FILE COPY DIFFUSION RESTREINTE RapportNo. AW-15a TRADUCTION NON-OFFICIELLE A TITRE D'INFORMATION Ce rapport a e'té prépare' 'a titre de document interne. Ni la Banque ni les organismes qui lui sont affilies n'acceptent aucune responsabilité quant à son exactitude ou son caractère exhaustif. En aucun cas ce rapport ne saurait être publié' ou cité comme représentant leurs vues. BANQUE INTERNATIONALE POUR LA RECONSTRUCTION ET LE DEVELOPPEMENT ASSOCIATION INTERNATIONALE DE DEVELOPPEMENT SITUATION ET PERSPECTIVES ECONOMIQUES DU SENEGAL (en sept volumes) VOLUME I RAPPORT PRINCIPAL le 30 juin 1970 Departeient Afrique de l'Ouest TAUX DE CONVERSION Unité monptaire: Franc CFA (FCFA) Avant le 11 aoiÎt, 1969: 1,00 dollar E.U. = 246,85 FCFA 1.000 FCFA = 4,05 dollar E.U. Après le 11 août, 1969: 1,00 dollar E.U. = 277,71 FCFA 1.000 FCFA = 3,60 dollar E.U. PrI)3 ET MESURES 1 tonnemétrqiue (t) = 2.205 livres i kiLo-ramne (kg) = 2,2 livres i r (= 0,62 mile 1 mètrr- (m) = 3,28 pieds COMPOSITION DE LA MISSION Le présent rapport a été établi sur la base de renseignements recueillis par une mission économique qui a séjourné au Sénégal en octobre et novembre 1969. La composition de la mission était la suivante: Cornelis J. Jansen Chef de Mission Heinz B. Bachmann Economiste en chef Carlos Merayo Economiste Jacques Baldet Economiste, Spécialiste des questions fiscales Michel Palein Economiste agricole Pietro Rava (Consultant) Ingénieur agronome Alain Thys Ressources hydrauliques et assainissement Robert A. Moal (Consultant) Spécialiste des questions de la pêche Wybold van Warmelo (Consultant) Spécialiste des questions industrielles Abdallah El Maaroufi Spécialiste du tourisme SEN EGAL TABLE DES MATIERES Page No. DONNEES DE BASE CARTES RESUME ET CONCLUSIONS I INTRODUCTION ................................ 1 II EVOLUTION ECONOMIQUE DU SENEWAL .................. 7 A. Accroissement de la production .......... 7 B. Emploi du PIB ....... 0................... 8 C. Situation monétaire ..................... il D. Population et emploi .................... 15 E. Evolution de la situation dans l'agriculture et liindustrie ...... 18 III FINANCES PUBLIQUES ............................... 28 A. Importance du secteur public .......... 28 B. Evolution du budget ordinaire et de l'épargne publique ............. 28 C. Les investissements publics ............ 30 D. Problèmes budgétaires .................. 36 IV BALANCE DES PAIEMENTS ............. o .... ...... .... 39 A. Compte des opérations courantes ........ 40 B. Commerce extérieur ..................... 40 C. Aide étrangère et dette extérieure ..... hh V PERSPECTIVES ECONOMIQUES ET CAPACITE D'ENDETTEMENT 47 A. Croissance économique globale .......... 47 B. Planification et investissements publics 52 C. Modalités du financement étranger et capacité d'endettement ............. 57 ANNEXE I I Transports ANNEXE II Education ANNEXE III Secteur de l'énergie ANNEXE STATISTIQUE LISTE DES TABLEAUX DANS LE TEXTE 1. Composition sectorielle du PIB è prix constants 2. A. Emploi du PIB B. Financement des investissements bruts 3. Formation annuelle de capital 4. Répartition sectorielle de la formation brute de capital privé 5. Evolution de la situation monétaire 6. Opérations courantes des administrations et entreprises publiques 7. Dépenses de développement du gouvernement central - Deuxiène plan quadriennal 8. Financement des dépenses de développement du gouvernement central 9. Relevé des opérations du trésor 10. Balance des paiements 11. Répartition géographique du commerce extérieur 12. Dépenses et épargne en 1974 13. Projections de la balance des paiements 14. Dépenses de développement du secteur public pendant le troisième plan 15. Financement des dépenses publiques de développement pendant la période couv-erte par le troisième plan 16. Projections de l'apport de capitaux et du service de la dette LONNEE DE BASE Superficie: 197.200 km carrés Population: (Estimation au milieu de l'année 1968) Total 3.667.000 habitants dont h7.000 non-africains Densité 19 au km carré Taux de croissance 2,2% par an Scolarisation 35% de la population d1àge scolaire (1969) Régime politique: République indépendante depuis 1960 Produit intérieur brut (aux prix du marché) : 1959 1964 1966 1967 1968 1969 PIB aux prix courants (milliards de FFA) 154,0 187,J 201,0 201,7 208,8 207,0 Taux de croissance (% p.a.) .....(,0)... ..........(1,9)........... .... ... ... .... ...3,1 ............... PIB par habitant (FCFA) 50.670 55.660 57.310 56.220 56.930 55.230 Taux de croissance (% p.a.) .....(1,9)... .........(0*,15).---...... .... ... ... ... ... (1, )................ Hausse des prix (% p.a.) Produit intérieur brut (aux prix du marché): PIB aux prix courants (millions de dollars EU) 623,9 759,2 814,3 817,1 8h5,9 745, PIB par habitant (dollars EU) 205 225 232 228 231 199 2/ Composition du PIB aux coûts des facteurs (moyenne 1967-68) rigines _mplois Agriculture (y compris élé- Consommation publique 19,h vage et forêts) 27,0 Consommation privée 68,8 Pêche 3,3 Investissement intérieur brut 12,8 Industries extractives 0,3 Services publics 2,h Solde net du commerce exté- Industries manufacturières rieur et services non-fac- (y compris ltartisanat) 13,3 teurs (-)1,2 Construction 3,A Transports 6,0 Commerce 18,2 Autres services 7,2 Administrations 18,9 Total 100,0 100,0 l/ Les chiffres pour 1969 sont provisoires. 2/ Calculé au taux de change de 277,71 FCFA pour 1 dollar EU en vigueur après août 1969. Si la conversion avait été effectuée au taux de change de 246,85 FCFA pour 1 dollar EU, le PIB en 1969 se serait élevé à 839 millions et le PIB par habitant à 22h dollars. - 2 - Financement de l'investissement intérieur brut (en milliards de FCFA) 1964 1966 1967 1968 Formation brute de capital fixe 21,1 20,5 25,1 27,8 Epargne nationale - brute 12,9 18,5 19,1 20,4 Entrées nettes de capital et évolution des avoirs à l'étranger 8,2 2,0 6,0 7,4 (Epargne intérieure brute) (16,h) (22,5) (23,2) (24,7) Budget de l'Etat 1965/66 1966/67 1967/68 1968/2 (en milliards de FCFA) Total des recettes ordinaires 35,8 35.,4 35,9 36,2 Total des dépenses ordinaires 32,8 33,0 33,9 35,6 Opérations budgétaires à classer +0,h +0 2 -0 2 Excédent du budget ordinaire +3,-4 -+2,6 +0,1 Dépenses de développement 4,5 6,9 5,7 7,3 Amortissement de la dette de l'Etat 0,25 0 25 0,33 0, 6 Déficit total 1,35 ( , - ,2 - 7,76 financé à partir: (de sources extérieures) (1,60) (2,30) (2,10) (3,10) (de sources intérieures) (-0,25) (2,25) (2,13) (4,66) Monnaie et crédit Appartenance à une grande zone monétaire: Membre de l'Union monétaire ouest-africaine (UMOA) et de la Zone franc Masse monétaire ( à la fin de la période, en milliards de FCFA ) 196h 1966 1967 1968 Montant total de la masse monétaire 30,1 27,1 25,3 28,4 crédit au secteur privé 34,5 30,8 27,1 32,6 crédit au secteur public -8,3 -8,8 -4,5 -2,h Balance des paiements (en milliards de FCFA) 196h 1966 1967 1968 Importations 47,5 h4,3 46,8 51,2 Exportations 36,3 7 21 h2 h Balance commerciale -11,2 -2,6 -7,7 -t, Services nets 6,5 h,6 5,8 5,7 Paiements nets de revenus de facteurs -3,5 -h -4 1 .3 Solde des opérations courantes ( (-)2 , (-2,0 (-)7,4 -3- Commerce extérieur Appartenance à une grande zone douanière: Membre de 9lUnion Douanière ouest-africaine et Membre associé de la CEE 196h 1966 1967 1968 Exportations de biens et services: % du PIB 26,h 25,3 2h,5 25,2 Importations de biens et services: % du PIB 28, 9 2h,2 25,h 26,7 Concentration des exportations (%) (Arachides et produits dérivés) (77,8%) (77,8%) (77,7%) (72,0%) Assistance étrangère: montant estimatif brut des versements (en milliards de FCFA) 1964 1966 1967 1968 France 7,2 7,5 7,2 8,6 CEE (FED) 1,7 3,0 2,2 1,9 U.S.A.I.D. O4,h 0,9 1,1 0,9 Divers 11 11 17 11 Total, dont 10% 1 ', 12,2 12 (Transferts publics) (5,h) (8,0) (7,5) (7,7) Réserves internationales (au 31 décembre) (Avoirs extérieurs imputés au sein de l'Union monétaire ouest-africaine) 196 1966 1967 1968 Valeur totale (millions de $E.U.) _~7 Nombre de mois d 'importation de marchandises 2 3 2 1 Position à l'égard du FI (mil- lions de $E.U.) Quote-part 25,0 25,0 25,0 25,0 Tirages - Opérations du Groupe de la Banque Mondiale A. Opérations antérieures (millions de $E.U. - au 31 décembre 1969) Engagements Versements BIRD 7,5 5,0 IIA 15,0 11,0 B. Conditions des opérations BIRD/IDA (moyenne pondérée) Taux d'intérêt Délai de cadence Durée d'amortis- (p.a.) (anrëes) sement(années) September 1966- Décembre 1969 2,6% 8,8 31,8 - 4 - Dette publique extérieure (en fin d'exercice) 964 1966 1967 1968 En cours total de la dette, y compris sommes non encore déboursées (mil- lions de $E.U.) 69,0 79,6 81,9 81,5 (montants déboursés seulement) (58,3) (59,9) (60,0) (59,7) Intfrêt et amortissement: % des exportations de biens et services (brut) 1,4% 1,8% 1,8% 1,8% 6 14SAHA ESPG.O ALGERE EIi SENEGAL M A U R I T A N I E SENEGALE I ADMINISTRATION MARTN -~ N|GER agan..- MALI - -- Limite d'tt-SENEGAL - Limite de région GAMIE J4 - - -- -- Limite départemental N GUINEE P 0 Npo" GUINNEE]- * Capitaie vIIG L~*~ ~.~ '< uChef-lie de r'gion OT NIGERIA o Chef-lieu de d6partement SIERRA LEONEGHAN - Fleuves si isL I - - Cours d'eau intermittents CAMEROUN DAHOWY »GUINEELj ATLANTIQUE EQU- ouga M.tom R E G l O N -- OLinguere , Kebe,er - V \ D E OCEA N R E G 1ON N EGOvouaee ¯ ¯D O U R B E L REGlON'Du \ --E_A.- kelo CAP-VERT -\ Mlbace @ThiesM,l e DAKA~~>-~ L-T--, H I E S , ree ~ '" DAKADTo ErSeD--ourb A4TI A4NT/QUE -or OGosess Fatick D R E G l DES,/0-SA \R E G N D U MGA L l - 0 FoundougneSKIoOG Kaffrine Tambacounda S E N E G A L - G AB 0 R lE NT A L ng gro 'Ve gra N>IO KOL0-KOBA R E G I O N D E L A C A S A M A -"N C E ØC NA/O/AL M ile s o 6 0i n o n 0 o ld a< 0 Po 20 W 40 ýO60 7,0 8 0 190 oKdugu KlLOMETRLS g CKedhugo Ziguinchor O.ssouye. CAP SKIRRING G U I N E E P O R T U A I S E G U I N E E FIVRILR 1970 BIRD 28 SENEGAL SRESEAU DE ROUTES uC i fý - PRINCIPALES -- - Routes rvtues TOI .... Rontes reveties en construetion Routes empierrees D vers---- loutes en sol naturel VT LOu F B- Fluviale permanente Aeroport international Ti-go0ne mboro ékhé PSEL BABY K' Ti-.-BAKEL Ng.homb.le O b.cke 4 CP VER N K DAKAR Popenguine Sinnd,0 Oiagani.oF. s Ma Sni. ThiadiayeKi, OL -ir3 f° ~~~Kaiakie. onhuBl okone K-u TAMBACOUNDA A L -BATHURS F.rafenml F 'q l VELINGARA- - '* I okolo Koba andi[diou1- - F Koldun..kane NIOK .0 -- KOBA Di..B NATOW{AL- PARK M.ko sedssouBoundou -- ~T-nff -- Oussou - -ZIGUINCHOR Badfss -Ndougou GUDNEE- PORTUGAPSE's 1 11 G WU'I 19U9 B1kRD 2930 RESUME ET CONCLUSIONS 1. Situé en bordure de la c6te occidentale de l'Afrique, le Sénégal couvre une superficie de 197.000 km2. En 1969, il avait une population d'environ 3,8 millions d'habitants. Il a été officiellement constitué en république après l'éclatement de la Fédération du Mali le 20 aou^t 1960; depuis cette date, il a entretenu des relations exté- rieures harmonieuses avec les autres paý s. Le Gouvernement du Président Léopold Senghor reste en étroite relation avec Ja France et les Communautés économiques européennes. Le -énégal est membre de la zone franc et sa monnaie, le franc CFA, est totalement convertible en francs français. Il partage avec le Dahomey, la C6te d'Ivoire, la Mauritanie, le Niger, le Toio et la Haute-Volta, une banque centrale, la Banque centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO), créée avec le concours de la France, dont le siège temporaire est à Paris. De plus, l'assistance financière et technique de la France a joué un rôle majeur dans les efforts de développement déployés par le Sénégal et l'entre- prise privée française continue à dominer l'industrie, le commerce et les banques du pays. Depuis 1964, le Sénégal est membre associé aux CEE et cette appartenance l'a amené à nouer des liens économiques avec d'autres pays d'Europe. Les restrictions mises aux importations en pro- venance de ces pays ont été progressivement supprimées. Le Fond européen de développement (FED) aux CEE fournit en outre une aide con- sidérable à d'autres secteurs de l'économie. Le Sénégal reçoit également l'aide des Etats-Unis et de l'URSS. Il entretient des relations amicales avec de nombreux pays africains et appartient à un certain nombre d'or- ganismes africains. Pendant la majeure partie de la décennie écoulée, la situation politique et sociale intérieure du Sénégal a été caractérisée par la stabilité et l'absence de conflits. 2. Trois événements importants ont marqué l'indépendance politique du Sénégal et ont agi puissamment sur le développement économique du pays au cours de la décennie écoulée. Il s'agit premièrement de la désintégration de l'ancienne Afrique occidentale française dont Dakar était la capitale; cet événement a privé le Sénégal de la plupart des débouchés traditionnels de ses exportations de produits manufacturés et s'est traduit par le déclin de l'activité et la sous-utilisation de la capacité de nombreuses entre- prises. Deuxièmement, le départ de la plupart du personnel français mili- taire et civil, qui avait été concentré à Dakar pendant la période coloniale, a provoqué une baisse de la demande de produits de fabrication locale et une stagnation de l'activité dans le secteur de la construction. Troisiè- mement, l'abandon progressif du prix garanti des arachides sur le marché français à dater de 1964 s'est traduit par un fléchissement de 20' des prix moyens à l'exportation. Comme les arachides (notamment le traitement) représentent presque 20% du PIB et 75: des exportations, cette régression brutale a eu une incidence sensible sur la situation économique globale du Sénégal. Le recul des prix n'a été compensé qu'en partie par les sub- ventions accordées par les CEE de 196h à 1968. Les difficultés auxquelles - ii - ces événements ont donné naissance et l'absence de dynamisme des mesures prises par les pouvoirs publics pour y remédier, associées aux ressources naturelles médiocres du pays, expliquent l'évolution de l'économie séné- galaise au cours de la décennie qui a suivi l'indépendance du pays. 3. De 1961 à 1968, le taux de croissance du PIB s'est établi à 2,5 par an en moyenne à prix constants; il est donc à peine supé- rieur au taux de croissance estimatif de la population qui était de 2,2' par an pour la même période. Le PIB par habitant a atteint l' équi- valent de 199 dollars EU en 1969. Les investissements bruts, exprimés en pourcentage du PIB, sont passés de 10,3 ' entre 1961 et 1964 à 11,8% entre 1965 et 1968. Cet accroissement provient, pour l'essentie, aux investissements privés. L'épargne nationale a également augmenté par rapport au PIB, mais moins vite que les investissements, de sorte que le déficit des opérations courantes est passé de 1,9, du PIB entre 1961 et 196h à 2,8 entre 1965 et 1968. La formation de capital et de l'épargne, bien qu'ayant progressé, constitue une proportion encore médiocre du PIB étant donné que les possibilités d'investissement étaient restreintes et que la stagnation que connaissait le pays n'en- courageait pas l'épargne. h. Aux fins de planification, le Gouvernement sénégalais s'est fondé sur un tawux de croissance démographique à 2,2'1 par an à dater de 1961. Etant donré la diversité des taux de natalité et de mortalité - mais du fait surtýout de la migration intérieure - la croissance démo- graphique diffère profondément selon qu'il s'agit des villes ou des campagnes. Le taux de croissance annuel s'établit en moyenne à 5-61 dans les villes d'une population supérieure à 10.000 habitants; il est probablement inférieur à 1% dans les campagnes. De là, les graves problèmes qui se posent dans le domaine du logement et de l'emploi dans les villes. Ce n'est que depuis l'année passée ou celle d'avant que les pouvoirs publics ont acquis la conviction qu'il leur fallait réduire le taux de croissance démographique pour que le pays puisse prendre un rythme satisfaisant d'expansion économique, mais jusqu'à présent ils n'ont formulé aucun plan d' action. 5. L'effacement de Dakar comne centre administratif et écono- mique et le départ de la plupart des troupes françaises ont provoqué une certaine diminution des emplois rémunérés au Sénégal depuis l'indé- pendance. Le nombre total d'emplois dans le secteur moderne s'élevait à environ 125.000 personnes en 1968 (6,61 de la population active). Cette situation, ajoutée à l'exode rural continu, fait augmenter rapidement le ch8mage dans les villes. 6. L'agriculture emploie environ 70% de la population active totale, mais ce secteur n'assure directement que le tiers environ du PIB. Quinze pour cent seulement à peu près de la superficie totale sont mis en culture, presque exclusivement sous forme de petites exploitations. La culture est traditionnellement axée sur les céréales - principalement le mil - qui servent à l'alimentation quotidienne, et sur l'arachide qui est une culture commerciale. La valeur brute de la production d'arachide représente 40-50% de la valeur totale de la production agricole et assure - iii - l'essentiel du revenu monétaire des exploitants. La production des autres principales cultures vivrières - riz, mais et manioc - augmente, mais sert encore surtout l'autoconsommation agricole. La production nationale de céréales est inférieure a la consommation de sorte que les importations de céréales sont passées de 120 des importations totales en 1962 à 201% en 1968. Le coton est cultivé depuis 1963 et la production, tout en n'étant pas très importante actuellement, croft rapidement. L'élevage a progressé à un rythne accéléré au cours de la décennie écoulée, surtout grâce à l'amélioration de la santé du cheptel et à l'installation de points d'eau dans la vallée du Sénégal. Actuelle- ment, la production ne suffit pas à couvrir les besoins nationaux; aussi le Sénégal doit-il importer l'équivalent du quart environ de sa consomma- tion de viande. La production de poisson a augmenté régulièrement au cours de la décennie. Au large des côtes sénégalaises la mer abonde en poissons; les entreprises étrangères et sénégalaises qui exploitent les pecheries offrent des emplois en plus grand nombre et procurent des recettes d'exportation croissantes au pays. 7. La production agricole a augmenté lentement au cours des années 1960, a un rythme quelque peu inférieur à h% par an en moyenne. En dehors des conditions climatiques défavorables qui ont fait diminuer la production d'arachide au cours des dernières campagnes, la dispari- tion du prix garanti de ce produit sur le marché français et l'exode rurale qui s'est particulièrement intensifiée au cours des quelques dernières années, sont les principales raisons qui expliquent cette lenteur. Les pouvoirs publics, conscients de ces problèmes, ont soutenu divers efforts destinés à augmenter la productivité des exploitations d'arachide et à diversifier l'agriculture. Néanmoins, la multiplicité des organisations s'occupant de l'agriculture et leur absence de coordina- tion ont entravé la mise en oeuvre des mesures prises par les pouvoirs publics. En outre, l'important retard pris par le programme conçu pour généraliser l'utilisation des engrais et des machines agricoles donne à penser que les méthodes de vulgarisation et les mesures relatives aux prix des biens de production doivent être aménagées. Enfin, l'absence de programme précis d'éducation rurale entrave les efforts déployés pour susciter une réaction plus dynamique des agriculteurs à l'application de ces mesures. 8. Le Sénégal a atteint un stade relativement avancé d'indus- trialisation, comme il ressort manifestement de la part élevée qu'occu- pent les industries manufacturières dans le PIB, soit 13,5% de 1965 à 1968. Une caractéristique importante du secteur industriel est la prédominance des entreprises que possèdent et gèrent des étrangers. L'importance des effectifs étrangers et le haut niveau de leurs salaires, ajoutés aux salaires substantiels des travailleurs sénégalais, expliquent les coats élevés et la faiblesse de la situation concurrentielle du Sénégal par rapport aux autres pays en voie de développement. L'indépendance n'a pas fait aboutir le processus de remplacement des importations et en 1960 il a fallu créer une capacité de production supplémentaire dans les secteurs de la chaussure, des textiles et de la fabrication du ciment, - iv - ainsi que dans celui du raffinage du pétrole. Une usine d'engrais destinée a alimenter la consomation intérieure a été créée à l'aide d'une prise de participation de la SFI. Dans l'ensemble, ces nouvelles activités manufacturières ont compensé le déclin de la demande qui s'est produit à la suite du départ des français et la chute des exportations à destination des marchés traditionnels; elles ont par ailleurs amené une croissance de 5,5% par an dans le secteur manufacturier. Dans le domaine de la promotion de l'industrie, les pouvoirs publics ont coupté jusqu'à une époque récente exclusivement sur un régime de protection tarifaire et sur des stimulants d'ordre monétaire et fiscal dont les entreprises étrangères ont été les premières bénéficiaires. Les pouvoirs publics font actuellement passer l'accent sur la création de débouchés et l'application de stimulants destinés à attirer à la tête des entreprises des ressortissants sénégalais; mais ces mesures ont eu jusqu'à présent peu de résultats positifs. 9. Etant donné l'exiguité du marché intérieur et les possibilités limitées qu'offre le remplacement des importations, il faudra que le Sénégal axe son expansion industrielle vers l'exportation. Le secteur industriel possède certains atouts qui pourraient l'aider considérablement à mettre sur pied des industries d'exportation, à savoir une infrastruc- ture avancée, l'accès aux capitaux et aux connaissances techniques étran- gers ainsiqu'une population active dont les aptitudes pour l'industrie ne sont plus à démontrer. En outre, en qualité de membre associé aux CEE le Sénégal bénéficie d'un traitement préférentiel qui lui permet d'exporter ses produits manufacturés veisles pays des CEE. 10. Les finances publiques sénégalaises n'ont cessé de se dété- riorer au cours des cinq exercices financiers écoulés (1964/65 à 1968/69). Les dépenses ordinaires de l'Etat, qui ont augmenté très modérément au cours des trois premières années de la période, sont montées en flèche au cours des deux dernières années en conséquence des augmentations de traitements accordées à la suite de l'agitation sociale de mai 1968. Par contre, les recettes ordinaires n' ont pas suivi, en raison de la régression de l'activité économique imputable à la situation défavorable du marché national et international des arachides. En conséquence, l'épargne ordi- naire de l'Etat est passée de 3,6 milliards de FCFA en 1964/65 à juste 60 millions en 1968/69. Il semble que la situation budgétaire des munici- palités se soit détériorée de la même façon. 11. Pendant le deuxième Plan de développement quadriennal (1965/66- 1968/69), les dépenses du secteur public ont atteint 36 milliards de FCFA. La priorité accordée dans le Plan à la mise en place de l'infrastructure sociale (28,8%), au développement de l'agriculture (24,1%) et des trans- ports et télécommunications (16,2%) se justifiait au départ. 12. Les impfts déjà relativement lourds(18,8% du PIB en 1967/68) ne permettent pas aux pouvoirs publics d'accroître leurs recettes futures en augmentant les taux d'imposition en vigueur. C'est un expédient auquel ils n'ont que trop recouru par le passé et tout impft supplémentaire, qui ne serait pas assorti d'une réforme de structure de la fiscalité, ne ferait que favoriser davantage l'évasion et la fraude fiscales, deux problèmes qui menacent déjà gravement la situation des finances publiques. - v - Les efforts déployés récemment pour renforcer le controle aux fron- tières ont donné des résultats encourageants. 13. Au cours des dernières années, la balance des paiements s'est caractérisée par un commerce extérieur relativement stagnant et un déficit des opérations courantes le plus souvent considérable mais néanmoins fluctuant que l'aide étrangère substantielle reçue n'a pas suffi à couvrir. En conséquence, les réserves en devises n'ont presque pas cessé de baisser. 14. Ni les exportations ni les importations n'ont fait apparaître une augmentation sensible au cours des années 1960. Il ressort d'une comparaison de la période 1965/68 avec la période 1961/64 que les exportations se sont accrues au rythme annuel de l,9" et les importations de 1,2,*. Au cours des cinq dernières années, les exportations ont représenté en moyenne 20M du PIB et les importa- tions quelque 24%. Les principaux produits d'exportation du Sénégal sont les arachides et leurs dérivés, le poisson en conserve et les phosphates. Ce pays mal pourvu en richesses naturelles et dont le développement économique n'en est qu'aux premiers stades doit donc importer la plupart des matièrss premières et presque toutes les machines et le matériel dont il a besoin. De plus, le retard pris par la production des denrées alimentaires de base l'a amené à accroître ses importations de céréales, en particulier de riz. La France reste de loin le plus important partenaire commercial du Sénégal, bien qu'au cours des années 1960 les échanges des deux pays aient diminué en pourcentage du total. L'appartenance du Sénégal aux CEE et la libéralisation des échanges lui ont permis d'aboutir à une certaine diversification. 15. L'aide étrangère qu'a reçue le Sénégal s'est élevée en moyenne à 47 millions de dollars de 1964 à 1968. Le pays reçoit principalement cette aide de la France (6411 de l'apport réel de 1964 à 1968) et des CEE (20%). Il reçoit une aide plus modeste des Etats-Unis et de l'Allemangee. A partir de 1967, il a commencé à recevoir des prêts de la Banque et des crédits de l'IDA, de montants modestes (1,6 million de dollars en 1967 et 1 million en 1968). Comme l'aide étrangère lui a principalement été accordée sous forme de sub- ventions, les paiements que le Sénégal doit effectuer chaque année au titre du service de la dette ne représentent qu'une faible proportion (2%) des sorties totales. 16. Pour un certain nombre de raisons, le pays pourra améliorer le fonctionnement de son économie au cours des années à venir. La pro- duction d'arachides doit retrouver un niveau plus normal après avoir subi les conséquences de conditions climatiques médiocres ces dernières années. Les tendances du secteur de la pêche, de la production de coton, de l'élevage et du traitement de l'arachide sont orientées vers la croissance, et la préparation de projets dans le secteur rural a progressé. En outre, un certain nombre de facteurs exogènes, à l'origine d'un - vi - ralentissement de l'expansion au cours des années qui ont suivi l'indépendance, ont maintenant été éliminés. La croissance réelle du PIB pour les années 1968 à 1974 est évaluée à 5,5% par an. Cependant, ce taux de croissance favorable sera dans une large mesure attribuable à la reprise de la production d'arachides plutôt qu'à une victoire définitive sur la stagnation de l'économie. Pour améliorer de façon durable les perspectives de croissance à long terme, il faudra que les pouvoirs publics parviennent à modifier le niveau relatif des prix en faveur des marchandises faisant l'objet d'échanges internationaux, en particulier les produits agricoles. A cet égard, ils devront examiner sans tarder les moyens susceptibles d'augmenter les prix à la production des denrées agricoles et de diminuer le coit élevé de la production industrielle. 17. La formation totale brute de capital fixe pourrait atteindre environ 15% du PIB en 1974 par rapport à 11,8% en moyenne entre 1965 et 1968. Parallèlement aux tendances qui ont caractérisé les quatre années écoulées, et compte tenu de l'amélioration prévue de l'économie en général au cours des six années à venir, la formation privée de capital fixe doit passer de 8,8% du PIB en 1968 à environ 10,30 en 1974. La formation publique de capital doit augmenter légèrement. L'accroissement prévu de l'épargne publique se traduira par une aug- mentation de l'épargne nationale à un rythme légèrement plus rapide que celui de l'investissement, de sorte que le retard pris par l'épargne doit reculer de 3,6% du PIB en 1968 à 2,8% en 1974; néanmoins, le montant augmentera en valeur absolue. 18. Les projections de la balance des paiements effectuées par la mission révèlent un léger recul du déficit des échanges imputable à l'accroissement relativement lent envisagé pour les importations (3,8% par an) et un accroissement un peu plus rapide des exportations (5% par an). Ces taux étant inférieurs au taux de croissance projeté du PIB, le commerce extérieur passera de 47, du PIB en 1968 à 43. en 1974. L'excédent de la balance des services doit augmenter en consé- quence de l'intensification du trafic de transit avec le Mali et de l'accroissement des recettes tirées du tourisme. Cependant, l'amélio- ration de la balance des biens et services sera plus qu'annulée par l'augmentation des versements de revenus aux facteurs. En conséquence, le déficit global du compte des opérations courantes pourrait augmenter en valeur absolue, mais néanmoins diminuer par rapport au PIB, et passer de 3,5' en 1968 à 2,91 en 1974. Le Sénégal aura besoin d'une aide étrangère sensiblement plus conséquente étant donné qu'il ne peut se permettre de puiser dans des réserves déjà insuffisantes. 19. Le troisième Plan de développement du Sénégal, qui couvre les quatre années comprises entre juillet 1969 et juin 1973, prévoit un programme d'investissement du secteur public se chiffrant à 12h,9 milliards de FCFA (hh9 millions de dollars EU). La mission estime, étant donné l'état d'avancement des divers projets, que les dépenses de développement en cours du troisième Plan n'atteindront probablement que 52 milliards de FCFA, soit en moyenne 13 milliards de FCFA par an. - vii - Bien que ce chiffre représente moins de la moitié du volume des investis- sements prévus dans le Plan, il correspond encore à une augmentation de presque 50M par rapport aux dépenses de développement du secteur public effectuées pendant le deuxième Plan. Etant donné que l'état d'avancement de la préparation des projets varie considérablement d'un secteur à l'autre, la répartition par secteur des dépenses publiques sera selon toute probabilité très différente de celle qui est postulée dans le Plan. la préparation des projets est plus avancée dans le secteur rural, ce qui pourrait donc bien absorber plus de 47% des dépenses réelles au c ours du Plan, par rapport à la proportion d'un tiers prévue à l'origine. Si l'on tient compte de l'industrie et des services, les investissements directement productifs pourraient atteindre 5r% des dépenses totales et si l'infrastructure des transports s'y ajoute, presque 65,. Ies projets sociaux en représenteront probablement 28% et les études 8%. 20. La mobilisation des ressources en vue de financer un programme de développement se chiffrant à 52 milliards de FCFA exige que les pouvoirs publics ccmpriment sévèrement leurs dépenses et utilisent plus rapidement les fonds provenant de l'aide. Selon la mission, les recettes du gouver- nement central augmenteront de 4,45 par an et l'accroissement annuel des dépenses du gouvernement central peut être maintenu à 2,6%. Cette austé- rité permettrait au gouvernement central d'épargner 8,5 milliards de FCFA au cours de la période du Plan. L'épargne des autres entreprises publiques et des organismes locaux atteindra 10,2 milliards de FCFA. Par le biais de sa participation à des projets de caractère semi-public, le capital privé (étranger et national), doit apporter 3 milliards de FCFA au financement des investissements pris en charge par le secteur public. Il resterait ainsi 30 milliards de FOFA à financer au moyen de l'aide étrangère. La mission est d'avis qu'il doit être possible au Sénégal de se procurer cette aide étrangère, du fait notamment qu'une proportion importante du programme d'investissements se compose de projets en cours d'exécution ou ayant atteint un stade de préparation avancé et auxquels l'aide étran- gère est déjà assurée. 21. A considérer les engagements d'aide déjà pris ou prévus, il est probable que l'aide consentie à des conditions de faveur et les subventions de toutes provenances atteindront 701 de l'apport brut d'aide étrangère (en gros 28 millions de dollars en 1974). Si le solde est assuré par les prêts aux conditions classiques et les crédits-fournisseurs, le service de la dette représentera 4,6% des exportations de biens et services en 1974. Bien que les perspectives d'exportation ne soient que modérément favorables, le Sénégal pourrait probablement trouver à emprunter ces sommes à des conditions classiques. Néanmoins, le service de la dette solliciterait fortement l'épargne publique - 28% selon nos projections. C'est pourquoi il est soubaitable que le Sénégal n'emprunte à des condi- tions classiques que pour financer des projets auto-amortissables de façon à ne pas grever davantage le budget. - viii - 22. Etant donné que le Sénégal a une faible capacité de rembour- sement, il doit limiter ses emprunts aux conditions classiques et se procurer à des conditions de faveur ou sous forne de subventions les capitaux étrangers dont il a besoin au cours des années 1970. La pau- vreté du pays, l'effort de développement long et difficile qui l'attend et ses résultats raisonnablement satisfaisants compte tenu des très grandes difficultés économiques, justifient l'octroi de ce type d'assistance au Sénégal. Au cours des prochaines années, la France et les communautés européennes lui octroieront d'importantes sommes à des conditions de faveur et des subventions élevées mais il lui faudra encore des capitaux qu'il lui appartiendra de se procurer auprès d'autres pays donateurs. 23. Etant donné qu'une partie de l'épargne plutôt modeste des pouvoirs publics aura servi à financer le coût total des investissements nécessaires dans les domaines oû l'assistance étrangère ne se manifeste pas en général, la contribution du Sénégal à des projets financés à l'aide de capitaux extérieurs devra rester modeste et en moyenne proba- blement inférieure aux codts en monnaie locale de ces projets. L'aide étrangère devra donc servir à financer une partie des dépenses en mon- naie locale, en particulier dans le cas de projets dont la composante en devises est peu élevée. I. INTRODUCTION 1. La première décennie de l'indépendance politique du Sénégal a été marquée par des problèmes de transition qui constituaient le corollaire immédiat de cet évènement. Pendant l'poque coloniale, le Sénégal faisait partie de 1'Afrique Occidentale Française, très vaste territoire comptant 20 millions -d'habitants, alors que le Sénégal nta qu'une popula- tion de 3,8 millions. Dakar étant alors la capitale de l'Afrique Occidentale Française, le Sénégal occupait une position clef au sein de ce territoire. Dakar était le siège d'un important appareil adminis- tratif et le développement des communications avec la France qui en résulta, ainsi que l'existence de conditions particulièrement propices à la création d'un port en eau profonde permirent à Dakar de devenir le - centre commercial, financier et industriel le plus important de la région. A la veille de l'indépendance, le Sénégal était beaucoup plus urbanisé - et industrialisé que les autres pays francophones de l'Afrique de l'Ouest. En outre, un très grand nombre de ses nationaux étaient dotés d'une expérience administrative. En rapport avec sa fonction de centre adminis- tratif et économique, le Sénégal avait un revenu per capita d'environ 180 dollars en 1960, soit un revenu-plus élevé que dans la plupart des autres pays de l'Afrique de l'Ouest. Ce chiffre masquait cependant la forte disparité qui existait entre les revenus en campagnes et à Dakar et dans les autres villes, et à l'intérieur des villes, entre Européens et Africains. 2. L'indépendance se traduisit par la perte de cette position clef. Neuf pays indépendants furent crées sur le territoire de l'Afrique Occi- dentale Française, chacun doté de sa propre administration et animé du désir de nouer des liens d'échanges avec le reste du monde et de mettre sur pied un complexe industriel qui lui soit propre. Le 'passage du Sénégal à un r6le économique réduit fut adouci par le maintien initial des dépenses civiles et militaires françaises et par l'octroi d'un traitement préféren- tiel en faveur du principal produit d'exportation du pays, l'arachide. Ceci permit au Gouvernement, au cours des cinq premières années d'in- dépendance, de maintenir l'équilibre budgétaire tout en mettant en oeuvre les moyens nécessaires à la réalisation d'un effort de développement plus intense. Des plans quadriennaux de développement successifs 1] furent adoptés dans le but de réduire la dépendance du pays à l'égard de l'arachide, grâce à la diversification de l'agriculture et à la sub- stitution ds produits nationaux' aux produits importés, dans l'industrie. Les fondements de l'expansion économique devaient être jetés par d'impor- tants investissements dans les transports, l'énergie, les télécommunications ainsi que par un effort vigoureux visant à améliorer et à développer le système d' enseignement. l/ Premier Plan Quadriennal 1961-64; Deuxième Plan Quadriennal- i965/66 - 1968/69; Troisième Plan Quadriennal 1969/70 - 1972/73. Le premier-plan fut prorogé de six mois pour couvrir l'ensemble de l'exercice 1964/65. - 2 - 3. Bien que ces efforts de développement aient contribué à la mise en place d'une infrastructure généralement satisfaisante, la croissance économique au cours des années 1960 demeura en deça des prévisions. Les raisons de la lenteur manifestée par la croissance se trouvent dans la pauvreté des ressources naturelles, la perte de débouchés qui a suivi la création d'Etats distincts au sein de l'ancienne Afrique Occidentale Française, l'exigulté du marché intérieur, le fardeau financier imputable à une fonction publique pléthorique et les insuffisances administratives surtout sensibles dans les activités de vulgarisation agricole et l'exécution des mesures d'investissement. 4. Les ressources naturelles connues du Sénégal sont peu nombreuses, ce qui impose des limites à la vitesse de la croissance au stade actuel de développement du pays. Les conditions entourant l'agriculture, le pilier de l'économie, ne sont pas très favorables. La pluviométrie - est faible dans la plupart du pays et les sécheresses sont fréquentes. La plupart des sols sont peu fertiles; les sols alluviaux des quatre principaux bassins fluviaux sont affectés par un drainage médiocre et par la salinité. Le sud-est du pays offre des possibilités favorables en ce qui concerne l'élevage, la culture du coton et du mais, mais est presque inhabité. Des investissements seront nécessaires dans le domaine du transport et des télécommunications pour ouvrir cette région tandis que des efforts particuliers devraient être déployés pour fixer une population sur ces sols. Cependant, une certaine migration spontanée - s'est déjà manifestée vers ces régions au cours des dernières décennies. Les zones situés au sud du pays, le long de la Casamance, connaissent une pluviométrie élevée (1.500 rm par an) et pourraient produire davantage de riz qu'à l'heure actuelle mais elles sont également sous-peuplées. La situation généralement défavorable sur le plan des ressources présente une exception notable dans l'existence de grandes richesses de poissons au large des côtes du Sénégal. Lexploitation de ces ressources s'est poursuivie à un rythme accéléré ces dernières années et s'avère prometteuse pour l'avenir. En outre, de bonnes perspectives d'expansion s'offrent au tourisme international: les conditions climatiques de novembre à juin sont semblables à celles que lVon rencontre dans la Méditerranée en été et les plages qui s'étalent dans la région du Cap Vert et d'autres parties du pays sont attrayantes. En ce qui concerne les richesses minérales, le Sénégal apparaît, compte tenu des prospections actuelles, moins bien doté sur ce point que d'autres pays africains. Les seules richesses minières importantes actuellement exploitées sont les gisements de phosphate situés près de Thiés et de Taiba (dont l'exportation se chiffre à 10 millions de dollars par an et qui fournissent les matières premières destinées à l'usine d'engrais phosphaté). La partie orientale du pays compte d'importants gisements de cuivre mais les possibilités économiques de leur exploitation sont incertaines. Les prospections pétrolières récemment effectuées au large des côtes du Sénégal donnent, parait-il, des résultats encourageants. - 3 - 5. Un deuxième facteur a ralenti le progrès au cours des années 1960; il s'agit de la contraction de la fonction économique résultant de la perte pour les entreprises industrielles, commerciales, bancaires et les transports du Sénégal, de l'hinterland constitué par l'ancienne Afrique Occidentale Française. Cette situation s'est traduite par un déclin de l'activité et une sous-utilisation de la capacité de nombreux établissements, difficultés qui ne sont surmontées qu'aujourd'hui. Au début des années 1960, une forte incertitude planait en outre au sujet de l'attitude que le Gouvernement adopterait à l'égard du secteur privé. La prise en charge par 1'Etat de la commercialisation des produits agri- coles fut largement interprétée comme étant le premier pas sur la voie de la nationalisation. La question du degré de l'intervention du Gouver- nement dans les affaires éconmmiques conduisit à un conflit qui opposa, au début des années 1960, le Président à son Premier 4inistre. Ce dernier, partisan d'un contrôle rigoureux de la part de l'Etat, fut démis de ses fonctions. Les déclarations et les mesures prises ultérieu- rement ont fait clairement valoir que le Gouvernement, bien que d'orien- tation socialiste, entendait préserver la liberté d'entreprise dans la plupart des secteurs de l'économie. La promulgation d'un code d'investisse- ments offrant de puissants stimulants fiscaux et autres aux investisse- ments agréés, a contribué à restaurer la confiance du secteur privé à l'égard des intentions du Gouvernement. Etant donné, par ailleurs, l'ab- sence de restrictions sur les transferts courants et les transferts de capitaux qui caractérise le système de la zone monétaire du franc CFA, le climat des investissements est certes très favorable en ce qui con- cerne les relations entre le secteur privé et le Gouvernement. Ce sont des étrangers, principalement des français, qui possèdent la plupart des entreprises privées du secteur moderne dont le personnel, des cadres supérieurs aux contrema:tres, est en général composé d'expatriés. Le nombre de personnes expatriées (y compris les personnes à charge) habi- tant le Sénégal est évalué à 47.000. Ils ne sont remplacés par des ressortissants sénégalais qu'à un rythme très lent et reçoivent une part très importante du total des salaires versés au secteur moderne. Economiquement comme politiquement, la sénégalisation de l'emploi revêt la plus grande importance mais elle a progressé très lentement. Le nombre de Sénégalais ayant une qualification reste restreint et le secteur privé et les pouvoirs publics auraient intérêt à se consulter régulièrement sur les mesures qu'ils pourraient prendre pour accélérer la sénégalisation de l'emploi. 