312 NOTES Schroeder, H. A. (1965) J. chron. Dis., 18, 647-656 Schroeder, H. A. (1966) J. Amer. med. Ass., 195, 81-85 Schroeder, H. A. (1967) Circulation, 35, 570-582 Schroeder, H. A. & Balassa, J. J. (1961) J. chron. Dis., 14, 236-258 Schroeder, H. A. & Balassa, J. J. (1965) Amer. J. Physiol., 209, 433-437 Schroeder, H. A., Balassa, J. J. & Vinton, W. H., Jr (1965) J. Nutr., 86, 51-66 Schroeder, H. A. & Buckman, J. (1967) Arch. environm. Hlth, 14, 693-697 Schroeder, H. A., Kroll, S. S., Little, J. W., Livingston, P. 0. & Myers, M. A. G. (1966) Arch. environm. HIth, 13, 788-789 Schroeder, H. A., Nason, A. P., Tipton, I. H. & Balassa, J. J. (1967) J. chron. Dis., 20, 179-210 Schutte, K. (1964) The biology of trace elements, London, Crosby Lockwood, pp. 123-124 Selye, H. (1958) Chemicalprevention of cardiac necroses, New York, Ronald Press Sosunov, A. V. & Malik, Ju. S. (1967) In: Trudy IV. 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(1965a) Acta med. scand., 178, 765-788 Yudkin, J. (1964) Lancet, 2, 4-5 Evolution serologique de l'infection a Plasmodium malariae: variations du titre des anticorps fluorescents apres traitement radical * par G. LUPASCU, Membre correspondant de l'Academie de Roumanie, Chef du Departement de Parasitologie, ASPASIA BOSSIE-AGAVRILOAEI, Chef du Laboratoire du Paludisme et des Protozoaires pathogenes, C. BONA, Charge de recherches, Laboratoire d'Histochimie, LILIANA IOANID, Chargee de recherches, Laboratoire d'His- tochimie, M. SMOLINSKI, Charge de recherches principal, Departement de Parasitologie, Institut de Microbio- logie, Parasitologie et Epidemiologie Dr J. Cantacuzino, EUGENIA NEGULICI, Psychiatre, Chef du Service de Paludotherapie, Hopital G. Marinescu, et C. FLORESCU, Inspecteur sanitaire d'Etat, Bucarest, Roumaanie L'immunite antipaludeenne - si controversee pendant la premiere moitie de ce sicle - a acquis une passionnante actualite depuis 1'essor pris en cette derniere decennie par les etudes d'immunologie parasitaire. L'application avec succes de la reaction d'immu- nofluorescence pour la mise en evidence des anti- corps antipaludeens, tout comme la possibilite de leur determination quantitative au cours des infec- tions par differentes especes de plasmodiums, ont ouvert aux recherches immunologiques de larges perspectives non seulement theoriques, mais aussi * Cette recherche a beneficie d'une aide financiere de l'Organisation mondiale de la SantW. d'application pratique immediate. C'est ainsi que les donnees fournies par la technique des anticorps fluo- rescents permettent le diagnostic, tant actuel que retrospectif, du paludisme evolutif ou latent; de meme, elles offrent la possibilite d'une evaluation epidemiologique plus efficace concernant la situation du paludisme dans les zones oiu, grace aux pro- grammes d'eradication, la maladie est devenue hypo- endemique ou a ete ((eliminee )>. Davantage encore, certains auteurs preconisent 1'application de la reaction d'immunofluorescence pour 1'appreciation de l'efficacite des mesures de lutte utilisees dans le cadre des programmes d'eradi- cation. On a meme suggere qu'elle pourrait fournir des precisions au sujet des <<medicaments capables 2302B EVOLUTION SE'ROLOGIQUE DE L INFECTION A PLASMODIUM MALA RIAE 313 de negativer totalement la reponse immunologique et donc d'entrainer une guerison totale >.a Les recherches que nous rapportons ici ont eu pour but d'etudier l'evolution serologique de l'infec- tion a Plasmodium malariae d'apres les variations des titres des anticorps fluorescents, consecutivement au traitement radical. Materiel et methodes Les prises de sang destinees aux recherches par immunofluorescence ont e pratiquees par ponction veineuse avant, pendant et a differents intervalles apr&s le traitement radical. Les serums a tester pro- venaient de: a) 15 malades atteints de paludisme posttransfu- sionnel A P. malariae; b) 10 sujets soumis a la malariatherapie A P. mala- riae ( VS * (sang virulent ou sporozoites); c) 9 donneurs de sang asymptomatiques ayant e a l'origine de quelques cas de paludisme posttrans- fusionnel. Ces donneurs, quoique negatifs A l'examen hematologique en goutte epaisse, ont donne une reponse positive au test d'immunofluorescence; chez deux d'entre eux (T. E. et C. Gh.