World Bank Group · Pre-2003 Economic or Sector Report

Burundi - The economy

Burundi World Bank
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FILE COpy Public Disclosure Authorized DIFFUSION RESTREINTE Rapport No. AE-1a TRADUCTION NON-OFFICIELLE A TITRE D'INFORMATION Ce rapport a été préparé à titre de document interne. Ni la Banque ni les organismes qui lui sont affiliés n'acceptent aucune responsabilité quant à son exactitude ou son caractère exhaustif. En aucun cas ce rapport ne saurait être publié ou cité comme représentant leurs vues. Public Disclosure Authorized BANQUE INTERNATIONALE POUR LA RECONSTRUCTION ET LE DEVELOPPEMENT ASSOCIATION INTERNATIONALE DE DEVELOPPEMENT Public Disclosure Authorized L'ECONOMIE DU BURUNDI Public Disclosure Authorized Le 24 février 1969 Département Afrique de l'Est TAUX DE CONVERSION Unité monétaire Franc Burundi (FBu) Depuis février 1965 l dollar EU = FBu 87,50 FBu l • 0,01143 dollar EU FBu l million = 11.429 dollars EU Avant février 1965 l dollar EU : FEu 50,00 FBu l = 0,02 dollar EU Le présent rapport a été élaboré par l~. ~le M."Hansen, Chef de mission, Atle Elsaas et Jean-lfurie Payen, après un voyage d'étude au Burundi en mai 1968. TABlE DES MATIERES Pages DONl-JEES DE BASE RESUl1E ET CONCLUSIONS •••••••••••••••••••••••••••••••••••••• i vi 1. HISTORIQUE •••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••• 1 A. Le pays •••••••••••••••••••••••••••••••••••••••• 1 B. Histoire et évolution politique •••••••••••••••• 1 II. L'EVOLUTION DE L'ECONOMIE CES DERNIERES AI~~ES ••••••• 3 A. ntr~ction ••••••••••••••••••••••••••••••••••• 3 B. Structure de l'économie •••••••••••••••••••••••• 4 C. Croissance de l'économie ••••••••••••••••••••••• 7 D. Evolution de la situation dans les principaux secteurs...................................... 10 Agriculture............................... 10 Industrie................................. 14 Transports et Communications.............. 15 Enseignement et Main-d'oeuvre............. 16 III. L'ACTION DES POUVOlrlS PUBLICS •••••••••••••••••••••••• 18 Consid~rations g~n€rales ••••••••••••••••••••••• 18 Aperçu résumé des faits consécutifs à llindépendance ••••••••••••••••••••••••••••••• 18 Croissance, politique financière et balance des paiements •••••••••••••••••••••••••••••••• 19 Politique budgétaire ••••••••••••••••••••••••••• 22 Revenus de l'Etat •••••••••••••••••••••••••••••• 23 Dépenses du budget ordinaire ••••••••••••••••••• 24 Le budget extraordinaire ••••••••••••••••••••••• 26 Budget et finances de l'Etat ••••••••••••••••••• 27 Les investissements du secteur public et leur financement............................. 29 L'organisation du crédit....................... 32 Balance des paiements........................... 34 L1année 1968................................... 36 nésumé des résultats de la gestion financière.. 37 IV. PERSPECTIVES ET PROBLE~ms FUTUas ••••••••••••••••••••• 39 Perspectives â moyen terme ••••••••••••••••••••• 40 Besoins en capitaux •••••••••••••••••••••••••••• 44 Aptitude à emprunter ••••••••••••••••••••••••••• 46 APPENDICE STATISTIQUE Al'!liifEXE l Evolution de la situation dans les principaux secteurs Al~rmXE II - Projections des Exportations, des taxes à Itexportation et des revenus à la production, 1969-1975 lJ~ III - Effets produits par l'accroissement des exportations et les variations de la politique financière DONNEES DE BASE Superficie: 25.990 lan2 Population: (estimation de 196C) 3.4 millions ---~ Densité au km2 131 Produi t intérieur brut ~ prix courants (1965) - en rd1lions de dollars 153~4 en activités l,ionétisées 61,1 en acti \'Ï tés non-n~onétisées 92,3 par habitant, en 1965: 4200 FBu = 4-.; dollars Ressources totales: (1965) En rdllions Pourc enta rte __ H -ue QoITars .. Par origine: - "- proal."iTE intérieur brut 153)4 ,) ;:l- Ir,::;)ortations nettes de biens et services ~J.?4 2 Total 156~8 100 Par emploi: Cons OlrJnati on 148,0 S!4,5 Investissements bruts 8,8 2L?_ 156,8 100 Pource~ta~e du PIB aux prix du marché (1965) Investissements bruts 5,7 Epargne nationale brute 6,5 Défici t de la balance des paiements (compte courant) 3,6 Revenus des investisseri,ents 0,01 Recettes fiscales Part m.onétisée 23,4 Total 9,3 Honnaie et crédit (en millions de dollars EU) 1967 1964-67 (nêc.) (Taux d'accrois- sement p.a.) Disponibilités monétaires totales 17,9 8,1 Comptes dt épargne ou à terme 9,0 Il,1 Prêts de banques commerciales au secteur privé 6,6 18,4 Prêts bancaires au secteur public 7,4 Prix 1967 1963-67 Taux d'augmentation 8 10,1 - 2 - Opérations du secteur public 1962-1964 1965-1967 1 - - (en milllÔÏ1s de<fôlJ:ars (Taux dtaccroissement) P..ecettes )ubliques courantes 18,6 39,0 14,3 Dépenses ,ubliques courantes 20,1 31,0 13,9 Deficit 1,5 Dépenses publiques dl équipement 1,03 Dépenses d'équipement du secteur public 6,5 13,4 17,6 Balance des paiements 1962-1967 "(ëüÏàillions de dollars) (Taux d1accroissffinent) II Exportations (f.o.b.) 16,6 7,4- Ili1portations (c.a.f.) 19,4 4,2 Invisibles nets -2,9 Solde net du budget de fonctionnement 6,7 Financé par: Assistance extérieure enregistrée 3,3 Autres transactions 1,0 Utilisation des réserves exté- rieures nettes 2,4 Café 82,5;r: Coton 6,4~ Peaux 3, Autres 8 ,l~: Dette extérieure de l'Etat (en-Îl1ITITons "a.ë dollars) Décembre 1967 Total en cours 5,5 Total annuel du service de la dette 0,6 Ratio du service de la dette 2,0 Réserves internationales Déc. 1964 Déc. 1967 Juin 1968 ~èn millions de dolîars) Banque Centrale Il,06 3,43 4,23 Bm1ques commerciales 2,78 1,12 0,82 Total 13,24 4,55 5,05 -_._--_._--~------- :!I 15'62 a été une éIJ."1l1ée de faible récolte de café et 1967 une année de récolte maximale. RESUME ET CONCLUSIONS Généralités 1. Le Burundi est un petit pays sans accès à la mer li mi té par le Congo, le R\v-anda et la Tai.1zanie, distant de quelque 1.500 km du port mari- time le plus proche si tué en Tanzanie. Le relief est montagneux, mais la nature des sols et du climat permet des récoltes supérieures à la moyenne pour l'Afrique. La population, de 3,4 millions d'habitants environ, est concentrée dans les hauts plateaux montagneux od la densité est relative- ment élevée pour l'Afrique tropicale. 97 pour cent des habitants sont des rurau.."C, vivant dfl.ns de petites exploitations indi viduellesj la région rurale est nettement caractérisée par 11absence d'agglomérations et de marchés. L1éloignement des cultivateurs des marchés, des moyens de communication et des services publics contraste avec la concentration à Bujumbura, seule grande ville du pays d1importance notable, de la plupart des industries, commerce, moyens de transport et services modernes. 2. La situation politique a été instable entre 1962, année de l'ac- cession du pays à l'indépendance et la fin de lJannée 1966, date de pro- clamation de la République. Le régime actuel gouverne sans Parlement élu et le cabinet a été assez fréquemment remanié depuis 1966, par suite de l'entrée àans la vie politique d 1 un nombre croissant de hauts fonction- naires. Y~lgré ces changements politiques, les objectifs économiques sont demeurés relativement stables, depuis 1965 notamment. 3. LJéconomie est très limitée et sous-développée. Le PIB était estimé en 1965 à environ 153 millions de dollars, soit environ 48 dollars par habitant. Toutefois, la production d'auto-consommation représente les deux tiers du PIB, de sorte que la partie du PIB qui entre dans le circuit monétaire nJest en fait que de 18 dollars par habitant. La pro- duction pour le marché est limitée au café. au coton en petites quantités, et à un nombre restreint d'installations industrielles, de services commer- ciaux et de transport groupés à Bujumbura et créés à 110rigine pour ali- menter les marchés du Rvlanda et du Congo oriental ainsi que ceux du Burundi. L'économie est donc fortement tributaire de ces activités et de celles quI engendrent les dépenses de l'Etat. 4. Le volume limité de 11 économie et le faible ni veau des revenus restreignent fortement les possibilités d1épargne, d!investissement ou de financement des services publics de base, mélme à des niveaux rudimen- taires. Les investissements sont estimés en gros à 6 pour cent environ et l'épargne intérieure brute à environ 3,5 pour cent du PIB total. L'é- pargne du secteur public a été négative et la maj eure partie de 1 J épargne pri vée est envoyée hors du pays par les résidents étrangers. 00 au volume restreint des activités monétisées, soit 7 millions de dollars pour les investissements, 20 millions de dollars pour le budget de fonctionnement, 16 millions de dollars environ pour les exportations, des changements re- latifs même importants nJentraînent que de petites modifications en chiffres absolus des quantités économiques essentielles. Autrement dit, les recettes et les dépenses courantes de llEtat représentent respectivement un quart des revenus monétaires, soit des dépenses courantes de 6 dollars par habitant, ce qui est indicatif du niveau des services publics. Les investissements, de 2 dollars environ par habitant, sont un autre indicateur intéressant. - ii 5. La prépondérance de llagriculture de subsistance et lJimportance limi tée de la production destinée au marché font que le pays est lourdement tributaire des exportations et toute variation des revenus monétaires se répercute fortement sur les importations. Une diminution des exportations provoque rapidement une crise économique et financi~re alors quJune augmen- tation des exportations n'entraîne pas nécessairement une amélioration cor- respondante de la balance des paiements étant donné le niveau peu élevé de l'épargne et de la production intérieure. 6. L'analphabétisme, le traditionalisme et le fait que les agricul- teurs sont peu disposés à traiter en esp~ces freinent le développement agri- cole. L'industrie est entravée par le coût élevé des transports, de l'éner- gie et des facteurs de production importés ainsi que par le volume réduit du marché par sui te de la forte diminution des échanges avec le Rwanda et le Congo. La main-d'oeuvre spécialisée est extrêmement rare et les organismes de développement n'en sont encore qu'à leurs débuts. En bref, l'économie du pays est limitée, pauvre et vulnérable. Tendances récentes 7. Le Gouvernement du Burundi a cherché à remédier à une situation économique et f:inanciêre qui a commencé de slaggraver avant l'indépendance et, d 1 autre part, à organiser les services publics et à accrottre son effort de développement. Les troubles politiques, au Congo d1abord puis au Rwanda, ont entraîné la fermeture effective de ces marchés entre 1960 et 1964 et les potentiels industriel, commercial et de transport ont accusé une chute brutale. Le départ des techniciens agricoles belges ainsi que les crises politiques illtermettentes que le Burundi a connues ont contribué à la diminution rapide de la production de café et de coton enregistrée entre 1960 et 1963. Ce mou- vement a coïncidé avec une baisse des prix mondiaux du café et du coton. Les dépenses courantes de l'Etat ont augmenté rapidement entre 1962 et 1964, mais les revenus n'ont pas suivi et le déficit budgétaire sIest accusé. Les in- vestissements publics et privés ont diminué par rapport aux niveaux de la fin des années 50. Les importations essentielles au taux officiel de change ont été limitées, entraînant une pression sur les prix pour ce qui est de l'offre, et la disparité entre les taux au marché libre et les prix locaux a continué de s'accuser, créant également des tendances à l'augmentation des silaires et des prix. B. Un programme de stabilisation a été lancé en février 1965 en même temps qu 1 étai t conclu un accord de ligne de crêdi t avec le Fonds Monétaire International. Le programme prévoyait notamment une dévaluation de 75 pour cent, des dispositions plus libérales d 1 échanges et de paiements, des poli- tiques monétaires restrictives et une augmentation des imp6ts. 1e programme a permis dJaugmenter les revenus et de diminuer le rythme d 1 accroissement des dépenses courantes. Toutefois, alors que le budget de fonctionnement (service de la dette exclu) était équilibré pour la première fois en 1967, le défi ci t global du budget se maintenait entre 2 et 2,5 millions de dollars par an, par suite de l)augmentation, de 1965 à 1967, des dépenses d 1 investis- sement et du service de la dette publique. La majeure partie du déficit était en fait couvert directement ou indirectement par les banques, étant donné qu'une forte proportion des emprunts locaux étaient contractés par des organismes parastatau.~ qui, à leur tour, empruntaient à leur banque ou tiraient sur leurs comptes bancaires. - iii - 9. Les mesures de stabilisation et les restrictions sur les impor- tations de biens de consommation n'ont pu emp@cher que la balance des paiements continue à @tre soumise à des pressions depuis 1965. Le déficit du budget de fonctiormement oscille entre 6,5 et 7, 7 millions de dollars depuis 1965. A peu près 60 pour cent du déficit du budget de fonctionne- ment a été couvert par une aide extérieure et le solde par tirage sur les réserves extérieures. Les réserves extérieures étant tombées en gros à lléquivétlent de deux mois d'importations à la fin de 1967, mais ce niveau est insuffisant étant dormé la structure fortement saisonnière des recettes; alors que les paiements s'échelonnent sur toute l'armée, les recettes tirées du café ne rentrent qu'au cours du deuxième semestre. Le Burundi a couvert ses besoins saisormiers en devises par des tirages sur sa ligne de crédit auprès du FMI qui sont passés de 4 millions de dollars à 6 millions de dollars sur un quota total du FMI de 15 millions de dollars. 10. Les investissements annuels du secteur public ont à peu près triplé depuis 1964 et Si élèvent actuellement à 6,5 millions de dollars environ alors que les investissements privés ne dépassent pas un ou deux millions de dollars. Les possibilités limitées dans les secteurs agri- cole et industriel, et le niveau peu élevé des services publics ont for- tement influencé jusqu1à présent la répartition des investissements du secteur public. Etant dop.né que les investissements publics ont surtout été affectés au.:;.: serVices publics et à l'infrastructure et que les inves- tissements privés sont restés li mi tés, la capacité de production du pays nI a pas augmenté sensiblement. Environ 60 pour cent des investissements du secteur public ont été financés par une aide extérieure, soi t, depuis 1962, 12 millions de dollars enViron sur un total de 22,2 millions de dollérs, et des sommes plus importantes ont été versées au titre de l'as- sistrulce technique; toutefois, ces crédits n 1 0nt pu contrer les effets sur la balrulce des paiements, de toutes les dépenses locales afférentes aux projets et aux. programmes d'assistance technique. Il. Depuis 1965, les autorités du Burundi ont fait de sérieux efforts pour rétablir la stabilité de lléconomie et en accélérer la croissance en augmentant les investissements. Elles sont parvenues à &oéliorer la position de la trésorerie (service de la dette exclu), à augr.1enter les investissements publics et à freiner la consommation privée et lJimportation de biens de consommation, mais le déficit du secteur public n'a pu être comblé et l'économie n'a pas progressé de manière sensible. Les possibilités d'au~nenter les revenus par une réduction de la consownation privée sont limitées. Les ressources du secteur public pourraient être utilisées plus efficacement, mais il est prati- quement impossible de diminuer les dépenses publiques, les services publics et le taux d1investissement étant déjà insuffisants. Le Burundi est un pays pauvre et de superficie limitée et, pour rétablir sa sta- bilité, il faudrait augmenter les ressources provenant de son dévelop- pement économique et de l'aide extérieure, plut6t que de réduire encore les dépenses privées et publiques. On peut s'attendre à une nouvelle aggravation de la situation budgétaire et de l'état de la balance des paiements en 1968 qui laissera très peu de possibilités d'action et gênera davrultage encore les autorités du Burundi dans leur effort pour stabiliser lJéconomie et promouvoir le développement. - iv - 12. Compte tenu du faible niveau actuel des réserves extérieures, il est évident que le Burundi aura besoin d 1 une aide extérieure dJun montant équivalant à 100 pour cent du coût des investissements du sec- teur public augmenté du déficit du budget de fonctionnement (au moins un montant égal à l'incidence de ce déficit sur la balance des paiements estimé à 80 ou 90 pour cent), si le p~s veut à la fois poursuivre son effort de développement et maintenir sa politique libérale d'échange et de paiements. Il sera nécessaire de prévoir une aide extérieure sous forme de soutien budgétaire ou autre, correspondant au déficit du budget de fonctionr.ement et à la part du co«t des investissements du secteur public non couverte par lJaide aux projets. 13. Il est impossible de chiffrer le montant de llaide extérieure nécessaire, mais on peut donner une idée de son ordre de grandeur en po- sant comme hypothèse de base que les investissements du secteur public se maintiendront au niveau de 1967, soit 575 millions de francs Burundi et que le déficit du budget de fonctionnement sera en moyenne de 150 mil- lions de francs Burundi environ par an au cours de la période de cinq ans 1968-1972. Au cours de ces cinq années, lJassistance extérieure néces- saire effectivement décaissée serait d1environ 3.125 millions de francs Burundi, soit 36 millions de dollars. Dans l'hypothèse où llaide couvri- rait ep moyenne 90 pour cent du coût des projets, les crédits nécessaires s'élèveraient à un montant de 2.370 millions de francs Burundi, soit 27 millions de dollars, au titre de llaide aux projets et à 755 millions de francs Burundi, soit 8,8 millions de dollars, de soutien budgétaire. En regard de ces estimations, on constate quJune aide aux projets de 1.530 millions de francs Burundi, soit 17,5 millions de dollars a déjà été con- sentie ou est sur le point de llêtre. Il slensuit que des versements au titre dJune nouvelle aide aux projets,d 1 un montant de 9,5 millions de dollars devront être prévus ainsi que 8,8 millions de dollars environ de soutien budgétaire, soit un total de 18,3 millions de dollars. Le montant des engagements au titre de la nouvelle aide extérieure devrait être plus élevé pour obtenir le niveau retenu de versements, la somme totale étant fonction de la proportion relative du soutien budgétaire et de lJaide aux projets, ainsi que de lJéchelonnement des versements dans chaque cas. 14. Le service de la dette extérieure représente à llheure actuelle un peu plus de 2 pour cent des recettes dl exportation, mais ce rapport ne donne évidemment pas une idée préCise de la capacité d 1 emprunt du Burundi, étant donné le n.i veau peu élevé de 1 J épargne et les perspectives limitées de développement. Tant que lladministration du Burundi sera contrainte, pour équilibrer son budget de fonctionnement, de recourir à une aide exté- rieure ou de puiser sur ses réserves existantes en devises, il lui sera de toute évidence inlpossible dJassurer le service de sa dette sur ses propres ressources; elle doit, pour ce faire, compter sur la prolongation de l'aide extérieure. Ainsi, toute aide qui n 1 est pas consentie sous forme de sub- vention augmente les besoins d1aide futurs d 1un montant égal au service de la dette correspondante.- Il est donc évident que l'aide consentie au Burundi devrait l 1 être à des conditions aussi favorables que possible. - v - Perspectives d1avenir 15. Les deux principaux problèmes à long terme du Burundi sont la limitation des naissances et le développement de l'agriculture. Les pou- voirs publics n'ont pas prévu de programme de limitation des naissances, mais ils s'occupent activement du problème alimentaire et de la charge imposée par la population et le bétail sur les terres arables des hauts platea~~ à forte densité démographique et où réside la majeure partie de la population. Il sera difficile d'introduire un programme de limitation des naissances étant donné que la population est rurale, illettrée et que l'influence du catholicisme est grande, mais un tel programme devrait dé- buter d~s que possible si l'on veut qutil ait quelque chance de limiter la croissance démographique au cours des dix ou vingt années à venir. 16. La politique agricole des pouvoirs publics vise à retrouver les niveaux de production et de services agricoles atteints par lJadmi- nistration belge, à poursuivre la réinstallation des cultivateurs dans les basses terres inhabitées ainsi que la diversification des cultures marchandes: café, coton, thé et riz notamment. Ces programmes devraient permettre de porter à un taux annuel de 7 pour cent vers 1975 l'augmen- tation des exportations. L'importance donnée aux cultures destinées à l'exportation se justifie, mais une augmentation des exportations ne per- mettra pas à elle seule de maintenir un taux global d'accroissement de plus de 2 à 3 pour cent, à moins que dJautres secteurs, y inclus la pro- duction agricole destinée aux marchés locaux, n'augmentent leur propre rythme de développement. Le fait que les pouvoirs publics se concentrent sur les cultures destinées à lJexportation s'explique du fait que ses ressources monétaires et techniques sont limitées, et qutune modernisation de l'agriculture traditionnelle sera longue et difficile. Toutefois, un progrrumne agricole complet devrait préVOir également un programme d 1 amé- lioration de l'agriculture traditionnelle et des méthodes de commerciali- sation. 17. La poli tique industrielle du Burundi est assez satisfaisante, mais la situation économique du pays n'est pas telle qU'elle puisse à lJheure actuelle attirer des investisseurs étrangers. En revanche, si l'accroissement projeté des exportations se réalise et si la situation financière et l'état de la balance des paiements S'améliorent, le climat pourrait devenir favorable aux investissements étrangers et attirer les investisseurs étrangers vers les années 1975. Si, en outre, la candida- ture du Burundi à la Communauté de l'Afrique orientale (EAC) en tant que membre associé est acceptée, si les cotlts des transports extérieurs dimi- nuent et si les perspectives commerciales de l'EAC se renforcent, les conditions de base seront alors rassemblées pour qu'une augmentation des investissements privés et publics se produise à la fin des années 70. Les coûts de transport constituent un obstacle majeur au développement. La mise en place d1u-D réseau modernisé de grands axes routiers est main- tenant probable et llile vaste réorganisation et amélioration des services d'entretien des routes semblent être en bonne place dans l'ordre des priorités. Les cotlts des transports extérieurs par lac et voie ferrée semblent élevés, mais les solutions possibles à ce probl~me ne sont pas nettement définies. Il conviendrait de procéder à une étude de chaque - vi - section du réseau de transports extérieurs, y compris d1autres moyens dtacheminement vers la mer. Cette étude permettrait de mieux définir les questions qui pourraient se poser au cours de 11 examen de la candi- dature du Burundi en tant que membre associé aux East Arrica Railw5Ys and Ports Corporation, et ~ la suite de son admission éventuelle. 18. Pendant de nombreuses années, un des principaux obstacles au développement sera llinsuffisance de main-d'oeuvre qUalifiée. L'effectif scolaire total est peu élevé, mais il convient d'examiner d~s maintenant plusieurs défauts du syst~me d'enseignement avant qu1ils ne slimplantent dâfinitivement - notamment, un taux élevé de déchets, une baisse des ré- sultats scolaires et des programmes qui ne correspondent pas aux besoins. L'exécution des programmes de développement de l'enseignement sera de toute évidence fonction du nombre d1enseignants nationaux et étrangers et de la capaci té du Burundi de financer sa part des dépenses. Les secteurs priori- taires semblent être l'enseignement secondaire et technique et la formation d'enseignants. Etant donné le temps nécessaire ~ la formation de personnel, il sera tr~s rentable de prévoir des programmes de formation en cours dJem- ploie 19. Les autorités du Burundi élaborent ~ 11heure actuelle leur pre- mier plan systématique de développement, qui fournira un cadre utile en vue de définir avec plus de précision 110rdre des priorités, les besoins et disponibilités en ressources. Il est évident que le volume des inves- tissements publics dépendra de l'assistance extérieure obtenue qui finan- cera directement ou indirectement le co~t total du programme. 20. Le Burundi aura du mal ~ obtenir une aide extérieure étant donné qu1il est difficile de trouver un soutien budgétaire, et que l'aide aux projets est fonction de llexistence de projets bien préparés. De ce fait, il est d1autant plus important que les pouvoirs publics slattachent avant tout ~ améliorer leur position. Les principales mesures que le Burundi pourrait prendre consisteraient notamment: i) ~ améliorer la rentabilité des investissements publics en insistant sur les investissements productiIs et en diminuant les investisse- ments dans les secteurs sociaux et administratifs, à l'exception de certains proJets dJenseignement. Il faudrait, pour ce faire, insister tout particuli~rement sur llélaboration de projets pro- ductiIs susceptibles d1attirer une aide extérieure. ii) à contr61er sév~rement 11augmentation des dépenses courantes, en l imi tant les augmentations aux programmes productifs et en frei- nant ou même en comprimant les dépenses courantes afférentes à dJautres programmes. iii) à vérifier avec le plus grand soin l'affectation donnée à l'assis- tance financière et technique pour SI assurer que les nouveaux projets favorisent 12orientation vers les secteurs productifs cités ci-dessus; que les projets existants d'assistance technique sont indispensables et que les coûts des nouveaux projets d ' as- sistance technique peuvent être absorbés dans le budget. iV) à tentt'3r d':J.ugmenter les recettes fiscales sans iloZ'ter att.einte aux: l,iQtiviltLms nécessaires <.'lU dévelo,,ament Je l'agriculture privé8. I. HISTORIQUE A. I.e PaY!' 1. Le Burundi est situé en Afrique centrale" au sud de l'équateur" enserré entre le Congo et la Tanzanie" distant environ de 2.000 km de l'Océan atlantique et de 1.200 km de l'Océan indien. I.e pays est consti- tué par un plateau montagneux d'une altitude moyenne de 1.500 mètres" qui descend en pente douce vers la Tanzanie ~ l'est et au sud. A l'ouest" le plateau s'abaisse brusquement jusqu'~ la vallée du Rift" occupée par le Ruzizi" commun également au Congo et au Rwanda" ainsi que par le lac Tan- ganyika. Au nord" le plateau s'étend jusqu'au Rwanda. Bujumbura" la capitale, est située sur le lac. Le climat est équatorial, tempéré par l'altitude. La population, de 3,4 millions d'habitants environ" est ré- partie dans tout le pays; moins de 3 pour cent des habitants vivent dans des agglomérations organisées. La plus grar.de partie de ces dernières résident ~ BujL1l1lbura, la ville principale" qui compte 10,,000 habitants environ. B. Histoire et Evolution politique 2. Le Burundi" comme le Rwanda voisin, a été colonisé par les Hutus" Bantous d'origine" qui constituent aujourd'hui 85 pour cent de la population. A une certaine époque" entre les 15ème et 11ème siècles, les éleveurs Tutsis émigrèrent du nord et imposèrent un régime monarchique" le souverain portant le nom de Mwami. La société était divisée en deux catégories nettement distinctes" les nobles et les serfs" et fondée sur la possession du bétail; elle était cependant moins rigide que celle de Rwanda. Le Bu..'I""\llldi a été pratiquement isolé du reste du monde jusqu'au début du siècle OÙ les Allemands vinrent occuper le pays. Après la première guerre mon- diale" le Burundi fut placé" avec le Rwanda, sous mandat de la Belgique. Le R,fanda-Burundi était un territoire sous tutelle distinc~,mais pour une bonne part les services publics et la plupart des activités commerciales étaient en fait a~~inistrés et gérés à partir du Congo. 3. Les événements marquants de l'histoire récente du Burundi sont le s suivants: reconnaissance par la Belgique de l'autonomie interne du Burundi et du Rwanda en 1961; accession à l'indépendance du territoire en juillet 1962; il devient une monarchie constitutionnelle et forme avec le Rwanda une union douanière et monétaire; scission entre le Burundi et le Rwanda et séparation des institutions communes en décembre 1963 après l'ex- clusion des Tutsis du pouvoir au Rwanda; renversement de la monarchie constitutioTh~elle et proclamation de la République en novembre 1966. 4. La situation politique a été instable entre l'accession à l'in- dépendance en 1962 et la proclamation de la République à la fin de 1966. Il Y eut sept gouvernements successifs en quatre ans" l'assassinat de deux Premiers ministres, une tentative de coup d'état contre le l~ami en octobre 1965" la déposition du MWami par son fils en juillet 1966 et enfin, - 2 - la prise du pouvoir par l'armée en novembre 1966. L'instabilité politique des premières années de l'indépendance était due ~ des événements ~ la fois intérieurs et extérieurs. L'indépendance politique aboutit ~ la formation de nombreux groupements politiques qui gênèrent les gouvemerœnts successifs dans leur t~che et une scission se produisit entre les traditionalistes, résidant en majorité dans les zones rurales, et la jeune génération, mieux éduquée, établie surtout à Bujumbura. Par ses actes, le Mwami gênait le gouvernement élu dans l'exercice du pouvoir, mais il était incapable de prendre lui-même les rênes de l'administration du pays étant donné ses longues absences à l'étranger et, en fin de compte, les pouvoirs publics eurent à faire face aux pressions issues d'une aggravation de la situation éconOmique. L'exclusion des Tutsis du pouvoir au Rwanda et l'arrivée de nombreux réfugiés de cette ethnie au Burundi provoquèrent des tensions accrues entre Hutus et Tutsis au Burundi. Ces tensions atteignirent leur point culminant lors de la répression, à la fin de 1965, d'un coup d'état soi-disant fomenté par des Hutus et qui entraîna des représailles entre Tutsis et Hutus ~ l'intérieur du pays. Les troubles qui éclatèrent dans la province du Kivu au Congo et s'accompagnèrent d'hostilités dans la vallée du Ruzizi aux portes de Bujumbura, soulevèrent également des difficultés politiques au Burundi car les problèmes congolais cré~rent des frictions à l'intérieur du Burundi et entre le Burundi et le Rwanda. 5. Sous le régime actuel, le Président de la RépUblique est également le chef du Gouvernement ainsi que le chef des forces armées. Le Parlement n'a pas Bté réélu depuis sa dissolution en 1966. Les remaniements au sein du Gouvernement se sont succédés depuis 1966, par suite de l'entrée dans la vie politique d'un nombre croissant de hauts fonctionnaires. Par rapport à la période antérieure, il semble que le Burundi ait retrouvé une certaine stabilité politique et que le régime actuel porte un intérêt croissant au développement économique du pays. Les relations avec le Rwanda continuent d'être tendues, mais elles se sont améliorées avec le Congo, bien que certaines questions financières restent en suspens. Le Burundi s'est rapproché de la Tanzanie et, en 1968, il a posé sa candidature en tant que membre associé du marché commun de l'Afrique orientale. Le Burundi est membre associé de la Communauté économique européenne. - 3- II. L'EVOLUTION DE L1ECONœIE CES DERNIERES ANNEES A. Introduction 6. L'évolution de l'économie du Burundi au cours de ces dernières années a été déterminée par certains problèmes structurels de l'économie et trois autres facteurs: la rupture des liens économiCJ!les avec les pays voisins" les efforts des pouvoirs publics pour nettre en place les services de base nécessaires à un état indépendant" et le marasme des exportations. 1. le Burundi est fondamentalement caractérisé par me économie de subsistance, moins de 40 pour cent de ses revenus provenant du secteur monétisé. Plus de 90 pour cent des habitants résident dans de petites exploitations individuelles de moins d 1 un hectare de terres cultivées en moyenne; de 12 à 15 pour cent seulement des revenus tirés de l'agriculture sont monétisés. Les principales cultures marchandes sont le café, à llin- tÂrieur du pa~Ts" le coton et les plantes vivrières dans la région de Bujum- bura. Bujumbura, la capitale, est la tête de ligne de la voie de communi- cation fer-lac de 1.410 km reliant le pays à la mer; avant l'indépendance, on y a créé des entreprises industrielles et commerciales et des services de transport de petite envergure mais relativement actifs, orientés en partie vers les territoires voisins du Rvmnda et du Congo oriental. LI économie était donc fortement tributaire du café et du coton, des produits industriels et du comlrerce de transit à destination de ces trois marchés. L'activité économique a atteint un maximum en 1959, avec 21.900 tonnes de café 6..'Cportées, 3.300 ton.."18S de coton exportées et un trafic portuaire sur le lac de 210.000 tonnes. L1accession à l'indépendance du Congo, du Rwanda et du Burundi a entraîné la fermeture des marchés entre ce dernier territoire, le Rwanda et le Congo; les entreprises industrielles, ~ommer­ ciales et de transport ont été depuis lors fortement sous-utilisées au Burundi. Le brusque changement de personnel dans 11 administration agricole et les services de vulgarisation ainsi que l'agitation politique, ont provoqué une diminution brutale de la production de café et de coton à une époque où les prix mondiaux de ces deux produits étaient également en baisse. Les chiffres les plus bas furent enregistrés en 1963 où les expor- tations de café n'atteignirent que 6.000 tonnes, les exportations de coton, 1.6DO tonnes et les recettes globales tirées des exportations ne représen- tèrent que 20 pour cent du niveau de 1959. La plupart des industries ne tournaient qu'à 10 ou 20 pour cent de leur capacité et le trafic portuaire sur le lac avait diminué de 50 pour cent. La situation siest améliorée depuis sans que lion ait pu toutefois revenir au niveau de 1959. 8. La position des finances intérieures et extérieures du Burundi n'a jamais été très solide; la mission a appris qu'une aide extérieure importante a été nécessaire pour équilibrer le budget et les finances extérieures au cours des années 50. L'aggravation de la situation au début des années 60 s'est rapidement traduite par une crise budgétaire et un déséquilibre de la balance des paiements. En outre, cette aggravation siest produite à une époque où le pays devait organiser les services de base de tout pays indépendant. Plusieurs nouveaux services tels que l'armée et - 4- les affaires étrang~res durent @tre créés de toutes pièces et l'administra- tion financière et agricole, antérieurement rattachée aux services communs du Congo et du Rwanda-Burundi, dut @tre réorganisée ~ partir d'une base presque inexistante. Ce processus a été ralenti par une pénurie de per- sonnel et par les fréquents changements de Gouvernement depuis 1962. Ainsi, le problème de l'organisation d'un programme de développement ~ long terme a été éclipsé par des problèmes ~ court terme tels que la restauration de la stabilité économique et l'édification des institutions de l'état. B. Structure de l'économie 9. Il n'existe d'estimations des comptes de la nation que pour l'année 196.5. Elles indiquent que pour cette année-là., le PIB a été dlenviron 153,4 millions de dollars, soit un revenu par habitant de 48 dollars. Ces chiffres sont calculés sur le taux de change fixé a:pr~s la dévaluation de février 196.5; en utilisant llancien taux, on obtiendrait une estimation de 75 pour cent plus élevée. Mais quelle que soit la méthode de calcul, le Burundi se classe parmi les pays les plus pauvres du continent africain. 