Groupe de la Banque mondiale · Pre-2003 Economic or Sector Report

Senegal - The current economic situation and prospects of Senegal (Vol. 4 of 7) : Les peches

Sénégal Banque mondiale
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FiLE COPY DIFFUSION RESTREINTE Rapport No. AW-15a TRADUCTION NON-OFFICIELLE A TITRE D'INFORMATION Ce rapport a e'té pr'paré a titre de document interne. Ni la Banque ni les organismes qui lui sont affiliés n'acceptent aucune responsabilité quant à son exactitude ou son caractère exhaustif. En aucun cas ce rapport ne saurait 9tre publié ou cité comme représentant leurs vues. BANQUE INTERNATIONALE POUR LA RECONSTRUCTION ET LE I)EVELOPPEMENT ASSOCIATION INTERNATIONALE DE DEVELOPPEMENT SITUATION ET PERSPECTIVES ECONOMIQUES DU SENEGAL (en sept volumes) VOLUME IV LES PECHES le 30 juin 1970 Departement Afrique de l'Ouest TAUX DE CONVERSION Unité mlonrtai.re: Franc CFA (FCFA) Avant le 11 août, 1969: 1,00 dollar E.U. = 246,85 FCFA 1.00 FCFA = 4.,05 dollar E.U. Après le 11 août, 1969: 1,00 dollar E.U. = 277,71 FCFA 1.000 FCFA = 3,60 dollar E.U. POIDS ET MESURES 1 tonne métrique (t) = 2.205 livres 1 kilogramne (kg) = 2,2 livres 1 kilomètre (km) = 0,62 mile 1 mètre (mn) = 3,28 pieds COMPOSITION DE LA MISSION Le présent rapport a été établi sur la base de renseignements recueillis par une mission économique qui a séjourné au Sénégal en octobre et novembre 1969. La composition de la mission était la suivante: Cornelis J. Jansen Chef de Mission Heinz B. Bachmann Economiste en chef Carlos Merayo Economiste Jacques Baldet Economiste, Spécialiste des questions fiscales Michel Palein Economiste agricole Pietro Rava (Consultant) Ingénieur agronome Alain Thys Ressources hydranliques et Assainissement Robert A. Moal (Consultant) Spécialiste des questions de la Pêche Wybold van Warmelo (Consultant) Spécialiste des questions industrielles Abdallah El Maaroufi Spécialiste du Tourisme Ce volume a été rédigé par Robert A. Moal. LE DEVELOPPEMENT DES PECHES AU SENE&4L TABLE DES MATIERES Page RESUME ET CONCLUSIONS I. LES RESSOURCES...................................... l A. Ressources de Base.................... . l B. La Pêche Traditionnelle....*................ 2 C. La Pêche Industrielle....................... 4 D. La Pêche Thonière.................... . ... .. 6 E. Récapitulation............................. 8 II. UTILISATION DES PRODUITS DES PECHES.................. 9 A. La Transformation...... .. .... . ..... ..... 9 B. Le Commerce Extérieur.......... o ... *.... .... il C. La Consommation Intérieure.................. 12 III. L'ORGANISATION DU SECTEUR DES PECHES................. 14 A. Les Structures Publiques.................... 14 B. Les Structures Parapubliques................ 15 C. Les Coopératives de Péche................... 16 D. Les Infrastructures........................ 17 IV. LE DEVELOPPEMENT FUTUR DES PECHES DANS LE CADRE DU TROISIEME PLAN QUADRIENNAL (1969-73)............... 20 A. La Pêche Traditionnelle.,................... 20 B. La Pêche Industrielle (y compris la pêche thonière) .............. 23 C. Actions Générales d'Equipement.............. 25 D. La Pêche Fluviale.............................. 28 E. Récapitulation des Investissements Envisagés..................... 21 V. BESOINS EN ETUDES DE PRE-INVESTISSEMENTS ............. 31 RESUME ET CONCLUSIONS i. Le Sénégal possède des ressources importantes dans le secteur des pêches. Ce fait explique que traditionnellement les populations côtières sénégalaises ont été attirées vers la mer et que le poisson fait partie intégrante de leur diététique. Ces conditions favorables ont contribué à l'existence d'une pche traditionnelle importante et elles ont assuré le succès dtune pêche moderne en grande partie étran- gère. ii. La production maritime intérieure du Sénégal est passée d'environ 100.000 tonnes pour une valeur an débarquement de 3,2 milliards de FCFA en 1964 à plus de 150.000 tonnes pour une valeur de 5,6 milliards de FCFA. A cela il faut ajouter les captures d'eau douce qui s'élevaient à plus de 20.000 tonnes en 1964 et 35.000 tonnes en 1968, dont les valeurs étaient de 0,7 milliards de FCFA et 1,2 milliards de FCFA respectivement. iii. Le pourcentage de poisson frais consommé au Sénégal s'6levait à 74% en 1968. Les statistiques sénégalaises permettent d'apprécier l'importance relative des deux composante de la consommation,totale: l'autoconsommation constituait 12% du poids du poisson consommé à l'int&rieur cu Sénégal en 1968; le reste faisait l'objet d'une com- mercialisation dans un rayon élargi et sur les marches des agglomé- rations de quelque importance. iv. La Direction de l'Océanographie et des Pêches Maritimes est chargée de la définition de la politique de développement de la pêche. La Direction de la Marine Marchande est responsable de la sécurité de la navigation, du contrôle de l'embarquement des pêcheurs et de l'ap- plication de la législation des pêches maritimes. De nombreux textes de loi fort complets existent ou sont en préparation, mais l'appli- cation de cette législation se heurte à un manque de moyens en maté- riel et personnel qui risquent d'avoir des conséquences graves pour la réalisation du Plan de développement de la pêche. v. Outre ces organismes publiga, il existe un certain nombre d'entités parapubliques, telles la Société Sénégalaise d'Armement à la Pêche, le Comptoir dtExportation du Poisson, et l'Institut de Technologie Alimentaire. Certains pêcheurs sont groupés en coopé- ratives de pêche. Ces coopératives ont pour mission l'organisation et la modernisation de l'armement ainsi que la conservation et l'écoulement des produits de la pêche traditionnelle. Les infra- structures de la pêche sont adéquates, du moins pour la pêche indus- trielle. vi. Le troisième plan quadriennal (1969-1973) prévoit une concentration des investissements dans la région du Cap Vert. Toutefois, le montant des investissements et certains des projets inscrits au Plan sont discutables. LE DEVELOPPENT DES PECHES AU SENEGAL I. LES RESSOURCES A. Ressources de base 1. Le Sénégal possède des ressources importantes dans le secteur des pêches. a) Les côtes sénégalaises sont soumises saisonnièrement à des brassages d'eau qui mettent en présence des eaux superficielles fortement ensoleillées, siège d'une photo-synthèse intense, et des eaux plus profon- des riches en sels nutritifs dissous qui les enrichissent et y javorisent le développement et la concentration d'espèces tant pélagiques que ben- thiques /. b) A cela il faut ajouter la présence d'un plateau continen- tal qui s'étend de quelques milles au nord de Dakar à 20 à 25 milles au large de Saint-Louis et au sud de la capitale jusqu'à 50 milles au large de la Casamance. Au-delà de ce plateau les fonds s'abaissent brusque- ment de 250-300 mètres à 2.000 mètres et plus et ne remontent plus que pour former l'archipel des £les du Cap-Vert. c) Les accores du plateau continental forment une frange madréporique et rocheuse de 500 milles de long, vaste réserve à liabri de tout overfishing car elle ne peut être exploitée pratiquement qu'à la ligne à main, compte tenu de sa profondeur (sonde de 80 m à 200 m) et de son aspect tourmenté. d) La présence sur la côte sud d'un vaste réseau de marigots, diebouchures de fleuves et de lagunes, par le régime euryhalin qu'il im- pose à toute la zone c8tière, indispensable à la croissance des crevettes pénéides, en fait une zone privilégiée de pêche de ce crustacé. 2. Toutes ces conditions expliquent que traditionnellement les populations côtières sénégalaises ont été attirées vers la mer et que le poisson fait partie intégrante de leur diététique. ELles ont con- tribué à 13existence d'une pêche traditionnelle importante et elles ont assuré le succès d'une p6che moderne en grande partie étrangère. 1/ Poissons de surface qui sont habituellement migrateurs parmi lesquels les plus marquants sont le thon et les sardinelles (Contrôle Financier du Sénégal, Les Pêches Maritimes au Sénégal, Dakar, 1967, Tome I: Les Structures, p. 13). _/ Espèces de fond qui comprennent les poissons à habitat permanent, liés au fond et animés de mouvements de faible amplitude (dorades, soles, crevettes et autres poissons de chalut). (Ibid). -2- B. La Pêche Traditionnelle 3. La pêche traditionnelle (ou artisanale) utilise un matériel essentiellement coutumier et des méthodes ancestrales. Elle se propose surtout pour but l'alimentation familiale et, avec le surplus des mises à terre disponibles, l'acquisition de moyens monétaires souvent plus im- portants que ceux obtenus par la pratique des activités agricoles. La diffusion de ses produits ne reste pas limitée a zones immédiatement contigUes aux centres de débarquement du poisson1/, malgré l'équipement faible en moyens de conservation et de transport. Cette pêche s'applique à l'exploitation des espèces benthiques pour 70 pour cent environ et péla- giques pour 30 pour cent environ. h. Armement et personnel. L'armement de pêche traditionnelle au Sénégal se compose de pirogues à voile ou à moteur et de cordiers à mo- teur. La distribution de cet armement a évolué ainsi. Tableau 1: ARMEENT DE LA PECHE TRADITIONNELLE 1964 l965 1966 1967 1968 Pirogues, 5.518 5.395 4.618 4.393 5.10 dont: à voile 3.69T 3.530 3.107 2.927 2.79 à moteur hors bord 1.82h 1.865 1.431 1.466 2.646 Cordiers à moteur actifs 1l 1 2h 21 20 Les pirogues répertoriées sont celles existantes2/, mais il faut noter le fort pourcentage d'embarcations inactives en dehors des saisons de pointe, qui s'élevait à environ 25 pour cent en 1968. Les cordiers auraient di travailler à temps complet, mais leur moyenne d'activité ne dépassait pas 5,3 mois par an par unité en 1968 en raison de l'insouciance des patrons et des équipages qui les utilisent, des défectuosités dans les services de dépannage et d'entretien, et des difficultés de règlement des échéances des prêts de financement de leurs constructions. 