_ _ _ _ _ _ _-.111_·_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ __ Document de La Banque ~fondiale A N'UTILISER QU' A DES FINS OFFICIELLES R"pPQrt ;'I/o. 315C-GUI REPUBLIQUE POPULAlRE REVOLUTIONNAlRE DE GUlh~E MEMORJL~EM ECONOMIQUE 20 jui11et 1981 Department des Programmes Afrique de l'Ouest TRADUCTION NON-OFFIC!ELLE A TITRE D'INFORMATiON Le present document fait I'objet d'une diffusion re'Eireinf~. et ne peut eire utilis.e par ses deslmalaires que da.ns l'exercice de leurs fonctions oifideUes. Sa teneur ne peut eue auUemt!nt divulgnee saris l'autor:sation de la Banque Mondiaie. T~UX ~E CQ~V~?SICN $~U 1 = Sylis 19 = :C:~ J.~5 MESL!RES ~BBREV 1), i IONS 3AP Brigade Attelee de- Production SCRG Banquet CentralEf det la Republique de Guinea' BGeE: Banque Guiru§enne du Commerce ~terieur. a~lp Brigade Mecanisee de Production 6NDA 8anque Nationals de Developpement Agricola eNS£: BanqUEt .~atio.nale des Serv ices Exter ieurs CSG Comcsgnie. des- Bauxites de Guinea: C.~CIH Credit National pour let Commerce, l' Indust::let at l'Habitat co:rcCM Coordination F'inanciere du Commerce CTS CcmplEfxe Textile de Sanoya CEG Distribution d,' Eau. de Guinee EC~A Entrepri3e Commercials d I .~rcndissement E:iTA S~trepris&Nstionale' de rabacs at Allumettes E.~C Entreprise Regional~da Cammerc~ F'Ae Ferme' Agricolet CcmmunalEf F".l.PA Feme Aq:o-?aatora.le eL' Arrondissement OSI< OfFice- des' Bauxites. de: Kimiia OCCFl Orf:ice de Coc:n:'dination F"lnanciar'!t de- l'Indushie ONP Qff1c&- National.. de- P1:t:motion des Petites et Mayannes Entrepri3es POG ?artl Democratique de Guinea PRL ?ouvair Revalu.tionna.i='S!:' locaL R?RG Republiq~ Populaire Revcl.uticnnai.:a dE!' Gu,i:,e~ SNE Societe- Nati.onale at Electricit..e SQAGRt S'oeiS.te. Agra-rndcsu,ielle- de: Gu.1.nee • UClA ll3i1:te- d~r Oxygene at d' Acatyl~!ne- lar janv ie~' - 3'1 cecembre- La present document fait l'objet d'une diffusion ~st~inte. I l ne peut ~tre utilise par ses dest~ataj~es aue cans l'exercice de leurs fonctions afficielles at 33 teneur ne· peut etr9- div~guee sans l'autorisaticn de la 3anque Mcndiale .. A N'UTILlSEa QU' A DES FINS OfrICIELLES Table des Hatieres Preface Donnees sur Ie pays Carte Liste des Tableaux du Texte Resume et Conclusions i-vi I. IN TRODUC TI ON 1 A. Ressources naturelles 1 B. Evolution de la situation jusqu'en 1973 2 IJ. EVOLUTION RECENTE DE L'ECONOMIE (1973-79) 4 A. Croissance, Investissement et Epargne 4 B. Planification du Developpement 9 C. Le Secteur public 13 D. Balance des Paiements 19 E. Dette exterieure 26 F. Monnaie et"Credit 31 G. Prix 34 Ill. EVOLUTION DES PRINCIPAUX SECTEURS 35 A. Enseignement et emploi 35 B. Le Secteur Rural 39 C. Le Secteur Minier 44 D. Industrie 46 E. Energie et Adduction d' eau 49 F. Transports 52 G. Commerce 54 IV. PERSPECTIVES DE DEVELOPPEMENT ET PROBLEMES DE POLITIQUE GENERALE' 56 A. Aper9u 56 B. Principales tendances 57 C. Principaux Obstacles au Developpement 62 D. Problemes de Politique Generale 64 E. Conclusions 69 {- Annexe Statistique 71 .... :~ Le prisent document fait I'objet d'une diffusion restreinte, et ne peut eire utilise par ses destinataires que dans I'exercice de leurs fonetions offieielles. Sa teneur ne peut eire atreIMnt diYulguee sans I'autorinti.. de la B....e Mondiale. Liste des Tableaux du Texte L Croissance economique globale 1973-1979 5 2. Repartition sectorielle du produit interieur brut en prix courants du marche en 1973-1979 6 3. Depenses d'investissement et leur financement au cours de la periode 1973-1979 8 4. Depenses sur Ie produit interieur brut 1973-1979 9 5. Plans de developpement III 6. Oepenses en capital du gouvernement central dans Ie • cadre du troisieme plan de developpement 1973-1979 11 7. ~uatrieme plan de developpement 1981-1985 12 8. Jperations consolidees des organisations non financieres du secteur public 1975/76-1979 14 9. Jperations budgetaires 1975/76-1979 16 10. Transactions financieres des entreprises publiques avec Ie gouvernement 1975/76-1979 18 11. Estimation de la balance des paiements 1972/73-1979 20 12. Termes de l'echange du commerce exterieur 21 13. Exportations de marchandises, 1957-1979 23 14. Importations de marchandises, 1972/73-1979 24 15. Dette exterieure et agregats macroeconomiques 1973-1979 27 16. D~tte exterieure publique 29 17. Transactions exterieures des entreprises d'economie mixte 30 18. ~onnaie et credit 33 19. Effectifs de l'enseignement de 1958-1978 36 20. 5alaries officiellement declares en 1979 38 21. Indices choisis de l'activite des entreprises industrielles d'Etat en 1979 48 22. Consommation d' energie primaire en 1978 49 23. Chiffre d'affaires et benefices des commerces d'Etat 1975/76-1979 55 24. Principaux elements et hypotheses du scenario de base 58 25. Projection de la croissance des investissements et de l' epargne 59 26. Projections de la balance des paiements 61 Preface Le dernier rapport economique (couverture grise) sur 1a Luinee date de 1967 (Rapport No AF -636). Plusieurs missions economiques ont eu lieu depuis lors pour poursuivre notre dialogue avec les autorites et permettre au Groupe de la Banque de disposer d'une base pour ses operations de pret. En l' absence de tout rapport officiel recent, les auteurs du present memorandum l'ont voulu decriptif et assez detaille. On a estime qu'au stade actuel, il etait impossible d'etablir un rapport economique de base, en raison du nombre limite de donnees economiques et de leur caractere parfois peu fiable, de l'etat de la planification du developpement et de la programmation des inves tissements, et de la connaissance superficielle de certains secteurs, et parce que Ie dialogue avec Ie Gouvernement sur certaines questions de politique et certa:ines options en matiere de developpement n'en etait encore quIa ses debubi. Le present memorandum economique constitue une evaluation de la situation economique et financiere de la Guinee et des questions politiques qui dominent ses perspectives de developpement a court et a moyen terme. Le memorandum examine surtout les principaux goulots d'etranglement qui font obstacle au developpement de la Guinee, dans Ie souci d'etablir la base d'un progr~lmme viable de croissance economique. Les tHements cles de ce proyramrne sont Ie renouveau du secteur rural et l'accroissement de la production et des exportations agricoles, (surtout grice a l'encouragement de la petite exploi tation paysanne), la mise en oe~vre de grands projets generateursde recettes dans les domaines de l'extraction miniere, du traitement des minerais, de la production d'energie hydro-electrique et de l'agriculture, et un accroissement de l'efficacite des organismes publics (entreprises d'Etat et administration) et de leur contribution au developpement economique national. Le memorandum est fonde sur les conclusions d'une mission economique qui a eu lieu en fevrier-mars 1980 et qui etait composee de MM. Eugene Scanteie (auteur principal), Joseph Eory, Samud Chhim, et de Mme Myrna Alexander (consultante); il tient egalement compte des resultats d'une mission economique qui, en dBcembre 1979, s'est entretenue de problemes politiques en suspens avec Ie Gouvernement. La mise a jour des renseignements economiques types a ete completee par une etude speciale du secteur des entreprises publiques (Rapport No 3046-GUI, juin 1980) et une revision des comptes nationaux esti matifs et de la methodologie employee. A la demande du Gouvernement, une mission de,la Banque Mondiale s'est rendue en Guinee en juin 1981 afin de discuter Ie projet de rapport final. Les comment aires du Gouvernement se trouvent incorpores dans Ie present rapport. Le memorandum a ete edite par Michaela Eglin. • Pnr,o 1 de 2 par,os DONNEES RELATIVES A LA GUINEE SUPERFICIE DENSITE Cl978). 245.900 d<! km 2 2 5,1 million (mi-1978) 20,9 au km Taux de croissance: 2,9% (1970-78) CARACTERISTIQUES DEMOGRAPHIQUES1 / Taux de natalite brut (par 1.000 habitants) 46,0 Nombre d'habitants par medecin 16.629 Taux de mcrta1ite brut (par 1.000 habitants) 21,0 Nombre d'habitants par lit d'hopital 616 REPARTITION DE ,I.EVENU REPARTITION DE LA PROPRIETE FONCIERE 7. du revenu nadonal, % de la population n.d. a r<!venu 1", plus e1eve % du revenu nsdona1. % de Is population n.d. a revenu le plus faible ACCES A L'ADDUCnON D'EAU ACCES A L'ELECTRICITE Logements occupas branchements (7.) 88,0 % de la population - totale 5,0 - rura1e 2,6 NUTRITroJJ EDUCATION Ration c.sloriqlle <!n % des besoins 84,0 Consommation dE' proteines par habitant 42,7 Taux d' alphabetisation chez les adultes (%) 20, o?:-/ (grammes pc1r jour) Sco1arisation primaire {%} 34,0 PNB PAR HABITANT EN 1978:262.1 dollars PRODun NATION!\L BRUT EN H78 TAUX ANNUEL DE CROISSANCE (%, a prix constants 1973) En millions de dollars . . 1973-79 1979 PNB aux prix d!J marche 1.373 100,0 3,5 0;4 Investissement interieur brut 190 13,9 0,9 8,4 ;..pargne nation,al.! brut'! 114 8,3 207,1 6,9 ooide du c.ompte courant - 76 - 5,5 ~xportat1ons de D~.!ns. services 328 23,9 15.&2./ - 7,1).1 non facteurs Ialportations c!e biens, services 350 25,5 -2,0 - 8,0 non facr.el1rs PRODUCTION, MAIN-D'OEUVRE ET PRODUCTIVITE EN 1978 Valeur ajoutee Valeur ajoutee En millions Main d' oeuvre par travai11eur de dollars MUliers % Dollars EU % Agriculture 635 1. 875 -g:r;lT 339 -sJi,1r Industrie 370 252 11,0 1.468 230,1 Services ~ -!.§Q -1...Q .hlli 444,8 Tota1/Moyenne 1.459 100,0 2.287 100,0 638 100,0 FINANCES PUBLIQUES En millions de dollars en 1978 % Recettes courantes 417,6 28,6 Depenses courantes 239,6 16,4 Excidenta courants 178,0 12,2 Depenses en capital 84,4 5,8 P"l',c 2 uc 2 1"11'," , DONNEES RELATIVES A LA GUINEE :IO:~~~AIE , CREDIT ET PRIX Sept. 1974 1975 1976 1977 1978 Prelim. 1979 en millions de dollars E.U. en fin d'annee !!onnai<l <It quasi monnaie 4/ 515,1 528,8 492,6 481,9 480,1 532,9 Creances sur 1e secteur public- 497,6- 553,6 592,1 595,7 619,8 866,6 Creances sur le secteur prive 49,9 51,1 44,8 53,4 56,7 36,9 (pourcentages ou indices) ~\onnaie et quasi monnaie en i. du PIS 5 / 50,3 48,6 39,4 36,7 31,6 33,9 Indice general des prix (1973 = 100) 104,2 109,2 115,8 119.9 122.4 125,2 Pcur~entage annue1 des fluctuations des elements suivants: Indice General des prix 4,2 4,8 6,0 3,5 2,1 2,3 Creances t>ur 1e secteur public 11,3 7,C! q,6 4,0 39,8 .,. Cr':ances sur 1e secteur prive 2,4 -12 ,3 19,2 6,2 -34,9 BALANCE DES PAIE}ffiNTS EXPORTATIONS DE MARCHANDlSES (MOYENNE 1976-78) 1976 1978 en millions de dollars en millions Export;!tioHl:; de biens. de dollars i. services non facteurs 252,6 293,2 327,9 tmportacions de biens, 287,3 '261,9 350,1 Bauxite 204,3 70,2 services non facteurs A1umine 77 ,5 26,6 Deficit en ressources -34,7 Autres ~ ---L1. (deficit " -) Total 291,2 100,0 paiement;/des interets (nets)- -40,0 -38,9 -43,8 DETTE EXTERNE, 31 decembre 1979 Autre revenu des'ser -13,1 -34,4 -42,8 vices facteurs (net) en millions de dollars Transferts courants ....ll.z1. ~ Dette pub1ique y compris decte garanti~ 990 li",lance courante -26,3 -76,0 Dette privee non-garantie 208 Total dette en cours deboursee 1.198 Investissemenc direct n.d. n.d. n.d. Subventions pub1iques n.d. n. d. n.d. en capital Emprunts nets , moyen et long termes7 COEFFICIENT DU SERVICE DE LA DETTE POUR 1978 Decaissements 70.0 56,1 113,1 % All:o t:t l .. seraents.§/ 2..L...Q. 122,3 119,2 Dette publique y compris 1a dette garantie 35,7 T;)~_l ,:;:.n.i;.:l -21,0 -66,2 -6,1 ilutte pdvee non ~arantie 14,0 ~utres C4. ::aux (nets) .::....Qd ---.hI ---=1..& Au~~entation des reserves 11,0 -2,7 -21,3 Pai~ent total sur capital etranger 49,7 Qificielles Reserves de change (bruttes) 53,2 50,5 29,2 rAUX DE CHANGE PRETS lBRD/IDA (31 mars 1980) millions de dollars Moyennes annua11es . IDA IBRD 1975 1976 1977 ;1.978 1979 1 dollAl' F.,II, • !Jvlis 20,3 Encours et montants decaisses 58,3 24,3 21,4 21,1 19.7 19,1 Montants non decaisses 41,7 Encours, y compris montants 58,3 66,0 non decaisses 1/ estimations 1974-78 2/ estimation Banque Mondiale (Memorandum sur Ie secteur de l'eeducation, 1980) 3/ ajustees pour evolution des termes de l'echange 4/ moins depots du Gouvernment 51 deflateur implicit du PIB 61 paiements preVllS II y comprise la dette privee des entreprises minieres MOlIOCCO ) (former) ~- -! ALGERIA L /'..,. T~~;'TAN'A ", ~~AH~li~r·-J'.:.:..... i ' , .......t' ""-. • ..,-./ , - , r-' A L (.1 \\...,. ') --.--....'-..,'--.. J \. ~~~=~C~ON~G&-~:I"'~')~:II ~~\) ( G\J\\,\£.P.F~. _.f'J /.-....,;/ / ) ) ~1\Af1nt1if1nn \ \'''i\ ' \ ? r'. GUINEA Main Development Poles Mining Projects Forest Tropical Fruits livestock Prolect ERR A LEO E Rice Project 00 FIShmg Port o ! Proposed BavXlte Mlnmg @ Propo,ed Iron Ore M'nlng • Hydroelect"c Sites Prolect Roods under First HIghway Prolect (Paved) i. N Prolect Rood. under First Highway Prolect (Grovel and Eorth) Roods Proposed for MaIntenance under Second Highway Prolect~ • 1 ('-' FIr,t Category Rood, Road, under Construction " I () -t--l--+ Railroad, ~ .....}\? o -+- ...... -+ Proposed Tran.· GUInea Railroad ao • 100 1 120 I 140 I 160 ! + + Int-ernational Airport Regularly Serviced Airfields 80 100 r~ Rivers L B E R A -r Internahonal Boundanes ,) / / .,./ ,",,-J '""" flu ~ pl'fIP...wI by t1Ht WOI'ld B¥liI", :lfllff (ju(;'IuJ'~ for tIw!! CI'.InWltl*"c. o( 11M ftIIIHiwll of rIMP I"tIpOI'f tD 'IIIIIIffl;h ,t ,J IItt«hfId T1N dfMomnntrons UHd.IIN/ t~ .,....., ./. .' -. bovndIIn., MC_ on lhf, " , . do MH IMply. 011 1M ~ f)f tNi World B_ lind IU .ffihlr••. lIny ~t on til. -,'" Jlt.,UI bf ¥lY ~itQt)t or My MdCNIem(fflf or .cC«lPtollnC. 1)1 ~" bound'''5 / ~ ~) 1• : ~~ - - ! / ",( 'P•( • .. , VToMonrovlO - ... i • l.___ H ____ J RESUME ET CONCLUSIONS 1. Avec une population de 5,3 millions d'habitants, et un PNB par tete d'environ 274 dollars EU en 1979, la Guinee appartient a la categorie des pays les moins developpes. L'esperance de vie a la naissance est de 43 ans (l'un des taux les plus bas du monde), la mortalite infantile est encore tras elevee (30% des enfants de 1 a 4 ans) et l'alimentation insuffisante (tl4~ des quantites de calories necessaires). Environ 80% de la population nla pas accas a une source d'eau non contaminee. La majorite de la population, notamment en zone rurale vit aux frontieres de la pauvrete. 2. La Guinee est un petit pays dont l'economie comprend dlune part un secteur rural qui fait vivre plus des quatre cinquiemes de la population, et dont la production principalement orientee vers l'autoconsommation, repre sente pres de la moitie du PIB, d'autre part un secteur moderne qui lui-meme comprend a la fois quelques entreprises minieres fonctionnant comme des enclaves, mais qui produisent la quasi totalite des recettes d'exportation du pays (1.3 Guinee est Ie premier exportateur de bauxite du monde), et une serie d'entreprises d'Etat du secteur industriel et d'autres secteurs, qui utilisent la plus grande partie des investissements publics, du credit interieur, des emprunts etrangers et des importations. 3. En Guinee, comme dans d'autres pays ayant recemment accede a l'inde pendancl~, il s' est revele difficile de diriger Ie processus de developpement. Parmi l'es problemes rencontres on peut citer : Ie revenu plus eleve des citadins 11, Ie developpement d' un vaste secteur d I entreprises publiques souvent inefficaces, une capacite insuffisante de planification et de gestion de llecononie, des difficultes de balance des paiements dues a la surevaluation de la monnaie, ainsi que la difficulte de reconcilier les objectifs economiques et sociaux. Les choix de la Guinee ont ete influences par les circonstances dans leaquelles elle a accede a l'independance. Le brusque depart des Fran~ais a prive Ie pays d'un appui financier et technique vital, a confirme Ie parti au pouvoir (Parti democratique de Guinee ou PDG) dans sa philosophie socialiste du developpement, fondee sur la recherche de l'autonomie, et a incite les pouvoirs publics a se tourner vers les pays a economie planifiee pour l'assis tance au developpement. Cela explique la politique gouvernementale qui depuis 11 indeptmdance a constamment vise a remplacer une economie essentiellement agricola reposant sur l'initiative privee et Ie jeu des mecanismes du marche par une economie dirigee dans laquelle l'Etat detient les moyens de production, encourage les exploitations collectives aux depens de l'entreprise privee et repartit les ressources en fonction de decisions centralisees et non par des mecanismes du marche. Jusqu'en 1973, les investissements massifs qui avaient ete entrepris pour developper Ie secteur public avaient ete principalement finances par l'expansion du credit interieur, entrainant l'acceleration de l'inflation et la deterioration de la balance des paiements. La penurie 11 La disparite des revenus entre Ie milieu urbain et Ie milieu rural est moins evidente en Guinee que dans dlautres pays en voie de developpement. Le Gouvernement a l'intention de reduire davantage cette disparite grace au developpement agricole et a la modernisation du secteur rural. - ii croissante des biens de consommation et Ie maintien de prix a la production artificiellement bas ont force les paysans a reduire leur production et a revenir 8 l'autoconsommation; ce phenomene a probablement entraine une chute des revenus par tete en milieu rural et une augmentation des importations de produits alimentaires. 4. La strategie mise en oeuvre par Ie Gouvernement sous l'impulsion du PDG qui visait 8 assurer l'independance economique du pays s'est heurtee a de nombreuses di fficultes. Les investissements realises pour creer l'infrastruc ture economique et sociale necessaire et les institutions nationales capables de remplacer les entreprises etrangeres n'ont pas reussi 8 augmenter la production et la productivite, ni 8 produire les ressources permettant de financer Ie service des emprunts contractes pour realiser ces investissements. En outre, Ie fonctionnement d'une grande partie de ces projets a entraine une augmentation du volume des importations. C'est ainsi qu'une politique ambitieuse dans Ie domaine de l'enseignement et la main d'oeuvre a gonfle l'emploi dans Ie secteur moderne, a entraine une consommation publique excessive qui a son tour a augmente la demande d'importation de biens et services. Les mesures prises pour defendre Ie pays contre l'inflation inter nationale et maintenir une direction centralisee de l'economie ont entraine des distorsions de prix, une surevaluation de la monnaie et Ie developpement d'un marche parallele tres actif. Dans Ie domaine des operations enclaves du secteur minier, les recettes en devises d'une de ces entreprises (la mine de Debele) ont ete hypothequees pour permettre a la Guinee de faire face a ses obligations dans Ie cadre d'accords bilateraux de clearing, formule qui ne permettait guere au gouvernement de fixer les termes de l'echange, ni d'ajuster Ie volume des importations en fonction des besoins definis par les organes centraux de planification. Quant aux autres operations enclaves, leur contribution a l'amelioration de la balance des paiements a ete inferieure aux previsions; en effet Ie service de la dette et la remuneration des facteurs de production ont rapidement augmente et la demande s'est gonflee de faQon excessive. La Guinee ne peut pas assurer Ie service de sa dette exterieure, bien que Ie gouvernement ait accepte une degradation du patrimoine national. 5. La mise en exploitation de deux grandes mines de bauxite en 1973 a etabli les bases productives et financieres d'une economie plus dynamique. De 1973 a 1979, l'activite economique a aug mente de 21% en termes reels, soit un taux de croissance moyen de 3,2% par an. L'expansion rapidedu secteur minier--20% par an en termes reels--a porte sa part du PIB de 4,2% en 1973 a 18,5% en 1979. Des investissements considerables ont egalement eterealises pour mecaniser l'agriculture. Mais la production du secteur rural a stage et sa part du PIB est tombee de 58% en 1973 841% en 1979, du fait de l'insuffi sance des incitations economiques accordees aux producteurs, d'une mauvaise orientation des efforts de mecanisation, ainsi que de la secheresse et autres fleaux naturels qui ont sevi certaines annees. L' augmentation des exportations de bauxite et l'evolution favorable des prix mondiaux de la bauxite et de l'alumine ont augmente les recettes de l'Etat. 6. Ces dernieres annees, Ie gouvernement a pu contenir la croissance des depenses de fonctionnement a un taux modeste et les ressources nouvelles de l'Etat ont ete affectees a l'amortissement de sa dette au systeme bancaire - iii et a la creation d'un Fonds de Reserve important. Mais ce fonds a principale ment servi a financer Ie fonds de roulement des entreprises publiques. L'amelioration de la situation financiere de l'Etat a partiellement compense l'expansion du credit aux entreprises publiques et la masse monetaire a diminue par rapport au PIS; ce facteur explique en partie la chute des prix sur Ie marche parallele--d'environ 50% au cours des trois dernieres annees--et l'amelioration du pouvoir d'achat de la plupart des categories sociales les plus pauvres. Cependant Ie regime de faveur dont beneficient les entreprises commerciales d'Etat dans la repartition des ressources en devises du pays leur • permet d'importer des biens qu'elles revendent surtout aux habitants des villes. Les marges commerciales sont sUbstantielles et les benefices corres p~ndants sont reverses au budget d'investissement de l'Etat; mais les prix pratiques ne refletent pas la valeur reelle des devises etrangeres et par consequent aboutissent a un transfert de revenus du secteur minier et agricole vel'S les habitants des villes. Les resultats obtenus par les entreprises d'Etat dans l'industrie, les transports et les autres secteurs sont mediocres. Le goullemement a decide d'etudier de pres la justification des entreprises publiques existantes, de fermer quelques unes des entreprises les moins efficaces, de reorganiser certaines autres, voire de s'associer a des investis seurs orives pour la creation de societes mixtes. 7. Au cours des demieres annees, Ie ni veau d' investissement a ete . relativement bas du fait notamment de l'insuffisance des entrees de capitaux etrangers. Une grande partie du montant considerable de la dette exterieure a ete contractee pendant les 15 annees qui ont suivi l'independance (1958-73). En outre une forte proportion des nouveaux emprunts (24% pendant la periode 1975-79) a ete destinee a financer Ie deficit de la balance des paiements, les imoortations courantes, etc. plutot quIa des investissements. L'epargne publique est positive depuis 1973 et permet a la Guinee de financer une part substelntielle de ses investissements publics; en sens inverse, la Guinee n' a pas pUi empecher une accumulation d'impayes importants au titre du service de la dette exterieure. Malgre de nombreux amenagements de la dette yuineenne, les impayes atteignaient 200 millions de dollars EU a fin 1979; au cours des trois dernieres annees, ces impayes ont en fait finance pres de la moitie du deficit global de la balance des paiements (plus de 100 millions de dollars EU par an). Les reserves brutes de devises representent a peine un mois d'importations et au cours des dernieres annees Ie service de la dette--y compris les emprunts prives--depassait 50% des exportations totales. Pendant les quatre dernieres annees, les paiements effectifs au titre du service de la dette ont represente 36% des exportations totales. 8. Depuis 1976, la production miniere ayant atteint Ie plein emploi des installations existantes, Ie PIB a a peine augmente. Pour controler l'exces de la demande interieure et augmenter la production Ie gouvemernent s' est peu a peu engage dans la voie de la decentralisation et de la liberalisation de l'economie et a fait quelques progres dans les domaines de la monnaie, des entreprises publiques, de la planification des investissements, de la gestion des ressources en devises etrangeres et de la politique des prix. La masse monetaire a ete reduite tant en valeur absolue qu'en pourcentage du PIS, ce qui a abaisse les prix et les taux de change sur Ie marche parrallele. L'examen annuel des resultats obtenus par les entreprises publiques, une politique - iv tendant a remettre en etat les entreprises existantes avant d'entreprendre de nouvelles constructions et un controle accru de l'expansion du credit ameliorent progressivement les perspectives dans ce secteur. Les autorites se rendent de mieux en mieux compte de la necessite de planifier, de programner les investissements et de preparer des projets et, depuis peu, acceptent l'assistance technique du systeme des Nations Unies et l'aide du Groupe de la Banque et d'autres donateurs dans Ie cadre de projets specifiques. L'ameliora tion de la gestion de la dette exterieure et Ie renforcement de la planifica tion des reserves en devises permettent maintenant de mieux controler et gerer la balance des paiements. Les pouvoirs publics sont devenus conscients .. de la necessite de fixer des prix rentables pour les ressources (electricite, eau, etc.) et les produits, notamment les produits agricoles, de fa~on a encourager les petits exploi tants a accroitre leur production. Le cornmerce prive a ete officialise en 1979; Ie Code d' Investissement a ete recernment revise en vue de promouvoir les entreprises privees; en 1980 un Office national de promotion des petites et moyennes entreprises (ONP) a ete cree; l'Uffice dispose maintenant de personnel et a commence ses premieres operations. En 1981 cet office a ete transforme en Ministere. Celui-ci cherche activement des financements exterieurs et a entrepris de preparer un premier projet dans ce secteur. Des financements prives etrangers sont recherches pour des investissements dans Ie secteur minier, Ie trai tement des minerais, l'indus trie, la production hydroelectrique et les plantations industrielles, etc. 9. Malgre les progres realises, la Guinee subit aujourd'hui a la fois les consequences nefastes de la stagnation et de la degradation de la balance des paiements. L'economie ne peut pas produire les devises necessaires pour satisfaire la demande interieure de biens de consommation, financer Ie service de la dette exterieure ainsi que les depenses courantes et d'investissement des projets anciens et nouveaux; mais elle n'est pas non plus capable d'attirer les capitaux etrangers necessaires pour couvrir Ie deficit des paiements courants et l'amortissement de la dette exterieure. Malgre les succes recents de la politique monetaire, la monnaie reste fortement surevaluee; de ce fait la structure des prix comporte de graves distorsions, l'environnement n'est pas favorable a l'expansion de la production, ce qui ne manque pas de freiner la croissance economique et Ie developpement des exportations. Avec la stagnation de l'economie, l'offre des services economiques essentiels est restreinte et les impayes au titre de la dette exterieure s'accumulent. Les principaux secteurs, agriculture et elevage, produisent surtout pour la consommation des familIes paysannes du fait de l'insuffisance des stimulants economiques, des facteurs de production, des services de vulgarisation, des infrastructures et des services de commercialisation. Le rythme du develop pement economique de la Guinee ne permet ni d'accroftre Ie niveau de vie de la population, ni de produire l'epargne interieure necessaire pour stimuler la croissance et Ie developpement. 10. Pourtant la Guinee a un potentiel important, notamment dans l'agri culture et les mines, qui est a peine utilise. Comme 80% de la population depend du secteur rural, toute strategie de developpement doit donner la priorite a l'augmentation de la production agricole. Des analyses simplifiees de simulation revelent deux principaux problemes pour la presente decennie; il y a tout d'abord la difficulte d'accroitre les niveaux de consommation - v privee, notamment dans Ie secteur rural, du fait de l'augmentation de la consommation publique et de l' investissement necessaire au developpement; Ie deuxieme probleme est lie a la persistance des problemes de balance des paiements. La balance des paiements guineenne se caracterise par Ie rOle primordial que les exportations jouent dans la creation de recettes courantes. Les op':~rations des mines qui fonctionnent comme des enclaves sont a I' origine de la qrosse majorite des exportations, mais supposent egalement des importa tions Ilassives de fournitures et services, des remboursements eleves au titre de la ::Iette privee non garantie, des envois de fonds dans leur pays d'origine par les travailleurs etrangers et d'autres versements a l'etranger. D'une fal,tonJenerale, les amortissements _Heves font que les transactions de capi taux contribuent peu a ameliorer la balance des paiements. Les emprunts public:; sont generalement contractes sous la pression des circonstances, a des :~ondi tions peu favorables, et a des fins qui ne correspondent ni a des prioril:es sectorielles ni a la necessite d'accroitre la production et les exportations. Les emprunteurs prives et les investisseurs directs sont lents a saisir les occasions qui s'offrent, a cause du climat economique et des incertitudes auxqueUes sont soumis les projets. Les projets miniers sont indisp':3nsables pour produire Ie complement de ressources en devises dont les autres secteurs ont besoin, notamment l'agriculture; cependant les operations minier>:~s ne suffiront pas a assurer la r~prise economique. LI execution de gr~nds projets peut avoir une influence favorable sur la situation de la balance des paiements'pendant la deuxieme moitie de la presente decennie; mais elle p'i~Ut aussi aggraver· les problemes de capaci te d' absorption du pays. 11. Pour encourager les petits exploitants agricoles a augmenter leur production, i l sera necessaire, du fait de la limitation des ressources dont Ie pay:3 dispose, de transferer au secteur rural une partie du pouvoir d' achat du secl:eur urbain et notamment du secteur public. Les mesures visant a limitel~ la consommation privee en zone urbaine devront etre accompagnees d' un c:)nt,rOle plus strict des depenses pUbliques--tant les depenses cou rantes de l'Etat (notamment traitements et salaires) et des entreprises publiques que les depenses d'investissement public--en vue d'employer les moyens disponibles d'une fal,ton plus productive. Les ressources ainsi liberees pourront etre transferees aux petits exploitants agricoles au moyen d'une adaptation de la structure des prix, d'une optimisation de la repartition des investissements, et d'une amelioration de la collecte et de la commerciali sation des produits agricoles et du systeme de distribution. Enfin, des reformes institutionnelles et l'amelioration des ressources humaines permet tr~nt d'achever la modernisation de l'agriculture traditionnelle et d'accroitre sa productivite. 12. A cet egard, l'augmentation des ressources necessaires pour stimuler la production agricole proviendra du secteur moderne et notamment des investis sements dans les projets miniers, dans Ie traitement des minerais et dans d'autres industries exportatrices (y compris les plantations industrielles), ainsi que de la remise en etat des installations industrielles, des infra structures et des services publics, enfin de l'augmentation de la qualite de l'enseignement. - vi 13. 11 est particulierement important d' ameliorer la gestion de l' eco nomie. La planification et l'administration du systeme economique et financier ont de nombreux defauts: insuffisance des donnees et de leur analyse, mauvaise coordination de la planification financiere et physique des investissements, faiblesse des moyens de preparation et de supervision des projets, enfin incertitudes de l'aide exterieure pour le financement des investissements. 11 est tres difficile en Guinee d'evaluer de fa90n precise les changements inter venus dans les ressources et leur emploi, dans la mesure ou une part irnpor tante de l'activite economique echappe aux circuits officiels et au les echanges du secteur officiel reposent principalement sur des accords de troc. 14. Les perspectives de developpement de la Guinee dependent surtout de la possibilite d'adapter la politique economique aux ressources limitees dont le pays dispose, puis d'un emploi efficace des ressources que produiront eventuellement les nouveaux projets d'exportation. Les delais necessaires a la reprise de l'activite agricole, au lancement et a la realisation des grands projets et a la mise en oeuvre de nouvelles politiques\ economiques signifient que la plus grande partie de la presente decennie sera pour la Guinee une difficile periode de transition. L'augmentation de l'aide etrangere, princi palement a des conditions privilegiees, permettrait d'attenuer les problemes de balance des paiements des prochaines annees et faciliterait l'exploitation progressive du potentiel de developpement considerable dont dispose la Guinee. I. INTRODUCTION 1.01 Le territoire gui~ee~ a u~e superficie de 246.000 km2 • Le pays dispose d'importa~tes ressources ~aturelles: abonda~ce des terres cultivables, des rjchesses minH:lres et du potentiel hydroelectrique. La Guinee est Ie premier exportateur de bauxite dans Ie monde. La diversite des conditions ecoloqiques regionales, ai~si que des conditions climatiques favorables permeLtent Ie d8veloppeme~t de cultures pluviales tres variees, en sus de l' elevage, de la p~che et de l' exploitation forestiere. La Guinee a e~viron 5,3 m.illions d'habitants 1/ et Ie PIB par tHe etait estime a 274 dollars [U en 1979. Depuis l'indepe~dance du pays en 1958, un systeme politique et economique fortement centralise a ete mis en place sous Ie contrOle du Parti DemocJ:'atique de Guinee dirige par Ie President Ahmed Sekou Toure. La philoso phie de developpement de la Guinee encourage une transition directe de la production rurale de type traditionnel a une economie socialiste moderne qui met llaccent sur la propriete collective des moyens de production, et l'auto suffiBance economique. Le Gouvernement reconnait la necessite de stimuler 1 'acL.vite economique et d'elever Ie niveau de vie des habitants, tout en accordant u~e haute priorite aI' independance politique et economique du pays et a ~a justice sociale. A. Ressources ~aturelles 1.02 Les principales regions naturelles de la Guinee sont les suivantes: I.a) La Basse Guinee (ou Guinee maritime): les basses terres situees Ie long de la cote couvre~t 18% du territoire. Le regime des pluies varie de 2200 a 4400 mm par an. Du fait de l'abondance des marais et des terres de mangrove, la Basse Guinee est la principale zone de culture de la banane et de l'ananas. Les conditions ecologiques sont egalement assez favorables a la culture des cereales, des tubercules, des legumes, des fruits et du cocotier. (b) La Moyenne Gui~ee comprend Ie Plateau du Fouta Ojalon et, plus au nord, les plaines de la region de Gaoual/Koundara. La Moyenne Guinee occupe 20% de la superficie du pays. Le climate est plus frais et plus sec que celui de la Guinee Maritime et Ie regime des pluies varie de 1500 a 2000 mm par an. La Moyenne Guinee est impor tante pour ses cultures vivrieres et pour son elevage (la race N'Dama qui a l'avantage d'~tre resistante a la trypanosomiase). (c) La Haute Guinee, qui occupe 40% de la superficie du pays, est une region plate ou legerement vallonnee; zone de for~t clairsemee ou de savane boisee, elle re~oit 1200 a 1700 mm de pluies par an. La region a un potentiel hydroagricole considerable Ie long du fleuve Niger et de ses affluents. 