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Bémakaha (Pays Sénoufo de Côte d'Ivoire) : un village de colonisation spontanée en zone onchocerquienne-approche sociologique

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oi_._. | "^'""'u,{,:* Programme de lutte du ORGANISATION MONDIALE DE LA 5ANTÉ contre lt0nchocercose dans la Régiot Bassin de la Volta Unité dt Évaluation ÉpidÉmiologique Document de travail OCP/EP]/76'LA r II juin APPROCHE SOCI 0uagadougou, L976 ,* rt 3 AVANT-PROPOS Simple jalon monographique, ce rrdocument de travaillr atteste une rencontre drintérêts entre deux sociol0gues engagés dans des opérations distinctes. D|unepart,IeProgrammedeLuttecontrel|Onchocercosedansla Régi-on du Bassin de Ia Volta (0CP), dont I'exécution incombe à lrorga- nisation Mondiale de Ia Santé (0MS), a inauguré en mars 1975 une série dtévaLuations épidémiologi"ques dans Ie nord de la Côte-dtlvqire (celles- ci devant, en principe, se répéter régulièrement durant une vingtaine drannées). Dtautre part, Ie Bureau Netional drEtudes Techniques de Développement (BNETD, République de côte-dr lvoire, Ministère du PIan) dispose à Knrhogo, depuis deux ans, .dtune antenne'conçue Pour Ia réalisation de nombreuses études concernant Ie développement de lren- semble régional nord de Ia Côte-d'r lvoire' crest donc à des titres différents que les deux siginataires du présent essai ont eu affaire avec 1e v5J-Iage de Bémakaha (prÉfecture de Korhogol Bous-préfecture de Napiéo1édougou). choisi par Ifunité Epidémiologique (EPI) dt0M5/0cP en mars 1.975 et mars"f976, Bémakaha' situé en bordure du ttpérimètre sucrier de Ia Siluétr inventorié par Ie tsNETD en jtrillet-août Lg15, ressortit à lraire de dégagement spontané de Ia zone denge Korhogo-NaPié' Claude PAIRAULT' 0ivl5 Albert KIENTZ' BNETD SOI',J,ûAIRE AVAI\ûT-PROPOS 1. HrSîORIQIIE, STRUCîURES ET ACîIVIîÉS DE nÉrvinxnru 1. 1 I-.,' his:Lgj.re*3-' une_iqplq.q:tat_ignl.? tree slrusltUres vil-JaEeqiséè-. . . .L.2 .L I,r espa.ce habitéL.2,2 I-lr espace cul_tivéL,2.3 Organisation fami]-ia]-e7-,3 trgll L.3.1 Ï,es tâchee quotid.iennesL.7.2 Actiwités économiquee1.3.3 Àctivités extra-wiJ-J.ageoises et fêtes 2. nÉMoenerHrg 2.J. Données êe str_uqtqJ:e p.2 4 4 7 7 7 9 10 l-o 11 L2 L4 L4 14 L6 L7 l_B 1B 20 2L 21 25 25 26 iai a z.L.L Répartj.tion par sexe et Bar âge2.1.2 Répartj-tion par groupe ethnique2.L.3 Etat matrimonia]. 2.2 Données dq mogllement2.2.L Dynamique du peuplement2.2.2 Origine des irrmigrants2.2.3 Turbu]-ences 3 . CHANGEIViENTS SOCIO-CUTIUREIS 4. CONCLUSTON 4.L Les ]-econe de.-Blfu[e.kaha. 4.2 Question rcos:5_e_ à LCJ En hors-texte : Hî1 H!2 HT1 Hs4 Hî5 Hî6 carte de sitrration et d.e l-ocalisation d.e ra popuJ-ationCal.end.rier agricole d.e Bémakaha Pyramid.e des âges au 1 janvier L975Carte ethnique d.e J.a, région eénoufo d.e Côte-drlvoireRépartition, par groupe ethnique, de J-a. population d.e Bémakaha Répartition d.e 1a popuJ-ation par année d.ra,rrivéeà Béma.kaha Evolution de Ia population de 3émakaha Zonee d.e d.épart d.es migrants pour Bémakah,aVilJ-a.ges d.e départ des migrants pour Bémakaàe;(sous-préfectures de Korhogo et d.e liapiéo1édougou) tlr7 HlB HT9 r. HISmRIQUE, srRucruREs ET ACTIVTTÉs oE nÉunrRHn 1.1 Lrhistoire drune impl-antation Autour du point déterminé par ]a rencontre de D9p01rN et 05"28th, -coordonnées de ltactuel village ae gemataha(11 s'étendait jusquren 1957 une paisiàk(2)""r.n" arborée, traversée par un méandre du Bandama. A Irest de Ia rivière, les terres appartenaient à Longo ; à rtouest, erres dépendaient de Kiémou, et ces deux anciens(3) ,itf"ges, distants de I8 km, possédaient alors beaucoup plus drespace qurils nren pouvaient exploiter. Dix-huit ans plus tard, un recenserunt( )d" Bé*.k"ha dénombrait IZB3 habitants, répartis en 254 unités familiales. Dans un si bref laps de temps, la population du nouveau village avait dépassé de plus de trois fois lreffectif du(s) v1eux Longo . Ce phénomène est essentiel]ement dû à Itinitiative de Béma Coulibaly, un notable de Korhogo qui, pour des raisons dont la complexité déborde notre propos, décida de se l-ancer dans 1taventure drune terre neuve. Aujourdthui âgé de quelque 75 ans, Béma srexprime .in"i(6), rrSi je me suis instal-IÉ à Bémakaha, crest à cause de Ia bonne terre. Là-bas, à Bémakaha, iI y a beaucoup de terres favorables à ltagricultr.rre. Et tout ce que je possède aujourdrhui a été tiré de cette terre. Cette année même, jrai vendu une importante quantité de riz. (1) Voir Ia carte de situation en hors-texte (HTI). Bema-kaha (sénoufo) uu Bema-dugg (dioura) - I'village de Bémat'. tt@gggg"(=ttcampement de Bémarr) reste encore une apperration courante.(2) Ltexpression dioula ".Ey.@t' (ttplace Librert ou rrlieu trenquillert) sertà désigner le site de Bémakaha.(3) Une t'saga de Samory", recueilLie en juillet 1975 par A. Kientz auprès du chef de Kogbara, fait é,tat, à deux reprises, du frchefr ou du nroiil de Kiémou, -preuve que cB dernier village Était déjà réputé à 1répoque. Quant à Longo, une conversation (mars 1976) avec le chef Me1lèhè Touré permetde concl'ure que ltagglomération se trouvait déjà en place à Ia fjn du XVIIIe siècIe.(4) effectué par CéIestin Dohoba pour 0Cp,/EpI en juillet-août Ig75.(5) 367 habitants en mars Lg76.(6) Extraits drun entretien du 26 mars 1976 à Korhogo. rl '*:i---'?r**':i:;; i- 0:. . .'' - . . ..,,.- . ...:., ,:: l'e."-"r,,rri t *f'*' *rr( lir ,r f ,al ..,. i .. ,*l * tt+* J *rrl++*xt :, ^tx\ n.ir&à' ,*..I. ":ii. : 'i t. + . .!