Do-cument :e La Banque Mondiale A N'UTILISER QU'A DES FINS OFFICIELLES CGNFIDENTI EL R2pport No.2666-TUN TUNISTF REVUE DES INDUSTRIES MECANIQUES ET ELECTRIQUES 4 JUIN 1980 Division du D'eloppDeient industriel et de Financcieet Bureau R -gional -urope, MALyen-Orienc et Afriqule du Nvrd TRADUCTION NON-OFFICIELLE A TITRE D'!NFORMAT'ON Le présent drcumnct fait 1'o&jet d'une diffusionL restreinte, et ne put être utiisé par ses destinalaires qu;e drs l'e:ercice de lcurs fonctions officielles. S tene-r ne peut êre autremenr't divulgue« sams i'au1orisation de la Banqle Mondiale. CURRENCY EQUIVALENT Currency Unit = Tunisian Dinar (TD) US$1.00 = TD 0.40 TD 1.00 = US$2.50 ABBREVIATIONS AND ACRONYMS API Agence de Promotion des Investissements BDET Banque de D'veloppement Economique de Tunisie CEPEX Centre de Promotion des Exportations CNEI Centre National d'Etudes Industrielles FISCAL YEAR January 1 - December 31 A N'UTILISER QU'A DES FINS OFFICIELLES TUNISIE REVUE DES INDUSTRIES MECANIQUES ET ELECTRIQUES Table des matières Page Résumé et conclusions i-xi .PARTIE A. L'INDUSTRIE MANUFACTURIERE EN TUNISIE 1 CHAPITRE I - STRUCTURE ET CROISSANCE DE L'INDUSTRIE MANUFACTURIERE 1 - Croissance de l'industrie manufacturière 1 - Commerce extérieur et demande finale des produits manufacturés 3 - Investissements étrangers 5 - Allocation des facteurs de production 5 - Tendances de la productivité des facteurs 7 - Priorités sous-sectorielles 9 CHAPITRE II - CADRE INSTITUTIONNEL ET DE POLITIQUE ECONOMIQUE . il - Environnement économique de l'industrie manufacturière 1l et problèmes de politique économique - Identification, préparation et exécution des projets 13 - Développement de la petite industrie 14 PARTIE B. LES INDUSTRIES MECANIQUES ET ELECTRIQUES CDIE) 17 CHAPITRE III - STRUCTURE ET CARACTERISTIQUES DES IME 17 - Introduction 17 - Tendances de la croissance et caractéristiques structurelles 17 - Demande finale et commerce extérieur des produits des IME 20 - Productivité de la main d'oeuvre; structure de la demande et 23 de l'offre de main d'oeuvre - Structure et résultats de la production 25 Ce rapport est fondé sur les résultats d'une mission de la Banque Mondiale qui s'est rendue en Tunisie en février et mars 1979 à la demande du Gouvernement Tunisien pour examiner les développements récents et les perspectives des Industries Mécaniques et Electriques. La mission comprenait M. François Ettori (chef de mission), Melle Khanh Nguyen (Economiste Industriel>, et MM. Franco Batzellà (Chargé de Projets), Michel Cognet (Economiste Financier), Hans Reichelt (Chargé de Prêts), Werner Schelzig (Economiste de Pays), Harbaksh Sethi (Ingénieur mécanicien), et Seiffedine Bennaceur (Ingénieur Electricien-Consultant). Le présent document fait l'objet d'une diffusion restreinte, et ne peut être utilisé par ses destinataires que dans l'exercice de leurs fonctions officielles. Sa teneur ne peut être autrement divulguée sans l'autorisation de la Banque Mondiale. Table des matières (cont.) Page CHAPITRE IV - LES INDUSTRIES MECANIQUES 26 - Caractéristiques et problèmes généraux 26 - Problèmes, perspectives et recommandations pour les industries 28 mécaniques 1. Construction métallique et chaudronnerie 28 2. Réparation navale 29 3. Industries mécaniques de transformation 29 4. Produits intermédiaires et ouvrages en métaux de la 31 mécanique Fonderies 31 Ouvrages en métaux 33 5. Industries de l'automobile et industries annexes 34 CHAPITRE V - LES INDUSTRIES ELECTRIQUES 36 - Caractéristiques et problèmes généraux 36 - Problèmes, perspectives et recommandations pour les 37 industries électriques CHAPITRE VI - LES PETITS IME 42 - Caractéristiques générales et résultats 42 - Problèmes de développement et perspectives 44 - Recommandations spécifiques pour les petites IME 45 PARTIE C. MESURES A MOYEN TERME ET STRATEGIE A LONG TERME 46 CHAPITRE VII - MODALITES DE DEVELO11PEMENT A MOYEN TERME DES IME 46 - Objectifs à moyen terme 46 - Programmes d'investissement à moyen terme 46 - Recommandations à moyen et court terme 49 CHAPITRE VIII - METHODE SUGGEREE POUR L'ELABORATION D'UNE 53 STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DES IME - Objectifs à long terme 53 - Conditions préalables 54 - Procédure d'élaboration de la stratégie 54 - Critères de choix 55 Table des matières (cont.) Page ANNEXES: I. La structure industrielle de Tunisie 57 Il. Les industries métallurgiques et mécaniques 64 Sidérurgie 66 Fonderies 70 Construction métallique et chaudronnerie 76 Matériel de transport 79 Industries mécaniques de transformation 86 Ouvrages en métaux 92 Réparation navale 97 III. Les petites industries dans les IME 100 Appendices Statistiques TUNISIE REVUE DES INDUSTRIES MECANIQUES ET ELECTRIQUES RESUME ET CONCLUSIONS Réalisations du Secteur i. Les Industries Mécaniques et Electriques (IME) en Tunisie étaient pratiquement inexistantes il y a vingt ans. Les IME recurent durant les années soixante un tiers du total des investissements manufacturiers, et 11,5% en moyenne durant la période 1970-1978. Les investissements importants des années soixante, réalisés principalement par le secteur public, établirent un noyau d'industries de base (sidérurgie, fonderies). La croissance du secteur IME fut rapide durant 1961-1969, et se ralentit ensuite. Le secteur est resté petit, représentant en 1978 quelques 1,6% du PIB et 14,5% de la Valeur Ajoutée du Secteur manufacturier. Les IMEs ont absorbé 13,5% des emplois crées durant 1970-1978, et elles représentent actuellement 2,2% de l'emploi total et 10,8% de l'emploi de l'ensemble des industries manufacturières du pays. Le secteur est orienté principalement vers le marché intérieur. Les exportations de produits des IME atteignirent un maximum de $40 millions en 1974, représentant alors 10% des exportations de biens manufacturés et 4,5% des exportations totales tunisiennes. Les exportations des IME déclinèrent par la suite, principalement en raison de la diminution des surplus exportables de produits primaires de plomb et d'acier (qui constituaient les principales exportations traditionnelles du secteur), mais la croissance des exportations des IME reprit en 1978 avec l'apparition d'exportations d'appareillages électriques. Les entreprises des IME relèvent en grande partie du secteur public. Les entreprises publiques et semi-publiques constituent la plupart des grandes entreprises du secteur, et emploient environ un tiers de l'effectif total des IME; elles génèrent quelques deux-tiers du produit brut du secteur. ii. Après 1970, les investissements publics et la création de nouvelles entreprises dans les IME furent réorientés vers des industries de montage demandant des coûts d'investissement par emploi plus faibles. Ces industries visaient la substitution d'importations de biens de consommation durables (automobiles, appareils électro-ménagers). Ces industries de montage utilisent principalement des composants importés. Les croissances de la valeur ajoutée et de la productivité du travail dans le secteur en furent ralentis, s'établissant respectivement à 8,8% et 1,7% p.a. en moyenne durant 1970-1978; la productivité globale des facteurs de production cessa de croître dans le secteur après 1974. La réorientation vers les activités de montage eut aussi pour effets une faiblesse du développement et de l'intégration interne du sec- teur, ainsi qu'un accroissement des pressions sur la balance des paiements en raison des importations croissantes de biens d'équipement et de biens intermédiaires des IME. Le ratio Valeur Ajoutée/Produit brut du secteur, qui était de plus de 30% en 1969-1970, a diminué jusqu'à 26,5% en 1978, et la part des produits des IME dans les importations totales est passée de 35% en 1970 à 47% en 1978. Une analyse de l'importance des secteurs industriels dans des pays comparables indique que les IME constituent le plus sous-développé des secteurs manufactu- riers en Tunisie, introduisant ainsi dans la structure du secteur manufacturier une distortion qui les empêche de participer efficacement au process'us d'indus- trialisation du pays (Chapitre I et Annexe I). - ji - Friorité du secteur iii. Les principales raisons du développement insuffisant des IME sont d'abord leur complexité intrinsèque, la priorité accordée jusqu'ici aux occasions de développement rapide d'industries plus simples ou utilisant des ressources naturelles abondantes (textiles et confection pour l'exporta- tion, matériaux de construction pour satisfaire une demande intérieure en croissance rapide, phosphates et leurs dérivés), ainsi que des contraintes de nature institutionnelle et de politique économique. La poursuite d'une croissance rapide des autres sous-secteurs industriels devient moins vraisemblable, en raison de contraintes pesant sur les marchés et les ressources naturelles. Les débouchés d'exportations tunisiennes de produits textiles et phosphatés deviennent limités; les ressources naturelles pour les produits alimentaires et chimiques (autres que phosphatés) sont insuffisantes ou incertaines; et la produwtion de matériaux de construction suffira dans un avenir prévisible à satisfaire la demande intérieure. Une croissance supplémentaire des importa- tions de produits des IME pourrait peser lourdement sur la balance des paie- ments et restreindre l'expansion du secteur manufacturier dans son ensemble; il devient donc indispensable de développer un secteur IME équilibré qui puisse produire et fournir au pays des biens d'équipement et intermédiaires courants. Le Gouvernement entend pour ces raisons accorder la priorité au développement des IME. Potentialités et perspectives de développement iv. La Tunisie possède des avantages comparatifs et des potentialités de croissance dans certaines lignes de production sélectionnées des IME. Le pays dispose d'une main d'oeuvre d'une qualité et d'une compétence croissantes recevant des salaires relativement bas; il est relativement proche des marchés de la CEE et du Moyen-Orient auxquels il a un accès préférentiel; et ses politiques vis-à-vis des investissements étrangers sort libérales. Cependant, le marché intérieur est étroit, et la Tunisie doit donc exporter pour exploiter pleinement ses potentialités. Les potentialités à l'exportation ont été déjà exploitées dans certaines activités par des entreprises étrangères (montage de produits et composants électro-mécaniques et électroniques) ainsi que par quelques entreprises nationales (transformateurs électriques, réparation navale, coutellerie). Les exportations des IME peuvent être augmentées et diversifiées; une revue des entreprises exportatrices assemblant des biens électriques et électroniques permettrait d'identifier de nouveaux composants et pièces pour appareils électriques qui seraient produits en Tunisie pour .tre intégrés dans les produits exportés et ceux produits pour le marché intérieur. v. La Tunisie possède aussi des potentialités pour effectuer une sub- stitution "efficace" (à couts compétitifs) plus étendue des importations de biens - intermédiaires et d'équipement utilisant des technologies simples ou intermé- diaires. Les entreprises tunisiennes produisant ce type de biens ont en général choisi, et efficacement mis en oeuvre, des technologies intensives en main d'oeuvre,et sont compétitives avec les importations de ces biens en provenance des pays européens, malgré l'échelle réduite de leurs opérations et la pénali- sation qu'elles subissent du fait des taxes indirectes frappant leurs achats - iii - de matières et inputs locaux. On peut identifier un premier groupe de biens d'équipement et intermédiaires pour une substitution efficace à l'importation, ceux dont les marchés intérieurs sont suffisamment larges pour absorber la production de capacités économiquement viables. Ce groupe comprend, entre autres, les pièces de fonderie ferreuses, les chaudières et fours industriels, les charpentes métalliques, les matériels agricoles, les petits matériels de construction et terrassement (bétonneuses, "dumpers"), les engins de manuten- tion et levage simples (grues, petits chariots industriels), les pompes et compresseurs, les wagons de marchandises, les transformateurs et moteurs électriques de moyenne puissance, les équipements simples pour la distribution électrique et les télécommunications (armoires de distribution et commande, matériel de raccordement et disjonction, commutateurs). Certains de ces biens, en particulier les structures métalliques lourdes et l'équipement électro- mécanique, ont aussi des marchés d'exportation établis ou potentiels dans les pays méditerranéens avoisinants où la proximité géographique de la Tunisie constitue un avantage. Les importations de biens de ce premier groupe totali- saient environ D 100 millions (US$250 million) en 1977; près de D 55 millions de ces importations pourraient être produits domestiquement au cours des prochaines années, ce qui correspond à 16% des importations totales de produits des IME et 9% des importations totales de produits manufacturés. vi. Un second groupe de produits présentant des potentialités de déve- loppement comprend certains biens d'équipement ayant un marché intérieur étroit; un développement efficace dans ce domaine requiert des débouchés complémentaires d'exportation pour absorber 30 à 50% de la production. Seuls des partenaires étrangers peuvent fournir le savoir-faire nécessaire dans ce groupe qui comprend principalement les moteurs, leurs composants et pièces détachées, et quelques produits dérivés (machines agricoles automobiles, tracteurs). Les importations de ces produits totalisaient D 13.7 millions (US$34 million) en 1977. Une production de ces biens à des prix compétitifs est fondamentalement sujette aux arrangements particuliers qui seront à négocier avec des partenaires étrangers pour les marchés d'exportation et qui, en cas de succès de négociations, entraineraient une amélioration notable du niveau d'intégration intrasectorielle 1/. vii. La fabrication locale de biens de consommation finale par les entre- prises de montage est généralement non compétitive, faiblement intégrée au secteur, et utilise peu de main d'oeuvre en raison des désincitations combinées des politiques de protection douanière et de contrôle des prix. La plupart des entreprises produisant des biens de consommation mécaniques et électriques devraient d'abord viser à une plus grande efficacité et utilisation de leurs capa- cités avant d'agrandir leurs lignes de production existantes ou d'en créer de nouvelles. Cependant, certains produits finals bien choisis dans les outils à main, les accessoires automobiles, la quincaillerie métallique et électrique, les accessoires de tuyauterie et articles sanitaires, et les petits appareils électro-ménagers pourraient être produits, et exportés pour partie de la production, à des prix compétitifs dans le cadre d'arrangements ou de 1/ Par exemple, des pièces de fonderie usinées locales pourraient être intégrées dans les moteurs, et ces derniers à leur tour intégrés dans la production des principaux produits du premier groupe identifiés pour une production locale (pompes et compresseurs, engins de manutention et levage, petits matériels de construction et de terrassement). - iv - prises de licences techniques avec des associés étrangers qui fourniraient le savoir-faire et les débouchés extérieurs,selon un mode analogue à celui actuellement utilisé pour les exportations de coutellerie des AMS. viii. Un développement ultérieur des petites industries (PI) du secteur des IME est largement conditionné par le degré d'intégration intra-sectorielle. Les petites IME disposant d'un bon savoir-faire technique et de gestion pourraient jouer un rôle significatif en apportant un support et une complémentarité aux entreprises plus grandes, et devraient abandonner la compétition avec ces dernières et se reconvertir dans trois domaines généraux d'activité: (a) la production de biens et services spécialisés pour des besoins géographiquement localisés; (b) la production de certains biens intermédiaires et la sous- traitance pour les grandes entreprises; et (c) la réparation et l'entretien de biens de consommation et d'équipements simples. Des activités typiques représentatives de ces trois domaines sont respectivement les petites fonderies, les petits ateliers mécaniques spécialisés et entreprises de charpente métallique et chaudronnerie, et les ateliers courants de réparation et usinage. Programme d'investissement à moyen-terme ix. L'absence d'une stratégie de développement à long-terme pour les IME a eu pour résultat que le nombre de projets clairement identifiés par le Plan est insuffisant pour remplir les objectifs d'investissements du Plan pour ce secteur. Le programme d'investissements dans le secteur pour la période 1979- 1982 comprend 22 projets identifiés totalisant un investissement de D 105 millions (US$262 million), dont D 88 millions alloués à 15 projets visant à une simple- substitution d'importations. La viabilité économique de ces 15 projets est incer- taine, ou fondamentalement dépendante du succès de ,i,égociations avec des parte- naires étrangers pour des exportations de complément. Dix autres projets sont suggérés par la mission pour étude complémentaire; ces projeto, qui mettent l'accent sur la substitution efficace à l'importation de biens d'équipement par le secteur privé ou semi-public 1/, ajouteraient D 33 millions au programme d'investissement des IME pour la période 1980-1083. x. Le programme d'investissement combiné de D 138 millions (US$345 million) comprend ainsi quatre grands groupes de projets: 4 projets princi- palement orient-s à l'exportation, pour 10% de l'investissement total; 10 projets conçus pour une substitution efficace d'importations et représentant 20% de l'enveloppe globale; 6 autres projets de substitution d'importations (y compris un projet de moteurs diésel d'un coût de D 36 millions) nécessitant des débouchés extérieurs complémentaires sujets à l'obtention de partenaires étrangers (ces projets forment 40% du programme d'investissement); et 12 projets d'une viabilité et d'une efficacité incertaines ou douteuses. La majorité - (62%) de ce programme d'investissement serait entreprise par le secteur privé ou semi-public. Les deux premiers groupes de projets comprennent deux projets importants pour l'expansion et la modernisation d'une fonderie et d'un chantier de réparation navale, qui apparaissent en première vue éligibles au financement extérieur, sous réserve d'études de factibilité complémentaires et d'une coordination et préparation technique adéquate. Ces deux projets 1/ Des organismes publics ou semi-publics seraient les principaux clients pour certains de ces biens d'équipement (équipement électriques et téléphoniques). Les projets correspondants pourraient etre privés, avec participation minoritaire du client principal. -v - représenteraient un investissement tota?. de D 16,5 millions (US$41 million) sur trois années. Le succès de ces projets, et des autres projets du programme d'investissement, nécessiterait que soient levées les principales contraintes pesant sur le secteur et que soient mises en oeuvre les mesures prioritaires recommandées au paragraphe xvi. Contraintes générales et problèmes du secteur manufacturier xi. Plusieurs contraintes devront être levées avant que les potentialités de développement esquissées ci-dessus puissent être pleinement exploitées. Certaines de ces contraintes sont particulières aux IME tandis que d'autres sont d'une nature plus générale et affectent l'ensemble du secteur manufactu- rier. Le développement du secteur manufacturier est affecté essentiellement par des problèmes de productivité et d'efficacité dus à deux grands ensembles de contraintes pesant sur le secteur. Le premier ensemble, externe aux entre- prises, a pour origine l'inadéquation du cadre institutionnel et de la politique économique à promouvoir de plus grandes efficacité et productivité des facteurs de production, à encourager la compétitivité et l'orientation à l'exportation, et à produire des stratégies sectorielles efficaces. Le second ensemble de contraintes, largement interne aux entreprises, est relié au premier ensemble et résulte d'une faiblesse dans la conception et la gestion des opérations pro- ductives; il exerce ses effets sur les gammes de produits, la spécialisation des entreprises et l'intégration sectorielle, la planification des accroissements de capacité, l'intensité capitalistique des investissements, la productivité de la main d'oeuvre. xii. Malgré certaines mesures correctives prises durant le Plan 1973-1976, le système actuel de gestion économique repose sur un ensemble complexe de contrôles administratifs ayant des effets mitigés sur* la croissance de l'indus- trie. Le système de contrôle des prix, bien qu'appliqué avec une plus grande souplesse pour libéraliser le marché et rétablir la concurrence, reste notable- ment pesant et freine l'ajustement des structures de prix aux changements des conditions économiques; en particulier, le contrôle des prix, du type marge bénéficiaire sur prix de revient, couplé à une protection élevée n'~encourage pas les entreprisesproduisant pour le marché intérieur des biens de consommation finale (y compris les produits des IME) à accroître leur effica- cité et leurs exportations. Compte tenu de l'étroitesse du marché intérieur, l'obtention d'économies d'échelle dépend de façon cruciale de la capacité de la Tunisie à accroître ses exportations, notamment en diversifiant ses débouchés ailleurs que dans la CEE où les nouveaux pays membres méditerranéens constituent une menace sérieuse pour les exportations Tunisiennes traditionnelles (huile d'olive, textiles). Cependant, le cadre d'incitations pour la production à l'exportation (Loi 1972-38) n'offre pas les incitations nécessaires à la recherche d'une plus grande compétitivité des prix d'exportation et à l'identi- fication de nouveaux marchés pour de nouveaux produits incorporant une substan- tielle valeur ajoutée locale. De nouvelles mesures apparaissent souhaitables pour promouvoir des structures de commercialisation plus agressives à l'étranger et pour encourager l'intégration en amont des entreprises productrices de biens ayant un potentiel à l'exportation, tels que certains produits mécaniques et électriques. Finalement, la faiblesse des stratégies de développement établies pour certains sous-secteurs manufacturiers (dont les IME) et la difficulté - vi - résultante des institutions à identifier et préparer des projets s'accompagnent d'une certaine absence de coordination ou de cohérence dans les programmes d'investissement et les projets approuvés, bien que les contrôles publics sur l'allocation des ressources et les procédures administratives dans l'approba- tion des projets restent largement répandus. Les institutions concernées par la préparation des projets (CNEI) et leur promotion doivent étoffer leur personnel technique et améliorer l'efficacité de leur organisation afin de contribuer de façon plus constructive à la conception et à la préparation des projets. xiii. Les distortions du cadre d'incitations et les faiblesses des mécanismes de planification ont contribué à l'apparition des problèmes et difficultés rencontrées au niveau des entreprises. En dépit des investisse- ments importants et de plus en plus coûteux qui furent exécutés pour la modernisation et l'expansion de l'industrie, la productivité de la main d'oeuvre dans le secteur est restée en moyenne notablement basse, par comparai- son avec les pays européens et d'autres pays méditerranéens en voie de développe- ment. Elle a vraisemblablement diminué en 1973-1977 dans le secteur manufacturier public, où une part significative des effectifs semble être employée pour des raisons de politique sociale. Les distortions du Code des Investissements (Loi 1974-74) favorisant les grandes entreprises quelle que soit leur effica- cité ont parfois entrainé de substantiels excès de capacité dans plusieurs sous-secteurs (dont certains sous-secteurs des IME), une insuffisante spécialisation des gammes de production et une sur-intégration horizontale et verticale dans les grandes et moyennes entreprises, lesquelles sont encouragées à accro'tre leur taille plutôt qu'à sous-traiter aux PI lorsque ceci est économiquement indiqué. Cette dernière imperfection a affecté plus particu- lièrement les IME, lesquelles n'ont pas rempli le rôle essentiel qui leur est assigné dans le processus d'industrialisation d'amorcer et d'établir les liaisons indispensables entre la fabrication des composants et pièces et celles des produits finals. Contraintes et problèmes des IME xiv. Les contraintes générales du secteur manufacturier affectant plus particulièrement les IME sont essentiellement: (a) la structure de la protection douanière favorisant la production de biens de consommation finale; (b) la structure de la fiscalité indirecte pénalisant la production de biens intermediaires et d'équipement, alourdissant les prix de ces biens, et entravant les possibilités d'accroître la valeur ajoutée locale et plus particulièrement l'intégration dans les biens exportables de biens intermé- diaires produits localement; (c) la faiblesse des incitations et de l'assistance institutionnelle pour l'établissement d'associations ou de liens avec des entreprises étrangères; et (d) les imperfections des mécanismes de planifica- tion et des institutions chargées de planifier les stratégies de développement et de préparer les projets. Les principales contraintes et difficultés spécifiques au secteur des IME sont: (i) la standardisation insuffisante de la production et la diversification excessive des gammes de produits qui excluent l'utilisation d'économiesd'échelle dans de nombreuses lignes de production; (ii) la rareté des équipements de production spécialisés et la - vii - faible productivité de la main d'oeuvre comj>arativement à l'Europe et à d'autres concurrents dans certains pays en voie de développement; et (iii) la qualité insuffisante ou irrégulière des produits, notamment des pièces de fonderie et des pièces usinées. Ces trois contraintes spécifiques aux IME et la contrainte générale (a) précédente affectent plus particulièrement les lignes de production et les projets nécessitant des exportations complé- mentaires pour avoir une viabilité économique. Les contraintes générales (b), (c) et (d) affectent tous les projets et lignes de production du secteur des IME. xv. L'offre de main d'oeuvre qualifiée pourrait constituer une contrainte majeure sur le futur développement des IME. Le niveau et la structure de qualification de la main d'oeuvre des IME ont été jusqu'ici adaptées aux lignes de production existantes qui sont généralement équipées de machines courantes. Cependant, la force de travail actuelle des IME n'est pas suffi- samment qualifiée pour exploiter pleinement les potentialités futures du secteur 1/. La mise en oeuvre d'activités plus complexes pour la production de biens intermédiaires et d'équipement entrainera un plus grand recours à des machines spécialisées. Un effort marqué de formation devrait être entrepris pour alléger les principales contraintes provenant de la rareté d'ingénieurs de production et d'ouvriers mécaniciens spécialisés (paragraphes 3.12 et 3.13). Résumé des recommandations et priorités xvi. Dans le Chapitre VIII sont recommandées des mesures à prendre dans le court et moyen termes pour permettre d'alléger les contraintes et d'apporter une première réponse aux problèmes évoqués ci-dessus. La mise en oeuvre de ces mesures permettrait d'accroltre l'efficacité des IME et de créer un environnement économique propice à la préparation et la mise en oeuvre efficace d'une stratégie de développement à long-terme pour le secteur. Les recomman- dations générales sont, par ordre d'importance, les suivantes: a. le Gouvernement pourrait, à l'initiative du Ministère de l'Industrie, réviser les sections des systèmes de protection douanière et de fiscalité indirecte affectant les IME, de façon à supprimer la protection négative pesant sur les industries de biens intermédiaires et d'équipement et à amener par un abaissement des droits douaniers les entre- prises produisant des biens de consommation finale à réduire leurs coûts de production; b. le Gouvernement pourrait aussi réviser les objectifs du Code des Investissements de façon à encourager les entreprises et les investisseurs des IME à exporter, créer des emplois à des coûts plus faibles, rechercher des associations avec des partenaires étrangers pour acquérir le savoir-faire, améliorer la qualité de leurs produits, se spécialiser, et intensifier les liaisons et échanges inter ou intra-sectoriels entre entreprises locales et entreprises exportatrices; 1/ La tendance actuelle de certaines entreprises à compenser le manque d'ouvriers spécialisés par un recours à des équipements automatiques très modernes (machines à contrôle numérique) est économiquement inefficace,compte tenu de l'avantage du coût de main d'oeuvre en Tunisie. - viii - c. le Ministère de l'Industrie pourrait parrainer la création d'un Groupe de Travail Sectoriel (GTS) pour les IME ayant pour objet de coordonner les activités de toutes les institutions en charge du développement des IME. Le GTS pourrait comprendre des représentants du Ministère de l'Industrie, du Ministère du Plan, de l'API, du CNEI, du CEPEX et de la BDET 1/. Le GTS devrait lancer et suivre des études préparatoires destinées à: (i) tracer la stratégie à long-terme pour le secteur; (ii) identifier de nouvelles lignes de production présentant un avantage comparatif et des potentialités à l'exportation; (iii) préparer les projets publics "stratégiques"; et (iv) encourager la participation dans des projets tunisiens de partenaires étrangers disposant du savoir-faire et de l'accès aux marchés étrangers; d. le Ministère de l'Industrie pourrait, en coopération avec le GTS, créer un "Centre Technologique" pour les indus- tries mécaniques qui serait en charge de la normalisation, du contrôle de qualité, et de l'assistance technique (pour les choix des technologies, l'adaptation des équipements et méthodes de production, la gestion de la production, le choix des partenaires étrangers); et e. le GTS devrait réviser les directives régissant les rôles et objectifs respectifs des entreprises publiques et privées dans le processus d'industrialisation. xvii. Les recommandations spécifiques à chaque sous-secteur des IME faites ci-après ont pour but de contribuer à rationaliser et renforcer les activités existantes et à identifier et préparer des nouveaux projets de première priorité. Les principales recommandations spécifiques sont, par ordre d'importance: Préparation des projets: a. SOCOMENA devrait en coordination avec le GTS préparer une étude de factibilité complète et un programme d'investisse- ment à long-terme pour son chantier de réparations navales; b. le GTS devrait, en coopération avec les deux fonderies principales (SOFOMECA et Fonderies Réunies), rechercher une assistance extérieure pour évaluer en détail les possibilités de substitution efficace des importations de pièces de fonderie, et préparer des études de factibilité et des calen- driers de réalisation pour l'expansion de chaque fonderie; c. le Ministère de l'Industrie devrait, sur la base des résultats obtenus en b ci-dessus, autoriser l'expansion de la SOFOMECA à la capacité de 10.000 T p.a. (celle de la seconde fonderie étant liée à la réalisation du complexe mécanique pour la fabrication de moteurs diesel); _/ API: Agence de Promotion des Investissements CNEI: Centre National d'Etudes Industrielles CEPEX: Centre de Promotion des Exportations BDET: Banque de Développement Economique de Tunisie -ix- d. tous les membres du GTS devraient entreprendre en coopé- ration des études de factibilité pour les projets envisagés actuellement pour la fabrication d'accessoires automobiles, et initier la recherche et le choix de partenaires ou associés étrangers pour le savoir-faire et les débouchés d'exportations complémentaires; e. API devrait concentrer son attention, durant l'examen et l'agrément des projets IME, sur la qualité de l'organisation de la production, les compétences techniques des promoteurs des projets, et les modalités des accords de coopération avec les partenaires étrangers (notamment en ce qui concerne les possibilités d'adaptation et d'amélioration des procédés technologiques et de production pour les projets de l'électronique); f. les autorités publiques, et le GTS en particulier, devraient développer les circuits d'information sur: (Il les produc- tions et besoins des entreprises locales et des entreprises exportatrices de la Loi 1972-38; et (2) les changements techniques et technologiques dans les autres pays, spéciale- ment dans les industries électriques et électroniques; Renforcement des activités en cours: g. le CNEI devrait entreprendre une revue du sous-secteur de la construction métallique et chaudronnerie, dans le but de proposer une rationalisation des productions, d'éviter les excès de capacité et les projets répétitifs, et d'identifier des nouvelles gammes et lignes de production demandant des petits investissements additionnels pour être mis en oeuvre; h. le Ministère de l'Industrie, le CNEI et le CEPEX devraient entreprendre une revue du sous-secteur de la mécanique de transformation, dans le même but que g ci-dessus; i. tous les membres du GTS devraient coopérer à une revue commune du sous-secteur de l'industrie automobile et formuler dLs recommandations portant sur la rationalisation des gammes de production, la normalisation et standardisation des pièces et accessoires, le degré d'intégration locale économiquement désirable, et les possibilités d'exportation de pièces produites en Tunisie; j. le GTS, et le CNEI et l'API en particulier, devraient réévaluer la demande future de bennes et remorques pour véhicules utilitaires, ainsi que la viabilité des projets actuellement envisagés pour l'accroissement de la production dans ce domaine; k. le GTS devrait explorer, préférablement par l'intermédiaire du Groupement des Industries Mécaniques, la possibilité d'établir un approvisionnement centralisé et coordonné de produits primaires et intermédiaires pour les IME (produits sidérurgiques, composants électroniques); Promotion des petites industries (PI) dans le secteur 1. le Ministère de l'Industrie devrait créer une Unité adminis- trative spécialement chargée de coordonner la conception et la mise en oeuvre des mesures affectant le développement des PI; m. le Ministère des Finances, en coordination avec la Banque Centrale, les principales institutions financières, le Ministère de l'Industrie et l'API, devrait 1/ étudier les moyens et modalités de compléter le programme d'assistance financière existant par: (i) un mécanisme monétaire régulateur amenant les banques à accroître leurs prêts aux PI; et (ii) un schéma de garantie offrant une assurance-crédit pour les prêts bancaires consentis aux PI; n. l'API devrait élargir pour les IME les fonctions du programme d'assistance technique existant en mettant l'accent sur le con- trôle de la qualité, la promotion de la sous-traitance, la fourni- ture de services de vulgarisation spécialisés sur les IME et l'organisation d'un approvisionnement centralisé; et o. l'API devrait étudier les possibilités d'opérations conjointes entre des PI tunisiennes et des firmes étrangères pour la production et l'exportation d'ouvrages en métaux sélectionnés. xviii. Afin de renforcer les chances de succès des entreprises IME à l'exportation, il est nécessaire que: - des incitations et une assistance institutionnelle efficaces soient fournies aux entreprLses désirant améliorer la qualité de leurs produits et acquérir un savoir-faire technologique auprès de partenaires ou associés étrangers; - les programmes de commercialisation et de promotion des institutions attentives au développement des exportations (CEPEX, OCT, UTICA) soient coordonnés, et étendus par l'accroissement substantiel des moyens de ces institutions, si possible sous l'égide du Ministère de l'Industrie ou de l'API; et - des modalités ou des services de transport adéquats (réguliers et compétitifs) soient mis à la disposition des entreprises exportatrices. 1/ Conformément aux accords de principe établis durant la préparation en cours d'un projet d'assistance à la PI financé par la Banque Mondiale. -xi - xix. Ces diverses recommandations pour le court et moyen termes devront être complétées par un programme de travail visant à démarrer sous peu la préparation, par les Ministères de l'Industrie et du Plan, d'une stra- tégie à long-terme pour le développement des IME durant les années 80. Cette stratégie devra mettre l'accent sur l'identification et le développement des industries exportatrices où la Tunisie possède, ou peut développer, un avantage comparatif (confer Chapitre VIII). PARTIE A: L'INDUSTRIE MANUFACTURIERE EN' TUNISIE CHAPITRE 1: STRUCTURE ET CROISSANCE DE L'INDUSTRIE MANUFACTURIERE Croissance de l'industrie manufacturière 1.01 La Tunisie, traditionnellement nation d'agriculteurs, d'artisans et de commerçants, ne possède pas une longue expérience des industries manufacturières, à l'exception des industries alimentaires (minoteries et huileries), des matériaux de construction, de l'artisanat du textile (tapis, caftans), et, récemment, du traitement des phosphates. Les planificateurs tunisiens ont choisi l'industrie manufacturière comme principal vecteur de développement économique et de création d'emplois, en raison des problèmes d'emploi dont souffre ce pays et de la rareté relative de ses ressources naturelles. Pendant les années 60, la Tunisie a suivi une politique de substitution des importations qui a jeté les premières bases de l'industria- lisation, mais qui a vite été entravée par l'étroitesse du marché intérieur. Cette stratégie a peu contribué à la création d'emplois du fait principalement de l'intensité de capital des grands projets d'investissement publics (produits chimiques à base de phosphates, acierie, filatures et tissages). Après 1969, les planificateurs ont réorienté vers. les industries d'exportation les atratégies- antérieurement axe sur la marchét intriour et. ant assigné dans la nouvelle stratégie un rôle plus important au secteur privé auquel les plans qui se sont succédésau cours des années 70 ont fait une plus large place. Le rythme de croissance de l'industrie manufacturière s'est acceléré; il est, en effet, passé de 6,4% p.a. en termes réels pendant les années 60 à 9,7% p.a. entre 1970 et 1978 (Tableau 1.01). Les mutations de structure qui ont accom- pagné le développement de l'industrie manufacturière ont reflété l'abandon de la politique de substitution des importations en faveur de la promotion des exportations. Le secteur du textile et de la confection orienté vers l'exportation est devenu le secteur de pointe et a enregistré les progrès les plus rapides, et l'industrie alimentaire a perdu son caractère dominant en raison, principalement, de la médiocrité des résultats obtenus dans l'agri- culture. 1.02 Le secteur manufacturier tunisien comprend un grand nombre de petites entreprises. Le recensement industriel le plus récent (1976) signale 1.575 entreprises manufacturières employant cinq ouvriers ou plus cette meme année, dont 25% avaient plus de 50 ouvriers. On possède peu de renseignements sur les petits ateliers artisanaux qui emploient moins de cinq ouvriers; dans le gouvernorat de Tunis où plus de la moitié des établissements recensés sont situés, les petits ateliers se livrant à des activités quasi manufacturières (confection, ateliers de réparations mécaniques, ameublement, chaussure) s'élevaient au total à 3.640 en 1976. - 2- Tableau 1.01: STRUCTURE ET CROISSANCES DES INDUSTRIES MANUFACTURIERES (en pourcentage) Contribution Part de la valeur Taux de à la croi- ajoutée croissance réel ssance du PIB 1961 1969 1978 1962-69 1970-78 entre 1970 et 1978 Industries alimentaires 71 39 29 -1.4 7.8 3.5 Textile, cuir 5 19 23 20.5 12.7 3.7 Industries mécaniques et 6 14 15 18.0 8.8 1.5 électriques Matériaux de construction 7 9 il 10.8 10.4 1.2 Produits chimiques 6 9 10 14.0 9.7 1.1 Divers (bois, papier, ...) 