6. HÎlonobstant l'attitude favorable que manifeste le Gouvernement à l'égard de l'entreprise privée, la croissance de l'activité industrielle s'est révélée insuffisante pour absorber beaucoup de main-d'oeuvre. Le chômage s'est fortement accru dans toutes les villes. Cependant, la diffé- rence entre les revenus urbains et ruraux est si grande que les popula- tions continuent à déserter la campagne en grand nombre. Pour assurer leur entretien en ville, les nouveaux venus peuvent compter, du moins jusqu'à l'obtention d'un emploi, sur le système familial traditionnel qui garantit l'octroi d'un soutien matériel même aux parents éloignés. Selon des enqu^tes menées dans la région de Dakar, il apparait qu'un travailleur industriel a en moyenne neuf personnes à charge et que ce nombre tend à augmenter en proportion des revenus. L'urbanisation est déjà beaucoup plus poussée au Sénégal que dans d'autres pays de l'Afrique de l'Ouest. En 1965, 30 pour cent environ dg la population sénégalaise vivait dans les villes de plus de 10.000 habitants, « contre ,16 pour cent en Côte d'Ivoire, 11 pour cent au Dahomey, 10 pour cent au Togo. La. fin de la vague d'urbanisation n'étant pas en vue, le Sénégal est par conséquent l'un des pays où le problème du chômage urbain occupe une place pré- dominante. 7. Un autre problème hérité de l'époque antérieure à l'indé- pendance et lié à une forte urbanisation réside dans les effectifs pléthoriques de la fonction publique. En 1964-65, le nombre de fonc- tionnaires pour 10.000 habitants s'élevait à 100 au Sénégal, 67 en C8te d'Ivoire, 57 au Dahomey, 27 au Iali et 24 au Niger. Les entre- prises publiques comptent également un personnel très nombreux. L'importance des effectifs employés dans le secteur public, ayant pour corollaire un volume élevé des salaires versés par le Gouver- nement, a conduit à un taux de consommation du secteur public rela- tivement important et à une réduction correspondante des possibilités d'épargne nationale. 8. Le niveau élevé des prix qui prévaut dans l'économie, et qui découle en partie des mâmes facteurs historiques, a entravé la production de marchandises destinées à l'exportation et à concurrencer les importations, et a réduit le taux global de la croissance économique. Le niveau des traitements et salaires versés dans le secteur moderne privé, où les étrangers sont encore nombreux, a tendu à suivre l'évo- lution des salaires en France et le secteur public, pléthorique, a suivi. Cet état de choses a conduit à des revenus urbains relativement élevés et a creusé un fossé encore plus large entre les revenus ruraux et ur- bains, ce qui a rendu relativement peu attrayante la culture de produits agricoles destinés à l'exportation et à concurrencer les importations (par exemple, le riz). 9. Dans une certaine mesure, les problèmes évoqués ci-dessus ont un caractère transitoire, par exemple, l'ajustement du secteur moderne à la séparation de ses débouchés traditionnels. D'autres, cependant, notamment le problème de l'emploi et l'écart considérable caractérisant les revenus des villes et ceux des campagnes, projettent une ombre sur l'avenir. Le présent rapport s'efforcera d'examiner les impératifs et les perspectives d'une accélération de la croissance économique, du point de vue global et par principaux secteurs économi- ques. Tout d'abord, les facteurs politiques et sociaux qui servent de cadre au problème du développement économique appellent cependant quelques brèves observations. 10. Depuis le règlement du différend au sein du Gouvernement, au sujet de la politique économique, (voir paragraphe 5), la situation politique a été marquée par la stabilité et l'absence de luttes intérieu- res. La seule interruption importante qui soit venue troubler un climat politique généralement paisible est survenue en mai 1968 sous forme de troubles suscités par les étudiants et les travailleurs, coi'ncidant avec des difficultés plus sérieuses dont la France était le théâtre. Les manifestations ouvertes se sont apaisées relativement vite, par suite de l'attitude à la fois ferme et conciliatrice adoptée par le Gouvernement. Le salaire minimum interprofessionnel a été relevé pour tenir compte de la hausse du coût de la vie et une réforme de l'ensei- gnement a été annoncée. 11. L'absence relative de troubles a permis au Gouvernement de concentrer toute son attention sur la recherche de solutions aux diffi- ciles problèmes économiques du pays. L'optique du Gouvernement à ce sujet, schématiquement énoncée dans une importante déclaration faite récemment par le Président il/, a tenu compte des objectifs sociaux et culturels de l'Etat. Une forte part des efforts de développement déployés au cours de la dernière décennie a cependant été frustrée par la faiblesse des institutions. Dans le domaine du développement rural, en particulier, les progrès ont été ralentis par une confusion engendrée par la multipli- cité des organisations, conduisant à un chevauchement des responsabilités et à une incompétence administrative. Ces insuffisances ont limité dans le passé la capacité d'absorption du secteur public. 12. Les problèmes d' organisation sont communs aux pays en voie de développement, mais le Sénégal devrait être bien placé pour surmonter cet obstacle majeur au développement et parvenir à une capacité d'absorp- tion plus importante. En effet,les Sénégalais, déjà très au courant des faits économiques et technologiques modernes avant l'indépendance, ont continué d'élargir leurs connaissances, jetant ainsi les fondations d'une évolution accélérée fondée sur les ressources humaines. Le contact prolon- gé du Sénégal avec l'Occident, principalement la France, et la politique française d'assimilation ont amené bon nombre de Sénégalais à poursuivre des études supérieures à l'étranger. Une carrière dans la fonction publi- que était la principale filière conduisant à la réussite personnelle. A la fin du siècle dernier, une solide classe de commerçants sénégalais commençait à apparaître mais son expansion fut limitée par l'expansion du commerce français et, dans une moindre mesure, du commerce libanais dans toute l'Afrique occidentale et en particulier au Sénégal 2/. Pour cette raison, les Sénégalais évolués se sont principalement tournés vers les carrières administratives et ce n'est que récemment que l'on dénote parmi eux des signes d'un esprit d'entreprise croissant. l_ "Le plan du décollage économique ou la participation responsable comme moteur du développement". Iapport présenté au septième congrès de l'Union Progressiste Sénégalaise par son Secrétaire Général, le Président Senghor. 2/ Cf. Samir Amin, Le monde des Affaires Sénégalaises. - 6 - 13. La caractéristique dominante des relations extérieures du pays, dont les conséquences implicites pour l'économie intérieure sont importantes, réside dans l'existence d'étroites relations avec la France et les CEE. Le Sénégal est membre de la zone franc, et sa monnaie, le franc CFA, est entièrement convertible en francs fran- çais. Le Sénégal partage avec le Dahomey, la Côte d'Ivoire, la Haute Volta, la M,auritanie, le Niger et le Togo une banque centrale commune, la BCEAO qf créée avec le concours de la France et dont le siège temporaire est à Paris. L'aide octroyée par la France, surtout sous forme de dons ou à des conditions très libérales, a joué un r6le capital dans le financement du développement du Sénégal. En outre, un grand nombre d'assistants techniques français collaborent au fonc- tionnement du système d'enseignement du pays, participent à la recherche scientifique qui s'y poursuit dans tous les domaines et apportent chaque jour leur concours au fonctionnement des pouvoirs publics, notamment dans le domaine du développement économique. Les entreprises privées françaises continuent à dominer l'industrie, le commerce et la banque au Sénégal. Cependant, l'association du Sénégal aux CEE, décidée lors de la Convention de Yaoundé de 1964, a conduit le Sénégal à nouer des liens avec d'autres pays européens. Les restrictions sur les impor- tations en provenance de ces pays ont été progressivement éliminées. Le Fonds européen de développement (FED) des CEE fournit en outre une aide considérable à d'autres secteurs de l'économie. 14. Le Sénégal entretient des relations amicales avec de nom- breux pays africains. Les relations avec le Mali qui étaient tendues après la dissolution en 1960 de la Fédération du Mali, au sein de laquelle le Sénégal et le Mali formèrent une brève union, ont depuis lors été rétablies sur une base cordiale. Le Sénégal collabore avec d'autres pays du bassin du Sénégal - la Guinée, le vali et la Mauritanie - au sein de l'OERS 2/ dont l'objectif est de promouvoir le développement économique de ses membres et d'instaurer entre eux une coopération économique. Le Sénégal est également membre de l'Organisation des Etats africains et malgaches (OCAM). If Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest 2] Organisation des Etats Riverains du Sénégal -7- II. EVOLUTION ECONOMIQUE DU SENEGAL A. Accroissement de la production 15. En dépit des imperfections de la collecte et du traitement des statistiques sectorielles qui figurent dans les annexes du présent rapport, les comptes nationaux donnent une idée assez précise de la tendance générale de ltêvolution économique du pays, notamment en ce qui concerne la production. En revanche, les statistiques relatives aux dépenses sont beaucoup moins dignes de foi. La concentration du secteur moderne - où surviennent la plupart des changements économiques - dans un nombre limité d'entreprises, et le r8le important des dépenses publiques et du commerce extérieur dans l'économie, facilitent l'élabo- ration de certaines statistiques de production. Ctest grâce à cette concentration de l'activité du secteur moderne dans un nombre plut8t restreint d'entreprises aux méthodes comptables relativement saines qutil est possible d'avoir une idée assez exacte de l'évolution des principaux secteurs de l'économie. Malheureusement, le gouvernement n'a tenu aucune comptabilité nationale détaillée depuis 1965, date à partir de laquelle les comptes nationaux ont été fondés sur une extrapolation des tendances et certaine indicateurs économiques. Il serait bien sûr très souhaitable de revenir à une élaboration de statistiques de comptabilité nationale complètes, car au cours des extrapolations successives les comptes ont peu à peu perdu de leur crédibilité en tant qu'outil d'analyses, et il est de moins en moins possible de s'y fier pour mettre au point la politique économique du pays. 16. Le tableau suivant indique ltvolution économique des prin- cipaux secteurs de 1960 à 1970, au cours de deux périodes correspondant à peu près au premier et au second plan quadriennal 1961-64 et 1965-68. Tableau 1 : CONPOSITION SECTORIELLE DU PIB A PRIX CONSTANTS Evolution du taux annuel de croissance Moyenne Moyenne (en pourcentage) 1961-64 1965-68 entre 1961-64 et 1965-68 Agriculture 29,6 31;2 3,7 Pêche 2,7 3,0 5,2 Industries extractives 0,3 0,5 l4,7 Produits manufacturés 12,3 l3,5 4,8 Construction 3,4 2;9 -1,1 Services publics 1,7 2,1 8,0 Transports 5,7 6,3 5,0 Administration publique 17,6 13,4 -4,3 Services divers 26,7 27,1 2,8 PIB au colt. constant des f.teurs 100,0 100,0 2e_ -8 - 17. La progression globale du PIB s'est effectuée lentement, au taux de 2,5 pour cent à prix constants, ce qui représente à peu près le taux de croissance démographique. Ce taux correspond à un accroissement de 3 pour cent à prix courants. En 1969, le PIB par habitant a été estimé à la contre-valeur de 199 dollars, basé sur des calculs provisoires de la mission qui semblent indiquer que le PIB a diminué légèrement -cette année-là à cause de la mauvaise récolte d'arachide de 1968/69. L'in- suffisance de la croissance globale au cours de la période 19601970 est due en majeure partie à la diminution de la valeur ajoutée par le secteur de la construction et celui de l'administration publique, diminution provoquée dans une large mesure par l'ajustement auquel a été soumise l'économie du pays après l'indépendance. Dès 1964, la réduction des dépenses de l'Administration publique reflète tout d'abord le départ du personnel français civil et militaire, ainsi que la politique d'austérité suivie de-façon continue par le Gouvernement à l'égard de la fonction publique. 18. La diminution de la part de l'administration publique dans le PIB (13,4 pour cent contre 17,6 pour cent) illustre très clairement le processus d'ajustement auquel l'économie sénégalaise a été soumise après l'indé- pendance. (L'indépendance a cependant entrainé l'inscription-au budget de nouveaux postes, tels que défense et affaires étrangères). Parmi les efforts positifs déployés par le Sénégal sur le plan économique figurent les -mesures restrictives imposées de façon continue à la fonction publi- que. Le déclin enregistré dans le secteur de la construction est dû, dans une certaine mesure, à la diminution de la population européenne qui alimentait dans une large proportion la demande de construction de bâti- ments résidentiels, et à l'achèvement des principaux travaux d'infrastruc- ture, notamment dans le domaine routier. B. Emploi du PIB 19. La ventilation du PIB pendant les périodes quadriennales correspondant à peu près aux premier et deuxième plans de développement est résumée dans les tableaux suivants : Tableau 2 : A. E1PLOI DU PIB l/ (exprimé an 1961-64 1965-68 PIB aux prix du marché 100,0 100,0 Consommation 89,9 89,0 Publique 17,6 19,1 Privée 72,3 69,9 Investissements bruts 10,3 11,8 Publics 5,0 4,5 Privés 5,3 7,3 Epargne intérieure brute 10,1 11,0 Balance commerciale et balance des services non facteurs 0,2 0,8 I/ Les totaux peuvent différer en raison de l'emploi de chiffres ar iandis. -9 - B. FINANCDENT ES INVESTISSEMENTS BRUTS l/ (en pourcentage du PIB) 1961-64 1965-68 Epargne nationale brute 8,h 9,0 Publique 3,0 2,0 Privée 5,h 7,0 Déficit des opérations courantes 1,9 2,8 Investissements bruts 10,3 11, 20. Le tableau ci-dessus révèle une légère augmentation de la part des investissements du secteur privé par rapport au PIB. Quoique cette conclusion se fonde sur des renseignements statistiques peu sûrs, elle est plausible du fait qu'un certain nombre d'investissements plus impor- tants ont été réalisés au secteur privé (mines de phosphates, raffine- rie de pétrole; fabrique d'engrais, usine de textiles et secteur de la p6che moderne). 21. Si l'on compare la formation réelle de capital avec celle qui avait été proposée dans le premier et le second plans, il apparait que les investissements du secteur public n'ont pas répondu à ltattente des auteurs du plan mais qu'en revanche cette dernière a été dépassée - pendant le deuxième plan en ce qui concerne les investissements privés. Les raisons pour lesquelles les investissements du secteur public ont marqué un écart par rapport aux prévisions du plan et ont à peine augmenté en termes absolus, seront exposées dans le paragraphe 25 ci-dessous et au chapitre concernant les finances publiques. Tableau 3 : FORMATION ANNUELLE DE CAPITAL (en milliards de FCFA) 1961-1964 1965-1968 Chiffres Propositions du Chiffres Proposition du effectifs premier plan effectifs deuxième plan Secteur public 9 16 9 18 Secteur privé 9 8 15 l Total 18 24 24 30 2/ lf Les totaux peuvent différer en raison de l'emploi de chiffres arrondis 2f Chiffres arrondis - 10 - 22. Au cours des quatre dernières années, l'épargne nationale a aussi augmenté légèrement par rapport au PIB, mais pas aussi rapidement que la formation de capital; il s tensuit que lé déficit des opérations cou- rantes est passé de 1,9 à 2,8 pour cent du PIB. L'apport exterisur au finan- cement de la formation de capital est quelque peu minimisé si l'on sten tient à ces chiffres. Comme nous le soulignerons dans le chapitre rela- tif à la balance des paiements, le compte de capital a enregistré, en plus de l'aide en capital, des rentrées considérables sous forme d'assis- tance technique et de capital privé. Ces deux postes sont presqqe entière- ment compensês néanmoins par les énormes transferts de revenus vers l'ex- térieur effectués par les étrangers. 23. Malgré le progrès de la formation de capital et de l'épargne leur part dans le PIB est restée réduite. Les possibilités d'investir étaient limitées et la stagnation n'était pas faite pour encourager l'épargne. Ainsi, les taux d'investissements et d'épargne enregistrés au Sénégal ont été inférieurs d'un tiers à ceux de la Côte d'Ivoire oÙ une croissance économique soutenue et substantielle s'est accompagnée d'une formation de capital et d'une -épargne respectivement égales à 18 pour cent et 20 pour cent du PIB. Tableau h : REPARTITION SECTORIELLE DE LA FORMATION BRUTE DE CAPITAL PRIVE 1961-6h 1965-67 Secteur rural h 3 Industrie : Energie, mines 22 23 Industries alimentaires il 8 Textiles 3 3 Autres industries 8 21 Transport 24 25 Construction et services 28 17 100 100 24. la répartition sectorielle de la formation de capital privé a peu changé. L'importance de l'énergie et des industries extractives dans cette répartition s 'expliquent par l'expansion de l'extraction mi- nière et l'augmentation considérable et soutenue de la consommation d'é- lectricité. Dans les industries alimentaires, les investissements se sont concentrés sur l'agrandissement des installations de traitement de l'arachide; la plupart des autres branches de l'industrie alimentaire présentent une capacité de production nettement excédentaire depuis le départ de l'armée française. Dans le secteur des textiles, la capacité de production a augmenté et la production intérieure remplace progressi- vement les importations. La construction d'une usine d'engrais en 1966-67 - il - a augmenté la part du poste "autres industries" dans ltinvestissement total; cette part est, pour le moment, très au-dessus de ce qu'elle était précédemment. En dépit des investissements considérables réalisés dans le matériel des transports, il y a actuellement une pénurie de camions légers pour le transport des arachides. Dans le commerce, les services et la construction de logements, le départ des personnels civil et militaire français en 1965 et 1966 a provoqué un notable excédent de capacité, ce qui-a ralenti le rythme des nouveaux inves- tissements dans ces secteurs. Le chiffre très limité qui correspond aux nouveaux investissements réalisés dans le secteur agricole peut induire en erreur : en effet, il ne se rapporte'qutaux investissements de type moderne tels que charrues et tracteurs. Les investissements de type traditionnel (défrichage, construction de points d'eau, construction de logements indigènes, augmentation du cheptel, etc.), qui sont beaucoup plus importants, n'apparaissent pas dans le PIB. Cette insuffisance statistique conduit à une certaine sous-estimation de l'épargne et de ltinvestissement au Sénégal. 25. Les investissements publics ont très peu augmenté, le Gouvernement sénégalais se substituant progressivement à l'administration française. Ainsi, tandis quten 1959-60, plus de 40 pour cent des investisse- ments publics étaient réalisés par et pour l'administration française, ce pourcentage est inférieur à 5 pour cent depuis 1964. La composition de l'investissment publie est examinée plus en détail dans le chapitre consacré aux finances publiques. C. Situation monétaire 26. Comme nous l'avons déjà signalé, les Etats membres de l'union monétaire ouest-africaine, dont fait partie le Sénégal, ont une banque centrale commue, la BCEAO. La BCEAO dispose d'un compte d'opérations auprès du Trésor français qui est crédité lors des entrées de devises et qui garantit une conversion illimitée de francs CFA en francs français. En principe, ce compte d'opérations peut être à découvert, sans plafond, mais il est prévu que le Conseil d'Administration de la BCEAO peut alors prendre des mesures appro- priées pour redresser la situation (augmentation du taux d'escompte, abaissement du plafond de réescompte). Jusqu'à présent, la BCEAO a pu maintenir un solde-général positif dans ce compte 1/ pour l'en- semble des pays membres. Toutefois, il est arrivé de te-~s à autre que des Etats membres - mais pas le Sénégal - aient un solde négatif à la BCEAO et utilisent les réserves constituées par les autres Etats membres. Les politiques monétaires et de crédit de chacun des pays sont formulées par le Conseil dIAdministration de la Banque auprès 1/ A la fin du mois dtoctobre 1969, les avoirs communs nets en devises de la BCEAO s' élevaient à la contre-valeur de 163 millions de dollars. La partie imputée au Sénégal de ces avoirs était de 15 millions de dollars. - 12 - duquel la France est représentée, et elles sont appliquées dans chacun des Etats par un comité monétaire national. 27. Un des premiers avantages de ce système a été le tampon constitué par la réserve de devises et en dernier ressort par le Trésor français, qui protège les pays contre les problèmes de liquidité extérieure et qui supprime de leurs préoccupations immé- diates l'évolution à court terme de leur balance des paiements. Une autre caractéristique intéressante de ce système est la limite qutil impose aux effets inflationnistes que pourraient avoir les finances publiques. Les avances à court terme accordées aux Etats membres ne peuvent pas dépasser -un maxi.mum de 15 pour cent des recettes fiscales de ltexercice précédent. Le Sénégal n'a jamais fait appel à cette possi- bilité de crédit, pas plus qu'aux facilités de réescompte des obli- gations cautionnées que lui accorde la BCEAO jusqu'à concurrence d'un certain plafond. La masse monétaire en circulation dans chacun des pays est réglée par le volume du commerce extérieur et des transactions financières -internationales ainsi que par les plafonds de réescompte de la BCEAO. Ceux-ci sont fixés périodiquement pour chacun des membres en fonction des besoins de crédit de leur économie. Dans chaque pays, un comité monétaire national répartit les plafonds généraux de réescompte entre les banques et même entre les emprunteurs particu- liers. Les opérations bancaires sont limitées par les coofficients de liquidités en vigueur dont le minimum est élevé. En effet, les banques doivent à 1 'heure actuelle assurer une couverture de 74 pour cent de leurs engagements à court terme sous forme de disponibilités et de valeurs réescomptables, -disposition très favorable au développement des crédits réescomptables. 28. La politique de réescompte de la BCEAO a un effet encore plus déterminant que dans la plupart des autres systèmes monétaires sur le volume des crédits au secteur privé. Dtune année sur ltautre, les crédits réescomptés à court terme ont atteint le plus souvent environ le tiers de tous les crédits bancaires en cours en fin d'exercice. Cette pratique est particulièrement importante pour le financement de la récolte d'arachide. En effet, celle-ci entraîne une hausse saisonnière brutale des crédits pendant le premier trimestre de l'année et les crédits reescoiptés auprès de la Banque centrale peuvent alors atteindre ho a 45 pour cent du volume total des prêts. Les crédits sont mis à la disposition du secteur de l'arachide par un consortium bancaire auquel participe, pour près de 80 pour cent du total, la Banque Nationale de Développement du Sénégal (BNDS) appartenant à l'Etat. L'organisation et la gestion de cette institution financière importante, ses obligations financières à l'égard de la Banque centrale et son efficacité en tant qu'intermédiaire financier principal de 1'Etat dans le financement du développement agri- cole et industriel préoccupent vivement le Gouvernement sénégalais et les organismes qui lui apportent leur aide financière, y compris la Banque Mondiale. Il serait souhaitable que la BNDS bénéficie d'une assistance -technique pour améliorer son organisation et sa gestion financière. - 13 - 29. Le taux de réescompte à court terme de la Banque centrale est resté de 3,5 pour cent d.epuis 1956. Ce taux est appliqué à tous les Etats membres de l'Union monétaire et à tous les types de crédits réescomptables lf, et sa faible valeur est à l'origine des taux d'intér6t généralement modestes pratiqués par le système bancaire au Sénégal. Le taux applicable - aux crédits réescomptables à court terme ne peut pas dépasser 6,5 pour cent. Depuis 1956, le taux d'escompte a le plus souvent été au même niveau ou à peine plus faible que le taux pratiqué en France, mais ltécart est maintenant très grand (le taux français atteignait 8 pour cent à la fin de 1969), ce qui encourage les banques au Sénégal, comme dans tous les pays membres de l'Union monétaire, à investir à l'étranger. 30. Pendant la dernière décennie, l'évolution de la situation monétaire au Sénégal a été caractérisée par une réduction de la masse monétaire, puis par sa stabilisation à un niveau assez bas. En effet,- pendant cette période, elle est passée de 20 à 13-lh pour cent du PNB. Cette situation est due essentiellement à la stagnation des crédits accordés au secteur privé, ainsi qu'au ralentissement des activités du secteur moderne, et à une diminution constante des avoirs extérieurs nets qui, au milieu de 1969, étaient tombés à une valeur légèrement négative, la balance des paiements ayant été déficitaire tous les ans depuis 1960. Le seul facteur compensateur du point de vue monétaire a été la diminution régulière des dépâts de l'Etat dans les banques, tendance qui s'est accélérée depuis 1966. Cette réduction des dép8ts est directement liée à la détérioration de la situation financière de l'Etat et les raisons en sont étudiées dans le chapitre traitant des finances publiques. Ltévolution de la situation est résumée dans le tableau suivant qui montre également que les dép6ts à terme sont restés virtuellement inchangés. Tableau 5 : EVOLUTION DE LA SITUATION MONETAIRE (milliards de francs CFA) 1962 1963 1964 1965 1966 1967 1968 1968 1969 Au 31 décembre Au 31 août Masse monétaire 35,h 30,9 30,1 29,0 27,2 25,3 28,4 27,8 28,1 Pourcentage du PNB 21 18 17 16 14 13 14 Dépôts à terme 1,2 1,0 0,9 1,0 0,7 0,7 1,3 1,0 1,7 Crédit intérieur 23,5 23,6 26,3 27,9 22,1 22,6 30,2 30,4 32,0 Crédit au secteur privé 34,3 34,3 35,2 34,6 30,8 27,1 32,6 33,7 33,6 Crédit à l'Etat -10,8 -10,7 -8,9 -6,7 -8,8 -4,5 -2,4 -3,3 -1,6 Avoirs extérieurs (nets) 15,2 10,1 8,2 5,7 8,0 6,0 0,8 1,7 -0,6 1/ Fxcepte les exportations destinées aux pays n'appartenant pas e 11J A aurquels est appliqué un taux de 3 pour cent seuleuent. - 14 - 31. La diminution relative de la masse monétaire, la stagnation du crédit dans le secteur privé, l'effritement des avoirs extérieurs et le faible niveau des dép8ts à terme sont étroitement liés à l'évolution gé- nérale de l'économie pendant cette dernière décennie. Toutefois, ces fac- teurs monétaires ont également influé, dans une certaine mesure, sur cette évolution. Les fonds à la disposition du système bancaire sont limités par la tendance des sociétés et des particuliers à transférer leurs éco- nomies à l'étranger et à conserver un solde minimal au Sénégal. D'un au- tre côté, avec le système actuel, le crédit bancaire est presque unique- ment fourni aux entreprises et aux opérations que la Banque centrale estime être réescomptables en raison de leurs caractéristiques financières. En effet, celle-ci exige des bénéficiaires de ses crédits un actif très considérable qui puisse servir de garantie, et de larges disponibilités. En conséquence, le crédit bancaire n'est accordé en pratique qu'aux gran- des socitétés étrangères et aux organismes d'Etat chargés de la commercia- lisation de la récolte d'arachides. Le mécanisme du taux d'intérêt con- tribue ainsi à maintenir un dualisme économique au Sénégal: le crédit à des conditions favorables est consenti au groupe d'entreprises étrangères, financièrement plus solides, qui dominent le secteur moderne alors que les entrepreneurs Sénégalais n'obtiennent que des crédits modiques. 32. Le faible taux d'intérêt pratiqué au Sénégal encourage indirecte- ment les rares sociétés remplissant les conditions nécessaires à emprunter le plus possible aux banques et à transférer à l'étranger le maximum de leurs bénéfices, y compris les revenus non distribués, dans la limite des exigences des banques en matière de liquidités. Par ailleurs, le faible taux d'intérêt versé aux comptes de dép8t (h,5 pour cent maximum sur les dép8ts de 6 mois et 3,25 pour cent sur les comptes d'épargne) agit dans le même sens et pousse également les étrangers à rapatrier le plus possi- ble de leur gains. Cette situation n'est pas non plus favorable à l'épargne des ménages sénégalais. 33. Le taux d'intérêt artificiellement bas constitue un indice médiocre pour la détermination des proportions relatives des facteurs et risque d'entraîner des investissements trop capitalistiques. Dans un pays pauvre en capital comme l'est le Sénégal, un faible taux d'intérêt repré- sente une sous-évaluation du coût d'opportunité du facteur de production qu'est le capital. Cela est confirmé par les taux d'intérêt très élevés qui sont généralement pratiqués pour des crédits accordés en dehors du système bancaire. Il serait très utile d'entreprendre des recherches sur le coût des transactions et les taux d'intérêt en vigueur sur le marché fi- nancier non officiel. Cette situation encourage les établissements qui peuvent bénéficier du crédit bancaire à un taux très bas à entreprendre une production relativement capitalistique. Cet aspect sera étudié plus en détail dans le paragraphe traitant du développement industriel. - 15 - D. Population et emploi Population et urbanisation 3h. Le recensemnt de 1960/61, fondé sur de petits échantillons de po- pulation pris dans les zones rurales et dans les agglomérations urbaines, indiquait une population totale de 3,1 millions d'habitants au milieu de 1960, dont 2 pour cent de non-Africains (en majorité Français et Libanais). Le recensement indiquait une croissance démographique de 2,7 pour cent par an mais des estimations plus récentes ont abouti à un taux de mortalité supérieur à celui qu'énonçait le recensement, ce qui donne un taux de crois- sance démographique de 2,2-2,5 pour cent. Aux fins de planification, le Gouvernement sénégalais stest fondé sur un taux de 2,2 pour cent depuis 1961, ce qui donne une population totale de 3,8 millions pour fin 1969, dont 47 .000 non-Africains. 35. Etant donné la diversité des taux de natalité et de mortalité -- mais du fait surtout de la migration intérieure -- la croissance démo- graphique diffère grandement selon qu'il stagit de zones rurales ou d'agglo- mérations urbaines. On estime en effet que les villes d'une population supérieure à 10.000 habitants connaissent une croissance moyenne de 5 à 6 pour cent, tandis que dans les campagnes, le taux annuel est probablement inférieur à 1 pour cent. Cette situation n'est pas sans provoquer une sérieuse crise du logement dans les villes ainsi que des problèmes d'emploi, comme nous le verrons par la suite. 36. La densité démographique globale est faible: en moyenne, 41 habi- tants au mille carré (19 au km2) et 33 seulement si l'on exclut les popu- lations non-agricoles. Les populations rurales sont inégalement réparties à travers le pays. Il y a de grandes superficies de bonnes terres agrico- les qui ne sont pas encore utilisées et pourraient être mises en culture pour un investissement minime dans certains cas. Dans d'autres régions, le surpeuplement commence à poser un grave problème. Pour des raisons histori- ques, politiques et sanitaires, le sud-est du pays, qui reçoit les plus for- tes précipitations et dont les sols sont de bonne qualité, a une population clairesemée (6 habitants par mille carré), tandis que dans le centre des régions arachidières, la densité des populations rurales dépasse les 130 ha- bitants et les bonnes terres sont rares. 37. Etant donné qu'en règle générale il n'était pas difficile jusqu'ici de trouver de bonnes terres au Sénégal, et que la masse de la population pratiquait l'agriculture traditionnelle -- qui permet d'accroître la produc- tion parallèlement à la croissance démographique avec des investissements supplémentaires minimes -- la croissance démographique n'a pas provoqué de grave problème et le gouvernement ne s'en est pas préoccupé beaucoup. Bien au contraire, du fait de la faible densité de la population et en vue d'élar- gir le marché des produits manufacturés localement, on avait souvent tendance à considérer l'accroissement démographique comme un bienfait pour la croissan- ce économique du pays. - 16 - 38. Cette situation s'est toutefois légèrement modifiée depuis un ou deux ans, et les pouvoirs publics ont commencé à s'inquiéter davantage des conséquences de la croissance démographique, notamment pour les trois rai- sons suivantes: (a) il est très possible que le taux d'accroissement démographique continue de progresser au cours des 5 à 10 prochaines années et qu'il ait en effet déjà largement dépassé 2,2 pour cent (chiffre de 1961); (b) les traux de planification à long terme, amorcée par le Prési- dent Senghor (qui s'est fixé pour objectif de tripler le reve- nu par habitant d'ici à l'an 2000), ont convaincu un nombre croissant de hauts fonctionnaires et de politiciens sénégalais qu'un taux d'accroissement démographique élevé (et qui pour- rait augmenter encore davantage) aurait à la longue une inci- dence néfaste sur l'accroissement du revenu par habitant, du fait surtout que le Sénégal s'éloigne de l'agriculture tra- ditionnelle pour se diriger vers des formes plus élaborées de production agricole, dont la productivité du capital est plus élevée. D'autre part, les Sénégalais se rendent compte de plus en plus qu'au taux de croissance actuel de la population, il leur sera très difficile de dispenser un enseignement pri- maire à tous les enfants d'âge scolaire, et cette perspective cause une inquiétude de plus en plus grande dans toutes les couches de la population- et (c) l'intensification de l'exode rural est en train de causer des problèmes de plus en plus ardus en matière d'emploi et de lo- gement dans les grandes villes, ce qui crée des problèmes so- ciaux de plus en plus sérieux. 39. Le Président de la République et le Ministère du Plan sont con- vaincus de la nécessité de réduire le taux d'accroissement démographique pour pouvoir parvenir à un taux de croissance économique satisfaisant, con- viction que partagent les hauts fonctionnaires du Ministère de la santé. Toutefois, l'on ne doit guère s'attendre à des mesures concrètes dans ce sens au cours des deux ou trois prochaines années -- même davantage -- car la population traditionaliste du Sénégal s'oppose toujours vivement au con- trôle des naissances. Or, l'organisation politique du Sénégal donne aux leaders traditionalistes (dont un certain nombre de marabous) une influence considérable sur le gouvernement pour les décisions de ce genre. 40. Le Président a créé récemment une commission, composée de hauts fonctionnaires, de représentants du secteur privé et de chefs religieux, afin d'étudier ce problème: l'avenir sera fortement tributaire du résultat de ses débats. Entre-temps, les pouvoirs publics ne s'opposent pas à une propagande discrète en faveur de la limitation des naissances et les pra- tiques contraceptives se répandent largement dans les familles aisées des villes. Bien que l'ancienne loi française de 1920 interdisant la contra- ception soit encore en vigueur, elle n'est plus appliquée. Les journaux - 17 - font de la publicité pour les contraceptifs et les pratiques de contrôle des naissances ne sont pas interdites aux médecins ni aux cliniques pri- vées. Emploi 4l. L 'effacement de Dakar comme centre administratif et économique et le départ de la plupart des effectifs de l'armée française ont abouti en fin de compte à la stagnation des emplois rémunérés au Sénégal depuis l'indépendance. Les emplois dans le secteur moderne s'élevaient à envi- ron 125.000 en 1968 (6,6 pour cent de la population active estimée) par rapport à 135.000 en 1960 (8,5 pour cent de la population active). La moitié environ des salariés est employée dans le secteur prive, un tiers dans l'administration centrale et les administrations locales et un cin- quième dans les entreprises publiques. Plus de 90 pour cent de la main- d'oeuvre est employée dans les secteurs traditionnels de l'économie, prin- cipalement dans l'agriculture. L'indépendance a été suivie d'un gonfle- ment du nombre des fonctionnaires, en raison des besoins que fait naître l'indépendance d'un Etat dans le domaine de la défense et des affaires é- trangères. Depuis 1964 néanmoins, le nombre des fonctionnaires est resté à peu près constant. Dans le secteur privé, le nombre des employés a tout d'abord diminue (principalement dans la construction et les services). La prépondérance de projets à forte teneur de capitaux dans l'industrie est une caractéristique qui depuis lors a contenu toute augmentation ra- pide de l'emploi dans le secteur privé et a même abouti dans certaines branches (huileries utilisant l'arachide par exemple) à une régression du nombre des travailleurs, en dépit de l'essor de la production. 42. Dans le secteur économique moderne, les salaires minimums légaux, fixés par une commission gouvernamentale comprenant des représentants du secteur privé (SMIG - Salaire minimum interprofessionnel garanti) sont restés constants de 1961 à 1968, mais ont été augmentés de 15 pour cent en juillet 1968. Ils sont maintenant de 50,6 france CFA de l'heure (0,18 dollar) pour les manoeuvres employés dans les villes. Les grandes entreprises appliquent le taux du SMIG à leurs manoeuvres mais paient leurs ouvriers spécialisée ou qualifiés et leurs cadres de maîtrise I/ bien au-dessus du salaire minimum, alors que les petites entreprises au bord du secteur mo- derne les paient au-dessous du taux du SMIG. En outre, il faut ajouter aux salaires versés par les grandes entreprises d'importantes charges sociales (près de 20 pour cent du salaire de base). 