Groupe de la Banque mondiale · Pre-2003 Economic or Sector Report

Rwanda - Problèmes et choix énergétiques

Rwanda Banque mondiale
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Rwanda: Problemes et choix energetiques Juin1982 TAUX DE CHANGE 1 dollar EU = 92,84 francs rwandais (FR) FACTEURS DE CONVERSION DE L'ENERGIE tep = tonne d16quivalent de p6trole - 10.500.000 kcal (kilocalories) - = 3.940 kWh (kilowatt-heures) d161ectricit6 et dlhydro-6lectricit6 environ 9,O m3 de bois de feu environ 1,5 tonnes de charbon de bois environ 3,5 tonnes de tourbe (35 % d1humidit6) 0,92 tonnes = 1.240 litres d'essence 0,95 tonnes = 1.210 litres de k6roshne 0,99 tonnes = 1.150 litres de gasoil ou de mazout Le pr6sent rapport a 6t6 6tabli 3 la suite du s6jour effectu6 au Rwanda aux mois d'avril et mai 1981 par une mission compos6e de M. D. Hughart (6conomiste spgcialiste de l'gnergie), Mme C. Tobias (consultante) et M. C.H.A.Killoran (ing6nieur principal en 6nergie 6lectrique). Mme S. Baile a contribu6 a la preparation du rapport. Programme Commun PNUD/Banque Mondiale de llEvaluation du Secteur de llEnergie Rapports de/j: publie/s Pays Date No. lndongsie novembre 1981 3543-IND Maurice dgcembre 1981 3510-MAS Kenya mai 1982 3800-KE Sri Lanka mai 1982 3794-CE Zimbabwe juin 1982 3765-ZIM Haiti juin 1982 3672-HA ~a~ouasie-~ouvelle-~uinLe juin 1982 3882-PNG Burundi juin 1982 3778-BU POUR USAGE OFFICIEL Rapport No. 3779-RW RWANDA PROBLEMES ET CHOIX ENERGETIQUES juin 1982 Le prgsent document fait partie d'une s6rie de rapports du programme conjoint P~UD/Banque~ondialed14valuationdu secteur de l'gnergie. Ce travail a bt6 partiellement financ6 par le compte Energie du PNUD, et les travaux ont bt6 ex4cutbs par la Banque Mondiale. Ce rapport fait l'objet d'une distribution restreinte. Son contenu ne doit pas Stre divulgue sans l'autorisation du gouvernement, du PNUD ou de la Banque Mondiale. POUR USAGE OFFICIEL CONFIDENTIEL TABLE DES MATIERES No . depage I. QUESTIONS ET RECOMMANDATIONS.................... Problgmes 6nerg6tiques.......................... Consommation d16nergie et situation 6conomique : rappel des faits.............................. Questions 6nergetiques et recommandations....... .................. 11. COMBUSTIBLES LIGNEUX ET TOURBE Combustibles ligneux............................ L'offre et la demande...................... Organismes et planification................ Aide ext6rieure............................ Economies d16nergies....................... Tourbe.......................................... L'offre.................................... La demande................................. .............. Organismes et aide exterieure Recommandations ........................... 111 . PETROLE......................................... Situation g6n6rale.............................. La demande et l'offre ........................... Stocks de r6serve de p6trole.................... Produits susceptibles de remplacer le p6trole ... Recommandations................................. ELECTRICITE ..................................... Situation g6n6rale.............................. Organismes nationaux............................ Organismes internationaux....................... Centrales existantes............................ Travaux en cours................................ Etudes en cours................................. Demande d161ectricit6........................... Offre d161ectricit6et d'6nergie ................ Tarifs.......................................... Recommandations................................. V. METHANE......................................... Situation g6n6rale.............................. Les ressources.................................. Etat d'avancement des opgrations de mise en valeur Organismes...................................... Mesures de sgcuritg............................. Marchgs......................................... Conclusions et recornandations.................. VI. AUTRES RESSOURCES D'ENERGIE..................... Situation g6n6rale.............................. Ressources...................................... Le CEAER........................................ Conclusions et recommandations.................. ANNEXES . I Projet de foyer pour les populations rurales.... I1. Stocks de r6serve de p4trole.................... 111. Prolongement du pipe-1ine reliant Mombasa B Nairobi IV. Energie Clectrique : tableaux statistiques...... V. Organigramme : Electrogaz....................... . CARTE RCseau Clectrique (carte rCgionale)............. I. QUESTIONS ET RECOMMANDATIONS 1.01 Le Rwanda est un pays enclavd, peu etendu, dont la population, d' une forte densitd, ne dispose que d'un faible revenu- , et les problBmes 11 auxqueIs il se heurte, en matigre d16nergie,sont li6s B ces facteurs. La plupart des Rwandais doivent, en raison de la faiblesse de leur revenu, utiliser des combustibles traditionnels - le bois lorsque cela leur est possible, des rbsidus agricoles lorsque cela s'avgre n6cessaire - pour cuire leurs aliments et satisfaire leurs autres besoins 6nerg6tiques essentiels. En raison de la forte densit4 de la population au Rwanda, tant par rapport B la superficie totale du territoire qu'8 l'btendue des terres arables, le bois de feu est devenu de plus en plus rare et une rivalitb est apparue entre les cultures vivrigres et commerciales et les efforts de reboisement pour l'utilisation des terres. 1.02 Le Rwanda dtant un pays sans acces direct 3 la mer, la majeure partie de ses importations, y compris le pdtrole, doivent traverser le territoire d'autres pays. L'itinbraire principal est long et le transport se fait par route ; les coOts unitaires sont donc &lev&. Cette voie d'acces a en outre parfois 6t6 coup6e A la suite d16v&nements survenus en Ouganda ; dans la mesure 03 il est possible que cela se reproduise, il serait bon, sur l'avis g6ndra1, de constituer des r6serves de produits p6troliers au Rwanda. Les difficult6s lides B la traversde du territoire du Kenya tiennent moins B des raisons de s6curit6 que de prix. Le Kenya tient 2 ce que le Rwanda achete ses produits p6troliers A la raffinerie de Mombasa (dont la capacit6 de production est sous-utilis6e) et fixe ses prix B un niveau sup6rieur A celui que le Rwanda pourrait esp6rer obtenir, s'il lui 6tait possible d'acheter ces produits sur le march6 libre et de les faire transiter par le Kenya. Des travaux ont bt6 entrepris pour am6liorer les voies de communication entre le Rwanda et lt0c6anIndien via la Tanzanie, ce qui devrait contribuer B r6duire le probleme (sans toutefois le faire disparaftre). 1.03 Etant donn6 la faible 6tendue du Rwanda (et le fait que ses frontikes, B l'instar de celles de nombreux autres pays, tendent B suivre les -1/ En 1979, le PIB par habitant 6tait de 200 dollars et le Rwanda comptait environ 4,9 millions d'habitants. Le PIB a progress6 d'B peu prss 4,l % par an de 1970 alors que le taux de croissance demographique annuel dtait de 2,8 % au cours de la m6me pdriode. Quarante-deux pour cent du PIB sont imputables au secteur agricole, les quatre-cinquismes de la contribution de ce secteur 4tant dus aux cultures de subsistance. Les exportations de produits agricoles ont d6gag6 deux-tiers des recettes d'exportation, 60 % de ces recettes ayant bt6 produites uniquement par le cafg en 1978-79. Vingt pour cent des recettes d'exportation proviennent du mingral de cassit6rite et du tunqst8ne. La principale catbgorie de produits d'importation est celle des biens de consommation ; la part du pgtrole dans le total des importations est d'environ LO % ; elle est donc inf6rieure B celle des produits alimentaires et B peu prSs dgale B celle des textiles. principaux cours d'eau), il n'est peut-6tre gusre surprenant que ses principales ressources en 6nergie hydraulique soient situ6es le long de ses frontigres et que leur exploitation doive faire l'objet d'accords au moins bilat6raux. Des sites importants sont situ6s le long des frontigres avec le ZaYre et la Tanzanie. Le r6seau 6lectrique du Rwanda est reli6 5 ceux du ZaYre et du Burundi au moyen d'une centrale (Rusizi I), dont