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Sécurité et santé au travail durant les crises sanitaires : un manuel pour la protection des personnels de santé et des équipes d’intervention d’urgence

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Sé cu rit é et s an té a u tr av ai l d ur an t l es c ris es s an ita ire s X Sécurité et santé au travail durant les crises sanitaires Un manuel pour la protection des personnels de santé et des équipes d’intervention d’urgence OI T | O M S Bureau international du Travail • Genève Organisation mondiale de la Santé • Genève Sécurité et santé au travail durant les crises sanitaires Un manuel pour la protection des personnels de santé et des équipes d’intervention d’urgence Cette publication a été réalisée par l’Unité de gestion de la production des publications (PRODOC) du BIT. Création graphique, conception typographique, mise en pages, lecture et correction d’épreuves, impression, édition électronique et distribution. PRODOC veille à utiliser du papier provenant de forêts gérées d’une façon qui est respectueuse de l’environnement et socialement responsable. Code: DTP-WEI-CORREDIT-ICA Copyright © Organisation internationale du Travail et Organisation mondiale de la Santé 2020 Première édition 2020 Cet ouvrage est publié en libre accès sous la licence Creative Commons Attribution-Pas d’Utilisation Commerciale-Partage 3.0 IGO License (http://creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/3.0/igo/deed.fr). Les utilisateurs sont autorisés à réutiliser, partager ou adapter la publication originale, ou à s’en servir pour créer un nouveau produit, à des fins non commerciales, conformément aux termes de ladite licence. Tout nouveau produit créé à partir de l’original doit être diffusé sous la même licence CC-BY-NC-SA. Il doit être clairement indiqué que l’OIT et l’OMS sont propriétaires de l’ouvrage original. Les utilisateurs ne sont pas autorisés à reproduire le logo de l’OIT, du BIT ou de l’OMS dans le cadre de leurs travaux. Citations – Cet ouvrage doit être cité comme suit: Sécurité et santé au travail durant les crises sanitaires: un manuel pour la protection des personnels de santé et des équipes d’intervention d’urgence, Genève, Bureau international du Travail et Organisation mondiale de la Santé, 2020. Licence: CC BY-NC-SA 3.0 IGO. Traductions – Si cet ouvrage fait l’objet d’une traduction, il faudra y faire figurer, outre la mention de la source de l’ouvrage original, la clause de non-responsabilité suivante: Cette traduction n’a été réalisée ni par le BIT ni par l’OMS et ne doit pas être considérée comme une traduction officielle de ces derniers. Le BIT et l’OMS déclinent toute responsabilité quant au contenu ou à l’exactitude de cette traduction. Adaptations – Si cet ouvrage fait l’objet d’une adaptation, il faudra y faire figurer, outre la mention de la source de l’ouvrage original, la clause de non-responsabilité suivante: Cet ouvrage est une adaptation d’une publication originale du BIT et l’OMS. Les idées et opinions exprimées dans cette adaptation n’engagent que son auteur ou ses auteurs et en aucun cas le BIT ou l’OMS. Toute question concernant les droits et licences devra être envoyée par courrier postal: Publications du BIT (Droits et licences), CH-1211 Genève 22, Suisse, ou par courriel: rights@ilo.org. ISBN BIT: 978-92-2-030797-7 (pdf Web) ISBN OMS: 978-92-4-000546-4 (pdf Web) ISBN OMS: 978-92-4-000547-1 (imprimé) Également disponible en anglais: Occupational safety and health in public health emergencies: A manual for protecting health workers and responders, ISBN BIT 978-92-2-030795-3 (pdf Web), ISBN OMS 978-92-4-000543-3 (pdf Web), Genève, 2018 et 2020; et en espagnol: Seguridad y salud de los trabajadores en las crisis sanitarias: Manual sobre la protección del personal sanitario y de los equipos de emergencia, ISBN BIT 978-92-2-032050-1 (pdf Web), ISBN OMS 978-92-4-000544-0 (pdf Web), Genève, 2020. Les désignations utilisées dans les publications du BIT et de l’OMS, qui sont conformes à la pratique de l’Organisation des Nations Unies, et la présentation des données qui y figurent n’impliquent de la part du BIT ou de l’OMS aucune prise de position quant au statut juridique de tel ou tel pays, zone ou territoire, ou de ses autorités, ni quant au tracé de ses frontières. Les articles, études et autres textes signés n’engagent que leurs auteurs, et leur publication ne signifie pas que le BIT ou l’OMS souscrivent aux opinions qui y sont exprimées. La mention ou la non-mention de telle ou telle entreprise ou de tel ou tel produit ou procédé commercial n’implique de la part du BIT ou de l’OMS aucune appréciation favorable ou défavorable. Pour toute information sur les publications et les produits numériques du BIT et l’OMS, consultez nos sites Web: www.ilo.org/publns et www.who.int/publications respectivement. 3Un manuel pour la protection des personnels de santé et des équipes d’intervention d’urgenceTable des matières Remerciements 6 Abréviations 7 Introduction 9 Objectif du manuel 11 01 Sécurité et santé au travail durant les situations d’urgence: aspects managériaux 1.1 Approche systémique de la gestion des dangers et des risques de sécurité et de santé au travail 14 1.2 Droits, devoirs et responsabilités des employeurs et des travailleurs durant les crises sanitaires et autres situations d’urgence 17 1.3 Vue d’ensemble du système de contrôle et de surveillance de la sécurité et de la santé mis en œuvre pendant la riposte à la maladie à virus Ebola en Afrique occidentale 21 1.4 Contrôle et surveillance de la santé des équipes d’intervention d’urgence 25 02 Stratégies et outils pour la protection de la sécurité et de la santé au travail en cas de crise sanitaire et autres situations d’urgence 2.1 Règlement sanitaire international, 2005 30 2.2 Système de commandement des interventions pour la gestion des crises sanitaires et des situations d’urgence 31 2.3 Programme de gestion des crises sanitaires de l’Organisation mondiale de la Santé 36 2.4 Contrôles de sécurité et de santé au travail 38 2.5 Stratégies pour la prévention et le contrôle des infections 40 2.5.1 Précautions standard 40 2.5.2 Prévention des infections respiratoires en milieu hospitalier 52 03 Risques habituels pour la sécurité et la santé lors de situations d’urgence 3.1 Maladies à transmission vectorielle 56 3.2 Maladies transmises par l’eau et la nourriture 57 3.3 Maladies évitables par la vaccination 59 3.4 Exposition aux températures extrêmes 59 3.5 Glissades, trébuchements et chutes 61 3.6 Accidents de la route 63 3.7 Dangers liés à l’activité physique 64 3.8 Violence 65 3.9 Fatigue 67 3.10 Stress durant les crises sanitaires et les situations d’urgence 70 Table des matières Sécurité et santé au travail durant les crises sanitaires Table des matières4 04 Sécurité et santé au travail lors d’épidémies de maladies transmissibles: paramètres cliniques et communautaires 4.1 Sécurité et santé au travail dans les unités de soins et de traitement d’Ebola 80 4.2 Sécurité et santé au travail dans les unités de traitement du choléra 81 4.3 Gestion de la sécurité et de la santé dans les laboratoires manipulant des agents infectieux 82 4.4 Gestion de l’exposition au sang, aux fluides corporels et autres contaminants en milieu médical 83 4.5 Protection de la sécurité et de la santé au travail du personnel de santé contre les maladies respiratoires aiguës pendant les épidémies de maladies respiratoires 86 4.6 Sécurité et santé au travail durant l’intervention en cas d’épidémies en milieu communautaire 88 4.6.1 Travail communautaire (par exemple mobilisation sociale, recherche de contacts, dépistage de cas) 88 4.6.2 Ambulances et véhicules pour les patients et les cadavres 89 4.6.3 Examens post mortem 90 4.6.4 Pratiques d’inhumation sûres et dignes 90 4.6.5 Points d’entrée et de sortie, postes-frontières, aéroports et ports maritimes 92 4.6.6 Avions 93 4.6.7 Bateaux 95 4.6.8 Taxis et transports publics 97 4.6.9 Personnels des réseaux d’assainissement 98 4.6.10 Pulvérisation d’insecticides pour des activités de lutte antivectorielle 99 05 Sécurité et santé au travail lors d’accidents chimiques 5.1 Urgences causées par les accidents chimiques 104 5.2 Dangers et risques des produits chimiques pour la sécurité et la santé au travail 105 5.3 Gestion de la sécurité et de la santé au travail des membres des services d’intervention d’urgence lors d’accidents chimiques 107 5.3.1 Système de commandement des interventions pour la gestion des urgences chimiques 107 5.3.2 Équipement de protection individuelle 110 5.3.3 Décontamination du personnel d’intervention d’urgence 112 5.3.4 Surveillance médicale des équipes d’intervention d’urgence 115 5Un manuel pour la protection des personnels de santé et des équipes d’intervention d’urgenceTable des matières 06 Sécurité et santé au travail lors d’accidents radiologiques 6.1 Sources et scénarios des accidents radiologiques 118 6.2 Gestion de la sécurité et de la santé au travail des travailleurs en cas d’urgences radiologiques 119 6.2.1 Recommandations pour la protection des membres des services d’intervention en cas de situation d’urgence radiologiques 122 6.2.2 Système de commandement des interventions pour la gestion des situations d’urgence radiologique 124 6.2.3 Équipement de protection individuelle 126 6.2.4 Décontamination 127 6.2.5 Surveillance de la santé au travail des personnes exposées professionnellement aux rayonnements dans les situations d’urgence 127 07 Risques liés à la sécurité et à la santé au travail lors de catastrophes naturelles 7.1 Risques et dangers pour la sécurité et la santé au travail dus aux inondations 133 7.2 Tempêtes tropicales, ouragans, cyclones et typhons 135 7.3 Tremblements de terre 135 7.4 Risques courants pour la sécurité et la santé au travail rencontrés lors des activités d’intervention suite à des catastrophes naturelles 136 7.4.1 Opérations de l’équipe de recherche et de sauvetage 136 7.4.2 Dangers et risques associés à l’utilisation de tronçonneuses et leur contrôle 140 7.4.3 Risques liés aux piqûres et morsures d’animaux/d’insectes et au contact avec des plantes toxiques lors de travaux extérieurs 141 08 Gestion de la sécurité et la santé des professionnels de santé durant les interventions humanitaires lors de situations de conflit 8.1 Gestion de la sécurité et de la santé au travail dans les établissements de santé durant les conflits et les crises sanitaires 145 8.1.1 Mesures pour la sécurité des établissements de santé 146 8.1.2 Mesures de protection des personnes travaillant dans les établissements de santé 147 8.1.3 Gestion du stress durant les conflits 148 Références 151 Annexe. Boîte à outils 155 Sécurité et santé au travail durant les crises sanitaires Remerciements6 Remerciements Ce manuel a été élaboré par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et le Bureau interna- tional du Travail (BIT), avec la contribution de centres collaborant avec l’OMS pour la sécurité et la santé au travail de l’Université de la Colombie-Britannique (Canada), l’Université du Maryland et les Centers for Disease Control and Prevention (CDC)/National Institute for Occupational Safety and Health (NIOSH) (États-Unis). Le manuel a été produit sous la direction d’Ivan D. Ivanov, du Département Santé publique, déterminants sociaux et environnementaux de la santé de l’OMS, et Francisco Santos-O’Connor, du Service de l’administration du travail, de l’inspection du travail et de la sécurité et de la santé au travail (LABADMIN/OSH) du BIT. Shubhendu Mudgal, consultant de l’OMS pour la santé des travailleurs, a élaboré les versions préliminaires du manuscrit. Les personnes suivantes ont apporté une contribution précieuse: X Sebastian Bruno, Zhanat Carr, Kenneth Carswell, François Cognat, Rudy J. J. M. Connix, Erin Maura Kenny, Meleckidzedeck Khayesi, Kazunobu Kojima, Adrienne May Rashford et Joana Helena Tempowski de l’OMS; X Shengli Niu, Francisco Santos-O’Connor, Yuka Ujita et Christiane Wiskow du BIT; X Joanna Gaitens, Melissa McDiarmid et G. M. Oliver de l’Université du Maryland, États-Unis; X Karen Lockhart, Stephanie N. Parent et Annalee Yassi de l’Université de la Colombie- Britannique, Canada; et X Claire C. Caruso, Christopher Coffey, Lisa Delaney, Chad Dowell, Selcen Kilinc-Balci, Margaret Kitt, Leslie Nickels et Jill Shugart des CDC/NIOSH (États-Unis). La publication a été rendue possible grâce au soutien financier du Programme de prépa- ration régional de l’OMS, financé par le Département du développement international du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord, et à l’accord de coopération de l’OMS avec les CDC/NIOSH des États-Unis d’Amérique sur l’application de la résolution WHA 60.26 relative à un Plan d’action mondial pour la santé des travailleurs. Nous remercions le professeur Alexis Descatha, de l’Institut de recherche en santé, environnement et travail (Irset-Inserm UMR 1085), Université (UNIV) d’Angers, Équipe Ester – Épidémiologie en santé au travail et ergonomie, CHU d’Angers, pour sa contribution à cet ouvrage. 7Un manuel pour la protection des personnels de santé et des équipes d’intervention d’urgenceAbréviations Abréviations AIEA Agence internationale de l’énergie atomique ARI Appareil respiratoire isolant BIT Bureau international du Travail CIPR Commission internationale de protection radiologique CPI Comité permanent interorganisations EPI Équipement de protection individuelle ERHMS Emergency Responder Health Monitoring and Surveillance [contrôle et surveillance de la santé des équipes d’intervention d’urgence] ESPT État de stress post-traumatique FENU Fonds d’équipement des Nations Unies FICR Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge FNUAP Fonds des Nations Unies pour la population IATA International Air Transport Association [Association internationale du transport aérien] MERS-CoV Syndrome respiratoire du Moyen-Orient lié au coronavirus MINUAUCE Mission des Nations Unies pour l’action d’urgence contre l’Ebola MRA Maladie respiratoire aiguë MVE Maladie à virus Ebola NIOSH National Institute for Occupational Safety and Health [Institut national pour la sécurité et la santé au travail, États-Unis] OACI Organisation de l’aviation civile internationale OIT Organisation internationale du Travail OMS Organisation mondiale de la Santé ONG Organisation non gouvernementale PAM Programme alimentaire mondial PCI Prévention et contrôle des infections PNUD Programme des Nations Unies pour le développement PPE Prophylaxie postexposition RSI Règlement sanitaire international SCI Système de commandement des interventions SRAS Syndrome respiratoire aigu sévère SST Sécurité et santé au travail US-CDC United States – Centers for Disease Control and Prevention [centres pour le contrôle et la prévention des maladies] VHB Virus de l’hépatite B VHC Virus de l’hépatite C VIH Virus de l’immunodéficience humaine 9Un manuel pour la protection des personnels de santé et des équipes d’intervention d’urgenceIntroduction Introduction Dans son plan d’action d’urgence, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a défini l’urgence comme une situation qui a un impact sur la vie et le bien-être d’un grand nombre de personnes ou d’un pourcentage significatif d’une population et qui exige une assistance multisectorielle importante [1]. Pour déclencher une riposte de l’OMS, il doit y avoir des conséquences signifi- catives sur la santé publique. De plus, dans le Règlement sanitaire international (RSI), adopté par l’Assemblée mondiale de la santé en 2005, une crise sanitaire d’importance internationale est définie comme un «événement extraordinaire dont il est déterminé […] i) qu’il constitue un risque pour la santé publique dans d’autres États en raison du risque de propagation internationale de maladies; et ii) qu’il peut requérir une action internationale coordonnée» [2]. De tels événements peuvent comprendre, entre autres, les épidémies d’agents infectieux, le déversement de composés chimiques dangereux ou des fuites radioactives. Au cours des cinq dernières décennies, le monde a vécu différentes catastrophes et crises sanitaires naturelles et d’origine humaine. Ces crises sanitaires comprenaient des épidémies de maladies infectieuses dans diverses parties du monde – comme le syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), la grippe H1N1, l’épidémie de virus Ebola, le choléra, le virus Zika. Outre les agents biologiques, des crises liées à des agents nucléaires ou radiologiques (par exemple Tchernobyl, Fukushima) et des drames liés à des agents chimiques (par exemple la fuite de gaz toxique à Bhopal, le déversement de pétrole à Deepwater Horizon) ont impliqué d’autres situations d’urgence cruciales. Par ailleurs, le monde a subi un grand nombre de catastrophes naturelles, comme le tsunami dans l’océan Indien, des tremblements de terre, des inondations et des cyclones en Haïti, au Pakistan et aux Philippines [3]. Les développements environnementaux, économiques et politiques actuels et les évolutions prévisibles suggèrent une augmentation de la gravité et de la fréquence des catastrophes. Les phénomènes qui étayent cette supposition comprennent une utilisation énergétique accrue, les changements climatiques, la croissance de la population, l’extension de l’industrialisation autour du globe, l’expansion des moyens de transport et la propagation du terrorisme. Une grave sécheresse et l’insécurité alimentaire associée, les inondations, les pluies et l’augmen- tation des températures dues à El Niño en 2015-2016 ont été à l’origine de nombreuses crises sanitaires, comme des épidémies de maladies, la malnutrition et une rupture des services de santé [4]. Le risque mondial d’accidents chimiques suit la croissance globale de la production, du com- merce et de l’utilisation de produits chimiques (par exemple dans l’agriculture). C’est particu- lièrement vrai dans les pays en voie de développement et dans les économies en transition, où la production, l’extraction, le traitement et l’utilisation de produits chimiques sont étroi- tement liés au développement économique, et dont on estime que les productions vont être multipliées par six d’ici 2050 [5]. La gestion de telles crises sanitaires et situations d’urgence implique une coordination et une coopération étroites entre un grand nombre d’organisations diverses. Le personnel intervenant lors d’une situation d’urgence associé à de telles organisations se compose de groupes de professionnels tels pompiers, officiers de police, équipes médicales d’urgence (paramédicaux, techniciens médicaux d’urgence, médecins et infirmiers) et psychologues. Lors de catastrophes majeures, des secouristes, des employés d’organisations humanitaires, des équipes médicales supplémentaires, du personnel militaire, des forces antiterroristes, des agents funéraires, des agents de nettoyage, des ouvriers de la construction et de nombreux volontaires sont également impliqués. Chacune de ces catégories de professionnels a des rôles spécifiques dans la gestion de la riposte à une situation d’urgence, et leur travail les expose à différents risques sanitaires et sécuritaires. Sécurité et santé au travail durant les crises sanitaires Introduction10 De nombreux événements survenus au cours des dernières années ont entraîné un risque élevé de blessures et de maladies, voire dans certains cas des décès parmi les personnels de santé et les équipes d’intervention d’urgence. Une incidence des infections parmi les person- nels de santé a été observée pendant les épidémies du SRAS et du syndrome respiratoire du Moyen-Orient lié au coronavirus (MERS-CoV). Pendant les épidémies dues au virus Ebola en Afrique occidentale, la morbidité et la mortalité élevées parmi les personnels de santé dans les pays les plus affectés ont eu de lourdes conséquences sur le fonctionnement global des services de santé [6]. En plus de ces événements, de nombreux pays font actuellement face à des crises humani- taires et à des conflits au cours desquels de plus en plus d’attaques ciblent les structures de soins. Cela affecte non seulement la sécurité et la santé des intervenants en santé, mais limite également sérieusement la capacité des systèmes de santé à gérer les urgences humanitaires. Selon un rapport de l’OMS, de janvier 2014 à décembre 2015, on a rapporté 594 attaques sur des personnels de santé, lesquelles ont entraîné 959 décès et 1 561 blessés dans 19 pays en situation d’urgence [7]. Au vu de tous ces événements, la nécessité d’une meilleure protection de la sécurité et santé au travail (SST) pour les équipes d’intervention d’urgence est plus que jamais considérée comme une priorité majeure. 11Un manuel pour la protection des personnels de santé et des équipes d’intervention d’urgenceObjectif du manuel Objectif du manuel Ce manuel propose un aperçu des principaux risques de SST auxquels font face les équipes d’intervention pendant les crises sanitaires et autres situations d’urgence, comme les catas- trophes naturelles, les accidents chimiques, les urgences radiologiques et les urgences en cas de conflits. L’objectif est d’aider les organisations et sites d’intervention à mieux se préparer et à offrir une meilleure riposte à la crise. Ce manuel, qui se focalise en particulier sur les besoins des sites à faibles ressources, présente des directives techniques relatives aux bonnes pratiques et procédures visant à l’établissement de systèmes pour: 1) réduire les expositions, blessures, maladies et décès au travail parmi les équipes d’intervention; 2) diminuer le stress et réduire les peurs; et 3) favoriser la santé et le bien-être des personnels de santé et autres équipes d’intervention. Le manuel comporte trois parties principales. Les chapitres 1 à 3 portent sur les outils et techniques managériales et les stratégies de gestion de la SST dans les situations d’urgence. Ces outils comprennent une approche systémique de la gestion de la SST à utiliser dans les situations d’urgence, un système de commandement des interventions (SCI), des contrôles de SST et des précautions standard, et leur application dans les situations d’urgence. Les chapitres 4 à 8 ont trait aux dangers de SST dans différents types de situation d’urgence, comme les crises sanitaires entraînant la mise en place d’une riposte au niveau clinique et au niveau de la communauté, les accidents chimiques, les incidents dus aux radiations et les catastrophes naturelles, ainsi que les situations de conflit. L’annexe rassemble des outils et ressources destinés à fournir un support pratique à l’utilisateur sur différents aspects de la SST durant les crises sanitaires et autres situations d’urgence. Ce manuel est destiné aux experts et fonctionnaires des organisations de riposte aux situa- tions d’urgence, qui sont responsables de la SST des professionnels. Ces informations sont particulièrement importantes dans des pays à haut risque de situations d’urgence – comme ceux subissant une forte propagation d’agents extrêmement virulents (par exemple le choléra, la fièvre jaune, les fièvres hémorragiques virales) – ou sujets à des catastrophes naturelles et à des accidents chimiques et radiologiques. Le public cible comprend le personnel des agences et organisations responsables de la mise en œuvre du Règlement sanitaire international (RSI) au sein d’un pays, les agences gouvernementales dans les secteurs de la santé et de l’agricul- ture, les organisations internationales, les organisations non gouvernementales (ONG), les institutions humanitaires et charitables, les organisations confessionnelles, les hôpitaux et institutions de soins, les sociétés publiques et privées, les forces de sécurité, les employeurs et les syndicats professionnels. 01 Sécurité et santé au travail durant les situations d’urgence: aspects managériaux Sécurité et santé au travail durant les crises sanitaires 01. Sécurité et santé durant les situations d’urgence: aspects managériaux14 La gestion de la SST des personnels de santé en situation d’urgence exige une approche sys- tématique, qui comprend différentes tâches de gestion comme la planification, l’organisation, la mise en œuvre, le contrôle et l’évaluation des actions de manière ordonnée. Ce chapitre couvre différents aspects managériaux liés à la SST des personnels de santé lors de crises sanitaires et autres situations d’urgence. 1.1 Approche systémique de la gestion des dangers et des risques de sécurité et de santé au travail La gestion de la SST des intervenants en situation d’urgence doit être mise en œuvre sous forme d’un système de gestion de la SST compatible avec la riposte globale à la situation d’urgence – ou qui y est intégré –, notamment les étapes de préparation, de riposte et de récupération [8]. Composants déterminants du système de gestion de la SST Tous les directeurs, chefs de groupe et représentants des travailleurs dans les opérations d’urgence doivent être formés par le SCI au développement du système de gestion de la SST en cas de crises sanitaires et de situations d’urgence. Cette formation aborde (figure 1): X la politique sur le lieu du travail en matière de SST; X la structure organisationnelle et les rôles et responsabilités pour la SST au sein du SCI; X la planification des actions, notamment la mobilisation des ressources (par exemple res- sources humaines, équipement de protection individuelle (EPI), équipement de contrôle, médicaments et vaccins, procédures et directives en matière de SST); X les mécanismes de surveillance et d’évaluation (par exemple indicateurs, check-lists). Dans ce qui suit, nous mentionnons les exigences principales pour la gestion de la SST spé- cifique aux intervenants durant les crises sanitaires et les situations d’urgence: X choix des personnes appropriées possédant les qualifications et les compétences pour le travail exigé; X formation des professionnels choisis à l’évaluation des risques concernant la sécurité et la santé, la gestion des risques et la gestion de la communication du risque; X évaluation et gestion des risques de SST pendant le déploiement; X contrôle sanitaire couvrant la surveillance des impacts négatifs du déploiement sur la santé physique, mentale et sociale des intervenants, et gestion de ces impacts, notamment par un support psychologique et des conseils. Choix des personnes appropriées possédant les qualifications et les compétences requises pour le travail exigé Il s’agit d’une étape importante dans l’organisation de tout mécanisme de riposte, que ce soit pour des crises sanitaires ou toute autre situation d’urgence. Le processus demande la mise en relation des exigences de la situation d’urgence potentielle avec les qualifications, compétences et états physique et mental des personnes à sélectionner. 