Wkly Epidem. Ree.: No. 33 -15 Aug. 1975
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Relevé ipklim. hebd.: N° 33 ■ 13 août 1975
BIOLOGICAL HAZARDS ASSOCIATED WITH M ASTO M YS Studies conducted in 1972 during an outbreak of Lassa fever in Sierra Leone implicated a common African rodent, Mastomys natalensis A. Smith, in the epidemiology of the disease.1 Preliminary evidence indicated that this rodent may become chronically infected with Lassa virus without overt signs of illness and that the virus may circulate in a rodent population by horizontal and/or vertical transmission. Although M astomys has long been recognized as an agricultural pest in Africa south of the Sahara and as a reservoir of the plague bacillus in South Africa, its association with a new arenavirus highly pathogenic for man raises further problems for the public health authorities and makes it more urgent than ever to study and clarify its taxonomy, population dynamics, habits, and behaviour. For example, from chromosome and other dif ferences, it appears that M . natalensis is in fact a composite of two or more distinct forms or species ; which form is specifically involved in the cycle of Lassa virus transmission is still not clear.
RISQUES BIOLOGIQUES LIÉS À LA PRÉSENCE DE M ASTO M YS Des études menées en 1972 au cours d ’une épidémie de fièvre de Lassa en Sierra Leone ont mis en évidence l'intervention d ’un ron geur africain commun, Mastomys natalensis A. Smith, dans l ’épidé miologie de la maladie.1 Les résultats préliminaires ont montré que ce rongeur pouvait être atteint d’une infection chronique par le virus de Lassa sans présenter de symptômes de maladie et que le virus pouvait circuler dans une population de rongeurs par trans mission horizontale et/ou verticale. Il y a longtemps que Mastomys est connu des agriculteurs de l’Afrique au sud du Sahara comme un rongeur nuisible et que l’on sait qu’il est un réservoir du bacille de la peste en Afrique du Sud, mais le fait qu’il héberge un nouvel arenavirus fortement pathogène pour l’homme pose des problèmes imprévus aux autorités de la santé publique et rend plus urgentes que jamais l ’étude et l’élucidation de sa taxonomie, de la dynami que de ses populations, de ses habitudes et de son comportement. U ressort, par exemple, de différences chromosomiques et autres, que M . natalensis pourrait être, en réalité, le résultat du croisement de deux ou plusieurs formes ou espèces distinctes; on ne sait pas encore quelle est celle qui intervient spécifiquement dans le cycle de transmission du virus de Lassa. On se sert de M . natalensis pour la recherche biomédicale en Afrique du Sud, aux Etats-Unis d ’Amérique, au Japon et aux PaysBas et des colonies de Mastomys ont été créées pour les laboratoires durant les années I960. Ce rongeur a servi, en particulier, de modèle pour un certain nombre de néoplasmes (de l ’estomac, du système lymphatique et du thymus) et de maladies inflammatoires (arthrite, myosite, glomérulonéphrite). On pense qu’un phénomène d ’auto immunité pourrait être à l’origine de ces affections qui, souvent, apparaissent spontanément chez les membres des colonies de Mastomys. Aucune affection ressemblant à la fièvre de Lassa n ’a été signalée parmi les chercheurs et le personnel auxiliaire qui manipulent des Mastomys, aussi peut-on raisonnablement penser que les animaux colonisés n ’hébergent pas le virus de Lassa. Les colonies existantes ont été constituées à partir de Mastomys capturés en Afrique du Sud or, d ’après ce que Ton sait actuellement, ce pays se trouve hors de Taire géographique de distribution de la fièvre de Lassa. Cependant, l'introduction du virus de Lassa dans d ’autres parties du monde est un danger réel et il faudrait désormais éviter d’ex porter hors d ’Afrique des Mastomys vivants. Si Ton envisage la création de nouvelles colonies de M astomys pour la recherche bio médicale, il faudra utiliser pour le faire des sujets provenant des colonies « propres » qui existent déjà. La recherche en laboratoire et sur le terrain comporte d ’autres risques potentiels. Quand ils étudient des rongeurs sauvages pour déterminer leur rôle par rapport à une maladie transmissible, connaître leur zoologie ou leur écologie, ou savoir s’ils seraient justiciables de mesures de lutte antivectorielle, les chercheurs peuvent se trouver en contact direct avec des M astomys infectés. Même si le risque est prévu, les précautions destinées à éviter l’infection croisée sont difficiles à appliquer sur le terrain. L ’expé dition d ’un pays à l’autre d ’échantillons de sang ou de tissus prélevés sur des Mastomys sauvages pour des examens virologiques ou sérologiques doit faire l’objet d ’un contrôle rigoureux. Les échan tillons ne doivent être adressés qu’à un laboratoire équipé pour la conservation d ’agents biologiques très dangereux (classes ni-IV) et il est essentiel que des dispositions aient été prises à l’avance avec ce laboratoire. En Afrique occidentale, il y a un risque de pénétration de Masto mys sauvages dans les colonies expérimentales locales de souris et d ’autres animaux. Dans les régions où la présence du virus de Lassa est contenue ou présumée, les animaux de laboratoire doivent être logés dans des bâtiments à l’épreuve des rongeurs. L ’inoculation involontaire à des souris, des cobayes ou d ’autres animaux de substances de diagnostic contenant du virus de Lassa est un danger que les laboratoires d ’Afrique occidentale et d ’ailleurs ne doivent pas négliger. Des épizooties de chorioméningite lymphocytaire (dues à un arenavirus apparenté au virus de Lassa) se sont produites parmi des rongeurs de laboratoire à la suite d ’une inoculation accidentelle et ont été à l’origine de cas chez l ’homme. On a des raisons de croire que des poussées analogues d ’infection par le virus de Lassa pourraient survenir brusquement. Enfin, il faut compter avec la possibilité — faible, mais réelle — que le virus de Lassa pénètre et se propage dans une population vulnérable de rongeurs sauvages en dehors de l’Afrique occidentale.
