35,6 44,3 47,5 51,3 55,0 58,0 60,9 Pertes en Gln 5,1 5,3 6,6 7,1 7,7 8,2 8,7 9,1 Ventes en GIh 28,5 30,3 37,7 hO,h 43,6 46,8 49,3 51,8 Accroissement des ventes en pourcentage 3,0 6,0 24,5 7,2 8,0 7,5 5,5 5,0 Pertes, en pourcentage de la production 15,0 15,0 15,0 15,0 15,0 15,0 15,0 15,A Demande maximum en 7.,, 7,3 7,6 9,7 10,5 11,3 12,1 12,7 13,3 Indice moyen de charge annuelle en pourcentage 52,5 52,5 52,0 52,0 51,5 52,0 52,0 52,5 Au cours do la période 1968-1975, les prévisions de vente ci-dessus correspondent à un taux d'accroissement annuel moyen de 8 pour cent environ. IV. INSTALATIONS ACTUELLES DE PRODUCTION ET DE DISTRIBUTION A. Production 26. ]n 1961, lorsque l'EdM fut constituée, six agglomérations -- Bamako, Bougouni, Gao, Kayes, ;Iopti et Ségou -- étaient desservies. A l'exception de la petite centrale hydraulique de 500 kU de Félou, près de Kayes, toute la production était d'origine thermique (diesel). La puissance installée s'élevait en 1961 à 8 LFT au total. 27. ln février 1964, Sikasso fut électrifié et trois groupes de 250 kVA furent installés. En octobre 1964, un groupe de 310 kVA fut ins- tallé à la centrale de Gao. En décembre 1964, la centrale diesel de Markala, exploitée par l'Office du Niger, fut reprise par l'EdM et intégrée dans cel- le de Ségou. A -iarkala, trois groupes d'un total de 1.675 kVA ont été ins- tallés et l1électricité produite est consommée par l'Office du Niger, les services de l'irrigation à Markala, le reste étant transporté à Ségou, soit une distance de U0 kilomètres, aux fins de distribution générale. En septembre 1965, Tombouctou fut électrifié et trois groupes d'un total de 250 kVA furent installés. A fin 1965, un groupe de 4.000 kVA fut ajouté à la centrale diesel de Bamako et un groupe de 1.000 kVA fut éliminé. 28. En 1964, la construction de la centrale hydroélectrique de Sotuba fut entreprise, 8 kilomètres en aval de Bamako sur le Niger. Les études de justification et les plans furent réalisés par l'EdF/IGECO, et c'est le Service de l'Hydraulique du Mali (Ministère des Travaux publics, des Communications et de l'Energie) qui en supervisa la construction avec le concours de l'IGECO. M-unie de deux groupes Kaplan fonctionnant sous une hau eur manométrique globale de 3,5/7,4 mètres et un débit par unité de 60 m par seconde, la puissance installée atteint 5,4 111,1. La production annuelle moyenne peut atteindre 35 GUh. Le premier groupe a été mis en service en avril 1966 et le second en juin 1966. Cette centrale dessert le marché énergétique de Bamako. Ia chute minimum pendant les périodes de débit élevé (août, septembre et octobre) et de débit faible (mars, avril, mai) -- débit minimum, environ 30 m3 par seconde -- affecte con- sidérablement l'utilisation de cette centrale. Il n'y a pas d'emmaga- sinage en amont. 29. L'actuelle puissance installée et exploitée par liEd4I est la suivante Thermique IHVdraulique Total kl, ki- 1l"' 1. Banako (5) 8.800 (2) 5.44o 14.240 2. Bougouni (2) 96 - 96 3. Gao (4) 480 - 480 4. Kayes (2) 56o (1) 500 1.o6o 5. Hopti (3) 296 - 296 6. Markala (3) 1.240 - 1.240 7. Sikasso (4) 328 - 328 8. Tombouctou (3) 200 200 mt,,î, 112.000 5.940 17.940 Les chiffres entre parenthèses indiquent le nombre de groupes installés. B. Transmission 30. A l'exception de Ségou, chaque agglomération est desservie par sa propre centrale. Les lignes de transport d'énergie sont limitées : i. Markala - Ségou 15 kV, 44 IMn ; ii. Félou - Kayes 30 kV, 13 In ; et iii. Sotuba - Bamako 11,9 1,m dont 4,2 ln par câble. C. Distribution 31. A la fin de 1963, la distribution d'un voltage moyen de 5,5 kV atteignait 85 IM et, a la fin de 1966, 100 km. L'électrification de Sikasso et de Tombouctou a exdgé 2,2 kn et 5,2 lm de voltage moyen, et 18,5 et 1-1 ln de faible voltage, respectivement. Les transformateurs voltage moyen/bas voltage ont atteint le nombre de 141. Trois types ont été utilisés, à savoir : (i) des structures normalisées en béton, comportant trois éléments d'alimentation et deux transformateurs attei- gnant 250 kvA: (ii) des stations préfabriquées revêtement de tôle d'acier pour un transformateur d'une puissance de 100 kVA ou 250 kVA; et (iii) des transformateurs montés sur poteaux, d'un maxmum de 40 kVA. Ih 1967, le réseau de Bamako fut porté de 5,5 I % 15 kv. - 9 - V. EXPAHSIO1 FUTURG 32. Afin de faire face à une demande accrue dans l'avenir, l'EdM, ses prédécesseurs et le Gouvernement ont à ce jour étudié différents projets hydroélectriques. Ceux-ci sont décrits dans les paragraphes ci-après A. Rapides de Kenié 33. Ces rapides étant situés à 35 Iaa en aval de Bamako sur le liger, deux projets de chute peu élevée sont possibles Petit Kenié 2 Groupes Groupes 8 Groupes Puissance installée en kI 5.000 10.000 20.000 Débit utilisé, en m'a par sec. 120 240 h80 Capacité forme cn kU sans emmagasinage d'amont