FILE COPY DIFFUSION RESTREINTE RapportNo. AF-28a TRADUCTION NON-OFFICIELLE A TITRE D'INFORMATION Ce rapport a ete prépare' Ù titre de document interne. Ni la Banque ni les organismes qui lui sont affiliés n'acceptent aucune responsabilité quant à son exactitude ou son caractère exhaustif. En aucun cas ce rapport ne saurait être publie ou citd comme représentant leurs vues. BANQUE INTERNATIONALE POUR LA RECONSTRUCTION ET LE DEVELOPPEMENT ASSOCIATION INTERNATIONALE DE DEVELOPPEMENT L'ECONOMIE DE LA MAURITANIE 14 décembre 1964 Département des Operations Afrique EQUIVALENCE DES MONNAIES Unite: Franc de la Communaute Financiere Africaine (franc CFA) 1 franc CFA = $ U. S. 0, 004 247 francs CFA = $ U. S. 1 1 million de francs CFA = $ U. S. 4. 051 $ U. S. 1 million = 247 millions de francs CFA TABLE DES MATIERES Pages STATISTIQUES DE BASE CARTES RESUME ET CONCLUSIONS ............................................ i I.. INTRODUCTION ............................................... 1 Caractéristiques physiques ............................... l Les populations .......................................... 1 Organisation politique ................................... 2 II. STRUCTURE DE L'ECONOMIE .................................... 3 Les ressources traditionnelles ........................... h L'élevage ................................................ 5 Production agricole ...................................... 6 La pêche ................................................. 7 La gomme arabique ........................................ 8 Les ressources minières .................................. 8 L'énergie ................................................ 10 L'industrie .............................................. 10 Communications ........................................... 10 Education ................................................ 11 Emploi, salaires et prix ................................. 13 III. STRUCTURE FINANCIERE ....................................... 14 Monnaie et crédit ........................................ 14 Finances publiques ....................................... 15 Dette publique ........................................... 19 Commerce extérieur ....................................... 20 Balance des paiements .................................... 20 Financement du développement économique .................. 21 IV. PERSPECTIVES ECONOMIQUES ET CAPACITE D'ENDETTEMENT ......... 24 ANNEXE STATISTIQUE: Tableaux 1 à 23 LISTE DES TABLEAUX ANNEXES Tableaux No Population .................... ........... ....... u. .. .. . . 1 Production agricole et élevage ............................... 2 Estimation en 1959 de la part respective des divers éléments de l'économie traditionnelle dans la production intérieure brute 3............................................. .. 3 Evolution des abattages contrôlés en abattoirs de 1951 à 1962 ........ ... . ........................... 4 Composition du parc automobile de la Mauritanie ............... 5 Evolution de la production brute par secteur entre 1956 et 1959 ................... . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6 Evolution des principaux éléments constitutifs de l'économie de la République de Mauritanie .............................. 7 Situation comptable des banques de Mauritanie ................. 8 Estimation de la production et des ventes de MIFERMA .......... 9A Estimations des droits et taxes payables par MIFERMA au budget mauritanien ..................................... 9B Evolution des recettes du budget de la Mauritanie de 1959 à 196L ....................................... 10 Evolution des recettes par catégorie du budget de fonctionne- ment de la République de Mauritanie ......................... i Dépenses du budget de fonctionnement .......................... 12 Evolution des subventions d'équilibre versées au budget de la République Islamique de Mauritanie par le groupe de territoires de l'ex-AOF et par la France ................. 13 Composition et évolution du personnel d'assistance technique française en service en Mauritanie ................ 11 Dette publique extérieure ..................................... 15 Statistiques officielles du commerce extérieur de la Mauritanie .................... ... ... ...................... 16 Estimations du commerce extérieur réel de la République de Mauritanie en 1959, 1960, 1961 et 1962 ................... 17 Balance des paiements avec les pays à l'extérieur de la zone franc ........ .... .. ............... .. .. .. ........ 18 Investissements financés par le FIDES de 1917 à 1959 .......... 19 Investissements financés par le FAC de 1959 à 1963 ............ 20 Investissements financés par le FED de 1960 à 1963 ............ 21 Répartition des investissements dans le secteur public prévus au plan quadriennal 1963-1966 ....................... 22 Financement des investissements du secteur public prévus au plan quadriennal 1963-1966 .................................. 23 STATISTIQUES DE BASE Superficie: 1.085.000 km2 Pcpulation: (fin 1962) 880.000 (est.) Taux d'accroissement (1950-1960) 1,3% Densité de la population totale au km2 1 PIB total en 1962 (est.): (en monnaie locale) FCFA 2h,h milliards (équivalent en dollars) $98 millions PIB per capita (en 1962): au taux de change actuel $111 % du PIB provenant de l'exploita;tion minière et des industries manufacturieresl/ 4 % du PIB provenant de l'agriculture 45% Taux d'accroissement du PIB: 1959-1962 19% par an 2/ %_ d PIB (en 1962)- Investissements bruts 70% Epargne 33% Exportations 17% Fiscalité 9% Dépenses totales au titre du budget de fonctionnement 16% Monaaie: Franc CFA Billets et monnaies en circulation (au 31 octobre 1962) FCFA 1.h99 millions Total des disponibilités monétaires (y compris les dépôts a vue) FCFA h.129 millions F*iiaices publiaues: FCFA Dernier budget (1963) Recettes ordinaires 3.287 millions Dépenses de fonctionnement h.669 millions Excédent ou déficit du budget de fonctionnement -1.382 millions Subvention extérieure en faveur du budget de fonctionnement 1.700 millions Dépenses publiques totales au titre de l'équipement 3.331 millions dont: dépenses au titre des investissements étrangers 2.631 millions,/ Ealance des paiements (en 1962) Exportations 3.615 millions Importations totales 17.h55 millions Balance commerciale -13.840 millions I,Non compris le btiment. 2/ Chiffres influencés par l'incidence des activités minières de MIFERMA. A rapprocher des dépenses d'investissement privées d'origine étrangère en 1961 16.055 millions de FCFA. -2- S'TISTIQUES DE BASE (suite) Aide extérieure (destinée uniquement aux investissements publics) Depuis 1960 (situation au 31 décembre 1963) Total de l'aide Montant total Provenance offerte déboursé France 3.500 millions 2.700 millions Fonds Européen de Développement 3.h00 millions 1.100 millions BIRD 16.300 millions 16.300 millions Réserves en devises étrangères: non applicable en raison de l'appartenance de la Mauritanie à l'Union Monétaire Ouest Africaine et à la Zone franc. ilotte extérieure publicuel! Dette extérieure totale (au ler mars 1963) 2.318 millions Total du service annuel de la dette 200 millions Rapport entre le service de la dette et les exportations totales 5% I/ Non compris le prêt de 66 millions de dollars US consenti par la BIRD à MIFERW. et garanti conjointement par le Gouvernement mauritanien et la France. NORTHWEST AFRICA .,,AIG1ERS.,' Internotdono/ boundories -J -- -- Adminitrotive boundory -RABAT 0 0 s AGUI ELHAMRA4 vil Ri 0 DEOR risnero For. - -- -- - - -l' o cancer Port Gouraud-- Et,ieQ n - NOUAKCHOTT *b ARS ENEGA L PORT. \J0NIAMEY UINEA BMK B $Å OU AGADOUGOU CONAKRY,-.Z SIERRA FREETOWN'- LEO/VEv0R GHANA C O A S T LAGOS MON ROV IA- o 00 200 300 400 500 Miles 0 100 200 300 400 500 K M. JULY 1964 IBRD-647R12 ISLAMIC REPUBLIC OF MAURITANIA 0 100 200 300Km 0 100 200 300 M DURATION OF DRY SEASON Future Roads IN MONTHS PER YEAR NoVonal Road Date Po~ms Local Roads ------- 7 (Nov -May) A,rfi,elds Peanuts 8 (Oct -MOy) Ro ll ay F,sh.in 9 (Oct-June) Capper 10 (Oct - Juty) Meat Packing M kton I (Sept-July) 12 IRICULTURAL ZONE . A L G E R I A Saha- des-rt -Inaaau-de-et NI Sahelan C Annual Rtainfall in ilflime ter C-seros C t är.-O PORT ETIENNE 200 rp $11 k00 -A 20 t NOUAKCHOTT cdfile, 300 ST LOUIS tS E N E G A L MA L DAKAR JIULY 1964 1BRD-641R12 RESUME ET CRNCLUSINS 1. La République Islamique de Mauritanie, ancien territoire d'outre mer, a accédé à l'indépendance en novembre 1960 et est devenue membre de l'Organisation des Nations Unies en octobre 1961, puis du Fonds Monétaire International, de la Banque Mondiale et de l'Association Internationale de Développement en septembre 1963. 2. Monsieur 12kftar Ould Daddah a été élu Président de la République pour 5 ans en août 1961 par une imposante majorité. Le Gouvernement se trouve devant la tache de rassembler les énergies de populations d'origine et de genre de vie très différents pour la construction de l'unité interne et la consolidation de l'indépendance politique, économique et financière de la Mauritanie. Mais les obstacles sont nombreux. Ils tiennent principa- lement à l'immensité du territoire - 1.085.000 k2 - a la rudesse d'un climat quasi-désertique, à 1 faible densité de la population - 880.000 habitants et 0,8 habitant au km - enfin au genre de vie nomade pratiqué par 80% des habitants qui complique à l'extreme l'action administrative, sanitaire, édu- cative, économique et sociale. 3. A ces handicaps physiques et humains s'est ajouté pendant long- temps celui d'une économie aux ressources naturelles peu abondantes et fort peu diversifiées, constituées essentiellement par un élevage extensif et peu productif, une agriculture rudimentaire et un peu de pêche fluviale et mari- time. M1me avec des investissements massifs en faveur de la production et de l'infrastructure et un effort soutenu de formation des techniciens né- cessaires a l'encadrement de la population, on ne pouvait espérer, avant la découverte des gisements de fer, qu'un développement modéré et à long terme de ces ressources non minérales. h. Les perspectives d'avenir de la Hiauritanie ont été transformées par la découverte a Fort-Gouraud d'un gisement de fer à haute teneur (63 à 67%) et sa mise en exploitation en 1963 par la Société MIFERIA. La mise en valeur du gisement de Fort-Gouraud a élargi les bases de 1'économie de la Mauritanie et, par les investissements massifs qu'elle a nécessités, environ 200 millions de dollars, a eu une répercussion considérable sur sa structure et son développement. Les exportations de minerai de fer ont commencé en juin 1963 et se sont élevées à environ 3,5 milliards de francs CFA cette même année. Ce montant devrait passer A quelque 12 milliards de francs CFA -2ar an drs quelques années, lorsque les exportations atteindront leur rythme normal, ce qui devrait contribuer à réduire fortement l'actuel déficit de la balance commerciale. Enfin les taxes sur les importations de biens d'équipe- ment et qui continueront à provenir des exportations de minerai représentent une part importante et croissante des ressources budgétaires du pays. Au cours des trois premières années des travaux de construction - 1960/1962 - le produit intérieur brut s'est accru en moyenne de 19% par an. Toutefois, le taux de croissance doit diminuer sensiblement dans les années à venir par suite du ralentissement des grands investissements miniers. 5. A c8té d'importants investissements privés dans le secteur minier, la Hauritanie a bénéficié depuis la fin de la dernière guerre et plus encore (ii) depuis 1960 d'une aide extérieure substantielle pour le financement des in- Vestissenents du secIb-ur public. Aux subventions du Fonds français d'Inves- tissement et de Développement Economique et Social (FIDES), puis du Fonds d'Aide et de CoopérLtion (FAC) sont venues s'ajouter à partir de 1959 les subventions,du 1er Fonds Européen de Développement (FED) et, depuis peu, celles du 2eme Fonds. Dans le cadre d'accords de coopération, une assistance technique étendue est consentie par la France à la Mauritanie. Grâce à cette aide, une infrastructure de base minima a été peu à peu édifiée, et les actions en faveur du développement de l'élevage, de l'agriculture et de la pèche se sont multipliées. La majeure partie des aides extérieures a été ob- tenue sous forme de subventions. La dette publique extérieure est demeurée par conséquent limitée. Le service de cette dette représentait en 1963 5% des exportations (1,4 des prévisions d'exportation de 1964). 6. La Mauritanie espérait que l'important programme d'investissements publics et privés qui a accompagné l'expansion de .iIFERMA lui permettrait non seulement de mettre en valeur ses ressources naturelles mais aussi, par une augmentation de ses recettes budgétaires, de mettre fin aux importantes subventions d'équilibre accordées jusqu'alors par la France et de financer peu à peu un budget d'équipement propre s'ajoutant au budget de fonctionne- ment. 7. La baisse du prix du minerai de fer a réduit les ressources fis- cales attendues des exportations et, combinée à une augmentation du coût des investissements pour la mise en valeur du gisement, a différé le moment ou la Mauritanie participera aux bénéfices de la Société. Cette conjoncture défavorable ainsi que la volonté de mettre fin a la subvention d'équilibre reçue de la France a conduit le Gouvernement mauritanien à poursuivre depuis 1963 une stricte politique d'austérité par une sévère compression des dé- penses de lEtat et par un effort fiscal supplémentaire demandé au pays. L'équilibre du budget de fonctionnement de la Mauritanie a été recherché par une corpression de 15% des dépenses ordinaires, y compris les dépenses au titre de l'entretien du capital existcnt, et par la suspension des cré- dits destinés > son budget propre d'équipement. Les moyens d'action de l'administration ont été ainsi réduits au moment même où sa réorganisation s'imposait pour l'adapter aux besoins nouveaux d'un Etat indépendant et o des efforts intensifs de formation de cadres nationaux étaient nécessaires à la relève de l'assistance technique étrangère et à la réussite des plans de dé- veloppement. 