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Vaccination de masse contre la rougeole dans des zones urbaines du Burkina Faso, 1998 / Patrick L. F. Zuber ... [et al.]

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Vaccination de masse contre la rougeole dans des zones urbaines du Burkina Faso, 1998 Patrick L.F. Zuber,1 K.S. Ghislaine Conombo,2 Augustine Dembe ´ le ´ Traore ´ ,3 Jules D. Millogo,4 4 5 6 Antoine Ouattara, I. Boniface Oue ´ draogo et Adama Valian

Objectif Evaluer l’impact des journe ´ es nationales de vaccination sur la couverture vaccinale antirougeoleuse au Burkina Faso, en 1998. Me ´ thodes Pendant la semaine suivant la campagne au cours de laquelle la vaccination antirougeoleuse a e ´ te ´ offerte aux enfants de 9 a ` 59 mois dans six villes, quel que soit leur statut vaccinal ante ´ rieur, une enque ˆ te a e ´ te ´ re ´ alise ´ e par sondage en grappes a ` Ouagadougou et Bobo Dioulasso, les deux plus grandes villes du pays. Les enque ˆ teurs ont interroge ´ les parents de 1267 enfants de moins de 60 mois et ont examine ´ les carnets de vaccination. Nous avons analyse ´ les donne ´ es selon la me ´ thode de sondage en grappes pour les 1041 enfants a ˆ ge ´ s de 9 a ` 59 mois. ¸ u une vaccination antirougeoleuse syste ´ matique avant la Re ´ sultats Au total, 604 enfants (57 %) avaient rec campagne, et 823 (79 %) ont e ´ te ´ vaccine ´ s pendant les journe ´ es nationales de vaccination. Parmi les enfants de ´ ja ` vaccine ´ s, 484 (80 %) ont e ´ te ´ revaccine ´ s pendant la campagne, et parmi ceux qui n’avaient pas encore e ´ te ´ vaccine ´ s, 339 (78 %) ont rec ¸ u une dose de vaccin. Apre ` s la campagne, 943 enfants (91 %) avaient rec ¸ u au moins une dose de vaccin antirougeoleux. Un meilleur niveau socio-e ´ conomique e ´ tait associe ´a ` de plus grandes chances pour l’enfant d’avoir rec ¸u une vaccination syste ´ matique, mais n’e ´ tait pas associe ´ au taux de couverture des journe ´ es nationales de vaccination. Conclusion La campagne de vaccination de masse a permis d’augmenter sensiblement la couverture vaccinale car elle a pu toucher une forte proportion d’enfants difficiles a ` atteindre par les me ´ thodes classiques. Mots cle ´ s Rougeole/pre ´ vention et contro ˆ le ; Vaccin antimorbilleux/administration et posologie ; Programmes de vaccination ; Sondage en grappes ; Burkina Faso (source : INSERM ). Article publie ´ en anglais dans Bulletin of the World Health Organization, 2001, 79 (4) : 296-300.

Introduction Les campagnes de vaccination antirougeoleuse comple ´ mentaires sont un e ´ le ´ ment fondamental de la strate ´ gie OMS d’e ´ limination de la rougeole. Dans les Ame ´ riques, la plupart des pays ont mene ´ avec succe ` s des campagnes dites de rattrapage afin d’ame ´ liorer rapidement la couverture vaccinale (1, 2). Le Burkina Faso, ou ` le taux de couverture de la vaccination antirougeoleuse syste ´ matique est faible, a organise ´ deux cycles annuels de journe ´ es nationales de vaccination (JNV) contre la poliomye ´ lite en 1996 et 1997, atteignant chaque fois plus 1

Me ´ decin, Bureau du Repre ´ sentant de l’OMS, Ouagadougou (Burkina Faso). Correspondance : Centers for Disease Control and Prevention, 1600 Clifton Road MS-EO5, Atlanta GA 30333 (Etats-Unis d’Ame ´rique).(me ´ l. : pzuber@cdc.gov) Me ´ decin, Direction re ´ gionale de la Sante ´ de Ouagadougou (Burkina Faso). Me ´ decin, Direction re ´ gionale de la Sante ´ de Bobo Dioulasso (Burkina Faso). Coordonnateur PEV, Direction re ´ gionale de la Sante ´ de Bobo Dioulasso (Burkina Faso).