4 10 12 17.8 10.7 1.4 Total, industrie manufac- 100 100 100 6.4 9.7 12.4 turière Valeur ajoutée manufactu- 7.7 9.7 11.0 4.2* 8.2* rière en % du PIB (au coût des facteurs) Emploi manufacturier en % 9.0 16.3 20.3 de l'emploi total *: Taux de croissance réelle du PIB Source: Appendices I.1 et 1.2 1.03 Le secteur public a joué un rôle prédominant dans la constitution des grandes entreprises, notamment dans les matériaux de construction (cimenteries), les produits chimiques (engrais- et rafinerie de pétrole) et dans les industries mécaniques et électriques CIME). La part du secteur public dans l'investissement industriel est tombée de 86% pendant les années 60 à 47% pendant le Plan 1973-76, par suite de la réorientation de la politique économique survenue en 1969, mais est restée très supérieure à 50% dans les sous-secteurs susmentionnés. En 1976, la main d'oeuvre de l'industrie était employée par les entreprises publiques à concurrence de 17%, et à concurrence des deux tiers par les industries chimiques et du tiers par l'industrie des matériaux de construction et les IME (Tableau 1.02). - 3- Tableau 1.02: PART DU SECTEUR PUBLIC DANS L'INVESTISSEMENT ET L"EMPLOI INDUSTRIELS En pourcentage de En pourcentage l'investissement total en de l'emploi 1961-68 1969-72 1973-76 total en 1976 Industries alimentaires 79 66 28 19 Textile, cuir 88 35 16 10 IME 94 67 51 34 Matériaux de construction 93 80 73 31 Produits chimiques 59 88 65 62 Divers 76 71 15 12 Total, industrie 86 67 47 17 manufacturière Source: Appendices 1.3 et 1.4 Commerce extérieur et demande finale des produits manufacturés 1.04 Depuis la réorientation de l'industrie manufacturière vers l'expor- tation, la part des exportations de la production industrielle totale a marqué une tendance à la croissance, passant de 18% en 1969 à 23% en 1978. La politique de promotion des exportations a fait le plus ressentir ses effets dans le secteur du textile et de la confection qui est devenu le plus important sous-secteur industriel travaillant pour l'exportation puisqu'il a vendu à l'étranger 41% de sa production en 1978. Les exportations de textiles ont augmenté de 45% par an en moyenne (en prix courants) pendant les années 70; leur croissance s'est ralentie jusqu'à 8% en 1978 en raison de difficultés rencontrées sur les marchés de la CEE; et il est vraisemblable qu'elle restera modérée à l'avenir. Un recul de l'huile d'olive et des dérivés des phosphates sur les marchés étrangers a réduit la croissance et les perspectives d'exportation de ces produits. La composition du commerce extérieur et la structure de la demande totale de produits manufacturés étaient les suivantes: -4- Tableau 1.03: PRODUCTION, DEMANDE ET COMMERCE EZTERIEUR DES PRODUITS M»UFACTURES Exportations, en Composition Production, en % Structure Sous-secteur % de la des de la demande de la production exportations intérieure demande 1972 1976 1978 1978 1972 1976 1977 1977 Industries ali- 29 18 14 24 119 104 100 24 mentaires Textile, cuir 13 26 41 41 80 85 94 17 IME 18 il 12 7 31 24 24 36 Matériaux de 9 2 2 - 80 56 57 6 construction Produits chimiques 44 54 56 25 79 82 88 8 Divers 12 8 7 3 63 50 52 9 Total, industrie 24 21 23 100 79 65 63 100 manufacturière Exportations de produits manufac- turés, en % des exportations totales 57 44 47 Source: Appendices 1.5 et 1.6 1.05 En raison de la rapidité de la croissance de la demande intérieure de produits manufacturés, il a fallu satisfaire une part croissante de plus en plus grande de cette demande par les importations, notamment en matériaux de construction et en produits des IME (Appendice 1.7). D'impor- tants investissements publics dans l'industrie des matériaux de construction ont permis une forte augmentation de la production intérieure (en 1977, les importàtions de matériaux de construction sont tombées à 5% du total des importations de produits manufacturés); par contre, la production du sous- secteur des IME a pu de moins en moins satisfaire la demande qui a résulté de l'accélération des investissements pendant les années 70. Les importations de produits des IME sont passées de 35% des importations totales en 1970 à 46% en 1978 et se sont inscrites pour 55% de l'augmentation des importations de produits manufacturés entre 1970 et 1978. L'élasticité de la demande totale des produits des IME par rapport aux investissements fixes étant supérieure à l'unité (voir Appendice 1.8) et les investissements augmentant au rythme de 14% par an, les importations de produits des IME ont pesé de plus en plus lourdement sur la balance des paiements. Cependant, l'examen de ce sous-secteur (voir Chapitres III et IV) révèle des potentialités importantes de substitution "efficace" (à couts compétitifs) des importations. -5- Investissements étrangers 1.06 La loi 1972-38 portant promotion des exportations a offert des avantages fiscaux importants et des facilités commerciales aux sociétés tunisiennes et étrangères recherchant une main d'oeuvre à bon marché et une réglementation des changes favorable; cette loi a attiré des volumes de plus en plus importants d'investissements étrangers directs dans l'industrie (Appendice 1.9). Entre 1973 et 1976, 50 millions de dinars (dont 70% dans des co-entreprises ou sous contrôle étranger) ont été investis dans 240 projets ayant représenté 18% du total de l'investissement industriel et ayant créé 18.500 emplois (30% de la création totale d'emplois dans l'indus- trie), essentiellement dar&s la confection et dans quelques IME. Le coût de l'investissement par emplo1 ainsi créé était plus faible que dans le reste du secteur manufacturier (Appendice 1.10). Les activités de ces sociétés sous franchise douanière ont consist3, en général à traiter des matières premières importées et à assembler des pièces détachées importées et à exporter des produits finis, et elles ont représenté une fraction sensible des expor- tations du pays (exportations nettes de 26 millions de dinars en 1977, équivalent à 6,5% des exportations totales - voir Appendice I.11). De plus, les nouvelles sociétés sous franchise douanière ont commencé à diversifier leur production, délaissant les textiles et la confection pour s'occuper du montage de matériels électroniques et électriques pour lesquels sont apparus en République fédérale d'Allemagne et aux Pays-Bas des débouchés qui semblent prometteur (voir Chapitres III et V). Cependant, les investissements étrangers semblent actuellement se stabiliser par suite du ralentissement de la croissance économique dans les pays de l'OCDE. Allocation des facteurs de production 1.07 L'industrie manufacturière a augmenté sa part du total de la forma- tion de capital fixe, laquelle est passée de 11,5% au début des années 70 à 18% entre 1973 et 1976 et 21% entre 1977 et 1978. Sa part de la création totale d'emplois est passée de 20% au début des années 70 à 37% entre 1973 et 1976 et 46% entre 1977 et 1978. Le coût moyen des investissements par emploi créé dans l'industrie manufacturière a diminué pendant le Plan 1973-76 mais a manifesté une tendance à la hausse ces dernières années, en parallèle avec la part du secteur public dans l'investissement total dans l'industrie manufacturière. Tableau 1.04: INVESTISSEMENT ET CREATION D'EMPLOIS DANS L'INDUSTRIE MANUFACTURIERE (en pourcentage) 1969-1972 1973-1976 1977-1978 Part dans Part dans Part dans Créa- Coût Créa- Coût Créa- Coût Sous-secteur Inves- tion d'em- Inves- tion d'em- Inves- tion d'em- tisse- d'em- plois tiss-z- d'em- plois tisse- d'em- plois ment plois 1/ ment plois 1/ ment ploàs 1/ Industries ali- 17 10 6.6 21 il 4.5 17 14 4.3 mentaires Textile, cuir 21 44 1.4 16 51 0.9 7 34 0.9 IME 14 18 3.1 il il 2.5 il 15 2.5 Matériaux de 8 7 3.7 29 11 5.9 43 16 10.9 construction Produits 21 10 7.4 16 5 11.1 18 5 15.7 chimiques Divers 19 1 6.1 7 11 1.5 4 16 1.0 Industrie manu- facturière 100 100 3.3 100 100 2.7 100 100 3.4 Industrie manu- facturière, en % de l'activité économique 11.6 19.8 50 18.2 36.9 45 20.9 45.9 43 Part du secteur public dans l'investisse- ment industriel 67.3 46.6 68.4 1/ En milliers de dinars aux prix constants de 1972. Source: Appendices 1.12 et 1.13 L'investissement public s'est concentré dans les industries capitalistiques (cimenteries, usines de produits chimiques) afin de développer un noyau d'industries lourdes et de satisfaire le fort accroissement de la demande dans la construction. Le rôle principal dans l'industrie de la confection et les petites industries alimentaires a été repris par le secteur étreuger et le secteur privé après 1972; en raison de la nature des activités encouragés dans ces sous-secteurs, le coût de l'investissement par emploi créé y est resté peu élevé. -7- Tendances de la productivité des facteurs 1.08 La structure sectorielle de la productivité globale des facteurs dans l'industrie manufacturière est résumée au tableau 1.05 qui indique la croissance entre les années 1970 et 1972 et entre 1973 et 1977 de la valeur ajoutée par ouvrier, du stock moyen net de capital par ouvrier et de l'emploi dans chaque sous-secteur de l'industrie manufacturière. Tableau 1.05: ALLOCATION DES FACTEURS ET RESULTATS OBTENUS DANS L'INDUSTRIE MANUFACTURIERE Indices 1972 (1969=100) Indices 1977 (1972=100) V.A. Capital Produc- V.A. Capital Produc- par par Main tivité par par Main tivité ouvrier ouvrier d'oeuvre globale- ouvrier ouvrier d'oeuvre globale- Industries ali- 152 95 110 158 64 84 160 73 mentaires Textile, cuir 138 125 105 124 157 106 129 153 IME 124 99 113 123 91 95 146 97 Matériaux de 111 106 106 105 107 248 161 63 construction Produits 110 126 151 96 66 112 181 62 chimiques Divers 134 145 107 111 109 102 136 108 Industrie manufacturière 142 114 107 132 99 123 137 88 1/ Rapport entre l'indice de la V.A. et une moyenne pondérée des indices du stock de capital et de la main d'oeuvre pour chaque sous-secteur. Source: Appendice 1.14 Dans l'ensemble, le secteur manufacturier fait ressortir une dégradation de la productivité globale des facteurs après 1972/73. Les augmentations régulières de l'intensité du capital dans le secteur (+4,3% en moyenne entre 1969 et 1977) n'ont pas entrainé d'augmentation correspondante de la valeur ajoutée moyenne par ouvrier dans ce secteur entre 1973 et 1977 1/. Le textile et les "divers" sont les seuls sous-secteurs dans lesquels la.productivité globale des facteurs a continué d'augmenter après 1972. Dans les IME, la légère diminution de la productivité globale a résulté d'une diminution de l'intensité en capital (stock de capital par ouvrier). La productivité marginale du capital a apparemment baissé après 1972, du moins tel que le reflète le niveau élevé du coefficient marginal de capital qui s'est monté à 5 en moyenne pour le secteur manufacturier (Appendice 1.15). 1/ Le capital et la main d'oeuvre dans le secteur ont augmenté respectivement de 69% et 37% entre 1973 et 1977, alors que la production augmentait de 36% seulement. Par contre, les augmentations de capital et de main d'oeuvre (+22% et + 7% respectivement) entre 1970 et 1972 ont produit de plus fortes augmentations de la production (52%). -8- 1.09 La productivité de la main d'oeuvre a également diminué après 1973. Les importants investissemeuîts de la période 1973-77 auraient du entraîner une augmentation correspondante de la valeur ajoutée par ouvrier (au coût des facteurs). En fait, la valeur ajoutée par travailleur n'a augmenté que marginalement entre 1973 et 1977, alors qu'elle avait progressé de 12,4% p.a. en termes réels entre 1970 et 1972 (Appendice 1.16). Elle s'élevait en moyenne à 1.800 dollars en 1978, ce qui est faible par compa- raison avec les autres pays en voie de développement du Bassin méditerranéen. La valeur ajoutée par ouvrier a sensiblement diminué dans les industries alimentaires et chimiques; dans l'industrie des matériaux de construction, elle n'a augmenté que de 2,5% par an malgré un accroissement moyen de 20% par an de l'intensité en capital. Il est possible qu'un assez grand nombre de travailleurs dans les entreprises publiques (principalement dans l'indus- trie des produits chimiques et dans celle des matériaux de construction) soient employés pour des raisons de politique sociale plutôt qu'à des fins productives. Malgré la diminution de la productivité de la main d'oeuvre, les salaires unitaires ont augmenté en 1973-1978 de 190 à 205% en termes nominaux et de 24 à 34% en termes réels, la plus grande partie de l'augmenta- tion s'étant produite après 1976 (Appendice 1.17). La compétitivité de la main d'oeuvre par rapport à celle de l'Europe s'est généralement maintenue dans l'industrie manufacturière du secteur privé (notamment étranger); mais elle s'est dégradée par rapport à celle d'autres pays en voie de développement, surtout dans l'industrie des matériaux de construction et dans l'industrie chimique. 1.10 Les résultats obtenus dans le secteur manufacturier sont inégaux. La croissance, l'investissement et la création d'emplois au cours des années 70 ont été impressionnants en termes quantitatifs. La productivité globale- s'est presque maintenue dans les IME et a largement augmenté dans le textile, qui constitue le secteur de pointe du point de vue de la croissance, de la création d'emplois et de l'efficacité des facteurs. Les sous-secteurs princi- palement responsables de la chute de la productivité moyenne dans le secteur manufacturier ont été l'industrie des matériaux de construction (période de maturation excessive des projets et accumulation excessive de capital), les industries alimentaires (excès de main d'oeuvre relativement à l'offre insuffi- sante de matières premières attribuable aux mauvaises récoltes qui ont suivi 1975), et l'industrie chimique (importants investissements mis en place en période de dépression du marché mondial des dérivés des phosphates). Enfin, la croissance relative des exportations de produits manufacturés n'a pas décollé comme prévu, principalement du fait d'une diversification insuffisante par rapport aux exportations traditionnelles (huile d'olive, engrais phosphatés) qui ont été moins demandées à l'étranger. Le problème de l'indus- trie manufacturière tunisienne est essentiellement une question de productivité - - et d'efficacité, due dans une certaine mesure aux difficultés de politique économique et d'incitation qui entravent ce secteur (voir Chapitre II). -9 - Priorités sous-sectorielles 1.11 Le classement des sous-secteurs manufacturiers sur la base de six principaux indicateurs de performance confirme que le textile a été le sous- secteur de pointe sur presque tous les plans, suivi des IME qui ont fonctionné en moyenne d'une façon satisfaisante sans contre-performances notables (Appendice 1.18) 1/. Le maintien d'une expansion rapide des principaux sous-secteurs dominants est de plus en plus entravé par le manque de débouchés et de ressources. Les perspectives d'une nouvelle croissance des exportations de textiles et de confection vers la CEE sont actuellement réduites. La dépression actuelle des cours mondiaux et de la demande de dérivés des phosphates exige de la prudence dans les plans d'expansion de l'industrie des phosphates. Il existe une pénurie de ressources naturelles pour la fabrication d'autres produits chimiques 2/, et le développement des industries alimentaires et des exportations de produits alimentaires exige d'abord des améliorations considérables de la productivité du secteur agricole. La demande soutenue de matériaux de construction sur le marché intérieur devrait vraisemblablement se ralentir sous peu, et la capacité de production intérieure satisfera bientôt la demande. En revanche, des occasions intéressantes de substitution efficace des importations dans les IME ont été négligées, et le développement de ces industries a pris du retard par rapport à celui de l'ensemble du secteur manufacturier. Ce retard s'explique principalement par la complexité intrinsèque de ces industries, par la priorité accordée par le passé à une expansion rapide des industries simples ou fondées sur l'utilisation de ressources intérieures, et par plusieurs contraintes d'ordre institutionnel et de politique économique. 1.12 Une analyse comparée de la structure de production des six princi- paux sous-secteurs manufacturiers de la Tunisie avec les structures de pro- duction industrielles d'un groupe de 32 pays analogues à la Tunisie par leur nombre d'habitants, leur niveau de revenu et l'orientation de leur secteur manufacturier 3/, montre que les parts observées (en pourcentage du PIB) de la valeur ajoutée de l'ensemble du secteur manufacturier ainsi que de chaque sous-secteur en 1968, 1973 et 1977 sont systématiquement inférieurs aux valeurs normales prédites pour les années correspondantes. Tels qu'ils sont présentés au tableau 1.06, ces résultats suggèrent que l'industrialisation de la Tunisie est restée au-dessous de son "potentiel statistique", la contribution apportée par chaque sous-secteur manufacturier (sauf chimie et pétrochimie) au PIB étant plus faible qu'on ne l'attendrait compte tenu de la taille du pays et de son niveau de développement. De plus, la tendance à la dégrada- tion de l'écart entre la part observée et la part attendue des IME dans le 1/ Les six indicateurs de performance sont: la valeur ajoutée par travailleur; le coefficient marginal de capital; le coût d'investissement par emploi; l'intensité de la main d'oeuvre (hommes-années par million de dinars de production); le coefficient marginal exportations/production, et le potentiel de remplacement des importations (importations en proportion de la demande intérieure). Un indicateur global combinant ces six indicateurs avec des pondérations égales classe le textile au premier rang, suivi des IME, des "divers" (papier, bois, liège, etc.), de l'industrie chimique, des industries alimentaires et enfin des matériaux de construction. 2/ Les perspectives de développement d'une industrie des engrais azotés fondée sur le gaz naturel algérien et le gisement de Miskar sont encore très incertaines. 3/ Application des résultats du Projet de recherche de la Banque Mondiale "Patterns of industrial development" (RPO 671-05). Voir l'Annexe I. - 10 - PIB suggère que les IME demeurent le sous-secteur manufacturier le plus sous-développé, contribuant le plus au retard du secteur manufacturier. Une nouvelle croissance des importations de produits des IME risquerait d'imposer une lourde charge à la balance des paiements (para 1.05) et d'entraver l'expansion du secteur manufacturier. Afin d'éviter ceci, il convient que la Tunisie développe un secteur IME bien structuré capable de produire de façon compétitive des biens intermédiaires et des biens d'équipement courants. Pour ces raisons, le gouvernement a l'intention d'accorder la priorité au développement des IME. Tableau 1.06: ANALYSE DE LA STRUCTURE OBSERVEE ET DE LA STRUCTURE "NORMALE" DE LA VALEUR AJOUTEE PAR L'INDUSTRIE MANUFACTURIERE EN TUNISIE- 1968, 1973, 1977 Sous-secteur 1968 1973 1977 Normale 1/ Ecart 2/ Normale 1/ Ecart 2/ Normale 1/ Ecart 2/ Industries alimen- 27.2 +13,6 23.3 + 9.4 20.9 + 5.4 taires Textile, cuir 19.1 - 6.3 19.2 + 0.1 18.6 + 6.0 IME 17.6 - 5.7 21.3 - 8.8 23.7 -10.7 Matériaux de construction 6.9 + 1.5 6.5 + 0.3 6.0 + 3.0 Indus trie chimique, caoutc., pétrochim. 15.7 + 1.0 15.7 + 3.9 16.5 + 0.1 Bois, papier, divers 13.5 - 4.1 14.0 - 4.9 14.3 - 3.8 Total, industrie manufacturière 100.0 - 100.0 - 100.0 - Part de l'indus- trie manufac- turière dans le PIB (%) 17.0 - 6.8 20.5 - 9.2 22.5 -11.0 1/ Parts "normales" attendues pour un pays de la superficie et du niveau de développement de la Tunisie. 2/ Ecart entre les parts sectorielles observées et les parts "normales" attendues. - Source: Annexe 1 - il - CHAPITRE II: CADRE INSTITUTIONNEL ET DE POLITIQUE ECONOMIQUE Environnement économique de l'industrie manufacturière et problèmes de politique économique 2.01 Les objectifs du plan de 1973-1976 qui faisaient une large place à l'industrie manufacturière en tant que principale source de croissance et de création d'emplois s'appuyaient sur deux lois importantes: la loi 1972-38 qui visait à encourager les investisseurs étrangers (para. 1.06), et la loi 1974-74 qui apportait aux investisseurs tunisiens des incitations à l'investissement et à la création d'emplois. La description détaillée de ces incitations figure dans le rapport économique de base de 1974 (No. 274aTUN), le mémorandum de mise à jour de 1975 (No. 767-TUN) et le rapport d'évaluation du prêt BDET-VII (No. 1734 b-TUN), et est résumée à l'Appendice II.1. Les paragraphes suivants concentreront l'analyse sur les principales imperfections du système d'incitations. 2.02 Les codes des investissements ont eu un impact important et béné- fique sur l'initiative du secteur privé. Cependant, certaines distorsions et inefficacités, de même que certains effets secondaires négatifs sont apparus au cours des dernières années et ont entravé la libéralisation et le développement du secteur manufacturier. Les principaux problèmes qui se posent dans ce secteur, tels qu'ils ont été identifiés par la mission, sont les suivants: - intensité croissante en capital des projets de développe- ment encouragés par la loi de 1974; - spécialisation peu poussée au sein des entreprises et faiblesse des échanges entre les entreprises; - faiblesse des incitations offertes par la loi de 1972 pour rechercher de nouveaux marchés d'exportation et augmenter la valeur ajoutée locale, par le biais d'une intégration en amont; - système d'incitations et politiques économiques (contrôle des prix, tarifs) peu propices à la recherche de la compétitivité et de l'efficacité; et - capacité insuffisante des institutions chargées de la planification industrielle et de l'identification/ préparation des projets. 2.03 La loi 1974-74 vise à encourager la création d'emplois mais n'a pas atteint pleinement cet objectif parce que les exonérations fiscales qu'elle - 12 - accorde aux investisseurs résidents sont liées au nombre absolu d'emplois 1/ et ne tiennent pas compte de l'efficacité en coût de la production ni de l'intensité en capital du projet. Ceci a encouragé les investisseurs à adjoindre à leurs projets principaux des lignes de production secondaires dans lesquelles la capacité du matériel est sous-utilisée et les frais d'exploitation élevés, et à employer plus d'ouvriers, qu'il ne leur en faut. Ce défaut de base, conjugué à d'autres problèmes de politique économique (contrôle des prix et protection douanière - voir para. 2.05) a induit, au niveau des entreprises, des intensités de capital injustifiées, des capacités excédentaires et des inefficacités dans les opérations de production. La tendance des sociétés à chercher à atteindre une dimension maximum, même lorsque celle-ci est inefficace du point de vue économique, afin de profiter pleinement des exonérations fiscales permises par la loi, a contribué à limiter la spécialisation des sociétés et de leurs gammes de produits, le développement de la sous-traitance et des échanges inter-entreprises, et la substitution des importations par des produits locaux. L'application trop stricte des dispositions fiscales de la loi 2/et l'absence de normes de qualité ont renforcé ces problèmes. L'introduction dans le code des investissements d'incitations spéciales visant à promouvoir des coûts d'investissement plus faibles par emploi créé ainsi qu'une intégration sectorielle plus poussée, notamment par le biais d'un régime de fiscalité indirecte simplifié, contribuerait à éliminer ces défauts. Des.études plus approfondies seront nécessaires pour déterminer ces incitations spéciales. 2.04 La loi 1972-38 a bien réussi à attirer les investisseurs étrangers pour la production axée sur l'exportation. Bien que cela n'ait pas été son objectif explicite, elle a aussi contribué dans une large mesure à créer des emplois dans l'industrie manufacturière (30% entre 1973 et 1976). Cependant, les débouchés étrangers sont demeurés jusqu'à présent limités aux réseaux de commercialisation des sociétés étrangères et restent tributaires de l'existence et des stratégies d'expansion de ces sociétés. La loi a encouragé dans ce sens, les sociétés étrangères travaillant pour l'exportation et non pas le développement de nouveaux marchés d'exportation pour les sociétés tunisiennes. Cette imperfection, ainsi que la faiblesse des incitations prévues par la loi 1974-74 pour encourager les sociétés tunisiennes à exporter, ont contribué àla faible diversification des marchés étrangers et au manque de vigueur des circuits commerciaux pour les exportations tunisiennes. Les entrées nettes de devises apportées par les entreprises qui bénéficient de la loi 1972-38 ont été inférieures au niveau prévu, en raison de la faiblesse de la valeur ajoutée sur place par ces entreprises et de l'absence 1/ Les exemptions vont de 40% du revenu imposable pour les projets qui créent de 10 à 20 emplois, à 90% du revenu imposable pour ceux qui créent plus de 150 emplois. Aucune exemption n'est accordée pour les projets qui créent moins de 10 emplois, ce qui prive de nombreuses petites industries (PI) des avantages prévus par la loi. 2/ Il est pratiquement impossible d'obtenir l'exemption spécifiée par la loi de la taxe à la production sur les marchandises de fabrication locale vendues à une société travaillant pour l'exportation ou, inversement, d'acheter à une telle société une marchandise pour l'usage intérieur; dans ces deux cas il est plus facile et moins cher d'importer des marchandises que d'acheter des marchandises de production locale. - 13 - d'intégration en amont de leurs opérations de montage. Des études seront nécessaires pour mettre au point de nouvelles incitations visant à éliminer ces imperfections. Il est également essentiel de renforcer les diverses institutions chargées de la promotion des exportations (API, CEPEX, OCT) et d'améliorer la coopération entre elles. 2.05 La structure de la protection douanière se caractérise principale- ment par des taux effectifs de protection (TEP) très bas ou même négatifs pour les activités d'exportation (entre 100% et 25%, en moyenne) par des TEP très élevés (se montant en moyenne à 70-95%) pour la fabrication de produits de substitution des importations et, à l'intérieur de cette dernière caté- gorie, par une protection plus élevée pour les biens finals et/ou les biens de consommation que pour les biens intermédiaires et les biens d'équipement. Cette structure de la protection, et les modalités du contrôle des prix (du type marge bénéficiaire sur prix de revient) qui permettent aux investisseurs d'obtenir un rendement confortable sur leurs fonds propres (20% p.a. en général), ont fait du marché intérieur un marché plus rentable et moins risqué que les marchés d'exportation, et n'ont pas encouragé les sociétés tunisiennes à accroître l'efficacité de leurs opérations et à se tourner vers l'exportation. 2.06 Le code des investissements de 1974 prévoyait une disposition octroyant des incitations spéciales aux projets décentralisés à l'échelle régionale, afin de réduire la forte concentration des industries dans le nord-est et à Tunis. Toutefois, ces incitations (Appendice 11.2) n'ont pas été précisées et appliquées qu'au milieu de 1977 en raison de retards adminis- tratifs. Elles ont jusqu'à présent eu des effets modérés sur la déconcentra- tion régionale, mais leur efficacité ne pourra être évaluée qu'après un laps de temps plus long. Identification, préparation et exécution des projets 2.07 Les principaux obstacles qui s'opposent au développement de l'industrie en Tunisie sont:i) la complexité, et parfois le manque de coordination des procédures et institutions administratives réglementant l'activité industrielle; ii) la capacité limitée d'identification et d'exé- cution de projets d'investissement, notamment dans le secteur public; et iii) la faiblesse des stratégies de développement à long terme dans certains sous-secteurs, en particulier dans les DNE. Les objectifs d'investissement globaux et sous-sectoriels définis à la fois par le Ministère du Plan et par les commissions de planification sectorielles ne sont pas concrétisés par un nombre suffisant de projets précis; les projets "identifiés" dans le Plan 1977-81 ne représentaient que les deux tiers de l'investissement prévu dans l'industrie manufacturière. Ces projets, dont certains en sont encore au tout premier stade de la conception, doivent être entrepris principalement par le secteur public. Le secteur privé, qui doit exécuter le reste de l'enveloppe d'investissement, n'a pas reçu dans le Plan de priorités claire- ment définies ni de directives à suivre. Conscientes de ces difficultés, les autorités ont commencé à concentrer leur effort sur la façon d'améliorer l'identification, la préparation et l'exécution des projets. Les organismes du secteur public chargés de cette fonction ne pourront renforcer leurs - 14 - effectifs techniquement qualifiés et expérimentés que sur une longue période. Entre temps, le Plan a suggéré la création de "Groupements" sectoriels 1/ responsables de la préparation et de l'exécution des projets dans le secteur public. Ces groupements pourraient assurer une coordination intra-sectorielle, mais ils devront encore faire face au même problème de pénurie de personnel qualifié; de plus, il ne seront pas à même d'identifier les priorités inter- sectorielles nécessaires à l'établissement d'une planification à long terme du développement industriel. 2.08 Pour les projets du secteur privé qui doivent jouer le role le plus important dans la création d'emplois, il convient de réduire les formalités et lenteurs administratives pour accélérer l'exécution des projets, et de renforcer les institutions et les organismes qui aident les investisseurs du secteur privé à identifier et exécuter leurs projets. L'Agence de Promotion des Investissements (API) s'occupe essentiellement d'octroyer l'agrément officiel aux projets présentés. Ce n'est que récemment que l'API a commencé à s'équiper pour fournir une assistance technique pendant la phase de prépa- ration/exécution des projets, notamment aux petites industries qui ne peuvent en obtenir d'autres sources. Un organisme public, le Centre National d'Etudes Industrielles (CNEI) devrait identifier les projets sur la base d'études sectorielles mais a peu progressé dans ce domaine; l'intention du CNEI de créer une "banque de projets" parmi lesquels les investisseurs privés pourront choisir sera difficile à réaliser sans un renforcement sensible de son personnel, notamment par l'intermédiaire d'une assistance technique étrangère. L'organisme patronal, l'Union Tunisienne de l'Industrie, du Commerce et de l'Artisanat (UTICA), fournit aux entrepreneurs certains renseignements d'ordre sectoriel et les guide dans leurs investissements, mais il reste encore beaucoup à faire dans ce domaine. Le service rudimentaire "de vulgarisation et promotion industrielle" également créé par l'UTICA pour aider les pro- moteurs à comprendre les procédures qui permettent d'obtenir l'agrément des pouvoirs publics et des institutions financières est très utile, mais ne suffit pas à satisfaire tous les besoins. Développement de la petite industrie 2.09 Durant la période 1973-1976, les petites industries (PI) 2/ ont constitué environ 75% de toutes les entreprises manufacturières tunisiennes, bien qu'elles n'aient assuré que 22% de l'emploi, 19% de l'investissement et 14,5% de la valeur ajoutée par le secteur. Le développement des PI a été limité par deux ensembles de contraintes. Le premier, interne aux entreprises, regroupe les problèmes connexes posés par la qualité des produits, les prix et les délais de livraison. L'élimination de ce premier ensemble de contraintes exigera: a) une amélioration notable des techniques de production dans les PI par le biais d'une assistance financière pour la modernisation des équipements, afin d'obtenir dans l'ensemble des PI une amélioration de la qualité et de la productivité; et b) une amélioration de la gestion des opérations productives l/ Groupements des industries chimiques, des matériaux de construction, des industries textiles, et des IME. 2/ Les PI sont définies ici comme étant les petites entreprises employant moins de 50 ouvriers. - 15 - (gammes de produits, approvisionnement en matières consommables, qualifica- tion de la main d'oeuvre, organisation de la production) par l'intermédiaire d'une assistance technique visant à augmenter la productivité de la main d'oeuvre et à réduire les coûts de production. 2.10 Le deuxième ensemble de contraintes résulte essentiellement de l'absence de soutiens concrets et coordonnées au niveau de la politique économique et des institutions pour le développement des PI. Actuellement, les PI opèrent en Tunisie dans le cadre d'un système d'incitations qui favorise les grandes entreprises modernes et d'institutions d'assistance aux responsabilités dispersées. En fait, les exemptions fiscales prévues au Code des investissements 1974-74 excluent les très petites entreprises (ayant moins de dix ouvriers) et sont moins élevées pour les PI que pour les grandes firmes; de plus, ces exemptions ne sont pas liées au coût des inves- tissements ni au type de technologie. Les concessions accordées par la.loi 1972-38 aux sociétés d'exportation bénéficient principalement aux investisseurs étrangers, et la loi n'encourage pas la sous-traitance locale qui favorise la création de PI spécialisées. En outre, la responsabilité des diverses réglementations et politiques économiques qui régissent les PI incombe à plusieurs institutions publiques 1/; l'absence de coordination et d'unification des politiques suivies a empêché la mise au point de réglementations cohérentes et de programmes intégrés d'assistance aux PI. Cette fragmentation des ins- titutions a également fait naitre de graves inefficacités dues aux doubles emplois et à l'inertie de certains organismes. De plus, il n'existe aucune disposition spécifique pour encourager le recours aux petits fournisseurs locaux dans les procédures actuelles de passation des marchés publics. Enfin, l'assistance financière apportée aux PI par le Fonds de Promotion et de Décentralisation Industrielle (FOPRODI) financé par l'Etat se limite essen- tiellement à compléter le financement des projets par un apport au capital social des PI; cependant, ce schéma n'inclut pas de facilités d'accès au crédit bancaire pour les PI 2/, bien qu'il soit généralement admis que les banques prêtent difficilement aux PI, notamment celles récemment créées, pour insuffisance d'antécédents bancaires et de garanties des PI. 2.11 L'élimination de cet ensemble de contraintes d'ordre institutionnel demandera l'adoption de politiques spécifiques destinées à encourager et aider le développement des PI. Les mesures les plus importantes qui s'imposent sont: a. la mise en place d'incitations et de systèmes d'assistance technique pour aider les PI existantes et nouvelles; b. l'établissement de facilités de crédit aisément accessibles aux PI par: () la mise en oeuvre par la Banque Centrale de régulations monétaires encourageant ou amenant les banques de développement et les banques commerciales à accroitre substantiellement leurs prêts aux PI; 1/ Direction de l'Industrie; Ministère des Finances; Ministère des Affaires Sociales; API; Office de l'Emploi. 2/ A l'exception des plus petit& projets, d'un investissement inférieur à DH 75.000, qui peuvent recevoir du FOPRODI des prêts à taux bonifié. - 16 - (ii) la création par le Ministère des Finances d'un schéma de garantie d'assurance-crédit complétant les garanties offertes aux prêteurs par les PI, mobilisable notamment lorsque l'absence de titres fonciers légaux empêche la prise d'hypothèques sur le terrain et les bâtiments d'une PI; c. l'octroi d'incitations pour encourager la sous-traitance entre les PI et les grandes entreprises et entre les sociétés étrangères et tunisiennes, et pour encourager les organismes publics à s'approvisionner auprès des PI, afin d'établir une structure industrielle plus étroitement intégrée; d. la normalisation des produits aux stades final et intermédiaire, l'établissement de normes et de contrôles de qualité, et le suivi de la qualité dans les PI en les aidant à satisfaire aux normes de qualité; e. l'organisation d'achats groupés de matières premières importées, afin de réduire les coûts d'achat et la nécessité de garder des stocks élevés; et f. l'organisation de services spéciaux de vulgarisation industrielle et de programes de formation pour développer et moderniser les compétences techniques des agents de niveau intermédiaire dans les petites IME. - 17 - PARTIE B: LES INDUSTRIES MECANIQUES ET ELECTRIQUES CHAPITRE III: STRUCTURE ET CARACTERISTIQUES DES IME Introduction 3.01 Les industries mécaniques et électriques, qui se développent en général autour du noyau des activités de l'énergie, des transports et de la transformation, défient une définition simple. Du point de vue des produits, on peut dire qu'elles apportent la conception, la mise au point et les techniques de fabrication de la plupart des produits fabriqués. Du fait de leur caractère hétérogène inhérent, les problèmes que rencontrent les industries mécaniques et électriques sont parmi les plus complexes des problèmes industriels. Ces industries de plus sont au coeur même du processus d'industrialisation; elles établissent, en effet, une liaison cruciale entre les industries de montage des produits finals et les industries amont qui fournissent une large gamme de composants et de demi-produits 1/. Le rôle essentiel des industries mécaniques dans toute stratégie du développement industriel consiste à établir et resserrer les liaisons entre la fabrication des pièces détachées et composants et celle des biens finals. Le sous- développement des industries mécaniques et des industries amont dans les pays en voie de développement a généralement été un obstacle critique qui a entravé le processus d'industrialisation de ces pays. Tendances de la croissance et caractéristiques structurelles 3.02 Ainsi qu'on le signalait au chapitre 1, le développement des industries mécaniques et électriques en Tunisie CIME) a pris du retard sur celui du secteur industriel et de l'économie en général. Le développement des IME s'est produit principalement dans les industries de montage fabriquant des produits de substitution des importations (pour la plupart publiques) approvisionnant le marché national en produits finals. Le tableau 3.01 résume la structure et le rythme de croissance des IME tunisiennes. 1/ Dans les pays dotés d'une industrie mécanique développée, le traitement final et le montage représentent typiquement de 20 à 30% de la valeur du produit final, dont 70-80% vont aux industries amont dans lesquelles les industries mécaniques exercent la plupart de leurs activités. - 18 - Tableau 3.01: PRODUCTION ET CROISSANCE DES IME Taux de Production brute croissance Sous-secteur des IME 1972 1978 % par an Millions D % Millions D % (termes réels) Industries mécaniques Biens d'équipement 4.7 11.6 15.1 12.1 11.3 Biens intermédiaires 21.1 52.1 49.5 39.8 5.7 Produits finals 8.1 20.0 31.6 25.4 15.0 Total, industries 33.9 83.7 96.2 77.3 9.1 mécaniques Industries électriques Biens d'équipement/ 3.8 9.4 16.1 13.0 16.6 intermédiaires Produits finals 2.8 6.9 12.1 9.7 17.0 Total, industries 6.6 16.3 28.2 22.7 16.8 électriques Production totale des IME 40.5 100.0 124.4 100.0 10.5 Valeur ajoutée totale par les IME 12.9 33.1 Valeur ajoutée/production, en % 31.9 26.6 Source: Appendice III.1 3.03 Jusqu'à présent, la Tunisie s'est engagée dans quelques lignes de production choisis des IME, à savoir: - l'acierie d'état d'El Fouledh, créée en 1965 pour traiter le minerai de fer national, et qui produit environ 150.000 tonnes par an de fers à béton, de fils machine et de câbles; - le montage de véhicules automobiles (voitures, camions, autobus) par la Société Tunisienne d'Industries Automobiles (STIA) implantée à Sousse, dotée d'une capacité de 11.000 unités par an et produisant actuellement 7.000 unités par an; - 19 - - la fonderie et l'affinage de >1omb tunisien, destiné principalement à l'exportation, par la fonderie PENAROYA; - la production de pièces de fonderie en fonte et en acier dominée par deux entreprises publiques, SOFOMECA et FONDERIES REUNIES, qui groupent environ 90% de la capacité du pays (11.000 t.p.a.) et produisent à elles deux 7.000 tonnes pan an; - la production de quincaillerie et de produits finals simples (outils à main, coutellerie, visserie, accessoires de tuyauterie et d'articles sanitaires) par une société d'Etat, les Ateliers Mécaniques du Sahel (AMS) créée en 1961 à Sousse; - le gros entretien et la réparation de navires par une société d'Etat, la Société Tunisienne de Construction et de Réparations Mécaniques et Navales (SOCOMENA), créée en 1963 dans les locaux de l'ancien arsenal étranger de Menzel Bourguiba, qui peut recevoir environ 120 navires par an jaugeant jusqu'à 60.000 tonnes; - le montage d'appareils électro-ménagers (cuisinières, réfrigérateurs) dominé par une entreprise publique, le CONFORT; - la fabrication de transformateurs électriques et de moteurs électriques par une société semi-publique, la Société Anonyme de Constructions Electro-Mécaniques (SACEM) créée en 1966 à Menzel Bourguiba; - le montage de petits moteurs diésel (à usage agricole et maritime) par la Société Tunisienne des Moteurs (SOTUMO), entreprise publique située à Menzel Bourguiba; - les charpentes métalliques et la chaudronnerie réparties sur - un grand nombre de sociétés privées (petites pour la plupart), d'une capacité totale de 50.000 tonnes par an et produisant actuellement environ 30.000 tonnes par an; - le montage d'appareils récepteurs de radio et de télévision par des entreprises privées tunisiennes pour le marché intérieur, et récemment le montage de composants et de biens de consommation électroniques par 16 entreprises étrangères implantées au titre de la loi 1972-38 pour l'exportation; et - toute une gamme de petites lignes de production dans les entreprises privées pour la fabrication de produits divers, généralement intermédiaires (accumulateurs d'automobiles, bougies d'allumage, phares d'automobiles, cables et fils électriques, emballages métalliques, .... - 20 - Le sous-secteur le plus important des IME qui fait actuellement défaut à la structure industrielle de la Tunisie est la construction de machines autres que les machines électriques (sous-secteur 382 de la Classification interna- tionale type par industrie de toutes les branches d'activité économique - voir l'appendice 111.2); la Tunisie ne s'est pas engagée dans ce sous-secteur, en raison essentiellement du niveau élevé du droit d'entrée technologique dans ce sous-secteur et de sa complexité intrinsèque. 