i) période d'écoulement maximum 2.200 h.h00 8.800 ii) période de basses eaux 2.600 2.600 2.600 Capacité ferme en kW avec emmagasi- nage d'amont et régularisation ga- rantissant un écoulement minimum de 200 m3 par sec. en période d'étiage i) période d'écoulement maximum 2.200 4.400 8.800 ii) période de basses eaux 4.250 8.500 14.000 Production annuelle moyenne d'énergie sans emmagasinage d'amont 30,0 55,0 100,0 Coûts estimatifs (1957) sans emnaga- sinage d'amont i) en millions de FH1 2.800 3.500 5.200 ii) en millions de 5 !.U. l 5,6 7,0 10,4 iii) en 3 2.U. par 1:I installé 1/ 1.120 700 520 lf Au taux de change de 1968 - 10 - Grand Kenié En aval du Petit Kenié, cette solution exigerait la construction d'un barrage sur le Niger, près du village de Manambougou. Puissance installée en kW 25.000 50.000 120.000 Production annuelle moyenne d'énergie en GWhRl i) sans régularisation 33,0 -2 -2/ ii) avec régularisation, débit minimum de 200 m par sec. en période d'étiage 190,0 340,0 600,0 Capacité ferme en kT i) sans régularisation 3.800 -2/ -2/ ii) avec régularisation, débit minimum de 200 m3 par sec. en période d'étiage 21.000 21.000 21.000 Colts estimatifs (1957) sans régularisation i) ouvrages d'art - barrage - en millions de FM 7.4oo 7.400 7.400 - en millions de $ E.U. l_ 14,8 14,8 14,8 ii) centrale électrique - en millions de F4 2.650 5.300 12.700 - en millions de $ E.U. l_ 5,3 10,6 25,4 iii) Total - en millions de FN 10.050 12.700 20.100 - en millions de $ E.U. If 20,1 25,h 40,2 - en $ des E.U. par kW installé l_ 804 508 335 B. Sotuba 34. Cette centrale, mise on e:ploitation en 1966, avec deux groupes d'un total de 5,h il, alimente actuellement Barmako, lui fournissant un ma,dxi de h.850 kTi dont 2.600 kIl de capacité ferme. La production est lf Au taux de change de 1968. 2 Sans régularisation d'amont, l'installation de plus de 25 1 n'est pas justifiée. - 11 - toutefois limitée par les conditions d'écoulement et de hauteur de chute. Avec un débit fluvial de 7.900 m3/sec. (1-crue sur 10), la production est de 2.600 kW et avec un débit de 21 m3/sec. (1 sur 10 eaux basses), elle est de 1.000 kW1. En utilisant l'eau d'Rmagasinage fournie par le canal d'amenée, une capacité de 2.600 kW peut être assurée pour les périodes de pointe en basses eaux. 35. Sotuba peut être agrandie par deux nouveaux groupes identiques. Le canal d'amenée est déjà prévu pour accomoder l'exploitation de quatre groupes. Toutefois, le barrage de déviation à travers le Niger demande- rait à être surélevé d'un mètre. Avec quatre groupes installés, 9.700 kW pourraient être réservés à Bamalco et la capacité ferme passerait à 5.200 kW'I pendant la période d'écoulement maximum et à 1.100 Ic pendant la période des eaux basses, grace à l'accroissement de la hauteur de chute. En période de pointe, 3.800 kW pourraient être fournis. La produc- tion annuelle moyenne, avec quatre groupes en service, passerait de 35 GIh à 62 G7Ih sans emmagasinage d'amont ni régularisation du débit fluvial. Aucune estimation de coûât pour l'expansion de la centrale n'a été établie. C. Selingué 36. La seule possibilité qu'il y ait à l'intérieur du lali de régulariser les eaux du Niger pendant les eaux basses se trouve à Selingu., sur le Sankarani -- affluentdu Niger -- à environ 140 kn au sud de Bamako. Le Sankarani près de Selingué constitue la frontière en- tre le Hali et la Guinée. Le Sankarani à Selingué a un débit moyen correspondant à quelque 25 pour cent de l'écoulement du Niger à Koulikoro, à l'est de Bamako. Un barrage de 20 mètres de haut avec une crête d'envi- ron 348,5 mètres assurerait un emmagasinage brut de 1.570 millions de m.3 et un emmagasinage utile de 1.4l0 millions de m3. Le plein niveau d'alimen- tation assurant cet emmagasinage se situerait à 347 mètres. Cette réserve garantirait un débit minimum du Niger à Koulikoro d'environ 120 m3/sec., contre une moyenne actuelle d'environ 30 m3/sec. Une telle régularisation serait favorable à l'actuelle centrale hydroélectrique de Sotuba et à toutes autres usines hydroélectriques en aval de Sotuba et en amont du barrage de déviation de l'Office du liger à Mar.kala. 37. Une centrale électrique dotée de quatre groupes, chacun utilisant un écoulement de 50 m3/sec., aurait une capacité installée de 20 l1. Au cours d'une année moyenne, 100 GUh pourraient être pro- duits et 19 DU pourraient être réservés à Bamako, dont 8,5 11W de capa- cité ferme. Selingue et Sotuba fourniraient une capacité de - 12 - Sotuba, 2 groupes Capacité en W Période d'êcoule- Période d'eaux Maximum ment maximum basses Sotuba, 2 groupes h.850 2.600 4.850 Selinguê 19.000 12.000 8.500 Total 23.850 14.600 13.350 Sotuba, 4 groupes Sotuba,,4 groupes 9.700 5.200 6.000 Selingue 19.000 12.000 8.500 Total 28.700 17.200 14.500 Bamako est actuellement desservie par Sotuba et la centrale thermique (diesel) actuelle, comme suit : Capacité en kW Maximum Ferme Centrale thermique 8.800 6.800 1/ Sotuba, 2 groupes h.850 2.600 Total 13.650 9.4oo 38. La capacité dont disposerait Bamako avec Sotuba, Selingué et la centrale thermique s'élèverait donc au total suivant : Capacité en kW Période d'écoule- Période d'eaux Maximum ment maximum basses Centrale thermique 2f 11.700 11.700 11.700 Sotuba, 4 groupes 9.700 5.200 6.000 Selingue 19.000 12.000 8.500 Total 40.400 28.900 26.200 lf Durant la période de débit maximum., un groupe diesel de 2.000 kW place en sommeil. 