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VIH/SIDA : faire face à l’épidémie

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CINQUANTE-TROISIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE Point 12.2 de l’ordre du jour

WHA53.14 20 mai 2000

VIH/SIDA : faire face à l’épidémie La Cinquante-Troisième Assemblée mondiale de la Santé, Ayant examiné le rapport du Directeur général sur le VIH/SIDA ; Notant avec une profonde inquiétude que près de 34 millions de personnes vivent avec le VIH/SIDA, dont 95 % dans des pays en développement, et que l’épidémie de VIH/SIDA est en train de réduire à néant les acquis de cinquante années de développement, notamment l’amélioration de la survie de l’enfant et l’augmentation de l’espérance de vie ; Notant en outre qu’en Afrique subsaharienne, où plus de 23 millions de personnes sont infectées et où plus de femmes que d’hommes sont aujourd’hui infectées, le VIH/SIDA est la première cause de mortalité et que l’incidence de l’infection à VIH augmente rapidement en Asie, en particulier en Asie du Sud et du Sud-Est, où 6 millions de personnes sont infectées ; Rappelant la résolution WHA52.19, qui prie entre autres le Directeur général de coopérer avec les Etats Membres qui le demandent et avec les organisations internationales pour surveiller et analyser les conséquences sur le secteur pharmaceutique et sur la santé publique des accords internationaux pertinents, notamment des accords commerciaux, afin que les Etats Membres puissent bien évaluer, puis mettre au point des politiques pharmaceutiques et sanitaires et des mesures réglementaires qui répondent à leurs préoccupations et à leurs priorités, et tirer le meilleur parti possible de ces accords tout en atténuant leurs effets négatifs ; Reconnaissant que la pauvreté et les inégalités entre hommes et femmes alimentent l’épidémie et que le déni, la discrimination et la stigmatisation restent des obstacles majeurs à une riposte efficace ; Soulignant qu’il est nécessaire de défendre le respect des droits de la personne humaine dans toutes les mesures prises contre l’épidémie ; Considérant qu’un engagement politique est essentiel pour faire face à un problème d’une telle importance ; Reconnaissant que les ressources mobilisées face à l’épidémie aux niveaux national et international sont sans commune mesure avec l’ampleur du problème ;

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Rappelant la résolution 1999/36 du Conseil économique et social de l’Organisation des Nations Unies sur le virus de l’immunodéficience humaine et le syndrome d’immunodéficience acquise (VIH/SIDA), qui souligne entre autres qu’il incombe aux gouvernements d’intensifier tous les efforts destinés à combattre le SIDA par une action multisectorielle ; Rappelant la session récente du Conseil de Sécurité de l’Organisation des Nations Unies sur la crise du VIH/SIDA en Afrique, au cours de laquelle le Conseil de Sécurité a reconnu que le VIH/SIDA est un fléau moderne sans équivalent qui menace la stabilité politique, économique et sociale de l’Afrique subsaharienne et de l’Asie ; 1. DEMANDE INSTAMMENT aux Etats Membres : 1) de faire preuve d’un engagement politique, tel qu’en témoignent plusieurs initiatives récentes de responsables politiques d’Etats Membres, en rapport avec l’ampleur du problème en allouant des ressources appropriées – du budget national et de donateurs – à la prévention du VIH/SIDA ainsi qu’aux soins et à l’aide aux personnes infectées ou touchées ; 2) de mettre en place avec l’appui des bailleurs de fonds des programmes de lutte contre la pauvreté, de les exécuter dans la rigueur et la transparence et de militer pour : − l’annulation de la dette de manière à libérer des ressources pour, entre autres, la prévention et le traitement du VIH/SIDA comme l’ont proposé les participants au Sommet du G8 à Cologne, − l’amélioration des conditions de vie des populations, − la réduction du chômage, − le relèvement du niveau de la santé publique ; 3) d’apporter un soutien accru à l’ONUSIDA et à l’OMS, en sa qualité d’organisation coparrainante, dans leurs efforts contre le SIDA, notamment dans le cadre du Partenariat international contre le SIDA en Afrique ; 4) de renforcer l’éducation du public sur le VIH/SIDA et d’apporter une attention particulière aux plans stratégiques nationaux visant à réduire la vulnérabilité des femmes, des enfants et des adolescents, étant entendu que l’éducation du public et les campagnes nationales devraient mettre l’accent sur la prévention, sur la lutte contre la discrimination et la stigmatisation et sur la promotion d’environnements propices à la santé pour prévenir et atténuer les problèmes liés au SIDA ; 5) de prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les enfants infectés et/ou touchés par le VIH/SIDA contre toutes les formes de discrimination, de stigmatisation, de mauvais traitements et de négligence, et de protéger en particulier leur accès aux services de santé, d’éducation et d’aide sociale ; 6) de tirer parti de l’expérience acquise et de la somme toujours plus riche de connaissances scientifiques sur les actions de prévention et de traitement dont l’efficacité est avérée afin de freiner la propagation du VIH/SIDA et d’accroître la qualité et la durée de la vie des personnes infectées ; 2