15Un manuel pour la protection des personnels de santé et des équipes d’intervention d’urgence01. Sécurité et santé durant les situations d’urgence: aspects managériaux Exigences de formation pour la gestion de la SST durant la riposte aux crises sanitaires et autres situations d’urgence La formation des travailleurs est un élément essentiel du processus de déploiement des équipes d’urgence intervenant en cas d’épidémie, d’accident chimique ou radiologique, ou de catastrophe naturelle. Il faut en effet s’assurer qu’ils aient les connaissances, les compor- tements appropriés et les compétences nécessaires à la protection de leur sécurité et de leur santé personnelles. Cela leur permettra de rester sains et saufs pour remplir leurs missions de riposte de manière efficace. Tous les intervenants pouvant être impliqués dans la riposte à une crise sanitaire ou à une tout autre urgence de santé publique doivent être formés sur les points suivants: X évaluation et gestion fondamentale des dangers et risques en matière de SST sur le terrain, comprenant les dangers physiques, chimiques, biologiques, mécaniques et psychosociaux; X dangers et risques associés aux situations d’urgence spécifiques comme la prévention et le contrôle des infections (PCI) et les bases de la sécurité chimique et radiologique; X rôles et responsabilités des équipes d’intervention d’urgence en cas de crises sanitaires selon le SCI; X sécurité du personnel sur le terrain; X établissement de rapports sur les incidents relatifs aux maladies, blessures et effets indésirables au cours d’une opération d’urgence. Figure 1 Le cycle d'amélioration continue du système de gestion de la SST Source: Système de gestion de la SST: un outil pour une amélioration continue [9]. Politique Politique de SST Participation des travailleurs Action en vue de l’amélioration Action préventive et corrective Amélioration continue Organisation Responsabilités et obligations Compétences et formation Documentation du système de gestion de la SST Communication Évaluation Supervision et mesures de l’efficacité Enquêtes Audit et examen par la direction Planification et mise en œuvre Examen initial Planification, élaboration et mise en œuvre du système Objectifs de SST Prévention des dangers Évaluation Planification et mise en œuvre Action en vue de l’amélioration Organisation Politique Sécurité et santé au travail durant les crises sanitaires 01. Sécurité et santé durant les situations d’urgence: aspects managériaux16 Par ailleurs, pendant la riposte, les équipes d’intervention doivent recevoir des directives et des instructions quotidiennes au sujet des bonnes pratiques de travail liées aux dangers et risques spécifiques pour leur sécurité et leur santé. De même, ces directives quotidiennes représentent une opportunité pour les chefs d’unité de contrôler l’état psychologique des personnes. En outre, les équipes d’intervention d’urgence (par exemple les personnes tra- vaillant dans les unités médicalisées, les laboratoires et les morgues, ainsi que les travailleurs exposés aux produits chimiques et aux rayonnements ionisants) peuvent avoir besoin d’une sensibilisation et de formations à des compétences spécifiques (par exemple utilisation d’un EPI et procédures de décontaminations chimiques et radiologiques). Communication avec les équipes d’intervention impliquées dans les crises sanitaires et autres situations d’urgence La communication du risque est une partie cruciale du plan de riposte et est nécessaire à tous les stades du déploiement. La communication est la responsabilité de tous les directeurs sur le terrain. Les principes fondamentaux pour la communication du risque aux personnels de santé et des équipes d’intervention sont les suivants: X la communication du risque avec les travailleurs doit être individuelle, en face à face, et ne doit pas reposer exclusivement sur des affiches et autres matériels d’éducation pour la santé; X les représentants des professionnels doivent être impliqués dans la communication du risque; X les équipes d’intervention ne doivent pas prendre connaissance des risques et des situa- tions dangereuses par les médias; tous les accidents seront discutés avec les travailleurs et des mesures préventives devront être prises immédiatement; X la communication du risque avec les équipes d’intervention doit prôner une culture «non punitive»; X la communication du risque doit être juste et aborder les peurs, les droits, ainsi que l’ef- ficacité des mesures de protection. Support psychologique et conseils Le processus de riposte à une situation d’urgence est associé à un haut niveau de stress, qui affecte les équipes d’intervention à tous les stades du déploiement. Par conséquent, le support psychologique vise à prévenir et gérer le stress et son impact sur la santé physique, mentale et sociale au cours du déploiement et par la suite. Les effets du stress rencontrés pendant une affectation ne disparaissent pas par magie lorsque les travailleurs rentrent chez eux. Une protection contre les répercussions du stress exige un premier secours psychologique, ainsi que des conseils spécialisés et un support psychologique prodigués par des professionnels. 17Un manuel pour la protection des personnels de santé et des équipes d’intervention d’urgence01. Sécurité et santé durant les situations d’urgence: aspects managériaux 1.2 Droits, devoirs et responsabilités des employeurs et des travailleurs durant les crises sanitaires et autres situations d’urgence La protection de la sécurité et de la santé des personnels de santé et autres équipes d’in- tervention à une situation d’urgence est cruciale pour le maintien d’un effectif adéquat et fonctionnel et l’assurance de la continuité de la riposte et des services sanitaires essentiels. Durant une situation d’urgence telle une épidémie, une fuite chimique ou radioactive, lorsque les risques sur le lieu de travail évoluent rapidement, les employeurs doivent être préparés à adapter leur pratique habituelle en concertation avec les travailleurs, leurs représentants et des experts techniques afin d’atteindre un équilibre raisonnable entre la sécurité et l’obligation d’intervenir. L’encadré 1 décrit la politique de prise en compte du risque appliquée en Sierra Leone lors de l’épidémie due au virus Ebola en 2015. Encadré 1 X Encadré 1. Politique de prise en compte du risque en Sierra Leone pour les équipes d’intervention d’urgence durant la riposte à la maladie à virus Ebola (MVE) [10] La politique a été appliquée du 1er avril 2015 jusqu’en novembre de la même année, où elle a été remplacée par la politique de risque zéro de résurgence de la MEV. La politique abordait: X les catégories d’équipes d’intervention à couvrir; X les montants de la prime de risque; X les procédures de gestion et de mise à jour des listes; X les procédures de vérification et d’audit; et X la prise en charge des plaintes. Responsabilités et droits généraux des employeurs et des travailleurs En lien avec les risques de SST pendant la gestion de crises sanitaires et autres situations d’urgence, les responsabilités, droits et devoirs généraux suivants des employeurs ont été décrits dans la convention (no 155) sur la sécurité et la santé au travail de l’Organisation inter- nationale du travail (OIT) de 1981 [11]: Les employeurs sont globalement responsables de la prise de toutes les mesures préventives et protectrices réalisables destinées à minimiser les risques au travail: X Les employeurs sont tenus de fournir une information appropriée, des instructions détail- lées et la formation nécessaire concernant la SST, de consulter les travailleurs sur les problèmes de SST liés à leur travail, et de notifier aux autorités compétentes (par exemple inspecteur du travail, inspecteur médical) les cas de blessures et maladies du travail. X Les employeurs sont tenus de procurer aux travailleurs les vêtements et l’équipement de protection adéquats, ainsi qu’une formation adaptée pour leur utilisation, et de prévenir, dans la mesure du possible, le risque d’effet nuisible sur la santé. Sécurité et santé au travail durant les crises sanitaires 01. Sécurité et santé durant les situations d’urgence: aspects managériaux18 Les responsabilités, droits et devoirs généraux suivants du travailleur s’appliquent: X Les travailleurs sont tenus d’informer immédiatement leur chef de toute situation pour laquelle il existe de bonnes raisons de supposer un danger imminent et sérieux pour leur vie ou leur santé. Tant que l’employeur n’a pas pris de mesure corrective, le cas échéant, il ne peut pas exiger de l’employé qu’il retourne dans une situation de travail dans laquelle ces risques persistent. X Les travailleurs ont le droit de se retirer d’une situation de travail pour laquelle il existe de bonnes raisons de supposer un danger imminent et sérieux pour leur vie ou leur santé. Lorsqu’un travailleur exerce ce droit, il ou elle sera protégé(e) de toute consé- quence injustifiable. X Les travailleurs sont responsables des procédures de SST établies, en évitant d’exposer les autres à des risques pour la sécurité et la santé et en participant aux formations pro- posées par l’employeur. Les principes généraux suivants de la convention (no 155) sur la sécurité et la santé au travail, 1981, de l’OIT, s’appliquent également: X les mesures de SST ne peuvent pas représenter un coût financier pour les employés; X la coopération entre les employeurs et les travailleurs et/ou leurs représentants sur le lieu de travail doit constituer un élément essentiel des mesures de prévention liées au lieu de travail, par l’intermédiaire des délégués à la sécurité, des comités de sécurité et d’hygiène et par la collaboration dans la distribution de l’information et des formations. La recommandation (no 194) sur la liste des maladies professionnelles, 2002, de l’OIT précise que les infections et désordres liés au stress post-traumatique, s’ils font suite à une exposi- tion au travail, sont considérés comme des maladies professionnelles et que les travailleurs affectés ont droit à une indemnisation, des services curatifs et une rééducation. Droits et responsabilités des employeurs et des travailleurs dans les contextes de riposte aux situations d’urgence Les équipes d’intervention d’urgence, notamment les personnels de santé, ont une obligation contractuelle et un devoir de prodiguer des soins qui pourraient leur faire courir un risque d’infection, de toxicité, de blessure et de maladie. Malgré le devoir de diligence, face au risque accru inhérent au travail en situation d’urgence, les équipes d’intervention peuvent, en accord avec le contexte national, la situation et les pratiques, avoir le droit de se retirer d’une situation pour laquelle il existe de bonnes raisons de supposer un danger imminent et sérieux pour leur vie ou leur santé. Les employeurs des équipes d’intervention d’urgence ont l’obligation de proposer des condi- tions de travail sûres et les moyens nécessaires pour mettre en œuvre les mesures de SST adaptées. Il s’agit notamment de: X former, équiper et protéger ces travailleurs de manière adéquate; X leur fournir les moyens et les connaissances nécessaires à la mise en œuvre des tech- niques de SST; X donner des directives claires sur les conditions dans lesquelles ces travailleurs vont opérer, sur ce que l’on attend d’eux et sur les risques inhérents à la situation; X apporter un support psychologique approprié, ainsi que mettre en œuvre des mesures destinées à favoriser des habitudes saines; X offrir une indemnité adéquate pour les services rendus par ces travailleurs, sous forme de primes de risque et d’assurance pour eux et leurs familles, ainsi que des prestations d’invalidité pour ceux ayant contracté une infection; X collecter systématiquement des informations destinées à étayer le contrôle et l’évaluation de l’efficacité des programmes de SST visant la protection. 19Un manuel pour la protection des personnels de santé et des équipes d’intervention d’urgence01. Sécurité et santé durant les situations d’urgence: aspects managériaux Protection sociale des travailleurs dans les contextes de riposte aux situations d’urgence La sécurité sociale, telle que définie par l’OIT, est la protection qu’une société procure aux individus et ménages pour assurer l’accès aux soins de santé et pour garantir la sécurité des revenus, en particulier en cas d’âge avancé, de chômage, de maladie, d’invalidité, de maladie professionnelle, d’accident du travail, de maternité ou lors de la perte du soutien de famille. Elle couvre toutes les mesures qui fournissent des prestations, en espèces ou en nature, pour assurer la protection, entre autres, contre la perte du revenu lié au travail (ou un revenu insuffisant) pour cause de maladie, d’infirmité, de maternité, de maladie professionnelle, d’accident du travail, de chômage, d’âge avancé ou du décès d’un membre de la famille; le manque d’accès ou l’accès inabordable aux soins; l’insuffisance des services d’aide aux familles, en particulier pour les enfants et les adultes dépendants; et, de manière générale, la pauvreté et l’exclusion sociale. Les risques supérieurs à la normale associés à une crise sanitaire ou une autre situation d’urgence mettent en évidence la nécessité d’une protection sociale pour tous les travailleurs, notamment les migrants, les travailleurs à temps partiel et les indépendants. La convention (no 102) concernant la sécurité sociale (norme minimum), 1952, de l’OIT expose des directives générales relatives aux différentes prestations qui peuvent être appliquées pendant les situa- tions d’urgence, en particulier les suivantes: Soins médicaux et allocations de maladie X Toutes les équipes d’intervention impliquées dans les opérations de riposte à une crise sanitaire ou à une autre situation d’urgence doivent bénéficier d’une couverture de soins médicaux et d’allocations de maladie. Une autre priorité est l’évacuation médicale d’ur- gence, à savoir la capacité à déplacer les équipes d’intervention qui sont potentiellement exposées à des infections, des radiations ou des composés chimiques dangereux vers des lieux où ils peuvent recevoir les soins médicaux appropriés. X Suite aux opérations de contrôle épidémique, un traitement postexposition doit être mis à disposition des personnels de santé ayant soigné des patients infectés. X Les personnels de santé, notamment l’équipe médicale, le personnel de laboratoire, les équipes funéraires et les agents de nettoyage, ainsi que les équipes d’intervention d’ur- gence impliqués dans le secours et présentant un risque de contact avec le sang ou tout autre fluide corporel de personnes affectées pendant leur intervention doivent être vaccinés en priorité. X Les travailleurs ont droit à des indemnités pour maladie pendant les périodes d’isolement ou de quarantaine. Le dédommagement financier pour les travailleurs isolés ou en qua- rantaine doit être automatique; cela constituait une partie essentielle de la stratégie de riposte lors de l’épidémie due au virus Ebola en Afrique occidentale. Prévoir un revenu de remplacement pour les travailleurs et les indépendants est essentiel pour assurer un degré élevé d’observance de la quarantaine. Si les journaliers ne reçoivent pas d’indemnité pendant l’isolement et la quarantaine, ils seraient tentés de continuer à travailler, même s’ils souffrent de fièvre, ce qui représente un risque de propagation de l’infection. X Il convient également de protéger légalement les travailleurs de tout licenciement si, alors qu’ils respectent un ordre de surveillance, de restrictions de déplacement, de qua- rantaine ou d’isolement, ils doivent s’absenter de leur travail. Dans les cas où les autorités publiques imposent une quarantaine, il est possible qu’un employeur exige d’un travailleur la poursuite de son travail, à distance de son domicile ou sur le lieu de la quarantaine. Dans de tels cas, la direction et les représentants des travailleurs doivent négocier un accord relatif au salaire, aux heures de travail et aux conditions générales pendant la période de quarantaine. Sécurité et santé au travail durant les crises sanitaires 01. Sécurité et santé durant les situations d’urgence: aspects managériaux20 Indemnités pour maladie professionnelle ou accident du travail Tous les travailleurs ne sont pas égaux devant le risque d’exposition aux agents hautement infectieux, aux radiations et composés chimiques dangereux, ou même devant la capacité à revendiquer des indemnités pour maladie professionnelle ou accident du travail. Une analyse épidémiologique des cas individuels permettra de documenter l’origine, professionnelle ou non, de l’exposition aux agents hautement infectieux, aux radiations et composés chimiques dangereux. Pour les travailleurs à forte probabilité de contact avec les sources de tels dan- gers, l’origine professionnelle de la maladie peut être reconnue comme plausible sans ana- lyse épidémiologique. D’autres maladies ou troubles, qu’ils soient dus à des dangers biologiques, physiques, chimiques, psychologiques ou biomécaniques, peuvent être reconnus comme maladie pro- fessionnelle si un lien direct est établi de manière scientifique entre l’exposition au danger suite au travail réalisé à la demande de l’employeur et la maladie contractée par le personnel, ou si ce lien est déterminé par la réglementation en vigueur dans ce domaine. La préparation à une crise sanitaire doit comprendre comme composants principaux les sys- tèmes de paiement des personnels de santé et un plan d’atténuation (encadré 2). Cela exige une coopération interinstitutionnelle et des protocoles d’évaluation des besoins en fonction des pays, le développement de politiques et de directives techniques, ainsi que la disponibilité et l’accessibilité à une assistance technique de qualité, des outils d’évaluation des coûts et des structures de planification [12]. Encadré 2 X Programme de paiement des équipes d’intervention pour Ebola Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), en collaboration avec un certain nombre de partenaires – tels la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR), le Fonds d’équipement des Nations Unies (FENU), le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), la Mission des Nations Unies pour l’action d’urgence contre l’Ebola (MINUAUCE), le Programme alimentaire mondial (PAM) et le Programme de paiement des équipes d’intervention pour Ebola (Payments Programme for Ebola Response Workers, PPERW) –, a fourni aux gouvernements des trois pays touchés par l’épidémie l’assistance technique et les moyens nécessaires pour assurer en temps utile le paiement des primes aux équipes d’intervention. Spécifiquement, le PPERW avait trois objectifs principaux: 1) renforcement du plan de ressources humaines dans le secteur de la santé par des systèmes de gestion de l’information; 2) renforcement des plateformes de paiement existantes et du paiement digitalisé des primes; et 3) établissement d’une plateforme de paiement pour le contingent des Nations Unies en Guinée et au Libéria. En Sierra Leone, le PPERW a été responsable de la couverture de 78 pour cent de tous les intervenants, comprenant non seulement les travailleurs du ministère de la Santé et de l’Assainissement, mais également les volontaires. En Guinée et au Libéria, où les ministères de la santé ont poursuivi le paiement des personnels de santé gouverne- mentaux salariés, le PPERW s’est limité à surveiller le paiement des indemnités aux intervenants volontaires et aux intervenants non couverts par les partenaires exis- tants (environ 19 pour cent de la totalité des intervenants dans ces pays). Au Libéria, le PNUD a facilité le paiement des équipes d’intervention et a renforcé le mécanisme de paiement existant et le système de gestion de l’information [12]. 21Un manuel pour la protection des personnels de santé et des équipes d’intervention d’urgence01. Sécurité et santé durant les situations d’urgence: aspects managériaux Allocation aux survivants et dépenses funéraires Les membres de la famille et/ou les ayants droit du travailleur décédé suite à une maladie professionnelle, un accident du travail ou l’exposition à un danger professionnel doivent béné- ficier d’une allocation de survivant, sauf s’ils bénéficient déjà d’un revenu minimum attribué par d’autres prestations de sécurité sociale. Les funérailles des victimes doivent alors être organisées par les autorités de santé publique conformément aux règles de sécurité funéraire. Allocation et protection en cas de maternité Les femmes enceintes ne peuvent pas être envoyées dans les pays affectés et ne peuvent pas participer aux activités associées aux ripostes aux crises sanitaires et autres situations d’urgence. Les femmes enceintes ou allaitantes ne sont pas autorisées à pénétrer dans des lieux de travail présentant un risque de transmission d’infection. 1.3 Vue d’ensemble du système de contrôle et de surveillance de la sécurité et de la santé mis en œuvre pendant la riposte à la maladie à virus Ebola en Afrique occidentale La gestion de la SST des équipes d’intervention lors d’une situation d’urgence comme les personnels de santé est cruciale pour permettre les activités de lutte et l’administration nor- male des soins pour tous les besoins de santé publique de la communauté. Avec ces objectifs, pendant la riposte à l’épidémie de MVE de 2014-2015 en Afrique occidentale, l’OMS a mis sur pied un système visant à assurer la SST des équipes d’intervention déployées [13]. Ce système comprenait l’assistance et les conseils avant, pendant et après le déploiement, prodigués par le service de santé et bien-être du personnel de l’OMS et d’autres départements de cette même organisation impliqués dans la riposte aux situations d’urgence. Le système a été établi dans les pays affectés pour s’assurer que la SST de l’équipe déployée était soutenue par des équipes multidisciplinaires, comptant des agents de sécurité et de santé travaillant en collaboration étroite avec la PCI et d’autres professionnels, aux niveaux nationaux et des districts. Ces équipes, en collaboration avec l’équipe des bureaux locaux de l’OMS, assurent que le personnel déployé reçoit une formation d’initiation complète, des directives concernant la situation du pays, des instructions au sujet de leur fonction, de l’équipement de protection et des coordonnées des personnes à contacter en cas de besoin ou d’urgence. Des agents de sécurité et de santé sont désignés pour aider le personnel déployé à suivre les instructions et procédures afin de préserver leur sécurité et leur santé, à la fois pendant et après les heures de travail, et pour contrôler la mise en œuvre de ces mesures. Sécurité et santé au travail durant les crises sanitaires 01. Sécurité et santé durant les situations d’urgence: aspects managériaux22 Avant le déploiement Le stade préalable au déploiement comprend les aspects suivants: Examen et accord médicaux Avant qu’un intervenant en situation d’urgence parte en mission, il est obligatoire de s’assurer qu’il ou elle est physiquement et psychologiquement préparé(e). Le déploiement implique un environnement de travail intense pendant de longues heures, de sorte qu’une bonne condition physique et une bonne préparation sont déterminantes. Le déploiement est contre-indiqué en cas de grossesse. Une fois sélectionné pour le déploiement, l’intervenant doit obtenir l’accord médical du ser- vice santé et bien-être du siège de l’OMS ou d’un bureau régional de l’organisation. L’accord médical est donné suite à la consultation et à l’approbation d’un examen médical complet, comprenant des analyses de laboratoire et des immunisations, par un praticien certifié. Immunisations préventives Les équipes d’intervention déployées en Afrique occidentale pendant la riposte à la MVE devaient être à jour concernant les vaccins suivants: X fièvre jaune (obligatoire); X diphtérie-tétanos (idéalement, dans les 5 ans) – polio ± coqueluche; X fièvre typhoïde; X hépatites A et B; X méningite ACYW 135 (obligatoire si une épidémie est en cours); X rougeole pour ceux nés après 1963 qui n’ont pas eu la maladie; ou 2 doses de ROR X rage (recommandé); X choléra (recommandé dans certaines situations seulement, sur la base de l’évaluation du risque). Chimioprophylaxie du paludisme Les pays présentant le plus haut risque pendant l’épidémie de MVE, la Guinée, le Libéria et la Sierra Leone, sont également endémiques pour le paludisme. La chimioprophylaxie et la pro- tection personnelle contre les piqûres de moustique de jour comme de nuit sont importantes pour prévenir le paludisme et d’autres maladies à transmission vectorielle. Par conséquent, il est obligatoire que les équipes d’intervention d’urgence déployées dans des zones affectées prennent une chimioprophylaxie avant, pendant et après la mission. Cela est particulièrement vrai pour tous les pays où le paludisme est endémique. Formation d’initiation Avant le déploiement sur le terrain ou lorsqu’il arrive dans le pays de la mission, le personnel qui intervient lors d’une situation d’urgence reçoit une formation d’initiation. Cette formation se déroule au siège de l’OMS ou dans un bureau régional ou national, en fonction du point de départ et des modalités de voyage. La formation d’initiation vise à fournir une introduction à la MVE et des directives opérationnelles essentielles pour toutes les personnes indépendamment de leur fonction et de leur affiliation, cela afin de sensibiliser davantage les travailleurs sur les problèmes de SST. La formation est présentée sous forme de documentation électronique dénommée ePROTECT, rendue disponible en ligne [14]. 