5. La motorisation des pirogues a été assez rapide au cours des années passées, bien que les pirogues motorisées ne représentent encore que 52 pour cent de l'effectif total. Cette opération a débuté en 1955 avec la participation de l'Etat sous la forme d'une subvention de 25 pour cent. Au cours du IIe Plan (juin 1966) l'Etat a suspendu les subventions à l'achat mais a consenti par ccntre l'exonération des droits de douane 1/ La pêche piroguière, dont les apports constituent plus de 95 pour cent de la production totale de la pêche traditionnelle, est exclue régle- mentairement du port de Dakar, et ses captures sont entièrement débar- quées sur les plages. 2_/ Les chiffres indiqués pour 1968 dans ce rapport ne correspondent pas à ceux du IIIe Plan Quadriennal, selon lequel la pêche piroguière est représentée par 5.077 pirogues dont 3.218 motorisees. (IIle Plan Quadriennal, p. 95). sur l'importation des moteurs, ce qui représente une subvention de 35 pour cent. Le ralentissement observé en 1966 et 1967 est imputable à trois fac- teurs: a) resserrement temporaire des débouchés tant intérieurs qu'exté- rieurs; b) retrait de l'aide à l'achat des propulseurs amovibles sous forme de prêts à la suite des difficultés de remboursement rencontrées par le Cré- dit du Sénégal; et c) problèmes du mouvement coopératif. 6. La pêche cordière est assez récente, puisqu'elle n'a commencé à âtre exercée et à manifester ses résultats qu'à partir de 1962. Au cours du ler Plan, treize cordiersl/ furent mis en service dont deux unités fu- rent les premières construites par les deux chantiers navals coopératifs sénégalais créés à cette fin. Le IIe Plan en prévoyait une cinquantaine avant la fin de l'exercice budgétaire de 1969, dont 37 devaient être cons- truits par les deux chantiers ci-dessus mentionnés. Ces chantiers sont actuellement arrêtés par suite de la suspension du financement de cette opération par l> Banque Nationale de Développement du Sénégal (BNDS) qui s'inquiétait de la situation déficitaire des remboursements. Il est cer- tain que les cordiers ont un rôle important à jouer dans l'amélioration de la pêche artisanale, mais des remèdes doivent être apportés à leur ex- ploitation technique et commerciale. Tableau 2: PROIUCTION DE LA PECHE TRADITIONNELLE Prix moyen Valeur Arnnée Quantité_a au débarquement au débarquementib ïnuice (millions Indice (tonnes) (base 1948=100) (FCFA/kg) de FCFA) (base 1948 = 100) 1948 25.700 100 10,00 257 100 1955 38.900 160 15,5o 603 237 1960 79.367 308 19,60 1.556 600 1964 83.284 324 26,20 2.189 810 1965 88.965 348 31,76 2.826 1.100 1966 99.790 388 30,63 3.058 1.189 1967 107.711 408 29,53 3.181 1.238 1968 119.873 467 30,70 3.688 1.435 /a Ces chiffres diffÔrent de ceux fournis par la Direction des Pêches. Ils sont basés sur le nombre de pirogues et de cordiers en activité et leur productivité. / La valeur au débarquement de la production est calculée en multi- pliant la production en kilos par le prix moyen au débarquement 3ource: Estimations de la mission lf Cotre de 13 mètres d'une jauge brute de 18 tonneaux dont le coût est de 4.500.000 FCFA environ. (Contrôle Financier du Sénégal, op. cit., p. 25). - 4 - 7. On estime que le nombre de pêcheurs traditionnels est passé de 24.000 en 1964 à 26.000 en 1968, mais il semble que les pêcheurs à temps complet n'en représentent que 80 pour cent. Certains pêcheurs sont grou- pés en coopératives dont le nombre atteint 22 pour l'ensemble du Sénégai. On constate qu'en 4 ans le nombre moyen de pêcheurs par pirogue est passé de 4,4 à 5,1 et ceci malgré la motorisation qui devrait réduire la main- d'oeuvre embarquée. Le nombre de marins par cordier varie de 6 à 8. 8. Evolution de la production. Les quantités et valeurs des mises à terre de la peche traditionnelle ont évolué comme suit au cours des années indiquées. La production a presque quintuplé de 1948 à 1968, mais l'accrois- sement des apports est surtout sensible à partir de 1955, année qui vit le début de l'application de la politique de motorisation des pirogues. La production de la pêche traditionnelle consiste principalement des apports de la pêche piroguière qui n'ont cessé d)augmenter et en chiffres absolus et en moyenne. Depuis ses débuts en 1962, la pêche cordière n'a jamais contribué pour plus de 1.500 tonnes environ par an. Le rendement par an par unité n'a que très rarement dépassé le seuil de rentabilité pour ce genre de navire (estimé par le Service des Pêches à 120 tonnes par an par unité): en effet, le rendement unitaire est tombé de 75 tonnes par an en 1963 à 36 tonnes par an en 1968. C. La Pêche Industrielle 9. La pêche industrielle vise non seulement à l'exploitation des espèces benthiques et pélagiques cÔtières, mais aussi à celle des espèces pélagiques océaniques dont les déplacements ont de grandes amplitudes et qui sont représentées par certains thonidés (notamment ltalbacore et le listao). Cette pêche requiert de longs déplacements en mer, imposés par les migrations saisonnières du poisson et de ses appâts %ivants (les sar- dinelles). Elle exige donc l'utilisation d'un armement lourd, des capi- taux importants, une infrastructure bien équipée en moyens d'accostage, de manutention et de conservation par le froid, et une organisation com- merciale d'exportation et de distribution. 10. Armement et personnel. L'armement de la pêche industrielle (pêche thonière exclue)ýÈ/ consiste essentiellement de chalutiers et de sardiniers. La répartition de cet armement a été comme suit pour les années de 1964 à 1968. 1/ Ce chiffre diffère de celui rapporté dans l'oeuvre précitée sur les pêches maritimes au Sénégal. D'après cette source, à la date du ler juillet 1966 il existait 54 coopératives de pêche artisanale avec 4.362 adhérents. (Ibid., p.110). La mission estime que la différence pourrait être due au fait que les années en question ici et dans l'oeuvre sont différentes. 2/ Etant donné son importance, la pêche thonière sera traitée séparément, -bien que théoriquement. elle fasse partie de la pêche industrielle. - 5 - Tableau 3: ARMEENT DE LA PECHE INDUSTRIELLE (PECHE THONIERE EXCLUE) 1964 1965 1966 1967 1968 ChalutiersA_ 33 36 39 3h 49 Sardiniers 1 2 2 3 3 /a La majorité de ces navires sont des navires français à l'attache provi- soire à Dakar. Sur 49 chalutiers en 1968, 12 battent pavillon sénéga- lais; tous les autres sont français. /b Parmi les chalutiers existant en 1968, beaucoup devront être remplacés sous peu car seulement 1 ont moins de 5 ans; les autres ont de 10 à 20 ans d'âge. U. La pêche chalutière prit naissance en 195h à Dakar avec un cha- lutier français qui resta seul à la pratiquer jusqu'en 1957 inclus. Depuis lors, le nombre de chalutiers a augmenté sensiblement, mais il faut noter que sur 49 chalutiers existant en 1968, seulement 38 sont en activité. 12. La pêche sardinière n'est pas plus ancienne que la pêche cordière: ses premières captures datent aussi de 1962. Tous les sardiniers existants sont en activité. 13. Le nombre de pêcheurs était d'environ 500 en 1968, à raison de 10 à 12 hommes par chalutier et 12 par sardinier. 14. Evolution de la production. Le tableau 4 indique les quantités et les valeurs des apporté des pëches chalutière et sardinière pendnt les dernières anées, comparées à celles de 1954. 