11 Un recensement administratif fait en 1977 evaluait la population guineenne a 4,5 millions d'habitants. - 2 (d) La Region Forestiere, situee dans Ie Sud-Est, occupe 22% de la super ficie du pays. Son climate est de type equatorial et Ie regime des pluies varie de 1700 mm au nord a 3000 mm au sud. Les conditions ecologiques sont tres favorables a la plupart des cultures vivrieres, ainsi quia des cultures d'exportation telles que Ie cafe, Ie cacao, Ie caoutchouc et Ie palmier a huile. La region produit la plus grande partie du cafe guineen. 1.03 L'agriculture guineenne produit des cereales (riz, mais, sorgho, mil, digitaria ou fonio), des tubercules (manioc, igname et patates douces), des fruits (agrumes, bananes, ananas, mangues, avocat), des legumes, du coprah, de Ilhuile de palme, du cafe, du cacao, du caoutchouc et des produits forestiers. La surface des terres cultivees est estimee a 1,4 millions d'hectares, dont 1,2 millions d'hectares cultives par les petits fermiers et 200.000 hectares par les brigades de production. L'elevage (1.250.000 bovins, 250.000 ovins et 300.000 caprins) joue un r61e important dans l'economie rurale. La Guinee est l'un des rares pays d'Afrique de l'Ouest ou l'integration de l'elevage dans l'exploitation agricole est largement repandue: Ie betail fournit la traction et Ie fumier, tandis que les residus des recoltes et les sous-produits de l'exploitation agricole completent l'alimentation du betail. 1.04 Dans Ie domaine minier, les reserves de bauxite ~taient estimees en 1979 a 6,5 milliards de tonnes, soit 28,6% des reserves mondiales connues. D'importants gisements de minerai de fer a haute teneur (l'estimation des reserves varie de 1,3 a 1,8 milliard de tonnes) ont ete identifies, ainsi que des gisements d'or, de diamant, de calcaire et de granit. Sur Ie plan geolo gique les perspectives d'une decouverte de gisements d'uranium et de champs petroliferes off-shore sont bonnes. Les nombreux fleuves et rivieres donnent a la Guinee un potentiel hydroelectrique considerable, estime a 6.000 MW dont 1.200 correspondent a des projets deja identifies. 1.05 Le dernier recensement demographique, qui date de 1972, estimait que la population comprenait 4,2 millions de residents et 0,9 millions de Guineens vivant a l'etranger. En 1979, Ie nombre de residents etait estime a 5,3 millions, dont 18% environ vivent en zone urbaine. Le prochain recensement est prevu pour 1981. Comme dans la plupart des pays africains, la population guineenne est jeune: 44% des habitants ont moins de 14 ans. La croissance demographique estimee a 2,9% par an de 1970 a 1978 et projetee a 2,6% par an de 1978 a 1990 est tras elevee. Ces chiffres devraient quand m~me ~tre interpretes avec prudence, en vue du manque de statistiques demographiques. Les villes les plus import antes sont Conakry (5 a 600.000 habitants) et Kankan (plus de 80.000 habitants). La croissance de la population urbaine est estimee a 6,4% par an. B. Evolution de la situation jusqu'en 1973 1.06 En 1958, quand la Guinee a vote contre l'Union Fran9aise et est devenue independante, l'agriculture et l'elevage traditionnels (et en parti culier la culture du riz, du manioc et du mals et l'elevage du betail) - 3 occupaient la majorite de la population. La production nationale pouvait satisfaire la plupart des besoins du pays en produits vivriers et les importations alimentaires atteignaient environ 23.000 tonnes. Un certain nombrl~ de plantations (principalement pour la culture de la banane) et I' ext I~action de la bauxite, du minerai de fer et du diamant employaient moins de 10% de la population active, mais fournissaient une grande partie des recetl:es d I exportation et des revenus de 11 Etat. L' industrie de transforma tion ,;tait pratiquement inexistante. La Guinee exportait son minerai de bauxi I:e et la construction de I' usine d' alumi ne de Fria n I etai t pas encore ,termi~e. 1.07 Un programme de developpement ambitieux, base sur l'industrie de transformation et llinfrastructure des transports, a ete lance apres l'inde pendarlce. Des entreprises publiques ont pris la place des societes prives dans 1e secteur commercial et bancaire, les transports, les mines et les services publics (eau, electrici te etc ••• ). De nouvelles industries ont ete ceeees apres l'independance et les entreprises privees existantes ont ete nationalisees ~ partir de 1967. Le total des depenses publiques correspondant s ce programme d'investissement public massif, ainsi qu'aux besoins en fonds de roulement et aux deficits courants des entreprises publiques, a tres vite depas::~e I' epargne budgetaire et les entrees de capitaux. Le defici t corres . pondant a entraine 11 expansion du credit qui a gonf Ie la masse monetaire. L' excddent global des depenses a eu pour consequence Ie developpement de press.:Lons inflationnistes incontrolables, la chute de la valeur de la monna.l~e et llexpansion rapide du deficit de la balance des paiements. 'En 1973, si l'on excepte la production dlalumine, Ie niveau d'activite des secteurs travaillant pour l'exportation (bauxite, minerai de fer, diamant, plantations de bananes etc ••• ) etai t tres inferieur s celui de la periode precedant l'independance. La production et les exportations d'alumine n'ont pas souffert durant cette periode, du fait que Ie gouvernement a maintenu les dispositions en vigueur concernant l'exploitation de l'usine de Fria par les partenaires etrangers. 1.OB Les graves problemes de balance des paiements ant rendu necessaire une reduction du programme general d'importations. La penurie de biens de consommation, Ie maintien des prix officiels a la production a des niveaux de plus on plus artificiels, la chute rapide du pouvoir d'achat de la monnaie nationale et 11 inefficaci te du systeme de commercialisation et de distribution ont dl~courage les pay sans de produire au dels des besoins de la consommation famil:Lale. Comme les circuits commerciaux officiels etaient de moins en moins capab.Les de satisfaire la demande de produits alimentaires et de biens de consommation, un marche parallele slest developpe. Dans une certaine mesure, Ie rationnement des produits de premiere necessite a permis aux salaries des villes de s' approvisionner aux prix officiels; mais en zone rurale et dans les petits centres urbains la demande ne pouvait etre satisfaite qu'a des prix tres superieurs aux prix officiels. La stagnation de la production agricole a egalement affecte l'approvisionnement en matieres premieres des industries agricoles, les exportations agricoles et la production vivriere pour les centres urbains, rendant ainsi nEicessaire une augmentation des importations alimentaires. Du fait de la penurie de devises, ce facteur a encore reduit l'offre de biens de consommation en zone rurale. - 4 1.09 Pour redresser la situation, Ie gouvernement a fait des experlences de socialisation de l'agriculture conformes a l'ideologie du pays. Mais mal con9ues et realisees sans l'appoint du materiel approprie, ces experlences n'ont pas donne les resultats escomptes tant sur Ie plan de la production que dans Ie domaine financier. Comme les entreprises publiques du secteur indus triel avaient les plus grandes difficultes a s'approvisionner en matieres premieres locales aux prix officiels, elles ont dO fortement reduire leurs activites. La penurie de devises pour l'achat de pieces de rechanges et autres facteurs de production courants, ainsi que pour Ie renouvellement des equipements et installations, a entraine une chute de la capacite de production , au dessous des capacites initiales. 1.10 En valeur reelle, Ie Produit Interieur Brut (PIB) semble n'avoir augmente que de 2% par an de 1960 a 1973; comme ce taux de croissance est inferieur a celui de la croissance demographique, il est probable que Ie revenu par tete a en fait diminue. En 1972/73, Ie deficit des paiements courants depassait 170 millions de dollars EU, soit 18% du PIB; Ie deficit aes ressources s'elevait a 100 millions de dollars EU et les recettes d'exporta tion couvraient a peine Ie tiers des depenses d'importation. En Septembre 1973, la masse monetaire representait 44% du PIB, contre 20 a 25% dans d'autres pays d'Afrique de l'Ouest, la dette publique exterieure atteignait 75% du PIB et les obligations au titre du service de la dette publique representaient 72% des exportations. Les impayes au titre du service de la dette avaient commence 8 s'accumuler et la chute des reserves en devises etrangeres du pays s'etait acceleree. II. EVOLUTION RECENTE DE L'ECONOMIE (1973-79) A. Croissance. Investissement et Epargne 2.01 Malgre l'ouverture des mines de bauxite de Boke et de Debele en 1973, la balance des paiements et les finances publiques de la Guinee restent en difficulte. Les nouvelles operations minieres et l'introduction, a la fin de -1974, d'une taxe speciale a l'exportation de la bauxite et de l'alumine ont contribue a une croissance rapide des revenus d'exportation et des recettes budgetaires. Les ressources supplementaires ont neanmoins ete gaspillees en raison du faible niveau de productivite des entreprises publiques, et des depenses plus lourdes pour l'importation des produits alimentaires et petro lieres, Ie service des facteurs a l'exterieur, et pour un programme d'inves tissement insuffisamment prepare. La chute rapide des exportations agricoles et la flambee des importations de produits alimentaires ont ete accelerees par Ie manque de mesures d'incitations pour les petits producteurs et par Ie faible rendement des brigades de production. La demande de produits d'impor tation a ete gonflee par la croissance rapide de l'emploi dans Ie secteur moderne de l'economie, a la suite du nombre excessif de diplomas universi taires. Malgre Ie succes relatif des strictes politiques deflationnistes, la monnaie nationale reste fortement surevaluee, tandis que les distorsions du systeme des prix ne permettent pas une repartition adequate des ressources et cachent les faibles resultats du secteur public. - 5 2.02 Depuis 1973 les bases d'un systeme de production plus dynamique et d'une situation financiere plus saine ont ete mises en place. L'exploita tion de deux grandes entreprises minieres--la Compagnie des Bauxites de Guinee a Boke (CBG) et l'Office des Bauxites de Kindia (OBK) a Debele, ont stimule la production et les exportations; en outre, I' application d'une .poli Uque plus restrictive dans Ie domaine du credit et du contrale des import:ations a permis a la Guinee d' ameliorer sa balance commerciale, de contenir Ie taux d'inflation et de reduire la masse monetaire (en proportion du PIB). Le Produit National Brut (PNB) a augmente de 3,4% par an en termes reels de 1973 a 1979 (Tableau . 1/ 1). Tableau 1: CROISSANCE ECONOMIQUE GLOBALE 1973-1979 Taux moyen de croissance 1975 1973-1979 En milliards de Sl:lis et en En j20urcentages j2rix de 1973 PIB 19,4 21,0 22,3 23,5 3,2 PIB (~:;ans Ie secteur minier) 18,6 19,3 20,1 21,1 2,1 PNB 18,4 20,3 21,3 22,6 3,4 En dollars EU sur la base des prix et taux de change de 1973 PIB pHr tete 210,7 215,7 215,4 215,4 0,4 PNB pflr tete 199,9 207,5 206,3 207,0 0,6 Le secteur rural representait 41% de la valeur ajoutee totale en 1979, contre 58% en 1973. Oepuis 1977 la production du secteur minier atteint presque la pleine capacite des installations existantes. La pa~t de ce secteur dans Ie PIB a plus que quadruple au cours des six dernieres annees, passant de 4,2% a 18,5% du total (Tableau 2). 1/ Les comptes nationaux ont ete etablis a titre preliminaire. La mission economique de 1980 a revise la methodologie et les renseignements de base et a produit une nouvelle serie de comptes nationaux qui sont utilises dans Ie present rapport. - 6 - Tableau 2: REPARTITION SECToRIELLE DU PRoDUIT INTERIEUR BRUT EN PRIX CoURANTS DU MARCHE EN 1973-1979 . (en pourcentages) 1973 1975 1977 1979 PIB en prix courants du marche 100 1 0 100 2 0 100 1 0 100,0 Secteur rural 1/ 58,1 52,5 46,1 40,6 Secteur minier-et alumine 2/ 4,2 11,7 17,3 18,5 Secteur industriel 4,8 4,5 4,4 4,8 ., Services publics 0,9 0,8 0,7 0,8 Batiment et construction 3,4 3,1 2,6 2,4 Transports et communications 2,9 2,7 2,1 2,2 Commerce 14,4 13,4 15,0 17,7 Banques et assurances 1,4 1,3 1,5 1,9 Administration 10,0 10,1 lU,3 11 ,3 11 Y compris l' elevage, la peche et les forets. £/ La contribution du secteur minier au produit interieur brut a augmente plus vite que la production du·secteur, du fait de l'augmenta tion rapide des prix a l'exportation de la bauxite et de l'alumine. 2.03 La croissance en termes reels de la plupart des secteurs a ete soit inferieure a la croissance demographique, soit meme negative; parmi les exceptions citons Ie secteur minier, Ie secteur commercial, les banques et l'administration. Moyenne annuelle des Secteur Taux de croissance de 1973 a 1979 (en prix du marche de 1973) Secteur rural -0,7 Secteur minier et alumine 20,0 Secteur industriel 0,8 Services publics 5,0 Batiment et construction -5,0 Transports et communications -0,8 Commerce 7,2 Banques et assurances 9,3 Administration .Ll. PIB Global 3,2 Ce faible taux de croissance s'explique principalement par la faiblesse du taux de formation du capital fixe et par la mauvaise repartition des inves tissements publics; cette repartition donne la priorite a la mecanisation du secteur rural, qui jusqu'a present a donne des resultats mediocres, a l'in frastructure des transports et a des projets industriels, dont les benefices ne se sont pas encore materialises. La production du secteur rural a ete - 7 gravement affectee par des facteurs tres divers: non seulement l'insuffisance des incitations offertes ~x producteurs, les problemes d'infrastructure et Ie manque d'attention aux petites exploitations paysannes, mais encore la secheresse en 1977-78 et divers fleaux agricoles en 1979. La chute de la valeur ajoutee dans des secteurs comme les transports s'explique principale ment par l'augmentation ties couts d'entretien du materiel usage et par la hau~3se du coOt des facteurs de production (importations de produits petroliers et autres facteurs). La production de ces secteurs est entravee par Ie manque de devises pour les investissements, l'entretien et les opera • tions :~ourantes des entreprises. 2.04 Par rapport a d'autres pays d'Afrique de l'Ouest, Ie taux d'investis sement de la Guinee a ete relativement faible au cours des six dernieres annees: 15,2% du PIB en moyenne (14,5% en prix constants de 1973). 1J Quant aux investissements du secteur public et parapublic leur part du P18 a ete en moyenne de 10,1% (8,9% en prix constants de 1973); les investissements prives sont peatiquement limi tes au logement. 2/ Les investissements dans Ie seCteur minier ont ete limites a l'achevement des operations CBG et OBK (voir Ch III. C) et ,mt represente pres de 10% du total des investissements publics pendant la perLode 1973-78. 2.05 On estime la formation de capital fixe au cours de la periode 1973 1979 a 25.7 milliards de sylis, dont 17,1 milliards pour Ie secteur public et parapuhlic (Tableau 3). En "outre, 9,7 milliards de sylis ont ete mis a la disposition des entreprises publiques pour accroitre leurs fonds de roule ment; 65% des investissements totaux, mais seulement 39% des investissements publics, ont ete finances par des ressources interieures; celles-ci ont finance 32% du Plan d'lnvestissement execute par Ie gouvernement central de 1973 a 1978; les 68% restants ont ete finances par des emprunts exterieurs. Le coeffi cient marginal de capital (ICOR) est estime a 4,6 en moyenne de 1973 a 1979. 2.06 La structure des depenses interieures montre que de 1973 a 1979 la consommation a probablement augmente plus lentement que la production, permet fant une augmentation de 11 epargne (Tableau 4). La consommation globale a augmente de 1,9% par an en termes reels de 1973 a 1979, alors que Ie taux de croissance du PIB a atteint 3,2% par an. La consommation privee nla augmente que de 0,7% par an au cours de cette periode, ce qui signifie une diminution du niveau de vie moyen de la population. La consommation de l'Etat a augmente de 7,7% par an, ce taux de croissance correspondant a l'augmentation des depenses courantes au titre notamment des traitements et des salaires. La masse salariale a augmente en moyenne de 9,3% par an, en raison de l'emploi 11 Au Senegal Ie taux d'investissement a atteint environ 17% du PIB; en Cote d'lvoire il est aIle jusqu'a 25% du PIB. 1/ Quelques donnees preliminaires sur l'investissement prive et l'investisse ment des administrations locales ont ete produites par la mission econo mique de 1980. Nous nlavons pas de renseignements sur les investissements des entreprises privees dans l'industrie, Ie commerce et les transports. - a Tableau 3 : DEPENSES D'INVESTISSEMENT ET LEUR FlNANCEMENT au cours de 1a periode 1973-1979 (en millions de sy1is, en prix courants) 1973 1974 1975 1976 1977 1978 1979 Total 1973-1979 Investissement total 3.105 3.588 4.074 4.017 2.819 1.:.lli 4.379 25.733 Secteur public et parapub1ic 1.961 2.413 2.867 2.777 1.549 2.451 3.039 17.057 - Investissements du Plan 1.400e 1.784 ·2.413 2.305 1.075 1.899 3.500 11 13.376 - Inv. regionaux et locaux 284e 28ge 294e 297e 30ge 30ge 30ge- 2.091 - Entreprises pub1iques 40e 40e 40e 45 15 66 30 276 - Entreprises mixtes 237 300 120 130 150 177 200e 1.314 - Investissements prives 31 1.444 1.175 1.207 1.240 1.270 1.300 1.340 8.676 Financement total 3.105 3.588 4.074 4.017 2.819 3.751 4.379 25.733 Emprunts exterieurs publics (bruts )1 / 1.325 1. 316 1.425 1.185 757 1.678 1.408 9.094 Financements par l'Etat ~I 359 757 1.282 1.417 627 530 1.401e 6.373 Autofinancement des entreprises publ1ques 40e 40e 40e 45 15 66 . 30 276 Autofinancement des entreprisea mixtes 237 300 120 130 150 177 200e 1.314 Epargne du secteur prive 1.144 1.175 1.207 1.240 1.270 1.300 1.340 8.676 Pourcent age des emprunts exterieura dans l' investissement du Plan 94.6 73.8 59.1 51 t4 70.4 88.4 56.3 68,. 0 e: Estimation 1/ Chiffre du budget 2/ Investissemants des menages pour 1e logemant. en particulier en zone rurale 11 ~on compris lea emprunts pour 1e soutien de 1a balance des paiemants et pour 1es importations courantes. l'aide al1mentaire et l'amenagemant de 1a dette il Chiffre residuel qui comprend 1e travail benevo18 qui figure au budget sous 1a rubTique "investissaments des adm1nistrations locales." Note: Les chiffres ont ete arrondis. - 9 Tableau 4: DEPENSES SUR LE PRODUIT INTERIEUR BRUT de 1973 ~ 1979 en prix courants du march~ (pourcentages) 1973 19.75 1977 1979 PIB 100,0 100,0 100,0 IOU ,0 Investissement 16,0 17,8 10 ,6 14,9 Consomn'ation 96,0 87,0 86,9 86,5 publique (14,2) (14,2) (14,3) (16,4) prive (81,8) (72,7) (72,6) (7U,1) Balance des ressources -12,0 -4,7 2,5 -1,4 Epargne interieure brute 4,0 13,0 13,1 13,5 Epergne nationa1e brute 0,1 9,5 8,5 9,3 Deficit de l'epargne nationa1e -15,8 -8,3 -2,1 -5,6 Note: Les chiffres one ete arrondis. ' par 1a fonction pub1ique de bache1iers qui, du fait de Ie stagnation de l'economie, avaient du mal 8 trouver un paste, mais ,8 qui l'Etat accorde la garanUe d ' emploi (voir Chapitre I II, Section A). 2.07 L'epargne interieure, negligeable avant 1a mise en service des mines de bauxite de Bake et de Debe1e, a fortement augmente depuis 1974 et represen tait environ 13,5~ du PIB en 1979. De la me me fa~on, l'epargne nationale, tres faib1e en 1973, atteignait 9,3% du PIB en 1979 (9,9% du PBN). Le deficit de l'epargne nationale (par rapport au volume de l'investissement) qui repre sentait 15,8~ du PIB en 1973 est tombe a 5,6~ en 1979. B. Pianification du developpement 2.08 Depuis son independance, la Guinee a entrepris trois exercises de planification: un Plan Trienna1 (1960-1963), un Plan Septennal (1964-1971) et un Plan Quinquennal (1973-1978). 1/ Le dernier de ces trois plans etait une synthese de plans slabores par Ie gouvernement central, les autorit~s locales (regions et PRL) et 1es entreprises, Ie but stant de decentraliser Ie processus de p1anification en associant 1a base a sa formulation. L'obJectif principal etait d'etab1ir 1es bases materie11es de l'independance et de la prosperite du peuple guineen, ce qui signifie en pratique: (a) qu'une haute priorite serait accordee au developpement rural pour assurer 11autosuffisance a1imentaire de 1a Guinee et pour produire dans toute 1a mesure du possible, les matieres premieres necessaires aux industries agricoles; 11 Un quatrieme plan pour 1a periode 1981-85 est en cours de preparation. - 10 (b) que Ie developpement de nouvelles entreprises minieres serait base sur la collaboration de l'Etat et des investisseurs etrangers; (c) que Ie pays continuerait d'accorder une grande importance aux infrastructures necessaires dans Ie domaine des transports, des communications et des services administratifs. 2.09 Le gouvernement central est l'administrateur du plan d'investissement. Le dernier plan de developpement n'a pas ete con~u sur la base d'une analyse croissance et sur des objectifs de developpement. Aucun lien n'etait etabli entre les investissements proposes et des previsions relatives a l'epargne publique interieure. Les efforts necessaires pour realiser certains des investissements envisages, en particulier dans Ie domaine rural, etaient nettement sousestimes, notamment du fait des insuffisances de la preparation des projets. Le fait que les investissements publics et parapublics depen daient d'apports de capitaux etrangers qui n'etaient par fermement assures a eu pour consequence un faible taux d'execution du plan et risque de provoquer une mauvaise repartition sectorielle des investissements realises. Les depenses reelles d'investissement ont ete en fait tras inferieures aux previsions initiales et aux objectifs revises. Tableau 5: PLANS DE DEVELOPPEMENT 1960-1978 (estimation des depenses reelles en millions de sylis en prix courants) Plan Triennal Plan Septennal Plan Quinquennal Juil. 1960 a Juil. 1963 Mai 1964 a Sept. 1971 Oct. 1973 a Dec. 1978 Valeurs % Valeurs % Va1eurs % Total des de~enses d'investissement 3.725,5 100,0 8.760,0 100,0 9.865,8 100,0 Deve10ppement rural 480,0 12,9 590,0 6,7 2.646,2 26,8 Industrie et energie 632,3 17,0 4.200,0 47,9 3.903,3 39,6 Travaux publics et transports 1.261,9 33,9 2.900,0 33,1 1.516,5 15,4 Autres secteurs 1.351,3 36,3 1.070,0 12,2 1.799,8 18,2 2.10 Le Plan Quinquennal prevoyait 59,4 milliards de sylis d'investisse ment (2,9 milliards de dollars EU ou 45,3% du PIB pendant l'ensemble de la periode), dont 38,4 milliards de sylis (1,8 milliards de dollars EU, soit 64,6% du total) SQUS la forme d'operations conjointes avec des investisseurs etrangers, presque exclusivement dans Ie secteur minier et hydroelectrique. Le volume des investissements publics et parapublics de la periode 1973-1978 ont ensuite ete reduits de 39% a un total de 36,1 milliards de sy1is (27.5% - 11 du PIB de la periode) du fait du report de nombreuses operations mlnleres semi-publiques, telles que les projets de minerai de fer de Mifergui-Nimba et de Simandou et les projets de bauxite de DaboIa et de Tougue. 2.11 Les depenses pour Ie financement de nouveaux investissements dans Ie cadre du Plan 1973-1978 ont atteint 9,9 milliards de sylis, dont les deux tiers dans les secteurs de l'industrie, des mines et du developpement rural (Tableau 6). Tableau 6: DEPENSES EN CAPITAL DU GOUVERNEMENT CENTRAL DANS LE CADRE DU TROISIEME PLAN DE DEVELOPPEMENT 1973-1978 Montant 1/ Pourcentages Principaux projets I nvestis~:;ements 9.866 73.8 100,0 Developpement rural 2.646 26,8 Acquisition de tracteurs et autre materiel agricole pour les brigades mecanisees (BMP). Industrie et mines 3.903 39,6 Achevement du projet de mine de bauxite d'OBK. Projets de rehabilitation industrielle. Travaux publics et habitat 940 9,5 Remise en etat du reseau routier. Transports et communications 576 5,8 Acquisition de materiel de transport routier. Education, information et tourisme 612 6,2 Commerce, banques et assurances 121 1,2 Investissements sociaux 194 2,0 Equipement administratif 874 8,9 Subventions d'investissement aux entreprises publigues 3.504 26,2 Fonds de roulement des entreprises publiques, surtout commerciales. Depenses tot ales 13.370 100,0 1/ En millions de sylis et en prix courants Note: Les chiffres ont ete arrondis. La forte concentration des investissements dans l'agriculture et la remise en etat des installations des entreprises publiques n'a pas eu pour effet d'accroi tre la production de fa~on sensible, ni d'ameliorer la situation des finances publiques ou les recettes d'exportation. Dans Ie secteur rural, notamment, les depenses massives pour la mecanisation de la preparation du sol n'etaient pas - 12 soutenues par des mesures permettant d'atteindre les objectifs de production ou d'assurer la viabilite a long terme de l'operation. Bien que plus du quart du total des depenses d'investissement ait ete consacre au developpement rural (Tableau 5), la Guinee continue de dependre d'importations massives de pro duits aliment aires et reste handicapee par une penurie de matieres premieres. De fa90n generale, Ie processus de planification a ete entrave par la soumission de projets dont la preparation etait insuffisante, ou pour lesquelles il n'y avait pas d'etude de factibilite sur laquelle baser de saines decisions d'investissement. 2.12 Le volume d'investissements envisages par Ie quatrieme plan de developpement (1981-1985) atteindrait 32 milliards de sylis (1,6 milliards de dollars EU). Le taux de croissance du PIB escompte serait de 5% par an pendant la periode du Plan (3% dans Ie secteur agricole et 8% dans l'indus trie). Le Quatrieme Plan veut favoriser l'agriculture (Tableau 7), mais donne moins la priorite aux petites exploitations paysannes qu'aux cooperatives et aux fermes d'Etat (les fermes agro-pastorales d'arrondissement, dites fAPA; voir aussi la Section B du Chapitre III). Le plan se donne pour objectif l'autosuffisance alimentaire, notamment pour les cereales. Dans Ie secteur minier, Ie but immediat paraft etre d'accro!tre la capacite des projets existants et de preparer des projets permettant la transformation locale des minerais. Les projets de Mifergui-Nimba et du Konkoure ne sont pas mentionnes et les besoins de financement correspondants ne sont pas suffisament docu mentes. II convient surtout de noter que les provisions pour l'amortissement de la dette ne sont pas suffisantes pour couvrir Ie remboursement du principal Tableau 7: QUATRIEME PLAN DE DEVELOPPEMENT 1981-1985 En milliards En pourcentage En pourcentage de sylis de l'investisse de la depense en prix 1980 ment total totale Investissement total 32,0 100,0 79,8 Agriculture, eaux et forets 8,4 26,2 20,9 Elevage, peche 1,5 4,8 3,8 Industrie 4,6 14,3 11,4 Mines 3,0 9,5 7,6 Energie 2,7 8,3 6,7 Travaux Publics 2,7 8,3 6,7 Transports, communications 1,5 4,8 3,8 Developpement urbain 1,5 4,8 3,8 Banques et commerce 0,8 2,4 1,9 Enseignement 2,3 7,1 5,7 Infrastructures administratives 2,3 7,1 5, 7 Dveloppement social 0,8 2,4 1,9 Amortissement de la dette publique 6,0 15,2 Reserves 2,0 5,U - 13 de la dette en cours au 31 decembre 1979, meme sans tenir compte des impayes et des nouveaux engagements. Nous prevoyons que l'amortissement de la dette en cours atteindra 525 millions de dollars EU au cours de la periode 19H1-19H5 (soit plus de 10 milliards de sylis), auxquels doivent etre ajoutes 171 millions de dollars EU d'impayes au titre des dettes deja echues (3,3 milliards de syl::s). c. Le Secteur Public 2.13 Le secteur public gUlneen comprend Ie gouvernement central, 33 regl0mi administratives, 312 arrondissements et 2409 Pouvoirs revolutionnaires locaux (PRL), ainsi que 180 entreprises publiques qui controlent la totalite du secteur des banques et des assurances et la quasi totali te de l'industrie, du commerce, des transports et des autres services. Les seules grandes entrepdses qui ne relevent pas du secteur public sont les societes minieres CBG et FRIGUIA, dont l'Etat detient cependant 49% du capital. Le secteur public utilise la totalite du credit interieur et la plus grande partie des emprunts exterieurs; il assure la quasi totalite des importations officielles et des exportations officielles de produits agricoles et une grande partie des exportntions de bauxite. 2.14 Le budget du gouvernement central comprend les operations du systeme de secllri te sociale,· ainsi que les depenses d' investissement et les emprunts exterie'urs du gouvernemi:mt pour Ie compte des entreprises publiques. Les transactions officielles des organismes publics sont centralisees par les Ministhes des Banques, des Finances, du Plan et du Controle d'Etat. L' analyse de la situation des finances publiques est basee sur Ie budget, les informsltions monetaires et certaines donnees relatives a l'investissement et a la situation financiere. Situation consolidee des finances publiques 2.15 Un essai de consolidation des operations financieres du secteur public au cours de la periode 1975/76-1979 (Tableau 8) montre que les fluctu ations des recettes et des depenses du secteur public proviennent principale ment de l'inclusion de recettes exceptionnelles, telles que Ie produit de la liquidation de la Caisse de Stabilisation et d'autres revenus exceptionnels en 1975/786, comme d'ailleurs de depenses exceptionnelles, telles que des transferts en capital au profit d'entreprises publiques. Malgre Ie niveau relativement modeste de l'investissement, ia croissance moderee des depenses courantes et la forte expansion des recettes, des statistiques monetaires et de la dette exterieure font apparaitre un deficit cumule du secteur public de 8,3 milliards de sylis (en moyenne 7,5% du PIB) au cours de la periode 1975/76-1979. Ce deficit s'explique par l'importance des interventions financieres en faveur des entreprises publiques et par l'augmentation de la charge du service de la dette exterieure. - 14 Tableau 8: OPERATIONS CONSOLIDEES DES ORGANISATIONS NON FINANCIERES DU SECTEUR PUBLIC 1975/76-1979 (en millions de sylis et en prix courants) 1975/76 11 1977 1978 1979 Gouvernement central -1721 -2852 -2605 -4040 Recettes avant taxes et transferts en provenance des entreprises publiques non financieres 5493 1841 3578 3217 Depenses avant subventions et transferts aux administrations regionales et aux entreprises publiques non financieres 7214 4693 6183 7257 Depenses courantes 4332 3618 4284 4757 Depenses en capital 2882 1075 1899 2500 Administrations regionales 95 90 -152 -144 Recettes avant transferts en provenance du gouvernement central 699 635 392 337 Depenses 604 545 544 481 Depense~ courantes 484 435 435 371 Depenses en capital 120 110 109 110 Entreprises publigues non financieres 2120 3854 4232 -537 Recettes avant dons et subventions 14.504 17.598 24.598 19.220 Depenses avant taxes et transferts 12.384 13.744 20.366 19.757 Depenses courantes 11.190 13 .231 19.136 18.919 Depenses en capital 1.194 513 1.230 838 Excedents (+) ou Deficits (-) du secteur J;!ublic 494 1.092 1.475 -4.721 A,justements divers Y -3.431 1.171 -3.425 -981 Financements disponibles 2.937 -2.263 1.950 5.702 Financements exterieurs 1.383 94 1.378 1.389 Financements interieurs 3/ 1.554 -2.357 572 4.313 1/ 15 mois. Y Comprend notamment les erreurs et omissions, les variations de stocks et les variations des creances a court terme des entreprises publiques non financieres. 3/ Credit interieur du systeme bancaire (Tableau 18). - 15 2.16 La situation globale des organisations non financieres du secteur public ne correspond pas aux moyens de financement disponibles pour les raisons suivantes: (a) l'Etat enregistre les depenses payees, alors que les entreprises publiques rapportent les engagements de depenses; (b) les transactions entre entreprises pubUques ne sont pas consolidees; (c) les donnees relatives aux variations de stocks ne sont pas disponibles, (d) la production par les entreprises pubUques de biens qu'elles utilisent elles-memes est comptabilisee comme des ventes; il en est de meme des variations dans leurs stocks de produits finis; (€:) les etats des entreprises pubUques sous-estiment leurs depenses de fonctionnement et leurs investissements; (f) les dons et subventions de l' Etat aux entreprises pubUques ne sont pas comptabilises de fa~on complete. La sit~ation financiere du gouvernement central 2.17 De 1974/75 a 1979, les recettes courantes du gouvernement central ont triple; les recettes fiscales ayant ete .multipliees par 2,3 et les autres par 5,fI. Cette augmentation annuelle de 30% srexplique par la croissance de la proouction miniere, soit directement (emploi eleve des capacites existantes, intr.oduction de la taxe speciale aI' exportation, evolution favorable des prix a l'exportation), soit indirectement (droits a l'importation et profits tranSfE!reS au gouvernement par des entreprises pubUques gr~ce aI' augmenta tion dE's importations financees par les recettes du secteur minier). 