- tableau 3), la para- sitemie a e confirmee egalement par isodiagnostic. A l'exception de quatre malades soumis A une impaludation therapeutique par des sporozoites, tous les sujets ont subi un traitement radical type consistant dans l'administration pendant 14 jours de primaquine associee les trois premiers jours A la chlo- roquine (soit chloroquine 300 mg x 3 jours + prima- quine 15 mg x 14 jours). La technique du test d'immunofluorescence a dejA e decrite dans un precedent travail.b Resultats Paludisme posttransfusionnel (tableau 1). Les valeurs des titres d'anticorps seriques, obtenues avant ou durant le traitement radical, ont varie entre 1: 500 et 1: 3000 avec une moyenne de 1: 1600. Ces titres refl&tent plutot des variations de reaction individuelles: ils ne sont pas significatifs d'une rela- tion avec le temps ecoule depuis les premiers symp- tomes cliniques. A ce sujet, il faut mentionner que les titres d'anticorps de 1: 500 ont ete enregistres A intervalles de 20, 40 et 88 jours respectivement (cas B. Fl., E. P. et N. V.), tandis que chez le malade U.FI. le titre s'est eleve A 1: 2000 dans l'intervalle de I 1 a Garin, J. P., Ambroise-Thomas, P. & Saliou, P. (1965) Presse mid., 73, 1847. b Lupascu, G., Bossie-Agavriloaei, A., Bona, C., loanid, L. & Smolinski, M. (1967) Bull. Org. mond. Sante, 36, 485. TABLEAU 1 EVOLUTION SEROLOGIQUE CHEZ LES MALADES ATTEINTS DE PALUDISME POSTTRANSFUSIONNEL A P. MALARIAE Intervalle entre le titrage et I Antic N° Malade le 1naccrs |la fin de la inverse clinique cure radicale 1 E.P. 40 jours - 500 a 27 ans 2 ans Neg. M 2 ans et 8 mois N6g. 2 V.E. 10 mois 6 mois 1000 51 ans 1 1/2 an 100 F 21/2 ans Neg. 3 ans N6g. 3 F.E. 10 mois 9 mois 2000 35 ans 1 1/2 an Neg. F 3 ans Neg. 4 N.V. 3 mois - 500 b 23 ans 1 1/2 an Neg. F 5 T.V. 5 1/2 mois 3000 ' 38 ans 9 mois -J100 M 2 ans Neg. 2 1/2 ans Neg. 6 B.I. 3 mois 1 mois 2000 47 ans 1 1/2 an Neg. M 2 ans et 3 mois Neg. 7 S.E. 38 jours _ 1 56 ans 1 1/2 an 50 F 2 ans 50 8 C.V. 28 jours _ 3000 40 ans 1 an 50 M 1 1/2 an Neg. 9 D.N. 44 jours 1000 b 29 ans 1 mois 1000 F 1 an N6g. 10 D.M. 75 jours 2000 b 27 ans 1 mois 500 F 1 an Neg. 11 H.C. 30 jours 2000 a 38 ans 1 an N6g. M 12 N.I. 65 jours 5 jours 3000 17 ans 9 mois Neg. M 13 D.E. 24 jours _1000 37 ans 6 mois 25 F 1 an Neg. 14 B.FI. 20 jours -50 b 26 ans 6 mois N6g. F 1 an Neg. 15 U.FI. 11 jours _2000 34 ans 6 mois Neg. a Pendant le traitement. b Avant le traitement. 314 NOTES jours depuis le debut clinique de la maladie, et chez le malade C. V. 'a 1: 3000 au bout de 28 jours. Pour pres de 75 % des malades suivis, la negativa- tion du test apres la fin du traitement radical s'est produite dans un intervalle allant de 6 mois 'a un an et demi. Deux ans apres la fin du traitement, seul le cas S. E. continue 'a presenter un titre positif de 1: 50. Impaludation therapeutique avec du sang ou des sporozoftes (souche P. malariae (( VS *) (tableau 2). La reaction d'immunofluorescence a ete negative chez les sujets soumis au test avant l'inoculation infectante ou 3 jours apres l'apparition de la parasi- temie (cas C. M.). Dans l'hemo-infection avec P. malariae, des anti- corps seriques ont e deceles 6 jours apres l'installa- tion de