15. La diminution sensible de la production chalutière de 1961 à 1964 est due à un vieillissement de la flotille. Jusqu'en 1965 les dé- barquements de la pêche chalutidre étaient essentiellement constitués de poissons de fond (soles, dorades, mérous). A partir de 1966 sont apparues les crevettes. Il en est résulté une désaffection pour les espèces de fond d'autant plus que les autorités sénégalaises, fort jus- tement pour protéger la pêche traditionnelle ainsi que l'équilibre du milieu marin, interdisaient le chalutage dans les eaux territoriales du Sénégal. L'importance des captures de crevettes dans la production chalutière (2.412 t sur une production totale de 5.568 t en 1968) ex- plique aussi l'accroissement du prix moyen de la production chalutière à partir de 1967. En 1968, ce prix s'élevait à 141 FCFA le kg, mais si l'on exclut les crevettes, il retombe à 51 FCFA le kg, c'est-à-dire nettement inférieur au prix de 196h (65 FCFA le kg). Le rendement annuel par chalutier a été caractérisé par une tendance à la baisse jusqu'en 1966 (peut-être à cause de 1'l"overfishing" résultant de l'intensifica- tion du chalutage au cours des années antérieures) et à la hausse depuis lors (à cause de l'extension des zones de pêche). - 6 - Tableau 4: EVOLUTION DE LA PRODUCTION DE LA PECHE INDUSTRIELLE (pêche thonière exclue) Pêche chalutière/a Pêche sardinièreLI Total pêche industrielle Valeur Valeur Valeur Quantité (millions Quantité (millions Quantité (millions (tonnes) de FCFA) (tonnes) de FCFA) (tonnes) de FCFA) 1954 140 4,5 - - 140 4,5 1963 2.317 82,1 2.737 32,6 5.o54 114,7 1964 2.622 170,35 2.571 23,1 5.193 193,5 1965 3.298 131,38 2.975 30,3 6.273 161,7 1966 2.283 126,88 4.996 64,9 7.279 191,8 1967 3.120 397,57 12.760 191,4 15.88o 589,0 1968 5.568 785,29 15.645 122,7 21.213 908,0 /a L'accroissement des captures de la pêche chalutiére en 1968 est essen- tiellement dûa à un développement des captures de crevettes et à un ré- ajustement des statistiques pour le poisson de fond; en fait les dé- barquements réels de poissons de fond ont stagné depuis 1963. b L'entrée en action d'un deuxième sardinier se situe vers la fin de 1965 et ne se fait nettement sentir qu'en 1966. 16. La pêche sardinière a connu une progression exceptionnelle. La baisse de la valeur totale de la production en 1964 et en 1968 est due à la diminution du prix au débarquement pour la consommation en frais, en congelé et en conserves. D. La Pêche Thonière 17. Armement et personnel. La pêche thonière comprend un secteur rpara-étatique sénégalais, constitué par la Société Sénégalaise d'Lrmement à la Pêche (SOSAP), et un secteur privé français. 18. La SOSAP est une société d'économie mixte créée en 1963 au capi- ýal de 100.000-000 FCFA (porté à 300.000.000 en 1968) dans laquelle l'Etat .Snégalais est majoritaire mais oÙ des intérêts publics français et privés sénégalais et étrangers sont représentés. La SOSAP exploitait 5 thoniers -ongélateurs en 1968, dont h entrèrent en service en 1965 et le cinquième en 1966. Les unités de la SOSAP occupent 95 marins, dont 20 européens. 19. Le secteur privé français (de 60 à 100 navires selon la cam- ,agne) est constitué en grande partie de thoniers de pêche fra'che. Les navires congélateurs français pêchent le thon au large des c6tes sénéga- laises, mais ils ne débarquent pas leur pêche à Dakar pour y être traitée par les conserveries sénégalaises; ils ne font qu'utiliser à Dakar les installations de stockage au simple titre de transit. Une trentaine de thoniers français de pêche frafche étaient basés en permanence à Dakar - 7 - en 1968 et livraient la totalité de leurs captures aux usines de conser- ves dakaroises dans la limite d'un quota fixé par campagne annuelle (de novembre à novembre) qui n'a été que très rarement atteint (et qui a va- rié de 10.000 t à 12.000 t au cours des campagnes passées). Ces cap- tures sont livrées aux conserveries à un prix fixe, défini en début de campagne lors d'une conférence inter-Etats groupant la France et les dif- férents Etats maritimes de 1'Afrique francophone. Ce prix, généralement supérieur au cours mondial, est garanti par la France. 20. Evolution de la production. Il est entendu que seuls les apports ayant profité à l'industrie snégalaise sont indiqués ici. L'évolution des quantités débarquées au Sénégal et de celles livrées aux usines de conser- ves sénégalaises a été la suivante: Tableau 5: PRODUCTION THONIERE Quantités débarquées au Sénégal Quantités livrées aux (tonnes) usines sénégalaises pDur Pêche fraîche Mche conggiée traitement en conservi3s Campagne française SOSAP françaisel.a (tonnes) 1960/61 8.920 - - 8.920 1963/64 10.619 - - 10.619 1966/67 5.970 1.825 8.250 6.700 1967/68 8.780 3.946 6.673 10.600 1968/69 6.937 4.o57 2.947 10.914 a Ces quantités sont débarquées à Dakar et réexportées en liétat vers la France. 21. En ce qui concerne les autres caractéristiques de l'évolution de la pèche thonière au cours des cinq années passées, ceux-ci ont été les plus importants: 1) L'importance croissante des thons listaos dans les apports totaux rendue nécessaire par la stabilisation des rendements unitaires pour l'albacore. (0 en 1964/65; 30 pour cent et 40 pour cent des apports d'albacore en 1967/68 et en 1963/69 respectivement.) 2) L'accroissement constant du prix du thon (de 67,5 FCFA en 1961/62 à 97,5 FCFA en 1968/69). 3) La difficulté pour le Sénégal de remplir le quota accordé par la France, malgré son caractère très avantageux (prix 15 à 20 pour cent supérieur au cours mondial). - 8 - 4) L'importance croissante de la SOSAP. 5) A partir de l'automne 1967, la tendance des unités de pêche fra'che de demeurer à Dakar toute lyannée. 6) Le vieillissement de ces unités qui ne seront pas remplacées car leur rentabilité bonne pour des navires ayant déjà amorti leurs investissements n'est pas satisfaisante pour des unités neuves. 22. La valeur de la production thonière en 1968 était d' environ 1 milliard de FCFA. E. Récapitulation 23. La production maritime intérieure au Sénégal (flotte nationale et flotte étrangère basée à Dakar, non compris la flotte congélatrice française) est passée d'environ 98.700 t (dont 10.200 t de pêche thonière française) pour 3,2 milliards de FCFA en 1964 à 152.500 t (dont 7.460 t de pêche thonière française) pour 5,6 milliards de FCFA en 1968. A cela il faut ajouter les captures d'eau douce qui s'élevaient à 21.700 t en 1964 et 35.000 t en 1968, dont les valeurs étaient 0,7 milliard de FCFA et 1,2 milliard de FCFA respectivement. La production totale a donc évolué ainsi: Valeurs Quantités Indice (millions Indice (tonnes) (1964 = 100) de FCFA) (1964 = 100) 1964 120.400 100 3.900 100 1965 128.000 106 3.850 99 1966 142.900 119 4.860 125 1967 165.00o 137 5.620 144 1968 187.50o 156 6.800 174 II. UTILISATION DES PRODUITS DES PECHES A. La Transformation 24. Il convient de distinguer deux sortes de transformation: artisanale et industrielle. 25. La transformation artisanale. Le traitement traditionnel des poissons de mer se diversifie pour donner trois produits différem- ment appréciés: a) Le poisson salé-séché (salage à sec, à la saumure ou suivi de séchage) est surtout produit à Saint-Louis et Cayar. Le poisson salé- séché n'est pas du goût des consommateurs sénégalais, et la demande exté- rieure s'amenuise. Ce procédé est donc en régression relative. b) Le "ketiakh" est une spécialité de la zone sud de Dakar, le long de la petite côte: il est réalisé à partir de sardinelles et d'ethmaloses qui sont braisées, fumées et ensuite mises au soleil pour sécher pendant quelques heures. M'Bour en est le principal centre de production. c) Le "metorah" est du poisson fumé, séché et grillé. On le pré- pare de préférence à partir de silures, requins, raies et ethmaloses. Ce procédé de traitement est pratiqué surtout dans la partie sud du Sénégal: Siné Saloum, M'Bour et Casamance. d) Le "guedj" est du poisson fermenté-séché non salé. Ce procédé, dont le principal centre est M'Bour, est une forme de récupération des invendus ayant plus ou moins souffert sur les marchés. 26. La production des produits transformés par ces méthodes a été la suivante de 1964 à 1968. Tableau 6: PROUCTION DE LA TRANSFORMATION ARTISANALE (en tonnes) 1964 1965 1966 1967 1968 Salé-séché 325 507 435 399 1.000 a/ Ketiakh 2.287 1.100 2.966 6.103 5.555 b/ Metorah 298 463 385 508 556 Guedj 3.010 2.441 5.357 -3.994 3.954 a Y compris 625 t de crevettes séchées. b Y compris 360 t produites à partir de sardinelles débarquées de sardiniers. - 10 - 27. Le guedj, le ketiakh, le metorah et le poisson salé-séché cons- tituent les types de transformation artisanale les plus importants. Il en existe d'autres, mais leur production entière n'est pas très grande. 