DIFFUSION RESTREINTE Rapport No. AF-55b TRADUCTION NON-OFFICIELLE A TITRE D'INFORMATION Ce rapport a e'té prepare' a titre de document interne. Ni la Banque ni les organismes qui lui sont affiliés n'acceptent aucune responsabilité quant à son exactitude ou son caractère exhaustif. En aucun cas ce rapport ne saurait être publié ou cité comme représentant leurs vues. BANQUE INTERNATIONALE POUR LA RECONSTRUCTION ET LE DEVELOPPEMENT ASSOCIATION INTERNATIONALE DE DEVELOPPEMENT SITUATION ET PERSPECTIVES ECONOMIQUES DU MAROC (en deux volumes) VOLUME I RAPPORT PRINCIPAL 4 avril 1967 Departement Afrique EQUIVALENCES MONETAIRES 1 Dirham (DH) = $0. 1974 1 Million DH = $197, 400 $1.00 = DH 5.06 $1 million = DH 5, 060, 000 AV A N T - P R O P OS Ce rapport a été préparé par une mission d'études qui s'est rendue au Maroc en mai et juin 1966 et à nouveau au début de 1967. Cette mission était ainsi composée: John A. Edelnan Paul E. Booz Bernard Decaux Miss Aida Eid (FAO) Philip Golden Klaas Haasjes Frank Higginbottom Gustave Maryssael (Consultant) Epiphane Mavussi Odd M. Mrhrer Geradus H. Ronday (Consultant) Cornelis P. van Dijk Tous les membres de la mission ont collaboré à la préparation du rapport. Mlle Barbara Eschenbach et MM. de Fontenay et Hussein ont également aidé la mission à son re- tour à Washington. MM. Edelman et Golden sont les princi- paux auteurs de ce volume. TABLE DES MATIERES Page DONNEES ESSENTIELLES i - iii LISTE DES ABREVIATIONS EMPLOYEES DANS LE RAPPORT SUR LE MAROC RESUME ET CCRCLUSIONS iv - ix I. RESULTATS ECCNOMIQUES RECENTS ........................ 1 Tendances récentes dans le domaine de la production 2 Investissements ............... ...................... 6 Epargne et consommation ....... ... ........... ..... 9 Le secteur public .............................. 10 Le secteur privé ........ ... ......... . ......... 12 L'équilibre entre investissements, épargne et transferts .............................. 13 Les finances publiques ......................... 15 la croissance des institutions financières spécialisées ................ ... **..**. .... 15 Finances consolidées des entreprises publiques et des institutions financières ................ 20 Mouvements monétaires globaux .................... 21 Commerce et paiements extérieurs ................. 23 II. PROBLEMES ET PERSPECTIVES DU DEVELOPPEMENT ........... 29 Accroissement de la population et de la main-d'oeuvre ............. ... .................... 29 Le potentiel de croissance ............................ 31 Perspectives d'investissement: vue d'ensemble .... 32 Perspectives d'investissement dans les principaux secteurs .............. .. .. .. . ............. . 35 Agriculture ............ .... ........ 35 Mines ........ 36 Industrie manufacturière ...................... 37 Tourisme ..............a....................... 38 Energie électrique ......*......... . . ......... 38 Transports et communications .... .............. 39 Enseignement .................................. 40 Divers ............... . . . . . . . . ........ 42 Résumé ...............,......................... 44 TABLE DES MATIERES (Suite) Page III. PERSPECTIVES DE IA PRODUCTION DES DEPENSES ET DES FINANCES ............................. 49 Perspectives de la production et des exportations . 49 Dépenses et épargne nationales .................... 55 Finances publiques ...... ................ 56 Capitaux privés et situation monétaire ............ 62 L'équilibre des comptes extérieurs ................ 63 La nécessité du financement en monnaie locale .....65 ANNEXES A. Perspectives agricoles B. Perspectives de l'industrie minière C. Perspectives de l'industrie manufacturière D. Perspectives du tourisme E. Enseignement et formation du personnel enseignant - i - Données essentielles Superficie: 172.000 milles carrés Population (musulmans seulement, estimation du milieu 1966): 13,h millions Taux de croissance (1960-65): 3,1% Densité (par mille carré): 78 Statut politique: indépendant depuis 1956 Produit intérieur brut (1965): 13,2 billions de dirhams Taux de croissance, en termes réels (1960-65): 3,6% (1956-60): 1,3% Par habitant (1965): $ 200 dollars des Etats-Unis Produit intérieur brut aux prix du marché (1965): 13,2 billions de dirhams dont, en pourcentage, Agriculture: 29 Mines 5 Industrie et artisanat 12 En pourcentage de PIB aux prix du marché 1965 1966 (est.) 1960-65 Investissement brut 11,0 10,5 11,1 Epargne intérieure brute 13,0 9,9 10,3 Balance des paiements pour biens et services 2,0 -0,6 -0,8 Paiements nets au titre du revenu des facteurs 0,1 -0,1 0,6 Recettes courantes de l'Etat 15,6 16,5 14,5 Déficit en ressources en pourcentage de l'investissement Pas de déficit 5,7 7,3 Monnaie et crédit Accords préférentiels douaniers et commerciaux avec la France. Discussions en cours en vue de l'association au Marché commun. - ii - Nov. 1966 Variations 1960-65 (millions (en % p.a.) de dirhams) Masse monétaire 3.678 7,9 Dépôts à terme 248 0,5 Crédits des banques de déptts au secteur privé 1.5ho 8,1 Créances de la Banque centrale sur les entreprises publiques 356 22,6 Taux de hausse des prix - h,3 Opérations du secteur public 1965 1966 (est.) Variations (millions 1962-66 de dirhams) (en % p.a.) Recettes courantes de l'Etat 2.050 2.130 9,6 Dépenses courantes de l'Etat 1.970 2.000 5,9 Déficit (excédent) (80) (130) - Dépenses en capital de l'Etat 635 500 -1,1 Dépenses d'investissement du secteur public 860 760 5,6 Dette publique extérieure (en dollars des Etats-Unis) 1966 Total en cours de la dette 519 millions Total du service annuel de la dette 46,0 " (est.) Rapport du service de la dette 8% (est.) Balance des paiements (en dollars des 1965 Variations 1960-65 Etats-Unis) (en % p.a.) Total exports 436 millions 2,6 Importations totales 395 " 0,5 Recettes au titre du tourisme 66 " 19,9 Autres invisibles (net) -38 " Transferts, y compris erreurs et omissions 123 " Moyenne 1960-64 1965 Concentration des exportations autour de certains produits (phosphate, agrumes) 37% 40% Réserves de change brutes 229 125 (soit 7 mois d'im- portations) - iii - Position du FMI (en dollars des Etats-Unis) Moyenne 1960-65 1966 Quota 55 millions 76 millions Tirages 3,3 "y 7 " Aide financière intérieure à l'Etat (seulement) en dollars des Etats-Unis Total des déboursements (1962-66) 300 millions Principaux donateurs: Etats-Unis 130 millions France 129 " Koweit 28 Allemagne 7 BIRD 6 " Liste des abréviations employées dans le rapport sur le Maroc BEPI - Bureau d'Etud.es et des Participations Industrielles BRPM - Bureau de Recherches et des Participations Minières CDG - Caisse de Dépôt et Gestion CGEA - Centrale de Gestion des Exploitations Agricoles CNSS - Caisse Nationale de Sécurité Sociale COMANAV - Compagnie Marocaine de Navigation OCIC - Office Chérifien Interprofessionnel des Céréales OCP - Office Chérifien des Phosphates OMVA - Office National de Mise en Valeur Agricole ONCF - Office National des Chemins de Fer ONE - Office National de l'Electricité ONI - Office National drlIrrigation RAM - Royal Air Maroc RTM - Radiodiffusion Télévision Marocaine SCP - Société Chérifienne des Pétroles SUNAB - Sucrerie Nationale du Beht SUTA - Sucrerie du Tadla -iv- RESUE ET CONCLUSIONS 1. En dépit des accroissements modérés de l'investissement et de l'activité économique depuis la fin des années 1950, l'économie ma- rocaine continue à souffrir d'un taux d'investissement faible, d'une lente croissance économique et d'un niveau élevé de chômage. L'épargne intérieure qui est relativement importante a été absorbée dans une large mesure par une fuite continuelle des capitaux privés. Des efforts sont actuellement faits en vue de stimuler la croissance de l'investisse- ment et de la production mais il est difficile de juger de la portée qu'auront ces efforts car le pays doit toujours faire face à de sérieux problèmes de gestion économique. 2. Depuis l'indépendance en 1956, l'économie est passée par trois phases relativement distinctes. La première qui a duré jusqu'en 1960 a été caractérisée par le départ d'un grand nombre de colons, un déclin de l'investissement privé, une stagnation relative de la production et de l'emploi et par une augmentation des réserves de change résultant sur- tout de recettes importantes au titre de dépenses militaires étrangères. La seconde période de 1961 à 1964 a connu une reprise sensible de l'in- vestissement qui est passé de 9 pour cent du PIB en 1959-60 à environ 12 pour cent en 1963 comme suite surtout à l'expansion des investisse- ments du secteur public. La croissance de la production a également suivi à un rythme d'accroissement de plus de 4 pour cent par an. Durant cette période les dépenses courantes de l'Etat on.t également augmenté de façon importante, surtout à des fins militaires. Ceci, ajouté à la crois- sance des investissements publics, a conduit à des déficits budgétaires importants qui furent financés pour une grande part par le recours au systéme bancaire. L'accroissement du crédit intérieur a accentué les pressions sur la balance des paiements qui se sont traduites par une chute des réserves de change de 200 millions à 80 millions de dollars - soit moins de deux mois d'importations - de la fin de 1960 à la fin de 1964. 3. La troisième phase qui correspond aux années 1965 et 1966 a été celle d'une amélioration importante de la stabilité financière mais aussi celle d'une stagnation de l'investissement et de la croissance économique. En fait, le ralentissement de la production a débuti en 1964; en 1964 et 1965 la production n'a pas augmenté de plus de 2 pour cent par an. En 1966, elle est tombée de 2 pour cent en raison surtout d'une forte séche- resse. Durant cette période le taux de l'investissement par rapport au PNB a baissé jusqu'à environ 11 pour cent. En 1966 cependant l'investis- sement fixe s'est, semble-t-il modérément élevé comme suite à une forte augmentation de l'investissement privé surtout dans le tourisme et l'in- dustrie alors que l'investissement du secteur public a fortement décliné. Il y a également eu une baisse importante des stocks, principalement due à la sécheresse. 4. La stabilité de l'investissement s'est accompagnée d'une nette amélioration dans les finances publiques en 1965 et 1966. Les dépenses courantes totales furent réduites de 5 pour cent par rapport à 1964, sur- tout grâce à une diminution des dépenses militaires. En même temps, les recettes ordinaires augmentaient d'environ 20 pour cent par suite d'un -v.. meilleur recouvrement des contributions directes et d'une taxe sur le sucre qui a permis à l'Etat de percevoir la différence entre le prix de vente intérieur qui avait été fixé à un niveau élevé en 1964 alors que les cours mondiaux étaient en hausse et le prix actuel à l'impor- tation qui est beaucoup plus bas. Ceci a permis de réduire les pres- sions sur les importations qui étaient soumises à des restrictions quantitative à la fin de 1964. En 1965, les apports bruts en capitaux à moyen et long termes ont atteint un maximum d'environ 140 millions de dollars correspondant à près de 6 pour cent du PNB; les réserves de change atteignirent un montant de 120 millions de dollars à la fin de l'année. Durant 1966, les recettes d'exportation ont augmenté de 10 pour cent mais les importations se sont élevées encore plus à la suite de la suppression des restrictions quantitatives à la fin de 1965 et d'importants achats de blé. De plus, l'aide étrangère a diminué au cours de cette année. Toutefois les sorties de capital privê, ont semble- t-il, diminué substantiellement durant l'année et les réserves de change restèrent à peu près au niveau atteint à la fin de 1965. 5. Dans l'ensemble, par conséquent, le gouvernement marocain est parvenu â des résultats impressionnants en ce qui concerne le main- tien de la stabilité financière au cours des deux dernières années. Il a également abordé le problème de sa rapide croissance démographique qui conduit non seulement à accroître le chômage urbain et la demande pour l'enseignement primaire mais aussi à exercer de fortes pressions sur les terres cultivables. Une campagne pour le contrôle des nais- sances a commencé à titre d'essai au cours de ces deux années et est en voie d'extension à l'échelle nationale. Toutefois, même en suppo- sant que ce programme connaisse un grand succès, la population en âge de travailler continuera à croltre à un rythme rapide durant les quinze prochaines années et rendra par là difficile la diminution du niveau absolu du chômage. 6. Dans le domaine de l'expansion de l'investissement, de la production et de l'emploi, la politique récente du gouvernement n'a pas connu de succès notables. Il devrait être possible d'obtenir de meilleurs résultats en ce domaine. Le Maroc a un certain nombre d'élé- ments potentiels très positifs en matière économique. Si ceux-ci étaient exploités de manière appropriée, ils pourraient conduire en très peu d'années à une accélération importante des taux de croissance de l'emploi et de la production. Dans le passé, les principaux obsta- cles à la pleine utilisation de ces possibilités ont été: a) les hési- tations du secteur privé résultant à la fois de la croissance ralentie de la demande intérieure et des incertitudes au sujet de la politique gouvernementale vis à vis des investissements privés; b) le défaut d'une gestion efficace des programmes d'investissements-clès dans le secteur public, en particulier dans l'agriculture; c) le manque de sources assu- rées dans le secteur public pour ]e financement des investissements. 7. Les réticences du secteur privé au Maroc se sont manifestées par le maintien des investissements privés à un niveau bien bas corres- pondant à environ 5 pour cent du PNB jusqu'en 1965 et par des transferts -vi- de capitaux à l'étranger relativement importants et permanents. Ces transferts ont été surtout le fait des techniciens étrangers et des investisseurs privés qui continuent à jouer un rôle important au Maroc; les fuites de capitaux d'origine marocaine ont aussi eu une certaine importance, surtout dans les mouvements à court terme de type spécu- latif. De tels mouvements spéculatifs ont pris une part tout à fait prépondérante dans les grands accroissements des "erreurs et omissions" de la balance des paiements en 1964 et 1965 lorsque ceux-ci ont atteint 500 millions de dirhams soit plus de h pour cent du PNB. Le gouverne- ment a fait des efforts pour donner au capital privé le sentiment d'être en sécurité dans le pays; il a pour cela donné des assurances quant aux droits de transferts et à la politique fiscale aussi bien que par des politiques monétaires et financières généralement conserva- trices. Des indications existent selon lesquelles ces mesures ont conduit à une nette amélioration en 1966 avec un .accroissement évident du total des investissements privés et une réduction des sorties de capitaux privés. 1éarnmoins, certaines incertitudes demeureront sans doute. Une des sources d'incertitude est la politique gouvernementale envers les terres encore possédées par des étrangers; le gouvernement a déclaré son intention de nationaliser ces terres mais il n'a cepen- dant pas dit à quel moment il le ferait. 8. La question de l'effort de développement du secteur public a depuis longtemps été un des problèmes du Maroc. Ce problème a de nombreux aspects dont les moindres ne sont pas le manque de direction cohérente lié aux fréquents changements de Ministres ou de responsables dans la fonction publique ainsi que le défaut de clarté dans la res- ponsabilité de la prise de décision en matière de priorités et de contrôle en matière d'exécution. Un autre facteur a été l'insuffisance de l'adaptation des ministères techniques lorsqu'il s'agissait de passer d'une époque où les fonds pour b développement étaient assez facilement disponibles - grâce à une aide budgétaire importante - à la situation actuelle où l'assistance extérieure au développement dépend d'une manière considérable de la qualité de la préparation de projets détaillés et de programm.es sectoriels. 9. Cependant, des progrès ont été faits à cet égard au cours de la dernière, ou des deux dernières années, surtout en matière de préparation des projets pour un certain nombre de secteurs. Beau- coup plus reste à faire, particulièrement en ce qui concerne la ges- tion et l'affectation de personnel par l'Etat dans les secteurs de l'agriculture, du tourisme et de l'enseignement qui ont à juste titre reçu la priorité dans le Plan triennal actuellement en cours. En agri- culture, la Banque Mondiale fournit une aide au Maroc afin de l'aider à améliorer l'organisation sur la base de laquelle le gouvernement pourra développer son action ainsi que pour identifier des priorités parmi les projets qui pourraient être concernés dans un futur proche. Dans ce secteur, toutefois, il serait nécessaire de clarifier les problèmes de tenure foncière dans un certain nombre de zones afin de permettre l'exécution efficaces des projets. Dans le tourisme aussi, des pro- grès ont été faits pour mobiliser des ressources financières pour aider à l'investissement dans le secteur privé qui est la clef d'une expansion -vii- effective en cette matière; quelques problèmes d'ordre institutionnel demeurent encore. En ce qui concerne l'enseignement, la situation est encore très confuse en raison de l'absence de tout plan défini pour orienter les futurs développements et du fait d'une pénurie d'enseignants qualifiés aux niveaux aussi bien primaire que secondaire. 10. Si les faiblesses fondamentales de l'administration et de l'encadrement des programmes du secteur public sont abordées 6nergi- quement au cours des années prochaines, il devrait être possible au cours de la période 1968-1970 de parvenir à une expansion substan- tielle de l'investissement public sur des bases assez efficaces. En vérité, même en 1967 une certaine reprise devrait se faire sentir par rapport au niveau relativement déprimé de 1966. Dans cette dernière année, les investissements fixes du secteur public (Etat et princi- pales entreprises publiques) est tombé à environ 770 millions de dir- hams, par rapport à un niveau de 870 millions atteint en 1965, alors que les dépenses en capital de l'Etat (y compris les transferts finan- ciers aux entreprises) n'étaient que de 500 millions contre 635 mil- lions en 1965. Le budget d'investissement pour 1967 prévoit un accroisse- ment des dépenses de l'Etat jusqu'à 886 millions de dirhams. En pratique cependant, il ne semble pas que plus de 700 millions environ pourront être dépenses durant cette année. En comptant les autres dépenses des entreprises publiques, les dépenses totales du secteur public attein- draient alors 920 millions de dirhams. 11. D'autres accroissements des investissements publics jusqu'à près de 1300 millions par an devraient être possibles d'ici à 1970. De plus le crédit public au secteur privé pour l'agriculture, l'indus- trie, le tourisme et l'habitat pourrait s'élever à 200 millions de dir- hams en 1970 d'une manière utile, alors que 100 millions environ ont été dépensés à ce propos pour la moyenne de 1966-1967. Des dépenses publiques de cet ordre correspondraient à un total de 6,8 milliards de dirhams pour la période 1965-1970, que l'on peut rapprocher du total de 7,1 milliarcb -le dirhams recommandé en 1965 pour la même période pour la mission d'étude générale de la Banque. Si la politique gouverne- mentale assure au secteur privé l'appui qui est nécessaire, l'investis- sement privé pourrait s'accroître de manière importante au cours des prochaines années. En supposant que ceci se produira, l'investisse- ment total pourrait correspondre en 1970 à 15 pour cent du PNB alors qu'il n'était qu'à 11 pour cent au cours des deux dernières années. 12. Avec un tel accroissement de l'investissement, une accélé- ration de la croissance de la production jusqu'à un taux d'environ h,5 pour cent par an devrait être possible durant les prochaines années. Les principales possibilités pour une croissance accélérée de la pro- duction et des revenus résident dans les secteurs d'exportation, sur- tout celui du tourisme et celui de l'agriculture. Les exportations de phosphate brut et d'engrais phosphatés devraient s'élever également à un rythme relativement sain, bien qu'une certaine réduction des prix nords-africains soit vraisemblable afin de faire face à la résistance des ventes qui s'est manifestée cette année. Le total des exportations de biens et services à prix constants pourrait augmenter de plus de 6 pour cent par an entre 1965 et 1970, alors qu'aux prix courants le tex -viii- de croissance sera probablement de l'ordre de 5,5 pour cent. Une cer- taine expansion de la production agricole pour le marché intérieur de- vrait également être possible, en supposant qu'un plus vaste recours aux engrais et à des pratiques culturales améliorées puisse commencer durant cette période sur une assez grande échelle. L'activité du bâti- ment devrait certainement constituer un stimulant important au cours des années à venir si l'investissement s'accroît au rythme concevable. De son côté la valeur ajoutée dans l'industrie devrait connaître un accroissement significatif par suite des investissements récents ou actuels dans les textiles et les raffineries de sucre. 13. En 1962-1966, l'épargne nationale a correspondu en moyenne à 11 pour cent du PNB, soit un peu moins que le coefficient d'inves- tissement intérieur. En 1970, un accroissement de l'épargne nationale peut être projeté avec une certaine assurance jusqu'à environ 13,5 pour cent. Cependant, un tel taux nécessitera un effort accru de la part de l'épargne publique. Il y a sans nul doute place pour celui- ci. La récente augmentation des recettes ordinaires de l'Etat les a portées à un pourcentage moyen de 16 par rapport au PNB en 1965 et 1966. Il devrait être possible d'augmenter ce rapport jusqu'à 17 pour cent au cours des prochaines années, sans porter atteinte pour cela au développement économique. Ceci permettrait une augmentation d'environ 5 pour cent par an des dépenses courantes de l'Etat entre 1967 et 1970, contre seulement 2 pour cent durant les deux dernières années, tout en laissant un excédent budgétaire d'environ 300 millions de dirhams en 1970 par rapport à 100 millions actuellement. De plus des excédents accrus pourraient être obtenus dans les principales entreprises publklues, y compris dans les nouvelles entreprises récemment créées pour gérer les sucreries et l'usine d'engrais de Safi. 14. Avec un taux d'investissement de 15 pour cent du PNB et d d'épargne nationale de 13,5 pour cent, il y aurait en 1970 un léger déficit des paiements courants alors que l'on a enregistré un excédent de 2 pour cent du PIB en 1965 et un déficit de 0,6 pour cent pour la période 1962-1966 dans son ensemble. Le passage à une position défici- taire reflète la probabilité que les importations devront augmenter plus rapidement que les exportations entre 1965 et 1970 afin de rendre pos- sible l'accroissement prévu des importations de biens d'investissement et de tenir compte des besoins croissants d'importations de céréales. On peut penser que les transferts privés nets tendront à diminuer au cours des prochaines années surtout si le gouvernement met encore plus l'accent sur une politique d'encouragement à l'investissement privé. Toutefois, il y aura très probablement des besoins pour une augmenta- tion des apports nets de capitaux durant la période. La mission estime que ces besoins seront de l'ordre de 600 millions de dirhams en 1970, ce qui correspondrait au quart du montant des investissements projetés pour la même année. Un certain accroissement de l'investissement privé étranger est vraisemblable durant les années à venir; sur une base nette, celui-ci a été très faible ces dernières années. Un accroisse- ment net d'environ 40 millions de dirhams en 1970 devrait être possible étant donné le nombre de possibilités d'investir dans le tourisme et l'industrie. Ceci laisserait un besoin en apport net de capitaux publies -ix- d'environ 560 millions de dirhams, que l'on peut comparer aux recettes effectives nettes d'un montant semblable en 1965, mais de seulement 355 millions en 1966. Toutefois, les paiements pour l'amortissement de la dette croissent très rapidement si bien que les besoins bruts en capitaux publics sont susceptibles d'augmenter plus rapidement pour atteindre un niveau estimé à 7h0 millions de dirhams en 1970. 15. A la fin de 1966, la dette publique extérieure à moyen et long termes remboursable en monnaie étrangère se montait à environ 520 millions de dollars, dont 108 millions n'étaient pas encore mobi- lisés. De ces 520 miillions de dollars, environ 350 millions corres- pondaient à des dettes de l'Etat, le reste étant à la charge des entre- prises publiques. Le service de cette dette a été de hl millions de dollars en 1966 soit 80 pour cent des recettes d'exportations estimées. La charge du service de la dette doit s'accroître fortement au cours des prochaines années par suite des remboursements des crédits de four- nisseurs contractés par les entreprises publiques et de plusieurs cré- dits à dix-huit mois pour l'achat de blé, y compris environ h6 millions de dollars contractés au début de 1967. En raison de la charge élevée qui en résulte, les années 1967 et 1968 seront vraisemblablement assez difficiles. Même en supposant que le service de la dette ne s'accroi- tra que très modérément du fait des emprunts contractés en 1967 et 1968, le service total dépassera probablement 80 millions de dollars en 1969, époque à laquelle on devra rembourser 20 millions de dollars au titre des crédits pour le blé. Un tirage temporaire sur les réser- ves de change (ou le recours au FMI) pourrait faciliter la solution de ce problème à court terme. Si une certaine retenue est observée pour le recours à de nouveaux crédits à moyen terme au cours des quelques prochaines années, la charge du service de la dette tombera en 1970 à environ 70 millions de dollars qui correspondraient à envi- ron 10 pour cent des recettes d'exportation projetées pour cette année. 16. Cependant, les besoins en apports nets de capitaux augmen- teront probablement au cours des années 1970 si ont lieu les accrois- sements des taux d'investissement qui sont souhaitables. Si la plu- part des besoins en capitaux publics de masse devaient être fournis a des conditions favorables au cours des cinq ou six prochaines années, le service de l'ensemble de la dette pourrait dépasser 120 millions de dollars en 1975, même en supposant que le Maroc n'aura que modérément recours aux crédits de fournisseurs au cours de cette période. Si la croissance des exportations devait être bien inférieure aux 5,5 pour cent par an actuellement considérés comme vraisemblables pour 1965- 1970, le problème du service de la dette pourrait devenir très sérieux, et pourrait alors requérir une aide étrangère à des conditions fa- vorables pour des montants importants. Cependant, en raison de la charge moyenne relativement faible de la dette actuelle et des perspec- tives favorables à moyen terme des recettes d'exportation, il serait raisonnable que le Maroc cherche à obtenir au moins durant quelques années que la plus grande partie de l'aide publique en capital qui lui eàt accordée le soit sur la base d'un remboursement à long terme à des conditions de faveur. CHAPITRE I RESULTATS ECONOMIQUES RECENTS 1. Dans les premières années 1950, le Maroc a connu un essor des investissements alimentés par d'importantes entrées de capitaux privés et publics qui ont porté le taux d'investissement à près de 20% du PNB en 1952-53. Ce facteur a permis d'atteindre un taux de croissance à prix constants s'établissant à près de 5% par an en moyenne jusqu'en 1955. Cependant, à l'approche de l'indépendance, les investissements privés subirent une chute brutale, les capitaux commencèrent à quitter le pays, et la croissance économique accusa un ralentissement notable. 2. Le départ des Européens établis au Maroc a été plus lent que dans le reste de l'Afrique du Nord, mais il a néanmoins sensiblement élevé jusqu'en 1965. Le nombre d'Européens vivant dans le pays est tombé d'un maximum d'environ 500.000 au moment de l'indépendance à 300.000 en 1960 et à environ 100.000 en 1965. Les données pour 1966 indiquent que le nombre n'a pas changé. Sur les 750.000 hectares de terres arables ache- tées ou prises en main par les colons étrangers, 250.000 hectares ont été repris par le Gouvernement en 1965. Celui-ci a annoncé son intention de reprendre le reste, mais aucun calendrier n'a été fixé. Les perspectives de nationalisation ont contribué à la tendance persistante manifestée par la collectivité étrangère de transférer des capitaux hors du pays. Jus- qu'a 1958, d'importantes installations militaires étrangères construites dans les premières années 1950 fournissaient une source importante d'emploi et de recettes en devises, mais ces avantages ont en grande partie disparu entre 1958 et 1961, venant s'ajouter au marasme des investissements privés et de la demande de biens et de services marocains suscité déjà par le départ des colons étrangers. En raison surtout de ces facteurs, la crois- sance réelle du PNB ne s'est établie en moyenne qu'a 1% par an pendant la période 1956-1960. 3. Dans le meme temps, le taux d'accroissement naturel de la popu- lation marocaine est passé à environ 3% par an, de sorte que les revenus moyens par habitant accusaient une lente baisse et ce, malgré l'émigration des Européens. Par ailleurs, le taux d'accroissement de la main-d'oeuvre approchait 3%. Plus de 70% de la main d'oeuvre travaillait dans l'agri- culture et, les limites des terres arables ayant été déjà atteintes, ceci a entraîné un sous-emploi croissant dans les régions rurales et une aug- mentation du chômage dans les villes. D'après le recensement de 1960, le chômage urbain parmi les hommes touchait alors 20% environ de la popu- lation active. 4. Le Maroc se trouvait donc en face d'une situation économique et sociale difficile lorsqu'il aborda la décennie des années 1960. A certains égards, la situation est probablement encore plus délicate aujourd'hui. - 2 - Le taux d'accroissement de la population et de la main d'oeuvre ont continué de croitre, et par suite, la surcharge des terres disponibles et le chômage rural ont empiré. L'exode des étrangers a entrainé une pénurie de compétences administrative et technique dans un certain nombre de secteurs. En outre, la perte d'importantes sources de recettes en devises a contribué à une situation financière beaucoup plus serrée. 5. Néanmoins, une amélioration sensible de la situation économique du Maroc est intervenue à certains égards au cours des cinq dernières années. Quelques-uns des éléments de ce rétablissement peuvent déjà 9tre évalués: c'est le cas notamment des modestes accroissements enregistrés dans le taux de production et d'investissement. D'autres changements ont une incidence quantitative qui ne se fera sentir qu'à moyen ou long terme; c'est le cas du lancement d'une campagne générale de régulation des nais- sances, et l'examen approfondi de l'effort actuellement déployé par le Gouvernement dans le domaine agricole. Tendances récentes dans le domaine de la production 6. Le taux de croissance du PIB s'est accéléré au cours de la première moitié des années 1960 pour atteindre un niveau d'environ 3,5% annuellement. Pour n'être que légèrement supérieur à l'accroissement démographique, ce taux n'en représente pas moins un progrès sensible par rapport à la quasi stagnation des années 1956-1960. Les importantes fluctuations de ce taux enregistrées d'une année à l'autre reflètent dans une grande mesure l'influence des conditions météorologiques sur les récoltes et l'incidence directe de llactivité dlinvestissement. Après une tres mauvaise récolte en 1961, l'agriculture a bénéficié de quatre bonnes années, l'agriculture moderne ayant manifesté une croissance soutenue tandis que la production relevant des méthodes traditionnelles a oscillé à un niveau proche de la stagnation. L'année 1966 a cependant été marquée par une autre récolte très mauvaise. Le redressement de près de 50% du volume total des investissements entre 1960 et 1963 a été un important facteur de stimulation de la croissance économique pendant cette période. Depuis lors, cependant, la croissance des investissements s'est sensi- blement ralentie sous l'influence des mesures d'austérité adoptées par l'Etat pour enrayer la détérioration de la situation financière. Sous l'influence de ces facteurs, le taux de croissance de la production en termes réels s'est élevé en 196h et 1965 a moins de 2% par an en moyenne et en 1966 la production a accusé une baisse d'environ 2%. 