2/ Deux groupes diesel de 800 kW éliminés et un groupe de 4.500 kW ajouté pour repondre a la demande intcrimaire. -13- 39. En prévoyant une capacité non utilisée égale à-celle de la plus grande centrale du réseau, 21,2 M:U seraient disponibles. Si l'on suppose un taux d'accroissement annuel moyen d'environ 10 pour cent à Bamako, les trois centrales ci-dessus répondraient à la demande jusque vers 1981. 40. Avant qu'aucune décision ne soit prise en ce qui concerne le projet de construction de réservoir à Selingué, l'expansion de Sotuba, la centrale électrique de Selingué ou le projet de Kenié, il est essentiel de procéder à des enquêtes plus détaillées, qui devraient couvrir: i) une étude du marché énergétique. Celle-ci a déjà été confiée à l'EdF/IGECO dans le cadre de leur étude afférente à la direction et à l torganisation; ii) la mise à jour de l'étude réalisée à Selingué grâce à un travail supplémentaire sur place. La Direction de l'Hydraulique du ministère des Travaux publics, des Communications et de lEnergie (MfPCE), par l'inter- médiaire du Gouvernement du Mali, a sollicité l'aide du PNUD pour ces tra- vaux. Cette étude devant être achevée vers la fin de 1971, le MPPCE prévoit que la construction pourrait commencer en 1972/73 et que le barrage pourrait être mis en service d'ici 1975/76. Une centrale électrique ne serait pas nécessairement incluse dans cette phase étant donné que plus de 140 km de lignes de transport seraient nécessaires et qu'il serait peut-être plus économique de commencer par agrandir la centrale de Sotuba, puis celle de Selingué; et iii) une étude visant à déterminer l'utilisation optimale du réservoir de Selingué de manière à maximiser les avantages qui en découleront en matière d'énergie, d'irrigation et de navigation, attendu que la production d'électricité à Selingué et à toutes centrales en aval se trouvera affectée par les besoins de l'irrigation et de la navigation. Ces enquêtes devraient permettre d'établir une comparaison entre les coûts et les avantages des diverses solutions offertes qui comprendraient: i) la construction de Selingué, avec l'implantation d'une centrale électrique tant à Selingué qu'à Sotuba; ii) le projet hydro-électrique de Kenié, décrit au paragraphe 33; iii) la construction de Selingué sans la mise en place immédiate d'installations de production, mais avec l'installation d'une centrale supplémentaire à Sotuba en mesure de fournir 2,6 M de plus d'énergie ferme et d'une centrale thermique produisant 9,4 i; et iv) la construction d'une centrale thermique supplémentaire par étapes successives permettant d'en porter la capacité à 12 MU. Le coût en capital de ces solutions varie considérablement; c'est ainsi par exemple que la solution (iv) nécessiterait un investissement de 3 millions de dollars seulement, alors que le coût de toute autre solution comportant la construction de Selingué serait supérieur à 20 millions de dollars. L'économie réalisée sur les coûts d'investissement si la solution thermique était retenue devrait évidemment être compensée par les dépenses courantes en combustible. Une étude du projet de Selingué financée par le PNUD doit démarrer en octobre 1970 et s'étendre sur deux ans et demi. Il importe qu'elle englobe égale- ment aussi bien les aspects économiques que les questions techniques du projet. Même si ce dernier est finalement mis à exécution, la croissance de la demande d'énergie dans la région de Bamako exi.gera la mise en place d'installations thermiques supplémentaires - une centrale thermique de h.500 Kw à la fin de - 1971 et une autre d'une capacité sensiblement égale quelques années plus tard. -14- hi. Le Sankarani et le Niger sont des cours d'eau intérieurs inter- nationaux et le Réservoir de Selingué entraînerait la submersion de 2.150 ha de territoire guinéen, dont 210 ha sont cultivés. Des négociations pré-- liminaires et un accord entre la Guinée et le Mali sont donc essentiels. Toute utilisation accrue des eaux du Niger aux fins d'irrigation risque d'affecter à la fois le Niger et le Nigeria (Kainji). Les conséquences possibles demanderaient à être établies et il se pourrait que les accords internationaux en vigueur requièrent modification et éclaircissement. Si l'inondation du territoire guinéen devait être évitée, le plein niveau d'alimentation serait à réduire de 6 mètres pour être 5amené à 341 mètres, limitant ainsi l'emmagasinage brut à 298 millions de M . Ceci ne permettrait pratiquement aucune régularisation et affecterait considérablement la justification économique du projet. 