UNN-43 iARITANI. ESQUISSE 'PUN PROGRAMME D DELOPPEgE NT QUADRIENNAL, (en deux volumes) VOLUME ITc PARTIE II Les Mines, Transport. Education et Formation, Organisation cdu Plan Rapport d'une Mission organisee par la Banque Internationale de Reconstruction et 4..~~ "d Developtemient .4 a 'la demahnde de la REPUBLIQUE ISLAMIQUE de MAURITANIE, ashiDngton, D. C. Aout 1968 4.S /4? 4 44 4 4 4 .4- - p. {4 Le prèsent rapport constitue la seconde partie du volume II d'un rapport intitule "Mauritanie - Esquisse d'un programme de développement quadriennal" établi par la Mission dîassistance technique de la BIRD qui s'est rendue en Mauritanie l'année dernière à l'invitation du Gouvernemert de ce pays. Le volume I : Synthèse, a été publié en aou^t 196'7 et la première partie du volume II a été publiée sous sa forme définitive en juillet 1968. Le présent rapport comporte des annexes techniques concernant les mines, les transports, l'éducation et la formation professionnelle, ainsi que l'organisation du plan. Ce volume a été établi sous la direction de M. Richard M. Westebbe, Chef de mission. Les principaux auteurs des études sectorielles sont M. Pierre Chardon pour le chapitre sur les mines, MM. Wilfred Thalwithz, Bernard Siret et Lucier Brochet pour le chapitre sur les transports, M. Livio Costa pour le chapitre sur l'éducation et M. Albert Waterston pour le chapitre sur l'or- ganisation du plan. On ne s'est pas attaché à tenir pleinement compt-. de toutes les modifications adoptées dernièrement par le Gouvernement mauritanien en matière d'organisation et de politique, dont une grande partie suit d'ailleurs de près les recommandations de la Mission. Un certain nombre de corrections de caractère technique ont été apportées au projet à la suite de la visite de M. Westebbe en Mauritanie en mars 1968. - 111 - TABLE DES MATIERES Pages CHAPITRE UN: LES MINES 1 I. La qecherche Géologique 1 IL. Les ressources Minérales 7 A. Les Ressources Minérales d'importance mondiale 7 B. Les ressources d'importance secondaire il C. Autres ressources 12 III, Les Investissements Miniers et leur Incidence 14 A. Les Investissements Miniers 14 B. Autres Investissements Miniers 16 C. IFERMA: Son impact 19 D. Akjoujt - SOMIA 27 IV. Recommandations 29 A. La Direction des Mines et de l1Industrie 29 B. Formation Professionnelle 30 C. La Législation Minière 31 D. Résumé 31 CHAPITRE DEUX: TRANSPORT 32 I. Politique, Administration et Plans gouvernementaux 32 A. Investissements 32 B. Réglementation des Transports, des couts et des tarifs 32 C, Taxes sur les Transports Routiers 35 D. Administration 35 II. Trafic 37 III. Investissements Portuaires 41 A.. Le Wharf de Nouakchott- 41 B. Port-Etienne 43 IV. Les Transports dans la Vallée du Fleuve Sénégal et dans le Sud-Est de la Mauritanie 46 ANEXE I- Investissements publics dans les Transports et les Communications .55 Mappe I - Organigramme - Ministère de 1'Equipement 59 Happe II - Organigramme - Direction des Services Techniques 60 iv - V. Les Transports Aériens 61 ANNEXE I - Aérodromes de Mauritanie 63 ANNEXE II - Trafic des Aérodromes de Nouakchott et de Port-Etienne 65 VI. La Route Adjoujt - Nouakchott 66 VII. Entretien des Routes 67 ANNEXE I - Estimation du budget d"entretien 69 ANNEXE II - Dépenses d'entretien 70 AN1EXE III - Equipement pour l'entretien des Routes 71 VIII. Recommandations 72 CHAPITRE TROIS: EDUCATION ET FORMATION 75 I. Démographie et Ressources Humaines 75 II. Le Système d'Enseignement Technique et de Formation 79 ANNEXE I - Le Système Scolaire Mauritanien 85 ANNEXE II - Mise en Oeuvre des Objectifs du Premier Plan d'Enseignement 1963-66 86 ANNEXE III - Le Centre de Formation MIFERMA 92 CHAPITRE QUATRE: ORGANISATION DU PLAN 128 I. L'Agence Nationale de Planification 128 A. Les Plans 128 B. La Direction du Plan 129 C. Place de l'Agence Nationale de Planification 131 D. Le Chef de l'Agence Nationale de Planification 131 E. Le Service de la Statistique 132 F. Ta Direction du Plan dans l'Agence Nationale de Planification 134 G. La Division du Plan 137 HI Les Plans Annuels d'Action 138 I. Le Comité Economique du Conseil des Ministres 138 J. Organigramme de l'Appareil National de Planification 140 II. R6le des Organismes Techniques dans la Planifi- cation 140 A. Distinction entre les Plans et leur Exécution 140 B. Les Plans Sectoriels lhl C. Les Conseillers techniques aux Plans Sectoriels 142 D. Le Groupe Technique Interministériel pour le Plan 143 E. Le Comité d'Etudes et de Coordination Economique 14 III. Principales Conclusions et Recommandations 1414 LISTE DES TABLEAUX DU CHAPITRE TROIS 1. Mauritanie - Superficie et population par province (1965) ~97 2. " - Répartition de la population par sexe et par groupe d'âge de 5 ans en % de population totale (1965) 98 3. " - Projection démographique (1965-1990) 4t 99 4 " - L'emploi dans le secteur modern-, de lÎéconomie (1957-1965) 100 5. - L'emploi dans le secteur privé par professions, 1 0 catégories et nationalités (1965) 101 6. " - Estimation des besoins en ressources hutraines par catégories professionnelles nécessitant une instruction et/ou une formation (1967-1976) 102 6(a) " - Estimation des besoins en ressources humaines du secteur privé par catégories professionnelles (1967-1976) 103 6(b) " - Estimation des besoins en ressources humaines dans l'administration publique par catégories professionnelles (1967-1976) ... 10h 7. " - Enseignement primaire: effectifs scolaires par provinces (1965-1966) ... 105 8. - Enseignement primaire, effectifs par classe et sexe (1956-1957 - 1965-1966) ... 106 9. " - Enseignement primaire: établissements par nombre de sallesde classe (1963-1964 et 1965-1966) qeo 107 10. " - Enseignement primaire: maîtres de français et d'arabe par catégorie professionnelle (1961- 1962 - 1965-1966) ... 108 11. " - Inspection de lenseignement primaire (1966-67) 109 12. - Enseignement secondaire: effectifs des écoles publiques par classe (1961-1962 - 1966-1967) 110 13. - Elèves du Centre de formation Mamadou Touré ayant achevé leur formation par spécialité (1960-1961 - 1965-1966 ... 111 14. " - Bourses d'études à l'étranger par niveau d'études et par dispensateur (Situation au 15 avril 1967) ... 112 15. " - Enseignement primaire: coût par élève inscrit (1966 et 1967) ... 113 16. " - Enseignement secondaire: coût par élève inscrit (1966 et 1967) ... 114 17. " - Etats africains et malgache francophones - Ensei- gnement primaire: coût par élève inscrit (l96.) ... 115 18. " - Enseignement primaire: projection des effectifs scolaires et du nombre de salles de classe disponibles (1966-1967 - 1971-1972) ... 116 19. " - Enseignement secondaire: projection des effectifs scolaires par classe (1967-1968 - 1971-1972) .. 117 20. " - Enseignement primaire: relaisation des objectifs de scolarisation (1962-1963 - 1966-1967) ... 118 21. " - Plan d'investissement quadriennal dans le secteur de l'enseignement et de la formation (1963-1966) ... 119 22. " - Assistance technique française en Mauritanie (Nombre d'experts) .. 120 23. " - Résultats du programme de formation de MIFERMA ... 121 -vi - Diagrammes et cartes du Chapitre Trois Pag_e Diagramme 1. - Mauritanie - Structure du système national d'enseignement 122 " 2. - Effectifs de l'enseignement primaire 1953-1954 à 1966-1967 123 " 3. " - Enseignement primaire: Nombre d'établisse- ments et de salles de classe (1959-1960 - 1966-1967) 12h " 4. - Enseignement primaire, circonscription d'inspection (1963-196h - 1966-1967) 125 "l 5. " - Organigramme du Ministère de l'Education Nationale et de la Culture (avril 1967) 126 CARTE - Mauritanie - Densité de la population par province (1964) 127 r Liste des abréviations SEDES - Société d'etudes pour le Développement Economique et Social FAC - Fonds d'Iide et de Coopération RIM - République Islamique de Mauritanie SONIMEX - Société Nationale Import-Dcport ONTP - Office National de Transport Public FED - Fonds Européen de Développement BIAO - Banque Internationale pour 1iAfrique Occidentale BMD - Banque Mauritanienne de Développement SOIAUPECO - Société Mauritanienne de pEche et de Conserverie SOMAP - Société Mauritanienne d'Armement a la Pêche SOMIP - Société Mauritanienne dee Industries de la Pêche SCAM - Société des Chantiers et Ateliers de Mauritanie SIGP - Société Industrielle de Grande Pêche IAPEC - Industrie Mauritanienne de pêche EGA - Entreprise Générale de l'Atlantique SONIMA - Société Mniére de Mauritanie BEI - Banque Européenne dInvestissement BIRD - Banque Internationale pour la Reconstruction et le Développement SFI - Société Financiàre Internationale IDA - Association Internationale de Développement MIFERMA - Mines de Fer de Mauritanie MICUMA - Société des Mines de Cuivre de Mauritanie BRGM - Bureau de Recherches Géologiques et Minières CHAPITRE UN: LES MINES I. La Recherche Géologique De 1947 à 1963 l', Ce n'est qu'après la deuxième guerre mondiale que les études de détails furent entreprises en Mauritanie. Auparavant on ne dispo- sait que d'un schéma obtenu grâce aux études de Monod et de Jacquet. 2. Simultanément, la Direction des Mines de l'A.O.F., le Bureau Minier de la France d'Outre-Mer (BUMIFOM) et, après 1959, le B.R.G.X. (Bureau de Recherches Géologiques et Minières) entreprirent des études géologiques systématiques de toute la Mauritanie. En 1957 le gros du travail était terminé, il s'est concrétisé en 1960 par la parution de la carte au 1/2.000.000ème de l'Afrique Occidentale dont la Mauritanie occupe les feuillets 4 et 7. 3. Les études de détails se poursuivent, soit qu'elles soient entreprises par le B.ROGoM. avec des fonds FAC à partir de Dakar, soit qu'elles soient menées par des entreprises privées (MIFERMA, MICUMA), compagnies pétrolières, études hydrogéologiques, etc., soit qu'elles fassent l'objet d'études par la Faculté des Sciences de Dakar. Plan 1963-1966 4. Le plan 1963-1966 avait, avec juste raison, mis l'accent sur l'importance de la recherche géologique et de la cartographie détaillée du pays. Il fallait reprendre les études des zones qui semblaient inté- ressantes (terrains de la région d'Akjoujt, de l'Amsaga (soit 45.000 km2), poursuivre les études du sédimentaire (région de Nouakchott), publier la carte au 1/l.000.000ème. Une dépense totale de 276 millions de GFA avait été prévue. Elle devait couvrir les dépenses qui correspondaient à des marchés passés avec le B.R.G.M. et avec la C.G.G. (Corpagnie Générale de Géophysique). Le tableau ci-dessous permet de faire la comparaison entre les réalisations et les projets (en millions CFA.). 5. Les projets, très modestes, ont été réalisés à peu près. Les investissements nécessaires pour les études préalables de l'usine de dé- minéralisation ont absorbé une partie des crédits de recherches sur la série d'Akjoujt (60 millions CFA au moins). Ta ventilation des crédits suivant les années, a été la suivante: Projets 1963 1964 1965 1966 Total A. Etude de la série Akjoujt prévu 30,3 75 75 67 247,30 réalisé 59,85 76 - 5i 186,85 B. Carte géologique prévu 23,7 - - - 23,7 réalisé 21,2 - - - 21,2 C. Sebkhas prévu - 5,0 - - 5,0 réalisé - 3,9 - - 3,9 -2 6, Ces recherches exécutées par le BoR.G,M., soit avec des crédits FAC, soit avec des crédits propres, à la suite des conventions passées avec la RIM et la France portèrent sur les points ci-dessous: 1. - Etude géologique de l'Amsaga et du Guidimaka (1963), - Géophysique aéroportée en la série d'Akjoujt (1963-196h) Il a été détecté 28 anomalies magnétiques dans l'Amsaga, l'Inchiri, le Tamkarkart et ltAftout de Faye et 2 grosses anomalies radiométriques dans l'Amsaga et le Bou Naga-Araguème, - Etude du gypse à proximité de Nouakchott (1964). - Géophysique du sol sur les anomalies repérées en avion (1964-1967). - Géologie de terrain sur ces anomalies (1964-1965). - Prospection systématique du chrome, du béryl de l'Amsaga, de la fluorine de Bou Naga (1964-1965). - Quelques sondages dans l'Amsaga. 2. Travail en cours de publication de la carte au 1/1.000.000ème; paraîtra en 1967. Cette carte, en 6 feuilles, remplacera la carte au 1/2.000.000ème de l'Afrique Occidentale. 7. Certaines zones ont été levées au 1/50.000 ou au 1/200.000, ce travail exécuté par les géologues du B.R.G.M. de Dakar et de la Faculté des Sciences de Dakar, couvre certaines zones intéressantes comme l'Amraga ou Akjoujt. 8. En même temps que le B.R.G.M. et le CGG qui travaillaient pour le compte du Gouvernement Mauritanien avec des crédits FAC, des compagnies pétrolières prospectaient: (a) la zone c6tière (Sté Africaine des Pétroles et Petropar), (b) la zone du Zemmour (au Nòrd de la Mauritanie le long de la frontière du Rio del Oro). Elles ont renoncé à leur permis après avoir dépensé 850 millions CFA dans la zone côtière et 75 millions CFA dans le Zemmour. 9. En résumé, les travaux ont porté leurs fruits et on leur doit la découverte du gisement de béryl de l'Iguillid, d'une province chromi- fère dans 11Amsaga, d'un filon de fluorine près de Bou Naga. Enfin, le gisement de gypse de la Sebkha de N'Drahamcha a été cubé. Plan 1967-1970 10. Ses résultats sont encore bien modestes et il n'est pas diffi- cile de définir des taches pour le plan 1966-1970. (millions de cFA ) 1967 1968 1969 1970 Total 1. Poursuite de l'étude de la série d'Akjoujt Sud 35 - - - 35 2. Prospection aéroportée radio- métrie et magnétisme - 90 30 - 120 3. Indices du pays Reguibat - - 52 52 104 >. Carte géotechnique du fleuve - 13 - - 13 5. Cartographie (suite) 3 4 5 5 17 6. M1inéralisations de la Sebkha - - 56 56 38 107 87 113 345 11. Il faut d'abord poursuivre la recherche dans toute la zone de la série d'Akjoujt et, en particulier de 1967 à 1970, dans la zone située au sud d'Akjoujt et jusqu'au fleuve Sénégal. 12. Ce projet est d'autant plus intéressant que plusieurs indices ont déjà été trouvés (chrome, cuivre, terres rares). Les recherches por- teront sur les séries volcaniques et volcano sédimentaires. La présence de roches basiques qui. existent au Mali et au Sénégal plus au Sud permet d'espérer la découverte d'indices de cuivre, de chrome, de nickel, de cobalt et de platine, La somme engagée est encore très faible compte tenu de l'importante surface qui reste à prospecter (1 géologue et 2 prospec- teurs pendant 5 mois). 13. La campagne aéroportée de prospections magnétiques et radiomé- triques, prévue en 2ème position, est la phase préliminaire à d'autres campagnes de prospection détaillée telle que celle prévue précédemment. Il est prévu de survoler 70,000 km dans la série d'Akjoujt Sud (la zone nord a été survolée au cours de la campagne 1963-1966 (voir carte). 14. En troisième position, a été portée la prospection par 2 géolo- gues accompagnés de 2 prospecteurs pendant 5 mois, de la zone cristallo- phyllienne et granitique du Nord de la Fauritanie. On y trouve de nombreux filons minéralisés. Il faut poursuivre l'étude détaillée de la tectonique de cette région très étendue (600 x 400 km) où la prospection est diffici- le. Entre 1958 et 1964 le Bureau d'Investissement en Afrique et la JERMI (filiale du B.R.G.M.) a déjà étudié cette région. 4 à 5 géologues se sont consacrés à cette tache et ont fait une première cartographie ainsi que des tranchées. Il s'agit de continuer le travail commencé. 15. Le plan prévoit cinquièmement la réalisation de cartes géotech- niques au 1/200.000 de la région du fleuve Sénégal. C'est un document essentiel pour la mise en valeur de cette région. La carte précisera les gisements d'argile (tuiles, briques) de grés (construction, phosphate), de calcaires et de dolomies (construction, cimenterie). 16, L'intéret que présente le gypse ou d'autres minéraux d'origine lagunaire (soufre, iode, bore, potasse) justifie l'étude proposée en 6è position de la Sebkha voisine de Nouakchott, La reconnaissance ne peut se faire que par des sondages (mailles triangulaires de 10 km). Il fau- drait faire 70 trous de 50 m soit 3.100 m de sondage pour analyser les carottes. La construction du wharf de Nouakchott augmente l'intérêt de ces recherches. Les g1tes trouvés peuvent en effet donner lieu à des ex- portations de produits tels que le gypse par exemple, ou le soufre. 17. Les zones où une cartographie détaillée au 1/50.000 est devenue nécessaire et pour lesquelles des crédits sont prévus sont: (1) Amsaga-Tiris (important pour Miferma) (2) Région des Idjibiten, Akjoujt, Tourasine, Oued el Kemchi, Guello el Iladej, structure de oumachouéma et des Gleibat Dekhon (important pour la mine d'Akjoujt). (3) Le Zemmour Noir (important pour l'eau, le pétrole et le fer sédimentaire). (h) la zone de Reguibat (Inourène, Aioun Abd el Galek, Agnelt Nebkha). 18. Les documents et les échantillons ont déjà été rassemblés en partie à Dakar, il faut les exploiter et les compléter. 19. Compte tenu des ressources, cet ensemble de recherches consti- tue le minimum indispensable à un développement ultérieur des mines et des activités industrielles en Mauritanie. Il faudra compter prolonger cet effort très modeste, compte tenu de la superficie du pays, pendant au moins 20 ans. 20. Les recherches pétrolières, entreprises par des compagnies privées, ne sont pas portées sur le tableau. En fait il ne subsiste à l'heure actuelle qu'un seul permis pétrolier, celui de la Planet Oil Company, qui doit dépenser 375 millions en 5 ans. Esso a prévu de de- mander un permis avec un montant de dépenses de 160 millions CFA. 21. A ces dépenses de prospection il faut ajouter les dépenses prévues par Miferma, et déjà engagées: (1) Pour la prospection aérienne par la CGG au Nord-Est de Kedja d'Idjil, b.000 km carrés environ. La dépense doit s'élever à 30 millions FCFA en 1967. (2) Recherche de l'eau. L'eau utilisée provient pour 1/3 de l'ex- ploitation de fractures de la Kédia, ces réserves sont aléa- toires. Il a déjà été demandé au B.R.G.M. entre 1963 et 1964 d'étudier le synclinal de Taoudini à 40 km à l'est de la Kédia. Ces études doivent se prolonger et colteront 50 millions de CFA. Par la suite il faudra prévoir d'autres crédits pour le fonçage des puits et leur mise en exploitation. (3) La recherche et l'évaluation des gisements de la Kédia d'Idjil. Elle consacrera à ce travail 20 millions CFA de 1967 à 1969 in- clusivement. Il s'agit de reconnaÎtre les petits gisements, difficiles d'ailleurs pour la plupart. Miferr.a a mis en place dans ce but: (a) 6 sondeuses Saut du Tarn (1.200 m de sondage/mois, à raison de 10 m profondeur, 3.000 CFA/ m, pendant 11 mois/an); (b) 2 sondeuses long Year (150 m de sondage/mois à raison de 26.000 m, diamètre 100 mm profondeur jusqutà 400 m). (4) Recherches sur les méthodes d'enrichissement des minerais confiés à l'IRSID, établées sur 3-4 années et pour un montant de 100 mil- lions CFA. Elles permettront la récupération des tonnages impor- tants de mixtes. Ce tableau résume les dépenses prévues par Iliferma pour les re- cherches. (millions de FCFA) 1967 1968 1969 1970 Total Prospection aérienne 30 - - - 30 Recherche de l'eau 25 25 - -50 Recherche gisement 80 80 80 - 240 Recherche IRSID 10 30 30 30 100 Les dépenses pour les recherches et pour la période 1967-1970 sont finalement résumées dans le tableau ci-dessous (millions de CFA). -6- Etudes Crêdits Privés FAC Prospection Akjoujt Sud 35 - Prospection aérienne sur djoujt Sud 120 - Prospection du pays Réguibat 124 - Carte géotechnique, du fleuve 13 Cartes détaillées (suite prospection et recherches) 17 - Miferma (aérienne, gisements, eau, enrichissement) 420 Prospection Bou Naga - Péchiney -0 Prospection Bou Naga - B.R,G.M. - 50 Minéralisation de la Sebkha 56 - Recherches pétrolières 375 Total 3h5 795 22. Fin 1966, subsistaient encore: - Un permis de recherches pétrolières demandé par la Flanet Oil (un autre est prévu par Esso). - Un permis demandé par Péchiney St-Gobain pour la recherche des terres rares dans la région de Bou Naga, dans la partie méridionale de la série d'Akjoujt. - Un permis demandé par le B,R.G.M. dans la même région pour divers minéraux dont le chrome. - Un permis pour le soufre demandé par Lindsley et qui arrive à expiration en Mai 1968. -7- II. Les Ressources Minérales A, Les ressources minérales d'importance mondiale Le Fer et MIFERMA 23. Gisement situé dans le massif de la Kédia d'Idjil à l'est de Fort Gouraud. Actuellement, on distingue deux types de minerai. A F'IDerik un fer massif compact de densité de 4,5 qui est utilisé en acié- rie. A. Tazadit, dans la partie ouest du massif, le minerai est très friable, constitué par des plaquettes plus ou moins bien soudées entre elles. Ces plaquettes sont de l'hématite, avec des parties intercalaires de quartz. La densité est de 3,6. I est utilisé surtout dans les hauts- fourneaux. Le minerai contient trois impuretés: - Phosphore <; 0,045 % - Silice · 14 v - Manganèse 0,04 % 24,. L'extraction à ciel ouvert se fait actuellement au rythme de 7 millions de tonnes par an. Pour le moment, les mixtes (cîest-à-dire le minerai à teneur inférieure à 60%) sont stockés en vue d'une reprise ultérieure. Au 1er janvier 1967 on avait extrait en milliers de tonnes: Tazadit (III) Tazadit (II) Rouassa FtDerik Total Minerai riche 16.400 600 1.500 2.300 20.800 Minerai pauvre 4.000 - - - 4.000 Total (extrait) 20.400 600 1.500 2.300 24.800 26. Les expéditions se répartissent de la façon suivante: milliers de tonnes 1963 1/ ..6~~~~~~300 - 1964 ....... 4.989 196ý5 ....... 5.964 1966 ....... 7.150 Total .... . 19.403 1/ Il stagit de l'ensemble des tonnages extraits et chargés P Port- Etienne au 31/1/1963. -8- 27. Pour la pêriode 1967-1970 on a prévu lextraction des tonnages ci-dessous (en milliers de tonnes): 1967 1968 1969 1970 F'Derik 900 1.700 2-200 1.900 Rouassa lhOO 2.000 2.000 2.000 Tazadit h.h00 h.300 4.200 h.100 Total 6.700 8.000 8.400 8.000 28. Ce tableau est plutôt optimiste en faisant apparaftre des ex- tractions de plus de 8 millions de tonnes, Miferma ayant déjà des dif- ficultés à vendre un peu moins de 7 millions de tonnes. 29. Compte tenu des tonnages produits on dispose au 1/1/1967 des réserves ci-aprè s: (millions de tonnes) Tazadit 78 Rouassa 29 F'Derik 27 Autres gisements 10 Total 144 30. A ce total on peut ajouter 26 millions de mixtes qui pourraient être enrichis soit 170 millions de tonnes. Nous avons vu que ces réserves sont en cours d'étude et que le tonnage exact ne sera pas connu avant fin 1969. 31. Nous avons vu aussi que la récupération c 26 millions de tonnes de mixtes est à l'étude (1.6 million de tonnes de mixtes donne 1 million de tonnes de mixtes enrichis) et ne sera pas terminée avant 1971, La pro- duction de ces mixtes ne saurait prolonger la vie du gisement, ils sont de toute façon extraits en même temps que le minerai riche. Ils permettent, par contre, d'assurer une augmentation de la production avec les mêmes moyens d'extraction et par conséquent assurent un meilleur amortissement des installations. 32. Au rythme de 8 - 9 millions de tonnes, y compris les mixtes enri- chis à partir de 1971, Miferma pourra fournir du minerai de la Kédia d'Idjil jusqu'en 1986, soit encore pendant 20 ans minimum. 33', Notons que la prospection du Tiris et de l'Amsaga, dans les for- mations métamorphiques, a été prévue par le B.R.G.M. (v. Recherche), que liferma continue de son c6té la prospection aérienne et a entrepris une importante campagne de sondages dans la Kédia. Les réserves indiquées ci- dessus constituent donc un minimum. - 9- 34. Dans les abords immédiats de la Kédia, on recherche: - des minerais riches, - des minerais pauvres ou plutôt des mixtes qui pourraient être enrichis. 35. Il y a peu d'espoir de retrouver des amas importants de minerais riches. La richesse du minerai est due, suppose-t-on, à l'élimination de la silice des quartzites, le phénomène est ou superficiel, ou limité à des zones de fractures. On recherche donc actuellement des minerais, moins riches, mais tels que la silice qu'ils contiennent, puisse être éli- minée facilement (grainmétrie) ou encore tèls que le fer (magnétite) puisse être récupéré facilement (séparation magnétique). Les possibilités sont doubles: (1) Le B.H.Q. (Band Hematite Quartzite), ou le fer se trouve surtout sous forme de fer hématite, n'offre guère de possibilités de con- centration économique dans un proche avenir (fer: 40% environ). (2) Les quartzites à magnétites, à grains, avec des teneurs de fer de 30 à 45%. Elles constituent des amas de plusieurs centaines de millions de tonnes situées au Nord de la Kédia d'Idjil. Ce sont ces minerais qui pourraient prendre le relais de l'exploitation actuelle, ils sont, en effet, susceptibles d'un enrichissement économique. La prospection aérienne étudie en ce moment ces zo- nes de quartzites à magnétites. 36. le fer est connu ailleurs qu'à Fort-Gouraud dans aes roches méta- morphiques d'origine sédimentaires, ce sont des quartzites ferrugineuses à hématite ou à magnétites: Dorsale, Reguibat (Sfariat, Zednàs), région d'Akjoujt. La prospection n'a pu mettre en évidence, pour le moment, des gisements exploitables. Ces gites ne présentent aucun intérêt économique. Les chapeaux de fer, par contre, avec des teneurs de l'ordre de 50% en fer, contiennent des masses de carbonates ferrugineuses et manganésifères non négligeables qui pourraient par la suite donner lieu à des exploitations. 37. On connaît également du fer oolithique dans la couverture sédimen- taire, en bordure de la partie Nord du Reguibat. Dans le bassin de Tindouf, au Gara Djébilet, (en Algérie) existe un gisement de 400 millions de tonnes à 57% de fer. Vers le Sud et vers l'Ouest la même couche est connue avec des teneurs en fer de 47 à 58%, mais avec des puissances qui varient de quelques mètres à 10 mètres. 38. Il y a donc, en dehors de Miferma, plusieurs possibilités pour des exploitations de fer en Mauritanie. Toutefois, compte tenu de ce que le marché mondial est plutôt saturé en minerais très riches pour quelques décennies, et que Miferma doit continuer son extraction pendant 20 ans mi- nimum, il est peu probable que dtautres gisements d'accès difficile puis- sent être exploitables dans l'avenir immédiat. - 10 - Gisements d'Ajoujt et autres gisements de cuivre 39. On connaît depuis 1931 les indices de cuivre de la région d'Ak- joujt. L'étude s'est poursuivie sur la Bir-Moghrein jusqu'en 1966. 40. Le BUMIFON entreprend les premières études et sondages de 1947 à 1952 (Syndicat de l'Inchiri). Les travaux réalisés furent: 2.800 mètres de sondages à la maille carrée de 100 m et une descenderie de 100 mètres, 4l. La MICUMA, à partir de 1953, poursuit les travaux de recherches: 17.000 mètres de sondages à maille carrée de 50 m et de 35 m, 2 puits de 100 et 120 m sont foncés, 1.300 m de galeries sont tracés dans la partie sulfurée du gisement, tandis que 900 m de galeries, réparties sur deux niveaux et reliées par 20 montages de 25 mètres, sont creusés dans la par- tie oxydée du gisement. 42. Le gisement, de forme lenticulaire, a une longueur de 500 m maximum, un fendage 20 degrés et une puissance de 50 à 100 m. On y dis- tingue: (a) 7,7 millions de tonnes de minerai oxydé à 2,7% de cuivre, 3,1 gr d'or à la tonne, cette zone est exploitable à ciel ouvert; (b) 15, - millions de tonnes de minerai sulfuré, exploitable a ciel ouvert avec une teneur de 1,8% de cuivre, 1 gr d'or à la tonne; (c) Environ 6,5 millions de tonnes de gisements probables de mi- nerai sulfuré exploitables par travaux miniers, d'une teneur de 1,9% de cuivre, 0,6 gr d'or à la tonne. 43. Les études, abandonnées par IICUMA., en 1962, sont reprises par le groupe canadien Lindsley. En 1964, se constitue la SOCUMA. La Chartered Limited est d'accord avec le chiffre des réserves déjà évaluées et propose un moyen économique du traitement des minerais oxydés, les oxydés étaient à l'origine de l'échec de MICUMA.. U- Au début de l'année un programme de financement a été adopté. 1/ L'exploitation, dont la rentabilité a été démontrée dans le rapport de la Chartered Ltd., pourrait commencer début 1971, la phase préparatoire sur le site ayant déjà commencé. La société envisage une production an- nuelle de 29.000 t/an de cuivre sous forme de concentrés à 47% durant les premières années à partir du minerai oxydé et à 25% par la suite, à partir du minerai sulfuré, pendant une période d'exploitation de quinze ans. Le capital de la SOI-I:A est réparti comme suit: Groupe Charter Consoli- dated, 44,6%; Gouvernement Mauritanien, 22%; participants français, 18,14%; S.F.I.., 151o. - il - 45. Cette exploitation exigera l'utilisation à Akjoujt de 10.000 t/an de sel et de 15.000 t/an de coke. A ce tonnage, nécessaire pour le traitement des minerais oxydc¶és, s'ajoute le fuel, seule source d'é- nergie, soit 45.000 t/an. Ces chiffres sont à prendre en considération pour le projet du wharf de Nouakchott. 46. A part le gite connu à Akjoujt dans des formations sédimentai- res et volcaniques métamorphosées,où le cuivre est associé à des amas de carbonates, on connaît d'autres indices dans la série plissée d'Akjoujt. Il faut étudier cette même série jusqu'à la frontière du Sénégal, il est fort possible que d'autres minéralisations analogues s'y trouvent. 47. On connaît aussi des indices de cuivre dans les séries sédimen- taires de la base de la couverture infracambrienne du socle précambrien (Falaise de l'Adrar à l'Est d'Atar) et dans les siltstones et grès car- bonatés (teneur de 0,5% de cuivre à l'affleurement). Ces dernières for- mations sont situées à proximité de la frontière algérienne, elles sont subhorizontales et s1étendraiehtsur plusieurs kilomètres avec un faible recouvrement (20 m à 6 km en aval des affleurements), Ces faits sont à vérifier, 48. On connait enfin le cuivre dans des filons, soit dans le socle de l'Amsaga, soit dans le Nord de la dorsale Reguibat, près du bassin de Tindouf. On a trouvé dans le premier cas, et échelonnés sur plusieurs kilomètres,de petits filons (0,5 à 0,6 m) avec des teneurs moyennes de 1,9% de cuivre dans le deuxième cas, 42 filons minéralisés dont 6 impor- tants ont été découverts (1959-1960). 49. Toutes ces considérations, qui résultent soit d'observations anciennes, soit d'observations faites en 1965-1966, mettent en évidence toute l'importance qu'il faut attacher au programme de recherches propo- sées dans la première partie du rapport. B. Les ressources d'importance secondaire Phosphates 50. A 40 km, en amont de Kaédi, en bordure du Sénégal, on trouve 5 indices de phosphates découverts en 1936. Le principal, celui de Civé, a été étudié plus en détail. Il s'agit de 4 couches de phosphates, d'une puissance totale de 1 m, avec intercalations deschistes et d'argiles. L'ensemble de la formation a une puissance de 1,60 à 2 m, elle est sub- horizontale. Le recouvrement est faible et peut donner lieu à une exploi- tation à ciel ouvert. La teneur varie de 50 à 70% de phosphates de chaux tricalcique. Le panneau connu sur 4.000 x 800 m contient un tonnage de 42000.000 tonnes. Seule une exploitation semi-artisanale est possible. Les phosphates pourraient subvenir aux besoins de l'agriculture locale. 51. Il est à noter que depuis 1936-1937 aucune étude n'a été faite, il semble que le chiffre de 4 millions de tonnes est un minimum et que l'on puisse envisager, compte tenu de la présence d'autres indices et de l'absence de sondages sous la couverture plus au Nord, l'existence d'un tonnage de 20 millions de tonnes. - 12 - Gyse 52. Les gîtes connus sont dans les environs de Nouakchott, dans le Sebkha N'Drahamcha. Seuls les gîtes les plus proches de Nouakchott peuvent être exploîtés économiquement actuellement: (a) entre les kilomètres 72 et 73 de la piste Nouakchott-Akjoujt un gisement de 1.400.000 tonnes à 84% de gypse est démontré après une campagne de reconnaissance effectuée par le B.R.G.M. La puissance moyenne est de 2 à 2,20 m, Le recouvrement varie de 0 à 0,50 m. (b) un gîte situé à 60 km de Nouakchott, au carrefour de la route de Copolani se présente sous forme de dunes d'une grande extension. Les réserves sont de l'ordre de 2 millions de tonnes. Le Sel 53. Il existe des exploitations artisanales dont l'activité annuelle, dans le Trarza et l'Idjil permet l'extraction de 600 t/an. Les gîtes de- vraient être mieux reconnus. C. Autres ressources Le béryllium 54. On a souvent trouvé le béryl dans les pegmatites du socle. On connaît aujourd'hui le champ pegmatitiqùe du Taziast (entre Akjoujt et Port-Etienne et celui de l'Amsaga, à l'Ouest d'Atar, dans la chaîne du Guelb d'Iguilid. Ces 2 gîtes, peu importants, seraient difficilement ex- ploitables industriellement, mais la récupération par méthodes semi-ar- tisanales de 100.00 à 150.000 de béryl peut être envisagé puisque ces in- dices sont peu éloignés du chemin de fer de Fort-Gouraud. D'autres indi- ces sont connus dans la dorsale Reguibat dans la région du Yelti. Le chrome , 55. La prospection au sol et aéroportée a permis au cours des der- nières années de mettre en évidence de nombreux indices de chrome. La chromite est liée à des anorthosites et à des serpentines (intrusions de roches basiques métamorphosées). On connaît de telles roches sur toute l'étendue de la série d'Akjoujt et jusqu'au Sénégal et au Mali, au Sud, Seule une petite partie de cette zone a été prospectée en détail dans l'Amsaga. Ce sont de petits gîtes épars de 30 m sur 50 m, le principal a 100 m sur 50 m. Ces lentilles sont très nombreuses. Il s'a irait d'une véritable "province chromifère". Le minerai titre 35% de Cr2à - avec Cr/Fe égal à 1,5-2, il est pauvre en alumine et a une teneur moyenne en silice et en magnésie. - 13 - Soufre 56. Ce gîte encore mal étudié se trouve à Cuprit dans des terrains quaternaires littéraux. Il est connu vers l'Est par des affleurements. Les couches rencontrées sont minces (O,ho m) et à faible teneur (17% de S). Les recherches ont été réduites faute d'équipements suffisants et par suite de difficultés provoquées par des dégagements gazeux et la proximité des dunes. Des recherches plus importantes devraient être entreprises pour définir l'exploitabilité de ce gîte. A noter que le gisement est af- fecté d'un certain pendage, ce qui augmente les difficultrés de la recon- naissance sous les sables et ce qui rendrait plus difficile son exploita- tion. Divers 57. Il s'agit d1indices variés qui peuvent être intéressants, mais qui sont encore mal étudiés: - Wolfram, à 40km à l'Est d'Akjoujt à Zabrinkout associé à de la saheelite et de la tungstite; - Or, nombreux indices épars dans la Dorsale Reguibat, associés à des filons de quartz; - Illémite, 200.000 tonnes dispersées le long de la câte, teneur de 2, 7 3%. La récupération n'est pas intéressante économi- quement à l'heure actuelle (dispersion, faible puissance, répar- tition hétérogène, beaucoup d'autres minéraux lourds à sépara- tion difficile); - Matières radioactives. Les prospections du Commissariat à l'Energie Atomique, dans la région de Port-Etienne, Fort- Trinquet, n'ont pas encore permis de mettre en évidence des gîtes valables. Les grosses anomalies relevées par la prospection aérienne dans les séries d'Akjoujt, à 150 km au S.E. d'Akjoujt, ont démontré l'existence de filonnets de thorium (12%) et d'uranium (quelques 100 ppm). La prospection n'est pas terminée. - Midbium et Tantale, quelques indices strafiformes au Sud du plateau de l'Assaba dans la couverture sédimentaire paléozoique. Il s'agit d'un grès du cambrien ou de la base du silurien. La prospection est à poursuivre. Les calcaires (a) Sur le parcours de la voie ferrée de Port-Etienne les calcaires sont connus près d'Atar et de Bou Lanouane. Ils seraient exploi- tés si une industrie métallurgique de développait à Port-Etienne. Il sera intéressant de relever les gîtes qui affluent le long du fleuve (carte géotechnique). Ils pourraient donner lieu à une utilisation comme matériaux de construction ou pour la fabrication de chaux vive. - 14 - (b) Les calcaires de coquillages constituent des volumes importants autour de Nouakchott et pourraient être utilisés comme matériaux de construction. Le développement des constructions est toute- fois limité actuellement par le manque d'eau. IIII. Les Investissements Miniers et leur Incidence A. Les investissements miniers 58. Jusqu'en 1966, ils se traduisent pratiquement à ceux qui ont été faits par MIFERMA.. A. partir de 1968, on peut espérer voir se développer la mine d'Akjoujt. 