Groupe de la Banque mondiale · Project Performance Assessment Report

Cameroon - Cocoa Project : Cameroun - Cacao Projet

Cameroun Banque mondiale
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Texte intégral

Document de La Banque Mondiale A N'UTILISER QU'A DES FINS OFFICIELLES Rapport No. 5140 RAPPORT D'EVALUATION RETROSPECTIVE CAMERGUN PROJET CACAO 1 8 juin 1984 DGpartement des Gvaluations r6tros~ectives des opgration~ T R A D U C T I O N NON-OFFICIELLE A T l T R E D'INFORMATION - Le present document fait I'objet d'une diffusion restreintc, rt ne peut etre utilise par ses destinaiaires que dans I'exercice de leurs fonctions officielles. Sa teneur ne peut Otre autrement divulguk sans I'autorisation de la Banque Mondiale. 2 POIDS ET MESURES Systeme metrique SIGLES CCCE - Caisse centrale de cooperation kconomique (Banque fransaise de developpement) FAC - Fonds d'aide et de cooperation (organisme d'aide franqais) FONADER - Fonds national de developpement rural IRAT - Institut de recherche agronomique tropicale (institut de recherche franqais) IRCC - Institut de recherche du cafe et du cacao (institut de recherche franqais ) LPAC - Lutte phytosanitaire et anti-capside ME - Ministere de l'equipement RAP - Rapport d'achevement RER - Rapport d'evaluation retrospective SODECAO - Societe de developpement du cacao SOCOODER - Societe cooperative de developpement rural SPC - Service des pistes cacaoyeres USAID - Agence des Etats-Unis pour le dkveloppement international ZAPI. - Zone d'actions prioritaires integrees (precCdemment appelees Zones de developpement integrees) TAUX DE CHANGE Monnaie (abreviation) Franc CFA (FCFA) Annee Taux de change Moyenne, annee d'evaluation 1 dollar EU = 250 francs CFA Moyenne, annees d'exhcution 1 dollar EU = 230 francs CFA Moyenne, annee d'achevement 1 dollar EU = 290 francs CFA RAPPORT D'EVALUATION RETROSPECTIVE CAMEROUN .PROJET CACAO (PRET 1039-CM) Table des matieres Pages Preface .......................................................... i-ii Donnees de base .................................................. iii Faits saillants ................................................ iv-vi MEMORANDUM D'EVALUATION RETROSPECTIVE DU PROJET RESUME DU PROJET .................................. Introduction ...................................... 1 Formulation du projet ............................. 3 Execution du projet ............................... 5 Administration du projet .......................... 7 Effets du projet .................................. 9 POINTS IMPORTANTS ................................. 11 A . Developpement de la culture du cacao en Afrique de l'0uest ...................... 11 B . Respect des clauses du pret .................. 12 C . Camerounisation .............................. 13 . D . Construction et amelioration de pistes rurales 14 E . Perspectives d'avenir ........................ 17 Tableau 1 : Pr6ts a 14agriculture .............................. 19 Tableau 2 : Production de cacao brut en Afrique ..*.........*... 20 Tableau 3 : Deboursements par categorie * * * * * * * * 21 Tableau 4 : Personnel expatrie ................................. * * ** -* ** - * 22 Piece jointe 1 : Respect des clauses du pr6t . Etude de cas .... 25 Piece jointe 2 : Aide-rnemoire (23 avril 1981) ................. 35 Annexe 1 : Comentaires de la CCCE. Yaounde .................. 41 Annexe 2 : Comentaires de la CCCE. Paris .................... 45 Annexe 3 : Comentaires du Ministere de l'agriculture ........ 47 Annexe 4 : Comentaires du Ministere des finances ............ 49 (Table des matieres .suite) Pages RAPPORT D'ACHEVEMENT DU PROJET I . Introduction ...................................... 53 I1 . Le secteur cacaoyer ............................... 53 I11. Formulation du projet ............................. 55 IV . Execution du projet ............................... 62 V. Justification du projet ........................... 76 VI . Developpement des institutions .................... 78 VSI . Performance de l'emprunteur et des banques ........ 79 VIII . Impact du projet .................................. 80 IX . Conclusions ....................................... 81 ANNEXE 1: CoGts estimatifs et reels ......................... 83 . Carte BIRD 10805 RAPPORT D'EVALUATION RETROSPECTIVE CAMEROUN - PROJET CACAO (PRET 1039-CM) PREFACE Le present document constitue le rapport d'evaluation retrospec- tive du Projet cacao realise au Cameroun, pour lequel un pr6t (No 1039-CM) de 6 , s millions de dollars, accorde a la Republique du Cameroun, avait 6te approuve en septembre 1974. Le projet a ete cofinance par d e w orga- nismes franqais, le Fonds d'aide et de cooperation (FAC), qui a octroye un don d'une contre-valeur de 1 million de dollars, et la Caisse centrale de cooperation economique (CCCE), qui a consenti un prGt d'une contre-valeur de 5,s millions de dollars. Le projet devait Gtre acheve en decembre 1980 au plus tard et la date de cl6ture du pr6t avait ete Eixee a juin 1981. Cette date a ete reportee au 31 decembre 1981 et le montant total du pr6t a ete decaisse, le dernier versement a ce titre ayant ete eEEectue le 10 mai 1982. Le rapport d'evaluation retrospective comprend un memorandum d'evaluation retrospective prepare par le Departement de l'evaluation retrospective des operations et un Rapport d'achevernent du projet (RAP) en date du 5 avril 1983. Un projet de rapport date de novembre 1982, intitule "Rapport d'achevement du Projet cacao, 1974/75-1981/82", prepare par le FAC pour la Societe de developpement du cacao (SODECAO), l'organe d'execution du projet, a servi de base a la preparation du rapport d'ache- vement. Etant donne la supervision extensive dont le projet a beneficie au cours de ses dernieres phases, et de la disponibilite de ce rapport du FAC, aucune mission speciale l i k a l'elaboration du rapport d'achevement n'a ete organisee. Le rapport d'evaluation retrospective se Eonde sur l'examen du Rapport dl-evaluationdu projet, No 462a-CM, en date du ler aoGt 1974, sur le Rapport du President No P-1485-CM, en date du 21 aoGt 1974, sur les Accords de prBt et de projet, en date du 18 septembre 1974, ainsi que sur le Rapport d'achevement du projet. Les dossiers du projet, notamment la correspondance avec 1'Emprunteur ainsi que les memorandums internes de la Banque sur des questions touchant au projet, ont ete consultes et les services de la Banque associes l'execution du projet ont ete interroges. Le rapport du Departernent de l'evaluation retrospective des operations (Etude de la politique operationnelle, respect des clauses du prGt, Rapport No 4090, Supplement : etudes de cas) en date du ler septembre 1982, qui contient un chapitre sur le Projet cacao au Cameroun, a Bgalement ete utilise. Une mission du Departement de l'evaluation retrospective des operations a sejourne au Cameroun en novembre/decembre 1983 (cette msme mission a egalement ete chargee de l'evaluation retrospective du Dewieme projet cacao en C6te d'Ivoire - Pret 1069-IVC). Les renseignements obtenus au cours de la mission ont ete utilises pour verifier la validite des conclusions du rapport d'achevement du projet. L'analyse detaillee de l'execution du projet faite par la mission d'audit se trouve dans un document, disponible dans le Departement de l'evaluation retrospective des operations. Le Rapport d'evaluation retrospective (RER) confirme les principaw elements contenus dans le rapport d'achevement et parvient a plusieurs de ses conclusions. I1 est regrettable, toutefois, que les informations quantitatives du Rapport d'achevement soient relativement limitees. Les questions examinees dans le memorandum d'evaluation retros- pective ont ete choisies en raison de leur importance a l'egard de ce projet et d'autres projets beneficiant de l'appui de la Banque. Copie du rapport ktait envoy6e le 6 avril 1984 au Gouvernement et cofinanciers pour comentaires. Comentaires reGus sont inclus dans ce rapport c o m e une Annexe. Les auteurs du present document tiennent a remercier les hauts fonctionnaires du Gouvernement de la Republique du Cameroun et l'organe d'exhcution du projet, ainsi que les agriculteurs de la zone du projet auxquels les missions ont rendu visite, de l'aide precieuse qu'ils leur ont fournie au cours de la preparation du document de travail dont le Memorandum df6valuationr6trospectif resume les conclusions, et qui est disponbile sur demande dans le Departement de l'evaluation retrospective des operations. Rhsulracs en ? R6.ulc.c~ ou dam p r h v i r i o n ~ damihra esciaacion de 1 ' 6 v a l u l c i o n CeOc coca1 d u projec (en m l l l i o n a da d o l l a r s ) 55.5 233 Itoncant du prec (an m i l l i o n s d m dollar#) 6.5 LOO Cofiluuc-sc (en m i l l i o n s d e d o l l a r s ) Fonda d ' a i d a ec da c o o p 4 r a c i o n ~ i ~ r . ~ c c ) Cairn.. c e n t r a l e da eoop6racion k o n a i q u r (France) 1.5 Data d'.chbv.mant d .. C l b . n t a mac6rials 12/80 Proporeion achevCa L L a dace prtvue ( 2 ) LOO raux da r e n t a b i l i c 6 C c o n a i a u e ( Z ) 26 Performance dea i n s c i c u c i o n s bonnc P6sulc.c. rur I s plan agronosiqu. ban* n.d. - DATES Conc.pciom du pr0j.C par Len n a w i c e n da La Banqua N6toci.C ion. Approbation par l a Consail Daca da L'Accord da prec Dace d'encr6a en v i g r a u r Date d a c l b t u r e Dkaian-ara e.tL.CiLa (an m i l l i o s a da dollars) 0.8 1.7 2.7 4.0 5.4 6.5 6.5 6.5 D 6 c a ~ a a . r a c l e t t e c c i f a ( e n m ~ l l i o o ad e d o l l a r s ) 0,3 L.4 2.4 3.2 -.6 5.6 5,6 5,5 D k a i s a m c a .ffncifs/d4eaiss.-uce emchmcita ( 1 ) 38 82 89 80 85 96 86 O L O Condicioas du p r 4 t : $ , 5 million. da d o l l s r s . hchtanca 20 an., diff6r4 d. remboursemenc 5 an., inc@rtc R :. Daca du d a r n i a r d4caian.rnc: 10 m i 1982 3oac.nc du prins~p.1 ralbour.6 : 0.86 m i l l i o n d e d o l l a r . ) Eocour. du p r i n c i p a l non r d o u r s l : 5,s m i l l i o n * da d o l l n r s )au 10 . a p c r b r a 1983 Obligacim d . l ' l q r u n c a u r /d : 4 , 9 3 million^ d* d o l l a r s ) Data du d a r n i e r r d o u r s m c : 01/10/9h D O m s C O K I P M U S ~ISSIOfIS Holbrm da journta. TYP* Ernoyb. Moi.1 N&.r dm sur 1. Boca da de -- Xission / i par -I . p a r s ~ ~ . terrain C.#rr8 Is pmrfo-nee Tend.=. 1 ' ~ r o b 1 b . s /h Idancification Ianqw I972 Pr6paracioa li bnque 197113 Cvallurim 10-11/11 5 100 A.A.E.F.~ Supmniaion I 12/7& 2 10 C.l I 2 S u p a n l s i a I1 05/73 2 I0 ~ . m 2 2 F ,AR.PI Suporriaion 1 11& 11/75 1 5 F 2 2 3 S u p . n i a i o o .IV 06/76 1 7 P 2 2 3.m 5up.niaioo V 12/76 2 20 P.C 3 2 M.&P S u p . n i a i o n PI / I 06/77 . 6 L4 I.A.L.n 2 2 AR,PI.P s u p m i m i o n VII- 11/77 2 24 F.M 2 1 M.P S u w n i a i m VIII & W178 I 13 2 2 K.AR.P Suparrision U 06/18 3 26 P.M.JC 10 Supanisim X 06/79 2 18 F.D 5 Y.19.P Supmrriaion XI 12/19 1 2 AB 1 2 ?(.M,P Supanision X I 1 OLI80 2 20 AR.E 1 2 *,AR.P S u p m n i s i o n XI11 08/80 3 16 A.A.~ 1 1 Y,M,P Supaninion X N 03/81 2 2I A.AR 3 1 AR.P S u p . n i s i m XV LOI81 I 6 A 2 2 F Total e u p e n i a i o n AUTW8 WRRZS hprunc~ur Blpubliqu. du C-roun 0~1.0. ~ ' " C U C ~ O D C x a e i r a budy4taire d e 1'L.pornt.ur Projac p r 4 ~ 6 i a n c Soci6~6 1.r jui1l.c AUSm - da d h l o p p - c 10 j v i n du cacao (SODIC*0) Projet r e l e i s luem ~ -~ - - . A panic d m L a d a t e da r i m a c u r e . Len o b j n c i f . d e rend-at n'onc pas 6c4 sttoinc.. L. a d r e dam b 6 n t f i c i a i r a s e s c i n f t r i a u r u prhvinion. de I a 6 v a l u a c i o n . - Y c a p r i a l e s .just-nta da caux d l chans. indigul. d m . 1'Ec.c r6SapiCulaclf des p r d t r en dace du 30 scpcembrc 1183. E ;' 6 c o n a i s t e ou Cconmiste-as-*; . - - . - -- A ~ ~ c o a a e P aoalynce f i n a n c i e r : F O e x p e r t foremtier: R ing6nr.ur d.m roucas; A R e x p e r t en culcurem arbusciv*.: C .Ip.rc en cacao; H * oxpert an marketing: D chef a d j o i n c d e d i v i s i o n ; -. JC jeunes cadnm. 1 1 'Wliorarion; 2 3 - ~ w u n - pcoblk. w ~ r o b l k a P r o b 1 k . s d. q e s c l o n ; F - minaur.; 2 Etac r c a c i o n n e i r e : 1 P r o b 1 k . s d ' i n p o r r a n c e ooyenne; 1 P r o b l b r . Einonei.r*; . D4c6rioracion. P P r o b 1 k . n P o l i c i q u e ~ ;T Probl&m. shriaux. P r o b l b e s tcchniquem; e c n -burre. problhs. Xon c m p r i a lea mission. d i ~ r i n c c c s.ff.ecu6.s par l e p.rmonnel l e s progr-a au le. e x p e r t s pour examiner certain, 6 l C r n c r du projec ( p a r cxcmpla. Ler p i a c e s r u r s l e s ) . Des rspr6nencancn des orsanismcm cofinrnciers enr parcic:pd L 1. pluparc der rniaslons. La compo*anCe plsCe. ruralem d u pro]eC a 4th 9up*rvlShe r6parCmcnc m . 1 ~ en permanence pendant courc 1. d u r b du p r o j e t par 1 . personnel de L'Unich d e s piaces r u c a l c s L Abidjan. Pr6paracion par Lcs conaulcancs rupervi.6. par 1 . n i a a i o n r h g i o n a l s en Afrique d . 1'0ue.c. En o u t r e . un ing6nieur d s . roucn* a s u p e r v i r 4 I. c m o r a n r e p i a c e s rural*. en d6eerbr. 1175 e r en mmi 1976. H i l a i o n sp6eiaLe d 'c. xm. n rpprofondi. Ex-n approtondi d e s anpeccs eechniques. Suparvisim rupplb.nraira I 1 . suicr d* p r o b l h * exCepcionnaLr. Aucune nocarion: c m c a rendu da mission e x c l u s ~ v . a n c . RAPPORT D'EVALUATION RETROSPECTIVE DU PROJET CAMEROUN - PROJET CACAO (PRET 1039-CM) FAITS SAILLANTS Le Cameroun, avec une population d'environ 9 millions d'habi- tants, est l'un des pays d'Afrique ou, d'une zone a l'autre, le climat, les conditions ecologiques, la densite demographique, les groupes eth- niques et les cultures traditionnelles sont le plus diversifies. Jusqu'a l'accroissement rapide de la production petroliere, l'economie du Cameroun reposait sur l'agriculture et ce secteur continue d'offrir des possibili- tes de developpement. Le secteur agricole camerounais se caracterise par la predominance des petites exploitations. L'amelioration de la producti- vite sur les petites exploitations a ete lente, mais les efforts se pour- suivent en vue d'identifier des methodes d'approche permettant d'obtenir de meilleurs resultats. Le Cameroun figure parmi les principaw produc- teurs de cacao du monde et vient en cinquieme place apres la C8te d'Ivoire, le Bresil, le Ghana et le Nighria. La production de cacao est passee d'environ 35.000 tonnes en 1946 aux environs de 110-120.000 tonnes a l'heure actuelle. Le Projet cacao represente la cinquieme ophration de prst de la Banque a l'agriculture camerounaise. L'objectif du prGt etait de remettre en etat quelque 35.000 ha de plantations de cacao existantes et de planter jusqu'a 15.000 ha de planta- tions nouvelles en utilisant des varietes hybrides a fort rendement. Le projet prevoyait egalement des services de vulgarisation, de la formation, la creation de cooperatives et des recherches d'adaptation, ainsi que l'amelioration de 950 km de pistes rurales. L'execution du projet devait 6tre confi6e a un organisme nouvellement crhe, la SODECAO (Societe de developpement du cacao), la fourniture de materiel et le recrutement du personnel necessaire htant egalement prevus dans le cadre du projet. Au cours des d e w premieres annees l'execution du projet s'est deroulee de fason assez satisfaisante, mais, par la suite, des difficulths serieuses sont apparues. Le projet a 6te acheve, pour l'essentiel, dans les delais prevus, mais pour un coGt d e w fois plus important. D'autre part, les niveaux de rendement vises ont ete loin d'6tre atteints et l'augmentation de la production a donc eth minime. Dans ces conditions, on a estime que le t a u de rentabilite a l'achevement du projet etait negatif. Le projet s'est heurtk a de serieux problemes organisationnels et institutionnels ainsi qu'a des difficultes techniques serieuses. La conception du projet se fondait sur des hypotheses trop optimistes quant a l'amelioration des rendements; les enveloppes techniques proposees dans le cadre du projet n'ont ete adoptees que dans une faible mesure, ou bien, du fait de la situation socio-economique, sous une forme considr5rablement remanike qui a reduit a neant les augmentations de rendement prevues. L'organisme charge de la realisation du projet a ete ma1 gere et les effets de cette mauvaise gestion se sont repercutes a tous les niveaw. Cette situation a fini par provoquer un arrGt de facto des decaissements; cette mesure a entraine une reorganisation et une amelioration, mais il etait trop tard pour que ces dernikres aient des effets benefiques sensibles sur l'execution du projet. Les faiblesses de gestion et d'orga- nisation de la SODECAO ont ete aggravees par l'incoherence de la politique adoptee par le Gouvernement en ce qui concerne la fixation des prix et la fourniture des intrants agricoles et du credit dans le secteur du cacao. Le projet avait pour objectifs generaw d'ameliorer les revenus des agri- culteurs de la zone du projet grzce a une augmentation sensible de la pro- duction de cacao et de demontrer qu'il etait possible de dkvelopper et de remettre en &tat ce secteur en reproduisant dans d'autres zones le projet ou ceux de ses elements qui auraient donne de bons resultats. De toute evidence, le projet n'a pas atteint ses objectifs. Toutefois, si l'experience a 6te coiiteuse, elle a permis de tirer un certain nombre de leqons. La planification, en ce qui concerne la pour- suite du developpement de la culture du cacao au Cameroun, a ete modifiee et, du moins dans l'avenir immediat, le developpement des petites planta- tions de cacao sera integre dans les projets de developpement rural dont il sera l'un des volets (Memorandum d'evaluation retrospective du projet, par. 22 et 36-37, et Rapport d'achevernent du projet, par. 8.01-8.03). La SODECAO ne s'est guere renforcee au cours de la periode du projet mais, a la suite de sa reorganisation, elle a commence a fonctionner de fason plus efficace et apparait, a l'heure actuelle, c o m e une organisation de deve- loppement vigoureuse (Memorandum d'evaluation retrospective du projet, par. 16-18 et 21-22, et Rapport d'achevement du projet, par. 4.06-4.09, 4.22-4.23, 4.27-4.28, 6.01-6.03, 7.03 et 9.02). L'experience a egalement permis de conclure qu'il etait indispensable d'accorder une plus grande attention, au cours de lf6valuationet de la supervision, a tous les aspects de l'acces d'homologues camerounais aux postes tenus par des expa- triks, sur la base d'evaluations realistes, et que la notion d'homologues designes n'etait pas un moyen efficace d'assurer la succession (~Bmorandum d'evaluation retrospective du projet, par. 27-29). D'autres aspects interessants meritent d'Btre soulignes : Un nombre considCrable de clauses qui avaient et6 incluses dans les accords juridiques, n'ont kt6 que partiellement respectees; le Departement d'evaluation retrospective des operations a exa- mine spkcifiquement la mesure dans laquelle les clauses de 1'Ac- cord de prCt ont et6 respectkes, dans le cadre d'une etude spe- ciale (Memorandum d'kvaluation retrospective du projet, par. 25-26 et Annexe, et Rapport d'achevement du projet, par. 3.22 et 4.34-4.35). - La coordination de l'amenagement des routes d'acces dans la zone du projet a beaucoup laisse a desirer (Memorandum d'kvaluation retrospective du projet, par. 12 et 30-35, et Rapport d'acheve- ment du projet, par. 3.19-3.20 et 4.03-4.05). - De nombrew aspects de ce projet viennent confirmer les conclu- sions auxquelles on est parvenu a propos d'autres projets de developpement de la culture du cacao en Afrique de l'0uest (Memorandum d'evaluation retrospective du projet, par. 23-24). MEMORANDUM D'EVALUATION RETROSPECTIVE DU PROJET CAMEROUN - PROJET CACAO (PRET 1039-CM) I. RESUME DU PROJET Introduction 1. Le Cameroun, dont la population est de 9,l millions d'habitants et la superficie de 475.000 kmt, est l'un des pays dtAfrique oh, d'une zone a l'autre, le climat, les conditions ecologiques, la densite demogra- phique, la variete des groupes ethniques et des cultures traditionnelles sont le plus diversifies. Son potentiel de developpement est lie surtout a l'expansion de la production dans le secteur de l'agriculture, de lt61e- vage et de la foresterie, l'exploitation de ses ressources energetiques et minieres 1/ et le traitement des produits agricoles, forestiers et mineraw pour satisfaire les besoins interieurs et pour l'exportation. 2. Les grands centres economiques du pays sont separes par de vastes etendues a faible densite de population et les installations portuaires ainsi que le rkseau de transports desservent 6galement deux pays enclaves, le Tchad et la Republique centrafricaine. Depuis une quinzaine d'annees, le Cameroun connaPt une acceleration de la croissance demographique aussi bien que de la croissance de la production. De 1966 a 1980, le PNB par habitant a progresse d'environ 3,l % par an et etait estime a 880 dollars en 1982. Dans l'ensemble, la balance des paiements n'a pas pose de problemes particuliers, a l'exception d'une deterioration a court terme pendant la periode 1974-76 2/. 1/ - Le Cameroun est devenu un producteur de petrole en 1978 et, en 1982, il produisait, selon les estimations, quelque 6 millions de tonnes de petrole brut. En 1981, le Cameroun a comence a mettre sur le marche des produits petroliers raffines. - 2/ Pour plus de details, se reporter au dernier rapport du President. (P-3483-CM, en date du 10 mars 1983, Troisieme projet d'amenagement du port de Douala). 3. A la fin de l'exercice 83, les prGts consentis au Cameroun par la Banque et 1'IDA s'elevaient au total a environ 800 millions de dollars repartis entre 43 projets, dont 313 millions de dollars (40 %) destines a 18 projets de developpement agricole (voir Tableau 1) 31. Dans le secteur agricole, la ventilation des prGts par sous-secteur est la suivante : PRETS AU SECTEUR AGRICOLE PAR SOUS-SECTEUR (exercices 67-83) Montant total Nombre de des prsts Sous-sec teur projets (en millions de dollars) % Cultures arbustives 8 Developpement rural 5 Riziculture irriguee 2 Elevage 2 Foresterie - 1 Total 4. L'economie du Cameroun a toujours repose sur l'agriculture 41 qui, jusqu'a ces deniers temps, offrait 70 % des emplois, 70 % des recettes d'exportation et 35 % des recettes fiscales. Toutefois, avec l'accroissement de la production petroliere, la predominance de l'agricul- ture est remise en question. De 1978 a 1980, la production dans le secteur primaire (agriculture, elevage, foresterie et p6che) est tombee d'eriviron 32 % du PIB a 29 %. Selon les previsions, ces tendances devraient se poursuivre. D'autre part, si l'elan actuel se maintient ou s'intensifie, les besoins alimentaires des populations urbaines augmenteront rapidement, - et si le pays veut eviter d16tre trop fortement tributaire des importa- tions alimentaires, la productivite agricole devra s'ameliorer considera- blement pour assurer en outre, l'emploi d'une force de travail en accrois- sement rapide. En 1978, les exportations agricoles comptaient pour 78 % des revenus totaux des exportations (cacao et cafe pour 53 %), les augmen-- tations petrolieres ont augmente de 1 % des exportations totales en 1978, a 52 % en 1981 et de 63 % en 1982; en m6me temps, les exportations agri- coles tombaient de 37 % en 1981 et de 28 % en 1982. 31 - Pour plus de details, se reporter au Rapport d'evaluation retro- spective du Dewieme projet rizicole de la Semry (Pr6t 1512-CM/ CrGdit 963-CM); le Rapport du Departement de l'evaluation retro- spective des operations est en cours de preparation. 41 - Voir egalement le Rapport du President (P-3305-CM, en date du 6 mai 1982) sur le Projet integre de palmeraies et d'heveaculture. 5. Le secteur agricole camerounais se caracterise par la predomi- nance des petites exploitations, d'oh proviennent environ 93 % de la production totale du secteur. I1 s'agit principalement de cultures vivrieres destinees aux marches locaux et de cacao, cafe et coton pour l'exportation. Les grandes plantations produisent les autres 7 %. Dans l'ensemble, l'amelioration de la productivite sur les petites exploita- tions a ete lente ma?s les efforts se poursuivent en vue d'identifier des methodes d'approche permettant d'obtenir de meilleurs resultats. 6. Le Projet cacao a represente la cinquieme operation de pret de la Banque a l'agriculture camerounaise (RAP, par. 1.01). En 1981, le Departement de l'evaluation retrospective des operations avait deja examine l'execution dudit projet, mais dans le cadre specifique du respect des clauses de l'accord de pr6t I/. L'etude de cas correspondante a ete jointe en annexe au present memorandum. 7. Le Cameroun figure parmi les principawc producteurs de cacao du monde 5 / . De 1946 a 1956,. la production de cacao est passee d'environ 35.000 tonnes a 65.000 tonnes pour atteindre approximativement 110.000 tonnes au cours des annees 70 7/. Au debut des annees 70, preoc- cupe par la stagnation de la production de cacao par rapport awc annees precedentes, le Gouvernement camerounais a formule a l'intention de ce secteur des plans de developpement detailles (Rapport d'achevement du projet, par. 2.01-2.07). Au debut des annees 80, la production a augmente pour depasser 120.000 tonnes, rnais elle a brusquement baisse ces derniers mois a la suite de la secheresse (voir Tableau 2 ) 8 / . Formulation du projet 8. Dans le cadre du mandat approuve par la Mission regionale de la Banque en Afrique de l'ouest, les consultants ont prepare l'etude de fai- sabilite au cours de la periode 1972-73. Ces travaw ont ete finances par le FAC, organisme franqais d'aide bilatkrale. Le FAC et la CCCE ont ulte- rieurement contribue au financement du projet dans le cadre d'accords - 5/ Examen de la politique operationnelle, Respect des clauses du priZt, Rapport du D6partement de l'evaluation r6trospective des operations, No 40-90, en date du ler septembre 1982. 