8. La Mauritanie doit donc faire face à une réduction sensible des recettes d'exportation des produits de base, et plus particulièrement des re- cettes fiscales. Bien que l'accroissement moyen du rendement des droits de sortie sur le minerai de fer au cours des six prochaines années soit estimé à 16% par an, soit une augmentation moyenne des recettes totales du Gouverne- ment de 3% par an, ce facteur ne suffira pas A lui seul à procurer un montant suffisant de recettes nouvelles permettant de faire face au taux d'accroisse- ment récent des dépenses de fonctionnement. Le Gouvernement devra par con- séquent envisager l'introduction d'autres mesure destinées à accroître ses recettes, de meme qu'il devra recourir ê de nouvelles compression des dépenses de fonctionnement afin de pouvoir disposer de ressources suffisantes pour fi- nancer les dépenses locales du programme de développement. (iii) 9. La dette extérieure directe de la Mauritanie est faible (environ 9 millions de dollars) mais le Gouvernement assure avec la France la garantie du prêt de 66 millions de dollars consenti par la BIRD à IFERMA qui bénéficie d' engagements complérrentaires de la part. de ses principaux ac tion-: naires. Par ailleurs, les facteurs défavorables qui ont accompagné la mise en oeuvre du projet NIFERMA (hausse du coût des investissements, baisse du prix de vente du minerai de fer) ont sensiblement réduit et retardé l'apport de ce dernier aux ressources de l'économie et du Gouvernement. La réduction des ressources attendues a conduit le Gouvernement à adopter une politique de stricte austérité en vue de maintenir l'équilibre du budget. Il est peu probable que le Gouvernement puisse faire davantage que couvrir ses dépen- ses ordinaires pendant plusieurs années. Etant donné la grande pauvreté du pays, l'absence d'épargne publique, la quantité restreinte d'épargne in- térieure d'autre origine, le recours aux ressources extérieuresen vue de financer les investissements, notamment dans le secteur public, et des con- ditions de mise en valeur qui ne permettent d'escompter des résultats qu'à longue échéance, l'aide extérieure devrait être consentie à des conditions aussi libérales que possible. L'ECONOMIE DE LA MAURITANIE I. INTRODUCTION Caractéristiques physiques 1. La République Islamique de Mauritanie est une vaste contrée s'é- tendant sur environ 1.085.000 km2, soit près de deux fois la superficie de la France. Elle constitue en fait l'extrémité occidentale du désert du Sahara. 2. Le relief du pays est en général peu marqué. La côte rectiligne et basse n'offre qu'un bon abri naturel, la baie du Lévrier où a été créé le port de Port-Etienne. 3. Le climat est celui d'un pays désertique, aride et très chaud. L'influence de l'Océan Atlantique rend les conditions d'existence à Port- Etienne ou Nouakchott, la capitale, moins sévères que dans les centres de l'intérieur. Les pluies sont quasi-inexistantes dans le nord, elles de- viennent plus importantes et plus régulières au fur et à mesure que l'on va vers le sud, et permettent à l'élevage du boeuf et du mouton de se sub- stituer peu à peu a celui du chameau et de la chèvre. Les pluies atteignent une moyenne de 150 mm. à la hauteur de Nouakchott, 2 à 300 mm. " la hauteur du Fleuve Sénégal, et un maximum de 5 à 600 mm. dans l'extrême sud du pays où la saison des pluies dure de 3 à 5 mois. Le volume des précipitations entre Nouakchott et le Fleuvre Sénégal est juste suffisant pour permettre l'apparition d'une végétation arbustive, principalement constituée par des gommiers producteurs de gomme arabique. A l'exception du Fleuve Sénégal et de ses modestes tributaires mauritaniens, dont les inondations saisonnières sont mises à profit pour des cultures de décrue (essentiellement mil), l'hy- drographie de surface est nulle. Les puits, dont la profondeur varie de h à 80 mètres, sont rares et offrent fréquemment une eau saumâtre. L'eau, ou plutSt le manque d'eau, constitue le facteur dominant qui influence la ma- jeure partie du pays. Les populations 4. La iauritanie semble avoir été depuis longtemps un lieu de con- tact entre des peuplades de pasteurs nomades d'origine blanche, venues du nord ou de l'est, et des populations d'agriculteurs sédentaires d'origine noire et venues du sud. Jusqu'à la fin du Xe siècle, des populations noires (ouest et nord-est) et des Saracolés (est), se livrant en majorité à l'agri- culture, occupaient le Sahara occidental. Au XIe siècle, des pasteurs arabo- berbères, les iaures, race parente des Touareg du Sahara Central et dont est issue la dynastie des Almoravides, repoussèrent ces peuplades vers le sud, étendirent leur domination jusqu'à 1-1arrakech et au sud de l'Espagne. Au XIVe siècle des arabes pasteurs (Beni Hassan) venant d'Egypte dominèrent les ber- bères et introduisirent l'usage d'un dialecte arabe très pur, l'Hassanya, adopté depuis comme langue nationale. La répartition géographique des diffé- rentes ethnies est actuellement la suivante: - 2 - - Au sud le long de la rive droite du Sénégal sont installée- les populations noires, cultivateurs sédentaires groupés en une multitude de petits villages; - Au nord de la vallée du Sénégal et dispersés sur d'immenses étendues, vivent les Maures d'origine arabo-berbëre. Ce sont esRentielle- ment des nomades se livrant à l'élevage du boeuf et du mouton et tout au nord du pays L l'élevage du chameau. Certaines tribus se sont cependint sédentarisées dans des oasis où elles font croître le palmier dattier et. des cultures maralchères, ou se livrent à des activités commerciales; - A l'extrême nord, vit une tribu de grands nomades, les Reguibat, qui parcourent des milliers de kilomètres le long des confins saharo-algérienS, marocains et mauritaniens pour faire subsister leur troupeaux de chameaux. 5. En raison de son caractère quasi-désertique, la lauritanie est un pays très peu peuplé. La population mauritanienne, en dépit de l'incertitude des statistiques disponibles, est généralement estimée à 880.000 habitants dont 5 à 6000 non Mauritaniens. Quatre-vingts pour-cent de la population vit au sud du 17e parallèle, soit 1/7ème de la superficie du pays. A l'intérieur de cette zone la densité est elle-mnme très variable; 20% de la population occupe une étroite bande longeant le Fleuve Sénégal et 30% la partie sud-est du Hodh, le long de la frontière malienne. La densité diminue progressive- ment vers le nord. La population est répartie selon les principales ethnies en Maures blancs 54%, Maures noir 27,5%, Peuhls h,5%, autres (en majorité d'origine noire) l%. Elle se divise entre nomades 80%, et sédentaires 20%. la population urbaine est faible mais en voie d'accroissement. Nouakchott, la capitale, dont la population était estimée à 12.000 habitants en 1963, est la ville la plus importante. Le taux annuel d'acroissement de la population est estimél 1,3% soit un rythne d'accroissement relativement modéré par rap- port aux Etats voisins. Il résulte en fait de taux très dissemblables selon les races; 0,7% pour les Maures blancs, 1,5% pour les Haures noirs, 2,4% pour les ethnies d'origine noire. Quelque 12.000 mauritaniens vivent au Sénégal, principalement installés comme commerçants à Dakar, 60.000 au Mali. Il existe un mouvement de fond caractérisé par la tendance des populations sahariennes a descendre vers les régions méridionales moins défavorisées, et par un début de sédentarisation des populations nomades, notamment autour des nouveaux points d'eau aménagés dans le sud de la zone sahélienne. Organisation politiaue 6. Le commerce de la gomme arabique, qui de nos jours occupe une place réduite dans la vie économique du pays, a été à l'origine des premiers con- tacts suivis entre les Haures et l'Europe Occidentale favorisant le dévelop- pement d'escales le long de la côte. Pendant le XIXe et la première moitié du XXe siècle l'influence française s'étend peu à peu sur l'ensemble du pays à partir de la vallée du Fleuve Sénégal. 7. Après la deuxième guerre mondiale, la Nauritanie constitue un des huit territoires de la Fédération de l'Afrique Occidentale française. A la - 3 - suite du référendum du 28 septe.ibre 1958, ce territoire devient un état auto- nome au sein de la Commiunauté. La République Islamique de Mauritanie est créée le 28 novembre 1958. Deux ans plus tard, le 28 novembre 1960, l'indé- pendance est proclamée et le 27 octobre 1961, la Mauritanie devient membre de l'Organisation des Nations Unies. 8. La constitution actuelle adoptée le 20 mai 1961, crée un régime présidentiel, avec un président de la république en même temps chef du pou- voir exécutif élu pour cinq ans au suffrage universel et direct et rééligible. La constitution reconnaît à la religion musulmane le caractère de religion officielle. L'arabe est la langue communément employée, le français la langue officielle. Hoktar Ould Daddah, déjà chef du Conseil du Gouvernement au temps de l'autonomie interne, a été élu Président de la République le 20 aout 1961 par une majorité écrasa-te de 373.962 voix sur 399.395 électeurs inscrits. Un des principaux objectifs recherchés par le Président Ould Daddah dès son élection est de réaliser l'unité nationale dans un pay-z encore profondémenT marqué par les anciennes struxtres tribalss. Cette action aboutit à la cre- ation d'un parti anicue, le Parti du Peuple Mauritanien dont le Président Ould Daddah devient le Secrétaire Général. 9. A l'heure actuelle le Zaroc maintien÷, des prétentions territoriales sur la Hauritanic, et par co.séquent n'en-cretient pas de relations diplomati- ques avec ce pays. D*-.tres pays arabes, l'Alérie, la Tunisie, l'Egypte, ont cependant passé des accrrds économi.ques 3t culturels avec la Mauritanie. En mars 1963 un accord a réglé p3 problème d la délimitation des frontières ori- entales de la Mauritanie avec le iali et a permis l'établissement de relations diplcmatiques avec ce pays. Les relations avec le Sénégal sont toujours étroi- tes et excellentes, Un accord commrcial ouvrant des perspectives intéres- santes au dévelorpement des échanges comnerciaux entre la Mauritanie et les Iles Canarios a éé signé av-c( l'Espage au printemps de 196h. Les relations de la Mauritanie avec la France ont, été jéinies en juin 1961 par une série d'accords tachniquos, économi,ues et finantciers qui lui assurent le bénéfice d'une assistance techiique et financière substarielle. La Hauritanie est l'un des six membres de l'Union Douanière et Monétaire des Etats de l'Afrique de l'Ouest, appartient à la zone franc et est l'un des dix-huit Etats afri- cains associés à la Coroanauté Eccniomique luropéenne. Enfin, la récente dé- signation du Chef de 1-Etat mauritanien comme premier Président de l'UAHCE (Union Africaine et iaL-ache de Coopération Economique), organisme qui groupe 13 Etats frpnco-phones d'Afrique Occidentale et Centrale et Madagascar au sein de l'Organisation de l'Unité Aricaine (OUA) est la preuve de l'audience de son pays dans une large partie du ccatinent africain. La Mauritanie paraît ainsi bien placée pour jouer le rôle de trait d'union qu'elle revendique entre le monde arabe et le monde noir. II. STUCTURE DE L'ECOOKO:E 10. Il y a quelques années encore l'économie de la Mauritanie était essentiellement basée sur l'agriculture de subsistance traditionnelle et l'élevage, auxquels s'ajoutaient les ressources de la peche sur la Côte Atlantique et dans le Fleuve Sénégal et l'exportation de quelques milliers de tonnes de gomme arabique. Le principal courant d'échange entre le nord et la région du fleuve et avec les pays voisins (Mali, Sénégal, etc.) por- tait sur le bétail en contrepartie de produits agricoles, en particulier Mil, riz et arachides. Le niveau de vie était très bas et précaire et plus de 90% de la population vivait des ressources de l'agriculture, de l'élevage et de la pèche. En 1959, le revenu moyen par habitant était estimé à environ 16.500 f.CFA (environ $66) et se situait ainsi parmi les plus bas de l'Afrique Occidentale. 11. La découverte, puis l'entrée en exploitation en 1963 du gisement de fer à haute teneur de Fort-Gouraud a apporté des modifications à la struc- ture de l'économie mauritanienne et lui a offert de meilleures perspectives d'avenir. L'existence d'autres ressources minières, cuivre, ilménite, beryllium, tungstène, gypse, a été reconnue et certaines d'entre elles, en particulier le cuivre d'Akjoujt, pourraient même connaitre un début d'exploi- tation dans les prochaines années. Des recherches de pétrole et de produits intéressant l'énergie atomique sont en cours. L'apparition et le développe- ment d'un important secteur minier, avec les activités annexes qui s'y ratta- chent: construction, transports et services, ont contribué à donner une base plus large à l'économie mauritanienne. Le produit intérieur brut est passé de 14.500 millions de f.CFA en 1959, à 24.h00 millions de f.CFA en 1962, soit de 16.500 f.CFA (environ $66) à 27.500 f.CFA ($111) par habitant. Ces augmen- tations sont dues surtout aux importants investissements effectués pendant cette période dans le secteur minier - en particulier pour le projet MIFERMA - et la recherche pétrolière et pour la construction de la nouvelle capitale de Nouakchott. Les secteurs secondaire et tertiaire ont été les principaux bé- néficiaires de cette expansion. A cet égard, les techniciens et salariés ex- patriés occupés en particulier dans le secteur minier n'utilisent qu'une par- tie des salaires qu'ils reçoivent de l'extérieur a des dépenses sur place, ce qui réduit leur apport à l'économie du pays. Le développement de la produc- tion du secteur primaire, agriculture, élevage, pêche, artisanat, a été beau- coup plus modeste, 11.180 millions de f.CFA en 1961 contre 10.300 millions en 1959, soit une hausse moyenne annuelle de h% environ, légèrement supérieure a l'accroissement de la population. La part de ce secteur dans la production intérieure brute s'est ainsi trouvée réduite de 71% en 1959, à 58% en 1961 et à 52% selon les estimations de 1962. Les ressources traditionnelles 12. La plus importante des ressources traditionnelles de la Mauritanie est l'élevage, suivi de loin par l'agriculture, les activités de cueillette (gomme arabique) et la pêche, fluviale et maritime. En l'absence de statisti- ques précises et autant que la méthode des sondages permette d'en juger, le dé- veloppement de ces ressources au cours des dernières années semble avoir cor- respondu grosso modo à l'augmentation de la population. Il existe cependant des possibilités d'accroissement de ces ressources excédant celui de la popu- lation, permettant d'espérer à long terme une élévation du revenu par habitant - 5 - du monde rural. La mi-se en oeuvre de ce potentiel exige des efforts soutenus, en particulier dans le domaine de la recherche fondamentale et appliquée, des investissements importants notamment pour accroître les ressources en eau dis- ponibles pour l'agriculture et l'élevage (creusement de puits dans la zone sahélienne, irrigation sur le Fleuve Sénégal et ses affluents, etc.), une ac- tion sanitaire et phyto-sanitaire persévérante pour lutter contre les épizooties du bétail et les