7. La production du secteur moderne de l'agriculture du Maroc est l'un des facteurs a l'origine de la croissance observée depuis 1961. Cette production consiste principalement en agrumes, vin, légumes, coton et betterave à sucre. La production de ces cultures, destinée principalement à l'exportation, a progressé d'environ 9% par an depuis les premières années de 1950 et, actuellement, entre directement pour environ 7% dans le PIB. Les agriculteurs européens continuent à jouer un rôle important - 3 - dans ce secteur mais les agriculteurs marocains y occupent désormais une place prépondérante. Les programmes d'irrigation mis en oeuvre par le Gouvernement visent principalement à développer la production de ces récoltes de grand rapport par les petits exploitants marocains dans un cadre coopératif. Pour peu que ces efforts bénéficient d'un appui ad- ministratif et technique satisfaisant, les perspectives d'une saine ren- tabilité économique de ces investissements sont favorables. 8. Par ailleurs, la production du secteur agricole traditionnel - se composant de céréales et d'élevage - a augmenté tout au plus de 1% par an au cours de la dernière décennie. Ces activités entrent pour 22% dans le PIB et représentent plus de 70% du chiffre de l'emploi. De sé- rieux efforts destinés à accroître la productivité de ces secteurs ont été déployés récemment mais ils sont entrepris sur une échelle encore relativement petite. La consommation des céréales continuant à croître au même rythme que la population, le Maroc est passé d'une situation d'exportateur net de céréales, à celle d'importateur net. Les besoins se chiffrent actuellement à environ 250.000 tonnes par an pour les bonnes années et peuvent atteindre 1 million au cours d'une mauvaise année telle que 1966. 9. La production minérale (5% du PIB) a progressé lentement pendant les cinq dernières années. La prinzipale ressource minière - les phosphates - fait l'objet d'une exploitation efficace par une entreprise d'Etat 1/, et les exportations sont passées de 7,5 millions de tonnes en 1960 à 10 mil- lions en 1964, année pendant laquelle elles ont représenté 25% de la valeur totale des exportations. Depuis lors, les exportations se sont stabilisées sous la pression de la concurrence internationale. Un programme d'inves- tissement actuellement en cours portera la capacité à 1h millions de tonnes ou plus en 1970. On estime que l'apport de la production d'autres minéraux moins importants et d'un modeste montant de nouveaux investis- sements,permettra d'accélérer quelque peu la croissance de la production au cours de l'année prochaine. 10. Le développement des industries manufacturières a été relati- vement rapide dans les premières années 1950 mais, depuis la fin des années 1950, ce secteur a connu un ralentissement par suite de la sta- gnation de la demande et de certaines incertitudes au sujet de l'attitude de l'Etat à l'égard des investissements privés. Par conséquent, la contribution des industries manufacturières au PIB est demeurée constante, se chiffrant à environ 12% au cours des cinq dernières années. Un certain accroissement interviendra probablement dans l'avenir immédiat par suite de l'achèvement d'un important complexe de production d'engrais entrepris 1/ L'Office Chérifien des Phosphates (OCP), une entreprise extrêmement rentable. par l'Etat à SAFI, de la construction d'une troisième raffinerie de sucre et de l'augmentation des investissements privés dans les textiles dont l'activité a été stimulée par des tarifs douaniers plus élevés appliqués en 1965. Les politiques directes de l'Etat en faveur des investissements privés ont été améliorées ces dernières années, mais le manque de demande sur le plan intérieur constitue toujours un sérieux obstacle à l'expansion dans la plupart des secteurs. 11. Le tourisme apparaît actuellement comme le secteur le plus dynamique du Maroc. Le nombre de touristes est passé de 166.000 en 1961 a un chiffre estimé à 450.000 en 1966. La réduction des dépenses des gouvernements étrangers au titre des bases militaires a sensiblement atténué les effets de cette augmentation sur les recettes en devises et l'activité économique au cours de 1960-1962, mais l'incidence nette a été très marquée ces dernières années - les recettes brutes provenant de cette source équivalant actuellement à 4% du PIB et a 15% des recettes extérieures courantes. A l'heure actuelle, la demande d'aménagement hôtelier dépasse l'offre en pleine saison et on prévoit une augmentation sensible des investissements pour les prochaines années. 12. L'activité de la construction a connu une baisse brutale après l'indépendance, traduisant la chute des investissements privés à cette époque. Entre 1960 et 1963, ce secteur a amorcé une reprise sensible sous l'influence des dépenses accrues au titre des investissements publics. Cependant, le taux d'accroissement était inférieur a 3% par an entre 1963 et 1966, reflétant ainsi la lente croissance des investissements totaux au cours de cette période. Le commerce, les transports et autres services privés sont restés à peu près stagnants vers la fin des années 1950, reflétant le plafonnement général de l'activité économique. Ces secteurs ont également manifesté une reprise temporaire en 1960-1963 mais se sont ralentis à nouveau depuis lors. Les services publics ont constitué l'élément de croissance le plus dynamique au lendemain de l'indépendance, enregistrant une expansion moyenne de 9% par an jusqu'en 1963. Ce- pendant la croissance s'est sensiblement ralentie depuis lors sous l'in- fluence des efforts de stabilisation du Gouvernement. 13. Le tableau ci-dessus récapitule les tendances générales de la production au cours des quinze dernières années: - 5 - T07era 1; TDINCES DE LA PRODUCTION: PID AUX PRIX DE 1960 (en milliards de DH) Moyennes de cinq ans Totaux pour certaines années 1951-55 1956-60 1962-66 1960 161 196 1965 19666 est. Agriculture 2,56 2,62 2,96 2,65 2,26 3,06 3,15 2,70 Céréales, élevage, etc. a/ (2,31)- (2,17) (2,26) (2,09) (1,73) (2,4) (2,35) (1,95) Divers a/ (0,25) (0,45) (0,70) (0,56) (0,53) (0,62) (0,80) (0,75) Mines, Industries manufacturieres et énergie 1,38 1,69 2,12 1,82 1,90 2,05 2,17 2,2h Travaux Publics 0,64 0,35 o,46 0,32 0,37 0,h6 0,8 0,50 Administration de l'Etat 0,53 0,83 1,10 0,89 0,94 1,09 1,12 1,15 Autres services 3,14 3,23 3,86 3,hl 3,41 3,8h 3,91 3,99 Dont: Tourisme et Gou- nements étrangers a/(0,24) (0J2) (0,25) (009) (0117) (0,23) (0,27) (0,30) Total 8,25 8,72 10,50 9,09 8,88 10,50 10,83 10,58 a/ Ces données sont des estimations grossières de la mission, destinées a indiquer des ordres de grandeur approximatifs. Voir tableau annexe A7 pour les éléments ayant servi de base aux estimations pour l'agriculture. b/ Cette période de cinq ans ne compte pas d'années de récoltes particulièrement mauvaises, à la différence des deux dernières périodes qui ont connu une mauvaise année chacune. Si une mauvaise année était spéculativement attribuée à 1951-55, la moyenne s'établirait alors à 2,20 millions de DH. -6 - Investissements 14. Peu après l'indépendance, l'activité d'investissement total a brusquement fléchi, tombant d'un maximum de près de 20% du PIB dans les premières années 1950 à 9% en 1957-59; cette régression est imputable à la chute des investissements privés. Dans un effort visant a stimuler 1' économie, le plan de développement du Gouvernement pour 1960-64 pré- voyait le triplement du niveau total des investissements entre 1959 et 1964. En fait, les dépenses d'investissement ont approximativement doublé entre 1959 et 1963, atteignant 12% du PNB au cours de cette dernière année. Depuis lors, les investissements en capital fixe ont progressé très lentement en termes absolus et ont légèrement baissé par rapport au PIB. La plus grande partie de l'augmentation enregistrée jusqu'à 1966 est intervenue dans le secteur public qui a plus que doublé entre 1959-60 et 1964-65. Cependant, il ressort des premières indications que les investissements ont accusé une baisse sensible en 1966 tandis que les investissements privés se sont apparemment fortement accrus. 1/ 15. L'évolution des stocks a revêtu une certaine importance au cours de cette période, notamment au cours des années de mauvaise ré- colte de 1961 et 1966, lorsque les stocks de céréales ont brusquement diminué. Le tableau suivant fait ressortir les tendances des inves- tissements en capital fixe et les mouvements des stocks depuis 1959. Tableau 2: INVESTISSMENMTS PUBLICS ET PRIVES 1959-66 (Millions de DH en prix courants) 1959 1960 1961 1962 1963 1964 1965 1966 Investissements (est.) en capital 760 920 1050 1150 1h10 1390 1450 1510 Publics a/ 340 390 510 610 790 780 870 760 Privés / h2o 50 540 540 620 610 580 .750 Stocks -100 40 -150 100 60 -20 - -150 Total 660 960 900 1250 1470 1370 1h50 1360 Pourcentage du PIB Investissements en capital fixe 9.2 10.1 11.6 ]ß.8 11.9 11.1 11.0 11.8 Total des in- vestissements 8.0 10.6 10.0 1.8 12.4 11.0 11.0 10.6 a/ Ventilation estimée par la Mission. 1/ Cependant les estimations des investissements totaux sont tout à fait préliminaires, et les investissements privés étant obtenus par sous- traction, les estimations pour 1966 doivent être considérées avec beaucoup de prudence. - 7 - 16. On ne dispose que de données incomplètes sur les investis- sements par secteur industriel. Cependant, on peut tenter une esquisse des tendances des investissements dans les principaux secteurs productifs, à savoir: agriculture (secteur public seulement), industrie extractive, industries manufacturières et tourisme. On s'aperçoit alors que les in- vestissements se sont accrus plus rapidement dans ces catégories que dans d'autres domaines, leur part passant de 39% du total en 1959-61 à h5% en 1965-66. En pourcentage, l'augmentation la plus frappante s'est manifestée dans le secteur du tourisme, passant d'une proportion négligeable en 1959 à 6% du total en 1966. Les investissements dans le domaine de l'industrie manufacturière ont plus que doublé (passant a 14% du total) en 1965-66, la quasi-totalité de l'accroissement étant représentée par des investissements publics dans des entreprises d'en- grais et de sucre. Les investissements publics dans l'agriculture et l'industrie extractive ont approximativement doublé, tandis que les investissements privés dans cette dernière industrie ont marqué un léger recul. On ne possède pas de renseignements complets sur les in- vestissements privés dans l'agriculture. On sait néanmoins que certains investissements privés ont été effectués, notamment dans les plantations d'agrumes qui se sont considérablement développées. Cependant, ce secteur ne semble guère avoir constitué un élément très dynamique des inves- tissements privés étant donné les incertitudes devant lesquelles se trouvent les propriétaires fonciers étrangers qui contrôlent toujours une partie importante du secteur agricole moderne. Les renseignements disponibles sur les tendances des investissements par secteur sont résumés ci-dessous: - 8 - T ableau 3: INVESTISSEMENTS EN CAPITAL FIXE PAR SECTEUR (millions de DH) 1959 1961 1963 1964 1965 1966 e/ est. Agriculture - (invest. publics)a/ 79 116 221 161 180 178 Mines - (invest. publics)b/ 47 84 74 125 121 148 Mines - (invest. privés) c/ 78 90 53 47 54 66 Industries manufacturières - (invest. publics) 2 15 91 77 188 69 Industries manufacturières - (invest. privés) c/ (60) 8h 91 121 76 116 Tourisme - (invest. publics y compris infrastructure) - 3 - 15 16 37 Tourisme - (invest. privés) c/ (5) (10) 14 25 hi 48 Total partiel 271 402 544 571 676 662 Transport, énergie et télé- communications (invest. publics) a/ 75 147 209 182 193 195 Education et santé - (invest. publics) 38 35 65 65 65 48 Tous autres investissements publics a/ 98 109 131 149 110 90 Construction résidentielle (invest. privés) 166 183 202 184 165 ( Tous autres investissements ( 515 privés d/ 112 174 259 2 2 ( Total 760 1050 1410 1390 1450 1510 a! Pour 1963 et les années suivantes, ces investissements comprennent l'aide en nature des Etats-Unis (Titre II), soit DH 15 millions au titre de l'agriculture, 5 au titre des transports, et 5 pour tous les autres inves- tissements publics. b/ Principalement à l'OCP. c/ Y compris une certaine participation de l'Etat. d/ Obtenu par soustraction. e/ Afin de compenser la sous-estimation imputable à la nature préliminaire des résultats du budget dtéquipement, les estimations des investissements directs de l'Etat mentionnés ici ont été majorées de 10% (Voir tableau A16). - 9 - 17. Le plafonnement des investissements au cours des trois dernières années est dil en partie aux restrictions financières imposées dans le cadre d'une programme d'austérité mis en application dans le courant de 1964. Les effets de ce programme se sont probablement fait surtout sentir sur les investissements privés dans le domaine de l'habitat et des locaux commerciaux, par le jeu des restrictions du crédit. L'industrie manufac- turière privée a probablement, pour sa part, également été quelque peu affectée par ces mesures, malgré la disponibilité de crédits à long terme pour les nouveaux investissements, mais les principales difficultés éprouvées dans ce secteur furent liées aux incertitudes quant aux perspectives du marché. D'une manière générale, la nationalisation par l'Etat du commerce d'exportation des fruits et légumes intervenue en 1965 a probablement eu également des répercussions défavorables sur les investissements privés. La pénurie de personnel technique et d'encadrement a constitué le principal problème auquel le secteur public ait eu à faire face. Cet effet a été particulièrement observé dans le plan agricole dont le budget s'inscrivait pour une moyenne de 310 millions de DH en 1965 et 1966 mais qui, en fait, n'a atteint qu'une moyenne d'environ 175 millions de DH. Le plan pour l'éducation a également subi des retards par suite du manque d'enseignants, notamment au niveau secondaire. La plupart des autres domaines du secteur public disposent de compétences techniques et administratives en plus grand nombre. Cependant, l'ensemble du secteur public manque d'expérience dans l'établissement d'une analyse économique approfondie de projets susceptibles de réalisation, ce qui a contribué à des retards dans l'ob- tention d'un financement extérieur à long terme pour certains projets. 18. Le Gouvernement a commencé à prendre des mesures en vue de re- médier à un certain nombre de ces problèmes. Grâce à l'amélioration de la situation financière en 1966, les restrictions du crédit ont été quelque peu assouplies. Ainsi qu'on l'a déjà observé, des retouches ont été ré- cemment apportées aux politiques visant à encourager les investissements privés (notamment en ce qui concerne les industries manufacturières et le tourisme). Le Gouvernement a déployé d'intenses efforts de recrutement l'année passée en vue d'accroÎtre le personnel étranger dans l'agriculture. Par ailleurs, d'importants remaniements administratifs ont été introduits afin de parvenir à une utilisation plus rationnelle du personnel dans ce secteur. A cet égard, la BIRD a accepté d'aider au recrutement de consul- tants qui seraient chargés d'assister le Gouvernement dans cette tâche. Celui-ci cherche également à obtenir de l'assistance technique pour par- venir à une meilleure élaboration des projets et, d'une manière générale, aider à renforcer l'effort de planification économique. Epargne et Consommation 19. En 1959-60, le taux de l'épargne intérieure atteignait 95 en moyenne, soit environ le mAme taux que celui des investissements. Il est tombé à environ 8% en 1961-63 pour remonter à 13% en 1965 où il est en- core de beaucoup supérieur au taux des investissements. En 1966, . - 10 - le taux retombera vraisemblablement à environ 10% en raison de la baisse de revenus provenant de mauvaises récoltes. En 1959-60 l'épargne na- tionale était notablement plus élevée que l'épargne intérieure, en grande partie par suite des revenus provenant des bases étrangères situées dans le pays. Cependant, les recettes au titre des revenus nets des agents nationaux ont manifesté une tendance à la baisse depuis lors et les taux de l'épargne nationale et de l'épargne intérieure ont été approximati- vement les m^mes ces dernières années. Le secteur public 20. L'épargne totale du secteur public a accusé une baisse régu- lière tombant d'environ 230 millions de DH, soit 2,7% du PIB en 1959-1960 a un minimum de 30 millions de DH en 1964. Cependant, une reprise marquée est intervenue en 1966, l'épargne atteignant un montant de 490 millions de DH, soit 3,5% du PIB. 21. La composante la plus importante de l'épargne publique pendant la plus grande partie de la période considérée était représentée par des excédents d'exploitation de l'OCP qui ont été transférés en grande partie au budget du Gouvernement Central. Cependant, malgré l'accrois- sement des recettes brutes de l'OCP depuis 1959, son excédent courant a fléchi entre 1959 et 1962 par suite de frais d'exploitation accrus. En 1964 et 1965, les bénéfices se sont améliorés quelque peu, grace à une augmentation des prix à l'exportation mais ils restaient en dessous des 153 millions de DH atteints en 1959. L'Office National de l'Elec- tricité et Royal Air Maroc ont aussi accusé régulièrement des excédents courants depuis 1959 passant d'un total de 2h millions de DH en 1959 a 0 millions de DH en 1965. L'Organisation Nationale des Chemins de Fer (ONCF) indiquait un déficit courant d'environ 30 millions de DH en 1964, (on ne dispose pas de données plus récentes) mais, par suite d'un relèvement des tarifs en 1965, elle est parvenue à équilibrer son budget au cours de cette année-là 1/. 22. Ces dernières années, le solde ordinaire du Gouvernement Central a constitué la composante la plus variable de l'épargne publique 2/. D'un excédent d'environ 50 millions de DH en 1959-61(avant les paiements au titre des transferts), ce solde a accusé un déficit de 110 millions de DH en 1964. Entre 1964 et 1966 cependant, la consommation ordinaire a été amputée d'environ 5% tandis que les recettes ont augmenté de 22%, ce qui a eu pour résultat un excédent de près de 300 millions de DH en 1966. 1/ Les autres entreprises d'Etat de caractère commercial sont comprises dans les comptes du budget de l'administration centrale. Parmi ces entreprises figurent principalement les ports et les organismes de la radio et de la télévision. 2/ Selon la définition qui en est donnée ici, ce solde ne comprend pas les transferts de l'OCP et les transferts courants au secteur privé. Voir tableau h dans le texte pour les données chiffrées concernant ces-transferts. - il - la source la plus importante de nouvelles recettes au cours de cette pé- riode provient de l'excédent du fonds de commercialisation du sucre par suite d'une décision visant à maintenir le prix de vente élevé fixé en 1964, lors de la hausse des cours mondiaux, malgré la baisse ultérieure des prix à l'importation payés par le Gouvernement. 1/ On a également noté depuis 1964 d'importantes augmentations des recettes-au titre des impôts directs, par suite notamment de meilleurs recouvrements. Les recettes totales de l'administration centrale en 1966, y compris les excédents du fonds de commercialisation du sucre, sont estimées à 16,5% du PIB comparé au pourcentage de 14% atteint pendant la plupart des années 1960-64. 23. La princiaple raison de la détérioration du budget de l'Etat entre 1959 et 1964 réside dans un accroissement brusque des dépenses de fonctionne- ment. En termes de comptabilité d'exercice, cette augmentation a atteint environ 60% au cours des cinq années en question, tandis qu'en termes de compte de caisse, elle se situait à environ 70%. 2/ Les principaux éléments de cette augmentation étaient les suivants: (a) un accroissement régulier des dépenses au titre des services économiques, atteignant en moyenne 15% par an entre 1959 et 1963. (b) une extension des services sociaux, atteignant en moyenne environ 12% par an entre 1959 et 1964 (c) une augmentation de 35% des dépenses militaires entre 1961 et 1963. 1/ Dans les comptes du Gouvernement marocain, cet excédent est compris dans la Caisse de Compoensation dont la majeure partie des ressources ert affect.ée à l'un dcs Comptes Spéciaux du Tr6sor (Fonds de Dévelop- penent Régional). Jusqu'en 1967, aucune de ces ressources n'apparaît parmi les recettes courantes. Cependant, dans la présentation de la Mission, elles ont été comprises dans les recettes courantes pour toutes les années. 2/ la différence est apparemment due principalement au fait que, dans la comptabilité budgétaire de 1964, on a abandonné le principe d'une année de 15 mois (y compris une période complémentaire de trois mois reportée de l'année précédente) de sorte qu'une partie des dépenses au titre de 1963 payées en 1964 (en termes d'encaisse) ne sont pas comprises dans les réalisations budgétaires de l'exercice 1964. - 12 - 2h. Depuis 1963, les dépelses totales, en termes de comptabilité d'exercice, n'ont augmenté que de 2. Les dépenses militaires et d'admi- nistration générale ont été réduites de 15% par rapport au maximum atteint en 1963.et les services économiques ont été réduits de 5%. Les dépenses de caractère social ont continué à augmenter bien qu'à un rythme plus lent - environ 6% annuellement entre 1963 et 1966. Ainsi qu'on l'a fait observer, en termes de compte de caisse, les dépenses totales ont été amputées d'envi- ron 5% par rapport au maximum atteint en 1964. Bien qu'on ne dispose pas de détails sur les sorties de fonds par fonction budgétaire, il est vraisem- blable que le dépassement le plus important par rapport au budget de 196h ait été constitué par les dépenses militaires. Quoiqu'il en soit, les dé- penses pour les forces armées et la police ont fléchi en 1966 pour ne repré- senter que 28% du budget (et 4% du PIB) contre un maximum de 32% en 1963. L'éducation a absorbé 25% du budget 1966 contre 20% en 1959. Les coupures subies par le budget des services économiques (principalement les services agronomiques et l'entretien des travaux publics) les ont ramenés à un pour- centage du budget de 15% en 1963 à moins de 14% en 1966, mais au prix de difficultés accrues pour la mise en vigueur du plan de développement du Gouvernement, notamment dans l'agriculture. Le Secteur privé 25. Entre 1959-1960 et 1964-1965, le revenu disponible privé à prix courants a augmenté de 45%. Au cours de la même période, l'épargne privée, selon les comptes nationaux, est passée de 11% environ du revenu disponible à 12%. (Dans les années de mauvaise récolte de 1961 et 1966, le taux de ' l'épargne privée était d'environ 5% et 7% respectivement). Ainsi, la consom- mation privée a augmenté un peu plus lentement que le revenu marquant en moyenne une progression annuelle d'environ 7% à prix courants et environ 3% à prix constants - soit légèrement moins que l'accroissement de la popu- lation. On ne dispose d'aucune donnée sur les mouvements des composantes de la consommation privée. Cependant, la baisse du nombre d'Européens jouissant d'un niveau de consommation relativement élevé signifie que la consommation moyenne par habitant de la population marocaine a probablement légèrement augmenté au cours de cette période. 26. Il est évident qu'une importante sortie de capitaux étrangers a eu lieu au Maroc ces dernières années. Les transferts totaux enregistrés ont dépassé en moyenne 280 millions de DH ces dernières années, tandis que les transferts non enregistrés (déduits du poste des erreurs et omissions de la balance des paiements) se sont situés en moyenne à environ 300 millions de DH. Ces transferts ont accusé une fluctuation sensible d'une année à l'autre mais, d'une manière générale, ont eu tendance à évoluer parallèle- ment aux fluctuations de l'épargne privée. Si l'on adopte l'hypothèse extrême que la plupart de ces transferts sont, en fait, constitués par des revenus courants, le taux de l'épargne privée n'aurait alors été que d'environ 7% en 1959/60 et 6% en 196h/65. Bien que ces pourcentages sous- estiment probablement le taux d'épargne réel sur une base bien définie, ils indiquent cependant approximativement les ressources nationales privées disponibles dans le pays pour le financement des investissements au cours de la période considérée. - 13 - L'quilibre entre investissement,épargne et transferts privés 27. Après avoir tenu compte de ces transferts privés, un excédent dans le compte du secteur privé est apparu au cours de toutes les années depuis 1959 entre l'épargne et l'investissement; cet excédent a été très important, à l'exception des années de mauvaise récolte de 1961 à 1966. D'autre part, le déficit du secteur public, qui était également très modeste en 1959 et 1960, a atteint un maximum de près de 750 millions de DH en 1964 pour retomber à 290 millions en 1966. Sans tenir compte des transferts privés, le total de la balance des paiements extérieurs fait ressortir un excédent en compte courant pour quatre des huit dernières années. Cependant, lorsque les transferts privés sont pris en ligne de compte, un déficit a été enregistré chaque année, s'établissant en moyenne à environ 500 millions de DH depuis 1961. Le tableau 4 récapitule ci-après les principaux mouvements des comptes des secteurs publics et privés. - 14 - Tableau h: L'EQUILIBRE ENTRE LES RECETTES ET LES DEPENSES PAR SECTEUR (millions de DH) l9ý9 1960 1961 1962 1963 196h 1965 1966 Secteur public Gouvernement central Recettes 1110 1270 1360 1480 1690 1750 2050 2130 Consommation 1060 1220 1310 1460 1710 1860 1800 1830 Dépenses (12h0)(1350) (1510) (1590) (1940)(2120)(1970)(2000) Moins: transferts2; (-180)(-130) (-200) (-130) (-230)(-210)(-220)(-170) Epargne de l'Etat 50 50 50 20 -20 -110 250 300 Epargne des entreprises publiques 170 180 130 130 i1o -140 170 190 Epargne publique 220 23Ô 18ô 150 9Ô 30 420 490 Investissements publics 340 390 510 610 790 780 870 760 Solde du secteur -120 -160 -330 -460 -700 -750 -450 -270 Secteur privé Revenu disponible 7250 7810 7620 9040 10150 10690 10960 1054o Consommation 6430 6950 7200 8310 9010 9250 9660 9780 Epargne nationale privée 820 860 420 730 1140 1440 1300 760 Investissements privés j/ 320 570 390 640 680 590 580 600 Solde du secteur (avant transferts) 500 290 30 190 460 840 710 160 Secteur extérieur Compte courant c/ 380 130 -300 -370 -240 100 270 -110 Transferts à l'étranger (principalement privés) d/ -360 -190 -190 -60 -290 -770 -620 n.d. Solde courant après transferts 20 -60 -490 -430 -530 -670 -350 n.d. a/ Obtenu par soustraction des dépenses ordinaires de l'Etat (en termes d'encaisse) et de la consommation de l'Etat ainsi qu'il ressort de la compta- bilité nationale. La tendance inégale de ces dernières années reflète proba- blement quelques différences dans les données afférentes aux deux séries, mais l'ordre de grandeur général de ce poste semble exact. b/ Tous les mouvements d'inventaire ont été imputés au secteur privé. c/ Ce poste diffère légèrement des données de la balance des paiements pendan plusieurs années mais, en principe, il couvre la balance des biens et des ser- vices et les paiements au titre des revenus de facteurs. d/ Transferts nets (à l'exception des subventions publiques) et erreurs et omissions (voir détails au tableau 7 dans le texte); des renseignements ob- tenus dernièrement révèlent que ces transferts ont peut-être été plus élevés que ne l'indiquent les chiffres ci-dessus, notamment pour la période 1963-66, du fait que les erreurs et omissions semblent maintenant sousestimées pour les années en question (voir paragraphe 55). - 15 - Les finances publiques 28. Les importants déficits du secteur public de 1962-1964 c'nt été financés principalement par des ressources intérieures. Une des pri'dipa- les sdurces de ce financement ont été les excédents courants et acA- muls de l'OCP, dont 250 millions de dirhams ont été transférés au budget durant cette période. De plus l'OCP a emprunte 180 millions à la Banque centrale pour transférer ces fonds au budget. D'autres entreprises pu- bliques ou collectivités locales ont également contribué au financement des déficits en transférant leurs dépôts du système bancaire au Trésor, surtout en 1964 lorsque leurs dépôts au Trésor se sont élevés à 166 mil- lions de dirhams l/. L'Etat a aussi tiré sur les dépôts aux CCP et les dépôts des particuliers au Trésor à un taux moyen de 30 millions de dir- hams durant la période 2/. Les ventes d'effets publics aux institutions financières non-bancaires ont été de 60 millions en moyenne. Les titres, d'un rendement de 4,6 pour cent en moyenne étaient vendus surtout aux compagnies d'assurance nationale, et dans une moindre mesure à la Caisse de dépôts et de gestion. Cependant, la principale source du financement en 1962-1964 a été l'emprunt du système bancaire. Les créances nettes sur l'Etat dans cette période triennale se sont montées à 1,0 million de dirhams, soit 40 pour cent du total de la masse monétaire à la fin de 1961. 29. L'aide étrangère transitant directement par le budget de l'Etat a été en moyenne de 250 millions de dirhams de 1959 à 1963; elle s'est élevée ensuite à 350 millions en 1964 et à plus de 500 millions en 1965 pour redescerdre à environ 250 millions en 1966. Les Etats-Unis ont cons- titué la principale source de l'aide pour la plupart de ces années, bien que de 1963 à 1965 l'aide française ait été égale en importance. En 1965 et 1966, la BIRD, 'Kcweit et l'Allemagne ont également déboursé une partie de leurs prêts. _/ Depuis 1963 toutes les collectivit6s locales et entreprises publiques sont tenues en principe de déposer leurs fonds excédentaires au Trésor. En 1964, les dépôts au Trésor des organismes public non-financiers ont augmenté de 116 millions de dirhams. Ceci était apparemment la consb- quence du transfert eé 1 tensemble. des dépôts effectués jusqu'alors dans les banques de dépôts. De plus les dépôts de la CDG au Trésor ont aug- menté de 50 millions en 1964 mais ceux-ci baissèrent en 1965 par à peu près autant. Voir le tableau A 18 en annexe pour le détail des dépôts au Trésor. 2 Les renseignements publies dans l'IFà' sur le total des dépôts privés a vue au Trésor et aux CCP (qui sont considérés par IFS comme faisant partie de la masse monétaire) sont sensiblement différents de ceux fournis par le Trésor marocain. Une partie de l'explication tient aux décalage4 dans les enregistrements (par exemple, ces différences disparaissent lorsqu'on considère l'ensemble des quatre années 1962-1965). - 16 - 30. En plus des destinataires directs de l'aide étrangère (qui inclue les transferts de fonds de contrepartie), le budget a reçu une aide considérable au cours des dernières années du fait de l'accrois- sement net des fonds de contrepartie de l'aide étrangère dont la plupart étaient déposés au Trésor. Selon des estimations préliminaires, l'ac- croissement des soldes est passé de 40 millions de dirhams en 1964 à 103 millions en 1966 et devrait être de 187 millions en 1967. La prin- cipale origine de cet accroissement a été les importations de céréales financées par la PL 480 et par des crédits français à dix-huit mois (au total çes crédits de la France se sont élevés à 270 millions de dirhams durant la période 1964-1967, dont h5 millions avaient été rembo.uraé& à la fin de 1966; un autre remboursement de 45 millions doit avoir lieu en 1967). 31. En plus de l'accroissement de l'aide étrangère directe et des fonds de contrepartie en 1965-1966, les ventes d'effets aux institutions financières non bancaires ont augmenté en moyenne de 85 millions de dirhams durant la période. La principale cause de l'amélioration de la situation financière du secteur public a cependant été, comme il l'a été déjà mentionné, le très net assainissement du compte courant de l'Etat combiné à la stabilisation des dépenses en capital. Le résultat de l'ensemble a été un moindre recours de l'Etat au crédit bancaire qui ne fut que de 100 millions en 1965 et de moins de 50 millions en 1966. Les estimations actuelles du Gouvernement pour 1967 comportent un excédent courant légèrement inférieur à celui de 1966. Les recettes (y compris l'excédent de la Caisse de Compensation résultant des différences dans le prix de sucre) sont estimées supérieures de 1% seulement à celles de 1966, surtout en raison de la stagnation des revenus en 1966 due aux mauvaises récoltes effectuées en 1966 et probabIls en 1967. Les dépenses courantes d'autre part augmenteront vraiseinblablement de 3 pour cent environ. Les dépenses en capital qui avaient fortement augmenté en 1960 jusqu'à près de 500 millions de dirhams devraient atteindre 886 millions en 1967, selon les estimations budgétaires; la prévision d'une reprise les portant en 1967 à 700 millions serait cependant assez optimiste si l'on juge d'après les difficultés que les dépenses rencontrées du point de vue de leur éxécution en 1966. En retenant un tel chiffre, l'impasse totale après avoir projeté les paiements pour amortissement de la dette et les opérations nettes du Trésor est estimée par le Mission à 730 millions de dirhams contre 490 millions en 1966. 