la parasitemie ai des titres de 1: 1000 et de 1:100 respectivement (cas H. A. et I. A.). Dans l'infection par sporozoftes, la reaction posi- tive la plus precoce a ete observee 11 jours apres l'apparition de la parasitemie (cas R. M., avec un titre de 1: 2000). Les valeurs des titres d'anticorps - avant ou durant le traitement - se sont situees entre 1: 100 et 1: 5000, avec une moyenne de 1: 1850. Il a fallujusqu'a deux ans apres la fin du traitement radical pour que la plupart des resultats soient nega- tifs a l'immunofluorescence; la negativation la plus precoce a ete observee apres un an et demi. Cette evolution serologique inclut tous les cas impaludes avec du sang et traites selon le schema standard pen- dant 14 jours, ainsi que deux cas (R. M. et D. V.) infectes par sporozoites et traites a la chloroquine (3 jours) puis par le RC 12 c (5 jours). Le cas V. C. infecte par sporozoites a retenu notre attention. En effet, ce malade a requ la dose totale de chloroquine et de primaquine du schema standard, mais en 5 jours au lieu de 14. Malgre la disparition des parasites du sang peripherique dans un delai rela- tivement bref (parasitemie patente pendant 17 jours seulement), le test d'immunofluorescence, pratique 4 ans apres la fin du traitement, a ete tres faiblement positif a la dilution de l: 50; 6 mois plus tard, on a enregistre chez ce malade une hausse du titre a 1: 300 (+ 1: 500). Ce fait suggere qu'il pourrait y avoir une reprise de l'activite stimulatrice du parasite, en voie de multiplication encore qu'a un niveau subpatent, et donc que le traitement administre en vue d'assurer la guerison et la sterilisation du malade a e inefficace. c Le RC 12 est un derive du pyrocatechol de formule dim6thoxy-1 ,2 bis (di6thylamino6thyl)-amino-4 bromo-5 benzene presente comme sel (faiblement soluble) sous forme de comprimes. La negativation du test d'immunofluorescence a ete constat&e deux ans et demi apres la fin du traite- ment radical dans le cas du malade I. A. infecte avec du sang, mais qui avait presente une parasitemie pro- longee (99 jours) interrompue pendant 24 jours avec de la quinine. L'evolution serologique de ce cas demontre que la quinine, qui a r6duit temporaire- ment la parasitemie a un niveau subpatent, a egale- ment influence le titre des anticorps seriques. En effet, ce dernier a passe de 1: 2000 (avant l'adminis- tration de la quinine) a 1: 100 le 5e jour apres la reapparition des parasites dans le sang peripherique (apres traitement a la quinine) pour remonter de nouveau le 27e jour a 1: 1000. La correlation qui existe entre la persistance d'un titre eleve d'anticorps et une parasitemie de longue duree est illustree par le cas B. E. Celui-ci a presente pendant pres de 4 ans une tolerance parasitaire et une parasitemie intermittente avec maintien des anti- corps, avant le traitement, au titre de 1: 2000. Quatre mois apres la fin du traitement radical, le titre dimi- nue a 1: 500, pour atteindre 1: 50 apres un an. Donneurs de sang (tableau 3). Les titres d'anti- corps deceles par immunofluorescence dans le serum des donneurs de sang qui ont ete a l'origine de quel- ques cas de paludisme posttransfusionnel ont e generalement plus faibles que ceux releves chez les malades presentant un paludisme clinique manifeste. Les titres des donneurs, avant et durant le traite- ment radical, ont varie entre 1: 50 et 1: 1000, avec une moyenne d'environ 1: 200. A la suite du traitement radical, la negativation s'est produite dans la plupart des cas entre un mois et un an; au-dela de cette limite, la reaction n'a Wtd positive que chez les trois premiers donneurs, et l'iso- diagnostic a confirme la parasit6mie chez T. E. et C. Gh. Discussion La production d'anticorps fluorescents