43. Le Sénégal ayant adopté très t6t plusieurs des réglementations so- ciales en faveur des travailleurs qui sont courantes dans les pays indus- trialisés, il en est résulté une certaine rigidité de la structure des sa- laires qui risque d'entraver l'essor de l'industrie. Le salaire minimum garanti lui-même est élevé par rapport aux salaires d'autres régions du 1/ Voir Volume V: Industrie, Annexe statistique, Tableaux 17, 20 et 21. - 18 - monde moins avancées. En raison de ces taux de salaires élevés et rigides -- et aussi du coût élevé du personnel étranger -- le Sénégal pourra diffi- cilement s'imposer sur les marchés d'exportation; quant à la production destinée au marché intérieur, elle est, pour survivre, beaucoup trop tri- butaire des privilèges fiscaux et de la protection tarifaire. h4. La stagnation de l'emploi dans le secteur moderne et l'exode rural continu font augmenter rapidement le ch8mage dans les villes. Le nombre des chômeurs enregistrés s'élève maintenant à près de 50.000 travailleurs, mais comme ils ne bénéficient pas d'allocations de chômage et que les bour- ses du travail n'ont pu en placer un nombre important, il y a de fortes chances pour que le nombre total des châmeurs dépasse largement celui des ch8meurs enregistrés. Le ch8mage touche surtout Dakar. Les estimations faites pour Dakar montrent que la population augmente au rythme de 6 pour cent par an (environ 36.000 habitants) dont la moitié est due à l'accrois- sement naturel, et la moitié à l'exode rural. Ces migrants sont pour la plupart condamnés à ne pas pouvoir trouver d'emploi à Dakar et aller gros- sir les rangs des ch8meurs. Comme nous l'avons déjà dit, le système de la famille au sens large tel qu'il est pratiqué leur permet de vivre sur les revenus de leurs parents. Etant donné que les revenus dans les villes sont encore bien supérieurs aux revenus dans les campagnes (en gros, le revenu par habitant est de 5i0 dollars EU à Dakar et de 210 dollars EU dans les campagnes) et que les facilités et services offerts au public sont concentrés dans les villes, l'exode rural se poursuit. E. Evolution de la situation dans l'agriculture et l'industrie Agriculture et élevage 45. L'agriculture, qui occupe environ 70 pour cent de la main-d'oeuvre et fournit le tiers environ du PIB, demeure le secteur le plus important de l'économie. Les principales difficultés rencontrées jusqu'ici par ce secteur viennent principalement de l'importance excessive occupée par l'a- rachide. En effet, malgré diverses tentatives de diversification, ce produit représente encore 75 pour cent de la valeur totale des exporta- tions. Par ailleurs, étant donné l'insuffisance de la production cé- réalière, le Sénégal est obligé d'importer de grandes quantités de cé- réales, notamment de riz. 46. Les superficies ensemencées ne représentent que 15 pour cent de la superficie totale du pays. La presque totalité des exploitations sont petites, de type familial; les quelques grandes plantations dans le nord du pays (motoculture du riz) n'ont pas donné jusqu'à présent de résultats très satisfaisants. La plupart des terres cultivées se trou- vent à moins de 200 km du littoral. On trouve également de l'élevage, notamment au nord et au nord-est du pays. La partie sud-est du pays ne - 19 - manque pas de terres fertiles, mais bien que ces dernières années les mi- grations spontanées de population aient augmenté dans ces régions, le man- que de routes et d'autres ouvrages d'infrastructure a freiné l'aménagement de cette partie du territoire. 47. De 1960 à 1970, la production agricole n'a progressé qu'assez lentement puisque son taux d'accroissement a été inférieur à h pour cent. Si l'on considère que les mauvaises récoltes d'arachide et de mil en 1966/67 et en 1968/69 ont contribué à l'affaiblissement de ce taux, l'ac- croissement séculaire est probablement plus élevé. 48. Au cours des années qui ont suivi l'accession à l'indépendance, la nécessité dans laquelle s'est trouvé le pays de diversifier l'économie agricole a soulevé des difficultés. Les efforts du gouvernement ont visé principalement à augmenter la production et à améliorer la commercialisa- tion de l'arachide, principale culture du Sénégal. 49. La superficie plantée en arachide, qui était inférieure à 700.000 ha au début des années 50, a augmenté progressivement pour atteindre en- viron 1.200.000 ha en 1968/69. Les conditions climatiques sont favorables à la culture de l'arachide, mais les circonstances atmosphériques, très variables d'une année à l'autre et d'une région à l'autre, peuvent avoir des effets très néfastes sur la production, comme en témoignent les mau- vaises récoltes des deux dernières campagnes. D'après les projections des cours mondiaux de l'arachide établies par la Banque, il semble qu'en 1974, le niveau des prix soit à peu près le même qu'en 1968. Etant donné qu'il existe peu de possibilités dans l'immédiat d'affecter à un autre emploi les terres et la main-d'oeuvre actuellement utilisées pour la culture de l'arachide, ce produit devrait continuer à occuper une place de premier rang dans l'économie du Sénégal. 58. La suspension par la France en 1967/68 du régime préférentiel qu'elle accordait jusque là au Sénégal concernant la commercialisation de l'arachide, à la suite de la signature en 1964 de la Convention de Yaoundé- entre las C"E at leurs membres associés, a eu des répercussions très impor- tantes sur la culture de l'arachide au Sénégal. La différence entre le prix garanti par la France et les cours mondiaux a représenté une réduction d'environ 20 pour cent des prix qui s'est répercutée en partie sur les prix à la production (qui ont été réduits de 15 pour cent pour la campagne 1967/68) et en partie sur les taxes perçues par l'Etat. Un programme de productivité arachide-mil (ces deux produits sont cultivés en alternance) a alors été institué. Ses objectifs étaient une augmentation de 25 pour cent de la production au cours de la période 1964-69 et une diversifica- tion plus grande de la production dans les principales zones arachidières. Ce programme, financé par des crédits du FED, devait permettre le finan- cement de services de vulgarisation, l'octroi de subventions pour l'achat d'engrais, de fonds pour la construction d'installations de traitement et d'entreposage, ainsi que pour le dressage de boeufs de trait. Le relais de ce programme a ensuite été assuré par un prêt de 9,5 millions de dollars EU de la Banque/IDA. Ce prêt, dont les versements s'échelonnent sur la - 20 - période 1968/69-1970/71, fournira les fonds nécessaires à l'achat de maté- riel agricole et à la réorganisation des services de gestion de l'ONCAD 1/, organisme d'Etat chargé de la commercialisation et de la vulgarisation agri- cole (Prêt 564 - SE/Crédit 140/SE). 51. Il est difficile d'évaluer les résultats obtenus par ce programme car les mauvaises récoltes enregistrées au cours des récentes campagnes par suite des mauvaises conditions atmosphériques ont faussé ces résultats. D'après les statistiques officielles, il semble que l'objectif du deuxième Plan, qui portait sur la mise en culture d'une superficie totale de l'or- dre de 1.100.000 à 1.200.000 ha d'ici à la fin de 1968/69, ait été attein+,. Par contre, il n'en a pas été de même de ceux concernant la production, le rendement et la commercialisation qui sont demeurés très en dessous des prévisions. Les quantités commercialisées devaient atteindre 1.050.000 à 1.200.000 tonnes en 1968/69, alors qu'elles n'ont pas dépassé 600.000 tonnes et ont été en moyenne de 730.000 tonnes au cours des trois dernières années. Bien qu'à première vue ces résultats puissent paraitre décevants, il con- vient d'examiner les progrès accomplis jusqu'à présent dans l'organisation des services de vulgarisation agricole et de commercialisation et dans l'em- ploi de facteurs de production modernes. 52. Il ne fait pas de doute que des services de vulgarisation bien conçus et munis d'un personnel suffisant ont été créês. De 1964 à 1969, une entreprises française, la SATEC, a assuré les services de vulgarisation dans le bassin arachidier à la suite d'un accord passé avec le Gouvernement sénégalais. Conformément à cet accord, la SATEC a été chargée de recruter et de former un personnel compêtent d'agents de vulgarisation et de cadres qui ont ensuite été utilisés sur le terrain. Ce personnel a eu pour tâche d'augmenter la production de l'arachide, de diversifier les cultures (prin- cipalement en développant la culture du mil), d'enseigner à la paysannerie de nouvelles méthodes culturales modernes et de développer l'emploi des animaux de trait. En ce qui concerne la formation du personnel, ce program- me a atteint son objectif et, en 1969, un organisme sénégalais, la Société de développement et de vulgarisation agricole (SODEVA), créé en 1968, a pris la relève de la SATEC. La société sénégalaise, qui bénéficiera pendant un certain temps encore de l'aide du personnel expatrié de la SATEC, est un organisme semi-indépendant qui relève directement du Ministère du développement rural. 53. Deuxièmement, en ce qui concerne les efforts déployés pour accroi- tre l'utilisation des engrais, des fongicides et du matériel agricole (houes, charrettes, etc.), des résultats positifs ont été enregistrés pen- dant les premières années du programme. Ces résultats ont toutefois été sérieusement compromis en 1968 lorsque la diminution des récoltes dans de nombreuses régions a cofncidé avec une baisse du prix d'achat au producteur. Pendant cette même période, les méthodes de recouvrement du crédit agricole ont également été appliquées plus strictement tandis que les agriculteurs se sont endettés davantage du fait de leurs achats accrus d'engrais et de matériel. En outre, au moment même où les agriculteurs éprouvaient des l/ Office national de coopération et d'assistance au développement. - 21 - difficultés pécuniaires croissantes, les pouvoirs publics ont commencé à appliquer un système impopulaire de paiement différé des arachides. On a également enregistré, au cours de cette période, une hausse constante des prix de l'engrais, lesquels sont passés de 12 francs CFA le kg en 1965 à 16 francs CFA en 1968. Les retards apportés au règlement des livraisons -- l'agriculteur n'étant maintenant payé qu'après vérifica- tion du poids des livraisons et après inscription sur les registres de '11ONCAD -- ont souvent obligé les agriculteurs à revendre à perte leurs bons de caisse. Ce système a également augmenté la quantité d'arachide commercialisée frauduleusement avec la Gambie. Ces divers facteurs ont contribué à diminuer la confiance de la paysannerie dans les coopérati- ves, de sorte que les achats d'engrais ont baissé considérablement (ils sont passés de 65.000 tonnes en 1967/68 à environ 34.000 tonnes en 1968/69). A ce moment-là, les pouvoirs publics ont ramené le prix de l'engrais à 12 francs CFA le kg, mais cette décision n'a toutefois pas amené la reprise escomptée des w:hats et on a même constaté un nouveau recul au cours de la campagne 1969/70. Il y a eu également un ralentis- sement sensible des achats de matériel agricole par rapport aux objectifs du plan de productivité. 54. Il est difficile à l'heure actuelle de prévoir quelle va dtre l'attitude des agriculteurs au cours des prochaines années. Ce qu'il importe avant tout de savoir, c'est dans quelle mesure les services chargés de la fourniture d'engrais et de matériel et de la commercia- lisation des récoltes réussiront à regagner la confiance des agricul- teurs. Sous cet angle, l'importance attaché par la Banque à l'amélio- ration des institutions chargées de la vente à crédit des facteurs de production agricole et de la commercialisation des récoltes se justifie entièrement. Il va falloir améliorer non seulement la rentabilité de leur exploitation au siège, mais également celle des opérations effectuées sur le terrain. La conception même du travail de vulgarisation agricole et les relations entre les services de vulgarisation agricole et les coopé- ratives devront être soigneusement examinées. Il conviendra de tenir compte davantage des différences d'ordre écologique qui existent dans la zone arachidière, et l'emploi des engrais devra être accru dans les ré- gions où il est le plus rentable. 55. Des mesures affectant directement les recettes nettes des plan- teurs d'arachides auraient des effets positifs plus immédiats. La si- tuation financière de ces agriculteurs s'est considérablement dégradée ces dernières années et ce facteur a contribué directement à l'exode des populations rurales vers les centres urbains. En 1963/64, lorsque le prix de l'arachide était encore garanti par les accords conclus avec la France et que le prix d'achat au producteur était en moyenne de 21,5 francs CFA le kg net, la commercialisation de l'arachide a rapporté aux agricul- teurs près de 16 milliards de francs CFA. En 1968/69, les recettes net- tes des agriculteurs ont été estimées à 10-11 milliards de francs CFA seu- lement, ce qui représente une baisse d'au moins 30 pour cent par rapport à 1963/6h. En fait, si l'on tient compte du taux d'accroissement démo- graphique, la diminution des recettes a probablement été encore plus sen- sible. D'après les estimations de la mission, le revenu moyen du planteur - 22 - d'arachide, compte tenu de la valeur de la culture de subsistance du mil et de l'autoconsommation d'arachides, est inférieur à 300 dollars pour une famille de six personnes, ce qui représente environ 50 dollars par personne, tandis que le revenu moyen par habitant s'établit aux en- virons de 200 dollars pour l'ensemble du Sénégal et de 570 dollars pour la région du Cap-Vert. Le système actuel des prix avantage nettement les habitants des villes au détriment des producteurs agricoles, et partant des planteurs d'arachide. 56. La décision prise par le gouvernement de régler désormais au comptant les agriculteurs au moment de la livraison devrait améliorer quelque peu leur situation pécuniaire. La réduction précitée du prix de l'engrais devrait avoir le même effet, bien qu'elle n'ait pas encore suscité une reprise des achats d'engrais. Le gouvernement envisage également de relever de 6 pour cent le prix d'achat à la production lors de la prochaine campagne (1970/71). Cette augmentation (ou même une augmentation supérieure) aurait déjà été possible lors de la campagne 1969/70 à la suite de la dévaluation du franc CFA intervenue en août 1969. Il est toutefois peu probable que l'accroissement des revenus monétaires suscité par ces diverses mesures soit suffisant pour inciter les agriculteurs à accroître leurs superficies ensemencées et à augmen- ter leurs achats d'engrais et de matériel agricole moderne. Les agri- culteurs semblent pencher actuellement vers d'autres solutions, soit en cultivant du mil de façon marginale, soit en quittant leurs terres pour la ville où ils savent que, même s'ils ne trouvent pas de travail, ils obtiendront auprès d'autres membres de la famille arrivés avant eux le gite et la nourriture. 57. Les céréales cultivées au Sénégal comprennent le mil, le sorgho, le mais, et le riz. Seule une faible proportion est commercialisée et, pour répondre aux besoins des régions urbaines, le Sénégal doit importer des quantités croissantes de céréales. Ces importations portent surtout sur le riz, mais il arrive aussi que des quantités importantes de blé, de mais et parfois de mil doivent également être importées. Pour ces rai- sons, le gouvernement s'est efforcé d'accroitre la production locale de mil dans le bassin arachi.dier, et celle du riz dans les régions situées au nord et au sud du pays. 58. Pour l'agriculteur, l'importance du mil réside dans le fait que cette céréale peut être cultivée en alternance avec l'arachide, ces deux plantes s'équilibrant écologiquement, et qu'elle lui permet également de combiner une culture commerciale avec une culture vivrière. Ces der- nières années, toutefois, la production de mil a souffert tout comme l'ara- chide des conditions atmosphériques défavorables qui ont régné dans le pays. Les tendances à plus long terme présentent un taux d'accroissement de la production de l'ordre de h-5 pour cent par an. Toutefois, les rendements au cours de la période 1960-68 ont été de l'ordre de 500 kg a l'hectare, alors que l'objectif fixé par le deuxième Plan était de 600 kg à l'hectare. - 23 - 59. Le mil joue un rôle de premier plan dans le programme de pro- ductivité établi pour le bassin arachidier. Les résultats sont à peu près du m6me ordre que pour l'arachide. Après avoir monté en flèche au cours des premières années du programme, les utilisations d'engrais ont brusquement fléchi. Il est difficile d'arriver à de bons ré6ultats avec les variétêés actuelles, etant donné la trop grande importance de la paille par rapport au grain, ce qui entraîne un épuisement inutile de la ferti- lité du sol. Un programme d'amélioration des variétés de mil est actuel- lement entrepris à ltaide de crédits du FED. Les résultats des travaux, qui donneront lieu à l'établissement de propositions concrètes pour l'utilisation de meilleures variétés et méthodes, sont attendus en 1974. 60. Après le mil, le riz est la principale céréale vivrière. La production de riz a progrese régulièrennt, passant de 79.000 tonnes en 1960 à 137.000 tonnes en 1967, mais par suite de la sécheresse exces- sive qui a régné en 1968 la production est tombée à 59.000 tonnes. La Casamance produit environ 80 pour cent du total, principalement à l'aide de méthodes traditionnelles, et le reste provient du nord du pays où il est cultivé sur les terres irriguées dans la vallée du fleuve Sénégal. Plusieurs plans de développement de la riziculture -- comportant tous d'importants travaux d'assainissement et d'irrigation -- sont actuelle- ment en cours de réalisation; ils portent sur une superficie de 25.000 ha, dont 16.000 sont déjà plantés en riz. L'utilisation de matériel agricole et l'application de méthodes modernes dans plusieurs projets de la vallée du fleuve Sénégal ntont pas encore donné des résultats très po- sitifs et la production n'a pas augmenté proportionnellement aux inves- tissements réalisés dans ces projets. 61. La production locale ne peut suffire qu'à 30 pour cent des besoins de la population et elle est en général consormmée sur place, à l'exception d'une faible quantité (moins de 20.000 tonnes), commercialisée par des or- ganismes d'Etat dans la vallée du fleuve Sénégal. La consommation s'accroit d'environ 4 pour cent par an -- environ 10.000 tonnes -- et le pays a de plus en plus recours aux importations pour répondre à cette augmentation de la consommation. La part des importations de riz dans la valeur to- tale des importations est ainsi passée de 12 pour cent en 1962 à 20 pour cent en 1968. 62. Le programme de développement de la riziculture (voir Volume III, Agriculture, paragraphes 128 à 150) comprend une douzaine de projets qui sont à divers stades de préparation. La mission estime qu'en réalisant les projets économiquement rentables et techniquement faieables, la production devrait enregistrer un taux de progression proche de 8 pour cent jusqu'en 1976. Même la réalisation de ces projets rentables apparait toutefois incertaine, étant donné les rapports actuels prix/coûits, les- quels ne permettent pas d'obtenir un taux de rendement suffisant pour certains des projets. La difficulté est illustrée ici par le fait que le coût de revient du riz sur les superficies ensemencées varie entre 40 et h2 francs CFA le kg, tandis que, calculé au taux actuel de change, - 24 - le prix du riz importé rendu Dakar ne coûte que 32 francs CFA le kg. 63. Le développement rapide de la culture du coton au cours des dix dernières années est un élément positif dans le développement agricole du Sénégal. La culture du coton a débuté en 1963 et, étant donné les excel- lents résultats qui ont été obtenus, les ob-j.ectifs de production ont été relevés à plusieurs reprises dans les plans de développement. Los rende- ments sont excellents (ils sont parmi les meilleurs d'Afrique de l'Ouest). Le succès remporté par cette culture vient en grande partie du fait que tou- tes les opérations sont entreprises sous le strict contrôle de la Compagnie française pour le développement des fibres textiles. Cette compagnie four- nit non seulement les semences, engrais et fongicides nécessaires, mais elle est également chargée de la commercialisation des récoltes. La production n'est pas encore très élevée (moins de 10.000 tonnes en 1968/69) mais elle augmente rapidement. 64. Le secteur de l'élevage offre de bonnes perspectives d'avenir. La production actuelle ne réussit pas encore à répondre à l'ensemble des be- soins de la population; les importations de viande de boeuf et celles de viande de mouton et de chèvre représentent environ le quart et la moitié de la consommation intérieure. La consommation de viande par habitant est légèrement supérieure à 20 kg par an et celle de poisson est de 45 kg, de sorte que la quantité de protéines dans l'alimentation sénégalaise est relativement élevée. Les principales zones de production sont si- tuées dans le nord et dans le nord-est du pays, régions où les conditions sont propices à l'élevage. L'établissement, au cours des années 60, d'un ensemble de points d'eau dans cette région a pratiquement mis fin à l'éle- vage nomade et a contribué à àugmenter la production. Une campane sanitaire contre la peste bovine et l'amélioration générale des services vetéri- naires ont contribué à améliorer l'état de santé des troupeaux. Il sem- ble que rien ne s'oppose à un développement intensif de l'élevage en vue de permettre au pays de se passer d'importations de viande. La création de nouveaux points d'eau, l'adoption de nouvelles mesures destinées à améliorer la santé des troupeaux et l'implantation de centres de commer- cialisation et d'abattoirs représentent les principaux objectifs que le gouvernement s'est fixé pour augmenter le rendement de ce secteur. L'industrie manufacturière 65. La part importante occupée par l'industrie dans le PIB -- 13,5 pour cent au cours de la période 1965-68 -- indique le degré relativement avancé d'industrialisation du Sénégal. Au cours des années qui ont suivi l'accession du pays à l'indépendance, ce secteur a été handicapé par la perte de ses marchés avec les autres pays de l'ancienne Afrique occiden- tale française et par la diminution de la demande intérieure à la suite du départ du personnel français, civil et militaire. Il en est résulté une sous-utilisation importante de la capacité de production, laquelle semble subsister encore dans une certaine mesure (dans certaines indus- tries, la capacité utilisée semblerait n'être que 40 à 50 pour cent de la capacité installée). Toutefois, l'obsolescence -- économique, sinon - 25 - technique -- a finalement absorbé la presque totalité de cette capacité inutilisée de sorte que les statistiques présentent un "gonflement" de la capacité réelle du secteur industriel. L'une des caractéristiques du secteur industriel est la prédominance des sociétés étrangères et de cadres étrangers. Cette importance numérique des expatriés et le niveau élevé de leur traitements représentent l'une des causes des coûts élevés de production au Sénégal et de la faible concurrence des produits sé- négalais sur le marché mondial. Prenant pour exemple un groupe de pro- jets industriels, on a estimé que la main-d'oeuvre expatriée recevait 31 pour cent des rémunérations salariales tout en ne représentant que 4 pour cent de la masse salariale. Cette disproportion est encore plus accentuée dans bien des entreprises. 66. Lorsque le pays a accédé à l'indépendance, le processus de subs- titution des importations -- remplacement progressif des importations par des produits fabriqués localement -- n'était pas encore terminé et diverses industries ont été créées au cours des années 60 -- industries de la chaussure, du ciment, et raffinerie de pétrole. L'industrie textile sera alimentée par des quantités croissantes de coton produit localement. L'exploitation des mines de phosphate augmentant, une usine d'engrais des- tinée à alimenter le pays a été construite avec la participation de la SFI. En ce qui concerne les industries de transformation, le fait le plus marquant est l'accroissement de capacité des huileries, qui a permis au Sénégal d'accroitre la valeur ajoutée provenant de cette activité économi- que qui est la plus importantedu pays. 67. Considérées ensemble, ces nouvelles activités manufacturières -- destinées pour la plupart à remplacer des produits jusque là importés -- ont largement compensé l'affaiblissement de la demande causé par le départ des Français et la baisse des exportations vers les marchés traditionnels et elles ont permis au secteur manufacturier d'enregistrer un taux de pro- gression annuelle de 5,5 pour cent. Cette progression des activités ma- nufacturières a été facilitée par l'adoption des mesures législatives précipitées en faveur des investissements. Ce régime des investissements, qui est entré en vigueur en 1962, accorde pour une certaine durée,aux en- treprises agrédes,d'importants avantages fiscaux tels que l'exonération de l'impôt sur les bénéfices industriels et commerciaux, la déduction du re- venu imposable des recettes réinvesties, une réduction de l'impôt sur les recettes distribuées et le remboursement à la sortie des droits d'importa- tion. Ces avantages sont décrits plus en détail dans le Volume V: Indus- trie (paragraphe 53). Jusqu'à présent, 27 entreprises se sont vues accor- der les avantages prévus par le régime des investissements privés. En plus de ces avantages, les entreprises industrielles bénéficient d'une protection douanière très importante (40 à 70 pour cent de la valeur c.a.f.) pour leurs produits, ou voient ceux-ci protégés par une interdiction d'importer des produits analogues. Les entreprises industrielles ont en outre accès au crédit de la BNDS et autres banques établies au Sénégal à des conditions très avantageuses. Ces mesures ont favorisé principalement les grandes entreprises sous contrôle étranger. Ce système s'est exercé au détriment des producteurs agricoles qui doivent pouvoir soutenir la concurrence sur les marchés étrangers tout en<bvant payer plus cher les produits et les servi.s fournis par le secteur moderne protégé. - 26 - 68. Ces divers avantages offerts au secteur industriel se traduisent globalement par un taux effectif de protection extrêmement élevé qui pro- tège l'industrie contre les effets de la concurrence étrangère. Les entre- prises créées jusqu'à présent se caractérisent par le fait que leurs efforts sont dirigés principalement sur le marché intérieur -- la seule exception notable est celle des huileries -- et par leur très forte intensité capi- talistique. Les statistiques disponibles font ressortir un accroissement considérable de l'intensité capitalistique des industries. Au cours de la période 1962-67, le nombre total des salariés a très peu augmenté dans l'industrie tandis que le taux annuel d'accroissement des investissements a atteint 18 pour cent. Ce chiffre ne tient pas compte des investissements dans les raffineries de pétrole qui sont traditionnellement élevés. 69. Cette tendance à l'intensité capitalistique découle de la nature même de certains des avantages consentis aux investisseurs, avantages qui tendent à réduire le coût du capital: exonération de l'impôt sur les béné- fices industriels et commerciaux, taux officiels d'intérêt peu élevés et exonération des droits d'entrée sur les biens d'équipement. Par ailleurs, la législation sénégalaise du travail et les traitements élevés des sala- riés expatriés augmentent le coût de la main-d'oeuvre, ce qui encourage encore le développement des industries à forte intensité capitalistique. Cet aspect de la politique industrielle est en contradiction évidente avec les objectifs de la stratégie du développement qui conviendraient au Sénégal et qui nécessiteraient la création d'un nombre maximum d'emplois et une utilisation relativement faible de capital. 70. Etant donné les faits précités, il est évident qu'une réévaluation de l'ensemble de la politique industrielle appliquée actuellement s'impose d'urgence. Le gouvernement n'a pas encore reconnu cette nécessité qui pourra se traduire, pour les entreprises actuelles, par la perte de la si- tuation privilégiée qu'elles occupent actuellement et, pour la population sénégalaise, par des encouragements plus directs en vue d'une participation accrue au développement industriel dans des conditions permettant une utilisation intensive de main-d'oeuvre. Le gouvernement a pris ces der- nières années quelques mesures destinées à aider les Sénégalais à partici- per plus pleinement à cet effort de développement industriel, mais il est peu probable que ces mesures soient suffisantes. En 1969, le gouvernement a créé la Société nationale d'études et de promotion industrielle (SONEPI) qui est destinée à fournir aux entrepreneurs sénégalais une formation professionnelle et des services de consultant. Cette société travaille en étroite coopération avec l'Institut de technologie alimentaire dans le domaine des industries alimentaires. Un organisme analogue a également été créé pour promouvoir le développement de l'artisanat et des petites entreprises. En outre, le gouvernement a entrepris un programme ambitieux de domaines industriels. 71. Etant donné que les possibilités sont limitées sur le marché inté- rieur, l'expansion industrielle devrait évidemment être orientée dans une très large mesure sur les exportations. Par suite de ses coûts de production élevés, il a été en général impossible jusqu'à présent, aux industries - 27 - sénégalaises, de prendre pied sur les marchés étrangers, et la production est écoulée sur un étroit marché intérieur protégé par des barrières doua- nières élevées. Les résultats enregistrés par des pays moins développés indiquent que, d'une façon générale, il devrait être possible de déterminer des produits pouvant être exportés par les industries sénégalaises. Au cours de la période 1961-66, les exportations de produits manufacturés des pays en voie de développement vers les pays développés ont progressé en moyer- ne de 12,2 pour cent par an. _/ Le secteur industriel du Sénégal dispose de certains avantages qui pourraient l'aider considérablement dans la créa- tion d'industries d'exportation: il dispose d'une infrastructure dévelopée, bénéficie d'un libre accès aux capitaux et aux techniques de l'étranger et sa main d'oeuvre a prouvé qu'elle pouvait s'adapter aux méthodes industrie- - les. L'entrée du Sénégal sur le marché mondial serait aidée d'autre part par le fait qu'en tant que membre associé des CEE, ses exportations jouis- sent d'un traitement préférentiel sur tous les marchés des pays des CEE. 72. Il est par conséquent nécessaire de donner maintenant au secteur industriel une nouvelle orientation en fonction de ses possibilités d'ex- portation. Ceci va obliger le gouvernement à élaborer une politique délibé- rément axée sur les exportations, politique qui devra offrir un ensemble judicieux de mesures d'encouragement et de pressions pour augmenter les ex- portations. Le gouvernement a déjà pris quelques mesures dans cette direction et les crédits à l'exportation peuvent maintenant être réescomptés à des conditions légèrement plus favorables que les autres crédits (3 pour cent alors que le taux normal du réescompte est de 3 1/2 pour cent). La SONEPI et l'OSA ont commencé à rechercher activement des débouchés à l'étranger et les missions diplomatiques du Sénégal ont reçu des instructions en vue de faciliter ces recherches. Des informations concernant la réglementa- tion appliquée par les autres pays en matière d'importations sont recueillies systématiquement (droits de douane et régime douanier, réglementation sa- nitaire, services consulaires). Le gouvernement étudie également la pos- sibilité de créer un programme de crédit garanti à l'exportation. Toute- fois, étant donné le niveau élevé de ses coíûts de production, il semble peu probable que l'industrie puisse soutenir la concurrence des autres produits sur les marchés étrangers. L'adoption de mesures destinées à accroître la force compétitive du Sénégal revêt par conséquent ume très grande importance. 1/ Voir le Volume V, Industrie, Annexe statistique, Tableau 30: Importa- tions de produits manufacturés par les pays à économie de marché déve- lopée. Les produits dont l'exportation a le plus augmenté sont pour la plupart ceux dont la fabrication exige une utilisation intensive de main-d'oeuvre. Les exportations de vêtements, d'articles de voyage, de chaussures, d'ouvrages imprimés, de produits en matière plastique, de jouets et d'articles de sport ont notamment augmenté de façon spectacu- laire (de 20 à 30 pour cent par an et même de 60 pour cent dans les cas des articles en matière plastique). L'augmentation des exportations de cotonnades (11 pour cent par an), de fi1.és et de fil (14 pour cent par an) a également été importante. Il convient de noter aussi l'augmentation enregistrée récemment dans la fabrication de pièces détachées pour ma- tériel électronique et ordinateurs par des succursales de sociétés ayant leur siège dans des pays développés. - 28 - III, FINANCES PUBLIQUES A. Importance du secteur public 73. Composé d'une part des administrations centrales, régionales, départamentales et municipales, et d'autre part d'une vingtaine d'établis- sements publics dotés de l'autonomie budgétaire mais en étroite relation financière avec le Trésor, le secteur public du Sénégal occupe, par les effectifs employés, la première place parmi les pays de l'ancienne Afrique occidentale française. L'importance relative de son infrastructure admi- nistrative, héritée d'un passé où Dakar était la capitale de l'Afrique occidentale française puis de la Fédération du Mali, constitue toujours un des traits dominants de l'économie sénégalaise. 74. En 1968, les administrations et les entreprises publique occupaient encore 43 pour cent de la main-d'oeuvre totale du secteur moderne, et l'Etat prélevait 18,8 pour cent du produit intérieur brut sous forme d'impôts et d'autres droits. Si la part de l'épargne publique ne dépassait pas en 1968 10 pour cent de l'épargne nationale totale, l'effort d'investissement pu- blic représentait encore un peu plus du tiers de la formation brute de ca- pital fixe de la nation. Des organismes publics contrôlaient la commercia- lisation des denrées agricoles de base, assuraient les transports ferro- viaires, une partie des transports urbains, la gestion du port de Dakar, et la construction de logements de caractère social. B. Evolution du budget ordinaire et de l'épargne publique 75. Dans un contexte de ralentissement de l'activité économique entrainant une stagnation des ressources publiques, les finances publiques du Sénégal se sont progressivement détériorées au cours des cinq dernières années d'exercice, de 1964/65 à 1968/69. Les recettes ordinaires du gou- vernement central ont diminué tant en valeur absolue quien pourcentage du PIB dont elles ne représentaient que 18,2 pour cent en 1968/69, contre 19,7 pour cent en début de période. Outre les conditions économiques dé- favorables, trois autres facteurs ont contribué à ce déclin: (1) les con- cessions tarifaires consenties par le Sénégal dans le cadre de son asso- ciation avec les CEE, et surtout les conventions douanières conclues avec les pays de l'OCAM; (2) les conditions défavorables régnant sur le marché national et international de l'arachide, qui ont obligé le gouvernement à réduire les droits à l'exportation de ce produit; et (3) d'une façon certaine, bien qu'il soit plus difficile d'en apprécier la portée, une ag- gravation de la contrebande et de la fraude fiscale. Les nombreuses mesu- res de relèvement de certaines taxes n'ont pas suffi à contrebalancer la tendance à la baisse des recettes fiscales. - 29 - Tableau 6: OPERATIONS COURANTES DES ADMINISTRATIONS ET ENTREPRISES PUBLIQJES (en milliards de FCFA) 1964/65 1965/66 1966/67 1967/68 196869 Gouvernement central recettes 33,4 34,3 33,9 34,5 34,8 dépenses ordinaires _af 31 8 30 9 31,3 3_2. 3_ épargne brute 2,6 1,7 0,1 Municipalités recettes 2,6 2,8 3,2 2,9 2,9 dépense s ordinaire s 2 1 2,7 2 2 2,9 épargne brute 50,1 0,8 0,1 0,0 Entreprises publiques recettes n.d. n.d. 11,8 11,7 11,9 dépenses n.d. n.d. 10 h 10,5 10.6 épargne brute 1,3 1,3 11,2 1,3 Total de 1'épargne brute du secteur public b/ -4Y8 L__ ___ 1,h a/ Y compris les opérations budgétaires non classées. b Non compris les excédents des fonds de stabilisation et de péréquation, d'un montant total de 1,6 milliard de FCFA pour la période 1965/66 à 1968/69. 76. Au cours des trois premières années de la période en question, les dépenses ordinaires du gouvernement central ont progressé très modéré- ment en valeur absolue, traduisant en cela une politique d'austérité adoptée par le gouvernement, puis ont augmenté plus fortement au cours, des deux der- nières années pour atteindre en 1968/69 un niveau supérieur de 10,5 pour cent à celui de 1964/65. Cette augmentation est presque entièrement imputable aux charges de personnel dont la part dans les dépenses ordinaires est passée de 52,6 pour cent en 1965 à 54,6 pour cent en 1969. L'accroissement des effectifs et l'aménagement du statut de certaines catégories de personnel d'une part, les augmentations de salaire consenties à la suite des évènements de mai 1968 d'autre part, ont été à l'origine de cette augmentation. D'au- tres catégories de dépenses ont dû être comprimées pour maintenir la progres- sion totale dans des limites compatibles avec le financement des dépenses d'investissement. Les dépenses d'entretien, sacrifiées depuis plusieurs années, ont particulièrement souffert de cette réduction. Les transferts ont également diminué à la suite de la réduction du transit des marchandises à destination de la auritanie. - 30 - 77. L'évolution contraire des recettes et des dépenses ordinaires a provoqué la disparition de l'épargne courante du gouvernement central qui est tombée de 3,6 milliards de FCFA en 1964/65 à 60 millions de FcFA seulement en 1968/69. Le taux de couverture des dépenses par les recettes ordinaires est tombé de 114 à 101 pour cent entre 1965/66 et 1968/69. 78. L'évaluation directe par la mission de la situation budgétaire des municipalités n'a pas été facile car il n'a pas été possible d'obtenir les résultats pour les deux dernières années de la période; il semble ce- pendant que l'évolution des opérations courantes ait été assez comparable à celle du gouvernement central. En d'autres termes, les recettes seraient demeurées stationnaires alors que les dépenses de fonctionnement s'élevaieri; de près de 32 pour cent en cinq ans, et que l'épargne brute des collectivités;; locales, qui était d'environ 1/2 milliard de FCFA en 1964/65, aurait prati- quement disparu en 1968/69. 79. Les établissements publics, dont les comptes ne sont disponi- bles que depuis 1967, auraient accumulé une épargne brute après transferts d'environ 1,3 milliard de FCFA par an. Les déficits de la Régie des Transports ont été largement compensés par les bénéfices bruts réalisés par le port de Dakar, l'Office des Postes et la Caisse des Prestations Fami- liales. 80. L'épargne brute du secteur public n'aurait cessé de diminuer au cours des cinq années (en milliards de FCFA): 1964/65 1965/66 1966/67 1967/68 ij68f69 Gouvernement central 3,61 3,40 2,55 1,75 0,06 Municipalités 0,48 0,06 0,81 0,07 a/ - af Entreprises publiques 1,30 a/ 1, a/ 1,4 1,15 1,28 Total 5,39 h,76 h,77 2,97 1,31L a/ Evaluations de la mission. C. Les investissements publics 81. Au cours du deuxième plan quadriennal (1965/66-1968/69), les dépenses d'investissement du gouvernement central se sont élevées à 24,3 milliards de FCFA. Ce total est composé des dépenses du budget d'équipe- ment comprenant le Fonds routier (au total 17,5 milliards de FCFA), et des investissements financés par l'aide extérieure liée, en association directe avec le budget d'équipement de l'Etat (6,8 milliards de FCFA). - 31 - Tableau 7: DEPENSES DE DEVELOPPEiENT DU GOUVERNEMENT CENTRAL DEUXIEME PLAN QUADRIENNAL (Dépenses effectives en milliards de FCFA) Budget de déve- loppement et Aide Pourcertrge Fonds routier extérieure Total du toi al Secteur rural 2,47 3,42 5,89 24,2 (agriculture) (1,62) (3,26) (4,88) (20,C) TransportEt télécommunications 2,75 1,19 3,94 16,2 (routes) (2,61) (0,89) (3,50) (14,1) Infrastructure sociale 5,80 1,22 7,02 28,8 (logements) (3,70) (0,07) (3,77) (15,5) Energie, irrigation 0,99 0,70 1,69 6,9 Equipement administratif 1,05 - 1,05 4,3 Etudes générales 0,60 0,22 0,82 3,4 Divers 0 1 3,95 16,2 Total _7150 24,36 100,0 dont: Investissements directs 11,77 6,86 18,36 (reliquat du ler Plan) (0,55) ( - ) Investissements indirects 5,73 - 5,73 (subventions aux entreprises publiques) (2,80) - (2,80) (participations) (0,72) - (0,72) (transferts aux régions) (2,21) - (2,21) Sources: Comptes du Trésor, - 32 - 82. Trois secteurs ont reçu la priorité en matière d'investisse- ments, à savoir l'infrastructure sociale (28,8 pour cent), l'agriculture (24,l pour cent5 et les transports et télécommunications (16,2 pour cent), représentant ensemble près de 70 pour cent des dépenses d'équipement de l'Etat. 83. Il serait hasardeux et peu significatif de comparer les dé- penses effectives aux projections effectuées lors de l'élaboration du plan, compte tenu des révisions intervenues en cours de réalisation. Néanmoins, on peut dire que 90 pour cent des dépenses d'équipement financées sur les ressources intérieures selon les prévisions du plan, ont été réalisés (soit 17,5 milliards de FCFA sur 19,35 milliards assignés par le plan). 