6/ - Le Cameroun vient au cinquieme rang apr&s la C B t e d'Ivoire, le Bresil, le Ghana et le Nigeria. 71 - Analyse du marche mondial du cacao, Document de travail de la Banque rnondiale No 8 sur les produits de base. 8 Les estimations preliminaires de la production indiquent pour 1982183 des chiffres legerement superieurs a 100.000 tonnes et, pour 1983/84, des chiffres inferieurs a ce niveau. paralleles (Rapport d'achevement du projet, par. 3.13). Le projet d'etude a ete examine par le personnel de la Mission regionale en Afrique de l'0uest au cours des missions de mars et juillet 1973, sa mise au point finale a eu lieu en septembre et l'evaluation en octobre/novembre 1973. Quelques reserves ont ete formulees quant a la conception du projet, mais sur la base des resultats d'efforts visant a ameliorer la productivite du cacao, il a et6 decide, d'un commun accord, de realiser le projet (Rapport d'achevement du projet, par. 3.01-3.03). 9. Les negociations se sont deroulees en juin 1974 et le projet a ete approuv6 par le Conseil le 5 septembre 1974. Les Accords de pr6t et de projet ont ete signes le 18 septembre de la meme annee et le pr6t est entre en vigueur le 26 fevrier 1975, a la suite du report de la date ini- tialement prevue. 10. Le projet, tel qu'il a ete approuve, devait 6tre realise en sept ans et comporter. les elements suivants ?/ : a) la remise en etat de quelque 35.000 ha de plantations de cacao existantes et la plantation de varietes hybrides a rendement eleve sur une superficie allant jusqu'a 15.000 ha; b) le renforcement des services de vulgarisation afin d'aider les agriculteurs a lutter contre les maladies susceptibles d'atta- quer les plants et a ameliorer leurs methodes culturales, ainsi que la fourniture aux agriculteurs des intrants et des facilites de credit necessaires; c) une formationdestinee a quelque 230 agents de vulgarisation et 2.000 nouveaux planteurs de cacao; d) l-'ameliorationde 950 kilometres de pistes rurales; e) La realisation de recherches d'adaptation sur le cacao et les cultures vivrieres; f) - l a fourniture de materiel et de personnel a un organisme nouvel- lement-cree,la Societe de developpement du cacao (SODECAO) pour lui permettre d'executer le projet et d'assumer la responsabi- lite du developpement de la production de cacao dans la zone du projet; g) le recrutement de consultants pour : i) prodiguer des conseils quant a l'organisation de la SODECAO; 9/ - Description du projet figurant dans le rapport d'evaluation No 462a-CM, par. 3.07, ler aoGt 1974. ii) evaluer l'etat d'avancement et les effets du projet; et iii) preparer un projet relais; et h) la promotion d'associations d'agriculteurs devant participer a la commercialisation du cacao, a w approvisionnements en intrants et a la fourniture de credits. Execution du projet 101 11. Au cours des d e w premieres annees, l'execution du projet s'est deroulee de fason assez satisfaisante mais elle s'est par la suite heurtee a une serie de problemes. Ces derniers sont decrits en detail au Cha- pitre IV du Rapport d'achevement du projet. Les problemes les plus impor- tants peuvent se resumer come suit : a) la decision de confier a la SODECAO la realisation de la compo- sante pistes rurales s'est traduite par des retards conside- rables et des depassements de coGt importants; b) un an apres le demarrage du projet, le Gouvernement a, a w fins d'exportation, regroupe les categories I et I1 en une seule. Toutefois, il a reduit par la suite les differences de prix entre les categories et le cacao de qualite inferieure, en . negligeant en outre de maintenir le prix du cacao a un niveau cornpetitif par rapport a celui des denrees alirnentaires; c) des problemes de credit sont apparus lorsque la co~~~mercialisa- tion a ete confiee a une cooperative nouvellement creee. A la suite de ces problemes, le lien qui existait entre la SODECAO et le FONADER 111 d'une part et le reseau de connnercialisation de l'autre a ete rompu. La SOCOODER 121 refusait de participer au recouvrement des credits; et d) le FONADER s'est heurte 5 des problimes de financement qui ont ete en partie responsables des retards dans la livraison des intrants. - 101 La Section 11 et les d e w sections suivantes du present chapitre sont reprises du Rapport d'achevement du projet. 111 Fonds national de developpement rural, charge, dans le cadre de ce projet, de la passation des marches portant sur les intrants (Yemo- randum d'evaluation retrospective du projet, par. 16). 121 Societe cooperative de developpernent rural. - 12. La decision de confier a la SODECAO plut6t qu'au Departement des routes les amenagements routiers a eu sur cet element du projet un effet prejudiciable. Un materiel supplementaire a d ii Gtre achete a un coct beaucoup plus eleve que prevu. La necessite d'elaborer un programme rou- tier et de creer une unite routiere a retarde le demarrage des travaw routiers qui n'ont commence qu'a la fin de 1976. Et de toute faqon, ces travaw n'ont pas ete accomplis de faqon efficace. A la fin du programme, 342 kilometres seulement avaient ete reconstruits alors que l'evaluation en prevoyait 950 et le coct etait quatre fois plus eleve que prevu (Rap- port d'achevement du projet, par. 4.03-4.05). Par contre, l'dldment du projet portant sur les cooperatives a donne de bons resultats. En decembre 1976, 283 cooperatives provisoires avaient ete creees, contre 180 prevues lors de l'evaluation. Ces organismes ont bien fonctionne jusqu'a ce que le Gouvernement, en 1977, entreprenne de modifier la structure des cooperatives (Rapport d'achevement du projet, par. 4.10). La formation a egalement donne de bons resultats dans le cadre du projet. Toutefois, l'efficacite des services de vulgarisation est restee limitee jusqu'a ce que ces derniers soient confies a un personnel de gestion adequat (Rapport d'achevement du projet, par. 4.28). De mGme, la fourniture de semences s'est heurtee a des problemes chroniques jusqu'a ce que de nouvelles pepi- nieres soient etablies dans le cadre de la . reorganisation de la SODECAO (Rapport d 'achevement du pro jet, par. 4.30 ) 13. Les recherches effectuees dans le cadre du projet ont kt6 execu- tees de faqon satisfaisante et divers essais ont ete realises. Toutefois, l'aspect trop theorique du programme a dte critique. Dans tous les cas, les activites de recherche entreprises n'avaient que peu de liens avec le projet en cours (Rapport d'achevement, par. 4.31). I1 n'y a pas eu veri- tablement de suivi et d'evaluation d'oh auraient decoule des donnees utiles a l'execution du projet (Rapport d'achevement, par. 4.32). En rai- son des graves problemes rencontres au cours de l'execution du projet, aucun projet relais n'a ete prepare 131. De mGme, il ne parait pas souhaitable d'entreprendre un projet specifique de cultures vivrieres/ cacao et tout soutien a la mise en valeur de la culture du cacao sera dans l'avenir integre aux projets ruraux de developpement dont il sera un element. 14. Le projet a ete realise plus ou moins dans les delais prevus b l'evaluation, mais son codt a ete presque deux fois plus eleve que les devis initiaux (voir donnees de base et Rapport d'achevement, par. 4.25- 4.26). Des efforts considerables ont ete deployes en vue de remettre en etat les plantations de cacao existantes grsce a une protection et a un entretien intensifs des cultures. Toutefois, la superficie exacte consa- cree a cet element du projet n'a jamais ete connue (Rapport dlach&vement, par. 4.13) et, d'autre part, il s'est avere que les insecticides n'ont pas L3/ Cormne Le cofinancier l'indique a juste titre, La SODECAO, en - attendant, est financee par le budget de 1'Etat ( Annexe 1). ete utilises cormne il convient et que cette operation est peu a peu deve- nue trop coGteuse en raison de la main-d'oeuvre requise. C'est pourquoi les augmentations de rendement enregistrees a la suite de la remise en etat des plantations ont ete, au miew, marginales. Les ecritures de la SODECAO indiquent que 13.645 ha de terrains ont ete plantes, ce qui est legerement infkrieur a l'objectif visk lors de l'evaluation. Malgre cela, les rendements de 800 kilos a l'hectare prevus n'ont pu Gtre atteints sur les terres exploitees par les petits planteurs en raison de difficultes techniques et economiques. Une mission de supervision qui s'est rendue sur le terrain au debut de 1981 a estime qu'un tiers, au plus, des cacaoyers donnerait les rendements prevus lors de l'evaluation. On ne dispose d'aucun renseignement sur les plantations abandonnees ou detruites et il est difficile, en l'absence de donnees de suivi detaillees, d'estimer l'augmentation de la production imputable au projet; dans tous les cas, on pense qu'elle a ete rninime et qu'en outre elle risque d'avoir ete en partie contrebalancee par la production a laquelle il a etC renonce en raison du projet. C o m e l'indique le Rapport d'achevement (par. 5.02- 5.03), l'augmentation de la production obtenue dans la zone du projet n'a depasse que tres legerement la production enregistree.hors de cette zone, ce qui semblerait egalement indiquer que le projet a eu sur la production un effet tres limite. Dans ces conditions, le taux de rentabilite econo- mique, selon les estimations, a ete negatif. 15. . La realisation du projet s'est heurtee a des faiblesses institu- tionnelles et organisationnelles considerables et a de serieux problemes techniques. Ces derniers sont imputables au fait que les enveloppes tech- niques proposeies dans le cadre du projet n'ont pas ete, dans l'ensemble, adoptees ou l'ont ete sous une forme tres modifiee, de sorte que les ren- dements vises n'ont pas ete obtenus. Cette situation s'explique en partie par les besoins en main-d'oeuvre consid6rables qui caracterisent ces enve- loppes techniques, alors qu'on se trouve dans une zone ou existe une penu- rie serieuse de main-d'oeuvre. Retrospectivement, on peut dire-que les besoins en main-d'oeuvre et la disponibilite de cette derniere ont ete tres sous-estimes lors de l'evaluation (Memorandum d'evaluation retrospec- tive, par. 20). L'objectif institutionnel du projet etait de developper le secteur du cacao. Dans ce domaine, aucun resultat positif n'a ete enregistre au cours de la periode d'execution du projet, d'autant que cer- taines des mesures sectorielles prises par le Gouvernement sont allees a l'encontre des objectifs du projet. Administration du proiet 16. L'organisation du projet, telle que prevue lors de l'evaluation, etait tres complexe. Vu la faiblesse de la ZAP1 de la zone du projet (zone d'actions prioritaires integrhes), un organisme specifiquement charge de la mise en valeur des zones cacaoyeres (la SODECAO) a ete cree en fevtier 1974 et a ete charge de la realisation du projet. D'autre part, le FONADER (Fonds national de developement rural) etait charge de l'achat des intrants agricoles et de leur livraison a la SODECAO, laquelle se chargeait d'assurer les livraisons aux agriculteurs; les pulverisations destinees a debarrasser les plants des capsides faisaient partie d'un Pro- gramme special de lutte phytosanitaire et anti-capside (LPAC) relevant du Ministere de l'agriculture; les travaux d'amelioration des pistes rurales ont ete realises par le Departement des routes mais sous l'egide de la SODECAO, et les recherches ont ete confiees a deux instituts de recherche franqais : IRCC et IRAT 141 (Rapport d'achevement, par. 3.09-3.10). 17. Dans la pratique, ces arrangements se sont averes trop compli- ques et l'element routier du projet a ete, en fait, confie au Service des routes d'acces de la SODECAO, sans coordination avec le Ministere de l'equipement. Les relations entre le FONADER et la SODECAO n'ont pas ete tres bonnes et a plusieurs reprises les corrnnandes et la distribution des intrants agricoles par le FONADER ont subi des retards. En outre, pour ce qui est du credit, la situation s'est aggravee lorsque le Gouvernement a decide de creer une nouvelle societe cooperative chargee de la comercia- lisation. La distribution et le recouvrement des credits en ont souffert pendant longtemps. La situation ne s'est amelioree que lorsqu'un nouvel accord de credit a it6 signe entre la SODECAO et le FONADER, en juillet 1981. 18. La SODECAO a ete creee specifiquement pour assumer l'execution du projet. 11 convient donc de reconnaitre que, c o m e pour toute nouvelle organisation et dans les meilleures conditions, il etait normal qu'elle ait quelques difficultes sur les plans du recrutement, de la formation et de l'organisation. A l'origine, il etait prevu que la ZAP1 de la region Centre-Sud serait progressivement integree a la SODECAO. Par la suite, de serieux problemes de gestion sont apparus. C'est ainsi que certains postes de cadres superieurs n'ont pas ete pourvus pendant la majeure par- tie de la periode d'execution du projet, que dans certains cas les postes n'ont ete occupes que de faqon temporaire et que dans d'autres cas les cadres superieurs recrutes ont ete juges incompetents par la Banque ou n'ont pas donne satisfaction P cette derniere. Le manque de coordination et la faiblesse de l'administration et de l'organisation ne sont donc pas surprenants. Si l'on ajoute a cela un systeme de comptabilite inadequat et un contrale financier nettement insuffisant, on verra a quel point il etait difficile au projet d'avancer. Apres deux examens approfondis, l'un en 1977 et l'autre en 1978, la Banque a demande au Gouvernement de proce- der a la reorganisation de la SODECAO (Rapport d'achevement, par. 4.06- 4.09). Le Gouvernement a designe un comite de gestion charge de modifica- tions d'ordre organisationnel, mais le processus de reorganisation et de reforme a ete lent et compliquk. Quand sont apparues, d'autre part, de graves irregularites financieres, la Banque est intervenue et a pris les dispositions necessaires pour suspendre de fact0 les decaissements a partir d'octobre 1979. Une nouvelle equipe de gestion a ete mise en place 14/ IRCC : Institut de recherche du cafe et du cacao; IRAT : Institut de - recherche agronomique tropicale. en m i 1980 et une verification des comptes a suivi. Toutefois, les d6caissements n'ont repris qu'apres la signature, en aoGt 1981, d'un accord de credit satisfaisant entre le FONADER et la SODECAO (Rapport d'achevement, par. 4.21-4.23). Avec la nouvelle equipe de gestion, la SODECAO a commence a fonctionner de fason beaucoup plus efficace et elle a la reputation, a l'heure actuelle, d'un organisme dote d'une gestion financiere et technique satisfaisante (Memorandum d'evaluation retrospec- tive, par. 22). Neanmoins, ces mesures ont ete trop tardives pour avoir des effets benefiques sur la realisation du projet. Effets du projet 19. Les objectifs globaux du projet etaient d'ameliorer le niveau de vie des agriculteurs de la zone du projet grice a une augmentation substan- tielle de la production et des exportations de cacao, de demontrer qu'il etait possible de relancer tout le secteur de la production cacaoyere soit en repktant le projet tout entier dans d'autres zones, soit en adoptant les elements du projet ayant don& de bons resultats. Le projet n'a d'au- cune fason atteint ces objectifs g/. 20. Cet echec est essentiellement imputable a l'hypothese demesu- rement optimiste formulee lors de la conception du projet concernant l'amelioration des rendements qui pourrait 6tre obtenue sur les petites exploitations grzce a une utilisation intensive de fongicides pour lutter contre la brunissure des cabosses qui rkduit les rendements d'une grande partie de la culture du cacao au Cameroun. Cette maladie, en raison des conditions climatiques locales, a des effets beaucoup plus serieux dans ce pays que dans d'autres pays producteurs de cacao d'bfrique de l'0uest. I1 est apparu, au cours de la realisation du projet, que seul un programme plus intensif aurait permis d'obtenir les rendements necessaires pour justifier les douze traitements annuels (Rapport d'achevement, par. 9.01). On avait encore fait preuve d'un exces d'optimisme en pensant qu'il etait possible d'appliquer ce traitement optimum sur l'ensemble de la zone cacaoyere. 21. La mauvaise gestion, par l'organisme d'execution du projet, a ete un autre facteur qui a contribue considerablement a l'echec de l'ope- ration. Cet organisme n'a pas ete capable de recruter et de retenir des cadres de gestion qualifies, d'imposer au personnel une certaine disci- pline, sans parler des irregularites financieres, du manque de coordina- tion sur le terrain, de la faiblesse des services de vulgarisation et autres. A cela est venu s'ajouter le manque de cohesion des mesures prises par le Gouvernement dans les domaines de la fixation des prix du cacao, des intrants et des credits agricoles. - L5/ Le cofinancier evalue les resultats et la conception du projet d'une perspective differente ( Annexe 1). 22. Toutefois, si elle a ete cherement payee, la lelon a porte ses fruits. La planification du developpement de la culture du cacao au Cameroun a ete modifiee : a l'intensification culturale et a l'amenagement de nouvelles plantations cacaoyeres ont succede aujourd'hui la remise en etat et la renovation de plantations de cacao existantes afin de maintenir la production aux niveaux actuels. Dans l'avenir imrnediat, le developpe- ment des petites plantations de cacao sera integre dans les projets de developpement rural dont il sera l'un des elements 161 (Rapport d'acheve- ment, par. 8.01 et 9.04). D'autre part, apres le recrutement, en 1980, d'une nouvelle equipe de gestion, la SODECAO a commence a fonctionner de falon plus efficace. A l'heure actuelle, la SODECAO a la reputation d'un organisme de developpement vigoureux, dote d'une gestion technique et financiere satisfaisante dans l'ensemble. Ce redressement est venu trop tard pour que l'execution du projet cacao puisse en beneficier, mais il n'en fournit pas moins une base solide pour le developpement rural de la province Centre-Sud dans l'avenir (Rapport d'achevement, par. 4.23 et 9.02). Dans l'intervalle, toutefois, la Banque ne participe plus directement a w c6tes de la SODECAO au developpement du secteur cacaoyer, bien qu'un projet de developpement rural dans la region Centre-Sud soit envisage 171. - 16/ Un changement d'orientation semblable s'est produit en CBte d'Ivoire oh, apres le Deuxieme projet de culture du cacao (voir Rapport d'eva- luation retrospective, Rapport du Departement de l'evaluation retro- spective des operations en cours de preparation), le developpement des petites plantations de cacao a ete integre a un projet de deve- loppement agricole de la region Centre-Ouest (PrGt 2167-IVC). - 171 La preparation de ce projet n'est pas suffisarmnent avancee pour qu'il puisse Gtre inclus dans la liste des projets envisages par la Banque et 1'IDA. 11. POINTS IMPORTANTS A. Developpement de la culture du cacao en Afrique de l'0uest 23. C o m e l'indique le tableau ci-apres, la Banque a jusqu'a ce jour finance neuf projets cacao en Afrique de l'0uest. Une composante cacao a figure dans huit autres projets 3 1 . Huit des neuf projets susmentionnes ont ete acheves et le Dewieme projet cacao et cafe au Togo est le seul projet en cours de realisation 191. - 181 Cameroun - Projet de developpement rural integre ZAP1 (Credit 776-CM); Cbte d'Ivoire - Projet de developpement agricole dans la region Centre-Ouest (PrCt 2167-IVC); Liberia - Projet de developpement agri- cole dans la region de Lofa (Credit 577-LBR); Liberia - Projet de developpement agricole dans la region de Bong (Credit 700-LBR); - Liberia Dewieme projet de developpement agricole dans la region de Lofa (Credit 1242-LBR); Sierra Leone - Projet de developpement agri- cole integre (Credit 323-SL); Sierra Leone - Deuxieme projet de deve- loppement agricole integre (PrCt 1138lCredit 568-SL); Sierra Leone - Troisieme projet de developpement agricole integre (Credit 1094-SL); - 191 Toutefois, la remise en etat du secteur cacaoyer continue de benefi- tier de l'appui de la Banque, dans certains cas come l'un des volets d'un projet de developpement agricole ou sous forme de projet dis- tinct. Un projet de remise en etat de la culture du cacao en Guinee Equatoriale a ete evalue. Un troisieme projet cacao est envisage au Ghana. Toutefois, le Projet de relance des exportations recement approuve vise a satisfaire les besoins immediats du secteur cacaoyer du Ghana. Projets cacao en Afrique de l'0uest No du rapport No du PrCt/ d'evaluation Pays Pro jet Credit retrospective Cameroun Cacao Pr@t 1039-CM Ghana Cacao, region Est Credit 205-GH Ghana Cacao, region dlAshanti Pr2t 1181-GH Gate d'Ivoire Cacao Pr2t 686-IVC Cdte drIvoire Dewieme pro jet cacao Pr6t 1069-IVC Nigeria Cacao, Etat Ouest Pr2t 764-UNI Nigeria Deuxieme projet cacao Pr6t 1045-UNI Togo Cacao et cafe Crbdit 503-TO Togo Dewieme projet cacao et cafe Credit 945-TO /a - Present document. /b - Le Rapport d'achevement sera presente sous peu au Conseil. - /C Rapport d'evaluation rbtrospective en cours de preparation. - Id Projet en cours d'execution. 24. L'evaluation retrospective du Dewieme projet cacao en CBte d'Ivoire a fourni l'occasion d'analyser de faqon plus detaillee les resul- tats des efforts de developpement de la culture du cacao en Afrique de l'0uest. Le Rapport d'evaluation retrospective de ce projet est distribue separement (le rapport du Departement de l'evaluation retrospective des operations est en cours de preparation); le Rapport d'achevement du Projet cacao dans la region dlAshantiau Ghana (rapport du Departement de l'eva- luation retrospective des operations No 5092 du 24/05/84) vient egalement d'gtre distribue. B. Respect des clauses du pr2t 25. Un grand nombre des clauses de 1'Accord de pr&t (Rapport d'ache- vement, par. 3.22) n'ont ete respectees qu'en partie par 1'Emprunteur (Rapport d'achevement, par. 4.34). La question du respect des clauses du prGt afferent a ce projet a ete specifiquement examinee par le Departement de l'evaluation retrospective des operations dans le cadre d'une etude speciale g/. L'etude de cas sur laquelle etait fondee cette etude spe- ciale et qui permettra de mieux comprendre le projet est presentee en annexe au present mkmorandwn d'kvaluation retrospective. 26. L'ktude de cas couvrait en particulier trois clauses : a) recrutement du personnel cle; b) formation des homologues; et c) methodes culturales a/. Un examen detaille du recrutement des cadres de gestion rnontre clairement qu'il y a eu des malentendus et des problemes de communication (crest le rnoins qu'on puisse dire) entre la Banque et le Gouvernement en ce qui con- cerne le recrutement du personnel cle du projet. La divergence des points de vue quant aux criteres exiges pour ce personnel n'a guere facilite les choses. Peu d'attention a &ti cansacree a la formation des homologues, qui est une question connexe (Memorandum d'evaluation retrospective du projet, par. 27-29). C o m e on l'a deja note (voir egalement Memorandum d'evaluation retrospective du projet, par. 14, 15 et 201, les methodes culturales proposees dans le cadre du projet se sont averees inadequates. C. Camerounisation 27. La camerounisation faisait partie integrante du projet. En fait, il etait prevu qu'un personnel local serait forme qui assumerait les fonctions des expatries dans des delais allant de trois ans (delai rnoyen) a six ans. Ces previsions dtaient trop optimistes. Non seulement les delais necessaires ont ete plus importants mais en raison, notarmnent, de la composante routes d'accks, il a egalement Eallu recourir a des services d'expatries plus importants que prevu lors de l'evaluation, c o m e l'in- dique le tableau ci-apres (voir egalement Tableau 4). Personnel expatrie (homes-mois) Evaluation 90 90 90 36 24 12 Chiffres effectifs 91 130 132 125 78 59 - 20/ Voir Rapport du Departement de l'evaluation retrospective des opera- tions, Examen de la politique operationnelle, Respect des clauses du prGt, Rapport No 4090 en date du ler septembre 1982, particulierement son Annexe - Cas d'ktude NO 2 . 21/ - La Section 3 . 0 1 (a) de 1'Accord de prgt exigeait que l1Emprunteur rhalise le projet conformement a des methodes culturales appropriees. 28. L'evaluation n'a accorde qu'une attention limitee a w effets pratiques des propositions presentees en matiere de camerounisation. En consequence, aucun fonds destine financer la formation d'homologues n'a ete inclus dans le projet - bien que ladite formation ait ete envisagee - come l'ont souligne des responsables camerounais; ces derniers ont indi- que que, selon e w , il fallait voir dans cette lacune l'une des princi- pales raisons pour laquelle cette formation n'a pas ete en fait assuree. Au cours de la supervision du projet, la question des homologues et de leur formation n'a gu&re r e p plus d'attention. Retrospectivement, on peut se demander si la notion d'homologues etait la meilleure solution en matiere de remplacement efficace du personnel expatrie. I1 est evident qu'elle n'a rien donne dans le cas qui nous preoccupe, et l'efficacite de cette methode a ete mise en doute dans d'autres cas g/. En 1980, la notion d'homologues etait finalement abandonnee. A la fin de cette mGme annee, une mission de supervision a note qu'il avait ete en principe con- venu de ne pas designer officiellement des homologues. La succession eventuelle a w postes detenus par des assistants techniques expatries devait Gtre assuree dans 1.e cadre du developpement structure1 et de la promotion de cadres de gestion locaux. 