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7) de faire en sorte que les transfusions sanguines n’exposent pas au risque de contracter l’infection à VIH en veillant à ce que tout individu ait accès à du sang et à des produits sanguins sûrs, qui soient disponibles et adaptés à ses besoins, proviennent de dons volontaires non rémunérés, soient transfusés uniquement en cas de nécessité et soient fournis dans le cadre de programmes de transfusion sanguine permanents intégrés aux systèmes de santé ; 8) de constituer et de renforcer des partenariats entre les services de santé et les communautés, y compris les organisations non gouvernementales, afin que les ressources des communautés servent à financer des interventions ayant fait la preuve de leur efficacité ; 9) de mettre en oeuvre des stratégies clés de prévention du VIH/SIDA, en particulier la prise en charge des infections sexuellement transmissibles et la promotion de pratiques sexuelles à moindre risque, y compris en assurant la disponibilité du préservatif masculin et féminin ; 10) de renforcer les systèmes de santé qui fournissent des ressources humaines adéquates et qualifiées, des systèmes de prestations et des plans de financement pour répondre aux besoins de la lutte contre le VIH/SIDA ; 11) de prendre des mesures pour réduire l’utilisation de substances illicites et protéger les consommateurs de drogue par injection et leurs partenaires sexuels contre l’infection à VIH ; 12) d’améliorer l’accès aux soins et la qualité de ces derniers pour accroître la qualité de la vie, respecter la dignité de l’individu et satisfaire les besoins médicaux et psychosociaux des personnes qui vivent avec le VIH/SIDA, notamment par le traitement et la prévention des maladies liées au VIH et la garantie d’une continuité des soins au moyen de mécanismes efficaces d’orientation-recours entre le domicile, le dispensaire, l’hôpital et les établissements de soins ; 13) de réaffirmer leur adhésion aux précédentes résolutions sur la stratégie pharmaceutique révisée et de veiller à ce que soient prises les décisions nécessaires, dans le cadre de leurs politiques pharmaceutiques nationales, pour préserver les intérêts de la santé publique et garantir un accès équitable aux traitements, y compris aux médicaments ; 14) d’utiliser les indicateurs mis au point par l’OMS pour suivre les progrès réalisés ;

15) de collaborer avec le Secrétariat de l’OMS et d’autres organismes internationaux pour mettre régulièrement à jour les bases de données existantes afin de fournir aux Etats Membres des informations sur le prix des médicaments essentiels, y compris les médicaments contre le VIH ; 16) d’améliorer l’accès au traitement et à la prophylaxie des maladies liées au VIH par différentes mesures garantissant par exemple l’accès à des médicaments abordables ainsi qu’un système de distribution et de prestations fiable, la mise en place d’une politique énergique d’utilisation de produits génériques, des achats en vrac, des négociations avec les compagnies pharmaceutiques, des systèmes de financement appropriés, des mesures d’incitation à la production locale et des pratiques d’importation compatibles avec les législations nationales et les accords internationaux adoptés ; 17) de définir et d’affirmer leur rôle et, si nécessaire, de constituer des partenariats et de lancer des initiatives de solidarité pour que les médicaments employés à des fins prophylactiques et thérapeutiques deviennent accessibles et abordables et soient utilisés de façon sûre et efficace, qu’il 3

