CIRCULATING COPY RETURN TC-O E RETUFNED TO REPORTS DESK DIFFUSION RESTREINTE REPORTS DESK IN GENERAL FILES RapportNo. MA-5b W 1T H! INýus ONE WEEK< TRADUCTION NON-OFFICIELLE A TITRE D'INFORMATION Ce rapport a e'té pre'pare' à titre de document interne. Ni la Banque ni les organismes qui lui sont affliés n'acceptent aucune responsabilite quant à son exactitude ou son caractère exhaustif. En aucun cas ce rapport ne saurait être publie' ou cité comme reprdsentant leurs vues. BANQUE INTERNATIONALE POUR LA RECONSTRUCTION ET LE DEVELOPPEMENT 3SOCIATION INTERNATIONALE DE DEVELOPPEMENT EVOLUTION ECONOMIQUE ET PROBLEMES DE DEVELOPPEMENT AU MAROC OCTOBRE 15, 1968 Departement Europe, Moyen-Orient et Afrique du Nord EQUIVALENCES MONETAIRES 1 Dirham (DH) m $ 0,197h 1 Million de DH - $197.4W $1 DH 5,06 $1 Million - DH 4.060.ooo Le présent rapport a été etabli par une mission qui a séjourné au Maroc du 12 f6vrier au 15 mars. Cette mission, dirigée par Richard Westebbe, se composait de Giovanni Torelli, économiste en chef; James Hendry, économiste rural; Claude Brochu, agronome; et Walter Missorten expert financier. La Division de l'Education de la Banque a aide la mission preparer les parties du rapport consacree à l'ensoignement. TABLE DES MATIERES Page DONNEES ESSENTIELLES RESUME ET CONCLUSIONS................................. i - iv I. EVOLUTION EGONOMIQUE GENERALE ...................... 1 croissance économique ............................... 1 Population totale et population active.............. 2 L'épargne .......................................... 3 L'investissement. ....................... ........ 5 Les prix et la balance des paiements................ 6 Evolution financière et monétaire................... 8 II. LES GRANDES LIGNES DU DEVELOPPEMENT SECTORIEL ..... 13 Agriculture........ 13 L'Industrie et les Mines............................ 18 Tourisme ............................................ 22 Enseignement.................. «............... . 23 III.PLAN DE DEVELOPPEMENT ET PER3)PECTIVES............... 25 Le Plan Quinquennal (1968-72)....................... 25 Agriculture............................... 26 Industries de transformation........................ 33 Industries extractives.............................. 37 Toutism ............. .......... ...... 38 Enseignement, ....................................... 39 Population et population active.................... 4o Perspectives financières et mesures a prendre....... 42 Financement du programme d'investissements publics.. 45 Perspectives de la balance des paiements............ 46 Besoins d'emprunts extérieurs....................... 48 Service de la dette extérieure et capacité d'endette- ment... 49 -2- 1. Dette Extérieure Publique non Lnortie A Moyen et Long Terme y Compris Dette non Déboursée au 31 Décembre 1967 2. Estimation des Paiements Contractuels au Titre du Service de la Dette Publique Extérieure à Moyen et long Terme non Amortie y Compris la Dette non Débourse au 31 Décembre 1967 3. Population 4. Produit Intérieur Brut par Principaux Secteurs aux Prix du Marché de 1960 - 1963-1967 et Prévisions Pour 1968 5. Produit Brut aux Prix du Marché 1964-1967 6. Production Agricole, 1959/60 - 1966/67 7. Superficies Cultivées en Cér6ales et légumineuses, 1959/60 - 1966/67 8. Rendement des Céréales - Secteur Moderne, Secteur Traditionnel et Moyenne Nationale 9. Dépenses Prévues Pour l'Agriculture 10. Estimation des Superficies Améliorées Pendant la Période du Plan 11. Estimation de la Croissance de la Production Agricole 1968-1972 12. Structure Agraire - Estimation des Superficies Cultivées par Catégorie d'Exploitation 13. Indice de la Production Industrielle par Secteurs et Branches 1963-1966 14. Production Minérale - 1963-1967 15. Recettes Courantes de l'Etat (1964-1967) 16. Dépenses Courantes de l'Etat (1965-1967) 17. Dépenses d'Investissement Inscrites au Budget 1965-67 18. Situation Monétaire 19. Exportations de Marchandises, Valeur en Douane, 1963-67 20. Importations de Marchandises, Valeur en Douane, 1963-67 21. Balance des Paiements 22. Indice du Coût de la Vie (Casablanca) 23. Entrées Brutes de Capitaux Etrangers - Versements - 1 - DONNEES ESSENTIELTES Superficie : 447.000 km2 Population (1967) : 14 millions Taux d'accroissement (1960-67): 3,2 pour cent par an Situation Politique : Royaume indépendant depuis 1956 Produit intérieur brut aux prix de marché (1967) : 13,6 milliards de dirhams Taux de croissance, en termes réels (1963-67) : 1,9% (1964-67) i 2,2% Par habitant (1967) : DH 970 ou $195 Structure du PIB 1967 1963 Agriculture 28 29 Energie 3 2 Industries extractives 5 5 Industrie et Artisanat 13 12 Bâtiment, Travaux publics 5 h Commerce 19 21 Transport et autres services 27 27 Total 100 100 Financement de la formation brute de capital 1967 1965 Million de Million de dirhams % du PIB dirhams % du PIB Epargne intérieure brute 1.680 12 1.700 13 Deficit (+) ou excédent (-) des biens et services non facteurs +190 2 - 260 - 2 Formation brute de capital 1.870 14 1.hho Déficit de ressources en pourcentage de : 10 l'investissement (1967) Budget de 1Etat (comptabilite de caisse) (en millions de dirhams) 1965 1966 1967 Recettes courantes totales 1.900 1.980 2.215 Dépenses courantes totales 1.970 2.010 2.100 Excédent (4.) ou déficit (-) - 70 - 30 115 Dépenses de développement et amortis- sement de la dette - 690 - 595 - 940 Déficit total - 760 - 625 - 825 Financement: sources extérieures 52t 320 284 Banque centrale 8 14 293 autres sources intérieures 225 291 248 Monnaie et Crédit 1/ Masse monétaire (fin de période, 1965 1966 196_T millions de dirhams) Masse monétaire totale 4.130 4.108 4.468 dont: Crédits à l'Etat 1.543 1.51 1.868 Crédits au secteur privé 1.978 1.976 2.118 Prix (1965-1967) Indice du coût de la vie : inchangé Balance des paiements Taux de conversion : $1 = 5,06 DH Relation avec les principales zones douanières : Tarif préférentiel et accords de commerciali- sation avec la France. Demande d'association à la CEE en instance. Millions de dirhams 1965 1966 1967 Exportations 2.207 2.170 2.146 Importations 2.000 2.250 2.437 Balance commerciale 207 - 80 - 291 1/ chiffres provisoires -3- Tourisme (net) 257 318 312 Autres services -201 - 153 - 214 Intérêts,, Dividendes et Transferts -l2 -_;hQ -_28 Balance des paiements courants 121 - 62 - 221 Concentration des exportations ( en % du total): Phosphates 25 25 26 Agrumes 14 15 12 Dette ublique extérieure (en dollars EU, fin de 1967) Dette totale non amortie (comprenant dette non déboursée) 601 millions Service de la dette en 1968 53 millions Rapport entre le service de la dette et les recette courantes en devises 9 (en mllions de dollars EU) 1965 1966 19l Réserves brutes de devises 121 112 90 Equivalent à la fin de 1967 d lenviron 2 mis d 1importation de marcha-ndises. Position FMI (fin 1967) Quote-part $79 millions Tirages en cours $ 7 millions RESUM. El CONCLUSIONS 1. Au cours des dernières années, la croissance économique du Ma- roc a été assez modeste. De 1963 à 1967, le produit intérieur brut s test accru d tenviron 2 pour cent par an en termes réels, taux inférieur à celui de l'accroissement de la population (3,%). Dfune façon générale, les dépenses d finvestissement ont été trop faibles pour amorcer la transformation souhaitable des structures économiques. Le départ, depuis lindépendance, de la majorité de la population d 'origine européenne, qui était particulièrement nombreuse, a entraîné une réduction de la demande de biens et services du secteur moderne, une chute de leinves- tissement et une fuite de capitaux. 2. La croissance économique du Maroc est également freinée par la pénurie de main-d'oeuvre qualifiée dont souffre l'économie du marché et la lenteur des transformations dans 1'agriculture. La majeure partie de la population pratique encore des formes de culture traditionnelles dans le cadre dfune structure agraire archai'que. Enfin, le taux d1accroisse- ment démographique élevé pèse lourdement sur les ressources disponibles et a contraint le Gouvernement à mettre ltaccent sur les objectifs so- ciaux, au détriment d'emplois plus productifs. Un programme de régulation des naissances a été amorcé. 3. Lépargne est passée de 9,6 pour cent du PIB en 1962-6h à 12,2 pour cent en 1965-67, principalement grâce à l'épargne publique qui s'est accrue en conséquence de la politique d8austérité financière. Au cours des dernières années, 1linvestissement n ta représenté en moyenne que 11 à 12 pour cent du PIB, mais il a dépassé 14 pour cent en 1967, à la suite d'un important accroissement des investissements publics. Cet accroissement ne a fétant accompagné ni d tune augmentation de 1'épargne publique, ni dtun apport supplémentaire de prdts à long terme intérieurs ou extérieurs, l'accroissement de la dette dtEtat &uprès de la Banque Centrale a été considérable. 4. Le Maroc a joui ces dernières années dfune très grande stabili- té dos prix, grâce aux mesures de rigueur financières et à la diminution de la damande globale résultant de deux mauvaises récoltes. Cet état de cho- ses s test reflété dans la balance des paiements courants qui a dégagé un faible excédent en 1965 et un léger déficit en 1966. En 1967, les impor- tations ont fortement augmenté en raison de la progression des besoins en céréales et des importations accrues de biens d téquipement. Les exporta- tions ayant légèrement diminué, les fuites de capitaux et la diminution des apports de fonds extérieurs ontprovoqué en 1967 une baisse des réserves en devises qui sont tombées à un niveau équivalant à environ deux mis d'importations. - ii - 5. Indépendamment des intempéries, il semble que la faiblesse du taux de croissarme de la production agricole soit attribuable aux quelques facteurs clés suivants: a) le Maroc a mis 1'accent essentiellement sur l'irrigation qui n ia eu jusqu tà présent que peu d ieffet sur la production totale; b) ltutilisation de moyens de production modernes s lest peu déve- loppée ces dernières années; il faudra à 1iavenir tenir un plus grand compte du r8le capital des incitations à 1'emploi de nouveaux moyens; c) la structure agraire fait obstacle à la croissance; le sort incertain des terres du secteur moderne appartenant à des étrangers décourage l'investissement, et les modalités du fermage dans une grande partie du secteur traditionnel nuisent à la productivité; le remembrement des terres, qui a pris du retard, est indispensable à ltintroduction dans le secteur traditionnel de méthodes de culture et de matériel plus efficaces; d) enfin, ltexécution des projets et programes a été lente en raison des insuffisances de 1'organisation et du personnel. Le Gouvernement a entrepris une série de réformes, mais il reste beaucoup à faire pour affecter le personnel qualifié et expérimenté aux postes clés, créer des organisations à la hiérarchie bien définie et améliorer une multitude de Mécanismes adminis- tratifs. 6. La production industrielle, largement axée sur les biens de consommation, a souffert de la diminution des revenus agricoles. La pénurie des cadres techniques et de direction causée par le départ des étrangers est peu à peu surmontée, mais l'industrie ne s 'est pas encore adaptée complètement à la perte du marché qu'ils représentaient. Les mines de phosphates, entreprise la plus importante du pays, ont subi un fléchisse- ment des ventes, mais une nouvelle équipe de direction vient d 'en améliorer grandement les perspectives. Les carences de l'équipement et certaines insuffisances en matière d 'organisation et de publicité, ajoutées à une conjoncture internationale défavorable, ont en.tra£né un ralentissement de la croissance du tourisme. 7. Les difficultés économiques du Maroc ne sauraient être résolues rapidement. Le problème de la population active est par trop pressant et menace d 8absorber les ressources pour des emplois improductifs aux dépens de la eroissance future. En conséquence, il y aurait lieu d'envi- sager un programme élargi d témigration s iétendant sur un certain nohbre d tannées, qui permettrait d 'atténuer la pression démographique tout en assurant d1importants envois de fonds des travailleurs émigrés et la forma- tion de la main-d toeuvre à 1'étranger. Le Gouvernement semble maintenant favorable en principr à 1'accroissement de lfbdigration. 8. Le nouveau Plan quinquennal prévoit un niveau annuel moyen de dépenses publiques d'investissement supérieur de 5C à celui des trois dernières années, mais le taux de croissance de la production devrait atteindre une moyenne d 8environ 4% de 1968 à 1972. L'agriculture continue d'être prioritaire, notamment ltirrigation. Etant donné la longueur du - iii - du délai qui a fécoule entre 1einvestissement et la production, 11augmen- tation de la production agricole ne sera pas très importante pendant la durée du Plan. Le programme de développement des ouvrages d firrigation couvrant la période du Plan paraft optimiste et exigerait une améliora- tion considérable des résultats obtenus jusqu tà présent par le Maroc en matière de réalisations. 9. Sur la base du potentiel, il semble que ce soit la culture des céréales et ltélevage qui offrent à court terme les meilleures possibilités d taccroftre la production, mais les programmes prévus dans le cadre du Plan ne permettront vraisemblablement pas d ialler très loin dans ce sens. L'exploitation de ce potentiel risque toutefois d 'exiger un accroissement des dépenses courantes, plut6t que des investissements, pour surmonter les limitations excessives affectant une large gamme d 9activités de soutien. 10. Etant donné qutil sera probablement difficile diatteindre les objectifs du Plan dans le domaine de l'irrigation et que certains projets auront une rentabilité assez faible, il serait souhaitable de se concentrer sur les projets à rentabilité élevée. Les effets des projets à rentabilité plus faible sur llemploi et le revenu pourraient être obtenre par exemple, en étendant les activités menées dans le cadre des programmes de "Promotion Nationale". Enfin, il faudrait a 'efforcer d 1élaborer des projets et programmes portant sur les cultures sèches, afin d'élargir la gamme des investissements productifs à venir. Le Gouvernement envisage actuellement l'adoption d 'une "charte agricole" comprenant une série de mesures et programmes destinés à modifier la structure institutionnelle de 1'agri- culture et notamment du régime foncier et des services agricoles. ll. Le Plan représente un important pas en avant dans 1'effort de développement du Maroc, comme en témoigne la grande importance accordée à son exécution et les profondes réformes de l'organisation et du personnel déjà opérées de façon à assurer une coordination et un contr6le convenables. De plus, dès 1969, un budget écononique sera établi chaque année, comprenant les propositions du plan d investissement pour 1exercice. 12. Pour financer le Plan, le Gouvernement a décidé d'avoir recours à llemprunt obligatoire et à l'augmentation de certains impets. Toutefois, un effort fiscal plus important qui porterait la charge fiscale de 15,5% du PIB en 1967 à environ 17,5% en 1972, semble à la fois souhaitable et pos- sible. Par ces moyens, entre autres, le déficit de financement global de ltEtat pendant la durée du Plan pourrait être ramené à 2,5 ou 3 milliards de dirhams au lieu des 3,5 milliards prévus par le Plan. 13. A la suite de l1essor de l'investissement, on peut prévoir que les importations vont s 'accroftre plus rapidement que les exportations, en dépit des perspectives satisfaisantes qutoffrent les exportations de phos- phate et de produits agricoles. Les besoins en devises dépasseront le déficit des biens et services de la balance des paiements. En effet, le service de la dette s 'alourdira et les sorties de capitaux se poursuivront - iv - vraisembablement, à un rythme peut-être plus lent selon le degré de confiance des détenteurs de capitaux et les possibilités offertes par une économie en voie d'expansion. 14. Pendant la durée du Plan, les besoins en capitaux extérieurs seront plus importants qu'au cours des années précédentes (ils pourraient être de l'ordre de 3,5 à milliards de dirhams). Pour que la charge du service de la dette ne prenne pas des proportions excessives, une grande partie des prêts extérieurs devront être fournis à des conditions de faveur. Dans le passé, le coût moyen du montant total des capitaux entrant dans le pays était faible, mais ce montant a récemment diminué en raison de 1'arrêt temporaire de llaide libre fournie par la France. Les emprunts extérieurs contractés par le Maroc couvriront, outre les besoins de l'Etat, ceux des entreprises publiques et du secteur privé qui devraient être substantiels. En outre, les capitaux extérieurs sont nécessaires non seulement au finan- cement direct de projets de développement, mais aussi à la couverture indirecte des besoins en devises d'une économie en expansion. Les prêteurs étrangers devraient donc être prêts à financer, le can échéant, les dépenses locales des projets de développement. EVOLUTION 3CONOMIQUE ET PROBL.E DE DEVLOPPENE1T AU MAROC CHAPITRE I EVOLUTION ECONOMIQUE GENERALE Croissance économique 1. L'évolution économique du Maroc a été caractérisée ces dernières années par un taux de croissance qui n'a pas suivi laccroissement de la population et un taux d'investissement trop faible pour permettre l'indis- pensable transformation structurelle de l'économie. De 1963 à 1967 le pro- duit intérieur brut stest accru de 1,9% par an en termes réels. Des taux de croissance supérieurs avaient été enregistrés au début des années 60 en raison de plusieurs bonnes récoltes et du niveau plus élevé des investisse- ments public. 2. La croissance économique du Maroc doit être considérée dans le contexte de l'accession à llindépendance intervenue en 1956 et des réper- cussions de cet événement sur l'importante population européenne du pays. Cette question est examinée de façon approfondie dans le rapport précédent AF-55 B en date du 28 mars 1967. Le départ d'un grand nombre d'européens au cours des années 5o,accompagné de la fermeture des installations militai- res étrangères vers la fin de cette période, provoqua un retrécissement du marché des biens et services, un fléchissement de l'investissement et une diminution des disponibilités en devises consécutive à la réduction des ap- ports de fonds extérieurs et la fuite des capitaux qui se trouvaient dans le pays. L'exode des européens, s'est récemment accéléré.. 3. Le départ dîune grande partie de la population européenne posa, bien entendu, au Gouvernement marocain de nombreux problèmes tenant d'une part, à une sérieuse pénurie de main-d'oeuvre qualifiée et, d'autre part, à la nécessité d'assurer le fonctionnement d'une administration moderne qui était en partie à créer. Dans le secteur moderne, il n'existait qu'une petite classe d'entrepreneurs. Dans le secteur traditionnel, une grande partie de la population niétait pas ennore intégrée dans l'économie de mar- ché et restait prisonnière d'une structure agraire et d'un système social archaïques. Enfin, la forte pression exercée par l'accroissement démogra- phique rapide posait inévitablement le problème de la répartition des res- sources rares entre les objectifs sociaux et productifs. Ces questions se- ront examinées de façon plus approfondie dans les parties du rapport oÙ l'on rend compte des progres encourageants constatés dans l'élimination de ces contraintes, ainsi que les difficultés qui subsistent. L'évolution ré- cente a également été affectée par un certain nombre de facteurs de naturi conjoncturelle. 4. L'agriculture qui représente quelque 30 pour cent du PIB a souffert, depuis 1911, de plusieurs mauvaises récoltes. En 1966, en - 2 - particulier, on estime que la production agricole a baissé d'environ 15 pour cent (la seule production de céréales ayant diminué de moitié), ýar suite d tune sécheresse générale. La sécheresse a été moins rigou- reuse en 1967. La production a regagné un peu de terrain, notamment dans le secteur moderne de l'agriculture, et retrouvé le niveau de 1965. Aucune amélioration notable de la production n ta toutefois eu lieu dans les zones de culture en sec traditionnelles (essentiellement céréales), principale source de subsistance pour la majorité des agri- culteurs marocains. La valeur ajoutée par l'agriculture est restée pratiquement stationnaire au cours de la période 1963-1967 et a mOme peut-Otre régressé dans le secteur traditionnel. La population rurale s'accroissant à un taux estimé à 2,5 pour cent par an, on constate malgré les départs pour la ville une diminution des revenus agricoles par tête, en particulier dans le secteur traditionnel qui emploie environ 90 pour cent de la population rurale. La stagnation des revenue agricoles repré- sente un grave manque à gagner pour les autres secteurs, notamment les textiles et autres industries productrices de biens de consommation. En conséquence, la croissance de la production des industries manufacturières a été modeste ces quatre dernières années et les capacités ont été sous- utilisées. 5. La production du secteur moderne,qui offre les meilleures pos- sibilités d'expansion, a été freinée par la menace de nationalisation de plus de 300.000 hectares de bonnes terres agricoles encore aux mains d'étrangers. Ceux-ci ont été découragés d'investir et, selon nos infor- mations, nleffectuent que les dépenses d'entretien indispensables. Le manque à produire que cela représente pésera sur l'avenir. 6. Les importantes pertes de devises subies pendant la première partie des années 60 ont conduit les autorités à limiter les crédits au secteur privé et à liEtat, ainsi qu'à réduire les dépenses budgétaires. Le programme de stabilisation entrepris à la fin de l'année 1964 a cer- tainement contribué au maintien d 'une stabilité financière remarquable. En l'absence de mesures visant à accrottre les ressources intérieures disponibles, en raison de la diminution de l'aide étrangère et des difficultés éprouvées dans la formulation et la mise nu point des projets de développement, cette politique a contribué à maintenir les dépenses publiques de dëveloppement à un niveau peu élevé jusqu'en 1966, ce qui a entraîné la perte d'occasions d'expansion et d'emploi. En 1967, toutefois, les investissements publics se sont considérablement accrus. Le tableau à la page 28 montre le niveau moyen des investissements publics par secteur selon le Plan triennal 1965-67. En moyenne, les investissements publics ont atteint 68 pour cent des objectifs fixés par le Plan, le plus grand retard ayant été subi par le secteur agricole. POpution totale et popilati&â active 7. La population marocaine est passée de 8,6 miUions en 1952 à 14 millions en 1967. Ce rapide accroissement est la résultante d'un taux de natalité brut estimé à 50 pour mille et d tun taux de mortalité qui diminue rapidement et est actuellement estimé à environ 17 pour mille. Si ces dernières années le taux d accroissement de la population s test main- tenu à environ 3,3 pour cent par an pour luensemble du pays dans les centres urbains, il a dépassé 5 pour cent à cause de Swexode rural. 