<.+-. t* **l &' + I tr.t +: t f + LI rrlr[- rllll f É d + \*.**.t***t+*, *1_ I * ,L- + t + . *\ a .ïÉ t a :aî .:, ii: É + +13 *-*N-.*i,j'' .rt r$ a .3 '! to.' ; irl*t lr ÏÙll. lrlftrrrr]n t. ir!l' à r.$rI lr lrtt t rtlti +. rru- i,: m.rlu frr 1.:, tt: tttl{ t;irlt**-t ,. : ..rHtlt.ü r:,r,iltril,;',rri,' 5La première année, quand je suis a}Ié pour m'instaIler, beaucouP dtautres mtont suivi, moi et les miens. La migration a continué dans les années suivantes. Je Ie prévoyais dès le début de lrinstallation' car rà-bas une bonne et abondante teme était disponible pour les cultures ' Mes relations avec Kiémou avaient rendu facile ltobtention du terrain' qui dépendait de ce viliage. Après mon installation, je fis tracer une rc,ute jusqurau camPement. Jurant}espremièresannées,j'aidûemployerdelamain-dtoeuvle'cariI nry avait pas de tracteurs. Jrai commencé par faire du riz et du mais aux alentours du campement. En 1960, jtai eu la première machine, de marque Renault, et je dus mrapprocher vers Ia rivière pour cultiver Ie riz inondé' Après cette première r"lninu, jren ai acquis drautres : toutes, je les ai achetées avec mon proPre argent, sans aucune aide du gouvernement' La vente desproduitssefaisaitàKorhogo,transportésPardescamionspersonnels. Parlasuite,Iapopu}ationdeBémakahaestdevenuesinombreuseque certaines teffes appartenant à Longo ont été cultivées Par nou6' de lrautre côté de Ia rivière. Jrai traité de cette affaire avec Mellèhèr le chef de Longo. Quand il sragit ordonne, et, en mon viIlage. " de la distribution des r absence, ctest Lohona terres aux familles, clest moi qui Eoulibaly qui me rePrésente au une conversation du 16 mai 1975 avec Lohona coulibaly et quelques notables du village appuie les dires du fondateur. EIIe évoque, en outre, le tragique problème de lronchocercose : ilcrest Béma qui a commencé à cultiver cette place ; mais iI nra pas commencé pour lui seul. crest Paxce qutil voulait le bien de Korhogo que Ies gens sont venus à sa suite. E|est moi, Lohona, quril a envoyé en premier Iieuici.J,aipréparécetteplace,etilestvenuensuite.Lesgenssont venus aPrès nous. Vraiment, Eéma fait du bien aux gens de la terre I à ceux qui nravaient plusdeterrepourcultiverdansleurvillage'ilarenduservice'Etils sont nombreux. 5i Béma nrétait pas bon, Ie village ne serait pas devenu, en dix-huit ans, grand comme il est: beaucoup drautres villages sont plus anciens que celui-ci, mais beaucoup drentre eux ne sont pas aus5i importants' Béma nta pas fait aCception de Personnes i les nouveaux Venus avaient la possibilité de srintégrer et de se sentir ici chez eux' Laforêtautrefoisétaitvraimenttouffue.Quandj'étaislà,toutseul,jravais peur. I1 y avait des animaux. En regardant en lrair' je ne voyais même pas Ie ciel. Maintenant crest devenu un grand viJ-Iage' Maisensuite}'empêcheestvenue,enparticulierlamaladiedesyeux. Maux de tête pour les uns, ,maladie des muscleet(})Pour drautres, et aussi fièvre,mauxdeventre.Ilyadesinsectesquipiquentitoutcelanous (1) Le terme sénoufo ici employé, gg.!g9., est ainsi traduit et commenté dans un Dictionarv tvebara-engltgh'(NissiolJ-.-ptiste, Korhogo, juin Lg6-l' p'I09) : rrarthritis, rhumatism, cramPs, a type of worm that forms balls on the joints' worma on trees.rr -Entre autres dén-oiations, tt!!-Eiqdt désigne certainement les kystes onchocerquiens. 6donne des maladies. Erest la maladie des yeux qui est très grave ; si quelqurun est aveugle, crest comme sril était mort, et iI se promène. II est mort, et puis if se promène. Vraiment, Lraffaire des yeux, cela nous gêne. Quand on est aveugle, on ne peut pas cultiver. Si vous avez toutes sortes drempêches, crest pour les yeux que crest le plus grave, -ainsi que pour la rmaladie des musclest. Quand celle-ci vous atteint, chaque fois qurune pluie se prépare, vous ne oouvez plus cultiver. Est-ce 1e fait dravoir abattu des forêts qui a amené Ia maladie ? -0n ne sait pas. Est-ce que ce sont 1es génies ? -0n ne sait pas... Un était en bonne santé, et on cuftivait bien. Maintenant, crest Ia santé qui nous manque. 5i vous pouviez noug aider ltt Quoi quril en soit des mobiles ayant poussé Béma CouLibaly à prendre ses distances par rapport à Korhogo, les deux déclarations précédentes mettent bien en évidence le motif pour lequel un nouveau campement srest établi et a rapi- drr"nt(1)utteint ]a taill-e d'un gros village. Ce motif nrest autre que la quête de bons et spacieux terains de cuLture. Cependantr lrannée 1973 amorce un tournant dans lrhistoire de ce dévelop- pement. En effet, la décroissance de lrimmigration (visible sur HT6) correspond à une certaine saturation démographique du territoire cultivable. Celfe-ci aboutit, deux ans plus tard, au g.$3gg!. de quelques famil.Les qui srétaient installées a Aer.t"f,-(?) Dans Ie même temps, Ies autorités ivoiriennes décidèrent, au bénéfice de la rÉgion du nord, dtun vaste programme draménagement routier ; poux la zone qui nous concerne, ce progxamme stest traduit, dès 1975, dans la construction drun pont en béton précontraint sur la voie reliant Longo à BÉmakaha. Du fait, la rivière Eandama est ici devenue franchissable par les véhicules en toutes saisons, et lton conçoit que ce pont ouvre non eeulement aux cultivateurs inata.l.lés à Bémakaha(l)r-i" aussi aux migrants potentiels de ]a rrzone d"n"""(4) des possibilitÉs nouvelles pour Itexploitation du terroir de Longo. (f) Un histogramme en hors-texte (Hfe) figure la répartition de la population par années drarrivée à Bémakaha.