33. Sur la base de laide:étrangère déjà accQrdée et des enga- gementà :usceptibles d'^tre contractés au cours des quelques pro- chains mois, les déboursements venant en aide du budget de l'Etat aug- menteront vraisemblablement jusqu'à h90 millions de dirhams en 1967, en y comprenant les fonds de contrepartie au titre des livraisons de blé dans le cadre de la PL h80 et des crédits français à moyen terme (nets des remboursements). Le reste proviendrait de 39 millions de dirhams - 17 - de l'aide française à long ternie contractée avant 1966; de 30 millions de prêts BIRD et IDA à l'agriculture et à l'enseignement; de 77 millions dans le cadre des trois prêts de l'Allemagne pour l'infrastructure de Safi, de l'infrastructure touristique et d'importations en général; et çnfin dO .'45 millions de dirhams déboursés par Koweit pour deux prêts à des projets d'irrigation. 3h. Il resterait donc 240 millions de dirhams que les ressources intérieures devraient financer. Parmi celles-ci, les bénéfices de l'OCP pourraient donner lieu à un transfert de 60 millions, alors que les ventes d'effets publics A des institutions financières non bancaires pourraient fort bien atteindre 90 millions de dirhams. Sur ces bases, le besoin du recours au système bancaire serait inférieur à 100 millions soit un montant tout à fait compatible avec la stabilité financière dans les conditions actuelles. 35. Les principaux éléments du financement du déficit budgétaire de l'Etat depuis 1962 sont récapitulés ci-dessous: - 18 - Tableau 5: FINANCES DE L'ETAT (EN TERMES DE MOUVEMENTS DE TRESORERIE) (millions de dirhams) 1962 1963 1964 1965 1966 1967 Est., Est. BIRD Opérations Dépenses ordinaires 1593 1937 2115 1968 2004 2060 Recettes ordinaires (1476) 1686 (1741) (1897) (1962) (1960) Excédent de la Caisse de Compensation - - ( 8) ( 155) ( 169) ( 195) Recettes courantes 476 1686 174.9 2052 2131 2155 Solde en compte courant -117 -251 -366 83 127 95 Dépenses d'équipement a/ -521 -652 -650 -635 -500 -700 Opérations nettes du Trésor hors Budget -107 - 16 - 52 - 51 13 - 45 Amortissement _-56 -91 -2 -_53 -132 -_80 Total du financement nécessaire -801 -1010 -1110 -656 -492 -730 Financement Dividendes de l'OCP - 150 106/ - - 6c Variations des dép6ts du Trésor: 1231/ 63 214 h 109 2R, Variations des balances (n.d.) (n.d.) ( 40) ( 72) (103) (187) Divers (n.d.) (n.d.) (176) (-68) ( 6) ( 13) Vente de Bcns aux institutions non bancaires 57 58 65 103 68 90 Recours au crédit bancaire et solde de trésorerie 315 338 339È/ 101 36 80 Total partiel 495 609 718 208 213 430 Dons étrangers - - - 14 - Emprunts étrangers 2h1 200 345 527 2h5 300 Erreurs et omissions 65 201 47 -93 34 - Total du financement 801 1010 1110 656 492 73, a Y compris les transferts financiers aux entreprises publiques. b Y compris l'amortissement des emprunts étrangers. o/ 62 millions de dirhams au titre de "Dépôt spécial de la Banque du Maroc" au cours de cette année ont été groupés sous la rubrique "Recours au Crédit Bancaire". d/ Les 180 millions de dirhams empruntés par 1'OCP à la Banque centrale et transférés à l'Etat cette année sont compris sous la rubrique "Recours au Crédit Bancaire". - 19 - La croissance des institutions financières spécialisées 36. Au cours de ces dernières années, le Gouvernement marocain a favorisé activement un certain nombre d'institutions de crédit spécialisées qui ont joué un rôle de plus en plus utile dans l'octroi de prêts à des secteurs-clés de l'économie. Parmi les plus importantes de ces institutions, citons: la Caisse de Dépôt et Gestion, la Banque Nationale de Développement Economique et la Caisse Nationale de Crédit Agricole. En outre, des institutions financières établies de vieille date, telles que les compagnies d'assurances, continuent à jouer un rôle important dans la mobilisation de l'épargne intérieure. 37. La CDG, créée en 1959, administre la principale partie de la sécu- rité sociale (CNSS) et des caisses de retraite du secteur public, tous les fonds de la Caisse d'Epargne Nationale et les dépôts de divers autres orga- nismes publics. Au total, les ressources de la CDG sont passées de 78 millions de DH à la fin de 1959 à 447 millions de DH à la fin de 1965. La Caisse Nationale de Sécurité Sociale a constitué la source de fonds de la CDG la plus active au cours des dernières années; en effet, les dépôts de la CNSS sont passés de 23 millions de DH en 1961 (année de la création de la CNSS) à 171 millions de DI à la fin de 1966. Les ressources de la Caisse d'Epargne ont également marqué une augmentation régulière, passant de 5 millions de DH en 1959 à 82 millions en 1966. De l'augmentation annuelle moyenne de ses res- sources totales de 55 millions de DH depuis 1959, la CDG a investi près de 20 millions de DH en fonds d'Etat. 1/ Le reliquat était utilisé principa- lement pour financer la construction de logements et les installations tou- ristiques, soit directement ou par l'intermédiaire de la Caisse de Prêt Immobilier du Maroc (dans laquelle la CDG détient une participation de 65%). La CDG place également ses fonds dans les services de transport liés au tourisme (la nouvelle société "L]IADET" assurant le transport par ferry-boat entre Tanger et Hlalaga), dans deux compagnies d'assurance et une institution de crédit à la consommation. Enfin, la CDG participe de temps à autre à des opérations sur la petite bourse des valeurs de Casablanca principalement en vue d'amortir les fluctuations. 38. La Caisse Nationale de Crédit Agricole (CNCA) est un autre orga- nisme public dont ltimportance va en s'accroissant. La Caisse obtient ses l/ Les compagnies d'assurance locales ont investi environ 50 millions de DH annuellement en fonds d'Etat. Bien qu'on ne dispose pas de données complètes sur les sources et les emplois des fonds des compagnies d'assurance, on estime que ce montant a constitué le gros de leurs investissements ces der- nières années, d'une part, à cause de la règlementation gouvernementale les obligeant à investir dans le pays et, d'autre part, du fait que ces compagnies considèrent que d'autres possibilités d'effectuer des placements sûrs font défaut. - 20 ~ fonds surtout par voie d'emprunts auprès de la Banque Centrale, et dans une plus faible mesure, grâce à des fonds provenant d'une partie d[un prêt récemment consenti par la BIRD. Le montant des prêts bruts accordés par la CNCA. a atteint en moyenne 60 millions de DH en 1962-63 et en 1963-64 pour passer à l6 millions de DH en 1964/65. Cet accroissement est dÙ dans sa totalité aux besoins de fonds de roulement de la CGEA (Centrale de Gestion des Exploitations Agricoles), organisme créé en 1965 pour gérer les 250.000 hectares de terres arables ayant appartenu aux colons étrangers, qui leur ont été reprises cette année-la. 39. La BNDE, une société de financement du développement ayant fait l'objet d'une réorganisation avec l'assistance de la SFI en 1962, constitue la source principale du financement a long terme de l'industrie. Son ca- pital social a été souscrit par des investisseurs privés marocains et étrangers, avec participation de l'Etat et de la SFI. Ses ressources dis- ponibles pour ses opérations de prêt proviennent du Gouvernement et de la BIRD. Le volume de prêts consentis directement par la BNDE est passé d'une moyenne d'environ 10 millions de DH par an en 1962-64 à 37 millions de DH en 1965, en raison notamment d'un investissement exceptionnellement élevé (avec l'aide de fonds de la BIRD) effectué en 1965 dans une nouvelle sucrerie appartenant à l'Etat. Finances consolidées des entreprises publiques et des institutions financières 4o. On ne dispose pas encore de données completes sur l'origine et les utilisations des fonds de ces institutions de crédit ou des fonds des principales entreprises commerciales de l'Etat. On peut, cependant, en avoir une idée approximative, indiquant les ordres de grandeur relativement importants des fonds d'origine intérieure et étrangère octroyés à ces entreprises au cours de ces dernières années, tant en ce qui concerne les investissements en capital fixe des entreprises publiques que le crédit au secteur privé. - 21 - Tableau 6: EST IMATIONS CONSOLIDEES DES OPERATIONS DES PRINCIPALES INSTITUTIONS FINANCIERES ET ENTREPRISES PUBLIQUES (millions de dirhams) 196h 1965 1966 1967-4 Est. Origine: Excédent d'exploitation des entreprises 140 170 190 185 Accroissement des ressources de la CDG et de la CNSS 90 43 76 60 Transferts du Budget de llEtat 1 138 169 h7 160 Crédit de la Banque Centrale 2 - 27 24 - Pr6ts étrangers d'origine publique 3/ 14 20 98 94 Crédits-fournisseurs à/ 58 140 50 70 Utilisation des soldes de trésorerie par 'OCP 32 33 - - Total origine et utilisations 471 602 485 569 Investissements en capital fixe 272 399 312 338 Crédit au secteur privé à/ 57 90 95 110 Achat de bons d'Etat par la CDG 21 28 5 10 Transferts de l'OCP au Gouvernement 100 - - 60 Remboursement de la dette extérieure 4/ h0 35 65 65 Divers / -18 50 8 -14 l Compris dans les dépenses d'équipement de l'Etat au tableau 4. Non compris un prêt de 180 millions de DH consenti à l'OCP en 1964 qui figure au tableau 5. Déboursements de prêts à la BNDE, à la CNCA et a l'OCP. Estimations approximatives par la mission. Obtenu par soustraction; comprend les variations des dépôts au Trésor et autres dépôts, déduction faite des avances au Trésor et de celui-ci, ainsi que "erreurs et omissions". Mouvements monétaires globaux hl. Les crédits des banques commerciales au secteur privé ont pro- gressé assez fortement de 1960 à 1962 reflétant la reprise modérée de l'activité des secteurs privés au cours de cette période. Depuis 1962, le crédit des banques de dépôts au secteur privé a, d'une manière géné- rale, fait preuve de stabilité, bien qu'on ait noté d'importantes variations temporaires. 42. L'incidence conjuguée de la forte expansion du crédit au secteur privé en 1961/62 et au secteur public en 1962-64 a eu pour conséquence - 22 - un doublement du crédit intérieur total pendant les quatre années allant de 1960 à 196h. Au cours de la même période, les dépôts à terme et les comptes d'épargne privés auprès des banques de dépôts ont baissé légère- ment et les réserves en devises ont accusé une chute sensible - tombant de 1,3 milliard de DH a la fin de 1960 à moins de h00 millions de DH en 1964. La masse monétaire s'est accrue de plus de 7% par an en moyenne et les prix d'environ h%. Afin d'enrayer la perte de réserves, le Gou- vernement a imposé une restriction temporaire sur un certain nombre d'importations en 1964, a augmenté certains imp8ts et a ordonné des com- pressions dans les dépenses de fonctionnement de l'Etat. Il a également négocié un accord "standby" avec le MI au milieu de 1965 permettant des tirages jusqu'à concurrence de 165 millions de DH. h3. Au cours de 1965, ces mesures ont été suffisamment efficaces pour limiter l'augmentation totale des crédits bancaires à 110 millions de DH (3%) et pour permettre de porter les réserves de devises à 611 mil- lions de DH sans recourir au crédit "standby" du FMI. Par suite de cette amélioration, les restrictions frappant les importations ont été en grande partie éliminées à l'automne 1965, après un relèvement sensible des tarifs sur un certain nombre d'articles. Ces mesures furent cependant suivies d'un accroissement spéculatif temporaire de la demande de crédit à l'im- portation. Au même moment intervint une augmentation sensible du crédit des banques de dép8t a l'Office de Commercialisation et d'Exportation, organisme créé en 1965 pour gérer le commerce d'exportation nationalisé. Les autorités monétaires agirent vigoureusement en janvier 1966 pour réprimer ces pressions. Elles imposèrent des réserves obligatoires de 100% sur toute augmentation des dépôts dans les banques, exigèrent que les banques gardent jusqu'à la fin de 1966 leurs avoirs en obligations du Trésor et établirent de nouvelles quotes-parts d'escompte à la Banque ientrale beaucoup plus restreintes que les précédentes. En outre, on a insisté auprès des banques de dépôt pour qu'elles réduisent leurs opé- rations de prêt d'environ 8%. Ces mesures se sont révélées fort efficaces (probablement trop efficaces) et, au cours de 1966 le crédit des banques de dépôt au secteur privé est tombé de près de 100 millions de DH. Joint a l'amélioration continue de la situation du secteur public, le résultat net fut une réduction du crédit total à l'économie entre la fin de 1965 et la fin novembre 1966 de plus de 50 millions de DH. Les réserves nettes en devises ont accusé une légère baisse par rapport à leur niveau de décembre 1965 et la masse monétaire a la fin de novembre 1966 était inférieure de 2% au niveau enregistré au mois de novembre de l'année précédente. Pour l'ensemble de l'année 1966, les prix étaient également inférieurs de près de 2% a ceux de 1965. - 23 - Tableau 7: EVOLUTION MONETA]IRE 1960-1966 (millions de DH) Nov. 1960 1961 1962 1963 196 1965 1966 Total des créances sur ltEtat (net) l h02 572 945 1307 1514 1572 1602 Créances de la Banque centrale sur les entreprises 2/ 120 125 97 145 305 332 356 Créances des banques de dépôts sur le secteur privé 1117 1373 1600 1664 1626 16h8 1540 Total des créances intérieures 1639 2070 2642 3116 3445 3552 3498 Dépôts a terme et comptes dtépargne -227 -221 -249 -223 -190 -232 -248 Autres disponibilités (net) - 68 -124 - 64 - 84 - 51 - 72 -165 Avoirs extérieurs (net) 1298 1076 9U 69h 381 611 593 Masse monétaire 2642 2801 3241 3503 3585 3859 3678 Y compris les dépôts du secteur privé auprès du Trésor et des dépôts aux comptes chèques postaux tels qu'ils ressortent du rapport au FMI. 2f Entreprises publiques principalement, y compris l'0CP et la CNCA. 44. A la fin de 1966, les autorités monétaires marocaines estimèrent qu'un certain adoucissement des restrictions sur le crédit était nécessaire pour stimuler ltactivité dans l'industrie manufacturière et le commerce qui avaient subi des effets défavorables du fait de ces restrictions et de la baisse des revenus provenant de la mauvaise récolte de céréales de 1965/66. En conséquence, on substitua un pourcentage de réserves obligatoires de 25% à celui de 100% et le blocage des bons du Trésor fut remplacé par une directive antérieure exigeant que les banques de dépôt détiennent des obligations du Trésor équivalant à 25% de leurs dépôts. Commerce et paiements extérieurs 45. Dans la seconde moitié des années 1950, l'excédent courant du Maroc au titre de ses opérations extérieures s'est élevé en moyenne a h00 millions de DH par an, par suite notamment des fortes dépenses - 24 - étrangères sur les installations militaires fixées dans le pays. En outre, l'aide financière publique s'est située en moyenne aux environs de 200 millions de DH par an. Ainsi, malgré une sortie de capitaux privés estimée en moyenne a 300 millions de DE par an, le Maroc a accumulé d'importantes réserves de devises au cours des années 1957-60. h6. Après 1960, les capitaux privés ont apparemment continué de sortir du pays à peu près au même rythme. Les entrées de capitaux publics ont progressé jusqu'à 350 millions de DH en moyenne en 1960-6h, mais les dépenses des gouvernements étrangers au Maroc ont fléchi brutalement, tombant d'une moyenne de 700 millions de DH en 1956-60 à 280 millions de DH en 1964. Ainsi, bien que les importations se soient accrues plus lentement que les recettes courantes au cours de cette période, les réserves de devises ont accusé une réduction atteignant 900 millions de DH pour 1961-6h. Le renversement intervenu en 1965 a eu pour principaux facteurs l'accroissement de l'aide extérieure et une réduction des paiements au titre des importations. h7. Les recettes courantes totales du Maroc ont marqué une progression de près de h% par an entre 1960/61 et 1964/65 mais en pourcentage du PIB aux prix courants, elles sont tombées au cours de la période en question de 27 à 23%. Les recettes courantes en provenance des gouvernements étrangers ont reculé de 380 millions de DH à 250 millions de DH, tandis que l'ensemble des autres recettes a augmenté de 5% environ par an. Selon les estimations faites pour l'établissement de la balance des paiements, les exportations de marchandises se sont accrues de h% par an - passant de 1,88 milliard de DH en 1960/61 à 2,21 milliards de DH en 1964/65. Les recettes invisibles, en dehors des recettes de l'Etat, ont progressé de près de 8%, passant de 270 millions à h20 millions, par suite de la forte augmentation des recettes du tourisme. h8. Le Maroc exporte une gamme très variée de marchandises, le pro- duit le plus important, le minerai de phosphate, représentant 25% du total, et les agrumes s'inscrivant en deuxième place pour l% des exportations. Les exportations de phosphate sont passées de 420 millions de DH en 1960 a un maximum de 580 millions de DH en 1964, mais ont marqué un léger recul en 1965 en raison de difficultés de commercialisation temporaires. Les autres exportations de minerai ont également progresse a un rythme robuste entre 1960 et 1965 - passant de 230 millions de DH à 300 millions de DH au cours de cette période. Ces derniers chiffres reflètent principalement la forte augmentation des exportations de plomb due aà la hausse sensible des cours mondiaux. Les exportations d'agrumes se sont accrues de 50% pendant cette période de quatre ans, tandis que les exportations des autres fruits et légumes (frais, secs et en conserve) ont fait un bond de 80% pour atteindre un total de h20 millions de DE en 1965. Les exportations de vin ont également connu une avance sensible pendant la même période. Toutefois: les exportations sur la France, le principal acheteur de cette production, viennent d'atteindre la limite prévue par le contingent d'importation, de sorte que la récolte exceptionnelle de 1965 a dû, en grande partie, faire l'objet d'un stockage. La plupart des autres exportations sont demeurées - 25 - stagnantes ou ont accusé un déclin au cours des cinq dernières années, notamment celles provenant du secteur traditionnel de l'agriculture: céréales, légumes, crin, conserves de poisson, liège et produits dé l'élevage Au total, ces exportations se sont chiffrées a 390 millions de DH en 1960/61, mais sont tombées à 330 millions de DH en 1964/65. Au cours de la même période, les exportations d'articles manufacturés sont tombées de 160 mil- lions de IE à près de lh0 millions de DH. 49. Les données préliminaires des douanes, pour le premier semestre 1966, font ressortir une baisse sensible des exportations totales, notamment en ce qui concerne les agrumes, par rapport au premier semestre 1965. Cependant, les recettes d'exportation enregistrées par l'Office du Change pour la même période indiquent une augmentation de 10% et, pour le troisiei trimestre de la même année, un excédent de 10% par rapport a 1965. La dif- férence est probablement imputable en partie au paiement plus rapide et plus intégral des exportations passant par l'OCE, mais on estime qu'une sous- estimation de la part des douanes a l'égard des exportations du premier semestre est, pour une large part, responsable de la différence. 50. Les importations totales de biens et de services n'ont progressé que de 2% par an entre 1960/61 et 1964/65 et, en conséquence, ont accusé une chute par rapport au PIB encore plus marquée que celle des exportations - passant d'une proportion de 28% du PIB a 22%. Au cours de la même période, les importations de marchandises ont manifesté une stagnation presque totale tandis que les paiements invisibles ont enregistré une augmentation annuelle de près de 6%. Cette progression est imputable notamment a l'accroissement des dépenses touristiques a l'étranger, des frais de représentation diplo- matique du Maroc et des pensions versées aux retraites à l'étranger. Les paiements invisibles ont fléchi en 1965 a la suite de la réduction sensible des fonds alloués aux Marocains effectuant des voyages " l'étranger. 51. La composition des importations a subi d'importants changements ces dernières années. Les importations de produits alimentaires et de boissons ont fortement augmenté en 1964/65 en raison de l'importante hausse des cours mondiaux du sucre, ce qui a porté le total des importations de sucre a 300 millions de DH au cours de la période en cause, soit l% du total. Les importations de céréales pour la consommation ont fluctué en fonction des résultats de la récolte, tombant de 120 millions de DH en 1961 a 60 millions de DR en 1963. On s'attend à ce que ces importations attei- gnent en 1966 et en 1967 plus du double du niveau enregistré en 1961. Les importations de produits finis destinés a la consommation ont accusé un déclin sensible, tombant de 27% du total en 1960 a 21% en 1964. Ces chiffree traduisent a la fois une baisse de la consommation parmi les Européens et un accroissement de la production locale de biens de consommation. Le contin- gentement des importations décrété en 1965 a entraîné de nouvelles réductions dans cette catégorie et, ainsi qu'il a été observé, a donné un nouvel essor aux industries remplaçant les importations, notamment les textiles. 52. La valeur totale des importations d'hydrocarbures a fléchi en raison de la substitution du pétrole brut aux produits raffinés résultant de l'achévement d'une importante raffinerie en 1963, assorti d'une croissano - 26 - relativement lente de la demande de produits finis. Les importations d'au- tres matières premières se sont, par contre, inscrites en hausse sensible, pour répondre à l'accroissement de l'activité du secteur moderne de l'agriculture, des industries manufacturières et des mines. Les importations de métaux, de machines et de matériel de transport ont augmenté de 20% depuis, 1960/61, soit moins que la progression des investissements en capital fixe (la proportion tombant de 42% à 35% en 1964/65). Cette évolution traduit apparemment une augmentation de la partie des investissements d'origine locale. 53. Il ressort des données des douanes mrocaines que les importations du premier semestre 1966 ont augmenté d'environ 14% par rapport au premier semestre 1965, en raison surtout des importations accrues de pétrole, de produits semi-finis et de biens d'équipement. Pour l'ensemble de l'année, on estime que les importations pourraient être supérieures de 20% par suite des arrivées plus importantes de blé importé au cours du second semestre. 54. Les recettes au titre des transferts privés se sont accrues fortement ces dernières années, en raison surtout du nombre croissant de Marocains travaillant à l'étranger. Leurs transferts auraient doublé entre 1960 et 1965 pour atteindre un total de 120 millions de DH cette année-la. Cependant les transferts courants et les mouvements de capitaux à destina- tion de l'étranger ont progressé beaucoup plus rapidement. Les principaux paiements de transfert enregistrés se composent des transferts périodiques du personnel étranger travaillant au Maroc, et des transferts de capitaux des émigrants qui quittent le Maroc. De plus, les dépenses de transfert du gouvernement à destination de l'étranger a des titres divers (pour des be- soins que la mission n'a pas pu déteriner) ont atteint un chiffre important, ces dernières années. Le poste "erreurs et omissions" de la balance des paiements qui, croit-on, reflète principalement les transferts privés non enregistrés, a fait ressortir un résultat négatif dans la plupart des années, atteignant un maximum de près de 500 millions de DH en 1959 et 196h. Des mouvements spéculatifs temporaires ont, sans aucun doute, joué un rôle im- portant pendant ces deux années. Cependant, on peut estimer que, dans l'ensemble, les mouvements de capitaux, tels qu'ils ressortent de ce poste, ont atteint en moyenne 250 millions de DH au cours de la période 1960-65. i/ Certains éléments indiquent que le niveau risque d'être sensiblement plus bas en 1966. La nationalisation du commerce d'exportation des fruits et des légumes intervenue au milieu de 1965 était destinée principalement à réduire les sorties illégales de capitaux qui, estimait-on, avaient lieu par le biais de déclarations incomplètes de ces exportations. En outre, le gouvernement a lancé deux émissions d'obligations formant un total de 20 millions de DH, destinées chacune à assurer un meilleur climat aux capitaux étrangers investis dans le pays en offrant le rapatriement des intérêts (h%) et du principal au cours d'une période de dix ans. Ce montant était peut-être plus élevé d'environ 80 millions de DH au cours de ces dernières années. Voir paragraphe 55. - 27 - 55. Les entrées brutes de capitaux privés au Maroc sont restées asse stables ces dernières années, se situant a% environ 50 millions de DH par ane Les importants investissements sous forme de participations au capital ont été effectués par des sociétés pétrolières privées au titre d'opérations de prospection. Les entrées brutes de capitaux publics ont, d'autre part, accusé une forte augmentation, passant d'environ 300 millions de DH en 1960 a un maximum de 680 millions de DH en 1965. Ce total comporte des sub- ventions destinées principalement "a des programmes d'aide alimentaire qui sont restées constantes " environ 70 millions de DH. La plupart des prêts ont été octroyés au gouvernement, mais certains sont allés aux entreprises publiques, et un modeste montant au secteur privé par l'entremise notamment de la BNDE et de la CNCA. L'utilisation des crédits-fournisseurs par les entreprises publiques a apparemment atteint près de 80 millions de DH en moyenne au cours de ces dernières années. Les estimations de la balance des paiements ne tiennent pas compte de l'utilisation de ces crédits bien que l'on estime que les importations financées par ceux-ci soient comprises dans les registres des douanes, S'il en est ainsi, le poste "erreurs et omissions" serait alors majoré du montant des crédits-fournisseurs. 56. Au milieu de 1966, la dette extérieure du Maroc s'élevait à environ 520 millions de dollars, soit un montant équivalent à environ 80% des recettes d'exportation annuelles. On ne dispose de données dignes de foi sur les prévisions du service de la dette que pour 475 millions de dollars. Sur ce montant on estime que les paiements au titre du service de la dette passeront à un maximum de 4 millions de dollars en 1968 contre 37 millions de dollars en 1966, pour retomber progressivement par la suite a 38 millions de dollars en 1970. Cependant, la majeure partie des 145 millions de dollars de dette à l'égard du service de laquelle on ne dispose pas de données, se compose de crédits-fournisseurs assortis de modalités de remboursement moyennes assez courtes; ceci pourrait fort bien ajouter 18 millions de dollars de plus par an à la charge du service au cours des prochaines années. Ainsi, on pourrait estimer le service total de la dette a environ 45 millions de dollars en 1966, soit un montant équivalant à 6% des recettes extérieures courantes, et, en 1968, a près de 52 millions de dollars, soit environ 7% des recettes de 1966. Sur le montant total de 516 millions de dollars de dettes extérieures, environ 344 millions repré- sentent des dettes de l'Etat, le reste étant constitué en majeure partie par les dettes des entreprises publiques. Un montant voisin de 55 millions de dollars sur les dettes de l'Etat n'était pas déboursé au milieu de 1966; ce montant atteignait 53 millions de dollars pour les dettes des entreprises., - 28 - Tableau 8: BâLANCE DES PAIEMNTS (résumé) (en millions de DH courants) 1959a 196o 1961 19262 19 196 19S3 Recettes courantes Exportations de marchandises 1460 1934 1836 1788 1935 2219 2227 Recettes en provenance des gouvernements 550 437 328 287 319 277 258 Recettes du tourisme ) 134 126 161 218 306 332 Autres invisibles 220 132 134 139 5 161 138 Total des recettes courantes 2230 2637 2424 2375 2626 2963 2935 Dépenses courantes Importations 1322 1952 2125 2086 2186 2165 2000 Paiements au titre du revenu des investissements ) 136 189 194 151 115 169 Autres invisibles )_ _39 08 462 525 58.4 19 Total des paiements courants 1717 24>47 2722 2742 2862 2864 2665 Solde du compte courant 513 190 -298 -367 -236 99 270 Recettes au titre des transferts privés n.d. 86 83 99 140 127 151 Paiements de transfert enregistrés b n.d. -175 -213 -255 -354 -415 -L466 Sortie de capitaux privés ) - 66 - 63 - 28 - 14 - 34 -l ) 17 Entrée brute de capitaux privés) 56 56 23 25 46 52 Dons d'origine publique 37 86 69 62 85 60 76 Prêts d'origine publique b/ 156 216 209 272 227 377 5 Moins amortissement de la dette publique C/ - 16 - 11 - 7 - 8 - 10 - 87 -lI Utilisation des réserves -208 -343 262 101 217 312 -231 Erreurs et omissions b/ -495 - 39 - 60 1oi - 80 -485 -308 af_Le taux de change jusqu'au 16 octobre 1959 était de 4,20 DH pour 1 dollar, ensuite il est passé a 5,06 DH pour 1 dollar. f L'utilisation des crédits-fournisseurs par les entreprises ne figure pas dans ces estimations officielles de la balance des paiements. Les esti- mations approximatives de la mission font ressortir que les crédits-four- nisseurs ont peut-être atteint les montants suivants (en millions de DH pour la période allant de 1960 à 1965 respectivement: 13, 44, 35, 100, S, 147. Si ces montants étaient compris dans la balance des paiements, le poste Ierreurs et omissions" augmenterait dans des proportions équien c/ Ce poste comprend apparemment l'amortisserpnt des crédits-fournissea: en ce qui concerne au moins 1964 et ]. .. 29 - CHAPITRE II PROBLEMES ET PEPPECTIVES DU DEVELOPPEMEINT 57. Si l'on considère la difficile période de transition que le Maroc a traversée, il convient de rendre justice au Gouvernement pour la bonne part de succès qu'il a remporté en s'attaquant à ses problèmes de croissance économique et de financement au cours des dernières années. Cependant, un effort beaucoup plus grand s'impose dans l'avenir immédiat pour que l'économie parvienne à un accroissement soutenu du niveau de vie par habitant et évite une nouvelle augmentation très grave du chômage. Des campagnes de grande envergure sont nécessaires pour réduire le taux de l'accroissement démographique et créer davantage d'emplois; les inves- tissements intérieurs doivent être sensiblement accrus et des dispositions doivent être prises en vue d'assurer une utilisation plus efficace des ressources d9investissement, Accroissement de la population et de la main-d'oeuvre 58. Le rapport de la Mission d'étude de la Banque Mondiale effectué en 1965 a attiré l'attention sur le problème démographique aigu qui se pose au Maroc et a proposé le lancement d'une campagne a grande échelle en vue de réduire le taux de natalité. Le Gouvernement marocain qui était déjà alors averti de ce problème, a depuis lors pris un certain nombre de décisions. En 1966, il a mis sur pied des centres-pilotes chargés de la distribution de dispositifs propres à prévenir la conception dans les villes et il a, en outre, créé des commissions provinciales et nationales en vue de susciter l'adhésion de la population à ce programme. Il y aura certes une certaine résistance populaire à la limitation des naissances, notamment dans les régions rurales. Cependant, s'il s'avérait nécessaire d'offrir un modeste encouragement financier afin d'obtenir le prompt ral- liement des populations, ces dépenses pourraient rapporter un important bénéfice d'ordre économique au Maroc sous forme d'économies en matière de consommation et d'investissements qui seraient autrement nécessaires pour pourvoir aux besoins d'une population accrue. Quoi qu'il en soit, l'urgence du probléme ne permet aucun retard dans la prise de dispositions nécessaires a une campagne a grande échelle et à son lancement dés que les techniques les plus efficaces et les mieux adaptées à la situation du Maroc auront ét, mises au point. 59. Cependant, il n'existe aucune mesure de prévention des naissances qui puisse avoir une influence sur la population active avant 1982 au plus t6t. Aussi, les démographes du Gouvernement partant du principe qu'un programme de régulation des naissances à grande échelle ne démarrera pas avant 1970, prévoient que le nombre de personnes qui viendront grossir lez rangs de la main-d'oeuvre d'ici à 1985 en projetant un taux de natalité réduit, sera le même que si la projection se base sur un taux constant - soit environ 12,9 millions. Si on adopte l'hypothèse de certains change- ments dans les taux de participation des divers groupes, notamment une - 30 - augmentation de 10 à 30% parmi la population urbaine de sexe féminin, le chiffre de la participation totale devrait atteindre environ 8,h millions. Ce nombre peut être comparé à une population active estimée à h,6 millions en 1965. 