3- 8. Les statistiques de l'emploi et du ch8mage sont notoirement peu sûres au Maroc, en particulier pour les zones rurales. La meilleure esti- mation disponible indique quIen 1967, le ch8mage a touché environ 500.000 personnes et sévi principalement dans les villes, où il représente peut- âtre le quart de la population masculine ditage actif. 9. L'accroissement de la population active et l'absence de possi- bilités d'emploi constituent 1'un des plus graves problèmes qui se posent actuellement au Maroc. La "Promotion Nationale" (programme gouvernemental pour la mobilisation de la main-d foeuvre sous-employée), a fourni un emploi à quelque 100.000 personnes pendant 200 jours en 1966. Dans les villes, le ch8mage continuera vraisembablement à s 'accroître en raison de 18afflux continu des populations rurales qui a déjà rendu critique la situation du logement, de la santé publique et de l'éducation. Lgémigration à iétranger qui aurait pu contribuer à améliorer la situation, a été négligeable; en 1965 et 1966, 6.000 personnes par an seulement ont émigré. On estime qu'en 1966, 75.000 Marocains résidaient à Ilétranger. 10. En llabsence d'un programme efficace de régulation des naissances le taux d 'accroissement de la population continuerait à s taccélérer sous lteffet principalement de la forte baisse du taux de mortalité qui est appelée à se poursuivre. En 1966, ne cuiagne a été lancée en vue de réduire de 10 pour cent le taux de natalité, de façon à l'abaisser à 45 pour mille en 1973 et à 35 pour mille en 1985. L'objectif visé est de ramener d'ici à cette dernière année le taux d 'accroissement démographique à 2,5 pour cent. La portée du programme est encore modeste, mais il est prévu de l'élargir de façon importante, ainsi qutil est indiqué plus loin. En 1967, quelque 12.000 femmes participaient au programme. Toutefois, dans la meilleure des hypothèses, il faudrait une quinzaine d'années pour que la régulation des naissances produise son effet sur la population active, mais dsimportantes ressources pourront être libérées avant cette date grâce à la diminution du nombre des enfants à charge. L SéDar&ne 11. Ltépargne est encore relativement faible au Maroc, en raison du niveau très bas des revenus d'une grande partie de la population et du taux élevI de liaccroissement démographique. Les statistiques de la compta- bilité nationale, notamment celles qui ont trait à l 'épargne et à 1 finves- tissement, sont approximatives. Le tableau suivant donne une estimation des principaux éléments de l'épargne intérieure. ./ _1/ les données sur 1'épargne de l'Etat proviennent des comptes du Trésor; l'épargne des entreprises publiques est fondée sur les renseignements dont on dispose sur les principaux établissements publics qui sont soumis au contr8le financier du Ministère des finances; l'épargne privée est obtenue par différence. -14- (en millions de dirhams) Formation brute de capital 1.440 1.380 1.870 Biens et services non facteurs 260 90 - 190 Epargne intérieure brute 1.700 1.470 1.680 dont Etat - 70 - 30 120 Entreprises publiques 160 180 190 Secteur privé 1.610 1.320 1.370 12. L'épargne intérieure brute exprimée en pourcentage du produit intérieur brut est passée dfune moyenne de 9,6% au cours de la période de trois années allant de 1962 à 1964, à 12,2% en 1965-967; la diminution constante depuis 1964 du déficit des opérations courantes de l'Etat qui ont dégagé un excédent en 1967 g/ a beaucoup contribué à cet accroisse- ment de l'épargne. L iamélioration des finances de 1IEtat a été princi- palement due à la réduction des dépenses courantes pratiquée depuis la fin de 1964, date à laquelle fut adopté un programme de stabilité finan- cière. Les recettes ont également progressé au cours de la même période. 13. L'épargne des entreprises publiques a été dans liensemble assez régulière et a représenté environ 10 à 13% de 1sépargne intérieure totale. La contribution la plus importante est de loin fournie par 1OCP (Office Chérifien des Phosphates), entreprise publique très rentable chargée de lexploitation des phosphates. Parmi les autres entreprises publiques, 1'ONE (Compagnie dI Electricité) engendre des ressources substantielles qui lui permettent de financer, en moyenne, environ 50% de ses investis- sements. La situation de la plupart des autres entreprises publiques est moins prospère; en particulier, les recettes du nouveau complexe chimique de Safi sont encore insuffisantes pour couvrir les dépenses La dernière mise à jour des comptes nationaux indique une formation brute de capital de 1940 millions de dirhams pour 1967. Les recettes tirées des droits compensatoires sur les importations de pétrole et de sucre ne figurent pas parmi les recettes publiques; elles sont en partie affectées à des objectifs particuliers (projet d iirriga- tion du Ziz, subvention du prix du pain, etc.). Le reliquat sert à financer les activités générales de l'Etat. Ce reliquat figure dans l'épargne des "entreprises publiques" qui comprennent la Caisse de compen- sation, organisme chargé de gérer ces recettes spéciales. Si ces recettes étaient ajoutées aux ressources financières de l'Etat, lépargne de liEtat s'en trouverait augmentée (et les déficits diminués) des montants suivants: 1966: 170 millions de dirhams; 1967: 234 millions de dirhams. On ne dispose dfaucune donnée précise sur les années précédents. - 5 - d 8exploitation et les deux sucreries en service à la fin de 1967 ont été également déficitaires. 1. Ltépargne privée a accusé ces dernières années de fortes fluc- tuations par suite des mauvaises récoltes. Il est probable quten 1966 et en 1967 la plupart des secteurs agricoles traditionnels niont dégagé aucune épargne; même la consommation des produits indispensables a été réduite. L 'épargne du secteur rural traditionnel est normalement conservée sous forme de bétail et de bijoux pour des raisouis de liquidité et de sécurité. 15. Les intérOts et, en particulier, les dividendes payés à 1'étran- ger sont élevés, en raison de 1 apleur des investissements étrangers, antérieurement réalisés au Maroc, et absorbent quelque 12% de l'épargne intérieure. Le Maroc a, en outre, un problème particulier, une partie de ses recettes courantes de 1étranger étant transférées à l'étranger. Le montant total des fuites de capitaux est substantiel par rapport aux ressources du Maroc et peut être estimé au cours de ces dernières années à environ 300 millions de dirhams par an. La création en 1965 de 10CE (organisme d 'oeportation) qui a le monopole du commerce d 'exportation de la plupart des produits agricoles a en partie réduit les possibilités de fuites de capitaux. L 'investissement 16. Ces dernières années, les investissements ont été faibles: ils ont représenté, de 1962 à 1966, environ 11 à 12% du PIB. En 1967, ils ont dépassé 14% du PIB, sous lleffet de la forte expansion des dépenses d'investissement public. La politique de développement de liEtat a été d'une façon générale freinée par l'importance accordée à la stabilisation tandis que l'expansion des investissements du secteur privé a été affectée par la diminution des revenus dans les zones rurales. De toute manière, la classe peu nombreuse, mais qui se développe, des entrepreneurs maro- cains n 'aurait guère été en mesure de mettre complètement à profit les possibilités existantes. 17. On ne dispose pas de renseignements détaillés exacts sur la répartition de l'investissement entre lEtat, les entreprises publiques et le secteur privé. Les investissements publics représentent plus de la moitié du total. Le tableau suivant donne une estimation ventilée de l'investissement, r-million= dirhig Etat 480 40 690 Entreprises publiques 310 330 420 Secteur privé (y compris les varia- tions de stocks) 6Q 61Q _6o Formation brute de capital 1.440 1.380 1.870 - 6 - 18. Ces dernières années, les %nvestissements de l'Etat ont été axés sur l'agriculture (notamment 1firrigation), les transports et les services sociaux. La plus grande partie de itaccroissement des investis- sements de l'Etat intervenu en 1967 a été affecté aux travaux d 'irri- gation et aux participations industrielles. Les entreprises publiques exercent leur activité dans des secteurs où les intérêts privés ont été officiellement limités ou dans ceux auxquels il est peu probable qu'ils stint6ressent en raison de llampleur des ressources nécessaires. Les principaux domaines d'investissement des entreprises publiques sont les phosphates (OOP), les industries alimentaires, dont les sucreries, et les textiles. MOme lorsque 1#Etat investit dans des projets productifs tels que l tirrigation, le décalage entre ltinvestissement et l 'entrée en production est souvent long en raison de la nature du projet, des lenteurs de l'administration, du manque de personnel qualifié, et parfois faute d'avoir assigné une priorité convenable à laccroissement à court terme de la production. Le problème de la répartition des ressources sera examiné plus loin de façon détaillée. Les prix et la balance des paiements 19. Selon les statistiques disponibles, le Maroc a réussi, dans l'ensemble, à maintenir ces trois dernières années une assez grande sta- bilité des prix intérieurs. L'indice du coût de la vie à Casablanca, qui est peut-être le plus significatif de tous les indicateurs dont on dis- pose, n'indique aucune augmentation au cours de cette période (voir ta- bleau 22). La stabilité des prix doit être considérée dans le cadre des mesures de restriction financière mises en oeuvre en 1965 et 1966 et de la diminution des revenus par t8te. Les prix des denrées essentielles, telles que le blé et le sucre, sont en outre soumis au contr8le direct de l'Etat de sorte qu'ils ne sauraient accuser d'amples fluctuations. Ltaccroissement des importations en 1966 a également contribué à stabiliser les prix. La balance des paiements au titre des biens et services non facteurs a dégagé en 1965 et 1966 des excédents de 260 millions de dirhams et de 85 millions respectivement, mettant en évidence une exportation nette de ressources réelles. 20. Au cours de 1967, la situation s test substantiellement modifiée. Les importation.s se sont encore accrues dienviron 10%, principalement celles de blé, à la suite d'une autre mauvaise récolte et celles de machines et rutillage en raison de l'expansion dC investissements tant publics que privés. Les importations de produits alimentaires et de matériel agricole et industriel ont ainsi représenté 455 du total. 21. En juillet 1967, la réglementation des importations a été modi- fiée et, dans l'ensemble, quelque peu assouplie. Les importations sont maintenant groupées en trois catégories: les produits librement importa- bles, qui comprennent les biens, matières premières et équipements essentiels; les importations soumises à des contingents globaux, com- posées des biens qui sont également produits au Maroc; les biens dont - 7 - l'importation est prohibée, & savoir les produits de luxe et les produits pour lesquels le Maroc se suffit à lui-même. Les importations totales se répartissent à 1Mheure actuelle à peu près également entre les deux premières catégories. La principale innovation du nouveau système est qu 'il abolit la nécessité dobtenir une licence d'importation pour les b biens essentiels provenant de l'extérieur de la zone franc. Dans le passé, les formalités d8obtention de ces licences ralentissaient parfoi s les opérations d'importation et retardaient l'arrivée des biens importés, provoquant inutilement des fluctuations de prix et la spéculation. Les droits à l'importation n'ont pas été modifiés et la protection fournie par les droits en général reste relativement modeste, bien qu'elle soit très élevée pour certains produits comme les textiles. 22. Si 1on considère l'évolution du commerce extérieur au cours de ces dernières années, la principale ombre au tableau semble âtre la dimi- nution des exportations. Les mesures prises par le Gouvernement ont surtout visé la production de marchandises destinées à remplacer les importations: culture de la betterave à sucre et expansion de la production intérieure de textiles. On s test peu préoccupé de développer les exportations de produits manufacturés. Les recettes provenant des exportations d1, phos- phates, le principal produit d'exportation, n'ont cessé de diminuer depuis 1964, en raison de la baisse tant des cours que des quantités exportées. Les exportations dtagrumes et autres fruits et légumes frais se sont accrues et les agrumes devraient progresser de façon importante en 1967- 68 à la faveur principalement d'une mauvaise récolte en Espagne, principal concurrent du Maroc. On a observé, d 'autre part, une augmentation des exportations de fruits et légumes, frais et en conserve. Le tourisme a continué à se développer en 1966. Les estimations pour 1967 n'indiquent toutefois aucun progrès, ce qui est peut-être dû essentiellement à la situation au Moyen-Oribnt et à la conjoncture internationale défavorable. Il est à noter que les entrées réelles de devises au titre du tourisme sont inférieures aux chiffres indiqués par la balance des paiements, en raison des fuites de capitaux imputables au tourisme. Celles-ci sont enregistrées dans le poste "erreurs et omissions" de la balance des paiements (voir tableau 21). On a assisté ces dernières années à un irapor- tant accroissement des paiemente d'intérêts et de dividendes qui nta été quien partie compensé par l'accroissement des transferts nets de lIétranger, attribuable principalement aux envois de fonds des travailleurs émigrés. On estime que la balance des paiements courante pourrait accuser en 1967 un déficit de plus de 200 millions de dirhams. 23. Les mouvements de capitaux sont considérables, mais les données dont on dispose à leur sujet laissent fort à désirer. Les fuites de capitaux sont encore importantes et, apparemment, ne peuvent être mesurées avec exactitude. L 'un des principaux faits intervenus depuis 1965 a été la diminution des entrées brutes de capitaux de source publique, qui sont tombées dfenviron 600 millions de dirhams en 1965 à quelque 450 millions en 1967, en raison essentiellement de l'arrdt de l'aide libre apportée par la France au Maroc. les paiements de transfert exceptionnels à l'étranger ont également diminué, mais dans une moindre mesure (revenant -8- de 180 millions de dirhams en 1965 à quelque 100 millions en 1967). i/ Les mouvements de capitaux privés sont moins importants: les entrées nettes ont été comprises, au cours des trois dernières années,entre 10 et h0 mil- lions par an. 24. En 1966 et 1967 l'apport net de capitaux étrangers nta pas été suffisant pour financer le déficit du compte courant de la balance des paie- ments (y compris les transferts courants) et compenser les fuites de capi- taux. En conséquence, les réserves de devises ont diminué de 13 millions de dollars en 1966 et de 20 millions en 1967; à la fin de 1967, les réser- ves de change s'élevaient à 90 millions de dollars, soit ltéquivalent d'en- viron 2 mois d'importations au taux de 1967. Leur niveau actuel, augmenté des quelques 50 millions de dollars de crédits du FMI auxquels le Maroc pourrait avoir accès, semble suffisant pour faire face aux besoins a court terme. L'accroissement des besoins d'importation suscités par le dévelop.- pement pourrait toutefois finir par peser sur les réserves de devises. Evolution financière et monétaire 2/ 25. Le découvert du Trésor n'ayant cessé d'augmenter dans de fortes proportions jusqu'en 1964, un programme général de stabilisation a été alors adopté. Une rigoureuse politique d'austérité visant les dépenses courantes a été décidée afin de mieux équilibrer les recettes et les dépenses. Les dépenses d'investissement ont en outre été réduites malgré le lancement, au début de 1965, d'un nouveau plan de développement triennal. On ne s'est guère préoccupé d'accroltre les recettes, mis à part un effort destiné à améliorer les recouvrements. Le déficit global du Trésor est revenu de plus de 1 milliard de dirhams en 1964 à 538 millions en 1966. 1/ Ces opérations reflètent dans une large mesure les transferts effectués par des étrangers du produit de la vente de leurs biens ou des indemni- tés d'expropriation dont ils ont bénéficié. 2/ Le secteur public comprend les budgets de fonctionnement, inveitissement et âdnexes et les comptes extrabudgétaires (c'est-à-dire les comptes spé- ciaux), les entreprises publiques soumises au contrôle financier de l'E- tat et les collectivités locales. La part de l'investissement public provenant directement de sources extérieures n'est pas comprise dans le budget de l'Etat. Le Trésor remplit les fonctions d'agent financier de l'Etat, percevant les recettes et effectuant les paiements pour tous les services, à l'exception des entreprises publiques dotées de l'autono- mie financière. Il a également des fonctions bancaires qui consistent à recevoir les dépots des organismes et entreprises publics. Il peut utiliser d'autres dépôts et emprunter à la Banque centrale pour financer les besoins de lEtat. Il peut également consentir des avances aux orga- nismes publics ainsi qu'au secteur privé. -9 - En 1967, on a enregistré une nouvelle impulsion des dépenses d'investis- sement public, ainsi que du déficit global du Trésor. Une part importante de ce déficit a été financée directement par le crédit de la Banque Centrale. L'aide étrangère n'a cessé de diminuer après 1965. 26. Les recettes fiscales du Maroc sont relativement faibles. Au cours- de la période 1965-1967 elles ont représenté en moyenne 13,8 o/o du PIB, et sont passées en 1967, à 14,5 o/o du PIB. Compte tenu de la taxe sur le sucre, les recettes fiscales ont représenté au cours de la période mentionnée 15 o/o du PIB et 15,5 o/o en 1967 lf. Les impts directs représentent près de 30 o/o des recettes fiscales et les impats indirects 65 o/o. En 1966, les recettes fiscales n'ont que peu augmenté en raison d'un fléchissement des rentrées dù à la crise du secteur agricole et d'un certain allègement des taux de l'impft sur les bénéfices profes- sionnels destiné à encourager l'investissement. Les recettes douanières ont progressé par suite de la libération des importations et d'augmenta- tions des droits. En 1967, les recettes fiscales ont augmenté de 10 o/o grâce essentiellement à l'amélioration de- recouvrements, ainsi qu'à l'expansion générale de l'économie. Lorsqu'on examine les recettes ordinaires de lEtat, il convient de tenir compte des revenus des mono- poles d'Etat 2/. A l'avenir, l'OCP transférera au budget une partie de ses bénéfices bruts estimés à 60 millions de dirhams par an, sous forme de dividende et utilisera l'autre partie pour suppléer aux emprunts extérieurs et intérieurs destinés à financer son programme d'investissement. L'examen de l'accroissement des recettes fiscales par rapport au revenu national fait apparaître une élasticité inférieure à un. L'accroissement des ressources nécessaires à l'intensification de l'effort de développement ne pourrait donc être engendré par la structure fiscale existante. 27. Au cours de la période 1965-1967, les dépenses publiques ont re- flété les effets de la politique d'austérité budgétaire mise en oeuvre à la fin de 1964. La rigueur de cette politique ressort du fait qu'après avoir été réduites en 1965, les dépenses ordinaires n'ont augmenté au total que de 4 o/o de 1965 à 1967, tandis que de 1960 à 1965 elles s'étaient accrues à un rythme annuel moyen de 8 o/o. Le seul poste en progression a été celui des dépenses de personnel. Bien que le barème des traitements soit resté in- changé, ceux-ci ont augmenté en raison des reclassements et de l'augmen- tation des effectifs. Les dépenses de matériel et d'entretien ont été for- tement réduites en 1965 et sont depuis lors restées pratiquement stables. Le Maroc consacre un pourcentage relativement élevé de son budget, soit 32 o/q à la défense et à l'ordre public. Les services dits économiques s'ad- lf Les cotisations de sécurité sociale et les recettes fiscales locales at- teignent environ 100 millions de dirhams, soit moins de 1 o/o du PIB. 2f Ces recettes ont fortement augmenté en 1967 à la suite d'un transfert exceptionnel de 160 millions de dirhams de l'OCP au budget figurant pour la première fois parmi les investissements de l'Etat et augmen- tant ainsi à la fois les chiffres des recettes et celui des investis- sements. -10- jugent environ l% des dépenses courantes et les services sociaux environ 35%. D'une manière générale, il semble que les dépenses courantes des services économiques ordinaires et d'entretien ont été maintenues bien au- dessous du niveau des besoins minimaux de développement. Ces dépenses de- vront être substantiellement augmentées pour permettre de faire face aux besoins des services économiques et aux dépenses de fonctionnement liés au développement de l'investissement. Le budget ordinaire stest soldé en 1967 par un excédent de 115 millions de dirhams, non compris la taxe sur le su- cre, alors qu'il avait été déficitaire au cours des deux années précédentes. 28. Les dépenses d'investissement ont augmenté de plus de 330 millions en 1967, le Gouvernement ayant décidé de stimuler l'économie languissante, après deux années au cours desquelles ces dépenses avaient été bien infé- rieures aux prévisions du plan triennal. L'excédent net des comptes extra- budgétaires a continué çes'accroIître pendant toute la période triennale en raison surtout des excédents du Fonds de Développement régional qui est fi- nancé à l'aide d'une partie de la taxe sur le sucre. Une partie des recet- tes de cette taxe est déposée au Trésor 1/ et est ainsi disponibles pour financer le déficit budgétaire global. fe déficit du Trésor est passé de 538 millions de dirhams en 1966 à 700 millions en 1967. En 1965, un défi- cit global plus important avait été financé essentiellement par l'aide étran- gère et dans une moindre mesure par le placement d'effets à moyen terme auprès des banques commerciales au cours d'une période de restriction du crédit. En 1967, la situation avait fondamentalement changée, l'apport d'aide étrangère, après la réduction de l'aide française, étant inférieure de moitié à ce qu'elle était deux ans plus tôt et les banques n'ayant plus la capacité d'absorber une quantité importante de nouveaux effets publics a court et moyen terme. De toute façon, les banques auraient réescompté les effets publics auprès de la Banque Centrale, ce qui aurait affecté les plafonds imposés au total des crédits de la Banque Centrale décrits plus loin. Quelque 76 millions de dirhams ont été placés sous forme d'obliga- tions à long terme principalement auprès des compagniesdissurances, qui constituent pratiquement le seul marché pour cette catégorie d'effets. Les dépôts du Trésor qui proviennent surtout des collectivités locales, des or- ganismes publics autonomes et du service des chèques postaux, n'ont progres- sé en 1967 que de 35 millions de dirhams environ, réduisant ainsi considé- rablement le montant des fonds dont dispose normalement le Trésor. Dans ces circonstances, le seul recours du Gouvernement a été d'emprunter à la Banque Centrale. 