1IFERMA 59. Le tableau résume les investissements de cette Société depuis 1963 et pour les années à venir jusqu'en 1970. (millions CFA) 1963 196h 1965 1966 1967 1968 1969 1970 Total 43,568 2,291 3,039 3,082 2,132 1,441 2,046 2,292 58,891 60. Nous n'avons pas pu avoir la répartition exacte de ces investis- sements a Port-Etienne. Quoiqu'il en soit, l'essentiel des investisse- ments a été fait. Il reste à terminer la mise en route de la Mine de F'Derik, à réaliser le projet d'enrichissement des minerais mixtes, la mise en valeur des "petits gisements". Les investissements prévus pour F'Derik, actuellement engagés, sont de 5.000 millions CFA et portent sur 1966 et 1967. Investissements à Akjoujt 61. Nous examinons tous les investissements liés à la mine et à son site, y compris les investissements nécessités par le wharf de Nouakchott et l'amélioration du tracé de la route de Nouakchott à Akjoujt. Il n'est pas encore certain que l'amélioration du tracé de la route sera effectuée. - 15 - 62. Le détail des investissements apparait dans le tableau ci- dessous: A. Mine et Equipement Millions CFA - Préparation de la découverte 370 - Atelier de préparation des minerais 3.750 - Centrale énergétique 625 - Equipement pour le transport r:u'tier 288 - Equipement pour l'entretien dé la route 67 Total 5.100 B. Aménagements résidentiels et administratifs 1.375 C. Services Publics - Amélioration de la route de Nouakchott à Akjoujt 775 - Installation à Nouakchott: W4harf 55 dans le port à terre 375 - Alimentation en eau - Akjoujt 1.375 Total 3.075 D. Fraiý indirects et prévisions - Bureau d'études et essais 300 - Intérêts avant production 725 - Imprévus 1.000 Total 2.025 E. Rachats des intérêts des participants antérieurs - Actionnaires MICUMA. 1.050 - Prêts de 11I.C.A. à Mauritanie 250 Total 1.300 F. Fonds de roulement et avance - Fonds de roulement et fournitures 1.500 - Avances à Mauritanie 125 Total 1.625 Soit au total: 14.00 millions de CFA. - 16 - 63. Ces investissements se ventiJent au cours des trois premières annêes (probablement 1963-69-70) de la façon suivante: 196u 1969 1970 Total Etudes 300 - - 300 Mines et atelier y compris imprévus 1.400 3.000 3.075 7.475 Route, eau, wharf, port 1.000 1.275 800 3.075 Remboursement 1/ Micuma et ICA 900 - - 900 Prêt Mauritanien - 125 - 125 Fond d'exploitation et fournitures - 125 1.375 1.500 Intérêt avant production - 200 525 725 Total 3.600 4.725 5.775 14.100 B. Autres investissements miniers 64. Nous venons de voir avec MIFERMA et Akjoujt les deux principales activités actuelles ou futures d'importance mondiale. Examinons les au- tres possibilités du pays qui justifieraient des investissements. 65. La liste des ressources minérales peut nous servir de guide. Seul, dans l'immédiat, compte tenu des connaissances géologiques, le gypse, le phosphate et le sel peuvent être exploités. Le gypse 66. Nous avons vu que trois gisements existaient dont deux à proxi- mitê de la capitale à 60 km environ. L'exploitabilité est certaine: pas de recouvrement, puissance de 2 m et plus et teneur très favorable 84/o. Ces deux gites renferment plus de 3 millions de tonnes facilement accessibles. 67. La construction d'un nouveau wharf à Nouakchott va permettre l'exportation du gypse brut dans les cimenteries des pays tels que le Sénêgal, le Nigéria ou le Mali, lesquels importent actuellement du plâtre venant dîEurope (2.000 CFA rendu à Dakar); il semble que l'on puisse ex- porter de Nouakchott de l'ordre de 40.000 tonnes/an, On pourrait imagi- ner une petite fabrication locale avec un four à plâtre rudimentaire (5.000 t/an). Etant produit à un prix inférieur au prix actuel, le plâtre pourrait être utilisé pour les revêtements à la place du ciment (12.000 CFA/tonne). 1/ Le remboursement à MICUMA se fait en deux fois, une fois lors de l'ex- ploitation de minerai oxydé (900 millions de CFA), l'autre fois au moment de l'exploitation de minerai sulfuré. - 17 - 68. Le gypse peut servir a la fabrication de matériaux précontraints. On pourrait à bon marché créer une petite industrie extractive avec des moyens semi-artisanaux (quelques berlines, une trémie, 2 ou 3 camions). On pourrait ainsi occuper une vingtaine d'ouvriers. Il n'est pas judicieux, compte tenu du peu de tonnage à extraire, de proposer l'achat d'une pelle mécanique ou d'autres engins coûteux. L'investissement pourrait être de 30.000.000 CFA. Un crédit de 3.000.000 CFA pour l'étude préalable est inscrit au budget. Le phosphate 69. Le gisement, dont les réserves sont de h millions de tonnes, est facilement exploitable en découverte. Il est susceptible de pouvoir fournir probablement beaucoup plus de tonnage. Un investissement de 30 millions de CFA semble suffisant pour que l'exploitation puisse commencer. Il correspond à l'achat de quelques berlines, la construction d'une trêmie, d'une route d'accès au gisement et d'une barge. La consommation du phos- phate est destinée à satisfaire les besoins de ltagriculture dans les zo- nes situées au bord du fleuve. Il n'est pas nécessaire de lui faire subir un traitenent quelqonque. Le coût de la tonne serait faible: 350 CFA - 400 CFA/tonne. 70. Un seul inconvénient: dans les prochaines années, il n'y a aucun espoir de voir le phosphate brut être utilisé par l'agriculture maurita- nienne. Une agriculture plus évoluée dans une dizaine dtannées pourra peut-6tre devenir consommatrice de ce phosphate brut. Les engrais azotés sont pour le moment plus nécessaires. N'oublions pas que le Sénégal pro- duit déjà du phosphate à Taiba et bientôt des superphosphates et des en- grais complexes à SIES. Le Rio del Oro pourra également avant 10 ans fournir des phosphates à bon compte. L'exploitation de ce gisement semble donc compromise. Toutefois, compte tenu du faible investissement nécesý- saire, l'essai mériterait d'être tenté, Le sel 71. Jusqu'en 1955 il a fait l'objet d'exploitations artisanales dans les salines d'Idjil. (2.000 t/an) et dans les salines du Trarza: 7.000 - 8.000 t/an, mais la concurrence des marais salants de Kaolack (Sénégal) et des gisements maliensafait tomber la production à 600 t/an. Le trai- tement des minerais d'Akjoujt nécessitera la consommation de 10.000 t de sel/an. Quelques sondages sur les salines du Trarza doivent permettre de voir si les couches profondes, non exploitées actuellement, peuvent être utilisables. Toutefois, plut6t que d'extraire du sel gemme, et de lui faire subir un transport coûteux jusqu'à l'axe routier Nouakchott-Akjoujt, il faut étudier la possibilité de l'utilisation des saumures qui pro.vien- dront de l'usine de déminéralisation de Nouakchott (elle peut fournir 30.000 t/an de sel). 72. Signalons que les pêcheries de Port-Etienne consomment encore 20.000 t/an de sel en provenance des Canaries à 3.000 CFA/t. On pourrait dans ce dernier cas également penser à l'utilisation du sel de l'usine de Nouakchott. C.-tte consommation va toutefois diminuer avec les nouvelles possibilités offertes par la congéletion. - 18 - Les calcaires 73. Leur extraction deviendra intéressante le jour où la cons- truction se développera. On utilise aujourd'hui de préférence dans la construction du ciment, du béton armé et des agglomérés en béton. Or le ciment est cher: 12.500 F/tonne, vendue à Nouakchott. Il peut coûter 50.000 F/tonne à Néma ou dans le Hodh Oriental. On peut donc, dans les secteurs où le ciment est cher, utiliser de préférence le calcaire, lequel se trouve précisément dans les régions précitées. Simultanément, on peut penser à fabriquer de la chaux vive qui servi- rait à la confection de mortier. On devrait ainsi pouvoir économiser dans cette partie de la Mauritanie 10.000 t de ciment par an. Evidem- ment, ces procédés économiques de construction serviraient avant tout à la construction de petits édifices. La construction de grands édi- fices en pierre exige une main-d'oeuvre qualifiée qu'il faudra former (la moitié des ouvriers du batiment sont originaires du Sénégal). 74. Cette remarque est aussi valable pour la région du fleuve où des calcaires utilisables pour la construction scnt connus. Toutefois, nous admettons, à la rigueur, que pour un édifice comme l'abattoir de Kaédi il faille encore utiliser le béton armé. 75. Notons enfin que le mélange de "banco" (couverture latéritique), mélangé à un peu de ciment, peut avantageusement permettre la fabrication do parpaings (expérimenté au Mali avec succès). 76. Divers projets de cimenteries ont été étudiés mais avant de songer à construire une cimenterie, il faut d'abord utiliser toutes les ressources naturelles qui permettent d'économiser le ciment, au moins dans les zones où il est cher. Une évaluation des besoins, impossible à obtenir à l'heure actuelle, doit servir de base à l'étude économique d'une cimenterie. Des études récentes montrent que la taille minimum d'une cimenterie est de 50.000 t/an. Aujourd'hui il est transité sur Nouakchott Atar seulement, 3.000 à h.000 t/an. Par Rosso et Port-Etienne transitent environ 5.000 t/an, soit au total pour la R.I.M. 8.000 t/an de ciment. 77. La tonne rendue à Port-Etienne ou Nouakchott coûte 12.500 CFA, or elle coûte 5.800 CFA. au départ de Rufisque. Le jour oÙ le wharf de Nouakchott sera amélioré et où le cabotage aura lieu normalement entre Dakar et la capitale la tonne en provenance de Rufisque devrait coûter 2.300 francs de moins. Enfin, n'oublions pas que l'usine de Rufisque pourrait produire plus de ciment s'il était actuellement possible d'en vendre plus, Le béryllium 78. Il s'agit de petits gÎtes connus dans trois pegmatites. Ils pourraient être exploités sans gros moyens. Ils ont l'avantage de se trouver près de la route d'Atar à Nouakchott. Les 100.000 tonnes éva- luées à ce jour représentent une valeur de 100 millions de CFA, rendues à Nouakchott ou à Port-Etienne. - 19 - 79. Les autres minéraux ne peuv>ent dans l'immédiat donner lieu à une exploitation quelconque. Il faudra d'abord compléter les recherches géologiques. 0. IFER4A.: Son impact 80. Lorsque Miferma a décidé d'exploiter la Kédia dtIdjil en 1959, seules quelques familles de nomades campaient dans les environs de Fort- Gouraud. L'implantation de 1.500 salariés dans une région quasi déserti- que a donc bouleversé le mode de vie. Mais par son envergure et ses dé- pendances situées à Port-Etienne, Miferma a .également eu une influence sur tout le Nord de la Mauritanie. Nous avons déjà vu l'importance que cette société a pour les finances de la Mauritanie. 81. Rappelons que la mine, située à proximité de Fort-Gouraud, a été amenée à construire un chemin de fer de plus de 650 km de long qui transporte le minerai à Port-Etienne. Il a fallu construire un nouveau port minéralier à Cansado. Le résultat de toute cette organisation est la créàtion de 2 poles d'attraction démographique: Zouérate (près de Fort-Gouraud) et Cansado (près de Port-Etienne). L'évolution du nombre des salariés a été la suivante: Cansado Zouérate Total Année: Européens Africains :Europens Africains:Européens Africains : Total 1961 229 900 - - 229 900 1.120 1962 307 1.100 - - 307 1.100 1.h07 1)63 377 1.45050 0 930 727 2.380 3.107 1964 4ho 1.509 405 953 945 2.462 3.407 1965 524 1.742 447 1.075 971 2.817 3.788 1966 563 1.762 456 1.171 1.019 2.933 3.952 Source: MIFERMI 82. Il est prévu qu'à partir de 1967, l'effectif de Miferma doit retrouver le niveau qu'il avait en l965. L'effectif est maintenent sta- bilisé et ne devrait plus subir de variations importantes. Ces salariés font vivre une population que nous allons essayer de délimiter. A Zouérate: 83. S'il est facile de saisir la population qui est logée par Mifer- ma, il est par contre très difficile d'évaluer la population mauritanienne. Une petite partie de celle-ci est logée par Miferma (1.126 par année logés pour 1.171 salariés). Seuls les ouvriers qui ont dépassé une certaine qualification peuvent prétendre être logés. Autour d'un salarié s'agglu- tine toute sa famille, bien souvent un père, un frère, un cousin, etc ..., des nomades viennent travailler 6 mois puis repartent. Une belle pluie fait pousser quelques végétations et cela suffit pour que les ouvriers re- trouvent leurs troupeaux. Ils sont heureux de quitter cette activitémoderne - 20- qui ne leur plait pas et les désoriente. Tout autour de la cité euro- péenne de Zouérate grouille dans le bidonville une population extrême- ment mouvante évaluée à 10.000 habitants qui se répartit comme suit: Européens 1.013 personnes Africains (1) 1.126 personnes Africains (2) 8.000 personnes (1) Africains logés par Miferma (2) Africains logés dans le bidonville ou dans des tentes. M. On remarque que pour h50 salariés européens il y a 1.013 per- sonnes. La majorité des hommes vit en célibataire. Il y a une cinquan- taine de cas oùU, dans un même ménage, l'homme et la femme travaillent. 85. La population européenne a eu peu d'influence sur l'implanta- tion de la population africaine. Quelques domestiques sont utilisés mais ils sont peu nombreux, même pas une centaine. C'est donc uniquement les 1.100 salaries africains qui sont à l'origine de l'implantation de 9.000 personnes africaines autour de Zouérate. A Port-Etienne: 86. La population totale est évaluée, y compris Cansado, à 11.000 habitants. La répartition en 1966 est la suivante: Tableau 1 - Français et autres Européens 1.908 Espagnols (Canariens) 1.076 Africains 8.266 11.250 87. Les Canariens sont les pâcheurs qui vont et viennent à Port- Etienne, leur nombre est très variable suivant la saison. Ils ne nous intéressent pas dans le cadre de cette étude. Nous n'avons pas pu avoir à Miferma la population africaine qui correspond aux salariés africains de Miferma. Il est, en effet, impossible de connaltre exactement l'im- portance de la famille d'un Africain (enfants, femmes). Cette main- d'oeuvre est constituée soit par des Noirs du fleuve (Sénégal) qui vivent en célibataires, soit par des Mauritaniens. Nous connaissons le chiffre de la population africaine logée par Miferma: 2.837 personnes. Les céli- bataires et beaucoup d'autres, dans les catégories de personnel peu qua- lifié, se logent à Port-Etienne dans le bidonville ou sous des tentes. 88. Personnel logé par Miferma à Cansado: Tableau 2 Africains 2.837 Européens 1.169 h.006 89. Nous avons pu obtenir le chiffre de la population de Port-Etienne en 1961: 5.283 habitants. A cette époque Miferma avait commencé ses in- vestissements et quelques employés étaient déja arrivés, mais tous étaient lâ en célibataires. On peut donc établir la répartition suivante: - 21 - Non Miferma Miferma Total Tableau 3 - Africains 2.593 900 3.493 Européens 1.561 229 1.790 Total 4.15h 1.129 5.283 90. Nous avons essayé de dresser le tableau des industries ou commerces qui doivent leur naissence à l'implantation de Miferma et une part de leur activité actuelle à Miferma. Tableau h - Personnel (salariés)i Sociétés Européen Africain Remarques BULL 1 - BANQUE A.O. 2 2 Existait déjà avant l'implantation de Miferma, nous n'avons indiqué que le personnel supplémentaire. SOCIETE B.P. 20 10 Filiale Miferma. CEEM 1/ 14 14 Encore quelques travaux. C,G.E, 15 5 Eaux (OMA) h 20 Distribue eau en ville. EUREQUIPE ho - Organise la formation professionnelle HOTEL CLUPER 4 15 PESCHAUD 4 10 Agence voyage. PERISSA-C 1/ 5 50 Entreprise construction. A encore quelques travaux. SOFRATEP 1/ 12 100 Entreprise construction. A encore quelques travaux. SAMA 21 70 Filiale de Miferma, ne vit que du transit de 1-1iferma. SOMOVIA, 3 10 Fournit la viande. Source: Estimations de la Mission. 1/ L'activité de ces Sociétés va diminuer de façon importante d'ici 1 à 2 ans, lorsque les investissements prévus pour la pàche seront achevés, 91. Quoiqu'il en soit, si nous admettons que, comme pour Miferma, la population induite par des salariés européens est égale au nombre de sala- riés multiplié par deux, nous aurions 300 personnes. Le personnel afri- cain (307 personnes, une partie célibateire) devrait correspondre à un millier de personnes environ, 92. En ajoutant les chiffres de la première colonne du tableau 3 à ceux du tableau 2 nous obtenons: - 22 - (1) Européens: 1.561 plus 1.169 égal 2.730. 93. En ajoutant aux 2.730 précédents, les quelques 300 personnes possibles citées au paragraphe précédent (146 x 2) nous retrouvons le même chiffre de près de 3,000 Européens (tableau 1: 1,908 plus 1.076 canariens). Autrement dit EIferma a eu très peu d'influence sur le dé- veloppement de la population européenne à Port-Etienne. (2) Africains: 2.593 plus 2.837 égal 5.430. 94. Ajoutons y 1.000 personnes dues à l'activité parallèle à Ni- ferma, soit 6.430 personnes, à compàrer au total de 8.266 Africains. La différence serait de 1.836, elle peut s'expliquer facilement par la présence des familles de 3-ho salariés africains non logés. En fait, le calcul est certainement inexact, une partie importance des 2.593 Africains qui étaient à Port-Etienne en 1961 ont dû trouver du travail a Miferma. 95. Reprenons l'évaluation d'une autre façon: nous supposons que chaque famille est constituée par 5 personnes environ (chiffres "officiel" 4,7) nous aurions donc pour les 1.750 salariés africains, décomposés en 1.000 mariés et 750 célibataires. 1 - célibataires = 750 2 - mariés x 5 soit 1.000 x 5 = 5.000 personnes auxquelles s'ajoutent 750 célibataires, soit 5.750 activité induite par Miferma: 1.000, soit au total 6.750. 96. Il resterait 1.500 Africains, ce qui correspondrait à 4-500 salariés indépendants de Miferma, directement ou indirectement, or il y en avait déjà 2.593 en 1961. On voit là encore que la population s'est développée uniquement autour de Miferma. 97. Nous venons de voir que la population stest développée dans l'environnement immédiat de Miferma et que peu de nouveaux salariés sont apparus. Il n'y a donc eu ni implantation de commerces, ni nouveaux biens produits en dehors de ceux produits par 14iferma (à peu de choses près). Sur un plan plus général, on constate que sur 7,700 salariés en Mauritanie, 3.708 appartiennent à Miferma, soit 49%. Ce sont les chif- fres valables pour 1965. Ils seront les mêmes en 1967. Ils ne concer- nent que les entreprises privées. 98. A l'intérieur du groupe "Mines-Carrières" Miferma regroupe 3.788 salariés sur un total de 3.880 soit plus de 97%. Le groupe de salariés le plus nombreux après les mines est constitué par les "Bâti- ments et Travaux Publics" avec 19% du total des salariés, or cette ac- tivité est en régression aussi bien dans le Nord qu'à Nouakchott, main- tenant que les constructions les plus importantes ont été réaliséees. - 23 - 99. On retrouve le même déséquilibre dans la répartition géogra- phique: 68% des salariés sont dans la région Nord (Port-Etienne - Fort-Gouraud). Répartition des salariés du secteur privé en Mauritanie Branches d'activité Effectif % Agriculture 470 6 Mines-Carrières 3.881 50 Industries de transformation 138 2 Bâtiments et Travaux Publics 1.435 19 Eau-Electricité 119 2 Commerces et Banques 32h h Transports 655 8 Services 696 9 Total 7.71f 10 Source: Bulletin Statistique RI1, No. 8, page 5. 100. Certes, ces statistiques sont incomplètes, on n'a pas tenu compte des travailleurs indépendants, n'occupant aucun salarié, on n'a pas tenu compte également des tacherons de bâtiment, non déclarés, et qui ont une activité irrégulière. L'erreur globale, par défaut, est de l'ordre de 1%. 101. Notons que seule Miferma groupe plus de 1.000 salariés actuel- lement en Mauritanie. En ce qui concerne la qualification dans les échelons les plus élevés (cadres et maÎtrise) Miferma regroupe 982 per- sonnes sur 1.302 soit plus de 75%. En pourcentage, il a 22% de maÎ- trise dans les mines (c'est-à-dire à Miferma pratiquement) pour 14% en moyenne dans les autres activités, mais -ceci se retrouve dans tous les pays. 102. La répartition entre les ouvriers qualifiés (48%) et non quali- fiés (52%) est la même à Miferma qu'ailleurs (46% et 54%). 103. La répartition entre trava-lleurs nationaux (68%)et étrangers (32%) est la même à Miferma et en Mauritanie (68%, 32%). Où cette ré- partition n'est pas la même c'est dans les catégories professionnelles: Direction, Cadres et MaÎtrise regroupe 90% d'étrangers. 1iterma repré- sente encore 25% du total des salariés mauritaniens, y compris les 8.200 salariés des services publics. Salaires 104. Sur l'ensemble des salaires versés par les divers secteurs d'activité (privés) soit 3.700 millions CFA, Miferma en a versé 2.356 millions soit 96% des versements dans mines et carrières et 62% du total des salaires versés en Mauritanie par les entreprises privées. L'ensemble du bâtiment et travaux publics ne représente que 25% de ce que verse Miferma. Notons que Miferma est à l'origine de 99% des sa- laires payés dans le Nord du pays (Port-Etienne - Fort-Gouraud). - 24 - 105. Les salaires sont répartis très inégalement dans la R.I.M.: si on prend comme base de salaire 100 pour l'ensemble de la R.I.M., nous avons 117 dans le Nord, 60 et 65 dans le reste du pays, toujours dans les secteurs privés de l'économie. 106. Plus de la moitié des salariés touche moins de 15.000 CFA/ mois, même dans les "mines", les sommes relatives à ces travailleurs représentent 15% du total des salaires distribués, par contre, 63% des salaires distribués sont perçus par 13% des salariés. Il s'agit bien entendu des catégories cadres et maitrise d'origine étrangère. Les salaires distribués à Zouérate, mensuellement, sont à peu près: personnel africain 22 millions CFA (1.150 salariés) personnel européen 60 millions CFA ( 450 salariés) soit 19.100 CFA/mois pour les premiers et 137.000 CFA/mois pour les seconds. 107. Sur une population de 1 million d'habitants, on a une popu- lation active de 250.000 hommes. Bien que les salariés de Miferma ne représentent que 3.800 personnes, soit 1,5%, ces derniers perçoivent 2-356 millions de CFA. 108. On se rend compte aussi que le secteur moderne de l'activité utilise 5% de la population active contre 95% dans le secteur tradi- tionnel (culture et élevage). Les salariés nationaux, 13.000 environ, sur un total de 16.200, perçoivent 90% des salaires du secteur public et 30% des salaires du secteur privé. 109. Si nous examinons l'évolution de la masse salariale versée par le secteur privé de 1962 à 1965, on voit que la masse salariale est restée pratiquement constante et que le développement de la mine s'est fait au détriment du bâtiment. (milliards CFA) Mine Bâtiment Reste Total 1962 1,2 20,6 3,8 1963 1,7 1,2 0,7 3,6 1964 2 o,h 0,8 3,8 1965 110. Ce phénomène confirme ce que nous disions auparavant, à savoir que Miferma depuis 1962, n'a pas créé beaucoup d'emplois nouveaux en dehors de ceux créés par sa propre activité. Les ouvriers qui avaient été occupés, lors de la phase d'installation, aux travaux de génie-civil, ont été en grande partie réembauché par Miferma. 111. Notons également le fait suivant: sur les 2.h00 millions de salaires bruts de iiferma, 60% sont versés aux européens, soit 1.500 millions environ. Or, il n'y a que 7 - 800 millions qui sont dépensés en Mauritanie, le reste constitue les économies virées en Europe. -25 - Formation professionnelle 112. Par son action sur le plan de la formation, Miferma permet d'augmenter la qualification du personnel national et peu à peu lui permet d'augmenter son revenu. Cette formation est effectuée par "Euréquipe" d'une part et par le centre local de Port-Etienne. Miferma consacre plus de 150 millions de CFA à cette activité. 113. Une cinquantaine de personnes y participent; Port-Etienne 6 cadres 4 instructeurs (I1F) 14 instructeurs (Euréquipe) Zouérate 17 instructeurs 10 subalternes 114. La section sur l'enseignement contenue au Volume II expose dans le détail l'expérience d'Euréquipe chez Miferma. Les chiffres des effec- tifs formés, qui ne correspondent pas exactement à ceux figurant dans le rapport Euréquipe, proviennent directement de Miferma. Effectifs formés (a) Zouérate: 115. Depuis 1963 il est passé par le centre de formation 573 éléments (des catégories si et S5) dont 225 ont été perfectionnés et dont certains ont atteint le classement hors catêgorie Hi1 et M2. Sur l'ensemble des 573, il reste 332 personnes dont 183 perfectionnées. 30% du personnel de Zoué- rate ont donc subit une formation. Il s'agit de former des conducteurs d'engins, des mécaniciens, quelques électriciens. 3 nationaux conduisent déjà une pelle électrique. 116. On voit dans le tableau suivant l'évolution toujours croissante du nombre des ouvriers des catégories éleirées. - 26 - Evolution des catégories (Africains) 2/ 1963 31-965 1966 1967 (prévisions) 81 310 436 363 320 S2 205 250 241 340 33 192 294 218 120 s4 146 219 154 100 S5 134 200 157 220 S6 et S7 126 137 120 180 Hors catêgorie 42 21 20 15 1/ Total 1.155 1.557 1.273 1.295 (b) Cansado: 117. La formation poursuit à peu près les mêmes buts: mécaniciens, électriciens, conducteurs d'engins, conducteurs de trains, entretien des locotracteurs, du matériel roulant. 118. Il y a eu 612 éléments formés, 84 perfectionnés et actuellement 317 en perfectionnement. Miferma n'a pas formé d'employês administratifs. 1963 19614 1965 1966 si 310 424 436 428 S2 205 233 291 365 53 192 290 279 310 S4 146 195 209 247 S51314 191 213 204 S6 et S7 126 137 138 178 Hors 2atégorie 42 25 20 15 Total 1.155 1.495 1.586 1.747 Maîtrise 1 15 26 45 61 MaÎtrise 2 26 29 27 36 1/ La décroissance du nombre des ouvriers hors catêgorie correspond à leur passage dans la maîtrise. 2/ Il s'agit d'effectifs moyens mensuels. 3/ En 1963, les chiffres sont les mêmes à Cansado et à Zouérate, il n'y avait qu'un seul centre de formation. - 27 - Autres effets 19. Miferma a construit à Zouérate 200 logements pour les euro- peens et 874 logements dits "économiques". A Cansado ce sont 210 lo- gements cadres et 487 logements économiques qui ont été réalisês. A ceci, il faut ajouter les écoles, les polycliniques, les centres com- merciaux, les stades. 120. Le commerce n'a pas profitê, ou peu, de l'implantation de Miferma, la Société ayant construit depuis 1961 ses propres êconomats, ce qui était d'ailleurs une nécessité. Miferma a acheté en 1966 pour 314 millions de CFA dont 5% sont achetés à Port-Etienne au SIGP (équi- valent d'un prisunic), 8% à SCTT, 10% proviennent de la SONIEX (Société Nationale d'Importation/Exportation). Cette Société fournit 300 t de riz (à 40 CFA le kg), le thé, le sucre (12 millions de CFA). Tous ces produits, à 90%, viennent de France, après être passés simplement par l'intermédiaire de la SOMINEX. La viande est achetée 3 Dakar et en France. L'Economat, pour le reste, s'approvisionne directenent en France. 121. Le coût de fonctionnement des économats est assez élevé: 107 millions de transport et de douanes, dont 60 millions de douanes, et 84 millions de frais généraux et de personnel. Les économats vendent donc finalement pour 505 millions de CFA de marchandises. Notons que ceci représente,environ 20% des salaires bruts versês au personnel. D'après la législation, l'économat ne doit pas faire de bénêfices, il apparaît en 1966 une perte de 15 millions de CFA. 122. A ce commerce s'ajoutent: (a) le petit commerce local pour les bidonvilles, il ne con- cerne que les Africains qui peuvent d'ailleurs s'approvi- sionner dans les économats de la mine; (b) la contrebande, aussi bien à Port-Etienne qu'à Zouérate, et qui peut être êvaluée à 3 millions de CFA/mois (3.000 F/mois et par famille européenne); (c) les jardins arrosés avec les eaux usées, a Zouérate; (d) les colporteurs sénêgalais, mais tout ceci représente peu de chose. 123. Rappelons enfin que Miferma distribue l'eau et l'électricité, mais que cette activité n'a rien de philanthropique: 15 CFA/kwh et 650 F/m3 d'eau. D. Akjoujt - SOMIMA 124. Il est prévu un effectif de 476 employés dont 96 européens (chiffres qui correspondent à ceux de Miferma). On peut penser que comme pour 1iferma il y aura peu d'emplois nouveaux créés en dehors de SOMIMA. - 28 - 125. Toutefois, les salariés nationaux verront le nombre de per- sonnes à charge augmenter (frères, cousins, etc. ). Les salaires dis- tribuês seront de l'ordre de 290 millions/an. 126. La formation professionnelle aura une ampleur analogue à celle de Miferma et, toutes proportions gardées, on devrait former une centaine de personnes. 127. Rappelons que la SOMIMA va participer de façon importante aux investissements des services publics: - Le wharf de Nouakchott qui ne peut guère assurer plus de 40 - 50.000 t/an pourrait doubler ses capacités. De nouveaux courants commerciaux pourront s'établir, par mer, entre Dakar et Nouak- chott, Port-Etienne et Nouakchott. Le coût des transports de- vrait diminuer de 2 -3.000 CFA/t. Il n'a pas été possible de connaître exactement les coûts des transports. Une étude qui semble sérieuse fait, par exemple, état d'un coût de transport, pour 2e ciment entre Dakar et Nouakchott (par voie de terre) de 9.500 CFA/t. Or, le ciment acheté 5.900 CFA à Dakar est re- vendu 11.800 CFA à Nouakchott, en gros. Onse heurte en ce mo- ment à une grande résistance des transporteurs par voie de terre qui pratiquent le dumping pour contrecarrer l'établissement du nouveau courant par voie de mer. Le wharf, qui initialement devait être équipé pour permettre le chargement en vrac des con- centrés, conservera ses installations actuelles, il sera simple- ment prolongé. SOMIMA va, en effet transporter ses concentrés dans des sacs en plastique, ce qui élimine toute perte au cours du transport en vrac et en camion. Le coût de l'ensachage est plus que compensé par la suppression des pertes. - Investissements pour les écoles à Akjoujt, la route entre Nouakchott et Akjoujt, l'adduction d'eau à Akjoujt. Tous ces investissements représentent environ 2.000 millions de CFA. - L'alimentation de la petite colonie européenne d'Akjoujt (300 personnes environ) suppose des achats de viande et de légumes qui pourraient venir du sud (abattoir de Kaédia) et d'Atar, à condition que les maraîchers d'Atar veuillent se donner la peine d'améliorer la qualité de leurs produits et leur conditionnement. En comparant avec Miferma, l'économat d'Akjoujt devrait acheter pour près de 35 millions de CFA/an de produits divers. 128. Nous avons vu qu'ils représentaient peu de chose: phosphates - 30 millions; gypse - 30 millions; sel à revoir, étude à compléter. C'est une centaine de personnes au maximum qui participeraient à ces petites ex- ploitations, ce qui correspondrait à une distribution de salaires de 25 millions de CFA/an et au revenu brut de: (a) 30 millions de CFA pour les phosphates (30.000 t/an à 1.0000_F) (b) 70 millions de CFA pour le gypse (40.000 t/an à 1.700 CFA). - 29 - IV. Recommandations A. La Direction des Mines et de l'Industrie 129. Les Mines et l'Industrie dépendent d'un Haut Commissaire. L'organigramme est le suivant: i/ 1. Directeur des Mines 1 Adjoint au Directeur des Mines Secrétariat 4 Secrétaires 2 Plantons 2 Chauffeurs. Industrialisation Service des Mines Recherches Energie 1 Ingénieur Port-Etienne: Cê6iqo iues 1 Ing nieur 1 Ingnieur 2 Ingénieurs Service des Mines 1 Laborantin Akjoujt: 1 Ingénieur 130. Aujourd'hui les postes d'adjoint au Directeur des Mines, celui de l'Energie, celui du service des Mines d#Akjoujt ne sont pas pourvus. Les recherches géologiques sont assurées par un expert de l'ONU., tempo- raire, il en est de même pour l'industrialisation 131. La somme prévue au budget 1967 pour le personnel est de 7,9 millions, celle prévue pour le matériel est de 4,h millions CFA. Rien n'est prévu pour la recherche géologique qui est totalement financée par la FAC ou par des Sociétés privées. La R.I.M. devrait toutefois disposer d'un petit service de recherches géologiques, permanent à Nouakchott, de façon à ne pas dépendre de la Faculté de Dakar et du B.R.G.M. de Dakar de façon aussi étroite que maintenant. De plus, on peut être assuré que pendant 20 ans ce service aura de quoi s'occuper. Coût 6 millions par an. Il faudrait aussi compléter l'équipement du laboratoire de géologie peu à peu: équipement pour lames minces, scie diamant, cogt 4 millions CFA. 132. Pas de remarques à faire sur l'organigramme sinon qu'à l'heure actuelle l'Energie dépend encore en fait des Travaux Publics, lesquels as- surent la distribution de l'énergie, mais non sa production. Les problé- mes de l'énergie, liés étroitement à ceux des mines et de l'industrialisa- tion, doivent, en effet, être étudiés par le Service des Mines. 1/ En janvier 1968, le Haut-Commissariat a été intégré au nouveau Ministére de l'Industrie, de l'Artisanat et des Mines. - 30 - B. Formation Professionnelle 133. es secteurs techniques de l'économie, aussi bien à Miferma qutau Service des Mines manquent de Mauritaniens. On peut très bien con- cevoir, pour commencer, le recrutement des prospecteurs, d'agents de mai- trise et d'agents de travaux publics. 134. Il existe déjà une école d'administration qui comprend une sec- tion de travaux publics, il faut y adjoindre une section mine et une sec- tion prospecteurs. 135. Le niveau exigé à l'entrée serait le brevet et après une année de formation générale complémentaire commune aux 3 sections, on aurait une deuxième année de formation technique commune, suivie d'une troisième année de spécialisation. Enfin, la quatrième année consisterait à faire un stage (de travail et non d'études) dans un service similaire en Europe. 136. La Z.I.M. ne peut pour le moment prétendre vouloir former des cadres supérieurs. Il suffit, comme c'est déjà le cas, de sélectionner quelques éléments exceptionnels qui peuvent poursuivre leurs études en Europ.e. Il serait beaucoup trop coûteux et d'un mauvais rendement de vou- loir par exemple avoir une Ecole d'Ingénieurs à Nouakchott, l'enseignement et les dipl6mes risqueraient d'être donnés au rabais. 137. Les besoins actuels de la Mauritanie correspondent à la forma- tion annuelle de: - 6 prospecteurs, - 6 mineurs. 138. Il est en effet raisonnable de prévoir que dans 20 ans il y aurait 120 agents de maîtrise mauritaniens dans les mines, au service des mines ou encore dans d'autres emplois techniques. Il en est de même pour les prospecteurs qui eux aussi pourraient éventuellement occuper des em- plois techniques dans des branches autres que la recherche géologique. 