60. On ne dispose d'aucun renseignement direct sur le chômage actuel. Le recensement de 1960 a indiqué que 21% de la population active de sexe masculin était alors en chômage dans les villes, le taux s'établissant à environ 25% pour de nombreux sous-groupes d'âge dand des villes comme Casa- blanca, Kenitra et Tanger. Il est raisonnable de penser que le taux gé- néral pour la population urbaine de sexe masculin est passé à environ 25% en 1965. Les taux sont beaucoup plus bas parmi les hommes des régions rurales, du fait que les personnes sous-employées ne sont pas considérées comme chômeurs. De même, les taux parmi les femmes des milieux urbains et ruraux, sont proches de zéro. Tous les taux sont exprimés en population totale au sein du groupe d'âge. Si ces taux étaient calculés selon la méthode habituelle, soit uniquement sur la base de la population active, ils seraient évidemment plus élevés. 61. Une estimation approximative du chômage total en 1965 s'éta- blirait alors à environ h00.000 personnes dont, près de 250.000 hommes dans les villes. Des chiffres d'une telle importance posent l'un des plus graves problèmes auxquels le Gouvernement marocain doive faire face. Cependant, ce problème s'aggravera vraisemblablement davantage par suite des apports de main-d'oeuvre escomptés au cours des vingt prochaines annéeG, Les démographes du Ministère du Développement estiment que l'emploi éventuel de tous les nouveaux venus qui se joignent à l'effectif de la main-d'oeuvre. y compris les femmes à un taux croissant progressivement par rapport à toutes les femmes d'âge actif, nécessiterait la création d'emplois à un rythme annuel passant d'une moyenne de 150.000 par an entre 1965 et 1970 aà 160.000 entre 1970 et 1975, pour atteindre 200.000 en 1980 et 290.000 en 1985. Ces chiffres reposent sur une hypothèse quelque peu conjecturale concernant la répartition de l'accroissement démographique entre villes et campagnes, mais ils indiquent un ordre de grandeur. Ils sont comparables avec nos estimations approximatives des emplois nouveaux créés ces der- nières années à un rythme inférieur à 100.000 par an. 62. Il est évident que, dans les années à venir, la création d'emplois doit être une préoccupation majeure de la politique économique. Il n'existe pas de solutions faciles â ce problème. En règle générale, on peut recommander que les propositions d'investissement soient examinées de près pour l'incidence qu'elles peuvent avoir sur l'emploi. Il importe également que des mesures soient prises en vue d'éviter que surviennent des rigidités excessives dans le marché du travail et afin de maintenir les coûts des traitements et salaires effectifs à un niveau bas de façon à ce que la production marocaine puisse bénéficier financièrement du faible coût relatif de la main-d'oeuvre. Les programmes de création d'emplois - 31 - comme la Promotion Nationale doivent être maintenus jusqu'à ce que des investissements offrant de meilleurs avantages d'ordre économique (et autant d'emplois) puissent être effectués sur une échelle appropriée. Mais le principal objectif doit être la mise en oeuvre la plus rapide possible des investissements qui promettent de faire bénéficier l'économie de bons rendements. Le potentiel de croissance 63. Le Maroc compte un certain nombre de ressources économiques importantes. Si elles étaient judicieusement mises en valeur, ces res- sources pourraient donner lieu en quelques années à une accélération sen- sible des taux de croissance de la production et de l'emploi. L'avantage relatif du Maroc provient pour une grande part de sa proximité de l'Europe et de son climat. En agriculture, ces facteurs ont déjà été combinés avec les ressources abondantes du Maroc en bonnes terres et en eau pour entralner une robuste expansion de ses exportations de fruits, légumes, vin et coton vers l'Europe. Les possibilités teohniques d'une expansion nouvelle sont excellentes. Les possibilités de développement de la pro- duction céréalière et de la production animale sont également bonne sur une base peut-être encore plus économique que l'accroissement de la pro- duction des principales cultures d'exportation - du moins dans une certaim mesure. Sur le plan du tourisme, les facteurs essentiels se conjuguent avec des richesses culturelles et des sites impressionnants pour offrir de fortes possibilités de croissance dans un secteur dont la mise en valeur vient juste de commencer. Dans le domaine des minerais, le Maroc n'a pas encore eu la chance de découvrir des gisements de pétrole importants, mais il compte les plus importants gisements de minerai de phosphate du monde ainsi que des gisements moins importants d'autres minerais commer- cialement exploitables dont la demande actuelle est acitve. La seule limitation à l'expansion des recettes provenant des phosphates réside, a moyen terme, dans la demande effective; les réserves disponibles sont pratiquement illimitées. L'industrie manufacturière offre des possibilités considérables d'expansion en ce qui concerne une production accrue destinép à remplacer les importations, et dans le domaine de l'exportation, tant dans le contexte d'un futur marché commun Maghrebin que de l'exportation vers l'Europe de produits exigeant une main-d'oeuvre importante. 64. Le Maroc dispose déjà d'une main-d'oeuvre bien qualifiée en plus grande abondance que la plupart des pays africains et, à long terme, il est fort possible que les Marocains remplacent les Européens mieux payés qui travaillent actuellement en grand nombre dans le pays. A court terme, et même à moyen terme, cependant, si le taux de croissance du Maroc doit s'accélérer, il lui faudra probablement importer des compétences techniqnes et administratives supplémentaires, tout en faisant porter ses efforts sur une formatoon poussée de ses propres cadres les mieux qualifiés. Mais, à moyen terme, l'excédent croissant du Maroc en main-d'oeuvre non qualifiée offre néanmoins de bonnes possibilités de gagner des revenus supplémen- taires à l'étranger. On estime le chiffre des Marocains travaillant à - 32 - l'étranger à au moins 70.000. Les remises effectuées par ces travailicur.-- se sont élevées à 117 millions de dirhams en 1965. Si les pays européenu continuent à éprouver des pénuries de main-d'oeuvre, comme c'était le cas lors des années 1960, et si l'on permet aux Marocains d'avoir accès aux pays à court de travailleurs, ces ordres de grandeur pourraient être sensiblement accrus dans les cinq à dix prochaines années. 65. La politique suivie par les principaux pays clients du Maroc en ce qui touche les importations de biens et de services marocains consti- tuera, selon toute évidence, un important facteur dans la manière dont le pays pourra assurer la mise en valeur rapide et efficace de son po- tentiel. Les principales questions qui se posent à l'heure actuelle concernent les conditions d'accès des exportations marocaines, notamment celles des fruits et des légumes, dans les pays du Marché Commun Européer. Il existe également un potentiel non négligeable dans l'Europe septen- trionale ou orientale qui pourrait constituer un débouché nouveau. La disponibilité de l'aide extérieure et de l'assistance technique étran- gére constitue également un important élément sur lequel le Maroc n'exerce évidemment pas de contrôle complet. Cependant, les principales décisions influant sur le taux de croissance économique du Maroc dépendent de celui-ci, Perspectives d'investissement: vue d'ensemble 66. Le Gouvernement est conscient des possibilités latentes de l'économie et de la nécessité d'accroitre le taux de ses investissements pour les exploiter d'une manière efficace. Afin de pouvoir élaborer un programme détaillé d'investissement public à cet effet, le Gouvernement a demandé conseil à la Mission d'étude de la Banque Mondiale en 1964/65. Cette mission a formulé des recommandations concernant un programme sexennal d'investissement public portant sur la période 1965/70. Le Gouvernement a alors établi un plan triennal pour 1965/67 qui, dans la plupart des cas, s'inspire des suggestions de la Mission d'étude. Le rapport de la Mission proposait des investissements en capital fixe d'un niveau moyen de 1.050 millions de DH pour 1965/70 et des crédits publics au secteur privé atteignant une moyenne de 150 millions de DH, par rap- port aux moyennes effectivement enregistrées en 1963 et en 196h s'élevant à 820 et 50 millions de DH respectivement pour ces catégories de dépenses. Le Plan triennal a prévu des investissements publics en capital fixe s'établissant en moyenne à 980 millions de DH et des crédits publics s'élevant en moyenne à 170 millions. 1/ Ainsi, dans ses ordres de grandeur 1/ Après ajustements aux fins de comparabilité avec la Mission d'étude. Ce montant comprend des affectations au titre de l'enseignement pri- maire, l'apport de l'assistance extérieure en faveur de la Promotion Nationale, et les crédits publics au secteur privé par l'entremise de la ENDE, postes qui ont été omis du Plan triennal. Pour plus de dé- tails, prière de se référer au tableau 10 à la fin du chapitre. - 33 - globaux, le plan n'apparaît que légèrement ambitieux par rapport au passé récent et aux projections à long terme de la Mission de la Banque. En outre, les priorités énoncées dans le Plan s'inscrivaient bien dans le potentiel du pays, mettant l'accent sur le développement de l'agri- culture, du tourisme et de la main-d'oeuvre qualifiée en tant qu'ob- jectifs principaux. 67. Cependant, les dépenses effectivement engagées en 1965 et les estimations actuelles pour 1966 font ressortir un déficit sensible par rapport aux objectifs globaux du Plan, les plus grands écarts apparaissant précisément dans les trois secteurs s'étant vus assigner la plus haute priorité par le Plan. Les investissements totaux du secteur public pour 1965 et 1966 sont estimés à 860 millions de DH et à 750 millions de DH respectivement par rapport aux objectifs du Plan de près de 950 millions de DH pour ces deux années. Ainsi qu'on l'a déjà fait observer au Clia- pitre I, les dépenses au titre de l'agriculture ne représentaient que les deux tiers des objectifs fixés pour les deux années en question, tandis que pour le tourisme et l'éducation (à l'exception de l'ensei- gnement primaire), les déficits étaient relativement plus importants encore. Dans le cas de l'agriculture et de l'enseignement des déficits ont été imputables surtout au manque de cadres et aux difficultés d'or- ganisation; dans le cas du tourisme, les prévisions initiales étaient probablement trop peu réalistes. Dans de nombreux secteurs, les dépenses on été de l'ordre de celles prévues par le Plan en 1965/66 ou très légè- rement supérieures, surtout dans l'industrie et l'urbanisme. les crédits publics au secteur privé ne se sont chiffrés en moyenne qu'à 95 millions de DH en 1965/66, en raison des restrictions de la politique du crédit et de retards apportés à la prise de dispositions effectives pour obtenir un financement extérieur approprié. 68. Comme l'indique le paragraphe 18, de sérieux efforts sont ac- tuellement déployés pour surmonter les difficultés à l'origine des déficits dans les trois secteurs prioritaires du Plan. Cependant, même en redoublant les efforts, il n'apparaît pas possible de compenser la totalité des déficits de 1965/66 au cours de 1967. Ceci porterait les dépenses publiques à 1.330 millions de DH au titre des investissements en capital fixe par rapport à la moyenne de 805 millions de DH réalisés en 1965/66, (dépenses militaires exclues) et conduirait à un accroissement de crédits du secteur public de plus de 200 millions de DH. En fait, les plus grands efforts seront nécessaires dans l'agriculture pour que le Gouvernement parvienne a une modeste expansion en 1967 (sans sacrifier l'efficacité) surpassant les chiffres records enregistrés les deux années précédentes, étant donné l'importante réorganisation qui vient juste d'avoir lieu et la nécessité de "roder" un grand nombre d'experts étrangers qui ont été recrutés pour remplacer ceux qui ont quitté le pays en 1965/66. Les perspectives d'une forte expansion du tourisme semblent plus prometteuses, à la suite des efforts effectués en 1966 pour supprimer les goulots d'étranglement sur le plan administratif et de la main-d'oeuvre. Un niveau élevé et continu - 34 - d'investissements publics dans les mines et les industries manufactu- rières semble également assuré compte tenu des engagements déja effectu_es. Dans les domaines de l'énergie électrique et des transports également, la construction d'importants nouveaux projets devrait être prêt à dé- marrer en 1967. Au total, il semble que l'on devrait pouvoir porter les investissements publics à environ 950 millions de DH en 1967 et que les crédits au secteur privé pourraient effectivement atteindre 110 millions de DH. 69. En supposant que des améliorations interviennent en 1967/68 dans l'administration des programmes de développement clés, une nouvelle augmentation substantielle des dépenses publiques devra 9tre prévue pour 1968/70 de façon à assurer une avance raisonnable vers un objectif d'emploi et de production par habitant accrus. A titre provisoire, l'ob- jectif des investissements en capital fixe pourrait fort bien être fixé à près de 100 millions de DH pour 1970 et les crédits au secteur privé à 200 millions de DH. Sur un calendrier raisonnablement étalé, ceci se traduirait pour 1965/70 en dépenses publiques totales au titre du déve- loppement de l'ordre de 6.800 millions de DH, soit un montant légèrement inférieur au total préconisé par la Mission d'étude. 70. La composition des dépenses au titre du développement suggérées par la Mission d'étude semblant adéquate dans sa majeure partie aux auteurs du présent rapport, par conséquent il n'y a pas lieu de traiter ici en détail les programmes relatifs aux secteurs particuliers qui ont fait l'objet d'une longue description dans le rapport de la Mission d'étude. Cependant, plusieurs modifications aux propositions de la Mission d'étude semblent souhaitables à la lumière de renseignements plus récents. Ces modifications sont indiquées dans la discussion sommaire des perspectives des principaux secteurs figurant ci-après. 71. Le rapport de la Mission d'étude a traité essentiellement des investissements du secteur public, pour la bonne raison que l'on ne dis- posait pratiquement d'aucun renseignement sur les investissements privés. Depuis 1964, les données relatives aux investissements privés de plusieur: secteurs se sont légèrement améliorées, notamment dans le domaine des industries manufacturières, des mines et du tourisme. En se fondant sur ces indications, et en supposant que le climat favorable aux investis- sements privés au Maroc continuera de s'améliorer, on peut estimer, d'unc manière très provisoire, que le chiffre total des investissements fixes privés peut être porté d'une moyenne de 650 millions de DH en 1964/66 à environ 1.000 millions de DH en 1970. Le tourisme est le secteur offranG de loin les perspectives les plus favorables aux investissements privés mais des investissements privés accrus devraient pouvoir être effectués dans l'agriculture, l'industrie manufacturière, le bâtiment et les travaux publics, les transports routiers et le logement. - 35 - Perspectives d'investissement dans les principaux secteurs 72. Les annexes au présent rapport fournissent une description des problèmes qui se posent dans les principaux secteurs et des possibilités qui y sont offertes. Les dépenses impliquées dans ces secteurs ainsi que des éléments d'information sur les autres secteurs sont brièvement passées en revue ci-dessous. Agriculture 73. La réussite des efforts du Gouvernement dans le secteur agricole dépendra de sa capacité d'exprimer en termes de priorité réalistes les politiques générales qu'il a adoptées et d'incorporer ces politiques et priorités dans des programmes susceptibles d'être menés à bien avec les ressources disponibles. Si l'on juge en ces termes, les résultats ob- tenus jusqu'à présent ne sont guère encourageants. Le Gouvernement ce- pendant, reconnait les insuffisances de ces résultats et a demandé que la BIRD l'assiste dans ses efforts pour les améliorer. Deux études sont en cours dans cet ordre d'idées. L'une est consacrée à l'organisation et la main-d'oeuvre. On espère que ses conclusions permettront d'ins- tituer une organisation capable de préparer et de réaliser d'une manière coordonnée des programmes d'investissements. L'autre étude a pour but de permettre de dresser un inventaire de projets et de programmes analysés selon une méthode identique ou comparable afin que l'on puisse les juger selon leur valeur économique. 7h. Lorsque ces études fondamentales seront terminées, le Gouver- nement pourra procéder à l'établissement de priorités sur des bases plus valables qu'autrefois. Entre temps, le secteur agricole conserve une importance primordiale dans les plans d'investissements. Le budget d'investissement pour 1967 prévoit près de h00 millions de dirhams pour l'agriculture, par rapport à environ 160 millions effectivement dépensés en 1966 (sans comprendre la valeur de l'aide américaine en nautre af- fectée aux programmes de Promotion nationale). Plus des trois quarts de cet accroissement seront affectés à la culture irriguée, y compris des travaux de barrage dans le Tessaout Amont et sur la rivière Ziz, bien que, en accord avec la recommandation de la Mission d'études géné- rales l'investissement dans les travaux principaux d'infrastructure seront défférés au moins jusqu'à 1968, le Plan Triennal n'ait donné priorité à aucun d'entre eux. 75. Cependant la Mission est encline à penser que les prévisions budgétaires surestiment la possibilité pour les organismes de l'Etat de mener à bien un tel volume d'investissements en 1967. Un niveau d'en- viron 250 millions de dirhams apparaîtrait plus réaliste. Même ce chiffI représente une augmentation de h0% par rapport aux prévisions pour 1966 (tous deux comprenant l'aide américaine à la Promotion Nationale). Ce- pendant, un niveau de h00 millions pourrait bien être un objectif conve- nable pour 1969 si les efforts en vue d'améliorer les procédures de la planification et l'exécution des programmes s'avèrent suffisamment concluants. - 36 - 76. Tous les programmes principaux devraient être élargis. C'est à première vue le cas de mettre un accent particulier sur l'accroissement des rendements dans la culture sèche par le recours aux engrais et aux semences sélectionnées sur la base d'un critère de rentabilité rapide de l'investissement. Cependant, il peut être fort long de réaliser sur une grande échelle des programmes de ce type et de susciter une motivation suffisante des paysans pour qu'ils adoptent ces innovations, surtout si une pluviosité insuffisante lors de leurs premiers essais d'engrais conduit à une baisse des rendements. En tout cas, une telle orientation ne signifierait pas que les dépenses pour la culture sèche seraient supérieures à celles recommandées par la Mission d'études générales, bien qu'elle puisse conduire à passer d'une politique de culture au tracteur à une qui serait d'abord favorable à l'emploi d'engrais et à la distri- bution de semences. Dans le cas de la culture irriguée, l'ensemble de la proposition de la Mission d'études générales sur les projets spécifiques pourrait être élargie si se confirment les impressions actuelles quant à la rentabilité relativement intéressante de plusieurs nouveaux projets d'investissement. Il serait aussi à recommander un programme quelque plus vaste que celui proposé par la Mission d'études générales pour la conservation de sol et le reboisement (y compris la Promotion nationale). Cependant, en supposant que l'on utilise l'importante provision pour imprévus (200 millions de dirhams) du programme agricole de la Mission, l'allocation totale pour les dépenses d'investissements fixes en agri- culture n'est pas inférieure au niveau que les impressions actuelles considèrent comme désirable. 77. L'investissement privé dans l'agriculture sera facilité par un autre accroissement du crédit public, pour lequel la Mission d'études générales proposait 286 millions de dirhams au cours de la période de six ans. Ceci apparait maintenant un objectif bien trop optimiste car il impliquerait un doublement dans l'expansion du crédit net en 1968/70 per rapport à 1964/66. Il serait cependant possible de parvenir à un accrois- sement de 60 millions de dirhams en 1970, soit le double du montant atteint en 1966. Mines 78. Les investissements les plus importants prévus dans le secteur minier sont de loin ceux de l'OCP. La concurrence internationale que l'OCP a rencontré, l'a obligé à maintenir sa production au même niveau durant les trois dernières années et l'a conduit à revoir ses plans d'in- vestissements établis sur la base du marché favorable de 1964 qui avait promus ses exportations de plus de 18% par rapport à l'année précédente. L'objectif d'une capacité d'environ 15 millions de tonnes en 1970 sera probablement réduit d'un million de tonnes. Les dépenses en capital pour la période 1965/67 sont actuellement estimées à 350 millions. Il semble que les révisions dans les perspectives d'investissement auront un effet particulièrement sensible en 1968/70, en réduisant les dépenses en capital à 200 millions de dirhams durant la période. - 37 - 79. En se fondant sur ce que l'on sait des perspectives, les autres investissements publics dans les mines ne dépasseront vraisemblablement pas le rythme annuel de près de 30 millions de DH estimé pour 1967, tandis que les investissements privés resteront probablement relativement stables, se situant aux environs de 65 à 70 millions de DH. Ces investissements n'entraîneront vraisemblablement qu'une légère augmentation de la productica, dont la majeure partie sera utilisée localement (c'est le cas du souffre destiné à SAFI et du charbon pour les centrales thermiques de l'ONE). Industrie manufacturière 80. Les investissements du secteur public dans l'industrie manufac- turière pourraient atteindre 110 millions de DH en 1967 (par rapport à 69 millions de DH en 1966), du fait que les travaux d'implantation des troisième et quatrième sucreries sont déjà en cours. En outre, des dé- penses plus faibles seront probablement engagées en ce qui concerne l'usine de SAFI et la zone industrielle de Tanger verra quelque extension. L'autre investissement public important actuellement envisagé dans l'industrie est une participation minoritaire (de l'ordre de 40%) dans une seconde usine d'engrais phosphatés actuellement étudiée par une entreprise étran- gère, dont le coût total est estimé à 250 millions de DH. Si cet inves- tissement apparaissait justifié et était terminé en 1970, le total des investissements publics directs dans l'industrie manufacturière s'éle- verait pour 1965/70 approximativement au total prévu par la Mission d'étude (537 millions de DH) étant donné que les investissements en 1965/67 sont estimés à 367 millions de DH. En outre, le Gouvernement étudie un projet d'aciérie qui serait implantée à Nador et dont le cout pourrait atteindre 400 millions de DH. Aucune décision n'a été prise à cet égard et il n'est pas tenu compte ici des dépenses au titre de ce projet jusqu'en 1970. 81. Les investissements privés dans l'industrie manufacturière se sont situés en moyenne aux environs de 100 millions de DH ces dernières années, les textiles représentant près de la moitié du total. Les inves- tissements dans les textiles regresseront sans aucun doute d'ici à 1968 étant donné que des problèmes de capacité excédentaire semblent se dessiner. Cependant, les perspectives d'expansion sont raisonnablement bonnes dans le domaine de l'industrie alimentaire et, si une reprise des investissements totaux se manifeste, une augmentation des investissements serait à prévoir dans les matériaux de construction et le matériel de transport. Par ailleurs, outre le deuxième projet de production d'engrais, l'implantation de deux importantes usines de produit chimique est envisagée au coût total estimé à environ 100 millions de DH. Dans l'ensemble, étant donné l'amé- lioration continue des politiques de l'Etat vis-à-vis de l'industrie manufacturière privée, les investissements privés peuvent fort bien passer a un niveau variant entre 150 et 200 millions de DH en 1970. On peut donc utilement envisager un accroissement annuel net des prêts par l'entremise de la BNDE pouvant atteindre h0 millions de DH par an d'ici là contre une moyenne de 20 millions de DH en 1964/66. - 38 - Tourisme 82. Selon les estimations officielles, les entrées de touristes non compris les arrivées des croisières maritimes ont augmenté de 30 pour cent par an en moyenne de 1961 à 1964 puis de 15 pour cent depuis lors. Ces estimations ne font, semble-t-il, pas la distinction entre les étrangers rendant visite à des résidents marocains et ceux qui ont l'intention d'habiter dans les hotels et autres lieux publics. Il y a cependant cer- taines indications que le manque de chambres a, à certaines périodes de pointe, eu tendance à décourager les voyages au Maroc et à l'intérieur même du pays. En tous cas, le taux de croissance de 20 pour cent est projeté par la Mission d'étude générale pour 1966/1970, semble encore possible sur la base des résultats obtenus par des pays semblables qui ont précédé le Maroc sur la voie de tourisme, ainsi que sur la base de l'évolution générale de la demande, si ce n'est en se fondant sur lesré- sultats obtenus par le Maroc lui-même. 83. La Mission d'étude générale, dans le cadre de cette croissance anticipée, prévoyait un besoin total d'investissement de l'ordre de 540 millions de dirhams pour cette période. Avec des estimations quelque peu différentes des taux d'occupation des h8tels et des coûts unitaires, la mission actuelle estime qu'un investissement d'au moins 575 millions serait nécessaire. En 1965/66 l'investissement effectif peut être estimé à 115 millions (par rapport a 50 millions en 1963/64). Il faudrait donc au moins 460 millions entre 1967 et 1970. Cinquante millions pourrait prendre la forme d'investissements publics directs (surtout dans la pre- mière partie de la période); le crédit public devrait financer au moins 55 pour cent des investissements privés, soit 230 millions en quatre ans par rapport à 35 millions durant les années 1965 et 1966. Au plus, l'in- vestissement public dans l'infrastructure purement touristique, comme l'aménagement de plages et l'équipement en moyens de transport, pourrait se monter à environ 15 millions de DH par an. Energie électrique 84. En se fondant sur une croissance de la demande à un taux de 7 pon cent par an, la Mission d'étude générale prévoyait que le programme d'in- vestissements pour la production et le transport d'électricité par l'Of- fice national de l'électricité (ONE) devrait se monter à 650 millions de dirhams pour les années 1965/70. Le Plan triennal était en accord avec les hypothèses de croissance et les projets requis; il prévoyait 240 mil- lions au titre de l'émergie électrique. Au cours des deux premières années de la période considérée par le Plan, la demande n'a augmenté qu'à un rythme de 5,5 pour cent par an, alors que le programme d'investissement de l'ONE était très en retard par rapport aux prévisions en partie à cause de l'inondation des lieux de construction. La valeur des réalisa- tions se montait à seulement 100 millions à la fin de la deuxième année. - 39 - La mission prévoit un modeste accroissement du rythme de construction en i%? mais pense qu'à la fin de la période considérée par le Plan les trois quarts environ du programme de la Mission d'étude générale resteront encore a réaliser. En supposant que la demande d'énergie croîtra en relation avec l'accélération de l'activité économique, la continuation de ce programme pourrait sembler justifiée même si celui-ci ne peut être terminé qu'a- près 1970. La projection actuelle prévoit des dépenses en capital de l'ONE montant à 125 millions par an jusqu'en 1970. Ces dépenses corres- pondent à l'achàvement des projets hydroélectriques en cours d'éxécution sur la Moulouya, la construction d'usines thermiques à Casablanca et à Djerada afin d'améliorer l'équilibre entre sources thermiques et sources hydrauliques, des améliorations substantielles du système de transmission marocain et des travaux sur des installations de moindre importance qui permettraient de satisfaire les demandes de pointe. Il semble que l'ONE envisage la possibilité de commencer des travaux avant 1970 ou peu après pour des vastes usines sur l'Oum Er Rbia ou le Sebou. La Mission recom- mande fortement que le Gouvernement ne prenne de décisions a ce sujet qu'après avoir soumis ces investissements à des études détaillées en liaison avec l'étude économique des possibilités d'irrigation dans le bassin de Sebou et de l'Oum Er Rbia. 85. Bien que le Plan n'ait pas prévu de provision spéciale sur ce point, la Mission d'étude générale avait estimé les besoins d'investissement pour la distribution locale à 162 millions pour les six années se termi- nant en 1970. La Mission actuelle ne dispose pas de renseignements sur les dépenses effectuées à ce propos depuis le début du Plan mais pense que la Mission d'étude générale a prévu à juste titre une allocation de h0 millions pour imprévus pour 1970. Tranports et Communications 86. Dans le secteur des transports et des télécommunications, le Plan triennal a prévu des investissements publics de 125 millions de DH en moyenne par an, soit légèrement moins que ceux de 1964/65. Les recom- mandations de la Mission d'étude générale pour 1965/70 portaient sur une moyenne du même ordre, mais prévoyaient sensiblement moins pour les routes de troisième catégorie et davantage pour les ports et les télécommuni- cations. Nous croyons que la provision totale de la Mission d'étude générale est à peu près juste, mais qu'il convient d'accorder un peu plus à ces routes et un peu moins aux ports. L'ajustement relatif aux routes affecterait à ce secteur une partie de la provision générale prévue par la Mission d'étude générale (de l'ordre de 250 millions de DH) pour la Promotion nationale, laquelle dépense actuellement environ 10 millions de DH sur les routes et est en grande partie exclue des propositions formuléep par la Mission d'étude. En accord avec les conclusions de la récente mis- sion de pré-évaluation de la BIRD, l'amélioration du réseau de routes primaires pourrait être pluscoûteuse que prévue. La mission recommande que la Banque procède à l'évaluation d'un projet qui pourrait coûter près de 75 millions de dirhams et qui comprendrait aussi bien l'achat d'équi- pement d'entretien que la constructiori de routes. Dans le cas du programm - 4o - portuaire, les estimations les plus récentes indiquent que le coût d'ex- pansion du port de Casablanca (un projet urgent) serait inférieur de 15 millions de DH aux 118 millions de DH estimés par la Mission d'étude générale. Les révisions actuelles des prévisions de vente des phosphates pourraient conduire à une nouvelle réduction. Par ailleurs, l'affectation de h0 millions de DH aux nouvelles installations pétrolières de Moham- media ne semble pas être justifiée, du fait que les installations néces- saires pourraient probablement être incluses à un coût supplémentaire minime dans l'extension du port de Casablanca. Le coût de l'oléoduc allant de Casablanca à Mohammedia ne dépasserait pas 5 millions de DH et pourrait être à la charge des compagnies pétrolières. 87. En ce qui concerne les routes, les renseignements disponibles indiquent que les dépenses effectives en 1965/1967 ont dépassé les 55 mil- lions de dirhams prévus par le Plan et sont de l'ordre de l'allocation totale prévue pour 1970 par la Mission d'étude générale. Les dépenses projetées ici pour les six ans sont d'environ un quart plus élevées que celles prévues par la Mission d'étude générale. Les dépenses pour les installations au sol pour le transport civil aérien effectuées jusqu'à présent et projetées pour le futur sont en accord aussi bien avec l'al- location de 31 millions prévue par le Plan qu'avec la provision de 77 millions incluse par la Mission d'étude générale pour une plus longue période. En ce qui concerne l'équipement en moyens de transport, la Mission d'étude générale avait fondé sa prévision de 32 millions sur la base de l'achat d'une Caravelle et d'avions plus petits pour les vols intérieurs. Le chiffre de 32 millions qui apparait dans le Plan suppose l'achat de deux caravelles. En fait, une Caravelle a été achetée en 1967 et avant la fin de 1967 un autre appareil important pourrait être acheté et livré. Il s'agit probablement d'un Boeing 727 qui coûte deux fois plus cher qu'une Caravelle. Avant 1970 un autre Boeing pourrait également Ctre mis en service; il pourrait s'agir d'un 707 qui est encore plus coûteux autun 727. Znseinercnt 88. Depuis l'indépendance, l'enseignement public marocain s'est accru très rapidement. C'est dans l'enseignement primaire que la crois- sance en termes absolus a été la plus importante. Bien que plus de la moitié de la population d'âge scolaire n'aille pas encore en classe, on estime que les effectifs des écoles primaires ont plus que doublé depuis 1957/58. L'enseignement secondaire public qui ne corprenait, avant l'in- dépendance, que peu de Marocains, comprend actuellement sept fois plus d'écoliers qu'en 1957/58. Au cours des années passées, la constr-u-tion d'écoles n'a pas suivi le rythme d'augmentation de la population scolaire si bien que les classes sont généralement surchargées. De plus, la pro- portion d'instituteurs non qualifiés est grande dans les écoles primaires alors que le manque de Marocains susceptibles d'enseigner au niveau secon- daire a contraint le Gouvernement à faire appel à un grand nombre d'ensei- gnants étrangers. - 41 - 89. Les changements dans la politique linguistique compliquent aussi actuellement l'enseignement secondaire. On a récemment procédé à un passage du français à l'arabe comme langue d'enseignement dans les écoles primaires. Il semble que la décision a été prise, en dépit de la pénurie d'enseignants qualifiés, d'introduire l'arabe comme langue d'enseignement pour la première année du secondaire. A moins que des enseignants qua- lifiés puissent être recrutés dans les autres pays arabes, ce qui semble actuellement peu vraisemblable, cela risque de conduire à une dégradation sensible de la qualité de l'enseignement secondaire pendant un certain temps - jusqu'à ce qu'un nombre suffisant d'enseignants marocains aient pu 9tre formés. 