84. Les données relatives aux investissements réalisés par les municipalités et les entreprises publiques sont très incomplètes. Sur la base des statistiques disponibles, on peut estimer leur effort respectif à 2 milliards de FCFA et 10 milliards de FCFA, respectivement. L'investise- ment total du secteur public, après élimination des doubles emplois, se monte environ à 33 milliards de FCFA, contre un peu plus de 1l milliards de FCFA pour le premier plan. 85. Les deux tiers des dépenses de développement du gouvernement central (voir tableau) ont été financés sur les ressources intérieures, et le solde sur l'aide extérieure. Celle-ci a été constituée, pour 35 pour cent, par des emprunts contractés auprès du FAC, de la Caisse centrale de coopération économique, de l'USAID et de la République fédérale d'Allemagne; le reste a été fourni par des dons accordés par le FAC et le FED. - 33 - Tableau 8: FINANCEMENT DES DEPENSES DE DEVELOPPEMENT DU GOUVERNEKENT CENTRAL (en milliards de FCFA) 1965/66 1966/67 1967/68 1968/69 Total Dépenses de développement 4,h9 6,85 5,68 7,25 24,27 1 - Budget de développement a/ (2,60) (3,99) (3,24) (5,06) 14,9 2 - Fonds routier (0,52) (0,62) (0,63) (0,83) 2,60 3 - Autres comptes spéciaux b/ (1,20) (0,63) (0,19) (0,17) 2,19 4 - Caisse centrale (FAC et FED) £C/ (0,17) (1,61) (1,62) (1,19) 4,59 Financement h46 6,74 ,_66 739 2hj45 1 - Utilisation des fonds du Trésor 3,16 4,71 4,01 4,87 16,75 2 - Ressources extérieures (brutes) 1,55 2,28 2,18 3,08 9,09 (Emprunts extérieurs) d/ (0,64) (0,27) (0,6) (1,85) (3,22) (Dons - aide extérieure) (0,91) (2,01) (1,72) (1,23) (5,87) 3 - Amortissements de la dette (moins) e/ -0,25 -0,25 -0,33 -0,56 -1,39 Erreurs et omissions 0,03 0,11 -0,18 -0,14 - 0,18 a/ A l'exclusion des transferts du Fonds routier. _/ Comptes 50, 51, 60, 61, 63 et 66. c/ Dons accordés par le FAC et le FED. d/ Crédits des comptes spéciaux 30-15. e/ Evaluations de la mission. Sources: Ministère des Finances, Direction du Trésor. - 34 - 86. L'épargne budgétaire courante n'a financé qu'environ 30 pour cent des dépenses de développement du gouvernement central. Au cours de la deuxième année du deuxième plan, les excédents des caisses de stabi- lisation et de péréquation des prix des denrées agricoles ont contribué à relayer l'épargne budgétaire;ces excédents, d'un total de 6 milliards de FCFA, ont financé plus de 26 pour cent du montant total des investisse- ments. Du fait de la détérioration de la situation budgétaire, le Trésor a dû prélever sur ses réserves liquides le complément nécessaire au finan- cement du Plan. Ses liquidités se trouvant menacées, le Trésor, plutôt que d'avoir recours aux avances de la Banque centrale, a préféré retarder la date des opérations de paiement, accumulant ainsi des engagements à vue ou à court terme. Le règlement de ces engagements s'effectue sur une pé- riode de deux mois, et rarement de plus de trois mois. Dans un futur irmmédiat, le Trésor sera vraisemblablement obligé d'avoir recours à des emprunts à court terme de la Banque centrale. Conformément aux règlements de la Banque centrale, le montant maximum de ces emprunts serait de 15 pour cent du revenu ordinaire du gouvernement, soit environ 5 milliards de FCFA. Cette opération permettrait au gouvernement d'éviter une crise de liqui- dités au cours des deux prochaines années. Compte tenu de la reprise es- comptée de l'activité économique, les trois années suivantes (de 1971/72 à 1973/74) devraient connaître une évolution plus favorable de la con- joncture. 87. La part des dépenses de personnel dans les dépenses ordinaires a augmenté graduellement et, en 1968/69, représentait plus de 55 pour cent du total des dépenses ordinaires. Bien que les effectifs des services publics (environ 36.800 1/ employés en 1968) n'aient augmenté que modérément au cours des dernières années, ils n'en constituent pas moins une charge exces- sive pour le budget ordinaire et une lourde hypothèque pour l'avenir. C'est surtout au niveau des emplois subalternes que le personnel est en surnombre et qu'il conviendrait de réduire les effectifs de façon à per- mettre au gouvernement de faire des économies supplémentaires et afin de rendre possible le recrutement des fonctionnaires sénégalais d'encadrement pour remplacer peu à peu le personnel étranger fourni au titre de l'assis- tance technique. Par contre, la plupart des autres dépenses en biens et en services, notamment les dépenses d'entretien de l'infrastructure existante, ont beaucoup souffert des mesures d'austérité imposées par les charges financières auxquelles l'Etat devait faire face. C'est ainsi que l'entre- tien des routes, des écoles et des h8pitaux, ainsi que le natériel indis- pensable au bon fonctionnement des services départamentaux et locaux ont été trop longtemps sacrifiés. La part des dépenses d'entretien dans le PIB est tombée de 0,9 pour cent en 1964/65 à 0,8 pour cent en 1968/69. La part des transferts dans les dépenses courantes est tombée de 17 pour cent en 1964/65 à 14 pour cent en 1968/69. La plus grande partie de ces transferts concerne le versement à l'Etat des taxes perçues au profit des municipali- tés, de la Caisse de Prestations Familiales ou de la Caisse de stabilisa- tion de l'arachide, les fonds versés au titre des bourses d'études, les subventions aux h8pitaux et écoles privés, les suhventions d'équilibre 1] Y compris le p%rsonnel d'assistance technique. - 35 - Tableau 9: SENEGAL - RELEVE DES OPERATIONS DU TRESOR (en millions de francs CFA) I. Zxécution des lois de Finances 196'5 19656_ 1966/67 1967/68 1968/69 A. Opérations du budget 1. Recettes budgetaires +36.866 +35.825 +35.379 +35-840 +36 .193 (Recettes budgétaires) (+36.735) (+35.825) (+35-379) (+35-84o) (+36.193) (Fonds de concours et divers) (+ 131) 2. Dýpenses budgAtaires -41.002 -35.948 -38.068 -38-115 -2.109 (D4penses ordinaires) (-32.533) (-33.069) (-33.264) (-34.234) (-36-185) (Dépenses d'équipement) (- 8.649) (- 2.879) (- h.80) (- 3.881) (- 5-9ý2) 3. Opérations budgétaires à classer (montants nets) - 848 + 415 * 188 - 214 - 513 Soldes A -!4,984 + 292. - 2.501 2-h89 - 6-429 B. Comptes spéciaux du trésor 1. Prêts et avances - 749 - 543 - 1.319 + 391 - 54 2. Avances sur aide étrangère + 124 - 50 - 128 + 2 + 1hU (Aide étrangère) (+ 1.523) (+ 1.150) (+ 503) (+ 337) (+ 318) (Dépenses d'investissements) (- 1.399) (- 1.200) (- 631) (- 335) (- 174) 3. Caisses de stabilisation - - + 4.499 + 969 + 1.050 h. Fonds de retraites + 593 + 463 + 153 - 233 - 415 5. Autres comptes spéciaux + 1.127 - 426 + 911 - 379 -' 240 Soldes B + 1.095 - 556 + h 116 + 750 + 485 Total I = A + B - 3.889 - 264 + 1. 615 1.739 5. 944 II. E;mprunts et opérations de Tr'sorerie A. Emprunts à long et moyen terme - 1.151 + 224 + 168 + 22h + 2.674 1. xteýrieur (+1151) (+ 221j) (+ 18 + 224) (~~1. 374) . Intérieur ( - ) ( - ) ( - ) ( - ) (+ 1.100) B. Opérations de Trésorerie + 2.738 + 35 - 1.777 + 1.508 + 3.257 1. Bons du Tresor - + h3h + 53 - 50 - 27> 2. Dépôts des correspondants - 143 - 2.888 + 2789 - 1.13h + 46 3. Dépôts divers - 2226 - 1·5h5 + W4 + 1·562 + 25 h. Trésor français - 120 - 1.53 + 843 - 91 + 141 5. Obligations cautionnées - 19 + 365 + 324 - 100 + 14 6. Variations des encaisses (+ correspond à une diminution) + 4.292 + 2.392 - 2.097 + 2.201 + 1.986 7. Opérations à classer - 214 + 523 - 143 - 687 + .235 8. Divers - 108 - 23h + 200 - 247 - 15 9. Comptes d'ordre + 1.276 + 2.531 -_790 + 5h + 1,100 Total II = A + B + 3889 + 259 1- 609 + 1732 + 5.931 erreurs et omissiDns - 5 6 7 13 - 36 - accordées aux établissements publics administratifs, et les participations aux organismes internationaux. Quant aux dépenses relatives au service de la dette (intérgts, etc.) leur part dans le budget ordinaire représente un pourcentage négligeable (0,13 pour cent) dans la mesure où l'endettement public du Sénégal est encore très modéré. 88. Au cours des cinq dernières années, les dépenses des budgets ordinaires des communes n'ont représenté en moyenne qu'un peu moins de 8 pour cent des dépenses ordinaires du gouvernement central. Les dépenses en biens et en services représentent 95 pour cent du total. Bien qu'un début de compression des effectifs ait fait sentir ses effets au cours de la période 1964/65 - 1966/67, les dépenses de personnel ont de toute évidence rattrapé celles consacrées à l'achat de matériel et aux travaux d'entretien. Des sommes relativement peu importantes sont réservées à diverses dépenses de caractère social ainsi qu'à la participation des communes aux frais de fonctionnement de services publics (protection contre l'incendie, ramassage des ordures ménagères, etc.). 89. La part des recettes fiscales dans le total des recettes budgétaires courantes est passée de 92,6 pour cent en 1964/65 à 9à4, pour cent en 1968/69, tandis que les autres recettes ordinaires décroissaient. Le système fiscal sénégalais, directement issu du vieux système français, s'appa- rente donc encore beaucoup au système en vigueur dans les anciennes colonies françaises. A c8té d'impfts relativement modernes, tels que luimpât unique ou les imp8ts progressifs sur le revenu, et de taxes sur le chiffre d'affaires très proches d'un système de taxe a la valeur ajoutée, il existe de nombreuses petites taxes, assises sur des signes extérieurs de richesses, d'une administration difficile et d'un rendement faible. La moitié des recettes fiscales provient d'imp8ts sur le commerce extérieur, principale- ment de droits de douane et de taxes à l'importation. Bien que l'arachide soit encore la denrée principale d'exportation, les taxes douanières sur ce produit et ses dérivés ne représentent m9me pas 7 pour cent des recettes budgétaires. Quoi qu'il en soit, étant donné la structure économique du Sénégal, les fluctuations de la production d'arachides exercent une in- fluence indirecte importante sur les recettes fiscales du fait des répercue- sions qu'elles ont sur les activités des entreprises en général et sur les revenus d 'une catégorie importante de la population. D. Problèmes budgétaires 90. La charge fiscale déjà très élevée (18,8 pour cent du PIB en 1967/68) constitue un obstacle a toute augmentation des recettes par re- lèvement du taux des impfts actuels. Dans le passé, l'Etat a eu très souvent recours à cet expédient, et une nouvelle aggravation des charges fiscales qui ne staccompagnerait pas d'une réforme de la structure actuelle du système fiscal ne saurait qu'encourager davantage la fraude et la contre- bande, deux fléaux qui constituent déjà un danger menaçant pour les finances - 37 - publiques du Sénégal. La Gambie, enclave toute proche, dont le régime fiscal est plus favorable, est une invitation naturelle à l'évasion fis- cale. Bien qu'il soit difficile dïévaluer l'importance de la contrebande, il est permis de penser que la perte de recettes qui en résulte pour le budget a atteint ces dernières années des proportions très considérables (probablement de l'ordre de 3 à 5 milliards de FCFA). Le Gouvernement est parfaitement conscient de la gravité de ce problème et a récemment entre- pris une campagne destinée à lutter contre la contrebande à la frontière gambienne mais également, de plus en plus, aux frontières des autres pays voisins. Il sera néanmoins très difficile de surveiller efficacement les milliers de kilomètres de frontières qui séparent le Sénégal des pays limitrophes. Ce n'est donc pas seulement par des mesures d'ordre adminis- tratif que l'Etat peut espérer remédier à la situation mais en s'attaquant également au domaine de la politique fiscale. Une étude des tarifs douanierc, effectuée dans le cadre d'une politique plus dynamique du commerce extérieur, devrait permettre d'envisager la révision de certaine taux dont le. niveau exorbitant est probablement à l'origine de la contrebande. Cette étude devrait porter notamment sur la question du traitement discriminatoire des importations en provenance du Japon, qui prive le Sénégal d'une source de produits importés à des prix compétitifs, et encourage probablement la contrebande. Il conviendrait également d'essayer d'unifier certaines taxes et d.'en éliminer d 'autres qui sont sans rendement réel. Une telle mesure aurait pour effet de libérer les agents du fisc de nombreux travaux peu rentables au profit d'un contr6le systématique de tous les revenus et bien imposables. Une réforme de l'imposition des petits commerçants et artisans serait aussi nécessaire, dans la mesure où un bon nombre de ceux- ci echappent presque complètement à l'impât sur le revenu. 91. Enfin, il serait souhaitable de procéder à une évaluation très approfondie, fondée sur des statistiques récentes, du coût des avantages fiscaux accordés aux entreprises qui s'installent ou investissent au Sénégal, dans la mesure où cela permettrait au gouvernement d'apprécier en toute connaissance de cause les résultats positifs, nuls ou voire même négatifs des sacrifices budgétaires consentis, sur l'ensemble de l'économie. 92. Sur la base des projections économiques sectorielles couvrant la période allant de 1967/68 à 1973/74, les recettes ordinaires du gouverne- ment central devraient augmenter de 29,2 pour cent en six ans, alors que les dépenses ordinaires ne progresseraient que de 16,5 pour cent. Dans ces conditions, l'épargne brute du gouvernement central pourrait atteindre près de 7 milliards de francs CFA d'ici 1973/74. Toutefois, les projections des opérations courantes du gouvernement central reposent sur trois hypo- thèses de base dont la réalisation est indispensable si le gouvernement veut 9tre en mesure de contribuer, sur ses ressources propres, au finance- ment des investissements du troisième Plan. La première hypothèse suppose que les autorités s'engageront résolument dans une politique de rigueur budgétaire suivant laquelle les augmentations des niveaux de salaires seront - 38 - maintenues dans les limites de l'évolution générale des prix, et la pro- gression des dépenses dtéquipement sera limitée àa 2,5 pour cent par an (selon cette hypothèse, l'augmentation des effectifs du personnel des services publics serait de 800 par an au maximum, soit 2 pour cent des effectifs actuels). La deuxième hypothèse tient compte des intentions du gouvernement (qui ont commencé à se manifester dans les faits) de lutter avec le plus de rigueur et d'efficacité possible contre la fraude fiscale et la contrebande. Si cette deuxième hypothèse ne se trouve pas confirmée, la fraude fiscale risque de ruiner toute possibilité d'amélio- ration dans ce domaine. La troisième hypothèse suppose que des mesures - appropriées seront prises afin d'encourager l'accroissement de la produc- tion, ce qui aboutirait à une expansion de l'assiette de l'imp8t, devenue indispensable. - 39 - IV. BALANCE DES PAIEMENTS 93. L'analyse de la balance des paiements est rendue difficile par l'absence de statistiques officielles en dehors de celles qui concernent le commerce extérieur et les réserves en devises. Comme nous le verrons, même les renseignements fournis sur le commerce extérieur sont très insuf- fisants. Pour un certain nombre d'autres postes de la balance des paiementc, le Fonds Monétaire a effectué des estimations jusquten 1967 et la mission les a transposées en 1968 après les avoir légèrement réajustées. Malgré les erreurs inhérentes à ces estimations, l'évolution des principaux postes de la balance des paiements et leur ordre de grandeur sont très clairs. Il apparaît nettement que le commerce extérieur a connu une stagnation relative et que le déficit du compte des opérations courantes a toujours été important encore que variable. L'aide étrangère, quoique généreuse, nta pas suffi à couvrir entièrement ce déficit. En conséquence, les réserves en devises ont accusé un déclin pendant la plus grande partie de la décennie écoulée. 94. La balance des paiements du Sénégal au cours des dernières années est résumée dans le tableau suivant. Tableau 10: BALANCE DES PAIEMENTS 1964 1965 1966 1967 1968 ( en mlliards"de francs CFAT Balance commerciale -11,2 -7,9 -2,6 -7,7 -8,8 Intérêt sur la dette publique - 0,1 -0,2 -0,3 -0,3 -0,3 Autre revenu des facteurs - 3,4 -3,5 -3,7 -3,8 -4,0 Dépenses au titre du personnel étranger civil et militaire 9,5 4,9 4,9 4,9 4,9 Autres services - 3,0 -0,4 -0,3 0,9 0,8 Compte des opérations courantes - 8,2 -7,1 -2,0 -6,0 -7,4 Transferts privés à l'étranger - 6,4 -6,4 -6,4 -6,>4 -6,4 Transferts privés en provenance de l'étranger 2,0 2,0 2,0 2,0 2,0 Prêts du secteur privé - - 0,2 0,9 - Dons du secteur public (y compris assistance technique) 8,4 9,5 10,6 10,5 9,4 Prêts du secteur public (nets) 0,4 0,1 0,4 0,1 1,4 Erreurs et omissions 1,9 -0,6 -2,5 -3,2 -4,1 Variation des avoirs en devises 1,9 -2,5 -2,3 2,1 5,1 1/ Le signe moins correspond à une augmentation. - 40 - A. Compte des opérations courantes 95. Le déficit du compte des opérations courantes de la balance des paiements provient principalement d'un excédent considérable des importa- tions et de l'importance des sorties nettes de revenus des facteurs, attribuable au fait que la plupart des entreprises privées du secteur moderne appartiennent à des étrangers. Etant donné qu'il existe peu de renseignements sur ces mouvements de capitaux, les chiffres indiqués dans le tableau ne constituent qu'une vague approximation. Le montant estimatif de ce poste ne comprend pas les sommes transférées à l'étranger par 47.000 non-Africains habitant au Sénégal, qui constituent un élément (négatif) dans le financement du déficit de ce compte. Provisoirement, la mission a évalué ces repatriements de fonds à 6,4 milliards de francs CFA (26 milliocF de dollars); le même chiffre a été appliqué aux années 1964-68, en raison d'une part de la diminution du nombre des étrangers résidant au Sénégal et d'autre part de ltaugmentation des revenus moyens. Ainsi, le déficit du compte courant ne fournit qu'une indication partielle de l'importance du problème financier extérieur. En 1964-68, ce déficit a atteint en moyenne environ 3 pour cent du PIB, mais il pourrait être estimé, très approxi- mativement, à 6 pour cent du PIB si l'on tient compte des transferts de fonds effectués par les étrangers. B. Commerce extérieur 96. Le commerce extérieur revêt une importance vitale pour l'économie encore restreinte et peu diversifiée du Sénégal. Ses maigres ressources naturelles et son développement économique peu avancé oblige le Sénégal à importer la plupart de ses matières premières et la quasi-totalité de ses machines et de son équipement. En outre, le retard pris par la production de denrées alimentaires de base l'a conduit à importer des quantités crois- santes de céréales, principalement de riz. Au cours des cinq dernières années, les importations et les exportations ont atteint respectivement 24 pour cent et 20 pour cent du PIB. Dans ces pourcentages entrent une estimation de la valeur des échanges non enregistrés, dont l'importance est assez grande pour des raisons soulignées dans le chapitre traitant des finances publiques. Pour tenir compte de ces lacunes, les statistiques douanières ont été augmen- tées en moyenne de 13,5 pour cent pour les importations, et de 14,2 pour cer.t pour les exportations, entre 1964 et 1968. 97. Les arachides constituent la principale source de devises (70 à 80 pour cent du total). Le total des recettes en devises a subi des fluctuations très importantes résultant des grandes variations annuelles des récoltes et des fluctuations des cours mondiaux, qui affectent l'économie sénégalaise depuis la suppression du prix français garanti. En conséquence, le déficit commercial a oscillé entre 10 et 45 millions de dollars et a atteint un niveaa assez élevé ces dernières années, du fait des mauvaises récoltes. 98. Exportations. Les exportations et les importations n'ont pas progressé de façon sensible au cours de la dernière décennie; l'évolution du commerce extérieur a ainsi suivi très nettement la lenteur générale de la croissance économique. Par rapport aux quatre années précédentes, leE - h1 - exportations en 1965-68 ont progressé de 1,9 pour cent par an, et les impor- tations de 1,2 pour cent. Si l'on ajuste ces chiffres pour tenir compte des mauvaises récoltes d'arachides au cours de ces dernières années, on dégage pour les exportations une progression globale de 3 à h pour cent par an. 99. La diversification des exportations a fait peu de progrès depuis 1960. Les modifications les plus importantes portent sur la composition des exportations d'arachides et l'augmentation des exportations de poisson et de phosphate. Le développement des huileries locales a permis d'accroître les exportations d'huile d'arachide qui, contrairement à l'arachide décorti- quée, bénéficient d'une marge de préférence de 15 pour cent dans les CEE. Dans les premières années de la dernière décennie, les exportations d'arachious décortiquées représentaient encore 45 à 50 pour cent du total des exportatiorF d'arachides et de ses sous-produits, mais au cours des dernières années, cette proportion est tombée à 30 pour cent. Cette tendance à maximiser la valeur ajoutée locale et les recettes d'exportation provenant de l'arachide est évidemment favorable à l'économie sénégalaise; le traitement local de l'ara- chide a fait progresser d'environ 10 pour cent la valeur totale des exporta- tions. 100. Le développement du secteur de la pêche a permis d'accroÎtre d'envi- ron 6,5 pour cent par an les exportations de thon en conserve dont la valeur atteignait 6,h millions de dollars en 1968. Un assez important marché d'exportation de queues de homards et de crevettes surgelées s'est également créé. L'exploitation des gisements de phosphate de Talba et de Thies a fait monter en flèche les exportations de ce minerai (principalement du phosphate de calcium et, en quantités moindres, du phosphate d'aluminium) depuis 1960; elles atteignent maintenant environ 800.000 tonnes, et en 1968 leur valeur totale atteignait 10,h millions de dollars. 101. Comme nous l'avons exposé plus haut, les exportations de produits manufacturés sénégalais - en dehors de l'arachide traitée et des conserves de poisson - n'ont pas progressé de manière favorable. Jusqu'à présent, c'est essentiellement vers d'autres pays africains que sont dirigées ces exportations, de faible volume, dans le cadre d'accords commerciaux parti- culiers (c'est ainsi que Madagascar a acheté pour 2,5 millions de dollars de farine de blé en vertu des accords de l'OCAM, et que d'autres pays afri- cains ont acheté au Sénégal pour 2,5 millions de dollars de chaussures, accumulateurs, cotonnades et ciment). Le Sénégal ntexporte pratiquement pas de produits manufacturés vers d'autres parties du monde, bien que les produits sénégalais puissent entrer en franchise dans les pays des CEE. 102. La progression des importations au cours de la dernière décennie, dans l'ensemble aussi lente que celle des exportations, a été freinée par de faibles taux de croissance économique ainsi que par des taxes à l'importa- tion sans cesse plus élevées. En effet, tous les droits de douane perçus a l'entrée au Sénégal ont progressé d'année en année jusqu'à atteindre en 1967/68, 0 pour cent de la valeur c.a.f. du total des importations. Evidem- ment, ce pourcentage moyen est constitué par des taxes d'importance très variable appliquées à des produits divers, faibles pour les denrées alimen- - 42 - taires de subsistance ou les biens d'équipement, et plus élevées pour les marchandises de luxe ou les biens entrant en concurrence directe avec les produits sénégalais. D'une façon générale, la restriction des importations découle de l'approbation par l'Etat des investissements effectués dans le cadre du code d'investiEsement sénégalais en vue principalement d'encourager la substitution des importations. Vue sous cet angle, cette politique a eu le résultat escompté puisque la production industrielle destinée au marché intérieur a augmenté plus rapidement que le PIB, tandis que diminuaient les importations d'un certain nombre de produits industriels. On s'est déjà posé la question de savoir si cette politique conduit a la création d'indus- tries répondant aux besoins du pays, et notamment d'industries compétitives. En ce qui concerne la substitution des importations, un pas important a été franchi lors de la création d'une raffinerie de pétrole dans la région de Dakar en 1964. Aujourd'hui, les importations de carburant se composent presque uniquement de pétrole brut dont la valeur totale est considérablemený inférieure à celle des produits pétroliers importés au début de la dernière décennie. 103. La production sénégalaise de denrées alimentaires a obtenu des résultats médiocres comme en témoigne l'ampleur des importations de produits alimentaires qui représentent environ un tiers du total des importations, soit 7,5 pour cent du PIB. Comme nous l'avons déjà mentionné plus haut, les importations de riz ont très considérablement augmenté, passant de 6 pour cent à 12 pour cent du total des importations entre le début et la fin de la dernière décennie. Il est très important pour la situation en devises du pays que le Sénégal parvienne a augmenter rapidement sa production intérieure de denrées alimentaires. 104. Au cours de la dernière décennie, les importations de machines et d'équipement représentaient environ 3 pour cent du PIB et 20 a 25 pour cent de la formation estimative de capital fixe. Ce dernier pourcentage semble être quelque peu sous-estimé, étant donné que le Sénégal ne produit aucun bien diéquipement a l'exception du ciment et de quelques autres matériaux de construction. De plus, il est probable qu'une partie substantielle des importations de biens d'équipement exonérés de droits de douane, tels que les biens livrés au titre de l'aide étrangère, ne soient pas enregistrés. Le plafonnement des importations de machines et d'équipement aux environs de 20 a 25 millions de dollars reflète le faible taux de croissance de l'économie en général. Cependant, au cours des deux dernières années, la valeur de ces importations a connu une hausse parallèle à l'augmentation des investissements que nous avons indiquée pour la même période. 105. Politique commerciale. Traditionnellement, le Sénégal a toujours suivi une politique commerciale favorable aux échanges avec les pays de la zone franc, notamment la France. La valeur minimale des importations d'un certain nombre de marchandises en provenance de la France était fixée tous les ans en accord avec le Gouvernement français, alors que les limitations imposées aux importations en provenance de pays n'appartenant pas a la zone franc étaient encore aggravées par le prélèvement de droits de douane élevés. Depuis l'association du Sénégal avec les CEE,les importations en provenance - 43 - de la France ne sont plus soumises a aucun quota. En tant que membre associé, le Sénégal jouit des mêmes privilèges douaniers que ceux qui régissent les échanges entre les pays de la communauté. En conséquence, tous les droits de douane ont été supprimés entre ]es CEE et le Sénégal, encore que celui-ci conserve le droit d'en prélever pour protéger ses industries. Nous avons déjà vu comment le traitement de l'arachide au Sénégal a été favorisé par le fait que., conformément au tarif extérieur commun qu'applique les CEE, aucun droit n'est perçu sur les arachides décortiquées, tandis qu'un droit de 15 pour cent est perçu sur l'huile d'arachide. 106. Les pays de l'UDEAO constituenl pour le Sénégal un deuxième marché préférentiel encore que moins important. Le montant total des droits d tation (droits de douane, droits de timbres, etc.) frappant les échanges entre les pays-membres de l'UDEAO a été ramené à 50 pour cent du montant tota-L prélevé sur les importations en provenance des pays les plus favorisés à l'ex- térieur de l'Union. Afin qu'elle exerce son plein effet sur les échanges entre les Etats membres, cette préférence devrait être complétée par une coordination de leurs politiques industrielles. Malheureusement, les mesures prises dans ce domaine n'ont pas encore donné grands résultats. Dans la situation actuelle, chaque pays s'est efforcé de créer son propre complexe industriel, et il s'ensuit que les échanges entre les Etats membres de l'UDEAO n'ont pas augmenté de façon significative. 107. En ce qui concerne les importations en provenance des pays situés hors de ces deux zones préférentielles, une licence doit être obtenue du Ministère du Commerce, pour chaque opération. En effet, ces importations exigent une monnaie convertible dont l'affectation annuelle est régie par un Comité franco-sénégalais. L'octroi des licences a été libéralisé au cours des dernières années, et les droits de douane élevés constituent la principale entrave aux importations en provenance des pays tiers. Trois tarifs douaniers sont en vigueur au Sénégal, les tarifs normal, intermédiaire et général. Leur application dépend de l'origine des importations. Le tarif général, trois fois plus élevé que le tarif normal, s'applique surtout à certains pays d'Asie, notamment le Japon, ce qui prive l'économie sénégalaise d'une source importante de marchandises compétitives. En outre, ce tarif discriminatoire a encouragé la contrebande en provenance de la Gambie, ce qui entraÎne des pertes sensibles de recettes fiscales. 108. Outre ces mesures restrictives, l'importation d'un certain nombre de marchandises (allumettes, ciment, certains produits du coton, sucre, sisal, tapis) est totalement interdite pour protég r la production locale. L'impor- tation du riz est un monopole d'Etat (OCAS) depuis 1967, mais la vente au détail s'effectue par l'intermédiaire de commerçants privés. En raison de la pénurie de denrées locales, et des prix très bas fixés par l'Etat, ce commerce est une source de gains privés considérables; selon la mission, il devrait être possible d'augmenter le revenu que l'Etat retire des importatIons de riz sans provoquer une augmentation du prix à la consommation. Union douanière des pays de ltAfrique de l'Ouest. Cette union comprend le Dahomey, la Côte d'Ivoire, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Sénig:l et la Haute Volta. Office de Commercialisation Agricole du Sénégal. 109. Une nouvelle réforme de la politique commerciale du Sénégal semble souhaitable. En effet, en dépit de la libéralisation entreprise ces dernières années, le système des restrictions demeure très complexe et encombrant du point de vue administratif. Les divers niveaux de taxation interdisent au Sénégal d'accéder à des marchandises offertes à des prix compétitifs, cela au détriment de sa propre économie, mais dans l'intérêt évident des pays des CEE. En outre, les droits de douane excessifs qui frappent certaines marchan- dises ont encouragé la contrebande et entraîné ainsi des pertes fiscales importantes. 110. Répartition géographique du commerce extérieur. Au cours de la dernière décennie, la part du commerce avec la France dans le total des échanges sénégalais a diminué, mais la France reste toujours de loin le cliert le plus important du Sénégal. L'association du pays avec les CEE et les mesurcs de libéralisation des échanges prises par le Gouvernement, ont contribué à une certaine diversification du commerce. Les changements d'orientation des échanges sont résuimés dans le tableau suivant: Tableau 11: REPARTITION GEOGRAPHIQUE DU COMMERCE EXTERIEUR (en pourcentage du total) Eportations Iportations 19-63 196-68 1959-63 196-6 France 83,7 75,7 66,1 51,1 Reste de la zone franc 6,8 6,1 6,9 11,2 Zone franc 90,5 81,8 73,0 62,3 Cs (pays autres que la France) 3,4 6,1 9,7 13,4 Autres pays 6,1 12,1 17,3 24,3 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 C. Aide étrangère et dette extérieure 111. Le Sénégal a bénéficié d'une aide étrangère généreuse. De 1964 à 1968, celle-ci s'est élevée en moyenne à 47 millions de dollars, soit 12 dollars par habitant. Ce chiffre est à comparer avec l'aide par habitant versée en 1965 à l'ensemble de l'Afrique (6 dollars) et aux pays francophonts de la région sud du Sahara (10 dollars). Les principales sources de cette aide ont été la France (64 pour cent de l'aide effective en 1964-68) etles CEE (20 pour cent). Les Etats-Unis et l'Allemagne ont également fourni une aide, dans une proportion moindre. Les versements au titre de prêts de la BIRD et de crédits de l'IDA ont commencé en 1967 et ont porté sur des sommes relativement peu importantes (1,6 million de dollars en 1967 et 1 million d,e dollars en 1968). - 45 - 112. L'aide française met surtout l'accent sur l'assistance technique, qui représente environ les deux-tiers du total. En 1968, le nombre des experts français envoyés au Sénégal dépassait 2.200. La plus grande partie de cette aide n'était pas directement liée à la planification et au dévelop- pement économique, mais destinée à aider le Gouvernement dans ses tâches administratives. Environ la moitié des experts français étaient des - enseignants ou des professeurs à l'Université de Dakar. Le reste était composé de divers techniciens et cadres fournissant leur assistance et pro- diguant leurs conseils à tous les niveaux du secteur public. Il faut égale- ment souligner l'importance particulière des travaux effectués dans le domaine agricole par un certain nombre de sociétés de recherche et de bureaux d'étucioa français. Un petit nombre de conseillers français occupent des positions clés dans l'administration; leur nombre diminue progressivement à mesure que des dipl6més sénégalais prennent la relève. 113. L'aide française au titre des programmes et des projets est fournie par le Fonds d'aide et de coopération (FAC) sous forme de dons et de prêts assortis de conditions de faveur, et par la Caisse centrale de coopération économique (CCCE) sous forme de prêts du même type. Les versements effectués par ces deux organismes entre 1964 et 1968 ont atteint en moyenne 5,7 millions de dollars par an. Les investissements destinés à la diversification de l'agriculture représentent la plus grande partie de l'aide accordée par le FAC et environ un quart de l'aide accordée par la CCCE. Le solde a été affecté essentiellement à l'infrastructure et au logement. 114. Les versements effectués entre 1964 et 1968 au titre des premier et deuxième programmes du FED ont atteint en moyenne 9,4 millions de dollars par an, dont la plus grande partie (59 pour cent) était également consacrée à l'agriculture. Le projet le plus important auquel ait participé le FED est celui de l'arachide (mentionné ci-dessus) portant sur un total de 34,5 millions de dollars. 115. Les montants versés au titre de l'aide, en provenance de toutes les sources, ont été nettement inférieurs aux engagements. A la fin de 1968, le total des sommes engagées par le FAC, la CCCE et le FED au titre des projets et programmes (par opposition aux programmes d'assistance technique) s'élevait à h2,2 milliards de francs CFA (169 millions de dollars), mais les versementr à cette date n'atteignaient que 28,1 milliards de francs CFA (112 millions de dollars). Les renseignements disponibles ne nous permettent pas de savoir si une partie de l'aide non versée, d'un montant de 67 millions de dollars, (équivalant aux engagements de trois ans) est depuis lors devenue caduque ou a été annulée. Il est possible que tel soit le cas pour une faible partie de cette somme, mais il est certain qu'une proportion importante, pouvant atteindre 85 pour cent, était toujours dans le "pipeline" à la fin de 1968. 116. Le FED prend souvent ses engagements à un state peu avancé de la préparation des projets, ce qui expliquerait en grande partie le volume subs- tantiel des fonds en voie de versement. De plus, il semble que la préparation et la mise en oeuvre des projets fait intervenir un trop grand nombre d'orga- nismes publics dont les fonctions se chevauchent fréquemment et dont la plupart sont caractérisés par un manque d'expérience technique et administrative. - 46 - De plus, l'administration centrale n'assurerait apparemment pas encore une coordination et une supervision suffisantes de ces organismes. Dans certains cas, la mise en oeuvre des projets a été retardée parce que le déblocage des fonds de contrepartie en monnaie locale n'avait pas été autorisé. Bien que la situation financière du secteur public n'ait pas été très favorable au cours des dernières années, il semblerait que les réserves de liquidités aient été suffisantes jusqu'à ces dernières années pour que de tels retards aient pu être évités. D'une façon générale, en ce qui concerne le secteur public, on peut dire que le développement économique a été freiné par sa capacité d'absorption plus que par le manque de fonds. 117. L'aide étrangère ayant été dans l'ensemble accordée à des conditio-.3 très favorables, le niveau de la dette étrangère s'est maintenu dans des limites raisonnables. Au milieu de 1969, la dette extérieure publique s'éle- vait au total à 101,4 millions de dollars, dont 63,4 millions avaient été effectivement versés. Les paiements au titre du service annuel de la dette ne représentaient que 2 pour cent du total des exportations. - 47 - V. PERSPECTIVES ECONOMIQUES ET CAPACITE D'ENDETTEMENT A. Croissance économique globale Expansion de la production 118. En se fondant sur des projections détaillées par secteur et par principaux produits, la mission prévoit que l'accroissement du PIB à prix constants sera de 5,5 pour cent par an entre 1968 et 1974, soit le double du taux moyen des huit dernières azmées. Cet accroissement tient au fait qu'au cours des dernières années l'évolution d'un certain nombre de secteurs - pêche, élevage, coton, transformation des produits agricoles, tourisme - est devenue plus favorable par suite des efforts entrepris par l'Etat pour diver- sifier l'économie. De plus, dans ces mêmes secteurs, la croissance va recevoir une impulsion nouvelle due au nombre important de projets actuel- lement en cours d'approbation ou dont la préparation est déjà très avancée, notamment dans le secteur rural. L'importance accrue accordée aux régions du sud et du sud-est, d'un plus grand potentiel économique, constitue un aspect favorable du plan de développement de l'Etat, lequel devrait contribuer a une croissance plus rapide. Enfin, ce qui est plus déterminant encore, la croissance économique devrait s'accélérer par rapport aux dernières années si la récolte d'arachides, exceptionnellement mauvaise, retrouve son niveau antérieur. Dans une large mesure, le taux de croissance assez favorable prévu pour le proche avenir permettra de regagner le terrain perdu mais ne constituera pas une solution définitive à la stagnation économique. Des mesures destinées à encourager la production, déjà importantes à moyen terme, seront indispensables à plus long terme. A moins d'augmenter considérablement la compétitivité de l'agriculture et de l'industrie, la croissance recommencera à se ralentir en dépit des efforts de diversification déjà mentionnés et du plus grand nombre de projets en préparation. 119. Afin d'améliorer, de manière durable, les perspectives économiques, l'Etat devra trouver le moyen de modifier la structure des prix et des coûu-s trop élevés que le Sénégal a héritée du régime colonial. Les prix relatifs sont au détriment des agriculteurs par rapport aux autres groupes économiques. Les producteurs doivent vendre leur récolte aux cours mondiaux alors qu'ils achètent sur le marché intérieur des biens et des services à des prix élevés qui, parfois, sont encore augmentés par mesure de protection. D'autre part, l'industrie, tout en jouissant d'une très grande protection sur le marché intérieur, n'a pas été en mesure de stattribuer une place importante sur les marchés d'exportation, sauf en ce qui concerne les produits agricoles transformés (huile d'arachide et thon), qui bénéficient d'une certaine pro- tection en Europe. Cette situation empêche de se faire une idée exacte des perspectives économiques à long terme du Sénégal. A moins d'un ajustement des prix relatifs destiné à renforcer la compétitivité de l'économie séné- galaise, notamment dans le secteur agricole, les encouragements a la produc- tion n'auront toujours qu'une faible incidence et la rentabilité des investis- sements envisagés restera peu élevée. Il serait possible d'améliorer la situation par un dosage approprié de mesures budgétaires, de mesures concerrrt - 48 - les prix et les salaires, le crédit, etc. qui toutes viseraient à s'accroître la compétitivité des produits sénégalais sur les marchés internationaux. De même, le niveau du taux de change, considéré sous l'angle de la croissance économique à long terme et de l'emploi des ressources du S'négal, est un facteur qu'il convient d'étudier. Il s'agit d'une question complexe, étant donné que le Sénégal en tant que membre de l'Union monétaire ouest-africaine a, avec un certain nombre d'autres pays, une monnaie commune et un compte d'opérations auprès du Trésor français. Quelles que soient les mesures prises, leur mise en application exigera évidemment que le gouvernement fasse preuve d'une grande volonté et d'une forte détermination sur le plan politique. Certaines dispositions prises récemment par le gouvernement pour améliorer l- situation économique des producteurs d'arachides (voir par. 56) constituent un progrès réel mais il est nécessaire d'entreprendre une action plus décisi,. 120. En ce qui concerne l'élevage, la production augmentera probablement d'environ 6,2 pour cent par an, ce qui correspond à peu près à la croissance enregistrée au cours des quatre dernières années à la suite des campagnes de vaccination du bétail et de la mise en place d'un réseau de points d'eau. Au nombre des mesures prises par les pouvoirs publics dans ce secteur figurent plusieurs projets et programmes qui doivent permettre d'en exploiter plus complètement le large potentiel. Cependant, l'accent mis dans le plan sur la création de circuits de commercialisation et sur l'installation d'abattoirs est probablement plus marqué qu'il n'est nécessaire. En ce qui concerne la pêche, la production doit continuer a progresser a un taux satisfaisant, notamment en ce qui concerne la pêche au thon et a la sardine. La pêche traditionnelle le long des côtes et en eau douce progressera moins rapidement. Dans l'ensemble, il est probable que la production de l'agriculture, de l'éle- vage et de la pêche aura une expansion un peu plus rapide que celle de l'éconc- mie en général, de sorte que le secteur agricole prendra une place plus importante dans le PIB et en représentera un tiers en 197h. Cette évolution, qui contraste avec la régression de l'agriculture dans le PIB souvent constatéE dans les pays en voie de développement, sera due essentiellement à la reprise escomptée de la production d'arachides et à la croissance dynamique de la production de la pêche. 