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5

Ex-Chef, Vaccins et Pre ´ vention, Direction de la Me ´ decine pre ´ ventive, Ministe ` re de la Sante ´ (Burkina Faso). Directeur, Direction re ´ gionale de la Sante ´ de Ouagadougou (Burkina Faso). Re ´ f. : 99-0402

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de 95 % des enfants a ` vacciner (3). Vu le succe `s apparent de ces JNV, d’autres interventions y ont e ´ te ´ ajoute ´ es en 1998. C’est ainsi qu’en plus du vaccin antipoliomye ´ litique oral offert aux enfants de moins de 60 mois, un comple ´ ment de vitamine A a e ´ te ´ offert aux 6 a ` 59 mois lors du premier cycle de vaccination, en novembre. Lors du second cycle, en de ´ cembre, la vaccination antirougeoleuse a e ´ te ´ offerte dans six villes aux 9 a ` 59 mois, inde ´ pendamment de leurs ante ´ ce ´ dents vaccinaux. En 1998, on n’a recouru que de fac ¸ on limite ´e a ` la strate ´ gie de vaccination antirougeoleuse de masse, et cela pour trois raisons principales : la possibilite ´ d’organiser, en toute se ´ curite ´ , des campagnes de vaccination de masse au moyen d’injections n’avait pas e ´ te ´ de ´ montre ´ e ; on disposait d’un plus grand nombre d’agents de sante ´ sachant administrer des injections en milieu urbain ; et il se pouvait que les vaccinations en milieu urbain contribuent a ` re ´ duire la mortalite ´ par rougeole et la transmission de la maladie en milieu rural (4). Les vaccinations antirougeoleuses de masse ont e ´ te ´ la strate ´ gie propose ´ e pour renforcer la lutte contre la rougeole, essentiellement dans les zones ou ` la couverture vaccinale est e ´ leve ´ e (5, 6). Les constatations faites auparavant ont montre ´ que les campagnes de vaccination de masse risquaient d’atteindre une forte proportion des enfants de ´ ja ` #

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Organisation mondiale de la Sante ´ , 2001

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Recherche ˆ t pour vaccine ´ s, sans pre ´ senter beaucoup d’inte ´ re ceux qui avaient e ´ chappe ´a ` la vaccination syste ´ maˆ tre sans grande tique, et qu’elles pourraient donc e incidence sur la lutte contre la rougeole (7). L’extension des campagnes de masse a ` d’autres re ´ gions du Burkina Faso de ´ pendra en partie de l’aptitude a `e ´ lucider les questions de couverture que ˆ te pose ce type d’action. Nous avons mene ´ une enque approfondie a ` Ouagadougou et Bobo Dioulasso, les deux plus grandes villes du Burkina Faso, imme ´ diatement apre ` s la campagne de 1998. Les parents ont e ´ te ´ interroge ´ s afin de recueillir des donne ´ es sur leur situation socio-e ´ conomique et de de ´ terminer si leurs enfants avaient participe ´ aux journe ´ es de vaccination ; les carnets de vaccination des enfants ont e ´ galement e ´ te ´ examine ´ s. sanitaires) par une me ´ thode de sondage en grappes a ` deux degre ´ s. Les 30 secteurs de Ouagadougou et les 25 secteurs de Bobo Dioulasso ont servi de niveaux de stratification secondaires. L’Institut national de De ´ mographie a fourni des estimations de population pour chaque secteur. Le premier foyer a ` sonder a e ´ te ´ ˆ teurs choisi au hasard sur un plan de ville. Les enque ont ensuite inscrit les enfants des foyers voisins. Dans chaque foyer, il leur fallait identifier tous les enfants ayant moins de 60 mois et recueillir des donne ´ es sur ˆ teurs eux. Apre ` s avoir ainsi sonde ´ un foyer, les enque passaient au foyer suivant, et cela jusqu’a ` ce qu’un ˆ tre e total de sept enfants de 0 a ` 59 mois ait pu e ´ tudie ´ pour chacune des grappes. ˆ te s’est de L’enque ´ roule ´ e pendant la semaine suivant imme ´ diatement la campagne de vaccination. Les donne ´ es ont e ´ te ´ recueillies au moyen d’un questionnaire ferme ´ . Les entretiens ont eu lieu avec la personne s’occupant principalement de chaque ˆ teurs enfant. En cas d’absence de celle-ci, les enque inscrivaient le nom de l’enfant et revenaient ensuite pour comple ´ ter leur collecte de donne ´ es. Nous avons conside ´ re ´ les enfants comme syste ´ matiquement vaccine ´ s de ` s lors qu’ils posse ´daient un carnet de vaccination mentionnant l’injection d’une dose de vaccin antirougeoleux a ` partir de ˆ teurs ont pose 9 mois (10). Les enque ´ des questions indirectes pour savoir si l’enfant avait ou non rec ¸ u une dose de vaccin pendant la campagne. Ils ont commence ´ par de ´ terminer si la personne qui s’occupait de l’enfant e ´ tait ou non au courant de la campagne. Dans l’affirmative, ils lui demandaient alors si elle se souvenait des dates de cette campagne (deux cycles se ´ pare ´ s par un intervalle d’un mois). Enfin, ils demandaient aussi de signaler ce que l’enfant avait rec ¸ u (deux gouttes roses signifiaient le vaccin antipolio ; des ge ´ lules rouges, la vitamine A ; et une injection, le vaccin antirougeoleux). Nous avons calcule ´ des proportions et des limites de confiance a ` l’aide du programme CSAMPLE figurant dans la version 6.04c d’EpiInfo (11). Les villes ont servi de couche primaire, les grappes e ´ taient les unite ´ s de sondage primaires, et le nombre d’enfants a ` vacciner dans chaque ville constituait le poids de l’e ´ chantillon.

