Groupe de la Banque mondiale · Project Completion Report

Bénin - Projet de développement rural dans la province du Borgou

Bénin Banque mondiale
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Texte intégral

Projet de dbveloppement rural dans la province du Borgou (Cr. 1127-BEN, Cr. 1127-1-BEN) Rapport d'ach6vement du projet mars 1991 Division des opgrations agricoles Dgpartement Afrique occidentale et centrale Le prgsent document est de nature provisoire.. I1 n'engage en aucune faqon, dans sa forme actuelle, la position de la Banque mondiale. I1 ne peut Otre utilisg par ses destinataires qu'8 titre de consultation et ne peut etre divulgug sans l'autorisation de la Banque mondiale. L1unit6mon6taire du BOnin eat le franc CFA (FCBA) qui est lit5 au franc fransais (FF): 1 FF = 50 FCFA. Le FF flotte dane les limites Btablies par le Systhe monetaire europ6en. POIDS ET MESURES - ABREVIATIONS ET SIGLES CAA Caiase Autonome d'Amorti8sement CARDER Centre dlActionRdgionale pour le Ddveloppement Rural CCCE Caisae Centrale de Coop6ration Economique CLCAn Caiase Locale de Credit Agricole Mutuel CRCAM Caiase Rdgionale de Credit Agricole Mutuel IDA International Development Aaeociation (Aesociation pour le d6veloppement international) TRE Taux de rentabilitg gconomique GRVC Groupement Rgvolutionnaire & Vocation Cooperative GV Groupement Villageois MDRAC Miniatere du DBveloppement Rural et de l'Action Cooperative BCP Bureau charge de la coordination du projet SONACEB Societe Nationale pour la Commercialisation et 1'Exportation du Benin SONAGRI Societ6 Nationale de 1'Agriculture SONAPRA Societe Nationale pour la Production Agricole ANNEE BUDGETAIRE DE L'ETAT ler janvier - 31 decembre REPUBLIQUE DU BENIN LE PROJET DE DEVELOPPEMENT RURAL DE LA PROVINCE DU BORGOU jCr6dits 1127-BEN et 1127-1-BEN) RAPPORT D'ACHEVEMENT DU PROJET PREFACE Ce document constitue le rapport d'achsvement du projet (RAP) de developpement rural de la province du Borgou au Benin au titre duquel le Credit 1127-BEN, d'un montant de 15.7 millions de DTS, a bte approuve en avril 1981 et le credit 1127-1-BEN, d'un montant de 1.8 millions de DTS, en avril 1986. A sa cldture en septembre 1989 le credit 1127 avait d6pass6 sa date de clbture initiale d'environ quatre ans, et le credit 1127-1 de neuf mois. A l'Bpoque, a peu pres 90% du credit 1127 avait 6tB decaiss6 et le restant supprime. Par contre, le montant entier du credit 1127-1 avait 6tB decaisa8. La premiere partie du RAP ainsi que la troisieme ont Bt6 redigees par la Division des opt5ratione agricoles du D6partement de 1'Afrique occidentale et centrale. L'unit6 de suivi et d'evaluation de l'agence d1ex6cution du projet avait prdpare un RAP conforme h l'ancien modele qui n'a pas suffisamment reflet6 tous les points requis par le nouveau format. La deuxieme partie contient donc les conclusions principales du projet telles qu'elles apparaissent dans le RAP de 1'Emprunteur. Le RAP a bt6 prepare au siQge de la Banque mondiale plus d'un an apres la cldture du projet. I1 est bas6, entre autres, sur le Rapport dlEvaluation du projet, 1'Accord de Cr6dit du Cr. 1127 et l'avenant pour le Cr. 1127-1, les rapports de supervision, les correspondances entre la Banque et llEmprunteur, ainsi que les rapports rediges par l'agence d'ext5cution du projet. REPUBLICZUE DU BENIN RAPPORT D'ACHEVEMENT DU PROJET RESUME DE L'EVALUATION RETROSPECTI- Obiectifs 1. Un d6saccord anterieur entre le gouvernement et 1'IDA sur l'approche B adopter pour le d6veloppement rural a donne lieu l'annulation d'un projet finance par 1'IDA. Par la suite, la situation s'est am6lioree vers la fin des annees soixante-dix pennettant la preparation du present projet qui visait a amgliorer les recettes rurales et 3 promouvoir les exportations agricolee en renforsant lee services aux fermiers. Plus specifiquement, le projet avait pour tdche d'arngliorer la production du coton pour l'exportation et en msme temps augmenter la production de la culture vivriere pour la consommation locale. Bilan de 1'exScution 2. Malgre quelques modifications apportees par le gouvernement, l'ex6cution du projet s'est bien d8roul6e. La reponee favorable des producteurs aux prix incitatifs a donn6 des resultats positifs au niveau de la production du coton et des variBt6s de maPs d'un meilleur rendement. L'bquipe importante d'assistance technique a sans doute contribue au renforcement du CARDER-Borgou, de la SONAPRA et de la recherche scientifique. Toutefois, l'absence d'un programme de formation ainsi que la rotation fr6quente du personnel par le gouvernement n'ont pas permis la realisation de tout le potentiel. La Banque a frequemment effectue des missions de supervision d'une maniare effective, ce qui a permis une reponse rapide aux problemes tels que la necessite d'augmenter la capacit6 d'ggrenage.. Ce probleme a QtB resolu par le financement de deux usines dlOgrenage additionnels sous un credit suppl6mentaire, le Credit 1127-1. Cela dit, les programmes de genie civil n'ont pas 6t6 suffisamment supervisQs ni par la Banque ni par la direction du projet, d'oc des retards consid6rables. 3. La gestion financiere s'est averee le domaine le plus faible. Les comptes du CARDER n'ont 6tB verifies et auditgs qu'en 1985 et le eyst&me de comptabilite dtait inadgquat. A l'apparence, la performance des assistants techniques dans ce domaine a laisse B d6sirer. Le gouvernement a bprouvQ des difficultgs A fournir les fonds de contrepartie convenus. Ce probleme, qui n16tait pas pr6vu, est apparu d8s 1984. La hausse du dollar EU par rapport au franc CFA etait l'origine du decaissement ralenti pendant les quatre premi3res annges et a permis la prolongation du projet de cinq ans. 4. La disponibilite de la traction animale, facteur tres important dans l'augmentation de la production vQggtale, a permis la cultivation des superficies de terrain plus larges. Au moment de la cldture du projet, plus de 27.000 fermiers Qtaient proprietaires du materiel de traction, alors que le projet n'envisageait qu'un tiers de ce chifire. La recherche a conduit au dgveloppement de nouvelles varietes de coton et de maXs, mais n'a pas eu de resultats satisfaisants dans le d6veloppement d'une vari6t6 de sorgho qui aurait un rendement plus Bled. En outre, les efforts des chercheurs dans la culture vivriere n'ont pas debouch6 sur lea solutions techniques acceptables. Les liens de communication entre la recherche et la vulgarisation n 'Btaient pas ad6quats. L 'Bchec du programme de diveloppement des bas-fonds provient du manque de participation des fermiers Gtant donne que, pour eux, les bengfices de la technologie plus avancke n'btaient pas gvidents. 