28. La transformation industrielle. Sont destinées à la transfor- mation industrielle: a) en quasi totalité la production thonière de pêche fraîche; b) par priorité à la conserverie et à la congélation, la produc- tion industrielle de sardinelles et, lorsqu'elle est excédentaire sur le marché du frais, la production traditionnelle de sardinelles des plages du Cap-Vert. 29. La concentration continue des établissements travaillant le thon a réduit leur ombre de 4 en 1964 (il en existait 7 en 1960) puis à 2 usines en 19681. Les quantités et les valeurs des conserves de thon produites par ces usines en 1963/64 et en 1968/69 sont indiquées ci-dessous. Tableau 7: CONSERVES DE THON 1963/64 ET 1968/69 Valeur Quantité (millions (tonnes)La de FCFA) 1963/64 6.396 1.276 1965/66 8.730 1.670 1966/67 9.392 1.980 1967/68 9.240 2.oho 1968/69 7.85o 1.500 /a La conversion quantité livrée en quantité travaillée doit tenir compte du stockage, et ceci explique pour- quoi la simple multiplication de la quantité travail- lée par le taux de convertion (1,h) ne résulte pas en la quantité livrée indiquée au tableau 5. L/ En 1964, les 4 usines étaient les Conserveries du Sénégal (fondées en 1959), la Société Africaine de Produits Alimentaires (SAPAL, cons- tituée en 1962), la Compagnie Industrielle de Conserves Alimentaires (CICA, ouverte au Sénégal en 1955 comme filiale d'un groupe français de Nantes), et la Société de Conserves Africaines (SCAF, fondée en 1957). En 1968, il ne restait que les Conserveries du Sénégal et la SAPAL. - il - 30. En ce qui concerne les sardinelles, des deux usines en acti- vité en 1964 (l'une à M'Bour et l'autre à Dakar) il reste une seule, la S.A.I.B. à Dakar. L'évolution de la production des conserves de sardi- nelles a été la suivante: Tableau 8: CONSERVES DE SARDINELLES, 1964 ET 1968 Valeur Quantité (millions (tonnes) de FCFA) 1964 276 28 1965 néant néant 1966 néant néant 1967 457 44 1968 380 45 31. Il existe deux usines de sous-produits qui en principe ne doivent traiter que les déchets de filetage et des conserveries, car la législation sénégalaise a interdit la pêche de sardinelles et autres poissons pélagiques côtiers pour leur traitement en farine. Ces deux établissements sont: AFRIC-AZOTE et les Conserveries du Sénégal. En 1964, 221 tonnes de farine ont été fabriquées et en 1968, 1.590 tonnes. 32. Les produits de la transformation industrielle sont presque entièrement exportés, tandis que seulement une petite proportion (environ 15 pour cent en 1968) des poissons traités par les méthodes tradition- nelles est exportée. Le reste est consommé au Sénégal. B. Le Commerce Extérieur 33. Les quantités de poissons importés par le Sénégal sont géné- ralement très faibles et ne dépassent pas les 600 tonnes rapportées au poids frais; (en 1968, 532 t étaient importées pour une valeur de 70 millions de FCFA). Les exportations de poisson par le Sénégal, par contre, sont assez importantes, mais ne peuvent être connues de façon précise à cause de la disparité entre les chiffres avancés par diffé- rentes sources. On ne doit donc prêter aux évaluations chiffrées sui- vantes que la valeur d'un ordre de grandeur moyen. Tableau 9: ESTIMATION DES EXPORTATIONS DU SENEGAL Eu 1964 ET 1968 Quantité Equivalent frais Valeur (tonnes) (tonnes) (millions de FCFA) 1964 8.691 11.600 1.502 1968 15.97 20.039 2.803 - 12 - Le principal client pour la plupart des produits exportés par le Sénégal est la France. Il faut cependant noter qu'une forte proportion du poisson traité par les méthodes traditionnelles est exportée vers certains pays de l'Afrique de l'Ouest C. La Consommation Intérieure 34. Les quantités globales de poisson consommé au Sénégal en 1964 et 1968 étaient de 106.000 t et 168.000 t respectivement. La consommation annuelle par habitant était donc de 31,2 kg en 1964 et de 45,3 kg, soit un accroissement de 40 pour cent en 4 ans2/ 35. Le tableau suivant indique les diverses formes du poisson con- sommé en 1968. Tableau 10: FORMES IXJ POISSON CONSOMME EN 1964 ET 1968 (en tonnes d'équivalent frais) 1968 1964 Quantité Quantité Frais 124.800 74,3 70.300 66,5 Guedj 23.200 13,8 26.000 24,6 KetiakhL 16.700 9,9 7.900 7,5 Salé-séchôL 1.100 0,7 800 0,7 Metorah 1.700 1,0 400 0,4 Conserves 500 0,3 300 0,3 Total 168.000 100,0 105.700 100,0 a Y compris le tambadiang (poisson séché entier et parfois fumé en Casamance) dont la production n'est pas très importante. Consommation = production totale (dont importations) - exportations. En 1964, consommation = 121.000 (400) - 15.300 = 105.700 t, soit 106.000 t. En 1968, consommation = 188.000 (500) - 20.039 = 167.961 t, soit 168.000 t. En 1964, bien qu'il n'ait été exporté réllement que 6.000 t, la mission a considéré pour l'évaluation de la consommation que les 10.200 t de thon travaillées ont toutes été exportées. 2/ Basée sur les chiffres rapportés pour la population dans le Rapport Prin- ~,ipRl, soit 3.400.000 en 1964 et 3.708.000 en 1968. - 13 - On notera avec intérêt l'importance de la consommation du poisson frais dans un pays tropical et avec un système de commercialisation traditionnel. Ce phénomène prend toute sa valeur si l' on note que le guedj est une prépa- ration utilisée dans la diététique conjointement avec le poisson frais et dans une proportion qui diminue elle-même avec l'accroissement de la con- sommation en frais. Dans certaines régions le ketiakh se substitue par- tiellement au guedj. Il est soumis à de fortes fluctuations car sa fabri- cation n'intervient que lors des fortes pêches, mais en pourcentage il augmente du fait de cette substitution. Enfin le metorah et le salé- séché sont des produits peu recherchés sur le marché intérieur. Leur fabrication dépend donc de la demande extérieure et de ce fait reste à peu près constante en pourcentage. 36. La répartition géographique de la consommation totale a été la suivante: Tableau 11: REPARTITION GEOGRAPHIQUE DE LA CONSOMATION DE POISSON AU SENEGAL, 1968 (en tonnes) Cap Vert 56.360 Zone Centrale Maritime a/ 74.711 Delta du Sénégal bi 7.993 Casamance Maritime c/ 7.520 Moyenne Vallée du Sénégal d/ 15.825 Zone Intérieure e/ 9.547 Total 167.957 /a Comprend la Région de Thiès, la Région de Diourbel à l'exception du Département de Linguère, et la Région du Siné-Saloum à l'exception des Départements de Kaffrine et de Gossa. /b Correspond au Département de Dagana. Comprend les Départements de Bignona, Oussouye, Ziguinchor et Sedhiou. Comprend toute la Région du Fleuve moins le Département de Dagana. Dans cette zone seul le poisson d'eau douce est consommé. /e Comprend le Sénégal Oriental et les restes des Régions de Casamance, de Diourbel et du Siné-Saloum. 37. Les statistiques sénégalaises permettent d'apprécier l'importance relative des deux composants de la consommation totale: l'autoconsommation et la consommation monétaire. L'autoconsommation constituait environ 15 pour cent (16.000 t sur 106.000 t) du poids du poisson consommé à l'intérieur du Sénégal en 1964 et seulement 12 pour cent en 1968. Le reste faisait l'ob- jet d'une commercialisatian dans un rayon élargi et sur les marchés des ag- glomérations de quelque importance. III. L'ORGANISATION DU SECTEUR DES PECHES A. Les structures publiques 38. La Direction de l'Océanographie et des Pêches Maritimes dépend du Ministère du Développement Rural. Elle comprend une Direction Centrale, cinq inspections régionales et deux établissements spéciaux. La Direction Centrale, installée à Dakar, comporte des services de gestion chargés du budget et de la comptabilité, du personnel et du secrétariat ainsi que quatre divisions techniques. Le Sénégal est en outre divisé en cinq ré- gions côtières (Cap-Vert, Fleuve, Thiès, Casamance, et Saloum), sièges des inspections régionales. Les deux établissements spéciaux sont le Laboratoire d'Océanographie et de Technologie des Pêches de Thiaroye et l'Ecole des Agents Techniques et Préposés des Pêches Maritimes chargée de la formation des agents des catégories subalternes du personnel ad- ministratif. La Direction de l'Océanographie et des Pêches Maritimes est chargée de la définition de la politique de développement de la pêche. 39. La Direction de la Marine Marchande dépend du Ministère des Travaux Publics et des Transports. En ce qui concerne le secteur des pêches, elle est responsable de la sécurité de la navigation, du con- trôle de l'embarquement des pêcheurs et de l'application de la légis- lation des pêches maritimes. Le Ministère des Travaux Publics et des Transports a sous sa responsabilité la planification en matière de l'é- quipement des ports de pêche, encore que le Port de Dakar soit autonome et que la gestion des ports de Ziguinchor et Kaolack ait été concédée aux chambres de commerce. 40. La Direction du Service des Eaux et Forêts et Chasse a la charge des eaux fluviales et lagunaires mais ne comporte pas d'organisation admi- nistrative spécialisée s'occupant uniquement de la pêche. Ces questions forment seulement une partie des tâches confiées à cette Direction. 41. De nombreux textes de loi fort complets sont en application ou en préparation. Ils concernent la limite des eaux territoriales, l'in- terdiction du chalutage dans la limite des 3 milles à partir des côtes, les restrictions concernant la pêche des crevettes, l'interdiction du traitement des sardinelles en farine de poisson, les normes de contrôle sanitaire, etc. L'application de cette législation se heurte, cependant, à un manque de moyens en matériel et personnel qui risque d'avoir des conséquences graves sur la réalisation du plan de développement de la pêche. Celui-ci ne peut se concevoir sans une protection efficace des eaux et zones de pêche des eaux territoriales sénégalaises et sans l'éta- blissement d'accords internationaux pour les eaux voisines. 42. Le Conseil Permanent des Pêches est obligatoirement consulté en ce qui concerne la définition et l'adaptation de la politique gouver- nementale en matière des pêches maritimes. Il paraît, cependant, que "en voulant regrouper tous les intérêts, le Conseil /Prmanent des Pêches a adopté une structure trop lourde, qui le rend dif cilement maniable et lui fait perdre une partie de son efficacLté. "D lf Contrôle Financ.er ,a Sénégal, op. cit., Tome I•, Les trnctu es, p. 43. 