(2) Le 20 mars 1976, Lohona et ses colJ.ègues précisent, dans une conversation, qufune vingtaine de personnes auraient quitté Bémakaha depuis juillet 1975.(3) Cf. ci-dessus, p.5 (avant-dernier paragraphe de 1a citation de Béma).(4) Sur HTI, le secteur environnant Korhogo-Napié apparaît comme particuliètement peuplé. 11 comporte une densité de 70 à 80 habitants au km2. Ledit secteur est communément appelé Ia I'zone denserr de Korhogo. 1.2 Les structures villaqeoises L.Z.L Lr espace habité . Conforme au modèIe sénoufo, Bémakaha présente un aspect compact. Lrhabitat est serré:les maisons de style traditionnel, avec leurs greniers adjacents, sont proches ]es unes des autres, et Ies enclos servent llintercom- munication autant que la réunion familiale. Quelques traits, néanmoins, spécifient ce village récent. 0n note, tout drabord, Ia proportion importante des maisons carrées ou rectangulaires. Coutumièrement, les demeures rondes ou plutôt ovales étaient réservées aux fernrnes, les maisons carrées aux hommes et les maisons rectangulaires aux jeunes gens ; il nren va plus de même à Eémakaha. Onze quart:-æ"(I)ont été distingués lors du xecensement de 1975, mais aucune différenciation topographique nrimprime sur Ie sol Les contours drun te1 classement. En dfautres termes, ltimbrication spatiale des quartiers manifeste qutici les proches voisins ne sont plus régulièrement les rrprochestl du point de vue de la parenté. Un troisième point distingue Napié : aucun bois sacré nrexiste signifie lrabsence, sur Ia place, Eémakaha des villages entourant Korhogo et en bordure de l-ragglomération, ce qui de lrorganisation initiatique traditionnelle. Cela dit, mentionnons aussi J-rabsence dtéquipements coLleetifs tels que marché, école ou dispensaire. Mais le groupement coopératif du viilage(2)a instalJ,é un magasin. Drautre part, un abri srest construit, fin 1974, pour les réunions hebdomadaires de quelque 70 catéchumènes en xapport avec la mission catholique de Napié. Enfin, lrannée 1976 devrait marquer 1a mise en service dtun puits collectif dont Ia réaLisation incombe à une Société nationale, tu fo""xi(l) L.2.2 Lrespace cultivé. Le terroir de Bémakaha srétend dans toutes Ies directions autour de (1) Chacun drentre eux porte le nom du chef de famiLLe sous lrautorité duquel il est placé. -Le terme sénoufo pour rrquartieril estrrkatvolort, eui correspond à une dénotation &gglg, tromme le montre ltemploi de ce même mot pour signi- fier rrenclosrr (ou, selon une expression courante, rrconcessionrr).(2) Cf. 1.3.2(3) F0REXI = Société pour Ia réalisation de Forages drExploitation en Côte-dtlvoire. -Bémakaha compter par ailleurse urle dizaine de puits couverts creusés par des villageois dans 1es années passées. T ltagglomération. Au nord-ouest, iI srarrête aux terres cultivées par Nénékri et Kiémou, tandis que, vers le nord, lfest et Ie sud, 1e méandre du Bandama trace une frontière natureffu(*)r"".ltouest e! Ie sud-ouest, Ia limite paraît surtout déterminée par la distance normalement praticable entre les champs et le lieu drhabitation. Dans Ia boucle du Bandama, Ie riz inondé représente une culture semi-fixée. Partout aiJ.Ieurs, igname, riz pluvial, mai,s et arachide se succèdent durant cinq ans sur les mêmes places, Iaissées ensuite en jachère durant une moyenne de sept ans. Les agrumes ne manquent pas (surtout les manguiers). Lrattribution drun terrain de culture dépend du chef de terre. Celui-ci, dans les villages de Ia région, est }e descendant en ligne utérine du premier occupant de Ia terre. Habituellement, iI y a cumul des fonctions de chef de terre (tarifolo) et de chef de village (!.git!gÀg.). On sait que Ia terre de r.f \ Bémakaha relève\f'd.n" son ensemble, de la compétence du chef de Kiémou, et que celui-ci a pratiquement cédé ses droits à Béma Coulibaly, lui-même repré- senté sur place par Lohona. Le chef de terre accorde Ie droit dtusage sur Ia teue gratuitement, sans redevance autre que Iroffrande de quelques prémices si Ia récolte est bonne. Lrexploitation du sol est concédée pour un temps indéterminé, ct est-à-dire aussi longtemps qurexistent des indices attestant Itusage effectif du terrain par son occupant. Drune manière générale, cette attribution des terres, dans Ie pays sénoufo, se fait en suivant un certain nombre de relais. Le chef de terre (tarifolo) distribue des portions aux divers chefs de quartier (!a!ofolo.), qui les répar- tissent entre les chefs de U-grrage (""r.igbafo1".), lesquels 1es attribuent à leurs enfants et aux rrétrangersrr (=immigrants) venus srinstaller chez eux. Quand iI sragit drun immigrant, on normalise drabord sa situation en lrintégrant dans l-torganisation socia-Le villageoise (quartier, lignage). Si lrrrétrangertt est seul, il devient membre adoptif dfun narigba, auquel il est rattaché, soit spontanément en raison de liens antérieurs, soit dtoffice. Dans ce dernier cas, (1) dépassée Béma Coulibaly(2) tout comme se situe à peu -rappelons-1e- depuis quelques années, après accord entre et Ie chef de Longo (t\4eLfana Touré). celle de Nénékri, hameau de TL habitants qui, fondé en 1965, près à mi-chemin entre Bémakaha et Kiémou. t üsi lrimmigrant est sénoufo, re chef du virlage re confiera à un lignage de ^ (1)meme nom . si rrimmigrant est accompagné des siens, i] sera rattaché à un katvolo (quartier) à 1tintérieur duquel il va constituer une unité famij-iale autonome. En cas de départ définitif au bout drun certain temps, res terres qui rui ont été aflouées par le chef du quartier rentrent dans r-e lot de ce dernier. 