5. Le GRVC n'est pas devenu l'inetitution principale pour la diffusion des effete du projet c o m e il avait B t 6 envisag6, son nombre nlayant augment6 que de 167 au lieu de 500. Par contre, les groupements villageois informels (GV) responsables de la fourniture d'intrants et de la commercialisation du coton, ae sont multipli6s de fason importante et ont bbnbficig dlenviron 10.7 millions de dollar8 EU en ristourne qui ont dtb utilisbs pour lea programmes de d6veloppement rural. 6. A la fin de la p6riode d'exbcution, le projet avait atteint 40.400 b6n6ficiaires et la production totale dee cultures avait d6passB les objectifs fixes de la maniare suivante: coton 1638, ma'ie 56%, sorgho 26%, arachide 33%, et ni6bBe 34%. Bien que le rendement du coton et du maXs ait dbpass6 lee pr6visions du rapport dlbvaluation, la raison principale de cette augmentation de la production d'autres cultures eat libe d la superficie. On estime que le revenu net des producteurs a 6td le double de la s o m e escomptbe au nord de Borgou et plus de 50% plus blevb au sud. Un autre fait qui illustre l'amblioration du niveau de vie est le nombre significatif des habitations avec toits ondulbs. 7. Le cash-flow du projet, difficile B prbciser, est dtroitement lit5 d celui du sous-secteur de coton. D'un rbsultat positif en 1984-1985, il est paesg B un rbaultat nggatif de 1985 jusqu'en 1989 pour rejoindre un seuil positif en 1989-1990. Jusqulen1984-1985 lea fonde excgdentaires du compte cotonnier soutenaient la plupart dea fraia de fonctionnement des quatre CARDER dans les provinces oii le coton eat produit, alora que le gouvernement aurait d2 le faire directement. 8. Le TRE du projet a btb estimb B 35% par rapport aux prbvisions donnbes lor5 de l'bvaluation du projet, soit 21%. Au moment oii le crgdit suppl6mentaire a &t& approuvd, on l'estimait B plus de 50%. L'augmentation depuis l'bvaluation tient pour la plupart B l'augmentation inattendue de la production de toutee lea cultures et 2 l'amblioration de la qualit6 du coton export&. Le taux moins Qlevb par rapport B celui qui existait au moment du crbdit supplgmentaire peut &re attribug au fait que la production du coton 3 la fin du projet 'btait de 60.000 tonnea par rapport & l'estimation initiale de 80.000. Viabilitg 5 lons terme 9. Puisqu 'un deuxigme projet a btb mis en vigueur B l'achsvement du premier, la viabilit6 B long terme ne pose pas de problgme. Dana l'avenir cependant, le rdle important des associations de producteurs et du secteur privk, ainsi que l'exbcution du projet en cours de preparation qui viserait 8 limiter les services fournis par le gouvernement devraient rdduire la menace poege par l'insuffisance deo fonds gouvernementaux dans le maintien de ces cervices. 10. Le resultat clb de ce projet est que l'btablissement d'un cadre adgquat peut provoquer une rhponse favorable chez le fernier. Lee difficultbe rencontrges au niveau de l'organisation et de la gestion du projet n'ont pas serieusement perturb6 les services fournis aux fermiers. Les gl6menta du projet, tele que la composante du crbdit pour le matbriel de traction dont les fermiers avaient besoin, ont donnb des rBsultats positifs alors que le dbveloppement des bas-fonds, dont le besoin Qtait moins bvident, a BchouB. Ceci prouve bien qu'il est essentiel de prendre en compte lee exigences dee benbficiaires. 11. En dbpit des prgcautions prises, la gestion financigre etait faible tout au long du projet. 11 faudrait accorder plus d'attention B la supervision de cet aspect dans les prernigres btapes de l'execution du projet. Afin de rgduire les problgmes de financement provenant du gouvernement, les contributions financisreg du gouvernement devraient &re minimalee. 12. Le projet n'avait pas d'objectifs specifiques en ce qui concerne l'environnement ou la distribution des revenua. Si l'on veut dviter tout effet negatif B cet dgard, il est ngcessaire .d'inclure des objectifs sp6cifiques lor8 de la conception du projet et de les dvaluer par la suite. 13. Aucune sanction n'avait 6t5 priee quand llEmprunteur n'a pas respect6 quelques clauses de 1'Accord de crddit. I1 faudrait plus de flexibilitg au niveau de la conformite ou alors prevoir des sanctions approprigea. REPUBLIQUE DU BENIN Nom : Projet de d4veloppement rural de la province du Borgou Numero du Credit: 1127-BEN, 1127-1 BEN Vice-Prgsidence rggionale: RIgion Afrique Pays: Rgpublique du Benin Secteur: Agriculture Sous-secteur : DIveloppement rural 1. En 1979 la Republique du Benin avait une population de 3.3 millions d'habitants avec un taux de croissance de 2,6% par an. On estimait que 95% de la population active adulte travaillait dans le secteur agricole, responsable pour 35% du PNB et pour 55% des recettes en devises. Le Benin figurait panni lee pays les plus pauvres du monde avec un revenu par tgte de 230 dollars EU. Pendant les annees soixante-dix lee activitgs de nature industrielle et les infrastructures avaient tendance 5 bgn6ficier beaucoup plus des allocations budgetaires (79%). Par contre, l'insuffisance de fonds alloues 2 la production vivriere n'a pas permis d'atteindre les objectifs fixes dans ce domaine. Pour pallier a cette situation, le gouvernement a adopt6 une politique du d6veloppement rural visant l'autosuffisance alimentaire, la creation des marches internes, et l'augmentation d'une production suppl6mentaire destinge B l'exportation. Le manque de projets proprement identifies, de finances limitees, ainsi qu'une serie de changements au niveau institutionnel engendres par le remaniement frequent de personnel de haut niveau ont fait obstacle la mise en vigueur d'une politique cohgrente. 2. Un bon nombre de sociBt6s para-publiquee Btaient responsables de 11ex8cution des programmes du gouvernement. Cinq de ces societes Btaient sous la tutelle du Ministere du Developpement Rural et de 1'Action Cooperative (MDRAC), y compris la SONAGRI, chargee de l'approvisionnement dee facteurs de production et de l9Bgrenage, et la SONACEB, charg6e elle de l'exportation des produits agricoles B l'exception de l'huile de palme. Une grande partie de la commercialisation de la culture vivriere a et6 assumge par le secteur privg avec un minimum d'intervention gouvernementale. En 1976, le gouvernement a Btabli des agences de developpement provinciaux, connues aous le sigle CARDER (Centres d'action regional pour le developpement rural). Ces agences qui reprgsentaient le MDRAC aur le terrain, avaient pour mission de promouvoir la production agricole en fournissant les services de vulgarisation, les facteurs de production, la commercialisation, la coopgration, l'entretien routier au niveau local, l'approvisionnement en eau et autres infrastructures. 