29. S'il est une leqon a tirer de ce projet et d'autres experiences, c'est qu'il convient, au cours de l'kvaluation et de la supervision des projets, d'accorder une plus grande attention a tous les aspects de la releve des expatries, sur la base de jugements realistes, et que la notion d'homologues designes n'est pas une solution efficace. D. Construction et amelioration de pistes rurales a/ 30. La construction ou l'amelioration de pistes rurales etait un element essentiel du projet qui devait permettre d'assurer de faqon effi- cace les livraisons d'intrants et le transport de la production. Lors de - 221 Par exemple, dans le cadre du Projet de developpement rural de la region maritime du Togo (Credit 638-TO), la notion d'homologues desi- gnes a ete modifiee selon les suggestions de la Banque, au cours de la premiere operation de supervision; la solution de remplacement adoptee a ete de placer du personnel togolais a des postes de cadres et de choisir les plus competents pour succeder a w expatries. La togolisation etait achevee a la fin de la periode du projet (voir Rapport d'evaluation retrospective, Rapport du Departement de l'eva- luation retrospective des opirations en voie de pr6paration). / La CCCE a finance une etude de consultants sur la remise en etat des pistes rurales dans les zones de production de cacao. La presente section est fondee sur ce rapport qui a pour titre "Remise en etat de pistes cacaoyeres dans la region du Centre-Sud camerounais - Bilan des actions menees dans ce domaine depuis 1975 par la SODECAO et d'autres organismes - Proposition d'evolution des modes d'interven- tion, janvier 198lW, que l'on peut obtenir sur dernande aupres du Departement de L'evaluation retrospective des operations. la preparation du projet, le Gouvernement a demande, a cet effet, l'aide de consultants pour etablir l'inventaire des besoins en matiere de remise en etat des pistes rurales dans les zones de production de cacao. Cet inventaire couvrait les pistes rurales secondaires dans toute la rggion cacaoyere ainsi que les pistes tertiaires dans la zone du projet, soit au total 3.267 km repartis c o m e suit : - pistes rurales secondaires dont - pistes rhcement remises en etat 710 km - pistes exigeant des reparations urgentes 958 km - pistes a reparer ult6rieurement 693 km - pistes rurales tertiaires 906 km 31. Les 906 km de pistes rurales tertiaires constituaient la compo- sante refection des pistes rurales. Un projet parallele de pistes rurales, qui envisageait de confier a la SODECAO la remise en etat de 287,6 km de pistes dans une zone cacaoyere adjacente (les departements de Lekie et de Mefou), a ete approuve par la CCCE. 32. Initialement, il etait prevu de confier les travaw au Departe- ment des routes, la supervision globale du programme incombant a la SODECAO. Toutefois, au cours des negotiations (Rapport d'achevement, par. 3.19-3.20), il a ete decide que la SODECAO serait chargee d'executer les travaw de refection des pistes rurales avec le concours du Service de pistes cacaoyeres du Departement des routes (SPC). En 1975, la SODECAO creait un service de pistes rurales et il etait prevu que ce dernier se verrait confier la planification et la programmation des travaux, en etroite collaboration avec le Departement des routes, ainsi que la super- vision des t8ches. Ces dernieres seraient effectuees par le SPC dans le cadre d'accords annuels conclus entre la SODECAO et le SPC. Toutefois, ces d e w organismes ne sont pas arrives a s'entendre et la SODECAO a assume l'entiere responsabilite de la construction et de la refection des pistes rurales, notarmnent les travaux en regie. Mais, le service des pistes rurales de la SODECAO n'ayant pas et6 a l'origine organise pour executer ce genre de travaux, il lui a fallu un certain temps pour s'adap- ter, d'ou des delais considerables (Memorandum d'evaluation retrospective, par. 12). 33. Toutefois, la SODECAO n'etait pas le seul organisme a s'occuper des pistes rurales et le SPC ainsi que d'autre services ont egalement effectue de tels travaw. Le tableau ci-apres est une estimation de l'ensemble des travaw de construction et refection des pistes rurales dans la zone du projet et dans la zone cacaoyere adjacente, pendant la periode du projet : Construction et refection des pistes rurales SODECAO Zone Zone du pro jet ad jacente Total Progrme, a l'evaluation 906 ,O 287,6 1.193,6 Execution du programme par la SODECAO 342,4 174,6 517,O par d'autres organismes 264,O 87,O 351,O Total partiel 606,4 261,6 868,O Travaw exterieurs au programme /a effectues par la SODECAO 50,6 20,7 71,3 effectues par d'autres organismes 266,6 204,2 470 8 J Total partiel 317,2 224,9 542,l Total 923,6 486,5 1.410,l - /a Refection de pistes non comprises dans l'inventaire inscrit au projet. 34. Malgre les nombrew problemes awquels a ete confronte le service de pistes rurales de la SODECAO, les pistes que ce service a amenagees sont bonnes et il a dans l'ensemble une excellente reputation, particu- lierement depuis la reorganisation globale de la SODECAO, en 1980, a la suite de laquelle il est devenu une division distincte et bien structuree (voir organigramme). On peut cependant lui reprocher d'avoir utilise des normes techniques beaucoup trop elevees par rapport au volume de trafic et a cette categorie de routes 241. Ces dernieres n'ont pas ete classees come pistes rurales et n'ont par consequent pas ete incluses dans le programme d'entretien courant du Departement des routes, ce qui fait que la SODECAO a dG egalement assurer leur entretien alors que ce n'est pas la le rale d'un organisme de developpement. 35. C o m e l'indique le tableau precedent, le service des pistes rurales de la SODECAO n'a realise qu'un peu plus de 40 % de tous les tra- v a w accomplis dans la zone du projet au cours de la periode d'execution - 24/ Le cofinancier ne partage pas cette appreciation ( Annex= 1). de ce dernier, le reste etant confie a d'autres organismes, principalement le SPC. On s'est donc trouve devant la situation assez curieuse oh deux organismes distincts etaient charges de la refection des pistes rurales dans les zones cacaoyeres, ce qui laisse supposer un double emploi. S'il peut y avoir certains avantages a court terme a confier a un projet la gestion de ses propres programmes d'investissement dans la refection des pistes rurales, une telle situation entraine souvent des problemes. La coordination est indispensable, dans un pareil cas, de meme que des mesures ulterieures pour assurer l'entretien. Ces deux conditions n'ont pas ete remplies. Dans tous les cas, l'efficacite a court terme d'un projet s'obtient aux depens, surtout, du developpement institutionnel a long termea/. I1 est regrettable que la Banque ne soit pas parvenue B concilier les efforts de refection des pistes rurales menes dans le cadre des divers projets qu'elle a finances. D'une part, elle a poursuivi une strategie institutionnelle a long terme dans le cadre de son projet de pistes rurales (PrGt 1494/Credit 7491, alors que d'autre part elle parait au plus presse en acceptant que la SODECAO cree son propre service des pistes rurales pour se charger de tous les aspects du programme portant sur la refection des pistes rurales. Retrospectivement, on peut se deman- der si, avec un soutien plus vigoureux de la part de la Banque, les accords conclus entre la SODECAO et le SPC en ce qui concerne la refection des pistes rurales dans les zones cacaoyeres n'auraient pas ete respectes. E. Perspectives d'avenir 36. S'agissant de ce projet, la question du maintien des resultats ne se pose pas, etant donne que le projet est un echec complet. Au cours de l'execution du projet, les problemes de gestion seriew n'ont pas man- que, mais le defaut le plus important tient au fait que les enveloppes techniques n'ont pas ete adoptees sous leur forme initiale, etant donne qu'elles ne correspondaient pas a la situation socio-economique des petits planteurs qui devaient effectuer des activites de remise en etat et de plantation financees dans le cadre du projet, dans une region ou le pro- bleme de la main-d'oeuvre est devenu seriew. C'est pourquoi l'ameliora- tion de la productivite a ete marginale et la rentabilite de l'investisse- ment negative. Si le projet ne s'etait heurte qu'a des problemes de gestion, les ameliorations recemment adoptees dans ce domaine auraient eu 25/ Voir egalement Rapport d'evaluation retrospective, Projet de develop- - pement rural de la region maritime au Togo (Credit 638-TO) et Projet de developpement rural des zones cotonnieres (Credit 741-TO), Rapport du Departement de l'evaluation retrospective des operations en cours de preparation. un effet positif sur sa rentabilite future 2fj/, mais les problemes etant en grande partie d'ordre technique, il est peu probable que la rentabilite des investissements puisse s'ameliorer de f a ~ o nsensible. 37. I1 convient de tirer la le~onde cet echec. La Banque, a l'heure actuelle, ne participe pas directement au financement des inves- tissernents cacaoyers au Cameroun. Toutefois, la SODECAO se doit de rele- ver le defi et, apres sa reorganisation, il est probable qu'elle se trouve aujourd'hui miew armee pour y parvenir. - 26/ C'est ce qui a ete le cas dans le Projet de pgcherie en Indonesie (Credit 211), qui se heurtait B des problkmes de conception, de pas- sation de marche, de construction, d'entretien et d'exploitation aussi bien des ernbarcations que des installations a terre. Au moment de l'evaluation retrospective, la rentabilite de l'investissement etait, selon les estimations, negative, mais d e w ans apres, grgce a une equipe de gestion locale plus efficace, les rhsultats du projet s'etaient considerablement ameliorCs. Tableau 1 RAPPORT D'EVALUATION RETROSPECTIVE - CAMEROUN PROJET CACAO (PRET 1039-CM) PrSts a l'agriculture (exercice 76-exercice 83) Annee d'approbation par le Prits Evaluation Nom du pro jet (abrege) Conseil Source Montant retrospective 1. CAMDEV (hevea) I Ex. 67 BIRD/ IDA Achevee 2. Palmiers a huile I Ex. 69 BIRD Achevee 3. Riziculture S e w Ex. 72 IDA Achevee 4. Elevage Ex. 74 BIRD Achevee 5. Cacao Ex. 75 BIRD /a 6. Heveaculture Niete Ex. 75 IDA AC h e v ~ e 7. Developpement rural Plaine des M'Bo Ex. 77 IDA . Achevee 8. Socapalm I1 Ex. 77 BIRD/ - /b 3e guichet 9. Fonds de developpement rural Ex. 77 IDA 10. Camdev (hevea) I1 Ex. 78 BIRD 11. Riziculture Semry I1 Ex. 78 BIRD/IDA 12. Developpement rural' integre Zapi Ex. 78 IDA 13. Developpemnt rural Plateaux occidentaux Ex. 78 IDA 14. Hevecan (heveas 11 Ex. 80 BIRD/IDA 15. Elevage I1 Ex. 80 IDA 16. Developpement rural Province du Nord Ex. 81 BIRD / IDA 17. Foresterie Ex. 82 BIRD 18, Palmeraies/heveaculture Ex. 82 BIRD - /a Present rapport. /b - Rapport d'achevement reGu. - /C Rapport d'achevement en preparation. - /d Rapport d'bvaluation retrospective en preparation. RAPPORT D'EVALUATlON RETROSPECTIVE CAMEROUN - PROJET CACAO l PRET 1039-CHI . . P r o d u c t I o n de cacao b r u t en A f r i q u e (En m i l l i e r s de tonnes m h t r i q u e s ) Came roun C6te d ' l v o i r e Gabon e t Congo Ghana Guinee e q u a t o r i a l 0 Liberia Nlghria Sao-Tome-et-Principe S i e r r a Leone Togo Za'i r e A u t r e s pays d 8 A f r i q u e Total Afrlque l o t a l Amkrique c e n t r a l e e t Ambrique du Sud 288 398 442 410 392 458 510 Total A n t i l l e s 42 43 40 41 42 42 47 3 TotalAsieetOc6anle TOTAL MONDIAL 39 1.397 1.448 d d d 7t 1.489 Q , Source : S t a t i s t i q u e s cacao, G i l l e t Duffus. fi Estimatlons Prevlslons Tableau 3 - 21 - RAPPORT D'EVALUATION RETROSPECTIVE CAMEROUN - PROJET CACAO (PRET 1039-CM) D6boursements par Catggorie ------ dollars Etars Unie ------ Coats d1Administration de la SODECAO $ 2,780,000.00 $ 4,287,869.15 Equipement et vEhicules PulvErisateurs et pesticides TOTAL Tableau 4 PROJECT PERFORMANCE AUDIT REPORT CAMEROON COCOA PROJECT (LOAN 1039-Cn) Expatriate Staff 74-75 75-76 7677 77-78 78-79 79-80 (Staff mo the) Appraisal Estimates Deputy D i r e c t o r General 12 12 12 12 12 - Senior Inspector 12 12 12 6 - - Chief Accountant 12 12 12 - - - Training Director 12 12 12 - - - Chief Engineer 12 12 12 - - - Chief T r a i n i n g S e c t i o n 12 12 12 - - - Research O f f i c e r /a - 18 - 18 - 18 - 18 - 12 - 12 Total 90 90 90 36 24 12 Actual D i r e c t o r General - - - 4 4 - Deputy D i r e c t o r General 9 12 12 12 12 5 F i n a n c i a l D i r e c t o r /b 12 12 12 12 12 6 - Senior Inspec t o r 11 12 12 12 - 2 - Training Director Chief Engineer 12 12 12 12 12 7,5 12 - - - - - Chief T r a i n i n g S e c t i o n 12 12 12 12 Research O f f i c e r Chief Input Supply / c -9 - 12 12 - 12 - 12 - - 12 - - Chief ~ g r o - e c o n o m i c ~ t u d i e s Chief S o i l Surveys - - 2 12 - 12 3 9 12 - 12 Chief Workshop 12 12 12 12 12 Mechanic /d 12 18 14 - - - Road unit- - - - - - - Chief F i e l d Unit / e Chief F i e l d hit - - 4 - 12 - 8 8 - - 12 --12 Total 91 130 132.5 125 78 . 59 C- - /a /b One permanent p o s i t i o n - and part-time c o n s u l t a n t s . Instead of Chief Accountant. - Id E x p a t r i a t e from October 1981 onwards. Dutch v o l u n t e e r working f o r both SODECAO and ZAPI. - For feeder road development i n t h e p r o j e c t a r e a . - If For f e e d e r road development o u t s i d e t h e p r o j e c t area. Piece jointe 1 Page 1 RAPPORT D'EVALUATION RETROSPECTIVE CAMEROUN - PROJET CACAO (PRET 1039-CM) RESPECT DES CLAUSES DU PRET - ETUDE DE CAS L/ RESPECT DES CLAUSES : EXECUTION DU PROJET 1. execution du pro jet devant dtre confiee a un organisme nouveau et n'ayant pas fait ses preuves, la Banque estimait que le succes dependait de facon cruciale de la qualite du personnel de d2rection et des techni- ciens nommes aux postes cles de la SODECAO. C'est pourquoi 1'Accord de projet specifiait la structure de la direction de la SODECAO et indiquait que le recrutement pour les postes de direction exigeait l'accord de la Banque. Une autre clause specifiait que des homologues camerounais devraient dtre recrutes et Eormes pour remplacer progressivement les cadres de gestion initiaux, recrutes sur le plan international. 2. Au cours de l'execution du projet, des divergences de vues se- rieuses ont surgi entre 1'Emprunteur et la Banque a propos de ces clauses. La Banque, estimant que ces divergences de vues entrainaient de graves problemes de gestion, a suspendu a un certain moment ses decaissements. A. Clause relative au recrutement de personnel cle 3. La Section 3.01 (b) de L'Accord de proiet stipule que "la SODECAO s'assurera les services ...du personnel suivant, dont les qualifications, l'experience et les conditions d'emploi devront dtre jugees satisfaisantes par la Banque : un Directeur general, un Directeur general adjoint charge des affaires techniques, un Inspecteur en chef et un Chef cornptable". Situation effective 4. Au dkbut, les conditions stipulees dans la Section 3.01 (b) n'ont pas sembl6 poser trop de problemes. Au moment de la presentation du projet au Conseil (le 5 septembre 19741, le Gouvernement avait deja recrute un 11 - Extraits du rapport du Departement de L'evaluation retrospective des operations, Examen de la politique operationnelle, Respect des clauses du pr2t, Rapport No 4090 en date du 7 septembre 1982, plus particu- lierement son Annexe - Etude de cas No 2. Piece jointe 1 Page 2 Directeur general camerounais et un Directeur general adjoint expatrie dont les qualifications et l'experience avaient Cte jugees satisfaisantes par la Banque. LtInspecteuren chef et le Chef comptable ont ete nommes avant la fin de janvier 1975. 5. Les difficultes ont commence avec la rnort soudaine, en decembre 1974, du Directeur general adjoint. Le Gouvernernent le rernplaqa par un ressortissant franqais qui occupait alors le poste de Directeur general de l'agriculture. ta Banque accepta a contrecoeur, mais uniquement pour une periode d'essai de six mois. Dans un compte rendu de mission de mai 1975, on pouvait lire, a propos du nouveau Directeur general adjoint, qu'il "n'avait probablement pas (les) aptitudes voulues en matiere de .". 'gestion.. 6. La SODECAO connaissait l'opposition de la Banque au maintien du Directeur general adjoint qu'elle avait choisi, mais estimait qu'une expe- rience en matiere de gestion n'etait pas un critere essentiel pour occuper ce poste. Elle estimait que le Directeur general assumait la responsabi- lite de la gestion et que le Directeur general adjoint etait charge des questions techniques. La SODECAO considerait que le nouveau Directeur general adjoint etait competent dans ce domaine, etant donne qu'il avait une experience de 30 ans en matiere d'agriculture camerounaise et avait occupe le poste de Directeur general du Departement de l'agriculture du pays. En consequence, le Conseil d'administration de la SODECAO a confir- me sa nomination au poste de Directeur general adjoint. Bien que le recrutement et la confirmation aient ete faits sans l'approbation de la Banque, cette derniere n'a pas exprime un desaccord officiel a propos de la confirmation. 7. La SODECAO avait souligne que, bien que le Directeur general adjoint soit un expatrie et bien qu'il ait ete nomme a un poste prevu au projet, son traitement n'etait pas finance par le prSt de la Banque. Ce a quoi la Banque a repondu que, du fait que ce traitement etait finance par des fonds en monnaie nationale, le poste de Directeur technique, come indique dans le rapport d'evaluation, etait vacant. En consequence, les services de la Banque recommandaient le recrutement d'un directeur tech- nique supplementaire. La SODECAO refusa cette recommandation et presenta les arguments suivants : i) le poste n'avait pas ete prevu dans l'bccord de projet; et ii) les connaissances techniques du nouveau Directeur gene- ral adjoint etaient considerees c o m e adequates. Une mission de supervi- sion sejournant dans le pays en fCvrier 1977 se declara d'accord avec la SODECAO sur le fait que "le projet ne contenait aucune clause visant le recrutement d'un directeur technique distinct". La mission recommandait plut6t la creation d'un autre poste, celui de Directeur des operations sur le terrain. La mission de supervision suivante, en aodt 1977, indiquait dans son rapport que les autorites camerounaises croyaient comprendre que le Directeur des operations sur le terrain serait un erpatrie et l'accep- taient. Toutefois, le Directeur general, au cours d'entretiens ulterieurs Piece jointe 1 Page 3 avec le personnel du Departement de l'evaluation retrospective des opera- tions, devait declarer qu'a cette Gpoque, il s'etait estime dans l'obliga- tion de creer un poste d'expatrie supplementaire qui n'etait ni prevu dans le projet ni justifie. 8. En novembre 1977, les services de la Banque interviewaient deux candidats et le 28 decembre proposaient l'un d r e w pour ce nouveau poste. Le Directeur general de la SODECAO presenta le curriculum vitae du candidat en question au Conseil de la SODECAO, mais ce denier le jugea insuffisam- ment qualifie et recruta pour ce poste m e autre personne, ce qui aggrava encore les tensions entre la Banque et la SODECAO. 9. En 1978, le Gouvernement proceda a m e enqu6te a la suite de laquelle le Directeur general de la SODECAO fut transfere a un autre service et le Directeur des finances expatrib ainsi que son homologue camerounais furent renvoyes. Le Gouvernement recruta alors un nouveau Directeur general par interim, sans consulter la Banque. La Banque, tout en estimant que le nouveau venu etait "relativement inexperimente", ne formula pas d'objection officielle. LO. En novembre 1978, le Directeur general par interim quitta son poste pour des raisons de sante. Le Gouvernement, toujours sans consulter la Banque, le remplala par le Directeur general adjoint. La Banque, qui avait initialement manifest6 son opposition au recrutement de cette per- s o m e pour le poste de Directeur general adjoint, estima alors que son remplacement s'imposait dans les plus brefs delais. La Banque recounuanda deux candidats au poste de Directeur general. Le Gouvernement rejeta ces deux candidatures, voulant un "cadre superieur possedant une formation universitaire en gestion des affaires ou en economie et possedant de l'experience en matiere de projets agricoles". La Banque indiqua avec insistance que ses deux candidats presentaient le profil approprie et, dans un telegramne date de juillet 1979, faisait savoir au Gouvernement qu'a son avis, ce dernier avait fixe des "normes tres elevees". 11. Dana l'intervalle, le Gouvemement avait recrute un groupe de consultants ayant pour tHche de preparer une etude sur la reorganisation de la SODECAO. Le rapport des consultants indiqua que Le Directeur general avait trop d'interlocuteurs, ce qui l'emptchait de se concentrer sur les questions de politique generale. I1 reconnnandait qu'un secre- tariat soit cree qui assumerait a la place du Directeur general les tiches qwtidiennes et qui serait un dhpartement de services sans pouvoirs exe- cutifs. Selon les consultants, les problemes de gestion de la SODECAO etaient imputables a l'existence d'un Directeur general adjoint et ils recommandaient l'abolition de ce poste. 11s recormnandaient d'autre part de diviser le departement administratif/financier, trop lourd, en plusieurs unites plus faciles a administrer, et de reduire le nombre de postes relevant directement du Directeur general. Piece jointe 1 Page 4 12. La Banque prit note du fait que le Gouvernement, tout en accep- tant un grand nombre des reconrmandations des consultants, decida de main- tenir le poste de Directeur general adjoint et de ne pas subdiviser les fonctions administratives et financieres. 13. En juillet 1979, le Gouvernement, par decret presidentiel, creait un Comite de gestion charge d'une enqutte sur les activites de la SODECAO. Ce comite, ayant a sa t2te l'hssistant technique aupres du President, entreprit un examen approfondi de la SODECAO, notamment du rapport et des recommandations des consultants. Le 19 octobre 1979, la Banque informait l'bprunteur qu'elle prendrait les mesures qui s'imposaient si, d'ici au 20 novembre, le Gouvernement ne s'employait pas a mettre en oeuvre les recommandations des consultants, notanrment la nomination rapide d'un Directeur general. 14. Le 2 novembre 1979, c'est-a-dire bien avant la date limite indi- quee par la Banque, le Cornite de gestion convoquait les representants des cofinanciers, y compris le Representant resident de la Banque, et les informait officiellement des mesures prises par le Gouvernement sur la recommandation des consultants. Le Comite les informait egalement du choix, par le Gouvernement, d'un candidat pour le poste de Directeur gene- ral. En 1'absence d'objections officielles, les autorites camerounaises estimerent que les mesures qu'elles avaient prises etaient considerees par les trois cofinanciers come adequates dans les conditions existantes. Le Gouvernement camerounais entama alors-lanegotiation d'un contrat avec le candidat en question ainsi que les demarches visant a le degager de ses obligations professicmnelles pour entrer en fonction come Directeur general. 15. Pendant que le Comite de gestiori mettait au point les details pour la mise en oeuvre de ses reconrmandations, les services de la Banque eurent des entretiens avec une delegation camerounaise venue a Washington pour negocier un autre projet.. Ces entretiens n'ont apparemment pas it6 concluants et il n'existe aucun proces-verbal des discussions. Les repre- sentants de l'hprunteur eurent l'impression d'avoir explique les decisions prises par l e u Gouvernement et indique les mesures adoptees en vue de les mettre en oeuvre. Certain8 membres des services de la Banque estimerent que le Gouvernement camerounais prenait des mesures pour remedier a la situation, alors que d'autrea eurent l'impression que ce m6me Gouvernement n'avait pris aucune disposition en vue de reorganiser la SODECAO ou de recruter un Directeur general. La legalite de la dkcision, par la Banque, de suspendre les decaissements fut examinee de faqon informelle avec le Departement juridique et il fut alors note que s'il etait possible qu'une telle initiative ait 4th en .contraventionavec certaines sections de 1'Accord (par exemple, les Sections 3.01 et 3.021, des mesures avaient Piece jointe 1 Page 5 deja ete prises pour y remedier 21. Toutefois, la Banque decida de demander a llEmprunteurde ne pas presenter de nouvelles demandes de decaissements 21. 16. Le 22 novembre 1979, le Representant resident de la Banque fut informe que les decaissements seraient suspendus jusqu'a ce que le Gouver- nement ait decide des mesures definitives qu'il prendrait pour redresser la situation de la SODECAO 41, et demanda au Gouvernement de ne plus presenter de demandes de decaissements. Surpris de ce qu'il considerait come une decision unilaterale de la part de la Banque, le Gouvernement manifests sa surprise, d'autant plus que le representant de la Banque n'avait souleve aucune objection lors de la reunion du 2 novembre quand les mesures prises par le Gouvernement avaient ete annoncees 51. I1 est interessant de noter que les autres cofinanciers n'ont pas suivi a cette orcasion l'exemple de la Banque et ont poursuivi les decaissements. 