23Un manuel pour la protection des personnels de santé et des équipes d’intervention d’urgence01. Sécurité et santé durant les situations d’urgence: aspects managériaux Par ailleurs, pour les équipes d’intervention d’urgence devant effectuer un travail à haut risque comme la prise en charge de patients, le travail en lien avec les activités funéraires et des analyses en laboratoire, une formation supplémentaire est offerte aux quartiers généraux ou dans les bureaux régionaux ou locaux, en fonction du déploiement et des rapports de l’équipe déjà déployée. Les équipes d’intervention d’urgence sont informées sur la situation du pays avant le déploie- ment, par le biais de rapports émanant de l’équipe déjà déployée par exemple. À leur arrivée, ils reçoivent de nouvelles directives, plus détaillées, de l’agent de sécurité et de santé. Les directives couvrent les aspects suivants: X le niveau d’immunisation de l’intervenant; X la situation en matière de prophylaxie du paludisme à l’arrivée; X la formation ePROTECT reçue et les connaissances quant à l’hygiène des mains; X les risques de SST majeurs et les contrôles à mettre en œuvre pendant le déploiement; X la remise de kits médicaux et d’hygiène, ainsi que de moustiquaires imprégnées d’insecticide. Après s’être assuré que ces dispositions sont appliquées, l’intervenant est autorisé à se rendre dans la zone de déploiement assignée. Pendant le déploiement Pendant le déploiement, le code de conduite pour la sécurité et la santé, ainsi que le travail en binôme, est mis en place par les équipes d’intervention d’urgence dans les différentes zones d’opérations. En outre, les lieux de travail et zones de résidence sont régulièrement contrôlés concernant la PCI et la SST. Code de conduite En particulier dans les zones sensibles, où la crise sanitaire n’est pas encore sous contrôle, et étant donné que les premiers symptômes des maladies infectieuses telles la MVE ne sont pas spécifiques, il est recommandé à l’équipe déployée d’adopter les comportements préventifs suivants au cours de leur vie sociale et de leur vie professionnelle: X éviter de serrer la main et d’embrasser les personnes; X maintenir une distance d’au moins 1 mètre entre collègues lors d’une réunion; X éviter les rapports sexuels pendant la mission (utilisation obligatoire de préservatifs en cas de dérogation à cette recommandation); X respecter les règles d’hygiène respiratoire lorsque vous éternuez ou toussez et exiger des autres qu’ils fassent de même; X veiller en tout temps à l’hygiène des mains, en particulier dans les situations mention- nées ci-dessus. Le travail en binôme Le travail en binôme est un système dans lequel deux personnes travaillent ensemble, au sein d’une même unité, de manière à pouvoir se contrôler et s’aider mutuellement. Au cours des activités à risque, ce travail par binôme permet notamment l’amélioration de la sécurité. Chaque membre du binôme peut intervenir pour éviter que l’autre devienne une victime, ou pour aider l’autre en situation difficile. De même, contrairement au travail en solitaire, cela permet à la personne moins expérimentée d’apprendre beaucoup plus rapidement par le contact étroit et fréquent avec le membre expérimenté de la paire. Sécurité et santé au travail durant les crises sanitaires 01. Sécurité et santé durant les situations d’urgence: aspects managériaux24 La responsabilité de chaque membre est: X d’aider à créer un environnement accueillant; X de faire la visite des zones de travail; X d’être une source de clarification concernant les différentes politiques, procédures et protocoles; X d’être patient et positif, pour développer la confiance; X de répondre aux questions posées pour réduire toute confusion ou incertitude; X de présenter les collègues et l’équipe, afin d’élaborer des réseaux efficaces et productifs; X d’aider à la formation des procédures et processus déterminants, comme l’utilisation de l’EPI et le contrôle de l’infection. Après le déploiement Il est exigé de toutes les équipes d’intervention d’urgence d’assister à une réunion de débrie- fing postérieure au déploiement, destinée à recueillir des informations sur le processus de déploiement et à améliorer les opérations. Ces réunions sont centrées sur les observations, les expériences et les apprentissages des équipes d’intervention au cours de leur déploiement et les éventuelles leçons à en tirer par l’organisation. Les connaissances et le sentiment qui découlent de l’expérience sur le terrain, ainsi que le passage en revue des pratiques de l’organisation servent le cas échéant à réduire le stress sur un plan individuel. Après le déploiement, les équipes d’intervention d’urgence doivent contacter le service de santé et bien-être des quartiers généraux de l’OMS ou le médecin de l’équipe régionale afin d’organiser une réunion de fin de mission. Les exercices de débriefing postérieurs au déploiement sont dirigés par le conseiller et/ou le psychologue de l’équipe et se concentrent sur la manière par laquelle les équipes d’inter- vention ont géré le stress qu’ils ont éprouvé pendant le déploiement. Le débriefing explore leur expérience, leurs pensées et sentiments sur leur vécu et la manière dont ils gèrent ces pensées et sentiments. Il s’attarde en particulier sur leur état émotionnel actuel et sur tout éventuel besoin d’un support familial ou individuel supplémentaire ou d’autres interventions. Il informe en outre sur le possible impact retardé des expériences stressantes sur les indi- vidus. Le diagnostic et le traitement d’un état de stress post-traumatique (ESPT) exigent des soins psychologiques et médicaux spécialisés, qui doivent être demandés en cas de doute. Documentation Les directives en matière de SST ont été compilées dans les références suivantes: 1. Le manuel de l’OMS pour la sécurité et la santé sur le terrain lors de la riposte à la MVE, qui procure des informations détaillées sur les éléments à surveiller et à prendre en compte lors du déploiement [13]. 2. Les diaporamas de formation sur ePROTECT couvrant les instructions de SST, actuellement sous forme de formation en ligne [14]. 3. Le manuel de formation GO training couvrant les détails de la riposte à la MVE, le rôle de l’OMS et un guide sur la sécurité et la santé pendant le déploiement, également disponible en ligne [15]. 25Un manuel pour la protection des personnels de santé et des équipes d’intervention d’urgence01. Sécurité et santé durant les situations d’urgence: aspects managériaux 1.4 Contrôle et surveillance de la santé des équipes d’intervention d’urgence Le système de contrôle et surveillance de la santé des équipes d’intervention d’urgence (ERHMS) sous le SCI, conçu par l’Institut national de sécurité et santé au travail (NIOSH) des États-Unis, a servi d’outil pour la gestion de la SST des équipes d’intervention d’urgence. Le système a été utilisé avec succès pendant la riposte à la catastrophe de Deepwater Horizon dans le golfe du Mexique en 2010 (encadré 3). Quelques composants majeurs de l’ERHMS sont détaillés ci-dessous [16]. Avant le déploiement Affectation et accréditation: Elles sont nécessaires en cas de riposte à une situation d’ur- gence pour assurer la transparence pour toutes les équipes d’intervention. Le système d’en- registrement et d’accréditation est conçu pour assurer quatre fonctions interdépendantes: 1) enregistrement (enregistrement d’informations de base et d’authentification de chaque travailleur); 2) accréditation (attribution d’un niveau d’accréditation sur la base des diplômes et de la formation des équipes d’intervention); 3) revérification (vérification régulière des informations concernant l’équipe d’intervention); et 4) badge (attribution d’un badge d’iden- tification en fonction de l’accréditation). Examen médical: L’examen médical préalable au déploiement est destiné à établir un bilan initial concernant l’état de santé physique et émotionnel et le statut d’immunisation de l’in- tervenant. Ces informations peuvent découler d’un examen médical initial pour déterminer l’aptitude de la personne, ou d’un examen ultérieur. Ce bilan initial permet une interprétation plus précise des éventuels effets indésirables postérieurs au déploiement et présente un intérêt particulier lorsque les informations d’exposition sont difficiles à obtenir ou à interpréter, ou lorsqu’elles sont inexistantes. Formation: Il est nécessaire que l’intervenant soit titulaire d’un diplôme adéquat pour réaliser des tâches spécifiques, qui peuvent présenter des exigences de formation obligatoire au niveau du pays ou localement. De plus, l’aptitude de l’intervenant à reconnaître et à éviter certains risques pour la sécurité et la santé aura une influence sur sa performance, ses capa- cités de survie et sa résilience pendant et après la riposte à la catastrophe. Pendant le déploiement Affectation sur site: Le processus d’identification, de transparence et de suivi peut être résumé sous l’expression «affectation de l’intervenant». L’affectation doit être utilisée pour enregis- trer toute personne qui se présente dans la zone de la catastrophe et qui s’engage dans le travail de réaction ou de résolution. L’équipe logistique est responsable de la collecte de ces informations. Contrôle et surveillance de la santé: Le contrôle se réfère à la collecte systématique, à l’ana- lyse, à l’interprétation et à la distribution des données liées à une blessure, une maladie ou un niveau d’exposition d’un seul intervenant. Cela permet l’évaluation de la fréquence des expositions, la détermination du niveau d’exposition auquel un intervenant peut avoir été confronté et de la manière dont l’exposition l’affecte. La surveillance se réfère à la collecte systématique, à l’analyse, à l’interprétation et à la distribution de données liées aux blessures et maladies de l’entièreté du groupe de travailleurs prenant part à l’événement. Cela offre la possibilité de suivre la tendance concernant la santé des équipes d’intervention (maladies et blessures) au sein d’une population définie pendant la riposte et la récupération. Un méca- nisme permettant la surveillance doit être intégré à la riposte de tout événement. Sécurité et santé au travail durant les crises sanitaires 01. Sécurité et santé durant les situations d’urgence: aspects managériaux26 Encadré 3 X Application ERHMS lors de la catastrophe Deepwater Horizon Aperçu de l’utilisation du ERHMS mis en œuvre au cours de la riposte au Deepwater Horizon pour gérer le déversement de pétrole dans le golfe du Mexique, États-Unis [17]: Stade préalable au déploiement X Affectation et accréditation de 55 388 travailleurs ayant diverses expériences jusqu’en octobre 2010. X Évaluations médicales préalables des équipes d’intervention d’urgence afin de déterminer leur état de santé avant de commencer leur travail, de guider les per- sonnels de santé dans l’identification des personnes susceptibles d’avoir besoin d’une attention spéciale ou une limitation d’exposition, etc. X Une formation a été proposée aux équipes d’intervention de la manière suivante: — formation aux opérations pendant 8 heures pour les équipes d’intervention de première ligne; — formation technique de 24 heures sur la sécurité et la santé au travail HAZWOPER ou HAZMAT; et — formation HAZWOPER de 40 heures. Stade de déploiement X Collecte des données sur les blessures et les maladies et compilation hebdo- madaire. De plus, des tendances sur les cas de maladies liées à la chaleur sont élaborées chaque semaine. X Évaluations des dangers pour la santé réalisées pour les activités sur le continent et sur la plateforme pour le nettoyage de la plage, la réhabilitation de la vie sauvage, la décontamination de l’équipement, la gestion des déchets, etc. Stade postérieur au déploiement X Évaluations hors processus et analyse des données d’exposition en association avec les informations fournies par les équipes d’intervention elles-mêmes et par les personnels de santé. X Analyse de l’exposition et des composants sanitaires, notamment l’analyse du contrôle médical, de la surveillance médicale et de l’évaluation des expositions, des résultats de la référence et de l’examen médical préalables au déploiement. Sur la base de ces analyses, certains travailleurs ont été identifiés pour un suivi de leur santé, et des options de suivi à long terme ont été examinées. 27Un manuel pour la protection des personnels de santé et des équipes d’intervention d’urgence01. Sécurité et santé durant les situations d’urgence: aspects managériaux Rapports sur l’activité de la riposte et les contrôles de sécurité: Les équipes d’intervention et les volontaires peuvent être exposés à de nombreux dangers chimiques et environnemen- taux au cours de leur travail. Une information précise sur l’exposition des travailleurs est un élément crucial pour assurer la caractérisation correcte des expositions, la communication adéquate des risques et la mise à disposition d’une quantité suffisante de données permettant la prise de décisions (par exemple EPI et contrôles des pratiques de travail) afin de protéger la sécurité et la santé des équipes d’intervention. Communication sur les risques liés à l’exposition et à la santé des travailleurs et sur leur suivi au cours d’une riposte à une situation d’urgence: La collecte de données concernant les risques liés à l’exposition environnementale et de données liées à la santé individuelle et à la sécurité, notamment des données regroupées de suivi, est déterminante pour protéger toutes les équipes d’intervention impliquées dans un événement, à la fois sur le court et le long terme. Ces informations doivent être transmises aux travailleurs au sein de l’organisation, entre organisations, ainsi qu’à l’intérieur et à l’extérieur de la structure du SCI. Après le déploiement Évaluation hors processus: Des évaluations hors processus sont effectuées afin de déter- miner, le cas échéant, dans quelle mesure les équipes d’intervention ont été individuellement affectées pendant le déploiement, et d’établir des tendances au sein de la population de tra- vailleurs pour identifier les risques potentiels sur d’autres. Toutes les équipes d’intervention doivent se soumettre à une évaluation hors processus au cours de la démobilisation ou dès que possible après la démobilisation. Suivi sanitaire et fonctionnel des équipes d’intervention d’urgence: Vu les risques potentiels sur la sécurité et la santé, inhérents au travail en situation d’urgence, un suivi postérieur à l’événement de la santé des équipes d’intervention peut être utile. L’objectif est d’identifier les conséquences néfastes sur la santé potentiellement liées au travail de riposte (par exemple exposition, maladie, blessure ou invalidité, y compris traumatisme émotionnel), afin de pouvoir intervenir dès que possible pour augmenter les chances de récupération et de remédier à l’exposition des équipes d’intervention encore sur le terrain (par un contrôle de l’exposition ou un traitement médical). Leçons apprises et évaluations après action: À la fin d’un événement, il est nécessaire d’éva- luer comment la riposte a été menée avant le déploiement, pendant le déploiement propre- ment dit et après le déploiement, et de tenter d’identifier la façon d’améliorer la riposte au cours de chaque période. Cela est souvent mis en œuvre à l’aide d’un document dénommé «rapport après action». Stratégies et outils pour la protection de la sécurité et de la santé au travail en cas de crise sanitaire et autres situations d’urgence 02 Sécurité et santé au travail durant les crises sanitaires 02. Sécurité et santé en cas de crises sanitaires et autres situations d’urgence: stratégies et outils30 L’approche systémique de gestion procure un cadre général pour gérer les risques de SST pendant les crises sanitaires et autres situations d’urgence. Pour gérer les risques dans ce cadre, des stratégies, outils et instruments existent pour la prévention et le contrôle des dangers et risques de SST. Ces ressources peuvent être adaptées selon la situation spécifique. Ce chapitre traite de la «hiérarchie des contrôles», du SCI et des stratégies de prévention et de contrôle des infections. 2.1 Règlement sanitaire international, 2005 Le Règlement sanitaire international (RSI) [2] est un instrument légal international, qui lie 196 pays, notamment tous les États membres de l’OMS. L’objectif du RSI est d’aider la com- munauté internationale à prévenir et à répondre à des risques graves pour la santé publique, pouvant potentiellement dépasser les frontières et atteindre la population au niveau mondial. Le RSI, qui a été adopté par l’Assemblée mondiale de la santé en 2005, est entré en vigueur le 15 juin 2007. Le règlement exige des pays qu’ils renseignent l’OMS sur certaines épidémies et événements de santé publique. Élaboré sur l’expérience unique de l’OMS dans la surveillance mondiale des maladies, l’alerte et la riposte, le RSI définit les droits et obligations des pays à rapporter les événements de santé publique, et établit des procédures que l’OMS doit suivre pour maintenir la sécurité mondiale en ce qui concerne la santé publique. Outre les agents pathogènes, le RSI couvre également le risque de dissémination de maté- riaux toxiques, infectieux ou autrement dangereux, qu’ils soient d’origine naturelle ou non, qu’ils aient contaminé une population et/ou une vaste zone géographique, ou présentent un potentiel de contamination. Le RSI comprend également des mesures spécifiques à prendre au niveau des échanges por- tuaires, aéroportuaires et au sol, afin de limiter la propagation du risque sanitaire aux pays voisins, d’éviter les voyages injustifiés et de restreindre le commerce pour réduire le trafic au minimum. Les recommandations et dispositions suivantes, spécifiées dans le RSI pour la protection de la sécurité et de la santé du public de manière générale, protègent également les prestataires de soins en cas de situation d’urgence: X recommandations concernant les personnes, les bagages, le fret, les conteneurs et le transport; X recommandations au sujet des aéroports, ports et les postes-frontières de manière générale; X rôle des autorités compétentes; X exigences quant aux capacités de base en matière de surveillance et de riposte; X instrument de décision pour évaluer et notifier les événements qui pourraient constituer une urgence de santé publique au niveau mondial. Les mesures de santé publique suivantes liées à la sécurité et à la santé des prestataires de soins en cas de situation d’urgence sont recommandées: X mesures sanitaires à l’arrivée et au départ; X mesures particulières pour le transport et les conducteurs de véhicule; X mesures sanitaires liées à l’entrée des voyageurs; X Déclaration maritime de la santé; X section sanitaire de la Déclaration générale d’aéronef; X certificat de contrôle sanitaire de navire. 31Un manuel pour la protection des personnels de santé et des équipes d’intervention d’urgence02. Sécurité et santé en cas de crises sanitaires et autres situations d’urgence: stratégies et outils 2.2 Système de commandement des interventions pour la gestion des crises sanitaires et des situations d’urgence Le SCI est un concept standardisé de gestion d’un incident conçu spécifiquement pour per- mettre aux équipes d’intervention d’adopter une structure organisationnelle intégrée en fonction de la complexité et des besoins liés à un incident isolé ou à plusieurs incidents, sans être gênés par des contraintes juridictionnelles [18]. Le SCI permet la communication et la planification intégrées par la mise sur pied d’un réseau gérable de contrôle. Un SCI divise la riposte à l’urgence en cinq fonctions gérables, essentielles pour les opérations de riposte: commande, opérations, planification, logistique, et finance et administration (figure 2). Structure organisationnelle Le SCI minimum doit consister en ce qui suit, mais peut être étendu en fonction des exigences: X L’équipe de commande est composée de l’agent d’information du public, de l’agent de sécurité et de l’agent de liaison. Ils dépendent directement du commandant de l’incident. X Les secteurs représentent le niveau organisationnel qui a une responsabilité fonctionnelle des segments primaires de la gestion de l’incident (opérations, planification, logistique, finance et administration). Le niveau du secteur se trouve, en ce qui concerne l’organisa- tion, entre la branche et le commandant de l’incident. X Chaque secteur est composé d’unités organisationnelles progressivement plus petites, à savoir branche, division, groupe, unité, force opérationnelle, force de combat et, finale- ment, une ressource individuelle. Une ressource individuelle est un élément d’équipement et le personnel qui y est attaché ou une équipe établie de personnes ayant un surveillant identifié, pouvant être utilisée pour traiter un incident. Figure 2 Secteur opérations Secteur planification Agent de liaison Agent d’information du public Secteur logistique Agent de sécurité Commandant de l’incident Secteur finance et administration Structure du système de commandement des interventions Source: National Incident Command System [18]. Sécurité et santé au travail durant les crises sanitaires 02. Sécurité et santé en cas de crises sanitaires et autres situations d’urgence: stratégies et outils32 X Le SCI est conçu pour identifier les activités ou fonctions principales nécessaires pour répondre efficacement aux incidents. Ceux-ci étant de plus en plus complexes, difficiles et onéreux, la nécessité d’un directeur organisationnel est devenue plus évidente. Dans le SCI, et en particulier pour les incidents de grande envergure, le commandant de l’incident dirige l’organisation, mais non l’incident. En plus de la fonction de commandement, d’autres fonctions et activités souhaitées comprennent: X une délégation de l’autorité et l’instauration d’un niveau organisationnel distinct au sein du SCI ayant l’unique responsabilité de la direction tactique et du contrôle des ressources; X l’instauration du support logistique; X l’instauration de services de planification pour les activités actuelles et futures; X l’évaluation des coûts, l’enregistrement du temps et le contrôle de l’approvisionnement nécessaires à la riposte à l’incident; X une interaction prompte et efficace avec les médias, et l’instauration d’un service d’infor- mation pour l’équipe de gestion de l’incident, d’autres agences impliquées et le public; X l’instauration d’un environnement d’opération sûr dans toutes les parties de la riposte à l’incident; X l’assurance que les besoins des agences d’aide et de coopération sont satisfaits et que les agences sont utilisées de manière efficace. Rôle et responsabilités X Le commandant de l’incident ne fait techniquement pas partie de l’équipe générale ou de commandement. Il est responsable de la gestion globale de l’incident, notamment d’assurer la sécurité. X Les équipes de commandement sont désignées pour effectuer les fonctions de gestion du personnel nécessaires pour soutenir le commandant de l’incident. Ces fonctions com- prennent la liaison interinstitutionnelle, la sécurité dans la gestion de la riposte et l’infor- mation du public. Les postes d’équipes de commandement sont prévus pour attribuer la responsabilité des activités principales non spécifiquement identifiées dans les fonctions générales de gestion du personnel. Ces postes peuvent comprendre l’agent d’information du public, l’agent de sécurité et l’agent de liaison, en plus d’autres, selon les besoins et l’affectation par le commandant de l’incident. X L’équipe générale est responsable des aspects fonctionnels du SCI. Elle est habituellement constituée des secteurs opération, planification, logistique, et finance et administration. Agent de sécurité: Les responsabilités principales de l’agent de sécurité/SST: X identifier et atténuer les situations dangereuses; X s’assurer que les messages de sécurité sont transmis et que les directives sont données; X faire stopper ou éviter les activités non sûres; X revoir le plan d’action en cas d’incident à propos de la sécurité; X affecter des assistants qualifiés pour évaluer les dangers spéciaux; X entreprendre l’enquête préliminaire en cas d’accidents dans la zone de l’incident; X revoir et approuver le plan médical; X participer aux réunions de planification. 