3. Le projet Coton Zou-Borgou (Cr. 307-BEN, IIIeme partie) finance par la Banque, est le premier effort entrepris pour d6velopper l'agriculture beninoise au niveau regional. Le projet a fait face de nombreux problemes, lies pour la plupart aux modifications apportdes par le gouvernement aux politiques et institutions agricoles pendant la periode d1ex8cution, ce qui a causg la suspension des dgcaissements pendant neuf mois. L'IDA et le gouvernement ont decide de terminer le projet avant 1'4ch8ance. En raison de la volontg du gouvernement de poursuivre une approche plus rationnelle dans le domaine du developpement rural, une equipe locale, avec l'assistance technique, a conGu un projet de suivi pour le projet Zou-Borgou. Ce projet n'a jamais btg rgalise en raison des problemee structurels qui se posaient B l'bpoque. La Banque, cependant, a approuve un projet interhaire d'assistance technique (Cr. 716-BEN, IIIhe partie, 1) en mai 1977. Les fonds de ce crkdit ont servi 5 la preparation du projet de dkveloppement rural de la province du Borgou. C. Obiectifs et description du uroiet 4. Obie_ctifs. Les objectifs principaux du projet dtaient d'augrnenter le niveau des revenus ruraux et de promouvoir les exportations grdce 5 l'expansion de la production agricole. Cette expansion resulterait du renforcement des institutions et du cadre technique ainsi que l'am6lioration des services de vulgarisation, des coopgratives, de la formation et des services sociaux. Pendant quatre ans, le projet visait B atteindre environ 39.000 familles rurales qui constituent environ 57% des familles habitant la province. 5. fi 5 vi~aient rgorganiser et renforcer 1'agence d'ex6cution du projet, le CARDER Borgou, par le recrutement du personnel qualifi6, la formation, 1'assistance technique et l'approvisionnement des transports et materiels; 5 consolider et d6velopper les groupements de cooperatives de fermiers; d fournir les intrants et le credit; 1 dtablir la recherche appliquee; fournir des semences ameliordes; dtendre la traction animale; developper les bas- fonds; construire des puits; crger un systSme de suivi et d16valuation du projet; et renforcer la SONAGRI. Une nouvelle composante du projet a dte ajoutee au projet dans le cadre du credit supplOmentaire cofinance par l'agence fransaise d'aide, la CCCE. Cette composante visait d construire deux nouvelles usines d'ggrenage pour le coton et des facilites pour le stockage et A permettre l'achat de camions. D. Conception et oraanisation du proiet 6. Conception. Au moment de l1ach&vement du Projet Coton Zou-Borgou, le nouveau climat politique qui mettait en evidence la. decision du gouvernement de procdder avec le developpement rural de fason plus rationnelle, a cre6 une ambiance plus favorable pour la conception d'un projet de suivi d ce projet. On a tire des leqons du dernier projet, surtout en ce qui concerne la ndcessitd d'insister sur lee aspects organisationnels et d'bviter de se limiter h une seule culture commerciale, ce qui empecherait de repondre aux besoins des fermiers. Le present projet etait donc fond& sur la promotion des cultures commerciales (le coton et 1'arachide) et vivriere ( le maTs, le sorgho et le niebe).La conception du projet n'gtait pas nouvelle; il s'agissait plut6t de mettre en pratique les techniques telles que la traction animale et lea intrants payants. Etant donn6 que le CARDER dtait chargd de l'exdcution du projet, la portde du projet et see bornes geographiques Qtaient bien decidges. La preparation du projet au Bdnin a dtd effectu4e par 1'assistance technique, avec la supervision du personnel de la mission rgsidente de la Banque & Abidjan. 7. Orsanisation. L'un des buts principaux du projet dans le cadre de la rdorganisation du CARDER-Borgou etait de simplifier sa structure. Ce but a btB atteint au d4but du projet. Mais, la situation a change vers la fin de 1985 lorsque tous lea CARDER ont fait l'objet d'un nouvel organigramme qui ne tenait plus compte des caracteristiques sphcifiques des six provinces du Bdnin. I1 n'eet pas surprenant qu'en ce moment le nombre du personnel, qui jusque-12 n'avait pas d6passd les estimations du projet, ait augment6 consid0rablement. Le rapport d'gvaluation ne contient pas 1'0valuation de 1' impact de la nouvelle structure organisationnelle, mais le gouvernement a fait comprendre qu'il gtait probable que les resaources disponibles aux CARDER ne soient pas suffisantes pour les permettre de bien executer toutes les activitds dont ils Qtaient charges sous le nouveau systsme. 8. Une r6organisation inattendue des institutions est intervenue en 1983 lorsque la SONAGRI a 6tB abolie pour &re remplacge par la SONAPRA. Au dbpart, la division des respon~abilitbsentre la SONAPRA et les CARDER n'4taient pas suffisamment dgterminee, mais les CARDER ont fini par assumer la responsabilitg du fonctionnement des usines d'egrenage quF eat devenu une activite principale du CARDER-Borgou. Cette activite a renforc6 la concentration de la geetion Bur le cqton. Avec la restructuration du sous-secteur du coton en 1987, la reeponsabilitB du fonctionnement des usines dlBgrenage a Bt6 transfBr6e 3 la SONAPRA. 9. Comme le personnel du CARDER manquait relativement d'expbrience, il a sembl6 souhaitable d'embaucher une Bquipe d'assistance technique pour faciliter l'exi5cution du projet. Au debut du projet, l'bquipe Btait compoeBe de six experts recrutes pour travailler directement avec le CARDER ainei que d'un contrdleur financier et d'un chef comptable pour la SONAGRI, d'un agro-Bconomiste pour travailler dans le bureau de suivi et d'evaluation du projet sous le MDRAC, d'un chercheur en coton rattach6 h l'agence de recherche sur le coton (RCF), et d'un chercheur en cultures vivrieres h Borgou. L'bquipe d'expatriee du CARDER travaillait sous la supervision du directeur general du CARDER/le chef du projet, une disposition administrative qui a bien reussi. La performance globale de tous lea assistants techniques itait satisfaisante. Bien que la performance de quelques-uns des experts financiers, surtout celle du dernier chef comptable du CARDER-Borgou, qui faisait partie du personnel d'assietance technique, Btait satisfaisante, la plupart d'entre-eux n'ont pas travail16 comme l'on attendait. CARDER-Borgou et la SONAPRA Bprouvaient toujours des difficultes avec leur systeme de comptabilitg et financier meme h la fin du projet. Le projet n'avait pas mis en place un plan pour la formation de nationaux par l'0quipe d'aesistants techniques, ce qui a cr66 dans certain8 cas un manque de formation du personnel local qui en fait n'a pas tire profit de la prgsence des assistants techniques. 10. Dane sa conception, le bureau de suivi et dlBvaluation du projet devait gtre independant de loadministration du CARDER, sous la tutelle directe du MDRAC. Bien que l'objectif de cet arrangement etait de permettre h l'unit6 plus d'autonomie dans son jugement, ea positiofi hors du contrdle du CARDER mais en m6me temps dependant de lui financierement, n'a pas encourage de bonnes relations jusqu'au point 06 des rapports paralleles sur les activitgs du projet ont Bte publies sirnultanement. A la suite d'un seminaire national sur le suivi et l'ivaluation qui a eu lieu en 1985, il avait et6 determine que lee unites de suivi et d'evaluation devraient Btre consid6r6es par les directeurs des CARDER comme des instruments de direction et elles ont ete pleinement integrees dans les CARDER. Les relations entre la gestion du CARDER-Borgou et l'unit6 de suivi et deevaluation se sont amBliorees et l'allocation des ressources s'est opBree de maniere plus efficace. 