139. Les crédits minima à prévoir, pour couvrir les frais de l'en- seignement, des bourses, des voyages, de l'aménagement de l'école: - Aménagement des laboratoires de l'école 3 millions CFA - Frais enseignement (assistance technique) - - Elèves (12 bourses de 500.000 CFA/an) 6 - Voyages (par an) 3 160O. Nous supposons que l'assistance technique fournira gratuite- ment les professeurs. - 31 - 1h1. Cette formation devrait commencer aussit6t que possible. Simultanément, pour inciter les jeunes, qui ont le brevet, à ne pas aller dans un bureau, il faut réhabiliter le travail du technicien ou du prospecteur. La grille des salaires devrait permettre de mieux ré- tribuer le technicien que le fonctionnairoe qui reste dans un bureau et fait de '1administration";3 mais c'est une question de mentalité aussi bien qu'une question de salaires. C. La Lécislation minière 142. La législation minière ne favorise pas les initiatives privées qui voudraient faire de la recherche minière et qui ne dispo- sent pas de gros moyens. Il faut, comme en France, prendre un permis et s'astreindre à dépenser des sommes importantes, fonction de la sur- face à prospecter. Si nous comparons avec ce qui se passe au Maroc, par exemple, nous voyons que dans ce dernier pays, pour quelques dizai- nes de milliers de CFA, un particulier peut faire de la recherche mi- nière. Il nous semble que dans la R,I.M., contrée très étendue et dé- munie de crédit, cette possibilité soit à entretenir. Actuellement - seules les grosses Sociétés disposant de moyens importants, techniques ou financiers font de la recherche minière (Miferma, B.R.G.M., C.GoG.). Une procédure plus souple et moins co^teuse est à étudier. Cette refonte du code minier pourrait occuper une persoeene qualifiée pendant plusieurs mois, en supposant qu'elle ne fasse que cela. D. Résumé 143. Au terme de cette étude et dans l'avenir immédiat, les pro- blèmes qui sont les plus urgents à résoudre en R.I.M. sont: (1) les problèmes de recherche géologique et la constitution d'un service propre à la R.I.M. Il faudrait que la R.I.M. puisse trouver des gisements miniers qui prendront le re- lais de IERMA et de SOMINA à partir ce 1987; (2) les problèmes de formation de techniciens, en particulier, sont à résoudre au plus vite, avant de vouloir former des "administratifs" qui n'appcrtent rien au pays et sont trop souvent des éléments improductifs et parasites; (3) la législation mini*re qui devrait être modifiée pour ce qui concerne les modalités d'acquisition d'un permis de recherches. CHAPITRE DEUX: TRANSPORTS I. Politique, Administration et Plans gouvernementaux A. Investissements 144. Les transports doivent bénéficier au cours du premier plan de quel- que 2,5 milliards de francs CFA d'investissements publics../ A la fin de ce plan, les principaux investissements portuaires seront achevés et l'infra- structure aérienne correspondra largement aux prévisions de trafic. Les investissements destinés à inverser les courants commerciaux seront achevés pendant La période du deuxième plan au cours duquel sera construite la rou- te Nouakchott-Rosso. Si l'infrastructure des transports dans le sud ne doit faire que peu de progrès au cours du premier plan, un certain nombre de le- ves et d'études préparatoires ont pourtant été menés à bien. 145. En ce qui concerne les transports, le deuxième plan ne sera essen- tiellement qu'une période transitoire. La stratégie générale devrait consis- ter à achever 15s études sur les divers projets et les grands travaux rela- tifs à la mise en valeur du bassin fluvial qui, en longue période, transfor- mera l'économie des régions du sud. Entre-temps, les travaux de mise en va- leur agricole demeureront localisés, nécessiteront l'apport de peu de fac- teurs de production supplémentaires et ne provoqueront qu'un faible accrois- sement des besoins de trafic; ce qui fait que les mouvements de trafic ne justifieront à court terme que des investissements marginaux dans le secteur des transports. Cette question est e-xcaminée dans plus de détail au chapitre V. Des investissements plus considérables seront consacrés à l'achèvement des travaux concernant linfrastru(,ture a6rienne et la construction de la route Nouakchott-Rosso. D'autre part, l'exploitation des mines d'Akjoujt créera des besoins considérables en transport qui justifieront probablement l'agrandissement du wharf de Nouakchott et l'amélioration de la route Nouakchott-Akjoujt. B. Réglementation des transports, des coûts et des tarifs 146. La réglementation des transports incombe à la Direction des trans- ports, qui dépend du Ministère de l'Equipement.2/ Les transports étaient soumis à la tutelle de l'Office National des Transports Publics (ONTP) créé en 1964 et doté d'une charte lui conférant le monopole des transports rou- tiers. Mais cet organisme fut récemment aboli, et c'est au Ministère du Commerce qu'il incombera dorénavant de contr'ler les transports routiers. A l'heure actuelle, le Gouvernement envisage le problème de la réglementa- tion en vue notamment de fixer des tarifs maximaux sans établir de tarifs minimaux. L'ONTF devait rassembler sous le contrôle de l'Etat llensemble de l'industrie des transports routiers. Il lui incombait de centrali- ser la demande de transports routiers et de répartir le fret entre les transporteurs enregistrés. Il était également chargé du' con- trole du parc automobile dans son ensemble et de sa répartition 17 Si l'on fait abstraction des investissements de la MIFERMA dans le sec- teur des transports et de la route Nouakchott-Rosso. 2/ En janvier 1968, la réglementation des Transports a été confiée a un nouveau 14inistère du Comrerce, des Transports et du Tourisme. -33- parmi les diverses entreprises. Il fixait les tarifs suivant les régions et les marchandises. Cinq pour cent des montants encaissés par les entre- prises de transports routiers étaient versés à 1'ONTP qui sten servait pour financer les dépenses administratives, subventionner les transports dans certaines régions et faire une petite contribution aux frais d'entre- tien des routes. Par ailleurs, l'ONTP s'occupait de transports pour son propre compte, avait une licence professionnelle et payait la surcharge de 5 pour cent comme les autres transporteurs. 147. Le tarif de base, fixé par l'ONTP, était de 26 francs CFA par ton- ne/km; mais s'il pouvait être de 19 francs CFA seulement pour les produits alimentaires sur les routes principales, il pouvait atteindre 3h francs CFA pour tout produit empruntant les itinéraires excentriques de l1extrême nord et du sud-est du pays. Ces tarifs étaient appliqués aux tonnages effec- tivement transnortés à la seule condition que le client accepte d'attendre que le véhicule soit pleinement chargé. Si le client exigeait que se Iar- chandise snit exuádiée de suito, il devait payer le tarif de ca-S ions on- tièrement cha'gés. 148. La structure des tarifs fait ressortir deux catégories distinctes de subventions. Il y avait drabord dans les régions du centre, le tarif ap- plicable aux denrées alimentaires, qui était de 7 francs CFA inférieur au tarif normal; ce qui signifie que la consommation était directement subven- tionnée par l'industrie des transports routiers. Ensuite, dans les régions éloignées, le tarif effectivement payé aux transporteurs était de 34 francs CFA, mais l'ONTP versait au client une subvention de 10 francs CFA. Dans ce dernier cas, la subvention ne provenait pas du transporteur particulier mais de l'industrie des transports dans son ensemble. 149. En règle générale, les tarifs de ltONTP variaient suivant ltétat. des routes et le coût réel dtexploitation, bien que la marge entre les coûts et les tarifs favorisât les propriétaires de gros camions. Sur les routes existantes, le coût réel par tonne/km variait pour des camions de 10 tonnes entre 16 et 19 francs CFA, selon l'utilisation et la régularité de l'entretien, et s'établissait aux alentours de 23 francs CFA pour les camions de 5 tonnes. En se basant sur la proportion de 3 camions de 10 tonnes pour 7 camions de 5 tonnes, le coût moyen pourrait être estimé à 21 francs CFA environ. Sur le plan international, l'expérience démontre, sur- tout dans les pays africains voisins, qu!une amélioration des normes de goudronnage pourrait permettre d'économiser environ 9 francs CFA sur le coût d'exploitation, et qu'une amélioration de la qualité des routes de gravier pourrait permettre une économie de 6 francs CFA. LtONTP voulait que les économies sur le coût d'exploitation se reflètent par des tarifs fixes toutes les fois que des investissements routiers seraient effectués à l'avenir. 150. L'expérience des autres pays dtAfrique du nord-ouest a montré que la suppression de la concurrence, lorsqu'elle résulte de la distribution des transports aux diverses entreprises par les pouvoirs publics, favorise - 34 - les entreprises inefficaces et augmente ainsi le coût des transports à' la charge de léconomie nationale. Le contrôle administratif de l'expansion du parc automobile ne peut pas assurer que la capacité disponible totale soit dirigée comme il convient pour satisfaire les besoins en transport du pays. La fixation des tarifs ne servait pas à grand chôse étant donné qu'elle empêchait le contr2le totale par l'ONTP du fait que nombre de rou- tiers, surtout près des frontières qui échappent au contrôle des pouvoirs publics et dans l'intérieur du pays, trouvaient le moyen d'éviter de s'ins- crire à ltONTP et d'attirer une quantité considérable do trafic en prati- quant une politique de surenchère à l'égard des taris officiels. Enfin, la procédure qui consiste à centraliser la demande et à la istribuer ad- ministrativement est compliquée et empêche même de profiter de certains avantages propres aux transports routiers; à savoir, souplesse et rapidité. Après stêtre entretenue avec des utilisateurs de moyens de transports, la mission a eu l'impression que la politique régulatrice de l'ONTP avait nui à la qualité du service dans le domaine des transports routiers. C'est pourquoi la mission a recommandé que l'on réintroduise la concurrence en matière de tarif et de répartition des transports. 151. La mission s'est notamment prononcée contre l'éventuelle extension des contr'les du genre ONTP dans les transports ferroviaires et fluviaux, Si les transports étaient distribués administrativement non seulement au sein des entreprises de transport, mais également parmi les divers modes de transport, 1télimination des forces du marché serait alors presque com- plète. Dans ces conditions, les caractéristiques des dieers modes de trans- port peuvent passer inaperçues, et sans les prix du marché il n'y aurait aucune base sur lesquels fonder les tests d'investissement comparatifs. Il ne serait donc pas possible de décider de façon rationnelle quelle com- binaison de modes de transp-ort conviendrait le mieux au pays et reviendrait le moins cher à léconomie nationale. 152. Dtun autre cté, la mission n'est pas persuadée de l'efficacité des subventions. Il n'y a aucune raison pour que les consommateurs de certains produits ou de certaines régions soient subventionnés par certaines entre- prises de transport ou par l'industrie du transport en général. Si lion considére les subventions comme nécessaires, la consommation devrait être directement subventionnée par le budget. 153. La Direction des transports est également responsable des droits applicables au wharf de Nouakchott. Le droit moyen est d'environ 4.000 francs CFA, à l'exclusion des frais dfarrimage supportés par le consigna- taire. Le tarif portuaire de Nouakchott, qui est très élevé (puisqu'il at- teint près de 5 fois celui de Dakar) devrait suffire pour couvrir le coût d'exploitation. De plus, le prix du transport est bien plus élevé entre l'Europe et Nouakchott qu'entre l'Europe et Dakar. La surcharge applica- ble au sucre en provenance de Marseille est d'environ 1.500 francs CFA. Afin de contrebalancer la différence dans le coût du transport, toutes les marchandises livrées et destinées aux régions du sud et sud-ouest sont exemp- tées de droits portuaires dans le wharf. En fait, les consommateurs de Nouakchott et des régions centrales subventicnnent les consommateurs des ré- gions du sud et du sud-ouest, ce qui est justifie étant donné que, si le wharf nlexistait pas, les consommateurs de Nouakchott auraient à supporter le coût du transport des marchandises depuis Dakar. - 35 - C. Taxes sur les transports routiers 154. Le prix de détail du carburant en Mauritanie est environ le même qu'en France, mais les droits de douane et les taxes locales sont moins élevée en Mauritanie où les taxes représentent environ 50 pour cent du prix de détail, contre 70 pour cent environ pour la France. La différen- ce s'explique par le coÙt supérieur du transport de pétrole brut jusqutà Dakar dont la raffinerie sert tant le Sénégal que la Mauritanie, ainsi que par le coqt supérieur à la production de la raffinerie de Dakar. Après l'ouverture de la conduite maritime du wharf de Nouakchott, le prix c.a.f. Nouakchott baissera, mais le Gouvernement a l'intention de maintenir le niveau actuel des prix de détail et d'augmenter les taxes dans une mesure correspondant à la baisse des prix c.a.f. 155. Il ne serait pas réaliste de stattendre a ce que les taxes des usa- gers de la route couvrent le coût total des dépenses du réseau routier, étant donné que les usagers sont peu nombreux et que les besoins d'investis- sement sont considérables. De fait, même une comparaison statistique en- tre le total des dépenses annuelles et les contributions des usagers de la route nta que peu de valeur étant donné qu'un seul projet routier ou meme des dépenses relatives à quelques levés suffisent pour modifier les rapports. Toutefois, pour donner une idée de l'importance des contributions des usa- gers de la route, la mission a procédé à une comparaison des taxes et re- devances des usagers de la route avec les crédits budgétaires affectés à ltentretien du réseau routier: Dépenses d1entretien Recettes l/ .(en millions de francs CFA) 1964 250 117 1965 255 81 156. Les comparaisons montrent que les recettes ont été supérieures aux depenses d'entretien; en conclusion toutefois, la mission estime à 300 mil- lions de francs CFA par an les besoins minimums d'entretien. Bien que la mission ne recommande pas que les taxes sur les carburants soient marjorées pour couvrir le total des dépenses, y compris les investissements routiers, les recettes fournies par la taxation -des usagers de la route devraient 'être utilisées pleinement pour porter les dépenses dtentretien au niveau requis. D. Administration 157. L'administration, la conception, la construction.et lentretien de ltinfrastructure des transports incombent au Ministère de l'Eqiipement 2/ (voir l'organigramme correspondant). l/ Y compris les taxes d'enregistrement, etc., qui représentent environ 2 pour cent du total des recettes. 2/ Ces fonctions, d'après nos informations, ont été assumées par le nouveau Ministère de la Construction et des Télécommunications, établi en janvier 1968. - 36 - 158. Les services généraux de ce ministère ont un personnel assez nom- breux et suffisamment qualifié pour exécuter les travaux de constructioii qui sont prévus pour la prochaine décennie. Toutefois, 12 des 17 postes techniques de responsabilité sont occupés par des Français en vertu d'ac- cords d'assistence technique conclus avec le Gouvernement français. 159. Le ministère ne dispose pas de technilciens de niveau moyen, étant donné que la formation du personnel mauritanr ,i nta pas encore atteint un stade assez avancé. 160. Il conviendrait de prendre des mesures visant à une mauritanisation plus poussée de l'administration. A l'heure actuelle, un ingénieur seule- ment est en cours de formation à: Paris (à l TEcole d'Application des Travaux Publics de lfEtat). Il faudrait accorder des bourses assorties de contrats garantissant le retour des étudiants en Mauritanie quand ils auront reçu leur formation à Paris ou peut-être à Abidjan. Etant donné le îiombre limi- té des dipl^%més du lycée, et le manque d'attrait apparent des critères techniques, il faudrait compter de 8 à 10 ans au minimum pour que les ingé- nieurs français soient remplacés par des Mauritaniens ayant reçu une forma- tion convenable. 161. Il existe à Dakar un institut pour la formation de techniciens. A l'heure actuelle, trois Mauritaniens y font leurs études. Ce nombre devrait être porté à dix pour pouvoir faire face aux besoins minimaux de la Mauri- tanie. - 37 - leTrafic 162. Les données de trafic nécessaires à l'évaluation des besoins en transport et des investissements futurs sont extrêmement rares. Une part certainement très importante quoique non identifiée du trafic total emprunte les modes traditionnels, principalement le chameau. Etant donné l'absence dfune industrie locale considérable et d'une agriculture commerciale, les besoins en transport concernent pour une large part les importations de matériel, de biens manufacturés de consommation et de produits alimentaires; et même ces trafics ne sont pas convenablement enregistrés. Entre la Mauritanie et le Sahara espagnol, les frontières sont longues et ne sont pas gardées, surtout le long du fleuve Sénégal, ce qui favorise la contrebande; et l'entreprise dtétat qui détient le monopole de l'importation des produits de base (SONIMEX) estime qutun quart environ des importations de sucre et un sixième des importations de riz ne sont pas enregistrées.. Il nty a aucun moyen de connaître le volume du trafic intérieur sur les routes, étant donné qu'il n'y a jamais eu de dénombrement. 163. En 1962, la SEDES a effectué une enquête sur l'évolution future du trafic en Mauritanie. Elle affirma en conclusion que la majorité du tra- fic de 1970 aurait pour origine les besoins d'importation, et que le trans- port des produits locaux ne représenterait que moins de 5 pour cent des besoins globaux exprimés en tonnes-départ. La SEDES a estimé que le volume total des marchandises à transporter (a l'exclusion des modes de transport traditionnels s'étagerait entre 125.000 et 190.000 tonnes, selon le taux de croissance de l'économie. Cette estimation exclut tout trafic se rapportant aux projets miniers de MIFERMA et de SOMIA. 16h. En prenant le chiffre minimum comme point de départ, la réparti- tion par produit de base et par région serait la suivante: Total des besoins en transport (à l'exclusion de MIFERMA et de SOMIMA) en milliers de tonnes A) Importations Produits' Sucre Produits Produits Région alimentaires thé industriels Ciment pétroliers Nord 7 3,5 6 6 Sud-ouest 12,5 l 11,5 17 Centre 1,5 2 1,5 1 Sud-est 6,5 10,5 6 1,5 Total ~77 r7 1~;: Total partiel des importations: 116 B) Exportations Sud Gomme: h Total partiel des exportations: 4 C) Local Produits alimentaires: 5 Total partiel local: 5 TOTAL GENERAL: 125 - 38 - 165. Il y a de bonnes raisons de penser que le total des besoins en transport ntexcédera pas le niveau minimum avancé par la SEDES en matière de couts, et il est même possible que ce niveau ne soit pas atteint. Le trafic enregistré en 1965 était au total de l'ordre de 55.000 tonnes. De ce chiffre, 20.000 tonnes environ étaient transportées par voie fluviale, tandis que le trafic routier enregistré par 1VONTP (lorganisme à monopole) était d'environ 35.000 tonnes. (En 1966, le trafic ONTP atteignait 48.000 tonnes. La quantité prévue pour 1967 est de 60.000 tonnes.) 166. Les chiffres des trafics enregistrés sont évidemment trop bas. Il semble selon les estimations des entreprises de camionnage et des firmes im- portatrices que le volume annuel du trafic routier siétablit actuellement autour de 70.000 tonnes et qu'il est stationnaire depuis quelque temps. Si lion remplaçait les chiffres de l'ONTP par ce dernier chiffre, on parviendrait à un volume total de 90.000 tonnes en 1965. Il ne serait pas réaliste de projeter une croissance supplémentaire suri_a base des taux de croissance enregistrés par 11ONTP pour le trafic entre 1965 et 1967, étant donné qu'il y a tout lieu de croire que ces chiffres, plut6t 'que d'indiquer l'accroisse- ment réel du volume des 'ransports routiers, ne reflétaient en fait que l'absorption graduelle par l'ONTP des trafics qui jusque-là n1étaient pas enregistrés. De plus, les données dont on dispose au sujet du volume total des trafics se rapportent à 12époque ayant précédé l'entrée en service du wharf de Nouakchott. Une extrapolation pure et simple ne tiendrait aucun compte du fait que l'existence du wharf réduira le volume total des besoins en transport tant routiers que fluviaux, étant donné qu'il ne sera plus nécessaire que Nouakchott soit approvisionné par la route de Rosso. 167. Il faut stattendre également à une certaine réductirn des besoins en trafic, étant donné que lon prévoit une augmentation de la production agricole du sud, que les experts agricoles de la mission estiment à environ 30.000 tonnes de mil et 7.000 tonnes de riz. Toutefois, la diminution des transports routiers et fluviaux ntest pas proportionnelle à 1'accroissement de la production agricole, étant donné que, dans la plupart des cas, la production supplémentaire remplace les importations précédemment transpor- tées par des moyens traditionnels. 168. Il est évident que le taux d'accroissement du trafic devrait atre très élevé pour que le volume total atteigne 125.000 tonnes d'ici à 1970, et la mission pense qutil est plus probable que le trafic effectif soit de l'ordre de 110.000 tonnes. De ce volume total, 30.000 toz nes environ cor- respondraient à l'approvisionnement de la région du nord-, la majeure partie de ce trafic passe par Port-Etienne et n'entre pas en ligne de compte pour les décisions dlinvestissement qui doivent être prises en vue de l'infra- structure des transports dans le sud. If Pour cette région, la mission envisage un taux de croissance plus élevé que la SEDES, étant donné qu'à la suite de l'expansion de MIFERMA, la région a di! accueillir beaucoup plus de monde que prévu initialement. 39 - 169. Le reste des trafics se répartissent comme suit: sur la route Nouakchott-Rosso, le trafic se dirigeant vers le nord serait estimé à 5.000 tonnes environ (3.000 toines de gomme destinées à iexportation et 2.000 tonnes de riz). Le trafic allant vers le sud atteindrait environ 60.000 tonnes (20.000 tonnes de produits pétroliers et 40.000 tonnes en ciment, sucre±/, thé, textiles, etc.) De cette quantité, 20.000 tonnes environ serviraient à 1'approvisionnement de Rosso, Boutilimit et Mederdra, tandis qulun flux de 40.000 tonnes départ Rosso continuerait à emprunter (tout en diminuant graduellement) les routes et les fleuves. Ce volume serait sensiblement réduit à Boghé, «Ù 20.000 tonnes environ seraient dé- tournées pour 1' approvisionnemont de Boghé, Aleg et la région qui va jusqu'à Tichitt. Le reste du trafic vers 1test, en direction de Kiffa et de Néma, serait accru de 20.000 tonnes en provenance directement du Sénégal, de Bakel et Matam. 170. Cela implique que le trafic qui auparavant allait de Dakar- St. Louis à Rosso ait été entièrement remplacé par celui provenant du ,wharf de Nouakchott. Toutefois, cela ne s'applique pas au trafic de Rosso vers le sud-est. 171. La mission ne peut pas affirmer que ces chiffres correspondent à des projections précises; en fait, ils servent principalement à identi- fier les volumes de trafics dans le sud et le sud-est, régions où l'on envisage des investissements considérables pour l'infrastructure des trans- ports. Bien que la mission admette une marge dlerreur peut-être considé- rable, M'ordre de grandeur est suffisant pour les tests approximatifs dtinvestissement. 172. Le développement minier diAkjoujt sera évidemment à lorigine de besoins considérables en matière de trafic, mais celui-ci sera exclusivement concentré sur la route Nouakchott-Akjoujt. Pendant les travaux, qui doi- vent durer de 1966 à 1970, les importations de matériaux de construction et l1approvisionnement général de la main-dgoeuvre étrangère et locale pour- raient bien représenter une cinquantaine de milliers de tonnes. Après llen- trée en service, le total annuel du trafic empruntant la route Nouakchott- Akjoujt pourrait bien s8établir autour de 120.000 tonnes, réparties comme suit: 1/ D'ici à 1975, la production sucrière du sud pourrait remplacer les im- portations. - 4o - Quantités à transporter m.t.pa. Fuel-oil pour procédés métallurgiques 25.000 Combustibles pour approvisionnement énergie électrýique 9.000 Carburants diesel pour équipement minier, lubrifiants et divers 2.000 Réactifs, y compris sel, 5 livres par m. tonnes traitées 2.400 Charbon pour procédés métallurgiques, 300 t.pQm. 3.600 Fournitures diverses et pièces détachées, de l'ordre de 6.000 Total rendu à la mine 48.000 Tonnes humides de concentré rendues au Port 57.000 Fournitures générales pour la commune 15.000 - hi - III. Investissements Portuaires A. Le wharf de Nouakchott 173. Le wharf, tel qu'actuellement équipé de trois grues (deux dfune capacité de 75 tonnes/m et une d'une capacité de 125 tonnes/m), douze cha- lands et trois remorqueurs, pourrait permettre la manutention de 50 à 60.000 tonnes environ de cargaison sèche. Avec llinstallation du nouvel équipement, la capacité atteindrait 90 à 100.000 tonnes suivant le type de cargo et les arrivées de navires. 174. Llutilisation future de la capacité dépendra de ltévolution des catégories suivantes de trafic: a) importations pour l'approvisionnement de la région de Nouakchott; b) importations pour l'approvisionnement du sud (à l'est de Rosso); c) exportations via Nouakchott; d) importations pour ltapprovisionnement du projet minier d'Akjoujt (matériaux de construction et approvisionnement général); e) exportations de concentré de cuivre d'Akjoujt. 175. Le trafic des catégories (a) - (c) pourrait atteindre 60.000 tonnes par an avant la fin du deuxième plan. Il s'agit là toutefois des prévisions réalistes les plus élevées, fondées sur une estimation maximale du total des besoins dtimportation et sur des prévisions optimistes quant à la mauritani- sation des trafics du sud-est. Cela donnerait 15-20.000 tonnes d'importa- tions de cargaison sèche pour Nouakchott et 40.000 tonnes pour l'approvision- nement du sud. Les exportations de gomme ne dépasseront pas 3.000 tonnes étant donné que les arbres ont été sérieusement endommagés pendant les sai- gnees. 176. Ces trafics seuls ne suffiraient pas pour mettre sérieusement à l'épreuve la capacité du wharf pendant le deuxième plan. Tout accroisse- ment appréciable du trafic, par rapport à la capacité actuelle de 50.000 tonnes, pourrait être facilement absorbé par llacquisition graduelle de ma- tériel nouveau. 177. Cependant, le développement minier dtAkjoujt provoquera un accrois- sement sensible des besoins du port. Pendant la période de construction des installations d'Akjoujt, dont on prévoit qu'elle durera trois ans au minimum à partir de juillet 1967 ou de janvier 1968, les importations de cargaison sèche pourraient atteindre 50.000 tonnes par an. Ce chiffre com- prend les importations de matériaux de construction et lapprovisionnement de 1.000 travailleurs locaux et de 100 travailleurs étrangers avec leur fa- mille. Une fois que les mines seront mises en exploitation, les importa- tions de fournitures générales et de pièces diminueront pour se situer à un niveau inférieur à 30.000 tonnes; mais le wharf devra faire face chaque année à llimportation de 20.000 tonnes de coke, à l'exportation de 60.000 tonnes de concentré et à 10.000 tonnes d'importations de cargaison sèche destinée au développement minier. 178. Le volume global maximum du trafic possible du wharf pourrait donc atteindre 110.000 tonnes pendant la période de construction d'Akjoujt et 160.000 tonnes dès le début de l'exploitation des mines. De plus, il est possible dtexporter jusqu'à 40.000 tonnes de gypse provenant de gisements situes à 20 km au nord-est de Nouakchott. 179. La structure actuelle du wharf ne semble pas suffisante pour les volumes de trafic auxquels il doit pouvoir faire face. Même si les prévi- sions de trafic des catégories (a) - (c) ci-dessus ne se réalisaient pas pleinement, la marge pour assurer la manutention du trafic supplémentaire dfAkjoujt serait insuffisante; du moins après l'achèvement des travaux de construction et le début de l'exploitation des mines. 180. La SOMIMA a proposé deux solutions pour l'agrandissement du wharf; a savoir: a) La prolongation et l'êlargissement des plates-formes d'accès et de chargement du wharf, l'installation de deux grues lourdes et l'acquisition de chalands et de remorqueurs d'une taille plus considérable. Cette solution permettrait aux gros camions (d'une charge utile minimum de 15 tonnes) de rouler jusqueaux grues pour ensuite faire un virage sur la plate-forme de chargement. b) La construction d'une île flottante pour le chargement le long du navire. Lile est destinée à servir également de dépit pour un volume maximum de 10.000 tonnes, devant être transports sur l1le par chalands. 181. Jusqu'ici, on ne dispose d'aucun détail sur la conception, le coût en capital et le coût d'exploitation des deux propositions pour l'extension du wharf. Les consultants procèdent à ltheure actuelle à lttude de ces propositions. Une affectation préliminaire de h,2 millions de dollars EU pour l'extension du wharf est comprise dans ltestimation du coût de 58 mil- lions de dollars EU pour le projet minier dtAkjoujt dans son ensemble. Etant donne qu'il s'agit là d'une portion considérable du projet minier pour lequel le financement de la Banque a été sollicité, cette mission doit recommander une analyse complète du projet d'extension du wharf, lorsque les études techniques préliminaires et les estimations de coût seront disponi- bles. Il apparaît toutefois que la solution de l'ile flottante ne puisse se justifier pour un trafic annuel de 35.000 tonnes de concentre de cuivre. La mission recommande de considérer comme troisième solution la possibilité de prolonger l'actuelle plate-forme de 60 m, sans élargir les plates-formes diaccès ou de chargement, et d'installer trois grues d'une capacité 100 ton- nes/m. Cela permettrait le chargement quotidien de 600 tonnes de concentrp de cuivre dans les containers. Ceux-ci pourraient être stockés à terre et transportés aux grues au moyen de tracteurs/remorques particulièrement ma- niables. Le coût en capital de cette solution serait de 300 - 400 millions de francs CFA, soit 1,2 - 1,5 million de dollars EU, à l'exclusion des trac- teurs/remorques et des chalands supplémentaires. 182. Il conviendrait de choisir et d'analyser aussitôt que possible un projet satisfaisant pour litagrandissement du wharf. Le facteur temps joue un rôle important, puisque l'extension du wharf devra Atre entreprise per- dant la période de construction d'Akjoujt, au cours de laquelle le trafic importations augmentera quelque peu. L'extension du wharf devrait être hautement prioritaire pour que les travaux de construction puissent être effectués avant que le trafic normal pour l'approvisionnement de Nouakchott et du sud ne commence à atteindre les volumes projetés. 183. Le transport des produits pétroliers ne présente aucun problème, étant donné qu'une conduite sous-marine et des réservoirs de stockage, fi- nancés par un consortium de compagnies pétrolières, sont actuellement en cours de construction près du wharf. La capacité de la conduite sous-mari- ne est plus que suffisante pour le transport des 70.000 tonnes par an de produits pétroliers, dont 40.000 tonnes seront nécessaires à Akjoujt, le reste étant destiné à la consommation de Nouakchott et du sud. B. Port-Etienne 184 Port-Etienne dispose en fait de deux ports tout à fait distincts. Llun est un port minier exploité par la IIFERMA, l'autre un port commercial qui sert également de port de pêche. 185. Depuis 1963, il y avait une régie portuaire autonome pour le port commercial, mais 1tadministration vient d'en être reprise par 1'Etat. Le port commercial dispose des installations suivantes: - un wharf équipé d'une plate-forme d'accès de 210 x 22 m et d'une plate-forme de 77 x 22 m (tirant d'eau 8 et 4 m respectivement, à ltest et à l'ouest de ltouvrage d'art); - un quai pour chalands de 230 m de longueur (tirant d'eau 1,5 m); - plate-forme 25.000 m2, entrepôt environ 2.000 m2 - cale de halage pour la réparation des navires jusqutà 250 tonnes. 186. Le trafic commercial a été dominé par le besoin d'équipement nou- veau pour la MIFRvIA. Le trafic annuel est passé de 32.000 tonnes en 1959 à 190.000 tonnes en 1962, pour redescendre à 120.000 tonnes en 1965. 187. La p'che stagne aux alentours de 5 à 6.000 tonnes par an depuis un certain nombre d'années. Toutefois, le gouvernement a décidé d'accroitre ces activités en achetant de nouveaux bateaux et en réorganisant le traite- ment du poisson. Etant donné la congestion du port qui en est résulté, il a été nécessaire de construire un nouveau quai. Les travaux d'agrandisse- ment sont en cours, et doivent revenir à 1. 270 millions de francs CFA au total. Le financement sera principalement assure par le FED. (Voir annexe). 188. Si le trafic continue de s'accroître au cours des prochaines années, il conviendrait peut-être d'étendre les installations conmercia- les et de pêche. Une étude effectuêe par le BCEON, actuellement en cours de mise à jour par les mêmes consultaiits '(côet: 3 millions de francs CFA financé par un don du FAC), affirme ern conclusion que dans une prochaine étape, le wharf devrait 8tre agrandi et équipé de nouvelles installations, ce qui reviendrait au total à 600 millions de francs CFA. (Voir tableau ci-après) 189. Toutefois, les installations en cours de construction devraient suffire aux besoins de l'avenir immédiat, étant donné que l'industrie de la pâche n'en est qu'à ses débuts et qu'aucune disposition n'a été prise en vue de la commercialisation de la production supplémentaire éventuelle. La troisième étape envisagêe dans la construction du port de poche ne serait justifiée que si de telles mesures sont prises et que le produit de la pêche augmente sensiblement. Installations portuaires en cours de construction à Port-Etienne - Quai d'une longueur de 265 m - Iragage d'une profondeur de 6 m devant le quai - Installations de r frigêration et annexe CoUt de l'étude et des travaux de construction Etudes 35 millions de francs CFA Construction 770 "" Equipement 290 il Dragage h0 " " " Contrôle de la construction 22 "" Frais divers 133 Total 1.270 Agrandissement éventuel des installations Prolongement du wharf 275 millions de francs CFA Dragage 7 " i " Brise-mer 50 " " Agrandissement des instal- lations de pêche 150 Frais divers 60 I" Total 600 " " - h6 - IV. Les transports dans la vallée du fleuve Sénégal et dans le sud-est de la Mauritanie 190. 80 pour cent de la population mauritanienne habite les régions du sud, en bordure du fleuve Sénégal, et un peu plus à 1test, autour des centres urbains de Kiffa, Atrouss et Néma. Malgré cette concentration, les besoins en transport sont toujours minimes. La production agricole est localisée et jusqu'à présent la demande dtimportations est faible, comme c'est le cas pour les engrais qui auraient à être transportés. D'autre part, il y a peu de surplus agricoles susceptibles d1être transportés aux marchés. Les besoins en transport ne portent donc que sur les produits de base qui ne sont pas de production locale, comme le ciment, les produits pétroliers, les textiles et le thé, et sur les importations destinées à combler le défi- cit de production des produits alimentaires de base comme le mil, le sucre et le riz.. 191. L'approvisionnement de Nouakchott même mis à part, ctest le tra- fic ouest-est dans la vallée du fleuve et un peu au-delà jusqu'à Néma , qui fait ltobjet de la politique gouvernementale de mauritanisation. Ce trafic aura toujours Rosso comme point de départ. Toutefois, il n'arrivera pas a Rosso via St. Louis du Sénégal mais via le wharf de Nouakchott. Bien sûr, des trafics considérables se rapportant â l'approvisionnement du sud et du sud-est ne passent jamais par Rosso. Entre un sixiènme et un quart de liap- provisionnement total arrive directement à destination en Mauritanie du sud sur nombre de points de croisement le long du fleuve. Une part considéra- ble de ce trafic prend naissance à partir du chemin de fer Dakar-Bamako qui passe très près de la frontière mauritanienne, entre Bakel et Kayes au Sénégal. La contrebande est donc florissante dans le triangle Sélibaby- M' Bout-Kiffa en Mauritanie. A moins que la Mauritanie nlétablisse un cor- don douanier serré le long du fleuve, ce trafic ne peut pas être remplacé par les fournisseurs via Nouakchott et Rosso. Nous nous préoccupons donc principalement du trafic arrivant à Rosso en provenance de Nouakchott au lieu de St. Louis. 192. Dans le Chapitre II du présent rapport, intitulé "Trafic", ces mouvements de marchandises ont été identifiés d'une manière générale et lon a conclu que dlici à 1970, les trafics vers l'est en provenance de Rosso pourrait être de l'ordre de 40.000 tonnes. Ce chapitre traite des besoins d'investissement relatifs aux divers tronçons de la route de 1.200 km entre Rosso et Néma, 193. Les transports pour l'approvisionnement du sud sont répartis entre fleuve et route. Un approvisionnement continu jusqutà Kaêdi est ainsi assu- ré. Entre Rosso et Boghé, le fleuve est navigable toute l'année par des chalands d'un tirant dteau maximum dtun mètre. Entre le 15 juillet et le 15 octobre, il est navigable par les bateaux d'un tirant d'eau maximum de 2,5 m. Kaédi est accessible par des chalands d'un tirant d'eau d'un mètre entre le 15 Juillet etle15 janvier, et par des chalands dfun tirant dteau de 2,5 m entre le 15 janvier et le 15 octobre. Le fleuve n'est pas navigable entre Boghé et Kaédi du 15 janvier au 15 juillet. Durant cette période, toutefois, la route est praticable, de sorte que les transports sont pos- sibles durant toute l'année entre Rosso et Kaédi. 