17. En mars 1980, une lettre fut envoyee a L'Emprunteur, definissant les mesures que ce dernier devait adopter pour que la Banque reprenne les decaissements. Le recrutement d'un nouveau Directeur financier dont les qualifications et l'experience seraient jugees satisfaisantes par la Banque figurait parmi ces mesures. Dans sa lettre, la Banque indiquait egaLement a l'bprunteur que, conformement a 1'Accord de prgt, le recrutement de tout le personnel destine aux postes cles devait avoir l'approbation prealable de la Banque. 18. En octobre 1980, une mission de supervision prit note du'fait qu'une nouvelle equipe de direction etait entree en poste en mai 1980 et que plusieurs postes cles avaient ete pourvus sans consultation prealable de la Banque. La mission indiqua qu'elle avait "des reserves quant a la competence de certains des cadres recrutes". A cette occasion, une lettre fut envoyee au Ministre de l'economie et du Plan, dans laquelle la Banque - 21 Mhmorandum interne en date du 7 ao6t 1978. - 3/ 11 semblerait que les documents rendant compte de l'accord de ne pas envoyer de demandes de dCcaissements n'ont pas ete officiellement approuves par le Ddpartement juridique. $1 11 convient de souligner que la situation financiere globale de la SODECAO 6tait a l'origine des preoccupations de la Banque en ce qui concerne le recrutement des principaux cadres superieurs. - 5/ Les sentices de la Banque affirment que l'eventualite d'un arr6t des decaissements avait ete examinee en detail avec des representants, a tous les niveaux, du Gouvernement camerounais. Piece jointe 1 Page 6 trouvait regrettable de ne pas avoir eu la possibilite de donner son avis sur les candidats recrutes come convenu dans 1'Accord de pr6t. Toutefois, en avril 1981, le personnel de la Banque constata que des ameliorations notables avaient eu lieu et que la nouvelle equipe de gestion installhe depuis mai avait "progressivement transforme la SODECAO en une agence de developpement efficace". 19. En juin 1981, la Banque estima qu'il restait encore un certain nombre de mesures a prendre et que, si elles etaient prises d'ici au 31 juillet 1981, les decaissements au titre de depenses engagees a partir du 30 juin 1980 reprendraient. Par contre, si les mesures en question n'etaient pas prises, la Banque entamerait une procedure visant a clore et annuler le prGt. Les mesures que preconisait la Banque etaient principa- lement les suivantes : la signature d'un decret ministeriel et d'un accord entre les principales institutions participant au pro jet, definissant le rble de chacune d'elles ainsi que les procedures de credit agricole affe- rentes au projet. Le 27 juillet, les documents etaient signes et, apres une periode de 19 mois, la Banque reprenait les decaissements au titre du prGt et reportait la date de cl6ture au 31 decembre.1981. A cette date, aucun poste de cadre superieur n'etait occupe par un Camerounais. 20. Malgre plusieurs missions, Les communications entre le personnel de la Banque et l'hprunteur ont 6te des plus tenues. Au cours des annees d'execution du projet, l'hprunteur a eu l'impression que les service de la Banque etaient davantage interesses a placer des candidats de leur choix (toujours des expatries) aux postes vacants plutbt qu'a renforcer les aptitudes de gestion du pays. D'autre part, 1'Emprunteu.r estimait que le personnel recrute par la Banque etait tres coiiteux, mediocre sur le plan professionnel et n'etait pas tres competent. Quant a eux, les services de la Banque semblent avoir ete au premier chef preoccupes par les seriew problhes de gestion de la SODECAO et par le fait que le recrutement des cadres de gestion s'etait fait sans l'approbation de la Banque. B. Clause relative a la formation d'homologues 21. La Section 3.01 (c) de 1'Accord de projet stipule que La "SODECAO recrutera dans les meilleurs delais des homologues camerounais c o m e per- sonnel de contrepartie des cadres de gestion expatries recrutes, vises au paragraphe (b) de la presente section, et prendra les dispositions qui conviennent en vue d'assurer la formation de ces homologues pour leur per- met tre d 'assumer progressivement les postes occupes par lesdits cadres de gestion expatries". Piece jointe 1 Page 7 22. Bien que La clause ne specifie pas de delais pour L'execution de ce programme, il avait ete entendu au cours de l'evaluation et specifique- ment stipule dans le Rapport du President qu'un personnel Local serait forme pour pouvoir succeder awc expatries apres des periodes de trois a six ans. Situation effective 23. I1 est difficile de reconstituer les evenements en ce qui con- cerne Le respect de cette clause specifique. Les missions de supervision qui se sont succede en 1975 et 1976 n'ont pas evoque La question des homo- logues camerounais. En fait, ces derniers ont ete mentionnes pour La premiere fois en juin 1977, dans le rapport d'une mission de supervision indiquant qu'un aspect important des tgches du nouveau Directeur des ope- rations sur le terrain serait de renforcer les aptitudes de gestion de son' adjoint et des cadres subalternes camerounais travaillant avec ce denier. Une allusion indirecte fut faite en mai 1978 dans un rapport de supervision indiquant que le Gouvernement pourrait estimer necessaire d'accroitre plutst que de reduire le nombre d'expatries destines a des postes.cles. 24, Un grand nombre des allusions a la question du personnel homo- logue faites ulterieurement par la Banque restent obscures. Par exemple, dans les rapports de supervision de janvier et fevrier 1-980, les clauses 3.01 (b) et 3.01 (c) sont traitees c o m e une seule et m6me clause concer- nant "le recrutement de personnel cle et de personnel homologue". Le seul comntaire figurant dans le rapport de fevrier etait le suivant : "Un nouveau Directeur general a ete recrute et le recrutement d'autre personnel c16 est en cours." 25. C'est dans un rapport de supervision d'avril 1980 que La Banque fit une allusion directe, pour la premiere fois, aux homologues camerou- nais. Ce rapport indiquait que l'aptitude des homologues etait en cours d'evaluation. En octobre 1980, un autre rapport de supervision indiquait que le nouvel organigrannae n'avait pas encore ete mis au point definitive- ment mais qu'il avait ete en principe convenu de ne pas recruter d'homo- logues officiels. Selon le rapport, la succession Cventuelle aux postes ditenus par les assistants techniques expatries devait Stre assuree dans le cadre du developpement structure et de la promotion de cadres supe- rieurs camerounais. Ce comentaire est repete mot a mot dans un rapport de supervision d'avril 1981 et c'est la derniere allusion aux homologues camerounais. 26. Les termes utilises dans les rapports finals de supervision semblent indiquer que, des le debut, La clause en question n'a pas ete respectee et que la SODECAO n'a pas "recrute dans Les meilleurs delais des Piece jointe 1 Page 8 homologues camerounais connne personnel de contrepartie des expatries occu- pant les postes de direction". Le Eait que la Banque n'a pas souleve la question du respect de la clause en question et a eventuellement choisi, en fait, d'abandonner le concept des homologues camerounais indique que les services de la Banque n'accordaient pas une grande importance a la clause en question. 27. I1 semble que les autorites camerounaises aient eu une notion differente de la question. Bien que dans l'ensemble favorables a la notion d'homologues, elles ont affirme qu'en l'absence d'une provision financiere dans 1'~ccord de pret ...," la SODECAO n'etait pas en mesure de former un personnel a des postes de direction". CLAUSE RELATIVE AUX OBJECTIFS DU PROJET 28. Un certain nombre de specifications techniques du projet se sont averees deficientes, ce qui a entrazne des problemes pour 1'Emprunteur tenu par lfAccord de pret de les suivre. Clause relative aux me thodes agricoles 29. Aux termes de la Section 3.01 (a) de 1'Accord de prBt : "LIEmprunteurexecute le projet ...confodment aux methodes agricoles en usage ..." 30. Les "methodes agricoles en usage" avaient ete definies dans le rapport d'evaluation. Elles etaient fondees sur les reconrmandations des consultants, B savoir que : a) "La lutte contre la pourriture brune devait Btre le principal objectif du programme de remise en etat des plantations. Elle exigeait cinq a six pulverisations pendant la saison seche. Le rapport des consultants soulignait que des resultats notables ne pouvaient 8tre obtenus que si le programme de pulverisation etait suivi d a m sa totalite. " b) La densite des nouvelles plantations serait de 1.600 arbres a l'hectare, plantes sous ombrage permanent et sans engrais. Situation effective 31. Initialement, les missions de supervision ont insiste pour que llEmprunteuradopte les methodes agricoles reconrmandees, particulierement les pulverisations intensives. Toutefois, la validite des recommandations techniques commenqa a itre mise en doute lorsqu'on decouvrit que la pro- duction de cacao n'avait pas augmente come prevu et que la qualite ne s'etait pas non plus amelioree. Piece jointe 1 Page 9 32. Au debut de 1977, il a ete indique aux membres d'une mission de supervision que, du fait de l'anciennete des arbres (dans les plantations etablies), l'e traitement de la pourriture brune etait tres risque. Malgre ces avertissements, la Banque ne prit aucune mesure a ce moment-la. 33. Le probleme fut finalement porte a l'attention de la direction de la Banque au cours de 1'Examen des projets rencontrant des difficultes (autome 1979) selon lequel il etait a present evident, alors qu'on se trouvait aux deux tiers de la periode d'execution du projet, que l'hypo- these selon laquelle des pulverisations intensives des plantations exis- tantes permettraient d'obtenir un rendement de 200 kg a l'hectare etait exagerement optimiste et ne se materialiserait pas. Le document concluait que 1 'on en etait venu a realiser qu'il n'htait pas rentable pour l'agri- culteur d'effectuer plus de quatre a six pulverisations par an. A partir de ce moment-la, la Banque appuya la proposition faite par 1'Emprunteur selon laquelle l'objectif du projet devait Stre modifie et la remise en etat des vieilles plantations devait 6tre abandonnee et remplacee par l'amenagement de nouvelles plantations. 34. Toutefois, les methodes agricoles reconnaandees par la Banque pour les nouvelles plantations etaient egalement sujettes a controverse. Certains membres du personnel de la Banque se declaraient sceptiques quant a ces recommandations, soulignant les contradictions existant entre l'enveloppe technique recornmandee au Cameroun et une autre enveloppe pro- posee pour la Cdte d'Ivoire, pays ou les conditions etaient pourtant com- parables. Parmi les differences, on notait : a) la densite des planta- tions, qui btait de 1.600 arbres a l'hectare au Cameroun contre 1.300 en C6te d'Ivoire; b) l'utilisation d'engrais en Cdte d'Ivoire, alors qu'au Cameroun on preconisait l'absence d'engrais pour les jeunes arbres pendant trois ans; c) l'obligation, au Cameroun, de planter les arbres sous ombrage permanent alors que tel n'etait pas le cas en CBte d'Ivoire; et d) les criteres d'ensemencement, qui etaient de 60 cabosses a l'hectare au Cameroun contre 65 en Ci3te dqIvoire. Comentaires 35. La Banque reconnazt aujourd'hui que les methodes agricoles recomandees par les consultants ne convenaient pas. Le fait qu'une telle chose ait pu se produire non seulement fait apparaitre sous un jour defa- vorable les consultants mais suggere egalement des defauts dans le pro- cessus d'evaluation. Toutes les fois que l'examen par le personnel de L a Banque au siege fait apparaitre que des recommandations presentees par des consultants sont sujettes a caution, le mandat des missions d'evaluation devrait specifiquement exiger l'examen approfondi desdites recornandations dans Le rapport d 'evaluation. Piece jointe 1 Page 10 36. Les missions de supervision ont pour tdche d'identifier le plus tdt possible les probl5mes qui se presentent et dont la plupart affectent le respect des clauses. I1 semble que les missions de supervision aient accompli cette tdche dans le cas du projet de culture du cacao (voir par. 32 ci-dessus) mais Le suivi semble avoir laisse a desirer. Quand des problemes de cette nature sont identifies, les missions suivantes devraient concentrer plus specifiquement leur attention sur l'ampleur et les causes possibles des problemes. 37. L'Emprunteur a suggere que la nature defec tueuse de 1 ' enveloppe technique aurait pu 2tre detectee beaucoup plus t6t si un dispositif per- mettant de faire appel a un groupe quelconque d'experts independants du personnel de la Banque charge de la conception et du respect des clauses avait existe. Piece jointe 2 Page 1 AIDE-MEMOIRE (23 avril 1981) FOURNI A LA MISSION D'EVALUATION RETROSPECTIVE DES OPEUTIONS AU CAMEROUN 1. Pour evaluer comme il convient les problemes ayant trait au res- pect des principaw contrats de recrutement d'expatries, il convient de tenir compte des circonstances conduisant a l'approbation du prGt d'un montant de 17 millions de dollars accorde par la Banque mondiale pour la realisation du projet cacao. 2. Le Cameroun, sixieme pays exportateur de cacao du monde, a mis au point un systeme extensif de services de vulgarisation.destines aux agriculteurs ainsi qu'un systeme de comercialisation utilise par les exportateurs etrangers. Ces deniers achetent le cacao, soit directement, soit a des intemediaires, et l'agriculteur reqoit un prix peu eleve. Du fait qu'il cultive le cacao sur de petites parcelles de deux ou trois hec- tares avec une main-d'oeuvre familiale, l'agriculteur a de tout temps joui d'un pouvoir de negociation faible et a souvent r e p pour son produit des prix plus faibles que les prix fixes par le Gouvernement. Afin d'assurer une rentabilite convenable aux agriculteurs, le Gouvernement a appuye l'organisation de missions regionales avec la participation de la CINAM i/ come conseillere. Devant les resultats satisfaisants obtenus dans cet effort d'organisation des agriculteurs, le Gouvernement a publie en 1972 deux decrets portant chacun creation d'une societe de developpement regio- nal pour les zones d'action prioritaire integree (ZAPI) dans les regions Centre-Sud et Est du pays, chacune ayant a sa tZte un expatrie (CINAM) et un homologue camerounais. En ce qui concerne la ZAPI du Centre-Sud, trois Entreprises de progrk local (EPL) out ete ktablies, dirigees par des experts de la CINAM avec l'aide d'un personnel camerounais, ce dernier n'occupant aucun poste de responsabilite. Le progranrme de developpement integre de la ZAPI Centre-Sud etait fonde principalement sur l'augmentation de la production de cacao de premiere qualite et sur l'exclusivite de la comercialisation au sein de l a zone, cela afin d'obtenir pour Les agri- culteurs interesses des revenus en liquide plus eleves. 3. La principale tiche des ZAP1 etait d'assurer que les agriculteurs produisent du cacao de premiere qualite et re~oiventpour la vente de leur recolte le prix fixe par le Gouvernement. Au cours de cette periode, les ZAPI exphdiaient le cacao ramasse sur les exploitations a des exportateurs qui les vendaient l'etranger. Mais, en 1973, les ZAPI, se rendant compte que le benefice total de cette operation htait considerable, entreprirent d'exporter directement le cacao et firent une concurrence active a w exportateurs btablis qui continuaient d'exporter le cacao en provenance d'autres regions. 11 - Compagnie d'6tudes industrielles et d'amenagement du territoire. Piece jointe 2 Page 2 4. Dans la region Est, la ZAP1 etablie fonctionnait de faqon satis- faisante. Par contre, la ZAPI du Centre-Sud enregistrait des resultats moins satisfaisants, du fait qu'elle manquait de fonds pour pouvoir payer rapidement les agriculteurs et qu'elle se trouvait en concurrence avec les gros exportateurs de cette region importante du pays ou se trouve la capi- tale, Yaounde. 5. En 1971, la SEDES 2/, bureau d'etudes franqais ayant son siege a Paris, proceda a l'analyse des activites de la ZAPI du Centre-Sud. Mais au lieu de prodiguer des conseils quant aux mesures a prendre pour re- dresser la situation et rendre la ZAPI plus efficace et ses operations plus rentables, la SEDES recommanda que les quatre secteurs de la ZAPI du Centre-Sud soient remplaces par un nouvel organisme, la SODECAO. Cet organisme fut donc etabli par le Gouvernement, dote d'un Conseil d'admi- nistration et d'une direction generale composee d ' w Directeur general camerounais et de huit expatries; son objectif etait d'aider les agricul- teurs a s'organiser en vue d'accroitre la production de cacao et le volume des ventes a w exportateurs, eliminant ainsi les intermediaires locaw, mais sans posseder toutefois le monopole des exportations dans la region. 6. Bien qu'il ne paraisse pas tres rationnel de 1aisser.a un orga- nisme national ayant a sa tgte un Directeur general, et c o m e appuis des departements techniques composes presque entierement d'expatries, la res- ponsabilite d'assurer que des exportateurs etrangers versent aux agricul- teurs des prix plus eleves, le Gouvernement camerounais, sans grand enthousiasme, y consentit en raison de la participation active au projet d'une institution financiere internationale come la Banque mondiale qui a pour politique declaree d'aider a renforcer le potentiel local de ses e m p ~ t e u r s . Un accord conclu avec la mission d'evaluation de la Banque, et selon lequel un directeur general serait camerounais et un personnel camerounais serait f o d des le debut pour remplacer un certain nombre d'expatries apres des periodes de trois a six ans (rapport d'evaluation, paragraphe IV), a ete un facteur hident dans la creation de la SODECAO. 7. La delegation camerounaise, faisant confiance aux idea- de la Baoque mondiale et a l'aptitude de cette derniere a contribuer au renfor- cement des competences locales pour lui permettre d'assumer la direction du projet, signa les documents juridiques proposes par la Banque et qui lui avaient ete presentes a son arrivee B Washington, un jour avant les negociations. 8. Ces documents ne purent dtre examines en detail que plus tard, au retour de la delegation h Yaounde, et cet examen fit apparaitre plusieurs elements : premierement, ils ne contenaient aucune indication 2/ - Societe d'etudes pour le developpement economique et social. Piece jointe 2 Page 3 que le directeur general serait camerounais, alors que ce point avait e t e convenu dans le compte rendu des reunions et la correspondance. En fait, la section correspondante de 1'Accord de projet (3.01 ( b ) ) mentionnait les postes de direction, y compris le poste de directeur general, come devant 6tre l'objet d'un "recrutement sur le plan international", termes utilises par la Banque pour designer le recrutement d'expatries. Dewiemement, la mention specifique de la periode de formation du personnel camerounais pour lui permettre de remplacer les expatries au bout de trois a six ans etait absente. Au lieu de cela, le document indiquait que la SODECAO prendrait les "mesures appropri6esW pour la formation d'un personnel de contrepartie qui "assumerait progressivernent les postes" occupes par le personnel de direction international recrute (Accord de projet, Section 3.01 ( c)). Rien n'indiquait clairement comment, en 1'absence d'une clause visant 1 ; four- niture de fonds, dans 1'Accord de pret, pour financer de tels "arrangements appropries", la SODECAO pourrait former du personnel pour qu'il puisse occuper des postes de direction. 9. Compte tenu de ce qui prkede, la Banque a fait de plus en plus pression sur la SODECAO pour qu'elle recrute des expatries, et aucun inte- ret n'etait particuliirement manifeste quant a la formation de personnel camerounais pour qu'il puisse acceder a des postes de direction cles. 10. Le fait que le candidat, dont le recrutement au poste de direc- teur general technique adjoint avait 6te approuve par la Banque et qui etait charge des aspects techniques de la production de cacao, etait un expatrie qui, de son propre aveu, n'avait jamais vu une plantation de cacao avant sa venue au Cameroun, n'a certes pas aide a eclaircir les malentendus. 11. La SODECAO a continue a resister aux pressions constantes exer- c6es sur elle pour la contraindre a respecter l'Accord.deprojet en recru- tant pour tous les postes des expatries a des "coiits exorbitants" et msme, dans certains cas, des candidats sans qualifications qu'elle n'a cesse de rejeter come nkdiocres et incompetents. 12. Simultanement, la SODECAO estime que pour presque tous les can- didats locaux qu'elle a pu proposer, elle s'est vu poser des questions prematurees et plut6t vagues quant a leur "experience adequate en matiere de gestion". Cela a ete particulierement le cas lorsque la mission de supervision de la Banque s'est opposee vigoureusement au recrutement local d'un expattie qui avait travaille a la Direction de l'agriculture du pays et possedait par ailleurs 30 ans d'experience de l'agriculture camerou- naise. La SODECAO a fait remarquer A ce propos que, bien qu'il s'agisse d'un expatrie recrute pour un poste prevu au projet, son traitement - qui, incidemment, etait peu eleve par comparaison avec le salaire moyen de plus de 1 million de francs CFA par mois verse par la Banque et approuve pour - les experts n'etait pas finance par les montants du prGt de la Banque mais par le Gouvernement fransais (environ 800.000 francs CFA par mois). Piece jointe 2 Page 4 13. A la suite de ces malentendus, la Banque decida unilateralement de suspendre les decaissements. Ce point est mentionne non pas pour cri- tiquer la Banque mais pour que l'on tire la legon d'une experience dans laquelle les problemes ont decoulk de contrats inappropries et de l'inap- titude a inclure des clauses susceptibles d'aider a mettre en oeuvre la politique declaree de la Banque mondiale, a savoir le renforcement des aptitudes nationales. Nous suggerons, pour les projets a venir, que les mesures ci-apres soient prises : a) Le texte complet des documents du pr6t sera envoye au Gouverne- ment interesse bien avant l'ouverture des negociations, pour permettre aux ministeres interessks d'en examiner toutes Les consequences. b) Le compte rendu des negociations sera enregistre afin que les accords conclus soient pleinement compris par les deux parties, particulierement les points qui ne sont specifies dans aucun contrat . c) Les Accords de pr6t mentionnant le recrutement d'expatries seront des contrats specifiques indiquant que : i) La formation universitaire et l'experience minimales requises pour chaque poste seront convenues par la Banque et le Gouvernement avant tout recrutement. ii 1 Dans le cas ou u n personnel national repondant aux criteres requis en mati&re de niveau d'kducation est disponible mais ne possede pas l'experience minimale requise, ce personnel sera recrute provisoirement et un conseiller expatrie qua- lifie sera n o m e qui le supervisera jusqu'a ce qu'il ait acquis l'experience necessaire. iii) S'il n'existe pas de personnel national possedant le niveau d'education requis, des expatries ayant le niveau minimum acceptable ou des qualifications superieures et davantage d'experience seront recrutes. iv) Dans tous les cas ou des expatries sont recrutes, un pro- gramne detail16 et progressif de formation sera mis au point d'un conmntn accord par la Banque et le Gouvernement, et des fonds suffisants seront prevus pour sa mise en oeuvre, afin de permettre que 1s personnel national soit forme en temps voulu pour remplacer les expatries a la fin du contrat. Piece jointe 2 Page 5 d) Avant d'invoquer unilateralement des clauses qui donnent a la Banque mais pas a 1'Emprunteur les moyens de respecter les accords mutuellement conclus, et avant la suspension par la Banque des decaissements, la Banque enverra a 1'Emprunteur une declaration officielle indiquant les raisons de sa decision, ce qui permettra a 1'Emprunteur de donner son point de vue sur la situation. 14. Ce n'est qu'apres que la direction de la Banque aura examine son point de vue et celui du pays sur la question qu'il sera possible de deci- der de la viabilite et de l'a-propos des recommandations presentees par ses experts. Ce faisant, la Banque accordera plus d'importance aux objec- tifs prioritaires du projet qu'aux procedures a suivre pour les atteindre ou qu'aux clauses generales telles que celles exigeant de 1'Emprunteur mais non de la Banque de faire preuve dans l'execution du projet de la "diligence voulue". ANNEXEL Page 1 Adrosse Tirl~raoniquo : CAISCOP vaoundh f618phone : 22.23.34 - 22.44.05 T6:cx ; CAISCOP 3301 %N Monsieur COOPER e. ?. - YAOUNOE rb ReprCsentant - RCsident de l a Sanaue " n d i a l e Y ACUN3r L e t t r e 6u :!.5.?k sicnee John Y. 