1.2.3 0rganisation familiale. Ce qui vient dtêtre dit au sujet de.l-iattribution des teges nous renseigne déjà sur les principales articulations du système famirial. Précisons que, selon la tradition sénoufo, "EIigEr désigne le matrilignage. I1 est normal que des frères utérins adultes(z)p.rtugrnt le même enclos ou srétabLissent dans un étroit voisinage, avec épouses et enfants. Il est non moins normal- qulà ces enfants, mis au monde par lesdites épouses, srajoutent ou se substituent des neveux utérins. Quoi quril en soit drun certain glissement, actuel-Lement ""peruUtu(f)a, système familial sénoufo vers la patrilinéarité, retenons que 1e nariqba-type de Bémakaha comespond à une unité familiale(')ou tairl-e restreinte ; ir comprend le chef de famille, une ou deux épousesr êvêc Ia présence éventuelle drun neveu utérin ou drun autre parent. Au sein de nrimporte quelre famille sénoufo aujourdrhui étabJ.ie à Bémakaha, quelques minutes de conversation suffisent pour quron sache dans quel (r) tes noms des rignages sénoufo sont au nombre de cinq : soro, siruè, yéo,Ïuo, Sékongo. Les nombreux homonymes eépandus dans les villages et hameaux sénoufo ont Ie sentiment dtappartenir à un même ferigj. Faut-il traduire cedernier terme par rtclanrr ? Dans la mesure où lrinfluence dioula atteint lronomastique, on aboutj.t aux correspondances suivantes : 50ro + coulibaly, Siruè + Koné (ou Konaté ouDanyogo), Yéo +.Watara, Tuo - Touré (ou Diamassouba), Sékongo osanogo (ou Kamara ou Traoré).(2) I1 existe un terme sénoufo, rrsémèrr, pour désigner Itensemble des frères et soeuxs germains, ainsi quragnatiques et,/ou utérins. 5riI en est besoin, on peut spécifier tt§@ paternelrt ou rrsémè maternel_rr.(3) ne fût-ce que dans La transnris-sion des noms : les enfants reçoivent aujourdrhui Le nom paternel. -Rappelons que, dès res premières années delrIndépendance, la République de Côte-drlvoire a promulgué un code de Ia familLe où la descendance en ligne paternelle était nationalement canonisée.(4) Dans.l-e recensernent de 1975, -Les 1283 individus enragistrés ont été regroupés sans trop de difficu.Lté en 254 rtunités fami-LiaLes'r. t,IO vilrage habite Ie reste du narigba : ce même vilJ-age, droù a migré le chef de fami-L1e dans le cours des ]9 dernières années, demeuxe Ie foyer des relations essentielles. l4utatis_-rnq:Eandis, Ia même affirmation vaut pour 1es 28 unités fami-l-iales (soit I37 personnes) classées par Ie recensement de 1975 dans un quartier dit trdioul-u"(1); Ies liens originels s'y maintiennent tout aussi vivants. 1.3 ïravaux. Échanqes et fêtes 1.3.1 Les tâches quotidiennes. Nous connaissons déjà lrextension du terroir et Itensemble des produits quron en retire (cf,I.2.2). Un tableau ci-joint (HT2) présente Ia répartition des tâches agricoles au long de ltannée. Ce calendrier, du reste assez élastique (en particuLier pour Irigname), montre bien comment rrles cultivateurs sénoufo sont occupés toute lrannée. Ltétalement des récoltes de 2e cycle après la fin de Ia saison des pluies, l-es cultures de bas-fonds, et surtout les travaux relatifs à lrigname font que Iractivité agricole nrest pas totalement interrompue durant Ia . ..Q)sa]-son seche." Pour Ia répartition sociale des tâches, une constatation sfapplique au pays sénoufo : le clivage sexuel nrest pas moins corrélatif des types de culture que des opérations successives caractérisant une cuLture donnée. Autrement dit, certaines cultures sont traditionne]l-ement féminines (arachides, pois de teme, riz de bas-fond), drautres masculines. Mais une tel]e constatation stestompe dans la mesure où interviennent des technologies nouvelles, et clest ce qui se passe à Bémakaha, où Ie riz proche du Bandama est maintenant exploité au tru"t"ur(?)D" rnÊru, Ia récolte du riz à la faucilLe (au lieu dtun petit couteau) tend dÉsormais à impliquer davantage les hommes dans lrensemble du cycle cultural. (f) fn faite i.I sragit drun quartier incluant une quinzaine de familles maliennes, une ghanéenne, une guiléenne.(2) SEDEST Rapport aqricole. Réqion de Korhoqo. Etude de développement socio- économique, L965. -0n sait que Ie nord de la Côte-drlvoire se caractérise par lralternance annuelle drune saison des pluies (mai-octobre) et dtune saison sèche (novembre-avril).(3) En août 1975, quatre tracteurs étaient en service, dont deux appartiennent à Béma. 11 existe, on sren doute, de sérieux problèmes drentretien et de répara- tion du parc des machines. a, e'.§, . 'Ç aÿ'!.. ,.b-' t ,lÉt'r ',) a,' ri, I'r I *;çFiil+Ë,rfr? '"; ] 'a''ù. i,-',.' .t 'ü -aiÔ,7 ,'iY:"''"t.l i't'+' *".- r ',ld -r'# ';ii# ,Y4)'# .,§ a )! Ça l*'tt:d"'tr .}' UI r d I ,:,,, ti , ,,.r ' -t't'P 'tf ,ÿ "'r'* '.t ' .i, '{ .L 1{. ,:JIî ,t D1il. tl ,tt .