2.18 Les deux tiers des recettes courantes provenaient des droits a l'im portaUon et de la taxe speciale sur la production miniere; les impOts sur Ie reVE'nu et les benefices representaient environ 14% des recettes courantes (Table~u 5.1 de l'Annexe statistique). La plus grande partie des recettes non fiscales provenaient des profits realises par les entreprises publiques commerciales sur la vente en Guinee de biens importes payes en devises etrangeres sous-evaluees. Les recettes fiscales representeraient 20,6% du PIB en 1979 si les benefices verses au budget par les entreprises publiques n'etaient pas pris en consideration, ou 29,8% du PIB dans Ie cas contraire. 2.19 Les depenses courantes ont augmente au taux madere de 12% par an, qui est Ie resultat de la politique d'emploi de la fonction publique, de l'augmen tation des depenses necessaires a l'entretien du patrimoine de l'Etat, ainsi que des subventions aux administrations locales. Les depenses en capital ont ete relativement stables. Depuis 1975/76, Ie gouvernement a transfere pres de 10 milliards de sylis aux entreprises publiques pour financer leurs besoins de fonds de roulement et leur permettre de rembourser leurs dettes aux banques nation ales. Le total des depenses en capital, y compris les transferts, ont ete multiplies par 3,6 de 1974/75 a 1979. L'ensemble des depenses du gouverne ment central ont ete multipliees par 2,4 au cours de cette periode (Tableau 9). - 16 Tableau 9: OPERATIONS BUDGETAIRES 1975/76-1979 (en milliards de sylis et en prix courants) 1975/76 1/ 1977 1978 1979 Estimation Preliminaire Recettes courants 8.01 7.65 8.23 9.16 Depenses ourantes 4.54 3.87 4.72 5.18 Epargne budgetaire 3.47 3.78 3.51 3.98 Depenses en capital 4.62 2.23 1.66 8.32 Deficit (-) ou surplus (+) -1.15 1.85 -4.34 Financement disponible 1.49 -1. 70 -0.62 10 .62 Dons et transferts 2.71 0.33 0.65 0.26 Emprunts interieurs -2.60 -2.12 -2.65 8.97 l/ Emprunts exterieurs 2/ 1.38 0.09 1.38 1.39 Erreurs et omissions 0.34 1.22 y 15 mois. l/ endettement a moyen et long termes (deboursements moins amortissements prevus) • l/ montants a reviser en fonction des statistiques monetaires pour l'annee 1979 (Tableau 18). 2.20 L'excedent budgetaire global au cours des quatre dernieres annees a permis a l'Etat de rembourser sa dette interieure et de faire d'importants depOts au systeme bancaire pendant toute cette periode. On prevoit que cet excedent sera annule par la decision prise en fevrier 1980 de transferer 6,2 milliards de sylis aux entreprises publiques avec effet retroactif a fin 1979 (voir Section F: monnaie et credit) et que Ie Gouvernement ne pourra plus contrecarrer les pressions inflationnistes dues a l'expansion du credit aux entreprises d'Etat. Situation financiere des administrations regionales 2.21 Les budgets regionaux sont finances par des impots reg10naux, les recettes des services regionaux et, depuis 1978, des transferts du gouverne ment central. Ces transferts, qui figurent au budget pour 226 millions de sylis en 1978 (37% des recettes totales des administrations regionales) et en 1979, remplacent l'impot regional par tete aboli en 1977. Les recettes totales des budgets regionaux atteignent environ 600 millions de sylis (30 millions de dollars EU) par an, soit 6% des recettes du gouvernement central. - 17 2.22 Quatre-vingts pour cent des depenses des administrations regionales servent a financer des depenses courantes, principalement pour les services agricoles et les services sociaux. Le reste correspond a des investissements dans les secteurs de l'agriculture, de la for~t et de la p~che. Au cours des quatre derni~res annees, les depenses des administrations regionales ont ete inferieures aux recettes, l'excedent atteignant en moyenne 80 millions de sylis par an. Nous ne disposons pas d'informations sur les operations finan ci~reB des collecti vites locales (PRL). Situation financi~re des entreprises publiques 2.23 II y a plus de 180 entreprises publiques en Guinee, qui sont gerees par 6 societes sectorielles. Les entreprises publiques emploient 100,000 personnes, soit 75% environ, de tous les salaries declares. Entre septembre 1973 et juin 1979, elles ont re~u pour 11,6 milliards de sylis de prolongations de credits du syst~me bancaire centralise, pour 9,7 milliards de transferts de capitaux pour leur fonds de roulement, et des subventions et transferts courants d'importance marginale. L'Etat finance egalement l'essen tiel des investissements de ces entreprises et assure Ie service de la dette exterieure contractee en leur nom. 11 Leur contribution au PIB est estimee a 25%, compte non tenu des importantes activites mini~res et agricoles, qui ne font pas partie du secteur public. Le chiffre d'affaires des entreprises publiques (totaux non consolides) a atteint environ 24,6 milliards de sylis en 1979, Ie benefice d'e~ploitation s'elevant a 4,5 milliards de sylis; ces result:ats sont analogues a ceux des annees precedentes. Les recettes que Ie budget· tire des entreprises publiques atteignent en moyenne 4,2 milliards de sylis par an, dont 1,2 milliard d'impots sur Ie revenu.· 2.24 La contribution nette des entreprises publiques a l'Etat au cours de la pedode 1976-1979 est estimee a une moyenne de 12,2 milliards de sylis; elle Rete positive tous les ans, sauf en 1979, quand les entreprises ont re~u une subvention exceptionnelle de 6,2 milliards de syis pour leur permettre de rembourser leur dette au syst~me bancaire national (Tableau 10). Les benefices provenaient surtout des entreprises commerciales, notamment IMPORTEX qui assure la plus grande partie des importations et exportations guineennes et dont les benefices representent environ la moitie du benefice total du secteur des entreprises publiques. Ces chiffres comptables ne refletent probablement pas l'expansion du credit bancaire interieur consenti aux entreprises publiques afin de financer les transferts au budget de l'Etat (voir aussi para 2.52). 2.25 L'importante contribution financi~re des entreprises publiques a l'Etat s'explique principalement par la priorite dont elles beneficient dans la repartition des rares recettes en devises du pays qui leur permettent d'importer des produits qu'elles revendent surtout aux consommateurs urbains et d'appliquer des marges commerciales substantielles. Ceci equivaut en fait a un transfert de revenu des secteurs agricole et minier en faveur des consom mateurs urbains. Une autre cause est Ie niveau modeste des depenses d'entre tien et de renouvellement des entreprises publiques, qui libere des fonds qui sont employes pour financer les depenses de consommation de l'Etat. Ce 11 Voir l'Etude du Secteur des Entreprises Publiques, Rapport No. 3046-GUI (juin 1980). - 18 phenomene ne doit pas etre interprete comme l'effet d'une politique syste matique de desinvestissement dans Ie secteur des entreprises publiques, mais s'explique par la penurie de devises etrangeres. Tableau 10: TRANSACTIONS FINANCIERES DES ENTREPRISES PUBlI~UES AVEC lE GOUVERNElvlENT 1975/76-1979 11 (en millions de sylis et en prix courants) Resultats Preliminaires 1975L76 y 1977 1978 de 1979 Paiements au gouvernement par des entreprises publiques non financH~res Impots indirects 432 650 327 344 Droits d'importation 1.175 1.106 1.364 1.894 Imp6ts sur Ie revenu 1.006 1.275 1.298 1.170 Transferts (substitut pour les dividendes) 3.301 2.836 3.099 2.837 TOTAL 5.814 5.867 6.085 6.245 Dons et subventions du gouvernement aux entreprises p~bliques non financieres Subventions d' equilibre 64 274 898 1.056 Subventions de fonctionnement 10 10 723 6 Subventions en capital 2.362 1.447 612 6.399 TOTAL 2.436 1. 731 2.233 7.461 Contribution nette des entreprises publiques non financieres 3.378 4.136 3.855> -1.216 Contribution nette des entreprises publiques financieres 462 563 473 591 CONTRIBUTION TOTAlE NETTE A l'ETAT 3.840 4.669 4.328 -625 1/ Non compris les emprunts interieurs aupres du systeme bancaire. ~/ 15 mois. Source: Guinee: Etude du Secteur des Entreprises Publiques Rapport No. 3046-GUI (juin 1980). - 19 2.26 L'efficacite de la gestion des entreprises publiques est handicapee par de nombreux problemes dont ces entreprises ne sont pas responsables: (a) les faiblesses de la planification des investissements et de la preparation des projets; (b) la penurie et la mauvaise gestion des ressources en devises etran geres: mauvaise coordination des objectifs de production avec les objectifs financiers et la repartition des importations, insuffisante evaluation des importations de biens d1equipement et autres facteurs de production rendus necessaires par les investissements neufs; (c) Ie plan comptable national devrait etre mis a jour et comprendre une comptabilite analytique, un controle des stocks, une plus grande standardisation des methodes comptables et une meilleure verification des comptes; et (d) les poli tiques de prix, d' emploi et de salaires ne sont pas toujours compatibles avec les besoins et les objectifs de developpement des entreprises publiques. D. Balance des paiements 11 2.27 Au cours de la periode 1976-79, Ie deficit de la balance des paiements a atteint en moyenne 2,1 milliards de sylis par an( 102 millions de dollars EU). Environ la moith~ du defici t a ete financee par 11 accumulation d I impayes au titre de la dette publique exterieure, llautre moitie etant financee par une degradation de la situation nette des avoirs exterieurs du pays (Tableau 11). Du fait qulen Guinee la gestion des ressources en devises du pays est assuree par des organismes centraux, une amelioration du controle et de la repartition principal est la disparite entre les prix pratiques dans Ie pays et Ie coat d'opportunite des importations, des apports de capitaux (dans de nombreux secteurs) et de llassistance technique, etc ••• 2.28 Le deficit de la balance des paiements courants est un probleme serieu:< etant donne qu I i l est tres di fficile de trouver a emprunter a des condi t:ions liberales a 11 etranger; apres avoir atteint Ie niveau tres eleve de 11 Les donnees relatives a la balance des paiements doivent etre enter pretees avec prudence; en effet les renseignements disponibles sont incomplets (absence de donnees sur les echanges commerciaux non officiels qui sont importants, ainsi que sur les mouvements de capitaux a court terme) et la qualite des sources d'information est tres inegale. Le service de la dette a moyen et long termes represente les obligations prevues plutOt que les mont ants effectivement payes. La difference, qui est llaccroissement des impayes, figure sous Ie total de la balance des paiements globale, comme financement du deficit global de la balance des paiements. - 20 Tableau 11 ESTIMATImt DE 'loA. BALANCE DES PAIEMENTS de 1972/73 a 1979 1972/73 1973/74 1974/75 1976 1977 1978 1979 Estimations prHiminaires en millions de dollars E.U. et en prix courants Balance commerciale -127 -48 -41 -11 61 25 26 Exportations 58 113 179 253 293 328 373 Importations -185 -160 -220 -264 -233 -303 -347 Services et transferts (nets) -44 -33 -53 -68 -87 -101 -130 Publics -7 -20 -34 -35 -37 -58 Prives -26 -33 -34 -52 -64 -72 Balance des 2aiements courants .::1ll -81 -94 -80 -26 -76 -104 *uvements de capitaux pub1ics!1 52 65 40 4 -47 17 15 Mouvements de capitaux prives 70 49 27 -25 -17 -20 -14 Balance des mouvements de cal2itaux m 114 67 -21 -64 -3 -! Erreurs et omissions 54 -71 -4 1 22 -33 -23 Balance des paiements globa1e 21 5 -38 -31 -100 -69 -113 -126 = = = = = = Financement -5 38 31 100 69 113 126 Evolution des impayes 26 30 37 44 52 53 58 Evolution des avoirs exterieurs nets -31 8 -6 56 18 60 68 en pourcentage du PIB Balance des paiements courants -18,3 -7,8 -8,3 -6,4 -2,1 -5,2 -6.7 Exportations 6,2 10,9 15,9 20.4 23,2 22.S 24.2 . Importations 19,7 15,5 19.5 21,3 18,4 20,8 22,5 Balance commerciale -13',5 -4,6 -3,6 -0,9 4,8 1,7 1.7 1/A moyen et a long terme. IiEgale au financement disponible. ~: Les chiffres ont ete arrondis. - 21 171 millions de dollars EU (plus de 18% du PIB) en 1972/73, i l est tombe a 71 millions de dollars EU (7,3% du PIB) au cours des annees suivantes, mais depassait 100 millions de dollars EU (environ 7% du PIB) en 1979. Malgre Is chute brutale des exportations agricoles, la balance commerciale etait exce dentaire au cours des dernieres annees; en effet, tandis que les exploitations minieres de la CBG et de l'OBK ont cree de nouvelles ressources d'exportation, Ie tau>: de croissance des importations est reste inferieur a celui des exporta tions et les termes de I' echange se sont ameliores d I environ 30~ ent re 1973 et 1978 grace a 11 evolution favorable des marches internationaux de la bauxite et de ]' alumine (Tableau 12). Le taux de croissance des exportations a atteint 34,5% par an au cours de la periode 1973-1979; celui des importations n I a paf'i depasse 10%; Ie deficit des echanges comrnerciaux officiels qui attei gnaH 2,6 milliards de sylis (127 millions de dollars EU en 1972/73) est progre~isivement devenu un excedent qui de 1977 a 1979 atteignait une moyenne de 23 millions de dollars EU par an. Table 12: TERMES DE L'ECHANGE DE 1973 a 1979 (Base 100 en 1973) 1974 1975 1976 1977 1978 1979 (estimations preliminaires) Indice des prix des exporhltions 11 132,3 149,3 201,1 214,3 219,6 227,6 Indice des prix des importcltions Y 113,3 126,5 151,0 164,3 169,7 210,5 Indice des termes de llechange 116,8 118,0 133,2 130,4 129,4 113,0 11 Exportations de marchandises. 2/ Importations de marchandises et de services non-facteurs. Source: Estimations des comptes de la nation (Annexe statistique). 2.29 Les exportations guineennes comprennent des produits miniers (bauxite et alumine), des denrees agricoles (principalement cafe, ananas, palmistes, bananes, mangues, quinine, epices) et des produits agricoles transformes (jus de fruit et, jusqulen 1974/75, du contreplaque). Apres plus de 10 ans de stagnation (1962-1972/73), les exportations ont rapidement augmente pass ant d'une moyenne de 1,1 a 1,3 milliard de sylis (50 a 60 millions de dollars EU) a 6,5 milliards de sylis en 1978; on estime qu'en 1979, elles ont depasse 7 milliards de sylis (370 millions de dollars EU et 22,4% du PI8). La Guinee est Ie premier exportateur mondial de bauxite: 10,5 millions de tonnes en 1978, soit 29% du total mondial et plus de 90% du total des exportations afri caines de bauxite. Environ 24% des exportations guineennes de bauxite - 22 proviennent de la mine de Debele (OBK), qui a ete mise en service avec l'aide de l'Union Sovietique et fait l'objet d'un accord bilateral qui fixe Ie prix d'exportation et l'affectation des recettes d'exportation. Les autres exportations de bauxite proviennent de la mine de Bake (CBG) qui exporte vers l'Amerique du nord et l'Europe occidentale. Actuellement, Ie niveau de production des deux mines est proche du plein emploi de la capacite installee; aucune augmentation importante dela production n'est escomptee a breve echeance. Les exportations de bauxite s'elevaient a 4,6 milliards de sylis en 1978 (233 millions de dollars EU) et a 5 milliards en 1979 (260 millions de dollars EU), dont Ius de 80% en devises convertibles. Pour l'Etat, Ie produit net en devises etrangeres convertibles des exportations de bauxite depasse lUU millions de dollars EU. Les exportations d'alumine (plus de 650.000 tonnes en 1979) ont rapporte 1,7 milliard de sylis, soit plus de 90 millions de dollars EU, dont environ 25 millions de dollars EU de recettes nettes en devises etrangeres. 2.30 Les exportations agricoles ont fortement diminue depuis les annees 60 en valeur relative et absolue; elles ne depassent guere 11% du volume des exportations agricoles guineennes avant l'Independance. Les plantations de banane, abandonnees par les exploitants etrangers, ont ete partiellement converties en plantations d'ananas. Les exportations de banane qui attei gnaient environ 100.000 tonnes avant Ii Independance sont maintenant pratique ment nulles. Le prQjet de Daboya, finance par la Banque mondiale, exporte aujourd'hui plus de 500 tonnes d'ananas frais de haute qualite vers l'Europe occidentale; a pleine capacite, il pourra produire et exporter 7.000 tonnes d'ananas par an. Toutes les autres exportations agricoles ont souffert de l'insuffisance des facteurs de production (engrais, insecticides et fongi cides), de la mauvaise gestion des services agricoles et surtout d'une poli tique des prix et d'un systeme de commercialisation inadequats. En l'absence d'incitations appropriees, la plupart des paysans ont dO abandonner les cultures d'exportation ou pratiquer la contrebande. Les exportations de palmistes ont diminue de moitie, celles de cafe et de fruits tropicaux de plus de 90% de 1955 a 1978 (Tableau 13). 2.31 Les statistiques d'importations de la Guinee sont l'une des donnees economiques les plus incertaines. Les paragraphes suivants ne vi sent pas a mesurer les importations de fa~on precise, mais seulement a definir les principales tendances. II semble que les importations soient passees de 3,8 milliards de sylis en 1972/73, a 6 milliards en 1978 et a environ 6,6 milliards en 1979 (22,5% du PIB), soit un taux de croissance annuelle d'environ 10% (Tableau 14). Les principaux facteurs ont ete l'augmentation des devises affectees aux importations, l'augmentation des importations necessaires aux entreprises minieres, la croissance de la consommation publique et privee et l'inflation mondiale. Les importations de marchandises sont res tees stables pendant la periode 1973-79, les importations de petrole et de carburants augmentant, mais celles necessaires aux plans d'investissement et aux entre prises minieres diminuant en valeur reelle. - 23. Tableau 13 : EXPORTAlIONS DE MARCHANDISES (quelques annees choisies au cours de la periode 1957-1979) 1957 1964/65 1972/73 1974/75 1976 1977 1978 1979 Estimations pre.iiminaires en milliers de tonnes metriques Minerais Bauxite 375 244 10ge 6.512 8.513 9.941 10.456 10.612e Alumine 480 605 617 569 560 610 653 Minerai de fer 1.090 716 Diamants (I:m mi1liers de carat,;I) 80 53 Produits agri::01es 143 82 41 24 15 17 17 inconnu Bananes 91 42 9 1 inconnu Cafe 10 5 4 2 1 2 1 inconnu Ananas 2 5 8 8 3 2 2 incorinu Palmistes 22 25 16 9 7 10 13 inconnu Divers 18e 5e 4e 4e 4e 3e 1e inconnu en millions de dollars E.U. en prix courants Minerais 6 36 41 169 247 278 321 360 Bauxite 2 1 98 175 205 233 260 Alumine 31 41 72 71 73 88 100 Divers 4 4 Produits agrico1es 15 14 16 10 6 15 7 13e TOTAL 21 52 58 179 253 293 328 373 en pourcentage des exportations to~ales Minerais 29 69 71 94 98 95 98 97e Produits agrico1es 71 31 29 6 2 5 2 3e e Estimation. - 24 Tableau 14: IMPORTATIONS DE MARCHANDISES DE 1972/73 a 1979 (en millions de sylis) Previsions 1972/73 1973/74 1974/75 1976 1977 1978 pour 1979 Importations CAf 3.823 3.291 4.474 5.641 4.916 5.976 6.634 e. Importations generales 887 1.346 1.623 2.965 2.812 2.823 3.567 e.l! dont produits petroliers 60 64 194 280 378 513 688 Importations dans Ie cadre du Plan 1.038 900 1.250 1.185 757 1.678 1.410 Importations des entreprises minieres 1.898 981 1.601 1.491 1.347 1.475 1.657 e. estimation 11 y compris 100 millions de sylis d'importations privees. 2.32 Les importations sont executees dans' Ie cadre de plusieurs programmes: (8) les importations effectuees par Ie gouvernement pour la consommation publique et privee, y compris les importations pour Ie compte des entreprises publiques (biens de consommation, carburants, produits alimentaires, matieres premieres, biens intermediaires, equipement, etc •• ); (b) les importations du Plan, dans Ie cadre d'emprunts publics exterieurs pour des projets d'investissement de l'Etat et des entreprises pubUques; (c) les importations de la CBG et de fRIGUIA financees par la retention d'une partie de leurs recettes d'exportation; (d) les importations des residents et des non-residents du secteur prive financees par leurs avoirs en devises etrangeres. 2.33 Le programme general d'importations, dont l'execution est Ie monopole d'IMPORTEX, representait environ la moitie des importations totales au cours des dernieres annees. Les importations de produits alimentaires et de carbu rants ant beaucoup augmente au cours des deux au trois dernieres annees du fait de l'incapacite grandissante de l'agriculture guineenne a assurer Ie ravitail lement des villes ainsi que du fait de l'augmentation de la demande de produits petroliers et de l'augmentation des prix. Les importations de produits alimentaires ant double de 1973/74 a 1979, tandis que les importations de - 25 produits petroliersqui representaient moins de 5% des importations generales en 1973/74, ont depasse 20% du total en 1979. II semble que les importations de produits petroliers pour la consommation generale aient absorbe pres du tiers des recettes nettes en devises etrangeres du gouvernement en 1979. Un programme special d'importations a fonctionne de mars 1974 a decembre 1976; llobjectif etait d'accroitre l'offre des biens de consommation et de reduire la masse monetaire en bloquant Ie produit de leur vente dans un compte aupres de la Banque Centrale. En 1976 ce programme special a represente environ un tiers des importations generales. II nla pas ete repris depuis cette date. 2.34 Les importations du plan correspondent au decaissement de l'aide exterieure pour des projets d'investissement; eUes representent environ 15 a 28% des exportations guineennes et 29 a 59% des importations du programme general. Les importations du plan comprennent aussi des importations alimen taires financees par des dons et d'autres sources d'aide exterieure a la suite des sel:Jheresses saheliennes. 2.35 Les importations des entreprises parapubliques sont en fait celles de la :;BG et de FRIGUIA. Elles representent environ Ie quart des importations totale:3 et comprennent des importations de carburants, de pieces de rechange pour l'exploitation miniere, ainsi que des importations de produits alimen taires et autres biens de consommation pour Ie personnel des entreprises. 2.36 Jusqu'a une date recente, les importations par des personnes et des entrepdses privees etaient pratiquement limitees aux importations des non resideilts. En 1977, Ie gouvernement a commence a encourager les investisse ments c~t les importations par Ie secteur prive; mais cette mesure n' a pas encore donne des resultats importants. Le ler juin 1979, les importations priveea de biens de consommation ont ete officiellement autorisees pour autant qu'elles sont financees par les ressources en devises des residents et des non-residents. Nous ne disposons pas d'informations sur Ie volume et les modalites de financement de ces importations. 2.37 Au cours des dernieres annees, la structure des importations a graduellement evolue: les operations commerciales sur les marchees d'Europe occidentale et d'autres pays industriels tendent a devenir plus importantes par rapport aux importations dans Ie cadre d'accords bilateraux de clearing. La part des importations dans Ie cadre d'accords bilateraux est tombee d'envi ron 61% en 1972/73 a 36% en 1976 et a 19% en 1978. Au contraire la part des pays d'Europe occidentale dans les importations guineennes est passee de 22% en 1972/73 a 66% en 1978, du fait de changements d'attitude vis-a-vis de ces pays et: de I' association de la Guinee et de la CEE dans Ie cadre de la Conven tion de Lome. 2.38 On estime que les paiements au titre des facteurs ont plus que double de 1973/74 a 1979, Ie taux de croissance de ces paiements etant d'environ 18,6% par an. Cette hausse s'explique par Ie service des nouveaux emprunt.s publics du pays (le montant des interets a payer a presque double au cour's de la periode) et par I' augmentation de la remuneration des facteurs de la production miniere (interet des emprunts prives, versement de divi dendes aux actionnaires etrangers, transferts de revenus des salaries et - 26 aut res transactions). A eux seuls, les transferts courants du secteur minier ont atteint en moyenne 1,3 milliard de sylis (64 millions de dollars EU) en 1978 et en 1979 (soit a peu pres l'equivalent du deficit des paiements cou rants). Depuis 1973/74, ces transferts ant ete presque multiplies par 2,5 du fait de l'entree en service de la CBG; ils continuent d'augmenter du fait de la hausse des prix des services de facteurs acquis a l'etranger. 2.39 La balance des mouvements de capitaux, traditionellement exceden taire, serait deficitaire depuis 1976 si lion tenait compte des amortissements ,prevus au titre du service de la dette. Cette evolution s'explique par les deux principaux facteurs suivants: apres l'achevement des projets miniers de Boke et de Debele en 1973/74, finances par des apports de capitaux etrangers--publics et prives--la Guinee a connu une periode de stagnation des investissements du secteur minier; en outre la Guinee a change l'orientation de sa politique d'emprunts exterieurs, decidant notamment de recourir davantage aux emprunts publics et prives aupres des pays n'appartenant pas a la zone des clearings bilateraux. Ces facteurs ont eu pour consequence; (a) une augmenta tion des amortissements au titre des emprunts publics (2,3 milliards de sylis en 1979 contre 0,8 milliard en 1972/73); (b) une reduction temporaire des emprunts publics de 1975 a 1978; (c) Ie recours plus frequent aux credits prives, l'aide publique n'ayant suivi qu'avec retard l'evolution de la situa tion guineenne; (d) la disparition quasi totale des investissements prives etrangers. 2.40 Au cours des dernieres annees les apports nets de capitaux publics- decaissements mains amortissements prevus--ont ete d'une importance marginale. En fait, des sorties de capitaux substantielles en 1977 (1 milliard de sylis, soit 47 millions de dollars EU) font qu'au total les mouvements de capitaux de la periode 1976 a 1979 ont ete negatifs: un deficit moyen de 500 millions de sylis (25 millions de dollars EU). L'amortissement des emprunts prives de la CBG et de FRIGUIA a atteint environ 0,9 milliard de sylis en 1979 (46 millions de dollars EU) et est aujourd'hui superieur aux entrees de capitaux prives (Tableau 11 et section E). E. Dette exterieure 2.41 Les emprunts exterieurs de la Guinee ont deux caracteristigues importantes: la premiere est que pres de la moitie de la dette publique en cours a ete contractee dans Ie cadre d'accords bilateraux de clearing avec l'Union Sovietique, la Republique Populaire de Chine et des pays d'Europe et de l'Est et que Ie remboursement de cette dette n'est pas effectue en especes, comme pour des emprunts habituels, mais en nature, sous la forme d'exportations de biens (en particulier bauxite et certains produits agricoles) et services vers les pays crediteurs; la deuxieme est qu'une part importante de la dette privee a ete contractee par des entreprises parapubliques du secteur minier et que Ie service de cette dette est preleve directement sur les recettes d'expor tat ion des entreprises. La part preponderante de deux entreprises parapubli ques du secteur minier dans la dette privee du pays (non garantie par l'Etat) permet de definir cette dette de fa~on plus complete que dans la plupart des autres pays d'Afrique de l'Ouest. - 27 2.42 A fin 1979, l'encours global effectivement debourse de la dette exterieure guineenne, y compris la dette privee, etait estimee a 1,l milliard de dollars EU (78% du PNB; Tableau 15). Les paiements reellement effectues au titre de la dette exterieure representaient 39% des exportations totales de marchandises en 1979 (dont 22% pour la dette publique et 17% pour la dette privee non garantie par l'Etat) et absorbaient environ 28% des recettes en devises convertibles de l'Etat, y compris les revenus des facteurs, alors que les paiements prevus auraient dO atteindre 54% des exportations brutes en 1979 e1. absorber 50% desrecettes du Gouvernement en devises convertibles. Tableau 15: DETTE EXTERIEURE ET AGREGATS MACROECONOMIQUES 1973-1979 1973 1974 1975 1976 1977 1971::1 1979 ---------------millions de dollars EU---------------- PIB aux prix courants du marche 938 1.037 1.129 1.241 1.262 1.469 1.54U Exportations FOB 71 129 179 253 293 321::1 373 Dette ext~rieure en cours 1.085 1.222 1.280 1.331 1.326 1.461 1.550 Dette pLblique (deboursee) 721 878 957 1.033 1.053 1.213 1.342 Dette privee (deboursee) 605 723 761 802 826 907 990 Obligations du service de la clette 131 161 163 2U4 Dette pLlblique 48 53 73 85 119 117 147 Dette privee 47 42 46 (01) Paiements au titre du service de la dette 87 110 III 144 Dette pLblique 24 22 35 40 68 65 tl3 Dette pI'ivee 47 42 46 61 ------------------Pourcentage du PIB----------------- Dette exterieure en cours 115,7 117,8 113,4 107,3 lU5,1 lUO,l lUU,6 Dette publique 76,9 84,7 84,8 83,2 83,4 83,1 87,1 dont deboursee 64,5 69,7 67,4 64,6 65,5 62,2 64,2 Dette privee 38,8e 33,2e 28,6e 24,Oe 21,6e 17,Oe 13,5e -------------Pourcentage des exportations------------ Ratio des obligations au titre du service de la dette 51,9 54,9 49,7 54,2 Dette publique 67,0 41,0 41,0 33,5 40 ,6 35,7 37,8 Dette privee 18,4 14,3 14,0 16,4 Ratio des paiements au titre du service de la dette 34,4 37,5 33,8 31::1,0 Dette publique 34,3 17,4 19,5 16,0 23,2 19,8 22,3 Dette privee 18,4 14,3 14,0 16,4 e: estima tions Note: Les chiffres ont ete arrondis. - 28 2.43 En depit de la gravite de l'endettement de la Guinee, il convient de rappeler que la situation s'est amelioree depuis 1973. Le montant total de la dette exterieure deboursee et non remboursee (y compris la dette privee non garantie) est tombe de 103% du PIB en 1973 a 78% en 1979. On estime que Ie ratio du service de la dette ne represente plus que 54% des exportations de marchandises contre 80% en 1973. Enfin la proportion des paiements effec tifs au titre du service de la dette est passee de 42% a 59% des paiements prevus. Le montant des impayes est reste relativement stable grace a l'annulation et au report d'environ 200 millions de dollars EU de dette entre 1975 et 1979. 11 2.44 Pres de la moitie de la dette publigue de la Guinee a ete contractee dans Ie cadre d'accords bilateraux de clearing (Tableau 16); sur la oase de la repartition actuelle des exportations vers les pays crediteurs c'est seulement 83% de cette dette bilaterale qui peut etre effectivement payee. Les paie ments effectifs au titre du service de la dette absorbent pratiquement la totalite des recettes d'exportation realises dans, Ie cadre desdits accords bilateraux. L'encours de la dette hors accords bilateraux de clearing corres pondait a 52% du PNB a fin 1979; les paiements prevus au titre du service de cette dette atteignaient 72 millions de dollars EU en 1979, soit 23% des exportations guineennes en dehors des accords bilateraux de clearing (47~ des recettes d'exportation nettes de l'Etat). Les paiements effectifs au titre du service de la dette representaient 37% des paiements prevus. Le fait que.de 1975 a 1979 la Guinee ait davantage recours a des emprunts hors accords de clearing a eu pour consequence des sorties nettes de capitaux vers les pays a accords de clearing et un doublement des paiements prevus au titre du service de la dette. L'endettement a court terme indique par les banques (Tableau 6.1 de l'Annexe statistique) a augmente de 3,5 fois entre 1975 et 1979, et est passe de 97 millions de dollars en 1975 a 342 millions de dollars en 1979. Une partie de la dette exterieure a court terme fait l'objet d'une consolida tion dans Ie cadre des accords a long terme, comme c'est Ie cas des engagements envers l'Union Sovietique. 2.45 Au cours de la periode 1975-1979, 71% des deboursements totaux au titre d'apports de capitaux etrangers ont servi a financer des projets d'inves tissements. Le reste a permis de financer une aide a la balance des paiements, une assistance financiere de caractere tres general, une aide alimentaire et des importations courantes. Les principaux secteurs beneficiant de cette aide exterieure ont ete l'industrie (24%), les transports (15%) et les services publics (9%). Au cours de la periode 1975-1979, 5,4% seulement des debourse ments sont alles a l'agriculture; cette proportion etait pourtant superieure a celIe des annees precedentes. 11 On estime qu'en 1979 et 1980 la Guinee a reamenage quelques 160 millions de dollars EU en obligations a moyen et a long terme, et que les imp ayes au 31 decembre 1980 etaient de 107 millions de dollars EU, compare a 200 millions au 31 decembre 1979. - 29 Tableau 16: DETTE EXTERIEURE PUBLIQUE En millions de dollars EU En ~ourcentages Dette Accords de Autres Dette Accords de Autres Totale Clearing dettes Totale Clearing dettes Dette en CXlurs au 31/12/79 1. 342,0 586,6 755,2 100,0 43,7 56,3 debournee 990,0 464,9 525,5 100,0 46,9 53,1 non deboursee 351,6 121,9 229,7 100,0 34,6 65,3 Impayes cumules au 31/12/79 199,9 87,4 112,5 100,0 43,7 56,3 principal 171,3 85,7 85,6 100,0 50,0 50,0 interets 28,7 1,6 27,1 100,0 5,6 94,4 Transactions de la periode 1975-1979 (moyennes annuelles) Engagep'lent s 131,3 33,3 98,0 100,0 25 ,4 74,6 Deboursements ,88,7 31,7 57,0 100,0 35,7' 64,3 Paiements prevus au ti tre du service de la dette 106,9 60,7 46,2 100,0 56,8 43,2 Paiements effectifs au titre du service de la dette 58,4 39,2 19,2 100,0 67,1 32,9 Transferts publics nets 1/ 30,3 -7,5 37,8 100,0 -24,8 124,8 .!I Deboursements moins paiements effectifs au titre du service de la dette. 