les trois pays obtiennent actuellement de lt61ectricit6. Les dispositions institutionelles de cet arrangement se sont r6v616es satisfaisantes. Leur ampleur et leur portde n'ont toutefois pas encore dt6 accrues dans une mesure suffisante pour satisfaire aux besoins relatifs 2 l'installation hydro-6lectrique commune qui, sur un plan strictement technique et 6conomique, constituerait la solution la moins coQteuse au problgme des pressions croissantes qui s'exercent sur le r6seau. Le Rwanda doit en outre s'efforcer de parfaire un accord pass6 avec le ZaYre pour l'exploitation de ses uniques ressources connues en hydrocarbures, 5 savoir les importantes quantit6s de mdthane en solution dans les profondeurs du lac Kivu que se partagent les deux pays. 1.04 Les personnes qualifiies sur le plan technique ou administratif sont rares au Rwanda. Si ce facteur limite tout particulisrement les possibilitt5s d'exploitation des ressources en mdthane et en tourbe du pays, certains problsmes importants n'ayant pas encore t5t6 r6solus, il nuit 6galement, de manisre gbn6rale, 2 1161aborationdes politiques, B la planification et B la gestion courante des organismes produisant, manutentionnant, et consommant l'bnergie. 1.05 Si la situation ggographique, d6mographique et 6conomique du Rwanda est 5 l'origine de la plupart de ses problgmes 6nerg6tiques et ne saurait faire l'objet d'une rapide arn&lioration, il n'en demeure pas moins que le pays n'est pas sans poss6der des ressources 6nerg6tiques et que certaines options lui sont offertes. Dans le cadre de la pr6sente 6tude, on s'est efforc6 de rassembler les faits essentiels sur 1'6nergie au Rwanda, de les replacer dans leur contexte et d'analyser les mesures susceptibles d16treadopt6es dans ce domaine par le Gouvernement et des organisations d'aide au d6veloppement et de sugg6rer un ordre de priorit6. La fin du present chapitre d6crit de manisre g6n6rale la situation de 116nergieau Rwanda, donne le plan d'ensemble du reste du rapport et expose succinctement ses principales conclusions et recommandations. Consommation d16nergieet situation 6conomique ; rappel des faits 1.06 La consommation d16nergieau Rwanda porte essentiellement sur le bois de feu et d'autres combustibles traditionnels, non commerciaux, come les r6sidus agricoles et le charbon de bois qui sont principalement utilisgs par les m6nages et les collectivit6s pour cuire leurs aliments et par certaines petites entreprises. I1 n'est possible d'estimer les volumes consid6r6s que de manisre approximative B partir des donn6es disponibles mais, comme indiqu6 ci-aprss, plus de 95 % de la consommation totale d16nergieest sous la forme de ces combustibles traditionnels. Une partie peu importante seulement des combustibles traditionnels, surtout du charbon de bois, est comercialis6e. Consommation d16nergieau Rwanda, 1979-1 / (Milliers de tonnes d16quivalentpbtrole) Commercialisis Non-commercialisis - Total Combustibles traditionnels Combustibles commerciaux Total -1/ Chiffres tirds du tableau 1.1. 1.07 L'importance pripondirante des combustibles traditionnels dans le bilan dnergdtique t6moigne de l'importance des petites propri6t6s agricoles dans l'dconomie. Plus de 95 I de la population du Rwanda vit dans de petites exploitations familiales, se consacrant 2 une agriculture de subsistance ne laissant que peu de place, sinon aucune, aux cultures 6nerg6tiques et peu ou pas de fonds pour acheter des combustibles commerciaux. Selon une 6tude effectude en 1975, pr8s de la moiti6.des exploitants agricoles disposaient d'un revenu rnon6taire inf6rieur h 500 FRw (5,50 dollars environ). Quatorze pour cent des personnes appartenant h cette cat6gorie semblaient n'avoir aucun revenu mon6taire. Au nombre des principales sources de revenu mondtaire en zone rurale figurent la production de caf4 B petite 6chelle et la vente de bigre de banane artisanale. Le nombre d'emplois pour salariis agricoles est tr8s limit6. Si le Rwanda bingficie de sols relativement bons et d'un climat satisfaisant lui permettant d'obtenir deux rgcoltes par an dans la plupart des rdgions, et si, en raison de la diversit6 des conditions climatiques et du relief, il lui est possible de cultiver des produits trhs vari6s, ce n'en est pas moins un pays montagneux et B forte densit6 de population. Les rendements agricoles sont g6n6ralement faibles dans la mesure 05 les engrais et les semences amiliories ne sont pratiquement pas employ6s et 05 la vulgarisation agricole est inefficace. Avec une population de pr8s de cinq millions d'habitants et une superficie de 26.338 km2, le Rwanda a la densit6 de population la plus 6lev4e de tous les pays dfAfriquecontinentale (183 habitants par kilom8tre carr6). 1.08 Le tableau 1.1 donne le bilan 6nerg6tique national 6tabli & partir des donn6es disponibles et des estimations des membres de la mission. Les combustibles commerciaux, c'est-&-dire les produits pdtroliers et l'dlec- tricit6 ne contribuent que pour 10 % B la consommation totale d16nergie. Les produits pitroliers (7 Z de l'dnergie consomm6e) sont utilisds dans le secteur moderne, en zone urbaine, essentiellement sous forme de carburant pour vdhicules automobiles. L'dlectricit6 (3 % de l'inergie consomm6e) est utilisie par certaines industries, les immeubles du Gouvernement et les mgnages urbains appartenant aux tranches de revenu les plus dlev6es. La demande d'gnergie commerciale provient essentiellement des villes (la Tableau 1.1 RWANDA: Bilan dnergetique national, 1979 (Tonnes dlequivalent pctrole) Autros 3harbon ~efsidus produits Bois de bois aqricoles Tourbe Essence ~grosene ;as-oil petroliers ~lectricitg Total / / Pi-oiustion primaire interieure 800.000 0 17Q.000 650 .O 0 0 0 7.744 978.394 Tt~ip~~~:tations 0 0 0 0 20.089 6.618 12.746 5.370 8.432 53.255 PI-od~ictionde charbon de bois 30.000 6.000 0 0 0 0 0 0 0 -24.000 ~:oduction dl<lectricitd o 0 0 0 , 0 0 -185 o 130 -55 t.t,er~nique /' hien~5es 730.000 5.500 170.000 0 10.089 5.618 0 0 2.795 924.002 :snwerce et secteur public 25.000 500 0 0 4.000 1,000 0 0 6.325 36.825 l~ldustrieset mines 15.000 . 0 0 650 2.000 0 4.000 2.500 4.423 28.573 Traqsports et construction 0 0 0 0 4.000 0 8.561 2.870 0 15.431 Pertes du rgseau dectrique 0 0 0 0 0 0 0 2.763 2.763 Sources: bilans d'Electro<az pour llklectricit&.NlinistPre des ressources naturelles pour les importiltions de p&trole. 1,es donnces correspondantes pour 1975-90 sont a l1Annexe6. Les autres chiffres sont des estimations de la mission et sont assorties d'importantes marges deerreur. Note: Une tonne d86quivalentp6trole est &gale & 10,5 millions de kcal. ~'Qlectricit;a 6td convertie au taux de 2 666 kcal pour faciliter la comparaison au niveau international mais on : a suppos6 que la production d'energie thermique necessitait 3 800 kcal/kWh. capitale, Kigali, est la plus importante et compte environ 110.000 habitants ; vient ensuite Butare avec A peu pr&s 25.000 habitants) et de quelques organismes c o m e les usines de the, les missions et les mines. 1.09 La consommation d'energie commerciale a progress6 A un taux annuel moyen de plus de 9 % au cours de la p4riode 1975-1980, soit nettement plus rapidement que le PIB en termes r4els. La consomation d'4nergie commerciale par habitant et par unit4 de PIB est cependant demeur4e inferieure aux niveaux atteints dans la plupart des pays de taille comparable et ayant un revenu similaire, c o m e le montre le tableau 1.2. 1.1011 On ne dispose d'aucune base ferme A partir de laquelle effectuer des projections de 1'6volution future de la consommation d'energie au Rwanda. 