'AALQYE, jr. Cher Yonsieur , La c o r r e s p o n d a n c e r a p a e l g e en o b j e t a r e t e n u t o u t e mon a ' t e n t ~ o n . Vous t r o u v e r e z c i - d e s s o u s mes a v i s e t ccTmenzaLres sur l e r a o ~ o r td ' P v a ~ ~ a t i o rCn t z o s p e c t i v e du :rejet Cacac. - Pace ?O, d e r n i h r e l i g n e des cacaotrers . il. d o i t s ' a g i r d e s c a c a o y e r s : non et - Page 24, premiere l i q n e suivante je vous p r a p o s e r a i s l a r e d a c t i o n : "YalgrB les n m b r e u x o r o b l h e s a u x q u e l s a : etC c o n f r o n t 6 le s e r v l c e de...". - Pace 24, 9e l i g n e : c l a s s d m e t non c l a s s i f i b e s . - Tableau 3, 3e c o l o n n e : daLlars Etats-Unis. - Annexe page 9 : les c r i t b r e e d'ensemencement c o n c e r n e n t p l u s vraisemblablement d e s " c a b a s s e s 3 l ' h e c t a r e t ' Sue d e s " g r a i n e s " . - P i h c e j o i n t e ?age 1, p o i n t 2, l i g n e 22 : l e "monopole" s i g n i f i a n t 1 1 e x c l u s i v i t 6 d e v e n t e , il v a u d r a i f rnieux a p p l i a u e r l e t e r m e " e x c l u s i v i t r 5 d e l a commerciaXisation". . P o i n t s d e fond. Oans 1' e s p r i t d e l a CCCE, l a SODECAO d t a i t davantage un projet, d e rec?srche-d@veloppement, e n v r a i e q r a n d e u r , al:'un pro j e t productFf. OBSERVATIOMS DU DEPART- DES EVALUATIONS RETROPECTTVES DES OPERATIONS La majeure partie des observations de La CCCE peuvent se justifier par le fait que cet organisme considerait ce projet connne etant un projet pilote. Toutefois, les documents d'evaluation n'indiquent nulle part que le projet avait 6te conqu c o m e tel. Les auteurs de l'evaluation retros- pective estiment donc que ce projet a ete un echec. S'il avait ete c o n p c o m e un projet pilote, les resultats auraient naturellement ete evalues dans une perspective diff&en te. ANN= 1 Page 2 - 42 - 1-rs j i l . ? n s e f F ~ c t ~ 6 s + ! *pn ) ' 9 e ? on? Largement rnontre l'j-,q:@r?t q c ' g r , p o u v a i t t i r e r I ' u n e t p l l e exp6- .-ience Dour L ' c l a b o ~ a t i o nde ~ r o j e t su l 5 r i e u r s e n t r a n t d a n s :e c a d r e cu p l a n c a c a o q u i a c o n s t l t u 6 l a s y n t h h e d e c e s n n a l y s c ~? a r t i d l e s . A u s s i , me o a r a l t - i l sCv&re de d i r e ( p a q e 10, l i g n e 5) RER, "qu'aucun p r o j e t - r e i a i s n ' a 6 t 6 pr6parg1'. 5n e f f - t , 2 1 ~e q a r d aux par. 1 3 g r a v e s ? r o ~ l P a e sd e 'ous o r t r e s r c n c c n t r e s p e r I n S O Z E ' A C , l e C.ouvernerent 3 s a 2 o ~ r t 5 ,s u r son b d r s t . 1 ~ d 56 a c n s z s ? z l a s t r u c f u r e j u s a u ' . ? r e c u e c z l l e - c i , z y a n i 'aiS a r e u v e de son e T f i c n c i t 6 ~ r t r o a v C e ,rcls~e~ r 6 t e n d rG ~t r c l ' a c e n c e e 1 e x 6 c u t i o n ce rouuezux p r o j e t s . 3e neme, il semble i n j u s t e d e p r g t e n d r e cue l e p r o j e t a C t B "un Cchec" ( ? a g e 15, l i q n e 5) 9u c u ' a u c u n d? ses o b ; e c t i f s RER, par. n ' a C t C a t t e i n t ( p a g e 14, p o i n t 10, l i g n e 6 ) . C ' e s t l ' e s t i r a i i o n RER, par.. neme d e s o b j e c t i f s ou c g u r s de : ' @ v a l g z t i ~q~ u i e s t en cnuse. La .2i jsion d ' Bvalua- t x n riitrospective I1 semble que l e s rendements r e t e n u s , p o s s i b l e s d a n s ne sense pas que d e s c o n d i t i c n s d t ? x p l o i t a t i o n s o p t i m a l e s , ne l ' o n t d t 6 que pour l ' o n a d€lib6r6mant j u s t i f i e r un t a u x d e r e n t a b i l i t g a c c e p t a b l e . grosei l e s estimations de rendement lors de Tous modestes qu ' i l s s a i e n t ( d e 1' o r d r e d e 30C kg/ha l'Gvaluation pour e n moyenne s u r l ' e n s e m b l e d e l a c a c a o y e r e de la zone SODECAO j l e s RER, -6liorer l e taux rendements o n t Bt6 l e g k e t n e n t auqmentks a l o r s q u ' o n a c'Q a s s i s t e r par. 14 de rentabilitg, B une dgg'radation c e r t a i n e d a n s 15s z o n e s non e n c a d r e e s OCI p l u s co- il e s t h d i - aucun t r a i t e r c e n i n ' a 6 t e f a i t e e o u i s p l c s i e u r s a n n e e s e t oh l e qub au par. 14 du . . m a t e r i e l- vegetal-arrivait , au mieuxq,-.-en mauvais etat. Une B t u l e e s t en c o u r s pour c h i f f r o r l ' i m p a c t e x a c t de l ' a c t i o n cte I n SODECAO p a r . c o m p a r a i s o n a v e c l e a z o n e s non e n c a d r d e s ou e n c a d r g e s d e P r a t c h e d a t e . Lcs auteurs de - Pa$? 19, d e r n i h r e l i g n e : ' Y e s mdthodes c u l t u r a l e s RER, p r o p o s e e s d a n s l e c a d r e du p r o j e t se s o n t a v e r e e s i n a d e q u a t e s 'I, par. 26 valuation s'attem- ce q u i n ' a p a s empechb l e s e v a l u a t e u r s du p r o j e t d e l e s r e t e n i r dait rurturellemrat c a m e bonnes. i ce que les d t o d e s I1 e s t ban d e r a p p e l e r i c i , une p h r a s e d e J e a n culturalea P ~ O P O - GRINAU)I+( 2 ) " l e c a c a o est une s p t ! c u l a t i o n a n t i a g r o n o m i q u e 'I : s6es soient bopnee; d . l e c a c a o n e rCoond p a s aux e n g r a i s : mals e l l e s s e sont r6v6liee inad6quates. - l ' b v o l u t i a n d e l a p r o d u c t i o n n e s u i t p a s une " I o i logistique" au cours de l a v i e de la plantation. *( 7 ) . agronomic, coopt!ratives,. r o u t e s , formation: e t c ... " ( 2 ) . Q u i a c o n s a c r d 30 a n s d e sa v i e L l a c a c a o c u l t u r e Camerou- n a i s e , c m e c h e r c h e u r d ' a b o r d e t come D i r e c t e u r de l a SODECAO e n s u i t e ( il e s t c r i t i q u e d e ~ m b r e u s e sf o i s d a n s c e r a p p o r t e n c e t t e q u a l i t 6 1. ANNEXE 1 Page 3 - les causes exactes des af'ec'lons, gourriture brzne st. capsides, ne sont ?as coonues. Observations Les thbmes qui ont 6t6 vulgarisCs ont 6tC mis au point Les rapports d'6- empiric!~ementen stotl.on ct adapt& aux conditions 6conmiaues et valuation rstro- 6cologiques 6e la cacaoyere canerounaise. spective et d'achsve- ment indiquent claire- - mauvnise utilisatlon des insecticides : la technique ment que les uC,ilisi.e ? n r la S?L'!Ir,'\C, I n r t.-?itwent systhatique e kclutes Les recommandations porcrl:nn, .isuxi.c:~e t ? ? i t ? m ~ f i k secle"lent su; les ! ~ - ^ ~ c o L ~CG s F ?lt? techniques propo- '.x? d ' i.-!'?cY~ lion se rcvtile g o S i t i e , s e ! ? l ~ l e raisonnab-c. S ':.i sges lors d 1'6- ~ u i s t ecne autre techniaue ?:US ~ C O ~ O T ~ dc?~an"des ~ U S rCsulc:ats valuation se sent comonrsbles, les auteurs du rnyoort c ~ v r a i e n tl e sigqaler. r6v6lSes inadgquates dans la pratique. - d e rn&me, le traitement contre la pourriture brune des s c ~ rjco-nda- cabosses ( C ~ ~ Rparticuliarement U qr?-ve4e l a cacaoyere carneraunaise! tions gtaient lemanle-t'il 12na utilisation lntensiva i c: fonqiclle point 29 , RER, 7eut-3tre th6- ?age 3 4 t t h s sxiqeante an nain-d'oeuvr?. Les recherches entreorises par. 2~ or:q~ecent Val- dans les laioratoires de phyto~harmacle,avec le ccccours d'experts. ablea, -is 18 ds 1'IECC pour la mise au point de mol6cules micronisables, n'ont pas n'est pas la abouti. : I osr certain que l'application des techniques ULV 2 la question. cacaoculture constituerait une rdvolution trbs p c s i . l i v e cornme celle cui s ' o s t r6alis6e sur le cotonnier. - page 24, l l g m 7 : la 31R3 reproche 5 la SODECAO d'avoir applique "ees normes techniques beaucoup trap Cl~vBes", en matier2 RER, l e routes e t c!e giszes de desserte. I1 y a un 3inirnun en dessous par. 34 - duquel on ne geut descendre si l'on veut que l'entretien ultdrieur soi t p o s s i b l e . En outre, ces normes ont sans doute et* jug6es trop rnoc!estes par le MINEQ (DIRCCTES) qui n ' a Das admis les realisations de SODECAO dignes d ' e t r e classdes routes rursles, donc d'etre entretenues sur son budget de fonctionnement. - Enfin l'annexe ~resenteen page 9, un certain ncmbre d'assertions difficiles B comprendre ou allant.3 l'encontre de ce Observations qui est dit dans le texte principal : I1 faut se rappeler que l'hnexe a st6 reprise telle . point 32. " du fait de 11anciennet6des arbres 0 le traitement de la pourriture brune Ctait.tr&s risque " ?. quelle d'un document du de . point 33, ligne 5 : " les pulv6risations intensives permetGient d'obtenir un rendement de 200 kg/ha " ll~valuation rstrospective des opgrations et n'a CitB ( on est loin des 8 0 O k g Y h a objectifs ;slagit-il d'un incorporee au rapport qulP rendement suppl6rnentaire ? titre de r5fErence. Dans comment peut-on s6parer l'effet des deux luttes ? Une ces conditions, on ne peut plantation qui ne recoit aucun traitement d6passe dif- pas faire des observations ou ficilement un rendement de 50 kg/ha de cacao de trhs des modifications aprGs coup. mauvaise qualite. ANNEXE 1 Page 4 . point 33. d e r n i ? r e s Limes 3. : !' 13 r e n i s e en 4 t a t deS v i e i l l e s ? l a o t a k i o n s d e v a i t P t r e abandonnee et r e m n l a c e e p a r l'amdnagement d e n o u v e i l a s p l a n t a - t i o n s " a l o r s que, page 75 p o i n t 22, on lit : " B l ' i n t e n s i f i c a t i c n c u l t u r a A e e t B 17am6nacement d e n o u v e i l e s p l a n t a t i o n s cacaavGras o n t succ6d6 a u j o u r d ' h u i l a remise e n 6 t n t e t l a r 6 n o v a t i o n d e p l a n t a t i o n ee c a c a o e x i s t n n t e s "... Je v o u s s e r a i s r e c o n n a i s s a n t d e b i e n v o u l o i r t r a n s r n e t t r o c a s r6flexiorr.; au Gdpartcmeqr cie l l ' l v s l u a t i n n r 6 t r o s o e c t i v e d e s o n r ; r a t i o n s , si v c x s j u q e z q u ' e l l e s peuvenc a m B l i o r e r le document Tina1. Je vous p r i e d 7 a g r 6 e r , Cher M o n s i e u r , l ' a s s u r a n c e d e ma c o n s i d 6 r a t i o n Q i s i i n g u G e . ANNEXE 2 CAISSE CENTRALE DE COOPERATION ECONOMIQUE ETABCISSEMENT JUBLlC - DOTATION 500 MILLIONS DE FRANCS -- & 9 JL'.? :,-: ;:* 3 .,.>' M. Shiv S. KAPUR BANQUE MONDlALE Departernent de 1'Evaluation Retrospective des Opirat-ons 1818 H. Street N.W. Objet : Observations de la Caisse Centrale sur les rapports provisoires d16valuatioc WASHINGTON D.C. 20433 ritrospective du projet SEMRY I1 et du projet Cacao au Cameroun U.S.A. Cher Monsieur, I1 ne nous a malheureusement pas dte possible de respecter les dklais de reponse que vous nous aviei impartis. Mais neanrnoins, je vous transmets ci-joint les observations de nos agents qui ont eu a suivre ces projets. . Concernant le rapport SEMRY 11, le sentiment est que le rapport fait utilzinent la ricapitulation des actions enrreprises et a e la situation actuelle. I1 relkve les problemes importants : respon- sabilisation limitie du paysannat, difficult& de commercialisation du riz, sans toutefois proposer d'aiternative quant au modile de production. Le r8le de l'assistance technique est peut-8tre sous-estimC ; sa pCrennit6 ingvitable est mentionnie, sans dtre remise en cause. Le rapport souligne justement L1efficacitO de la conduite des actions, mais on aurait pu egalement dsnoncer les carences de l'organisation administrative et comptable et du systeme de zestion. . Concernant le rapport sur le projet cacao, les agents consultis ont adh6r6 sans rsserve a w analyses de l'auteur. 11s soulignent, par ailleurs, avec satisfaction, le souci de formuler des enseignenents pour des actions futures. En vous renouvelant nos excuses, je vous prie de croire, Monsieur le Sirecteur, i llaesurancede mes sentiments les plus distinguis. Observation du Dgpartement .des Gvaluations r6trospectives des opgrations ?falheureusement,ces commentaires de la CCCE sont arrives tardivement pour Ztre pris en considiiration dans la version finale du rapport. Toutefois, ils ont 6tG incorporEs en annexe. CITE DU RETIRO - 35-37, RUE BOISSY D'ANGLAS - 76379 PARIS CEDEX 08 - ADRESSE TELEGRAPHIQUE :CAISCOP PARIS TELEPHONE : 1 1 1 2 6 6 . ~ 3 . ~ TELEXZlZ6?2F TELLCOPIEUR I?)2~ie.01.31 . EJ ANNEXE 3, Page 1 REPUBLIOUE DU CAMEROUN REPUBLIC OF CAMEROON - Travail - Patrle --- PaIx - Peace Work Fatherland MINISTERE DE L'AGRICULTURL MINISTRY OF AGRICULTURE - - YaoundB. Is 19 . . . on the Ref. : Ref. obiat: Rapport d l E v a l u a t i o n Le Ministre de I'Agriculture Subiect R e t r o s p e c t i v e du p r o j e t The Minister of Agriculture cacao ( P r g t 1039 - CM).- 21 M 0.NS.LE.U.R . LE C.M.E.F,..DE....DI..Y 1.5.1 .C)..N... BER.A.IITE.r?E:N..T ....... to DE L'EVALUATION RETROSPECTIVE DES OPERA- TIONS BANQUE MONDIALE. 1 8 1 8 STREET, N.w. WASHINGTON, D.C. 20433 U.S.A Monsieur l e Chef de D i v i s i o n , Suite A vos l e t t r e s du 06 A v r i l e t 1 1 M a i 1984 p a r l e s - q u e l l e s v o u s a v e z b i e n v o u l u me f a i r e t e n i r l e R a p p o r t d l E v a l u a - t i o n R e t r o s p e c t i v e du p r o j e t cacao ( P r B t 1039 - CM), j ' a i l'honneur d e v o u s f a i r e s a v o i r q u e l ' e x a m e n de c e r a p p o r t n o u s a p e r m i s de c o n s t a t e r que s e s c o n c l u s i o n s c a d r e n t b i e n avec c e l l e s des a u t r e s enquetes f a i t e s s u r l e d i t p r o j e t . B i e n que c e p r o j e t n ' a i t pas a t t e i n t ses o b j e c t i f s e t que son t a u x de r e n t a b i l i t e 3 l ' a c h h v e m e n t a i t BtB nB.gatif, nous p e n s o n s que t o u t e s l e s c a u s e s de c e t Bchec s o n t m a i n t e n a n t b i e n c o n n u e s e t q u e f o r t e d e s l e c o n s a i n s i t i r 6 e s du p r o j e t c a c a o , l a SODECAO s e r a m i e u x a r m e e p o u r a f f r o n t e r l e s nouvelles responsabi- l i t g s q u i l u i s e r o n t c o n f i e e s d a n s l e c a d r e d u . D 6 v e l o p p e m e n t Ru- r a l d e s P r o v i n c e s du C e n t r e e t du Sud. -- - Observation du DEpartement des Evaluations r&trospectives des op6rations Ilaleureusement, ces commentaites du uinistsre de llAgriculture sont arrivss tardivement pour Gtre pris en considiiration dans la version finale du rapport. Toutefois, ils ont 6t6 incorporss en annexe. ANNEXE 3 Page 2 S ' a g i s s a n t d e l a SODECAO, j e t i e n s 5 v o u s c o n f i r m e r q u e c e t o r g a n i s m e a arnorc6 u n bon r e d r e s s e m e n t , e t q u ' u n t r a i n d e m e s u r e s o n t B t B p r i s e s a u n i v e a u d e mon d 6 p a r t e m e n t m i n i s t e r i e l a f i n q u e l a SODECAO p u i s s e m e n e r a b i e n l e s t A c h e s 2 l u i c o n f i e e s . A propos des p i s t e s r u r a l e s , l e Ministere de l7Equipement a o r g a n i s 6 une s e r i e d e r g u n i o n s d e r e f l e x i o n 2 l a q u e l l e e s t a s s o - c i 6 rnon M i n i s t e r e a u s u j e t d e l a c o o r d i n a t i o n d e s t r a v a u x d e c o n s - tructions des pistes rurales, de leur classification et de leur e n t r e t i e n par l e Ministkre de llEquipernent. A l t a v e n i r rnon d & p a r t e m e n t , e n c e q u i l e c o n c e r n e , v e i l l e - ra a ce q u e t o u s l e s g c c o r d 3 p a s s e s a v e c l a Banque Mondiale d a n s l e cadre des d i f f g r e n t s p r o j e t s s o i e n t minutieusement respectes" V e u i l l e z a g r g e r , Monsieur l e Chef d e D i v i s i o n , ltassuran- c e d e ma c o n s i d e r a t i o n d i s t i n g u e e . / - REWBLIOUE WUSXDU CAMEROUN - 49 - UMWllrEP REPUBLIC OF CAMEROOW Peace - Work - Fatherland Ministere des Finances Ministry df Finance ------ GENERAL^-- SECRETARIAT DIVISION DE LA PREVISION Yaounde, le .-.-- - Jb, m4-... ------- AL L u i ; L. +ti"-- 19 .-- Le M l n i dm Flnancea The Minister of Finance H . . . . . .. K . . to Mr. The World Bank obimt :- sabjacc- --.....--....".......-...-.-........ - Rapport dfevaluation- 1 818 H. STREET, N.W. 'Pro jet CACAO Washington, D.C. 20 433 U. S.A. Monsieur , J f a i l'honneur dfaccuser reception de votre correspondance du 6 W r i l par laquelle vous me transmettiez le rapport df6valuationr6trospective sur le Projet Cacao au Cameroun. Ce rapport n'appelle aucune observation particu- li&re de ma part. Par ailleurs, je vous remercie pour les propos et les observations que le rapport fait ressortir au regard des efforts financiers entrepris par mon departement minis- tgriel pendant lfex6cutiondu projet. Veuillez agr6er, Monsieur, ltexpression de ma consid6ration distingu&e./- CAMEROUN RAPPORT D ' ACHEVEMENT PROJET CACAO Prbt No 1039 5 a v r i l 1983 (Version r g v i s g e l e 25 m a i 1984) DEPARTEMENT DES PROJETS AFRIQUE DE L ' OUEST Division a g r i c u l t u r e 2 CAMEROUN RAPPORT D ' ACHEVEMENT DU PROJET PROJET CACAO (PrGt 1039 ) I. INTRODUCTION 1. O 1 Le p r o j e t e t a i t l e cinquieme f i n a n c e p a r l e Groupe de l a Banque dans l e domaine de l ' a g r i c u l t u r e mais l e premier dans l e s o u s - s e c t e u r du cacao. I 1 a v a i t kt6 prbcede p a r l e P r o j e t de p l a n t a t i o n s CAMDEV (PrGt 490 e t C r e d i t 100, d e 1k m i l l i o n s d e d o l l a r s ) en 1967, l e P r o j e t de p l a n t a t i o n s de palmiers a h u i l e S OCAPALM (PrGt 593, de 7,9 m i l l i o n s de d o l l a r s ) en 1969 q u i a v a i t beniificiii d ' u n prGt supplementaire ( P r e t 866) de 1 , 7 m i l l i o n de d o l l a r s en 1972; l e P r o j e t r i z i c o l e S EMRY (Credit 302, de 3 , 7 m i l l i o n s de d o l l a r s ) en 1972; e t le P r o j e t elevage-Cameroun (Prbt 983-CM de 11,6 m i l l i o n s de d o l l a r s ) en 1974. 1.02 Pres de 75 % des quelque 8 m i l l i o n s d ' h a b i t a n t s du Cameroun v i v e n t d e l ' a g r i c u l t u r e . Lorsque l e p r o j e t cacao a e t e formule en 1971, l ' a g r i c u l t u r e c o n t r i b u a i t a r a i s o n de 40 % au PIB e t d e 70 % aux r e c e t t e s d ' e x p o r t a t i o n provenant s u r t o u t du cacao, du c a f e e t du coton. Plus de 90 % de l a production a g r i c o l e e s t a s s u r e par l e s e c t e u r t r a d i t i o n n e l , l e r e s t e p a r de grandes p l a n t a t i o n s , s u r t o u t de palmiers B h u i l e e t d ' h e v e a s , appartenant a 1 ' E t a t ou a des i n t 6 r e t s b t r a n g e r s . 1.03 Le s e c t e u r a g r i c o l e 6 t a i t relativement b i e n o r g a n i s h , mais son dhveloppement k t a i t e n t r a v 6 p a r l a f a i b l e s s e des i n s t i t u t i o n s e t des s e r v i c e s de 1 ' E t a t . Des fonds de s t a b i l i s a t i o n e t a i e n t chargks de r h g l e - menter l e s p r i x des c u l t u r e s de r a p p o r t e t un rn6canisme de c r h d i t a g r i c o l e f o u r n i s s a i t des p r e t s pour les c u l t u r e s d ' e x p o r t a t i o n . 11. LE SECTEUR CACAOYER 2.01 En 1973, l e Cameroun e t a i t l e c i n q u i h e producteur mondial d e cacao. I1 p r o d u i s a i t 110.000 tonnes de fhves s6chees ( s o i t 7 % environ de l a production mondiale) s u r des s u p e r f i c i e s estim6es 380.000 ha. La f a i b l e s s e du rendement moyen ( e s t i m i a 300 kgjha &/) s ' e x p l i q u a i t p a r l a p o u r r i t u r e brune, maladie cryptogamique q u i d k t r u i t les cabosses. C e t t e maladie, q u i s e propage rapidement lorsque l f h u m i d i t 6 e s t f o r t e e t l e s temphratures r e l a t i v e m e n t b a s s e s , touche beaucoup p l u s le Cameroun, ofi ces c o n d i t i o n s e x i s t e n t , que l e s a u t r e s pays de l t A f r i q u e de l f O u e s t . En 1/ - Comme on l e v e r r a , c e c h i f f r e C t a i t probablement supiirieur de 25 % a la realiti. f a i t , on estime qu'environ l a moitie de l a r e c o l t e annuelle e s t d e t r u i t e par l a p o u r r i t u r e brune. Par a i l l e u r s , l a l u t t e a n t i c a p s i d e e t a i t relativement e f f i c a c e . 2.02 P l u s i e u r s annies avant l e lancement du p r o j e t , l e s pouvoirs p u b l i c s s ' e t a i e n t i n q u i e t e s de l a r e l a t i v e s t a g n a t i o n de l a production de cacao, causee par l e v i e i l l i s s e m e n t des a r b r e s e t l a b a i s s e de l e u r rendement. I1 e t a i t evident que s e u l s des programmes a grande e c h e l l e de regeneration e t de r e p l a n t a t i o n , d ' u n coht considerable, p o u r r a i e n t enrayer c e t t e b a i s s e . En o u t r e , l a l u t t e c o n t r e l a p o u r r i t u r e brune e t a i t un des elements importants de l a p l a n i f i c a t i o n de l a regeneration des cacaoyhres. L e Gouvernement a v a i t dejh f a i t appel aux s e r v i c e s d ' e x p e r t s f r a n q a i s f o u r n i s au t i t r e de l ' a i d e b i l a t e r a l e e t vers l a f i n des annees 60, il a v a i t egalement s o l l i c i t e l ' a i d e de l a Banque. 2.03 En 1967, l e Gouvernement a lance un programme dans l e Centre-Sud q u i v i s a i t a doubler l a production de cacao dans un d h l a i de cinq ans e t q u i a e t e execute p a r l a ZAPI Centre-Sud, un des organismes de develop- pement a g r i c o l e i n t e g r e c r e e pour promouvoir l e developpement a g r i c o l e r e g i o n a l . Cependant, l e t r a v a i l de v u l g a r i s a t i o n s ' e s t r e v e l e en grande p a r t i e i n e f f i c a c e , l e s d i s p o s i t i o n s p o r t a n t s u r l a commercialisation du cacao n ' o n t eu qu'un succes l i m i t 6 e t l a production de cacao a peu ou pas augment6 . 2.04 Dans l e cadre du Troisihme plan (1971/72-1975/76) l e Gouver- nement a f i x 6 un o b j e c t i f de production de 150.000 t o m e s , s o i t une aug- mentation annuelle d e 7 %. Pour a t t e i n d r e c e t o b j e c t i f , il a u r a i t f a l l u am6liorer l e s p r a t i q u e s c u l t u r a l e s e t l e s s e r v i c e s de v u l g a r i s a t i o n , l e s d i s p o s i t i o n s en matiere de commercialisation e t de c r i d i t , e t l a l u t t e c o n t r e l a p o u r r i t u r e brune dans t o u t e s l e s regions de production. C ' e t a i t la une tdche pratiquement impossible e t l e s pouvoirs p u b l i c s ont sagement d i c i d e de l i m i t e r l e u r s e f f o r t s h une s e u l e region q u i e s t devenue l a zone du p r o j e t . 2.05 Le Ministere de 1' a g r i c u l t u r e , l e s zones d ' a c t i o n p r i o r i t a i r e i n t b g r e e s (ZAPI) e t l a Caisse de s t a b i l i s a t i o n des p r i x du cacao e t a i e n t l e s p r i n c i p a l e s i n s t i t u t i o n s responsables de la product ion de cacao. Pour a c c r o i t r e l a production, l e Ministere a f o u r n i des semences, des p l a n t s e t des fongicides gratuitement e t des p u l v 6 r i s a t e u r s B c r e d i t e t s ' e s t charge de l a l u t t e a n t i c a p s i d e . Ces a c t i v i t i s ont quelque peu amiliore l a production, mais e l l e s n l & t a i e n t pas s u f f isamment bien o r g a n i s i e s pour modifier sensiblement l a s i t u a t i o n . 2.06 U n organisme autonome, l ' 0 f f i c e de s t a b i l i s a t i o n des p r i x du cacao, reglementait l e s p r i x du s e c t e u r en f i x a n t chaque annee l e s p r i x B l a production e t d i s p o s a i t a c e t t e f i n d'une Caisse de s t a b i l i s a t i o n q u i , en 1971, a v a i t accumule 52 m i l l i o n s de d o l l a r s . Les p r i x B l a production q u i d t a i e n t raisonnables dans l e contexte d'un systgme de c u l t u r e s a f a i b l e u t i l i s a t i o n de f a c t e u r s de production e t a f a i b l e production, d t a i e n t i n s u f f i s a n t s pour j u s t i f i e r l ' e m p l o i de l a main-d'oeuvre, des p r o d u i t s chimiques e t des a u t r e s f a c t e u r s d e s t i n 6 s a a c c r o i t r e l e s rende- ments. En 1972, l e p r i x a l ' e x p o r t a t i o n e t a i t d e 300 f r a n c s C F A l e kg q u i s e r e p a r t i s s a i t comme s u i t : p r i x l a production 100 f r a n c s CFA, Caisse de s t a b i l i s a t i o n 116 f r a n c s CFA, t a x e s 21 l ' e x p o r t a t i o n 34 f r a n c s CFA, t r a n s p o r t s e t a u t r e s f r a i s 50 f r a n c s CFA. 2.07 Cree en 1973, l e Fonds n a t i o n a l d e developpement r u r a l (FONADER) e s t un organisme de c r e d i t devant a i d e r au financement du developpement rural. 111. FORMULATION DU PROJET 3.01 L e p r o j e t a k t e prhpark par un c a b i n e t de c o n s u l t a n t s e t r a n g e r s en 1972-73 conformement a un c a d r e de r e f k r e n c e approuve p a r l a Banque. Le r a p p o r t f i n a l a 6 t h p u b l i i e n t e n a n t compte d e s commentaires.de l a Banque s u r quelques a s p e c t s importants : e l l e exprimait en p a r t i c u l i e r des r e s e r v e s s u r c e r t a i n e s c a r a c t e r i s t i q u e s du p r o j e t , notamment s u r l e f a i t que s a conception h t a i t semblable a c e l l e d ' a u t r e s p r o j e t s cacaoyers d ' A f r i q u e de l t O u e s t dont l e s r e s u l t a t s n ' a v a i e n t pas e t e t r & s s a t i s f a i - s a n t s e t q u ' i l i t a i t donc p o s s i b l e que l e p r o j e t ne c o n t r i b u e pas a aug- menter sensiblement l a production. La Banque s ' i n q u i k t a i t kgalement de l a q u a l i t e des s o l s . U n consensus s ' e s t nianmoins degagi en faveur de 1' exkcution du p r o j e t . 3.02 En 1972, l e Groupe de l a Banque a v a i t p a r t i c i p b a des p r o j e t s cacaoyers au Nigkria, au Ghana, en C6te d l I v o i r e , en S i e r r a Leone (a p e t i t e e c h e l l e ) e t a u Togo. I1 k t a i t cependant encore t r o p t 6 t pour p o r t e r un jugement s u r l a r 6 u s s i t e de c e s p r o j e t s . Les methodes d e c u l - t u r e du cacaoyer en Afrique de l l O u e s t k t a i e n t b i e n connues e t puisque, d'un p o i n t de vue technique, e l les n ' e x i g e a i e n t pas d ' a t t e n t i o n p a r t i c u - l i e r e , 1'accent i t a i t m i s s u r l e s a s p e c t s moins b i e n m a i t r i s e s de l ' o r g a - n i s a t i o n , de la d6termination d e s p r i x e t de l a commercialisation. 