2.46 L'encours de la dette ~rivee de CBG et de FRIGUIA depassait 200 millims de dollars EU fin 1979. Les paiements au titre du service de cette dette atteignaient 61 millions de dollars EU en 1979, (soit 19,5% du total des recettes d' exportation de ces entreprises) mais devraient diminuer en valeur absolue et relative. Les comptes etrangers de ces entreprises montrent leur role important de principale source de devises pour le Gouvernement (Tableau 17). La dette privee des compagnies minieres est garantie par leurs recettes d'exportation et son service n'est pas entrave par les difficultes de la balance des paiements. - 30 Tableau 17: TRANSACTIONS EXTERIEURES DES SOCIETES MINIERES PARAPUBLIyUES: 1976-1979 (en millions de dollars et prix courants) 1976 1977 1976 1979 Preliminaire Exportations 211 235 278 313 Importations -70 -64 -75 -87 Paiements d'interats -21 -18 -21 -21 Paiements pour d'autres facteurs (nets) -13 -34 ...43 -50 Compte courant 11 107 119 139 155 Entrees decapitaux n.c. 5 8 32 Amortissements -25 -24 -25 -40 Compte de capital 11 -25 -19 -17 Solde global 11 82 100 122 147 1/ A l'exception du service de la dette envers la BIRD, regle directement par la CBG pour le compte du gouvernement. Problemes de gestion de la dette 2.47 Le fait que le service de la dette et les importations de premiere necessite ont cru plus rapidement que les recettes d'exportation explique les problemes de balance des paiements de la Guinee, qu'ont aggraves une mauvaise gestion des ressources en devises etrangeres du pays. A fin 1979, Ie total des· impayes atteignait 200 millions de dollars EU, dont 112 millions en devises convertibles (Tableau 15 ci-dessus). Toutes les operations au titre de la dette publique comportaient des impayes, sauf les prats sovietiques (dont le service est preleve sur les recettes d'exportation d'OBK) et les prats de la BIRD (dont Ie reglement est assure par la CBG). En outre, bien que les remboursements au titre des prats de type conventionnel aient augmente en valeur absolue, ils ne representaient plus que 8,4% des exportations brutes de marchandises (hors accords de clearing) c~ntre environ 28% en 1972/73. 2.48 Au cours de la periode 1980-1982, Ie service de la dette au titre des emprunts deja contractes devrait atteindre en moyenne 145 millions de dollars EU par an, dont 71 millions en devises convertibles au titre d'em prunts de type conventionnel. Aucun nouveau projet generateur de recettes d'exportation ne pouvant devenir operationnel avant quatre ou cinq ans 1/ et etant donne l'allocation actuelle des ressources en devises etrangeres, on pense que l'accumulation d'impayes au titre de la dette publique deviendra un 1/ Le Gouvernement espere ameliorer la situation du service de la dette grace a des nouveaux projets d'exportation (notamment d'exploitation des diamants et de l'or), ainsi que par Ie developpement des FAPAs (voir paragraphe 3.14) et l'encouragement du secteur prive dans l'agriculture, Ie commerce et autres secteurs. - 31 probleme de plus en plus grave au cours des prochaines annees. La gestion de la dette est donc une question tres importante pour l'economie yuineenne. Clest pourquoi Ie Gouvernement suggere que tout nouveau engagement exterieur comporte une periode de grace dlau moins cinq ans. 2.49 Autrefois, la gestion ae la dette exterieure de la Guinee etait confiee a plusieurs organismes: la Banque Centrale, la Banque du Commerce Exterieur et Ie Ministere du Plan. A fin 1978, Ie gouvernement a decide de centraliser la gestion de la dette par la creation d'une direction de la dette exterieure au sein de la Banque Centrale. Cette mesure, et l'assistance de la Banque Mondiale dans la collecte des donnees et la formation du personnel, ont eu des resultats favorables, notamment une amelioration sensible des etats relatifs a la situation de la dette. Mais l'insuffisance des moyens dont dispose la Guinee en matiere de planification, de preparation et d'evaluation des projets freine les apports de capitaux et peut aboutir a une mauvaise allocation des financements obtenus. F. Monnaie et Credit 2.50 En mars 1960, la Guinee a decide de quitterl'Union monetaire d'Afrique de l'Ouest et a remplace Ie franc CFA par Ie franc guineen, dont la valeur, definie par rapport a l'or, a ete rattachee a celIe du dollar des Etats-Unis. En 1972, une reforme monetaire a remplace Ie franc guineen par Ie syli, sur la base d'un syli pour dix francs guineens, sans que la contre valeur en or de la nouvelle monnaie et son taux de change par rapport au dollar soit modifies. Depuis 1975, Ie syli est rattache aux DTS sur la base d'un taux de change de 1 DTS pour 24,6853 sylis guineens. Mais Ie cours du syE sur Ie marche parallele a evolue en raison de la situation poli tique, du mauvais approvisionnement des magasins officiels en produits alimentaires et en biens de consommation, de la politique monetaire du gouvernement et du risque couru par les commer~ants prives. Au cours des dernieres annees, l'augmentation de la production miniere a permis d'accroitre les importa tions; en outre une politique monetaire deflationniste et une liberalisation des activites commerciales ont entraine une reevaluation sensible du syli sur Ie marl~he parallelej recemment, Ie cours du syli se si tuait entre 20 et 25% du cours officiel, contre 10% environ en 1975. Le Gouvernement a choisi d'ab sorber graduellement l'excedent de la masse monetaire, plutot que de proceder a une devaluation ou a une ponction monetaire, et cette approche a donne d'assez bons resultats. 2.51 Le mode d'utilisation de la monnaie locale par l'economie guineenne n'est pas uniforme: Ie secteur public utilise Ie syli a sa valeur officielle, y compris dans ses transactions avec Ie monde rural et Ie secteur prive; Ie marche parallele ne se sert du syli que sur la base dlun cours tres inferieur au cours officiel; les entreprises parapubliques, qui fonctionnent comme des· enclaves, effectuent leurs transactions en devises etrangeresj quant aUx petits exploitants agricoles, la plupart d'entre eux produisent ce dont ils ont besoin pour leur subsistance et operent presque totalement en dehors des circuits commerciaux. Dans ces conditions, la relation entre la monnaie, Ie credit et la croissance economique est extremement tenue, voire inexistante. - 32 2.52 Le credit bancaire sert principalement a financer les deficits de la production industrielle et des entreprises publiques en general. De 1973 a 1979, les entreprises publiques ont regu des credits bancaires atteignant au total 11,6 milliards de sylis, soit pres de 600 millions de dollars EU (Tableau 18). Le gouvernement estime que cette expansion du credit n'est pas inflationniste, puisque l'augmentation prevue de la production de biens et services par les entreprises publiques compensera l'expansion de la demande nominale. Mais les resultats recents des entreprises ne justifient pas cette prevision; il faudra en fait un certain temps pour que les entreprises publiques puissent atteindre les objectifs de production envisages et soient capab~es de faire un meilleur usage du credit. Une nouvelle expansion du credit aux entreprises publiques aurait pour consequence d'annuler les effets favorables de la politique deflationniste que Ie gouvernement a mis en oeuvre au cours des dernieres annees et qui a assez bien reussi a contenir la demande, la hausse des prix et la depreciation de la monnaie sur Ie marche parallele. L'expansion du credit aux entreprises publiques a ete partiellement compensee par l'amelioration de la position de l'Etat vis-a-vis du systeme bancaire; mais tel n'est plus Ie cas aujourd'hui. L'augmentation recente du capital des entreprises publiques financee par Ie gouvernement (voir a ce sujet la Section C sur les Finances publiques) a pratiquement epuise les excedents budgetaires accumules dans Ie Fonds de Reserve depose a la Uanque Centrale. Conscient de cette situation, Ie gouvernement a adopte des directives tras strictes, lors de la Conference economique nationale de 1980, pour limiter l'octroi de nou veaux credits aux entreprises publiques. L'efficaciie des nouvelles directives dependra de la fagon dont Ie gouvernement reussira a introduire des reformes institutionnelles et des changements de politiques destines a accroitre l'autonomie des entreprises publiques et leur responsabilite financierej ces reformes supposent des changements dans Ie systeme de prix, la politique d'emploi etc. Si Ie gouvernement ne remet pas en cause Ie systeme actuel qui sert en priorite les besoins des consommateurs urbains, les restrictions de credit affecteront principalement les secteurs les plus productifs de l'eco nomie, et notamment Ie secteur prive. 2.53 L'analyse de la"situation monetaire de la Guinee depend de la fagon dont on considere Ie role des entreprises publiques. Si ces entreprises sont assimilees a des services d'Etat, leurs depots bancaires ne doivent pas etre compris dans la masse monetaire. 11 Dans l'etude de la Banque sur les entreprises publiques nous avons estime que leurs depdts aupres du systeme bancaire pouvaient etre inclus dans la masse monetaire, du fait des respon sabilites confiees aces entreprises et de leur autonomie relative. 2.54 Au cours des dernieres annees, la masse monetaire a diminue en valeur relative et absolue, passant de 11,2 milliards de sylis en 1973 (49% du PIU) a 9,6 milliards de sylis en 1979 (33% du PIB: voir Tableau 18 ci-dessous). La politique deflationniste du gouvernement a ete executee au moyen d'une reduc tion de la monnaie en circulation et des depots a vue--notamment les depots prives--le total passant de 41% du PIB en 1975 a 23% a mi-1979. La quasi 11 Telle est la fagon dont ces avoirs sont classes par Ie FMI. - 33 Tableau 18: MONNAIE ET CREDIT 1973-1979 Sept. Sept. Dec. Dec. Dec. Dec. Juin 1973 1974 1975 1976 1977 197tl 1979 II (en millions de sylis) Masse mom:itaire (Ml + M2) 8.709 10.711 11.150 10.466 9.793 9.096 9.613 Monnaie (t11) 7.469 9.147 9.327 tl.221 8.365 6.838 6.609 Monnaie en circulation 3.250 3.991 3.641 3.109 1.597 2.076 2.874 Depots h vue 4.179 5.156 5.686 5.112 6.761:i 4.807 3.736 Quasi-monnaie (1'-12) 1.239 1.564 1.823 2.245 1.427 2.213 3.003 Depots i:t terme 226 338 541 380 426 176 210 Prefinancements d'importations 1.013 1.226 1.282 1.865 1.001 2.037 2.793 Credi t Interieur Brut 12.051 13.636 15.306 15.844 17.375 19.885 20.tl73 Creances Bur Ie secteur public 11.228 12.599 14.229 14.893 16.290 18.810 20.117 Etat 3.872 4.271 3.448 457 336 612 1.182 Entreprises publiques 7.356 8.328 10.781 14.436 15.954 18.198 18.935 Creances 8ur Ie secteur prive 823 1.037 1.077 951 1.035 1.075 756 Avoirs nets en devises -655 -818 -1.148 -2.337 -2.712 -3.896 -3.731 Y (en proportion du PIB) Masse monEitaire (Ml + M2) 44,9 50,3 48,6 39,4 36,7 31,6 33,0 Monnaie (til) 38,5 43,0 40,6 31,0 31,4 23,8 22,7 Monnaie en circulation 16,9 18,8 15,9 11,7 6,0 7,2 9,9 Depots i:! vue 21,5 24,2 24,8 19,3 25,4 16,7 12,8 Quasi-monnaie (M2) 6,4 7,3 7,9 8,5 5,4 7,7 10,3 Depots i:t terme 1,2 1,6 2,4 1,4 1,6 0,6 0,7 Prefinancements d'importations 5,2 5,8 5,6 7,0 3,8 7,1 9,6 Avoirs nets en devises -3,4 -3,8 -5,0 -8,8 -10,2 -13,5 -12,8 Note: Les chiffres ont ete arrondis. II Les donnees de decembre 1979 sont en cours de revision. y Les donnees preliminaires indiquent des avoirs nets en devises etrangeres de -5.194 millions de sylis (277 millions de dollars EU, soit 17,7% du PIB). monnaie a augmente, du fait de l'expansion des prefinancements d'importations par les entreprises publiques responsables de l'execution d'un programme general d'importations lui-m~me en expansion. Les restrictions monetaires ont surtout affecte Ie secteur prive et ont ete aggravees par l'hesitation des deposants prives a laisser leurs avoirs au pres du systeme bancaire, par crainte d'une reforme monetaire ou de l'introduction de nouveaux impots sur Ie revenu. La liberalisation du commerce prive a partir de 1977 a renforce Ie role de monnaie de reserve des monnaies convertibles en dehors du systeme bancaire. Le Gouvernement voulait abaisser les prix sur Ie marche paral1ele et reduire l'ecart entre Ie cours officiel du syli et son cours sur Ie marche parallele. Sa politique deflationniste a en partie reussi bien que la revaluation du syli sur Ie marche parallele (son cours a double depuis quatre ans) ait ete limitee par la penurie de biens importes officiellement. - 34 2.55 Le succes obtenu par Ie gouvernement dans la reduction de la masse monetaire et dans Ie contrale de l'inflation en periode de croissance economique rapide est une preuve supplementaire que l'economie souffrait d'un exces de liquidites; ce facteur a renforce la volante du gouvernement de poursuivre une politique monetaire deflationniste. Cependant la demonetisation de l'economie ne doit pas etre poussee plus loin sans une etude approfondie de ses consequences qui peuvent etre nefastes pour la croissance economique et aller a l'encontre des objectifs poursuivis. Mais les octrois de credit doivent etre plus directement orientes vers l'augmentation de la production et la promotion des activites du secteur prive notamment l'agriculture et la petite entreprise. . 2.56 La deterioration de la situation nette des avoirs en devises etran geres (de 32 millions de dollars en 1973 a -195 millions de dollars 17,7% en 1979) demontre l'incapacite dans laquelle se trouve la Guinee d'accroitre de fa90n substantielle ses reserves en devises etrangeres (qui representent actuellement environ un mois d'importations); elle reflete aussi l'augmentation de ses engagements exterieurs: du fait des problemes de balance de paiements de la Guinee ses engagements exterieurs ant ete multiplies par 3,5 au cours des cinq dernieres annees--soit un taux de croissance superieur a 27% par an. G. Prix 2.57 Peu de donnees sont disponibles sur les prix. Depuis l'independance, la Guinee a cesse de produire un indice des prix de gros et de detail. Les prix sont fixes par l'Etat sur la base de criteres economiques divers. D'une part, les prix agricoles a la production, les prix industriels et lesprix des services, d'autre part les prix d'exportation et les prix interieurs des biens de premiere necessite distribues par les circuits officiels sont soumis a un systeme complet de contrale des prix. Les prix des autres produits commer cialises par les entreprises publiques sont determines par l'addition d'une marge prealablement definie a la valeur CAF des importations. Tous les biens commercialises par les entreprises d'Etat sont vendus a un prix uniforme sur l'ensemble du territoire, ce qui suppose une subvention croisee en faveur des regions eloignees. Un grand nombre de produits sont rationnes, y compris les produits alimentaires de base. 2.58 L'etude des prix de detail de certains produits essentiels montre qu'ils ont augmente de fa90n sensible. Moyenne annuelle de·la hausse des prix officiels de certains produits types (en pourcentages) 1957-78 1968-78 1971-78 Riz 6,7 10,3 4,2 Sucre 10,1 14,3 Viande 5,2 Sel 8,8 Savon 7,9 Essence 7,6 Textiles 7,9-8,5 - 35 2.59 Les frequentes penuries et l'importance des transferts en nature et en especes a. 11 interieur de la "famille elargie" ont facilite Ie developpement d'un marche parallele important, ou les prix sont tres superieurs aux prix officiels. II semble cependant que les prix du marche parallele aient diminue en 1977 et soient restes stables depuis 1978, en raison de la politique deflationniste du gouvernement, de la liberalisation du commerce prive et de l'augrrentation des importations effectuees par des Guineens non-residents revenant de l'etranger. III - EVOLUTION DES PRINCIPAUX SECTEURS A. Enseignement et emploi 3.01 Depuis l'independance, la Guinee a fait preuve d'une perseverance exceptionnelle dans la mise en oeuvre d'une des reformes les plus profondes du systeme d'enseignement qui ait jamais ete entreprise en Afrique de l'Ouest: emploi des langues du pays dans l'enseignement primaire et participation obligatoire des eleves a. des travaux pratiques de caractere productif, prin cipalement dans l'agriculture. Le systeme d'enseignement a ete adapte pour qu'il cor responde aux valeurs culturelles et sociales d'un pays socialiste. Tout en accomplissant cette reforme, la Guinee a reussi a augmenter rapidement les ta'ux de scolarisation et a former un grand nombre de cadres et de techni ciens. Mais peu dlefforts ont ete faits pour adapter Ie taux d'expansion de l'enseignement aux objectifs economiques et aux besoins futurs du pays en main d'oeuvre; de ce fait, beaucoup d'eleves guineens quittent l'ecole sans avoir re~u la formation professionnelle necessaire et ne peuvent guere etre integres dans Ie systeme economique guineen. En outre, l'ampleur de la reforme et l'augmentation rapide du taux de scolarisation ont necessairement affecte la qualite de I' enseignement. 3.02 Le total des eleves dans l'ensemble des institutions d'enseignement est passe de 45.000 en 1958 a 363.000 en 1978/79, soit un taux moyen d'expan sion de ll~ par an. La croissance de l'enseignement primaire a ete relativement modeste par rapport a celle de l'enseignement secondaire, technique et supe rieur dont les effectifs ont ete multiplies par 43 de 1958 a 1978/79, passant de 2.547 a 110.686 eleves, soit un taux annuel de croissance de 21% (Tableau 19) • I. 'effectif du corps enseignant a augmente de 13,2% par an au cours de cette oeriode; une grande partie des professeurs expatries ont ete remplaces par des Guineans; en 1977/78, 22% des professeurs de l'enseignement superieur etaient encore des expatries. - 36 Tableau 19: EFFECTIFS DE L'ENSEIGNEMENT DE 1958 A 1978 Taux de croissance 1958 1968 1978/79 1958-78 1968-78 (en milliers d'eleves) Effectifs totaux 45,1 174,2 362,8 11,0% 7,6'/0 Enseignement primaire 42,5 144,4 252,1 9,3% 5,7'/0 Enseignement secondaire 2,5 29,1 89,9 19,5% 11,9% Enseignement superieur 0,6 20,7 41,5li1 Source: UNESCO: Education- Priorites et perspectives (juillet 1980). 3.03 Au cours de la periode 1977-79, les depenses d'enseignement corres pondaient a 4,2% du PIB de la Guinee, proportion moyenne pour l'Afrique de l'Ouest; elles absorbaient 24,3% du budget ordinaire et 12,9% du total des depenses publiques. La plupart des autres pays d'Afrique de l'Ouest affectent une plus grande partie de leurs depenses publiques a l'enseignement: 19 a 20% au Congo, au Ghana et en Mauritanie, 23% au Senegal, en Cote d'Ivoire et en Sierra Leone et plus de 30% au Mali et au Benin. 11 Cependant, ce type de comparaisons chiffrees est trompeur, du fait des differences dans la structure des depenses publiques. Comme dans les pays voisins les mains avances, Ie taux de scolarisation dans l' enseignment primaire guineen represente actuelle ment 34% du nombre d'enfants d'age scolaire. Au contraire Ie taux de scolarisation dans l'enseignement secondaire et technique (environ 15%) est analogue a celui des pays les plus developpes de la region; quant au taux de scolarisation dans l'enseignement superieur (6,9%), il est tres superieur a celui de taus les autres pays africains. L'aide etrangere au secteur de l'enseignement est relativement modeste. 3.04 Les resultats mediocres obtenus en matiere de scolarisation au niveau primaire, ainsi que dans les camp agnes d'alphabetisation des adultes en milieu rural, sont particulierement decevants; ce facteur a de graves conse quences pour Ie secteur agricole. Le taux de scolarisation primaire des enfants de 7 a 12 ans ne depassait pas 25% dans la region de Labe, 26% dans celIe de Kankan et 30% dans celIe de Kindia, contre 48% a Conakry. C'est seulement 24% des filles qui vont a l'ecole primaire, contre 45% des gar~ons. La situation s'explique de la fa~on suivante: premierement, les familIes emploient intensivement les enfants, surtout les filles, pour les travaux agricoles et menagers; deuxiemement, certains milieux musulmans sont hostiles a l'enseignement laique; enfin, troisiemement, les collectivites locales (PRL) ne disposent pas de ressources financieres suffisantes pour construire et equiper les ecoles primaires. Pour ameliorer la productivite de l'agricul ture, il est indispensable d'alphabetiser la population rurale. 11 Banque Mondiale: Comparative Education Indicators du 18 juin 1980 (proportion des depenses publiques et du secteur parapublic affectees a l'enseignement). L'enseignement absorbe environ 40% des depenses du bud get ordinaire en Cote d'Ivoire, mais seulement 22% de celui du Senegal. - 37 3.05 Quels que soient les resultats obtenus par Ie gouvernement, notamn~nt dans Ie domaine de l'enseignement superieur, il y a encore de nombreux problemes a resoudre. A la fin de leurs etudes la plupart des Heves n'ont pas les qualifications requises pour trouver un emploi dans l'economie guineenne. Le nombre de diplomes de l'Universite, et aussi dans une certaine mesure Ie nombre de techniciens, depasse de beaucoup Ie nombre de ceux que l'economie peut absorber; en sens inverse, il n'y a pas assez d'ouvriers qualifies dans l'indu!3trie et Ie batiment et d'agents d'encadrement dans 1 'agriculture; Ie nomJre des cadres administratifs et des gestionnaires est egalement insuf fisanL En outre, l'expansion rapide de l'enseignement, Ie manque d'instal lations et de materiel (ecoles, bibliotheques, laboratoires), l'insuffisance de la formation des enseignants ef, dans une certaine mesure, des programmes ont eu pour effet une diminution de la qualite de l'enseignement. 11 3.06 La Guinee doit aujourd'hui faire face a un manque de personnel technique et administratif bien forme, qui s' explique d'une part par Ie fait que depuis son independance Ie pays hesite a employer du personnel expatrie, d'autre part parce que la formation pratique est encore insuffisante. Ces diffeNnts facteurs affectent l'efficacite du pays dans Ie domaine de la preparation, de I' execution et du sui vi des projets, ce qui limite Ie volume des apports de capitaux etrangers et rend en fait necessaire I' emploi d' une assistance technique importante. Afin d'ameliorer cette situation, Ie Gouver nement vient de creer en 1981 un Ministere de l'Enseignement Technique Moyen et de la Formation Professionnelle, qui a pour objectif notamment la formation des techniciens et d'ouvriers qualifies plutot que des cadres superieurs. 3.07 II n'y a pas en Guinee de marche du travail au sens classique du terme. La loi garantit l'emploi dans Ie secteur public a tout eleve qui a acconpli avec succes un cycle de quinze ans d'etudes. La plus grande partie de la population travail Ie pour son compte dans de petites exploitations agricoles pour la consommation familiale; Ie secteur prive est peu developpe et emploie tres peu de salaries. L'offre et la demande de main d'oeuvre ne font pas l'objet d'une planification adequate; Ie placement des anciens eleves est dedde conjointement par Ie Ministere de l'Education et Ie Ministere du Travail. Par consequent, la structure de l'emploi dans Ie secteur moderne est Ie resultat de la politique suivie dans Ie domaine de l'enseignement; cependant, il n'existe aucun mecanisme de planification permettant d'harmoniser la politique de l'enseignement et l'emploi et d'orienter l'enseignement en fonction des besoins de l'economie. En 1978, Ie total de la main d'oeuvre etait estime a 2,3 millions, soit 45% d'une population totale d'environ 5,1 millions d'habitants. La population active (y compris les etudiants et les militaires) comprend environ 70% de la population totale. Environ 83% de la main d'oeuvre travail Ie pour son compte dans Ie secteur rural. Sur les 400.000 autres, approximativement 140.000 etaient en 1979 employes dans Ie secteur moderne: services publics et entreprises parapubliques (y compris les societes minieres et les entreprises connexes), d~nt 28% de fonctionnaires (Tableau 20). Le reste de la main d'oeuvre au bien est employe par Ie secteur prive formel ou informal ou bien travail Ie pour son compte ou bien est sans emploi. - 38 Tableau 20: SALARIES OFFICIELLEMENT DECLARES EN 1979 11 Nombre Proportion (%) Total 140.830 100 Administration 39.370 28 Entreprises publiques et parapubliques 101.460 72 - Secteur agricole 33.900 24,1 - Mines 11.301 8 - Industries de transformation 7.482 5,3 - Batiments 12.576 9 - Transports 9.353 6,6 - Services publics 8.815 6,3 - Secteur bancaire et commerciel 12.808 9,1 - Tourisme 3.125 2,2 - divers 2.100 1,5 1/ Non compris l'armee et la police. Note: Les chiffres ont ete arrondis. 3.08 L'echelle des traitements et salaires de tous les agents du secteur public est fixee par decret presidentiel et n'a pas ete modifiee de 1965 a juillet 1980. Jusqu'a l'augmentation recente des salaires, sur laquelle nous ne disposons pas d'information detaillee, l'echelle des traitements et salaires comprenait sept grades, allant du grade A (cadres superieurs) au grade G (ouvriers non qualifies). A chaque grade correspondait une echelle de salaires comportant generalement une dizaine d'echelons. Les salaires variaient entre 800 sylis par mois (Ie minimum du grade G) et 14.000 sylis par mois (Ie maximum du grade A). Les salaires moyens (y compris les allocations famili ales) variaient entre 3.000 et 3.500 sylis par mois (160 a 180 dollars EU) dans Ie secteur public. Les salaires des entreprises publiques tendent a etre plus eleves. Cependant les fonctionnaires et les agents des entreprises publiques ant des facilites pour s'approvisionner en produits alimentaires et biens de consommation sur Ie marche officiel: cet avantage augmente Ie pouvoir d'achat de leurs traitements et salaire par rapport au revenu des petits exploitants agricoles. Les cadres superieurs des entreprises reooivent aussi des indemnites de logement et de transport. Les salaires varient peu selon les secteurs. Ce facteur et la garantie de l'emploi ont pour effet d'affaiblir toute concurrence entre les diplOmes de l'Universite. La suspension au Ie renvoi sont des mesures rares et les resultats mediocres sont seulement sanctionnes par des penalites telles que l'absence d'avancement. Les syndicats ont ete remplaces par des organisations de travail leurs qui confient a des comites de travail leurs les relations avec la direction de l'entreprise. La stabilite des salaires et la securite de l'emploi n'encouragent guere les augmentations de productivite dans Ie secteur public ou n'incitent pas les employes a ameliorer leur competence professionnelle. - 39 3.09 L'augmentation du nombre d'etudiants formes par Ie systeme d'en seignement pose de graves problemes, dans la mesure ou la quasi stagnation du secteur moderne depuis six ans ne facilite pas I' absorption des tres nombreux diplom€~s de l'Universite et des ecoles techniques. Les administrations publiques qui embauchent une forte proportion des anciens eleves (35% en 197<i) ne pourront pas maintenir ce taux d'embauche au cours de la presente decennie. On esLme que I' enseignement superieur produira environ 90.000 diplomes du niveau B et C au cours de la periode 1980-1985; ce chiffre est tres superieur a I' offre d' emploi dans Ie secteur moderne. Le plan quinquennal 1981-19H5 se propose de reduire Ie desequilibre existant entre la formation des cadres superipurs, moyens et ouvriers qualifies et a cette fin de·diminuer d'environ 50 pourcent Ie nombre des etudiants au niveau universitaire. L'africanisation des entreprises minieres offrirait peu de possibilites d'emploi car celles-ci avaient a peine 300 cadres etrangers en 1978. L'absence de marche de la main d' oeuvre en dehors du secteur public peut freiner Ie developpement des entre prises privees et decourager les investisseurs etrangers. En sens inverse, Ie developpement d' un tel marche stimulerait I' ini tiative privee et encouragerait etudiants et agents du secteur public a travailler de fac;on plus efficace. B. Le Secteur Rural 3.10 L'agriculture emploie environ 83% de la population. La part de I' agriculture dans Ie PIB est tomMe de 58% en 1973 a 41% en 1979. On estime que Ie produit agricole a diminue depuis 1973 tant en valeur relative qu'en valeur absolue, ce qui s'explique principalement par l'augmentation de la valeur ajoutee du secteur minier et des activites connexes. Selon les esti mations, I' ensemble du secteur rural (elevage, sylviculture et peche compris) a diminue de 0,7% par an en termes reels entre 1973 et 1979. L'utilisation des prix officiels pour mesurer la production agricole a pu avoir pour effet de souHestimer la valeur ajoutee reelle du secteur. II n' en reste pas moins que Ie secteur rural est de moins en moins capable de satisfaire la demande interieure de produits alimentaires, de produire les matH~res premieres necessElires aux industries agricoles et d' exporter. 3.11 La Guinee qui, avant l'independance, pouvait satisfaire ses besoins alimentaires, a investi massivement dans la mecanisation de l' agriculture et cependant doit aujourd'hui importer des quantites import antes de produits alimenlaires: plus de 100.000 tonnes, estime-t-on, en 1978, dont plus de 90.000 tonnes de cereales. Au cours de la periode 1975-1977, Ie gouverne ment a cree 2.098 brigades mecanisees de production (BMP) et 2.211 brigades de culture attelee (BAP); a ces brigades ont ete donnes 450.000 hectares de terres a cultiver 11 et une aide considerable sous la forme de materiel, de soutien logistique et de services divers. La gestion mediocre des brigades et les faibles rendements obtenus ont limite la contribution qu I elles ont pu apporter a la production agricole. L'echec de la mecanisation s'explique principalement par l'insuffisance de la formation, Ie pauvrete des sols, Ie manque de pieces 11 L'Etat est proprietaire de la terre. - 40 par l'insuffisance de la formation, Ie pauvrete des sols, Ie manque de pieces de rechange et de carburant, la faiblesse des operations d'entretien et Ie fait que la mecanisation du labour n'a pas ete combinee avec l'amelioration des techniques agricoles. Le desherbage et la recolte continuent d'etre faits a la main; l'emploi de varietes ameliorees et l'application d'engrais restent encore tres limites. En outre, la mecanisation du labour n'est pas pratiquee de fa90n adequate et augmente les risques d'erosion. L'un des principaux autres obstacles au developpement de l'agriculture a ete l'absence d'incitations a la petite exploitation agricole et la mediocre qualite des services rendus par les entreprises d'Etat dans Ie transport, la transformation et Ie commerce des produits agricoles et dans la gestion du credit etc ••• La secheresse de 1977-78 et les attaques d'insectes en 1979 ant encore diminue les surfaces cultivees et les rendements. En ce qui concerne par exemple Ie riz (qui est a la base de la nourriture guineenne) les surfaces cultivees, qui atteignaient 459.000 a 473.000 hectares en 1973-76, ne depassaient pas 400.000 a 406.000 hectares en 1976-79; la production est tombee de plus de 425.000 tonnes en 1976 a environ 360.000 tonnes en 1979, for9ant Ie gouvernement a porter ses importations de riz a environ 67.000 tonnes en 1978, dont les deux tiers ont ete finances par l'aide alimentaire. 3.12 Les exportations agricoles ont fortement diminue. En outre, la mise en service de l'usine d'alumine de Fria en 1961 et des mines de bauxite de Boke et de Debele en 1973-74 a transforme la structure des exportations guineennes. Des plantations ant ete abandonnees ou mal gerees; de nouvelles plantations n'ont pas ete creees a cause du manque de devises, ou, quand elles l'ont ete, n'ont pas ete source d'exportations, a cause de l'inefficacite des entreprises publiques de transports et de commercialisation. Les petits exploitants ont decide de ne pas produire pour Ie commerce d'Etat en raison du manque de stimulants. Les exportations agricoles ne representaient en 1978 que 11% du volume atteint avant l'independance (voir aussi Chapitre II, Section D.). En outre, Ie manque de matieres premieres agricoles est l'une des principales raisons pour lesquelles les industries agricoles operent bien en dessous de leur capacite. Ce phenomene s'explique en partie par les facteurs suivants: les plantations industrielles ont ete mal entretenues et souvent abandonnees et les petites exploitations paysannes limitent leurs activites aux cultures de subsistance. 3.13 Bien que la quasi totalite de la production vivriere provienne des petites exploitations paysannes, les programmes gouvernementaux ont tres peu fait pour ces exploitations (tres recemment cependant Ie gouvernement a manifeste plus d'interet pour l'agriculture paysanne 1/). La promotion de projets de plantation a haute intensite de capital au moyen de subventions directes ou indirectes du gouvernement risque de concurrencer les petites exploitations paysannes et de reduire encore leur motivation de produire au dela des besoins de la consommation familiale. Une strategie de developpement rural visant a ranimer la petite exploitation agricole aurait plus de chances 1/ Voir Ie discours du President a l'ouverture de la Conference economique nationale (Horoya du 16 fevrier 1980). - 41 de succes; en effet de tels investissements ont habituellement un rendement eleve et meme une augmentation marginale de la productivite et des rendements peut avoir des resul tats tres importants du fait de la taille de ce secteur. L I expe::-ience du Groupe de la Banque en Guinee et dans d I autres pays montre que facile:; a developper sur une plus grande echelle. Dans Ie domaine agricole il s'agirnit de donner aux eleveurs les encouragements appropries, .!I de diffuser des vadetes ameliorees, d' employer des engrais et des insecticides, u' adopter un meil1eur espacement des semis, et de meilleures techniques de desherbaye, de remplacer les techniques de plantation directe du paddy dans les bas-fonds par la transplantation, de proceder a des amenagements hydro-agricoles tres simple;;; en employant des techniques de construction a forte intensite de travail, etc. Dans Ie domaine de I' elevage, il s' agirait d' intensifier les campagnes de vaccination et de sante animale, et de distribuer des pierres a lecher" II est egalement tres important de generaliser l'acces a llenseiynement primaire pour reduire Ie taux d' analphabetisation et de cette faISon, accroitre la productivite agricole. Une etude en cours etudie les differentes solutions qui peuvent etre envisagees par Ie gouvernement en matiere de prix et de commercialisation des produits agricoles, des biens de consomrnation et des facteul's de production pour inciter les pay sans a augmenter leur production en vue de diminuer les importations de produits alimentaires et d'accroitre les exportations. 