déprédateurs de l'agriculture (sauterelles, mange-mil), enfin un encadrement serré au niveau le plus proche possible de l'éleveur et de l'a- griculteur. En l'état actuel et prévisible de ses ressources techniques et fi- nancieres, la Mauritanie ne peut pas compter réaliser ces différentes actions par ses propres moyens et aura besoin pendant longtemps encore d'une aide ex- térieure soutenue. L'élevage 13. L'élevage est pratiqué par les trois quarts de la population. Sans qu'il soit possible d'en mesurer le taux d'accroissement, faute de statisti- ques précises, le cheptel augmente à la suite de l'équipement en puits de la zone pastorale et de l'action sanitaire. Selon les estimations les plus ré- centes (1963), il est constitué par: 1.h50.000 bovins, presque totalement localisés au sud du 17e parallèle et dont environ 75.000 sont exportés chaque année sur pied vers le Sénégal et le 1.ali; 8 millions d'ovins et de caprins, localisés en général dans les mêmes zones que les bovins, et dont 1.150.000 seraient exportés chaque année, Soo.000 chameaux, 200.000 ânes et 10.000 che- vaux. Le rendement annuel du troupeau est en moyenne de 10% pour les bovins, 30% pour les ovins et caprins, 8% pour les chameaux. Par suite de l'existence d'une certaine capitalisation et du caractère archalque des circuits commer- ciaux, ce cheptel est actuellement sous-exploité. Une utilisation plus ra- tionnelle du cheptel aurait une incidence sensible sur le niveau de vie d'une grande partie de la population. Un mouvement est amorcé en ce sens, favoris3 par l'accroissement de la consommation intérieure de viande qui est estimée à 26 kg par habitant contre 10 kg au Mali et 8 au Sénégal. Le développement de Nouakchott, la capitale, et des centres urbains liés aux opérations de NIFERM-,A (Port-Etienne et Fort-Gouraud), ou sont concentrées des populations a niveaux de vie relativement élevés, doit encore stimuler la consommation interne. Cependant, la production comrercialisable restera encore principa- lement vendue sur les marchés extérieurs du Sénégal et du Iali, où ne se pose aucun problème de débouchés. Les sous-produits de l'élevage, lait et beurre, présentent un élément fondamental de la subsistance de la population. Les peaux sont entièrement auto-consommées pour les besoins familiaux et artisa- naux, 14. La commercialisation du bétail en Hauritanie est dominée par des coutumes très complexes et alourdie par des séries d'intermédiaires. 15. Parmi les facteurs positifs sur lesquels s'appuie l'action de l'ad- ministration mauritanienne en faveur du développement de l'élevage figurent la vocation naturelle de la Mauritanie pour cette activité, les aptitudes favora- bles de l'éleveur maure qui sait prendre bien soin de son troupeau, l'améliora. tion de l'état sanitaire et l'équipement en points d'abreuvage qui facilite les - 6 - déplacements des troupeaux, l'accroissement du marché de consommation intérieur et de la demande extérieure. A l'inverse subsistent des facteurs négatifs non négligeables tels que les aléas climatiques et les épizooties, la mauvaise uti- lisation des pâturages résultant d'4e maîtrise incomplète de l'eau, des cir- cuits commerciaux complexes et archaïques, une tendance à la capitalisation du troupeau, la propriété d'un grand nombre de têtes étant une source de prestige. Les objectifs du gouvernement mauritanien ont été établis en conséquence: nul- tplication des points d'eau et poursuite de l'action sanitaire; construction projetée d'abattoirs frigorifiques à Kaédi, puis à Aioun el Atrouss, en vue de raccourcir les circuits de commercialisation en supprimant des intermédiaires. La rotation du capital sera également améliorée car les abattoirs traiteront des bêtes âgées de 5 à 6 ans, alors que le bétail devait attendre 10 ans d'ge pour pouvoir affronter sans périr le transport sur pied jusqu'aux centres de consommation du Sénégal ou du Hali. Enfin la production de viande réfrigérée pourra atteindre par avion les nouveaux centres de consommation de Nouakchott, Port-Etienne, Fort-Gouraud et les fles Canaries. Production agricole 16. L'agriculture est essentiellement pratiquée à l'intérieur d'une zone large d'une dizaine de kilomètres le long du Fleuve Sénégal, où poussent le mil, le blé, le rit, et dans quelques oasis du nord et du centre, o l'on cultive le palmier-dattier et des produits maraîchers. La production annuelle moyenne est estimée à 60.000 t. de mil et de sorgho, 3.000 t. de mals, 5.000 t. d'haricots niébés, 15.000 t. de dattes, un peu de patates, blé, riz, tabac et coton. Les rendements sont faibles, la production semble stationnaire, sauf celle des dattes, mais l'extension des palmeraies est limitée par les fortes exigences en eau du palmier. Les 5/6ème du mil, produit de base de l'alimen- tation locale, proviennent de la vallée du Fleuve Sénégal. La production ne couvre guère que les 2/3 de la consommation mauritanienne. La part de la ré-- colte commercialisée reste minime (environ 6 à 10.000 t.) et 30.000 t. de mil doivent être importées chaque année du Mali et du Sénégal par les éleveurs en échange de bétail. 17. La faible fertilité des sols, la faiblesse des pluies et leur mau- vaise répartition, l'emploi de techniques de culture rudimentaires, l'impor- tance des pertes causées par les déprédateurs (estimée à 25%), une mauvaise organisation de la coimnercialisation, une insuffisance de l'encadrement et de la vulgarisation expliquent le faible accroissement de la production agricole. Les cultures de mil et de sorgho sont placées en Mauritanie à leur limite éco- logique. Un développement de la production est cependant possible. En plus de la mise en place de l'encadrement agricole, il implique l'utilisation ra- tionnelle d'un capital de terres cultivables encore disponible, l'établisse- ment de périmètres irrigués dans le delta et sur le cours moyen du Fleuve Sénégal, et le long de ses affluents, la construction de petits barrages en terre sur les ouadis de l'intérieur, enfin l'accroissement des ressources en eau des palmeraies. A plus long terme, le projet d'aménagement d'ensemble du Bassin du Fleuve Sénégal, dont une étude préliminaire doit être entreprise par des experts du Fonds Spécial des Nations Unies A la demande des quatre Etats riverains (Guinée, MJali, Sénégal et Mauritanie) devrait permettre, par la con- struction d'une série de barrages de retenue, une intensification de la culture - 7 - du mil et du sorgho et le développement de cultures irriguées plus riches, riz, coton, canne à sucre. La réalisation d'un tel projet entraînera des investissements considérables mais, sans attendre une décision finale, des recherches et études agronomiques sont d'ores et déja entreprises dans les stations agricoles de Richard-Toll, de Guédé et de Kaédi par la Mission d'Aménagement du Sénégal pour le mil et le riz, et par la Compagnie Française de Développement des Fibres Textiles (CFDT) pour le coton. Leurs résultats serviront en tout état de cause pour des aménagements moins ambitieux tout le long du cours du Sénégal. L'exécution de ces aménagements sur la rive mauritanienne s'impose d'autant plus que le Sénégal a commencé de son côté la réalisation d'un programme de mise en valeur agricole sur la rive gauche du fleuve, qui constitue un puissant pble d'attraction pour les cultivateurs du sud de la Mauritanie. La pgche 18. La peche fluviale est pratiquée par les Toucouleurs et les Maures noirs dans le fleuve Sénégal et dans le Lac R'Kiz. La production est estimée à 15.000 t., dont 5.000 t. sont commercialisées principalement vers le Sénégal. Cette activité fournit en moyenne 1/6*me des revenus monétaires de la popula- tion de la vallée et représente un appoint non négligeable. 19. S'il nomadise à son aise dans les immensités du désert, le Maure n'est pas marin de nature. C'est pourquoi l'extraordinaire richesse en pois- son du plateau continental du nord-ouest de la Mauritanie, qui s'étend sur 120.000 km2 au large de Port-Etienne, a été exploitée jusqu'à présent unique- ment par des flotilles de chaluitiers étrangers (espagnols, portugais, français, japonais, etc.), sans réel profit pour l'économie mauritanienne. Sur 250.000 t. de poisson et 1.000 t. de langouste capturés chaque année, une très faible partie (10.000 t. environ) est mise à la disposition des sécheries à terre da Port-Etienne, qui exportent bon an mal an 3.500 t. de poisson séché et salé vers les Républiques du Gabon et du Congo-Brazzaville. 20. La valorisation de cette ressource au profit de l'économie du pays a été depuis longtemps une des préoccupations majeures des autorités maurita- niennes. Un important programme d'investissements publics (quai de pêche, halle de marée, slipway de 600 tonnes, adduction d'eau, électricité) et privé3 (frigorifiques, conserveries) est en cours à Port-Etienne en vue de permettre la production et l'exportation de poisson congelé et de conserves de poisson. On escompte que 100.000 t. de poisson frais seront transformés sur place, dont une part progressivement croissante devra être fournie par des bateaux utili- sant des pêhIeurs mauritaniens. Par suite de l'association de la Mauritanie à la Communauté Economcue Européenne permettant l'entrée en franchise des conserves sur le marché des Six, et du récent accord commercial avec l'Espagne, les perspectives de développement d'une importante industrie de la pêche à Port-Etienne devraient être prometteuses. En outre, cette nouvelle activité complétant celles liées à l'enportation du minerai de fer de Fort-Gouraud doit faire de Port-Etienne le principal centre industriel et commercial du pays. -8- La gomme r rabique 21. le commerce de la gomme arabique est très ancien. La production atteint en moyenne 3.000 à 3.500 tonnes par an, jusqu'à présent exportées en totalité par le port de Dakar et qui le seront désormais par Nouakchott dès l'achèvement du wharf en cours de construction. Les ressources minières 22. Les gisements de minerai de fer à haute teneur de Fort Gouraud et de cuivre d'Akjoujt représentent à l'heure actuelle le principal potentiel économique de la Mauritanie et une assurance pour ce pays de connaître un cer- tain développement dans les années à venir. L'existence d'autres produits miniers, ilménite, tungstène, beryllium, gypse, a été prouvée. Des recherches de pétrole et de minerais radio-actifs sont en cours, sans encore toutefois donner de résultats positifs. 23. Après plusieurs années d'efforts pour l'équipement de la mine, la construction d'un chemin de fer à voie normale de 675 km à travers le désert, d'un port minéralier, d'ateliers et services annexes, etc, l'exploitation du gisement d'hématite ë haute teneur en fer (63 " 67%) de la Kédia d'Idjil près de Fort-Gouraud par ,a Société des "Mines de fer de Mauritanie" (MIFERMA) a débuté en juin 1963.ý/. Sur un investissement total équivalant à environ 190 millions de dollars, 177 millions de dollars avaient été dépensés au 30 avril 196h. Après le démarrage de l'exploitation en 1963, le Gouvernement maurita- nien a acquis 5% du capital de la Société. Outre ses principaux actionnaires et clients constitués par les groupes sidérurgiques anglais, français, alle- mands et italiens participant à son capital, et qui se portent annuellement acquéreurs de tonnages assurés a un prix convenu, IFERM1A a réussi à trouver de nouveaux clients en France, en Allemagne, en Belgique, aux-Pays-Bas et aux Etats-Unis. 2h. A la fin de 1963, les exportations s'élevaient à 1.500.000 t. en- viron de minerai de fer d'une teneur moyenne de 6h?1, pour un prix moyen de $9 la tonne (2.223 f.CFA) f.o.b. Port-Etienne. Les perspectives d'exportation pour lensemble de 196h en fonction des contrats signés au 30 avril s'échelon- nent entre h,3 et h,7 millions de tonnes. 25. Le projet MIFERMA prévoyait initialement une production de 3 mil- lions de tonnes de minerai en 196h, devant être portée en une deuxième phase à 6 millions de tonnes à partir de 1969. CoMpte tenu de réserves prouvées atteignant 94 millions de tonnes, l'exploitation du gisement devait se pro- longer pendant 16 ans environ au rythme maximum de production. La reconnais- sance des diverses parties du gisement se poursuit cependant et les réserves exploitables pourraient atteindre 135 millions de tonnes, voire les dépasser. 1/ En mars 1960, la Banque Mondiale a consenti un prêt de 66 millions de dol- lars à la Société ÏIFERIA pour lrexploitation du gisement de fer de Fort- Gouraud. Le projet est décrit de façon détaillée dans le rapport TO 225 au 12 février 1960, et ses répercussions sur 16conomie de la 4aiurit.anidx font- l'objet du rapport No. EA 107 du ler février 1960. - 9 - Un coût d'investissement plus élevé que prévu en même temps qu'une augmenta- tion des frais d'exploitation et une baisse du prix de vente du minerai au- dessous de $10 (2.507 f.CFA) f.o.b. la tonne métrique prévu à l'origine, ont amené MIFEMA à accélérer le rythme de la production de la première phase et la réalisation des investissements nécessaires à la deuxième phase. IFERMA, qui espère maintenant atteindre le rythme de 6 millions de tonnes/an dès 1966, a révisé son programme de production et de ventes pour tenir compte des modi- fications intervenues en matière de coûts et de prix (voir tableau 9 A). le nouveau programme de production devrait permettre à la Société d'assurer la majeure partie de ses futurs besoins de trésorerie et, à partir de 1966, d'ac- cuser un modeste bénéfice brut. 26. A la suite de l'achèvement de la majeure partie du programme d'in- vestissement de la Société, les ressources indirectes qu'en retirait le budget de l'Etat, à travers les taxes perçues sur les entreprises travaillant pour MIFERMA, les imp8ts sur les salaires, les taxes indirectes perçues sur les dé- penses des salariés, etc. diminuent progressivement. Il était escompté à l'origine que cette diminution serait plus que compensée dès les premières an- nées d'exploitation par le produit des droits de sortie et de l'impôt sur les bénéfices de MIFERMA. A la suite d'accords existants concernant le paiement des droits et taxes de douane et des droits de sortie, la Société, du fait des conditions actuelles du marché et de la production, ne s'attend pas 'à tre sou- mise à l'impôt sur le revenu pendant la période allant jusqu'à 1970. On pré- voit toutefois que les recettes en provenance des activités de MIFERMA accuse- ront une augmentation soutenue jusqu'en 1969 par suite de l'acroissement graduel des droits de sortie perçus sur un chiffre de ventes plus élevé. Les estima- tions des droits et taxes payables par M,JIFERMA pendant la période 1960-1970 fi- gurent au tableau 9 B de mêmne que les recettes effectivement encaissées en 1960- 1963 ainsi qu'une estimation révisée pour les années 1964-1970. Si les recettes effectives pour les &nnées 1960-1963 concordent plus ou moins avec les prévi- sions initiales, on escompte qu'en 1964 lc rendement dépassera les estimations initiales en raison de l'augmentation de la production et des ventes. Par la suite cependant, le rendement total se situera vraisemblablement bien en-des- sous de la moitié et ne représentera guère plus d'un tiers des prévisions pri- mitives. Cette situation n'évoluera probablement qu'à condition que MIFERMA améliore sa rentabilité, ce qui sera par ailleurs fonction non seulement d'une amélioration des cours mondiaux du minerai de fer, ce qui est actuellement in-, probable, mais aussi d'une réduction des frais d'exploitation et de l'améliorn- tion du rendement des opérations de MIFERMA. 