1/ Le reliquat de ces recettes reste en dehors du budget (Caisse de Compen- dation) et reçoit divers emplois tels que l'octroi de subventions à lloffice des céréales. - 11 - Budget de ltF,tat et Opérations extra-budgëtaires Comtabllité-de caisse du Iéor) (llions de dirhams) Prévisions 196 1966 1967 a/ 1968 1. Recettes ordinaires 8 Impats directs 470 520 58 620 DOUts de douane 375 453 475 478 Imp8ts indirects 526 572 614 799 Droits de timbre et d 1enregistrement 110 119 125 128 Monopole d 'Etat 146 170 185 ./ 324 Domaine 48 41 50 53 Autres 222 103 215 152 22 2.Dépenses ordinaires -1,967 2.010 2 1 2.01 Service de la dette publique:intérgt 129 148 140 - 149 Personnel -1.185 -1.247 -1.328 -1.480 Matériel et fourniture -478 -464 -486 -711 Entretien -39 -37 -37 -41 Subventions -90 -57 -68 -86 Autres -46 -57 -38 -34 3.Excédent ou déficit du budget ordinaire -70 -2 +5 4.Amortissement de la dette _-3 _-7 -9 -164 5.Dépenses en capital _-.l - -2. / -811 6.Ercédent ou déficit global du budget -28 -627 -82i -922 7.0Dérations extra-budgétaires (net), +1 +89 +12_1 +87 8.Déficit Élobal È' trésorerie -JL -38 - _700 9.Finacement _1 3 _JL8 701 _83 Dépdts du Trésor et des chèques postaux 93 156 35 Emprunts intérieurs:long terme 50 64 76 moyen terme 120 -30 -15 court terme 9 61 35 Aide étrangère 527 320 284 Crédits français à court terme -61 Crédits de la Banque Centrale -46 - 7 294 Comptes du Trésor à la Banque Centrale 54 21 -1 Ereurs et omissions -64 -14 +1 _a Chiffres provisoires; des estimations plus récentes indiquent un excéden+ budgétaire moins élevé pour 1967, à cause notamment d lune réduction d 'autres recettes estimatives b Non compris 160 millions de dirhams transférés par lt0CP au budget général. 9/ Non compris 160 millions de dirhams transférés à 1 'CP pour renforcer son capital. Le chiffre indiqué pour le Trésor comprend un certain nombre de dépenses dfinvestissement qui, faute d'une affectation convenable des crédits budgétaires, figuraient dans les comptes provisoires en attendant leur régula- risation dans la Loi des Finances de 1968. Il s tagit d'un montant de 60 rions de dirhams représentant une partie de l'accroissement du fonds de - 12- 29. Le volume des crédits mis à la disposition des secteurs public et privé de 18économie a subi le contrecoup de la limitation du finance- ment par l'intermédiaire de la Banque Centrale. Le crédit de la Banque Centrale a.été en outre contenu en application de 1'accord de crédit standby négocié avec le FMI à compter du 30 juin 1967. Les avoirs nets de la Banque Centrale sont passés à 1278,4 millions de dirhams, à la fin de décembre 1967, soit un accroissement de 280 millions. De la fin de juin à la fin de décembre, les créances sur le Trésor se sont accrues de 170 millions de dirhams. Une diminution des dépfts privés au Trésor et du portefeuille dtobligations publiques détenu par les banques commerciales, intervenue au cours de cette période, a été compensée par une augmentation de 323 millions de dirhams de concours directs de la Banque Centrale au Trésor. Les crédits accordés par les banques au secteur privé niont progressé que de 133 millions de dirhams, contre 205 millions au cours de la période correspondante de lianfiée précédente. Le recours au réescompte du secteur privé a augmenté à llautomne, mais à la fin de décembre il était revenu au méme niveau qulau milieu de 1 'année. 30. La sérieuse pénurie de fonds dont a souffert le Trésor en novembre et décembre a eu pour origine le fort accroissement des dépenses publiques d'investissement. Selon la loi marocaine, le Trésor peut emprunter auprès de la Banque Centrale jusqu'à 10% des recettes du budget courant de lannée précédente pour une période de 240 jours (avances statutaires). Le Trésor peut emprunter indirectement jusqu'à 135 millions de dirhams à la Banque Centrale en demandant à la ONCA (Caisse Nationale de Crédit Agricole) de réescompter des effets à titre temporaire. Enfin, le Trésor peut également utiliser à court terme les dép8ts de chèques postaux, la CDG (Caisse de Dép8t et Gestion) et les obligations cautionnées. Tous ces recours étaient épuisés à la fin de 1'année et une grande partie des avances à court terme devaient être remboursées. En conséquence, une nouvelle avance conventionnelle de 250 millions de dirhams a été négociée avec la Banque Centrale. 31. A la fin de janvier 1968, le Trésor avait de nouveau entière- ment utilisé tous les nouveaux crédits légaux autorisés. La période en cours correspondant à une diminution saisonnière du crédit au secteur privé, la situation ne redeviendra pas critique avant la fin de 1'année. On pense que la demande de crédits privés qui culmine en août se sera atténuée avant que ne se produise ltessor de fin diannée des besoins de crédit du Trésor. - 13 - CHAPITRE II LES GRANDES LIGNES DU DEVELOPPEMENT SECTORIEL Agriculture Croissance. h0. L'agriculture, secteur critique de léconomie marocaine, occupe 70 o/o de la population et contribue à près de 30 o/o du produit intérieur brut. Elle joue également un rôle très considérable dans le commerce extérieur du pays et fournit environ 50 o/o des recettes en devises provenant des exportations de biens. 41. La production agricole s'est développée lentement, au rythme de 1,5 o/o par an au cours des dernières années. Ce rythme s'explique par une croissance satisfaisante du petit secteur moderne (9 o/o par an environ) et une croissance de 1 o/o seulement dans le secteur traditionnel qui correspond à 85 o/o environ de l'ensemble des régions agricoles. La sécheresse a gêné le développement agricole depuis 1965. Bien qu'en 1966-67, la production de la plupart des cultures ait été supérieure à celle de l'année précédente qui fut une année de sécheresse (1965/66), la production de céréales et de légumineuses a été généralement inférieure à celle des années humides, c'est-à-dire de 1962 à 1965. Les superficies consacrées aux principales céréales (blé tendre et orge) sont demeurées relativement stables. 42. Dans le passé, le Maroc exportait du blé dur et d'autres céréales, et importait du blé tendre pour la consommation locale (voir tableau). En quelques années, les exportations de céréales ont plus que rattrapé les importations de blé tendre, et l'on peut donc considérer le Maroc comme autarcique en matière de céréales. Toutefois, la situation a évolué depuis 1963/64. La sécheresse, jointe à une productivité ralentie du secteur traditionnel (très orienté vers la production de céréales) et à un accroissement rapide de la population, semble avoir introduit une période où les importations nettes de céréales constitueront un problème continuel. La campagne actuelle (1967/68) a débuté avec des pluies favorables aux céréales et une expansion de l'utilisation des engrais dans le cadre de "'Opération Engrais" portant sur 345.000 hectares de plantations de blé dans la zone de culture en sec. Il en est résulté que la production a atteint presque le double des 27,7 millions de quintaux obtenus en 1964/65 pour les quatre céréales principales. -14- Etant donié l'accroissement de la population màrocaine, il est vraisemblable que le déficit net en céréales alimentaires cura comme par le passé tendance à augmenter, malgré les résultats de certains programmes visant à accroître la productivité. Le déficit net pourrait atteindre 7 millions de quintaux d'ici à 1972, si l'on - art de l'hypotbèse que la consommation de céréales par habitant demeurera .u niveau actuel. 4# Etant donné que le secteur moderne contient une pro., portion bien .lus considerable de terrains irrigués, ses plantations Sarumes, de lé'guLes-ct dencoton n'ont souffert de la sécheresse c-ue dans une moindre mesure. Ces cultures ont donné de meilleurs résultats que les céréales et.les lé,umineuses qui c.onstituent les cultures de b.:se du secteur traditionnel. Les tableaux annemes contiennent les renseignements dis.-onibles sur la production, les suier.icies et les rendements. 44. Les oranges et les clémentines figurent parmi les cul- tures dont la production a progressé le plus. Les conditions du marché ont été particulièrement favorables aux agrumes, et grace à ltirrigation la plupart des plantations dtagrumes ntont pas souf- fert de la sécheresse. L'OCE s'occupe depuis 1965 et avec un cer- tain succès des opérations de vente a l'exportation. Le gouvernement a fait savoir que la plantation d'oliviers s'est poursuivie à un tel rythme que le nombre d'arbres a presque triplé entre 1959 et 1965; et les derniers chiffres disponibles concernant la production (1965/66) commencent à refléter le résultat de ces plantations. Etant donné la sécheresse de 1966-67 et les difficultés de plus en plus considérables éprouvées pour écouler la production vinicole en France, la production de raisin et de vin n'a pas progressé. Les superficies consacrées à la culture dela btIeraws sucrière et du coton dnt aùgmenté au cours des dernières années (sauf en ce qui concerne le coton durant la dernière campagne), ce qui reflète la réaction des cultivateurs au rapport particulièrement favorable entre les prix et les coûts. La production de graines de tournesol a été encouragée dans le passé étant donné qu'il s'agit dtune cul- ture de valeur relativement élevée susceptible de fournir une source supplémentaire d'huile pour la consommation intérieure et 1expor- tation. L'expérience a montré que les dégats provoqués par les insectes et les oiseaux sont très considérables pour cette culture, et il en est résulté une diminution assez régulière des superficies consacrées à cette culture, si bien quten 1966/67, celles-ci ne représentaient plus que la moitié des superficies de 1963/64. 45. On doit à l'élevage la contribution la plus considé- rable à la valeur ajoutée en agriculture. Les statistiques dont on dispose sur l'élevage sont contradictoires, mais il est vrai- semblable qu'au cours des récentes années de sécheresse il y ait -15- eu une réduction considé*rable du nombre de têtes de bétail. Le rendement de lI:levage est pour une large part fonction de la pluviométrie d'une année donnée, et la production peut diminuer du fait dfun manque de pâturages et d'un taux d'abattage accru. Cela s'est revélà récemment dans une diminution du prix de la viande. Problèmes et Politiques 46. Une réduction de la production de céréales et de légumineuses de l'ordre de 35 à 40% au cours des années de séche- resse reflète leitsportance considérable dos conditions climatiques. Mais si l'incidence à court terme de fluctuations si vastes sul-r l'économie marocaine et le nîveau de vie de sa population est évi- demment inquiétante, le développement de la production à court et long termes est également affecté par des facteurs autres que les conditions climatiques. 47. Les facteurs les plus déterminants, qui permettent à la fois d' expliquer les rendements antérieurs et qui influeront sur le développement futur semblent être les suivants: la dis- ponibilité de facteurs de production agricoles modernes et des me- sures tendant à en promouvoir lutilisation; le régime foncier actuel; l'organisation administrative des services publics; les 0.sponibilités en personnel qualifié; et enfin, la distribution des ressources, surtout publiques, entre les divers programmes dans les régions irriguées et celles dtagriculture en sec. 1/ 48, Ltutilisation de facteurs de production agricoles modernes ne s'est guère développée jusqu'en 1966-67. En parti- culier, le taux d'utilisation d'engrais ne s'est accru sensiblement que dès 1966-67, avec les débuts de "lltOpération Engrais"; les .emences d iîmportation pour la plantation des céréales nt étaient disponibles qu'en petites quantités et ne couvraient qu'une faible part des besoins. Par ailleurs, il semble que le rythme de méca- nisation soit moins élevé à l'heure actuelle quiavant 1960. Dans 1/ Afin de pouvoir concentrer l'analyse sur un petit nombre de facteurs qui semblent avoir exercé une influence déterminante sur le secteur agricole au cours des dernières années, certains autres aspects du développement agricole ont dû être négligés. On ne s'est pas préoccupé par exemple des problèmes poséte par la recherche lf enseignement agricole, le crédit ou les programmes de conservation dans leur ensemble. Cela ne signifie pas que ces facteurs n'aient aucune importance mais plut8t qu'ils nfont pas été jugés aussi déterminants que ceux que nous avons sélectionnés dans notre examen pour expliquer librolution de la situation. -16- le cas de "l'Opération Engrais", il ne faut pas s'attendre que le ren- dement maximal par hectare soit atteint sans les machines et les semences sélectionnées nécessaires; or, ceUes-ci ne seront pas disponibles pour la totalité de la région couverte par le programme. Pour que les engrais donnent les meilleurs résultats possibles, il est nécessaire d'avoir les moyens techniques permettant la préparation du terrain et de disposer aussi de semences améliorées et de ptécipitations suffisantas. Les mesures d'encouragement peuvent également jouer un r6le considérable, dans la mesure oÙ elles incitent les cultivateurs à abandonner les méthodes cul- turales traditionnelles pour des méthodes plus modernes. Quelques agricul- teurs qui exploitent des terrains en fermage n'ont guère intérêt à l'heure actuelle, étant donné le régime foncier et la taille des exploitations du secteur agricole traditiormel, demployer ds facteurs de production mo- dernes dans une mesure cons-Idérable. Cette observation s'applique égale- ment à certains propriétaires de parcelles très petAtes et très fragmen- tées. Pour améliorer la production de l'élevage, une vaste gamme de facteurE de production sont nécessaires, de même que des modifications dans l'ordre des priorités; mais l'état actuel de la commercialisation et des installa- tions d'abattage et de stockage pour la viande et les produits laitiers ne garantit pas qu'un investissement dans ce domaine vaudrait la peine d'être réalisé. Donc, dans les circonstances actuelles, cultivateurs et éleveurs cormidèrent probablement qu'il est plus rentable de poursuivre la pratique du pâturage excessif plut8t que de consacrer des ressources à la production de fourrages ou à l'amélioration de l'élevage et des pâturages. Le Gouver- nement envisage à l'heure actuelle l'adoption de certaines mesures visant à améliorer la commercialisation. En particulier, le Gouvernement compte accroître considérablement la capacité des entrep8ts et moyens de trans- port frigorifiques. 49. La production a également été affectée par le régime foncier marocain. Il serait dans l'intérêt du développement futur que des mesures soient prises visant à débarasser les terres domaniales, de l'incertitude qui pèse actuellement sur elles. Initiallement, ces terrains avaient été cédés à des étrangers. Actuellement ils sont exploités par l'Etat, en lotis- sements plus vastes. On ne sait pas très bien si ces terrains, qui repré- sentent près d'un quart du secteur moderne, seront redistribués à des culti- vateurs individuels, et dans l9affirmative, ce qu'il en résultera en matière de taille et d'efficacité des exploitations. Une certaine incertitude règne également quant à l'attitude du Gouvernement à l'égard des exploita- tions modernes appartenant à des étrangers; quoique, à l'heure actuelle, le Gouvernement semble suivre une politique de statu quo en ce qui concerne le statut juridique de ces exploitations. Par ailleurs, il n'est possible d'améliorer la préparation des terrains et des assolements sur une plus vaste échelle, dans les régions de culture en sec mais surtout dans les régions irriguées, que si l'on procéde à un remembrement des terres, de manière que l'équipement d'irrigation eoit utilisé plus efficacement que dans le secteur traditionnel. -17- 50. La mise en oeuvre des anciens programmes a été handi- cappée par l'organisation administrative des organismes publics et le manque de personnel expérimenté. Des mesures importantes ont certes été prises récemment en vue d'améliorer la situation, mais il reste beaucoup de pain sur la planche. En matière d'organisation, l'autorité au niveau de la gestion des projets a été répartie parmi divers organismes. D'autre part, la mise en oeuvre des projets a été gênée du fait que les méthodes comptables, les arrangementi logistiques et les méthodes de planification et d'évaluation devaient être modifiés. Le personnel a d'autre part été muté assez fréquemment, ce qui a a jouté un élément d'instabilité à la mise en oeuvre des programmes. Les nombreux techniciens étrangers qui ont quitté le pays au cours des dernières années n'ont pas été remplacés par des Marocains ayant béné- ficié d'une formation et d'une expérience similaires. Le remplacement de ce personnel au rythme nécessaire est un problème à long terme. On fait temporairement appel, pour remplacer ce personnel, aux programmes d'assistance multilatéraux et bilatéraux, et le Gouvernement marocain procède également à un embauchage direct de techniciens. Toutefois, le manque de personnel technique et de gestion explique dans une large mesure le rythme lent de certains projets agricoles et de la planifi- cation et de la gestion du Ministère lui-même. 51. L'affectation des ressources doit être considérée dans le contexte du problème fondamental posé par le rythme rapide de croissance de la population. De plus, il faut tenir compte du fait que près de 40 o/o seulement des terres cultivées (c'est-à-dire eiviron 1,7 million d'hectares .ur un total de 4,3 millions) sont situées dans la zone bénéficiant d'une pluviosité de 450 mm ou davantage et où ]es cultures peuvent sans dommage se passer d'irrigation. Etant donné que la zone de culture en sac est déjà exploitée en totalité, il n'est guère possible d'y trouver de nouveaux terrains à mettre en valeur. La distribution de la population suit généralement les zones offrant un potentiel agricole maximum. Mais il existe quelques concentrations de population dans des régions de faible potentiel comme le Rif. Tous ces facteurs ont pour effet que l'accroissement de la population dans les régions agricoles les moins productives provoque un certain exode vers les villes, ainsi que nous lfavons déjà mentionné. 52. Pour faire face à ce problème, on a accordé la plus haute priorité à la mise en valeur des terres irriguées, la plupart desquelles se trouvent en dehors des régions les plus productives de la zone d'agriculture en sec, et l'on a affecté une proportion considérable des investissements publics au secteur agricole à cet effet. On estime qu'en 1965 et 1966, les investissements d'irrigation atteignaient quelque 60 o/o de la totalité des investissements en capital dont béné- ficiait le secteur agricole, et cette proportion s'est maintenue jusqu'en 1967. -18- 53. Mais l'on constate que jusqu'ici, ces investissements n'ont guère contribué à l'accroissement de la production et n'ont pas directement bénéficié aux paysans. Par rapport à la décennie précé- dente, 4.000 hectares environ de terrains supplémentaires ont été mis en culture irriguée chaque année. Les nouvelles superficies ouvertes à l'agriculture irriguée au cours de 1967 ont dépassé cette moyenne, notamment à la suite des travaux de la région du Tadla. Plusieurs raisons expliquent ce décalage entre les investissements et l'accroissement de la production; notamment la longue période de construction des barrages et des réseaux de canaux, les difficultés que représentent les opérations de remembrement des terres nécessaires à l'utilisation optimale des installations d'irrigation, le manque d'expérience du personnel et le manque de personnel qualifié pour la planification et la gestion des zones du projet, et enfin le manque d'efficacité des services de vulgarisation. 54. L'élément résiduel de la stratégie décrite ci-dessus, c'est-à-dire la mise au second plan des dépenses dans les zones d'agri- culture en sec, s'est reflété de deux manières. Non seulement les affectations initiales étaient-elles inférieures pour les régions d'agriculture en sec, mais les déboursements effectifs étaient propor- tionnellemjnt inférieurs aux déboursements -pour les projets d'irrigation. En ce qui concerne les zones de culture en sec, il n'y a eu qu'un seul programme d'envergure, (1'Opération Engrais), lequel a impliqué dès la campagne 1966/67 une combinaison d'engrais, de semences sélectionnées, de préparation mécanisée du terrain et de crédit. Il y a eu par ailleurs deux autres programmes de moindre envergure: un prograume entrepris sous l'égide de l'AID pour encourager l'utilisation de fourrages améliorés (qui touche à sa fin) et un programme de développement de la région du RIF (DERRO) dont le potentiel de développement n'est guère considérable. Des programmes ordinaires portant sur la vulgarisation, la recherche, les services vétérinaires et la conservation du sol et des ressources hydrau- liques ont été également réalisés, mais les efforts mentionnés ci-dessus constituent les principales tentatives entreprises dans les régions de culture en sec en vue d'en accroître la productivité. L'Industrie et les Mines 55. L'industrie représente 13 pour cent environ du P.I.B. Elle produit principalement des biens de consommation, et notamment des produits alimentaires et des textiles. Il existe également une industrie chimique d'origine récente en cours d'extension, qui s'occupe de la transformation d'une partie de la production locale considérable de phosphates, une industrie métallurgique qui, transfonne également les minerais d'extraction locale et un complexe de raffinage pétrolier en cours d'extension. -19- 56. La croissance industrielle récente a été plut8t modeste. L'indice de production de l'industrie manufacturière est resté pratiquement stationnaire entre 1964 et 1965, tandis qu'on enregis- trait un progrès de 5% environ en 1966 et 1967 (les industries·des produits chimiques, des produits alimentaires et du papier ont progressé à un rythme plus rapide). La production d'électricité s'est accrue plus rapidement que celle des industries manufacturières. 57. Un certain nombre de facteurs expliquent pourquoi l'expansion de l'industrie n'a pas été plus rapide. Premièrement, le lent développement de l'agriculture, et partant des revenus, a eu une incidence considérable sur la demande de produits indus- triels. Ce phénomène s'est fait sentir plus particulièrement dans des secteurs comme celui des textiles. Par ailleurs, le départ des expatriés du Maroc a eu des répercussions sur la demande, bien que l'importance de ce facteur ait diminuée au cours des dernières années. Nais ce qui importe davantage, c'est que le départ de ces gens a provoqué dans plusieurs industries des carences en matière de personnel technique et de gestion auxquelles il a été impossible de remédier rapidement étant donné que le Maroc ne dispose que d'une main d'oeuvre qualifiée assez limitée. Au cours des dernières années, de grands progrès ont été accomplis en ce qui concerne la "marocanisation" des industries locales à tous les niveaux de com- pétence; et ce problème devrait s'amenuiser "à l'avenir. 