11. Des dispositions ont Bte prises pour mettre en place un bureau charge de la coordination du projet (BCP) qui etait g6re par un coordinateur et servait de bureau de coordination dans la,capitale. Un haut fonctionnaire du ministsre a Ot4 char96 de cette coordination. En depit du fait qu 'une gamme d'activitgs ait ete inclues dans la description de ses fonctions, le coordinateur ne faisait que ce qui lui plaisait lorsqu'on ne le supervisait pas et en g6nBra1, n'etait pas efficace. L'abolition de l'unitB durant la pBriode de la ~Borganisationen 1985 n'a pas eu d'effet sur le projet. E. Execution du projet 12. En d6pit de quelques difficultes (cf. section F) l'execution du projet a eu du succ3s. Les fermiers ont rBagi de fason tres positive a la demande d'une augmentation de la production cotonniere et vivriare qui a BtB appuyee, dans le cas du coton, par de prix adgquats et (apres les deux premieres annees) de la disponibilite des facteurs de production. Les techniques amBlior6es introduites dans la production du coton ont facilite l'adoption de technique8 eimilairee dans la production vivrigre. Le projet a introduit des vari6t6s am6liordee de mafe qui e'ineirait bien dane le systsme de rotation du coton et qui ont d6montrdee le potentiel important pour la production du maZs dane la province du Borgou. La production a connu une croieeance importante bien que lee fenniers n'aient pas suivi toutee lee recommandations (par exemple l'utilisation des intrants) pour obtenir lee rendemente attendus-de ces variitde amilior6es. 3 La vaete diffusion de la traction animale constitue un facteur important dane l'accroissement de la production. Au cours de la deuxieme ann6e du projet, il y avait 12.600 boeufs de trait dans la zone du projet. A la fin du projet, plus de 27.000 fermiers poseedaient le materiel neceeeaire a la traction animale, alore que le projet avait estim6 un seuil de 10.000 fermiers. La disponibilit6 de la traction animale a resolu le grand probleme de la main d'oeuvre et a permis la cultivation plus repandue du terrain disponible. Le manque de personnel specialis5 dans la vulgarisation ayant une formation dans lee technique8 de la traction animale et lee problsmes de dessouchage a eu peu d'influence sur la croiseance, mais lea varietds de materiels utilieds dtaient limitges. Le projet autorisait le financement du materiel et non pas du boeuf de trait car il avait it5 supposi que la plupart des fermiers possgdait d8jS un ou plueieurs animaux ngcessaire S la traction animale. En effet, il y a eu une forte demande de fonds pour l'achat de boeufs de trait et on a Bt6 oblige de chercher une nouvelle source de fonds qui a &t& fournie par la Caieee rigionale de credit agricole mutuel (CRCAM). 14. Pour ce qui est de la production du coton, plusieurs ajustements ont 8te rgalisds dans la gestion de ce sous-secteur en vue de la croissance inattendue. Parmi les nombreux problQmes auxquels devait faire face l'induatrie cotonni3re au debut du projet, figurait le manque d'entretien des usinee qui devaient @tre remise en itat. A ceci s'ajoute le r61e ma1 ddfini de la SONAPRA qui hesitait avant de financer l'achat des intrants saisonniera et lea eemencee de coton. Ces deux problsmes ant 6t6 rgeolus au coura du projet. En g&n&ral, la commercialisation primaire dtait aesur6e d'une manisre satisfaisante par le CARDER, conjointement.avec lea groupements villageois, maie dea inefficacites au niveau de la manutention, du stockage et d'bgrenage ont mene a des pertes en quantitgs et qualitd. Pendant quelques annees, lee prix B l'exportation du coton beninois Btaient infgrieurs au prix moyen obtenua par les autres pays africains. Avec une capacite nominale d'dgrenage de 72.000 tonnee de graine du coton en 1986 et une croiseance de la production nationale estimde 130.000 tonnes dans les prochaines annees, il eat devenu evident qu'il sera nBcessaire d'etendre la capacitd, surtout dans la region du Borgou. Par consiquent la CCCE et le cridit supplementaire ont finance la construction de deux nouvelles usines d'egrenage, d'une capacit6 de 30.000 tonnee chacun. 15. Le projet a pourvu des resaourcea pour la recherche en coton, permettant l'introduction de diffirenta varietea de coton d'un rendement plus dlevie. On a entame la recherche dans lea cultures vivriares avec moins d'enthousiasme, surtout du fait que ceux qui ont c o n p le projet n'ont pas prdvu la necessiti de Financer la main d'oeuvre dans ce domaine. Bien que la performance de la variQt6 composite du maLs Btait clairement supdrieure aux varietes locales, elle ne resistait pas au streak et n'a ete remplacee par une variBtB qui pouvait resister lea streak et la secheresse qu'en 1988. Le projet n'a paa reuesi a divelopper et introduire une variet8 de sorgho d'un rendement plus &lev6 acceptable aux fermiers. La recherche des syst&mes a souffert des liens inefficacea avec le personnel du service de la vulgarisation ou avec lee fermiers eux- mgmes. Lee suggestions avancQes nlQtaient donc paa conformes aux exigences des fermiers. Le manque des agents sur le terrain a poae un grand problsme et a influ6 sur la bonne exgcution de la recherche. 16. Le programme de d6veloppement des bas-fonds qui visait B arngliorer la production du riz n'a pas rBussi en raison du manque de la participation des fermiers. C o m e on l'avait constate dans d'autres regions bhninoises, lee fermiers n'accordent pas une haute priorite 3 la riziculture et ont donc tendance donner B ce domaine moins d'intrants et de prendre moins de risque. La mise en place des structures de maftrise d'eaux par la diguette, par exemple, a eu un effet sur les activites saisonnieres mais les fermiers n'ont fait aucun ajustement leurs syat&me de culture pour absorber le travail euppl9mentaire. Par consequent, ils ne ee sont jamais engages produire du riz avec des technologies plus avancees. Lea resultats auraient pu &re different8 si on leur avait montrg qu'ils pouvaient profiter des nouvelles technologies. Le projet aurait dQ faire un essai des different6 syst5mee de culture pour determiner ceux qui Qtaient acceptable6 aux fermiers. 