10. Une des caractéristiques essentielles de l'économie du Burundi est que la production de subsistance constitue une part importante du PIB total; elle représente, selon les estimations, les deux tiers du PIB et les revenus monétaires le tiers restant. L'agriculture entre pour environ 70 pour cent dans le PIB total, mais pour 2.5 pour cent seulement dans les revenus monétaires. Les revenus monétaires agricoles proviennent pour .50 pour cent environ de la vente de denrées alimentaires sur le marché local et pour .50 pour cent de la vente des cultures destinées ~ l'exportation. Presque toutes les exportations sont d'origine agricole (café 80 pour cent; coton 10 pour cent, et une certaine quantité de peaux). Le commerce ex- térieur et les activités financées par llEtat représentent 70 pour cent environ des revenus monétaires du pays et la majeure partie des 30 pour cent restants est constituée par la production de denrées alimentaires et de boissons pour le marché intérieur. 11. Lléconomie du Burundi est également caractérisée par le fait quI elle est fortement tributaire des importations. Mesuré sur la base des prix du marché intérieur, la part des importations dans le total des biens mis sur le marché dans le pays, ~ l'exclusion des produits alimentaires et des boissons, s'élève à 80 pour cent 1/. Bien que de vocation agricole, le Eurw~di a dû importer près de 30 pour cent du volume des produits ali- mentaires vendus sur le marché en 196.5 et les importations de ces produits représentent une part importante du prix payé pour les importations • .50 pour cent en moyenne des biens de consommation vendus sur le marché ont dû être importés. Il slensuit que tout accroissement de la demande inté- rieure aurait pour conséquence directe une augmentation correspondante de la demande d'importations. Cette remarque ne slapplique pas seulement ~ y Prix â llimportation, plus droits de douane, frais de transport et marges bénéficiaires. La part des L~ortations dans l'offre de biens sur le marché intérieur calculée c.a.f. est estimée ~ 3.5,2 pour cent. - 5- la demande des populations urbaines, mais aussi à celle des populations rurales qui consacrent la majeure partie de leurs revenus monétaires à l'achat de boissons et de textiles où la part des importations est de 55 pour cent, en moyenne pondérée. Par conséquent, me augmentation des revenus tirés des cultures d'exportation traditionnelles entra1nerait également une augrœntation de la demande de produits importés. 12. L'origine et l'emploi des ressources pour l'ensemble de l'économie et pour 16 secteur monétisé de l'économie sont indiqués dans le tableau ci-dessous : Tableau 1: ORIGINE ET EMPLOI DES RF..SSOURCES - 1965 Total ~énéral Secteur monétisé En pour- En pour- centage centage En FBu relatif En FBu relatif Production 100,0 5.354,8 100,0 Importations 125 1.68g,~ Offre totale 112;5 7.03 , ria 131, Einploi: Consommation privée 12.023,9 89,6 4.042,8 75,5 Consommation publique 931,7 6,9 931,7 17,4 Investissements 773,6 5,7 673,6 12,6 Exportations 1.388,2 10,3 1.388,2 25,9 Source: :rn.USTAT (Institut rundi des statistiques). 13. A elles deux, la consommation privée et la consommation publique dépassent 93 pour cent de la production, tant pour l'ensemble de l'éconOmie que pour le secteur monétis é. La consommation publique représente environ 17 pour cent des revenus monétaires, mais les dépenses afférentes à la s~~té et à l'enseignement sont considérées comme des transferts au secteur privé et non comme une consommation publique. Si ces dépenses étaient com- prises dm1s la consommation publique, celle-ci représenterait alors 27 pour cent des revenus monétaires. La part du secteur public dans l'investisse- ment est évaluée à 80 pour cent. La consommation publique plus les inves- tissements du secteur public représenteraient à peu pr~s 37 pour cent du total des revenus monétaires. Pour que ce niveau de dépenses publiques puisse ~tre financé intégralement sur les ressources intérieures, il fau- drait relever fortement le niveau des imp8ts. 14. En 1965, les investissements représentaient 5,7 pour cent environ du PIB total et 13 pour cent du PIB monétisé. Le total des immobilisations dans le secteur monétisé s'élevait à environ 7,3 millions de dollars. Les investissements du secteur public représentaient environ 80 pour cent de ce total, mais en 1965, le volume des investissements privés a été peu élevé. La répartition des investissements ne peut faire l'objet que d'estimations approximatives (VOir en appendice, le tableau 25). Plus des quatre cin- qui~mes des investissements du secteur public ont été consacrés à - 6 - l'infrastructure sociale et économique, dont 45 pour cent aux secteurs social et administratif. On ne possède pas de données précises sur le volume des investissements privés, surtout en ce qui concerne le logement, le défrichement des terres ou la plantation d'arbres. Environ 70 pour cent des investissements privés effectués par de grandes sociétés sont allés 1 l'industrie et le solde au commerce et aux transports. Toutefois, i l est peu probable que les investissements effectués par les grandes sociétés privées aient dépassé un million de dollars dans l'une quelconque des cinq années écoulées. 15. Les comptes de la nation pour 1965 donnent un aperçu de la struc- ture des revenus et de l'épargne" mais les données restent sujettes ~ caution (voir en appendice" le tableau 1-1). D'a~s ces estimations, l'épargne intérieure brute représentait 9 pour cent environ de la part du PIB monétisé et 3,5 pour cent du PIB total. Il apparaît que l'épargne inté- rieure attribuable ~ l'administration centrale et à l'ensemble du secteur public a été négative, alors que l'épargne intérieure du secteur privé a été positive. n est impossible de chiffrer avec exactitude l'épargne nationale en raison de l'imprécision des renseignements fournis dans les comptes de la nation concernant d'importantes subventions officielles venues de l'extérieur ainsi que de la mani~re dont ces subventions et les transferts privés relativement importants effectués ~ l'étranger sont comptabilisés !I. Toutefois, d'après une estimation établie ~ partir de la balance des paiements (voir tableau 3, page 10), l'épargne intérieure a peut-être été de l'ordre de 2 pour cent du PIB total, et l'épargne nationale a représenté un p01.1l"'Centage légèrement inférieur. On peut conclure, malgré l'impréciSion des données, que l'épargne en 1965 a été peu importante par rapport au PIB; qU'elle est restée inférieure aux investissements; qu'une grande partie de l'épargne privée a été transférée ~ l'étranger et que si l'épargne nationale a été positive, ce n'est" semble-t-il, que grâce à d'importantes subventions officielles venues de l'extérieur. 16. La conclusion qui s'impose est que l'économie du Burundi est carac- térisée par un niveau très bas de revenus et par un secteur monétisé rela- tivement réduit où les exportations agricoles, les importations et les acti- vités du secteur public sont à l'origine de la majeure partie des revenus monétaires. L'infrastructure industrielle est restreinte et l'offre de produits alimentaires sur le marché, limitée, de sorte qu'un accroissement de la demande impliquera une augmentation probable des importations. Le niveau des dépenses publiques peut paraître élevé par rapport au niveau y Dans les comptes de la nation, toutes les subventions officielles, y compris les traitements et services payés hors du Burundi, sant englobés dans le revenu, l'épargne et les sorties de capitaux du Burundi. Le montant des subventions en provenance de l'extérieur indiquées dans les comptes de la nation dépasse de plus de 100 pour cent celui qui est donné dans les statistiques de la balance des paiements. Dans les comptes de la nation du Burundi, toutes ces subventions apparaissent dans le poste "épargne nationale", ce qui n'est pas le cas dans d tautres méthodes d'estimation de l'épargne (Cf les tableaux i-I et 4 de l'appendice). - 1 - d'imposition des revenus monétaires qu'il faudrait atteindre pour qu'elles soient entièrement financées sur les ressources nationales., La situation s'explique en partie par le fait que le Burundi est lm. petit pays, qui a atteint un stade de développement où les services publics - bien que modestes et, à bien des égards, insuffisants d'après les normes tradition- nelles - sont néanmoins importants par rapport aux: revenus monétaires limités du pays. i l n'est donc pas surprenant que l'épargne publique soit négative, que l'équilibre intérieur et extérieur pose un prOblème majeur et qu'il ait fallu de substantielles subventions extérieures pour atteindre le degré actuel d'équilibre. C. Croissance de l'économie 11. Les données relatives aux: tendances économiques sont minces et les renseignements concernant les tendances ou les changements dans le domaine de l'agriculture de subsistance sont sujets à caution. Le tableau 2 ci-dessous présente quelques indicateurs et prévisions intéressant les activités monétisées. Il conviendra d'interpréter ces chiffres avec prudence étant donné l'impréciSion des données et les variations notables de prix: au cours de la période considérée. Les séries sont exprimées sous forme d'indices, 1965 étant égal à 100. Tableau 2: INDICATEURS ECONOMIQUES 1962 1963 1964 1965 1966 1967 Indices J 1965 '" 100 Volume des exportations de café 97 44 134 100 110 139 Valeur en dollars des exportations de café 84 34 150 100 104 l23 Volume de la production de bière •• 64 82 100 95 92 Valeur des importations de biens de consommation •• •• 92 100 100 90 Volume des investissements 79 64 81 100 98 124 Dépenses courantes du secteur pu- blic aux: prix courants 41 55 10 100 115 l26 Revenus à la prOduction tirés des cultures d'exportation, aux prix couraIl ts 55 29 103 100 III 144 Indice des prix 64 70 82 100 106 110 Hasse monétaire •• 62 93 100 96 117 tlouvements en pourcentage Valeur en dollars des exportations de café -41 +340 -33 +4 +18 Dépenses courantes du secteur public, aux prix courants +34 +27 +43 +15 +10 Volume des investissements -18 +37 +14 -2 +25 Prix: +10 +17 +22 +6 +4 Sources: Gouvernement du Burundi et estimations de la mission. - 8 - 18. Une part importante de la F«'oduction agricole monétisée, des im- portations et de l'industrie manufacturière intérieure, est fonction de la production de café. La courbe de cette production a été :inégale, en raison en partie du cyclique des deux années de mauvaises récoltes succédant ~ une bonne récolte, mais aucune tendance à la hausse ne se manifeste depuis la reprise en 1964 (voir également le tableau 2A de l'annexe II). En outre, le maximum de 19.59 n'a jamais pu être atteint de nouveau. On s'attend à une baisse des exportations de café en 1968. La diminution de la valeur en dollars des exportations de café jusqu'en 1964 et après cette date s'ex- plique en partie par un fléchissement des prix. 19. La sous-utilisation importante de la capacité de l'industrie manu- facturière en 196.5 indique une baisse dans une gamme assez vaste des acti- vités monétisées après la rupture des liens économiques avec le Rwanda et le Congo oriental. On a noté, en revanche, me forte expansion des activités du secteur public, avant 196.5 notamment. 20. Les données fournies pour ces demières années n'indiquent qu'une faible expansion de l'ensemble de l'économie. La production de bière en bouteille, représentant environ 40 pour cent de la production industrielle, a augmenté en 1964 et 196.5, mais a baissé par la suite et on a relevé éga- lement une baisse des importations de biens de consommation. Etant donné la forte proportion d'éléments importés dans la fabrication et l'offre de ces biens, cette baisse est probablement révélatrice d'une stagnation, non seulement dans la consommation, mais aussi dans la production de biens de consommation. Les revenus monétaires des cultivateurs, en termes réels, n'ont sans doute pas augmenté depuis 1964 après le redressement qui a suivi la diminution brutale des niveaux en 1962 et 1963. Les investissements ont augmenté, mais leur niveau initial était peu élevé. 21. Il semble que la reprise irrégulière qui a suivi les années 1962 et 1963 a été provoquée par me expansion des activités et des investis- sements du secteur public, alors que la consommation et les investissements privés n'ont pas augmenté et ont même peut-être diminué depuis 196.5. La consommation {lublique a progressé rapidement après 1962, puis ~ m rythme plus lent apres l'aPplication des mesures de stabilisation en 1965. L'augmentation du total des investissements s'explique avant tout par l'accroissement des investissements du secteur public financés en grande partie par l'extérieur. La majeure partie des investissements a été affectée à. l' :infrastructure et n'a pas contribué ~ beaucoup augmenter le potentiel productif. La production de biens pour le marché intérieur ne semble pas avoir augmenté au cours des quatre ou cinq dernières années, mais les services publics, l'industrie du bâtiment et de la construction se sont développés, alors que la production destinée ~ l'~~ortation a varié assez fortement selon les années" sans accuser de nette tendance vers le haut. Si l'on admet que l'agriculture de subsistance a augmenté plus ou moins au même rythme que la population, on peut dire que l'économie a connu une certaine expansion, mais il est peu probable que celle-ci dépasse de beaucoup le taux d'accroissement de la population, estimé! 2 ou 3 pour cent. - 9 - 22. L'évolution irrégulière de la conjoncture: reprise en 1964" suivie d'une périOde de stagnation en 1965 et 1966, puis d'un mouvement d'expansion en 1967, ressort également des tendances de l'investissement et de l'épargne qui apparaissent dans le tableau 3 ci-dessous. Ces esti- mations ne portent que sur les activités monétisées et les méthodes de présentation des investissements et de l'épargne diff~rent de celles qui ont été utilisées dans les comptes de la. nation pour 1965, par suite d'un traitement différent des investissements, des subventions en provenance de l'extérieur et des envois privés de fonds. Ces estimations sous- estiment notamment l'investissement et l'épargne dans la mesure o~ elles ne tiennent pas compte de certains investissements en nature, dont on ne peut chiffrer la valeur, dans le secteur de subsistance, et o~ la contre- bande des produits exportés a dépassé la contrebande des produits importés. L'épargne n'a augmenté de manière notable qu'en 1%4 et 1967, années où les exportations de café se sont sensiblement accrues. Toutefois, cet élément ne permet pas d'évaluer pleinement dans quelle rœsure l'économie est à même de créer de l'épargne à partir des recettes d'exportation. Les fluctuations importantes de l'épargne s'expliquent en partie par le fait que les agri- culteurs sont payés pour leur récolte de café au cours du second semestre alors que leurs dépenses s'échelonnent tout au long de l'armée. Il en résulte donc que l'épargne privée est négative au cours du premier semestre de cl~que année, en fonction du volume de la récolte de l'année précédente, et qu'elle est positive au second semestre selon l'importance de la récolte de l'année. Les fluctuations dans les recettes que les cultivateurs tirent du café peuvent entraîner des différences importantes dans le montant de l'épargne annuelle, même si la propension à épargner sur ces revenus est très faible. Les institutions parastatales ont épargné, mais cette épargne n'a représenté qu'une source marginale de revenus pour l'Etat. Les impôts ont en général été augmentés, afin de répondre tout d'abord à l'accroisse- ment des dépenses courantes, et l'épargne publique est restée négative. Ainsi, la consommation et les investissements publics ont pu s'accro1tre àans une économie stationnaire, grgce à un transfert de ressources à partir du secteur privé et à l'utilisation croissante de ressources extérieures. ~me dans ces conditions, la demande intérieure a dépassé les ressources disponibles et provoqué des pressions sur les prix et les réserves en devises. Cette tendance a été particulièrement accusée avant l'application du programme de dévaluation et de stabilisation au début de l'année 1965, mais le déséquilibre des ressources a perSisté en 1967$ D'après les pre- mières indications, les exportations ont sensiblement diminué en 1968 et on peut s'attendre que le déséquilibre des ressources se poursuive. Pour que si tuation économique se stabilise de nouveau, il f&ucï.:rai t que le Güuvc::nement n'augmente la consommation publique qu'en fonction do la prOduction intérieure et de l'aide extérieure prévues pour l'avenir. - 10 - Tableau 3= TENDANCES DE l' ThlVESTISSENENT ET DE l' EPARGNE D.ANS LES SECTEURS MONETISES (ESTD1ATIONS) (En millions de francs Burundi au prix et au taux de change de 1965) 1962 1963 1964 1965 1966 1967 Investissement estimé !I 500 410 560 640 630 790 Déficit de la balance des paiements (biens et services non facteurs) 570 621 63 375 423 261 Epargne intérieure -70 -211 497 265 207 529 Paiements des facteurs de pro- duction à l'étranger Èi 305 204 95 107 248 324 Epargne nationale -375 -415 402 158 -41 205 ij Données fondées sur les importations de biens d'équipement et le mouVement des investissements du secteur public. S! y compris les envois privés de fonds. Sources: Gouvernement du Burundi et estimations de la mission. D. Evolution de la situation dans les principaux secteurs y Agriculture, 23. Le développement agricole du Burundi depuis 1962 a été caractérisé par les efforts tentés en vue d'améliorer les services agricoles et de relever les niveaux de la production destinée à l'exportation, la situation s' étant rapidement dégradée après les maximums atteints en 1959. Depuis peu, les pouvoirs publics envisagent d'introduire de nouvelles cultures et de mettre en valeur de nouvelles zones de production. Dans son ensemble, la structure des politiques et des services agricoles est héritée de l'ad- ministration belge. 1e programme de réforme a été conçu de manière à apporter une solution aux programmes agricoles propres au Burundi. D'une part, les sols et le climat permettent des cultures ininterrompues toute l'année et les rendements sont en général supérieurs à la moyenne pour l'Afrique. Par contre, les fortes densités de population et les grands troupeaux de bétail imposent une charge sur les terres arables des hauts plateaux; il est difficile et onéreux de fournir les services nécessaires étant do~~é que les ruraux résident dans des exploitations familiales dis- persées et que les villages et les marchés sont peu nombreux; l'isolement et le traditionalisme des populations rurales freinent le développement de la production pour le marché. En fait, la structure agricole du Burundi est essentiellement caractérisée par la faible influence des incitations du marché sur le comportement des cultivateurs, par le volume restreint du commerce de troc et l'importance plus limitée encore des échanges contre argent. 17 Voir en annex l l'examen plus détaillé des problèmes et des programmes par secteur. - Il - 24. Le programme belge de développement agricole prévoyait la culture obligatoire de plantes vivrières de première nécessité pour éviter la disette, et la mise en va.leur d'une culture marchande principale qui rappor- tera.it des revenus à l'agriculteur et à l'Etat. Ainsi, le café devint la culture prédOminante dans les hauts plateaux à forte densité de population et dans le même temps, on mit en oeuvre un programme obligatoire de cultures vivrières et de reboisement systématique en vue de prévenir l'érosion. Par suite des prOblèmes posés par la fourniture des services et la charge de la population sur les terres dans les hauts plateaux, les autorités ont décidé de réi~staller la population dans des coopératives ou "paysannats" organisés dans les basses terres. La réalisation la plus importante de ce type est le paysannat de la vallée du Ruzizi, aux portes de Bujumbura, où la culture du coton est prédominante, bien que la production de cultures vivrières pour le marché de Bujumbura soit en pleine expansion. Le programme belge faisait largement aP1Jel au personnel métropolitain pour fournir les services agri- coles nécessaires et faire appliquer les dispositions obligatoires. Ces dis- positions ont eu notamment pour conséquence de provoquer chez les culti- vateurs une certaine résistance aux programmes officiels. Ainsi, le départ des techniciens belges et le climat politique instable liés à l'octroi de l'indépendance ont contribué en fait au fléchissement rapide de la produc- tion des deux principales cultures destinées à l'exportation, au net ralen- tissement des travaux de lutte contre l'érosion, ainsi qu'à un affaiblis- sement des services agricoles. 25. La production de café est passée d'un maximum de 21.916 tonnes en 1959 à un chiffre inférieur à 6.000 tonnes en 1963. Depuis lors, la récolte a été de 16.300 tonnes par an en moyenne, avec deux récoltes excep- tionnelles en 1964 et 1967 de 18.000 tonnes environ. La baisse et le pla- fonnement de la production ont résulté d'une baisse des rendements et de la qualité par suite d'une dégradation des techniques agricoles. Il semble que cette situation soit due en grande partie au ralentissement des acti- vités des services de vulgarisation. Apparemment, la politique des prix à la production n'a pas influencé notablement le comportement des cultiva- teurs, bien que les prix à la prOduction en termes réels de pouvoir d'achat aient baissé assez réguli~rement depuis 1960. 26. Les prix à la production ont été stables dans l'ensemble jusqu'en 1963, puis ont augmenté en 1964 pour se stabiliser à un niveau supérieur après la dévaluation de 1965. L'augmentation des prix à la production en 1964 a probablement contribué à l'instabilité économique du pays. En re- vanche, les prix à la prOduction du café n'ont pas incité les cultivateurs à développer leurs cultures. En revanche, la baisse et les fluctuations consécutives de la production ainsi que les prix nominaux à la production, stables ou en augmentation, au cours d'une périOde de fléchissement des prix mondiaux, ont posé des problèmes financiers à l'OCIBU 1/, organisme national chargé de promouvoir la culture du café, d'en coordonner la commer- cialisation, de contr61er les prix à la production et de gérer les fonds de stabilisation des prix du café et de promotion du café. Les dépenses de l'OCIBU sont relativement constantes, alors que ses revenus sont fonction 11 Office des cultures industrielles du Burundi. - :i2 - du volume de la récolte. Par conséquent, l'OCIBU a été déficitaire pendant les années de mauvaise récolte et a fait de gros prélèvements sur le fonds de stabilisation. 27. La politique du Gouvernement est d'améliorer le rendement et la qualité du café des superficies actuellement cultivées. Cette politique semble opportune au moment où lIon tend vers une stabilisation des prix mondiaux du café. Le programme envisagé prévoit une utilisation plus im- portante des engrais et une amélioration des méthodes agricoles par la ré- organisation des services de vulgarisation et de recherche. Dans le cadre de ce program.t'Ue, les pouvoirs publics ont demandé 11 aide de l' IDA. pour l'exécution d'un projet de 182 millions de francs Burundi, soit 2,1 millions de dollars, visant ~ développer les services de vulgarisation et les achats de facteurs de production agricole et améliorer les techniques de trans- formation. Si le projet est mis en oeuvre de manière satisfaisante, la production de café pourrait passer à environ 20.000 tonnes en 1973, avec une amélioration parallèle de la qualité. Cette quantité resterait dans les limites du contingent fixé par l'Organisation internationale du café. Si, comme le prévoit le programme, les prix restent stables à la production et, si la production et les prix sont tels que prévus (voir le tableau 2 de l'annexeII), l'OCIBU devrait opérer ~ son seuil de rentabilité au cours des deux premières années de mise en oeuvre et commencer ~ réaliser des bénéfices à partir de la troisième année. De l'avis général, les prix à la production pourraient, si nécessaire, être abaissés de 10 pour cent par rapport au niveau de 1968 afin de couvrir les dépenses de l' OCIBU et d'augmenter les revenus de l'Etat sans pour autant avoir de réaction défavorable sur les motivations des cultivateurs. Toutefois, cette dis- position risque d'être difficilement applicable étant donné la baisse plus ou moins constante des revenus des producteurs en termes réels de pouvoir d'achat depuis 1960. 28. La production de coton a suivi une tendance parallèle à celle du café, diminuant jusqu'en 1963 et plafonnant entre 1964 et 1967 à un niveau légèrement supérieur. Cette situation semble s'expliquer à la fois par la baisse des rendements et des prix à la production en termes réels, et par les inondations provoquées par le déboisement. Il semble que les planteurs de coton passent à la prOduction de cultures vivrières destinées au marché de Bujumbü.ra lorsque les prix du coton à la production diminuent en termes réels. Cette mutation peut présenter certains avantages économiques. Toutefois, le COGERCO 1/, organisme public qui contr51e les services de production, les prix à la production et la commercialisation du coton, a également enregistré des déficits pour les mêmes raisons que l'OCIBU pour le café. Ces déficits ont été couverts par des subventions prélevées sur le budget national ou des emprunts auprès de banques commerciales, garantis par l'Etat. Tout compte fait, les prix du coton à la production ont été aussi raisOlmables que l'ont permis les prix mondiaux en baisse et le com- portement des cultivateurs. fi Comité de gérance du coton. - 13 - 29. Pour tenter d'améliorer la production de coton, les pouvoirs publics ont notamment fait appel en 1966 aux. services d'une société de production et de commercialisation du coton dans le cadre de l'assistance technique fournie par la France et ils mettront en oeuvre en 1968 un pro- gramme de reconstitution et de développement des ouvrages d'irrigation pour le coton et le riz, grâce a une aide financière consentie par le Fonds européen de développement (FED). On estime que la production de coton pourrait passer à 15.500 tonnes en 1974. Toutefois, le succès de l'opé- ration dépend de l'entretien efficace des systèmes d'irrigation et de drainage de l'ensemble de la vallée du Ruzizi, qui laissent actuellement ~ désirer, ainsi que de la solution apportée au problème des prix à la production du coton par rapport à ceux. du riz et autres cultures vivrières. 30. Les efforts visant à introduire de nouvelles cultures destinées à l'exportation n'ont pas encore été couronnés de succès, exception faite pour le thé. Trois projets concernant ce produit, financés par le FED, ont été mis en oeuvre dans les hauts plateaux. On estime que les expor- tations de thé dépasseront 1.000 tonnes en 1975. Les pouvoirs publics étudient la possibilité de faire de la région peu peuplée de Mosso, a l'est du pays, une zone importante de réinstallation des cultivateurs et d'intro- duction de nouvelles cultures. Des expériences ont été faites avec le tabac et l'arachide, mais on ne sait pas encore quelles sont les cultures qui se révéleront rentables. 31. Les programmes visant à moderniser l'agriculture de subsistance n'ont guère progressé. Les pouvoirs pUblics reconnaissent l'importance de la production de denrées vivrières, mais il n'y a pas de travaux de recherche, la distribution de semences sélectionnées ne se fait pas, non plus que les activités de vulgarisation concernant les produits de première nécessité; ce sont 1~ de graves lacunes dans un programme agricole équilibré pour le BurUIldi. Une gra..'1de partie des crédits et du personnel dispOnibles est a affectée aux. cultures destinées l'exportation, mais un programme inté- ressant l'agriculture de subsistance dans les hauts plateaux à forte densité de population est de toute évidence nécessaire. Les habitants du Burundi continuent ~ élever du bétail surtout à des fins de statut social, et les pouvoirs publics n'envisagent pas de politique systématique permettant de moderniser ce secteur. Les efforts tentés jU8qu'~ présent ont porté sur la lutte contre les maladies animales, la construction d'un petit nombre de laiteries et d'un ranch consacré à l'engraissement des bovins, qui ne donne pas de résultats très satisfaisant,s. La pêche dans le lac Tanganyika offre de bonnes possibilités de développement, mais il faudra tout d'abord résoudre les prOblèmes de commercialisation, mieux définir le potentiel de production du lac et réglementer son utilisation par les états riverains. 32. Les obstacles majeurs au développement agricole sont la pénurie de personnel des services agricoles, le manque de facilités de crédit et de techniques commerciales efficaces. La formation d'un personnel de ser- vices agricoles vient de commencer, mais pendant de nombreuses années le nombre de dip16més sera très inférieur aux besoins. En dehors des crédita en nature prévus dans les programmes relatifs au café, au coton et au thé, et des crédits que la nouvelle Banque nationale de développement allouera - 14 - éventuellement aux industries agricoles, il n1existe pas de programme de crédit systématiquement organisé. Il sera particulièrement difficile d1in- troduire des méthodes de commercialisation efficaces, étant donné le mode de vie des populations rurales. Une des solutions pourrait être de créer un système de coopératives pour la commercialisation des biens de consom- mation et de la production agricole, dans le cadre de l'un des grands programmes relatifs aux cultures marchandes. 33. Les priorités en matière de développement agricole au cours des cinq années à venir semblent être en grande partie fonction des programmes en cours relatifs au café et au thé dans les hauts plateaux, au coton et au riz dans la vallée du Ruzizi. Grâce à une aide extérieure, les pouvoirs publics ont pu entreprendre d1importantes études sur la région du Messo qui aboutiront peut-être à l'élaboration de programmes au début des armées 70. Les membres de la mission estiment que l'on devrait chercher en priorité à ~~éliorer la productivité des cultivateurs dans les zones à forte densité de population, en insistant tout particulièrement sur la production vivrière. Il conviendrait, pour ce faire, d'entreprendre de nouvelles recherches en vue de mettre au point des semences sélectionnées et de con- centrer dans les zones de culture les plus favorables les services de vul- garisation qui actuellement sont fort peu étoffés. Industrie 34. L'industrie manufacturière au Burundi traverse une crise depuis la fermeture des marchés du Congo et du Rwanda au début des années 60. La plupart des industries ont une forte capacité de production inemployée et seule l'industrie de la bière est en expansion. Une nouvelle usine textile est en construction sous forme d'une entreprise en association des secteurs public et privé, mais les travaux ont dû être suspendus jusqu'à ce que soient réglées certaines questions concernant sa réalisation technique et sa rentabilité économique. Un petit nombre d'usines de trans- formation sont prévues dans le cadre des programmes de production de thé et de café. 35. Les pouvoirs publies ont promulgué des lois destinées à attirer de nouveaux investissements et ont créé une Banque nationale de dévelop- pement. Toutefois, le climat de l'investissement n'est pas favorable. L'obstacle majeur reste l'exiguité du marché, mais l'industrie est freinée é~alement par la cherté des transports, des services et des facteurs de production importée. Les perspectives de nouveaux investissements in- dustriels semblent limitées à moins que des accords puissent être conclus avec des pays voisins par lesquels les prOduits manufacturés au Burundi bénéficieraient d'un traitement préférentiel. Le Burundi a sollicité son admission à la Communauté de l'Afrique orientale en qualité de membre associé, mais il n'est pas certain que le Burundi tirerait des avantages appréciables d'un marché plus libre des produits manufacturés, même s'il devenait membre associé de l'EAC. 36. L'énergie électrique coûte relativement cher au Burundi. La région de Bujumbura est essentiellement alimentée en énergie électrique par la centrale de Bukavu au Congo, avec une génératrice d'énergie de - 15 - réserve à Bujumbura; Getiga est la seule autre région disposant d'une production centrale d'énergie. Les pouvoirs publics craignent de ne pas pouvoir toujours compter sur les ressources d'énergie en provenance du Congo, c'est pourquoi ils envisagent d'investir d'importants capitaux dans la construction de nouvelles installations hydro-électriques natio- nales. Toutefois, la demande actuelle et à venir est si faible qu'on peut se demander s'il est opportun à ce stade de consacrer de gros inves- tissements à ce projet. Transports et Communications 37. Le coüt des transports pose un problème majeur pour le dévelop- pement du Burundi, distant de quelque 1.500 km par lac et voie ferrée du port de Dar-es-Salaam. Le faible volume du trafic et la sous-utilisation du port de Bujumbura et du matériel de transport sur le lac, se traduisent par des coftts élevés à la tonne/km. En outre, une société étrangère a le monopole de l'op~ation des installations du port franc, ou Belbases, de Dar-es-Salaam, et traite 50 pour cent du trafic sur le lac, une seconde société étrangère acheminant l'autre moitié. Les deux sociétés se chargent fréquemment des achats en même temps que du transport des marchandises sur le lac. Comme les tarifs globaux fixés par ces deux sociétés incluent tous les frais de transport entre le Burundi et Dar-es-Salaam, tout donne à penser que ce monopole des prix a une incidence sur la cherté des trans- ports vers l'étranger. Toutefois, on ne peut préciser dans quelle propor- tion le coftt des transports extérieurs est influencé par la nature du tra- fic au Burundi ou son organisation administrative. 38. Les efforts tentés pour négocier l'acquisition des Belbases par le Congo, le Rwanda, le Burundi et la Tanzanie n'ont encore rien donné et il est douteux qu'ils aboutissent étant donné que les quatre pays ne portent pas le même intérêt à cette voie de communication. La candidature du Burundi a l'EAC en tant que membre associé contient une proposition vi- sant à la création de liens avec les East Africa Railways and Port Author- ities pour permettre de régler en fin de compte le problème des coüts de transport en provenance ou à destination de l'étranger. Une étude de l'en- semble du système des transports extérieurs serait probablement nécessaire pour mieux saisir les solutions proposées au problème du coüt des trans- ports extérieurs; en effet chaque élément du système de transports exté- rieurs vers les marchés d'outre-mer présente des difficultés spécifiques. En outre, il se peut qu'au cours des dix ou vin~prochaines années, des voies et moyens de transports nouveaux soient utilisés, et ces possibi' lités devront être prises en considération lors de l'examen des solutions proposées. Une des solutions actuellement envisagées est l'utilisation de la route reliant Bujumbura à la tête de ligne de Kigoma; une autre pos- sibilité serait d'emprunter une route partant du Rwanda et traversant la Tanzanie occidentale. 