121. Llaccélération prévue de la croissance du secteur agricole (de 3,5 à 6 pour cent par an) aura une incidence sur le secteur industriel, qui devrait enregistrer une expansion d'environ 7,7 pour cent par an, contre 5,5 pour cent précédemment. L'augmentation plus lente du taux de croissance de l'industrie par rapport à l'agriculture sera due en partie au ralentissement prévu de la production du secteur minier qui a atteint un palier à la suite de l'essor très rapide (23 pour cent par an) enregistré de 1957 à 1968. En outre, ltim- pulsion que l'augmentation rapide de la production agricole imprimera a la production manufacturière (transformation des produits agricoles) sera en partie annulée par l'augmentation plus lente de la production destinée à remplacer les importations. Ce remplacement des importations, qui a été le principal élément dynamique du secteur manufacturier au cours des années 1960, a provoqué une expansion de la production manufacturière plus rapide que l'augmentation de la demande intérieure. En ce qui concerne les textile3 et les cuirs, par exemple, la part de la production intérieure dans la ccr,son- - 49 - mation intérieure est passée de 33 pour cent en 1960 à plus de 65 pour cent en 1968, la production intérieure augmentant au taux moyen de 8 pour cent par an alors que la consommation intérieure ne s'accroissait que de 5 pour cent. Cette tendance se ralentira probablement. Même si le gouvernement réussit à stimuler les exportations de produits manufacturés, on ne peut espérer qu'elles enregistreront une augmentation très rapide au cours des années a venir. Toutefois, sous l'effet de mesures appropriées pour stimuler l'intérêt du secteur privé, les exportations de produits manufacturés devraiert s'accroître sensiblement au cours des dernières années 1970. La production des industries alimentaires, essentiellement orientée vers l'exportation, connaitra probablement une expansion notable dès les années à venir. Etant donné que les pouvoirs publics se sont récemment mis d'accord avec les huile- ries pour que la part des arachides traitées sur place passe de 55 pour ce,t (pourcentage moyen des années précédentes) à 80 pour cent environ de la pro- duction totale commercialisée d'ici a 1974, et que la production de conserves de thon doit augmenter fortement, il est probable que les industries alimen- taires vont connaître une expansion deux fois plus rapide que celle des neuf dernières années. 122. L'expansion du secteur de la construction doit être un peu plus rapide que celle du PIB total, si l'on en juge d'après celle des investisse- ments bruts en capital fixe. L'expansion du secteur des transports sera sans doute assez lente en raison de la perte d'une partie du trafic de transit vers la Mauritanie et de la faible expansion de l'extraction des phosphates. On peut espérer que l'expansion restera lente dans le secteur administratif, les dépenses de l'administration sénégalaise ne devant pas augmenter de plus de 2,6 pour cent, alors que les dépenses de l'administration française continueront probablement à diminuer et que l'assistance technique augmentera très lentement. Dépenses et épargne 123. D'après l'évolution des quatre dernières années, et compte tenu de l'amélioration générale que connaîtra probablement l'économie sénégalaise au cours des six prochaines années, la formation privée de capital fixe devrait passer de 8,8 pour cent du PIB en 1968 à environ 10,3 pour cent en 1974. Si l'on tient compte d'un faible accroissement de la part du secteur public dans la formation de capital, la formation brute totale de capitale fixe pourrait atteindre 15 pour cent environ du PIB en 1974. D'autre part, l'accroissement prévu de l'épargne publique augmentera l'épargne nationale un peu plus rapidement que les investissements, de sorte que le besoin de financement devrait tomber de 3,6 pour cent du PIB en 1968 à 2,8 pour cent de la formation brute de capital fixe en 1974, encore qu'en valeur absolue cet écart s'accroîtra. - 50 - Tableau 12: DEPENSES ET EPARGNE EN 197h (Projections de la mission) (en milliards de francs CFA, aux prix de 1968) Taux de 1968 1974 croissance Pourcent Pourcent annuelle FCFA du PIB FCFA du PIB 1968/70 PIB aux prix du marché 208,8 100,0 288,3 100,0 5,5 Consommation: Publique ho,7 19,5 47,6 17,4 2,7 Privée 143,4 68,7 196,5 68,2 5,4 Formation brute de capital fixe: Publique 9,h 4,5 16,0 5,5 8,7 Privée 18,4 8,8 29,6 10,3 8,2 Epargne nationale brute: Publique 2,2 1,0 9,h 3,3 28,0 Privée 18,2 8,7 28,0 9,7 7,5 12h. La formation de capital ainsi que l'épargne intérieure devraient donc augmenter, mais elles resteront relativement peu élevées jusquten 197h (15,8 pour cent et 13 pour cent du PIB, respectivement). Il convient de rappeler, toutefois, que les investissements intéressant les secteurs tra- ditionnels de l'économie (notamment l'accroissement du cheptel) n'apparaissent pas dans ces chiffres et que, même dans le secteur monétisé de ltagriculture, tous les investissements et toute l'épargne ne sont pas réellement incorporés au PIB. La perspective du passage d'une économie où le revenu par habitant est pratiquement stagnant à une économie ou le taux de croissance, sans être très élevé, progresse néanmoins régulièrement, devrait encourager les investis- sements du secteur privé qui, en conséquence, augmenteront probablement un peu plus vite que le PIB. - 51 - Balance des paiements 125. Les projections de balance des paiements établies par la mission sont récapitulées au tableau ci-dessous: Tableau 13: PROJECTIONS DE IA BALANCE DES PAIEMENTS (en milliards de francs CFA) 1968 1974 Estimations Projections de la mission Exportations 42,4 56,7 Importations 5132 64 1 Balance commerciale -8,8 -7,. Transports et voyages 1,4 2,0 Services publics 4,3 4,0 Transferts à l'étranger de revenus d'investissements -4,4 -68 Déficit du compte courant -7,4 -8,2 Transferts privés à l'étranger -6,h -8,6 Divers transferts privés provenant de l'étranger 2,0 2,0 Transferts publics 6,7 7,0 Entrées nettes de capitaux publics 4,1 8,7 Capitaux privés nets, erreurs et omissions -4,1 -0,9 Perte de réserves 51 0 TOTAL 7,4 8,2 126. Les projections de la balance des paiements font apparaître une légère diminution du déficit commercial par suite des prévisions de la mission qui indiquent une augmentation relativement lente des importations (3,8 pour cent par an par rapport à un taux de croissance du PIB de 5,6 pour cen,). Les calculs effectués supposent que les industries manufacturières continueiont - 52 - de fabriquer des produits destinés à remplacer les importations, bien qu'à un rythme plus lent que par le passé, et que les importations de produits alimentaires se stabiliseront, grâce a la réalisation des projets actuellement en cours ou en préparation concernant le riz. La reprise de la production d'arachides, qui compte pour une part importante dans la croissance escomptée du PIB et qui, en soi, n'exigera pas d'importations supplémentaires, constitue un autre facteur conduisant à prévoir une progression lente des importations. Etant donné la faible propension à importer de la population rurale, l'aug- mentation de la production d'arachides aura également une incidence indirecte peu marquée. 127. D'après les projections, le taux de croissance des importations atteindra 3,8 pour cent par an et, celui des exportations, 5 pour cent par 1r, soit moins qu'il n'est prévu pour le PIB (5,5 pour cent). La part du commerc extérieur dans le PIB continuera donc à diminuer, passant de 47 pour cent en 1968 à 43 pour cent en 1974. Le solde excédentaire du compte des services augmentera probablement quelque peu en raison de l'accroissement du trafic de transit vers le Mali et de l'augmentation des recettes tirées du tourisme. L'amélioration du compte biens et services sera toutefois plus que compensée par l'augmentation des sorties au titre des revenus de facteurs imputables à l'accroissement des bénéfices réalisés par les entreprises étrangères. Par conséquent, le déficit global du compte courant pourrait augmenter en valeur absolue, mais il diminuera néanmoins par rapport au PIB, passant de 3,5 pour cent en 1968 à 2,9 pour cent en 1974. 128. On prévoit que ltexcédent au titre des transferts diminuera forte- ment par suite du déficit croissant des transferts courants (pour les mêmes raisons que l'accroissement des paiements au titre des revenus de facteurs) alors que l'assistance technique étrangère (transferts publics) ne devrait pas dépasser de beaucoup son niveau actuel. Le financement du déficit global nécessitera une augmentation considérable de l'aide étrangère, étant donné que le Sénégal ne peut se permettre de réduire davantage ses réserves. Les perspectives concernant l'aide étrangère sont étudiées au paragraphe 137. B. Planification et investissements publics 129. Le troisième Plan quadriennal de développement économique et social du Sénégal couvrant la période allant de juillet 1969 à juin 1973, tel qu'il a été approuvé par le Parlement, prévoit des dépenses totales de 145,5 mil'.iards de francs CFA (524 millions de dollars) dont 85 pour cent seront consacrés au secteur public et parapublic. Cependant, ce chiffre ne correspond pas à la totalité des investissements qui seront effectués pendant la période cou- verte par le Plan, étant donné qu'une partie seulement des investissements privés, sans doute pas plus de 20 pour cent, sont inclus dans le Plan et concernent principalement l'industrie et le tourisme. La mise en oeuvre du Plan dépendra essentiellement de l'état de préparation des différents projets, La mission a étudié les projets figurant au chapitre du secteur public. Nous avons en principe éliminé les projets qui, de l'avis de la mission, ne parai-s- saient pas rentables. Nous avons ensuite essayé d'estimer les projets qui, vu leur stade de préparation, pourraient être exécutés au cours des quatre années. Ainsi qu'on l'a expliqué en détail dans les chapitres concernant - 53 - les différents secteurs, des réductions importantes sont ainsi envisagées pour la culture du riz en terres irriguées, la production de sucre (planta- tions et transformation), la pêche au thon, le tourisme, les routes, les services publics d'autobus de Dakar, les égouts et l'enseignement primaire. Par contre, de nouveaux projets ont été proposés en ce qui concerne la construction de routes d'accès (hors du bassin arachidier) et les téléccm- munications, et des fonds plus importants ont été prévus afin d'améliorer les services de vulgarisation agricole dans le domaine de l'élevage. 130. Bien que le rythme de préparation des projets se soit accru au cours des années antérieures à l'approbation du troisième Plan, il n'a pas été suf- fisant pour permettre la mise en oeuvre de tous les projets se justifiant sur le plan économique avant juin 1973. D'après les renseignements dont elïc disposait, la mission a essayé de se faire une idée approximative du degré de préparation des projets pour chaque secteur. A cet effet, les projets ont été groupés en trois catégories: (a) projets en voie de réalisation, projets pour lesquels l'aide étrangère a déjà été engagée, ou formellement promise, ou projets susceptibles d'en bénéficier à temps pour être menés à leur terme avant la fin du Plan; (b) projets en cours d'examen avec les fournisseurs d'aide étran- gère; et (c) projets qui n'ont pas encore été examinés avec les fournisseurs d'aide étrangère. - 54 - Tableau 14: DEPENSES DE DEVELOPPEMENT DU SECTEUR PUBLIC PENDANT LE TROISIEME PLAN (en milliards de francs CFA) Estimations de la mission relatives aux projets économiquement justifiés Degré de préparation (a) (b) (c) En oours Chiffres de réalisa- du tion ou com- Stade troisième plètement intermé- Premier Plan préparés diaire staae Total Secteur agricole 41,6 20,9 2,3 4,6 27,8 Industrie, services 12,2 1,0 1,3 2,3 4,6 Transports et communications 18,5 5,2 - 7,7 12,9 Développement urbain, adduction d'eau, égouts 25,5 4,3 7,6 4,7 16,6 Santé publique 2,7 1,o 0,1 1,3 2,h Education 8,3 2,6 - 3,0 5,6 Equipement administratif 1,3 0,7 - - 0,7 Projets locaux 4,0 0,8 - 2,0 2,8 Etudes 00, 6J 9,C 124,9 39,0 11,7 317 82,4 131. Si l'on suppose, à titre indicatif, que tous les projets de la catégorie (a) seront menés à bien pendant la période du Plan mais que seule la moitié des projets de la catégorie (b) et pas plus de 20 pour cent d,es projets de la catégorie (c) pourront être réalisés avant juin 1973, les débours au titre du troisième Plan atteindraient environ 52 milliards de francs CFA, soit en moyenne près de 13 milliards de francs CFA par an. Quoique cette proportion n'atteigne pas la moitié du volume des investisse- ments prévus dans le Plan pour le secteur public, elle représente néanmoins une augmentation de plus de 50 pour cent par rapport aux dépenses publiqaes affectées au développement au cours des exercices 1967/68 et 1968/69, périoóe du second Plan où ces dépenses ont atteint leur montant maximum. - 55 - 132. L'état de préparation des projets étant très variable d'un secteur a l'autre, la répartition sectorielle des dépenses effectuées sera, selon toute vraisemblance, très différente de ce qui était prévu par le Plan. La préparation des projets étant très avancée dans le secteur agricole (y com- pris les projets locaux), il se pourrait bien que celui-ci bénéficie de plus de 47 pour cent des dépenses effectivement engagées au cours de la période du Plan, alors que la part que lui réservait initialement le troisième Plan était d'un tiers. L'importance de cette part s'accorde avec la nécessité pour le Sénégal de donner la priorité au secteur agricole. Si l'on y ajoute l'industrie et les services, on coit que les investissements directment productifs pourraient atteindre 51 pour cent des dépenses réalisées au ccurEs de la période couverte par le Plan (près de 65 pour cent si l'on tient compt- de l'infrastructure des transports), tandis que les projets d'ordre social représenteront probablement 28 pour cent et les études 8 pour cent de ces dépenses. 133. On peut donc prévoir que la répartition sectorielle des dépenses de développement, résultant de la différence de l'état d'avancement des projets, sera très nettement orientée vers les investissements directement productifs. C'est là un élément très favorable, en ce qui concerne le troisième Plan, compte tenu de l'état, satisfaisant dans l'ensemble, de l'infrastructure du Sénégal qui, d'une manière générale - mais non sans quelques exceptions - est suffisante pour faire face au niveau actuel de la production. Toutefois, la concentration sur des investissements directement productifs pourrait avoir des conséquences très fâcheuses sur la répartition sectorielle des paiements à effectuer durant la période du quatrième Plan. Au cours des prochaines années, on peut craindre en effet que les planificateurs ne se préoccupent au premier chef de la préparation de projets inscrits dans le troisième Plan, dont la planification détaillée est à peine commencée, et qui ne seront donc pas exécutés pendant la période du troisième Plan. Cela ne concernerait que quelques projets dans le secteur agricole mais vaudrait pour un grand nombre de projets dans le secteur social et celui des transports, Les paiements à effectuer au cours de la période du quatrième Plan seraient, de ce fait, excessivement orientés vers des projets qui ne sont pas directe- ment productifs. Pour éviter cette situation, il conviendra, au cours des années a venir, de ne pas se limiter à préparer les projets figurant dans le troisième Plan, mais d'en étudier de nouveaux, en particulier dans le secteur agricole. Les projets prioritaires qui ne figurent pas dans le troisième Plan, mais pour lesquels il conviendra d'entreprendre des travaur préliminaires de planification au moins deux ans avant la fin de la période du troisième Plan devraient comporter, dans le secteur agricole, le deuxième stade du projet des Terres Neuves, d'autres projets de riziculture en Casame-nce, l'expansion de la production de coton et un programme complet de développerent de l'élevage. 134. Les trois premiers projets dépendront en partie des résultats des projets entrepris pendant le troisième Plan; quant au quatrième, il convien- dra de s'attacher tout particulièrement, et dans les meilleurs délais, à la préparation d'un programme polyvalent dans le secteur de l'élevage qui puisse servir de base aux importantes mesures à prendre dans ce domaine durant la - 56 - période du quatrième Plan. Il faudra également donner la priorité aux routes d'accès et à l'enseignement rural. L'identification et la préparation d- projets dans ce secteur figureront au nombre des tâches importantes qui incomberont au Ministère sénégalais du Plan et aux différents fournisseurs d'aide étrangère. 135. La mobilisation des ressources nécessaires au financement d'un programme de développement de 52 milliards de francs CFA exigera l'applicatiD continue d'une politique draustérité en ce qui concerne les dépenses publiques, et une utilisation plus rapide des fonds provenant de l'aide étrangère. La manière dont on prévoit le financement de ce montant est résumée au tableau suivant. Tableau 15: FINANCEMENT DES DEPENSES PUBLIQUES DE DEVELOPPEMENT PENDANT LA PERIODE COUVERTE PAR LE TROISIEME PLAN (en milliards de francs CFA) Estimations Chiffres du Plan de la mission Epargne de l'Etat 23,7 8,5 Epargne des entreprises publiques 6,1 4,5 Epargne des collectivités locales 40 019 Epargne publique totale 34,1 13,9 BNDS n.d. 4,8 Total pour le secteur public 34,1 18,7 Capitaux privés 7,2 3,0 Aide financière étrangère, brute 83,6 30,1 Total des ressources financières disponibles l24,9 136. D'après les projections de croissance sectorielle établies par la mission, les recettes de l'Etat devraient augmenter de h,h pour cent par an alors que l'accroissement des dépenses courantes pourrait être maintenu à 2,6 pour cent, ce qui permettrait à l'Etat de réaliser une épargne de 8,5 milliards de francs CFA pendant la période couverte par le Plan. Les hrpo- thèses sur lesquelles se fonde la réalisation de cette épargne ont été indiquées au paragraphe 92. -57 - 137. Par leur participation à des projets semi-privés, les capitaux privés (étrangers ou sénégalais) devraient contribuer pour environ 3 milliards de francs CFA (6 pour cent) au financement des investissements dans le secteur public, ce qui laisse approximativement un montant de 30 milliards de francs CFA, soit 58 pour cent du total, à financer par l'aide étrangère. La mission estime qu'il devrait être possible de mobiliser ce montant d'aide étrangère bien qu'il représente une augmentation de plus de 50 pour cent par rappcrt aux montants obtenus dans le passé, c'est-à-dire d'une moyenne annuelle de 4,5 C 5 milliards de francs CFA à une moyenne annuelle de plus de 7,5 milliar ds de francs CFA pendant la période du troisième Plan. 138. Il est peu probable que les nouveaux engagements des deux principu fournisseurs d'aide financière, la France et la Communauté européenne, aug- mentent sensiblement au cours des prochaines années. Cependant, le nombre considérable de projets en préparation au cours des dernières années entraireia probablement une augmentation des versements par rapport aux montants enregis- trés dans le passé, ce qui conduira ces fournisseurs d'aide à accroître leurs versements de plus de 50 pour cent par rapport au passé (d'une moyenne de 3,5 milliards a environ 5,5 milliards de francs CFA d'ici à 1974). Il est probable également que les prêts du Groupe de la Banque enregistreront une augmentation sensible; on estime que les versements provenant de cette source, qui n'atteignaient que 0,4 milliard de francs CFA précédemment, passeraient à environ 3,5 milliards de francs CFA d'ici à 1974. L'aide fournie par les autres prêteurs, qui atteignait en moyenne 1 milliard de francs CFA par an dans le passé, devrait s'élever à environ 1,7 milliard de francs CFA d'ici à 1974. A partir de ces projections, on peut estimer que les versements d'aide financière étrangère au cours des quatre années cou- vertes par le Plan, atteindront environ 17 milliards de francs CFA (56 pour cent) pour la France et la Communauté européenne, 6 milliards de francs CFA (20 pour cent) pour le Groupe de la Banque Mondiale, et 7 milliards de francs CFA (23 pour cent) pour les autres fournisseurs d'aide. C. Modalités du financement étranger et capacité d'endettement 139. Le développement économique du Sénégal dépendant pour une large part de l'obtention de capitaux étrangers, les conditions dont sera assortie l'aide étrangère dans les années à venir revêtent une importance toute particu- lière. Ainsi qu'il ressort des paragraphes précédents, les moyens de finan- cement jusqu'en 1974 sont plus ou moins déterminés, qu'il s'agisse de verse- ments au titre de projets déjà approuvés ou de nouveaux engagements concernant des projets dont la préparation est déjà très avancée. Les dons et les prts accordés à des conditions de faveur, de toutes origines, s'élèveront probable- ment à 70 pour cent de l'apport brut (environ 28 millions de dollars en 197h). Le solde devra être financé par des prêts classiques et par un certain montant de crédits-fournisseurs. Dans ces conditions, le service de la dette cor- respondra en 1974 à 4,6 pour cent des exportations de biens et services. Par contre, il pèsera beaucoup plus lourdement sur l'épargne publique - environ 28 pour cent d'après nos projections. - 58 - J40. La situation financière restera difficile pendant toute la décennie, ainsi qu'il ressort du tableau ci-après: Tableau 16: PROJECTIONS DE L'APPORT DE CAPITAUX ET DU SERVICE DE LA DETTE (établies par la mission) (en milliards de francs CFA) 1974 1980 1. PIB 288,3 386 Taux de croissance, 5% 2. Formation brute de capital fixe U5,6 73 Passant de 16 à 19% du PIB 3. Epargne nationale brute 37,4 72 Passant de 13 a 16% du PIB h. Apport net de capitaux 8,2 11 Stable a 2,8% du PIB 5. Service de la dette 2,9 8 6. Apport brut de capitaux 11,1 19 7. Exportations de biens et services 63,7 89 Taux de croissance, 6% Service de la dette en % des exportations 4,6% 9% 8. Epargne publique avant intérêt et amortissement 10,3 15,9 Taux de croissance, 8% Service de la dette en % de l'épargne publique 28,2% 50,3% 141. A condition que le gouvernement prenne dans le proche avenir les mesures qui s'imposent pour augmenter la compétitivité de l'économie, ainsi qu'il est indiqué au paragraphe 116, et à condition que les mesures visant à la diversification de la producticn, notamment au développement du secteur industriel d'exportation, aboutissent aux résultats escomptés, il devrait être possible de réaliser un taux de croissance du PIB d'environ 5 pour cent au cours de la période 1974-80, ce qui signifie, approximativement, le niaintien du taux de croissance prévu pour 1968-74. Le besoin de financement pour ce-.te dernière période a été estimé à près de 3 pour cent du PIB. Bien que le taux - 59 - de l'épargne doive augmenter au cours des dernières années 1970, il est peu probable que cette épargne puisse s'accroitre plus rapidement que la formation de capital fixe, laquelle devrait atteindre près de 20 pour cent du PIB vers la fin de la décennie. Etant donné qu'il apparait peu probable que le besoin de financement puisse être réduit en valeur relative, nous avons utilisé pour nos projections un besoin de financement constant correspondaut à 3 pour cent du PIB pendant les années 1970. Cela assurerait, approximativ- ment, un taux de croissance de la consommation de h pour cent par an, soit une croissance plus rapide que l'accroissement démographique mais plus lente que celle du PIB. Il ne serait pas raisonnable du point de vue politique, ni souhaitable du point de vue économique, d'utiliser un taux inférieur ée croissance de la consommation, étant donné les besoins de plus en plus gran1s dans les domaines de l'enseignement, de la santé publique et autres dépenses de consommation qui sont étroitement liées, encore qu'indirectement, à la productivité de la main-d'oeuvre. 142. Compte tenu de ces hypothèses très provisoires, le besoin de financement s'éldverait en 1980 à approximativement h0 millions de dollars par an, soit 8 dollars par habitant. Toutefois, le total (brut) des capitaux extérieurs nécessaires serait supérieur du fait du service de la dette. Il dépendra des termes et conditions auxquels ces capitaux seront fournis et du taux auquel le service de la dette augmentera. Le service de la dette est encore faible et il ne représentera probablement que h,6 pour cent des recettes d'exportation vers 197h. Bien que les perspectives d'exportations ne soient que relativement favorables, le Sénégal pourrait donc probablement se permettre d'emprunter modérément aux conditions du marché. Cependant, les perspectives budgétaires limitent plus strictement le service de la dette que l'Etat est en mesure de supporter, car en 1974, selon les estimations, il atteindra déjà 28 pour cent de l'épargne publique. Pour cette raison, il est souhaitable de limiter les emprunts classiques aux projets auto- amortissables de manière à ne pas imposer une charge supplémentaire au budget. 143. La majeure partie des capitaux étrangers dont le Sénégal aura besoin au cours des années 1970 pour réaliser ses possibilités de développement de.rra donc être obtenue à des conditions de faveur ou sous forme de dons. Etant donné sa pauvreté, les difficultés et la durée, évidemment longue, du processus de développement et les résultats encourageants qu'il a obtenus face à de très grands problèmes économiques, le Sénégal mérite bien de recevoir ce genre d'aide. Pour les années qui viennent, il semble probable que le Sénégal obtiendra une aide importante de la part de la France et de la CEE sous forme de dons et de prêts avantageux. Cependant, ainsi qu'on l'a indiqué plus haut, un besoin de financement subsistera encore. Le volun de l'aide à conditions avantageuses qui sera mis à la disposition du Sénégal pendant les dernières années de la décennie dépendra des décisions qui seront prises. A titre indicatif, toutefois, la mission a estimé que cette aide représenterait la moitié du total brut des capitaux étrangers fournis pendant ces années, l'autre moitié consistant en emprunts classiques et crédits- fournisseurs. Ces moyens de financement entraineraient un service de la dette de 9 pour cent d'ici à 1980, pourcentage qui n'est pas encore excessive- ment élevé même en tenant compte des perspectives d'exportation qui ne sont pas très favorables. - 60 - 114. Même si les emprunts classiques sont essentiellement affectés aux projets auto-amortissables, la part de l'épargne publique dans le financement des investissements publics restera limitée. En outre, une partie de cette épargne devra servir au financement du coût total des investissements nécessaires dans les domaines qui ne bénéficient pas généralement de L'aide étrangère. La contribution du Sénégal aux projets bénéficiant de l'aide étrangère sera par conséquent très modeste et, en général, elle sera probable-- ment très inférieure aux coûts locaux de ces projets. Ltaide étrangère couvrira donc une partie des dépenses locales de ces projets, notamment lsq projets qui, comme dans ltagriculture, ne comportent pas un élément devises important. ANNEX3 I - TRAISPORTS I. GENERALITES 1. Les transports représentaient 6 pour cent du PIB en 1959 et 6,3 pour cent en 1968. Le Sénégal est un important pays de transit pour les marchandises à destination et en provenance du Mali et de la Mauritanie. Le commerce de transit avec ces deux pays représente approximativement le tiers de la totalité des transports de marchandises au Sénégal. En raison des difficultés économiques du Mali et de la perte partielle du transit mauritanien depuis l'ouverture du wharf de Nouakcho»t en juin 1966, il est peu probable que le commerce de transit augmente dans ces prochaines années. 2. Investissements publics et planification de l'infrastructu.re des transports (en milliards de francs CFA ) 1er Plan 1961-64 2ème Plan 65/66-68/69 3ème Plan Prévus Effectués Prévus Effectués Prévus Routes 11,2 5,9 7,8 3,21/ 1o,32/ Chemins de fer 2,2 1, 1 h,3 2,8 3,h Ports et voies navigables 1,2 0,7 2,6 1,6 1,7 Transports aériens 1,1 0,8 0,7 0,2 1,h Postes et télé- communications 1,5 0,9 2,2 1,0 2,0 Total 17,2 9,h 17,6 8,8 18,8 Pourcentage des dépenses totales du Plan 260 261 21% 28' 15% 1/ Non compris la route de Dieri (1,2 milliard de FCFA) inscrite par erreur dans les travaux réalisés. 2/ Y compris 0,5 milliard de FCFA de transports routiers (sans compter la RTS). - 2 - AEXE I Comme le montre le tableau ci-dessus, les transports ont occupé une place importante dans les investissements publics effectués au titre des Premier et Deuxième Plans, surtout en ce qui concerne les routes, les ponts et les bacs. Il en est résulté que l'infrastructure des transports sénégalais s'est développée plus vite que le volume total des transports. Dans le Troisième Plan, la part des investissements consacrés aux transports est ramenée à 15 pour cent mais elle pourrait, en fin de compte, être plus élevée car la capacité d'absorber des investissements est probablement moins limitée dans les transports que dans la plupart des autres secteurs. 3. Développement des principaux moyens de transports Taux moyen de croissance 1959 1968 annuelle Transports routiers 100 millions 150-170 millions 5 à 6% de tonnes/km de tonnes/km Transports ferroviaires 200 millions 292 millions de 4,3°, de tonnes/km tonnes/km Portsi/ 3,1 millions 4,1 millions de 3,3% de tonnes tonnes Aéroports2/ 133.700 166.700 2,5°d passagers passagers 1/ Dakar, Kaolack et Ziguinchor (les chiffres ne comprennent pas le charbon de soute). 2/ Dakar, Saint-Louis et Ziguinchor (non compris les passagers en transit). Le volume total du transport intérieur de marchandises est passé entre 1959 et 1968, d'environ 300 millions à près de 450 millions de tonnes//km, ce qui représente un taux moyen d'augmentation annuelle de 4,5 pour cent. Si ce taux est plus élevé que le taux de croissance du PIB à prix constants pendant la même période (+2,9 pour cent par an), c'est en raison de l'augmentation rapide des expéditions de phosphates depuis 1960. -3- ANNEXE I 1959 1968 Toutes Toutes mar- mar- chandises Phosphates Total chandises Phosphates Total Rail (en mil- lions de tonnes/km) 190 10 200 187 105 292 Ports!/ (en millions de tonnes) 3,0 0,1 3,1 3,0 1,1 h,1 1/ Dakar, Kaolack et Ziguinchor (non compris le charbon de soute). Sans compter le transport des phosphates, le volume total des transports de marchandises au Sénégal n'a augmenté que de 1,9 pour cent par an entre 1959 et 1968, c'est-à-dire beaucoup moins que le PIB, et ceci résulte principalement de la baisse du commerce de transit avec le Mali. h L'infrastructure des transports du Sénégal consiste essentielle- ment en 1.200 km de voies ferrées (1.050 km de voies principales et 150 km de voies secondaires) et en 4.000 km de routes à viabilité permanente, les autres voies de transports locaux (transports fluviaux, cabotage, transports aériens) jouaýnt un rôle insignifiant. Les deux principales voies ferrées sont la voie internationale Dakary-Kidira- Bamako (dont 6h5 km sont en territoire sénégalais), et la voie locale Dakar-Saint-Louis (263 km). Le réseau routier est centré sur une route de 800 km, entièrement asphaltée, plus ou moins parallèle à la côte, allant de la frontière avec la Mauritanie, au nord par Thiès et Dakar, jusqu'à la frontière méridionale avec la Guinée Bissau. De cette route, plusieurs routes principales partent vers l'intérieur. Alors que le réseau des routes principales, qui a plus que doublé au cours des neuf dernières années, est généralement adéquat et bien entretenu, celui des routes secondaires et des voies de desserte est nettement insuffisant et mal entretenu, excepté au centre du bassin arachidier. Le commerce extérieur du Sénégal se fait presque uniquement par Dakar qui dispose d'un port et d'un aéroport modernes. - 4 - AMNEXE I 5. Expansion estimative du transport des marchandises par la route et par le rail (en millions de tonnes/ka) 1959 1962 1965 1968 Par le rail Phosphates 10 60 95 105 Transit du Mali 159 - 117 120 Autres marchandises 31 85 92 67 Total 200 1h5 304 292 Par la routei! Toutes marchandises 100 105 116 161 Total général 300 250 420 453 / 1962, 1965, 1968: estimations de la mission. Le chemin de fer est le principal moyen de transport des marchandises au Sénégal. Toutefois, excepté pendant les quelques années d'interruption du commerce de transit du Mali, les chemins de fer transportent surtout les phosphates et les marchandises du Mali (qui représentent ensemble 80 pour cent des mouvements de marchandises par voie ferrée en 1959 aussi bien quten 1968), tandis que la plus grande partie des autres mar- chandises étaient transportées par la route. En fait, comme le montre le tableau ci-dessus, le transport des marchandises autres que le phos- phate et le transit par voie ferrée a diminué depuis 1965, alors qu'il a augmenté sensiblement par voie routière. Ce transfert du rail à la route s'explique, non par une modification de leur cot de production res- pectif, mais il est plut8t le résultat du fait qu'après 1965 les chemins de fer se sont trouvés dans l'impossibilité de faire face à la fois à la reprise du transit malien, à l'expansion des expéditions de phosphates et au transport des autres marchandises. Comme le projet de remise en état et d'amélioration des chemins de fer financé par la Banque augmentera sensiblement la capacité des transports ferroviaires, la part des chemins de fer dans le transport des marchandises diverses devrait augmenter à nouveau dans les années à venir. - 5 - ANNEE I 6. Les transports fluviaux (sur la Casamance) et le cabotage (entre Dakar et Ziguinchor) ne représentent qu'une proportion insignifiante du total (5 millions de t/km de part et d'autre) et continueront sans doute à décroître même pour des produits en masse comme les arachides et l'essence. Pendant la période coloniale, la plus grande partie des arachides du bassin de la Casamance descendaient par le fleuve jusqu'à Ziguinchor d'où elles étaient exportées; aujourd'hui, elles sont de plus en plus transportées par la route jusqu'à Dakar et l'entretien de la voie fluviale a été négligée à tel point que la navigation y est devenue difficile et coûteuse. De même, la plupart de la circulation entre Dakar et Ziguinchor se fait par la route, où la distance est de 5 km, alors que le voyage direct par la mer n'est guère que de 300 kilomètres. Il conviendrait donc d'examiner si le décroissement des transports maritimes et fluviaux se justifie sur le plan économique. 7. Comme la partie navigable du fleuve Gambie se trouve entièrement en territoire gambien, le Sénégal n'a jamais utilisé la Gambie comme moyen de transport, bien que cette excellente voie fluviale s'enfonce profondément dans le pays et soit régulièrement remontée par des navires de haute mer jusqu'à Kaur (150 km de la côte) et par des vapeurs jusqu'à Bassée (à 300 km de la côte) qui n'est située qu'à 25 km au nord du centre sénégalais de Vélingara. Comme le développement agricole se concentrera de plus en plus dans le Sénégal oriental et la Casamance, un moyen de transport à bas prix devient indispensable et le Sénégal devrait envisager de tirer parti de la Gambie en concluant un accord de transit avec les autorités gambiennes. 8. Les importations et exportations ont augmenté dans une moins grande proportion que les transports locaux. Comme on l'a vu plus haut, l'expansion des activités portuaires a été due entièrement aux exportations de phosphates, tandis que les exportations d'autres produits et les importa'i*ons sont demeurées stationnaires, témoignant à nouveau da la tendance au remplacement des importations qui a caractérisé le développement économique du Sénégal pendant les dix dernières années. Les transports aériens ne se sont pas développés entre 1959 et 1965, mais ont monté en flèche depuis lors. 9. Les inportations et les exqortations se concentrent de plus en plu à Dakar. Alors que les activités du por-G da Kaolack ont dmm' et que celles de Ziguinchor sont demeurées stationnaires, celles dua T)ort de Dakar n'ont cessé d'augmenter de sorte que la part des ports secondaires dans l'ensemble des opérations portuaires est tombée de 13 pour cent en 1959 à 7 pour cent seulement en 1968. Il en est de même pour le trafic aérien qui n'a cessé de croître à Dakar alcrs qu'il a diminué à Saint-Louis et est resté stationnaire à Ziguinchor, si bien que la part de Dakar dans le trafic aérien est passée, dans les neuf dernières années, de 8h à 94 pour cent. Ce processus de concentration s'est trouvé encouragé par l'expansion et l'amélioration du réseau routier qui facilitera les transports ontre Dakar et les centres secondaires. - 6 - ANNEXE I 10.. Deux grands problèmes se posent aujourd'hui dans le secteur des transports et requièrent l'attention des autorités sénégalaises: coordination des différents moyens de transports pour en tirer le meilleur parti possible et établissement d'un ordre de priorité dans les investissements futurs, surtout en ce qui concerne les routes. Corme on l'a déjà vu, la répartition des transports de marchandises s'est modifiée depuis quelques années, les transports routiers prenant plus d'importance tandis que les transports ferroviaires et fluviaux et le cabotage déclinaient. Comme on va le voir, le programme routier du Troisième Plan ne semble pas représenter les priorités appropriées et devrait être revu. Le rôle à jouer par les différents moyens de transport et les priorités a accorder aux différents projets routiers devrait être étudié en toute priorité. Certaines de ces questions seront étudiées en détail dans le contexte du programme de réorganisation de l'ONCAD qui figure dans le projet relatif aux arachides et au mil financé conjointement par la Banque et l'IDA. II. SECTEURS A. Routes et transports routiers 11. Il n'existe pas de données sûres concernant le volume des transports routiers et leur croissance antérieure. Dans les Comptes Economiques de 1959, il était évalué à 100 millions de tonnes/km.- En se fondant sur l'augmentation de la consommation d'essence et de gas-oil et sur le nombre des camions, la mission a estimé que le taux moyen d'expansion des transports routiers à 5 ou 6 pour cent par an, soit un volume total de 150 à 170 millions de tonnes/km en 1968. C'est le taux d'expansion le plus élevé dans le secteur des transports et il s'explique en partie par l'élargissement sensible du réseau routier (le kilométrage des routes à viabilité permanente a doublé) et par l'adoption des trans- ports routiers pour certaines marchandises antérieurement acheminées par d'autres voies. 12. A l'encontre de la tendance générale, la capacité totale de transport par camions a diminué de plus de 20 pour cent entre 1966 et 1968, surtout en ce qui concerne les camions légers (-31 pour cent que l'on utilise pour transporter les arachides par des pistes difficiles entre les coopératives et les centres de ramassage). Des goulots d'étranglement sérieux en ont résulté depuis deux ans et il a fallu avoir rucours aux véhicules de l'armée pour évacuer en temps voulu la récolte d'arachides, bien que celle-ci n'ait pas été très importante ces deux dernières années. Cette situation, qui exige que le gouvernement s'y intéresse de près, a été attribuée à l'insuffisance des prix payés pour ces transports difficiles et à l'élimination des commerçants privés de la traite des arachides. 13. Pendant l'exécution des deux premiers Plans, priorité éteit donnée à la construction des grands axes, particulièrement dans les - 7 - ANNEXE I régions frontalières, Bien que ces travaux aient ouvert de nouvelles régions antérieurement presque inaccessibles, resserrant ainsi le contact entre la capitale et l'arrière-pays, ils ne se justifiaient pas toujours sur le plan économique. Beaucoup de ces routes n'ont guère contribué à l'accroissement de la production, d'autant plus que la construction des grandes routes n'était généralement suivie ni par la construction de voies de desserte ni par un programme de vulgarisation agricole qui aurait permis d'augmenter réellement la productior agricole des régions frontalières. L'important programme de construction routière des deux premiers Plans a donc probablement eu des effets négatifs sur les finances publiques car l'augmentation des coûts d'entretien a sans doute été plus importante que les revenus indirects que lfEtat en a tirés. 1h. Investissements destinés aux routes et bacs au titre du 3ème Plan' (en millions de francs CFA) Matériel Grandes Routes de Voies d'entre- routes2/ jonction/ urbaines tien Etudes Total % Cap Vert - - 665 - - 665 7 Fleuve 1.515 - - - - 1.515 15 Diourbel - 560 - - - 56o 6 Thiès 195 - - - 195 2 Siné-Saloum - 1.717 - - - 1.717 17 Sénégal Oriental 2.763 180 - - - 2.9h3 30 Casamance 1.650 8 - - - 1.658 17 Dépenses g3nérales - - - 500 100 600 6 TOTAL 5.928 2.660 665 500 100 9.853 100 Pourcentage 60% 72/ 85 55 15 100% .L Non compris les transports routiers. 