rapport du directeur régional Activité de l’OMS dans la Région du Pacifique occidental 1er juillet 2017 – 30 juin 2018 rapport du directeur régional Activité de l’OMS dans la Région du Pacifique occidental 1er juillet 2016–30 juin 2017 W PR /R C6 9/ 2 1er ju ill et 20 16 – 3 0 ju in 20 17 ra pp or t d u di re ct eu r r ég io na l
RAPPORT DU DIRECTEUR RéGIONAL Activité de l’OMS dans la Région du Pacifique occidental 1er juillet 2017 – 30 juin 2018 WPR/RC69/2 © Organisation mondiale de la Santé 2018 Certains droits réservés. La présente publication est disponible sous la licence Creative Commons Attribution – Pas d’utilisation commerciale – Partage dans les mêmes conditions 3.0 IGO (CC BY NC-SA 3.0 IGO ; https://creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/3.0/igo). Aux termes de cette licence, vous pouvez copier, distribuer et adapter l’œuvre à des fins non commerciales, pour autant que l’œuvre soit citée de manière appropriée, comme il est indiqué ci-dessous. Dans l’utilisation qui sera faite de l’œuvre, quelle qu’elle soit, il ne devra pas être suggéré que l’OMS approuve une organisation, des produits ou des services particuliers. L’utilisation de l’emblème de l’OMS est interdite. 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Licence : CC BY-NC-SA 3.0 IGO. Catalogage à la source. 1. Politique de santé. 2. Planification régionale de la santé. I. Bureau régional OMS du Pacifique occidental. (Classification NLM : WA541). Ventes, droits et licences. Pour acheter des publications de l’OMS, voir http://apps.who.int/bookorders. Pour soumettre une demande d’utilisation commerciale ou une demande concernant les droits et les licences, voir http://www.who.int/about/licensing. Matériel attribué à des tiers. Si vous souhaitez réutiliser du matériel figurant dans la présente œuvre qui est attribué à un tiers, tel que des tableaux, figures ou images, il vous appar- tient de déterminer si une permission doit être obtenue pour un tel usage et d’obtenir cette permission du titulaire du droit d’auteur. L’utilisateur s’expose seul au risque de plaintes résultant d’une infraction au droit d’auteur dont est titulaire un tiers sur un élément de la présente œuvre. Clause générale de non-responsabilité. 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Leng ; p. 40 : @Peking University Institute of Mental Health Sommaire Message du Directeur régional . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1 Résumé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .4 Maladies transmissibles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14 1. Des technologies et des médicaments plus performants pour lutter contre la tuberculose . . . . . . . . . .17 2. Un meilleur suivi de la charge financière de la tuberculose pour les familles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18 3. De meilleurs services ophtalmologiques grâce à l’action menée pour éliminer le trachome . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19 4. VIH et hépatite virale : ne laisser personne de côté . . . . . . . . . . . . . . . 20 5. Accélérer la lutte contre l’hépatite B . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .21 Sécurité sanitaire et Situations d’urgence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .23 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .24 1. Améliorer la communication lors d’événements de santé publique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .27 2. Optimiser la prise de décision durant les épidémies . . . . . . . . .28 3. S’assurer que l’OMS est prête . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29 4. Se préparer à la prochaine pandémie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30 5. Renforcer la sécurité sanitaire des aliments . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .31 Maladies non transmissibles et Promotion de la santé à toutes les étapes de la vie . . . . . . . . . . .33 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .34 1. Promouvoir une alimentation saine grâce aux taxes . . . . . . . 38 2. Campagne pour des lieux de travail sans fumée . . . . . . . . . . . . . . 39 3. La démence : une priorité de santé publique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .40 4. Pour un air plus sain et une population en meilleure santé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .41 Systèmes de santé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .43 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44 1. Passage au financement intégré des services de santé publique prioritaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .47 2. Réglementation pour renforcer la coopération et la convergence en faveur des médicaments et du personnel de santé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48 3. Information et données factuelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49 4. Communication et mobilisation sociale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .50 5. Fixer et moduler les normes et les valeurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 51 Appui technique dans le Pacifique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .53 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .54 1. Réunion des Ministres de la santé des pays du Pacifique et Cadre de suivi des îles-santé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .56 2. Changements climatiques et santé dans le Pacifique . . . . . .57 3. Des écoles-santé aux Fidji . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .58 4. Faire face aux situations d’urgence, y compris les flambées et les catastrophes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .59 Encadrement, coordination et appui . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .61 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 62 1. Promouvoir un état d’esprit privilégiant l’échange d’information et le travail d’équipe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .65 2. Communication. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 66 3. Responsabilisation et gestion des risques dans la Région du Pacifique occidental . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .67 4. Mettre à l’honneur la diversité des États Membres . . . . . . . . . .68 5. Les Services de rédaction se mettent au vert . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .69
Je suis heureux de vous présenter mon dixième et dernier rapport annuel sur les travaux de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) dans la Région du Pacifique occidental. Celui-ci met en lumière les réali- sations que nous avons accomplies au cours de l’année écoulée, ainsi que les défis aux- quels l’Organisation et nos États Membres continueront de faire face dans les années à venir. Il y a 10 ans, je recevais le plus grand honneur de ma vie en étant élu cinquième Directeur régional de l’OMS pour le Pacifique occidental. Je fus également le premier Directeur régional à venir de l’extérieur de l’Organisation. À mes débuts, les États Membres m’ont clairement indiqué qu’ils attendaient de l’OMS qu’elle revienne à l’essentiel en pro- posant des orientations et des solutions qui répondent directement à leurs besoins. Depuis le jour où j’ai pris mes fonctions, je me suis attaché à placer les pays au cœur de l’activité de l’OMS. Pour ce faire, nous avons passé les 10 dernières années à changer la façon dont l’OMS intervient dans la Région. Nous avons commencé par faire le ménage devant notre propre porte : réorganiser le Bureau régional de sorte qu’il soit mieux à même de répondre aux besoins de nos États Membres. J’ai poussé les employés à sortir de leur cloisonnement et à évoluer dans un cadre plus transversal et de manière plus efficace, en veillant à ce que les pays soient leur prin- cipal sujet de préoccupation. Je me sou- viens encore de la surprise qui se lisait sur les visages lorsque je demandais : « Qui paie votre salaire ? Les États Membres, ceux-là même que vous servez ! » Nous avons créé la Division Appui tech- nique dans le Pacifique afin de mieux répondre aux questions sanitaires propres aux États et aux Territoires insulaires du Pacifique. Nous avons revitalisé l’applica- tion de la stratégie de coopération avec les pays chefs de file. Et nous avons fait tout ce qui était en notre pouvoir pour assurer aux bureaux de représentation dans les pays les ressources et les capacités nécessaires pour changer la donne, là où cela importait le plus : sur le terrain. Nous nous sommes employés à améliorer la gouvernance. En consultation avec vous, nos États Membres, nous avons adopté un mécanisme plus transparent et plus inclusif pour élaborer l’ordre du jour du Comité régio- nal, et tenu des consultations plus poussées sur les plans d’action régionaux. Pareils changements ont sensiblement rehaussé la qualité des résolutions et des plans d’ac- tion adoptés par le Comité régional, ainsi que les résultats qui en découlent. Aujourd’hui, lorsque les États Membres se fixent un objectif, nous œuvrons tous ensemble pour l’atteindre. Bien d’autres transformations, sur le plan tant de l’organisation que de la gestion, ont illustré notre volonté d’agir de manière plus rationnelle, plus efficace et plus responsable. Nous avons développé notre communica- tion. Nous avons renforcé notre collabora- tion avec des partenaires partiels, tels que le réseau des centres de travail de l’OMS. Et nous nous sommes efforcés d’établir des relations plus étroites avec des parties prenantes influentes, telles que les parle- mentaires. Dans un monde où les menaces sanitaires proviennent pour une large part de Message du Directeur régional Docteur Shin Young-soo, Directeur régional 1 2Rapport du Directeur régional milieux extérieurs au secteur de la santé, et où le contexte dans lequel s’inscrit le déve- loppement est de plus en plus complexe et de plus en plus surpeuplé, nouer de meilleurs partenariats et établir une communication plus vigoureuse importe à l’OMS aujourd’hui, plus que jamais auparavant. Au cours de mon mandat, j’ai eu la chance de voyager dans toute la Région. J’ai ren- contré des collectivités du Pacifique qui s’inquiètent des effets qu’auront les chan- gements climatiques sur leur avenir. Les pays en développement rapide partagent les mêmes préoccupations quant au maintien de la santé et de la sécurité de leurs proches dans un contexte d’évolution permanente. J’ai écouté des familles – depuis les vil- lages isolés du Mékong jusqu’aux grandes plaines de Mongolie – qui se demandent comment elles bénéficieront, à l’avenir, des services de santé dont elles auront besoin. Je leur suis très reconnaissant de ces échanges. Ceux-ci m’ont aidé à rester concentré sur notre mission, à savoir servir les intérêts de 1,9 milliard de personnes qui vivent dans la Région du Pacifique occidental. Ils ont contribué à rendre l’OMS plus efficace et plus efficiente dans l’action qu’elle mène pour répondre aux besoins de tous dans les 37 États et Territoires de la Région. Je suis également fier de l’Organisation et de sa tradition d’aide sur laquelle le prochain Directeur régional s’appuiera fort certaine- ment. Mon successeur, qui qu’il soit, aura la chance de collaborer avec un personnel remarquable et des États Membres diligents, en vue de leur donner une longueur d’avance pour relever les défis sanitaires de demain. Enfin, chers États Membres, je vous serai éternellement reconnaissant pour l’appui indéfectible que vous m’avez apporté durant mon mandat de Directeur régional. Je vous remercie de la confiance que vous m’avez accordée. Ce fut pour moi à la fois un privilège et un immense plaisir de vous servir. Docteur Shin Young-soo Directeur régional R eg io na l O ffi ce fo r t he W es te rn P ac ifi c Samoa Hong Macao (RAS de Chine) Kong (RAS de Chine) Viet Nam Philippines Guam Kiribati Tuvalu Tokélaou Samoa américaines Nioué Tonga Polynésie française Îles Pitcairn Nouvelle-Zélande Îles Cook Îles Marshall Manille : Bureau régional OMS du Pacifique occidental Îles Mariannes du Nord Îles Salomon États fédérés de Micronésie Japon Chine Cambodge République démocratique populaire lao Singapour Australie Nouvelle-Calédonie Nauru Vanuatu Fidji Wallis- et-Futuna Papouasie- Nouvelle-Guinée Malaisie Brunéi Darussalam Mongolie République de Corée Palaos Région OMS du Pacifique occidental états et Territoires Bureaux des Représentants de l’OMS Cambodge Chine ÎlesSalomon Malaisie–Zone de responsabilité : BrunéiDarussalam,Malaisie,Singapour Mongolie Papouasie-Nouvelle-Guinée Philippines Républiquedémocratiquepopulairelao Samoa–Zone de responsabilité : ÎlesCook,Nioué,Samoaaméricaines,Samoa,Tokélaou Pacifiquesud–Zone de responsabilité :Fidji,ÎlesMariannesduNord,ÎlesMarshall,Kiribati, Micronésie(Étatsfédérésde),Polynésiefrançaise,Nauru,Nouvelle-Calédonie, Nouvelle-Zélande,Palaos,Polynésiefrançaise,Tonga,Tuvalu,Vanuatu,Wallis-et-Futuna VietNam Bureaux des Attachés de liaison MicronésieduNord–Zone de responsabilité : ÎlesMarshall,Micronésie(Étatsfédérésde), Palaos Kiribati Tonga Vanuatu Activité de l’OMS dans la Région du Pacifique occidental, 1er juillet 2017 – 30 juin 2018 3 4Rapport du Directeur régional Résumé À l’occasion du soixante-dixième anniversaire de l’Organisation mondiale de la Santé, le thème retenu cette année pour la Journée mondiale de la santé a été la couverture sani- taire universelle (CSU). Partie intégrante des objectifs de développement durable, la CSU sert de plateforme à la réalisation de tous les objectifs relatifs à la santé. L’activité de l’OMS est de plus en plus liée à des objectifs de développement plus larges, la santé prenant la place qui lui revient au cœur du programme de développement. Pour la Région du Pacifique occidental, cela suppose de travailler dans l’ensemble des secteurs et des sociétés pour s’assurer que les initiatives de santé qui y sont mises en œuvre ne laissent personne de côté. Au cours de l’année écoulée, l’OMS a aidé les États Membres de la Région à mettre en œuvre des mesures importantes pour lutter contre les maladies, transmissibles et non transmissibles. Dans le même temps, la sécurité sanitaire s’est améliorée dans la Région, les États Membres étant désormais mieux préparés que jamais à faire face aux épidémies, aux catastrophes et à toute autre menace pour la sécurité sanitaire. Afin de conserver les acquis et garantir des progrès, les systèmes de santé de l’ensemble de la Région font l’objet d’améliorations allant dans le sens de la CSU. Nous avons veillé à ce que les programmes répondent aux besoins des populations vulnérables et difficiles d’accès. En effet, l’ambition de voir la santé devenir un droit humain fondamental, d’abord recon- nue dans la Constitution de l’OMS, devient réalité pour les habitants de la Région du Pacifique occidental. Dr Shin Young-soo, Directeur régional pour le Pacifique occidental, en visite en Mongolie pour lancer la stratégie de coopération avec le pays. Activité de l’OMS dans la Région du Pacifique occidental, 1er juillet 2017 – 30 juin 2018 5 Les résumés des progrès accomplis, pré- sentés ci-après, sont répartis par domaine de travail. Maladies transmissibles La Région continue de progresser à grands pas vers la réalisation des objectifs ambi- tieux que sont la maîtrise et l’élimination des maladies transmissibles. Ceux-ci ne seront toutefois atteints durablement que si des services de prévention, de diagnostic et de traitement de qualité, sont assurés à tous ceux qui en ont besoin. On citera pour exemple l’amélioration de la couverture des services de la Région, qui contribue aux efforts nationaux visant à mettre fin à la tuberculose, en particulier le développement d’outils de diagnostic rapide et de nouveaux médicaments pour le traite- ment des souches pharmacorésistantes. Les États Membres de la Région ont également été les premiers à mener des enquêtes natio- nales sur les frais encourus par les patients afin d’estimer l’ampleur du fardeau financier qui pèse sur les familles concernées. De même, les interventions clés en matière de VIH, d’hépatites et d’infections sexuelle- ment transmissibles ont été axées sur des approches coordonnées et intégrées. Les États Membres ont approuvé le Cadre régio- nal pour la triple élimination de la transmis- sion mère-enfant du VIH, de l’hépatite B et de la syphilis en Asie et dans le Pacifique 2018–2030, qui met l’accent sur la CSU et les soins centrés sur la mère, le nouveau-né et l’enfant. Les États Membres ont amélioré la couverture des services essentiels en matière de VIH, obtenant des résultats par- ticulièrement prometteurs au Cambodge. Les travaux se sont également poursuivis sur les stratégies relatives aux services de dépistage et de traitement de l’hépatite virale et au suivi des patients bénéficiant des installations existantes. Pour ce qui est du paludisme, la plupart des pays d’endémie palustre de la Région ont bien progressé sur la voie de l’élimination natio- nale, en particulier grâce à une surveillance renforcée. L’élimination demeure l’objectif principal de l’OMS, de même que le traite- ment de la résistance partielle des parasites à l’artémisinine et aux médicaments associés dans la sous-région du Grand Mékong. Un certain nombre de pays ont accompli des progrès non négligeables dans la lutte contre les maladies tropicales négligées (MTN), par exemple en éliminant la filariose lymphatique et le trachome cécitant en tant que problèmes de santé publique. La lutte contre les MTN et leur élimination sont envi- sageables moyennant une couverture élevée de la population conjuguée à une chimiothé- rapie préventive de masse pour certaines de ces maladies. Pour la schistosomiase asiatique et d’autres zoonoses et MTN d’ori- gine alimentaire, des efforts conjoints sont nécessaires dans les secteurs de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène, et dans ceux de la santé animale et de la sécurité sanitaire des aliments. Des efforts constants pour assurer l’accès à des services de vaccination intégrés, efficaces et de qualité ont produit des effets mesu- rables, s’agissant de combler les lacunes immunitaires des maladies à prévention vaccinale, telles que la diphtérie, le tétanos et la coqueluche, la rougeole, la rubéole et la poliomyélite. On a continué d’introduire de nouveaux vaccins, notamment le vaccin antipneumococcique conjugué en Mongolie. R és um é Le Directeur régional présente une plaque célébrant l’élimination du trachome à Bounkong Syhavong, Ministre de la santé de la République démocratique populaire lao à Vientiane. 