17. Au moment de la preparation et de 1'6valuation du projet, il a 6t6 prevu que lee Groupemente rivolutionnaires 2 vocation coopiSrative, GRVC, reconnaissant le ayetgme de propriete priv6 de la terre et de llBquipement mais encourageant la culture en bloc et collective, devienne l'institution principale pour atteindre lee producteurs. Durant l'execution du projet, les fermiers individuels recevaient la mOme assistance que les groupements puisque la participation collective nlBtait pas considOree comme critere pour le projet. A la fin du projet on ne comptait que 167 GRVC contre les 500 estimgs durant la periode d'9valuation. Cependant, lee GRVC existant ont entame la culture de parcellee de terrain plus vastes que l'on n 'attendait ( 11.000 contre lee 10.000 donnee lore de 1'evaluation) . La creation des groupements villageoie offrait une alternative aux GRVC. Les GV qui se distinguaient des groupements de fermiers par leur conduite moins formelle, ee chargeaient en principe de la collecte primaire du coton et permettaient aux fermiers de coordonner lee services au lieu de produire en tant que collectivitB. 11s ont bien r6ussi et les chiffres sont passes de 350 418. 18. Les risaues. Le redressement de la gestion inadequate et l'organisation mediocre identifigs lors de 1'Bvaluation du projet constituait le d6fi principal. Afin de minimiser ce risque, on a obtenu des assurances du gouvernement que les postes cles du projet seraient remplis par des personnes avec experience et ayant des qualifications satisfaisantes A 1'IDA et qu'il y aurait tres peu de changement du personnel. Le premier Directeur du projet Btait acceptable maie il a dQmissionnd en 1982. Malgr6 l'opinion g6nBrale qu'il n'avait pas suffisamment d 'experience , le directeur adjoint a fait fonction de directeur pendant deux ans jusqu'2 ce qu'il soit nommg directeur en 1984 sans objection de la Banque. Durant le projet, seul un haut fonctionnaire, le Directeur de l'unite de suivi et d16valuation,est rest6 a sea fonctions., Un grand remaniement du personnel de niveau plus bas a eu lieu pendant la reorganisation du CARDER en 1985. Les mouvements du personnel n'ont pas eu un effet important sur le projet. Grace 2 la presence de l'equipe d'assistance technique, qui en gin6ral a fait un bon travail (cf. paragraphe 9), les risques de mauvaise gestion ont 6te minimis6s. 19. La gestion financiere a pose le risque le plus important. Pour cette raison, une des conditions de la presentation du projet au Conseil dlAdministrationBtait que toutes les dettes encourues par la SONAGRI et le CARDER-Borgou soient annulgee pour permettre au projet de commencer sans aucun probleme financier. De plus, la provision financiere de l'bquipe d'assistance technique Btait tres importante. Nganmoins la gestion financiere a Bt6 le cdte de gestion du projet le plus faible et constituait toujours un souci. Comme on l'a indiqug dans l'examen du Statut des clauses (IIISme partie, 7) les delais dans la preparation des comptes n'ont permis la nomination d'auditeurs independante qu'en 1985, alors que meme en 1987 on ne considerait pas que le syet&me de comptabilit6 etait trPs efficace. 20. Un risque non prevu lors de 116valuation porte sur les difficult& pour le gouvernement de fournir lee fonds de contrepartie. Lee premiers problemes se sont manifest& en 1984 et ont continue jusqu'h la fin du projet. Dee le depart, on a reconnu que les flux financiers dans le soue- secteur du coton dtait defonnes jusqu'au point 06 le bargme ne reflgtait pas les vrais coQts. Lors des nggociations, on s'etait accord6 sur une rgglementation et un calendrier pour la modification du bareme. Quoi qu'une version rQvis6e ait BtB introduite avec un an de retard en 1982-3, le bareme n'a BtB modifi6 pour reflQter lee vrais coiits qu'& lf6poque d'une reorganisation supplgmentaire du sous-secteur vers la fin du projet. De mame, malgrg son accord de rgduire lee subventions pour les engrais et insecticides fournis aux fenniers, le gouvernement continuait a le faire; la reduction s'est effectuee sur une periode plus prolongee qu'on ne 1'avait envisage lore de 1'evaluation et la subvention n 'a bt6 6liminOe qu'en 1988-89. 21. Les objectifs du projet qui visaient d ameliorer le revenu rural et h accroztre lea exportations repoeaient sur une meilleure production du coton et de la culture vivriere. En realit6, le projet a dQpase6 toutes lee prt5visions de production (IIIeme partie, 6). Mgme pendant la quatrigme annee du projet qui correspondait a la premiere moitig de 11ex8cution du projet, la production dgpassait les previsions pour toutes lee cultures S leexception de l'arachide et du riz. On avait aussi remarque une croissance importante dans la production des ignames et du manioc. A la fin du projet (huitisme annee) le projet avait profit6 h plus de 40.400 exploiteurs, par rapport aux 39.000 estimes lors de llBvaluation. La production totale des differentas cultures dQpassait les objectifs c o m e suit: coton 163%, mais 56%, sorgho 26%, arachide 33%, niQbO 34%. Dans le cas du coton et du maFs le rendement Qtait plus &lev6 que les estimations donnges lors de l'bvaluation. Quant h la production accrue des autres cultures vivrigres, les rendements moyens restaient ~Qrieusementinfgrieurs aux estimations de l'bvaluation et l'augmentation de la production gtait due a l'expansion de la superficie cultivge. La preuve en est que la production des semences am6lior6es a dQpassQ les objectifs pour le coton et le maYs, mais est reatee considQrablement infgrieure dans le cas d'autres cultures vivrigres (IIIBme para. 4). 22. On estime que le cash-flow des fenniers a Bgalement connu une croissance plus 6levQe que prevu durant l'bvaluation du projet. Dane la huitieme annQe du projet une comparaison d'une exploitation se servant de la traction animale montre un revenu net de plus du double qu'estimQ pendant 116valuation du projet pour la cinquigme annQe au nord du Borgou et plus de 50% de la s o m e estimQe au sud du Borgou. Le nombre d'habitations ayant des toits ondulgs par rapport aux toits de paille a augmente de manisre considbrable. Les producteurs du coton ont Qgalement bQnbfici6 de ristournes dont le total dQpassait 3.200 millions de francs CFA (environ 10.7 millions de dollars EU) au cours de l'exgcution du projet. Les GV se sont servis de ces ristournes pour construire des Qcoles, dispeneaires et magasins dans leurs comunautQs. 23. L 'absence de donneem sur 1'Qvolution du systeme d'impdts au cours de la pgriode dlexBcution du projet ne permet pas une indication prQcise du cash-flow du gouvernement. Le cash-flow du secteur cotonnier Qtait positif jusqu'en 1984-5 quand il est devenu negatif et n'est redevenu poaitif qu'en 1989-90, la clature du projet. Ceci est en partie dQ aux prix plut6t faibles des exportatione entre les campagnes 1985-88 et 1988- 89. Cependant, les revenus du sous-secteur cotonnier par l'intermgdiaire du bareme ont support6 la plupart des coats de fonctionnement des quatre CARDER dans les provinces productrices de coton en l'absence des financementa provenant du gouvernement (para. 20). Bien que les coQts du projet n'aient que 95% des estimations faites lors de llBvaluation du projet (y compris le crgdit suppl6mentaire) en termes du DTS, ils dgpassaient les estimations de 60% en francs CFA. De plus, ils se sont 6tendus sur une pgriode plus longue que prQvue. On s'attend Z ce que dans un avenir trgs proche le cash-flow de la filiBre coton reste positif et que les coQts de fonctionnement tels que les salaires ne subissent pas de forte augmentation. Certains benefices seront neanmoins attribugs a d'autres activitds, c o m e par exemple le Deuxisme projet du dgveloppement rural de la province du Borgou. 