39. Les transports intérieurs routiers se caractérisent également par des coftts élevés. La sous-utilisation du parc de camions, vu le ni- veau peu élevé du trafic et sa concentration saisonnière, est une des - 16 - raisons de la cherté de la tonne/km. Le réseau routier est étendu, mais l'entretien des routes laisse à désirer, ce qui contribue aux tarifs élevés des transpol~ts par camion. Les efforts en vue d'organiser des services réguliers de transport passagers-fret ont échoué et la zone rurale est mal desservie par route en dehors de la saison caféière. Les principaux axes routiers de Bujumbura aux zones caféières du nor d et de l'est sont en construction avec l'aide financière du FED et, une fois terminés en 1970, ils constitueront un réseau satisfaisant vers le nord et l'est du pays. Le projet de route Bujumbura-Kigoma vers le sud, fi- nancé par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) comprend l'étude de voies de desserte vers les régions méridionales. Si ce projet est réalisable, la construction de ces routes complèterait effi- cacement le réseau des grands axes routiers. Priorité devrait être donnée à l'heure actuelle à la réorganisation complète et à l'amélioration des services d'entretien des routes. Les avantages présentés par les nouvel- les routes risqueraient d'être neutralisés si elles n'étaient pas conve- nablement entretenues par la suite, et i l serait inutile de fournir du matériel d'entretien des routes s'il ne doit pas être entretenu et utilisé de manière efficace. 40. Les services téléphoniques extérieurs et intérieurs du Burundi sont en cours de développement dans le cadre d'un plan qui prévoit l'uti- lisation d'un prêt à moyen-terme pour couvrir les coûts de l'expansion des services intérieurs et de subventions pour financer l'installation du tronçon extérieur. NéanmOinS, les services téléphoniques resteront sur- tout localisés à Bujumbura, Getiga et, sur une base encore plus limitée, aux autres centres administratifs principaux. Le système des tarifs pour- rait être révisé afin de permettre que les services de télécommunication rapporte des revenus suffisants pour assurer une rentabilité raisonnable de l'in'lestisse.'Tlent et contribuer au coût de leur extension. L'approvi- sionnement en eau de Bujumbura est actuellement amélioré grâce à un prêt de l'IDA et des subventions bilatérales permettent de financer un pro- gramme régulier de développement des adductions d'eau dans les zones ru- rales. Enseignement et main-d'oeuvre 41. Halgré son augmentation rapide depuis l'indépendance, 1'effec- tif scolaire demeure restreint au Burundi: environ 170.000 élèves dans les écoles primaires et à peu près 7.000 pour les différents niveaux post-primaires, soit une fréquentation totale inférieure à 20 pour cent des enfants d'âge scolaire. La plupart des écoles primaires et secon- daires sont administrées par des missions religieuses qui reçoivent des subventions de l'Etat pour couvrir leurs dépenses d'équipement et de fonc- tionnement. Plusieurs problèmes devront être examinés avec attention au cours des années à venir: les coûts par élève qui sont élevés dans l'en- seignement primaire par suite du taux important de déchets; les coûts dans l'enseignement secondaire qui sont encore plus élevés étant donné que les écoles sont toutes trop petites; le fléchissement des résultats en langues et en mathématiques dû à l'accroissement rapide des effectifs dans l'en- seignement primaire alors que le nombre des enseignant.s augmente plus lente- ment; le fait plus grave encore que les prograE~es restent pour une large part - 17 - profondément influencés par les méthodes européennes et ne créent pas chez les étudiants l'état d'esprit dont le Burundi aurait besoin, pas plus qu'ils ne forment les spécialistes nécessaires au pays. Par exemple, la plupart des diplômés des écoles normales ne veulent pas s'installer dans les régions rurales et le nombre des jeunes qui quittent l'école sans C!llalifications utilisables s'accrol:t au Burundi. D'autre part, le nombre des techniciens et artisans qualifiés est insuffisant. 42. Les ressources en capitaux et en personnel dont dispose le Burundi seront mises lourdement à contribution pendant plusieurs années encore, tant que les projets en cours concernant l'enseignement secon- daire, technique et supérieur n'auront pas été menés à bien. Le rythme d'expansion de l'enseignement primaire sera gravement freiné par la pé- nurie d'enseignants qualifiés et il semble qu'il serait profitable sur le plan scolaire d'améliorer la qualité du personnel enseignant en service avant de développer encore l'enseignement primaire. En outre, on devrait s'attacher à résoudre certains des problèmes cités ci-dessus avant de développer encore le système d'enseignement. Lorsque les pro- jets en cours seront près d'être terminés et que l'aide extérieure sous forme de personnel et de crédits aura augmenté, priorité devra être don- née au développement de l'enseignement secondaire et technique et normal. Connue il .faut du temps pour former des mal:tres, le rythme d'expansion de ces programmes dépendra dans une large mesure du nombre des enseignants supplémentaires que l'étranger pourra fournir ainsi que des possibilités du Burundi de financer sa part des dépenses. 43. La pénurie de maill-d' oeuvre continuera d'être un obstacle ma- jeur au développement du Burundi. Cette constatation souligne la néces- sité d'améliorer le personnel existant et de l'utiliser plus efficacement. Priorité doit être donnée au développement de la formation en cours d'em- ploi et autre formation à court-terme des travailleurs. Dans l'adminis- tration, il semble absolument essentiel de prévoir un personnel de super- vision au niveau intermédiaire chargé de contrôler les activités de routine et le personnel subalterne, tâche qui, à l'heure actuelle, fait perdre un temps précieux aux cadres supérieurs. Le premier plan quinquennal de développement, en cours d'élaboration prévoit le premier recensement systématique des ressources et des besoins en main-d'oeuvre,; on disposerait ainsi d'une base permettant de définir les programmes prioritaires de for- mation en cours d'emploi pour le secteur public et le secteur privé • .. - 18 - III. L'ACTION DES pouvoms PUBLICS Considérations générales » 44. Tout exarr~n de l'action des Pouvoirs Publics ne peut guère porter que sur le secteur monétaire, lequel ne représente qU'une très faible part de l'économie nationale. A court terme en effet, les me- sures prises par les Autorités publiques ne peuvent avoir qU'une influence limitée sur l'économie de subsistance. Le secteur monétaire est très restreint puisque son revenu annuel n'est que de l'ordre de 50 à 60 millions de dollars, il en résulte qu'une hausse, même considé- rable, des taux de la fiscalité ne produit qu'un faible montant de re- cettes. En outre, les nombreuses institutions monétaires et économiques du Burundi sont presque toutes de création très récente et n'exercent d'influence que sur peu de secteurs de l'économie. L'activité économi- que de l'agriculteur subit sans doute le contrecoup des taxes qui frappent sa production ou ses achats, mais elle dépend de façon incomparablement plus grande des méthodes traditionnelles d'exploitation, des conditions climatiques et du niveau des prix mondiaux. Si l'agriculture est à peu près isolée du reste de l'éconOmie, en revanche les secteurs monétaires non agricoles dépendent dans une très grande mesure de l'ac.tivité agri- cole. C'est en effet l'agriculture qui fournit à peu près toutes les recettes d'exportation et, de façon indirecte, une bonne part du revenu que produit l'ensemble de l'activité économique. Si, par exemple, la récolte de café vient à manquer, sans doute l'agriculteur ne pourra-t- il pas s'acheter d'étoffes, mais pour l'Etat ce peut être la cause d'une crise financière. Enfin, par la force des choses, les Pouvoirs Publics ont dfi s'attacher à résoudre des problèmes à court terme de stabilisa- tion économique et ce n'est que depuis peu qu'ils ont pu faire porter leur attention sur le développement à long terme. Aperçu résumé des faits consécutifs à l'indépendance 45. Lors de l'indépendance, en 1962, le Burundi faisait partie d'illle union douanière dont les autres membres étaient le Congo et le Rwanda. De 1962 à 1964, il a continué à être lié au Rwanda par une union économique et monétaire. Une grande partie des marchés en devi- ses étaient alors conclus directement entre importateurs et exportateurs à un taux de change très supérieur à celui du marché officiel~ de sur- croît, les L~portations faites au taux officiel étaient soumises à de sévères restrictions. L'influence réciproque du taux de change libre et des prix intérieurs a été l'une des causes de la hausse des prix, laquelle à son tour a engendré un mouvement des traitements et salaires. Au cours des deux ans qui ont précédé l'indépendance, les prix ont augmen- té de 40 pour cent. Le système des deux taux de change est resté en vigueur pendant les trois premières années d'indépendance et les dépenses publiques ont alors augmenté assez rapidement. Or, pendant 1962 et 1963, les recettes d'exportation et le revenu de l'Etat ont diminué, de sorte qu'il y a eu accroissement du déficit bUdgétaire et diminution des ré- serves de change. Le fait que la production de café ait été bonne en 1964 n'a pas suffi à rétablir l'équilibre, la prime du taux de change - 19 - libre a fini par atteindre 100 à 130 pour cent et, au moment où l'année 1964 touchait à son terme, les prix intérieurs avaient encore augmenté de 40 pour cent. Aussi y eut-il alors un gros décalage entre les prix intérieurs et extérieurs d'une part et d'autre part le taux de change officiel. On s'accorda à penser que le 5,Ystème des deux taux de change sapait la confiance dans la monnaie et accroissait les importations de luxe au détriment de celles qui étaient essentielles. 46. En février 1965, un programme de stabilisation fut promulgué. Assorti d'un accord de crédit stand-by conclu avec le Fonds Monétaire International, ce programme comportait dévaluation monétaire, suppres- sion des restrictions quantitatives frappant les importations, libéra- lisation des transferts de fonds non rattachés à des échanges cormnerciaux et mise en vigueur de mesures d'austérité touchant les finances publi- ques et la monnaie. Le taux de change officiel fut augmenté de 75 pour cent, les droits de douane et le taux de plusieurs impôts furent accrus, on soumit les importations à un système de dépôts préalables et l'on fixa un plafond au volume des crédits bancaires. A titre de compensa- tion, les traitements de la fonction publique furent relevés de 20 à 30 peur cent, mais dans les douze mois qui suivirent ces réformes la hausse des prix put être limitée à quelque 10 à 20 pour cent. L'ac- croissement de la consommation publique fut ralenti, cependant que l'on augmentait les impôts en 1966 et 1967. 47. Si les importations ont augmenté immédiatement après la mise en vieueur des mesures libérales édictées au début de 1965, leur niveau est resté assez stable depuis lors et la hausse des prix a été moins rapide pendant les deux dernières années. Sous ce rapport, il apparaît que le programme de stabilisation a donné de bons résultats. En matière de devises cependant, la situation est restée difficile et le pays a dft faire des tirages annuels successifs sur la ligne de crédit du Fonds 110nétaire International pour amortir les variations saisonnières de ses paiements extérieurs. Croiss~~ce, politique financière et balance des paiements 40. Les difficultés que crée la balance des paiements depuis 1965 sont fonction de trois éléments: l'évolution déf'avorable des exporta- tions, la lente croissance de la production intérieure et le déficit budgétaire. Si la proportion des dépenses publiques utilisée à des fins d'importation n'est pas élevée, il en va tout autrement de la de- mande d'importation émanant des revenus du secteur privé qu'engendre le déficit budgétaire. Aussi y a-t-il un lien direct entre le financement de ce déficit et le déséquilibre de la balance des paiements. Voulant mettre en lumière ces rapports entre la balance des paiements, la poli- tique budgétaire et les quantités économiques, la mission a construit un modèle-cadre de l'économie du Burundi (on en trouvera le détail à l'_~exe III). Ce modèle-cadre fait essentiellement ressortir l'évolu- tion de la demande qui est la conséquence directe de modifications in- téressant les finances publiques et la croissance des exportations. - 20 - S'il est surtout fondé sur les données relatives à 1965, les évaluations qui s'en dégagent donnent une indication générale des ordres de grandeur qui caractérisent actuellement l'économie du Burundi. Elles montrent que pour un montant donné de déficit bUdgétaire, la part du finance- ment de ce déficit, qui risque en fin de compte d'aboutir à payer des importations, peut atteindre 80 pour cent.ll L~9. Il en va sensiblement de même dans le cas d'une augmentation des recettes d'exportation. On ne peut compter que la croissance de ces recettes, si bénéfique soit elle pour l'économie, améliorera de façon appréciable la balance des paiements s'il n'y a amélioration concomit- tante des firlances publiques. En effet, le revenu privé supplémentaire qui en sera le résultat se traduira encore par un accroissement substan- tiel de la demande d'importations car, au Burundi, la part consacrée à l'épargne sera peu importante. En outre, dans la mesure où le revenu de l'exportation pourra provoquer une demande de biens ou de services disponibles dans le p~s, il sera ainsi créé un revenu interne supplé- mentaire et, par voie de conséquence, un accroissement de la demande d'importations. Les calculs que l'on trouvera à l'Annexe III montrent que si le pays encaisse un montant donné de recettes d'exportation suppl~nentaires, la balance des paiements n'en profitera que dans la proportion de 20 pour cent. Les dO pour cent restants serviront en effet à financer l'accroissement de la demande d'importations provoqué par l'augmentation des recettes, si toutefois les finances publiques ne s'améliorent pas et si la croissance de la production commercialisée à èes fins de consommation intérieure reste lente. Certes, l'augmenta- tion des eX?ortations entraînera une hausse des recettes fiscales de l'Etat; mais il a été admis, en procédant aux évaluations de llAnnexe III, que ce supplément de recettes servirait comme par le passé à fi- nancer des dépenses publiques. Si, au contraire, il n'était pas dépensé, il y aurait amélioration des finances publiques et l'équilibre de la balan- ce des pai~lents en profiterait de façon appréciable, à concurrence d'un mont~1t qui pourrait atteindre 60 pour cent du supplément de recettes d'a~ortation. 50. Les interconnexions économiques dont il vient d'être question existent aussi jusqu'à un certain point dans toute économie nationale ouverte vers l'extérieur. Elles sont cependant plus accentuées au Burundi parce que ce pays dépend de l'importation à un degré élevé et que l'esprit d'épargne y est peu répandu. Dans ces circonstances, l'9À1)allsion de l'exportation ne peut sensiblement améliorer la balance des paiements que si les finances publiques sont gérées de façon qulil en soit ainsi. Vu le bas niveau de la consommation privée, des servi- ces publics et du total de l'investissement, le recours à l'impôt et à la compression des dépenses publiques n'offre que de faibles possibilités d'agir dans le sens de la stabilité. En fait, l'objectif de la stabilité !I Bien qu'elles soient incomplêtes, les données statistiques relatives aux années 1965 à 1967 donnent à penser que le pourcentage pourrait être un peu supérieur pour ces années-là. - 21 - serait beaucoup plus facilement atteint par une combinaison de la crois- sance économique et de l'aide extérieure. 51. Somme toute, dès l'instant où il s'agit d'améliorer la balance des paiements, la croissance des exportations joue un rôle nécessaire mais non suffisant. Il faut aussi que soit réduit le déficit des finan- ces publiques financé par le s,ystème bancaire. Cette tâche est beaucoup facilitée lorsque les recettes d'exportation vont croissant; or celles du Burundi ont augmenté si lentement au cours des quatre à c:inq derniè- res années que la politique financière en a été rendue beaucoup plus difficile que ce n'eo.t do. être le cas. Le Gouvernement a accru le pré- lèvement fiscal; il a réussi à contenir la consommation du secteur privé et à développer l'action de l'Etat. Si l'aide extérieure a environ tri- plé, il ne semble pas qU'elle ait suffi à couvrir la totalité des impor- tations directes et indirectes liées à la réalisation des programmes qu'elle a financés. En fait, en dépit d' e:trorts resolus, il n'a pas été possible d'atteindre à l'équilibre général. Les finances publiques sont restées déficitaires et les réserves de change ont diminué. Or le défi- cit n'est pas le résultat d'un programme de développement ambitieux ni d'une forte expansion économique. Il est dO. à ce que les recettes d'ex- portation ont été trop faibles pour soutenir un taux de croissance rai- sonnable, au moment où le p~s avait entrepris de se doter d'institutions essentielles qui existaient à peine au départ. ,2. Le tableau 4 ci-dessous, qui présente un résumé des opérations monétaires, montre l'évolution des finances publiques et les effets de cette évolution sur les réserves de change. Si le déficit des finances publiques a quelque peu diminué au cours des trois dernières années, il reste considérable. D'autre part, le volume net des crédits accordés au secteur privé n'a cessé d'augmenter. Or ce n'est qU'une faible part de la croissa.."1ce totale du crédit qui s'est traduite par une augmenta- tion du volume des moyens monétaires détenus par les particuliers, sauf cependant en 1967, année où la production de café a été bonne de sorte que les agriculteurs ont encaissé un revenu en espèces relativement élevé. Le reste de l'expansion du crédit a contribué, directement ou indirectement, à réduire les réserves de change. - 22 - Tableau 4: ETAT RESUl1E DES OPERATIONS 110l'JETAIRES PAR RAPPORT A LA SITUATION DES RESERVES DE CHANGE (millions de francs Burundi) Premier semestre 11 1965 1966 1967 1967 1968 196(j (nùïïions de dollars E. U.) Accroissement ne~u volume des crèdits consentis par les Ban- ques au: Secteur public 279 261 190 211 257 (2,9) Secteur privé -21 79 133 514 462 (5,3) Total 2!8 340 m ~ 719 (8,~) Correspondant à: a) augmentation des fonds détenus dans le secteur c,J privé .,J.) 44 115 320 153 (1,7) b) diminution nette des réserves de change dé- tenues par le s.ystème bancaire 203 296 208 4o;; 566 (6,5) ~urcentages Augmentation des crédits accordés au secteur public, en pourcentage des dépenses ordinaires de l'Etat 20,3 16,3 10,8 •• •• •• Diminution des réserves de change, en pourcentage du total des dépenses ordinaires figurant à la balance des paiements 10,3 13,3 9,3 9,3 •• •• 1/ Les chiffres afférents au premier semestre subissent la forte influence - des facteurs saisonniers. 2/ Prêts, après déduction des dépôts et autres comptes débiteurs non - étrangers. Source: Statistiques financières internationales Politique budgétaire 53. Comme il n'a pas été fait d'étude complète des recettes et dépenses des administrations locales, les considérations qui vont sui- vre ne porteront que sur les finances de l'Etat. Les ressources des administrations locales correspondent à environ 10 pour cent du produit total de l'impôt; une partie provient d'ailleurs du partage de certains - 23 - revenus fiscau.."C avec l'Etat. On estime que ces administrations ne dépen- sent pas plus que leurs ressources. Il faut remarquer qu'auxclites res- sources s'ajoute la prestation d'une journée de travail par semaine, par laquelle tous les hcmuaes contribuent traditionnellement à la réalisation de projets intéressant la communauté locale. Efficacement organisé et doté de moyens adéquats, cet apport de main-d'oeuvre pourrait apporter un concours important au développement rural. Revenus de l'Etat 54. Le tableau ci-dessous montre la composition et la croissance des revenus de l'Etat: Tableau 5 ~ RECETTES DU BUroET ORDIIIfAIREV collPosïTION PAR PRUJCI?ALES CATEGORIES POURCENTAGE DE CROISSANCE DE CHAQUE CATEGORIE Composi tion aV pourcenta~s de croissa;gge ï962 1964 ï~b 1965 19 1967 196B~ Impôts dü'ects 40~O 33,2 36,0 2;,8 44,2 17,1 18,6 sur le revenu 15~1 19,9 25,0 64,5 20,1 23,3 de capitalisation 23,4 1'4· ;-' Il,6 .,.,,;) 33,5 24,4 9,3 10,7 Lnpôts indirects 49,6 46,4 56,8 81,1 20,1 11,1 12,7 dont: iral::>orta tions 18,0 22,0 21,8 84:7 18,8 -3S 5,3 ex-porta tions 6,7 7,6 12,2 221,4 •• 21,7 -4'b; consonnna tion 24,h 18,1 16,6 19,7 26,7 26,4 Il, Autres recettes intérieures 10,4 18,4 7,2 •• •• •• •• Total des recettes intérieures 100,0 100,0 100,0 53,9 16,1 14,6 13,5 Prix au consonnnateur1±l 2L~, 9 3,5 2,9 •• II on cOlapris subvention s d'origine étrangère &laluation du budget Non compris la taxe sur le chiffre d'affaires mise en vigueur ,en 1968. Indice des Prix: de la Banque Nationale du Burundi: pourcentage de hausse annuelle. Source: l1inistère des Finances. 55. Les impôts directs représentent jusqu'à 40 pour cent des recet- tes fiscales, tau~~ qui s'écarte beaucoup de ceux de biens d'autres pays africains. Les impôts indirects fournissent de 50 à 60 pour cent des recettes ordinaires. Le produit des irapôts indirects se répartit à peu près COI!ll1le suit: droit de douane 40 pour cent, taxes à l'exportation 20 pour cent, lItaxes de consommationll , qui frappent surtout la bière, 40 pour cent. L'incidence moyenne des Clroi ts de douane était en 1967 de 21 pour cent, les vêtements étant taxés à 30-60 pour cent, les machines et outils à 20-30 pour cent et les vins et spiritueux à des taux supérieurs à ceux des vêtements. - 24 - 56. Les recettes fiscales ont rapidement augmenté depuis l'indépen- dance: de 25 poru. . cent en moyenne par an entre 1962 et 1968, de 54 pour cent en 1965 (année de la stabilisation) et de 13 à 14 pour cent ~endant les deux dernières années. Une partie de l'augmentation est due à l'inflation. Il semble néanmoLïs incontestable que le rendement des impôts a crÜ plus vite que le revenu monétaire et qU'il y a eu augmentation effective du lJrélèvelilent fiscal. On ne saurait dire exactement de combien. Il semble· qu'on vuisse très approximativement avancer qU'environ 25 pour cent du re- venu monétaire global sont actuellement versés à l'Etat au titre des impôts œLrects et L~oirects. ;7. Le plan de stabilisation de 1965 a relevé le taux de l'impôt de capitation, de la taxe sur le bétail, de l'impôt foncier et de la taxe sur les automobiles. En 1967, ce fut le tour de la taxe sur la bière et, en 196J, il a été créé une "ta."{e générale sur le chiffre d'affaires dont le . ~~~ est de 2 pour cent. Il semble aussi que la hausse des recettes fis~ cales soit due pour une grande part à l'amélioration des méthodes de per- ception. Le rendement de l'impôt de capitation a augmenté sans que l'on en ait relevé le tatL~. L'augmentation substantielle du produit des impôts .:tra:c:pallt le revenu des sociétés est avant tout le résultat dl un contrÔle et d'une perception plus efficaces, qui ont notamment permis de recouvrer des arriéi..'és. En fin de compte, le Burw.1di a fait un gros effort pour accroitre ses recettes fiscales et y a largement réussi. 58. Les subventions budgétaires de la Belgique ont dùnlllUé. De G pour cent du rev&~u budgétaire total en 1962, elles sont passées à 3 pour cent. en 1967. Le montant modique inscrit au budget de 1968 provient de ce que la Belgique a pris directement à sa cl~ge les échéances du prêt de la BTILD, échéance dont le Burundi st acquittait auparavant en prélevant les sommes nécessaires sur les fonds de l'aide belge. Cependant, diverses sourCGS d'aide extérieure trru1sfèrent des montants substantiels sous forme de rémill~ration du personnel d'assistance technique servant dans les admi- nistrations et institutions publiques. Le budget n'en fait pas état. Dépenses du budget orl2naire 59. Si le budget ordinaire contient quelques investissements, cl'ailleurs d'tUl faible montant total, on peut néanmoins admettre qU'il S'agit bien dans l'ensemble du budget des dépenses courantes de l'Etat. Le tableau Ci-après montre cOlTIl."Uent il est composé et quelles modifica- tions il a subies. - 25 - Tableau 6: BUOOET DES DEPENSES ORDINJ\.IRES REl'Ju"1TITION SELOH LES PHIUCIPlù..ES CATEGORIES DE DEPENSES EVOLlJTIOn RELATIVE DE CES CllTEGORIES Com~ositiO~/ Evolution en ~ur cent 19b 196&=. 1964 1965 19 I967 196a11 Al1ninistration et services géne:;.'aux 24,0 23,4 41,1 39,3 12,1 13,8 -5,6 Déi'e..."'lse 13,4 14,0 19,0 52,8 10,1 3,9 21,1 Services sociatuc 38,1 33,7 12,9 30,1 19,3 14,7 7,0 Services économiques 20,2 22,6 46,0 58,9 17,1 -1,3 1,3 Service de la dette publique 4,3 6,3 Total des dépenses ordinaires 100,0 100,0 28,1 42,7 18,1 9,8 2,5 P2Di: au consommate~ 8,1 24,9 3,5 2,4 •• 1/ Créeits lllscrits au budget 2/ Indice des Prix de la Banque Hationale du Burundi. Il s'agit de l'évo- - lut~on en cours d1année et non de l'évolution de moyennes annuelles. Sow~ce ~ Hinistère des Finances 60. Le total des dépenses ordinaires a augmenté en uIDyenne de 17,8 pour cent l'an entre 1962 et 1967. L'augmentation fut su~érieure à cette mOy€',l1.l1e dans les pre."llières années, inférieure après 1965. Si elle a quel- que peu varié d'arùlée en année, la structure du budget des dépenses ne s'est pas beaucoup modifiée au cours de la période. L' aèlminist:cation du pays compte pour quelque 25 pour cent dans les dépenses courantes, non cor:lpris la part des émolwnents des conseillers et personnel étrangers qui incombe à. l'aide extérieure. Les SOImnes dépensées au titre de la ci.éZense ont augmenté très rapidement en 1965 et les crédits inscrits à ce titre au budget de 1968 sont de nouveau en augmentation d'environ 20 pour cent, soit de Ih pour cent du budget ordinaire total. L' ensemble de l'admj~istration nationale et de la défense dépasse légèrement le tiers du total des dé:Je:.'lses courantes. Les services sociaux y com:;.)tent pour un second tiers. L'éducation prend une part assez forte de ce deuxième tiers, part qui correspond à quelque 23 pour cent du total des (~é~)enses courantes, bien que Hoins de 20 pour cent des enfants &gés de (~ à 111- ans aillent à 11 école. Une part ir:l;30rtante du budget de l t éduca- tion est constituée de subventions aux: écoles des missions. Les services économiques ne représffiltent que moins d'un quart des dépenses ordinaires; environ les deux tieY's des crédits de cette rubrique vont aux transports, communications et travaux publics, à peu r.>rès le quart à l' agriculture. Le service ùe la dette a crfi jusqulà atteindre 8 pour cent des dépenses ordinaires dont un tiers environ pour la dette extérieure. - 26 - Le budget ~~traordinaire 61. On a posé en principe général que le budget ordinaire doit être fi.l1a..'1cé par l'impôt et. que tous autres moyens nationaux de finan- cement, par exemple les errprunts contractés auprès d'institutions parasta- tales telles que la Caisse d'Epargne et le Fonds d'Assurances sociales, sont réservés au budget extraordinaire, souvent appelé budget des inves- tissements. Ce n'est cependant pas un budget complet. En effet, lorsqu'un ~)k'ojet donné fait l'objet de concours financiers extérieurs, on n'inscrit au budget. que les cotlts incomb&'1.t au Gouvernement, non les apports et el,lplois de ressources étrangères. On n'y fait pas non plus figurer les investissements qu'entreprennent les institutions parastatales. Comme on le verra ci-dessous, le budget extraordinaire n'a pris quelque impor- tance que depuis 1965. Tableau 7 ~ DEPEI;JSES AU TITRE DU BUInET EXTRAORDINA1RE (millions de francs Burundi) Budget 196h 1965 1966 1967 1968 Total des crédits bO 140 70 100 241 Dépenses effectives 20 157 92 90 •• Source: "1istère des Finances !ti... 62. Les crédits inscrits au budget ne constituent pas une évalua- tion de ce que l'on compte dépenser pendant l'exercice. D'une part, il ne s'agit que d1une approbation conditionnelle car l'engagement de dé- penses requiert une autorisation définitive, c'est-à-dire une nouvelle décision fondée sur la disponibilité des fonds nécessaires. D'autre })art, c'est le cotlt total du projet que l'on inscrit au budget d'un exercice donné, même si les débours s'étaleront sur plusieurs années avant que le projet soit terminé. Le volume des dépenses autorisées est donc supérieur à ce qui sera probablement dépensé au titre 'des projets que l'on entreprendra en cours d'exercice. Enfin, les dépenses autorisées pour un projet donné doivent avoir été effectivement débour- sées au cours d'une période déterminée, laquelle a été portée de deux à trois ans par le budget de 1968. Il résulte de cet ensemble de faits que la i'orte augmentation des prévisions du buèl..get extraordinaire de 1966 ne signifie nullement qu'il a été décidé d'accroître d'autant le r,ythme des dépenses. Il sera question plus loin de la composition et du financement du budget extraordinaire. - 27 - Budget et fL~ances de l'Etat 63. Le tableau S montre quels ont été les buà.gets ordinaires et extl"aordinai:;:"es et cŒlUl1ent ils ont été financés de 1962 à 1968. Pendant toute cette période, le budget ordinaire a laissé un déficit de l'ordre de 100 à 200 lnillions de francs annuellement (soit 1,5 à 2,5 millions de dollal~s). Les évaluations budgétaires afférentes à 1968 étaient en équilibre, mais à en juger d'après les tendances du premier semestre, il semble que le budget se soldera par un nouveau déficit. QUant au budget extraordinaire, i l n'a pris d'importance qu'après 1964; depuis lors le délicit global a été de l'ordre de 250 millions de francs (2,9 millions de dollars) et a été couvert surtout grâce aUX prêts des insti- tutions publiques et des banques. Or, conmle ces banques commerciales et institutions publiques ont à leur tour réduit les réserves qu'elles avaient à la Banque Nationale, c'est en réalité cette dernière qui a fUlancé le plus gros du déficit global. A ce sujet, les comptes ne mon- trarrt. pas qU'il y a eu d'accumulation d'arriérés pendant ces dernières années. 64. lü la croissance rapide des recettes de l'Etat, ni son plan de stabilisation n'ont donc éliminé le déficit de sa gestion financière; telle est la leçon qui se dégage du tableau 8. Si cette situation s'expli- que en partie par les mauvaises récoltes de café et de coton des années 1965 et 1966, il n'en reste pas moins que les dépenses ordinaires ont- normalement dépassé les prévisions, créant ainsi des déficits inatten- dus. La cause en a été jusqu'à lil certain point Ifll1auffisance du contrô- le des dépenses engagées par les différents ministères, et des mesures ont été prises en 1967 pour corriger cette insuffisance. Il en est un-- autre facteur, à savoir que 1 r aide extérieure finance hors budget quel- que 60 pour cent du coo.t du développement du secteur public et qU'il ne sa.Ible ;?as qu 1 on ait dfunent tenu compte des dépenses courantes dont les )rojets sont ultérieura~ent la cause. Aussi faudrait-il prendre soigneu- . Se1llent en co,-lsidération les conséquences financières futures des investis- sements publics, d'autant que le prélèvement fiscal est déjà lourd. Un troisi~lC facteur du déficit c'est la croissance rapide de l'emploi de main-û'oeuvre non qualifiée par la Puissance publique, qui résulte du souci de parer au chômage. 65. Il est un problème plus grave, à savoir que la procédure budgé- taire a~ vigueur au Burun0i n'est pas de nature à donner un tableau clair et total des conséqu~1ces financières de l'action gouvernementale. Le budGet investissements n'est pas complet; 60 pour cent des investisse- ments publics sont financés hors budget; plusieurs institutions disposent de fonds et procèdent à des investissements que le budget laisse ~ïtière­ ment de côté. Il est arrivé en certaines années que des institutions pa-- rastatales aient \Qré des réserves inemployées à des comptes de l'a~Jis­ tratioll publique créant ainsi 11 impression que le budget était sensiblement en équilibre, alors qu'en réalité le secteur public était obéré par des déficits Substill1tiels qui contribuaient au déséqUilibre de la balance des paierll.ents. Le l'ait même qU'il n'existait pas de budget complet couvrant l'~ïsemble du secteur public a ainsi empêché d'y voir clair quant à la situation financière, il a rendu très difficile l'analyse de la gestion passée et des plans d'avenir. - 28 - Tableau ,,, 8: LE BUDGET DE L'ETAT ET SON FDTA1'WEHENT (millions da francs Burundi) 1967 1968 en millions 1962 1963 1964 1965: 1966 1967 Budget de dollars Budget ol'd~t11aire Total des recettes 445 5h8 848 1.249 1.429 1.631 1.80L~ (18,7) Total des dépenses non compris le service de la dette 527 913 1.299 1.498 1.628 1.691 (18,6) Solde avant serv"ice de la dette -82 -165 -65 -50 -69 3 113 ( 1,5) Service de la dette 62 --lQ 38 59 106 133 113 ( 1,,5) Solde du budget ordinaire -108 -195 -103 -109 -175 -130 (-1,5) 3udget extraordinaire Total des dépenses 6 20 ~ (1,0) Solde total des deux budgets avant / emprunts -108 -201 -123 -266 -267 -220 -241~ (-2,5) Emprunts placés dans le pa~Tsl' En dehors du système bancaire •• •• 28 143 44 31 .. ( 0,3) institutions pu- bliques •• •• •• (106) (31) (16) caisse d'épargne •• (37) (5) (8) autres •• •• .. (0) (8) (7) Dans les Banques •• •• 95 129 174 121 •• ( 1,4) ba~que nationale .. •• •• (126) (172) (4) banques commerciales •• •• •• (3) (2) (117) 11 Différence-(en + ou en -) •• •• o -6 49 68 •• ( 0,8) li Le calcul de la différence tient compte, dl une part du solde net des emprunts cont,ractés - car le service de la dette comporte des amortissements - d'autre part} des écarts de temps entre le moment où les transactions sont enregis- trées dans les statistiques bancaires et celui où elles le sont dans les comptes de llEtat. 31 La réalisation des projets inclus dans le budget étant autorisée sur une périOde de trois ans, les dépenses effectives de l'exercice 1968 seront normalement très inférieures à ce chiffre. Source: Hinistère des Finances, Statistiques financières internationales et évaluations de la mission. - 29 - 66. La procédure budgétaire a aussi des conséquences en matière de politique financière; elle crée en effet l'iMpression que l'on peut se satisfaire dt~~e situation où le budget ordinaire est en équilibre et complété par tu1 budget extraordinaire n'excédant ~as les fonds que l'on peut emprunter sur le marché intérieur. Cette situation est en effet satisfaisante dans lalilesure où il s'agit d'avoir des finances en ordre. Il se peut cependant que le Gouvernement doive accroître l'épargne publi.. que al'in de financer son programme de développement. Peut-être lui fau- dra-t-il alors modifier sa politique budgétaire en ce qu'il devra cOrnQ)rimer les dépenses courantes pour dégager des fonds à investir. En l'état actuel des choses au Burundi, on n'examine pas l'investissement en fonction des recettes et dépenses ordinaires, on l'étUdie, isolément, à la lumière des montar:. ta que l'on peut se procurer par des emprunts intérieurs. La métho- de actuelle ne pousse donc pas à accroître l'épargne publique, elle peut même empêcher de voir clairement les priorités à établir entre dépenses ordinaires et. dépenses d' inves tissement. Et lorsqu'il advient qu 1 un projet antérieurement approuvé oblige à encourir de grosses dépenses im- prévues, le Gouvernement se trouve devant l'alternative de suspendre l'exécution du projet ou d'accroître le déficit budgétaire. 