27. Un gisement de cuivre a été découvert à Akjoujt et progressivement délimité depuis 1949. Les réserves prouvées sont estimées à 7 millions de tonnes de minerai oxydé à 2,85% de cuivre, et 16 millions de tonnes de minerai sulfuré à 1,7% de cuivre. Bien qu'un procédé d'extraction économique de ces minerais n'ait pas encore été trouvé, un groupe canado-américain ayant une op- tion sur ces gisements poursuit des recherches dans ce sens. 28. Les recherches de pétrole entreprises sur le bassin sédimentaire du Sénégal le long de la côte Atlantique par la "Société Africaine de Pétroles" (SAP) au sud et par la "Société de participation pétrolière" (PETROPAR) au nord., se poursuivent sans qu'un résultat positif ait été obtenu pour le moment. - 10 - 29. Le Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM) et la Société Kulhmann ont créé un "1Syndicat de l'ilménite" pour étudier la possibilité d'ex- ploiter les gisements d'ilménite reconnus le long de la côte au nord de Nouakchott. Une exportation annuelle de 2.500 t. de minerai à 52% de teneur pourrait être envisagée à partir du wharf de Nouakchott. 30. Un gisement de gypse d'excellente qualité existe à proximité de Nouakchott. Les réserves sont estimées à une vingtaine de millions de tonnes. Des travaux ont été entrepris pour délimiter une zone d'exploitation marchande et des négociations sont en cours avec les cimenteries de Rufisque, au Sénégal, pour assurer un débouché à la production. Au prix d'investissements peu élevés, les exportations pourraient atteindre 15 à 20.000 tonnes par an, assurant un complément d'activité intéressant au wharf de Nouakchott. L'énergie 31. Abstraction faite de l'énergie électrique produite par MIFER4A pour les besoins de la mine et des installations portuaires, la production d'énergie est très faible. De petites centrales thermiques existent à Atar, Nouakchott, et Port-Etienne. La production d'électricité de Nouakchott s'est élevée à 1,2 million de Kw/h en 1963. L'industrie 32. Il n'existe pratiquement pas à l'heure actuelle d'activité propre- ment industrielle en iauritanie. A court terme, une industrie de traitement de poisson doit se développer à Port-Etienne. La construction d'un abattoir frigorifique de 2.500 t. de capacité est projetée à Kaédi, représentant un investissement de lhO millions de f.CFA. Un deuxième abattoir, dont les études sont moins avancées, est également projeté à A%oun el Atrouss. La construction d'une usine de désalinisation de l'eau de mer destinée à assurer les besoins en eau de Nouakchott est à l'étude par la Société Westinghouse. Un projet con- current consisterait à alimenter 'ouakchott à partir d'une nappe phréatique située à quelques dizaines de kilomètres et sur laquelle des travaux de son- dage sont en cours. L'absence d'énergie à bon marché et de matières premières à transformer autres que le poisson et le bétail, ainsi que l'étroitesse du marché intérieur et la concurrence du centre industriel de Dakar sont des obsta- cles majeurs à 1' industrialisation. Communications 33. Dans un pays aussi étendu, les transports jouent un rôle essentiel et se sont particulièrement développés au cours des dernières années si l'on en juge par l'accroissement du nombre des vohicules. qui est passé de 992 en! décembre 1956 (dont 813 camions) à 3.820 en juin 1963 (dont z.415 camions). 3h. La ilauritanie possède environ 6.300 km de routes et pistes, dont moins de 1.h00 km de routes nationales, 1.300 kra de routes d'intérêt général, 3.000 d'intérêt local et 700 km de pistes. Auncune route n'est bitumée ou asphaltée. L'axe principal est une route praticables en principe - 11 - toute l'année, qui, par Rosso, Uouakchott, Akjoujt, Atar, traverse tout le pays sur 1.382 km. Les autres routes sont moins bien aménagées. La prin- cipale d'entre elles relie Boghé et Kaédi à Kiffa, A'oun el Atrouss et Néma dans l'extrême est. 35. Depuis l'entrée en service du chemin de fer de MIFERYA, les com- merçants du nord du pays et de la région d'Atar bénéficient d'un quota de transport par voie ferrée. L'axe de transport le plus important est l'axe Dakar-St. Louis-Rosso-Nouakchott emprunté par la majeure partie des marchan- dises débarauées à Darkar et destinées à la partie méridionale du pays. Le Gouvernement mauritanien, désireux de développer le maximum d'activités en territoire mauritanien, a l'intention de faire progressivement de Nouakchott le port d'exportation et d'importation des parties sud et est du pays, zones où la population est la plus nombreuse et la plus active et où les possibilités de développement agricole et pastoral sont les plus marquées. A cet effect un wharf, financé par le Fonds Européen de Développement et représentant un in- vestissement de plus de 500 millions de f.CFA, est en cours de construction à Nouakchott. Le Gouvernement mauritanien a soumis d'autre part à la Banque Nondiale un projet consistant à renforcer et à bitumer le tronçon de route Nouakchott-Rosso. Le coût du projet est estimé a environ 2,5 milliards de f.CFA (environ 10 millions de dollars). Des travaux d'aménagement sont pro- jetés sur le Fleuve Sénégal en vue de permettre la navigation toute l'année entre Rosso, Boghé et Kaédi. Un projet d'amélioration de la route Kaédi-Kiffa, dont le coût s'élève à* 375 millions de f.CFA (1,5 millions de dollars) a été soumis au FED. Une fois ces investissements réalisés, la partie sud de la Mauritanie sera reliée à la capitale par un axe de transport permanent et mo- derne. Le Gouvernement mauritanien en attend en particulier une baisse des prix de transport favorisant l'approvisionnement de cette zone et stimulant son développement. 36. Outre les installations de chargement de minerai de fer à Cansado, capables de recevoir des bateaux minéraliers de 45.000 tdw., Port-Etienne dis- pose d'un vharf de 80 m. pour l'accostage de gros chalutiers de pêche. Ce wharf sera utilisé pour le trafic marchandises quand la construction d'un quai de peche pour la flotille, en cours depuis 1963, sera achevée. Education 37. les effectifs scolaires de l'enseignement primaire ont doublé entre 1959 et 1963, passant de 9.000 à plus de 18.000. Il existe 269 écoles primai- res, dont 179 à une classe seulement. Il y a environ 900 instituteurs, dont 300 enseignant l'arabe. L'enseignement secondaire comprend deux lycées (Nouakchott et Rosso) offrant le programme scolaire complet et quatre collèges donnant un enseignement complémentaire de quatre ans après l'école primaire. Les effectifs de l'enseignement secondaire atteignent près de 1.000 élèves et ont doublé entre 1957 et 1962. La moitié du personnel enseignant de l'ensei- gnement secondaire est fourni par l'assistance technique française. Il n'existe pas d'enseignement supérieur. 1h3 étudiants mauritaniens suivent des études universitaires à l'extérieur, dont 98 en France et le reste à l'Université de Dakar, ou dans d'autres Universités en Europe ou en Afrique. L'enseignement - 12 - professionnel en est à« ses débuts. En plus du centre de formation de main d'oeuvre spécialisée créé par MIFERRA pour ses propres besoins, il existe " Port-Etienne un centre de formation professionnelle accélérée avec une cen- taine d'inscrits. Une école d'Agriculture est en cours de création à Kaédi et une autre pour la formation d'infirmiers-vétérinaires fonctionne depuis peu à Nouakchott. 38. Malgré cet effort en faveur de l'éducation, qui entraîne des charges budgétaires élevées (les dépenses d'enseignement représentaient l4% des dépenses budgétaires en 1962 et plus de 16% en 196h), le taux de scola- risation, avec 13% seulement de la population scolarisable, reste faible. Le nomadisme et la dispersion des classes sur un immense territoire rendent le contrôle de l'enseignement malaisé. La qualité de l'enseignement donnée dans les écoles primaires se ressent de l'accroissement rapide des effectifs scolaires qui n'a pas été accompagné par la formation d'un nombre suffisant d'instituteurs qualifiés. La nécessité d'assurer un enseignement bilingue arabe et français pour tenir compte des attaches particulières de la Mauritanie avec le monde rabe et la culture française complique le problème de la for- mation pédgogique des maîtres. 39. En fonction de cette situation, le Gouvernement mauritanien entend stabiliser au cours des prochaines années les effectifs de l'enseignement pri- maire et porter tous ses efforts sur l'amélioration de la qualification pro- fessionnelle des maîtres et une meilleure adaptation des programmes aux réali- tés et besoins du monde rural mauritanien. La construction d'un Institut Péda- gogique National à Uouakchott destiné à former les instituteurs est financée par le Fonds français d'Aide et de Coopération. En même temps l'enseignement secondaire ainsi que l'enseignement technique et la formation professionnelle seront développés par la construction de huit écoles secondaires et la créa- tion d'une section technique au Lycée de Nouakchott, ainsi que par la création d'une école des cadres miniers, d'une école d'infirmiers et d'un centre national de formation administrative. Il parait souhaitable enfin de prévoir une meil- leure adaptation de l'enseignement secondaire général aux besoins de l'économia mauritanienne en introduisant dans le programme la pratique obligatoire de tra- vaux manuels, ce qui impliquerait la construction et l'équipement dans tous les collèges de salles de travaux pratiques. ho. La nécessité de former des cadres moyens et supérieurs à la fois pour le secteur public et le secteur privé est particulièrement urgente. La majorité des emplois bien rémunérés du secteur minier sont occupés par des non mauritaniens (Européen et Sénégalais). D'autre part, la politique de "mauritanisation" du secteur public récemment amorcée par le Gouvernement, qui a coincidé avec le transfert de tous les services administratifs mauri- taniens de l'ancienne capitale de Saint-Louis du Sénégal à la nouvelle capi- tale de Nouakchott, a entraîné très rapidement le départ des anciens cadres subalternes ou moyens d'origine sénégalaise, qui ne sont que peu à peu rem- placés par des mauritaniens, en général de qualification moindre. D'autre part, si tous les postes de commandement à l'intérieur du pays sont désormais entre les mains de mauritaniens, par contre l'assistance technique française assure encore la Hauritanie les services de 232 experts au ler janvier 196h, - 13 - pour des taches de conception et de gestion. Le Gouvernement mauritanien ré- alise qu'une assistance technique de cette ampleur ne pourra &tre maintenue indéfiniment, et qu'elle devra dtre de plus en plus orientée à l'avenir vers des opérations spécifiques de développement, les tâches d'administration et de gestion devant 6tre confiées à des cadres mauritaniens qui restent à former. Emploi, salaires et prix 41. La population d'âge actif a été estimée à 460.000 adultes des deux sexes. La population active réelle n'atteint cependant que 340.000 personnes dont 125.000 se livrent à l'élevage, 180.000 à l'agriculture et 35.000 dans l'artisanat. La différence entre la population d'âge actif théorique et la population d'âge actif réel s 'explique par les structures particulières de la société maure. Chez les Maures blancs en effet, les femmes n'exécutent aucun travail et se consacrent exclusivement à l'éducation des enfants. 42. Au cours des dernières années la structure de l'emploi salarié a été radicalement modifiée par le développement minier. Alors qu'en 1953 les services publics employaient près des 4/5 des 9.500 salariés, le nombre de cp- derniers en fin 1962 était passé à 18.500, dont près des 2/3 pour le secteur privé. Mais dans ce dernier secteur hO% sont des salariés étrangers (27% d'Africains, en majorité sénégalais, 13% d'Européens) et les pourcentages par qualification professionnelle indiuent que presque tout reste encore à faire en matière de formation professionnelle: 97% des manoeuvres, mais 3% seule- ment des cadres et agents de maÎtrise, et 30% des employés ou ouvriers quali- fiés, sont des Mauritaniens. La masse des salaires distribués en 1962 s'est élevée à 7.500 millions de f.CFA dont h.000 millions versés au secteur privé, représentant un revenu annuel brut par salarié de 380.000 f.CFA (à comparer au produit intérieur brut moyen par habitant de 26.000 f.CFA). Comme 75% du montant des salaires distribués vont aux salariés étrangers, cela ramène à 150.000 f.CFA (environ $600) le revenu moyen du salarié mauritanien. Enfin, si les 18.500 travailleurs salariés employés en Mauritanie ne représentent que 5% de la population active réelle, leur part dans le produit intérieur brut atteint 28%. L3. L'achèvement progressif du programme d'investissement de MIFERMA a amené au début de 1964 une réduction, estimée à environ 5.000, du nombre des salariés du secteur privé, en majeure partie des manoeuvres mauritaniens. L'absorption par l'économie traditionnelle de ces travailleurs libérés de leur emploi ne paraît pas avoir présenté de difficulté majeure. 