24. Lors de l'gvaluation du projet, le taux de rentabilitb Qconomique (TRE) (IIIgme partie, 68) du projet gtait estim4 a 21%. A la suite d'une autre &valuation au moment de la mise en place du crgdit supplbmentaire en 1986, ce taux a 6t6 r6estim6 B 50%. Le prisent rapport donne un taux de rentabilitg de 35%. L'amblioration du TRE par rapport B l'estimation de l'bvaluation initiale du projet tient aux augmentations importantes de la production par rapport aux objectifs Btablis lots de 1'&valuation ( qui, pendant certaines ann&es, a largement cornpens6 la baiese des prix internationaux du coton). Cette amelioration tient aussi a la qualit6 supgrieure du coton exporte. Par rapport au taux calculb llOpoque du credit supplgmentaire, ce taux infBrieur tient au fait que dans la huitieme annge du projet la production de la graine coton Btait de 69.000 tonnes. Ceci compare B la production de 80.000 tonnes obtenues en 1986-87 qui a btb utilisge dans l'estimation du TRE pour le credit supplBmentaire. 25. C o m e le coton reprBsente une source importante de devises, un meilleur rendement, quantitatif aussi bien que qualitatif, a certainement contribue aux objectifs du developpement Bconomique. Le B6nin a toujours Btg auto-suffisant dans le domaine de la production vivrigre, mais l'augmentation de la production rbalis6e au cours de ce projet a permis un plus grand approvisionnement du maIs au sud du pays qui est dgficitaire et a amgliore la sgcurit6 alimentaire au niveau national. Malgre la hausse des revenus des fermiers, la pauvret6 ne semble pas avoir Bte rdduite ni le revenu redistribug parmi les groupements les plus vulngrables. I1 faut souligner cependant que le projet n'a pas BtB c o n p B cette fin et qu'il n'a pas accord6 une importance particuligre aux problgmes relatifs aux femnes. Par consgquent, les donnees sur ces deux sujets ne sont pas disponibles. I1 en est de m6me des problgmes de l'environnement. Compte tenu de l'effet nQgatif que peut avoir la production du coton sur le sol et de la destruction de couvert vegetal B la suite de l'expansion des superficies cultiv6es, il est ngcessaire de se pencher sur ce problgme. Le rapport sur la recherche (para. 15) et la preuve de l'utilisation accrue de la traction animale (para. 13) demontrent 1'effet qu'a eu la technologie sur le projet. Les institutions telles que la SONAPRA et surtout le CARDER-Borgou ont ben6ficiB de l'attention que leur a accord6 le projet. 26. Puisqu'il existe un projet de suivi, la durabilitg des benefices apportes par le projet ne pose pas de problgme dans llimBdiat. Dans l'avenir, il est probable que le rdle jou6 par lee groupements villageois et le secteur privg devienne plus important alors que celui jou6 par les institutions du secteur public c o m e la SONAPRA et le CARDER diminue. Le projet national des services agricoles simplifie lee activitgs du CARDER dans le but de reduire les coSts de fonctionnement. En principe, cette mesure devrait S la fois aider B rgaoudre le probleme du manque de' ressources gouvernementales et assurer les services aux fermiers. H. Performance de la Bansue 27. Le personnel de la mission rBsidente de la Banque mondiale Abidjan a supervise la prBparation du projet, effectuge dans le cadre du projet d'assistance technique, d'une manigre comp6tente. Lors de 1' evaluation du projet et des nggociations qui s'ensuivirent, un grand effort a Bt.5 dgploye pour rgsoudre tout probleme (surtout les problemes financiers, cf. para. 19) susceptible de faire obstacle aux activites du projet. Les missions de supervision se sont effectuBes de fason tout S fait rgguli6re. Dans les premigres annges du projet cependant, la tendance Btait de se concentrer beaucoup plus sur les aspects de production. I1 aurait peut- 8tre 6th preferable de auperviser plus inteneivement lea aspects financiers 3 cette Btape, dans la mesure oil le personnel responsable de la comptabilitB eprouvait des difficultgs B mettre a jour les dossiers financiers. La performance mediocre de la majorit4 des composantes non liBes au coton ou au maEs suggere qu'on aurait dQ se pencher sur ces aspects pendant les missions de supervision. - 28. La supervision du projet par la Banque a t frgquente et efficace dans la mesure 013 elle a permis de repondre aux besoins telle que la n6cessite d'agrandir la capacit6 d'bgrenage. Cependant en depit du contact rggulier une foia que le projet a dBmarr6, la Banque n'etait plus en mesure d'influencer lee changements organisationnels. Elle n'a pas opposB l'organigramme standard pour lea CARDER introduit en 1985, qui ne pouvait pas durer et qui nlBtait pas conforme B l'objectif prbvu de la Banque de simplifier la structure du CARDER-Borgou. La Banque n'etait pas deaccordavec l'attribution aux CARDER de la responsabilite de l'egrenage, un problQme qui n'a 6tB rBsolu que lor8 des negotiations du projet de relais. En ce qui concerne les problemes institutionnels, il sera n6cessaire d'entamer un dialogue plus profond avec le gouvernement sur des questions de politique ggnerale si l'on veut s'assurer un environnement favorable pour lee projets particuliers. I. Performance de l'emprunteur 29. La preparation du projet n'a et6 possible qu'& la suite de 11am61ioration du cadre ggnerale du developpement rural dans le pays. MalgrB la participation modeste 2 la prgparation du projet des fonctionnaires et cadres, au moment de l'evaluation du projet, toutes les parties concernees Btaient bien informges des objectifs et composantes du projet. L'emprunteur n'a pas tardB & remplir lea conditions pour la mise en vigueur du crt5dit, mais il n'a pas pu fournir une opinion juridique 2 temps, ce qui a retard6 la mise en vigueur du credit de sept mois. La tendance de l'emprunteur r6organiser les instituions du secteur une fois que le projet avait dBmarr6 a contribu6 aux problemes,de gestion et n'a pas facilite le bon fonctionnement des operations. c o m e indique dans le paragraphe 18, le personnel du projet nlBtait pas toujours le meilleur. ' Le transfert de quelques membres du personnel qui ont 6tB formes, c o m e par exemple l'homologue du specialiste en approvisionnement de facteurs de production et du crgdit, a aussi constitub un probleme. Dans les premieres annees du projet, quelques problemes relatifs & l'acquisition des facteurs de production se sont manifest6s. Dans les dernieres &apes du projet, c'est le financement de la part de l'emprunteur qui etait devenu un problsme epineux. 