Me ´ thodes Nous avons effectue ´ un sondage en grappes (8, 9) dans deux villes situe ´ es dans les zones couvertes par la campagne de vaccination antirougeoleuse. En tout, 121 grappes de sept enfants ont e ´ te ´ choisies au hasard a ` Ouagadougou (quatre circonscriptions sanitaires) et 60 grappes a ` Bobo Dioulasso (deux circonscriptions Tableau 1. Nombre et pourcentage d’enfants e ´ tudie ´ s apre ` s une campagne de vaccination de masse contre la rougeole a ` Ouagadougou et Bobo Dioulasso (Burkina Faso), de ´ cembre 1998 Nombre d’enfants Pourcentage Circonscription sanitaire Ouagadougou Kossodo Ouagadougou Paul VI Ouagadougou Pissy Ouagadougou secteur 30 Bobo Dioulasso secteur 15 Bobo Dioulasso secteur 22 Age 9-11 mois 12-23 mois 24-35 mois 36-47 mois 48-59 mois Sexe Masculin Fe ´ minin Inconnu Niveau d’instruction de la personne s’occupant principalement de l’enfant Aucune instruction Etudes primaires Etudes secondaires Etudes supe ´ rieures Posse ` de un carnet de vaccination Vaccination antirougeoleuse atteste ´e Vaccination antirougeoleuse pendant les JNV JNV = journe ´ es nationales de vaccination. 24

134 81 316 181 106 223 61 285 230 228 237 526 514 1

81 8 30 17 10 21 6 27 22 22 23 54 50 0,1

Re ´ sultats Au total, 1267 enfants de 0 a ` 59 mois, groupe ´ s en 181 grappes, ont e ´ te ´ e ´ tudie ´ s. Nous nous sommes ˆ ge attache ´ s aux 1041 (82 %) a ´ s de 9 a ` 59 mois (Tableau 1) qui remplissaient les conditions requises ˆ tre vaccine pour e ´ s contre la rougeole : 712 a ` Ouagadougou et 329 a ` Bobo Dioulasso. On disposait de carnets de vaccination pour 80 % des enfants. Au total, une vaccination antirougeoleuse ante ´ rieure a ` la campagne e ´ tait atteste ´ e chez 604 enfants (57 % ; intervalle de confiance a ` 95 % (IC) : 54-61 %) de 9 a ` 59 mois. Parmi les enfants e ´ tudie ´ s, 823 (79 % ; IC 95 % : 76-83 %) ont e ´ te ´ vaccine ´ s contre la rougeole pendant les journe ´ es de vaccination. Au Bulletin de l’Organisation mondiale de la Sante ´ Recueil d’articles No 5, 2001