6Rapport du Directeur régional Sécurité sanitaire et Situations d’urgence Les pandémies peuvent se propager rapide- ment dans le monde entier, fauchant des vies humaines et détruisant des économies. Les menaces à la sécurité sanitaire persistent, et la Région a consenti des investissements considérables dans la préparation aux flam- bées épidémiques et aux situations d’ur- gence afin d’assurer la sécurité de tous lors du prochain événement. Le Programme OMS de gestion des urgences sanitaires, de portée mondiale, qui en est à sa deuxième année d’applica- tion, mobilise les compétences spécialisées et les ressources de l’Organisation à tous les niveaux, afin d’aider les États Membres à ren- forcer la préparation aux situations d’urgence, la prévention, la détection, l’intervention et le relèvement. Dans la Région du Pacifique occi- dental, le Programme fait partie intégrante de la Division Sécurité sanitaire et Situations d’urgence, parallèlement aux activités de l’Organisation touchant la sécurité sanitaire des aliments. Entre juillet 2017 et juin 2018, les systèmes de surveillance régionaux ont détecté et évalué plus de 1 600 éventuelles menaces sanitaires, y compris la listériose, les premiers cas humains de grippe aviaire A(H7N4), les méningocoques, les poliovirus dérivés de vaccins, la rougeole, la dengue et le norovirus. La même année a été également marquée par des catastrophes naturelles, de l’instabilité et des troubles dans la Région, ce qui a, dans certains cas, amené l’OMS à déployer de grandes quantités d’effec- tifs et de ressources à l’appui des pays. On citera, entre autres exemples, le conflit de Marawi, aux Philippines, le cyclone tropi- cal Gita dans le Pacifique et le séisme en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Par la mise en œuvre de la Stratégie Asie- Pacifique pour la maîtrise des maladies émergentes et la gestion des urgences de santé publique (SMEAP III), l’OMS contribue au renforcement des capacités nationales requises en vertu du Règlement sanitaire international (2005). À cet égard, les États Membres ont mis à jour leur plan d’action national en matière de sécurité sanitaire ou progressé dans son application. Ils s’em- ploient de plus en plus à établir des centres opérationnels d’urgence et des systèmes de gestion des incidents. Ils ont également amélioré leur aptitude à mener des activités de surveillance et d’évaluation des risques, à expédier des échantillons de laboratoire, et à procéder à des examens annuels, à des exer- cices de simulation et à des bilans post-inter- vention aux fins du suivi et de l’évaluation. L’OMS a continué de renforcer les partena- riats, notamment le Réseau mondial d’alerte et d’action en cas d’épidémie, le groupe de responsabilité sectorielle Santé et les équipes médicales d’urgence. La collaboration multi- sectorielle avec des représentants des sec- teurs de la sécurité sanitaire et de la santé humaine et animale a été renforcée. L’Orga- nisation continue d’œuvrer aux côtés des États membres et des partenaires en vue de réaliser l’ambition de transformer le Pacifique occidental en une région où « tout le monde est en bonne santé et en sécurité lors d’une épidémie ou d’une situation d’urgence ». Maladies non transmissibles et Promotion de la santé à toutes les étapes de la vie L’action multisectorielle est essentielle à la lutte contre les maladies non transmis- sibles (MNT). L’intensification des activités visant à atteindre les objectifs mondiaux volontaires et la cible liée aux objectifs de développement durable se rapportant aux maladies non transmissibles sera facilitée par l’échange des pratiques les meilleures pour accroître le rapport coût-efficacité et Le Directeur régional partage des réflexions sur la santé avec des étudiants de l’Université de médecine de Hanoï (Viet Nam). Activité de l’OMS dans la Région du Pacifique occidental, 1er juillet 2017 – 30 juin 2018 7 R és um él’impact des stratégies transversales de prise en charge des MNT. Suivant les recommandations du Plan d’ac- tion régional pour la promotion de la santé dans le cadre des objectifs de développement durable 2018–2030 visant à promouvoir les connaissances en santé, à développer les milieux sains et à renforcer la gouvernance sur le plan sanitaire, l’OMS aide à renforcer la capacité des États Membres d’élaborer des stratégies de développement durable. Dans l’optique de promouvoir une préven- tion efficace de la violence et des trauma- tismes, l’OMS a fait intervenir des experts d’horizons divers, et mis l’accent sur la forma- tion, la diffusion de l’information et les acti- vités de sensibilisation. Les États Membres de la Région ont participé à une formation de l’OMS sur l’application de la sécurité routière, la prévention de la noyade et la prévention de la violence à l’égard des enfants. Tout au long de l’année, les États Membres et les experts de la Région ont contribué à l’élaboration d’un cadre régional sur la réadap- tation en vue de répondre aux priorités sani- taires de la Région touchant en particulier les populations vieillissantes souvent atteintes de déficiences et de maladies chroniques. La Région s’attaque également au double fardeau de la malnutrition, soit la coexis- tence de la dénutrition et de la surcharge pondérale, de l’obésité ou des maladies non transmissibles, ce qui exige une coor- dination multisectorielle et des politiques axées sur l’alimentation, l’éducation, l’eau, l’assainissement et l’hygiène, et la protection sociale. L’OMS a aidé les États Membres, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de la Région, à maintenir la prestation des soins essentiels au nouveau-né ainsi qu’à renforcer la plani- fication familiale et la santé de la mère, du nouveau-né, de l’enfant et de l’adolescent. Pour combattre les maladies non transmis- sibles, l’OMS a, en outre, continué d’utiliser une approche faisant appel à l’ensemble des pouvoirs publics afin de renforcer les ser- vices de santé mentale dans les pays. La Papouasie-Nouvelle-Guinée a bénéficié d’un appui pour mettre en œuvre son programme national de santé oculaire visant à réduire le lourd fardeau de la cataracte non traitée. Les États Membres de la Région ont insisté sur la formation d’une alliance afin de mener à bien la réforme des taxes sur le tabac, dans le cadre de la ratification du Protocole pour éliminer le commerce illicite des produits du tabac. Et, avec le concours du secteur de la santé, l’OMS a collaboré avec les secteurs de l’environnement et du climat dans les pays les plus vulnérables de la Région en vue de renforcer la résilience des systèmes de santé face aux changements climatiques. Systèmes de santé Des systèmes de santé solides sont essen- tiels à la réalisation d’importantes avancées sanitaires et de progrès dans l’instauration de la CSU. Des systèmes de santé présen- tant les cinq caractéristiques essentielles (qualité, efficacité, équité, responsabilisa- tion, et viabilité et résilience), contribueront à ne laisser personne pour compte dans l’accomplissement de la CSU. L’appui de l’OMS aux systèmes de santé des États Membres est axé sur la mise en œuvre du cadre régional d’action intitulé La Couverture sanitaire universelle : la voie vers une meilleure santé. Pour l’OMS, la prestation de services de santé sûrs et de qualité passe par le renforcement des capacités voulues pour améliorer, moyennant une gestion plus rigoureuse, la qualité des hôpitaux et les sys- tèmes de sécurité des patients, éléments constitutifs du mécanisme de suivi de la CSU. En ce qui concerne les normes relatives au personnel de santé, l’OMS a appuyé les efforts consentis par les États Membres pour améliorer leurs capacités de réglementation. De même, les États Membres ont renforcé les systèmes de réglementation en vue de garantir des médicaments, des médecines traditionnelles et des vaccins, sûrs et de qualité, notamment en participant à la for- mation de personnels de laboratoire et en prenant des mesures législatives. Les États Membres ont poursuivi leurs efforts pour réorienter la prestation des ser- vices vers les soins de santé primaires afin de répondre aux changements démographiques et épidémiologiques, notamment au Viet Nam où une nouvelle résolution a été adoptée à cet égard. L’OMS a convoqué des réunions axées sur la politique de financement de la À l’occasion de la Journée mondiale de la santé 2018, le Directeur régional s’est exprimé à une table ronde sur la façon dont la couverture sanitaire universelle change des vies. 8Rapport du Directeur régional santé, notamment l’achat stratégique de médicaments. Avec l’appui de l’OMS, les États Membres ont renforcé leur capacité de recueillir et d’analyser des données qui sous-tendront les stratégies d’amélioration de l’équité. Ils ont également continué de lutter contre la discrimination dans les établisse- ments de santé et d’améliorer la réponse du secteur sanitaire face à la violence sexiste à l’égard des femmes et des filles. L’OMS a encouragé les États Membres à élaborer leurs propres cadres de suivi de la CSU sur la base des priorités nationales, et à mieux surveiller les dépenses de santé et la protection financière. L’adoption de l’approche de la santé dans toutes les politiques a dominé le dialogue politique avec les États Membres. L’Orga- nisation a continué de soutenir le Centre global d’apprentissage de la santé et le Forum parlementaire Asie-Pacifique sur la santé mondiale, qui servent de plateformes pour échanger des idées et promouvoir la col- laboration. Elle a également collaboré avec les États Membres au renforcement du rôle directeur des pouvoirs publics et au respect de la primauté du droit. La coordination avec l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agricul- ture et l’Organisation mondiale de la santé animale a également été intensifiée en vue d’activités multisectorielles sur la surveil- lance, l’utilisation raisonnée des antibio- tiques, le suivi de l’usage des antimicrobiens et la sensibilisation. Face à la réduction de l’aide financière des donateurs, les États Membres sont encou- ragés à trouver des sources de financement internes et à améliorer l’efficacité moyennant la prestation intégrée des services et la mise en œuvre de stratégies de cybersanté. Appui technique dans le Pacifique Les États et Territoires insulaires du Pacifique rencontrent des difficultés dues à leur faible densité de population et à leur éloignement géographique. Des solutions astucieuses s’imposent donc pour surmonter ces obs- tacles intrinsèques aux systèmes de santé dans le Pacifique. Le concept des îles-santé présenté en 1995 sous-tend les politiques des pays insulaires du Pacifique, ainsi que l’appui apporté par l’OMS et d’autres partenaires de développement. L’aptitude à réagir aux crises sanitaires et à s’en relever repose sur des systèmes de santé nationaux robustes et sur des par- tenariats qui facilitent une action collective régionale et mondiale en faveur de la sécurité sanitaire. Un exemple à citer est l’approba- tion du Plan de coordination de la sécurité sanitaire dans le Pacifique (2017–2022). L’OMS a également contribué à renforcer, dans quatre pays insulaires du Pacifique, la capacité d’intervention des équipes médi- cales d’urgence en cas de crise. En janvier 2018, 12 pays insulaires du Pacifique affichaient un taux de couverture vaccinale systématique supérieur à 90 %, conformément aux objectifs de la Décennie de la vaccination (2011–2020). L’ensemble des pays insulaires du Pacifique a vraisem- blablement atteint l’objectif régional d’éli- mination de la rougeole et progresse de manière comparable dans la lutte contre l’hépatite B. Au cours de l’année écoulée, l’OMS a conti- nué d’appuyer la mise en place de directives sur le dépistage et le traitement du VIH, des infections sexuellement transmissibles et de l’hépatite dans les pays insulaires du Paci- fique. La charge de la tuberculose diminue, et l’OMS a également coordonné la mise en place d’un réseau de laboratoires de lutte antituberculeuse dans le Pacifique comme appui supplémentaire aux activités de tests et au stockage des médicaments. Le Directeur régional rend visite au Premier Ministre de Samoa, Tuilaepa Lupesoliai Neioti Aiono Sailele Malielegaoi, à Apia (Samoa), pour faire le point des progrès sur la réforme de la santé et la couverture sanitaire universelle. Activité de l’OMS dans la Région du Pacifique occidental, 1er juillet 2017 – 30 juin 2018 9 R és um é En collaboration avec le programme spé- cialisé des Nations Unies, l’OMS travaille dans trois pays insulaires du Pacifique en vue d’améliorer l’accès aux services de santé pour les femmes, les nouveau-nés, les enfants et les adolescents. Pour ce qui est des maladies non transmissibles, les États Membres ont participé à des ateliers sous-régionaux et nationaux de suivi et de renforcement des capacités afin d’améliorer la prise en charge des MNT dans les pays à faibles ressources. En outre, la cinquième réunion du Réseau des îles du Pacifique sur la santé mentale, tenue en octobre 2017, a porté sur les situations d’urgence et la rési- lience en santé mentale. L’OMS a également signé des accords avec l’Organisation des douanes d’Océanie et l’Organisation du tou- risme du Pacifique Sud dans le cadre de la lutte antitabac. Les responsables de la santé dans le Paci- fique se sont félicités de l’initiative spéciale de l’OMS sur le changement climatique et la santé dans les petits États insulaires en développement (PEID). L’OMS collabore dans ce domaine avec la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements clima- tiques. Le plan de mise en œuvre de cette initiative sera intégré dans l’initiative mon- diale, aidant les PEID du reste du monde à élaborer un plan d’action mondial. Encadrement, coordination et appui Le Bureau du Directeur régional, la Division Gestion des programmes et la Division Admi- nistration et Finances travaillent en étroite coordination pour appuyer l’activité de l’OMS dans le Pacifique occidental en faveur de la CSU. Cette année, l’accent a été mis sur les initiatives visant à renforcer la communica- tion, à promouvoir l’importance du travail d’équipe parmi le personnel, à renforcer la responsabilisation et la transparence, et à accroître la diversité. Le Bureau du Directeur régional a élaboré, cette année, le Cadre de communication stratégique de l’OMS dans la Région du Pacifique occidental, en collaboration avec les 15 bureaux de pays de la Région, les divi- sions techniques et le Siège. Cette action est appuyée par des publications, des produits d’information et des services de traduction de qualité. Le Bureau veille également au maintien des bonnes relations avec les nom- breux donateurs qui appuient directement l’activité de l’Organisation dans la Région, en garantissant une utilisation des fonds à la fois transparente et responsable. La Région demeure un chef de file mondial pour ce qui est de la responsabilisation et de la gestion des risques, en obtenant des résultats et en gérant les ressources d’une manière éthique et transparente. En sep- tembre 2017, le Bureau régional a perfec- tionné la base de données utilisée dans le monde entier par l’Organisation pour recen- ser, surveiller et signaler les risques. La Division Gestion des programmes dirige la planification stratégique et opérationnelle. Elle coordonne également l’appui aux pays, les services de rédaction et la coopération technique avec d’autres organismes des Nations Unies, et les initiatives mondiales en matière de santé. Pour la clôture du budget 2016-2017, la Région a atteint un taux d’exécution par rapport aux ressources disponibles de 99 %. La Division Administration et Finances comprend trois unités : Budget et finances, Gestion des ressources humaines et Techno- logies de l’information et administration. En 2017, le Bureau régional du Pacifique occi- dental a été le seul grand bureau de l’OMS à s’acquitter, dans les délais, des évaluations du personnel. Qui plus est, l’OMS a été étroi- tement associée aux aspects technologiques du déploiement du Programme de renforce- ment des dispensaires de Pohnpei dans les États fédérés de Micronésie. Au cours de l’année écoulée, le Bureau régional a procédé à un examen exhaustif des services assurés par des partenaires extérieurs en vue de réduire les coûts et d’améliorer l’efficacité. Le Directeur régional, Dr Shin, visite avec son équipe la prison et le musée de Son La (Viet Nam). 10 Rapport du Directeur régional DIRECTEUR, ADMINISTRATION ET FINANCES ADMINISTRATEUR, BUREAU DU DIRECTEUR RÉGIONAL DIRECTEUR, GESTION DES PROGRAMMES DIRECTEUR, APPUI TECHNIQUE DANS LE PACIFIQUE WR, SAMOA WR, ÎLES SALOMON WR, PACIFIQUE SUD CLO, États fédérés de Micronésie CLO, Kiribati CLO, Tonga CLO, Vanuatu DIRECTEUR, MNT ET PROMOTIONDE LA SANTÉ À TOUTES LES ÉTAPES DE LA VIE DIRECTEUR, MALADIES TRANSMISSIBLES DIRECTEUR, SYSTÈMES DE SANTÉ DIRECTEUR RÉGIONAL (RD) WR, CHINE WR, RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE POPULAIRE LAO WR, MALAISIE WR, MONGOLIE WR, PAPOUASIE-NOUVELLE- GUINÉE WR, PHILIPPINES WR, VIET NAM WR, CAMBODGE DIRECTEUR, SITUATIONS D’URGENCE, PROGRAMME DES URGENCES SANITAIRES DIRECTEUR, SÉCURITÉ SANITAIRE ET SITUATIONS D’URGENCE Bureau régional OMS du Pacifique occidental La structure des Divisions du Bureau régional OMS du Pacifique occidental vise à simplifier les opérations et à renforcer l’appui aux pays, au titre du programme de réforme régionale. WR : Représentant de l’OMS CLO : Attaché de liaison Activité de l’OMS dans la Région du Pacifique occidental, 1er juillet 2017 – 30 juin 2018 11 B ur ea u ré gi on al O M S du P ac ifi qu e oc ci de nt alDivisions et programmes DIRECTEUR PROGRAMME Directeur, Gestion des programmes (DPM) Élaboration des programmes et suivi des opérations Appui aux pays Services de rédaction Directeur, Administration et Finances (DAF) Budget et finances Gestion des ressources humaines Technologies de l’information et administration Administrateur, Bureau du Directeur régional (EXO/RDO) Relations extérieures et partenariats Communication Produits et services d’information Directeur, Maladies transmissibles (DCD) Programme élargi de vaccination Paludisme, autres maladies à transmission vectorielle et maladies parasitaires VIH, hépatite et infections sexuellement transmissibles Halte à la tuberculose et élimination de la lèpre Directeur, Systèmes de santé (DHS) Politiques de santé et financement Prestations de services intégrés Médicaments et technologies sanitaires essentiels Renseignements sur la santé et innovation Équité et déterminants sociaux Directeur, Maladies non transmissibles et Promotion de la santé à toutes les étapes de la vie (DNH) Maladies non transmissibles et promotion de la santé Initiative pour un monde sans tabac Santé mentale et abus de substances Santé reproductive et santé de la mère, du nouveau-né, de l’enfant et de l’adolescent Santé et environnement Violence et traumatismes Handicaps et réadaptation Nutrition Directeur, Situations d’urgence Programme des urgences sanitaires (RED) / Directeur, Sécurité sanitaire et Situations d’urgence (DSE) Maladies émergentes : surveillance et action Gestion des risques sanitaires en cas de catastrophe Sécurité sanitaire des aliments Directeur, Appui technique dans le Pacifique (DPS) Sécurité sanitaire et maladies transmissibles Systèmes de santé Maladies non transmissibles et promotion de la santé à toutes les étapes de la vie Un poste de responsable de la conformité et de la gestion des risques, relevant directement du Directeur régional, a été créé. Les programmes imprimés en caractères normaux sont dirigés par les coordonnateurs (domaines techniques) et les responsables (domaines administratifs). Les programmes imprimés en caractères italiques sont dirigés par les responsables techniques, sous la supervision directe de leurs directeurs respectifs. Rapport du Directeur régional 12 Une mère et son bébé ont rendez-vous dans une clinique locale au Cambodge. Le carnet de vaccination qu’elle tient est un guide indispensable pour des services de vaccination intégrés, efficaces et de qualité. 13 M al ad ie s tr an sm is si bl es Activité de l’OMS dans la Région du Pacifique occidental, 1er juillet 2017 – 30 juin 2018 Introduction 1. Des technologies et des médicaments plus performants pour lutter contre la tuberculose 2. Un meilleur suivi de la charge financière de la tuberculose pour les familles 3. De meilleurs services ophtalmologiques grâce à l’action menée pour éliminer le trachome 4. VIH et hépatite virale : ne laisser personne de côté 5. Accélérer la lutte contre l’hépatite B Maladies transmissibles Une mère et son bébé ont rendez-vous dans une clinique locale au Cambodge. Le carnet de vaccination qu’elle tient est un guide indispensable pour des services de vaccination intégrés, efficaces et de qualité. 14 Rapport du Directeur régional Introduction Les États Membres ont continué de progres- ser à grands pas pour atteindre l’objectif ambitieux de lutte contre les maladies trans- missibles. À l’appui des efforts consentis par les États Membres, l’orientation stratégique de l’OMS a consisté à appréhender ces objec- tifs comme autant d’enjeux clés de la cou- verture sanitaire universelle (CSU) : ceux-ci ne pourront être atteints durablement que si des services de prévention, de diagnostic et de traitement de qualité sont assurés à tous ceux qui en ont besoin. Un excellent exemple en est donné par l’amélioration de la couverture des services obtenue moyennant l’application du Cadre d’action régional pour la mise en œuvre de la Stratégie visant à mettre un terme à la tuberculose dans le Pacifique occidental 2016–2020, en particulier la diffusion d’ou- tils de diagnostic rapide et de nouveaux médi- caments contre la tuberculose pharmaco- résistante. Durant la première année de mise en œuvre, le nombre de cas ayant fait l’objet d’un test de résistance à la rifampicine a progressé de 46 %, ce qui s’est traduit par une augmentation de 42 % de la couverture des tests de pharmacosensibilité. Le nombre de personnes séropositives bénéficiant d’un traitement à l’isoniazide destiné à prévenir une co-infection par la tuberculose a augmenté de 41 %, et celui des sujets atteints d’une co-infection tuber- culose/VIH qui reçoivent une thérapie anti- rétrovirale a progressé de 36 %. Des parents et leur nouveau-né se détendent au Centre médical régional de Davao (Philippines). En augmentant la couverture vaccinale dès la naissance, l’OMS promeut une approche intégrée et coordonnée pour assurer à chaque enfant les meilleures chances de commencer une vie saine et exempte de maladies transmissibles évitables. Activité de l’OMS dans la Région du Pacifique occidental, 1er juillet 2017 – 30 juin 2018 15 M al ad ie s tr an sm is si bl esLes États Membres de la Région ont également été les premiers à mener des enquêtes nationales sur les frais encourus par les patients atteints de tuberculose afin d’évaluer l’ampleur des dépenses catastro- phiques engagées par les familles. À ce jour, sept enquêtes ont été réalisées ou planifiées. L’information produite contribuera à renforcer les efforts consentis par les pays pour mettre un terme à la tuberculose. De la même façon, pour combattre le VIH, l’hépatite et les infections sexuellement transmissibles (IST), l’OMS s’est employée à aider les pays à assurer des interventions essentielles à tous ceux qui en ont besoin, en privilégiant les approches axées sur la pres- tation de services systémique et intégrée. L’adoption par les États Membres du Cadre régional pour la triple élimination de la trans- mission mère-enfant du VIH, de l’hépatite B et de la syphilis en Asie et dans le Pacifique 2018–2030 a marqué une étape décisive. Le Cadre régional propose une approche intégrée et coordonnée pour parvenir à la triple élimination, en mettant l’accent sur les principes de la CSU et les soins centrés sur la mère, le nouveau-né et l’enfant. L’OMS a continué de collaborer avec les États Membres à l’extension de la couver- ture de services essentiels pour lutter contre le VIH, le Cambodge atteignant son objectif de couverture (90–90–90) trois ans avant la date-butoir de 2020. En d’autres termes, depuis 2017 au Cambodge, 90 % de tous ceux qui vivent avec le VIH ont connaissance de leur statut sérologique ; 90 % des sujets dont l’infection à VIH a été dépistée reçoivent un traitement antirétroviral durable ; 90 % de tous ceux qui bénéficient d’un traitement antirétroviral présentent une suppression de la charge virale. Dans l’ensemble de la Région, 73 % des personnes séropositives ont reçu un diagnostic, et 55 % d’entre elles ont accès à un traitement. Des progrès ont été accomplis mais il reste beaucoup à faire. Afin d’améliorer l’accès à des interventions majeures dans la lutte contre l’hépatite, l’OMS a aidé le Cambodge, la Chine, Kiribati, la Mongolie et les Philippines à définir des modalités optimales de dépistage et de traitement de l’hépatite virale et de suivi des patients par les services de santé, les laboratoires et les systèmes d’information existants. En outre, 11 pays ont procédé à l’estimation de la charge de morbidité due aux hépatites virales B et C, et huit pays ont élaboré un plan d’action national contre l’hépatite. En vue de contribuer aux efforts déployés aux niveaux mondial et régional pour com- battre la résistance aux antimicrobiens, l’Organisation a soutenu la surveillance de la résistance des gonocoques aux antimicro- biens au Cambodge et aux Philippines. La plupart des pays d’endémie palustre ont continué de progresser sensiblement dans l’élimination de la maladie à l’échelle nationale, en dépit d’une résurgence de cas au Cambodge, aux Îles Salomon et en Papouasie-Nouvelle-Guinée due à de nou- velles épidémies. L’OMS continue de s’atta- cher en priorité à aider les pays à éliminer le paludisme et à lutter contre la résistance partielle à l’artémisinine et aux principes actifs associés dans la sous-région du Grand Mékong. Aucun nouveau foyer de résistance n’a été détecté, ce qui montre que l’expan- sion des zones touchées a pu être évitée au cours de l’année écoulée. Le renforcement de la surveillance sera essentiel à l’élimination durable du palu- disme. Les efforts menés à cet effet et la mise à jour des directives thérapeutiques L’élimination du paludisme aux Philippines repose sur le renforcement, dans les laboratoires, des capacités de diagnostic et de surveillance de la maladie mortelle. 