dans le paludisme humain, leur evolution et leur persistance, ainsi que l'influence des m6dicaments antipaludiques ont constitue des sujets d'6tude pour plusieurs chercheurs. Toutefois, la plupart de ces recher- ches concement l'infection a P. vivax ou P. falci- parum et quelques-unes seulement l'infection a P. malariae.d,e, b d Collins, W. E., Jeffery, G. M. & Skinner, J. C. (1964) Amer. J. trop. Med. Hyg., 13, 1. e Lupascu, G., Bona, C., Ciplea, A. G., Iancu, L., loanid, L., Negulici-Baliff, E. & Constantinescu, P. (1966) Trans. roy. Soc. trop. Med. Hyg., 60, 208. EVOLUTION SEROLOGIQUE DE L INFECTION A PLASMODIUM MALARIAE 315 TABLEAU 2 EVOLUTION StROLOGIQUE CHEZ LES MALADES NEUROSYPHILITIQUES TRAITtS PAR IMPALUDATION (SOUCHE P. MALARIAE ((VS ))) Mode d'impa- ludation Sang Sang (2 inocula- tions, la 11, le 19. XII.1964, Ia 2 le 25. Xl.1965, toute- deux tra-tdes rad cale- ment) Sporozoites Sang Sang Sporozoites Duree de la parasitemie 20 jours 30 jours (inocula- tion I); 40 jours (inoculation 11) 37 jours 99 jours C 37 jours 6 mois et 13 jours c I nter, I'apparition de la parasit6mie 6 jours 10jours (apres l'ino- culation 1) 11 jours 6 jours 13 jours 18 jours 26 jours quinine 1 gx3 (dis- parition des parasi- tes: 24 jours) 5 jours apres la reappari- tion des parasites 27 jours 3 jours 14 jours 4 mois et 12 jours (parasit6mie) intermittente) 5 mois et 13 jours walle entre le titrage et la disparition deIla parasit6mie 11 jours 50 jours 1 an (apres l'inoculation 11) 27 jours 57 jours 2 ans 8 jojrs 26 jours Ij---- II*U1Lu% vFJ* Ia fin du traitement du titre) radical 3 jours 44 jours 2 ans 2 1/2 ans 1 an (apres le 2 trai- tement) 1 1/2 an Chloroquine (3 jours) + RC12 (5 jours) 29 jours 59 jours 6 mois 2 ans 21/2 ans 2 ans 2 1/2 ans 17 jours 30 jours 2 ans 2 1/2 ans Chloroquine (3 jours) + RC12 (5 jours) 3 jours 5 mois 2 ans 2 1/2 ans N6g.a 1000 2000 2000 Neg. Neg. N6g. 2000 300 Neg. N6g.a 2000 1000 5000 1000 Neg. Neg. 100 2000 2300 2000 100 1000 100 Neg. N6g.d Neg. 1000 1000 1000 1000 N6g. N6g. 180 1000 5000 3000 Neg. Neg. a Avant l'inoculation. b Avant l'inoculation I (traitement radical). c Interrompue par administration de quinine. d Trois jours apres l'inoculation. Malade H.A. 50 ans M A.T. 39 ans M R.M. 46 ans F I.A. 50 ans F C.M. 41 ans M D.V. 67 ans M ------ --Annz 316 NOTES TABLEAU 2 (fin) L Intervalle entre le titrage et Mode d'impa- Dur6e de la ______ AnticorpsN, Malade ludation parasitemie I'apparition de la disparition la fin du traitement (inverse la parasit6mie eaparasitmie radical 7 St.A. Sporozoites 2 ans et 7 1/2 mois - - 3000 26 ans 27 jours e (630 mg chloroquine- M drse unique) 1 an et 1 an et 8 mois 500 8 mois 21/2 ans 50 8 V.C. Sporozoites Traitement radical 45 ans de 5 joursf M 17 jours 1 an et 2 mois 4 an et 2 mois 1000 4 ans -,50 41/2 ans 300(500) 9 D.R.E. Sang 33 jours - -.a 47 ans (2 impaludations 16 jours _ - 1000 F ant6rieures avec P 40 jours - - 5000 malariae, les 2 trai- I 2 ans 100 t6es radicalement) a(- 300)2 1/2 ans Neg. 10 B.E. Sang 3 ars, 13 mn3is et 2 ans - _ 2000 27 ans 1f jcur 31/2 ans _ _ 2000 F 4 mois 4 mois 500 lan 50 e Tol6rance parasitaire avec parasitemie intermittente. f Chloroquine 300 mg x 3; pyrimethamine 25 mg x 1; primaquine 45 mg x 5. Kuvin et al.f ont suivi par l'immunofluorescence 1'6volution serologique chez deux volontaires impa- ludes au moyen de piqures de moustiques fortement infectes avec une souche de P. vivax. Les anticorps ont persiste pendant 82 et 59 jours respectivement apres la disparition complete des parasites du sang. L'administration d'antipaludiques (Thiobismol et quinine, ou chloroquine), bien qu'elle ait influence 1'evolution de la maladie et supprime la parasitemie, n'a pas affecte la production