565 242 202 32 835 604 823

54 23 19 3 80 57 79

Strate ´ gies de vaccination de masse total, 943 des 1041 enfants (91 % ; IC 95 % : 8893 %) avaient e ´ te ´ vaccine ´ s une fois, soit de fac ¸ on syste ´ matique, soit a ` l’occasion de la campagne. Lorsque la personne qui s’occupait principalement d’eux n’avait aucune instruction, les enfants avaient moins de chances que les autres d’avoir e ´ te ´ syste ´ matiquement vaccine ´ s contre la rougeole, avant la campagne (49 % contre 68 % ; risque relatif (RR) 0,71, IC 95 % : 0,63-0,81). La couverture de la vaccination syste ´ matique e ´ tait fonction du niveau d’instruction de la personne qui s’occupait de l’enfant (Tableau 2). La proportion d’enfants vaccine ´ s pendant les ˆ me parmi ceux dont la JNV e ´ tait sensiblement la me vaccination syste ´ matique e ´ tait atteste ´ e et ceux dont elle ne l’e ´ tait pas (Figure 1). Parmi les 604 enfants qui avaient be ´ ne ´ ficie ´ de la vaccination syste ´ matique, 484 (81 %) avaient e ´ te ´ revaccine ´ s lors des JNV. Parmi les 437 non encore vaccine ´ s, 339 (78 %) ont rec ¸ u une dose pendant les JNV. Les facteurs pre ´ dictifs de de ´ faut de vaccination syste ´ matique n’e ´ taient pas associe ´s a ` une meilleure couverture pendant les JNV. En particulier, les enfants dont s’occupait une personne de ´ nue ´ e d’instruction avaient ˆ tre vaccine autant de chances que les autres d’e ´s pendant les journe ´ es de vaccination (79 % contre 80 % ; RR 0.99, IC 95 % : 0,91-1,07 %) (Tableau 2). Au total, 98 (9 %) des enfants n’avaient rec ¸u aucune dose de vaccin antirougeoleux, dans le cadre de la vaccination syste ´ matique ou lors des campagnes (Tableau 3). Les risque de non-vaccination e ´ tait un peu plus grand pour les garc ¸ ons que pour les filles (RR 1,56, IC 95 % : 1,09-2,24). Les estimations de couverture re ´ ve ´ le ´ es par ˆ te diffe l’enque ´ raient nettement de celles de ´ duites du nombre de doses administre ´ es (Tableau 4). Pour l’ensemble des six circonscriptions, les donne ´ es administratives incitaient a ` conclure que la couverture e ´ tait de 107 %, alors que la couverture mesure ´e ˆ te e par l’enque ´ tait de 79 % (IC 95 % : 76-83 %). Ainsi, la me ´ thode administrative surestimait-elle de 35 % la couverture effective. En outre, la circonscription qui affichait le taux de couverture administrative le plus e ´ leve ´ (Bobo Dioulasso, secteur 22) e ´ tait aussi celle ˆ te, avait le chiffre le plus bas. qui, selon l’enque Tableau 2. Couverture de la vaccination antirougeoleuse syste ´ matique et couverture pendant les journe ´ es nationales de vaccination (JNV) chez les enfants de 9 a ` 59 mois, a ` Ouagadougou et Bobo Dioulasso (Burkina Faso), de ´ cembre 1998 Niveau d’instruction de la personne s’occupant principalement de l’enfant Aucune instruction Etudes primaires Etudes secondaires Etudes supe ´ rieures IC = intervalle de confiance.

Vaccination syste ´ matique % d’enfants vaccine ´s IC 95 %

JNV % d’enfants vaccine ´s IC 95 %

49 65 70 72

44-53 59-72 63-78 48-95

79 82 79 68

74-83 76-88 73-86 48-89

Fig.1. Proportion (+ tranche) d’enfants vaccinés contre la rougeole à l’occasion des JNV, selon leur situation au regard de la vaccination systématique Enfants vaccinés dans le cadre de la vaccination systématique

Oui 57 % (54-61 %) Vaccinés à l’occasion des JNV

Non 43 % (39-46 %) Vaccinés à l’occasion des JNV

Oui 81 % (76-85 %)

Non 19 % (15-24 %)

Oui 78 % (73-83 %)

Non 22 % (17-27 %)