{' ''rl ta_li a rir É jj ,rt tl - U a! tg .h ri'.: , :l a1I Autreconstatationcomplémentaire:danslIensembledutravailagrico}e, laparticipationmasculinelremporte'et'encequiconcexnelamain-droeuvre féminine, ce sont ]es jeunes classes drâge (rs-zs ans) qui prédominent' Au-de}àde45ans,lesfemmessonttrèsnettementsous-représentées. Acesujet,noton€que,danslequartier'ldioulalldeBémakaha,Iapartprise parlesfemmesàdestravauxagricolesselimiteausemisetaudésherbage durant les mois de juiltet "t uoOt(l) Quantauxtâcheenonagricoles,ellestiennentunep}acetoutàfait modeste dans lrensemble des activités villageoises, hormis ce qui concerne -comme de coutume dans tous les villages- Ia construction et la réfection des maisons ou des greniers en saison sèche, ainsi que res travaux et lrarti- sanat ménagers. Dans Ies abords immédiats du Bandama' 1réIevage (monoPole des peul aux alentours) est quasi nul à cause des risques de trypanosomiase' Larivièreelle-mêmeestpêchéepardesllsamogol|dloriginemalienne,dont plusieurs ont été recensés au quartier |tdioulatr de Bémakaha' L.3.2 Activités éconamiques' Bémakaha possède quelques étals' mais pas de marché' Les transactions commerciales ont lieu à Kiémou (tous les vendredis) et à Korhogo ou Napié (marché tous les six jours). Les produits habituels sry vendent ou sry achètent contrel'argentmoderne,etilseraitintéressantdemesurerlevolumedes échanges monétaires ainsi réalisés par Bémakaha' A}lintérieurduterroirvillageois,Iaproductionconserveunetyle familial.Destraditionnellesorganisationssocialesdutravailagrico}e,iIne subsisteguèreicique,,g9@l,systèmeauquelpeuventavoirrecoursceuxqui nedisposentpasdtunemain-dtoeuvrefami.Iialesuffisanteetnedésirentoune peuvent faire appel à de Ia main-droeuvre salariée : il stagit de prestations réciproquesdetravailquisepratiquententrePersonnesdemêmegénération et de même sexe. En revanche, une organisation nouvelle' du coopérativerr, stest mise en place depuis 1970' type ttgrouPement à vocation Cette cooPérative srest t (f) Ce fait est Iisible dans Itanalyse des données par OEP/EPI en mars 1975 : l-es femmes du quartier par Itonchocercose que les femmes rÉnoufo des dix parasitologiques recueillies I'dioulart sont moins atteintes autres quartiers ' tL2 constituée sous Irimpulsion gt avec 1e concours de deux jeunes fonctionnaires sénoufo affectés à Napié : Georges Coulibaly (de Sinématiali) et Soumaila Coulibaly (de Korhogol(1) Ceux-ci ont pris leur temps pour qurun véritable contact stétablisse avec les vitlageois intéressés par le projet I Ie vieux Béma lui-même est devenu président du groupement. Patience, diplomatie et honnê-(2\ teté ont abouti à ce que Itorganisation rassemble aujourdrhui 51 exploitants''", satisfaits dtune formule progressivement mise au point avec Itaide du CENAPEC':' Lescoopérateursexploitentencommun,chaqueannée,de60àS0haderizinondé, dont une partie de Ia récolte est achetée sux place par }a SoDERIZ (Société de Développement de Ia Rizicul-ture), et lrautre partagée entre eux' Ltargent reçu de laSoderizsert,pouxunBpart,ècouvrirlesfraisd'achatetdtentretiendu matérier de curture({)ru reste est p}acé en banque à ra BNDA et à la 5IB' NousavonsdemandéàGeorgesCou}ibalycequtiladviendraitdelacoopé- rative si lui-même et soumalla se trouvaient bientôt affeetés par leur Adminis- tration roin de Napié. IL a cité, par manière de réponse, cette réfrexion drun coopérateur:rrMaintenant, nous avons compris et nous nravons même plus besoin du CENAPEC Pour nous aider'rr Une main-d,oeuvre saisonnière (voir 2,2.3) apporte régulièrement son appoint' deux fois r'rn(Pà Ia production agrieole du village' La rétribution de ce travail est tarifée, soit en nature (quatre bottillons de riz pour les femmes lors de Ia récolte), soit en monnaie (minimum quotidien de 300 francs cFA pour un homme' de 200 francs Pour une femme)' avec, de surcroît, logement et nourriture. Les salariés et salariées aglicoles saisonniers de Bémakaha sont originaires de la même zone (zone dense de Napié-Korhogo), sinon des mêmes villages que les exploitants-emPIoYeurs' (r)tepremierestconseillerpédagogique,.lesecond,directeurdesubdivision des Travaux Publics. A Ia coopérative ae BemaXaha, ils occupent respectivement les postes de secrétaire et de trésorier'(2)Parmices5l,seulsIesecrétaire,Ietrésorieretunehauffeurtravaillant à Korhogo sont install"és hors du village. Quant à Béma, i1 ne bouge plus guère I de Korhogo.(3) Centre National de Promotion des Entreprises Coopératives'(4) L'un des tracteurs de Bémakaha est propriété de la coopérative' mai et décembre, rétribue son chauffeur'(S) fn mai-juinl iI stagit surtout drune main-droeuvxe masculine ;janvier(récoltesdurizetdelrigname)'famain-droeuvresalariée féminine. qui, entre en novembre- est surtout t3 * I.3.3 Activités extra-villageoises et fêtes' Dans l-es secteuxs kyembara et nafara du pays sénoufo, qui demeurent largement attachés aux pratiques religieuses de leur tradition, 1e vendredi correspond à un jour où srinterrompt Ie travail aux champs. Bémakaha reste fidèIe à cette coutume. Ici, comme ail]-eurs, les mois de la saison sèche marquent un ternps fort de Ia vie sociale, QUi culmine au moment des fêtes funéraires dont crest Ia période privilégiée. Mais ce temps fort se traduit, en lroccurlence, Par de nombreux déplacements et séjours hors du village. Par exemple, au mois de mars 1976, OCP/EPI avait déterminé un échantillon de quelque 500 habitants pour examen épidémiologique : on enregistra le tiers drabsents' ce fait est significatif drune vie sociale dont ltanimation demeure tributaire des centres migratoires à partir desquels eIIe stest constituée' Lorsque quelqurun meurt à Bémakaha, Itinhumation a lieu sur place ; balafons et tambours accompagnent cette cérémonie. cependant, plus tard, Ia fête des funérailles se célèbre ailleurs, crest-à-dire au village que le naliSba du défunt nra pas encore cessé drhabiter. Il en va de même pour ce qui regarde lrinitiation du tyPt ttEgtt, puisque -Fous Itavons remarqué- Bémakaha ne srest entouré