3.04 Outre les grandes entreprises sus-mentionnés, le secteur des IME en Tunisie compte de nombreuses petites industries (PI) et de nombreux ateliers. Le recensement industriel de 1976 signale 260 établissements employant 5 ouvriers ou plus dans les IME, dont 72 (28%) ont plus de 50 ouvriers. Ces 260 établissements employaient 18.840 ouvriers; en outre, 8.720 ouvriers étaient employés en 1976 par quelques 705 PI et petits ateliers employant moins de 5 ouvriers. Le tableau 3.02 résume la structure des entreprises des IME: Tableau 3.02: STRUCTURE DES IME - 1976 Taille de l'entreprise Moins 100 Ensemble des (nombre d'ouvriers) de 20 20 à 50 50 à 100 et plus entreprises Nombre d'entreprises 8301 63 32 40 9651l Emplois 2/ 9.990 1.980 2.200 13.390 27.560 Valeur ajoutée (Millions D) - 4,39 1,43 1,34 16,51 23,67 Valeur ajoutée/ouvrier (Indice) 41 69 58 118 100 Salaires, en % de la V.A. 56 53 68 46 48 1/ Y compris des PI et les petits ateliers employant moins de 5 ouvriers, dont le nombre est estimé au total à 705. 2/ V.A. des activités manufacturière, à l'exclusion des activités commerciales. Source: Recensement industriel de 1976 et estimations de la mission. Les 13 entreprises publiques dans lesquelles l'Etat détient une participation supérieure ou égale à 50% sont de grandes entreprises employant toutes plus de 100 ouvriers; elles se sont inscrites en 1976 pour 50-60% du total de la valeur ajoutée par les activités manufacturières des IME. Demande finale et commerce extérieur des produits des IME 3.05 Les importations de produits des IME ont rapidement augmenté au cours des années 70 afin de satisfaire une poussée considérable de la demande intérieure de matériels et de machines (para. 1.05). La proportion de la demande satisfaite par La production nationale a sensiblement diminué dans le secteur des IME, à l'exception des principaux biens de consommation (automobiles, appareils électro-ménagers, appareils récepteurs de TV et de radio) dont la production nationale a rapidement augmerté par suite des priorités établies et des investissements réalisés par le secteur public (voir tableau 3.03). - 21 - Tableau 3.03: PRODUCTION, DEMANDE ET COMMERCE EXTERIEUR DES PRODUITS DES IME (en pourcentage) Structure de la demande Production en % de la demande Taux de croisrance 1972 1978 (% pa:. an) 1972 1976 1978 Produits des industries mécaniques Biens d'équipement 35 40 18.8 il 6 7 Biens intermédiaires 28 26 14.5 58 42 37 Biens de consommation 21 16 10.1 31 36 44 Sous-total 84 82 15.5 32 24 24 Produits des industries électriques Biens d'équipement/ 10 13 20.1 31 24 24 intermédiaires Biens de consommation 6 5 11.7 43 28 61 Sous-total 16 18 17.5 35 26 33 Total IME 100 100 15.9 32 24 25 Source: Appendice 111.3 3.06 Les importations des biens d'équipement des industries mécaniques ont représenté en 1977 près de la moitié du total des importations de produits des IME (Appendice 111.4). Les principales importations étaient: les matériels de terrassement et de forage; les engins de manutention et de levage; les machines à traiter les matières minérales; les machines pour l'industrie du textile et de la confection; et les moteurs (Appendice II.5). La plus grande partie des importations de biens intermédiaires des industries mécaniques, qui représentaient le quart des importations totales de produits des IME, se composait principalement de produits primaires de fer et d'acier (barres, profilés, tôles, feuilles, feuillards, tubes) qui se sont élevés au total en 1977 à 300.000 tonnes environ, dont 12.000 étaient des pièces de fonderie en fer ou acier. Les importations de produits de consommation finale comprenaient principalement des voitures montées, des ensembles CKD/SKD 1/ et des pièces pour le montage d'automobiles. Les principales importations de produits des industries électriques étaient les appareils de branchement, disjonction et commande et autres matériels de transmission et de distribution d'électricité, 1/ Ensembles Completely/Semi Knock-Down. - 22 - des composants et pièces détachées électroniques pour appareils récepteurs de radio et de télévision, des câbles et fils électriques, des générateurs et gros moteurs électriques, et des récepteurs téléphoniques (voir Appendice 111.6). 3.07 Les exportations traditionnelles de produits métallurgiques de la Tunisie ont été le plomb affiné et les ouvrages simples en plomb, qui ont oscillé au cours des années 70 entre 15 et 25.000 tonnes par an, représentant de 35 à 42% de la valeur des exportations totales des IME. Les exportations d'ouvrages en fer et en acier (fers à béton et acier de l'acierie d'El Fouledh principalement, et pièces de fonderie en fer/acier) ont atteint un maximum de 150.000 tonnes en 1973 et sont tombées à 2.000 tonnes au plus en 1977. Elles représentaient de 45 à 55% des exportations des IME entre 1969 et 1974, mais n'en représentent plus que 10% à l'heure actuelle (Appendice 111.7). Ces exportations ont décliné parce que le marché intérieur de l'acier a absorbé une partie croissante de la production nationale et que les besoins des marchés d'exportations en pièces de fonderie sont devenus plus complexes et difficiles à satisfaire 1/. C'est pourquoi la part des exportations dans la production des industries mécaniques est tombée d'un tiers en 1970-74 à un dixième à l'heure actuelle. En revanche, les exportations des produits des industries électriques et électroniques ont sensiblement augmenté après 1974 et représentent à l'heure actuelle près du cinquième de la production totale des produits des industries électriques et le tiers des exportations totales des produits des IME. 3.08 Une transformation récente et prometteuse de la structure et de la nature des exportations de produits des IME est intervenue à la suite du montage en Tunisie de produits des industries électriques et électroniques par des entreprises orientées à l'exportation (loi 1972-38) qui utilisent des composants importés et exportent leurs produits vers les pays de la CEE (principalement le Royaume-Uni, les Pays-Bas et la République fédérale d'Allemagne). Leur production (appareils récepteurs de radio et de TV et leurs pièces détachées, petits appareils de branchement électrique, câbles et fils électriques, instruments de mesure et de contrôle, composants de haute- fidélité, et montres) s'est élevée au total à 1,1 million de D en 1977 (Appendice 111.8), ce qui a représenté quelques 20% des exportations de produits des IME (à l'exclusion du plomb). Ces exportations provenaient principalement de 16 entreprises implantées dans le cadre de la loi 1972-38, dont 7 sont spécialisées dans le montage de composants et produits électroniques. Ces 16 sociétés employaient 2.170 ouvriers, soit 6,5% de l'emploi total dans les IME (Appendice 111.9); ceci montre les effets de la loi de 1972-38 en matière de création d'emplois. l/ La production nationale de pièces de fonderie n' a pas pu suivre les critères de plus en plus exigeants de qualité et de technologie (fonte sphéroidale); de plus la concurrence accrue en matière de marchés et de prix sur les marchés européens en a élininé les produits tunisiens. Enfin, les moyens de transport à destination des autres pays en développe- ment autrefois clients de la Tunisie ont été supprimés. - 23 - Productivité de la main d'oeuvre; structure de la demande et de l'offre de main d'oeuvre 3.09 La productivité du travail dans les IME (mesurée par la valeur ajoutée par ouvrier) a notablement oscillé entre 450 D et 650 D (à prix constants) pendant la période 1969-1978, mais a suivi une tendance ascendante avec une augmentation moyenne de 1,7% par an en termes réels. Cette tendance ascendante reflète en partie une amélioration des qualifications de la main d'oeuvre. Les enquêtes industrielles annuelles indiquent que la proportion de techniciens et contre-maîtres est passée de 5,7% en 1969 à environ 7% en 1977 et que la proportion de la main d'oeuvre non qualifiée et des apprentis est tombée de 37% à 20% (voir tableau 3.04). Tableau 3.04: QUALIFICATION DE LA MAIN D'OEUVRE DES IME (en pourcentage de la main d'oeuvre totale) Ouvriers Personnel Ingé- Techniciens qualifiés Main d'oeuvre Personnel Annéé du Ingé- et contre- et semi non qualifiée adminis- Direction 1/ nieurs maitres qualifiés et apprentis tratif 1968 2.3 3.2 5.7 39.7 37.1 12.1 1972 -----4.4------ 6.8 47.5 29.4 11.9 1976 2.5 1.5 7.0 3/ 59.6 2/ 19.3 10.1 1/ Le personnel de direction comprend une proportion importante d'ingénieurs. 2/ Comprend, d'après les estimations, environ 25% de main d'oeuvre semi- qualifiée. 3/ Comprend probablement 2% de techniciens. Source: Enquêtes industrielles de 1968, 1972 et 1976; enquête structure de l'emploi dans les IMMIE (OTTEEFP-1977) et estimations de la mission. 3.10 Globalement, la proportion de 1/7 entre le personnel d'encadrement (y compris les contre-maitres) et la main d'oeuvre directement productive semble adéquate par comparaison avec d'autres pays 1/. Cependant, la propor- tion de main d'oeuvrc- qualifiée et spécialisée semble faible par rapport à celle de la main d'oeuvre semi-qualifiée et non qualifiée (34 et 45% respec- tivement); de même, la proportion d'ingénieurs de production (1,5%) ne semble pas correspondre au nombre de techniciens et de contre-maitres. Le jugement général porté par la mission lors des visites d'usines confirme que la main d'oeuvre spécialisée et qualifiée, et dans une certaine mesure les ingénieurs et techniciens de niveau intermédiaire, sont en nombre insuffisant dans le secteur. 1/ La proportion d'ingénieurs et de techniciens dans la main d'oeuvre des IME dans les pays industrialisés et semi-développés varie normalement de 6 à 9%. - 24 - 3.11 Les autorités tunisiennes n'ignorent pas la nécessité d'améliorer encore davantage les qualifications de la main d'oeuvre des IME, et ont mis en place des programmes de formation à tous les niveaux dans le système scolaire et dans les systèmes de formation professionnelle. La production totale des services de formation en Tunisie s'élève à environ 14.000 ouvriers par an 1/ répartis de la façon suivante: Tableau 3.05: PRODUCTION ANNUELLE DE MAIN D'OEUVRE FORMEE AUX METIERS DES IME (unités) Métiers Total, en % Métiers de de la Métiers des du stock de Qualification la mécanique industries main d'oeuvre mécanique automobile électriques TOTAL en 1976 Ingénieurs 5-10 - 25-50 30-60 1/ 8-16 Techniciens 100 155 30 285 ~ Contre-maîtres 450 - 380 830 54 (46) Main d'oeuvre 415 1.260 360 2.035 23 (9) qualifiée Main d'oeuvre semi- 3.490 1.735 2.230 7.455 62 (47) qualifiée Apprentis sur le tas 1.620 1.450 380 3.450 TOTAL 6.075 4.600 3.415 14.100 51 (34) 1/ A l'exclusion des ingénieurs formés à l'étranger pour lesquels on n'a pas pu obtenir de renseignements. ( ) A l'exclusion des mécaniciens d'automobiles. Source: OTTEEFP, Statistiques Education Nationale 3.12 Une partie de la main d'oeuvre formée aux métiers des IME est nécessaire à plusieurs autres secteurs de l'économie. Le recensement démo- graphique montre que le nombre total d'ouvriers tunisiens qui possèdent les qualifications des métiers IME représente deux fois et demi la main d'oeuvre du seul secteur des IME. Etant donné la demande élevée des memes qualifica- tions qui existe dans d'autres secteurs, il est probable que les IME n'absorberont pas plus de la moitié des diplômés des écoles professionnelles et des programmes de formation répondant aux critères de qualification des . . IME. Dans ces conditions, le développement d'une main d'oeuvre bien 1/ A l'exclusion d'une grande partie des diplomés de l'Enseignement Professionnel du Ministère de l'Education; ces diplomés, au nombre d'environ 5000 en 1978 pour les métiers des IME, ont des difficultés à trouver un emploi dans l'industrie qui juge leur formation professionnelle peu adaptée à ses besoins. - 25 - structurée en qualification dans le secteur IME nécessiterait la formation d'un grand nombres d'ouvriers spécialisés dans les métiers des IIE et connexes, et notamment un doublement du nombres des spécialistes en électricité actuellement en cours de formation. Un autre moyen de satisfaire aux besoins prévisibles des IME en ouvriers qualifiés consisterait à reconvertir vers les métiers des IME un nombre important des mécaniciens de la réparation automobile et à recycler leurs qualifications vers les métiers de mécaniciens et d'électriciens. 3.13 La deuxième contrainte majeure pesant sur le développement du secteur IME et empêchant sa diversification vers des activités plus complexes (biens intermédiaires et biens d'équipement) est due-- probablement à la disponibilité en ingénieurs techniques et de production, compte tenu de la nécessité d'accroitre la productivité du travail dans le secteur 1/. Etant donné les besoins en ingénieurs électriciens et mécaniciens des autres secteurs manufacturiers et la production actuelle de ces ingénieurs par les écoles tunisiennes et étrangères, il est probable que le taux de croissance à long terme des IME restera limité à 8-10% par an en termes réels tant que ne sera pas entrepris un effort supplémentaire pour augmenter le nombre d'ingénieurs électriciens et mécaniciens. Structure et résultats de la production 3.14 Compte tenu de hétérogénéité des IME de la variété'des caractéris- tiques de chaque sous-secteur et des réalisations passées, et de la faiblesse des données en ce domaine, il est difficile de tirer des conclusions générales en ce qui concerne les réalisations et les potentialités de ce secteur. L'analyse d'un échantillon chois.i d'entreprises visitées par la mission a cependant permis d'examiner les modalités de la production dans chaque sous-secteur des IME et les contraintes qui pèsent sur chacun d'eux et d'identifier certaines des contraintes pesant sur le secteur tout entier ainsi que les lignes de production dans lesquelles la Tunisie pourrait avoir un avantage pour la substitution des importations et/ou la production à l'exportation. Les industries mécaniques seront examinées d'abord au chapitre IV, suivies des industries électriques et électroniques au chapitre V. Les PI du secteur seront traités séparément au chapitre VI, car les problèmes des PI dans ce secteur sont en général d'une nature spéciale, et dépendent plus souvent de la dimension que du secteur d'activité des PI. 1/ Des analyses comparatives internationales montrent qu'en première approxi- mation il existe dans les IM une élasticité proche de l'unité entre la productivité de la main d'oeuvre et la proportion d'ingénieurs dans le secteur. Ainsi, le nombre des ingénieurs doit augmenter au même rythme que la production, quels que soient les gains de productivité. - 26 - CHAPITRE IV: LES INDUSTRIES MECANIQUES Caractéristiques et problèmes généraux 4.01 Une revue et une analyse détaillées de sept principaux sous- secteurs des industries mécaniques en Tunisie sont données en Annexe II. L'analyse des paragraphes ci-dessous sera concentrée sur les principaux éléments et aspects structurels qui évergent de la revue donnée en Annexe II, et fournit une perspective globale des activités et du futur des industries mécaniques. Le Tableau 4.01 résume la structure des coûts de production et des prix sortie-usine des principaux produits fabriqués en Tunisie par douze entreprises des industries mécaniques. Cette information quantitative et les éléments recueillis par la mission durant la visite de ces entre- prises font ressortir trois principales caractéristiques: i. les industries mécaniques utilisent des matières consommables principalement importées et présentent en général un faible degré d'intégration intra-sectorielle; ii. les lignes de production les plus intensives en main d'oeuvre sont en général moins protégées que les autres, produisent à des prix plus compétitifs avec les importations en provenance d'Europe, et sont moins lourdement grevées de droits de douane et taxes, et iii. l'utilisation des capacités est généralement faible. 4.02 La production des biens finals des industries mécaniques en Tunisie repose dans une bonne mesure sur le montage de composants importés, induisant peu d'intégration et de complémentarité entre la production de biens intermédiaires et la production de biens finals. De plus, le faible contenu en valeur travail (5 à 15% de la valeur finale) et le montant substantiel de taxes et droits de douane sur les inputs (20 à 25% de la valeur finale) se traduisent par une faible compétitivité des prix. Pour protéger la production intérieure, des droits de douane substantiels ont du être établis sur les produits finals importés similaires à ceux fabriqués en Tunisie (30% et plus, et jusqu'à 160% pour les automobiles). Les autres facteurs pesant sur la compétitivité des prix sont le faible degré d'utilisa- tion des capacités (environ deux-tiers), et la petite taille des entreprises corrélée à celle des marchés intérieurs. 4.03 Les prix de biens d'équipment et intermédiaires (à l'exception des moteurs montés sur place) sont généralement plus compétitifs, de 10 à 30% supérieurs aux prix FOB Europe. Plusieurs facteurs expliquent cette différence. Premièrement, les technologies utilisées sont plus intensives en main d'oeuvre et utilisent plus pleinement l'avantage du coût du travail en Tunisie; les coûts de main d'oeuvre représentent de 20 à 45% de la valeur finale, et jusqu'à 63% dans la réparation navale. Tableau 4.01: STRUCTURE DES COUTS DE PRODUCTION ET DES PRIX DANS QUELQUES INDUSTRIES MECANIQUES - 1977 (en pourcentages) Produits Biens d'Equipement Intermédiaires Produits Finals Activités Activités Ouvrages de Fabri- de Atelier en Industries cation 1/ Montage 2/ Fonderies d'Usinage Métaux 3/ Automobiles 4/ Matériaux importés 16-24 5/ 60 7-26 5/ 20 42-51 5/ 30-50 5/ Biens et services locaux 24-35 6 28-32 38 8-16 14-24 Taxes indirectes et droits 10-13 23 6-13 9 17-25 20-24 Coûts de main d'oeuvre 23-63 6 24-44 31 6-15 8-10 Rémunérations du Capital 10-21 5 8-12 3 6-15 4-15 Prix sortie-usine 100 100 100 100 100 100 V.A./Valeur finale 48-59 34 42-65 43 38-49 36-45 Prix sortie-usine/Prix FOB Europe 90-120 155 120/130 110/120 110-140 160-200 Protection nominale 50(4) 6/ 46 15(4) 6/ 40 21-27 51-160 Protection nette 7/ -10 à +10¯ 32 7-20 0-10 13-23 8/ 40-76 Source: Appendice IV.1 1/ Comprennent essentiellement charpentes métalliques/chaudronnerie et réparation navale. 2/ Montage de moteurs. 3/ Comprennent: tuyauterie en fer, emballages métalliques, coutellerie, quincaillerie. 4/ Comprend: montage d'automobiles et de bennes et remorques pour camions. 5/ Il convient de noter que ces fourchettes de données englobent des chiffres réels applicables aux entreprises visitées par la mission. Les fourchettes ne représentent pas un intervalle de variation des valeurs pour les activités mentionnées. 6/ Les chiffres parenthèses indiquent le niveau de protection accordé en fait aux biens intermédiaires et d'équipement entrant dans les investissements agréés sous le Code des investissements. 7/ Protection nette définie comme: prix sortie-usine/prix europe moins droits et taxes moins 1. 8/ Sauf pour coutellerie/quincaillerie ayant une protection nette d'environ -10%. - 28 - Deuxièmement, ces technologies font moins appel aux importations, et plus aux produits locaux, ce qui entraine de plus faibles paiements de droits douaniers et taxes sur les inputs (de 5 à 13% de la valeur finale). Finale- ment, la faible protection accordée en pratique aux biens d'équipement et intermédiaires produits localement, qui sont en concurrence avec les importations similaires 1/, constitue une incitation efficace au choix de technologies appropriées et de modes de production efficaces. Il convient de remarquer que les coûts dans ces lignes de production pourraient être rendus encore plus compétitifs au moyen d'une révision de la structure des tarifs douaniers et de la fiscalité indirecte visant à réduire le montant de taxes incorporées dans les biens d'investissements. Problèmes, perspectives et recommandations pour les industries mécaniques 4.04 La construction métallique et la chaudronnerie est un sous-secteur en expansion parmi les produits mécaniques d'équipement. La capacité existante, totalisant 50.000 T par an et utilisée en moyenne à 60% environ, est suffisante pour assurer les besoins intérieurs courants jusqu'en 1985. Les équipements produits localement bénéficient d'une faible protection contre les importations; ils incorporent des droits de douane et taxes sur les matériaux importés qui représentent 7 à 8% de la valeur finale, et sont par conséquent pénalisés par une protection négative de fait. Malgré ce handicap et d'autres désavantages reliés à l'approvisionnement en produits sidérurgiques 2/, les productions locales présentent des prix compétitifs avec les importations en provenance d'Europe ainsi qu'une qualité acceptable, en raison du plus faible coût global de main d'oeuvre (un tiers de la moyenne européenne) qui fait plus que compenser les désavantages fiscaux et la plus faible productivité du travail (environ la moitié de celle observée en Europe). Les équipements utilisés dans les industries de la construction métallique en Tunisie sont quelquefois d'une technologie avancée (machines à contrôle numérique), probablement pour pallier la rareté d'une main d'oeuvre hautement spécialisée capable de réaliser des opérations manuelles complexes sur des machines plus simples. L'objectif prioritaire du sous-secteur pour les prochaines années devrait être d'améliorer l'utilisation des capacités existantes, si nécessaire avec des investissements d'ajustement marginaux pour élargir les gammes de produits, et de développer des échanges et des liaisons de sous-traitance avec les fournisseurs étrangers sur le marché intérieur et autant que possible sur les marchés avoisinants d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient. Pour atteindre ce résultat, la mission recommande qu'une revue complète du sous-secteur soit entreprise par le CNEI pour: (i) recenser les installations de production existantes et recommander des programmes de rationalisation des productions; (ii) évaluer les besoins futurs du marché intérieur et d'importations; (iii) réviser les incitations existantes de façon à encourager les fournisseurs étrangers à sous-traiter 1/ Ces importations peuvent entrer en franchise douanière pour tous les investissements agréés par l'API dans le cadre du Code des investissements. 2/ En raison du faible montant et de l'hétérogénéité des commandes et des besoins, les prix des produits sidérurgiques sont 10-15% plus élevés que les prix internationaux, et d'autre part des stocks importants et co'teux doivent être conservés par les entreprises. - 29 - aux entreprises locales sur le marché intérieur, et autant que possible sur les marchés avoisinants à plus long terme; et (iv) identifier sur la base d'une revue détaillée des importations tunisiennes (Appendice IV.2) 1/ de nouvelles lignes de production nécessitant de faibles investissements additionnels pour satisfaire de nouveaux marchés intérieurs telles que chaudières et fours industriels, structures métalliques pour les grues et les autres équipements de levage. De plus, la possibilité d'organiser un approvisionnement centralisé et coordonné de produits primaires sidérurgiques pour le compte des petites et moyennes entreprises intéressées devrait être explorée, de préférence par le canal du "Groupement" des industries mécaniques. 4.05 La réparation navale comprend principalement les installations de la SOCOMENA pouvant accueillir les navires allant jusqu'à 60.000 tonnes de port en lourd. Sa localisation de premier choix sur le bassin méditer- ranéen, le faible niveau des salaires (qui représentent de 50 à 60% des coûts dans cette activité), la gamme complète de ses services, et la disponi- bilité d'une infrastructure et d'un équipement d'un faible coût ont permis à la SOCOMENA de se placer avec succès sur le marché international. La SOCOMENA est actuellement en train d'investir largement pour acquérir et former une main d'oeuvre hautement qualifiée; cependant, la SOCOMENA devra aussi renouveler et moderniser graduellement une partie de son plus vieil équipement. La meilleure stratégie pour cette compagnie consiste à entre- prendre des investissements de modernisation en même temps qu'à accroitre l'expérience de sa force de travail et bâtir sa réputation sur le marché. La mission recommande que des consultants soient engagés par la SOCOMENA pour évaluer ses installations existantes, examiner ses besoins et ses perspectives de marché, formuler un programme d'investissement à long terme et préparer les études de factibilité technique en découlant. 4.06 Les industries mécaniques de transformation (la fabrication et l'entretien des biens d'équipement et de leur composants et parties) en Tunisie sont encore à un stade de développement peu avancé, et sont épar- pillées sur un certain nombre d'entreprises spécialisées relativement petites et d'ateliers intégrés à de grandes entreprises. Les principales opérations exécutées actuellement par ces industries sont l'usinage et le montage, et sont caractérisées par un sur-équipement en machines d'usage courant et un sous-équipement en machines spécialisées. Les autres activités de ce sous-secteur sont principalement le montage de pompes et compresseurs et de petits moteurs diesel pour les pompes d'irrigation et les.bêteaux de pêche (SOTUMO), ainsi que l'usinage de quelques pièces simples produites par les fonderies locales. La part du coût de main d'oeuvre dans la valeur finale est en générale faible (5-10%), hormis dans certains ateliers d'usinage - - spécialisés où cette part monte jusqu'à 30%. Les ateliers d'usinage pro- duisent à des prix compétitifs sans protection douanière; ils pourraient 1/ L'Appendice IV.2 est donné à titre illustratif principalement. La revue des importations ici recommandée devrait être fondée sur des statistiques détaillées d'importations classifiées en sous-groupes plus désagrégés que ceux qui étaient disponibles lors de la mission. - 30 - développer encore plus leurs activités par intégration plus poussée dans les autres industries mécaniques, notamment pour le travail à façon spé- cialisé. L'absence d'intégration sectorielle, qui restreint la taille du marché intérieur pour les pièces usinées, est la contrainte la plus sérieuse pesant sur le développement et la viabilité de ces activités. 4.07 Parmi les biens d'équipement à technologie simple qui sont actuellement importés, on distingue deux catégories qui présentent des potentialités de développement pour des lignes de production existantes et nouvelles. La première catégorie couvre les biens d'équipement dont le marché intérieur est suffisamment large pour justifier et alimenter des capacités de taille économique; cette première catégorie comprend les chaudières et fours industriels (importations annuelles de US$5,8 million), les équipements agricoles (importations annuelles de US$4 million), les matériels simples de terrassement d'une part et de levage et manutention d'autre part (importations annuelles de US$33 million pour chacun), et les pompes et compresseurs (importations annuelles de US$9 million). La seconde catégorie comprend principalement les moteurs et leurs composants et pièces détachées (importations annuelles de US$25 million), pour lesquels le marché intérieur est insuffisant et doit être complété par des exportations représentant entre 30 et 50% d'une capacité de production de taille économique. Dans ce dernier cas, des partenaires étrangers peuvent fournir l'accès aux marchés étrangers et au savoir-faire nécessaires. 4.08 Les autorités tunisiennes essayent actuellement de développer la seconde catégorie décrite ci-dessus, avec l'expansion de l'usine existante de la SOTUMO et la création, envisagée avec un partenaire étranger, d'un "complexe mécanique" important d'un coût d'environ US$86 million. Ce complexe produirait environ 6.250 moteurs diesel, 2.200 tracteurs et 700 machines agricoles pour le marché intérieur. Un engagement des partenaires étrangers à garantir un montant substantiel d'exportations est indispensable pour la viabilité économique de ces deux projets car seuls de plus grands volumes de production pourraient justifier économiquement la production locale de ces produits finals ainsi que celle des pièces détachées et composants (pièces de fonderie usinées) qui leur seraient intégrées. Le résultat des négociations en cours avec ces partenaires étrangers est crucial pour ces projets, ainsi que pour d'autres projets. La production de moteurs à des prix compétitifs pourrait en effet permettre un accroissement substantiel du degré d'inté- gration intra-sectorielle, par l'incorporation de ces moteurs dans la pro- duction des principaux produits identifiés dans la première catégorie au paragraphe 4.07 (pompes et compresseurs, petits matériels de terrassement et engins de levage et de manutention). Si les négociations pour l'exportation des moteurs ne sont pas couronnées de succès et si ces projets sont néanmoins exécutés, leurs productions nécessiteront une protection élevée (entre 50 et 70%) et les objectifs actuels visant à développer et réaliser une intégra- tion économique poussée à l'intérieur du secteur 1/, seront compromis. 1/ Par intégration des pièces de fonderie usinées dans les moteurs d'une part, et de ces derniers dans les biens d'équipement de la première catégorie. Il convient de rappeler que ces biens d'équipement resteront soumis à une pleine concurrence avec les importations et devront donc être compétitifs. - 31 - 4.09 La mission recommande qu'une étude des industries mécaniques de transformation soit entreprise par le CNEI et le CEPEX en vue de: (i) entreprendre un inventaire et une revue des capacités existantes et évaluer le marché intérieur; (ii) recommander des investissements de modernisation et d'expansion des ateliers d'usinage existants pour l'entretien et la réparation de tous équipements industriels; (iii) identifier sur la base d'une revue détaillée des importations (Appendice IV.2) de nouvelles lignes de production pour le marché intérieur Cet si possible étranger) telles que les matériels agricoles, les pompes et les compresseurs, les petits matériels de construction et de terrassement ("dumpers", bétonneuses), les chauffe-eau solaires, les engins de manutention et levage; et Civ) recommander des révisions ou de compléments au système d'incitations pour encourager des associations entre entreprises locales et étrangères visant à la fois les marchés intérieur et extérieur. En ce qui concerne le complexe mécanique, le gouvernement et la BDET devraient constituer une équipe de projet d'ingénieurs et économistes expérimentés (engagés à l'étranger si nécessaire) afin de mener au mieux ou reprendre les négociations avec les partenaires étrangers sur les accords d'exportations. 4.10 Le sous-secteur des produits intermédiaires et ouvrages en métaux de la mécanique constitue la plus importante activité des IME, comprenant l'usine sidérurgique, les fonderies de fonte et acier et de plomb, et la production de quelques importants ouvrages en métaux (tubes et tuyaux, emballages métalliques, pièces diverses et quincaillerie). L'usine sidérur- gique d'El Fouledh assure 70% de la demande intérieure pour laminés ronds primaires (fers à béton et barres, profilés, fils machines); la consommation de produits plats (entièrement importés) représente seulement 20% de la demande totale de produits sidérurgiques de base, en raison du stade de développement peu avancé des autres sous-secteurs des IME. Il n'est pas prévu que la demande de produits plats atteigne un niveau qui justifie un nouveau projet dans le futur immédiat, et la meilleure stratégie est par conséquent de continuer à importer les produits plats au meilleur prix, si possible par l'intermédiaire d'un organisme d'approvisionnement central l/. Un projet sidérurgique par réduction directe, d'une capacité du 400.000 tonnes par an 2/, a été temporairement mis de côté, en attendant que le marché intérieur atteigne une taille suffisante. 4.11 Les fonderies, qui fournissent seulement 3% de la valeur totale de la production des IME, sont faiblement intégrées à l'ensemble du secteur IME, et nécessiteront une attention particulière si elles doivent devenir l'épine dorsale du développement des IME conformément à leur rôle normal. Les fonderies tunisiennes, qui, sont dominées par deux entreprises publiques représentant 90% de la capacité et de la production nationales, produisent en petites séries des pièces simples en fonte et en acier de qualité généralement courante pour des usages variés sur le marché intérieur (secteur de la construction, mines, ciment et chemins de fer, IME). Les matières premières, qui représentent 25-50% de la 1/ Voir note No. 1 du paragraphe 4.04. 2/ La taille de cette unité est raisonnable, et la technologie bien choisie compte tenu des perspectives d'approvisionnement de la Tunisie en gaz à un prix préférentiel. - 32 - valeur finale, sont en grande partie importées, y compris la fonte elle-même 1/. Le coû't de main d'oeuvre, qui représente 25-40% de la valeur finale, est faible comparativement aux niveaux européens, mais la productivité du travail est elle- même faible en raison de la vieillesse des équipements et d'autres inefficacités techniques. Les pièces de fonte de qualité commune destinées au secteur de la construction sont produites à des prix compétitifs, mais les pièces de fonderie de meilleure qualité ou en acier sont jusqu'à 20% plus coûteuses que les importations de produits similaires en provenance d'Europe. De plus, les pièces de fonderie importées utilisées dans les équipements entrant dans les investissements agréés paient un droit de douane de 3%, tandis que les fonderies locales paient sur leurs matières premières importées un droit de douane équivalent de 6-12%. Ainsi, compte tenu des avantages en prix et en qualité des importations, les industries tunisiennes n'ont pas été encouragées à acheter de plus grandes quantités des pièces de fonderie locales, et la pro- duction a stagné au niveau d'environ 6.000 tonnes par an, qui représente une utilisation moyenne de 65% de la capacité. La taille restreinte du marché intérieur constitue une contrainte sur le développement du sous-secteur de la fonderie; une autre contrainte provient des difficultés des entreprises locales à s'adapter à des nouvelles technologies de fonderie (fonte sphéroldale) et à substituer leur production aux importations de pièces de rechange et produits semi-finis, lesquelles se montent à environ 12.000 tonnes par an. 4.12 Les besoins des fonderies tunisiennes sont les suivants: investir environ D 11 Millions dans la modernisation de leurs installations, améliorer la qualité des sables de fonderie, améliorer leur gestion et la qualification de leur main d'oeuvre par des programmes de formation, accroître le taux d'utilisation de leurs capacités et faire appel à une assistance technique étrangère. La productivité du travail pourra alors être accrue, les normes de qualité améliorées, les coûts de production abaissés jusqu'à 85-90% des coûts européens, et dans le long terme la production reorientée vers l'exporta- tion 2/. Compte tenu de la tendance actuelle à transférer les fonderies des pays développés dans les pays en voie de développement, sa localisation géographique proche de l'Europe donne à la Tunisie un avantage potentiel pour la production à l'exportation de produits lourds, pour autant que des services de transport adéquats soient disponibles. Une fois effectués les investissements de modernisation et l'assistance étrangère obtenue, la production locale pourrait atteindre quelques 20.000 tonnes par an en 1982-1983, y compris 6.000 tonnes qui se substitueraient aux pièces de fonderie actuellement importées et 4.000 tonnes de pièces pour l'automobile liées à la réalisation du complexe mécanique pour les moteurs diesel et les tracteurs (voir paragraphe 4.08). Le besoin de capacité additionnelle de 10.000. tonnes- par an justifierait que les deux principales fonderies soient alors portées à une capacité l/ La fonte d'El Fouledh n'est pas utilisée par les fonderies en raison de sa composition chimique et de ses caractéristiques physiques inadaptées. 2/ Pendant la période 1972-1976, la SOFOMECA exportait plus de 1.000 tonnes par an de pièces de fonderie de fonte et d'acier dans d'autres pays d'Afrique du Nord et en France dans le cadre d'accords de sous-traitance. - 33 - économiquement efficace. Compte tenu des décisions prises par les autorités tunisiennes en matière d'affectation des productions entre les deux grandes fonderies, la mission recommande, dans le but que chacune puisse travailler à une échelle économiquement efficace, que soit recherchée une assistance extérieure pour entreprendre une étude technico-économique ayant pour objet d'évaluer en détail: (i) la demande en pièces de fonderie de diverses catégories (y compris fonte GS) dans les industries consommatrices; (ii) les possibilités de substitution efficace sur les importations actuelles de pièces de fonderie; (iii) les possibilités d'exportations vers la CEE et les pays voisins; (iv) les installations de la SOFOMECA et le programme d'investissement requis pour sa modernisation et sa réadaptation aux fabri- cations qui lui sont affectées; (v) le planning de transfert des productions et de réalisation des investissements dans chaque fonderie; et (vi) les mesures concrètes pour la protection et l'encouragement de ce secteur. La mission recommande que la capacité de la SOFOMECA soit portée à 10.000 tonnes par an dans une première étape; la seconde fonderie devra être réaménagée pour autant que, et seulement lorsque, le complexe mécanique sera exécuté. 4.13 Le sous-secteur des ouvrages en métaux actuellement produits .en Tunisie (tubes et tuyaux, emballages métalliques, quincaillerie, outils à main) est caractérisé par l'hétérogénéité des produits et la similarité des opérations de production (forgeage, façonnage, emboutissage). Le degré d'intégration-amont dans ce sous-secteur est resté jusqu'ici notablement faible (voir Tableau 4.01). Le sous-secteur est dominé par trois grandes entreprises. Les deux premières, produisant des emballages métalliques et des tubes et tuyaux pour le seul marché intérieur, ont investi dans des équipements hautement automatisés sur la base de l'hypothèse erronée que la grande efficacité des opérations automatisées compenserait la taille insuffisante de leurs marchés. Ceci a entrainé des capacités de production excessives, une part anormalement basse du coût de main d'oeuvre dans la valeur finale (6 à 10% seulement), des prix de vente non concurrentiels et la nécessité d'un niveau de protection de 20 à 30%. Ces industries devraient accroître ou ajuster l'utilisation de leurs capacités en parallèle avec la croissance de leurs marchés intérieurs, avant d'entreprendre leurs programmes d'expansion actuellement envisagés. La troisième entreprise importante (les AMS), par contre, a pris avantage de la disponibilité d'une main d'oeuvre bon marché dans le choix de ses principales lignes de production (outils à main, quincaillerie, accessoires de tuyauterie, visserie, coutellerie), lesquelles semblent etre compétitives avec les produits importés. En particulier, la coutellerie est produite sous contrat de licence avec une firme étrangère qui fournit le savoir-faire et l'équipement et achète une grande partie de production pour l'exporter à des prix très compétitifs. Cette approche, qui a été couronnée de succès et qui permet à la Tunisie de pallier son manque 1/ L'étude de marché devrait retenir pour examen détaillé toutes les importations de pièces de fonderie et pièces de rechange ayant une valeur unitaire inférieure à un niveau correspondant aux technologies et au savoir-faire qui sont à la portée des fonderies locales et des ateliers d'usinage durant les prochaines années. Dans l'Appendice IV.2, ce niveau a été fixé à un Dinar par kilogramme à titre illustratif. - 34 - d'organisation commerciale et d'image de marque à l'étranger, devrait être adoptée pour les autres ouvrages en métaux (outils à main, quincaillerie, accessoires de tuyauterie). La CEE a importé au cours des dernières années des quantités croissantes de ces derniers produits (voir Appendice IV.3) qui pourraient être fabriqués en Tunisie par de petites entreprises exportatrices dans le cadre de la Loi 1972-38 1/. 