43. En matière de formation professionnelle, outre l'Ecole des Agents Techniques et Préposés des Pêches Maritimes créée en 1963 pour la formation des cadres administratifs de la Direction des Pêches, il existe un Centre de Formation Professionnelle de Pêche Maritime et In- dustrielle qui fonctionne depuis 1962 sous l'égide du Ministère de l'En- seignement Technique et qui forme des marins pêcheurs qualifiés. Le programme d'études dure trois ans et comporte une partie théorique et une partie pratique sur les chalutiers et cordiers dont dispose l'école. Les promotions sont de 20 élèves environ. B. Les structures parapubliques 44. Les trois plus importantes organisations parapubliques sont la Société Sénégalaise dtArmement à la Pêche (SOSAP), le Comptoir d'Expor- tation du Poisson (C.E.P.), et l'Institut de Technologie Alimentaire (I.T.A.). 45. La SOSAP est une société d'économie mixte créée en 1963. Aux termes de ses statuts, son objet social est l'étude et la réalisation d'un armement à la pêche thonière, ainsi que l'exploitation, la conser- vation et la commercialisation des produits de cette pêche2/. Son capital initial de 100 millions de FCFA a été porté à 300 millions en 1968 grâce à l'apport d'intérêts publics et privés (banques locales). La participa- tion de l'Etat sénégalais reste majoritaire. La SOSAP disposait de 5 thoniers congélateurs en 1968 et de 9 en 1969. Ce nombre sera porté à 14 en fin 1970, 19 en fin 1971 et 24 en fin 1972 grâce aux commandes en cours de réalisation. Les investissements réalisés par la SOSAP tota- lisent actuellement 565 millions de FCFA et ceux en cours d'exécution 2.768 millions de FCFA, soit un total engagé de 3.343 millions de FCFA. Le financement de ces investissements se répartit entre les sources sui- vantes: capital de la SOSAP (300 m); subvention française (75 m); sub- vention allemande (137 m); prêts court terme (168 m); crédit-fournisseur moyen terme (296 m); prêts long terme (2.368 m). La SOSAP emploie à pré- sent 53 cadres européens et 140 employés et marins sénégalais. Son chiffre d'affaires était de 340 millions de FCFA pour l'exercice 1967/68 et doit être porté à 700 millions de FOFA à l'issue de l'exercice 1969/70. 46. Le C.E.P. a été institué en 1964 et placé sous la tutelle du Ministère du Commerce et de l'Industrie. L'objectif du C.E.P. est l'achat du poisson frais ou transformé en vue de sa commercialisation sur le marché extérieur. Le fonctionnement du C.E.P. a été marqué par un manque de souplesse et de qualification commerciale. Il se trouve en compétition avec des entreprises privées qui ont jusqu'à sa création été les seules à exploiter cette activité et qui, par conséquent, étaient mieux armées que lui (meilleure cannaissance du marché, antériorité de position, haute technicité, bonne organisation commerciale, moyens matériels et financiers importants). Il serait donc souhaitable de donner au C.E.P. les moyens de remplir sa mission en le transformant en un organisme paraétatique avec la participation des producteurs et transformateurs privés. 1/Ibid.ý, P. 51. - 16 - 47. LàInstitut de Technologie Alimentaire (I.T.A.) a été créé au début de 1963 en vue d'assumer et de coordonner les études et actions re- latives au conditionnement des produits alimentaires (y compris le poisson), le contrôle de leurs qualités, ainsi que la prospection et la diffusion de nouvelles ressources alimentaires locales destinées à améliorer la nutri- tion de la population. L'I.T.A. est un établissement public à caractère industriel et commercial, placé sous la tutelle du Ministre du Commerce et de l'Industrie. Selon le Contrôle Financier du Sénégal, "il semble bien ... que la pêche ne puisse attendre de l'I.T.A. avant de longues années des résultats tangibles et vraiment exploitables de son intervention."_/ il devrait se contenter d'un rôle d'organisme de recherche appliquée et de formation. C. Les coopératives de pêche2/ 48. Les coopératives ont pour mission l'organisation et la moderni- sation de l'armement ainsi que la conservation et l'écoulement des produits de la pêche traditionnelle. Dans leur première mission, les coopératives connurent un indéniable succès, mais elles ne se sont que très faiblement pré- occupées de la commercialisation de la production et de son amélioration. Les coopératives "servirent essentiellement à faciliter l'obtention et la mobilisation des prêts servis par la BNDS en faveur du petit équipement individuel (propulseurs amovibles et engins de pêche) et de l'infrastruc- ture légère de plage (séchoirs par exemple) qui ne pouvaient être consentis à des pêcheurs isolés par absence de garanties financières ..." et à I ... concevoir et réaliser de nouveaux types d'embarc tions modernes par concen- tration de moyens financiers et techniques ..." . 49. A présent trois catégories de coopératives peuvent être distin- guées: les coopératives de pêche artisanale qui groupent les pêcheurs uti- lisant des pirogues à voile ou à moteur; les coopératives de l'armement amélioré (cordiers type "Soumbédioune"); et deux coopératives de construc- tion et cordiers et sardiniers destinés à l'armement local_4'- 50. Outre l'individualisme des pêcheurs, il existe un certain nom- bre d'obstacles à l'évolution du système coopératif dans le secteur de la pêche: a) l'assimilation regrettable des pêcheurs marins et fluviaux avec leurs différents modes de vie au sein des mêmes coopératives; b) le ratta- chement de ces coopératives aux coopératives agricoles beaucoup plus nom- breuses "Iil ont des préoccupations totalement différentes et dont les objectifs nécqssitent des moyens n'ayant aucune commune mesure avec ceux de la pêche".5; c) le manque de coordination entre la Direction de la 1/ Ibid., p. 78. 2/ Pour une description plus détaillée des coopératives de pêche voir l'oeuvre précitée, pp. 97-119. 3/ Ibid., p. 110. SÎous avons déjà signalé que ces deux coopératives sont actuellement arrêtées par suite de la suspension du financement de cette opération par la B.N.D.S. 5/ Ibid., P. 109. - 17 - Coopération et celle des P8ches, bien que toutes deux se trouvent au sein du même ministère; d) l'insuffisance de personnel qualifié par l'encadre- ment; et e) la méfiance des pêcheurs à l'égard d'un contrôle étatique trop étroit de leurs activités. D. Les infrastructures 51. Les infrastructures portuaires. Les captures de la pêche tra- ditionnelle (à l'exception de celles de la pêche cordière) sont entière- ment débarquées sur les plages. Quant à la pêche industrielle exclusive- ment basée à Dakar, elle dispose de trois quais dans le port de commerce pour débarquer ses captures qui varient de 35.000 t à 40.000 t selon les années. Il n'existe aucun local spécifique pour les transactions au dé- barquement qui se font le plus souvent à même le quai; aucun emplacement pour l'armement, l'entretien et l'avitaillement des navires qui se font au hasard des places à quai; aucun slip-way qui puisse recevoir une unité thonière congélatrice moderne. 52. Les facilités de stockage et de traitement par le froid. La situation est sensiblement meilleure en ce qui concerne le stockage sous froid des produits (glace, réfrigération et congélation) du moins pour la pêche industrielle, car pour la pêche traditionnelle les équipements sont rares et sommaires (St. Louis, M'Bour). Les principales disponibilités en froid au Sénégal se présentent ainsi: Tableau 12: DISPONIBILITES EN FROID AU SENEGAL, 1968 Congélation Stockage Fabrique de glace Dakar Spécial pour pêche 177 t/j 6.020 t 120 t/j Pour mareyage (temporairement) - -45 t/j Ziguinchor 31 t/j 230 t - Divers 20 t - Total 208 t/j 6.270 t 165 t/j 53. Les principaux établissements de froid sont: a) l'entrepôt frigorifique du port de Dakar (1954): en mauvais état technique; d'un rendement très faible; en déficit d'exploitation constant depuis 1963; et dont le coût de remise en état serait aussi élevé que le coût d'un entrepôt neuf moderne beaucoup mieux adapté aux besoins; b) la Société des Frigorifiques du Sénégal (SOFRIGAL) (1964) à Dakar: bonne exploita- tion commerciale; c) la Société AMERGER à Ziguinchor, disposant d'ins- tallations pour la préparation et le stockage des crevettes congelées. - 18 - 54. Les conserveries. En 1968, il en existait deux: la Société Africaine de Produits Alimentaires (SAPAL) et les Conserveries du Sénégal. Leurs caractéristiques sont résumées dans le tableau ci-dessous: Tableau 13: CCNSERVERIES, 1968 Conserveries SAPAL du Sénégal (millions (millions de FCFA) de FCFA) Investissement initial 130 280 Emploi (ouvriers et cadres) 452 350 Capacité de production Thon au naturel 50 t/j 40-60 t/j Thon à l'huile 20 t/j 12-18 t/j Au total les deux conserveries peuvent travailler de 25.500 t à 37.000 t de thon par an (250 jours de travail). Or au cours de la campagne 1968/69 elles n'en ont travaillé que 10.914, soit 42 pour cent de leur capacité mi- nimale. Cet excédent de capacité dure depuis quelques années et explique les concentrations qui se sont effectuées. Les frais fixes restent cepen- dant très élevés et rendent la conserve sénégalaise de thon difficilement concurrentielle. 