194. La situati.on est différente en ce qui concerne l1approvisionne- ment du sud-est, région pour laquelle il n'y a pas de transport fluvial et dont les routes sont impraticables pendant la saison des pluies, clest-à- dire entre la mi-juillet et la mi-janvier. A llexception des transports aériens, la région à ltest de Kaédi est donc entièrement isolée pendant quatre à six mois. 195. L'infrastructure des transports fluviaux comporte les installa- tions suivantes: le port de Rosso dispose de deux quais diune longueur totale de 40 m. Les quais sont de hauteur différente de manière a accueil- lir les bateaux aux divers niveaux du fleuve (3,85 m au-dessus. du niveau de la mer (IGN) et 2 m au-dessus du niveau de la mer). Il existe également un entrepât de 35 x 10 m. Ces installations ont été construites en 1960/61 et sont revenues à une soixantaine de millions de francs CFA au total. Boghé ne dispose pas à l'heure actuelle d'installations portuaires; le chargement et le déchargement slopèrent sur une pente compactée, achevée en 1956. Il stagit d'un ouvrage d'art primitif et l'érosion y est considé- rable. Le port de Kaédi dispose d'une plate-forme compactée (43 x 50 mi, supportant un entrepôt de 200 m2) et de deux rampes de béton inclinées à 30%., L'administration de ces ports fluviaux nt est confiée à aucun organis- me. Les opérations de chargement et de déchargement se font à la main, et sont particulièrement difficiles et coiteuses à Boghé. 196. Les transports commerciaux fluviaux sont presque entièrement entre les mains de la Compagnie des Messageries du Sénégal. Celle-ci exploite trois embarcations aux caractéristiques suivantes: Tirant dteau Longueur Largeur Capacité à plein chargement Embarcations (en m) (en m) (en t) (en m) Bou el Mogdad 50 10 350 2970 Soulac 58 10 600 2,00 Keur Mour 36 6 150 1,50 197. Elle dispose de deux autres bateaux à moteur, d'un tirant d'eau de 1 et 1,50 m, dont un sert principalement au transport des produits pé- troliers en bidons. De plus, il existe un nombre inconnu de chalands, généralement dtun tirant d'eau dtun mètre, et dont la longueur varie entre 20 et 35 m. 198. Lsinfrastructure routière du sud est peu développée. La route nationale No. 2, entre Rosso et Néma, nt est autre qu'une piste non revêtu, sans infrastructure ni drainage. De Rosso à Boghé (200 km), elle suit de près le fleuve qui linonde entre la mi-juillet et la mi-janvier. Durant cette période, le trafic routier emprunte une autre piste située plus au nord entre les dunes, laquelle est cependant a la fois difficile et coi- teuse. La route de Kagdi à Kiffa (310 km) aéloigne du fleuve un peu vers le nord. La, les transports fluviaux étant impossibles, les transports routiers sont interrompus pendant les quatre mois de juillet à octobre. Cette route a été partiellement reconstruite en 1965/66 gràce à un don du FED d'environ 370 millions de francs CFA, don qui stest toutefois révélé insuffisant pour couvrir llentière construition. Les travaux achevés por- tent sur environ 120 km de route en latérite (et qui consiste principale- ment d'une couche de]atérite recouvrant le sol naturel), deux grands ponts et 56 petits ouvrages d'art. L'achèvement du passage de Souffa a permis d'économiser une distance de 160 km. Malheureusement, ltalignement de la nouvelle route-a été mal choisi, la conception et la réalisation des ponts a été mauvaise. Nombre d'ouvrages d'art, construits sur des fondations trop précaires, se sont écroulés; les ponts ont un dégagement insuffisant, forment une barrière et forcent l'eau à s'écouler par les càtés et à af- fouiller les culées. Ces ouvrages d'art, maintenant inutilisables, sont progressivement remplacés par des gués provisoires tout prés des ponts. Pour ces raisons, la route est là aussi impraticable pendant la saison des pluies. Le fonctionnaire du FED chargé du controle à Nouakchott a recom- mandé 1labandon pur et simple de la route partiellement construite et la mise au point dtun nouvel alignement davantage vers le nord. 199. La route Kiffa-Néma (570 km) consiste en une piste qui souvent se dégrade de sorte que les véhicules sont contraints de trouver leur che- min à travers le terrain naturel. D'autre part, la route devient imprati- cable à plusieurs reprises entre la mi-juillet et la mi-septembre. Parmi les petites pistes qui bifurquent de la route Rosso-Néma, citons les plus importantest celles de Boghé-Boutilimit/Tidjika et Kiffa-sélibaby/Bakel. Les routes de desserte dans le sens ordinaire du terme sont inexistantes. 200. Les dépenses d'infrastructure fluviale et routière dans la région du sud peuvent se résumer comme suit: (En millions de francs CFA) Montant Financé par Exècut6 par Amnée Construction, port de Rosso 61 FAC/FIDES ORTAL/SOFRATP 1960/6 Etude, port de Boghé 12 FAC BOE0M 1965 Amélioration , route Aioun/Kayes 2,5 Fonds Rcurtier ZANICnELI 1960 Améliorations partielles, Passage de Soufa 2,5 RIM ZANICHELLI 1961 Construction, route Kaédi-Kiffa 369,5 FED SOTRAFOM 196/6 Etude, Kaêdi-Kiff a h,3 FAC BCEOM 1961 Etude, Kaédi-Ml'Bout-Soufa (évaluation des soumissions) 13,5 FED BCE04 1962 Etude, Boghé-Kagdi 18 FAO BCEOM 1965 201. Une évaluation des besoins de développement de la région du sud doit prendre en ligne de compte la corrélation entre les transports rou- tiers et fluviaux jusqu'à Kaédi, et peut-être même davantage en amont jusquià Kayes. 202. Les études sur les améliorations de la navigabilité fluviale por- tent sur trois horizons. Une étude que doit financer le PNUD porte sur la régularisation du fleuve Sénégal et la construction diun réservoir et dtun barrage hydro-électrique dans la haute vallée à Gouina, à quelque 70 km en amont de Kayes, dans la région sud-ouesb du Mali, en vue de la production d1énergie électr*que destinée à l'exploitation des ressources minières et du développement industriel. Cette étude évaluera également les effets de la régularisation du fleuve sur le développement agricole et les transports fluviaux. La réalisation de liétude prendra de deux ans et demi à trois ans,, après quoi il faudra compter au moins 15 ans pour l'achêvement des investissements. 203. Une autre étude, également financée par le PMlUD, se rapporte plus directement aux transports. L'étude sur la navigabilité et le développement des installations portuaires comprend: enquêtes hydrologiques, sondage du fleuve et de lenvasement, conception des embarcations les mieux adaptées à la navigation fluviale, infrastructure portuaire et installations pour la manipulation du fret. L'étude doit durer trois ans, à la suite desquels on pourrait siattendre à des investissements portant sur 5 à 10 ans. 204. Enfin, le BCE0M a entrepris une étude succincte en 1966 sur les besoins à court terme pour l'amélioration de la navigabilité fluviale. Les travaux envisagés doivent être maintenus au minimum étant donné qu'ils sont - susceptibles de devenir inutiles une fois achevée la régularisation du fleuve. Ltobjectif imédiat est la navigabilité du fleuve jusqul à Kaédi pendant neuf mois au moyen de petites embarcations. 205. Toutes ces études, y compris quatre autres projets d'étude du PNUD en vue du développement du bassin du Sénégal, sont coordonnées par une Commission intergouvernementale composée de représentants de la Guinée, du Mali, de la M,ku.ritartie et du snègal. Le fleuve lui-mâne a été internationa- lisé et ces quatre nations sten partagent l'utilisation. 206. la mission appuie iapproche de la Commission intergouvernementale qui consiste à identifier les besoins minimaux en matière de transports flu- viaux pour le proche avenir, sans préjudice des projets de grande envergure qui pourraient découler d'études plus complètes. Toutefois, le développement de l'infrastructure routière doit ê^tre intégré, et il conviendrait également de considérer la planification routière pour llavenir immédiat comme s'appli- quant à une période transitoire, avant que les effets à long terme des inves- tissements agricoles et industriels ne se fassent sentir et que les besoins en transport ne soient zlairement définis. 207. Des changements presque révolutionnaires peuvent intervenir dans la répartition et la quantité de la production agricole à longue échéance, etest-à-dire d'ici une quinzaine dtannées, mais la période intermédiaire - 50 sera caractérisée par une expansion de la production localisée nécessitant peu de transports supplémentaires. Le rapport agricole de la mission ex- plique que des rendements extrânement élevés peuvent être attendus dtinves- tissements portant sur des charrues, des graines de meilleure qualité, des engrais en très petite quantité et des possibilités de formation agricole. Pour ce programme, les transports ne représentent pas un facteur limitatif. Selon les experts agricoles de la mission, il niest pas nécessaire de cons- truire des routes de desserte dans un avenir rapproché. La planification des transports pour les régions du sud doit se conformer aux directives suivantes: a) A courte échéance, le rendement des investissements dans les transports doit être comparé aux rendements élevés qui peuvent être obtenus au cours de la première étape du développement agricole. b) Les transports fluviaux peuvent à court terme satisfaire une proportion considérable des besoins en transport, lesquels pendant quelque temps encore resteront statIonnaires. c) Il existe une distinction nette entre les horizons; à courte échéance, les transports servent principalement au commerce d'importation. Ce niest qulâ partir de la seconde étape que lagriculture sforiente vers les marchés, dans le sillage des réformes découlant des programmes de grande envergure pour le développement de la vallée du Sénégal. d) Dans le secteur des transports, tous les investissements des- tinés à une longue vie économique doivent faire l'objet d'une enquête permettant d1 établir s'ils courent le danger de devenir périmés lors de la compléte régularisation du fleuve. 208. Les investissements suivants dans le domaine des transports routiers et fluviaux ont été envisagés pour le sud du pays: Dégagement de la barre rocheuse de N'Gorel: 209. Entre Rosso et Boghé, à 15 km en aval de Boghé, les transports flu- viaux sont gênés par une barre rocheuse qui interdit 1 accès de Boghé aux embarcations dfun tirant d'eau supérieur à 90 cm entre la mi-janvier et la mi-juillet. Cela signifie que les grands bateaux à moteur ne peuvent pas être utilisés pendant cette période. Sur les trois bateaux exploités par la Compagnie des Messageries du Sénégal, un seul peut donc atteindre Boghé, et à condition de n1être chargé qu'à moitié. 210. Le projet consiste a dyn&miter la barre rocheuse et ' enlever les débria de manière à ouvrir un passage praticable pendant toute l'année par des embarcations dtun tirant d'eau de 1,30 m. Jusqulici, les propositions qui ont été faites en vue d'ouvrir un passage destiné aux embarcations d'un tirant dgeau de 1,50 m ont été écartées, étant donné que le colit supplémen- taire considérable serait gaspillé si, à une date ultérieure, on parvenait - 51 - a une régularisation complète du fleuve. De plus, un passage d'une profon- deur minimum de 1,30 m suffirait à laisser passer toute lannée au moins une grande embarcation pleinement chargée, laquelle suffirait, avec l'appoint fourni par les chalands et les petites embarcations, à faire face aux be- soins en transport de l'avenir immédiat. 211. La Commission intergouvernementale est maintenant chargée de tous les investissements à court terme visant à I amélioration de la navigabilité fluviale. Un accord provisoire vient d'être conclu confiant aux ingénieurs de l'armée sénégalaise le soin de faire sauter la barre et stipulant que le cou^t du ramassage des débris sera supporté par la Mauritanie. La Mauritanie a demandé au FAC de financer le coût de l millions de francs CFA. Le port de Boghé 212. Le trafic du port de Boghé stest établi autour de 6,000 tonnes au cours des quelques dernières années. Lapprofondissement du passage devrait permettre un accroissement sensible de ces volumes, si bien qu'une estimation de 10.000 tonnes par an dfici la fin de la période du deuxiéme plan n'aurait rien d'utopique. 213. Le CEOM a préparé une étude sur les améliorations susceptibles d'être apportées aux installations portuaires en vue des trafics futurs. Initialement, deux versions ont été proposées: lune revenait à 190 millions de francs CFA, l'autre à 125 millions. L'administration a choisi une varian- te de la seconde proposition, qui reviendrait à quelque 150 millions de francs CFA. Le projet consisterait en un ouvrage dlart à quatre niveaux pour les divers niveaux de l'eau, une rampe et une plate-forme avec entrepàt. 21h. De l'avis de la mission, ce projet nla qutune justification mar- ginale. Bien que les conditions actuelles de déchargement ne soient pas satisfaisantes, étant donné que les rives sont inondées pendant la saison des pluies, les avantages à tirer de ce projet sont négligeables en coldpa- raison des couts d'investissement. L'avantage serait une réduction de 200 francs par tonne de manutention. Or, même si lion tient compte d'un trafic initial de 10.000 tonnes, augmentant de 7 pour cent par an (ce qui est tout à fait réaliste étant donné 11expansion possible du trafic fluvial après la régularisation du fleuve), le rendement serait inférieur à 5 p 'ur cent. 215. Le problme en ce qui concerne louvrage d'art proposé réside dans le fait que l'investissement est indivisible. La mission est consciente du besoin dt apporter quelques améliorations aux installations portuaires, et si l'on devait choisir entre la réalisation de l'actuelle proposition et rien du tout, la mission, se fondant sur des considérations purement économiques, recommanderait de ne pas effectuer l'investissement et de continuer à sup- porter le coÎt élevé du déchargement. Toutefois, il conviendrait de déployer des efforts pour concevoir un ouvrage d'art plus simple, qui puisse par exemple être construit par étapes, et qui fournirait un rendement accepta- ble sur 1investissement. . 52 - 216. Pour ce qui est des investissements routiers, la partie occiden- tale de Rosso-Boghé n'appelle aucune amélioration à l'heure actuelle étant donné que, après l'élimination des barres rocheuses, les transports fluviaux seront suffisants et, malgré le coût du transbordement, seront plus écono- miques que les transports par la route. Le reste du trafic routier n'est pas assez important pour justifier des investissements routiers par les économies qu'ils feraient faire aux usagers. 217. La route Boghé-Kaédi a toutefois un potentiel plus considérable, étant donné que les transports fluviaux entre Boghé et Kaidi sont davantage soumis a des restrictions de navigabilité. Toutefois, le volume total du trafic, tant fluvial que routier, est minime. Pour reprendre les estimations contenues au Chapitre III, nous voyons que le trafic total annuel entre Boghé et Kagdi ne dépassera pas 30.000 tonnes dans les deux directions d'ici a 1970. Même si lion part des estimations très modestes selon lesquelles les transports fluviaux ne prendront que 10.000 tonnes, il reste un volume de 20.000 tonnes devant emprunter la route Boghé-Kaédi en 1970. Initiale- ment, les taux d'accroissement seront faibles, étant donné qu'on ne peut guère s'attendre à une augmentation sensible de la demande et de la produc- tion agricoles. 218. La mission a tenté d'évaluer d'une manière très approximative le rendement envisagé de la construction de la route Boghé-Kaédi. Le projet, tel que l'envisage l'étude BCEOM, prévoit une route modeste en latérite. Le coût du projet est estimé à% 640 millions de francs CFA. Aux fins de l'évaluation économique de la mission, un coilt estimatif de 500 millions a été retenu. Ce chiffre est tout à fait arbitraire, mais il est probable- ment réaliste, étant donné que le colit de construction de la route Nouakchott-Rosso reviendra a la moitié environ des estimations initiales. La mission a retenu une réduction par tonne/km de 9 francs CFA grâce à la construction de la route. Ce chiffre est sans aucun doute optimiste (voir également le Chapitre II, l'Co-t et Taux"), étant donné surtout qu'il y a peu de chances pour une amélioration des coefficients de remplissage dans l'ave- nir. En ce qui concerne l'évolution du trafic des produits de base importés, une estimation optimiste de 7 pour cent a été retenue, et l'accroissement des frais d'entretien a été estimé à 20.000 francs CFA seulement par km. 219. Les hypothèses décrites ci-dessus donnent certes au projet le bé- néfice du doute; mais il n'en reste pas moins que le taux de rentabilité serait insuffisant pour justifier l'inclusion du projet dans le deuxième plan. Pour l'achèvement de la route en 1970, la rentabilité économique serait inférieure à 5 pour cent# Les travaux de construction du projet pourraient être entamés d'ici à 1975. A partir de cette date, le volume du trafic routier serait suffisant nour porter le rendement à 10 pour cent. Un rendement de cet ordre n'est peut-être nas impossible étant donné que même dans I'éventualité dtune surestimation du trafic importation, la deu- xième étape du développement agricole ne manquerait pas de fournir un cer- tain volume de trafic aupnlémentaire pendant la durée de vie de la route. - 53 - 220. Les usagers n1auront guère intérêt à abandonner les transports fluviaux en faveur des transports routiers. Au tarif actuel des transports fluviaux (qui pourront baisser après le dégagement de la barre rocheuse et l'acquisition d'embarcations plus modernes), le coût financier du transport direct des marchandises de Rosso à Kaédi est d'environ 3.400 francs CFA par tonne, Après l'achèvement de la route Boghé-Kaédi, le coûât total du transport, en empruntant la voie fluviale jusqu'à Boghé puis des camions jusqutà Kaédi, serait toujours supérieur a 4.000 francs CFA. La nature des produits de base devant être transportés est telle que les avantages inhé- rents aux transports routiers, la rapidité surtout, ne suffiraient pas à justifier la différence de prix. 221. La route Kaédi-Kiffa constitue le lien critique pour lapprovision- nement de la région de l'est. Le projet, tel qu'il fut initialement envisagé, aurait pu assurer sa praticabilité par tous les temps, mais il n'en a rien été. A l'heure actuelle, l'on ne dispose pas d'une évaluation satisfaisante des dégàts subis et du colit des réparations. La mission recommande donc qu'une équipe d'ingénieurs soit chargée d'examiner l'état actuel de la route et des ouvrages dlart pour déterminer aà combien reviendraient les travaux de reconstruction et quelles poursuites pourraient être engagées contre l'entrepreneur. Au cas où des domages et intérêts pouvaient être obtenus, la route pourrait alors être reconstruite de manière que sa praticabilité soit assurée par tous les temps. Toutefois, si le coût des travaux de re- construction ne peut pas être exigé de l'entrepreneur, toute nouvelle affec- tation devrait faire l'objet d'un nouveau test de rentabilité. Une économie de 160 km a été réalisée grâce à l'ancien projet et ne pourrait pas être attribuée à un nouveau projet; cela constitue une justification .majeure pour la route. Etant donné le faible potentiel agricole et le très faible volume de trafic prévu, des investissements supplémentaires ne pourraient être justifiés que stils se rapportaient à la construction de quelques ou- vrages d'art susceptibles de rendre le trafic possible durant toute l'année. Sans une estimation des travaux nécessaires et des cots impliqués, il n'est pas possible de procéder à une évaluation plus précise. 222. Du point de vue économique, la route Kiffa-Néma n'est pas justifiée; à court terme, les prévisions de trafic sont trop basses pour pouvoir per- mettre des bénéfices appréciables. Toutefois, la route reliant Bakel (Sénégal) à Bélibaby et M'Bout a un certain potentiel. L'extension de la na- vigabilité du fleuve et la proximité du chemin de fer assurent des volumes de trafic qui pourraient justifier une route on gravier vers 1975. Ce tra- fic, qui provient directement du Sénégal ne sem interrompu en aucun cas, et il serait souhaitable d'en réduire le coût. De plus, la route traverse l'une des régions agricoles les plus prometteuses qui pourrait, au cours de la deuxième phase du programme de développement agricole, devenir une source considérable de trafic. 223. En règle générale, l'analyse succincte des investissements dans le secteur des transports routiers et fluviaux nsa donné que de très rares pro- jets justifiables. Les raisons de cet état de choses sonu claires: à llheure actuelle, il y a très peu de trafic et, à court terme, le développement de l'agriculture est à prédominance locale. A longue échéance, le schéma des transports pourrait changer du tout au tout, à la suite des travaux d'amè- nagement de grande envergure envisagés pour le bassin fluvial dans son ensemble. A l'heure actuelle, les besoins en transport sont tellnent li- mités que la Mauritanie aurait intérêt à prendre des mesures provisoires et à limiter les investissements dans ce secteur jusqu'à ce que l'on sache davantage à quoi s'en tenir pour la situation dans son ensemble, ctest-à- dire tant lfêtat des transports fluviaux que celui du développement agricole. 55 - ANNM I Page 1 PLAN 1963-1966 Investissements publics dans les transports et les communications (En millions de francs CFA) Montant Prévision effectivement du plan Source de financement dépensé Commentaires Budget de l'équi- FED FAC pement Divers Routes Levé de la route Nouakchott-Rosso: 30 32 32 Réduction de 47% Construction 300 789 - 25 IDA - du cot estimatif. 1642 Travaux de construc- tion sur le point dôtre entamés. Construction de la route Kaédi- Kiffa 450 390 10 hoo hoo millions supplé- mentaires sont né- cessaires pour ache- ver les travaux. Total 432 Chemins de fer Gare de Choum ho 20 20 Total 20 - 56 - ANEXE I Page 2 Transports fluviaux Etude relative au port de Boghé 15 15 (Conclusion: coût (estimatif 150 (millions Construction 160 Le financement n'est pas assuré Travaux relatifs à la barre rocheu- se de N'Gorel 1) 40 (Le financement n'est pas - Tirage 1,60 assuré 2) 15 (Demandé pour le prochain plan - " 1,30 Total 15 Transports maritimes Construction du wharf de Nouakchott 5oo 643 24 667 vedette 20 5 5 1 vedette de douane Port de pêche de Port-Eitienne Quai et Construc- tion 51o 900 900 (Le crédit du FED (était en fait de (1,270, mais 370 (étaient destinés (à l'équipement (de réfrig iration 6 bateaux de pêche (Le finAncement est assuré par 6oü des iy2 -:tissements publics et privês,) 4 grands bateaux,-de pêche (Financement assuré par in- 2u2 vestissements privés) 2 bateaux équipés de glacières frigorifiques " 452 2 bateaux munis d'un équi- pement de réfrigération 916 - 57 - ANNEXE I Page 3 Transports aériens 1. Nouakchott Aéroport ASECNA Hangar et sécurité 200 15 20 35 Agrandissement de la piste L'assistance financière du L'extension de la FED a été sollicitée. Il est piste permettra possible qu'on parvienne bien- l'atterrissage d'a- tôt à un accord portant sur vions à réaction de un montant total de 250. portée moyenne. 2. Néma Aéroport Asphaltage de la piste 120 95 95 3. Sélibaby Aéroport Asphaltage de la piste 37 82 382 4. Nma Equipement de sécurité 5 5 5 5. Port-Etienne Extension de ASECNA la piste Ne figure pas 220 220 au budget Total 437 ANNEXE 1 Page h Communications 1. Réseau inter- national 17 17 17 2. Réseau inter- ville 7 15 3. Levé Nouakchott- Rosso 3 3 3 4. Equipement ré- seau primaire 58 20 6 26 Achevé 5. Nouakchott et Port-Etienne h 21 15 36 6. Radio Port- Etienne 39 37 37 7. Telex 10 2 2 8. Nouakchott 7 3 8 il 9. Port-Etienne 30 33,5 3 36,5 10. Divers 101 l4,5 9 23,5 Investissement total dans l'infrastructure: 2.500.000.000 de francs CFA Abréviations FED: Fonds Européen de Développement (Tous les chiffres représentent des dons) FAC: Fonds dlAide et de Coopération (français) (Tous les chiffre représen- tent des dons) Budget d'équipement: Financé par des capitaux français. Organigramme I Mauritanie: Organigramme du Ministère de l'Equipement inistère de liEquipement Directeur des services Directeur des Services Directeur des techniques administratifs transports Service administratif Transports routiers central Département des Transports aériens travaux publics Secrétariat répartement hydraulique Personnel ONTP Département de la Topo- Comptabilité SNTFM graphie Fournitures Air Mauritanie Source: Gouvernement de Mauritanie Ministère de l'Equipement 1/ Voir renvoi page 35. - 60 - Organigramme II Mauritanie: Organigramme de la Direction des services techniques Directeur des services techniques Département des Département Département Département travaux publics hydraulique hydrologique du logemen1 et du déve- loppement urbain Département de la Topographie Section topogra- Route Exploitation Eaux phréati- Puits Architectu- phique Aéroports wharf de ques re des loge Nouakchott ments Section des Ports District Approvisionne- Construction Permis de projets Rosso nient en eau construire Section de l'ac- Etudes District Electricité Développe- quisition des techni- Nouakchott ment urbain terrains ques Section de l'en- Construe- District tretien tion Port Altar Etienne District Kaédi District Aleg District Aioun District Trav aux publics Port-Etienne District Hydr. Port-Etienne Source: Gouvernement de Mauritanie Ministère des Travaux Publics - 61- V. Les transports aériens 22h. Du fait des longues distances, de la faible densité des tra- fics et du coût élevé de la construction des routes par rapport aux éco- nomies qui peuvent en résulter, les transports aériens sont appelés à jouer un r6le de plus en plus considérable en Mauritanie. 225. Aux termes d'un accord spécial avec le Gouvernement, la con- ception, la construction, l'entretien et l'exploitation de l'infrastruc- ture aérienne du pays ont été confiés à l'ASECNA, un organe financé con- jointement par la France et des pays africains. L'infrastructure aérienne est bien développée et pourrait accueillir des volumes de trafics bien supérieurs aux volumes actuels. Au cours du premier plan, les investisse- ments d'infrastructure aérienne ont atteint un total d'environ 440 mil- lions de francs CFA. Entre autres travaux, ces investissements ont per- mis de prolonger la piste d'atterrissage de Port-Etienne afin de lui per- mettre de recevoir des longs courriers à réaction, d'asphalter la piste d'envol de Néma et de revêtir en dur la piste de Sélibaby. 226. La Mauritanie dispose à llheure actuelle de 22 aérodromes, dont seul celui de Port-Etienne peut accueillir des longs courriers à réaction. Les pistes de Noiukchott et d'Atar peuvent accueillir des DC 6., 9 autres aérodromes peuvent recevoir des DC 4, et le reste des pistes ne sont acces- sibles qu'aux DC 3 et aux plus petits appareils. Sur les 22 aérodromes, 11 sont équipés d'installations radio (l'Annexe I ci-jointe contient une liste des aérodromes et indique pour chacun dteux la longueur et la caté- gorie des pistes). 227. Etant donné que les pistes et l'équipement au sol sont généra- lement satisfaisants, seuls des investissements limités seront nécessaires au cours du prochain plan. Ceux-ci portent notamment sur le prolongement de la piste de Nouakchott afin de lui permettre de recevoir des avions à réaction à rayon dtaction moyen, ce qui reviendrait à quelque 220 mil- lions de francs CFA. Le FED a donné son accord de principe pour financer le prolongement da la piste de Nouakchott. 228. Les aérodromes secondaires ont besoin de matériel radio supplé- mentaire dont le coût pourrait être estimé à 60 millions de francs CFA. Un financement du FAC a été sollicité pour ce projet, mais aucun accord n'a été conclu jusqu'ici. 229. Lfutilisation limitée des aérodromes de Mauriuxnie (Voir Annexe II) provoque des déficits d'exploitation considérables. En 1966, le coût d'exploitation, amortissement exclu, était de 250 millions de francs CFA, tandis que les redevances d'atterrissage (qui ne sont perçuesqu'à Port- Etienne, Nouakchott et Néma) n1atteignaient que 30 millions de francs CFA. Le déficit de 220 millions de francs CFA a dû être comblé par deux subven- - 62 - tions: une de 160 millions de francs CFA du Secrétariat général à l'Avia- tion français et une de 60 millions de francs CFA du Gouvernement mauri- tanien. 230. Quatre compagnies aériennes ont des activités en Mauritanie: UTA, Air Afrique et Air Sénégal pour les vols internationaux; la compa- gnie nationale Air Mauritanie assurant les vols entre les pays voisins et détenant le monopole des vols intérieurs. 231. Le parc aérien se compose à l'heure actuelle d'un DC 4 (ache- té à Air France. sur crédit différé, presque entièrement payé), de deux DC 3 prêtés par la MIFERKA et de deux DO 3 pretés par Air Sénégal. Les appareils se trouvent dans les ateliers d'Air Sénégal à Dakar. Leur con- dition est moyenne, compte tenu de leur type et de leur age. Un person- nel compétent est fourni par Air Sénégal pour les deux DC 3 et par la MIFERMA pour les autres appareils. 232. On ne dispose pas de renseignements satisfaisants sur les résul- tats d'exploitation d'Air Mauritanie, mais l'on estime à 75 millions de francs CFA le déficit cumulatif des quatre dernière années. Ce déficit est p ur une grande part découvert, les factures des fournisseurs restant en attente. On est en train d'organiser le système de comptabilité qui devrait permettre une évaluation satisfaisante des coûts, compte tenu de laquelle les tarifs intérieurs seraient revus, étant donné qu'ils sont actuellement bien inférieurs aux tarifs des lignes aériennes intérieures des autres pays. Les tarifs en Mauritanie sont d'environ 17 francs CFA par siège/lcn, contre une moyenne de 24 francs CFA dans les pays voisins. 233. Aux tarifs actuels, et compte tenu du coit de l'exploitation des appareils périmés, le déficit d'Air Mauritanie ne peut que siaccrot- tre. L'estimation préliminaire pour 1967 uniquement est de 50 millions de francs CFA. Outre la réforme de la structure des tarifs, la mission recommande d'envisager le remplacement des appareils périmés par des ap- pareils modernes d'une capacité similaire, lesquels permettraient une exploitation rentable, nonobstant des dispositions convenables d'amortis- sement. La mission recommande également d'augmenter le volume à la dis- position du fret aérien, étant donné que le transport aérien des produits de base de valeur élevée sur de longues distances pourrait se révéler plus rentable que le transport routier. Il en serait ainsi par exemple de la viande provenant des nouveaux abattoirs de Kaédi. Le fret aérien devrait atteindre plus de 1.000 tonnes en 1967/8, puis 2.500 tonnes au cours des quatre années suivantes. La solution route ne convient pas au transport de la viande, étant donné qu'elle est trop lente et revient trop chère, même si de nouvelles routes sont construites dans le sud. Selon une étude effectuée iar la SEDES, il serait rentable d'agrandir la piste de Kaédi de nanière que pour le transport de la viande on Duisse utiliser des DC 6 au lieu de DC 4. Il s'agit là toutefois d'un caltul financier qui devrait atre étayé par une analyse économique des investissements im- pliqués (prolongement de la piste et acquisition éventuelle -dun appareil moderne) et du bénéfice totâl attribuable au projet. - 63 - ANNEME 1 Page 1 Aérodromes de Mauritanie Piste Longueur Balisage Equipe-ment Ville (en mètres) lumineux radio Aioun el Atrousse 1590 x 50 PA x x Akjoujt 2000 x 5o PG x x 17ho x 50 PG Aleg 1205 x 50 PG llho x 5o PG Atar 2100 x 5o PA x 300 x 5o Sl x x Boghé 950 x 5o PG 650 x 50 PG Boutilimit 1235 x 100 PG x Fort-Gouraud 1800 x 50 PG loo x 5o PG x Fort-Trinquet 2265 x ho PA 1900 x 48 PG x 155ç x 30 PG Kadi 1600 x ho PA x Kiffa 1600 x ho PA/PG x Moudjeria 1600 x loo PG M'Bout 1200 x 5o SN Néma 1200 x 30 PA x Nouakchott 16o0 x 45 PA x x Port-Etienne 2425 x 45 PA x x Rosso llOO x 33 PG Salébaby 1200 x 30 PA Taichakett lloo x 5G SN 긔 65 - Trafic des aérodromes de Nouakchott', et de Port-Etienne 1961 1962 1,963 1964 1965 19616 NOUAKCHOTT -Nombre total des vols 632 854 n.d Zý,03 2o86 2141 Passagers 9780 12932 n,.d 28198 28883 30336 Fret (en tonnes) n.d 172e9 n,.d. 787.95 941,2 878.,2 PORT-ETIENNE Nombre total des vols 994 831 1,625 1596 1870 1980 Passagers 17o95 8162 22854 17961 2259o 28762 Fret (en tonnes) 571.,4 773,8 541,7 570 651;4 831.,8 - 66 - VI. La route Akjoujt-Nouakchott 234. La route Akjoujt-Nouakchott (278 km) devra supporter tout le tra- fic supplémentaire provoqué par l'exploitation des mines d'Akjoujt. La sélection de la route d1extraction d'Akjoujt est irréversible, notamment pour des raisons politiques. Le Gouvernement mauritanien est déterminé à utiliser et à développer le wharf de Nouakchott au maximum et à poursuivre le développement de la nouvelle capitale. La décision d'utiliser Nouakchott au lieu de Port-Etienne se justifie également par des raisons techniques et économiques. La solution Port-Etienne aurait exigé la construction dfune voie de raccordement sur un terrain extrêmement difficile afin de relier Akjoujt au chemin de fer de la MIFER5A. Cela ne peut se justifier par ltex- portation d'un volume maximum de 50.000 tonnes par an. 235. La route Akjoujt-Nouakchott est à l'heure actuelle une piste saha- rienne en relativement bon état. En vue de son asphaltage, 3,1 millions de dollars EU ont été prévus dans lestimation des coûts pour le projet Akjoujt dans son ensemble; mais il n'a pas encore été décidé si oui ou non le projet routier serait entrepris. La solution de rechange serait de main- tenir la route dans son état actuel et dten améliorer quelque 80 km dtici quelque temps. Laccord entre la SOIMA et le Gouvernement spécifie simple- ment que la SOMIMA sera responsable de lentretien de la route Akjoujt- Nouakchott et que la aociété ne paiera pas de droit de douane sur les car- burants. 236. Ainsi qu'il a été expliqué plus haut, le total des trafics associés au développement de la SOMIMA sera de lordre de 50.000 tonnes avant, et de 120.000 tonnes après l'achèvement des travaux de construction. Berliet et Mercedes travaillent actuellement à la mise au point d'un grand véhicule routier destiné à transporter les concentrés à Nouakchott et les carburants de Nouakchott à Akjoujt. 237. Jusqu'ici, 1on ne dispose d'aucun détail sur le coût d'exploita- tion de ces véhicules sur les divers types de surface disponibles. Par ailleurs, aucune estimation de coût nta été établie pour les diverses me- thodes dtamlioration des routes. La mission recommande qulune évaluation soit faite du problème des transports dans leur ensemble, dans le cadre du projet Akjoujt, comprenant l'extension du wharf, lamélioration de la route, lt acquisition de véhicules et le transport des concentrés par containers. La mission est dans l'ensemble convaincue de la validité du choix de la route d1extraction, mais il n'est pas possible de déterminer la combinaison la plus économique des investissements de transport en l'absence dfétudes techniques et dtestimations des coûts d'exploitation et en capital. Se fon- dant sur les renseignements disponibles en Mauritanie, la mission ne peut pas dire dans quelle mesure les travaux prëparatoires ont progressé. - 67 - VII. Entretien des routes 238. Le Département des Travaux Publics est responsable de l'entretien de 2.870 km de route, consistant en deux routes nationales (Rosso-Fort Gou- raud -- 1.000 km et Rosso-Néma -- 1.180 km) et en 680 km de routes secon- daires (Rosso-Aleg/Boutilimit et Noudjeria-Tidjikja)!/. 