11 semble peu probable que 1-etype de croissance enregistr4 dans les annges 1970 (c'est-A-dire une forte progression du PIB malgr4 des resultats m4diocres dans le secteur agricole) se poursuivra, etant donne5 la d4te5rioration continue des termes de l'bchange du pays. Les projections de la balance des paiements du Rwanda montrent que celle-ci, qui 4tait lgggrement exce5dentaire (en moyenne) au cours de la p4riode 1975-79, devrait enregistrer un deficit de 170 millions de dollars en 1985. Ce de5ficit ne sera soutenable que si l'aide publique exterieure consentie au titre du compte capitaux augmente trSs fortement ; ce qui, A son tour, implique une tr&s nette am4lioration de la preparation et de la mise en oeuvre des projets et un accroissement significatif de l'aide hors projet2/. I1 est difficile de savoir comment se presentera l'environnement macro-4conomique dans les ann4es A venir et, en outre, les travaux d'identification et d'analyse des divers projets d'investissement devant Etre inclus dans le plan quinquennal 1982-86 n'4taient guSre avanc4s au moment de la visite de la mission. Questions 4nerg4tiques et recommandations 1.11 Come le montre le graphique 1.1, il existe, de mani&re ggnerale, au sein de l'economie rwandaise, une etroite correspondance entre les diverses sources d14nergie et les diff4rents types de demande. La majeure partie de la population utilise le bois de feu et les residus agricoles pour la cuisson des aliments et satisfaire leurs autres besoins domestiques et, inversement, la plus grande partie de la consommation de combustibles traditionnels est imputable aux m4nages ruraux. Les importations de petrole sont, d'une manigre similaire, associe5es aux activite5s de transport et de construction tandis que 1'6lectricit4, obtenue presqu'entisrement de lr4nergiehydro-electrique importge ou produite localement, est utilisge dans les villes pour l'eclairage et pour faire fonctionner les equipements 4lectriques. Bien que ce comparti- mentage ne soit pas rigoureux, certains utilisateurs pouvant, A certaines fins, utiliser indiff4remment des combustibles traditionnels, du p4trole - 11 Le pr4sent paragraphe pourrait faire l'objet de certaines revisions A la suite d'une mission economique de la Banque qui devrait se d4rouler du 16 novembre au 8 de5cembre 1981. -21 BIRD, Rwanda : Economic Updating Memorandum (couverture verte, 15 juillet 1980). Graphique 1.1: Flux Snerggtiques au Rwanda (non 5 l'echelle) Sources Utilisations Residus agricoles Base des resource MEnages ruraux agricoles (cuisine, chauffage, et Gclairage) forestisres Usines de traitement de th6, missions etc... Energie hydraulique, M6nages urbains Industries et commerce dans Importations d'glec- les villes (&lairage, 6quipe- tricit6 ment Glectrique, etc..) Industries et cornnerce dans les Importations villes (chaleur industrielle, moteurs, etc..) Transports et construction Tableau 1.% COMPARAISONS INTERNATIONALES DE LA CONSOMMATION D"ENERsG1E COMMERCIALE, 1972 Population PN~/habitant Consommation d'6nergie (millions) (dollars) (millions kg e.p.1 (kg e.p./hab) (kg ~.~./PNB)($ petrolcI $ 1 RkJA NDA Xxl i Haute Volta Burur~di - - c~~alzi\:~i Fenin S i e r ~ , aLeone Niqsr T;ui;lee / / Note: Les pays consideres pour effectuer les comparaisons sont des pays dont les chiffres relatifs a la population et au PNB par habitant sont compris entre 67 et 150% de ceux du Rwanda. kg e.p. = kg d'equivalent petrole = 10 500 kcal. Sources: Annexe 5, estimations des services de la Banque pour le Burundi et rapport de la Banque / rilondiale intitule "Accelerated Development in sub-SaharanAfrica:' ou 1161ectricit6,et que l'exploitation du mdthane du lac Kivu puisse dtablir un lien non nggligeable entre les utilisateurs de mgthane, d161ectricitd et de pgtrole, ce cloisonnement reflste assez bien la situation pour que le domaine de l'gnergie soit, B l'heure actuelle, trait6 comme un ensemble de sous- secteurs adjacents plutdt que come un ensemble int6gr6. Aussi le pr6sent rapport a-t-il 6t6 6tabli conform6ment B ce sch6ma et comprend-il plusieurs chapitres consacrgs respectivement 2 l'origine et 2 l'utilisation du bois de feu et de la tourbe, des produits pgtroliers, de 1161ectricit6et du mbthane. 11 serait 6galement souhaitable, vu l'6tat actuel des choses, que, pour amdliorer au Rwanda la planification des ressources d16nergie, le systsme actuel soit renforc6 surtout au niveau des sous-secteurs. 1.12 11 convient de souligner que s'il est plus commode de nommer les sous-secteurs en fonction du type d16nergie consid6r6 ou de l'6nergie fournie plut6t qu'en fonction des cat6gories de demande auxquelles ils sont associ6s, cela ne signifie pas que les problsmes qui se posent aux autoritgs sont plus importants lorsqu'ils ont trait B l'offre d16nergieque lorsqu'ils se rapportent 5 la demande. Ainsi, dans le sous-secteur du bois de feu et de la tourbe (ou encore, "dclairage, chauffage et cuisson des aliments pour les m6nages des rggions rurales"), les efforts entrepris pour accroztre 11efficacit6de l'utilisation des ressources 6nerg6tiques semblent Gtre r6compens6s dans une plus grande mesure et plus rapidement que ceux d6ploy6s pour am6liorer l'approvisionnement. Questions et problsmes gnergdtiques et recommandations 1.13 La mission a identifi6 cinq grands domaines prioritaires en fonction desquels est d6termin6e la structure du pr6sent rapport. Le chapitre 11 traite du premier et plus important domaine, B savoir celui du bois de feu, du charbon de bois et des r6sidus agricoles. Le Rwanda 6tant un trss gros consommateur de bois de feu, le pays a subi un certain dgboisement, en particulier dans les r6gions trss peupl6es. Les projets de reboisement, pr6vus ou en cours d1ex6cution,en grande partie financ6s par l'aide extkieure, qui sont du ressort de la Direction des eaux et des forGts du Ministsre de l'agriculture et de 1161evage,semblent faire bon usage des ressources disponibles pour les plantations d'arbres, et les lev& a6rophoto- gramm6triques montrent que la superficie bois6e a augment6 dans certaines r6gions au cours des dix dernisres ann6es. Le projet de programme de travail relatif B la mise en oeuvre d'une politique forestisre nationale et B l'dlaboration d'un plan de d6veloppement d'ensemble pour le secteur forestier pr6par6 par la Direction des eaux et forsts pr6sente en outre une utilitg certaine ; il sera toutefois n6cessaire de rassembler des donn6es sur le type et l'ampleur des ressources forestisres par r6gion, les divers usages du bois et la consommation de r6sidus agricoles et de bois, sous forme de combustible, des mdnages de manisre B pouvoir allouer les ressources forestisres de fason efficace. Des capitaux seront n6cessaires 5 la rdalisation de ces travaux. Pour que les programmes de reboisement puissent Gtre mis en oeuvre de manisre satisfaisante, il faudra dgalement que les travaux de vulgarisation forestisre soient, dans une trss large mesure, accrus et r6am6nag6s et il serait bon que le Gouvernement envisage la possibilit6 dlaccroEtre les allocations budgdtaires y aff6rentes. Jusqu'B une date r6cente, les agents de vulgarisation forestisre avaient essentiellement pour fonction de surveiller les plantations de forSts et les boisements publics. 11s doivent maintenant Gtre form6s de manisre 8 pouvoir avoir des contacts directs et fr6quents avec la population des campagnes, afin d'enseigner aux fermiers comment planter et gdrer leurs propres boisements et comment dconomiser le bois et les r6sidus agricoles utilis6s par leur famille pour la cuisson des aliments. L'utilisation de foyers am6lior6sY fonctionnant au bois, aux r6sidus agricoles et au charbon de bois, appropri4s aux conditionnements en vigueur, fait partie int6grante des mesures d16conomie d16nergie et il conviendrait dlClaborer un programme visant 5 encourager les familles & abandonner leurs foyers traditionnels qui consomment deux fois plus de combustible que les modkles am6lior6s (Annexe I -Projet relatif aux foyers). 11 conviendrait, pour encourager la protection des forsts, de percevoir des redevances dans le cadre d'un r6gime de licence pour la production de charbon de bois et de fournir des modsles simples de fours am6liords. Ces mesures pourraient permettre de r6duire les pertes d16nergied'un pourcentage pouvant atteindre 30 % pendant la dur6e du processus de conservation. 1.14 La tourbe pourrait, dans une certaine mesure, Stre utilis6e 2 la place du bois de feu par les petites entreprises et les collectivit6s locales dans certaines r6gions eta en fin de compte, peut-Stre 6galement par les m6nages urbains qui, de manisre g6n6raleY achstent du charbon de bois et du bois c o m e combustible. Les efforts d6ploy6s pour rassembler des donn6es d6taill6es sur 116tenduedes tourbikres au Rwanda et sur les possibilit6s d'exploitation de ces &serves se poursuivent. 