des anticorps, qui ont persiste a des titres eleves jusqu'au 65e jour environ apres l'infection et ont e retrouves meme apres 121 jours, respectivement aux titres de 1: 40 et 1: 20. Kuvin & Voller g observent 1'existence d'anticorps antipaludeens decelables jusqu'au 335e jour apres l'infection experimentale avec des sporozoftes de P. vivax. Lunn et al. h demontrent que l'administration de chloroquine a doses hebdomadaires, avant et imm& f Kuvin, S. F., Tobie, J. E., Evans, C. B., Coatney, G. R. & Contacos, P. G. (1962) Science, 135, 1130. g Kuvin, S. F. & Voller, A. (1963) Brit. med. J., 2, 477. h Lunn, J. S., Jacobs, R. L., Contacos, P. G. & Coatney, G. R. (1965) Amer. J. trop. Med. Hyg., 14, 697. diatement apres l'infection experimentale avec P. vivax, retarde l'apparition de la parasitemie (de deux mois et plus) et supprime la production d'anticorps pendant un intervalle de temps allant du 8e au 13e jour suivant l'installation de la parasitemie. Les auteurs citent toutefois le cas d'un volontaire chez lequel l'apparition des anticorps a precede la para- sitemie patente, bien qu'il se trouvat sous l'action suppressive de la chloroquine: ils attribuent cette production precoce d'anticorps decelables a une parasitemie subpatente passagere survenue au mo- ment ou la chloroquine n'etait presente qu'A concen- tration reduite dans le serum sanguin. Coudert et al. ' et Garin et al.,a en suivant par l'immunofluorescence I'evolution serologique dans l'infection a P. vivax spontanee et experimentale, soulignent que la duree de la reponse immunitaire depasse sensiblement la limite admise pour la survie des plasmodiums. Ces auteurs affirment que le trai- tement par la quinine n'influence pas l'evolution serologique et que, dans la plupart des cas, les anti- corps preceIdent l'apparition de la parasitemie. i Coudert, J., Garin, J. P., Ambroise-Thomas, P., Saliou, P. & Lu Huynh Thank (1965) Bull. Soc. Path. exot., 58, 188. EVOLUTION SEROLOGIQUE DE L INFECTION A PLASMODIUM MALARIAE 317 TABLEAU 3 EVOLUTION StROLOGIQUE CHEZ LES DONNEURS DE SANG Intervalle entre le N, Donnaur titrage et la fin du Anticorps tatmnraica (inverse du titre) 1 | T.E. - 200 (500) b 38ans 3 jours 1000 F I an et 4 mois 1000 2 ans et 2 mois 50 2 C.Gh. 9 mois 200 (+300) b 53 ans 1 1/2 an =100 M 21/2 ans N6g. 3 ans N6g. 3 G.D. 1 an 1000 38 ans 1 1!2 an -50 IF 2 aos et 8 mois N6g. 4 R.A. - 100a 42 ans 1 an 50 F 5 I.01. 103 " 41 ans - 50 F I an N6g. 6 P.E. - 200 a 55 ans 1 an N6g. F 7 P.A. -5 a 50 ans 1 an N6g. F 8 D.C. l-110a 5 ans 1 mois N6g. 9 D.C.Gh. -1/50 a 41 ans 2 niois Neg. f'Avant le traitement. b Parasit6mie confirm6e par isod;agnostic. c Au 3e jour du traitement. Nos observations montrent que si la quinine ne supprime pas la reponse immunitaire elle peut nean- moins determiner une diminution temporaire du quantum d'anticorps. De meme, nos donnees con- firment l'opinion de la plupart des auteurs selon laquelle I'apparition de la parasitemie patente pre- cede celle des anticorps seriques decelables. Collins et al.,i qui ont suivi le developpement et la persistance des anticorps dans 1 'infection a P. falci- parum, montrent que la reponse en anticorps se deve- Collins, W. E., Jeffery, G. M. & Skinner, J. C. (1964) Amer. J. trop. Med. Hyg., 13, 256. loppe durant la parasitemie patente; les titres semblent osciller en association retardee avec les fluctuations de la densite des parasites, induite par des doses non curatives de medicaments antipalu- diques. Les anticorps contre une souche de P. falci- parum de Colombie ont persiste pendant 20 mois apres l'inoculation de sporozoites. Lunn et al. k ont 'tudie les modifications du titre des anticorps et des proteines seriques chez dix volon- taires, dont cinq infectes avec P. vivax (souche Ches- son) et cinq avec P. falciparum (une souche de Rhodesie). Dans le but de faire varier la duree de la parasitemie ou de prolonger l'intervalle entre les rechutes, les auteurs ont applique divers schemas de traitement, y compris la cure radicale de 14 jours (dans trois cas infectes avec P. vivax), avec prises de sang avant et apres l'exposition. Les schemas de traitement etaient les suivants: 1. 