M . natalensis is used in biomedical research in Japan, the Nether lands, South Africa, and the USA, colonies of Mastomys having been established in the 1960s. It has been used in particular as a model for a number of neoplasms (of the stomach, lymphatic system, and thymus) and inflammatory diseases (arthritis, myositis, glomerulonephritis). An autoimmune basis has been postulated for these lesions, which often occur spontaneously in colonized M astomys.
Since illness resembling Lassa fever has not been reported among scientists and auxiliary personnel working with Mastomys, it may be assumed with reasonable certainty that the colonized animals do not harbour Lassa virus. The existing colonies originated from M astomys captured in South Africa, which is outside the geographical area of distribution of Lassa fever as far as it is known at present. Nevertheless the danger of introducing Lassa virus into other continents exists, and the exportation of live Mastomys from Africa should be avoided in future. When the establishment of new colonies of Mastomys for biomedical research is contemplated, breeder stock should be utilized from “clean” colonies already in existence. There are other potential hazards connected with field and laboratory research. Studies on wild rodents to elucidate their role in transmissible disease, their zoology or ecology, or their amenability to pest control measures may place field workers in direct contact with infected Mastomys. Even when the risk is anticipated, precautions to prevent cross-infection are difficult to apply under field conditions. The shipment across international boundaries of blood or tissue specimens from wild Mastomys collected for virological or serological testing must be effected under strictly controlled conditions. They should be shipped only to a laboratory equipped for the containment of highly dangerous (Class III-IV) biological agents, and a prior arrangement with the laboratory is essential.
In West Africa, there is the risk of the intrusion of wild Mastomys into local laboratory colonies of mice and other animals, and laboratory animais in those areas where Lassa virus is known or suspected to occur should be housed in rodent-proof buildings. The inadvertent inoculation of mice, guinea pigs, or other animals with diagnostic materials containing Lassa virus is a danger that must be recognized by laboratories in West Africa and elsewhere. Epizootics of lymphocytic choriomeningitis (due to an arenavirus related to Lassa virus) have occurred in laboratory rodents through accidental inoculation and have been followed by human cases. There is reason to believe that similar outbreaks of Lassa virus infection could be precipitated.
Finally, although remote, the potential risk must be recognized of the introduction and spread of Lassa virus in a susceptible wild rodent population outside West Africa. The ability of murine
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species other than M astomys to serve as reservoir hosts of the virus has not been extensively evaluated, although observations in Sierra Leone have suggested that at least two common species with worldwide distribution ( Rattus rattus and M us musculus) are not suitable hosts. A corollary risk is that of the possible intro duction and spread of the recognized host, Mastomys, in areas where it is not indigenous. The existing colonies o f Mastomys should therefore be strictly contained. 1S et, N o. 44, 1972, p. 426, No. 31, 1973, pp. 305-306, No. 41,1974, pp. 341-343.
L ’aptitude d’espèces de murins autres que M astomys à jouer le rôle de réservoir du virus n ’a pas donné lieu à des études appro fondies, mais il ressort d ’observations faites en Sierra Leone que deux espèces communes au moins (Rattus rattus et M us musculus), très répandues dans le monde, ne remplissent pas les conditions nécessaires pour servir d ’hôte. Parallèlement, il existe un risque d ’introduction et de propagation de l’hôte établi, Mastomys, dans des zones où cette espèce ne se trouve pas actuellement. U faut donc veiller à isoler strictement les colonies existantes de Mastomys. 1 Voir N» 44, 1972, p. 426, N» 31, 1973, pp. 305-306, N» 41, 1974, pp. 341-343.
(W HO Chronicle, Vol. 29, June/juin 1975.)