3.14 Neanmoins, Ie programme agricole du gouvernement continue de donner la priori te aux grandes operations de mecanisation. En 1979, Ie youvernement a decide de creer 320 fermes agro-pastorales d'arrondissement (FAPA) dont la main d oeuvre est constituee par de jeunes diplomes des ecoles agricoles. l/ On eSpE!re que ces fermes non seulement produiront un excedent de cereales, de legumes et de produits de 11 elevage, mais encore serviront a encadrer les brigades de production et les producteurs individuels. Il est prevu que les FAPA devront etre capables de couvrir leurs depenses en trois ans et pourront ensuite fonctionner comme des entreprises autonomes dont les risques et les benefices sont supportes par leurs agents. Toutefois l'Etat financera les sal aires des agronomes et des techniciens pendant les trois premieres annees. Bien qu'il soit encore premature de porter un jugement sur cette experience, il seroit imprudent d'en attendre dlexcellents resultats: Ie capital initial et les moyens financiers des FAPA sont insuffisants; elles nlont qu'un accas li mite a l'aide etrangere pour leurs investissements et aux ressources nationales .!I L I introduction des incitations a la production estentravee par Ie caractere complexe des mesures requises dans les domaines du marketing, de la distribution et de I' ajustement des prix, ainsi que par la penurie de devises. Le Gouvernement espere accelerer cette action par la liberalisation du commerce prive. y Des 1973, Ie gouvernement a cherche a promouvoir des "societes coopera ti. yes socialistes" qui seraient Ie produit des ecoles rurales (Horoya du 14 juin 1973). L' addi tion en 1973 d' une l3eme annee d I etude dans 200 ecoles visait a former 6 a 7.000 diplomes pour ces cooperatives, et fHciliter ainsi Ie placement des etudiants sortants des facultes agro zootechniques. - 42 pour Ie financement des importations de pLeces de rechange, d'engrais etc ••• ; leurs cadres de direction et leurs techniciens manquent d'experience et les resultats obtenus dans ce domaine tant en Guinee que dans d'autres pays ne sont pas tres encourageants. Parallelement a la creation des FAPA, Ie gou vernement a decide de consolider les BMP et les BAP en Fermes agricoles communales (FAC). 3.15 En matiere de plantations industrielles Ie gouvernement encourage plusieurs grands projets qui portent sur une superficie tot ale de pres de 500.000 hectares; ces projets, qui visent a la production de riz, de soja, de cacao, de cafe, d'huile de palme et de caoutchouc, ont ete prepares en colla boration avec des firmes etrangeres et emploieraient du materiel moderne et des techniques de production sophistiquees. Les plus avances de ces projets sont les plantations de riz et soja dans la region de Kankan (Haute Guinee) avec l'aide de Western Cereals (Etats-Unis), des projets de plantations de produits tropicaux en zone forestiere qui ont ete identifies par SOCFINCO (Belgique) et Ie projet d'elevage et d'irrigation de SAPAL dans la region de Faranah (Haute Guinee). Ces projets sont destines a fonctionner comme des "enclaves" gerees par des societes privees ou des entreprises publiques; d'importants concours prives seront completes dans toute la mesure du possible par des aides publiques. ~ 3.16 En fevrier 1979, la Guinee a cree, conjointement avec Western Cereals, la Societe agro-industrielle de Guinee (SOAGRI) dont 80% du capital est guineen, 20% etranger•. Le premier objectif de cette association est de creer une plantation de riz irrigue de 10.000 hectares qui produirait et traiterait 50.000 tonnes de riz par an. Cette production viserait a remplacer les importations actuelles de riz et Ie gouvernement affecterait les devises etrangeres qui servent a financer les importations de riz a l'amortissement des coOts en capital du projet; Ie coOt de cette premiere phase etait estime a plus de 56 millions de dollars EU en 1979; sa realisation devrait s'etendre sur cinq a six ans. La deuxieme phase comprendrait Ie developpement sur lU ans d'une exploitation de 150.000 hectares de soja, qui produirait environ 300.000 tonnes de soja pour l'exportation. Les coOts d'investissement de cette deuxieme phase etaient estimes a 200 millions de dollars EU. L'accord creant SOAGRI a pour objectif ultime la culture de 30.000 hectares de riz et de 150.000 hectares de soja 11 a 12 ans apres Ie debut du projet. Le gouverne ment a annonce son intention d'entamer les travaux de construction en 1980, bien que d'importants elements d'information sur les aspects techniques, economiques et financiers du projet n'aient pas encore ete reunis et qu'on puisse avoir de serieux doutes sur sa justification. 3.17 SOCFINCO - VAN LANCKER (Belgique) a identifie plusieurs projets, principalement en Guinee forestiere, pour la production de caoutchouc (30.000 hectares dans les regions de Yomou et de Lola), de cafe (15.000 hectares dans les regions de Macenta, Lola, N'Zerekore et Gueckedou), de cacao (15.000 hectares dans les regions de Macenta, de Lola et de N'Zerekore), de palmier a huile (20.000 hectares dans les regions de Yomou et de N'Zerekore), de cocotier (8.000 hectares dans la region de Forecariah); la societe prevoit aussi un ranch d'elevage (23.000 bovins dans la region de Beyla) et la production de semences selectionnees (1.510 hectares dans la region de Kankan). L'investis - 43 sement total est estime a 370 millions de dollars EU en prix de 198u. La plupart de ces projets viseraient a reconstituer Ie potentiel d'exportations agricoles qui existait avant l'independance; Hs paraissent conformes aux avantaqes comparatifs de la Guinee et des regions concernees en matiere de cultures tropicales •. Les etudes sont assez detail lees pour donner au youverne ment et aux sources de financement exterieures les moyens necessaires pour une premiere evaluation de la justification du projet. 3.18 Le projet SAPAL qui serait situe dans la zone de Faranah (Haute Guinee: prevoit Ie developpement d'un ranch d'elevage de 3U.OUO bovins et d'un elevago industriel de volaille; H prevoit egalement l'irrigation de 2U.UUU hectares pour la production de legumes et d 'aliments pour les volailles. 3.19 La Guinee dispose d'un potentiel hydraulique qui lui permettrait d' optiniser I' emploi des ressources en eau dans Ie secteur agricole. Certes l'irriqation n, est pas absolument indispensable; en effet la plus grande partie du pays re~oit des pluis suffisantes pour des cultures seches; neanrnoins un meiJ.leur contrale de l,eau permettrait d'accroitre les rendements, de divers.i.fier les cultures, et de stabHiser la production. Sauf Ie Fouta Djalon et les rnontagnes du Sud-Est, toutes les regions de la Guinee ont un potentiel hydraulique a long terme important pour l'irrigation et/ou Ie contrale de l'eau: (H) en Haute Guinee, l' amenagement des fleuves Niger, Tinkisso, fvlillo, Fie et de leurs affluents permettrait la realisation de projets economiques d'irrigation--pour les petites exploitations et les grandes plantations--dans Ie bassin de ces fleuves; (b) en zone forestiere, Ie contrale des fleuves et ri vieres permet trait d'augmenter la production des cultures de bas-fonds, princi paIement celles des petites exploitations; (c) les zones catieres de la Guinee Maritime sont propices a la culture intensive du riz dans les lagunes salees e d'autres cultures dans les marais cotiers; enfin (d) les plaines de laregion de Gaoual-Koundara au nord du Fouta Ujalon ont un potentiel hydroagricole plus modeste mais de meme nature que la Haute Guinee. Bien que Ie developpement de l'irrigation soit plus simple en Guinee que dans les pays Saheliens, il suppose neanmoins des investissements importants pour l'installation et Ie fonctionnement de systemes de pomp age en Haute Guinee, Ie contrale de la salinite en Guinee Maritime etc. 11 II est donc tres impor tant d'etudier avec soin la viabilite economique et financiere de ces projets. II Pour une analyse plus detaillee de ces problernes, consulter l'etude de factibilite du Projet de developpement rizicole par la SOGREAH (juin 1977) • - 44 C. Le Secteur minier 3.20 Le secteur mlnler, qui emploie 6.400 personnes, comprend trois grandes entreprises: la CBG (Compagnie des Bauxites de Guinee), l'OBK (Office des Bauxites de Kindia) et FRIGUIA. La production totale de bauxite depasse 12 millions de tonnes par an, dont environ 2 millions de tonnes servent a fabriquer 600.000 tonnes d'alumine. En 1979, Ie secteur minier representait 18,5% du PIB, c~ntre 4,2% en 1973; en outre, les exportations de bauxite et d'alumine de l'annee atteignaient 360 millions de dollars EU, soit plus de 96% des recettes totales d'exportation. Les recettes en devises convertibles du secteur minier, nettes des couts d'exportation en devises et des paiements au titre de la remuneration des facteurs, depassent 130 millions de dollars EU (Tableau 17). Les entreprises minieres fonctionnent de fa90n assez satis faisante, mais sous la forme d'enclaves sans rapports importants avec Ie reste de l'economie guineenne. 3.21 La CBG est la plus importante des entreprises guineennes; elle possede et exploite la mine de bauxite deSangaredi (l'une des plus impor tantes du monde) ainsi que les installations ,de traitement et de stockage et les installations portuaires de Kamsar. La CBG, creee en 196~, est une societe mixte associant la Guinee (49%) et Ie Consortium HALCO (51%). Les fonds propres ont ete apportes par Aluminum Company of America (ALCOA), Harvey Aluminum Werke (Allemagne de l'Ouest) Pechiney (France) et Montecatini Edison (Italie). Pour Ie financement de l'investissement, 363 millions de dollars EU ont ete empruntes par HALCO (245 millions de dollars EU), Ie gouvernement (deux pr~ts de la BIRD d' un mont ant total de 73,5 millions de dollars EU) et la CBG (44,5 millions de dollars EU). Les reserves prouvees de Sangaredi etaient estimees en octobre 1979 a 121 millions de tonnes d'un minerai d'excel1ente qualite dont la teneur en alumine etait de 60,5%. Mais en fait les reserves tot ales du gisement de Sangaredi sont estimees a environ 200 millions de tonnes de minerai a haute teneur et on estime que les reserves totales de la region de Boke atteignent au moins 1.750 millions de tonnes. La production a commence en aout 1973. La capaci te actuelle des installations ./ de la CBG atteint 9 millions de tonnes par an; la compagnie emploie 2.100 salaries--2.750 si lIon inclut Ie personnel de 110ffice d'Amenagement de Boke (OFAB)--et produit environ 8 millions de tonnes de bauxite par an, qui rap- portent environ 200 millions de dollars EU de recettes d'exportation, dont pres de la moitie sont pour Ie gouvernement des gains nets en devises etran geres. Les reserves identifiees et l'infrastructure existante permettraient d'accroitre la production d'environ 3 millions de tonnes par an. 3.22 FRIGUIA possede et exploite la mine de Fria-Kimbo, l'usine d'alumine de Fria, et des installations ferroviaires et portuaires. FRIGUIA est une societe mixte associ ant la Guinee (49%) et FRIALCO, un consortium prive de producteurs d'aluminium fran9ais (Pechiney), americains (Noranda), britanniques (BACO), suisses (Alusuisse) et d'Allemagne de l'Ouest (VAW). La compagnie produit environ 2 millions de tonnes par an de bauxite de qualite moyenne (teneur en alumine de 46,5% et teneur en silice de 2,5%). Les reserves prouvees atteignent 31 millions de tonnes; mais les reserves probables--dans un rayon de 12 kilometres de la mine--atteignent 200 millions de tonnes de minerai de - 45 qualite analogue. 5i l'on prend en consideration d'autres gisements situes a une distance de 50 km, les reserves probables augmentent encore de 215 millions de tonnes: FRIGUIA a commence a produire en 1960, mais la capacite theorique de l'usine d'alumine (700.000 tonnes par an) n'a encore jamais ete atteinte. La production annuelle d'alumine varie entre 600.000 et 650.000 tonnes. L'alumine est achetee par les membres de FRIALCO a des prix contrac tuels indexes sur les prix mondiaux de l'aluminium et du petrole. FRIGUIA emploie environ 2.000 personnes; ses recettes brutes d'exportation atteignent envirc,n 100 millions de dollars EU par an, dont pres d' un quart sont pour Ie gouveI'nement des gains nets en devises etrangeres. En juillet 1975 Pechiney a soumiE, un plan d'expansion de la capacite a 1,3 millions de tonnes par an. Les membres de FRIALCO ont marque leur interet pour ce projet--dont Ie coat depasserait 700 millions de dollars EU en prix courants--mais Ie financement n'a pas encore ete obtenu. Une etude de factibilite est en cours d'execution; elle devait etre terminee vers la fin de 1980. 3.23 La societe d'Etat OBK possede et exploite la mine de Debele et des installations portuaires et ferroviaires. Realise avec I' aide de l'Union 50vietique, l' investissement a coate environ 100 millions de dollars EU: les reserves prouvees de la mine etaient estimees a 31 millions de tonnes en juHlet 1979. On pense que des gisements plus importants existent dans la region du plateau de Kindia. La capacite annuelle theorique d' OBK est evaluee a 3 Oll 3,5 millions de tonnes; la production, qui a commence en juin 1974, atteint environ 2,5 a 2,6 millions de tonnes de bauxite de qualite moyenne, dont 1a teneur en alumine est de 48l'O. L'Union 50vietique importe 90l'O de la production. La moitie des recettes d'exportation est affectee au service des emprunts a moyen et a long terme de la Guinee a l'UR5S; 40% des recettes d'expClrtation servent a financer des importations en provenance de l'UR5S dans Ie cadre d'accords bilateraux de clearing (ces importations comprennent les biens et fournitures importes par OBK pour ses propres besoins). Les 10% restants correspondent a des exportations vers l'UR55 ou d'autres pays d'Europe de l' Est, dans Ie cadre d' accords bilateraux. L'OBK emploie 1. 700 personnes; les rE~cettes d'exportation atteignent environ 50 milli:ons de dollars EU par an. 3.24 Outre l'expansion eventuelle des exploitations minieres ci-dessus, un autre grand projet minier est a un stade avance de preparation: il s'agit du projet de mine de fer de Mifergui-Nimba, au Sud-Est de la Guinee, pres de la frontiere du Liberia. Mi fergui-Nimba est une societe mixte fondee en 1973 entre la Guinee (50l'O) et plusieurs societes d'Algerie, du Japon, d'Egypte, de France, du Liberia et d'Espagne; l'objet de la societe est de developper et d'exploiter les gisements d'hematite a ciel ouvert du Mont Nimba. II s'agit < en fait de trois grands gisements d'hematite dont les reserves atteignent au total 800 millions de tonnes de minerai d'une qualite exceptionnelle (une teneur en fer de 65 a 67l'O). Les etudes de factibilite et d'engineering ont demontre qu'il etait possible de realiser un premier projet qui serait base sur l'exploitation du gisement Pierre Richaud (300 millions de tonnes de minerai d'une teneur moyenne en fer de 66,7%) et produirait 15 millions de tonnes. Le coat d'investissement est estime a environ 1 milliard de dollars EU, en prix de 1979. L'execution du projet de Mifergui-Nimba depend de la solution de plusieurs problemes, notamment la conclusion d'accords de transport adequats avec LAMCO (Liberia) pour l'utilisation du chemin de fer liberien de - 46 la societe et de ses installations portuaires a Buchanan, la conclusion d'accords fermes pour la commercialisation du minerai et Ie choix d'un parte naire technique de qualite. D'apres des indications recentes, il semble que les problemes de transports et de choix du partenaire technique puissent etre resolus de fa90n favorable, ce qui permettrait de faire demarrer Ie projet des 1985-86. 3.25 L'abondance des ressources minieres de la Guinee a permis d'identi fier un certain nombre d'autres projets de bauxite (Aye-Koye, DaboIa, Tougue et Gaoual), de minerai de fer (Simandou) et de ciment (Lebekere, Kindia, Siguiri). Des gisements d'uranium font l'objet de recherches geologiques executees par COGEMA (France), AGIP (Italie) et PNC (Japon) dans Ie cadre d'un protocole conclu avec Ie gouvernement. L'exploitation commerciale des diamants, qui a ete interrompue il y a dix ans, devait reprendre en 1980 grace a l'ouverture d'une mine et d'une installation de traitement a Conakry d'une capacite de 10.000 a 20.000 carats par mois; ce projet est realise en associa tion avec Charles Anthony Diamonds Inc. (Salt Lake City USA). 3.26 L'exploitation des vastes ressources minieres de la Guinee est freinee par Ie coat eleve des investissements, par l'importance des infra structures necessaires, par la stagnation generale des marches du minerai de fer et de la bauxite et par la concurrence de projets analogues dans d' aut res pays•. D. Industrie 3.27 Le secteur industriel moderne comprend 34 entreprises publiques placees sous Ie contrOle de l'Office de Coordination Financiere de l'Indu strie (OCOFI) et environ 26 entreprises privees. 11 Les entreprises d'Etat du secteur industriel sont peu nombreuses, mais elles ont joue un rOle important dans la strategie de developpement du gouvernement depuis l'independance. Une part considerable des investissements prevus dans Ie cadre des deux premiers plans de developpement (1960-63 et 1964-71) etait destinee au financement de projets industriels. Au cours de la periode 1976-79, les entreprises d'Etat du secteur industriel ont absorbe 60~ des investissements fixes des entreprises publiques et 67% des nouveaux emprunts exterieurs contractes par Ie gouverne ment pour Ie compte d'entreprises publiques. 3.28 Malgre la priorite accordee par Ie gouvernement au developpement industriel, Ie secteur joue un rOle negligeable dans la production, l'emploi et les finances publiques du pays (Tableau 21). En 1979, la production des entreprises industrielles d'Etat representait moins de 5% du PIB; ces entre prises employaient environ 5~ de la main d'oeuvre du secteur modeme, soit 0,2% de la population active de la Guinee. Les entreprises privees, en 11 Le present chapitre ne traite pas des petites industries et des entre prises traditionnelles; la valeur de leur production n'est pas integree dans l'estimation des comptes nationaux. - 47 g~n~ral tr~s petites, fonctionnent pratiquement comme des entreprises art i sanales; elles fabriquent des textiles, des meubles, des produits de beaute et des produits alimentaires pour Ie marche local. 1/ Les exportations industri elles sont negligeables. 3.29 Sauf quelques exceptions, les entreprises industrielles d'Etat fonctiJnnent en general ~ 10 ou 30~ de leur capacit~: la p~nurie de devises ne permet pas de realiser les renouvellements et les op~rations d'entretien necessaires et limite les importations de mati~res premi~res d'origine locale (notamment en mati~res premi~res agricoles) est insuffisant; les entreprises rencontrent de serieux probl~mes techniques et de gestion et la commerciali sation d~s produits est inadequate. II y a cependant plusieurs entreprises dont la production est proche de la capacite maximum: par exemple l'ENTA qui traite Ie tabac et produit des allumettes et la SOGUIFAB qui fabrique des objets en aluminium. Ce sont ces entreprises qui r~alisent la plus grande partie des benefices d'exploitation des entreprises industrielles d'Etat (Tableau 21). Au contraire les entreprises agro-industrielles (sauf l'ENTA) n'utilisent qu'une faible proportion de leur capacit~ (en moyenne 18% au cours des quatre derni~res annees). Plus de 60% des entreprises industrielles d'Etat sont situees dans la region de Conakry; elles emploient pres de la moitie de la main d'oeuvre du secteur. Les entreprises de la Region Maritime emploient 74~ de la main d'oeuvre du secteur, celles de la R~gion Forestiere 12~, celles de Moyenne Guinee 10~ et celles de Haute Guinee 4%. 3.30 Depuis 1975, Ie gouvernement s'int~resse a la remise en etat des installations industrielles existantes. Le progr~s est lent: il depend de l' octroi de financements exterieurs pour Ie renouvellement des immobilisations. Le gouvernement a demande Ie financement de la remise en etat de 24 des 34 entreprises industrielles existantes; les resultats suivants ont ete obtenus: (n) une entreprise (SIFRA) a ete remise en etat et en meme temps transformee en Societe mixte--SALGUIDA--(jus de fruit et conserves); (tI) la remise en etat de neuf entreprises est en cours, notamment UUA (oxygene et acetyl~ne), SIPECO (fabrication de peinture) et SUBRAGUI (brasserie et boissons gazeuses); (e) Ie financement necessaire a ete obtenu pour trois autres entreprises; les travaux devraient commencer en 1980. II s'agit de SUNFUNIA (fabrique de meubles), CTS (usine textile) et FRUITAGUINEE (boissons gazeuses) ; (d) Ie gouvernement recherche Ie financement de la remise en etat de onze autres entreprises (mat~riaux de construction; industries aliment aires et agro-industries). 1/ Les statistiques disponibles ne donnent que les chiffres de production des entreprises d'Etat controlees par l'OCOFI. - 48 Tableau 21: INDICES CHOISIS DE L'ACTIVITE DES ENTREPRISES D'ETAT en 1979 Sous Nombre Nombre Traitements Benefices (ou pertes) Secteurs d'entre- d'employes et salaires d'exploitation prises 1I -------(en millions de sylis)------ 1978 1979 Y Aliments, boissons et tabac 12 4.347 139,6 271,8 (4,2) JI Produits chimiques 10 681 22,7 14,6 26,6 Produits metalliques, equipement 4 746 28,8 75,6 43,7 Bois et produits de l'industrie du bois 4!1 413 13 ,6 (16,4) (15,4) Produits miniers non metalliques 3 124 4,4 (30,3 ) (33,7) Textiles, vetements et articles en cuir 1 250 7,7 0,5 (26,5) TOTAL 34 6.561 216,8 315,8 (2..22) 1/ Y compris des entreprises"fermees en vue de leur reorganisation. 1/ Les statistiques de 1978 remplacent celles de 1979 quand celles-ci ne sont pas disponibles. JI L'usine a cigarettes d'ENTA a ete fermee pour reorganisation en 1979; mais les depenses d'exploitation sont pratiquement restees au niveau de l'annee precedente. 4/ L'usine de produits du bois de Seredou n'est pas encore exploitee com me rc ial ement • Source: Guinee: Etude du Secteur des Entreprises Publiques. Rapport No. 3046-GUI (juin 1980). 3.31 Le Troisieme Plan de Developpement a mis l'accent sur la remise en etat d'entreprises existantes plutat que sur la creation de nouvelles industries. Depuis 1975 une seule entreprise nouvelle (ENIPHARGUI: produits pharmaceutiques) a commence a produire; une autre entreprise a ete creee (OFFITAB: produits a base de tabac), mais il s'agit en fait d'une filiale de l'ENTA; enfin sept autres projets sont a un stade avance d'etude (fabrication de gari; broyage de clinker; travail du bois; deux ateliers de reparation mecanique; et une entreprise de contrale de qualite). Au total ces projets necessitent un investissement d'environ 500 millions de sylis (25 millions de dollars EU). En outre 81 millions de sylis ant ete depenses sur un projet de cimenterie a Mali (Haute Guinee), qui a finalement ete abandonne. Plusieurs projets industriels sont en cours de negociation avec des sources exterieures de financement: fabrique de chaussure, traitement du compost, transformation du jute, fabrication de gari; l'investissement total envisage atteindrait 817 millions de sylis (41 millions de dollars EU). - 49 3.32 Le gouvernement etudie la mise au poiht et Ie financement de plu sieurs grands projets industriels (investissement total de 10 milliards de sylis, soit 500 millions de dollars EU) qui n'en sont encore quia un stade tres preliminaire: traitement de la ferraille; fabrication de farine; plantation de canne a sucre; cimenterie et extraction de sel marin. E. Energie et Adduction d'eau 3.33 Le bois de chauffe et Ie charbon de bois fournissent les deux tiers de la consommation d'energie de la Guinee; les importations de produits petroliers fournissent Ie tiers .restant. En 1978, l'electricite d'origine hydraulique fournissait a peine 1% de 18 consommation d'energie primaire du pays (Tableau 22). Environ 66% de l'energie est consommee par les foyers domestiquesj 24% sert a des usages industriels, principalement l'extraction et la transformation de la bauxite. 3.34 Le bois de chauffe est encore la principale source d'energie pour la cuisine et les autres usages domestiques en zone urbaine et rurale. L'em ploi intensif du bois entraine un deboisement particulierement sensible au nord dans 1a Region de savane. La mission economique de la Banque a estime que la Foret a produit 8,5% du PIB de la Guinee en 1979, soit 20,9% de la valeur ajoutE!!e produite par Ie secteur rural; a titre de comparaison, la contribution de l'~msemble des services publics representait seulement 0,8% du PIB. Tableau 22: . CONSOMMATION D'ENERGIE PRIMAIRE EN 1978 estimations provisoires Sur la base de l' equivalent de LOOO tonnes de petrole brut: Consommation Foyers Industrie Transports 2/ Divers totale domestigues Bois de chauffe et charbon de bois 726 726 Prodults petroliers importes 376 1 259 116 Essence 61 61 Diesel 52 5 47 Carburant pour jet/ kerozene 9 1 8 fuel 254 254 Hydroelectricite!l 11 4 4 3 TOTAL DE LA CONSOMMATION D'ENERGIE 1.113 731 263 116 3 1/ Calcule sur la base des distributions d'electricite par la SNE. 11 Non comprise la consommation de produits petroliers par la CBG et fRIGUIA. Source: Rapport d'evaluation sur Ie Premier Projet d'Energie (Rapport No. 3055 GUI) Estimation des services de la Ba~que. - 50 3.35 La Guinee importe de grandes quantites de produits petroliers: pres de 400.000 tonnes en 1979, soit plus de 70 millions de dollars EU et plus de 20% du total des importations. Les importations de produits raffines du secteur public consomment pres du tiers des recettes en devises du secteur. Un permis d'exploration petroliere off-shore sur 22.000 km 2 de bassin sedimentaire a ete accorde a Union of Texas; l'accord a ete signe en janvier 1980. Si l'exploration permet de decouvrir des yisements d'hydrocarbures commercialement exploitables, une societe mixte sera creee entre la Societe Guineenne des Hydrocarbures (SGH) et Union of Texas, chacun des partenaires detenant 50% de la societe; la production pourrait commencer dans Ie delai de dix ans apres la decouverte. Les reserves et Ie volume de production eventu elle sont encore inconnus. Le gouvernement est en train de negocier avec des entreprises canadiennes une concession d'exploration petroliere off-shore. 3.36 La Societe Nationale d'Electricite (SNE) dessert Conakry, sa banlieue et 21 villes et villages. Moins de 5% de la population guineenne a acces a l'electricite; officiellement, 20% seulement des habitants de Conakry sleclai rent a l'electricite. 1/ Alors que les habitants du monde rural sont 4,3 millions, clest seulement 400.000 environ qui vivent dans des communautes OU arrive l'electricite; parmi ces 400.000, 110.000 sont clients de la SNE. Des centrales hydrauliques fournissent 88% des 149 GWh produits par la SNE en 1978 pour Ie reseau public; les 12% restants proviennent de centrales ther miques qui consomment du fuel diesel importee La puissance installee de la SNE est d'environ 65 MW, non comprises les centrales d'entreprises, notamment les societes minieres. L'irregularite des fournitures d'electricite par la SNE est encore un obstacle au developpement industriel. La concentration de la demande industrielle et commerciale et de la population industrielle dans la region cotiere devrait permettre de remplacer Ie carburant importe par de l'electricite produite localement, dont les couts de transport resteraient faibles. 3.37 Le relief et Ie regime pluvial de la Guinee lui donnent une capacite theorique d'environ 6.000 MW d'electricite hydraulique, pouvant produire jusqu'a 35.000 GWh par an: ces chiffres ressortent d'un inventaire des sites hydroelectriques du pays fait par l'Electricite de France (EDF) en 1949. Mais comme les pluies sont tres saisonnieres (de juin a septembre), la construction des barrages et des reservoirs exige des investissements tres couteux. La Banque est l'Agence de l'Execution d'une etude financee par Ie PNUD qui vise a mettre au point un Plan Directeur des Ressources hydrauliques du pays. Outre l'identification et l'evaluation preliminaire des principales sources d'hydroelectricite et de leur emploi eventuel, Ie Plan Directeur etudierait les autres utilisations possibles des ressources hydrauliques du pays: agri culture, approvisionnement de la population en eau et transports fluviaux. 3.38 Le site hydroelectrique Ie plus important est celui de Souapiti sur Ie Konkoure. La construction d'un barrage et d'une centrale hydraulique a 11 En fait Ie grand nombre de raccordements illegaux porte cette proportion a 60%. Voir Rapport d'evaluation de la Banque Mondiale sur Ie Premier Projet d'Energie (3055 GUI de 1980). - 51 - Souapiti couterait 1.4 milliard de dollars EU; la puissance installee pourrait atteindre 750 t-IW et la production annuelle 3.700 GWh. Le projet vendrait 63% de sa production a une fonderie d'aluminium produisant 155.0UO tonnes d'aluminium par an; Ie reste serait reserve a la consommation locale dans les zones de Kamsar, Fria, Kindia et Conakry. Le projet integre de Konkoure est en cours d'evaluation en fonction de facteurs tels que la viabi lite d'une fonderie d'aluminium, les possibilites d'approvisionnement en alumine, Ie coat de l'energie produite par Ie barrage de Souapiti, la .demance d'electricite, Ie plan de financement du projet, les dispositions envisagees pour la commercialisation de l'aluminium et la capacita d'absorp tion Cie la Guinee pendant la periode de construction. Ce projet integra peut avoir un impact important sur l'ensemble de l'economie guineenne; mais les risques sont eleves du fait de la dimension de l'investissement et des couts d' exploi tation, du service de la dette, de la nature des benefic.es nets et de l'impHct de l'investissement et du coat de I' electrici te sur l' ensemble du secteur de l'energie. Dans sa conception presente, Ie projet de Konkoure produirait de l'electricite relativement chere, que la fonderie d'aluminium acheterait a des tarifs qui seraient en fait subventionnes par les usagers individuels. Le cout marginal de l'electricite pour les usagers locaux atteindrait un niveau equivalent a neuf fois Ie tarif actuel de la SNE. Ce factel!r risque de decourager les consommateurs eventuels et de maintenir la demancle a un niveau inferieur a celui qui serait necessaire pour assurer la justification economique du projet. 3.39 Le projet de Souapiti influencera toutes les decisions d'investisse ment dans Ie secteur de l' energie. La plus grande partie de la demande industrielle et urbaine est concentree dans la zone que desservira Ie reseau de Souapiti; Ie volume de la production du barrage sera tel qu'il rendra inutile tout autre projet similaire pendant 15 a 20 ans. Par consequent, avant de prendre une decision finale sur Ie projet de Souapiti, il convient d'evaluer de faQon complete les merites des autres sites hydrauliques et l'emploi d'autres sources d'energie, en vue de formuler un plan a long terme du secteur qui soit optimal. L'achevement des etudes en cours, des travaux preparatoires--si les etudes demonstrent la justification du projet--et de la construction du projet prendra au minimum huit a dix ans. 3.40 La Guinee n'a pas veritablement de politique des prix de l'energie et la justification des prix pratiques est deformee par la surevaluation du syli. La consommation d'energie est determinee par l'existence d'un raccorde ment au reseau et par l'offre effective plutOt que par les prix. Le secteur moderne et la population urbaine beneficient en fait d'un traitement privilegie en matiere d' approvisionnement en produits petroliers et de fournitures d'electricite. Les tarifs de la SNE n'ont pas ete revises depuis 1975. Au taux oe change officiel, ces tarifs sont analogues a ceux des autres pays c8tiers d'Afrique de l'Ouest; mais ils ne sont pas suffisants pour permettre une recuperation totale des couts, notamment si Ie calcul des couts de fonctionnement des installations de la SNE tient compte du coat reel des devises. Le manque de devises est la principale cause du mauvais entretien. 