3.03 T r o i s f a c t e u r s comportaient l a c o n v i c t i o n de l a Banque que l a production de cacao au Cameroun pouvait 6 t r e i n t e n s i f i h e , s u r t o u t p a r l a l u t t e c o n t r e l a p o u r r i t u r e brune : i) l a r k u s s i t e d ' u n programme p e t i t e kchelle et t r e s contrble, lanc6 p a r l1USA1D s u r 500 h a , a v a i t permis d t o b t e n i r des rende- ments de 800 a 1.200 kg/ha d e f e v e s seches; ii) l a mise en oeuvre d ' u n programme b i n i f i c i a n t d'une a i d e b i l a t e - r a l e q u i a v a i t montrk que l e s a g r i c u l t e u r s d'une zone cacaoykre de 8.500 ha k t a i e n t capables de p r o t 6 g e r l e u r s r e c o l t e s p a r l ' e m p l o i massif de fongicides (2 la c o n d i t i o n t o u t e f o i s que l e niveau des p r i x h l a production s o i t a s s e z e l e v e pour convaincre 1' a g r i c u l t e u r de la n e c e s s i t k d e f a i r e l e s p u l v 6 r i s a t i o n s voulues pour o b t e n i r un cacao de premigre q u a l i t h ) ; e t iii) l'argument selon lequel l'anelioration de la protection contre la pourriture brune avait dans une grande mesure con- tribue a l'augmentation de la production nationale de cacao entre 1966 et 1971 (mihe si des interpretations differentes pouvaient &re donn&es des resultats : . 1965- 91.000 tonnes; 1966 - 81.000 tonnes; 1967 - 86.000 tonnes; 1968 - 89.000 tonnes; 1969 - 104.000 tonnes ; 1970 - 100.000 tonnes) . 3.04 La principale region de culture du cacao est situee sur le vaste plateau du sud Cameroun a 600 m d'altitude. Si, pour lfAfriquede ltOuest,cette region est bien adaptee a la culture cacaoyere en fonction des normes mondiales, elle est toutefois loin de representer une zone ideale. Les sols sont geniralement profonds, tres permeables et bien draines mais leur fertilite est faible et des engrais doivent 6tre uti- lises pour malntenir des hauts niveaux de rendements. On pratique &gale- ment un peu la culture cacaoyere des sols lateritiques peu profonds. 3.05 La region du projet couvrait 80.000 ha de cacaoyeres dont 35.000 ha assuraient des rendements de 300 kg/ha et 13.000 ha ne donnaient pas ou peu de cacao parce que les arbres etaient trop jeunes ou laissks a l'abandon. La population rurale de la region etait estimee a 260.000 per- sonnes , dont environ 200.000 (38.000 families) dans les zones cacaoyeres . Cette region etait desservie par un important riseau de 1.650 krn de routes secondaire et rurales dont la plupart itaient en mauvais itat. 3.06 La creation d'un bon service de vulgarisation etait indispen- sable. Un programme visant a former huit moniteurs charg&s, une fois leur formation achevie, de former a leur tour 230 agents de vulgarisation, a kt& inclus dans le projet. 3.07 Pour amiliorer la commercialisation du cacao, le projet pr6- . voyait 1' itablissement de cooperatives commerciales Les cultivateurs devaient Gtre aid& et encouraghs h constituer des groupes de 100 a 150 personnes, chacun d'entre eux devant elire un comite de gestion, dans les regions correspondant aux 180 centres de groupage. Environ 30 a 50 de ces groupes devaient constituer une precoopirative dotee de sa propre ins- tallation de stockage. Les magasins du secteur devaient 6tre financ6s par le projet et les hangars des centres de groupage devaient Gtre construits par les agriculteurs. 3.08 Ce programme devait risoudre les problemes de commercialisation du secteur et iventuellement permettre d'iliminer les marges des interme- diaires qui se chargeaient du classement, de la collecte et de l'achat des recoltes et qui les vendaient aux exportateurs. Apres llBtablissementdes precoop6ratives, les cultivateurs devaient classer, peser et vendre des recoltes par l'intermediaire des precoopiratives. 3.09 L ' a c t i o n de l a ZAP1 responsable de l a zone du p r o j e t l a i s s a n t h d k s i r e r , l a Socihtk de dkveloppement du cacao (SODECAO) a & t e c r G e en f e v r i e r 1974, dans l e cadre du p r o j e t , pour l a remplacer. C e t t e nouvelle o r g a n i s a t i o n d e v a i t 6 t r e responsable de l ' e x e c u t i o n du p r o j e t e t , en particulier : i) des s e r v i c e s de v u l g a r i s a t i o n e t de l a f o u r n i t u r e des f a c t e u r s de production e t de l ' o c t r o i des c r e d i t s ; ii) des cours de formation pour l e s agents de v u l g a r i s a t i o n e t l e s agriculteurs; iii) de 1' amelioration des r o u t e s r u r a l e s ; e t iv) de l a formation- des groupes d ' e x p l o i t a n t s e t des precooperat i v e s . Le personnel de g e s t i o n de l a SODECAO d e v a i t s e composer d ' u n D i r e c t e u r g6nera1, d ' u n D i r e c t e u r gen6ral a d j o i n t charge des a f f a i r e s techniques, d ' u n D i r e c t e u r commercial e t f i n a n c i e r , d ' u n Inspecteur en chef e t d ' u n Chef comptable. 3.10 Le F O N A D ER e t a i t chargk de l ' a c h a t des f a c t e u r s de production a g r i c o l e e t d e l e u r l i v r a i s o n b l a SODECAO, Le Service de l u t t e phytosani- t a i r e e t a n t i c a s p i d e (LPAC) des p u l v & r i s a t i o n s a n t i c a s p i d e , l e Departement des ponts e t chausskes (DPC) du Ministere de l'kquipement, t r a v a i l l a n t sous l e s auspices de l a SODECAO, d e l ' a m e l i o r a t i o n des r o u t e s r u r a l e s , e t deux i n s t i t u t s , 1' IFCC ( a u j o u r d ' h u i 1' IRCC) e t 1' IRAT de l a recherche. DESCRIPTION DU PROJET 3.11 Le p r o j e t , q u i d e v a i t i t r e ex6cut6 e n t r e 1974 e t 1980 comprenait : - l a rGg6neration de 35.000 ha de cacaoyeres p a r l ' i n t e r m e d i a i r e d'un programme i n t e n s i f d ' e n t r e t i e n e t de p r o t e c t i o n ; - l a p l a n t a t i o n de cacaoyers hybrides b haut rendement s u r 15.000 ha de nouvelles t e r r e s ; - l e renforcement des s e r v i c e s de v u l g a r i s a t i o n pour a i d e r l e s p l a n t e u r s a l u t t e r c o n t r e l a p o u r r i t u r e brune, A ameliorer l e u r s p r a t iques c u l t u r a l e s , e t l e u r f o u r n i r l e s f a c t e u r s de product i o n e t les crkdits necessaires ; - l a r e f e c t i o n d'environ 950 km de routes r u r a l e s ; - l ' a i d e a l a formation des pr6cooperatives pour a c c r o i t r e l e r 6 l e des e x p l o i t a n t s dans l a commercialisation; - des t r a v a w de recherche appliquee s u r l e s c u l t u r e s cacaoyeres e t vivrieres; e t - l a p r e p a r a t i o n d'un p r o j e t r e l a i s . ESTIMATION DU COUT 3.12 estimation du coiit du p r o j e t a 6 t e preparee par l e s c o n s u l t a n t s . Les e s t i m a t i o n s , exprimees en p r i x 1974, comportaient une provision de 5 % pour imprevus m a t e r i e l s e t l e s provisions pour hausse de prix suivantes : PROVISIONS POUR HAUSSE DE P R I X - 1974 - 1975 - 1976 1977 e t annees s u i v a n t e s Matkriel 14 % 11 X 7,5 % Travaux de genie c i v i l 18 % 15 X 12 % CoGts en momaie n a t i o n a l e . 10 X 9,5 % 8 'X Le codt du p r o j e t a v a i t e t 6 estimb a un montant equivalent a 2 3 , 8 m i l l i o n s de d o l l a r s dont 14,3 m i l l i o n s de d o l l a r s en devises (60 %) e t 9 , 5 m i l l i o n s de d o l l a r s en monnaie n a t i o n a l e (40 %) : en f r a n c s CFA, l e cofit e t a i t e s t i m i a 5,94 m i l l i a r d s . Le p r 6 t de l a Banque s e montait a 6,5 m i l l i o n s de d o l l a r s . Les coiits e s t i m a t i f s e t r e e l s sont indiques a 1'Annexe. 3.13 Les organismes b i l a t i r a u x a v a i e n t t r e s activement p a r t i c i p e a l a p r e p a r a t i o n du p r o j e t e t finance l ' i t u d e de f a i s a b i l i t e . Ces deux organismes, l e Fonds d ' a i d e e t de cooperation (PAC) e t l a Caisse c e n t r a l e de cooperation 6conomique (CCCE), ont contribu6 au financement dans l e cadre d'accords p a r a l l e l e s , comme l e montre l e t a b l e a u c i - a p r e s : - BIRD FAC & CCCE Etat Exploitants Total en m i l l i o n s de d o l l a r s SO D EC A O : depenses d ' a d m i n i s t r a t i o n , de fonc- t ionnement e t d ' e n t r e t i e n , c e n t r e s de g r a i s s a g e , programme r o u t i e r 3,72 0,69 4,87 0,04 9,32 Format ion -- 1,64 -- -- 1,64 L u t t e ant i c a s p i d e -- 0,65 1,33 -- 1,98 Recherche -- 1,66 -- -- l,66 Facteurs de production u t i l i s e s dans 1'e x p l o i t a t i o n 0,78 -- 0,91 0,44 2,13 Sommes non a f f e c t e e s 2100 1,86 2 97 L o,z? 7,05 Total 6,50 6,51 10,08 0,70 23,78 % des cofits 27 27 42 4 100 3.14 La Banque e t l e s organismes b i l a t e r a u x finanqaient chacun 27 % des c o h t s , 1 ' E t a t 42 % e t l e s e x p l o i t a n t s 4 X . Les fonds devaient 6 t r e sous forme de dons, a l a SODECAO (18,7 m i l l i o n s de t r a n s f i r & s par 1 ' ~ t a t d o l l a r s ) , au D PC ( 3 m i l l i o n s de d o l l a r s ) e t au FONADER (1,4 m i l l i o n de dollars). Passat ion des marches e t d6caissements 3.15 Les fonds de l a Banque devaient i t r e u t i l i s e s pour f i n a n c e r 58 % du cofit du personnel a d m i n i s t r a t i f de l a S O D E C A O e t 100 % du coht des vehicules e t de 1' equipement, du m a t h r i e l d ' e n t r e t i e n des r o u t e s du D PC , des p u l v e r i s a t e u r s e t des fongicides . A 1' except ion des premikres commandes de v6hicules e t de m a t e r i e l q u i , pour f a c i l i t e r l e lancement du p r o j e t , o n t e t 6 a c h e t e s de gr6 a gr6, l a p a s s a t i o n des marches d e v a i t s e f a i r e s u r l a base d ' appels d ' o f f r e s internationaux. U n f inancement r k t r o - a c t i f d'un montant de 150.000 d o l l a r s , d e s t i n e 1' a c q u i s i t i o n des p e t i t e s f o u r n i t u r e s avant l a s i g n a t u r e du p r i t , e t a i t i n c l u s . La p a s s a t i o n des march& n ' a pas pr6sentb de d i f f i c u l t e s excessives, s i l ' o n excepte l e s r e t a r d s e n r e g i s t r e s dans l a p a s s a t i o n des commandes des f a c t e u r s de production a g r i c o l e ( p a r . 4.11). Buts e t o b j e c t i f s 3.16 Les grands o b j e c t i f s du p r o j e t e t a i e n t d f a m e l i o r e r l e s moyens d ' e x i s t e n c e des a g r i c u l t e u r s de l a region du p r o j e t , d ' a c c r o i t r e s e n s i - blement l a production e t l e s e x p o r t a t i o n s de cacao e t de montrer que l a renovation e t l a r e o r g a n i s a t i o n de t o u t l e s e c t e u r cacaoyer e t a i t p o s s i b l e s o i t en exkcutant a nouveau l'ensemble du rngrne p r o j e t , s o i t en adoptant s e s rneilleurs el6rnents. 3.17 Les avantages attendus du p r o j e t e t a i e n t l e s s u i v a n t s : hausse des rendements de 300 kg a 500 kg/ha s u r l e s 35.000 ha de cacaoyeres e x i s - t a n t e s g r i c e a l ' i n t e n s i f i c a t i o n de l a l u t t e c o n t r e l a p o u r r i t u r e brune e t l e s capsides; s u r l e s 15.000 ha de nouvelles p l a n t a t i o n s , rendements de 450 kg/ha, au cours de l a quatrierne annee, passant a 800 kg/ha pendant l a dixieme annee e t r e s t a n t a ce niveau pendant vingt ans. Une f o i s l a v i t e s s e de c r o i s i e r e a t t e i n t e , l e p r o j e t d e v a i t degager une production supplementaire estimee h 15.400 t o m e s , d'une valeur annuelle d'environ 12 m i l l i o n s de d o l l a r s , e t des r e c e t t e s d ' e x p o r t a t i o n de 10 m i l l i o n s de d o l l a r s par an. 3.18 Pour l e s a g r i c u l t e u r s c u l t i v a n t d e j a l e cacao, l e s revenus n e t s devaient augmenter de 70 %, mais l e s besoins en main-d'oeuvre deva.ient progresser dans une proportion presque dgale (aspect dont l e s incidences semblent assez dvidentes mais q u i n ' o n t apparemment pas 6th p r i s e s en compte l o r s de l a formulation du p r o j e t ) ; pour l e s nouveaux p l a n t e u r s , l e s revenus devaient b t r e d'environ 35 % plus eleves que ceux des a u t r e s e x p l o i t a n t s apres l ' e x e c u t i o n du p r o j e t . Les o b j e c t i f s e t l e s r e s u l t a t s e f f e c t i f s sont indiques au Tableau 1 (par. 4.24) .- Ndgociations du p r b t 3.19 Les negociations concernant l e p r i t o n t eu l i e u en j u i n 1974. U n s e u l probleme a souleve une d i f f i c u l t 6 importante, mais l a maniere dont e l l e a k t e resolue a eu des consequences malheureuses. La Banque a v a i t c r u comprendre que s a p r o p o s i t i o n de c o n f i e r l a r e f e c t i o n des routes r u r a l e s ( v o l e t important du p r o j e t ) au DPC, sous l a supervision assez g e n i r a l e de la SODECAO, a v a i t e t e acceptee. Mais l o r s q u fe l l e a- r e i t e r e s a p r o p o s i t i o n l o r s des negociations, l e s pouvoirs publics ont rdpondu que l a SO D E C A O s e r a i t directement chargee de l ' e x e c u t i o n des travaux r o u t i e r s , avec l ' a s s i s t a n c e du D PC e t de son S e r v i c e des p i s t e s cacaoy&res (SPC) crbti specialement a c e t t e f i n . 3.20 Toutefois, en dkcembre 1974, pendant l a premi&re mission de supervision, l a S OD E C A O a f a i t s a v o i r q u ' e l l e a l l a i t c r e e r son propre s e r v i c e de routes r u r a l e s pour executer l e s travaux de r e f e c t i o n , avec l ' a p p u i du Ministere de 116quipement. Malgrd c e r t a i n e s dissensions ( l a Division r i g i o n a l e des routes soutenant l e D P C e t l e s Programmes s e rangeant, s u r t o u t pour des r a i s o n s de convenance, du c b t 4 des pouvoirs p u b l i c s ) l a Banque a accepte c e t t e modification. Le DPC a vivement pro- t e s t e c o n t r e c e t t e d e c i s i o n , en f a i s a n t v a l o i r que l e s e c t e u r r o u t i e r e t a i t de s a comphtence, que c ' e t a i t l u i q u i e n t r e t e n a i t l e s routes e t d i s p o s a i t des ressources n e c e s s a i r e s , e t que l e s d i s p o s i t i o n s p r i s e s e n t r e l e Gouvernement e t l a SODECAO s e r e v e l e r a i e n t i n e f f i c a c e s - jugement qui a e t i corrobore ulterieurement par l e s f a i t s ( p a r . 4.03 e t 4 . 0 4 ) . Clauses importantes des accords 3.21 Les Accords de pr6t e t de p r o j e t cornportaient notamrnent l e s clauses importantes c i - a p r e s : - l a SODECAO d e v a i t executer l e p r o j e t , a i d i e , pour l a mise en oeuvre de l'element r o u t e s , par l a Direction des routes du M i n i s t i r e de 1' equipement ; - llEmprunteur, d e v a i t formuler, apres a v o i r consult6 l a Banque, un 'programme annuel de r i f e c t i o n des routes e t par l a s u i t e , s e charger d ' e n t r e t e n i r convenablement l e s r o u t e s ; - la SODECAO e t l e FONADER devient recevoir des financements annuels s u f f i s a n t s ; - le F O NA D ER d e v a i t conclure avec l a S O D E C A O un accord pour l ' a d m i n i s t r a t i o n du c r e d i t aux e x p l o i t a n t s ; l e d i t accord e t a i t une condition d ' e n t r e e en vigueur du c r e d i t ; - l a SODECAO d e v a i t f o u r n i r l e s s e r v i c e s de v u l g a r i s a t i o n e t c r e e r un systiime e f f i c a c e de d i s t r i b u t i o n des f a c t e u r s de production; - l a SODECAO d e v a i t recevoir des semences en q u a n t i t k s s u f f i s a n t e s pour l u i permettre de r i a l i s e r son programme annuel de planta- t i o n s ( c e t t e clause i t a i t peu r e a l i s t e c a r e l l e admettait que l e s besoins de S ODECAO p a s s e r a i e n t avant ceux du r e s t e du s e c t e u r cacaoyer); - dans l e s s i x mois s u i v a a t l ' e n t r e e en vigueur du priit, l e Gouvernement d e v a i t preparer un programme pour i n t e g r e r l e s a c t i v i t e s de l a ZAPI de l a r6gion du p r o j e t a c e l l e s de l a SODECAO, e t eventuellement remplacer l a ZAPI par l a SODECAO; - l a SODECAO d e v a i t engager des c o n s u l t a n t s devant l ' a i d e r a reprendre l e s a c t i v i t 6 s de l a ZAPI h i v a l u e r l e s r i s u l t a t s de l a SODECAO e t l'impact du p r o j e t ; - l e s pouvoirs p u b l i c s devaient prendre l e s d i s p o s i t i o n s voulues pour encourager les c u l t i v a t e u r s de cacao a s e joindre aux precooperatives de l a zone cacaoyere; - dans les six aois suivant ltentr6e en vigueur du prgt, la SODECAO devait preparer un programme de formation complet pour les agents de vulgarisation; - la SODECAO devait maintenir les postes de directeur general, de directeur general adjoint charge des affaires techniques, d'inspecteur principal et de chef comptable, et y nommer des personnes dont les qualifications avaient ete jugees satisfaisantes par la Banque; - la SODECAO devait engager du personnel national pour des ernplois analogues a ceux des cadres de gestion expatriks et leur fournir la formation necessaire pour leur permettre d'exercer ces fonctions; - la nomination du chef comptable de la SODECAO itait une des conditions d'entree en vigueur du credit; et - l'entree en vigueur du credit 6tait aussi subordonnee B la signature des accords du FAC et de la CCCE. .3 -22 Le prgt a ete approuv6 par les Administrateurs le 9 septembre 1974 et est entrk en vigueur le 26 fgvrier 1975. IV. EXECUTION DU PROJET 4.01 Le projet n'a pas donn6 les resultats attendus et les rendements prevus n'ont pas it6 atteints. I1 a cependant ete utile car il a montre le caractere inextricable de certains problimes. I1 a egalement montr6 - que sa conception etait inadaptie aux realitis du payx mbme si les exploitants avaient pu realiser les 12 pulvirisations contre la pourriture brune des cabosses privues dans le projet, le coiit de la main-d'oeuvre necessaire a ce travail aurait 6titrop &lev6 par rapport au rendement - et qu'il vaudrait mieux que le Cameroun attende les resultats d'autres experiences avant de lancer son programme d'expansion de la culture du cacao a l'echelle nationale. Si de nombreux problemes 6taient dus 1 1' attitude de 1'~m~runteur, les resultats mediocres obtenus tenaient surtout aux faiblesses du projet, et en particulier, a u previsions de rendement bien trop optimistes. Premiers stades 4.02 Pendant les deux premieres annees , l'exicution du projet a ete relativement satisfaisante malgre certains problemes qui commenqaient a apparaitre. Apris avoir decide de confier les travaux de construction des pistes rurales a la SODECAO plut6t qu'au DPC il a ete constate en avril 1975 que du materiel lourd suppl6mentaire devait btre commande, ce q u i a pratiquement double l e coiit de c e t dlCment a l a s u i t e d e l'augmen- t a t i o n des p r i x causee par l a c r i s e p e t r o l i e r e de 1973, e t a r e p o r t 6 l e dgbut des travaux a l a f i n de 1976. Le coht des p u l v e r i s a t e u r s a egale- ment beaucoup augment6 e t l e s e x p l o i t a n t s en ont achete beaucoup moins que prevu l o r s de 1 ' e v a l u a t i o n . L' execution du programme de nouvel l e s p l a n t a - t i o n s a relativement bien progresse, mais l e s lourdeurs adrninistratives du FONADER o n t e n t r a i n 6 des r e t a r d s dans l e s commandes de fongicides e t l e s coGts de d i s t r i b u t i o n ont e t e plus eleves que prevus. La formation a e t e s a t i s f a i s a n t e , l e programme de recherche a e t e lance, e t un grand nombre de c e n t r e s de groupage ont e t e e t a b l i s c a r i l a v a i t e t e decide de c r e e r un plus grand nombre d e c e n t r e s de p l u s p e t i t e s dimensions, a un coGt supplbmentaire d e 500.000 do1 l a r s . ~ ' u n e maniere g e n e r a l e , les premiers depassement de coiits s o n t apparus a s s e z t 6 t . Pistes rurales lc.03 Les marches pour l e m a t e r i e l r o u t i e r a v a i e n t b t e a t t r i b u i s en novembre 1975, mais l a S O D EC A O n ' a v a i t n i prepare de programme r o u t i e r , n i c r G l t a p p a r e i l a d m i n i s t r a t i f voulu. Le s e r v i c e des p i s t e s r u r a l e s de l a mission r g s i d e n t e de l a Banque a Abidjan s ' e s t rendu s u r l a zone du p r o j e t en d6cembre 1975 pour l u i a p p o r t e r son concours. Avec l ' a i d e de l a CCCE e t des pouvoirs p u b l i c s , i l a m i s s u r pied un programme de t r a v a i l e t f o u r n i quelques c o n s e i l s p o r t a n t s u r 1' o r g a n i s a t i o n e t l e contenu d 'un programme de formation s u r l ' e n t r e t i e n des r o u t e s e t l e personnel neces- s a i r e a un s e r v i c e des r o u t e s . U n t e l s e r v i c e a e t b cr&b en 1976 e t l e s travaux ont commenci peu de temps a p r h s , mais s a n s que l e Ministere de 1' equipement n ' e n a s s u r e l a coordination, q u i e s t indispensable a l a normalisation. Neanmoins, en 1976, deux brigades ont pu r e m e t t r e en & t a t 100 km de p i s t e s r u r a l e s . 4.04 La c o n s t r u c t i o n des r o u t e s e s t r e s t e e i n e f f i c a c e : l e s vghicules e t l e m a t 6 r i e l n ' e t a i e n t d i s p o n i b l e s que l a m o i t i i du temps e t un q u a r t seulement des tsavaux prevus ont i t 6 r e a l i s e s . En l'absence de coope- r a t i o n du M i n i s t i r e de 1' equipernent, l a S O DE CAO a f i n i par s e charger de l ' e n t r e t i e n des r o u t e s du p r o j e t . A u m i l i e u de 1978, 200 km de p i s t e s r u r a l e s seulement a v a i e n t Cte remises en e t a t ( s u r les 950 km pr&vus) p a r s u i t e du manque d ' o r g a n i s a t i o n , de g e s t i o n e t de d i s c i p l i n e dans l e t r a v a i l . Deux ans p l u s t a r d , moins de 50 % des o b j e c t i f s a v a i e n t e t 6 a t t e i n t s , a un cofit q u a t r e f o i s s u p e r i e u r a w estimations : 12.000 d o l l a r s l e km c o n t r e 2.300 d o l l a r s l o r s de l ' 6 v a l u a t i o n , ce q u i e s t une somme excessive . 4.05 Les normes retenues pour l a c o n s t r u c t i o n des p i s t e s e t a i e n t l e s m&mes que c e l l e s des p i s t e s de Categorie A e t e t a i e n t bien t r o p i l e v e e s pour c e t t e region. La c o n s t r u c t i o n e t a i t de bonne q u a l i t e , mais l e s s p e c i f i c a t i o n s depassaient de l o i n l e s besoins de l a c i r c u l a t i o n . Les r k s u l t a t s ont montre que l e s f u t u r e s p i s t e s d ' acces devront k t r e cons- t r u i t e s par l e D P C s e l o n des normes uniformes, dans l 1 i n t e r & t de l ' e f f i - c a c i t i , pour e v i t e r que l e m a t i r i e l d ' e n t r e t i e n r o u t i e r e t l e s piiices detachees ne f a s s e n t double emploi, e t pour disposer d ' u n reseau r o u t i e r e t d f u n parc d e vehicules bien i q u i l i b r i s . Organisat ion 4.06 Creee par l e s pouvoirs publics en f e v r i e r 1974, dans l e cadre du p r o j e t pour l e developpement e t l a r e l a n c e du sous-secteur cacao e t pour l ' a m e l i o r a t i o n des conditions socioeconomique de l a zone cacaoyere du projet, l a S OD EC A O a v a i t e t e dotee d'une autonomie considerable e t d'un important c a p i t a l i n i t i a l . T r o i s e x p e r t s avaient e t e r e c r u t e s pour d e t e r - miner s a s t r u c t u r e i n t e r n e e t i l s avaient f a i t des recommandations a c e t e f f e t e n t r e a v r i l e t decembre 1974. La ZAPI du Centre Sud a v a i t e t e progressivement i n t e g r e e dans l a S O DE C A O pendant l e s premiers s t a d e s du p r o j e t , e t pour a c c e l e r e r c e t t e i n t e g r a t i o n , l e Directeur g e n i r a l de l a SODECAO (qui a v a i t e t e nomme en 1974) a r e p r i s l a d i r e c t i o n de l a ZAPI. En 1974-75, l e s e f f e c t i f s de l a SODECAO e t a i e n t de 81 personnes, en 1976-77, i l s e t a i e n t de 132, dont environ 60 % d ' a g e n t s de v u l g a r i s a t i o n . 4.07 La c r e a t i o n , l a d o t a t i o n en personnel ( e t l a formation de c e l u i - c i ) , e t l ' o r g a n i s a t i o n dans l e cadre du p r o j e t , d'une s o c i i t e d ' ~ t a trelativement importante, r e p r e s e n t a i e n t un 6norme t r a v a i l e t , dans l e m e i l l e u r des c a s , i l ne f a l l a i t pas s fa t t e n d r e a c e q u ' e l l e f a s s e imme- diatement preuve d ' ef f i c a c i t e . Cependant , 1' i m p o s s i b i l i t e de nommer a u postes de d i r e c t i o n des s p e c i a l i s t e s posskdant t o u t e s l e s competences a d m i n i s t r a t i v e s e t techniques voulues, a rendu l a g e s t i o n de l a S O D E CAO d ' a u t a n t p l u s d i f f i c i l e . La p l u p a r t du temps, l e s postes de d i r e c t i o n e t a i e n t r e s t i s vacants, ou pourvus par du personnel temportaire, non q u a l i f i e e t / o u juge peu competent par l a Banque. Plus precisement, l e s postes de d i r e c t e u r general e t de d i r e c t e u r general a d j o i n t pour l e s questions techniques sont r e s t e s vacants pendant de longues periodes. 