4.14 Les industries de l'automobile et industries annexes, qui constituent le principal sous-secteur des IME produisant des biens finals de la mécanique, se sont développées très rapidement depuis 1972 en parallèle avec des expansions de capacité destinées à satisfaire un marché intérieur fortement protégé; ce sous-secteur représente actuellement plus de 20% de la production brute des IME. Ces activités gravitent autour de la STIA, qui effectue le montage de différents modèles d'automobiles, autocars et camions, et de la SICAME qui assemble des composants pour camions, remorques et autres véhicules utilitaires; le degré d'intégration locale dans le montage de ces véhicules est faible. Les industries d'accessoires automobiles (batteries, freins, phares) produisent essentiellement des pièces de rechange pour le parc existant (d'environ 200.000 unités) et peu de composants pour intégration dans les produits de la STIA et la SICAME. En raison de sérieux problèmes affectant ce sous-secteur (diversification excessive de la gamme de produits, organisation et gestion inefficaces, et faible utilisation des capacités - voir Chapitre IV de l'Annexe II), la productivité est restée faible et les coûts de production sont jusqu'à 50% supérieurs aux coûts européens, ce qui nécessite le haut niveau de protection accordé à ce sous-secteur. La diversification excessive de la production en petites séries a aussi découragé les efforts d'adaptation technique et de standardisation des pièces et composants en vue d'une production locale de ces derniers. Les principales matières consommées (ensembles CKD et SKD) et la plupart des pièces et accessoires continuent à être importées; la valeur ajoutée évaluée aux prix internationaux est probablement très faible dans ces activités. Le besoin est devenu pressant pour ce sous-secteur qu'avant réalisation des expansions envisagées, des objectifs et des stratégies claires soient établies en ce qui concerne la rationalisation et la consolidation des activités du sous-secteur, la normalisation et la standardisation de ses gammes de produits, et les possibilités d'exportation de pièces locales en compensation des importations d'ensembles SKD/CKD. Une rationalisation de la gamme de produits et la recherche d'accords avec des partenaires étrangers pour assurer l'exportation d'une partie de la production locale faciliteraient l'établis- sement d'opérations jointes pour une production locale, à des prix raisonablement compétitifs, d'une série d'accessoires tels que les jantes, les amortisseurs, les pots d'échappement, les essuies-glace, les filtres, les pédales et tambours de freins, les avertisseurs, les radiateurs, et si possible les démarreurs et carburateurs. 1/ Deux telles entreprises ont déjà été établies par des firmes étrangères pour produire des outils à main et d'autres ouvrages en métaux. - 35 - 4.15 La mission recommande spécifiquement pour ces sous-secteurs que le CNEI entreprenne en coopération avec l'API, le CEPEX et la BDET les taches suivantes: a. effectuer une étude des industries automobiles dans le but de définir des objectifs et faire des recommandations portant sur: la rationalisation et la normalisation des gammes de produits; le contrôle de qualité des pièces et accessoires locaux; le taux d'intégration au niveau sectoriel et au niveau de chaque usine; l'adaptation technique des produits et modes de production; et les possibilités d'exportation de pièces locales dans le cadre d'accords spéciaux-avec les fournisseurs d'ensembles CKD/SKD importés; b. ré-évaluer les projections de demande pour les camions et véhicules utilitaires, ainsi que la justification et la viabilité du projet d'expansion de la SICAME; c. entreprendre des études de factibilité pour les projets envisages pour la fabrication d'accessoires automobiles (jantes, amortisseurs, filtres, avertisseurs et pots d'échappement) et initier la recherche de partenaires étrangers qui pourraient fournir le savoir-faire et développer les exportations; d. évaluer les besoins d'assistance de l'industrie automobile en matière de procédés et technologies modernes, méthodes de rationalisation et organisation de la production; e. étudier les possibilités de créér des petites entreprises avec des partenaires européens qui fourniraient le savoir-faire et les méthodes de commercialisation pour la production et l'exportation d'ouvrage en métaux tels que les outils agricoles et mécaniques, les pièces de quincaillerie ct les accessoires de tuyauterie. Cette étude devrait identifier les marchés potentiels dans la CEE pour ces produits sur la base d'une revue (à un niveau très désagrégé) des statistiques d'importations par la CEE de produits des INE en provenance des pays en voie de développement 1/; et f. explorer les possibilités d'établir une procédure d'approvision- nement centralisé des importations de produits sidérurgiques primaires, préférablement par l'intermédiaire du Groupement des industries mécaniques. 1/ Ces statistiques indiquent que les importations de la CEE d'outils et ouvrages en métaux ont cru de façon rapide au cours des récentes années tppendice IV.3). - 36 - CHAPITRE V: LES INDUSTRIES ELECTRIQUES Caractéristiques et problèmes généraux 5.01 Le tableau 5.01 résiume la structure des coûts de production et des prix sortie-usine des principaux produits des industries électriques fabriqués par dix entreprises en Tunisie. Il fait ressortir les carac- téristiques suivantes des industries électriques: i. un recours élevé aux composants et pièces importées (qui représentent de 60 à 80% de la valeur finale) et l'absence quasi-totale d'intégration intra-sectorielle (ceci est illustré par la ligne "Biens et services locaux" du tableau 5.01); ii. un niveau généralement faible de la valeur ajoutée locale (constituée essentiellement de coûts de main d'oeuvre directe) qui réflète la prédominance des activités de montage; et iii. le poids de la fiscalité indirecte et des droits de douane sur les lignes de production qui génèrent la plus grande valeur ajoutée locale, en raison de leur utilisation d'inputs locaux lourdement taxés. Il convient de noter aussi que les matériels d'équipement électro- mécaniques fabriqués en Tunisie ont des caractéristiques de production similaires à celles des matériels d'équipement mécaniques locaux (voir chapitre IV), tandis que les petits appareils électro-mécaniques et les appareils électroniques présentent des structures de coûts de production différentes, qui sont essentiellement celles du montage d'inputs importés semi-finis. - 37 - Tableau 5.01. STRUCTURE DES COUTS DE PRODUCTION ET DES PRIX DANS QUELQUES INDUSTRIES ELECTRIQUES - 1977 (en pourcentages) Biens Produits Gros Petits électro- Elément de coût d'équipe- intermé- électro- ménagers et Montage ment diaires 1/ ménager transformateurs radio/TV Matières importées 27 50-62 3/ 40 81 2/ 73-87 2/3/ Biens et services locaux 16 5-25 21 2 1-6 Taxes indirectes 22 23 Coûts de main d'oeuvre 19 5-11 5 8 4-8 Rémunérations du capital 16 10-24 l 9 8-15 100 100 100 100 100 V.A./Valeur finale 57 15-37 39 18 12-23 Prix sortie-usine/ Prix FOB Europe 100/110 90-120 110 125 120-130 Protection nette 4/ [-22,-12] n.d. -13 n.d. n.d. Source: Appendice V.1 l/ Comprennent: fils et cables, batteries, compteurs électriques.. 2/ Ces chiffres peuvent inclure des taxes indirectes et droits de douane. 3/ Idem note 5 du Tableau 4.01. 4/ Voir note 7 du Tableau 4.01. Problèmes, perspectives et recommandations pour les industries électriques 5.02 Les deux entreprises tunisiennes produisant des matériels d'équipe- ment électriques (transformateurs et petits moteurs) et du gros matériel électro-ménager ne disposent pratiquement d'aucune protection, de même que les entreprises locales fabriquant des matériels d'équipement mécaniques. Ces entreprises paient des droits de douane et taxes substantielles sur les matières premières importées et locales, mais les prix de la principale production (transformateurs) sont pleinement compétitifs sur le marché intérieur et les marchés étrangers avoisinants (où la plupart dea ventes sont faites à des compagnies d'électricité sur appels d'offre internationaux). Les avantages de l'entreprise produisant les transformateurs sont sa proximité géographique et le faible coût. de la main d'oeuvre (qui représente pour elle 20% de la valeur finale, contre 25-45% dans les pays développés pour ce type d'industrie où le bobinage ne peut pas être entièrement automatisé et demande donc des quantités substantielles de main d'oeuvre). Cette entreprise a acquis avec l'assistance de son partenaire étranger un niveau - 38 - acceptable de qualification et de savoir-faire de sa main d'oeuvre, et prévoit actuellement d'agrandir sa capacité pour augmenter ses exportations, d'utiliser de nouvelles technologies (bobinage aluminium), de produire des équipements de puissance plus élevée 1/, et d'ouvrir de nouvelles lignes de production pour les tableaux et armoires de commande et les sectionneurs. Le développement des exportations de cette entreprise dépendra de ses efforts de commercialisation et des occasions du marché, ainsi que de la disponibilité de services et d'installations de transport adéquats pour l'équipement lourd que l'entreprise produit. 5.03 Les autres industries électriques existantes en Tunisie ont des coûts de main d'oeuvre variant entre 5 et 10% de la valeur finale des produits (contre 20 à 30% dans les industries analogues dans les pays développés), et la part de la valeur ajoutée dans la valeur finale varie généralement de 15 à 30%. Une seule entreprise (production de batteries d'automobiles) utilise une matière première locale (plomb); toutes les autres utilisent essentiellement des matières premières et composants importées. Ces matières premières et composants importées sont en général d'un coût élevé, selon les normes internationales, pour des raisons analogues à celles qui s'appliquent aux produits sidérurgiques 2/. L'organisation de la production est en général caractérisée par un manque de coordination d'ensemble des opérations, par des agencements mal conçus des ateliers et des usines, et par l'absence d'initiatives pour adapter et améliorer les schémas techniques et les processus de production fournis initialement par les fournisseurs d'équipement ou de licence ou par les partenaires étrangers. Les prix sortie-usine de ce second groupe d'entreprises sont, malgré l'avantage du coût de main d'oeuvre, de 10 à 30% supérieurs aux prix européens, principalement en raison des inefficacités de l'organisation de la production et de l'approvisionnement en composants. 5.04 On dispose de peu d'information sur les seize entreprises exportatrices des industries électriques qui ont bénéficié de la Loi 1972-38 et ont été attirées par les avantages comparatifs de la Tunisie (proximité géographique vis-à-vis de l'Europe, facilités d'échange et accords commerciaux avec la CEE, climat social favorable aux investisseurs, et coût plus faible de la main d'oeuvre). Ces entreprises produisent entièrement sous licences et procédés étrangers, et elles restreignent leurs activités généralement au simple montage de composants importés fournis par les maisons- mères pour la fabrication de produits finals et intermédiaires destinés à des marchés captifs en Europe (cables, composants électroniques, postes de radio et de télévision). Leurs activités sont très peu intégrées en amont dans le secteur. En raison de leurs accords contractuels avec les maisons-mères, ces entreprises n'achètent pratiquement aucun appareillage ou pièce électro-mécanique aux producteurs locaux; de*plus, l'application rigide des modalités fiscales de la loi régissant les échanges de biens et services entre entreprises exportatrices et résidentes tend à décourager ces dernières I/ La mission recommande que cette entreprise élargisse sa gamme de produc- tion aux moteurs allant jusqu'à 50 chevaux et aux transformateurs de puissance 10 et 20 MVA (lès transformateurs actuels vont jusqu'à 2 MVA). 2/ Manque d'information sur les fournisseurs, petit volume et hétérogénéité des besoins et des commandes, achat densembles CKD chers prêts au montage. - 39 - d'acheter auprès des premières une partie de leurs besoins de produits intermédiaires 1/. Ceci étant, ces entreprises exportatrices ont clairement démontré que la main d'oeuvre tunisienne constitue pour elles un avantage comparatif notable dans la production à des prix compétitifs de produits électroniques 2/, pour autant qu'elles mettent en oeuvre des technologies, des politiques d'approvisionnement et des opérations de production efficaces. Leur exemple devrait être étudié et suivi par les entreprises tunisiennes analogues. 5.05 Les industries électriques emploient une proportion élevée de main d'oeuvre directe; par ailleurs, la proportion de cadres commerciaux.et de techniciens et ingénieurs est insuffisante (en moyenne 5%), en dépit de la disponibilité croissante de ces cadres en Tunisie. Les politiques de protection douanière et de contrôle des prix pour les produits finals n'encouragent pas les entreprises tunisiennes à élargir leur marchés, à diversifier leurs modes de productions au delà des activités de montage, ni à entreprendre des adaptations et des améliorations simples de leurs produits et de leurs procédés de fabrication. Cependant quelques entreprises nouvellement établies (dans le montage de postes de télévision) ont commencé, ou envisagent, d'entreprendre un premier effort de Recherche et Développement (R et D) pour développer leurs propres méthodes et circuits, améliorer la qualité de leurs produits, et établir leur image de marque sur le marché. Cette tendance récente devrait être encouragée par des incitations fiscales appropriées. 5.06 La contribution des industries électriques au développement des IME pourrait être accrue et complétée dans les prochaines années par de nouveaux projets ou des extensions d'usines existantes; certains de ces projets ont été identififs de façon préliminaire par la mission sur la base des potentialités des marchés intérieurs et d'exportation. Ces projets devraient être confirmés par des études complémentaires, et réalisés de préférence dans le cadre de diverses formes de coopération et d'assistance étrangères. Les caractéristiques essentielles de ces projets sont résumées dans le Tableau 5.02, page suivante. 5.07 Les recommandations de la mission spécifiques aux'industries électriques sont les suivantes: Problèmes d'approvisionnement a. disséminer l'information sur les productions des entreprises locales et des entreprises exportatrices de la Loi 1972-38; 1/ Il semble qu'une partie des exportations de composants électroniques que produisent les entreprises exportatrices soit re-importée en Tunisie par des circuits compliqués et revendues à des prix plus élevés aux entreprises résidentes. 2/ En Europe, la part du coût de main d'oeuvre dans la valeur finale est typiquement d'environ 40% et la part du personnel ouvrier dans le total du personnel est de 70 à 80%. Compte tenu de ces ratios, le niveau du coût de main d'oeuvre en Tunisie permet aux entreprises bien gérées atteignant des productivités du travail similaires à celles en Europe de diminuer leur coût total de production de 15 à 25%. - 40 - Tableau 5.02: CARACTERISTIQUES RESUMEES DES PROJETS SUGGERES POUR LES INDUSTRIES ELECTRIQUES Pro- Inves- Marchés Description du projet duc- tisse- (D: domestiques) Assistance tion ment Emploi (Ex: exports) extérieure l/ (TD Millions) 1. Biens d'équipement Moteurs moins 50 CV (poly/monophasés) 2 0.5 300 D + Ex CPLT Transformateurs 10 et 20 MVA n.a. n.a. n.a. D + Ex Lce Matériel commande et D princi- sectionnement 2/ 10 2 900 palement CPLT/OJ Ascenseurs et monte- charges A étudier (marchés, factibilité)------- 2. Biens de consommation Appareillage d'installa- tion 3/ (par 5 petites industries spécialisées) 10 2 1300 D + Ex AT/CPLT Petit électro-ménager 4/ 0.5 0.1 50 D princ. A étudier 3. Biens d'équipement électroniques Matériel téléphonique 5/ 6 2.5 400 D princ. CPLT 4. Biens intermédiaires électroniques Diversification production des entreprises existantes (résidentes et Loi 1972-38) par intégration d'accessoires et composants passifs 6/ ---- Avantages comparatifs établis. A étudier 1/ Formes d'Assistance Extérieure: Lce: licence; OJ: Opération Jointe; AT: Assistance Technique; CPLT: Coopération de Production à long terme. 2/ Disjoncteurs, sectionneurs, contacteurs, tableaux et armoires, matériel de raccordement. 3/ Interrupteurs, commutateurs, coupe-circuits, bottes fusibles, prises de courant. 4/ Moulins à café, séchoirs, etc. Production de 50 à 100 milles unités p.a. le projet nécessiterait une très bonne organisation du travail et une unité intégrée du bobinage jusqu'au, montage. 5/ Récepteurs en première phase, auto-commutateurs et matériels d'intercommuni- cation en deuxième phase. 6/ Antennes, chassis, circuits imprimés, coffrets, connecteurs, plaques de refroidissement, résistances bobinées, petits transformateurs. - 41 - b. réviser et ajuster en baisse les taxes et droits de douane frappant les inputs entrant dans les biens d'équipement, ainsi que la protection dont bénéficient les produits de consommation finale; c. explorer la possibilité de créer des circuits légers d'appro- visionnement centralisé à l'étranger pour les composants électroniques, ces circuits étant spécialisés par famille de composants; et d. réviser les dispositions fiscales régissant les échanges de bien et services entre entreprises résidentes et entreprises exportatrices pour faciliter ces échanges. Technologies et investissements étrangers e. faciliter les transferts de technologie à partir des entreprises exportatrices de la Loi 1972-38, en particulier en entreprenant une étude (préférablement par l'API) de leurs technologies, de leurs méthodes d'approvisionnement et leurs organisations de la production; f. encourager plus particulièrement les opérations jointes présentant un niveau notable d'intégration et de transfert technologiques et accompagnées de contrats de compensation de fournitures; et g. encourager comme mode préférentiel de coopération celui de la coopération de production à long terme avec passage progressif à la coopération technique simple et à l'achat de licences. Recherche et développement h. développer les circuits d'information sur les changements technologiques et techniques dans les pays étrangers; et i. encourager par des incitations appropriées (principalement fiscales) la création dans les entreprises d'unités d'étude et de recherche travaillant en liaison avec l'Université et les écoles d'ingénieurs et leurs laboratoires. Préparation des projets j. concentrer l'attention de l'API, durant le processus d'examen et d'approbation des projets dans ce secteur, sur la qualité de l'organisation de la production, sur les compétences techniques des responsables de projets, et sur le contenu des accords de coopération avec des partenaires étrangers en matière d'adaptation et d'amélioration des schémas technologiques et des procédés de production. - 42 - CHAPITRE VI: LES PETITES IME 6.01 Un examen et une analyse détaillés des PI du secteur des IME figurent à l'Annexe III. Les paragraphes suivants font ressortir les points saillants et la structure qui se dégagent de cet examen et soulignent les principaux problèmes qui affectent les PI de ce secteur. Caractéristiques générales et résultats des petites IME 6.02 Les PI employant moins de 50 ouvriers et les petits ateliers sont une principale source d'emplois dans le secteur des IME (43% de la main d'oeuvre totale). Les PI exercent leurs activités principalement dans les ateliers mécaniques et les ouvrages en métaux, activités dans lesquelles elles assurent plus de la moitié de l'emploi et s'inscrivent pour le tiers de la valeur ajoutée. Malgré la diversification très prononcée de leurs gammes de produits, on peut classer fonctionnellement les petites IME comme suit: - le groupe a se compose des PI fabriquant des produits intermédiaires et des produits finals également fabriqués par de grandes entreprises. Ces PI se rencontrent sur- tout dans la construction métallique et la chaudronnerie, travaillant principalement à la commande. Leurs méthodes de production sont de type artisanal; elles utilisent généralement des machines de type traditionnel ou archaïque et rarement des machines modernes; - le groupe b comprend les PI qui produisent des biens intermédiaires ou des produits finis courants tels que des pièces de fonderie et des appareillages électriques simples, ainsi que de petits ouvrages en métal (clous, écrous et boulons, toile métallique, serrures, coutelle- rie). Ces PI fonctionnement avec du matériel et une technologie modernes, à l'exception de quelques fonderies artisanales qui travaillent généralement à la commande afin de satisfaire une demande localisée de pièces de rechange; et - le groupe c se compose des PI fabriquant en petite série des biens d'équipement de nature relativement complexe pour des usages locaux spécifiques. Ces entreprises se rencontrent principalement dans les ateliers mécaniques, allant de l'usinage et/ou du montage de matériels agricoles simples (charrues, pompes) à la production de petits matériels de construction (brouettes, petits "dumpers", bétonneuses). Elles fonctionnent avec un mélange de techniques traditionnelles et modernes. - 43 - 6.03 Pour la plupart, les petites IME sont équipées de machines anciennes, souvent complètement amorties et généralement sous-utilisées (les taux d'utilisation se montent en moyenne à 50% dans la plupart des lignes de production). Elles ont peu accès au financement institutionnel pour se moderniser ou à l'assistance technique pour choisir les technologies ou la gamme de produits appropriées. Les PI présentent des degrés élevés d'int- gration verticale et/ou horizontale au niveau de l'entreprise, chaque entr.- preneur s'efforçant de se suffire à lui-même ou essayant d'agrandir ses opérations en diversifiant à l'excès ses lignes de production. L'analyse de l'allocation et de l'utilisation effectives des facteurs de production à l'intérieur du secteur (voir Pièce Jointe no. 2 de l'Annexe III) indique que les procédés de production des petites IME sont demeurés des activités à forte intensité et faible productivité de main d'oeuvre; la valeur ajoutée par ouvrier dans les PI a représenté, en moyenne, 60% de celle des grandes IME. Cependant, la productivité est élevée dans certaines sociétés spécialisées du groupe c (petits chantiers navals pour les bateaux de pêche notamment) et certaines sociétés bien équipées fabriquant des ouvrages en métaux. 6.04 Les petites IME font généralement face à de graves problèmes de commercialisation, étant donné l'étroitesse du marché local. En outre, elles ne peuvent produire à des qualités, à des prix et à des délais de livraison qui répondent aux besoins des clients. C'est pourquoi elles ont peu de liens de sous-traitance avec les grandes entreprises l/. Néanmoins, certaines PI du groupe c produisant à la commande pour satisfaire des besoins locaux spécifiques se sont constitués leurs propres marchés sur la base de leur réputation pour la qualité de leurs produits et leur respect des délais de livraison. 6.05 Les prix de la plupart des produits finals des petites IME sont sensiblement plus élevés que ceux de produits importés analogues, par suite de la faible productivité de la main d'oeuvre et du capital et des prix excessifs auxquels elles se procurent leurs matières premières en raison du faible volume de leurs commandes et des marges commerciales prélevées par les intermédiaires et les grossistes locaux. Les matières premières (principalement les produits sidérurgiques)représentent une proportion anormalement élevée (50 à 70%) des coûts de production. La main d'oeuvre, qui se compose essentiellement d'ouvriers non qualifiés ou semi-qualifiés, est payée de 25 à 50% plus bas que celle des grandes entreprises; par conséquent, les coûts de main d'oeuvre ne représentent que 10 à 25% du total des coûts de production, ce qui ne laisse qu'une faible marge pour réduire les coûts si la productivité n'augmente pas. Enfin, les petites IME sont en retard sur le plan technique, ce qui les a empêchées d'entre- prendre l'adaptation technique et la normalisation des produits indispensables aux économies d'échelle et au suivi de la qualité. 1/ Ainsi qu'il était signalé au para. 2.03, les grandes entreprises ont aussi tendance à rechercher l'auto-suffisance dans leur production et à opérer une intégration excessive au niveau de la firme. - 44 - Problèmes de développement, perspectives et recommandations 6.06 L'étroitesse des marchés locaux et l'absence d'expérience des entrepreneurs tunisiens dans les IME, lesquelles exigent du savoir-faire technique et de gestion, ont tendance à limiter les possibilités de croissance des petites IME, notamment dans les lignes de production courantes de produits finals simples (groupe b du para. 6.02). Néanmoins, celles des petites IME qui ont des frais généraux peu élevés et sont dotées d'une certaine souplesse dans leurs opérations ont la possibilité de jouer un rôle significatif en apportant un support et une complémentarité aux entreprises plus grandes, et ont de meilleures perspectives pour la fabri- cation/montage de biens intermédiaires plus complexes et de produits ou de services spéciaux destinés à des besoins locaux. En conséquence, les petites IME devraient réorienter leurs activités vers quatre domaines: a) la production de biens finals soigneusement choisis et de produits intermédiaires pour les grandes entreprises; b) la production de biens spécialisés pour satisfaire des besoins locaux; c) les travaux de sous- traitance pour de grandes sociétés; et d) l'entretien/le service des biens de consommation et d'équipement simples. Les sous-secteurs dans lesquels les petites IME pourraient contribuer le plus dans les quatre domaines susmentionnés sont les ouvrages en métaux et les appareillages électriques (à condition que les sociétés qui se livrent à ces activités ne diversifient pas exagérément leur production et trouvent des associés pour les transferts de technologie) et les industries annexes de l'industrie automobile (à condition que soient adoptées une standardisation des pièces détachées et des composants et une rationalisation des gammes de produits à l'échelon national - voir paras 4.14 et 4.15). Dans les ateliers mécaniques, les PI peuvent travailler en sous-traitance pour l'usinage de précision de pièces mécaniques sur machines universelles; dans la construction métallique et la chaudronnerie, les PI n'ont un avantage que pour les travaux faits sur commande (pesant jusqu'à une tonne) et pour la production de petits réservoirs. Les petites fonderies ont un avantage dans les travaux spécialisés qu'elles exécutent sur commande pour des clients locaux (pièces détachées pour re- nouvellement ou remplacement). 6.07 La mission considère que les lignes de production suivantes sont les plus prometteuses pour les petites IME, sous réserve de l'élimination des contraintes identifiées aux paragraphes 2.09 et 2.10: a. industries annexes de l'industrie automobile: production de filtres, de freins, d'essui-glace, de jantes, d'amortisseurs, d'avertiseurs; b. ouvrages en métaux: coutellerie, petits outils agricoles et mécaniques à main, petites structures tubulaires, accessoires de tuyauterie et d'articles sanitaires, mobilier en métal, encadrements de portes et de fenêtres; c. activités mécaniques-électriques: usinage de produits intermédiaires, de pièces détachées, de composants, et travail à la pièce pour leur entretien et leur réparation; - 45 - fabrication de petits transformateurs, d'armoires de distribution, con'ensateurs et résistances passives, de petits appareils électroménagers (tels que mixeurs, moulins à café, ventilateurs, etc.), et de petit matériel agricole simple spécialisé pour répondre aux besoins locaux (par exemple, pompes spéciales); d. charpentes métalliques et chaudronnerie: travaux généraux d'entretien et de réparation, construction de petits réservoirs, chaudières, structures spéciales sur commande (par exemple, portes coulissantes, rampes métalliques, garde-fous); et e. fonderies: travaux généraux d'entretien et remplacement, production de pièces de fonderie spéciales et de pièces de rechange. Recommandations spécifiques pour les petites IME 6.08 Outre les ajustements aux cadres généraux de politique économique et d'incitation que devra effectuer le gouvernement pour éliminer les distorsions qui existent actuellement en faveur des grandes entreprises et pour encourager le développement et la promotion des PI (para. 2.11), la mission recommande que l'assistance technique accordée aux petites IME mette spécialement l'accent sur les points suivants: - suivi de la qualité, en contribuant à établir des normes de qualité; - aider les PI à respecter ces normes, et les conseiller sur les procédures de suivi de la qualité en coordination avec le Centre Technologique proposé au para. 7.07 e; - promouvoir la sous-traitance entre les petites et les grandes entreprises et entre les entr2prises locales et les entreprises étrangères, en aidant les PI qui ont amélioré la qualité de leurs produits de façon satis- faisante à passer et négocier des contrats de sous- traitance et à remplir leurs contrats en matière de prix e-t de délais de livraison; - organiser des services spéciaux de vulgarisation industrielle et des programmes de formation pour les travailleurs de niveau intermédiaire des ME afin de développer et de moderniser leurs compétences; et - organiser des achats groupés de matières premières (pro- duits sidérurgiques pour les industries mécaniques) et de composants importés (pour les industries électriques). - 46 - PARTIE C: MESURES A MOYEN TERME ET STRATEGIE A LONG TERME CHAPITRE VII: MODALITES DE DEVELOPPEMENT A MOYEN TERME DES IME Objectifs à moyen terme 7.01 Le principal avantage comparatif des IME en Tunisie réside dans la main d'oeuvre, d'un coût relativement faible et de compétences et qualités croissantes; les autres avantages sont la proximité des marchés de la CEE et l'accès préférentiel à ces marchés, ainsi que la politique libérale suivie par la Tunisie à l'égard des investissements étrangers. La contrainte prin- cipale qui pèse sur les IME est l'étroitesse du marché intérieur pour leurs produits. Le développement des IME repose donc sur les orientations suivantes qui devraient être données à leur production et à leurs marchés: a. une plus grande substitution efficace des importations pour les biens intermédiaires ou les biens d'équipement utilisant des techniques de fabrication-simples ou intermédiaires; b. une substitution des importations, complétée dans une certaine mesure par des marchés d'exportations (par l'intermédiaire d'accords de compensation avec des partenaires étrangers), pour des biens d'équipement soigneusement choisis; et c. une orientation axée principalement sur l'exportation pour un groupe choisi de produits des IME. Une stratégie fondée sur le développement simultané de ces trois programmes sera nécessaire pour engendrer une demande suffisamment forte pour permettre une production plus efficace et plus compétitive. Programme d'investissement à moyen terme 7.02 Toutefois, il n'existe à présent aucune stratégie officielle de développement pour les IME. Cette lacune a pour corollaire l'absence d'un programme d'investissement clairement défini et intégré pour les IME, et ceci, joint à la capacité limitée du cadre institutionnel pour identifier et préparer les projets, a rendu difficile l'identification d'un nombre suffisant de projets concrets pour remplir les objectifs d'investissement prévus au Plan (voir paras. 2.07 et 2.08). Par suite de la faible coordination entre les divers institutions tunisiennes intéressées au secteur des IME, il n'existe aucune liste officielle de projets "dans la filière" (c'est à dire de projets en voie de préparation ou d'exécution) qui soit exhaustive. La mission a pu estimer, sur la base des divers informations recueillies en Tunisie, que le programme d'investissement pour les IME durant la période 1979-1982 comprend -47 - 22 projets déjà identifiés ou en cours de préparation ou d'exécution; ces projets intéressent principalement les secteurs public et semi-public et représentent un investissement total de 105 millions de dinars, dont 51 millions pour le montage d'automobiles et de moteurs (voir l'Appendice VII.1 pour plus de détails). De plus, la mission a envisagé environ dix autres lignes de production et projets qu'elle suggère aux autorités pour étude et examen plus poussés. Ces projets suggérés, qui pourraient etre ajoutés à la liste de projets identifiés après études de factibilité, représenteraient un investisse- ment supplémentaire d'environ 33 millions de dinars étalé sur la période 1980-1983. La répartition de ces deux ensembles de projets et investissements par sous-secteur principal des IME figure au tableau 7.01. Tableau 7.01: PROGRAMME D'INVESTISSEMENT POUR LES IME, 1979-1983 Investissement Nombre de projets (Millions D) Identifiés Suggérés Identifiés Suggérés I. Industries mécaniques Biens d'équipement 5 4 45.0 1/ 15.0 Biens intermédiaires 4 1 15.2 2.5 Produits finals 5 1 23.2 2/ 5.0 Total, industries 14 6 83.4 22.5 mécaniques II. Industries électriques Biens d'équipement/ 6 3 16.9 8.5 intermédiaires Produits finals 2 1 4.9 2.0 Total, industries 8 4 21.8 10.5 électriques TOTAL, IME 22 10 105.2 33.0 TOTAL GROUPE 32 138.2 1/ Y compris 36 millions de dinars pour le "complexe mécanique" (para. 4.08). 2/ Y compris 15 millions de dinars pour l'expansion de l'usine de montage d'automobiles. Source: Appendice VII.1 - 48 - 7.03 Le programme d'investissement préc-dent peut être rattaché aux objectifs d'investissements énumérés au para. 7.01 comme suit: Tableau 7.02: CATEGORIES DE PROJETS D'INVESTISSEMENT POUR LES IME Orientation Projets Projets Identifiés Suggérés Total No. Millions D No. Millions D No. Millions D % 1) Substitution 4 9.0 6 18.5 10 27.5 20 efficace des importations 2) Substitution des 3 47.3 3 9.5 6 56.8 41 importations complétée par marchés d'exportation 3) Orientée princi- 3 8.0 1 5.0 4 13.0 9 palement vers les exportations 4) Autres 12 40.9 - - 12 40.9 30 22 105.2 10 33.0 32 138.2 100 1/ Classification fondée sur les évaluations préliminaires de la mission. Source: Appendice VII.1 Ainsi, sur la base d'une évaluation préliminaire faite par la mission à la suite de ses visites sur le terrain, il apparait que dix projets parmi les 22 projets déjà identifiés (c-a-d excluant la catégorie "autres" du tableau 7.02) pourraient être intégrés à la stratégie proposée pour le développement des IME en Tunisie. Ces dix projets représenteraient 61% du montant total des investissements identifiés. 7.04 Quatre projects (totalisant 22 millions D) sur les 12 "autres" projets identifiés semblent difficiles à justifier sur le plan économique (expansion des chaînes de montage d'automobiles et de petits moteurs, expansion des lignes de production d'emballages métalliques et de câbles électriques); sept autres de ces projets (d'un coût de 16,5 millions D) exigent une préparation technique et des études de factibilité sérieuses pour établir solidement leurs marchés et leur justification économique (expansion des lignes de production d'accumulateurs d'automobile et d'appareils électro-ménagers; nouveaux projets d'emballage aluminium et de fabrication d'essieux d'automobiles, - 49 - d'accumulateurs et de filtres pour moteurs). Par ailleurs, l'exécution de deux importants projets (le complexe mécanique et la fonderie associée), qui totalisent 45 millions de dinars, devrait etre dictée par le résultat des négociations menées avec les partenaires étrangers du projet de moteurs diésel en ce qui concerne l'exportation d'une partie de la production de cette nouvelle usine (voir para. 4.08). On peut finalement considérer que les autres projets déjà identifiés remplissent a priori les conditions nécessaires pour être financés par la Banque, pour autant qu'ils disposent d'études de factibilité justificatives et d'une préparation technique adéquate. Quatre de ces projets produiraient pour la substitution d'impor- tations, et trois seraient principalement orientés à l'exportation. 7.05 Les dix projets suggérés par la mission se concentrent principale- ment sur la production de biens d'équipement pour lesquels la compétivité, l'efficacité et les potentialités de la Tunisie sont plus élevées que pour les produits finals. Ils intéressent les secteurs suivants: - dans les biens d'équipement mécaniques de substitution des importations: un programme d'optimisation des installations existantes de charpentes métalliques et chaudronnerie (y compris la fabrication de chaudières, de charpentes métalliques pour grues et autre matériel de levage), la fabrication de pompes et de compresseurs, l'expansion de la fabrication de wagons de marchandises, ainsi que l'expansion et la modernisation accélérées des chantiers navals de la SOCOMENA (voir paragraphes 4.04, 4.05 et 4.07); - dans les autres produits mécaniques: la fabrication de divers accessoires automobiles destinés au marché intérieur (voir paragraphe 4.14), et la diversification et la modernisation de lignes de production de quincaillerie orientées vers l'exportation (voir paragraphe 4.13); et - dans les biens d'équipement électriques: la fabrication de moteurs électriques plus puissants, la fabrication de matériel de branchement/disjonction et de distribution d'électricité, le montage d'autocommutateurs téléphoniques (voir paragraphe 5.06). Les deux premiers de ces projets seraient fondés principalement, et le troisième exclusive- ment, sur le marché intérieur. Recommandations à moyen terme 7.06 Le rapide examen des principaux sous-secteurs des industries méca- niques et électriques effectué dans les chapitres précédents indique que certains de ces sous-secteurs offrent des potentialités et des occasions de développement plus poussé sur les marchés intérieur et d'exportation. Cependant, la structure et les modes de production de ces sous-secteurs nécessitent d'être rationalisées et étudiées de façon plus approfondie avant - 50 - que puissent être exploitées leurs potentialités et leurs possibilités d'investissements. Une stratégie de développement à long terme des indus- tries mécaniques et électriques est indispensable, et le chapitre VIII propose de premiers éléments de méthode pour élaborer une stratégie appropriée. L'élaboration de cette stratégie pourrait prendre plusieurs années; entre temps, il convient d'étudier et d'adopter divers mesures à court et à moyen termes. 7.07 La conception et la préparation d'une stratégie à long terme pour les industries mécaniques et électriques doit présupposer des mesures d'ordre institutionnel et de politique économique visant à accroître l'efficacité du secteur. Outre les recommandations spécifiques à chaque sous-secteur des IME faites aux chapitres IV, V et VI, les recommandations générales de la mission à cet égard sont les suivantes: a. réviser, sur la base d'études (notamment de la protection effective des sous-secteurs des IME), les systèmes de protection douanière et de fiscalité indirecte affectant les IME, afin d'abaisser la protection dont jouissent les entreprises produisant des biens de consommation finale et de supprimer la protection négative pesant sur les indus- tries de biens intermédiaires et d'équipement; b. appliquer d'une façon plus souple la réglementation des Codes des investissements pour les investisseurs tunisiens et étrangers (lois 74-74 et 72-38) concernant les droits et taxes perçus sur les produits et matières entrant dans la fabrication d'exportations; c. réviser les objectifs de ces Codes afin d'encourager activement les entreprises et les investisseurs des =ME à: - rechercher des associations avec des sociétés étrangères, et identifier de nouveaux marchés d'exportation (pour les entreprises de la loi 1972-38) ou rechercher des possibilités d'exportation (pour les entreprises résidentes); - se spécialiser en utilisant des procédés à forte intensité de main d'oeuvre, et éviter une intégration verticale et horizontale excessive au niveau des entreprises; - intensifier les échanges inter/intra-sectoriels, notamment entre les sociétés locales et les entreprises orientées vers l'exportation et entre les sociétés publiques et privées; - entreprendre systématiquement des travaux et investisse- ments d'entretien; et - respecter les engagements de création d'emplois tels qu'ils sont établis dans les conventions d'agrément du Code des investissements; - 51 - d. créer un Groupe de Travail Sectoriel (GTS) 1/ ayant pour fonctions de: - coordonner les activités et les ressources de toutes les institutions intéressées aux IME; - préparer une stratégie à long terme et identifier les lignes de production présentant un avantage comparatif et des potentialités à l'exportation; - entreprendre une prospection vigoureuse des marchés et des partenaires étrangers potentiels; - préparer les projets publics stratégiques; et - étudier les recommandations proposées pour les sous- secteurs IME aux chapitres IV, V et VI; e. étudier et préparer la création dtun Centre Technologique pour les industries mécaniques chargé d'éliminer les points faibles en matière d'adaptation technique, de normalisation et de contrôle de qualité qui font sérieusement obstacle au développement d'opérations efficaces et d'échanges entre les entreprises. Ce Centre Technologique devrait progressive- ment remplir les fonctions suivantes: - établir des normes et des standards pour les produits trnisiens; - procéder au contrôle de qualité des produits mécaniques localement produits; et - fournir une assistance technique en matière de choix des technologies, adaptation des équipements et des méthodes de production, organisation et gestion des opérations, identification et choix des partenaires étrangers. 