3.41 La Guinee dispose de ressources hydrauliques importantes; neanmoins ces ressources hydrauliques sont encore mal connues en dehors de la zone de Conakry. La plupart des fleuves sont des cours d'eau permanents qui suffisent, - 52 mame en saison sache, a assurer Ie ravitaillement en eau des centres urbains vo~s~ns. En zone rurale, la population tire la plus grande partie de l'eau dont elle a besoin de ruisseaux et de puits peu profonds: il s'agit surtout de puits creuses manuellement qui tarissent pendant la saison sache; les habitants doivent donc'parcourir de longues distances pour trouver de l'eau. En 1978, clest seulement 11 a 12% de la population totale--44% des habitants des villes et 2,5% de la population rurale--qui avait acces a de l'eau potable (reseau d'adduction d'eau et puits non contamines). Cinquante-deux pourcent de la population de Conakry est desservie par 6.000 branchements individuels (29~) et 100 bornes fontaines (23%). Conakry et quatre autres centres urbains sont desservis par llEntreprise Nationale de Distribution d'Eau de Guinee (DEG). Le reseau d'adduction d'eau dans les autres villes est generalement limite aux zones occupees par les services publics: administrations publiques, ecoles et hopitaux. II n'y a de reseau d'assainissement qu'a Conakry (ou la plus grande partie du systame est actuellement inutilisable) et dans les villes miniares de Kamsar et de Fria. De fagon generale, Ie secteur est handicape par l'insuffisance de l'investissement et de l'entretien. F. Transports 3.42 Le reseau de transports de la Guinee comprend environ 14.000 km de routes classees. (routes nationales, routes secondaires et pistes rurales), 1.100 km de voies ferroviaires, deux ports en eau profonde et dix aeroports. Le reseau routier comprend 1.087 km de routes bitumees, 19.926 km de routes en terre et environ 6.000 km de pistes rurales. L'axe central (Conakry-Mamou Dabola-Kankan) a toujours ete la principale voie de transport du pays. II comprend 600 km de voie ferree, construite il y a soixante-dix ans, Ie long de laquelle se trouve une route qui n'est pas bitumee au dele de Mamou. Une route secondaire vers Ie Sud Est relie Mamou a Kissidougou et N'Zerekore, une autre va vers Ie nord jusqu'au port de Kamsar. La route Mamou-Kissidougou Kankan est presqu'entiarement revetue (442 km sur une longueur tot ale de 512 km). De nombreux camionneurs evitent donc de prendre la route directe Mamou Dabola-Kankan et passent par Kissidougou et ajoutent ainsi une centaine de km a leur parcours. Les transports routiers assurent environ 80-85% du trafic de marchandises. Le trafic ferroviaire de marchandises diminue d'annee en annee: de 46.000 tonnesen 1965, il est tombe a 27.000 tonnes en 1973 et a 12.000 tonnes en 1977; en 1977 Ie chemin de fer a transporte 417.000 passagers, dont plus de 90% sont des voyageurs qui font llaller et Ie retour dans la journee. Le chemin de fer est de moins en moins capable d'entretenir et de renouveler son materiel et son infrastructure. La chute du trafic de marchan dises a commence peu apras 1960 avec Ie declin de la production agricole et Ie retour progressif des paysans a la culture de subsistance. Le transport aerien joue en role assez important dans Ie transport interieur des passa gers. Les lignes de Kankan, Boke et N'Zerekore assurent'plus de 60% du trafic total. L'ensemble du systame de transports est affecte par la stagnation de l'economie en dehors des operations miniares. La remise en etat et l'entre tien du systame sont plus importants que son expansion. - 53 3.43 La plus grande partie du trafic est assuree par des entreprises publiques specialisees dans les transports routiers (la Cooperative des Transporteurs COTRA), ferroviaires (l'Office National des Chemins de Fer Guineens) et aeriens (Air Guinee). La COTRA possede environ SOD camions; divisee en sept succursales regionales, elle assure Ie transport routier regional et national des marchandises. Toutes les entreprises de transport sont handicapees par la faiblesse de leur structure et de leur gestion, aggravee par Ie mauvais etat de l'infrastructure, la penurie de materiel et Ie manque de moyens financiers pour l'entretien et Ie fonctionnement de l'equipe ment. Recemment Ie gouvernement a cree, en cooperation avec un consortium etranger regroupant Navios (Etats-Unis) et Torvald Klaveness (Norvege), une societe mixte (GUINOMAR) pour le transport de la bauxite. Theoriquement, tous les transporteurs prives (il n'y en a que dans Ie domaine des transports routiers) ont ete regroupes dans un syndicat et pratiquent un tarif marchan dises uniforme fixe par Ie gouvernement. La part des transport routiers prives dans Ie trafic de marchandises est tombe de 40% en 1972 a 15% en 1977. En fait les transporteurs prives operent seulement dans les zones rurales, assuNmt la collecte et la repartition du trafic local; les transporteurs prives assurent cependant la plus grande partie des transports de passagers. Le parc automobile a plus que double de 1974 a 1979; i l est estime a 19.000 vehicules, soit un vehicule pour 290 habitants: un ratio tres faible pour un pays cl' Afrique de l' Ouest. L' augmentation du parc automobile s' expUque par l'ouverture des frontieres avec les pays voisins en 1977 et par Ie retour de nombreux Guineens residant aI' etranger. Au cours de la periode 1974-79, le nombre d'automobiles particulieres a augmente de 21% par an; celui des auto cars, camions et camionnettes a augmente dans ·le meme temps de 14% par an-. 3.44 Le dernier plan quinquennal de developpement prevoyait 8 milliards de syJis (386 millions de dollars EU) d'investissements dans les transports, principalement la construction de routes nationales et de ponts et l'amelio ration de l'entretien routier, ainsi que des amenagements portuaires, ferro viaires et d'aeroports. En fait les depenses d'investissement ont atteint 1,5 milliurd de syUs (7~ millions de dollars EU). 1/ Parmi les sept grands projets de routes bitumees, seul Ie bitumage de Kissidougou-Kankan a ete realiBe. Le manque de financements exterieurs est la cause principale du faible taux d'execution des investissements du plan. 3.45 Plusieurs projets sont a l'etude, les principaux sont la remise en etat du port de Conakry, la construction de l' Aeroport International de Conakry, la renise en etat et l'extension du reseau routier. D'importants investisse ments ont ete entrepris en 1979-80 pour donner a Air Guinee les avions a reaction (trois Boeing) necessaires a la desserte de lignes regionales. Le renouvellement des avions desservant les lignes interieures est egalement envisage. De nouvelles infrastructures seront necessaires pour la realisation des projets miniers. Dans Ie secteur des telecommunications, plusieurs projets de remise en etat et d'extension du reseau telephonique interieur et international sont en cours d'execution sur financements publics et prives. 11 Dont 62% en infrastructures, et 38% pour l'achat d'equipement. - 54 G. Commerce 3.46 L'une des priorites de la Guinee depuis l'independance a ete d'ac querlr Ie controle du secteur commercial en vue de s'approprier les benefices commerciaux des societes privees et de les utiliser au financement du deve loppement. Une serie de nationalisations et des mesures de reorganisation du secteur comportant la creation de nouvelles entreprises ont abouti au systeme actuel: la quasi totalite des echanges exterieurs et du commerce de gros est geree par des entreprises publiques; Ie commerce de detail est assure par des entreprises publiques et privees et des commer9ants prives, bien qu'en 1975 la Guinee ait tente d'eliminer completement Ie commerce prive. 3.47 Le secteur commercial public comprend d' une part un organisme qui detient Ie monopole des importations (IMPORTEX cree en 1976) et assure Ie reglement des transactions entre les entreprises intervenant dans Ie commerce interieur des biens et des services, d'autre part quatre societes holdings qui controlent les operations financieres, bancaires et commerciales de plus de 90 entreprises publiques du secteur commercial. Ces quatre holdings sont: (a) La COFICOM (creee en 1969) qui controle 24 entreprises specialisees dans Ie commerce de gros; (b) La SERCOM (creee en 1977, elle a pris en mains certaines des fonc tions de la COFICOM), qui controle 52 commerces de demi-gros en dehors de Conakry; 1/ (c) La COFI-Conakry (creee en 1978), qui controle les commerces de detail dans la zone de Conakry; enfin (d) La SECOMEX (creee en 1975) qui controle trois entreprises specia lisees dans l'exportation. Les entreprises d'Etat qui assurent Ie commerce de detail en dehors de Conakry sont des Entreprises Regionales de Commerce (ERC) qui sont approvisionnees par la SERCOM et vendent a la fois aux Entreprises Commerciales d'Arrondissement (ECOMA) et aux commerces de village (PRL), qui peuvent aussi acheter leurs marchandises aux ECOMA. Le systeme de commercialisation fonctionne aussi dans l'autre sens, les PRL achetant les produits agricoles qu'ils vendent aux EHC qui les revendent aux entreprises exportatrices: FRUITEX, PROSECO ou IMPORTEX. Le commerce prive, tolere depuis les derniers mois de 1977, a ete officialise par un decret Presidentiel de 1979 qui definit les droits et obligations des commer9ants. II semble que Ie role du commerce prive augmente rapidement; mais aucune statistique ne permet a determiner la part du commerce interieur qu'il assure. Nous n'avons pas non plus de donnees sur la fa90n dont les commer9ants prives reconstituent les avoirs en devises utilises pour importer des biens de consommation. Les entreprises publiques de commerce exterieur conservent Ie monopole des principaux produits d'exportation. 1/ Le commerce de detail et de demi-gros aurait ete confie en 1961 a des commer9ants prives qui remplacent ainsi les Entreprises Regionales de Commerce (ERe) et les Pouvoirs Revolutionnaires Locaux (PRL). - 55 3.48 Les donnees relatives aux commerces d'Etat indiquent que Ie chiffre d'affaires de ces.entreprises a atteint 21,5 milliards de sylis en 1979 et qu'elles ont realise un benefice net de 2,1 milliards de sylis. 11 Si les ventes ont, semble-t-il, augmente de 50% par rapport a 1976, c'est principale ment du fait de la creation de nouvelles entreprises (SERCOM et COFI-Conakry) qui ont permis de diversifier Ie reseau cOlilmercial existant. Les benefices nets Bont relativement stables: environ 2 milliards de sylis (100 millions de dollars EU) par an (Tableau 23). Tableau 23: CHIFFRE D'AFFAIRES ET BENEFICES DES COMMERCES D'ETAT 1975/76-1979 (Resultats non consolides - en millions de sylis) 1975/76 11 1977 1978 1979 2/ Vente~; de biens et services COFICOM 7.172 7.011 6,838 6.734 ~iECOMEX 769 1.058 847 1.065 ~iERCOM 1/ 2.194 4.631 4.220 COFI-Conakry !!I 2.181 IMPORTEX 6.150 6.000 7.512 7.250 Total 14.091 16.263 19.828 21.450 Benef ices nets COFICDM 1.145 568 522 542 ~iECOMEX 7 122 40 43 ~:iERCOM 110 134 146 COFI-Conakry 71 IMPORTEX 1.442 1.126 1.134 1.271 Total 2.594 1.926 1.830 2.073 1/ pour qUinze mois. 2/ renseignements preliminaires. 1/ creee en 1977, a repris des activites de COFICOM. !i/ creee en 1978, operationnelle depuis 1979. 3.49 Une etude plus complete des entreprises commerciales d'Etat pourrait indiquer des mesures de nature ales rendre plus efficaces et comportant, a plus ou moins longue echeance, la delegation de leurs attributions a d'autres entreprises publiques et au secteur prive. II existe de bonnes raisons de penser que leur inefficacite est l'une des principales causes de la faible productivite et des bas rendements des entreprises publiques et des petits exploitants: en effet elles ne fournissent pas aux producteurs les importa tions et autres biens dont ils ont besoin, et n'ecoulent pas leurs recoltes. 11 Chiffres non-consolides, qui par consequent comprennent les transactions entre les entreprises. - 56 IV. PERSPECTIVES DE DEVELOPPEMENT ET PROBLEMES DE POLITIQUE GENERALE A. APERCU 4.01 Le rythme actuel du developpement economique en Guinee ne permet pas d'elever Ie standard de vie de la population ni de degager une epargne interieure suffisante pour realiser une croissance et un developpement auto nome. Cette situation est particulierement manifeste dans Ie secteur rural au la production est tres inferieur au potentiel. Les observations empiriques, l'experience de projets et Ie raisonnement a priori confirment l'hypothese que Ie manque de devises est un goulot d'etranglement critique dans l'economie guineenne et devrait etre un facteur determinant dans la formulation de la politique interieure et des modalites de l'assistance au developpement octroye par l'etranger. Comme il a ete indique dans les chapitres precedents, la situation actuelle resulte essentiellement d'un choix du gouvernement qui souhaitait etablir une base sociale et politique sur laquelle la nation s'edifierait dans Ie cadre d'un systeme economique auto-suffisant fonctionnant en dehors des operations "enclaves" etrangeres qui devaient procurer les devises necessaires. 4.02 Cette strategie s'est heurtee a des difficultes sur plusieurs fronts. Les investissements, determines par des considerations internes, visaient a creer une infrastructure socio-economique et des institutions nationales destinees a remplacer Ie controle economique etranger, plutot quia accrottre la production et la productivite. Dans l'ensemble, ces investissements n'ont pas pu creer des ressources suffisantes pour assurer Ie service des emprunts contractes a l'etranger pour les financer. Dans un grand nombre de cas, il a fallu accroitre les importations pour poursuivre les operations. La politique en matiere d'education et de main-d'oeuvre a augmente Ie nombre d'emplois dans Ie secteur moderne et la consommation publique, accroissant ainsi la demande de produits alimentaires importes, de biens de consommation, de produits petroliers et de services. La tentative d'isoler l'economie guineenne de l'inflation internationale et de proteger Ie vaste secteur paraetatique contre la concurrence exterieure tout en maintenant les controles du pouvoir central ant entraine une distorsion des prix et des taux de change et l'apparition d'un marche parallele actif. Ce dernier n'a cependant pas empeche Ie retour de l'economie rurale a un systeme essentiellement de subsistance, ce qui a deteriore la principale base produc tive du pays et limite la consommation de la plus grande partie de la popula tion. En ce qui concerne les operations fonctionnant comme des enclaves, les recettes d'exportations de l'une d'elles ant ete hypothequees pour permettre a la Guinee de remplir les engagements contractes dans Ie cadre d'accords bilateraux de clearing, ce qui a rendu difficile aux pouvoirs publics de fixer les termes de l'echange et encore plus de faire coincider les importations avec les besoins planifies au niveau central. Dans Ie cadre des autres operations minieres, les recettes nettes en devises ant mains contribue qu'il n'avait ete escompte a une amelioration de la balance des paiements, a la fois parce que les obligations decoulant du service de la dette et les autres paiements de facteurs avaient augmente rapidement et parce que la demande etait devenue excessive. En fait, la Guinee a dO, pour respecter ses engage ments vis-a-vis de l'etranger, laisser son capital national se deteriorer. - 57 4.03 Confronte a une demande interieure excessive et desireux dlaccroitre la production, Ie Gouvernement a fait un premier pas dans la voie de la decentralisation et de la liberalisation de 11 economie. Cet"te poli tique, slest manifestee particulierement par des restrictions des depenses et une amelioration de la productivite des entreprises publiques, au sujet desquelles des mesures ont ete prises a la suite du dialogue approfondi que la Banque a engagt3 avec les pouvoir publics au moyen de di verses missions et de rapports offic:l.eux. Toutefois, alors que la Guinee sloriente vers un systeme economique plus Uberal, i l existe une incertitude considerable quant a 11 empleur dLi deficit en devises et a ses effets sur la croissance et Ie developpement. La cause en est en grande partie llexistence de points faibles dans la planifica tion nt 11 administration du systeme economique financier. Chose tout aussi importante, i l est difficile de quantifier la consommation et la demande de produits d'importation dans un pays au une partie considerable de llactivite econornique a lieu en dehors des circuits officiels et au les echanges effectues par Ie secteur public doivent, dans une large mesure, se faire au moyen dlaccords de clearing. 4.04 Pour esquisser un tableau du potentiel de croissance de la Guinee et dea obstacles a surmonter, nous ne disposons pas dlinstrument adequat de planification de l'economie et de programmation des investissements; nous . avons donc applique des methodes simples de simulation, basees sur les tech niquen habituelles de la Banque, aux donnees dont nous disposons sur la Guinee, compte tenu des relations les plus vraisemblables entre l'evolution de la croissance, de l'investissement, de la consommation et des exportations. Le resultat de ces simulations montre quels sont les problemes de developpement qui vnnt se poser a la Guinee et indique dans quels domaines des changements de politique generale pourraient ameliorer de fat;;on sensible les perspectives a court et a moyen termes. B. Principales Tendances 4.05 Nous avons cont;;u deux scenarios permettant de definir ce que nous considerons comme l'objectif de croissance minimum pour les dix prochaines anneea. Leur theme principal est celui de la rehabilitation du potentiel economique actuel, particulierement du secteur rural. Ces scenarios prevoient une croissance plus rapide de la production agricole que dans Ie passe, ainsi que IH pleine utilisation de la capacite de production du secteur minier, et la croissance rapide des autres secteurs (Tableau 24). 11s ne tiennent pas compte des nouveaux projets miniers, hydroEHectriques, industriels et agricoles a cause des incertitudes quant a leur calendrier d'execution, coOtsd'inves tissement, et benefices (voir aussi paras. 4.11 et 4.12). 4.06 Selon Ie premier scenario, les tendances actuelles en matiere de consommation publique et d'investissement seraient maintenues: la consommation du gouvernement augmenterait au taux de 8% par an de 1980 a 1985 et de 7% par an en termes reels de 1986 a 1990, tandis que l'investissement serait caracte rise par une forte intensite capitalistique, la formation d'immobilisations augmentant de pres de 6% par an en valeur reelle et atteignant 20% du PIB en - 58 Tableau 24: PRINCIPAUX ELEMENTS ET HYPOTHESES DU SCENARIO DE BASE (Scenarios maximum et minimum) Taux annuels de croissance en termes reels (en pourcentages) 1980-85 1986-90 Hypotheses Produit Interieur Brut Agriculture 2,6 2,6 Taux d'accroissement de la population pour atteindre l'auto suffisance Bauxite/Alumine 2,4 0,3 Capacite installee atteinte en 1985 Production de diamants 10,0 10,0 Reprise tot ale en 1981 Industrie 4,0 5,0 Remise en etat des entreprises existantes Services publics 11,7 5,0 Remise en etat des installations existantes Batiment 6,0 6,0 En rapport avec la croissance de l' investissement Autres secteurs 4,0 5,0 Taux de croissance cons tate dans des pays simi lai res Emploi du PIB Investissement Scenario maximum 5,6 5,9 De 13% du PIB en 1978 a 20% en 1980 Scenario minimum 3,1 3,3 15% du PIB de 1980 a 1990 Consommation de 1 'Etat. Scenario maximum 8,0 7,0 Projection tendancielle Scenario minimum 5,0 4,0 Controle des embauches dans la fonction pubUque Consommation privee Valeur residuelle Deficit des ressources Valeur residuelle Exportations Agricoles 4,0 4,0 Adoption de stimulants en faveur des petits agriculteurs Bauxite/Alumine 2,4 0;3 Identique aux chiffres de production Diamants 10,0 10,0 Identique aux chiffres de production Importations Produits aliment aires Maintien du niveau de 1978 en prix constants Biens de consommation 3,0 3,8 Croissance plus rap ide que la consommation privee (E=l.l) Biens d'investissement 5,6 5,9 Meme taux de croissance que l'investisse ment (E=l.O) 2,3 Meme taux de croissance que la valeur ajoutee dans l'industrie (E=l.O) Biens intermediaires 2,8 2,3 Idem Services non facteurs 3,1 3,3 Indexe sur Ie taux de croissance du PIB (E=l.O) Balance des paiements Entrees de capitaux Montants constants en prix de 1979 (subventions importantes) Dette privee non avalisee Encours de CBG Paiements pour la remune ration des facteurs Montants constants en prix de 1979 Dons Montants prevus des programmes indicatifs des Nations Unies et du FED E = Elasticite - 59 1990, ce qui est approximativement la moyenne dans d'autres pays d'Afrique de l'Ouest. selon Ie deuxieme scenario, la consommation du gouvernement augmen terait moins vite (a 5 et 4% par an respectivement) et les investfssements progresseraient au meme taux que Ie PIB (environ 3,2% par an en termes reels) • 4.07 Le premier scenario aurait comme resultat la baisse de la consom mation privee et du revenu moyen par habitant, ce qui rendrait impossible la crois:'3ance projetee du secteur rural (Tableau 25). Le revenu rural reel doi t augmelter afin d I offrir des incitations et de permettre d' accroHre la production agricole, ce qui necessite une augmentation du volume de biens de consommation accessibles au monde ruraL Le deuxieme scenario permettrait d'atti~indre cet objectif, et ses resultats mont rent que la consommation prive~~ par habitant augmenterait d'environ 0,8% par an en moyenne de 19BO a 1990. Le fardeau d'une epargne accrue et de la diminution des investissements se repercuterait surtout sur Ie secteur public, car i l y a peu de possibilites d' acc ::ottre I' epargne privee en fonction du revenue Tableau 25: PROJECTIONS DE LA CROISSANCE, DE L' INVEsTIsSEMENT ET DE L'EPARGNE Consommation elevee Consommation moderee de de l'Etat et immobili l'Etat et immobilisations sat ions a plus forte a plus faible intensite intensite de capital de capital 1980-85 1985-90 1980-85 1985-90 --------Taux moyens annuels de croissance (%)------ Produit interieur brut 3.1 3.3 3.1 3.3 i,evenu interieur brut 3.4 3.4 3.4 3.3 Gonsommation 3.1 3.5 3.4 3.9 Publique 8.0 7.0 5.0 4.0 Privee 1.8 2.2 3.1 3.8 Epargne nationale brute 8.7 2.9 5.2 -2.3 Investissement 5.6 5.9 3.1 3.3 Besoins en capital 2.7 8.8 1.3 B.U Solde du compte courant 2.7 8.8 1.3 8.0 Deficit des ressources 5.6 12.1 3.5 11.3 Coefficients marginaux de capital (moyennes sur 5 ans) Coefficients 5.3 5.6 4.8 4.5 4.08 L'analyse de simulation montre aussi la gravite des problemes de balance des paiements. Dans les deux scenarios, les importations augmentent plus vite que les exportations, les paiements au titre des services facteurs sont relativement constants, et les entrees en capital sont projetees au - 60 niveau d'environ 210 millions de dollars par an en prix constants de 1980 (dont 190 millions de dette garantie par l'Etat, et 20 millions d'investisse ments directs). Dans ces conditions les deficits de la balance commerciale, de la balance courante, et de la balance globale des paiements resteront importants. 4.09 Dans l'hypothese de la croissance rapide de la consommation publique et des investissements, Ie deficit global de la balance des paiements attein drait de 150 a 200 millions de dollars par an de 1980 a 1985, et pres de 50U millions de dollars en 1990, soit 8% du PIB, tandis que Ie deficit du compte courant depasserait 12% du PIB en 1990. Dans l'eventualite d'une croissance plus moderee de la consommation publique et de l'investissement, Ie deficit reste important a cause de la faible elasticite des paiements au titre des services facteurs et des entrees en capital relativement modestes, malgre les efforts deployes pour tenter de comprimer Ie deficit de la balance commerciale. 4.10 Le ratio du service de la dette exterieure, qui a depasse 50% des exportations ces dernieres annees, serait reduit a 26% des exportations en 1985 et 25% en 1990, a condition de ne pas regler les impayes en cours et de ne pas financer Ie deficit global de la balance des paiements. Le financement des imp ayes par les bailleurs de fonds respectifs, et du deficit global par des banques commerciales, aurait comme resultat un ratio intenable"de service de la dette exterieure: 56% des exportations en 1985 et plus de 80% en 1990. II est evident qu10n devrait essayer de reduire Ie deficit de la balance des paiements et de la financer, au moins en partie, grAce a des entrees en capital a des conditions de faveur. 4.11 L'execution des grands projets (notamment dans Ie secteur m1n1er, de la transformation des minerais et de la production d'hydroelectricite) depend moins de la Guinee que de l'evolution des marches internationaux, de la posi tion des investisseurs etrangers et, dans certains cas, de la cooperation de pays voisins. Au cours de la periode d'execution des projets, les investis sements et autres facteurs de production necessaires seront probablement couverts en tbtalite par les moyens de financement assembles et par consequent les projets auront vraisemblablement un effet neutre sur la balance des paie ments. Toutefois, les revenus per9us par la main d'oeuvre locale a l'occasion des travaux de genie civil et autres activites accroltront Is consommation et la demande de produits d'importations. Comme il est peu probable que lesdits grands projets commenceront a produire avant 1985, il est probable qu'ils n'auront guare pour effet que d'augmenter la demande. L'impact a long terme des grands projets sur la balance des paiements dependra des accords qui seront conclus avec les bail leurs de fonds et les investisseurs etrangers en ce qui concerne Ie plan de financement, les accords de commercialisation et la repartition des benefices. Si les conditions de ces accords et Ie calendrier d'execution des projets sont favorables, ils peuvent augmenter de fa90n substantielle les recettes en devises du pays apres 1985. Les grands projets ne permettront donc pas a la Guinee de reduire Ie deficit de sa balance des paiements au cours des prochaines annees; mais ils lui permettront peut-etre d'emprunter davantage vers la fin de la presente decennie. - 61 Tableau 26: PROJECTIONS DE LA BALANCE DES PAIEMENTS (en millions de dollars EU aux prix courants) -----Estimations------ -----------Projections----------- 1979 Scenario maximum Scenario minimum 1972/73 1976 prelim. 1980 1985 1990 1980 1985 1990 Exportati.ons, biens et services non-facteurs 58 253 373 451 786 1,123 451 786 1,123 Importati ons, biens et services non-facteurs 193 287 394 549 981 1,613 544 950 1,525 Balance des ressources -135 -34 -21 -98 -195 -490 -93 -164 -4U2 Revenu net des facteurs -44 -54 -97 -108 -144 -203 -108 -144 -2U3 Transferts nets 8 8 14 28 34 41 18 34 41 Compte courant -171 -80 -104 -178 -305 -652 -173 -274 -565 Flux capitaux publics nets 52 4 15 26 100 146 26 100 146 Emprunts prives nets 70 -25 -14 11 38 45 11 38 45 Compte de capital 122 -21 1 37 138 191 37 13ti 191 Fluctuation des reserves -5 -11 -34 -19 -21 -31 -18 -19 -28 (-= croi~lsance) Deficit .. nouveaux impayes 26 44 58 - ... creances a court -26 67 102 160 188 492 154 155 402 terme Erreurs et omissions 54 1 -23 Pourcentege du PIB Compte courant 18.2 6.4 6.8 8.9 9.0 12.1 8.7 ti.O 10.5 Deficit global 8.9 10.4 8.0 5.5 9.2 7.7 4.6 7.5 Pourcentage des exportations Service de la dette II 72.21/ 51.9 55.7 48.2 25.9 25.3 48.2 25.9 25.3 Service: du deficit 3/ 1.9 27.7 61.3 1.9 26.0 54.0 ServicE: des impayes 2.6 3.8 2.1 2.6 3.8 2.1 1/ Paiements echus 2/ dette publique seu1ement 3/ financement aux conditions du marche 4.12 Si la Guinee ne peut pas executer au moins un de ses grands projets dans des delais raisonnab1es, les chances de redressement de l'economie seront fortement compromises, Ie pays n'ayant pas les ressources necessaires pour stimuler Ie developpement du secteur rural. Cependant l'experience anterieure montre que l'augmentation des ressources du pays n'est pas suffisante. II convient en outre de formuler de' nouvelles poli tiques qui permettront de mieux employer les ressources additionnelles et de tester 1es nouvelles formules au moyen d'operations pi1otes, dans Ie cadre d'une region ou d'un secteur, qui devront ~tre lancees bien avant que les nouveaux projets commencent a produire. Comme il faudra longtemps pour mettre en oeuvre 1es nouveaux projets, leur - 62 preparation doit etre immediatement entreprise. Mais leur realisation posera un certain nombre de problemes resultant des moyens limites dont pourra dis poser la Guinee dans les domaines suivants: main d'oeuvre qualifiee, production vivriere, logements, transports et communications, services publics, infra structure sociale, ressources financieres nationales, voire marne exterieures. La preparation des projets devrait donc comporter une analyse de la capacite d'absorption de la Guinee dans ces domaines critiques, en vue de facililer la planification d'un programme d'extension et d'amelioration des services de base. 4.13 En conclusion, l'analyse de simulation met en valeur les points suivants: (a) la croissance globale du pays dependra de fa~on critique du redres sement agricole et notamment de l'augmentation de la production et de la commercialisation des produits de la petite exploitation paysanne; (b) la poursuite de la politique actuelle d'investissement dans des projets a haute intensite de capital ne facilitera pas l'augmenta tion de la consommation qui est necessaire pour stimuler la produc tion de fa~on adequate (sauf dans Ie cas des projets miniers et des projets ou l'utilisation de ressources non fongibles permettra d'obtenir un taux de rentabilite eleve); . (c) un haut niveau de consommation publique accentuera la disparite des revenus en faveur des habitants des villes et freinera la croissance du secteur rural; (d) l'agriculture--notamment la petite exploitation paysanne, qui demande peu de financements exterieurs et de facteurs de production importes--est la seule ressource importante, jusqu'a present inuti lisee, qui permette d'accrottre a court et a moyen termes les exportations et de remplacer des importations par des productions nationales; (e) une liberalisation de certains con troles pourrait faciliter la mobilisation d'investissements etrangers tres necessaires au developpement de l'economie; (f) quelle que soit la politique sUlvle, la Guinee continuera d'avoir des problemes de balance des paiements justifiant l'augmentation de l'aide a des conditions privilegiees pour Ie financement de l'investissement et Ie soutien de la balance des paiements. c. Principaux obstacles au developpement 4.14 Les points qui viennent d'etre evoques indiquent la necessite pour Ie gouvernement de s'attaquer a deux problemes de politique generale qui sont d'ailleurs etroitement lies: d'une part la capacite de la Guinee de produire, - 63 gerer et bien utiliser des ressources en devises adequates, d'autre part la necessite d'une reprise et d'une expansion de la production agricole et d'un transfert de pouvoir d'achat du secteur public et urbain vers Ie secteur rural. Le gouvernement conservera cependant Ie contrOle du lancement et de l'ex8cution des reformes necessaires, ainsi que de l'evolution generale de l'economie; en effet, une grande partie des activites industrielles, agricoles, des services publics, des transports, du commerce et du systeme bancaire etc ••• resteront totalement ou partiellement dans Ie domaine public. Penurie de devises 4.15 Du fait de la structure presente de la production et des exporta tions, la Guinee n'aura pas les moyens de financer ses besoins minima d'impor tatiol1 tout en assurant Ie service de sa dette exterieure avant qu'un grand projet "enclave" ne devienne operationnel. 11 s'en suit qu'il semble peu proba.IJle que la Guinee puisse, a. court terme, beneficier d' une amelioration de sa po:sition exterieure lui permettant d'emprunter a. l'etranger aux conditions du marche (sauf dans Ie cas des enclaves) et de poursuivre une politique d'inv'3stissements mieux equilibree. Le gouvernement peut cependant attenuer la gravite de ce probleme en concernant ses efforts sur les.objectifs suivants: (a) l'auqmentation des ressourcesen devises du pays par la promotion d'exportations nouvelles et de productions de remplacementdes produits importes, I' optimisation des importations et la mobilisation de nouvelles sources de financement; (b) l'affectation des ressources en devises du pays a. l'augmentation de la production et des exportations, 'parallelement a. des efforts pour limiter les gaspillages et controler la consommation; ~c) des mesures permettant d'ameliorer la planification, l'organisation et la budgetisation de la gestion des devises. Ces efforts ne pourront reussir que s'ils sont entrepris simultanement et compo~tent une amelioration generale des methodes d'allocation des ressources, grace aux mesures suivantes: meilleure evaluation des taux de protection effective, plus grande autonomie et responsabilisation des agents economiques, amelioration et decentralisation de la planification, encouragement de l'initi ative privee et des mecanismes du marche dans l'agriculture, l'industrie, Ie commerce et les transports. 4.16 L'augmentation des ressources en devises et/ou la reduction des importations peuvent etre realisees a. court et a. moyen terme, grace a. un certain nombre de mesures, notamment l'augmentation des exportations des petites exploitations agricoles (ananas, mangues, cafe, palmistes), la remise en etat des plantations existantes (en particulier l'ananas et Ie cocotier), la production de produits vivriers pour remplacer les importations (surtout Ie riz), l'augmentation des exportations de betail (N'Dama selectionnes), l'emploi plus intensif de services d'origine nationale (main d'oeuvre qualifiee), une meilleure preparation et execution des projets en vue d'accroitre Ie volume et l'efficacite des investissements etrangers, enfin une plus grande libera lisation de l'economie pour encourager l'investissement prive. - 64 4.17 II est essentiel de fixer les prix en fonction des couts economiques des biens et services pour eliminer les distorsions dont souffre l'ensemble de l'economie guineenne. Deux elements ont une importance cruciale a cet egard; il faut: (a) que les prix et les mecanismes du marche incitent d'avantage a un accroissement de la production, en particulier dans Ie secteur rural (une "Etude sur les stimulants en faveur des producteurs," financee dans Ie cadre du Projet de developpement de la riziculture, devrait permettre la formulation de recommandations dans ce domaine); et (b) que des prix virtuels soient utilises pour Ie choix des projets, de fa90n a respecter les criteres d'effi cacite economique. Ces mesures et la realisation de grands investissements miniers, de grands projets de transformation des minerais guineens et d'un certain nombre d'operations agricoles creeront de nouvelles ressources en devises dont l'affectation devra faire l'objet d'une evaluation plus rigou reuse et de procedures de repartition plus efficaces pour faciliter les reformes structurelles dont l'economie guineenne a besoin. II est egalement urgent que Ie gouvernement consolide les systemes de planification et de programmation nationale et sectorielle. Stagnation de la production agricole 4.18 L'avenir du developpement economique de la Guinee est principalement lie au developpement du secteur rural. Une politique qui favoriserait Ie transfert aux petits exploitants agricoles d'une part croissante de l'augmen tation du revenu national permettrait d'augmenter la productivite et la production du secteur rural, ameliorerait la structure de la demande interieure et aurait des effets favorables sur la croissance de l'economie et la balance des paiements. On a constate que dans la plupart des pays d'Afrique de l'Ouest, la population rurale reagit favorablement aux stimulants a Ia produc tion et tend a depenser une plus grande partie de ses revenus a l'achat de produits locaux que les habitants des villes. Par consequent, un transfert de revenus en faveur des petits exploitants agricoles tend a accroltre les exportations, a diminuer les importations et a augmenter la demande de biens et services nationaux. Une telle politique est a court terme Ie moyen Ie plus efficace pour augmenter production et revenus et reduire l'hemorragie de devises. Comme l'indique Ie Chapitre II, Ie gouvernement reconnait de plus en plus la necessite d'encourager la production agricole paysanne, mais des efforts plus importants doivent etre faits pour donner aux producteurs les stimulants appropries. Le transfert des augmentations de revenus peut etre effecte soit au moyen de mesures concernant directement les petits exploitants agricoles, soit par des changements dans la politique generale d'investissement et la consommation du secteur public. D. Problemes de politigue generale 4.19 A court et a moyen terme c'est la relance de l'activite du monde rural qui aura l'impact Ie plus important sur la croissance de l'economie. Mais cette relance suppose une mobilisation des ressources de l'ensemble de l'economie; en effet, la redressement agricole depend d'une allocation - 65 raisonnable des ressources d'investissement, d'une reduction des gaspillages et de la consommation du secteur public, enfin d'une redistribution efficace des revenus. Optimisation de l'investissement 4.20 Le gouvernement devrait revoir la composition des investissements publics et verifier que Ie secteur moderne n'absorbe pas des capitaux qui pourraient etre employes de fa~on plus productive dans d'autres secteurs. Cette recommandation est importante compte tenu de l'evolution recente de la repartition des investissements qui tend a favoriser les projets a haute intensite de capital dans les domaines de I' agricul ture, de l'industrie et des transports aeriens, etc ••• , et dont Ie resultat est Ie niveau eleve du rapport entre Ie capital investi et la production (coefficient marginal de capital au ICOR) qui n'est pas compatible avec les graves problemes de balance des paiem13nts que rencontre actuellement la Guinee. Une solution de rechange qui permettrait de reduire l'investissement (en unite supplementaire necessaire) par rapport au PIB, serait de donner la priorite a la remise en etat des amenaqements et installations existants, a l'emploi de technologies plus simph~s, a la realisation de projets a haute intensite de main d' oeuvre, et enfin a l'investissement prive. Cette politique permettrait d'affecter des reSSOIJrces plus import antes a la consommation privee, et de diminuer les impo~tations et les besoins de financement exterieurs. 