67. Il ne sera pas facile au Burundi d'augmenter l'épargne publique. Et pourtant les investissements que l'on projette y obligeront peut-être. Ce qui rend ce problème encore plus ardu, c'est qu'il soit possible de se conformer aux règles budgétaires traditionnelles en ne faisa.~t que très peu d'épargne publique. C'est pourquoi une méthode budgétaire qui ferait clairern.ent ressortir le rôle de cette épargne publique en tant que moyen de se procurer des fonds à investir, aurait l'avantage de mettre en lu- mière la fonction de la l'loli tique budgétaire en matière de finance.l'1lent du déveloPllement. Peut-être ferait-elle aussi accepter plus faciler:1.ent les mes~~es qui s'imposa~t pour limiter les dépenses ordinaires, accroî- tre les recettes courantes et contribuer ainsi au développement écononu- que. nais cette méthod.e devrait aussi prendre en considération le volume et l'en~)loi des ressources provenant de l'étra.~ger ainsi que les investis- sements des institutions parastatales, afin qu'il soit possible de juger c'.e la totalité des dépenses et du financement du secteur public en fonction des objectifs généraux de la politique financière. Le premier Plan de dé- veloppement, !l1.aintenant en cours de préparation, fournit pour la première fois les éléments d'un cadre S"'j'stématiquement conçu pour la gestion des finances publiques. Il faudrait sans tarder utiliser ce travail préli- mi.~aire en vue de refondre la procédure budgétaire. Les investissements du secteur public et leur financement 68. Il n'existe pas d'étude complète et systématique des investisse- ments publics. Les indications données ci-dessous concernant la composi- tion et les tendances de l'investissement officiel, sont fondées princi- palement sur les comptes de l'Etat en partie aussi sur l'information relative à llaide extérieure. Les chiffres ainsi obtenus sont inférieurs a~~ évaluations faites à partir de données relatives à la balance des paiements, du mouvement des importations et des comptes de la nation afférents à 1965. - )0 - 69. La totalité des investissements publics au cours des six années qui ont suivi l'indépendance slélève à un montant légèrement supérieur à la pari té de 22 nüllions de dollars, le montant annuel ayant à peu près triplé de 1962 à 196'7 où il atteignit 6,5 millions. Les trois quarts envi- ron des sommes ainsi investies ont été consacrées à l'infrastructure écono- mique et sociale et aux services administratifs - principalement les trans- ports et l'administration -, le dernier quart à l'agriculture et à l'industrie. La composition des investissements ne s'est guère modifiée au cours de la périOde elle montre qu'il s'est agi de développer les services essentiels de l'Etat, assez réduits au moment de l'indépendance. C'est ainsi, par exemple, que la plus grande part des fonds ont été investis dans le secteur administratif, surtout pour construire des bâtiments publics, des logements pour le persol1nel et des installations destinées aux forces de sécurité. En revanche, on a peu investi dans le secteur agricole faute de projets :possibles et par manque de personnel, cependant que dans l'industrie le climat politique n'était pas de nature à favorier les investissements. Tableau 9: INVESTISSE41ENTS PUBLICS DE 1962 A 1967 l·tillions en ~ du en %du Total des investissements de francs total Par secteur total publics 1962-67 Burundi dont: Budget ordinaire 142 9 Agriculture 17 Budget extraordinaire 365 22 Industrie 10 L'lsti tutions parastatales 120 7 Transports et Communications 28 Financement extérieur 1.043 62 Education ,-J ;> Santé 9 Autres services sociaux et administratifs 31 Total 1.675 100 100 1962 1963 1964 1965 1966 1967 Total - l10ntants annuels des investissell1ents publics en millions de francs 102 74 137 411 378 573 1.675 (En raillions de dollars constants) (2,1) (6,5) (22,2) Source: Gouvernement du Burundi et évaluations de la mission. - 31 - 70. Sans doute le genre dl investissement réalisé a-t-il préparé à la possibilité de réaliser des investissema~ts productifs dans le secteur agricole. nais la stagnation de l' agricul ture a fait gravement obstacle à la croissance du revenu national et des recettes d'exportation, qui eüt servi à financer l'augmentation des dépenses publiques. De surcroit, les investissements des secteurs social et administratif ont provoqué une hausse rapide des dépenses courantes de l'Etat. Enfin, le r,ythme de crois- sance des investissements a été aussi rapide que celui du développement (:,es moyens adr,linistratifs, même quand ceux-ci eur ent le renfort du per- sonnel d'assistance technique. Ces faits donnent à penser qu'il faut mo- difier la contexture de l'investissement public, l'orienter vers la pro- duc'I;,ion agricole et réduire au minimum les fonds à investir dans les secteurs administratif et social. Tableau 10: EV.I\LUA'ITON DE L'AIDE Eicr'ERIEURE AU DEVELOPPEMENTY ~ 1962-1967 (en millions de dollars) Solde non Engagements Dénenses utilisé * Aide financière 22,9 12,0 10,9 dont: subventions (19,1) prêts ( 3,8) }";icie technique 27,1 22,0 TotaJ:~j 50,0 34,0 y y compris contributions directes au financement du budget, évaluées au total de 4,3 millions de dollars. Sources: Banque Nationale du Burundi et évaluations de la mission. 71. Environ les deux tiers des dépenses effectives sont allées à l'assistance technique, un tiers seulement a été consacré à l'investis- sement. Les 12 millions de dollars alloués à ce second titre entre 1962 et 1967 correspondent à 60 pour cent des investissements publics réalisés pen6ll1t cette période; le montant annuel, légèrement inférieur à 2 millions de dollars au début, a augmenté jusqu'à 4,4 nùllions en 1967. La destina- tion de ces fonds a été conforme à celle de l'investissement public total, elle se caractérise aussi par la prédOminance des investissements consa- crés aux bâtiments publics, aux forces de sécurité et aux services d'in- formation. Tout changement d'orientation des investissements publics devrai t donc s'étendre à l'aide extérieure. 72. Environ 93 pour cent des engagements d'aide extérieure se classent dans la catégorie des dons et subventions. De 1962 à 1967, le Burundi n'a reçu que trois prêts s'élevant au total à 3,8 inillions de dollars. Le solde non utilisé à la fin de 1967 atteignait 16 millions de dollars, dont - 32 - 10,9 millions avaient été alloués pour des projets d'investissement. Du total des engagements, quelque 65 pour cent provenaient de la Belgique et du Fonds Européen de Développement, environ 18 pour cent des institu- tions des Nations Unies et le solde de la France, de la République Fédé- rale d'Allemagne, des Etats-Unis, des Pays-Bas et de la Banque Interna- tionale. 73. L'épargne publique étant de si@le négatif et, faute de pouvoir compter sur l'épar~le financière privée, c'est en faisant appel aux banques qU'il a fallu fi.na~cer les 40 pour cent de l'investissement public non cou- verts par l'aide extérieure. Cette méthode de financement interne des déficits a provoqué une demande d'importations supplémentaire et une diminution des réserves de change. Il semble que l'aide extérieure ait fourni plus qu'il ne fallait de devises pour payer les importations di- rectement requises pour les investissements publics, mais elle n'a pas couyert la totalité de la demande d'importations engendrée par les dépen- ses intérieures afférentes à. ces investissements. En d'autres termes, on a Qltrepris trop d'investissements par rapport au volume de l'aide exté- rieure. Cela tient en partie à l'absence d'un tableau d l ensemble précis de la situation des finances publiques, peut-être aussi en partie à une t~ldance à sous-estimer les conséquences, pour la balance des paiements, de toute méthode de financement des déficits. Les autorités publiques, comme aussi celles qui accordent l'aide extérieure, ont une conscience aiguë d.u prOblème que pose la balance des paiements, mais elles parais- sent en voir la cause dans l'expansion peu satisfaisante des exportations plutôt que dans le financement des investissements du secteur public. Si la c~oissance des exjportations peut améliorer la situation, c'est unique- ment dans la mesure où elle servira à constituer une épargne intérieure qui pour::..~ai t être mise à la disposition du secteur public. Les réserves en sont actuellement à un niveau très bas, ce qui. rend d'autant plus U:.i:gent de résoudre le problème du financeraent des investissements publics. Les conséquences, en ce qui. concerne les moyens de financer le développe- ment futur, seront examinées plus loin (par. 95 à 104). ~gan~sation du crédit 74. Il Y a au Burundi. trois banques commerciales, enregistrées selon la loi du r-ays mais qui appartiennent en majeure partie à des intérêts~ étra.:.î.gers. Il existe en outre une caisse d'épargne et, de création ré- cente, la Banque :NatLonale de Développement. Les banques commerciales sont de loin les plus iraportantes puisqu'elles représentent ensemble quelque 65 pour cent de la totalité des actifs bancaires. Leurs ressour- ces ~in~ncières niant pas augmenté depuis quatre ans, sinon que le volume de leurs dépôts privés ont subi les variations cycliques annuelles. Au 30 juin 1968, ces dépôts privés étaient de même montant que trois ans plus tôt, en dépit de la hausse des prL~, ce qui semble confir:mer qu'il n'y a pas eu dieJq)ansion générale de l'activité privée dans le secteur monétaire de l'économie nationale. - 33 - 75. Jusqu'à présent, seules les banques conunerciales ont joué un rôle :Lîl}?Orta..""1t en matière d'avances aux affaires privées. Le financement des exportations et importations compte environ pour moitié dans l'encours de leurs pr~ts en fin d'année. Cependant, la demande de crédit s'accroit considér,8.blement en cours d'année à l'occasion de la réco l te et de l'ex- portation du café. C'est de juin à aoftt que les banques commerciales fina..'1cent l'achat du café aux producteurs et le montant de leurs avances s'enfle au point d'atteindre deux à trois fois le chiffre "normal ll • En règle générale, ces avances ne sont pas compensées par une augmentation- correspondante des dépôts car les paiements aux agriculteurs et intermé- diaires se l'ont en espèces. Le volume de monnaie en circulation augmente dès lors considérablement au moment des achats de café et il ne diminue que progressivement au cours des 8 à 10 mois qui suivent, à mesure que les gains sont dépensés. Mais les avances bancaires sont remboursées au bout de 3 à 4 mois, c'est-à-dire au bout du délai nécessaire à l'expédi- tion du café et au règlement des factures par les acquéreurs étrangers. 76. Jusqu'à une date récente, les banques commerciales ont eu, hors saison, des réserves importantes. C'est ce qui leur a permis d'utiliser a'1 grm1de partie leurs propres ressources pour répondre à la demande sai- sonnière de crédit provoquée par l'exportation, le reste leur étant fourni par des avances de la Banque Nationale qu'elles remboursaient avant la fin de l'almée. Ainsi, le financement des achats de café et des exporta- tions a eu normalement pour conséquence une diminution des réserves li- quides, associée à des prêts à court terme de la Banque Nationale. Or il parait probable que les choses se passeront dorénavant de façon dif- férente. En effet, les réserves des Banques commerciales ont beaucoup diminué en 1967, principalement en raison des prêts considérables consen- tis à l'E't.at sous forme d'achat de Bons du Trésor. Même dans l'hypothèse où ce portefeuille reste ce qU'il est, il faudra que la Banque l~ationale prenne à sa charge une part beaucoup plus grande du financement saisonnier.- Or la Banque Nationale applique des taux différents selon les sortes d'avan- ces qu'elle accorde. Ces taux vont de 3 pour cent pour le crédit à l'ex- portatiœ1, à 6 pour cent lorsqu'il s'agit d'importation. D'autre part, le vol~~e du crédit accordé par la Banque pour d'autres fins que l'expor- tation et l'importation a augmenté depuis deux ans: de près de 30 pour cent en 1966 et de 23 pour cent en 196'(. Il est vrai qU'il était aupara- vant relativement faible. En fait, l'augmentation annuelle a été de l'ordre de 40 millions de francs du Burundi. 77. Les autorités S'inquiètent de la croissance du crédit à l'impor- tation.. Lors de l'accord de If stand-by" conclu avec le !i'onds Monétaire Inte~tional, des plafonds avaient été imposés aux crédits bancaires, plafonds mensuels puisqu'il fallait tenir compte des besoins saisonniers, mais qui s'appliquaient à toutes les fOl~es de crédit. On s'y est stricte- ment conformé jusqu'en 1967, année où les expéditions de café ont subi des retards qui ont bouleversé le rythme traditionnel. Aussi a-t-il fallu ré- viser le plafond. L'accord applicable à 1968 fixe un plafond pour tous les crédits bancaires autres que ceux destinés à financer l'exportation. 78. La Caisse d'Epargne ne prête pas au secteur privé. Ses dépôts sont passés d'un total de 38 millions à la fin de 1964 à 98 millions de francs du Burundi à la fin de 1967, et presque toute cette augmentation a été investie - 34 - en obligations de l'Etat. Le système des chèques postaux fait partie inté- grante de l'a&ninistration des Postes, de sorte que ses actifs, après déduc- tion des besoins de caisse, sont à la disposition directe de l'Etat. Balance des paiements 79. Voici quelles sont les caractéristiques essentielles de la balance des paiements, calculées au taux de change postérieur à 1965. On trouvera des évaluations plus détaillées au tableau 4 de ltAppendice statistique. Tableau 11: BALANCE DES PAIFJvIEl'rTS (millions de francs Burundi - tous les chiffres convertis au taux de change de 1965) I. Opérations courantes 1962Y 196# 1964 1965 1966 1967 Exportations 1.018 580 1.562 1.266 1.292 1.456 Importations 1.378 1.142 1.499 1.603 1.698 1.694 Balance cO!l'll'OOrciale (opérations \rl.sibles) -360 -562 6J -337 -406 -238 o~)érations invisibles nettes (Qont trans~erts de fonds et versements à l'étranger au ti- tre du revenu des investisse- ments) (-316) (-228) (-118)(-197)(-390)(-418) Solde de la balance COlU"'ante -875 -825 -158 -482 -671 -585 II. Capitaux ~tde étrangère comptabilisée nette y 439 183 248 218 226 290 Autres trans.fel~ts, solde positif net 11 273 270 216 63 149 87 (dont service de la dette extérieure) •• •• (-38) (-38) (-38) (-36) Solde de ltensemble de la balance des paiements, - provenélJ."'1 t des réserves 4/ (-163) (-372) 306 -201 -296 -208 y Evaluations fondées sur 11 étude des dOlmées rë!atives à ft association Burundi - Eèv;anda. 2/ Après déduction des remboursements sur dette extérieure. 3/ Comporte une correction afin de faire entrer en ligne de compte l'excédent - d'L~ortations que révèlent les statistiques douanières comparées aux sta- tistiques des paia~ents, et pour tenir compte de divergences de statistiques. 4/ Pour 1962 et 1963: évaluation de soldes résiduels. Pour 1964, l'acception - du mot "réserves" est celle de la Banque Nationale, à partir de 1965, celle du .F'.H.I. Sources: Ministère des Finances pour 1962 et 1963; Banque Nationale pour les rumées ultérieures. - J5 - 60. Pour les années antérieures à 1965, les données de la balance des paiements sont douteuses, car il a fallu les oo(traire de statistiques qui s'appliquent à 111.1..'I1.ion du Burundi et du Rllanda. A partir de 1965, les chiffres ont pour origine les o?érations de change enregistrées au sein du système bancaire, sauf pour les importations où l'on a utilisé les statistiques douanières. L t exallle!l de ces statistiques montre que les importations dépassent de 8 à 16 pour cent celles que révèlent les données- relatives aux paiements, et lIon attribue cette différence au fait que -cer- taines import.ations sont réalisées par l'aide ro,."térieure et par les mis- sions sans que le règlement puisse être enregistré au Burundi. Pour corriger cette omission, une entrée a été incluse dans la rubrique "au- t.res transferts, solde positif net!! sous "capitauxtl • :.11. Le ca.fé tient Ut"1.e place prépondérante dans les exportations. Il a fourni en moyenne 80 pour cent des recettes d'exportation (m:inimum: 59 pour cent lors de la mauvaise récolte de 1963, maximum: 91 pour cent lors de la reprise de 196t~). C'est en 1964 et 1967 que les e..~cportations ont culn~~éZ elles ont été nettement inférieures les autres années. De 1959 à 1963, les prix du café ont baissé de 34 pour cent; après s'être aIiléliorés en 196h, ils ont de nouveau baissé régulièrement jusqulà reve- nir en 1967 à leur niveau de 1963. 82. Les iliroortations ont diminué en 1963, augmenté ensuite conti- nuellement jusquÎ e11 1966 et se sont main.tenues au même niveau en 1967. Les biens dont l'importation a cra. régulièrement sont les biens d l inves- tisserllent., l'essence et les automobiles, les importations des autorités publiques ont aussi cra. régUlièrement. Celles de biens de conso~nation sont restées à peu près stables, mais ont diminué en 1967. B3. Les sommes transi érées à 11 étranger à ti tre privé, y compris les versements de revenus sur investissements, ont ditrdnué de 1962 à 1964, sous l' ef:~'et des mesures restrictives appliquées par le GouV'ernement. De- puis lors elles ont at1.g1l1enté beaucoup. 1:n 1967 cette sortie de fonds a cor:ces)ondu à 30 pour cent des recettes d r exportation. La moitié environ a consisté en vlr~nents dlémolmnents et autres revenus personnels~ le ver- sem.ent d'intérêts et dividendes en a représenté tm quart; l'autre quart a été com'José en majeure partie de transferts de f'onds émanant de sociétés " -i-'''''n'')'Àre~s e v.:.. t".)..... (A",;. • 1j4. De 196j à 1967:1 le défici t sUl~ opérations courantes s'est élevé à quelque 25 pour cent des dépenses courantes (brutes). Pendant cette péri,xJ.e, le déficit total a été compensé, à concurrence de 40 pour cent- enViron, pa::: les a:??orts comptabilisés de 11 aide extér.ieure et à concur- rence de 20 pour cent par d'autres "transactions lt attribuables aussi sans doute .? 11 aide étrangère. Le solde, soit 40 pour cent, siest traduit par une réduction des réserves de change. D'autres estimations évaluent à 34 millions de dollars le total des capi'tE'-ux d r aide extérieure et des dépen- ses d'assistance technique dont le pays a bénéficié de 1962 à 1967, dont 20 millions ont été comptabilisés dans l'actif de la balance des paiements. La diflérence, soit 14 millions de dollars est dlun ordre de grandeur qui correspond à l'évaluation des entrées de devises non comptabilisées. - 36 - ô6. Le service de la dette ex:térieure siest ma:i..ntenu au chiffre de 400.000 dollars par ml, et correspond à 2,1 pour cent des recettes cou- rantes en devises de l'année 1967. Depuis 1964, les disponibilités en devises ont régulièrement diminué, passant de 11,7 millions à 3,6 millions de dollars à la fin de 1967. Le Burundi a aussi des créances non encore réglées à l'égard de llancienne union monétaire dont il faisait partie (donc la Belgique et la République d~locratique du Congo), s'élevant au t,otal à 12,3 millions de dollars, dont il n'a pas été tenu compte dans les chiffres ci-dessus. Il est difficile d'évaluer les chances qu'a le BUr'L1l1di Cl 1 en obtenir le règlement dans un avenir prochain. û6. Le montant. net des réserves de change dont le pays disposait à la fin de 1967 corresponèait à environ deux mois d'importations. Ce n'est ~as suffisro1t, eu égard à la baisse saisonnière marquée des rentrées de devises durant le prernier semestre de l'année5 et d'ailleurs les dispo- nibilités de change étaient négatives au 30 juin 1968. Depuis 1965, les besoins sédsormiers de devises ont été couverts grâce à des tirages sur la ligne de crédit. ouverte par le Fonds IvIonétaire International. Ces tirages ont augmenté graduellement de 4 millions en 1964 à 6 millions de dollars en 1967 et 1968. La quote-part du Burundi au Fonds Monétaire Intelllational est de 15 millions de dollars. Jusqu'à présent, les ren- trées saisoIlllières de devises qui ont lieu durant le second semestre ont permis de rembourser avant la fin de 11 armée, mais c'est là une opération de plus en plus dj21icile en raison de la baisse continue des réserves de change. Ce n'est qU'après 1970 que l'on compte sur une augmentation appré- ciable des eJ~ortations par rapport au chiffre de 1967, armée où d'ailleurs les réserves de change ont continué à diminuer. D'ici là, la gestion des i'inances publiques et de la balance des paiements sera probablement d'une extr~ne difficulté. Si l'on réussit à régler rapidement en sa faveur les créances du Burundi résult&~t de l'ancienne union monétaire, les réserves de change en tireraient avantage avant que ne se réalise la hausse prévue des recettes d'6XlJOrtation. S'il n'en était pas ainsi, le régime libéral act.uel en nlatière de paie..'1lents et la politique économique qui l'inspire, ne pou:,.'raient être l';1,Bjntenus que si le Burundi reçoit une aide financière ezt.&:i.'ieure supplémentaire. Cette aide supplémentaire ne saurait se bor- ner à déi'ra;y'er la totalité des coftts des ~)roj ets qui bénéficient d' une assist~lce extérieure, car on s'atteIld que les années 1969 et 1970 soient dé;icitaires à la fois pour les finances publiques et pour la balance des :;,Ja:5_ements. I l faudrait par exemple un soutien budgétaire, le financement de programmes ou d'autres mesures équivalentes. L'année 1968 87. Les dOllIlés préliminaires concernrult 1968 reflètent une nouvelle aggravation de la situation de la balance des paiemeIlts et du budget par re:l)port à 1967. D'une part, il sem.ble que les exportations devraient être inférieUl~es de 20 à 30 pour cent à celles de 1967, en raison surtout de la baisse cyclique de la production de café; d'autre part, la valeur des importations du premier semestre de l'année a dépassé de 30 pour cent celle de la période correspondante de 1967. Ce deuxième fait serait - 37 - alarman t SI il était le signe dt une nou velle tendance de la demande. Au- contràire, il e:ziste de bonnes raisons de penser que cette poussée d'ira... portations n'est jusqu'à un certain point que le contrecoup de l'augmen- tation des recettes erJ.caissées en espèces par les agriculteurs au cours du semestre précédent. En effet la récolte de café de 1967 a dépassé- j celle de 1966 de 27 ]?Our cent, et c'est au cours de la campagne de com- mercialisation, c'est-à-dire de juillet à septanilire, que les producteurs ont )erçu la plus grande partie ùu produit de leurs ventes. Or ce revenu ne se dépense qt:e graduellement, de sorte que la balance des paiements n'en subit les effets qu'au bout d'un certain temps. Au surplus, comme les négociants ont fait de bonnes affaires à la suite de la récolte de caZé de l'année dernière, il est fort possible qu'ils aient calculé leurs comTrla"t1des en fonction d'une vue )lutôt optilniste de l'avenir de leurs ven- tes. Il existe ~es symptômes d'un resserrement des liquidités (diminution des èépôts ba~caires, transferts de fonds plus importants de la part des agences centrales sises à l'étranger), qui peut être le résultat de la reconstitution des stocks. 83. :Les deux facteurs qui viennent d'être évoqués: poussée tardive de la delll.ande et reconstitution des stocks, ne suffisent cependant pas à ~~lique~' que la situation ait ainsi empiré. L'état des finances publi- ques s'est en effet quelque peu aggravé de 1967 à 1968. Le montant net des tirages du secteur public sur les banques au cours du praaier semes- tre s' élève à 257 millions de francs du Burundi, contre 211 millions pour la période correspondante de 1967. L'une des causes de l' augmen tation du déficit, c'est que l'Etat s'est mis à liquider l'arriéré des factures sou- mises par ses fournisseurs. En tout état de cause, le montant net des emprunts contractés par l'Etat auprès de la Banque Nationale a dépassé, en juillet, le plafond fixé (P un COlilI11un accord avec le Fonds Monétaire Internatio:i.1al. 89. LI apport de devises émanant de l'aide extérieure et des dépenses d' étr.sn~ers séjournant au Burundi a augmenté en 1968. La réduction des réserves de change a néanmoins atteint 566 millions de francs au cours des six premiers mois, alors qU'elle n ' avait été que de 405 millions pendant le l')remier semestre de 1967. COmIne les e:;""Portations de café se- ront inférieures,dans la seconde moitié de l'année, à ce qu1elles ont été l'ar~ée dernière, la balance des paiements de 1968 se soldera par un dé- ficit important. Résumé des résultets de la gestion financière 90. Depuis 1965, le Gouvernement du Burundi a fait des efforts sé- rieux pour restaurer la stabilité économique, tout en cherchant à accé- lérer la croiss~~ce par Wle politique d'investissements dont le volume est allé en augmentant. Il a ainsi réussi à accroître les recettes et l' inves tissement public, à. réduire la hausse des dépenses ordinaires ,- à lil1li ter la conso:ilnila.tiol1 privée et l' importation des biens de consom- mation. Cependant, il n'a pas rétabli l'équilibre des finances publi- ques et l'aide étr&~gère dont il a bénéficié n'a pas suffi à empêcher - 38 - les réserves de change de diminuer régulièrement. La croissance des dé- penses publiques est restœ modérée eu égard aux besoins de la nation (par exemple, les dépenses orŒU1aires de l'Etat n'atteignent qu'environ 6 dol- lars et les investissements 2 dollars, par habitant). liais il n'y a eu pour ainsi dire aucune croissm1ce concomittante dans les autres secteurs de 11 économie nationale car, pour des raisons échappant en grande partie à l'action du Bunmd.i, l'investissement privé n'a pas augmenté. En consé- quence, l'effort visant à l'équilibre des finances publiques s'est traduit par une stagnation de la consommation privée à un niveau inférieur, par tête, à celui d'avant l'indépendance. L'aide étrangère a fourni la ma- j eu!'e partie des fonds imrestis par les auto ri. tés publiques et financé une part ~ppréciable de l'action économique courante; mais elle a été insuffisante pour assurer, au sein de la balance des paiements, la contre- partie de tout ce que les projets de développement ont coüté à l'Etat. Les investissements publics ont augmenté mais ne dépassent pas 6 à 7 millions de dollars par an. Deux facteurs ont jusqu'à présent imposé la politique d1investissement du secteur public: la rareté des occasions d'investir dans l'agriculture et l'industrie, et la carence relative des serv~ces publics au moment de l'indépendance. Dès lors, COnIDIe l'inves- tissement public était orienté principalement vers l'administration et l'D1frastructure du ~~s, cornrae, d'autre part, le secteur public inves- tissait très peu, la capacité de production n'a pas augmenté de façon srnlsible. Il est évid&Œment possible de faire un emploi plus rentable c'.es ressources du secteur public, mais il est pratiquement illlpossible de comprimer les dépenses de l'Etat car les services publics sont d'ores et déjà insuffisants. Le Burundi est un pays petit et pauvre où l'on rrunènera la stabilité économique en augmentant ses ressources grâce à la croissance éconOmique et à l'aide étrangère, plutôt qu'en réduisant encore les dépenses privées ou publiques. Il parait probable que le d.éséquilibre du budget et G.e la balance des paiements s'aggravera encore en 1968. Cet état de choses ne laissera guère de liberté de manoeuvre aux autorités du Burundi, leurs efforts pour stabiliser l'économie na- tionale et accroître le développement en seront encore plus Sl~dus. - 39 - IV. PERSPECTIVES ET PROBLEMES FUTURS 91. Accroltre le taux'de croissance économique du Burundi, ne sera pas tâche facile. Ses ressources sont limitées et sa situation géogra- phique rend très élevé le coût des transports. Sa population augmente rapidement et un problème très complexe se pose: amener les paysans agriculteurs à pratiquer l'économie de marché. D 1 un autre côté, les ressources en main-d'oeuvre suffisamment formée sont très faibles. Soucieux de s'attaquer à ces problèmes, le Gouvernement fait préparer un programme quinquennal de développement couvrant les années 1968-1972. Or le principal prOblème à long terme est d'activer la croissance de l'agri- culture tout en s'occupant de la croissance démographique. 92. i l va de soi que cette croissance démographique agira longtemps comme un frein sur le développement économique. On sait malheureusement peu de chose à ce sujet mais i l semble s'en dégager que le taux annuel de croissance se placerait entre 2 et 2" pour cent. Un sondage qui date de 196, a évalué à " pour cent la proportion de la population dont l'âge est inférieur à 20 ans, et c'est là, même pour l'Afrique, un taux très élevé. Si le taux de croissance démographique est de l'ordre de 2" pour cent, cela signifierait que la population doublera d'ici 28 à 3, ans dans un pays où la densité démographique est déjà élevée. Le Burundi, qui compte à peu près 126 habitants au kilomètre carré, est l'une des régions les plus peuplées de llAfrique au sud de la vallée du Nil. 93. Le Gouvernement n'a pas de programme de planification des naissances et sloccupe uniquement de mettre en valeur des terres supplé- mentaires dans les régions où la den si té démographique est moindre. Vu le faible degré d'alphabétisation du pays, la prédominance de la population rurale et l'influence de la religion catholique, ce sera une tâche difficile que d'élaborer un programme efficace ayant pour objet de limiter la croissance démographique. Mais en ne s'intéressant qu 1 au problème de la densité, le Gouvernement s'attaque à un symptôme, car le véritable problème économique c J est le taux de croissance. Plus ce taux est élevé, plus sera grande la part des :investissements qulU .faudra consacrer au logement, à la santé et à 1'éducation, simplement pour continuer à assurer les services qui existent actuellement. Si donc le Gouvernement entend exercer quelque influence sur llaugmentation de la population pendant la prochaine décennie, il devrait considérer comme prioritaire la ' mise en vigueur d1un programme de planification des naissances. En tout état de cause, il sera extrêmement difficile de développer le Burundi. En 11 absence dl une limitation des naissances, il se pourrait que ce soit iJn:possible. 94. En matière d'agriculture, l'objectif principal du Gouvernement est d 1accroltre la production des denrées exportables: café, coton et thé. Cette orientation revêt à coup sOr beaucoup dtimportance dès llinstant où i l s'agit de résoudre le problème des finances publiques et de la balance des paiements, mais i l ne slensuit pas que le succès d'un - 40 - programme limité aux cultures d'exportation suffira à soutenir un taux de croissance adéquat ni à assurer la stabilité économique. La croissance projetée des exportations, qui est d'environ 7 pour cent pour les 7 prochaines années, ne donnera qu'un taux de croissance de l'ensemble de l'économie variant entre 2 et 3 pour cent, si du moins d'autres secteurs, dont la production agricole destinée au marché intérieur, ne relèvent pas leur propre taux de croissance. En outre, la hausse des exportations et des dépenses publiques entraînera une augmentation de la demande, et celle-ci slorientera vers l'importation si la production nationale, et notannnent celle de denrées vivrières, n'augmente pas. Le Gouvernement est averti de la nécessité d'accro1tre la production vivrière, car c'est un facteur des problèmes de démographie et de lutte contre la faim. Il n'a cependant pas de plans précis pour développer cette production dans les régions à haute densité démographique. On comprend que le Gouvernement fasse porter tous ses efforts sur les productions exportables puisqu'il est à court de ressources financières et manque de techniciens compétents. Un programme agricole complet obligerait à allouer des ressources à llamélioration de l'agriculture p~sanne. Il devrait cependant @tre possible de mettre au point un petit programme, limité à un petit nombre de régions et de produits qui semblent mériter d'être mis en valeur. Perspectives à mo.yen terme 95. Dans l'avenir i.mmédiat, le principal obstacle auquel se heurte la croissance économique, ctest le défaut d'épargne publique. Pour donner une idée de l'ampleur du probl~me que cela pose, i l convient d'essayer de décrire ce que sera sans doute le cours des revenus et dépenses de l'Etat dans les années qui viennent. Pour ce qui est des revenus, les évaluations suivantes sont fondées sur les estimations relatives à la production des principales denrées exportables, donc sur le produit des taxes à llexportation et les revenus des producteurs (voir Annexe II). Selon les estimations dont il s'agit, les exportations pourraient atteindre progressivement un taux annuel de croissance de 7 pour cent, soit en 1973 une augmentation totale en valeur de 33 pour cent par rapport à 1967, qui fut une année de pointe. En admettant que le taux. des taxes et les prix payés au producteur restent constants, les recettes de l'Etat pourraient en 1972 avoir augmenté d'environ 250 millions de francs. Les institutions parastatales pourraient de leur c8té mobiliser 30 millions supplémentaires par an. Dans l'hypothèse où la perception des taxes aurait été améliorée et où les taux aUl'aient un peu augmenté, la fiscalité pourrait fournir 100 à 200 millions de francs de plus annuellement à partir de 1972. Dans quelle mesure cette augmentation des taxes serait-elle politiquement acceptable? C'est là une question qui mérite d'être posée car ce serait prélever une part substantielle des revenus, b~nérices et salaires supplé- mentaires des producteurs. Ainsi calculée, ll augmentation des revenus de l'Etat pourrait atteindre un total de 350 à 450 millions de francs, à quoi s l ajouteraient les 30 millions annuels des institutions publiques. - 41 - Il faut cependant faire entrer en ligne de compte la variation qyclique des exportations et autres activités économiques, et donc des recettes de llEtat. Pour cette raison, llévaluation de ce que serait le revenu du secteur public en 1972 a été diminuée de 50 millions de francs. 96. Ces calculs donnent à penser que, m3me au prix d ' une hausse importante des taxes, i l serait prudent de ne compter que sur une ~ntation annuelle des recettes du secteur public de l'ordre de 300 à 400 millions de francs à partir de 1972. De ce supplément de recettes, il faudrait déduire 150 millions pour apurer le déficit de 1968. La différence, soit 150 à 250 millions, permettrait d 1 accro1tre les dépenses ordinaires de 2,7 pour cent par an. Or, dans le passé, l'augmentation annuelle des dépenses ordinaires nIa jamais été inférieure à 9 pour cent; encore ce taux n ' a-t-il été atteint qu i en 1967, trois ans apr~s le plan de stabili- sation. Un examen préliminaire du projet de Plan quinquennal montre que II augmentation des dépenses ordinaires ré sul tant d un programme d l inves- ' tissements limité aux projets de la plus haute priorité, pourrait être de llordre de 300 millions de francs en 1972. D~s lors, même si les dépenses ordinaires afférentes à la défense, aux services administratifs généraux et au service de la dette n'augmentent pas d'ici là, i l est improbable que le budget ordinaire de llEtat puisse être en équilibre en 1972. 