dtaucun bois sacré' Les rerations avec Kiémou, Korhogo et Napié sont, du reste, habituelles, non seulement à cause des marchés (cf'l'3'2)' mais pour Ia fréquentation de l'école(I)ou ]u visite à un centre de santé' En sonrme, Ia mobilité sociale de Bémakaha se présente comme un trait distinctif du village I à ce titre, eI}e mérite une attention particulière' dont les pages suivantes essaient de faire preuve' (f) Ue nombre des é}èves sont les parents habitent Eémakaha nra pas été déterminé Lors de Irenquête. -Dtune manière générale, Ia scolarisation du milieu rural dans la région de Korhogo se situe aux environs de 1tr/o' t 14 a 2. DÉMOGRAPHIE Unexamenrapidedelacartedesituationetdelocalisationdela population du bassin versant nord du Bandama (HTl) fait apparaître que Bérnakaha constitue aujourdrhui, avec lragglomération diamantifère de Tortiya sur Ie Bou, le seul point de peuplement important situé à proximité immédiate (moins de 5km) dtun cours d'eau à nombreux gites }arvaires de simulies vectrices' 2.L Données de structure z.L.L Répartition de Ia population de Bémakaha Par sexe et par âge' Les données obtenues lors du recensement' ocP/EPL 1975 sont classées par grouPe dfâge quinquennal dans Ie tableau qui suit' pour obtenir des classes drâge comparabres, nous nr.avons pas comptabilisé IesenfantsnésaucoursdespremiersmoislgT5(2tdeSexemascu].inet 15 de sexe féminin). Age Sexe masculin Sexe féminin Tota] I 0-4 ans 5-9 ans 10-14 ans I5-f9 ans 2O-24 ans 25-29 ans 30-34 ans 35-39 ans 40-44 ans 45-49 ans 50-54 ans 55-59 ans 60-64 ans 65-69 ans 9I 93 r10 45 38 6L 52 48 29 29 L9 15 I 2 84 100 Bu 48 64 BO co 43 3L I8 6 17s 193 190 93 102 141 1r1 9t 60 41 25 I5 1 3 Total 633 6L4 t247 f;-ryj:lriiflËr 15 t La pyramide des âges (HT3) représente cette distribution. 0n observe Plusieurs anomalies : Celui-ci cogespond à 1récart drune génération (3 à 5 c.Iasses dtâge quinquennales) séparant te groupe des migrants adultes de leurs descendants' Cet étranglement est à mettre en rapport avec les variations du mouvement migratoire (cf' HT6 et HT7) et le fait que Ia migration srest Presque toujours réalisée à parti:r dthommes jeunes ( 25 à 35 ans) accompagnés de leurs épouses plus jeunes qureux (de 5 à 10 ans) et de leurs enfants en bas âge. Etant donné que Ia population de Bémakaha est exclusivement composée drimmigrants récents (première vague migratoire en 1957) et peu âgée au moment de Ia migration, il en résulte' dix-huit ans plus tard, une structure Par âge se caractérisant par une nette sous-représentatton des plus de 50 ans (notamment pour ce qui conceme Ia population féminine)' et ce déficit se répercute à une génération de distance' -En sommer la population actuelle de Bémakaha se comPose de migrants ayant plus de 25 ans, et de leurs descendants dont Ia majorité a moins de 15 ansr d roù 1t étranglement- çonstaté. 2I Une- (to à 25 ans). Un te1 état de choses est sans doute imputable au fait bien connu quo, dàDe les recgnsements effectués en lrabsence dtétat civilr la répartition en sexe et classe drâge est perturbée par Irexistence dtune sorte de seuil constitué pour les jeunes gBns par Ia puberté, pour les jeunes filles par Ie mariage. Qui a franchi cette limite est systématiquement vieilli, qui est resté en-deçà a toutes chances drêtre rajeuni. Droù un vieillissement probable de la popula- tion féminine des 10 à 25 ans et une sous-estimation de ltâge de Ia population masculine pour ces mêmes classes. Si fron étabiit une répartition Par classes décennales, lranomalie srestompe. 3) des olus de 50 ans. Ce phénomène srexplique Parce que Ia population de Bémakaha est une population drinrmigration récente, et que Ia migration a été essentielfement Ie fait dthommes jeunes. Signalons également La tendance des post-productifs à regagner Ieur village natal Pour y finir leurs jours ' La répartition inégale par sexe, pour 1es 45 ans et plus, est liée à Ia a ü u \différence drâge existant dtâge, les femmes sont en La mortalité PIus Précoce déterminante. 2.L.2 Répartition par groupe ethnique' Environgoÿ"delapopulationestdlethniesénoufo.Celle-cicomprendune multitude de sous-gxouPes aux particularitÉs culturelles et linguistiques souvent marquées (51 sous-grouPes répertoriés en Côte-dtlvoire)' La carte HT4 indique lremplacement des princiPaux sous-grouPes ayant approvisionné Bémakaha, Le diagramme HT5 donne Ia répartition des villageois par groupe ethnique. Bémakaha est situé dans ]raire drhabitat 9@48, ssus-groupe charnière entre Fodonon et Tagwana. Lragglomération ne comPte Pas de Gbonzoro parmi ses habitants. Le sous-groupe !;!q!g (ou tyebara) -dont Béma' Ie fondateur du village, est Le chef traditionnel- a fourni Ie principal contingent dtimmigrants : 50/o de lteffectif total. Korhogo, capitale régionale du nord' est également }e chef-lieu de lrancien canton kiembara. Dans son ensemble, le secteur kiembara englobe une bonne Partie de }a trzone densetr et Ia frange cotonni-ère de Niellé-Diawa1a' Les§g[g.rdontltairesesitueaussienzonedense'sontsous- représentés à Bémakaha (25%), alors qutils forment Ia majorité des migrants établis sur Ia rive gauche du Bandama. ce sous-gxouPe se caractérise par un semis du peuplement (hameaux Peu éIoignés) et Ia natolocalité des conjoints (ceux-ci continuent à vivre et à travailLer dans }eurs segments de matrilignage respectifs). Ayant tendance à reproduire en zone de colonisation leur mode traditionner d'occupation de 1't"o..u(?)ru" Nafara furent peut-âtre moins attirés que les Kiembara par la concentration humaine de plus en plus importante qurest devenu Bémakaha' (1) République Côte-drlvoire, Ministère des Finances, des Affaires Economiques et du Plan, SEDES , L965. entre conjoints. 