11 est certes urgent de d6terminer le volume de tourbe exploitable par le pays. 11 conviendrait d'effectuer des lev6s hydrologiques dans certaines rggions c o m e celle de Rugezi qui, h l'heure actuelle, ne sauraient Gtre consid6rBes c o m e 6tant appropri6es h des op6rations d'exploitation puisque les cons6quences 6cologiques de l'extraction de la tourbe ne sont pas connues, de manisre h d6terminer si - et, le cas 6chQant, de quelle manisre - il est possible de les exploiter sans risque. 11 semblerait que les rgserves de tourbe colloYdale, satur6e, du Bassin d'Akanyaru soient importantes ; le processus d'extraction et de transformation de la tourbe en un combustible utilisable est cependant vraisemblablement complexe et on6reux. I1 conviendrait d'attendre les conclusions auxquelles aura abouti 116tude financ6e par 1'IDA sur les diverses possibilitds d'exploitation de tourbisres, dont le drainage est plus aisd au Burundi, avant d'entreprendre d'importants investissements pour effectuer des lev6s d6taill6s de la partie rwandaise du bassin et de tenter d'exploiter ce type de tourbe. 11 serait bon, non seulement de r6aliser des lev& hydro- logiques pour d6terminer l'ampleur et l'emplacement des ressources exploi- tables, mais aussi d16tabliret de d6velopper des march& appropri6s pour ces ressources. A l'heure actuelle, le seul consommateur important de tourbe est une usine de s6chaqe de pyrethre et les quantitgs qu'elle absorbe sont minimes. S'il s'avsre que les ressources les plus faciles 2 exploiter se trouvent dans des r6gions recul6es, loin des utilisateurs potentiels, il se peut que la tourbe ne puisse vraiment faire concurrence aux autres combus- tibles en raison du niveau 6lev6 des frais de transport bien qu'il puisse Stre possible de d6velopper certaines industries locales h proximit6 des tour- bisres, une fois 6tabli l'emplacement d'une source d'approvisionnement sure. 1.15 La responsabilitd des opdrations relatives B la tourbe incombe 2 l'heure actuelle, 2 un service de taille restreinte au sein du Ministgre des ressources naturelles. Si les 6tudes t6moignent de la faisabilit6 d'importantes opdrations d'extraction et de commercialisation, il sera peut-8tre n6cessaire d16toffer le personnel de ce service ; il est toutefois ad6quat en l'dtat actuel des choses. 1.16 Le chapitre111 est consacre au deuxieme grand secteur prioritaire, celui du p6trole. Le Rwanda ne produit ni ne raffine de p6trole et aucune perspective ne semble devoir s'ouvrir au pays en ce domaine. Les importations de produits pgtroliers, qui se chiffrent 5 50.000 tonnes par an, sont relativement limitdes et ne reprgsentent que 10 % du total des importations (bien que leur coiit moyen c.a.f. soit de prgs de 100 dollars le baril). Elles sont achemindes par camion de Nairobi, situ6e B une distance d'environ 1.250 kilomgtres. Depuis la guerre en Ouganda, le Gouvernement souhaite constituer une r6serve nationale de pgtrole. La mission recommande au Rwanda, avant de remplir d'importantes nouvelles installations de stockaqe, d161aborer en cas d'imprdvu un plan d'action vis-a-vis de l'utilisation et la reconstitution des &serves. La mission recommande 6galement l'imposition d'une redevance ou d'un droit d'entreposage qui serait rbpercut6 sur le coOt de 116tablissementet du maintien des r6serves assum6 par les consommateurs b6ndficiant de ces dernieres. 1.17 Le Rwanda occupe une position d6favorable sur le march6 du p6trole en raison de l'importance des coOts de transports et du quasi-monopole dont jouit le Kenya, qui persoit une prime d'environ 15 dollars par baril de produits p6troliers export6s en sus du coOt (hypothbtique) de l'essence et du gasoil achet6s au cours spot dans le Golfe ArabeIPersique et transport6 jusqu'a Mombasa. La mission recommande au Rwanda d16tudier la possibilit6 d'acheter le p6trole, dont elle a besoin sur les marchds internationaux, et de le transporter en traversant la Tanzanie aprgs l'ouverture de la route Rusumo - Isaka. 1.18 Le chapitre IV traite de 1161ectricit6. La majeure partie de 1161ectricit6consomm6e au Rwanda est A l'heure actuelle achet6e au ZaPre. le Rwanda dispose toutefois d'un important potentiel hydro-6lectrique dont une partie est ddj2 utilis6e. La principale centrale hydro-glectrique, Ntaruka, a fonctionnk un niveau 6quivalent au double de sa capacit6 habituelle en 1978 et 1979 de mani&re A satisfaire aux besoins du Rwanda avant que la mise en place des dispositifs d'interconnexion avec le ZaYre ait 6t6 r6alis6e ; la centrale fonctionne 3 faible capacit6 pour permettre au lac de retrouver son niveau ant6rieur. Une autre centrale hydro-klectrique, situge A Mukungwa, a commenc6 5 fonctionner en f6vrier 1982. Le Rwanda a un r6seau interconnect6 qui dessert huit des dix capitales provinciales ; un grand nombre des liqnes de transport d'6nergie ont toutefois 6t6 construites pour pouvoir b6n6ficier des offres de financement ext6rieur sans analyse suffisante de leur int6r8t sur le plan 6conomique. 1.19 Au nombre des principaux problemes li6s au secteur de 116nergie figurent les dispositions administratives, la mise en place d'une capacitd de planification d'ensemble pour le secteur et la tarification de 1161ectricit6. Les responsabilit6s incombent a l'heure actuelle 3 divers organismes dont le Ministbre des ressources naturelles (identification des sites de ressources hydro-6lectriques), des travaux publics (construction), ELECTROGAZ (entretien et exploitation). La mission estime qu'il conviendrait d'accroftre le contrale d1ELECTROGAZ sur les op6rations de planification et de construction, les investissements relatifs au r6seau 6lectrique et l'exploitation de ce r6seau. 11 importe d'etablir un programme de developpement du secteur de l'6lectricit6, de manibre & permettre au Rwanda d'utiliser le plus efficacement possible les ressources dont il dispose. Ce programme pourrait s'appuyer, dans une large mesure, sur l'4tude du r4seau electrique actuellement en cours, 6tant bien entendu que cette etude devra faire l'objet de r6visions et de mises & jour pt5riodiques. Le Rwanda pourrait 6galement avoir un certain potentiel geothermique dans les r6gions situees aux alentours du lac Kivu et des volcans. 11 serait ~ossibled'effectuer une analyse chimique d'6chantillons d'eau pr6levt5s dans ces r6gions, & un coOt relativement faible, et, ainsi de se faire une id4e plus nette de la nature de ces ressources. Les tarifs electriques sont actuellement 6tablis en fonction des coOts de fonctionnement, compte non tenu des coOts d16quipement. Les taux sont toutefois supt5rieurs & ce qu'ils pourraient Etre, s'ils ne de~endaient que des coQts de fonctionnement, dans la mesure oh ils sont fix6s de maniere & ce que soit &tablie une subvention r6ciproque avec les operations d'adduction d'eau qui incombent 6galement & ELECTROGAZ. La mission recommande qu'une attention particuliere soit accordee & la partie de l'etude actuellement en pr6paration sur le secteur de 116nergie consacr6e & l'examen des tarifs. 1.20 I1 convient de mentionner une autre question, de port6e internationa- ley mais qui interesse au premier chef le Rwanda, & savoir la centrale hydro-electrique de Rusizi 11, dont les promoteurs sont le Rwanda, le ZaYre et le Burundi dans le cadre de la CommunautC economique des pays des grands lacs, et plus prgcisement de 11Electricit6des grands lacs (EGL). De toute 4vidence, ce projet offre le moyen le moins ont5reux d'accroftre l'approvisionnement du Rwanda en electricit&. On s'est d6j& mis d'accord sur les parametres de base du projet. 