144. Le salaire minimum interprofessionnel garanti, après avoir aug- menté deux fois en 1961, est demeuré stable depuis et se situe entre 30 et 35 f.CFA par jour pour un manoeuvre non spécialisé. D'après les statistiques officielles, qui n'enregistrent les fluctuations des prix que depuis peu, et d'une façon encore très rudimentaire, une hausse sensible des prix de détail a été enregistrée au cours de 1963. Sur la base 100 au ler janvier 1961, l'indice des prix à la consommation familiale de type européen a atteint 104 en janvier 1962, 109 en janvier 1963 et 121 en décembre 1963. Cette hausse des prix est due principalement à une augmentation de la taxe sur le chiffre d'affaires à l'importation et aux autres mesures fiscales adoptées par le Gouvernement mauritanien pour réaliser l'équilibre budgé- taire. - 14 - III. STRUCTURE FZIA*CIERE Monnaie et crédit 45. L'appartenance de la Mauritanie à des groupes monétaires plus larges rend malaisée toute discussion des questions afférentes à la monnaie et au crédit. En effet, jusqu'au ler juillet 1962 les statistiques monétaires de la Mauritanie se confondaient avec celles du groupe monétaire Sénégal- Hauritanie. Le secteur monétaire est réduit; les disponibilités monétaires par habitant atteignaient seulement 3.400 f.CFA au 31 octobre 1962. Le sys- tême bancaire a des liens étroits avec le système bancaire français. La Mauritanie est membre de la zone franc et, avec le Sénégal, la Côte d'Ivoire, la Haute-Volta, le Niger et le Dahomey, appartient à "l'Union Monétaire Ouest- Africaine", créée le 12 mai 1962 par un accord entre la France et ces six pays. En vertu de cet accord, les six pays membres de ltUnion ont une monnaie com- mune, le Franc CFA, et une Banque Centrale commune, la "Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest". Le franc CFA est librement convertible en francs français. Le taux ne peut 9tre changé que d'un commun accord des pays membres. En vue dtassurer la libre et totale convertibilité entre les deux monnaies, un compte en francs français, le "compte d'opération" a été ouvert dans les écritures du Trésor français au bénéfice de la Banque Centrale. Cette dernière dispose ainsi en permanence de francs français qui peuvent 9tre uti- lisés pour exécuter tous les transferts de sa zone monétaire vers l'extérieur. En cas de position débitrice, la France peut demander à la Banque d'élever son taux de réescompte et de réduire son plafond de réescompte. L'accord du 12 mai 1962 confère également aux pays membres une plus grande autonomie pour l'établissement de leur politique de crédit. Dans la limite de quotas glo- baux pour l'ensemble de la zone monétaire, des comités de crédit établis dans chaque pays fixent les plafonds de réescompte des banques locales auprès de la Banque Centrale. Le Gouvernement peut lui-même avoir recours dans cer- taines limites à des avances a court terme de la Banque Centrale. h6. Le système bancaire mauritanien est encore peu élaboré et se com- pose de: - la Banque Centrale; - la Banque iauritanienne de Développement; - deux agences de la "Banque de l'Afrique Occidentale" (B.A.O.), et une agence de la "Banque Nationale pour le Commerce et l'In- dustrie" (B.N.C.I.), deux importantes banques françaises; - la "Caisse Centrale de Coopération Economique", établissement public français. La Banque Hauritanienne de Développement créée par une loi du 26 janvier 1961 est entrée en fonctionnement le ler janvier 1962. C'est une Société d'Econo- mie mixte à caractère national, au capital de 150 millions de f.CFA, et dont les actionnaires sont le Gouvernement mauritanien, la Caisse Centrale de Co- opération Economique et la Banque Centrale. Cette institution a reçu la com- pétence la plus large dans le domaine bancaire. Son activité est néanmoins - 15 - limitée par le manque de projets. Une Société d'urbanisme et de construction immobilière, la SUCII, a été créée pour la construction de la capitale. Un établissement public mauritanien, la Société d'Equipement mauritanienne, lui a succédé depuis le 1er mars 1964. h7. Les opérations de crédit du secteur bancaire mauritanien sont en majeure partie liées aux activités de IIFERMA et de ses filiales, ou des en- treprises de travaux publics ou de transport travaillant pour elles. Du 31 décembre 1962 au 31 décembre 1963 les crédits à moyen et long terme accordés à l'économie mauritanienne se sont accrus de 62%, passant de 5.577 millions de f.CFA à 9.Oh millions de f.CFA. La plus grande partie de l'augmentation est due à une opération de la Caisse Centrale de Coopération Economique en faveur de MIFERMA. La Banque Mauritanienne de Développement a commencé pen- dant cette période à participer au financement de l'économie en octroyant 20h millions de f.CFA de prêts à long terme, dont un prêt de 150 millions pour une entreprise de traitement du poisson à Port-Etienne et un prêt de h0 mil- lions pour une entreprise de production et de distribution d'électricité. h8. Les crédits bancaires à court terme ont enregistré une baisse de 30% pendant la même période, revenant de 1.138 millions à 743 millions de f.CFA. Cette diminution est surtout imputable au ralentissement de l'activité des entreprises de travaux publics, pour lesquelles les programmes d'investis- sement en cours de réalisation (wharf et h6pital de Nouakchott, aménagement de Port-Etienne) ne revêtent pas un intérêt comparable à ceux effectués par IFERMA pendant les dernières années et presque achevés en 1963. Par ailleurs, MIFEMqA ne s'est pas adressée jusqu'à présent aux agences bancaires loca]espour ses besoins de financement à court terme. h9. Les fortes variations de l'ensemble des ressources bancaires enre- gistrées en 1963 ont une origine essentiellement épisodique: le transfert en février et mars 1963 dans des banques de 'Mauritanie des disponibilités du Tré-- sor mauritanien antérieurement conservées à Saint-Louis du Sénégal, auquel a succédé le transfert sur les livres de la Banque Centrale, lors de l'ouverture de son agence à Nouakchott le 1h octobre 1963, du compte courant du Trésor mauritanien précédemment tenu par la B.A.O. Les dépôts bancaires des parti- culiers et entreprises sont modestes et évoluent entre 700 et 800 millions de f.CFA. D'une manière générale, et dans la mesure où IFERMA ne s'adresse pas à elles pour ses besoins de financement à court terme, les banques disposent de ressourues excédentaires par rapport aux besoins de l'économie. Elles ne recourent par conséquent que partiellement au réescompte de leurs crédits à moyen et court terme et emploient l'excédent de leurs ressources en placements extérieurs. Finances publinues 50. De profonds changements sont intervenus dans la structure et l'évo- lution du budget de la Mauritanie de 1959 à 1964, durant la mise en place des nouvelles structures nationales. Le tableau figurant ci-après retrace l'évo- lution des recettes et des dépenses publiques au cours de cette période. - 16 - Recettes et déenses du Gouvernement en millions de f.CFA 199. 960-1 l961/ l962-L/ 19632/ 196h~2/ Budget de fonctionne- ment - Recettes propres 931 1.326 2.398 2.860 3.287 3.83h - Subvention de l'ex- térieur 1.2h0 1.483 1.8h8 1.872 1.700 - - Total 2.171 2.809 h.246 h.732 4.987 3.83h Dépenses 2.171 2.809 4.220 h.52h 4.669 3.974 - Exédent/Déficit - - +26 +208 +318 -140 Budget d'réquipement financé au moyen de ressources intérIeures - Versement de l'excé- dent du budget de n.a. n.a. 26 208 318 - fonctionnement - Ressources extraor- dinaires (Fonds spéciaux et Caisse de Réserve) n.a. n.a. n.a. hlh 382 - - Subvention extéri- eure - - - - - 1.000* - Total (a) n.a. n.a. 316 622 700 1.000* Investissements du Secteur Public fi- nancés par les aides extérieures - FAC 225,5 1.365,5 691,1 611,0 60h n.a. - FED - 571,9 1.84o0 631 0 369,5 n.a. - Total (b) 225,5 1.937,5 2.531,1 1.2l2, 973,5 - Total des investisse- ments dans le secteur public (a+ b) 225,5 1.937,5 2.847,1 î.86h,0 1.673,5 - 1/ Comptes définitifs. 2f Estimations budgétaires apres collectifs. 3/ Budget primitif. * Le financement de ces 1.000 millions de f.CFA sera assuré par la France en plus des dotations du FAC prévues pour 1964, en contrepartie de la su.ppioFcion de la subvention d'équilibre au budget de fonction,ement. N.B. L'aide extérieure destinée au financement des investissne!ments àu certeur public ne passe pas par le budget Yauritanien. - 17 - 51. Le budget de fonctionnement a connu une hausse très rapide aa cours des dernières années, augientant de près de 240% de 1959 à 1963. Les recettes propres de la Mauritanie ont été multipliées par 3,5 pendant la mêne période. Cette augmentation a été permise d'une part par l'apport de ressources fiscales résultant des investissements, et tout particulièrement ceux de *[FEPEA, d'autre part par la hausse du taux des droits et taxes perçus à l'entrée des marchandises, et par l'augmentation de 5% à 8,66% à la fin de 1962 de la quote-- part revenant à la Mauritanie sur le produit de ces taxes, par rapport aux im- portations totales entrant à Dakar et réparties à travers le Sénégal et la Mauritanie, enfin par une augmentation de la fiscalité mauritanienne. 52. Malgré cette augmentation, les recettes propres de la Mauritanie n'ont pas été suffisantes pour assurer à la fois la couverture de dépenses de fonctionnement rapidement croissantes, en particulier celle consécutives a l'indépendance (administration générale, Affaires Etrangères, services de sécu- rité),et le financement du budget d'équipement. Pendant cette période, l'équi- libre du budget de fonctionnement n'a pu 9tre atteint que grâce à une importante subvention annuelle de l'Etat français. Cette subvention a augmenté en valeur absolue jusqu'en 1962r cependant son pourcentage dans le total du budget de fonctionnement a été progressivement réduit de 57% en 1959 à 34% en 1963. (Bud- get primitif). Dans le même temps, le Gouvernement mauritanien finançait un budget d'équipement en accroissement en y affectant des fonds récupérés sur des dépenses de fonctionnement non engagées. 53. En mai 1963, le Gouvernement prit la décision de renoncer défini- tivement à partir du ler juillet à la subvention française au budget de fonc- tionnement et obtint l'accord de la France pour affecter le reliquat non uti- lisé (soit 1.200 millions sur 1.700 millions) à des dépenses d'équipement (dont 500 millions bloqués pour financer la participation de la Mauritanie à l'opé- ration cuivre d'Akjoujt). Les 500 millions restés affectés au budget de fonc- tionnement n'ont en fin de compte représenté en 1963 que 13% environ des res- sources de ce budget. 5h. En 196h, la subvention de la France au budget de fonctionnement a été complètement supprimée. 1.000 millions de f.CFA doivent être cependant obtenus de la France pour financer les dépenses du budget d'équipement. Le Gou- vernement mauritanien a dû en effet renoncer à participer cette année à son financement pour concentrer tous ses efforts à l'équilibre du budget de fonc- tionnement. Pour permettre au budget de fonctionnement de faire face à la ré- duction de la subvention d'équilibre en 1963 et à sa suppression totale en 19641 le Gouvernement poursuit une stricte politique d'austérité. Au cours de 1963, le nombre des ministres a été réduit de 11 à 8, les avantages en nature con- sentis aux fonctionnaires ont été supprimés, un abattement de 15% des dépenses a été décidé ainsi qu'une augmentation des taxes A l'importation et sur les pro- duits de grande consommation. L'avancement des fonctionnaires a été bloqué et tout nouveau recrutement d'agents interdit. Le budget de 196h prévoit 3.83h millions de recettes, soit 600 millions de plus qu'en 1963, et 3.97h millions de dépenses, soit une réduction d'environ 1.000 millions par rapport à l'année précédente. le Gouvernement a par ailleurs soumis a l'Assemblée un rectifica- tif rétablissant l'équilibre budgétaire par une réévaluation des recettes et - 18 - une nouvelle réduction des dépenses (permises en particulier par l'institubion en avril 1964 de la gratuité du mandat parlementaire). Les dépenses n'ont pu être comprimées dans une telle proportion qu'au prix d'une diminution des dé- penses en matériel, affectant le fonctionnement des services et l'entretien du capital existant, et d'une stabilisation des dépenses de personnel, leur part relative dans les dépenses totales passant néanmoins de 59,1% en 1963 à 60,6% en 196h. 55. L'analyse de l'exécution du budget au cours des dernières années montre que le montant des droits constatés a été en général supérieur aux pré- visions initiales des recettes, et que les dépenses effectives ont été inféri- eures aux dépenses approuvées. Le pourcentage des recettes recouvrées par rap- port aux ordres émis a atteint en moyenne 85%, pourcentage satisfaisant compte tenu de la faible densité de l'infrastructure administrative. Un excédent des ressources s'est généralement manifesté en fin d'exercice et a été versé à la Caisse de Réserve. Ces versements ont été particulièrement importants en 1961 et 1962 et on été utilisés l'année suivante pour compléter le financement des budgets de fonctionnement et d'équipement. La Caisse de Réserve a ainsi fourni en 1962 et 1963 environ un tiers des ressources du budget d'équipement. L'ori- gine de cette imprécision dans les estimations de recettes doit être trouvée en partie dans l'incertitude quant à l'impact réel sur les finances publiques des investissements de M,IFERM1A et du secteur public. Les prévisions budgétaires sont plus précises maintenant que la mine de fer de Fort-Gouraud est entrée en exploitation. On ne saurait donc compter à l'avenir sur des excédents budgé- taires substantiels en fin d'exercice et la Caisse de Réserve ne pourra plus jouer un r8le aussi important que par le passé de facteur de compensation d'un exercice à l'autre. 56. La proportion des imp8ts indirects dans les recettes propres du budget de fonctionnement est passée de 56,5% en 1962 à 65% en 196h, tandis que celle des impôts directs diminuait de 27% ? 20%. Cette évolution reflète d'une part l'effort fiscal demandé au secteur importation - consommation pour faire face à la nouvelle situation budgétaire. les recettes attendues des imp0ts indirects en 1964, 2.500 millions de f.CFA, représentent 9% du produit intérien brut estimé de 1963, et 16% si l'on déduit du PIB la part du secteur tradition- nel de l'économie. La réduction de la part des impôts directs est de son c6té en grande partie imputable au transfert de certains impôts directs (taxe sur le bétail) aux communes rurales récemment créées, en contre-partie des dépenses mises à leur charge (administration communale, entretien de pistes, etc.). Le taux progressif des imp'ts sur le revenu a en effet été fortement augmenté et il en est attendu un sensible accroissement de recettes. 