97. En ce qui concerne la balance des paiements, l'avenir paraît non moins difficile, en raison des rapports qui existent entre la croissance des exportations et importations et les finances publiques. Comme i l a déjà été dit, l' expansion des recettes dl exportation alimentera une forte hausse de la demande d1importations sli! nly a pas d1amélioration des finances publiques. Si donc 11 exportation rapporte un supplément de l'ordre de 300 millions de francs en 1972, i l est probable que cet apport de devises serait compensé à concurrence peut-être de 75 pour cent (225 millions de francs) par la hausse des importations si la gestion des finances publiques reste déficitaire (voir Annexe III). Il ne resterait dès lors que quelque 50 à 100 millions pour améliorer la balance des paiements, alors que le déficit des opérations courantes est 1égèrement supérieur à 200 millions de francs. La diminution des réserves de change qui en résulterait risquerait de mettre en péril la politique libérale qui régit actuellement les paiements et le commerce extérieurs. 98. néaliser sans aide extérieure un redressement de la balance des paiements qui corresponde au rythme actuel de diminution des réserves, engera! t une amélioration de l'équilibre des finances publiques d l environ 150 à 200 millions de francs (voir Annexe III). On en revient ainsi aux constations précédentes concernant le volume des recettes et des dépenses ordinaires, à savoir que si les recettes slélèvent de 350 à 400 millions d l ici 1972, les dépenses ne sauraient augmenter au-delà de 200 millions si lIon veut rétablir à la fois lléquilibre des finances publiques et celui des comptes extérieurs. La difficulté dl atteindre ce double objectif a déjà été exposée. Aussi aboutit-on de nouveau à la conclusion que le Burundi - 42 - ne pourra continuer ses investissements publics et rester maître de sa balance des paiements qu'à condition de recevoir une aide extérieure consistant en soutien budgétaire ou autre mesure équivalente. Le montant qu'il lui faudrait, tant pour financer ses projets qu'à titre de soutien budgétaire, équivaudrait au total de tous ses investissements publics et du déficit de son budget ordinaire. 99. TI est difficile dt obtenir une aide extérieure ayant pour but le soutien budgétaire ou le financement d'un programme d'importations. Quant aux concours financiers à la réalisation de projets, ils ne s'accordent que SI il existe des projets soigneusement préparés. Le Burundi aura donc de la peine à se procurer toute l'aide dont il aurait besoin, et il est dès lors dtautant plus nécessaire que le Gouvernement fasse tout ce qui est en son pouvoir pour améliorer lui-même sa situation. Parmi les prin- cipales mesures qu'il pourrait prendre figurent les suivantes: 1) Accroître la productivité de l'investissement public. TI serait possible, notamment, de renverser la tendance qui jusqu'à présent a mis l'accent sur llinfrastructure et les services administratifs, pour retenir de préférence les investissements qui accroîtraient directement la production. Ceci veut dire qu'il faudrait consacrer moins de fonds d'investissement aux secteurs administratif et social, sauf certains projets soigneusement choisis dans le domaine de l'éducation, et s'attacher surtout à mettre au point des projets concernant les secteurs de production. Cette poli- tique s ' imposerait d l ailleurs si lIon veut empêcher les dépenses ordinaires de trop augmenter. 2) Contrôler rigoureusement la croissance du budget ordinaire. Les dépenses courantes résultant de llexploitation de projets déjà réalisés vont augmenter; il faut de surcroit prévoir que de nouveaux projets productifs entraîneront aussi un supplément de dépenses courantes. Aussi faudrait-il n1autoriser aucune augmentation des dépenses ordinaires liées à d1autres programmes, si possible même diminuer ces dépenses. Ce ne sera pas aisé car les salaires, les traitements et l'offre d'emplois du secteur public en subiront le contrecoup. Et cependant, une polit:ique générale visant à comprimer les coûts de tous les programmes pourrait donner des économies dlun montant total considérable. 3) Réviser soigneusement les programmes d'assistance tech- nique pour ne retenir que ceux dont 11 importance est vraiment essentielle et tâcher d l incorporer dans le budget de l'assistance technique le coût de projets nouveaux. - 43 - 4) Chercher à diminuer les frais de construction en retenant des plans moins cOÜteux, en appliquant des mesures propres à d.i.m:inuer le coüt des matériaux et fournitures et, si nécessaire, en adoptant des normes de qualité inférieures. i l existe des raisons de penser que, par rapport au climat, les bâtiments publics, y compris les écoles, pourraient faire 11 objet de constructions plus légères. 5) Faire les plus gros efforts pour accroltre le produit des impôts, sans négliger la nécessité d'encourager les agriculteurs privés à produire plus •. 100. Si l'on devait tenter d 1 accro1tre le volume des investissements publics en faisant appel aux prêts bancaires, on déclencherait rapidement une crise touchant la balance des paiements, car les réserves de change ont atteint un niveau très bas. Et si cette crise amenait à imposer de nouveau des mesures restrictives en matière de paiements, i l y aurait probablement hausse rapide des prix intérieurs et reprise des opérations de marché noir. Les perspectives de croissance économique en souffriraient. 101. On ne peut guère compter sur les investissements privés. Si le Burundi applique une politique somme toute satisfaisante, sa situation éconOmique n1est pas assez bonne à l'heure actuelle pour attirer les capi taux étrcngers. Hais si la croissance projetée des exportations s'accompagnai t de mesures propres à améliorer l' état des finances publiques et de la balance des paiements, on pourrait ainsi créer, vers le milieu des années 1970, des conditions plus attrayantes pour les inves- tissements privés d'autres p~s. En outre, si llassociation entre le Burundi et la Communauté d'Afrique Orientale donne de bons résultats, si le coût des transports extérieurs est diminué et si le potentiel d l échanges commerciaux de la Communauté est mis en valeur, on aurait alors préparé les voies à une croissance des investissements, tant privés que publics, qui se produirait vers le milieu de la prochaine décennie. 102. En résumé, alors que le développement du Burundi exige, dans presque tous les secteurs, que l'on y consacre beaucoup d'efforts, les perspectives qu'offre actuellement llétat des finances publiques et de la balance des paiements imposent une limite étroite à ce qui pourrait être entrepris d'ici quelques années. Le programme de développement dépendra de la question de savoir non seulement si la totalité du coût des projets peut être couverte par l'aide extérieure, mais en particulier si celle-ci fournira un soutien financier direct du budget ordinaire. Eu égard aux principes dont s'inspire l'aide extérieure, i l semble que la seule politique avisée que puisse suivre le Burundi soit de s'orienter délibérément vers les projets qui développent la production. Le but de cette politique doit être d1améliorer l'état des finances intérieures et extérieures en attendant que l'exportation ait fait assez de progrès - 44 - pour permettre d'accélérer le développement au cours de la prochaine décennie. Il appartient aux autorités publiques de décider de la mesure dans laquelle cette poli tique peut être appliquée. La. mise au point finale du Plan de Développement 1968-1972 offre lloccasion d1examiner plus à fond ce que sont les ressources utilisables, ainsi que la nature, volume et échelonnement des investissements publics à retenir. Besoins en capitaux 103. Les circonstances où se trouve le Burundi sont donc les suivantes: épargne publique négative, épargne privée tr~s petite, nécessité d~s lors de trouver des concours extérieurs pour combler le déficit financier et pour financer la totalité de son programme d'investissement, ce qui pose la question de la gestion des finances publiques et celle de savoir slil sera possible de préparer des projets valables. C1est donc de la façon dont ces deux questions seront résolues que dépendra la volume de llaide extérieure dont le pays aura besoin. Ce volume ne peut être évalué_ d'avance, mais il est néanmoins possible de donner une idée des dimensions du probl~me, en partant des hypoth~ses suivantes: l'investissement du secteur public se maintiendra au chiffre de 1967, soit 575 millions de francs y.; le défi ci t du budget ordinaire s'élèvera en moyenne à 150 millions par an; l'effet de ces deux facteurs ensemble sur la balance des paiements sera en mqyenne de l'ordre de 625 millions annuellement, chiffre qui paraît assez exact en l'état actuel des choses. Pour la période de cinq ans 1968-72, cela donne un total de débours extérieurs s'élevant à quelque 3.125 millions de francs (environ 36 millions de dOllars). Si l'on admet que le financement des projets pourra couvrir en moyenne 90 pour cent des dépenses, le Burundi aurait alors à se procurer à ce titre 2.370 millions de francs (27 millions de dollars) ce qui laisserait 'un solde d~ 755 millions (9 millions de dOllars) à obtenir sous forme de soutien budgétaire ou de financement d'un programme d'importations. Or, contre ces besoins théoriques, un total d' environ 10,9 millions de dollars ont déjà été promis (financement de projets) et un autre montant de 6,6 millions de dollars es~ sur le point d'être approuvé. Voici en résumé comment les choses se présentent: y Le budget ordinaire comportait 50 millions d' investissements publics, comme le montrent les résultats en fin d'exercice. - 45 - Calcul théorique, ayant valeur d'exemple, du financement extérieur requis our maintenir les investissements ublics a leur ni veau de 9 7 tout en continuant a maintenir la liberté du commerce et des paiements ext4rieura: Besoins 1968-1972 Total annuels Millions Millions Millions de de FBu de FBu dollars 1. Part du déficit du budget ordinaire servant à acquitter des importations. }1oyenne am1uelle: 100 500 2. Investissements publics !I 525 2.62~ 3. Total des besoins de capitaux extérieurs 625 3.125 05,8) 4. Soutien des projets au taux de 90jg des coûts 474 2.370 (27,0) 5. Solde pour lequel un soutien budgétaire est nécessaire 151 755 ( 8,8) 6. Montant déjà promis au titre du soutien des projets 1.530 (17,5) 7. Aide supplémentaire requise pour le soutien des projets (4-3) 840 ( 9,5) 8. Total de l'aide financière supplé- mentaire reCuise (dépenses non couvertes) 5+7) (18,3) !I Le budget ordinaire comportait ,0 millions d'investissements publics, comme le montrent les résultats en fin d'exercice. - 46 - 104. En fonction donc des donnês retenues au départ, il appara1t que les versements à obtenir de l'aide extérieure, en supplêment des engagements actuels, seraient de l'ordre de 18,3 millions de dollars, ce total se répartissant par moitié entre le soutien budgétaire et le financement de projets. Les engagements à prendre par ceux qui fourni- raient cette aide additionnelle devraient évidemment être plus élevés, II'.ais cela dépend de la façon dont soutien budgétaire et financement de projets sez'aient combinés; cela dépend aussi de l'échelonnement dans le temps des versements à faire au titre de la réalisation de projets. Aptitude à emprunter 105. Tant que le Gouvernement du Burundi ni aura pu équilibrer son budget ordinaire sans concours extérieur et sans tirer sur ses réserves, il ne pourra manifestement pas assurer le service d'une dette quelconque sur ses ressources propres. Il ne peut actuellement le faire que grâce à la continuation de l'aide qu'il reçoit, de sorte que tout concours e~ctêrieur qui n'aurait pas le caractère d 1 un don, accroîtrait llaide qulil lui faudrait recevoir d'un montant êgal aux échéances de la nouvelle dette contractêe. Seul ferait exception à cette règle le financement de projets qui fourniraient eux-mêmes les ressources voulues pour assurer les éché- ances, sans recours aux finances de l'Etat. Il est dès lors évident que toute aide accordée au Burundi devrait être assortie de conditions aussi favorables que possible. A l'heure actuelle, le service de la dette correspond à un peu plus de 2 pour cent des recettes d 1 exportation. APPEîIDICE STATISTIQUE Tableau do Lievenu national en 1965 l Revenu national en 1965 A: T"i.evenu des facteurs et revenu par habitant 8: Contribution des différents secteurs au revenu des facteurs C: Parts respectives de la production et de l'impOl'tation dans l'offre de biens commercialisés D: Offre de biens de consommation commercialisés: composition et part de l'importation E: Pro:.luction industrielle selon les principales branches de l'industrie et selon les produits F: Agriculture - Productions principales G: Investissements en immobilisation en 1965 Cà l'exclusion ct' investisseinents non monétisés) H: Impositions frappant les revenus monétaires 1: Tableau d'ensemble des comptes de la Nation L'Economie extérieure 2 Exportations, par produits 3 Importations, par principales catégories 4 Balance des paiements 5 Avoirs et engagements extérielTs du système bancaire 6 Evaluation de l'aide extérieure financière et technique 7 3ncours de la dette publique 8 Evaluation des p~iements qu'exigera le service de la dette publique extérieure en cours Cà suivre) APPENDICE STATISTIQUE Page 2 Tableau No Finances publiques 9 Recettes budgétaires de l'Etat 10 Dépenses au titre du budget ordinaire Il TI:valuation des investissement.s du secteur public 12 Emprunts ùe l' l:,'tat auprès de la Banque Nationale et des Banques commerciales 13 Dette publique 14 Ganque l~ationale, rubriques principales du bilan 15 Banques commerciales, rubriques principales de leur bilan global 16 Caisse d'Epargne, bilan résumé 17 Emploi et variations saisonnières des crédits bancaires 18 Evolution de la circulation monétaire Prix consOIllm.a. tion Population 20 Population, main-d'oeuvre et enseignement 21 Emploi dans le secteur public Indicateurs économiques 22 Industries: capacité de p:coduction et d'utilisation en 1965 23 uultures vivrières: estimations de la superficie cultivée et de la production en 1965 24 Indicateurs de la répartition des investissements .;;;.;;;;=.;;.;;;;.;;;...;;;;.1: REVENU NATIONAL EN 1965 (suite) 1. Tableau d'ensemble des cOmptes de la Nation (millions de francs Burundi) Secteurs Public Pub. Entreprises Ent. Activite économique monétaire Consommateurs Cons. Ent.& Economie Pub. Ent. Cons. Cons. Total non-monétis ée Produit intérieur 1.316,3 4.038,5 5.354,8 5.354,8 8.081,1 13.435,9 Imp~ts indirects 831,7 -831 2 7 -831.2 7 Revenu des facteurs 484,6 4.038,5 4.523,1 8.081,1 Transferts internes nets de revenu soit au secteur public soit du secteur public -187,7 -86,5 274,2 187,7 0 0 Autres transferts -64,6 64,6 0 0 0 Revenu net disponible 644,0 333,5 4.377 ,3 4.710,8 5.354,8 8.081,1 13.435,9 Consommation 931,711 4.042,8 4.042,8 4.974,5 7.981,1 12.955,6 . Epargne "intèrieure" -287,7 333,5 334,5 668,0 380,3 100,0 480,3 Revenus provenant de l'étranger 637,6 27,1 27,1 664,7 664,7 Epargne "nationale" 349,9'~/ 333,5 361,6 695,1 1.045,0 100,0 1.145,0 Utilisèe pour: Formation de capital 392,2 281,4 281,4 673,6}/ 100,0 773,6 Transferts de fonds et inves- tissements hors du p~s 39,5 50,0 300,0 350,0 389,5 389,5 Autres transactions financières -81,8 2,1 61,6 53,7 -18,1 -18,1 1/ Ce chiffre comprend les émoluments du secteur publie, mais non le plus gros des dépenses afférentes à la santé et à 11édu- - cation car celles-ci font l'objet d'un transfert de revenus aux consommateurs, compensé par une rubrique "dépenses privées sur services". 2/ Le chiffre officiel dépasse celui-ci de 100 millions. La Banque Nationale a en effet mis cette somme à la disposition du - gouvernement par prélèvement sur la réserve de dévaluation; les comptes officiels l'ont considérée comme une recette et une epargne. J/ Ce chiffre englobe une augmentation de stocks de 30,4 millions. IRUSTAT - Comptes économiques, 1965; Supplément au Bulletin statistique No. 6, 1967. Tableau 1: REVENU NATIONAL EN 1965 A. Revenu des en 196 Secteur Economie de monétaire subsistance Total Agriculture 13,1 91,3 104,4 Autres activités 38,6 1,0 39,6 Total 51,7 92,3 l44,0 Revenu par habitant en dollars 16,0 29,0 45,0 B. Contribution des différents secteurs au revenu des facteurs en 1965 (pourcentages ) Secteur monétaire seulement Total Agriculture 25,4 72,5 Industrie 12,1 4,3 oo'timent et construction 5,0 2,5 Transports et commerce 25,5 9,1 Administrations publiques 13.,2 4,8 Autres services 18,8 6,8 Total 100,0 100,0 • (~ suivre) Tableau 1: REVENU NATIONAL :m 1965 (suite) C. Parts res ectives de la roduction et de l'im ortation dans l'offre de biens commercialises l (pourcentages) Expor- Consommation intérieure tations Total boissons autres Total Production nationale 86,5 30,6 41,4 87,2 51,5 Importations, aux prix. payés par le consommateur 13,5 69,4 58,6 12,aY 48,5 dont: prix payés par l'importateur 9,2 41,4 35,2 8,7 29,6 marges prélevées dans le pays 4,3 28,0 23,4 4,1 19,2 Total 100~0 10°.1 0 100.z0 1°°2 0 100,20 11 Est exclue la production du secteur bâtiment et construction, mais sont inclus les biens qui entrent dans cette production ainsi que ceux utilisés dans les services. y Evaluation approximative. i l a été admis que la part de l'impor- tation dans les exportations de produits industriels était la même que pour l'offre totale de ces produits. D. Offre de biens de consommation commercialisés: Composition et part de l'importation millions Répartition Part de llimportation de FEu en EOur cent en EOur cent au prix de au prix. du l'importateur consommateur Produits alimentaires 828,9 27 li,4 28,7 Boissons 849,3 28 9,2 13,5 Vêtements 961,3 31 42,7 81,5 Autres produits 4:27.1 0 .là ~ 84,7 Total 3 ..076 25 100 !!2J1 - 28.14 (à suivre) Tablea u 1: REVENU NAT IONAL lil'i. 1965 (suite) E. Production industrielle selon les ErinciEal~ branches de l'industrie et selon les roduits millions de francs Burundi Denrées alimen- taires boissons, Coton textiles fibre Autres Total Facteurs de production 247,0 61,5 368,4 676,9 Revenu des facteurs 429,5 31,4 85,6 546,5 Taxes indirectes acquittées à la production l65,2Y 2,7 167,9 Production aux prix sectoriels 841,7 92,9 456,7 1.391,3 dont: bière 508,4 508,4 prodLÙts alimentaires 135,3 135,3 textiles 198,0 198,0 outillage mécanique et électrique 210,3 210,3 autres 120,0 92,9 246,4 459,3 ~I Impôt sur la bière. Les taxes indirectes frappant les transactions commerciales n'ont pas été incluses. (à suivre) Tableau 1: REVENU NATIONAL EN 1965 (suite) F. . Production Production non- comrœr- COl1U11er- cialisée cialisée Total Facteurs de production 90,9 1.171,cJl 1.261,9 Revenu des facteurs 1.150,0 7.991,1 9.141,1 Taxes indirectes 20,2 20.1 2 Production aux prix sectoriels 1.261,1 9.162,1 10.423,2 dont: café 605,0 605,0 denrées alimentaires 424,6 6.361,1 6.785,7 boissons 150,0 1.350,0 1.500,0 coton brut 53,6 53,6 cuirs et peaux 18,4 18,4 bois de chauffage 9,5 180,0 189,5 bâtiment et construction 100,0 100,0 produits intermlldiaires 1.171,r)! 1.171,0 y Surtout bananes et sorgho servant ~ la prOduction de bière. (1 suivre) Tableau 1: REVENU NATIONAL EN 1965 (suite) G. Investissements en immobilisations en 1965 Cà l'exclusion d'investissements non monêtises) Etat EntreErises Total miiiions millions millions en de FBu de FEu de FBu pour ce~ ffitiment et construction 259,3 76,1 335,4 52,2 l-Iachines et outillage 69,8 168,9 238,,7 37,,1 Autres 63,,1 6,0 69~1 10,7 Total 392,,2 251,0 643,2 100,0 dont: publics 392,,2 128,5 520,7 81,0 privés 122,5 122,,5 19,,0 (à suivre) Tableau h REVENU NATIONAL EN 1965 (suite) Total millions pourcen- Entreprises r1énages de FBu tages Revenu monétaire brut 1.316,3 4.038,5 5.354,,8 100,0 Impôts indirects 859,,3 Impôts directs 86,,5 280,5 Divers 32,,4 Total du prélèvement fiscal 945,8 :212 z9 614 27 23,4 Revenu après impôts 370,,5 3.72$,6 4.096,,1 76,6 Transferts de revenu du Secteur public 27,,6 587,l!l 614 .. 7 11,4 Transferts de revenu des ~ entreprises aux menages -64,,6 64,,6 Revenu net disponible 333,,5 4.377,,3 4.710,8 88,,0 !I Cette rubrique englobe principalement les dépenses au titre de la santé et de l'éducation, y compris les subventions accordées aux missions. Ces dépenses ne sont pas comptabilisées en tant que consommation de l'Etat mais en tant que transferts de revenu au secteur privé, de sorte qu'il existe une rubrique correspondante intitulée "dépenses privées sur services". Par rapport aux autres méthodes de comptabilité nationale celle-ci gonfle les revenus privés et la consommation privée mais diminue celle de l'Etat. (à suivre) ,.. l;' ......... Tableau 2: EXPORTATIONS, PAR PRODUITS (:riillions de francs Burundi au taux de change de 1965) 196J1/ 1962.!1 196)1/ 1964 1965 1966 1967 - Café 895,0 842,0 341,0 1.421,8 1.008,7 1.007,1 1.199,9 Coton 140,0 69,7 89,5 91,7 127,4 114,0 93,7 Cuirs et IJeaux 26,2 19,1 25,5 19,6 27,0 37,0 44,0 Autres.Y 72,0 87.1 2 124~0 29i!2 103 z3 134 z0 118.10 Totaux 1.133,2 1.018,0 580,0 1.562,3 1.266,4 1.292,1 1.455,6 Café en pourcen- tage du total des eXlJOrtations 79 83 59 91 80 78 82 11 Evaluations tirées des données applicables à l'union Burundi-Rwanda. 31 Ces chiffres comportent des réexportations et ne sont donc pas tou- jours comparables. Sources: Banque du Burundi et évaluations de la mission. Tableau 3: IMPORTATIONS, PAR PRDJCIPALES CATEGORIES (l'1illions de francs Burundi) 1964!1 1965 1966 1967 - Denrées alimentaires, boissons, tabac 226,6 303,7 347,1 304,5 Habillement 441,6 425,3 383,4 355,7 Hatériel de transport 144,1 158,6 184,0 189,4 Hachines et ;?roduits en métal 108,1 121,7 103,0 155,4 Ciment 29,9 26,2 32,6 51,4 Produits pétroliers 138,h 83,6 123,2 111,3 Produits pharmaceutiques et in sec ticides 48,6 64,3 94,8 67,2 Autres produits 363z6 4192,4 429,9 458,!6 Totaux 1.500,9 1.602,8 1.698,0 1.693,5 11 Les cp~ffres de 1964 ont été calculés au nouveau taux de change. Evolution des principales catégories d'importations 1965 = 100 Biens de consommation 91,6 100,0 100,2 90,5 Biens d1investissementbl 87,3 100,0 98,4 124,2 Autres biensEI 98,6 100,0 116,0 115,7 11 Non compris les automobiles. ~ y compris automobiles, produits pétroliers et importations de l'Etat. Source: Statistiques du Gouvernement du Burundi. Tableau 4: BALANCE DES PAIE11ENTS (En millions de 'rancs Burundi, tous calculs au taux de change de 1965) 1962 1963 1964 1965 1966 1967 Recettes ordinaires 1.045 665 1.653 1.578 1.700 1.831 EJ..,!,ortations 1.018 580 1.562 1.266 1.292 1.456 invisibles 16 61 68 222 266 281 Revenus des investissements Il 24 12 28 30 24 Transferts de fonds •• •• Il 62 112 70 Dépenses ordinaires 1.900 1.320 1.596 1.936 2.236 2.288 Importa tions 1.358 972 1.284 1.479 1.563 1.566 invisibles 226 120 194 260 283 304 Revenus sur investissements •• •• 1 25 83 108 Tra~sferts de fonds 316 228 117 172 307 310 Solde de la balance des comptes ordinaires -855 -655 57 -358 -536 -457 Subventions de Itét~anger •• •• 286 256 264 328 Aide belge 439 183 85 102 76 171 Communauté économique européenne •• •• 60 25 15 45 Autres •• •• 141 129 173 112 Solde de la totalité des comptes orclllîaires •• •• 343 -102 -272 -129 Rerr~oursanents au titre de la dette (-) .. .. -38 -38 -38 Autres transactions et ajuste- ment de chiffres divergents 253 100 1 -61 -14 -41 Balance totale nette ~~ mou- vement des réserves!! (-163) (-372) 306 -201 -296 -208 Importations réalisées en 2/ dehors du système bancair~ 20 170 215 124 135 128 11 Pour 1962 et 1963, il s'agit de soldes résiduels. Pour 1964, c'est la défi- ni tion adoptée par la Banque du Burundi. A partir de 1965, c'est celle du FOl1ds Honétaire International. 11 Pour 1962, 1963 et 1964, la balance des paiements est fondée sur des évalua- tions approximatives, à partir de 1965 sur les opérations enregistrées par le système bancaire. Elle ne tient pas compte des importations qui n'ont pas donné lieu à une opération bancaire. Cette rubrique représente donc la dif- férence entre les importations (en valeur) figurant dans les statistiques douanières et celles qui figurent dans les statistiques bancaires. Source: Banque de la République du Burundi et évaluations de la. mission. Tableau 5: AVOIRS ET ENGAGEHENTS EXTERIEURS DU SYSTEr1E BANCAIRE (}üllions de frrulcs Burundi) Juin 1964Y' 1965 1966 1967 1967 19bB Banque Nationale -"Avoirs extérieurs 826 618 1.030 636 464 400 Engagements extérieurs 80 89 185 220 672 651 Situation nette 950 737 451 244 -54 -251 Bangu€B coramerciales Avoirs extérieurs 244 141 96 98 90 72 Engagements extérieurs 170 57 22 25 24 70 Situation nette 74 84 74 73 76 2 Ensemble du système bancaire Situation nette des ressources en devises lfudification chaque année 1.024 •• 821 -201 525 -296 317 -208 22 -19931 ..24 -27 iY Situation nette des ressources en dollars {millions} Il,7 9,4 6,0 3,6 •• -2,8 11 Les chiffres de 1964 sont au nouveau taux de change. y IvIouvement de juin à juin (12 mOis). Source: Fonds Monétaire International. Tableau 6: EVALUATION DE LI AIDE EXTERIEURE FIHAiWIERE ET TECHlUQUE (En milliers de dollars) 1962 1963 1964 1965 - 1966 1967 Total des 'engage- des verse- ments ments Insti tu'dons des Nations Unies 15.3 959 1.036 1. 714 3.160 1.728 8,,800 •• ,Fonds européen de Développement 1.056 183 1.0,8 628 788 1.182 19.055 4.895 Banque Interna- tionale (BffiD) 1.100 1.100 •• Allemagne Fédérale 1. 750 1.750 •• Belgique 1.380 1.980 2.100 2.160 2.610 2.980 13.210 Y •• Etats-Unis 716 377 37 208 232 1.620 •• France 103 900 375 1.715 3.093 •• Pa~is-Bas 1.400 1.400 •• Totaux 2.589 3.B38 4.724 5.489 9.991 9.237 50.028 (34.000)Y y Evaluation. 2/ Ces chiffres englobent le soutien financier du budget. Note: Les chiffres annuels donnés ci-dessus pour le FED représentent des ver- ---- sements; les deux derniers - sous Total - montrent que les engagements dépassent de beaucoup ce qui a été effectivement versé. Tous les autres chi:t.'i'l:-es sont des évaluations; pour les Etats-Unis, ils se rapportent à l'année fina~cière. L'assistance technique y est incluse, mais non les énoluments payés par la Belgique aux termes de l'Accord d'Assistance Technique. Sources: Banque de la République du Burundi et évaluations de la mission. Tableau 7: El'lCOURS DE LA DETTE PUBLIQUE AU 31 DECEî1BRE 1967 11 Dette remboursable en devises (En milliers de dollars) Encours de la dette au 31 décembre 1967 uniquement y compris montants ce qui n'a des prêts pas encore déjà versés été versé DETTE PUBLIQUE EXTERIEURE TOTALE 5.525 6.996 Prêts de sources privées - crédi ts fournisseurs 1.299 1.299 B,::ll1que Internationale (BmD) 3.347 3.347 Association Internationale de Dévelop)ement (IDA) 70 1.100 Prêt allemand 809 1.250 - 1/ Dette dont , annee. l'échéanc~ originelle ou prolongée, est au minimum d'une Source: Division des Services statistiques de la BIRD. Tableau 8: EVAlUATION DES PAIEMENTS QUJEXIGERA IE SERVICE DE LA DETl'E PUBLIQUE EXTERIEURE UT. COURS (Y COMPRIS MONTANTS HON ENCORE VERSES) AU 31 DEC~~ 1967 !I Dette remboursable en devises (en milliers de dôlïars) Page 1 Encours au premier janvier, y compris montants non encore , > Paiements à faire durant 1 J année A...'11lée verses amortissement intergts totâl Dette totale 1968 6.996 345 269 614 1969 6.651 348 269 617 1970 6.303 368 253 621 1971 5.935 471 233 704 1972 5.464 537 208 745 1973 4.927 559 183 742 1974 4.368 587 150 737 1975 3.781 613 122 735 1976 3.168 646 92 738 1977 2.522 666 60 726 1978 1.856 110 32 142 1979 1.746 110 29 139 1980 1.636 110 25 135 1981 1.526 110 23 133 1982 1.416 94 19 113 Crédi ts - fournisseurs 1968 1.299 87 63 150 1969 1.213 77 58 135 1970 1.136 80 55 135 1971 1.056 126 52 177 1972 930 131 46 177 1973 799 137 39 176 1974 662 144 31 175 1975 518 150 26 175 1976 368 156 18 174 1977 212 148 10 158 1978 64 16 3 19 1979 48 16 2 18 1980 32 16 1 17 1981 16 16 1 17 !I Voir note à la fin du tableau. Tableau 8: EVALUATION DES PAIEI1ENTS QUI EXIGERA. LE SERVICE DE LA DETTE PUBLIQUE EXTERIEURE EN. COURS (Y COMPRIS MONTANTS NON ENCORE VERSES) AU 31 DECEMBRE 1967 Y Dette remboursable en devises (en milliers de dOllars) Page 2 Encours au premier janvier, y compris montants non encore Paiements à faire durant l'année Année versés - - amortissement in-terêts total Prêt de la BIRD 1968 3.347 258 182 440 1969 3.089 272 168 440 1970 2.817 288 152 440 1971 2.529 304 136 440 1972 2.225 322 118 440 1973 1.903 338 102 440 1974 1.564 360 80 440 1975 1.205 379 61 440 1976 825 401 40 441 1977 424 424 18 442 Prêt de l l IDA 1968 1.100 1969 1.100 5 5 1970 1.100 8 8 1971 1.100 8 8 1972 1.100 .. 8 8 8 1973 1.100 8 1974 1.100 8 8 1975 1.100 8 8 1976 1.100 6 8 14 1977 1.094 Il 8 19 1978 1.083 Il 8 19 1979 1.072 Il 8 19 1980 1.061 Il 8 19 1981 1.050 Il 8 19 1962 1.039 Il 8 19 !I Voir note à. la fin du tableau. Ta.bleau 8: ZVf.LUATION DES PAm}ID'!TS QlJlEnGERA .Œ SERVICE DE LA DEil'TE PUBLIQUb EX.TE:R.D!:U1iE EN COUlIS (y an1PRIS UONTANTS "NON ENCOUE VERSES) AU 31 nECUmIŒ 1967 11 Dette remboursable en devises (en mIlliers de aolïars) Page 3 MCeurs au premier janvier, y compris montants non encore Paiements ~ faire durant l'année :l.ntér~ 'I;.s Année versés amortissement - total Prêts de llAllema~ 1968 1.250 24 24 1969 1.250 38 38 1970 1.250 38 38 1971 1.250 hl 38 79 1972 1.209 83 37 120 1973 1.126 83 34 il8 1974 1.042 83 31 il4 1975 959 83 29 il2 1976 875 83 26 109 1977 792 83 24 107 1978 709 83 21 104 1979 626 83 19 102 1980 543 83 16 99 1981 460 83 14 97 1982 377 83 11 94 .. 11 Englobe le service de toutes les dettes figurant au tableau 7, lequel a été fait au 16 septembre 1968. Division des services statistiques Département des Etudes Economiques 16 septembre 1968 Tableau 9: RECEI'TES BUIXlETAIHES DE L'ETAT (en millions de FBu) Budget 1962 1963 1964 1965 . 1966 1967 1968 Imp8ts directs 164.4 268,7 257,3 323,7 466,8 546,7 648,5 sur revenus et bénéf'iœs 46,8 130,9 117,5 146,9 241,7 290,3 358,0 dont: sociétés commerciales 50,6 51,2 76,4 87,9 135,0 entreprises artisanales 10,7 14,0 18,0 32,8 38,0 trai tements et salaires 34,9 60,4 114,5 124,3 130,0 dividendes 7,4 3,0 13,6 19,4 25,0 autres 13,9 17,3 19,2 25.,9 30,0 impôt de capitation 95,5 103,5 104,5 139,5 173,6 189,7 210,0 impôt foncier 5,2 10,0 11,0 12,2 14,8 17,2 20,0 impôt sur le bétail 8,7 13,5 10,8 15,0 24,3 31,5 40,0 imp8t sur les véhicules 6,1 5,8 7,6 7,5 11,2 12,3 14,0 autres impôts directs 2,1 5,0 5,9 2,6 1,2 5,7 6,5 Impôts indirects 203,5 203,2 374,8 678,7 814,9 908,1 L023,5 dont taxes sur: importations 73,4 99,1 171,1 316,0 375,3 362,3 381,5 exportations 27,6 16,0 58,5 188,0 188,9 230,.0 220,0 boissons 97,7 86,4 140,4 168,1 213,0 269,2 300,0 chiffre d1affaires 70,0 autres taxes 2,1 5,0 5,9 6,6 37,7 46,6 52,0 Autres recettes :intérieures 41,9 47,9 142,7 190,7 103,3 . 116,8 130.0 Subventions étran~èr~s 35,0 28,0 72,8 56,2 4J,5 43,4 2,7 Total des recettes du budget ordinaire 444,8 547,8 847,6 1.249,01.428,5 l..630,61.804,7 Source: Ministère des Finances. Note: Les chiffres ne sont pas toujours comparables en raison de réorganisations administratives ~ ont entraiDé le transfert de certaines catégories de dépenses d'un ministère à un autre. En 1967, par exemple, la création du Ministère du Parti a 6té à la Présidence divers chefs de dépenses adninistratives. La m@me année, certaines dépenses d'assistance technique ont été transférées de la rubrique "autres", sous Services économiques, au Ministère des Affaires Etrangères. Pour toutes les années figurant au tableau, le service des pensions incombe au l./finistère de 11 Intérieur. Source: Ministère des Finances. Tableau 11: ENALUATION DES n~VESTISSEMENTS DU SECTEUR PUBLIC (en millions de francs Burundi) Classés selon l'origine 1962 1963 1964 1965 1966 1967 Total Inscri ts au budget ordinaire 16 15 12 13 33 53 142 Inscrits au budget du développement 6 20 157 92 90 365 Institutions parastatales 4 66 7 43 120 F'inancés par 11 aide extérieure 86 -1:2. 105 175 246 387 1.048 Total 102 74 131 411 318 513 1.615 (en milliers de dollars) (2,1) (1,5) (2,,1) (4,7) (4,3) (6.,5) (22,2) Jéprœtition selon les secteurs En pourcentage du Total Total. 1962 1963 1964 1965 1966 1967 1963-67 ---- Agricul ture 21 12 18 12 12 24 17 Industrie" Mines, .&1ergie 1 3 3 16 15 10 Tr~sports et Communications 18 49 41 33 28 19 28 Education 8 5 7 4 1 8 5 Santé 17 8 17 9 4 10 9 lUltres objets d'ordre aru~stratif et social ~ --2 -2!± --12. -.lê. ~ 31 Total 100 100 100 100 100 100 100 Sources: 11i.nistère des Finances" Banque de la République du Burundi" Evaluation de la l'fission. Tableau 12: n1PRUNTS DE L'ETAT AUPRES DE LA BANQUE NATIONALE ET DES BANQUES COMMERCIALES (Modifications nettes de la situation) (en millions de francs Burundi) Premier semestre 1965 1966 1967 1967 1968 1. \~t,i.':t; - Tirages nets 129 174 121 175 217 sur: Banque Nationale 126 172 4 117 179 Banques commerciales 3 2 117 58 38 2. fnstitutions publiques - Tirages nets 150 87 69 36 40 sur: Banque Nationale 148 60 63 31 50 Banques commerciales 2 27 6 5 -10 3. Tirages totaux nets du ::lect.eur fub.u.c (1 + 2) 279 261 190 211 257 sur: Banque Nationale 274 232 67 148 229 Banques commerciales 5 29 123 63 28 Etat 1965 1966 1967 1. Défi ci t avant emprunts intérieurs 272 218 152 2. Emprunts intérieurs l43 44 31 arPrès de: a Institutions publiques 106 31 16 b Caisse dJEpargne c) Autres 37 ~ 8 1 3. Tirages nets sur les Banques (1 - 2) 129 174 121 dont sur: Banque Nationale 126 172 4 Banques commerciales 3 2 117 Secteur ;eublic 1. Déficit avant emprunts intérieurs 316 274 205 2. IDnprunts intérieurs 37 13 15 3. l'irages sur les banques (1 - 2) 279 261 190 dont sur: a) Banque Nationale 274 232 (>7 b) Banques conunerciales 5 29 123 Sources: Statistiques financières internationales et llÜnistêre des Finances. Tableau 13: DETTE PUBLIQUE (en millions de francs Burundi) Fin des années: 1963 1964 1965 i96b 1967 A. Dette intérieure consolidée envers: Institutions Eubli~ues et semi-Eublig.ues: Institut des Assurances sociales 3,0 2,4 14,8 13,2 2l,5 OCIBU 85,7 64,6 45,0 Société des Eaux et Electricité 56,0 Banque Nationale de Développement 25,0 40,0 Bang,ues: Caisse d 1 Epargne 37,0 42,0 50,0 Banques commerciales 45,0 ,Ambassade de Belgique 17,7 12,7 7,7 2,7 Autres 8,0 15,0 Total --- 3,0 20,1 150.z2 160.z5 275.z2 B. Dette intérieure flottante Avances de Banque Nationale 227,0 318,7 328,9 502,2 561,9 Dépôts ~ vue aux Chèques Postaux 16,5 18,3 26,5 55,4 12,0 Bons du Trésor placés aux Banques 78,t0 Total 243,5 337,0 355,4 560,6 651,9 C. Total de le Dette intérieure CA + B) 246,5 357,1 505,6 721,1 927,1 D. Dette extérieure 212,3 202,0 334,3 343,2 512,2 Etat 213,3 202,0 334,3 317,7 421,8 Institutions semi-publique~ 25,5 90,4 E. Total de la dette intérieure et extérieure CC + D) 458,8 559,1 839,9 1.064,3 1.439,3 !! Burutex et Administration portuaire. Source: Banque de la République du Burundi Tableau 14: B1u~QUE NATIONALE RubriS!!es ;erinci;eales du Bilan (en millions de francs Burundi) Fin de l'année Fin juin 1964 1965 1966 1967 1967 1968 Actifs extérieurs nets 95oL1 737 451 244 -54 -251 Avances à l' Eta-tL; montant net 48 22211 454 521 602 750 Avances aux banques 271 18.:4 Autres actifs 114 256 206 301 456 •• Total 1.112 1.215 1.1ll 1.066 1.275 •• Circulation monétaire 812 867 911 1.026 1.257 •• Dépôts bancaires 300 348 200 40 18 •• 11:. Au nouveau taux de change. Lg Et aux Institutions publiques. 