16 Rapport du Directeur régional se sont poursuivis dans de nombreux pays d’endémie, conformément au Cadre d’action régional pour la maîtrise et l’élimination du paludisme dans le Pacifique occidental (2016–2020). D’importants progrès ont également été accomplis dans la lutte contre les maladies tropicales négligées. L’élimination en tant que problème de santé publique de la filariose lymphatique a été validée aux Tonga, et celle du trachome cécitant l’a été au Cambodge et en République démocratique populaire lao. Le taux élevé de couverture en matière de chimioprophylaxie collective a aidé les États Membres à progresser plus avant dans la lutte contre certaines maladies tropicales négligées. Il demeure nécessaire de renfor- cer les activités intégrées et intersectorielles dans les secteurs de l’eau, de l’assainisse- ment et de l’hygiène, de la sécurité sanitaire des aliments et de la santé animale pour éli- miner la schistosomiase asiatique et maîtri- ser d’autres maladies tropicales négligées d’origine animale ou alimentaire. La poursuite des efforts visant à assurer l’accès à des services de vaccination inté- grés, efficaces et de qualité, a produit des résultats mesurables aux niveaux régional et national. Ainsi, la Région dans son ensemble a atteint une couverture de 97,3 % pour les trois doses du vaccin antidiphtérique– antitétanique–anticoquelucheux, et 22 États et Territoires sont parvenus à une couverture supérieure à 90 %, l’un des objectifs de la Décennie de la vaccination. Le Cambodge a réussi à maintenir l’élimi- nation de la rougeole, en dépit de multiples cas de virus rougeoleux importés de pays d’endémie. La Nouvelle-Zélande et la Répu- blique de Corée ont été les premiers pays de la Région où l’élimination de la rubéole a été certifiée. La République démocratique populaire lao a mis en œuvre l’intensification périodique de la vaccination systématique moyennant le vaccin antipoliomyélitique inac- tivé, ce qui l’a également aidée à combler les lacunes immunitaires à l’égard d’autres maladies à prévention vaccinale. Dans la même période, les Philippines sont parvenues à éliminer le tétanos maternel et néonatal à l’issue de trois campagnes de vaccination antitétanique conduites avec succès dans la Région autonome en Minda- nao musulmane, territoire isolé en proie à des conflits armés et à d’autres problèmes de sécurité. Par ailleurs, les activités visant à renforcer plus avant l’impact sanitaire de la vaccination grâce à l’introduction de nou- veaux vaccins se sont poursuivies. Ainsi, la Mongolie a introduit le vaccin antipneumo- coccique conjugué à Oulan-Bator début 2018 et prévoit de l’étendre au reste du pays en 2019. Les progrès continus accomplis dans ces domaines majeurs méritent d’être célébrés. Cependant, si nous voulons garantir que personne ne soit laissé pour compte – que tous ceux qui en ont besoin bénéficient de services de qualité qui s’inscrivent dans la durée – il nous reste beaucoup à faire. Des écoliers reçoivent des médicaments anthelminthiques dans le cadre d’une campagne de déparasitage en République démocratique populaire lao. Activité de l’OMS dans la Région du Pacifique occidental, 1er juillet 2017 – 30 juin 2018 17 M al ad ie s tr an sm is si bl es1. Des technologies et des médicaments plus performants pour lutter contre la tuberculose Dans la Région du Pacifique occidental, 1,4 million de cas de tuberculose ont été dia- gnostiqués et notifiés sur un total d’environ 1,8 million de nouveaux cas en 2016, lais- sant un écart d’environ 400 000 cas non dia- gnostiqués. Il sera décisif d’identifier ces cas en développant des services antituberculeux dans le cadre de la couverture sanitaire uni- verselle pour atteindre l’ambitieux objectif de lutte contre la tuberculose. Les outils de diagnostic moléculaire, soit le test Xpert MTB/RIF et le test d’hybridation inverse sur bandelettes, ont un rôle impor- tant à jouer, s’agissant de donner un diagnos- tic rapide et précis de la tuberculose et de la tuberculose pharmacorésistante. Leur utili- sation s’étend dans la Région du Pacifique occidental. Fin 2016, 1 630 laboratoires uti- lisaient le test Xpert MTB/RIF, soit deux fois plus qu’en 2014. Le nombre de nouveaux cas de tuberculose ainsi détectés est passé de 93 000 en 2014 à 182 000 en 2016. En sus d’un accès rapide et universel à un diagnostic de qualité, tous les patients tuber- culeux diagnostiqués doivent suivre un traite- ment jusqu’à son terme. Pour l’heure, seule la moitié des cas estimés de tuberculose phar- macorésistante est traitée avec succès dans la Région. Le recours accru à des schémas thérapeutiques plus courts et à de nouveaux antituberculeux est susceptible d’accroître le taux de succès du traitement des cas de tuberculose pharmacorésistante. La plupart des pays de la Région qui enregistrent une forte charge de morbidité ont adopté le schéma thérapeutique de courte durée pour lutter contre la tuberculose multirésistante et ajouté de nouveaux médicaments aux traite- ments, soit la bédaquiline et le délamanide. Ces mesures devraient donner de meilleurs résultats thérapeutiques, qui profiteront aux patients et à leurs familles, et réduiront le risque de transmission de la maladie. La Stratégie visant à mettre un terme à la tuberculose envisage un monde sans tuberculose et ambitionne de réduire de 95 %, à l’horizon 2035, les taux d’inci- dence et de mortalité liés à la maladie, par rapport aux taux de 2015. Il s’agit donc pour les pays d’assurer à tous ceux qui en ont besoin des services antituberculeux de qualité, et de veiller à ce que personne ne soit laissé de côté. L’OMS continuera à collaborer étroitement avec les pays en vue de les appuyer dans cette entreprise. À l’hôpital de Port Moresby (visible sur la photo) et dans toute la Papouasie-Nouvelle-Guinée, l’utilisation de nouvelles technologies et de nouveaux médicaments antituberculeux augmente rapidement. 18 Rapport du Directeur régional 2. Un meilleur suivi de la charge financière de la tuberculose pour les familles Une prévention et une prise en charge effi- caces de la tuberculose passent par un accès universel à des services antituberculeux de qualité, d’un coût abordable et adaptés aux besoins de chacun. Or, les paiements directs demeurent un obstacle majeur au traitement de la tuberculose et peuvent s’avérer « catas- trophiques » dès lors qu’ils représentent plus d’un cinquième du revenu annuel du ménage. La question est abordée dans la Stra- tégie de l’OMS pour mettre un terme à la tuberculose, qui vise à ce que plus aucune famille ne subisse de coûts catastrophiques liés à la tuberculose. Afin d’aider les pays à comprendre dans quelle mesure ces coûts peuvent compromettre la lutte contre la maladie, l’OMS appuie la réalisation d’en- quêtes nationales sur les paiements directs visant à évaluer l’ampleur du fardeau finan- cier qui pèse sur les familles, et les facteurs qui y contribuent. Dans la Région du Pacifique occidental, des enquêtes sur les paiements directs ont été menées ou prévues dans sept pays (Chine, Fidji, Îles Salomon, Mongolie, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Philippines et Viet Nam). Les résultats préliminaires montrent que 30 % à 60 % des familles tou- chées par la tuberculose doivent dépenser des sommes astronomiques. Dans bien des cas, les coûts indirects, comme la perte de revenus, représentent le gros des dépenses. Dans d’autres, les coûts directs (médicaux et non médicaux*) en constituent une part élevée. Au Viet Nam, par exemple, pour 63 % des familles touchées par la tuberculose, les pertes de revenus se chiffrent à 58 % du montant total des coûts. Les résultats de ces enquêtes aident à déterminer les aspects à améliorer dans les dispositifs ou modèles de financement de la santé, de prestation de services et de protec- tion sociale de manière à alléger le fardeau financier de ces familles. * Frais médicaux : par exemple, coûts de diagnostic, de traitement et d’hospitalisation. Frais non médicaux : coûts de transport, de logement, de nourriture, etc. Dans certains pays de la Région, une forte proportion des patients tuberculeux doit faire face à des coûts catastrophiques. Activité de l’OMS dans la Région du Pacifique occidental, 1er juillet 2017 – 30 juin 2018 19 M al ad ie s tr an sm is si bl es3. De meilleurs services ophtalmologiques grâce à l’action menée pour éliminer le trachome Le trachome, qui figure parmi les maladies tropicales négligées, reste la principale cause infectieuse de cécité dans le monde. Provoquée par une bactérie appelée Chla- mydia trachomatis, l’infection se transmet par contact avec les sécrétions oculaires et nasales des personnes infectées, en parti- culier les enfants en bas âge. En général, la transmission se concentre chez les enfants et les familles qui habitent des logements surpeuplés, dans de mauvaises conditions d’hygiène et d’assainissement, et sans accès à l’eau potable. À la suite d’infections répétées, la face interne de la paupière se sclérose (trichiasis) ; la paupière se retourne vers l’intérieur et les cils viennent frotter contre le globe oculaire. Ce frottement pro- voque des lésions de la cornée, des troubles visuels ou une cécité. Le trachome demeure endémique dans sept pays de la Région du Pacifique occidental : l’Australie, les Fidji, les Îles Salomon, Kiribati, la Papouasie-Nouvelle- Guinée, le Vanuatu et le Viet Nam. L’OMS recommande la mise en œuvre de la stratégie CHANCE : CHirurgie ; Antibio théra- pie ; Nettoyage du visage ; Changement de l’Environnement, en particulier un meilleur accès à l’eau et aux services d’assainisse- ment. La mise en œuvre de cette stratégie a donné des résultats non négligeables. En 2017, le Cambodge et la République démo- cratique populaire lao ont été les deux pre- miers pays de la Région à obtenir la certifica- tion OMS de l’élimination du trachome en tant que problème de santé publique. L’étude de validation a notamment consisté à évaluer l’aptitude du système de santé à détecter et à traiter d’éventuels cas à l’avenir. Les États Membres et leurs partenaires collaborent au renforcement des capacités nationales de santé oculaire qui comptent parmi les éléments clés de la stratégie CHANCE. Ils se sont notamment employés à former des médecins et des infirmiers oph- talmologues à l’examen et à la chirurgie de l’œil, et l’ensemble du personnel de santé à la prestation durable de services y compris l’accès à des interventions chirurgicales et à des antibiotiques de qualité garantie. Dans la Région, tous les pays d’endémie continuent à renforcer leur système de santé ophtalmo- logique pour parvenir à éliminer le trachome cécitant. Qui plus est, ces efforts auront des retombées plus larges puisqu’ils permettront d’améliorer l’accès à l’ensemble des services ophtalmologiques. À Kiritimati (Kiribati), les infirmiers secondent le seul ophtalmologue du pays dans l’examen des enfants à la recherche de signes du trachome cécitant. 20 Rapport du Directeur régional 4. VIH et hépatite virale : ne laisser personne de côté Le VIH et l’hépatite virale posent de graves problèmes de santé publique dans le Pacifique occidental. En dépit d’interven- tions éprouvées et de l’accès à des médica- ments vitaux, on dénombre chaque année 97 000 nouvelles infections à VIH. En outre, seuls 55 % des sujets séropositifs et une part infime (moins de 5 %) des personnes atteintes des hépatites B et C reçoivent un traitement. L’OMS collabore étroitement avec les États Membres à la recherche de moyens novateurs susceptibles d’élargir l’accès aux services essentiels de prévention, de prise en charge et de traitement. Aux Philippines, l’OMS a noué un partena- riat avec le Ministère de la santé et une orga- nisation communautaire afin de démontrer comment l’administration d’une prophylaxie pré-exposition dans le cadre d’un programme mené par les pairs peut contribuer à inflé- chir l’augmentation rapide des nouvelles infections chez les hommes qui ont des rapports sexuels avec d’autres hommes. La prophylaxie pré-exposition est un moyen par lequel une personne séronégative qui court un grand risque de contracter le VIH, peut prévenir l’infection en prenant des anti- rétroviraux quotidiennement. Les résultats de cette initiative renseigneront sur l’oppor- tunité d’étendre la prophylaxie pré-exposition à l’échelle nationale. L’OMS aide le Viet Nam à atteindre les cibles relatives à la couverture des per- sonnes qui vivent avec le VIH moyennant des ressources financières intérieures. En novembre 2016, le Premier Ministre a pro- mulgué une politique prévoyant la prise en charge des médicaments, des consultations et des frais de laboratoires par le régime national d’assurance maladie. Sous l’effet de cette politique, la couverture du régime d’assurance maladie au profit des personnes séropositives, a sensiblement augmenté, passant de 50 % en 2016 à 82 % en 2017. Au cours de l’année écoulée, la Région a progressé sur la voie de l’accès universel au traitement contre les hépatites B et C. Dans les États et Territoires à revenu élevé – notamment l’Australie, Hong Kong (RAS de Chine), le Japon, la Nouvelle-Zélande, la République de Corée et Singapour — le finan- cement public a permis l’instauration de la couverture universelle du traitement contre l’hépatite. Les pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure ont rendu le traite- ment accessible grâce à l’assurance maladie, y compris la Mongolie pour l’hépatite C et la Chine pour l’hépatite B, ou introduit des génériques moins coûteux comme l’a fait la Malaisie pour l’hépatite C. Kiribati est devenu le premier pays insulaire du Pacifique à se doter de services nationaux de traitement de l’hépatite B. Des mesures non négligeables ont été prises mais il reste beaucoup à faire. L’OMS continuera de veiller aux côtés des États Membres à ce que personne ne soit laissé de côté en garantissant l’accès à des inter- ventions vitales. Les membres d’une organisation non gouvernementale aux Philippines, Love Yourself, proposent des conseils et des tests de dépistage du VIH pour aider à prévenir l’infection parmi les populations clés. Activité de l’OMS dans la Région du Pacifique occidental, 1er juillet 2017 – 30 juin 2018 21 M al ad ie s tr an sm is si bl es5. Accélérer la lutte contre l’hépatite B Le Pacifique occidental a été la première Région de l’OMS à décider de réduire l’infec- tion chronique à l’hépatite B en intégrant le vaccin contre le virus de l’hépatite B dans les programmes nationaux de vaccination. En veillant à l’administration des trois doses de vaccin aux nourrissons, y compris l’admi- nistration rapide d’une dose à la naissance (sous 24 heures), les pays ont contribué à ramener de plus 8 % en 1990 à moins de 1 % en 2017 la prévalence régionale de l’hépatite B chez les enfants de 5 ans. L’éducation prénatale et la coordination des activités de sensibilisation entre les agents de santé bénévoles dans les villages et les personnels des établissements de santé ont contribué à assurer à un plus grand nombre de nouveau-nés l’administration de la dose de naissance en temps voulu. En 2016, celle-ci a été administrée à 83 % des nourrissons de la Région, soit un chiffre bien supérieur à la moyenne mondiale de 39 %. Les pays dont la couverture vaccinale contre l’hépatite B est insuffisante ont pris des mesures visant à améliorer l’accès des enfants non vaccinés. Les Îles Salomon sont le sixième pays de la Région à montrer que l’administration du vaccin contre l’hépatite B en dehors de la chaîne du froid est sûre et efficace, en faisant passer la couverture de la dose de naissance de 30 % à 68 % pour les naissances en établissement et de 4 % à 24 % pour les naissances à domicile entre 2015 et 2016. Les Îles Salomon s’emploient actuellement à étendre cette étude pilote réussie à trois autres provinces pour tous les établissements de santé qui ne peuvent pas respecter la chaîne du froid et pour les naissances à domicile. Les pays à forte couverture vaccinale contre l’hépatite B redoublent également d’efforts pour éliminer la transmission de la maladie de la mère à l’enfant. La Chine, par exemple, a un taux élevé et soutenu de couverture vaccinale contre l’hépatite B ainsi qu’un fort taux de dépistage prénatal. La plupart des nouveau-nés exposés reçoivent des immunoglobulines anti-hépatite B (IgHB) en même temps que la dose de naissance. La Chine mène actuellement des études de modélisation visant à déterminer si des inter- ventions supplémentaires, telles que le trai- tement antiviral des femmes enceintes ayant une forte charge virale, sont nécessaires pour parvenir à éliminer la transmission de la mère à l’enfant. Le Cambodge et la Mongolie utilisent également des données issues de la modélisation pour prendre des décisions éclairées sur le coût et l’impact d’interven- tions supplémentaires contre l’hépatite B, telles que l’administration d’IgHB et du traite- ment antiviral, afin d’intensifier l’action qu’ils mènent pour éliminer la transmission mère- enfant de l’hépatite B. Vaccination d’un enfant contre l’hépatite B au Cambodge. Chaque enfant devrait recevoir une dose à la naissance puis au moins deux doses supplémentaires pour être protégé contre l’hépatite B. La vaccination des enfants est le meilleur moyen de prévenir l’infection chronique dans des populations entières. Rapport du Directeur régional 22 La sécurité sanitaire s’est nettement améliorée dans la Région du Pacifique occidental depuis l’épidémie de SRAS en 2003 et celle du MERS en 2015, mais beaucoup reste à faire pour se préparer à la prochaine pandémie. 