7.08 La préparation et l'application de ces recommandations et études exigeront un renforcement substantiel des ressources de certaines des institu- tions que la mission propose pour la constitution du GTS, notamment le CNEI, le CEPEX et la BDET. Pour autant qu'une aide supplémentaire (experts et consultants étrangers, ONUDI) soit mise à la disposition de ces institutions, la plupart des recommandations faites pour les sous-secteurs des IME au chapitre IV pourraient etre réparties entre les membres du GTS de la façon indicative suivante: - étude du sous-secteur de la construction métallique et chaudronnerie (paragraphe 4.04> = CNEI; - étude du sous-secteur des industries mécaniques de trans- formation (paragraphe 4.09) = CNEI et CEPEX; 1/ Qui pourrait être composé de représentants des Ministères de l'Industrie et du Plan, de l'API, du CNEI, de la BDET et du Centre de Promotion des Exportations (CEPEX). - 52 - - étude des contraintes en matière de transports qui pèsent sur les exportations de produits lourds tels que les pièces de fonderie (paragraphe 4.12) = CEPEX; - étude de l'industrie automobile (paragraphes 4.15 a et b) = CNEI; - étude de factibilité de projets pour la fabrication d'accessoires automobiles (paragraphe 4.15 c) = CNEI, CEPEX, API et BDET; et - étude des possibilités de création de co-entreprises avec des partenaires européens pour la fabrication de petits ouvrages en métaux (paragraphe 4.15 e) CNEI et API. - 53 - CHAPITRE VIII: METHODE SUGGEREE POUR L'ELABORATION D'UNE STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DES IME Objectifs à long terme 8.01 Les changements de structure de l'économie internationale offrent aux pays en développement un -avantage dans une large famille d'industries, celles dans lesquelles le facteur déterminant du coût total de production est le coût de la main d'oeuvre. Ces industries fabriquent de nombreux produits formés à partir de composants standard et n'exigeant que des techno- logies stables et facilement adaptables et de grandes quantités de main d'oeuvre non qualifiée ou semi-qualifiée; elles comprennent généralement les textiles, les chaussures, les appareils (lectro-ménagers et les accessoires automobiles. La Tunisie a abordé avec succès certaines de ces industries (textiles, chaussures). Cependant, compte tenu de l'érosion de son avantage des coûts de main d'oeuvre par rapport à certains autres pays.en voie de développement, de l'étroitesse de son marché intérieur et de la qualification croissante de sa main d'oeuvre, les perspectives à long terme de développement ultérieur de cette première famille d'industries deviennent moins prometteuses pour la Tunisie. 8.02 Une deuxième famille d'industries dans lesquelles les pays en développement à revenu moyen tels que la Tunisie disposent d'un avantage est caractérisée par: - des produits finis multiples fabriqués en quantités modérées avec une standardisation minime ou même nulle; - des technologies et des matériels souples facilement adaptables à diverses demandes spécifiques et besoins des clients; - une main d'oeuvre qualifiée et polyvalente; et - une prédominance de la qualité, de délais de livraison et de la souplesse dans les objectifs de production. Les industries typiques de cette deuxième famille sont les ateliers mécaniques spécialisés, l'industrie des machines-outils,. et les bureaux d'études et d'ingénierie. Des industries mécaniques et électriques dotées d'une technolo- gie simple ou intermédiaire conviendraient très bien à la stratégie d'indus- trialisation de la Tunisie, étant donné qu'elles sont adaptées aux contraintes imposées par les ressources et le marché du pays, à la qualification crois- sante de sa main d'oeuvre, à sa base industrielle existante, à ses potentia- lités dans certaines lignes de production, et aux difficultés et contraintes inhérentes à des transferts de technologie plus complexe. 8.03 Le développement d'industries hétérogènes et relativement complexes telles que les IME exige que soient soigneusement établies les priorités sous- sectorielles à long terme. Les stratégies sous-sectorielles devraient - 54 - s'attacher à identifier les produits ou les lignes de production qui mettent à profit la proximité de la Tunisie des marchés de la CEE et du Moyen Orient, et sa main d'oeuvre relativement bon marché et compétente. Trois objectifs étroitement liés devraient déterminer la stratégie et les priorités adoptées pour ce secteur: a. la substitution d'importations de biens intermédiaires et de biens d'équipement simples, afin de réduire les pressions qui s'exercent sur la balance des paiements; b. les marchés étrangers et les exportations de produits bien choisis, afin de créer un grand nombre d'emplois; et c. la mise en place d'un ensemble de projets bien structurés et intégrés engendrant d'importantes liaisons en amont et en aval au sein de l'économie tunisienne (objectif d'industria- lisation). Conditions préalables 8.04 Le cadre de politique économique et d'incitations devrait assurer, en préalable à la réalisation complète des objectifs sus-mentionnés, que: a. les matières premières et consommables nécessaires pourront êtres produites sur place ou importées à des coûts raison- nablement compétitifs; b. la qualité des produits et la productivité de la main d'oeuvre pourront être portées à des niveaux comparables à ceux des pays concurrents; et c. les entreprises et institutions tunisiennes seront ouvertes à l'apport de capitaux et d'assistance technique de sociétés étrangères. La mise en oeuvre des recommandations faites aux chapitres IV à VII relatives à l'adoption de mesures à court et moyen termes devrait satisfaire à ces conditions préalables. Les ajustements recommandés pour la structure de la protection douanière et de la fiscalité indirecte satisferaient la condition a, la création d'un Institut de technologie est indispensable au respect de la condition b, et la révision du Code des investissements remplirait la condition c. Procédure d'élaboration de la stratégie 8.05 Il est suggéré que les institutions chargées de la planification et le Groupe de Travail Sectoriel (GTS) adoptent comme procédure de conception et de choix des éléments composant la stratégie de développement à long terme des DME la séquence de phases de travaux suivante: - 55 - a. établissement d'une liste exhaustive mais réaliste de lignes de production viables caractérisées par une intensité en main d'oeuvre impor ante et des besoins raisonnables de main d'oeuvre qualifiée!../; b. évaluation de la capacité technologique de la Tunisie à fabriquer ces produits; c. prévision de l'ampleur et des perspectives des marchés intérieur et étrangers pour ces produits; d. établissement de critères de classement des lignes de pro- duction viables,et sélection des groupes prioritaires de produits et de projets; e. identification des marchés étrangers, établissement de relations commerciales préliminaires, identification et intéressement de partenaires étrangers lorsque nécessaire, mise au point des projets, de leurs gammes de produits et spécifications; et f. élaboration de programmes d'études de factibilité et de calendriers d'exécution de groupes de projets et de produits finalement retenus. L'Appendice VIII.1 propose une liste indicative préliminaire de lignes de production viables susceptibles d'être examinées en première phase a du processus indiqué ci-dessus; cette liste comprend notamment les produits que les chapitres IV à VI recommandent d'examiner et d'étudier plus avant. Critères de choix 8.06 Le classement et le choix définitif de groupes prioritaires de lignes de production (phase d) constitue une étape cruciale de la procédure suggérée ci-dessus. L'ensemble de critères utilisés à cette fin devrait combiner et peser les avantages variés, et quelquefois contradictoires, attendus des différents projets examinés, et refléter les objectifs en matière d'industria- lisation et d'exportation de la stratégie à long terme de la Tunisie. La liste suivante de critères est donnée à titre illustratif comme point de départ de la réflexion: Critères reflétant les grands objectifs d'industrialisation a. potentiel offert par la ligne de production pour le développe- ment d'industries de soutien (fournissant pièces détachées, composants, et sous-ensembles); 1/ Deux critères simples de choix exigeant peu de connaissances préalables pourraient être utilisés à cet effet: la proportion du coût de la main d'oeuvre dans le coût de production total dans les pays industrialisés (au moins 20%); la proportion de main d'oeuvre qualifiée dans la main d'oeuvre totale nécessaire (au plus 40%). - 56 - b. valeur ajoutée locale induite par la ligne de production; c. compatibilité de la technologie de la ligne de produc- tion avec le potentiel et les capacités de la Tunisie; d. potentialités de la ligne à induire le développement de qualifications, de technologies ou de politiques écono- miques propices à d'autres lignes ou sous-secteurs de production; et e. potentialités présentées par la ligne de production pour le développement d'industries aval fabriquant des produits finals. Critères secondant les objectifs d'exportation: f. intensité en main d'oeuvre des lignes de production (en tant que mesure de l'avantage de coût potentiel); g. perspectives d'exportation vers les pays industrialisés 1/; h. dimension et perspectives de croissance du marché intérieur pour soutenir une production à l'exportation; i. perspectives d'exportation vers les pays en voie de développe- ment de la région; j. possibilités d'association avec des sociétés étrangères, dans les cas nécessaires, pour acquérir une assistance technique, des méthodes de contrôle de la qualité ou des services de commercialisation à l'étranger. l/ Fondées notamment sur un examen détaillé des statistiques d'échanges et d'importations des produits des IME par les pays industrialisés. Cf. Appendice IV.3. A N N E X E S - 57 - ANNEXE I Page 1 de 7 ANNEXE I. STRUCTURE INDUSTRIELLE DE LA TUNISIE (Estimation des parts de production "normales" pour la Tunisie) 1. Les parts de production des secteurs primaire, secondaire et ter- tiaire, ainsi que celles du secteur manufacturier et de ses sous-secteurs, peuvent être estimées au moyen d'équi ations de régression sur un échantillon de pays, du type de celles qui ont été mises au point à l'occasion de l'étude de Chenery et Syrquinl/ et du projet de recherche de la Banque mondiale inti- tulé "Patterns of Industrial Development" (RPO 671-05). Les résultats ana- lytiques de cette dernière étude ont été utilisés pour estimer une structure de production "normale" pour l'économie tunisienne..2/ 2. Dans le projet "Patterns", la part de la valeur ajoutée d'un secteur (ou d'un sous-secteur) est calculée au moyen d'une équation de régression, comme fonction de différentes variables explicatives, telles que le PNB par habitant, la population, les rapports exportation de produits manufacturés/PNB et exportation de produits primaires/PNB. On estime ensuite les parts pour les secteurs aggrégés et pour les sous-secteurs manufacturiers individuels. Dans l'analyse aggrégée, le PIB est divisé en trois secteurs i. primaire, composé de l'agriculture et des mines; ii. secondaire, composé du secteur manufacturier et de la construction; et iii. tertiaire, à savoir PIB moins (primaire + secondaire). 1/ Chenery et Syrquin: Patterns of Development 1950-1970 (Banque mondiale, 1975). 2/ Application du projet "Patterns" à la prédiction des parts de production pour la Tunisie - Mémorandum de la Banque mondiale de M. V. Prakash - 16 mai 1979. - 58 - ANNEXE I Page 2 de 7 Dans l'analyse des sous-secteurs individuels, le secteur manufacturier est divisé en 13 sous-secteurs traditionnels de la Classification internationale type des industries. 3. L'analyse du projet "Patterns" est basée sur un échantillon de 98 pays (dont la liste figure au Tableau 1), divisés premièrement entre grands pays (L) et petits pays (S) suivant qu'ils comptaient plus ou moins de 15 mil- lions d'habitants en 1970, puis entre pays à vocation manufacturière (M) et primaire (P) d!après les indices d'échanges commerciaux. Parmi les diffé- rentes équations de régression calculées dans le cadre du projet "Patterns", l'équation de régression de base ci-après, relative aux pays de type SM, semble de nature à fournir les "meilleurs" résultats pour la Tunisie. S = a + a 1L.Y + a2(L.Y)2 + a3 L.N + a L.EP + a5 L.EM ' où S = part de la valeur ajoutée dans un secteur ou sous-secteur en pour- centage du PIB, Y = PNB par habitant en dollars de 1970, N = milliers d'habitants EP = exportations primaires en % du PNB, et EM = exportations de produits manufacturés en % du PNB. ("L." placé devant chaque variable indique un logarithme naturel) Les résultats des régressions de base pour l'échantillon de 32 pays de type SM figurent au Tableau 2. - 59 - ANNEXE I Page 3 de 7 4. Les parts de production "normales" prédites au moyen des équations de régression ne représentent pas en elles-mêmes la structure "probable" de l'industrie tunisienne en une année donnée. Elles donnent simplement une in- dication sur la structure "probable" d'un pays de type SM moyen, présentant les valeurs spécifiques du revenu par habitant, de la population et des autres variables existant en Tunisie. En d'autres termes, elles décrivent une struc- ture moyenne, valable pour un pays quelconque de ce type, et doivent être ajustées pour une année donnée au moyen des déviations probables pour la Tunisie par rapport au modèle moyen. Les résultats pour la Tunisie figurent au Tableau 3, qui donne les parts de production normale pour 1968, 1973, et 1977, ainsi que les écarts résiduels (différence entre les parts sectorielles observées et prédites). Il convient de noter que la part observée de l'en- semble du secteur manufacturier, ainsi que de chaque sous-secteur est systéma- tiquement inférieure à la valeur prédite pour toutes les années, comme le mon- tre le tableau ci-après - 60 - ANNEXE I Page 4 de 7 PARTS NORMALES ESTIMEES DE PRODUCTION ET ECARTS RESIDUELS POUR LA TUNISIE 1968, 1973, 1977 (en % du PIB) 1968 1973 1977 Sous-secteur Norme Ecart Norme Ecart Norme Ecart Industries alimentaires 4,70 -0,57 4,95 -1,24 4,89 -1,86 Textiles, cuir 3,30 -2,01 4,08 -1,89 4,35 -1,51 Métaux de base 0,35 n.c. 0,70 n.c. 0,84 n.c. Produits métalliques 2,70 n.c. 3,82 n.c. 4,72 n.c. (Total IME) (3,05) -1,85 (4,52) -3,11 (5,56) -4,06 Matériaux de construction 1,20 -0,34 1,38 -0,61 1,41 -0,37 Produits chimiques, caoutchouc, pétrochimie 2,72 -1,03 3,30 -1,08 3,88 -1,96 Bois, papier, produits divers 2,34 -1,39 2,97 -1,94 3,35 -2,15 Total secteur manufacturier 16,95 -6,82 20,47 -9,15 22,54 -11,01 Source : Tableau 3. Ces chiffres montrent que le degré d'industrialisation et de développement du secteur manufacturier en Tunisie est inférieur à ce qu'il pourrait être, vu le potentiel économique du pays. -61 - ANNEXE I Page 5 de 7 Table 1 List of Countries in Aggregate and Disaggregate (Full) Country Samples CC NAME OF COUNTRY CC NAME OF COUNTRY CC NAME OF COUNTRY 4 Afghanistan SM 372 Ireland SP 702 Singapore SM 12 Algeria SP 376 Israel SM 706 Somalia SM 24 Angola SM 380 Italy LM 710 South Africa IM 32 Argentina LP 384 Ivory Coast SP 36 Australia SP 388 Jamaica SP 724 Spain LM 40 Austria SM 392 Japan LM 736 Sudan SP 56 Belgium SM 400 Jordan SM 752 Sweden SM 68 Bolivia SP 404 Kenya SM 76 Brazil LP 410 Korea Republic SP 760 Syrian Arab Republic SP 104 Burma LP 764 Thailand LM 116 Khmer Republic SP 422 Lebanon SM 768 Togo SP 120 Cameroon SM 780 Trinidad and Tobago SM 124 Canada LP 430 Liberia SP 788 Tunisia SM 144 Sri Lanka SP 434 Libyan Arab Republic SP 792 Turkey LP 148 Chad SM 450 Malagasy Republic SM 800 Uganda SP 152 Chile SM 454 Malawi SP 818 Egypt Arab Republic LM 158 China Republic of SM 458 Malaysia SP 826 United Kingdom LM 170 Colombia LP 466 Mali SP 834 Tanzania SM 178 Congo Peoples Reppblic SM 478 Mauritania SP 840 United States of 180 Zaire LM 484 Mexico LP America LP 854 Upper Volta SM 188 Costa Rica SP 504 Morocco SP 858 Uruguay SP 204 Dahomey SM 508 Mozambique SP 862 Venezuela SP 208 Denmark SP 214 Dominican Republic SP 528 Netherlands SM 890 Yugoslavia LM 218 Ecuador SP 894 Zambia SM 222 El Salvador SM 558 Nicaragua SP 230 Ethiopia LP 562 Niger SP 246 Finland SM 566 Nigeria LP 250 France LM 578 Norway SM 280 Germany Federal 586 Pakistan LM Republic LM 288 Ghana SP 590 Panama SM 300 Greece SP 596 Papua New Guinea SP 320 Guatemala SP 600 Paraguay SP 332 Haiti SM 604 Peru SP 340 Honduras SP 608 Philippines LP 344 Hong Kong SM 620 Portugal SM 356 India UM 646 Rwanda SP 360 Indonesia LP 682 Saudi Arabia SP 364 Iran LP 686 Senegal SP 368 Iraq SP 694 Sierra Leone SM Note: Countries underlined are also included in the disaggregate sample. CC 3-digit U.N. Country Code L Large Countries (population in 1970: above 15 million) S Small Countries (population in 1970: between I and 15 million) M Manufacturing oriented/resource poor P Primary oriented/resource rich ANNEXE I -62 - Page 6 de 7 Table 2. Crosscountry_Regression Coefficients:, Semi-Log, 1963-74 2.21 Small Manufactured Export Oriented Countries (SM)_ 2 2 Mearr-a No. of b Sector/Sub-Sector Const. L.Y (L.Y) L.N L.EP L.M R S.E.E of Y Obs. Disaggregate TOTMFG -175.169 36.868 -2.410 7.195 0.417 -0.510 0.778 4.251 741 239 (-13.236) 10.744 -9.226 15.717 1.029 -1.826 FOOD (Early) -15.751 5.265 -0.398 0.478 -0.059 -0.336 0.137 1.340 741 239 -3.775 4.867 -4.835 3.314 -0.461 -3.819 TEXTL (Early) -41.455 9.571 -0.734 1.629 -0.257 0.221' 0,470 1.266 777 229 -9.105 8.139 -8.336 11.241 -2.048 -1.969 CLOTH (Middle) -11.527 2.979 -0.211 0.287 0.022 -0.090 0.470 0.372 765 218 -9.512 9.437 -8.747 6.730 0.587 -3.510 LETHR (Middle) -8.496 1.965 -0U55 0.324 0.002 0.023 0.394 0.310 733 205 -8.270 7.421 -7.647 8.938 0.064 -1.030 CHEM (Middle) -35.527 8.386 - .622 1.084 0.4a2 0.137 0.459 1.104 768 234 -9.305 8.581 -8.426 8.664 4.473 1.794 RUBER (Middle) -5.550 1.553 - .115 .045 0.128 .089 0.429 0.233 760 201 -5.588 6.222 -6.185 1.486 5.229 4.805 MINERL (Middle) 711.612 3.466 -0.252 0.229 -0.219 -0.099 0.449 0.487 741 239 -7.658 8.816 -8.428 4.369 -4.721 -3.104 WOOD (Late) -4.334 0.927 -0.038 0.134 0.026 -0.045 0.405 0.553 741 239 -2.520 2.079 -1.124 2.249 0.501 -1.249 PAPER (Late) -4.898 0.387 0.020 0.304 0.061 -0.140 0.352 793 231 -1.538 0.476 0.333 3.128 0.750 -2.451 PRINTG (Late) -0.289 -0.159 0.046 -OA31 0.236 -0.010 0.727 0.291 753 214 -0.297 -0.625 2.364- -0.960 8.315 -0.444 BSNET (Late) -15.547 2.806 -0.161 0.733 -0.431 -0.021 0.370 1.229 908 214 -3.024. 2.083 -1.601 5.136 -3.623 -0.214 METAL (Late) -40.818 5.224 -0.211 2.354 0.37.7 0.141 0.77. 1.758 753 235 -7.031 3.459 -1.852 12.254 1.933 1.026 MISC (Late) -9.302 2.538 -0.182 0.162 0.039 -0.042 0.294 0.450 713 220 -6.428 6.753 -6.395' 3.195 0.877 -1.190 Aggregate PRIMARY 177.941 -34.935 1.871 -1.115 -1.967 0.547 0.672 8.991 505 463 10.389 -7.528 5.123 -1.760 -3.308 1.475 INDUSTRY -109.652 22.203 -1.237 5.736 -1.451 9.277 0.715 6.120 505 463 -9.406 7.029 -4.976 13.295 -3.585 1.096 SERVICES 31.708 12.732 -0.634 -4.620 3.418 -0.824 0.381 7.908 505 463 2.105 3.119 -1.975 -8.288 6.536 -2.526 Y ranges from $67 to 4,524 in Disaggregate and $63 to 4,524 in Aggregate Sample. b/ Number of countries is 9 in Disaggregate and 32 in Aggregate Sample. -820 741 -.47898 004 -.3 Table 3 Estimated Normal Production Shares and Residuals for Tunisia 1963, 1968 and 1973 /a Mean /b 1963 1968 1973 1976 /c 1977-c Residual Norm Residual Norm Residual Norm Residual Norm Norm Residual Disaggregate TOTFG -8.42 15.45 -8.05 16.95 -6.82 20.47 -9.15 22.38 22.54 -11.01 FOOD -1.60 4.62 -1.18 4.70 -0.76 4.95 -2.56 4.96 4.89 -1.86 TEXTL -1.26 1.81 -1.42 2.04 -1.24 2.54 -1.36 2.68 2.69 CLOTH -0.51 0.82 -0.65 0.89 -0.47 1.08 -0.43 1.17 1.16 -1.51 LETHR -0.30 0.32 -0.28 0.37 -0.29 0.46 -0.33 0.49 0.50 CHEM -0.86 2.11 -1.05 2.39 -0.80 2.90 -0.80 3.30 3.35 -1.96 RUBER -0.23 0.33 -0.23 0.40 -0.28 0.51 0.53 MINERL -0.32 1.16 -0.43 1.20 -0.34 1.38 -0.61 1.41 1.41 -0.37 WOOD -0.57 0.74 -0.59 0.79 -0.58 0.95 -0.60 1.05 1.05 PAPER -0.30 0.35 -0.33 0.43 -0.27 0.64 -0.48 0.74 0.72 -2.15 PRINTG -0.31 0.46 -0.35 0.51 -0.32 0.62 -0.33 0.76 0.75 BSMET -0.10 0.25 -0.14 0.35 0.10 0.70 -0.22 0.79 0.84 - METAL -2.01 2.20 -1.14 2.70 -2.28 3.82 -2.75 4.60 4.72 _4.06 MISC -0.47 0.55 -0.45 0.61 -0.51 0.76 -0.49 0.83 0.83 Aggregate PRIMARY -0.61 29.09 -0.66 27.77 -1.84 23.63 5.40 20.98 21.00 INDUSTRY -4.71 20.56 -4.38 21.63 -4.40 24.62 -7.48 26.11 26.55 SERVICES 5.32 50.35 5.04 50.60 6.24 51.75 2.08 52.91 52.46 /a The data base relate to 1963-73 in the disaggregate, and to 1961-74 in the aggregate analysis. /b The residuals are defined as (actual minus norm)/GDP (%). /c Based on the following data for 1976 and 1977: Y N EP EM (1970US$) (000) (%GNP) (%GNP) 1976 439 5737 12.41 5.59 1977 447 5892 11.69 7.28 -4 - 64 - ANNEXE II TUNISIE INDUSTRIES METALLURGIQUES ET MECANIQUES - 65 - TUNISIE INDUSTRIES METALLURGIQUES ET MECANIQUES ANNEXE II TABLE DES MATIERES Pages I. Sidérurgie 66 Il. Fonderies 70 III. Charpentes métalliques et chaudronneries 76 IV. Matériel de transport 79 V. Industries mécaniques de transformation 86 VI. Ouvrages métalliques 92 VII. Construction et réparation navales 97 Contenu-type de chaque chapitre: A. Introduction, ou définition B. Capacité et production C. Gamme de produits, marchés, protection D. Matières et facteurs de production, compétitivité des cou^ts E. Perspectives de développement et recommandations - 66 - ANNEXE II Page 1 de 34 I. SIDERURGIE A. Avant-propos 1.01 Habituellement, la sidérurgie ne fait pas -partie des industries mé- caniques mais, comme ses produits sont un facteur de production important dans ce secteur, on ne peut éviter d'en parler. Les paragraphes suivants ne sont ni aussi détaillés, ni aussi approfondis que le reste de l'étude sectorielle mais donnent un aperçu de la sidérurgie tunisienne. B. Offre et demande globales de produits sidérurgiques 1.02 Les chiffres de production, d'importation, d'exportation, et de con- sommation de produits sidérurgiques sont donnés dans le tableau ci-dessous pour l'année 1978. Production, importations, exportations et consommation de prcduits sidérurgiques en 1978 (en milliers de tonnes par an) Produc- Impor- Expor- Consom- tion tations tations tion Produits non plats Acier en barres et ronds à béton 108 34 n.d. 142 Profilés-- 30 n.d. 30 Fils laminés 39 - n.d. 39 Total partiel 147 64 211 Produits plats Feuilles 9 n.d. 9 Tôles - 48 n.d. 48 Total partiel 57 57 Total des produits sidérurgiques 147 121 268 /l Non comprises 10.000 tonnes de charpentes métalliques assemblées. Source TUNISIE : Statistiques de l'aciérie d'El Foulehd et des importations. - 67 - ANNEXE II Page 2 de 34 1.03 D'après le tableau ci-dessus, la production locale d'acier ne satis- fait que 55 % de la demande intérieure et 70 % des besoins d'aciers non plats. La consommation d'acier porte surtout sur les aciers non plats qui sont utili- sés dans la construction, celle d'acier plats est encore peu importante car l'industrie tunisienne commence seulement à se développer. C. Produits sidérurgiques destinés aux industries mécaniques 1.04 A l'exception de l'acier en barres fabriqué localement, les produits sidérurgiques (aciers platd et profilés) utilisés par l'industrie mécanique sont importés. Chaque entreprise organise ses propres achats à l'étranger en fonction des licences d'importation et des contingents annuels. Un comité formé par les importateurs peut, sur demande, donner des conseils techniques sur les produits achetés à l'étranger. Des agents qui fournissent les petites entreprises sont également chargés d'importer des produits en acier. Comme les importations sont faites en petites quantités et que la demande n'est pas nor- malisée, la Tunisie achète à l'étranger des produits sidérurgiques dont les prix f.o.b. sont en moyenne supérieurs de 10 à 15 % aux cours mondiaux. Pour les mêmes raisons, les entreprises consommatrices font des stocks importants et coùteux qui correspondent à une demande de cinq à dix mois. Aux prix f.o.b. viennent s'ajouter 20 % environ de frais de transport, de manutention et de droits d'importation et, le cas échéant, 40 % de commission pour l'agent importateur. Afin de rationaliser les importations de produits sidérurgiques, Tunis Acier a entrepris un investissement de 5 millions de dinars portant sur des installations de coupage, de cisaillage, de refendage et d'enroulage qui répondront aux besoins spécifiques (taille, forme, etc.) du marché local. Tunis A#ier produira également des profilés à partir de plaques importées. Cet investissement, qui permettra de transformer 150.000 tonnes par an de produits sidérurgiques importés, devrait être approuvé à la mi-1979. La conception du projet est satisfaisante mais il est trop ambitieux par rapport aux besoins du marché intérieur (environ 70.000 tonnes). D. Installations de production en service; situation relative aux matières premières et compétitivité 1.05 L'aciérie El Foulehd située à Menzel Bourguiba, sur la baie de Bizerte, fabrique tout l'acier tunisien. Construite en 1965, elle opère se- lon le procédé classique (hauts fourneaux et fours Martins). Sa capacité est de 135.000 tonnes par an d'acier en fusion. Récemment, un four électrique d'une capacité de 30.000 tonnes par an, qui utilise la ferraille comme charge principale, a été installé. La capacité et la production actuelles des di- verses installations sont présentées sommairement dans le tableau ci-dessous : - 68 - ANNEXE II Page 3 de 34 Aciérie El Foulehd Capacité et production en 1978 (en milliers de tonnes par an) Utilisation de la Capacité Production capacité en % Haut fourneau 140 138 98 Four Martin 135 131 97 Four électrique 30 29 96 Laminoir à barres 100 108 108 Laminoir à fil de fer 70 39 55 Machines à tréfiler les fils métalliques 20 14 70 Atelier de fabrication 10 4 40 Source : El Foulehd. 1.06 L'aciérie El Foulehd produit surtout des ronds à béton pour la cons- truction mais aussi des fils laminés et des câbles qui ont diverses applica- tions. Elle comprend également un atelier de -fabrication de charpentes métal- liques (par. 3.02). A l'exception du laminoir à fil de fer, de la machine à tréfiler les fils métalliques et des ateliers de fabrication, les installa- tions principales atteignent quasiment la capacité susmentionnée. 1.07 Le fer provient des mines tunisiennes de Djerissa et de Sejnan si- tuées près de la frontière algérienne. Le minerai a une faible teneur (54 % de fer) et contient beaucoup de magnésium ce qui empêche d'utiliser la fonte brute pour alimenter les fonderies. Le prix du minerai local rendu usine est supérieur de 25 % environ au cours mondial actuel, en comptant les frais de transport, depuis la Mauritanie, par exemple. D'après le taux d'extraction actuel, les mines devraient être épuisées d'ici à dix ans. Le coke est im- porté au cours mondial en vigueur. La ferraille est achetée localement. 1.08 Par rapport aux normes internationales, l'aciérie El Foulehd est très petite et ne bénéficie donc pas des économies d'échelle particulières à la sidérurgie. Pour cette raison, et dans une moindre mesure à cause du prix élevé du minerai, l'aciérie connait des difficultés financières, malgré les mesures de protection dont elle bénéficie sur le marché intérieur. Avec le vieillissement des installations, les frais d'amortissement et les frais fi- nanciers ont moins de poids dans le coût de production, aussi les prix peuvent-ils être fixés à un niveau légèrement inférieur en termes réels. Actuellement, les prix départ usine sont supérieurs de 20 % environ aux cours mondiaux. - 69 - ANNEXE II Page 4 de 34 E. Perspectives et recommandations 1.09 La consommation interne de produits plats ne devrait pas atteindre prochainement un niveau justifiant un investissement dans la sidérurgie. Les laminoirs à chaud pour feuillards qui produisent des aciers plats ont actuel- lement une capacité de 1 million de tonnes par an; or, la consommation ac- tuelle de tôles fortes et minces et de bobines de fil n'excède pas 60.000 tonnes par an. Aussi, la priorité doit être donnée à l'importation d'aciers plats au meilleur prix. Toutefois, les importations sont réalisées de manière inefficace (par. 1.04) et il est recommandé d'envisager la possibilité pour les sociétés intéressées de réaliser des achats groupés. 1.10 Les autorités tunisiennes prévoient d'exécuter plusieurs projets pour produire des aciers non plats. Tout d'abord, la capacité de l'aciérie El Fouledh passera de 170.000 à 200.000 puis·220.000 tonnea par an de produits finis grâce à un réaménagement des installations en service et une extension de l'aciérie et du laminoir. Cette capacité supplémentaire sera consacrée à la production de ronds à béton (25.000 tonnes par an), de fils laminés (5.000 tonnes par an), et de fers carrés et de petites sections actuellement importés. Le coût du projet est estimé à 3,5 millions de dinars (8,8 millions de dol- lars) et son achèvement est prévu pour 1982. En deuxième lieu, on a procédé à une étude de préfaisabilité pour une nouvelle aciérie qui utiliserait le procédé de réduction directe, généralement employé dans des pays qui disposent d'énergie à bon marché. Le projet aurait une capacité de 400.000 tonnes par an et produirait principalement des ronds à béton. Il serait exécuté en deux étapes pour un coût estimé à 100 millions de dinars (250 millions de dollars). Le projet a été élaboré d'après les projections des débouchés, selon lesquel- les la consommation de ronds à béton augmenterait de 16 % par an et passerait de 170.000 tonnes en 1976 à 688.000 tonnes en 1986. En fait, la consommation est tombée à quelque 150.000 tonnes en 1978. Dans l'hypothèse d'un taux de croissance annuel de 9 % conformément aux projections établies pour l'indus- trie de la construction à laquelle elle est liée, la consommation de ronds à béton ne dépassera pas 275.000 tonnes en 1985 pour une capacité installée de 125.000 tonnes (y compris la capacité de 25.000 tonnes devant être aménagée en 1982). Même si les prévisions des débouchés étaient plus optimistes, il se- rait difficile de justifier un investissement dans une capacité de 400.000 ton- nes par an, taille pourtant raisonnable pour une usine de réduction directe fabriquant des aciers non plats. En raison de l'importance du financement requis et des difficultés relatives aux débouchés, le projet semble avoir été mis de côté au moins provisoirement. On envisage maintenant d'installer des fours électriques plus petits qui utiliseraient de la ferraille comme charge principale. Dans le monde entier, les aciéries électriques ont réalisé des bénéfices ces trois dernières années par suite du prix peu élevé de la fer- raille. Cependant, ces prix, très instables, augmentent rapidement. Comme la Tunisie devrait disposer à l'avenir de gaz à bon marché en provenance soit d'Algérie soit des gisements de Miskar, le procédé de réduction directe serait une technologie appropriée. Cependant, il faudrait tout d'abord que les dé- bouchés augmentent et de ce fait il faut peut-être attendre encore cinq ans avant de décider d'investir. - 70 - ANNEXE II Page 5 de 34 II. FONDERIES A. Introduction 2.01 Le sous-secteur des fonderies n'assure que 3 % de la production des industries mécaniques et électriques auxquelles il n'est pas très bien inté- gré sur le plan national et, comme il constitue la base du développement in- dustriel, il mérite qu'on lui accorde une attention spéciale afin de mieux l'assimiler aux industries locales. B. Production et utilisation de la capacité 2.02 Le sous-secteur des fonderies est dominé par deux entreprises pu- bliques : la Société de fonderies et de mécanique (SOFOMECA) et les Fonderies réunies, toutes deux situées à Tunis. Elles représentent 90 % environ de la capacité et de la production nationales. En dehors de ces deux fonderies, on trouve quelques petits complexes, dont l'un est associé aux installations de réparations de bateaux de la Société tunisienne de constructions et de répa- rations mécaniques et navales (SOCOMENA), située à Menzel-Bourguiba, à quelque 60 km au nord de Tunis. Les trois fonderies susmentionnées ont un caractère industriel tandis que les autres sont plutôt artisanales. Les fonderies emploient au total, d'après les estimations, 1.000 personnes envi- ron. La capacité et la production de ces fonderies sont présentées ci-après TUNISIE Capacité et production de pièces de fonderie (en tonnes par an) Capacité Production en 1978 Métaux Métaux ncin non Fer Acier ferreux Fer Acier ferreux SOFOMECA 3.500 2.000 - 2.800 1.000 - FONDERIES REUNIES 4.000 - 300 2.300 200 SOCOMENA 1.000 - - 500 - Divers/l 500 - - 500 - Total 9.000 2.000 300 6.100 1.000 200 /1 Chiffre estimatif. Source : Estimations de la mission et rapports annuels des forderies. - 71 - ANNEXE II Page 6 de 34 2.03 Depuis 1973, la production de pièces de fonderie approche les 6.000 tonnes par an dont 75 % se composent de fonte de fer et le reste de fonte d'acier. La stagnation de la production et l'utilisation à 65 % seule- ment de la capacité sont dues à plusieurs facteurs : i) le faible degré d'in- tégration du sous-secteur des fonderies à la croissance industrielle globale, ii) la capacité limitée de l'industrie automobile et de fabrication des ma- chines et d'engins de chantier, iii) la forte compétitivité en matière de coût et le déclin des marchés d'exportation, iv) le manque d'adaptation des fonderies tunisiennes aux nouvelles techniques de fabrication, v) les difficultés à produire des pièces de meilleure qualité, vi) l'impossibilité de cesser d'importer des pièces de fonderie par suite de la demande de pro- duits de qualité et des comparaisons de prix, et vii) les problèmes de commercialisation. C. Gamme de produits, débouchés et mesures de protection 2.04 Les fonderies tunisiennes produisent en petites séries des pièces simples et de qualité médiocre en fer, acier et métaux non ferreux (en cuivre surtout) qui ont un grand nombre d'utilisations. Ces pièces subissent un traitement ultérieur ou sont utilisées comme produits semi-finis. Les prin- cipales industries consommatrices sont : i) la construction qui, avec d.as élé- ments tels que les boitiers de compteurs d'eau, les robinets, les accessoires, les valves, les baignoires, les chasses d'eau, les couvertures de trous d'hommes, les grilles de rues, les radiateurs, etc. destinés aux réseaux de tout-à-l'égout et de distribution d'eau et au sanitaire,représente 50 % de la production totale; ii) les mines et cimenteries (13 % de la production totale) pour la fabrication de boulets broyants, de concasseurs, de revêtements et de boulons; iii) les usines de fabrication de matériel ferroviaire (17 % de la production totale) pour les sabots de frein, attelages, attaches et barres de tension; iv) les industries mécaniques et électriques telles que moteurs die- sel,automobile, équipements agricoles avec des pièces détachées (tambours de frein, supports, volants, carters, pompes, contre-poids, disques, moteurs). Ces dernières industries représentent environ 20 % de la production totale. 2.05 Les pièces de fonderie sont vendues en grande partie sur le marché intérieur. Dans le cadre d'un accord de sous-traitance, la SOFOMECA a fourni des pièces à Berliet (France). De plus, elle a également réussi à exporter en Algérie, en Libye et au Maroc. De 1973 à 1976, 1.000 à 1.500 tonnes envi- ron de fonte de fer et d'acier ont été exportés chaque année dans ces pays mais ces ventes ont diminué à cause de l'augmentation de la concurrence des prix, des normes techniques et des problèmes de qualité et de transport. De 1972 à 1976, les exportations de la SOFOMECA ont atteint 50 à 60 % de sa pro- duction de pièces d'acier, puis elles sont tombées à 10 % car la demande s'est modifiée. La fonte sphéroidale a remplacé la fonte d'acier et SOFOMECA n'a peut-être pas pu s'adapter à cette technologie. - 72 - ANNEXE II Page 7 de 34 2.06 En dehors de la production des trois fonderies, la Tunisie importe de 8.000 à 10.000 tonnes de pièces de fonderie par an (à l'exclusion des tuyaux), qui peuvent être classées en deux groupes. Il y a tout d'abord des pièces qui sont utilisées comme pièces détachées dans différentes industries; elles continueront à être importées et il n'est pas rentable de les produire en Tunisie, car les délais de livraison sont trop longs par suite du procédé de préparation technique employé, les prix locaux trop élevés faute d'une de- mande suffisante, et les besoins des industries consommatrices irréguliers, leur matériel ne bénéficiant pas d'un entretien préventif systématique. Il y a également des pièces qui sont utilisées comme matières premières ou pro- duits semi-finis. Les importations de pièces de fonderie sont destinées pour 40 % au secteur de la construction, pour 10 % aux mines, aux chemins de fer et aux cimenteries; pour 20 % aux industries électriqueset mécaniqueset pour 30 % à la fabrication de pièces détachées et d'éléments divers. 2.07 Les secteurs utilisant des pièces importées et des pièces fabriquées en Tunisie sont : le secteur de la construction (40 %); les mines, cimenteries et chemins de fer (15 %); les industries électriqueset mécaniques(20 %) et les pièces détachées et divers (25 %). Cette répartition prouve que pour permettre aux fonderies tunisiennes de mieux s'intégrer et de se développer il faudrait que les industries électriqueset mécaniquesprennent un essor prodigieux. Si les techniques de production de pièces de fonderie s'amélioraient, si les fon- deries bénéficiaient d'une assistance technique et si les importateurs es- sayaient de se procurer des pièces sur place, la production locale pourrait remplacer 50 à 60 % des importations. La mission a pu constater que rien n'était fait en ce sens, car à l'époque où elle se trouvait en Tunisie, la fonderie d'acier de SOFOMECA n'avait pas de commandes et avait arrêté ses opérations. 2.08 Le sous-secteur de la fonderie ne fait pas l'objet de mesures de protection ce qui peut expliquer le manque d'initiative des importateurs et l'hésitation des fournisseurs à homologuer les pièces de fonderie. Les impor- tations ne sont soumises à aucun contrôle et à aucune réglementation. Les droits et taxes d'importation de 15 % sont pratiquement égaux aux impôts le- vés sur la production locale. De plus, les pièces importées en tant que biens d'équipement sont frappées d'un droit nominal de 3 %. Bien que les fabri- cants locaux soient également exonérés de droits dans des circonstances simi- laires, ils doivent cependant payer des droits et taxes sur l'importation des matières premières, qui se montent à 9 % environ de la valeur des pièces. Les fournisseurs étrangers sont donc avantagés, ce qui décourage la production lo- cale. Pour expliquer leurs achats, les importateurs font état de la meilleure qualité et des prix plus intéressants des produits étrangers. Cependant, l'ex- périence montre que si les importateurs tels que la Société tunisienne des mo- teurs (SOTUMO), fabricant de moteurs diesel de faible puissance, font montre d'initiative et d'esprit d'entreprise, les importations peuvent être rempla- cées par la production locale. - 73 - ANNEXE II Page 8 de 34 Facteurs de production, compétitivité des coûts 2.09 Les principales matières premières sont la ferraille, la fonte brute, le coke et le sable, qui représentent 30 à 50 % de la valeur de la production. La Tunisie n'a pas assez de ferraille de fer et importe environ la moitié de ses besoins. La ferraille d'acier était auparavant -achetée sur place, mais elle devra être importée lorsqu'El Foulehd aura été agrandie. Le prix de la ferraille de fer et d'acier est pratiquement la moitié du cours mondial car les prix sont contrôlés. La fonte brute locale n'assure que 10 % environ de la consommation à cause des produits chimiques qu'elle contient. Son prix est également inférieur au cours mondial. Le reste de la demande est satisfait au moyen d'importations. Ces matières premières donnent un léger avantage aux fonderies tunisiennes par rapport à leurs homologues européens en ce qui con- cerne les coûts de production. La qualité du sable tunisien est très infé- rieure aussi, le poli et la qualité des pièces de fonderie sont médiocres. Afin d'obtenir de meilleurs résultats, il faut de toute urgence rechercher de meilleures sablières. Selon la SOFOMECA et les Fonderies réunies, des efforts sont faits dans ce sens mais une assistance technique semble nécessaire. 2.10 Le coût moyen de la main-d'oeuvre Y compris les charges sociales, qui représente 25 à 40 % de la valeur de la production, n'atteint que 30 % de celui des fonderies européennes. Avec un facteur main-d'oeuvre aussi bon mar- ché, les fonderies tunisiennes devraient être plus compétitives mais elles perdent cet avantage car elles ne sont pas gérées efficacement sur le plan technique (vétusté du matériel, insuffisance de la production et des flux de matériaux, et utilisation de différents procédés de production) ce qui se traduit par une faible productivité. Les principales fonderies produisent actuellement 60 à 75 tonnes de pièces par ouvrier, ce qui représente un tiers des normes européennes. Dans chaque entreprise, les fondeurs sont formés "sur le tas" et il semble difficile à cette industrie d'acquérir de nouvelles techniques; aussi est-il recommandé, gràce à un soutien institutionnel, d'adapter les technologies les plus modernes aux fonderies tunisiennes. 