2/ Y compris les bacs. «/ Y compris les routes de pêche, mâme goudronnées. - 8 - AMEXE I 15. Le Troisième Plan comporte un programme de construction routière trois fois plus élevé que les investissements réalisés au titre du Deuxième Plan mais qui n'est guère différent en nature du programme précédent; 60 pour cent des investissements prévus sont destinés à la construction et à l'amélioration, dans les trois régions frontalières, de grandes routes qui ne formeront pas le point de départ de routes de dessertes puisque le Plan n'en prévoit pratiquement aucune dans ces trois régions. Il serait donc certes plus facile d'aller, par exemple, de Tambacounda à Kédougou ou de Rosso à Matam mais, il demeurerait toujours très difficile d'atteindre les villages qui entourent ces centres administratifs secondaires faute de routes de jonction. L'agent local de vulgarisation agricole pourrait alors communiquer plus facilement avec Dakar mais il ne pourrait toujours pas atteindre les agriculteurs en brousse, au moins pendant une bonne partie de l'année. Sans disposer d'études détaillées, la mission estime que, s'il est bien entretenu, le réseau de grandes routes dans le Sénégal oriental et la Casamance est suffisant et que, dans les trois régions frontalières, il faudrait accorder plus d'importance à la construction et à% l'amélioration des routes de desserte. Le point de vue est partagé par plusieurs autorités locales dans les régions frontalières, qui accordent une priorité plus élevée aux routes de desserte qu'à l'amélioration des grandes routes, et est renforcée par le fait que le programme coton de la CFDT connaît des difficultés croissantes dues au manque de bonnes routes secondaires dans le Sénégal oriental. 16. Le programme de routes de desserte inscrit au Plan est presque exclusivement consacré à Siné-Saloum et est surtout destiné à faciliter l'évacuation des arachides. Ce centre de production des arachides descendant progressivement vers le sud, puisqu'il s'éloigne de Diourbel et Thiès vers Siné-Saloum (seule région du Sénégal où la production des arachides ait sensiblement augmenté), l'amélioration du réseau de routes de desserte dans cette région est justifiée et néces- saire. Cependant le programme prévu au Plan, qui comprend la cons- truction de 550 kilomètres de routes de desserte dans les régions de l'arachide (dont h00 km dans la seule région de Siné-Saloum), est trop onéreux. Il faudrait plutôt améliorer le réseau routier par la rejection des pistes existantes, grâce à un meilleur entretien, ce qui serait beaucoup moins coûteux que la construction de nouvelles routes, laquelle serait maintenue au strict minimum. D'autres projets visent la construction de 55 kilomètres de routes d'accès dans la région de culture maraichère de Niayes et 80 kilomètres de routes d'accès aux villages de pêcheurs, particulièrement dans la région de Siné-Saloum. 17. Les projets qui ne concernent pas la construction de grandes routes et de routes de desserte représentent environ 14 pour cent de l'ensemble du programme de construction routière et comprennent notamment la construction de routes dans la zone de Dakar, l'achat de nouveau matériel d'entretien et l'exécution d'une étude des transports. Les projets concernant Dakar doivent âtre évalués en fonction du programme 9ANXEI d'urbanisation tandis que, comme on l'a vu plus haut, la mission appuie sans réserve le projet relatif à une étude des transports. 18. Dans l'ensemble, la mission estime que le plan routier est trop ambitieux, comprend trop de projets non-prioritaires et peut être réduit sans inconvénient pour l'économie du pays. Cette réduction devrait porter surtout sur les grandes routes, particulièrement dans le Sénégal Oriental et la Casamance, oÙ l'on peut économiser jusqu'à h milliards de FCFA (soit 40 pour cent de l'ensemble du programme routier). La plupart du programme routier de la région de Fleuve étant déjà en construction, puisqu'elles sont financées au titre du Deuxième Plan, il y a peu de chances de faire porter la réduction sur elles, bien que sa justification économique soit douteuse. On peut réaliser d'autres économies substantielles dans le programme de routes de dessertes destinées au transport des arachides en substituant la réjection des pistes à la construction de nouvelles routes et en éliminant les portions du projet qui ne seraient pas rentables. Par contre, il conviendrait de dresser de nouveaux programmes de routes de desserte pour le Sénégal Oriental et la Casamance et leur donner une priorité élevée. En ramenant le programme de routes arachidières à environ 900 millions de FCFA, en prévoyant environ 500 millions de FCFA pour un nouveau programme de routes de desserte et en réduisant les projets de construction de voies urbaines à Dakar de 40 pour cent (car il y a peu de chances d'obtenir un financement extérieur pour ce genre de projet), l'on aboutirait à un programme total de construction routière d'environ 5,3 milliards de FCFA, qui se décomposerait comme suit: Grandes routes 1,9 (dont 1,2 pour les routes déjà en construction) Routes de desserte: arachides 0,9 divers 1,0 routes nouvelles 0, 2,h Voies urbaines 0,4 Entretien et études 0,6 TOTAL DU PROGRAME 5,3 Si l'on peut démontrer la rentabilité de ce programme en temps voulu pour attirer des investisseurs étrangers, il n'est pas impossible de l'exécuter. Bien qu'il représente une augmentation de 66 pour cent par rapport aux investissements effectués pendant le Deuxième Plan, il serait encore inférieur au montant des investissements routiers effectués pendant le Premier Plan. - 10- ANNEXE I 19. En dehors des investissements destin's aux routes et points, le Plan comprend un chapitre spécial pour les transports routiers, où la total des investissements prévus dépasse légèrement 2 milliards de FCFA. Ces investissements concernent à 80 pour cent le service public d'autocars étudié plus loin, les 400 millions restants étant principale- ment destinés à la gare routière centrale de Dakar que la municipalité doit construire avec l'apport de capitaux privés. 20. La Régie des Transports du Sénégal (RTS), entreprise appartenant entièrement à l'rtat, a été fondée en 1961 pour assurer le transport des fonctionnaires et de leurs familles dans la ville de Dakar et la gestion des ateliers centraux de réparation automobile de 1'Etat. En 1964, la RTS a ouvert ses services de transport à toute la population, entrant ainsi en concurrence avec de nombreux petits autocars, les "cars rapides", appartenant surtout à des petits entrepreneurs s4négalais (en 1968, la RTS a transporté en moyenne 110.000 passagers par jour, le normbre de passagers des autocars priv:s étant évalué à 120.000). Bien que les tarifs des petits autocars soient généralement inférieurs à celui de la RTS, les avantages de confort et de sécurité qu'offrent ses autocars semblent compenser la différence de prix pour les passagers de classe moyenne. En 1966, la RTS a porté son parc de 200 à 300 autobus pour répondre à une demande élevée pendant le Festival d'Art nègre et, depuis lors, le nombre de ses autobus est nettement supérieur à ses besoins normaux. 21.* En raison de la modicité de ses tarifs (qui n'ont pas changé depuis 1962), du nombre excessif de son matériel roulant (depuis 1966) et de son personnel, et aussi du fait de sa mauvaise gestion, la RTS a accumulé un lourd déficit dès le début de ses opérations. Pour tirer parti de son matériel excédentaire, elle a étendu ses activités à d'autres centres urbains, sans améliorer sa situation financière, de sorte qu'en cinq ans, elle avait accumulé un déficit de 850 millions de FCFA, soit un montant du chiffre d'affaires d'une année. Après la réorganisation de la RTS par une société d'études étrangère entre 1966 et 1968, sa situation sur le plan technique et son organisation se sont beaiucoup améliorées, mais son déficit annuel est demeuré substantiel. Pendant les années 1967/68 et 1968/69, le déficit d'exploitation s'est élevé en moyenne, avant l'amortissement, à 130 millions de FCFA, ce qui représentait 10 pour cent des d5penses courantes mais en représentait plus de 20 pour cent compte tenu de l'amortissement. 22. D'après les conclusions des consultants, la RTS pourrait êt.re rentable si elle élevait ses tarifs, réduisait le nombre de ses employés (dont la plupart sont des fonctionnaires détachés de l'administration), ramenait le taux d'amortissement de son matériel à un niveau plus conforme à la durée réelle d'exploitation des autobus et groupait en un service distinct les ateliers de réparations des véhicules de l'Etat, qui ne produisent pas de bénéfice. Bien que la mission n'ait pu faire une évaluation détaillée de ces propositions, il ne semble pas y avoir de doute que la situation financière de la RTS puisse être améliorée et la mission est convaincue qu'elle devrait l'être car, dans la situation - 11 - ANNEXE I financière délicate où se trouve le secteur public du Sénégal, une subvention de plus de 20 pour cent aux transports urbains n'est guère justifiable. 23. L'investissement de plus de 1,5 milliard de FCFA prévu dans le Plan pour l'achat de nouveaux autobus ne semble pas avoir un caractère d'urgence et est probablement dépourvu de toute justification étant donné l'excédent actuel de matériel roulant et sa solidité. Tant que la RTS n'est pas même en mesure de faire face a ses dépenses courantes, sans parler de l'amortis- sement, elle ne peut pas (comme le prévoit le Plan) financer elle-même les nouveaux investissements mais dépendrait entièrement du Trésor. B. Chemins de fer 24. Le Troisième Plan quadriennal prévoit une augmentation des investis- sements destinés aux chemins de fer de 22 pour cent par rapport aux investis- sements effectués au titre du Deuxième Plan. Investissements prévus au titre du 3ëMe Plan (en millions de francs CFA) Chiffres Propositiop du Plan de la B Réfection des voies 1.481 1.481 Locomotives et matériel roulant 917 860 Block automatique Dakar-Thiès 150 - Ateliers 160 160 Pièces de rechange 161 161 Gares et autres bâtiments 316 316 Investissements touristiques 115 - Divers 140 140 Total 3.400 3.118 dont: en devises 2.170 1.848 1/ Fondées sur l'expérience acquise par la Banque en finançant un projet de chemins de fer. 2/ Y compris 315 millions de FCFA du projet financé par l'IDA qui ntest pas achevé. Ces prévisions sont justifiées, à deux grandes exceptions près: le block automatique Dakar-Thiès, que l'avenir du trafic sur cette ligne ne semble pas justifier, et les investissements destinés au tourisme qui ne devraient pas incomber aux chemins de fer car ceux-ci ne disposent ni du matériel ni du - 12 - ANNEXE I personnel nécessaires. Par ailleurs, il semble souhaitable de réduire légèrement les sommes destinées à l'achat de nouvelles locomotives (loco- tracteurs). Ces trois réductions ramèneraient le programme d'investisse- ments à 3,1 milliards de FCFA, soit environ 10 pour cent de plus que les investissements réalisés au titre du Deuxième Plan. 25. Si les chemins de fer pouvaient produire, pendant toute la durée du Plan (comme il est prévu pour l'exercice 1969/70), un gain dtexploitation (sans l'amortissement mais tenant compte des intérêts à verser) s'élevant en moyenne à 450 millions de FCFA par an, ils pourraient aisément assurer le financement des dépenses en monnaie locale prévues au programme (1.270 millions de FCFA). Cependant, si le déficit d'exploitation se poursuit, le financement du programme d'investissements sera très difficile, même si l'or peut obtenir un financement étranger suffisant pour couvrir les dépenses en devises ainsi qu'une partie des dépenses en mcnnaie locale. Il semble donc certain que le nouveau programme d'investissements ne pourra être mené à biLn que si les chemins de fer améliorent rapidement leur situation financière en augmentant leur trafic, aussi bien que leurs tarifs, et en réduisant leurs dépenses d'exploitation. 26. C. Ports et voies navigables Investissements prévus au titre du 3ème Plan (en millions de francs CFA) Chiffres Chiffres initiaux revisés Propositio du Plan du Plan de la BIRDJ Port de Dakar: Projet financé par la BIRD 365 365 965 Port de pêche 485 405 405 Prolongement du m8le II 250 250 Dragage jusqu'au môle V 150 100 - Etudes et dépenses imprévues 115 105 65 Total 1.365 1.225 1.435 Projet de la Casamance: Amélioration de la voie fluviale 162 125E 125 Amélioration de ltaccès au port 185 18- Total 347 310 125 Etude du port de Saint-Louis: 30 30 30 Total général 1.742 1.565 1.590 1/ Fondées sur 1"expérience acquise par la Banque en finançant un projet au port de Dakar. - 13 - ANNEXE I 27. Le Troisième Plan quadriennal prévoyait tout d'abord des investis- sements de 1,7 milliard de FCFA pour les ports et voies navigables, y compris 365 millions de FCFA pour le projet en cours de la Banque, mais des études plus détaillées ont permis de ramener le montant estimatif nécessaire à l'exécution de tous les projets prévus à 1,56 milliard de FCFA, soit un pe-. moins que le montant total des investissements effectués au titre du DeuxiènmD Plan. La plus grande partie des investissements (79 pour cent) a trait au port de Dakar et 20 pour cent du total sont réservées au projet de la Casamance. 28. Outre le projet en cours financé par la Banque, le Plan comprend trois grands projets pour le port de Dakar: agrandissement du port de pêche, prolongement du môle II et approfondissement du canal d'accès au môle V. Bien que le port soit fort probablement en mesure de financer l'exécution de ces trois projets sur ses bénéfices courants, seulement le premier de ces trois projets est hautement prioritaire (voir lîannexe sur la pêchie) tandis que en raison du faible accroissement probable des opérations portuaires les deux autres semblent prématurés. 29. Le projet de la Casamance - tel qu'il a été inscrit au Plan et proposé à ldex.an d& la Banque - prévoit l'amélioration de la navigabilité du fleuvo entre Zignischor et Kolda (soit sur 250 km", et l'amélioration de ltaccès au port de Ziguinchor (situé à 58 km en aont de l'embouchure) pour les navires de haute mer. Depuis l'établissement du Plan, de nouveaux renseignements permettent de penser que lamélioration du cours du fleuve (et notamment le dragage) sera moins onéreuse que l'on ne l'avait pensé et que l'amélioration de lîaccès au port de Ziguinchor n'est pas urgent et peut fort bien être retardée sans entraver les transports par la Casamance. Dans ces conditions, alors que la Banque avait conclu que la circulation fluviale présente et future ne justifiait pas un projet de 350 millions de FCFA, ce projet pourrait fort bien être rentable s'il ne coite que 100 à 150 millions de FCFA. La mission étant convaincue que le Sénégal devrait tirer un meill.ur oarti de la Casamance comme- voie de transport,elle estime que ce projet mérit d?ëtre poursuivi. 30. Compte tenu des travaux portuaires en cours financés par la Banque, qui doivent être terminés à la fin de 1970 et qui entraineront encore des dépenses sensiblement plus élevées que celles qui sont inscrites au Troisième Plan, la mission estime que l'on peut justifier un programme de près de 1,6 milliard de FCFA, qui correspond presque exactement au montant des investisseraents effectués au titre du Deuxième Plan. La Banque Mondiale fournira s,r ce montant 560 millions de FCFA au titre du prêt de 1967 des- tiné à l-aménag,ient du port. Si le projet de la Casamance doit se révéler rentable, il devrait être possible de trouver des capitaux étrangers pour financer au moins les dépenses en devises du projet. Le financement des trois projets concernant les ports et voles navigables comme proposé par la mission ne devrait donc pas soulever de grands problèmes et ce secteur est, en fait, susceptible de rapporter un excédent d'épargne net; une éventualité qui ne justifierait pas du tout d'investir dans ce secteur au-delà de ce qui est économiquemeit justifié. - 14 - ANNEXE I D. Aéroports 31. Le Troisième Plan quadriennal prévoit pour les aéroports des investissements six fois plus importants que ceux qui ont été effectués au titre du Deuxième Plan. Près de 90 pour cent de ces investissements sont destinés à Dakar-Yof (par lequel est passé en 1968 plus de 94 pour cent du trafic aérien de tout le Sénégal), 4 pour cent à l'aéroport de Ziguinchor et le reste à plusieurs petits aéroports locaux. 32. Les investissements élevés prévus pour l'aéroport de Dakar témoig- nent de sa position de centre de trafic aérien international, entre llEurops et l'Amérique Latine surtout mais, de plus en plus aussi, entre l'Amérique du Nord et l'Afrique. En fait, le transit a toujours constitué l'une des grandes activités de Dakar-Yof. Le nouveau programme d'investissements vise à attirer davantage encore de longs-courriers à l'escale de Dakar en améliorant ses installations et en la rendant accessible aux grands avions de plus en plus utilisés pour les vols intercontinentaux. 33. Investissements prévus pour les aéroports au titre du Troisieme Plan (en millicns de francs CFA) Pistes Bâtiments Matériel Total Dakar 513 367 395 1.275 90% Ziguinchor 21 10 32 63 4% Saint-Louis - 24 - 24 2% Simenti (Parc national) 33 - - 33 2% Autres aéroports 31 - _ 31 2% Total 598 401 h27 1.426 100% Bien que la mission ne soit pas en mesure d'évaluer en détail tous les travaux proposés pour Dakar-Yof elle hésite à admettre leur rentabilité car la puis- sance croissante des avions utilisés pour les vols intercontinentaux rend de plus en plus douteux l'avenir de Dakar en tant qu'escale, quelle que soit la perfection de ses installations. Comme la plupart des touristes se rendront probablement à Dakar dans des avions affrétés pour lesquels les installati cns actuelles suffiront encore pendant longtemps, le tourisme ne justifie guère non plus des investissements substantiels. La mission estime donc que le gouvernement ne devrait engager des fonds publics dans l'aéroport de Dakar qu'avec la plus extrême prudence. Les investissements prévus pour les aéro- ports secondaires sont justifiés surtout par les prévisions d'expansion du tourisme mais, d'après l'opinion de la mission, le tourisme demeurera probable- ment concentré dans la région du Cap Vert pendant encore 4 ou 5 ans. - 15 - AMEXE I E. Postes et Télécommunications 34. Le Plan prévoit, pour les postes et télécommunications, des inves- tissements de 2 milliards de FCFA, soit environ le double des investissements effectués au titre du Premier et du Deuxième Plans. Depuis l'élaboration du Plan, le gouvernement a encore augmenté le programme dtinvestissements des télécommunications en soumettant a l'examen de la Banque/IDA deux nouveaux projets (liaison interurbaine entre Thiès et Saint-Louis et entre Saint-Louis et Bakel) représentant environ 550 millions de FCFA. Le montant total des investissements prévus dépasse donc 2,5 milliards de FCFA, contre 960 millicns de FCFA d'investissements effectués au titre du Deuxième Plan. Investissements prévus pour les postes et ,1écommunications au titre du Troisieme Plan.j (en millions de francs CFA) Téléphone Centraux téléphoniques automatiques /2 et réseaux urbains 298 - Liaisons interurbaines 1. 88-2 dont: Thiés-Ziguinchor (692)4- Thiès-Saint-Louis-Bakel (550)L- Divers Total 1.934 Liaison radio entre les navires en haute mer et le port 56 Télex 57 Services postaux Nouveaux batiments 144 atériel 28 Total 172 Dépenses générales Nouveaux véhicules 72 Equipement et matériel divers 90 Ecole des postes et télécommunications 159 Total 321 Total général 2.5h0 1/ Non compris l'amortissement de la dette. Y compris les bâtiments. 3/ Non inscrit au Plan. - 16 - ANNEXE I 35. La plus grande partie (76 pour cent) des investissements est destinée à l'extension et à l'amélioration des services téléphoniques, alors que les services postaux et la création d'une école des télécommuni- cations dans le cadre de l'OERS (Organisation des Etats riverains du Sénégal) bénéficieront chacun de 7 pour cent des investissements. Le programme des téléphones porte surtout sur l'amélioration des liaisons interurbaines, de Dakar, par Thiès, à Ziguinchor, au sud, et à Saint-Louis et Bakel, au nord (l,5 milliard de FCFA). Ces deux projets semblent justifiés car les lignes sont actuellement surchargées et incapables de satisfaire au nombre croissan. des communications; leur exécution augmentera considérablement les recettes télephoniques. Un financement de l'extérieur est en vue pour les deux pro- jets (celui du FAC pour la liaison Thiès-Ziguinchor et celui de la Banque/I1A pour la liaison Thiès-Saint-Louis-Bakel). Les dépenses de 300 millions de FCFA prévues pour l'installation de nouveaux centraux téléphoniques automa- tiques et l'expansion des réseaux urbains méritent, de l'avis de la mission, une priorité beaucoup moins élevée et pourraient sans doute être réduites. Il en est de même pour la construction de nouveaux bureaux de poste, alors qu'il est difficile de juger quelle priorité doit être assignée à l'achat de véhicules, de matériel et d'équipement. L'école des télécommunications devant desservir les quatre pays de l'OERS, le Sénégal devrait pouvoir trouver des fonds à l'étranger pour financer ce projet. 36. Les ressources du secteur public étant en général assez limitées, la mission suggère que le gouvernement examine de très près le programme d'investissement des postes et télécommunications. Si l'on réduisait environ de moitié les investissements prévus pour les centraux téléphoniques locaux, la construction de bureaux de poste et l'achat de matériel et fournitures, le programme total serait ramené a 2,2 milliards de FCFA (2,36 milliards avec l'amortissement de la dette), ce qui devrait, selon la mission, repré- senter le maximum a investir dans ce secteur. Ce programme pourrait sans doute être financé sans apport du budget de l'Etat si le FAC, d'une part, et la Banque de l'autre, financent les deux projets soumis à leur examen. Depuis trois ans, les profits annuels des Postes s'élèvent en moyenne (sans tenir compte de l'amortissement) à 350 millions de FCFA, ce qui suffirait pour financer cette partie des investissements qui ne le sera pas par le BIRD et le FAC et pour verser encore quelques profits à l'Etat. Financement des investissements dans le secteur des télécommunications 1/ (en millions de francs CFA) Chiffres du Plan Estimations de la mission Epargne des Postes 1.127 1.310 Crédits-fournisseurs 144 - PNUD (école des télécommunications) 31 30 Budget de l'Etat 165 - Aide extérieure 694 1.020 dont: BIRD/IDA n.d. (330) FAC n.d. (690) Total 2.161- 236 / Y compris l'amortissement de la dette (160 millions de FCFA). - 17 - ANNEKE I III. CONCLUSIONS 37. Après avoir étudié séparément chaque secteur, la mission estime que le programme d'investissements pour l'infrastructure des transports au titre du Troisième Plan ne devrait pas dépasser 13 milliards environ de FCFA. Ce programme comprend bon nombre de projets (20 pour cent) entre- pris au titre du Deuxième Plan, de sorte que le montant des investissements nouveaux est considérablement plus bas à ce qu'indiquerait l'ensemble du programme ce qui réduit le travail nécessaire pour préparer des projets pendant les premières années du Plan. Alors que le montant maximum des investissements que la mission estime justifiables et réalisables est de 50 pour cent plus élevé que celui des investissements consacrés a l'infra- structure des transports au titre du Deuxième Plan, le montant des nouveaux investissements ne dépasse ces derniers que de 20 pour cent. Montant total des investissements pour l'infrastructure des transports (en milliards de francs CFA) 3ème Plan 2ème Plan Chiffres proposés par la mission Investisse- Chiffres Nouveaux Reports du ments réels du Plan Total Investissements 2ème Plan Routes et transports ,1 routiers 3,2 11,9' 5,6 4,4 1,2 Chemins de fer 2,8 3,4 3,1 2,8 0,3 Ports et voies navigables 1,6 1,7 1,6 0,6 1,0 Transports aériens 0,2 1,4 0,7 0,7 Postes et télécommunications 1,0 2,0 - Total 8 8 20,4 13,2 10,7 2 5 lf Y compris la RTS (1,62 milliard de FCFA). - 18- ANNEXE I Possibilités de financement des investissements destinés aux transports (estimations de la mission) (en milliards de Francs CFA) Nouveaux Projets Report Total Routes et transports routiers Budget de l'Etat 1,2 - 1,2 Autres sources locales 0,2 - 0,2 Aide extérieure 3,0 1,2 4,2 4.,4 1,2 5,6 Chemins de fer Bénéfices des chemins de fer 0,6 0,2 0,8 Aide Extérieure 223 2,8 0,3 3,1 Ports et voies navigables Bénéfices des ports 0,22/ 0,h 0,6 Aide Extérieure 2/,6 1A 0,6 1,0 1,6 Aéroports Budget de l'Etat 0,2 - 0,2 Aide extérieure et crédits-fournisseurs 0,5 - 0,5 0,7 - 0,7 Postes et télécommunications Recettes postales 1,2 - 1,2 Aide Extérieure 1,0 - 1,0 2,2 - 2,2 Total général Budget de l'Etat 1,h - 1,4 B?néfices des entreprises publiques 2,0 0,6 2,6 Autres sources locales 0,2 - 0,2 Aide Extérieure (y compris les crédits-fournisseurs) 701 9,0 10,7 2,5 13,2 1/ En supposant que l'aide exteri.eure continuera de financer la totalité des dépenses en devises et 40 pour cent des dépenses en monnaie locale. 2/ En supposant qu'une partie des bénéfices des ports sera vers e au 'résor et que l'aide extérieure financera les deux tiers des dépenses totales. - 19 - ANNEXE I 38. Si 80 pour cent en moyenne du coût du programme de construction routière (à l'exclusion des voies urbaines) pouvaient être financés par l'aide extérieure, l'Etat n'engageant que des dépenses modestes pour les projets de transport routier et pour les aéroports, la contribution du budget de l'Etat aux investissements destiné5s aux transports pourrait se limiter à environ 1,4 milliard de FCFA, soit approximativement la moitié des sommes prévues dans le Plan. Cette estimation suppose une amélioration sensible de la situation financière des chemins de fer, qui leur permettrait de réaliser (sans tenir compte de l'amortissement) des économies d'au moins 200 millions de FCFA par an et de financer ainsi les dépenses locales prévues à leur programme d'investissements. Elle suppose également un montant élevé d'aide extérieure: sur les 7,1 milliards de FCFA nécessaires à l'exécution des nouveaux projets, les discussions sont en bonne voie pour près de 1,6 milliard de FCFA (deux projets intéressant les télécommunications et le projet de la Banque pour la construction de routes de dessertes). Cependant, le Sénggal doit encore trouver rapidement 5,5 milliards de FCFA en fonds de l'étranger pour pouvoir mener à bien la totalité du programme réduit proposé par la mission. Les crédits- fournisseurs peuvent en financer une petite fraction (hangars, par exemple) mais la plus grande part devra venir de l'aide extérieure, qui ne peut se matérialiser que dans un certain délai. Par conséquent, bien que la plupart des projets dont la mission prévoit le financement par l'aide extérieure semble, à première vue, devoir attirer les fournisseurs de cette aide, l'exécution du programme pourrait bien être limitée par le délai dans lequel le Gouvernement séInégalais pourra justifier la rentabilité des projets. 39. Si l'Etat n'est pas en mesure de fournir 1,4 milliard de FCFA pendant les quatre ans du Plan, la mission estime que ce sont les voies urbaines (0,h milliard) et les aéroports (0,2 milliard) qui doivent recevoir la priorité la plus basse. Pour alléger encore le fardeau de l'Etat, il serait peut-être possible d'élever au-dessus de '30 pour cent la part moyenne du financement étranger (FAC et F"D) dans les projets de construction routière. ANNEXE II - EDUCATION Le système d'enseignement jusqu'à la réforme de 1969 1. Lors de l'accession du Sénégal à l'indépendance, moins de 25 pour cent des enfants en âge de fréquenter l'école primaire étaient scolarisés; l'enseignement secondaire et technique n'était l'apanage que de 5 pour cent des jeunes gens entre 1h et 19 ans; l'enseignement supérieur était très limité. Pour remédier à cette situation, l'éducation a bénéficié d'une attention particulière dans la planifi- cation économique après 1960. C'est ainsi que les deux premiers plans de développement du Sénégal ont affecté respectivement 6,2 milliards et 8,6 milliards de FCFA au titre des investissements dans ce secteur, soit plus de 10 pour cent du total des investissements inscrits au programme. Bien que l'enseignement primaire ait bénéficié de la priorité dans le cadre du premier plan, l'enseignement secondaire, supérieur, et technique reçut une plus forte impulsion au cours du Deuxième Plan de développement en vue de produire un plus grand nombre de cadres moyens et supéreieurs, condition préalable à l'accélération du processus de remplacement des étrangers par des nationaux sénégalais. Au cours des dix dernières années, bien que les objectifs ambitieux de scolarisation n'aient pas été réalisés, les effectifs n'en connurent pas moins une formidable expansion, laquelle ne fut cependant accompagnée ni d'une amélioration structurelle du système d'enseignement lui-même, ni d'une augmentation suffisante du corps enseignant et du nombre de salles de classe. Tableau 1: Effectifs bénéficiant de programmes d'enseignement a plein temps (totalité des établissements publics et privés) Année Pourcentage Année Pourcentage scolaire du groupe scolaire du groupe 1958/59 d'age 1968/69 d'âge Enseignement primaire 107.000 2h 266.500 35 Enseignement secondaire (y compris enseignement pédagogique) 8.700 h 45.000 il Formation technique et professionnelle 2.100 1 8.900 2,5 Enseignement sup3rieur 635 0,3 2.500 n.d. TOTAL 118.450 322.900 Sources: -Chiffres pour 1958/59, "Rapport général sur les .perspectives de développement du Sén'gal", janvier 1963. Chiffres pour 1968/69, prévisions fondées sur le Rapport de l'Unesco de juillet 1969. - 2 - MNEXE II 2. Le système d'enseignement du Sénégal comprend trois degrés: l'enseignement primaire (6 ans), l'enseignement secondaire (qui se divise en un premier cycle de quatre ans et un second cycle de trois ans pour l'enseignement général et, dans une large mesure, également, pour l'enseignement technique), et l'enseignement supérieur. Le Ministère de lrEducation nationale est chargé d'assurer l'enseigne- ment général qui constitue la majeure partie du système d'enseignement. L'enseignement technique et la formation professionnelle dépendent du Ministère de l'Enseignement Technique. L'enseignement agricole est assuré à la fois par trois ministères, y compris le Ministère du Développement Rural. 3. En 1969, les effectifs des écoles primaires représentaient environ 35 pour cent de tous les enfants appartenant au groupe d'âge de 6 à 13 ans. La proportion des filles s'accroit rapidement et atteint environ 40 pour cent de l'effectif total. Le système n'est pas très efficace si l'on tient compte du pourcentage élevé de redoublants (20 pour cent du total) et du fait qu'à peine la moitié des enfants qui parviennent aux classes terminales subissent avec succès les épreuves du certificat d'études primaires (CEPE). En outre, 20 pour cent seulement des élèves réussissent l'examen d'entrée en classe de sixième. Le rapport entre le personnel enseignant et l'effectif des élèves est plutôt élevé et s'établit à 1:h5. Près de 60 pour cent des enseignants ne sont pas pleinement qualifiés. 4. L'enseignement secondaire connaît une expansion rapide. Le premier cycle de l'enseignement général du second degré accueillait quelque 40.000 élèves en 1969, dont 27 pour cent de filles. Le nombre de candidats au brevet de fin d'études du premier cycle a quadruplé ces dernières années pour dépasser le chiffre de 6.000 en 1969, mais seulement 30 pour cent environ des candidats sont reçus à l'examen. Le second cycle comptait quelque 5.000 élèves en 1969, dont un quart de filles, soit moins de 15 pour cent des effectifs totaux de l'enseignement secondaire général. La proportion des abandons est très élevée au cours de la première année de ce cycle et les défections augmentent malgré le gonflement des effectifs dans les classes terminales (classes du baccalauréat) imputable aux redoublants. La pro- motion de diplômés du second cycle s'est élevée en 1968 à environ 600 dont 400 Sénégalais, dont près de 15 pour cent de jeunes filles. L'enseignement général du second degré est tributaire du personnel enseignant étranger dans une proportion de près de 80 pour cent, pour la plupart des assistants techniques français, ce qui constitue un problème d'importance majeure. 5. L'Université de Dakar comporte quatre facultés, et environ 15 instituts d'études ou de recherches lui sont rattachés. En 1969, le nombre des étudiants inscrits atteignait un total d'environ 2.500 étudiants, dont la moitié de Sénégalais, parmi lesquels guère plus de 20 pour cent dans les disciplines scientifiques. Cet état de choses - 3 - ANNEXE II résulte de l'orientation initiale peu appropriée au niveau du second degré, marquée par une nette prédisposition vers les matières littéraires et sociales. Les installations de l'université sont, dans l'ensemble, sous-utilisées. Les étudiantes représentent le quart de l'effectif total. L'université est, davantage encore que le système secondaire, tributaire de l'assistance technique du Gouvernement français qui manifeste un grand int1rét à l'égard de cette institution. L'école normale supérieure, placée sous les auspices du PNUD et de l'Unesco pendant la période 1962-69, est une institution clef pour le développement futur de l'éducation. Sa capacité est limitée à 200 élèves, ce qui correspond à ses effectifs actuels. 6. Les écoles d'enseignement technique et professionnel, y compris l'enseignement commercial et agricole, accueillent quelque 9.000 élèves et possèdent un corps enseignant composé surtout d'étrangers. L'enseigne- ment agricole est dispensé principalement par plusieurs établissements secondaires du premier cycle. Le second cycle du secondaire comprend deux centres de perfectionnement agricole qui ont été créés avec le concours de l'OIT. Il existe en outre une école à Bambey qui dispense un enseignement post-secondaire pour former des techniciens. Aucun cours n'est offert dans le pays pour former des ingénieurs du génie rural et des techniciens agricoles de haut niveau. Les établissements secondaires de formation agricole ont un effectif d'environ 1.000 élèves. Déficiences du système d'enseignement actuel 7. La critique fondamentale qu'il convient d'adresser au système d'enseignement du Sénégal est que sa structure, ses éléments et sa qualité ne répondent pas aux conditions locales tant sur le plan économique que dans le domaine de l'emploi. Il est calqué sur le système français et les programmes d'études offerts aux divers niveaux de l'enseignement cherchent à maintenir les normes qui prévalent en France., Même au niveau primaire, on note une certaine similarité, bien que les éléments de certaines matières, telles que l'histoire et la géographie, soient adaptés aux exigences locales. Les normes européennes sont trop élevées et disproportionnées pour un pays en voie de développe- ment et, par conséquent, les défaillants et les redoublants constituent un fléau pour le système d'enseignement du Sénégal. C'est ainsi que le pourcentage des enfants qui terminent leurs études primaires en huit ans est inférieur à 50 pour cent. Seuls cinq élèves sur cent par- viennent à obtenir le baccalauréat. L'instruction dispensée est en outre d'un caractère trop général. Les programmes actuels sont extrêmement pauvres en matières agricoles à tous les échelons, et le travail scolaire, même au niveau primaire, est isolé du contexte africain, de sorte que le système d'enseignement contribue à l'aliénation de la population rurale. - 4 - ANNEXE II 8. Les contraintes fiscales ont empêché le Gouvernement de - développer l'enseignement de base au delà des six années d'enseignement primaire. Une sélection massive intervient à la fin de la classe terminale au moyen d'un examen en deux temps. La nécessité de régle- . menter rigoureusement le nombre des enfants qui se présentent à l'examen d'entrée en sixième, malgré le triplement des candidats intervenu en très peu de temps, a conduit à une politique controversable visant à restreindre la proportion des élèves qui se voient attribuer leur certi- ficat d'études primaires (CEPE). La moitié environ des enfants qui parviennent au terme de la classe terminale n'obtiennent pas le CEPE. 9. La structure du premier cycle de l'enseignement secondaire est particulièrement improductive en raison principalement des options trop nombreuses. Le premier cycle du secondaire se divise en trois sections diffé'rentes: enseignement général, enseignement pédagogique, et enseignement technique et professionnel. La branche de l'enseignement général se subdivise en deux autres sections: classique et moderne. Une structure aussi complexe à ce niveau préliminaire de l'enseignement aboutit à restreindre les effectifs de certaines sections, avec pour corollaire des coûts élevés et une décision prématurée de la part des parents et des élèves au sujet de l'orientation à prendre, le tout étant assorti d'une prédisposition marquée vers l'enseignement général. La structure semble disproportionnée par rapport aux résultats obtenus puisque un quart seulement du contingent initial des élèves obtient chaque année le BEPC. Le nombre médiocre des élèves inscrits dans le second cycle du secondaire (moins de 15 pour cent des effectifs du premier cycle) résulte de l'importance de la déperdition des effectifs enregistrée à ce niveau, ce qui limite sérieusement le nombre de réussites au baccalauréat et constitue la cause principale de l'utilisation insuffisante de la capacité de l'Université de Dakar. Financement de l'éducation 10. L'augnentation rapide des effectifs scolaires a eu une incidence considérable sur les finances publiques. C'est ainsi que pour l'exercice 1968/69, 23,3 pour cent du total des dépenses ordinaires de l'Etat ont été consacrées à l'éducation. Au cours du Deuxième Plan, les dépenses de fonctionnement au titre de l'éducation ont marqué une progression d'environ 8 pour cent par an par rapport à un accroissement de 3 pour cent seulement du total des dépenses ordinaires. - 5 - ANNEXE II Tableau 2: 'DEPENSES DE FONCTION#IENT CONSACREES A L'EDUCATION AU COURS DU DEUXI=ME PLAN Pourcentage moyen 1965/66 1966/67 1967/68 1968/69 d'augmen- tation (en milliards de FCFA) annuelle Budget national, total des dépenses de fonctionnement 32,8 33,0 33,9 35,6 2,8% Education, total des dépenses de fonctionnement 6,5 7,3 7,h 8,3 8,5% (K) (19,8%) (22,11%) (21,8%) (23,31) il. Au cours de la même période quadriennale, les crédits budgétaires affectés au Ministère de l'E7,ducation nationale, qui représentent le pourcentage le plus important de toutes les dépenses effectuées dans ce secteur, sont passés de 3,9 milliards à 5 milliards de FCFA, soit près de 9 pour cent au cours de chaque exercice. Parmi les grands traits caractéristiques qui se d'gagent des dépenses du Ministère de l'Education nationale, figure l'importance des coûts du personnel, atteignant en moyenne 70 pour cent du total, ainsi que le pourcentage des dépensas consacrées à l'enseignement primaire, qui représentent environ 60 pour cent du total. 12. Les dépenses d'équipement pour l'éducation se sont élevées à 2,3 milliards de FCFA au cours du deuxième plan, dont le tiers environ a été financé par le FED, la France et d'autres donateurs étrangers. Le reste, soit 1,6 milliard de FCFA, a été financé sur le budget national d'équipement. -6 - ANNEXE II Tableau 3: VENTILATION DU BUDGET DU MNISTERE DE L'EDUCATION NATIONALE (en pourcentages) 1965/66 1968/69 Personnel 70,5 70,0 Equipement 13,8 11,5 Dépenses diverses 15,7 18,5 100,0 100,0 Enseignement primaire 57,3 60,3 Enseignement secondaire 17,2 13,3 Enseignement normal 4,5 3,7 Enseignement supérieur - 4,8 Dépenses diverses 21,0 17,9 100,0 100,0 Tableau h: INVESTISSEMNT AU TITRE DE L'EDUCATION AU COURS DU DEUXIEME PLAN Total 1965/66 1966/67 1967/68 1968/69 pendant (en milliards de FCFA) la période Budget national, dépenses d'équipement 3,6 4,9 4,0 6,1 18,6 Education, dépenses d'équipement 0,3 0,5 0, 0,3 1,6 (M (83%) (10,2%) (12,55) (4,9%) (8,6%) - 7 - ANEXE II 13. L'apport des écoles privées à l'effort d'éducation est très important et allège notablement le fardeau supporté par les ressources publiques. Seul l'enseignement primaire privé bénéficie de subventions. Il est vraisemblable que la contribution du secteur privé se poursuivra àI l'avenir. Le tableau ci-dessous récapitule la situation de l'enseigne- ment privé en 1968. Tableau 5 Pourcentage Nombre Effectifs des d'établissements scolaires effectifs totaux Enseignement primaire 190 32.000 12% Enseignement secondaire 70 10.000 25% Enseignement technique 20 2.200 30% Réforme de l'enseignement de 1969 et évaluation des résultats obtenus 14. Une réforme fondamentale du système d'enseignement a été promulguée au début de 1969. Le programme de réforme comprend: (1) la mise sur pied d'un programme d'études primaires de cinq ans conduisant au CEPE, au lieu de la scolarisation actuelle répartie sur six ans; (2) l'orientation de 80 pour cent des élèves sortant de l'école primaire vers un cycle d'enseignement pratique de quatre ans, (3) l'orientation des 20 pour cent restants vers des Centres d'enseignement moyen (CE) qui offriront un programme d'enseignement secondaire général de quatre ans d'un caractère moins classique que le programme actuel; (h) mise en place d'un tronc commun unique du premier cycle du secondaire dont les études seront sanctionnées par le BEPC, après quoi les détenteurs de ce brevet peuvent accéder à l'un quelconcque des cours du second cycle; (5) élimination des redoublements à une seule année au cours du premier cycle du secondaire; (6) suppression des années préparatoires d'enseigne- ment général dans le domaine technique et professionnel et réduction de la durée de ce cours; (7) organisation d'un type d'enseignement supérieur qui réponde davantage aux besoins du pays en spécialistes compétents sur le plan professionnel et technique; (8) utilisation de tous les moyens disponibles pour assurer le recyclage en cours d'emploi des adultes et la formation professionnelle des jeunes gens grâce à des programmes appropriés. 