23Activité de l’OMS dans la Région du Pacifique occidental, 1er juillet 2017 – 30 juin 2018 Sécurité sanitaire et Situations d’urgence Introduction 1. Améliorer la communication lors d’événements de santé publique 2. Optimiser la prise de décision durant les épidémies 3. S’assurer que l’OMS est prête 4. Se préparer à la prochaine pandémie 5. Renforcer la sécurité sanitaire des aliments 24 Rapport du Directeur régional Introduction Les pandémies peuvent faire des millions de victimes, perturber les sociétés et détruire les économies. En 1918, une pandémie de grippe a tué environ 100 millions de per- sonnes. En 2003, le syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) a entraîné des pertes économiques de 40 milliards de dollars des États-Unis. La pandémie de grippe A(H1N1) de 2009 s’est propagée à plus de 210 États et Territoires en l’espace d’un an. Ces 10 dernières années, des investisse- ments considérables ont été consacrés à la préparation aux épidémies et aux situations d’urgence. Les États Membres ont progressé dans l’application du Règlement sanitaire international, ou RSI (2005), et contribué à faire du Pacifique occidental une Région plus sûre pour près de 1,9 milliard d’habitants. Les choses ont considérablement changé mais les menaces à la sécurité sanitaire per- sistent. Les États Membres sont conscients qu’il leur reste beaucoup à faire avant d’être prêts à affronter la prochaine pandémie. Dans le même temps, les pays se heurtent à d’autres difficultés, telles que les catas- trophes naturelles, les troubles et l’instabilité. Le Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies a récemment lancé une « alerte rouge » mondiale, en évoquant les violations des droits de l’homme, les changements cli- matiques, les risques de guerre nucléaire, ainsi que la montée du nationalisme et de la xénophobie. Même les questions de base, telles que la sécurité sanitaire des ali- ments sont devenues plus complexes dans Dix ans d’investissement dans la sécurité sanitaire ont aidé la Région du Pacifique occidental à mieux se préparer aux urgences sanitaires, mais beaucoup reste à faire avant la prochaine pandémie. Activité de l’OMS dans la Région du Pacifique occidental, 1er juillet 2017 – 30 juin 2018 25 Sé cu ri té s an it ai re e t S it ua ti on s d ’u rg en cele monde de plus en plus interdépendant d’aujourd’hui. Le Programme OMS de gestion des situa- tions d’urgence sanitaire a été créé en 2016 pour aider les pays à relever pareils défis. Le programme mondial, qui en est à sa deu- xième année de mise en œuvre, mobilise les compétences et les ressources des trois niveaux de l’Organisation – bureaux de pays, bureaux régionaux et Siège – afin d’aider les États Membres à renforcer la préparation, la prévention, la détection, l’intervention et le relèvement. Dans la Région du Pacifique occidental, le Programme OMS de gestion des situations d’urgence sanitaire fait partie intégrante de la Division Sécurité sanitaire et Situations d’urgence, parallèlement aux acti- vités de l’Organisation en matière de sécurité sanitaire des aliments. Entre juillet 2017 et juin 2018, les sys- tèmes de surveillance régionaux ont détecté et évalué 1 621 signaux qui pourraient révéler de nouvelles menaces sanitaires dans le Pacifique occidental. Quatre-vingt- huit urgences aiguës de santé publique ont été recensées, dont 24 épidémies et situations nécessitant l’intervention de l’OMS. On a détecté et analysé des foyers liés à la listériose en Australie, aux premiers cas humains de grippe aviaire A(H7N4) en Chine, à la méningococcie aux Fidji, à un poliovirus dérivé d’une souche vaccinale en Papouasie-Nouvelle-Guinée, à la rougeole aux Philippines, à un norovirus en République de Corée et à la dengue au Samoa, pour n’en citer que quelques-uns. Dans la même année, la Région a connu trois catastrophes désignées comme urgences de niveau 1 au titre du Cadre d’action d’urgence de l’OMS, ce qui signifie que l’Organisation a dû déployer beaucoup d’effectifs et de ressources pour appuyer l’intervention des pays. Parmi ces situations d’urgence, il convient de mentionner le conflit de Marawi, aux Philippines, le passage du cyclone tropical Gita dans le Pacifique et le séisme de magnitude 7,5 en Papouasie- Nouvelle-Guinée. Le travail de la Division commence bien avant la survenue d’une catastrophe. Moyen- nant la mise en œuvre de la Stratégie Asie- Pacifique pour la maîtrise des maladies émergentes et la gestion des urgences de santé publique (SMEAP III) et du Cadre d’action régional du Pacifique occidental pour la gestion des risques sanitaires liés aux catastrophes, la Division collabore avec les pays, les bureaux de pays et les partenaires à la préparation aux situations d’urgence et à l’acquisition des capacités requises au titre du RSI (2005) dans le cadre du Programme OMS de gestion des situations d’urgence sanitaire. L’OMS continue d’appuyer la mise en œuvre de la SMEAP au niveau des pays. Au cours Dans le cadre de la SMEAP III, les pays continuent de renforcer les capacités de base nécessaires pour détecter les épidémies et les urgences, et y répondre. 26 Rapport du Directeur régional de la période considérée, le Cambodge, la Mongolie, la République démocratique popu- laire lao et le Viet Nam ont actualisé leur plan d’action national pour la sécurité sanitaire ou progressé dans sa mise en œuvre. Les États Membres s’emploient de plus en plus à établir des centres opérationnels d’urgence et ont commencé à utiliser des systèmes de gestion des incidents. Certains, comme le Viet Nam, ont créé des centres d’opérations d’urgence à l’échelle infranationale. Les capacités de surveillance et d’éva- luation des risques ont été renforcées afin d’orienter la prise de décision. Le réseau d’ex- pédition des échantillons de laboratoires des pays insulaires du Pacifique a été développé à plus grande échelle. Des examens annuels, des exercices de simulation, des évaluations externes conjointes et des bilans post-inter- vention ont été effectués sur la base de la SMEAP III. Au total, les huit pays suivants ont procédé à des évaluations externes conjointes de leurs capacités établies en vertu du RSI (2005) : l’Australie, le Cambodge, le Japon, la Mongolie, la République de Corée, la République démocratique populaire lao, Singapour et le Viet Nam. Le programme OMS de gestion des situa- tions d’urgence sanitaire continue d’œuvrer avec des réseaux de partenaires aux niveaux régional et mondial, y compris le Réseau mondial d’alerte et d’action en cas d’épidé- mie (GOARN), le groupe de responsabilité sectorielle Santé et les équipes médicales d’urgence. On compte désormais six équipes médicales d’urgence internationales dans la Région, certifiées par l’OMS, soit une en Australie, trois en Chine, une au Japon et une en Nouvelle-Zélande. L’accent a également été mis sur les par- tenariats moyennant des manifestations telles que le forum des partenaires, qui s’est tenu lors de la réunion régionale annuelle du groupe technique consultatif sur la SMEAP III. Le Groupe technique consultatif continue de servir de mécanisme régional pour suivre les progrès accomplis et promouvoir les parte- nariats en faveur de la sécurité sanitaire. En outre, le septième atelier sur la collabo- ration multisectorielle pour la lutte contre les zoonoses en Asie-Pacifique a favorisé le resserrement des liens entre représentants des secteurs de la santé humaine et animale. En dépit de cette évolution positive, la Région n’est pas encore prête à affronter la prochaine pandémie. La Division Sécurité sanitaire et Situations d’urgence poursuit sa collaboration avec les États Membres et ses partenaires en vue de remplir la mission qu’elle s’est fixée, à savoir transformer le Pacifique occidental en une Région où « tout le monde est en bonne santé et en sécurité lors d’une épidémie ou d’une urgence ». Une grand-mère déplacée par le conflit de Marawi (Philippines) est reçue dans un dispensaire mobile déployé par l’OMS et ses partenaires. Activité de l’OMS dans la Région du Pacifique occidental, 1er juillet 2017 – 30 juin 2018 27 Sé cu ri té s an it ai re e t S it ua ti on s d ’u rg en ce1. Renforcer la communication lors d’événements de santé publique Une communication prompte et transparente entre les pays et l’OMS est indispensable lors d’événements de santé publique pour guider l’action collective contre la propagation de maladies et d’autres risques sanitaires. Les points focaux nationaux RSI jouent un rôle clé dans l’échange d’information et l’évaluation des risques lors d’événements de santé publique. Le Bureau régional OMS du Pacifique occidental procède donc chaque année à un exercice de simulation pour évaluer et renforcer le fonctionnement des points focaux nationaux et des points de contact RSI de l’OMS. Connue sous le nom d’Exercice cristal, cette initiative sur le RSI a eu lieu presque tous les ans depuis 2008. En 2009, les ressources ont été affectées à la riposte mondiale contre la pandémie de grippe H1N1. Le nombre de participants a atteint un sommet historique en décembre 2017, avec trente États et Territoires représentés. Les pays ont fait preuve d’une meilleure compré- hension et se sentent plus à l’aise quant à la communication sur le RSI. Alors qu’en 2011, seuls cinq États et Territoires avaient rendu compte à l’OMS, en temps voulu, de l’évé- nement de santé publique simulé, en 2017 ils étaient 26. La valeur des exercices régu- liers de communication, menés dans le cadre du RSI, a été reconnue dans les examens annuels de la mise en œuvre de la SMEAP III. Les participants ont également vanté les mérites de cette initiative. « C’était un très bon exercice qui nous a enseigné beaucoup de choses, y compris comment accéder aux systèmes électroniques de l’OMS, et cela nous a obligé à aller jusqu’au bout du pro- cessus et à réfléchir à l’application du RSI », a déclaré un participant en 2017. Un autre a fait observer que la simulation faisait naître le sentiment « d’inquiétude et d’urgence qu’inspirerait une situation réelle ». Pour d’autres, elle offrait « une bonne occa- sion de former le personnel nouveau et inex- périmenté dans le domaine de la communi- cation [prévue au titre du RSI] ». L’Exercice cristal sur le RSI est un inves- tissement inestimable pour la sécurité sani- taire, qui permet de se préparer aux situa- tions d’urgence réelles. Il ne requiert que très peu de moyens mais contribue considéra- blement à perfectionner les systèmes de sécurité sanitaire. Élément clé du suivi et de l’évaluation dans le cadre de la SMEAP III, il a particulièrement servi à définir les questions à prendre en compte aux fins de l’apprentis- sage et de l’amélioration continus. Peut-être plus important encore, il accroît la confiance entre les points focaux nationaux et l’OMS, ce qui renforce l’efficacité de la communication requise au titre du RSI dans les situations d’urgence réelles. Pour améliorer la préparation des pays, le Bureau régional de l’OMS organise, presque chaque année depuis 2008, l’Exercice cristal sur le RSI. Le nombre de participants a atteint un sommet historique en 2017. 28 Rapport du Directeur régional 2. Optimiser la prise de décision durant les épidémies Les États Membres doivent agir de manière décisive pour sauver des vies et préserver la santé lorsque survient une épidémie ou une autre urgence de santé publique. Il n’en reste pas moins que la prise de décision peut être difficile lorsque la situation évolue rapi- dement et que les informations disponibles sont limitées ou contradictoires. Le recours à diverses sources d’informa- tion permet de mieux évaluer les risques, de rehausser la confiance dans les décisions prises, et surtout d’orienter les changements dans la stratégie d’intervention. Pendant les pandémies de grippe, les pays sont soumis à de fortes pressions pour prendre des mesures rapidement. En décidant comment minimiser l’impact sur la santé publique, ils doivent souvent faire face à d’énormes lacunes dans l’information, en particulier lorsque les pandémies sont causées par de nouvelles souches de virus. Néanmoins, une décision doit être prise à un moment donné pour passer d’une stra- tégie de confinement rapide à une stratégie d’atténuation. La riposte doit également être adaptée au fil du temps en fonction de la transmissibilité, de la gravité et de l’impact de la souche virale, souvent inconnus au début de la pandémie. L’OMS s’emploie avec les États Membres à déterminer les sources de données propres à éclairer la prise de décision durant les pandémies de grippe. Parmi ces sources figurent le dénombrement hebdomadaire des cas de syndrome grippal ; les cas de grippe confirmés ; les décès cumulés parmi les cas hospitalisés ; l’absentéisme à l’école et au travail. La diversification des sources d’infor- mation conduit à de meilleures décisions sur les mesures à prendre pour lutter contre les pandémies. L’OMS préconise le recours à diverses sources d’information pour renforcer l’éva- luation des risques et la prise de décision, et poursuit plus avant cette démarche en éla- borant des directives pratiques à l’intention des États Membres. Élaborées en consultation avec des États Membres et des partenaires, et intégrant les enseignements tirés des épidémies et des situations d’urgence, les directives aideront les pays à utiliser des informations qualita- tives et quantitatives émanant de diverses sources pour évaluer les risques et orienter la prise de décision. Elles inviteront égale- ment les États Membres à faire intervenir des acteurs extérieurs au secteur de la santé. L’utilisation de sources d’information diverses améliore l’évaluation des risques et accroît la confiance dans la prise de décision. Activité de l’OMS dans la Région du Pacifique occidental, 1er juillet 2017 – 30 juin 2018 29 Sé cu ri té s an it ai re e t S it ua ti on s d ’u rg en ce3. S’assurer que l’OMS est prête Le personnel des bureaux de pays de l’OMS est en première ligne des interventions d’ur- gence, aux côtés des États Membres pour protéger la santé et sauver des vies. À l’aide du Cadre d’action d’urgence, qui vient d’être révisé, le Programme OMS de gestion des situations d’urgence sanitaire s’emploie à soutenir la préparation des bureaux de pays. En mars dernier, 14 Chefs de bureaux de l’OMS situés dans l’ensemble de la Région ont participé à un exercice visant à tester leur réaction à une épidémie fictive. La semaine précédant la simulation, le Bureau de l’OMS au Cambodge a suivi une formation intensive à l’intervention d’urgence en vue de mieux comprendre le Cadre d’action d’urgence et le système de gestion des incidents. La même formation est actuellement dispensée dans d’autres bureaux de pays. Les bureaux de pays de l’OMS bénéficient également d’un appui sous la forme de listes d’experts prêts à être déployés, d’un stock de fournitures d’urgence et d’une nouvelle boîte à outils en ligne contenant les principales ressources d’urgence. Les bureaux peuvent également avoir accès au fonds de réserve pour les situa- tions d’urgence, qui facilite la mise en œuvre immédiate d’une intervention sans avoir à attendre que des ressources soient mobili- sées. Au cours de la période considérée, le fonds a permis de mettre en œuvre rapide- ment les réponses au cyclone tropical Donna au Vanuatu, au conflit de Marawi (Philippines), au cyclone tropical Gita dans le Pacifique et au séisme en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Au Bureau régional, une équipe d’appui à la gestion des incidents, composée de person- nels de la Division Sécurité sanitaire et Situa- tions d’urgence et d’autres services de l’OMS, se tient prête à intervenir pour soutenir les bureaux de pays et les États Membres dans les heures qui suivent le début d’une situation d’urgence. Des membres du personnel du Bureau régional ont également participé, en janvier dernier, à un exercice de simulation dans lequel ils devaient mettre en scène une intervention après une catastrophe fictive. Grâce à ces mesures de préparation essentiel les, l’OMS accroît la rapidité et l’efficacité des interventions d’urgence afin de mieux servir les États Membres et les habitants de la Région en période de crise. L’OMS rend visite à des communautés touchées par un séisme de magnitude 7,5 en Papouasie-Nouvelle-Guinée. L’OMS débat de la réponse au séisme avec le Secrétaire à la santé de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, Pascoe Kase. 30 Rapport du Directeur régional 4. Se préparer à la prochaine pandémie La Région du Pacifique occidental est consi- dérée comme un épicentre de l’émergence de nouveaux sous-types de grippe à potentiel épidémique. Ces 10 dernières années, plu- sieurs souches du virus de la grippe aviaire A(HxNy) pouvant se transmettre à l’homme, ont été détectées dans la Région, parmi les- quelles A(H5N1), A(H7N9), A(H5N6) et plus récemment, A(H7N4). Le Programme OMS de gestion des situa- tions d’urgence sanitaire continue d’aider les pays à examiner les plans nationaux de préparation aux pandémies de grippe et à actualiser les approches en fonction de l’évo- lution de la situation. Une approche à deux volets, telle que proposée dans la SMEAP III, a sous-tendu le débat sur la planification. Ainsi, en examinant, testant et mettant à jour les plans d’intervention en cas de pandémie, les pays ont également évalué la disponibi- lité des structures et des ressources afin de permettre la mise en œuvre efficace des plans d’intervention. Fin avril, le Cambodge, la République démocratique populaire lao et le Viet Nam se sont réunis pour réexaminer la préparation à la lumière des enseignements tirés d’événements passés et anticiper les futures menaces. Entre autres constats majeurs sur la pan- démie de grippe A(H1N1) survenue en 2009, bon nombre de pays s’étaient préparés à faire face à une mortalité élevée. Leur prépara- tion ne convenait pas nécessairement à un événement de moindre intensité. Aujourd’hui, les pays adoptent une approche plus souple, susceptible d’être renforcée ou réduite en fonction de la gravité clinique de l’infection. Ce type d’approche exige des pays qu’ils élaborent des plans ajustables en fonction des évaluations nationales des risques. Pour aider les pays à évaluer la gravité de la pandé- mie de grippe et à adapter leur intervention en conséquence, l’OMS a récemment publié l’outil d’évaluation de la gravité de la grippe pandémique (PISA). Conformément au cadre d’action défini dans la SMEAP III, les États Membres ont continué à renforcer leurs capacités géné- riques de sécurité sanitaire. Celles-ci leur seront utiles pour faire face à toute sorte d’épidémie ou d’événement de santé publique, y compris la prochaine pandémie. À titre d’exemple, bon nombre d’États Membres ont créé des centres d’opéra- tions d’urgence pour assurer la direction et la coordination des activités dans une situation d’urgence. Ils ont aussi continué à développer leurs capacités en matière d’épi- démiologie, d’évaluation des risques et de communication sur les risques. Les menaces de pandémie de grippe demeureront une priorité absolue du Pro- gramme OMS de gestion des situations d’urgence sanitaire. On redoublera d’efforts pour s’assurer que la Région est bien pré- parée à faire face à la prochaine pandémie de grippe. Un prélèvement est effectué sur un jeune patient cambodgien à des fins de dépistage de la grippe. La Région du Pacifique occidental est un foyer d’émergence de nouveaux sous-types de grippe à potentiel pandémique. Activité de l’OMS dans la Région du Pacifique occidental, 1er juillet 2017 – 30 juin 2018 31 Sé cu ri té s an it ai re e t S it ua ti on s d ’u rg en ce5. Renforcer la sécurité sanitaire des aliments En novembre 2018, la Papouasie-Nouvelle- Guinée accueillera le Sommet de la Coopé- ration économique de la zone Asie-Pacifique (APEC), une occasion unique de présenter sa cuisine, son peuple et sa culture au reste du monde. Cependant, faute de contrôles appropriés, un nombre considérable de personnes peuvent être exposées à des aliments impropres à la consommation. La gestion des risques liés à la sécurité sanitaire des aliments joue un rôle clé dans la lutte contre les maladies d’origine alimentaire lors de pareils rassemblements. Un système national de sécurité sanitaire des aliments sert de fondement à la plani- fication et à la mise en œuvre de toutes les mesures de contrôle de la sécurité sani- taire des aliments. En Papouasie-Nouvelle- Guinée, les pouvoirs publics s’attachent à renforcer le système de prévention des inci- dents et des urgences en matière de sécurité alimentaire, non seulement lors du sommet de l’APEC mais aussi au-delà. Ce processus est sous-tendu par le Cadre d’action régional sur la sécurité sanitaire des aliments dans le Pacifique occidental, approuvé à la session du Comité régional d’octobre 2017. Le Cadre, qui fait fond sur les enseignements tirés de l’application de la Stratégie régionale du Pacifique occi- dental en matière de sécurité sanitaire des aliments 2011–2015, présente des orienta- tions sur les mesures stratégiques à prendre, et préconise une approche graduelle pour renforcer les systèmes de sécurité alimen- taire dans la Région. La coordination et la collaboration intersectorielles avec le secteur agro alimentaire et les groupes de consom- mateurs font partie intégrante de la mise en œuvre du Cadre. Sous la direction du Ministère de la santé de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, des priori- tés stratégiques en matière de renforcement du système national de sécurité sanitaire des aliments ont été définies et sont mises en œuvre en prévision du sommet de l’APEC. Au nombre de ces priorités figure la for- mation des responsables de la manipulation des aliments aux pratiques sans risque et au respect des Cinq clefs pour des aliments plus sûrs définies par l’OMS : prendre l’habitude de la propreté ; séparer les aliments crus des aliments cuits, faire bien cuire les aliments, maintenir les aliments à bonne température, et utiliser de l’eau et des produits sûrs. Des inspecteurs alimentaires suivent actuelle- ment une formation, et des données sont recueillies, pour diffusion lors de réunions sur la façon de se protéger contre les mala- dies d’origine alimentaire. Dans le cadre de la préparation aux urgences de santé publique pour les rassemblements de masse, le pays se prépare également à l’éventualité d’une contamination délibérée des aliments ou à l’apparition de foyers de toxi-infections ali- mentaires. Avec le concours de l’OMS, le Département national de la santé veille à renforcer la sécu- rité sanitaire des aliments pour les partici- pants au Sommet de l’APEC et les habitants de la Papouasie-Nouvelle-Guinée. La Papouasie-Nouvelle-Guinée se prépare à accueillir le Sommet de la coopération économique Asie-Pacifique. Dans le cadre des préparatifs, le système de salubrité des aliments est renforcé à l’intention des visiteurs. 