2.11 Les pièces moulées fabriquées en Tunisie sont de qualité médiocre mais les pièces produites selon le procédé classique conviennent au secteur de la construction. Le prix de ces pièces, q i représentent 50 % environ de la productiî tunisienne, semble compétitif.A Le prix des pièces de meil- leure qualité est jusqu'à 20 % plus élevé que celui des produits européens.l/ 1/ Pièces traditionnelles de qualité courante : 600 à 800 dollars la tonne contre 550 à 700 dollars la tonne f.o.b. Europe. Pièces de meilleure qualité : 850 à 1.250 dollars la tonne contre 700 à 950 dollars la tonne f.o.b. Europe. - 74 - ANNEXE II Page 9 de 34 Si de nouveaux investissements sont réalisés pour moderniser les usines, si le sable, la gestion et les techniques de production sont améliorés, si les fonderies bénéficient d'une assistance et d'une coopération techniques et en- fin si la capacité de la main-d'oeuvre est mieux utilisée, la productivité pourrait certainement augmenter, ce qui se traduirait par l'obtention de pro- duits compétitifs, de meilleure qualité. E. Perspectives et recommandations 2.12 Le sous-secteur des fonderies étant un maillon essentiel en amont des industries manufacturières et des industries de montage, son développement dépend en grande partie de la croissance globale des industries mécaniques et électriques. On estime que la production locale de pièces de fonderie devrait passer à environ 21.000 tonnes par an à partir de 1982. Pour projeter la de- mande, on s'est basé sur les prévisions suivantes : tout d'abord, en fonction de l'expérience passée, la production de pièces traditionnelles destinées à la construction et au génie civil devrait augmenter de 8 % par an. Deuxièmement, les chemins de fer n'ont actuellement besoin que de sabots de frein et d'attelages, mais un projet de production en Tunisie de 200 wagons par an devrait faire augmenter la demande de fonte d'acier et de fer. La SOFOMECA a déjà passé commande de la machine destinée à fabriquer les pièces détachées et la production devrait commencer en mai 1979. Troisièmement, le développement des débouchés pour les pièces de fonderie dans l'industrie auto- mobile est lié à l'exécution d'un projet de fabrication de moteurs diesel et de tracteurs qui devrait absorber quelque 4.000 tonnes de pièces par an. En- fin, la moitié environ des importations devrait etre remplacée par la produc- tion locale. 2.13 La production projetée (21.000 tonnes en 1982) justifie l'expansion des installations existantes, qui sont indéniablement très petites par rapport aux normes internationales. Cette expansion permettrait en particulier de réaliser des économies d'échelle. En ce qui concerne la politique de dévelop- pement du sous-secteur des fonderies, les autorités tunisiennes ont prévu que les FONDERIES REUNIES produiraient les pièces de fonderie automobiles, y compris celles destinées au complexe mécanique qui fabriquera des moteurs diesel et des tracteurs, et transféraient leurs productions actuelles à la SOFOMECA. Afin de porter la capacité de chaque fonderie à une taille écono- mique, il est recommandé que soit entreprise une étude technico-économique aux fins d'évaluer: (i) la demande en pièces de fonderie de diverses catégories (y compris fonte GS) dans les industries consommatrices; (ii) les possibilités de substitution efficace sur les importations actuelles de pièces de fonderie; (iii) les possibilités d'exportation vers la CEE et les pays voisins; (iv) les installations de la SOFOMECA et le programme d'investissement requis pour sa modernisation et sa réadaptation à ses nouvelles fabrications; (v) le planning de transfert des productions et de réalisation des expansions dans chaque fonderie; et (vi) des mesures concrètes pour la protection et l'encoura- gement de ce secteur. - 75 - ANNEXE II Page 10 de 34 2.14 Parallèlement à la modernisation des fonderies, il est primordial d'envisager une assistance technique pour améliorer les méthodes d'exploita- tion et de production, pour identifier des carrières contenant un sable de meilleure qualité et enfin pour former la main-d'oeuvre dans les fonderies européennes. Pour développer les exportations, il est recommandé de renfor- cer ou d'étendre les contrats de sous-traitance avec les fonderies européennes et les sociétés commerciales et d'obtenir une aide d'un organisme public comme le CEPEX. Lorsque les investissements auront été réalisés, les activités et techniques de production améliorées, et qu'une assistance technique aura été accordée, la Tunisie aura certainement un coût de production inférieur de 10 à 15 % à celui des pays européens. - 76 - ANNEXE II Page 11 de 34 III. CHARPENTES METALLIQUES ET CHAUDRONNERIES A. Capacité et production globales 3.01 Les charpentes métalliques et la chaudronnerie sont un important sous-secteur des industries mécaniques, métallurgiques et électriques (IMME). Elles représentent environ 7,5 % de la valeur ajoutée par les IMME. Ces der- nières années, ce sous-secteur a été très actif et selon l'API, sur 500 proj- ets approuvés pour les IMME, 200 (40 %) étaient consacrés à la construction métallique et à chaudronnerie. Cependant, faute d'une étude globale sur les aspects majeurs de ce sous-secteur, les nouveaux investissements ne semblent pas avoir été prévus en vue de maximiser l'utilisation de la capacité. Aussi, les installations de production fonctionnent-elles bien en dessous de leur ca- pacité. Selon des estimations approximatives établies d'après les entretiens qui ont eu lieu lors des visites sur le terrain, le sous-secteur aurait une capacité de 50.000 tonnes par an et une production n'excédant pas 30.000 ton- nes par an. 3.02 Un grand nombre de petites entreprises assurent cette production, mais trois sociétés de taille moyenne, la SGI et la SAMMI à Tunis et El Fouledh à Menzel Bourguiba, dominent ce sous-secteur, avec plus de 50 % de la produc- tion totale. Une autre entreprise moyenne, les Ateliers mécaniques de Gabès, devraient entrer en production à la fin de 1979 pour approvisionner le sud de la Tunisie et en particulier la zone industrielle de Gabès. Les quatre so- ciétés ont été visitées et ces visites ont permis de formuler les conclusions et recommandations qui figurent dans la présente section. B. Gammes de produits, marchés et mesures de protection 3.03 Les principaux produits fabriqués dans ce sous-secteur comprennent : des charpentes métalliques pour les constructions industrielles, des tours d'électrification pour les compagnies d'électricité, des conteneurs et des cuves pour les industries du gaz, du pétrole et de la chimie, et du matériel (meules, tuyauterie, etc.) pour le secteur de la construction. Toutes les épaisseurs d'acier et de tôle sont produites à concurrence de 40 mm. Les aciers et les tôles les plus épais proviennent des sociétés les plus inpor- tantes (SGI, SAMMI), et les plus minces sont fabriquées par les petites entreprises. 3.04 Les charpentes métalliques et la chaudrornerie sont axées sur le marché intérieur, mais le quart de la demande est satisfait au moyen des im- portations, qui se montent à 10.000 tonnes environ par an (5 millions de di- nars ou 12,5 millions de dollars). Les importations comprennent des éléments qui ne sont pas fabriqués en Tunisie (chaudières, cuves à haute pression, grues et fourneaux, etc.) mais aussi des produits qui concurrencent l'indus- trie locale. En théorie, celle-ci est bien protégée, les importations étant taxées à 35 % en comparaison des 15 % frappant des produits tunisiens. En - 77 - ANNEXE II Page 12 de 34 fait, pour tous les investissements autorisés, les biens d'équipement néces- saires à la majeure partie de la production du sous-secteur peuvent être im- portés sans restriction et sont exonérés des droits et taxes, à l'exception des 3 % de droit de dédouanement. Dans la même situation, les producteurs locaux sont également exonérés de la taxe à la production mais ils payent tout de même des droits et taxes sur leurs intrants qui,' d'après les estimations, représentent 8 % de la valeur de la production, alors que les droits de dé- douanement des biens importés n'excèdent pas 3 %. Les fournisseurs étrangers sont donc favorisés, ce qui ne les incite pas à sous-traiter localement. 3.05 Faute d'une étude de marché, les projections de la demande locale ne peuvent être qu'approximatives. On a supposé dans le présent rapport que la croissance du marché local d'acier et de tôle suivrait celle des investisse- ments industriels (5 % environ par an). Sur cette base, la demande passera de 40.000 tonnes par an en 1978 à 55.000 tonnes par an en 1985. Etant donné le volume généralement imposant des charpentes métalliques et des produits chau- dronnés, et le faible niveau de technologie qui caractérise les entreprises tunisiennes, les perspectives d'exportations sont limitées. Cependant, après que les fournisseurs étrangers et tunisiens aient acquis une certaine expé- rience sur le marché local, il serait peut-être avantageux d'étendre cette coopération aux marchés voisins d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient, où les investissements industriels devraient se maintenir à des niveaux élevés. De plus, il serait intéressant d'étudier la possibilité d'exporter certaines lignes particulières de produits (portes ou encadrements de fenêtres en alumi- nium) dont le facteur main-d'oeuvre est important et la valeur finale élevée. C. Facteurs de production, compétitivité et situation financière des entreprises 3.06 Les matières premières et la main-d'oeuvre, qui sont les deux prin- cipaux facteurs de production entrant dans la chaudronnerie et les charpentes métalliques, représentent respectivement de 30 à 35 % et de 25 à 35 % de la valeur de la production. Quant aux coùts du capital, bénéfices compris, leur part ne dépasse pas 15 à 20 %. A l'exception d'El Foulehd, qui utilise sous licence danoise ses propres barres rondes pour la fabrication des charpentes, les produits sidérurgiques, principaux intrants, sont importés. Chaque entre- prise se charge de ses propres achats. Dans la mesure où ceux-ci portent sur de petites quantités et où la demande n'est pas standardisée, le prix des feuilles et des tôles d'acier est de 10 à 15 % supérieur au prix mondialf.o.b. et les entreprises constituent des stocks importants et couteux, équivalant à leur consommation de huit à dix mois. La main-d'oeuvre semble être moitié moins productive (heures de travail par unité de production) que dans les pays industrialisés, mais ce phénomène est plus que compensé par la faiblesse des salaires et des charges sociales (environ un tiers du coût de la main-d'oeuvre européenne). Le matériel est moderne et bien entretenu; cependant, certaines entreprises emploient une technologie trop capitalistique, ce qui entraîne une sous-utilisation importante de l'équipement. - 78 - ANNEXE II Page 13 de 34 3.07 En règle générale, le sous-secteur semble très compétitif, avec des produits de bonne qualité. Les prix à la production, à l'exclusion des taxes, se situent dans une marge de 5 % en-dessous ou en-dessus des prix européens f.o.b..!/ Ces prix font que les sociétés importantes et bien établies ont une position financière solide, tandis que les petites ou nouvelles entrepri- ses sont en difficulté, car leur capacité est largement sous utilisée en rai- son des contraintes du marché. En principe, ce sous-secteur a les bases né- cessaires pour être rentable. Tout d'abord, les charpentes métalliques et la chaudronnerie permettent, de par leur nature, des opérations de petite et moyenne envergures, qui conviennent tout particulièrement à la taille du marché tunisien. En second lieu, ces activités nécessitent une nombreuse main-d'oeuvre, domaine où la Tunisie est compétitive. En troisième lieu, l'industrie locale n'est pas protégée de la concurrence étrangère. Au con- traire, dans de nombreux cas, les fournisseurs étrangers sont avantagés (par. 3.04). Avec une bonne planification des investissements, les char- pentes métalliques et la chaudronnerie devraient contribuer de manière posi- tive au développement industriel. D. Perspectives et recommandations 3.08 Comme on l'a vu et d'après des hypothèses approximatives, les débouchés intérieurs pour les charpentes métalliques et le chaudronnerie courantes devraient absorber 55.000 tonnes en 1985 y compris 14.000 tonnes de produits actuellement importés. Or, la capacité de production est évaluée à 50.000 tonnes par an, sans compter les 6.000 tonnes par an des Ateliers mécaniques de Gabès, qui entre- ront en opération à la fin de 1979. Il faut donc, dans les cinq prochaines années, donner la priorité à l'exploitation rationnelle de la capacité existante. Aussi, est-il recommandé d'entreprendre une étude globale du sous-secteur por- tant sur les installations de production en service, les besoins présents et futurs du marché intérieur, les importations, les perspectives d'exportation de produits particuliers et la politique fiscale lorsqu'elle s'applique à ce sous-secteur. L'étude devrait viser à : i) identifier des gammes de produits (chaudières, grues, fourneaux) qui pourraient être fabriquées en Tunisie au prix d'investissements supplémentaires minimes (5 millions de dinars ou 12,5 millions de dollars); ii) identifier des produits spécifiques (par exem- ple des portes et encadrement de fenetres en aluminium) que la Tunisie serait bien placée pour exporter; iii) rationaliser les installations et les produc- tions, le cas échéant; et iv) revoir le système d'incitations afin d'encoura- ger les fournisseurs étrangers à sous-traiter aux sociétés tunisiennes pour le marché local et si possible, à long terme, pour les marchés des pays voisins. 1/ Charpentes métalliques : 850-1.100 dollars/t pour 800-1.100 dollars/t f.o.b. Europe. Chaudronnerie : 990-1.700 dollars/t pour 950-1.500 dol- lars/t f.o.b. Europe. - 79 - ANNEXE II Page 14 de 34 IV. MATERIEL DE TRANSPORT A. Introduction 4.01 Le sous-secteur du matériel de transport comprend deux industries principales : automobile et industriesannexes,et les chantiers navals. Le reste du matériel de transport, tels que les locomotives, les wagons de voya- geurs et de marchandises, sont pratiquement tous importés. Les chantiers na- vals sont étudiés séparément dans le Chapitre VII. L'industrie automobile et les industries annexes tiennent une place importante dans les industries méca- niqueset électriques,car depuis six ans, quelque 70 projets our lesquels l'investissement total tourne autour de 50 millions de dollai;s et qui ont per- mis de créer environ 2.000 emplois, ont été approuvés. Près de la moitié d'entre eux sont en opération ou vont l'etre prochainement. Ce sous-secteur représente environ 21 % de la production totale des industries mécaniques et électriquesmais dans la mesure où il constitue essentiellement une activité de montage, il n'emploie que 15 % de la main-d'oeuvre du secteur. B. Production et capacité 4.02 L'industrie automobile est représentée en particulier par la Société tunisienne d'industrie automobile (STIA), entreprise publique de montage de véhicules, située à Sousse à 120 km au sud de Tunis, qui emploie 1.450 person- nes environ. Une entreprise privée, la Société industrielle de carrosserie automobile et matériel élévateur (SICAME) qui produit du matériel de transport destiné à la construction, à l'industrie et à l'agriculture, domine les indus- tries annexes. La SICAME est située à Tunis et emploie quelque 200 personnes. A ces deux principales sociétés vient s'ajouter un grand nombre de firmes de moindre importance qui fabriquent des accessoires automobiles. La mission a tiré ses conclusions des visites qu'elle a effectuées à la STIA et à la SICAME. 4.03 La STIA monte des camions, des autobus et des automobiles à partir d'ensembles CKD et SKD. Depuis sa création en 1952, elle a étendu et diver- sifié ses opérations. La production et la capacité actuelles sont les suivantes TUNISIE : Industrie automobile en 1978 (nombre d'unités) Capacité Production Autobus 400 200 Automobiles 4.000 2.900 Camionnettes 6.000 3.500 Camions 800 700 11.200 7.300 Source STIA. - 80 - ANNEXE II Page 15 de 34 Bien que, depuis 1973, le taux de croissance de la production soit très élevé (plus de 25 % par an), l'usine n'est pas utilisée à pleine capacité parce que, d'une part, l'organisation de la production et la gestion sont médiocres et inefficaces et, d'autre part, les autorités mènent une politique restrictive à l'égard des importations d'autcmobiles associée à des mesures de protection strictes (droits et taxes d'importation). 4.04 Les industries annexes produisent ou équipent les matériels sui- vants: camions à benne basculante pour les travaux de construction, camion, citernes, camions d'enlèvement des ordures pour les services publics, remorques pour l'agriculture et plate-formes métalliques à usages divers. La capacité de production et la fabrication de ces matériels sont les suivantes: TUNISIE : Autre matériel de transport (nombre d'unités) Capacité Production en 1978 Camions à benne basculante et camions citernes 600/l 425 Remorques agricoles 2.500 2.000 /1 Chiffre estimatif. La SICAME équipe 70 % des camions à benne basculante et des camions citernes tunisiens. Sept autres compagnies produisent chacune 200 à 500 plate-formes et remorques agricoles par an. 4.05 On peut attribuer la croissance de la production des accessoires au- tomobiles tout d'abord à l'augmentation de la demande de pièces détachées pour le parc automobile en circulation, (environ 200.000 unités) et en deuxième lieu à l'accroissement de la production de nouveaux véhicules à la STIA. On peut classer les dix sociétés fabriquant des accessoires et pièces automobiles selon quatre catégories de produits : i) les produits en caoutchouc; ii) les éléments électromécaniques; iii) les éléments de garniture; et iv) les pièces de fonderie et mécaniques. Les huit dernières années, la production totale des principales firmes d'accessoires automobiles a augmenté de plus de 15 % par an alors que les industries électriques et mécaniques n'enregistraient qu'un accroissement de 10 %. Pourtant, la consommation d'accessoires automo- biles de la STIA ne représente que 20 % de la production totale. La capacité de production et la production effective de certains accessoires automobiles importants sont présentées ci-après - 81 - ANNEXE II Page 16 de 34 TUNISIE Industrie des accessoires automobiles Capacité Production en 1978 Batteries (nombre) 220.000 155.000 Bougies/allumage (nombre) 220.000 60.000 Pneus (nombre) 220.000 180.000 Lampes/éclairage (nombre d'éléments) 60.000 42.000 Garnitures de freins (en tonnes) 300 100 Source : API. C. Gamme de produits, débouchés et mesures de protection 4.06 En vertu d'un accord passé avec les différents constructeurs euro- péens d'automobiles, français en particulier, le programme de montage de la STIA comprend : i) quatre modèles d'automobiles de 3 à 9 CV venant de trois constructeurs différents, Citroën ayant une part de 85 %; ii) trois modèles de camionnettes et de breaks, de 3 à 8 CV de trois constructeurs, Peugeot ayant environ 80 % du marché iii) neuf modèles de camions de 76 à 260 CV venant de trois fournisseurs; et iv) cinq modèles différents d'autobus de 152 à 190 CV. Parmi les différents modèles de véhicules, les voitures Citroën et les camion- nettes Peugeot représentent respectivement 20 et 50 % de la production totale de la STIA. La multiplicité des modèles fait ressortir le manque de standar- disation qui découle de l'absence de politique en matière d'industrie automo- bile lors des premières années. Aussi, de nouvelles techniques n'ont pu être adaptées, les coâts de production sont plus élevés, les dépenses d'investisse- ments sont plus importantes, l'intégration locale est plus difficile et enfin, surtout, le service après vente pose des problèmes considérables. Les droits et taxes frappant les voitures importées sont supérieurs de 100 % environ à ceux qui sont appliqués aux véhicules fabriqués en Tunisie. Ces mesures de protection ont largement contribué à rendre les upérations inefficaces. 4.07 La production de véhicules automobiles, entièrement destinée au mar- ché intérieur, couvre environ 60 % de la demande de camions et de camionnettes, 35 % de la demande de voitures et 55 % de la demande d'autobus. Exporter vers les pays voisins permettrait certainement d'accroltre le rendement des usines, mais cette possibilité semble très limitée car le Maroc, l'Algérie et la Libye ont leurs propres usines de montage. 4.08 Les camions montés par la STIA sont utilisés comme engins de traction par la SICAME et sont équipés de divers accessoires spéciaux tels que : différentes bennes d'une capacité pouvant atteindre jusqu'à 14 m3, des citernes d'une contenance allant jusqu'à 35.000 litres pour le transport des liquides et des produits en poudre, et des conteneurs à ordures de toutes - 82 - ANNEXE II Page 17 de 34 tailles. Comme pour les camions, la gamme diversifiée des produits doit éga- lement être standardisée, ainsi que les différentes sortes de remorques et de plate-formes. Ces engins sont destinés uniquement au marché intérieur, où ils bénéficient de très bonnes mesures de protection contre les importations. La production intérieure de camions à benne basculante et de camions citernes ré- pond à 85 % de la demande locale et celle de remorques et de plate-formes sa- tisfait entièrement le marché intérieur. 4.09 En revanche, l'industrie automobile locale ne pourvoit qu'à 20 % de la consommation intérieure totale d'accessoires pour les nouveaux véhicules et pour l'entretien du parc automobile, et le reste doit être importé. Il est difficile d'augmenter la production locale vu la grande diversification des produits et les différents problèmes techniques. Les fabricants n'ont fait jusqu'à présent que répondre à la demande intérieure de pièces détachées sur- tout, et accessoirement de pièces pour l'usine de la STIA, mais il serait peut- être possible d'exporter dans le cadre d'accords de sous-traitance passés avec les bailleurs de licence. D. Facteurs de production et compétitivité des coûts 4.10 Les principaux facteurs de production dans l'industrie automobile sont les ensembles importés SKD et CKD, les accessoires, les tôles d'acier et d'aluminium et les profilés fabriqués en Tunisie et à l'étranger, et la main- d'oeuvre, Dans le cas des véhicules automobiles, le pourcentage des pièces importées diminue constamment depuis quelques années et atteint actuellement 50 % environ de la valeur de la production. Les ensembles SKD et CKD, sont achetés par séries de 100 véhicules; les modifications apportées aux modèles et les changements de fournisseur d'une série à l'autre n'encouragent guère les Tunisiens à adapter les techniques pour développer la production locale, à rationaliser les activités, à réduire les coûts ni à améliorer l'organisation de la production. C'est actuelledment le problème fondamental de l'industrie automobile tunisienne et il est fortement recommandé de rechercher une politi- que à long terme relative à la gamme des produits, à la croissance du sous- secteur, à l'intégration locale et à l'adaptation des techniques. Les fac- teurs de production locaux (pneus, batteries, garnitures, etc.) n'entrent que pour 8 à 9 % dans la valeur de la production. D'autres éléments tels que les tôles d'acier et d'aluminium et les profilés sont entièrement importés. Les matériaux représentent environ 75 % de la valeur de la production dans l'in- dustrie automobile et 55 % dans les industries annexes, 4.11 La main-d'oeuvre représente une part importante de la valeur ajoutée, mais 8 à 10 % seulement de la valeur de la production dans l'ensemble du sous- secteur. Les usines sont dotées de matériel moderne, mais la productivité dé- pend d'une part des qualifications de la main-d'oeuvre, et d'autre part de l'organisation de la production et de la compétence des cadres. Aussi à cause d'une organisation médiocre de la production et d'une gestion inefficace, les capacités techniques de la STIA ne semblent pas exploitées au maximum, ce qui se traduit par une faible productivité, de la main d'oeuvre comparativement aux lignes de montage européennes similaires. La productivité de la main d1oeuvre - 83 - ANNEXE II Page 18 de 34 est inférieure d'environ 50%, com=e l'illustre le montant élevé d'unités horaires par véhicule: plus de 100 heures par voiture ou camionnette; 250 heures par camion; et 2.500 heures par autobus monté à la STIA. Il est recommandé de donner aux chefs de production et aux chefs d'ateliers la possibilité d'acquérir la formation et l'expérience nécessaires dans les domaines da la technique et de l'organisation de la production. 12 es différents facteurs analysés ci-dessus permettent de conclure qui le coût de la production, impôts non compris, est supérieur de 50 % aux prix européens. Des mesures de protection très strictes (droits et taxes de 50 à 160 % sur les importations de produits finis) donne un avantage certain à l'industrie tunisienne pour commercialiser ses produits et rentabiliser ses usines.l/ E. Perspectivas et recommandations 4.13 D'après l'expérience passée et vu l'absence de stratégie prévision- nelle pour l'industrie automobile, l'Agence de promotion des investissements (API) a réalisé une étude sur le parc automobile, la situation présente et les projections de la demande dans le secteur automobile. Il ressort des entre- tiens de la mission que la demande de véhicules est estimée comme suit TUNISIE : Demande projetée de véhicules en 1985 (nombre d'unités) Autobus 500 Berlines breaks, camionnettes 17,500 Camions 2,500 20,500 Pour répondre à la demande future, la STIA construit une nouvelle usine d'une superficie de 260.000 m2, à 3 km environ de son usine actuelle. L'investissement devrait atteindre les alentours de 40 millions de dollars. La nouvelle usine entrera en service en deux étapes : en 1981, une surface couverte d'environ 26.000 m2 devrait produire 15.000 véhicules par an et, en 1983, une nouvelle surface couverte de 10.000 hi2 devrait sortir 5.000 véhi- Ltjles de plus par an. Les installations actuelles seront utilisées pour mon- ter des autobus*et des camions. La gamme de produits qui devrait être fabri- quée n'a pas encore été clairement définie, bien que les travaux de construction de la nouvelle usine aient déjà commencé. En deuxième lieu, le taux d'intégra- tion interne devrait rester le même dans la nouvelle usine, bien qu'une société 1/ Voiture type : 12.500 dollars contre 6.000 dollars f.o.b. Europe. Camion à benne basculante de 1,2 tonne : 3.700 dollars contre 2.500 dol- lars f.o.b. Europe. de 5 tonnes : 16.000 dollars contre 10.000 dollars f.o.b. Europe. - 84 - ANNEXE II Page 19 de 34 de sous-traitance puisse produire certains éléments (sièges-produits plastifiés) ce qui favoriserait les liaisons intrasectorielles. La mission a insisté sur le fait qu'il était essentiel, avant de prendre toute autre mesure, d'élaborer une politique tenant compte des éléments suivants : la standardisation et la rationalisation de la gamme de produits, leur homologation, l'adaptation des techniques, le taux d'intégration au niveau de l'usine et sur le plan national, la possibilité d'exporter des pièces détachées pour compenser les importations d'ensembles SKD et CKD. En effet, ces éléments constituent la base de toute industrie automobile. 4.14 L'augmentation de la demande d'automobiles stimulera vraisemblable- ment la demande d'accessoires. D'après les prévisions susmentionnées, la pro- jection de la demande de certains éléments déjà fabriqués en Tunisie est la suivante : TUNISIE : Projection de la demande d'accessoires automobiles pour 1985 Pneus (nombre) 580,000 Batteries (nombre) 300,000 Garnitures de freins (tonnes) 280 Source : API. En plus des divers éléments déjà produits en Tunisie, il y a un cer- tain nombre de pièces (filtres, pédales de freins, carburateurs, calandres, radiateurs, démarreurs, amortisseurs, jantes, moyeux, enjoliveurs, tambours de freins, pots d'échappements, essuie-glace) qui pourraient être produits en association, ce qui permettrait d'acquérir des connaissances techniques et d'avoir des possibilités d'exportation. La Banque de développement écono- mique de la Tunisie (BDET) prévoit la réalisation de projets qui permettraient de fabriquer des jantes, des amortisseurs, des filtres à air, des pneus, des avertisseurs. Ils semblent justifiés mais il reste cependant à entreprendre des études de faisabilité pour déterminer leur taille, leur portée et leur rentabilité. 4.15 Les travaux d'expansion des industries annexes produisant les ca- mions à benne basculante et les camions-citernes sont déjà en cours; en effet, l'usine de la SICAME s'agrandit et la capacité locale passera de 600 à 900 unités en 1981. D'après le développement prévu dans le cinquième Plan pour les secteurs de la construction, des travaux publics et de l'industrie, la BDET a évalué la demande à 1.900 unités pour 1981, ce qui semble un peu trop optimiste. Il est recommandé de faire une étude sur l'industrie auto- mobile, afin de prendre les mesures ultérieures nécessaires à l'expansion si les projections de la demande sont exactes. La capacité de production ac- tuelle de 2.500 remorques et plate-formes agricoles semble suffisante pour la demande, qui s'éléverait à 2.400 unités en 1981. - 85 - ANNEXE Il Page 20 de 34 4.16 Comme on l'a déjà souligné, les diverses entreprises de ce sous- secteur ont besoin d'une assistance portant sur les procédés et techniques modernes de production, les méthodes de rationalisation, et l'organisation de la production, afin d'augmenter la productivité de la main-d'oeuvre tunisienne bon marché, et de produire ainsi du matériel et des accessoires à des prix beaucoup plus compétitifs. Afin d'augmenter encore la compétitivité et l'efficacité des usines, il est primordial que le barème des droits de douane soit remanié en baisse sur les produits finis conmme sur les intrants importés. - 86 - ANNEXE II Page 21 de 34 V. INDUSTRIES MECANIQUES DE TRANSFORMATION A. Définition 5.01 Le sous-secteur de la transformation mécanique comprend la fabrica- tion, l'entretien et la réparation de biens d'équipement pour la construction, l'agriculture, les mines, l'industrie, etc., et de biens intermédiaires en- trant dans la fabrication de biens d'équipement (moteurs, pièces et éléments divers, etc), Le petit outillage ne fait pas partie des industries mécanique, de transformation et est traité dans le chapitre consacré aux ouvrages métalliques. b. Capacité et production actuelles 5.02 Les industries mécaniques de transformation commencent seulement à se développer et jusqu'à présent leur apport aux IMME n'a été que marginal. La production est dispersée entre un certain nombre de petites entreprises et il est difficile de présenter clairement ce sous-secteur en absence d'une étude globale. D'après les informations que les missions ont recueillies sur le terrain la capacité et la production actuelles peuvent être présentées comme suit : 5.03 Moteurs : De petits moteurs (modèles allemands Hatz et suédois Bukh) sont produits par la SOTUMO, société d'Etat située à Menzel Bourguiba. SOTUMO peut monter 7.500 moteurs par an, mais à la suite de problèmes de débouchés, la producton n'excède pas 4.400 unités. Quatre-vingt dix pour cent des mo- teurs ont une puissance de 3,6 à 11 CV et sont utilisés principalement dans l'agriculture, les 10 % restants de 14 à 100 CV sont utilisés pour la naviga- tion. Les activités de la SOTUMO sont marginales, puisqu'elles ne consistent qu'à monter des moteurs et que la société n'emploie pas plus de 90 personnes. 5.04 Pompes, compresseurs et vérins hydrauliques. La production de pompes et de compresseurs semble limitée et seules de petites entreprises se livrent à cette activité. On ne dispose d'aucune information sur la capacité ni sur la production. La SICAME, principal fabriquant de bennes de camions, a créé une filiale, Hydromeca, spécialisée dans la production de vérins hydrauliques. Les travaux, estimés à 2,4 millions de dinars (6 millions de dollars), sont presque terminés et la production devrait commencer en 1979. L'usine aura une capacité de production de 10.000 vérins par en et emploiera environ 100 per- sonnes. Cependant, le marché intérieur ne devrait pas absorber plus de 5.000 unités par an; aussi pour assurer la rentabilité des opérations, des né- gociations sont en cours avec le bailleur de licences français (MARREL) pour exporter environ la moitié de la production. - 87 - ANNEXE II Page 22 de 34 5.05 Pièces détachées, entretien et réparation du matériel. Plusieurs entreprises s'occupent de l'usinage des pièces détachées, de l'entretien et de la réparation du matériel industriel. Rectif, société privée, est la plus importante dans ce domaine, malgré sa petite taille (90 employés) et la vétusté de son matériel. Rectif a deux ateliers, l'un pour la remise à neuf des mo- teurs de camions et l'autre pour l'usinage de pièces pour différentes indus- tries. Le principal client de Rectif est la SOTUMO pour laquelle il usine un certain nombre de pièces détachées, dans certains cas à partir de pièces de fonderie provenant de la SOFOMECA. Les fonderies ont leur propre atelier d'usinage mécanique. La SOFOMECA assure, avec 40 employés, l'usinage de piè- ces détachées (soupapes hydrauliques, tuyaux coudés, roues de chemin de fer et tambours de freins). Les Fonderies réunies (30 employés) fabriquent des com- pteurs à eau, des valves et de l'appareillage hydraulique. Les Ateliers de constructions métalliques et de mécanique de Gabès (ACMG) devraient entrer en service en 1979 (voir Section III ci-dessus). Les ACMC exploiteront un ate- lier ultramoderne, où ils effectueront des travaux d'entretien pour les ins- tallations industrielles de la région de Gabès essentiellement. La SOCOMENA, entreprise de réparation navale, répare aussi à l'occasion du gros matériel industriel. La capacité d'usinage et l'utilisation de cette capacité sont présentées sommairement dans le tableau ci-après : TUNISIE Capacité d'usinage et utilisation de la capacité Capacité Utilisation (Nombre d'heures/an)/l de la capacité/i _____ ____ _____ ____en_ Rectif 80.000 90 SOFOMECA 60.000 60 Fonderies réunies 45.000 70 ACMG 50.000 - SOCOMENA 20.000 20 Divers n.c - /1 Chiffres estimés par la mission lors de ses visites sur le terrain. La catégorie "divers" figurant dans le tableau ci-dessus comprend de petites entreprises ainsi que des ateliers de réparation qui sont intégrés aux acié- ries, aux mines, aux industries chimique, textile et autres, sur lesquels on ne dispose d'aucun renseignement. - 88 - ANNEXE II Page 23 de 34 C. Facteurs de production, résultats, problèmes et potentialités 5.06 L'usinage et le montage sont les principales activités du sous- secteur de la transformation mécanique. La part des matières premières dans les coûts de production varie beaucoup selon le type d'industrie considéré et le niveau d'intégration. Ceci s'applique également à la main-d'oeuvre dont la part dans les coûts de production varie de 5 à 10 % pour les opérations de montage (par exemple la SOTUMO) et peut aller jusqu'à 30 % pour l'usinage (par exemple Rectif). La main-d'oeuvre bon marché est un avantage pour le développement de la transformation mécanique mais ce n'est pas un facteur suf- fisant. En fait, la viabilité des opérations d'usinage et, dans une moindre mesure, de montage dépend de trois facteurs principaux : la taille du marché, les connaissances techniques, et l'existence d'une main-d'oeuvre qualifiée. Ces industries mécaniques, telles qu'elles ont été définies, peuvent être classées en fonction de ces facteurs en quatre catégories : premièrement, les biens d'équipement simples (pompes et diverses pièces mécaniques) dont les dé- bouchés intérieurs peuvent être suffisamment importants pour que la production soit rentable. La Tunisie commence à avoir une main-d'oeuvre qualifiée et si les sociétés peuvent obtenir une assistance locale ou étrangère en matière de techniques, de méthodes et de procédés de production, ces lignes de produits devraient être rentables. Deuxièmement, on trouve les biens d'équipement sim- ples ou intermédiaires pour lesquels il existe une demande intérieure mais qui n'est pas suffisante pour justifier un investissement. C'est le cas de la SOTUMO qui reste rentable grâce à des mesures de protection contre la concur- rence étrangère. A l'exclusion de l'effet des mpIts, le prix de ses moteurs est supérieur de 50 % aux prix internationaux. 1 Il en sera de même pour Hydromeca (fabriquant de vérins hydrauliques) et des projets de moteurs Diesel, si leur seul objectif est de répondre à la demande intérieure. Pour ces lignes de produits, il faut compléter les débouchés intérieurs par un marché d'expor- tations (atteignant de 30 à 50 % de la production) que seuls les partenaires étrangers peuvent fournir, en même temps que les connaissances techniques né- cessaires. Comme on l'a vu à la Section II, les entreprises tunisiennes ne sont pas encouragées à exporter une partie de leur production. Troisièmement, il y a le travail à façon pour l'entretien et la réparation du matériel indus- triel, généralement réalisé sur des machines universelles qui ne sont pas con- çues pour la production en série. Des sociétés comme Rectif sont compétitives 1/ Prix des moteurs : de 350 à 575 dinars par unité (impôts compris) contre 190 à 290 dinars f.o.b. Europe. - 89 - ANNEXE II Page 24 de 34 et n'ont pas besoin de mesures de protection,!/ car la faible productivité de la main-d'oeuvre est plus que compensée par le niveau peu élevé des salaires, et les prix pratiqués par Rectif, à l'exclusion des taxes, correspondent aux prix européens. Ce devrait également être le cas des ateliers de constructions métalliques et mécaniques de Gabès, quand ils ouvriront. Enfin, il y a les biens d'équipement qui nécessitent une technologie très avancée et machines- outils et machines textiles sophistiquées dont les débouchés intérieurs sont si limités que la majeure partie de la production devrait être exporté. A l'heure actuelle, il est très improbable que ces biens puissent être fabriqués en Tunisie. D. Projets futurs Projet de création d'un complexe de construction mécanique 5.07 L'idée de projet est à l'étude depuis au moins deux ans. La BDT a soumis une proposition concrète en collaboration avec KHD (Klockner Homboldt Deutz), constructeur allemand connu de moteurs Diesel ayant une vaste expé- rience des pays en développement. Le projet devrait produire 6.250 moteurs Diesel de différents types (3, 4, 5, et 8 cylindres), 2.200 tracteurs et 700 machines agricoles, Initialement, le complexe procédera au montage des moteurs à partir de pièces détachées fournies par KHD. Les opérations se dé- velopperont par étapes pour englober en fin de compte la fabrication de pièces. A la cinquième année du projet son taux d'intégration atteindra ainsi environ 52 % pour les moteurs, 65 % pour les tracteurs et 41 à 52 % pour le matériel agricole. Les pièces de fonderie seront fournies par les Fonderies réunies (par. 2.13). L'investissement, estimé par la BDET à 36 millions de dinars (86 millions de dollars) pour l'ensemble des trois phases,comprend 7 millions de dinars (17 millions de dollars) pour le fonds de roulement, sans compter les provisions pour les intérêts intercalaires et la hausse des prix. Pour estimer les dépenses d'investissement, on a supposé qu'il n'y aurait pas de travaux d'infrastructure. La BDET envisage un plan de financement comprenant 40 % de fonds propres et 60 % de dettes. KDH serait prêt à prendre une parti- cipation au capital à concurrence de 25 % et organiserait la participation d'une banque allemande (DEG), qui financerait jusqu'à 10 % du capital. La ma- jorité du capital social (65 %) serait détenue par la BDET et des investis- seurs privés tunisiens. On cherche à contracter des emprunts auprès de diver- ses sources de financement, y compris des banques allemandes et arabes, et à obtenir des crédits-fournisseurs et des fonds de la SFI qui suit de très près le projet. Les autorités ont donné leur accord de principe et les négociations sont en cours avec KHD. 1/ 9 à 10 dollars de l'heure contre 20 dollars de l'heure en Europe. - 90 - ANNEXE II Page 25 de 34 5.08 La formulation du projet pose un problème fondamental. Avec un pro- gramme prévoyant la production par une seule équipe d'ouvriers de 6.250 mo- teurs par an, et vu la gamme de modèles qui doivent être fabriqués et les taux d'intégration qui doivent être atteints, le projet ne sera probablement pas rentable. Dans les pays industrialisés, la plupart des usines de moteurs Diesel travaillent avec deux équipes d'ouvriers et ont des volumes de produc- tion plus importants. D'après l'étude de marché, le marché intérieur ne pourra certainement pas, dans un avenir proche, absorber une production beaucoup plus im- portante que celle qui est envisagée dans le projet. Les autorités tunisiennes connaissent ce problème et cherchent à conclure des arrangements compensatoires avec KHD en vue soit d'exporter par l'intermédiaire du réseau de vente KHD des moteurs complètement montés en Tunisie, soit de vendre des éléments fabri- qués en lunisie à KHD. Actuellement KHD n'a guère de raisons d'accepter les propositions tunisiennes, car d'une part, c'est la seule société avec laquelle la Tunisie mène des négociations et d'autre part, le projet tel qu'il est for- mulé actuellement, semble financièrement intéressant puisqu'il bénéficierait de mesures de protection, les prix à la production étant supérieurs de 70 % au coût c.a.f des moteurs complètement montés importés d'Allemagne. D'autres problèmes sont liés au degré d'intégration. De même, il semble peu rentable d'usiner en Tunisie des pièces forgées importées (par exemple, des vilebre- quins, des bielles, etc.) et par la suite de forger ces mêmes éléments en Tunisie. Ces opérations nécessitent un matériel onéreux; aussi pour réduire substantiellement le coût du projet pourrait-on les abandonner. 