55. La S.A.I.B. à Dakar est la seule usine traitant des sardinelles. Elle emploie un persunnel de 98 ouvriers et cadres. Sa production faible (380 t de poisson traité en 1968) la rend difficilement viable dans un marché sénégalais et africain francophone relativement étroit. 56. Les usines de sous-produits sont au nombre de 2: AFRIC-AZOTE pouvant traiter 30 t/j de matières premières et les Conserveries du Sénégal qui dispose d'une unité ultramoderne pour la récupération de ses déchets pouvant traiter 45 t/j de matières premières. Ces deux usines ont une capacité suffisante puisque la législation sénégalaise interdit le traitement de sardinelles entières pour la production de sous-produits. Elles ne travaillent donc en principe que les déchets de conserveries et les poissons avariés saisis à la vente. 57. La distribution. La grande majorité des transports de poissons frais de la p9che traditionnelle s'effectue par camions, camionnettes, autobus, ou taxis directement par les vendeurs détaillants qui accompagnent leurs pro- duits entre la plage et le marché final. Seuls les mareyeurs utilisent des camionnettes spécialisées. Il est impossible d'apprécier le nombre de véhi- cules affectés au transport du poisson car il n'y a de véhicules spécialisés qu'à Dakar (15 unités de la Société Dakar-Marée et une vingtaine de camion- nettes appartenant aux plus importants mareyeurs). De nombreux véhicules - 19 - étant déjà fortement usagés, les pannes en cours de route, relativement fréquentes, conduisent à la perte de la cargaison. Ceci explique, dans une certaine mesure, la répugnance des transporteurs-mareyeurs à s'enga- ger loin des centres de débarquement du poisson, surtout si la route n'est pas bitumée. Le poisson est également transporté par chemin de fer: en particulier sur la ligne Dakar-Kaolack-Tambacounda-Kidira et sur la ligne St. Louis-Louga-Linguère. Le transport par avion n'est qu'exceptionnel- lement utilisé à l'intérieur du Sénégal, mais l'avion tend à devenir le moyen de transport normal du poisson frais de poche industrielle vers la Mauritanie, la Haute-Volta et la France, bien qu'il ne touche encore que des quantités faibles vers les deux premiers pays. 58. Les marchés de Dakar absorbent 53,2 pour cent du poisson frais transporté à l'intérieur du Sénégal, ceux de Thiès 18,5 pour cent, ceux de Kaolack 16,h pour cent, ceux de Diourbel 4,5 pour cent, ceux de St. Louis 2,0 pour cent et ceux de Louga 0,h pour cent. Les 5 pour cent res- tants sont destinés aux autres villes du circuit Louga-Touba-Thiès et aux agglomérations des axes ferroviaires Kaolack-Tambacounda-Kidira et Louga- Linguère. A partir de ces principaux centres où s'effectue la majorité des ventes il existe une distribution rayonnant sur les villages voisins surtout par achats directs des consommateurs. Le poisson traité est vendu dans le même secteur des marchés que le poisson frais. En général, la ca- pacité des marchés est faible; leur équipement est le plus souvent inexis- tant; et les règles d'hygiène élémentaire n'y sont pas respectées entraf- nant des pertes importantes (manque d'eau courante, désinfection possible seulement une fois par semaine, lutte infréquente contre les mouches, mau- vaises conditions d'utilisation et d'entretien des chambres froides qui les rendent rapidement inutilisables). 59. Jusqu'en 1965, la presque totalité du poisson de pêche indus- trielle était mise en vente à Dakar. Les seuls transports auxquels il était soumis étaient ceux ayant lieu entre le port de poche et les points de vente de la capitale. En 1965, la Société Dakar-Marée a commencé le transport organisé du poisson de pêche industrielle vers l'intérieur du Sénégal. Ce transport est effectué par 15 camionnettes et camions, dont certains isothermes, et porte sur environ 4.000 t par an. 60. Le poisson de pêche industrielle destiné à la consommation directe subit encore trop de manipulations désordonnées essentiellement par suite de l'absence d'un local approprié pour les transactions sur le port. Pour celui qui est destiné à la transformation par la ccngé- lation (sardinelles, crevettes et poisson de fond fin) il faut déplorer ltétat vétuste de l'entrepât frigorifique portuaire et son inadaptation totale aux besoins qui accroissent le coût de .fabrication des produits finis, limitant l'extension de leur distribution, et même souvent ne fournissent pas un service de qualité souhaitable pour les marchés inter- nationaux qui se ferment ainsi à eux. Il n'en est pas de même pour les poissons de pêche industrielle destinés au traitement en conserves (thons et sardinelles) pour lesquels la SOFRIGAL comme les récents équipements en froid des usines de traitement sont de nature à répondre convenablement aux besoins. IV. LE DEVEIDPPEMENT FUTUR DES PECHES DANS LE CADRE DU TROISIEME PLAN QUADRIENNAL (1969-73) A. La Peche Traditionnelle Objectifs 61. Les objectifs du Plan dans ce sous-secteur se résument ainsi: atteindre une production de 200.000t sn fin de Plan; faire passer la motorisation des ij.ogues de 52 pour cent de lteffectif à 100 pour cent; assurer une réorganisation complète des clicuits de distribution; et amé- liorer la qualité et la quantité des produits transformés pour la porter de 10.600t à 15%000t. 62. Les investissements prévus spécifiquement pour ce sous-secteur s'élèvent à 104,7 millions de FCFA, répartis comme suit: Tableau INVESTISSEMENTS PREVUS POUR LA PECHE TRADITIONNELLE,1969-73 (en millions de FCFA) 1969-70 1970-71 1971-72 1972-73 Total Armement Magasins de dépôt de matériels 6,0 ,0 - - 10,0 Crédit maritime 3,4 - - -- 3,1 Distribution Dépdts de glace - 2,6 - - 2,6 Equipement des marchés 2,h 3,1 2,5 l, 9,7 Routes de pêche l/ - - - - p.m. Transformation Ateliers de transformation 12,0 12,0 15,0 4,0 79,0 Total 23,8 22,0 17,5 41, 104,7 1/ La mission, sans se prononcer sur le codt de leur réalisation (500 million FCFA), pense que leur financement ne peut venir que du budget national. Source: République du Sénégal, Troisième Plan 'uadriennal de Développement Economique et Social, 1969-73, p. 101. - 21 - Remarques 63. Production. Compte tenu de la consommation intérieure pré- visible, il ne serait guère possible que la production de la pêche tra- ditionnelle dépasse 140.000 tonnes (p6che pirogiro plus pèche cordière). 64. Armement. Aucun investissement n'a été inscrit au Plan pour l'armement de la pêche traditionnelle. Cependant il est nécessaire d'en- visager un investissement d'environ 840 millions de FCFA pour réaliser des objectifs moins ambitieux que ceux préconisés par les auteurs du Plan (140.000 t de production et 78 pour cent ý/ de motorisation de pirogues en fin de Plan). La ventilation de ces investissements serait la suivante: Tableau 15: ESTIMATIONS DES INVESTISSEENTS NECESSAIRES POUR L'AMEMENT TRADITIONNEL, 1969-73 (en millions de FCFA) Renouvellement des pirogues existantes / 80 Renouvellement des moteurs existants et nouvelle motorisation. Secteur privé 290 Secteur public (exonération des droits de douane) 157 Réalisation de 60 cordiersW 312,5 1/ L'hypothèse utilisée pour arriver à ce chiffre est que les pirogues existantes se renouvelleraient au rythme de 10 pour cent par an, soit 2.000 en tout de 1969 à 1973. 2/ 2.646 moteurs devront être importés. g Au rythme de 45 pour cent de l'effectif non-motorisé existant, soit 1.080 nouveaux moteurs. h/ Y compris la remise en état de 10 cordiers anciens et la réalisation de 50 cordiers nouveaux. Source: Estirm tions de la mission j1 Bon nombre de pirogues qui sont des embarcations de servitude ou pour l'itilisation de sennes n'ont pas besoin d'être motorisées. - 22 - 65. Les opérations inscrites au Plan au titre de l'armement tradi- tionnel sont de deux ordres. Le Plan prévoit d'abord l'installation d'ate- liers d'entretien et de magasins de vente de moteurs et de pièces de rechange. Dans la première phase, ceux-ci seraient installés dans les cinq chefs lieux régionaux de pêche - St.Louis, Cayar, M'Bour-Joal, Kaolack et Ziguinchor - par les firmes importatrices de moteurs. Le montant de l'in- vestissement inscrit au Plan paraît sous-estimé et il faudrait probable- ment tabler sur un investissement de 25 millions de FCFA au lieu de 10. Dans une seconde phase et au fur et à mesure que les coopératives primaires d'avitaillement en voie de constitution siéquiperont et se consolideront, elles prendraient en charge les magasins et les ateliers, devenant ainsi les propriétaires des stocks qu'elles revendraient à leurs adhérents et assurant l'entretien des moteurs par l'intermédiaire de mécaniciens appointés par elles. Aucune dotation n'a été prévu au Plan pour ces coopé- ratives; le Service de Pêches ne dispose pas d'un personnel qualifé suf- fisant pour lui permettre de contrôler ces coopératives, comme il est prévu; et l'étatisation ne semble pas nécessaire dans ce secteur de l'économie qui a donné d'excellents résultats en système libéral. 