0n a moyennedeBà9ans des femmes ne semble 16 -(r)estimé'-'qut, Pour ces classes plus jeunes que leur mari. pas être ici I'exPlication , I ü 1" (z) tténetri, localité Nafara, a la dimension E voisine de Bémakaha dlun hameau nafara et habitée exclusivement Par des de la zone dense. .â .-:.2' 'r, 4 Ër Ë .ra - - ,I ,| ,tt *ï'- ' üÈ i' rit .i' .r ... ,- :':' .tt,. lD ,-ü *. .'.. 3 " :I'-" ü 'ît .{ ', ;r --,' x'{ tr i:ÿ. p'Ftqffi$*-r-:,'.li;;ç:',.q,:; ;.i-'tlg'{.ilr"r :/' '" r'{4:'.r*]& -s, ï1'ïî'jj-'*:}§4*}: }*":. :;: lÀ' ,(I{3-= \à^ H f- i^ ll -ëre H : - .jè{-'-J§f§ H É -", ll ' +iii ttrrtllrl0I trt llllrE rlrrsllt ! I I TIT I I I I tr l.l lrlÜtlTltt I I T t . IT I I T r' ü. ;lfrlr rl r rltlltlr Ilx ---;.--^\r-,i'r-r'rJji-r*1-:lx=;,:,:::.\ \::::::i-.: r,l *i:,,::i:i\s-.!/.-..r !rr 4:.-. --- .rr.rr\,--,:.ï . tlrÜl;l \{< 17 Les Fodonon , dont Irorganisation sociale et Ia langue sont très proches de celles des Gbonzoro, nront pas de territoire dthabitation bien défini' 0n trouve des îIots dispersés dans les zonesikiembara, nafara et surtout kouflo'' Leur implantation dans cet espace est antérieure à celle des autres sous-groupes aujourdrhui numériquement prépondérants. En raison dtune telle ancienneté, ils sont traditionnelrement détenteurs du pouvoir politique et religieu*(l) de Ia catégorie trautres Sénoufort Se composent essentiellement de drartisans, parmi lesquels Ies Forgerons sont majoritaires' Les 7,5/o sous-grouPes ü Les Ilfll de rtnon-Sénoufort, regroupés Pour Ia plupart dans le quartier trdioularr' correspondent à un ensemble migratoire composite, drorigine malinké et/ou étrangère à Ia Côte-cltlvoire (cf'1'2'3)' 2.L.3 Répartition de Ia population masculine de plus cle L5 ans selon 1râge et 1rétat matrimonial. CIasse drâge Marié I ^ - I Z ÉDOUSeAI épouse i 3 épouses 4 épouses i Veuf"l_.I Us.vorce 15.I9 2g-24 ?5-29 30-34 35-39 4t-44 45-49 50-54 55-59 6g-64 6s-69 taire 42 L9 I 2 ] 2 2 4 16 4L 35 32 22 ÿ L4 10 I I 10 I1 6 6 3 2 ] l_ 1 I 1 I 2 pouvoir reli- entre Kiembara I I f I 2 T Total 16{. I Ce 23,51 s9 tableau aPPelle trois remarques ' rr5 (1) sauf en Pays kiembara, où les Fodonon nront conservé que Ie gieux (droù relations à plaisanterie particulièrement notables et Fodonon ) . 6 18 l) Lee hommes se marient assez tard : pour les 2t'24 ans on observe plus de St" de célibataires, et, pour Les 25-29 ans, ce pourcentage est encore de ltordre de I5ÿ". ù La monogamie est largement prédominante z ltr5ÿo des hommes mariés sont monogames , J:g(o ont deux épouses , 2r5ïo ont trois épouses et plus ' 3) En comparant les présentes données avec les moyennes établies pour Ie(1) milieu rural sénoufo de Ia Région de Korhogo'i'on constate : - un avancement sensible de lrâge du rnariage (fS%| ae cé]ibataires chez les Z5-Zg ans, contre 63ÿ, dans Ia même classe drâge pour Itensemble du milieu rural en 1965) ; - uoe régression de Ia PolYgamie à BÉmakaha, contre une moYenne de rural sénoufo. : 2lr5ÿo de polygames chez fes hommes mariés 33% observée, en 1965, dans le milieu il 2.2, Donrlées de-$ouvement ?.2.L Dynamique du PeuPlement' Les histogrammes HT6 (Répartition de ]a population par années drarrivée) et HT7 (Evolution de La population de Bémakaha) donnent une image de Ia dyna- mique du peuplement de Bémakaha depuis la fondation du village' Notons que, pout HT7, il sragit dreffectifs cumulés qui ne tiennent pas cornpte des décès ni des départs intervenus ; or ceux-ci, selon les dires de Lohona Cou}ibaly, ntauraient pas été négligeables au cours des premières années' Dans le cadre dtune enquête rétrospective, iI ntétait pas possible drobtenir des renseignements fiables eur ces points ' Ltexamen de HT6 et de HT7, ainsi que telles conversations récentes avec les autorités villageoises permettent de distinguer quatre phases dans lthistoire du peuplement de Bémakaha' -Phasel(1957-1964).Pendantleshuitpremièresannées'lacroissance de Bémakaha est continue, mais suit une Proglession assez fente' A la fin de cette première phase, Bémakaha ntest quturi important campement de culture ntexcédant guère I00 Personnes. (1) Rapport démographique-...(déià cité), p'43-54' 3 '. Ifl .Do. r=. *l -r *.. lç Esalù .à lD. D É I'gË ü, ID tL- CttqlÉ -!FD !E Dâ -G' ...tÈ lE .ôÉ € s ! rI{ x E{ I GI ll 5Ë g E !I a 4 r{ D - lrJ T - lÉata = Yt art' --- '0' ,1, .a+ tt .a{ + - ir.,eT,ÿ'3:li.':ri i 1-ry' r:,'.,i"ïi,{ 4t1 olJ -lDl J -l0l .l ri *l fflil -l l a.aCIt -'.a aa ta,i .lit L ,. * tt -I,ta - aa - .i, ,'. l5lTx '+r F t adII '.*x!, - f! -L t" - * - ' 'l;;i;" 'l r' :'1. , ËtC'3Ë3üIf, {} rt .",:_-, ''..:t ,'i ^ ,,-l Èi . r.{''l ", .i }lti i. 'r.S_. - .:'.. 