5.09 Toutes les parties s'efforcent de préparer un projet qui par la suite sera rentable sur les plans financier et économique et. à cette fin, on peut faire plusieurs suggestions. Tout d'abord, bien que la BDET ait promu le projet très activement et de façon très compétente, il faut mettre en place une équipe composée d'ingénieurs et d'économistes qualifiés ayant l'expérience de la production de moteurs Diesel. Comme la Tunisie ne produit pas ce type de moteurs il faudrait l'assistance de techniciens étrangers aux termes de contrats d: un à deux ans. En deuxième lieu, il faudrait signalir à l'associé étranger que les mesures de protection accordées au projet sur le marché inté- rieur seront marginales (10 à 20 % par exemple) et temporaires, et seront éli- minées petit à petit après cinq ans. Cet argument devrait être présenté lors des négociations pour souligner la nécessité pour la société étrangère de con- clure des accords d'exportation. La taille et la portée du projet do même que les calculs financiers devraient être établis sur cette base. En troisième lieu, s'il apparait sous peu que l'associé actuel n'est pas prêt à conclure des arrangements compensatoires raisonnables, il faudrait commencer à sonder d'au- tres associés en puissance. Projets de la SOTUMO 5.10 La SOTUMO étudie deux idées de projets. Le premier projet, dont l'investissement serait de 500.000 dinars (1,3 million de dollars) consiste- rait à mettre en place un atelier de transformation mécanique, pour produire - 91 - ANNEXE II Page 26 de 34 des pièces de moteurs qui seraient montées dans les ateliers de Menzel Bourguiba. Comme on l'a vu, les opérations de montage actuelles ne sont pas très efficaces (par. 5.03). Aussi la rentabilité d'une intégration plus pous- sée semble discutable, si l'on tient compte des faibles besoins du marché lo- cal. Pour justifier un tel projet, il serait essentiel qu'une grande partie de la production soit exportée. La SOTUMO négocie avec Hatz les possibilités et modalités d'exportation. Selon l'issue de ces négociations, une étude de faisabilité pourrait être entreprise. 5.11 L'autre projet viserait à produire 30.000 moteurs de motocyclettes avec une intégration de 70 %. D'après les premières estimations, l'investis- sement se monterait à 1,5 million de dinars (3,8 millions de dollars), ce qui semble bien peu. Le principe du projet est bon mais aucune étude de faisabi- lité et de marché n'a encore été réalisée pour démontrer sa rentabilité. Autres idées de projets 5.12 Comme cela a déjà été signalé, on ne dispose que de renseignements très fragmentaires sur le sous-secteur de la transformation mécanique. Il faut recenser et examiner les installations existantes et étudier leur poten- tiel commercial. Ces études devraient permettre d'identifier de nouveaux pro- jets comprenant notamment la modernisation et l'expansion des ateliers de transformation mécanique et des investissements portant sur de nouvelles lignes de produits. Dans ce contexte, les études devraient porter en particu- lier sur des produits tels que les pompes et compresseurs (par. 5.04),dont la Tunisie a importé en 1977 l'équivalent de 25 millions de dollars,et sur la ré- paration et l'entretien du matériel industriel (par. 5.05). E. Récapitulation des recommandations institutionnelles de première importance 5.13 Les recommandations institutionnelles sont présentées en détail dans le Chapitre IV, mais celles qui sont de première importance pour le sous-secteur de la transformation mécanique sont résumées ci-après. Comme on l'a vu, ces industries mécaniques ne sont pas encore très développées et sont orientées principalement vers le marché intérieur. Cependant ce marché ne peut justi- fier qu'un investissement de production très limité, aussi la transformation mécanique ne pourra se développer que si elle trouve des débouchés d'exporta- tion qui s'ajouteront au marché intérieur et si elle obtient les connaissances techniques voulues. Dans ce contexte il est essentiel i) de revoir les inci- tations de façon à favoriser les associations qui approvisionneront à la fois les marchés intérieurs et étrangers et ii) de créer ou de renforcer des insti- tutions qui apporteront aux entreprises tunisiennes une assistance et des con- seils, notamment en matière de préparation des projets, de technologie, de connaissances techniques et de méthodes de production. - 92 - ANNEXE II Page 27 de 34 VI. OUVRAGES METALLIQUES A. Introduction 6.01 Ce sous-secteur comprend une grande variété de produits tels que la coûtellerie, les outils (agricoles et mécaniques) la quincaillerie, le mobi- lier et les accessoires métalliques, les produits structurels (encadrements), et d'autres objets (clous, écrous, boulons, emballages métalliques et usten- siles). Ces produits représentent la première étape du transfert de techno- logie pour un pays en développement et visent principalement au départ à rem- placer les importations. Ces industries sont hétérogènes et n'ont en commun que des opérations de fabrication telles que le forgeage à chaud, le profilage à froid, la compression, le cintrage ou l'emboutissage de tôles métalliques ou de barres ou de laminés ronds qui leur donnent un caractères homogène même si les techniques employées pour les divers produits sont quelque peu diffé- rentes. Ce sous-secteur représente environ 15 % de la valeur de la production et des emplois des industries électriques et mécaniques. Son développement dé- pend cependant du degé d'intégration en amont et en aval. Il compte actuel- lement plus de 60 entreprises, qui sont surtout situées dans les régions de Tunis, de Sousse, de Bizerte et de Sfax. Il s'agit la plupart du temps de pe- tites entreprises mais trois grandes entreprises, les Ateliers mécaniques du Sahel (AMS) à Sousse, à 120 km au sud de Tunis, la Société tunisienne d'embal- lages métalliques (STUMETAL) et la Société des industries métallurgiques (SIMET) toutes les deux à Tunis, dominent ce sous-secteur. On dispose de très peu d'informations sur ce sous-secteur, et son étude et son évaluation sont surtout basées sur les entreprises qu'a visitées la mission. B. Gamme de produits, production et facteurs de production 6.02 Des emballages métalliques sont fabriqués par STUMETAL, entreprise créée en 1965, employant près de 700 personnes. C'est une opération lancée conjointement avec la société française CARNAUD, qui détient 37 % du capital social et fournit les techniques dans tous les domaines. Les principaux dé- bouchés de STUMETAL sont i) les conserves de produits alimentaires tels que les fruits, les légumes, le poisson, l'huile d'olive, les jus de fruits, la bière, etc. (85 % de la production) et ii) le conditionnement des produits in- dustriels tels que les peintures, les vernis, les produits du pétrole (huile, graisse), la colle, l'encre d'imprimerie, les insecticides, etc. (15 % de la production). La gamme des emballages fabriqués est extrêmement large et com- porte environ 80 types différents de boites de conserve et de bidons dont la capacité va de 250 g ou 3 dl à 20 kg ou 20 1. Avec une capacité actuelle de 22.000 à 25.000 tonnes par an, la production de ces trois dernières années s'établit comme suit: - 93 - ANNEXE II Page 28 de 34 TUNISIE : Production d'emballages métallliques (en tonnes par an) 1976 1977 1978 Produits alimentaires 10,100 11,500 13,700 Produits industriels 1,900 2,100 2,300 Total 12,000 13,600 16,000 La production d'emballages métalliques est directement liée à la production agricole. Malgré des fluctuations annuelles et saisonnières, elle augmente depuis 1971 de 9 % en moyenne par an. 6.03 Les principaux facteurs de production des emballages métalliques sont les matières premières et la main-d'oeuvre. Cette industrie a une assez forte intensité de main-d'oeuvre si l'on choisit un matériel et une technologie ap- propriées. En Europe, faute de main-d'oeuvre, des chaînes de production com- plètement automatisées ont été installées. La Tunisie a adopté la même mé- thode. L'adoption de cette méthode de production en Tunisie est contestable. STUMETAL a récemment déménagé et a été agrandie pour un coût de 10 millions de dollars environ. Les installations comprennent environ 20 chaines de pro- duction: 3 pour l'emboutissage des tôles; 10 pour les couvercles de boites et 8 pour les boîtes. Les machines réduiront vraisemblablement la part de la main- d'oeuvre qui constitue environ 14 % de la valeur des ventes. De plus, elles requièrent une main-d'oeuvre spécialisée, qui fait défaut en Tunisie, pour mettre en place, entretenir et réparer leurs systèmes techniques et de contrôle complexes. Le fer blanc, la principale matière première, représente 70 % de la valeur de la production. Il est entièrement importé sous forme de tôles ou de coils. 6.04 La qualité de la production (apparence des bottes, étanchéité, sou- dures, résistance des matériaux) doit encore être améliorée. Cette industrie continuera probablement à faire face: ï) à une sous-utilisation de certaines de ses lignes de production hautement capitalistiques et non ajustées à une demande saisonnière, instable et très diversifiée; ii) à des problèmes techniques liés à la nécessité de modifier le réglage des lignes de transfert lorsque la taille des récipients demandés varie; et iii) au remplacement du fer blanc par, d'autres matériaux (matière plastique et aluminium). 6.05 Les tubes d'acier fabriqués en Tunisie ont un diamètre de 1,25 cm à 10 cm et sont surtout utilisés dans la construction et la charpente. Le sec- teur est dominé par l'entreprise privée SIMET, qui emploie environ 100 person- nes. SIMET remplace actuellement ses chaines de production par du matériel plus automatisé. De ce fait, la capacité passera de 12.000 à 25.000 tonnes par an. La production a atteint 7.000 tonnes en 1978. Le point commun à - 94 - ANNEXE II Page 29 de 34 toutes les entreprises tunisiennes est qu'elles décident d'agrandir leurs usines, même si elles fonctionnent largement en-dessous de leur capacité. Il est donc essentiel que les autorités compétentes n'approuvent un projet d'expansion que si la capacité est utilisée au maximum. 6.06 Les principaux facteurs qui entrent dans la production de tubes d'acier, les matières premières et la main-d'oeuvre, représentent respective- ment 65 et 6 % de la valeur de la production. Des bandes d'acier d'une épais- seur atteignant jusqu'à 3 mm sont le principal intrant, qui doit être entière- ment importé. La part de la main-d'oeuvre dans la valeur de la production di- minuera encore à la suite de l'installation de nouvelles machines qui permet- tront d'automatiser certaines opérations autrefois manuelles, telles que le découpage et le taraudage des tubes. Les principales opérations qui demeurent manuelles sont la galvanisation, le nettoyage des tubes, l'inspection, l'entre- tien et la réparation du matériel. 6.07 Une entreprise du secteur public, les AMS, domine la production d'une gamme diversifiée de produits qui comprend environ 80 articles tels que des outils agricoles manuels (pioches, pelles, houes, fourches, sécateurs, mar- teaux), de la quincaillerie (serrures, charnières, joints), des outils mécani- ques, accessoires de tuyauterie et d'articles sanitaires, (clés anglaises, clés à pipe, tenailles), du petit matériel électrique (prises, interrupteurs, dis- joncteurs) de la visserie (boulons, écrous et vis) et de la coutellerie. L'AMS a été créée en 1961 avec l'assistance technique de l'Organisation polonaise d'exportation (CEKOP) pour remplacer le plus grand nombre de produits importés. Les différentes gammes de produits sont fabriquées selon des techniques diffé- rentes et doivent donc être réalisées dans des unités de production séparées., Leur intégration dans une seule unité devrait être mise en question afin de rationaliser les programmes de production. Ceci pourrait conduire à la créa- tion de nouveaux centres £entables ou petites et moyennes entreprises. Outre l'AMS, d'autres petites unités fabriquent les mêmes articles dans d'autres ré- gions de Tunisie. On ne dispose pas des chiffres de production, mais d'après les renseignements réunis lors de visites sur le terrain, on estime qu'environ 1.100 personnes travaillent à la production de ces articles dont la valeur to- tale atteint quelque 15 millions de dollars (65 % provenant de l'AMS). La production de ces articles avec le matériel et la technologie appropriés né- cessite une main-d'oeuvre nombreuse (15 à 20 % de la valeur de la production). La Tunisie, qui dispose d'une main-d'oeuvre bon marché, est bien placée pour envisager la possibilité de développer ces lignes de produits. La part des ma- tières premières, entièrement importées, représente environ 65 % de la valeur de la production. C. Débouchés, mesures de protection et compétitivité des coûts 6.08 L'ensemble de la production d'emballages métalliques est orienté vers la consommation locale. Cependant, 15 % des bottes sont exportées indi- rectement en même temps que les conserves alimentaires. En ce qui concerne - 95 - ANNEXE II Page 30 de 34 les emballages à usage industriel, la production répond à 80-85% de la demande. La production locale est relativement bien protégée. Environ 27% de droits et taxes sont prélevés sur les produits finis dont le prix est égal à quelque 120% du prix européen f.o.b. Cà l'exclusion de l'effet des taxes et droits).l/ Afin d'améliorer la productivité, les coûts et la qualité des productions tunisien- nes et de laisser jouer la concurrence internationale, le barème des tarifs douaniers devrait être révisé. 6.09 Si l'on considère le matériel de fabrication des tubes d'acier ins- tallé en Tunisie, ce secteur devrait être compétitif par rapport aux entrepri- ses européennes, mais les prix étant homologués, ils atteignent 130 % des prix européens f.o.b. (y compris environ 20 % de taxes et de droits). Vingt pour cent de droits et taxes sont prélevés sur les tubes d'acier importés qui peu- vent être fabriqués dans le pays. Les mesures de protection (homologation des prix et restriction des importations) devraient être réexaminées. 6.10 A l'exception de la coutellerie, la production de tous les autres produits mentionnés dans le paragraphe 6.07 du présent chapitre est destinée au marché tunisien. On ne dispose pas des chiffres relatifs à la capacité et à la production locales mais il ressort des données statistiques qu'il faut importer pour satisfaire la demande intérieure. Les prix semblent assez com- pétitifs par rapport à ceux de biens importés, qui sont frappés de droits et taxes de 15 à 20 %. La coutellerie est un cas spécial car une importante partie de la production est exportée vers l'Italie, dans le cadre d'un accord d'assistance technique passé avec une entreprise italienne qui a fourni les techniques et le matériel. La Tunisie bénéficiant d'une main-d'oeuvre bon marché, le prix des articles de coutellerie exportés aux sociétés italiennes sont inférieurs de 30 à 50 % à ceux pratiqués en Italie. D. Perspectives et recommandations 6.11 La demande d'emballages métalliques, telle qu'elle a été estimée par deux organismes publics, l'API et le CNEI, devrait atteindre 17.000 à 20.000 tonnes par an en 1981, et 23.000 à 30.000 tonnes par an en 1986. L'API, esti- mant la capacité intérieure à 13.000 tonnes par an seulement alors que celle- ci est en réalité de 25.000 tonnes, recommande de créer une nouvelle entre- prise qui produirait pour commencer 10.000 tonnes de bottes par an. Cette nouvelle usine pourrait être agrandie par la suite. Lors de la visite de la mission de la Banque, STUMETAL a fait savoir qu'elle comptait étendre elle l/ 1.100 à 1.250 dollars la tonne contre 850 à 900 dollars la tonne f.o.b. Europe. - 96 - ANNEXE II Page 31 de 34 aussi ses activités, afin de fabriquer des bottes de conserve et des embal- lages métalliques à usage industriel. Compte tenu i) des estimations contra- dictoires de la demande future; ii) des difficultés actuelles touchant la qua- lité des produits, l'achat des matériaux et l'organisation; iii) du développe- ment du secteur de l'emballage et de l'évolution technologique; et iv) de la gamme de produits requise pour la conservation des aliments de même que pour le conditionnement industriel, il est recommandé d'utiliser la capacité ins- tallée à plein rendement avec trois équipes d'ouvriers, d'étudier soigneuse- ment les variations de la croissance de l'industrie du conditionnement et de les analyser avant d'approuver l'expansion d'une usine ou la création d'une nouvelle unité de production. 6.12 Si l'on choisit correctement la technologie et le matériel, le sec- teur des ouvrages métalliques absorbe une main-d'oeuvre nombreuse. La main- d'oeuvre tunisienne possède les qualifications techniques requises pour fa- briquer ces produits. Elle peut répondre à l'augmentation de la demande lo- cale. Cependant, la Tunisie n'a pas le réseau de vente international ni la réputation de fabriquant d'ouvrages métalliques dont elle aurait besoin pour exporter. Il lui faudrait donc pour cela collaborer avec des firmes étran- gères. Cette démarche a donné de bons résultats avec la coutellerie et pour- rait être adoptée pour d'autres produits tels que les outils manuels, le maté- riel électrique et mécanique, les accessoires sanitaires. Ce type d'importa- tions a augmenté ces dernières années dans les pays de la Communauté européenne et si la Tunisie donne la priorité à la recherche de partenaires européens ayant les techniques et l'organisation commerciale voulues, un certain nombre de petites entreprises pourraient être créées. - 97 - ANNEXE II Page 32 de 34 VII. CONSTRUCTION ET REPARATION NAVALES A. Introduction 7.01 Un certain nombre de chantiers construisent des petits bateaux de pêche pour répondre à la demande locale. Dans le cadre de la loi 72-38, des sociétés étrangères se sont également établies en Tunisie pour fabriquer et exporter des voiliers vers les marchés européens. Cependant, les chantiers de ce type ne sont pas compris dans les IMME, car ils se livrent surtout à des travaux de menuiserie et de charpente. Le présent chapitre ne traite que de la construction et de la réparation navales dans la mesure où elles comportent des opérations de construction mécanique ou d'usinage pour les cargos, les pa- quebots et les bâtiments militaires. La Tunisie ne construit pas des navires de ce type, mais elle dispose d'importantes installations pour leur réparation et leur entretien. Les paragraphes ci-dessous traitent de la SOCOMENA, qui possède et dirige ces installations. Il existe également des ateliers de ré- parations pour les petits bàteaux de pêche, mais l'on ne dipose d'aucun renseignement à leur sujet. B. Capacité et installations de la SOCOMENA 7.02 La SOCOMENA, société d'Etat, a été créée en 1963 pour remplacer l'ancien arsenal français de Sidi Abdellah. Elle emploie 700 personnes et est située à Menzel Bourguiba, sur la baie de Bizerte, emplacement de choix pour le trafic entre l'Europe et le Moyen-Orient. Les installations de la SOCOMENA comprennent quatre cales sèches, qui peuvent recevoir des navires de 60.000 ton- nes de déplacement, des quais de réparations de 1.000 mètres de long et une importante infrastructure industrielle (fonderies, ateliers de construction mécanique, de chaudronnerie, de menuiserie et d'électricité). La plupart de ces installations sont anciennes et n'ont pas été renouvelées. 7.03 La SOCOMENA, peut, avec l'infrastructure et l'équipement dont elle dispose, réparer environ 120 navires par an. Il y a quatre ans cette capacité était pour ainsi dire inutilisée, mais petit à petit la direction de la SOCOMENA a réussi à faire augmenter le nombre de navires réparés, qui a atteint 65 uni- tés en 1978 dont plus de 80 % étaient d'origine étrangère. La SOCOMENA espère fonctionner à pleine capacité dans deux ou trois ans. 7.04 La SOCOMENA offre tous les types de services et effectue tous les travaux de mécanique, d'électricité, de charpente, de soudure, de peinture, et les essais nécessaires à une inspection normale de même que la réparation de bâtiments endommagés. En dehors de la réparation navale, la SOCOMENA ef- fectue également à l'occasion des travaux d'entretien de gros matériel indus- triel (ciment, acier, etc.). - 98 - ANNEXE II Page 33 de 34 C. Ventilation et compétitivité des coûts 7.05 La réparation navale n'est pas une activité industrielle mais un service dont le facteur main-d'oeuvre est élevé puisqu'il représente 60 % des coûts de la SOCOMENA. C'est à la fois le principal atout de cette dernière, et son principal handicap. Parmi les pays concurrents qui se livrent à la réparation de navires (Malte, Portugal, France, Italie, Yougoslavie, Grèce et dans une moindre mesure, le nord de l'Europe) la Tunisie a certainement les salaires les plus bas, mais d'un autre côté, la réparation navale nécessite une main-d'oeuvre hautement qualifiée et spécialisée qu'il est difficile de trouver en Tunisie. La SOCOMENA fait des investissements importants dans la formation de sa main-d'oeuvre, mais les résultats de cette politique ne se font sentir que petit à petit. 7.06 Les frais d'investissement liés à l'infrastructure et au matériel sont en général le deuxième poste de dépense après la main-d'oeuvre dans la répartition des coûts des chantiers navals. Cependant, à la SOCOMENA, les dé- penses d'investissement sont très faibles, car les immobilisations datent de l'époque de la colonisation et n'ont pas été renouvelées par suite de diffi- cultés financières. Cette infrastructure et cet équipement dont la SOCOMENA a bénéficié gratuitement a au départ sans aucun doute favorisé ses activités; cependant, il lui faut maintenant renouveler petit à petit son matériel. 7.07 Les prix de la SOCOMENA sont soumis à la concurrence internationale. Par rapport aux prix pratiqués par les concurrents, ceux de la SOCOMENA sont très intéressants car elle a besoin de s'établir sur le marché../ Malgré les prix qu'elle pratique, la SOCOMENA rentre maintenant dans ses frais et elle devrait devenir rentable à mesure que l'utilisation de sa capacité continue à s'accroitre et que sa main-d'oeuvre acquiert de l'expérience et de la productivité. D. Perspectives 7.08 La construction navale est en difficulté dans le monde entier en raison du manque de débouchés et de l'intensité de la concurrence. Dans ces circonstances et vu la haute technologie nécessaire, la Tunisie n'a à présent aucune perspective de créer une industrie de construction navale, en dehors de la construction de bâteaux de pêche ou de voiliers, qu'elle réalise déjà. 1/ 6 à 7,5 dollars de l'heure, contre 15 dollars de l'heure en Europe. - 99 - ANNEXE II Page 34 de 34 7.09 Quoiqu'étroitement liée à la construction navale, la réparation na- vale est une activité différente, relevant de la catégorie des services, qui nécessite une nombreuse main-d'oeuvre. L'emplacement de choix de la SOCOMENA sur le bassin méditerranéen, le faible niveau des salaires payés en Tunisie et l'existence d'une infrastructure héritée de la période coloniale sont des avantages importants pour le développement de cette société. D'un autre côté, elle se heurte à des problèmes liés au manque de qualification de sa main- d'oeuvre et aux aléas du marché. Etant donné ces problèmes, la SOCOMENA au- rait tout intérêt à s'étendre petit à petit à mesure qu'elle acquerra une main-d'oeuvre expérimentée et que sa réputation sur le marché s'affirmera. 7.10 La SOLOMENA a un programme d'investissement prévoyant le renouvel- lement d'une partie de son matériel (environ 2,5 millions de dinars en 1979) et son agrandissement. Un projet d'expansion, qui est encore à un stade pré- liminaire, permettra d'agrandir les cales sèches afin de recevoir des navires de 100.000 tonnes de déplacement, et de moderniser les divers ateliers. Au- cune estimation des coûts n'a encore été réalisée. Etant donné le potentiel de développement de la SOCOMENA, il faudrait procéder à une étude soigneuse de la société et du programme d'investissement. A cet effet, il faudrait retenir les services de consultants expérimentés pour étudier les installations de la SOCOMENA et pour évaluer des débouchés et ses besoins. Cette étude devrait mener à la formulation d'un programme d'investissement à long terme et à la préparation d'études de faisabilité. Une étude similaire devrait être réali- sée pour la réparation des petits bâteaux de pêche. ANNEXE III LES PETITES ENTREPRISES DANS LES INDUSTRIES MECANIQUES ET ELECTRIQUES - 100 - ANNEXE III Page 1 de 18 ANNEXE III LES PETITES ENTREPRISES DANS LES INDUSTRIES MECANIQUES ET ELECTRIQUES Vu le manque de base structurée de renseignements sur les petites en- treprises, le présent rapport repose sur des enquêtes restreintes et sur des observations faites à l'occasion de visites à 14 petites entreprises des in- dustries mécaniques et électriques. Rôle des petites entreprises dans le secteur des IME 1. Il ressort du recensement industriel de 1976 que 92 % de toutes les industries mécaniques et électriques (IME) tunisiennes sont de petites entre- prises, de moins de 50 employés. Ces dernières sont composées à 86 % d'unités de production minuscules, presque artisanales, qui emploient moins de 20 tra- vailleurs. Elles emploient généralement une main-d'oeuvre nombreuse puis- qu'elles fournissent environ 43 % des emplois du secteur. En contrepartie, la productivité de la main-d'oeuvre est très inférieure à celle des firmes plus grandes, puisqu'elles ne représentent que 24 % du total de la valeur ajoutée et de la production brute du secteur. Plus l'entreprise est petite, moins la productivité est élevée. C'est ainsi que les sociétés de moins de 20 travail- leurs représentent 36 % de l'emploi du secteur, mais quelque 18 % seulement de la valeur ajoutée et de la production brute. Ventilation sous-sectorielle 2. La Tableau I ci-après indique la ventilation des petites IME par sous- secteur d'activité. On trouve de petites entreprises dans toutes les branches des IME mais elles sont proportionnellement plus nombreuses dans trois sous- secteurs : la fonderie, la chaudronnerie et l'électricité (36 % des emplois et 24 % de la valeur ajoutée du sous-secteur), la transformation mécanique (62 % des emplois et 32 % de la valeur ajoutée) et les ouvrages métalliques (55 % des emplois et 33 % de la valeur ajoutée). - 101 - ANNEXE III Page 2 de 18 Tableau 1 REPARTITION ET CONTRIBUTION SOUS-SECTORIELLES DES PETITES IME Petites entreprises Nombre d'emplois Valeur ajoutée Nombre Part dans le Total Part dans le Total Part du Sous-secteur a/ total sous-secteur (milliers) sous-secteur (milliers) sous-secteu,r dinars Métaux de base 2 50 % 67 2 % 230 4 % Fonderie, chaudronnerie électricité 245 89 % 3.503 36 % 805 24 % Transformation mécanique 425 95 & 5.409 62 % 2.150 32 % Ouvrages métalliques 190 93 % 2.553 55 % 1.615 33 % Chantiers navals 32 86 % 435 26 % 980 31 % TOTAL 894 92 % 11.967 43 % 5.780 24 % a/ Voir définition des sous-secteurs dans la pièce jointe No 1. Source Recensement industriel de 1976 et estimations de la mission. Structure du capital et esprit d'entreprise 3. La plupart des petites IME sont de propriété individuelle ou familiale. Le propriétaire type est un "self-made man" qui a débuté comme apprenti ou ou- vrier dans un atelier ou dans une firme, ou comme commerçant en vendant les marchandises qu'il fabrique maintenant. Il a peu d'éducation au sens conven- tionnel, mais a acquis quelques connaissances techniques de base sur le tas ou à l'occasion de stages de formation spécialisée dans des écoles techniques lo- cales. Les propriétaires de petites IME paraissent habiles et travailleurs, mais leur formation avant tout commerciale et la médiocrité de leurs bases techniques les amènent à rechercher avant tout le profit, au détriment de - 102 - ANNEXE III Page 3 de 18 l'innovation technique. Pourquoi en effet dépenseraient-ils de l'argent pour innover ou remanier un produit lorsqu'ils peuvent réaliser d'importantes mar- ges bénéficiaires grâce au protectionnisme, en se bornant à monter des pièces importées? Ils ont donc tendance à rejeter les idées nouvelles, qui peuvent présenter des risques et entrainer une augmentation des coûts. Infrastructures de production 4. Les petites IME ont souvent des locaux trop vastes, surtout celles qui se sont installées dans les zones industrielles. Les plans sont souvent élaborés sans l'aide de spécialistes des bâtiments industriels, et les petites IME se retrouvent dans bien des cas avec des bâtiments relativement coûteux mais mal agencés, ce qui se répercute sur l'efficacité des processus de production. Techniques de production et gammes de produits 5. Comme c'est le cas pour les petites entreprises des autres secteurs, les techniques employées par les IME varient considérablement suivant leur- taille et au sein même de chaque catégorie de taille. En fait, les méthodes de production des petites IME combinent des machines très modernes et du maté- riel traditionnel, voire archaique. Les techniques modernes se sont imposées essentiellement dans les secteurs des industries électriques, de la mécanique et de la métallurgie. Cette puissance mécanique relativement élevée est hors de proportion avec le marché des petites entreprises de ces sous-secteurs, avec pour conséquence une sous-utilisation considérable des équipements. De fait, ces entreprises fonctionnent en moyenne à 50 % seulement de leur capacité. 6. Cet excédent de capacité est le fait d'un ou de plusieurs des fac- teurs interdépendants suivants : a) suréquipement de la firme dû au fait que les petits industriels recherchent l'autonomie dans le processus de production, espérant à tort maximiser leurs profits; b) surabondance de certaines machines universelles de base entre les sociétés d'un sous-secteur donné, chaque entrepreneur s'efforçant de diversifier ses chaines de production, ce qui revient sou- vent à imiter des tentatives qui ont déjà été couronnées de succès; c) étant donné (a) et (b) ci-dessus, l'étroitesse du marché local aboutit fatalement à une grave sous-utilisation du capital; d) le désir général d'acquérir toujours plus de machines dont l'uti- lité n'est pas forcément immédiate, de sorte que l'industriel se retrouve muni de plus de matériel qu'il ne lui en faut; - 103 - ANNEXE III Page 4 de 18 e) l'impossibilité d'appliquer des procédures de sélection saines, aboutissant souvent à des erreurs dans le choix du matériel. 7. La forte intégration verticale et horizontale (a) et (b) qui règne au sein de chaque société lui permet de produire une gamme très diverse de produits. Malheureusement on n'a guère cherché à adapter les techniques et à standardiser la conception des produits, des pièces ou des composantes fabri- quées, par manque de connaissances techniques, et on assiste à des désécono- mies d'échelle, soit dans les chaines en production, soit du côté "recherche" dans l'identification de nouvelles lignes de production. 8. Etant donné le caractère très diversifié des opérations des petites IME, on peut les classer comme suit selon leurs gammes de produits, (d'après les renseignements obtenus à la suite des visites sur le terrain) : - Groupe a : Les petites entreprises produisant des biens semi-finis et finis qui sont aussi fabriqués par des entreprises plus grandes. On les trouve pour la plupart -dans les secteurs des charpentes métalliques et de la chaudronnerie, où elles produisent ou assurent des services sur commande. Le niveau de production demeure artisanal et leurs méthodes sont traditionnelles et archaiques, malgré la modernisation occasionnelle du matériel. Groupe b Les petites entreprises qui produisent des biens intermé- diaires ou finis de nature relativement standardisée et simple, telle que des articles de fonderie ou d'électricité, ainsi que de petits articles de métal (clous, écrous, boulons, treillages métalliques, serrures, coutellerie, etc.). Elles fabriquent en petite série et utilisent du matériel et des techniques modernes en dehors de quelques petites fonderies où la production demeure en grande partie artisanale et qui travaillent essentiellement sur commande, pour fabriquer des pièces de rechange; - Groupe c Les petites entreprises qui fabriquent en petites séries des produits finis, dont la nature est relativement plus complexe et orientée spé- cifiquement vers la demande locale. Ces entreprises opèrent surtout dans le sous-secteur de la mécanique et leurs activités vont de l'usinage et/ou montage de matériel agricole simple, (charrues, pompes, etc.) à la production de petit matériel de construction (brouettes, petites bennes, etc.). Elles sont carac- térisées par l'association de techniques anciennes et nouvelles. En règle générale, les petites IME disposent d'une relative abondance de matériels et machines vétustes ou archaiques. Ceci entraîne à la fois une sous-utilisation des capacités et une sous-capitalisation relative des en- treprises, cette dernière entrainant à son tour une faible productivité de la main-d'oeuvre dans les petites IME (voir pièce jointe No 2). - 104 - ANNEXE III Page 5 de 18 Facteurs de production et compétitivité des coûts 9. Les produits sidérurgiques, principaux facteurs de production des pe- tites comme des grandes IME, sont importés. Ils englobent les tôles d'acier et les aciers non plats tels que les profilés. Ce sont généralement des com- merçants locaux qui se chargent de la passation des- marchés au compte des pe- tites IME. Etant donné le faible volume et le manque de standardisation des commandes, plus la marge retenue par les agents intermédiaires, le prix des intrants d'acier payé par les petites IME est très élevé et fluctue largement suivant la situation de la demande et de l'offre. De plus, les délais de liv- raison sont longs. Aussi, les petites IME ont-elles souvent des ruptures de stocks, car elles n'ont généralement pas les moyens de conserver des stocks importants et coûteux. Les autres intrants d'acier tels que les fils-machine, les câbles et la ferraille, sont achetés et/ou produits sur place. Certaines petites composantes finies (clous, fils, etc.) sont achetés aux fabricants lo- caux, car ils tombent sous le coup des lois restreignant les importations. Toutefois, une quantité d'autres articles semi-finis et finis (écrous, boulons de précision spéciaux, rouages en matière plastique pour les compteurs d'eau, etc.) sont aussi importés. La plupart des entrepreneurs reconnaissent qu'ils pourraient la plupart du temps s'approvisionner sur place, mais ils prétendent que la qualité irrégulière des produits locaux les en décourage. En outre, comme les commandes portent sur de petites quantités, les coûts de production sont généralement élevés, et le prix de vente est égal à deux ou trois fois celui des pièces importées de bonne qualité. Dans la structure des coûts, la part des matières premières varie considérablement suivant la gamme des pro- duits et le degré d'intégration et de diversification des opérations de la firme. Elle représente cependant une proportion importante (estimée à environ 50 - 70 %) du total des coûts de production. La main d'oeuvre, composée essentiellement d'ouvriers non qualifiés et semi-qualifiés,représente en moyenne 10 à 30 % des coûts de production. 10. A l'heure actuelle, les petites entreprises mécaniques et électriques paraissent rentables. Les entretiens avec les chefs de petites entreprises font ressortir qu'un bénéfice net correspondant à 20 % des immobilisations est le taux de rentabilité normal envisagé pour un nouveau projet dans certains secteurs. Ce taux pourrait refléter en partie la compétitivité des coûts des petites entreprises, comme il le fait dans une certaine mesure pour les unités de production du groupe (a), où la qualité des produits est raisonnable, mais où la capacité est sous-utilisée en raison de l'étroitesse du marché. Ce taux est possible grâce aux restrictions imposées aux importations de certains pro- duits fabriquée en Tunisie et parce que le système de contrôle des prix ne sert dans la pratique qu'à fixer la marge bénéficiaire des entreprises à un niveau réputé raisonnable par rapport aux prix de revient. Le manque de coor- dination et d'efficacité dans la surveillance du prix des intrants et des pro- duits et dans la protection contre les biens étrangers s'est cependant soldé - 105 - ANNEXE III Page 6 de 18 par des problèmes financiers pour la plupart des petites IME, en particulier dans les groupes (a) et (c). Le manque de coordination a aussi permis aux fabriquants locaux de fixer leurs prix à des niveaux plus élevés, ce qui a pour effet de dissuader les chefs d'entreprise d'utiliser les produits tuni- siens lorsqu'ils peuvent importer librement (par. 9). Commercialisation et sous-traitance 11. Il semble que les petites IME qui satisfont une demande locale spé- cifique et fabriquent sur commande, comme celles des groupes (a) et (c), sa soient approprié un marché sûr, si limité soit-il, grâce à leur réputation de qualité et de régularité. Dans l'ensemble, les petites IME sont confrontées à de graves problèmes de commercialisation découlant du caractère restreint du marché, malgré le contingentement strict de certaines importations. Certaines firmes ont leurs propres points de vente. La plupart d'entre elles, toutefois, s'adressent à des grossistes et autres intermédiaires qui profitent de la si- tuation, en se servant des fabriquants locaux comme détenteurs de stocks, de façon à éviter d'avoir à assumer eux-mêmes les frais élevés de constitution de stocks. 12. Les relations de sous-traitance sont limitées. La production pour des entreprises plus grandes ou le travail à façon ne constituent qu'une ac- tivité accessoire. Cette situation est due essentiellement a) au fait que les grandes entreprises préfèrent généralement être autonomes et surintégrer au niveau de la firme; b) à l'incapacité des petites IME de produire en séries selon des normes de qualité, des spécifications et dans des délais corres- pondant aux exigences des grandes entreprises; c) au prix élevé des pièces produites par les petites entreprises; d) au manque d'information sur le marché et sur les producteurs. 13. Etant donné l'importance relative de la participation du secteur pu- blic tunisien à la production et aux services, l'absence d'organisme officiel de passation -des marchés publics aux petites entreprises est surprenante. De fait, rares sont les petites IME qui parviennent à obtenir des commandes de l'Etat. Investissement 14. Il n'existe pas de données relatives aux immobilisations des petites IME en dehors des statistiques sur l'investissement annuel qui figurent dans les recensements industriels. Il est toutefois possible de se faire une idée de la structure de l'investissement dans les petites IME comparées aux petites - 106 - ANNEXE III Page 7 de 18 entreprises des autres secteurs en étudiant les 103 projets financés par le FOPRODI en 1978, dont l'investissement total est égal ou inférieur à 250.000 di- nars. Il ressort du Tableau 2 que l'intensité de l'investissement dans les IME s'établissait en moyenne à 5.500 dinars environ par emploi nouveau, moyenne légèrement supérieure au coût d'investissement unitaire moyen des petites en- treprises en général, ainsi qu'aux critères de recevabilité de la Banque pour les projets créateurs d'emplois (5.100 dinars aux prix de 1978). Ce chiffre confirme la faible capitalisation relative (cf. pièce jointe No 2) et met en lumière l'intensité relative en main-d'oeuvre des petites IME et leur poten- tiel de création d'emploi, dans le contexte des objectifs fixés par l'tat pour le secteur industriel. Tableau 2 VENTILATION SOUS-SECTORIELLE DES PROJETS DU FOPRODI EN 1978 Nombre de projets Montant investi Sous-secteur du FOPRODI Investiesement Emplois par emploi (en dinars) (en dinars) - IME 19 18 % 2.766.600 506 5.467 - Textile/cuir 10 10 % 533.750 208 2.566 - Matériaux de construction 15 15 % 4.378.800 626 6.994 - Denrées alimen- taires 34 33 % 4.381.510 722 6.068 - Construction/ travaux publics 6 6 % 621.035 490 1.267 - Divers magu- facture 19 18 % 2.581.547 446 5.788 Total 103 100 % 15.263.242 2.998 5.091 /a Dont 6 projets dans les transformations ou les services mécaniques généraux. Source FOPRODI, 1978 107 - ANNEXE III Page 8 de 18 Financement 15. Comme c'est le cas pour les petites entreprises des autres secteurs, la croissance des petites IME est limitée par le manque d'accès aux sources de financement institutionnelles, en particulier pour les très petites entrepri- ses. Il est difficile d'évaluer les dimensions exactes du problème, car les petites entreprises sont réticentes à fournir des renseignements sur leur po- sition financière et les banques commerciales n'ont guère l'expérience de pe- tites entreprises. 