42. Le Mali devrait négocier un accord approprié avec la Guinée sur le projet de Selingué. Ces négociations devraient également chercher à établir un système commun d'annonce des crues. D. Balandougou 43. Le projet sur le Fie, affluent de la rive droite du Niger qui se jette dans ce fleuve à environ 30 km en amont de la jonction du Niger et du Sankarani, est situé à environ 120 km de Bamako. -Un barrage de 26 mètres de hauteur assurerait l'emmagasinage d'environ 1.200 millions de m3. La sur- face de captage des eaux est d'environ 4.500 km2, le ruissellement moyen atteint environ 1.750 millions de m3. Une centrale électrique au pied du barrage aurait une capacité installée de 10 141 et une puissance de 40 GWh pourrait être produite chaque année. La zone d'emmagasinage s'étendrait sur environ 40 km en territoire guinéen. Aucun coût estimatif n'a été établi. E. Projet de Dioila 44. Situé sur le Baoulé, affluent du Bani, ce projet est à environ 16 km en aval de Dioila et à environ 100 km au sud de Bamako. Un barrage de 2h mètres de hauteur assurerait un emagasinage utile d'environ 1.200 millions de m3. Une centrale électrique au pied du barrage aurait une capacité installée de 24 1W et pourrait produire 120 GWh par an. Aucun coût estimatif n'a été établi. F. Markala 45. La colonne d'eau créée par le barrage de déviation de l'Office du Niger pourrait être utilisée gr4ce à l'installation de deux groupes de turbo-générateurs de 500 kW, chaque groupe utilisant 12,5 m3/sec. La pro- duction disponible est toutefois limitée car l'irrigation reçoit la priorité et serait nulle durant les basses eaux. Pendant la période d9écou- lement maximum, elle serait également nulle du fait de l'élimination de la hauteur de chute. - 15 - G. Rapides de Tossaye 46. A 25 km en aval de Bourem sur le Niger, un barrage de 16 mè- tres de hauteur pourrait c éer un réservoir d'environ 800 millions de m3, dont 560 millions de m5 seraient utilisables. Une centrale électri- que au pied du barrage, dotée d'une capacité installée de 15 11W utili- serait un débit de 300 ma3/sec. et pourrait produire 90 Gjh par an. Aucun co-at estimatif n'a été établi. H. Toubani 47. Situé à 2 km au-dessous du village de Toubani sur le Bani et à 80 km en aval de Dioila, ce projet bénéficierait de la régulari- sation assurée par le projet de Dioila. Avec une capacité installée de 7,5 1w, la production annuelle serait de 34 GWPh. Aucun coiît estima- tif n'a été établi. I. Bassin du Sénégal 48. Le bassin du Sénégal renferme un important potentiel hydro- électrique qui fait actuellement l'objet d'une enquête très détaillée. Les quatre pays riverains -- le Mali, la Guinée, le Sénégal et la Mauritanie -- ont constitué l'Organisation des Etats Riverains du Fleuve Sénégal (OERS) pour promouvoir l'aménagement du bassin. Les études, toujours en cours, sont financées en grande partie grâce au Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD). Un rapport préliminaire fut publié en décembre 1968. 49. Ce rapport proposait la construction d'un barrage à Galouga près de Gouina, au Mali, en vue de régulariser l'écoulement du Sénégal, améliorant ainsi la navigabilité de ce fleuve entre Saint-Louis sur la câte et Kýayes au Mali. De plus, des quantités importantes d'électricité et d'énergie pourraient être produites et antraîner l'implantation d'industries utilisant une proportion considérable d'électricité, telles qu'une aciérie, si les gisements minéraux de la région peuvent être exploités de manière économique. La régularisation du Sénégal permet- trait également l'irrigation de certaines régions du Sénégal et de la Mauritanie. Un ou deux barrages plus petits, en amont de Gouina, per- mettraient d'irriguer la région de Maqui en vue de la production de coton et de sucre. Des études hydro-agricoles sont toujours en cours. - 16 - VI. PRCG D'IVNESTISS7ENT 50. Jusqu'en 1968, l'Ed:î n'était en mesure de préparer aucun programme d'investissement à long terme, par suite de difficultés d'ordre économique, financier et technique et du manque de personnel qualifié. La situation financière de l'EdM se trouva aggravée par la dévaluation d'avril 1967 et le retard apporté à l'ajustement des tarifs. Eh janvier 1969, toutefois, un programme provisoire d'inves- tissement couvrant la période 1969-1973 fut élaboré. Ce programme est incomplet, un certain nombre de projets inclus n'ayant pas fait l'objet d'une étude approfondie et les coûts n'ayant pas été déterminés. En outre, aucune disposition n'a été prise pour les grands projets dont l'amorçage est prévu pour 1973. 