239. Les crédits d'entretien sont insuffisants depuis plusieurs années. A la suite d'une inspection des routes du pays, la mission a recueilli l'impression dtun retard considérable dans les travaux d'entretien. Les consultants de la société française BCEOM réalisent actuellement un examen détaillé des besoins en matière d'entretien et feront des recommandations au sujet de l'organisation de ces travaux, des besoins en équipement et des affectations annuelles de crédits. 240. Sans préjuger des résultats de l'étude du BCEOM, la mission esti- me que, pour l'entretien des routes dont le Département des Travaux Publics est responsable, une affectation minimum de 300 millions de francs CFA par an est nécessaire. Les détails de l estimation de la mission figurent à ltAnnexe I. Jusqu'à 1964, les affectations se sont établies autour de 120 millions de francs CFA. 2/ La diminution des crédits au cours des années suivantes (les crédits on;t atteint 61 millions de francs CFA seulement en 1967) est contraire à la recommandation de lAssociation, que la Mauritanie avait acceptée, préconisant l'augmentation progressive des crédits d'entre- tien de manière à dépasser le niveau de 1963. Sans aucun doute, il faudra augmenter sensiblement les crédits d' entretien au cours du deuxième plan, puisque lentretien de la route Nouakchott-Rosso reviendra à lui seul à quelque 50 millions de francs CFA. 241. Les insuffisances en matière d'équipement dlentretien portent sur leur taille, leur catégorie et leur âge. LiAnnexe III ci-jointe contient une liste du materiel actuellement disponible, avec des indications sur leur état. La mission accepte les estimations des besoins en équipement d'entretien routier faites par ladministration et figurant à la colonne 4 de l'Annexe III. Le coût total de léquipement serait dtenviron 160 mil- lions de francs CFA. 2h2. Le mauvais état du matériel st explique principalement par le fait qu'il n'y a plus d1atelier, depuis la fermeture de celui de Rosso. La mis- sion considère qutil est absolument nécessaire d'ouvrir un atelier à Nouakchott, lequel pourrait également stoccuper de l'entretien des véhicu- les appartenant au secteur public et pour lesquels il nrexiste pas d'instal- lations dtentretien. Le personnel de léventuel atelier de Nouakchott pour- rait provenir de l'école technique de la MIFERMA à Port-Etienne, et il con- viendrait de conclure un accord à cet effet avec la société. l/ L'entretien des 3.000 km de routes de qualité inférieure est du ressort dt organismes locaux. 2/ Voir Annexe II pour l'entretien annuel de 1958 à 1967. - 68 - 2h3. Le nombre et la qualification du personnel technique et de la main- d'oeuvre constitue un autre problème pour l'organisation de l'entretien des routes mauritaniennes. Le personnel disponible nfest pas suffisamment qualifie pour manipuler le matériel d'entretien existant, mais la situation s'améliore à mesure que du personnel est formé par la section technique de lEcole nationale d'administration de Nouakchott. 2hh. En l'absence de tout nouveau projet de construction routière d'une certaine envergure qui soit justifiable (à l'exception de la route Nouakchott- Rosso), il conviendrait diaccorder la plus haute priorité à l'entretien con- venable du réseau actuel. Stil est vrai que la densite prévisible des tra- fics dans un proche avenir soit trop faible pour qu'il soit possible de jus- tifier les dépenses en capital que représente la construction de routes par les économies qutelles rendraient possible dans le cout d'exploitation des v'hicules, il est absolument indispensable d'organiser dfune maniire satis- faisante l'entretien du réseau routier existant. - 69 - Estimation du budget d'entretien Le coût d'entretien des diverses sections du réseau routier peut être ex- primé comme suit: Sections 'à grande ciruclation 125.000 francs CFA/km/année Sections à circulation normale 100.000 " " " " Sections à faible circulation 50.000 " " " " Sections à très faible circulation 25.000 " " " " Le coût total pour le réseau sera donc: Rosso-Nouakchott 21E km Nouakchott-Akjoujtl/ 278 km WÏ2 Coût = 182 x 125.000 =60 millions de francs CFA Akjoujt-Atar 198 km Rosso-Boghé-Kaédi-Kiffa 6h5 km Coût 843 x 100.000 = 84,3 millions de francs CFA Boghé-Aleg-Moudjeria 280 km Kiffa-Aioun 240 Atar-Choum 100 Coût 620 x 50.000 = 31 millions de francs CFA Reste du réseau national 915 km Coût =915 x 25.000= 22,9 millions de francs CFA TOTAL: 200 millions de francs CFA/an Plus: Remplacement du matériel 75 millions Total:. . . . . .275 millions Après l'achèvement des travaux de construction de Nouakchott-Rosso, le coût unitaire d:entretien atteindra 250.000 francs CFA/km/année. Le coût cor- respondant est de 25 millions. Total:. . . . . 300 millions/année 1/ après achèvement de la route Nouakchott-Rosso j/ Y compris 40 millions de francs CFA pour la route Nouakchott-Akjoujt dont l'entretien reviendra à la SOMMA, en vertu des accords passés avec le Gouvernement. 긔 71 - Annexe III Equipement pour ýfentretiq des routes (20 février 196?) Etat du mat6riel Remplacements Nécessitant et des adjonctions Bon état réparations vëtucLte nécessaires (2) (4) Niveleuse automotrice 100 cv 4 3 4 Niveleuse automotrice 80 cv 1 1 Niveleuse automotrice cat. 12 - - 2 - Boulldozer 160 cv 7 1 3 3 Chargeuse (pneu) 4 - 1 3 Chargeuse géante (pneu) - 2 - - Chargeuse (chenilles) 4 1 2 1 Tracteur (pneu) 20 4 5 il Rouleau (pneu) il 6 4 1 Camion (6 m3) 12 3 3 6 Camion (4 m3) 20 6 4 10 Camion 2,5 tonnes 14 2 6 6 - 72 - VIII. Recommandations 25. Dans la mesure des renseignements disponibles, la mission a analy- sé les besoins en transport de la Mauritanie et les divers projets suscep- tibles dletre inclus dans le deuxième plan ou remis à une étape ultérieu- re du développement du pays. 2h6. La mission appuie la politique gouvernementale de maurItanisation du commerce extérieur qui a constitué le facteur dominant de la politique des transports au cours de la période du premier plan. Lessentiel des investissements effectués à cet effet sera achevé après la construction de la route Nouakchott-Rosso. La construction de cette route reviendra con- siderablement moins cher qufon ne l'avait prévu initialement. De llavis de la mission, le projet convient parfaitement aux trafics prévus, et la mis- sion recommande donc de ne rien changer à sa conception actuelle. 247. Le volume du trafic n'augmentera que modérément dans un proche ave- nir ce qui fait qu'il ne serait pas opportun d'améliorer les communications à grande distance en construisant un réseau routier considérable. Il est préférable de supporter le coqt d'exploitation des véhicules sur les routes existantes plutôt que dtexposer les dépenses considérables qu'impliquerait la construction de routes à grande distance. 2h8. La mission n'est pas dtavis qu'un système de réglementation des transports routiers impliquant une allocation administrative des trafics aux diverses entreprises de transport selon des barèmes f.xes, un contrôle de ltexpansion du parc automobile et une péréquation régionale puisse assu- rer la fourniture de transports routiers à un coût minimum pour l'économie. La mission a recommandé que soient réintroduites les forces compétitives au moyen d'un déblocage des tarifs et de l'abandon du système d'attribution ad- ministrative des trafics. La mission recommande notamment que ne soit pas étendu le système actuel de réglementation des transports fluviaux et fer- roviaires. 2h9. De ltavis de la mission, il convient dfattribuer la plus haute prio- rite à l'augmentation des dépenses d'entretien. 60 millions de francs CFA ne suffisent absolument pas à llentretien du réseau routier actuel. En at- tendant que le montant exact des besoins soit arrêté par une étude actuel- lement effectuée par le BCEOM, la mission recommande de prévoir pour l'en- tretien des routes un montant minimum de 300 millions de francs CFA après ltachèvement de la route Nouakchott-Rosso. La mission accepte l'estimation de ltadministration portant sur les besoins en équipement dientretien et suggère d'intensifier les efforts pour la formation de techniciens et d'opë- rateurs à l'Ecole d'administration de Nouakchott. Elle recommande égale- ment la formation de mécaniciens pour l'entretien du matériel à l'école technique de la MIFERMA. 250. Le personnel des services gênéraux du Ministère de l'Equipement suf- fisent pour le volume prévisible des travaux de construction. Toutefois, sur 17 ingénieurs, 12 sont français. Il conviendrait donc de prendre des mesures en vue de leur remplacement graduel par des Mauritaniens compétents. Dans cette perspective, les candidats mauritaniens devraient être formis à l'Ecole Nationale d'Application des Travaux Publics de l'Etat à Paris ou à - 73 - l'école équivalente dtAbidjan. Ce processus prendrait de 8 à 10 ans au minimum. 251. Pour le trafic à grande distance, un rôle de plus en plus important reviendra aux transports aériens. L'infrastructure des transports aériens est relativement satisfaisante. Les grands projets dont la mission peut recommander l'inclusion au deuxième plan sont l'extension de la piste de Nouakchott et l'installation dfun équipement radio dans les aéroports de moindre importance. Il conviendrait de stintèresser tout particulièrement au remplacement des appareils périmés par des appareils modernes de capaci- té similaire, de manière à réduire le coût d'exploitation des transports aériens en Hauritanie. La mission recommande également de considérer, dans le cadre de l'évaluation financière du projet Kaëdi, la question du trans- port de la viande. A cet effet, il conviendrait d'évaluer le coût d'un pro- longement de la piste et de l'acquisition d'un avion moderne en vue de ré- duire le co^t du transport aérien de la viande. 252. A tout terme, les investissements de transport dans les régions du sud et du sud-est devraient être limités, du fait que les besoins en trans- port sont faibles et qu'ils n'augmenteront que modérément dans un proche avenir. Au cours de la première phase du développement agricole, la produc- tion staccroîtra considérablement et des investissements limités dans l'agri- culture auront un rendement élevé. Ce développement est toutefois localisé; il nécessitera peu de facteurs de production supplémentaires et sera la sour- ce de peu de transports supplémentaires. En ce qui concerne la région Rosso- Kaèdi, les besoins actuels en transport peuvent dans une large mesure tre satisfaits par le fleuve, ce qui n'impliquerait que des investissements mar- ginaux destinés à améliorer la navigabilité fluviale. A long terme cepen- dant, le développement agricole, favorisé par les effets d'un vaste program- me d'aménagement du bassin fluvial, provoquera un accroissement considérable des besoins en transport. Etant donné que ce programme envisage une régula- risation complète du Sénégal, les transports fluviaux seront susceptibles d'assurer une part considérable des nouveaux trafics. Les investissements à court terme pourraient comporter le dégagement de la barre rocheuse de N'Gorel et éventuellement certaines améliorations dans le port de Boghé, lesquelles ne seraient toutefois justifiées que si un projet réalisable par étapes pou- vait être mis au point. 253. La construction d'une route en latérite entre Boghé et Kaèdi ne peut se justifier dans l'avenir immédiat. Compte tenu des prévisions de trafic, la construction devrait être entreprise au cours de la période du troisième plan. 25h. En ce qui concerne la route Kaédi-Kiffa, la mission recommande de faire appel à une petite équipe d'ingénieurs pour déterminer les causes des dégâts subis par des ouvrages de construction récente et évaluer le coût de leur reconstruction. Si des réclamations peuvent être déposées contre les entrepreneurs, il suffirait que les réparations assure l'accès de Kiffa et des régions du sud-est par tous les temps. Toutefois, de nouveaux investis- sements ne seraient justifiés que sfils consistaient en quelques ponts suscep- tibles de faciliter l'accès de ces régions par tous les temps. 255. De l'avis de la mission, le potentiel du trafic de la route Kiffa- Néma ntest pas suffisant pour justifier des travaux considérables d'amélio- ration dans un proche avenir. 256. La mise en exploitation envisagée des minerais d'Akjoujit accrotra les besoins en transport, lesquels seront assez considérables, de l'avis de la mission, pour justifier la construction d'une :route en asphalte en- tre Nouakchott et Akjoujt, route dont le trafic pourrait atteindre près de 150.000 tonnes par an après 1970. De même, la capacité du wharf de Nouakchott sera insuffisante pour satisfaire les nouveaux besoins en tra- fic provoqués par la mise en exploitation des mines d'Akjoujt. Toutefois, ces deux projets appellent une évaluation satisfaisante qui ne peut être effectuée qu'après l'achèvement des plans techniques et des estimations de coûts. A Port-Etienne, la deuxième étape de l'expansion du port est en cours. La mission a quelques doutes quant à la nécessité, durant la pério- de du deuxième plan, de la troisième étape de ces travaux portuaires pour laquelle une étude a été préparée par le BOEoM. Cela dépendrait des mesu- res prises en vue de la commercialisation de la production supplémentaire envisagée dans le secteur de la pche. 257. En général, le deuxième plan correspondrait à une période de transi- tion pour le développement des transports, au cours de laquelle des investis- sements considérables ne pourraient être justifiés par les avantages écono- miques qu'ils procureraient au pays. Toutefois, il s'agit là dfun jugement purement économique, dont ltadoption dépend de l'opinion que le Gouvernement se fait de la mesure dans laquelle les investissmments dans le domaine des transports sont sasceptibles de raffermir la cohç.-rnce politique et adminis- trative du pays et de favoriser ainsi la réalisation des objectifs sociaux. CHAPITRE TROIS: EDUCATION ET FORMATION I. Démographie et Ressources Humaines Facteurs affectant la politique démographique 258. Selon l'enqu6te dêmographique la plus récente, effectuêe par la SEDES 1/, on a estimé que la Mauritanie en 1965 comptait 1.00.000 habitants, dont quelque 240.000 sêdentaires et 800.000 nomades. On avait estimé à 80.000 les habitants des centres urbains (Tableau 1), la densitê de la population atteignant son maximum dans les provinces du sud (Carte 1). En général, la distribution de la population reflète les conditions climatiques et écologiques. Le principal facteur déter- minant l'emplacement et la concentration de la population est la dispo- nibilité de l'eau. 259. 80% environ des Mauritaniens sont des Maures. Ces Maures sont soit de race blanche, soit de race noire. Les Maures blancs sont princi- palement des éleveurs nomades et des commerçants, tandis que les Maures noirs (de 30 a 40% du total) peuplent actuellement dans les provinces du sud et se laissent plus volontiers attirer par l'agriculture sédentaire. Les Maures parlent le hassania, qui serait un dialecte arabe relativement pur. Les 20% restants de la population se composent de diverses tribus noires: les Toucouleurs, les Oualofs et les Sarekolles; ces tribus par- tiquent essentiellement l'agriculture de subsistance primitive. Les Peuls sont une tribu d'éleveurs principalement Noirs et semi-nomades. Toutes ces tribus parlent des langues non écrites. Depuis l'accession de la Mauritanie à l'indépendance, l'arabe a été proclamé langup nationale et le français langue officielle. 260. Le tableau 2 contient une ventilation de la population par groupe d'âge. La population potentiellement active (groupe d'âge de 15 à 59 ans) représente environ 50% du total, La population d'âge scolaire (de 6 à 12 ans) représente quelque 20% du total 2/. Le taux estimatif d'accroissement de la population est de 1,7% et est legèrement supérieur parmi les Noirs que parmi les Maures. En partant de l'hypothèse que ce taux annuel de croissance se poursuivra jusqu'en 1990, la population de la Mauritanie ex- cederait alors de 1 à 1 - 1/2 million d'habitants. La population poten- tiellement active s'accroît de quelque 10,000 personnes par an (Tableau 3). 261. Dans l'ensemble, l'économie de la Mauritanie a subi un changement frappant au cours des dernières années, du principalement à l'exploitation 1/ Société d'études pour le Développement Economique et Social (Enquête démographique 1964-1965). Le même pourcentage de la population d'âge scolaire a été utilisé dans le rapport "Education et Développement en Mauritanie", publié en 1964. - 76 - par MIFERM des gisements de fer du nord. L'économie reposait tradition- nellement sur l'élevage et l'agriculture. La structure de l'économie fait l'objet d'une étude plus détaillée dans le chapitre I du volume 1. De 1959 a 1964, le produit intérieur brut est passé de 14,5 milliards a 35,7 milliards de francs CFA, selon les chiffres officiels, et il est es- timé à 40 milliards en 1966. Ce progrès est surtout le fait du secteur moderne. Malgré cet accroissement considérable du produit global, la structure de la population active nta subi que de légères modifications. Les effectifs du secteur moderne sont passés de 4.700 personnes en 1957 aà 18.500 en 1962, puis ont diminué pour atteindre 16.200 en 1965 (voir Tableau 4). Même dans ces périodes de pointe, l'emploi dans le secteur de moderne n'a guère atteint que 5% de la population active potentielle, ce qui confine quelque 95% de la population active dans le secteur tra- ditionnel, Dans le secteur moderne privé, l'emploi se concentre dans la partie nord du pays, ou se t,ouve Nouakchott. En 1965, 68% des effectifs du secteur moderne privé était concentré dans le nord, dont 26% aà Nouak- chott. De plus, 1/h environ de l'ensemble des fonctionnaires travaille à Nouakchott. 262. Dans le secteur moderne, environ la moitié de l'effectif total est concentré dans l'administration publique. Il est probable que les industries extractives, dont le volume d'emploi s'est constamment accru au cours des dernières années, embauchent près de 500 personnes d'ici quelques années, lorsque l'on commencera à exploiter les mines de cuivre d'Akjoujt. Les fluctuations prononcées dans le secteur de la construction sont une caractéristique du secteur moderne, et s'expliquent par les tra- vaux de grande envergure comme ceux de MIFERHA et la construction de la capitale a Nouakchott. C'est ainsi que le volume de l'emploi dans ce sec- teur a atteint son maximum en 1962 et a sensiblement diminué par la suite. Le volume de l'emploi dans le secteur de la construction devrait a nouveau s'accroître sensiblement pendant la phase de construction des mines de cuivre d'Akjoujt, pour ensuite diminuer lorsque les travaux seront achevés, en 1971. 263. Les autres secteurs de l'économie n'ont subi que des changements modestes. On peut prévoir une certaine expansion dans l'industrie du fi- nissage, à mesure que les installations existantes ou en cours de construc- tion seront exploitées plus intensivement. Le nombre d'étrangers employés en Mauritanie par le secteur privé a diminué au cours des dernières années, de 4.100 en 1962 à 2.500 environ, les diminutions les plus sensibles se situant dans les catégories les moins qualifiées. Ceest parmi les cadres que l'on trouve le pourcentage le plus élevé de travailleurs étrangers (voir Tableau 5). On estime que les travailleurs étrangers transfèrent en général 60% de leur salaire a l'étranger. Le nombre d'étrangers travail- lant dans le secteur public a diminué de 1.100 en 1962 à 640 environ en 1965. Une part considérable des étrangers employés par le secteur public sont recrutés et rémunérés par l'intermédiaire de programmes bilatéraux et internationaux d'assistance. On ne dispose guère de renseignements sur les qualifications et la compétence des étrangers employés par l'administration publique. Le tableau 22, préparé par la mission d'aide française, contient une ventilation des principales catégories d'étrangers employés par l'admi- nistration publique jusqu'en 1967. - 77 - Besoine en ressources humaines 1967-1976 264. Afin d'effectuer une estimation des besoins et des priorités en matière d'enseignement et de formation au cours de la prochaine dé- cennie, la mission en collaboration avec 70 Bureau des Statistiques de lOrganisation du Plan a tenté d'estimer 'e total des besoins en ressour- ces humaines pour le secteur moderne, par catégorie professionnelle, pour la période allant de 1967 à 1976 (Tableau 6). Cette estimation est nécessairement imprécise, étant donné le peu de renseignements dont on dispose au sujet du niveau académique et autres caractéristiques du per- sonnel actuel. Les conclusions atteintes au sujet des besoins en matière d'enseignement devraient être soumises à un examen critique et peut-être à des modifications, quand une étude plus complète aura été effectuée. 1/ 265. Sur la base des estimations actuelles, on peut provisoirement prévoir que, pour la période 1967-1976, il sera nécessaire de former quel- que 150 cadres supérieurs ayant bénéficié d'un enseignement secondaire complet et ayant fait des études supérieures, quelque 1.300 cadres moyens, dont on estime que quelque 800 devront recevoir un enseignement secondaire complet. 500 personnes environ devront bénéficier d'un enseignement se- condaire du premier cycle, suivi si possible d'une spécialisation quelcon- que. Quelque 1.900 employés sans qualification spéciale devront recevoir un enseignement secondaire du premier cycle complet ou une formation équi- valente. Un millier d'ouvriers spécialisés devront recevoir un enseigne- ment primaire complet plus 2 ou 3 ans de formation ou d'enseignement tech- nique et 1.250 ouvriers qualifiés devront recevoir un enseignement primaire complet suivi d'une courte période de formation complémentaire. 266. Sur la base des estimations ci-dessus, le système d'cnseignement secondaire général et spécialisé serait appelé à produire au cours de la période 1966-1967 environ 1.050 bacheliers et 2.650 titulaires du BEPC. 2/ Cela correspondrait à 3.950 diplômés du BEPC, 3/ objectif qui dépasse de loin les possibilités actuelJes. D'autre part, il semble peu souhaitable de développer le système d'enseignement actuel compte tenu des besoins es- timatifs en ressources humaines, étant donné le caractère provisoire de ceux-ci, d'une part, et le fait que l'on devrait éviter une surproduction coûteuse de bacheliers et de titulaires du BEPC, d'autre part; surproduc- tion déjà évidente dans tértains autres pars africains d'expression fran- çaise). En conséquence, la mission recommande que la production annuelle moyenne de bacheliers et de titulaires du BEPC qui résulterait des estima- tions ci-dessus, à savoir environ 105 bacheliers et 395 titulaires du ce sujet, nous appuyons sans réserve la recommandation de l'équipe SEDES d'accorder la plus haute priorité à la création d'une commission des ressources humaines et d'un conseil exécutif. Les chiffres ont été augmentés de 10% pour tenir compte des étudiants qui, après avoir terminé leurs études n'iraient pas joindre la main- dtoeuvre active de la Mauritanie. Les 1050 bacheliers correspondent à 1310 titulaires du BEPC. - 78 - BEPC Y soit considérée comme l'objectif du prochain plan d'enseignement devant être réalisé d'ici à 1971. 267. En ce qui concerne l'enseignement secondaire du deuxième cycle, universitaire et post - universitaire, il serait souhaitable d'utiliser les établissements régionaux et internationaux. Les établissements mau- ritaniens d'enseignement technique et de formation professionnelle s'oc- cuperont de la £formation des ouvriers spécialisés et qualifiés, dans la mesure des besoins en main-d'oeuvre. 268. Il serait nécessaire de mettre au point un plan opérationnel à long terme des ressources humaines, pour une période de 15 à 20 ans, qui servira de base à la planification pour la formation des cadres su- périeurs, ainsi qu'à la mise au point d'objectifs annuels de formation pourle personnel non qualifié. Plus particulièrement, la création d'un tel plan permettrait de réaliser méthodiquement les tâches suivantes: - l'évaluation des besoins de l'administration publique et du secteur privé; - la prise des mesures nécessaires en vue du remplacement pro- gressif des conseillers étrangers; - l'étude de la manière la plus efficace de fournir aux futurs hauts fonctionnaires et administrateurs l'enseignement et la formation nécessaires, tant pour le secteur public que pour le secteur privé; - la promotion de la participation du secteur privé dans l'ef- fort déployé par l'état en matière d'enseignement; - l'obtention de fonds auprès d'établissements internatinaux et bilatéraux, pour les études effectuées à l'étranger; - l'octroi de bourses; - la surveillance des études effectuées à l'étranger par les étudiants et autre personnel mauritaniens; 269. Le fonctionnaire à qui il incombrait de mettre au point le plan d'enseignement devra coordonner ses activités avec les divers ministères et hauts commissaires, et notamment avec la nouvelle organisation du plan, dont il devra également rechercher l'appui. 270. Dans la structure administrative actuelle, il semble particuliè- rement souhaitable de confier cette tâche au Haut Commissaire à l'ensei- gnement Technique et à la Formation des cadres. Il devrait être le secré- taire permanent de l'éventuelle commission des ressources humaines, disposer du personnel technique nécessaire et recevoir une aide internationale. 1/ Ventilation: BAC - â0 lauréats du lycée général; 25 du lycée technique, de l'école normale et de l'école d'infirmiers. BEPC: 345 lauréats des lycées et collèges; 50 de lécole normale (cycle B et cours anciens élèves de Boutilimit) . - 79 - II. >, Système d'Enseignement Technique et de Formation (Haut Commissaire à l'Enseignement Technique et à Formation des Cadres) Renseignements généraux 271. La Mauritanie dispose des établissements suivants d'enseigne- ment technique et de formation professionnelle: (a) Un lycée technique. (b) Un collège technique (cycle d'études de trois ans). (c) Un centre de formation pour la main-dtoeuvre indus- trielle à Port-Etienne. (d) 'Un centre de formation agricole à Kaédi. (e) Une école d'administration publique à Nouakchott. (f) Une école d'infirmiers à Nouakchott. 1/ (g) Deux centres de formation prives à Zouérate et Cansado, administréspar MIFERMA. 272. En 1962 seuls fonctionnaient le centre de formation de Port- Etienne et les centres de formation privés de MIFERMA. Les autres éta- blissements ont été créés entre 1963 et 1966. 273. En 1965-1966 une section technique fut créée au lycée de Nouak- chott. A l'heure actuelle, l'effectif est de 60 étudiants, répartis en 2 sections. 274. Les lauréats du lycée technique peuvent soit trouver unenploi soit poursuivre leurs études à l'étranger, au niveau universitaire et post-universitaire. Dans un cas comme dans l'autre, s'ils choisissent de poursuivre leur carrière en Mauritanie, leur activité professionnelle serait sans aucun doute reliée à l'une des deux grandes compagnies miniè- res, MIFERMA ou SOMINA. qui sont les principaux employeurs privés du pays. 275. La mission suggère que des mesures soient prises pour parvenir à une coopération beaucoup plus étroite entre la direction de ces deux entreprises et le lycée technique. Cette coopération aurait pour but de mieux adapter le programme aux besoins de l'entreprise en question, de faciliter l'organisation de la formation pratique des étudiants, d'encou- rager des entreprises à recruter les diplômés du lycée, et enfin de con- tribuer au financement de programmes universitaires ou post-universitaires. If Cette école n'a pas fait l'objet d'un examen détaillé dans le présent rapport étant donné son caractère hautement spécialisé. - 80 - Le collège technique 276. Le collège technique offre un programme de formation de trois ans qui permet aux élèves de devenir des ouvriers spécialisés suscepti- bles d'accéder à des postes de contremaître ou de surveillant. A l'heure actuelle, le collège forme des mécaniciens (mécanique générale et auto- mobile), des électriciens et des tôliers. Le collège est situé non loin du lycée de garçons de Nouakchott et utilise une partie du personnel et des installations du lycée. En 1966-1967, 80 externes ont été admis. 277. Un certain nombre de points de vue ont été exprimés au sujet du collège, que l'on peut résumer comme suit: (a) l'opportunité de la création d'un collège technique en Mauritanie alors que les résultats obtenus jusqu'ici dans d'autres pays africains ayant des collèges si'.ilaires n'ont pas toujours été positifs et que les frais d'exploi- tation sont élevés; (b) la teneur même du programme a été mise en question. Devait- on accorder la priorité à l'enseignement commercial ou à la préparation dtouvriers industriels spécialisés dans des centres de formation pour adultes pour des industries qui existent déjà; (c) l'emplacement du collège. Pour l'enseignement commercial, on préfère Nouakchott, mais pour la formation technique Port-Etienne serait préférable; (d) le niveau d'admission des candidats. Les enseignants pré- fèrent limiter l'admission aux étudiants qui ont achevé la deuxième ou troisième année d'enseignement secondaire géné- ral (premier cycle). (e) l'administration du collège doit-il incomber au Ministère de l'Education Nationale ou au Haut Commissaire à l'ensei- gnement technique et à la formation des cadres. 278. La mission est d'avis que tant le collège technique que le centre 4amadou Toure ont des taches importantes à réaliser. Le centre Mamadou Toure a pour objectif de former des adultes ayant ou non terminé leurs.étu- des primaires, en vue de métiers qualifiés ou spécialisés dans l'industrie et exceptionnellement en vue de postes de surveillance d'un niveau peu éle- vé dans des domaines ne nécessitant pas de formation technique ou générale trop poussée, comme les industries de la p6che et du bâtiment. L'objectif de base du collège technique est plus large. Il fournit à ses étudiants une formation technique suffisante pour commencer comme ouvrier spécialisé mais qui leur permet d'accéder en temps voulu è des postes de surveillants ou de contremaîtres. De plus, le collège technique devrait donner aux meilleurs de ses étudiants la possibilité de poursuivre leurs études secon- daires et, si possible, supérieures et post-universitaires. - 81 - 279. Si le gouvernement adopte ces points de vue, deux lignes d'ac- tions deviennent possibles: premièrement, améliorer le niveau du collège technique en exigeant des postulants qu'ils aient achevé leur classe de 5ème (2ème année secondaire) au lieu de l'actuel CEP. Deuxièmement, mettre au point un système assurant aux élèves les plus méritants du col- lège technique la possibilité de poursuivre leurs études. 280. Un système d'étroite coopération devrait être mis au point avec l'entreprise privée en vue des objectifs suivants: - l'élaboration d'un programme adapté aux exigences techniques de l'entreprise en question; - l'encouragement de ladmisssion des étudiants dans les usines pour de courtes périodes de stage pendant les vacances sco- laires; - la préparation dès étudiants aux postes de surveillance qu'ils seront appelés à remplir au moyen d'une introduction planifiée au travail, suivie par de courtes périodes de stage sur les lieux. 281. Le collège technique occuperait une position intermédiaire dans la structure administrative du secteur de la formation étant donné que, du point de vue administratif, il est plus proche du Ministère de l'Education et que, du point de vue technique, il se rapproche plut6t du Haut Commis- saire à l'enseignement technique. Pour des raisons administratives, la mission recommande que le collège technique soit placé sous la responsibi- lité du Ministère de l'Education, étant donné con caractère essentielle- ment pédagogique. Centre de formation industrielle Mamadou Toure à Port-Etienne 282. Ce centre, créé en 1960 grâce à des fonds FAC, est administré par du personnel envoyé dans le cadre du Programme français d'assistance technique bilatéral. D'ici la fin de 1967, le centre devrait offrir: (a) un cours de neuf mois de formation et de perfectionnement pour maçons, poseurs de tuile, ébénistes, plombiers, élec- triciens, spécialistes des moteurs diesel et mécaniciens d 'entretien; () un cours de formation de sept mois pour pêcheurs et patrons de petits bateaux de pêche; (c) un cours de formation de cinq mois pour pêcheurs industriels; (d) un cours de formation de trois mois pour contremaîtres du b9- timent ayant à leur actif deux cours de formation de neuf mois. Tous les élèves de l'école sont pensionnaires. - 82 - 283. Le programme est fondé sur les méthodes de l'ANFRWD (Associa- tion nationale française pour la formation rationnelle de la main-d'oeuvre) et est adapté aux conditions locales de travail et aux qualifications des ouvriers admis.au centre. Il y a 40 heures de travaux pratiques par semai- ne. On a prévu durant les premiers mois 10 heures d'arithmétique et dfal- phabétisation en français, étant donné qu'une proportion considérable des élèves sont complètement illettrés. 2814. A l'heure actuelle, l'effectif de 10 professeurs est fourni par l'Assistance technique française. Cinq Mauritaniens suivent actuellement un cours de formation pour devenir instructeurs. Les installations du centre comprennent deux ateliers pour les travaux mécaniques, un atelier pour l'électricité, un pour le plombage, un pour l'ébénisterie, un pour les p6cheurs et un pour les métiers du b6timent. De 1960-1961 à 1965-1966, 529 élèves ont achevé leurs cours de formation au Centre Mamadou Toure dans les spécialités indiquées au tableau 13. La plupart sont employés dans la région de Port-Etienne dans de petites entreprises et chez )FERMA. 285. Le centre a déployé un effort continu pour adapter la formation aux besoins de l'industrie locale, en évitant une spécialisation trop pous- sée. La formation d'une main-d'oeuvre versatile, notamment en ce qui con- cerne lesUBétiers Ji changeants du secteur du bâtiment et les résultats en matière d'alphabétisation ont dans l'ensemble été une réussite. On comprend que dans ces conditions la formation nécessite en général deux cours de neuf mois pour la plupart des métiers, alors que des résultats similaires peuvent être obtenus en Europe en six à huit mois. 286. Un rapport préparé par une association privée après que la Mis- sion a quitté la Mauritanie exprime quelques critiques quant à la qualité technique du personnel formé à l'école de Port-Etienne 1/. La Mission n'a donc pas pu évaluer elle-même les critiques et suggestions contenues dans ce rapport en faveur d'une prolongation des cours de formation et des stages d'apprentissage obligations. Le problème devrait normalement être du res- sort des autorités publiques à qui il incombera de coordonner les efforts du gouvernement dans le domaine de l'éducation et les besoins du secteur privé. (Voir la recommandation de la Mission, sous la rubrique "Besoins en Ressources Huma'.nes"). Centre de formation agricole de Kaédi 287. Les élèves sont admis au centre à la suite d'un examen d'entrée. Ils doivent être au moins titulaires du CEP et leur âge varie en général de 15 à 17 ans. Le cours dure trois ans et procure aux élèves le bagage, nécessaire pour travailler dans la vulgarisation agricole au niveau de moniteur. Tous les élèves sont pensionnaires. Le programme comprend deux années drenseignement général et technique et une année de formation pratique. 1Union des Industries et Entreprises de Mauritanie. "Rapport et Considé- rations sur la main-d'oeuvre: Ressources Humaines et Formation Profes- sionnelle," mai 1967. - 83 - 288. Les installations du centre ont été construites avec l'aide du FAC. Leur taille a été arr6tée en fonction des besoins estimatifs du service de vulgarisation agricole pour le personnel qualifié. Elles comprennent des salles de classe, des laboratoires et des dortoirs pouvant accueillir 75 pensionnaires, en plus des magasins pour le maté- riel, des machines, des étables, etc. Dans l'ensemble, les installations sont suffisantes pour la formation dispensée et, à certains égards peu- vent même être considérées trop luxueuses. Le centre dispose de 15 ha arables, ainsi que d'une ferme expérimentale pour les travaux pratiques. Le corps enseignant comprend 5 Mauritaniens et 5 experts internationaux et bilatéraux fournis par la FAO dans le cadre des arrangements du Pro- gramme des Nations Unies en matière de développement. 