33Un manuel pour la protection des personnels de santé et des équipes d’intervention d’urgence02. Sécurité et santé en cas de crises sanitaires et autres situations d’urgence: stratégies et outils Mesures organisationnelles dans le système de commandement des interventions L’Emergency Management Institute, dépendant du Federal Emergency Management Agency aux États-Unis, mentionne les mesures suivantes pour la gestion de la sécurité et de la santé dans le SCI [18]: Évaluation et gestion du risque X La protection des équipes d’intervention d’urgence doit suivre un cycle de gestion de la sécurité, dans la mesure où les personnes responsables de la protection du personnel doivent toujours évaluer si le déploiement des équipes d’intervention présente un avantage suffisant comparé aux risques de SST qu’elles encourent. X L’évaluation des risques doit suivre des principes généraux et couvrir tous les dangers et risques possibles que les travailleurs en situation d’urgence peuvent courir. L’évaluation du risque en cas de catastrophe doit comprendre par exemple l’évaluation d’une possi- bilité d’effet domino (à savoir si le présent événement peut causer d’autres dommages et dangers). Tous les accidents passés et les quasi-accidents doivent être pris en compte lorsque l’on évalue les risques possibles. Sur cette base, la première planification doit anticiper les exigences vraisemblables de la riposte et établir toutes les mesures préven- tives nécessaires. X Un équilibre entre les risques de SST pour les équipes d’intervention d’urgence et les avantages possibles des actions doit être atteint. Les travailleurs sont également incités à prendre soin d’eux-mêmes et des autres et à coopérer avec leur employeur; ils doivent agir de manière judicieuse et responsable au sein du commandement et sous le contrôle de leur employeur. Pour coordonner efficacement les activités des équipes d’intervention d’urgence, l’approche autoritaire est la plus appropriée pour le chef, car certaines situations exigent des instructions non ambiguës et rapides. L’équipement et les ressources techniques et humaines disponibles, les tâches, les rôles des organisations/équipes/travailleurs en situation d’urgence et les tâches de direction doivent donc être identifiés et attribués aux organisations/équipes/travailleurs avant la catastrophe afin de contrôler la situation de manière aussi efficace que possible. Organisation du travail Limiter l’exposition des intervenants: En limitant le nombre de personnes sur le terrain au minimum indispensable et en ne laissant le personnel sur le terrain que le temps nécessaire, il est possible de réduire l’exposition au danger des travailleurs en situation d’urgence. Une procédure permettant de minimiser l’exposition des intervenants et du public au danger consiste en la création de «zones d’action protégées», qui dépendent de la distance par rapport à la source de l’accident et de l’intensité du phénomène résultant de l’incident. Rotation des tâches: Si possible, il convient d’envisager une rotation des tâches pour réduire l’exposition aux risques et les surcharges. Formation X Les travailleurs en situation d’urgence doivent disposer des connaissances liées à tous les types de dangers de SST et aux risques qu’ils peuvent courir pendant leurs activités professionnelles, aux conséquences de ces risques et aux mesures de prévention pos- sibles. La formation doit porter sur les symptômes physiologiques de l’exposition à des substances dangereuses, les procédures de décontamination appropriées, les méthodes de manipulation correcte, le fonctionnement sous forte pression et haut stress, ainsi que la sélection, l’utilisation et la maintenance de l’EPI. Sécurité et santé au travail durant les crises sanitaires 02. Sécurité et santé en cas de crises sanitaires et autres situations d’urgence: stratégies et outils34 X La formation doit comprendre les procédures standard d’action liées aux différents scénarios. X La formation est essentielle pour aider les intervenants à mieux faire face à la violence. Le personnel des services médicaux d’urgence, les ambulanciers et les pompiers ont davan- tage de risque d’être exposés à la violence dans leurs tâches que les autres intervenants. Vaccination X La vaccination est une mesure de prévention efficace et doit être imposée lorsqu’il existe un risque d’hépatite B, de maladie transmise par l’eau (choléra, fièvre typhoïde, rotavirus) ou d’exposition à d’autres agents biologiques pouvant être utilisés dans le bioterrorisme comme le botulisme, la tularémie et la variole. Entretien et stockage de l’équipement de protection individuelle X L’EPI doit être choisi en fonction du type d’urgence, des dangers sur le terrain et des devoirs attribués à un groupe spécifique d’intervenants. X La personne responsable du contrôle de la catastrophe ou du groupe d’intervenants doit prendre la responsabilité du choix d’un EPI supplémentaire ou différent. Il convient de considérer le caractère approprié, l’association avec d’autres EPI, les propriétés spécifiques et la performance. X Pour l’évaluation et le contrôle du danger sur une scène de catastrophe, les risques peuvent souvent être évalués uniquement par une visualisation de l’endroit, car un contrôle plus complexe et détaillé est alors impossible. X L’EPI correct doit être sélectionné et rendu disponible sur le terrain, et les travailleurs doivent être familiarisés avec celui-ci et capables de l’utiliser de manière adéquate. X En cas d’attaques terroristes et d’attaques armées, dans lesquelles les travailleurs peuvent être des cibles, ils doivent au minimum être munis de gilets pare-balles et anticouteau, de chaussures de sécurité, de casques et de vêtements protecteurs. L’utilisation possible de vêtements de protection pour les secours doit donc également être envisagée dans des cas critiques et devrait être rendue disponible dans les ambulances. X L’équipement de sécurité standard doit comprendre un matériel réflecteur à forte visibilité (dispositif tels des cônes et des signes, et vêtement de protection individuelle comme des vestes et des casques), ainsi que des signes et lumières d’alerte supplémentaires. C’est important en particulier pour la sécurité des intervenants et du personnel de secours lors d’un accident de transport ou d’une catastrophe, et sur les scènes de chantiers où des machines lourdes telles des grues et des excavatrices sont déployées et que la visibilité est réduite, ainsi que lors du travail de nuit. X Un équipement de détection chimique, des détecteurs de gaz, des systèmes d’alarme en cas de radiation, des systèmes antifeu et l’utilisation de véhicules sécurisés peuvent être nécessaires dans certains cas. X Des vêtements protecteurs appropriés doivent être mis à disposition (protection de la peau et du corps des risques physiques et des substances dangereuses). On peut par exemple avoir recours à des moustiquaires traitées par un insecticide et des aérosols insecticides, une solution alcoolisée pour la décontamination des mains et la protection contre les infections. Pour permettre un travail propre et antiseptique, il est important d’utiliser un EPI, tel que des gants, et de le changer régulièrement. 35Un manuel pour la protection des personnels de santé et des équipes d’intervention d’urgence02. Sécurité et santé en cas de crises sanitaires et autres situations d’urgence: stratégies et outils Équipement ergonomique Un équipement ergonomique, qui peut réduire la charge sur le travailleur et son exposition aux risques, doit être envisagé. Voici des exemples d’utilisation d’un équipement ergonomique approprié pendant les situations d’urgence: X utilisation d’un équipement mobile pour le transport des corps, ou tout appareil approprié; X utilisation de dispositifs tels des élévateurs pour le secours de personnes dans des immeubles; X transport des kits de premiers secours dans des sacs à dos plutôt que dans des sacs en cas de grandes distances à parcourir pour atteindre le lieu de la crise; X mise à disposition du personnel médical de seringues munies d’accessoires de protection destinés à prévenir les blessures par piqûres d’aiguille et réduire les risques d’infection, avec des boîtes pour les instruments tranchants et une formation spéciale. Préparation psychologique La préparation psychologique doit aider les travailleurs en situation d’urgence à faire face à la charge émotionnelle de leur travail. Aide psychologique postérieure à l’intervention Il est établi qu’un soutien social pendant et après le déploiement sur le terrain, ainsi que la possibilité de parler et discuter dans le calme avec les collègues ou un psychologue aident les travailleurs en situation d’urgence à faire face à la charge psychologique. Cependant, dans le cas de symptômes graves ou durables de maladies mentales comme un état de stress post-traumatique, une aide professionnelle peut se révéler nécessaire. Surveillance sanitaire et suivi à long terme X La surveillance sanitaire doit être adaptée aux tâches effectuées par le travailleur, elle doit tenir compte des expositions potentielles aux différents dangers. X Un contrôle régulier par des examens médicaux obligatoires annuels, ainsi que des exa- mens médicaux suivant le déploiement pour les incidents majeurs sont utiles pour: — évaluer la forme physique (notamment par un examen cardio-pulmonaire) des travail- leurs en situation d’urgence; — détecter d’éventuelles maladies et blessures provoquées par l’exposition au danger; — offrir le traitement et la rééducation nécessaires de manière précoce pour protéger les travailleurs d’effets plus graves; et — améliorer le pronostic de guérison. Sécurité et santé au travail durant les crises sanitaires 02. Sécurité et santé en cas de crises sanitaires et autres situations d’urgence: stratégies et outils36 2.3 Programme de gestion des crises sanitaires de l’Organisation mondiale de la Santé L’OMS retravaille son programme de gestion des crises sanitaires avec pour objectif de répondre rapidement et efficacement aux urgences sanitaires. Le nouveau programme [19] définit le rôle de l’OMS dans les ripostes aux crises sanitaires, ajoute des capacités opéra- tionnelles plus fortes aux habituels rôles techniques et normatifs de l’organisation. Par ce programme, l’OMS aide les pays à aborder l’entièreté du cycle de prise en charge du risque, à savoir la prévention, l’alerte, la riposte et le relèvement rapide (figure 3). Structure organisationnelle Le programme de gestion des crises sanitaires présente une structure commune pour tous les bureaux nationaux, les bureaux régionaux et le siège de l’OMS. Cela signifie qu’il n’existe qu’un seul programme de gestion des crises sanitaires avec un personnel unique, un budget unique, une structure de responsabilisation unique, un ensemble de processus/systèmes uniques et un ensemble de critères. Cette structure et les résultats attendus sont les mêmes dans tous les bureaux de l’OMS. Le programme est composé de cinq départements techniques et opérationnels, qui sont les suivants: Gestion des risques infectieux, qui s’assure de l’établissement des stratégies et capacités pour les risques infectieux prioritaires majeurs. Préparation des pays aux crises sanitaires et Règlement sanitaire international (2005), qui veille à ce que les capacités des pays concernés soient établies pour la gestion de l’ensemble des crises d’urgence. Informations sur les urgences sanitaires et évaluation des risques, qui fournit en temps opportun une analyse de la situation et une évaluation des risques fiables et assure le suivi de la riposte pour l’ensemble des principaux événements et menaces pour la santé. Figure 3 Planification et information Opérations et réponse sanitaire Relations extérieures Équipe sécurité et santé Logistique et support opérationnel Coordination des partenaires Gestion de l’incident Finance et administration Structure de gestion d’incident du programme de gestion des crises sanitaires de l’OMS (simplifié) Source: Update/WHO Health Emergencies Programme: Progress and priorities [19]. 37Un manuel pour la protection des personnels de santé et des équipes d’intervention d’urgence02. Sécurité et santé en cas de crises sanitaires et autres situations d’urgence: stratégies et outils Opérations d’urgence, dont l’objectif est de garantir aux populations touchées par les crises sanitaires l’accès à un ensemble essentiel de services de santé vitaux. Services essentiels pour l’action, qui veillent à ce que les opérations d’urgence de l’OMS soient financées et dotées du personnel nécessaire rapidement et de façon durable. Coordination avec les partenaires Le programme de gestion des crises sanitaires collabore avec ses partenaires pour protéger et sauver des vies dans toutes les situations de crise sanitaire. Pendant une crise, l’OMS travaille avec le ministère de la Santé local et d’autres partenaires pour identifier les domaines où les besoins sont les plus criants et pour coordonner les efforts des organisations partenaires afin de veiller à ce que ces domaines soient couverts à la fois en termes de fournitures médicales et de personnels de santé. L’OMS collabore régulièrement avec ses réseaux pour tirer parti de l’expertise de centaines d’organismes partenaires et coordonner leurs compétences. Ces partenaires déterminants sont les suivants: Groupe sectoriel mondial pour la santé: Plus de 300 partenaires agissant dans 24 pays touchés par une crise. Équipes médicales d’urgence: Plus de 60 équipes de 25 pays répertoriés par l’OMS pour fournir des soins cliniques lorsque surviennent des crises sanitaires. Réseau mondial d’alerte et d’action en cas d’épidémie (GOARN): Depuis 2000, environ 2 500 personnes ont répondu à plus de 130 crises sanitaires pour la santé publique dans 80 pays. Partenaires de réserve: En 2015, les partenaires de réserve de l’OMS ont déployé l’équivalent de 207 mois de soutien en personnel auprès de 18 pays. Comité permanent interorganisations (CPI): L’OMS est un membre actif du CPI, premier mécanisme de coordination interorganisations dans le domaine de l’aide humanitaire pour répondre aux crises sanitaires complexes et majeures sous la direction du coordonnateur des secours d’urgence. Soutien aux pays Le programme de gestion des crises sanitaires de l’OMS fournit les services suivants aux pays: X appui à l’évaluation de l’état de préparation du pays aux crises sanitaires et à l’élaboration de plans nationaux pour remédier aux principales lacunes dans les capacités; X élaboration de stratégies et renforcement des capacités pour prévenir les risques infectieux majeurs et lutter contre ceux-ci; et X suivi des événements de santé publique nouveaux et en cours pour évaluer, communiquer et recommander les mesures à prendre face aux risques pour la santé publique. En outre, l’OMS travaillera avec les pays et ses partenaires pour: X garantir la préparation en vue de diminuer les risques pour la santé publique dans les pays hautement vulnérables; et X fournir des services de santé vitaux aux populations touchées dans les pays confrontés à des crises sanitaires. Sécurité et santé au travail durant les crises sanitaires 02. Sécurité et santé en cas de crises sanitaires et autres situations d’urgence: stratégies et outils38 2.4 Contrôles de sécurité et de santé au travail Pour prendre en charge les risques sur la sécurité et la santé dus aux différents dangers, des mesures à la fois de prévention et d’atténuation doivent être prises. En SST, la hiérarchie des contrôles (figure 4) se réfère à l’ordre de préférence des mesures de contrôle, allant de la plus efficace à la moins efficace [20]. La philosophie sous-jacente est qu’il est toujours plus positif d’essayer en tout premier lieu d’éliminer le danger. Lorsque ce n’est pas possible, le danger doit d’abord être maîtrisé à la source, ensuite au niveau de son développement, et finalement au niveau des personnes. Chaque stade est différent, rendant nécessaire l’évaluation du lieu de travail pour identifier les dangers et définir des mesures de contrôle. Le contrôle de la source signifie l’élimination du danger ou de tout ce qui expose les travail- leurs à un risque. Cela peut comprendre: la mise en œuvre d’un processus de triage pour éviter de mettre des patients atteints de maladies fortement infectieuses, comme les fièvres hémorragiques virales, dans des établissements de soins standard, mais au contraire dans des centres de traitement des maladies infectieuses; l’élimination ou l’inactivation du virus dans les échantillons de laboratoire contenant des excréments pour permettre la mort naturelle du virus; la destruction des déchets contaminés par incinération ou autoclavage; et le choix de l’alternative la moins dangereuse (par exemple administration orale plutôt que par voie intraveineuse d’un traitement de réhydratation, utilisation d’un prick-test plutôt que d’une prise de sang pour le prélèvement sanguin). La contrôle du développement se réfère aux contrôles techniques et administratifs destinés à créer une barrière entre la source du danger et le travailleur. Par exemple, les dispositifs de sécurité sont plus efficaces pour éviter les piqûres d’aiguille et l’exposition associée aux agents pathogènes transmis par le sang qu’une formation des personnes à l’utilisation des seringues en toute sécurité. La mise en œuvre de contrôles pour les maladies hautement infectieuses, telles la MVE et autres fièvres hémorragiques virales, comprend l’utilisation de hottes à flux laminaire dans les laboratoires, des chambres à pression négative et des lits de confinement (bulle) pour les soins cliniques, et des systèmes intraveineux sans aiguille pour réduire le risque de blessure. En outre, de l’eau potable et des services d’assainissement sont nécessaires pour assurer une quantité suffisante d’eau pour les mesures d’hygiène et une élimination appropriée des excrétions. Le contrôle administratif vise à prévenir les comportements risqués et comprend la forma- tion des travailleurs à des méthodes sûres, la définition de politiques standard d’opération et de procédures pour un travail plus sûr, et la limitation des accès aux lieux de travail à haut risque. Les formations sur les politiques et procédures pour enfiler et retirer l’EPI ou pour effectuer une mise en quarantaine et en isolement sont des exemples de mesures admi- nistratives destinées à prévenir la transmission de maladies hautement infectieuses telles la MVE et d’autres fièvres hémorragiques virales. Le tri est le processus de classification. Dans les unités de traitement spécialisé comme celles pour le choléra et la MVE, le tri est un contrôle administratif crucial, qui prévient la propagation de l’infection parmi les patients et les personnels de santé. Une autre forme de contrôle administratif est la surveillance médicale des travailleurs à risque afin de détecter tout effet défavorable sur la santé des dangers au travail à un stade précoce, moment où il est plus facile de traiter la maladie (par exemple en surveillant que les travailleurs ne présentent pas de fièvre ou tout autre symptôme précoce d’une maladie infectieuse). 39Un manuel pour la protection des personnels de santé et des équipes d’intervention d’urgence02. Sécurité et santé en cas de crises sanitaires et autres situations d’urgence: stratégies et outils Le contrôle au niveau de la personne est la mesure la moins efficace dans la hiérarchie des contrôles. Il implique l’utilisation d’un EPI, notamment une blouse ou une combinaison imperméable (si la blouse n’est pas imperméable, un tablier imperméable doit être porté), des gants doubles, un respirateur, une coiffe qui couvre le cou et le visage, une protection des yeux (lunettes ou écran facial) et des bottes ou chaussures fermées avec couvre-chaussure. De plus, une formation appropriée pour le port, le retrait, le stockage et la maintenance de l’EPI doit être assurée pour atteindre le degré le plus élevé possible de protection. De manière générale, les EPI recommandés ci-dessus doivent être portés, mais l’évaluation des risques doit être réalisée pour chaque tâche spécifique afin de sélectionner l’EPI le plus approprié. Les examens médicaux évaluant l’aptitude au travail visent à identifier les affections médicales qui pourraient être exacerbées ou aggravées par l’exposition aux dangers liés au travail. En riposte à l’épidémie d’Afrique occidentale, l’accès à des soins médicaux de qualité sur le ter- rain était extrêmement limité. Par conséquent, la surveillance médicale assurant l’aptitude au travail était nécessaire pour éviter toute complication d’un état médical préexistant pendant le déploiement dans les pays affectés par l’épidémie. Cependant, au cours d’épidémies d’agents hautement infectieux, l’utilisation de l’EPI devient l’une des mesures les plus immédiates pour sauvegarder la sécurité et la santé des personnels de santé, en association avec d’autres contrôles administratifs. Figure 4 Contrôles administratifs Contrôles techniques Substitution Élimination Hiérarchie des contrôles Éliminer physiquement le danger Remplacer le danger Isoler les personnes du danger Modifier la manière de travailler Protéger le personnel par un EPI Moins efficace Plus efficace EPI Hiérarchie des contrôles de sécurité et de santé au travail Source: Hierarchy of controls [20]. Sécurité et santé au travail durant les crises sanitaires 02. Sécurité et santé en cas de crises sanitaires et autres situations d’urgence: stratégies et outils40 2.5 Stratégies pour la prévention et le contrôle des infections Les stratégies de PCI impliquent également une hiérarchie des contrôles. Les contrôles admi- nistratifs constituent la composante la plus importante des stratégies de prévention des infections, et comprennent la mise en œuvre et la facilitation des précautions de PCI ainsi que des pratiques sûres de soins aux patients. Les contrôles environnementaux et techniques peuvent aider à réduire la propagation de certains agents pathogènes associés aux soins de santé, mais un comportement sûr est primordial. La dernière composante dans la hiérarchie des contrôles est l’EPI. Les contrôles administratifs fournissent les politiques et procédures opérationnelles standard destinées à prévenir l’exposition et la transmission des agents infectieux à une personne exposée. Celles-ci comprennent: le support organisationnel pour la PCI et pour la prise en charge des épidémies; l’organisation des services; les politiques sur l’utilisation rationnelle des fournitures disponibles et le renforcement de l’infrastructure de PCI; l’éducation des personnels de santé; l’évaluation du risque sur le lieu de l’intervention; le tri des patients pour une détection précoce; la prise en charge et le suivi de l’état du patient; le flux des patients; la répartition en zones; l’octroi de personnel dédié; la limitation des entrées pour isoler les installations; la limitation des visites; des procédures de nettoyage environnemental; la gestion du linge et des déchets; et la réduction des procédés intraveineux. Les contrôles techniques et environnementaux comprennent par exemple les aspects suivants: les chambres d’isolement avec cabinet de toilette privé pour le tri des patients; les barrières physiques; la ventilation; l’installation de récipients pour instruments tranchants usagés; la mise à disposition de dispositifs pour le lavage des mains et de distributeurs de solutions hydroalcooliques; le nombre approprié de toilettes; les dispositifs avec protège- aiguille; et les services d’eau potable et d’assainissement, notamment l’évacuation hors site et le traitement des eaux résiduaires et des déchets liés aux soins. 2.5.1 Précautions standard Les précautions standard sont destinées à la réduction du risque de propagation des agents pathogènes transmis par le sang et autres, de sources connues et inconnues. Il s’agit du niveau basique des précautions pour le contrôle de l’infection, qui doivent être utilisées au minimum pour le soin de tous les patients [21]. L’hygiène des mains est une composante déterminante des précautions standard et est l’un des procédés les plus efficaces pour prévenir la transmission des agents pathogènes associés aux soins de santé. En plus de l’hygiène des mains, il convient de prescrire l’utilisation d’un EPI en fonction de l’évaluation du risque et d’estimer l’étendue de l’exposition supposée au sang et autres fluides corporels ou aux agents pathogènes. «Les 5 indications de l’hygiène des mains» (figure 5) est une approche développée par l’OMS, qui définit les moments clés lors desquels les professionnels des soins de santé doivent veiller à l’hygiène des mains. Les situations dans lesquelles l’hygiène des mains est nécessaire sont les suivantes: 1. Avant de toucher un patient: pour protéger le patient d’une colonisation et, dans certains cas, d’une infection exogène par des germes nocifs transportés par les mains du professionnel de santé. X Se laver les mains avant de toucher un patient, quand on s’approche de lui/d’elle. 2. Avant un geste aseptique: pour protéger le patient d’une infection par des germes nocifs, y compris de ses propres germes, et les empêcher de pénétrer dans son corps. X Il convient de se laver les mains immédiatement avant d’entrer en contact avec une zone critique présentant un risque d’infection pour le patient (par exemple membrane muqueuse, peau lésée, dispositif médical invasif). 41Un manuel pour la protection des personnels de santé et des équipes d’intervention d’urgence02. Sécurité et santé en cas de crises sanitaires et autres situations d’urgence: stratégies et outils 3. Après un risque d’exposition à un liquide biologique: pour protéger le professionnel de santé de la colonisation ou de l’infection par des germes nocifs du patient, ainsi que l’envi- ronnement de soins de la propagation des germes. X Se laver puis se désinfecter les mains immédiatement après un risque d’exposition à des liquides corporels (et après avoir retiré les gants). 4. Après avoir touché un patient: pour protéger le professionnel de santé de la colonisation par les germes du patient et pour protéger l’environnement de soins de la propagation des germes. X Se laver les mains lorsque l’on quitte le chevet du patient, après l’avoir touché. 