11 Non compris les 100 millions provenant de la réévaluation des avoirs de la Banque qui furent remis à l'Etat. /4 y compris un prêt à la Banque Nationale de Développement. Source s: Statistiques financières internationales et Banque du Burundi. Tableau 15: BANQUES COl1MERCIALES Rubriques principales de leur bilan global (en millions de francs Burundi) Juin ~ 196% 1966 12é1. 1967 1968 Actifs extérieurs nets 7LL! 84 74 73 66 2 Avances au secteur privé 348 348 363 577 741 696 Prêts à lIEta~, nets -33 -28 1 124 64 152 Liquidités 313 357 207 61 51 49 Autres actifs nets 69 187 144 145 Total 569 594 501 690 922 899 Dép6t,s du secteur privé 569 594 501 690 514 539 Elnprunts à la B&nque Nationale 271 86 Jilltres passifs) nets 137 274 /J:. Au nouveau taux de change ~ Et aux Institutions publiques. Source: Statistiques financiêres internationales Tableau 16: CAISSE Dt EPARGNE - BILAi'J RESU11E (en millions de francs Burundi) 1964 1965 1966 1967 Dépôts à vue 8 9 9 9 Dép6ts à terme 38 60 76 98 Dépôts des administrations publiques 8 Total 46 69 85 115 :&nploi de ces dépôts Réserves 30 Il 18 11 Prêts à llEtat 3 39 44 53 Autres emplois 13 19 23 51 Source: Ba...'1que de la République du Burundi Tableau 17: EJ:.1PLOI ET VARIATIONS SAISONNIERES DES CREDITS BANCAIRES (en millions de francs Burundi) 1964 1965 1966 1967 f1. Juil. Dilc. Juil. mc. Juil. Déc. Juil. Déc. Crédits à: Il importation 74 90 159 159 184 115 146 195 l l exportation 339 18 538 32 697 55 521 151 autres usages 307 188 172 140 183 181 187 223 Total 1.403 1.235 1.488 1.388 1.497 1.279 1.811 1.563 L! Les chiffres de 1967 englobent des crédits accordés par la Banque Nationale de Développement. Source: Banque de la République du Burundi Tableau 18: EVOLUTION DE LA CIRCULATION MONETAIRF.L.!. Hillions Changement de en francs Eourcenta~e Fin de 11 année: 1963Œ 823,6 1964 1.234,9 49,911. 1965 1.338,1 8,4 1966 1.279,3 -4,4 1967 1.562,3 22,1 /3 Il Billets, pièces de monnaie et dépôts à vue dans les Banques. Œ fin J él..'1Vier 1964. 11. filll1ées de pointe pour la production de café Source: Banque de la République du Burundi Tableau 19: PRIX A LA CONSOMMATION (Indices) Consommation européenne Consommation ~y mœTAT:JI africaine 11 1960 101,1 1961 107,9 1962 135,5 1963 149,6 103,3 1964 175,3 122,0 - 1965 213,5 145,2 107,8 1966 152,0 109,5 1967 159,8 108,9 1968 premier trimestre 162,0 lll,5 11 Dernier trimestre de l'exercice, avril 1965 = 100. Y Indice de l'Association des Entreprises du Burmdi; moyennes annuelles, juin 1960 = 100. 2f Noyennes annuelles, avril 1963 = 100. Source: Bulletin de la Banque de la République du Burundi. Tableau 20: POPULATION, NAIN-D'OEUVRE ET ENSEIGNEMENl' Composition de la popYlation par âge et par sexe - 1965 (par mille habitants) GrouE!: dl âge Honnnes Fennnes Total o - 14 234 234 468 15- 59 233 240 473 plus de 60 26 33 59 Total 493 507 1.000 Composition par état-civil - 1965 HOlllII1es Femmes GrouEe d'âge Mariés Célibataires Nariées Célibataires 15 - 19 3,4% 96;6% 12;2% 87,8% 20 - 29 71,7 28,3 882, 11,8 30 - 39 97,9 2,1 98,6 1,4 Estimation de la Eo~ulation active - 1968 (groupe d1age 15-59) Hommes Femmes Total Régions rurales 361.164 372.806 733.970 Bujumbura 13.238 12.558 25.796 Total 374.402 385.364 759.766 Emploi EU' secteurs - 1965 Hommes Fennnes Régions Régions Secteut's rurales Villes Rurales Villes Agricnl t1L.~e traditionnelle 90;2% 8;7% 99,2% 71,0% Pêche 1;0 2;0 Comnerce traditionnel 1,5 14,0 9;0 Jecteur privé moderne 5,8 58,3 , 6-0 Secteur public 1;3 15;6 6;0 Autres 0,1 1,3 7,0 (à suivre) Tableau 20: POPULATION, VlA.DJ-D'OEUVRE Er ENSEIGNEMENT (suite) Effectif scolaire et personnel enseignant Effectif Personnel 19b4::b5 1907-08 ï900-o7 Université 154 235 50 Ecole normale supérieure 59 17 Enseignement secondaire général 2.304 3.297 229 Formation d'enseignants (cours ordinaire) 399 481 65 }ormation d'ensei~nants '1' (cours acce " ere 1.391 2.055 127 Enseignement technique et agricole 766 1.050 115 Autre enseignement post-primaire 614 810 53 Enseignement primaire 129• 722 170t 29u. 3.932 Total 145.360 178.281 4.589 Source: IR USTAT • Tableau 21: E}'iPLOl DANS LE SECTEUR PUBLIC l. Fbnction publique 1964 1965 1966 Adndnistration 1.621 1.880 2.172 Armée et Police 1.872 2.309 n.d. Total partiel 3.493 4.189 n.d. Services sociaux 4.941 5.398 5.8U Services économiques 31 711 4.515 4.49$11 Total partiel 12.145 14.102 12. 47aYY (Total partiel, journaliers inclus) (n.d. ) (n.d. ) (16.467) II. Institutions parastatales Recherche agricole - ISABU 211 226 196 Café - OCIBU 49 81 134 Autres 706 62~ 859 Total partiel 966 9;21 11 189 III. Total général 13.111 15.032 13.6# (journaliers inclus) (n.d.) (n.d.) (19.998) IV. Salaire annuel moyen dans la fonction publique (en FBu) 25.800 35.300 41.800 (forces armées, police et jour- naliers non compris) ($ 560) ($ 404) ($ 476) ~r li. Personnel de l'assistance technique 316 352 370 JI Ce chiffre exclut les journaliers qui n 1 étaient probablement pas inclus les années précédentes ou n'étaient que partiellement inclus. g( Armée et police non comprises en 1966. Source: IRtBTAT. Tableau 22: INDŒTRJES: CAPACITE DE PRODUCTION ET D'urILISATION EN 1965 Pourcentage Industrie Capacité de production d'utilisation en 1965 1. Transformation des produits alimentaires Huile de graines de coton lB.OOO tonnes de graines par an lB Café 30.000 tonnes par an 40 Brasserie 30 millions de bouteilles de bi~re par an 100 4"B millions de bouteilles de bois- sons non-alcoolisées par an 100 Produits laitiers 10.000 litres de lait par jour 15 ~linoterie - manioc 10 tonnes par jour 4 rrûnoterie - riz 15 tonnes par jour 25 Réfrigération 50.000 tonnes par an 100 2. Industries textiles Egrenage du coton 20-22.000 tonnes par an 39 Fabrique de couvertures 75.000 par mois 15 Fabrique de chemises 5.200 par jour 15 Filets de p~che 25 tonnes par an 30 3. Nêtallurgie Forgeage, emboutissage, etc. 30300 tonnes par an 50 Fabrique de houes 600.000 par an 30 4. Construction 2 par an Ciment, blocs 24.000 m 25 Articles préfabriqués 2 en ciment 750.000 ID 15mm 35 5. Industries chimiques Savon 300 tonnes par an 35 Peinture 275 tonn~s par an 10 Oxygène 10.000 m par mois 12 Acétyl~ne 2.000 kg par mois 15 6. Industries diverses Chaussures en mati~re plastique 600.000 paires par an 41 Scierie 8.000 m3 20 Abattoir 100 wtes par jour 8-10 Source: Données fournies par les pouvoirs publics du Burundi. Tableau 23: CULTURES VIVRIERES - ESTIl'lA.TIONS DE LA SUPERFICIE CULTIVEE ET DE LA PRODUCTION EN 1965 Superficie Production en hectares en tonnes Cultures 1965 1965 Haricots 188.000 141 000 0 Pois 66.500 .36.600 Arachides 6.200 4.000 Sorgho 112.800 121.900 Haîs 107.000 107.900 Blé 12.200 8.200 Hi1 32.500 20.500 Patates douces 95.200 714.000 Pommes de terre 10.200 91.500 Nanioc (récolté) 70.200 858.400 Y~nioc (planté mais non encore récolté) 69.600 Autres plantes tubéreuses 6.400 39.300 Bananes 125.800 1.270.600 aiz 1.050 2.178 Source: IRUSTAT - Annuaire statistique 1962-1965. Tableau 24: INDICATEURS DE LA REPARTTIION DES INVESTISSEMENTS (pourcentage du total) Moyenne sur 5 ans pour toutes les 1965 principales entre- Secteur public ;Erises E!:ivées Agriculture 17 4 Industrie, mines et énergie 10 68 Transports et communications 28 9 Enseignement et santé 14 Autres services sociaux et administratifs 31 Commerce et finances 13 Distribution du pétrole 6 100 100 Sources: Gouvernement du Burundi, Banque de la République du Burundi et estimations de la mission. ANNEXE l Page 1 Evolution de la situation dans les principaux secteurs 1. Agriculture. L'agriculture du Burundi est caractérisée par des conditions physiques relativement favorables, mais une situation socio- économique difficile. La variété des sols fertiles et les climats favo- rables dus au relief montagneux, facilitent la culture ininterrompue toute l'année d'un certain nombre de produits agricoles; les précipitations sont importantes bien que réparties irrégulièrement au cours de l'année; les récoltes sont généralement plus abondantes et les pâturages de meilleure qualité que pour la moyenne de l'Afrique. En revanche, la combinaison de fortes densités de population et d'importants troupeaux de bétail a imposé des charges sur les terres dans les hauts plateaux où réside la majeure partie de la population. En outre, les ruraux sont installés dans de petites exploitations familiales dispersées plut$t que dans des villages; le commerce de troc pratiqué est restreint et les échanges contre argent plus limités encore. Ce mode de vie, joint aux difficultés de transports, a renforcé le traditionalisme et empêché l'expansion des activités orien- tées vers le marché. 2. L'introduction des techniques agricoles modernes au Burundi a commencé dans les années 20 sous la tutelle belge; elle avait pour objectif essentiel la lutte contre la disette et la production de culture marchandes procurant des revenus aux exploitants agricoles comme aux pouvoirs publics. Un autre objectif était de consacrer la main-d'oeuvre et les terres à la culture plutôt qu'à l'élevage qui avait été la principale activité de la population du Burundi et qui demeurait l'un des principes de base essen- tiels de la structure sociale du pays. Le fait que la population était dispersée rendait difficile le travail de vulgarisation et les autorités belges décidèrent de regrouper les cultivateurs et les plantations le long d'un réseau planifié de pistes afin de faciliter les transports et le contrôle exercé par les services de vulgarisation. Ce plan appelé Hpay- sannat" a été dl exécution plus aisée dans les basses terres. C'est ainsi que le défrichement des plaines inhabitées et la mise en valeur des marais pour y réinstaller la population des collines devinrent un autre aspect d~ la politique agricole du régime de tutelle. La mise en oeuvre de ces politiques a impliqué l'introduction de mesures obligatoires, les motiva- tions financières se révélant insuffisantes. Chaque famille était tenue de consacrer une superficie minimale à certaines cultures non-saisonnières afin de constituer des réserves alimentaires suffisantes, et de planter des caféiers lorsque les conditions s'y prêtaient. Certains cultivateurs ne manquèrent pas de contester le bien-fondé de ces mesures, notamment lorsque certaines décisions telles que la taille des caféiers de toute une région, qui provoquait une diminution très sensible des récoltes au cours des deux années suivantes, leur semblaient aller à l'encontre de leurs intérêts, même si elles se justifiaient sur le plan administratif et agronomique. Il s'ensuivit que les cultivateurs ne participèrent pas de bon gré au pro- gramme de développement agricole, interprétèrent mal ses objectifs et montrèrent aux autorités un certain mécontentement qui subsista après ANNEXE 1 Page 2 l'accession du paya à l'indépendance. 3. La modernisation de l'agriculture sous le régime de tutelle avait apporté certains changements importants dans ce secteur au moment de l'indépendance en 1962. Grâce à l'utilisation de nouvelles variétés à fort rendement dans les cultures traditionnelles, l'introduction de nouvelles cultures, l'accroissement obligatoire des réserves alimentaires, ainsi que l'amélioration des moyens de transport, la menace de disette disparut. En ce qui concerne les cultures marchandes, priorité fut donnée au café, essentiellement à l'Arabica, qui trouve des conditions particu- lièrement favorables sur les hauts plateaux du Burundi, puis au coton. La production de café et de coton atteignit en 1959 des niveaux maximaux de 21.900 et 10.300 tonnes respectivement. Un vaste programme de lutte contre l'érosion fut entrepris, prévoyant notamment un plan de reboisement systé- matique. Plusieurs institutions furent créées pour développer la recherche agricole et améliorer la production et la commercialisation du café et du coton. 4. Après la reconnaissance de l'autonomie interne du Burundi en 1959, suivie de l'octroi de l'indépendance en 1962, la production agricole déclina. Les raisons en sont multiples: insécurité politique, départ des techniciens belges, nomination à des postes ministériels à Bujumbura de la plupart des quelques agronomes qualifiés du Burundi, ce qui entraina une réduction des services de vulgarisation, réorganisation nécessaire des institutions antérieurement communes aux trois nouveaux territoires indé- pendants, abandon par les cultivateurs des méthodes dont les services de vulgarisation n'étaient plus en mesure d'imposer l'application. Outre leur effet sur la production, ces événements eurent d'autres conséquences moins évidentes mais de plus grande portée. Les activités de lutte contre l'é- rosion et de reboisement furent négligées et les services de soutien agri- cole périclitèrent. Depuis 1963, les pouvoirs publics s'efforcent, grâce en grande partie à une aide étrangère, de relancer l'agriculture. Ces efforts ont suivi les grandes lignes définies sous l'administration belge; ils visaient à l'origine à revenir aux niveaux antérieurs à l'indépendance en ce qui concerne les services de base et la production. 5. Café. Le café est actuellement cultivé dans les provinces à forte densitè de population du nord-ouest du Burundi, entre 1.500 et 2.000 mètres d'altitude. L'Office des cultures industrielles du Burundi (OClBU) est le principal organisme chargé des questions relatives au café. Il a pour tâche essentielle de développer la culture du café, d'en coordonner la commercialisation, de classer le café par qualités pour les marchés d'exportation et de représenter le Burundi à l'Organisation internationale du café. L'OCIBU gère également un Fonds de stabilisation des prix du café et un Fonds de promotion du café. Les prix à la production sont fixés pour chaque récolte en fonction des prix mondiaux et des coûts de commer- cialisation et des transports. Les producteurs de café vendent leur récolte à des négociants indépendants qui la vendent, à leur tour, aux exportateurs de Bujumbura. La plus grande partie de la production est acheminée vers ANNEXE l Page 3 les Etats-Unis. Le Burundi est membre de l'Organisation internationale du café et ses exportations de café sont contingentées. Le contingent de base fixé pour le Burundi dans le cadre de l'Accord de 1968 sur le café est de 13.980 tonnes. Toutefois, aux termes des dispositions de l'Accord, la quantité que le Burundi a le droit d'exporter chaque année pourra s'é- lever à 18.698 tonnes en 1968/69 et passer progressivement à 21.000 tonnes en 1973, à condition que le Burundi puisse justifier d'une augmentation de la production exportable. 6. La production de café qui était encore super1eure à 13.000 tonnes en 1961 et 1962, n'était plus que de 6.000 tonnes à peine en 1963. Depuis lors, des récoltes exceptionnelles ont été enregistrées en 1964, avec 18.300 tonnes et 1967, avec 17.800 tonnes, la moyenne pour les quatre dernières années étant de 16.300 tonnes. Malgré certaines variations cycliques de la production, on relève une tendance à la hausse depuis 1964. La récolte prévue pour 1968 ne s'élèverait qu'à 13.000 tonnes environ, ce qui n'a rien d'étonnant après la récolte abondante de 1967. La stagnation de la produc- tion de café depuis 19$9 est due essentiellement à la baisse des rendements puisque le nombre de caféiers productifs est plus élevé qU'au cours des années qui ont précédé l'indépendance. La diminution du rendement s'est accompagnée d'une baisse de qualité, par suite d'une dégradation des tech- niques de récolte et de transformation utilisées par les cultivateurs. La raison semble en être essentiellement le ralentissement des activités des services de vulgarisation. Apparemment, la politique des prix à la produc- tion n'a pas eu d'effet marquant sur le comportement des cultivateurs, bien que ces prix, en termes réels de pouvoir d'achat, aient baissé assez régu- lièrement depuis 1960, comme il ressort du tableau ci-dessous: Tableau 1: CAFE - PRIX AL' EXPORTATION, PRIX A LA PRODUCTION ET VARIATIONS LOCALES DES PRIX al 1960 1961 1962 1963 1964 1965- 1966 1967 Indice des prix mon- diaux du café 100 93 88.5 79 114 102 98 93 Indice des prix du café à la production 100 92 100 100 135 172 176 172 Indice des prix au Burundi 100 108 139 147 174 216 226 231 ~ Année de la dévaluation Source: indice des prix de l'AEB et Gouvernement du Burundi. ANNEXE l Page 4 7. Les prix à la production ont peut-~tre aggravé le problème de l'instabilité économique en 1964, année où des prix plus élevés ont co!ncidé avec une récolte maximale. Les fluctuations de la production et les prix nominaux à la production, stables ou en augmentation au cours d'une période de prix mondiaux en fléchissement, ont posé des problèmes financiers à l'OClBU. Les dépenses que cet organisme consacre aux pulvé- risations et à l'entretien du matériel de transformation sont relativement constantes, alors que ses revenus sont fonction du volume de la récolte. Par conséquent, au cours des années de mauvaises récoltes, l'OCIBU a enre- gistré des déficits et a dG recourir aux fonds de stabilisation et de promotion. De ce fait, le fonds de stabilisation est passé d'un total net de 112 millions de francs Burundi à la fin de 196$, à 43,7 millions de francs Burundi à la fin de 1967 et il risque d'être complètement épuisé après la faible récolte de 1968, bien que les prix à la production aient été ramenés de 3$ à 34 francs Burundi le kilo. Enfin, bien qU'aucune cul- ture rentable ne puisse remplacer le café pour l'instant dans les zones caféières, il semble, étant donné les perspectives de stabilisation des prix du marché mondial du café aux niveaux de 1968, que la politique éco- nomique la plus judicieuse à suivre en matière de café, serait d'améliorer le rendement et le traitement du produit à partir des superficies déjà exploitées, plutôt que d'augmenter les superficies cultivées. A cet égard, les prix du café à la production n'ont pas incité les cultivateurs à aug- menter leurs cultures et on estime que l'influence de ces prix sur l'augmen- tation des rendements n'est pas aussi décisive qU'une amélioration des services de vulgarisation et la fourniture d'engrais. 8. Les pouvoirs publics ont tenté de ramener à leurs niveaux anté- rieurs la production de café et la qualité des procédés de transformation, notamment en introduisant de nouveaux engrais et en reconstituant les services de vulgarisation et de recherches. Ils ont demandé une aide à l'IDA pour un projet de 182 millions de francs Burundi, soit 2,1 millions de dollars des Etats-Unis, qui a pour objet de développer les services de vulgarisation, d'augmenter le matériel et les fournitures agricoles (engrais, not~ent), et d'améliorer les procédés de transformation à l'intérieur de la zone caféière. Si la mise en oeuvre de ce programme est satisfaisante, la production de café, d'après des prévisions prudentes, pourrait passer à environ 20.000 tonnes en 1973, avec une amélioration parallèle de la qua- lité. Ce volume resterait dans les limites du contingent fixé par l'OIC et éga.ler<l.it, le niveau de production atteint avant l'indépendance. Ce prograrn..-ne prévoit des prix stables à la production et, dans l' hypothèse où la production et les prix seront ceux qui ont été prévus (voir en Annexe II, le Tableau 2) ,l' OClBU devrait opérer à son seuil de rentabilité au cours des deux premières années et commencer à réaliser des bénéfices à partir de la troisième année. De l'avis général, les prix à la production pour- raient, si nécessaj~e, être abaissés de 10 pour cent par rapport au niveau de 1968 afin de couvrir les dépenses de l' OClBU et augmenter les revenus de l'Btat sans pour autant avoir de réaction défavorable sur les motivations des cultivateurs. Toutefois, cette disposition risque d'être difficilement applicable étant donné la baisse plus ou moins régulière des revenus des producteurs en termes réels de pouvoir d'achat depuis 1960. ANNEXE l Page 5 9. Le coton est actuellement cultivé dans la région de Imbo, la plus basse du Burundi; elle comprend la vallée du RUzizi et la plaine située en bordure du lac Tanganyika. Cette région est l'une des plus favorables du pays étant donné son sol alluvial fertile, les possibilités d'irriga- tion et sa proJdmité de Bujumbura. La culture du coton a été introduite en 1928, mais les principales activités de mise en valeur n'ont été entre- prises qu'en 1949, lorsque plusieurs "paysannats Il ont été créés dans la vallée du Ruzizi. Eh 1960, environ 19.500 agriculteurs cultivaient du coton à fibre longue sur 10.600 hectares. Un organisme public, le COGERCO R.B. (Comité de gérance du coton), qui reste commun au Rwanda et au Burundi, est chargé de développer la culture du coton et d'en contr8ler la commer- cialisation. Les opérations de ramassage, de transport par camion, d'é- grenage et d'expédition sont effectuées par une société privée, la Compagnie du Ruzizi, qui fournit également le matériel et les fournitures agricoles. La vente sur les marchés d'outre-mer se fait par l'intermédiaire d'une so- ciété belge d'Anvers. Le COGERCO sera rattaché à l'OCIBU à partir de la campagne de 1968. 10. La production de graines de coton qui était de 9.000 tonnes par an en moyenne entre 1959 et 1961, est tombée à 4.700 tonnes en 1962/63 pour remonter à une moyenne de 6.200 tonnes au cours de la période 1964-67. Des inondations provoquées par le déboisement massif de la région de la ligne de partage des eaux entre le bassin du Congo et celui du Nil, expliquent en partie les mauvaises récoltes de ces dernières années. Mais les ten- dances défavorables accusées par la production depuis 1959 semblent résulter essentiellement des effets combinés de prix à la production peu élevés et d'une diminution brutale du rendement à l'hectare provoquée par la dégra- dation des services de vulgarisation. Le rendement à l'hectare, qui était de 1,2 tonne en 1959, a régulièrement diminué jusqu'en 1966 où i l n'était plus que de 0,5 tonne. Les prix à la production sont demeurés relativement constants depuis 1959, mais les prix sur le marché intérieur ont augmenté rapidement, ce qui fait que les revenus réels des planteurs n'ont cessé de diminuer. Les prix de vente des cultures vivrières étant intéressants sur le marché voisin de Bujumbura, les agriculteurs ont préféré la culture des plantes viv:-ières à celle du coton, d'autant plus que la première de- mande moins de travail. en ne sait pas quel est le rendement économique des cultures vivrières par rapport à celui du coton, mais on peut supposer que cette mutation présentera certains avantages économiques. D'autre part, le COGERCO, confronté par les dépenses fixes de transformation du produit et des prix mondiaux instables ou en baisse, a connu, au cours de ces der- nières années un déficit de l'ordre de 5 à 15 millions de francs Burundi par an. Une partie du déficit, cependant, est due au co1l.t élevé par unité des pulvérisations et des activités de transformation lorsque les récoltes sont inférieures à 9.000 tonnes. Tout compte fait, la politique des prix du coton à la production semble avoir été aussi raisonnable que l'ont permis les prix mondiaux en baisse et le comportement des exploitants. ll. Des efforts en vue de relancer la production de coton dans les IIpaysannatsl! de la vallée du Ruzizi ont été tentés en 1966 avec l'assistance technique de la CFDT (Compagnie française pour le développement des fibres textiles), entreprise française qui a opéré avec succès dans d'autres pays africains d'expression française. Nais on s'attend à des résultats ANNEXE l Page 6 plus importants à la suite de la mise en oeuvre d'un programme de 6,3 millions de dollars, financé par le Fonds européen de développement et commencé en 1968. Ce programme qui fait suite aux opérations entreprises avant l'indépendance, vise à remettre en état et compléter les ouvrages de drainage et d'irrigation sur 5.000 hectares dans la région méridionale de la vallée du Ruzizi près de Bujumbura. Un tiers de la région intéressée par le projet sera consacré à la culture du riz par irrigation et deux tiers au coton en rotation avec des cultures vivrières. Comme dans le cas du projet concernant le café, on s'attend que les résultats obtenus soient appliqués à d'autres Itpaysannats ll de la vallée du Ruzizi. La production moyenne de coton pourrait ainsi atteindre 10.500 tonnes environ en 1970 et 15.500 tonnes en 1974 lorsque le programme du Ruzizi entrera dans sa phase de pleine exploitation. 12. La mise en oeuvre satisfaisante du projet du Ruzizi risque d'être plus difficile que prévu. Le bon fonctionnement du système d'irrigation dépendra du réseau principal d'irrigation de la vallée, mal entretenu à l'heure actuelle. Le déboisement continu de la région de la ligne de par- tage des eaux des bassins Congo-Nil, risque d'avoir des conséquences im- prévisibles sur la régularisation des eaux dans la région intéressée par le programme. Des problèmes se posent également en ce qui concerne l'allo- cation de terres à de nouveaux cultivateurs, étant donné que les zones de risières rapporteront des bénéfices plus substantiels que les zones coton- nières. 13. La première exploitation de thé du Burundi a été effectuée au début de l'année 1968. Le thé est cultivé-ains les hautes terres situées à plus de 2.200 mètres d'altitude, dans le cadre d'un programme de 7,3 millions de dollars, financé par le FED. Le projet porte sur trois différentes plantations de 500 hectares. Les travaux sur la première plantation, qui a corr~encé à produire en 1968, ont débuté en 1963. Les deux autres de- vraient commencer à produire en 1969 et 1972. Chaque plantation devrait donner 500 tonnes d'un thé de bonne qualité lorsqu'elle atteindra son plein rendement. On s'attend également que des agriculteurs installés près des plantations exploitent de 3 à 4.000 hectares supplémentaires. La production de thé devrait atteindre 875 tonnes en 1974 et 1.500 tonnes en 1980, mais si 12 production des petits cultivateurs opérant en dehors des zones du projet donne les résultats escomptés, elle pourrait bien atteindre 1.100 tonnes en 1974 et 3.800 tonnes en 1980. Mais l'extension de la culture du thé à d'autres zones que celles du projet rencontre déjà certaines dif- ficultés et les secondes projections semblent maintenant extrêmement optL~istes. Chacune des trois plantations emploierait de 800 à 1.000 travailleurs non qualifiés. Conformément à un plan préliminaire, ces travailleurs constitueraient une coopérative qui deviendrait propriétaire des plantations lorsque le capital investi serait remboursé sur une partie du produit des ventes. Toutefois, des comptes provisoires relatifs à la première plantation actuellement en activité indiquent que du fait du remboursement du capital investi et d'une taxe à l'exportation de 6 pour cent, elle pourrait fonctionner à perte jusqu'en 1973. La mise en oeuvre ANNEXE l Page 7 de ce programme sera donc probablement retardée. 14. Depuis l'indépendance, l'Institut des sciences agronomiques du Burundi (ISABU) a tenté d'introduire d'autres cultures d'exportation. Les essais les plus concluants concernent le tabac (White Burley) cultivé dans les plaines du Masso entre le plateau central et la frontière avec la Tanzanie. Toutefois, les recherches devront être approfondies avant qU'un projet d'envergure puisse être entrepris. Les conditions sont également fa- vorables à la culture du quinquina et du ricin mais, par suite de la concur- rence des composés chimiques et des problèmes de transport, les perspectives pour l'exportation ne sont pas bonnes. Les précipitations insuffisantes dans la région Imbo gênent la mise en valeur de grandes plantations pour la production d'huile de palme destinée à l'exportation; la production ne permettra de satisfaire que les besoins locaux. Par conséquent, la diver- sification de l'agriculture pour l'exportation demeure un problème majeur pour le Burundi. Agriculture de subsistance 15. L'expansion des cultures d'exportation est essentielle à un accroissement du secteur monétisé de l'économie du Burundi, mais la pro- duction de cultures vivrières, qui représente 85 pour cent de la production du secteur agricole, reste la principale activité des agriculteurs. Les cultures de base sont la banane, le haricot, le ma1s, le sorgho, le manioc et la patate douce. Les agriculteurs du Burundi donnent priorité à la culture de la banane; en effet, les quatre cinquièmes de la production totale ainsi que d'importantes quantités de sorgho, sont transformés en bière. Les bananeraies occupent actuellement les terres les plus fertiles et la majeure partie des engrais d'origine domestique leur est réservée; les bananeraies sont souvent étendues au détriment des pâturages ou des plantations de café, ce qui commence à poser un problème préoccupant. On ne possède pas de statistiques fiables relatives aux cultures vivrières, mais étant donné que le pays n'a pas connu de pénurie sérieuse de denrées alimentaires depuis 1960, on peut supposer que la production a augmenté à peu près au même rythme que la population. Toutefois, l'équilibre entre la production et les besoins est peut-être plus précaire qU'au cours de la période précédant l'indépendance. Par exemple, par suite de ravages causés par des chutes de grêle et par des insectes en 196$, la récolte a été mau- vaise et pour éviter la réapparition de la disette, les pouvoirs publics ont appliqué de nouveau les anciens règlements exigeant que chaque famille consacre une superficie minimale à la culture de plantes tubéreuses. Depuis 1960, les centres expérimentaux de l'ISABU ont poursuivi leurs recherches en vue d10btenir de meilleures variétés et des semences sélectionnées pour les cultures existantes, mais les résultats sont restés limités faute de services satisfaisants de vulgarisation et de quantités suffisantes de semences. En fait, le riz est la seule culture vivrière dont la propaga- tion ait été entreprise dans le cadre du programme du Ruzizi. La production vivrière est suffisante pour répondre aux besoins de la plus grande partie de la population et les importations sont surtout destinées à Bujumbura. Les importations de denrées alimentaires représentent à l'heure actuelle ANNEXE l Page 8 110 rrâllions de francs Burundi, soit 1,25 million de dollars par an, c'est-à-dire de 6 à 7 pour cent de la valeur totale des importations, 75 pour cent étant des importations de farine de blé et de sucre. Il ne semble pas que la culture du blé ou de la canne à sucre puisse être rentable, de sorte que les importations de denrées alimentaires, à l'excep- tion peut-gtre du riz et de l'huile végétale, augmenteront sans doute en même temps que le chiffre de population du Bujumbura. 16. L'élevage joue à l'heure actuelle un r6le peu important dans l'économie du Burundi; la production de bétail est estimée aujourd'hui à environ 3 pour cent de la valeur totale de la production agricole. Cependant, le nombre de têtes de bétail est estimé à 550.000, soit une vache pour six habitants. Ce chiffre est resté constant pendant les huit dernières années mais a diminué de moitié par rapport à 1950. Le gouvernement du Burundi, à l'encontre de l'administration belge, ne cherche pas à diminuer le nombre de bêtes considérées comme improductives économiquement. Il se peut que, du fait de la pénurie de terres, le problème trouve peu à peu une solution, mais il faudra diminuer l'importance des troupeaux et suivre en même temps une politique d'utilisation plus rentable du bétail, si l'on ne veut pas aggraver encore le problème de la pénurie de terres. Les pou- voirs publics se sont essentiellement préoccupés de la lutte contre les maladies du bétail dont les plus répandues sont l'anthrax et la fièvre de la C6te orientale. D'autre part, l'Etat possède et gère plusieurs exploi- tations spécialisées dans l'amélioration des méthodes locales de reproduc- tion et des soins donnés aux animaux, mais elles n'ont qU'une influence limitée sur l'élevage. Plusieurs laiteries financées par l'Etat sont en cours de construction. 17. La pêche dans le lac Tanganyika s'est développée très rapidement bien que son produit reste faible. En 1965, la consommation de poisson, y compris les importations nettes de 2.500 tonnes en provenance de Tanzanie, était de 12 livres par habitant, contre 7 livres de viande, ce dernier chif- fre ne comprenant pas toutefois les animaux abattus par les agriculteurs eux-mêmes. Les pouvoirs publics ont aidé les pêcheurs du Burundi à organiser des coopératives et à acheter de nouveaux bateaux. Un projet de 240.000 dollars, financé par l'Organisation mondiale de la santé et qui sera mis en oeuvre en 1968, a pour objectif de développer ces coopératives. L'orga- nisation défectueuse des opérations de commercialisation est une cause majeure de difficultés qui entraînent des prix irréguliers pour les pêcheurs et des ventes minimes en dehors de la région de Bujumbura et du lac. Un autre obstacle pourrait être la capacité de production du lac. On dispose de fort peu de données sur cette question, mais elle sera étudiée prochainement dans le cadre d'une enquête hydrobiologique financée par le Programme des Nations Unies pour le Développement et portant sur la Tanzanie, la Zambie, le Congo et le Burundi. 18. Jusqu'à l'indépendance en 1962, une école située à Astrida au Rwanda, formait des agronomes et des agents de vulgarisation pour le Rwanda ANNEXE l Page 9 et le Burundi. Après 1962, les ressortissants du Burundi n'eurent plus la possibilité de suivre les cours à Astrida et ne disposèrent plus que de l'école de formation des agents de vulgarisation à Karuzi. Avec l'aide du FED et du Programme des Nations Unies pour le développement, les pouvoirs publics procèdent actuellement à la construction d'un Institut technique agricole à Gitaga, destiné à la formation d'un personnel agronome. Les cours ont commencé en 1968 dans des bâtiments provisoires. L'Institut formera 40 agronomes et 56 agents de vulgarisation par an. Jusqu'à présent, cependant, rien n'a encore été prévu pour la formation d'assistants vété- rinaires, que l'école d'Astrida assurait également. En dehors des crédits en nature alloués aux cultivateurs de café, de coton et de thé, il n'existe pas de système organisé de crédit agricole. Les opérations organisées de commercialisation restent surtout limitées aux zones caféières et coton- nières, mais quelques efforts ont été tentés dans le domaine des produits alimentaires indigènes autour de Bujumbura. Les services de recherche et de vulgarisation en matière agricole ont été lentement remis en état depuis l'indépendance et se sont surtout concentrés sur les principales cultures marchandes. La pénurie de personnel expérimenté et d'établissements tech- niques a été et restera vraisemblablement un frein considérable au rythme de développement de l'agriculture. 