30. On retient c o m e leqon principale de ce projet le rdle important de la creation d'un climat favorable pour l'accomplissement d'objectifs. Le maintien d'un prix incitatif du coton et d'un systsme de bon approvisionnement des facteurs de production et l'introduction d'une strategic de commercialisation ont assure la r6ponse positive des fermiqrs. Un systeme stricte de contrdle des coiits, nBcessaires pour la creation d'un climat favorable, et l'adoption d'une approche plus cohgrente des institutions du secteur public reste essentiel. ' J. R a ~ ~ o r tentretenus dans le cadre du ~roiet s 31. Les rapports positifs entretenus par le personnel de la Banque qui supervisait le projet et 1'Bquipe de gestion dans le cadre du projet ont permis une reponse assez rapide aux problemes au fur et mesure qu'ils se poeaient. 32. Les rapports entre la Banque et les autres bailleurs de fonds, le FIDA pour le Cr. 1127 et la CCCE pour le Cr. 1127-1, semblent avoir bt& favorables. Le FIDA a particip6 2 quelques missions de supervision et a ausei fourni de l'assistance en ce qui concerne la composant suivi et Bvaluation. La CCCE, par contre, a suivi conjointement avec la Banque la performance de la filiere coton. 3 I1 n'y a pas eu de rapports entre le gouvernement et le FIDA h part le lien financier de l'emprunteur et l'agence de financement. Les rapports entre l'emprunteur et la CCCE h l16gard de ce projet ont Bt6 renforcbs par la participation de la CCCE dans les activites de preparation et 18Bvaluation du projet de relais. K. Services d'assistance technicwe 34. La performance de 1'Bquipe d'assistance technique fournie dans le cadre du projet est examinee dans le paragraphe 9. L'intervention d'une Oquipe aussi importante et la formation insuffisante du personnel local auront un effet nggatif sur la durabilitg des activitgs du projet. D'autre part, on peut se demander si la situation de la comptabilit6 dQja compliquge n'aurait pas s'empir9 sans l'intervention intensive des experts financiers, embauchge a long ou court terme. 35. Le travail des entrepreneurs etait tout 3 fait mediocre. Dans le cas des locaux pour le sisge du CARDER et pour le centre de formation a l1INA, l'entrepreneur initial est tomb6 en faillite. La Direction de genie rural du Ministere du dgveloppement rural a terming le travail au sisge du CARDER avec cinq ans de retard, et le centre de formation dtait toujours en cours de construction 3 la fin du projet. L'usine de traitement des semences mentionn6e dans le rapport d'bvaluation devait avoir la capacitg de 600 tonnes, mais a BtB construite avec une capacite de 6.000 h 7.000 tonnes. Elle ne fonctionnait toujours pas a la fin du projet, des probl6mes techniques ayant bloqug son fonctionnement. On a rBalis6 une production sup6rieure des semences, sauf dans le cas du coton, de 193 tonnes 5 la fin du projet (IIIsme partie, 4), ce qui laisse supposer qu'une usine d'une capacitg de 600 tonnes aurait et6 trop grande. La performance relative des entrepreneurs durant 1'exgcution du projet d6montre le besoin d'une dtroite supervision de la part de la Banque et de la direction du projet pour le choix des entrepreneurs et pour l'ex6cution de leur tache. Les faiblesses de la division de genie rural ne l'ont pas permis de superviser les travaux publics; il aurait donc it6 souhaitable de se pencher plus sur le genie civil dans les missions de supervision (une seule mission a amen6 un ing6nieur de gdnie rural). L. Documents et donnies du projet 36. L'Accord de credit du projet avait couvert plusieurs domaines. Dans ce cas, le problsme qui s'est pose dtait le manque de prioritd donnie aux dispositions et 1' absence des sanctions intermgdiaires. Par exemple, on ne pouvait pas envisage de suspendre lee dgcaissements parce qu'un systeme de recouvrement des coiits sur les semences n'avait pas bt6 install6 avant le 31 dBcembre 1983. Cette disposition a simplement ete negligee par le personnel de la Banque. D'autres provisions telles que la reduction des subventions accordges aux facteurs de production avait fait 1' objet de vives recommandations sans aucune pression financisre. Certaines dispositions doivent &re plus flexibles afin de s'accomrnoder aux circonstances et examiner la possibilitb d'btablir des sanctions en cas de non conformite aux dispositions Btablies. 37. La plupart des composantes du projet, h l'exception peut-0tre du dBveloppement des groupements cooperatiis des fermiers, Btait executgee selon les regles Btablies dans le rapport d'evaluation, ce qui suggere que ces regles ont servi de cadre de rdfdrence pour la Banque et l'emprunteur pendant l'execution du projet. 38. Une grande partie des donndes relatives B la pr4paration du RAP dtait disponible dans la division ou dans le service d'informations pour la rggion Afrique. Un seul rapport d'audit se trouvait au siege de la Banque. Une part des renaeignementa comprie dane la premiere et troisieme partie du RAP provient du RAP redig6 par l'emprunteur. 1. Dans son ensemble, le projet du Borgou a eu un grand succss dans le cadre de la forte hausse de la production cotonnisre. Grace a ce projet, une 6conomie de march6 a remplac6 la production de subsistance. MalgrO quelques difauts le projet a eu un effet positif. A. Aspects positifs du proiet 2. Le projet a entralnO: (a) la vaste participation des fermiers au projet, qui s'est traduite en 80% d'avoira & la fin du projet; (b) l'enthousiasme des fermiers pour la production cotonnisre facilitge par l'introduction des prix d'incitation par le gouvernement durant les six premisres annees du projet et a entralng l'utilisation accrue des intrants; (c) l'amelioration des revenue des fermiers resultant de l'auqmentation marquee de la production des cultures, notamment celle du coton, et de l'auto-suffisance alirnentaire et l'accss des forces du march8; (d) la hausse du niveau technique des agents de vulgarisation grdce aux diffgrents types de formation, permettant ainsi une amelioration du travail de vulgarisation avec les fermiers; (e) la prise en charge de l'approvisionnement des facteurs de production et de la commercialisation de base par les groupements de fermiers; (f) les resultats encourageants de la recherche agricole, notamment en ce qui concerne l'introduction des nouvelles varietes de coton et de maXs B rendement plus &lev&; (g) l'utilisation repandue de la traction animale; (h) l'am8lioration de la gestion financigre. B. Les defauts du projet 3. Le projet n'a pas reussi dans la mesure 06: (a) l'absence des varietes am6lioreee du sorgho n'a pas permis son approvisionnement aux fermiers; (b) les programmes techniques proposes pour les cultures vivrisres, y compris la pratique de la polyculture par lee fermiers, nlQtaient pas