5. Après avoir touché l’environnement d’un patient: pour protéger le professionnel de santé d’une colonisation par les germes du patient qui pourraient être présents sur les surfaces/ objets dans l’environnement du patient et pour protéger l’environnement de soins d’une propagation des germes. X Se laver les mains après avoir touché tout objet ou meuble placé dans l’environnement immédiat du patient, en partant, même si on n’a pas touché le patient. Résumé technique X Lavage des mains (40-60 secondes): mouiller les mains et appliquer du savon; frotter toutes les surfaces; rincer les mains et les sécher soigneusement avec une serviette à usage unique; utiliser la serviette pour fermer le robinet. X Solution hydroalcoolique (20-30 secondes): appliquer assez de produit pour couvrir toute la surface des mains; se frotter les mains jusqu’à ce qu’elles soient sèches. Figure 5 4 5 1 2 3 Avant de toucher un patient Après avoir touché l’environnement d’un patient Après avoir touché un patient Ava nt un geste aseptique Après u n risqu ed’exposition à un liquide biologiqu e Les 5 indications de l’hygiène des mains Source: Hygiène des mains: manuel technique de référence [21]. Sécurité et santé au travail durant les crises sanitaires 02. Sécurité et santé en cas de crises sanitaires et autres situations d’urgence: stratégies et outils42 Hygiène des mains et utilisation de gants médicaux X L’utilisation de gants ne remplace pas la nécessité du nettoyage des mains. X Le nettoyage des mains doit être effectué lorsque nécessaire, indépendamment de l’uti- lisation ou non de gants. X Retirer les gants pour effectuer le nettoyage des mains lorsqu’une indication se présente alors que l’on porte des gants. X Retirer les gants après chaque tâche et se laver les mains (les gants peuvent porter des germes). X Ne porter des gants que quand cela est indiqué par les précautions standard et de contact; sinon ils peuvent devenir un risque majeur de transmission de germes. Prévention des blessures par piqûre d’aiguille et des expositions au sang à l’aide d’une série de contrôles Une série de contrôles destinés à prévenir les blessures par piqûre d’aiguille et autres expo- sitions au sang des personnels de santé, telle que recommandée par les bonnes pratiques pour les injections et procédures apparentées de l’OMS [22], est donnée ci-dessous par ordre d’efficacité (en commençant par la plus efficace). Élimination du danger: Une élimination complète du danger de la zone de travail est la manière la plus efficace pour contrôler un danger. Cette approche doit être utilisée aussi souvent que possible. Les exemples comprennent le retrait des objets tranchants et des aiguilles lorsque c’est possible (par exemple privilégier les injecteurs à pression aux aiguilles et seringues, ou utiliser des systèmes intraveineux sans aiguille), éliminer toutes les injec- tions non nécessaires, et éliminer tous les objets tranchants non nécessaires comme les pinces fixe-champs. Contrôles techniques: Ils sont utilisés pour isoler ou retirer un danger d’un lieu de travail. Les exemples comprennent les récipients à objets tranchants et, si possible, l’utilisation des dispo- sitifs de protection des objets tranchants pour toutes les procédures (dispositifs avec aiguilles rétractables, protège-aiguilles ou aiguilles immédiatement protégées après utilisation). Contrôles administratifs: Il s’agit de politiques, comme des procédures opératoires stan- dard, qui visent à limiter l’exposition au danger. Les exemples comprennent: l’allocation de ressources pour la sensibilisation à la sécurité du professionnel de santé; un comité de suivi et de prévention des accidents d’exposition au liquide biologique; un plan de contrôle de l’ex- position; l’élimination de tous les dispositifs peu sûrs; et une solide formation sur l’utilisation de dispositifs sûrs. Contrôles des pratiques opératoires: Il s’agit de contrôles qui modifient le comportement du personnel afin de réduire les risques liés au travail. Les exemples comprennent: l’inter- diction de recapuchonner manuellement les aiguilles; la disposition de récipients pour objets tranchants à hauteur des yeux et accessibles; la fermeture et le remplacement des récipients pour objets tranchants lorsqu’ils sont pleins aux trois quarts; et la mise en place des moyens pour la manipulation et l’élimination des dispositifs tranchants avant le début d’une procédure. 43Un manuel pour la protection des personnels de santé et des équipes d’intervention d’urgence02. Sécurité et santé en cas de crises sanitaires et autres situations d’urgence: stratégies et outils Équipement de protection individuelle L’utilisation et l’élimination de l’EPI sont essentielles pour réduire l’exposition. Des politiques et procédures doivent spécifier les détails liés au choix de l’EPI pour chaque tâche, son emplace- ment, la formation pour le porter, notamment l’ordre pour l’enfiler, le décontaminer, le retirer, et pour l’éliminer ou le ranger. En outre, l’efficacité de l’EPI est accrue quand les activités de formation accordent une attention particulière au travail en binôme pour assister et superviser le personnel lorsqu’il enfile, utilise et retire l’équipement. Choix de l’EPI: L’utilisation d’un EPI exige des règles de choix, qui comprennent l’approvi- sionnement, la taille, l’ajustement, le niveau de protection, le confort, la conception et l’expé- rience d’utilisation. Des gants sans latex sont utilisés pour la protection contre les maladies infectieuses, alors que des gants résistants aux produits chimiques sont utilisés pour la protection contre ces produits. D’autres considérations comprennent la mise à disposition d’EPI de différentes tailles et compositions pour plus de confort, ce qui peut être un facteur déterminant pour son utilisation. Gants Les gants doivent être portés selon les précautions standard et de contact: X Le nettoyage des mains doit être effectué lorsque c’est nécessaire, indépendamment de l’utilisation ou non de gants. X L’utilisation de gants stériles est indiquée lors de la réalisation d’une procédure invasive impliquant les muqueuses ou le sang (par exemple opérations chirurgicales, accouchement par voie basse, procédure radiologique invasive, procédure cardio-vasculaire invasive, alimentation parentérale totale et chimiothérapie). X L’utilisation de gants d’examen est indiquée lorsqu’il existe une possibilité d’entrer en contact avec du sang, des liquides biologiques, des sécrétions, des excrétions et des objets visiblement souillés par des fluides corporels. — Les situations à risque d’exposition humaine directe comprennent: le contact avec le sang, les muqueuses et de la peau lésée en présence potentielle d’organismes hau- tement infectieux ou dangereux; les situations épidémiques ou d’urgence; la pose et le retrait de voies intraveineuses; le prélèvement sanguin; l’interruption d’une voie veineuse; un examen pelvien et vaginal; et les systèmes d’aspiration non fermés des tubes d’intubation. — Les situations à risque d’exposition indirecte au patient comprennent: la vidange des cuvettes pour vomir, la manipulation et le nettoyage des instruments, la manipulation des déchets et le nettoyage des fluides corporels. X L’utilisation de gants n’est pas indiquée sauf pour les précautions de contact, et lorsqu’il n’existe aucune potentialité d’exposition au sang, aux fluides corporels ou à un environ- nement contaminé. — Les situations présentant un risque d’exposition humaine directe comprennent: le relevé de la tension artérielle, de la température et du pouls; la réalisation d’injections sous-cutanées et intramusculaires; la toilette et l’habillement du patient; le transport des patients; le soin des yeux et des oreilles (sans sécrétions); et toute manipulation de voie vasculaire en l’absence de fuite sanguine. — Les situations présentant un risque d’exposition indirecte au patient comprennent: l’utilisation du téléphone; l’annotation dans le dossier du patient; l’administration de médicaments par voie orale; la distribution et le retrait des plateaux-repas; le chan- gement et la remise en place des draps du lit du patient; le placement d’un équipe- ment de ventilation non invasif et de canule d’oxygène; et le déplacement des objets appartenant au patient. Sécurité et santé au travail durant les crises sanitaires 02. Sécurité et santé en cas de crises sanitaires et autres situations d’urgence: stratégies et outils44 Protection du visage (yeux, nez et bouche) Un masque chirurgical et une protection des yeux (visière, lunettes) ou un écran facial doivent être portés pour protéger les muqueuses des yeux, du nez et de la bouche pendant les activités qui sont susceptibles de produire des éclaboussures ou des jets de sang, de fluides corporels, de sécrétions et d’excrétions. Des couvre-chaussures, des bonnets et des tabliers doivent également être portés. Blouses et combinaisons Les blouses et combinaisons doivent être portées pour protéger la peau et prévenir une souil- lure des vêtements pendant les activités qui sont susceptibles de produire des éclaboussures ou des jets de sang, de fluides corporels, de sécrétions et d’excrétions. La blouse ou la com- binaison souillée doit être retirée dès que possible, le nettoyage des mains doit être effectué. Équipement de protection respiratoire Les équipements de protection respiratoire protègent les travailleurs des dangers transportés par l’air. X Il existe deux types d’équipements de protection respiratoire: le respirateur à filtre à particules (souvent appelés masques à filtres FFP1/2/3) et le respirateur à adduction d’air. Les équipements de protection respiratoire peuvent également être classifiés comme étanches ou non étanches. Les équipements de protection respiratoire N95 ou les équi- pements de protection respiratoire présentant un haut facteur de protection doivent être utilisés lorsque des dangers par inhalation existent (appareil respiratoire isolant – ARI). Les équipements de protection respiratoire étanches comprennent un joint étanche entre le respirateur et le visage et/ou le cou de l’utilisateur. X Si le joint du respirateur fuit, l’air contaminé peut parvenir sur le visage et être respiré. Par conséquent, tout ce qui interfère avec l’étanchéité du respirateur (comme des cheveux, des boucles d’oreilles, des coiffes, des perruques ou des piercings sur le visage) n’est pas autorisé. Les équipements de protection respiratoire amples n’exigent pas un contact hermétique avec le visage pour assurer leur protection; il ne faut donc pas procéder à un test d’ajustement sur le visage. X Le travailleur doit avoir reçu l’autorisation médicale et avoir testé l’ajustement d’un respi- rateur de mêmes fabricant, modèle, style et taille que celui qui sera utilisé. Le test d’ajus- tement est effectué afin de s’assurer que le masque du respirateur s’adapte au visage. Les équipements de protection respiratoire doivent être testés à nouveau avant la première utilisation. Un nouveau test doit être effectué tous les 12 mois au moins. De plus, un test d’ajustement doit être répété si des changements des caractéristiques du visage ont eu lieu, comme une chirurgie ou un gain de poids. X Un contrôle d’étanchéité par l’utilisateur est réalisé chaque fois que le respirateur est enfilé. Le contrôle détermine si le respirateur est ajusté au visage ou doit être réajusté. X Les masques sans filtres ou masques chirurgicaux ne sont PAS des appareils respiratoires, ils ne protègent pas l’utilisateur des dangers transportés par l’air. 45Un manuel pour la protection des personnels de santé et des équipes d’intervention d’urgence02. Sécurité et santé en cas de crises sanitaires et autres situations d’urgence: stratégies et outils Enfiler et retirer un équipement de protection individuelle Pour une utilisation efficace de l’EPI et la protection des personnels de santé, il est essentiel de suivre les procédures standard pour mettre et enlever l’équipement (figure 6). Enfiler l’EPI Combinaison: X Couverture complète du torse, du cou aux genoux, des bras jusqu’à l’extrémité des poi- gnets et enveloppement autour du dos. X Fixation à l’arrière du cou et de la taille. Utiliser un ruban adhésif pour la fixation. Respirateur: X Attacher les liens ou bandes élastiques au milieu de la tête et sur le cou. X Ajuster la bande flexible sur le pont du nez. X Bien ajuster le masque au visage et sous le menton. X Ajuster et contrôler le respirateur. Lunettes ou écran facial: X Placer devant le visage et les yeux et ajuster. Gants: X Veiller à couvrir le poignet de la combinaison. Retirer l’EPI Gants: X L’extérieur des gants est contaminé! X Prendre l’extérieur du gant avec la main gantée opposée, retirer. X Garder le gant retiré dans la main gantée. X Glisser les doigts de la main dégantée sous le gant restant au niveau du poignet. X Retirer le deuxième gant. X Jeter les gants dans un récipient à déchets. Lunettes ou écran facial: X L’extérieur des lunettes ou de l’écran facial est contaminé! X Pour les retirer, manipuler la bande frontale ou les éléments auriculaires. X Disposer dans un récipient dédié pour traitement ou jeter dans un récipient à déchets. Combinaison: X L’avant de la combinaison et les manches sont contaminés! X Détacher les fermetures. X Retirer depuis le cou et les épaules en ne touchant que l’intérieur de la combinaison. X Retirer en mettant l’extérieur à l’intérieur. X Rouler en boule et jeter. Respirateur: X L’avant du masque/respirateur est contaminé – NE PAS TOUCHER! X Détacher le bas, puis les attaches supérieures ou les élastiques et retirer. X Jeter dans un récipient à déchets. Sécurité et santé au travail durant les crises sanitaires 02. Sécurité et santé en cas de crises sanitaires et autres situations d’urgence: stratégies et outils46 Figure 6 Mettre un équipement de protection personnelle Source: Prévention et contrôle de l’infection pour les soins aux cas suspects ou confirmés de fièvre hémorragique à filovirus dans les établissements de santé, avec un accent particulier sur le virus Ebola (Guide provisoire) [37]. 47Un manuel pour la protection des personnels de santé et des équipes d’intervention d’urgence02. Sécurité et santé en cas de crises sanitaires et autres situations d’urgence: stratégies et outils Précautions supplémentaires (en fonction de la transmission) Des précautions supplémentaires (en fonction de la transmission) sont prises en s’assurant de conserver les précautions standard. Ces précautions supplémentaires, décrites dans les directives pratiques pour le contrôle de l’infection dans les installations sanitaires) de l’OMS [23], font référence à la transmission de l’infection par voie aérienne, par gouttelettes et par voie de contact. Précautions contre la transmission par voie aérienne Les précautions contre la transmission par voie aérienne sont conçues pour réduire la trans- mission des maladies propagées par l’air. La transmission par voie aérienne survient lorsque les noyaux des gouttelettes (évaporées) de moins de 5 microns sont disséminés dans l’air. Ces noyaux peuvent rester en suspension dans l’air pendant un certain temps. Ils constituent des résidus de gouttelettes et, lorsqu’ils sont en suspension dans l’air, ils sèchent et produisent des particules ayant une taille allant de 1 à 5 microns. Ces particules peuvent rester en sus- pension dans l’air pendant de longues périodes, en particulier quand elles sont liées à des particules de poussière. Les maladies qui sont propagées par ce mode comprennent la tuberculose pulmonaire active, la rougeole, la varicelle, la peste pneumonique et la fièvre hémorragique, ainsi que la pneumonie. Les précautions suivantes doivent être prises: X Mettre en place des précautions standard. X Placer les patients dans une chambre séparée, qui dispose d’un débit d’air à pression négative contrôlé (souvent dénommé «chambre à pression négative»). X L’air doit être évacué vers l’extérieur, ou filtré avant d’être remis en circulation vers d’autres zones de l’institution sanitaire. X Garder les portes fermées. X Toute personne qui entre dans la chambre doit porter un respirateur à filtre particulaire de haute performance (par exemple N95). X Limiter le mouvement et le transport du patient en dehors de la chambre aux besoins essentiels. X Si un transport est nécessaire, minimiser la dispersion des particules en munissant le patient d’un masque chirurgical. X Demander l’aide du service technique pour s’assurer que le débit d’air à pression négative est effectif. Précautions contre la transmission par gouttelettes Les maladies transmises par cette voie comprennent les pneumonies, la coqueluche, la diph- térie, la grippe de type B, les oreillons et la méningite. La transmission par gouttelettes sur- vient lorsqu’il existe un contact adéquat entre les muqueuses du nez et de la bouche ou la conjonctive d’une personne exposée et de grandes gouttelettes (> 5 microns). Les gouttelettes sont habituellement générées par la personne infectée lorsqu’elle tousse, se mouche, parle ou lors d’intervention telles qu’une aspiration endotrachéale. Les précautions suivantes doivent être prises: X Mettre en place des précautions standard. X Placer les patients dans une chambre séparée (ou une chambre avec un autre patient infecté par le même agent pathogène). X Porter un masque chirurgical (ou un respirateur) lorsque l’on travaille dans un rayon de 1 à 2 mètres du patient. Sécurité et santé au travail durant les crises sanitaires 02. Sécurité et santé en cas de crises sanitaires et autres situations d’urgence: stratégies et outils48 X Placer un masque chirurgical sur le patient s’il doit être transporté. X Une filtration particulière de l’air et une ventilation spéciale ne sont pas nécessaires pour prévenir une transmission par gouttelettes. Précautions contre la transmission par voie de contact Les maladies transmises par cette voie comprennent la colonisation ou l’infection par plusieurs organismes résistants aux antibiotiques, les infections entériques et les infections cutanées. Les précautions suivantes doivent être prises: X Mettre en place des précautions standard. X Placer les patients dans une chambre séparée (ou une chambre avec un autre patient infecté par le même agent pathogène). X Tenir compte de l’épidémiologie de la maladie et de la population de patients lors du placement des patients. X Porter des gants propres non stériles lorsque l’on pénètre dans la chambre. X Porter une combinaison propre non stérile lorsque l’on pénètre dans la chambre si un contact avec le patient, les surfaces alentour ou des accessoires dans la chambre du patient est attendu. X Limiter le mouvement et le transport du patient en dehors de la chambre. Les patients ne peuvent être déplacés que pour des besoins essentiels. Si un transport est nécessaire, utiliser les précautions destinées à minimiser le risque de transmission. Nettoyage de l’environnement X Un nettoyage de routine est important pour assurer un environnement hospitalier propre et sans poussière. De nombreux micro-organismes sont présents dans la «salissure visible», et le nettoyage de routine aide à éliminer cette salissure. X Les zones administratives et les bureaux, sans contact avec le patient, requièrent un nettoyage domestique normal. X La plupart des zones destinées au soin des patients doivent être nettoyées avec une serpillière humide. X Un balayage à sec n’est pas recommandé. L’utilisation d’une solution détergente neutre améliore la qualité du nettoyage. L’eau chaude (80 °C) constitue un agent de nettoyage écologique utile et efficace. X Une analyse bactériologique de l’environnement n’est pas recommandée, excepté lorsque l’on suspecte une source potentielle d’épidémie. X Toute zone visiblement contaminée de sang ou de fluides corporels doit être immédiate- ment nettoyée avec un détergent et de l’eau. X Les chambres d’isolement et autres zones avec des patients atteints de maladies infec- tieuses transmissibles doivent être nettoyées avec une solution détergente/désinfectante au moins une fois par jour. X Toutes les surfaces horizontales et les cabinets de toilette doivent être nettoyés quoti- diennement. 49Un manuel pour la protection des personnels de santé et des équipes d’intervention d’urgence02. Sécurité et santé en cas de crises sanitaires et autres situations d’urgence: stratégies et outils Lessive Draps Les principes de base de la prise en charge des draps sont les suivants: X Placer les draps usagés dans un sac approprié sitôt enlevés. X Disposer les draps souillés par des substances corporelles ou d’autres fluides dans des sacs imperméables appropriés et fermer soigneusement les sacs pour le transport afin d’éviter toute contamination de sang, de fluides corporels, de sécrétions ou d’excrétions. X Ne pas rincer ou trier les draps au chevet du patient (trier dans les pièces dédiées). X Manipuler les draps avec un minimum de mouvement pour éviter la génération d’aérosol de micro-organismes pathogènes. X Séparer les draps propres des draps souillés et les transporter/entreposer séparément. X Laver les draps usagés (draps, couvertures en coton) à l’eau chaude (70-80 °C) et avec du détergent, rincer et sécher de préférence dans un sèche-linge ou au soleil (les lave-linge/ sèche-linge industriels sont recommandés pour la blanchisserie de l’hôpital). X Passer les draps à l’autoclave avant de les fournir aux salles/blocs opératoires. X Laver les couvertures en laine à l’eau chaude et sécher au soleil ou dans des sèche-linge à froid, ou effectuer un nettoyage à sec. Literie X Les matelas et oreillers munis d’un revêtement plastique doivent être essuyés avec un détergent neutre. X Les matelas sans revêtement plastique doivent être nettoyés à la vapeur s’ils ont été contaminés avec des fluides corporels. En cas d’impossibilité, la contamination doit être éliminée par un lavage manuel, en assurant une protection adéquate au personnel et à l’environnement. X Laver les oreillers par la procédure usuelle de la blanchisserie décrite ci-dessus, ou par nettoyage à sec s’ils ont été contaminés par des fluides corporels. Traitement des instruments et de l’équipement Le traitement efficace des instruments et de l’équipement comprend les aspects suivants: X nettoyer les instruments et l’équipement immédiatement après leur utilisation afin d’éli- miner toute matière organique, produits chimiques; et X désinfecter (par la chaleur ou des désinfectants chimiques); ou X stériliser. Équipement destiné au soin du patient X L’équipement souillé par du sang, des fluides corporels, des sécrétions, des excrétions, etc. doit être manipulé de manière à prévenir l’exposition de la peau et des muqueuses, la contamination des vêtements et le transfert des agents pathogènes à d’autres patients ou à l’environnement. X L’équipement réutilisable doit être nettoyé, désinfecté et traité de manière appropriée avant son utilisation pour le patient suivant. Sécurité et santé au travail durant les crises sanitaires 02. Sécurité et santé en cas de crises sanitaires et autres situations d’urgence: stratégies et outils50 Équipement de protection individuelle usagé Les directives pratiques pour le contrôle de l’infection dans les installations sanitaires de l’OMS [23] recommandent certaines mesures pour la prise en charge des EPI usagés (voir tableau 1). Gestion des déchets médicaux Les déchets hospitaliers constituent un réservoir potentiel de micro-organismes pathogènes et exigent une manipulation appropriée, sûre et fiable. Le risque principal associé à l’infection se situe au niveau des objets tranchants contaminés par du sang. Il doit y avoir une ou plu- sieurs personnes responsables de l’organisation et de la gestion de la collecte des déchets, leur manipulation, leur entreposage et leur élimination. La gestion des déchets doit être réalisée en coordination avec l’équipe de contrôle de l’infection. Dans son guide sur une gestion sûre des déchets provenant d’institutions sanitaires [24], l’OMS énumère les étapes suivantes pour la gestion des déchets médicaux: X génération; X ségrégation/séparation; X collecte; X transport; X traitement et élimination. Principes pour la gestion des déchets médicaux La gestion sûre des déchets médicaux implique une approche systématique, basée sur des exigences réglementaires et les ressources disponibles pour la manipulation et l’élimination. Ces principales composantes correspondent aux actions suivantes à entreprendre par les directeurs d’institution: X Développer un plan de gestion des déchets basé sur l’évaluation de la situation actuelle et qui réduit la quantité des déchets générés. X Séparer les déchets cliniques (infectieux) des déchets non cliniques dans des réci- pients dédiés. X Transporter les déchets sur un chariot utilisé exclusivement à cet effet. X Stocker les déchets dans des zones spécifiées à accès limité. X Collecter et stocker les objets tranchants dans des récipients spécialement dédiés. Les récipients pour objets tranchants doivent être en plastique ou en métal et présenter un couvercle pouvant être fermé. Ils doivent être marqués du logo approprié, par exemple un symbole de danger biologique pour les déchets cliniques (infectieux). X Marquer la zone de stockage d’un symbole de danger biologique. X S’assurer que les chariots utilisés pour le transport des déchets ne sont pas employés pour d’autres objets; ils doivent être nettoyés régulièrement. X Identifier une zone de stockage pour les déchets avant leur traitement ou avant qu’ils soient convoyés vers la zone de mise au rebut définitive. X Le traitement des déchets dangereux et biologiques/infectieux doit être réalisé selon les réglementations nationales et les directives de l’OMS. Cela peut impliquer le transport des déchets infectieux vers une institution de centralisation du traitement des déchets ou leur traitement in situ. 51Un manuel pour la protection des personnels de santé et des équipes d’intervention d’urgence02. Sécurité et santé en cas de crises sanitaires et autres situations d’urgence: stratégies et outils Tableau 1 Prise en charge de l’équipement de protection individuelle usagé Équipement Procédure standard Commentaires N95 ou masque chirurgical standard Utilisation exclusive de jetables Jeter dans un sac-poubelle approprié selon les directives de l’institution sanitaire Masque HEPA (P100) Utilisation exclusive de filtres jetables Retirer les filtres du masque et les jeter Nettoyer le masque avec un détergent et de l’eau, sécher et désinfecter avec de l’alcool à 70 pour cent avant toute réutilisation Jeter les filtres dans un sac-poubelle approprié selon les directives de l’institution sanitaire Protection des yeux, lunettes, écran facial L’utilisation d’articles jetables est recommandée Si réutilisable, nettoyer avec un détergent et de l’eau, sécher et désinfecter avec de l’alcool à 70 pour cent ou immerger dans une solution d’hypochlorite à 1 pour cent pendant 20 minutes, rincer et sécher Si jetable, jeter dans un sac-poubelle approprié selon les directives de l’institution sanitaire Combinaison L’utilisation de combinaisons jetables est recommandée Si réutilisable, nettoyer selon les directives de l’institution sanitaire pour les draps souillés Par exemple, laver à l’eau chaude (70-80 °C) si possible OU Immerger dans de l’eau avec une poudre de blanchiment à 0,5 pour cent pendant 30 minutes Laver à nouveau avec un détergent et de l’eau pour éliminer l’agent de blanchiment Si jetable, jeter dans un sac-poubelle approprié selon les directives de l’institution sanitaire Si réutilisable, idéalement, sécher dans un sèche-linge ou au soleil Tablier L’utilisation de tabliers jetables est recommandée Si réutilisable, nettoyer avec un détergent et de l’eau, sécher et désinfecter avec de l’alcool à 70 pour cent Si jetable, jeter dans un sac-poubelle approprié selon les directives de l’institution sanitaire Coiffe et couvre-chaussures L’utilisation de coiffes jetables est recommandée Si réutilisable, lessiver selon les directives de l’institution sanitaire pour les draps souillés Par exemple, lessiver à l’eau chaude (70-80 °C) si possible OU Immerger dans de l’eau avec une poudre de blanchiment à 0,5 pour cent pendant 30 minutes Laver à nouveau avec un détergent et de l’eau pour éliminer l’agent de blanchiment Si jetable, jeter dans un sac-poubelle approprié selon les directives de l’institution sanitaire Si réutilisable, idéalement, sécher dans un sèche-linge ou au soleil Gants Utilisation exclusive de jetables Jeter dans un sac-poubelle approprié selon les directives de l’institution sanitaire Bottes réutilisables Nettoyer avec un détergent et de l’eau, sécher et désinfecter avec de l’alcool à 70 pour cent Sécurité et santé au travail durant les crises sanitaires 02. Sécurité et santé en cas de crises sanitaires et autres situations d’urgence: stratégies et outils52 2.5.2 Prévention des infections respiratoires en milieu hospitalier Pour prévenir la transmission en milieu hospitalier de toutes les infections respiratoires (comme la grippe et la méningite à méningocoques) dont la propagation se fait par des gout- telettes, les mesures suivantes de contrôle de l’infection doivent être mises en place dès le premier contact avec une personne potentiellement infectée. Ces mesures doivent faire partie des pratiques de contrôle de l’infection en tant que composantes des précautions standard. 