JNV = journées nationales de vaccination

WHO 01.39/F

Discussion ˆ te fournit des renseignements utiles a Cette enque ` l’e ´ laboration de strate ´ gies antirougeoleuses au Burkina Faso. A Ouagadougou et a ` Bobo Dioulasso, l’administration, lors de la campagne, d’une dose comple ´ mentaire de vaccin antirougeoleux, inde ´ pendamment des ante ´ ce ´ dents vaccinaux, a fait progresser de 57 a ` 91 % la proportion des enfants ayant rec ¸u au moins une dose de vaccin antirougeoleux. La campagne a e ´ galement permis de vacciner bon nombre des enfants que la vaccination syste ´ matique atteint plus difficilement. Enfin, les conclusions de ˆ te incitent a l’enque ` penser que les estimations de couverture e ´ tablies a ` partir de donne ´ es adminisBulletin de l’Organisation mondiale de la Sante ´ Recueil d’articles No 5, 2001

tratives, telles que le nombre de doses injecte ´ es, ne font pas suffisamment ressortir les circonscriptions a ` forte ou faible couverture. Les campagnes de vaccination antirougeoleuse n’ont pas toujours donne ´ des re ´ sultats satisfaisants. A Manille (Philippines), par exemple, dans un contexte de couverture par la vaccination syste ´ matique avoisinant les 90 %, la proportion des enfants non ˆ tre atteints par une campavaccine ´ s susceptibles d’e gne est demeure ´ e faible (7). En d’autres endroits, des campagnes n’ont pas atteint une proportion d’enfants suffisamment grande (12, 13). La pre ´ sente e ´ tude donne a ` penser qu’une campagne de vaccination antirougeoleuse me ´ ticuleusement pre ´ pare ´ e, mene ´e dans une contexte de couverture par la vaccination syste ´ matique moyenne a ` faible, peut permettre de vacciner un bien plus grand nombre d’enfants que la vaccination syste ´ matique, surtout parmi ceux qui sont difficiles a ` atteindre. Les campagnes de vaccination de masse comple ` tent, sans pour autant la remplacer, l’action de vaccination syste ´ matique : elles ne permettent pas d’administrer tous les antige ` nes pre ´ vus par le 25

Recherche Tableau 3. Caracte ´ ristiques des enfants de 9 a ` 59 mois dont on s’est aperc ¸ u qu’ils n’avaient jamais e ´ te ´ vaccine ´ s contre la rougeole, Ouagadougou et Bobo Dioulasso (Burkina Faso), de ´ cembre 1998 Nombre d’enfants jamais vaccine ´s Lieu de re ´ sidence Ouagadougou Kossodo Ouagadougou Paul VI Ouagadougou Pissy Ouagadougou secteur 30 Bobo Dioulasso secteur 15 Bobo Dioulasso secteur 22 Age 9-11 mois 12-23 mois 24-35 mois 36-47 mois 48-59 mois Sexe Masculin Fe ´ minin Niveau d’instruction de la personne s’occupant principalement de l’enfant Aucune instruction Etudes primaires Etudes secondaires Etudes supe ´ rieures IC = intervalle de confiance.

Total des enfants e ´ tudie ´s 134 81 316 181 106 223 61 285 230 228 237 526 514

Pourcentage de nonvaccine ´s 10 10 12 4 1 13 14 9 10 10 8 12 7

IC 95 %

14 8 39 7 1 29 8 28 22 21 19 59 39

4-17 4-17 8-16 1-7 0-3 7-19 5-23 5-12 6-14 6-15 4-12 9-15 5-10

63 21 9 21

565 242 202 32

11 8 5 17

8-14 4-12 2-8 0-36

Tableau 4. Comparaison des estimations de couverture de la vaccination antirougeoleuse re ´ ve ´ le ´ es par l’enque ˆ te a ` celles de ´ duites du nombre de doses administre ´ es, Ouagadougou et Bobo Dioulasso (Burkina Faso), 1998 Circonscription sanitaire Estimation de la couverture Enque ˆ tea % Ouagadougou Kossodo Ouagadougou Paul VI Ouagadougou Pissy Ouagadougou secteur 30 Bobo Dioulasso secteur 15 Bobo Dioulasso secteur 22 a

Nombre de doses administre ´ es 103 114 87 108 118 122

84 (78-91) 83 (76-89) 72 (64-79) 87 (82-93) 94 (91-98) 70 (63-77)

Les valeurs entre parenthe ` ses sont des intervalles de confiance a ` 95 %.