1.21 Le chapitre V est consacr6 & une source d'energie qui, selon la maniere dont elle sera exploit6e, pourrait remplacer en partie les importations de p6trole et (ou) dt61ectricit6 ; il s'agit du methane dont une quantit4 estimee & 65 milliards de Nm3 existe en solution au fond du lac Kivu, que traverse la frontisre entre le Rwanda et le ZaYre, et dont, selon les estimations, 50 milliards de Nm3 seraient r6cupt5rables.l/ Au total, 14 millions de ~m~ de mgthane ont t5t6 extraits par une usine pilote et utilises par une brasserie entre 1963 et 1976. Les principaux points qu'il convient d'examiner concernant le choix des techniques d'extraction, le taux d'extraction, la n4cessit6 d'un accord avec le ZaYre portant sur l'exploi- tation de ces ressources et l'existence d'une march6 potentiel pour une production & grande 4chelle. Toute exploitation importante devra Etre effectu6e avec prudence, de manisre & 6viter l'apparition d'un courant vertical de circulation des eaux du lac ; dans ce cas, en effet, une quantite importante de solution de m6thane se d6composeraitet le gaz pourrait s'echapper dans l'atmosphbre ou provoquer un incendie ou une explosion d'une -/ llNm3" est le symbole du "mbtre cube normal", crest-&-dire d'un mbtre cube sous une pression d'une atmosphere et & une temperature de 0 degr6 centigrade. Ce mbtre cube equivaut & environ 37,32 scf ("pieds cubes standards"). tr&s grande force. I1 est recommand6 de demander des conseils d'un groupe internationale de savants et d1ing6nieurssur les dispositifs de s6curit6 et les mesures de contrale du lac qu'il conviendrait d'adopter dans le cadre de tout syst&me choisi pour exploiter ces ressources. 1.22 Avant que des op6rations d'envergure relatives B l'exploitation du gaz puisse Ctre entreprises, le Rwanda et le ZaYre devront s'accorder sur les conditions relatives B l'application d'un accord sign6 en 1975. Cet accord devrait prochainement Etre le sujet de discussions et la mission recommande au Rwanda de rechercher un accord, en vertu duquel les deux pays jouiront de la plus grande liberte en ce qui concerne l'exploitation d'installations dans une phase intermgdiaire, tout en se conformant B des directives 6tablies dans le but de proteger ces ressources. 1.23 11 existe diverses possibilit6s d'utilisation de gaz au Rwanda et, parce qu'elles ne n6cessitent pas toutes, dans la m6me mesure, un volume et un approvisionnement continu en m&thane, certaines sont mieux adaptees B la phase inteddiaire pendant laquelle les techniques d'extraction continueront de faire l'objet d16tudes, de tests, et d1exp6riences, tandis que d'autres correspondent mieux B une phase plus avanc6e pour laquelle il est possible d'envisager en toute confiance la construction d'importantes usines. 11 serait peu appropri6 de prdvoir la construction d'une industrie chirnique pour transformer le methane en m6thanol ou en engrais au cours de la prochaine phase de d6veloppement, bien que de telles usines puissent dans un avenir plus lointain devenir les principaux consommateurs de gaz. I1 conviendrait probablement, au dgpart, de considerer le dthane c o m e un carburant, tant pour les v6hicules automobiles que pour les moteurs fixes. 1.24 Le chapitre VI traite des ressources 6nerg6tiques renouvelables, autres que le bois et l'hergie hydraulique. Le Centre d'etudes et d'appli- cation de 116nergie au Rwanda (CEAER) est le principal organisme charg6 de la recherche et du d6veloppement de nouvelles sources d16nergie et a, jusqu'8 pr6sent, concentr6 ses efforts sur des technologies telles que les chauffe-eau solaires et les digesteurs pour biogaz. La mission estime qu'il serait bon que le CEAER consacre davantage son temps au d6veloppement de technologies du type de modsles amelior6s de foyers et de fours B charbon de bois. - 13 - 11. COMBUSTIBLES LIGNEUX ET TOURBE Combustibles ligneux L'offre et la demande 2.01 Les principales sources dlCnergiepour la plupart des cinq millions d'habitants du Rwanda sont actuellement les combustibles ligneux (bois de feu et charbon de bois) qu'ils utilisent pour la cuisson de leurs aliments. Les m4nages vivant en zone rurale utilisent 3 cette fin du bois de feu ou des r4sidus agricoles. Les collectivit6s telles que les Ccoles, les h8pitaux et l ' a d e sont 4galement d'importants consommateurs de bois de feu. Les usines de traitement de th6 et autres industries rurales utilisent Cgalement du bois de feu. A ~igali,la cuisson des aliments se fait essentiellement au moyen de charbon de bois. 2.02 Six pour cent environ du sol rwandais est boisC. La plupart des forsts naturelles, qui repr6sentent B peu prBs les deux-tiers du total, sont toutefois regroup6es en quelques domaines forestiers protCgCs par la loi, et ne sont donc pas source de bois de chauffage. Une superficie de 50.000 hectares est plant4e d'arbres produisant environ 375.000 m3 de bois par an. Ce chiffre est consid6rablement inf6rieur aux estimations les plus basses dont on dispose sur le volume de la consommation. L'6cart est comb14 par "l'extraction" de bois des forgts naturelles et l'utilisation de broussailles et d'arbres situ4s en dehors des zones qualifi4es de "forEtst'. 2.03 On ne dispose d'aucune donn6e prCcise sur l'utilisation du bois de feu et des r4sidus agricoles en r4gion rurale. Une estimation r4cente de la consommation de bois basCe sur une enqugte rurale, donne des r4sultats d'environ 1,0m3 par personne et par an 11. La consommation annuelle totale de bois de feu serait donc d'environ 5 millions de mstres cubes. Dans les r4gions plus peuplCes, les rCsidus agricoles remplacent le bois de feu. Selon llenquEte,ces r6sidus constituent en moyenne 20 % des combustibles utilisCs dans les zones rurales. Les rCsidus agricoles sont le principal type de combustible utilis4, pendant la saison ssche, par les exploitations ayant un petit nombre de cultures de rapport. Les plantations de caf6 se servent de rCsidus mall4ables (feuilles de bananier, mauvaises herbes, foin) pout fumer les terres. Les r4sidus durs come les tiges de mays, de cassave et de sorgho, ainsi que les cosses de pois et de haricots sont utilis4s come combustibles, de mEme que, dans les endroits 05 il y a du betail, les dCchets animaux. Bien qu'il soit difficile df6valuer le coOt constitu4 par l'utilisation de ces produits sous forme de combustibles en termes de production agricole, il ressort de certaines 4tudes que le rendement des cultures de cafe, entre autres produits, a diminuC d'au moins 50 % lorsqu'il n'a pas 4t4 possible de fumer les terres ou de mettre des engrais organiques.2/ -11 Y compris 0,3 m3 de bois en bouts de moins de 4 cm de diamstre. - 2/ Rwanda. Projet de d4veloppement sylvo-patoral int4gr6, mai 1980. Rapport NO. 2868a-RW - Rapport df4valuationdu projet. 2.04 Mis h part le combustible utilisd par les m6nages pour la cuisson des aliments, certaines collectivitds ou industries recourent presqu'exclusi- vement au bois pour satisfaire h leurs besoins. Au nombre de celles-ci figurent les briquetteries, les tuileries, les forges, les installations de s6chage des feuilles de th6 et de tabac, les missions, les h6pitaux, les postes militaires et les fabriques de charbon de bois. Les usines de traitement de th4 sont probablement responsables de la majeure partie de la consommation industrielle de bois de feu au Rwanda. 11 faut environ 4,5 m3 de bois de feu pour produire une tonne de th6 noir. La production de th6 s'est chiffrde, au total h 7.500 tonnes en 1980, ce qui correspond A une 1 consommation de 33.750 m de bois de feu par an. Quelques usines de traitement de the poss5dent de petits boisements, mais la plupart consonnnent du bois achetd aupr&s de diverses sources. 2.05 On ne dispose pas de donn6es d6taill6es sur la &partition g6ographique des ressources en arbres pouvant 6tre transform6s en bois de chauffage. 11 serait toutefois bon de combler cette lacune, la gravit6 du problbme semblant varier d'un endroit h un autre. Les photographies a6riennes r6cemment prises font appara4tre un l6ger reboisement, du moins dans certaines r6gions. Les disparit6s r6gionales tiennent h la fois au climat et h la densit4 de la population. Le territoire rwandais est, dans l'ensemble, accident6 et l'altitude et la pluviosit6 augmentent progressivement d'est en ouest. 