58. L'Etat a encouragé le développement de l'industrie privée, au moyen notamment de dispositions généreuses d'amortisse- ment, d'impfts modérés et de dons en espèces destinés à financer une partie des coûts d'investissement. L'industrie marocaine béné- ficie également d'une protection considérable à l'égard des impor- tations, qui se manifeste surtout par l'application de contingente- ments. Toutefois, pour certains produits, les droits de douane sont parfois élevés. Pour les textiles par exemple, les droits de douane vont de 47% pour la laine et les cotonnades à 63% pour les vêtements. Dans le passé, des concessions de monopole ont été octroyées pour certains produits, comme ce fut le cas des pneus; mais à l'avenir, ces industries devront produire à des prix con- currentiels. 59. LtEtat a pris sous son aile un certain nombre d'in- dustries de substitution aux importations, comme les sucreries et les usines d'engrais qui utilisent les phosphates d'extraction locale. Dans les textiles, l'Etat a participé avec les intérêts privés à la construction de deux vastes nouvelles entreprises qui exploitezont le reste du potentiel de substitution aux importations dans ce domaine. L'industrie a été assurée contre des importations considérables de textiles par des accords commerciaux bilatéraux qui ont contribué à provoquer une offre excédentaire au cours des deux dernières années. -20- 60. La décision du Gouvernement de construire un certain nombre de sucreries (dont deux sont en activité depuis la fin de 1967, et plusieurs autres entreront en service in 1968-72,) est fondée sur la nécessité de cultiver la betterave sucrière d'une valeur rela- tivement élevée sur des terrains irrigués. La production locale de sucre doit passer de 70.000 à 220.000 tonnes au cours des cinq prochaines années, mais il sera toujours nécessaire d'importer plus de 200.000 tonnes de sucre d'ici à 1972. Le Gouvernement tire un revenu considé- rable de la différence entre le prix peu élevé du sucre à l'importation et le prix de vente élevé fixé pour l'intérieur et qui correspond en fait à un impot sur la consommation. Une partie de ce revenu doit être sacrifiée pour relever le niveau des revenus des exploitations agricoles et créer d'autres avantages indirects à partir de la production et de la transformation de la betterave sucrière locale. Le Gouvernement a déclaré qu'il n'avait pas l'intention de changer le prix du sucre au cours des cinq prochaines années au moins; et c'est sur la base du prix actuel du sucre (1,84 dirhams par kilo) que, selon des calculs effectués par des Marocains, les sucreries déjà construites ou sur le point de l'être pour le traitement de la betterave sucrière locale peuvent paraître rentables. Etant donné que les deux premières sucreries ont été gérées médiocrement, il est encourageant de noter que le Gouvernement a l'intention de construire une des nouvelles .acreries en association avec des intérêts privés, lesquels seront en outre chargés d'en assurer la gestion. 61. Le tableau ci-après représente un résumé des investissements publics et privés et une ventilation par principaux secteurs des inves- tissements industriels effectués au cours de la période du Plan Triennal (1965-67): -21- Investissements dans l'industrie (en millions de dirhams) 1965-67 Moyenne annuelle Investissements publics 422,5 140,8 Investissements privés 363,6 121, Total a/ 786,1 262,1 Métallurgie 27,0 9,0 Produits chimiques 120,5 40,2 dont: complexe du secteur public (90,0) (30,0) Produits alimentaires 372,8 124,3 dont: sucreries du secteur public (318,0) (106,0) Textiles 204,0 68,0 dont: Agrandissement de l'usine semi-publique actuelle (10,0) (3,3) Papiers et cartons 36,1 12,0 Matériaux de construction 25,7 8,6 786,1 262,1 a/ Le total des investissements industriels au cours de cette période a atteint 17% de la formation brute de capital du pays. 62. Bien que les industries extractives ne contribuent que pour 5% environ au PIB, elles Iournissent pros de 40% du total des recettes provenant des exportations de biens. Les phosphates repré- sentent de loin le produit le plus important et les gisements de phosphates au Maroc, qui sont loins d'être entièrement exploités, figurent parmi les plus riches du monde. Ils sont exploités par l'Office Chérifien des Phosphates (OCP), une entreprise d'Etat. 63. La production et les exportations de phosphates ont diminué régulièrement depuis 1964. En 1964, la p7,duction dépassait 10 millions de tonnes (et était presque entièremeut exportée), mais la concurrence extérieure, principalement américaine, jointe peut- être a une promotion insuffisante des exportations, ont provoqué la perte par le Maroc d'une partie de ses débouchés étrangers. En 1967, la production totale de phosphates a atteint quelque 9,5 millions de tonnes, dont 400.000 tonnes étaient traitées au Maroc pour la production de superphosphate triple. Au cours des der- nières années, on a également enregistré quelques diminutions de prix dans le domaine des phosphates, et le total des recettes en devises provenant de cette source a également diminué. -22- 64. Au cours des trois dernières années, 85% des investisse- ments initialement prévus dans les industries extractives ont été réalisés. Pour l'exploitation des phosphates, 74% seulement des investissements prévus ont été réalisés. Toutefois, ce secteur est sur le point de bénéficier d'investissements sensiblement supérieurs qui seront examinés plus loin. Récemment, les dirigeants de l'OCP ont été remplacés et l'on s'attend à de meilleurs résultats dans l'avenir. Par ailleurs, des gisements considérables (dtune capacité totale estimative supérieure à 600 millions de tonnes) viennent d'être découverts à Benguérir, ce qui permet d'augurer une expansion de la production et des exportations. De plus, les phosphates marocains, de qualité supérieure, peuvent être produits à des coûts compétitifs, et la demande mondiale de phosphates s'accrolt rapide- ment. Tourisme 65. Le développement du tourisme a constitué l'un des principaux objectifs du dernier Plan Triennal. Le nouveau plan prévoyait un nouvel effort dans ce domaine, axé sur la stratégie plus réaliste qui consiste à prendre les dispositions nécessaires pour accueillir des touristes moyens en quantités considérables. Toutefois, depuis 1964, il n'a pas été possible de maintenir le rythme rapide de croissance amorcé dès 1960. Le nombre de touristes, y compris veux en.transit,s'est accru de 40.000 personnes pour atteindre 500.000 personnes au lieu des 700.000 prévus par le Plan. Arrivées de Touristes (en milliers) 1962 1963 1964 1965 1966 1967 Séjours prolongés 202 299 383 378 420 400 Transients 53 74 79 103 99 100 255 373 462 481 519 500 Source: "La Situation Economique du Maroc en 1966," et le Plan Quiquennal. L L La baisse de 1967 semble être due à la guerre au Moyen Orient et à la conjoncture mondiale défavorable. La Frane fournit prèn dfun quart des aéjoure prolonéo, uivie par la Grande Bretagne, l'Algrie, les Etats Uiis, ItEspCLne et l'Allemagne par ordre d'importance décroissante. Par groupes nationau::, c'est le nombre des touristes scandinaves, belges, britan- niques et mméricains qui augmente le plus rapidement. -23- 66. Au cours de cette période, le manque de personnel qualifié, Uinsuffisance des services et des transports intérieurs et internationaux, ainsi que l'absence de chambres modernes à des prix moyens et l'insuffisance des services connexes ont empêché une accélération du développement du tourisme durant cette période. Par ailleurs, l'existence d'un service de promotion convenablement organisé aurait grandement stimulé le tourisme, et les installations existantes auraient ainsi pu être pleinement occupées; les activités de promotion se sont accrues en 1967. Au cours de la période du Plan, le nombre de lits supplémentaires a été de 8.000, tous dans des h8tels de luxe, alors que le Plan avait fixé comme objectif 20.000 lits et que la mission d'enquête de la Banque avait recommandé l'installation de 15.000 lits. Enseignement 67. Etant donné les difficultés auxquelles il a fallu faire face pour étendre l'enseignement primaire dans les régions rurales à faible densité de population, et du fait également que peu de progrès ont été accomplis en ce qui concerne la scolarisation des filles, il n'y a pas eu de noureaux progrès dans les inscriptions aux écoles pri- maires au cours des trois années scolaires de 1965/66 à 1967/68. Les écoles normales existantes ne peuvent guère satisfaire plus de 50 à 70 pour cent des besoins, et les écoles primaires doivent se contenter souvent d'instituteurs insuffisamment qualifiés. En revanche, l'ensei- gnement secondaire a progressé rapidement au cours de la même période, le nombre des inscriptions du premier cycle en 1967/68 ayant dépassé de 30 pour cent celui de 1965/66. Quant aux inscriptions du second cycle, elles se sont accrues de 25 pour cent. Les sections techniques et agricoles du premier cycle ont reçu moins d'inscriptions, tandis que le nombre d'inscriptions aux mêmes sections du deuxième cycle augmentait rapidement, de même que le nombre des élèves de l'enseignement commercial des deux cycles. Mais la formation de professeurs d'enseignement secon- daire est demeurée sérieusement insuffisante, tant en nombre que par branche de spécialisation. Le nombre de diplômés de l'Ecole Normale Supérieure ne représente guère plus de 40 pour cent des besoins annuels, et la proportion de professeurs de sciences est nettement insuffisante. 68. En général, le nombre des élèves des écoles secondaires qui quittent l'école après le premier cycle ou au milieu du premier ou du deuxième cycle, dépasse les capacités d'absorption de l'économie. Le nombre des élèves qui achèvent les premier et deuxième cycles de l'enseignement secondaire est cependant bien inférieur aux besoins du pays. Il conviendrait d'insister bien plus fortement sur l'enseignement des sciences dans le cycle supérieur de l'enseignement secondaire. Dans ce domaine, le facteur limitatif est le nombre insuffisant de professeurs qualifiés. La formation et le recrutement d'un nombre considérable de -24- professeurs marocains est rendu difficile par le fait que le nombre des dipl86s des écoles secondaires est insuffisant. La pénurie de professeurs, la mauvaise qualité et la production insuffisante de l'enseignement secondaira constituent deux problèmes intimement liés. Pour remplir la majorité des besoins en professeurs, le Maroc a fait appel à des professeurs français. A l'heure actuelle, ceux-ci repré- sentent plus de la moitié de l'ensemble du corps enseignant secondaire marocain. Près de 80 pour cent de tous les étudiants de l'Université Mohamed V étudient les lettres, les sciences sociales et l'enseigne- ment; un peu plus de 20 pour cent se destinent aux carrières d'ingénieur, de médecin et aux sciences naturelles. -25- CHAPITRE III PLAN DE DEVEIDOPEMENT ET PERSPECTIVE Le Plan Quinquennal (1968-72) 69. Le nouveau Plan représente une étape importante dans les efforts de développement du Maroc. Il repose sur le désir évident de réduire les obstacles qui stopposent à un rythme de croissance accru, et d'accroitre ainsi le revenu par habitant. Le Plan conserve les trnois priorités principales du dernier Plan, à savoir lagriculture, le tourisme et la formation. Il y ajiute la régulation des naissances. Il s'agit d'un document réaliste dans la mesure oÙ il reconnait les in- suffisances du dernier Plan et les mesures quil convient de prendre en vue d'une réalisation plus efficace des objectifs du nouveau Plan. 70. Des procédures ont déjà été mises au point en vue d'assurer la coordination du budget annuel d'investissements avec les objectifs du Plan. Cette tâche incombe à un Comité Interministériel de Coordi- nation du Plan et du Budget, placé sous l'autorité du Premier Ministre. Un sous-comité établit un lien permanent entre les responsables du Plan d'une part et le Ministère des Finances et, le cas échéant d'autres administrations, d'autre part. Un autre sous-comité du per.-sonnel inter- ministériel coiffé par l'organisation du Plan fixe les critères, coor- donne les programmes sectoriels et surveille la réalisation du Plan an- nuel. Des services de programmation doivent être créés dans chaque mi- nistère pour fournir le lien final avec l'appareil central, formuler les programmes sectoriels et en contr8ler l'exécution. Récemment, le- responsable de la planification a été promu au rang de Ministre de ma- nière à favoriser une mise en oeuvre plus efficace du Plan. 71. Une des caractéristiques les plus importantes du Plan est qu'il reconnait le besoin d'augmenter les investissements pour accélérer le rythme de croissance de l'économie. On -compte que la formation brute de capital passera d'une moyennu de près de 1.600 millions de dirhams par an en 1965-67 9 une moyenne de 2.300 millions de dirhams par an au cours des cinq prochaines années. Le tableau ci-dessous contient une ventilation par secteur des investissements annuels moyens effectués au cours du dernier plan triennal et de ceux projetés par le nouveau plan quinquennal. Le taux d'investissement qui est resté stationnaire, se situant entre 11 et 12% du PNB au cours des six dernières années, passera à 16 - 17% à la fin de la période du Plan. Les chiffres qui se rapportent aux investis- sements dans le secteur privé sont purement indicatifs, bien que l'Etat - ait à sa disposition un certain éventail de mesures, fiscales et monétai- res notamment, qui lui permettent de peser sur les décisions du secteur privé. Mais l'accroissement des dépenses directes en capital de l'Etat, qui passeront d'une moyenne de 700 millions de dirhams par an en 1965-67 (y compris les transferts aux entreprises publiques et au secteur privé) à plus de 1.000 millions de dirhams par an au cours des cinq prochaines années, revêt une importance plus considérable. -26- 72. L'chelonnement des dépenses d'investissement de l'Etat dans le cadre du plan n'est pas tout à fait clair. Le plan coopte dans une large mesure sur les investissements étrangers, et l'échelonnement des mises de fonds dépendra donc pour une large part du rythme auquel les projets susceptibles de financement extérieur atteindront un stade avancé de préparation et, en règle générale, de l'échelonnement de l'aide étran- gère. 73. On s'attend à ce que l'accroissement des dépenses provoque une- accélération de la croissance du PIB, en comparaison des quelques derniè- res années. La croissance moyenne est estimée à un peu plus de 4% par an pour la période du Plan et aura tendance a s'accélérer (passant de 3 - 4% avant 1970 à h - 5% dès 1970, pour ersuite dépasser 5% après 1972). Ce taux de croissance peut être atteint par l'économie marocaine et pour- rait même probablement s'accélérer davantage à longue échéance. L'ex- pansion au cours des quelques prochaines années semble plutôt modeste comparée à l'accroissement attendu de la population (plus de 3% par an). Cela dêpend, du moins partiellement, de la répartition des dé- penses, notarment dans le secteur agricole dans lequel l'accroissement de la production sera limité à court terme. 74. La construction et les travaux publics connaitront l'expansion la plus rapide, à la suite surtout des vastes programmes envisagés pour le secteur agricole. Une partie de ces dépenses devra toutefois être supportée à l'étranger, étant donné que la construction des ouvrages les plus importante devra être confié à des sociétés étrangères. Les indus- tries extractives constituent le second secteur dont le rythme d'expan- sion sera supérieur à la mroyenne, et ce surtout à la suite d'une exploi- tation accrue des gisements de phosphates (on s'attend à un accroisse- ment d'environ 80% entre 1967 et 1972) et des mines de fer du Rif. 75. Il ne sera pas facile de soutenir le rythme des dépenses prévu par le Plan, étant donné notamment les problèmes administratifs et de main-d'oeuvre auxquels doivent faire face les services de lfEtat. Une certaine redistribution des dépenses serait peut-être utile au sein du secteur agricole (voir ci-dessous). De plus, il semble que les investis- sements projetés pour les transports et le tourisme ne couvriront que les besoins minimaux de ces secteurs et qu'il sera donc peut-être néces- saire de les augmenter au cours de la période du Plan. -27- Investissements prévus par le Plan Plan de 1965-67 et Plan de 1968-72 (en millions de dirhams) / 2/ Moyenne annuelle Movenne annuelle Moyenne Moyenne Moyenne de l'Etat de l'Etat annuelle annuelle annuel- 1965-67 1968-72 des entre- du le prises pu- secteur totaYe bliques privé 1968-72 1968-72 1968-72 - Agriculture-- 195 459 43 - 502 - Tourisme 18 34 88 30 152 - Infrastructure 135 145 15 19 179 - Industrie, mines Electricité, artisanat 183 166 264 214 6Uh - Enseignement, santé publique, logement 107 115 120 100 335 - Installatons de l'Administration 53 39 - - 39 - Promotion nationale 20 24 6 - 30 - Commerce - - 18 18 - Renouvellement de l'équipement - 104 260 364 - Report _- 28- - 28 Total 711 1,010 640 61l 2,291 t,/ Ies dépenses selon le Plan ntont pas correspondu aux chiffres du budget de développemen-1. 2, Y compris crédits des organismes du secteur public. 3/ Construction de barrage comprise, pour la production d'électricité. à/ Transports, télécommunications. Source: Plan de Développement Quinquennal (1968-72). -28- Agriculture 76. Environ les deux-tiers des dépenses prévues par le Plan sont destinés aux projets d'irrigation, dont quelques-uns produisent aussi de l'électricité, le reste allant aux régions d'agriculture en sec. Cela concorde avec la poli- tique gouvernementale qui consiste à aider les régions défavorisées, en adop- tant si nécessaire des projets dont on estime les taux de rendement interne inférieurs à ceux des régions agricoles plus favorisées. Les dépenses afféren- tes aux zones de culture en sec représentent un tiers au maximum des sommes affectées par le Plan au secteur agricole (comprenant les projets mixtes d'irrigation et de production délectricité) à l'exclusion des services dont bénéficie tout le secteur agricole, comme la recherche, la protection des cultures, le cadastre, etc. 77, Le Plan ne prévoit rien pour les dépenses de fonctionnement, mais il est vraisemblable que celles-ci seront réparties de la meme manière entre les zones irriguées et non irriguées, étant donné notamment que les besoins en personnel technique pour les travaux de vulgarisation et pour la gestion des projets sont bien plus élevée par hectare dans les projets d'irrigation que dans les autres régions. 78. Pour tenter d'évaluer les zones qui seront gagnées à l'agriculture et la production agricole qui pourra 9tre atteinte grâce à l'application du Plan, quelques estimations indicatives ont été élaborées (voir tableaux 10 et 11). Les chiffres figurant sous la rubriques "estimations du Plan" sont les estimations les plus vraisemblables fondées sur le Plan, bien qu'elles ne figurent pas nécessairement dans le Plan sous une forme aussi explicite. Les "variantes" représentent une réduction du niveau de réalisation de manière que celui-ci corresponde davantage au rythme de mise en oeuvre des projets anté- rieurs. Ces variantes ne représentent pas des recommandations comme telles pour le contenu du programme sectoriel; elles ne font qu'indiquer les réper- cussions des insuffisances des secteurs, etc, comme ceux des céréales et de l'élevage. Le Plan estime que la valeur ajoutée dont bénéficiera l'agriculture progressera a un niveau annuel de 2 pour cent pendant la période du Plan. Etant donné que le Plan n'explique pas clairement les raisons qui ont milité pour l'adoption de ce chiffre, les comparaisons entre les divers taux dfaccroisse- ment pourraient ne se révéler ni très utiles ni très réalistes. Toutefois, si l'on se fonde sur les projections d'accroissement de la production de biens, la croissance implicitement prévue par le Plan paraît quelque peu optimiste (voir tableau 11). 79. Si l'on considère la période couverte par le Plan quinquennal, il apparaft clairement que l'accroissement de la production agricole sera fonction de l'importance et de la nature des affectations à l'agriculture irriguée et à l'agriculture en sec, de même qu'elle dépendra des progrès accomplis dans les domaines suivants : utilisation accrue des facteurs de production, encourage- ments à l'expansion, mise en oeuvre de certaines mesures de réforme agraire et amélioration de l'organisation et de la gestion des programmes et projets agri- coles. Ces points peuvent être examinés brièvement et individuellement. 80. Le Plan prévoit qu'à la suite des investissements d'irrigation effec- tués au cours de la période du Plan, 116.000 hectares seront irrigués dans le cadre de projets de grande envergure et 60.000 hectares dans le cadre de projetZ de petite et moyenne envergure. Pour tenir compte du délai entre les travaux d'infrastructure et le moment oÙ les projets deviennent pleinement productifs, -29- le Plan part du principe que d'ici à 1972, environ la moiti seulement des 116.000 hectares seront cultivés, ce qui représente une moyenne d'environ 12.000 hectares par an pendant la période du Plan. A titre de comparaison, le rythme de mise en culture au cours de la dernière décennie êtait de 4.000 a 5.000 hectares par an. L'année dernière, il semble que la superficie ait été de 6.000 hectares, grâce notaument aux efforts déployds dans le Tadla, oÛ des tra- vaux sont en cours depuis longtemps et ol le remembrement des terres n'a pas posé de problèmes trop difficiles. Dans ces conditions, les objectifs parais- sent plus opitmistes et il semblerait prudent de concentrer davantage les ef- forts sur l'amélioration et liachévement des systèmes existants plutSt que d'entreprendre trop rapidement l'aménagement de nouvelles régions. Du fait qu'elles sont moins complexes et d'une moindre envergure, les petites et moyen- nes installations d'irrigation permettent généralement de parvenir plus rapide- ment au stade d'irrigation. 81. Le problème présente également un autre aspect : celui du besoin plus pressant d'un, accroissement à court terme de la production agricole, pour faire face notamment aux pressions de la population, mais également pour fournir les devises gràce aux exportations et à la substitution des importations. Les pro- duits agricoles comme les céréales et les produits laitiers ont par exemple de bonnes chances de tomber dans la dernière catégorie. Toutefois, les dépenses prévues par le nouveau Plan sont largement axées sur des activités dont les répercussions à court terme sont relativement minimes. En d'autres termes, la sélection des projets d'irrigation a été dans certains cas nettement inspirée par leur incidence sur la distribution des revenus plut8t que par leur contri- bution directe à la croissance économique du pays. 82. Les projections du Plan relatives à l'utilisation accrue des facteurs de production semblent correspondre aux estimations d'accroissement de la pro- duction. Toutefois, les objectifs en matière de facteurs de production sont plut8t modestes. L'utilisation des engrais doit augmenter d'environ 40%, et le- Plan prévoit que le volume des importations d'engrais augmentera d'environ 50%. Le Gouvernement n'a pas l'intention d'augmenter la quantité de matériel méca- nique utilisé dans les CT et les 0MV /, mais il espère remplacer l'ancien ma- tériel par du nouveau matériel et 40 millions de dirhams environ ont été pré- vus à cet effet. Les subventions seront poursuivies pour la production et la distribution des semences améliorées destinées aux cultures fouragares, au mas et aux graines oléagineuses, mais lon ne dispose d'aucun détail sur la mesure dans laquelle ces graines iront à des régions qui n'en faisaient pas usage dans le passé ni sur le rendement supplémentaire qu'elles sont suscep- tibles diengendrer. En principe les accroissements maximums de valeur de- vraient bénéficier &-la production dIagrumes, de betteraves à sucre, de' coton et de céréales. Toutefois, en ce qui concerne les céréales, les cultures de valeur élevée n'occupent qu'une très faible proportion des superficies cultivées, ce qui permet de penser que l'incidence de l'accroissement prévu ne s8étendra pas sur l'ensemble du secteur agricole. 