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s’agisse de la prévention de la transmission mère-enfant, de la prévention et du traitement des maladies opportunistes ou des traitements antirétroviraux pour les malades ; 18) de mettre en place ou de développer les services conseils et le dépistage confidentiel volontaire du VIH susceptibles d’encourager les gens à se faire soigner et de servir de point d’accès à la prévention et au traitement ; 19) de poursuivre les recherches sur la prévention de la transmission mère-enfant du VIH et d’intégrer les actions de prévention dans les services de soins de santé primaires, y compris les services de santé génésique, dans le cadre de programmes de prise en charge globale des femmes enceintes infectées par le VIH et du suivi postnatal de ces femmes et de leur famille, en veillant à ce que cette recherche soit dénuée de tout intérêt particulier susceptible de biaiser les résultats et que toute participation commerciale soit clairement annoncée ; 20) de promouvoir des recherches sur les changements de comportement et les facteurs culturels qui influencent les comportements sexuels ; 21) de mettre en place ou renforcer des systèmes de surveillance et d’évaluation comportant des activités de surveillance épidémiologique et comportementale et l’évaluation de la riposte des systèmes de santé aux épidémies de VIH/SIDA et d’infections sexuellement transmissibles en favorisant la concertation sous-régionale interpays ; 2. PRIE le Directeur général : 1) de continuer à renforcer l’engagement de l’OMS, en tant qu’organisme coparrainant de l’ONUSIDA, dans la lutte contre le VIH/SIDA menée par tout le système des Nations Unies, y compris au niveau des pays ; 2) de mettre au point une stratégie globale du secteur de la santé face aux épidémies de VIH/SIDA et d’infections sexuellement transmissibles, dans le cadre du plan stratégique du système des Nations Unies pour le VIH/SIDA pour 2001-2005, et de faire rapport sur les progrès accomplis dans l’élaboration de la stratégie au Conseil exécutif à sa cent septième session ; 3) de donner, dans le budget ordinaire de l’Organisation, un rang de priorité élevé à la lutte contre le VIH/SIDA et d’engager activement l’OMS dans la mise en oeuvre d’une stratégie transparente et commune de mobilisation des ressources, à l’appui du budget et du plan de travail unifiés du Secrétariat de l’ONUSIDA et de ses organismes coparrainants et d’encourager activement la communauté des donateurs à accroître son appui aux interventions régionales et dans les pays ; 4) de continuer à mobiliser des fonds pour les programmes nationaux de lutte contre le VIH/SIDA ainsi que pour les soins et l’appui fournis par l’intermédiaire des programmes à domicile et dans la communauté ; 5) de continuer à appuyer la mise en place de systèmes de surveillance des prix des médicaments dans les Etats Membres, sur leur demande, de manière à promouvoir un accès équitable aux soins, y compris aux médicaments essentiels ;