377-C-54 1: 200 mg de sel trois fois par jour pendant 2 jours. 2. Sulfate de quinine: 600 mg trois fois par jour pendant 2 fois 5 jours. 3. Chloroquine-base: 600 mg a dose unique. Les anticorps ont e deceles entre le 3e et le 9e jour apres le debut de la parasitemie; ils ont persiste pendant 252 jours dans l'infection a P. vivax et de 90 a 243 jours lors de l'infection a P. falciparun?. Chez quatre des malades infectes avec P. falciparum et qui ont e traites par le 377-C-54, la quinine ou la chloroquine, la parasitemie a e reduite a des niveaux subpatents en 4 a 8 jours; toutefois, le titre des anticorps est demeure constant. Coudert et al. "fl ont etudie l'volution du titre des anticorps chez cinq malades atteints de paludisme aigu a P. vivax et soumis a un traitement radical a la chloroquine (5 jours) suivie de pentaquine (15 jours). Ils concluent que la serologie n'a pas e ou a e't tres peu modifiee par la chloroquine, tandis que la pentaquine l'a negativee dans un cas immediate- ment apres l'administration et, dans un autre cas, au bout d'un mois. Les resultats plus recents de Luby et al. n contrastent avec ces observations. Ces auteurs ont examine par k Lunn, J. S., Chin, W., Contacos, P. G. & Coatney, G. R. (1966) Amer. J. trop. Med. Hyg., 15, 3. 1 Le 377-C-54 est le dihydroxy-1,6 bis (cyclohexylamino- methyl)-2,5 naphtalene. "I Coudert, J., Garin, J. P., Ambroise-Thomas, P., Minjat, M. & Rigaud, A. (1966) Bull. Soc. Path. exot., 59, 558. n Luby, J. P., Collins, W. E. & Kaiser, R. (1967) Amer. J. trop. Med. Hyg., 16, 255. NOTES la technique indirecte des anticorps fluorescents, 13 ans apres l'infection primaire a P. vivax, un groupe de dix sujets traites a l'epoque consideree par la pri- maquine associ6e a d'autres medicaments antipalu- diques dans le but d'obtenir une cure radicale. Ils ont decele dans le serum de ces anciens malades la persis- tance d'anticorps a faible concentration (entre < 1: 5 et 1: 20), tandis que dans un groupe temoin, indemne de paludisme mais residant dans la meme localite (Lake Vera, Californie), le niveau des anticorps n'etait pas superieur A 1: 5. Collins et al. d ont demontre, dans l'infection A P. malariae, la production et la persistance des anticorps specifiques chez trois malades inocules avec du sang parasite. Ces auteurs suggerent qu'il peut exister pour cette infection certaines differences quant a la production d'anticorps et leur relation avec la para- sitemie et I'attaque clinique. A leur avis, entre les anti- corps et la parasitemie subclinique s'etablit un equili- bre qui peut se maintenir pendant de longues periodes. A l'occasion d'une etude portant sur la determi- nation du degre d'immunite chez des malades impa- ludes avec P. malariae, Lupascu et al.e montrent, en utilisant la technique des anticorps fluorescents, que les anticorps sont decelables 4 A 6 jours apres l'appa- rition de la parasitemie. lus soulignent que dans le cas d'un stimulus antigenique prolonge suivi d'un etat de tolerance parasitaire - parasitemies asymp- tomatiques - les titres d'anticorps atteignaient 1: 2000 et 1: 3000, respectivement 596 et 728 jours apres I'apparition de la parasitemie. Chez les malades reimpaludes, la reponse immunitaire secondaire s'est exprimee par une augmentation des titres avec des valeurs comprises