57. Vingt-cinq pour cent des crédits de fonctionnement sont affectés aux dépenses des services de sécurité (8,9% en 1961), 22,9% aux services so- ciaux: enseignement et santé (17% en 1961), 10,5% à l'administration générale (16,5% en 1961), 9,75% aux services économiques et financiers (7,7% en 1961). L'importance des crédits de sécurité souligne la lourde tâche que représente pour le Gouvernement mauritanien le contrSle de populations nomades, mais ils n'en constituent pas moins une proportion extrêmement élevée des dépenses totales, - 19 - 58. Le Gouvernement mauritanien a fait des efforts exceptionnels cr vue d'améliorer sa situation budgétaire tant par l'accroissement des impôts et des sources de revenu qu'en s'efforçant de freiner l'augmentation des dépenses. Par ailleurs, le budget de fonctionnement ne reflète pas en totalité le coût de l'ad- vinistration mauritanienne. La majeure partie du coût des agents de l'assistance technique est encore supportée par la France qui apporte d'autre part une aide militaire et contribue au colt de certains services tels que la navigation aérien- ne, la météorologie, etc. Le montant de ces dépenses, qui ne sont pas comprises dans le budget, a été estimé a environ 1.000 millions de f.CFA, soit environ 20% des dépenses de fonctionnement du budget mauritanien. Le Gouvernement doit en outre s'attendre à une réduction des recettes d'exportation et des recettes fis- cales par suite de perspectives moins favorables offertes aux exportations de minerai de fer ce qui se répercutera sur les bénéfices de MIFERMA. Cependant, l'accroissement prévu des expéditions annuelles de minerai de fer au cours des six prochaines années devrait, étant donné les perspectives actuelles des cours, se traduire par une augmentation moyenne des rendements de la taxe d'exporta- tion de l'ordre de 16%, soit une augmentation moyenne des recettes totales du Gouvernement de 3% par an. Cet accroissement ne semble pas devoir être suffi- sant pour permettre de faire face aux taux probable de progression des dépenses de fonctionnement des prochaines années si celui-ci continue de s'accroître au rythme enregistré récemment. Le Gouvernement devra par conséquent trouver d'au- tres moyens d'augmenter ses recettes de même qu'il devra recourir à une compres- sion sensible des dépenses. L'effort principal devrait cependant porter sur une réduction des dépenses de fonctionnement. En effet, si les propositions visant à réduire les dépenses de fonctionnement de 15% pouvaient être appliquées et maintenues par la suite ceci contribuerait dans une large mesure à l'équilibre du budget. Dette publique 59. La dette publique interne de la M4auritanie est faible. Le montant non remboursé de la dette publique extérieure s'élève à 2.320 millions de f.CFA (environ 9,2 millions de dollars US). L'essentiel de cette dette correspond à des prêts et avances à long terme et à faible taux d'intérêt consentis par la Caisse Centrale de Coopération Economique, établissement public français, au Gouvernement mauritanien pour lui permettre de financer sa participation au ca- pital de la Société Africaine d'Electricité (SAFELEC) et de HIFERMA, ainsi que les avances à consentir, en tant qu'actionnaire, à cette dernière société. L'an- nuité d'amortissement (principal et intérêts) de ces prêts et avances s'élevait au début de 196h a environ 88 millions de f.CFA. A ce montant doit s'ajouter d3s cette année une annuité de remboursement de près de 100 millions correspondant a la reprise par la Mauritanie à partir du ler mars 1964 de l'emprunt contracté par la SUCIM pour la construction de logements à Nouakchott. En 1964 la charge an- nuelle de la dette publique extérieure atteindra 185 millions de f.CFA (environ 754.000 dollars), soit 4,8% des ressources budgétaires (et 1,4% des prévisions d'exportation de cette même année). Les annuités de remboursement s'élèveront encore à 175 millions de f.CF. en 1970 pour descendre au-dessous de 75 millions de f.CFA en 1975. - 20 - Commerce extérieur 60. Jusqu'au 1er janvier 1961, les statistiques douanières étaient com- munes au Sénégal et à la Mauritanie et ne permettaient pas d'isoler la part du commerce extérieur à attribuer à cette dernière. Des statistiques séparées ont été établies depuis qui fournissent des informations sur les marchandises dédou- anées par les bureaux douaniers mauritaniens. iais ces statistiques ne portent que sur les biens en provenance ou à destination des pays extérieurs a l'Union Douanière et ne reflètent par conséquent qu'une faible partie des transactions commerciales. Les marchandises dédouanées à Dakar et acheminées sur la Maurita- nie, celles acquises par les éleveurs sur les marchés locaux sénégalais et ma- liens, les produits de l'industrie sénégalaise vendus en Mauritanie, échappent à toute comptabilisation. Les chiffres ci-après ne sont cités qu'à défaut de meilleurs éléments. D'après les statistiques, les exportations mauritaniennes, constituées essentiellement par la gomme arabique et le poisson séché, ont at- teint 687 millions en 1962, soit moins de 8% des importations (8.806 millions de f.CFA). Un essai d'analyse du commerce extérieur global de la Mauritanie a été fait par la Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (B.C.E.A.0.) en ajoutant au commerce extérieur proprement dit les échanges commerciaux de la Mauritanie avec ses autres partenaires de l'Union Douanière de l'Afrique de l'Ouest, à l'intérieur par conséquent du système douanier (voir tableau 18). Cette étude fait apparaître un volume d'exportations (4.000 millions de f.CFA en 1962) et d'importations (18.500 millions de f.CFA) de même qu'un pourcentage de couverture des importations par les exportations, bien supérieurs à ceux in- diqués par les statistiques. A la faveur des investissements massifs de MIFEife et du secteur public, les importations ont été en effet multipliées par 2,5 de 1959 à 1962 alors que les exportations n'augmentaient que de 12%. Cette situa- tion devrait commencer à se renverser dès 1964, où l'on escompte que les seules exportations de minerai de fer pourront atteindre 9 à 10 milliards de f.CFA, soit 2 à 2,5 fois plus que les exportations traditionnelles. Cette tendance au re- dressement de la balance commerciale devrait être d'autant plus marquée dans les statistiques officielles que les ventes de minerai de fer, exportées hors de l'Union Douanière, vont apparaître en totalité dans ces statistiques alors que, pour les raisons mentionnées plus haut, ces dernières n'ont tenu compte en 1962 et continueront à ne tenir compte à l'avenir que d'une partie des importations. Balance des paiements 61. Les informations fournies par la balance des paiements de la Mauri- tanie ne correspondent qu'aux transactions avec les pays extérieurs à la zone franc; ces renseignements n'ont par conséquent qu'une valeur fort limitée. La totale liberté des transferts à l'intérieur de la zone ne permet pas d'avoir de renseignements précis sur la balance des paiements avec les autres pays membres de la zone. La balance des paiements avec les pays extérieurs à la zone franc a été fortement excédentaire en 1962 (+h.611 millions de f.CFA), malgré un énorme déficit (-4.339 millions de f.CFA) des opérations en marchandises. Ce déficit a été en effet plus que compensé par un excédent des opérations en capital, 94% de ces dernières correspondant aux investissements de I,IIFERUA (mobilisation du prôt de la Banque Mondiale et des apports des actionnaires de iIFEMA étrangers à l zone franc) et 6% a l'aide apportée par les gouvernements étrangers (essentielle- ment opérations du Fonds Européen de Développement). Dans les années à venir, il y a toute raison de penser que la valeur des exportations de minerai de fer vendu - 21 - en dehors de la zone franc sera supérieure à la fois aux importations en pro- venance des pays extérieurs à la zone réclamées par le fonctionnement de iIFEML et aux rapatriements en devises autres que le franc français, qui sont nécessaires à l'amortissement des avances et prêts et à la rémunération des capitaux investis. 62. En vertu des accords de coopération avec la France, le Gouverne- ment mauritanien dispose d'un "droit de tirage" illimité sur les réserves de change de la zone franc lui permettant de couvrir sans difficultés ses dépenses en devises. En contrepartie, un programme fixant le plafond des importations en provenance des pays extérieurs à la zone franc est établi annuellement en accord avec la France. Ce programme est élargi d'année en année pour tenir compte des obligations de libération progressive des échanges avec les pays membres du 1arché Commun résultant de l'association de la Mauritanie à la Com- munauté Economique Européenne. Il s'est élevé à 1.650 millions de f.CFA en 1963, et n'a été utilisé qu'à 80% environ. Le programme d'importation a été fixé à 2.000 millions de f.CFA pour 1964. Financerient du développement économique 63. Depuis 1946 et en l'absence quasi-totale de ressources propres pouvant être affectées au développement économique, le financement de ce der- nier a été assuré par l'apport de capitaux publics extérieurs, complétés a partir de 1960 par d'importants investissements privés dans le secteur minier et plus récemment, et a une moindre échelle, dans l'industrie de la péche. Jusqu'en 1959, la France a été la source exclusive des capitaux publics par l'intermédiaire du Fonds d'Investissement Eccnomique et Social (FIDES). Cet organisme a été remplacé en 1959 par le Fonds d'Aide et de Coopération (FAC) qui, en plus du financement des investissements, a la charge de l'octroi d'une assistance technique en personnel. Enfin, l'association de la Mauritanie à la Communauté Econoriique Européenne lui a permis de bénéficier a partir de 1960 de l'aide financière du Fonds Européen de Développement (FED). Les aides du FIDES, du FAC et du FED sont des subventions non remboursables. Les subven- tions du FIDES à la ILauritanie se sont élevées de 1946 a 1959 à 3.766 millions de f.CFA, dont 1.694 millions (50,5%) pour le secteur agricole, 1.122 millions (29,5%) pour l'infrastructure, et 652 millions (17,4%) pour l'équipement so- cial. Pendant la même période 1.000 millions d'études générales financées par le FIDES ont bénéficié indirectement à la Mauritanie. Du ler juillet 1959 à fin 1963 les dotations du FAC en faveur des investissements ont atteint 3.512 millions de f.CFA, montrant une forte progression de l'aide française par rap- port à l'époque du FIDES. Une des raisons en est que des investissements fi- nancés par le FIDES pour des opérations intéressant l'ensemble de la Fédéra- tion de l'Afrique Occidentale française n'ont pas été comptabilisés au titre de l'aide à la i'uritanie. Sur cette aide, 371 millions de f.CFA (10,5%) ont été consacrés aux études générales, 571 millions (16,3%) à la production, 2.233 millions (59,6%) à l'infrastructure, à l'urbanisme et à l'habitat, et 261 mil- lions à l'écuipement social. Depuis sa création jusqu'au 30 juin 1963, le ler Fonds Européen de Développement a financé 3.412 millions de f.CFA d'opérations, également réparties entre la production, l'infrastructure, l'industrie et les services sociaux. Enfin, les excédents de recettes en fin des exercices 1961 et 1962 ont permis à la Mauritanie d'élaborer un programme d'investissement sur - 22 - ses propres ressources budgétaires. Cet effort n'a pas pu être renouvelé de- puis, la suppression de la subvention d'équilibre au budget de fonctionnement ayant exigé un effort jugé prioritaire. Il ne semble pas que la Mauritanie soit en mesure de financer a nouveau un budget d'équipement significatif avant longtenps. 6h. Très tôt, la Mauritanie s'est efforcée de situer les investisse- ments financés par les aides extérieures dans le cadre d'un programme cohérent en vue d'en assurer l'efficacité maxima. Le plan triennal 1960-1962 adopté en juillet 1960 n'a été qu'un plan intérimaire permettant un inventaire des besoins prioritaires et un classement des opérations les plus urgentes en fonc- tion des financements disponibles et de l'état de préparation des projets. Quatre pôles nationaux de développement ont été retenus: - L'axe industriel et minier Port-Etienne-Fort-Gouraud, - La zone d'élevage de la Mauritanie méridionale, - La zone agricole le long du fleuve Sénégal, - La zone entourant Nounkchott, pôle commercial des échanges extérieurs pour les 2 pôles ci-dessus. 65. Un investissement global de 7.766 millions était prévu dont 3.h6o millions attendus du FAC, 3.6h3 millions du FED et 262 millions des ressources locales. En raison en particulier de la lenteur du démarrage du FED et de la mise au point de ses procédures, le plan s'est exécuté beaucoup plus lentement que prévu et les opérations projetées pour 1962 ont été reprises pour la plu- part dans le Plan Quadriennal de Développement 1963-1966. 66. Le plan quadriennal 1963-1966 définitivement adopté en juillet 1963, et en cours d'exécution depuis un an et demi, prévoit des investisse- ments de 27.754 millions de f.CFA en quatre ans, dont 14.188 millions (51%) d'investissements privés et 13.566 millions (49;) d'investissements publics. 67,5% des investissements privés sont prévus d2.ans le secteur minier, et se réfèrent principalement aux investissements de IEFERMA et à ceux nécessaires à la mise en valeur de la mine de cuivre d'Akjoujt, 75 sont consacrés aux in- dustries de la pêche. 17,5% des investissements publics sont prévus en favecr de la production rurale, 6% pour la production minière, 7% pour la pêche, 23,5% pour l'infrastructure, 6,7% pour l'enseignement et la formation des cadres, 5,7% pour la santé et l'hygiène et 22,5% pour l'urbanisme et l'habitat. Dans l'ensemble, 4/5 des investissements du Plan vont à la production et à l'infra- structure productive et près de 6% aux études générales destinées à l'améliora- tion à long terme de la production et du niveau de vie. Dans l'ensemble, le Plan semble être assez rationnel. Toutefois une proportion trop élevée des investissements est consacrée 'à l'urbanisme et à l'habitat, autrement le pour- centage des investissements affectés aux divers secteurs semble fort raison- nable. 