66. La deuxième opération au titre de l'armement traditionnel est la création d'un organisme de crédit maritime. Aux termes du Plan, "le rôle de cet organisme de crédit est de permettre aux pêcheurs d'acquérir moteurs, pirogues, engins de pêche, cordiers, etc. Cet organisme inter- viendra également pour permettre l'équipement de coopératives de commer- cialisation en dépôts de glace, moyens de transport, salles de vente, etc....."l_/ Bien qu'aucune précision n'ait été donne dans le Plan sur la mode de son opération ou mêne de sa constitution, il semble bien que la dotation de 3,4 millions prévue pour cet organisme soit nettement insuffi- sante pour la réa.-tion des objectifs qui lui ont été assignés. La mission estime que p.iorité devrait être accordée à l'exécution du pro- gramme cordiers qu'elle a défini. 67. Distribution. Les dépôts de glace prévus au Plan seront in- stallés sur les principaux points de débarquement du poisson et permet- tront un mareyage convenable des produits, en attendant la mise en place de structures de production de froid. Une remarque sîimpose, cependant: il est regrettable que l'établissement d'une chaîne du froid prévue an titre de l'élevage n'ait pas fait l'objet de concertations préalables entre les Directions de l'Elevage et des Pêches. 68. L'6quipement des marchés par la création de stands aménages conduira à une amélioration sensible des conditions de vente du poisson, et à une incidence fiscale et parafiscale susceptible d'en assurer l'amor- tissement. 1/ IIIe Plan Quadriennal, p.97 -23 69. Transformation. Il sragit de poursuivre 1'installation dans les ports piroguiers d'infrastructures permettant le traitement de certaines espèces de poissons ou du surplus de la marée fratche pour la préparation de produits définis susceptibles de trouver des débouchés intéressants parmi les marchés traditionnels intérieurs ou extérieurs au Sénégal. Ces ateliers de transformation pourraient servir de correspondants efficaces pour le Comptoir dExportation du Poisson dans son programme d'exportation. Le montant des investissements prévus, 79 millions de FCFA, semble très élevé eu égard aux résultats espérés qui ne semblent pouvoir être atteints que pour le metorah l/. Un montant de 30 millions de FCFA voisin de celui engagé au cours du 2e Plan paratt buffisant. B. La Pêche Industrielle (y compris la pêche thonière) Objectifs 70. Les objectifs de production de la pêche industrielle en 1973 sont: 5.000 t pour la pêche chalutière 9/; 40.000 t pour la pêche sardi- nière; et 25.000 t pour la pêche thonière. Les investissements prévus spécifiquement pour la pêche industrielle s'élèvent à 3.6h0 millions de FCFA, ventilés ainsi pendant la durée du Plan: Tableau 16: VEITILATION DES INVESTISSEMENTS PREVUS POUR LA PECHE INDUSTRIELLE, 1969-l973, (en millions de FCFA) 1969-70 1970-71 1971-72 1972-73 Total Navires crevettiers - 100,0 58,0 58,0 216,0 Complexe sardinier 10,0 20,0 54,o 140,0 224,0 Armement thonier 713,0 937,0 600,0 600,0 2.850,0 Cargo frigorifique - - 350,0 -- 350,0 Total 723,0 1.057,0 1.062,0 798,0 3.6h0,o Source: IIIe Plan Quadriennal, p. 101. If La production des poissons traités est censé atteindre 15.000 t en 1972, dont 550 t de poissons sal-séché., 10.000 t de ketiakh, 1.200 -t de metorah et 3.250 t de préparations diverses. Le guedj a été com- plètement oublié (on peut s'attendre 'à environ 5.000 t). Les objectifs pour les autres formes de transformation semblent sur-estimés, sauf pour le metorah. La mission estime en particulier qu'il faudrait limiter les objectifs de production di ketiakh 'à 6.000 t et des pré-- parations diverses à 1.000 t compte tenu des possibilités de capture., 2f Il stagit seulement de la pêche de crevettes et de soles, dont la pro- duction était d'environ 3.000 t en 1968, D6sor.iais, nous parlerons de la ptche crevettière au lieu de la pêche chalar. - 24 - Remarques 71. Pêche crevettière. Le Plan prévoit l'acquisition de h bâtiments de pêche crevettière modernes, équipés de matériel de triage, conditionnement et congélation à bord, ce qui conduirait à un accrois- sement de production de 1.500 à 2.000 t. Cette nouvelle flotte doit être intégrée à la SOSAP. Ce projet doit être repensé pour les raisons suivantes: (a) il y a overfishing pour la crevette; (b) des crevet- tiers congélateurs privés ont déjà dû abandonner le Sénégal parce que peu rentables; (c) la SOSAP spécialisée dans l'exploitation des thonidés nfa pas vocation pour gérer des crevettiers, d'autant plus que la ten- dance d'assurer le monopole de la pêche industrielle à cette société est à éviter; (d) il est inutile dendetter le Gouvernement pour une opération qui est exécutée avec satisfaction par des professionnels qui jusqu'à présent n'ont pas fait preuve de carence; et (f) l'objec- tif de 4.O00 t à 5.00o t par an pourra être atteint avec la flottile actuelle si elle est améliorée. En conséquence, il faut simplement envisager un investissement privé d'environ 120 millions de FCFA pour le renouvellement et la modernisation de la flotille existante. Si l'acquisition de crevettiers congélateurs neufs était réalisée, il serait indispensable d'envisager le retrait d'unités anciennes corres- pondant a la valeur de leur effort de pêche. 72. Complexe sardinier. Ce complexe consisterait en un ensemble intégré comprenant une flotille de pêche et un ensemble frigorifique de traitement, conditionnement et exploitation. Quatre navires sardiniers existent, et 4 autres seront acquis au cours du Plan. L'exécution du projet entier sera précédé par une étude du marché mondial de la sar- dinelle. 73. Compte tenu de la proximité des zones de pêches, les investis- sements pour l'armement n'ont pas besoin d'être élévés. Il suffira aux navires de disposer d'aménagements corrects. Pour cela le marché mondial offre de bonnes occasions de bateaux. Le gros des investisse- ments devra porter sur lamnagement des cales, sur les appareils de pêche (détecteurs de poisson, radio, power block) et sur les engins de pêche. Le devis financier total pourrait donc être de l'ordre de 128 million de FCFA pour 4 bateaux. 74. Les résultats de l'étude devront déterminer l'orientation de la politique sardinière sénégalaise. 75. Armement thonier. La flotte de la SOSAP doit être augmentée au cours du Plan par l'acquisition de dix unités nouvelles. Les inves- I/ Il s'agit seulement de la pêche de crevettes et de soles, dont la production était d'environ 3.000 t en 1968. Désormais, nous parlerons de la pêche crevettière au lieu de la pêche chalutière. tissements prévus semblent assez raisonnables, mais compte tenu des sommes déjà engagées pour la SOSAP en fin du 2ème Plan, le montant des investissements nécessaires au cours du 3ème Plan n'aura pas be- soin de dépasser 1.122 million de FCFA. 76. Cargo frigorifique. Le Plan prévoit l'acquisition d'un navire de transport exploité sur les lignes Sénégal-Côte Occidentale d'Afrique et Sénégal-Europe. La mise en service de ce cargo permettra de réduire de moitié les frais de transport de thon, conférera une certaine autonomie à la SOSAP, permettra de régulariser l'approvision- nement de l'usine du complexe thonier, et facilitera l'exportation d'autres produits sénégalais. Cependant, son exploitation ne peut être profitable que si elle est confiée à une entreprise spécialisée. C. Actions Générales d'Equipement Objectifs 77. Les investissements prévus sous cette rubrique s'élèvent à 663,0 millions de FCFA, ventilés ainsi: Tableau 17: PROJETS D'EQUIPEMENT POUR LA PECHE, 1968-73 (on millions de FCFA) 1969-70 1970-71 1971-72 1972-73 Total Dakar 1/ Quai de pêche p.m. Entrepdt frigorifique 160,0 160,0 - - 320,0 Criée du port - 45,0 - - 45,0 Halles centrales 40,0 19,0 - - 59,0 St-Louis Port de pêche p.m. Ziguinchor Complexe frigorifique 17,0 ,- 17,O Navire guarde-pêche 200,0 - - - 200,0 Transformation et conservation de poisson 10,0 6,0 6,0 22,0 Total 417,0 234,0 0 0 663,0 Ces deux projets sont inscrits au titre des Ports et Voies Navigables dans le Plan. Le premier consiste d'une extension du nouveau quai de pêche au port de Dakar et de l'approfondissement à 6 m de la zone d'accès du quai pourirdnvestissement de 485 millions de FCFA. Le second consiste en l'installation d'un port en eau profonde sur le site de l'hydro-base de St-Louis pour un codt total de 30 millions de FCFA (voir IIIe Plan, pp. 176-178). Source: IIIe Plan Quadriennal, p. 101. - 26 - Remarques 78. Dakar. Avant de procéder avec le quai de pêche, il est neces- saire d'envisager une étude chiffrée du port de pêche en vue de déter- miner les besoins et les investissements nécessaires. 