51. Ce programme, comportant les projets de Bamako, Ségou- Markala, Mopti, Gao, Tombouctou, Sikasso, Kayes et Bougouni, en plus de l'électrification de nouvelles agglomérations -- Fana, Koutiala et Koulikoro -- exigerait des investissements d'un montant total de 4.442 millions de FM (US$8,9 millions) camme indiqué ci-dessous En millions de francs maliens Production Distribution Adduction d'eau Logement Total 1969 216,0 394,0 hl,0 24,0 1.075,0 1970 et 1971 399,0 347,0 1.005,0 220,0 1.971,0 1972 et 1973 90,0 303,0 1.003,0 - l.396, Total 705,0 1.0,440 2.449,0 244,0 4. 42,0 En milliers de dollars E.U. 1969 432,0 788,o 882,o 48,0 2.150,O 1970 et 1971 798,0 694,0 2.010,0 440o, 3.942,0 1972 et 1973 180,0 606,o 2.006,0 - 2.792,0 Total 1.410,0 2.088, 4.898,0 488,0 8.884,0 52. Les éléments du programme qui revêtent le plus d'urgence et la plus haute priorité sont les projets d'adduction d'eau, notamment pour Bamako. Les travaux de construction de ce dernier projet, ayant fait l'objet d'une étude en 1962, devaient être entrepris en 1963/64. Il pourrait etre fait appel aux crédits-fournisseurs à moyen terme, mais la Compagnie Française d'Assurance et de Crédit à l'xportation (COFACE) n'était pas en mesure de garantir le crédit. Depuis lors, la situation en matière d'approvisionnement en eau est devenue plus critique d'année en année. -17 - 53. En 1966, le FED (Fonds Européen de Développement) finança une étude et des priorités furent établies. Au-cours du second semestre 1969, le FED a accepté d'octroyer un montant de 1.170 millions de Fm (US$2,4 millions), destiné à financer l'agrandissement de la station de pompage et d'épuration dont la capacité passera de 750 m3/h à 1.330 m3/h; la construction de trois réservoirs souterrains dtune capacité totale de 7.850 m3 et un chtteau dteau de 300 m3; deux stations de pompage inter- médiaires; -des canalisations d'alimentation; 50 fontaines et 25 bouches d'incendie. Des installations de distribution secondaires dont le coût est évalué à 523 millions de FM (US$1,05 million) restent à financer. 54. Le FAC a accordé à l'EdM un prêt de 95 millions de FM4 (US$190.000) pour financer une génératrice diesel de 575 kVA à Ségou-Markala (50 millions de FM) et contribuer au financement du coût de l'électrification de Fana (45 millions de FM). De plus, le FAC a accordé un prêt de 29 millions de F14 au Gouvernement pour-une enquête par l'EdF/IGECO de la direction et de l'organisation de l'EdM. -Ce montant n'est pas compris dans le programme d'investissement de l'dM. Sur le montant initial du prêt consenti au Gouvernement par la CCCE pour la centrale hydroélectrique de Sotuba, une somme de 200-300 millions de FM n'a pas été décaissée. Ce montant pourrait être mis à la disposition de 1'EdM afin de financer les éléments non inclus dans le programme d'investissement. 55. Sur un investissement total de 4.442 millions de FM (US$8,9 millions) 1.265 millions de FM4 (US$2,6 millions)-avaient été obtenus, vers le milieu de 1969, laissant un montant de 3.177 millions de FM (US$6,4 millions) dont le financement devra être assuré par 1'EdM ou à partir d'autres sources. 56. Pour compléter le financement extérieur déjà obtenu ainsi que sa propre capacité d'autofinancement évaluée à 2.567 millions de F14, l'EdM cherche à emprunter des fonds supplémentaires. A cet égard, elle a bénéficié d'un crédit-fournisseur garanti par la COFACE (Compagnie Française d'Assurance et de Crédit à l'Exportation), en vue de l'achat de la centrale thermique supplémentaire dont la mise en place sera nécessaire à Bamako d'ici à 1971. En outre, la BAD a été saisie d'une demande de prêt de 300 millions de FM (US$0,6 millions) pour le finan- cement du projet de distribution d'eau à Bamako. Toutefois, le Gouver- nement estime que les conditions posées par la BAD sont défavorables et se tourne maintenant vers l'IDA pour obtenir le financement de-ce projet et de certains autres projets d'adduction d'eau hors de Bamako. 57. A l'exclusion de la part non décaissée des prêts Sotuba consentis au Gouvernement, le plan de financement de l'EdM pour la période 1969-1973 peut se résumer comme suit: -18- En millions % du i millions de FM total de $EU Total des besoins d'investissements 4.442,0 100 8,9 Sources Financement du FAC et du FED 1.265,0 28 2,6 Autres financements extérieurs (à obtenir en partie) 610,0 1 1,2 Capacité d'autofinancement 1969-1973 Chiffre estimatif (net) 3.040,0 Accroissement du fonds de roulement 473,0 Ressources propres affectées à la construction 2.567,0 58 5, Total 4.442,0 100 819 58. La construction des installations d'adduction d'eau du projet du FED doit être entreprise-au début de 1970, les appels d'offres devant être lancés en-automne 1969. Les travaux devraient en être achevés en mare/avril 1972. Le projet de distribution d'eau pourrait être amorcé au début