16. Il ressort d'entretiens avec les chefs d'entreprises que les projets (nouveaux investissements ou expansion) sont généralement financés au moyen d'emprunts contractés auprès de parents ou d'amis ou des bénéfices de l'entre- prise. Les firmes qui ont fait état de contraintes financières ont insisté sur le fait qu'elles avaient des difficultés à se procurer des fonds de roule- ment. En fait, certaines IME n'opèrent qu'en obtenant que leurs clients les payent d'avance. L'incertitude de l'approvisionnement en matières premières (par. 10) et le manque de fonds de roulement placent les petites IME à la merci des fluctuations saisonnières du marché. 17. En 1974, le Gouvernement, désireux de promouvoir les petites entre- prises, a créé le FOPRODI (Fonds de promotion et de décentralisation indus- trielle), financé par le budget, en vue de fournir une assistance financière aux petits projets industriels, en particulier à l'extérieur de Tunis. Ce fonds est administré par l'intermédiaire de banques participantes qui sont censées compléter les plans de financement des projets qui bénéficient d'une assistance du FOPRODI au moyen de prêts provenant de leurs propres ressources ordinaires. De décembre 1976, date à laquelle il a commencé à fonctionner, à décembre 1978, le FOPRODI a approuvé 226 projets, pour un investissement to- tal de 26.787 millions de dinars, dont le FOPRODI a financé environ 24 %. Il ressort des statistiques sectorielles pour 1978 que les investissements des petites IME qui bénéficient de l'aide du FOPRODI ne représentent que 16 % de l'investissement total du secteur des IME. Par conséquent, les petites IME en particulier continuent d'avoir plus de mal à obtenir des crédits bancaires que d'autres emprunteurs. En effet, les banques commerciales ne souhaitent pas accorder de prêts aux petites IME, car elles jugent que ces dernières repré- sentent un risque excessif et estiment qu'il y a déjà trop de double emplois dans le secteur (par. 6b). Appui institutionnel 18. Comme les autres petites entreprises, les petites IME pâtissent du manque d'appui institutionnel. En effet, la politique relative aux petites entreprises est caractérisée par une dispersion des responsabilités institu- tionnelles à l'égard des petites entreprises et par un système de mesures d'incitation favorisant les grandes entreprises modernes. Toutefois, les deux - 108 - ANNEXE III Page 9 de 18 derniers plans accordaient une attention accrue à l'assistance financière et technique aux petites entreprises. Les mesures d'incitation, fiscales notam- ment, ne sont toutefois guère favorables aux petites entreprises, car leurs avantages sont limités par les critères généraux d'éligibilité pour bénéficier des avantages qui s'attachent à l'investissement. 19. Les autorités tunisiennes reconnaissent elles-mêmes que les petites entreprises restent en dehors du système ordinaire d'incitations (loi 1974-74). En effet, pour bénéficier des mesures d'incitations, les nouvelles entreprises doivent compter au moins 10 employés permanents, ce qui élimine la majeure partie des petits ateliers. En outre, 30 % de l'investissement doit être fi- nancé au moyen des ressources propres de l'investisseur, ce qui n'est pas tou- jours facile pour un petit industriel qui présente des projets de plus de 75.000 dinars. De surcrolt, l'exonérat,on de l'impôt sur le revenu augmente avec le nombre d'emplois, quel que soit le montant de l'investissement, comme l'indique le tableau ci-dessous : Tableau 3 : EXONERATION DE L'IMPOT SUR LE REVENU - LOI 1974-74 Catégorie Nombre de nouveaux emplois permanents Taux d'exonération A 10 - 20 40 % B 21- 50 60 % C 51 - 100 70 % D 101 - 150 80 % E 151 et plus 90 % Alors que ce système est censé encourager la création d'emplois, les entreprises les plus petites en sont exclues et les firmes qui emploient entre 10 et 50 personnes sont moins avantagées que les firmes plus importantes. En d'autres termes, l'exonération fiscale n'est pas liée à l'investissement par emploi nouveau et le choix des techniques n'en est pas influencé. 20. Les autorités encouragent les entreprises à s'installer en dehors de Tunis en leur accordant une année d'exonération supplémentaire, des subven- tions pour les travaux d'infrastructure et des taux d'intérêt subventionnés pour certains prêts assimilés à des participations au capital, pour compléter -. le capital appartenant au propriétaire. En théorie, ces mesures s'adressent aux petites et moyennes entreprises, mais là encore, les entreprises les plus petites, de moins de neuf employés permanents, sont exclues. La loi 1972-38 prévoit des mesures spéciales en faveur des firmes à vocation exportatrice, notamment l'exonération totale ou partielle pour un maximum de 20 ans, l'exo- nération des droits des douanes sur les importations de matériel et de biens intermédiaires, l'exonération de la taxe sur le chiffre d'affaire pour les achats auprès des fournisseurs tunisiens et le droit accordé aux bailleurs de fonds non résidents d'utiliser librement les gains provenant des exportations. - 109 - ANNEXE III Page 10 de 18 Ces concessions encouragent les entreprises étrangères sans toutefois favori- ser la sous-traitance locale ni les retombées locales qui pourraient stimuler les petites entreprises. Enfin, la passation des marchés de fournitures par les organismes d'Etat ne fait pas ressortir un effort spécial en faveur des petites entreprises. 21. Certes, les petits ateliers peuvent généralement pratiquer l'évasion fiscale plus facilement que les grandes entreprises, mais cela est dû au fait qu'ils sont incapables de tenir une comptabilité correcte et la possibilité d'évasion les dissuade d'appliquer une bonne comptabilité. La seule véritable incitation fiscale en faveur des petites entreprises est l'exonération de la taxe à l'enregistrement. Par ailleurs, les milieux gouvernementaux envisagent la possibilité de réduire les taux d'imposition sur le revenu pour les petites entreprises. 22. Différents organismes d'Etat Sont chargés d'appliquer les règlements administratifs et les mesures touchant les petites entreprises (la Direction de l'industrie, du Ministère de l'économie; l'A.P.I.; l'Office de l'emploi du Ministère des affaires sociales; le Ministère des finances; etc.). L'absence de communications et de critères uniformes entre ces organismes freine l'éla- boration de règlements cohérents et de programmes intégrés d'appui aux peti- tes entreprises. Cette fragmentation engendre également des chevauchements entre les différents programmes, des rivalités entre organismes ainsi qu'une certaine inertie, autant d'éléments qui concourrent à réduire l'efficacité du schéma. Un système national d'assistance technique en faveur des petites en- treprises vient d'être mis en place à l'API, pour aider les entrepreneurs à identifier, en coopération avec la CNEI, à préparer et à exécuter des projets. En outre, la BDET comprend aussi un service des petites entreprises. Il est encore trop tôt pour savoir si ce système, qui constitue un pas dans la bonne voie, sera réellement efficace. Contraintes et besoins en matière de développement 23. Deux grandes séries de contraintes entravent le développement de pe- tites IME. Le premier type de contraintes est inhérent aux petites unités de production et a trait aux problèmes interdépendants, liés à la qualité de la production, aux prix, et à la ponctualité des livraisons. Pour remédier à ces problèmes, il faudra a) améliorer les techniques de production en moderni- sant sélectivement le matériel, de façon à obtenir la qualité nécessaire pour pouvoir sous-traiter d'abord, et exporter ultérieurement; b) améliorer l'orga- nisation des opérations de production (notamment la sélection de la gamme de produits, l'acquisition des matières premières, les qualifications de la main- d'oeuvre, l'organisation de la production), de façon à accroltre l'efficacité et réduire les coûts de production. Les paragraphes 25 et 26 contiennent des recommandations spécifiques concernant la promotion des petites industries en général et des petites IME en particulier. - 110 - ANNEXE III Page 11 de 18 24. Le deuxième type de contraintes réside essentiellement dans le manque d'appui institutionnel concret au niveau du Gouvernement pour le développement des petites IME (et des petites entreprises en général). Bien qu'il s'agisse là de facteurs exogènes, il sera nécesaire d'y remédier pour compléter et ren- forcer les mesures prises au niveau des entreprises. A cet effet, il faudra adopter des programmes spécifiques en vue de promouvoir et de faciliter le dé- veloppement des petites IME. Les principales mesures à prendre sont : a) ins- tituer des mesures d'incitation et des mécanismes d'assistance technique et financière pour aider les petites entreprises existantes et encourager la création de nouvelles entreprises; b) octroyer des mesures d'incitation pour promouvoir la sous-traitance entre moyennes et petites entreprises et encoura- ger les achats par le Gouvernement de fournitures aux petites entreprises, de façon à mettre en place une structure industrielle plus intégrée; c) standar- diser les produits au stade final ainsi qu'au stade intermédiaire, afin d'éta- blir des normes de qualité et faciliter le contrôle de la qualité; d) organiser l'achat groupé des matières premières qui doivent être importées, afin de ré- duire les prix d'achat et éliminer la nécessité de conserver des stocks impor- tants; e) renforcer les fournisseurs locaux, afin d'intensifier la concurrence en général et obtenir une meilleure efficacité. Le cadre institutionnel appro- prié est décrit au paragraphe 27. Programme de développement pour les petites IME et les petites entreprises 25. Le programme d'assistance financière doit fournir aux petites entre- prises une source spéciale de crédits d'investissement et de capitaux de rou- lement permanents. Il devrait en outre comprendre un mécanisme de garantie offrant une sorte d'assurance aux petites entreprises pauvres qui ne peuvent pas fournir de garanties élevées aux banques commerciales. Le programme d'assistance technique devrait couvrir les aspects suivants : a) promotion de l'esprit d'entreprise et assistance au stade du préinvestissement. Cette activité consisterait à aider les en- trepreneurs, en puissance et établis, à formuler des projets justifiant l'octroi d'une aide financière, au moyen d'enquêtes régionales, de rapports de faisabilité, etc.; b) fourniture de conseils techniques pour la sélection et l'utili- sation des matériaux et du matériel, la planification et le con- trôle de la production; c) fourniture de conseils en vue d'améliorer la conception, la qua- lité et les normes des produits; d) fourniture de conseils en matière de gestion, dans les domaines de la planification financière, de la comptabilité, de l'organi- sation, du personnel, etc.; - 111 - ANNEXE III Page 12 de 18 e) fourniture d'une assistance en matière de commercialisatiûn, dans le domaine des marges bénéficiaires, des méthodes publicitaires, des circuits de commercialisation; f) promotion de la sous-traitance entre grandes et petites indus- tries par l'intermédiaire du Service d'assistance technique, qui diffuserait des renseignements; g) mise en place de services communs publics (jusqu'à ce que ceux-ci puissent opérer commercialement), tels que stock d'outils, labo- ratoires de tests et de contrôle de la qualité, location de maté- riel spécialisé, ateliers de réparations. 26. La plupart des activités énumérées ci-dessus se déroulent dans le cadre du système d'assistance technique instituée par le projet de petites entreprises de la Banque (activités (a), (b), (d), et (e)). Ce programme constitue un pas dans la bonne direction et joue déjà un rôle positif. Cependant, il conviendra, pour favoriser le développement des peti- tes IME, de mettre l'accent sur les aspects ci-après : i) promotion de la sous-traitance entre grandes et petites entre- prises : il faudra pour cela diffuser des renseignements sur les possibilités de sous-traitance, réunir fournisseurs et clients, faciliter la négociation des marchés et aider les petites entre- prises à remplir les commandes, surtout du point de vue de la qualité des produits, de la ponctualité de la livraison et du ni- veau des prix, autant d'aspects cruciaux pour la participation de petites entreprises à la production des grandes entreprises. Il serait également possible d'organiser des rencontres commerciales de sous-traitants, à l'occasion desquelles les pièces et les com- posantes requises par les grandes industries sont exposées,et d'aménager des zones industrielles auxiliaires pour les petites entreprises, généralement au voisinage des grandes entreprises. Ces mesures renforceraient les programmes publics de sous- traitance en faveur des petites entreprises proposés au para- graphe 24 (b). ii) suivi de la qualité il conviendrait à cette fin de mettre en place un système de normes préétablies (basées sur les spécifica- tions internationales et nationales), d'aider les petites entre- prises à remplir ces normes et de leur donner des conseils sur les méthodes de contrôle de la qualité, telles que les techniques de tests sur échantillons, les tableaux de contrôle, etc. Il faudrait également envisager d'utiliser des camions équipés de machines et de matériel pour des actions de promotion, de forma- tion et de démonstration, et pour l'entretien dans les localités - 112 - ANNEXE III Page 13 de 18 isolées. A ce propos, la recommandation au Ministère de l'indus- trie tendant à créer un Centre Technologique pour le contrôle de la qualité industrielle est fortement indiquée. iii) organisation de services de vulgarisation et de programmes de formation spéciaux ( ,.s les établissements d'enseignement tech- nique, ainsi que dans les centres d'apprentissage, fonctionnant déjà), en vue de développer, de moderniser et de sanctionner les aptitudes techniques des travailleurs de niveau intermédiaire. 27. Les circonstances actuelles appellent la création d'un système effi- cace de coordination et de coopération (ou de division du travail) pour tirer le bénéfice maximum des services combinés des différents organismes compétents (ou intéressés) en matière de développement des petites entreprises (CNEI, AFI, UTICA, instituts techniques, écoles de commerce et de gestion, laboratoires de contrôle de la qualité, etc.). Toutefois, pour donner aux programmes d'assis- tance technique et financière décrits ci-dessus une efficacité optimale, il faudra mettre en place un cadre institutionnel plus approprié et plus intégré que celui du FOPRODI. Parmi tous les systèmes possibles, le plus approprié et le plus commode dans l'environnement tunisien, semble être celui qui utilise- rait les banques commerciales en tant qu'intermédiaires financiers et regrou- perait les programmes d'assistance technique et de garantie en un seul orga- nisme autonome, placé sous la tutelle du Ministère de l'industrie. Cette com- binaison semble la plus logique et devrait contribuer à simplifier les procé- dures d'étude des prêts et permettre de préparer les projets plus facilement et de les exécuter plus rapidement. Elle offrirait la possibilité d'unifier les critères sectoriels utilisés pour évaluer et approuver les projets des pe- tites entreprises. En outre, un organisme unique coordonnerait les activités de promotion de l'investissement des petites entreprises et deviendrait la contrepartie opérationnelle centralisée des petites entreprises en dehors du Gouvernement. Il suffirait, pour créer cet organisme, d'agrandir et de mieux structurer l'Unité petite industrie existante créée au sein de l'API dans le cadre du projet pilote de la Banque. L'exécution du programme d'assistance financière continuera de relever des organismes financiers existants. Perspectives de développement des petites IME 28. L'exiguité du marché local et le manque de tradition dans une branche industrielle qui exige de bonnes connaissances techniques et commerciales et une main-d'oeuvre qualifiée limite les perspectives de croissance (exporta- tions et substitution des importations) dans les petites entreprises électri- ques et mécaniques. Les petites IME pourraient néanmoins jouer un rô.e dans certains secteurs, à condition que les contraintes soient éliminées et que les conditions citées ci-dessus soient remplies. Il n'en demeurerait pas moins difficile pour les petites IME de livrer une concurrence efficace aux grandes - 113 - ANNEXE III Page 14 de 18 entreprises opérant dans les mêmes secteurs, et surtout aux sociétés étrangè- res, dans le domaine de la production de biens d'équipement. Les perspectives sont meilleures dans les secteurs de biens électromécaniques intermédiaires et de consommation (par. 29). Toutefois, l'exiguité du marché intérieur et l'ex- cédent de capacité semblent s'opposer à l'expansion de nombreuses chalnes de producion standard simples (petite quincaillerie, par exemple). Les petites IME tunisiennes devraient donc se tourner vers la fabrication et le montage de biens intermédiaires plus complexes et de services et produits spéciaux orien- tés vers des besoins locaux. Avec les atouts dont elles disposent, notamment la faiblesse des frais généraux, la flexibilité et la souplesse des opérations, les petites IME peuvent jouer un rôle appréciable dans le développement du secteur en appuyant et en complétant les activités des grandes de biens inter- médiaires plus complexes et de services et produits spéciaux orientés vers des besoins locaux. Avec les atouts dont elles disposent, notamment la faiblesse des frais généraux, la flexibilité et la souplesse des opérations, les petites IME peuvent jouer un rôle appréciable dans le développement du secteur en ap- puyant et en complétant les activités des grandes entreprises. On estime par conséquent, que les meilleures perspectives de développement des petites IME se trouvent dans les quatre secteurs suivants : a) production de certains biens de consommation et de facteurs de production intermédiaires pour les autres sociétés; b) travaux effectués en sous-traitance pour les grandes entreprises; c) production de biens présentant des caractéristiques spéciales pour les besoins locaux; d) entretien/service après vente des biens de consommation et de matériel simples. 29. Plus précisément, les petites IME pourraient contribuer particulière- ment à trois types d'activités de production : a) les industries liées à l'automobile, à condition que les pièces et composantes soient normalisées au niveau national et que la gamme des produits de l'entreprise soit choisie de façon à ce que le matériel et la capacité soient utilisés de la façon la plus efficace possible; b) les ouvrages métalliques; et c) les biens électriques, à condition que les entreprises ne se diversifient pas de façon excessive dans ces deux derniers secteurs et trouvent les partenaires techniques dont elles ont besoin pour le transfert des techniques et en particulier pour organiser la commercialisation de leur production. 30. Les petites IME devraient également jouer un rôle important dans la sous-traitance d'activités mécaniques où elles peuvent effectuer l'usinage de précision de pièces mécaniques au moyen de machines universelles, au lieu de - 114 - ANNEXE III Page 15 del8 matériel de précision spécialisé. (Ce potentiel peut être amélioré par un pro- jet de moteurs Diesel et de tracteur en préparation, mais il est subordonné au degré d'intégration qui sera choisi pour le projet). Le matériel des petites IME pourrait être utilisé à pleine capacité pour des travaux d'entretien com- plémentaire sur les pièces et les composantes de rechange. 31. Dans le domaine des charpentes métalliques et de la chaudronnerie, le potentiel des petites IME est amoindri par des déséconomies d'échelle et par l'existence d'une capacité excessive, à l'exception toutefois des travaux sur commande d'un poids allant jusqu'à une tonne, et de la production de pièces plus petites, par exemple, les conteneurs à concurrence de 400 kg. L'avantage présenté par les petites unités dans le domaine de la fonderie réside essen- tiellement dans leur capacité de répondre aux besoins locaux et de produire des articles spéciaux, sur commande, grâce à la souplesse de leurs opérations. Gammes de produits recommandées pour les petites IME 32. Pour résumer, les gammes de produits ci-après sont considérées comme les plus prometteuses, à condition toutefois que les contraintes identifiées aux paragraphes 23 et 24 soient éliminées : a) Activités annexes de l'automobile : production de filtres, freins, essuie-glace, jantes, amortisseurs, avertisseurs; b) Ouvrages métalliques : coutellerie, outillage manuel agricole et mécanique, petites structures tubulaires, robinetterie, meu- bles métalliques, huisseries métalliques; c) Mécanique et appareils électriques : usinage de biens intermé- diaires, de pièces, de composantes, et travail à façon pour l'en- tretien et la réparation; fabrication de petits transformateurs, centraux, résistances fixes et condensateurs, de petits appareils électroménagers tels que mixers, moulins à café, ventilateurs, etc. et de petit matériel agricole simple spécialisé pour répon- dre aux besoins locaux (pompes spéciales, par exemple); d) Chaudronnerie et charpentes métalliques : travaux généraux de services et de maintenance, construction de petites cuves, chau- dières, etc., de pièces sur commande (portes roulantes, etc.), grillages, garde-fous, etc. e) Fonderie : travaux généraux de maintenance et d'entretien, pro- duction de pièces de fonderie à caractéristiques spéciales, no- tamment couvercles de trou-d'homme et de pièces de rechange pour les autres industries. - 115 - ANNEXE III Page 16 de 18 ANNEXE III - Pièce jointe 1 - Composition des sous-secteurs des IME 1. Métaux de base-: Acierie, fonte, barres et ronds de fer Plomb et produits primaires en plomb 2. Fonderie, chaudronnerie, industries électriques Fonderie et moulages de fonte/de fer et d'acier Charpentes métalliques et chaudronnerie Récipients d'acier Matériel agricole Toutes industries électriques 3. Ateliers et réparations mécaniques Montage d'automobile Pièces et montage de camions 4. Ouvrages métalliques Outillage manuel Ecrous et boulons, ressorts, grillages Quincaillerie générale, serrurerie Fournaux non électriques Huisseries d'aluminium Mobilier et accessoires métalliques 5. Construction et réparation navales - 116 - ANNEXE III Page 17 de 18 Pièce jointe 2 ALLOCATION ET UTILISATION DES FACTEURS DE PRODUCTION DANS LES IME EN TUNISIE 1. Fonction de production des industries mécaniques et électriques en Tunisie Grâce aux chiffres relatifs à la valeur ajoutée, à l'emploi et au ca- pital dans les industries manufacturières, il a été possible d'ajuster, sur une série chronologique 1969-1977 pour le secteur des IME, une fonction de production de la forme Cobb-Douglas A.(K) .(L)o, où ck = 0,466, et6 = 0,534. Dans une économie de marché où le prix relatif des facteurs reflèterait cor- rectement leur rareté relative et où les entreprises alloueraient correctement les facteurs de production en fonction des prix, les parts de la valeur ajou- tée allant à l'équipement et à la main-d'oeuvre seraient respectivement égales à o( etA . 2. Allocation et utilisation effectives des facteurs de production La part effective b (a) de la valeur ajoutée affectée à la main- d'oeuvre (capital) peut différer de,£ (o() dans certaines strates de l'indus- trie de transformation,et il est démontré que le rapport b//3 représente le rapport entre l'intensité de main-d'oeuvre effective et l'intensité de main- d'oeuvre correcte, et peut par conséquent être considéré comme un indicateur d'efficacité de l'utilisation et de l'intensité de la main-d'oeuvre dans le processus de production. Les chiffres provenant de l'enquête industrielle de 1976 permettent de calculer la part b séparément pour les entreprises de différentes tailles, et en particulier pour les petites entreprises. Le tableau ci-après résume les valeurs correspondantes du rapport b/&. Indicateur d'efficacité b//& de l'utilisation de la main-d'oeuvre dans les IME Taille de l'entreprise Total MGE1 (nombre de travailleurs) /5-20/ /20-50/ PI /50+/ TOTAL Sous-secteur : Métaux de base - 0,56 0,56 1,17 1,14 Fonderies, chaudronnerie, électricité 1,17 1,39 1,34 0,99 1,02 Ateliers mécaniques 1,01 1,05 1,03 0,56 0,61 Ouvrages métalliques 1,16 0,63 0,71 0,97 0,92 Chantiers navals 0,79 1,67 1,03 1,00 1,00 Toutes IME 1,05 1,00 1,01 0.89 0.90 1/ Moyennes et grandes entreprises - 117 - ANNEXE III Page 18 de 18 Pièce jointe 2 Il ressort de ces indicateurs que les petites entreprises en général, et en particulier celles de moins de 20 travailleurs, allouent à la main- d'oeuvre une part plus élévée de leur valeur ajoutée que ne le justifie la productivité marginale de la main-d'oeuvre. Etant donné que cette part re- flète l'intensité de l'utilisation de la main-d'oeuvre aux prix relatifs des facteurs de production en vigueur, ceci montre également que les petites en- treprises tendent à être généralement sous-capitalisées, par comparaison no- tamment avec les grandes entreprises; et ceci entraine que la valeur ajoutée par travailleur est relativement faible dans les petites entreprises, comme le montre le tableau ci-après : Indice de la valeur ajoutée par travailleur (moyenne sectorielle = 100) Taille de l'entreprise Total MGE (nombre de travailleurs) /5-20/ /20-50/ PI /50+/ TOTAL Sous-secteur Métaux de base - 192,0 192,0 98,0 100 Fonderies, chaudronnerie, électricité 50,8 67,9 63,2 107,4 100 Ateliers mécaniques 30,9 41,9 35,8 121,7 100 Ouvrages métalliques 29,0 100,5 74,0 109,3 100 Chantiers navals 137,2 29,6 69,0 103,1 100 Toutes IME 41,0 68,7 57,9 109,0 100 Source Enquête industrielle de 1976 La valeur ajoutée élevée par ouvrier obtenue par les petites entre- prises dans les sous-secteurs des métaux de base et de chantiers navals s'ex- plique par la forte intensité du capital (b/u<l) combinée à une utilisation ef- ficace du capital. En revanche, dans les ouvrages métalliques, les petites entreprises de 20 à 50 travailleurs utilisent aussi beaucoup de capital Cindicateur b/,&) mais n'atteignent pas un niveau de productivité en rapport avec l'inten- sité du capital. Dans tous les autres cas, les petites entreprises sont sous- capitalisées, d'où une faible productivité de la main-d'oeuvre. Il semble nécessaire de consentir un effort d'assistance financière pour moderniser et améliorer le matériel, et d'assistance technique en vue d'assurer l'utilisa- tion efficace du matériel moderne par la main-d'oeuvre dans ces entreprises. APPENDICES STATISTIQUES Appendix 1.1/ 118 Appendice 1.1 TUNISIA - GROWTH OF VALUE ADDED/ TUNISIE - CROISSANCE DU PIB (in percent based on levels in constant prices) (en pourcentages, sur la base des valeurs aux prix constants) 1962-1969 1970-1978 Contribution to Contribution to Growth Rate/ GDP Grcwth/ Growth Rate/ GDP Growth/ Taux de Contribution à Taux de Contribution à Croissance croissance P1B Croissance croissance PIB (par anntm) (par annum) Agriculture 0.2 0.'7 10.8 16.0 Agriculture Mining 17.3 14.9 3.4 2.3 Industries extractives Electricity and Water 13.6 4.6 8.5 1.9 Energie et eau Manufacturing 6.4 13.2 9.7 12.4 Industries manufacturiires Food processing - 1.4 - 1.5 7.8 3.5 Industries agricoles et allr.entaires Textiles, leather 20.5 4.8 12.7 3.6 Textile/honfection Mechanical/electrical 18.0 3.5 8..8 1.5 Industries mécaniques et électriques Construction materials 10.8 1.9 10.4 1.2 Matériaux de construction Chem.cals 14.0 2.1 9.7 1.2 Chimie caoutchouc Other 17.8 2.4 10.7 1.4 Divers Construction 5.1 11.0 9.3 9.2 Bâtiment et T.P. Services 4.1 55.6 8.7 58.2 Services GDP at factor cost 4.2 100.0 8.2 100.0 PIB aux coÛts facteurs Source: Ministry of Planning/ iInistère du rlan .76 Appendim 1.2/ - 119 - Appendice 1.2 TUNISIA - SECTORAL SHARES IN GDP/ TUNISIE - DISTRIBUTION DU PIB PAR SECTEUR (in percent based on levels in current prices) (an pourcentages, sur la base des valeurs aux prix courants) 1961 1969 1976 1978 Agriculture 23.7 17.2 20.6 18.1 Agriculture Mining 2.1 6.0 7.9 7.7 Industries extractives Electricity and Water 1.2 2.0 1.7 1.7 Eergie at eau Manufacturing 7.7 10.0 10.6 11.0 Industries manufacturidres Food processing 5.5 3.9 3.7 3.2 Industries agricoles at alimentaires Textiles, leather 0.4 1.9 2.7 2.6 Textile, confection EMIs 0.5 1.4 1.5 1.6 in Construction materials 0.6 0.9 0.9 1.3 Mat4riaux da construction Chemicals 0.4 0.9 0.7 1.0 Chimia caoutchouc Other 0.8 1.0 1.2 1.3 Divers Construction 7.2 8.6 9.8 10.5 Bitiment et T.P. Services 58.1 56.2 49.4 51.0 Services GDP at factor cost 100.0 100.0 100.0 100.0 PIB aux cofts facteurs Structure of Manufacturing (Z)/ Structure des Industries ManufacturiAlres (Z) 1975 Tunisia - 1976 Korea Mexico Brazil Turkey Spain Food Processing 34.7 21.2 22.7 17.1 32.6 13.5 Industries agricoles et alimentaires Textiles/leather 25.8 22.0 10.0 13.2 19.9 15.7 Textile, confection EMIs 13.6 21.0. 33.7 32.0 18.9 31.0 na Construction Materials 8.1 5.6 5.2 5.9 4.0 8.4 Matsriaux de ;onstruction Chemicals 6.4 21.8 18.0 18.8 20.6 19.1 Chimie - caourchouc Others 11.4 8.4 10.4 13.0 4.0 12.3 Divers TOTAL 100.0 100.0 100.0 100.0 100.0 100.0 Total TUNISIA - INVESTMENT #Y AGENT TUNISIE - INVESTISSEHENTS PAR AGENTS (in millions of dinars, at current prices) (en million# de dinars, aux prix courants) 1969 1970 197l 1972 1973 1974 1975 1976 1977 1978 Administration 54.0 42.7 40.7 46.1 45.4 65.4 76.8 92.2 121.8 137.9 Administration Public enterprises 39.7 48.1 65.9 77.1 76.0 96.5 165.2 227.0 306.2 361.3 Entreprises publiques Privat. enterprises 35.1 38.8 44.2 65.0 88.8 110.3 137.9 144.1 125.5 137.8 Entreprises priviez Householde 19.2 21.9 21.8 26.0 27.4 43.3 70.7 86.7 91.5 113.0 Ménages Total Investment 148.0 151.5 172.6 214.2 237.6 315.5 450.6 550.0 645.0 750.0 Investissement total Public sector 93.7 90.8 106.6 123.2 121.4 161.9 242.0 319.2 428.0 499.2 Par le secteur public Private sector 54.3 60.7 66.0 91.0 116.2 153.6 208.6 230.8 217.0 250.8 Par le secteur privé Inveatment by enterprises 74.8 86.9 110.1 142.1 164.8 206.8 303.1 371.1 431.7 499.1 Investissements des entreprises of which in manufacturing 16.0 17.8 29.9 25.7 33.4 58.5 83.5 83.7 126.2 164.9 dont: industries manufacturières - public 10.8 10.9 14.1 12.6 13.6 23.7 34.3 45.9 81.0 118.2 - publiques - private 5.2 6.9 5.8 13.1 19.8 34,8 49.2 47.8 45.2 46.7 - priv6es of which In machanical and electrical industries 2.0 2.3 3.5 3.4 4.6 8.6 6.5 10.9 14.8 17.1 dont: INEs - public 1.0 1.7 2.8 1.9 2.6 5.1 1.6 5.1 8.3 10.1 - publiques - private 1.0 0.6 0.7 1.5 2.0 3.5 4.9 5.8 6.5 7.0 - privées Source: Ministry of Planning/ Ministère du Plan CL 0 121 -i Appendix I.4/ Appendice 1.4 TUNISA - PUBLIC INVESTMENT IN MANUFACTURING/ TUNISIE - INVESTISSEMENTS PUBLICS DANS LES INDUSTRIES MANUFACTURIERES (as Z of total) (en % du total des investissements) 1961-68 1969-72 1973-76 1977-78 Food Processing 79 66 28 40 Industries agsicoles at Textiles, leather 88 35 16 18 Textile, confection EMIs 94 67 51 58 1Ins Construction Materials 93 80 73 86 Matdriaux de construction Chemicals 59 88 65 92 Chimie - caoutchouc Others 76 71 15 21 Divers Total Manufacturing 86 67 47 68 Industries manufacturiares totales PULIC EMLOMENT IN MANUFACTURING/ EPLOI DANS LES INDUSTRIES MANUFACTURIERES PUBLIQUES Z Total Subsector/ 1976 ('000) Z dU total du sous-secteur Food Processing 4.1 18.6 ndustretagricoles at Textiles, leather 16.6 10.4 Textile, confection EbIs 9.4 34.1 IEs Construction Materials 6.9 30.3 Matiriaux de construction Chemicals 4.4 61.9.. Chimie - caoutchouc Others 4.0 12.2 Divers Total Manufacturing 45.4 16.7 Industries manufacturiires totales Source: Ministry of Planning/Ministire du Plan Budget Economique 1979 TUNISIA - EXPORTS OF GOODS, FOB/ TUNISIE - EXPORTATIONS EN VAIEUR, FOB (in millions of dinars et current prices) (Ilillions de Dinars; aux prix courants) 1969 1970 1971 1972 1973 1974 1975 1976 1977 1978 Agricultural products 9.5 11.4 11,7 11.8 14.4 12.6 15.1 15.6 20.8 24.0 Produite agricoles Mining products 13.4 18.5 18.0 15.2 15.0 51.5 50.1 29.6 26.9 25.3 Produits miniers Enargy 22.7 26.1 31.9 41.2 53.6 142.7 150.6 143.2 166.7 181.8 Produits pétroliers Manufacturing 43.6 42.8 55.6 92.3 95.8 190.9 129.8 149.9 187.6 207.9 Produits manufacturis Food processing 20.6 18.3 30.8 53.2 44.7 88.0 53.3 54.2 41.7 47.9 Industries agricoles et alimentaires > Construction matérials 1.6 1.2 1.0 1.4 1.1 1.5 0.9 0.5 0.5 0.9 Matériaux de construction Mechanical and Elactrical products 6.3 9.2 4.9 7.3 12.6 17.3 8.8 9.8 10.9 14.9 Produits mécaniques et électriques Chemicale 8.7 8.9 9.7 12.8 18.0 51.9 32.6 35.5 47.0 51.3 chimie caoutchouc Textiles 1.7 2.0 4.3 8.4 11.3 22.0 27.2 43.3 77.2 83.2 Textile Others 4.7 3.2 4.9 4.2 8.1 10.2 7.0 6.6 10.3 9.7 Divers Total Exporta 89.2 98.8 117.2 160.5 178.8 397.7 345.6 338.3 402.0 439.0 Exportations totales Manutactured Exporte, as % of Total* 48.9 43.3 47.4 57.5 53.6 48.0 37.6 44.3 46.7 47.4 Produits manufacturés, en Z du total Source: Ministry of Planning/ Ministère du Plan lui B.O s - 123' - Appendix I. 6/ Appendice 1.6 TUNISIA - PRODUTo, DEMAND AND FOREIGN TRADE TUNISIE - PRODUCTION, DEHANDE ET ECRANGES EXTERIEURS 1976 (MD) 1977 (MD) Local Local Produc- Demand/ Produc- Demand/ tion/ Exports/ Demands tion/ Demande Sous-secteur/ Produc- Expor- Imports/ IntL- Produc- Exports/ Imports/ IntA- Sous-secteur tion tations Imorts rieure tion Exports Imports rieure Food Industries 294.0 54.2 43.6 283.4 287.4 41.7 42.9 288.6 Industries agricoles at alimentaires Textiles/Leather 169.4 43.3 73.9 200.0 199-.0 77.2 90.3 212.1 Textileset confection Const. Materials 29.0 0.5 23.4 51.9' 40.2 0.5 31.4 71.1 Matfriux de construction EKIs 86.4 9.8 287.6 364.2 107.9 10.9 343.6 440.6 IMEs Chemicals 66.0 35.5 50.4 80.9 80.9 47.0 58.2 92.1 Chiate caoutchouc Others 51.3 4.0 51.2 98.5 57.1 4.3 61.5 114.3 Divers TOTAL 696.1 147.3 530.1 1078.9 772.5 181.6 627.9 1218.8 TOTAL Total Country 3?9.3 656.7 402.0 782.4 Total National Imports/Exports Production, as % Domestic . Demand/ Marginal Propensity to Production, en Z Demands Exports, as % Production/ Exports (1977/72), in %/ Sub-sector/ Int&rieure Exports. ea % Production Propension marginale i Sous-secteur 1972 1974 1976 1977 1972 1976 1977 1978 exporter (1977/72). en % Food Indust. 119 115 104 100 29.0 18.4 14.5 14.3 -18.6 Industries agricoles et alimentaires Text./Leathar 80 80 85 94 13.0 25.6 38.8 40.8 +50.9 Testiles at confection Const. Mat 80 55 56 57 9.2 1.7 1.2 1.6 - 3.6 Matiriauz de construction EMI 33. 30 24 24 18.3 11.3 10.1 12.0 + 5.3 IMEs Chemicals 79 105 82 88 43.7 53.8 58.1 55.8 +66.3 ch-ate cautchouc Others L 51 52 50 11.8 7.8 7.5 7.4 + 4.3 Divers TOTAL 79 74 65 63 24.3 21.2 23.5 23.1 +22.7 TOTAL Total Manufacturing Exports, Total Exports Manufacturfs an as Z Total Exports 57.5 44.3 46.7 47.3 % Total Exports Total Manufactured Imports, Total Imports Manufacturis an as % of Total Imports 83.4 82.8 81.4 n.a. 2 Total Imports EMI Imports, as % of Total Imports: 40.8 43.8 43.9 46.5 Imports IME en % Total Imports Source: Ministry of Planning/Minist&re du Plan TUNISIA - IMPORTS OF GOODS BY SECTOR, CIF TUNISIE - IMPOkTATIONS EN VALEUR, CIF (in millions qof dinarsat current prices) (an millions de diners aux prix couranta) 1969 1970 1971 1972 1973 1974 1975 1976 1977 1978 Agriculture 22.1 25.6 20.6 21.1 29.1 41.6 40.9 44.0 60.1 Produits agricoles Energy 5.7 6.7 6.9 17.9 23.3 56.9 56.3 73.0 85.1 Energie Manufacturing 120.0 135.5 103.4 195.9 233.6 390.2 475.6 539.7 637.2 Produits manufactur&s Food/processing 14.5 18.2 19.4 25.7 27.1 55,0 65.4 43.6 42.9 Industries agricoles at allmentaires Construction material 2.9 3.1 3.0 5.3 7.6 16.9 18.8 23.4 31.4 Mstgriaux de construction Chemical industry 20.3 20.2 25.0 29.1 33.1 65.6 71.2 73.8 88.8 Industrie chimique Textiles 14.2 16.3 16.9 23.9 27.9 47.6 52.5 73.9 90.3 Textiles Mechanical and electrical 50.7 59.2 76.7 95.8 116.6 165.4 243.0 287.6 343.6 400.9 Produits mcaniques at Alectriques Other 17.4 18.5 22.4 16.1 21.3 39.7 24.7 37.4 40.2 Divers Total.Imports (CIF) 147.8 167.8 190.9 234.9 286.0- 488.7 572.8 656.7 782.4 863.0 Importations Totales Manufacturing imports as % of Total 81.2 80.8 85.6 83.4 81.7 79.8 83.0 82.2 81.4 n.a. Imports Manufacturfs, an I Total Imports EMI imports, as % of Total 34.3 35.3 40.2 40.8 40.8 33.8 42.4 43.8 43.9 46.5 Imports INE, en X Total Imports Source: Ministry of Planning / Miniatare du Plan -4 - 125 - Appendix 1.8/ Appendice 1.8 TUNISIA - INVESTMENTS AND IMPORTS OF EMI GOODS TUNISIE - INVESTISSEMENTS ET IMPORTATIONS DE PRODUITS DES IE 1973 1974 1975 1976 1977 1978 1. Gross Fixed Investments 237 316 461 570 645 750 Formation brute de capital (TD Millions) Fixé (FBCF) (TD Millions) 2. Imports of EMI Goods 117 165 243 293 339 401 Importations de produits des IME (TD Millions) (TD Millions) 3. Domestic Demand for EMIs 150 210 305 374 431 510 Demande intérieure pour produits (TD Millions) IM (TD Millions) Growth Rate of 1 (Z) 33.3 45.9 23.6 13.2 16.3 Taux de croissance de 1 (X) Growth Rate of 2 (Z) 41.0 47.3 20.5 15.7 18.3 Taux de croissance de 2 (Z) Grovth Rate of 3 (Z) 39.9 45.2 22.6 15.2 18.3 Taux de croissance de 3 (Z) 1.08 ) Elasticity EMI Imports/Investments 1.23 1.03 0.87 1.19 1.12 Elasticité Imports IME/FBCF Elasticity EM Demand/Investments 1.20 0.98 0.96 1.15 1.12 Elasticité Demande IME/FBCF 1.07 -) Source: National Accounts of Tunisia /Comptes Nationaux de la Tunisie Appendix 1.7 /Appendice. I.7 T[XISIA - DIRECT FOREIGN INVESTHENT BY SECTOR TUNISIE - INVESTISSEHENTS ETRANGERS, PAR SECTEUR (in millions of dinars, at current prices) t-on millions de dinars, aux prix courants) 1969 1970 1971 1972 1973 1974 1975 1976 1977 1978 197-8 % Petroleum Industry 6.2 6.6 10.5 14.0 22.9 22.2 22.1 43.8 31.1 29.0 , 185.1 77 Industrie petrolière Manufacturing -- -- -- 1.6 1.9 -- 2.4 5.4 9.0 10.0 30.3 12 Industries manufacturières Tourism 2.1 2.5. 2.0 -- -- -- -- -- -- -- -- Tourisme r Financial Institutions -- 1.2 -- -- 1.0 0.7 2.0 1.6 -- 1.0 6.3 3 Institutions financières Others 2.2 -- -- -- -- -- 0.9 1.5 13.4 4.0 19.8 8 Autres TOTAL *10.5 10,3 12.5 15.6 25.8 22.9 27.4 52,3 53.5 44.0 241.5 100 TOTAL Source: Ministry of Planning/ Ministère du Plan TVNISIA - PROJECT IMPIHEfNATION UNDER AW 72-38 (1973-76) TUNISIE - REALISATION DES PROJETS DANS LE CADRE DE l.A LI 1972-38 (1973-76) (investment in millions tn dinars, numbers of employmaent) (investissementq en millions de dinars, nombre d'emploie) Number at projects/ Invetent/Ivet emEmpoymentmpoi Nombre de proPets Investmnt Ratio ta Ratio -la Ratio in Par Job Percent/ Percent/ Percent/ (D'o0)/ Taux Taux Taux Investiaae- Approved/ Realisd/ de réali- Approved/ Realized/ de réali- Approved/ Raalized/ de réali- ment par Agrdis Réalisia Z* sation (Z) Privue Réaliss I sation (x) Aarés Rialisés Z astion (1) Emploi (D'000) By Nationality Par Nationalité Tunisian 18.00 14.43 29 80.1 4,341 1,937 10 44.6 62 42 18 67.7 7.45 ïunisian Mixed 56.15 24.84 49 44.2 17,087 8,929 48 52.3 133 81 34 60.9 2.78 Conjoints rI Foreign 63.76 10.92 22 17.1 21,415 7,671 42 35.8 171 116 48 67.8 1.42 Etranger TOTAL 137.91 50.19 100 36.4 42,843 18,537 100 43.3 366 239 100 65.3 2.71 TOTAL by Sector Par Secteur Food Industries 5.56 0.57 1 876 742 4 6 4 2 0.77 î.A.A. Textiles, leather 67.84 24.14 48 33,984 15,801 85 i 258 184 77 1.53 Textiles, confection Effl 36.46 2.47 5 4,511 780 4 49 25 10 .3.16 IMEs Construction Materials 0.30 - - 80 - - 2 - - - Matériaux de construction 4 O O Chmicals 22.17 21.34 43 552 473 3 10 7 3 45.11 Chimie caoutchouc Others 57 ,7 84 741 4 41 19 8 2.26 Divers TOTAL 137.91 50.19 100 42,843 18,537 100 366 239 100 2.71 TOTAL Source: API TUNISIA - BALANCE OF PAYMENT EFFECTS OF FOREIGN DIRECT INVESTMENT (1969-77) TUNISIE - EFFETS DES INVESTISSEMENTS ETRANGERS SUR LA BALANCE DES PAIEMENTS (1969-77) 1969 1970 1971 1972 1973 1974 1975 1976 1977 - A. Inflow Entrées Direct Investment 10.5 10.3 12.5 15.6 24.5 21.6 26.2 31.5 50.0 Investissements directs Office Expense - - - - - 2.0 1.0 12.3 13.7 Dépenses de bureaux Total 10.5 10.3 12.5* 15.6 24.5 23.6 27.2 43.8 63.7 Total Outflow Sorties Capital Repatriation 0.2 - 0.7 2.8 3.3 6.5 Repatriement de capital Repatriated Earninge 2.7 4.5 5.0 11.0 12.9 14,0 12.3 12.1 5.9 Repatriement de gaine Dividende 0.8 1.7 1.7 8.3 9.1 4.6 Dividende Technical Assistance ___ 2.0 1.1 1.0 1.1 1.9 2.2 Assistance technique Total 2.7 4.5 5.0 14.0 15.7 17.4 2à.5 26.4 19.2 Total Direct Balance of Effets directs sur la balance Payment Effects 7.8 5.8 7.5 1.6 8.8 6.2 3.7 17.4 44.5 des paiements B. Indirect Effecta/Export Promotion Law 1972 Effets Indirects/Exportations Loi 1972-38 Wages 0.4 1.7 4.1 9.6 14.0 Salaires Contribution to Government 0.1 0.4 0.9 2.1 3.1 Importe et taxes Services 0.1 0.6 1.8 4.9 7.1 Services Raw Materials 0.1 1.4 0.8 1.8 1.9 Matières premières Indirect Effects 4.1 7.6 18.4 26.1 Effets indirects C. Overall Effects 7.8 5.8 7.5 1.6 0.7 10.3 11.3 35.8 70.5 Effets Globaux Source: Banque Centrale de Tunisie (partie B) API "Contribution des Entreprises Exportatrices à l'équilibre de la Balance des paiements", Décembre 1977.
World Bank Group · Pre-2003 Economic or Sector Report
Tunisia - Review of the electrical and mechanical industries : Tunisie - Revue des industries mécaniques et électriques
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