appropries; (c) on n'a pas reussi appliquer les doses recommandOes d'intrants 2 certaines cultures; (d) on continuait la cultivation itinerante (culture sur coupe et brdlis) malgre son effet nefaste sur l'environnement; ce probl&me est plus preoccupant dans la province du Banikoara oG la culture du coton domine; 1/ L'unitB dlBvaluation et de suivi du CARDER-Borgou a prepare le RAP selon l'ancien modsle. Le RAP ne contient pas une evaluation de la performance de la Banque, de l'emprunteur ni des bailleurs de fonds et n'adresse pas l1efficacit8 de leurs rapports. La IIGme partie traite donc les conclusions principales en ce qui concerne le projet d'aprQs la redaction du RAP de l'emprunteur. (e) seule une sdrie limitee de materiel pour la traction animale dtait utiliake, limitant par la suite lea fonctions au recouvrement ;; ( f) le programme du developpement des bas-fonds a 6choud; quelques bas-fonds ont BtB dbvelopp6s mais pour la plupart ne sont pas assez utilis8s; (g) le nombre de puits n'btait pas suffisant; (h) il y a eu un manque de d6bouches pour les cultures vivrieres qui se traduisait par les bas prix des producteurs; (i) les changements de personnel dtaient frdquents; en fait, de tous lea hauts fonctionnaires du projet, le seul qui est rest6 au CARDER-Borgou est le Directeur de l'unitb de suivi et d'evaluation. 4. Nombreuses sont lea leqons tirer de l'experience et des erreurs comrnises au cours de l'exbcution du projet. Ces lepons soulignent la prdfbrence d'incorporer dans la conception de projets Bventuels lee exp6riences vecues et dlBviterla proposition de solutions qui ne tiennent pas compte de la participation active des bbneficiaires du projet. 5. Lee dgfauts du projet reposent sur plusieurs facteurs: (i) au niveau des ressources humaines, lea rhticences des fermiers B accepter lee innovations introduites, la performance mediocre de certains agents de vulgarisation, etc.; (ii) au niveau du materiel, le retard mis acqu6rir le materiel, le manque de varigtbs amblior6es de certaines cultures, etc.; (iii)au niveau structurel, les procedures administratives trop lourdes; et (iv) au niveau des finances, le fait que le gouvernement du B6nin n'a pas mis de fonds 2 la disposition du projet. 6. Les atouts du projet sont nombreux et laissent 5 croire que globalement il a eu un effet positif. I1 a beaucoup profit6 aux parties concernees. A la lumiere des premieres estimations, le taux de rentabilite du projet n'a pas degu lee autoritds. (Dans le RAP de l'emprunteur, le taux de rentabilitb etait eatid 2 la%.) La diffirence entre cette estimation et celle cit6e dana la troisieme partie de ce RAP s'explique par l'hypothsse employee pour les prix du coton entre la neuvieme annee et la vingtisrne. Lee estimations de l'ernprunteur sont basees sur lee prix reels 5 la production qui prevalaient en 1989-90 (francs CFA = 104.25/kg), tandis que les prix cites dans la troisieme partie s'appuient sur les projections des prix des produits primaires fournies par la Banque mondiale (une moyenne de 133,50 francs CFA/kg au cours de la pgriode). D'autre part, l'emprunteur n'a pas convertis les coiits et benefices historiques en termes constants.) 7. Compte tenu de ce rapport, nous pouvons conclure que le projet de d4veloppement rural de la province du Borgou (premigre phase) a provoque la hausse du niveau de vie de la population beninoiee, tout en ralentissant l'exode rural de la campagne dont lee effets sont nornbreux et se repercutent a tous les niveaux de la societe dans la province du Borgou . 8. Bref, les Bchecs et difficultes experirnentees au cours des huit ann6es de L'exBcution n16taient pas en vain. 11s ont permis l'identification d'un bon nombre de conditions qui semblent necessaires pour am#liorer la productivite et les conditions de vie des fermiers. 9. Un tel cadre perrnet de comprendre la volonte de la population de poursuivre une deuxisme phase de ce projet de developpement rural afin de consolider, etendre et intensifier les benefices accomplis dans le cadre de ce projet. 10. Nous aimerions donc profiter de cette occasion pour remercier toutes les agences d'assiatance financiere pour leur appui inconditionnel, ainsi que lea institutions et individus qui ont contribu6s d'une faqon ou d'une autre d 11ex9cutionde ce projet. 1. Credits a~~arentesde la Banpue 1 Titre du credit Objectif Annee Situation Remarques d'approba- tion Credit 307-BEN Incitation de la 1972 Suspendu Performance Projet coton ZoU-Borgou production du coton non- satisfais- ante; dQ surtout aux problemes institu- Credit 716-BEN Renforcement de la Entre Projet d'assistance SONAGRI et du CARDER et autres, technique preparation des projets responsable 1 d'investissement agric. de la prgparation du present projet Cr. 1877-BEN Consolidation des En cours benefices du ler d 'execution projet, preparation d'un programme de moyen terme pour le secteur rural, reorganisation du sous-secteur du coton Observations: Le Credit 307-BEN a Bte examine dans le rapport d'audit de performance (no. 2034 d'avril 1980) qui a indique que l'absence d'une comp6titivite dconomique entre le coton et le mafs a diminu6 lee incitations pour la production du coton, que l'administration affaiblie du projet a donne lieu 3 la deterioration des services fournis aux fermiers et que les changements des institutions gouvernementalee ont supprime llexpQrience accumul6e au niveau des institutions. La culture cotonniere comme vivriere (sauf dans le cas de l'arachide) n e apas connu la croissance attendue lors de l'bvaluation du projet. Aspects positifs: une augmentation consid6rable de l'utilisation de la traction animale, l'adoption par les fermiers de nouvelles techniques pour la production du male et du coton et dee methodes pour la protection phytosanitaire, et l'activite des groupements villageois. 2. Calendrier du proiet Cycle du projet Date pr6vue Date effective CREDIT 1127-BEN Identification septembre 1978 octobre 1978 Preparation 1979 1979-1980 Evaluation mai 1980 mai 1980 NIgociations du credit janvier 1981 janvier 1981 Approbation par le mars 1981 avril 1981 Conseil d 'Administration Signature du crQdit avril 1981 avril 1981 EntrQe en vigueur du aoiit 1981 mars 1982 credit Achgvement du projet juin 1985 decernbre 1988 Cldture du credit dgcembre 1985 octobre 1989 CREDIT 1127-1-BEN NBgociations fevrier 1986 fevrier 1986 Approbation par le mars 1986 avril 1986 Conseil dlAdministration Signature du cr4dit avril 1986 mai 1986 Entree en vigueur du juin 1986 fevrier 1987 crQdit Achevement du projet juin 1988 decembre 1988 ClBture du crgdit d4cembre 1988 septembre 1989 3. DBcaissements du credit Decaissements estimatifs et effectifs cumulgs (millions de dollars) -L Estimation a 1'gvaluation Montant effectif E

Informations clés
Type de document Project Completion Report
Date d'adoption
Pays Bénin
Source Banque mondiale