15. Cette réforme a pour conséquence implicite de porter à neuf ans le durée de l'éducation de base pour tous les enfants scolarisés, mais elle vise à réglementer l'accès des elèves au niveau secondaire proportionnellement aux besoins en main-d'oeuvre du secteur moderne de - 8 - ANNEXE II l'économie. Il semble donc qu'il s'agisse là d'une réponse au besoin manifeste de disposer d'un programme d'éducation à grande échelle au niveau post-primaire, destiné à soutenir les plans de mise en valeur rurale qui constituent l'élément clé du développement économique du Sénégal. 16. La réforme a pour objectif principal de réaliser un meilleur équilibre au sein du système entre les études classiques et les humanités et l'enseignement pratique; entre les effectifs du premier cycle et du second cycle de l'enseignement secondaire et, au sein de ce dernier, entre l'enseignement technique et l'enseignement général. La réforme porte l'enseignement technique, y compris l'agriculture, au niveau des études du second cycle. Jusqu'ici, en effet, l'idée était largement répandue que l'enseignement technique était une forme d'éducation de deuxième ordre. En relevant l'âge des candidats et le niveau du recrutement, l'enseigne- ment technique sera en mesure d'apporter sa contribution à la formation d'une main-d'oeuvre qualifiée. Enfin, la réforme devrait permettre d'accroitre le nombre d'étudiants susceptibles d'entrer à l'Université de Dakar, laquelle est actuellement sous-utilisée et ne produit que très peu de diplômés. Le lancement de la réforme au niveau primaire, prévu à l'origine pour octobre 1969, a été différé d'au moins un an. Ceci entraînera un délai correspondant au niveau secondaire, dont la réforme avait été prévue pour le début du Quatrième Plan, en 1973/74. 17. La réforme ne produira les résultats escomptés que si elle est assortie d'aménagements dans la structure de l'administration de l'enseignement. La structure actuelle, composée d'un Ministère de l'Education nationale et d'un Ministère de l'Enseignement technique et professionnel, est improductive. En effet, le domaine de compétence de ce dernier ne s'étend qu'â moins de 5 pour cent de la totalité des effectifs des divers niveaux de l'enseignement. La réorganisation des deux ministères devrait éliminer tout double emploi dans les divers services et organismes, de même que les divergences en matière de politique de l'enseignement, et mettre en place des organes de coordination. Le Troisième Plan de développement. Programme d'investissement dans le secteur de l' ducation 18. Les perspectives énoncées dans le Plan en ce qui concerne les effectifs aux divers niveaux de l'enseignement, font ressortir un ralentissement de l'augmentation du contingent net des élèves accueillis dans les écoles publiques. Etant donné les sérieuses contraintes fiscales qui pèseront sur l'ensemble des années 1970 d'une part, et la nécessité d'améliorer la qualité de l'éducation d'autre part, il se pourrait que cette politique qui conduira à scolariser une proportion plus faible de groupes d'âge pertinents se révèle comme étant dans le meilleur intérêt du pays. Il semblerait cependant qu'une telle politique serait incompatible avec les objectifs d'éducation universelle' prévus par la réforme de l'enseignement. - 9 - ANNEXE II 19. Le programme d'investissement en faveur de l'éducation devait à l'origine s'élever à 7,4 milliards de FCFA, mais a été par la suite révisé en hausse pour être porté à 8,7 milliards de FCFA, soit 6,9 pour cent des dépenses totales d'équipement public. Tableau 6: INM.STISSEVENT DANS LE SECTEUR EDUCATION PENDANT LE TROISIEME PLAN DE DEVELOPPMENT (en millions de FCFA) Sources provisoires de financement Budget de l'Etat Dons Prêts Total Enseignement primaire 1.651 Enseignement secondaire 1.807 Enseignement supérieur 1.308 (Nouveaux pro- jets identifiés par l'UNESCO) 1.596 Enseignement génêral 6.362 (73,4%) 797 4.240 1.325 6.362 Enseignement technique 1.489 (17,2%) 511 596 382 1.489 Jeunesse, sport, in- formation 814 (9,4%) 647 132 35 814 TOTAL 8.665 (1OO,O) 1.955 h.968 1.742 8.665 (22,55%) (57,33%) (20,1%)(100,0%) - 10 - ANNEXE II 20. Les investissements prévus à l'origine pour l'enseignement primaire semblent être relativement élevés, notamment si l'on considère que l'élimination des redoublants et la r<duction à cinq ans de la durée de l'enseignement du premier degré devraient contribuer à freiner l'augmentation des besoins en structures d'accueil à ce niveau. La seule priorité à accorder à la construction d'écoles primaires paraît résider dans l'agrandissement envisagé des écoles qui, dans une proportion de 41 pour cent, ne possèdent que deux classes, en vue de les doter d'au moins une troisième salle de classe; il en est de même de l'amélioration de 300 écoles qui fonctionnent dans des locaux provisoires. Si la cons- truction d'établissements du premier degré pouvait être limitée à ce plan, les fonds affectés au développement de l'enseignement primaire pourraient être réduits de moitié. Les autres projets envisagés dans le Plan paraissent être bien fondés. Sur cette base, les investissements totaux au titre de l'enseignement primaire ne s'élèveraient qu'à 1,1 milliard de FCFA contre 1,7 milliard de FCFA. 21. Les investissements affectés à l'enseignement secondaire s'adressent à une liste de projets relativement peu nombreux. Le pro- gramme semble raisonnable, mais des délais apparaissent vraisemblables en ce qui concerne sa mise en oeuvre. Les déboursements effectifs pourront se situer aux environs de 1,3 milliard de FCFA, au lieu de 1,8 milliard de FCFA. Il conviendrait de ne pas perdre de vue que ce secteur comprend un enseignement normal destiné à former des maîtres de l'enseignement primaire et rural qui bénéficient d'une priorité élevée, et que, d'autre parb, les effectifs du premier et second cycles de l'enseignement secondaire sont censés augmenter rapidement au cours de la période du Plan, de même qu'à long terme. 22. La plupart des projets snumérés dans le Plan au titre de l'enseignement supérieur paraissent être pleinement justifiés. Ils comprennent la création, ou l'expansion, d'une école vétérinaire, d'instituts supérieurs d'agronomie, et d'une école normale supérieure. Le prograrme d'investissement envisag pour l'enseignement supérieur est plus ou moins assuré de bénéficier d'une assistance étrangère suffisante. 23. Les éléments ci-dessus permettent de dégager les prévisions suivantes pour un programme d'investissement dans le secteur de l'édu- cation qui parait justifié et pour lequel le financement est assuré. - il - ANNME II Tableau 7: PROGRAMM4E D'INIV7STISSEMENT DANS LE SECTEUR DE L'EDUCATION AU COURS DU TROISIEE PLAN (en milliards de FCFA) Prévisions Selon le Plan de la mission Enseignement primaire 1,65 1,05 Enseignement secondaire 1,80 1,32 Enseignement supérieur 1,31 1,31 (Projets identifiés par l'Unesco pour l'enseignement secondaire (compris dans et rural) 1,60 les secteurs correspondants) Enseignement général 6,36 4,1o Enseignement technique et professionnel 1,49 1,49 Jeunesse, sport et information 0,81 TOTAL 8,66 (1oo') 5,98 (6h%) Financement Assistance étrangère: engagée 1,60 envisagée 3,ho 5,00 Etat: contribution locale 0,25 divers 0,7 0,98 TOTAL 5,98 - 12 - ANNEX Il 24. Les autorités sénégalaises ont déjà pressenti plusieurs gouvernements étrangers en vue d'obtenir un concours financier. Il semble que le FED pourrait financer la construction et l'équipement d'un grand nombre d'établissements primaires, l'Institut vétérinaire et l'Institut d'Odontologie et de Stomatologie. Le FAC est disposé à financer les écoles normales qui seront construites à Bambey et à Saint-Louis, et à fournir l'équipement de divers lycées. Les fonds de contrepartie de l'USAID permettront d'assurer la contribution locale au financement de cinq centres de formation technique régionaux pour les- quels un prêt a déjà été négocié avec les Etats-Unis. On s'attend à ce que le Canada contribue au financement de quatre écoles secondaires (CEM). Le PNUD vient de proroger le programme de formation professionnelle rurale jusqu'à la fin de 1971. Au cours de cette période, trois nouveaux centres de perfectionnement agricole pour les agriculteurs adultes seront construits. Le groupe de la Banque mondiale a déjà été pressenti par le Gouvernement sénégalais pour financer un grand nombre d'établisse- ments CEai et plusieurs autres projets prioritaires dans les secteurs de l'enseignement supérieur et technique. Dans l'ensemble, l'assistance étrangère déjà engagée et envisagée totalise environ 5 milliards de FCFA. Compte tenu de l'expérience acquise au cours des dix dernières années en ce qui concerne les décalages imputables notamment à une préparation insuffisante des projets et aux retards apportés à leur mise en oeuvre, les déboursements effectifs peuvent être évalués approximative- ment à h milliards de FCFA pendant la période prévue par le Plan. Etant donné que l'on a déjà tenu compte des décalages concernant les projets de l'enseignement secondaire, la proportion du décalage qui s'en dégage est plus élevée qu'à l'ordinaire en ce qui concerne le courant total du financement d'origine étrangère. ANNEXE III SECTEJR DE L'ENERGIE 1. Toute la production d'électricité au Sénégal est d 'origine ther- mique. Les huileries d'arachide produisent l'énergie dont elles ont besoin en brelant les coques d'arachide mais la plus grande partie de l'électricité consommée dans le pays est produite dans la région du Cap Vert par trois centrales à vapeur fonctionnant au combustible liquide. En outre, environ soixante petites centrales diesel fournissent l'énergie nécessaire aux collectivités urbaines de moindre importance. 2. Le secteur de l'énergie joue un r8le important dans l'économie du Sénégal. Au cours des cinq dernières années, sa contribution annuelle moyenne à la valeur ajoutée du secteur secondaire a été de 15 pour cent. Jusqu'en 1966, le S'négal venait en t9te des pays d'Afrique occidentale francophone pour la consommation d'électricité par habitant, mais il a depuis été dépassé par la C8te d'Ivoire dont la croissance économique a eté plus rapide. 3. La production et la distribution de l'électricité sont presne exclusivement dans les mains diune société privée êtrangère, la Compagnie des Eaux et Electricité de l'Ouest Africain (EEOA), dont les tarifs sont contr8lés par le gouvernement. Le gouvernement se réserve le droit de faire construire tout ouvrage destiné à la production et au transport de l'énergie électrique sans demander l'accord de l'EEA. En fait, cette sociëté produit la plus grande partie de l'énergie consommée dans le pays. En outre, elle est tenue dtassurer le financement et la réalisation des extensions de la production rendues nécessaires par ltaccroissement de la consommation et par les projets gouvernementaux de développement économique. L'EBEA est chargée de l'entretien et de ltamélioration du réseau de dis- tribution qui existait au moment où a été passé l'accord d.e concession, mais le gouvernement est chargé de financer, selon les besoins, le développe- ment du réseau de transport et de distribution de l'6rorgio. 4. Cette société concessionnaire privée verse au gouvernement un droit de concession de 1,5 pour cent de son chiffre d'affaires total annuel, et d'autres droits d'exploitation moins importants. Ele finance également une partie du coft de développement du réseau de transport et de distribution de l'énergie en vertu de la clause relative au prélèvement du Sénégal sur les bénéfices réalisés par les sociétés concessionnaires. Conformément à cette clause, l'EEOA doit transférer chaque année à un compte spécial du gouvernement des fonds s'élevant à la moitié des divi- dendes distribués au cours de l'exercice. Ces fonds sont en principe réservés au financement des travaux de développement du réseau de transport et de distribution de l'énergie. En outre, l'EEDA paie les impfts auxquels sont normalement soumises les entreprises sénégalaises. En 1968, la socié- té a versé au gouvernement environ 600 millions de francs CFA. - 2 - ANNEXE III .5. L'EEDA semble avoir fait des profits satisfaisants au cours des années passées. Après déduction des paiements mentionnés ci-dessus et d'une provision importante pour l'amortissement et pour le rembourse- ment des prêts (soit un total de plus de 800 millions de francs CFA en 1968), ses bénéfices nets lui permettent de distribuer des dividendes à ses actionnaires, et d'augmenter ses réserves. C'est à l'aide de ses réserves que la société a financé la plupart de ses investissements. En 1968, le gouvernement a augmenté le SMIG et a bloqué les tarifs de vente de l'électricité. Ces mesures ont augmenté les coûts d'exploitation de la Compagnie tout en la privant de la possibilité d'augmenter ses tarifs. D'autres problèmes se sont posés lorsque, en outre, le gouvernement a demandé a l'EEOA d'envisager une baisse des tarifs de l'électricité con- sommée pour certains usages particuliers et a même envisagé la possibilité de produire lui-même l'électricité. A la fin de 1969, un accord a été passé entre le gouvernement et la société et la plus grande partie de ces difficultés ont été surmontées. 6. Conformément aux clauses de ce récent accord, l'EEOA a accepté (a) dfinvestir 3 milliards de francs CFA au cours de la période du troisième plan de développement; (b) d'absorber les charges financières nouvelles correspondant a cet investissement sans augmenter ses tarifs jusqu'en décembre 1970; et (c) d'augmenter les sommes qu'elle prélève sur ses bénéfices au profit de l'Etat si ses bénéfices dépassent ceux obtenus en 1968. Cependant, l'accord n'a pas résolu les problèmes relatifs à la politique tarifaire à long terme, le niveau de rentabilité de la société et les conditions d'une éventuelle participation du gouvernement dans le capital social de l'EEOA. Aux termes de cet accord, les installations de production et de distribution dans une vingtaine de villes ont été remises à la compagnie, mais le gouvernement entend recevoir en contre- partie une participation au capital social de la compagnie. Lfévaluation de ces installations doit faire l'objet d'échanges de vues. Evolution du secteur de l'énergie Investissements 7. Bien que les époques et les durées des programmes d'investisse- ment de la société et celles des projets d'investissement inclus dans les plans quadriennaux mis au point par le gouvernement ne co-ncident pas, la société concessionnaire et le Gouvernement sénégalais ont essayé de coordonner leurs efforts, afin d'inclure dans les projets des plans gouvernementaux les projets d'investissement de l'EEOA dont la réalisation était prévue au cours de la même période. Au cours des deux premiers plans nationaux, les investissements effectués par l'EEOA se sont élevés respectivement a 2 et 3 milliards de francs CFA, ce qui représente environ un sixième des dépenses d'équipement totales effectuées dans le secteur secondaire pendant la période de réalisation de chacun de ces deux plans. - 3- ANNEXE III Investissements effectués dans le secteur de l'énergie, 1961-1969 (en millions de francs CFA) Moyens de production Réseau de distribution I PD (1961-1964) 1.100 (55%) 900 (45%) II PD (196/65- 1968/69) 1.900 (63%) 1.000 (37%) TOTAL 3.000 (61%) 1.900 (39%) 8. La capacité de production a augmenté plus rapidement que les réseaux de distribution, surtout pendant le deuxième plan. Les termes de llaccord de concession expliquent en partie la disproportion entre les investissements de production et de distribution. La société con- cessionnaire est propriétaire des installations de production et elle est responsable de leur extension. Dans le cas où la concession est annulée ou n'est pas renouvelée, le gouvernement est tenu de reprendre ces installations et de rembourser au concessionnaire le montant des investissements qu'il aura lui-même effectués; ce montant doit faire l'objet d'un accord entre les deux parties. Le concessionnaire n'est chargé que de llentretien du réseau public de transport et de distribu- tion, les investissements majeurs restant à la charge du gouvernement. Le gouvernement a demandé à l'EEOA de financer ces investissements à l'aide de ses ressources propres ou d'emprunts car les prélèvements sur les bénéfices de l'EEOA ne seraient pas suffisants pour lui permettre de le faire. Production 9. Depuis 1966-68, années oÙ le concessionnaire s'est vu confier les installations de 20 autres municipalités, l'EEDA produit environ 99 pour cent de toute l'énergie distribuée au Sénégal. Deux entreprises dont ltobjet principal ntest pas dtexploiter un service public, la S.E.I.B. (Société d'Electricité Industrielle du Baol) et la S.E.I.C. (Société d'Electricité Industrielle de la Casamance), installées respective- ment a Diourbel et à Ziguinchor, assurent la production d'électricité de ces localités, l'EEOA 'tant chargée de la distribution. Le gouvernement envisage de les intégrer dans la concession de l'EE!DA, à l'expiration des accords actuellement en cours entre ces entreprises et les autorités locales. Les raffineries d'huile d'arachide disposent de leurs propres installations dont la production est passée de 60 millions de kwh en 1959 à 90 millions en 1968. - 4 - ANNEXE III 10. Le tableau suivant indique les ordres de grandeur de la pro- duction et la distribution de l'électricité au Sénégal pour les années 1953, 1963 et 1968: Production et distribution de l'électricité au Sénégal (Réseau de l'EEOA) 1953 1963 1968 Puissance installée (kw) 12.800 64.000 91.500 Demande maximum (kw) 9.000 36.000 47.500 Consommation totale (kwh) 43.200.000 173.003.000 245.000.000 Longueur du réseau: Haute tension (km) 268 1.048 1.209 Basse tension (km) 214 848 1.100 Nombre de localités urbaines desservies 10 41 61 Nombre d'tabonnés 23.188 65.185 86.100 La puissance installée est plus de sept fois plus importante qu'en 1953. C'est au cours de la période 1953-1963 qu'a eu lieu le développement le plus important, à la suite de la construction par 1'EEOA d'une nouvelle centrale à Bel Air, près de Dakar, équipée de quatre groupes turbo- alternateurs d'une capacité de 12,8 MW chacun. L'EEOA a aussi entrepris la construction d'une turbine à gaz de 14 I en cours de montage et d'une nouvelle centrale à Cap des Biches dont la puissance totale pourra attein- dre 110 MW soit quatre groupes turbo-alternateurs d'une capacité de 27.5 IW chacun. Le premier groupe a commencé A fonctionner en mai 1966; lin- stallation du deuxième groupe sera terminée au cours de la période du troisième plan de développement, dans le cadre des accords d'investisse- ments, d'un montant de 3 milliards de FCFA, passés entre l'EEDA et le gouvernement. Consommation 11. De 1959 à 1968, la consommation d'électricité au Sénégal est passée de 105,8 millions de kwh à 247,6 millions de kwh, ce qui représente un taux de croissance de 10 pour cent par an. Cependant, l'évolution au cours de la première et de la seconde moitié de cette période a été très différente, comme le montre le tableau ci-dessous: - 5 - ANNEXE III Consommation d'lectricité par principaux secteurs d'utilisation 1959-1968 1959-1963 196-1968 1959-1968 Augmen- Augmen- Augmen- 1959 1963 tation 196h 1968 tation tation (en millions (M) (en millions (M (M) de kwh) de kwh) Utilisation non industrielle Eclairage 18,h 25,6 8,6 26,7 27,3 0,7 4,5 Appareils ménagers l,6 22,9 11,9 25,7 31,8 5,5 9,1 Utilisation industrielle Basse tension 9,6 12,8 7,h 13,7 13,7 0,0 h,0 Haute tension 63,2 114,2 15,9 130,7 174,8 7,5 12,0 (dont les Phosphates de Taiba) (-) 35,0 (48,7) (60,0) TOTAL 105,8 175,5 13,5 196,8 247,6 6,o 10,0 La consommation annuelle moyenne d'électricité par habitant a été comme suit: Consommation annuelle moyenne d télectricité par habitant 1959 1963 196h 1968 Consommation d 'électricité (en millions de kwh) 105,8 175,5 196,8 247,6 Consommation par habitant (kwh): Total 35 53 58 67 à l'exclusion des Phosphates de Taiba 35 42 ha 51 à l'exclusion de la consomma- tion industrielle totale 10 15 16 18 Il est a noter que la consommation non-industrielle est encore très faible. -6 - A1qEXE III 12. La diminution importante du taux de la croissance annuel de la consommation d'électricité (de 13,5 pour cent avant 1963 à 6 pour cent seulement après cette date) est sans nul doute une conséquence de la stagnation de l'économie sénégalaise au cours des dernières années. Bien que la tendance à la diminution ait été générale dans tous les principaux secteurs d'utilisation de l'électricité, la consommation du secteur des appareils ménagers a continué à augmenter à un taux modère à cause de l'introduction des climatiseurs, tandis que l'accroissement de la consommation industrielle s 'explique en grande partie par la consommation élevée de la Société des Phosphates de Taiba qui, avec plus de 30 pour cent du total, est le plus grand consommateur d'électricité au Sénégal. Le niveau de consommation dans les secteurs de l'éclairage et de l'électricité à basse tension pour usage industriel (surtout pour les industries de moindre importance) a été presque stationnaire depuis 1964, du fait peu-9tre de l'absence de tarifs préférentiels dans ces secteurs. 13. Les tarifs de l'électricité varient suivant la catégorie a laquelle appartient le consommateur. Dans la région du Cap Vert le plus àleve est celui de l'éclairage domestique - 34,59 FCFA par kwh (plus taxes). En ce qui concerne les appareils ménagers, on applique des tarifs plus bas, mais ils sont tout de même assez elevés. Pour les industries, le kwh coate de 7 à 9 FCFA mais un certain nombre d'usines importantes bénéficient de tarifs préférentiels en raison de l'importance de leur consommation (environ 6 FCFA par kwh et même 4,5 FCFA dans le cas de la Compagnie Sénégalaise des Phosphates de Taiba (CSPT). Ces tarifs sont majorés de 10 pour cent à Thiès et de 20 pour cent dans d'autres régions. Perspectives et Troisième Plan de Développement 14. Le Troisième Plan de développement prévoit une augmentation annuelle de la consommation d'électricité de 7 pour cent d'ici à 1973, en comparaison de 6 pour cent de 1964 à 1968. Ainsi, la consommation totale d'électricité au Sénégal doublerait au cours des 10 prochaines années pour autant que ce taux se maintienne au-delà de 1973. Puisque la mission prévoit une croissance de la PIB légèrement plus rapide que celle prévue dans le Plan, l'augmentation annuelle de la consommation d'électri- cité préconisée par les auteurs du Plan sera probablement réalisée ou même dépassée. Ce développement dépendra en grande mesure de la consommation d'électricité de la CSPT. Au cours des années passées, la consommation d'engrais a diminué. Il s'agit de savoir si la politique agricole du Sénégal réussira à redresser cette tendance. - 7 - ANNXE II-I 15. Le programme d'investissement relatif a ce secteur prévu au plan est destiné à satisfaire les besoins immédiats à moyen terme du Sénégal. En fait, en se fondant sur les prévisions de la mission relatives à lévo- lution de ce secteur, il semble qu'à la fin de la période du plan, le potentiel de la demande d'électricité aux heures de pointe sera très proche de la capacité de production actuellement installée et qu'il faudra par la suite augmenter. Pour le moment, aucun centre de production n'est pour- vu de groupe d'appoint, en prévision des urgences. Au fur et à mesure que la consommation augmente et que l'industrie se développe, ce genre d'équipe- ment devient de plus en plus nécessaire. En ce qui concerne l'infrastructure de distribution, le besoin d,fune amélioration se fait sentir depuis long- temps. Le réseau composé principalement de câbles d'alimentation de 6,6kv fonctionne en surcharge et il serait nécessaire d'installer un plus grand. nombre de lignes à 30 et 90 kv. Le tableau suivant indique les éléments fondamentaux du programme d'investissement destiné à ce secteur, tel qu'il est apparu au début: (i) Production - turbo-alternateur de 27 mw (capacité de production normale) 1,5 milliard de FCFA - turbo-réacteur de 20 mu (capacité de production supplé- mentaire en cas d'urgence) 0,5 milliard de FCFA (ii) Réseau de distribution 0,9 milliard de FCFA 2,9 milliards d.e FCFA 16. L'EEOA a accepté de procéder à la réalisation de ce programme et d'investir environ le montant indiqué au cours de la période du Troisième Plan de développement. Il se peut que le gcuvernement participe à ces investissements. La réalisation de ce programme, destiné à satisfaire plus particulièrement les besoins urgents de la région du Cap Vert, donnera au gouvernement le temps d'élaborer un projet de politique à long terme concernant le secteur de l'électricité dans l'ensemble du pays. En fait, le Troisième Plan indique clairement que ces programmes et ces politiques à long terme sont nécessaires; cependant, il est probable qu'il ne sera pas possible d'entreprendre de façon satisfaisante des actions à long terme tant que les divergences qui existent encore entre la société con- cessionnaire et le gouvernement ne seront pas aplanies. LISTE DES TABLEAUX Tableau no. 1 Etat de la dette publique extérieure non amortie au 30 juin 1969 2 Evaluation des paiements au titre du service de la dette publique extérieure non amortie y compris les montants non encore déboursés au 30 juin 1969. 3 Population. 4 Emploi. 5 Produit intérieur brut aux prix courants 1959-1968. 6 Production et valeur ajoutée. 7 Produit intérieur brut aux prix constants de 1959. 8 Données sur la comptabilité nationale par habitant. 9 Dépense imputée au produit intérieur brut 1961-1968. 10 Produit national brut/Epargne intérieure et nationale. il Epargne et investissements. 12 Formation brute de capital 1959-1968. 13 Balance des paiements 1964-1968. 14 Commerce extérieur (ajusté) 1964-1968. 15 Importations par principaux produits et groupes de produits. 16 Volume des importations par groupes de produits. 17 Exportations par principaux produits et groupes de produits. 18 Volume des exportations par produits. 19 Commerce extérieur par zones monétaires et groupes de produits. 20 Commerce extérieur par zones monétaires et principaux pays. 21 Programmes annuels d'importations et ventilation de leur utilisation 1966-1969. 22 Tendances des accords commerciaux bilatéraux du Sénégal. -2- Tableau no. 23 Courant effectif de l'aide publique étrangère au Sénégal 1964-68. 24 Assistance financière de la France et de la CEE, 1959-1968. 25 Total de l'assistance financière accordée au Sénégal au cours de 1959-1968. 26 Analyse du volume de crédit à court terme 1963-1968. 27 Analyse des crédits à moyen et long termes 1963-1968. 28 Actif et passif des banques de dép6t 1963-1968. 29 Actif et passif de la BCEAO 1963-1968. 30 Situation monétaire 1963-1968. 31 Opérations courantes du Gouvernement Central, 1964/65- 1968/69. 32 Epargne et Investissements de l'Etat (Gouvernement Central et Communes). 33 Classification Fonctionnelle des Dépenses du Gouvernement Central. 34 Epargne et Investissements Publics - 2ème Plan Quadriennal. 35 Transports routiers I. 36 Transports routiers II. 37 Trafic ferroviaire. 38 Port de Dakar: trafic commercial. 39 Ports secondaires: trafic commercial. 40 Trafic aérien. Tableau 1 ETAT DE LA DETTE PUBLIQUE EXTERIEURE NON AMORTIE AU 30 JUIN 1969 1/ Dette remboursable en devises étrangères 2/ (en milliers de dollars E.U.) Etat de la dette au 30 juin 1969 Déboursée - Totale Seulement D7T'"E PUBLIQUE TOTALE EXTERIEURE 3/ h/ 63.357 101.380 Dette privée 3/ 203 203 Obligations émises en souscription publique 3/ 173 173 Organisations financières- France 3/ 30 30 Prêts des organisations interna- tionales 5.313 22.500 3TD 336 7.500 AID 3.937 15.000 Prgts accordés des Gouvernements 3/ h/ 57.341 73.677 France 3/ ~ 5.9 45.999 Allemagne / 12.152 23.337 qcyaume-Uni - 1.200 Etats-Unis 2.200 TT.R.S.9S.-2 1chéance originelle ou portée à un an ou plus. Ciprend le franc CFA librement convertible en francs français. Y compris la dette payable en francs français et en francs CFA au taux de change postérieur à la dévaluation d'août 1969. Y compris la dette payable en Ig au taux de change réévalué en octobre 1969. Soumc': Division des serzices de statistique, Département des étud-r économiques. Tableau 2 EVALUATION DES PAIEMENTS AU TITRE DU SRVICE DE LA DETTE PUBLIQUE TERIEURE NON AMORTIE T COMPRIS LES 1W1NTANTS NO ENCORE DEBOURSES AU 30 JUIN 1969 Dette remboursable en devises étrangères (En milliers de dollars E.U.) Dette totale Paiements en cours d'exercice Exercice (en début d'exercice) Amortissement Intérêt Total ----- Dette publique extérieure totale------- ?rojection réelle 1963/69 - 3.551 1.143 h.96h 1969/70 95.433 4.106 1.454 5.560 1970/71 91.332 4.367 1.654 6.022 1971/72 36.965 4.164 1.633 5.797 1972/73 32.801 4.317 1.588 5.905 1973/74 78.434 5.256 2.035 7.291 1974/75 73.223 4.808 1.826 6.634 1975/76 68.420 4.499 1.657 6.156 1976/77 63.921 4.531 1.496 6.027 1977/73 59.339 4.004 1.330 5.334 1973/79 55.335 4.249 1.179 5.423 1979/30 51.136 3.636 1.021 4.657 1980/81 47.500 3.539 876 4.415 1931/12 43.961 2.26h 754 3.013 1932/13 41.697 1.319 692 2.511 19>3/35 39.373 1.341 649 2.9 lote: Comprend le service de la dette totale figurant au Tableau 1 établie le 29 janvier 1970, à l'exception du Prêt de l'URSS de $5.942.000 dont les conditions de remboursement ne sont pas encore connues. Tableau 3 POPULATION A. Population Totale (on milliers d'habitants) Africains 1/ Non Africaine Total Milieu 1959 2.930 60 3.040 Milieu 1960 3.050 60 3.110 Fin 1961 3.140 63 3.203 1962 3.210 59 3.269 1963 3.230 56 3.336 1964 3.350 50 3.400 1965 3.420 47 3.467 1966 3.500 47 3.547 1967 3.580 47 3.627 1968 3.660 48 3.708 1969 3.740 48 3.788 1/ Extrapolation sur la base d'un taux annuel de croissance de 2,2%, d'après les chiffres obtenus lors du recensement de 1960. B. Totaux par régions Population Densité (en milliers d'habitants) (habitants par Km2) 1960 19691/ 1960 1969 Cap Vert hhh 691 807 1.256 Fleuve 3h5 400 8 9 Diourbel 503 581 15 17 Thiès 410 433 62 73 Siné-Saloum 727 844 30 35 Senégal-0rienta1 151 175 2,5 3 Casamance 539 614 19 22 Total 3.110 3.788 16 19 I/ Extrapolation sur la base d'un taux annuel de croissance de 1,6% pour toutes les régions à l'exception du Cap Vert (4,8%). Source: Situation Economique du Sénégal, 1968. Tableau 4 DIPLI Nombre de salariés 1960 1961 1965 10,6Q Agriculture, pêche 3.41o 3.410 h.030 T :dus r.ie: extractives 2.230 1.620 1.520 1.340 Indust.~_s de transformaticn 12.640 12.550 15.950 16.740 '':nc uction 13.950 11.480 14.730 r-ce- publics 2.790 2.010 3.010 Panqurs, assurances, commerce 20.300 20.390 16.860 mansports 10.520 9.510 15.920 tre services 23.230 26 12.h00 Tt-tal 89.370 93.340 !:.520 88.150 Adm! iis tration 45.7r)0 n.d. 35.140 36.850 '"-tal lobal 13h.570 n.d. 119.660 125. I cortpr- les empoye. -le l'administration française S i: MListère du Tra-ail, -'tuation Econrmique du Sénégal, 1968. Tableau: 5 PROJIT INTSRtIIJR BRUT AUX FRIX (IURANTS 1959-1968 (Milliards de francs CFA) 1959 1960 1961 1962 1963 lo 19ô5 1966 1967 1)oô Ag culture Agriculture 29,1J 3D,57 31,3ô 33,94 33,33 34,d5 3ô,72 38,64 36,64 36,oj Revage 7,53 d,10 ô,j4 d,22 d,0d ô,62 9,bd 10,69 11,1d 11, 2 ?éche 2,54 3,17 3,90 3,d9 3,d4 3,95 4,97 ,d 5,06 L,ud Sylviculture ,00 1,5J 1,34 1,49 1.4bd 1,4 1.49 1,49 _.61 117b TOTAL: 4,0,77 43,34 4U,64 47,54 46,73 48,76 52,86 55,ô6 5h,h7 54,', Indus trie Services 1,74 2,02 2,27 2,54 2,72 3,08 3,49 3,81 h,1L h,L2 Industries extractives ),1L 0,20 ),h2 ),53 (),46 ,6) 0,76 >,Q1 1,-i 1, Industrie alimentaire d,17 8,37 Q,19 Q,36 9,86 10,09 10,Q3 11, 'ý l,db l,,o7 Textiles et cuir- 1,W) 1,71 2,,3 1,d9 2,2ô 2,5, 2,76 3,1d , .] Fabrication diverse 4,25 4.12 4,93 _LLL 5,64 o.l ,7 7,35 7,7d J,9 TOTAL: 15,6) 16,92 1,& 19,ô0 20,96 22,hl 21,72 2ô,75 27,35 7 Artisanat textile j,73 0,74 J,73 0,73 J,73 Ù,73 ),72 J,72 ,72 ,7b Construction 6,14 5,7) 3,ô2 ,,97 h,7ô 5,J5 5,27 5,57 5,ôl ,2 Transports 7,56 7,57 7,o9 8,04 d,17 9,26 9,od 13,07 1),57 :,,ij Commierce 2),12 21,27 23,d3 25,ôl 28,52 29,51 30,55 32,3d 31,00 ý4,l? Autres Services 12,02 12,02 12,15 12,11 12,0 12,36 11,23 12,47 12, 17,r' Administration Publique _, 33,10 3),90 _3,_ 34,10 34,65 31,63 32,d6 34,12 33,d6 IB au cot des facteurs 132,3b 137,66 lhh,h) 153,20 156,03 162,43 167,36 176,03 176,62 1 ,dL impt indirects 2169 20,64 23,19 24,68 250 24,9d 24,93 24,51 25,0 2L, PIB aux prix du mrche 154,L 158,y3 167,59 177,88 180,3 187,1 102,29 2,Y,99 2 )1,bô 2 77 : Calculs effectues par la mission sur la base des comptes nationanx du Sirégal. Tableau: o PRDUCTIGN LT VALEUR AJOUTSE Elevage, Pqche et Sylvicul ure (Milliards de francs CFA) ?roduction l99 1960 1961 1962 19>3 1964 1965 1966 1967 1968 Agriculture Denrees alimentaires 9,13 9,9d 9,82 10,26 11,42 12,43 12,99 12,04 15,82 13,31 Fruits et légumes 3,17 2,86 2,79 3,13 3,06 3,13 3,30 3,47 3,58 4,43 Arachides 16,11 17,42 18,75 20,90 19,22 20,00 21,40 24,51 18,07 18,09 Amandes de palmistel J,5d ),56 o,56 0,58 0,58 0,58 0,5d 0,58 0,58 0,58 Coton - - - - - - 0,01 0,C4 0,15 0,32 Fanes d'arachides3/ 2.54 2.54 2.54 2,54 2,35 _2U 2,54 2,54 _2.g 2,54 TOTAL 31,53 33,36 34,6 37,41 36,63 38,58 10,82 43,18 40,74 39,27 Elevage Bovins 1,30 1,45 1,61 1,80 1,53 1,57 1,78 1,94 1,98 2,00 Autres a.aux 1,61 1,70 1,95 1,97 2,18 2,38 2,64 2,99 3,36 3,21 Viandes-m 2,1) 2,3 1,94 1,95 1,96 2,17 2,43 2,71 2,83 2,U6 Cuirs et peauxJ2 0,10 o,1,4 J,36 0,16 0,15 0,15 0,14 0,15 0,15 0,16 Lait et oeufs 2.72 2,73 2.73 2.73 2L61 276 ,l 3. 0 TOTAL 7,43 8,40 d,3d d,61 8,43 9,03 10,10 11,19 11,59 11,7k P':hes 2,54 3,17 3,90 3,89 3,84 3,95 14,97 4,d4 5,<0 6,64 Sylviculture 1,60 1,50 1,34 1,149 1,48 1,34 1,49 1,1 1,6& 1,71 Production totale 43,50 46,43 48,08 51,40 J,O1 52,90 57,3d 60,70 55,96 59,40 Facteurs de production 2,73 3,09 3,44 3,86 3,65 14 4,52 5,04 k,51 4,81 Valeur ajoute totale 40,77 43,34 44,64 47,54 46,73 48,76 52,86 55,66 5k,47 54,59 1/ ' omoris la production d'huile et de vin de pale (VA sei -ent) 2/ VA uniquement, nette des investissements en animaux. 3/ Y compris un petit montant (120 millions FCFA) alerent à la production diverse. Source : Comptes Economiques, 1999-1962. Situation Economique, 196d. Ministère de l'Agriculture. Tableau: 7 OWIT INTERIEUR BMIT AUX FII ODÉSTAUS DE 1959. 1959 - 1968 (Milliards de francs CFA) 1959 1960 196 1962 1963 16 1965 1966 1967 1960 Agriulture 29,10 30,57 31,36 33,94 33,33 34,55 36,72 30,6h 36,6h 3u,o) Qevage 7,53 3,60 d,40 d,22 d,dO d,62 9,Dd 10,69 11,1d 11,32 ?ehe 2,,h 3,17 3,90 3,69 3,84 3,95 3,79 h,51 5,25 5,ý SYIvioulture 1,10 1,50 _k_ 1,49 1,46 1,34 1,49 1,69 1,61 1,76 'ITAL: 4J,77 h3,3h 44,64 h7,3h 46,73 h8,76 51,68 55,33 5b,63 52,27 Services 1,74 1,9d 2,17 2,3d 2,49 2,dl 2,96 3,23 3,50 3,72 Indu"tries extractives 0,1h 0,23 0,43 0,49 0,46 ),59 ,,74 '),d3 0,9h ),92 Incoustrie alimentaire 6,07 d,30 8,90 9,04 9,38 9,89 9,76 L,22 9,66 1,6) Textiles et cuirs 1,h0 1,71 2,03 1,d9 2,20 2,50 2,76 3,1d 3,57 "'1 Fabricp-ion ei-er: e423 h,58 4,G 5,23 J,4d 5,79 b,33 _,L 7,13 ,17 15,o) 1D,77 16,33 19,03 20,09 21,5d 22,55 24,26 24,o o o, 2 Artis anat textile 2,73 9,74 9,73 J,73 0,73 J,73 3,72 J,72 0,72 ý,71 orrtruction o,Th 5,5d 5,25 5,36 b,22 4,3d 4,32 4,4o 4,6o h,? TransDorts 7,56 7,57 7,61 7,67 7,92 d,93 '7 9,%3 1J,) 1 1 ,45 Comerce 20,12 21,27 23,67 25,45 27,99 26,6 29,70 3:,32 29,3h ýæ,26 Autresi Services 12,,2 11,97 11,99 11,73 11,B7 -1,46 11,26 11,ou 11,67 d?,od Administration publigue 29, 29d 30 30,7 30,6 30,60 26,90 26,9 27,5 12 PIB au cout aes :acteurs 132,34 137,k4 142,22 148,21 150,15 154,92 35,77 16 1 Ipots inairectsj/ 21.69 20,56 22,91 23,89 23,62 23,dd 23,1d 22,7' 23,16 23, :i PIB au prix du mrche 15L,03 157,60 165,13 172,10 173,77 176,d) 173,95 1j6,1 d6, i 1/ Jiminu conionné5nent 'a l'augmentation des prix du PIB total au cout des facteurs. SOURCE : Comptes nationaux du Sengal revises par la misson. DONNEES SUR LA COMPTABILITE NATIONALE PAR HABITANT (Francs CFA) Chiffres provisoires PIB aux prix courants 1959 1960 1961 1962 1963 1964 1965 1966 1967 1968 1969 Au coût deu facteurs h3.530 hh.260 45.520 h6.4lO h7.250 h8.2h0 h8.7h0 50.320 48.2h0 50.130 ha.560 Aux prix du marché 50.670 ý2.9>, L 2.d30 sh.Oho Ch.670 55.660 55.990 57.310 56.220 56.930 55.230 Taux de croissance: Annuel - 0,51 3,8% 2,3% 1,2% 1,8% 0,6% 2,h -0,9% 1,3% -3,0% Moyenne triennale - - 2,2% 2,h% 1,8% 1,2% 1,6% 0,7% 0,9% -0,9% - Moyenne à long terme/ +-l,91 p.a. / / -0,15% +1,4Y_ p.a. +1,1% p.a. PIB aux prix constants (prix de 1959) Au coût des facteurs 43.530 44.060 hh.8ho 4.870 h5.h7o 46.olo 45.36o h6.620 45.550 h6.h20 45.170 Aux prix du marché 50.670 50.670 52.060 52.250 52.630 53.l00 52.110 53.100 52.010 52.720 51.130 Taux de croissance: Annuel - 0,0% 2,7% 0,h% 0,7% 0,9% -1,9% 1,9% -2,1% 1,h% -3,0% Moyenne triennale - - 1,0% 1,3% 0,7% -0,1% 0,2% -0,7% 0,h% -1,2% - Moyenne à long terme / 0,91 p.a./ / -0,8% +0,4% p.a.21 +0,14q p.a.i/ Population (au 30 juin en milliers d'habitants) 3.Oh0 3.110 3.172 3.236 3.302 3.367 3.h3h 3.507 3.587 3.667 3.748 Taux moyen de croissance annuelle de la régression linéaire. Tableau: 9 DEPENSE IMPUTEE AU PRODUIT INTERIEUR BRUT 1961-1968 (Milliards de francs CFA) 1961 1962 1963 1964 1965 1966 1967 1968 Dépenses globales Consommationi/ 147,9 155,6 163,9 171,0 173,8 178,5 178,5 184,1 Formation brute de capital fixe 15,5 17,1 19,5 21,1 21,9 20,5 25,1 27,8 Balance commerciale et des services non-factoriels +4,2 +2,2 -2,9 -4,7 -3,4 +2,0 -1,9 -3,1 PIB aux prix du marché 167,6 174,9 180,5 187,4 192,3 201,0 201,7 208,8 Consommation Consommation publique2/ 28,2 29,9 32,5 34,4 35,8 37,5 39,1 40,7 Consommation privée: monétaire 3104,5 108,7 112,8 117,3 118,1 121,1 118,8 123,3 ct aastano-j 15,2 17,0 18 6 19,3 19,9 19,9 20,6 20,1 Consommation totale 147 ,9 171,0 173,8 7,5 1-7,5 18,1 En % du PIB Consommation publiquel/ 16,8 17,1 18,0 18,4 18,6 18,7 19,4 19,5 Consommation privée 71,4 71,9 72,8 72,9 71,8 70,1 69,1 68,7 Consommation privée par habitant (en francs CFA) 37.700 38.800 39.800 40.600 40.190 40.200 38.900 39.100 Formation brute de capital fixe Formation de capital publicW/ 8,5 9,4 8,8 8,8 9,9 8,0 9,1 9,4 Formation de capital privé 7,0 7,7 10,7 12,3 12,0 l2, 18,4 Total 15,5 17,1 19,5 21,1 21,9 20,5 25,1 27,8 En % du PIB (au prix du marché) Formation de capital public 5,1 5,4 4,9 4,7 5,1 4,0 4,5 4,5 Formation de capital privé 4,2 hh 5,96,6 6,2 6 2 7,9 8,8 Total 9,3 9,8 10,8 111,3 11,3 10,2 12,4 13,3 1/ Y compris les variations de stocks. 2/ Gouvernement central, municipalités (y compris l'assistance technique). 3/ Produits agricoles uniquement. Tableau: 10 PRODUIT NATIONAL BRUT/EPARGNE INTERIEURE ET NATIONALE (Milliards de francs CFA) Pr,'liminaire 1959 1960 1961 1962 1963 1964 1965 1966 1967 1968 1969 PIB aiprix du marché 154,0 158,3 167,6 174,9 180,5 187,4 192,3 201,0 201,7 208,8 207,0 Paiements nets de facteurs à l'étranger 2,9 3,0 3,2 3,3 3,3 3,4 3,7 4,0 4,1 4,3 4,5 Produit national brut 151,1 155,3 164,4 171,6 177,2 184,0 188,6 197,0 197,6 204,5 202,5 Taux de croissance - Annuel - 2,8% 5,3% 4,4% 3,3 3,8% 2,5% 4,4% 0,3% 3,5% 1,0% Moyenne triennale ,- ,3% 4,5% 3,8% 3,2% 3,6% 2,4% 2,7% 0,3% - Moyenne à long tenne 4,0% 1,9% 3,>4' D.a. 1 3, 1% p.a. Epa rgne Epargne brute intérieure Publique 7,h 2,3 6,5 3,4 5,0 4,6 3,8 2,6 Privée 123 17,0 01 10 135 7, 194 21 TOTAL 19,7 19,3 16,6 16,4 18,5 22,5 23,2 24,7 Paiements nets de facteurs à l'étranger 3,2 3,3 3, 3z4 3,7 -4,0 4,1 4,3 4,_ Epargne nationale brute 16,5 16,0 13,3 13,0 14,8 18,5 19,1 20,h Epargne nationale en % du PIB 10,0% 9,3% 7,5% 7,1% 7,8% 9,h% 9,7% 10,1% i/ Taux de croissance annuel moyen de la régression linéaire. Tableau 11 EPARGNE ET INVESTISSEMENTS (Milliards de francs CFA) 1961 1962 1963 1964 1965 1966 1967 1968 Globaux Epargne nationale brute 16,5 16,6 13,3 13,0 14,8 18,5 19,1 20,4 Formation brute de capital fixe 1 17,1 19,5 21,1 21,9 20,5 2 1 27,8 Déficit de l'épargne (- = excédent) -1,0 1,1 ¯l 7,1 2,0 6,0 7~T En % de la formation brute de capital fixe -6,5% 6,4% 31,8% 38,4% 32,4% 9,8% 23,9% 26,6% Financement du déficit de l'épargne Entrée nette de capitaux publics 2,5 4,7 3,9 h,h 4,o 4,0 4,1 4,1 Prêts au secteur privé 0,2 0,9 Variation des avoirs étrangers 5,0 1,9 2,5 -2,3 2,1 5,1 Capital net privé, transferts, erreurs, omissions -3,5 -3,6 -2,7 1 8 0,6 0,1 -1,1 -1,8 Total (- = sorties) -1,0 1 ¯6,2 7,1 2,0 ¯60 ¯7, Secteur publicL/ Epargne nationale brute 5,5 5,8 4,9 4,6 5,2 4,8 3,9 2,2 Formation brute de capital fixe 8,5 9h 8 8 8,8 9,9 8,0 9,1 9 4 Déficit de l'épargne 3.0 3, 3, ¯ T,7 ¯.2 -5,2 7 En % de la formation brute de capital fixe 35,3% 38,3% 44,3% 47,7% 47,5% 40,0% 57,1% 76,6% Secteur privé Epargne nationale brute 11,0 10,2 8,4 8,4 9,6 13,7 15,2 18,2 Formation brute de capital fixe 7,0 7,7 10,7 12,3 12 0 12, 16 0 18 4 Déficit de l'épargne ¯773 ¯ 2,3 3,9 -*, I7O T1 En % de la formation brute de capital fixe -57% -32% 21,5% 31,7% 20,0% -10% 1,1% Epargne nationale brute privée en % du PIB 6,7% 5,9% 4,7% 4,6% 5,1% 6,9% 7,7% 8,9% 1/ y compris les entreprises publiques. non compris les entreprises publiques. Tableau 12 FORMATION BRUTE DE CAPITAL 1959-1968 (milliards de francs CFA) 1959 1960 1961 1962 1963 196 1966 1967 1963 Secteur privé l/ 757 7,88 6.99 7,70 10973 12,25 12902 12.50 15,97 18,h0 Agriculture 0 09 0,20 0,37 0,23 0,53 0,36 0,23 ,50E Energie et mines 2/ 3,15 3,23 1,73 1,05 3,17 2,56 2,99 3,5h Industries alimentaires 0 36 0,54 0,15 1,12 1,47 1,30 1,22 1,05 Textiles et cuirs 0,22 0,10 0,10 0,h1 0,29 0,34 0,39. 