32 Rapport du Directeur régional 3 L’action menée par l’OMS pour promouvoir la santé touche des vies humaines dans toute la Région, des îles du Pacifique aux territoires reculés de l’Asie de l’Est. MNT et Promotion de la santé à toutes les étapes de la vie Introduction 1. Promouvoir une alimentation saine grâce aux taxes 2. Campagne pour des lieux de travail sans fumée 3. La démence : une priorité de santé publique 4. Pour un air plus sain et une population en meilleure santé Activité de l’OMS dans la Région du Pacifique occidental, 1er juillet 2017 – 30 juin 2018 33 34 Rapport du Directeur régional Introduction La Division Maladies non transmissibles et Promotion de la santé à toutes les étapes de la vie met en œuvre des plans d’action multi- sectoriels visant à soutenir le renforcement des fonctions de direction et des capacités, et l’adoption de pratiques exemplaires. La collaboration intersectorielle améliore le rapport coût-efficacité des programmes techniques et en accroît les avantages pour les États Membres. Partant du principe que la lutte contre les maladies non transmissibles (MNT) doit être multisectorielle, l’OMS mobilise un large éventail de parties prenantes en vue de pro- mouvoir la prise en charge des MNT et la création de cadres de vie sains qui atténuent les facteurs de risque. L’Équipe spéciale inter institutions des Nations Unies pour la prévention et la maîtrise des maladies non transmissibles a coordonné des missions conjointes au Cambodge et aux Philippines. La réunion des hauts responsables natio- naux chargés de la lutte contre les MNT dans la Région du Pacifique occidental, qui s’est tenue en mai, a permis de présenter les pra- tiques les meilleures pour renforcer l’action collaborative visant à atteindre les cibles mondiales liées aux MNT. L’OMS continue d’aider le personnel des centres de soins de santé primaires de la Région à utiliser les outils qu’elle a conçus pour renforcer la lutte contre les maladies non transmissibles, notamment le manuel pédagogique sur les MNT, HeartCare et le programme « Action pour des familles en meilleure santé ». Des villes bien planifiées encouragent un comportement sain. L’OMS collabore avec les États Membres et d’autres partenaires à la promotion de programmes nationaux visant à lutter contre les MNT de manière efficace et peu coûteuse. Activité de l’OMS dans la Région du Pacifique occidental, 1er juillet 2017 – 30 juin 2018 35 D iv is io n M al ad ie s no n tr an sm is si bl es e t P ro m ot io n de la s an té à to ut es le s ét ap es d e la v ieAfin d’améliorer les connaissances élé- mentaires en matière de santé, d’élargir les milieux sains et de renforcer la gouvernance, le Comité régional de l’OMS a approuvé en 2017 le Plan d’action régional pour la promo- tion de la santé dans le cadre des objectifs de développement durable 2018–2030. L’Organisation élabore des stratégies et appuie les demandes des pays en vue de renforcer les moyens dont ceux-ci disposent pour promouvoir l’éducation sanitaire et des cadres de vies sains. Le Programme régional de mise en œuvre du Plan d’action pour la santé mentale 2013–2020 dans le Pacifique occidental a pour objet d’agir sur les déterminants de la santé mentale. D’autres secteurs que celui de la santé assurent des services qui influent sur la santé mentale, notamment l’emploi, le logement, l’aide sociale et l’éducation. La collaboration intersectorielle porte égale- ment sur les services dispensés sur le lieu de travail qui concernent la santé mentale, tels que la gestion des ressources humaines, la formation et les risques professionnels. La Réunion sur l’accélération de la hausse des taxes sur le tabac et la ratification du protocole pour éliminer le commerce illicite des produits du tabac dans le Pacifique occi- dental, qui s’est tenue en novembre 2017, a permis de présenter des orientations et des pratiques exemplaires en la matière. Les par- ticipants, venant de Ministères de la santé, des finances et des affaires étrangères de 20 États Membres de la Région, ont souligné l’importance que revêt la collaboration multi- sectorielle pour lutter efficacement contre le tabac. L’opportunité d’une alliance visant à favoriser la réforme de la taxation des pro- duits du tabac a été soulignée, de même que la nécessité de stratégies nationales pour combattre le commerce illicite des produits du tabac. La mise en œuvre du Plan d’action régional pour la prévention de la violence et des traumatismes dans le Pacifique occidental (2016–2020) a mobilisé un vaste éventail de parties prenantes. Aux Fidji, aux Îles Salomon, à Kiribati, à Samoa et au Vanuatu, un appui a été apporté afin que la police soit formée à verbaliser les délits d’alcool et de vitesse. La formation à la prévention de la noyade a été facilitée pour le Cambodge, la Chine, les Fidji, les Îles Salomon, les Philippines et le Viet Nam. Des consultations ont été menées pour renforcer les activités de pré- vention de la violence à l’égard des enfants au Cambodge, en Mongolie, en Papouasie- Nouvelle-Guinée et aux Philippines. Une attention accrue a été accordée à la partici- pation régionale dans le Rapport de situation sur la circulation routière dans le monde et le Rapport de situation mondial sur la préven- tion de la violence à l’égard des enfants. L’OMS a également diffusé des éléments d’information et des supports permettant de sensibiliser l’opinion à l’ampleur et au caractère évitable de la violence et des traumatismes. L’élan en faveur du perfectionnement des services de réadaptation s’est amplifié dans la Région. Grâce à l’amélioration des systèmes de santé, on vit plus longtemps mais souvent en souffrant de handicaps ou de maladies chroniques. La réadaptation joue un rôle essentiel dans l’aptitude de la Région à répondre aux priorités sanitaires, en particulier le vieillissement de la popula- tion et l’augmentation des taux de MNT. Les services de réadaptation s’appuient sur des interventions thérapeutiques pour restaurer les fonctions quotidiennes du patient essen- tielles à sa santé et à son bien-être. Un cadre d’action régional sur la réadaptation, élaboré à l’issue de consultations menées auprès des Un policier du Vanuatu montre à un collègue comment enregistrer la vitesse des véhicules. L’OMS appuie les formations pour contrôler les excès de vitesse et d’autres efforts visant à promouvoir la sécurité routière dans la Région. 36 Rapport du Directeur régional États Membres et d’experts, sera présenté au Comité régional en 2018. Avec le concours de l’Organisation, le programme national de santé oculaire de la Papouasie-Nouvelle-Guinée organise une campagne pour aider les patients atteints de cataracte. Il ressort d’une enquête nationale réalisée entre janvier et mars au moyen de l’outil d’évaluation rapide de l’OMS que 5,6 % des adultes de 50 ans et plus sont aveugles (41 000 personnes) et que près de 90 % des cécités sont dues à une cataracte non traitée. La campagne sera lancée à l’occasion de la Journée mondiale de la vue en octobre 2018. L’objectif est de procéder, d’ici à 2020, à 20 000 interventions chirurgicales visant à restaurer la vision. L’OMS s’attaque également au double fardeau de la malnutrition au moyen d’ap- proches multisectorielles. La plupart des pays de la Région doivent faire face à cette double charge, à savoir la coexistence de la dénutrition et de la surcharge pondérale, de l’obésité ou des MNT, qui peut toucher un même foyer voire une même personne. Une action multisectorielle faisant intervenir divers facteurs tels que l’alimentation, l’édu- cation, l’eau, l’assainissement, l’hygiène et la protection sociale – allant d’initiatives stra- tégiques nationales à des activités locales susceptibles de modifier les comportements néfastes – est nécessaire pour prévenir la dénutrition ainsi que la progression du surpoids et de l’obésité. Par son action multisectorielle, l’Organi- sation contribue, de manière coordonnée, Un rescapé de l’explosion d’une mine terrestre pose avec sa famille à Kampong Chhnang (Cambodge). L’OMS œuvre avec les États Membres à la prestation de services de réadaptation d’un coût abordable. Activité de l’OMS dans la Région du Pacifique occidental, 1er juillet 2017 – 30 juin 2018 37 D iv is io n M al ad ie s no n tr an sm is si bl es e t P ro m ot io n de la s an té à to ut es le s ét ap es d e la v ie à lutter contre les déterminants de la mal- nutrition tout au long de la vie. L’OMS continue d’appuyer le renforcement de la planification familiale et de la santé de la mère, du nouveau-né, de l’enfant et de l’adolescent au Cambodge, en Chine, aux Îles Marshall, aux Îles Salomon, à Kiribati, aux États fédérés de Micronésie, en Mongolie, aux Palaos, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, en République démocratique populaire lao et au Viet Nam. De récentes publications montrent que la couverture des soins essen- tiels au nouveau-né a été maintenue ou amé- liorée dans huit pays prioritaires : Cambodge, Chine, Îles Salomon, Mongolie, Papouasie- Nouvelle-Guinée, Philippines, République démocratique populaire lao et Viet Nam. Trois pays d’autres régions ont également bénéficié d’un appui à la prestation des soins essentiels au nouveau-né. Les effets des changements climatiques sur la santé constituent l’une des princi- pales menaces qui pèsent sur la Région, en particulier dans les pays insulaires du Paci- fique et les pays du Mékong. L’OMS a travaillé avec les secteurs de l’environnement et du climat dans les pays les plus vulnérables de la Région en vue de renforcer la résilience des systèmes de santé face aux aléas cli- matiques. Ainsi, à partir de 2018, le Fonds pour les pays les moins avancés – géré par le Fonds pour l’environnement mondial – doit assurer un financement pluriannuel et multisectoriel aux pays suivants : Cambodge, Kiribati, Îles Salomon, République démo- cratique populaire lao, Tuvalu et Vanuatu. L’Organisation a également collaboré avec les Ministères de l’environnement et de la santé de 13 pays de la Région à la lutte contre les effets de la pollution atmosphérique sur la santé. Aux Philippines, des parents de jumeaux prématurés apprennent à dispenser des soins maternels kangourou en 2017. Cette simple intervention réduit de moitié la mortalité des bébés de petite taille. 38 Rapport du Directeur régional 1. Promouvoir une alimentation saine grâce aux taxes La prévalence de l’obésité est un problème de santé publique dans la Région du Paci- fique occidental : elle dépasse les 20 % dans la plupart des pays, 1 adulte sur 3 présen- tant une surcharge pondérale. Les enfants de moins de 5 ans sont également de plus en plus touchés. La consommation de boissons sucrées contribue sensiblement à l’épidémie d’obésité. Les politiques fiscales telles que la taxation des boissons sucrées sont une stratégie rentable pour réduire la consom- mation et lutter contre l’obésité. L’OMS a fourni un appui technique à la conception et à l’application de ce type de mesures. Ces initiatives ont contribué à des réalisations et à des progrès dans plusieurs pays. Le Brunéi Darussalam a adopté des amendements aux droits de douanes ainsi qu’aux droits d’importation et d’accise en 2017, imposant une taxe de 3 dollars des États-Unis pour 10 litres de boisson à haute teneur en sucre et une taxe d’accise de 3 % sur le sucre, la confiserie et les produits à base de cacao en 2017. L’objectif est d’aug- menter les recettes fiscales et de réduire la demande et la consommation de boissons sucrées. Selon une première évaluation, 90 % des consommateurs sont d’accord pour dire que la taxe est une bonne initiative. Le prix des boissons sucrées a grimpé de 11 % six mois après l’introduction de cette mesure. Aux Philippines, la Réforme fiscale pour l’accélération et l’inclusion prévoit notam- ment de taxer les boissons sucrées jusqu’à 0,12 dollar par litre selon le type d’édulcorant utilisé. De ce fait, trois grands fabricants ont récemment révisé la formule de leurs bois- sons sucrées. Ce succès procède d’une étroite collaboration entre les législateurs et les défenseurs de la santé. Cette mesure fiscale devrait faire reculer la consommation de boissons sucrées et, partant, améliorer la santé de la population, réduire les dépenses de santé et générer des recettes publiques. Les boissons sucrées contribuent à l’augmentation des taux de surpoids et d’obésité chez les enfants, ce qui accroît le risque d’obésité à l’âge adulte et la menace de maladies non transmissibles, telles que le diabète et les maladies cardiovasculaires. Activité de l’OMS dans la Région du Pacifique occidental, 1er juillet 2017 – 30 juin 2018 39 D iv is io n M al ad ie s no n tr an sm is si bl es e t P ro m ot io n de la s an té à to ut es le s ét ap es d e la v ie2. Campagne pour des lieux de travail sans fumée La protection contre l’exposition aux effets nocifs du tabagisme secondaire est l’une des principales mesures de réduction de la demande prévues dans la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac. En dépit des obligations internationales, seuls 9 des 27 pays de la Région ont promulgué des lois interdisant l’usage du tabac dans les espaces publics et les lieux de travail. Même dans les pays de la Région dotés d’une législation antitabac, l’application de la loi peut être problématique. Par consé- quent, bon nombre d’habitants continuent d’être exposés à la fumée secondaire. Cela étant, pour pallier l’absence de mesures vigoureuses, certains chefs d’entreprise ont instauré leur propre politique antitabac sur le lieu de travail. Dans sa campagne intitulée « Révolution antitabac : insuffler le changement sur le lieu du travail », l’OMS met en vedette des pion- niers de la lutte antitabac qui ont montré une forte volonté politique de protéger la santé de leurs employés et de leurs clients. Des exemples concrets d’entreprises qui adoptent très tôt des politiques antitabac démontrent qu’à long terme, celles-ci sont bonnes pour les affaires. En soulignant l’importance que revêtent ces initiatives, la campagne vise à encourager les dirigeants et leurs employés à convertir leur lieu de travail en espace non- fumeurs et à leur en donner les moyens. Plusieurs manifestations marqueront le lancement de la campagne dans les pays de la Région. La première s’est déroulée lors de la Journée mondiale pour un monde sans tabac, le 31 mai 2018, au Viet Nam, où des milliers d’hôtels et de restaurants ont reçu des supports de campagne et ont été invités à se joindre au mouvement. Le même jour, l’OMS a invité plus de 70 diri- geants à venir partager leur expérience de la lutte contre le tabagisme. La campagne se poursuivra l’année prochaine et visera à éliminer la fumée de tabac au travail, non seulement pour protéger la santé publique mais également pour promouvoir la vigueur des entreprises. La campagne « Revolution Smoke-Free » vise à lancer un mouvement populaire international tourné vers un avenir où tous les lieux de travail sont non fumeurs. 40 Rapport du Directeur régional 3. La démence : une priorité de santé publique Dans la Région du Pacifique occidental, environ 16 millions de personnes souffraient de démence en 2016, soit une hausse de 45 % depuis 2006, ce qui correspond à 11,9 % des années vécues avec une inca- pacité due à une maladie non transmissible. Plus de 70 % des sujets atteints de démence vivent dans un pays à faible revenu ou à revenu intermédiaire. La démence peut représenter un fardeau très lourd pour les malades, leurs familles et leurs aidants. Le Plan mondial d’action de santé publique contre la démence 2017– 2025 définit sept domaines d’action pour réduire le risque de démence et garantir que les sujets atteints vivent dans le respect, la dignité et l’autonomie. L’OMS a collaboré avec les États Membres de la Région à la mise en œuvre du plan mondial. La Chine, qui compte 63 % des cas de démence dans la Région, et les Philippines, ont réuni les parties prenantes pour élabo- rer des plans d’action nationaux multisecto- riels et renforcer la prestation des services en matière de démence. Le Gouvernement coréen a fait de la démence une priorité nationale de santé et l’a intégrée au régime d’assurance des soins de longue durée. L’Organisation a aidé la Chine, les Îles Cook, les Fidji, la Malaisie et les Philippines à participer à l’atelier organisé pour appuyer la mise en œuvre du plan mondial d’action organisé par le Ministère indonésien de la santé et l’OMS en novembre 2017. Afin de renforcer les capacités des agents locaux, l’Organisation a conçu une boîte à outils pour la prise en charge de la démence en milieu communautaire dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire. Cette boîte à outils a pour objet de compléter le Programme d’action : combler les lacunes en santé mentale, qui permet de former des pourvoyeurs de soins de santé primaires à la prestation de services de santé mentale. La Chine et les Philippines, qui l’ont d’abord mise à l’essai, proposent une formation à son utilisation ainsi qu’à celle du guide d’interven- tion du Programme d’action susmentionné. Afin d’informer le public et de réduire la stig- matisation, l’OMS a élaboré et diffusé des affiches et des notes d’information sur la démence. Au Memory Café à Beijing (Chine), des personnes qui commencent à avoir des pertes de mémoire se rencontrent, accompagnées de leurs familles. L’OMS appuie les efforts communautaires visant à aider les habitants à surmonter des changements de personnalité, d’humeur et de comportement. Activité de l’OMS dans la Région du Pacifique occidental, 1er juillet 2017 – 30 juin 2018 41 D iv is io n M al ad ie s no n tr an sm is si bl es e t P ro m ot io n de la s an té à to ut es le s ét ap es d e la v ie4. Pour un air plus sain et une population en meilleure santé La pollution de l’air, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, constitue le plus grand danger pour la salubrité de l’environnement dans la Région. Près d’un tiers des décès dus aux maladies cardiovasculaires et la moitié des décès liés aux bronchopneumopathies chroniques obstructives, soit 6,5 millions de morts chaque année dans le monde et 2,7 millions dans la Région, sont liés à la pol- lution atmosphérique. La Déclaration de Manille sur la santé et l’environnement (2016) et le Cadre d’action régional du Pacifique occidental sur la santé et l’environnement dans un monde en muta- tion (2016) recommandaient que les États Membres et l’OMS prennent d’urgence des mesures visant à garantir un air pur, bien- faisant pour la santé et le bien-être des populations. Comme suite à cette recommandation, le Bureau régional de l’OMS a organisé à Manille, en octobre 2017, la toute première consultation des États Membres sur l’ac- tion à mener contre les effets de la pollu- tion atmosphérique sur la santé. Cinquante représentants des secteurs de la santé et de l’environnement de 13 pays ont échangé leurs vues et défini les mesures prioritaires à prendre par l’OMS et les États Membres dans les années à venir. Les pays ont défini les conséquences sani- taires des tempêtes de sable et de poussière en Asie septentrionale et de la brume sèche en Asie du Sud-Est comme étant des pré- occupations majeures pour la Région. Ils sont convenus que la lutte contre la pollu- tion atmosphérique transfrontière devait s’inscrire dans le cadre d’une coopération internationale appuyée par l’OMS. Les États Membres se sont engagés à col- laborer avec l’OMS à l’élaboration et à la mise en œuvre de politiques et de plans d’action nationaux visant à réduire la morbidité et la mortalité liées à la pollution de l’air dans les habitations et à la pollution de l’air ambiant, conformément à la cible 3.9 des objectifs de développement durable. Les pays insu- laires du Pacifique et les pays du Mékong ont appelé l’attention sur les mécanismes de financement relatifs aux ODD et au climat accessibles aux petits États insulaires en développement et aux États vulnérables en vue d’améliorer la qualité de l’air. Les émissions de charbon et d’autres combustibles fossiles assombrissent le ciel d’Oulan-Bator (Mongolie). L’OMS œuvre avec les pays pour estimer la charge de morbidité due à la pollution, promouvoir les énergies propres et réduire la pollution atmosphérique. Rapport du Directeur régional 42 En mars 2018, la direction et le personnel de l’OMS de toute la Région forment la bannière de la Journée mondiale de la santé « Santé pour tous » sur la pelouse du Bureau régional. 