1:; 19 - phase Z (L965-L972). Durant ces huit ans, Bémakaha connaît une croissance à un rythme accéléré. sa population passe de 100 à 1000 habitants. - phase 3 (1973-]974). A partir de L912, on observe un net ralentissement de la croissance. Le mouvement naturel prend partiellement le relais de Itimmigration. En 1974, on ne compte plus que 39 nouveaux immigrants pour 17 natifs de Bémakaha. Ce ralentissement srexplique par 1a convergence de plusieurs facteurs concernant Ia zone dtaccueil et les zones de départ. La raison principale semble Être quravec une densité de 25 habitants au km2 pour Ie terroir de Eémakaha (Sa prz) on a atteint un seuil. Une densité supérieure staccommode mal drun système de culture semi-itinérant, encore largement pratiqué et grand consommateur dtespaces cultivables. Lors drintenrieus, iL a été question de cette saturation du terroir et de projets de colonisation sur ]rautre rive du Bandama, dès Lrouverture du pont de Longo. Un autre facteur permettant dtexpliquer le ralentissement concerne les zones de départ (en Particulier Ia zone dense de Korhogo-Napié)' Les villagee qui ont fourni les plus forts contingents dtimmigrants sont situés dans les zones de développement intensif de l-a riziculture menée par la Soderiz (baEages de Sologol Napié, Natio-Kobadara, Lataha). Les effets de cette politique ont commencé à être sensibles dès 1972-73, ce qui coîncide avec }e ralentissement de lrimmigration à Bémakaha. II y a aussi Ie fait que les migrants de la zone dense sont de plus en plus atti-rés par les teges fertiles et inexploitées du bassin du Bou. - Phase 4 (L975- ? '), Depuis 1975, on note quelques indices annonçant une : inversion du mouvement migratoire. Lrir.rmigration semble arrêtée, et Bémakaha' après avoir été un village d'accueil, deviendrait village de départ(l)Au "or"=a' de 1a dernière année, quelques familles -apPartenant, dans lrensemble, aux derniers arrivants- se seraient installées dans les parties riveraines du Bandama situées plus au sud (Kationro, Tenindiéri, Tortiya)' Pour elles' Bémakaha ntaura constitué qurune étape slinscrivant dans lravancée lente du front de colonisation sénoufo en direction du sud' (f) Ce diagnostic, porté sur J.e présent, laisse intacte Irhypothèse draveni:r envisagée en 3. (2). 20 Ltémigration en direction de Ia Basse-Côte a Au cours de lrenquête exhaustive, on nra recensé échelonnés sur une dizaine drannées. située toujours été insignifiante. que trois départs de ce type 2.2.2 0rigine des iramigrants. 0n voudra bien se reporter aux cartes itZones de départ des migrants pour Bémakahart (HTB) et trVillages de départ des rnigrants pour Bémakaha (sous-préfec- tures de Korhogo et de Napié)r' (Hfg), ainsi qurau tableau' de)a pe4e 22. La au sous-préfecture de Korhogo et celle de Napiéo1Édougou (dans sa partie nord du Solomougou) ont fourni 89% des immigrants de Bémakaha. ) Le reliquat se caractérise par une origine cosmopolite : quelques Sénoufo des sous-préfectures et départements voisins, une importante colonie malienne (52 personnes) et des ressortissants de pays limitrophes, Ghana, Guinée et Haute-Vo1ta. Les sous-préfectures de Korhogo et de Napié sont des zones traditionnelles drémigration. La forte densité de population (70 à 80 habitants au kmZ)r ltune des plus fortes de Côte-drlvoire, et 1répuisement des sol,s qui en est un corollaire, contraignent à 1rémigration. Jusquren 1955, cel}e-ci sreffectuait en direction de Ia Basse-Côte. Progressivement, les vallées fertiLes du Bandama et du Bou -malgré Ia présence de lronchocercose- ont pris Ie relais. La diffusion des moyens modernes de transport, qui rend accessibles des terres inexploitées tout en permettant de garder des relations suivies avec le milieu drorigine, a sans doute été LréIément déterminant. En manière de caricature, on poumait présenter Ia bicyclette, acquise grâce aux économies constituées par les manoeuvres sénoufo de naguère dans les plantations du sud, comme Ie principal frein à Irémigration en direction de Ia Basse-Côte. Les foyers drapprovisionnement de Bémakaha se sont diversifiés au couxs des ans. Les premières vagues migratoires étaient uniquement constituées de Kiembara du canton de Korhogor placé sous lrautorité traditionnelle de Béma. A partir de L962, date dtarrivée du premier immigrant nafara en prove- nance de la sous-préfecture de Napié, on assiste à une immigration nafara qui croît jusquren 1970, puis se ralentit. De 1965 à 1975, on compte en moyenne un immigrant nafara pour deux immigrants kiembara. , f '+ _ .r_ I ,,! t + :.iàrl rlÉ + -t, I r ..ti*;t jÎ' .t{.1a1.rr' !r IITE,fiHT t rI :,,s',.' $- i-f *t t: , + + tl{ tf É**t' + + , 9", Ol-rrrlra O rtlturtt ..T-. \ tj / a t r t § - r t jr T E ilmaülrr a - 2L',. \ ..4 'a Bien que lrorigine de la colonie malienne remonte à Ia fondation de Bémakaha, ce nrest quraprès avoir atteint la taille dtun vilrage de 200 à 300 habitants que lragglomération a intégré des éLéments alrogènes, dont Iteffectif se situe aux environs des 10S. 2.2.3 Turbulences . Celles-ci sont de deux ordres. 1) Les villageois de Bémakaha gardent des liens étroits avec leur village drorigine (cf.1.3.3). Les séjours qutils y effectuent sont de durée variable, al.lant de quelques jours à plusieurs mois, selon qutils sont motivés par des funérailles, rrinitiation au Egg, des impÉratifs de santé ou de maternité. 2) En liaison avec Ie calendrier agricole (buttage de l-rigname et récolte du riz), Bémakaha connait deux fois l-tan un afflux de main-dtoeuvre saisonnière (ef.1.3.2). II nta pas été possible dren mesurer Ie volume, mais, dfaprès Les renseignements qualitatifs obtenus, celui-ci pourraitl en période Ce po-inte, représenter un tiers de lreffectif global. Ces turbulences ee traduisent par des fluctuations importantes de Ia popuration présente à Bémakaha. celre-ci, à quelques mois de distance, peut varier du simple au double. L

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Document type Technical Documents
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