289. Au cours d'une réunion de fonctionnaires mauritaniens et de représentants de la FAO, tenue en mars 1967, le programme et les objec- tifs de cette école ont été passés minutieusement en revue. Lors de cette réunion, le Gouvernement a fourni des renseignements détaillés sur les qualifications etle nombre des élèves que le service de vulgarisation agricole était disposé à recruter annuellement. Des arrangements ont éga- lement été conclus pour former des surveillants agricoles du niveau élé- mentaire grâce à des cours de faible durée qui auront lieu au centre. La section contient un examen plus détaillé des relations entre l'école de Kaédi et le programme d'action pour le secteur agricole. 290. Un centre de formation pour assistants vétérinaires, dispensant un enseignement de deux ans, fonctionne depuis quelques années à Nouakchott. Chaque année, 10 à 12 jeunes gens titulaires du CEP et âgés de 18 ans étaient admis à s'y inscrire. Chaque élève était assigné à un vétérinaire régional pour une année de travaux pratiques dans une zone d'élevage, après un an de formation technique au centre. Ce programme cessera de fonction- ner à la fin de 1967 pour être intégré a celui du centre de formation du Kaédi. Ecole nationale d'administration publique 291. Cette école dispense trois enseignements de base: (a) le cycle B constitue un cours de deux ans destiné à former dactylographes et employés pour 1îadministration publique. Les postulants non titulaires du BEPC sont tenus de passer un examen d'entrée. (b) le cycle C se compose d'un cours de deux ans destiné à la formation des surveillants, des contremaîtres de travaux publics et des inspecteurs de bureaux de poste. Les non- bacheliers sont tenus de passer un examen d'entrée. (c) des stages de perfectionnement d'un an sont organisés à l'intention des fonctionnaires des divers services publics. - 84 - 292. En 1966-1967, 92 étudiants et stagiaires ont suivi ces program- mes, dont 31 fonctionnaires participant aux stages de perfectionnement. Le corps enseignant se compose de professeurs à plein temps fournis par le Programme français de coopération technique et de 21 professeurs à mi- temps, dont 9 Mauritaniens. La construction des locaux du centre a êté achevée récemment. Ils sont modernes et conviennent à l'enseignement dispense. Le centre de formation MIFERMA 293, MIFERMA administre deux centres de formation pour la main- d'oeuvre, sous la surveillance technique d'EUREQUIP, une société fran- çaise spécialisée dans la formation. Le corps enseignant se composent de 45 instructeurs et six techniciens. MIFERMA dépense annuellement . quelque 150 millions de francs CFA pour ce centre. L'Annexe III contient le résumé d'un rapport sur le programme de formation préparê'par EUREQUIP. -85 - ANNEXE I LE SYSTEME SCOLAIRE MAURITANIEN 1. Dans l'ensemble, le système scolaire mauritanien est calqué sur le modèle français (Diagramme 1): (a) six ans d'école primaire, divisée on trois cycles: cours préparatoire, cours élémentaire et cours moyen; (b) une école normale comportant deux cycles complets, des cours d'entretien ou de perfectionnement et un centre pédagogique; (c) un enseignement secondaire général de sept ans comportant: (1) un premier cycle de quatre ans, allant de la sixième à la troisième dans des collèges d'enseignement géné- ral (CEG) et dans les lycées; (2) un deuxième cycle de trois ans, comportant les clas- ses de seconde, de première et terminale, dans les lycées; (3) une série d'examens à la fin de la deuxième année du cours moyen (Certificat d'études primaires), à la fin de la troisième (Brevet d'études du premier cycle) et à la fin de la classe terminale (Baccalauréat ou Bac). (d) un lycée technique dispensant un enseignement de trois ans après le BEPC, menant au Baccalauréat technique. 2. En plus des établissements ci-dessus, il existe un établissement d'enseignement qui n'est pas calqué sur le modèle français. Il s'agit de l'Institut des Hautes Etudes Islamiques qui correspond à une école secon- daire de quatre ans et qui dispense un enseignement en langue arabe. 3. Enfin, il existe un nombre considérable de professeurs qui en- seignent le Koran et l'Arabe au niveau élémentaire dans l'ensemble du pays. La plupart des régions pnuplées de nomades seraient dans une cer- taine mesure exposées à cette form d'enseignement. Toutefois, on ne sait pas grand chose de ce système, si ce n'est que les professeurs n'ont pas reçu de formation pédagogique moderne et qu'ils n'enseignent aucune autre matière. -- - -- - - 86 - ANNEXE II MISE EN OEUVRE DES OBJECTIFS DU PREMIER PLAN D'ENSEIGNEMENT 1963-1966 Enseignement primaire 1. En matière d'enseignement primaire, le Plan s'était fixé comme objectif d'atteindre un niveau d'efficacité plus élevé qui se mesurerait par les résultats suivants: (a) Un nombre proportionnellement plus élevé d'inscriptions dans les grandes classes. Ainsi, on avait envisagé pour 1962-1967 que le nombre d'inscriptions en deuxième année du cours moyen atteindrait 3.770, soit 15% du total, contre 1.380, soit 7% du total comme ce fut le cas pour 1962-1963. (b) Un nombre moyen accru d'élèves par salle de classe. 40 élè- ves ont été envisagés pour 1966-67, au lieu de 36 pour 1962-63. (c) Un accroissement du chiffre total des inscriptions. Celles- ci devaient passer de 18.200 en 1962-63 a environ 25.000 en 1965-66, bien que le nombre des élèves admis en première année du cours préparatoire soit immobilisé au niveau de 1962-63. 2. En vue de réaliser ces objectifs, les mesures suivantes ont été envisagées: (a) Les écoles ayant moins de 30 élèves devaient être fermées. Dans les camps, les effectifs minimums étaient fixés è 20 élèves. (b) Aucune nouvelle salle de classe ne devait être construite pour les élèves supplémentaires de la première année du cours préparatoire. (c) Les écoles équipées d'une seule salle de classe dans les régions à faible population n'admettraient de nouveaux élèves que tous les trois ans. (d) Les élèves des petites classes (première et deuxième années du cours préparatoire et première année du cours élémen- taire) vivraient dans leurs familles. (e) Les élèves admis en deuxième année du cours élémentaire, en première et deuxième année du cours moyen seraient groupés dans un nombre réduit d'écoles et seraient si nécessaire logés et nourris. - 87 - (f) Les élèves ne seraient autorisés à redoubler que deux fois toutes les trois classes, et une fois seulement dans les écoles à admission restreinte tous les trois ans. (g) Les professeurs déjà en service devaient recevoir une formation adéquate au moyen de cours de perfectionnement de durée limitée et de cours par correspondance organisés par l'Institut Pédagogique. (h) Une Ecole normale devait être créée pour former de nou- veaux instituteurs et instituteurs adjoints. L'enseigne- ment serait dispensé en arabe et en français. (i) Le nombre d'inspections au niveau primaire devait être porté de trois à six en 1966-67. Les écoles devaient être pourvues de manière adéquate en ccnseillers pédago- giques, de façon à permettre un contrôle plus étroit et une amêlioration des méthodes pédagogiques. (j) Les programmes devaient être adaptés aux besoins locaux. (k) Des activités complémentaires devaient être organisées à l'école, de manière à éveiller chez les élèves leur inté- rêt pour les activités économiques des régions dans les- quelles ils vivent et où ils seraient susceptibles de trouver du travail. (1) Le nombre des salles de classe devait être porté de 512 en 1962-63 à 626 en 1966-67, à la suite de la réalisation d'un programme gouvernemental consistant à construire 51 nouvelles salles de classe. De plus, des salles de classe seraient soit construites soit louées par les autorités locales. 3. Les mesures envisagées ont été mises en oeuvre de la manière suivante: (a) Quelques écoles à effectifs réduits ont été fermées, ce qui a ramené le nombre total des écoles de 282 en 1962-63 à 231 en 1965-66. Toutefois, ho écoles à effectifs réduits fonc- tionnent toujours. Ces écoles ont 203 élèves, nécessitant 27 instituteurs, soit un instituteur pour 8 élèves. (b) L'admission des élèves tous les trois ans dans les écoles munies d'une seule salle de classe a été commencée sur une échelle limitée. (c) Le regroupement des élèves des trois classes supérieures n'a pas été réalisé. - 88 - (d) La responsabilité de fournir nourriture et logement aux élèves nécessiteux a été déléguée aux municipalités et collectivités locales. 1/ Le Ministère de l'Education Nationale n'exerce à 'Eeure actuelle aucun contrôle. (e) Des cours de recyclage dtun an pour instituteurs ont été organisés en 196h-65 et 1965-66. Ces cours ont été suivis par 62 moniteurs et professeurs d'arabe. (f) Ies programmes n'ont pas été modifiés. (g) 92 nouvelles salles de classe ont été construites entre 1962-63 et 1965-66, 42 ont été financées grâce au budget RIM, 54, comprenant des logements pour instituteurs et des bureaux ont été financés par le FED et 6 par le FAC. En 1965-66, le nombre total de salles de classe en service était de 554. 50 salles de classe au moins ont été fermées. (h) Un certain progrès a été accompli dans la mise en oeuvre du programme d'inspection scolaire, et l'on s'attend è de nouveaux progrès en 1966-67. Toutefoic, on n'a pas nommé de conseillers pédagogiques et l'on n'a pas formé d'inspec- teurs scolaires. De plus, le maigre budget des inspections ne permet que des visites sporadiques aux écoles situées à des distances considérables. (i) Les objectifs concernant le nombrE total des inscriptions et le nombre des inscriptions au niveau de la deuxième année du cours moyen n'ont pas été atteints. (Voir Tableau 20.) Enseignement secondaire h. Le Plan d'enseignement 1963-66 contenait les objectifs suivants: (a) La qualité des élèves admis en classe de sixième devait s'améliorer grâce aux mesures prises en matière d'enseigne- ment primaire en vue d'accroître le nombre des élèves de deuxième année du cours moyen et d'en améliorer le niveau. (b) les inscriptions en classe de sixième et dans les classes secondaires devaient atteindre au total 600 et 1.570 élèves respectivement en 1965-66. (c) Le même programme devait être adopté pour le premier cycle des lycées et collèges afin de faciliter la sélection de ceux parmi les lauréats du BEPC qui seront admis au second cycle. - 89 - (d) Trois nouveaux collèges devaient être créés en vue dtélar- gir le recrutement régional pour le premier cycle, d'une part, et de réduire les dépenses d'internat, d'autre part. (e) Les élèves du second cycle devaient être groupés dans les lycées de Rosso et de Nouakchott. (f) Le nombre d'élèves bénéficiant d'un internat gratuit devait être ramené de 853 en 1962-63 à 600 en 1966-67. (g) Des sections techniques devaient être créées au lycée de Nouakchott en 1964-65. 5. Les mesures envisagées ont été mises en oeuvre de la manière suivante: (a) Le niveau des élèves admis en sixième ne s'est pas amélioré, l'enseignement primaire n'ayant pas réussi à atteindre ces objectifs quantitatifs et qualitatifs au niveau de la deuxième année du cours moyen. (b) En 1966-67, il y a eu 1.900 inscriptions au total au lieu des 1.570 prévues. (c) L'unification du programme du premier cycle a été réalisée. (d) Les trois nouveaux collèges n'ont pas été créés. (e) La section technique du lycée de Nouakchott a été ouverte en 1965-66. (f) Le nombre des pensionnaires est passé à 1.301, Celui des demi-pensionnaires a atteint 290. Formation professionnelle 6. Le Plan comprenait les objectifs suivants: (a) L'expansion du centre de :formation pour adultes de Port- Etienne, pour permettre la création de nouvelles sections pour l'industrie du bâtiment et celle de la pêche. (b) La création d'un collège technique à Nouskchott destiné à la formation d'employés administratifs. (c) Création d'un centre administratif à Nouakchott pour la formation et le perfectionnement des fonctionnaires de l'administration publique. (cd) La création d'un centre de formation agricole à Kaédi. (e) la création dtun centre de formation pour techniciens des mines. - 90 - 7. Ce programme a subi deux modifications importantes. Premièrement, le projet de centre de formation minière a été abandonné. Deuxièmement, le collâge technique de Nouakchott a été créê pour la spêcialisation in- dustrielle plutôt que commerciale. Enseignement supérieur - Formation à l'étranger 8. On envisageait la création d'une agence à laquelle il aurait incombé de coordonner les études à l'étranger et qui aurait dépendu de lAdministration du plan. Or, cette agence n'a pas été créée et, depuis quelques années, l'acceptation des offres de bourses à l'étranger et la distribution de celles-ci parmi les candidats sêlectionnés relèvent des diverses administrations. Investissements envisagés dans le domaine de l'enseignement et de la formation 9. Le tableau 21 contient une liste des investissements figurant au premier plan quadriennal, pour lesquels le gouvernement a sollicité une aide, les approbations correspondances et les achèvements. le total des investissements proposés dans le domaine de l'enseignement atteignait 9Uh,5 millions de francs CFA, après l'élimination de 78 millions de francs CFA transférés par la suite aux budgets d'autres administrations. Les engage- ments obtenus en matière de financement totalisaient 866 millions de francs CFA, tandis que les projets achevés au cours de la période atteignaient h62 millions de francs CFA 1/. La situation à la fin de juin 1966 était la suivante: le fonds d'équipement français et le FAC avaient approuvé des projets pour un total de 567 millions de francs CFA, dont 452 millions de francs CFA avaient été réalisés et 115 millions de francs CFA étaient en voie de réalisation. Des projets représentant une valeur totale de 43 mil- lions de francs CFA environ en étaient au premier stade de réalisation. De ce montant, la construction d'écoles primaires représentait 35 millions de francs CFA, le collège de Boghe 5 millions de francs CFA, l'expansion du centre Mamadou Touré à Port-Etienne 2,8 millions. Des projets représen- tant au total quelque 72 millions de francs CFA devaient être achevés en 1967: 17 millions de francs CFA pour l'expansion du collège des filles et 55 millions de francs CFA pour celle de l'Ecole Normale. A la même date, le FED avait approuvé des projets totalisant 289 millions, lesquels en étaient aux premiers stades de réalisation. 1/ Au 30 avril 1967, des projets totalisant 577 millions de francs CFA avaient été achevés, comprenant tous les projets FAC, qui atteignaient 567 millions de francs CFA et 10 millions de francs CFA de projets RIM. - 931 - Dépenses de fonctionnement du Ministère de i'Education Nationale 30. Au cours de la période 1963,1967, les budgets de fonctionnement approuvés du Ministère de l'Education Nationale atteignaient les montants suivants: 1963 Milliers de francs CFA 1963 620.545 1964 642.780 1965 700.000 1966 705.000 Il est intéressant de noter que le budget ne stest accru que de 84,5 millions seulement entre 1963-1966. - 92 - ANNEXE III LE CENTRE DE FORMATION MIPERMA 1. A la demande de la mission, EUREQUIP vient d'achever un rapport sur son programme de formation au centre de MIFERMA. Ce rapport contient de précieux renseignements sur les problèmes que pose la formation de la main-d'oeuvre qualifiée en Mauritanie et sur la portée de cette expérience en fonction de l'ensemble de la politique nationale de formation technique, On trouvera ci-dessous un résumé des principales questions traitées dans le rapport. 2. L'objectif initial du programme était de former rapidement un nombre considérable d'ouvriers spécialisés au niveau 0S3 dans une tren- taine de spécialités au cours de la période 1962-196h, epoque à laquelle la production démarrerait. Les catégories suivantes ont été arrêtées par convention officielle: 08 et OS : manoeuvres sans formation et manoeuvres spéciali- 1 2 sée eées OS3 et OS 4 : "semi-skilled" spécialisés OS et OS 5 6 : "Skilled" - très qualifiés M2 et M : agents de maitrisa 3 Dès 1965, la tendance à la formation d'ouvriers du niveau OS s'est - cisée, notamment en ce qui concerne mécaniciens, électriciens, motoristes, ferreurs et conducteurs de locomotive, Ue changement de direEtion est im- putable aux besoins grandissants de main-d'oeuvre spécialisée, étant donné l'augmentation de la production des sociétés et le fait qu'il existait dès cette époque un "pool" d'ouvriers spécialisés pour alimenter l'industrie. De la même manière, on a commencé en 1967 à former des agents de maîtrise M3. Il n'y a pas de formation dans le domaine administratif. 3. Entre 1962 et 1966, les Mauritaniens postulant à un emploi étaient âgés de 20 à 25 ans et pratiquement aucun n'était certifié. En fait, la "technicité" était pratiquement nulle et ils étaient presque tous analpha- bêtes. A ce sujet, il convient de distinguer deux zones. Dans la région minière de Zouérate, à l'intérieur, les Mauritaniens embauchés restaient proche de leur milieu de résidence naturelle. Ceux engagés à Port-Etienne étaient en fait arrachés à leur habitat naturel et avaient l'avantage d 'être plus exposés au contact occidental. Le tableau ci-dessous compare le niveau des candidats des deux régions en 1963 et 1966. - 93 - Français parlé : Français lu et écrit Ne peuvent comprendre : et se faire comprendre : Analphabètes dans le cadre du travail : et de la vie courante : Totaux Zouérate 1963 67% 71% 1966 33% 72% Port-Etienne 1963 44% 71% 1966 3% 62% Il convient de noter l'amélioration survenue dans la proportion des tra- vailleurs capables de parler, de lire et d'écrire le français à Port-Etienne au cours de la période de trois ans. Cette année, un autre changement sensible a été observé. En effet, quelque 10% des candidats dont l'âge se situait entre 16 et 18 ans étaient titulaires du CEP. Les chiffres montrent le résultat des programmes d'alphabétisation entrepris par le Gouvernement, notamment dans les zones urbaines où la proportion des enfants d'âge sco- laire fréquentant les écoles est la plus élevée. On peut espérer que l'amé- lioration se poursuivra dans ce sens, grâce au système d'enseignement dans sa forme actuelle et tel qu'on l'envisage pour l'avenir. h Le tableau 23 contient les résultats statistiques du programme entre 1962 et 1966. En bref, sur 1.505 apprentis ayant commencé leur stage probatoire au cours de cette période, 859 occupaient des postes dans la société au moment de la rédaction du présent rapport, la grande majorité se situant dans les catégories S3 à S5. Dans le tableau, la différence entre le chiffre des apprentis entrés en stage et les ouvriers mutés dans les ser- vices s'explique du fait qu'on a compté aussi bien ceux qui ont réussi que ceux qui ont échoué. 5. Pour former des ouvriers spécialisés destinés à ltentretien (s3), il a été nécessaire de leur apprendre le français, de manière qu'ils puis- sent assimiler des concepts techniques. Les disciplines techniques à en- seigner ont été étroitement circonscrites et simplifiées de manière qu'elles puissent être englobées dans un enseignement de quatre mois. Les ouvriers se trouvaient ainsi utiles assez rapidement et devaient assimiler leurs con- naissances sur le tas, pendant une période probatoire. La formation était donnée par groupe de 10. C'est lorsque les instructeurs avaient la possibi- lité de poursuivre leur surveillance durant la période de stage que la for- mation donnait les meilleurs résultats. Les échecs variaient entre 10 et 20% du total. Les ouvriers oubliaient généralement la plupart de ce qu'on leur avait enseigné en matière de lecture et d'écriture du français, étant donné que cela n'était pas nécessaire pour les simples travaux d'entretien. Ils étaient encadrés par un agent de maîtrise (143) européen. Il s'est ré- vélé impossible de former des M3 directement à partir du niveau S . En revanche, des ouvriers sélectionnés recevaient pendant huit mois aes cours d'une heure par jour de lecture et d'orthographe, ainsi que cinq mois d'enseignement sur le tas que leur prodiguaient leur surveillant (de la catégorie M3 ou M4). Il s'est avéré que 20% du personnel du niveau S3 était susceptible d'avancement et que 80% des hommes sélectionnés réus- sissaient. Paur qu'un candidat dnne satisfaction au niveau S3, puis5, ou à un niveau plus élevé, la période de formation était d'environ trois ans. Cette année, on a commencé à former du personnel S5 à S7 en vue du niveau M3; 20% d'entre eux sont considérés admissibles et 80% devraient le devenir d'ici deux ans. Le personnel d'exploitation des véhicules et de léquipement pose moins de problème en matière de formation et, de fait, l'avancement s'effectue selon des degrés très déterminés de diffi- culté. Ce personnel peut suivre des petits stages au seuil de chaque degré. L'avancement dépend des capacités individuelles. 6. Au cours de la période initiale de 1962 et 1963, quelque 50% des élèves ont abandonné. Par la suite, le pourcentage a brusquement di- minué et il continue de diminuer à l'heure acl.uelle. Au niveau S5, la proportion d'abandons n'est que de 5%. Parmi le personnel d'exploitation, la proportion d'abandons n'atteint que 10%. Pour eux, l'avancement est plus facile et ils sont généralement illettrés. La formation dispensée par MIFERMA s'est révélée convenir particulièrement à ceux ayant reçu un enseignement de base préalable. 7. Les trois quarts environ de ceux qui ont quitté la société ont démissionné. Il s'est avéré qu'un quart de ceux-là n'étaient pas aptes aux emplois qu'ils occupaient, pour des raisons de santé ou autres (voir Tableau 23). Les principales raisons invoquées pour démissionner étaient les suivantes: - Got et habitude du nomadisme - Congés trop courts, comte tenu des moyens de transport - Salaires jugés insuffisants par rapport au coût de la vie. 8. L'expérience avec le personnel ayant reçu une certaine instruc- tion, mais rarement plus qu'un CEP, s'est révélée très favorable. Leur désir de s'instruire est grand et ils témoignent du respect à leurs ins- tructeurs. C'est durant la période probatoire, lorsqu'ils commencent a travailler, que les difficultés commencent. EUREQUIP en a conclu qu'il est essentiel que les travaux qui leur sont confiés correspondent à ce qu'on leur a appris, de sorte que l'ouvrier n'ait pas l'impression qu'on lui de- mande d'exécuter des taches moins nobles que celles pour lesquelles il a été formé. Il importe donc que la formation soit bien adaptée aux besoins et que les employeurs prennent soin d'utiliser leur personnel comme il convient. 9. Selon le Rapport, on peut faire grandement confiance aux Maurita- niens ayant reçu une certaine formation, à condition qu'ils n* soient pas placés dans des situations pour lesquelles ils n'ont pas été préparés. Les employeurs devraient connaitre les capacités et les limites du person- nel, considération qui milite en faveur de la formation directe des équipes par leurs chefs immédiats. Au cours des premières années, on avait constaté - 95 - que les ouvriers ne se sentaient aucune obligation envers leur employeur et qu'ils faisaient preuve d'une insouciante nonchalance. Ce problème a également été soulevé dans le Rapport de l'Union des Industries et Entre- prises de Mauritanie, citêe plus haut (paragraphe 286), qui déplore l'at- titude des ouvriers et des organisations d'ouvriers, et qui souligne le fait que les ouvriers n'identifient pas leurs intérêts avec ceux des en- treprises qui les emploient. Le Rapport EUREQUIP affirme que, en ce qui concerne les ouvriers spécialisés tout au moins, cette difficulté peut être facilement palliée par une bonne organisation et un commandement avisé. 10. L'expérience de MIFERMA montre que les stagiaires, sélectionnés sur la base d'un postulant sur cinq, peuvent atteindre le niveau d'ouvrier spécialisé (Sz) au bout de 1.000 heures d'inetruction. Les trois quarts environ des élèves étaient analphab'etes. Au bout d'une période de 18 mois, comprenant 4 mois de formation et 2 mois de stage, une nouvelle sélection portant sur 20% des effectifs de 1.200 heures complémentaires de formation peuvent produire des ouvrier très qualifiés du niveau S5. On peut parvenir à un troisième niveau de spécialisation (143) en deux ans, au bout de h.000 heures de formation, et d'un séjour total de 72 mois à la société. Les ré- sultats peuvent être exprimés en termes de coût d formation et de salaire à chaque niveau. Un manoeuvre sans formation gagne 10.000 francs CFA par an. La formation d'un ouvrier spécialisé (S3) revient à quelque 250.000 francs CFA et son salaire annuel s'élève à 150.000 francs CFA. La forma- tion d'un ouvrier très qualifié revient à 350.000 francs CFA et son salaire annuel est de 270.000 francs CFA. Un agent de maîtrise (M3) revient a 2,5 millions er francs CFA, et il gagne 1 million de francs CFA par an. La durée et le coût de la formation du personnel d'exploitation sont plus fa- vorables que pour les catégories ci-dessus de personnel d'entretien. 11. Les conclusions générales qu'il convient de tirer du programme mis au point par EUREQUIP pour MIFERA reposent sur les points suivants: un processus sélectif, un enseignement fourni en fonction d'une tâche étraite- ment circonscrite et la qualité des instructeurs. L'expérience suggère que lorsqu'on ne dispose que de ressources limitées, il vaut mieux restreindre la formation à des bénéficiaires sélectionnés plutôt que la dispenser aux masses. Cela peut permettre à certains bénéficiaires de cette formation de servir d'encouragement et d'instructeurs aux autres. Deuxièmement, au lieu de considérer que la formation dispensée doit préparer les stagiaires à toutes sartes d'expérience, il est préférable de s'engager dès le départ sur la voie d'une formation spécialisée. Le Rapport affirme, en s'en rap- portant à l'expérience MIFERMA, que l'objectif de base de la culture est de permettre aux gens de s'adapter à leur milieu qui, sans culture, leur de- meurerait étranger. Dans cette perspective, l'acquisition de connaissances inutilisables est considérée à la fois vaine et éphémère. la comparaison porte sur ceux qui acquièrent un certain savoir sur un certain nombre d'an- nées avant de l'appliquer et ceux qui apprennent ce qui leur est nécessaire pour s'adapter à leur milieu et, une fois leurs connaissances assimilées, pour en élargir le champ. - 96 - 12. Le problème p'our la Mauritanie est qu'il s'agit d'un pays dont la population traditionnellement analphabète et sans culture technique voit son mode de vie envahi par la technique et l'économie occidentales. La formation seule lui permettra d'assimiler, de maîtriser et de tirer profit de cette intrusion étrangère. Tandis que ltinfluence extérieure affecte de nombreux secteurs, pour établir un programme réaliste, il est nécessaire de ramener le problème à ses éléments fondamentaux. Par ex- emple, on pourrait citer des moyens de chauffage comme le butane, des moyens d'éclairage comme l'électricité et des objets de métal. Or, pour chacun de ces éléments, des problèmes dfutilisation, d'entretien et de sécurité se posent. Un programme scolaire fondé sur cette analyse du problème impliquerait l'enseignement parallèle de l'écriture et de la lecture du français, qui représente la langue de la vie économique, ainsi que de l'arithmétique. L'élève serait en mesure d'utiliser immédiatement ses connaissances et serait ainsi tenté de poursuivre ses études. Troisiè- merrent, l'expérience MIFERMA en ce qui concerne les instructeurs est consi- dérée comme significative dans son ensemble. Les instructeurs étaient soit des ouvriers européens n'ayant aucune formation pédagogique soit des Mauri- taniens qui eux-mêmesétaient analphabètes quelques années auparavant. L'efficacité du professeur était d'autant meilleure: (a) que sa distance "culturellel vis-à-vis de son élève était plus faible, car les communications étaient d'autant plus faciles; (b) que la formation pédagogique qu'il recevait était meilleure, mais la durée de cette formation se chiffrait en semaines; (c) que l'enseignement qu'il dispensait était soigneusement préparé. 13. Si ces conditions sont remplies, il est tout à fait possible dtutiliser des Mauritaniens comme instructeurs. Cela permettrait de réduire dans une large mesure le nombre considérable d'étrangers. D'autre part, cela reviendrait moins cher et permettrait une répartition géogra- phique plus large de la formation. De l'avis d'EUREQUIP, il convient en première priorité de former les futurs instructeurs mauritaniens tout en ne les séparant que le moins possible de leur milieu. 14. De l'avis de la mission, ces recommandations ne peuvent pas être considérées comme des règles générales pour la réforme du système scolai- re mauritanien, sans qu'on y assortisse bon nombre de réserves. L'opinion de la mission à ce sujet a déjà été exposée. Cependant, l'expérience du programme EUREQUIP chez MIFERMA pourrait servir utilement de guide pour la mise au point de programmes de formation dans des secteurs où le personnel doit être formé rapidement en vue de tâches spécifiques et limitées. Le prograrne d'action envisagé pour l'agriculture dans la région de Gorgol- Brakna constitue un exemple du type de problèmes que l'on rencontre en ma- tière de formation (voir Volume II, 1ère partie, paragraphes 6 à 29). - 97 - TAIEFAU i - HAURITAETIE - SUP;EFIcIE HP POPULATION PA-? .P0 PJIfCE (196:) Population rurale 1/ ~ ~ T Province Superficie Nomade Sèdentaire pbiLtionToa R 1C 2 e ou1i Adrar Ze ),0M 63,000 - 11,400 71l,400 Tiris470,000 11,000 - 5,050 16,050 Inchiri 42,000 21,000 2,500 23,500 Baie du Lèvrie 14,000 6,000 - 4,900 10,900 Trarza 70,000 165,000 18,400 12,200 195,600 Brakna 36,000 73,000 41,500 6,400 120,900 Gorgol 16,000 12,000 39,600 11,100 62,700 Guidimaka 10,000 23,000 40,300 2,600 65,900 Hodh Occidentalî 76,000 89,000 - 5,300 94,300 Ilodh Oriental 295,000 168,000 5,200 5,500 178,700 Assaba 42,000 90,000 12,100 8,300 110,400 Tagani 89,000 81,000 - 6,500 87,500 Total 1,160,000 802,000 157,100 81,750 1,040,850 1/ Les chiffres sont arrondis au millier le plus proche nour la no-pulation nomade et a la centaine la plus troche nour la ro- pulation sédentaire. Ces chiffres ont été commun qu,ýs sous ton. , réserve. 2/ Chiffres publiés dans le bulletin áconomique et statistT'ne 6e RIN, N.)j-5 Nouakchott 1965. Source: Sedes - Enquête démographique 196h-64. - 98 - TABLEAU 2: MAURITANIE - REPARTITION DE LA POPULATION PAR SEXE ET PAR GROUPE DIAE DE 5 A/S EN % DE LA POPULATION TOTALE (196v) Group2 d T~e Honmes Femme s Ensemb*Je 0-4 8.6 7,4 16.- 5-9 8.5 7.7 16.2 10-14 5.3 5.- 10.3 15-19 4.4 3-5 7.9 20-24 3-8 4.- 7.8 25-29 4.3 4.7 9.- 30-34 3.7 3.5 7.2 35-39 3.3 3.- 6.3 40-44 2.6 2.2 4.8 45-49 2.- 2.- 4.- 50-54 1-5 1.4 2.9 55-59 1.1 1.2 2.3 60-64 1.- 1.- 2.- 65-69 a.6 ó.7 .3 70 and over 0.8 1.2 2.- TOTAL 51.5 48.5 100.- Source: Sedes - Enguête démographique 1964-65 - 99 - TABLEAU 3 - MAURITANIE: PROJEOTION DEMOGRAPHIQUE (196-199c 1 Année Population totale Population active Populat,ion cdi ýne potentielle scoJ aj gk_ 1965 1,040,850 2 520,400 208,200 1966 1,057,550 528,775 211,500 1967 1,074,300 537,150 214,900 1968 1,091,500 545,750 218,300 -1969 1,108,900 554,450 221,800 1970 1,126,600 562,800 225,300 1971 1,144,600 572,300 228,950 1972 1,162,750 581,400 232,550 1975 1,219,300 604,800 243,900 1980 1,319,700 659,800 263,900 1985 1,428,700 714,200 285,700 1990 1,545,400 772,600 309,100 1/ En supposant que les taux actuels d'accroissement démograDhioue (1,9, nour la population sédentaire et 1,5% pour la ponulation nomade) se mnintiennert jusqu'en 1990. 2/ CalcuiU par la mission sur la base des estimations figurant dans 1'EnouPt.e démographique 1964-65" de la Sedes. T-ABLEAU h: MAUR,ITANIE - L'IMPLOI DAN LE SECTEUR MODERNE DE L'ECOIN,'OMIE (1957-1965) Secteur 1957 du 1962 % dii 1963 % du 1965 d% a total total total total Agriculture et p&che 100 2 00 2 300 2 500 3 Mines et carriéres 200 4 2300 12 3300 20 3900 24 Industries de transfo200 1 200 1 200 1 mation (5) Båtiment et travaux pu- 600 13 6800 37 2500 15 1500 l 10 Eau et lectrbics - - 100 - 100 1 100 1 Banques et commerce 200 4 300 2 500 3 400 2 Transports et entretien 200 4 900 5 6 700 4 Services: Secteur priv' 100 2 900 5 400 2 700 4 Seeteur Dublic 3300 70 6700 36 8200 50 8200 ' 51 Total 4700 100 1850 0 16400 100 16200 100 1/ Buletin statistique de la RI, Mai 196h, page (, Es,inaýtions du plan quadr.lennal arrandies à la centnine la rlus nroche. e. st.a tisti que de la 1, i J96h, page 19, 14 i nlaLn at: ~i tue de la RIM, No. R1, page he. 101 - TABLAU : MAURITANIE - L'EMPLOI DANS LE SECTEUR PRIVS PAR PROFESSIONS, CATEGORIE ET NATIONALITÈS (199) Mauriteniens Etrangers Total EtrRners en nrcen du~ t,otal Directeurs 31 211 242 87 Cadres supérieurs 102 958 1,060 90 Personnel administra- 290 261 551 47 tif Ouvriers qualifiés 986 672 1,658 40 Ouvriers spécialisés 1,267 279 1,546 18 1anoeuvres 2,587 74 2,661 3 Total 5,263 2,455 7,718 32 Source: BRulletin statistique de la RIM No.8, nage 13. - 102 - TABYZAU 6: NAURITAFIE -- ESTIMATION DES BESOINS EN. RESSOURCES HUMAINE3 PAR PROFESSIONNELLES NECESSITANT UNE INSTRUCTION ET/U UNE FORMATION (1967-1976) Catégorie Besoins totaux Ne requérant aucune formation Requérant Profession - - - instruction nelle Adminis- Total Personnel yotal tration Secteur Etrangers recevant in-t publique privéstruction et 2/ 3/ formation _ dépendante - Directeurs, personnel administratif et emnlov A 100 170 560 140 70 210 150 3 090 750 1740 260 180 44 1cC: C 1540 570 1910 - - 910 otal partiel 2520 1490 5010 4G( 250 CW s o TI - Ouvriers qualifiés et spécialisés. W- 170 1700 70C - 700 li E 1 3650 1550 - 500 EC. 12% arte - 5250 5250 700 500 1500 2 5c Grand Total 2520 174n0. 7260 1100 550 1950 5610 1/ Catégorie A: Cadres; personnel administratif, médecins, ingénieurs, professeurs de l'enseignement sezondaire (dans l'administration nublique) directeurs, personnel technique de haut niveau, administrateurs (dans le secteur p-ivé). Niveau d'études minimal: enseignement port-secondaire ou supérieur. Catégorie B: Personnel de niveau moyen; infirmières diplomées; techniciens; maÎtres de l'enseignement primaire du niveau "instituteur" (dans l'administration publique), Pgents de maîtrise (dans le secteur privé). Niveau d'études minimal: 2ème cycle de l'enseignement secondaire comnlet ou non. Catégorie C: Employés de l'Etat, secrétaires, maître de l'enseignement orimaire du niveau "aide instituteur" (dans ltadministration publique). Employés qualifiés (dans le secteur privé). Niveau d'études minimal: premier cycle de l'enseignement secondaire complet. Catégorie D: Ouvriers qualifiés. Niveau dlétudes minimal; enseignement primaire et 2 - 3 ans de formation ou plus. Catégorie E: Ouvriers spécialisés. Niveau d'études souhaitable: enseignement primaire et formation do courte durée. 2/ Voir tableau 6 (a) 3/ Voir tableau 6 (b) Tableau 6(a) : AURITtNIE - ESTIMATION DES BESOINS E I RESSOURCES HUMAINES DU SECTEUR PRIVE PAR CATEGORIES PROFESSIONELLES - (1967-1976) Reste en 1976 Satégories 1966 % étrangers 196 des dispo- % Mauitaniens profession- disponi- dans chaque disponi- nibilités Rempla" supplé- Besoins Ventilation des besoins dans chaque -elles bilités catégorie bilités. de 1966 g . ants mentaire totaux Etrangers Mauritaniens catégorie I. Directeurs, personnel adrministràtif et employés A 242 87 o10 140 100 70 170 1ho 30 20 B 1.060 90 1.hoo 650 ho 350 750 260 h90 25 C 551 47 900 330 220 350 570 - 570 100 Total partiel (A-C) 1.853 2.610 1.120 720 770 1.490 b00 1.090* II. Ouvriers qualifiés, spécialisés et manoeuvres D 1,658 18 2.700 1.000 660 i,oho 1.700 700 1.000 60 E 1.546 18 2.500 950 600 950 1.550 - 1.550 100 F2661 3 4.350 1.600 1.060 1.690 2.750 - 2.750 100 Total Partiel (D-F) 5.865 9.550 3.550 2.320 3.60 6.000 700 5.300 général '_718 32 12.160 4.670 3.oho h.h5o 7.90 1.100 6.390 85 /1 L'accroissement des disponibilités a été calculé a un taux annuel d'accroissement de 2,5% pour la catégorie A; de 3 pour la catégorie B; et de 5% pour les catégories C, D, E, et F. on a estimé que 60% des disponibilités actuelles seront encore en activité en 1976; la proportion des rem laçants sera donc de 40%. 