83. Les dispositions du Plan en ce qui concerne les facteurs de produc- tion destinés au sous-secteur de l'élevage ne semblent pas du tout cor- respondre aux besoins en vue de la valeur ajoutée considéra.a1ement accrue projetée pour l'élevage. Parmi les éléments importants susceptibles de provoquer un accroissement quelconque de la production de lait et de viande et qui seraient susceptibles d'être considérés comme prioritaires, citons une amélioration considérable de la commercialisation du lait et de 1/ CT = centres de travaux (dans les régions non-irriguées) CMV - centres de mise en valeur (dans les régions irriguées) -30- la viande, un encouragement de la production de fourrages, la concen- tration du stockage dans les zones d'agriculture en sec et les régions irriguées (par opposition aux pfturages arides et semi-arides),. et enfin un élargissement des moyens d'enseignement et des mesures de contrôle pour les parcours. 8h. le Plan recomande l'adoption de certaines mesures de réforme agraire qui touchent la plupart des problèmes primardiauu. Il com- prend des suggestions visant à la réforme des pratiques de fermage de manière à encourager les fermiers à une refonte du système d'imposi- tion des terrains agricoles, destinée à inciter les grands propriétai- res terriens à abandonner les méthodes culturales traditionnelles pour les méthodes modernes, ainsi qu'à la réglementation des pratiques des cultivateurs sur les projets d'irrigation de manière qu'ils soient tenus d'utiliser les eaux d'irrigation de la façon prévue pour le projet en question. Ces propositions ne sont certes pas nouvelles, mais leur mise en oeuvre nécessitera un effort considérable de la part des auto- rités. 85. L'intention exprimée par le Gouvernement d'améliorer l'orga-- nisation et la gestion des efforts de développement implique une acti- vité continue à cette fin durant toute la période du Plan. Comme nous l'avons déjà remarqué, cela importe surtout pour la participation des - organismes publics à la mise en oeuvre des projets ainsi qu'à la plani- fication et à l'évaluation et projets et programmes agricoles. Il y-a pénurie de cadres ayant assez d'expérience dans la gestion des opéra- tions complexes que représente la mise en oeuvre des projets et il est également nécessaire que l'organisation soit telle que des décisions opérationnelles puissent être prises sans retard et sans être gênèes- par la dispersion de l'autorité. La planification du développement agricole au- rait tout A gagnerd'un accroissement du nombre de cadres expérimentés- et qualifiés, capables d'évaluer les variantes économiques et le rende- ment des programnes en cours ainsi que de mettre au point de nouveaux programmes compte tenu de ces évaluations. L'expérience est ce qu'il y a de plus difficile à acquérir en une période assez courte, mais les estimations indiquent qu'il y aura également pénurie de personnel qua- lifié aux échelons les plus élevés pour remplir les postes prévus par les programmes du Plan. le personnel qualifié aux échelons les moins - élevés est peut-être disponible en nombre suffisant, mais l'on ne pos- saède pas de renseignements sur la qualité de ce personnel. Enfin, il est nécessaire d'améliorer les procédures administratives en vue d'une meilleure analyse des problèmes posés par les projets et d'une réalisa- tion plut rapide des objectifs. Il est donc indiqué d'attribuer davan- tage de ressources à cet effet, dont quelques-unes peuvent être sous forme de dépenses ordinaires plutôt que de dépenses d'investissement, en vue de permettre une amélioration cumulative de l'efficacité 1 long terme. -31- 86. Il s'agit enfin de savoir, sur un plan général, si le secteur agricole est en mesure de réaliser un programme d'une envergure aussi vaste que celui proposé par le Plan. Pendant la période du Plan trien- nal, les déboursements n'ont atteint en moyenne que 54 pour cent des affectations. Etant donné que les affectations relatives aux trois pre- mières années du nouveau Plan sont en moyenne de 60 pour cent supérieures aux chiffres du plan précédent, elle ateignent donc presque le triple des dépenses effectives exposées au titre de l'ancien Plan. Pour pouvoir supporter un tel accroissement des dépenses sans qu'il - n'y ait un élément considérable de gaspillage et d'inefficacité, il est nécessaire que la préparation administrative et technique soit très minutieuse. En bref, il faudrait parvenir à une amélioration sensible des résultats par rapport à ceux obtenus durant les quelques dernières années. 87. Le dilemme qui apparaît à la lumière de cet examen est très sérieux. le Maroc se proposa d'accorder dans le cadre du Plan la plus haute priorité au développement agricole et espère consacrer plus de 2 milliards de dirhams sur une période de cinq ans A la promotion du bien-être économique des habitants des régions rurales. Pourtant, il faut conclure que, quels que puissent être les effets déployés, le Maroc éprouverait de la difficulté à atteindre même le tauc de croissance mo- deste de 2 pour cent par an au cours de la période du Plan. Si ces ef- forts ne peuvent pas donner de meilleurs résultats, il convient de se demander si des variantes pourraient contribuer davantage au progrès éconorique et si certaines dépenses envisagées sont effectivement dans l'intérêt économique du Maroc. le Plan lui-même prétend effectuer des investissements dans quelques-unes des régions agricoles les plus défa- vorisées, et le cas échéant dans des projets dont le taux de rendement - interne est inférieur à celui des projets situés dans des zones agri- coles plus favorisées. A ce sujet, il semblerait nettement préférable du point de vue économique de mettre de côté les plans de construction de barrages et de réseaux d'irrigation connexes dont le taux de rentabi- lité est peu élevé ou qui, du point de vue du rapport coût-bénéfice, ne- présentent aucune justification évidente. 11 s'agirait de quelquen nou- veaux barrages et peut-être même de certains projets qui n'en sont - qu'aux premières phases de construction; mais la souplesse de ces der- niers projets n'est pas connue. Il ne fait pas de doute que l'agricul- ture irriguée soit appelée à jouer un rôle important dans le développe- ment agricole futur du Maroc; mais ce r8le devrait dépendre au premier chef de sa contribution A la croissance du pav, contribution qui doit être déterminée par une étude détaillée de justification économique avant que les projets ne soient définitivement inscrits dans le cadre du Plan. 88.- Si les dépenses considérables prévues dans les régions d'agri- culture irriguée ne permettent pas d'assurer le degré nécessaire de croissance à court terme, le transfert des ressources de l'irrigation-à d'autres programmes dans les régions dtagriculture en sec permettrait-il d'accroître la pioduction? On ne peut pas répondre de manière catégorique A cette question. Dans une large mesure cela dépend de la manière dont ces ressources sont dépensées. Comme il a été dit plus haut, il pourrait -32- se révéler plus utile d'augmenter les dépenses ordinaires relatives aux pro- grammes de formation, par exemple. De mgme, des programmes plus intensifs de recherche agricole adaptive, visant à améliorer la fourniture de facteurs de produ tion ou à assurer des services accrus de vulgarisation peuvent nécessiter un accroissement des dépenses ordinaires plut8t que des investissements consi- dèrables. En revanche, dans le cas des programnes qui appellent un contr8le strict et une gestion prudente par des techniciens (comme pour l"'Opération Engrais"), le fait d'affecter de nouvelles ressources financiares ne suffirait peut-8tre pas a obtenir les résultats escomptés, étant donné la contrainte imposée par la pénurie de personnel qualifié et expérimenté. 89. Une des raisons pour lesquelles il est difficile de répondre à cette question est que dans les rgions d'agriculture en sec, très peu de projets ou de programmes ont été préparés qui soient susceptibles d'accroître rapidement la production, et que par conséquent l'on ne dispose guère de variantes. Il semblerait donc nécessaire d'affecter en première priorité des ressources pour mieux connaitre ces variantes et préparer des projets & mise en oeuvre rapide. Cela s'appliquerait égelement à de nouveaux types de projets et à l'expansion ou à la modification des rares projets existants comme 1'1"Opration Engrais" et le programme de gestion des parcours. Dans le mame esprit, il conviendrait de prévoir une aide plus substantielle aux services du cadastre, condition sine qua non de la réforme agraire et du remembrement des terres. Lexpansion des travaux de petite hydraulique, entreprise actuellement par le Gouvernement, est également susceptible de contribuer grandement au développement rapide de la production agricole. Le Gouvernement envisage actuellement l'adoption d'une "charte agricole" comprenant une série de mesures et de programmes destinés à réformer la structure institutionnelle de l'agriculture, et notamment du régime foncier et des services agricoles. 90. On peut aussi envisager que même les agriculteurs traditionnels réagi- ront favorablement en ce qui concerne la modernisation de leurs pratiques agri- coles et de leurs attitudes si des encouragements assez considérables leur sont fournis. Il faut évidemment que ces encouragements soient substantiels et aisé- ment accessibles aux cultivateurs. L'expérience marocaine en ce qui concerne la betterave sucrière et le coton indique bien que les encouragements, s'ils sont considérables, peuvent 8tre très productifs î court terme. Le crédit a égalmen joué un r8le important, mais -l'existence d'encouragements considérables a stimulé la demande de crédit. Il n'est pas possible d'estimer la quantité des ressources supplémentaires qui seraient nécessaires pour modifier les program- mes d'encouragements en vue de stimuler la production de certaines cultures, du fait surtout que l'on ne connatt pas vraiment à l'heure actuelle la combinaison des possibilités techniques et des coÙts réels (déduction faite des subventions et des éléments de contr8le des prix). En conséquence, il conviendrait d'exami- ner et d'explorer dans le détail la structure des encouragements en matière de prix, en vue de faire usage éventuellement de l'outil considérable qu'ils re- présentent. 91. Mais ces encouragements ne peuvent fonctionner efficacement sans réforme agraire. Le Plan suggère un certain nombre de réformes utiles, précédemment mentionnées, touchant ea régime foncier. Il faudrait ajouter à cela la suppression des incertituCes qui pèsent sur les propriétaires étrangers privés, de manière à s'assurer leur appui dans le mouve- ment visant à l'accroissement de la production à court terme. En outre, si l'on veut procéder A une redistribution des terrea de l'Etat, il faudrait le faire de manière à maintenir au moins les niveaux actuels de -33- production et s'il le faut, laisser à l'Etat la gestion et le contr8le de ces terres pendant les quelques années qui suivront la redistribution. 92. Les améliorations apportées à la commercialisation de la production entrent également dans le cadre des encouragements, notamment en ce qui ooncer- ne le lait et la viande. Cela nécessitera une modification complexe des procé- dures, des investissements considérables dans les installations modernes et les conseils de plusieurs experts. Une approche générale, traitant, entre autres problèmes, de l'amélioration de la nourriture du bétail se trouve esquissée dans une enquête sur l'élevage effectuée par la BIRD en 1966. 93. L'élément final de cette enquête générale et superficielle des variantes se rapporte au problème de la distribution des revenus. Un effort concerté visant à augmenter les encouragements parallèlement à l'adoption de mesures de réforme agraire n'affectera qutune partie de la population rurale. Toutefois, en cas de succès, il devrait y avoir un net accroissement de la production, qui se répercuterait à travers le pays par l'intermédiaire de l'imp8t. On pourrait essayer de résoudre, du moins - partiellement, le problème des vetits revenus en créant dei emplois, éventuel- lement en étendant les activités de la promotion nationale. Il ne faudrait toutefois pae considérer que cette mesure remplace une émigration accrue, qui nécessite peu de ressources financières, mais plut8t qu'elle vient s'y ajouter. Des travaux à forte concentration de main-d'oeuvre pourraient accroitre la capacité productive du pays en fournissant routes, écoles, conservation du sol sur le plan local, drainage, petite irrigation et autres investissements d'infrastructure. A longue échéance, et à mesure que se développe l'économie dans son ensemble, la population des régions agricoles marginales doit inévitablement trouver des débouchés en dehors de l'agriculture. Industries de transformation 94. la Plan de développement prévoit les investissements suivants dans les industries de transformation: -34- (En millions de dirhams) 1968-72 Moyenne annuelle Investissements du secteur public 685,0 137,0 Investissements du secteur privé 54igo 108,2 Total 1.226,0 245,2 Métaux (projet du secteur public) 40,0 8,0 Produits chimiques 713,0 142,6 dont: Engrais (secteur public) (385, (75,0) Projet de cellulose (secteur privé) (102,0) (20,4) Projet alfa (185,0) 37) Produits alimentaires 176,0 35,2 dont: Deux sucreries du secteur public (160,0) (32,0) Jus de fruits (secteur privé) (16,0) (3,2) Textiles 130,0 26,O dont: Projet du secteur public (100M,) (2m;0) Papiers et cartons 45,o 9,p Construction et divers 122,0 Total i.226,0 245,2 L le complexe chimique de Mechra Ben Abbou est considéré ici comme émanant du secteur public puisqu'il est patronné par l'OCP. De plus, nous ne com- prenons pas dans l'investissement du secteur privé le montant de 125 millions de dirhams pour la construction d'une sucrerie dans la Basse Moulouya, étant donné qu'un document provenant du Ministère de l'Industrie indique que la sucrerie ne sera pas mise en service pendant la période du Plan. 95. L'objectif proposé par le nouveau Plan en matière d'investis- sements industriels semble relativement modeste. Toutefois, le total - des investissements privés prévus par le Plan sera inférieur à la moyen- ne des 'Njs dernières années. L'expérience a montré qu'il est diffi- cile de -voir avec un certain dr,ré d'exactitude les investissements du secteur privé. De 1965 à 1967, par exemple, les investissements privés ont en fait dépassé de 20 pour cent les prévisions du Plan triennal. 96. Les encouragements fournis aux investissements privés demeure- ront considérables à l'avenir et comprendront des dons de l'Etat pouvant atteindre 20 pour cent du coût d'investissement, l'exonération de droits de douane pour les biens en capital importés et un amortissement accéléré. Il est possible qu'au cours des cinq prochaines années, les investisse- ments privés progressent plus rapidement que prévu, à la suite notamment d'une accélération du rythme d'accroissement de la production agricole et, sur un plan général, d'une accélération de l'accroissement des revenus. Parmi les secteurs les plus aptes à accueillir les capitaux privés, citons notamment celui de la transformation dus produits agricoles, et plus par- ticulièrement celui des jus de fruit et des conserves de fruits et de lé- gumes. Toutefois, étant donné qu'il s'agit la d'un secteur disposant d'une capacité inutilisée, représentée par un certain nombre de petites usines inefficaces, il conviendrait de procéder a un examen minutieux pour se rendre compte si la réorganisation de ce secteur se justifierait et serait possible sur le plan pratique, avant d'envisager de nouveaux investisse- ments importants. A l'heure actuelle, certaines incertitudes pèsent sur la possibilité d'exporter une quantité considérablement supérieure de ces produits, et la solution de ce problème dépendra dans une large mesure des relations entre la Maroc et la CEE. Des négociations doivent 8tre entamées avant la fin de 1968 en vue diun nouvel accord comercial entre le Xaroc et la CEE. 97. On s'attend à ce que la nature des investissements publics entre 1968 et 1972 ne diffère guère de celle des trois dernières années, les dépenses étant largement concentrées sur l'industrie du sucre, les textiles et les engrais. Ein ce qui concerne les engrais, la construc- tion par l'OCP 1/ d'un projet de grande envergure pour la production d'acide phosphorique et de phosphate d'ammoniaque dibasique est prévu pour la fin de la période du Plan. Ce projet représente la seule iniative de grande envergure orientée vers l'exportation. La plupart des autres projets industriels doivent écouler leur production sur le marché intérieur. L'entreprise d'Etat qui produit actuellement des engrais phosphatiques (Maroc Chimie et Safi) ne figure pas aux pro- grammes d'expansion pour la période couverte par le Plan, du fait probablement que sa capacité de production actuelle ntest pas encore utilisée au maximum. Le coût unitaire pourrait probablement être 1/ Le financement sera principalement assuré au moyen de crédits fournisseurs. -36- sensiblement réduit si la lourde infrastructure intérieure de cette usine pouvait être étalée sur une production accrue de produits comme l'acide phosphorique. Une étude est actuellement en cours sur la possibilité de produire des pastilles de minerai de fer à partir de iLa pyrrhotine. 96, La sélection des projets industriels qui figurent au Plan a été fondée sur des critères économiques. La plupart dtentre eux ont, selon les calculs de la Commission du Plan, un taux de renta- bilité interne supérieur à 10 pour cent, l'unique exception étant les sucréries dont le taux de rentabilité est bien inférieur. 1/ Les deux sucreries existantes ont actuellement des difficultés en ce qui concerne leur approvissionnement en betteraves, en plus des problèmes de gestion. Il semblerait souhaitable d'examiner à fond la possibilité d'obtenir la quantité nécessaire de betteraves avant d'envisager la construction de nouvelles sucreries. A l'heure ac- tuelle, on prévoit la construction de trois sucreries supplémentaires après la période du Plan. 99. Pour l'industrie, on siattend à ce que la valeur ajoutée augmente plus rapidement en 1968-72 qu'au cours des quatres années précédantes (5,1 pour cent contre 3,3 pour cent). Les objectifs paraissent raisonnables 4tant donné que la majorité des grands in- vestissements effectués récemment dans l'industrie du sucre et les autres secteurs (comme par exemple celui de l'assemblage des auto- mobiles) n'ont eu aucun renderent ou n'ont été que partiellement utilisés. D'autre part, une meilleure utilisation de la capacité des usines existantes (transformation des produits alimentaires, mé- tallurgie et industrie du bâtiment) devrait permettre d'obtenir des gains de production indépendamment de tous nouveaux investissements. La tr-nsformation des produits alimentaires (y compris celle du sucre), l'assemblage des automobiles et les matériaux de construc- tion doivent également réaliser des gains plus considérables. La BNDE envisage la possibilité de diversifier la production marocaine en entreprenant par exemple la fabrication de carton dur, d'aliments concentrés pour le bétail et de conserves alimentaires, grace par- tiellement à des capitaux étrangers. Etant donné que ces projets (et d'autres également) n'en sent encore qu'aux premiers stades de négociation et d'étude, les projections pour les cinq prochaines années n'en tiennent aucun compte. 100. On prévoit que l'incidence des investissements industriels sur l'emploi sera assez modeste comparativement au ch8mage actuel. On estime à environ 12.000 le nombre des emplois crées pendant la période du Plan. 1/ Cela est semble-t-il di au fait que l'on est parti du principe d'un prix peu élevé du sucre. -37- Industries extractives 101. On s'attend à ce que, au cours des cinq prochaines années, l'accroissement de la production de ce secteur dépasse la moyenne de l'économie dans son ensemble (plus de 6% par an). Le facteur le plus important sera l'accroissement considérable de la production de phosphates dont on s'attend qu'elle double entre 1966 et 1972, date à laquelle elle atteindrait 18,5 millions de tonnes. Les perspec- tives d'exportation sont optimistes et la situation paralt favorable pour l'avenir ima&diat: au cours des deux premiers mois de 1968, l'OCP avait déjà placé toute la production prévue pour l'année en- tière, soit plus de 11 millions de tonnes. Toutefois, l'on consi- dère par trop optimiste l'hypothèse marocaine selon laquelle les prix à l'exportation des phosphates augmenteront légèrement au cours des cinq prochaines années. 102. Etant donné les perspectives actuelles de la ziemande de phosphates, la bonne qualité du produit marocain et l'efficacité de lOCP, il semble que le programme d'expansion audacieux soit jus- tifié. La réalisation des objectifs de production appellera des investissements considérables. On prévoit que les investissements de l'OCP entre 1968 et 1972 atteindront plus de 720 millions de dirhams. De plus, des investissements cnsidérables d'infrastruc- ture seront nécessaires (dans les chemins de fer et les ports notam- ment) pour faire face "à ltaccroissement de la production. La plus grande partie des investissements supplémentaires de l'OCP sera destinée à l'expansion des gisements déjà exploites (Kouribga et Youssoufia). Les investissements destinés à l'exploitation des nouveaux gisements de Benguerir atteindront près de 100 millions de dirhams en 1968-72 (et l'infrastructure reviendra à plus du double de cette somme), mais ces nouveaux gisements. ne commenceront pas à produire avant 1970. 103. Au cours des cinq prochaines années, un investissement con- sidérable sera également consacré à l'exploitation des mines de fer du Rif et à la poursuite de la prospection pétrolière entreprise par l'Etat en association avec une compagnie étrangère privée. -38- Tourisme 104. Le nouveau Plan prévoit la construction de moyens d'héberge- ment principalement de classe moyenne, équipés de 30.000 lits, soit trois fois plus qu'il n'a été réalisé au cours des trois dernières années. Le coût des installations s'élèvera à 710 millions de dirhams et celui de l'infrastructure à 50 millions. L'Etat ne prendra directement en charge que 6% des installations hôtelières, mais financera indirec- tement une part importante du programme d'investissement hôtelier grâce à un régime de subvention et de prêts à long terme peu onéreux. Le sec- teur privé n'aura à investir que 22 pour cent du coût des installations sous forme de prises de participation. D'autres avantages seront accor- dés tels que des taux d'imposition garantis et l'exonération fiscale des importations d'équipement. Un important effort doit être entrepris en vue d'améliorer les transports intérieurs et extérieurs, de développer la publicité à l'étranger, d'assurer le contrôle de la qualité et des prix et de former le personnel. 