1. Alertes visuelles Des alertes visuelles (dans les langues appropriées) doivent être affichées à l’entrée des insti- tutions pour soins ambulatoires (par exemple services des urgences, cabinets des médecins, cliniques ambulatoires), demandant aux patients et aux personnes qui les accompagnent (par exemple famille, amis) d’informer le personnel soignant de symptômes d’une infection respiratoire lorsqu’ils s’enregistrent, et d’adopter les règles d’hygiène respiratoire et d’hygiène en cas de toux. Les précautions suivantes doivent être prises pour prévenir la propagation de l’infection par la toux: X Éviter les contacts rapprochés avec les personnes malades. X Rester à la maison lorsqu’on est malade. X Se couvrir la bouche et le nez à l’aide d’un mouchoir en papier lorsque l’on tousse ou que l’on éternue. X Se laver les mains avec du savon et de l’eau tiède pendant 60 secondes. Si le savon et l’eau ne sont pas disponibles, utiliser une solution hydroalcoolique. X Éviter de se toucher les yeux, le nez et la bouche. X Mettre en pratique d’autres bonnes habitudes sanitaires. Nettoyer et désinfecter fré- quemment les surfaces touchées à la maison, au travail, à l’école, en particulier lorsque quelqu’un est malade. Dormir suffisamment, être actif, gérer son stress, boire suffisam- ment et manger sainement. 2. Règles d’hygiène respiratoire et d’hygiène en cas de toux Les mesures suivantes destinées à contenir les sécrétions respiratoires sont recommandées pour tous les individus présentant des signes et symptômes d’infection respiratoire: X Se couvrir la bouche et le nez à l’aide d’un mouchoir en papier lorsque l’on tousse ou que l’on éternue. X Utiliser la poubelle la plus proche pour jeter le mouchoir après utilisation. X Si on ne dispose pas de mouchoir en papier, tousser ou éternuer dans sa manche et non dans ses mains. X Se laver les mains (par exemple se laver les mains avec un savon non antimicrobien et de l’eau ou une solution hydroalcoolique, ou une solution antiseptique) après avoir été en contact avec des sécrétions respiratoires et des objets/matériels contaminés. 53Un manuel pour la protection des personnels de santé et des équipes d’intervention d’urgence02. Sécurité et santé en cas de crises sanitaires et autres situations d’urgence: stratégies et outils Les institutions sanitaires doivent assurer la mise à disposition de matériels pour les règles d’hygiène respiratoire et d’hygiène en cas de toux. Dans les salles d’attente pour patients et visiteurs: X Prévoir des mouchoirs en papier et des poubelles «no touch» pour l’élimination des mou- choirs usagés. X Prévoir des distributeurs de solution hydroalcoolique, judicieusement disposés; lorsque des éviers sont disponibles, s’assurer que les accessoires pour le lavage des mains (par exemple savon, serviettes jetables) soient toujours disponibles. 3. Port de masque et isolement des personnes présentant des symptômes respiratoires Pendant les périodes de pics d’infections respiratoires dans la communauté (par exemple sur le lieu de travail et dans les cabinets médicaux lorsque le nombre de visites de patients avec des symptômes de maladie respiratoire augmente), il convient d’offrir des masques aux personnes qui toussent. Les masques avec des fixations aux oreilles ou les masques chirurgicaux (à savoir avec des liens derrière la tête) peuvent être utilisés pour contenir les sécrétions respiratoires (les équipements de protection respiratoire comme un masque N95 ou autres ne sont pas nécessaires dans ce cas). Lorsque l’espace et le nombre de chaises le permettent, il faut encourager les personnes qui toussent à s’asseoir à une distance d’au moins 1 mètre des autres dans les salles communes. Pour des raisons logistiques, certaines institutions préféreront instaurer ces recommandations de tout temps. 4. Précautions contre la transmission par gouttelettes Il convient de recommander au personnel soignant d’observer les précautions contre la transmission par gouttelettes (en portant un masque chirurgical ou en appliquant la procé- dure relative au contact étroit), en plus des précautions standard, lorsque l’on examine un patient présentant des symptômes d’infection respiratoire, en particulier en cas de fièvre. Ces précautions doivent être poursuivies tant qu’il n’a pas été établi que la cause des symptômes n’est pas un agent infectieux qui exige de telles précautions. Risques habituels pour la sécurité et la santé lors de situations d’urgence 03 Sécurité et santé au travail durant les crises sanitaires 03. Sécurité et santé lors de situations d’urgence: risques habituels56 Vu le haut degré de virulence et le taux élevé de létalité, une infection par un agent microbien est de loin le problème principal de santé au travail pour les personnes impliquées dans la riposte et la préparation à une crise sanitaire. Cependant, dans des conditions climatiques tropicales et subtropicales, les équipes d’intervention d’urgence peuvent également être exposées à des maladies endémiques fréquentes comme le paludisme, la fièvre typhoïde, le choléra, les hépatites A et B, le VIH/sida, la tuberculose, les infections transmises par l’eau et par la nourriture, et d’autres maladies transmissibles. Outre les agents hautement infectieux, d’autres dangers peuvent également menacer la santé des équipes d’intervention et des personnels de santé. Les maladies endémiques, le stress psychosocial, la fatigue et la violence en particulier peuvent réduire la capacité de travail des personnels de santé et des équipes d’intervention et gêner l’efficacité des mesures de PCI. Le stress thermique dû aux conditions climatiques, ainsi qu’au travail avec de lourds EPI, peut provoquer des malaises et limiter sérieusement la capacité de travail et la productivité. Les problèmes ergonomiques, tels que la manipulation de lourdes charges, à savoir les patients et le matériel lourd, et les postures inappropriées peuvent conduire à des troubles muscu- lo-squelettiques, ce qui diminue la capacité de travail, réduit l’aptitude à suivre strictement les pratiques opérationnelles et augmente l’absentéisme. Les travailleurs récemment expatriés et les volontaires venant de toutes les parties du monde composent une partie significative des effectifs de riposte à une situation d’urgence. Leur sécurité et santé, leur hébergement, leurs relations avec les équipes et communautés locales ainsi que l’adaptation au climat et au contexte socioculturel des pays affectés peuvent égale- ment être une source de stress. Cela demande une approche multidisciplinaire globale pour protéger la sécurité, la santé et le bien-être des équipes d’intervention lors d’une crise sani- taire ou autre situation d’urgence, notamment des mesures de SST, de PCI, de riposte à une situation d’urgence, de logistiques et de bien-être social. Ce chapitre donne des informations sur les dangers qui se présentent à différents degrés dans presque tous les types de crises sanitaires et de situations d’urgence et les mesures de prévention et de contrôle appropriées. 3.1 Maladies à transmission vectorielle Les pays affectés par des agents pathogènes hautement infectieux tels le choléra, la fièvre jaune et les fièvres hémorragiques virales (par exemple MVE ou virus Marburg) font également souvent partie des endroits où le paludisme, la dengue et autres maladies à transmission vectorielle sont endémiques. Le paludisme provoque de la fièvre et peut ressembler à des fièvres hémorragiques virales comme la MVE aux stades précoces, ce qui peut potentiellement entraîner un mauvais tri et un isolement erroné dans une unité de traitement spécialisé. La chimioprophylaxie pour le paludisme et la vigilance au niveau de la protection personnelle contre les moustiques et autres vecteurs, de jour comme de nuit, sont essentielles pour la prévention des maladies à transmission vectorielle. Les travailleurs déployés dans des zones affectées à haute endémicité de maladies à trans- mission vectorielle comme le paludisme doivent prendre les précautions suivantes: X Porter des vêtements à manches longues. X Utiliser des dispositifs anti-insectes (répulsifs) de jour comme de nuit. X Dormir sous une moustiquaire imprégnée d’insecticide. X Prendre une chimioprophylaxie contre le paludisme avant, pendant et après le déploie- ment, tel que recommandé par un professionnel de santé. 57Un manuel pour la protection des personnels de santé et des équipes d’intervention d’urgence03. Sécurité et santé lors de situations d’urgence: risques habituels X Être conscient du risque, de la période d’incubation, de la possibilité d’un déclenche- ment retardé et connaître les principaux symptômes (fièvre plus symptômes de type grippe, diarrhée). X Consulter immédiatement – en vue d’un diagnostic et d’un traitement – si la fièvre se développe 1 semaine ou plus après être arrivé dans une zone à risque de paludisme et jusqu’à 3 mois (rarement plus tard) après le départ de la zone à risque. X Disposer d’un traitement curatif de réserve pour le paludisme, tel que recommandé par un professionnel de santé. 3.2 Maladies transmises par l’eau et la nourriture Les équipes d’intervention d’urgence doivent travailler dans des régions lointaines et des conditions difficiles où une nourriture saine et de l’eau potable peuvent ne pas être dispo- nibles; leur séjour peut impliquer le fait de boire de l’eau provenant de sources locales, ainsi que de cuisiner de la nourriture locale. Dans ses directives concernant la qualité de l’eau potable [25], l’OMS recommande les mesures suivantes aux voyageurs, afin de prévenir les dangers et risques liés à une eau non potable: X Éviter en tout temps la consommation ou l’utilisation d’eau non potable (même pour se brosser les dents) si la qualité de l’eau ne peut pas être assurée. X Éviter les jus et la glace non pasteurisés, préparés à partir d’eau non traitée. X Éviter les salades ou autres repas non cuits, qui pourraient avoir été lavés ou préparés avec de l’eau non potable. X Boire de l’eau qui a été bouillie, filtrée et/ou traitée avec du chlore ou de l’iode et conservée dans des récipients propres. X Ne consommer des glaçons que s’il est avéré qu’ils ont été préparés avec de l’eau potable. X Boire l’eau en bouteille si elle avérée sûre, les boissons gazeuses (eau et sodas) si elles sont dans des contenants scellés et inviolables, les jus de fruits pasteurisés ou en boîte et le lait pasteurisé. X Ne boire du café et du thé que s’il est préparé avec de l’eau bouillie, et servi et conservé dans des récipients propres. Sécurité alimentaire Dans son guide de sécurité alimentaire [26], l’OMS décrit «cinq clefs pour des aliments plus sûrs» nécessaires pour la préparation et le service des aliments afin de conserver la qualité et la sécurité de la nourriture, et qui couvrent les domaines suivants de la sécurité alimentaire: 1. Conserver les préparations alimentaires dans des endroits propres: Alors que la plupart des micro-organismes ne provoquent pas de maladie, les micro-organismes dangereux se retrouvent fréquemment sur le sol, dans l’eau, sur les animaux et les êtres humains. Ces micro-organismes sont véhiculés par les mains, les torchons et les ustensiles, en particulier les planches à découper, et le moindre contact peut les transférer sur la nourriture et provoquer une maladie d’origine alimentaire. Par conséquent, le nettoyage des mains, l’assainissement de l’environnement et le contrôle des nuisibles doivent être pratiqués dans la cuisine et les réserves. Sécurité et santé au travail durant les crises sanitaires 03. Sécurité et santé lors de situations d’urgence: risques habituels58 2. Séparer les aliments crus des aliments cuits: Les aliments crus, en particulier la viande, la volaille et le poisson, ainsi que leurs jus, peuvent contenir des micro-organismes dangereux, susceptibles de contaminer d’autres aliments pendant la préparation et la conservation. Pour prévenir cela, la viande, la volaille et le poisson crus doivent être conservés séparément des autres aliments, et du matériel et des ustensiles distincts, comme les couteaux et les planches à découper, doivent être utilisés. La nourriture doit être conservée dans des récipients afin d’éviter le contact entre les aliments crus et ceux qui sont prêts à être consommés. 3. Cuire soigneusement les aliments: Une cuisson adéquate élimine presque tous les micro-or- ganismes dangereux. Des études ont montré qu’une cuisson à une température de 70 °C peut contribuer à garantir une nourriture propre à la consommation. Les aliments qui exigent une attention particulière comprennent les viandes hachées, les rôtis roulés, les grandes pièces de viande et les volailles entières. Par conséquent, il est essentiel que la nourriture soit soigneu- sement cuite – en particulier la viande, la volaille, les œufs et le poisson – et, si la nourriture doit être réchauffée, cela doit être effectué méticuleusement. Les aliments tels les soupes et les ragoûts doivent être portés à ébullition pour s’assurer qu’ils ont atteint 70 °C et, pour la viande et la volaille, s’assurer que leurs jus sont clairs et non rosés. 4. Conserver les aliments à bonne température: Les micro-organismes peuvent se multi- plier très rapidement si la nourriture est stockée à température ambiante. En conservant la nourriture à des températures inférieures à 5 °C ou supérieures à 60 °C, la croissance des micro-organismes est ralentie ou interrompue. Il est essentiel que les aliments cuits ne soient pas conservés à température ambiante plus de 2 heures. Tous les aliments cuits et périssables doivent être réfrigérés, de préférence à moins de 5 °C. Même au réfrigérateur, la nourriture ne peut pas être conservée longtemps. Il ne faut pas décongeler la nourriture congelée à température ambiante avant la cuisson. Les aliments cuits doivent être maintenus très chauds, de préférence à plus de 60 °C, jusqu’au moment de les servir. 5. Utiliser de l’eau potable et des produits sûrs: Les produits bruts, de même que l’eau et les glaçons, peuvent être contaminés par des micro-organismes et des produits chimiques dangereux. Des substances chimiques toxiques peuvent se développer dans de la nourriture avariée et moisie. Choisir soigneusement les produits bruts et appliquer des mesures simples comme le lavage et l’épluchage peuvent réduire le risque. Il est essentiel d’utiliser de l’eau potable, ou l’eau doit être bouillie ou assainie à l’aide de comprimés ou de solutions de chlore. Il faut choisir des aliments frais et sains; le lait doit être pasteurisé, et les fruits et légumes doivent être soigneusement lavés, en particulier si vous les consommez crus. La nourriture emballée ne peut pas être consommée au-delà de la date de péremption. 59Un manuel pour la protection des personnels de santé et des équipes d’intervention d’urgence03. Sécurité et santé lors de situations d’urgence: risques habituels 3.3 Maladies évitables par la vaccination L’immunisation contre les maladies endémiques évitables par la vaccination est l’une des mesures de protection les plus efficaces pour protéger les personnels de santé et les équipes d’intervention d’urgence des maladies hautement transmissibles. Les travailleurs déployés dans des zones à haute prévalence de maladies endémiques doivent être à jour concernant les vaccinations exigées dans la zone de déploiement. L’OMS a publié sur son site un guide pour l’immunisation des personnels de santé contre différentes maladies évitables par la vaccination [27]. Par exemple, pour les équipes d’intervention déployées lors de la riposte à Ebola en Afrique occidentale, l’OMS a recommandé la vaccination contre les maladies suivantes avant le déploiement [28]: X fièvre jaune (obligatoire); X diphtérie-tétanos (idéalement dans les 5 ans), polio, coqueluche; X fièvre typhoïde; X hépatites A et B; X méningite ACYW135 (obligatoire si une épidémie est en cours); X rougeole pour les personnes nées après 1963, qui n’ont pas eu la maladie, ou 2 doses de vaccin rougeole-oreillons-rubéole (ROR); X rage; X choléra (vaccin recommandé dans certaines situations, en fonction du risque). 3.4 Exposition aux températures extrêmes Les équipes d’intervention qui sont exposées à une chaleur extrême ou qui travaillent dans des environnements chauds peuvent courir le risque de stress thermique. L’exposition à une chaleur extrême peut donner lieu à des maladies et des accidents professionnels. Le stress thermique peut provoquer un coup de chaleur, un épuisement dû à la chaleur, des crampes de chaleur ou des éruptions miliaires. La chaleur peut également augmenter le risque de blessure chez les intervenants, car elle a tendance à provoquer une moiteur des paumes, de la buée sur les lunettes de sécurité et des vertiges. Des brûlures peuvent aussi se produire, résultant d’un contact accidentel avec des surfaces chaudes ou de la vapeur. Le travail d’intervention d’urgence lors de catastrophes naturelles, d’accidents chimiques et radiologiques et d’épidémies implique souvent une exposition prolongée à la chaleur en raison du travail en extérieur sous le soleil. De plus, les équipes impliquées dans la lutte contre les incendies lors de certaines catastrophes, de feux de forêt et autres urgences peuvent souffrir d’impacts directs comme des brûlures. L’utilisation d’EPI qui couvrent la totalité du corps ou une grande partie de la surface du corps/de la peau, en matières imperméables et semi-imperméables – comme cela est exigé pour les pompiers et le personnel sanitaire des unités de traitement spécialisées –, retient la chaleur et la sueur. Cela limite le mécanisme de protection du corps qu’est le refroidissement par évaporation et favorise au contraire l’accumulation de la chaleur et l’augmentation de la température corporelle. Ce processus est amplifié dans des configurations où les soins sont apportés en extérieur dans des conditions chaudes et humides, dépourvues d’électricité et d’air conditionné. Sécurité et santé au travail durant les crises sanitaires 03. Sécurité et santé lors de situations d’urgence: risques habituels60 Les mesures administratives et professionnelles suivantes sont recommandées par les centres américains de contrôle et de prévention des maladies (US-CDC) [29] pour prévenir et gérer le stress thermique et ses conséquences: X Temps d’acclimatation: Pour les travailleurs récemment arrivés dans une région chaude, le temps d’exposition au travail dans des conditions environnementales chaudes devrait être augmenté graduellement sur une durée de 7 à 14 jours pour réduire le risque de maladies liées à la chaleur et augmenter la capacité à travailler sans risque. Si cela n’est pas possible, les travailleurs non acclimatés devraient travailler par tranches plus courtes jusqu’à ce que leur corps se soit adapté à la chaleur. Les travailleurs non acclimatés ne devraient effectuer que 20 pour cent de leur temps de travail habituel le premier jour, sans plus de 20 pour cent d’augmentation par jour supplémentaire. Les intervenants avec une expérience préalable du travail dans ce climat ne devraient pas effectuer plus de 50 pour cent de leur temps de travail habituel le premier jour, 60 pour cent le deuxième, 80 pour cent le troisième et 100 pour cent le quatrième. X Sensibilisation de tous les travailleurs: Les travailleurs doivent être en mesure de recon- naître les symptômes des maladies liées à la chaleur. Ces maladies incluent une série d’effets sur la santé, d’une gravité croissante, parmi lesquels éruptions miliaires, crampes de chaleur, syncope due à la chaleur (évanouissement), épuisement dû à la chaleur et défaillance des muscles squelettiques, coup de chaleur, nécessitant une intervention médicale d’urgence pour éviter des lésions d’organes (par exemple cerveau, cœur, reins, foie ou muscles) et la mort. Compte tenu des risques graves associés aux maladies liées à la chaleur, et du risque majeur de perdre une partie ou l’intégralité de ses capacités en tra- vaillant dans un environnement chaud, il est important que tous les travailleurs, collègues et chefs d’unité reconnaissent les signes et les symptômes des maladies liées à la chaleur. X Travail en binôme: Les travailleurs devraient travailler en binôme pour informer les res- ponsables lorsqu’ils reconnaissent des signes ou des symptômes de maladies liées à la chaleur sur eux-mêmes ou sur leurs partenaires. Les travailleurs devraient être chargés de demander régulièrement à leur partenaire comment il/elle se sent et de quitter la zone de travail en sa compagnie si nécessaire. X Limiter le temps d’exposition: Pour les intervenants travaillant dans des unités spéciales de traitement et portant un EPI complet, le temps de travail devrait être limité à 1 heure maximum avant de faire une pause. Le travail dans un environnement extérieur chaud doit être effectué si possible tôt le matin ou en soirée pour éviter l’exposition à la chaleur. X Durée des pauses: Des périodes de pause devraient être accordées et des zones de réha- bilitation/de rafraîchissement adéquates mises à disposition du personnel. X Accès à de l’eau potable: Les travailleurs devraient avoir accès à des quantités adéquates d’eau potable fraîche (par exemple à 10-15 °C ou 50-59 °F) et de boissons de remplace- ment des électrolytes ou de sels de réhydratation orale pendant les périodes de pause/ de récupération. X Surveillance de l’état d’hydratation: Les travailleurs devraient surveiller la couleur et le volume de leur urine et boire souvent pour rester hydratés. X Procédures d’urgence: Des procédures d’urgence devraient être établies pour les travail- leurs montrant des symptômes liés à la chaleur, notamment les bains d’eau froide pour les personnes présentant des symptômes d’affection sévère. X Bien-être général: Le bien-être général des travailleurs devrait être favorisé et l’impact du stress thermique évité en encourageant un sommeil, une alimentation et une hydra- tation adéquats au travail et pendant les congés et en limitant la consommation d’alcool, de produits caféinés et d’aides au sommeil. 