2.06 Les r6gions bois6es peuvent 6tre regroup6es en trois cat6gories : les plantations d'Etat, les boisements communaux et les boisements privds. Les plantations dlEtat fournissent essentiellement des poteaux pour la construction. Elles sont administrdes par les communes mais les coupes ne peuvent 6tre autoris6es que par la Prdfecture et le Minist5re de l'agriculture. Les boisements communaux et priv6s fournissent du bois pour faire des poteaux lorsque le besoin s'en fait sentir, les souches 6tant prdserv4es de manisre A ce qu'elles foment des rejets et les arbres plus importants mais ma1 form6s dtant vendus comme bois de feu. 11 peut arriver que certaines exploitations 6tablies depuis longtemps consacrent une partie de leurs terres h des plantations d'eucalyptus fournissant poteaux et bois de chauffage. 2.07 Le bois est utilis6, en tant que combustible, par la majeure partie de la population urbaine du Rwanda, qui est assez limit6e, ainsi qu'en zone rurale. Le charbon de bois est le principal combustible utilis6 pour la cuisson des aliments par 80 % des mdnages de Kigali. Selon les estimations, les habitants de la capitale consomment chaque ann6e l'dquivalent de 108.000 m3 de bois sous forme de charbon de bois et de 29.000 m3 sous forme de bois de feu. La majeure partie du charbon de bois provient de la r6gion de Bugesera qui est une zone de savane situ4e au sud de la capitale et dont les arbres sont en train d'stre andantis pour subvenir aux besoins de Kigali. La distance h laquelle il est possible d'obtenir du charbon de bois augmente proqressivement - elle est maintenant de 80 kilomstres - comme en tdmoignent les prix. En 1976, un sac de charbon de bois (pesant environ 35 kilogrannnes) coQtait 142 francs rwandais ; en 1978, son prix dtait pass6 h 192 francs rwandais et en 1981 h 500 francs rwandais. Les prix sont plus blevds pendant la saison des pluies, car les routes deviennent impraticables et peuvent atteindre jusqu'h 1.000 francs rwandais le sac. La plupart des habitants de Kigali achetent du charbon de bois par petites quantit&s, au prix d'environ 1.400 francs rwandais le sac de 35 kilogrammes, et il est frequent que 25 % du revenu d'une famille soit consacr6 B l'achat de combustibles destings B la cuisson des aliments. Organismes et planification 2.08 La Direction des eaux et forzts, qui opere dans le cadre du Ministere de l'agriculture et de l'elevage, est l'organisme charge? du secteur forestier au Rwanda. Le Groupe forestier du Rwanda est, en outre, une association assez souple d'instituts df6tudes,de services publics, d'administrations locales et prefectorales et d'organismes intgressi5s par les questions de sylviculture au Rwanda. I1 se reunit deux fois par an pour debattte de problemes tels que la ~rotectionde la partie subsistante de la forzt naturelle, les incendies de forzts, la lutte contre les termites, les dthodes de production de charbon de bois et leur incidence sur l'environnement. Le Groupe forestier formule des recommandations qui sont pr6sentees au Ministere de l'agriculture et de l'elevage. 2.09 Les activitgs de planification relatives B l'approvisionnement en bois (et autres produits fournis par les forzts) et aux programmes de vulgarisation sont relativement peu 6voLuCes pour un organisme dont le rale a, de tout temps, 6t6 de proteger les reserves forestieres. Un plan d'ensemble visant B renforcer les operations de planification forestigre a rgcemment 4t6 6tabli par la Direction des eaux et forzts. I1 est prevu de rassembler les donnCes ngcessaires B la dgtermination des domaines prioritaires et B la formulation de politiques B court et long termes. 2.10 Les activites de vulgarisation sont B l'heure actuelle tres limitges dans le domaine forestier. Bien que, dans de nombreux endroits, la population ait dQ se rendre compte de l'ampleur de la crise du bois de feu, en raison de l'augmentation du ~ r i xdu charbon de bois et des difficult6s croissantes liees B l'obtention de bois de chauffage, la mise en oeuvre d'un programme assez important de protection et de vulgarisation visant B sensibiliser les Rwandais B ce probleme pourrait contribuer B reduire son ampleur. Le Rwanda a grand besoin d'agents de vulgarisation bien fords et bien encadr6s. De bons agents pourraient aider la population rurale B preparer et B entretenir les boisements et B construire des fours B bois ayant un rendement 4nergdtique 6lev6. On ne saurait toutefois sous-estimer la difficult6 des travaux de vulgarisation. Outre le fait qu'il est necessaire de former du personnel et de mettre en place une structure institutionnelle, la diss6mination de la population sur un territoire accident6 et la faiblesse du nombre d'habitants dans les villes et les villages creent des problemes logistiques considgrables. Aide exterieure 2.11 La majeure partie des activitgs forestieres au Rwanda consiste essentiellement B planter des arbres dans une ou quelques r6gions et est financee par l'aide extgrieure. Le Projet de d6veloppement forestier (PRODEFOR), financ6 par la Suisse, et le Projet de developpement sylvo-pastoral intggr6, financC par l'IDA, fournissent toutefois 6galement une aide plus g6n6rale dans les domaines de la planification et de lt61aboration de la politique forestiere et contribuent B accro?tre 11int6r&t des pays 6trangers pour les projets forestiers. La n6cessit6 d'une planification et dlunecoordination permettant d'utiliser au mieux les ressources disponibles apparait peut-ttre plus clairement lorsque l'on 6tablit la liste des projets en cours de r6alisation ou prbvus. (a) Suisse. C'est en 1967, avec le Projet pilote forestier (PPF), que la Suisse a commenc6 B s1int6resserau secteur forestier. Le centre de convergence des activit6s du PPF a rgcemment 6t6 modifi6 et ce dernier est devenu le Projet de dbveloppement forestier (PRODEFOR). Ce projet fait intervenir des operations de formation et de reboisement (2.000 hectares environ en 1981), la protection de la fortt de Nyunqwe ainsi que des services d'bducation et de vulgarisation foresti5res. 11 met 6galement un conseiller technique B la disposition de la Direction des eaux et des forGts. I1 s'agit 1% du seul projet qui s'efforce de consid6rer dans son ensemble le d6veloppement de ce sous-secteur. (b) -IDA. Les projets Bugesera/Gisaka/Migongo et Mutara prt5voient le reboisement de plusieurs centaines d'hectares. Le projet de d6veloppement syslvo-pastoral int6gr6 doit bgalement permettre la Galisation de 8.000 hectares de plantations B courte rotation afin de fournir du charbon de bois, du bois de feu et des poteaux de construction aux populations urbaines de Kigali et Butare et des boisements ruraux afin de fournir du bois de feu et des poteaux de construction aux populations rurales ; la mise en place de 4.000 hectares de plantation B l1int6rieurdu p6rimBtre forestier de Gishwati dans le cadre d'un programme B long terme de d6veloppement sylvo-pastoral intbgr6 ; des 6tudes et essais de techniques de production plus efficaces pour le charbon de bois ; la mise en oeuvre de mbthodes de cuisson nouvelles pour les populations rurales ; le suivi et l'bvaluation du projet ; et la preparation d'un projet de suivi, ainsi que quelques bourses d'6tudes dans le domaine de la foresterie, de 1161evageet des finances. (c) Allemagne. Les projets d'intensification agricole des communes de Ramba et de Gaseke pr6voient le reboisement de 100 hectares par an. (dl Banque africaine de d6veloppement. Un projet touchant les communes de Karago et de Giciye ; reboisement d'une superficie de 2.000 hectares sur une p6riode de cinq ans. (e) PNUD. Un projet de d6veloppement agricole dans la pr6fecture de Gikongoro Eait intervenir le reboisement de la partie ouest de la fortt de Nyungwe. (f) Fonds europben de d6veloppement. Le plan en cours comprend un projet de reboisement de 2.000 hectares. (q) Divers. Certains projets relatifs au th6 pr6voient la plantation de 200 B 400 hectares dans le but de disposer de bois pour leurs propres opgrations. (h) SOMIRWA. La fonderie d16tain a entrepris de planter des arbres destings B la production de charbon de bois B proximit6 de Kigali. (i) AIDR. - Cet organisme met en oeuvre un projet de fourneau de cuisine am6lior6. Plusieurs modsles de fours