entre 1: 3000 et 1: 5000. Partant de ces donnees, Lupascu et al. ont demontre la valeur du test d'immunofluorescence pour deceler les para- sitemies asymptomatiques a P. malariae. La possibi- lite, suggeree en 1963 par Kuvin & Voller,g de dece- ler 'a 1'aide de cette technique les porteurs asympto- matiques de P. malariae parmi les donneurs de sang revet une importance pratique considerable, d'autant plus que dans la phase de maintien de 1'eradication du paludisme, la detection et le traitement radical des parasitemies asymptomatiques permettront en meme temps leur elimination comme sources potentielles d'infection. Dans le present travail, les recherches ont ete etendues a la dynamique du titre des anticorps fluo- rescents apres traitement radical, aussi bien chez les malades atteints de fievre quarte posttransfusionnelle que chez les malades soumis A l'impaludation thera- peutique A P. malariae # VS *. Les resultats obtenus montrent que le traitement radical administre selon le schema standard a inva- riablement conduit a la negativation de la r6ponse en anticorps seriques; dans la plupart des cas, cette negativation s'est produite dans un intervalle de 6 mois a un an et demi chez les malades presentant une fievre quarte posttransfusionnelle, dans un delai d'un an et demi A deux ans et demi chez les malades traite par paludotherapie et dans un delai d'un mois A un an chez les donneurs de sang deceles par I 'immunofluorescence comme parasitemiques asymp- tomatiques, cette periode pouvant se prolonger jus- qu'a 26 mois chez les malades chez lesquels on a observe une persistance de la parasitemie (2 cas sur 34). La moyenne des titres d'anticorps avant et au cours du traitement, qui est quasi egale dans les deux premieres categories (1: 1600 et 1:1850, respective- ment), est sensiblement plus faible (1:200) chez les donneurs de sang avec parasitemies asymptoma- tiques. Le seuil subminimal de longue duree de stimula- tion antigenique exercee par P. malariae au cours des infections subpatentes explique peut-etre le faible niveau general de la reponse en anticorps chez les donneurs de sang porteurs asymptomatiques de P. malariae chez lesquels l'acces primaire datait d'envi- ron 20 A 30 ans. Les titres compris entre 1: 500 et 1: 1000 peuvent &re consid6r6s, dans ces cas, comme revelateurs d'une activite de multiplication, occasionnellement exacerbee, du parasite, precedant ou s'associant a une rechute parasitaire subclinique ou oligosympto- matique A longue echeance. II nous a ete donne de confirmer ce fait dans quatre cas par l'isodiagnostic qui a fourni chaque fois des resultats positifs. La negativation A differents intervalles de temps de la reponse en anticorps apres l'application du traitement radical type pourrait correspondre a la ((st6rilisation * de l'organisme, avec elimination complete des parasites et < guerison totale *. Des recherches futures devront confirmer ce fait, even- tuellement par les resultats des transfusions du sang de tels sujets a des volontaires indemnes de palu- disme. Ces recherches figurent a notre programme des annees a venir. La persistance des anticorps seriques, parfois pen- dant deux ans ou meme deux ans et demi apres le traitement et la disparition de la parasitemie, peut, A notre avis, avoir deux origines: a) soit la persistance dans l'organisme - apres l'elimination du parasite - de ses produits de meta- 318 ACTION DE L'ASSOCIATION DIAPHENYLSULFONE-PYRIMETHAMINE SUR P. FALCIPARUM 319 bolisme, dont l'antig6nicit6 sp&cifique a W rev6l6e autant par McGregor et al.0 que par Benex; P b) soit une activite immunitaire prolong6e du sys- tEme r6ticulo-endoth6lial qui demeure # sensibilis6 pour plusieurs ann6es *.P Dans les conditions offertes par