61Un manuel pour la protection des personnels de santé et des équipes d’intervention d’urgence03. Sécurité et santé lors de situations d’urgence: risques habituels 3.5 Glissades, trébuchements et chutes Les accidents et incidents dus à des glissades, des trébuchements et des chutes peuvent avoir des conséquences en termes de souffrance humaine et de perte de main-d’œuvre précieuse pendant une crise sanitaire ou autre situation d’urgence. En outre, les mauvaises conditions météorologiques ou environnementales, ainsi que les exigences de travail urgent à effec- tuer peuvent contribuer à de tels incidents. Ils font partie des causes majeures de blessures sérieuses parmi le personnel des structures de santé. Les principales causes de glissades, de trébuchements et de chutes parmi le personnel soi- gnant énumérées dans le document du NIOSH/US-CDC incluent ce qui suit [30]: X Produits répandus au sol (eau, graisse, huile, liquide, nourriture): Les produits répandus au sol sont la cause principale de glissades, trébuchements et chutes dans les établisse- ments de santé. L’eau, la graisse et d’autres liquides peuvent rendre le sol glissant. X Drainage insuffisant: Les canalisations et les écoulements qui ne sont pas correctement alignés peuvent répandre du liquide au sol, tandis que des écoulements bouchés peuvent faire remonter de l’eau sur le sol. X Irrégularités du sol: Les sols mal entretenus et irréguliers, les structures saillantes, les trous, les pierres, les feuilles et autres débris peuvent provoquer des heurts entre les personnes, des trébuchements, des glissades ou des chutes. X Conditions météorologiques: L’eau de pluie, la glace et la neige peuvent aussi provoquer des trébuchements ou des chutes. X Éclairage inadéquat: Les zones communes où l’éclairage inadéquat représentent un danger, en particulier les structures de stationnement, les entrepôts, les couloirs, les cages d’escalier, les passerelles tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’établissement. X Utilisation inappropriée d’échelles et d’escabeaux: Les échelles et les escabeaux utilisés pour travailler en hauteur peuvent créer une situation dangereuse s’ils ne sont pas uti- lisés correctement. X Risques de trébuchement (encombrement, dont fils non fixés, tubes, câbles, tuyaux médicaux): L’encombrement peut s’accumuler dans les zones de stockage, les zones de travail, les couloirs et les passerelles et constituer un risque potentiel de glissade, de trébuchement ou de chute. Les fils exposés au sol, tirés à travers les couloirs et emmêlés près des postes de travail peuvent représenter un risque de trébuchement et de chute. Facteurs humains associés aux glissades, trébuchements et chutes Les facteurs humains sont les manières par lesquelles les personnes sont reliées à leur envi- ronnement. Les facteurs humains qui peuvent influer sur le risque de glissade ou de trébu- chement incluent: X La communication: Les instructions de sécurité, les signes et les écriteaux sont-ils com- pris correctement? X La fatigue: Elle peut affecter la capacité à mener une tâche à bien. X La personnalité: Les personnes réagissent différemment aux instructions (par exemple certaines les ignorent, certaines prennent des risques). X La capacité: Demander à quelqu’un de faire quelque chose qui dépasse ses capacités (par exemple manque de formation). X Le comportement: Comment les personnes agissent (par exemple se précipiter, prendre des raccourcis). X La perception: La capacité à appréhender les informations de son propre environnement (par exemple être distrait). Sécurité et santé au travail durant les crises sanitaires 03. Sécurité et santé lors de situations d’urgence: risques habituels62 Certaines activités peuvent engendrer trébuchements et glissades X Porter/soulever: Il se peut que la personne ne voie pas un danger au sol et, elle perd l’équilibre, le risque de tomber est plus grand. X Pousser/tirer: La personne a besoin de plus de prise et peut ne pas voir un danger au sol. X Se précipiter: Lorsqu’on se déplace plus vite, on a besoin de plus d’appui et on a moins le temps de réagir à un danger. X Être distrait: Si l’attention d’une personne est attirée par quelque chose ou quelqu’un à proximité, elle est moins susceptible de voir un danger au sol. L’Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail (EU-OSHA) [31] recommande les actions préventives suivantes: X Tout en ordre: Un mauvais entretien et un désordre général sont les causes majeures de glissades et de trébuchements. Garder l’environnement de travail propre et rangé, avec des sols et des voies d’accès dégagés de tout obstacle. Évacuer les déchets afin qu’ils ne s’accumulent pas. X Nettoyage et entretien: Un nettoyage et un entretien réguliers réduiront les risques. Les déchets devraient être évacués régulièrement et les zones de travail maintenues dégagées. Les méthodes et l’équipement de nettoyage doivent être adaptés aux surfaces traitées. Pendant le travail de nettoyage et d’entretien, attention à ne pas créer de nouveaux risques de glissade et de trébuchement. X Éclairage: Garantir un bon niveau d’éclairage, un fonctionnement et une position corrects des lampes pour que toutes les surfaces du sol soient éclairées uniformément et que tous les dangers potentiels (par exemple obstacles, liquide renversé) puissent être vus clairement. Les niveaux d’éclairage doivent permettre un passage sûr dans les locaux. L’éclairage extérieur peut être nécessaire car les lieux de travail extérieurs doivent être éclairés de façon adéquate. X Surfaces de marche: L’absence de détérioration sur les surfaces telles que les sols devrait être vérifiée régulièrement et leur entretien effectué lorsque cela est nécessaire. Les dangers potentiels de glissade et de trébuchement incluent les trous et les fissures et, à l’intérieur, les tapis non fixés et les paillassons. En tout lieu, la surface du sol doit être adaptée au travail effectué (par exemple il peut être nécessaire qu’elle soit résistante à l’huile et aux produits chimiques utilisés dans le processus de production). Le revêtement ou le traitement chimique des sols existants peut améliorer leurs propriétés antidéra- pantes. Le sol devrait être gardé propre. X Produits renversés: Les produits renversés devraient être nettoyés immédiatement en utilisant la méthode de nettoyage appropriée (un traitement chimique peut être néces- saire). Des panneaux de signalisation devraient indiquer où le sol est mouillé et un circuit alternatif devrait être prévu. X Obstacles: Lorsque c’est possible, les obstacles devraient être retirés afin d’éviter les trébuchements. S’il n’est pas possible de retirer un obstacle, des barrières adaptées et/ ou des notices d’avertissement devraient être utilisées. X Câbles traînant au sol: L’équipement devrait être positionné de façon à ce que les câbles ne traversent pas le trajet des piétons. Des cache-câbles devraient être utilisés de façon à fixer solidement les câbles aux surfaces. X Chaussures: Le personnel doit porter des chaussures adaptées à son environnement de travail, tenant compte du type de travail, de la surface et des conditions habituelles du sol, ainsi que des propriétés antidérapantes des semelles. X Lieux de travail extérieurs: Les lieux de travail extérieurs doivent être organisés de façon à ce que les risques de glissade et de trébuchement soient réduits (par exemple mesures antidérapantes en cas de verglas et de chaussures adaptées). 63Un manuel pour la protection des personnels de santé et des équipes d’intervention d’urgence03. Sécurité et santé lors de situations d’urgence: risques habituels 3.6 Accidents de la route Les crises sanitaires et autres interventions d’urgence requièrent l’utilisation intensive de véhi- cules pour le transport routier – allant des bicyclettes et motos aux poids lourds – tant pour le déplacement rapide des équipes que pour celui du matériel et des approvisionnements. La mobilisation sociale et les activités de recherche de contacts peuvent nécessiter l’utilisa- tion fréquente de bicyclettes et de motocyclettes. Lors d’une intervention d’urgence en cas d’épidémie, il est très difficile d’obtenir des soins de santé adéquats, et même des blessures mineures peuvent avoir des conséquences majeures. Par ailleurs, les conditions climatiques dans beaucoup de pays tropicaux causent de fortes pluies incessantes pendant des mois d’affilée, qui emportent les routes et rendent le transport extrêmement difficile et périlleux. Quelque 90 pour cent des décès et des blessures dus aux accidents de la route surviennent dans les pays à revenu faible à intermédiaire, bien que ces pays ne représentent que 54 pour cent des véhicules immatriculés dans le monde [32]. Les mesures pratiques que peuvent prendre les gouvernements, les décideurs politiques, les planificateurs, les employeurs, les collectivités et les particuliers pour améliorer la santé au travail et la sécurité des conduc- teurs et assurer un système sûr de transport sur le lieu de travail sont les suivantes: gérer la vitesse, contrôler l’alcool au volant, utiliser des ceintures de sécurité et porter un casque, éviter les longues heures de conduite ou de travail, s’abstenir d’utiliser un téléphone mobile en conduisant, concevoir des routes plus sûres, garantir des véhicules plus sûrs, assurer des soins de qualité après un accident et appliquer les règles de sécurité routière. Un système de transport sûr et efficace est encore plus important pendant des crises sani- taires et autres urgences. Pour un système sûr, les éléments clés suivants sont requis: Infrastructures routières et de transport X Les routes et les chemins sont définis et un système à sens unique avec un séparateur au milieu de la route pour partager le trafic circulant dans des directions opposées devrait de préférence être utilisé. X Les routes sont conçues de façon à ce que le besoin de faire demi-tour est éliminé ou limité. X Les surfaces des routes sont en bon état grâce à un entretien approprié. X Des ralentisseurs sont placés à des endroits spécifiques, particulièrement près des écoles, des hôpitaux, des marchés et autres lieux animés. X Des passages piétons sont en place. Véhicules X Les critères de sélection de véhicules tels que l’accès/la visibilité du conducteur sont pris en compte lors de l’achat ou du déploiement de véhicules. X Les véhicules sont maintenus en bon état avec une attention spéciale aux pneus, freins, klaxons et avertisseurs sonores et phares. X Des aides à la circulation en marche arrière comme des avertisseurs sonores de recul et des rétroviseurs sont fournies. Procédures X Des limitations de vitesse sont mises en place pour les véhicules en accord avec les exi- gences réglementaires. X La marche arrière doit être contrôlée, notamment lors du stationnement. X Les conducteurs sont munis d’une autorisation de conduire conforme. X Le conducteur est en position sûre pendant le chargement de matériel lourd. X L’utilisation du téléphone mobile pendant la conduite est interdite. X L’utilisation de ceintures de sécurité par les conducteurs et les passagers est obligatoire. X Un système de signalement des incidents est installé pour enregistrer et enquêter sur les incidents dans le but d’éviter les accidents futurs. Sécurité et santé au travail durant les crises sanitaires 03. Sécurité et santé lors de situations d’urgence: risques habituels64 Personnel X On fait appel à des chauffeurs compétents, qui sont soumis à des tests réguliers de conduite et à des examens médicaux de leur condition physique. X Les conducteurs ont l’obligation de respecter les limitations de vitesse. X Les piétons sont attentifs et utilisent les trottoirs prévus. De plus, un entretien régulier des véhicules et un contrôle de l’aptitude des conducteurs sont essentiels pour éviter les accidents de la route. 3.7 Dangers liés à l’activité physique Beaucoup de dangers liés à l’activité physique sont causés ou exacerbés par le travail mené durant les crises sanitaires et autres interventions d’urgence. Ces dangers peuvent provoquer des douleurs et une invalidité, empêchant une intervention efficace. Certains dangers liés à l’activité physique sont abordés ici, ainsi que des mesures destinées à réduire le risque. Manipulation manuelle de charges: Lors de catastrophes telles que des tremblements de terre, des incendies, des ouragans et des tsunamis, les opérations de sauvetage et d’inter- vention impliquent la recherche de personnes blessées ou décédées dans les structures détruites. Des matériaux lourds et des obstacles doivent être déplacés et des corps doivent être manipulés et transportés vers les installations médicales. De telles activités font courir aux travailleurs le risque de se blesser au dos. La manipulation manuelle de lourdes charges devrait être limitée dans la mesure du possible. Postures contraignantes: Dans presque toutes les urgences et particulièrement lors de trem- blements de terre et d’effondrement de structures, la flexion et la torsion sont des facteurs de risque significatifs de troubles musculo-squelettiques chez les secouristes. De même, durant les interventions en cas d’épidémies, la manipulation de cadavres et de patients dans les popula- tions ou les centres sanitaires et le fait de se pencher et de s’accroupir souvent – pour donner des médicaments, nourrir et laver des patients sur des matelas au sol – soumettent les secou- ristes à une contrainte physique inhabituelle. Des positions contraignantes peuvent causer des blessures dorsales aiguës et réduire de façon significative la capacité de travail et la productivité. Durant les crises sanitaires et autres situations d’urgence, les mesures suivantes de prévention et de contrôle des dangers liés à l’activité physique peuvent être adoptées: X Utilisation de sacs à dos plutôt que de sacs: Pour le transport de matériel de premiers secours ou autres sur de longues distances et un terrain difficile, l’utilisation de sacs à dos peut aider à réduire les tensions physique. X Placer les patients sur des lits lorsque cela est possible: Un «lit choléra» ou «lit de cholé- rique» est une palette en bois percée d’un trou au centre. Il est conçu de façon à pouvoir placer le patient à une hauteur appropriée pour que le personnel soignant n’ait pas à se pencher pour apporter des soins. Un drap imperméable est placé sur la palette, et le trou permet d’acheminer les fèces (excréments) dans un réceptacle placé directement sous le lit. Les excrétions fécales et les vomissements sont recueillis dans des seaux. Ce type de lit est préférable pour le personnel soignant, qui ne doit plus se pencher pour traiter des patients sur des matelas au sol. X Mise à disposition de zones de travail suffisamment grandes: Le vestiaire du personnel entre les zones à haut risque et les zones à bas risque devrait être suffisamment grand et équipé de façon adéquate pour permettre à plus d’une personne à la fois de se désinfecter et de se changer (avec de grandes équipes, prévoir de la place pour 4 à 6 personnes). 65Un manuel pour la protection des personnels de santé et des équipes d’intervention d’urgence03. Sécurité et santé lors de situations d’urgence: risques habituels X Espacement entre les lits: Il est important de laisser un espace adéquat entre les lits. Dans des salles communes, un espace suffisant (2 mètres ou 6,5 pieds) devrait être laissé entre les lits pour permettre au personnel de travailler sans gêne. X Utilisation d’aides mécaniques (par exemple brancards et chaises roulantes pour sou- lever et transporter): Des auxiliaires de levage ou de transport ne sont en général pas à disposition pendant les crises sanitaires et autres interventions d’urgence, particulière- ment durant les phases initiales. Cependant, des efforts devraient être faits pour éviter de lever et de déplacer manuellement les patients ou les personnes exposées. Tous les patients ou personnes exposées incapables de marcher, y compris les enfants, devraient être déplacés sur des brancards ou des draps si des brancards ne sont pas disponibles. Au minimum deux membres du personnel d’intervention devraient être à disposition lorsqu’une personne est déplacée. X Manipulation manuelle sûre: Pour déplacer des corps en l’absence de brancard, au moins quatre personnes – si possible six – devraient être disponibles. Il est important de maintenir au moins un brancard propre et à disposition en permanence dans les véhicules pour trans- porter les patients, ainsi qu’un autre à disposition pour le tri/le déplacement d’individus. X Utilisation d’escaliers et/ou de rampes: Des escaliers ou des rampes peuvent être installés à l’arrière de l’ambulance ou du véhicule de transport pour les patients qui peuvent se déplacer sans assistance et pour le transport aisé de matériel. X Planification avancée des tâches: Les tâches devraient être planifiées avec soin pour éviter des tensions. Des plannings des tâches et des ressources de préintervention sont particulièrement importants en vue de réduire le stress et les tensions physiques. Par exemple, effectuer des tâches en EPI complet peut être difficile en raison de la modifica- tion des informations sensorielles, de la diminution de la dextérité et d’une plus grande sensibilité à la fatigue. 3.8 Violence Les situations d’urgence peuvent donner lieu à des scènes de violence. Le taux de mortalité élevé causé par des maladies hautement infectieuses, des fuites de produits chimiques et radioactifs, ainsi que l’imprévisibilité de leur survenue et la nature des symptômes, peut pro- voquer de la peur menant à de violents incidents. Dans le cas de maladies infectieuses, il se peut que l’existence des agents infectieux soit mise en doute, menant certaines personnes à questionner les intentions du personnel médical. La méfiance peut dégénérer en hostilité et en violence, qui peuvent être dirigées contre le personnel médical et d’autres personnes en contact direct avec les patients et leur famille. Les travailleurs qui effectuent des enter- rements en suivant des protocoles de sécurité sont également en danger. De même, lors de catastrophes naturelles, les émotions de la communauté provoquées par les décès et les blessures, la perte des moyens de subsistance et la souffrance des enfants et des personnes âgées peuvent se retourner contre les équipes d’intervention d’urgence sous la forme d’ac- tions violentes. La violence contre les secouristes peut prendre la forme d’agressions physiques ou verbales, et peut se produire au sein ou en dehors du lieu de travail. La violence physique, y compris des viols et des meurtres, peut causer des préjudices psychologiques et/ou physiques. La violence psychologique inclut la stigmatisation et la discrimination et peut prendre la forme de violence verbale, d’intimidation et de menaces. Le harcèlement sexuel est également possible sous forme tant physique que psychologique. Sécurité et santé au travail durant les crises sanitaires 03. Sécurité et santé lors de situations d’urgence: risques habituels66 L’hostilité de la communauté menant à la violence peut se manifester lorsque: X les pratiques traditionnelles (prendre soin d’un membre de la famille malade, les enterre- ments, etc.) sont interrompues pour des raisons de sécurité et de contrôle des infections; X la communauté comprend mal la maladie ou doute de son existence, et le personnel médical est alors perçu comme infectant les gens au lieu de les aider. Par exemple, pendant l’intervention lors de l’épidémie de MVE, dans une localité rurale de Guinée, une équipe de huit professionnels de santé, des journalistes et des politiciens ont été tués lors d’une visite de sensibilisation visant à éduquer la communauté au sujet d’Ebola. Stratégies visant à éviter la violence dans un contexte de crise sanitaire et d’intervention d’urgence Les stratégies suivantes sont utiles pour mobiliser et sensibiliser les familles et les commu- nautés aux crises sanitaires et aux interventions d’urgence, et ainsi réduire l’hostilité et la violence potentielles: X Une bonne communication avec les familles et les communautés peut être soutenue par une campagne d’éducation culturellement appropriée. Une telle campagne peut com- mencer par évaluer les problèmes sociaux et culturels affectant l’intervention contre la maladie et peut être réalisée par les populations locales. Cependant, la stigmatisation et la sécurité du messager doivent être prises en compte. Il est important d’impliquer les dirigeants de la communauté, car ils peuvent rassurer les communautés en réduisant la dif- fusion des rumeurs néfastes et en encourageant les familles à adopter des pratiques sûres. X Offrir aux communautés l’opportunité de formuler leurs inquiétudes et de donner un retour d’information peut être utile pour s’assurer que les mesures d’intervention d’ur- gence sont acceptées. Les méthodes utilisées pour recevoir l’avis de la communauté devraient être choisies selon les ressources à disposition. X L’établissement d’un bon rapport avec les familles des patients ou des victimes dépend de la communication. Les familles apprécient les explications claires et compréhensibles sur ce qui est arrivé à la personne, ou au mort, et pourquoi. Cela aide à éviter les mauvaises interprétations et l’hostilité. X Afin de montrer du respect pour une tradition sans pour autant compromettre la sécurité, les équipes d’intervention doivent développer une bonne compréhension des traditions culturelles qui ont une incidence sur la crise sanitaire. Les coutumes et les pratiques tra- ditionnelles devraient être encouragées dans la mesure où elles peuvent être accomplies sans risque par, ou avec, une équipe formée. Par exemple, l’équipe procédant aux enter- rements doit traiter les cadavres d’une façon digne et respectueuse. X Les familles s’occupent traditionnellement des malades et ont besoin de rester en contact continu avec le patient. Les membres de la famille devraient porter un EPI s’ils sont en contact avec un patient. Protéger les équipes d’intervention d’urgence de la violence X Il est crucial de surveiller et d’évaluer le niveau d’acceptation ou d’hostilité de la com- munauté pour s’assurer que les travailleurs communautaires ne sont pas mis dans des situations risquées. X Les travailleurs devraient toujours œuvrer en équipe et ne devraient jamais entrer dans une maison sans autorisation. X Un chauffeur devrait toujours rester à proximité et surveiller l’activité des travailleurs pour garantir qu’un transport soit accessible facilement si la nécessité d’évacuer rapidement se présente. 67Un manuel pour la protection des personnels de santé et des équipes d’intervention d’urgence03. Sécurité et santé lors de situations d’urgence: risques habituels X Les protocoles peuvent aider les travailleurs à se sentir en confiance et en sécurité en accomplissant leur travail. Les niveaux d’acceptation communautaire devraient être éva- lués à intervalles réguliers, au fur et à mesure que les croyances et les comportements vis-à-vis de la transmission de la maladie évoluent. X Une communication fiable (par radio ou d’autres moyens) doit être maintenue avec les équipes soignantes déployées dans les zones rurales. X Les chauffeurs peuvent rester dans le véhicule, surveiller l’activité de l’équipe et reporter tout incident à l’opérateur radio. X L’équipe devrait éviter d’entrer dans un village en EPI complet. Arriver en tenue normale aide à humaniser le processus et la réponse des villageois. L’équipement complet de pro- tection peut être revêtu après que les procédures ont été expliquées à la communauté de façon claire et transparente. Mesures de sécurité personnelle Les travailleurs mobilisés en cas de crise sanitaire ou autres interventions d’urgence doivent être conscients de la forte probabilité de devoir faire face au crime et à la violence. Une for- mation en matière de sécurité est fortement recommandée avant le déploiement. 3.9 Fatigue Les équipes d’intervention d’urgence doivent souvent effectuer des périodes de travail plus longues et plus rapprochées que la semaine de travail normale de 40 heures. Travailler plus d’heures peut augmenter le risque de blessures et d’accidents professionnels et contribuer à une dégradation de la santé. L’expérience montre que le fait de travailler plus de 12 heures par jour augmente de 37 pour cent le risque de blessure [33]. La fatigue et le stress dus à des horaires de travail intenses peuvent être aggravés par de lourdes charges de travail, des conditions environnementales défavorables (par exemple infrastructure inadéquate ou endommagée, matériaux ou débris dangereux, conditions de vie précaires), de longs trajets et les exigences imposées aux travailleurs. Pour relever ces défis, les organismes d’intervention d’urgence doivent développer leurs propres programmes de gestion de la fatigue, qui peuvent être adaptés à des incidents spécifiques. Ils doivent évaluer le type d’activités qu’ils espèrent mener à bien pendant une intervention, estimer les conditions dans lesquelles ces activités vont être menées, identifier les facteurs généralement présents sur les sites d’intervention pouvant produire des facteurs de risque de fatigue, définir des contrôles ciblant ces facteurs de risque et établir des calen- driers d’évaluation pour mesurer l’efficacité des contrôles. Facteurs de risque de fatigue De nombreux facteurs peuvent mener à un risque accru de fatigue et de réduction de l’atten- tion et de la productivité, à un risque plus élevé d’erreurs, ainsi qu’à une plus haute exposition aux dangers et aux blessures sur le lieu de travail. Les facteurs de risque qui devraient être pris en compte lors du développement des politiques et des procédures de gestion de la fatigue des travailleurs sont notamment les suivants: X des horaires prolongés; X un sommeil insuffisant ou fragmenté (moins de 7 ou 8 heures de sommeil ininterrompu); X travail par postes/roulement des équipes/travail de nuit; Sécurité et santé au travail durant les crises sanitaires 03. Sécurité et santé lors de situations d’urgence: risques habituels68 X dormir pendant la journée; X dette de sommeil sans possibilité de récupérer le sommeil manquant; X absence ou insuffisance de temps de pause; X travail physiquement et mentalement exigeant; X exposition à des températures et autres conditions environnementales extrêmes; X exposition à des dangers biologiques, chimiques et physiques, particulièrement s’ils ne sont pas bien définis; X travail exigeant le port de l’EPI; X accès limité à du matériel récréatif/sportif; X exposition à des facteurs de stress psychologique (par exemple contact étroit avec des malades ou des victimes décédées); X environnement de travail et/ou tâches/opérations inhabituels; X conditions de vie temporaires et communautaires (qui peuvent contribuer à créer un stress psychologique et aboutir à un sommeil insuffisant ou fragmenté); X accès limité à des repas nourrissants; X temps de trajet jusqu’au lieu de travail. Évaluations du risque de fatigue Elles devraient prendre en compte les éléments suivants: X les heures de travail, le roulement des équipes, le travail par postes et les temps de pause dans les différentes opérations de l’organisation; X l’ensemble des conditions auxquelles les équipes d’intervention peuvent être confrontées (par exemple l’étendue de la perturbation des activités normales, l’état des infrastructures, les déplacements de population, les tensions, la sécurité sur le lieu de travail); X la nature de l’hébergement fourni aux travailleurs pendant les opérations (par exemple hôtel/motel, caravane, tente, service de repas ou plats préparés, installations sanitaires, possibilités de loisirs); X les différents types de travail accomplis dans le cadre de l’opération et, en tenant compte des changements de mission, susceptibles d’être effectués lors de futures opérations; X les fonctions et services de gestion et de soutien administratif (par exemple adjudications, services financiers, soutien de bureau); X les types de situations stressantes vécues par les travailleurs et susceptibles de se repro- duire lors d’événements futurs (par exemple exposition à des cadavres ou à des personnes très malades, grave dévastation, victimes sans abri, orphelins). Stratégies de prévention de la fatigue L’Institut national pour la sécurité et la santé au travail (NIOSH), aux États-Unis, recommande les mesures stratégiques suivantes pour éviter la fatigue pendant les situations d’intervention [34]: X Repos régulier: Établir au moins 10 heures consécutives par jour de temps libre protégé pour obtenir 7-8 heures de sommeil. Le repos et un cycle complet de sommeil quotidien sont les meilleures protections contre une fatigue excessive lors d’opérations prolongées. N’autoriser que des périodes de repos plus courtes (par exemple 4-5 heures) peut aggraver la fatigue provoquée par de longues heures de travail. X Temps de repos: Des pauses fréquentes et brèves (par exemple toutes les 1-2 heures) pendant un travail exigeant sont plus efficaces contre la fatigue que quelques pauses plus longues. Autoriser des pauses plus longues pour les repas. 