B charbon de bois devant Stre introduits B Kigali sont en cours d161aborationB Bruxelles. ( j ) Belgique. Dans le cadre d'un projet, qui n'a toutefois pas encore 6t6 entisrement 6valu6 et financ6, une superficie de 150 hectares serait plantee chaque ann6e et ce, pendant une p6riode de 15 ans, sur la bordure est de la rdserve de Nyungwe. Economies d16nergie 2.12 Peu d'efforts ont 6t6 vraiment d6ploy6s jusqu18pr6sent pour d6velopper et introduire des mdthodes de production de charbon de bois plus satisfaisantes et des foyers B bois permettant de r6aliser des 6conomies de bois de feu et de charbon de bois. Le charbon de bois est essentiellement produit par de petits entrepreneurs qui abattent les arbres et pr6parent le charbon de bois dans des fosses en terre creusdes B proximit6. Les rendements obtenus avec cette m6thode sont tr8s faibles, le taux de rendement 6nerq6tique 6tant peut-ttre de 20 2. Avec un four moderne efficace, susceptible d'utiliser les gaz et les liquides d6gag6s au cours du processus de production, il serait th6oriquement possible de porter le taux de rendement global B environ 80 %. I1 se peut toutefois qu'un four en acier import6 ne convienne pas aux conditions en vigueur au Rwanda ; dans tous les cas, il serait difficile de transporter et d'utiliser les produits secondaires donn6s par la production de charbon de bois. 11 existe un modele de four am6lior6, moins on6reux, dont le taux de rendement 6nerg6tique est de 40 %. 11 conviendrait de tester un modSle de four en mason erie, de mSme que d'autres mod8les construits au moyen de matCriaux locaux.~7 Pourqu'un projet visant B l'am6lioration des techniques de production de charbon de bois puisse r6ussir, il est ngcessaire d'encourager les producteurs B 6conomiser le bois de feu. A cette fin, on pourrait octroyer B chaque producteur une licence ne lui permettant d'exploiter qu'une zone bien d6termin6e de la r6gion forestisre, de sorte que sa production totale de chaque saison d6pendra davantage de l'efficacit6 avec laquelle il a utilis6 le bois provenant d'un endroit donn6 que de la rapidit6 avec laquelle il a opGr6. 2.13 Le systSme typiquement utilis6 pour cuisiner au bois de feu consiste 2 faire un feu en plein air, entour6 de trois cailloux, m6thode d'une rentabilit6 6nerg6tique extrsmement faible. En couvrant le feu, en r6glant la -1/ Un four de ce type a 6td consu par Jos Mabonga Mwisaka (Ouganda). c i r c u l a t i o n de l ' a i r e t en i n s t a l l a n t un tuyau, il e s t possible de doubler l a r e n t a b i l i t 6 6nergGtique. Divers modeles de foyers, d'un coOt mod6r6 e t f a i s a n t appel aux mat6riaux locaux ont 6td m i s au point. Le plus complexe e s t un foyer en a r g i l e qui porte l e nom de Lorena ; c e foyer peut toutefois S t r e c o n s t r u i t ( ~ a un a r t i s a n ) pour 3 peu pres 10 d o l l a r s . r I1 est f a i t d'un m6lange de sable e t d ' a r g i l e e t a des t i r e t t e s permettant de c o n t r a l e r l a c i r c u l a t i o n de l ' a i r . Le tuyau peut Btre fabriquB en bambou, en briques ou en mgtal, etc... Le modele l e plus simple de foyer am6liorB consiste B peu pr6s uniquement en un mur d ' a r g i l e entourant l e feu e t concentrant l a chaleur d6gag6e sur l e rgcipient de cuisine, avec une p e t i t e ouverture en guise de cheminge. 2.14 Les problemes l i b s 3 un projet de foyer am6lior.6 sont autant d'ordre socio-gconomique e t administratif que technique. Un projet de d i f f u s i o n de foyers ne peut r6ussir que s i l e s e f f o r t s de vulgarisation sont s a t i s f a i s a n t s . 11 ressort des travaux effectuBs dans d'autres pays come l e S6n6gal e t l a Haute-Volta qu'un nouveau modele d e f o y e r n ' e s t accept6 e t u t i l i s 6 que s i des e f f o r t s i n t e n s i f s sont d6ploy6s sur place pour Blaborer un modele adapt6 aux conditions locales, stimuler l t i n t B r B t de l a population e t r6soudre l e s problemes quotidiens liBs 3 l'emploi du foyer. L'experience acquise dans c e domaine montre que l ' o n obtient de meilleurs rBsultats lorsque l'on commence par e f f e c t u e r une enquete auprBs d'un Bchantillon de d n a g e s dans l e but d16valuer l e s mBthodes dtam61ioration des foyers. I1 convient de t r a v a i l l e r presque tous l e s jours pendant plusieurs semaines avec l e s d n a g e s qui essaient ces foyers pour ~ o u v o i rdBtecter au plus t 6 t l e s problBmes q u i peuvent s e poser, e t apporter au mod&le l e s modifications n6cessaires. Pour mener 3 bien un programme de diffusion de foyers sur une grande Bchelle, il s e r a i t n6cessaire que des agents de vulgarisation ayant resu une formation s a t i s f a i s a n t e soient charg6s de ce type d'6tude compl6mentaire. 2.15 I1 sera vraisemblablement plus facile d'introduire un modele de foyer 21 charbon de bois amBlior6 e t plus pratique 3 Kigali, surtout s i l e p r i x en e s t modeste (un foyer 3 charbon de bois moyen coQte, 3 l'heure a c t u e l l e , environ 150 francs rwandais), e t il e s t f a c i l e de montrer que l e foyer consomme moins de charbon de bois. A Kigali, l e charbon de bois e s t brQl6 3 1 1 i n t 6 r i e u r d'un p e t i t g r i l de forme c i r c u l a i r e ressemblant 3 une grosse bo4te de conserve. I1 s e ~ r o d u i tune deperdition de chaleur par conduction 3 travers l a f a i b l e Bpaisseur de mBtal. Le g r i l 3 charbon de bois peut Ztre am4liord facilement e t 3 un coQt minime. I1 serait, par exemple, possible de construire un foyer 3 doubles parois e t remplir l'espace entre ces deux parois au moyen d'une couche i s o l a n t e d ' a r g i l e , de sable ou de gravier. La encore, il conviendrait dt61aborer l e foyer 3 Kigali e t de l e tester aupres d'un c e r t a i n nombre de menages, avant d'essayer de l e f a i r e accepter s u r une grande 6chelle. 11 pourrait Btre possible, 3 cette fin, de passer par les fabriquants de foyers e t l e s marchands locaux e t de f a i r e appel aux services d'un groupe plus r e s t r e i n t dlagents de vulgarisation pour dbterminer l e s problemes souleves par l ' u t i l i s a t i o n de ces modeles e t aider 3 l e s rBduire. - 19 - Tourbe L'offre 2.16 La tourbe est le produit le plus souvent pris en consid6ration pour remplacer le bois en tant que combustible. Ses propridt6s de combustion approchent celles du bois de feu, ce qui en fait une source d'energie susceptible d'stre employ4e par les industries et les collectivitds rurales, et peut-Etre m8me les mgnages. 11 est apparu que les estimations des r6serves de tourbe effectu6es dans les ann6es 1960 6taient indhent optimistes. Les Ctudes entreprises pour ddterminer l'importance exacte des r6serves exploitables se poursuivent. Deux tourbikes sont, h l'heure actuelle exploit6es sur une 6chelle r6duite. 2.17 Bien que le processus de formation des tourbieres ne soit pas aussi lent que celui de la formation des gisements de charbon et de pgtrole, il demande un tel temps (un mhtre d'dpaisseur tous les 3.000 ans) que cette ressource ne saurait Ctre qualif6e de "renouvelable". Les tourbisres sont, au Rwanda, situ6es h des altitudes dlevdes dans des rdgions tres pluvieuses, 05 le froid ralentit le rythme de d4composition des plantes et 05 le sol mar6cageux cr6e le milieu ana6robie voulu. 2.18 On ne dispose pas encore d'une 6valuation exacte des r6serves de tourbe du Rwanda. En 1966, un botaniste, nomm6 Paul Deuse, a estim6 B un niveau tres 6lev4 les r6serves de tourbe de plusieurs sites sur la base essentiellement d'observations en surface : des dtudes plus d6taill6es et les sondages en profondeur, entrepris par la suite, ont cependant montr6 que certains emplacements qui semblaient Gtre d'importantes tourbisres n16taient en fait que des nappes d'eau sur lesquelles flottaient des enchevgtrements de papyrus recouverts d'une mince couche de tourbe. Dans d'autres tourbisres, la tourbe contient plus de 30 % de cendres, pourcentage consid6rd trop 6lev6 pour que la tourbe soit utilisable. 