la Roumanie, oui le paludisme a ete eradique (tout le territoire aupara- vant end6mique se trouvant dans la phase d'entre- tien), l'elimination des parasites paludeens 'a l'aide du traitement radical implique necessairement l'ab- sence de rechutes. Ce fait exige toutefois verification et demonstration. La sterilisation n'implique pourtant pas aussi une immunitM ferme et durable contre des reinoculations avec une souche homologue. Ce fait est illustre par 1'exemple de deux des impalud6s inclus dans la pre- 0 McGregor, 1. A., Williams, K., Voller, A., Billewicz, W. Z. (1965) Immunofluorescence and the measurement of immune response to hyperendemic malaria. Document non publie WHO/MalI496.65. P Benex, J. (1966) Biol. mid., 55, 285. sente etude (V. C. et D. R. E. - tableau 2). Respecti- vement 21 mois et un an avant leur derniere impalu- dation avec la souche de P. malariae ( VS *, ces malades avaient ete inocules avec la meme souche et soumis au traitement radical type, respectivement 2 mois et 1 mois apres l'inoculation. Ceci n'a pourtant pas empeche le developpement de la parasitemie, ni l'apparition des acces cliniques apres la nouvelle inoculation. Ces observations prouvent que dans les infections a P. malariae l'immunite ne s'etablit qu'A la suite d'infections repetees. En d'autres termes, ces infec- tions, comme les autres, exigent une permanence antigenique assuree par des infections parasitaires massives et de longue duree pour atteindre un degre suffisant d'immunite. Ce fait a d'ailleurs W releve par McGregor q et Charmot & Andr6.r q McGregor, I. A. (1964) Trans. roy. Soc. trop. Med. Hyg., 58, 80. r Charmot, G. & Andre, J. J. (1966) Med. trop., 26, numero sp&ial, 115. Action de l'association diaphe6nylsulfone-pyrimethamine sur le paludisme 'a Plasmodium falciparum au Cambodge par J. VERDRAGER, Paludologue OMS, Phnom-Penh, A. RICHE, Medecin-General, H6pital Preah Keth Mealea, Phnom-Penh, et CHHOEUN MUN CHHEANG, Directeur de la Division des Maladies transmissibles, Phnom-Penh, Cambodge La diaphenylsulfone, ou diamino-4,4' diphenyl- sulfone ou DDS (dapsone), et certains de ses deriv6s ont manifeste une certaine activite contre les para- sites du paludisme au cours d'etudes qui ont debute en 1941. L'action schizontocide d'un derive de la DDS a et signalee pour la premiere fois en utilisant la promine (didextrosesulfonate de la diaminodiphenyl- sulfone) contre le paludisme aviaire, simien et humain.a Quinze ans plus tard, Leiker b remarqua que les lepreux traites par la DDS dans une region de la Nouvelle-Guinee oui le paludisme est endemique ne a Coggeshal, L. T., Maier, J. & Best, C. A. (1941) J. Amer. med. Ass., 177, 1077. b Leiker, D. L. (1956) Leprosy Rev., 27, 66. presentaient pas d'attaques de cette maladie. Tarabini,c en 1958, confirma cette observation en utilisant un diglucoside de la DDS (Reconan) contre les infections a Plasmodiumfalciparum. En 1960, des essais sur le terrain en Afrique Occidentale firent suggerer a Archibald & Ross la possibilite d'utiliser la DDS comme prophylactique de masse en raison de son prix de revient peu eleve et de sa faible toxicit6.d D'autres etudes sur l'action conjuguee de la diaphenylsulfone et de la pyrimethamine contre le paludisme aviaire et simien ont montre entre les deux composes une potentialisation mutuelle de leurs proprietes antipaludiques, du meme genre que celle c Tarabini, G. (1958) Leprosy Rev., 29, 1 1 1. d Archibald, H. M. & Ross, C. M. (1960) J. trop. Med. Hyg., 63, 25. 2302c
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Evolution sérologique de l'infection à Plasmodium malariae: variations du titre des anticorps fluorescents après traitement radical
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