4.21 Dans Ie secteur .ruralil convient d'ameliorer les systemes de collel~te et de commercialisation des produits, la distribution des facteurs de produc:tion, et les services d' encadrement, ainsi que--objectif a plus long terme·--d' ameliorer les ressources humaines du monde rural. Les services de transport et de commercialisation et l'organisation des approvisionnements sont particulierement essentiels pour Ie developpement du potentiel agricole. Le gouvernement a donc des choix difficiles a faire dans la planification des investissements d'infrastructure: dans certains cas la realisation des projets miniers et des amenagements connexes peut avoir des effets favorables sur la balance des paiements, mais aboutir a l'ajournement d'investissements importants dans l'infrastructure rurale. Dans Ie secteur des transports, Ie principal obstacle au developpement nous parait etre Ie mauvais etat des installations portuaires et ferroviaires sur l'axe principal Conakry-Kankan, et les faiblesses du reseau de routes nationales et secondaires le long du chemin de fer Conakry-Kankan et pour la desserte des centres regionaux. Le fait que les exploitations agricoles collectives sont fortement subvention nees et reQoivent un traitement privilegie dans la repartition des importations et des credits merite d'etre reconsidere, l'affectation de ressources importantes a des operations improductives ayant de graves consequences pour l'economie guineenne. Le developpement des ressources humaines est egalement indispensable a l'augmentation de la productivite rurale; neanmoins l'enseigne ment primaire reste insuffisamment developpe et Ie taux d'analphabetisation est encore tres eleve. L'expansion et l'amelioration de la qualite de l'en seignement en zone rurale augmenterait Ie nombre d'habitants qui savent lire et compter et ont les quelques notions de base qui favoriseraient la diffusion de certains progres techniques et l'emploi des facteurs de production modernes qui deviendront accessibles aux paysans si Ie pays dispose de ressources plus abondantes et mieux reparties. - 66 4.22 Les projets m1n1ers doivent ~videmment b~n~ficier d'une attention particuliere du fait de l'impact qu'ils peuvent avoir sur la balance des paiements et les finances publiques du pays. Le projet de Hi feryui-Nirnba parait etre de haute priorit~; en effet les travaux pr~paratoires sont tres avanc~s et i l semble qu' une so lution ad~quate puisse etre assez prochainement trouv~e aux problemes techniques, de gestion et de commercialisation que pose encore la r~alisation de cette operation. L'expansion de la capacit~ des mines existantes devrait recevoir une attention particuliere, en vue de la possibilit~ de r~aliser plus rapidement ces investissements et d'alleyer ainsi Ie deficit du compte courant. D' autres projets, et notamment Ie projet de Konkoure, paraissent tres interessants a long terme, du fait de l'abondance des ressources de la Guin~e et des effets que leur exploitation pourra avoir sur la situation economique, et leur preparation devrait se poursuivre. Cependant, l'execution de ces projets risque d'etre diff~ree, du fait de la stagnation relative des marches internationaux, de la concurrence d'autres operations dans la r~partition de certaines ressources nationales, de l'insuf fisance du marche interieur et des delais necessaires pour terminer la prepa ration. Des developpements recents indiquent Ie grand interet des projets de taille moyenne, notamment dans Ie domaine de l'exploitation des diamants et de l'or, comportant des investissements plus legers et beneficiant d'une realisation rapide. 4.23 Malgre la priorite de l'exploitation paysanne, l'aqriculture de type industriel ne doit pas etre non plus negligee; en reali te les reformes de politique et la mobilisation des ressources necessaires pour promouvoir les deux secteurs ne sont pas necessairement incompatibles. II est probable que la relance et l'expansion des exportations agricoles resultera des proJets de plantation, dont l'identification, la preparation et l'execution sont relativement faciles, qui peuvent attirer des investissements ~trangers et ont plus de chances de reussir en ce qui concerne l'exportation de leurs produits. Les projets agricoles de type industriel viseraient d'abord a favoriser la reprise et l'expansion des exportations guineennes dans des domaines ou la Guinee dispose d'un potentiel bien connu: cafe, cacao, palmier, bananes, ananas, autres fruits tropicaux, etc ••• ; par la suite, ils permettraient de lancer de nouvelles exportations dans des domaines tels que les produits de l'elevage, Ie caoutchouc et les bois tropicaux, dont la demande est forte dans les pays voisins et sur les marches internationaux. Des etudes de factibilite recentes (voir Section B du Chapitre III) ont montre l'existence d'un potentiel interessant dans ce domaine, dont l'exploitation depend cependant de l'assurance de debouches a l'etranger, de la negociation des financements exterieurs necessaires et de la mise en place de moyens de transport et de commerciali sation adequats. De serieux efforts de promotion permettraient peut etre de mobiliser des fonds publics supplementaires, qui auraient pour effet d'ame liorer Ie plan de financement, de renforcer la confiance des investisseurs prives et de minimiser les risques que l'operation leur paralt presenter. La plupart des produits que la Guinee peut exporter, sauf les fruits et legumes frais, font l'objet d'un accord de stabilisation dans Ie cadre de la Convention de Lome ou d'autres accords internationaux. Par consequent, en prevision de la realisation de ces projets, Ie gouvernement devrait s'efforcer d'obtenir un quota, dans tous les cas ou Ie marche est contrale par ce type de systeme. - 67 4.24 Le gouvernement devra, pendant la presente decennie, continuer d'utiliser des fonds publics exterieurs pour remettre en etat l'appareil de production et l'infrastructure dans les domaines de l'industrie, de l'energie et de la distribution de l'eau, ainsi que pour ameliorer la qualite de l'enseignement et de la formation. De plus grands efforts doivent etre faits pour evaluer les couts recurrents des projets et notamment les devises necessaires pour importer les pieces de rechange, les matieres premieres, les services et l'assistance technique necessaires apres la construction du projet: les problemes de gestion des ressources en devises (voir paragraphe 4.15) devraient etre pris en consideration dans la conception du projet en fonction des ressources dont Ie. pays dispose a court et a moyen terme. L'ana lyse economique des projets devra egalement comprendre un systeme de prix appropde permettant de recuperer les depenses d'investissement, elles memes evalueEls sur la base des coats d'opportunite. 11 faudra egalement s'assurer que tout nouveau projet beneficiera des moyens de production et des debouches necessaires. Dans Ie domaine des ressources humaines, l'amelioration de la quali Ui de 11 enseignement paratt plus importante que son expansion, notamment en ce qui concerne 11 enseignement superieur et la formation technique de la main d10euvre qualifiee. 4.25 Les mont ants a investir dans les projets du secteur moderne sont tres superieurs aux investissements des autres secteurs, y compris les inter ventions en faveur de la petite exploitation agricole. Le montant des inves tissements ne traduit pas la priorite relative des projets mais Ie fait que les investissements du secteur" moderne ont une haute intensite de capital et sont indivisibles. Les projets en question--notamment les investissements minier~:;, dans la transformation des minerais, dans l'energie hydroelectrique et dans les plantations agricoles--sont souvent des projets enclaves dont une grande partie des financements exterieurs ne pourraient pas etre obtenus par la Guinee en dehors desdits projets. Leur realisation ne devrait donc pas avoir d'effet nefaste sur Ie volume des financements exterieurs que la Guinee pourra obtenir pour d'autres investissements. 4.26 Les financements exterieurs devraient continuer de jouer un rOle important dans·les domaines suivants: (a) des credits prives non garantis par l'Etat et dlautres investisse ments prives pour la creation de projets enclaves orientes vers 11 exportation, principalement dans Ie domaine minier et les projets connexes, et pour les plantations industrielles; (b) l'aide publique--et dans certains cas les credits fournisseurs- indispensables pour Ie developpement des infrastructures necessaires aux industries exportatrices mentionnees ci-dessus, pour la realisa tion de projets agricoles d'exportation, pour la remise en etat des services publics, des entreprises industrielles, des transports et des communications, pour l'amelioration des centres d'enseignement et de formation, enfin et surtout pour Ie developpement de la petite exploitation paysanne. Dans les deux cas, les conditions de financement devraient permettre une rentabilite economique et financiere suffisante, compte tenu tout particu lierement des couts renouvelables et de la penurie de devises. - 68 Reduction des depenses publiques improductives 4.27 L'existence de depenses improductives peut etre decelee dans deux principaux domaines: (a) l'exces de la consommation publique et (b) les mediocres resultats des entreprises parapubliques. Le premier phenomene est la consequence directe de la politique pratiquee dans Ie domaine de l'enseigne ment et de l'emploi. La priorite accordee a l'enseignement secondaire et superieur general a eu des effets de plus en plus nefastes sur les administra tions et entreprises publiques en raison d'une part du coat exorbitant des depenses recurrentes de l'enseignement superieur, d'autre part de la charge financiere resultant des traitements et salaires distribues aux fonctionnaires. Compte tenu de la qualite mediocre de l'enseignement superieur, il n'est pas possible de reduire les depenses recurrentes. La formule la plus realiste serait de diminuer immediatement et de fa90n substantielle Ie nombre des candidats admis dans les universites et les ecoles secondaires d'enseignement general. Une etude recente de l'UNESCO sur Ie secteur de l'enseignement a notamment demontre que Ie nombre d'etudiants des facultes agro-zootechniques est particulierement excessif. Pour diversifier l'enseignement secondaire, il conviendrait d'orienter un plus grand nombre d'anciens eleves du primaire vers la formation professionnelle. Des analyses de simulation basees sur une croissance plus lente de la consommation publique (en agissant principalement surl'emploi de nouveaux agents), montrent qu'il serait ainsi possible de stabiliser Ie niveau de la consommation privee par tete meme dans Ie cadre des taux de croissance economique prevus dans Ie scenario de base. 4.28 Sur Ie deuxieme point, il est evident que Ie deficit des entreprises publiques absorbe des ressources nationales considerables du fait de l'impor tance des subventions budgetaires et de l'aide exceptionnelle apportee par Ie gouvernement central, de l'expansion du credit et du traitement privilegie accorde aces entreprises dans la repartition des importations et des credits exterieurs (voir Chapitre II). Les politiques d'enseignement decrites ci dessus auraient pour effet d'attenuer les pressions que subissent les entre prises publiques pour augmenter leurs depenses de fonctionnement; mais beaucoup d'autres mesures sont necessaires pour ameliorer la direction financiere et la gestion du personnel des entreprises publiques, pour accroitre leur autonomie et leur sens des responsabilites et pour assurer la reprise de leurs operations les plus viables. L'introduction de criteres de performance et la concurrence du secteur prive permettraient de reduire les couts excessifs des biens et services produits par les entreprises d'Etat et la ponction qu'elles operent sur les ressources nationales. II convient de noter que Ie gouvernement a deja pris des mesures visant soit a la fermeture, soit a la reorganisation de certaines entreprises. Redistribution des revenus 4.29 Certaines des recommandations qui ont ete presentees auparavant concernent indirectement Ie probleme de la stagnation de la production et des revenus agricoles. II serait possible de promouvoir de fa90n plus directe une redistribution des revenus (a) par l'encouragement de la petite exploitation paysanne, au moyen d'une politique adequate en matiere de commercialisation et des prix des produits agricoles et des biens de consommation, (b) par la - 69 reduction de la demande craee par les salaries du secteur moderne. Une etude en cours des stimulants a la production et les recherchesentreprises dans le cadre de projets pilotes devraient permettre d'expliquer les causes de la faible productivite du secteur rural et presenter des recommandations appro priees. Les prix des produits agricoles devraient ~tre fixes en fonction des talJx de change (et par consequent de la valeur des exportations et des importations), des prix des biens et services produits par Ie secteur moderne et enfin du niveau des salaires et des taux d'inter~t. Dans Ie domaine de la commercialisation, une revue complete du role des entreprises publiques devrait presenter des recommandations concernant l'organisation des entreprises et Ie, fonctionnement des mecanismes du marche. 4.30 Enfin, les agents du secteur moderne beneficient d'un regime de faveur dans la repartition des biens et services nationaux et importes et consomment une part excessive de ces ressources, dont Ie prix est sous-evalue (en particulier si l'on considere leur coat en devises). Une politique plus restrictive dans Ie domaine de l'enseignement et de l'emploi permettrait de contenir la demande et de redistribuer une partie de l'augmentation des revenus au secteur rural. Elargir la base de la pyramide des emplois dans Ie secteur moderne en vue de reduire la proportion des cadres par rapport a la main d'oeuvre qualifiee permettrait de diminuer Ie revenu moyen des habitants des villes et la disparite des revenus entre le secteur urbain et Ie secteur rural. E. Conclusions 4.31 Le probleme des devises restera tres serieux au cours des prochaines annees et Ie developpement du secteur minier n'aura pas a court terme d'effet favorable dans ce domaine. Si par consequent certaines des politiques actu elles ne sont pas modifiees, Ie pays sera de moins en moins capable de financer Ie service de sa dette exterieure, de faire fonctionner les nouveaux projets et d'importer les biens de consommation necessaires pour donner aux producteurs les stimulants appropries. Cete situation aura en outre pour effet de diminuer les financements exterieurs dont la Guinee disposera pour ses investissements, rendra impossible une gestion efficace des projets et maintiendra le secteur rural au niveau de l'agriculture de subsistance; elle nuira a la croissance et au developpement de l'economie et diminuera encore Ie niveau de vie des plus pauvres. 4.32 Au contraire les ajustements de la politique permettant de resoudre les problemes evoques ci-dessus permettraient d'etablir les bases d'un deve loppement economique equilibre compatible avec les ressources naturelles et humaines dont dispose la Guinee. Les delais requis pour introduire les reformes necessaires dans Ie secteur rural et executer les grands projets miniers signifient que la plus grande partie de la presente decennie sera pour la Guinee une periode de transition difficile. D'importants efforts devront etre faits pour preserver les taux de croissance et les niveaux de vie modestes deja atteints. 11 faudra limiter la consommation publique et privee - 70 (notamment dans Ie secteur urbain) pour permettre l'augmentation de l'inves tissement et l'acceleration ulterieure de la croissance. L'austerite finan ciere et l'augmentation de l'epargne publique, combinees avec une participa tion plus active du secteur prive, devraient permettre une meilleure exploi tation du potentiel economique de la Guinee et une amelioration progressive des perspectives a long terme. - 71 ANNEXE STATISTIQUE 72 STATISTICAl. ANlIEX ,jJIIIEXl! STATISTIQUE SECTION I - Populat ion and Employment SECTION I - Population et Emploi 1.1 llemographic Indicatora 1.1 Indicat.ur. DllllOllraphiquee •••••••••• , "', ............................... n 1.2 Regist....d Wage Earnen 1.2 Elf.ctHo d•• Salarih Rac......... 1963-79 ....................... • .................... 7'4 1. 3 Education Sector Selected Indicators 1. ) Quelques Indicat.ura de.u Secteur de 1 t Education. 1958-1978/79 pour Certaine. Annees ................................................ 75 SECTION II - National Accounts SECTION II - Compt... Nationaux 2.1 Gross Domestic Produ(.;t at Current 2.1 Produit Inter1eur Brut aux Prix Couranu du HareM Market Prices by Industrial Origin par Branche d' Activite d' Origin... 1973-79 (en (Million Sy11s) Mi1l1on. de Syl1.) ................................................................ 76 2.2 Gross Dome.tic Prod''''t at Constant 1973 2.2 Produit Int'r!..ur Brut aux Pr1x eon.tants de 1973 par Market Price. by I:;dustria1 Origin Branche d' Activit' d'Origin... 1973-79 (en (II111ion Syl1s) M11110ns de Sy11a> ................................................................ 17 2.3 Implicit Price Deflal:oro for Grcss 2.3 Indices Impl1cit". d' Aju.t......t des Prix du Produit Domestic Prod.uct al; Market Prices Inter1eur Brut aux Pri'J: du Karche par Brai\ch.e by Industrial Orig ::n d' Activit' d 'Origine (pourcentag... ) ............................................... 78 2.4 Grols Domestic Expenditure at Cu:rrent 2.4 O4,..n.e Interieure Brute aux Prix Courants. 1973-79 Prices (Hillion Sy:,1s) (en !lillion. de Sy11.) ............................................................ 79 2.5 Gross Domeat.ic Expenditure at Constant 2.5 IlI!pens. Int'rieure Brut. aux Prix Ccmetmu de 1973, 1973 Price. (Hilli"n Syli.) 1973-79 (en Million. de Syl1o) .................................................... 80 SECTION III - klance of Pa~ SECTION III - Salance de pd""""'ts 3.l Balance of Par-to E.timates (Million 3.1 Eatimations de la klance dea pde.....ts. 1962-79 Sy118) (en Milli""s de Syl1.............................................................. 81 3.2 Export Tonnage. 3.2 Tonnap. de. Exportation., 1955-1979 ................................................ 82 3.2. Mercllandi•• Exports Million 5y11.) 3.2a Exportation. d. Marchandi..... 1956-79 (Millions de Syl1s. Prix FOB Courant a) •••• , .................................................... 83 3.3 Merchandise Imports Million 5y11a) 3.3 Importation. de Harcbandise., 1956-79 (Millions de Syl1•• Prix CAl Courants) ...................................................... 84 SECTION IV - External Debt SECTION IV - Decte li:xteriaura 4.1 External Public Debt Outstanding by 4.1 Encours d. la Dett. Pub1ique Extirieure pal" Catelor1e. Payment Ar.... de Pai""""'ta. 1968-1979 (en Millions de Dollars I!U) ............................... 85 4.2 Sactor Din:ribution ,:,f External Public 4.2 Ripartit10n Sectori..lle de 1a Detta Publ1que Extiriaure Debt 1960-79 ........................................................................... 86 4.3 External Debt Service Ratios 4.3 Satioa du Service de la Dette Exteri..ure, 1970-79 (an Million. de Dollaro I!U et an Pourc_tage) ..................................... 87 SECTION V - Publ1c Financ.. SECTION V - Finance. Publigu... 5.1 Central Government F:nanc.e 5.1 Fil1enc•• de l'Etat. 1966/67 - 1979 (an Million. de Syli. aux Prix Couranu) .......................................................... 88 SECTION VI - Monetary Stat ,aUcs SECTION VI - Monnaie et Credit 6.1 Monetary Statistic. 6.1 Situation Monitdr.................................................................. 90 SECTION VII - Agricultural Statistics SECTION VII - StaUsUque. Agr1col... 7.1 Areas Und. . Cultivat"on 7.1 Surfac... Cultivi. . , 1973-79 EaU...tions Proviso-ires (Hect:ares) ~ .. *'O . . . . . . . . . . . " ~""" . . . . . . . " ~ .. " .... " .. " . . . . " .. ~"""""" . " •• """ ..... ~ .. " ., ... " .. " '" .. ,. . . . . . . . . . . 91 1 . .2 Agricu.ltural Pt'oduct:lon 7.2 Production Agricola, 1913-79 Eatimationa Provisoiras (Milliers de Tonnes Mitdq....s>. ................................................... 92 - 73 TABLE 1.1: DEMOGRAPHIC INDICATORS, 1959-80 SELECTED YEARS (THOUSANDS) PRELIMINARY 1950 1955 1960 1965 1970 1975 1980 TOTAL POPUlATION BY AGE GROUP 2,456 2,725 3,067 3,510 4,069 4,714 5,408 0-14 1,040 1,149 1,290 1,477 1,731 2,034 2,372 15-19 249 279 314 355 405 466 535 20-44 810 906 1,027 1,176 1,348 1,534 1,727 45-6L 278 308 350 406 471 544 617 65+ 79 83 86 96 114 136 157 TOTAL POPULATION BY AREA 2,456 2,725 3,067 3,510 4,069 4,714 5,408 UR,lW; 135 228 304 412 563 767 1,033 RURAl, 2,321 2,497 2,763 3,098 3,506 3,947 4,375 TOTAL LABOF FORCE BY SEX 1,243 1,366 1,522 1,713 1,940 2,174 2,410 MALE 736 811 908 1,022 1,158 1,303 1,452 FEMAlE 507 554 614 691 782 871 958 TOTAL LABOll FORCE BY AGE GROUP 1,243 1,366 1,522 1,713 1,940 2,174 2,410 10-14 121 130 140 152 166 175 184 15-19 192 210 232 255 284 313 344 20-44 674 747 838 951 1,079 1,216 1,356 45-6l4 215 237 269 309 357 409 458 65+ 41 41 43 46 54 61 67 TOTAL LABOR FORCE BY SECTOR 1,243 1,366 1,522 1,713 1,940 2,174 2,410 AGRICI1LTURE N/A N/A 1,342 N/A 1,643 N/A 1,976 1/ INDUSTRY N/A N/A 93 N/A 165 N/A 265 Y SERVIGES N/A N/A 87 N/A 132 N/A 169 Y SOURCE: WOJU,D BANK, EPD (1980) Y USING B78 SECTOR DISTRIBUTION OF LABOR FORCE AS FOLLOWS: AGRICULTURE 82% INDUSrRY 11% September 1980 SERVICES 7% - 74 TABLE1.2: REGISTERED WAGE EARNERS. 1963-79 SELECTED YEARS 3_1 1977 1978 1979 1976 1963 1964 1965 1966 1967 1968 ------- 1969 ------- 1970 ------- 1971 ------- 1972 1973 1974 1975 ------- ------- ------- ------- ------- 135,183 136.330 140,830 146.000 126.400 131.700 TOTAL MODERN SECTOR 53.157 90.000 98.650 100.985 109.470 124.249 136.000 37.100 37,500 39,370 31.400 -NA 33,200 36.800 ADMINISTRATION 20.599 -NA- -I-IA- ~i.OOO 23.600 26.085 :.lo,i".::.v 29,549 30,400 -NA 98,083 98,830 101.460 114.600 93,200 94,900 PUBLIC AND PARAPUBLIC ENTERPRISES 32,558 69,000 75.050 74.900 80.'750 94.700 105.600 33.153 33,160 33,900 32.500 -NA- 32.500 33,070 11,301 AGRICULTURE AND FISHING 3,143 --NA-- -NA-- 25,000 29,200 29,200 30,100 30.500 31.500 -NA 11.120 11.120 11.239 MINING 3,233 -NA- -NA- 4.tOO 3.400 3.400 3.100 8.500 11.000 -NA 18.500 -NA 11,000 7,482 7.200 7,340 7.361 2,300 4,200 5,600 5,800 8,650 9,000 -NA 9,600 -NA 7,200 12,304 12.576 MANUFACTURING -NA- -NA- 7.700 120100 12.160 CONSTRUCTION AND PUBLIC WORKS 6.518 -NA- -NA- 4,500 4.500 4.200 5.900 8.200 12.000 -NA 12.000 -NA 12.000 9.256 9,353 8.600 9.000 9,200 TRANSPORTATION 817 ·-NA- -NA- 6.700 6.750 6.500 6,750 7,750 8.000 -NA 8.100 -NA 8.010 8,815 7.100 7,385 7,885 PUBLIC UTILITIES 1,342 -NA- -NA- 4,000 4,500 4,500 '5, 100 6.550 7.000 -NA 7.100 -NA-' 12.175 12,475 12,808 23.000 -NA 12.000 1201 75 3,125 BANKING,TRADE,INSURANCE 2,561 -NA- -NA- 17,000 17,600 17.800 18,200 20.300 22,200 -NA 2,850 2,850 2,929 HOTEL AND DOMESTIC SERVICE 12.644 -NA- 3.500 3.500 3,500 3,900 4.250 4.900 -NA 3.800 -NA 2.800 2,100 -NA- 2.200 2,096 OHlER L I -NA- -NA -NA -NA SOURCES: IHF.RECENT ECONOMIC DEVELOPMENTS (1972) 1967-71 (1978) 1973-78 IHF. ARTICLE XIV (1968) 1966, (1966) 1963 UNESCO. SECTOR SURVEY (1980) 1979 1_1 RESIDUAL VALUE 2_1 REVISED TO MATCH TOTAL 3_1 EXCLUDING ARMY AND POLICE PERSONNEL NOTE: THE PLAN QUINQUENNAL 1973-78 IP57) QUOTES 1972 CENSUS DATA FOR REGISTERED WAGE EARNERS AS 82865 PLUS 17703 TRADERS NOTE: TOTALS MAY NOT ADD DUE TO ROUNDING September 1980 75 !A.Bt.& 1. J: EllUCATION SECTOR SELECTEll INDICATORS. 19~B·I97BI79 SELECTED YEARS Average Growth :tates !:nroll.melle Lnde.us (Pereenea gas) rpereental!es} 1959 1968 1979119 1958 1968 19713119 1958-48 1968-79 !9'!511- 713 1;<1 .. --_ ....... _- -----_ .... _ --------- 45.090.0 lHoI56.0 362.7116.0 lOO.O 386.2 904.6 14.5 7.6 11.0 PRII1ARY 42,543.0 144.394.0 252.100.0 100.0 339.4 592./t 13.0 5.7 '.3 SECONDARY ~,54?O 29.118.0 39.947.0 100.0 1,14l.2 3,:;31.5 27./t 11.9 19.5 UIHVERStTY 644.0 20.7::\9.0 'J./A 100.0 3.220.3 Yo/A 41.:1 ':III. HU"BER OF SCHOO LS 296.0 1,814.0 2.761.0 100.0 H2.a. 932.8 19.9 4.3 11.8 PRl"ARY 287.0 1.560.0 2,370.0 100.0 543.6 925.8 18 •• 4.3 II.! SECONDARY 9.0 252.0 346.0 100.0 :h800.0 3.844.4 39.:1 3.2 20.0 UNIVERSITY 2.0 45.0 S/A 100.0 2.2S0.0 'J./A 34.5 '11.11. NU"JER OF TEACHERS 90S.0 5.050.0 10.79'!5.0 100.0 558.0 1.192.8 18.S 7.9 13.2 PRI"ARY a43.0 3.894.0 6,.08.0 100.0 441.9 783.9 110.3 5.4 10.9 SECONDARY 62.0 1.086.0 3.171.0 100.0 1,7S1.4 5.114.5 33.2 11.3 21.7 UNIVERSITY 70.0 1.016.0 11 'A/A 100.0 1,451.4 S/A 30.7 ':ill. SOURCE: UNESCO ~A ~ HOT APPlICA8lE ScpCIllllDu liSO - 76 - :'ABLE 2.1: GROSS DOMESTIC PRODUCT AT CURRENT MARKET PRICES BY INDUSTRIAL ORIGIN. 1973-79 (IN MILLION SYLISl 1973 1974 1975 1976 1977 1979 1979 GOP AT MARKET PRICES 19,415 21t282 22,9~O 26.531 26,676 29,773 ==::==:18· =aaa:. :II:onrs • • ==:1 ••• ==_==:r RURAL SECTOR 11 .293 11 .554 12,656 12.529 11.943 AGRICUlTURE 7,920 a.144 8,576 9.137 8.736 Elt863 a,l77 SMAlLHOlDERS. SMP/SAP 7,964 8.097 8.519 9.079 8,676 8,802 8,115 PUBlIC ENTERPRISES 56 :57 59 :59 60 61 62 lIVESTOCK 915 929 943 951 971 997 1.021 FISHERIES 217 220 223 226 229 235 241 FORESTRY 2,:!31 2,262 2,302 2,336 2,370 2.433 2,499 INDUSTRIAl SECTOR 2,562 3,679 4.614 6.293 6,655 7,290 1,767 tnNING 911 1.a49 2.673 4.230 4,610 4.931 5.444 MANUFACTURING 924 979 1.034 1.109 i.170 1,372 1,400 PUBLIC UTILITIES 166 166 186 20e 190 223 223 CONSTRUCTION 661 686 721 736 695 759 100 TERTI ARY SECTOR 5.570 6.049 6,292 7.715 8.9'55 9.715 TRANSPORTATION 559 :593 609 622 565 705 650 COMMERCE 2.903 2.930 3,071 4.162 3,999 4.855 5,200 BANKING AND INSURANCE 264 277 292 423 405 622 550 ADMINI STRATION 1,944 2,249 2.321 2.385 2.747 2,773 3,315 LESS. INDIRECT TAXES NET OF SUBSIDIES 1.205 1.193 1,537 3.259 4.312 GDP AT FACTOR COST 19.210 •••••• s ••••• ..... 21.413 . 23,613 • ••••• ...... ...... 24,676 25,113 •••••• NOTE: TOTA~S MAY NOT ADD DUE TO ROUNDING Sept8lllber 1980 77 TABLE 2.2: GROSS DOHEST!C PRODUCT AT CONSTANT 1973 HARKET PRICES BY INDUSTRIAL ORIGIN. 1973-79 (IN MILLION 9YLIS) 1973 1974 1975 1976 1977 1979 1979 GDP AT MARKET PRICES 19,415 20.425 21,021 22,252 23.505 :a==== :=-== •• ==••• =c =_==.a RURAL SECTOR 11.283 11.421 11,70S 120194 11,516 11.564 AGRICULTURE 7.920 8.011 9,237 8,675 7,946 7,899 7,079 SMALLHOLDERS. BMP/BAP 7.864 7,954 a.179 9.610 7.886 7,al9 7.017 PUBLIC ENTERPRISES 56 57 59 59 60 61 62 LIVESTOCK 915 929 943 957 971 997 1.027 FISHERIES 217 Z20 223 229 23S 241 FORESTRY 2.231 2.262 2,l02 2,336 2,370 2.433 2,498 INDUSTRIAL SECTOR 2,562 3.104 3.392 3,741 3.743 3,992 4,099 iUNING 911 1.401 1,753 2.078 2,167 2.23S 2.419 MANUFACTURING 924 904 856 a7S 974 9S8 972 PUBLIC UTILITIES 166 166 186 208 190 223 223 CONSTRUCTION 661 633 597 580 512 546 486 TERTIARY SECTOR 5.570 6,977 6.993 7,950 8,561 TRANSPORTATION 559 570 5S7 549 <483 590 533 COM"ERCE 2,803 2o!I1S 2,782 3,670 3.417 4.066 4,262 BANKING AND INSURANCE 264 266 264 373 346 521 451 ADMINISTRATION 1.944 2,249 2,321 2.38S 2.747 2.773 3.l15 LESS. INDIRECT TAXES HET OF SUBSIDIES 1.20S 1.13S 1,408 2,S20 2.719 3.347 GDP AT FACTOR COST 19.210 2.:11 • • • 19,290 :a• • • • • : ..... 19"H3 20,392 •••••• ....... 19.:533 20,159 • ••••• 20.061 • ••••• September 1980 - 78 TABLE 2.3: IMPLICIT PRICE DEFLATORS FOR GROSS OOMESTIC PRODUCT AT MARKET PRICES BY INDUSTRIAL ORIGIN (PERCENTAGES) 1973 1974 1975 1976 1977 1978 1979 GDP AT MARKET PRICES 100.00 109.18 115.80 119.88 125. 19 ====-= :11::1==== ====== ==-=== :1===== ====== RURAL SECTOR 100.00 101.16 102.90 103.79 106.86 108.34 110.12 AGRICULTURE 100.00 101. 66 104.12 105.33 109.94 112.20 115.51 SMALLHOLDERS. BMP/BAP 100.00 101.67 104.14 105.36 110.02 112.30 115.65 PUBLIC ENTERPRISES 100.00 100.00 100.00 100.00 100.00 100.00 100.00 LIVESTOCK 100.00 100.00 100.00 100.00 100.00 100.00 100.00 FISHERIES 100.00 100.00 100.00 100.00 100.00 100.00 100.00 FORESTRY 100.00 100.00 100.00 100.00 100.00 100.00 100.00 INDUSTRIAL SECTOR 100.00 118.52 136.03 167.95 177.80 182.62 189.49 MINING 100.00 131.91 152.48 203.56 212.74 220.89 225.14 MANUFACTURING 100.00 108.30 120.79 126.74 133.87 138.87 144.03 PUBLIC UTILITIES 100.00 100.00 100.00 100.00 100.00 100.00 100.00 CONSTRUCTION 100.00 108.37 120.77 126.90 133.79 138.83 144.03 TERTIARY SECTOR 100.00 102.53 106.21 108.81 110.32 112.64 113.48 TRANSPORTATION 100.00 104.04 109.16 113.30 116.98 119.49 121.95 COMMERCE 100.00 104.09 110.39 113.41 117.00 119.40 122.01 BANKING AND INSURANCE 100.00 104.14 110.61 113.40 117.05 119.39 121.95 ADMINISTRATION 100.00 100.00 100.00 100.00 100.00 100.00 100.00 LESS. INDIRECT TAXES NET OF SUBSIDIES 100.00 104.23 109. 16 115.79 119.86 122.41 125.20 GOP AT FACTOR COST 100.00 :s• • • • • 104.19 109018 115.80 :a • • • • • 119.88 :a • • • • • 122.41 :I • • • • • ...... Septlllllbe1: 1980 - 79 TABLE 2.4: GROSS DOM!STIC EXPENDITURE AT CURRENT PIn cn. 1973-79 (lUlLION SYlIS) 1973 1974 197~ 1976 1977 1978 1979 ------ GDP AT HARKET PRICES 19.41' ::r • • • • • 21,282 s ••••• 22, '''0 26.'31 a ••••• ...... 26.676 28,773 29.42' INVESTI1ENT 3.105 3.588 4.074 4.017 2.819 3.741 4.379 PUBLIC AHD PARAPUBLrC 1.901 2,413 2,867 2.777 1.549 2.<441 3.039 PLAN INVESTHEHT 1,<400 1,7S4 2,<413 2,30' 1.07' 1.999 2,'0011 REGIOHAL SO 9' 90 91 10:5 105 10:5 LOCAL 2.1 20<4 204 204 204 204 20<4 204 PUBLIC ENTERPRISES 3_1 40 40 40 45 15 06 30 P~RAPUBLIC EHTERPRISES 237 300 120 130 150 177 200 !:/ PRIVATE IHVESTMENT 5_1 1.1<4<4 1.17:5 1.207 1,240 1.270 1.300 1.3<40 RESOURCE Ih\LANCS: ·2,335 -10119 - t ,08:5 -742 662 -436 -404 MERCHANDISE ~XPORTS (FOB) 1,480 §j 2,6<43 Ijj 3.6<4111 ',40O 6.200 6.406 7,132 MERCHANDISE IKPORTS (CIn 3,690 Ii/ 3.587 61 4.47<4 11 5.041 4.916 5.976 6.636 Y NON-FACTOR StRVICES 11.1 ·125 Y ·175 il -25211 -501 -622 -926 ·900 Y GROSS DOKESTIC SAVINGS 770 2,469 2.989 3.27~ 3.<481 3.31' 3.97~ CONSUMPTION 18.645 18,813 19.961 23.2:50 23.195 25.458 2:5. <450 GOVERN"!NT C3NSUMPT10N 2,756 3,061 3,265 3.199 1.822 4.468 4.831 COMPENSATION OF EMPLOYEES 1.9<44 2.249 2.321 2.385 2.7<47 2.773 3.315 CEHTRAL GO'JERN"ENT 1,"4 2,0<40 2.030 2,089 2,421 2.<447 3.037 REGIONAL GOVERNMENTS 300 209 291 296 326 326 27S PURCHASE OF GOODS AND SERVICES 912 912 94<4 914 1.075 1,695 1,516 PRIVATE CONSUMPTION 9.1 15,889 15.752 16.696 20.• 057 19,373 20,990 20,619 NET FACTOR INCO,t[ FRO" ABROAD -991 §/ -"2 Ii/ ·97<4 11 -1>13<4 Y.I -1,5<49 -1.709 -1,849Y/ NET CURRENT TRANSFER RECEIPTS 250 ,!I I}j 247 §.I 15311 168 331 647 261 ]2/ GNP AT MARKET PIHCES 18,424 •••••• . 20,<430 ....• ...... 21.976 25.397 ....... 25.127 ....... ...... 27.064 27.576 • ••••• GROSS NATIONAL SAVINGS 10_1 29 1.864 2,168 2,309 2.243 2.253 2.387 NATIONAL SAVIN8! GAP -3,074 -1,724 ·1.906 ·1.708 ·556 ·1.0498 -1,992 SOURCE: t BRD 1.1 BUDGETED E~PENDITURE 2.1 P~ANNED EXPENDI,UR! 1'73-78 (SEE PUBLIC FINANCES REPORT. 1974) SYLIS 1073 MILLION OVER 5.25 YEARS 3.1 AUTOFINANCIMG ONLY 4.1 ESTIMATED 5.1 HOUSEHOLDS INVESTMENT 6_1 ESTIMATED FROM FISCAL YEARS 7_1 1'".<4/5 9.1 1973174 9.1 RESIDUAL VALUE 10_/ IBRD DEFINITION. INCLUDING NET CURRENT TRANSFER RECEIPTS 11_1 AS NO DATA ARE AVAILABLE FOR HON·FACTOR SERVICES. GOVERN"ENT NET SeRVICES ACCOUNT IS USED AS A SUBSTITUTE APPROXIMATION 12_1 INCLUDING INSURANCE PAY"ENTS TO FRIGUIA OF SYlIS 76 KILLION IN 1976 AND SYlIS 404 HILLION IN 1972 13_1 TREASURY OATA Sept...,.%, 1980 - 80 TABLE 2.5: GROSS DOMESTIC EXPENDITURE. AT CONSTANT 1973 PRICES. 