43Activité de l’OMS dans la Région du Pacifique occidental, 1er juillet 2017 – 30 juin 2018 Systèmes de santé Introduction 1. Passage au financement intégré des services de santé publique prioritaires 2. Réglementation pour renforcer la coopération et la convergence en faveur des médicaments et du personnel de santé 3. Information et données factuelles 4. Communication et mobilisation sociale 5. Fixer et moduler les normes et les valeurs 44 Rapport du Directeur régional Introduction L’OMS continue de collaborer avec les États Membres à la mise en œuvre du cadre d’ac- tion régional intitulé La couverture sanitaire universelle : la voie vers une meilleure santé. Cette section décrit l’action menée pour concrétiser les cinq caractéristiques essen- tielles à l’instauration de la couverture sani- taire universelle (CSU), soit la qualité, l’effica- cité, l’équité, la responsabilisation, ainsi que la durabilité et la résilience. Qualité Afin d’améliorer la qualité des services hos- pitaliers et de renforcer leurs capacités de gestion, des décideurs et des directeurs d’hôpitaux de neuf pays ont été convoqués par l’OMS pour suivre le cinquième cours de gestion de la qualité des hôpitaux et de la sécurité des patients, et un appui a été apporté à l’organisation d’une table ronde en Malaisie. La mesure de la qualité pour ce qui touche la CSU a fait l’objet d’une discussion à la sixième réunion sur l’amélioration de la qualité des soins de santé en Asie-Pacifique. L’OMS a également secondé les pays dans la mise en œuvre de stratégies nationales de lutte contre les infections. Afin de consolider les normes relatives aux personnels de santé, l’OMS a aidé le Cam- bodge, la Mongolie, la Papouasie-Nouvelle- Guinée, la République démocratique popu- laire lao et le Viet Nam à renforcer leurs capacités de réglementation. L’Agence aus- La proportion de personnes âgées a plus que doublé au Japon ces dernières décennies. Le pays cherche les moyens de répondre à leurs besoins sanitaires d’une manière accessible, équitable et à un coût abordable. Activité de l’OMS dans la Région du Pacifique occidental, 1er juillet 2017 – 30 juin 2018 45 Sy st èm es d e sa nt étralienne de réglementation des professions de santé a été désignée comme centre col- laborateur de l’OMS. Les systèmes de réglementation visant à garantir la qualité et l’innocuité des médi- caments, des vaccins et des remèdes tra- ditionnels ont été renforcés au Cambodge, en Mongolie et en République démocratique populaire lao. En outre, le Viet Nam a élaboré une législation relative aux produits pharma- ceutiques et perfectionné son système de pharmacovigilance. La République de Corée a durci sa vigilance sur les produits pharma- ceutiques, et la Mongolie et les Philippines ont fait appel à des inspecteurs pour veiller à l’application de la réglementation. Les pays de la sous-région du Grand Mékong ont ren- forcé la réglementation relative à la qualité et à l’innocuité des antipaludéens. L’assurance de la qualité des remèdes tra- ditionnels a été renforcée par la formation de personnels de laboratoire et l’élaboration d’une législation relative à la médecine tra- ditionnelle au Cambodge, en Mongolie, en République démocratique populaire lao et au Viet Nam. Les Fidji, les États fédérés de Micronésie et les Philippines ont eux aussi entrepris d’élaborer des politiques visant à intégrer la médecine traditionnelle dans leur système de santé. Efficacité L’OMS a aidé plusieurs pays à réorienter la prestation des services vers les soins de santé primaires, notamment le Viet Nam où une nouvelle résolution sur les soins de santé primaires a été adoptée. L’OMS a convié huit pays à débattre des stratégies d’achats dans le cadre du second atelier birégional sur la politique de finance- ment de la santé en faveur de la couverture sanitaire universelle en Asie. La deuxième réunion du Groupe technique consultatif sur la CSU a porté sur la transformation de la prestation des services qu’appellent les changements démographiques et épidémio- logiques. Afin de remédier au coût élevé des nou- veaux traitements contre l’hépatite C, une consultation a été organisée sur l’accès aux médicaments dans les pays à revenu inter- médiaire de la tranche supérieure et les pays à revenu élevé. Équité L’OMS s’est employée à renforcer les capa- cités dont disposent les pays pour recueil- lir et analyser des données qui permettent d’étayer les stratégies visant à remédier aux problèmes d’équité, notamment ceux qui sont liés aux obstacles financiers, sexospécifiques et géographiques. Elle a également continué de veiller à ce qu’une plus grande attention soit accordée à l’égalité des sexes, à l’équité et aux droits dans les programmes de santé et la prestation de services, et de soutenir la lutte contre la discrimination dans les établis- sements de soins de santé. La riposte du secteur de la santé à la vio- lence sexiste a été renforcée moyennant l’appui aux pays, et une base de référence portant sur les mesures prises en la matière est en cours d’élaboration. Des campagnes d’action sociale ont été organisées pendant les « 16 journées de mobilisation contre la vio- lence sexiste ». L’OMS a encouragé l’échange de bonnes pratiques et des enseignements tirés des politiques et des mesures visant à promouvoir la santé des migrants et des réfu- giés dans la région tout entière. L’Organisation a continué de collaborer avec les pays à la mise en œuvre du Cadre d’action régional sur le vieillissement et la santé dans le Pacifique occidental (2014- 2019), et convoqué une réunion régionale En Malaisie, une femme présente sa carte de santé électronique donnant accès à son dossier médical lorsqu’elle se fait soigner. 46 Rapport du Directeur régional regroupant 15 pays en vue de dresser le bilan des progrès accomplis et de définir les domaines d’action prioritaires. L’OMS a également poursuivi son travail de protection financière en aidant les États Membres à recenser et à analyser les dépenses à la charge des patients. Responsabilisation Les pays ont été encouragés à élaborer leur cadre de suivi de la CSU et des ODD. La Répu- blique démocratique populaire lao s’est dotée d’une plateforme en ligne pour communiquer des données relatives aux systèmes de santé. La Mongolie et les Philippines ont corrélé le suivi de la CSU et celui des ODD avec les priorités nationales, et les pays insulaires du Pacifique ont recueilli des données régionales grâce au Cadre de suivi des îles-santé. En outre, l’OMS a renforcé la capacité des pays de surveiller les dépenses de santé et la protection financière. L’année 2017 a marqué le passage au Système des comptes de santé 2011, qui permet de mesurer les objectifs et les dépenses des pays en matière de santé. L’Organisation a collaboré avec l’Australie sur l’Approche de la santé dans toutes les poli- tiques afin de passer en revue les leçons à tirer en faveur de la gouvernance intersectorielle. Cette approche a également figuré au cœur du dialogue politique national à Kiribati. Afin de sensibiliser les futurs responsables de la santé aux priorités mondiales, l’OMS a continué d’appuyer le Centre global d’appren- tissage de la santé, ainsi que le Forum par- lementaire Asie-Pacifique sur la santé mon- diale, lequel permet d’échanger des idées, de promouvoir la collaboration et de susciter un engagement politique en faveur de la santé. Pour renforcer le rôle directeur des pou- voirs publics et la primauté du droit, l’OMS a examiné la législation du Viet Nam, élaboré une loi sur la CSU avec les Philippines, et appuyé le projet de loi sur les soins essentiels et la promotion de la santé en Chine. Viabilité et résilience L’OMS a multiplié ses activités de coor- dination avec l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture et l’Organisation mondiale de la santé animale afin d’appuyer des activités plurisectorielles visant à promouvoir la surveillance, l’utilisa- tion raisonnée des antibiotiques, le suivi de l’usage des antimicrobiens et la sensi- bilisation dans les pays suivants : Brunéi Darussalam, Cambodge, Fidji, Malaisie, Mongolie, Philippines, République démo- cratique populaire lao et Viet Nam. Dix-huit pays ont achevé l’élaboration de leur plan d’action national contre la résistance aux antimicrobiens (RAM). Le Comité régional a approuvé un cadre sur le financement durable afin d’aider les pays touchés par la réduction de l’aide financière des donateurs à rechercher des sources de financement interne et à améliorer l’effica- cité moyennant une meilleure gestion des finances publiques et la prestation intégrée des services. Le Viet Nam a renforcé ses mécanismes nationaux de financement en faveur des priorités de santé publique, telles que la tuberculose et le VIH. L’OMS a également aidé les pays insulaires du Pacifique à renforcer leurs stratégies rela- tives aux systèmes d’information sur la cyber- santé, et organisé une consultation d’experts sur le sujet à l’appui de la prestation intégrée des services. Prochaines étapes Dans l’année à venir, les pays étudieront plus avant certains domaines d’action prioritaire au niveau régional en vue de l’accomplis- sement de la CSU, notamment le suivi de l’équité en matière de santé ; la planifica- tion et la gestion hospitalières ; la mise en œuvre de réformes politiques et législatives ; la cybersanté à l’appui d’une meilleure pres- tation des services. Dans sa communication, l’OMS explique l’enjeu de la couverture sanitaire universelle : assurer à tous l’accès à des services de santé de qualité sans occasionner de difficultés financières. Activité de l’OMS dans la Région du Pacifique occidental, 1er juillet 2017 – 30 juin 2018 47 Sy st èm es d e sa nt é1. Passage au financement intégré des services de santé publique prioritaires Les leviers financiers peuvent être un excellent moyen d’améliorer la gouvernance des systèmes de santé. Le financement de la santé peut ouvrir la voie à une réforme plus vaste du système de santé, en particulier durant la transition vers une réduction de l’aide des donateurs. Dans la Région du Pacifique occidental, les programmes de lutte contre les maladies bénéficiant d’un finan- cement vertical et qui relevaient essentiel- lement d’une administration distincte sont progressivement intégrés et coordonnés au sein du système général de santé. En se tournant vers un financement plus intérieur ou plus intégré en faveur de services de santé publique prioritaires et de systèmes de santé plus résilients et plus efficaces, les pays pourront obtenir une meilleure gouver- nance des systèmes de santé. Ainsi, des amé- liorations sont apportées à la planification et à la budgétisation de la santé aux niveaux sectoriel et intersectoriel, aux mécanismes de responsabilisation et de suivi relatifs aux finances publiques, ainsi qu’aux systèmes de gestion des achats et de l’approvisionnement en fournitures et médicaments essentiels. Afin de guider les États Membres, le Comité régional a approuvé le Cadre d’action régio- nal pour le passage au financement intégré des services de santé publique prioritaires dans le Pacifique occidental, tels que le VIH, la tuberculose, le paludisme et la vaccina- tion. Le Cadre appuie également les États Membres dans la réforme de leur budget ou de la prestation de services. Le Cadre définit quatre grands axes d’ac- tion à l’intention des pays : confirmer les principaux éléments programmatiques et les modalités de prestation des services de santé publique prioritaires; renforcer les institutions de financement afin de tirer un meilleur parti des ressources disponibles ; augmenter le financement intérieur ; diriger la transition. L’OMS aide les pays à relever les difficul- tés rencontrées dans l’application de ces mesures et d’une approche systémique, en réunissant les Ministères de la santé et des finances, et diverses administrations, afin de faciliter la transition. En appuyant et en conseillant les pays dans cette période de transition, l’OMS a renforcé son mode de fonctionnement ainsi que son rôle auprès des grands partenaires de développement tels que Gavi, l’Alliance du vaccin, le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tubercu- lose et le paludisme, le Groupe de la Banque mondiale et d’autres organismes des Nations Unies. Des enfants courent dans leur village de la République démocratique populaire lao, où l’OMS collabore avec le Gouvernement à l’amélioration des services de santé pour les populations vulnérables et difficiles d’accès. 48 Rapport du Directeur régional 2. Réglementation pour renforcer la coopération et la convergence en faveur des médicaments et du personnel de santé La réglementation est un volet essentiel à la bonne gouvernance du secteur de la santé. Dans la Région du Pacifique occidental, les capacités des systèmes de réglementation nationaux varient considérablement d’un pays à l’autre, ce qui explique les inégalités dans la qualité et la sécurité des services de santé. Pour y remédier, le Comité régional de l’OMS a approuvé en octobre 2017 le Pro- gramme d’action régional du Pacifique occi- dental sur le renforcement, la convergence et la coopération en matière de réglementa- tion pour les médicaments et le personnel de santé. Le programme d’action aide les pays à renforcer leur système de réglementation en proposant une approche progressive sous-tendue par des cadres juridiques et tenant compte du contexte et des besoins des pays sur le plan du développement. Il assure également un cadre de convergence et de coopération aux autorités de réglemen- tation disposant de ressources limitées et facilite la collaboration entre pays lorsqu’il est nécessaire d’aligner les dispositifs de régle- mentation afin de répondre à des urgences de santé publique ou de lutter contre des pratiques à risque et l’utilisation de produits dangereux par delà les frontières. L’OMS aide les autorités nationales concer- nées à se doter et à s’acquitter de fonctions de réglementation tout au long du cycle de vie des produits médicaux, et à perfectionner les compétences du personnel de santé. Cet appui porte essentiellement sur les domaines suivants : élaboration de cadres législatifs assortis d’une définition précise des mandats et des rôles de réglementation ; approche progressive du renforcement de la fonction de réglementation ; adoption de mécanismes propices à une prise de décision transparente, responsable et cohérente dans les proces- sus de réglementation ; recours à des outils existants pour évaluer l’efficacité de la régle- mentation ; participation aux mécanismes de convergence et de coopération pour renforcer les systèmes de réglementation nationaux. Les agents de santé et le personnel de l’OMS à l’hôpital de Port Moresby travaillent ensemble pour améliorer la qualité et l’innocuité des médicaments essentiels à la couverture sanitaire universelle. Activité de l’OMS dans la Région du Pacifique occidental, 1er juillet 2017 – 30 juin 2018 49 Sy st èm es d e sa nt é3. Information et données factuelles La gouvernance au service de la couverture sanitaire universelle exige un dialogue avec de multiples secteurs et parties prenantes axé sur l’information et les données factuelles. Pour permettre aux pays de suivre les progrès accomplis et de recenser les domaines d’ac- tion prioritaires, l’OMS a établi des profils de pays relatifs aux ODD et à la CSU, de manière à rassembler des données sur les progrès accomplis dans la réalisation des ODD et la mise en place de la CSU afin d’aider les pou- voirs publics à recenser les succès obtenus et les domaines d’action prioritaires. Les données recueillies ont mis en lumière les possibilités à exploiter et les défis à relever. Dans certains pays d’Asie-Pacifique, la moitié de la population ne bénéficie pas des services de santé essentiels. La vaccination et les ser- vices de santé maternelle et infantile sont plus accessibles que d’autres types de services de santé. Parmi les domaines à améliorer figurent le dépistage et le traitement des maladies infectieuses, telles que la tuberculose et le VIH, et la prévention et le traitement de mala- dies non transmissibles (MNT), telles que les cardiopathies, les accidents vasculaires céré- braux, le diabète et le cancer. Les MNT demeurent la première cause de mortalité prématurée dans la Région. Des systèmes de santé robustes sont indispen- sables pour prévenir ces maladies, inverser le cours de l’épidémie, et mieux soutenir les per- sonnes qui souffrent déjà de telles affections. L’Organisation continuera de collaborer avec les États Membres à la collecte de données ventilées plus détaillées en vue de ne laisser personne pour compte. L’OMS a également aidé les États Membres à créer ou à renforcer des dispositifs de transfert de connaissances afin de promou- voir l’élaboration de politiques de santé et la prestation de soins fondées sur des données factuelles. L’atelier « Asia-Pacific Pathway to Universal Health Care » (La voie vers des soins de santé universels en Asie-Pacifique), organisé en marge du Forum sur la CSU à Tokyo en décembre 2017, a réuni des res- ponsables gouvernementaux de la santé, des universitaires dans les domaines de la santé publique et des systèmes de santé, des experts des centres collaborateurs de l’OMS, des membres du Groupe technique consulta- tif sur la CSU de la Région OMS du Pacifique occidental, des partenaires de développement et des organisations de la société civile afin de faire le point des orientations prises par les pays d’Asie-Pacifique pour instaurer la couverture sanitaire universelle. Les partici- pants sont convenus qu’une forte mobilisation des collectivités pouvait renforcer l’équité, la qualité et la responsabilité liées aux systèmes de santé et, sur le plan de la demande, réduire les difficultés d’accès, notamment pour les groupes défavorisés. Les maladies non transmissibles, telles que le diabète, demeurent la première cause de décès prématuré dans la Région. Un agent de santé procède à des tests de glycémie à l’Hôpital Princess Margaret, à Tuvalu. 50 Rapport du Directeur régional 4. Communication et mobilisation sociale Une bonne gouvernance suppose la partici- pation de citoyens bien informés. La commu- nication et la mobilisation sociale sont des moyens non négligeables de promouvoir la compréhension et l’action en faveur de la CSU. L’OMS a fondé ses activités de communica- tion et de sensibilisation en faveur de la mobi- lisation des pouvoirs publics, des partenaires et d’autres parties prenantes sur le thème de la CSU à l’occasion de la Journée mondiale de la santé 2018, célébrée le 7 avril. Chaque bureau de représentation de l’OMS a animé une discussion au cours de laquelle « la santé pour tous » a été mise en avant. La campagne d’un an menée sur le même thème vise à mobiliser les décideurs afin qu’ils s’engagent en faveur de la CSU, en appuyant la capa- cité de créer des partenariats transversaux et d’utiliser les médias pour sensibiliser un plus large public. La communication au service de la santé publique est un autre moyen de soutenir la mobilisation sociale. Elle vise à améliorer l’éducation sanitaire et la santé de chacun et de la population en informant, en sensibi- lisant et en motivant le public, les institutions et la société civile à propos de questions et de déterminants majeurs dans le domaine de la santé. En novembre 2017, l’Organisation a lancé une campagne en ligne d’une année intitulée « Race to a million pledges » (« En route vers un million d’engagements ») invi- tant les membres du public à s’engager à ne plus consommer d’antibiotiques de manière excessive ou abusive. Du 13 au 19 novembre 2017, plusieurs pays de la Région ont marqué la Semaine mondiale pour un bon usage des antibiotiques par la tenue de manifestations auxquelles ont notamment participé des com- munautés, des patients, des professionnels de santé, des vétérinaires, des agriculteurs et des décideurs. La mobilisation sociale et l’égalité entre les sexes vont de pair. Le groupe de travail technique inter-divisions sur la problématique hommes-femmes et les déterminants de la santé a publié un rapport qui rend compte des résultats d’un travail collectif dans le cadre duquel des programmes ont intégré le genre, l’équité et les droits fondamentaux dans leurs activités à toutes les étapes du cycle programmatique, de l’analyse au suivi et à l’évaluation. Le rapport appelle à l’inten- sification des activités de sensibilisation et de mobilisation des communautés. Parmi les progrès accomplis, on retiendra l’améliora- tion de l’acceptabilité, de l’accessibilité et du ciblage des programmes de lutte contre les maladies transmissibles ; le recul de la discri- mination à l’égard des personnes souffrant de handicaps psychosociaux ; un meilleur accès à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène ; la prise de mesures contre la violence sexiste et la lutte contre le tabagisme. Des experts de l’OMS participent à un débat sur la couverture sanitaire universelle dans la Région du Pacifique occidental à l’occasion de la Journée mondiale de la santé 2018. Activité de l’OMS dans la Région du Pacifique occidental, 1er juillet 2017 – 30 juin 2018 51 Sy st èm es d e sa nt é5. Fixer et moduler les normes et les valeurs La gouvernance au service de la CSU exige une meilleure prise en compte de l’éthique dans tous les aspects des politiques et des pratiques sanitaires. Les principes fonda- mentaux de l’éthique dans le domaine de la santé, à savoir le respect de la personne, la bienfaisance, la justice, l’utilité et la solidarité, sous-tendent les caractéristiques essentielles de la CSU. Des comités nationaux d’éthique peuvent être créés par les pouvoirs publics afin d’as- surer une évaluation rigoureuse des pro- blèmes et de trouver des solutions éthiques. La réunion régionale des comités nationaux d’éthique/bioéthique de l’Asie-Pacifique, qui s’est tenue en octobre 2017 à Séoul (Répu- blique de Corée) a rassemblé des représen- tants des comités nationaux d’éthique et des Ministères de la santé de 21 États Membres. Un cadre pour l’éthique en matière de santé facilite l’analyse systématique de principes connexes et leur application fondée sur des données factuelles. Les décideurs doivent souvent trouver un équilibre entre l’intérêt général et les libertés individuelles, la pro- motion de la santé et l’équité, les retombées de la surveillance de la santé publique et la responsabilité publique. Quant aux chercheurs, ils doivent être attentifs à l’intérêt que revêtent leurs travaux pour les communautés qui y participent, aux modalités de sélection des participants et aux moyens de protéger les droits et le bien-être de ceux-ci. Les professionnels ont des règles à respecter, à savoir celles qui portent sur le consentement éclairé, le respect de la vie privée et la confidentialité, et l’accès équi- table aux services. En dépit de certaines différences d’un pays à l’autre, les participants à la réunion régio- nale sont convenus que les pays devaient renforcer les dispositifs de gouvernance en faveur de l’éthique en matière de santé et intégrer une formation connexe dans les programmes d’enseignement de la santé, les soins cliniques et la recherche. Cette démarche aurait pour effet de garantir l’adhé- sion à des normes et à des valeurs éthiques chez les professionnels de la santé, les cher- cheurs et les responsables politiques. L’OMS a entrepris d’harmoniser et d’utili- ser au mieux les dispositifs nationaux d’éva- luation éthique de la recherche en santé aux Fidji, aux Îles Salomon, en Papouasie- Nouvelle-Guinée, aux Tonga et au Vanuatu. Une femme lao accepte de participer à une étude sur les soins de santé. Le consentement éclairé est une exigence éthique dans le cadre de la recherche avec des êtres humains. Rapport du Directeur régional 52 Des jeunes jouent au football sur les replats de marée en Nouvelle-Calédonie. 