79. L'accroissement de la consommation de glace, de l'utilisation de la congélation et de la conservation sous froid et l'incapacité des établissements actuels d'y répondre tant quantitativement que qualita- tivement ont conduit à l'idée de construire un nouvel entrepôt frigo- rifique. Compte tenu des besoins prévisibles, le projet de la Direc- tion des Pêches serait à réduire: sur la congélation de 60 t/j à 40 t/j (besoin minimum 25 t/j) et sur le stockage des produits frais autres que le poisson, de 1400 t à 700 t (besoin minimum 25o t). Par contre, les besoins en glace éstimés à 300 t/j ne sont couvert que partiellement (105 t/j sans entrepôt du port). En ce qui concerne l'implantation du nouvel entrepôt, il est impensable que l'aménagement du port puisse s'effectuer à un rythme tel qu'en 1970 on puisse le réaliser à son emplacement définitif. Or c'est dès cette année qu'il est impératif que cet établissement puisse fournir ses services. En conséquence il faudrait adopter la solution d'une implantation d'un établissement préfabriqué à caractère provisoire, en attendant qu'une décision soit prise sur l'emplacement définitif. Il est donc impossible de se pro- noncer sur le montant estimé pour les investissements (350 millions de FCFA) ni sur l'origine de ce financement tant que les autorités séné- galaises n'auront pas fait clairement connaitre le plan qu'ils auront retenu. 80. La nécessité d'une criée où le poisson sera exposé publique- ment et vendu aux enchères à des professionnels organisés répondant à un statut défini par une réglementation appropriée et située dans l'en- ceinte portuaire est évidente à Dakar. A présent, il existe une anarchie considérable sur le quai qui favorise des petits commerçants marginaux qui s'intercalent entre le pêcheur et le magasin actuelle- ment mis à la disposition des vendeurs et acheteurs pour prélever des marges qui ne se traduisent pas par un effort de modernisation ou d'équipement de leurs structures de vente. Pour remédier à cette si-u- ation, la Direction des Pêches a prévu la transformation de la halle d'entrée de l'actuel entrepôt frigorifique en criée et l'équipement de l'enceinte ainsi formée de chambres froides divisées en casiers loues aux mareyeurs. Cet aménagement ne pourrait être cependant qu'une mesure très transitoire pour les raisons suivantes: (a) tout aménage- ment dans l'ancien entrepôt serait onéreux pour un résultat aléatoire; (b) la criée devrait avoir une position beaucoup plus centrale par rapport aux marchés de détail qu'elle est censée approvisionner; et (c) les voies d'accès et de dégagement autour de l'actuel entrepôt sont très encombrées et un accroissement de trafic risque de compliquer - 27 - une situation déjà confuse. Pour toutes ces raisons, l'implantation de la criée devrait être associée à celle du futur entrepôt frigorifique dont elle devrait faire partie intégrante. 81. Ei ce qui concerne les halles centrales, il ne semble pas nécessaire de prévoir un grand marché de gros à Dakar dans la mesure oùÙ cette structure doit exister dans le port de pêche. Il serait pré- férable d'installer un grand marché central dans la Medina avec un secteur détail et un secteur gros. Le coût indiqué dans le Plan semble sous-estimé. 82. St-Louis. La pêche maritime à St-Louis est caractérisée par un artisanat actif, mais elle est pratiquement limitée à la période d8avril à juillet. Il en résulte une migration des pêcheurs vers le sud avec pour conséquence une saison morte pour les installations de transformation. f/ Il semble que cette pêche ait atteint ses possi- bilités maximales avec la pirogue, mais le renouvellement de ses struc- tures ne peut se justifier qu'en fonction des marchés. Or, ceux-ci sont situés soit dans le sud du pays, soit à l'étranger, et sont donc plus aisément satisfaits par les régions de Thoès et du Cap-Vert. La réalisation d'un port de pêche à St-Louis est donc prématurée. 83. Ziguinchor. Il est prévu de consacrer 17 millions de FCFA pour l'installation d'un complexe frigorifique susceptible de permettre l'épanouissement d'une flotille locale qui pourrait accroître l'activité des industries locales de transformation artisanale (ketiakh et metorah) ou industrielle (crevettes congelées). Cette opération est à maintenir. 84. Navire guarde-pâche. L'objectif de ce navire sera la pro- tection du patrimoine halieutique sénégalais, qui est l'objet de pillages incessants par des navires étrangers. Il y a cependant dis- cordance entre les chiffres avancés par le Ministère du Plan (200 mil- lions de FCFA) et la Direction des Pêches (370 millions de FCFA) pour le montant de l'investissement nécessaire. C'est le chiffre de la Direc- tion des Pêches qu'il faut retenir. 85. Transformation et conservation de poisson. Nous avons déjà indiqué qu'il y a un exc6dent de capacité dans cette branche. Cet in- vestissement serait donc à abandonner. lf Il faut noter que le pourcentage des produits traités tradi- tionnels de cette région est en diminution sensible dans la consommation intérieure et l'exportation du Sénégal. - 28 - D. La Pêche Fluviale Objectifs 86. L'objectif de production prévu pour cette pêche est incer- tain. Il semble, cependant, assez raisonnable de tabler sur une pro- duction de 40.000 t en 1973 (comparée avec 35.000 t en 1968). Les investissements prévus s'élâvent à 22 millions de FCFA. Tableau 18: INVESTISSEIENTS PREVUS POUR LA PECHE FLUVIALE, 1969-73 (en millions de FCFA) 1969-70 1970-71 1971-72 1972-73 Total Pêche fluviale 7,0 6,0 6,0 3,0 22,0 Les actions principales à entreprendre dans ce sous-secteur sont: (a) l'organisation des pêcheurs en coopératives; (b) la réalisation diaménagements permettant une meilleure conservation, revalorisation et commercialisation des produits de la pêche; et (c) la mise au point de méthodes améliorées pour la conservation, la transformation et l'em- ballage de ces produits par un expert en technologie du poisson chargé en même temps de former un homologue sénégalais. Remarques 87. Compte tenu des résultats attendus il serait possible de faire certaines économies sur le programme d'investissement, en éli- minant certains équipements superflus et en essayant d'obtenir que la FAO fournisse le spécialiste et son matériel. Le programme n'attein- dreit donc que 15.00.000 FCFA sur le budget national et le secteur privé, l'intervention de la FAO se chiffrant à environ 20.400.000 FCFAe E. Récapitulation des Investissements Envisagés 88. Le tableau suivant présente les investissements prévus au Plan et les révisions proposées par la mission. - 29 - Tableau 19: RECAPITULATION DES INVESTISSEMENTS PREVUS AU COURS DU TROISIEME PLAN Mode de Financement Financement Plan Prévu au Plan Mission suggéré par la Mission Pêche Traditionnelle Armement Magasins de dépôt de matériels 10 Privé 25,0 Privé Crédit maritime 3,h Budget à déte- - national miner (B.N.) après étude Renouvellement des pirogues existantes 80,0 Privé Renouvellement des moteurs Privé existants et nouvelle (290) et motorisation -h7,0 B.N.(157) Réalisation de 60 cordiers - 312,5 B.N. Distribution Dépôts de glace 2,6 B.N. 2,6 B.N. E-cuipement des marchés 9,7 Budgets régi- 9,7 B.R.C. onaux et com- munaux (B.R.C.) Routes de pêche p.m. Tr&nsformation Ateliers de transformation 79,0 B.N. 30,0 B.N. Ptuhe Industrielle Navires crevettiers 216,0 Aide étrangère 120,0 Privé (A.E.) Complexe sardinier 224,0 A.E. 128,0 Privé Armement thonier 2.850,0 B.N.(310), 1.122,0 B.N. (12), A.E.(2.h40) A.E. et privé(100) (1100)et privé (10) C::crgo frigorifique 350.,0 A.E. 350.,0 A.E. - 30 - Tableau 19: suite Mode de Financement Financement Plan Prévu au Plan Mission suggéré par ___________la Mission Actions Générales d'Equipement pour la Pêche Dakar Quai de pêche p.m. à déterminer A détermirer après étude Entrepdt frigorifique 320,0 A.E. ) à déterminer )0après déci- A détentiner Criée du port 45,0 ) sion des ) autorités sur ) le plan qu' ) elles veulent ) retenir Halles centrales 59,o A.E. Cout dans le plan sous- B.N. estime Saint Louis Port de pêche p.m. prématuré Ziguinchor Complexe frigorifique 17,0 B.R.C. 17,0 B.R.C. Navire garde-pêche 200,0 A.E. 370,0 A.E. Transformation et conservation de poisson 22,0 B.N.(4) et à abandonner - A.E.(18) Phe fluviale 22,0 B.N. 15,4 B.N. (11,4) et privé (4) Etudes de pré-investissementsi/ - 27,0 B.N. Recherche Océanographique (ORSTOM) 329,0 B.N.(131) 329,0 B.N. (131) et A.E.(198) et A.E.(19Q Voir chapitre V. Total 4.758,7 3.385,2 Source: IIIe Plan Quadriennal; Estimations dé la mission. - 31 - V. BESOINS EN ETUDES DE PeI7VESTISSEIMTS 89. Si on excepte l'étude du marché de la sardinelle dont le financement a déjà été demandé à l'Assistance Technique française (coût: 10 millions de FCFA), deux autres études doivent être retenues. La prenière concernerait la mise en place du crédit maritime et du programme cordier et la deuxième la définition, avec les autorités sénégalaises, d'une politique à long terme d'équipement du port de pêche de Dakar. Le coût de ces deux études s'élèverait à 12 millions de FCFA et à 15 milliorde FCFA respectivement.

Informations clés
Date d'adoption
Pays Sénégal
Source Banque mondiale