1 Manoeuvres sans formation spéciale. Tab1ea'A6(): HAIURTTTIE - STIMÅTION DES3 O3INS F RESSOURES IIMAINES DAT, 'ADWISTRATIO9l PUBLI'1JU PAR CITEGORTEi FR0F*SSTOD1NTELIrLES ( R?ste en 1076 Remplacement Catågorie 1966 1976 des disponi- Persolmr Bcsoins en de 1'assist. pr-ofession- Personnel Porsonnel bilités de RemnL- Supplé en- personne. technique. Besoins nelle 1966/ n taire/.. en 1976 totaux A269 34 16o 110 70 180 10 190 B 1.425 1.820 570 hoo 970 20 990 .9 2.00 1.10 770 $55 1.320 1.340 Total _ h 4.660 2.190 1.h0 1.02q 247- 2. 1 Calnulé su l base d'uln taux d'accroissement de 2,5 par an. Chiffres arrondis à la dizaine la plus proche. /2 60', du personnel actuel. du personnel actuel. 6rence entre lcs efectifs de 176 et ceu: de 196' (arrondio) me ua c 50 a;,nt:3 de 1lassistance tcclhnique bilat'rale française seront reTlacés on . 스 TABLEAU 8 MAURITANIE: ENSEIGNEMNT PRIMAIRE EFFECTIFS PAR GUSSE ET SEXE (-1-9 Ó-57 - 196,.-66) Année Scolaire CPI CP2 CEL CE2 civil CM2 Total Filles en de llef- ---ý-ot-al l fectif to,tal FGargons Filles 19-6-51 1,326 1,302 907 743 808 ,061 73 819 51592 1 14 6 , 493 8 1957-58 1,434 1,267 1,167 1,037 912 676 5,9M 519 1958-59 1t939 1,694 1,085 863 704 732 5,8911, 1,126 7,017 15 1?013 682 772 1959-60 2,783 1,858 1,355 71020; 1,434 8,453 17 ic)6o~6i 3,952 2,688 1,671 1,283 880 4 80r,' 9,169 2,110 11,279 18 19 1061-62 51545 3,374 2ý301 11539 1,207. 9491 11,965 29950 14,915 i, 3 211 14,3591 3,837 18,io6 1962,63 5 789 4,635 3,034 2,023 1,394 21 196 614 1,712 18,616 21 3-64 4: 4,882 3,526 27440 1,442' 14,577, 4,039 1964-65 4,740 3,935 3,639> 2,938 21128 1,703i 14,6881 4,395- 19,083 23 1065-66 182 2,257 29168 15?6171 4,816 20,433 23 5,602 3,675 3,549 3 Source: Ministåre de 1'Education Nationale et de la Culture. TALEAU 9 : AURITANIE - ENSEIGNEMENT PRIMAIRE: ETABLISSEIMENTS PAR NOMBRE DE SALIES DE CLASSE (1963-1964 et 1965-1966) Nombre de salles .de classe 96396 196-166 par établissement Ztablis- Salles de Etablis- t Salles de sement Classe sement i Classe 168 168 119 119 2 36 72 43 86 3 21 63 21 63 4 6 24 10 40 5 1 5 5 25 6 14 84 18 108 . 7 9 63 9 63 8 2 16 4 32 9 2 18 2 18 10 2 20 - - 261 533 231 554 Source: Ministère de 1'Education Nationale et de la Culture. TABLEAU 10 : MAURITANIE - ENSEIGNEMENT PRIMAIRE:. MAITRES DE FRANCAIS ET D'ARABE PAR CATEGORIE PROFESSIONNELLE (1961-1962 - 1965-1966) Catégorie 1961-62 1963-64 1965-66 Français Arabe Total Français Arabe Tot1 Français Arabe Total Instituteurs - Mouallim 20 20 . 49 - 49 109 127 Instituteurs adjoints Mouallim Moussaid 167 6 173 146 54 200 167 210 377 Moniteurs du Cadre Moussaid 48 331 379 55 292 347 128 188 316 Total des titulaires 235 337 572 250 346 596 404 416 820 Moniteurs contractuels 308 - 308 296 45 341 170 - 170 45 3i 1706 Total du Personnel Enseignant 543 337 880 546 391 937 574 6 990 Taux d'Encadrement 1:27 1:44 1:17 1:34 1:47 1:20 1:36 1:49 1:21 Source: Hinistère de l'Education Nationale et de la Culture. TABLEAU, il - MAURITANIE: INSPECTION DE L'ENSEIGNEMENT. PRIMAIRE (1966-1967) 1/ 1/ Circonscription Provinces Nombre Nombre de Effectifs StUperficieb d'établis- salles scolaires en km2 Ohs. sements de classe 1. Nord. Adrar-Tiris Zemmour Atar 16 57 2,159 470,000 2. Ouest Baie du Levrier, 2 20 t 2/ 2.Oet aed Lvir Nouakchott 12 64 2,907 -56,1coo Inchiri Nouakchott 3. Sud-Ouest Trarza (saufRoso 54 116 4,088 2 Nouakchott) 4. Centre Brakna, Tagant, K509 141,000 serA divieè Kaédi 75 157 51909d ièiee Gorgol en den:y e èm(dP 1966-67: Kaédi & Aleg. 5. sud-Est Guidimaka, Assaba Kiffa 72 2,575 52,000 6. Est Occidental et AYoun el Atrouss 42 88 2,795 371,000 Oriental Hodh Arus Total 231 554 20,433 1,160,000 1/ Les chiffres relatifs aux établissenents, aux salles de classe et aux effectifs scolaires se ranortent à l'année scolaire 1965-1966. 2/ Chiffre approximatif. Source: Ministère de l'Education Nationale et de la Culture. TABLEAU 12 : LAURITANIE: ENSEIGNEIENT SEæONDAEIRE,EF EFS DES ECOLES PUBJLIQUES PAR CLASSE (1961-1962 - 1966-1967) Année Scolaire 6 5 4 3 Total 2 1 CT Total second Total premier cycle cycle GeneSl 1961-62 341 136 138 122 737 22 15 9 46 783 1962-63 383. 264 149 131 927 43 24 15 82 1,009 1963-64 381 324 203 132 i 1,040 57 35 21 113 1,153 1964-65 489 313 284 174 1,260 55 43 22 120 1,380 1965-66 599 429 308 '245 1,587 79 50 38 167 1,748 1966-67 724 389 395 254 1,762 27 22 139 1,901 Source: Ministère de 1'Education Nationale et de la Culture. 0 TABLEAU 13 MAURIT.lB- ELEVES_DU CENTRE DE FORIAT.ION MAMADOU TOURE A'LANT ACIEVE LEUR FORNATON PAR SPECIALITE (1960-1961 - 1965-1966) Specialit&s Nombre d'élèves en fin de formation Total 1960-61 1961-6 1962-631 1963-64 1964-65 1965~-66 Briqueteurs 13 13 28 -f54 Couvreurs 11 - - - 11 Charpentiers (bâtiment) 12 12 12 - - - 36 Briqueteurs/Couvreurs - il 12 12 10 12 57 Briqueteurs/Charpentiers - - - 14 12 12 38 Ebénistes - - 12 9 10 31 Contreia'tres du Bâtiment - 12 6 6 24 Electriciens (bâtiment) - - - - 8 10 18 Plombiers, Soudeurs - - - - 10 10 Total Métiers du BAtiment 36 36 52 50 45 60 279 Mécaniciens d'automobiles 14 24 25 29 23 13 128 Pêcheurs 11 9 10 11 8 12 61 Patrons de d he- 12 - - -12 Total pêcheurs il 21 10 1 8 12 73 Dactylographes 158 13 13 - - 49 Total Général 76 89 100 103 76 85 529 Source: Haut-Commissaire à l'Enseignement Technique et a la Formation des Cadres. TALEAU 14 :iAURITAIIE . BOURSES DIETUDES A L'ETRANGER PAR NIVEAU DIETUDES ET PAR DISPENSATEUR (situation au 15.L.1967) DISPENSATEUR NIVEAU DIETUDES : F.A.C. .I.M. :. & C. E. E. 0. N. U. A. I. D. U.S.S.R. : AGERIE WOïIEIT U.A.R. TUNIS E TOTAL ENSEIGNENT PRIMAIR3 ENSEIGNEMENT SECN 29 29 DAIRE 2 29 ENSEIGNEMENT POST- '28 22 13 748 12 SEONDAIRE 5 2 ENSEIGNEENT SUPERIM 37 39 PERFECTIONNEENT DES' CADRES 8 34 8 2 5 2 3 14 7 83 2 2 9 4 4 4 1 275 TOTAL 236:93 21 2 : 5 9 2 4: 48: 44 13 2 275 TABLEAU 15 : MAURITANIE - ENSEIGNEMENT PRIMAIRE: COUT PAR ELEVE INSCRIT Q966 ind 1967) 1/ 1966 Par Elève 1967 Par Elève - Postes- Fr.CFr 000 Fr. CFA 000 Fr. Personnel 487,320 23,622 537,500 z24,972 Soins médicaux, élèves - - 450 20 Ecole Normale at Institut 9,100 :41 14100 654 Pédagogique 710 36 1,100 6 Inspection Scolaire 750 36 ,7079/ Transports 2,500 121 : 2,000- 92 Fournitures et Depnses Diverses --3,595 166 (A) Dépenses courantes du Minis- tère de l'Education2 Nationale Total 499,670 24,220 559,355 25,98- -Pension compléte des élèves 48,000 2,327 48,000 2,229 Logement du personnel enseignant 24,000 16 24,0001,4 Entretien des bâtiments 38,000 1,841 38,000 1,767 Fournitures scolaires 10,000 4E5 10,000 464 B) Budget des Municipalités et Communes. Total 120,000 5,816 120,000 5,574 Grand Total 619,670 30,036 679,355 31,537 1/ Calculé sur la base du budget..approuvé des dépenses 1966 et 1967. 2/ Effectifs scolaires moyens en 1966: 20.630; en 1967: 21.529. 3/ Estimation. TABLEAU 16 MURITANIB ENSEIGNEENT SEOONDAIRE; COUT PAR ELEVE ISCRIT EN 1966 et 1967 1/ 1966 Par Elve 1967 Postes Fr.CFA 000 F CA Fr.CFA 000 C.0L, Petsonnel 53,090 29,510 66,540 33,986 Fournitures -45,000 25,013 84,120 45,115 Trrn sports 19,000 10 563 17,300 835 Soins mêdicaux des élèves - - 450 229 Fournitures scolaires - 9- 5,000 2,553 TOTAL 117,090 65,086 -173,710 88,718 / Calculé sur la base du budget approuvé des dépenses 1966 et 1967. 2/ Effectifs scolaires'moyens en 1966: 1.799; en 1967: 1.958. - 115 - TABLEAU 17 : ETATS AFRICAINS ET MAIWACHE FRANCOPHONES - ENSEIGNWE,NT PRIMAIRE; COUT PAR ELEVE INSCRIT (1965) Pays Colt par 1élve Indice (Francs CFA) TO2C7IA D 5,554 100- TC G0 5,720 102.9 6,215 -111.9 REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE: 6,683 120.3 }R 6,860 123 ,5 CA l oiTj 7,537 132,1 NIGER 10,158 182.9 G* iOW 12,155 218,8 C8TE D iIVCRIM 13,866 249,6 HA,UTill-VOLTA 14,294 257,14 t S2 AL 14,492 2609 CONG.0 15,143 27 ,6 DAHX0ifY : 15,990 287,9 I AURIT.iIE : 21,077 379,5 0YiME 9,661 Source: Direction c la Coopération culturelle et tecque. Rapport d'acuivité 1964-1966. (Paris, Ocbre 1 6) Secrét riat d'E?tat aux Affeires r h la Coopérati.on.l - 116 - Tabl,au lo: HAURITANIE - ENSEIGNEMENT PRIMAIRE: PROJECTION DE EFFECTIFS COLAI9ilS ET DU NOMBRE DE SALLES DE CLASSE DISPONIBLES (1966-67 A 1971-7) Nombre moyen dléleves Effectifo Années Salles de classe par classe totaux CPA (212 1966-67/1 584 36 21.024 5.679 2.312 1967-68 609 37 22.500 6.0 7 2.)7' 1968-69 634 37 23.500 6.3h, 2.58" 1969-70 654 37 24.400 6.34h 2.92) 1970-71 684 38 26.000 6.760 3.120 1971-72 710 30 27.000 7.020 3.240 /1 Les données concernant les années suivantes sont des estimations de la Mission. Source: Ministère de l'Education nationale. TABLEAUi9 :MKURITANIE - ENSEIGNEENT SF0NAITRK- PROJE('TON ITS-EEF"TIFS_sIMD LIPFS PAR CLASSE 1967-6 -19L1-72 P¡emier cyele Second cycle Effectifs Anne oax 22 A Scolaire 6th 5th 4th d 3r 2 2c st Totaux 1966-67 724 :89 595 25A 922 2 1,901 205 18 1967-68 500 480 390 340 115 75 30 1,950 270 25 1968-69 500 470 445 550 115 100 65 2,045 280 50 1969-70 500 470 445 420 115 105 90 2,145 555:70 1970-71 500 470 445 450 5 105 100 2,165 345 80 1971-72 500 470 445 430 115 t 105 100 2,165 :i. 80 TABLEAU 20 :vLMITANIE, ENSEIGNEENT PRIMLAIRE, RELAISATION DES OBJECTIFS DE SCOLARISATION - (1962/63 - 'Nombre moyen d'élèves Années El'ves inscrits en CM2 Effectivs Totaur Scolaires : par classe Prévisions Chiffres :Prévision : du Chiffres : o du Prévision : Chiffres total Effectifs total du plan Effectifs 1962-63 36 36 : 1,320 : 7.2 1,321 7.2 18,700 18,196 1963-64 37 35 1,560 : 8.0 1,442 7.7 19,500 18,696 1964-65 38 34 2,040 9.4 1,703 8.9 21,600 19,083 965-66 39 36 2,800 11.7 2,168 10.6 23,900 20,433 1966-67 40 36 3,770 15.1 2,312 1005 25,000 21,024 0D Chiffres provisoires. Source: Ministère de l'Education Nationale et de la Culture. - 119 - TABIEAU 21: MAURITANIE - PLAN JINVESTISSEMENT QUADRIENNAL DANS LE SECTEUR DE L'ENSEIGNEMENT ET DE LA FORMATION (1963 - 1966) Financement approuvé nvestisse- Fonde Français Poste menta d'équipemnt Projets Totaux et FAC FED RIN Total achevés 1/ 1. Lycée Nouakchott ext. 147.- 60.- - - 60.- 60.- 2. Lycée Technique Nouakchott 100.- 52.- - - 52.- 52.- 3. Collège des filles de Nouakchott 50.- h2.- - - 42.- 2h.6 4. Lycée Rosso ext. 3h.- 6.- - - 6.- 6.- 5. Collèges de Boghe 30.- 5.- 31.- - 36.- - _/ 6. Collèges A Kiffa, Tidjikeja, Néma, Sélibaby 58.- - 5(.6 - 57.6 - A. Enseignement Secondaire Total 419.- 165.- 88.6 - 253.6 1fi2.6 7. Ecole Normale 168.- 130.-) - - 130.- 130.- 8. Salle de classe Enseigne- ment primaire 26.5 55.-) - - 55.- 19.6) 19.6 19.6 9. Ecoles primaires 97.- 35.- 200.- - 235.- - 1/ 10. Logement des Directeurs d'Ecole 16.- 11. Inspection des Ecoles de Rosso, Aleg, Kiffa / 26.- 5.9 5.9 5.9 B. Enseignemenb Primaire Total 333.5 2h5.5 200.- - 45.5 155.5 12. Stade de Nouakchott (.8.-) 5/ - - - - - C. Jeunesse et Sports Total (18.-) Education et Sports 770.5 410.5 288.6 - 699.1 298.1 13. Centre de Formation Profes- sionnelle Port-Etienne 18_ 9.6) - - 9.6) 9.6 2/ 2.8) 2.8) 1L. Ecole Rurale de Kaédi 100.- 11.- - - 111.- 11-.- 15. Centre minier h0.- - - - - - 16. Administration 3L.- 33.- - 10.3 43.3 L3.3 D. Formation Total 192.- 156.4 - 10.3 166.7 163.9 17, Information et Presse (60.-) 5/ - - - - E. Information et Presse (60.-) 5/ - - - - TOTAL GENERAL 1022.5 566.9 288.6 10.3 865.8 L62.- Financement approuvé et non encore utilisé 462.0 Moins financement disponible 43.8 1/ Situation au 30 juin 1966. (Tous les projets du FAC étaient achevés a la fin d'avril 1967) 2/ Projets entamés. 2/ Rosso, 7.0 - Kiffa 11.0; Aleg 8.- b/ Rosso seulement. Aleg et Kiffa ajourné. 5/ Ultérieurement transféré au budget d'investissemer:t d'autres Administrations. Source: Plan Quadriennal et Office du Plan, 120 - TABLEAU 22:f, ASSISTANCE TECHNIQUE PRANCAISE EN MAURITANIE (Nombre d'experts) Janvier 1, Janvier 1, Mar . 1962 1964 1967 Total 207 232 258 dont: Edcation 34 57 106 Santé 30 33 4l Travaux publics 15 17 26 Agricvlt.re et génie agricole 7 6 18 Mines 3 6 6 Services Postaux et Tél4communications 26 24 11 Source: Mission d'Aide Française, Mauritanie. 1/ La ventilation des chiffres de 1967 est différente de celle des autres années, de sorte que des comparaisons exactes par catégorie pourraient dtre source derreurs. Les totaux ne sont pas cohérents. Tableau 23: RESULTATS DU PROGRAMIE DE FORMATION DZ NIFERMA Travailleurs Sortant avec Nombre de travailleurs au Apprentis placés en nombre mois 31 décembre 1966 Années a l'essai cours d de travail 32 33 S) S Sô 37 El M2 Total 1962 1963 382 80 LS2 117 U 1 26 38 55 21 15 16 2 174 2.346 mois/3 1964 348 302 34 L/ 73- A 5 34 55 42 34 1 8 179 1.152 mois 1965 332 311 30 L h3nD 7 73 48 60 37 - - - 225 724 mois 1966 381 354 12 I. 18 DL. 42 92 79 43 6 18 1 - 281 180 mois Total: 1.5o5 1.349 156 L 251 DL 55 225 220 200 98 34 25 2 859 4.402 mois /1 La di2érence entre le nombre d'apprentis a l'essai et celui des travailleurs placés en cours d'emploi représente e total de ceux dont le travail n'a pas donné satisfaction ou qui ont été licenciés au cours de leur période r'ess2i. L = Licenciés - L = Démissionnaires :rCre de mois de travail fournis après la formation et avant le départ. DIAGRAMME 1 - MAURITANIE: STRUCTURE DU SYSTEME NATIONAL DtENSEIGNEMENT ENSEIGNEMENT PRIMAIRE ENSEIGNEMENT SECONDAIRE PREMIER CYCLE SECOND CYCLE Lycée Technicque Enseignement Général Lycées Collèges et,Lycées Ecole Normale (cycle A) Ecole Normale (cycle B) Institut de Boutlimit Cours préparatoire au cycle B Collège Technique de Nouakchott r nt r lource: M4inistère de l'Education Nationale Centbre de Formation Agricole de KaAdi Effectifs DIAGRAME 2 - MAURITANIE: EFFECTIFS DE L'ENSEIGNEMENT PRIMAIR2 1953-54 å 1966-67 30 000 -(27700) ,'(26 300) 25 000 /(23 850) ~~¯¯ (a) ,,' -(21250) o 21 024 (1) 20000 - (b) 20433 19083 18616 18196 15000 14915 11279 10 000 8463 -9 7017 a) Selon les prévisions du Plan de 5000 Développement 1963-1966 5 000 5 b) Chiffres effectif s: (Source: 4169 43 Minitére de l'Education Nationale) 1/ Chiffres provisoires 1 000 - - ------- - ----- -- - ----- -- Année scolaire 53 54 55 56 57 58 59 60 61 62 63 64 65 66 54 55 56 57 58 59 60 61 62 63 64 65 66 67. Source: Ministère de 1'Education Nationale. - 124 -. Nombre d'établis- sements et de DIAGRAMME 3- MAURITANIE: ENSEIGNEMENT PRIMAIRE, NOMBRE DlETABLSFEN salles de classe ET DE SALLES DE CLASSE (1959-60 - 1966-67) 800- 700- 626 612 -- 600 - -' (x) 584(1) -_(527j, 5.54 554 (x) 446 400 ---- ¯(x) 341 300 - - (x) 289 82 x 261 250Ox 235 231 234(1) 200- 175 147 100 -(x) (×) Nombre de salles de classe )--------- _.. Nombre de salles de classe prévues --____par le ler Plan (X) C Nombre d'écoles Années scolaires 59-60 6d-61 61-62 62-63 63-64 64-65 65-66 66-67 (1) Donnée provisoire Source: Ministère de lEducation Nationale DIAGRAMM h- MAURITANIE: ENSEIGNEKENT PRIMAIRE, CIROIICRIPTION D'INSPE-,rICN (1963-6h - 1966-67) 1963-1964 3 LP. 4IP NKT -NKT A IOUN RSOA IOUN KAEDI ~KAEDI 1965-1966[j196167 5 I.P. 6 I.P. ATAR ATAR NKT ROSSO AONROSSO AIOUN KIFFA .KIFFA KAEDI *KAEDI Source: Ministère de l'Education Nationale - 126 DIAGRAMME 5 - MAURITANIE: ORGANIGRAMME DU MINISTERE DE L'EDUCATION NATIONALE ET DE LA CULTURE (Avril 1967) Ecole Normale - Centre International de nistère de l'Education Inspecteur d'Académie Recherches préhistoriquesý -Nationale et de la Culture (Conseiller Technique) Institut des Etudes Cabinet Secrétariat L_ Commission Nationale Islamiques Supérieures Unesco Direction Générale de l'Enseignement Service de l'Orga- Services des Service de Service du Cen- nisation et des Bibliothèques de Recherche Programmes des Adultes Office des Office de Office sta- Office Per- Office des Office de Office des Office de Iois la Plani- tistique sonnel et Repas l'Hygiène Examens et l'Orienta- fication Finances Scolaires Scolaire des Bourses tion Section Section omptabilité fournitures Personnel Inspection de Ecoles Se- l'Enseignement condaires Ecoles Primaire Primaires Source: Ministère d'Education Nationale 劉 CHAPITRE QUATRE-. ORGANISATION DU PLAII I. L'Agence Nationale, de Planification A. les Plans 294. La Mauritanie a ou un Plan Triennal de développement économique et social pour la période 1960-1962, approuvé le 26 juillet 1960 par lAs- semblée Nationale territoriale; ce plan resta en vigueur en tant que plan intérimaire après que la République Islamique de Mauritanie eÛt accédé à l'indépendance, le 28 novembre 1960. Le premier plan établi après ltindé- pendance a été le Plan Quadriennal de développement économique et social, couvrant la période 1963-1966. Il était prévu initialement que ce plan quadriennal prendrait fin le 31 décembre 1966, mais en raison de la date tardive de son approbation., il a été prorogé jusqu'au 30 juin 1967. Toutefois., dans la pratique, il niest plus considéré comme servant de guide aux activités de développement depuis la fin de 1966. Un second plan de quatre ans doit débuter en janvier 1968 !/ et couvrir la période stétendant jusquten 1971. La mission de la Bqnque Mondiale qui a séjourné en Mauritanie de février à avril 1967 a déterminé les secteurs qui servi- ront de base A ce plan, et des techniciens français de la Société dtEtudes de Développement Economique et Social (SEDES) doivent, établir le plan pro- prement dit. 295. Le Plan Triennal avait été élaboré sous les auspices du Ministère territorial du Plan, des Domaines et de l'Habitat, créé au mois de juillet 1959., postérieurement à l'octroi à la Mauritanie de l'autonomie gorverne'.ý mentale en novembre 1958. Après que la Mauritanie ait accédé à l1indepen- dance, en novembre 1960., ce Ministère a subsisté jusquîen janvier 1962, date à laquelle unEinîstère de la planification est devenu responsable de l'élaboration des plans. Vélaboration du Plan Quadriennal de Développe- ment Economique et Social pour la période 1963-1966 a débuté sous les aus- pîces du Ministère de la Planification, mais a été achevée après le rempla- cement de ce dernier par un Commissariat Général au Plan, rattaché directe- e plac' ' son tour, ment a% la Pr'sidence. Le Commissariat Général a été rem e a en juillet 1965, par le Fânistère des Finances, du Plan et de la Fonction Publique en tant qutorganisme responsable de la planification. En octobre 1966e la responsibilité du Plan a été transférée à l'actuel Ministère des Affaires Etrangères et du Plan, qui comporte une Direction du Plan. Ainsi, au cours des six années qui ont précédé mars 1967., l'agence nationale de planification nfa pas occupe moins de cinq emplacemenbs différents dans lfor- ganigrame- du gouvernement. Reporté pour la suite à jaEviêr 1969. Depuis le séjour de la mission de la Banque., un nouveau ministère de la Planification et du Développe-ment rural a été créé'. Toutefois., cela ne change rien à l'analyse suivante de la Direc tion du Plan. - 129 - B. La Direction du Plan 296. Au sein du Ministère des Affaires Etrangères et du Plan, la Direction du Plan est une annexe d'importance secondaire. A sa tête se trouve un directeur du Plan, responsable vis-à-vis du Ministre des Affaires Etrangères et du Plan. Le directeur du Plan a sous ees ordres un service de la statistique, un service des programmes et un bureau oc- cupé par un Ordonnateur du FAC et du FED. A l'échelon des cadres, le personnel de la Direction du Plan comprend le directeur du Plan, les chefs des deux services, l'Ordonnateur et un étudiant étranger diplômé détaché pour unan auprès du Service de la statistique. Il faut également mentionner le Conseiller Economique et Financier des Nations Unies auprès du Ministre des Affaires Etrangères et du Plan. Tous les autres membres du personnel de la Direction du Plan appartiennent à un échelon inférieur a celui des cadres; ils comprennent un adjoint technique et trois enquê- teurs au Service de la statistique, plus trois autres employés, trois se- crétaires et trois huissiers répartis entre le Bureau du Directeur du Plan, les deux Services et le bureau de l'Ordonnateur. 297. Le Service de la Statistique est en fait le bureau central de statistique du Gouvernement, et, à ce titre, n'intervient pas directement dans les questions de planification. Le Service des programmes ou, pour être plus précis, le Directeur des programmes (car il est le seul de son service qui soit du niveau "cadre"), est théoriquement chargé d'aider les ministères et hauts commissariats techniques du Gouvernement a obtenir le financement des programmes au moyen du Fonds Français d'Aide et de Coopé- ration (FAC) et du Fonds Européen de Développement (FED) du Marché commun européen, qui sont les deux principales sources assurant le financement du développement de la Mauritanie. L'Ordonnateur (qui est également le seul de son service à être du niveau "cadre") surveille et contrôle les dépenses consacrées aux programmes que le FAC et le FED ont accepté de financer, et maintient à ce dcssein les dossiers financiers appropriés. Chacune des trois divisions de la Direction du Plan, de même que le Bureau du Directeur du Plan comporte un unique titulaire, si bien que l'absence du chef entraîne l'interruption des travaux de bureau ou du service. A la demande de divers fonctionnaires étrangers à la Direction du Plan, le Con- seiller des Nations Unies a été amené à effectuer des travaux sur des su- jets divers, tels que des études concernant la rentabilité de certains programmes et l'examen des opérations de la Banque Mauritanienne de Déve- loppement. 298. En dépit de l'importance du travail qu'accomplit la Direction du Plan pour administrer ce dernier, on ne peut guère le qualifier de plani- fication du développement. Si par planification du développement on entend l'examen des diverses solutions qui s'offrent à la Mauritanie pour réaliser son développement, et le choix de la solution qui promet d'être la plus rentable pour un investissement déterminé, force est de constater que la Direction du Plan n'exerce pas ce genre d'activité. Non seulement la Direc- tion du Plan manque de personnel, mais elle ne dispose de personne qui soit qualifié par sa formation ou son expérience pour accomplir ce travail. De meme il n'y a personne à la Direction du Plan qui soit qualifié pour jeter les bases techniques d'un plan de développement, d'un plan sectoriel ou d'un - 130 - programme,. (Le Conseiller des Nations Unies, qui pourrait effectuer une partie de ce travail, n'appartient pas à la Direction du Plan et est em- ployé à des travaux qui sont pour la plupart étrangers au domaine de l'a- gence centrale de planification). La Direction du Plan n'a guère d'in- fluence sur les activités des ministères et hauts commissariats techniques, et n'intervient guère dans le choix de la politique économique du pays. Dans ces cnnditions, elle ne peut jouer qu'un rôle passif en ce qui concer- ne l'élaboration et l'exécution des plans nationaux. 299. Les problèmes de personnel qui empêchent la Direction du Plan d'exercer les fonctions incombant à une agence nationale de planification, ont été aggravés du fait que le statut administratif de la Direction a été modifié àâ plusieurs reprises. La situation actuelle de la Direction à l'intérieur de la structure administrative du Gouvernement contribue égale- ment à les compliquer. Il peut sembler logique de placer une agence na- tionale de planification au sein du Ministère chargé des affaires étran- gères, lorsque le financement du développement national provient en majeure partie de l'étranger. Toutefois, peu de pays ont trouvé cette formule pra- tique. C'est ainsi que la Turquie l'a abandonnée rapidement après l'avoir essayée car elle s'est révélée inopportune. L'expérience démontre qu'un Ministère des Affaires Etrangères, bien qu'orienté vers les questions exté- rieures, n'est pas équipé du point de vue technique pour s'occuper effica- cement des problèmes de la planification du développemert. En conséquence, le fait de placer une agence nationale de planification dans ce ministère ne fait qu'introduire une barrière administrative entre l'agence de plani- fication et le reste du gouvernement. La preuve est faite que lorsqu'une agence nationale de planification fait partie d'un ministère quelconque - qu'il s'agisse du ministère des finances ou d'un autre - elle est située généralement à un niveau administratif trop bas pour pouvoir exercer effi- cacement son influence sur les activités du Gouvernement en matière de dé- veloppement; l'expérience démontre également que lorsqu'une agence nationale de planification est transformée en minist're da plein droit, elle a moins d'autorité qu'il n'en faut pour remplir efficacament Oes fonctions de plani- fication, car aucun Ministre n'acceptera facilement les décijions d'un au- tre Ministre de rang égal, si cela entraine pour lui l'abai-dcn de certaines de ses prérogatives. 300. Les exemples ci-dessus permettent de conprendre faci,lement pour- quoi la Direction du Plan est dans l'impossibilité d'e-zercer les fonctions d'une agence nationale de planification. En fait, il doit lui être déjà assez difficile d'assumer les responsabilités limitées et de caractère pu- rement administratif qui lui. incombent actuellement, alors que le Minis- tère des Affaires Etrangères, le Directeur du Plan et le reste de la direc- tion du Plan sont séparés les uns des autres, étant installés dans des locaux différents. La planification nécessite des consultations et des échanges d'idées constants, si bien qu'il est indispensable que tous les éléments d'une agence nationale de planification soient groupés, afin que chaque unité soit d'un accès facile et que les fonctionnaires chargés de la planification puissent se consulter à tout instant et sans entrave. La dispersion qui caractérise les activités de la Direction du Plan suffi- rait donc à elle seule pour rendre difficile, sinon impossible, l'élabora- tion de plans efficaces. - 131 - C. Place de l'Agence Nationale de Planification 301. Seuls les pays qui n'ont guère eu d'expérience de la planifica- tion ou qui n'attachent pas une grande importance à la planification du développement peuvent éprouver des doutes quant à la place la mieux indi- quée pour une agence nationale de planification. Dans tout pays ou une priorité élevée est accordée au développement, l'agence nationale de pla- nification est presque invariablement étroitement associée au Chef du Gouvernement. les pays en voie de développement, à mesure qu'augmente leur expérience en matière de planification du développement, manifestent une tendance très nette à rattacher leur agence nationale de planification au Chef du Gouvernement, ou à la placer directement sous ltautorité de ce dernier. 302. On conçoit difficilement qu'il puisse en être autrement. En rai- son de sa nature même, la planification est une activité qui déborde le cadre des responsabilités de tous les ministères et de toutes les agences d'un gouvernement. Si elles s'effectuent convenablement, l'élaboration et la mise en oeuvre des plans de développement affectent d'une façon ou d'une autre chaque groupe, chaque classe et chaque secteur de quelque importance, dans les domaines économique, politique et social. Que la planification soit bien ou mal conduite, les plans de développement et la façon dont ils seront exécutés auront des répercussions sur un grand nombre de personnes et sur d'importants intérêts des secteurs public et privé de l'économie. Pour concilier des intêrêts antagonistes, pour résoudre efficacement les problèmes importants que pose la planification et pour orienter les efforts de chacun dans le même sens que la politique officielle en matière de déve- loppement, il faut prendre des décisions fondamentales que seule ltautorité la plus élevée de l'Etat peut prendre et peut faire respecter. Il est donc inévitable que dans tout pays qui tient à faire aboutir ses plans de déve- loppement, le chef du pouvoir exécutif soit sinon nommément, du moins de fait, le chef de l'agence nationale de planification. La première recom- mandation du présent rapport vise donc à ce que l'agence nationale de pla- nification de la iauritanie soit rattachée, comme précédemment, à la Prési- dence de la République. En outre, l'expérience ayant clairement démontré dans le monde entier qu'une agence nationale de planification doit, pour fonctionner efficacement, être proche de l'autorité politique la plus éle- vée du pays, il est souhaitable que l'agence de planification devienne un élément p:ermanent de la Présidence. Cette solution contribuera également à garantir le maintien de la stabilité administrative de l'agence, sans la- quelle on ne peut espérer qu'elle puisse remplir ses fonctions de planifi- cation, D. Le Chef de l'Agence Nationale de Planification 303. Toutefois ceci ne serait qu'un commencement. Le chef de l'agence de planification doit être une personnalité de rang élevé, pouvant traiter d'égal à égal avec les ministres et les hauts-commissaires. Sa position dans le gouvernement doit 6tre à la mesure de ses responsibilités. Dans certains pays, par exemple au Pakistan, le chef de l'a'gence nationale de planification a rang de ministre sans portefeuille. Cette formule lui per- met d'être au courant de tous les documents ministériels et, assistant aux réunions du Cabinet, il a la possibilité de donner son avis à leur égard et de présenter l'opinion de l'agence de planification au cours de ces réunions. 30h. Toutefois, en dernière analyse, ce n'est pas le titre du chef de l'agence nationale de planification qui déterminera l'efficacité de cette agence. Si les ministres et les chefs des agences officielles savent que le chef de l'agence de planification leur parle avec l'auto- rité du chef du gouvernement, son titre n'aura que peu d'importance. C'est de ce fait que le chef de l'agence de planification tircra sa force. Dans ces conditions, sa position et celle de l'agence de plni- fication elle-même dépendront pour une large part de l'attitude du, chef du gouvernement à l'égard de l'agence et de son chef. 305. En raison des relations étroites que le chef de toute agence nationale de planification doit entretenir avec le chef du gouvernement et son cabinet, il est de la plus haute importance qu'il jouisse de la confiance entière du chef du gouvernement et ait directement et facile- ment accès auprès de lui à tout instant, lorsque la situation l'exigera. Le chef du gouvernement doit considérer le chef de ltagence nationale de planification comme son conseiller le plus important pour les questions économiques. En raison de la nature de la planification, il est peu pro- bable que la planification du développement puisse s'effectuer dans les conditions prévues dans les plans natinaux, si l'agence nationale de pla- nification ne se fait pas entendre lorsqu'il s'agit de proposer une po- litique économique. Mdme dans des pays aussi grands que l'Ind., il a donc été reconnu que l'élaboration des plans de développement et la dé- termination de la politique économique doivent incomber au premier chef à l'agence nationale de planification. Ceci est encore plus vrai dans le cas de la Mauritanie, ou il est entrêmement difficile de disposer de pla- nificateurs et d'économistes, que dans la plupart des autres pays. Le présent rapport recommande donc en second lieu que le bureau du conseiller économique et financier du Président de la République soit combiné avec le bureau du chef de l'agence nationale de planification qui devra être créé au sein des services de la Présidence de la République. E. Le Service de la Statistique 306. Dans la plupart des pays, l'agence centrale de statistique fait partie des services du Chef du Gouvernement. Dpns certains cas elle est complètement distincte de l'agence nationale de planification; parfois elle en fait partie. Dans la plupart des pays, il existe d'excellentes raisons pour que ses deux organismes soient distincts, mais lorsque, comme c'est le cas en Mauritanie, il faut économiser les cadres en raison de leur rareté, les avantages de la formule consistant à confier les statis- tiques et la planification à l'agence nationale de planification sont su- périeurs à ses inconvénients. Il est cependant préférable que ces deux organes soient distincts, mais tous deux sous l'autorité du chef de l'agen- ce nationale de planification, Il est donc recommandé que cette agence comprenne deux directions distinctes, une pour la statistique et l'autre pour la planification. -133- 307. La planification du développement en Mauritanie est gravement gênée par l'insuffisance du volume des statistiques valables. La quan- tité et la qualité des runseignements doivent être améliorées, aussi bien en vue de la planification qu'au profit des administrations publi- ques. En outre, les renseignements disponibles devront être mieux uti- lisés. Il est difficile de concevoir comment la Mauritanie peut porter des jugements valables sur sa politique fondamentale dans le domaine économique et le domaine social, ou sur les investissements nécessaires au développement du pays, sans connaître de façon plus certaine les fac- teurs fondamentaux que fait apparaître l'exploitation des statistiques, effectuée en général par un bureau central des statistiques. Sans vouloir discuter ce point, il faut toutefois reconnaître que les fonds et le per- sonnel disponibles ne permettent pas de faire tout ce qui serait souhaita- ble pour améliorer en peu de temps la quantité et la qualité des rensei- gnements fondamentaux. Il est cependant nécessaire de faire quelque chose pour que les plans aient un sens et que l'administration publique s'améliore. 308. Un certain nombre de propositions ont été avancées pour améliorer les statistiques et l'organisation chargée de les établir. L'une d'entre elles, formulée par un expert français en machines statistiques qui a sé- journe en Mauritanie au mois de juin 1965, exprime des propositions qui sembleraient réalisables en vue de l'installation dtun centre statistique mécanographique au bureau central des statistiques. La mission de la Banque a examiné les rapports de cet expert, (ý1Etude de l'opportunité d'installer un centre mécanographique pour le Gouvernement de la République Islamique de Mauritanie, en date de juillet-août 1965, et "Note de synthèse" concernant le premier rapport, récapitulant le r8le, les besoins en person- nel et le coût d'un tel centre). A l'étude de ces rapports, et d'après les entretiens que nous avons eus avec le Directeur de la Statistique de la Direction du Plan, il apparaît que ce centre statistique mécanographique pourrait fournir aux ministères et aux hauts-commissariats des renseignements dont ils ont grand besoin pour améliorer leur administration,et fournirait également au bureau central des statistiques les renseignements de base né- cessaires à la planification et à d'autres fins. Le coût de ce centre et l'effectif du personnel qui lui seraient nécessaires sont relativement mo- destes; ce centre semble réalisable dans la situation qui prévaut en Mau- ritanie, et il serait en mesure de fournir des renseignements de meilleure qualité aux administrations publiques et aux fins de planification. Nous sommes donc d'avis que le Gouvernement examine attentivement cette propo- sition afin d'adopter la combinaison optimale de machines et de personnel destinés à un centre statistique mécanographique du genre que recommande le rapport de l'expert français. 