67. A partir d'une analyse précise des ressources potentielles et des besoins, le plan s'est assigné en priorité deux objectifs: - atténuer la dé- pendance du pays vis-à-vis de l'extérieur sur le plan financier et sur celui - 23 - des cadres, en supprimant en quatre ans le déficit du budget de fonctionnement par l'accroissement des ressources propres et une compression sévère des dé- penses de fonctionnement, et en accélérant la formation des cadres destinés à remplacer progressivement l'assistance technique externe; - préparer les bases (études, infrastructure, organisation des entreprises et du crédit, etc) d'un développement économique et social généralisé dans le cadre des plans ulté- rieurs. Pour atteindre ces objectifs, le Plan n'a retenu que des opérations ayant les plus grandes chances d'etre effectivement réalisées dans les limites de temps imparties et présentant des perspectives raisonnables de financement. Le Plan escomptait en effet que les investissements du secteur public seraient financés à concurrence de 48,2% par le Fonds Européen de Développement (ler et 2eme FED), 25,1% par le FAC, 8,6% par d'autres aides bilatérales ou multilaté- rales (OU, USA, Allemagne) et 18,1% par le budget d'équipement de la RIM. 68. Un an après la mise en route du plan quadriennal, il apparaît que le financement attendu du FED sera vraisemblablement acquis grâce à l'entrée en vigueur le 1er juin dernier de la nouvelle convention d'association à la Communauté Economique Européenne. Le programme FAC est annuel et le plan pré- voit un volume décroissant de dotations. En 1963 la Mauritanie semble avoir reçu du FAC un peu plus qu'il n'était prévu par le plan et les perspectives pour 196h-1966 ne semblent pas devoir différer de celles du plan (sous réserve de la préparation des projets à temps). Les autres aides bilatérales et mul- tilatérales sont plus lentes à se matérialiser, mais elles représentent moins de 10% du financement total. Les incertitudes sont beaucoup plus grandes pour le financement prévu au titre du budget d'équipement de la 1-Mauritanie. Il s'é- lève à 2.460 millions, soit 18% des investissements publics. Nous avons vu que la politique d'austérité budgétaire a conduit le Gouvernement mauritanien à re- noncer à son budget d'équipement propre à partir de 1963. La France a néanmoins accepté de prendre le relai de ce financement à concurrence d'environ 700 mi~'- lions pour 1963 et de peut-être 1000 millions en 1964 par un effort s'ajoutant à celui du FAC. Il resterait par conséquent à trouver le financement de 750 millions en 1965 et 1966, soit environ 6% des investissements prévus par le plan. Le financement des investissements du secteur public prévus entre 1963 et 1966 semble en fin de compte assuré au minimum à 80-85%. Cependant le re- tard dans l'intervention du 2 me FED et dans la préparation des projets, en raison du nombre insuffisant d'experts amène à penser que, toutes choses égales d'ailleurs, un retard d'un an environ se produira dans l'exécution du plan, correspondant à un taux de réalisation de 75% à la fin de 1966. 69. Les prévisions d'investissements privés sont quelque peu optimistes dans la mesure où elles anticipent des investissements importants à réaliser principalement en 1964 et 1965 pour la mise en valeur du cuivre d'Akjoujt. Une décision définitive d'exploiter le gisement ne pourra intervenir au plus t5t que dans le courant de 1965, et les investissements ne commenceraient à être vraiment importants qu'é partir de 1966. Tout délai dans la réalisation des investissements publics retardera certes l'apparition des charges récurrentes (estimées par le plan à 500 millions en 1965 et à 930 millions en 1967) pesant sur le budget de fonctionnement, mais cet avantage risque d'etre plus que con- pensé par les moins-values fiscales causées par le retard dans l'exécution des - 24 - investissements eux-m9mes, et par tout report de la décision de mise en exploitation du cuivre d'Akjoujt. La réalisation de l'équilibre budgé- taire et des autres objectifs gouvernementaux sera, de ce fait, une tâche de plus en plus ardue pour les autorités mauritaniennes dans les années à venir, en attendant que l'effet des investissements dans le secteur ru- ral commence à se manifester, que l'augmentation de la production de mine- rai de fer de Fort-Gouraud vienne compenser et au-delà les effets de la baisse du prix du minerai et que les autres richesses minérales dont la Mauritanie est dotée entrent en exploitation. IV. PERSPECTIVES ECONOMIQUES ET CAPACITE D'ENDETTEDENT 70. Les investissements suscités par MIFERMA et par l'infrastruc- ture nécessaire au développement des activités de la société ont été la cause directe d'une croissance très rapide du produit intérieur brut entre 1959 et 1962. Les effets définitifs de ce programme d'investissements et de la mise en route de la nouvelle industrie minière n'affecteront vraisem- blablemcient pas la structure du PIB d'une façon appréciable avant plusieurs années. Toutefois, même au cours de la période d'investissement, un accrois- sement sensible des ressources fiscales du Gouvernement mauritanien a été enregistré, les entreprises de construction ont employé une main-d'oeuvre abondante, et les dépenses et les emplois secondaires ont atteint un volume élevé. 71. Malgré la chute des prix des exportations de minerai de fer les recettes passeront probablement de 3,5 milliards de f.CFA en 1963 à 12,6 milliards de f.CFA en 1966 (en assumant qu'il n'y aura pas d'ici là d'amélioration du prix du minerai), niveau que l'on espère, dans les con- ditions actuelles, maintenir avec très peu de variations au moins jusqu'en 1970. Ce net apport aux recettes d'exportation aura une incidence consi- dérable sur la balance des échanges visibles. Toutefois, l'augmentation des frais d'exploitation et du cout initial des investissements, conjuguée à la baisse des prix du minerai de fer, a réduit la rentabilité de MIFERMA et ne manquera pas de réduire pour les années à venir les recettes que le Gouvernement pourra attendre des opérations de cette société. Il est en effet improbable que les bénéfices atteignent rapidement un niveau où l'im- p6t sur le revenu ceviendrait exigible. Par ailleurs, toute exploitation des réserves de cuivre à brève échéance risque de se heurter à de graves obst.c-es. Malgré ces problèmes, on escompte que les recettes directes provenait de l'exploitation minière atteindront environ 720 millions de f.CFA en 1964, soit 20% des recettes du Gouvernement d'origine fiscale ou d'autre origine intérieure. On s'attend d'ailleurs à ce que ce chiffre soit porté à 1,2 milliard de f.CFA en 1969. Ce qui représente une augmen- tation annuelle d'environ 13% par an pour ce seul cnapitre. 72. Cependant, parallèlement à la contribution appréciable de MIFERMA aux ressources de l'Etat, les dépenses du Gouvernement se sont accrues à un rythme qui a rendu difficile la réalisation de l'équilibre du budget. C'est pourquoi le Gouvernement a adopté à partir du milieu de 1963 des mesures d'austérité,comportant une compression de 15% des dépenses b'id- gétaires en 1963 et 1964 et un relèvement des taux d'imposition. Ces - 25 - mesures ont permis au Gouvernement non seulement de réaliser l'équilibre du budget de 1963 mais aussi de renoncer à la subvention d'équilibre frai- çaise. Il est encore trop tôt pour dire si l'exécution du budget 1964 se clôturera sur un strict équilibre et si les mesures d'austérité pourront être maintenues pendant les années suivantes. Il est probable que le Gouvernement devra trouver d'autres méthodes pour accroître ses recettes et réduire davantage ses dépenses. Le Gouvernement, conscient de ses limi- tations sur le plan financier, a diu également renoncer au programme d'équi- pement dont le financement devait être assuré sur ses ressources propres. 73. Le Gouvernement tache, grâce à son programme général d'équi- pement, de stimuler la croissance des secteurs pastoral et agricole de l'économie et de former des Mauritaniens en vue de leur permettre d'accéder à des emplois qualifiés aux niveaux intermédiaire et supérieur dans le do- maine des mines, de la pêche et de l'administration. Pour atteindre ce but, le Gouvernement compte sur l'assistance extérieure ou publique et sur la mise en valeur de nouvelles ressources minières qui fourniraient des recet- tes à l'Etat. Il semble cependant douteux que l'on puisse escompter un accroissement de revenu en provenance de ces deux sources dépassant sensi- blement les niveaux déjà prévus. Le Gouvernement devra donc compter surtout sur l'augmentation et l'utilisation plus rationnelle des ressources sur lesquelles il peut exercer un contrôle direct. 74. Si les quelques années à venir seront difficiles, en particu- lier sur le plan budgétaire, les perspectives à long terme, en assumant le maintien de l'assistance extérieure, sont plus favorables. L'exploitation du minerai de fer et la mauritanisation croissante de la main-d'oeuvre accroîtront le produit national brut et les recettes nettes en devises étrangères. D'autres possibilités de développement minier peuvent égale- ment avoir une incidence favorable sur l'économie, bien qu'un tel résultat soit loin d'être assuré. On peut également escompter un accroissement de la production en ce qui concerne l'élevage, l'agriculture et la pêche. Si les perspectives d'une augmentation rapide du revenu par habitant ne sem- blent pas particulièrement favorables, il est néanmoins permis d'envisager une amélioration continue dans ce domaine. Les ressources fiscales atten- dues du secteur minier doivent aider le Gouvernement U atténuer les tensions budgétaires et, grece à un excédent qui demeure possible, à poursuivre son programme de développement rural, dont les effets ne se feront sentir qu'à plus long terme. La disparité actuelle entre le rythme de progression des différents secteurs de l'économie devrait donc diminuer, mais lentement, et quelques années devront s'écouler avant que la majorité de la population bénéficie du récent essor économique. 75. La dette extérieure directe de la Mauritanie est faible (en- viron 9 millions de dollars) mais le Gouvernement assure avec la France la garantie du prêt de 66 millions de dollars consenti par la BIRD à MIFERMA qui bénéficie d'engagements complémentaires de la part de ses principaux actionnaires. Par ailleurs, les facteurs défavorables qui ont accompagné la mise en oeuvre du projet MIFERMA (hausse du coût des investissements, baisse du prix de ventedu minerai de fer) ont sensiblement réduit et retardé l'apport de ce dernier aux ressources de l'économie et du Gouvernement. La - 26 - réduction des ressources attendues a conduit le Gouvernement à adopter une politique de stricte austérité en vue de maintenir l'équilibre du budget. Il est peu probable que le Gouvernement puisse faire davantage que couvrir ses dépenses ordinaires pendant plusieurs années. Etant donné la grande pauvreté du pays, l'absence d'épargne publique, la quantité restreinte d'épargne intérieure d'autre origine, le recours aux ressources extérieures en vue de financer les investissements, notamment dans le secteur public, et des conditions de mise en valeur qui ne permettent d'escompter des résul- tats qu'à longue échéance, l'aide extérieure devrait 9tre consentie à des conditions aussi libérales que possible. TABLFAUX ANCEXES TABLEAU 1 POPULATION A: Population totale (estimations a la fin de 1962): 880.000 habitants dont: Maures blancs : 475.000 Maures noirs : 240.000 Peuhls : 40.000 Autres (Toucouleurs, Sarakolés, : 125.000 Quolo.fs, etc....) B: Population dans les principaux centres (1962) Africains non-Africains Total Atar 7.894 1.634 9.528 Kaedi 8.281 916 9.197 Boghe 5.348 519 5.867 Nouakchott 4.325 1.482 5.807 Port-Etienne 3.493 1.790 5.283 Aroun el Atrouss 4.661 216 4.877 Rosso 3.376 1.435 4.811 Fort-Gouraud 3.898 761 4.65o Kiffa 4.241 118 4.359 Tidjikja 3.628 33 3.661 TABLEAU 2 A. PRODUCTION AGRICOlE 1962-1963 (en tonnes) Mil et Sorgho 60.000 Mais 3.000 Patates 2.000 Haricots niébés 5.000 Dattes 15.000 Pastèques 1.200 B. EIEV GE (t*tes) 1963 Bovins 1.447.000 Moutons et chèvres 8.042.000 Chameaux 505.000 Anes 185.000 Chevaux 11.000 Sources: Bulletin de Statistique de la Mauritanie No 1. TABLEAU 3 ESTIATION EN 1959 DE LA PART RESPECTIVE DES DIVERS ELEMENTS DE LIECONOMIE TRADITIONNELLE DANS LA PRODUCTION INTERIEURE BRUTE PRODUCTION INTERIEURE BRUTE (millions de .CFA çourants) Valeur Total 14.500 100 dont: Secteur primaire 10.301 71 dont: - élevage 7.288 50 - agriculture 1.902 13 - cueillette 496 3,5 - pêche 418 3,5 TABLEAU 4 EVOLUTION DES ABATTAGES CONTROLES EN ABATTOIS DE 1951 à 1962 Unité: TeAtr Année Bovins Ovins Dromadaires 1951 3.000 48.000 700 1953 5.500 45.5oo 1.060 1955 5.900 h6.ooo 1.540 1957 8.ooo 51.000 2.900 1959 10.400 50.000 5.4oo 1961 16.933 60.000 9.700 1962 16.697 52.800 8.667 Source: Service de Iléevage TABLEAU 5 COIOSITION DU PARC AUTOMOBILE DE LA MAURITANIE (Unités) 31 déc. 1956 1959 30 juin 1963 Total 992 1.908 3.821 dont: - Automobiles 65 225 1.114 - Camions et camionnettes 813 1.545 2.15 Source: SEDES et Bulletin de Statistique de Miauritanie TAELEAU 6 EVOLUTION DE LA PRODUCTION BRUTE PAR SECTEUR ENTRE 1956 ET 1959 (en millions de f. CFA) 1956 1959 Commerci.- a du Non-commer- # du Commercia- % du Non commer- # du Secteurs lisée Totrl cirlisée Tot-l Tot-1 lisée Tot,l ciplisée Total Total Agriculture, élevage, produits alimentpires b,L68 59 2.790 68 7.258 8.759 18 6.190 99,4 1h.960 Energie 30 - 500 1? 530 555 3 200 0,3 755 Matières premières et pro- duits semi finis 100 1 80 2 180 L16 2,5 - - 416 Produits des industries mé- caninues et électri-ues 10 1 - - LO 790 4,5 - - 790 Textiles et pepux 3)5> 300 8 625 1.366 7,5 - - 1.366 Divers produits industriels 200 3 80 ? 280 608 3,5 - - 608 Construction, travaux publics 680 9 300 8 980 1.277 7 - - 1.277 Services 00 5 - - 100 1.153 6,5 240 0,3 1.393 Trpitements et splpiros 1.1100 18 - - 1.)100 3.200 17,5 - - 3.200 Total 7.63 100 L.0?0 100 11.660 18.124 100 6.630 100 2b.754 Y compris croit du bet,il Sources: Comptes Econominues de 1'A.0.F. 1956 SEDES: Anplyse de l'Economie de la Républicle de Mruritanie (Juin 1961) TABLEAU 7 EVOUTION DES PRINCIPAUX ELEMENTS CONSTITUTIFS DE LtECOfOMIE D. La lEPU3LIQOE DE MURITANIE (en milliards de f.CFA) Annee 19591962196h 1966 Année: 1959 1962 (Prévisions) (Previsions) 1) Ressources Produit intérieur brut 14,5 24,h 30,3 34,6 Importations 7çl 1895 14J 1891 Total 21,6 42,9 47,7 52,7 2) Utilisation Consommation 17,0 22,h 2496 26,7 Investissement l,3 16,5 8,0 690 Exportation 3,3 15; 20,0 Total 21,6 42,9 47,7 52,7 3) Revenus Salaires 3,2 7,3 8,4 9,6 Rèsultats bruts d'ex- ploitation 11y3 17,1 22,0 25,1 Total 14>5 24,4 30,4 34,7 4) Transferts de l'extérieur -au profit des entreprises 0,2 13,5 2,4 0,5 -au profit de l'Etat 520 O 5,7 5 Total 5,2 19,5 8,1 5,5 5) Epargne brute -particuliers 1/ 1,1 2,5 3,0 3,5 -entreprises 2/ 0,3 3,4 5,3 6,6 -Adninistraion 3/ _su 3,1 _28 Total 295 8,0 11, 12,9 Avant le transfert des remises personnelles i l'étranger. 2/ Après réception des transferts de capitaux en provenance de l'étranger. Après réception des traasferts courants et des transferts de capitaux en provenance de 'étranger. Source: Plan Quadriennal de la Mauritanic TABLEAU 8 SITUATION COMPTABLE DES BANJES DE MAURITANIE (en milions de f.CFA) Date Fonds propres _épôi vue Crédits a' Solde aupres dernier jour et dEpôts a Tresor Particuliers Autre passif Crediteurs Passif court des Eanques de Actif du mois terme Chez B 1/ Chez BMD 2 et entreprises à court terme divers total terme l'extérieur total 1962 692 465 25 1.597 1.162 235 1.397 Dóc~anbre 118 296 1963 anvier 100 h 737 515 25 1.420 1.257 68 1.325 Fevrier 96 165 600 780 510 27 2.177 1.161 1.039 1.200 Mars 99 74 600 739 h80 27 2.019 1.126 890 2.016 Avril 82 1.797 600 803 185 20 3.h86 1.036 2.315 3.351 Mai 67 843 1.200 1.Ok9 0 19 3.178 983 1.844 2.827 Juin h9 1.058 1.200 1.069 O 27 3.h03 1.100 1.993 3.092 Juillet 68 1.093 1.200 684 0 23 3.067 1.059 1.766 2.