de 1971, les appels d'offres étant lancés en été 1970. Les éléments les plus urgents et les plus importants de distribution pourraient donc entrer en service en même temps que le projet du FED. VII. SITUATION FINANCIERE 59. Sur la base des renseignements obtenus, la position financière de l'EdM peut être résumée comme suit: A. Bilans (millions de FM) Au -30 Juin Actif 196 1965 1966 1967 1968 Immobilisations 1.775,5 1.843,5 2.338,0 3.885,5 3.970,5 Amortissement cumulatif hh6,2 584,6 708,2 863,5 1.193,4 Immobilisations nettes 1.309,3 1.258,9 1.629,8 3.022,0 2.777,1 Travaux en cours 107,7 272,9 52,0 42,1 35,3 Total 1.417,0 1.531,8 1.681,8 3.064,l 2.812,4 -19- Bilans (suite) 1964 1965 1966 1967 1968 KLéments d'actif mobi- lisables Créances des abonnés (nettes) 567,3 654,9 741,5 761,7 979,7 Divers 332,1 349,0 345,5 930,4 881,5 Total 899,4 1.003,9 1.087,0 1.692,1 1.861,2 TOTAL DE L'ACTIF 2.316,4 2.535,7 2.768,8 4.756,2 4.673,6 Passif Capital Capital actions 50,0 5o,o So,o 50,0 -100,0 Réserves 122,8 165,3 235,9 1.17,0 1.048,1 Subventions 104,2 124,2 127,7 131,3 140,9 Participation du Gouver- nement 1.171,2 1.171,2 1.171,2 1.952,6 1.952,6 Total 1.448,2 1.510,7 1.584,8 3.250,9 3.241,6 Dette à long terme 403,4 479,2 -87,6 809, 871,7 Dette à moyen terme 62,4 41,6 176,8 40,0 40,0 Passif à court terme Dette à court terme 2148,6 308,0 366,6 14U,9 382,3 Exigibilités 71,3 70,1 150,1 204,0 138,0 Banque 82,5 126,1 2,9 6,7 - Total du passif - à court terme 402, 4 504,2 519,4 655,6 520,3 TOTAL DU PASSIF 2.316,14 2.535,7 2.768,6 4.756,2 4.673,6 B. Comptes d'exploitation En millions de francs maliens 1964 1965 1966 1967 1968 2ème semestre seulement Recettes d'exploitation Ventes d'énergie 315,3 604,3 736,9 796,5 1.001,4 Ventes d'eau 63,5 125,6 147,5 157,4 195,0 Locations 23,1 51,1 61,5 58,4 89,3 Divers 0,7 1,8 1,7 1,5 1,9 402.6 782,8 947,6 l.0'13,8 1.287,6 - 20 - Comptes d'exploitation (suite) 1964 1965 1966 1967 1968 Dépenses d'exploitation Salaires 128,6 281,8 291,1 326,5 297,7 Combustible et énergie 196,5 359,2 330,7 278,2 363,3 Transports 5,7 14, 15,3 17,0 29,3 Frais généraux 12,9 18,5 21,8 23,1 38,1 Droits 17,5 30,1 26,8 34,o 75,6 A déduire : salaires capitalisés (44,1) (56,8) (h,7) (21,4) (34,7) Dépréciation 6lj4 118,4 123,6 155,3 329,9 Total 378,5 765,6 764,6 812,7 1.099,2 Revenu d'exploitation 21,h _172 183,0 201,1 188,h Intérêt 8,8 21,1 21,1 30,3 101,9 Impôt sur le revenu 19,9 52,0 63,1 hh, - Revenu net (Pertes) (6,6) .59) 98,8 126,3 86,. Taux de rémunération sur les immobilisations nettes en exploitation (centrale hydro- électrique de Sotuba exclue) en pourcentage 3,7 1,h 11,2 13,1 6,9 60. L'EdM assure le financement de projets de développement et d'expansion à l'aide de : i) formation interne de liquidités, ii) prêts, iii) contributions des abonnés, et iv) subventions. Au 30 juin 19'63, les avoirs financés par les abonnés s'élevaient à un total de 1.022,2 millions de FI, dont 670,2 millions de FM figurent à l'actif et sont dépréciés. Le solde de 352 millions de FM figure pour mémoire dans le bilan de l'dM. Les subventions reçues à la même date s'élèvent au total à 156,8 millions de FM. 61. La centrale hydroélectrique de Sotuba, qui appartient à l'Etat du Mali, n'est pas comprise dans l'actif de l'EdM. Cette centrale, dont la construction est revenue à h.310 millions de FM (US$8,6 millions) environ, a été financée par des prêts et crédits consentis à l'Etat. L'EdM, qui l'exploite et l'entretient n'assure le service d'aucune dette et, à ce jour, n'a constitué aucune réserve pour dépréciation. L'étude de l'EdF sur la gestion et l'organisation de l'EdMf contiendra des recommandations relatives aux conditions auxquelles cette centrale pourrait être transférée à l'EdM. En comptant la valeur non dpréciée de Sotuba pour déterminer le taux de rémunération, l'EdM n'aurait eu qu'un rendement d'environ 2,7 pour cent en 1968. - 21 - 62. Le revenu de 1967/68, toutefois, ne reflète pas l'effet de l'augmentation de tarif à la suite de la dévaluation, cet accroisse- ment n'ayant été appliqué que neuf mois environ après la dévaluation d'avril 1967. En conséquence, le taux de rémunération est faible. On s'attend à ce que celui-ci s'améliore pour l'exercice financier 1968/69. Sur la base de recettes d'exploitation d'environ 1.818 mil- lions de FM et de dépenses d'exploitation d'environ 1.275 millions de FM, le revenu d'exploitation est évalué à environ 543 millions de FM. Les immobilisations nettes en service sont évaluées à environ 2.800 millions de FM à l'exclusion de Sotuba et à 7.110 millions de FM avec Sotuba. Le taux de rémunération pour 1968/69 peut donc être évalué à 19,4 pour cent sans Sotuba it à 7,6 pour cent avec Sotuba, Etant donné le financement substantiel fourni par des tiers (contri- butions des abonnés) et par des subventions, un tel taux de rémuné- ration peut être considéré comme raisonnable. 