4.08 C e t t e s i t u a t i o n explique l a f a i b l e s s e p e r s i s t a n t e de l a g e s t i o n de l a S O D EC AO dont l e s manifestations l e s plus evidentes e t a i e n t l a mauvaise o r g a n i s a t i o n , l ' a d m i n i s t r a t i o n t r e s i n s u f f i s a n t e , l e manque de coordination e n t r e l e s d i v e r s e s a c t i v i t d s s u r l e t e r r a i n , l e manque de d i s c i p l i n e , l e g a s p i l l a g e e t l a corruption. En plus de problbmes t e c h n i - ques, ces f a i b l e s s e s s t r u c t u r e l l e s q u i sont venues s ' a j o u t e r 1' insuf- f i s a n c e de l a comptabilitk e t du c o n t r b l e f i n a n c i e r , a i n s i q u ' 8 l ' i r r e g u - l a r i t e de c e r t a i n e s operations f i n a n c i e r e s ont f r e i n e l e s progres. Ces problemes ont e t 6 exacerb6s notamment p a r l a confusion provoquee p a r . l e s decisions des pouvoirs p u b l i c s dans l e domaine de l ' o r g a n i s a t i o n des coopkratives e t par l e s changements dans l ' a t t r i b u t i o n des subventions pour 1' a c q u i s i t i o n d ' e n g r a i s . La p e r s i s t a c e de c e t t e s i t u a t i o n e t l'absence de p r o g r i s s u r l e plan technique ont finalement o b l i g e l a Banque a demander a 1 ' E t a t de rkorganiser la SODECAO en 1978. La reorganisation e t les rkformes s ' e t a n t revel6es insuff i s a n t e s , l e s decaissernents ont 6 t e suspendus en 1979. 4.09 En p l u s des i n s u f f i s a n c e s de son administration e t de problemes routiers, l a S O D E C A O n ' a pas obtenu t o u s l e s r e s u l t a t s attendus des s e r - v i c e s de v u l g a r i s a t i o n ( p a r . 4 . 2 8 ) , e t s a g e s t i o n comptable e t f i n a n c i e r e s ' e s t rev61ie assez mediocre ( p a r . 4.27). Ses grandes r e u s s i t e s o n t 6 t e l e programme de formation, bien conqu e t execute, e t l a c r e a t i o n des precooperat i v e s ( p a r . 4 :lo) . Precooperatives G. 10 En decembre 1976, 283 precooperatives a v a i e n t e t e c r e e e s , p l u s q u ' i l n ' a v a i t e t e prevu au moment de l ' e v a l u a t i o n . Ces etablissements fonctionnaient bien e t l e s t a u x de remboursement du c r e d i t e t a i e n t s a t i s - f a i s a n t s . Mais en 1977 l e s pouvoirs p u b l i c s ont c r e e une nouvelle organi- s a t i o n , l a S o c i h t e cooperative de developpement r u r a l (SOCOODER), chargee notamment de remplacer l e s precooperatives par des cooperatives r e g i o n a l e s , e t d ' a s s u r e r l a commercialisation pour l e s e x p l o i t a n t s . Contrairement aux d i s p o s i t i o n s de l ' a c c o r d de p r e t , l a Banque n ' a pas e t i consultee. Pendant un c e r t a i n temps, l a commercialisation s ' e s t poursuivie dans des condi- t i o n s s a t i s f a i s a n t e s , l e personnel des precooperatives e t a n t r e s t e en place L/. Credit 4.11 Le probleme du c r & d i t , mineur au d e p a r t , s l e s t rapidement aggrave. Plus 11ex6cution du p r o j e t avanqait, e t plus l a S O D ECAO manquait de ressources f i n a n c i h r e s en r a i s o n des r e t a r d s des pouvoirs publics dans l e versement des fonds, e t , de ce f a i t , l e FONADER, f a u t e de financements s u f f i s a n t s , ne pouvait f o u r n i r l e s f a c t e u r s de production en temps voulu. En o u t r e , l e s r a p p o r t s e n t r e l e F ONA D E R et la S O D ECAO e t a i e n t assez tendus. Lorsque l a S OCOODE R a r e p r i s l e s a c t i v i t i s de commercialisation, l e F ONADE R s ' e s t juridiquement t r o u v i dans 1' i n c a p a c i t e de t r a i t e r avec l e s coopera- t i v e s de l a SOCOODER, puisque son accord de c r e d i t a v a i t e t e conclu avec l a SODECAO; en o u t r e , la S OCO ODER r e f u s a i t de s 'occupait du c r e d i t q u i n ' e n t r a i t pas dans l e cadre de son mandat. Par consequent, l a S ODECAO a d6 essayer de s'occuper de l ' o c t r o i du c r e d i t : en 1978-79 a commence une longue periode pendant l a q u e l l e l e s c r e d i t s accordes aux e x p l o i t a n t s pour l ' a c h a t des p u l v e r i s a t e u r s e t des a u t r e s f a c t e u r s de production o n t e t e f a i b l e s ou n u l s . Lorsque l a Banque a demand6 au Gouvernement de reorga- n i s e r l a SODECAO, e l l e a 6galement i n s i s t e s u r l a conclusion d'un nouvel accord de c r e d i t pour remettre l e c r e d i t s u r des bases s o l i d e s . Mais ce n ' e s t qu'en j u i l l e t 1981, presque au moment de l'achevement du p r o j e t , qu'un accord de c r 6 d i t a e t e sign6 e n t r e l a S O D E C AO e t l e FONADER. - I/ U n d i f f 6 r e n d s'est i l e v i a ce propos : ce personnel d e v a i t - i l continuer a 6 t r e pay6 s u r l e montant du p r g t p u i s q u ' i l n ' e t a i t plus employe par l a S ODECA O e t que son s t a t u t e t a i t , pour a i n s i d i r e , dans l e s limbes, mais il a continue B Ctre paye pendant un c e r t a i n temps. Cacao 4.12 Un an apres l e demarrage du p r o j e t , l e Gouvernement a s i m p l i f i e l e systhme de c l a s s i f i c a t i o n du cacao en i l i a i n a n t l a marge d i f f i r e n t i e l l e e n t r e l e s Q u a l i t 6 s I e t I 1 e t en r e d u i s a n t l a marge de q u a l i t 6 e n t r e l e cacao c l a s s e e t l e cacao sous-standard. En consequence, 1 ' i n c i t a t i o n des p l a n t e u r s h p r o d u i r e des feves sech6es de l a q u a l i t 6 r e q u i s e pour l ' e x p o r - t a t i o n s ' e s t a f f a i b l i e . Ce probleme a 6 t b subsequemment aggrave par l e bar6me annuel du p r i x au producteur q u i n ' a p p a r e n t a i t pas l e p r i x du cacao au p r i x des p r o d u i t s v i v r i e r s . 4.13 A l a f i n de 1976, p l u s i e u r s anomalies e t a i e n t apparues. I1 a s u b s i s t i un doute pendant l a dur6e du p r o j e t au s u j e t du nombre d ' h a t r a i - t 6 s c o n t r e l a p o u r r i t u r e brune des cabosses. I 1 a v a i t tit6 e t a b l i que pour t r a i t e r un ha, il f a l l a i t 75 paquets de fongicides e t pour determiner l e s s u r f a c e s t r a i t e e s , on d i v i s a i t l e nombre de paquets de f o n g i c i d e s f o u r n i s par 75. Cependant , des q u a n t i t e s importantes de f hves a v a r i 6 e s a r r i v a i e n t s u r l e rnarche, c e q u i s i g n i f i a i t s o i t que l e s fongicides e t a i e n t ma1 a p p l i q u e s , s o i t que l e s f o n g i c i d e s commandes 6 t a i e n t s u f f i s a n t s pour t r a i t e r une c e r t a i n e s u p e r f i c i e mais 6 t a i e n t appliqu6es s u r une s u p e r f i c i e plus etendue. O n s f e s t donc demand6 s i l e s e x p l o i t a n t s ne t r o u v a i e n t pas p l u s r e n t a b l e de ne pas f a i r e d e p u l v i r i s a t i o n mais d ' e t e n d r e l e s s u r f a c e s c u l t i v e e s en cacaoyers , e t d'augmenter a i n s i l e u r s revenus, l a main- d ' o e u v r e supplementaire n 6 c e s s a i r e c o d t a n t moins cher que l e s p u l v e r i - s a t i o n s r e q u i s e s pour o b t e n i r l a m&me production. 4.14 Les zones oh de nouveaux cacaoyers o n t 6 t e p l a n t e s o n t 6galement e t 6 beaucoup moins etendues que p r 6 v i e s en r a i s o n de l ' i n s u f f i s a n c e ou des e r r e u r s dans 1' a t t r i b u t i o n des i n c i t a t i o n s f o u r n i e s : manque d ' i n t e r 6 t des jeunes ruraux B l f e g a r d d ' u a e c u l t u r e ayant une longue p i r i o d e de matu- r a t i o n , besoin d ' u n e main-df oeuvre nombreuse, r i s q u e s e l e v e s de maladies, e t mauvaise c r o i s s a n c e des jeunes cacaoyers q u i r e s u l t a i t du manque de s o u t i e n des s e r v i c e s de v u l g a r i s a t i o n . Des versements annuels aux e x p l o i - tants j u s q u l i l a m a t u r i t e des cacaoyers nouveaux ou remplaces a u r a i e n t encourage une p a r t i c i p a t i o n p l u s a c t i v e des e x p l o i t a n t s . En o u t r e , l e s p e r t e s de cosses pendant l e t r a n s p o r t de l a p i p i n i i r e , les p e r t e s dues aux maladies, l l i n e x p e r i e n c e des agents de v u l g a r i s a t i o n , e t l a f a i b l e s s e des i n c i t a t i o n s f i n a n c i k r e s f a i s a i e n t o b s t a c l e a l a r e u s s i t e B c e s t a d e de 1 ' e x p l o i t a t i o n du pro jet. 4.15 A u m i l i e u de 1977, s i g n e des inquietudes causkes p a r l e p r o j e t , une mission, renforcee par des e x p e r t s de c e q u i e t a i t a l o r s l e Depar- tement c e n t r a l des p r o j e t s , s ' e s t rendue au Cameroun pour e t u d i e r l e p r o j e t en profondeur. Le Gouvernement a v a i t p r i s deux mesures pour a c c r o i t r e l a production : i l a v a i t f a i t p a s s e r l e p r i x a l a production de 150 a 180 f r a n c s CFA l e kg, s a n s aucune d i f f e r e n c e e n t r e l e s q u a l i t e s I e t 11, e t i l d i s t r i b u a i t gratuitement l e s f o n g i c i d e s . I1 a v a i t egalement e n t r e p r i s de b u r e a u c r a t i s e r encore p l u s l e s cooperatives ( p a r . 4.11). Les fongicides fitant gratuits, on a constatb une augmentation rapide des quan- tites utilisees et du nombre des pulverisateurs 11. Mais les effets sur la production ont ete faibles, bien que les nouvelles plantations aient quelque peu augmente. 4.16 Lors de la conception du projet, on avait adrnis que les rende- ments gtaient de 300 kg/ha en rnoyenne, et l'objectif de production avait ete fixe a 500 kg/ha. Une etude d'echantillons en 1976-77 avait montre que le rendement moyen etait peut-Gtre de 330 kg/ha; et l'on avait alors pense que le rendement d'avant-projet devait ktre de l'ordre de 225 kg/ha. I1 est apparu alors que les rendements prevus n'avaient pu etre atteints en raison de l'importance de la main-d'oeuvre necessaire a la culture cacaoybre, et en particulier pour les pulverisations contre la pourriture brune des cabosses, ce qui a amene les agriculteurs a limiter a 4 ou a 6 par an les pulverisations au lieu des 12 qui avaient ete prevues a ltorigine. I1 est ressorti d'une etude que 60 % des arbres ne faisaient l'objet d'aucune pulv6risation et que les 40 % les plus proches de 1 'exploitation en recevaient en moyenne 4. 4.17 On a pu constater ltapparitiond'un nouveau phenomc5ne : la plupart des plants achet6s servaient a la redensification des plantations en exploitation. La mission a approuve cette pratique en faisant valoir qu'elle pennettait d'optimiser la production et les revenus. Elle est cependant apparue moins intbressante lors de la mission de supervision suivante : on a estime qu'elle avait peu d'impact sur la production puisque, dans la zone de la SODECAO, les remplacements ne representaient que 1 % par an des arbres. Les nouvelles plantations se sont poursuivies a petite bchelle, mais elles etaient de bonne qualitk. 4.18 Une autre mission d'kvaluation retrospective s'est rendue au Cameroun en 1978. La production de cacao avait augment6 en 1977-78, atteignant 13.000 tonnes dans la region de la SODECAO a la suite de la distribution gratuite des fongicides et de la hausse des prix a la produc- tion, qui etaient passes a 220 francs CFA le kg. La quantite de cacao de qualit6 inferieure avait considerablement baissee puisque la difference de prix etait devenue importante (il etait rest6 a 90 francs CFA le kg). Mais les 'rendements de la SODECAO Btaient toujours inf6rieurs a 240 kg/ha et la production avait egalement beaucoup augment6 dans les r6gions ne relevant pas de la SODECAO. On a calcule que les rendements de sept rhgions productrices de cacao dans la zone de la SODECAO varieraient probablement entre 173 et 327 kg A l'ha, chiffres qui traduisaient ltdge mayen des arbres (30-40 ans) de ces regions. - 1/ Les fongicides &ant fournis gratuitement, le gaspillage a et6 &norme. De nombreux paquets ont kt& stock6s, les exploitants craignant qu'il ne soit mis fin b cette subvention. 4.19 La conclusion selon laquelle le nombre excessif de plantations anciemes itait 1'un des principaux obstacles a 1 ' accroissement de la production soulevait le probleme de l'ampleur et de l'importance du secteur cacaoyer a plus long terme : pour abaisser de 10 ans l'age moyen des arbres (c'est-&-dire par exemple pour le ramener de 34 a 24 ans) il fallait mettre en place un programme de 1.000 ha de nouvel'les plantations par an, ou de 10.000 ha de replantation en 10 ans, c'est-a-dire de faire passer les surfaces en culture a 500.000 ha. 4.20 Les resultats du suivi ont egalement fait apparaitre que le deuxieme obstacle h l'accroissement de la production etait la main- d'oeuvre et que d'une maniere plus g&nerale, les rendements variaient en fonction des pulv6risationsJ des soins apportes aux arbres, et des pro- blemes-de main-d'oeuvre. Ainsi, un bon agriculteur exploitant une petite parcelle pouvait surmonter ces problemes, ce qui n'etait pas le cas pour une exploitation plus grande ou un exploitant moins efficace. 4.21 A la suite de cette etude, la Banque a demand6 que la SODECAO soit reorganise, qu'un nouvel accord de credit soit signe entre la SODECAO et la FONADER (par. 4.11), et qu'une ferme semenciere sous le controle de la SODECAO (par. 4.30) soit creee. Le Gouvernement, malgr6 son accord de principe, a attendu juillet 1979 pour creer un Comite de gestion qui, de par sa nature, n'etait pas a mgme de superviser d'une maniere efficace les activites de la SODECAO. Le Comite a entrepris d'etudier ltorganisation de la SODECAO, cree de petits centres de multiplication des semences et entrepris la verification des comptes de 1976-77 (par. 4.27). 4.22 En octobre 1979, la Banque a fait connaitre au Gouvernement ses inqui6tudes concernant les graves irregularites financieres qui etaient apparues et a insiste sur la necessitb de proceder a une bonne remise en ordre (par. 4.35). Elle a egalement demand6 au Gouvernement de s'abste- nir, dans ces conditions, de soumettre des demandes de retrait de fonds, ce qu'il a fait, cette situation revenait a une suspension de facto des decaissements. L'intervention de la Banque montrait kgalement qu'elle s'inquiktait de la lenteur de la restructuration, de la nomination des cadres superieurs et de l'octroi du credit, et d'une maniere plus gene- rale, de 1'imminence de 1'6chec du projet. En avril 1980, la Banque a fait savoir au Gouvernement ce qu' il devait faire pour que les decais- sements reprennent : il devait notamment terminer et approuver la veri- fication comptable, nommer un nouveau directeur financier, et prendre des mesures en vue de recouvrer les credits agricoles non rembourses. En mai 1980, le Gouvernement a mis en place une nouvelle direction et pourvu certains postes. Les decaissements ont repris en aodt 1981, apres la signature d'un accord de credit entre la SODECAO et la FONADER et 1' amelioration des act ivites de la SODECAO . 4.23 Avec la nomination d'un nouveau directeur g6n6ral expatrik, la SODECAO a amorqe son redressement : son efficacite operationnelle s'est amelioree, le personnel incompetent a &ti licencih, du nouveau persomel a 6 t e r e c r u t e , l e s s e r v i c e s de v u l g a r i s a t i o n ont k t & remanies, l a d i s t r i - bution des f a c t e u r s de production amelioree e t l e programme de construc- t i o n de p i s t e s r u r a l e s a e t e r e l a n c e . Aujourd'hui, on considkre que l a SODECAO e s t un organisme de developpement r e g i o n a l s o l i d e dans l a province Centre Sud, d o t e d ' u n e bonne g e s t i o n technique e t f i n a n c i e r e . E l l e s e r a probablement c h o i s i e cornme agence d ' execut ion des f u t u r s pro j e t s de deve- loppement r u r a l de c e t t e province. RESULTATS DU PROJET 4.24 Les r e s u l t a t s c o n c r e t s du p r o j e t s o n t exposes ci-dessous. On n o t e r a que l e s cohts du p r o j e t avaient i t 6 sous-estimes, que l a zone du p r o j e t a e t 6 e l a r g i e e t que 1 ' ~ t a t a f o u r n i des sommes considerables pour f i n a n c e r l e s dkpassements de c o h t s . Pour ces r a i s o n s , l e s r e s u l t a t s ne sont pas direcfement cornparables avec l e s estimations de 1' & v a l u a t i o n . I1 f a u t egalement remarquer que l e s u i v i du p r o j e t s ' e s t r e v e l e , dans une l a r g e mesure, i n e f f i c a c e , e t qu'un c e r t a i n nombre de donnees c h i f f r e e s s o n t s o i t approximatives, s o i t s u j e t t e s B d i s c u s s i o n . Les notes en bas du t a b l e a u apportent l e s c o r r e c t i o n s voulues a ces donnbes. TABLEAU I RESULTATS ESTIMATIFS ET REELS DU PROJET Evaluation Octobre 1979 Achevement Production de cacao/(tonnes) 11 Plantations regenerees (35.000 ha) 17.500 19.340 Plantations non arneliorees (32.000 ha) 9.600 Nouvelles plantations 900 Total 28.000 23.500 Production de cacao (kg/ha) /1 Production 500 300 Rendement suppl6mentaire (1980/81) 200 Nouvelles plantat ions (ha) / 2 Par les nouveaux exploitants par les anciens exploitants Total Criidit accorde aux exploitants (en milliers de francs CFAl Mont ant Non recouvre Precooperatives constitu6es 180 283 283 Foraation Nombre de moniteurs 8 13 14 Nombre de superviseurs 19 47 48 Nombre d'agents de vulgarisation 211 296 301 Nombre de nouveaux exploitants 2.000 1.061 1.353 Refection des pistes rurales (en km) Dans la zone de la SODECAO Production nationale de cacao (en milliers de tomes) - 1974 1975 1976 1977 1978 1979 1980 Production nationale (en milliers de tomes) 118 96 82 114 106 124 120 dont la partie commercialisee par 1' intermediaire des cooperatives de la SODECAO non disponible 14,O 13,4 15,4 15,3 fi En raison de l'absence de services efficaces de suivi et d'ivaluation il n'est pas possible de determiner clairement 1'impact du projet sur la production, ou sur les rendements. Apres juillet 1977, deux regions cacaoyeres supplimentaires ont ete placees sous le contr8le de la SODECAO, faisant passer les super- ficies dont elle etait responsable a 80.000 ha. a augmentation de la production est incluse dans les rksultats. fi La fourniture B titre gratuit de fongicides pour la lutte contre la - - . .brune des cabosses a rkduit considerablement les besoins pourriture Codt du p r o j e t 4.25 Dans l a comparaison e n t r e l e s c o t t s e s t i m a t i f s e t l e s coiits r e e l s , tous l e s c h i f f r e s sont domes en f r a n c s C FA puisque t o u t e s l e s sommes k t a i e n t l i b e l l i e s s o i t dans c e t t e monnaie, s o i t en f r a n c s f r a n q a i s . Le coiit r e e l a e t e de 10,5 m i l l i a r d s de f r a n c s CFA, s o i t 7 7 % de plus que l e montant de 5,9 m i l l i a r d s de francs C F A estime au moment de 1 ' e v a l u a t i o n . Les r a i s o n s de ce depassement de codts sont l e s s u i v a n t e s : - doublement des depenses a d m i n i s t r a t i v e s ; - augmentation de 50 % du coiit du programme des p i s t e s de l a zone du P r o j e t , encore q u ' i l n ' a i t pas entigrement 6 t e execute; - augmentation de p l u s de 40 % du coiit des vehicules e t du matkriel; - augmentation de 80 % du codt de personnel; - augmentation de 17 % des depenses de recherche en r a i s o n des coiits du personnel; - 4largissement de l ' e t e n d u e du p r a j e t en 1977, lorsque 1'Etat a c o n f i e a l a SODECAO des regions supplementaires. C e t t e augmentation massive a e t i en p a r t i e compensee par : - des economies dues a l a non r g a l i s a t i o n de c e r t a i n e s c o n s t r u c t i o n s prevues ; - des iconomies de 26 % dans l a l u t t e a n t i c a p s i d e ; - des 6conomies identiques s u r l e coiit des a c t i v i t e s a g r i c o l e s , en p a r t i e p r i s en charge par d ' a u t r e s organismes; - des economies de presque 50 % s u r l e -coiit de l l o r g a n i s a t i o n des p r i c o o p & r a t i v e s , dues au f a i t q u ' e l l e s ont 6th creees rapidement e t efficacement; e t - des economies dues au f a i t que 1'on n ' a pas p r i p a r b de p r o j e t s relais. Les dgpassements des d i f f 6 r e n t s cofits s ' exp l i q u e n t auss i p a r 1' impact du choc p e t r o l i e r s u r l e s p r i x . L' i n e f f i c a c i t e de l a g e s t i o n a a u s s i fortement contribue a a c c r o i t r e l e s coiits a d m i n i s t r a t i f s , du personnel e t du programme r o u t i e r . Financement du pro j e t 4.26 Le p r o j e t d e v a i t & t r e financk a 54 7L p a r l a Banque e t l e s organismes b i l a t e r a u x f r a n q a i s e t a 46 % par l e Cameroun. Les pourcen- t a g e s r e e l s de financement o n t e t 6 de 30 X pour l a Banque e t l e s orga- nismes f r a n q a i s e t de 70 % pour l e Cameroun, l e Gouvernement ayant paye l e s coGts supplimentaires A/. En f a i t , apres l e s r e t a r d s e n r e g i s t r e s au debut du p r o j e t , 1 ' ~ t a t a repondu t r e s largement aux besoins de f i n a n - cement sans c e s s e c r o i s s a n t s de l a SODECAO. C e t t e apparente d i s p o n i b i l i t e de fonds a d ' a i l l e u r s p e u t - & t r e e t e une des causes de l e u r u t i l i s a t i o n i n e f f i c a c e p a r la SODECAO. S i t u a t i o n f i n a n c i e r e de l a SODECAO 4.27 La SODECAO, en p a r t i e s o c i e t e commerciale e t en p a r t i e organisme a vocation de developpement, a v a i t un s t a t u t f i n a n c i e r ambigu : e l l e ne d e v a i t n i degager des b i n 6 f i c e s n i d e v e n i r financierement a u t o s u f f i s a n t e . mais rhgenerer de manihre e f f i c a c e l e s e c t e u r cacaoyer. L ' e v o l u t i o n des comptes de l a S O DECAO n ' a pas e t e s a t i s f a i s a n t e e t , a l a demande de l a Banque, un c a b i n e t d'experts-comptables camerounais a & t iengage en 1979 pour v e r i f i e r l e s e t a t s f i n a n c i e r s de 1977 e t 1978, pour p r e p a r e r des comptes e x a c t s pour ces deux annees e t c o r r i g e r l e s anomalies comptables. Le t r a v a i l , q u i a p r i s 3 hommes-annees, a e t e accompli de faqon s a t i s f a i - s a n t e . Les e x p e r t s . o n t f a i t p l u s i e u r s recommandat ions p o r t a n t s u r l a c r e a t i o n d ' u n dhpartement de v e r i f i c a t i o n i n t e r n e , l a d k l e g a t i o n p o s s i b l e des pouvoirs, l a n i c e s s i t e de pr6parer un manuel d e proctidures, e t l e s moyens d ' a m e l i o r e r l e s comptes de l a SODECAO. I 1 ne s e r a i t guere u t i l e d ' i n c o r p o r e r l e s comptes de l a S O D EC A O dans le' p r e s e n t r a p p o r t , mais i l s s o n t cependant d i s p o n i b l e s dans l e s d o s s i e r s du Centre d ' information de 1' A f r i q u e de 1' Ouest . 4.28 Services de v u l g a r i s a t i o n . Les s e r v i c e s de v u l g a r i s a t i o n s e s o n t r e v e l e s peu e f f i c a c e s . Dans une c e r t a i n e mesure, l e u r f a i b l e s s e h t a i t l e r e s u l t a t de l a confusion, e t quelquefois m6me de l ' o b s t r u c t i o n , c r e e e par l e s pouvoirs p u b l i c s dans l'approvisionnement en f a c t e u r s de production, dans l a d i t e r m i n a t i o n des p r i x e t dans 1'o r g a n i s a t i o n des c o o p i r a t i v e s . En r a i s o n de l e u r mauvaise a d m i n i s t r a t i o n , ces s e r v i c e s o n t p a s s e t r o p de temps a l a c o l l e c t e des donnees, au detriment notamment des s e r v i c e s e t c o n s e i l s q u ' i l s a u r a i e n t dh f o u r n i r aux e x p l o i t a n t s . Nean- moins, apres l e u r r e o r g a n i s a t i o n , i l s ont pu p a s s e r plus de temps a f a i r e des d6monstrations de nouvelles techniques agronomiques e t o n t accru sensiblement l e u r influence. 4.29 Lutte ant icaps i d e Avant 1975, l e Ministere de l 1 a g r i c u l t u r e s e chargeait de l a l u t t e a n t i c a p s i d e , mais son a c t i o n n ' a pas e t e t r e s e f f i c a c e . Apres c e t t e d a t e , c e t t e tdche a 6 t e c o n f i e e a l a SODECAO, q u i ne s ' e s t montree guere p l u s e f f i c a c e , p u i s q u ' e l l e u t i l i s a i t 7 l i t r e s de p e s t i c i d e s a l ' h a au l i e u des 4 normalement r e q u i s . Ce s e r v i c e 6 t a i t a s s u r e gratuitement, l e s e x p l o i t a n t s ne devant f o u r n i r que l a main-d'oeuvre n e c e s s a i r e pour p o r t e r l e s lourds a p p a r e i l s de p u l v e r i s a t i o n ; c e t t e tdche e t a i t particulierement d i f f i c i l e dans l e s p e t i t e s p l a n t a t i o n s ou l e s recrks causes par l e mauvais e n t r e t i e n gknaient ces operations. La l u t t e a n t i c a p s i d e a e t e entravee par l e manque de s o u t i e n des s e r v i c e s de v u l g a r i s a t i o n , mais apres 1980, l a s i t u a t i o n s ' e s t amelioree lorsque l a r e s p o n s a b i l i t e de c e t t e l u t t e a Cte d e c e n t r a l i s k e e t confiee aux chefs de s e c t e u r des s e r v i c e s de v u l g a r i s a t ion. Semences 4.30 Un des probl&mes chronique a e t e l a f o u r n i t u r e de semences. L a ferme semenciere de NKoemovone n ' a pu s a t i s f a i r e l e s besoins du p r o j e t , en p a r t i e parce que de nombreuses cabosses p o u r r i s s a i e n t avant' d t 6 t r e l i v r e e s aux e x p l o i t a n t s ; mais n'importe comment e l l e ne pouvait f o u r n i r assez de semences en r a i s o n de s e s normes de g e s t i o n e t de son mauvais e n t r e t i e n . Une grande p a r t i e des i n s e c t i c i d e s e t a i t g a s p i l l h e , l e s s u r f a c e s t r a i t g e s 6 t a n t calcul6es en fonction du volume d ' i n s e c t i c i d e s u t i l i s i . A un moment, e l l e a manqui de fonds pour payer se main-d'oeuvre. I1 a mime 6 t 6 suggere que la d i r e c t i o n de c e t t e ferme s o i t assur6e dans l e cadre du p r o j e t . La Banque a finalement s u g g i r i d e c r i e r de nouvelles p l a n t a t i o n s semencihres a v a r i e t e s hybrides b Mengang, ou s i x p l a n t a t i o n s de 5 ha chacun ont 6 t 6 cr6ees e n t r e 1979 e t 1981. Recherches 4.31 Les recherches ont port6 s u r l e s techniques de p l a n t a t i o n s , u t i l i s a n t des p l a n t s d'un an. Les e s s a i s o n t 6 t e de t r o i s types : i) arrachage e t r e p l a n t a t i o n ; i i ) p l a n t a t i o n dans l e s i n t e r l i g n e s , avec - 1/ La Banque n f a donc finance que 15 Z du coht du p r o j e t . 