19. Les priorités du développement agricole pour les cinq années â venir semblent être en grande partie fonction des programmes en cours relatifs au café et au thé dans les hauts plateaux, au coton et au riz dans la vallée du Ruzizi. Grâce â une aide extérieure, les pouvoirs publics ont pu entreprendre d'importantes études préalables sur la région du Massa qui aboutiront peut-être à l'élaboration de projets au début des années 70. La mission estime que l'on devrait chercher en priorité à améliorer la productivité des cultivateurs dans les zones à forte densité de population, en insistant tout particulièrement sur la production vivrière. Il convien- drait, pour ce faire, d'entreprendre de nouvelles recherches en vue de sélectionner les semences, et de concentrer les services de vulgarisation actuellement restreints dans les zones de culture les plus favorables. Il sera plus difficile d'améliorer la commercialisation dans les zones rurales. Un meilleur approvisionnement en biens de consommation en relation étroite avec les nouveaux programmes de production contribuera beaucoup à sensibili- ser davantage les agriculteurs aux forces du marché. Une des solutions possibles pourrait être de créer un système de coopératives pour la commer- cialisation conjointe des biens de consommation et de la production agricole, dans le cadre de l'un des grands programmes relatifs aux cultures marchandes. Industrie 20. L'industrie manufacturière au Burundi traverse une crise depuis la fermeture des marchés du Congo et du Rtvanda au début des années 60. En outre, le marché local a subi le contre-coup de l'instabilité politique qui a suivi l'indépendance en 1962. On compte une trentaine d'entreprises industrielles au Burundi: installées à Bujumbura, elles sont détenues par ANNEXE l Page 10 des sociétés étrangères et existaient toutes avant l'indépendance. Les plus importantes, en ce qui concerne le chiffre d r affaires, sont une grande brasserie et des usines de transfomation du café et du coton. L'activité de ces usines de transfomation varie selon le vOlume des récoltes. La brasserie s'est développée régulièrement - sa production atteignant actuellement 30 millions de bouteilles environ par an - mais elle constitue une exception. Les autres entreprises ont une capacité de production inemployée, le rapport production-capacité variant pour la plu- part d'entre elles de 30 à 65 pour cent (voir le Tableau 22 de l'Appendice). En dehors de la brasserie et d'une filature de coton, aucun investissement n'a été effectué au cours de huit dernières années. 21. Un organisme public, la REGIDESO (Régie de distribution dl eau et d 1 é1ectricité), est chargé de l'approvisionnement en eau et en électri- cité du Burundi. La REGIDESO exploite deux centrales électriques, l'une à Bujumbura, l'autre à Gitega, village de 5.000 habitants situé dans les hauts plateaux. Depuis 1958, la centrale thermique de Bujumbura produit de l'énergie de réserve, les ressources principales provenant de la centrale hydraulique de Bukavu au Congo et étant acheminées par une ligne qui tra- verse en partie le R"landa. Pendant six mois en 1964 et 1965, la distribution d'énergie à partir du Bukavu a été interrompue pour des raisons politiques et depuis lors, les pouvoirs publics ont cherché à exploiter les ressources hydroélectriques du Burundi dans le cadre du projet du Ruvubu. Toutefois, étant donné le rythme très lent d'augmentation de la consommation au cours de ces six dernières années et le niveau peu élevé de la demande présente et à venir, l'opportunité d'un projet coûteux peut sembler discutable à l' heure actuelle. 22. Les nouveaux programmes industriels qui en sont à des stades avancés d'élaboration ou de mise en oeuvre comprennent trois théeries de 1,5 million de dollars, prévues dans le cadre du projet d'expansion de la production du thé, financé par le FED; quatre usines de décorticage et de fermentation du café (71.000 dollars), dans le cadre du projet d'amélioration de la production du café, et une filature de coton, la BURUTEX, (2,8 millions de dollars). ~ant donné que le coton produit au Burundi est de qualité supérieure, il pourrait être rentable d'importer du coton de qualité inférieure pour la BURUTEX. L'opération BURUTEX qui a démarré sous un régime précédent en tant qu'exploitation en association (secteurs public et privé), a rencontré certaines difficultés techniques et co~nercia1es et il faudra attendre pour la terminer, les résultats d'une étude de rentabilité économique entreprise par les gouvernements du Burundi et de l'Allemagne de l'ouest. 23. L'administration a créé la Banque nationale de développement (BND) en 1966, au capital de 60 millions de francs Burundi, aujourd'hui doublé, en vue de faciliter les investissements privés dans l'industrie, l'agriculture et le commerce. Au cours de sa première année, la BND a consenti un prêt de 25 millions de francs Burundi à la BURUTEX, deux prêts ANNEXE l Page Il importants sur un an, garanti ,al' la Banque centrale, à l'Association des conmlerçants du Burundi (ACB) et quelques prêts individuels pour l'achat de biens de consommation durables et de logements. L'ACB réunit des négociants du Burundi et représente la seconde tentative en vue d'encourager une participation importante des corrmerçants aux importations et aux exportations. L'ACB a employé le prêt de la BND à l'acquisition et à l'exportation d'une part importante de la récolte de ca~é. Récen~ent~ l'ACB a obtenu le monopole des importations de sucre, de sel et d'allumettes. Ce progranwe initial de prêt de la BND n'est pas une procédure courante pour une banque de développement;; les prêts consen- tis corr~ortent d'assez grands risques et on ne peut ?as dire que les prêts individuels pour l'achat de biens de consorr~ation durables soient de nature à ~a.voriser le développerilent économique. En revanche ~ la BND risque d'avoir des di~~icultés à s'assurer des revenus s~~isants pour couvrir ses ~rais de gestion à un rilOf(lent où les possibilités de prêts rentables à l'industrie sont limitées. Elle devra sans doute chercher à ~inancer des prograxnmes rentables dans les services et les agro-industries; par exemple: ré,ara- tion du matériel de voierie et de construction) installation d'usines de trans~orILation du c~é dans les zones rurales. La conwercialisation inté- rieure dans les zones rurales laisse à désirer) mais il est peu pro ba.ble que la END dispose de ressources su~~isantes en personnel et en ~onds pour élaborer un projet solide dans un dOli.aine où le ~acteur-risque est élevé. 24. lLalgré la publication en août 1967 d'un code des investissen,ents destiné à attirer de nouveaux investissements, un projet de création d'une zone ~ranche dans le port de Bujumbura et la protection qu'assurent les droits de douane et les coûts élevés de transport, il s5l1ble que la possibi- lité de mettre en route d'importants projets industriels autres que ceux qui ont été mentionnés ci-dessus, soit lirlli tée au cours des cinq à huit prochaines années étant donné l'exiguïté du marché. L'industrie du Burundi est ~reinée par la production peu ~iable et coûteuse d'énergie électrique; par la cherté des ~acteurs de production irrlportés due aux distances qui séparent le pays de la mer; et par la pénurie de matières premières. Les perspectives dans le domaine de l'industrie et des exportations serr:blent assez limitées> à Koins que des accords puissent être conclus avec des ?ays voisins par lesquels les produits man~acturés au Burundi béné~icie­ raient d'un trai tement oré~érel1tiel. Le Burundi a sollicité son adr,ùssion Q la Co~rlunauté de l'A~rique orientale/ en qualité de merrlbre associé mais il n'est pas certain que le Burundi tirerait des avantages appréciables d'un F;,.arché plus libre des ,rodui ts Lanu~acturés, même s'il devenait membre associé de l'EAC. Industrie T.dnière 25. &~ 1967, les exportations de nùnerai ont représenté 2,3 pour cent de la valeur totale des exportations. La production a augmenté au cours de ces deux dernières années par sui te avant tout de l' accroissement des ex)ortations de bastnaséite utilisée Dour la ~abrication des tubes de tél~viseurs-cou1eur •. Il est'possible que la production de bastnaséite ANNEXE l Page 12 augmente au cours des années à venir. Les ressources minières du Burundi sont mal connues. Une étude géophysique de la plaine du Ruzizi, financée par le FEn, vient d'être menée à bien, mais on n'en connaît pas encore les conclusions. D'autre part, le Programme des Nations Unies pour le Dâvelop- pement a récemment accepté de fin~cer un projet d'un million de dollars pour que soit entreprise l'étude photogéologique d'une zone donnée de la région occidentale du pays; cette étude serait suivie de prospections géophysiques. Transports et communications 26. Le coüt des transports pose un problème majeur pour le dévelop- pement du Burundi. Les longues distances qui le séparent de la mer, le volume réduit du trafic et l'organisation du système de transports, en- traînent des coüts élevés à la tonne/km (de 2,5 à 3,1 cents des Etats-Unis à la tonne/l~ pour les exportations en vrac), et des délais moyens de li- vraison de 4 à 6 mois. Les transports extérieurs se font par le lac entre le port de Bujumbura et Kigoma, en Tanzanie, et de là par voie ferrée jusqu'à Dar-es-Salaam, soit un parcours de quelque 1500 km. L'itinéraire par route jusqL1.'à Kigoma n'est pas praticable toute l'année; llitinéraire lac-fer par le Congo, qui n1est plus utilisable depuis 1960, serait plus onéreux. A la fin des années 50, le port de Bujumbura a été agrandi pour répondre à l'augmentation du trafic du Rwanda-Burundi et du Congo oriental, mais le trafic de transit à destination du Rwanda et du Congo a fortement diminué. Le port a donc un trafic inférieur à 50 pour cent du volume de 1959 (210.000 tonnes en 1959) et fonctionne à moins d'un tiers de sa capa- ci té. Les auto ri tés portuaires ont dû augmenter les tarifs portuaires pour faire face à l'augmentation consécutive des coûts fixes par tonne. Une grande partie du matériel utilisé par les deux entreprises privées étrangères de transport sur le lac est largement amorti, mais les tarifs moyens appliqués sont de 2,8 cents des Etats-Unis à la tonne/Ion au moins, étant donné nota"mment que les moyens de transport sur le lac sont eux aussi sous-utilisés. 27. La question de l'influence respective, sur la structure des coûts, des transports extérieurs du Burundi, de l'organisation administra- tive et des coûts réels des transports résultant de la nature du trafic, a donné lieu à controverse. D'une part, le volume réduit du trafic, de l'ordre de 100 à 150.000 tonnes par an, entraîne inévitablement des coûts plus élevés dans l'industrie des transports qui est capitalistique. D'autre part, les marchandises en vrac ne représentent que le tiers ou la moitié seulement du trafic. L1administration belge avait hégocié la création de zones franches ou Belbases à Dar-es-Salaam et à Kigoma, avec le Gouvenlement du Royaume-Uni; ces zones ont été octroyées à perpétuité • en 1921 et le monopole de leur gestion a été octroyé à une société étrangère • Cette société fournit donc des services transitaires pour l'ensemble du trafic emprrultant les Belbases. En outre, cette société assure le transport par le lac des deux tiers environ du trafic du Burundi, le solde étant acher,;.iné par une autre société étrangère. Les deux sociétés se chargent fr,3quemrnent de l'achat de marchandises outre-mer en même temps que du transport. ANNEXE l Page 13 2ô. On estime au Burundi que ce monopole entraîne des coûts élevés dans un secteur déjà onéreux de l'économie. Eh 1963, les terri- toires nouvellement indépendants de Tanzanie, du Congo et du Burundi ont accepté en principe que l'administration des Belbases soit confiée à une canmùssion statutaire dont les quatre états assureraient le contrôle au même titre. L'acquisition des Be1bases devait se faire grâce à un prêt du Congo, du Rwanda et du Burundi. Cependant, les trois états ne sont pas parvenus à se mettre d'accord sur le montant de leur participa- tion respective aux coûts des Belbases et ce point litigieux notamment n'a pas permis jusqu'à présent à ces états de signer l'accord envisagé. Un des aspects du problèùe est que ces états s'intéressent à des degrés divers à la question: à l'heure actuelle le Congo et le Rt'landa acheminent des quanti tés min:L.'TI.es par les Belbases, mais leur accord est cependant nécessaire pour aboutir à une solution. Le problème se complique encore du fait qu'il n'existe aucune analyse globale de la structure détaillée des coûts des transports extérieurs. Une telle analyse faciliterait d'éventuelles négociations sur les Belbases et aurait son utilité en ce qui concerne la candidature du Burundi à l' BAC, qui Vise notamment à la création de liens avec les East Africa Railways and Port Authori ties. i l est difficile de savoir dans quelle mesure les états d'Afrique orientale et le Burundi pourront régler la question des Belbases sans l'accord du Congo et du Rwanda. Eh outre, même si l' exploi tation des Belbases est modifiée, on ne connaît pas l'importance des économies réalisables, étant donné la nature du trafic du Burundi. Une étude systématique de lIensem- ble du réseau des transports extérieurs du Burundi serait probablement nécessaire étant donné que chaque élément du réseau vers les marchés d'outre-mer pose des problèmes spécifiques. Eh outre, il se peut qu'au cours des dix ou Vingt prochaines années, des voies et des moyens de trans- port nouveaux soient utilisés. Par exemple, le Rtvanda et la Tanzanie envisagent de construire une route traversant la Tanzanie occidentale et rejoignant la ligne de cherilin de fer intérieure de Kigoma. Cette route pourrait constituEr une voie de communication pour le Burundi. Une autre solution ressortira peut-être du projet d'étude du Programme des Nations Unies pour le développ~lent sur les possibilités de réalisation d'une route Bujumbura-Kigoma. 29. Les transports intérieurs se font par camion ou à dos d'homme, l'utilisation de bêtes de somme,étant nulle et celle de bicyclettes très limitée. Le réseau routier est relativement dense: 3.000 km de routes dont 60 macadaœ~sés et 2.000 km de pistes. Aucttn point du pays n'est donc distant de plus de 5 Inn d'une route ou d'une piste. Toutefois, les liai. sons routières sont devenues difficiles et les Vitesses moyennes ont dû être limitées en raison du mauvais état des routes. Le principal axe de circulation s'élève de Bujumbura à Bugarama, puis se divise en deux tron- çons: un embrancherllent vers Kayanza et les zones caféières au nord et un embranchemen t vers Getiga à l'est. Eh 19,)0, on estimait à 85. 000 tonnes le volume du trafic sur ces axes qui étaient donc les seules voies à tra- fic notable avec celles de la région Ruzizi-Bujumbura. i l semble que les coûts élevés des transports par route (de 8 à 12 cents des Etats-Unis à ANlŒlŒ l Page 14 la tonne/km) soient essentiellement dus à la sous-utilisation du parc de camions par suite de la concentration saisonnière du trafic, à \ID déséquilibre de la nature du trafic, aux coilts élevés de fonctionnement, frais d'entretien notamment, en raison du mauvais état des routes. La sous-utilisation du parc de camions résulte en partie de la diminution du trafic de transit à destination du Congo et du Rt-1311da, mais elle dé- coule surtout de la concentration du trafic pendant la saison caféière. Les efforts en vue d l organiser des services réguliers de transport passa.. gers-fret ont échoué et les zones rurales sont très irrégulièrement desser- vies en dehors de la saison caféière. 30. Aucun investissement routier important n'a été enregistré depuis 1959, date à laquelle la route Bujumbura-Bugarama a été reconstruite et macadamisée avec l'aide d'un prêt de la Banque mondiale. Le FED vient d'ac- cepter de financer la reconstruction et l'asphaltage des routes Bugarama- Kayanza et Bugarama-Gitega, soit des travaux de 4,9 millions de dollars pour 132 km de routes. La fin des travaux est prévue pour 1970. Le Burundi disposerait ainsi d'un réseau satisfaisant de grands axes routiers vers le centre et le nord. L'étude technique et économique concernant la réalisa- tion de la route Bujumbura-Kigoma comportera un examen des routes de raccor- dement possibles vers les zones méridionales, notamment la région du 110sso à l'est; si ce projet est réalisable, la construction de ces routes coraplè- terait efficacement le système routier macadamisé. Les dépenses d'entretien des routes sont passées à environ 200 dollars par an au kilomètre, mais l'état des routes laisse encore à désirer du fait surtout de la pénurie de personnel qualifié d'encadrement. Un projet d'assistance technique en vue d'améliorer l t entretien des routes grâce à une direction des travaux plus efficace et à une meilleure utilisation du fîI,atériel nt a pas apporté les résultats escomptés et devait être interrompu en 19)8. L'entretien des pistes est assuré par les collectivités locales, tous les hommes étant tenus de consacrer une journée de travail par semaine aux activités collectives. 31. n existe un service international régulier par avion pour Bujum- bura, mais les dix terrains d'aviation intérieurs ne sont desservis qu'ir- régulièrement. Le trafic international a diminué de moitié par rapport au niveau maximal de llannée 1962, mais des travaux ont été entrepris dans le cadre d1m programme d1aide extérieure pour prolonger la piste de Bujumbura, l'utilisation des avions à réaction étant soumise à des restrictions de poids. Les services téléphOniques sont limités à Bujumbura et Gitega, des liaisons radio-téléphoniques existant avec les autres principaux centres administratifs. Une subvention au titre de l'aide extérieure a été accordée récemment pour pennettre l'installation des premières lignes téléphOniques internationales vers Kigali et Kampala et accroitre la capacité des services par télégraphe et télex. Dans le cadre de ce projet, un prêt de 122 millions de francs Burundi a été consenti pour développer le réseau téléphonique de Bujumbura, Gitega et des autres centres administratifs. Il ne fait aucun doute que les services de télécOl11l1lunications sont très nettement insuffisants'~ Un ex~nen préliwJnaire montre que les tarifs des télécommunications sont peut-être fixés de façon que les opérations puissent se faire sur une base économiquement rentable, mais les barèmes pourraient être révisés afin de ANNEXE l Page 15 permettre que les services de télécommunications rapportent des revenus suffisants pour assurer une rentabilité raisonnable de l'investissement et contribuer au collt de leur extension. 32. OUtre les nouveaux projets et politiques mentionnés ci-dessus, priorité semble devoir âtre donnée à l'amélioration de l'entretien des routes, ce qui appe1lerasans doute la réorganisation totale des services d'entretien et l fini tiation de tout le personnel aux nouvelles teclmiques. Il serait inutile d1ir.lplanter un matériel routier s'il n'était pas entretenu ou utilisé efficacffi;~nt et les avantages présentés par les nouvelles routes risqueraient d'être neutralisés si elles n'étaient pas convenablement entretenues par la suite. Enseignement, main-d'oeuvre et adnùnistration 33. Lors de son accession à l'indépa~dance, le système scolaire du Burundi était peu développé et l'offre de main.. d 1oeuvre qualifiée était ir;~fis~te. En 1)62 l~ nOmbre .dEts élèv~s ~ans lIenseignerrient primaire était in- feT1eur a 100.000 et 2 a 3.000 eleves ~va~ent les cours des ecoles post- primaires. L'enseignement teclmique, agri cole ou supérieur était inexistant. En 19~8, 294 étudiants étaient inscrits à la nouvelle université et à la nouvelle école nonnale supérieure, et 1.050 fréquentaient des écoles teclmi- ques et agricoles. L'effectif des autres établissements d'enseignement secon- daire ainsi que la fréquentation des écoles primaires avaient augmenté de plus de 50 pour cent. Cette augmentation rapide a été facilitée par un apport important de personnel et de crédits de l'assistance technique, dans l'ensei- gnement post-primaire notamment. Toutefois, malgré ce taux rapide d'augmen- tation, la fréquentation restait inférieure à 20 pour cent des enfants d'âge scolaire. 34. La plupart des établissements primaires et secondaires sont admi- nistrés par des missions religieuses qui reçoivent des subventions de l'Etat pour couvrir leurs dépenses d'équipement et de fonctionnement. Plusieurs problèmes scolaires gagneraient sans aucun doute à être étudiœ avec attention à brève échéance: dans l'enseignement pri...1l1aire, les coüts par élève sont élevés, par suite du tal.L"C important de déchets,; les coüts de l'enseignement post-primaire, de l'enseignement secondaire et nonlal notamment, sont géné- ralement élevés étant donné que les écoles sont toutes trop petites pour ;?ermettre de réaliser des économies d'échelle et que le pourcentage dl ensei- gnants étrangers est important; le fait qU'il faille prévoir le logement des élèves étant donné qU'il n'existe pas de villes ou d'agglomérations d'une cel'·taine importance en dehors de Bujumbura augmente les collts par élève. Il semble, d'après les résultats obtenus par les étudiants en langues et en mathématiques, que la qualité de l'enseignement actuel ait baissé, son expan- sion rapide aJrant nécessité l'utilisation accrue d'enseignants semi-qualifiés. Plus grave encore est le fait que pour une large part les progralmnes restent profondément influencés par les méthodes européennes et ne créent pas chez les étudiants l'état d' espri t dont le Burundi aurait besoin pas plus qu'ils ne fonnent les spécialistes nécessaires au pays. La r.lajorité des diplômés des écoles secondaires et normales ne sont pas disposés à s'installer dans les Annexe l Page 16 les zones rurales et on trouve dans la r&gion de Bujumbura un certain nom- bre d'adolescents instruits qui, ayant terminé leurs études, ne peuvent trouver d' eIilploi faute de compHences utilisables. En revanche, le nombre des agents de maîtrise, comptables, artisans et techniciens qualifiés est insuffisant. Le taux d'expansion est déséquilibr&: le nombre d'&lèves dans l'enseignement primaire étant en effet trop élevé par rapport aux pla- ces disponibles dans l'enseignement post-primaire; il a, de plus, impos& une trop lourde charge sur les ressources en personnel et en fonds. Toute- fois, &tant donn& que la mise au point d'un système scolaire ne fait que commencer, le Burundi pourra sans doute bénéficier de l'expérience acquise par d'autres pays africains afin de surmonter les difficultés mentionnées ci-dessus. 35. Les ressources en capitaux et en personnel dont dispose le Bu- rundi seront mises lourdement à contribution pendant plusieurs années encore, tant que les projets en cours concernant l'enseignement secondaire, techni- que et supérieur n'auront pas été menés à bien. Le rythme d'-expansion de l'enseignement primaire sera gravement freiné par la pénurie d'enseignants qualifiés et il semble qu'il serait profitable sur le plan scolaire d'amé- liorer la qualité du personnel enseignant en service avant de développer encore l'enseignement primaire. Lorsque les projets en cours seront près d'être terminés et que l'aide extérieure sous ~orme de personnel et de cré- dits aura augmenté, priorité devra être donnée au développement de l'ensei- gnement secondaire et technique et normal. Comme il faut du temps pour former des maîtres, le rythme d'expansion de ces programmes dépendra dans une large mesure du nombre des enseignants supplémentaires que l'étranger pourra fournir. 36. Etant donné que le nombre des ressortissants du Burundi poss&- dant une formation post-primaire est limité, la pénurie de main-d'oeuvre aux ni veaux intermédiaire et supérieur dans les secteurs public et privé n' a rien de surprenant. La pénurie de main-d'oeuvre qualifiée se fait d' au- tant plus sentir dans le secteur public que, depuis 1962, il a été pour ainsi dire le seul secteur en expansion. La preuve en est que, d'après des estimations prudentes, les besoins en main-d'oeuvre au cours des cinq prochaines années seraient de près de 4.700 travailleurs qualifiés supplé- mentaires dans le secteur public, contre 500 dans le secteur privé. L'aug- mentation rapide des besoins dans le secteur public s'explique en partie par le fait que le personnel des services publics au Burundi était relati- vement restreint au cours de la période 1959-1962 où le pays avait de nom- breux services communs avec le Congo et le Rwanda. Mais l'augmentation du personnel s' est poursuivie depuis 1964 avec cependant une diminution rela- tive du personnel permanent et sous contrat, compensée par un accroissement du personnel non-qualifié. Cette situation résulte en partie de l'expan- sion des programmes de développement dans le secteur public, mais aussi de la décision prise par les pouvoirs publics de fournir des emplois aux travailleurs non qualifiés. 37. Le Gouvernement se compose de 15 ministères et de 14 institu- tions parastatales. La plupart des" postes administratifs supérieurs sont maintenant occupés par des autochtones et l'on peut dire que l'administration Armexe l Page 17 du p~s est assurée par des fonctionnaires nationaux. Le personnel étran- ger a des fonctions consultatives, sauf pour l'exécution de certains pro- grammes techniques et scolaires, et le nombre des membres du personnel d'assistance technique semble s'être stabilisé depuis 1965 (voir le Tableau 21 de l'Appendice). La gestion des ministères s'occupant des questions économiques et du développement ne s'est améliorée que lentement. Les raisons en sont complexes et incluent notamment le problème de la forma- tion d'un personnel nouveau important, mais les deux problèmes principaux qui se posent sont le renouvellement des cadres supérieurs par suite des changements politiques et la pénurie de personnel d'encadrement au niveau intermédiaire. Du fait de son évolution particulièrement rapide, l'admi- nistration supérieure est dotée d'un personnel composé de jeunes cadres de peu d'expérience. Ces fonctionnaires sont surtout gênés par liabsence de cadres subalternes qui pourraient les décharger de certaines activités et en surveiller l'exécution, et par le fait que les méthodes de coordina- tion des informations, de mise au point et d'application des politiques laissent encore à désirer. Il résulte de cette situation que, première- ment, les cadres supérieurs ne peuvent consacrer qu'un tenps limité aux questions de première importance et que, deuxièm~~ent, d'inévitables délais se produisent. 38. A l'heure actuelle, l'administration de l'assistance technique et financière est répartie entre plusieurs ministères et organismes: le plus souvent, l'organisme utilisateur, le Ministère de la planification, en ce qui concerne la coordination technique, et le Ministère des affaires étrangères qui donne l'approbation finale. Ce système est peu pratique et retarde considérablement l'approbation et la mise en oeuvre des pro- grammes d'assistance extérieure; la mission estime que les procédures de coordination et d'autorisation pourraient être groupées de manière à accélérer l'adoption des décisions administratives relatives à l'assis- tance extérieure. Cette réforme est donc nécessaire pour permettre à l'assistance extérieure de répondre aux priorités de développement du Burundi et éviter de disperser les activités de cette assistance ou de favoriser certaines priorités en fonction de la nature des services qu'est capable de fournir chaque organisme d'assistance plutôt que des besoins du Burundi. 39. La pénurie de main-d'oeuvre continuera d'être un obstacle majeur au développement du Burundi. Il convient donc d'insister sur l'améliora- tion du personnel en service et son utilisation efficace. Pour ce faire, priorité doit être donnée au développement de la formation en cours d'em- ploi et du recyclage à court terme. Il semble absolument nécessaire dans le secteur administratif, de prévoir un personnel d'encadrement au niveau intermédiaire chargé de contrôler les activités de routine et de diriger le personnel subalterne, tâche qui à l'heure actuelle fait perdre un temps précieux aux cadres supérieurs. Le recensement des besoins et ressources en main-d'oeuvre entrepris dans le cadre du plan quinquennal de développe- ment pourra permettre de définir d'autres secteurs prioritaires nécessi- tant la mise en oeuvre de programmes de formation en cours d'emploi. ANNEXE II Tableau NO l Récapitulation des projections (à titre indicatif) des exportations, des taxes à l'exportation et des revenus à la production 2 Café - Projections (à titre indicatif) des exportations, des taxes et des revenus à la production 2A Café - Exportations, prix et revenus à la production 3 Coton - Projections (à titre indicatif) des exportations, des '~s et des revenus à la production 3A Coton - Production, exportations et revenus à la pro- duction 4 Thé - Projections (à titre indicatif) des exportations et des taxes Tableau 1: RID:APITULATION DES PROJFI:TIONS (A TITRE INDICATIF) DES EXPORTATIONS, DES TAXES A L'EXPORTATION ET DES REVENUS A LA PRODUCTION (en millions de FBu - compte non tenu des variations cycliques) Chiffres réels Estimations 1966 1966 1961 1968, 1969 19'10 1971 1972 1973 1974 1975 I. Exportations 1/ -caré f.o.b.-Kigoma 973 969 1151 746 1069 1101 1154 1201 1298 1435 1522 Coton f.o.b. Kigoma Fibre et tourteaux 131 y 118 Y 100 2/ 129 175 195 222 263 297 321 342 Thé f.o.b. Kigoma 1- 6 12 22 35 60 81 98 122 Peaux 27 3/ 37 3/ 44 3/ 45 45 45 45 45 45 h5 45 Minerai 51/ 131/ 311/ 31 31 60 60 60 60 60 60 Autres, y compris réexportations 98 3/ 121 3/ 87 3/ 100 100 100 100 100 100 100 100 - - --- --- -- Total !±J. 1234 1258 1414 1053 1432 1523 1616 1729 1881 2059 2191 II. Taxes lI' S;CPO:i."te.tion caré 167 177 216 136 173 178 186 195 209 275 291 Fibre de cot.on 9 8 12 10 13 14 17 20 22 24 26 Thé 0,3 0,6 2,0 3 5 7,3 8,7 10,5 Autres produi~a 12 4 2 2 2,0 2,0 2 2 2,0 ~O 2,0 Tota.l' de::; taxéS à l'exportation 188 189 230 lL~8 188 195 207 222 240 310 330 III. Revenus à la production êarê 618 701 832 575 730 753 780 825 880 938 990 Coton 54 46 75 53 72 81 98 115 131 142 151 Thé - petites plan- ta ti ons (approx.) 2 5 - 14 25 - 31 - 43 i t;j Total des reven'us à H la production 672 71f7 907 626 802 836 883 954 1036 1111 1184 H 1/ Différentes des exportations enregistrées dans la balance des paiements. 2/ Estimations obtenues par addition des exportations de tourteaux et des exportations de fibre. J/ Données de la Banque du Burundi, pourraient être f.o.b. Base Dar-es-Salaam. 4/ Taux annuels d'accroissement. Exportations totales 1967/75 = 5,69 pour cent, - 1967/73 = 4,8 pour cent. Source: Chiffres officiels pour 1965-67; voir tableau suivant pour estimations. g; ~ [;j H H Tableau 2: CAFE - mOJECTIONS CA TITRE INDICATIF) DES EXPORTATIONS, DES TAXES ET DES REVENUS A LA PRODUCTION I. ~rojection des tendances 1967 1968 1969 1970 - 1971 1972 1973 -- 1974 1975 (liss~ Volume des exportations en provenance des plants existants (en tonnes de café vert) 18.838 13.000 16.500 17.000 17.500 18.200 19.000 19.950 21 .000 résultant du nouveau projet d'utilisation des engrais (en tonnes de café vert) 40 200 500 900 1.250 1.400 Total 18.838 13.000 16.500 17.040 17.700 18.700 19.900 21 .200 22.400 nrix à l'exportation (à - FBu/kg prix moyen- pondéré f.o.b. Dar-es- Salaam) 67,2 67,2 67,2 67,2 67,2 67,2 70 70 __ Valeur des exportations ---'-_. ._( F.o.b. Dar-es-Salaam en millions de Feu) 1.199,9 880 1.112 1.145 1.200 1.250 1.350 1.490 1.580 F.o.b. Kigcma (en millions de FBu à 2.600 FEu/tonne de moins que f .o.b. Dar- es-Salaam) 746 1.069 1.101 1.154 1.201 1.298 1.435 1.522 Taxes à l'exportation g; (en millions de FBu à 10.478 FEu/tonne jusqu'en ~ 1973, puis à 12.992 FBu/ ~ tonne) 216 136 173 178 186 195 209 275 291 H H Tableau 2: CAF~ - PROJreTIONS (A TITRE INDICATIF) DES EXPORTATIONS, DES TAXES ET DES - REVENUS A LA PRODUCTION 1967 1968 1969 1970 1971 1972 1973 1974 1975 Taxes de l'OC!BU (en millions de FBu à 3.057 FEu/tonne 40 50,5 52 54 57 60,7 64,7 68,4 Revenus à la pr oduc tion ( en mi lliônsde FBu, à 34 FBu/kg x 1,2987 de café vert après 1967) , 832 575 730 753 180 825 880 938 990 II. Effets types des te?dances cycliques ~/ ~ Volume des exportations (en tonnes) 17.080 21.400 15.000 19.700 25.300 18.1CO 23.525 Valeur des exportations , - (en millions de FBu f .o.b. Uar "!'8 s -Salaam ) 1.150 1.440 1.010 1.330 1.710 1.275 1.660 Taxes à l'exportation (en millions de FBu-,--- 179 224 157 206 265 234 305 Tax9S de l'OClBU --Ten millions de FBu) 51,5 64,5 45,0 59,4 76 54,5 71 Revenus à la production --ceri millionsde FBu j . 754 945 662 870 1.140 800 1.000 ~ ----------------" ~ ~ 1/ Données inférieures à 20 pour cent la première année, égales la deuxième et supérieures de 20 pour cent la H troisième, à la tendance calculée par moyenne mobile sur trois ans. H Source: Estimations de la mission. Tableau 2A CAFE - EXPORTATIONS, PRIX ET REVENUS A LA PRODUCTION 1959 V 1960 Y 1961 !/ 1962 Y 1963 Y 1964 1965 1966 1967 (Après la dévaluation) F~ortations (en tonnes de café vert) 21916 10269 13360 13186 5982 18271 13597 14764 18838 Valeur des exportations (en millions de FEu f.o.b. Dar-es-Salaam 1080 425 510 481 195 864 1008 1045 1249 Prix à l'exportation (à FBu le kilo de café vert) f.o.b. Dar-es- Salaam 49,8 41.,,2 38,2 36,5 32,7 47,4 74,3 70,9 67 ,3 f'lrix à la produc tion (à FEu le kilo de café parchemin) 17,7 20,2 18,7 20 20 27,5 35 36 35 Revenus à la produc- tion (en millions de FEu) 503 277 325 342 161 651 616 689 856 y Estimation de l'OCIBU de la part du Burundi dans les exportations groupées du Burundi et du Rllanda. Spurce: OCIBU. ~ :z: ~ 1-1 1-1 Tableau 3: COTON - ProJECTIONS (A TITRE INDICATIF) DES EXPORTATIONS, DES TAXES ET DES REVENUS A LA ProDUCTION (en millions de FBu - compte non tenu des variations cycliques) 1968 1969 1970 1971 1972 1973 1974 1975 1. Procbction (en tonnes) en provenance des superficies cultivées 5750 7800 8500 10000 11500 12$00 13500 14500 résultant du projet Ruzizi du FED 200 600 900 1600 1800 1800 Total 5750 7800 8700 10600 12400 14100 15350 16300 II. Exportations de fibre quantité ()6 pour cent de la produc- tion) 2070 2800 3200 3800 4500 5100 5500 5850 dont: qualité l (84 pour cent de fibre totale) 1740 2350 2700 3200 3800 4300 4600 4900 qualité II (16 pour cent de fibre totale) 330 450 500 600 700 800 900 950 qualité l - prix (c.a.f. Europe) 705OOF/T 70500F/T 693OOF/T 66600F/T 66600F/T 66600F/T 666OOF/T 666OOF/T qualité II - prix (c.a.f. Europe) 55OO0F/T 55SOOF/T 54300F/T 51600F/T 516ooF/T 51600F/T 51600F/T 51600F/T qualité l - valeur (c.a.f. Europe) 123 166 187 213 253 286 306 327 quali té II - valeur (c. a. f. Europe) 18 25 27 31 36 hl 47 49 Valeur totale des exportations de fibre (c.a.f. Europe) 141 191. 