63. Le problème primordial, cependant, est dû aux comptes débiteurs divers dont le total s'élevait à 1.001,7 millions de FM au 30 juin 1968, correspondant à environ 82 pour cent des recettes de 1967/68. Les créanciers principaux sont les Municipalités de Bamako et de Kayes, dont la dette totale atteint environ 300 millions de FM. 64. Etant donné que l'EdF procède actuellement à une étude de la gestion et de l'organisation de l'EdM, portant en particulier sur les systèmes et méthodes de comptabilité, la situation des comptes existants, le relevé des compteurs, les méthodes de facturation et d'encaissement, les méthodes appliquées aux arriérés, la gestion des- dépôts, le bilan, etc., les renseignements ci-dessus sont préliminai- res et sont sujets à révision après examen de l'étude et des recomman- dations de l'EdF. C. Tarifs 65. Les tarifs en vigueur avant la dévaluation et pendant la période de neuf mois ayant suivi la dévaluation du franc malien étaient les suivants t Ventes haute tension : Abonnement annuel par kW installé FN5.760 US$ 23 / Tarif d'électricité par kWh FM33 UScents 13,2 Heul-e de pointe FM33 UScents 13,2 Heures intermédiaires FM24 UScents 9,6 Heures de nuit FM18 UScents 7,2 ou: Abonnement à tarif unique (pour une capacité installée égale ou inférieure à 25 kW) par kWh consommé F433 UScents 13,2 / Taux de change avant la dévaluation : 250 FM = US$ 1 - 22 - Ventes basse tension : Eclairage et usages domestiques Les 30 premières heures par mois, multiplié par la capacité instal- lée, par kTh FM40 UScents 16,0 Les 30 heures suivantes, par kh FM36 UScents 14.,4 Au-dessus de 60 heures, par kWh FM26 UScents 10,4 Eclairage public Les 120 premières heures par mois, multiplié par la capacité instal- lée, par k1lh FM36 UScents 14,4 Au-dessus de 120 heures, par kWh FM24 UScents 9,6 Energie a) Abonnement annuel par kW installé FM5.760 US$ 23,0 Tarif d'électricité par kWh Heures de pointe FM36 UScents 14,4 Heures intermédiaires FM30 UScents 12,0 Heures de nuit FM24 UScents 9,6 b) Abonnement à tarif unique, par kWh FM36 UScents 14,4 66. En ce qui concerne la location et l'entretien des compteurs, le loyer mensuel varie selon le nombre de phases, la capacité installée et le voltage. Le loyer mensuel d'un compteur uniphasé de 3 ampères pour une capacité installée de 380 Watts à 127/220 Volts et de 30 FM et celui d'un compteur triphasé de 100 ampères pour une capacité installée de 66 kW à 220/380 Volts est de 3.800 FM. 67. Les tarifs d'êlectricité indiqués ci-dessus ne comprennent pas les surcharges et taxes qui incombent aux abonnés. Les tarifs sont fixés par le Gouvernement, en consultation avec les ministères compétents. Ils peuvent varier en fonction de la situation économique et sont sujets à révision tous les cinq ans. Si l'indice économique augmente dz 3/2 ou bais- se auz 2/3 de la valeur au moment de la dernière révision des tarifs, l'EdM ou le Gouvernement peut demander une révision. Les tarifs peuvent également être réexaminês si : (i) le chiffre des ventes de l'année écou- lée est le triple de ce qu'il était lors de la détermination précédente des tarifs; (ii) de nouveaux moyens de production, de transport ou de distribution sont employés, de nature à affecter sensiblement les tarifs en vigueur; et (iii) si au cours de la période de la concession le Gouver- nement place de l'énergie hydroélectrique à la disposition de l'EdM ou si les tarifs appliqués à la vente de cette énergie à l'EdM font l'objet deune révision. - 23- 68. Les tarifs indiqués ci-dessus sont toujours en vigueur. Par suite de la dévaluation, les factures d'électricité établies après janvier 1968 ont été augmentées d'une surcharge de 47 pour cent. En plus, le Gouvernement perçoit des abonnés une taxe de 2 FM. D. Impôts 69. L'EdM est passible de tous impôts institués par la République du Mali et par les Municipalités. Ces impÔts, à l'exception de la sur- charge et des taxes payables par ltabonné, sont inclus dans la structure des tarifs. Si ces impôts changent, l'EdM et le Gouvernement ont le droit de demander une révision des tarifs. E. Consommateurs 70. L'EdM dessert actuellement quelque 14.300 abonnés répartis comme suit : Bamako 9.19 Kayes 1.176 Gao 668 Mopti 1.067 Ségou 1.423 Bougouni n.d. Sikasso 296 Tombouctou 262 Total 14.311 VIII. CONCLUSIONS 71. Le marché énergétique actuel et son évolution passée reflètent la conjoncture économique du Mali. Le secteur moderne est restreint et seulement 10 pour cent de la population du Mali vit dans des villes de plus de 5.000 habitants. Le chiffre estimatif de la population ayant été de 4,9 millions d'habitants en 1968 -- sur l'hypothèse d'un taux de croissance démographique de 2 pour cent par an -- la consommation dténergie par habitant ne s'est élevée en 1968 qu'à environ 7 kWh. 72. Le taux moyen de croissance annuelle a été de 10,3 pour cent pour 1962-1968, soit 6,3 pour cent seulement pour la période 1965-1968. Ces taux de croissance, faibles pour un pays en voie de développement, sont dus non seulement à la situation économique existante mais aussi : - 24 - i) à la situation financière de l'EdM et à la difficulté qu'elle éprouve à obtenir une aide financière pour ses projets d'expan- sion; et ii) aux méthodes de financement appliquées jusqu'ici par l'EdI, qui consistaient à faire financer dans une large mesure toute extension du réseau de distribution au moyen de leurs contribu- tions d'abonnés. 