1973-79 (IN ~IL!..ION SlLIS) 1973 1974 1975 1976 1977 1978 197' GOP AT ~ARKET PRICES 19.415 20,425 21.021 22.912 22.252 23.506 :!3.50!; :I • • • • • ....... s ••••• s ••••• ::a • • • • • ...a... a ...... INVESTMENT 3,10' 3.411 3,540 3,:;'2 2,5.\2 3,027 3,280 PUBLIC AND ?ARAPUBLIC 1,961 2,234 2.333 211 12 1, Z12 1,727 1.940 PLAN INVESTMENT 1,400 1,644 1,912 1,091 95:5 1,256 1,SO' REGIONAL INVESTMENT eo 95 90 93 10' 10!; lO!; LOCAL INVESTMENT 204 204 :!04 204 104 204 :::04 PUBLIC ENTERPRISES 40 40 40 45 15 66 30 PARAPUBLIC ENTERPRISES 237 263 97 9' 93 96 96 PRIVATE INVESTMENT 1,144 1,175 1,201 1,240 1,270 1,300 1,340 RESOURCE SALAHCE -2.33' -988 -8" -4'2 403 -257 -201 ~ERCHAHDISE EXPORTS 1,480 1,9''8 2,"39 2,68' ::.893 2,94.. 3.13" PLUS TERMS OF TRADE ADJUSTMENT 335 440 e91 S81 866 405 LESS ~ERCHANDISE IMPORTS 3.690 3.181 3.560 3.726 2,977 3,561 3.306 !..ESS NON-FACTOR SERVICES 125 140 1" 3"2 394 506 434 GROSS DOMESTIC SAVINGS 770 2,423 ::.683 2.860 2,945 2.170 3,019 CONSU!!PTION IS.645 18,337 19.779 20.943 20, UIS 21.602 20.831 GOVERN!!ENT CONSUMPTION 2 j"6 2.950 3,052 2,933 3,442 3,918 4,295 COI1PENSATION OF EI1PLOlEES 1.94.. 2,249 2,321 2,385 ::.7.. 7 2.773 3,31':5 -CENTRAL GOVERNMENT 1,6.... 2,0 .. 0 2,030 2,089 2.421 2,447 3,031 -REGIONAL GOVERN!!ENTS 300 209 291 296 326 326 218 PURCHASE OF GOODS AND SERVICES 912 701 1:11 548 69':5 1.14' 980 PRIVATE CONSUMPTION 15.889 15.387 15.726 18,010 14.746 17.684 16.536 NET FACTOR INCO"£ FRO" A8ROAD -991 -7S2 -770 -7S1 -943 -1.007 -91S 1«£1 CURR£HT TRANSF£R RECEIPTS :!SO 218 121 111 201 3S1 130 GNP AT IIARICET PRICES lS,42.. ...... ...... 19.673 20.2'1 22,161 •••••• 21.309 • ••••• 22,"99 • ••••• ::2,587 • ••••• GROSS NATIONAL SAYINGS 29 1.aS9 2,034 2.220 2,203 2,144 2.2'H NATIONAL SAVINOS GAP 3,076 1.522 1,506 1,132 339 an 989 GROSS DOI1ESTIC IHCOME 19.415 ::!0,760 21,461 23,803 23d:l3 24,372 23,910 GROSS NATIONAL INCOI1E 18,"24 20,008 20,691 23,052 22,190 23,365 22,992 Seft.8IIber 1980 - 81 .; TABLE 3.1: BALANCE OF PAYMENTS ESTIMATES, 1962-79 (IN MILLION SYLIS) 1979 1962 1963 1964 1964/65 1965/66 1966/67 1967/68 1968/69 1969170 1970171 1971172 1972173 1973174 1974175 1976 1977 1978 PRELIMINARY CURR!:.N1 ACCOUNT li'~'37 7:-0 -68~ -!=i~O -709 -578 -427 -657 -1,297 -909 -1,713 -3,547 -1,663 -1,906 -1,708 -556 -1.498 -1,984 TRADE BALANCE -1,637 -387 -423 -312 -222 -59 75 -371 -592 -695 -1,184 -2,620 -981 -833 -241 1.284 490 498 EXPORTS FOB (GOODS) 1 tl09 1,232 1,285 1.280 1,282 1.257 1,300 1,240 1.340 1.282 1.254 1,203 2.310 3.641 5.400 6,200 6.466 7,132 IMPORTS CIF (GOons) -2,746 -1.619 -1.708 -1.592 -1.504 -1.316 -1.225 -1.611 -1,932 -1.977 -2,438 -3.823 -3.291 -4,474 -5.641 -4,916 -5.976 -6,634 GOVERNMENT SERVICES AND TRANSFERS -NA 180 222 -NA -NA -NA -NA -NA -NA -NA -NA -NA- -139 -406 -736 -736 -722 -1,109 SCHEDULED INTEREST PAYMENTS -NA -NA -NA -NA -NA -NA -NA -92 -138 173 -207 -232 -244 -308 -403 -445 -443 -470 UNREOUITTED TRANSFERS -NA -NA -NA -NA -NA -NA -NA -NA -NA 336 42 163 279 153 168 331 647 261 OTHER SERVICES (NET) -NA -NA -NA -NA -NA -NA -NA -NA -NA -NA -NA -NA- -175 -252 -501 -622 -926 -900 PRIVATE SERVICES AND TRANSFERS -NA -512 -484 -NA -NA -NA -NA -NA -NA -NA -NA -NA- -543 -667 -731 -1,104 -1.266 -1.373 INTEREST PAYMENTS -NA -NA -NA -NA -NA -NA -NA -NA -NA -NA -NA -NA- -NA- -NA- -454 -378 -420 -411 WORKERS REMITTANCES -NA -NA -NA -NA -NA -NA -tlA -NA -NA -NA -NA -NA- -NA- -NA- -119 -119 -126 -133 INVESTMENT INCOME -NA -NA -NA-' -NA -NA -NA -NA -NA -NA -NA -NA -NA- -NA- -NA- -167 -265 -396 OTHER FACTOR SERVICES -NA -NA -NA -NA -NA -NA -NA -NA -NA -NA -NA -NA- -NA- -NA- -238 -440 -455 -477 OTHER RECEIPTS -NA -NA -NA -NA -NA -NA -NA -NA -NA -NA -NA -NA- -NA- -NA- 80 44 CAP ITAL ACCOUNT 1,126 766 756 586 669 435 259 748 1.119 1.099 2.095 2,527 2,339 1,357 -450 -1,363 -67 12 PUBLIC SECTOR MLT 1,083 669 638 539 635 435 -NA 431 1,343 1,637 1.296 1,071 1.327 807 92 -995 336 281 DRAWINGS 217 980 736 788 772 804 730 687 1.830 2,290 1,930 1,866 2.172 1.892 1,497 1.072 2.202 2,502 SCHEDULED AMORTIZATIONS -NA -NA -NA -NA -NA -NA -NA -256 -487 -653 -684 -795 -845 -1,085 -[,405 -2.067 -1.866 -2.221 PRIVATE SECTOR MLT 44 97 118 47 35 27 44 69 -99 937 10590 696 269 -540 -404 -329 -140 DRAWINGS -NA -NA -NA -NA -NA -NA -NA -NA -NA -NA -NA -NA- -NA- -NA- 114 158 733 AMORT! Z AT! ONS -NA -NA -NA -NA -NA -NA -NA -NA -NA -NA -NA -NA- -NA- -NA- -540 -518 , -487 -873 PRIVATE SECTOR SHORT-TERM -NA -NA -NA -NA -NA -NA -NA 273 ]J -29 3 1/ -439 11 -881/ -134 1/ 316 11 281 11 -2 36 -74 -129 ERRORS AND OMISSIONS 1_/ -150 17 -9 -73 -90 -141 -102 -131 -631 -809 -236 1. 121 -1.456 -82 24 455 -660 -435 OVERALL BALANCE -861 63 61 -37 -130 -284 -270 -40 -809 -619 146 101 -780 -631 -2.134 -1,464 -2.225 -2.407 =====t::::-= ======= ======= =:===== ======: =========== COUNTERPART ITEMS (SDR ALLOCATION) 79 63 63 EXCEPTIONAL FINANCING (ARREARS) -NA -NA -NA -NA -NA -NA -NA 77 283 455 468 536 617 747 944 1,089 1.041 1.108 PRINCIPAL -NA -NA -NA -NA -:NA -NA -NA 56 239 398 413 492 566 589 790 1.008 930 1.095 INTEREST -NA -NA -NA -NA -NA -NA -NA 21 43 57 55 44 51 58 154 81 111 13 CHANGE IN NET FOREIGN ASSETS 861 -63 -61 37 130 284 270 -37 447 101 -677 -637 163 -116 1,190 375 1,184 1.299 September 1980 1_/ RESIDUAL VALUES NOTEl TOTALS MAY NOT ADD DUE TO ROUNDING - 82 TABLE 3.2: EXPORT TONNAGES. 1955-1979 1955 1956 1957 1958 1959 1960 1961 1962 1963 1964 1964/65 196::;/66 1966/67 1967/68 1968/69 1969170 1970171 1971 172 1972173 1973/74 1974175 1976 1977 1978 1979 MINERALS (1000 TONS. UNLESS OTHERWISE SPECIFIED) BAUXITE 457 375 299 300 '577 379 44 184 166 244 176 23 17 418 765 993 1.t60 626 109 3.717 6.512 9,O7~ 10.106 10,286 10,612 CBG (~O~E) 3.717 4.772 6.838 7.468 7.789 8.112 DBt( (t':IHDIA) 1.740 2,237 2,638 2.497 2,500 HALeo <TAMARRA) II 418 765 993 1 J 16t::· 62,S . " S~M (KASSA) 457 375 299 300 577 379 44 184 166 244 176 ALUMINA 171 390 459 488 477 480 520 530 531 572 610 600 600 6/)"5 A33 617 569 560 610 653 FRIGUIA (FRIA) 171 390 459 488 477 480 520 530 531 572 610 600 600 60S 633 617 569 560 610 653 IRON ORE 820 1.050 373 359 767 536 717 605 702 716 440 CMC (CONAKRY) B20 1,0'50 373 359 767 536 717 605 702 71. 440 DIAMONDS 11000 CARATS) -NA n 80 ll3 82 37 49 42 52 42 53 29 28 65 19" AGRICULTURAL COMMODITIES (TONS. UNLESS OTHERWISE SPECIFIED) COFFEE 9.000 11.000 9.700 10.000 14.400 16d)OO 8.000 ".000 7.000 6.000 5.000 9.000 -NA -NA -NA 4,6S2 5,916 4,,026 4.022 :h403 2.227 1.170 1.976 786 -NA BANANAS 98.000 91.000 73.000 65,000 35.000 55,000 59.000 44,000 45,000 35.000 12,000 43.6e4 -NA -NA -NA -NA" -NA 1.000 9.000 1,000 1.000 124 170 30 -NA PINEAPPLES 1.000 2,000 2,000 3.000 5.000 '5,000 6.000 2,914 3,045 4,179 5.699 6,510 6,730 6.730 8,8'51 8.207 9,334 10.293 9.037 9.339 Eh 315 3.099 2.090 2.212 -NA PALM KERNELS 21,000 22.000 21,000 19.000 23,000 23,000 15tOOO 8.000 24.000 23,000 25.000 19,324 -NA -MA -NA 13,02:5 16.886 15,'555 17.050 14.054 9,144 7.467 10.090 12.633 -MA MANGOES 9,000 -NA -MA 9.000 -NA 2,000 -HA 1.000 -NA -MA -NA -NA -MA -NA -NA -MA -NA -NA 1.000 1.000 1.000 244 1.1 12 1,170 -MA OTHER CROPS 9,000 -NA 1.000 1.000 -NA 2,000 -NA 20,OQO 3.000 2,000 4,000 2,000 -NA -NA -NA -NA -MA 8.000 2tOOO 2.000 2,000 774 1,260 154 -MA FRUIT JUICES (1000 CANS) 971 990 1.694 -NA -MA -MA --NA -MA -NA -NA -NA -MA -NA -NA -MA -MA -NA -NA -MA -NA -NA 971 980 1,694 -NA PLYWOOD (1000 CUBIC METE IS6 -NA -NA -NA -NA -NA -MA -MA -NA -NA ·-NA -MA -NA ·-NA -NA- -NA -NA --NA -NA 156 -NA -NA' -NA -NA -NA'· ------------------- SOURCES: WORLD BANK. GUINEA - ECONOMIC TRENDS AND PROSPECTS (1967) MINISTERE DES FINANCES ET DU PLAN - BULLETIN SPECIAL DE STATI5TIGUES (1962) WORLD BANK. GUINEA .. MACROECONOMIC FRAMEWORK (1971) IMF. GUINEA - RECENT ECONOMIC DEVELOPMENTS (1972.7 •• 77.79) 1_' CONVERTED FROM CALENDAR YEAR PRODUCTION DATA E EST lHATE September 1980 • 83 TABLE 3.2a: MERCHANDISE EXPORTS. 1956-79 (HILLION SYLIS, FOB CURRENT PRICES) 1956 1957 1958 1959 1960 1979 1961 1962 1963 1964 1964/65 1976 1977 1978 PREll HI NARY 19651<6 1966/67 1967/68 1968/69 1969170 1970171 1971/72 1972173 1973174 1974175 TOTAL EXPORTS FOB ~10 520 486 591 1,067 1,084 1,219 1,213 1,2BO 1,2eO 1,2'50 1.300 1,240 1.340 1.282 1,254 1.203 2,310 3.641 5.400 6.200 6.466 7013211 :;:;:;;:'=:::IO=~=== HINERALS 130 140 96 101 441 859 764 869 903 900 880 840 850 870 990 966 951 851 2,010 3.444 5.274 5.873 6,331 6.882.!/ ALUHINA 260 710 BAUXITE IRON ORE 50 40 40 50 80 60 660 10 770 30 770 no 810 820 830 850 860 894 899 851 1,319 1.459 1.'528 1,540 1.740 1,916 70 80 40 40 90 20 30 20 10 lO 100 72 52 691 1,985 3.746 4,333 4.591 4.966 !I DIAMONDs 11 60 70 < 20 16 11 1i 29 Z4 SO 19 90 23 70 30 40 10 10 10 10 10 10 AGRICULTURAL COHMODITIES 360 360 390 490 500 490 320 330 310 350 400 410 450 370 350 303 294 341 300 197 126 327 135 250 11 COFFEE 1'50 140 ---------- 8ANANAS 170 220 210 160 70 90 130 110 120 110 80 60 130 70 150 130 140 127 125 131 61 43 231 37 -NA PINEAPPLES 110 160 110 100 70 -NA 10 10 10 20 20 110 100 100 70 60 30 2 6 1 -NA -NA -NA -NA PALM KERNELS 40 20 30 30 OTHER 40 so SO 70 90 60 70 BO 70 50 70 70 60 70 70 103 114 75 91 SO 26 16 9 -!fA 50 70 40 70 80 70 70 70 60 60 56 38 127 !40 51 32 49 69 -!fA 70 70 50 30 60 50 30 100 80 30 50 13 8 7 8 13 25 29 20 -"A MISCELLANEOUS 120 20 30 13 9 11 -"A- September 1980 I_I ESTIMATES SOURCESI laRD. GUINEA - ECONOMIC TRE"DS A!fD PROSPECTS (1967) I9RD. GUINEA - MEDIUH TERH MACROECONOMIC FRAHEWORK (1977) IMP. GUINEA - RECENT ECONOMIC DEVELOPMENTS (1979) - 84 • TADLE3.): MEt;.CHANDISE IMPORTS, 1956-79 (MILLION SYLIS, CIF CURRENT PRICES) 19156 1957 1958 1959 1960 1961 1962 1963 1964 1964/65 1965/66 1966/67 1967/68 1968/69 1969170 1970171 1971172 1972173 1973174 1974/75 1976 1979 1977 1978 PRELIMINARY TOTAL IMPORTS CIF 660 925 1,300 2,028 1.592 2>159 1,978 1>619 1,708 1,592 1.505 1r316 1,225 1.611 1,932 1,977 2,438 3,823 3,291 GENERAL IMPORT PROGRAM 660 845 970 ItS08 972 1,539 1,324 879 948 984 4,474 5,641 4,916 934 912 582 h 131 5.976 6,634 1t641 1,572 777 887 1.410 1,623 2,213 FOOD,BEV~~AGES,TOBACCO 120 !92 256 186 180 304 233 284 432 255 232 2,812 2,823 180 333 391 305 3,467 TEXTILES,CLOTHING 130 106 97 72 192 ~i7 2a;:, 155 1'71 1:!6 ! if, 86 208 228 380 PETROLEUM PRODUCTS 56 56 98 137 27 57 142 243 203 256 370 40 45 114 120 135 62 113 14n 1 !Ii? :!f:" 404 636 TRANSPORT EGUIPMENT 90 166 193 106 159 364 170 118 122 91 91 175 235 l8S =:76 -NA 85 27 63 96 60 64 560 1.0:>0 CONSTRUCTION MATERIALS 20 20 33 25 32 24 48 11 30 54 187 390 396 61 194 280 -NA 48 26 40 80 97 378 513 OTHER GOODS 260 348 409 993 305 440 397 227 184 254 56 114 114 38 235 340 294 688 308 428 161 238 30 5 197 -NA 268 269 234 337 90 335 405 597 242 371 -NA SPECIAL IMPORT PROGRAM 12 771 56 -NA PLAN IMPORTS 2_1 80 330 520 360 360 360 480 500 318 335 241 752 467 300 73 225 638 1,038 900 MINING IMPORTS 3_1 260 260 294 260 260 290 1 ,250 1,185 236 163 176 757 1,678 180 218 180 10023 1,410 1.898 981 CBO 1.601 1,491 1,347 1,475 1,657 FRIGUIA 260 260 294 260 260 29() 236 163 758 1,393 176 180 218 180 411 641 265 505 570 608 505 603 OTHER IMPORTS 4_1 -NA -NA -NA -NA -NA -NA -NA -NA -IIA -'M- -NA- 960 883 842 567 -NA -NA -NA -NA 872 1.090 -NA -NA -NA -NA -NA -NA -,NA -NA 100 SOURCES: (1) IMF REPORTS 1957-59 (AUGUST 1964, P 921 September 1980 1960-64 (DECEMBER 1965. PP 44,73) 1964/65 (OCTOBER 1970, P 63) 1965/66-1970171 (JUNE 1972. P 80) 1971172 (MAY 1976, P 511 1972/72-1974/75 (AUGUST 1977. P 39) 1976-78 (HAY 1979, P SOl (2) IBRD MACROECONOMIC FRAMEWORK (1977) (3) STAFF ESTIMATES 1_1 FROM IMPORTS IN CFA FRANCS 2_1 OBSERVATIONS FOR 57-59 INCLUDE MAJOR INVESTMENTS (EOUIVALENT TO PLAN IMPORTS FOR CONSISTENCY PURPOSES), OBSERVATIONS FOR 60-62 INCLUDE SYLIS 1080 MILLION REPORTED IN 1962 WERE EOUALLY DISTRIBUTED DURING PLAN EXERCISE 3_1 OBSERVATIONS FOR 60·'61 ARE ESTIMATES, AS MINIHG IMPORTS WERE INCLUDED IN THE GENERAL IMPORTS 4_1 PRIVATE TRADE, OTHER JOJNT VENTURES 5_1 STOR, J.P. ROCHET, EGYPP, 4/4/80 (U5$36 MILLION) - 85 TAILI 4.L: IITI.MAL ~ILIC DI.T OUTSTANDIN, " 'A'RI_T ARIA•• 1.'.-1.'. (I_ NlllI. . USI) I ••• ItO. 1910 1911 1"2 1973 1974 1975 1976 1977 1978 1979 DEIT DISBURSED DE:CEHBU 31 235.0 489.' 122.7 CLEARINS 1.1 152.~ 100.1 212.6 281.' 381.1 510.9 ~81.B ~64.9 COlIlIENlIONAL ".0 140.5 217.8 271.9 291.6 338.6 421.9 SUPPLIERS CRtDITS 26.~ 28.3 34.7 34.8 63.0 77.5 79.7 8B.B 110.6 14~.3 186.5 FINANCIAL INSTITUTIONS 0.8 8.4 11.4 fo.~ 21.9 17.3 15.S 14.1 12.~ 18.:5 19.0 KUL TILATERAL 1.7 20.4 44.6 6'.7 72.5 70.6 71.6 72.3 S2.6 106.1 126. :5 8ILATERAL 35.1 44.5 4,.S 52.~ 60.5 87.3 105.1 116.4 133.0 153.0 193.5 AIIIIUAL DISBURSEKE.NTS 2S.~ 30.' 89.6 94.1 91.2 110.~ 8'.9 70.0 50.7 105.1 130.9 CLEARI1I8 I_I 17.4 13.0 58.5 38.0 77.6 19.0 32.B COIIIIENTIOIiAL 11.0 39.8 53.2 32.8 12.1 31.0 106.9 SUPPLIERS CREDITS ~.5 1.5 7.8 6.8 27.9 14.9 2201 FIIiANCIAL INSTITUTIONS 0.9 3.2 3.4 13.6 2.~ tlULTILATERAL 1.7 3.~ 24.2 2201 6.8 3.0 12.6 8ILATERAL ~.O 9.9 4.4 2.7 4.9 10.7 B.l 8.0 12.0 19.3 24.5 ~O.~ CLEARING 1.1 3.7 8.8 8.2 24.1 56.3 CONIIEIIHONAL 4.3 9.7 12.6 13.7 16.1 18.9 20.6 SUPPLIERS CRUIlTS ~.2 5.2 5.2 11.1 FINANCIAL INHIUTIOIIS I.S 2.1 2.6 tlUL TILATERAl 2.1 3.5 6.6 7.7 8.6 lULATERAL 1.6 1.2 1.3 I. ~ ~.S SCHEDULED SERIIICI: PAYMENTS 10.9 39.6 51.6 73.4 118.B 117.0 140.B CLEARIN8 1.1 11011 20.4 21.0 26.2 28.5 ~6.~ Y 69.011 6B.7 CONYENTI ONAl 8.6 18.6 25.4 24.8 27.0 30.7 4'.8 SI.~ 72.1 SUPPLIERS CREDITS FINANCIAL INSTIUTIONS 3.5 0.1 3.' 0.4 6.3 1.0 7.2 I.S 9.2 301 9.6 3.3 29.6 2.1 24.7 2.1 ·3'.7 2.9 tlULTILATERAL 0.2 0.9 1.2 2.1 6.1 6.8 7.2 8.0 8.5 BILATERAL 3.6 3.4 2.5 3.1 5.7 7.4 10.8 16.6 21.0 COKMITMENTS 83.3 31.5 IS5.4 60.9 29.2 U~.~ 106.1 llUd CLEARING 1.1 5.3 12'.3 28.' 17.! 51.8 108.9 B2.3 65.B 13.4 CONYENTIONAL 78.0 16.1 26.1 32.0 11.1 ~7 oil ~0.3 167.7 168.~ SUPPLIERS CREDITS 0.2 21.1 16.0 6.8 6.4 29.0 15.4 a8.9 25.0 FINANCIAL INSTITUTIONS 8.0 0.5 1.5 4.3 2.4 5.2 701 "ULTIlATERAL 9.0 8.1 21.0 ~.l 60.2 6~.1 8IlATERtilL 7.9 5.5 31.0 17.0 18.~ 13.~ 72.2 S"1't_r L980 SOURCE: WORLD BANK 1_1 DEBT REPAYABLE IN GOODS AND SERVICES UNDER BILtilTERtilL CLEtilRING AGREE"ENTS. ~ 86 - TABLE 4.2:SECTOR DISTRIBUTION OF EXTERNAL PUBLIC DEBT 1960-79 AGRICULTURE SOCIAL SECTORS FISHING MINING UTIL TIES TRANSF'ORTS CULTURAL CURRENT FOOD BOP SUPPORTS DEBT NOT FORESTRY QUARRYING MANUFACTURING ELECTRICITY TOURISM COMMUN I CA TIOI'lS A[IMINISTRATION IMPORTS AID GENERAL PURPOSE REORGANIZATION SPECIFIED TOTAL MILLION US • DEBT OUTSTANDING 31 DEC 79 44.7 144.1 224.9 187.4 32.1 133.1 14.2 90.4 47.1 138.6 194.3 91. 1 1342.0 DISBURSED 26.3 144.1, 166.0 47.0 18.3 78.7 7.3 36.8 47.1 133.3 194.3 91.1 990.4 UIHlISBURSED 18.4 58.9 140.4 13.7 54.4 6.9 53.6 5.2 351.6 ANNUAL DISBURSEMENTS 1960 3.7 3.7 7.5 1961 2.5 2.5 10.0 15.0 1962 2.8 3.4 1.3 1.3 8.8 1963 2.4 25.7 2.2 0.8 7.0 39.7 1964 1.6 8.8 17.9 1 .1 0.7 29.8 AVERAGE 1960-64 0.3 2.8 10.6 0.7 0.3 1.8 1.4 2.0 20.2 1965 0.9 2.8 12.7 7.6 0.5 1.7 6.4 32.6 1966 0.4 1.9 6.5 7.6 8.7 0.3 1.0 4.4 30.8 1967 0.2 9.1 4.6 6.7 3.6 4.3 0.6 1.0 2.9 3301 1968 1.6 9.2 5.2 0.9 S.6 0.2 0.2 2.8 2.2 1.5 28.4 1969 0.2 7.7 2.5 0.9 0.8 0.1 7.0 3.9 3.2 0.8 27.7 AVERAGE 1965-69 0.7 5.6 4.3 5.8 5.3 0.1 0.9 2.2 1.5 3.8 0.5 30.5 1970 0.3 49.6 6.7 0.6 9.4 0.2 5.1 15.7 1.7 0.3 89.6 1971 53.6 7.6 11.0 8.2 4.4 9.1 0.2 94.1 1972 42.5 6.4 1.2 2.2 2.7 10.0 5.2 9.0 79.2 1973 18.2 16.3 6.4 18.4 2.6 16 .4 10.7 2.2 91.2 1974 5.6 24.6 7.7 1. :5 6.5 13.4 19.6 31.6 110.4 AVERAGE 1970-74 0.1 33.9 12.3 3.2 8.2 2.0 4.3 12.9 7.4 8.6 92.9 1975 7.5 13.5 . B. 5 6.7 3.3 3.0 10.5 33.9 86.9 1976 5.7 0.5 25.6 14.9 0.6 7.9 4.5 1.5 8.6 0.2 70.0 1977 4.4 13.0 0.7 1.5 13.9 1.8 2.7 12.0 0.2 0.4 50.7 1978 4.1 12.1 11.5 9.5 23.4 3.2 5.8 5.2 20.8 9.5 105.1 1979 2.4 42.0 6.0 6.3 13.1 3.6 11.5 0.3 28.7 17.0 130.9 AVERAGE 1975-79 4.8 0.1 21.3 8.3 3.6 13.0 1.7 5.6 1.1 13.2 7.3 8.8 88.7 AVERAGE 1960-79 1.5 9.9 10.2 7.0 0.9 6.8 0.5 2.2 2.4 7.3 5.1 4.5 58.1 PERCENTAGES AVERAGE 1960-64 1.5 13.9 52.5 3.5 1.5 8.9 6.9 9.9 100.0 AVERAGE 1965-69 12.3 18.4 14.1 19.0 17.4 0.3 3.0 7.2 4.9 12.5 1.6 100.0 AVERAGE 1970-74 0.1 36.5 13.2 3.4 8.8 2.2 4.6 13.9 8.0 9.3 100.0 AVERAGE 1975-79 5.4 0.1 24.0 9.4 4.1 14.7 1.9 6.3 1.2 14.9 8.2 9.9 100.0 AVERAGE 1960-79 2.6 17.0 17.6 12.0 1.5 11.7 0.9 3.8 4.1 12.6 8.8 7.7 100.0 SOURCE: WORLD BANK NOTEI TOTALS MAY NOT ADD DUE TO ROUNDING September 1980 - 87 TABLE 4.3 :EXTERNAL DEBT SERVICE RATIOS. 1970-79 1970 1971 1972 1973 1974 1975 1976 1977 1978 1979 MILLION US$ EXPORTS (GROSS) 54.2 52.1 55.2 71.5 128.8 179.1 252.6 293.2 327.9 373.3 SCHEDULED SERVICE F"AYMEfHS -NA -NA -NA -NA -NA -NA 131.1 161.2 163.0 208.0 PUBLIC DEBT 28.7 35.1 39.6 51.6 53.3 73.4 84.6 118.8 117.0 140.8 PRIVATE DEBT 1_/ -NA -NA -NA -NA -NA -NA 40,5 42.4 46.0 67.2 ACTUAL SERVICE PAY~ENTS -NA -NA -NA -NA -NA -NA 86.9 110.9 111 • '5 1'50.1 PUBLIC DEBT 14.5 15.2 19.3 24.5 22.4 34.9 40.4 68,5 6S.'5 82.9 PRIVATE DEBT -NA -NA -NA -NA -NA -NA 46.5 42.4 46.0 67.2 PERCENTAGES EXPORTS 100.0 100.0 100.0 100.0 100.0 100.0 100.0 100.0 100.0 100.0 SCHEDULED SERVICE PAYMENTS -NA -NA -NA -NA -NA -NA 51.9 55.0 49.7 55.7 PUBLIC DEBT 53.0 67.4 71. 7 72.2 41.4 41.0 33.5 40.5 35.7 37.7 PRIVATE DEBT -NA -NA -NA -NA -NA -NA 18.4 14.5 14.0 18.0 ACTUAL SERVICE PAYMENTS -NA -NA -NA -NA -NA -NA 34.4 37.8 34.0 40.2 PUBLIC DEBT 26.8 29.2 35.0 34.3 17.4 19.5 16.0 23.4 20.0 22.2 PRIVATE DEBT -NA -NA -NA -NA -NA -NA 18.4 14.5 14.0 18.0 PUBLIC DEBT ACTUAL i>AYMENTS AS OF SCHEDULED PAYIiENTS 50.7 44.3 50.4 51.1 42.4 47.5 47.8 57.7 56.0 58.9 ------------------ 1-1 CBG AND FRIGUIA September 1980 NOTE: TOTALS HAY NOr ADD DUE TO ROUNDING - 88 - Page 1 TABLE 5:1 CENTRAL GOVERNMENT FINANCfS, 1966/67-1979 (IN MILLION SYlIS CURRENT PRICES) !I 1/ !I '!:./ 1977 1/ 1978 1/ 1979 1/ 1 '766/67 1967/68 1968/69 1969170 1970/71 !I 1971/72 1972173 1973174 19741751/ 1975176 CURRENT REVENUE 1,584.1 1,515.8 1,342.1 1.928.6 :;>,U8.7 2,409.8 2,315,6 2,935.4 2,999.9 8,015.0 7,654.9 8,234.3 9d64.5 TAX REVENUE 1.110.8 1,021.3 b 037.5 1,566.1 1.!=!06.2 2,064.2 2,035.6 2,347.6 2,587.2 5,125.2 4,514.4 5,806.5 6,052.2 TAXES ON NET INCOME AND PROFIT 5_1 259.4 333.3 256.2 400.1 310.6 395.1. 486.0 850.0 646.4 1 >153. 9 945.7 1'442.7~/ 1. 0302.6 II SOCIAL SECURITY CONTRIBUTIONS 213.7 117.8 144.8 166.2 190.8 202.9 204.2 186.0 195.6 203.0 137.4 122.7 1.51..4 PAYROLL TAXES 8_1 '25.0 31,7 19.9 29.2 33.6 22. :5 26.2 47.4 52.8 52.1 38.3 55.7 37.8 TAXES ON GOODS AND SERVICES 31_1 100.3 94.3 1/.,0.7 111..6 283.3 290.9 256.8 478.9 340.6 271.7 1.23.0 110.2 122.0 TAXES ON INTERNATIONAL TRADE 435.9 371,2 365.5 711.9 849.6 1.101.4 853.1 813.9 1,270.1 3,042.3 2.798.4 3,717.4 4,094.1 IMPORTS 378.3 340.7 333.7 655.8 692.8 915.4 843,4 806,2 854.9 1,542.0 1,320.5 1,414.9 1>997.:5 EXPORTS 51..8 30.4 28.4 39.8 35.8 28.0 9.7 7.7 13.6 SPECIAL TAX ON MINERALS 40:l.b 1,500.3 1,366.6 2,183.9 1,970.4 OTHER 32_1 5.8 111.3 118.6 1.26.4 .1 3.4 16.3 121.0 158.0 254.0 10/ 1,96.3 10/ 343.3 10/ OTHER TAXES 9_1 "76.5 73.0 140.9 98.0 299.6 230.9 182.8 159.4 165.5 195.0 NON-TAX f~EVENUE 4'73.3 494,5 304.6 362.5 31,2.5 345.6 280.() 587.8 412.7 2,889.8 3,140.5 2,427.8 3.1.12.:3 BENEFITS PUBLIC ENTERPRISES OTHER 380. 34/ 93.3 - ° 330,3 164,2 W 231.0 73.6 2:31. 131.5 ° 34/ 231.0 34/ 81.5 - 40.0 305,6 80.0 11/ 200.0 358.2 229,6 181."7 231.0 12/ 2'536.3ll~ 353.5 12 3,()48.2 92.3 2.239.8 188.0 2,726.6 385.7 CAPITAL REVENUE TOTAL REVENUE 1.584.1 1,515,8 1.342.1 1,928.6 2,118.7 ':i/ 2,409.8 2,315.6 2,935.4 2,999.9 8,015.0 7,654.9 8,234.3 9.164.5 GRANTS AND TRANSFERS 233.6 ':i/ 52,6 '±I 242.7 27.8 '±I 371.,6 1.22.0 263,0 279.0 153.0 2,711.1 331.0 647.() 261. .4 DOMESTIC NONRECURRENT RECEIPTS 233.6 52.6 242,7 27.8 35.6 80.0 11/ 100.0 13/ ""1";941~9 14/ EXTERNAL GRANTS -NA -NA -NA -NA-' 3:36.0 42.0 163.0 15/ 279.0 15/ 153.0 15/ 769.2 16/ 331.0 15/ 647.0 15/ 2l) 1.4 TOTAL REVENUE AND GRANTS 1,817.7 1,568.4 1,584.8 1,956.4 2,490.3 2,611.8 2.578.6 3,214.4 3>152.9 10,726.1 7,9135.9 8,881.3 9,425.9 :::;:::::::===::::::;::::::::: :..-::==::::::==:::::::: ::==::::::::;;;;:::=;:;::; ... =======:::: ;:;:=:::::::;::;:::::::== ===::::::::::==== =~.;=====~ CURRENT EXPENDITURE 1,540.5 1,701,9 1,642.4 2,055.0 2,292.9 2,611.6 2,6;'!9.2 3,(;10,0 3,263.5 4,542.6 3,872.9 4.723.7 5 d 77.7 EXPENDITURE ON GOODS AND SERVICES 1,495,5 1,626,0 1,537.7 1,900.9 2,082.7 2,276.6 2, 3~;5. 8 2,749.0 2,923.7 3,515.1 3,387.7 4,032.9 4,460.2 WAGES, SALARIES 1,029.7 1.114.3 Id03.! 1.278.1 1,,375,3 1,507.3 1,552.5 1,829.2 1,869.8 2.464.4 2,156.8 2,410.9 2.840.1 SOCIAL SECURITY 23,8 16.8 -NA 62.0 90.4 116,8 91..7 210.8 160.2 154.8 264.5 35.811..1 196.9 18 / GOODS AND SERVICES 442.0 494.9 434.6 560.8 617.0 6~'2. 5 711. ,6 709.0 8n.7 895.9 966.4 1,5136.2 1,423.2 INTEREST PAYMENTS 19_1 33.2 63.0 92.3 138.4 173.0 206,8 231.7 244.0 :507.8 484.9 444.7 442.9 476.5 SUBSIDIES AND TRANSFERS 20_1 32_1 11.8 12.9 12.4 15.7 37.2 1 ~'.8. 2 41.7 17.0 32.0 542.6ll/ 40.5 247.9 22/ 241.0 23 / CAPITAL EXPENDITURE (NET) 1,440.0 1,179.7 1,060.0 1,060.0 1,060.0 1,479.0 1,350,0 1,450.1 2,255.6 4,622.8 2,227.9 1,663.6 8,323.7 ACQUISITION OF FIXED ASSETS 24_1 1,505.0 26/ 1,270.0 26/ 1,201.0 1,201.0 26/ 1,201.0~ 1,559.0 1,550.() IV 1,561..1 2,4413.5 2,882.1 1,075.4 1,898.8 2,500.0 25 / OF WHICH, TREASURY EXPENDITURE 703.7 741.8 555.4 633.5 625.1 495,2 -NA -NA -NA -NA .- --- -NA ------- ------ CAPITAL TRANSFERS TO PUBLIC ENTERPRISES 2,005.0 1,403.9 95.3 6,200.0 25/ LESS, DEPRECIATION PAID BY PUBLIC ENTERPRISES 65. ° 33/ 90.3 141.033/ 141 .0 33/ 141.033/ 80.0 200.0 111. 0 ll/ 192.9 264.3 251.4 330.5 3'76.3 VARIATION IN STOCKS -NA -NA -NA -NA -NA -NA -NA -NA -NA -NA -NA -NA -NA TOTAL EXPENDITURE 2,980.5 2,881.6 2,702.4 3.115.0 3,352.9 4,090.6 3,979.2 4,460.1 5,519.1 9.165.4 6.100.8 6,387.3 13,501.4 :r==::::::;:::=== =:::::::==:;:::== :::::::==:=== :::::====::.:== =====:::::= =====:::::== =====:.:::::: ======== ======== - 89 - Page 2 TABLE2lh CENTRAL GOVERNMENT FINANCES. 1966/67-1979 (IN MILLION SYLIS CURRENT PRICES) 19711721/ 1972173 1/ 1973174 11 1974175 1/ 1975176 II 1977 1.l 1978 1.l 1979 '2.1 1966/67 1967/68 1966/69 19691701/ 1970171 OVERALL BALANCE -10162.6 -1.313.2 -1.117.6 -1.158.6 -862.6 -1,558.8 1.400.6 -1,245.7 -2,366.2 1,560.7 1,885.1 2,494.0 -4.075.5 ::::::::f''::=~::::~:::::::' ~::;:::::::::::=:;:::~;:=~ ": ... ==:::::<::=== CURRENT BALANCE 43.6 186.1 "'300.3 -126.4 ··174.2 -201.8 "313.6 -74.6 -263.6 3,472.4 3,782.0 3,510.6 3,986.8 BALANCING ITEM 35_1 336.3 57.4 175.2 -797.4 -37.3 459" ~.; -:341.9 -~)28+3 2,261.8 -346.4 141. 6 -1,220.4 -6.286.1. FINANCING 824.5 1,255.8 942.4 1.956.0 899.9 1,099.3 1,742.5 1,774.0 104.4 1,214.3 -2,026.7 -1,273.6 10,363.6 :;::======= FINANCING ABROAD 27/ 707.5 610.8 506.4 1,625.0 2,091.8 1,713.2 1,607.2 1,944.8 1,552.9 1,382.6 93.9 1.378.3 1.388.9 LOANS DISBURSED 603.7 729.8 687.1 1,829.5 2,289.9 1,929.8 1,866.4 2,172.3 1,891.6 1,'138.9 1,072.0 2,202.4 2.501. 9 LESS, SCHEDULED AMORTIZATIONS 96.2 30/ 172.6 30/ 255.6 467.2 652.6 684.1 795.3 844.5 1.085.3 1,696.5 2,067.2 1,865.2 2,220.7 PLUS, INCREASE IN ARREARS 30/ 53.6 30/ 76.9 282.7 454.5 467.5 536.1 617.0 746.6 10140.2 1,089.1 1,041.1 10107.7 DOMESTIC FINANCING 28_1 117.0 645.0 434.0 331.0 -1.191.9 -'613.9 135.3 -170.8 -10448,5 -2,596.9 -2.120.6 -2,651.9 8,974.7 FROM MONETARY AUTHORITIES 160.0 166.0 1,225.0 376.0 -1,779.6 -643.2 440.2 -274.3 "1.149.7 ,-2,365.1 -1,289.3 ··2,965.8 11,093.2 NET BORROWING 431.0 396.0 772.0 524.0 -1.742.0 -94.5 424.8 444.7 -884.7 -2,810.7 -210.8 21.5 +8 6,541.7 CHANGE IN DEPOSITS -271.0 -230.0 453.0 148.0 -37.6 -548.7 15.4 '719.0 -265.0 445.6 -1,076.5 -3.161.6 4,551..5 CHANGE IN CURRENCY HOLDINGS -NA -NA" -NA -NA -NA -NA -NA '-NA -NA -NA -NA -NA -NA REEVALUATION FOREIGN EXCHANGE -NA -NA -NA -NA -NA -NA·· -NA -NA" -NA -NA -NA -NA -NA FROM DEPOSIT MONEY BANKS -43.0 479.0 -791.0 -45.0 587.7 29.3 -304.9 103.5 -264.1 "-95.8 -703.1 359.8 -2,],18.5 NET BORROWING 5.0 406.0 -257.0 -56.0 116.9 -4.4 47.7 --.0:16 + 2 57.3 ··175.8 69.6 59.8 -248.9 CHANGE IN DEPOSITS -48.0 73.0 -534.0 11.0 468.8 33.7 -352.6 149.7 -321.4 80.0 -792.7 300.0 1. ,869.6 OTHER -34.7 -41.0 -38.2 28.1 NET BORROWING FROM ENTERPRISES 29_1 -34,7 -41.0 -38.2 28.1 -NA DEPOSITS WITH GOVERNMENT -'NA -NA -NA -NA -NA -NA -NA -NA "NA -NA -NA -NA -NA NET BORROWING FROM HOUSEHOLDS -NA -NA -NA -NA -NA -NA -NA -NA -NA -NA -NA -NA -NA CHANGES IN LIQUIDITY -NA -NA -NA -NA -NA -NA -NA -NA -NA·· -95.0 -90.0 "'74.0 -NA SOURCES: 1966/67-66/69 IMF, RECENT EcbNOMIC DEVELOPMENTS(JUNE 1972) 19_1 SCHEDULED PA~MENTS ON EXTERNAL PUBLIC DEBT, CONVERTED FROM CALENDAR YEAR 1969/70-71/72 IBRD. THE PUBLIC SECOTR IN GUINEA (MAY 1974) DATA AND ADJUSTED TO ACCOUNT FPR DEBT RESCHEDULING AND CONSOLIDATION 1972/72-1978 IMF, RECENT ECONOMIC DEVELOPMENTS (JUNE 1979) 20_1 INCLUDING MARGINAL AMOUNTS OF LOANS ALSO, 19BO eEM MISSION (FEBRUARY 1960) 21_1 REPORTEDLY INCLUDING CONTRIBUTIONS TO INTERNATIONAL ORGANIZATIONS 1_1 OCTOBER 1 SEPTEMBER 30 22_1 INCLUDING SYLIS 226 MILLION BUDGETED SUBSIDY TO REGIONAL GOVERNMENTS 2-1 OCTOEIER 1 DECEMEIER 31 (15 MONTHS) (NATIONAL ASSEMBLY ANNOUNCED IN FEBRUARY 1980 THAT THE TOTAL 1979 3_1 CALENDAR YEARS SUBSIDY TO REGIONAL GOVERNMENTS WILL BE SYLIS 400 MILLION) 4_1 PARTIAL TOTALS 24_/ CENTRAL GOVERNMENT AND PUBLIC ENTERPRISES 5_1 INCLUDE BIC(BUSINESS INCOME TAX), IRCITAX ON DIVIDENDS), 25_1 BUDGETED EXPENDITURE RTS(PAYROLL TAX). AND IGR(GENERAL INCOME TAX) 26_1 EXTRAPOLATED FROM REPORTED EXPENDITURE OF SYLIS 4 BILLION BETWEEN 6_1 IMPORTEX PAYMENT OF SYLIS 500 MILLION INCLUDED MAY 1, 1968 - SEPTEMBER 30. 1971 (IMF. RECENT ECONOMIC DEVELOPMENTS 7_1 IMPORTEX PAYMENT OF SYLIS 597 MILLION INCLUDED JUNE 1972) AND SYLIS 3010 MILLION BETWEEN MAY 1966 AND APRIL 1968 8_1 INCLUDE VF(VERSEMENTS FORFETAIRES) AND TA(APPRENTICESHIP TAX) 27_1 INCLUDING TRANSACTIONS ON BEHALF OF PUBLIC ENTERPRISES WHEN AVAILABLE 28_1 INCLUDING REGIONAL AND LOCAL GOVERNMENTS 9_1 REGISTRATION AND STAMP DUTIES, AND OTHER TAXES 29_1 LOANS AND ADVANCE PAYMENTS BY CBS (NET) 10_1 RESIDUAL, EXCLUDING DRAWINGS RESERVE FUND 30_1 ASSUMING ACTUAL AND SCHEDULED SERVICE PAYMENTS COINCIDE STARTING IN 1967 11_1 IBRD, THE PUBLIC SECTOR IN GUINEA: PUBLIC FINANCE AND PLANNING(MAY 1976) 31_1 INCLUDING TAX ON PETROLEUM PRODUCTS 12_1 MINISTRY OF PLANNING DATA 32_1 IMF. RECENT ECONOMIC DEVELOPMENTS (JUNE 1972) FOR 1966/67-1971/72 DATA 13_1 INCREASE IN BALANCES HELD BY CAISSE DE PEREQUATION (STABILIZATION FUND) 33_1 EXTRAPOLATED FROM DEPRECIATION REPORTED DURING 7 YEAR PLAN, AS FOLLOWS: 14_1 INCLUDING NONRECURRENT RECEIPTS FROM LIQUIDATION OF STABILIZATION FU~D SYLIS 130 MILLION MAY 1966 - APRIL 1968, SYLIS 470 MILLION MAY 1968 - (SYLIS 991 MILLION). TAX ON TOBACCO (SYLIS 715 MILLION). AND SEPTEMBER 1971 (IMF. R.E.D., JUNE 1972) OTHER (SYLIS 235 MILLION) 34_1 IDEM (NOTE 33);-SYLIS 760 MILLION 1966-68 15_1 ESTIMATES OF UNREQUITTED TRANSFERS (BOP CURRENT ACCOUNT) SYLIS 770 MILLION 1968-71 16_1 INCLUDING SYLIS 576 MILLION IN GRANTS RECORDED BY TREASURY AS CURRE~T 35_1 OVERALL BALANCE LESS OVERALL FINANCING AVAILABLE, INCLUDING EXTERNAL REVENUE GRANTS 1966/67 - 1969/70. AND VARIATION IN STOCKS. SUM OF BALANCING 17_1 NOT INCLUDING BENEFITS OF SYLIS 170.7 MILLION WHICH WERE ACCOUNTED ITEM 1966/67-78 = SYLIS 159.1 MILLION AS BUDGETARY EXPENDITURE IN 1979 18_1 PAYMENT OF BENEFITS FOR 1979 WILL BE ACCOUNTED EX-POST IN 1960 NOTE: TOTALS MAY NOT ADD DUE TO ROUNDING September 1980 - .. TABLE 6.1: S~ATIST1CS. 1960-79 H1Ll..IO' SYl..tSl 12/04 9/6'!; 1:U¢~ 9/66 12/6~ 9/67 9/68 9/69 9170 12/7Q 9171 9/72 1:>:-:e 6/78 12178 6179 PRELnlINARY 12/62 9/63 12163 9/64 12/60 1::'/61 -764.0 -774.0 -751.0 - 90 ... 0 -879.0 -11196.0 -1.456.0 -lt42t.. -1.668.0 -1.923.0 ~l.96a.9 -1.292.1 -654.8 -8 l8.2 -70:;>.4 -1tl47 • .;> ! -546. 5 ~:2.337.4 I.BOS,S -. ..!. )12.0 ..:: ,';;;".i.t ')01:1,,:::;.6 -J,na,Q ~5ol94.3 ~6se,0 -639.0 -525.0 -737.0 '!i40.0 ~27 .0 NET fOREIGN ASSETS 1.244.0 -704.0 9S4.0 ·911.0 164.0 -1.00$2.0 ~66 -1.091.0 .0 -1 ~l 192.0 .096.0 -14A- -NA- w 197.0 1.65S,i'l ., 300.6 -ld59;.>,7 '187.7 -l,tl05.9 1,204.7 -~,907.1 990.7 ?dj3\i.t; 1.054.3 1.600,8 1.013.5 -2.S19.3 t .026. q 3,738 ... !.. ;: -'" -3.634,4 ~ :;53.:' -4.448,8 1, ::Ofl.e 6.403-1 4.41'1.0 4.476.0 5.682.0 S~47S.0 6.177.0 .. ,328.0 6.898.0 71961.0 13.731 ,{ 9.~J10 ,0 9.918,(1 10.130.2 9,988,4 9.704,6 11.952.4 11.994.8 12.911,0 13.53fLO 13.449.1 14.612.6 13.163.3 12.140.5 13.618,9 13.992.6 15.600.7 3.518.0 3.552,0 3.972.0 WET DOI"iESTlC ASSETS S67.0 10716.0 3t997.0 4.410.0 6.117.0 3.B61,0 6. :SS5.0 9.561.0 9,792.5 10,369.'5 11,7$4.5 13,573.3 13,'532.1 14,366 ... 1211')91.0 1.020.0 h5Q3.0 451.0 :h334.0 2,451.0 3.660.0 2.669.1 2.190,5 60-::i.9 b474.0 -HA- 2.901.0 -IIIA- 3,331.0 '5.052.0 3.498.9 l.e72.S 3.443.6 -1.023. Q -IIIA:- -:S61.() -NA- -eS6.0 -1.392.0 -1,682.0 -2.a37.7 3~2n.o 4. i 5'l.0 3.61S.0 3.694.0 :$ ,95'.0 5.327.0 71 J!i'5.8 10.077.9 3.231.0 574.() 823. :2 \.070.7 274.0 258.0 16S.0 167.0 182.0 298.0 692.4 23e.o 71.0 479.0 -504.0 2S7.Q 60.0 467.0 313.0. 477 .0 '521.0 565.0 3~7 .0 337.7 279.7 -664.7 :567.:5 240.3 161.0 -35.3 -93.0 2"6.2 -27.9 49. 'S 799.3 730.0 ~1.330.7 213.0 -379.0 ~85.0 -43.0 CAPITAL AND RESERvES. O!HER -1'53.0 l?¢ .0 e3:-.0 8'!;0.0 116B.Q 990.0 961.0. 913.0 608.0 ~el.0 251.6 269.7 341.4 423.5 blO,l 61 ... 0 613.7 64!/.4 645.4 6!iO.6 79 ... 7 627. :: 64$.9 420.2 '}4fi.0 350.0 391.0 86"3.0 COUNTERPART FUNUS PL-4'a0 1-1 3.342.0 3.262.0 3.762.0 3.6QO.0 4.045.0 4.220.0 4.31;0.0 5~10.9 .0 !/,959.0 6~507.0 6.617.0 7.248.5 7,429.4 7.469.:5 90146.5 8,951.7 9,326.6 8.936.6 8,221.0 9.0'59.6 8,365.5 6,239.2 6,083.0 ,h609.4 5,94 ... 0 1>689.0 2.3'53.0 2.S15.0 2,733.0 HONEY 1,407.0 1.372.0 1.393.0 1>299.0 1.456.0 1,496.0 1t579.0 "3t162.0 3.494.9 :$,884.1 31290.1 3.990.6 ;>.956.7 3.b4LQ '3~ '147.9 3,106,9 3.158.3 1,'597.2 1,914,7 2.076.1 :.;.973.8 3.2:00.3 1.071.01.043.0 1.()Sl.0 1.251.0 1.929.0 2f38B.0. 30103.0 896.0 952.0 CURRENCY HI CUCULATION 3 .6'5S. 0. 3t753.6 3.54:':).3 40179.4 5.t~~. 9 4.995.0 5.68~':t.6 :::;,498.7 :::;.11:'.1 6.768.3 1.702. (') \ ,e90.0 :2, :$01. 0 :2.S89.l') ~!.801.0 3,'571,0 lr735.6 2,74),7 1.282,0 2.t40.0 2.768.4 30199.9 3.160.7 2d98.!$ 748,7 DEI"iAND DEPOSITS 93Q,0 10165.() 1.602.0 10284.0 loU3.0 1.491.0 1.584. () 697.4 PRIVATE SECTOR 258.0 1.143.0 ld)17.0 1>166.0 1.320.0 10997 .. 0 1.'51~,O 1.411.0 2.288.8 1.951.4 ... '569.8 :h996.9 2,046. "3 3'52.0 537.0 STAn: nnERPRISES 2.441.2 277.(, 158.0 14.0 '.0 eo.o 314.0 274.0 260.0 3sa.0 369,0 531. 0 536'<) S67.0 '.597.0 66) .2 991.2 l,"239.1 1.'.564.:::,> 1.730.6 1,823. ~~ 2.245.3 3.101.8 i~427.2 2,076.6 2,;]\3.1 3.00"3.J 4,042.2' aUAI> I -l10NEY 3 •• nu.O 186.0 191.0 185.0 192.0 181.0 179,0 181.0 190.0 192.1 201.:5 ;n-::i.7 338.3 541. :! '541. : 380.1 168.2 210<1 1.317.0 6.0 133.0 BB.O 69.0 171,1) 177.0 3~Q,0 359.0 406.0 11107.0 469.1 7VS.7 1,013.4 1,225.9 1.199.4 b282.1 1.96~L2 1.908.4 2,793.:' 2.725,2 277.0 IS6.0 14.0 1,351.0 3.342.0 4.076.0 3.S7 ... 0 4,305.0 4.578.0 4.749.0 5.64(1.0. 61497.0 7,094.0 7,4(4.0 7.'109.7 a, 426. 6 8.708.6 10,710.7 1Q.69;':.) lltl49.9 11.377dJ 10,466.3 12.161.4 9.792.7 8..115,8 9.096.1 9.612.7 9.9"86, :: 1.699.0 2'030.0 2.673.0 2.797.¢ OVERALL I"iONEY SUPPLY t .407.0 SOURCES! 1_1 COUNTERPART FUNDS ARt: 1'\01 f<IH NOT RELEASEII FOR _ _ •• _ w. _ _ .~¥_"~ NOTE: CONSOLl[IATEV CLAtHS FOI-~ OUTSTANDING WHICH \,jERE UHO 140TE: TOTALS HAY NOT AD!I [IUE TO ROUNDING Sept_her 1980 - 91 TABLE 7.1: AREAS UNDER CULTIVATION, 1973-79 PROVISIONAL ESTIMATES (HECTARES) 1973 1974 1975 1976 1977 1978 1979 SMALLHOLDERS RICE (PADDY) 459,110 463,750 468,430 473,000 402,100 406,120 386,180 • FONIO (DIGITARIA) 145,470 146,940 148,420 149,900 135,000 136,350 137,714 MAIZE 57,670 58,250 58,840 59,500 53,600 54,136 41,007 MILLET & SORCHUM (GRAIN) 7,220 7,920 8,000 8,100 7,300 7,573 5,530 GROUNDNUTS (U~SHELLED) 118,780 119,980 121,190 123,000 124,200 125,442 126,696 CASSAVA (FRESH) 85,450 86,310 87,180 88,000 88,900 89,800 67,875 YAM (FRESH) 6,400 6,560 6,630 6,700 6,700 6,700 6,700 SWEET POTATOES 9,050 9,140 9,230 9,400 9,500 9,595 9,595 TARO 4,380 4,420 4,470 4,500 4,550 4,596 4,596 PALM KERNELS 144,000 150,000 156,000 160,000 160,000 160,000 160,000 CITRUS 34,360 34,710 35,060 35,400 34,450 35,098 35,000 ORANGES 25,770 26,033 26,295 26,550 25,838 26,324 26,300 TANGERINES 8,590 8,677 8,765 8,850 8,612 8,774 8,700 BANANAS AND Pl~TAINS 20,650 20,860 21,070 21,300 21,500 21,715 21,700 PINEAPPtE 13,890 14,030 14,170 14,300 14,450 14,595 14,595 COFFEE 68;365 69,045 69,745 69,875 70,605 71,315 71,315 MECHANIZED PRODUCTION BRIGADES RICE (PADDY) 10,750 94,250 62,750 41,750 20,750 FONIO (DIGITARIA) 10,447 6,965 4,632 2,322 GROUNDNUTS 3,282 10,447 6,965 4,632 2,322 CASSAVA (FRESE) 6,088 10,447 6,965 4,632 2,322 OTHER 618 10,447 6,965 4,632 2,322 September 1980 - 92 TABLE 7.2: AGRICULTURAL PRODUCTION, 1973-79 PROVISIONAL ESTIMATES (THOUSAND METRIC TONS) YIELDS )) KG/HA 1973 1974 1975 1976 1977 1978 1979 SMALLHOLDERS RICE (PADDY) 900 413.2 417.4 421.6 425.7 361.9 365.5 347.6 FONIO (DIGITARIA) 500 72.7 73.5 74.2 75.0 67.5 68.2 68.9 MAIZE 1,150 66.3 67.0 67.7 68.4 61.6 62.3 47.2 MILLET AND SORGHUM (GRAIN) 600 4.3 4.8 4.8 4.9 4.4 4.5 3.3 GROUNDNUTS (UNSHELLED) 650 77 .2 78.0 78.8 80.0 80.7 81.5 82.4 CASSAVA (FRESH) 5,000 427.3 431.6 435.9 440.0 444.5 449.0 339.4 YAM (FRESH). 7,000 44.8 45.9 46.4 46.9 46.9 46.9 46.9 SWEET POTATOES 6,500 58.8 59.4 60.0 61.1 61.8 62.4 62.4 TARO 6,500 28.5 28.7 29.1 29.3 29.6 29.9 29.9 PALM KERNELS 250 36.0 37.5 39.0 40.0 40.0 40.0 40.0 CITRUS 1,300 44.7 45.1 45.6 46.0 44.8 45.6 45.5 ORANGES 1,300 33.5 33.8 34.2 34.5 33.6 34.2 34.2 TANGERINES 1,300 11.2 11. 3 11.4 11.5 11.2 11.4 11.3 BANANAS AND PLANTAINS 4,500 92.9 93.9 94.8 95.9 96.8 97.7 97.7 PINEAPPLE 3,333 46.3 46.8 47.2 47.7 48.2 48.9 48.9 COFFEE 200 13.7 13.8 13.9 14.0 14.1 14.3 14.3 MECHANIZED PRODUCTION BRIGADES RICE (PADDY) 400 4.3 37.7 25.1 16.7 8.3 FONIO (DIGITARIA) 250 2.6 1.7 1.2 0.6 GROUNDNUTS (UNSHELLED) 433 1.4 4.5 3.0 2.0 1.0 CASSAVA (FRESH) 3,333 20.3 34.8 23.2 15.4 7.7 OTHER 4,328 2.7 45.2 30.2 20.1 10.1 -------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 1/ CONSISTENT YIELD ESTIMATES WERE WEIGHTED WITH VARYING AREAS UNDER CULTIVATION TO ACCOUNT FOR TRENDS IN ACTUAL OUTPUT September 1980
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Guinea - Country economic memorandum : Guinee - Memorandum economique
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