309. En outre, il serait souhaitable d'accroître légèrement l'effectif du personnel du bureau central de statistique, tel qu'il est actuellement constitué, en portant de 1 à 3 le nombre d'agents techniques, et de 1 à 2 le nombre de secrétaires chargés de la classification et de la présenta- tion des renseignements d'ordre statistique. A l'heure actuelle, le chef du service de la statistique est fréquemment obligé d'effectuer des travaux de secrétariat qui l'empêchent de se consacrer à des activités profession- nelles mieux adaptées às formation et à son expérience. En outre, si une somme modeste pouvait être inscrite dans le budget pour des frais de -134 - déplacement, le personnel du bureau central de statistique pourrait effectuer tous les ans quelques voyages à l'extérieur de Nouakchott afin de recueillir des renseignements dans d'autres régions du pays. F. La Direction du Plan dans l'Agence Nationale de Planification 310. La Direction du Plan devrait comprendre les trois divisions suivantes: Le bureau de l'Ordonnateur FED-FAC La Division de l'Aide extérieure La Division du "Plan" 311. La bureau de l'Ordonnateur FED-FAC remplirait les fonctions qu'exerce actuellement l'Ordonnateur FED-FAC de la Direction du Plan du Ministère des Affaires Etrangères et du Plan. La Division de l'Aide extérieure aurait deux principales taches: a. Coordonner et négocier tout le financement du dévelopment deorigine étrangère, et b. coordonner et négocier les besoins en matière d'assistance technique. 312. Une seule agence gouvernementale devrait être chargée de coor- donner ltensemble du financement du développement d'origine étrangère et de tirer le meilleur parti de ces fonds. Elle devrait élaborer, en vue de son approbation par le Gouvernement, la politique générale régissant l'utilisation de l'aide d'origine étrangère; elle s'efforcerait de faire le nécessaire pour que cette aide soit compatible avec les objectifs du plan; elle servirait d'agent de liaison avec les prêteurs et donateurs bilatéraux ou ultilatéraux, et négocierait tous les emprunts et toute l'aide d'origine extérieure. 313. A l'heure actuelle, en Mauritanie, c'est le Service des program- mes de la Direction du Plan du Ministère des Affaires Etrangères et du Plan qui est théoriquement chargé d'assurer la liaison entre le Gouverne- mentnuritanien d'une part,, le FED et le FAC d'autre part, et de négocier l'aide financière nécessaire à l'exécution des programmes des ministères et hauts-commissariats techniques. En fait, dans la pratique, les minis- tères et hauts-commissariats techniques négoc-Int directement le finance- ment de leurs programmes. Le Service des prc,g,ammes se borne donc à exé- cuter des tâches administratives purement formelles. 314. L'expérience des autres pays montre que dans le cas où les négo- ciations relatives aux emprunts et à l'aide d'origine étrangère ne sont pas centralisées au sein d'une agence officielle unique, ou lorsque la faiblesse de la discipline administrative incite les divers ministères ou autres organismes officiels à une concurrence d'où résulte fréquemment -135 - le financement de programmes de priorité peu élevée, les fonds obtenus en vue d'investissements sont moins importants que s'il en était autre- ment. En outre, il ne faut pas perdre de vue que chaque investissement, même lorsque les fonds utilisés pour son financement sont obtenus sous forme de dons, augmente les dépenses qui reviennent périodiquement dans le budget des années suivantes, pour l'entretien et d'autres besoins. D'après une méthode empirique généralement acceptable, on peut estimer que pour 100 unités monétaires consacrées aux investissements, 50 à 65 unités monétaires seront nécessaires chaque année après l'achèvement du programme, pour les dépenses qui devront ensuite être régulièrement inscrites dans le budget, Dans ces conditions, tout gouvernement serait bien avisé d'examiner soigneusement chaque programme, afin de vérifier, premièrement si son ordre d'urgence est suffisamment élevé, deuxièmement quel sera le montant des dépenses supplémentaires que nécessitera au cours des années suivantes l'exécution de ce programme, et troisièmement si l'augmentation des charges budgétaires qui en résultera sera justifiée. 315. Ce genre d'analyse, qui actuellement ne s'effectue pas en Mauri- tanie, doit être forcément centralisé au sein d'une seule agence gouver- nementale disposant de personnel capable d'effectuer ce travail, Comme on le verra plus loin, il est possible et souhaitable que les divers mi- nistères et hauts-commissariats techniques déterminent un ordre d'urgence parmi les programmes intéressant le secteur ou le sous-secteur placé sous leur juridiction. Toutefois, la détermination des priorités parmi les divers secteurs et sous-secteurs ne peut 4tre confiée qutà une agence cen- trale du Gouvernement. 316. Dans certains pays, c'est le Ministère des Fînances, qui en est chargé. Toutefois, la meilleure solution, adoptée par exemple au Pakistan, consiste à créer à cette fin une agence spéciale au sein des services du Chef du Gouvernement. Normalement, ceci vaut mieux que d'en charger l'agen- ce nationale de planification. Toutefois, considérant la pénurie de person- nel qualifié en Mauritanie et la nécessité de conserver une organisation administrative réduite et maniable, nous recommandons que cette tâche soit confiée à la Division de l'aide extérieure dont la création est proposée. 317. Il est également très important, dans les pays en voie de dévelop- pement, de coordonner l'utilisation de l'assistance technique. Dans ces pays, la préparation et l'exécution des programmes de développement, des plans sectoriels et des plans nationaux s'effectuera de façon plus ou moins satisfaisante selon les disponibilités en spécialistes étrangers qualifiés et l'emploi qui en sera fait. Il est pourtant courant que les demandes de techniciens étrangers, leur envoi et leur emploi s'effectuent de façon dé- sordonnée et mal étudiée. On laisse fréquemment à chaque ministère ou agence technique du pays bénéficiaire le soin d'engager du personnel à titre bilatéral ou multilatéral. Ces ministères et ces agences ont ten- dance à se considérer comme les mieux qualifiés pour déterminer leurs pro- pres besoins en matière d'assistance technique et pour prendre les dispo- sitions voulues pour l'obtenir. Ceci est parfois vrai, mais fréquemment inexact. Méme si c'est vrai, il n'en est pas moins souhaitable que les de- mandes d'assistance technique étrangère émanant d'un gouvernement qui doit faire venir de l'étranger un grand nombre de techniciens soient vérifiées et coordonnées à quelque échelon. -136 - 318. Les procédures d'octroi de bourses et de subventions pour des stages à l'étranger doivent également être coordonnées. Il arrive fre- quemment que ces bourses et ces subventions soient accordées en dehors de tout plan d'ensemble, dans des domaines sans intérêt direct, dans des univertités ou des écoles mal choisies ou, du point de vue de l'intérêt national, à des personnes peu qualifiées. Il en résulte frêquemment que certains stagiaires reçoivent un enseignement ne répondant pas aux besoins que des fonctionnaires exerçant des fonctions importantes sont tenus éloi- gnés de leur poste pendant des périodes inutilement longues, ou, lorsque le stagiaire n'a pas pris avant de partir l'engagement de revenir dans son pays pendant un certain nombre d'années après la fin de son stage, que le personnel ainsi instruit émigre. 319. En dépit de leurs limitations, ce sont probablement les plans nationaux de développement qui pourront fournir les meilleures indications possibles, dans les pays en voie de développement, en vue de l'utilisation la plus efficace des aptitudes des techniciens. Lorsque l'assistance tech- nique étrangère sera obtenue et que les bourses et subventions seront ac- cordées en fonction des besoins découlant d'un plan national de développe- ment, il est probable que les priorités les plus élevées seront respectées en vue du développement, et lon évitera que la réalisation du plan n'é- choue, faute d'avoir tena compte des besoins en matière d'assistance tech- nique. 320. Il est drne souhaitable que l'agence nationale de planification soit étroitement associée à la coordination de l'assistance technique étran- gère et des programmes de formation de personnel. Toutefois, ceci ne si- gnifie pas que l'agence de planification doit coordonner elle-même les de- mandes d'assistance technique ou négocier avec ceux qui fournissent cette assistance, qu'il s'agisse de pays ou d'organisations internationales. S'il existe une organisation officielle appropriée, il est tout à fait possible qu'elle accomplisse cette tache, à condition que l'agence nationale de planification puisse toujours se faire entendre et obtienne que l'assistan- ce technique ainsi obtenue corresponde aux plans et aux objectifs du déve- loppement. C'est ainsi queen Mauritanie il serait possible que le haut- commissariat de l'enseignement technique et de la formation des cadres coor- donne et négocie l'attribution des bourses et subventions, à condition que l'agence nationale de planification fixe des règles garantissant que ces bourses et subventions seront accordées conformément aux besoins des plans de développement. En ce qui concerne l'obtention, sur le plan bilatéral et multilatéral, de J'assistance technique d'origine étrangère, le mieux serait peut-être que la Division de l'aide extérieure, dont nous recomman- dons la création au sein de l'agence nationale de planification, soit char- gée de la coordination et des négociations. L'agence centrale de planifi- cation sera évidemment bien inspirée dtutiliser pleinement les connaissan- ces des membres des ministères et hauts-commissariats techniques. Il est probable que ces organismes auront une connaissance plus spécialisée de leurs besoins que l'agence nationale de planification. Il serait donc sou- haitable que les ministères et hauts-commissariats particpent aux négocia- tions relatives à l'octroi de l'assistance technique particulière dont ils ont besoin. Dans ce cas, l'effectif des "cadres" de la Division de l'aide extérieure pourrait ne pas dépasser deux personnes. - 137 - G. La Division du Plan 321. Dans le cas particulier de la Hauritanie, le rôle de la Division du Plan revêt une importance particulière. Le Gouvernement a décidé que le premier plan quadriennal pour la période 1963-1967 serait suivi, après un intervalle d'un an, par un troisième plan quadriennal pour la période 1973-1977. Comme on l'a indiqué précédemment, le deuxième plan quadrien- nal, tout comme le premier, va être élaboré par des conseillers qui vont venir spécialement de l'étranger pour effectuer ce travail, car il n'ex- iste pas en Mauritanie de personnel mauritanien ou étranger qui en soit jugé capable. Pour améliorer les conditions d'établissement des plans en M4auritanie, il est souhaitable que des planificateurs soient formés au cours de la période couverte par le deuxième plan, de façon qu'ils puis- sent participer à l'élaboration du troisième plan quadriennal. Nais plus encore, il est indispensable au succès du deuxième plan quadriennal que celui-ci soit rendu réalisable grâce à l'établissement, chaque année, d'un plan annuel d'action. 322. Même lorsqu'un plan à moyen terme, comme le plan quadriennal de développement économique et social de la Mauritanie pour 1963-1966, com- porte des objectifs annuels en matière d'investissements et de production, son objet essentiel est habituellement de donner une notion générale des prévisions relatives au taux approximatif de croissance des investissements et de la production au cours de la période couverte par ce plan. Le plan à moyen terme doit cependant être révisé chaque année, non seulement parce qu'il est généralement impossible d'estimer de façon précise les investis- sements dans tous leurs détails plus d'une année à l'avance, mais égale- ment en raison des écarts qui surviennent entre les prévisions et les réa- lisations. En fait, les écarts par rapport aux prévisions sont inévitables, car il n'arrive jamais que tous les programmes figurant dans un plan soient exécutés exactement comme prévu. Pour cette raison, chaque objectif figu- rant dans un plan à moyen terme, aussi réaliste qu'il ait pu être lors de sa détermination, devra faire l'object de modifications au cours de la pé- riode couverte par le plan. Parfois, comme ce fut le cas pour le premier plan quadriennal de la Mauritanie, la période couverte par le plan devra éventuellement âtre prolongée de façon à accorder des délais supplémentai- res qui permettront d'atteindre les objectifs fixés à l'origine. 323. La méthode la plus commode et la plus courante pour ajuster un plan quadfiennal, de façon é répondre à l'évolution de la situation consis- te à établir des plans annuels d'action. L'établissement de plans annuels d'action étant pratiquement une tâche de tous les instants, qui s'exécute d'un bout à l'autre de l'année, il doit être confié à un organisme spécia- lement constitué à cette fin. En outre, l'établissement de ces plans an- nuels d'action étant pratiquement indispensable à la mise en oeuvre d'un plan quadriennal, il constitue l'une des tâches les plus importantes de toute agence nationale de planification. Dans le cas de la Mauritanie, l'établissement d'un Plan annuel d'action pour 1968 et pour chacune des années ultérieures, qui permettra la mise en oeuvre des deuxième et troi- sième plans quadriennaux, devient une tâche hautement prioritaire dans le domaine de la planification. La Division du Plan devant être chargée de l'êtablissement de ces plans annuels d'action, la meilleure façon d'expli- quer le râle des trois cadres dont nous estimons la présence nécessaire au sein de la Division du Plan consistera peut-être à expliquer eb quoi con- siste un plan annuel d'action. - 138 - H. Les Plans Annuels d'Action 324. Un plan annuel d'action concernant la Mauritanie commencerait par (a) un exposé des progrès du plan de quatre ans au cours de l'année précédente. Il comprendrait la comparaison des prévisions et des réali- sations, en expliquant et en analysant les raisons des différences. Cet exposé décrirait les goulots d'étranglement(résultant par exemple de questions de personnel technique ou de financement) qui auront pu sur- venir. (b) Prenant pour base l'estimation des ressources financières et autres ressources disponibles., et l'inventaire des programmes d'in- vestissements publics en cours d'exécution ou projetés au cours de l'année suivante, le plan fixerait la répartition de ces ressources, du moins en ce qui concerne les programmes les plus importants. (c) Le plan fixerait les objectifs matériels et financiers concernant les programmes d'investis- sements, les plans sectoriels et les plans nationaux pour l'annéee consi- dérée. (d) Le plan annuel d'action devant s'efforcer d'ajuster les re- tards ou les avances pris précédemment par rapport aux objectifs, il devrait examiner les mesures à prendre au cours de lannée suivante pour compenser les écarts par rapport aux objectifs de l'année précédente. (e) Le plan annuel comprendrait également un programme de coordination de l'assistance technique en vue de l'exécution des programmes d'investissements publics et autres programmes figurant dans le plan. (f) Il comprendrait également l'estimation des investissements privés prévisibles et indiquerait le rôle que pourrait jouer le secteur privé pour la réalisation des objectifs du plan. Cette section comprendrait la liste des grands investissements que le secteur privé va apparemment entreprendre, poursuivre ou achever au cours de l'année suivantee (g) Enfin le plan annuel d'action comprendrait l'ex- posé des principes et des mesures particulières ressortissant à la fiscali- té, au crédit et autres aspects économiques, ainsi que les mesures organi- ques et administratives qui devraient être adoptées pour mobiliser les res- sources au profit du développement et atteindre les objectifs du plan dans le secteur public et le secteur privé. I. Le Comité Economique du Conseil des Ministres 325. Une agence nationale de planification est un organisme technique qui, en cette qualité, effectue des tâches techniques. Ceci ne signifie pas que la politique économique et celle du développement pe la concernent pas, Au contraire, elle doit tenir compte constamment de considérations politiques car il est indispensable d'adopter une certaine politique pour atteindre des objectifs. Ptr exemple la politique à suivre pour atteindre un taux d'expansion de cinq pour cent pourra être toute différente de celle qui sera nécessaire pour porter ce taux à six pour cent. L'agence nationale de planification doit donc toujours tenir compte de la politique économique. Toutefois, étant un organisme technique, elle ne peut que préparer des poli- tiques de rechange qui seront soumises à la décision du Président et de son cabinet. 326. L'examen de politiques de rechange dans des domaines particuliers n'est point tâche aisée et n'est point de celles dont on peut se débarras- ser rapidement sans sousi des conséquences. Il est probable que l'examen détaillé par l'ensemble du Conseil des Ministres de toutes les solutions -139 - possibles en matière de politique du développement prendra de longs dé- lais et manquera parfois d'intérêt, du moins pour certains ministres. Pour cette raison, bien des pays ont trouvé utile de créer un comité économique du cabinet, dont les membres sont les ministres les plus di- rectement intéressés par le développement, et dont la présidence est assurée par le chef du gouvernement. Ce comité peut donc examiner en détail les diverses politiques susceptibles d'être adoptées en matière de développement et les présenter sous la forme voulue à l'enesmble du Conseil des Ministres. 327. Nous recommandons que le Gouvernement de la République Islamique de Mauritanie crée un Comité économique du Conseil des Ministres, présidé par le Président de la République, chargé d'examiner les diverses politi- ques possibles en matière de développement et de recommander à 3ladoption du Conseil des Ministres la politique à adopter dans les divers domaines. Il est indispensable que le nombre de personnes qui assistent aux réunions du Comité économique soit aussi limité que possible, car l'expérience dé- montre que dans le cas contraire les réunions de ce genre risquent de dé- générer rapidement en joutes oratoires qui ne donnent guère de résultats Par ailleurs, il est indispensable que chaque ministre assiste aux débats concernant les questions qui le concernent directement. Ceci sera possi- ble si l'on prévoit que les ministres qui ne sont pas membres permanents du Comité économique en seront membres temporaires, mais auront sans res- triction droit de vote et autres droits lorsque le Comité aura des débats sur des questions de leur ressort. Enfin, il est important pour le succès des travaux du Comité que les ministres qui en sont membres assistent per- sonnellement aux réunions. Si les ministres ne font représenter au lieu d'être présents personnellement, le Comité ne tardera pas a perdre de son autorité morale. 328. Compte tenu des considérations ci-dessus, nous recommandons que les membres normaux et permanents du Comité économique soient les person- nalités suivantes: Le Président de la République, Président Le Ministre de l'Education Nationale et de la Culture Le Ministre de l'Economie Rurale Le Ministre de l'Equipement. Le Haut-Commissaire à ltIndustrialisation et aux Mines et le Haut-Commis- saire à l'Enseignement Technique et à la Formation des Cadres devraient assister à toutes les réunions du Comité économique en qualité de Conseil- lers du Président et de la République. Le Secrétaire du Comité économique, chargé de la préparation de son ordre du jour, devrait être le chef de lagence nationale de planification, et le personnel de la Division du Plan de cette agence constituerait le secrétariat du Comité. 1/ l En janvier 1968, le Gouvernement fut remanié. Les nouveaux Ministères économiques correspondants sont les suivants: Ministère de la Plani- fication et du Développement, Ministère de l'Industrie, de l'Artisanat et des Mines, Ministère du Commerce, des Transports et du Tourisme, Ministère de la Construction et des Télécommunications, Ministère de l'Education Nationale, Ministère de la Fonction publique et du Travail. - 110 - 329. Au mois d'avril 1964, la loi No. 64.06h a instituê un Conseil Economique et Social. Cette loi a ké modifiée en janvier 1967 par la loi No. 67.019. Ces lois prévoient que le Conseil Economique et Social sera un organisme consultatif de 20 membres, composé de représentants des salariés des secteurs public et privé, des entreprises industrielles, commerciales et artisanales, des activités agricoles et pastorales, des activités sociales, scientifiques et culturelles, et de personnes quali- fiées par leur connaissance des problèmes économiques et sociaux. Les membres du Conseil neavaient pas été désignés lorsque la mission de la Banque a quittê la Mauritanie au mois d'avril. Si le Gouvernement crée effectivement le Conseil Economique et Social, nous recommandons qu'il soit prévu que le chef de l'agence nationale de planification assiste à ces réunions et soumette des documents qui figureront à l'ordre du jour du Conseil. J. Organigramme de l'Appareil National de Planification 330. On trouvera ci-dessous un organigramme de l'appareil national de planification correspondant aux propositions ci-dessus: Conseil Economique Prêsident de et Social ~~ la République Conseil des Présidence Ministres _ M 'Chef de l'Agence - Nationale de Pia- Comité nification Economique -' Agence Nationale de Planification Direction 1du Plan Division de la Statistique Division Division de Ordonnateur Centre Statistique Division des du Plan l'Aide exté- mécanographique Statistiques rieure générales II. R6le des Organismes Techniques dans la Planification A. Distinction entre les Plans et leur Exécution 331. Bien que la Mauritanie ait eu un Plan de trois ans et un Plan de quatre ans, le choix des divers programmes par les ministères et les hauts- commissariats techniques s'est fréquemment effectué sans référence aux Plans. Il en est parfois résulté des investissements dans des programmes d'une médiocre rentabilité. Ceci a eu pour effet non seulement de gaspil- ler des ressources déjà rares, mais encore de retarder le développement du pays. En outre le choix inconsidéré des programmes, en dehors de tout plan d'ensemble, a été parfois caractérisé par un manque de coordination entre les divers ministères et hauts-commissariats, et même entre les différents services d'un même ministère ou haut-commissariat. Ainsi, tandis que les - 11hl - plans de trois ans et de quatre ans marquaient la volonté d'aborder de façon coordonnée le problème du développement, en pratique les minis- tères et hauts-commissariats l'ont abordé programme par programme. Il en est résulté une diminution de la rentabilité des investissements, soit du fait de l'insuffisance de renseignements concernant l'ordre d'urgence des divers programmes, soit parce que l'absence de coordina- tion ne permettait pas aux travaux accessoires de procéder simultanément de façon à garantir à chaque investissement le maximum de rentabilité. 332. L'expérience des autres pays démontre que la situation ci- dessus est courante dans les pays en voie de développement. Il y a géné- ralement une trop grande différence cntre ce qui est nécessaire pour les plans d'ensemble à moyen terme et pour les divers programmes dont les mi- nistères techniques entreprennent l'exécution; il faut donc trouver un moyen pour combler cet intervalle avant que les programmes puissent venir s'insérer dans les plans à moyen terme, tels que les plans de trois ans et de quatre ans de la Mauritanie. Les plans annuels d'action décrits ci- dessus peuvent dans une certaine mesure, s'ils sont soigneusement établis, contribuer à faire la jonction entre les plans à moyen terme et les divers programmes. Toutefois, l'expérience démontre amplement que, malgré leur importance, les plans annuels d'action doivent être complétés par des plans sectoriels concernant les grands secteurs de l'économie, si l'on veut combler complètement le fossé qui sépare les programmes et les plans à moyen terme. C'est pour cette raison que la mission que la Banque a envoyée récemment en Mauritanie a porté toute son attention sur l'établis- sement de plans relatifs aux secteurs économiques les plus importants de ce pays. Correctement utilisés, en conjonction avec les programmes annuels d'action qui ont été déjà soumis à l'approbation du Gouvernement maurita- nien, les plans sectoriels peuvent augmenter considérablement le rendement des investissements consacrés au développement. B. Les Plans sectoriels 333. Les plans sectoriels ou sous-sectoriels permettent aux pays d'envisager les activités de chaque secteur dix ou même vingt ans à l'avan- ce de façon à déterminer ceux dans lesquels le développement progresse. En fixant des priorités dans chaque secteur, il devient également possible à court terme d'orienter les efforts sur les programmes les plus importants et de les incorporer dans les plans annuels d'action. L'un des résultats les plus importants que permettent d'obtenir les plans sectoriels est lei- dentification d'une liste de programmes apparemment viables, qui pourront faire l'objet d'études de rentabilité, de façon à constituer une réserve dans laquelle on pourra puiser sans avoir à perdre de temps, en fonction des circonstances. Ceci permettra au gouvernement de commencer à négocier le financement extérieur d'un programme suffisamment à l'avance pour que sa réalisation puisse s'effectuer conformément à un calendrier fixé dans un plan quadriennal ou dans un autre plan à moyen terme. 334. Une fois constituée une réserve de programmes dûment étudiés, il devient possible de procéder sans délai excessif à un choix parmi certains d'entre-eux. Dans le cas contraire, le choix se limite fréquemment à un ou deux programmes dans chaque secteur ou sous-secteur. En pareil cas, le - lh2 - gouvernement risque de se sentir obligé d'entreprendre l'exécution d'un programme, quelleQ que puissent être ses chances de rentabilité, car il s'agit alors de passer à l'exécution d'un ou deux programmes que l'on a sous la main, ou de ne rien faire dans le secteur considéré. Lorsqu'il existe des plans sectoriels, la planification de l'ensemble de l'économie est beaucoup plus facile que dans le cas contraire. En fait, c'est dans ce cas seulement qu'il est possible aux pays en voie de développement, au premier stade de leur croissance, de s'assurer que les programmes établis par les ministères ou autres agences techniques correspondent aux besoins d'un plan à moyen terme. C. Les Conseillers techniques aux Plans sectoriels 335. Les plans sectoriels et sous-sectoriels préparés par la mission de la Banque Mondiale qui s'est récemment rendue en Mauritanie ne sont qu'un début. Pour que le développement puisse progresser de façon conti- nue, les plans sectoriels et l'établissement des programmes doivent s'ef- fectuer de façon ininterrompue. Ceci exige qu'un mécanisme spécial soit constitué à cette fin. La préparation des plans sectoriels et l'élaboration des programmes incombant en Mauritanie aux ministères et aux hauts-commissariats techniques, ce mécanisme doit être constitué au sein de ces organismes. L'expérience démontre que la méthode la plus ef- ficace pour que le personnel des organisations techniques puisse établir des plans et des programnes sectoriels dans de bonnes conditions, consiste à confier cette tâche à une cellule de planification ou à un fonctionnaire. Compte tenu des circonstances qui prévalent en Mauritanie, la meilleure formule semble de confier ces missions à un fonctionnaire. 336. Nous recommandons par conséquent qu'un conseiller technique aux plans sectoriels soit affecté auprès de chacun des ministères et hauts- commissariats les plus intéressés par le développement. En Mauritanie, ce sont: le Ministère de l'Economie Rurale, le Ministère de l'Equipement, le Ministère de l'Education, le Haut-Commissariat de l'Industrialisation et des Mines et le Haut-Commissariat de l'Enseignement Technique et de la Formation des Cadres. i/ 337. Il ressort de l'expérience qu'un technicien qui a appris la façon d'établir des études de rentabilité et des plans sectoriels est le mieux qualifié pour les fonctions de conseiller technique aux plans sectoriels dans un ministère technique. Il est plus facile d'enseigner à un technicien la façon d'établir des analyses de programmes et des plans sectoriels que d'inculquer à un non-technicien les connaissances techniques dont il aura besoin pour établir les critères destinés aux programmes susceptibles de bénéficier d'un financement et pour établir des programmes sectoriels. Ces matières sont maintenant enseignées par diverses organisations, et notam- ment par l'Institut de Développement Economique de la Bpnque Mondiale. 1/ Voir renvoi page l14O pour les noms des nouveaux Ministères. - 1143 - 338. Du point de vue administratif, la place du conseiller technique aux plans sectoriels de chaque ministère ou haut-commissariat technique dépendra des circonstances. Au Haut-Commissariat de l'Industrialisation et des Mines, le conseiller technique pourra travailler directement sous le contrôle du Directeur de l'Industrie et des Mines; au Haut-Commissa- riat de l'Enseignement technique et de la formation des cadres, ou doit être constitué un Service de la planification et de l'orientation, sa place sera logiquement dans ce service. 1/ Lorsque aucune place commode n'existe au sein de lVélément technique permanent du ministère, le conseil- ler technique peut travailler directement avec le Directeur du cabinet. Mais, dans tous les cas, il est import,nt qu'il soit à un niveau élevé et qu'il ait directement accès auprès des autorités supérieures de son orga- nisation, pour être en mesure d'accomplir ses fonctions en jouissant de l'autorité requise. 339. ta situation du conseiller technique aux plans sectoriels à ltégard de son organisation correspoidra âcelle du chef de l'agence nationale de planification à ltégard du gouvernement national. Le conseiller fixera les normes et les critères que devront observer les services et autres unités de son ministère ou de son haut-commissariat pour la préparation et l'exécu- tion des programmes; se fondant sur les directives fournies par son minis- tre ou haut-commissaire, il établira le budget d'investissement et le bud- get ordinaire de son organisation; il preparera et soumettra à l'examen du ministre ou du haut-commissaire des solutions de remplacement concernant la politique et les objectifs des investissements, après avoir consulté les directeurs des services techniques et les autres éléments de son ministère ou haut-commissariat; il fixera les normes que les eervices techniques de son organisation devront suivre pour rendre compte de l'état d'avancement des programmes; se fondant sur les rapports fournis par les services tech- niques et autres éléments techniques de son organisation, il établira pé- riodiquement et en temps utile des rapports et des évaluations suffisamment complets concernant les plans sectoriels ou sous-sectoriels qui sont de son ressort; il coordonnera le programme d'assistance technique intéressant son organisation; enfin, il assurera la liaison entre son ministère ou haut-commissariat et l'agence nationale de planification. D. Le Groupe Technique Interministériel pour le Plan 340. Cette liaison peut être assurée de façon efficace si tous les con- seillers techniques aux plans sectoriels des divers ministères et haut,- commissariats constituent un Groupe technique interministériel pour le Plan, sous la présidence du chef de l'agence nationale de planification ou du chef de la division du Plan de cette agence. Un fonctionnaire du Ministére des finances y siégera également de façon que les services du budget soient tenus au courant des activités du comité. Ce comité sera chargé, entre autres choses, d'élaborer des critères et des normes uniformes pour la pré- paration des programmes, des plans sectoriels et nationaux, et pour rendre compte de leur état d'avancement de façon cohérente. En outre, ce groupe interministériel constituera une enceinte oi seront proposés les principes et les stratégies à observer pour l'élaboration des programmes et leur exé- cution dans le secteur public. 1/ Voir renvoi page lho pour les noms des nouveaux Ministères. - l1ai - E. Le Comité d'Etud! et de Coordination Economique 341. Le Comité d'études et de coordination économique, créé par décret No. 66.117 du 2 juillet 1966, et modifié par décret No. 66.214 du 25 octobre 1966, devrait être aboli, et ses fonctions devraient être reprises par le Groupe technique interministériel pour le plan. III. Principales Conclusions et Recommandations 342. Le rapport qui précède exprime un certain nombre de conclusions et de recommandations visant à améliorer le mécanisme et les procédures de la planification en Mauritanie. Les plus importants sont les suivants: a. L'agence nationale de planification devrait devenir un élément permanent de la Présidence. b. Le bureau du Conseiller économique et financier du Président et le bureau du chef de l'agence nationale de planification devrait être combinés. c. L "agence nationale de planification devrait comporter deux directions: une direction de la statistique et une direction du plan. La Direction de la statistique devrait conprendre un Centre statistique mécanographique et une Division de sta- tistique générale; la Direction du plan devrait comprendre trois éléments: le Bureau de l'Ordonnateur, la Division de l'aide extérieure et la Division du Plan. d. Le Centre statistique mécanographique devrait exécuter, au profit des divers ministères et hauts-commissariats, les travaux nécessaires à l'amélioration de leur administration et leur fournir des renseignements statistiques. La Division de la Statistique Générale serait chargée du recueil et du classement des renseignements statistiques et de l'exécution des enquêtes statistiques. e. Les fonctions du Bureau de l'Ordonnateur devraient être élar- gies de façon à permettre la tenue de dossiers concernant les prêts et les dons provenant de toutes les sources étrangères et internationales; la Division de l'aide extérieure devrait entre autres fonctions être chargée de la coordination de toutes les activités du gouvernement en matière d'aide et d'assistance technique d'origine étrangère; la mission prin- cipale de la Division du Plan, du moins pendant la période envisagée pour le deuxième Plan quadriennal, consisterait à établir les plans annuels d'action destinés à la mise en oeuvre du plan quadriennal. - 145 - f. Il y aurait lieu de créer un Comité économique du Conseil des ministres, qui étudierait les diverses politiques pos- sibles en matiere de développement, et fbrait des recom- mandations au Conseil des ministres quant .à l'adoption de politiques particulières. g. Si le Gouvernement crée effectivement le Conseil économique et social, il devrait être prévu que le chef de leagence nationale de planification assistera aux réunions du Conseil et soumettra des documents qui figureront à son ordre du jour. h. Des mesures devraient ^tre prises pour poursuivre l'établis- sement et l'amélioration des plans sectoriels ou sous-sec- toriels entrepris par la mission que la Banque Mondiale a envoyée récemment en Mauritanie. A cette fin, des conseil- lers techniques aux plans sectoriels devraient être mis en place dans les principaux ministères et hauts-commissariats techniques. i. Ces conseillers techniques aux plans sectoriels, auxquels se joindrait un représentant des services du budget, cons- titueraient un Groupe technique interministériel pour le Plan, présidé par un haut-fonctionnaire de l'agence nationale de planification. j. Le Comité d'études et de coordination ëconornique devrait être aboli et ses fonctions devraient être reprises par le Groupe technique interministériel pour le Plan. rfi
Groupe de la Banque mondiale · Pre-2003 Economic or Sector Report
Mauritania - Guidelines for a four-year development program (Vol. 3 of 3) : Les mines, transport, éducation et formation, organisation du plan
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Type de document
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Pays
Mauritanie
Source
Banque mondiale