73. Il existe un potentiel considérable de demande d'électricité, notam- ment à Bamako; mais les consommateurs qui seraient en mesure de payer pour leur consommation n'ont pas nécessairement les moyens de financer l'extension requise des lignes de transport. 74. L'étude IGECO/EdF, actuellement en cours, aidera l'EdH à élaborer des programmes à long terme d'expansion et d'investissement et lui permettra de mettre en oeuvre les recommandations présentées et de procéder à une réorganisa- tion en vue de répondre aux besoins futurs de manière rationnelle et économique. Le programme provisoire d'investissement préparé pour 1969-1973, bien que raisonnable, ne couvre que les besoins immédiats. 75. Le prochain projet énergétique important au Mali, celui de Selingud, exige une étude plus approfondie. En particulier, des analyses économiques sont indispensables, étant donné que non seulement l'énergie mais aussi l'irrigation et la navigation pourraient bénéficier de la modeste régularisation du débit du Niger assurée par le réservoir de Selingué en période d'étiage. Une centrale électrique au pied du barrage de Selingué ne constitue pas nécessairement le prochain projet énergétique étant donné que la régularisation améliorerait la production et la capacité ferme de l'actuelle centrale électrique de Sotuba et permettrait le renforcement de cette centrale par l'addition de deux nou- veaux groupes. Néanmoins, il est vraisemblable que la manière la plus économique de faire face à la demande prévue dans l'avenir immédiat serait de procéder à l'expansion des installations thermiques à Bamako, et de différer la construc- tion de Selingu jusqu'à ce que le réseau soit en mesure d'absorber l'énergie produite par ce dernier projet. Il est d'ailleurs possible que la production de Selingué ne soit pas nécessaire avant 1980 au plus tôt. 76. Toutefois, la construction envisagée à Selingué est fonction d'un accord à conclure entre le Mali et la Guinée, étant donné que le Sankarani près de Selingue constitue la 2rontiére entre le Mali et la Guinée et qu'environ 2.150 ha de territoire guinéen se trouveraient submergés par le réservoir. La réduction du niveau d'emmagasinage pour éviter d'inonder des terrains guinéens affecterait considérablement la justification économique du plan proposé. Il est donc recomman- dé que le Mali négocie avec la Guinée (i) les conditions dans lesquelles l'inonda- tion du territoire guinéen peut être prévue et (ii) la création d'un système d'a- vertissement annonçant les crues à l'avance puisque la zone de captation du bassin du Sankarani s'étend en territoire guinéen. 77. La situation financière de l'Ed, considérée dans son ensemble, est assez satisfaisante, étant donné que l'on s'attend à ce que l'ajuste- ment des tarifs mis en vigueur à la suite de la dévaluation permette en 1968/69 un taux de rémunération de 19,4 pour cent à l'exclusion des avoirs de Sotuba, et de 7,6 pour cent si l'on comprend Sotuba. L'actif net repré- sente environ 70 pour cent des engagements, les dettes à long et moyen terme 19 pour cent et le passif à court terme 11 pour cent. Le rapport entre les éléments d'actif mobilisables et du passif à court terme, atteignant -25- 3,6 est élevé, principalement du fait des créances abonnées. Ces créances sont exceptionnellement élevées: elles représentaient en 1967/68 environ 84 pour cent du total des recettes provenant de la vente pour cet exercice financier. Il est recommandé que des accords soient conclus avec les principaux débiteurs pour le règlement des arriérés, le cas échéant sur une période assez longue. Llétude IGECO/tdF doit traiter cette question et présenter des recommandations à ce sujet. 78. L tEdM a reçu dernièrement un crédit-fournisseur pour le financement dtune annexe à sa centrale thermique de Bamako. Ses besoins les plus immédiats résident daua l'obtention de fonds complémentaires pour financer des installations de distribution dteau à Bamako. Il lui faudra probablement recourir ultérieurement à un autre concours financier pour de nouvelles installations thermiques et, peut-être, pour doter certaines villes de province d'un réseau dtadduction d'eau.

Informations clés
Date d'adoption
Pays Mali
Source Banque mondiale