214 244 289 32' 353 376 (tonnage pour fret - plus 3 pour cent tonnage fibre) (2575) (2884) (3296) (3914) (4635) (5253) (5665) (6025) assurance fret Kigoma-Europe (7.600 FEu/tonne) 16 22 25 30 35 40 43 46 valeur des exportations (f.o.b. Kigoma) 125 169 189 214 254 287 310 330 exportations de tourteaux quantité (en milliers de tonnes; 24 pour cent de la production de graines) 1380 1870 2080 2540 2980 3390 3680 3910 prix (moyenne 3.000 FEu/t. f .o.b. Kigoma) 4 5,6 6,2 7,6 8,9 10,2 11 11,7 Total des exportations de fibre et tourteaux (f.o.b. Kigoma) 129 175 195 222 263 297 321 342 taxes à l'exportation - fibre (4.450 FEu/t.) 10 13 14 17 20 22 24 26 revenus à la production (10 FEu/kg pour coton à graine de 1ère qUalité) 48 65 73 89 104 118 128 137 ~ (5, 5 FEu/kg pour coton à graine de 2ème qualité) 5 7 8 9 11 13 14 14 ~ Total 53 72 81 98 115 131 142 151 H H Source: Estimations de la mission. ~ab1eau 3A: COTON :. PlJJDUCTION, ~:'ORTPTIONS _RT Rl!VFNU~~~_LA "!:lftODUCTION 1959 1960 - 1961 1262 1963 1964 1965 1966 1967 1. Production (en tonnes de ~~ines de coton) 1 re qualité (Blanche) 8101 7964 7868 4083 3702 5562 5091 4213 6751 2nde qualité (B.A.) 2184 1519 1660 848 1306 1214 1016 1057 1194 Total 10285 9483 9468 4931 5008 6776 6107 5270 7945 (Moins le R't'ianda) 1/ (-514) (-474) (-273) (-246) (-250) (-403) (-332) (-230) (-328) Total de la produc- tion du Burundi 9771 9009 9195 4685 4758 6373 5775 5040 7617 II. Exportations de fibre de -ê6tDn rêntonnes)- l~rG qùa1i t é - 2726 2526 2705 1450 1271 1930 1871 1556 2444 2nde qualité 731 532 506 290 424 426 364 385 388 Total 3457 3058 3211 1740 1695 2356 2235 1941 2832 (Moins le Rwanda) (-172) (-152) (-160) (-87) (-84) ( -117) (-120) (-84) (-104) Total de la produc- ti on du Burundi 3285 2906 3051 1653 1611 2239 2115 1857 2728 III. Revenus à la production (en millions de-FBull ïérequa1i té 2r-- 48,5(6) 63,6(8) 47,2(6) 24~4(6) 29,6(8) 44,5(8) 50,9(10) 42,1(10) 71,0(10,5) 2nde qualité '2/ 10,9(5) 7,6(5) 5,8(4) 3,4(4) 7,9(6) 6,1(5) 5,6(5,5) 5,8(5,5) 6,6(5,5) Total - 5'9,4 71,2 "5"3,TI 27;ff ~ '5G,b '5D,"5 47;9 ({,"6 (Hoins le 'Rt'ianda) (3,1) (3,3) (1,6) (1,5) (1,8) (2,8) (3,0) (2,1) (3,0) Total pour le Burundi 56,3 70,9 51,4 26,3 35,7 47,8 53,5 45,8 74,6 -~------_. 1/ Estimations de la mission j'ondées sur les ratios 1961+-1967. Y Prix à la production en FEu le kilo donné entre parenthèses. Source: COGERCO i ~ H H ANNEXE II . Tableau 4: THE - PROJECTIONS (A TITRE INDICATIF) DES EXPORTATIONS ET DES TAXES !22I (Chiffres. effectifs) - 1968 1969 illl 1972 I. Production destinée à l'exportation 383 460 Plantation de Tiza-Bugarama 6 73 128 (220) (350) (Petits exploitants de la région Tiza- Bugar.?ll12. ) (-) (o.) (... ) Plantation de R-wegura 6 32 325 420 (Petits exploitants de la région de ~iegura)(-) (-) (-) (150) (250) Plantation de Tora 35 150 (Petits exploitants de la région de Tora) (-) (-) ( ... ) (-) (20) Production totale des plantations 6 79 160 743 1.030 (Production totale y compris production des petits exploitants) (6) (79) (160) (1093) (1.650) II. Prix à l'exportation (en FBu le kilo c.a.f. Europe) 93 93 91 87 87 (CoUts de Kigoma à l'Europe ... en FBu le kilO) (10) (9,8) (9,7) (9,6) (9,6) III .. Valeur des exportations (en millions de FBu f.o.b. Kigoma) des plantations seulement 0,5 6,3 12,4 55 76 IV. Taxes à l'exportation (à 3.96 FBu le kg ... en millions de FBu) 0,3 0,6 7,3 10,5 Sources: Gouvernement du Burundi; Fonds européen de développement; estimations de la mission. ANNEXE III EFFETS PRODUITS PAR L'ACCROISSEHENT DES EXPORTATIONS ET LES VARIATIONS DE LA POLITIQUE FINANCIERE (Les Tableaux sont basés sur un Mod~le de Demande) !!ble des mat1~re~ I. Introduction II. Secteurs, Variables et Relations Economiques III. Hypothèses Numériques IV. Hécanisme du 1I1od~le v• Résulta ts VI. Effets de la Croissance Economique de la Demande sur les Ressources Intérieures VII. Balance des Paiements et Politique Financière VIII. Essais de Projections pour 1972 IX. Description Plus Détaillée du Modèle ANNEXE III EFFETS PRODUITS PAR L'ACCROISSEMENT DES EXPORTATIONS ET - LES VARIATIONS DE LA POLITIQUE FINANCIERE - - I. U_CT;.;I;.;.O_N ... ~.;;;TR;.;.;O_D 1. Le Burundi est fortement tributaire de son commerce extérieur: la majeure partie des revenus monétaires de l'économie proviennent en effet des exportations, du commerce d'importation et des activités du secteur public, et toute évolution de la demande intérieure est susceptible de se traduire par une modification de la balance des paiements. Les tableaux ci-apr~s illustrent d'une façon générale les réactions de lléconomie devant l'augmentation des recettes d'exportation, dans des conditions données de régime fiscal, de politique budgétaire, de demande de produits d'importation et d'épargne monétaire. Les hypothèses choisies sont en général fondées sur les rapports existants entre les divers ordres de grandeur indiqués dans la comptabilité nationale de 1965, la seule qui soit disponible. Les chiffres ne sont destinés qurà illustrer le mécanisme dtune économie présen- tant les caractères généraux de ctüle du Burundi, et ne doivent pas être considérés comme des ;Jrévisions à proprement parler. II. SECTEURS, VARIABLES ET RELATIONS ECONOHIQUES Les secteurs 2. Seules les activités commerciales sont représentées dans le modèle; la production agricole destinée à la consommation nationale en est exclue. Les différents secteurs sont: (1) Les comptes de l'Etat: comprenant toutes les transactions effectuées dans le secteur public (2) Les activités de production, comprenant: Ca) les activités financées par l'Etat - non seulement l'Adminis- tration publique mais également les charges assumées par ll:::tat dans les secteurs privés de la médecine et de l'éduca- tion,ainsi que les activités des fournisseurs du secteur puo::"ic; (b) les exportations, y compris le commerce et le transport intérieurs des produits exportés; (c) les importations, y compris le transport intérieur des biens importés; (d) des activités diverses, parmi lesquelles la production de denrées alimentaires et de boissons destinées au marché intérieur. ANNEXE III Page 2 Il faut distinguer le secteur de la production destinée aux Activités Financées par l'Etat des Comptes de l'Etat. Ces derniers indiquent les revenus de lrEtat et leur affectation telle qu'elle apparaît dans les comptes de l'Etat, tandis que le premier indique les activités de produc- tion liées à la fourniture de biens et de services au secteur public. Il comprend les revenus privés procurés par les activités du secteur public, les impôts prélevés sur ces revenus, et l'utilisation du revenu disponible privé des fonctionnaires, des salariés de l'Etat et de ses fournisseurs. Le revenu des facteurs provenant des entreprises publiques est considéré come un transfert de revenus des secteurs de production au secteur public, et fait donc partie - dans le modèle - des impôts directs. Le reste cons- titue le revenu privé, que nous avons appelé "secteur privé" dans le cours de nos discussions. Variables et Relations Economiques 3. On trouvera au dernier chapitre de llAnnexe III une présentation plus complète des variables et des relations économiques du modèle. Les va- riableS sont les agrégats habituels de la comptabilité nationale~comprenantles rubriques du secteur public et celles des qua~re secteurs de production (les dépenses de consommation et les dépenses d'investissement - en biens et en services - ne sont pas ventilées séparément). Les variables exogènes du modèle sont les suivantes: (a) Exportations (b) Achats de biens et services par l'Etat Cc) 11odification du niveau d1imposition Les relations économiques contenues dans le modèle montrent comment les importations, les recettes fiscales, les achats de biens et services effec- tués par le secteur privé ainsi que les revenus des facteurs en matière de commerce d'importation, dépendent des autres variables de l'économie. Il nous est possible, connaissant ces relations, de calculer les effets ?roduits par une modirication des exportations, des dépenses publiques ou du niveau d'imposition, sur les autres variables du modèle. ])ms le modèle, les relations économiques indiquent de quelle façon: (a) Les importations varient selon que les biens et services importés sont destinés aux services publics, au secteur privé ou à l'ex- portation; (b) pour un taux d'imposition donné tout changement survenu dans les revenus et les dépenses entraiDe une modification des recettes des impôts directs et indirects (automatisme du système fiscal); Cc) les achats de biens et services effectués par le secteur privé augmentent si les revenus disponibles privés augmentent; (d) en ce qui concerne les importations, les revenus des facteurs dépendent du volume des importations. ANNEXE III Page 3 - Il est ~ noter que les relations d'imposition ne reflètent l'automatisme du système fiscal que pour des taux marginaux donnés, alors qu'une modifi- cation exogène de la fiscalité entraîne un changement du niveau d'imposition (et des recettes fiscales) sans que les taux marginaux ne soient affectés. 4. Etant donné que le modèle est formé de quatre secteurs de produc- tion et de quatre catégories de revenus des facteurs du secteur privé, on pourrait établir les relations économiques du secteur privé en se servant d'hypothèses différentes pour chaque catégorie de revenus. Dans nos ex- emples, nous avons cependant utilisé les même hypothèses numériques pour toutes les catégories de revenus privés, à l'exception du revenu des expor- tations, lequel comnrend - outre le revenu du producteur - les revenus :orovenant du connnerce local et des transports des produits exportés à l' in- térieur du pays. III. HYFOTHESES NUMERIQUES 5. 1es hypothèses numériques que nous présentons sont fondées sur les données du revenu national de 1965, les seules qui soient disponihles. Bien que les tableaux de la comptabilité nationale indiquent les ordres de grandeur absolue pour une seule année, nous en avons déduit des relations économiques qui nous ont servi à analyser les effets produits par llintro- duction de modifications. Il peut toutefois y avoir une grande différence entre les valeurs marginales et les valeurs moyennes tirées de la comptabi- lité nationale, et cette analyse n'est donnée qu'à titre d'exemple. Les hypothèses numériques sont les suivantes: Importations (c.a.f.) en pourcentage de la destination des biens et services: Pourcentage Secteur public 15 11 Secteur privé 30 Exportations 5 Taxes à l'im~ortation, sur les produits destin~s: Au secteur public Au secteur privé 20 Aux exportations (sous forme de 5 facteurs de production) ImEôts indirects sur la production nationale,51 destinés: Au secteur public 5 Au secteur privé 10 Aux exportations 15 En ce qui concerne les dépenses publiques en monnaie locale, le pour- centage est égal à zéro. En pourcentage de la valeur ajoutée aux prix du marché, sans tenir compte des droits à l'importation. ANNEXE III Page fi - ~pôts directs prélevés sur: P,ourcentage Les activités du secteur public 10 Les exportations 1.5 Les autres activités 10 Revenu des facteurs dans le commerce d'importation, en pourcentage d~a valeur à l'importation 40 Achats de biens et services effectués par le secteur privè, en pourcentage du revenu disponible: Activités du secteur public 92 Activités du secteur des exportations 90 Autres activités 92 6. D'après les chiffres suivants, la part des produits importés - aux prix du marché intérieur - dans l'offre destinée au secteur privé est ct' environ .50~~: Part des produits importés c.a.f. 30 Droits de douane (20%) 6 Revenu des facteurs dans le secteur des importations (40%) 12 Taxes indirectes à l'importation l Part des produits importés, au prix du marché 49 Le reste - .51% - doit être fourni par la production nationale, sinon la part marginale des importations dans l'offre destinée au secteur privé devra être plus im)ortante .. 7. On suppose que chaque fois que le revenu privé augmente, 90% à 92% du montant de l'augmentation est dépensé, le reste étant épargné (aug- mentation des avoirs nets). Dans la mesure o~ elle est transférée à l'étranger, cette épargne aura sur les réserves en devises un effet négatif qui viendra s'ajouter à l'effet produit par l'accroissement des imPbrtations. Nos exemples numériques ne tiennent pas compte de cette possibilité qui modifierait la position des réserves en devises sans modifier les autres résultats. - 3. Le montant total des recettes fiscales résultant du modèle traduit dans la plupart des cas la relation existant entre les recettes fiscales et le revenu total indiqués dans la oomptabilité nationale de 196.5. L1accrois- sement des exportations engendre une augmentation des recettes fiscales correspondant à 26,8% du PNB en résultant; une augmentation des dépenses de l'Etat correspond à un accroissement de 20,.5%. En 196.5, le taux d'acorois- sement moyen a été 'de 23%. AlmEXE III IV. l'iECANISl1E DU MODELE Page 5 9. Il s'agit d'un modèle de demande; il ne comporte pas de fonction de production indiquant dans quelle mesure la capacité et les extrants dépendent des investissements et des intrants. Le modèle indique par exemple la demande qui serait engendrée par une augmentation des recettes d'exportation. I,e revenu privé provenant d'une augmentation des exporta- tions entralnerait à son tour une demande accrue de ressources intérieures et de biens d'importations. La demande exercée sur la production intérieure susciterait à son tour un supplément de revenus privés.- Le modèle permet de calculer les résultats du stade final de ce processus de relations entre le revenu et la demande. La demande exercée sur la production inté- rieure pouFrait ne provoquer qu1une hausse des prix sans accroissement de la production; mais elle pourrait également amener une amélioration simul- tanée de la production et des revenus. Le modèle ne peut pas indiquer lequel de ces deux résultats sera finalement obtenu~ car il ne contient aucune hypothèse explicite permettant de prévoir la réaction de la production face à une auwnentation de la demande; il suppose simplement que la demande du secteur d'exportation et celle du secteur public seront satisfaites par une augmentation de la production. Ainsi, le modèle indique bien quel est le niveau d'expansion des autres secteurs qui serait nécessaire pour satis- faire la demande créée par une augmentation des exportations et des achats du secteur public. Cette expansion s'accompagnerait d'une augmentation des recettes fiscales de l'Etat. Le modèle montre également comment les effets produits par l'expansion sur la balance des paiements différeront suivant que ce supplément de recettes fiscales servira ou non à développer les acti- vités du secteur public. ANNEXE In Page 6 v. RESULTATS 10. Ce modèle peut servir à calculer les effets d'une augmentation de' 100 des variables exogènes (exportations, dépenses du secteur public, niveau des taxes). Le Tableau 1 ci-dessous indique les résultats obtenus. Tableau 1: EFFETS DI tmE AUGIvîENTATION DES EXPORTATIONS, DES DEPENSES DU SECTEUR PUBLIC ET DU NIVEAU DES TAXES Augmentation de 100 : Eff ets sur: Achats du secteur Niveau des Exportations public taxes Secteur privé Revenus des facteurs 148,5 153,8 - 101,3 / Hoins: Impôts directs - 18,7 l§,t - 13 89,9 l Revenu disponible ï29,'B' , - ï9ï,2 Achats de biens et services 118,1 127,3 - ±-~g,9 Epargne nette 11,7 Il,1 -' ,3 L'Etat Impôts directs 18,7 .. 89,9 Impôts indirects ~ -~ Recettes totales 47,9 .. blj,l Dépenses o o Solde du budget de l'Etat L?r;9 bS";I Balance des paiem~ Exportations 100,0 o o Imnortations Soide du commerce extérieur ~Oz~ 9, 53,2 - 53,2 - 52,8 .. "52,8" 11 100 (augmentation des taxes) moins 10,1 (perte de revenus due aux effets négatifs de cette augmentation sur le revenu privé). ANNEXE III Page 7 Il. Dans l'hypothèse où les nouvelles recettes fiscales ne seraient pas dépensées, une augmentation de 100 des a~tions correspondrait à une progression de 59,6% de la balance des pa~ements, étant donné que les importations résultant de la demande créée par les recettes dtexportation augmenteraient de 40,4. Dans l 'hypothèse contraire, il se produirait un effet d1expansion supplémentaire laquelle nécessiterait une augmentation des importations. Le Tableau 2 indique les effets d'une augmentation des exportations et des achats du secteur public dans la première hypothèse - celle où le budget de l'Etat n'est pas modifié. Les Tableaux l et 2 re- flètent tous deux les effets de changements. Dans le Tableau 2, on suppose que, quel que soit l'état du budget au départ (équilibre, déficit ou excédent) elle demeurera inchangée. 'l'ableau 2: EVALUATION DES EFFETS Dt UN ACCROISSEMENT œ 100 DES EXPœTATIONS ET AFFECTATION DES NOUVELLES RECErTES FISCALES A DES DEPENSES DU SECTEUR PUBLIC Secteurs d e Er 0 duc t ion Activités Commerce Commerce Compte de financées d1expor- dfimpor- Autres ItEtat par l'Etat tation tation activités Total Total PIJ aux prix du marché 58,) 92,) 48,8 107,9 )07,) )07,) Impôts indirects 44,) - .1.z2. - 1),8 - 16.!~ 10,8 - 44,) Revenus des facteurs 55,4 78,5 )2,0 97,1 26),0 Impôts directs )0,2 - .2.t2 - l.l,z 7 - .2J1 9,7 - )0,2 Revenu disponible 74,5 49,8 66,8 28,9 87,) 2)2,8 )07,) Achats de biens et services 74.,5 45,9 60,1 26,7 80,2 212,9 287,4 Epargne nette ),9 6,7 2,2 7,1 19,9 19,9 Ex?ortations 100,0 Importations 80,1 Ikmt: Importations destinées au secteur public Il,2 Intrants pour exportations 5,0 Impor~ations destinées au secteur privé 63,9 Excédent de la Balance des Paiements 19,9 ANNEXE III Page 8 12. D'après le modèle, un accroissement de 100 des recettes d'ex- portation provoquerait un accroissement de près de 310 de la demande de ressources internes, et un accroissement de 75 des recettes fiscales et des dépenses de l'Etat. L'expansion de la demande globale provoque un accroissement des importations de BO, de sorte que la progression de la balance des paiements nlest que de 20. Cette amélioration n'est pas ~'oportionnelle à l'augmentation du volume des exportations du fait de l'accroissement de la demande d'importations qu'elle provoque. En revanche, le processus aboutit à la création d'un débouché capable d'absorber l'aug- mentation de la production nationale, et procure les devises nécessaires à l'expansion de la demande et de la production. VI. CONS:&1UENCES DE LA DErIfANDE DE RESSOURCES NATIONALES SUR LA CROISSANCE ECONOHIQUE - 13. Les résultats ci-dessus ont servi à calculer les conséquences d'une expansion des exportations de l'ordre de 10% sur la croissance écono- mique, en partant du principe que la nouvelle demande de ressources natio- nales ainsi créée est satisfaite par une augmentation de la production destinée à la consomnmtion intérieure. !,é:bleau.1l EFFETS Dfm~E AUGtvlENTATION DE 10% DES EXPORTATIONS SUR -LA CROISSANCE Production COIr.:pàsition Modification en pourcentage: situation Depenses de Augmentation des initiale l'Etat inchangées dépenses de l'Etat (utilisation du supplément de re- cettes fiscales) Activités du secteur d'exportation 25 10,0 10,0 A Activités du secteur d'importation 16 3,2 6,4 Activités des services publics 30 Y 5,9 Autres activités 29 5,9 10,6 Total 100 4,7 B,4 Al.1é1ioration de la situation des réserves en devises, en pourcentage de l'accroissement 59,6 19,9 des recettes d1e;portation 1/ Y compris les dépenses publiques en matière de santé et dtéducation. ANNEXE III Page 9 14. Le Tableau 3 indique la croissance économique nécessaire - pour satisfaire la nouvelle demande créée par une augmentation des exportations de 10% - si l'on veut éviter une augmentation des prix. Dms l'hypothèse où les nouvelles recettes fiscales ne seraient pas dépensées, la situation des réserves en devises s'améliorerait dans la proportion de 60% de l'aug- mentation des recettes d'exportation, et la croissance globale devrait at- teindre 4,7%. Si, au contraire, les nouvelles recettes fiscales sont utilisées, la situation des réserves en devises ne s'améliorerait que dans la proportion de 20% de l'augmentation des recettes d'exportation, et la croissance globale devrait atteindre 8,4%. 15. En fait, le taux de croissance des recettes d'exportation prévu après 1970 n'est pas de 10% mais de 7%. Si, à ce moment-là, la situation budgétaire s'est suffisamment améliorée pour permettre d'utiliser les reve- nus supplémentaires de l'Etat - sans pour cela compromettre les réserves en devises - un taux de croissance global de 6 à 7% sera nécessaire; cepen- dant, le taux de croissance de la production nationale destinée à la consommation intérieure - notamment l'offre commercialisée de la production nationale de denrées alimentaires - devra être encore plus élevé. La possibilité de parvenir à ces taux de croissance dépend de facteurs qui ne font pas partie de ce modèle de demande, tels que la proportion des res- sources disponibles utilisée aux fins d'augmenter le potentiel de produc- tivité. Dans le cas où la production nationale n'augmente pas proportion- nellement à la demande, une plus large fraction de la demande devra être satisfaite au moyen d'importations. La part des importations sera alors plus importante que dans le modèle, tandis que la demande totale d'impor- tation sera du même ordre puisque llexpansion des exportations et des importations s'accompagnera d'un ralentissement de la croissance de la production et du revenu par habitant en termes réels. Beaucoup dépendra de l'aptitude des agriculteurs à augmenter l'offre des denrées alimentaires sur le marché, et de leur désir de le faire alors qu'ils sont en mesure d'augmenter leur revenu par la vente à l'exportation de leurs produits. Si l'on admet que leur demande de revenu monétaire est assez inélastique, la production nationale ne sera pas en mesure de satisfaire la demande accrue de denrées alimentaires. VII. 3ALAlJCE DES PAIENENTS ET POLITIQUE FINANCIERE 16. Le modèle indique que l'augmentation des exportations ne suffirait pas à provoquer une amélioration proportionnelle de la balance des paiements, si elle ne s'accompagne pas d'une amélioration des finances publiques. Si la position budgétaire ne s'améliore pas, les réserves en devises reflète- ront l'accroissement des recettes d'exportation dans la proportion de 20% seulement. Les réserves en devises ont diminué d'environ 200 millions de francs Burundi par an depuis 3 ans, et le niveau des exportations a atteint 1.500 millions de francs Burundi. Si l'on veut mettre un frein à ces pertes de devises en développant les recettes d1exportation, sans assainir les finances de l'Etat, il faudra - d'après le modèle - accroître les exportations des deux-tiers, ce qui est absolument impossible à court où moyen terme. Par conséquent, toute politique destinée à améliorer la position des réserves en devises devra pour être réaliste comporter des mesures d'assainissement des finances publiques. Le 'Tableau 4 indique des mesures équivalentes en vue d'une progression de 100 de la balance des paiements. ANNEXE III Page 10- Tableau 4: CHIFFRES CORRESPONDANT A UNE PROGRESSION DE 100 DE LA BALANCE DES PAIEl1ENTS DE L'ORDRE DE 100 (en chiffres ronds) 1'1odifications Effet sur l'équilibre requises -....;..;:....;.-- bUdgétaire ~ortations, budget inchangé 500 o ~rtations, sans augmentation des dépenses de l'Etat 170 80 Imposi~, sans augmentation des dépenses de l'Etat 190 130 p.§penses de l'Etat, en monnaie locale réduction de: 220 130 17. Les deux dernières lignes du tableau montrent qu'il faut prendre des mesures fiscales d'une ampleur bien supérieure aux effets qu(on en attend sur le budget. En d'autres termes, pour obtenir une amélioration de la balance des paiements de 100, il faut améliorer le budget de 130. l~is pour améliorer le solde net du budget de 130, il faut soit réduire les dépenses de 220, soit relever l'imposition de 190, afin dfabsorber les effets secondaires des mesures que l'on a prises sur l'ensemble de l'éconornie et tenir compte du ré-emnloi d'une partie de ces ressources dans le budget. 18. Il convient enfin de souligner qu1une augmentation des crédits accordés au secteur privé a les mêmes effets que le financement d1un déficit par l'Etat. VIII. PROJECTIONS PRELIMINAIRES POUR 1972 19. On estime que les recettes d'exportation augmenteront d'environ 22% - soit 315 millions de francs Jurundi - de 1967 à 1972. On estime par ailleurs que les recettes fiscales pourraient augmenter de 350 mil- lions de francs Burundi, et qu'il faudrait arrêter la fuite actuelle de devises qui se chiffre à quelque 200 millions de francs Burundi par an. Reste à savoir quels peuvent être les effets de ces estimations sur l'ensemble de l'économie, et plus particulièrement sur la politique budgétair e. 20. Une application automatique du modèle donne les résultats suivants: (a) Le PIE total augmenterait d'environ 715 millions de francs Burundi, dont 50% seraient absorbés par un relèvement des charges fiscales (impôts directs et indirects). ANNEXE III Page 11 (b) Pour obtenir 350 millions de francs Burundi de recettes fiscales supplémentaires, il faudrait augmenter les impôts de 180 millions de francs Burundi (sous forme dfimpôts nouveaux, d'un relèvement des tarifs et d'une amélioration du système de prélèvement des impôts); le système de prélèvement actuel (automatisme) permettrait dfobtenir 170 millions de francs Burundi. (c) Les dépenses de l'Etat (dépenses de fonctionnement et d'inves- tissement) en monnaie locale n'augmenteraient pas de plus de 1.84 r.li.llj.ona de francs Burundi en cinq ans, et les dépenses en devises ne devraient pas dépasser les rentrées en devises au titre de l'aide extérieure. Les dépenses en monnaie locale pourraient augmenter de plus de 184 millions de francs Burundi dans la mesure où un supplément d'aide extérieure serait disponible. 21. Le relèvement de l'imposition, nécessaire d 1après le modèle et la limite imposée à l'augmentation des dépenses de l'Etat, corres- pondent à environ 10% du niveau actuel des dépenses et des recettes du budget ordinaire. La moitié des nouvelles recettes fiscales proviendrait de l'impôt sur le chiffre d'affaires, introduit en 1968, le reste d1une augmentation globale des impôts. Il ne sera peut~tre pas facile de maintenir pendant 5 ans l'augmentation des dépenses de ltEtat dans-les limites de 10%, ce qui correspond à une augmentation annuelle de 1,9% seulement. 22. L'augmentation du total des revenus des facteurs serait de 2,7% par an, et légèrement supérieure à celle de la demande privée de biens et services. Les difficultés auxquelles le Burundi devra faire face au cours des prochaines années sont dues au faible accroissement des recettes d'exportation accompagné du besoin de freiner les importa- tions, dont l'économie est fortement tributaire. IX. DU ..r1.ODELE DESCRIPTION PLUS DErAILLEE - - Uodèle initial - 23. Dans un premier stade, nous considérons uniquement les agrégats d", l'économie. Le tableau suivant comporte à gauche les différentes rubriques de la comptabilité nationale, réparties entre le compte de l'Etat et le secteur de la production. ANNEXE III Page 12 - COIn12te de Secteur de la Ensemble de l'Etat production Itéconomie 1. PIB aux prix du marché 2. Impôts indirects Q -Q o 3. Revenus des facteurs rH 4. Impôts directs -T o - T - 5. Revenus disponibles y 6. AChats de biens et services x - 7. Epargne nette S B. Exportations A 9. Importations, dont B secteur privé secteur public 24. Ces données représentent les variables du système. Sans compter les syrilùoles re!)résentant les totaux des deux secteurs (Y, X, S et B), il Y a 15 variables (Q, -Q, T et -T étant considérés comme 4 variables dif- férentes). La définition de chacune de ces variables correspond à celle des catégories habituelles de la comptabilité nationale. Les revenus des facteurs du Compte de l'Etat (des entreprises nationalisées par exemple) sont considérés comme des transferts du secteur privé, et font partie de T - impôts directs - au lieu dlêtre inscrits séparément à la ligne 3. Les autres catégories de revenus créées par les activités des services publics reviennent à des particuliers et font partie de fR. • 25. Certaines de ces variables sont soulignées. On indique par là l'existence d'une équation de définition ayant pour dénominateur la variable inscrite au-dessous du trait et pour nominateur la variable placée au-dessus. Par exemple, T est souligné d1un trait, ce qui signi- fie que: Q ~ T = Y ; de même Yg - Xg = S~; mR - Q = ~R, etc. Ces équations sont les équationsgde définitions du modele. Si nous ne tenons pas compte des symboles représentant des totaux (Y, X, S et B), nous avons deux équations de définition pour le compte de 11 Etat, tr ois pour le secteur de la production, et une équation (S ~ S = A - Bp' - B ) qui exprime la relation entre les comptes de la Brodugtion et aes r~venus ANNEXE III Page 13 internes d'une part, et le compte des exportations d'autre part. Cela fait au total six équations de définition. 26. Les lignes 2 et 4, ayant chacune zéro pour total, sont des identités. Le système est donc composé de: 15 variables 6 équations de d~finition 2 identit~s 27. Nous avons donc besoin de 7 ~léments supplémentaires pour complé- ter le modèle. Nous supposons que les d~penses de l'Etat en biens et services (Xg ) et les exportations (A) sont d~termin~es de façon exogène, et nous introduisons 5 nouvelles équations structurelles: 1. Impôts indirects: Q = ~g • Bg • qbp.Bp (droits à l'importation) (droits à l'exportation) (taxes indirectes sur la production intérieure) 2. Impôts directs T: t • fR 3. Demande privée de X p = xp • Yp biens et services: 4. Importations des- tinées au secteur privé: 5. Importations des- tinées au secteur public: 28. Les équations l, 2, 3 et 4 se rapportent à la production et au secteur privé, et l'équation 5 au compte de l'Etat. Le modèle initial est maintenant complet. Le coefficient du troisième terme de la première équation est exprimé de façon particulière parce que les taxes indirectes sur la production intérieure sont calculées d'après la valeur de la pro- duction intérieure aux cours du march~ moins les droits à l'importation. Un 110dèle Développé, comprenant 4 Secteurs de Production 29. Jusqu'ici, nous avons groupé l'ensemble de la production dans un seul secteur global que nous allons à présent diviser en quatre sous- secteurs: activités financées par l'Etat, activités du secteur des ex- portations, activités du secteur des importations, autres activités de la production. Chaque secteur de'production se compose de huit variables ANNEXE III Page Th (mR, -Q, fR~ -T, Y ,~, Sp et Bp)' soit au total 32 variables. Si l'on ajoute les 6 variaRles du compte de l'Etat et la variable du secteur des exportations, il y a au total 39 variables. Comme dans le modèle initial, chacun des quatre secteurs de production comprend trois équations de définition, ce qui fait au total 12 équations de défL~ition qui, ajoutées à celles du compte de l'Etat et à l'équation qui exprime la relation entre la production et les revenus intérieurs d'une part et les exporta- tions de l'autre, donnent un total de 15 équations de définition. Nous avons également deux autres identités: (a) fourniture de biens d'expor- tation = exportations, et (b) dépenses de l'Etat consacrées à l'achat de biens et services au secteur de la production nationale = fourniture de biens et services en provenance du secteur des activités financées par l'Etat. Le système est maintenant composé de: 39 variables; 4 identités; 15 équations de définition. 30. Il reste à introduire 20 nouvelles conditions pour que le modèle soit complet. Comme dans le modèle initial, Xg et A sont détermi- nés de façon exogène. Chacun des quatre secteurs de production comprend quatre équations structurelles (équations l, 2, 3 et 4), correspondant respectivement aux impôts indirects, aux impôts directs, à la demande privée de biens et de services et aux importations destinées au secteur privé, soit en tout 16 équations structurelles. Il faut ajouter à cela l'équa- tion structurelle correspondant aux importations destinées aux services publics (équation 5) et la relation reBrésentant les revenus des facteurs provenant du commerce d'importation (~~b). 31. Tous les éléments de ce modèle développé ont maintenant été déterminés. 1e revenu des facteurs en ce qui concerne les exportations et les activités de l'Etat est défini par les relations structurelles qui représentent ces deux catégories d'activité et par les deux variables exogènes. Le revenu des facteurs en ce qui concerne les importations est défini par (6), et celui des "autres activités" est fixé de façon implicite puisqu'il dépend des relations de la demande, des impôts indi- • rects et du remploi de certains éléments du système • 32. On peut introduire dans le modèle des variations arbitraires • du niveau de l'imposition (T'), afin de représenter une variation de la politique financière. Le revenu total de l'Etat (y ) est maintenant formé de (Q + T + T'), où Q et T reflètent les recettes fiscales découlant de l'application des taux marginaux actuels, et T' les recettes provenant des variations arbitraires du niveau de Itimposition - en ce qu'il diffère des talL"C marginaux. Or ANNEXE III Page 15 dans cette équation g, a, b et 0 représentent les quatre secteurs de production. Il est nécessaire de partager Tf suivant les quatre éléments sectoriels qui le composent, car les effets fondamentaux produits par une variation de Itimposition dans un secteur peuvent être différents de ceux produits par une variation semblable dans un autre secteur. Les exemples numériques donnés ici stappliquent à des modifications apportées à l'impôt sur les revenus autres que les recettes d'exportation. 33. Le revenu total de l'Etat est donc: Yg =Q .. T of TI Les deux premiers éléments du deuxième membre représentent l'automatisme du système fiscal dans le cas de taux marginaux donnés (voir (1) et (2»; le dernier élément représente un déplacement exogène du niveau d'imposi- tion, sans modification des taux marginaux (déplacement de la fonction représentant llimpôt). 34. Dans les calculs numériques de la section précédente, le Tableau 1 comporte les coefficients réduits de chacune des variables exog~nes X g, A et Tt du modèle développé, multipliés par 100. Dans le Tableau 2, on a éliminé les dépenses de l'Etat (Xg ) en tant que variable exogène, en sunposant qu'elles augmentent d 1un montant égal à celui du revenu de l'Etat. Autrement dit: xg -- Yg MODELE DEVELOPPE Sec t e urs d e Pro duc t ion Ensemble Ensemble Activités Activités Activités du Secteur de l'Eco- Compte de financées d'expor- d'impor- Autres de la Pro- nomie l'Etat par l'Ej.at tation tation activités duction 1. PIt3 aux prix du marché mRg mRa mRt, mRo mR nit 2. Impôts indirects Q -Qg -Qa -Qb -Qo -Q o 3. Revenus des facteurs rRg rRa A rRo rR 4. Impôts directs T -Tg -Ta -'lb -To -T o 5. Variations du niveau d'imposition T' -Tf -Tf a -Tf b -T' o -T' o ~ 6. Revenus disponibles Yg Ypg Ypa Ypb Ypo Yp y 7. Achats de biens et services X ~ ~ ~b ~o ~ g X 8. Epargne nette Sg Spg Spa SPb Spo SP S 9. Exportations A ~! 10. Importations dont B Importations du secteur privé B B B B B pg pa pb po P Importations du secteur public Bg Ile de Mad~re (Port, r • Mogadiscio Oar es Salaam AFRIQUE Yoies ferrées Yoies ferrèes pr€vues ou en construction j!,nOrive Capitales Les frontières ne- font pas nécessairement autorité • OCTOBRE 1966 2565 .1 o 1 . o C> Z o u => o w => o BURUNDI PLUVIOMETRIE ET RELIEF ALTITU DES • DECEMBRE 1964 . 1 o A » z N » z m o <.!) z o u w ;:) BURUNDI DENSITE DE " POPULATION a.. 1000 HABITANTS w '" o 10 20 50 KM 1 • DECEMBRE 1964 BIRD 2567 / 1 ( ''-, J'"", ) ., . '_. r. '\.•• •\.. r' • • • • •• · . .f\.... ---' " '/./"' ../ . 1 -... J' • \ •• .W··· .• •• . . ./ . J •• • • •( • Etain ,.., ,/'1 •• • • • • ·W. • Café • f • • • a ( ·W • •Etain • •• • Café • •• • • • '~, • Mvhinoo ~ ,', • • ~: : • • • • • • ..... . 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Key facts
Organisation World Bank Group
Adoption date
Country Burundi
Source World Bank