Programme e ´ largi de Vaccination (10), elles obligent a ` mobiliser de gros effectifs d’agents de sante ´ sachant pratiquer des injections, et elles ne ´ cessitent ˆ tre efficace, d’importants moyens financiers. Pour e une lutte antirougeoleuse oblige a ` conjuguer plusieurs strate ´ gies (1). Dans l’e ´ laboration d’un plan national de lutte contre la rougeole, il est ne ´ cessaire de renforcer la surveillance de la maladie, d’assurer une couverture plus grande des enfants par une dose de vaccin antirougeoleux, et de pre ´ voir l’e ´ ventualite ´ 26

de campagnes de vaccination de masse pour compenser l’augmentation, avec le temps, du nombre des enfants sensibles. L’expe ´ rience semble enseigner que, faute de mesures ade ´ quates, le nombre des cas de rougeole pourra s’e ´ lever rapidement au cours des anne ´ es qui suivront une campagne de masse (14). La pre ´ sente e ´ tude illustre trois moyens diffe ´rents d’estimer la couverture vaccinale : de ´ pouiller les carnets de vaccination, calculer la couverture d’apre `s le nombre de doses administre ´ es, et interroger, imme ´ diatement apre ` s la campagne, les personnes qui s’occupent des enfants. Chacune de ces me ´ thodes a ses limites. Dans la pre ´ sente e ´ tude, on ne s’est servi que des carnets de vaccination pour de ´ terminer si un enfant avait e ´ te ´ syste ´ matiquement vaccine ´ , si bien qu’il se peut que des enfants vaccine ´ s, mais dont les carnets n’e ´ taient pas a ` jour, aient e ´ te ´ classe ´s a ` tort comme non vaccine ´ s (15). Il est fre ´ quent d’e ´ valuer la couverture vaccinale d’apre ` s le nombre de doses administre ´ es (16). Bien que des de ´ cisions soient souvent prises sur la base de telles informations, il est permis de s’interroger sur leur exactitude (17). Les ˆ te incitent a donne ´ es de la pre ´ sente enque ` penser que la me ´ thode administrative ne fait pas suffisamment ressortir les circonscriptions faiblement couvertes pendant la campagne. La plupart des e ´ carts e ´ taient vraisemblablement dus a ` une information incomple ` te sur le nombre d’enfants appartenant a ` la classe ˆ ge vise d’a ´ e et sur la vaccination d’enfants se situant ˆ ge retenu. Comme l’enque ˆ te hors du groupe d’a s’appuyait uniquement sur les de ´ clarations de la personne qui s’occupait de l’enfant pour de ´ terminer celles de vaccinations e ´ ventuellement faites pendant la campagne, il existait un risque d’erreur de classement (18). Toutefois, les de ´ clarations des me ` res peuvent renseigner utilement sur la couverture vaccinale (19). Les pre ´ cautions supple ´ mentaires ˆ te, consistant notamment a prises pour l’enque ` mener les entretiens moins de dix jours apre ` s la campagne et a ` poser des questions indirectes, auront vraisemblablement ame ´ liore ´ la fiabilite ´ des estimations de couverture. A Ouagadougou et Bobo Dioulasso, la faible couverture par la vaccination antirougeoleuse pourˆ tre rapidement compense rait e ´ e par des campagnes de masse, vu que ces dernie ` res sont moins tributaires des facteurs socio-e ´ conomiques que la vaccination syste ´ matique. Le Burkina Faso a e ´ labore ´ un plan strate ´ gique national de lutte antirougeoleuse et a mene ´ une campagne nationale qui a fait l’objet d’une e ´ valuation approfondie. Des campagnes comple ´mentaires sont pre ´ vues pour 2001, et l’on pre ´ voit aussi d’ame ´ liorer la couverture syste ´ matique et de renforcer les activite ´ s de surveillance, le tout concourant a ` mener une lutte durable contre la rougeole. n

Remerciements Nous tenons a ` remercier les personnes dont les noms suivent de l’aide qu’elles n’ont cesse ´ d’apporter tout Bulletin de l’Organisation mondiale de la Sante ´ Recueil d’articles No 5, 2001

Strate ´ gies de vaccination de masse au long de la pre ´ sente e ´ tude : Dr Blaise A. Bamouni, Dr Na-Bintou Be ´ non, Dr Mere Bonkoungou, Dr Lassoure ´ Campaore ´ , Dr Charles Ido, Dr Charles Kabore ´ , Dr Cheik Oue ´ draogo, Dr Lambert Simpore ´, Dr Mathias Some ´ , S.E.M.A. Ludovic Tou, Dr Dieudonne ´ Zongo. Le Dr Peter Strebel a fourni une pre ´ cieuse collaboration a ` la pre ´ paration du manuscrit. L’UNICEF Burkina Faso a assure ´ le financement de l’e ´ tude.

Conflit d’inte ´ re ˆ ts : aucun de ´ clare ´.

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Key facts
Document type Journal articles
Adoption date
Source World Health Organization