2.19 Bien que les r6serves de tourbe du Rwanda soient moins importantes que l'on ne le pensait auparavant, deux tourbikes sont en cours d'exploi- tation commerciale et certaines autres pourraient 6galernent Ctre exploit6es. Une autre fait l'objet d'une production pilote sur une faible 6chelle. Au total, les r6serves contenues da s ces deux tourbisres pourraient atteindre 400.000 tonnes de tourbe s8che.-19 2.20 11 existe h l'est de Ruhengeri, dans le bassin de Rugezi, des r6serves de tourbe d'une qualit4 qui serait satisfaisante. Etant donnd que l'on peut se demander si l'extraction de tourbe de ces r6serves n'aura pas un effet d6favorable sur les lacs de Bulera et Ruhundo, sur lesquels sont situgs les centrales de Ntaruka et de Mukungwa, il conviendra de proc6der B un lev6 hydrologique de la rggion dans le but de r6pondre h cette question. -1/ On mesure la tourbe, de manigre conventionnelle, par son poids ajust6 pour correspondre B un degr6 d1humidit6de 35 %.Sa capacit6 calorifique par unitg de poids est, sur cette base, 116quivalent de 25 h 30 X de celle du pCtrole. Ainsi une tonne de tourbe d'un degr6 d1humidit6de 35 % a 5 peu pr&s la mEme capacit6 calorifique que deux barils de p6trole. 2.21 On trouve egalement de la tourbe dans le sud-ouest du pays, h proximitd de Cyangugu. La tourbiere de Gishoma a dti5 exploitde 3 l'dpoque coloniale et contient encore probablement des reserves utilisables de bonne qualitd. I1 existe deux autres tourbieres susceptibles d'stre exploitges dans cette region. La tourbisre de Nyanza, au sud de Gitarama, semble egalement avoir des rdserves exploitables. Dans la plupart des cas mentionnds pr6c6demmentY il sera aussi necessaire d'effectuer des lev6s hydrologiques afin de ddterminer le r81e de ces tourbigres en ce qui concerne les r6serves d'eau, le contr8le des inondations, etc., avant de decider de les exploiter ou de les rejeter en tant que futures sources d16nergie. Dra,iner les tourbi&res ou empscher l'eau d'y parvenir de manikre 3 faciliter la production reduirait leur capacitd B retenir l'eau et pourrait, dans certains cas entrafner des inondations. 2.22 La plupart de ces tourbi5res pourraient Gtre dragudes et les techniques de production employees pour les exploiter seraient relativement simples. Les rdserves les plus importantes sont toutefois situges dans le bassin de la rivisre Akanyaru, dans la partie sud du centre du Rwanda. Ces tourbieres sont conside5rdes comme des "vallges inondees", c'est-B-dire des tourbikes impossibles 3 draguer, et pourraient contenir des millions de tonnes de tourbe ; elles sont submergdes la majeure partie de l'annde et posent de difficiles probl&mes de production. L'une d'entre elles, Busoro, qui se trouve h 80 kilometres au sud de Kigali, est exploitde sur une faible echelle. Pendant la saison des pluies, la tourbiere de Busoro est recouverte d'un mktre d'eau et est innaccessible. Pendant la saison seche, bien que la superficie soit seche, le niveau des eaux n'est qu'h 0,3 metres de celle-ci. I1 n'est pas possible d'extraire la tourbe h la main 3 une profondeur de plus d'un m&tre en raison de l'afflux d'eau. Deuse avait estime les reserves de cette tourbikre B deux millions de tonnes de tourbe sgche contenant de 5 h 25 % de cendre. En 1980, la production s'est chiffr6e 3 150 tonnes,' h un coOt approximatif de 1.050 francs rwandais la tonne. Selon les estimations, la production devrait atteindre 500 tonnes en 1981 et 1.000 tonnes en 1982. Des essais faisant intervenir un macdrateur semi-automatique seront effectues B cet endroit en 1981. 2.23 Les travaux de prospection de tourbe en aval du bassin de l1Akanyaru, dans le sud-est du pays seront acheves en 1981. S'il apparaft que d'importantes reserves existent dans des zones susceptibles d'stre inonddes apres la construction du barrage sur les chutes du Rusumo, et qu'il est possible de les exploiter de maniere 4conomique et de les commercialiser, il conviendrait d'envisager avec le plus grand serieux la possibilitd d1entreprendreles op6rations de production assez rapidement. La demande 2.24 La tourbe peut constituer une solution de remplacement intgressante pour les consommateurs de bois de feu comme les collectivit~s,les petites industries et mEme les mdnages, 6tant donne5 la similitude de leurs proprietgs de combustion. A l'heure actuelle, le principal consommateur de tourbe est OPYRRWA, l'usine de traitement des fleurs de pyrgthre situge prSs de Ruhengeri. La tourbe qu'elle utilise provient de la tourbigre de Kiguhu. I1 faut deux tonnes de tourbe s&che pour sCcher une tonne de fleurs ; environ 1.000 tonnes de fleurs sont s6chees tous les ans. Une etude a 6t6 effectuee en 1979 pour comparer les coQts de l'utilisation d161ectricit6, de mazout, de r6sidus de pyr6thre et de tourbe pour produire la vapeur n6cessaire pour raffiner l'extrait de pyrsthre obtenu B partir des fleurs d6ss6ch6es. Le montant total n6cessaire pour produire 3.000 tonnes par an 6tait de 22,3 millions de francs rwandais avec l'rSlectricit6, 24,7 millions de francs avec le mazout, 11,2 millions de francs avec la tourbe et 4,9 millions de francs avec les r6sidus de pyrsthre. Une nouvelle chaudisre qui utilisera de la tourbe ou les r6sidus de pyrsthre a 6t6 propos6e dans le but dlaccroEtre la consommation de ces produits meilleur march6. Une cimenterie de 10.000 tonnes annuelles de capaciti, pr&s de Ruhengeri, est essentiellement aliment6e par de la tourbe provenant de Cyabaralika. 2.25 Pendant la p6riode coloniale, une cimenterie zaYroise utilisait les ressources d'une tourbisre situie prss de Cyangugu. L'exploitation de cette tourbigre a cess6 avec la fermeture de la cimenterie au debut des ann6es 1960. I1 serait possible d'utiliser cette mGme tourbi&re, dont le produit est g6n6ralement de bonne qualite, aux fins d'une usine de cyanamide en projet. Pour produire le volume projeti de 6.500 tonnes par an de carbure de calcium (CaC2) il faut 3,168 tonnes de tourbe. 2.26 L16tablisement d'autres dCbouch6s potentiels dCpend de facteurs tels que le coGt de production et le lieu d'exploitation, la continuit6 de l'approvisionnement et la qualit6 de la tourbe fournie. D'importantes collectivitis c o m e 11arm6e,les h6pitaux, et les 6coles pourraient, en principe, dans certaines r6gions, remplacer par de la tourbe une partie du bois de feu qu'elles utilisent pour la cuisson des aliments. I1 n'existe, toutefois, B l'heure actuelle, aucune tourbi&re assez proche de Kigali pour approvisionner la capitale 2 un prix concurrentiel. Les collectivit6s de la r6gion de Ruhengheri pourraient consomer de la tourbe si la production de Kiguhu et de Cyabaralika augmentait. Les m6nages urbains qui achstent le combustible qu'ils consoment sont 6galement des utilisateurs potentiels, contrairement aux m6nages ruraux qui ramassent le combustible dont ils ont besoin et sont donc peu susceptibles d'Gtre int6ress6s par un combustible commercial, quel qu'il soit. 2.27 Organismes et aide ext6rieure Les op6rations de prospection et d'exploitation de la tourbe au Rwanda sont du ressort du Minist&re des ressources naturelles qui utilise les services d'un ingenieur g6ologue dont les travaux sont essentiellement consacr6s B ce produit. Plusieurs organismes 6trangers s'efforcent de fournir une assistance technique et financi&re au Rwanda dans ce domaine et tant que ce type d'aide se poursuivra et que l'ampleur des futures op6rations d'exploitation ne sera pas connue avec certitude, les dispositions actuelles devraient Stre ad6quates. L'Irlande fournit actuellement la majeure partie de l'aide extgrieure consacr6e B la prospection et aux travaux exp6rimentaux d'extraction (B Busorol. L'aide consentie, dont le montant s161&ve B environ 380.000 dollars,l/ sera en partie affectge B une operation pilote consistant B transformer en briquettes de combustible les tiges de papyrus pendant -11 Calculi au taux de change suivant : 1 livre irlandaise = 2.07 dollars EU. la saison sgche de 1981. Le papyrus doit Stre comprim6 et s6ch6 8 l'air jusqu'8 ce qu'il ne contienne plus que 25 % d1humidit6. Le coGt de la coupe, du traitement et du transport des briquettes vers les march6s potentiels

Informations clés
Date d'adoption
Pays Rwanda
Source Banque mondiale