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6) de renforcer la capacité des Etats Membres à appliquer des systèmes de surveillance des médicaments pour mieux repérer les réactions indésirables et les cas de mauvaise utilisation de médicaments dans les services de santé et favoriser ainsi l’usage rationnel des médicaments ; 7) de continuer à mettre au point des méthodes et prêter un appui pour suivre les répercussions des accords commerciaux sur le plan pharmaceutique et sur le plan de la santé publique ; 8) d’engager pleinement l’Organisation dans le Partenariat international contre le SIDA en Afrique, ainsi que dans les autres programmes contre le VIH/SIDA dans les autres Etats Membres, en particulier au niveau des pays, dans le cadre de plans stratégiques nationaux ; 9) de coopérer avec les Etats Membres pour la mise en place de services nationaux coordonnés de transfusion sanguine ; 10) de collaborer avec les Etats Membres pour renforcer la capacité des systèmes de santé à faire face aux épidémies par la prévention et la prise en charge intégrées des cas de VIH/SIDA et d’infections sexuellement transmissibles, et de promouvoir des recherches sur les systèmes de santé conduisant à l’élaboration de politiques sur la riposte des systèmes de santé au VIH/SIDA et aux infections sexuellement transmissibles ; 11) de demander que soient respectés les droits de la personne humaine dans toutes les mesures prises contre les épidémies ; 12) d’intensifier l’appui aux efforts nationaux de lutte contre le VIH/SIDA, en vue d’apporter une aide aux enfants infectés ou touchés par l’épidémie, en se concentrant particulièrement sur les régions du monde les plus durement frappées où l’épidémie compromet sérieusement les acquis nationaux en matière de développement ; 13) de lancer un appel à la communauté internationale, aux organisations compétentes du système des Nations Unies, aux organismes et programmes donateurs ainsi qu’aux organisations intergouvernementales et non gouvernementales pour qu’ils accordent une attention suffisante au traitement et à la réadaptation des enfants infectés par le VIH/SIDA et de les inviter à envisager de faire intervenir davantage le secteur privé ; 14) de veiller à ce que l’OMS, avec le Secrétariat de l’ONUSIDA et d’autres organismes coparrainants de l’ONUSIDA intéressés, poursuive de façon dynamique et efficace son dialogue avec l’industrie pharmaceutique, en concertation avec les Etats Membres et les associations de personnes vivant avec le VIH/SIDA, pour rendre les médicaments contre le VIH/SIDA plus accessibles pour les pays en développement grâce au développement des médicaments, à la réduction des coûts et au renforcement de systèmes de distribution fiables ; 15) de renforcer et promouvoir les partenariats existants et explorer la possibilité d’en constituer en vue de rendre les nouveaux médicaments contre le VIH/SIDA plus accessibles grâce à des prix abordables, des systèmes de financement appropriés et de bons systèmes de soins de santé, afin que ces médicaments soient utilisés de façon sûre et efficace ; 16) de coopérer, sur leur demande, avec les gouvernements et d’autres institutions internationales au sujet des options qui s’offrent, au titre des accords internationaux pertinents, y compris les accords commerciaux, pour améliorer l’accès aux médicaments contre le VIH/SIDA ; 5

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17) de promouvoir, d’encourager et d’appuyer la recherche-développement sur des vaccins dirigés contre les souches de VIH observées tant dans les pays développés que dans les pays en développement, sur les outils diagnostiques et les médicaments antimicrobiens efficaces contre d’autres infections sexuellement transmissibles et sur le traitement du VIH/SIDA, y compris par la médecine traditionnelle ; 18) d’intensifier les efforts pour prévenir le VIH et les infections sexuellement transmissibles chez les femmes, et notamment de promouvoir la recherche-développement de microbicides et de préservatifs féminins abordables de manière à fournir aux femmes et aux jeunes filles des moyens de protection dont elles puissent avoir l’initiative ; 19) dans le contexte de l’action engagée avec l’UNICEF, le FNUAP et le Secrétariat de l’ONUSIDA, de continuer à fournir un appui technique aux Etats Membres pour la mise en oeuvre de stratégies et de programmes de prévention de la transmission mère-enfant du VIH et à améliorer la capacité de collaboration intersectorielle ; 20) d’apporter un soutien aux Etats Membres pour la collecte et l’analyse d’informations sur l’épidémie de VIH/SIDA et d’infections sexuellement transmissibles, l’élaboration de méthodes de surveillance comportementale et la production de mises à jour périodiques ; 21) de fournir un soutien accru aux Etats Membres pour la prévention de la transmission du VIH chez les consommateurs de drogue par injection afin d’éviter une explosion de l’épidémie de VIH/SIDA dans cette population vulnérable ; 22) de plaider en faveur de recherches sur la nutrition dans le contexte du VIH/SIDA ;

23) de donner des avis aux Etats Membres sur le schéma thérapeutique approprié contre le VIH/SIDA et de donner des avis, en collaboration avec d’autres organisations internationales compétentes, sur les problèmes gestionnaires, juridiques et réglementaires à résoudre pour rendre le traitement plus abordable et plus accessible ; 24) de lancer un appel aux partenaires bilatéraux et multilatéraux pour qu’ils simplifient les procédures d’allocations des ressources.

Huitième séance plénière, 20 mai 2000 A53/VR/8

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