53Activité de l’OMS dans la Région du Pacifique occidental, 1er juillet 2017 – 30 juin 2018 Appui technique dans le Pacifique Introduction 1. Réunion des Ministres de la santé des pays du Pacifique et Cadre de suivi des îles-santé 2. Changements climatiques et santé dans le Pacifique 3. Des écoles-santé aux Fidji 4. Faire face aux situations d’urgence, y compris les flambées et les catastrophes 54 Report of the Regional Director Introduction Améliorer la santé et la résilience dans les îles du Pacifique La Division Appui technique dans le Pacifique a été créée en 2010 pour relever les défis sanitaires que rencontrent les pays, soit la double charge de morbidité et les change- ments climatiques. Avec les bureaux de pays (Fidji, Îles Salomon, Kiribati, États fédérés de Micronésie, Samoa, Tonga et Vanuatu), la Division coordonne l’appui adapté aux besoins des États et des Territoires insulaires du Pacifique. Les difficultés que rencontrent les îles du Pacifique sont dues à leur faible densité de population et à leur isolement géographique. Des services spécialisés efficaces et ren- tables exigent généralement un nombre élevé d’habitants, ce qui n’est pas le cas de ces îles. Les médicaments et autres produits néces- saires sont souvent importés et coûteux. Des solutions astucieuses s’imposent pour surmonter ces obstacles intrinsèques aux systèmes de santé du Pacifique. Le renforcement des systèmes de santé et des soins primaires s’inscrit dans le concept des îles-santé présenté en 1995. Celui-ci sous-tend les politiques des pays insulaires du Pacifique depuis 20 ans, ainsi que l’appui de l’OMS et d’autres partenaires de déve- loppement. L’OMS définit la sécurité sanitaire comme la réduction de la vulnérabilité des popula- tions face aux graves menaces sanitaires, à l’aide d’une action collective internationale. Des écoliers de Savai’i (Samoa) se rassemblent pour promouvoir un bon lavage des mains. Activité de l’OMS dans la Région du Pacifique occidental, 1er juillet 2017 – 30 juin 2018 55 A pp ui te ch ni qu e da ns le P ac ifi qu eLa santé est une préoccupation majeure dans la plupart des urgences. Chacun attend des systèmes de santé une réponse rapide et effi- cace et un fonctionnement à toute épreuve. Être prêt à intervenir et à se relever dans le cas d’une crise sanitaire présuppose des systèmes de santé nationaux robustes et des partenariats qui facilitent une action collec- tive régionale et mondiale en faveur de la sécurité sanitaire. Un exemple à citer est le Plan de coordination pour la sécurité sani- taire dans le Pacifique (2017–2022), financé par les Ministères australien et néo-zélandais des affaires étrangères et du commerce. L’OMS se tient elle aussi prête à riposter aux urgences du Pacifique moyennant une collaboration technique et des opérations sur le terrain. Grâce à l’appui de l’Organisation, les équipes médicales d’urgence nationales de quatre pays insulaires du Pacifique sont plus à même de riposter à des crises et se sont mieux préparées à accueillir des équipes internationales. En janvier 2018, 12 pays insulaires du Pacifique affichaient un taux de couverture vaccinale supérieur à 90 %, conformément aux objectifs de la Décennie de la vaccination (2011–2020). Dans le Pacifique, l’Organisa- tion a collaboré étroitement avec le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) en vue de montrer aux responsables du Programme élargi de vaccination comment améliorer la qualité des données qui sous- tendent les statistiques. L’ensemble des pays insulaires du Paci- fique a vraisemblablement atteint l’objec- tif régional d’élimination de la rougeole, si l’on en juge d’après les taux de cas écartés comme étant non rougeoleux pour les années 2016 et 2017 – dépassant les taux de sur- veillance prévus – et l’absence d’épidémie de rougeole dans le Pacifique depuis 2015. De même, la lutte contre l’hépatite B pro- gresse grâce à la vaccination ; huit pays insu- laires du Pacifique ont officiellement atteint l’objectif de maîtrise de la maladie et quatre autres attendent l’examen de vérification. La Division a continué, cette année, d’ap- puyer l’application de directives sur le dépis- tage et le traitement du VIH, des infections sexuellement transmissibles et de l’hépatite, y compris l’inclusion de ces directives dans les plans d’action nationaux, la formation de formateurs et les activités de surveillance. Les mesures de prévention, de soins et de lutte continuent d’être bien ancrées, la charge de la tuberculose ayant tendance à diminuer dans les pays insulaires du Paci- fique. Celle de la tuberculose multirésistante et de la co-infection tuberculose/VIH est faible, et a été bien gérée. L’OMS a coordonné la mise en place d’un réseau de laboratoires de lutte antituberculeuse dans le Pacifique comme appui supplémentaire aux activités de culture et de test de pharmacosensibilité, ainsi que le stockage de médicaments de deuxième ligne. Les efforts visant à améliorer l’accès aux services de santé pour les femmes, les nou- veau-nés, les enfants et les adolescents se sont poursuivis avec le Programme conjoint des Nations Unies sur la santé reproductive et la santé de la mère, du nouveau-né, de l’enfant et de l’adolescent à Kiribati, aux Îles Salomon et au Vanuatu. Un débat s’est tenu sur l’adaptation et l’application des nouvelles directives et recommandations mondiales de l’OMS à cet égard dans les trois pays, et l’Organisation a appuyé la mise en œuvre des programmes. Sur les 15 pays où la filariose lymphatique est endémique, cinq (Îles Cook, Îles Marshall, Nioué, Tonga et Vanuatu) ont officiellement éliminé la maladie en tant que problème de santé publique. Au titre de l’appui offert pour améliorer la prise en charge des maladies non transmis- sibles à l’aide de l’ensemble d’interventions essentielles au niveau des soins de santé pri- maires en milieu à faibles ressources (PEN), des ateliers de renforcement des capacités, axés notamment sur la surveillance, ont été tenus aux niveaux infrarégional et national, Parallèlement, la cinquième réunion du Réseau des îles du Pacifique sur la santé mentale a mis l’accent sur les urgences et la résilience en santé mentale. Un appui a été apporté à Kiribati en mars, à la suite de la catastrophe causée par le cyclone tropical Gita. En 2017, les partenariats pour la lutte antitabac se sont également multipliés, des accords ayant été signés avec l’Organisation des douanes d’Océanie et l’Organisation du tourisme du Pacifique Sud. Les responsables de la santé dans le Paci- fique se sont félicités de l’initiative spéciale de l’OMS sur le changement climatique et la santé dans les petits États insulaires en développement (PEID). Il s’agit d’une collabo- ration avec la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, au titre de laquelle les Fidji ont présidé la vingt- troisième session annuelle de la Conférence des Parties. Le développement de systèmes de santé résilients est essentiel à la lutte contre les effets des changements clima- tiques sur la santé. En mars, le plan de mise en œuvre de cette initiative en faveur des PEID du Pacifique a été élaboré. Il sera intégré dans l’initiative mondiale, aidant les PEID du reste du monde à élaborer un plan d’action mondial. 56 Rapport du Directeur régional 1. Réunion des Ministres de la santé des pays du Pacifique et Cadre de suivi des îles-santé Vingt ans après sa création, le concept des îles-santé continue de projeter une vision fédératrice du développement du secteur de la santé dans le Pacifique. C’est ce qui ressort d’une récente évalua- tion en sus de laquelle l’OMS et la Commu- nauté du Pacifique ont élaboré le Cadre de suivi des îles-santé, présenté pour approba- tion à la douzième réunion des Ministres de la santé des pays du Pacifique, qui s’est tenue à Rarotonga (Îles Cook) en août 2017. Le cadre comporte 48 indicateurs obliga- toires (33 indicateurs de base et 15 indica- teurs complémentaires) et 31 indicateurs facultatifs qui permettent de suivre l’évolution de l’état de santé des populations du Paci- fique. Il sert également à suivre les progrès accomplis à l’aune des cibles des objectifs de développement durable liées à la santé. Cette mesure contribue à garantir que les pays du Pacifique sont en bonne voie dans l’instau- ration de la couverture sanitaire universelle. Le premier rapport de situation, présenté à la réunion des ministres de la santé des pays océaniens en août 2017, contient des données de référence pour les indica- teurs et donne un aperçu des réalisations accomplies et des difficultés rencontrées en mettant l’accent sur les possibilités offertes et les mesures prioritaires. Les ministres de la santé des pays océaniens ont chargé les directeurs de la santé du Pacifique de colla- borer étroitement avec l’OMS et la Commu- nauté du Pacifique à la collecte de données et à la publication du deuxième rapport de situation, en tenant compte des modifica- tions proposées. Des systèmes d’information sanitaire plus robustes permettront de renforcer le cadre de suivi, aussi est-il nécessaire que les partenaires de développement continuent d’appuyer le perfectionnement de tous les systèmes, y compris la numérisation et le renforcement des capacités nationales de gestion et d’analyse des données. La réso- lution adoptée à la douzième réunion des ministres de la santé du Pacifique engage les pays insulaires des pays océaniens à développer plus avant les réseaux régionaux afin de mettre en commun les pratiques les meilleures et d’accroître la numérisation des systèmes d’information sanitaire. Un agriculteur des Îles Cook s’occupe de jeunes plants. Activité de l’OMS dans la Région du Pacifique occidental, 1er juillet 2017 – 30 juin 2018 57 A pp ui te ch ni qu e da ns le P ac ifi qu e2. Changements climatiques et santé dans le Pacifique Le Pacifique est l’une des régions du monde les plus vulnérables face aux changements climatiques. À leur douzième réunion, les ministres de la santé des pays océaniens se sont félicités de l’initiative du Directeur général de l’OMS sur les changements cli- matiques et la santé en faveur des PEID. Ils ont appelé à une intensification massive des efforts pour atténuer les conséquences des changements climatiques sur la santé, en inscrivant en permanence le climat et la santé à l’ordre du jour de leurs prochaines réunions. L’initiative en faveur des PEID, lancée en 2017, prévoit que, d’ici à 2030, tous les sys- tèmes de santé des petits États insulaires en développement seront résilients face à la variabilité et aux changements du climat. Elle préconise le renforcement de l’appui financier international à l’action menée à cet égard. L’OMS a convoqué en mars 2018 une réunion visant à élaborer le Plan d’action du Pacifique pour la mise en œuvre de l’initiative en faveur des PEID. Le Ministre de la santé et des services médicaux des Fidji et le Ministre de la santé des Îles Cook ont coprésidé la réunion, à laquelle a également assisté la Sous-Directrice générale chargée du Groupe Climat et autres déterminants de la santé. Le projet de l’OMS et du Fonds pour l’envi- ronnement mondial sur la résilience des systèmes de santé dans les pays les moins avancés du Pacifique marque un jalon impor- tant dans les activités programmatiques de l’OMS consacrées aux changements clima- tiques et à la santé. Le projet vise à rendre les systèmes de santé plus résilients face aux changements climatiques grâce au ren- forcement de la gouvernance et des lignes d’action, à des systèmes d’alerte précoce et d’information sanitaire, et à des services de santé préventifs et curatifs. Les enfants attrapent des crabes à marée basse dans les Îles Marshall. Les changements climatiques fragilisent le lien étroit entre les écosystèmes et les habitants du Pacifique. 58 Rapport du Directeur régional 3. Des écoles-santé aux Fidji Avec le concours financier de l’Agence coréen ne de coopération internationale, l’OMS collabore avec les Fidji par l’entre- mise du Ministère de la santé et des services médicaux et du Ministère de l’éducation, du patrimoine et des arts en vue d’étendre et de renforcer le programme de promotion de la santé dans les écoles. Depuis son lancement fin 2016, le projet échelonné sur trois ans a intégré 204 nou- velles écoles. Sous la direction du Comité national de pilotage, présidé par le Ministère de l’éducation, du patrimoine et des arts, le programme de promotion de la santé dans les écoles est axé sur trois domaines prio- ritaires au regard des problèmes recensés parmi les enfants d’âge scolaire aux Fidji : 1) eau, assainissement et hygiène ; 2) alimen- tation et activité physique ; 3) santé mentale et bien-être. Un groupe de travail technique, composé de représentants des principaux ministères concernés et d’organisations de la société civile, a été constitué pour chaque domaine d’action afin de donner des orienta- tions sur les approches à privilégier. Dans la première phase du projet, 89 écoles de Suva, Lautoka et Nausori ont participé au programme. Elles ont toutes fait l’objet d’une évaluation de référence du milieu scolaire et créé leur propre comité directeur chargé de promouvoir la santé à l’école. Au total, 6 500 élèves ont répondu au questionnaire à l’aide de tablettes numériques. La taille, le poids et le taux d’hémoglobine de chaque élève ont été mesurés. Des échantillons de selles ont également été recueillis auprès des élèves de primaire pour y rechercher la présence éventuelle de géohelminthiases. Un résumé des évaluations de référence a été communiqué à chaque établissement afin de planifier les interventions nécessaires. La seconde phase, qui a débuté en mars 2018, a permis d’étendre le programme à 115 écoles supplémentaires dans les autres districts des Fidji. Ces établissements font actuellement l’objet d’évaluations de réfé- rence et entameront la planification des interventions fin 2018. Un responsable du recueil des données prépare des tablettes pour les élèves dans le cadre d’une enquête sur la promotion de la santé dans les écoles à Suva (Fidji). Activité de l’OMS dans la Région du Pacifique occidental, 1er juillet 2017 – 30 juin 2018 59 A pp ui te ch ni qu e da ns le P ac ifi qu e4. Faire face aux situations d’urgence, y compris les flambées et les catastrophes Les épidémies de maladies infectieuses demeurent source de morbidité et de mor- talité dans les pays insulaires du Pacifique. Entre juillet 2017 et février 2018, la Division Appui technique dans le Pacifique a prêté son concours à l’action menée en réponse à 15 des 23 flambées signalées dans le Pacifique, dont un tiers était dû à la dengue. La résurgence du sérotype 2 de la dengue aux Îles Salomon en 2016 au bout de 20 ans a provoqué une importante flambée de plus de 12 000 cas cliniques. La même maladie a ensuite refait surface au Vanuatu et à Samoa. Les quatre sérotypes de la dengue circulent de manière concomitante dans le Pacifique. L’OMS a apporté ses compétences tech- niques dans les domaines suivants : gestion de l’information et épidémiologie, tests de laboratoire, lutte contre les infections, com- munication sur les risques, prise en charge des cas cliniques, utilisation et achat de vaccins, et gestion intégrée des vecteurs. Pour ce qui concerne cinq des flambées susmentionnées – dont une d’hépatite A, une autre de méningococcie invasive et une troisième due à une souche multirésistante de la bactérie Acinetobacter baumannii, les pays ont demandé le déploiement de person- nels de l’OMS, l’intervention de partenaires du Réseau mondial d’alerte et d’action en cas d’épidémie (GOARN) et de consultants, ainsi que l’achat de fournitures pour les labo- ratoires et la lutte antivectorielle. Chaque année, le Pacifique est frappé par des catastrophes naturelles. La fréquence et la gravité des phénomènes météorologiques extrêmes devraient s’accentuer sous l’effet de la variabilité et des changements clima- tiques. Depuis 2015, les cyclones tropicaux, les inondations, les glissements de terrain et les éruptions volcaniques ont infligé des pertes socioéconomiques considérables aux pays insulaires du Pacifique. La mise en œuvre du Programme OMS de gestion des situations d’urgence sani- taire dans le Pacifique a été renforcée par le recrutement d’un coordonnateur du groupe de responsabilité sectorielle Santé en 2017 ; un appui a notamment été apporté après la catastrophe maritime survenue à Kiribati (2018), le passage du cyclone tropical Gita aux Tonga (2018) et le séisme qui a frappé les hauts-plateaux de Papouasie-Nouvelle- Guinée (2018). Un membre du personnel de l’OMS enquête sur les dégâts causés par le cyclone tropical Gita aux Tonga. Rapport du Directeur régional 60 Souriez tout le monde ! Des représentants des États Membres, des membres du Secrétariat de l’OMS et d’autres participants se rassemblent pour une photo à la session d’octobre 2017 du Comité régional du Pacifique occidental à Brisbane (Australie). 