105. Le Plan prévoit qu'en 1972 environ 1, 1 million de personnes visiteront le Maroc, soit un accroissement annuel de 15 pour cent. En partant de l'hypothèse qu'elles dépenseront quelque 60 dirhams par jour et séjourneront une moyenne de 9 jours, on prévoit que le total des recet- tes procurées par le tourisme passera de 406 millions de dirhams en 1968 à 555 millions en 1972. Selon les estimations, ce programme permettra de fournir un emploi à quelque 8.000 personnes, principalement d'origine ma- rocaine. 106. Les objectifs du Plan d'investissement sont ambitieux et leur réalisation dépendra en grande partie de la réaction des investisseurs étrangers. Les effets produits par le programme sur le revenu et l'emploi sont néanmoins modestes. Il est difficile, il est vrai, de les évaluer, étant donné qu'en fait on ne dispose d'aucun renseignement précis sur la durée de séjour des touristes, les dépenses journalières et les taux d'oc- cupation des hôtels. Tant qulon ne disposera pas de statistiques exactes, qui doivent être fourniesdans le courant de l'année, les objectifs du Plan relatifs à l'investissement et au revenu devront être considérés comme ayant une valeur indicative. Une incertitude pèse également sur la forma- tion du personnel. Lors de la compression des dépenses du Plan, cinq pro- jets d' écoles hôtelières ont été éliminés et trois des sept nouveaux hôtels publics ruraux seront convertis en centres de formation. Enfin, le Ministère du Tourisme qui doit coordonner le programme de développement du tourisme n'est toujours pas doté du service de programmation nécessaire prévu par le Plan. 107. Le tourisme connaissant un développement rapide dans les pays méditerranéens, auquel le Maroc n'a guère participé jusqu'à présent, les objectifs du Plan paraissent très réalisables. Les efforts substantiels déployés par les pouvoirs publics sur les plans financiers et administra- tifs en vue de stimuler les investissements privés paraissent également appropriés. Mais les nombreuses incertitudes inhérentes à ce secteur exi- geront beaucoup de souplesse dans la révision des programmes et des objec- tifs au cours du Plan. -39- Enseignement 108. Le plan scolaire 1968-72 prévoit la mise en place d'une nouvelle structure scolaire visant à mieux adapter l'enseignement aux besoins de développement et à en améliorer l'efficacité. L'année scolaire serait al- longée (enseignement primaire). Dans le premier cycle de l'enseignement secondaire, les sections spécialisées seraient remplacées par un enseigne- ment général, suivi de progremes d'apprentissage, de la prolongation des études générales ou d'une formation pré-professionneUe. Les programmes à caractère professionnel ou pré-professionnel relèveraient des Ministères spécialisés, tandis que le Ministère de 1'Education aurait la responsabi- lité de l'enseignement général, ainsi que des sections pré-professionnel- les, techniques et commerciales du second cycle de l'enseignement secon- daire. Le plan souligne également l'insuffisance de l'enseignement scien- tifique à tous les niveaux, du point de vue tant de la quantité que de la qualité. -140- 109. La programmatiîn de la formation des mattres semble générale- ment faible et les solutions d'urgence qui pourraient apparaitre nécessai- res ne sont pas clairement définies. L'amélioration de l'enseignement des sciences est envisagée du point de vue de l'équipement, mais aucune pro- position n'est faite au sujet de l'accroissement du nombre des étudiants en sciences qui se destinent a l'enseignement-dans les écoles secondaires (politique des bourses ou autres incitations). 110. Les estimations des dépenses en capital et de fonctionnement ne sont pas suffisamment détaillées pour permettre un jugement bien informé. Cependant, le fait que le coat des salles de classes soit presque identique pour l'enseignement secondaire et primaire indique que les investissements requis dans l'enseignement secondaire sont peut-être sous-évalués, notamment en ce qui concerne les laboratoires et les ateliers. 111. La formation spécialisée (agriculture, tourisme, industrie, etc), exigerait un supplément d'investissements de l'ordre de 34 millions de dirhams au cours de la période. Le Plan souligne toutefois qu'il est né- cessaire de mieux utiliser tout d'abord la capacité des écoles d'agriculture existantes. 112. Compte tenu des besoins globaux de main-d'oeuvre et des possi- bilités d'études à l'étranger, les secteurs prioritaires du développement de l'éducation semblent être la formation de mattres de l'enseignement se- condaire, en particulier dans les disciplines scientifiques, et le second cycle de l'enseignement secondaire (cycles d'études diversifiés, relevant du Ministère de l'Education et des autres Ministares.) Population et population active 113. L'objectif du programme de régulation des naissances lancé par le Gouvernement est d'abaisser le taux brut de natalité de 10 pour cent - de façon a le ramener a 45 pour mille en 1973 et a 35 pour mille en 1985. La réalisation de cet objectif suppose que le taux d'accroissement démo- graphique sera réduit à 2,5 pour cent d'ici a 1985 : l'accroissement de la population serait inférieur de 335.000 en 1973 et de 3,7 millions en 1985 _/. Le Plan suppose une légère augmentation du ch8mage rural d'ici a 1972, compte tenu des emplois créés par ler -rogrammes de promotion nationale et de l'émigration rurale vers les villeb Dans les zones urbaines, un accroissement du ch&mage, estimé à 150.000 personnes, est prévu d'ici a la fin du Plan. Selon les hypothases retenues au sujet de la population active, y compris le taux d'activité de la population féminine, le ch8mage Les statistiques du taux de natalité et de mortalité sont fondées sur des chiffres intercensitaires. On s'efforce actuellement d'améliorer ces données grâce à des enquêtes par sondage. On ne disposera pas de chif- frE d'enregistrement sÛrs avant de nombreuses années. -141- pourrait bien, dans les zones urbaines, 8tre voisin de 30% à la fin du Plan. Pour parer à cette situation, le Plan propose de mettre l'accent sur l'émigrati-. des travailleurs à destination de l'Europe, objectif qui n'est pas chiffré dans le document. 11h. Le problème de la régulation dro naissances avait été reconnu depuis quelques années dans les milieux officiels. Un décret royal de juillet 1967 a abrogé une loi antérieure prohibant la propagande contra- ceptive et l'information concernant le planning familial fait maintenant partie des programmes d'éducation sanitaire. La principale technique de régulation des naissances est l'appareil intra-utérin encore que d'autres méthodes soient utilisées en complément. Afin de déterminer les faits et attitudes concernant le planning familial, une enquête par sondage a été entreprise dans les zones urbaines à la fin de 1966 (KAP). Cette en- quête a révélé que la population s'intéressait beaucoup à la régulation des naissances mais qu'elle ignorait à peu prés tout de la question. La partie rurale de l'enquête a été achevée lannée dernière et sera publiée cette année. 115. Avant mime que les résultats de l'enqugte aient été connus, le Ministère de la Santé a organisé au début de 1966 dans quatre villes des consultations de planning familial, et des cours de formation ont été offerts aux médecins. A la fin de 1966, 60 centres de consultations pilotes de plan- ning familial fonctionnaient dans des centres sanitaires urbains. 116. Le programme est encore dans sa phase de démarrage et a souffert d'insuffisances qui avaient été prévues en matière d'organisation, de person- nel et de moyens d'information. Au cours des 18 premiers mois, quelque 12.000 femmes ont accepté de se soumettre au planning familial et l'année dernière il y a eu environ 00 insertions par mois. Seuls 25 pour cent environ des citadins bénéficient de services de planning familial. 117. Le Plan Quinquennal prévoit 500.00o insertions, à un rythme qui passera de 25.000 en 1968 à 150.000 en 1972. D'autres méthodes seront offer- tes aux familles. Pour remédier à la grande insuffisance de l'éducation et de l'information en matière de régulation des naissances, le Plan pré- voit d'utiliser tous les grands moyens d'information à la disposition du Gouvernement, ainsi que les services d'information des principaux Minis- tères. En outre, un corps de travailleurs sociaux spécialistes du planning familial sera recruté et formé. 118. L'un des principaux problèmes à résoudre est de pourvoir les centres sanitaires de personnel affecté à plein temps au planning familial. A l'heure actuelle, la pratique combinée de la médecine courante et du planninr familial menace de jouer au détriment de ce dernier. La question de l'organisation est en voie d'être résolue par la création d'une Commission nationale des ressources humaines et d'un service de planning familial dis- tinct au sein du Ministère de la Santé. Le Plan propose de repousser ltgge légal minimum du mariage à 18 ans pour les femmes et à 21 ans pour les hommes, ainsi que de réviser le régime des allocations familiales qui prévoit des versements jusqu'au sixième enfant. -42- 119. Le Plan lui-même représente, de l'avis d'experts résidents, un progrès vers l'application d'un programme efficace de planning familial au Maroc. En effet, le planning familial est pour la première fois un objectif national prioritaire officiellement approuvé. S'il est vrai que ces mesures n'affecteront pas la population active avant un certain nombre d'années, elles peuvent permettre d'importantes économies dans un temps relativement court, grâce à la libération de ressources qu'il aurait fallu prélever pour entretenir, éduquer, loger et soigner une population à charge plus nombreuse. Les dépenses en capital et de fonctionnement du programme quinquennal, s'élèveront à 21 millions de dirhams, soit environ 40 dirhams par naissance évitée. Ce coût ira en diminuant au fur et a mesure que le programme prendra de l'ampleur. Ce chiffre est à rapprocher du montant total des dépenses d'enseignement primaire par enfant qui dépasse 500 dirhams. 120. La croissance industrielle future aura en grande partie une forte intensité de capital et engendrera relativement peu d'emplois. liême le tourisme offrira peu de possibilités d'emploi par rapport à l'offre de main- d'oeuvre actuelle et future. Il semble qutil faille envisager une solution plus radicale propre a atténuer la pression qui s'exerce sur les ressources ainsi qutà résoudre les problèmes sociaux des nombreux travailleurs victimes du ch*mage ou du sous-emploi. Cette solution, pour laquelle le Gouvernement a donné son accord de principe, demanderait un vaste effort visant à exporter la main-d'oeuvre excédentaire en Europe et ailleurs pendant un certain nombre d'années. Les travailleurs émigrés effectueraient d'importants envois de fonds tout en apprenant des techniques modernes. On pourrait citer à cet - égard les exemples de l'Algérie, de l'Espagne, de la Turquie et de la Gréce. Si lion tente de résoudre le problème de la main-d'oeuvre excédentaire en ayant recours uniquement à des programmes de secours, l'Etat devra inévita- blement y consacrer une part importante des ressources disponibles, ainsi quie la fourniture des services normaux, aux dépens de la croissance future. Perspectives financires et mesures à prendre 121. Le caractère limité des ressources représente une importante con- trainte pour l'effort de développement tant public que privé. La mobilisa- tion de l'épargne nationale en vue d'investissements productifs est diffi- cile en l'absence d'un marché financier pourvu d'instruments d'endettement diversifiés et offrant une sécurité et une liquidité suffisantes. Dans le secteur traditionnel de l'économie, Ja plus grande partie de l'épargne est détenue sous des formes non monétaires, tandis qu'une bonne partie de celle du secteur moderne privé sert a l'autofinancement d'entreprises très fer- mées ou est exportée. Ce problème peut gtre résolu avec le temps, si lon adopte des mesures propres à faire augmenter le taux d'épargne plus rapide- ment que les revenus, tandis que le cadre institutionnel nécessaire- serait mis en place et que seraient créées des possibilités d'investissement inté- rieur destinées à attirer l'épargne qui fuit actuellement vers l'étranger. L'Etat éprouve actuellement de la difficulté à acquérir des ressources suffi- santes pour financer sans inflation l'important accroissement des dépenses publiques courantes et d'investissement nécessaires à la réalisation d'un développement suffisant. Certaines mesures encourageantes ont été prises en vue de mobiliser l'épargne, mais il est clair que c'est là un problème qui ne peut être résolu qu'à longue échéance. Il est possible, en revanche, de tirer un plus grand parti de la politique financière en vue de mobiliser l'épargne intérieure. -43- 122. Les perspectives du Maroc en matière d'évolution fiscale doivent être considérées en fonction de la structure des ressources qui est caractérisée par une faible élasticité par rapport aux variations du revenu national. Ainsi parmi les imp8ts directs qui ont rapporté quelque 550 millions de dirhams en 1967, seul l'impft sur les salaires qui en représente environ 20% avait un taux progressif. (voir Tableau 15). La plus grande partie de l'important imp8t sur les bénéfices professionnels ne croît que proportionnellement à l'augmentation des bénéfices. Les imp8ts indirects représentent prés des deux tiers des recettes fiscales. Dans le cas des droits à l'importation, des fluctuations se produisent en raison de la variation des taux et des importa- tions, et les taxes sur le chiffre dtaffaires varient avec le volume des transactions. 123. Un tel système répond mal aux exigences des dépenses courantes qui ne cessent d'augmenter sous la pression des besoins sociaux et éco- nomiques d'une population en voie d'accroissement rapide et d'un program"e public de développement considérablement étendu. 124. Le système fiscal présente un certain nombre de caractéristiques qui se prgtent aà des réformes et à une réducticn de l'évasion. Les déduc- tions personnelles et familiales sont très différentes selon l'imp8t sur les bénéfices professionnels ou l'imp8t sur les salaires. Les imp8ts agricoles ne contribuent que pour 1,9% aux recettes de l'Etat, bien que l'agriculture représente 30% du PIB. Les taux de cet imp8t sont faibles et calculés sur la base de normes peu réalistes concernant la valeur de la production des bonnes terres. Le régime actuel encourage également les investissements fonciers et spéculatifs ainsi qu'un régime foncier dominé par les grands propriétaires terriens. Enfin, il est possible d'éliminer en grande partie l'évasion, notammert en matière d'imp8ts sur les bénéfices professionnels. Des enquêtes effectuées en 1966 ont fait apparaître un manque a gagner de 84 millions de dirhams sur les seules déclarations d'imp8ts concernant les bénéfices professionnels. Le Gouvernement tente actuellement de réduire les pertes de revenus provoquées par les fuites. 125. Le Gouvernement a annoncé qu'il avait l'intention d'accroître les recettes publiques de 330 millions de dirhams au total pendant la durée du Plan. En ce qui concerne les recettes fiscales, il a décidé pendant cette période l'introduction de droits de succession qui auront en outre comme objectif de limiter la concentration de la fortune. 126. L'imp8t agricole va Stre augmenté. Les grands propriétaires en particulier seront imposés sur la base de la -valeur non plus déclarée mais réelle de la production de leurs terres. Les paysans titulaires de petits et moyens revenus continueront d'être imposés au régime actuel, ce qui revient à dire qu'ils ne seront pas imposés du tout. Le nouvel impft agricole pourrait bien devenir progressif en fonction de l'accroissement du revenu agricole, étant donné qu'il est apparemment envisagé de varier les im- p8ts en fonction de la valeur de la récolte. 127. De plus, un programme d'emprunts obligatoires a été adoptg. Les contribuables assujettis a l'impôt sur les salaires devront acheter des obligations non négotiables à 5 ans portant intérêt à 4%, dans une proportion C1ma de 1/2 à 1-1/2% de leur revenus bruts. Les sociétés devront achetoi des bons du Trésor pour un montant représentant une certaine proportion de leurs provisions pour investissement (50% pour l'industrie et 80% pour les autres secteurs). 128. Les mesures fiscales envisagées par le Gouvernement sont orientées dans la bonne direction, encore que dans l'ensemble l'effort semble être réduit compte tenu des problèmes que pose le nouveau Plan - et du niveau actuel de la pression fiscale. En 1967, les recettes fis- cales ont représenté environ 15,5% du PIB, y compris la taxe compensatoire sur le sucre. Un accroissement des recettes fiscales de quelque 400 mil- lions de dirhams au cours des cinq prochaines années, en swcb -ektide33ird£lone dedirhams projeté par le Gouvernement permettrait, comme on l'indique- ci-dessous, de prélever sur les ressources intérieures du Maroc une con- tribution beaucoup plus à la mesure des besoins de financement des dé-- penses de développement. La charge fiscale ne s'en trouverait que modé- rément alourdie: elle passerait à environ 17,5% en 1972 das l'hypothèse d'un taux annuel moyen de croissance du PIB dienviron 4%. L'essentiel - des augmentations d'impôts devrait être programmé pour la période termi- nale du Plan, de façon à permettre l'introduction progressive de nouvel- les dispositions législatives. L'impôt sur les bénéfices professionnels pourrait être aménagé de façon à procurer pendant la durée du Plan des ressources plus élevées qu'il n'ent actuellement prévu, et les d4ductionw professionnelles pourraient 9tre réduites, ce qui permettrait d'augmenter le produit de l'impft assis sur les bénéfices comptables, ainsi que les taux applicables au chiffre d'afu faires. La taxe urbaine pourrait être aménagée par l'adoption d'une sur- taxe progressive sur la valeur locative annuelle des biens immobiliers et par l'imposition à des taux progressifs des terres non mises en valeur, des habitations de luxe et de la propriété commerciale. Les impôts sur la consommation pourraient être rendus plus progressifs par l'adoption d'une base ad valorem et par l'accroissement des taux de l'impôt sur le - chiffre d'affaires. De tels aménagements fiscaux exigeront une améliora- tion de l'organisation, notamment en ce qui concerne la qualité des éva- luations. Un nouvel accroissement des recettes procurées par l'impôt a- gricole pourrait être obtenu, en particulier, des exploitations du secteur moderne et ,tire accompagné de mesures destinées à lever les incertitudes qui pèsent sur le régime futur des propriétés appartenant à des étrangers. Il conviendrait enfin, d'adopter le principe d'un financement plus étendu des besoins locaux au moyen d'un accroissement de la fiscalité locale, ce qui permettrait de réduire substantiellement la contribution apportée par l'Etat aux collectivités locales. -45- Financement du programme d'investissements publics 129. Le tableau suivant indique la façon dont le Gouvernement se propose de financer son programme d'investissements. Financement du Plan 1968-1972 Millions de dirhams Besoins Excédent du budget courant a/ +6ko Budget d'investissement et amortissement -- de la dette -59690 Total à financer 5,50 Moyens Ressources intérieures Fonds de développement régional 565 Moyens de financement (y compris les bons et épargne forcée) 755 Nouveaux impôts 200 Total 1,520 Découvert -3,530 a/ C'est ce qui ressort du Plan, étant donné que le budget courant semble être équilibré compte tenu de l'amortissement de la dette. -46- 1.30. Le Plan prévoit au cours de la période un exmident du budget courant de l'ordre de 640 mifLons de dirhas, sans mesures fiscales nouve2les, rd- mltant d1une part d'accroissements indéterminés des recettes ordinaires et, diautre part, diune nouvelle compression des dépenses courantes. Cette hypo- thèse semble, toutefois, irréaliste, car les dépenses courantes augmenteront nécessairement en raison de ltaccroissement de lteffort de développement et de l'augmentation de la population. De plus, les dépenses courantes devront rattraper les retards pris au cours de la récente période dfaustérité finan- cière. En conséquence, on peut prévoir que les dépenses de personnel progres- seront de 7%, celles de matériel de 5% et celles dIentretien dienviron 15% par an. Pour les recettes courantes, la mission suppose qu'elles peuvent st accroitre à un taux annuel moyen légèrement supérieur à la croissance du PIB, grâce à un meilleur recouvrement des impôts existants. 131. Compte tenu de ces tendances, et abstraction faite des recettes provenant des nouveaux impôts et du produit de la taxe compensatoire sur le sucre, il est peu probable que le budget courant sera excédentaire au cours des prochaines annéees.- Les mesures supplémentaires mentionnées plus haut seront donc nécessaires. 132. En ce qui concerne le volume des ressources intérieures, le produit de la taxe compensatoire sur le sucre, qui sert principalementA financer le fonds de developpemeent, semble avoir été sous-évalué dans le Plan. Etant donné quien 1972 les importations de sucre, sans atteindre le niveau de 1967, seront pro- bablement encore substanielles, cette source de recettes devrait produire de 150 à 200 millions de dirhams de plus que ne le prévoit le Plan. Si, d'autre para il y avait une nouvelle baisse des cours mondiaux du sucre, le produit de cette taxe pourrait croître encore davantage. 133. La Banque Centrale ne devrait être considérée que comme un- dernier recours qui ne serait utilisé quIen cas de besoins de fonds igprdvus. Le recours à cette institution ne devrait pas dépasser un niveau compatible - avec le maintien de la stabilité financière. Au total, les besoins de fi- nancement non couverts seraient inférieurs aux prévisions du Plan (2,5 à 3 milliards de dirhams au lieu de 3,5 milliards a condition que le Gouver- nement fasse un plus grand effort dl efficacité. Perspectives de la balance des paiements 134. Le Plan ne comporte aucune prévision de la balance des paiements, mais indique un accroissomont probable du défièit des cpdrations courantes. Il n'y a aucune.raison dIen douter. Ltaccroissement des dépenses dfinves- tissement pendant la durée du Plan exigera sans aucun doute un fort-accrois- sement des importations de matières premières (y compris les combustibles) de machines et dtoutillage agricoles et industriels. Les importations d'engrais et de machines agricoles, par exemple, doubleront probablement pendant la du- rée du Plan pour assurer l'exécution des programmes agricoles. Les impor- tations de produits alimentaires, en revanche, ont peu de chances de slac- croître et pourraient même diminuer quelque peu par rapport à 1966 et à -47- 1967. Les importations ont été très élevées ces dernières arnes en rai- son surtout des mauvaises récoltes. Il y a dtautre part deux faits im- portants qui influenceront les importations futures de produits alimen- taires: l'un est l1expansion de la production de céréales, lautre est 11accroissement prévu de la production de betteraves a sucre.. En 1967, les importations combinées de céréales et de sucre ont représenté plus de 60% des importations totales de produits alimentaires. 