90. L'année dernière, le Ministère de l'Education a préparé un plan décennal pour l'enseignement mettant l'accent sur l'enseignement secondaire et la formation d'enseignants. Il demandait également un certain délai dans l'application de l'arabisation à l'enseignement secon- daire et l'établissement d'une année de transition permettant d'enseigner le français entre l'école primaire et l'école secondaire. Ce plan n'a pas été accepté par le Gouvernement. Il apparaît qu'en fait le système d'enseignement fonctionne actuellement sans le support d'une planification préalable et sur une base empirique. Cette situation ne saurait durer sans avoir les conséquences les plus néfastes sur l'efficacité du sys- tème d'enseignement. Les travaux, y compris ceux de construction, doivent être replacés sans délai dans une perspective à plus long terme qui tienne compte des difficultés croissantes et des moyens disponibles pour les surmonter. 91. Bien que l'enseignement secondaire mérite la plus grande atten- tion, dans une telle perspective, il n'est pas possible d'éviter cer- taines dépenses en capital pour l'enseignement primaire. Heureusement, le taux d'accroissement de la scolarisation primaire a sensiblement di- minué au cours des années récentes. Il a été estimé a environ 6 pour cent par an durant les trois années dernières; et on peut penser qu'avec une diminution graduelle du nombre de redoublants - qui correspond ac- tuellement à 30% des effectifs du primaire - un taux d'accroissement ultérieur de 3 ou 4% permettrait une augmentation progressive de la pro- portion des enfants scolarisables allant à l'école. Les dépenses en capital pour les écoles primaires dans le budget de l'Etat ont été de 25 millions de dirhams en moyenne au cours de chaque année 1964 et 1965; elles ont ensuite dimimué considérablement jusqu'au point que le budget pour 1967 ne prévoit aucune dépense. Quelques fonds cependant seront disponibles ultérieurement en cas d'urgence. En partie, parce qu'il s'agit de rattraper le retard du au récent ralentissement, quelque 100 millions en capital devraient être consacrés à l'enseignement primaire au cours de la période triennale de 1968/70. Ceci ne permettrait cependant pa2 d'éviter que les pièces des écoles primaires soient utilisées par deux classes successivement. h >2 - 92. Dans l'enseignement secondaire, il est nécessaire d'obtenir des amnr,agements plus élaborés et plus coûteux pour chaque élève. Les classes sont surchargées, les écoles ont besoin d'équipement et il est nécessaire de prévoir un certain accroissement des effectifs. Le budget pour 1967 prévoit un investissement pour l'enseignement autre que primaire d'envi- ron 26 millions de dirhams. Si l'accroissement des effectifs secondaires est limité à moins de 10 pour cent afin de permettre la satisfaction des besoins en équipement, le chiffre de 1967 devrait probablement être doublé en 1968 et encore doublé en 1970. Le total pour l'enseignement non pri- maire serait donc de 50 millions pour 1967/70. Même en supposant de tels accroissements à partir de 1968, l'investissement total dans l'ensei- gnement serait encore inférieur de 50 millions en chiffre de h86 millions recommandé par la Mission d'étude générale. 93. Afin de réduire les difficultés qui freinent actuellement l'enseignement public, il est essentiel que la formation d'enseignants soit considérablement accélérée. En fait, l'équilibre et le volume de l'enseignement autre que primaire devrait être ajusté pour faire face aux besoins futurs non seulement d'enseignants mais plus généralement de personnes instruites des problèmes techniques et scientifiques (nombre d'entre elles doivent être orientées vers l'enseignement secondaire car c'est précisément dans le domaine de l'enseignement scientifique qu'existe les plus grandes pénuries). Ainsi que des méthodes de plani- fication et d'administration. Ceci ainsi que les autres buts de l'en- seignement devraient être considérés comme des sujets de première priorité car c'est d'eux que dépendent le progrès économique et social du Maroc. Tous les moyens disponibles devraient être utilisés et particulièrement il serait nécessaire de procéder à une étude des programmes d'enseignement, du système des examens et des méthodes de délivrance de diplômes qui sont des éléments si importants du régime actuel. Les résultats obtenus par ceux qui n'ont pas réussi à satisfaire aux normes élevées du baccalauréat devraient être reconnus afin de pouvoir être utilisés de manière appro- priée. Des cours spéciaux, la formation sur le tas, cours du soir devraient être organisés d'une manière courante et des incitations à y participer devraient être trouvées. L'infrastructure scolaire devrait être utilisée au maximum et celle de l'administration devrait être dispo- nible lorsque nécessaire. Tout ceci dépend de la volonté du Gouvernement d'adapter de manière urgente les ressources et les structures aux besoins et aux conditions existants. Divers 9h. En ce qui concerne la santé publique, la Mission d'étude géné- rale a proposé des dépenses moyennes d'environ 18 millions de DH, soit approximativement le taux de 1964/65. Cependant, autant qu'on puisse en juger, aucune affectation particulière n'a été faite par la Mission pour la campagne fortement accrue de régulation des naissances. Pour être efficace, nous présumons qu'une telle campagne pourrait nécessiter des - 43 - cliniques supplémentaires dans tout le pays ainsi que peut-etre d'autres dépenses en capital tels des équipements automatiques. Pour cette raison, notamment, nous estimons que les dépenses en capital au titre de la santé publique pourront passer à une moyenne de 25 millions de DH en 1968/70. 95. Les dépenses publiques directes au titre de l'adduction d'eau, du logement et du développement rural ont atteint en moyenne 40 millions de DH ces dernières années. La Mission d'étude générale a prévu une moyenne de 35 millions de DH mais ce montant ne semble pas comprendre d'affectation de fonds au titre de l'approvisionnement en eau des villes. Le Plan triennal ne prévoyait pas non plus d'affectation de fonds a ce titre. La plupart des dépenses au titre de l'adduction d'eau dans les villes sont probablement financées par les collectivités locales. Ce- pendant, dans l'hypothèse où ces collectivités auraient besoin d'une assistance financière supplémentaire de l'Etat en 1968/70, nous estimons que les dépenses à ce propos ou pour tout autre forme de développement urbain augmenteront pour passer à une moyenne de 60 millions de DH en 1968/70. 96. On ne dispose d'aucun renseignement direct sur les investisse- ments privés au titre de la construction résidentielle en dehors des es- timations fournies par la comptabilité nationale sur la construction totale. Cependant, en procédant à certaines estimations approximatives de la construction dans d'autres secteurs, nous sommes parvenus a une estimation de la construction résidentielle privée totale et de la cons- truction commerciale se chiffrant à environ 185 millions de DH ces der- nières années. Ce niveau est très bas, ne représentant que 1,5% du PNB, à comparer avec 2 et 3% dans d'autres pays moins développés pour lesquels on dispose de données sur le logement. Il est probable que ce niveau est en vérité aussi faible, parce que le Cpart des ùtrangers a libéré un certain nombre d'habitations. A l'avenir, il semble probable que le taux net des départs d'étrangers baissera. Par conséquent, nous estimons que la demande de logement privé augmentera vraisemblablement. A titre d'estimation grossière, un niveau de 270 millions de DH en 1970 semblerait prudent. Les crédits publics au titre du logement devront, dans ce cas, probablement s'accroître - de sorte que nous avons prévu une augmentation passant d'un montant estimé à 20 millions de DH par an en 1964/66 (non compris les prêts destinés au fonds d'AGADIR) à 40 mil- lions de DH en 1970. 97. La Mission d'étude générale n'a fait aucune provision spéciale en ce qui concerne les dépenses au titre de l'administration civile qui, récemment se chifraient à environ 25 millions de DH par an. Nous présumons que ce montant augmentera légèrement au cours des prochaines années pour atteindre environ 40 millions de DH en 1970. D'autre part, les dépenses pour la reconstruction d'Agadir, qui ont atteint 30 à 35 millions de DH - bh - en moyenne en 1964/65, commencent à accuser une baisse et devraient cesser complètement en 1968. Les dépenses militaires sont inclues dans le budget d'investissement de l'Etat mais ntont pas été étudiées par la Mission d'étude générale. Elles seront sans doute de l'ordre des 43 millions de dirhams prévus par le Plan. Les projections présentées ici ne prévoient aucune provision pour ce type de dépense. Résumé 98. Les résultats de l'analyse des besoins d'investissement probables dans le secteur public sont résumés au tableau 10, lequel compare les résultats effectifs pour 1964/65 avec les estimations faites par la mis- sion pour 1966, 1967 et 1970, le Plan triennal, et les recommandations de la Mission d'étude générale pour 1965/70. Les estimations de la mission sur les perspectives du secteur privé sont résumées au tableau 9. En- semble, ces données suggèrent la possibilité d'un accroissement des in- vestissements en capital fixe d'environ 1.h20 millions de DH en 1964/65 à près de 2.300 millions de DH en 1970, soit un taux global d'augmentation d'environ 10%. Bien qu'un tel accroissement semble rapide par rapport aux années écoulées, il est modeste en ce qui concerne les besoins du Maroc. - 45 - Tableau 9: PREVISIONS INDICATIVES DES INVESTISSEMENTS PRIVES (en millions de DH) 1963-65 1966 1970 (moyennes) (prévisions) Mines 51 66 65 Industries manufacturières 96 116 170 Tourisme 27 48 150 Construction de logements 184) 250 ) 455 Tous autres secteurs 250) 375 a/ Total 608 685 1010 a/ La moitié de cet accroissement par rapport à 1963-65 traduit une augmentation présumée des investissements privés dans l'agriculture. - 46 - Tableau 10: COMPARAISON DU PLAN TRIENNAL ET DES RECOMMANDATIONS DE a MISSION D'ETUDE GENERALE AVEC INDICATION DES RESULTATS RECENTS ET PROBABLES (millions de dirhams) A. Formation de capital fixe 1964 1965 1966 1967 1965-67 1965-67 1965-70 1970 (est) (est) (est) Plan M.E.G. (proj) Agriculture 161 180 178 250 608 927 1581 415 Irrigation 7 !09 7 -1.7 332 UE92 9 210 Culture sèche et élevage 36 14 2h 35 73 213 298 90 Conservation des sols et reboisement 38 hi 75 66 182 206 357 105 Autres 2 16 3 2 21 16 287 1 10 Mincs 125 121 1h8 142 hl 422 810 95 OCP 111 107 T30 110 377 357 7 U1 Autres b/ 1h 14 18 32 64 70 100 30 Industrie 77 188 69 110 367 369/h 537 110 Sucreries 10 92 27 r 19 173 2L0 ¯37 Safi et autres bf 67 96 43 30 169 196 297 75 Tourisme 15 16 37 48 101 134 143 20 Hetels 1 2 2 2 33 37 T 10 5 Infrastructure tou- ristique c/ - 14 35 15 64 67 38 15 Transport (budget) 77 71 78 71 220 201 517 130 Ports 13 'Z 21f1 z5 27 Î702 ~5 Routes a/ 50 h6 46 46 138 122 238 55 Transports aériens 14 11 11 1h 36 31 77 20 Autres transports 32 45 30 57 132 87 122 30 ONCF (rail) 32 27 30 20 77 90 - Royal Air Maroc / - 18 - 37 55 32 32 15 Cormunications 23 35 32 36 103 73 210 45 Postes, t 1dgrammes et tél6phone 18 28 21 36 85 57 152 - Radio et t6l6vision 5 7 11 - 18 16 58 - Energie 6lectrique 50 42 55 65 162 240 811 165 ONE 70 72 73 M -12 -270 W9 l2i Autres - - - - - - 162 40 Enseignement 45 h7 34 26 107 131 486 10 Primaire 22 2 - 17 13 117 TUO Autres 23 19 30 26 90 118 369 100 - 4 - Page 2 Tableau 10 (suite) 1964 1965 1966 1967 1965-67 1965-67 1.965 9 (est) (est) (est) Plan M.E.G. (prcj) Tous autres secteurs 14 11h 89 107 310 260 505 140 2t0é ¯ 2l ~1T T7 3 Habitat et urbanisme a/ (52 h1 31 h3 5(70 Développement rural ( ) 6 ( Administration civile 35 27 22 40 89 81 200 m/ hO Reconstruction d'Agadir 37 28 22 16 66 40 - - Imprévus et Supplément pour Promotion Nationale - - 5 - Investissements totaux a/7L9 859 750 912 2521 2844 / 6292 1290 (2914) Dépenses militaires 2 1 15 10 39 - - Total 774 873 765 922 2560 2887 6292 1290 (2957) B. Investissement public (crédit et parti- cipations au capital) dans le secteur privé Accroissements Agriculture (CNCA) 15 25 30 30 80 202 / 286 60 Industrie (BNDE) e/ 17 20 20 25 65 - 155 40 Tourisme (CDG & CPIM) f/ 5 15 20 30 65 170 268 8 Habitat et Agadir g/ 20 30 25 25 80 77 - 30 Total 5 90 -9 110 290 Z9W 709 210 (hoo) kf (889) nf Total des dépenses (ào - du Secteur Public af F 9763 Ur 1032 2U70 3336 7001 1700 (3357) (7181) a/ Y compris l'aide en nature des Etats-Unis (Titre II) pour la Promotion Nationale pour des montants de 25 millions de dirhams par an (30 en 1967) répartis ainsi: conservation et reboisement, 5 (20 en 1967); routes 5; et développement rural 5. Y compris une participation minoritaire par le BRPM (mines) et le BEPI (industrie) dans le secteur privé. c/ Y compris transfert et plus particulièrement le ferry "Limadet". d/ Les chiffres du Plan correspondent à deux Caravelles, le chiffre réalisé en 1965 correspond à une Caravelle, mais l'estimation pour 1967 représente le coût d'un Boeing. Le chiffre pour 1970 est un taux annuel fondé sur une prévision des achats durant la période. e/ Y compris de légers montants au secteur privé en dehors de l'industrie, mais non compris le crédit à la sucrerie compris dans la PartieA et à -la CPIM. Ces fonds proviennent d'une avance de l'Etat et dtun prêt de la BfRD. - 48 - Table 10 (Suite) Page 3 .-e Y compris des fonds au titre du tourisme provenant d'un prêt de la Binü la BNDE. Les fonds propres de la CDG proviennent principalement de la sécurité sociale et des comptes deépargne. Ces estimations sont conjec- turales même pour 1964-66. _gI Banque Populaire, Fonds de Reconstruction d'Agadir et CPIM. Ces fonds proviennent du Trésor et de la CDG. Ces estimations sont conjecturales même pour 1964-66. hV Y compris 27 millions pour l'infrastructure de Safi et 17 millions pour la zone industrielle de Tanger, mais seulement les 325 millions présentés dans l'exposé détaillé du plan pour l'industrie au lieu des 485 millions donnés par le résumé du plan. i Y compris 70 millions de DH supplémentaires au titre de l'enseignement primaire qui n'étaient pas prévus par le Plan. Octroi net de crédits; les remboursements ne sont pas pris en ligne de compc. On peut conjecturalement estimer les remboursements à 100 millions de DH. Les fonds de la CNCA proviennent d'une avance du Trésor et d'un prêt de la BIRD. Ajusté pour tenir compte des remboursements diun prêt agricole et d'un crédit de la BNDE. 1 Y compris provision de 200 millions de dirhams pour imprévus. / La provision générale pour imprévus figurant dans le rapport de la Mission d'étude générale s'établissait à 700 millions de DH (outre les 200 millions de DH pour l'Agriculture). Sur ce total, 200 millions de IH, dont la mission d'étude n'a pas tenu compte, sont hypothétiquement affectés ici a liadminis- tration. Un supplément de 180 millions est affecté pour le crédit à l'habitat (voir note n/). Une allocation générale de 250 millions est ajoutée au solde de 320 millions au titre de la Promotion Nationale. n/ Ajusté pour tenir compte d'une affectation hypothétique de 180 millions de D au titre de crédits au logement, qui n'étaient pas prévus par la Mission d'étude générale. - 49- CHAPITRE III PERSPECTIVES DE LA PRODUCTION, DES DEPENSES ET DES FINANCES Perspectives de la production et des exportations 99. Un effort d'investissement dans le sens indiqué au Chapitre II sortirait l'économie marocaine de l'état de semi-stagnation contre lequel elle a lutté pendant la plus grande partie de la dernière décennie. Une assez forte impulsion a déjà été donnée au tourisme, à la production de phosphates, au secteur agricole moderne et à certaines branches de l'in- dustrie manufacturière. Etant donné les efforts accrus déployés dans ces domaines, et ceux qu'il serait possible de réaliser par ailleurs, le Maroc pourrait probablement porter son taux de croissance annuelle a une moyenne de 4,5% par an pendant la période 1966-1970. 100. En dehors de la culture de betterave à sucre et de tabac, l'agriculture moderne du Maroc est surtout orientée vers les marchés extérieurs. Dans ce secteur, quelques unes des perspectives à moyen terme sont déjà en grande partie déterminées par les investissements déjà effectués si bien que ce sera beaucoup plus la demande effective que la production elle-même qui sera le facteur qui déterminera le niveau des recettes d'exportations. Ceci est particulièrement vrai pour les agrumes, les autres fruits et le vin. Dans le cas des agrumes, la production croîtra vraisemblablement d'environ 40% en 1966-1970. En raison de l'incertitude qui plane sur les relations futures du Maroc et du Marché Commun, il ne serait pas prudent de projeter une expansion des exportations annuelles supérieure de 30% à la moyenne récente de 450.000 tonnes bien qu'une partie de l'excédent puisse probablement être surgelé ou mis en conserve. De plus la concurrence des autres producteurs méditerranéens maintiendra les prix à un niveau bien inférieur à ceux obtenus durant la campagne 1965 qui était excep- tionnellement favorable. Etant donié la situation du marché interna- tional du vin, il ne serait pas raisonnable d'attendre la moindre aug- mentation des exportations en valeur. Il est en fait plus vraisemblable que lion parvienne à une certaine baisse par rapport au niveau atteint en 1963-1965. Les perspectives d'offre pour les autres fruits et légumes devraient être limitées par les seules possibilités d'écoulement, lesquelles dépendent également des conditions diaccès au Marché Commun. Il est prévu une cotiuaticn de l'expansion récente, mais à un taux plus modéré. Le coton est apparu au cours de ces dernières années comme une exportation importante dont la valeur pourrait fort bien doubler entre 1965 et 1970. Les oléagineux (tournesol en particulier) pourraient également se révéler une exportation possible durant cette période. Ces dernières complètent l'éventail des principaux produits agricoles qui pourraient contribuer d'une manière importante a la croissance des exportations à moyen terme ainsi que l'énumération des principales cultures pratiquées surtout avec des méthodes modernes. - 50 - 101. Les exportations de produits agricoles traditionnels ne doivent pas beaucoup augmenter au cours des années à venir. La production en vue de la consommation intérieure sera l'objectif essentiel du secteur tradi- tionnel. Ainsi qu'il l'a été déjà mentionné, il semble que la production de céréales et de produits d'élevage ne s'accroîtra pas par plus de 1 pour cent par an durant la prochaine décennie. Quelque augmentation de ce taux serait cependant possible dans les prochaines cinq années si l'optimisme actuel en ce qui concerne les possibilités d'accroître les rendements des céréales par l'emploi plus intensif d'engrais et le recours aux semences sélectionnées s'avérait justifié. Si ce programme est étendu avec effi- cacité à quelque 500.000 hectares d'ici à 1970, et si l'on enregistre de légers progrès sur une partie des autres 6 millions d'hectares consacrés à la culture des céréales, il devrait Ître possible de porter la production moyenne aux alentours de 300.000 tonnes de céréales, soit environ 9 pour cent de la production moyenne de ces dernières années. 1/ Cependant, le Maroc enregistrerait encore un déficit en céréales d'environ h00.000 tonnes en année normale de bonne récolte, soit une moyenne de 500.000 tonner si l'on tient compte d'une mauvaise récolte tous les cinq ans, comme cela a été le cas récemment. Il est également possible d'accélérer la produc- tion de l'élevage en améliorant la production de céréales et de fourrage, tant dans les périmètres irrigués que dans les zones non-irriguées. Au total, il ne semblerait pas trop optimiste de prévoir un taux annuel de croissance de plus de 2 pour cent pour la production brute du secteur agricole traditionnel au cours de la période 1966'70 par rapport à une production pratiquement constante durant la décennie précédente. Ce- pendant, en comptant l'accroissement des dépenses pour les facteurs de production nécessaire à cette production supplémentaire, la croissance de la valeur ajoutée dans ce secteur pourrait être projetée à un rythme de 1,5 pour cent par an au cours des cinq prochaines années par rapport a 2% obtenus dans les cinq années précédentes. Par ailleurs, la crois- sance de la valeur ajoutée dans le secteur moderne pourrait fort bien atteindre 6 pour cent dans cette période par rapport aux 7 pour cent obtenu- les cinq ou six années passées. 102. La révision des investissements miniers devraient donner à l'0CP une capacité de production de plus de 1h millions de tonnes en 1970. Les changements dans la politique des prix pourraient replacer les exporta- tions sur la tendance ascendante qui caractérisait les années d'avant 1965. A un taux annuel de 6 pour cent, elles augmente.iernt de moins de 10 millions de tonnes en 1966 à quelque 12 millions en 1970. De plus les ventes à l'intérieur pourraient passer des 200.000 tonnes atteintes en 1966 1/ En prenant pour base une moyenne de 3,3 millions de tonnes (sans tenir compte des années de mauvaise récolte). Cette moyenne suppose que les chiffres officiels de production céréalière ont été sous-estimés de 15 pour cent environ. - 51 - à environ 700.000 tonnes en 1970 si bien que les ventes totales ne seraient alors pas très éloignées de la capacité de production prévue. Dans l'en- semble, les autres productions minérales n'augmenteront vraisemblablement pas très vite d'ici à 1970, et les recettes d'exportations pourraient bien être modérément inférieures au niveau exceptionnellement élevé atteint en 1965, surtout parce que les prix mondiaux du plomb devraient perdre au cours des années à venir quelque peu de leur récente assurance. 103. En ce qui concerne les industries manufacturières, il semble qu'un accroissement sensible de l'activité des industries alimentaires (y compris le sucre), des textiles, et des engrais soit promis par les investissements récents. Si le volume des investissements du pays s'accroît tant soit peu au taux mentionné ici, d'importants débouchés ne devraient pas tarder à apparaître pour l'industrie du ciment et autres matériaux de construction, et pour les industries de biens d'équipement. En ce qui concerne certaines branches, la capacité excédentaire existante (par exemple, dans le montage des automobiles et des camions) pourrait rapidement être utilisée dès la reprise de la demande. De vastes possibilités existeront également dans d'autres branches pour la fabrication de produits destinés à remplacer les importations, au fur et à mesure de l'augmentation de la demande intérieure. En ce qui concerne l'ensemble des industries manufacturières, il convient toutefois de souligner que les mesures tarifaires et la politique des sa- laires devront être appliquées avec un soin particulier afin d'assurer une expansion à la fois effective et efficace. 104. La majeure partie de l'accroissement de la production indus- trielle continuera inévitablement a être destinée à la consommation inté- rieure au cours des toutes prochaines années. Ainsi qu'il l'a été mentionné, les récents investissements auront sans doute pour effet d'augmenter de façon sensible la production de sucre raffiné et de textiles; les investis- sements qui auront lieu dans l'ensemble du pays pourront également avoir pour résultat de permettre un rapide rétablissement de production de matériaux de construction et du montage de véhicules. De plus, l'usine de Safi devrait exporter des phosphates pour environ 100 millions de dirhams, et une seconde usine d'engrais actuellement envisagée devrait également être orientée vers les exportations. De meme, les conserveries de poisson sont tournées surtout vers les marchés extérieurs. Les exportations se sont effondrées en 1965 mais devraient être capables de récupérer si les actions actuellement entreprises par l'Etat en vue de stimuler la production et d'améliorer la commercialisation, ont l'effet que l'on attend d'elles. Les autres exportations de produits manufacturés consistent essentiellement en articles artisanaux, et la production de ces articles pourrait commencer a s'accroître à un rythme vigoureux par suite de l'élan donné par le tou- risme. Il devrait aussi être possible de parvenir a une certaine expansion de la production de fruits et légumes manufacturés. Dans l'ensemble, la valeur ajoutée par l'industrie manufacturière pourrait s'accroître de plus de 6% au cours des cinq années prochaines que l'on peut comparer au taux moyen de croissance de moins de h% obtenu en 1960-1965. - 52 - 105. Le tourisme et la construction constitueront presque certaine- ment les stimulants les plus importants de l'activité globale du Maroc au cours des prochaines années. Même si l'on s'appuie sur des prévisions assez prudentes, les recettes brutes provenant du tourisme devraient atteindre environ 700 millions de DH en 1970, que l'on peut comparer aux 330 millions estimés pour 1965. Outre l'industrie hôtelière, toute une série d'activités en seront affectées. L'expansion de la construction à un taux annuel d'environ 9-10 pour cent par rapport au niveau de 1965 résulterait probablement d'une augmentation des investissements au taux indiqué dans le présent rapport. Cette expansion devrait avoir un effet stimulateur indirect tout aussi important que celui que le tourisme aura sur les autres secteurs. 106. L'administration publique s'accroîtrait à un taux annuel de l'ordre de h,5%. Bien que les principaux services économiques doivent se développer à un rythme plus rapide qu'au cours des dernières années, nous supposons que l'extension des services d'administration générale et de la défense nationale sera limitée. Les autres services devraient se développer en moyenne à peu près au même rythme que ceux examinés plus haut. Par ailleurs, les dépenses des gouvernements étrangers au Maroc enregistreront probablement à nouveau une légère baisse compensant, dans une faible mesure, l'expansion des autres secteurs. 107. Dans l'ensemble, nous pouvons espérer voir la croissance réelle s'accélérer et passer de la moyenne de 2 pour cent enregistrée en 196h/65 a environ 4,5 pour cent au cours de la période 1965-70. Par rapport à la moyenne de 1962-66 (qui inclut les effets d'une mauvaise campagne agri- cole, comme le font les taux de croissance de l'agriculture discutés ci-dessus), le taux de croissance moyen sera juste de l'ordre de h% en moyenne. - 53 - Tableau 11: PREVISIONS DU PIB AUX PRIX DE 1L960 (en millions de DH) 1960 1965 1970 Agriculture 2,65 3,15 3,53 Moderne (0,56) (0,80) (1,01) Traditionnelle (2,09) (2,35) (2,52) Energie 0,18 0,26 0,37 Industries extractives 0,54 0,59 0,69 Industries manufacturières 1,10 1,32 1,79 Services aux touristes et gouvernements étrangers 0,25 0,27 0,53 Administration publique 0,89 1,12 1,38 Autres services 3,47 h112 9,08 10,83 13,50 108. Ainsi qu'il ressort de l'examen ci-dessus, on estime que les exportations constitueront une source de revenus un peu plus active que la production destinée à la consommation intérieure. Les recettes bru- tes d'exportation de biens et services devraient augmenter, en prix constants, de plus de 6 pour cent par an. On prévoit quelques baisses de prix pour les phosphates, les agrumes, et le plomb; ce qui porterait le taux d'expansion prévu, aux prix courants, à environ 5.5 pour cent par an. Le tableau 12, fait apparaître les principaux éléments des pré- visions des exportations. - 54 - Tableau 12: PREVISIONS DES RECETTES D'EXPORTATIONS (en millions de DII) 1962 1963 1964 1965 1970 Marchandises Phosphates 436 460 578 553 660 Autres produits miniers 215 220 240 298 280 Agrumes 200 256 311 311 370 Fruits et légumes frais et secs 193 245 277 357 410 Conserves de fruits et légumes 42 49 63 64 90 Coton 13 18 20 29 60 Vin 72 91 117 93 80 Poissons lhh 119 151 86 130 Céréales 37 69 34 19 15 Toutes autres matières premières 251 278 249 235 245 Engrais - - - - 100 Tous autres produits manufacturés 160 138 146 131 170 Total 1763 1943 2186 2176 2610 Ajustement pour la balance 25 - 8 +33 +31 10 des paiements Total des marchandises dans 1788 1935 2219 2207 2620 la balance des paiements Transactions invisibles Recettes du tourisme 161 218 306 332 730 Recettes provenant des 100 109 92 49 30 gouvernements 91 108 133 117 160 Tous autres services Total des services 352 h35 531 498 920 Total des biens et services 2140 2370 2750 2705 3540 Recettes au titre des revenus des facteurs Pensions 14o 157 142 n.d. 140 Toutes autres recettes 95 99 71 n.d. 60 Total des revenus des facteurs 235 256 213 230 200 Total des biens, services et revenus des facteurs 2375 2626 2963 2935 3740 - 55 - Dépense et épargne nationales 109. Un accroissement de la formation de capital et de l'activité économique à ces taux s'accompagnerait, selon toutes probabilités, de légéres augmentations annuelles des stocks par rapport aux mouvements infimes des stocks - sauf en ce qui concerne les céréales - enregistrés au cours des dernières années. Si l'on tient compte d'une augmentation annuelle des stocks de 100 millions de DH d'ici à 1970, l'investissement total par rapport au PIB se situerait alors près de 15 pour cent, contre 11 pour cent en 1965. Ainsi qu'on l'explique à la fin du présent chapi- tre, il semble probable que les importations de biens et services devront s'accroître a un rythme un peu plus rapide que les exportations afin de pouvoir obtenir un tel taux d'investissement (tout en tenant compte de l'augmentation prévue des besoins de céréales), de sorte que l'excédent d'importation enregistré en 1965 céderait probablement la place à une si- tuation proche de l'équilibre en 1970. Il est probable que les paie- ments nets au titre des revenus des facteurs s'accroîtront, du fait no- tamment de l'augmentation du service de la dette extérieure. Dans l'en- semble, les ressources nationales à la disposition des consommateurs s'accroîtront donc à un rythme plus lent que le produit intérieur - peut-être 4 pour cent, alors que la population augmentera de 3,3 pour cent par an. Le maintien de l'expansion de la consommation a un taux qui ne soit pas plus élevé, exigerait probablement un relèvement sensi- ble de l'impôt. En d'autres termes, nous estimons que le taux de l'e- pargne nationale pourrait et devrait s'accroître au cours de cette pé- riode - et passer d'une moyenne de 10 pour cent en 1962-66 à un peu plus de 13 pour cent en 1970 - mais que l'épargne publique devrait représen- ter la majeure partie de cet accroissement. Le taux de l'épargne privée avant les transferts à l'étranger devrait atteindre en 1970 un taux lé- gérement inférieur à la moyenne enregistrée en 1962-1966 (9,5%), mais on prévoit que le taux de l'épargne privée après les transferts passera d'un pourcentage estimé à 6 pour cent en 1962-66 à plus de 8 pour cent en 1970. - 56 - Tableau 13: PREVISIONS DU PRODUIT NATIONAL ET DE LA DEPENSE NATIONALE (en millions de DH) 1962-66 1%5 1966 1970 moyennes - (Prévisions) PIB aux prix de 1965 12.800 13.170 12.890 16.420 Perte résultant des termes de l'échange - - - -100 Paiements nets au titre 30 10 -30 -230 des revenus des facteurs PNB ajusté pour tenir compte des termes de l'échange 12.830 13,180 12,860 16.090 Déficit du compte courant 70 -270 110 260 Dépense nationale 12.900 12.910 12.970 16.370 Investissements 1.h00 1.U50 1.360 2.hOO Variations des stocks - - -150 100 Investissement en capital fixe 1.h00 1.450 1.510 2.300 Publics (840) (870) (760) (1.290) Privés (560) (580) (750) (1.010) Consommation 11.500 11.h60 11.610 13.950 Publique 1.d00 1.800 1.830 2.220 Privée 9.700 9.660 9.780 11.730 Recettes de l'Etat 2.100 2.220 2.3a0 3.050 Epargne publique 300 h20 h90 830 Revenu privé disponible 10.730 10.960 10.5ho 13.Oho Epargne privée 1.020 1.300 760 1.310 Transferts privés a/ -48o -770 -h00 -300 a/ y compris addition aux erreurs et omissions résultant d'un ajustement pour tenir compte des crédits-fournisseurs omis dans les nouvements de capitaux de la balance des paiements officielle. Finances publiques 110. Il a été déjà mentionné que l'épargne publique a viré très nette- ment du déficit à l'excédent entre 1964 et 1965 surtout grace aux profits que l'Etat a retirés de la vente de produits importés, essentiellement le sucre. Cet excédent a encore augmenté en 1%6, en grande partie parce que la per- ception des droits de douane s'est améliorée avec le relachement des restric- tions douanières en vigueur en 1965. Comme la sécheresse de 1966 s'est pour- suivie en 1%7 durant la période de maturation et comme il est peu vraisem- blable que les recettes puissent s'accroitre encore beaucoup après les ef- forts remarquables qui ont été faits ces dernières années pour accélérer la perception des contributions directes, le solde courant de l'Etat sera vrai- semblablement inférieur en 1967 à ce qu'il était en 1966. Le Gouvernement entend maintenir jusqu'en 1969 les prix actuels de vente de sucre à l'inté- rieur du pays, mais s'il n'y a pas de chanQement dans les prix à l'importa- tion, le produit de cette opération ne croitra que bien peu après 1967. A ce moment, le rendement du reste du système fiscal sera en retard par rapoort - 57 - au produit domestic brut. La raison en est que la majeure partie de l'accroissement des importations se fera en biens d'équipement et produits intermédiaires auxquels des tarifs peu élevés sont applicables, et que par ailleurs la productivité de l'assiette des impôts directs sera affectée par les exemptions et avantages accordés a bon nombre des nouvelles entre- prises industrielles ou touristiques ainsi que par le fait que l'agricul- ture n'est pas sujette à une taxation sur le revenu annuel, mais seule- ment à un prélèvement inadéquat fondé sur la valeur productive moyenne de la terre. 