61Activité de l’OMS dans la Région du Pacifique occidental, 1er juillet 2017 – 30 juin 2018 Encadrement, coordination et appui Introduction 1. Promouvoir un état d’esprit privilégiant l’échange d’information et le travail d’équipe 2. Communication 3. Responsabilisation et gestion des risques dans la Région du Pacifique occidental 4. Mettre à l’honneur la diversité des États Membres 5. Les Services de rédaction se mettent au vert 62 Rapport du Directeur régional Introduction Le Bureau du Directeur régional, la Division Gestion des programmes et la Division Admi- nistration et Finances œuvrent en étroite concertation pour appuyer les activités de l’OMS dans la Région du Pacifique occidental en coordonnant les programmes techniques, l’appui aux pays, les relations avec les parte- naires et les donateurs, l’appui administratif et financier, et la communication. Les activités sont guidées par l’ambition du Directeur régional de veiller à ce que les pays soient toujours au premier rang des priorités de l’Organisation. Au cours de l’année écoulée, l’équipe de direction a piloté des initiatives visant à renforcer la communication, à promouvoir l’importance du travail d’équipe et la collaboration parmi le personnel de la Région, à encourager la responsabilisation et la transparence, et à accroître la diversité parmi les effectifs de l’OMS dans la Région. Bureau du Directeur régional Le Bureau du Directeur régional appuie directement l’action menée par son directeur en tant que chef de file de l’activité de l’OMS dans la Région du Pacifique occidental et membre de l’équipe de direction mondiale de l’OMS. Il encadre et coordonne également les activités de communication, les relations extérieures et les partenariats, ainsi que les produits et services d’information, et soutient les travaux des organes directeurs de l’OMS. Le Directeur régional ouvre la session d’octobre 2017 du Comité régional OMS du Pacifique occidental à Brisbane (Australie). Activité de l’OMS dans la Région du Pacifique occidental, 1er juillet 2017 – 30 juin 2018 63 En ca dr em en t, c oo rd in at io n et a pp ui L’unité Communication du Bureau du Directeur régional collabore étroitement avec les 15 bureaux de pays de la Région, les divisions techniques et le Siège de l’OMS pour fournir en temps utile des informations et des conseils précis, crédibles, compréhensibles, pertinents et applicables en matière de santé aux décideurs, aux partenaires et au public. Cette année, le Bureau a dirigé une initiative visant à renforcer les activités de communication de l’OMS dans la Région. Une communication solide repose sur des publications, des produits d’information et des services de traduction de qualité. L’équipe chargée des produits et des services d’information, qui comprend la bibliothèque, l’unité des publications et l’équipe de traduction, seconde le personnel de l’OMS et les États Membres dans la création, la traduction, la diffusion et la recherche d’information sur la santé. L’unité Relations extérieures s’assure du maintien des bonnes relations avec les 42 donateurs qui appuient directement l’activité de l’OMS dans la Région. Elle veille également à la transparence et à la responsabilisation dans l’utilisation des fonds des donateurs au moyen de systèmes rigoureux de gestion des subventions et d’une coordination soutenue avec les unités techniques et les bureaux de pays, de manière à présenter, en temps voulu, des rapports de qualité aux donateurs. En outre, elle coordonne, à l’échelle de la Région, la mise en œuvre du Cadre de collaboration avec les acteurs non étatiques adopté par l’Assemblée mondiale de la Santé en 2016. Division Gestion des programmes La Division Gestion des programmes coor- donne la coopération technique avec les États Membres moyennant l’élaboration et l’exécution des programmes, l’appui aux pays et les services de rédaction. Elle s’ap- puie sur une gestion axée sur les résultats et des approches transversales pour garantir des résultats à l’échelle des pays. Elle dirige la planification stratégique et opérationnelle, ainsi que l’allocation des ressources en fonc- tion des priorités définies par les organes directeurs de l’OMS (Assemblée mondiale de la Santé, Conseil exécutif et Comité régional du Pacifique occidental). Ses travaux sont guidés par le Comité du Programme et les stratégies de coopération avec les pays. La Division est également responsable de la coordination générale des réunions des organes directeurs, y compris les sessions annuelles du Comité régional. L’unité Élaboration des programmes et suivi des opérations coordonne l’exécution du budget programme dans l’ensemble de la Région. Au cours de l’année écoulée, l’unité a appuyé la clôture du budget programme 2016–2017, avec un taux d’exécution par rapport aux ressources disponibles de 99 %, soit l’un des plus élevés de l’ensemble des Régions de l’OMS. Cela s’est fait en parte- nariat avec le réseau des spécialistes de la gestion des programmes, coordonné par l’unité. Ensemble, ils ont planifié et mis en œuvre le budget programme 2018–2019 et préparé la transition vers le treizième programme général de travail, et joueront un rôle décisif dans l’exécution dudit pro- gramme à l’échelle de la Région. L’unité coordonne et organise aussi les réunions régionales, dont plus de 75 ont été tenues au cours de l’année écoulée, avec la partici- pation de représentants des États Membres, de partenaires et de plus de 300 experts. L’unité coordonne également l’élaboration, l’application, le suivi et l’examen des straté- gies de coopération de l’OMS avec les pays, lesquelles sont élaborées conjointement avec les États Membres pour orienter l’acti- vité de l’OMS au niveau national. À l’échelle de la Région, l’unité Appui aux pays aide à conduire la réforme de l’OMS, sert de point focal pour la transformation de l’Organisation, et met en œuvre les politiques Le Directeur régional aborde les préoccupations des États Membres à la session d’octobre 2017 du Comité régional du Pacifique occidental à Brisbane (Australie). 64 Rapport du Directeur régional d’évaluation. L’unité coordonne aussi les acti- vités de l’OMS avec d’autres organismes des Nations Unies et des initiatives mondiales de santé. L’unité Services de rédaction garantit la qualité des documents officiels et des pro- duits d’information de l’OMS en dispensant des conseils et un appui rédactionnels à l’ensemble de l’Organisation. Elle coordonne le traitement de l’ensemble des documents établis par les divisions de la Région à l’in- tention du Comité régional, et répond aux besoins en communication du Directeur régional. De manière générale, l’unité appuie le contrôle de la qualité de l’ensemble des publications et des produits de communica- tion du Bureau régional. Division Administration et Finances La Division Administration et Finances est composée de trois unités : Budget et finances, Gestion des ressources humaines, et Tech- nologies de l’information et administration. Elle assure également l’exercice des respon- sabilités et la transparence des fonds moyen- nant une surveillance et une présentation des résultats rigoureuses. Les procédures efficaces de recrutement et de fidélisation de ressources humaines qualifiées, ainsi que l’appui apporté pour responsabiliser le per- sonnel et lui en donner les moyens, aident l’OMS à obtenir des résultats substantiels dans la Région du Pacifique occidental. L’unité Budget et finances de la Division renforce le contrôle financier interne à des fins de conformité et d’assurance qualité au moyen de conseils, de politiques et de procé- dures d’établissement de rapports. Des activités de coopération financière directe ont été menées dans l’ensemble des États Membres de la Région et fait l’objet de rapports soumis en temps voulu, avec l’appui financier de l’Organisation, sans laquelle il aurait fallu recourir aux deniers publics. Ces paiements aident les gouvernements à amé- liorer leur capacité de développement sani- taire, tout en renforçant l’impact de l’appui technique de l’OMS. En matière de coopé- ration financière directe, la Région ne pré- sente aucun arriéré depuis septembre 2015 et, pour garantir des résultats, des contrôles d’assurance qualité ont été effectués dans chacun des bureaux de pays. L’unité Gestion des ressources humaines recrute des experts de rang international et assure leur rapide entrée en fonction. Elle veille à la parité des sexes et à la représen- tation géographique pour garantir équilibre et diversité parmi le personnel de la Région. En 2017, la Région a procédé à l’évalua- tion de tous ses effectifs dans le cadre du Système de gestion et de développement des services du personnel. Le Bureau régional du Pacifique occidental est le seul grand bureau de l’OMS à s’acquitter pleinement et dans les délais de ses obligations. Au cours de l’année écoulée, le Groupe chargé des technologies de l’information a axé ses activités sur la gestion des risques et le renforcement de la conformité. Il s’est employé à améliorer la redondance de l’infras- tructure et la qualité des réseaux, et à offrir des solutions d’ordre administratif et tech- nique en technologies de l’information afin d’atteindre les objectifs visés. L’élaboration d’un outil de gestion globale des risques, le perfectionnement du portail d’analyse régio- nal et la conception de systèmes de gestion du programme de bourses figurent parmi les principales réalisations. L’équipe a également continué d’apporter un appui technologique non négligeable dans le déploiement du Pro- gramme de renforcement des dispensaires de Pohnpei. Durant l’année écoulée, l’unité Services administratifs a dressé un bilan complet des services assurés par les partenaires extérieurs, conduisant à des gains d’effica- cité et à une réduction des coûts. Elle a éga- lement continué de garantir la sécurité et un environnement de travail optimal moyennant des améliorations dans les locaux du Bureau régional. En outre, la Division a aidé à déménager des bureaux en Malaisie afin de fonctionner plus efficacement et de satisfaire aux normes minimales de sécurité opérationnelle des Nations Unies. S’occupant de tout, de la traduction simultanée aux réservations d’hôtel, une équipe de l’OMS travaille en coulisse avec le gouvernement hôte pour assurer le bon déroulement de la session du Comité régional. Activité de l’OMS dans la Région du Pacifique occidental, 1er juillet 2017 – 30 juin 2018 65 En ca dr em en t, c oo rd in at io n et a pp ui 1. Promouvoir un état d’esprit privilégiant l’échange d’information et le travail d’équipe En vue de renforcer l’appui aux pays, des fonctionnaires de l’OMS de toute la Région ont eu l’occasion de s’entretenir à six reprises sur les grandes questions transversales, dans le cadre des réunions des coordonnateurs techniques. Lancée par le Directeur régional en 2014, cette réunion se tient tous les deux mois au Bureau régional avec la participation par visio- conférence des bureaux de pays. Elle favorise une communication ouverte, permet de faire le point sur les grandes manifestations régio- nales et sert de cadre à des échanges sur des thèmes d’intérêt commun. Cette année, ces réunions ont porté sur des thèmes divers, allant de sujets techniques tels que la triple élimination de la transmis- sion mère-enfant du VIH, de l’hépatite et de la syphilis à des difficultés opérationnelles et à des questions de responsabilisation. La réunion de janvier a notamment donné lieu à un exercice de simulation de catas- trophe basé sur le passage aux Philippines d’un typhon fictif de catégorie 5 baptisé Tawhiri. Les participants ont ainsi pu se fami- liariser avec le Cadre d’action d’urgence de la Région du Pacifique occidental, et ont en outre appris de première main ce qui se pro- duirait lors d’une catastrophe. Cet exercice leur a également montré qu’ils avaient tous un rôle à jouer, initiative fort utile pour prépa- rer ceux des membres du personnel qui ne sont pas exposés à des situations d’urgence sanitaire. À une autre de ces réunions, le personnel a débattu de la façon dont le Bureau régional pourrait améliorer l’efficacité des réunions régionales. Il a formulé des recommanda- tions tendant à optimiser les réunions et l’influence que celles-ci peuvent avoir sur les participants, notamment en améliorant les mécanismes de planification moyennant un examen collégial plus rigoureux et la tenue de consultations par visioconférence, le cas échéant. Les réunions des coordonnateurs tech- niques sont l’occasion pour le personnel de s’entretenir avec le Directeur régional sur ses orientations stratégiques pour la Région. Les membres du personnel ont ainsi noué des liens unitaires plus forts, développant le sens d’appartenance dans l’ensemble de la Région. En harmonie avec le concept de ville-santé, le personnel du bureau de l’OMS au Lao fait du vélo dans la capitale, Vientiane. 66 Rapport du Directeur régional 2. Communication Une communication stratégique, efficace et bien coordonnée est essentielle pour que l’OMS aide les États Membres et d’autres partenaires à bâtir un avenir meilleur et plus sain pour tous les habitants de la Région du Pacifique occidental. Le Directeur régional a fait de la commu- nication stratégique l’une des grandes prio- rités de l’action de l’OMS dans la Région. La communication revêt une importance parti- culière à l’ère des objectifs de développement durable (ODD), où le contexte du développe- ment de plus en plus complexe et surpeuplé exige de l’OMS qu’elle communique active- ment et stratégiquement afin qu’elle puisse accomplir le travail que les États Membres attendent d’elle. À l’échelle des pays, une solide communication et des activités de sensibilisation importent plus que jamais, afin d’informer le public et de contribuer à façonner la politique sanitaire. En vue de renforcer les activités de commu- nication de l’OMS dans la Région, le Bureau du Directeur régional a dirigé un examen de la communication menée entre 2017 et 2018, notamment une enquête régionale auprès des parties prenantes, comprenant des entretiens approfondis, un questionnaire en ligne à l’intention du personnel de l’OMS, des entrevues avec des représentants de cinq États Membres de la Région, ainsi que des rencontres avec des parties prenantes du secteur des médias. À l’issue de l’enquête, un nouveau Cadre de communication stratégique de l’OMS dans la Région du Pacifique occidental a été élaboré et achevé en juillet 2017. Celui-ci sous-tend la stratégie de communication de l’OMS dans la Région. Il montre combien il importe de ren- forcer l’appui aux bureaux de pays en matière de communication, et de mettre l’accent sur la communication institutionnelle, les rela- tions avec les médias, la présence de l’Orga- nisation sur les réseaux sociaux et autres plate formes numériques, et la communica- tion stratégique des programmes. Le cadre vise à utiliser la communication pour obtenir de bons résultats en matière de santé, moyennant par exemple des cam- pagnes d’information sur la santé et des acti- vités de sensibilisation. Nous sommes mieux à même d’expliquer ce que fait l’OMS dans la Région. Une refonte du site Web du Bureau régional est également en cours. Cette nouvelle approche porte déjà ses fruits. Le Bureau régional du Pacifique occi- dental a enregistré le plus grand nombre d’adeptes sur Facebook en comparaison avec les autres bureaux régionaux, a aug- menté sa communication sur Twitter de 500 % au cours de l’année écoulée, et a aidé bon nombre de pays à se mobiliser davan- tage via les médias sociaux. Le réseau des communicateurs de l’OMS dans l’ensemble de la Région est plus énergique que jamais, et les bureaux de pays recourent de plus en plus à la communication dans le cadre de la promotion et de la programmation. Les responsables de la communication de l’OMS s’entraînent pour une conférence de presse. Une bonne communication permet à l’OMS d’informer les décideurs, les partenaires et les populations sur la santé publique. Activité de l’OMS dans la Région du Pacifique occidental, 1er juillet 2017 – 30 juin 2018 67 En ca dr em en t, c oo rd in at io n et a pp ui 3. Responsabilisation et gestion des risques dans la Région du Pacifique occidental Chaque membre du personnel de l’OMS dans la Région du Pacifique occidental contribue à l’utilisation efficace des ressources de manière éthique et transparente en vue d’atteindre les buts et objectifs de l’Orga- nisation. Sous la houlette du Directeur régional, le Bureau régional a élaboré le Cadre de res- ponsabilisation pour la Région du Pacifique occidental. Celui-ci joue un rôle de cataly- seur en définissant l’architecture globale de responsabilisation et en expliquant en quoi celle-ci consiste à l’échelle régionale. Il définit les rôles et les responsabilités des membres du personnel de l’OMS et montre combien ceux-ci font partie intégrante de la mission et des objectifs de l’Organisation. La gestion des risques constitue un volet essentiel et indissociable du Cadre et va de pair avec la responsabilisation. La Région joue un rôle de premier plan au niveau mondial dans la promotion de la res- ponsabilisation en suscitant un changement culturel et déontologique dans l’Organisation, de sorte que la responsabilité des risques liés à la recherche de résultats soit acceptée et assumée. Elle s’emploie à promouvoir une culture qui encourage le dialogue sur le risque et une réaction au risque qui soit efficace sur le plan tant stratégique qu’opérationnel. Un mécanisme précis et systématique de gestion des risques a été intégré aux activi- tés de planification du budget programme au cours de l’année écoulée. Il demeurera un élément important du cycle de planifica- tion, y compris le suivi et l’évaluation. Il éclaire la prise de décision et ancre la gestion des risques dans tous les procédés institution- nels et dans la culture d’entreprise à l’échelle de la Région tout entière. Un membre du personnel de l’OMS montre comment se servir d’un “Tippy Tap”, un dispositif simple pour le lavage des mains à l’eau. Le personnel de l’OMS tire le meilleur parti possible des ressources afin d’avoir un réel impact sur ceux que nous servons. 68 Rapport du Directeur régional 4. Mettre à l’honneur la diversité des États Membres En réponse aux demandes des États Membres, l’unité Gestion des ressources humaines et la Division Gestion des pro- grammes œuvrent de concert pour soutenir l’initiative GoWHO, qui vise à remédier au pro- blème de la sous-représentation des États Membres dans les effectifs de l’OMS. La politique de l’Organisation en matière de ressources humaines met en avant l’inté- rêt de recruter du personnel sur une base géographique aussi large que possible. Il n’en reste pas moins que 32 % des États Membres demeurent non-représentés ou sous-représentés parmi les fonctionnaires de la catégorie professionnelle recrutés sur le plan international. À l’aide d’une série d’ateliers et d’activités d’apprentissage, l’initiative GoWHO appuie ces États Membres en s’efforçant de mieux faire connaître l’OMS, en encourageant les jeunes à exercer une profession dans le domaine de la santé publique et en attirant des candidats prometteurs. Elle propose également des conseils sur la façon de se préparer à rejoindre l’OMS. Ces 12 derniers mois, des ateliers se sont tenus en Chine, aux Fidji et au Japon, avec 300 participants en direct. Trois sessions parallèles ont été reliées à l’atelier de Tokyo (Japon) par visioconférence, et 16 000 per- sonnes ont assisté à une diffusion en direct en Chine. Les participants ont bénéficié d’une pré- sentation sur l’OMS suivie de conseils sur la manière d’améliorer leur curriculum vitae et d’optimiser leurs résultats aux épreuves écrites des tests de recrutement. Ils ont pu s’exercer à la pratique d’entretiens axés sur les compétences et recevoir des commen- taires de leurs pairs et de fonctionnaires de l’OMS. « Je vous remercie beaucoup d’avoir orga- nisé cet atelier » a écrit l’un des participants. « Il m’a aidé à comprendre la procédure globale de recrutement de l’OMS et ce qui est attendu des candidats. J’y ai, en outre, trouvé une foule de conseils pratiques .» Photo de groupe du personnel du Bureau de l’OMS au Cambodge. Activité de l’OMS dans la Région du Pacifique occidental, 1er juillet 2017 – 30 juin 2018 69 En ca dr em en t, c oo rd in at io n et a pp ui 5. Les Services de rédaction se mettent au vert Des centaines d’heures supplémentaires, des tonnes de papier et des milliers de litres de carburant fossile étaient nécessaires pour envoyer les documents des organes direc- teurs aux représentants des États Membres. C’était jusqu’à ce que les services de rédac- tion adoptent une approche « 100 % verte » pour la documentation relative au Comité régional du Pacifique occidental. Les États Membres reçoivent désormais les documents de travail dans un format PDF (« Portable Document Format ») amélioré. Cette initiative permet aux unités techniques de consacrer plus de temps à l’amélioration du contenu, à l’intégration de liens vers des documents de référence et des décisions antérieures des organes directeurs pour la mise en contexte. Grâce à cette fonctionna- lité, les États Membres peuvent cliquer sur des hyperliens, plutôt que d’avoir à recher- cher des documents d’information. Les États Membres reçoivent ainsi les documents des organes directeurs plus tôt, dans un format plus facile à diffuser pour la traduction, par exemple, et dont on peut véri- fier la réception plus aisément. Il n’est donc guère surprenant que le nouveau système de documentation, commode et fonctionnel, soit largement plébiscité par les représentants des États Membres, sans parler des kilos de papier qu’ils n’ont plus à transporter. L’unité Services de rédaction continuera à imprimer une petite quantité de copies papier – documents de travail et journal quo- tidien – à l’intention des représentants parti- cipant aux sessions du Comité régional. Tous les documents sont également accessibles sur le site Web du Bureau régional de l’OMS. Améliorant l’accès et la commodité, le nouveau système de documentation a éga- lement sensiblement réduit l’empreinte carbone de la Division Gestion des pro- grammes, ainsi que les frais d’expédition et les dépenses liées aux heures supplémen- taires. Au total, les frais de production et d’envoi des documents ont diminué de plus de 35 000 dollars des États-Unis en 2017 par rapport à ceux des sessions précédentes du Comité régional. Pour mener à bien cette initiative, le per- sonnel des Services de rédaction a appris à maîtriser les techniques de conversion nécessaires de manière à pouvoir apporter des améliorations aux documents de l’OMS et à en accroître la sécurité et la portabilité. Pour la soixante-neuvième session du Comité régional, les Services de rédaction s’efforceront d’améliorer plus encore la sécu- rité et la fonctionnalité des documents, tout en mettant à jour les coordonnées des repré- sentants des États Membres et en améliorant la commodité pour les participants. L’OMS cherche des moyens de réduire son empreinte carbone dans la Région. Les politiques vertes prévoient plus de lieux de loisirs écologiques, comme les montagnes de Benguet aux Philippines où jouent ces enfants.
rapport du directeur régional Activité de l’OMS dans la Région du Pacifique occidental 1er juillet 2017 – 30 juin 2018 rapport du directeur régional Activité de l’OMS dans la Région du Pacifique occidental 1er juillet 2017–30 juin 2018 W PR /R C6 9/ 2 1er ju ill et 20 16 –3 0 ju in 20 17 ra pp or t d u di re ct eu r r ég io na l