&25 Août 53 1.218 1.200 816 O 17 3.335 1.034 1.963 2,997 Sep tembre 81 526 600 836 O 12 2.05h 890 956 1.846 Ocbobre 65 30 300 770 o h7 1.213 792 31.7 1.109 Novembre 79 71 300 774 O 17 1.240 786 255 1.0h2 Decembre 50 199 600 690 o O 1.538 826 576 1.h02 1./ Banque de l'A frique Occidentale V Banque Mauritanianne de DéveloppemErt Source: Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest TABLEAU 9A ESTIMATION DE LA PRODUCTION ET DES VENTES DE MIFERMA 1963 1964 1965 1966 1967 1968 1969 M.970 Estimations de 1960 ---'C Production m2l5o 4,2 4,8 5,h 5,9 6,0 6,0 )millions - Expéditions au port ) de . 3,0 4,6 5,3 5,9 6,0 6,0 6,o ) tonnes - Ventes ) .. 2,8 4,5 5,3 5,9 6,0 6,o 6,o - Prix f.o.b. ) f.CFA la tonne .. 2.hCo 2.4CO 2.400 2.4CO 2.4CO 2.400 2.hCID - Produit brut des ventes f.o.b.) millions de 6.669 10.905 12.911 14.h15 14.666 14.666 14.666 ) de - Imp6ts a l'exportation ) f.CFA .. 400 665 1.033 1.297 1.320 1.320 1.320 Estimations de 1964 / - Ventes ) millions de tonnes 1,5 4,8 5,5 6,0 6,o 6,o 6,0 6,0 - Prix f.o.b. ) f.CFA la tonne 2.100 2.100 2.100 2.1CO 2.100 2.100 2.1CO 2.100 - Produit brut des ventes f.o.b.) millions 3.200 10-100 11.500 12.6Co 12.600 12.60O 12.600 12.600 ) de )roitS de sortie f.CFA 212 707 92) 1,134 1.134 l134 1.134 1,134 Rapports de Ja Banque (fevrier 1960) Estimation des stocks a la mine le ler avril 1964. Les estimations de 1960 suppooaiet que le projet serait mis en rcute le 1er avril 1964, Par consé'quent les chiffres de production et de ventes pour 1964 ne concernaient que les neuf derniers mois de lannée. Estimations reposant sur ]es données fournies par MIFERMA (juillet 1964). Avant abatterent pour crédits autorisds. TABLE1J 9B ESTIMATIONS DES DROITS ET TAXES PAYABLES PAR MIFERMA AU BUDGET MAURITANIEN (en millions de f. CFA) 1960-1961 1962 1Y63 196 1965 1966 1967 1968 1969 1970 Estimations de 1960 - Droits et taxes d' entrée et taxes annexes 325 481 304 146 89 17 8 - - - Droits de sortie et impot sur les bénéfices - - - 400 1175 2162 2521 2703 2787 2819 Total 325 i 3o4 546 1919 -2 1 2-9 2703 2787 269 Estimations du Plan Quadreinnal 1963-1966 - Droits et taxes d' entrée et taxes annexes 170 75 - - e. .. .. - Droits de sortie et impot sur les bénefices 270 700 800 1000 1200 g. Totai 440 775 875 1CO 12C0 .. Recettes effectivement encaissées par le budget mauritanien de 1960 a 1963 et previsions pour 1964-1970 - Droits et txes d' entrée et taxes annexes (187)2 331â/ 262- 13'2)I 1/ Droits de sortie et impot sur 8304/ 890'u/ 11004 ll 11904/ 1190 les bénéfices - - 238 600 - - Total (187) 331 500 720 830 890 1100 ¯li. 190 1190 y Rapports de la Banque (février 1960). Réalisations pour ]a seule annee 1961. 3/ Réalisations. E/ Estimations reposant sur les données fournies par MIFERMA (juillet 1964). TABLEAU 10 EVOLUTION DES RECLTTES DU BUDGET DE LA MAURIT1IE DE 1959 A 1964 19591/ % 196/ (en millions ße f. CFA) FO15 CT1ONNE90 19 6 -1 1962 19632/ % 196e/ % - Recettes fiscales ) 2.196 49,5 2.188 46,3 2.908 58,3 3.390 88,4 - Revenu des Domaines) 860 3,5 1.031 36,5 Exploitations et ) services ) 240 5,5 79 1,7 84 1,7 161 4,2 - Versement des comptes spéciaux de la Caisse de Réserve 71 5 295 10,5 187 4,0 593 12,5 295 5,9 e3 7,4 - Recettes propres 931 43,0 1.326 47,0 2.623 59,0 2.860 60,5 3.287 65,9 3.834 100,0 - Contribution de la République Fran- caise 1.24W 57,0 1.483 53,0 1.822 l,0 1.872 39,5 1.700 34,1- Total 2.171 100,0 2.809 100,0 4.445 100O 4.732 100,0 4.987 1000 3.83 100,0 EQJ IPEIENT - Versernet du budget de eonctionnement n.a. n,a. n.a. 208 33,4 318 45,3 n.a. - Versenient de Fonds et comptes spéciaux n.a. n.a. n.a. 233 37,5 150 21,4 n.a. - Prélevnent sur la Caisse de Réserve nac n.a. n.a 181 29,1 232 33,3 n TQtal n.a. n.a. 316 100,0 622 100,0 700 1CO,0 1.000 100,0 / Résultats définitifs des comptes adri.rdstratifs. / Budget rEmanié après col1ectifs. 3 Budget primitif dont 907 millions de la Republique francaise et 333 millions du groupe de l'ex-AOF. TABLEAU 11 EVOLUTION DES RECETTES PAR CATEGORIE DU BUDET DE FONCTIOiNENT DE LA REPUBLIQUE DE MAURITANIE (en millions de f.CFA) 1959 1/ 1960 1/ 1961 1/ 1962 1/ 1963 2/ 1963 3/ 196h 4i Impôts directs ( ( 568,3 908,1 748,4 868,3 779,7 Impôts indirects (819,3 ( 959,3 1.576,2 1.842,7 2.083,4 29315,5 2.5115, Taxes diverses ( ( 51,6 90,7 74,5 74,5 99,0 Domaines 13,0 29,h 14,6 15,5 37,h 45,4 31,2 Exploitations industrielles 30,5 43,0 129,6 13,2 14,0 l,0 14,6 Recettes des service n.a. n.a. 1,1 19,2 23,7 23,7 Divers o,1 0,1 94,9 31,0 8,6 8,6 64,5 Total 859,9 1.031,8 2.436,3 2.920,4 2.992,0 3.350,0 3.551,c Subventions ex- tïr es 1.2ho,h 1.483,3 1.821,6 1.852,4 1.700,0 500,0 - Total des recettes de foncti6nnement 2.100,3 2.515,1 4.257,9 4.772,8 4.692,0 3.850,0 3.551,0 Caisse de réserve 71,0 294,8 187,0 - 155,o 615,0 283,0 Comptes spéciaux - - - 361,8 lho,0 8h,0 - Total des recettes 2.171,3 2.809,9 h.hh,9 5.134,6 h.987,0 4.549,0 3.834,0 / ésultats définitifs. 2/ Estimations du budget primitif 1963. / Estimations du budget 1963 remanié. I/ Estimations du budget initial 1964. Source: Gouvernement mauritanien. TABLEAU 12 DEPENSES DU BUDGET DE FONCTIONNEMENT (estimations budgétaires) (en millions de f. CFA) 19611/ % 196 21/ % 1963Z/ % 196>4? % Total des dépenses de fonctionnement 4.220 100 4.095 100 4.669 100 3.974 100 dont: - Dette publique 615 14,5 244 6,0 199 4,3 44 1,1 - Assemblée nationale 153 3,6 184 4,5 192 4,1 172 4,3 - Administration générale 495 11,7 571 14,0 526 11,4 448 11,3 - Affaires étrangères 247 4,8 210 5,1 238 5,1 192 4,8 - Défense nationale et Services de sécurité 374 8,9 935 22,7 989 21,5 1.055 26,7 - Services financiers 121 2,8 159 4,9 181 3,9 180 4,5 - Services économiques 211 5,0 231 5,6 244 5,3 211 5,3 - Travaux publics 131 3,1 120 2,9 145 3,1 128 3,2 - Education nationale 446 1o,6 56o 13,7 663 14,3 636 16,0 - Santé et Travail 299 7,1 327 8,0 338 7,3 288 7,2 - Dépenses communes (Personnel et matériel) 372 8,8 202 4,9 168 4,6 182 4,6 - Interventions publiques 561 13,3 782 19,0 786 18,6 418 10,5 Investissements de l'Etat financés par transferts du budget de fonctionnement 26 208 318 - - / Budget remanié Budget primitif Source: Gouvernement mauritanien. TABLEAU 13 EVOLUTION DES SUBTVENTIONS D'EQUILIBRE VERSEES AU IJDGET DE LA REPUBLIQJE ISLAiIIQUE DE MAURITANIE PAR LE GROUPE DE TERRITOIRES DE L'EX-AOF ET PAR LA FRANCE (en millions de f.CFA) Subvention versée Subvention versée Pourcentage de la subvention par Année par le Groupe par la France Total rapport au total des recettes de fonctionnemen'u 1959 333 907 1.240 57% 1960 - 1.483 1.483 53% 1961 1.821 1.821 h% 1962 /- 1.872 1.872 39,5% 1963 2/ 1.700 1.700 34,1% 196h 3/ 1.000 1.000 0% 1/ Budget 1962 remanié. 2/ Budget 1963 primitif. En cours dtannée la subvention dtéquilibre affectée au budget de fonctionnement a été réduite à 500 millions, 700 millions ont été affectés au budget dréquipement et 500 millions ont été bloqués pour financer la participation de la Mauritanie à ltadduction dteau de MICUMA. Après ces modifications la subvention dtéquilibre représentait 13% des recettes totales de fonctionnement. 3/ Estimations. Ces 1.000 millions de f.CFA doivent être entièrement utiliêsa à financer le budget dtèquipement. TABLEAU 14 COMPOSITION ET EVOLUTION J PERSONNEL D'ASSISTANE TECHNIQUE FRANCAISE EN SERVICE EN MAURITANIE au ler janvier au ler janvier au ler janvier 1962 1963 1964 Total 207 237 232 dont: Enseignement 34 57 62 Santé 30 33 27 Travaux publics 15 17 19 Agriculture 5 h 9 Génie rural 2 2 5 iines 3 6 h Postes et télécommunications 26 2h 18 TABLEAU 15 DETTE PUBLIQUE EXTERIEURE (en millions de f.CFA) Conditions Estimation du montant taux de la dette non amorti d'intérêt durée au 1er mars 1964 Dette directe Avances de la Caisse Centrale de Coopération Economique (CCCE) a la îépublique de Mauritanie - Pour construction de logements pour fonctionnaires 2,5 20 ans 47,6 - Pour quote-part de la dette "Hors-Plan" contractée par l'ancien groupe de l'AOF 2,5 91 ans 9,0 - Pour quote-part de la dette "Fides" contractée par l'ancien groupe de territoires de l'AOF 1,o ho ans 559,5 - Pour acquisition d'actions de la Société Africaine d'Electricité (SAFELEC) O 3 ans 12,0 Pour participation aü capital de iIERMA'et avance d'actionnaire a cette Société 2,5 15 ans 770,0 - Pour reprise par la Mauritanie à comptertdu ler mars 1964 de l'emprunt contracté par la SUCIM pour la construction de logements à Nouakchott 4,5 14 ans 920,1 2.318,2 Dqt;e garantie - Pret BIRD à MIFERIMA 1/ 6,25 10 ans 16,302,0 Société Anonyme des Mines de Fer de Mauritanie. TABLEAU 16 STATISTIQUES OFFICI7LLES DU COÀiERCE EXTERIEUR DE LA MAUITA,IE Exportations Importations Déficit Pourcentage de Valeur Valeur (exportations couverture dec Tonnage en millions Tonnage (en millions importations) importations Année (en tonnes) de f.CFA (en tonnes) de f.CFA) par les expor- tations 1961 5.753 432 147.839 7.683 - 7.251 5,6% 1962 7.935 687 174.578 8.806 - 8.119 8% 1963 1.687 (3 mois) 277 52.815 (6 mois) h.475 Ce n'est qu'à partir du ler janvier 1961, que les statistiques douanières de la Mauritanie ont été séparées de celles du Sénégal. Sources: Ministère de la Coopération: Paris Bulletin de Statistique de Mauritanie N.B. Ces statistiques n'intéressent que les produits dédouanés dans les bureaux douaniers de Mauritanie en provenance des pays extérieurs a l'Union Douanière. Y échappent par conséquent une grande partie au commerce export-import de la Mauritanie constituée par les produits dédouanés du SénAgal et les marchandises d'origine et de provenance sénégalaise, malienne, etc... TABLEAU 17 ESTIMATIONS DU COËMRCE EXTERIEUR REEL DE LA REPUBLIQUE ISLAM!IQUE DE MAURITANIE EN 1959, 1960, 1961 ET 1962 (en millions de f.CFA) 1959 1960 1961 196211 Exportations Produits de l'agriculture, de l'élevage et produits alimentaires 3.303 3.377 3.600 n.a. Matières premires et énergie 12 14 15 n.a. Produits industriels - - - n.a. Total 3.315 3.391 3.615 4.000 importations Produits de lagriculture, de l'élevage et produits alimentaires 3.852 4.150 4.220 n,a. Matières premières et énergie 860 2.hoo 3.230 n.a. Produits industriels 2.230 4.431 10.005 n.a. Total 6.942 10.981 17.455 18.500 balance - 3.627 -7.590 -13.840 -14.500 Pourcentage de couverture des importations par les exportations 48o 31% 21% 2l,5% lf Estimations préliminaires Source: Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest TABLEAU 18 BALANCE DES PAIEMENTS AVEC LES PAYS A L'EXTERIEUR DE LA ZONE FRANC (en millions de f. CFA) 1962 1963 (neuf mois) Recettes Dépenses Recettes Depenses - Marchandises 25,2 4.364,2 187,2 1.965,5 - Transports Assurances 4,6 145,5 10,5 97,2 - Voyages 1,5 2,5 3,1 33,7 - Revenus du capital - - - - - Revenus du travail 4,6 305,9 0,8 165,9 - Autres services - 2,0 2,2 28,6 - Recettes et dépenses du gouvernement -15,5 - 315,6 - Dpenses et recettes des gouvernements étrangers 3,1 - 6,5 - - Prestations gratuites du secteur public 537,1 - 265,7 0,2 - Prestations gratuites du secteur privé 0,8 - - - Prêts à long terme et investissements 9.004,0 - 3.771,9 - Avoirs à court terme 1,7 - - - 9.582,6 4.971,6 4.247,9 2.606,7 Excédent (+) ou Déficit (-) de la balance des paiements + h.611 + 1.641,2 Source: Office des Changes TABLEAU 19 IiTVESTISSE!ENTS FINANCES PAR IE FIDES DE 1947 A 1959 1/ (en million de f. CFA) 1er Plan Second Plan Total Nature de l'investissement 1947-1953 1954-1959 Depenses générales, études, recherches - 98 98 2,6 Production 270 1.624 1.894 50,5 Infrastructure 62 1.060 1.122 29,5 Equipement Social 215 437 652 17,14 547 3.219 3.766 100 lf Ceci exclut les investissements financés par le FIDES au titre de la Section Générale de 1'AOF Source: Ministère de la Coopération - Paris TABLEAU 20 INVESTISSEMENTS FINANCES PAR LE FAC DE 1959 A 1963 (en millions de f. CFA) Ppiements effectués Nature de l'investissement 1959 1960 1961 1962 1963 Totpl l su 31 décembre 1963 - Etudes 61,0 29,2 89,0 59,5 132,5 371,2 10,5 20,5 - Investissements socipux 78,0 122,3 - 2,$ 58,7 261,5 7,h 185,5 - Investissements de trpnsports 86,5 157,0 11,5 7n,0 30,9 158,9 13,1 407,5 - Investissements Pgricoles - 17,9 8?,6 110,0 ?05,? $71,0 16,3 338,$ - Urbpnisme et hpbitpt - 81,9 369,0 367,0 109,0 1.666,9 b7,5 1.681,0 - Investissements télécommunicetion - 73 V,0 - 67,7 182,7 5,? 97,5 Totrl ?05,5 1.375,6 696,1 611,0 601,0 3.512,2 100 2.71L,5 Source: Gouvernement miuritinien TABLEAU 21 INVESTISSEMENTS FINANCES PAR LE FED DE 1960 A 1963 (en millions de f. CFA) Nature del'investissement 1960 1961 1962 1963 Total _ Paiements effectués .u 31 decembre 1963 Etudes - Investissements sociaux 530,6 hh9,8 - - 980,h 28,7 670,0 - Investissements de transport - 500,0 - 369, 869,5 25,5 16h,7 - Investissements agricoles hl,3 180,2 631,0 - 52,5 25,0 248,0 - Investissements industriels - 710,0 - - 710,0 20,8 16,3 Total 571,9 1.840,00 631,0 369,5 3.412,h 100 1.099,0 1/ Les études fpites ppr le FED correspondpnt ' des projets précis et leur montint est inclus dans l'exécution du projet. Source: Gouvernement mpuritenien TABLEAU 22 PFD.ýRTITToN DES INVESTISSE1ENTS DANS LE SECTEUR PUBLIC PREVUS AU PLAN QUADRIENNAL 1963 - 1966 (en millions de f.CFA) Nature des investissements Montant - Etudes générales 580,8 4,3 - Infrastructure de transports et communications 3.191,0 23,5 - Productions rurales 2.352,0 17,4 - Productions minières 00,o 5,9 - Industrie de la pêche 96o,o 7,1 - Enseignement et formation des cadres 922,5 6,7 - Santé et hygiene 770,4 5,7 - Urbanisme et habitat 3.03,0 22,4 - Equipement administratif et de souveraineté 947,0 7,0 Total 13.566,7 100,0 Source: Plan Quadriennal 1963-1966 TABLEAU 23 FINANCEMENT DES INVESTISSEMENTS DU SECTEUR PUBLIC PREVUS AU PLAN QUADRIENNAL 1963-1966 Emprunts au- Autres Pides Budget d'équipe- près d'établis- bilptérples ou ment de la sements publics Année ler FED 28 FED W FAC multilptérales Mauritanie français Total 1963 1.392 - 1.305 110 >21 60 3.288 1964 950 700 9h5 390 680 136 3.801 1965 - 2.Loo 585 163 680 108 3.936 1966 - 1.100 575 iho 679 8 2.542 Total 2.342 b.200 3.,10 803 2.b60 352 13.567 % du total 48,2% 25,1% 6,0ß 18,1% 2,6% 100% 1/ Le finpncement est déjà icquis. 2 Y compris les ressources en provenDnce du fonde de diversific-tion de 13 production. 3/ Aides ONU, Fonds Spécinl, USA, Allemigne Source: Plpn Oundriennpl 1963-1966
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Mauritania - The economy : L'économie de la Mauritanie
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