111. Avec la poussée des recettes en provenance des importations de sucre et par rapport au niveau relativement déprimé de l'activité écono- mique au cours de lannée, les recettes ordinaires de l'Etat s'élèvent à environ 16,5 pour cent du PNB en 1966. En l'absence de toute nouvelle mesure fiscale et sans les profits retirés de l'opératicnsur le prix du sucre, ce rapport peut être projeté à 14,5 pour cent en 1970. Même si cette opération sur le prix était continuée en 1969, le rapport pour 1970 ne serait que de 15,5 pour cent. Pour élever le niveau au-dela des 17 pour cent qui devraient être considérés comme raisonnables, un total pro- che de 500 million de dirhams devrait être recherché en plus de 2.300 millions obtenus par la simple projection des rendements du système fiscal actuel à l'exclusion de l'opération sur le prix du sucre. La préparation de nouvelles mesures de taxation devrait commencer immédiatement si l'on veut qu'elles puissent être mises en oeuvre en 1968. U2. Si l'effort de développement du secteur public doit être financé d'une manière adéquate a partir du budget ordinaire, l'Etat ne peut plus chercher à résoudre ses problèmes budgétaires en maintenant ses dépenses de fonctionnement à un niveau constant comme il l'a fait de 1963 à 1966. Outre l'intérêt de la dette publique extérieure qui ne manquera pas d'aug- menter sensiblement si les emprunts extérieurs doivent s'accroitre, nous estimons que toutes les autres dépenses courantes devront probablement augmenter d'environ 4 pour cent par an par rapport à 1965. Les dépenses au titre des principaux services économiques (agriculture et entretien des travaux publics) pourraient vraisemblablement être projetées pour 1970 à un chiffre supérieur de 37 pour cent à celui de 1965, tandis que les dé- penses ordinaires au titre de l'enseignement devront probablement augmen- ter de plus de 40 pour cent environ au cours de la même période. En suppo- sant qu'une vaste campagne de régulation des naissances soit entreprise d'ici à 1970, il est possible que les dépenses ordinaires au titre de la santé publique doivent progresser également à un taux analogue. Par con- tre, nous supposons qu'au cours de la période 1966-70, il sera possible de contenir l'expansion de tous les autres services publics, y compris la dé- fense nationale et l'administration générale, et de ne permettre qu'un ac- croissement très modeste dans ces services. Le tableau 14 récapitule la croissance récente des dépenses de fonctionnement de l'Etat et contient nos projections pour 1970. Tableau l: RECAPITULATION DES DEPENSES DE FONCTIONNEMENT DE L'ETAT (en millions de dirhams) 1959 1961 1963 1965 1966 1970 Services économiques 16h 215 295 278 275 380 Agriculture ~~6 103 159 1U2 -1~T 200 Travaux publics 83 89 103 102 10h ihO Autres 13 23 33 3h 27 40 Services sociaux 357 479 609 660 696 920 Education et jeunesse 21 323 4~25 46 EÕ2 76- Santé et affaires so- 116 156 184 19h 19h 260 ciales Administration générale 591 660 870 810 801 870 Forces armées 1-99 2'F 367 320 3h - Justice et police 219 2h0 260 26h 277 - Administration cen- 17h 185 2h3 226 220 - trale Autres (biens et services) 20 20 3 - Total partiel 1.132 1.37h 1.817 1.7h8 1.772 2.170 Intérêt de la dette 52 65 89 13h 168 2h5 Intérieure .2/ 32 h¯5 ~0 99 12- 14o Extérieure-existante 20 20 19 35 h5 h5 Extérieure-nouvelle - - - - - 60 Autres transferts identifiables 52 71 81 91 86 55 Transferts spéciaux et subventions 19 2h 5h 68 83 52 Pensions 33 47 27 22 3 3 Dépenses totales _/ 1.237 1.510 1.988 1.972 2.025 2.470 Ajustements pour passer à une comptabilité de caisse - - -51 -5 -21 - Décaissements n.d. n.d. 1.937 1.968 2.00h 2.h70 a/ L'augmentation en 1970 par rapport à 1966 traduit l'hypothèse d'une aug- mentation du taux d'intérêt moyen. Il comprend une extinction de l'in- térêt de la dette remboursable en monnaie locale à des pays étrangers. b/ Les totaux peuvent ne pas correspondre aux détails en raison des arron- dissements. - 59 - 113. D'après ces prévisions relatives aux recettes et dépenses or- dinaires, l'excédent du budget ordinaire de l'Etat augmenterait de 150% entre 1966 et 1970 - passant de 12h millions à environ 310 millions de dirhams. En outre, on devrait au cours de cette période enregistrer une progression encourageante de l'épargne des entreprises publiques. On prévoit que l'excédent courant de l'OCP augmentera un peu plus lentement que les ventes, du fait de l'accroissement de l'intérêt de la dette exté- rieure. Par contre, l'excédent de la compagnie d'électricité (ONE) devrait augmenter des deux-tiers entre 1965 et 1970 du fait notamment que la charge de l'intérêt qu'elle supporte ne s'accroitra que modérément. 114. L'accroissement relativement le plus rapide de l'épargne des entreprises publiques devrait être réalisé par Royal Air Maroc qui devrait largement bénéficier de l'essor touristique, et par l'ONCF qui a tout juste réussi à équilibrer son bilan en 1965 mais qui devrait bénéficier considérablement de l'augmentation des expéditionsde phosphates et de l'accroissement général des investissements que l'on prévoit pour cette période. De plus, d'ici à 1970, la fabrique d'engrais de Safi et les raffineries de sucre devraient enregistrer des excédents de trésorerie au moins égaux à l'amortissement et, si tout va bien, de beaucoup supé- rieurs a celui-ci. 115. L'épargne publique totale (avant transferts) pourrait donc s'élever aux environ de 580 millions de dirhams en 1970, contre seulement 258 millions de dirhams en 1965 et 315 millions de dirhams prévus pour 1966. Mais avec l'accroissement des dépenses en capital de l'Etat men- tionné plus haut, les comptes de l'Etat enregistreraient encore un déficit global, passant de 5h5 millions de dirhams environ en 1966 a 900 millions de dirhams en 1970. Ce sera cependant moins que le déficit de 1050 millions de dirhams enregistré en 1965. 116. Au cours des quelques années passées, les augmentations des dépôts au Trésor ont contribué d'une manière importante au financement du déficit du secteur public. La majeure partie de ces dépôts depuis 1965 est le résultat des variations des fonds de contrepartie. En 1966, les soldes de ces fonds se sont accrus d'environ 100 millions de dirhams; en 1967 le Gouvernement s'attend à un autre accroissement de 187 millions. Ce- pendant, une partie importante de ce récent gonflement est imputable aux ventes de blé importé de France dans le cadre d'un accord de crédit à dix- huit mois qui permet de penser que 185 millions devront être remboursés en 1968 et 1969. En supposant que les autres fonds de contrepartie res- teront inchangés, des dépôts au Trésor diminueraient environ de ce montant durant ces deux années. L'ensemble des besoins de financement serait donc de 885 millions de dirhams en 1968 et de 945 millions en 1969. 117. Il y a toutefois certains moyens à court terme pour faire face a ces besoins exceptionnels. L'un d'entre eux est le recours au système bancaire. Ces emprunts sont restés a un niveau tout a fait modeste en 1965 et 1966 qu'ils ne dépasseront probablement pas en 1967 si nos estimations des dépenses d'investissement s'avèrent correctes. Etant - 60 - donné la situation actuelle déflationniste de l'économie en général, un accroissement important de ces emprunts - jusqu'a peut-être 200 millions de dirhams en moyenne annuelle - pourrait se réveler possible en 1968 et 1969 sans entraiener de bouleversement de la stabi- lité monétaire intérieure dans la mesure où la croissance réelle de la production s'accélère pour atteindre les taux qui semblent possibles. Une autre source exceptionnelle à laquelle il pourrait être fait appel si le recours au système bancaire n'apparaît pas prudent pour de tels montants est l'accord de stand-by avec le F.M.I. conclu à la fin de 196h et dont l'encours de 35 millions de dollars n'a pas encore été utilisé. 118. La principale source non expansionniste de financement inté- rieur à la disposition du secteur public réside dans l'épargne mobilisée par la CDG, la CNSS et les compagnies d'assurances nationales. Il semble vraisemblable que les compagnies d'assurances et la CDG continueront à être les principaux acheteurs de titres de l'Etat. Toutefois, si les taux d'intérêt sur ces titres pouvaient être augmentés au-delà des h,6% actuels, il devrait être possible d'élargir progressivement les débouchés pour ces placements. Les ventes pourraient alors passer du niveau de 100 millions de dirhams atteint en 1965 à quelque 140 millions en 1970 même en supposant aucun accroissement des achats annuels de la CDG. Il est raisonnable de penser que les ressources de la CDG continueront à être utilisés, surtout pour des prêts au tourisme et à l'habitat. L'accrois- sement des ressources totales de la CDG et de CNSS a été projeté à un taux annuel de 85 millions de dirhams pendant cette période contre 70 millions au cours des années passées. Ceci pourrait cependant nécessiter que des mesures soient prises afin d'augmenter les fonds de la sécurité sociale en élargissant son domaine, en élevant modérément la parafis- calité ou en limitant l'extension des nouveaux avantages. Un accrois- sement des taux d'intérêt pourrait également permettre d'augmenter les ressources de la CDG en stimulant les dép^ots à la Caisse d'Epargne nationale. 119. Il semble qu'un financement intérieur dans un tel sens, cons- tituerait un effort raisonnable de la part du Maroc. Il laisserait pour 1970 une impasse budgétaire d'environ 550 millions de dirhams (y compris les dons estimés A 25 millions). Ce montant serait double de celui pour 1966 qui était de 280 millions. Il doit cependant être comparé au chiffre total de l'investissement public qui serait alors au niveau beaucoup plus élevé de 1.500 millions de dirhams contre 760 millions en 1966. Plus de la moitié de l'accroissement des défenses publiques en capital projetées pour 1966-70 serait financée sur ressources intérieures dont beaucoup plus des trois quarts proviendraient de l'épargne publique. En tenant compte des remboursements sur les dettes existantes et sur les obligations contractées d'ici à 1970, le recours à l'emprunt à l'é- tranger devrait alors se monter à 740 millions de dirhams. 120. Les résultats de ces projections du déficit du secteur public et de son financement sont présentés au tableau 15. - 61 - Tableau 15 : FINANCEMDIT DU DEFICIT DU SECTEUR PUBLIC (tillions de dirhams) Pr ej ct1*a 1964 196$ 1966 L967 1968 1969 1970 Recettes de l'Etat 1749 2052 2131 2155 2320 e540 2780 Recettes ordinaires 7 [l opérations sur les prix 8 155 169 195 200 200 Autres recettes - - - - 60 160 Depenses courantes 2115 1968 2007 2060 2185 2320 2470 Budget - charges courantes de la dette M5 1M ~ -M q Budget - autres 1899 1838 1856 1900 2000 2105 2225 Compte courant, solde -366 84 124 95 135 220 310 Epargne des entreprises a/ lu6 174 191 185 210 240 270 OCP M, l-7 ONE 28 31 35 35 40 45 50 AtE -16 13 16 20 30 45 60 Total de 1'epargne -222 258 315 280 460 580 Depenses e Capital 774 963 860 1032 1145 1305 1500 Investiss em ent fixe ¶10 175 2 1 Credit au secteur prive 57 90 95 ilo 145 175 210 Solde global -1053 -705 -545 -752 -800 -845 -920 .iacement Dépéts au Trésor c/ 214 4 109 200 - 85 -1oo - Ventes de titres d'Etat hors du systeme bancaire 65 103 68 90 110 125 140 Mprunts aux banques et au public d/ 339 101 36 80 185 215 135 Epargne de CDG e/ 63 - 2 51 55 60 65 70 Total financement intérieur 681 206 264 425 270 305 345 Dons étrangers f/ 25 39 25 30 25 25 25 Prêts etrangers Tnet) 330 586 283 359 505 515 550 Emprunt a 1 etranger, brut 417 687 393 464 640 695 740 (Etat) (345) (527) (245) (300) (Entreprises) ( 72) (160) (148) (164) Remboursements sur dette exthieure existante F/ - 87 -101 -110 -105 -130 -165 -150 Remboursements sur dette a contracter - - - - - 5 - 15 - 40 Autres, y compris erreurs et omissions h 17 -126 - 27 - 62 - - - a/ Avant amortissement de la dette, mais apres intérats b/ RAM, ONCF, Safi et Sucreries c/ Les dépôts au Trésor présentés ici ne comprennent pas la part du solde de la Caisse de Compensation imputable aux opérations sur le sucre et les produits pétroliers d/ Y compris l'accroissement des dép'Its nu CCP et au Trésor du secteur privé apràs 1967. Pour 1968, l'emprunt à moyen terme auprès d'institutions financiCres 4trangeres pourrait 8tre nécessaire £ par exemple : auprgs du FMI ) e/ Les sommes pour 1966-1970 sont nettes des achats par la CDG de titres de l'Etat pour des montants de 25 millions par an, egaux a ceux de 1965 f/ Selon leur enregistrement dans la balance des paiements, les dons ont été en moyenne de 65 millions de dirhams par an en 1964-65. Cependant, 25 millions seulement correspondant à l'aide en nature des Etats-Unis pour la Promotion Nationale ont pu 'tre retrouvés clairement dans le secteur public. Tirés de la balance des paiements pour 1964 et 1965. A partir de 1966, fondés sur les chiffres de la BIlD pour le service de la dette à l'exclusion du remboursement du prêt franpais à dix-huit mois pour le blE, qui a eté compris sur une base nette dans les dépS>ts au Trdsor. h/ Y compris le recours à l'épargne brute des entreprises non plade au Tresor ainsi que les remboursements des prêts en dirhams même aux pays étrangers (prêts en monnaie locale). Pour 1968-1970, l'épargne publique ne supporte aucune charge et les remboursements de la dette intérieure sont implicites dans les projections des nouveaux emprunts intérieurs (nets). - 62 - Capitaux privés et situation mDnétaire 121. Selon nos estimations approximatives, environ 30% des inves- tissements privés ont été financés par des organismes de crédit au cours de la période 1961-1965. Les banques de dép8t ont été de loin la source la plus importante de ce financement, leurs crédits au secteur privé ayant augmenté de 510 millions de dirhams au cours de la même période. Les crédits et les participations au capital du secteur public se sont probablement élevés à quelque 350 millions de dirhams. Pour que les in- vestissements privés augmentent à une échelle réalisable, il faudrait presque certainement que le financement par les organismes de crédit s'accroisse dans des proportions sensibles au cours des années à venir. Nous prévoyons une augmentation des crédits octroyés par les banques de dépt de l'ordre de 500 millions de dirhams et un accroissement de plus de 800 millions de dirhams des crédits du secteur public. En outre, on peut vraisemblablement prévoir une légère entrée nette de capitaux privés étrangers au titre d'investissements directs pour cette période, alors qu'aucune entrée nette n'a été enregistrée en 1961-1965. Au total, ces apports conduiraient à porter la part des organismes de crédit et du financement sous forme de participation au capital à environ 33% du total des investissements privés au cours des années 1966-70. (en millions de DH) 1961-65 1966-70 Total des investissements privés 2880 h300 Financement Crédits des banques de dépôt 510 500 Crédits du secteur public 250 735 Participations minoritaires de l'Etat (net) 100 100 Prêts étrangers directs et participation au capital (net). 15 130 Autofinancement 2005 2835 122. Sur la base d'un accroissement annuel du PNB de h,5 pour cent, il paraît raisonnable de prévoir une augmentation de la masse monétaire de 5,5% en moyenne. Compte tenu d'une augmentation des crédits du secteur privé de 500 millions de dirhams entre 1965 et 1970 et d'une reconstitution des réserves de devises atteignant 700 millions de dirhams (soit un peu plus de deux mois dfimportations de biens:et -services), il pourrait s'avérer possible que le crédit nez au secteur public s'ac- croisse de 650 millions au cours de la période 1966-1970. Un tel chiffre est en accord avec les ordres de grandeur indiqués au tableau 16. - 63 - Tableau 16: SITUATION MONETAIRE: 1965 - 1970 (en millions de dirhams) Fin d'exercice 1960 1965 1970 Réserves de change (net) 1298 611 700 Crédit bancaire à l'Etat (net) h02 1572 ) Crédit bancaire aux entreprises ) 2550 publiques 120 332 ) Crédit au secteur privé 1117 16h8 2150 Dépôts d'épargne et à terme -227 -232 ) -00 Autres engagements (nets) -68 -72 ) Masse monétaire totale 2642 3858 5000 L'équilibre des comptes extérieurs 123. Ainsi qu'on l'a déjà fait remarquer, le total des importations devra probablement s'accroître à un rythme un peu plus rapide que celui des exportations afin de soutenir les accroissements d'activité indiqués plus haut. Une économie considérable sera réalisée sur les importations de sucre par rapport à 1964 et 1965 par suite de la baisse du cours mondial du sucre. En ce qui concerne le tonnage, les besoins seront probablement inférieurs de 50.000 tonnes environ à ceux de 1963-65 (période au cours de laquelle ils atteignaient en moyenne 380.000 tonnes) par suite de l'aug- mentation de la production intérieure. Par contre, ainsi qu'on l'a déjà fait remarquer, les importations de céréales ordinaires augmenteront dans l'ensemble d'ici à 1970, et se situeront aux alentours de 550.000 tonnes contre 250.000 en 1965 si l'on tient compte d'une année de mauvaise ré- colte sur cinq. Les autres importations de denrées alimentaires s'accroi- tront sans doute aussi, tout au moins modérément, au cours des cinq prochaines années, en partie du fait des besoins spéciaux créés par l'industrie du tourisme. 12h. Les importations de combustibles et de matières premières devront augmenter - peut-être de 40 pour cent par rapport à la moyenne de 1964-65 - pour soutenir l'expansion envisagée pour les industries extractives, l'é- nergie et les industries manufacturières. Les importations de produits métallurgiques s'accroîtront probablement, pour répondre aux besoins de la construction et les importations d'engrais devront sans doute quadrupler si le programme prévu pour l'augmentation de la production céréalière doit etre mis en oeuvre à l'échelle actuellement envisagée. Les impor- tations d'autres produits intermédiaires pourraient s'élever d'environ un tiers, tandis que les importations de biens d'équipement devront pro- bablement s'accroître environ des trois quarts par rapport à leur niveau de 196h-65. Enfin, ainsi qu'on l'a fait observer, les importations de biens de consommation finis devraient demeurer prochesde la moyenne 1964-65, si la production intérieure de ces biens s'accroît au rythme qui semble réalisable. - 6h - 125. Cn peut estimer que les paiements d'invisibles au titre des services augmenteront approximativement plus lentement que le total des importations de marchandises. Ils pourraient être d'un quart plus élevés que la moyenne de 196h-65. L'augmentation par rapport à la seule année 1965 est supérieure, étant donné que des limites extrêmement strictes furent imposées au cours de ladite année aux dépenses des touristes maro- cains à l'étranger, limites qu'on suppose devoir être quelque peu assouplies a présent. 126. Il est probable que les recettes au titre des revenus des facteurs baisseront quelque peu au cours des prochaines années du fait de la dimi- nution enregistrée dans les salaires reçus des gouvernements étrangers au Maroc. Par contre, on prévoit que les paiements au titre des revenus de facteurs augmenteront assez fortement, du fait principalement de l'intérgt de la dette publique, mais également du fait que les revenus de l'inves- tissement privé devraient s'accroître par suite des bénéfices plus impor- tants que devraient réaliser les sociétés étrangères existantes dans une économie en expansion, et par suite des bénéfices réalisés sur les nouveaux investissements étrangers qui auront lieu au cours de la période, en par- ticulier dans l'industrie du tourisme. 127. Le tableau 17 qui figure à la fin du présent chapitre fait ap- paraitre d'une manière détaillée la progression des importations entre 1961 et 1965 et les prévisions pour 1970. On verra que les envois de fonds effectués par les Marocains travaillant à l'étranger et les autres recettes au titre des transferts privés doivent s'élever a environ 230 millions de dirhams en 1970. Par contre, les paiements de transferts qui se trouvaient a un niveau exceptionnellement élevé en 1965 doivent enregistrer une baisse, de sorte que, dans l'ensemble, on suppose que les paiements de transfert nets retrouveront leur niveau de 1961, soit 130 millions de dirhams. On suppose également qu'il continuera de se produire certains transferts non enregistrés à destination de l'étranger ainsi qu'on peut en déduire du poste "erreurs et omissions". D'une manière assez arbitraire, nous avons porté à ce poste un montant de 170 millions de dirhams pour 1970, contre un maximum de 543 millions de dirhams en 1964 et h55 millions de dirhams en 1965. 128. Les recettes au titre des dons étrangers ont été estimées à 60 millions de dirhams, soit un montant légèrement inférieur à la moyenne enregistrée au cours des dernières années. Les recettes nettes de capitaux privés devraient faire ressortir un excédent d'environ 4O millions de dirhams d'ici à 1970, contre une moyenne légèrement déficitaire au cours des dernières années. Les prévisions relatives aux recettes provenant de prêts publics et aux remboursements ont déjà été mentionnéesau paragraphe 119. 129. D'après les prévisions établies dans le présent rapport, la charge totale du service de la dette publique extérieure devrait se monter à environ 360 millions de dirhams en 1970. l/ Si le taux de croissance 1/ Cela suppose nue les remboursements des prêts en blé seront alors tous ef- fectus; la charge du service en 1969 sera en fait supérieure a ce chiffre. Il sera d'environ h00 millions de dirhams en comprenant le remboursement de 100 millions au titre des prêts en blé. - 65 - du PNB et des exportations parvient effectivement à atteindre les ob- jectifs prévus, ce niveau de service ne constituerait pas un fardeau excessif pour le Haroc. Il correspondrait à 10 pour cent environ des exportations de biens et de services prévues pour cette année-là. Ce- pendant, l'entrée nette de capitaux devra probablement augmenter pendant assez longtemps au cours des années 1970, de manière à contribuer au maintien du nouvel accroissement du taux d'investissement qui sera né- cessaire pour réaliser un taux de croissance satisfaisant de la production totale. En supposant que la plupart des emprunts seront accordés à des conditions favorables, l'augmentation nécessaire des entrées brutes de capitaux pourrait facilement porter la charge totale du service de la dette à plus de 600 millions de dirhams en 1975. Si les exportations progressent au rythme de 5,5% par an en gardant l'hypothèse formulée pour 1965-1970, la charge résultant du service de la dette extérieure s'élèverait à environ 13% du chiffre des exportations totales au cours de cette dernière année, ce qui resterait dans des limites raisonnables, a condition toutefois que les entrées brutes de capitaux puissent éga- lement être accrues dans la proportion requise - soit aux environs de 950 millions de dirhams d'ici à 1975. Cependant, ces perspectives reposent sur deux hypothèses capitales: que les débouchés offerts au Maroc permettent une telle croissance des exportations et que des prêts consentis à des conditions classi.ques, assortis de longs délais de rem- boursement et complétés par un modeste montant d'aide octrDyée à des conditions favorables soient disponibles. Si l'une ou l'autre de ces hypothèses, ou les deux, n'étaient pas réalisées, la dette extérieure pourrait devenir une charge fort onéreuse pour le M4aroc dans un avenir assez rapproché. La nécessité du financement en monnaie locale 130. On ne peut, au stade actuel, que procéder à des estimations approximatives des paiements directs en devises que comportent les inves- tissements projetés du secteur public. En prenant pour base le total de 1500 millions de DH prévu pour 1970, on peut estimer provisoirement qu'environ un tiers de ces investissements, soit 500 millions de DH, se composeront de biens d'équipement et de matériaux de construction importés. En outre, il se peut que les services d'ingénieurs-conseils étrangers pouvant s'élever à 150 millions de DH soient requis, ce qui porterait le total à 650 millions de DH. Cependant, dans la mesure où une partie du plan (par exemple: enseignement primaire, santé publique et bâtiments administratifs) ne remplirait pas les conditions nécessaires à un finan- cement extérieur, la possibilité d'assurer le financement des paiements en devises pour des projets acceptables représente quelque 50 à 100 millions de DH de moins que la part des paiements en devises dans tout le plan d'investissement. Par conséquent, pour que le Maroc soit en mesure de mener à bien un plan d'investissement pour le secteur public atteignant 1500 millions de DH en 1970, il faudrait qu'il bénéficie d'un financement non affecté ou de la prise en charge de certains coûts en monnaie locale des projets financés. - 66 - Tableau 17: PREVISIONS D'II'POriATICIS DE BIlS ET DE EV. (en millions de dirhams) 1961 1962 1963 1964 1965 1970 Marchandises (f.o.b.) Produits alimentaires, boissons et tabac 636 609 556 691 698 810 Sucre Ig fI||-7 17 -27W 26 0 O Cereales 167 l4o 57 77 102 210 Huiles végétales 75 80 91 55 118 120 Tous autres 209 192 216 232 21h 275 Combustibles et matières premières 3oh 242 255 343 324 465 Combustibles 12T ~~61 "-3 1O7 105 1W Bois d'oeuvre 54 53 66 71 64 80 Tous autres 126 128 134 165 155 240 Produits intermédiaires 413 4o8 6 469 459 750 Produits métallurgiques 3E 130 139 h69 136 75' 131 73- 179 1- 135 -2ý Engrais 20 24 24 22 27 100 Tous autres 259 254 301 291 297 4oo Biens d'équipement 310 295 370 3h 353 620 Eiens de consommation finis 594 587 598 480 349 h30 Textiles T6 - 67 162 7 -~ 30 Automobiles 111 10h 113 71 54 90 Autres 320 321 320 278 243 310 Total 2,257 2,141 2,243 2,327 2,183 3,075 Ajustements pour la balance des - 132 - 55 - 57 -162 -183 -120 paiements Total de la balance des 2,125 2,086 2,186 2,165 2,000 2,955 paiements Transactions invisibles Frêt 153 150 150 178 167 235 Dépenses des touristes 155 156 186 170 75 ibo Dépenses de l'Etat 13 29 62 73 87 80 Tous autres 87 116 116 124 113 160 Total des invisibles h08 f1- 71W NEW E2 P1ý Total des biens et des services 2,533 2,537 2,700 2,710 2,42 3,570 Revenus des facteurs Intéret de la dette de l'Etat 24 47 29 4o 35 105 Autres dettes extérieures ( 25 5' Autres revenus des investissements( 165 147 122 75 109 190 Pensions - 11 il 39 54 80 Total des revenus des 179 0 162 -1T F23 U30 facteurs = = = - = Total des paiements 2,722 2,742 2,862 2,864 2,665 h,000 courants - 67 - Tableau 18: PREVISIONS DE LA BALANCE GENERALE DES PAIEENTS 1961 1962 1963 1964 1965 1970 Solde de la balance des biens et -363 -397 -330 40 263 - 30 services Intérêt sur dette extérieure - 2h - 47 - 29 - ho - 60 -160 Autres revenus des facteurs (net) 89 77 123 99 67 - 70 Solde courant -2-98 ~~3~7 -236 ~99 270 - 260 Transferts enregistrés Transferts des émigrés 62 82 85 9h 117 180 Autres recettes privées 21 17 55 33 3h 50 Transferts de l'Etat - - 59 - 97 - 71 -125 - 50 Transferts des émigrants - 30 - 22 - 14 - 97 - 7h - 50 Transferts des étrangers -179 -170 -207 -237 -252 -250 Autres transferts privés - h - h - 36 - 10 - 15 - 10 Total des transferts (net) -130 -156 -21h -288 -315 -130 Erreurs et omissions a/ -104 66 -180 -543 -455 -170 Mouvement des capitaux enregistrés Dons officiels 69 62 85 60 76 60 Entrées de capitaux privés 56 23 25 46 52 100 Transferts de capitaux privés - 63 - 28 - 1h - 3h - 41 - 60 Crédits de fournisseurs b/ hh 35 100 58 1h7 ) 740 Prêts officiels 209 272 227 377 598 ) Remboursements officiels c/ - 7 - 8 - 10 - 87 -101 -190 Utilisation des réserves 224 101 217 312 -231 - 4o a/ Augmenté par la BIRD du montant estimé des recettes sur crédits de fournis- seurs. b/' Estimé par la BIRD. c/ Y compris remboursements de crédits de fournisseurs, au moins à partir de 196h, ANNEXE A Frspectives agricoles 1. De tous les pays d'Afrique du Nord, le Maroc est probablement celui que la nature prédispose le plus à l'agriculture. Dans la majeure partie du pays, le climat et le sol conviennent parfaitement bien aux cultures des pays tempérés. L'élevage extensif du bétail peut s 'effectuer dans d'assez bonnes conditions. Nombreuses sont les vallées oÛ les ri- vières offrent des possibilités intéressantes d'irrigation. 2. Pourtant une fraction importante de ce potentiel n'est pas exploitéeet n'est pas sur le point de 16tre. Jusqulà présent, les techniques modernes n'ont été appliquées que dans une partie seulement des régions de culture, et la productivité est restée pratiquement sta- gnante dans les deux activités les plus importantes: la culture des céréales et l'élevage du bétail. L'accroissement de la population nta pas seulement eu pour effet d'accroitre le ch6mage ou du sous-emploi dans les campagnes, mais a également provoqué l'extension de la culture au-delà de ses limites propres, tant du point de vue des surfaces cultivées que de la technique. Le déboisement et l'érosion qui ont résulté ont contribué à aggraver les inondations et ont rendu plus coûateuses l'irrigation. 3. Les objectifs de caractère général adoptés par le gouverne- ment marocain en ce qui concerne l'agriculture au cours de la période couverte par les deux derniers plans peuvent se résumer comme suit: a) moderniser l'agriculture traditionnelle de façon que la production puisse se substituer aux importa- tions de céréales et de bétail; b) augmenter le rendement, notamment celui des cultures exportables et des cultures industrielles, en re- courant à l'irrigation aussi souvent que possible; c) rendre au sol sa fertilité en adoptant des méthodes plus rationnelles de culture, faisant appel aux procédés de conservation du sol et au reboisement; d) atténuer le sous-emploi rural et les effets pénibles de la transition économique par l'adoption de pro- grammes de travaux publics employant une main-d'oeuvre manuelle nombreuse. Ces objectifs correspondent d'une façon générale aux besoins et aux possibilités fondamentales du Maroc. Le gouvernement s'est toutefois heurté à de graves difficultés quand il a voulu traduire ces objectifs en programmes susceptibles d'exécution avec les ressources disponibles. AN9NEXE A Fge 2 4. Il n'y a rien d'étonnant à ce que le gouvernement ait éprouvé ces difficultés, si l'on tient compte de l'ampleur de la tâche. L'agri- culture traditionnelle était pratiquement négligée avant l'indépendance, et tout effort de modernisation déployé dans ce secteur suppose d'importan- tes modifications de méthodes de culture, d'élevage et de fermage qui datent de plusieurs siècles. Comme on l'a signalé plus haut, dans le secteur moderne actuel, la production a bien répondu aux investissements effectués par les cultivateurs européens peu après 1950 et aux efforts soutenus déployés par le gouvernement et les cultivateurs marocains depuis l'indépendance. Toutefois, dans ce domaine également, le gouvernement doit faire face à une tâche monumentale. n s'efforce d'accélérer de façon sensible le rythme de l'irrigation et de la vulgarisation tout en compensant parallélement le départ des colons étrangers. Jusqu'à présent, le rythme des travaux d'irrigation a été lent, quelque 100.000 hectares seulement, compris à l'intérieur de quatre grands périmétres, ayant été mis en valeur au cours des 25 dernières années. Malgré cela il n'y a guère que la moitié de ces terres qui soient cultivées de façon intensive, en raison de l'insuffisance du niveau des investissements agricoles et des services de vulgarisation. Les investissements nécessaires dans ces deux domaines ne sont pas très importants, et leur rentabilité serait appréciable dans la plupart des cas. Les principales difficultés semblent résulter: des problèmes que le régime foncier pose dans un certain nombre- de régions, compliquant le remembrement des propriétés qui serait fréquem- ment nécessaire pour permettre une mise en valeur efficace; de la pénurie de personnel qualifié pour aider à l'exploitation des domaines repris aux colons étrangers (les terres de la CGEA), et de difficultés d'organisation qui se traduisent par un emploi peu efficace du personnel disponible. 