59457 Le Bulletin d'information sur les meilleures pratiques présente les résultats opérationnels des analyses économiques et sectorielles réalisées par la Banque mondiale et les gouvernements membres dans la Région Afrique. Ce bulletin est une publication mensuelle du Centre pour le Savoir et l'Information (Knowledge and Learning Center - KLC ) Le rôle de l'information, de l'éducation et de la communication dans les opérations du Fonds d'Action Sociale du Malawi (traduit de l'anglais) Objectifs Le Fonds d'Action Sociale du Malawi (Malawi Social Action Funds - MASAF), qui a commencé ses opérations en 1996, avait été proposé par le gouvernement du Malawi comme un mécanisme rapide de déboursement pour réduire la pauvreté, pouvant répondre aux besoins et exigences des communautés rurales pauvres du pays. L'expérience du pays dans les projets et les programmes d'auto-assistance avait particulièrement été sans succès - ce projet était supposé apporter un changement dans ce sens. Il avait été conçu pour promouvoir un changement dans la façon dont tous les acteurs du développement, y compris également le gouvernement, allaient travailler avec les bénéficiaires. Il avait été demandé aux communautés de contribuer jusqu'à plus de 20% aux coûts totaux du sous-projet, sous forme d'argent, de travail ou de matériel. La participation était donc un facteur important dans la conception du projet. La composante information, éducation et communication (IEC) était prévue dans un premier temps, comme un outil pour apporter l'appui et diffuser des informations sur le projet. Cependant, par la dynamique de l'exécution du projet, elle s'est développée et a pris forme, comme le furent le reste du projet et ses acteurs. Impact • Les différentes initiatives de l'IEC (communications par radio, les affiches, les publicités sur les bus, des échanges interpersonnelles) ont clairement établi dans l'esprit de différents et éventuels bénéficiaires, les normes du projet, les rôles qu'ils devaient exercer, et leurs responsabilités. Ceci a laissé peu de possibilités aux parties prenantes pour feindre "l'ignorance", quand elles étaient appelées à participer dans le projet ou lorsqu'elles n'ont pas pu le faire. • Les membres de la communauté avaient clairement établis un rapport avec les expériences des autres communautés par l'intermédiaire des entretiens par la radio ou enregistrés sur cassettes audio ; ces expériences furent adaptées à leurs propres situations. • Un impact visible de l'accès équitable à l'information s'est manifesté par un changement remarquable dans les attitudes des communautés pauvres envers les ONG, et le personnel de vulgarisation du gouvernement de district. À l'égard des ONG, les communautés ont clairement fait comprendre qu'elles étaient conscientes du fait que les ONG n'étaient que l'une des options qui pouvaient leur aider à choisir, concevoir et exécuter leur projet - qu'elles devaient elles- mêmes prendre la décision. A l'égard de l'administration de district, l'attitude des communautés avait changé, passant d'un consentement passif à tous ce qu'on les offrait, à une participation active en réclamant, bien que poliment, que le personnel des services de vulgarisation du gouvernement remplisse sa part du contrat. Les relations de pouvoir ont en effet commencé à se redéfinir. • Au sein de la communauté, où les élites n'avaient en général, jamais été contestées, l'accès libre aux informations sur les droits et responsabilités (par exemple, le rôle du sous-comité du projet) avait mis à jour des questions pertinentes sur l'utilisation des fonds, la qualité du matériel acheté, la procédure de sélection d'un sous-traitant, etc.) Les membres du Parlement qui avaient tenté d'influencer les questions touchant la passation des marché et des contrats ont, pour la plupart, été écarté par les communautés. • Le fait que le projet encourageait de mettre l'accent sur la différence des sexes avait été largement communiqué - ceci a encouragé les femmes à insister à leur participation dans des sous-comités du projet et à participer activement dans des décisions touchant les besoins prioritaires de la communauté. • Les effets les plus remarquables de ce flux libre d'informations, se sont manifestés par de meilleures relations de travail entre les parties prenantes, et une nouvelle confiance entre ces différents acteurs. Les relations conflictuelles ont été remplacées par un respect croissant. Enseignements tirés • Une campagne d'Information, d'Education, et de Communication doit précéder l'exécution du projet pour informer et forger l'opinion sur les caractéristiques du projet. • Une composante IEC est indispensable pour passer d'un environnement non-équilibré d'informations à un environnement équilibré. Autrement dit, lorsque toutes les parties prenantes ont beaucoup plus d'informations, et que ces informations sont disponibles plus objectivement, les questions faisant l'objet des négociations deviennent plus claires, et les relations de pouvoir ont tendance à se reformuler elles-mêmes. • Il importe d'avoir un professionnel IEC dans la Cellule de gestion du Projet (ou son équivalent). La notion que "n'importe qui peut conduire l'IEC parce qu'il s'agit d'une question de bon sens" s'est avérée complètement non fondée dans le cas des opérations du MASAF. • La formation en IEC doit être offerte dès les premiers contacts avec les communautés, il s'agit des officiers de zones dans ce cas, car ils jouent un rôle important dans la diffusion et la collecte des informations. • Les premières vagues des communications doivent être claires et simples, et non-susceptible à une mauvaise interprétation. Dans le MASAF, par exemple, alors que l'éligibilité au sous-projet était expliquée clairement, les messages ne spécifiaient pas les types de sous-projets que le Fonds allait supporter. Des efforts subséquents de clarification ont eu tendance à affecter la crédibilité et à susciter des soupçons sur la bonne foi du projet. • Il est nécessaire qu'une initiative de communication assure le suivi de sa première campagne d'information avec une seconde vague de clarification. Ceci est nécessaire parce que la première vague des informations sur l'arrivée du projet, surtout du Fonds Social, est presqu'immédiatement mal interprétée par les détenteurs du pouvoir qui essayent de maximiser leur rôle d'intermédiaires et de pourvoyeurs de fonds. • Ne jamais faire de la publicité si vous n'avez aucune confiance dans la livraison du produit. La confiance de la communauté dans le MASAF était élevée parce que, contrairement à d'autres projets, très peu de temps s'était écoulé entre la diffusion du projet à la radio et le premier contact avec les bénéficiaires. • L'une des meilleures sources d'une composante évolutive de l'IEC est l'Evaluation pour les bénéficiaires. • Une diffusion régulière des expériences du projet aide à renforcer la nature politiquement non- partisante du projet, au fur et à mesure qu'il devient clair que les sous-projets ont réussi à répondre aux besoins et demandes de la communauté en suivant des normes établies publiquement. • Collecter et diffuser les expériences des communautés, par radio et par écrit, a tendance à restaurer la confiance dans la capacité de l'individu à contribuer à une solution, et à renforcer l'esprit communautaire à travers le pays. Pour de plus amples informations sur ce projet, veuillez contacter P.C. Mohan, Bureau J5-171, Banque mondiale, 1818 H Street, N.W., Washington D.C. 20433. Téléphone : (202) 473-4114, e- mail : pmohan@worldbank.org
World Bank Group · Brief
Le rôle de l’information, de l’éducation et de la communication dans les opérations du Fonds d’action sociale du Malawi
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