135. Le commerce d1exportation du Maroc niest pas très diversifié.Les troi. quarts en.viron de ses exportations sont constitués par les produits agricoles (essentiellement agrumes et primeurs) et les phosphates. Comme on lia indiqud dans les parties précédentes du rapport, il est peu probable.que le Maroc parvienne au cours des prochaines années à élargir sensiblement la gamme de ses exportations de marchandises. Certaines de ses exporta- tions mineures (fer et produits alimentaires transformés tels que jus d'agru. »es et con.erves) devraient progresser, mais llessentiel de 1 accrois- sement des exportations continuera d8être assuré par-les produits tradition- nels. Sur la base des plantations déjà réalisées, la production d'agrumes (essentiellement oranges et clémentines) devrait sfaccroitre substantiel- lement et les exportations devraient passer de 620.000 tonnes en 1967-68 à 750.000 tonnes au moins en 1972. Une certaine baisse des cours est toutefois à prévoir. les exportations de tomates et de pommes de terre devraient aussi augmenter, ainsi que les exportations de coton a longues fibres, pro- duit d'exportation relativement nouveau pour le Maroc. Dans 11ensemble, les exportations de produits agricoles pourraient sfaccroitre à un taux légèrement supérieur à 4% par an au cours des cinq prochaines années. Quant aux phosphates, il semble raisonnable de supposer que le fort ac- croissement du volume des exportations, engendré par le programme dtex- pansion déja mis en route, s'accompagnera diune certaine baisse des prix à 1exportation. 136. Le comportement global des exportations d4pendra de facteurs tels que laissue des négociations qui doivent être prochainement entrepri- ses avec la CEE et qui pourraient aboutir à liassociation du Maroc avec la comminaut, ainsi que de l'évolution des relations commerciales entre le Maroc et la France, son principal client. Une modification de la situation actuelle ne manquerait pas, bien entendu, d' avoir des répercussions sur les perspectives d'exportation comme on lia-indiqué ci-dessus. Pour le moment, toutefois,.un accroissement des exportations voisin de 5% par an au cours des cinq prochaines années semble possible. Le tourisme siac- croitra diannée en année, comme on l'a mentionné plus haut. Dans l'ensem- ble, les exportations de biens et services augmenteront probablement moins- rapidement que les importations, et le déficit courant sfaccroîtra progren'- sivement, passant de 200 millions de dirhams en 1967 à quelque 500 millions peut-être en 1972. -48- 137. les paiements dfintérêts et de dividendes à l'étranger augmente- ront vraisemblablement plus rapidement que les transferts courants au pro- fit du Maroct en raison essentiellement de liendettement croissant envers- llétranger, a moins que lémigration ne se développe substantiellement¿en- trainant un accroissement -des envois de fonds des travailleurs émigrés. Pour qutil en soit ainsi, toutefois, il faudrait que le Gouvernement fasse un effort beaucoup plus considérable pour encourager l'émigration. 138. Deux autres facteurs risquent d'aggraver les besoins de devises au cours des prochaines années. Tout diabord, comme on lia indiqué plus haut, une partie des recettes courantes -en devises échappe au contrâle de l'Office des changes et est illégalement transférée a létranger. Le Gouvernement a pris des mesures destinées à réduire ce phénomène, mais il serait peu réaliste de stattendre à ce qu'il cesse complètement. Ensuite, les transferts exceptionnels a l'dtranger-(par exemple, le produit des ventes de biens appartenant à des étrangers) bien quIen voie de régression, sont encore importants. Il est à peu prés impossible.de prévoir lordre de grandeur de ces mouvements au cours des prochaines années, mais il est - probable qufils continueront à peser sur les ressources en devises dispo- nibles. - Besoins diemprunts extérieurs 139. les besoins bruts dfemprunts à ltétranger seront déterminés par l'ensemble des facteurs mentionnés ci-dessus, ce qui rend donc les projec- tions extrêmement difficiles, et par les remboursements prévus de la dette extérieure. Il semble, sur cette base, que les entrées de capitaux de source publique, principalement des prêts et des dons, devront être supé- rieures a la moyenne annuelle 1965-1967 qui a dépassé 600 millions de dirhams. Au cours de cette période le déficit des biens, services et transferts, ainsi que la charge du service de la dette,nla atteint que quelque 330 millions de dirhams par an, mais aucune accumulation notable de réservesn'a eu lieu en raison des sorties de capitaux. Au cours des cinq prochaines années, le déficit des biens, services et transferts, ainsi que l.amortissement do la dette,pourraient bien passer à quelque 800 ou 900 millions de dirhams par an vers la fin du Plan. En supposant que les - pouvoirs publics parviennent à limiter de plus en plus les sorties de ca- pitaux, il suffirait que les prêts et dons de l'étranger s'accroissent progressivement au cours des cinq prochaines années pour répondre aux besoins mentionnés ci-des3us. Au total, ceux-ci atteindraient de 3,5 % 4 milliards de dirhams pour iensemble de la.période. Ce montant ne tient pas compte de l'accroissement souhaitable des r6serves de change par rapport à leur niveau actuel qui est relativement faible, pour per- mettre laccroissement des échanges extérieurs et donner aux autorités plus de souplesse dans la gestion de la balance des paiements. 140. Le financement du programme d'investissement, de llEtat ne re- querra qu'une partie seulement de ces entrées de capitaux. Le reste servira sur- tout au financement des investissements des entreprises publiques et privées -49- dont les besoins d'emprunts -extérieurs devraient êtro substantiels au cours des prochaines années. Il en est ainsi, par exemple, du programme d'investissement de l'OCP et des prêts a l'industrie de la BNIE, dont le coût en devises$ bien qu'il ne soit pas encore précisé, risque d'tre assez important. Une grande partie des futurs emprunts extérieurs devra Stre directement liée au financement de projets de développement déterminés et dépendra en partie de l'effort que fera le Gouvernement en matière de préparation des projets. Etat donné, toutefois, l'ampleur des besoins en devises du Maroc au cours des prochaines années, et la nécessité de don- ner aux entrées de ressources étrangères autant de souplesse que possible afin d'éviter les difficultés de change, les concours financiers étrangers ne devraient pas se limiter exclusivement a la couverture du coût en de- vises des projets. 141. Selon des sources officielles le montant de l'aide étrangare déjà assuré à la fin de 1967 s'élevait à 82 millions de dirham, et 258 millions de plus sont escomptés dans un proche avenir. En outre, le Gou- vernement estime qu'un montant supplémentaire de 700 millions de dirhams sera vraisemblablement accordé pendant la durée du Plan par l'Allemange, les Etats-Unis (Loi 480 et autres prOts) et l'Italie. Le montant total des concours financiers extérieurs déjà assurés ou escomptés s'élèverait i environ 1,5 milliard de dirhams. En conséquence, il faudra trouver au cours des prochaines années un montant substantiel de ressources étran- gares supplémentaires. S'il est probable que les crédits-fournisseurs contribueront à combler cette lacune, la majeure partie des moyens de financement extérieur requis devra provenir de source publique, ainsi que du Groupe de la Banque Mondiale. Service de la dette extérieure et capacité d'endettement 142. Pour éviter que le problème du service de la dette ne prenne deas proportions désastreuses, il faudra que-les capitaux étrangers fournis soient assortis de conditions assez favorables. On a supposé dans les calculs mentionnés ci-dessus, que l'intérêt moyen de la dette publique extérieure (combinant les emprunts, les dons et-un montant limité de crédits-fournisseur. serait de l'ordre de 3 à 4 pour-cent. Ce chiffre semble réaliste et voisin du dosage de la dette existante. L'accroissement des emprunts entraînera au cours des prochaines années un accroissement modéré du service de la - dette par rapport aux recettes en devises au titre des biens et services. Sur la base des hypothèses ci-dessus, le coefficient du service de la dette passerait d'environ 9 pour cent en 1967 à environ 13 à 14 pour cent en 1972 _/. Compte tenu de ces perspectives extérieures, le Maroc peut donc aisément contracter de nouvelles dettes pendant la durée du Plan. 1/ Ces chiffres sont très hypothétiques, car les conditions dont seront as- sortis les emprunts extérieurs considérés déjà comme partiellement assu- rés ne sont pas entièrement connues. Tableau 1: MAROC - DETTE PULIQUE EXTERIEURE NON AMORTIE A 1IEN ET LONG TERME 1/ Y COMPRIS DETTE MN DEBOURSEE AU 31 DECEMBRE 1967 Dette remboursable en devises (en milliers de dollars EU) Dette non amortie au 31 décembre 1967 Dette Y compris Déboursée dette non seulement Déboursée TOTAL DE LA DETTE PUBLIQUE EITERIEUR 485.633 601.151 Emissions publiques d'obligations 39.817 39.817 Dette placée par voie privée Crédits-fournisseurs 56.934 58.581 Prêts BIRD 29.549 57.761 Crédits IDA - 11.000 Prêts publics des Etats-Unis 91.099 125.837 Banque Export-Import 5.27 11.560 AID 64.699 71.445 Divers 20.773 42.832 Prêts publics consentis par d'autres pays membres de la BIRD 264.055 303.976 France 209.h01 217.01T Allemagne 30.655 49.162 Iran - 13.800 Koweit 24.000 24.000 Prêts publics émanant d'autres pays 4.179 4.179 Tchécoslovaquie 147 14? Pologne 4.032 h.032 1/ Dette à échéance initiale ou prorogée d'une année ou davantage. Division des Services Statistique Département des Etudes Economique, 10 juin 1968 Tableau 2: MAROC - ESTIMATION DES PAIEMENTS CONTRACTUELS AU TITRE DU SERVICE DE LA DETTE PUBLIQUE EITERIEUBE A IMYE ET LONG TERME NON AMRTIE Y COMPRIS LA DET'TE NON DEBDURSEE AU 31 DECEMBRE 1967 1/ Dette remboursable en devises (en milliers de dollars E.U.) Page i Dette non amortie (début de période) Paiements durant la période y compris Amortis- Année dette non déboursée sement Intérêt Total TOTAL GENERAL 1968 579.058 36.324 16,813 53.137 1969 542.733 30,003 18,071 48.073 1970 512.730 29,119 18,236 47,355 1971 483,611 30,849 17,706 o8555 1972 452,762 31.087 16,239 47,326 1973 421,676 31.141 15,090 46.231 1974 390.535 31,072 14.265 45,337 1975 359.463 30.983 12.824 43,807 1976 328.480 29,811 11.407 41,218 1977 298,669 26,961 10,138 37.099 1978 271.708 27.237 9,044 36,281 1979 244.47o 22.478 7,995 30.472 1980 221.993 22,804 7.192 29,995 1981 199,189 20.895 6,382 27,278 1982 178.294 20,419 5,663 26,082 EMISSIONS PUBLIQUES D 1OBLIGATIONS 1968 37.358 4,ol 1,751 5,762 1969 33.346 1,565 1,564 3,129 1970 31.781 1.633 1.486 3.119 1971 30.148 1,639 1.404 3,043 1972 28.509 1,977 1.322 3,299 1973 26,532 1,551 1.218 2.769 1974 24,981 1.552 1.143 2.694 1975 23.430 1,374 1.066 2,440 1976 22.055 1.296 996 2.292 1977 20.759 1.225 929 2.154 1978 19,534 3.532 865 4,397 1979 16.002 943 687 1,630 1980 15.059 919 638 1.557 1981 14.140 428 592 1.019 1982 13,712 411 573 983 Voir renvoi à la fin du tableau. Tableau 2: MAROC - ESTIMATION DES PAIEMENTS CONTRACTUELS AU TITRE DU SERVICE DE LA DETTE PUBLIQUE EXTERIEURE A H)YEN ET IDNG TERME NON AMIRTIE Y COMPRIS LA DETTE NON DEBOURSEE AU 31 DECEMBRE 1967 1/ Dette remboursable en devises (en milliers de dollars E.U.) (suite) Page 2 Dette non amortie (début de période) Paiements durant la période y compris Amortis- Année dette non déboursée sement Intérêt Total CREDITS - FOURNISSEURS 1968 56,934 5.396 2.180 7.576 1969 51.538 7.124 3.371 10.495 1970 44.414 7.496 3.108 10.604 1971 36.918 6.767 2.589 9,356 1972 30.151 6.233 2.11? 8,35 1973 23.918 5.932 1.675 7.607 1974 17.986 5.189 1,260 6.449 1975 12,797 4.954 883 5.837 1976 7,842 4,46 524 4.970 1977 3.396 2,093 237 2.330 1978 1,304 1.304 73 1.377 PRE'S BIRD 1968 57-761 1.409 1,986 3.395 1969 56.352 2.097 2,820 4,917 1970 54,255 3.683 3,045 6.728 1971 50.572 4.9o4 2,816 7,720 1972 45.668 5.077 2.526 7.603 1973 4o.591 4.824 2.227 7.051 1974 35.767 4.153 1.957 6.110 1975 31,614 4.138 1,717 5.855 1976 27.476 3,559 1.484 5.o43 1977 23.917 3.027 1,291 4.318 1978 20.890 2.990 1,119 4.109 1979 17.900 2,343 961 3,304 1980 15.557 2.332 829 3.161 1981 13.225 2.320 698 3.018 1982 10.905 1.785 569 2,354 Voir renvoi à la fin du tableau. Tableau 2: MAROC - ESTIMATION DES PAIEMENTS CONTRACTUELS AU TITRE DU SERVICE DE LA DETTE PUBLIQUE ETERIEURE A MDYEN ET IONG TERME NON AHORTIE Y COMPRIS LA DETTE NON DEBOURSEE AU 31 DECEMBRE 1967 1/ Dette remboursable en devises (en milliers de dollars E.U.) (suite) Page 3 Dette non amortie (de'but de période) Paiements durant la période y compris Amortis- Année dette non déboursée serin-it Intérêt Total CREDIT IDA 1968 11.000 - - 1969 11.000 - - 1970 11,000 - - - 1971 11.000 - 71 71 1972 11.000 - 83 83 1973 11,000 - 83 83 1974 11.000 - 83 83 1975 11.000 - 83 83 1976 11.000 i. 83 193 1977 10.890 110 82 192 1978 10.780 110 81 191 1979 10.670 110 80 190 1980 lo.56o 110 79 189 1981 10.450 110 78 188 1982 10,340 110 78 188 FRETS DU GOUVERNEMENT DES E.U. - TOTAL 1968 120.137 1.804 2.797 4.601 1969 118.333 2.257 3.066 5.323 1970 116.076 3.701 3.316 7.018 1971 112.375 3,772 3.613 7.385 1972 108.603 3.845 3.488 7.333 1973 10>4,757 3.921 3.351 7,272 1974 100.836 3.996 3.212 7.208 1975 96.840 4,073 3,070 7.143 1976 92.767 4.235 2.925 7,160 1977 88.532 4.324 2.776 7.099 1978 84,208 3.428 2.647 6.075 1979 80.780 3,466 2.555 6.021 1980 77.313 3.487 2.455 5.942 1981 73.827 3,577 2.354 5.931 1982 70.249 3,667 2.250 5.917 Voir renvoi à la fin du tableau. Tableau 2: MAROC - ESTIMATION DES PAIEMENTS CONTRACTUELS AU TITRE DU SERVICE DE LA DETTE PUBLIQUE EXTERIEURE A MDYEN E LONG TERME NON AMORTIE Y COMPRIS LA DETE NON DEBOURSEE AU 31 DECEMBRE 1967 à/ Dette remboursable en devises (en milliers de dollars E.U.) (suite) Page 4 Dette non amortie (début de période) Paiements durant la période y compris Amrtis- Année dette non déboursée sement Intérêt Total PRETS DU GOUVERNEMENT DES ETATS-UNIS - EXIMBANK 1968 11.56o 1,136 457 1.593 1969 10.424 1.136 558 1.693 1970 9.289 1.136 495 1.631 1971 8.153 1.136 433 1.568 1972 7.017 1.136 370 1.506 1973 5,882 1.136 308 1.h44 1974 4.746 1.136 245 1.381 1975 3.610 1.136 183 1.319 1976 2.475 1.136 120 1.256 1977 1.339 1.136 58 1.194 1978 203 136 9 145 1979 68 68 2 70 PRETS DU GOUVERNEMENT DES ETATS-UNIS - DIVERS 1968 108.577 669 2.340 3.009 1969 107.908 1.121 2.509 3.630 1970 106.787 2.566 2.821 5.387 1971 104,222 2.637 3.180 5.817 1972 101.585 2,710 3.118 5.827 1973 98.876 2.786 3.043 5.829 1974 96.090 2.861 2.966 5.827 1975 93.230 2.938 2.887 5.824 1976 90.292 3.099 2.80h 5.904 1977 87.193 3,188 2,718 5.906 1978 84.005 3.293 2.638 5.938 1979 80,712 3.398 2.553 5.951 1980 77,313 3.487 2.455 5.942 1981 73.827 3,577 2.354 5.931 1982 70.249 3,667 2.250 5.917 Voir renvoi à la fin du tableau. Tableau 2: MAROC - ESTIMATION DES PAIEMENTS CONTRACTUELS AU TITRE DU SERVICE DE LA DETTE PUBLIQUE EXTERIEURE A EDYEN ET LONG TERME NON AMORTIE Y COMPRIS LA DETTE NON DEBOURSEE AU 31 DECEMBRE 1967 1/ Dette remboursable en devises (en milliers de dollars E.U.) (suite) Page 5 Dette non amortie (début de période) Paiements durant la période y compris Amrtis- Année dette non débour§ée sement Intérdt Total PRETS GOUVERNEMENTAUX D fAUTRES PAYS MEMBRES DE LA BIRD 1968 291.689 22.339 7.976 30.316 1969 269.349 15.525 7.163 22.688 1970 253.825 11.555 7,244 18.799 1971 242.270 13.720 7,205 20.925 1972 228.550 13,907 6.696 20.604 1973 214,642 14.866 6,530 21.396 1974 199.776 16.135 6.607 22,742 1975 183,641 16.396 6.003 22.399 1976 167.245 16,118 5,394 21.511 1977 151.128 16.135 4,824 20.958 1978 134.992 15,873 4.259 20.132 1979 119,119 15.615 3.712 19.327 1980 103,503 15.956 3.190 19.146 1981 87.548 14.461 2,660 17.121 1982 73.087 14.446 2.195 16.640 PRETS DE LA FRANCE 1968 20,.727 21.582 6.895 28.477 1969 183.145 9.767 6,041 15.809 1970 173.377 9.941 5.680 15.620 1971 163.437 10.169 5,312 15.481 1972 153,268 10.253 4,937 15.190 1973 143.015 10.303 4.564 14.867 1974 132,713 10.260 4.181 14,447 1975 122.453 10,405 3.818 14.223 1976 n2.048 10,386 3.447 13,833 1977 1o1.661 10.659 3.085 13,744 1978 91.003 10.268 2.723 12.991 1979 80.735 9,876 2,384 12.260 1980 70,858 10,078 2.074 12.152 1981 60.780 10.215 1,761 11,976 1982 50,565 11,218 1.447 12.665 Voir renvoi à la fin du tableau. Tableau 2: MAROC - ESTIMATION DES PAIEMEITS CONTRACTUELS AU TITRE DU SERVICE DE LA DETTE PUBLIQUE EXITERIEURE A M0YEN ET IDNG TERME NON AMORTIE Y COMPRIS LA DETTE NON DEBOURSEE AU 31 DECEMBRE 1967 1/ Dette remboursable en devises (en milliers de dollars E.U.) (suite) Page 6 Dette non amortie (début de période) Paiements durant la période y compris Amortis- Année dette non déboursée sement Intérêt Total PRETS DE L'ALLEMAGNE 1968 49.162 757 1.081 1,839 1969 48.405 5,757 1.122 6.879 1970 42.647 1.614 989 2.603 1971 41.033 1.640 933 2,573 1972 39,393 1,667 876 2,543 1973 37.726 2,036 886 2.922 1974 35.690 2,806 1.174 3.979 1975 32,884 2,835 1,062 3.897 1976 30.050 2.486 950 3.436 1977 27,563 2.138 871 3,009 1978 25.425 2.170 802 2.972 1979 23.254 2,203 732 2.936 1980 21.051 2,237 662 2.899 1981 18.814 2.272 59o 2.862 1982 16.542 2,308 517 2.825 PRET DE L 'IRAN 1968 13.800 - - - 1969 13.800 - - - 1970 13.800 - - - 1971 13,800 - - - 1972 13,800 - - - 1973 13.800 460 276 736 1974 13,34o 920 524 1.44 1975 12.420 920 488 1,408 1976 11.500 920 451 1,371 1977 10.580 920 >14 1,334 1978 9.660 920 377 1,297 1979 8.740 920 340 1,260 1980 7.820 920 304 1,224 1981 6,900 920 267 1.187 1982 5.980 920 230 1,150 Voir renvoi à la fin du tableau. Tableau 2: MAROC - ESTIMATION DES PAIEMENTS CONTRACTUELS AU TITRE DU SERVICE DE LA DETTE PUBLIQUE EXTERIEURE A MDYEN ET LONG TERME NON AMORTIE Y COMPRIS IA DETTE NON DEBOURSEE AU 31 DECEMBRE 1967 1/ Dette remboursable en devises (en milliers de dollars E.U.) (suite) Page 7 Dette non amortie (début de période) Paiements durant la période y compris Amortis- Année dette non déboursée cement Intért Total PRETS DU KOWET 1968 24.ooo - - 1969 24.000 - - 1970 24.000 - 576 576 1971 24,000 1.911 960 2.871 1972 22.089 1.988 884 2.871 1973 20.101 2,067 804 2.871 1974 18.034 2,150 721 2.871 1975 15.884 2.236 635 2.871 1976 13.648 2.325 546 2.871 1977 11.323 2.418 453 2.871 1978 8.905 2.515 356 2.871 1979 6.390 2.616 256 2,871 1980 3.774 2.720 151 2.871 1981 1.054 1.054 42 1.096 AUTRES PRETS GOUVERNEMENTAUX 1968 4.179 1.365 122 1.487 1969 2.814 1.435 87 1.522 1970 1.379 1.050 37 1.088 1971 329 47 8 55 1972 282 47 7 54 1973 235 47 6 53 1974 188 47 5 52 1975 141 47 4 51 1976 94 47 2 49 1977 47 47 1 48 Voir renvoi à la fin du tableau. Tableau 2: MAROC - ESTIMATION DES PAIEMENTS CONTRACTUELS AU TITRE DU SERVICE DE LA DETE PUBLIQUE EITERIEURE A 10YER ET LONG TERME NON AMORTIE Y COMPRIS LA DETTE NON DEBOUBSEE AU 31 DECEMBRE 1967 1/ Dette remboursable en devises (en milliers de dollars E.U.) (suite) Page 8 Dette non amortie (début de période) Paiements durant la période y compris Amortis- Année dette non déboursèe sement Intérgt Total PRET DE LA TCHECOSIOVAQUIE 1968 147 59 4 63 1969 88 59 2 61 1970 29 29 - PRETS DE LA POIDGNE 1968 4.032 1.306 118 1.425 1969 2.726 1.376 84 1,461 1970 1,350 1.021 37 ,o58 1971 329 47 8 55 1972 282 47 7 54 1973 235 47 6 53 1974 188 47 5 52 1975 141 47 4 51 1976 94 47 2 49 1977 47 47 1 48 Voir renvoi à la fin du tableau. Tableau 2: MAROC - ESTIMATION DES PAIEMRINTS CONTRACTUELS AU TITRE DU SERVICE DE LA DETTE PUBITQUE EXTERIEURE A MDYEN ET LONG TERME NON AMORTIE Y COMPRIS LA DETTE NON DEBOURSEE AU 31 DFCEMBRE 1967 ;/ (suite) Page 9 y compris le service de la totalité de la dette figurant au tableau 1, préparé le 10 juin 1968, sauf pour les montants suivants: a) Emissions publiques d'obligations remboursables à la demande du porteur 2.460,000 dollars b) Prets dont les modalites de remboursement ne sont pas connues: crédits-fournisseurs: 1,647.000 dollars autres prêts gouvernementaux des Etats-Unis: 5,700.000 dollars prêts de la France: 12,289.000 dollars Total 22.096,000 dollars Division des Services Statistiques Département des Etudes Economiques 10 juin 1968 Tableau 3: POPUIATION (en milliers d'habitants) 1960 1962 1964 1966 1967 Marocains Musulmans 11.068 11.870 12.630 13.450 13.880 Israélites 162 155 110 100 90 Total 11.230 12.025 12.740 13.550 13.970 Etrangers Français 175 90 Espagnols 93 30 Algériens 93 25 Divers 35 30 Total 396 335 220 175 170 Toutes Nationalités 11.626 12.360 12.960 13.725 14.140 Source: Division du Plan et des Statistiques. Tableau 4: PiDUIT INTERIEUR BRUT PAR PRINCIPAUX SECTEURS AUX PRIX DU MARCHE DE 1960 1963-1967 ET PREVISIONS POUR 1968 (en millions de dirhams) 1963 19614 1965 1966 19671/ 1968 (Estima- tions) Agriculture 3.060 2.990 3.150 2.740 3.160 3.380 Exportations princi- pales et cultures in- dustrielles 2/ ( 620) ( 750) ( 800) autres cultures (2.440) (2.240) (2.350) Electricité 230 250 260 280 290 310 Mines 530 590 590 580 580 600 Industrie et artisanat 1.290 1.330 1.320 1.370 1.410 1.460 Construction, travaux publics 460 440 460 500 590 600 Commerce 2.180 2.150 2.130 2.090 2.120 2.230 Transports et autres services 1.660 1.720 1.780 1.820 1.890 1.970 Production intérieure brute 9.410 9.470 9.690 9.380 10.040 10.550 Traitements et sa- laires du secteur public 1.090 1.1140 1.120 1.190 1.260 1.320 Produit intérieur brut 10.500 10.610 10.810 10.570 11.300 n.870 1/ Chiffres provisoires _/ Comprend: vins, agrumes, légumes, sucre, betterave, coton, tabac. Source: Comptes dc, 12 '.1ction, Division du Plun et des Statistiques. Tableau 5: PRODUIT BRUT AUX PRIX DU MARCHE 1964-1967 (en millions de dirhams) 1964 1965 1966 1967 Consommation du secteur privé 9.260 9.660 9.44o 9.980 Consommation du secteur public 1.860 1.800 1.86o 1.970 Biens et services l520 414 ( 430 450 Traitements et salaires 1.340 1.360) (1.430) 1.520) Investissements fixes 1.370 1.440 1.530 1.840 Modification des stocks - 20 - - 150 30 Exportation de biens et services 2.750 2.700 2.74o 2.720 Moins: Importations de biens et services 2.710 2.440 2.650 2.920 Produit int6ricur brut 12.510 13.160 12.770 13.620 Paiements au titre du revenu net des facteurs - 90 - 150 - 190 - 160 Transferts courants nets 10 10 50 30 Produit national brut 12.430 13.020 12.630 13.590 Source: Comptes de la Nation: Division du Plan et des Statistiques. Tableau 6: PRODUCTION AGRICOLE, 1959/60 - 1966/67 1959/60 1960/61 1961/62 1962/63 1963/64 1964/65 1965/661/ 1966/671_/ (en milliers de quintaux) céréales: Plé dur 6,878 4,456 9,321 8,905 8,894 10,085 6,150 8,500 Flé tendre 2,366 1,618 3,237 3,050 3,064 3,059 1,986 2,400 Orge 12,294 4,756 n,850 14,630 11,684 11,894 5,057 n1,ooo Mais 3,341 1,065 3,291 3,967 3,197 2,721 1,544 2,450 Céréales di- 1,287 774 1,394 1,579 1,292 1,165 890 1,151 verses Total partiel 26,166 12,669 29,093 32,131 28,131 28,924 15,627 25,501 T,égumineuses 2/ 1,571 798 1,407 1,472 2,149 2,465 1,403 1,720 Agrumes 4,250 4,720 4,550 4,890 6,300 5,300 6,211 7,166 olives 1,130 1,810 1,h00 1,450 2,OOO 1,770 2,670 n.a. raisins 3,640 3,730 3,290 4,170 4,200 4,600 4,000 n.a. rraine de tourne- 25 7 19 93 101 39 25 21 sol Lin 43 35 129 57 155 105 76 36 roton brut 41 49 95 147 170 242 301 126 Petterave sucrière -- -- -- 719 1,808 1,739 3,82O 3,600 1/ Chiffres provisoires 7/ Comprend: fèves, pois chiches, petits pois, lentilles et haricots verts. Fource: La situation Economique du Maroc (1959/60 - 1964/65); Ministère de l1àgriculture (1965/66 et 1966/67) Tableau 7: SUPERFICIES CULTIVEES EN CEREALES ET LEGUMINEUSES, 1959/60 . 