5. Les problèmes administratifs rencontrés en 1965-66 résultaient en partie de la réorganisation des principaux organismes officiels charg6s de la mise en oeuvre du programme d'irrigation (Office National d'Irriga- tion) et des programmes de culture en sec (Office National de Modernisa- tion Rurale). Pour essayer d'améliorer leur efficacité, ces deux offices ont été fusionnés en 1965 pour constituer l'Office National de Mise en Valeur (OMVA). Malheureusement, il en est résulté la création d'un orga- nisme pesant, comprenant h.000 fonctionnaires et 8.000 employés, opérant sous une direction centralisée de façon excessive. En outre, cette fusion co.ncidait avec la mise en oeuvre d'un programme d'austérité qui a en- trainé le remplacement d'un certain nombre d'étrangers expérimentés par du personnel marocain inexpérimenté. Le résultat net a été de diminuer plus encore l'efficacité et de contribuer au départ inopiné d'un plus grand nombre d'trangers et d'un certain nombre de Marocains expérimentés. Au total, 117 fonctionnaires des cadres supérieurs ont quitté lOMVA dans les huit mois qui ont suivi sa création. D'autres services importants, tels que l'organisation de recherches (INRA) et la CNCA, souffrent égale- ment d'une grave pénurie de personnel du niveau des cadres supérieurs. ANNEE A Page 3 6. Au cours de l'année 1966, il est apparu que le manque de per- sonnel nuisait aux efforts déployés dans le domaine de l'agriculture et- que toute expansion efficace devenait pratiquement impossible. Le gou- vernement prit alors plusieurs mesures importantes pouvant contribuer, à son avis, à remédier à cette situation. a) Au mois d'août, il abolit l'OMVA et le remplaça par des organismes responsables de sept périmètres d'irri- gation et jouissant d'une semi-autonomie leur con- férant une plus grande souplesse pour traiter leurs problèmes particuliers et utiliser leurs moyens. b) Il entreprit une grande campagne pour recruter à nouveau du personnel étranger; cette campagne permit d'engager dans cinq pays européens 150 techniciens, qui devaient commencer à travailler au début de l'année 1967. c) n1 décida de s'assurer les services de consultante en matière de gestion et de planification de la main- d'oeuvre dans l'agriculture. La Banque Mondiale a aidé au recrutement des consultants; ces derniers sont sur place et ont commencé leurs travaux. d) Le gouvernement collabore avec la BIED pour l'éta- blissement d'un inventaire analytique des projets et des programmes, qui devrait permettre de procéder à un choix parmi les investissements agricoles, en fonction de leur intérêt et du point de vue économique. Il est encore trop tât pour juger des effets que ces mesures auront sur l'aptitude du Maroc à mettre effectivement en oeuvre ses programmes agri- coles. On peut toutefois espérer qu'un rétablissement sensible commencera à se manifester au cours de ltannée 1967 et pourra servir de base à un développement important de l'ensemble des efforts au cours de la période 1968-70. 7. Le rapport de la mission d'étude décrit les principales possi- bilités d'investissement dans le secteur agricole pour la période 1965- 70. On peut les résumer comme suit: a) amélioration de l'agriculture en sec et de l'élevage du bétail, pour lesquels il serait nécessaire de con- sacrer 70 millions de dirhams par an, dont 20 millions de dirhams pour les crédits. Ce chiffre est à comparer au montant moyen des dépenses effectuées en 1965-66 au - titre de ces programmes, qui était de l'ordre de hO mil- lions de dirhams; ANNEXE A Page 4 b) développement de l'irrigation dans les-quatre grands périmètres existant à l'heure actuelle, au rythme moyen de 8.600 hectares par an, le montant à y con- sacrer étant en moyenne de 75 millions de dirhams (y compris 20 millions de dirhams pour les crédits) et poursuite des travaux dtamélioration dont font l'objet les petits projets d'irrigation, pour un coût annuel de l'ordre de 15 millions de dirhams. Le mon- tant total des dépenses- a probablement atteint ces chiffres moyens en 1965-66, mais l'expansion de la surface irriguée à l'intérieur des grands périmètres a été inférieure à 4.000 hectares par an, les dépenses ayant été orientées sur les grands travaux, au détriment des investissements d'importance secondaire consacrés aux canaux et aux exploitations; c) mise en train vers la fin de cette période (1968-70) de nouveaux projets d'irrigation, en fonction des possibilités de réalisation. Le rapport de mission fait état de la possibilité de réaliser trois grands projets: le Tessaout Amont, couvrant 18.000 hectares pour un coût total de 300 millions de dirhams, le projet du Loukkos, couvrant 28.000 hectares pour un coût de 300 millions de dirhams et le projet du Sébou, pour lequel il n'a pas encore été préparé d'estimation de coût, mais qui pourrait finalement couvrir jusqu'à 270.000 hectares. (Un projet du Fonds Spécial des Nations Unies concernant des travaux intéressant 30.000 hectares dans un premier stade, sera probable- ment prêt sous peu.) Le gouvernement se propose d'entre- prendre en 1967 la réalisation du projet du Tessaout et celui du Ziz (mentionnés dans le plan de trois ans come étant des projets conditionnels) couvrant 25.000 hectares, pour un coût de lfordre de 200 millions de dirhams. Un certain volume de dépenses a été consacré en 1965-66 a des études techniques destinées à ces nouveaux projets; d) poursuite et développement des mesures de conservation du sol et de rehoiserient, en grande partie sous la responsabilité de la Promotion nationale, organisme ayant pour objet la création de projets nécessitant un volume important de main-d'oeuvre et visant à créer de nouveaux emplois, pour un coût annuel de l'ordre de 65 millions de dirhams (dont 25 millions de dirhams environ fournis en espèces au titre de ANNEE A Page S l'aide américaine. Les dépenses annuelles consacrées ces derniers temps à l'exécution de ces programmes étaient de l'ordre de 60 millions de dirhams. 8. En ce qui concerne l'agriculture en sec, les premiers résultats des études finanqées par l'AID et concernant les possibilités d'utilis- tion d'engrais semblent indiquer que certaines modifications du pro- gramme proposé par la mission d'étude pourraient se justifier. C'est ainsi que l'on pourrait essayer d'étendre l'application des engrais et des semences sélectionnés à une superficie comprise entre 500.000 et 1 million d'hectares, où la pluviométrie et l'importance des exploita- tions sont suffisantes pour assurer la rentabilité de l'entreprise. D'après les calculs effectués par l'AID, il semblerait que ce programme pourrait avoir un rendement nettement supérieur à celui de certains des projets dtirrigation actuellement envisagés, dans les régions où les conditions sont favorables. Des travaux sont en cours afin de déterminer de façon précise l'ampleur que doit avoir ce programme pour être rentable. 9. . En ce qui concerne les périmètres dfirrigation existant à l'heure actuelle, il semble que les investissements supplémentaires nécessaires aux projets en cours - Sidi Slimane, Tadla, et Basse Moulouya où la plu- part des grands travaux sont achevés - puissent avoir un bon rendement, a condition qu'il soit possible de trouver le personnel voulu pour assurer leur mise en oeuvre et leur gestion de façon efficace. Toutefois, dans une certaine mesure, le personnel nécessaire à l'exécution de ces program- mes risque de l'être également pour l'exécution du programme d'expansion du dry farming. Les consultants spécialistes des questions de main- d'oeuvre étudient actuellement cette possibilité. En ce qui concerne les nouveaux projets dfirrigation, le problème du personnel ne'devrait pas être difficile à résoudre au cours de la phase des travaux, car des entreprises étrangères pourront en exécuter la majeure partie. Le choix de l'échelonnement des projets doit toutefois tenir compte des probabi- lités concernant le personnel disponible pour les travaux de mise en valeur qui devront commencer vers la fin de la phase des travaux de construction, et des catégories de personnel nécessaire pour les divers projets, aussi bien que de leur futur rendement économique. 10. L'OMVA comprend une petite section de planification qui a fait du bon travail relatif A la rentabilité des projets d'irrigation. Les travaux effectués jusqu'à présent sont cependant insuffisants pour qu'il soit possible de porter un jugement bien précis. Plusieures équipes de consultants ont effectué des analyses fondamentales sur divers projets; Ces études sont effectuées par le Stanford Research Institute et une équipe de la Tennessee Valley Authority. ANEE A Page 6 leurs travaux n'ont pas toujours été d'une qualité homogène et les hy- pothèses techniques ou leurs évaluations, toutes subjectives, concernant des impondérables tels que la réaction des agriculteurs, n'ont pas tou- jours été uniformes. Une équipe de la Banque Mondiale s'efforce à l'heure actuelle de déterminer, à titre préliminaire, une base de comparaison valable. A la longue, la section de planification devra elle-même être développée pour pouvoir effectuer ce travail de façon systématique. 11. Il existe en outre deux grands projets d'irrigation dont les possibilités de réalisation n'ont pas été étudiées en détail. Le premier concerne une nouvelle expansion du projet dlAbda Doukkala qui serait agrandi de 66.000 hectares environ, en liaison avec un projet d'usines hydroélectriques (une centrale de 230 1IW située à Sidi Cheho, sur l'Oum Er Rebia); le second consisterait à étendre de 40.000'nouveaux hectares le projet de Tadla, en liaison, dans ce cas également, avec un projet d'usines hydroélectriques (une centrale de 60 1,11 située à Dechra el Oued, également sur l'Oum Er Rebia). Etant donné que les perspectives que présentent l'irrigation et la production d'énergie dans-la région de l'Oued Sébou (certains projets ayant un objectif unique, et d'autres des fins multiples) sont également encourageantes, il semblerait extrêmement souhaitable d'entreprendre dès que possible une étude comparative systéma- tique de tous ces projets, et de revoir les projets déjà étudiés (dont- certains offrent également des possibilités limitées de production d'é- nergie) du point de vue des besoins de l'irrigation et de la production d'énergie électrique. A cet égard, il semblerait nécessaire de procéder à une étude complète du bassin de l'Oum Er Rebia, en s'inspirant de l'étude effectuée pour l'oued Sebou. C'est à cette condition seulement qu'il sera possible de porter en toute connaissance de cause un jugement sur l'intérêt relatif de ces projets, du point de vue économique. 12. Parallèlement à l'évaluation économique des projets d'irriga- tion (existants et nouveaux), il sera nécessaire de procéder également a l'étude détaillée de la rentabilité des diverses cultures qui peuvent être envisagées. Ce sont les agrumes, les autres fruits, les légumes, le coton et la betterave à sucre, les céréales et les cultures fourragères alternant avec les autres cultures. Les agrumes, par exemple, peuvent avoir un rendement très élevé à l'hectare, mais il est extrêmement douteux que le marché puisse absorber tous les agrumes frais que produiront d'ici à 1970 les arbres que l'on plante actuellement au Maroc. Les incertitudes concernant les accords qui seront ultérieurement conclus avec le Marché commun ne manqueront pas de compliquer cette étude, notamment en ce qui concerne les fruits et les légumes. Malgré cela, cette question pourrait être approfondie dès maintenant, même en ce qui concerne ces produits. Il serait peut-être rentable d'accroître la production de betteraves à sucre de telle façon qu'elle corresponde à la capacité des quatre sucre- ries existant à l'heure actuelle ou en cours de construction (120.000 tonnes), bien que le taux de rendement de l'ensemble des investissements, ANNEZE A Page 7 y compris les usines, n'est probablement pas très élevé lorsque l'on évalue le sucre au cours mondial actuel. Le développement de la pro- duction au-delà de ce point devrait toutefois être examiné en tenant compte du cours mondial probable du sucre et de la rentabilité des autres cultures. Le coton et les graines oléagineuses (en particulier le tournesol) peuvent dans une certaine mesure se substituer à la bette- rave à sucre dans cette rotation, et pour cette raison l'intérêt économi- que que présente leur culture doit âtre comparé à celui de la betterave à sucre. L'intérêt que présente la production de céréales et de plantes fourragères doit également être étudié plus a fond, en tenant compte des relations qu'elle peut avoir avec l'élevage du bétail dans les périmètres irrigués. 13. Les résultats de certaines de ces études devraient être connus vers l'automne prochain; d'autres seront plus longues à établir. En attendant, on trouvera ci-dessous lévaluation, donnée à titre indicatif, de l'ordre de grandeur et des types de travaux agricoles qui pourraient constituer des objectifs raisonnables pour les années à venir. a) Le programme des cultures en sec pourrait, à titre indicatif, viser à mettre en culture 500.000 hectares environ d'ici à 1970, en utilisant des engrais et des semences sélectionnés; le programme de labourage au moyen de tracteurs devrait se poursuivre à son rythme actuel si, après examen, sa rentabilité est confirmée. b) Les travaux concernant les petits projets d'irrigation pourraient se poursuivre à leur rythme actuel, soit environ 15 millions de dirhams par an, aussi longtemps que leur rendement sera raisonnable. Les travaux entre- pris dans les quatre grands périmètres d'irrigation existant actuellement devraient être accélérés de façon à atteindre un taux annuel d'achèvement de 10.000-hectares d'ici à 1970. Au rythme de 2.000 hectares par-an, le projet de Sidi Slimane sera achevé cette année-lâ. En supposant une augmentation des moyens dtexécution, ceci pourrait permettre d'accélérer le rythme des travaux dans les trois autres périmètres, et de le porter en moyenne a 4.000 hectares dans chacun d'eux, ce qui permettrait de les achever vers le milieu de l'année 1970. Parmi les nouveaux projets envisagés, deux au moins pourraient être entrepris vers 1968, l'objectif étant d'achever les barrages qu'ils comportent en 1973 ou 1974; une fois atteint ce point, le taux annuel dtachèvement des travaux d'irrigation définitifs pourrait être porté à lh.000 hectares. La réalisation de nouveaux ANNEXE A Page 8 projets pourrait être entreprise quelque temps après, l'objectif final étant de stabiliser le taux final d'achàvement aux environs de 18 à 20.000 hectares par an en 1980. c) Le programme de conservation des sols et de reboisement dont les objectifs co'ncident avec les objectifs agricoles de la Promotion nationale, pourrait être utilement déve- loppé pour atteindre un taux annuel de l'ordre de 110 mil- lions de dirhams d'ici à 1970, contre 60 millions environ au cours des dernières années. Certains de ces investisse- ments auront un rendement économique intéressant, mais bon nombre d'entre-eux ne seront rentables qu'au bout d'un tel délai que leur rendement direct sera relativement peu élevé. Toutefois, il ne faut pas négliger l'intérêt indirect de toute mesure visant à ralentir l'urbanisation provoquée par le sous-emploi dans les campagnes, ces mesures consti- tuant précisément le but principal de ce programme. 14. On trouvera au chapitre II du rapport proprement dit les inci- dences de ce programme sur le montant probable des dépenses nécessaires jusqu'en 1970. Ces incidences sur l'organisation et les besoins en main- d'oeuvre devront être étudiées. C'est seulement lorsque ce travail aura été achevé par les consultants et étudié par le gouvernement qu'il sera possible d'apprécier en connaissance de cause la possibilité de mettre à exécution les propositions concernant ces dépenses. Dans la mesure oÙ ces programmes ne se font pas mutuellement concurrence en ce qui concerne le personnel nécessaire (et, pour un certain nombre-de programmes, cette concurrence ne sera probablement pas trop sérieuse), la possibilité de réaliser tel ou tel programme dépendra de la possibilité de disposer à l'avenir de telle ou telle catégorie de personnel. Toutefois, dans certains cas, comme on l'a indiqué, l'intérêt économique de ces projets peut être variable. Comme on l'a indiqué, les études nécessaires pour procéder à un choix économique réellement rationnel parmi tous les projets envisagés prendront un certain temps. Toutefois, on dispose déjà ou l'on pourra obtenir dans les six mois à venir des renseignements suffisants sur les projets prêts à être mis en oeuvre pour qu'il soit possible de porter très rapidement des jugements suffisamment fondés à leur égard. Y compris le projet Derro, qui intéresse la région du Rif, fortement peuplée, et comporte quelques investissements peu importants pour des travaux d'irrigation et l'arboriculture, mais concerne surtout la conservation des sols et le reboisement. ANUNTEXE B Perspectives de l'industrie minière 1. Les industries extractives procurent au Maroc de 5 à 6 pour cent de son produit intérieur brut. Si l'on y ajoute les combustibles, c'est-à-dire le charbon et le pétrole, cette proportion dépasse 6 pour cent. La valeur ajoutée par ouvrier est extrêmemént élevée pour le Maroc - près de 22.000 dirhams en 1964. Le nombre d'ouvriers n'est pas élevé et était de l'ordre de 31.000 en 1964. Cette industrie a plus d'importance du point de vue des finances publiques et des gains en devises qu'à l'égard des problèmes de l'emploi. 2. Les traitements chimiques ne contribuent guère à augmenter la valeur ajoutée de la production marocaine de minerais. La majeure partie des minerais sont expédiés à l'état brut ou partiellement enrichis. La valeur des exportations correspond aux quatre-cinquièmes environ de la valeur de la production. En construisant le nouveau complexe de Safi, le gouvernement s'est écarté pour la première fois de la pratique établie consistant à autoriser la transformation des minerais en pays étrangers. 3. Au cours de ces dernières années, la valeur des exportations de minerais a été nettement supérieure au tiers de la valeur des exporta- tions de marchandisE d'origine marocaine. De 1960 à 1965, cette valeur a augmente d'environ 150 millions de dirhams, la totalité de cet accroisse- ment étant dû aux phosphates. 4. Parmi les producteurs de phosphates, le Maroc se place après les Etats-Unis et l'URSS. Ces deux pays, contrairement au Maroc, consormnant la majeure partie de leur production intérieure, le Maroc est de beaucoup le plus gros exportateur du monde. En 1964, sur 23 millions de tonnes qui se sont vendues dans le monde, sa part a été de 10 millions de tonnes. Son premier concurrent a 6t6 les Etats-Unis, avec 5,2 millions de tonnes. Depuis lors, les expéditions marocaines se sont stabilisées tandis que celles des Etats-Unis se sont sensiblement accrues, et ont dépassé 6,6 millions de tonnes en 1966. 5. La qualité des phosphates extraits au Maroc varie de moyenne à supérieure. Les réserves probables sont de 10 milliards de tonnes et per- mettraient à l'extraction de se poursuivre pendant un millier d'années au rythme actuel. Jusqu'à ces derniers temps, seules ont été exploitées les parties les plus riches des gisements situés sur les lieux d'extrac- tion. Il est toutefois prévu de poursuivre l'extraction à une plus grande profondeur, d'extraire des minerais moins riches et de les enrichir. 6. L'extraction des phosphates sur une base commerciale a commencé peu après la première guerre mondiale. En 1930, la production atteignait 1,5 million de tonnes par an, pour tomber à moins de 500,000 tonnes pen-- dant la guerre. Depuis lors, le tonnage extrait a augmenté tous les ans presque sans interruption. Vers 1960, il avait atteint le chiffre de 7 millions de tonnes. De 1959 à 1964, l'extraction s'est accrue au rythme de près de 8 pour cent par an. Page 2 7. En 1964, alors que le 11aroc bénéficiait de conditions de com- mercialisation exceptionnellement favorables, la production a dépassé le chiffre de 10 millions de tonnes. Elle est retombée à 9,8 millions de tonnes en 1965 et est restée inférieure à 10 millions de tonnes en 1966. L'augmentation des cours a permis de maintenir la valeur des ven- tes aux environs de 580 millions de dirhams en 1965 et peut-être d'at- teindre 600 millions de dirhams en 1966. 8. La courbe des exportations est à peu près parallèle à celle de l'extraction, les seules différences résultant de la demande intérieure, qui est inférieure ou égale à 1 pour cent de la production, et les modi- fications du niveau des stocks. Le volume des stocks, en fin d'année, semble être généralement inférieur à 10 pour cent des ventes. 9. Ltexploitation des phosphates est entre les mains de l'Office Chérifien des Phosphates (OCP), monopole d'état fondé Bn 1920. C'est probablement l'entreprise la plus importante de tout le pays, son chif- fre d'affaires n'ayant pas été éloigné de 600 millions de dirhams depuis plusieurs années et l'effectif de son personnel atteignant 13.000 per- sonnes. Les résultats de l'exploitation ont été favorables et ont en- couragè la soci6té à investir. Le montant des investissements fixes pour la période 1959-65 a atteint h93 millions de dirhams. Près des trois-cinquièmes de cette somme ont été financés par des fonds d'origine interne. Le solde a été obtenu par un emprunt de 180 millions de dir- hams contracté auprès de la Banque du Maroc et par des prélèvements sur le capital de roulement. 10. Les opérations de l'CCP ne lui ont pas seulement permis de fi- nancer son programme d'investissement, mais se sont également traduites par une contribution importante aux finances publiques. De 1959 à 1965, l'Office a payé au total 411 millions de dirhams sous forme d'impôts sur les bénéfices, montant correspondant au tiers du total des recettes des impôts sur les bénéfices. Le montant total des autres impôts payés par l'Office a été de 201 millions de dirhams. En outre, l'Etat a perçu 601 millions de dirhams sous forme de dividendes. A la fin de l'année 1965, il restait 5h millions de dirhams dans les caisses de la Société. Le total général des sommes perçues par l'Etat dépassait 1260 millions de dirhars (voir tableau A 11). 11. L'CCP a entrepris depuis un certain temps l'exécution dtun pro- gramme de mécanisation qu'il se propose de poursuivre. Toutefois, les plans d'investissements, élaborés en fonction de résultats exceptionnelle- ment encourageants obtenus par les ventes en 1964, et qui prévoyaient de consacrer aux investissements quelque 600 millions de dirhams en 1966-70, font l'objet d'un r6examen à la lumière d'une évaluation plus prudente des marchés, tenant compte de la rude concurrence que la société rencontre à l'étranger depuis deux ans. Les nouveaux plans, lorsqu'ils seront arrêtés définitivement, prévoieront peut-être des investissements d'en- viron hh0 millions de dirhams au cours de la période de 5 ans s'achevant en 1970. Nous pensons qu'un montant de 130 millions de dirhams aura été déjà dépensé en 1966, et qu'il ne sera pas facile de ramener en- dessous de 110 millions de dirhams le montant des investissements de l'an- née 1967, dont le niveau avait été initialement fixé à 135 millions de dirhams. Il resterait donc quelque 200 millions de dirhams pour la période 1968-70. A111EXE B Page 3 12. A la fin de la période considérée, la capacité de production de- vrait être supérieure ou égale à 1h millions de tonnes. Pour que le chiffre des ventes progresse parallèlement à l'accroissement de la capacité, il faudra probablement que les services de commercialisation de la société suppriment partiellement les augmentations de prix auxquelles ils avaient procédé depuis quelques années. Si le chiffre des ventes continue d'aug- menter au rythme de 6 pour cent par an, la production normale, y compris 700.000 tonnes environ pour la consommation intérieure, sera proche de 13 millions de tonnes en 1970. En admettant une réduction moyenne de l'or- dre de 10 pour cent par rapport aux prix estimatifs de 1966, le montant du chiffre d'affaires serait alors de l'ordre de 700 millions de dirhams. 13. L'Export-Import Bank a accordé en 1966 un prêt de 120 millions de dirhams à 1'OCP. Les profits bruts cumulés seront suffisants pour per- mettre à l'OCP de financer par ses propres moyens le reliquat de 320 mil- lions de dirhams de son programme d'investissement tout en remboursant ses dettes, en payant ses impôts d'un montant égal à 500 millions de dirhams au minimum et en disposant d'un excédent de liquidités qui lui permettront de verser des dividendes pouvant atteindre 150 millions de dirhams. 14. La rentabilité de l'OCP est telle qu'il ne lui serait pas diffi- cile d'obtenir des capitaux supplémentaires à l'étranger, à des conditions raisonnables. Pour l'avenir immédiat, si le gouvernement marocain ne peut pas élaborer un nombre suffisant de projets susceptibles d'un financement externe afin d'obtenir les ressources extérieures requises, il serait peut-être souhaitable que l'OCP recherchât des capitaux d'origine inter- nationale pour la fraction de ses investissements qui se justifient du point de vue économique et qui peuvent être présentés sous la forme de projets susceptibles d'un financement à long terme. 15. La contribution des industries minières et pétrolières au produit brut, qui était inférieure à 700 millions de dirhams en 1965, devrait vraisemblablement être proche de 820 millions de dirhams en 1970, en ad- mettant un taux d'expansion annuel de 3,7 pour cent, comme l'indiquent les tableaux ci-dessous. Deux-tiers des gains figurant dans ces projec- tions seront dus aux phosphates. Les perspectives concernant la produc- tion de minerais autres que les phosphates sont mitigées. Le déclin de la production de certaines mines, résultant de l'amenuisement des réser- ves, sera compensé par un accroissement dans certaines autres, mais dans l'ensemble, dans l'avenir immédiat, il faut s'attendre que l'expan- sion soit limitée et corresponde peut-être à 1 pour cent par an de l'en- semble de la valeur ajoutée. Valeur ajoutée dans l'industrie minière (en millions de dirhams) Taux annuel 1965 d'expansion (est.) 1970 1965-1970 Phosphates 417,TJ 501 ~~3, Autres minerais 193,3 204 1 1 Charbon L4,0 20 7, Pétrole et produits pétroliers 63 92 7,9 TOTAL 687,7 320 3,7 _,XE B Page 4 16. La majeure partie des gains résultant des exportations devrait donc provenir des phosphates. Si les prix sont légèrement inférieurs à la moyenne de 1965, la valeur des expéditions de phosphates devrait passer de 550 millions de dirhams en 1965 à 660 millions environ. 17. La mission n'a pas procédé à une analyse distincte du marché mondial des phosphates. Elle constate que des gisements de qualité va- riable et susceptibles de commercialisation ont été déccuverts dans di- verses parties du monde. Bien que la demande potentielle d'engrais phosphatés soit très nettement supérieure au taux actuel d'utilisation, il est peu probable que la demande effective au cours des cinq années a venir dépasse les niveaux de production prévus. Il ne semble donc pas qu'une pression sur l'offre doive se manifegter dans le cadre des pers- pectives à% moyen terme. Er outre, l'expérience récente des Etats-Unis a démontré que cette industrie est en mesure d'accroître rapidement sa production et peut donc l'adapter aux fluctuations de la demande. 18. Les perspectives générales sont donc, au minimu, moyennement favorables. Elles sont la résultante de certains facteurs favorables - tels que le développement du marché des phosphates en Amérique du Sud, à légard de laquelle le Maroc est en meilleure position que la Floride, du point de vue géographique - et de menaces particulières, telles que le potentiel énorme de production et de commercialisation de groupe- ments internationaux qui vont exploiter les réserves du Sahara espagnol et des pays d'Afrique orientale. 19. Les fluctuations de la production et des conditions de commer- cialisation des autres minerais se traduiront probablement par une cer- taine réduction du total des ventes à l'exportation d'ici à 1970. Le seul autre minerai dont la production sera en augmentation, sera la pyrrho- tine, oui est consommée pour la production d'engrais à usage intérieur et n'entraînera donc pas d'augmentation des gains à l'exportation imputables a l'industrie extractive. 20. Il est probable que l'accroissement de la production s'accompa- gnera d'investissements importants, comme l'indique le tableau ci-après Les investissements privés ne sont indiqués par catégorie - et encore en termes très généraux - que pour l'année 1966; les projections indiquent qu'ils devraient être légèrement supérieurs à 70 millions de dirhams par an et augmenter légèrement au cours de la période considérée. MNE B Page 5 Projctins concernant les investissements dans l'industrie minière ( millions de dirhams) Investissements publics 196 1967 1968-70 OCP 130 110 200 Pyrrhotine 8 h 8 Recherche et prospections géologiques 3 3 l Prospections pétrolières 5 7 15 Projets du ERPM 3 h 20 Prospections du BRPM 5 3 10 Projets divers __à ll 26 Total partiel 158 142 290 Investissements privés Prospections pétrolières 30 Divers _ý6 66 70.220 Total général 22h 212 510 21. Les investissements publics seront constitués pour une très large part par les dépenses que 1tOCP consacrera aux installations d'extraction et de traitement des phosphates. Les autres investisse- ments publics, dans 1'industrie minière, étaient de 1'ordre de 14 millions de dirhams par an en 1964-65, mais ont fait un bond en 1966 e) franchi le cap des 25 millions de dirhams, cette augmentation visant en majeure partie à mettre en place les moyens d 'extraction de pyrrhotine destinée à l'usine d'engrais de Safi, à effectuer des recherches et des prospections, et à apporter une participation finan- cière de la part du Bureau des recherches et des participations du gouvernement (BRPM) à l'exécution de projets communs avec des sociétés privées. On peut supposer que ces investissements se maintiendront jusqu'en 197o au niveau de 1966, qui est supérieur aux 20 millions de dirhams par an jugé souhaitable par la mission d'études. ANNEXE C Pcrîp tives des industries manufacturières 1. Jusqu'àla fin du siècle dernier, les industries manufacturières du Maroc comprenaient essentiellement la production artisanale de biens de consommation semi-durables, la fabrication de conserves alimentaires pour les marchés locaux et la production de quelques biens de consommation durables. Ces industries étaient groupées dans les villes de Fez, Meknes et Marrakech, situées toutes trois dans les plaines de l'interieur où elles servaient aussi de point de départ et d'arrivée pour les échanges du Maroc avec l'étranger, en grande partie par voie terrestre. 2. Lors de l'arrivée des Européens, et en particulier grace aux investissements effectués par la France au cours de la période du Protec- torat, les industries manufacturières modernes prirent naissance, affaiblissant les industries traditionnelles et déplaçant le centre de l'économie non-agricole vers les zones c8tières du nord-est. C'est ainsi que débuterent au Maroc la production de conserves alimentaires et de biens de consommation semi-durables destinés en majeure partie à la population musulmane (raffineries de sucre, minoteries, textiles), mais aussi à la population civile et militaire européenne (brasseries), la fabrication des biens intermédiaires et d'investissement en relation avec les besoins des forces armées, de l'état et de l'industrie: propre- ment dite (métallurgie, matériaux de construction) et plusieurs activités en relation directe avec certains marchés d'exportation (conserves alimentaires, en particulier conserves de poisson). 