6 t r e surprenant que dans ces conditions e l l e a i t pu exercer une t e l l e I1 e s t peut- influence p a r exemple dans l a r e o r g a n i s a t i o n de l a SODECAO. Par a i l l e u r s , l a f a i b l e s s e de s a p a r t i c i p a t i o n f i n a n c i g r e peut expliquer l t i n d i f f 6 r e n c e r e l a t i v e avec l a q u e l l e s e s remarques s u r l e s nomina- t i o n s des cadres s u p e r i e u r s e t d ' a u t r e s questions ont e t e a c c u e i l l i e s . conservation des vieux arbres ; et iii) plantations en association avec des cultures vivri6res. Ces travaux de recherche ont &t& vivement criti- ques notamment parce qu'ils n'accordaient pas une attention suffisante aux cohts, qu'ils etaient trop sp6cialis6s et que certains essais Btaient trop exotiques, d'une qualite theorituqe (laboratoire) impossible a reproduire sur le terrain, et que les exploitants n'avaient pas participe aux essais. Les rhsultats ont permis de conclure que : - les plantations avec cultures vivrieres associees permettaient d'obtenir de meilleurs resultats en associant la culture du cacao avec les plantains; - les replantations sous couverture de plantains dtaient un peu plus productives que celles mises en place sous couverture forestigre avec emploi d'engrais ; - la plantation dans les'interlignes en conservant les vieux arbres ne pr6sentait aucun int6rGt. Les activites de recherche n'ont eu que peu d'effets sur l'evolution du projet. En tout &tat de cause, on ne pouvait s 'attendre a ce que les resultats de la recherche aient un impact sur la technologic pendant la periode du projet 6tant donne que pour les cultures perennes il faut un certain temps pour pouvoir determiner quels sont les traitements qui donnent les meilleurs rhsultats . Suivi et &valuation 4.32 La SODECAO disposait d'un corps d'Inspecteurs itinerants qui aurait pu Qtre employe pour assurer le suivi et lfQvaluation;il n'a cependant pas requ la formation voulue et n'a pu 6tre utilise efficacement pour le contr6le et 1 'orientation du projet. Mais mQme les renseignements qu'il a fourni n'ont pas &ti utilisis. I1 avait par exemple analys6 le fossb skparant les v i e w exploitants sans outillage et dont la production etait par consiquent faible, et les jeunes agriculteurs disposant de mate- riels et faisant preuve de plus d'initiative et dont la production etait donc plus &levee. En 1977, ce corps n'avait cependant pas les competences requises pour Bvaluer le projet, sauf en termes trks ghnkraux. A l'ache- vement du projet, il a et6 impossible de dkteminer quels r6sultats avaient &te obtenus, qu'il s'agisse des superficies plantees, de la production totale, ou des autres objectifs , comme 1' indiquent les notes concernant les estimations de coGts. Certains chiffres ne sont donc plus valables et sont probablement exager6s. Projet relais 4.33 Le prgt comportait des fonds pour la preparation d'un deuxiime projet cacao. Cependant, ce projet relais n'a pas et6 pripare en raison de la nature disparate des risultats,la Banque ayant conclu qu'un projet portant sur une seule culture n'etait pas adapt4 aux conditions, elle a prefiri commencer la preparation du projet de developpement rural du Centre-Sud. Clause du credit 4.34 L'Emprunteur n' a rempli qu'en partie les obligations lui incom- bant aux termes de ltAccord de credit et les erreurs importantes suivantes ont ete commises : i) les pouvoirs publics n'ont pas confie au DCP la responsabilite de l'execution de l'element pistes rurales du projet; ii) lfEmprunteur a ete lent a prkparer les programmes routiers annuels et il a fallu attendre plusieurs annees avant d'entre- prendre les travaux d'entretien routier; iii) les pouvoirs publics ont sap6 le systgme d'administration du crkdit de la SODECAO/FONADER lorsqu'ils ont cree la SOCOODER et lui ont confie les responsabilites de commercialisation de la SODECAO; iv) les services de vulgarisation se sont rkveles inadequats; v) l'insuffisance chronique de semences n t a ete qu'en partie corri- gee par la creation de plusieurs petites fermes semencieres; vi) la SODECAO et/ou les pouvoirs publics ont trop attendu et fait preuve de trop de faiblesse dans la nomination des cadres de gestion et du personnel qualifie; vii) la SODECAO a kt& incapable d'assurer une gestion efficace et rationnelle du projet. 4.35 Le Rapport du Dipartement de l'bvaluation retrospective des oph- rations intitule "Respect des clauses des accords" (voir page ( i)) fait etat de critiques sur "l'etonnante absence de communications entre le personnel de la Banque et 1'~mprunteur". 11 fait kgalement remarquer que "llEmprunteur a eu l'impression que le personnel de la Banque s'interes- - sait plus a nommer du personnel de son choix tous des expatriis - aux postes vacants qu18 dhvelopper la capacitt5 de gestion du payst'. Le Rapport indique cependant a ce propos que le personnel de la Banque essayait surtout de resoudre les gros probl&mes de gestion de la SODECAO. En fait, dans une grande mesure, les mesures prises par la Banque dans le dornaine de la gestion du personnel se justifiaient par "le favoritisme, la degra- dation de la discipline, l'extrke rarete des sanctions, ainsi que les abus" qui caracterisaient le processus de recrutement de la SODECAO, par "la mauvaise utilisation et le detournement des fonds de la SODECAO", et les autres pratiques nefastes (voir Rapport du FAC rnentionne a la page (i)). I1 est probable que le Departement de l'ivaluation retros- pective des op6rations n'ktait pas au courant de ces faits, ou tout au moins n'en avait pas eu connaissance par ecrit, lorsqu'il a interviewe le personnel de direction de la SODECAO. V. JUSTIFICATION DU PROJET 5.01 Comme on 1 'a explique plus haut (par. 4.24), les chiffres de production ne sont ni fiables ni complets. Dans ces conditions, et etant donnb les grandes fluctuations dans la production annuelle causees par les facteurs climatiques, on a dktermine la "meilleure" estimation de 1' impact du projet en evaluant la tendance pluriannuelle de la production de la SODECAO et de la production nationale (SODECAO exclue), l'ecart entre les deux courbes representant la production suppl6mentaire moyenne. Les chiffres pertinents sont domes ci-dessous : Variation annuelle moyenne En rnilliers de tonnes 77 78 79 80 Moyenne en % A. Production nationale 110,6 114,2 117,E- 121,4 116,O 3 % B. Production de la SODECAO 13,6 14,2 14,8 15,4 14,5 - 4% B. En%deA 12,3 12,4 12,6 12,7 12,5 - 5.02 Ces chiffres semblent indiquer que la production de la zone du projet a augment6 de 1 % de plus que dans le reste du pays, chiffre infe- rieur a la marge d'erreur. Neanmoins, mime s 'il est exact, ce chiffre signifie que la zone de la SODECAO a produit environ 2 kg de plus par ha que la moyenne de 200-300 kg produite dans le reste du pays, ce qui reprQ- sente une quantite negligeable. Cela revient h dire que la production dans la zone du projet n'a pas augment6 de maniere notable par rapport & la production du reste du pays pendant la periode d'exicution du projet. Ce resultat a, semble-t-il,6te confirm6 au cours de l'exicution du projet. 5 -03 Le projet devait permettre d'accroitre la production en fournis- sant des incitations adbquates, des fongicides et d'autres facteurs de production, des conditions de commercialisation et de credit plus favora- bles, de meilleures routes d'acchs et des services de vulgarisation plus performants. Tous ces facteurs de production et services etaient dispo- nibles a des degres divers dans tout le pays; la diffirence tenant au fait que ce projet mettait B la disposition des agriculteurs des crkdits pour les pulverisations contre la pourriture brune des cabosses, des services de v u l g a r i s a t i o n de q u a l i t 6 superieure e t , d'une maniere generale, un mecanisme de coordination des a c t i v i t k plus e f f i c a c e . Cependant, l o r s - qu'en 1977 l e Gouvernement a d e c i d i de f o u r n i r gratuitement l e s fongi- c i d e s , il a p l a c e s u r un pied d ' b g a l i t e l e s a g r i c u l t e u r s de l a region du p r o j e t e t ceux d u ~ r e s t e du pays dans l e domaine de l a l u t t e c o n t r e l a p o u r r i t u r e brune des cabosses ( l e s produits de l u t t e a n t i c a p s i d e e t a i e n t de j a f o u r n i s gratuitement) . 5.04 En o u t r e , lorsque l a prime pour l e cacao de q u a l i t e A a e t e supprimee, l e s i n c i t a t i o n s B l a production de cacao de bonne q u a l i t e ont disparu. La g r i l l e des p r i x a 6 t e amelioree, l e s p r i x a l a production ont &ti r e l e v e s e t l a d i f f e r e n c e de p r i x e n t r e l e cacao c l a s s e e t l e cacao non c l a s s e a 6 t 6 e l a r g i e , mais c e t t e mesure a e t e p r i s e t r o p tardivement dans l e cours du p r o j e t . Le Gouvernement a mis f i n aux precooperatives de l a SODECAO e t a sap6 l e systGme de c r e d i t a g r i c o l e dans l a region du p r o j e t . Les s e r v i c e s de v u l g a r i s a t i o n de l a S OD E C A O n ' o n t pas 6 t e a u s s i u t i l e s que l ' o n e s p e r a i t e t c e t t e s i t u a t i o n , conjuguee a l a sous-estimation des besoins de main-d'oeuvre r e q u i s pour l e s p u l v e r i s a t i o n s contre l a p o u r r i - t u r e n o i r e des cabosses, a f a i t que l e s p u l v e r i s a t i o n s systematiques n ' o n t pas ameliore l a production comme on s t y a t t e n d a i t . 5.05 Ces elements pervers e t d ' a u t r e s ont eu pour e f f e t de mettre l a zone du p r o j e t s u r l e meme pied que l e r e s t e du pays du point de vue de l a production de cacao, comme l e montrent l e s c h i f f r e s de production (par. 5 . 0 1 ) . 5.06 Le taux de r e n t a b i l i t k Qconomique (TRE) c a l c u l e l o r s de l ' i v a - l u a t i o n e t a i t de 26 %. La v e n t i l a t i o n de c e TRE g l o b a l donnait un t a u de r e n t a b i l i t e economique de 32 X pour l a r6g6niration des cacaoyeres e x i s - t a n t e s s u r l a base d'un rendement supplementaire de cacao de 200 kg/ha e t de 20 % pour l e s nouvelles p l a n t a t i o n s en p r e v i s i o n d'un rendement de 800 kg/ha a p a r t i r de l a quatrieme annie d ' e x i c u t i o n du p r o j e t . O n avait envisage que l ' i l i m i n a t i o n complite de l a p o u r r i t u r e brune des cabosses p o u r r a i t ne pas & r e p o s s i b l e ; dans c e cas, l e taux de r e n t a b i l i t h 6cono- mique de l a regeneration des cacaoyeres d e v a i t k t r e de 10 % au l i e u de 32 %. Dans ces c a l c u l s , on e t a i t p a r t i de l ' h y p o t h i s e que l a production de cacao r e s t e r a i t inchangee dans l e s zones hors p r o j e t , q u i representent plus de 80 X des s u r f a c e s cacaoyeres du pays. 5.07 Par rapport h l a production n a t i o n a l e , l'augmentation annuelle de 1 % de l a production dans l a zone de l a SODECAO, s u r une periode d'exe- cution de 6 ans, reprbsente un t o t a l de 6 X , s o i t environ 12 kg B l ' h a . Ce c h i f f r e donnerait de t o u t e evidence un t a w de r e n t a b i l i t e economique n e g a t i f . 11 f a u d r a i t l e m u l t i p l i e r pour q u ' i l a i t un e f f e t quelconque, e t m&me dans c e cas l i , l e taux de r e n t a b i l i t e economique ne s e r a i t que t r e s f a i b l e . I 1 f a u t donc en conclure que l e p r o j e t a eu un impact minime s u r l a production de cacao. Compte tenu de l a q u a l i t e mediocre des ren- seignements r e c u e i l l i s , il ne s e r a i t gugre u t i l e de r e c a l c u l e r en d e t a i l l e taux de r e n t a b i l i t k economique. 5.08 Nianmoins , tous les avantages intangibles suivants du projet , qui sont present& aux Sections VII et VIII sont importants : i) il a d6montre que les pouvoirs publics n'auraient aucun inter6t h poursuivre la mise au point de leur plan a long terme d'expansion de la production cacaoyere par une intensification des cultures; ii) il a montre que 1 'on pouvait peut-btre accroitre la production en mettant en oeuvre des pro- grammes de regeneration et de replantation des cacaoyeres destines a abaisser llagemoyen des arbres; et iii) il a permis de recueillir des renseignements precieux sur la culture du cacao par des petits planteurs dans le contexte de projets de developpement rural. VI. DEVELOPPEMENT DES INSTITLTTIONS 6.01 Le principal objectif du projet 6tait de developper le sous- . secteur cacaoyer On esperait qu ' il allait permettre d'ameliorer les institutions agricoles, de crier un programme, a l'intention des specia- listes, d'initiation aux pratiques plus avancies de la culture du cacao ainsi qu'un programme de formation pour les services de vulgarisation; d'ameliorer et d'institutionaliser le developpement cacaoyer d'une maniere qui aurait permis d'executer le m6me projet dans les autres regions cacaoyeres du pays. 6.02 execution d'un projet du mkme genre a ete abandonnee en raison de la mediocrite des rksultats et du r6le ambigu joue par les pouvoirs publics dans le projet qui s'est r6vkli nefaste au developpement des institutions. On peut noter en particulier : i) que le mouvement des coopkratives de planteurs de cacao, qui avait pris un bon depart avec l'aide de llEtat,a ete sape par les mesures prises par les pouvoirs publics; ii) que l'itablissement, a la demande des pouvoirs publics, d'un service de construction des pistes rurales dans le cadre de la socikte de diveloppement du cacao s'est revel6 inefficace et rnanifestement inapproprii; iii) que les premieres institutions chargees de fournir des credits aux exploitants se sont heurtees a certains problemes mais que ceux-ci auraient sans doute pu &tre surmontes si le Gouvernement n'avait pas affaibli ces institutions en les multipliant sans crier les mhcanismes necessaires pour assurer leur coordination; iv) que les pouvoirs publics et la SODECAO, par les retards qu'ils ont apportk & la nomination de personnel aux postes de direction et par l'incapacite dont ils ont fait preuve de conserver le personnel nommh a ces postes, ont affaibli le travail de forma- tion des services de vulgarisation, la supervision du projet et d'une maniere plus generale, la gestion et la coordination du proj et . 6.03 Lt&liminationde la marge diff6rentielle entre les Qualites I et I1 du cacao etait judicieuse dans le contexte de la structure des prix en raison de la faible notion des planteurs sur les differentes qualites du cacao destine a 1' exportation. La decis ion subsequente des pouvoirs publics de fournir graduitement des fongicides pour la lutte contre la pourriture brune des cabosses aurait pG etayer cette mesure mais la marge differentielle entre le prix a la production du cacao classe et celui du cacao sous-standard n'etait pas suffisante pour encourager les planteurs. Ces deux initiatives n'ont donc eu aucun effet positif. Le probleme a et4 ulterieurement aggrave par les revis ions annuel les insensibles des prix par le Gouvernement qui se sont traduites par des changements dans les termes de lV&change favorisant de plus en plus la culture des produits vivriers au d6triment de la culture cacaoyere. VII . PERFORMANCE DE L'E M P R W U R ET DES BANQUES 7.01 La performance de 1'~mprunteura it6 faible dans de nombreux domaines . ~'echec du projet t ient avant tout a des raisons techniques, mais mhme en leur absence, les mesures perverses prises par les pouvoirs publics, leur inaction quelquefois, et la faiblesse de la SODECAO auraient suffi a le faire avorter. A leur decharge, il faut egalement noter que les pouvoirs publics ont agi d'une maniere rationnelle et dans ltinter&t du projet au moment de sa formulation, qu'ils ont rapidernent pris les mesures voulues pour creer la SODECAO et fourni suffisamment de ressources financieres pendant prat iquement toute 1' execution du projet . 7.02 La performance de la Banque doit &re comparee au r6le des agences de cofinancement (CCCE et FAC) et de USAI AID. Ces deux derniers organisrnes avaient lance des operations pilotes d'intensification de la production de cacao au Cameroun, qui avaient s e m i de base technique a 1 '&laboration du projet. En d6pit de certaines questions et d'incerti- tudes soulevties par les operations pilotes et le rapport des consultants, la Banque a accept6 les resultats et a collabork avec les organismes fran- qais au projet. Nous ne savons pas si les resultats enregistris par le Groupe de la Banque dans d'autres pays cacaoyers de 1'Afrique de 1 'Ouest oii la pourriture brune des cabosses est moins repandue auraient dii inciter a faire preuve de prudence. Quoi qu'il en soit, il n'etait pas raison- nable de poser comme hypothese que 12 pulvirisations de fongicides perrnet- traient d'accroitre les rendements he 200 kg a l'ha. Des pulv&risations supplrhentaires auraient 6ti encore moins rentab les et les planteurs ont donc eu raison d'en r6duire le nombre. 7.03 Les missions de supervision ont ete frkquentes et completes. Deux missions speciales, renforcees par des experts, ont ete envoybes au Cameroun a des moments critiques du projet, lorsqu'il Qtait encore possi- ble de lrinf16chir dans une direction differente. Lorsque l'on s'est aperqu de l'acuite des problemes de main-d'oeuvre poses par la lutte contre la pourriture brune des cabosses, il est aussi apparu impossible de les resoudre dans le cadre du projet. La Banque a neanmoins continu6 ses efforts pour ameliorer le projet : elle a en particulier suspendu les decaissements, mesure qui a 6th au moins en partie la cause de la reorga- nisation de la SODECAO et a rendu celle-ci plus apte a poursuivre son travail. ~ujourd'hui, c'est-A-dire 10 ans plus tard, la SODECAO est considerbe comme un organisme solide et bien gire. IMPACT DU PROJET 8.01 On peut s'attendre a ce que les enseignements tires du projet aient des consequences importantes sur le developpement agricole du Cameroun. Le projet a en particulier d6montre que malgre la forte expan- sion a long terme du sous-secteur cacaoyer, qui a permis d'arriver a une production annuelle de 100.000 tomes, une croissance notable devra venir dans l'avenir de la rnise en culture de nouvelles regions plut6t que de l'intensification de la production. 11 a igalement dernontre que les rendements de 800 kg/ha qui avaient ete envisages ne peuvent iitre obtenus par des petits planteurs, cornpte tenu des contraintes economiques et techhiques auxquelles ils doivent faire face. De plus, il a montre que les cacaoyeres continueront b avoir des rendements de 200-300 kg/ha a rnoins que de nouvelles rkgions, choisies pour la fertilite de leurs sols et leurs conditions climatiques, ne soient mises en culture; il a enfin prouv6 que le maintien de la production au niveau actuel exigera un inves- tissement continu et a long terme dans la reghnkration et 1' installation de nouvel les plantat ions destinees b abaisser 1' iige moyen des cacaoyers . 8.02 Compte tenu de l'experience acquise dans ce projet, il semble- rait indique que les codonateurs et la Banque aident le pays a rigen6rer le sous-secteur cacaoyer, peut-btre en finanqant une partie d'un tel pro- gramme. S'il est evident que l'on possede de b o ~ e sconnaissances sur le secteur cacaoyer camerounais, 1' historique du projet semblerait indiquer que ces connaissances n'ont pas kt6 utilisees d'une maniere syst4matique. 8.03 Le FAC pourrait envisager d'entreprendre un projet relais qui "devrait integrer toutes les operations de d6veloppement rural de la zone confiee h la SODECAO en soulignant les particularitds et les disparites des sous-projets et/ou volets qu'il convient d' identifier afin de coller le plus possible aux conditions diverses des sols, de climat et humaines qui ne manquent pas de se presenter sur une aire geographique aussi itendue" (Rapport du FAC, page 89). La Banque a commence a identifier et a preparer un projet de diiveloppement rural de la province centre-sud qui couvrirait la zone de la SODECAO, et celle d'un autre grand projet, com- prenant un fort element cacao. Elle ntenvisagecependant pas de lancer de nouveaux projets purement cacaoyers. IX. CONCLUSIONS 9.01 Dans l'ens'emble, le projet a donn6 des rksultats assez mediocres et, en particulier, n'a pas permis d'atteindre l'objectif d'augmenter de faqon substantielle la production cacaoyere de la plupart des petites plantations. Cet echec est d ii aux hypotheses trop optimistes sous les- quelles le projet avait eti conqu, a savoir : les pertes severes causees par la pourriture brune des cabosses peuvent gtre en grande partie enra- yees et les rendements de cacao peuvent passer de 300 kg/ha a 500 kg/ha grace a l'intensification des pulverisations de fongicides sans faire appel a une main-d'oeuvre autre que celle des petits planteurs. Cependant, c ' est seulement 1 ' intensification du programme de supervision de la vulga- risation pour assurer le traitement optimal des cacaoyers qui aurait pu se traduire par des rendements justifiant douze pulverisations annuelles de fongicides contre la pourriture brune. En fait, le nombre de traitements sous -optimal et la supervision inad6quate ont constitue les principaw obtacles a l'atteinte de l'objectif. Ces problemes techniques ont et6 aggrav6s par les faiblesses administratives du projet. 9.02 L'impact de ces mesures sur les institutions regionales et celles du projet a 6th essentiellement negatif. Le projet'aurait pu contribuer a un tres large developpement des institutions, mais il ne l'a pas fait, si ce n'est que l'on a pu en degager des enseignements precieux. Neanmoins, la SODECAO est un.organisme de d6veloppement regional bien 6tabli, disposant d'une bonne direction, qui sera probablement le centre de convergence de toutes les futures operations agricoles dans la region. 9.03 La Banque et les codonateurs, en prenant principalement pour bases du projet les rhsultats d'essais pilotes h grande kchelle de lutte contre la pourriture brune des cabosses sont d'une certaine manigre responsables des r6sultats assez mediocres du projet. Cependant, la Banque par l'intermediaire de ses missions de supervision et de reexamen, a fait de grands efforts pour aneliorer les rksultats du projet. 9.04 Le projet htait dans une certaine mesure justifi6 puisqu'il a permis de demontrer ce qu'il etait possible et ce qu'il n'etait pas possi- ble de faire dans le sous-secteur du cacao, qui est le principal produit d'exportation du Cameroun. A long terme, le Gouvernement souhaitait accroitre sensiblement sa production de cacao, surtout par une intensifi- cation de la culture. A l'origine, le projet couvrait une zone de plus de 100.000 ha, mais h la demande de la Banque et des codonateurs, sa portee avait 6th reduite. Les resultats ont prouvd qu'il etait impossible d'ob- tenir des rendements eleves. Par consequent, il est apparu que le deve- loppement a long terme du secteur cacaoyer doit passer par la r6generation des cacaoyeres existantes et 1 ' installation de nouvelles plantations dans les regions oh le sol s t y prgte en w e de r6duire sensiblement l'age moyen des cacaoyers, par l'augmentation des surfaces cultivees, et 6videmment en fournissant aux petits exploitants un ensemble de facteurs de production appropries pour leur permettre d'obtenir les rendements les plus eleves possibles. 9.05 Les codonateurs et le Groupe de la Banque etudient actuellement d'autres projets de developpement rural susceptibles d'btre ex6cutks dans la zone relevant de la SODECAO, mais il serait evidemment tout a fait normal qu'ils fournissent des conseils, des directives et eventuellement un financement au Cameroun pour lui permettre de regenkrer et peut-etre m6me df61argir le sous-secteur cacaoyer en tenant compte des observations exposees ci-dessous. ANNEXE 1 RAPPORT D'ACHEVEMENT DU PROET PROET CACAO PRET 1039 COUTS ESTIMATIFS ET REELS E v a l u a t i o n Q CoCts r g e l s 1 1 Depassement (en m i l l i o n s de f r a n c s CFA) en pourcentage Dipenses a d m i n i s t r a t i v e s 1.457 T r a i t e m e n t s des e x p a t r i e s 244 Batiments 149 Vehicules e t m a t k i e l s 131 Centres de groupage 450 Collecte e t entretien 45 0 Pistes rurales 772 Format i o n 581 Lutte anticapside 704 Recherche 588 F a c t e u r s de p r o d u c t i o n a g r i c o l e 758 Total 5.941 10.498 77 - & Y compris l e s p r o v i s i o n s . Q Y compris l e s imp6ts i n d i r e c t s a concurrence de 5 %, mais h l ' e x c l u s i o n des imp6ts d i r e c t s e t des d r o i t s de douane. 1 B R 5 10805[PDA\ CAMEROON COCOA PROJECT Proiect Location BAFlA 3 10 20 .... ,_ Fr~~ec t Area Nrut - . - .... P r o ~ e c t Roads

Informations clés
Date d'adoption
Pays Cameroun
Source Banque mondiale