1966/67 1959/60 1960/61 1961/62 1962/63 1963/64 1964/65 1965/66- 1966/67 (en milliers dhftares) é'êréales: Plé dur 1,220 1,154 1,090 1,257 1,154 1,267 1,234 1,387 Plé tendre 438 442 377 395 375 390 401 408 orge 1,860 1,561 1,535 1,935 1,717 1,645 1,774 1,807 Mais 504 410 447 462 454 434 438 461 Céréales diverses 183 167 187 232 181 157 153 1146 Total partiel 4,205 3,734 3,636 4,281 3e881 3,893 4,ooo 4,209 Tégumineuses 2/ 286 265 248 280 316 298 345 298 motal 4,_491 3,999 3,884 4,561 4,197 4ý,191 4,345 4,507 1/ Chiffres provisoires 2/ romprend: fèves, pois chiches, petits pois, lentilles et haricots verts Fource: La Fituation Econouique du Maroc (1959/60 - 1964/65); inistire de l'Agriculture (1965/66 et 1966/67). Tableau8: IIUDUM T S CUZM - SETUR MDME, SETWR Th& YM E. EIr MEM NàTIoXALE 1959/60 1960/61 1961/62 i92/63 1%3/6 1964/665 1965/66 j&/67 Trdi Tr&«i Tme fu- bzmdi- Tradi- Moderne tionnel Moyenne Moderne tioibul fbnne Odorne M U Mnane modenm n 12 odene Mom. odr.e Moyeme (m qimtm par haetare) Blé dur 7.9 5.L 5.6 8.3 3.4 3.9 14. 7.9 8.6 10.0 6,7 7.1 10.9 7.0 7.7 11.7 7.3 7.8 8.4 3.5 5.0 9.9 5.4 6.1 Ble tendre 9.2 h.6 5.L 7.9 2.5 3.7 13.5 7.1 8.6 10.8 6.8 7.7 12.3 6.8 8.1 13.7 5.9 7.9 9.3 3.6 4.9 8.4 5.0 5.9 Orge 8.0 6.9 6.9 5.ù 3.2 3.0 11.8 7.6 7.7 11.0 7.5 7.6 9.7 7.2 6.8 12.1 7.1 7.2 6.6 2.7 2.8 7.6 5.9 6.1 Mais 7.3 6.6 6.6 3.4 2.6 2.6 8.8 7.3 7.3 9.6 8.5 8.6 8.9 7.1 7.0 8.2 6.2 6.2 6.2 3.4 3.5 7.9 5.4 5.3 _/ chiffres provisoires Source: La Situation Ecornique du Maroc (1959/60 i 196V/65); Miniati-r de l'igricuitnre (1964/65 et 1965/66) TABLEAU 9: DEPENSES PREVUES POUR L'AGRICULTURE 1968 - 1972 Proportion du Montant total général (en millions de dirhams)(prcentage) I. IRRIGATION A. Barrages Etudes générales 30,9 Grands travaux d'entretien et achèvement des nouveaux barrages 255,0 Amélioration des barrages existants 24,0 Construction de nouveaux barrages 303,6 (13,9) Etudes pour nouveaux barrages 14,5 total partiel - barrages 628,0 28.8 B. Réseaux d'irrigation: Offices régionaux 533,0 Hors des offices régionaux 102,0 C. Autres investissements dans le cadre des offices régionaux: Installations de transforma- tion des CXV 138,7 total partiel - B et C 773,1 35,5 total partiel - irrigation 1.401,1 64.3 f Enseignement agricole exclu, mais construction de barrages inclus. La présentation de ce tableau diffère à certains points de vue de celle des documents du Plan. Par exemple, les dépenses relatives au projet de barrage de Grou ne figurent pas dans les totaux relatifs à la construction de barrages étant donné qulil s'agit d'un projet d'approvisionnement en eau et non pas d'un projet d'irrigation. On a d'autre part procédé dans la mesure du possible à des ajustements pour déduire le coût de la production d'hydro-électricité des totaux représentant des dépenses pour l'agriculture. Tableau 9 (suite) II. Autres dépenses agricoles A. Agriculture: Programmes d'implantatio .30,0 Opération engrais (y compris _ les graines) 48,6 Programme de fourrages 26,9 Equipement des centres de travaux 61,5 Investissements sociaux (eau potable etc....) 53,o Divers 32,3 total partiel - A 252,3 1, 6 B. Services vétérinaires, etc 123,7 5,7 C. Conservation des sole et des forêts 157,5 7,2 D. Projet DERRO 60,1 2,8 E. Recherche 30,0 1,4 F. Protection des plantes 77,0 3,5 G. Services cadastraux et topo- graphique 39,2 1,8 H. Etudes générales 24,7 1,1 I. Equipement divers 12,0 total partiel - de B à I compris 52h,9 24,1 total partiel - autres dépenses agri- coles 35,7 TOTAL GENERAL: Dépenses prévues pour l'a- griculture 2.177,6 100,0 1/ Quelques dépenses tombant dans cette catégorie affecteront les zones d'irrigation (ex: recherche, Derro, etc...) mais ne peuvent être iso- lées des renseignements disponibles. Tableau 10: ESTIATICI DES SUPERFICIES AiliLIOREES PENDAIIT La PERIODE DU PLAN (en h'èctares) Superficie irriguée AccrOissement des ins- Suparficie supplémentaire tallations(1968-72) cultivêe (1972) Superficie supplmen Estimations Variante Estimation Variante taireen assolement(197) du Plan d d lan stmation ariante Amélioration et achèvement des V - du Plan systèmes existants 1.000Agrumes 6.00 4 Extension à de nouvellas régions 89.000 54.oo Fourrages 12.000 6,000 Nouvelle infraswucure dans las 6 régions déjà irriguées 11,000 11,000 50000Assolement: Petite et moyenne i-rigation -60.000 50- / 60-000 _0,000 Betterares Total partiel U7-000 iÎl.00 127.000 90,000 sucrires 12.000 15.000 Coton 12,000 10,000 Cêréales 18,000 10.000 Légumas 7,000 5.000 Cêréales et léumes 60.000 40.000 127,000 90,000 Zone d'agriculture en sec Superficie supplêmentaire couverte 1972 par rapport à 1967 E;tiation du Plan Variante Opération Engrais 350,00 6/ 350.000 Programme des Fourrages 25,000 25.000 Pépinières pour culturoe arbustives 700 700 Amélioration des pâturages naturels 1,UL00,000 150000 Conservation du sol 76.000 76.000 Reboisement 60.000 60.000 DERRO - (programme principal Conservation du sol 15.000 15,000 Petite irrigation 3,000 3.000 1/ Tadla, Doukkala, Basce Moulouya H/ Haouz, Draa, Loukkos, Souss, et autres régions disséminêes 2/ Rharb, Tadla, Basse Moulouya, Haouz. à travers le pays. 3/ Ziz _/ La mission n'a pas de variante pour la superficie couverte d'ici à 1972. 6/ Le Plan estime à 500.00 hectares la superficLe totale Source: Plan Quinquennal. -couverte d'ici à 1972. .eba 1: ESTIMATION DE LA CROISSANCE DE LA PRODUCTION AGRICOLE 1968-1972 Taux de croissance annuel moyen Estimations 1972 1968-1972 Estimations 1967 Plan Variante Plan Variante (en milliers de tonnes) (en pourcentage annuel) Quatre cérÙales principales 2.600 1/ 2.900 2.800 2,9 1,5 Autres céréales 120 If 120 120 sans changement 5/ sans changement 5/ Betteraves à sucre 350 2/ 1.600 1.4oo 36,0 32,0 ~ Coton 24 2/ 2 39 11,8 10,2 Agrumes 700 3/ 1.100 1.000 9,5 7,h Légumes frais 1.150 2/ 1.300 1.300 2,5 2,5 Lègumineuses 170 184 184 1,6 1,6 Autres produits agricoles 1/ n.d. n.d. n.d. sans changement 6/ sans changement 6/ Forêts n.d. n.d. n.d. 2,4 7/ 2,4 7/ Pêche n.d. n.d. n.d. 0,8 7/ 0,8 7/ Elevage n.d. n.d. n.d. 2,4<7/ 1,2 / Moyenne pondérée 2,7 9/ 1,7 9/ l/ Production moyennne 1963-1967. 2/ Estimation de la Mission relative à la capacité de production de base moyenne pour 1967. 3/ Fondé sur les projections de la FAO. i/ Y compris le vin, les autres fruits et les olives. _/ On suppose que toutes les variations de la production de céréales concernent les principales céréales. 6/ Supposé sans changement car l'augmentation des fruits et des olives est compensée par la diminution de la production vinicole. 7/ En l'absence de données de base sur le volume de la production, les taux de croissance sont obtenus à partir de l'évolution estimée et de la valeur ajoutée. 8/ Applique à la valeur ajoutée par l'évelage en 1967 l'estimation de la mission relative à l'accroissement de la valeur ajoutée. 9/ Pondéré proportionnellement à la valeur ajoutée par l'agriculture en 1967. Source: Plan Cuinquennal pour les estimations de l'accroissement de la production. Remarques concernant les tableaux 10 et 11 1. La section relative à la superficie irriguée fait apparaître la superficie supplémentaire susceptible de bénéficier d'installations d'irrigation d'ici à 1972, la partie de cette superficie susceptible d'être cultivée et les assolements possibles dans les superficies cultivées. La superficie qui, selon les prévisions, sera cultivée, reflète le hiatus habituel entre la construction des installations et leur mise en service totale. La variante envisage une phase d'instal- lation plus longue, davantage d'efforts en vue d'améliorer les systèmes d'irrigation existants et une tendance de la part des cultivateurs à préférer la betterave sucrière au coton dans les assolements (comme c'est le cas actuellement dans la région du Tadla). 2. Les estimations du Plan concernant l'amélioration des pàtu- rages naturels ou des parcours sont considérées trop élevées. Le programme le plus détaillé d'amélioration des pâturages que l'on ait pu examiner couvre quelque 125.000 hectares de parcours de première priorité pour le développement de l'élevage, devant être améliorés sur une période de 5 à 7 ans. La variante reflète essentiellement re programme, plus quelques améliorations supplémentaires en dehors du programme. 3. Le tableau 11 contient une estimation du taux d'accroissement de la production des principales cultures, de la sylviculture, des pêcheries et de l'élevage. La variante reflète dans l'ensemble les variantes relatives aux superficies cultivées telles qu'elles figurent au tableau 12, mais pour les céréales, les agrumes et l'élevage, les variantes prévoient également des accroissements moins considérables de rendement que les documents du PlaL. h. L'utilisation de taux d'accroissement annuels pour la produc- tion des diverses denrées est utile dans la mesure où elle permet de se rendre compte des progrès accomplis en matière de volume de production, par opposition aux plus values. Il ne faut pas oublier, cependant, que les comparaisons entre les taux de croissance ne sont pas toujours très signi- ficatives puisque des différences minimes portant sur la base qui sert à mesurer les changements, ou les estimations de fin dtannée pour l'avenir, peuvent donner des taux dtaccroissement différents pour des estimations qui, en volume, sont essentiellement identiques. Des coefficients de pondération sont nécessaires afin d'obtenir un taux unique pour lfensemble du secteur à partir des divers taux d'ac::roissement des différentes cultures. Le choix de ces coefficients influera sur l'importance du taux d'accroissement. Le tableau 11 indique un taux d'accroissement annuel moyen de 2,7 pour cent pour le secteur, fondé sur les coefficients implicites des estimations de la valeur ajoutée pour 1967. La variante fait état d'un taux dfaccroissement de 1,7 pour cent par an. Tableau 12: STRUCTURE AGRAIRE - ESTIMATION DES SUPERFICIES CULTIVEES PAR CATEGORIE D'EXPLOITATION Secteur moderne l/ Exploitations privées - marocaines 250.000 Exploitations privées - étrangères 340.000 Terres domaniales - (ex-étrangéres - louées) 200.000 Total partiel 790.000 Secteur tradi""j onnel Exploitations privées - marocaines: Moins de 8 hectares 1.900.000 De 8 à 9,9 hectares 270.000 De 10 à 14,9 hectares 410.000 De 15 à 19,9 hectares 170.000 20 hectares et plus 400.000 Exploitations collectives 550.000 Total partiel 3.700.000 Total des terres cultivées 4.400.000 l_/ Y compris la superficie estimée à 158.000 hectares des terres irriguées (1966) dans les principaux périmètres d'irrigation Sources: Estimation de la Mission à partir des données contenues dans: Préparation du Plan de Développement, 1968-1972; Service des statistiques rurales; l'Impôt Agricole - les gros Contribuables. Tableau 13: INDICE DE LA PRODUCTION INDUSTRIELLE PAR SECTEURS ET BRANCHES 1963-1966 (1958 : 100) Pondération 1963 1964 1965 1966 Energie 110 139 147 153 162 Mines 375 111 125 126 123 Industrie 515 218 130 128 136 dont: Transformation des métaux 145 103 107 103 102 Céramique et matériaux de construction 58 137 143 139 145 Produits chimiques 68 111 117 134 152 Corps gras 39 145 121 125 130 Produits alimentaires 417 121 127 127 138 Textiles 107 183 184 181 190 Cuir 49 121 102 100 104 Papier et carton 29 134 138 133 143 Autres 88 138 129 117 122 Total partiel 1.000 Indice général 123 130 130 134 Source: "La Situation Economique du Maroc" 1966. Tableau 14: PRODUCTION MIERALE - 1963-1967 (milliers de tonnes métriques) 1963 1964 1965. 1966 19611/ Minerai de phosphate 8.548 10.098 9.824 9.l39 9. 120 Minerai de fer 1.035 887 951 1.017 828 Minerai de manganèse 335 341 376 362 284 Minerai do plomb 106 104 113 119 106 Minerai de zinc 59 81 95 94 79 Cobalt 14 15 17 18 16 Charbon 404 400 419 451 441 P6trole brut 150 120 103 103 90 Pyrrhotine - - 128 282 273 lj Onze mois seulement Source: Division du Plan et des Statisques. Tableau 15: RECETTES COURANTES DE L'ETAT (1964-1967) (en millions de dirhams) 1964 1965 1966 1967 Impft agricole 32,1 43,2 314,5 36,9 Impft sur les sociétés 30,6 53,1 57,6 54,6 mp6t sur les bénéfices professionnels 126,7 293,8 317,5 339,3 Impft sur les salaires 60,9 77,6 101,3 103,7 Imp8t urbain 3,2 2,4 9,0 13,2 Impft sur les débits de boissons 0,5 0,6 0,6 0,7 Total des impots directs 254,0 470,7 520,5 548,4 Droits et taxes à l'importation 416,6 328,1 400,6 404,1 Taxes à l'exportation 37,5 413,1 148,2 60,6 Autres recettes douanières 3,7 3,9 4,1 4,2 Total des recettes douanières 457,8 375,1 452,9 468,9 Taxes indirects 300,9 320,9 352,5 379,4 Imp8t sur le chiffre d'affaires 210,0 205,0 221,9 235,0 Total des impàts sur la consommation 510,9 525,9 574,5 614,A Taxes d'enregistrement et de timbre 101,2 110,5 118,9 125,5 Revenus du domaine 42,1 48,0 41,1 49,8 Revenus des monopoles d'Etat et des entreprises publiques 226,3 142,2 171,8 344,9 Revenus des autres activités de l'Etat 52,3 59,1 49,4 67,9 Revenus de transfert de l'Etat 56,1 162,3 92,4 122,9 Total des ressources diverses 478,0 522,1 473,6 711,0 Total des ressources 1.700,7 1.893,8 2.021,5 2.342,7 Source: Ministère des Finances Tableau 16: DEPL2NsEs COUPATE3 DE LIETAT (19e5-1967) (en millicas de dihamsl) 1965 _ _ .'' 7 Ffectif Pour- Effect '?mn-- Effectil PIou - centage ceiltao certage 1. Services 6conomiques 260. 14,3 26497 1 260e2 l Commorce 16,5 9,4 9,0 Ldustrie et î1ines - 7,3 8,0 Travaux publics 10137 104,4 96,4 Agriculture 142,0 143,2 155,3 Dëveloppement 0,7 0,4 0,5 2. Services sociaux 657,1 36,0 691,1 37j1 71291 37,6 Education nationale 448,4 477,1 493,2 Jeunesse et sports 17,4 16,3 18,0 Travail 10,3 10,3 9,8 Santé publique 181,0 187,4 191,1 3. Services g6néraux 566zl 31,0 595,5 31,9 605,2 31.9 Dëfense Nationale 287,3 298,8 318,7 Gendarmerie Royale 32,3 33,3 36,7 Forces auxiliaires 94,0 96,3 90,5 Intérieur 48,5 51,8 46,8 Sûreté Nationale 104,0 115.,3 112,5 4. Divers 336,3 310,8 305,9 5. Total 1.820,4 1.862,1 1.892,4 f/ Non compris le Service de la Dette Publique Source: Ministàre des Finances 1/ Tableau 17& DPENSES D' INVESTISSEENT INSCRITE AU BUDGE' 1965-67 (en millions de dirhams) Nature de la dépense d'investissement 1965 1966 1967 1. Agriculture 159»1 169L9 347,h .rrigation 96,4 ,0,7 219,8 Culture en sec et élevage 10,6 32,8 64,1 Conservation et forets 31,7 39,1 53,9 Recherches et divers 20,4 7,3 9,6 2. TransiDorts 71,5 66L6 77-5 Ports 11,1 16,4 12,5 Routes 46,8 38,6 50,6 Infrastructure des transports aériens 10,6 11,6 14, 3. Diveloppement communautaire 36,1 21,0 27,1 Logements et amenagements urbains 26,6 17,0 16,6 Ouvrages et projets d'adduction d'eau 7,3 2,6 5,8 Aménagements ruraux 2,2 1,4,7 4. Services sociaux 65,6 4317 33>1 Education, formation, jeunesse et sports 47,3 27,6 23,1 Santé Publique 18,3 16,1 10,0 5. Communications 35,1 3312 6. Tourisme 5,6 15LO 37s5 1tels 1,6 >l,5 26,1 Autres équipements touristiques 4,0 10,5 13,4 7. Industrie 36,2 33,2 45,1 Itudes et recherches minieres 14,3 13,4 13,8 Artisanat -- 0,6 1,0 Complexe chimique de Safi 21,9 16,6 22,6 Zone industrielle de Tanger -- 2,1 6,1 Aciérie nationale -- 0,P 0,6 Peche et marine marchande -- -- 1,0 8. Administration civile 271 261 52.9 9. Dépenses militaires 1 223 10. Reconstruction d'Agadir 27&5 19.1 -54 11. Total des dépenses d'investissement 478,1 439,0 69L,3 12. Transferts o.N.E. 22,8 16,6 58,6 O.N.C.F. 19,7 19,3 12,0 Participations industrielles 113,6 46,1 197,0 13. Total 634,2 521,0 961,9 1/ Correspond essentiellement à des dépenses inscrites au budget de l'Etat, y compris les "budgets annexes", sauf les transferts aux chemins de fer et à la Compagnie d'électricité qui figurent à part. Source: Ministbre des Finances. Tableau 18: SITUATION MONEAIRE (millions de dirhams) 1964 1965 1965 1966 1966 1967 1967 Dec. Juin Dec. juin ac. Juin Dec. Billets et piices en circulation 1.278 1.295 1.386 1,399 1,429 1.488 1.614 Dépôts 'à vue 2.299 2.346 2.472 2.407 2.371 2.567 2.523 Autres de'ots 218 213 272 257 308 343 331 Masse monétaire totale 3.795 3.854 4.130 4.063 4.108 4.398 4.468 Réserves extérieures 380 492 611 716 548 650 448 Crédit au Tr'sor 1.606 1.684 1.543 1.594 1.541 1.698 1.868 dont: Banque Centrale (492) (505) (456) (428) (449) (557) (880) Bons d6tenus par les banques (623) (666) (667) (662) (673) (553) (536) Dép">ts privés auprès du Trésor (491) (513) (420) (504) (419) (588) (452) Crédit à l'économie 1,932 1.747 1.978 1.771 1.976 1.985 2.118 dont: Banque Centrale (433) (385) (424) (373) (454) (486) (486) Autres banques (1.h99) (1.362) (1.554) (1.398) (1.522) (1.499) (1.632) klustements -123 -69 -2 -18 43 65 34 Total de toutes les sources 3.795 3.854 4.130 4.063 L.108 4,398 4.468 Source: Banque du Maroc Tableau 19: EXPORTATIONS DE iARCHANDISES, VALEUR JI IDUANE, 1963-67 (en millions de dirhams) 10 mois 10 mois 1963 196>4 1965 1966 1966 1967 TOTAL 1943 2166 2176 2168 1756 724 Alimentation, boissons, tabac 943 1074 1050 1052 813 801 Agrumes 25 31 3 3 20 7 Tomates 105 129 137 149 135 158 Pommes de terre 40 31 49 g9 47 Autres légumes frais 27 28 48 30 25 34 Fruits secs l1 24 34 23 19 25 Fruits et légumes en jus il 16 14 22 19 17 Fruits et léguies en conserve 38 47 50 51 41 50 Légumes secs 62 65 89 54 40 36 Poissons en conserve 102 134 73 122 102 87 Poissons salés 17 17 13 19 16 a Vins et spiritueux 91 117 93 75 62 52 Orge 37 19 2 - - - Mi 27 15 17 5 5 - Millet 12 16 15 - - - Autres 107 105 105 108 84 90 Matières premières agricoles 131 9_4 89 129 112 86 Crin végétal 31 32 27 26 22 18 Esparto 14 6 5 5 4 3 Huile d'olive 35 6 3 44 42 6 Laine, fourrure, cuirs et peaux 15 13 9 9 8 5 Liège 18 17 16 16 14 15 Coton 18 20 29 29 22 39 Combustibles et matières premières 731 872 906 829 691 682 Phosphates l 7- Tý-3 73T liÖ iE4 Fer 45 40 38 32 29 29 Manganèse 57 52 51 52 41 37 Plomb 59 64 126 76 64 51 Zinc 15 20 33 26 19 22 Cobalt 5 16 4 14 10 10 Charbon 14 12 9 - - - Autres produits des mines et carrières 25 36 37 40 32 27 Autres 51 54 55 55 46 52 Produits manufacturés non alimentaires 138 146 131 158 140 155 Cuir ~f3 "l ~13 ~1i 13 ~1T Autres produits semi-finis dérivés du liège 9 7 7 7 6 5 Autres produits semi-finis 55 55 53 89 80 90 Produits finis destinés a% l'industrie et à l'agriculture 9 9 6 5 5 2 Biens de consommation 52 64 52 43 36 44 Source: Division du Plan et des Statistiques. rableau 20: IMPORTATIONS DE MARCHANDISFS, rALEUP EN DoUAnlE 1963-1967 (millions de dirhams) 10 mois 10 mois 1963 1964 1965 1966 1966 1967 OT A T 2243 2327 2181 2418 1936 2178 Alimentation (sauf huile et graines oleagineuses), boissons, tabane 465 636 578 660 497 578 T-a t -T9 ~T5 ~~3 ~719T T Peurre et fromage 29 28 25 25 18 23 Café 28 30 30 33 25 26 Thé 51 7o 56 64 56 48 Flé dur 2 11 * 17 7 * rié tendre 36 51 79 202 1144 256 Orge * * * - - -- rarine de froment 19 16 23 12 il 14 Tabac 20 19 15 18 14 13 Fucre 192 327 262 191 149 116 Divers 69 65 65 78 57 63 Combustibles et matières premières 346 398 442 435 353 357 Ptrole brut ~5E ~M ~M ~7 ~T ~M Essence 2 3 2 2 2 3 Euile lourde et mazout 2 2 2 * * 4 Lubrifiants 17 17 18 14 12 12 !?Pis 66 71 64 76 62 59 grachides et huile d'arachide 10 18 5 - - 1 Autres huiles alimentaires 81 37 113 94 67 56 ivers 134 165 165 170 i1o 153 Produits semi-finis 464 469 459 522 435 469 Produits intermédiaires à base de ~ papier 40 34 27 30 25 27 Fngrais 24 22 27 27 21 29 Autres produits chimiques 38 39 48 50 42 39 Coton et fibres textiles synthétiques 42 46 56 90 76 65 Produits métalliques, non électriques 139 156 135 141 117 149 Or industriel 7 14 10 6 5 3 Divers 174 158 156 178 149 157 Produits finis destinés à. l'agriculture et a l'industrie 370 344 353 385 314 436 ,achines et outillage agricoles 27 25 24 ~7 ~3 15 Iachines et outillage iniustriel 154 153 165 158 128 191 ' éhicules et pièces automobiles 24 25 16 22 18 11 Divers 165 146 148 178 145 219 7iens de consommation 598 480 349 416 337 338 Produits pharmaceutiques ~6T ~~6T ~56 --7 ~55 ~57 Textiles 165 131 52 97 73 66 nuincaillerie et appareils ménagers 33 32 20 32 27 29 Automobiles et pièces de rechange 113 71 54 61 48 73 n)ivers 226 185 167 164 134 128 * ot,5 million de dirhams ou moins Source: Divison du Plan et des Statistiques. Tableau 21 BALANCE DES PAIEMENTS (millions de dirham) 196. 1965 1966 1967 Marchandises (f.o.b.) 24 -07 -80 -291 Exportations 2.219 2.207 2.170 2.146 Imuortations 2.165 2.000 2.250 2.437 Tourisme (net) 2f 136 257 318 312 Autres services -150 -201 -153 -214 Biens et ervices non facteurs h0 263 85 -193 Intérêts et dividendes -87 -148 -195 -157 Transferts courants (net) 3 6 48 129 Total du compte courant -4h 121 -62 -221 Transferts exceptionnels 4l45 -180 -169 06 Total des biens, services et transferts -189 -59 -231 -327 Prêts publics 377 598 522 460 Rembourseients des prêts publics -87 -101 -180 -80 Dons publics 60 76 117 n.d. Capitaux privés (net) 12 il 18 38 Total des capitaux 362 584 477 n.d. Sorties de capitaux et erreurs et omissions -485 -291 -309 n.d. Utilisation des réserves, net +312 -231 +63 +10C 1/ Estimation provisoire 2/ Estimation révisée de la Commission du Plan Source: Division du Plan et des Statistiques, et Office des Changes. Tableau 22: INDICE DU COUT DE LA VIE (CASABLANCA) (100 = 1958-1959) 1965 1966 1967 Janvier 130,2 128,3 129,0 Février 131,9 127,5 128,8 Mars 131,7 126,5 128,3 Moyenne 131,3 127,4 128,7 Avril 129,2 125,6 126,2 Mai 127,7 123,9 122,9 Juin 126,3 124,0 122,3 Moyenne 127,7 124,5 123,8 Juillet 125,2 125,2 122,1 Août 125,0 125ý,8 123,4 Septembre 126,3 127,9 126,0 Moyenne 125,5 126,3 123,8 Octobre 127,7 128,7 127,8 Novembre 129,0 130,5 127,6 Décembre 128,9 129,6 127,7 Moyenne 128,5 129,6 127,7 Moyenne annuelle 128,2 126,9 126,0 Source: Division du Plan et des Statistiques. Tableau 23: ENTREES BRUTES DE CAPITAUX ETRANGERS - VERSEMENTS (en millions de dirhams) 1964 1965 1966 Long terme France 265 157 226 Etats-Unis 99 185 162 Koweit - 85 56 BIRD 13 39 61 Allemagn.e - 53 - Divers 1 8 Court terme (principalement France) - 78 9 T o t a 1 377 598 522 Source: Balance des paiements (Situation économique du Maroc).
World Bank Group · Pre-2003 Economic or Sector Report
Morocco - Recent performance and development : Maroc - Évolution économique et problèmes de développement
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