3. A l'heure actuelle, les industries artisanales continuent d'employer un nombre d'ouvriers aussi important que les industries modernes, mais restent moins importantes à d'autres égards. Un recen- sement effectué en 1964 dans l'industrie faisait apparaître 285.000 per- sonnes employées dans des activités que l'on peut considérer comme artisanales, et 94.000 seulement dans les autres industries manufactur- ières. Toutefois, la valeur ajoutée par chaque employé dans l'artisanat était inférieure à mille dirhams en 1964, tandis qu'elle était proche de quinze mille dans les industries modernes. De même, les investissements consacrés à l'artisanat étaient négligeables, atteignant peut-être 13 millions de dirhams, tandis que les investissements du secteur privé des industries modernes étaient de neuf à dix fois supérieurs. 4. Les données dont nous disposons sur l'ensemble de l'industrie semblent indiquer que la période où l'expansion a été la plus importante depuis la fin de la seconde guerre mondiale se situe peu après 1950, alors que l'expansion procédait à un taux au moins égal à 6 o/o par an. Au cours de la seconde moitié de la décennie, l'expansion est brusquemeat tombée au taux de 3 o/o ou même en dessous, mais s'est rétablie à nouveau pour atteindre en moyenne 6 o/o de 1961 à 1963; elle s'est ralentie à nouveau en 1964 et est demeurée stagnante en 1965 et 1966, si bien que pour 1966 on estime que le niveau total de la production ne sera pas supérieur de plus de 2 o/o à celui de 1963. 5. Il semble qu'un tiers au moins de l'expansion survenue au cours des premières années de l'actuelle décennie soit survenue dans l'industrie textile (voir tableau A 13), où l'accroissement de la capacité installée permet à la production locale de prendre la relève des importations dans les parties les plus accessibles du marché ANNEXE C Page 2 intérieur, Les autres secteurs accusant une forte arance sont ceux du papier et du carton, dont la production remplace également les immortn- tions, les matériaux de construction, les oléagineux et les matières grasses. 6. Le brusque arrêt de l'expansion de la production dans l'industrie textile s'est accompagné d'indices de sur-investissement. Les données concernant le rapport entre la capacité et la production sont assez rares au Maroc, peut-être à dessein et pour des raisons fiscales, mais il semble qu'une fraction importante de la capacité soit inutilisée à l'heure actuelle, dans des secteurs tels que le papier, le carton et les textiles, dans lesquels une fraction importante des investissements, sinon leur ensemble, sont relativement récents et dans d'autres secteurs tels que le ciment, où le matériel est probablement en passe d'être perimé. 7. Cette situation met en lumière les risques que comporte une production destinée à un marché intérieur aussi restreint que le marché marocain, et l'intérêt des investissements consacrés à l'agriculture ou aux secteurs industriels nécessitant une main-d'ouvre nombreuse car ces investissements se traduisent par un accroissement du nombre de consom- mateurs disposant de revenus supérieurs au minimum nécessaire à l'ali- mentation et au logement. Elle montre également que le Maroc a intérêt à collaborer à toutes les mesures internationales ayant pour objet l'élargissement des marchés, et notamment au mouvement en faveur de la création d'un marché commun maghrebien. 8. Bien que l'Etat ait consacré des sommes importantes à des investissements destinés à des entreprises industrielles du secteur pub- lic, sa politique, qui s'affirme de plus en plus nettement depuis quelques années, consiste à encourager les investissement privés d'origine intéri- eure et étrangère. Cette politique se manifeste de façon concrète par les limitations apportées aux importations rivales (droits de douanes et autres taxes, quotas) et par un code des investissements, promulgué en 1958 et révisé en 1960, qui comprend des mesures destinées à favoriser et à stimuler la production intérieure, notamment par l'octroi d'exoné- rations fiscales, de crédits préférentiels et d'assistance financière pour des investissements en des lieux déterminés. L'Etat a également parrainé la création d'une société de financement du développement faisant partie du secteur privé, la Banque Nationale pour le Développement Economique (BNDE), qui a accordé des prêts de l'ordre de 60 millions de dirhams au secteur privé au cours de la période de 1964-66. 9. Peu après l'indépendance, le gouvernement a acquis la conviction qu'il existait au Maroc des possibilités d'investissement insuffisemment exploitées par les capitaux et les entreprises privées. Pour combler cette lacune, il a créé vers la fin de l'année 1957 une agence gouverne- mentale, le Bureau d'Etudes et Participations Industrielles (BEPI), dont le role essentiel é*:ait d'étudier les possibilités de développement industriel, de préparer des projets industriels et de faciliter leur financement, et de participer à ce financement avec des capitaux privés. Lorsque les capitaux privés ne pouvaient être obtenus, il était autorisé à procéder lui-même à des investissements dans les entreprises. ANNEXE C Page 3 19. Depuis sa création, le BEPI a préparé un grand nombre d'études industrielles et a joué un r8le déterminant dans la création de pluci entreprises importantes. Parmi ces entreprises on peut citer une usine de montage de voitures de tourisme (SOMACA), de camions lourds (Berliet), une usine de pneus (General Tire), une filature (COFITEX), l'arsenal de Fez, appartenant à l'Etat, une usine de farine de poisson (SONAFAP) et une raffinerie (SAMIR). L'entreprise la plus importante de la BEPI a été la création du complexe d'industrie chimique de Safi, pour la produc- tion de super-phosphate triple et de phosphate d'ammoniaque, qui vient de commencer à produire. On espérait que les capitaux privés marocains fourniraient une fraction importante du capital de ces éntreprises. L'expérience de la BEPI semble indiquer que les bailleurs de fonds privés marocains hésitent à participer au financement de grandes entreprises lorsque leurs actions ne représentent qu'une fraction relativement réduite de l'ensemble du capital. Ils préfèrent investir dans des entre- prises moins importantes qu'ils peuvent contr8ler. Les premiers temps, la BEPI est parvenue à attirer des capitaux privés d'origine étrangère pour la réalisation dtentreprises communes. Toutefois, il y a maintenant plusieurs années qu'aucune nouvelle réalisation n'a été entreprise en com- mun avec des bailleurs de fonds étrangers. 11. Malgré les divers encouragements dont bénéficient les entre- prises privées, les milieux d'affaires marocains semblent vivement redouter une nouvelle vague de nationalisation et estiment que l'Etat s'est montré parfois capricieux dans l'application de ses mesures d'encouragement (par exemple en accordant des licenses d'importation pour des textiles faisant concurrence à la production locale). Cette situa- tion est défavorable aux plans et aux investissements à long terme. Une déclaration dans laquelle le gouvernement exposerait les éléments fonda- mentaux de sa politique industrielle et commerciale contribuerait à rétablir la confiance. C'est ainsi qu'il serait souhaitable que le gouvernement fasse de nouvelles déclarations du genre de celles qu'il a faites récemment, lorsqu'il a annoncé que l'état était disposé à donner l'assurance aux entreprises privées procédant à des investissements avec son approbation que les taxes sur leurs bénéfices ne seraient pas supérieures à un taux déterminé pendant dix ans. 12. Des barrières douanières assez élevées sont nécessaires pour protéger la position des nouvelles industries marocaines sur le marché intérieur. Les taxes marocaines à l'importation ne sont plus au taux uniforme de 12,5 o/o qui était en vigueur pendant la période du Protec- torat. Les tarifs sont maintenant différenciés et peuvent atteindre 50 o/o sur les produits protégés tels que les textiles et les chaussures de cuir. Toutefois, d'une façon générale, le Maroc est moins protection- iste que d'autres pays ayant atteint un stade comparable de développe- ment. Le gouvernement devrait entreprendre l'étude de ses tarifs douaniers dans le dessein de mettre au point le système qui, en coordi- nation avec d'autres stimulants, sera le mieuxcapable d'encourager les investissements dans les industries dont la production assurera lareleve des importations. 13. L'augmentation la plus importante de l'ensemble des investis- sements a résulté ces derniers temps des investissements publics consa- crés au complexe de production d'engrais de Safi et a deux raffineries de sucre. La construction d'une troisième raffinerie de sucre a été ANNEXE C Page 4 entreprisc en 1966 et devrait etre bien avancée en 1967.4 Le montant total des investissements consacrés aux raffineries atteindra de ce fit 200 millions de dirhams au cours de la période couverte par le Plan triennal, contre 240 millions prévus par la mission d'étude pour la période de six ans 1965-70. Comme nous l'avons déjà indiqué au sujet de l'agriculture, nous pensons que les nouveaux investissements dont pourrait bénéficier la production de sucre devraient etre examines, compte-tenu des perspectives actuelles quant au cours mondial du sucre, et de la rentabil- ité des cultures pouvant remplacer la betterave à sucre. 14. Le démarrage du projet de Safi s'est heurté à certains problèmes, qu'il s'agisse de difficultés techniques inhérentes à l'utilisation de la pyrrhotine, ou de difficultés de commercialisation provenant du fait que son marché est dominé par un petit nombre de grandes sociétés. La société (Maroc Chimie) s'est récemment assuré les services d'une société française expérimentée de consultants qui doit l'aider à résoudre les difficultés qu'elle a à surmonter. Nous croyons savoir que pour 1966 l'usine a fonctionné à une fraction appréciable, peut-être supérieure à un tiers, de sa capacité théorique. 15. Les perspectives à long terme des engrais phosphatés semblent excellentes, car on prévoit que la demande augmentera au taux de 6 à 8 o/o par an, sinon davantage. Ces perspectives ont incité une société américaine privée à envisager la création d'une seconde usine d'engrais au Maroc. Son coût total est évalué à 250 millions de dirhams environ. Nous pensons que son financement sera surtout d'origine privée mais que le gouvernement y prendra une participation minoritaire appréciable, s'élevant probablement à 40 o/o. 16. L'autre grand projet d'investissement public en cours d'étude concerne un complexe siderurgique et viserait à profiter de la présence au Maroc de minerai de fer, qui est actuellement exporté au rythme de 950.000 tonnes environ par an. Le projet actuel prévoit la construction d'une fonderie à fonctionnement ininterrompu d'une capacité de 250.000 tonnes qui serait située à Nador, près de la côte, et à proximité du gisement de minerai de fer. Son coût total serait de l'ordre de 400 millions de dirhams. Ce projet fait l'objet d'une étude de la part d'International General Electric, et il est difficile de donner un avis sur l'intérêt qu'il peut présenter tant que ne seront pas connus les résultats de cette étude. Le gouvernement n'ayant pas pris de décision ferme à son sujet, El n'en sera pas tenu compte dans le présent document. 17. Les renseignements directs concernant les investissements fixes du secteur privé sont peu nombreux. D'après les estimations du Ministère de l'Industrie (voir tableau A 27) leur montant aurait été compris entre 80 et 90 millions de dirhams par an en 1960 et 1961. Leur niveau est tombé en dessous de 60 millions de dirhams en 1962, puis à mesure qu'étaient achevés les projets adoptés pour l'industrie textile, la papeterie et les conserves alimentaires, est remonté à 90 millions de dirhams en 1963 et 120 millions en 1964. On pense qu'en 1965 le montant des investissements a de nouveau diminué et ne dépasserait peut-itre pas 75 millions de dirhams. ANNEXE C Page 5 18. Pour 1966 et 1967, la mission estime à 120 millions de dirhams par an le niveau moyen des investissements, si la production intérie2r continue de se substituer aux importations; la majeure partie de l'augmentation surviendra sans doute dans les textiles, mais l'industrie des conserves alimentaires bénéficiera également de quelques investisse- ments. Après 1967, les investissements consacrés à l'industrie textile seront probablement en très nette diminution. Toutefois, en plus des 250 millions de dirhams investis dans les engrais, les plans prévoient de nouveaux .travaux dans l'industrie chimique, qui pourraient coûter 100 millions de dirhams. Compte-tenu des investissements nécessaires pour augmenter la capacité de production dans les industries des conserves ali- mentaires, du matériel de transport et des matériaux de construction, l'ensemble des investissements privés pourrait être compris entre 150 et 250 millions par an au cours de la période de 1968-70. Au cours de la période 1966-70 il faut évidemment s'attendre à ce que surviennent des variations d'une année sur l'autre, lesprojets importants nepouvant être répartis de façon homogène sur plusieurs années. 19. A mesure que se réaliseront les prévisions de la mission concern- ant les investissements dans l'ensemble de l'économie, la production industrielle devrait reprendre et dépasser le rythme des années immédiatement postérieures à 1960. La valeur ajoutée, imputable en premier lieu de l'industrie sucrière et autres industries alimentaires destinées aux exportations et à la consommation intérieure et de la production d'engrais, de textiles et de matériaux de construction, devrait augmenter en moyenne de 6 pour cent par an au cours de la période de 1966-70 pour atteindre, à la fin de cette période, le niveau de 1800 millions de dirhams aux prix de 1960, contre 1320 millions de dirhams en 1965. 20. La relance de l'activité intérieure devrait s'accompagner d'un accroissement substantiel des exportations. En 1965, les ventes à l'étranger de produits manufacturés autres qu'alimentaires, dont le montant étaient de 131 millions de dirhams, étaient inférieures de près de 1/5ème au chiffre de 1962. La valeur des exportations des·produits de l'artisanat, et notamment des tapis, est allé à contre courant de la tendance générale et, sous l'influence du tourisme, devrait se main- tenir sur une courbe ascendante. D'autres articles non-alimentaires, exception faite des produits chimiques, pourraient s'y joindre en quan- tité suffisante pour porter à 170 millions de dirhams le total de 1970. Il convient d'ajouter à ce chiffre celui des prévisions concernant la vente à l'étranger des engrais du complexe de Safi. Sur un total général de 270 millions de dirhams, on peut admettre raisonnablement que le montant de ces ventes sera de 100 millions de dirhams par an. AMNEXE D * :*-pect,'ves du tourisme 1. Le nombre de touristes ayant séjourné au Maroc est passé de 167.000 en 1961 à 374.000 en 1964, le taux annuel dcaccroissement étant donc de 30 %. Le Plan de trois ans supposait un certain ralen- tissement entre 1964 et 1967 et tablait sur un accroissement de 24 % par an, tandis que la mission d'études tablait sur un taux moyen d9ac- croissement de 20 % par an entre 1964 et 1970. En fait, le taux dfaccroissement est estimé à 10 % entre 1964 et 1966. Ce ralentis- sement résulte probablement au premier chef de 1'insuffisance de la capacité d'accueil 1/. Le nombre total de lits d'hàtel stest accru plus lentement que le nombre de touristes, passant de 10.300 environ vers le milieu de 1964, à 12.300 en 1966, ce qui laisse supposer un accroissement du taux dioccupation ou une réduction de la durée moyenne du séjour. Nous ne disposons pas de renseignements valables sur les taux effectifs d'occupation ni même sur le nombre de touristes ayant séjourné dans les h6tels, comparé à celui des touristes ayant logé chez des amis et des parents. Les investissements consacrés à llindustrie hâteliére sont passés de 16 millions de dirhams en 1963 à 45 millions en 1965, et sont estimés à 71 millions de dirhans en 1966. 2. Pour qu'il soit possiblegdélaborer des plans valables sur le volume futur des investissements nécessaires, il faut tout d'abord procéder à une analyse détaillée de la situation actuelle en ce qui concerne l'utilisation des hÔtels, les dépenses des touristes, etc. En attendant l'exécution de cette analyse, nous proposons qulà titre tout-à-fait indicatif les plans soient fondés sur une diminution du taux dioccupation - ce taux, pour lequel on admet à liheure actuelle le chiffre de 80 %, étant seulement de lfordre de 65 % pour 1970 - afin de tenir compte de l'accroissement de la masse des touristes qui séjournent surtout au Maroc pendant les bonnes saisons 2/. En tablant sur cette hypothèse, le taux annuel d'augmentation du nombre total de touristes qui, d'après les projections établies par la mission diétude , serait de 20 %, sera peut-être réalisable pour la période 1966-70. Le nombre de touristes atteindrait alors un million en 1970. En outre, on peut supposer que le nombre absolu de touristes qui nfutiliseront pas les hôtels en 1970 sera apparemment le même qu'en 1966 ( 150.000 environ), Le nombre total de lits nécessaires en 1970 serait donc de 36.000. A titre de comparaison, la mission d'étude a estimé que ce chiffre serait de 40.000. L'accroissement entre la mi-1966 et la mi-1970 serait de l'ordre de 24.000 lits, soit 6.000 par an en moyenne. 1/ Les émeutes survenues à Casablanca en 1965 et liaffaire Ben Barka ont peut-être également quelque peu affecté le taux dcaccroissement. 2/ La bonne saison dure de 9 à 10 mois dans le sud, aux environs d'Agadir et de Marrakech, mais ne dépasse pas 5 à 6 mois dans la région Casablanca-Tanger. .ANNEXE D Page 2 3. En 1967, les plans établis à titre indicatif prévoient la mise en place de 5.400 lits environ, pour un coût moyen de 16.500 dirhams par lit, soit au total 89 millions de dirhams. Ce chiffre comprend toutefois la construction d 'un pourcentage anormalement élevé de villas dont 1tutilisation est prévue pendant la saison d'été seule- ment. D'après âes indications récentes, il semblerait *gue ce coût moyen doive s'établir plus normalement aux environs de 20.000, contre 17.000 dirhams prévus dans les estimations de la mission d8étude. Le montant total des investissements consacrés à 1findustrie h8telière au cours de la période 1968-70 pourrait donc être de liozkre de 370 millions de dirhams, ou 575 millions pour la période l965 e1?0, tandis qu'il serait de 540 millions de dirhams d'après les projections établies par la mission dtétude. 4. Les investissements consacrés récemment à lindustrie h8telière ont été en majeure partie le fait du secteur privé, et sont passés de 14 millions de dirhams en 1968 à hl millions de dirhams, d'après les estimations, en 1966. Jusquten 1966, les investissements publics, y compris ceux des chemins de fer nationaux, étaient de l'ordre de h millions de dirhams seulement. On estime toutefois quten 1967, l'Office national du tourisme et les chemins de fer investiront 35 millions de dirhams environ. Postérieurement à 1967, on admet que le secteur privé - marocain et étranger - sera pratiquement en mesure de prendre en mains toutes les nouvelles constructions dthdtels, mais que d'importants crédits du secteur public seront nécessaires à cette fin. Llestimation de la mission d fétude d 8après laquelle un montant de 268 millions de dirhams serait nécessaire pour ltensemble de la période de 1965-70 semble encore plausible. Compte-tenu que le montant de ces crédits (et des prises de participation au capital ) sera de lfordre de 65 millions de dirhams pour la période 1965-67, il en résulterait que 55 % environ des investissements privés, prévus pour la période 1968-70, devront être financés de cette façon. En outre, il sera souhaitable que ltétat continu à consacrer des crédits à l'amélioration de ltinfrastructure touristique, et en parti- culier aux routes d'accès et aux plages. Leur montant pourrait être estimé à 15 millions de dirhams environ par an au cours de la période 1968-70, contre 20 millions de dirhams au cours de la période 19654-7. 5. D'après les services marocains du Plan, chaque touriste a dépensé en moyenne plus de 800 dirhams au cours de ces dernières années. Du fait du développement du tourisme en masse, nous pensons qutil serait prudent de prévoir que cette moyenne diminuera au moins de 10 % d'ici à 1970, et stétablira aux environs de 700 à 750 dirhams. Le montant total des recettes en devises serait donc de llordre de 730 millions de dirhams en 1970, contre 360 millions ( chiffre esti- matif) en 1966. ANNEXE E Enseignement et formation du personnel enseignant 1. Après st6tre accru de plus de 10 pour cent par an de 1957 à 1962, le taux d'accroissement des inscriptions dans les écoles pri- maires s'est ralenti pour atteindre récemment le chiffre moyen de 6 pour cent. Le total des élèves de ces écoles était de 1.12h.000 en 1966 et correspondait à 60 pour cent du chiffre de la population d'àge scolaire. Toutefois, si l'on retranche le nombre d'élèves en avance ou en retard dans leurs études, le taux de participation du groupe d'âge compris entre 7 et 11 ans ne dépasse pas 4l pour cent environ. On peut s'attendre à un nouvel accroissement du chiffre des inscriptions, qui pourrait atteindre 1.380.000 en 1971. Ce dernier chiffre n'est pas très éloigné de celui qui figurait dans les pro- jections de la mission d'étude pour cette année-là, soit 1.h28.000 élèves. 2. L'un des aspects les plus préoccupants de l'enseignement pri- maire est le pourcentage excessif de redoublants et de déchets, ré- sultant non seulement du niveau assez peu élevé de l'enseignement, mais aussi du nombre très élevé d'écoles incomplètes. La scolarisation du groupe d'âge compris entre 7 et il ans pourrait faire d'importants pro- grès sans qu'il soit nécessaire d'effectuer des investissements supplé- mentaires importants, s'il était possible de réduire le gaspillage et l'encombrement dans les écoles primaires et si les élèves passaient plus rapidement d'une classe à l'autre. A cette fin, il faudrait sou- mettre à des règles l'âge d'admission et la fréquence des redouble- ments (ou instituer un système de passage automatique d'une classe à l'autre); la qualité de la formation des instituteurs, qui a considéra- blement diminué depuis quelques années, devrait être améliorée, tandis que les écoles ne comportant qu'une partie des classes devraient être complétées chaque fois que cela serait possible. Au stade actuel, il faut considérer les améliorations qualitatives comme plus importantes que le développement quantitatif. 3. Pour maintenir les dépenses de fonctionnement dans des limites raisonnables tout en faisant un effort pour améliorer la qualité de l'enseignement, les écoles primaires devraient adopter le système des deux équipes, du moins dans les zones urbaines. De même faudrait-il peut-4tre stabiliser le traitement des instituteurs et augmenter le volume de travail qui leur est demandé. La mission d'étude suggérait également d'accroitre les responsabilités des autorités locales. Nous croyons savoir qu'une première tentative effectuée dans ce sens s'est soldée par un échec. Nous recommandons toutefois de renouveler les efforts pour transférer aux collectivités locales une partie au moins de la charge de la construction et de l'entretien des locaux des écoles primaires et du logement des instituteurs, ANNEXE E Page 2 4. En supposant que la moitié des nouvelles salles de classes pourront être utilisées par deux équipes, l'accroissement du nombre d'élèves inscrits dans les écoles primaires nécessitera la construction d'environ 3.640 classes entre 1966 et 1970. En maintenant le coût de la construction au niveau minimum de 18.000 dirhams par classe, et en prévoyant un certain montant pour le logement des instituteurs dans les régions rurales, le montant total des investissements nécessaires au cours de la période de h ans s'étendant de 1966 à 1970 peut être évalué aux environs de 110 millions de dirhams. 5. L'enseignement secondaire constitue la partie essentielle du système d'enseignement, car c'est lui qui formera la main-d'oeuvre qualifiée dont a besoin le pays. L'augmentation du nombre d'élèves inscrits dans les écoles secondaires a été impressionnant, surtout à partir de 1961, où le taux annuel d'accroissement a dépassé 20 pour cent. Le nombre d'élèves inscrits dans les écoles secondaires publi- ques est passé de 181.000 l'an dernier a 207.871 à l'heure actuelle et- dépassera probablement 230.000 l'année prochaine, à moins que les con- ditions d'admission ne soient rendues plus sévères ou que d'autres limitations ne soient imposées. 6. L'accroissement impressionnant du nombre d'élèves s'est mal- heureusement accompagné d'une baisse du niveau et de la productivité. Le nombre d'élèves diplomés de l'enseignement secondaire ne s'est donc guère accru, ce qui a pour effet de limiter considérablement le nombre de candidats à l'enseignement supérieur. Le pourcentage d'échecs aux examens et le nombre de redoublants ont considérablement augmenté; le pourcentage de déchets est trop élevé. La pénurie de professeurs qualifiés pour l'enseignement secondaire est devenu de plus en plus grave. Le nombre de professeurs d'origine étrangère (Français pour la plupart) se maintient actuellement au chiffre de 5.000. La majorité des professeurs marocains (dont le nombre est également d'environ 5.000) n'a pas le niveau nécessaire pour l'enseignement secondaire. La décision prise récemment d'introduire l'arabe comme langue pour l'instruction dans les classes du premier cycle de l'enseignement se- condaire rend encore plus aigu le grave déficit de professeurs arabo- phones. Le niveau actuel de formation des professeurs de l'enseigne- ment secondaire est bien inférieur aux besoins du pays et ne présente pas de perspectives d'amélioration rapide pour les années à venir. 7. La pénurie de professeurs qualifiés, la mauvaise qualité et le faible rendement de l'enseignement secondaire sont des problèmes connexes. Les plans et les investissements concernant l'enseignement devraient accorder la priorité la plus élevée à l'élimination de ces difficultés par une amélioration considérable de la formation des professeurs de l'enseignement secondaire, en particulier des profes- seurs de sciences et de mathématiques. La solution de ce problème doit dtre considérée comme essentielle pour l'avenir de l'enseignement marocain et mérite de passer au premier plan des préoccupations. ANNEXE E Page 3 8. Entre-temps, des mesures d'urgence à court terme devraient être prises afin de faire disparaître dans des délais relativement restreints les limitations existantes, par exemple en augmentant temporairement lieffectif des classes et le volume de travail des pro- fesseurs, en organisant des cours du soir et des cours dtété pour les professeurs de niveau insuffisant et en utilisant les ressources (installations, professeurs et étudiants) de l'Université. 9. Le développement ultérieur du nombre d'élèves de l'enseigne- ment secondaire devrait être convenablement planifié de façon à rester compatible avec les ressources disponibles en ce qui concerne les professeurs, les locaux et les crédits. Même sans augmenter de façon appréciable le nombre total d'éléves, le nombre de diplâmés de l'en- seignement secondaire pourrait être triplé si la qualité et la producti- vité de l'enseignement secondaire étaient améliorées. 10. En admettant que les responsables de l'enseignement par- viennent à réduire strictement le taux d'accroissement du nombre d'élèves et le ramène par exemple à 10 pour cent par an, le montant des investissements nécessaires jusqu'en 1970 peut être évalué à 225 millions de dirhams environ, dont 130 millions pour la construction de classes, 50 millions pour les internats et 5 millions pour le loge- ment des professeurs. 11. Le nombre d'élèves inscrits dans les établissements denseigne- ment supérieur a donné l'an dernier des signes de stagnation. Il y a en outre un déséquilibre entre le nombre d'étudiants des disciplines littéraires et celui des disciplines scientifiques, la proportion d'étudiants en sciences, mathématiques, travaux publics, agriculture et médecine étant inférieure aux besoins d'un pays en voie de développe- ment. Ces deux facteurs sont en relation étroite avec l'insuffisance du nombre de dipl6més de l'enseignement secondaire, mentionnée ci- dessus, notamment dans les disciplines scientifiques. 12. Il faudrait que l'enseignement supérieur résolve en première urgence le problème de la pénurie de professeurs qualifiés dans l'en- seignement secondaire. Initialement, une fraction importante des étudiants devraient être orientée vers la carrière de professeurs de l'enseignement secondaire, soit sous les auspices de l'Université, soit dans une institution distincte. Le nombre d'étudiants se destinant à l'enseignement secondaire devrait, dans les plus brefs délais possible, passer du niveau actuel, qui est de 1.863 étudiants, à h.100. Les moyens dont dispose l'Ecole normale supérieure sont insuffisants, meme pour le nombre actuel d'étudiants; il faudrait les accroître sans délai, a moins que la formation des professeurs de l'enseignement secondaire ne soit confiée à l'Université. Dans ce cas, les moyens dont dispose l'Université devraient être développés. Un plan provisoire concernant la création ANNE=E E Page h d'une nouvelle Ecole normale supérieure de 3.000 places a été élaboré l'an dernier par le Ministère de 1'ducation nationale. La création de cette nouvelle école nécessiterait des dépenses en capital d'un montant de 23 millions de dirhams. 13. Compte tenu de la pénurie aigu& de candidats réellement quali- fiés à l'admission dans les institutions d'enseignement supérieur, y compris l'Ecole normale supérieure, il serait extrêmement souhaitable d'abandonner certaines des formalités traditionnelles concernant les examens et les certificats. Il y aurait lieu de revoir les programmes- et le système d'examen, et de mieux employer les étudiants qui n'attei- gnent pas le niveau élevé dans le système actuel d'examens. Crest ainsi que les étudiants qui échouent au baccalauréat ne devraient pas se trouver automatiquement dans l'impossibilité de poursuivre leurs études. Il devrait être possible de leur faire suivre la préparation voulue pour devenir professeurs du premier cycle de l'enseignement secondaire, ou de leur donner une formation technique qui soit à la mesure de leurs possibilités et leur permette, dans leur travail., de tirer parti des connaissances secondaires qu'ils ont acquises en matière de lecture, de mathématiques et d'autres disciplines. Le bagage intellectuel qu'ils ont acquis a coûté fort cher au pays et devrait âtre considéré comme une ressource précieuse au lieu d'être gaspillé a la légère. 14. Les investissements consacres à de nouveaux moyens dans l'en- seignement supérieur devraient correspondre aux prévisions concernant les besoins en main-d'oeuvre hautement qualifiée. En l'absence de toute étude concernant la main-d'oeuvre, ces besoins ne sont pas connus avec précision, sauf dans quelques secteurs tels que les professeurs de l'en- seignement secondaire. La majeure partie de l'expansion des effectifs de l'enseignement supérieur, qui doivent passer de 12,500 en 1966 à 15.000 en 1970, consistera en étudiants de l'Ecole normale supérieure. En plus des 23 millions de dirhams qui doivent être alloués à cette institution, 27 millions de dirhams pourraient être alloués pour répondre à d'autres besoins dans le domaine de l'enseignement supérieur, portant le total à 50 millions de dirhams. 15. L'enseignement technique est très dispersé au Maroc. Les écoles professionnelles sont généralement très petites, fon.tionnent parfois en- dessous de leur capacité et sont assez coiteuses par rapport au nombre dlélèves. Il semble nécessaire de procéder en premier lieu à une étude soigneuse des besoins du pays, de mieux utiliser les moyens existants et de coordonner plus étroitement les efforts déployés dans ce domaine par les divers ministères et ceux que déploient d'une part les ministères et d'autre part les représentants des entreprises agricoles, commerciales et industrielles du secteur privé.
World Bank Group · Pre-2003 Economic or Sector Report
Morocco - Current economic position and prospects (Vol. 1 of 2) : Rapport principal
View original document
The full text is hosted by the publishing organisation. lawenc.com indexes the metadata and links to the official source.
Full text
Key facts
Organisation
World Bank Group
Document type
Pre-2003 Economic or Sector Report
Country
Morocco
Source
World Bank