0,55 Autres industries O,09 0,26 0,22 0,31 0,79 1,09 0,92 h,94 / Construction 0,74 0,67 0,72 0,84 0,97 0,67 0,94 0,78 Transports 1,17 1,17 1,83 1,67 2,01 3,43 3,78 3,06 Services 0,53 0,58 0,53 0,53 0,45 1,40 0,40 0,h5E Commerce 1,17 1,13 1,24 0,994 1,00 1,10 1,10 1,10E Sectemr-public 5,80 472 %55 9,39 3,77 883 9593 5900 9,10 90 Administration sénégalaise 3,54 2,49 6,93 8,31 6,81 8,41 9,67 7,64 8,85 9,15 Administration française 2,26 2,23 1,62 1,08 1,96 0.,42 0,26 0,36 0,25 0,25 Formation brute de capital fixe 13,37 12,60 15,54 17,09 21,03 21,5 20,0 2 7 27,80 Variations de stocks -0,02 n.d. n.d. 1,072/ -0,70 +0,42 -0,02 n.d. n.d. n.d. Investissement intérieur brut 1 n.d. n.d. n.d. 18,80 21,50 2 n.d. n.d. n.d. 1/ Y compris les entreprises dans lesquelles l'Etat a une participation minoritaire. 2/ Non compris les dépenses afférentes à la recherche pétrolière en 1959 et 1960. Non compris les stocks agricoles. Augmentation due à la construction de l'usine d'engrais. Tableau: 13 BALANCE DES PAIEMENTS 1964-1968 (Milliards de francs CFA) 1964 1965 1966 1967 1968 Exportations 36,3 37,1 41,7 39,1 42,4 Importations L7 450 44 3 46 8 1,2 Balance commerciale (-)f,2 (-)7, (- ) -T , (-) ,'d Transports (nets) 2,6 3,1 3,2 4,4 h,h Voyages (ne ts) - 5,1 - 3,0 - 3,0 - 3,0 - 3,0 Ambassades du Sénégal - 0,5 - 0,5 - 0,5 - 0,5 - 0,6 Dépenses locales au titre du personnel civil et militaire à l'étranger 4 9 h 9 4 9 4,9 Balance des services (+) (+ (+)T, (+) , (+) ý,7 Intérêt de la dette publique - 0,1 - 0,2 - 0,3 - 0,3 - 0,3 Autres recettes au titre des facte - 3 4 -- 3 7 - 3 8 - 4,0 Paiements de facteurs à l'étrangerS(- (-)3, (-)-4,r (-),-)773 CMPTE CTURANT () 8,2 (-) 7,1 (-) 2,0 (-) 6,0 (-) 7,h Transferts privés nets à l'étranger" - 6,4 - 6,4 - 6,4 - 6,4 - 6,4 Pensions provenant de France 1,5 1,5 1,5 1,5 1,5 Envois de fonqs par travailleurs sénégalais3/ 0,5 0,5 0,5 0,5 0,5 Transferts publics (y compris par l'assistance technique) 5,h 6,6 8,0 7,5 7,7 coûts locaux - 10 1 0 -1 0 -1 0 -110 Transferts totaux 0,0 - -- 2,3 Subventions au secteur public h,0 3,9 3,6 4,0 2,7 Prêts au secteur public 1,0 0,6 1,0 0,7 2,1 (-) remboursements - 0,6 - 0,$ - 0,6 - 0,6 - 0,7 Prêts au secteur privé - - 0,2 0,9 - Capital total non-monétaire T77 4,0 4,~,0 7,1 TRANSFERTS ET OPERATIONS EN CAPITAL, Total (net) h,h 5,2 6,8 7,1 6,h ERREURS & OMISSIONS (+) 1,9 - 0,6 - 2,5 - 3,2 - 4,1 VARIATIONS DES AVOIRS EXTERIEURS = accroissement) 1 9 2 - 2 2,1 SOLDE DES AJUSTEMENTS (+M (+, (+, (+( 7, 1/ Bénéfices distribués par les entreprises industrielles plus 7% de bénéfices distribués par unité dans le secteur des services selon les comptes nationaux de 1961-1965. 2/ Transferts des non-africains au Sénégal (47.000), dans l'hypothèse d'une propension à l'épargne similaire à celle de la population européenne de la Côte d'Ivoire (30.000) dont les transferts à l'étranger s'élèvent, selon les estimations officielles de la B des P, à un peu plus de h milliards de francs CFA. 3/ Total des envois de fonds en supposant qu'il y ait 3.000 travailleurs sénégalais en France et que chacun transfère 150.000 francs CFA par an. Source: Estimations de la mission basées en partie sur la Balance des Paiements provisoire établie en 1968 par la mission de consultants du FMI envoyée au Sénégal. Tableau: 14 COMMERCE EXTEIEUR (AJUSTE) 1964-1968 (Milliards de francs CFA) 1964 1965 1966 1967 1968 Impoetations Exportations ImpSrtations Exportations Importations Expotations Impoetations Exportations Importations Exportations Statistiques douanières 42,4 30,2 39,6 31,7 38,3 36,8 38,9 33,9 44,5 37,4 Ajustement au titre de produits pétroliers Lt -0,6 -0,7 +0,8 +1,7 +0,9 Commerce non-estré: La Maritanie-i 3,0 3,5 3,0 3,5 2,0 3,0 2,0 2,5 2,0 2,5 Las autmp pays de l'UDOEA-/ 0,5 2,6 0,5 1,9 inel. 1,9 inci. 2,0 inal. 1,8 La GambieV 2,2 - 2,6 - 2,8 - 3,8 0,7 3,8 0,7 Non classé - - - - 0,4 - 0,4 - - - 47,5 36,3 45,0 37,1 44,3 41,7 46,8 39,1 51,2 42,4 Balance canmerciale (-) 11,2 (-) 7,9 (-) 2,6 (-) 7,7 (-) 8,8 lf Correction faite sur la base de la valeur des imp<rtations réelles déclarées par la Société de Raffinage de Pétrole (S.A.R.) à la Direction des Mines du Sénégal. Sur la base des rapports de la BIRD en date du 29 février 1965 et du rapport du FMI daté du 16 avril 1969. Les chiffres correspondant à 1965 et 1966 proviennent du comnerce sénégalais enregistré avec les pays de l'UDOEA ainsi que des statistiques nationales de ces pays. Voir Renvoi 2/. Source : B.C.E.A.O. "Notes d'information et statistiques" Nos 93 et 147. Ministère du Plan et de l'Industrie: "Le commerce extérieur du Sénégal". Tableau: 15 IMPORTATIONS PAR PRINCIPAUX PRODUITS ET GROUP!S DE PRODUITS (Millions de francs CFA) 1964 1965 1966 1967 1968 ALIMENTATION, BOISSONS ET TABACS 15.772 14.795 14.168 14.501 16.248 Produits laitiers 1.138 1.119 1.265 1.199 1.396 Fruits et légumes frais 1.165 2.115 2.216 2.026 2.124 Thé 758 576 517 444 387 Blé 1.210 1.308 1.608 1.381 1.385 Riz 4.920 h.476 4.331 5.512 7.048 Mil et sorgho 333 352 60 52 61 Sucre 3.485 2.977 2.318 2.072 1.895 Fruits et légumes en conserve 725 820 844 749 .717 Boissons 677 596 507 486 534 Autres produits 1.361 456 502 580 701 ENERGIE (Produits pétroliers) 1.968 2.534 1.014 281 1.371 PRODUITS BRUTS D'ORIGINE: 811 1.779 2.142 2.261 2.250 animale ou végétale 731 1.689 2.033 2.17h 2.139 minérale (y compris l'or industriel) 80 90 109 87 111 DEMI-PRODUITS 4.292 4.703 5.198 5.807 Bois 266 251 302 341 416 Métaux 1.389 1.419 945 1.123 1.605 Tissus non imprimés 2.685 2.245 2.316 2.193 1.622 Autres produits 1.019- 377 1.140 1.541 2.164 BIENS D'EQUIPEMENT 5.649 4.768 4.837 5.658 6.732 Machines et appareils 2.646 1.820 2.015 2.326 2.863 Véhicules routiers 1.373 1.108 1.538 1.500 1.755 Autre matériel de transport 517 654 475 800 782 Autres biens 2.112 1.186 809 1.032 1.332 PRODUITS FINIS DESTINES A LA CONSOMMATION 12.835 -1415 11.449 11.005 12.121 Textiles h.h72 3.755 3.879 3.598 4.777 Pierres, céramiques et verrerie 689 665 463 444 544 Appareils électriques 1.424 1.423 1.197 1.529 1.734 Produits chimiques ( y compris les produits pharmaceutiques ) 2.213 2.12h 2.439 2.670 2.172 Autres produits ( y compris les métaux fabriqués ) 4.037 3.448 3.471 2.764 2.89h TOTAL GLOBAL 42.394 39.583 38.313 38.904 44.529 Source : Ministère du Plan et de l'Industrie: "Commerce extérieur du Sénégal"; Bulletin Statistique et Economique Mensuel. Tableau 16 VOLUME DES IMPORTATIONS PAR GROUPE DE PRODUITS (milliers de tonnes) 1964 1965 1966 1967 1968 ,Limentation, boissons, tabacs 429 421 4320 Fruits et légumes, frais 36 53 56 49 163 hz 184 179 159 153 185 Sucre 68 66 65 61 55 Produits P6troliers 1/ 326 44o 175 12 263 Produits bruts 25 2 50 63 6 Dri-produits 111 95 99 122 111 iens d'équipement 19 16 24 16 23 Voitures privées (chiffre) 3.232 2.366 2.801 2.689 3.500 Produits finis destinés à la consom- ma__ion 35 25 29 h0 290 Total global 945 1.02h 781 625 1.000 / Chiffres non corrigés. Source: Bulletin Statistique et Economique Mensuel. l'ableau: 17 EÀPORTATIOlf PAPRINCIPAUX PRODUITS ET GROUPES D- PRODUITS (millions de francs CFA) 1964 1965 1966 1967 1968 Arachides decortiquees 9.105 9.217 12.d94 7.773 8.227 Huile brute dt-arachide 9.379 10.72d 10.819 11.943 11.169 Huile raffinée d'arachide 2.660 2.415 2.3dh 2.464 2.118 Tourteaux d'arachides 2.397 2.553 2.503 4.137 5.400 TOTAL ARACHIDES TRANSFORMEES 23.341 24.913 2d.600 26.317 26.914 Conserve de poisson 1.129 1. U3 1.303 1.501 1.559 Phosphate de calcium 2.150 2.373 2.266 2.396 2.424 Phosphate d'aluminium 218 296 2d6 176 151 Gomme arabique dd 185 75 302 363 Cuirs et peaux 197 184 238 183 159 Farine de froment 643 690 643 330 581 Sons 248 232 270 156 150 Tissus et couvertures de coton 2 77 89 37 664 Sacs en jute 69 24 99 23 125 Chaussures 219 71 230 161 325 Recipients en metal 112 186 284 183 180 Engrais 112 21 138 104 131 Autres produits 1,517 1,347 2.223 2.021 3.642 TOTAL PRODUITS (ARACHIDES ULCLUES) 6.702 6.799 d.164 7.573 10.455 TOTAL GLOBAL 30.243 31.712 36.764 33.890 37.369 % Arachides transformées 77,8 7d,6 77,8 77,7 72,0 % Autres produits 22,2 21,4 22,2 22,3 28,0 100 % 100 % 100 % 100 % 100 % Source: Ministere du Plan et de l'Industrie, "Comnerce !cterieur du Senegal": Bulletin Statistique et £coromiaue Mensue±. Tableau 18 VOLUME DES EXPORTATIONS PAR PRODUITS (milliers de tonnes) 1964 1965 1966 1967 1963 A-ahides et dérivés .sachides d7cortiquées 21h 217 298 180 243 ::ile brute d'arachides 103 118 123 137 167 " ile raffinée d'arachides 26 24 24 25 31 Trteaux d'arachides 13h 196 191 229 2_9 Total 527 555 636 571 690 cnserve de poisson 5 6 6 7 7 Phosphate de calcium 633 767 715 709 755 Phosphate d'aliminium 33 100 96 76 55 Gomme arabique 1 2 1 3 h Cuirs et peaux 1 1 1 1 1 Farine de froment 13 20 18 9 16 Sons 26 20 2h 14 15 Tissus et couvertures de coton - 0,1 0,1 0,1 0,7 Sacs en jute 0,7 0,3 0,3 0,1 1,0 Chaussures 0,5 0,1 0,3 0,2 1,6 Récipients en métal 0,6 0,9 1,7 1,2 1,1 Engrais 23 h 22 18 26 Autres produits 40 23 76 Total global 1.36h 1.499 1. 1 8 1.6_9 Soarze: Bulletin Statistique et Economique Mensuel. Tableau: 19 COMMERCE EXTERIUJR PAR ZONES MDNEAIRES a GROUPES DE PROJUITS (Millions de francs CFA) IMPORTATIOE EXPRTATIOIE 1964 1965 196ô 1967 196d 1964 1965 1966 1967 1960 ZONE FRANC 30.437 29.334 25.547 25.356 27.402 25.394 26.937 29.271 28.593 28.738 Alimentation, boissons et tabacs 10.923 9.460 d.358 8.316 8.120 3.399 3.828 4.426 5.712 5.861 Energie (produits pétroliers) 1.159 2.414 895 190 1.230 i i 7 9 5 Produits bruts 1.556 1.361 1.569 1.748 1.81 20.885 22.378 23.175 21.567 19.754 Demi-Produits , 4.071 3.986 3.366 3.590 3.754 498 88 477 300 584 Produits finis destines a: 13.728 11.773 11.359 11.512 12.457 611 642 1.186 1.005 2.534 1 équipeme nt 3.9 9 3.M3 3.535 3.710 37 22 77 693 =35 906 la consommation 9. 33 8.330 7.324 7.732 8.708 329 265 493 470 1.628 C.E.E. (a l'exception de la France) 4.851 4.91d 5.491 5.405 6.672 1.229 1.592 2.861 1.231 3.493 Alimentation, boissons et tabacs 1.060 1.470 1.537 1.501 1.915 213 164 101 104 717 Energie 202 6 7 21 36 - - - - - Produits bruts 124 168 295 272 142 943 1.382 2.669 1.075 2.700 Demi-Produits 684 836 d97 1.036 1.390 53 15 71 33 30 Produits fiqis destines a: 2."81 2.43d 2.755 2.575 3.189 2u 31 20 19 46 1' equipement 76 596 _717 ~~W' ~~. 7i~Z~ lg 29 17 --To 2 la consommation 1.817 1.642 2.140 1.923 2.048 4 2 4 9 4 AUTRES ZONES MDNETAIRES 7.106 5.631 7.275 8.143 10.455 3.620 3.163 4.632 4.066 5.127 Alimentation, boissons et tabacs 3.789 3.645 4.273 4.664 6.213 1.240 1.078 916 848 2.233 Rnergie 607 114 112 70 105 9 4 55 3 1 Produits bruts 131 230 278 241 267 2.018 1.921 3.354 2.907 2.468 Demi-Produits 404 524 440 572 663 27 19 U6 27 42 Produits finis destines a: 2.17 1.972 2.172 2.6 20 326 161 263 281 384 l'équipement 9 7 729 1.2 231 11 91 209 la consommation 1.1dô 1.243 1.485 1.380 1.365 95 47 165 190 175 TOUTES ZONES, TOTAL 42.394 39.583 38.313 3d.904 46.529 30.243 31.712 36.764 33.890 37.358 Alimentations, boissons et tabacs 15.772 14.795 14.168 14.501 16.248 4.852 5.070 5.443 6.664 8.811 ýnergie (produits pètroliers) 1.968 2.534 1.014 281 1.371 10 5 62 12 6 Produits bruts 1.811 1.779 2.142 2.261 2.250 23.846 25.681 29.198 25.549 24.922 Demi-Produits 5.359 4.292 4.703 5.19d 5.807 578 122 592 360 656 Produits finis destines à: 16.464 16.13 16.286 16.663 18.653 957 834 1.469 1.305 2.963 l'equipement 5.679 7.76U -.3-7 5._65 6.732 Y29 520 d0? ¯63 la consommation 12.835 11.415 11.449 11.005 12.121 428 314 662 669 1.806 Source : Ministere du Plan et de l'Industrie: "Comnerce Exterieur du Seregal"; "Bulletin Statistique et Economiqun Mrnsuel". Tableau: 20 COMMERCE MERIUJR PAR ZONES MONETAIRiS Z1 PRINCIPAUX PAYS (Millions de francs CFA) IMPORTATIOIL EMORTATIONS 1964 1965 1966 1967 1968 1964 1965 1966 1967 1968 ZONE FRANC 30.437 29.034 25.547 25.356 27.02 25.394 26.937 29.271 28.593 28.738 France 23.881 21.564 2D.279 18.654 19.663 24.041 25.589 27.133 27.101 24.769 Algérie 777 993 562 190 539 134 20 32 10 1 Pays d'Afrique àquatoriale 338 341 160 37 639 474 215 U43 306 310 Pays D'Afrique Occidentale 1.125 1.543 1.869 2.259 2.721 28 31 892 646 2.764 Madagascar 753 618 688 1.352 1.117 386 592 539 312 710 Maroc 687 572 430 396 371 30 21 117 3 97 Cambodge 2.704 2.3D7 1.467 2.431 2.286 - - - - - Autres pays 172 96 92 37 66 301 119 115 215 187 C.E.E. (à l'exception de la Frarre) 4.851 4.91d 5.491 6.672 1.229 1.592 2.861 1.231 ._423 Allemagne (Rep. Fiderale) 1.983 1.805 2.122 2.128 2.801 774 869 830 606 1.002 Benalux 535 78d 851 648 1.009 31 91 319 53 39 Hollande 1.056 1.080 1.246 1.325 1.392 365 166 259 263 1.600 Italie 1.277 1.245 1.272 1.304 1.470 58 466 1.453 309 502 AUTRES ZOIES ET PAS DNIETAIRES 7106 5.631 7-275 10.455 3620 3.183 4.632 5.127 Etats-UrnLa 2.217 1.665 1.787 1.202 1.620 399 68 46 41 130 Grarxie Bretagre 576 535 370 434 462 626 U47 399 543 696 Bréai1 6 187 372 824 3.111 6 1 0 2 1 Chine Continentale 808 739 1.761 3.226 1.409 O O O 0 O Danemmr 87 92 83 72 81 461 278 216 109 1.264 Gamie 3 1 34 34 36 12 20 45 31 37 Hong-Korg 175 133 138 202 174 o o o 0 1 Japon 78 67 172 141 110 466 588 463 605 569 PCrtugal O O O O O O 266 1.410 691 99 Suède 109 104 111 94 129 161 213 39 213 344 Suisse 130 229 196 258 348 16 1 80 10 10 Vénezuela 360 48 59 431 41 n 0 o o o Autres pays 1.377 1.831 2.192 1.225 2.904 1.473 1.3Dl 1.934 1.821 2.176 M0TAL GOIDBAL 42.394 39.5d3 3d.313 3d.904 44.529 30.243 31.712 36.7& 33.890 37.358 SOURCE : Ministère du Plan et de l'Industrie: "Comuerce Prterieur du Se'rgal"; "Bulletin Statistique et Sconomique Mensuel". Tableau: 21 PROGRAMMES ANNUEIS D'IMPORTATIONS ET VENTILATION DE LEUR UTILISATION 1966-1969 (millions de F CFA) 1966 1967 1968 1969 Programme Licences Programe Licences Programme Idences Programme corenu convenu accardées convenu accoedées convenu accordées TOTAL C.E.E. 5.435 2.385 7.245 3.530 dont: Produits laitiers 510 475 815 385 Céréales autres que le blé 995 20 1.190 565 (Les importations provenant de la C.E.E. sont Sucre 550 370 885 420 libérées depuis le 31 mars 1966) Textiles imprimées 440 285 770 330 Articles de ménage et matériel de bureau 2d0 100 345 165 Machines et appareils 910 345 1.135 535 Véhicules 444 195 705 330 AUTRES PAYS* total 8.170 5.725 8.570 7.541 9.625 9.357 10.790 Céréales autres que le blé 2.7140 1.865 3.395 3.000 3.395 4.400 4.400 Produits pétroliers 350 115 350 157 350 200 250 Tertiles imprimés 345 250 350 150 350 55 150 Textiles non imprimes 4U5 430 180 492 775 555 750 Articles de ménage et matériel de bureau 320 245 320 240 380 245 250 Machines et appareils 725 455 800 520 800 585 800 Véhicules 415 220 415 245 415 270 580 RESERVES SUR CONTINGENT 200 90 200 387 240 575 810 T 0 T A L 13.605 8.110 15.815 11.071 9.625 9.357 10.790 (total importations réelles année précédente) (39.583) (38.313) (38.9014) (4.529) Source : Chiffres émanant des autorités sénégalaises, Ministère du Commerce. Tableau: 22 T3EDANC: DiS ACCORS COMERCIAUX BILATERAUX DU SEGAL (millions de FCFA) 1964 1966 1966 Importations Upartations Solde Importations Exportations Solde Importations Exportations Solde 1 Algerie 777 134 -643 562 32 - $30 539 1 -538 2. Bresil 6 6 0,0 372 0,0 - 372 3.111 1 -3.110 3. Dahomey 0,0 5 5 14 195 181 138 276 138 4. Danemark 87 461 374 d3 216 133 81 1.264 1.183 5. Ghana 0,3 8 7,7 6 28 22 0,2 19 18,8 6. Guine'e 26 99 73 7 34 27 37 53 16 7. Liban 30 24 - 6 18 16 - 2 34 50 16 a. Libéria 0,0 15 15 0,4 46 47,6 0,1 61 69,9 9. Rep. Malgache 753 386 - 367 68d 539 - 119 1.117 710 - 407 10. MaliI/ 109 15 - 9h 141 19 - 122 95 471 376 11. Maroc 6d7 30 -657 430 117 - 313 371 97 - 274 12. Nigeria 27 50 23 21 27 6 2 15 13 13. Pologne 25 13 - 12 34 2 - 32 214 3 - 211 14. Sierra Leor 0,3 27 26,7 1 d5 6h 1 82 81 15. Suède 109 161 52 111 39 - 72 129 3h 215 16. Suisse 130 16 -11h 196 80 - 116 348 10 - 338 17. Togo 3 d7 84 2 101 99 1 90 89 18. Tunisie 129 0,0 - 129 91 1 - 90 54 0,1 - 53,9 19. R.A.U. 412 5 - 407 33 7 - 26 1.024 1 -1.023 20. U.R.S.S. 9 77 68 5d 112 54 50 81 31 21. Yougoslavie 11 1 - 10 9 0,0 - 9 0,0 - 4 TOTAL 3.330,6 1.620,0 -1.710,6 2.877,4 1.698,0 -1.179,4 7.350,3 3.629,1 -3.721,2 l/ L'accord avec la Mali est suspendu de facto depuis le debut de l'annee 1968, ce pays ayant réintroduit la convertibilite' de sa monnaie. Source: Minist'ere du Commerce du Senegal. Tableau: 23 COURANT EFFECTIF DE L'AIDE PUBLIQUE ETRANGERE AU SENEGAL 1964-1968 (Milliards de francs CFA) 156h 195 1966 1967 1968 TRANSFERTS France: Assistance technique générale 2,65 2,70 2,57 Université 1,77 1,92 1,92 Recherche scientifique 0,33 0,36 0,h5 0,h8 0,h9 Appui général à culture française 0,3h 0,36 0,37 Org. régionales ayant leur siège à Dakar 0,87 0,67 0,82 5,19 5,22 6,08 6,33 6.17 C.E.E. (soutien des prix et assistance technique) - 1,05 1,h9 0,29 0,72 AID des Etats-Unis 0,18 0,20 0,23 -,43 0,b3 Allemagne, Rép. féd. 0,06 0,06 0,06 0,21 0,18 Autres - 0,03 0,10 0,20 0,20 5,h3 6,56 7,96 7,h6 7,70 SUBVENTIONS France 1,53 1,21 0,50 0,65 0,58 C.E.E. 1,73 1,90 1,52 1,95 1,1h AID des Etats-Unis 0,20 0,09 0,63 0,62 0,L4 Allemagne, Rép. féd. - 0,30 0,30 o,00 - O.N.U. 0,hl 0,35 0,50 0,50 0,50 Autres 0,08 0,08 0,10 0,11 0,03 3,95 3,93 3,55 h,03 2,69 PRETS France 0,50 0,60 0,95 0,25 1,85 C.E.E. AID des Etats-Unis - Allemagne, Rép. Féd. 0,50 - - - - BIRD - - - 0,11 0,14 IDA - - - 0,30 0,11 1,00 0,60 0,95 0,66 2,10 TOTAL GLOBAL 10,38 11,09 12,h6 12,15 12,49 Source FRANCE - Chiffres fournis par le bureau permanent du FAC au Sénégal; "Notes d'information et statistiques", No 1h9, 153, BCEA0. CEE -"Situation par l'évolution des projets en exécution", FED (publication trimestrielle). AID des Etat-'Jnis - "0perations Report", 1959-1968 AID. ALLEMAGNE, ONU, etc., "Aide Extérieure", rapport du Contrôle Financier du Sénégal. Prêts de tous les pays: "Past Transactions on External Public Debt 1965-1968", Division des Servics dL SUt:stiqu. ASSISTANCE FINANCIERE DE I FRANCE ET DE I CEE, 1959-1968 (million de francs CFA) jusqu'à 1963 inciusivement 1964 1965 1966 1967 1968 1964-1968 Total Global FRANCE (FAC) Agriculture (pêche comprise) 3.143 ( 42%) 1-950 233 804 668 825 4.480 ( 525) 7.623 ( 46%) Industrie(ind. extract. comprises) 576 ( 8%) 737 - 466 155 251 1.609 ( 15) 2.185 ( 14%) Infrastructure 1.258 ( 17%) 130 473 284 - 19 906 ( 11%) 2.164 ( 14) Domaine social 2,154 ( 28%) 452 161 380 216 227 1.436 ( 17%) 3.590 ( 23%) Divers (études compri.es) 382 ( 55) 91 - - - - 91 ( 1%) 473 (3) Engagements annuels 7-513 (100%) 3-360 867 1.934 1.039 1.322 8.522 (1045) 16.035 (100%) Déboursements totaux 3.-347 5.760 9.107 (45%) (68%) ý(57%) FRANCE (CCCE) Agriculture (pêche comprise) 1.305 ( 36%) - 5 125 - 500 630 ( 26) 1.935 ( 31,3%) Industrie (ind. extract. compri.ses) - - 45 - - - 45 ( 2%) 45 ( 0,7%) Infrastructure 427 ( 12%) 400 492 80 - - 972 (39) 1.399 (23% Domaine social 1.864 ( 51%) 422 137 - - - 559 ( 22%) 2.23 ( 40% Assistance non classée (études comprises) 25 ( 15) 159 20 102 - - 281 1) 306 (5%) Engagements annuels 3.621 (100%) 981 699 307 - 500 2.487 (10%) 6.108 (100% Deboursemente totaux 2.701 1.360 4.601 (75%) (55%) (66%) CEE (ler et 2. programes du FED) Agriculture (pêche comprise) 693 ( 8 606 1.215 1.533 2.817 670 6.843 ( 59%) 7.430 ( 37%) Infrastructure 5.034 ( 58 1.550 - 1.362 1-582 - h.494 ( 39) 9-528 ( 47%) Domaine social 2.579 ( 30 - - 61 - - 61 ( 0,0) 2.640 (13%) Asaistance non classée (études comprises) 365 132 - - 3 -1 5 ) Soutien des prix et assistance technique -- 1.551 1.255 375 988 h.619 4.619 Engagements annuels 8.671 2.290 2.766 4.211 h-777 1.658 15·702 24-2'73 Déboursements totaux 3.074 11.790 14.864 () (35%) (755) (61%) Source: FAC - "Evolution sectorielle des crédits affectés par le Comit' Directeur à chaque Etat depuis l'origine au 31/12/68". CCCE - Calcul effectuw par la mission à partir de chiffres sur la Dette ext-rieure fournis par les autorite-s sýn4galaises a la BIRD, Division des Statistiques. EEC - "Situation des projets en exécution", 1er et 2e programmes du FED (publication trimestrielle). Tableau 25 TOTAL DE L'ASSISTANCE FINANCIERE ACCORDEE AU SENEGAL AU COU,>S DE 195)-68 (millions de francs CFA) PROJETS D' IINVESTISSE21ENT ASSISTANCE TOTAL DEBOURSEMENTS (Subven- tions) (Prêts) (Technique) (Culturelle) (Autre) Engagements Total (%) l/ France- 12.390 8.225 473 1.055 - 22.143 13.168 (59%) CEE 19.604 - 500 - 4.169 24.273 14.864 (61%) ONU 3.631 4.000 1.125 n.d. 564 9.320 6.160 (66%) Groupe de la Banque Mondiale - 4.000 - - - 1.160 Autres 3.631 - 1.125 - 564 5.000 AID des Etats-Unis d'Amérique 2.218 1.976 1.250 462 2.836 8.742 5.274 (60%) Allemagne, Rép. Féd. 1.115 3.074 67 340 4 4.600 3.406 (74%) Russie - 1.644 15 - - 1.659 15 (-) Canada - 490 25 113 628 530 (84%) Grande-Bretagne 45 - 8 is - 68) ) hoo (45%) Autres pays 58 325 301 1ho 7 831) TOTAL 39.061 19.244 4.229 2.037 7.693 72.264 43.817 (61%) Les chiffres concernant la France ne représentent qu'une partie de l'assistance totale qu'elle a fournie au Sénégal pendant ces années. Seule l'assistance technique ayant un rapport avec des projets d'investissement, comme c'est souvent le cas des programmes du FAC, a été prise en considération. La France a fourni en outre au Sénégal en moyenne environ 5 milliards de francs CFA par an au titre de différents types de programmes d'assistance. De plus, les prêts accordés par la France au Sénégal avant 1959 ont été exclus de l'assistance totale comprise dans le présent tableau. Source: Chiffres fournis par le Contrôle financier du Sénégal et la Direction de Financenent extérieur, complétés par des renseignements provenant du FAC, de la CCCE, du FED, de l'USAID et de la BIRD. Tablcau 26 ANALYSE DU VOLUME DE CREDIT A COURT TERME 1963-1'6? (Milliards de francs CFA, au 31 décembre) 1963 î}h1965 1966 1967 1963 Agriculture, Elevage, Pêche 0,12 1/ 0,32 0,19 0,20 ,05 1,47 Industrie h,47 h,66 h,h7 h,66 3,92 h,66 Construction et travaux publics 1,33 1,h0 1,25 0,93 0,99 0,90 Transports 0,71 0,73 0,86 0,87 1,06 0,78 Commerce 19,h0 19,35 19,59 15,30 10,29 16,57 Services 0,5h 0,55 0,29 0,19 0,31 0,21 Organisations financières - - 0,27 0,404 TOTAL 26,57 27,01 26,65 22,42 16,96 25,04 Risques inférieurs à 10 millions de francs CFA 2/ n.d. 2,27 1,30 2,05 3,96 1,92 Crédit total du système bancaire n.d. 29,28 27,95 24,47 20,92 26,96 / Non compris les coopératives agricoles 2/ Y compris les ajustements statistiques. Source: BCEAO ThAleau 27 ANALYSE DES CREDIT? A MOYEN T IDNG TERMES 1963-1968 (Milliards de 2'ancs CFA, au 31 décembre) 1963 1)614 19519 6F6 1967 1963 Agriculture, Elevage, Pêche o,57 0,74 0,61 0,13 D,22 0,19 Tndustrie 3,67 4,19 h,35 5,01 4,69 4,22 2onstruction et travaux publi.s 1,66 1,96 2,39 2,20 2,01 2,18 Transports 0,12 0,05 0,04 0,13 0,15 0,14 Commerce 0,14 0,10 0,14 0,79 0,43 0,41 Services 0,15 0,35 0,40 0,63 0,72 0,68 Organisations financières 0,1o 0510 0, 0__4 TOTAL 6,46 7,49 7,93 9,03 3,22 7,82 Risques inférieurs à 10 millions de francs CFA n.d. n-d nad, 1106 1&32 Crédit total provenant du système bancaire n.d. n.d. n.d. 10,09 9,54 7,32 Source: BCEAO Tableau 2 ACTIF çT PASSIF DES BANQUES DE DEPOT 163-196- (Milliards de francs CFA, au 31 decembre) 1963 196h 1965 1966 1967 1963 Réserves 0,56 0,65 0,90 0,52 0,63 1,30 Avoirs sur l'étranger 2,43 2,70 2,23 1,97 1,95 1,45 Créances sur l'Etat 0,903 1,67 2,20 2,20 1,97 1,90 Créances sur le secteur privé 32,73 33,39 33,hl 29,85 26,00 31,63 dont, financées au moyen: des ressources propres 21,26 19,83 19,24 18,06 17,60 n.d. d'un réescompte de la BCEA0 11,36 13,33 14,02 11,79 3,39 12,89 d'un réescompte de banques 'trangères 0,11 0,23 0,15 - 0,01 n.d. Actif - Passif 35,30 33,41 33,79 34,54 30,55 36,28 Dépôts à vue 13,06 11,80 11,99 12,76 13,04 l,48 Dépôts à terme 1,04 0,87 1,04 0,70 0,74 1,28 Dépôts de l'Etat 3,98 6,21 3,11 2,14 1,66 1,65 Engagements à l'égard de l'étranger 4,11 2,90 4,79 5,20 h,h3 h,25 Crédit de la BCEAO 11,36 13,33 14,02 11,79 8,39 12,89 Autres postes (nets) 2,25 3,30 3,34 1,95 2,29 1,73 Source: FMI, BCEAO Tableau 29 ACTIF ET PASSIF DE LA BCEAO 1963-1963 (Milliards de francs CFA, au 31 décembre) 1963 1964 1965 1966 1967 1963 Avoirs sur l'étranger 11,33 9,55 9,37 11,41 9,19 3,95 Créances sur système bancaire- réescomptes 11,34 13,33 14,02 11,63 8,29 12,89 (court terme) (10,16) (11,85) (12,39) (9,37) (6,72) (12,02) (long terme) (1,13) (1,h8) (1,63) (1,76) (1,57) (0,87) Actif - Passif 23,22 22,88' 23,39 23,04 17,48 16,84 Monnaie centrale 15,70 16,60 15,41 13,24 10,93 12,84 Dépôts de l'Etat 8,08 5,1 4 6,36 9,66 5,83 3,62 (monnaie du Trésor) (0,50) (0,57) (0,43) (0,43) (0,45) (n.d.) (compte d'investissement du Trésor) (7,22) (4,00) (2,50) (2,50) (2,50) (n.d.) (dépôts de l'Etat) (0,36) (0,57) (3,93) (6,73) (2,88) (0,72) Engagements à l'égard de l'étranger 0,05 1,14 1,12 0,14 0,75 0,30 Autres postes (nets) -0,61 - - - -0,03 0,07 Source: FMI, BCEAO T:,bleau C SITUATIOM MONETAIRE 1963-196? (Milliards de fran:s CFA, au 31 décembre) 1963 1964 1965 1966 1967 196Î Avoirs nets sur l'étranger 1,14 3,20 5,73 ',03 5,97 O,S3 Crédit intérieur: 23,60 26,25 27,89 22,05 22,56 30,24 Créances sur 1'Etat -10,67 -3,29 -6,65 -3,76 -4,52 -2,40 Créances sur le secteur privé 3h,27 Jh,5h 3h,5h 30,81 27,08 32,64 Monnaie l/ 30,92 30,10 23,98 27,14 25,33 28,38 Quasi monnaie 1,0h 0,37 1,04 0,70 0,7.74 1,28 Autres postes (nets) 1,78 3,48 3,60 2,24 2,h6 1,42 1/ Monnaie (désaisonnalisée) (31,Oh) (30,14) (29,27) (28,17) (28,39) (30,32) Source: FMI Tableau 31 OPERATIONS COURANTES DU GOUVERNEMENT CENTRAL, 1964/65-1968/69 (Milliards de francs CFA) 1964/65 1965/66 1966/67 1967/68 1968/69 1. Recettes ordinaires nettes 35,42 34.23 33.86 3454 34,79 Recettes ordinaires brutes 36,74 35,82 35,38 35,86 36,19 Moins remboursements j/ -1,32 -1,54 -1,52 -1,32 -1,44 Recettes fiscales (brutes) 3h,01 33,76 34,14 34,61 34,20 A. Impôts directs 7,23 3,43 8,29 3,36 8,hh 1. Impôts de capitation (1,09) (1,20) (1,17) (1,21) (1,06) 2. Impôts forfaitaires (1,19) (1,39) (1,51) (1,25) (1,09) 3. Impôts sur le revenu (4,95) (5,8h) (5,61) (5,90) (6,29) B. Impôts indirects 25,68 24,14 24,35 25,23 2h,73 (1. Sur le commerce extérieur) (19,15) (17,52) (18,06) (18,h2) (17,35) (importations) (15,68) (14,31) (15,19) (15,75) (14,77) (exportations) (3,47) (3,21) (2,87) (2,67) (2,58) (2. Sur la production et la consommation intérieures) (6,53) (6,62) (6,79) (6,36) (7,h3) C. Redevances 1,10 1,19 1,00 0,97 0,98 D. Recettes non fiscales 2,73 2,06 1,24 1,25 1,99 II. Dépenses ordinaires nettes 2f 30,96 31,29 31.50 32,58 34,22 (Dépenses ordinaires, brutes) (32,28) (32,83) (33,02) (33,90) (35,62) (Moins remboursements) (1,32) (1,5h) (1,52) (1,32) (1,ho) 1. Dépenses de personnel 2/ 16,29 16,93 18,07 18,65 19,75 2. Autres dépenses 8,71 8,59 8,38 8,52 8,88 3. Intérêts o/ 0,59 0,58 0,20 0,39 0,47 h. Dépenses diverses 1,03 1,05 0,84 1,24 1,5h 5. Transferts et subventions 5/ h,34 h,1h h,01 3,78 3,58 III. Balance des opérations budgétaires +L6 2 6 +0 57 IV. Opérations de régularisation -085 +041 +0,19 -0 21 -0 51 V. Balance totale= épargne brute +3161 +3 40 +2 5 75 +06 1/ Remboursements inclus dans les budgets municipaux et les remboursements à la CCPF, / Dé duction faite des remboursements et de l'amortissement de la dette publique, 3/ Y compris la part du coût de l'assistance technique assumée par le Sénégal. (Estimation). Y compris certaines commissions connexes, d'autres ayant été incluses dans les transferts. / Déduction faite des remboursements aux communes et à la CCPF. Source: Ministère des Finances et Ministère de l'Intérieur ainsi que les estimations de la Mission. Tableau 32 EPARGNE ET INVESTISS!MENTS DE L'ETAT (GOUVERNIENT CENTRAL ET COMMUNES) (Milliards de francs CFA) 1964/65 1965/66 1966/67 1967/68 1968/69 Recettes ordinaires 38 06 3 0 3 11 1 37 64 Imp8ts directs -,9 9, 9,9 9,79 Impôts indirects 26,78 25,33 25,85 26,25 25,76 Autres recettes 2,87 2,19 1,38 1,31 2,09 Dépenses ordinaires 1/ 33 12 3 0 là9à 3à38 37 07 Dépenses de personnel 2/ 17,57 18,12 19,15 19,05 2, Autres biens et services 9,50 10,10 9,65 10,02 10,23 Intérêts 0,59 0,58 0,20 0,39 0,47 Dépenses diverses 1,03 1,05 0,84 1,24 1,5h Transferts / 4,43 4,20 4,10 3,88 3,63 Opérations de régularisation -085 +.0à +019 -0,21 -.051 Epargne brute +à209 +36 +3136 +1 82 +0106 Dépenses consacrées au déve- loppement/ 10 50 5 73 8 78 5 7 88 Formation brute de capital -,,2, Participations - 0,10 0,16 0,02 0,54 Prêts (nets) 0,75 0,53 1,32 -0,40 0,05 Subventions 0,28 0,70 0,78 0,65 0,67 Déficit total financé au moyen: -61 -227 -5h2 -39 -7 82 Des prêts (nets) ) 2,82 0,7 0,20 0 2,29 Aide financière étrangère ) 0,91 2,01 1,72 1,23 Des excédents provenant des fonds de stabilisation des prix - - 4,50 0,97 1,05 Du Trésor 2,74 0,05 -1,78 1,52 3,27 D'autres sources de financement 0,85 0,55 0,49 -0,78 -0,02 l/ Non compris l'amortissement de la dette publique. / Y compris la part de l'assistance technique assumée par le Sénégal, 3/ Déduction faite des transferts intérieurs. / Y compris les investissements financés au moyen de l'assistance étrangère. Source: Ministère des Finances, Ministère de l'Intérieur et estimations de la Mission. Tableau : 33 1/ CLASSIFICATION FONDTIONNALLE DE5 D2PENS3 DU GOUIORNEMENr C,2CTRLi/ (Millions de rars CFA) 1965-66 1966-67 1967 -6B 196d-69 Ordinaires En capital2/ Total Ordinaires En opital2/ Total Ordinaires En capital2/ Total Ordinaires En capita12/ Total A. Servics Generaux 15.509 190 15.699 15.611 490 15.901 16.373 569 16.962 16.747 625 17.372 1. Addnistration Gnerle 5.828 19 5.867 5.d6 251 6.119 6.126 190 6.316 5.919 107 6.026 2. D'eense 3.916 4) 3.916 3.962 32 3.994 4.371 106 6.177 4.648 38 4.486 3. Justice et Police 3.326 27 3.353 3.416 27 3.441 3.663 39 3.702 3.555 172 3.727 4. Depenses co-us 2.639 106 2.543 2.167 10 2.347 2.513 236 2.747 2.825 38 3.133 B. Transports, Logement et Sersiee Sociaux 11.375 2.676 14.051 12.242 3.491 15.733 12.317 2.679 15.196 13.637 3.627 17.0c( 5. Adduction d'eau 129 65 196 126 291 617 128 51 579 105 9 914 n. Transports et Travaux Publics 2.673 977 3.60 ) 2.627 1.216 3.845 ) 2.676 768 3.442 ) 2.766 976 3.73d 7. Log-ent - 735 735 ) - 996 996 ) - 976 974) - 1.071 1.071 D. Fducation 5.291 365 5.656 6.o66 757 6.623 6.088 391 6.679 7.019 267. 7.26 9. Culture et Sports 190 167 357 323 125 6d 335 166 683 331 97 426 1). Sante 3.092 309 3.601 3.100 106 3.206 3.092 167 3.239 3.416 205 3.623 11. Autres dépenses - 58 58 - - - - - - - - - 0. Services eonomiques 2.537 3.379 2.766 1.952 4.696 2.699 1.803 6.502 2.959 1.964 4.923 12. Seoteer ral 1.587 659 2.246 1.762 1.776 3.518 1.738 1.62m 3.358 2.093 1.840 3.933 (agricture) ( ) (478) ( ) ( ) (1.456) ( ) ( ) (1.375) ( ) ( ) (1.580) (wlevage) ( ) (35) ( ) ( ) (154) ( ) ( ) (118) ( ) ( ) (1U6) ( ylculture) ( ) (63) ( ) ( ) ( 95) ( ) ( ) ( 65) ( ) ( ) ( 71) (pêche) ( ) (6) ( ) ( ) ( 37) ( ) ( ) ( 16) ( 3 ( ) ( 3) (autree serices) ( ) (79) ( 3 ( ) ( 35) ( 3 ( 3 ( 42) ( ) ( ) ( 62) 13. fhergie 128 - 12d 126 - 126 128 - 128 105 76 179 16. Irdustrie et Comerce 291 52 363 365 51 396 301 98 399 276 27 303 15. Tourisme et Infon-ation 531 131 662 533 100 633 532 66 598 485 23 16. Telec.o~catior - - - - 25 25 - 19 19 - - - 2. D9pensee Coo.ne2/ 7 4.166 2.63 9631 3.576 2.516 631 2.945 2.281 1.32b 3.601 0 TÅ I 2.815 6.502 37. 317 3.012 6% 39.6.9090 5.682 39553.626 .3 6.5 1/ Y compris les depenses financees a ~yen de la'osiatame etrangere. 2/ Non compris l'amortLsement de la dette publique. 2/ Raoursements, subventiona non comprises ailleurs, et interet sur la dette publique. Soure: "Situation des depenses budgetaires", Ministère des Flmnces. Tableau 3L EPARGNE ET INVESTISSEMENTS PUBLICS - 2EME PLAN QUADRIENNAL (Milliards de francs CFA) 1965-1966 1966-1967 1967-1968 1968-1969 Gouverne- Com- Total Gouverne- com- Total Gouverne- Com- Entre- Total Gouverne- Com- Entre- Total ment munes ment munes ment munes prises ment mulles prises central central central publiques] central publiquesi/ A. érations crn a cett or naines 34,28 2,82 37,10 33,86 3,25 37,11 34.54 2,87 11,26 3h,79 2,85 11,74 b) Dépenses ordinaires avant transferts -30,87 -2,76 -33,63 -31,10 -2,44 33,54 -32,18 -2,80 -10,51 -34,o2 -2,85 -10,66 C) Opérations de régularisation + 0,41 - + 0,hl + 0,19 - + 0,19 - 0,21 - - - 0,51 - - B. Eargne brute avant transferts + 3,82 +0,06 + 3,88 2,95 +0,81 3,76 + 2,15 +0,07 + 0,75 2,97 + 0,26 - + 1,08 1,34 d) Transferts y - 0,42 - 0,h0 - 0,h0 - 0,40 - - 0,20 + 0,20 - (Dépenses ordinaires aprés déduction des transferts) (-31,29) (-2,76) (-34,05) (-31,50) (-2,h) (-33,94) (-32,58) (-2,80) (+10,11) - (-34,22) (-2,85) (-10,46) - C. Epargne brute déduction faite des transferts + 3s4O +0,06 3,6 + 2,55 +0,81 3,36 + 1,75 +0,07 + 1,15 2,97 + 0,06 - + 1,28 13 D. Dépenses consacrées , développement déduction faite des transferts-/ 3,80 0,70 4,50 6 12 0,56 6,68 5,0 0,50 3,53 9,07 6,66 0 50 2 06 9_06 (Dépenses de capital avant transferts) ( 0) ( )(,) , 7,33) (- ) - (Transferts) ( -0,70) ( - ) ( - ) (-0,78) ( - ) (-0,65) (-0,67) ( - ) ( - a) Formation brute de capital fixe 3,70 0,70 h,4o 5,96 0,56 6,52 5,o2 0,50 3,76 9,28 6,12 0,50 1,90 8,52 b) Variations de stocks - - - - - - - - -0,23 -0,23 - - 0,16 0,16 c) Participations 0,10 - 0,10 0,16 - 0,16 0,02 - - 0,02 0,54 - - 0,54 E. Opérations financi'res +0,36 +o,64 3,59 -0 25 3»33 +0, 3 + 2,34 ___ +6,54 +0,50 +0,70 a) Prèts (neta)à/ +0,39 +-037 + ,02 + + 0,13 +0,41 -0.23 +2,39 -0.10 +0,73 (déboursemmte bruts) (+0,64) (+0,39) (+ 0,27) (+0,20) (+ 0,46) (+0,43) ( - ) (+2,95) (+1,02) ( (-) Amortinnent) (-0,25) (-0,02) (- 0,25) (-0,02) (- 0.33) (-0.02) ( -0.23) (-0,56) (-0,10) (-0,27) b) Crédits et avances -0,53 - - 1,32 - + 0,ho - - -0,05 - - c) Aide financière étrangère 5/ +0,91 - + 2,01 - + 1 72 - - +1,23 - - d) Subvention@s/ -0,70 - - 0,78 - - 0,65 - +0 73 -0,67 - +0,66 e) Excédenta du fonds de stabilisation des prix - - + 4,50 - + 0,97 - - +1,05 - - f) Autres opérations au titre des comptes spéciaux (nettes) +0,24 - + 0,94 - - 0,76 - - -0,68 - - g) Dette et portefeuille à court terme - - - - - - +2,31 - - -1,22 h) Avoirs liquides 7/ - +0,13 - +0,03 - +0,12 -0,h1 - +0,26 +0,22 i) Trésor +0,05 +0,14 - 1,78 -0,46 + 1,52 -0,10 -o,06 +3,27 +0,34 +0,29 F. Erreurs et omissions +0.h4 - 0,02 - 0,04 - +0,04 +0,06 - +0,08 1 SODIACA, ONCAD et OCAS non compris. Subventions budgétaires. Y compris les dépenses au titre du fonds routier. I/ Prêts intérieurs et étrangers. FAC, FED et USAID. Subventions compri ses dans le budget d'équipement. Non déposés auprès du Trésor. Tableau 35 TRANSPORTS ROUTIERS I URo7TIER 1 * m1959 1962 1965 16 Routes pavées 700 1.190 1.860 2.160 Routes en latérite 1.200 1.000 1.480 1Q40 Total routes ].900 2.190 3.3h0 h.000 pistes 10.700 11.000 11.000 n.d. Nombre de véhicules à moteur iminatriculés Décembre 31 1953 1960 1962 1964 1966 196 Automobiles 15.77 20.ZO 23.290 26=.00 29.795 35.7 Autobus 1.790 2.030 2.170 2.330 2.390 3.3h Cantoons et canionnettes11.7h0 12.530 13.820 15.110 16.090 16.91n VhIcules spéciaux 460 550 570 6h0 650 630 Tracteurs routiers 00 460 300 360 41o 500 Total 29.960 35.760 40.150 45.290 49.330 57.ho Consommation de certains produits pétroliers (en milliers de m3) 1959 1960 1961 1962 1963 1964 1965 1966 1967 .196e8 Essence / 5,O 7,5 91,2 92,3 95,3 93,7 94,0 94,2 94,2 99,5 Gas-oil 3/ 29,3 29,3 23,7 26,2 28,9 33,9 36,4 36,9 3?,n h6,6 1/ Non compris les voies urbaines. Dont 93% (1959) et 90" (1963) sont estimés avoir été utilisés pour les transports routiers. 3, Dont 35% (1959) et hUA (1967/63) sont estimés avoir été utilisés pour les transports routiers. Source: Comptes Economiques du Sénégal, Année 1959. Situation Economique du Sénégal, 1968. Tableau 36: TRANSPORTS ROUTIERS II Camions ayant une charge utile supérieure à 2 tonnes Au 31 décembre 1964 1966 1968 Charge utile Nombre de Nombre de Nombre de (tonnes) camions Tonnage camions Tonnage camions Tonnage 2-6 (4) 2.510 10.040 2.552 10.210 1.755 7.020 6-9 (7,5) 829 6,200 896 6.720 762 5.710 9-15 (12) 339 4.070 380 4.560 306 3.670 15 tonnes et plus(20) 88 1.760 197 3.940 174 3.480 Total 3.766 22.070 h.025 25.430 2.997 19.880 Indice 100 106,9 79,6 100 115,2 90,1 Prix du transport des arachides par camion (Francs CFA la tonne/km) Entre la coopérative Entre le centre de et le centre de stockage et l'usine stockage (Transport primaire)-' (Transport secondaire Routes pavées 12 8 Routes en latérite 15 15 Pistes normales 203/ 202/ Pistes en mauvais état 28 28 Véhicules ayant quatre roues motrices 38 38 1/ Camions ayant une charge utile à concurrence de 10 tonnes. 2/ Camionsde 20 tonnes. / Au Sénégal Oriental et en Casamance: 23 francs CFA- Sources: Situation Economique du Sénégal, 1964 et 1968 Direction des Transports. Tableau 37: TRAFIC FERROVIAIRE 1961 1962 1963 1964 1965 1966D 1967 1968 Fret marchandises 1. Fret total Tonnes (millions) 891 1.031 1.096 1.439 1.538 1.654 1.371 1.548 Tonnes/kilomètres (millions) 137 145 175 248 304 208 189 292 2. Arachides Tonnes (millions) 254 n.d. 251 287 243 282 235 293 Tonnes/kilomètres (millions) 37 n.d. 47 '58 50 46 45 50 Trafic voyageurs Voyageurs (millions) 2,66 3,77 3,85 3,26 3,33 3,70 3,64 3,57 Kilomètres/voyageurs (millions) 195 285 291 251 291 268 249 277 Recettes commerciales (millions de francs CFA) Fret marchandises n.d. 783 981 765 732 892 856 865 Voyageurs n.d. 639 662 609 644 653 615 622 Total n.d. 1.422 1.643 1.374 1.376 1.545 1.471 1.487 Source: Bulletin Statistique et Economique Mensuel. Tableau 38: PORT DE DAKAR: TRAFIC COMMERCIAL 1959 1960 1961 1962 1963 196 l965 1966 1967 1968 Entrées de navires Milliers de navires 4,0 4,0 4,0 4,3 4,1 4,2 4,3 4,4 5,5 5,8 Tonnage net (millions de tonnes) 9,9 10,5 10,2 11,0 11,0 11,6 11,8 11,9 17,6 19,8 Milliers de passagers Arrivées/départs 64,0 59,2 61,3 60,3 62,2 50,8 42,9 hi,6 34,5 33,3 Marchandises (millions de tonnes). Arrivées: General cargo 0,8 0,7 0,8 0,8 0,9 0,9 0,9 0,9 0,9 0,9 Produits pétroliers 1,3 114 1,3 1,4 1,2 1,0 0 0 1,3 1,2 Total 2,1 2,1 2,1 2,2 2,1 1,9 1,8 1,7 2,2 2,1 Départs: Arachides transportées!/ 0,3 0,3 0,3 0,3 0,3 0,4 0,3 0,4 0,3 0,4 Phosphates 0,1 0,2 0,h 0,h 0,5 0,8 1,0 1,2 0,9 1,1 Autres marchandises 0,2 0,2 0,3 0,3 0,2 0,2 0 0,2 0,3 0,2 Total 0,6 0,7 1,0 1,0 1,0 1,4 1,5 1,8 1,5 1,7 Soutages à pétrole 120 1,1 1,0 1,0 1,0 0,9 0 o 1,3 1L4 TOTAL GLOBAL 1,6 1,8 2,0 2,0 2,0 2,3 2,h 2,h 2,8 3,1 - .-..-2m - -- - -- - -- --- !/Décortiquées, huile et tourteaux. Sources: Bulletin Statistique et Economique Mensuel; Situation Economique du Sénégal, 1968. e Tableau 3): PORTS SECONDAIRES: TRAFIC COPDERCIAL 1959 1960 1961 1962 1963 196h 1965 1966 167 1968 Port de Kaolack Entrées de navires Nombre de navires 443 372 307 276 254 211 207 247 194 209 Tonnage net (milliers de tonnes) 402 362 317 288 262 194 200 225 183 189 Marchandises (milliers de tonnes) Arrivées 46 32 7 4 4 2 2 2 1 2 Départs: Arachides transforméesi/ n.d. 223 210 195 156 112 157 203 124 181 Sel n.d. 32 37 42 53 46 37 49 57 48 Autres marchandises n.d. 34 20 24 13 6 1 1 1 Total 294 289 267 261 222 164 195 252 182 230 Port de Ziguinchor Entrées de navires 117 109 104 Passagers (milliers ) Arrivées/Départs 12,3 9,2 12,1 13,4 10,6 Marchandises (milliers de tonnes) Arrivées 31 33 32 22 19 17 13 17 Départs 59 95 71 65 66 76 71 74 Total 90 128 103 87 85 93 84 91 lf Arachides décortiquées, huile d'arachides et tourteaux. Sources: Bulletin Statistique et Economique Mensuel Avant-Projet d'Aménagement du Cours de la Casamance, Décembre 1968. TableIrau 4Û: TRAFIC AERIENl 1959 1960 1961 1962 1963 1964 1965 1966 1967 1968 1. Dakar-Yoff Nombre d'avions commerciaux (A + D) (en milliers) 9,6 10,7 10,5 11,2 10,9 9,3 8,9 11,7 10,4 11,2 Passagers (A + D) (en milliers, transit non compris) 111,9 121,7 143,4 146,0 137,0 129,2 123,3 133,7 140,5 156,9 dont: trafic local 8,3 7,6 7,9 Marchandises (en milliers de tonnes) - arrivées 1,49 3,16 2,87 1,57 1,72 1,73 1,60 1,55 1,55 1,84 - départs 1,52 3,20 3,21 2,55 2,35 2,77 3,16 2,79 2,93 3,26 2. Saint-Louis Nombre d'avions c--mrciaux (A + D) (en milliers) 2,3 n.d. 2,4 1,9 1,7 1,4 1,3 1,2 1,1 1,l Passagers (A + D) (en milliers) 17,7 n.d. 13,0 11,8 10,8 6,6 4,2 3,9 3,4 4,7 3. Ziguinchor Nombre d'avions commerciaux (A + D) (en milliers) 0,8 n.d. 1,2 1,4 1,4 1,1 0,9 0,8 1,0 1,0 Passagers (A + D) (en milliers) 4,1 n.d. 6,9 7,4 6,8 4,9 4,8 5,3 5,7 5,1 Sources: Bulletin Statistique et Economique Mensuel; ASECNA. à %
Groupe de la Banque mondiale · Pre-2003 Economic or Sector Report
Senegal - The current economic situation and prospects of Senegal (Vol. 1 of 7) : Rapport principal
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Pre-2003 Economic or Sector Report
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