69Un manuel pour la protection des personnels de santé et des équipes d’intervention d’urgence03. Sécurité et santé lors de situations d’urgence: risques habituels X Durée des postes: Cinq postes de 8 heures ou quatre de 10 heures par semaine sont en général tolérables. Selon la charge de travail, des journées de travail de 12 heures peuvent être tolérables avec des jours de congé plus fréquents entre elles. Des postes plus courts (par exemple 8 heures) pendant la soirée ou la nuit sont plus supportables que des postes plus longs. La fatigue est intensifiée par le travail de nuit à cause de la somnolence noc- turne et du sommeil inadéquat au cours de la journée. X Charge de travail: Examiner les exigences du travail selon la durée du poste. Les postes de 12 heures sont plus supportables avec des tâches «légères» (par exemple travail de bureau). Des postes plus courts aident à contrebalancer la fatigue d’un travail hautement cognitif ou émotionnellement intense, d’efforts physiques, d’environnements extrêmes ou d’exposition à d’autres dangers pour la sécurité ou la santé. X Jours de repos: Planifier 1 ou 2 jours complets de repos à la suite de cinq postes de 8 heures consécutives ou quatre de 10 heures. Envisager 2 jours de repos après trois postes consécutifs de 12 heures. Mesures pour le contrôle de la fatigue Les mesures spécifiques pour prévenir et réduire la fatigue pendant une intervention d’ur- gence incluent: X Éducation: Fournir des informations sur les signes, les symptômes et les effets de la fatigue sur la santé, ainsi qu’une formation à la préparation au déploiement. Le programme devrait aborder le processus utilisé pour éduquer/informer les travailleurs. X Planification préalable: Les éléments suivants devraient être en place dans le cadre du plan: X planification d’urgence pour la mobilisation en cas d’incident et identification de qui fait quoi et quand (par exemple les rôles des équipes de gestion préliminaire des incidents); X services de soutien essentiels à la gestion de la fatigue; X stratégies d’assignation du personnel à des postes pour lesquels il est spécifiquement formé et déclaré apte médicalement, et de fourniture d’EPI lorsque c’est nécessaire; X prise en compte d’exigences médicales supplémentaires (par exemple vaccinations uniques) et des procédures habituellement en place pour contrôler les travailleurs par intermittence afin que leur position soit suivie tout au long de l’incident; X sécurité du camp/site de base et vérification de la mise en pratique par les travailleurs de la planification préalable (par exemple que leur «kit d’urgence» soit prêt, que des alter- natives aient été prévues pour la garde des enfants, le soin des animaux de compagnie et le paiement des factures). X Heures de travail et périodes de repos: Établir des stratégies concernant la durée des déploiements, les heures de travail, les rotations de poste et les temps de pause pendant chaque phase d’une opération. Inclure du temps libre après un nombre prédéterminé de jours de travail consécutifs (par exemple au minimum 10 heures de repos par période de 24 heures, avec autant d’heures consécutives que possible, et 48 heures de temps libre après 14 jours consécutifs de travail). Passer le plus rapidement possible aux horaires de travail habituels afin que les travailleurs puissent gérer leur propre repos. Décrire com- ment cette politique sera gérée et appliquée (par exemple les dispositions en place pour s’assurer que suffisamment de personnel correctement formé et médicalement qualifié sera disponible pour le déploiement). X Transport: Connaître la gamme de moyens de transport à utiliser. Inclure une variété d’op- tions pour refléter les différentes situations auxquelles les travailleurs vont être confrontés. Reconnaître le potentiel d’affaiblissement des travailleurs et des chauffeurs après de longues heures de travail. Sécurité et santé au travail durant les crises sanitaires 03. Sécurité et santé lors de situations d’urgence: risques habituels70 Conditions de vie: Décrire l’éventail d’options de logement (par exemple hôtels/motels com- merciaux, caravanes, villages de tentes), ainsi que les options d’approvisionnement en repas, la vie privée, les zones calmes pour dormir, les installations sanitaires, la sécurité, les instal- lations de buanderie, le contrôle des vecteurs et la prévention de la malaria. X Dispositions de récupération: Établir des opportunités de faire de l’exercice et de se dis- traire, admettre que ces opportunités contribuent à préserver l’efficacité des travailleurs. X Services de santé: Décrire les services médicaux, de santé mentale et de gestion du stress pouvant être fournis. 3.10 Stress durant les crises sanitaires et les situations d’urgence Les travailleurs intervenant lors de crises sanitaires et autres situations d’urgence peuvent être confrontés à de nombreuses sources de stress. Le stress désigne une réaction psycho- logique, qui comprend souvent des inquiétudes, de l’anxiété, un sentiment de débordement ou d’épuisement, ou un sentiment de dépression ou de ne pas en faire suffisamment. Ces sentiments sont souvent accompagnés d’affections somatiques telles que des douleurs corporelles. Le stress n’est pas toujours problématique; un certain niveau de stress aide une personne à rester en sécurité et à bien travailler dans des situations difficiles. Cependant, cette réaction au stress devient souvent trop intense – en particulier dans des situations d’adversité chronique comme une intervention d’urgence – et peut conduire à un état de stress chronique dans lequel la personne se sent dépassée ou incapable de faire face. Le stress élevé et les problèmes qui y sont associés sont normaux dans une situation difficile et ne signifient pas que les personnes sont faibles, incompétentes ou incapables de faire leur travail. Il se peut que des personnes soient tellement impliquées dans leur travail qu’elles ne prennent pas assez de temps pour prendre soin d’elles-mêmes. D’autres problèmes dans la vie – tels que les problèmes à la maison, le manque de soutien social, les problèmes de santé ou d’autres incertitudes – peuvent rendre le stress au travail plus difficile à gérer. Le stress au travail peut être maintenu à un niveau gérable si l’individu et l’équipe ou l’orga- nisation établissent un certain nombre de stratégies, parmi lesquelles certaines sont simples et rapides à mettre en œuvre. Cela est utile pour les individus et également pour ceux qu’ils essaient d’aider, car lorsqu’elles prennent soin d’elles-mêmes, les personnes sont plus effi- caces dans leurs rôles et moins susceptibles d’éprouver un niveau de stress tellement élevé qu’elles ont besoin de s’absenter du travail. Ces stratégies sont expliquées dans cette section. Pendant le déploiement, de nombreuses sources de stress sont possibles, en relation avec le type d’urgence, les ressources à disposition ou l’impact incertain ou limité de l’intervention. Les sources de stress peuvent inclure: X les craintes pour son propre bien-être, celui des membres de sa famille ou celui de ses collègues, qui pourraient attraper une maladie mortelle ou dont la santé pourrait être compromise par des produits chimiques ou des radiations (cela peut être particulièrement pertinent dans des zones où le taux de mortalité est élevé ou dans le cadre de détério- ration rapide de la santé ou de symptômes évidents, comme dans le cas des fièvres hémorragiques virales); X les pressions liées au travail telles que le temps limité, les horaires prolongés, l’exécution de tâches selon des procédures de SST strictes ou la communication avec de grandes équipes, souvent de cultures et de disciplines différentes; 71Un manuel pour la protection des personnels de santé et des équipes d’intervention d’urgence03. Sécurité et santé lors de situations d’urgence: risques habituels X l’effort physique aggravé par un équipement encombrant (par exemple EPI), souvent accompagné de stress thermique, de déshydratation et d’épuisement; X le manque d’équipement de base pour la protection de la sécurité individuelle; X la stigmatisation de personnes travaillant dans des zones à haut risque, qui peut les mener à être évitées par leur famille ou leur communauté et même à être exposées à de la violence; X le manque de support social ou de connexions sociales; X les tensions entre les protocoles de sécurité établis et le désir de s’occuper d’individus ou de les soutenir (par exemple assurer des pratiques de funérailles sans risque, isolement et mise en œuvre de politique interdisant tout contact); X une compréhension limitée des systèmes de croyances culturels qui peuvent être perti- nents (comme le fait de ne pas comprendre ou accepter pourquoi certaines personnes suivent des pratiques d’inhumation pouvant augmenter le risque d’infection); X la difficulté de maintenir des activités visant à prendre soin de soi comme l’exercice, de bonnes habitudes alimentaires et un repos suffisant; X le désir d’accomplir son devoir et d’aider, même sans avoir été payé pendant des mois. Après le déploiement, les facteurs induisant du stress peuvent inclure: X des souvenirs liés à des événements négatifs et aux tragédies humaines observées pen- dant l’intervention; X la peur des effets à long terme d’une exposition à des produits chimiques, des maladies infectieuses ou des radiations; X des difficultés à se réadapter à la vie après l’intervention. Les personnes peuvent réagir au stress de différentes façons dans des situations d’urgence. Des changements de comportement peuvent survenir, tels que des modifications du niveau d’activité ou des performances professionnelles, une consommation accrue de substances pour tenir le choc, des changements dans la capacité de la personne à se détendre ou une augmentation de son niveau d’irritabilité. Une série de réactions physiques (qui peuvent provenir d’autres causes) peuvent également se produire, comme des problèmes d’estomac, des variations de poids, de la fatigue, des maux de tête ou d’autres douleurs inexpliquées. Les changements psychologiques peuvent inclure une anxiété grandissante, une humeur sombre, une faible motivation, des pensées anxieuses ou négatives et des changements de comportement associés comme les crises de larmes fréquentes, l’isolement ou les difficultés à accepter de l’aide. Dans la plupart des cas, le stress lié au travail peut être géré par un bon support d’organisation et de gestion. Cependant, dans certaines circonstances, les personnes peuvent présenter des symptômes de troubles de santé mentale qui peuvent être en lien avec un environnement très stressant. L’évaluation de tels problèmes par un professionnel de santé devrait être envisagée si la personne le demande ou si son fonctionnement et sa capacité à entreprendre des tâches sont altérés. État de stress post-traumatique: Il est courant que les personnes développent une large variété de réactions psychologiques ou de symptômes après avoir enduré un stress extrême pendant des urgences humanitaires. Pour la plupart des gens, ces symptômes sont passagers. Lorsqu’un ensemble de symptômes spécifiques persistent (événement revécu, évitement, sentiment d’insécurité grandissant) pendant plus d’un mois après un événement potentiel- lement traumatisant, il se peut que la personne ait développé un état de stress post-trau- matique (ESPT). Les personnes souffrant d’ESPT rapportent souvent des symptômes très similaires à celles atteintes de dépression légère (par exemple sommeil de mauvaise qualité, humeur sombre). Sécurité et santé au travail durant les crises sanitaires 03. Sécurité et santé lors de situations d’urgence: risques habituels72 Une évaluation par un professionnel de santé peut être nécessaire pour identifier les symp- tômes d’ESPT que sont le fait de revivre les événements, l’évitement et des difficultés à s’en- dormir ou à rester endormi. Burn-out: Le burn-out est un terme communément utilisé pour qualifier un épuisement durable avec un intérêt diminué pour son travail, consécutif à un stress de longue durée et à une surcharge de travail. Il peut se produire en particulier parmi les individus qui sont très motivés, dévoués et impliqués dans le travail auquel ils participent. Le désir de parvenir à des objectifs élevés et à des attentes ambitieuses peut contraster avec un épuisement physique, émotionnel et mental empêchant de les atteindre. Certaines personnes – comme celles qui ont déjà souffert de troubles mentaux, de facteurs continus de stress personnel grave (par exemple maladie personnelle, maladie d’un membre de la famille, histoire de violence familiale, risque de pauvreté ou de perte d’emploi) ou qui ont un réseau de soutien social réduit, ou celles qui sont exposées à des facteurs de stress extrêmes ou à des événements potentiellement traumatisants – peuvent être plus susceptibles de développer des niveaux de stress handicapants ou des problèmes de santé mentale à la suite d’un déploiement. Prévenir et gérer le stress lié au travail en situation d’urgence Les organisations qui déploient des secouristes devraient développer des politiques dans les domaines suivants: X examen et évaluation des capacités du personnel à répondre aux facteurs de stress prévus avant et après le déploiement; X préparation appropriée avant la mission et formation en gestion du stress; X suivi régulier des équipes d’intervention sur le terrain; X formation continue et soutien fournis au personnel pour aider à gérer les facteurs de stress quotidiens; X soutien spécifique et culturellement approprié au personnel et aux équipes à la suite d’incidents graves ou traumatisants ou de l’apparition d’une source inhabituelle ou inat- tendue de stress sévère; X soutien pratique, émotionnel et culturellement approprié au personnel à la fin de la mis- sion ou du contrat; X soutien continu au personnel affecté négativement par l’exposition au stress, au trauma- tisme ou à la maladie pendant le déploiement. Mesures de prévention du stress sur le lieu de travail Pratiques d’équipe X Bonne communication: L’un des meilleurs moyens de réduire le stress est de donner autant d’information de bonne qualité que possible, pour permettre aux travailleurs de se sentir informés et leur donner un sentiment de contrôle. X Partager des informations actualisées avec les effectifs: Le partage d’information est très important pour réduire le stress. Un mécanisme devrait être mis en place pour la transmission claire d’informations concernant le danger, le mode de transmission et les symptômes, ainsi que les mesures de protection pour les travailleurs. L’information devrait aussi être partagée avec la communauté et être mise à jour régulièrement. Il est particulièrement important d’informer le personnel soignant promptement si un de leurs collègues est tombé malade. Le chef d’unité devrait rassembler le personnel au plus vite et donner aux collaborateurs l’opportunité de poser des questions, d’exprimer leurs inquiétudes et de faire des suggestions. Le personnel ne devrait pas apprendre par la rumeur qu’un de leurs collègues est tombé malade et ne devrait pas avoir à se demander comment cela est arrivé. 73Un manuel pour la protection des personnels de santé et des équipes d’intervention d’urgence03. Sécurité et santé lors de situations d’urgence: risques habituels X Un lieu où poser des questions: Il est particulièrement important que les travailleurs aient un endroit où poser des questions et exprimer leurs inquiétudes à propos des risques pour leur propre santé ou celle de leurs collègues. Un soin particulier doit être apporté pour assurer la confidentialité de l’état de santé des personnes. Par exemple, un chef d’unité peut informer une équipe qu’un collègue est malade, mais que son état n’est pas critique, sans pour autant divulguer les détails de son problème de santé. X Sessions de l’équipe pluridisciplinaire: L’équipe pluridisciplinaire de soignants, de ges- tionnaires d’approvisionnement, de nettoyeurs et d’autres travailleurs impliqués dans l’intervention devrait se réunir au moins une fois par semaine pour échanger leurs pré- occupations. Cela pourrait être une réunion des chefs de chacun de ces groupes. Le but de ces réunions est d’identifier les préoccupations, notamment au sujet du bien-être de l’équipe, et de travailler à des stratégies communes pour résoudre les problèmes. X Check-list et travail en binôme: Il est important que les personnels de santé évaluent et comprennent leurs propres forces, faiblesses et limites, notamment en reconnaissant les signes de stress et de burn-out chez eux-mêmes et chez les autres. Les mesures géné- rales visant à soutenir les mécanismes individuels de résistance au stress devraient être expliquées. Il est également important pour le personnel soignant d’avoir une opportunité d’exprimer ses inquiétudes et ses plaintes de façon confidentielle, mais qui lui permet de recevoir des réponses. Le système de binôme est une aide offrant la possibilité d’un soutien psychologique, et le contrôle du stress et des éventuels burn-out. X Premiers secours psychologiques: Dans le document Les premiers secours psycholo- giques: guide pour les acteurs de terrain [35], l’OMS a décrit les caractéristiques clés de cette approche qui facilitent son application dans des situations de terrain. Les premiers secours psychologiques: — fournissent un soutien et un soin pratiques et non intrusifs; — évaluent les besoins et les préoccupations; — aident les personnes à répondre à des besoins de base (par exemple nourriture et eau, informations); — impliquent d’écouter les gens, mais ne les pressent pas à parler; — réconfortent les personnes et les aident à se sentir calmes; — aident les personnes à accéder à l’information, aux services et aux supports sociaux; — protègent les personnes de préjudices supplémentaires. X Campagnes visant à réduire la stigmatisation: Comme le public est conscient que le per- sonnel soignant est plus susceptible d’attraper des maladies telle la MVE de par son expo- sition professionnelle, le personnel soignant est souvent stigmatisé et isolé socialement. Il arrive parfois que même les familles du personnel soignant soient stigmatisées et évitées socialement par leurs amis ou leurs connaissances. Cela étant, des campagnes générales d’éducation du public devraient être mises sur pied pour aborder la stigmatisation et l’ex- clusion sociale des personnels de santé résultant d’une peur excessive de contagion ou de contamination potentielles de la part du public, ainsi que d’autres croyances populaires. Dans une large mesure, les campagnes devraient encourager le public à valoriser le rôle des hommes et des femmes qui se battent sur le front contre l’épidémie, de façon à ce que les travailleurs se sentent fiers de ce qu’ils font. De telles campagnes peuvent être organisées dans le cadre des mesures de mobilisation sociale en cas de crises sanitaires. X Utilisation de l’humour et des techniques participatives: Ceux-ci peuvent promouvoir le dialogue, des solutions innovantes et des changements d’attitude. Des méthodes comme le théâtre participatif ont été utilisées avec le personnel médical pour résoudre le problème de l’intimidation sur le lieu de travail, en créant un sentiment de lien entre les participants. Des techniques créatives peuvent également dissiper la peur en promouvant l’humour. Sécurité et santé au travail durant les crises sanitaires 03. Sécurité et santé lors de situations d’urgence: risques habituels74 Culture organisationnelle X Des techniques favorisant l’esprit d’équipe devraient être appliquées, notamment pour faciliter la communication et la gestion des conflits. La culture organisationnelle doit être sensible à l’entourage, car les familles du personnel local peuvent être touchées par l’épidémie. X Un professionnel de la santé mentale devrait prendre contact avec tous les membres nationaux et internationaux de l’équipe (y compris traducteurs, chauffeurs, bénévoles, etc.) qui ont survécu à un incident grave, 1 à 3 mois après l’événement. Il devrait examiner le survivant et, en cas de problèmes de santé mentale (par exemple dépression, ESPT, consommation de substances), il devra le diriger vers une structure spécialisée. Pratiques individuelles X Temps de repos réglementé: Les responsables doivent connaître et transmettre à l’équipe les pratiques et les procédures de sécurité et de santé, dont le besoin de repos suffisant et de pauses pendant la journée de travail. X Besoins fondamentaux: Les responsables doivent assurer qu’il existe des possibilités de promouvoir la santé physique, dont l’exercice, et que les travailleurs peuvent maintenir des habitudes alimentaires saines. X Soutien psychologique: Un endroit devrait être mis à disposition pour que le personnel soignant puisse partager ses peurs et ses soucis de manière confidentielle. Un psychologue devrait être disponible pour se rendre sur le lieu de travail à des moments particulièrement stressants, comme lorsqu’un des membres de l’équipe décède. X Conduite exemplaire des directeurs de l’organisation et des responsables des équipes sur le terrain: Les directeurs doivent être des modèles pour le personnel qu’ils supervisent et doivent se comporter d’une manière qui montre comment atténuer le stress (par exemple prendre des pauses appropriées, pratiquer des exercices de réduction du stress et de relaxation). Plus important encore, le chef d’équipe sur le terrain doit s’assurer que les besoins de base du personnel sont satisfaits, que l’équipement de protection est fourni, que la main-d’œuvre est valorisée et que ses efforts sont appréciés. Mesures de gestion du stress pendant les différents stades de l’intervention d’urgence Dans son guide de gestion du stress en situation d’intervention de crise, le Département amé- ricain de la santé et des services aux personnes recommande la mise en place des mesures suivantes par les responsables des équipes d’urgence pendant les différents stades de l’in- tervention d’urgence [36]: Réduire le stress avant la crise X S’assurer que les travailleurs se familiarisent avec le système d’intervention d’urgence dans son ensemble et les rôles et responsabilités des équipes clés, notamment la leur. X Établir des lignes claires d’autorité et de responsabilité pour réduire le stress en éliminant toute confusion quant à savoir qui informe qui. X Fournir des formations régulières sur les techniques de gestion du stress. X Créer un plan d’évacuation de l’installation et pratiquer des exercices régulièrement. X Fournir une formation continue pour s’assurer que les travailleurs maîtrisent complète- ment les procédures et les stratégies de sécurité. X Élaborer des directives pour aider les travailleurs à se préparer au déploiement. X Maintenir une liste à jour des coordonnées des membres de la famille de chaque travailleur. 75Un manuel pour la protection des personnels de santé et des équipes d’intervention d’urgence03. Sécurité et santé lors de situations d’urgence: risques habituels Réduire le stress pendant la crise X Définir clairement les rôles individuels et les réévaluer si la situation change. X Lors de chaque changement de poste, fournir un résumé de l’état actuel de l’environne- ment de travail, des procédures de sécurité et de l’équipement de sécurité requis. X Mettre les travailleurs inexpérimentés en partenariat avec des vétérans expérimentés. Le système de binôme est une méthode efficace pour fournir un soutien, surveiller le stress et renforcer les procédures de sécurité. S’assurer que le personnel des services de sensibilisation entre dans les communautés par paires. X Ce système peut également favoriser la fourniture des premiers secours psychologiques aux personnes qui éprouvent un stress à un stade initial. X Alterner les fonctions de stress élevé et les fonctions de stress réduit pour les travailleurs. X Proposer, encourager et surveiller les pauses, surtout lorsqu’il y a des victimes. Pendant des crises prolongées, établir de plus longues pauses et des jours de congé, et réduire le travail le week-end le plus tôt possible. X Établir des zones de répit séparant visuellement les travailleurs de la scène des opérations et du public. Lors de crises prolongées, établir une zone où les travailleurs peuvent se doucher, manger, se changer et dormir. X Mettre en œuvre des horaires flexibles pour les travailleurs qui sont directement affectés par un événement. Ceux-ci peuvent permettre aux travailleurs d’équilibrer leur vie privée et leurs responsabilités professionnelles. X Surveiller et gérer l’environnement de travail, le transport et les conditions de vie de la façon suivante: — Fournir des EPI pour la protection contre le niveau sonore élevé, la poussière et la fumée lorsque cela est nécessaire. — Atténuer les effets des températures extrêmes par l’utilisation de vêtements de pro- tection, une hydratation adéquate et des pauses fréquentes. — Assurer un éclairage suffisant, ajustable et en bon état. — Assurer la sécurité des travailleurs dans les installations ou les sites situés dans des zones dangereuses. — Fournir des téléphones mobiles aux travailleurs œuvrant dans des environnements dangereux. S’assurer que le personnel sache qui appeler en cas de problème. Réduire le stress après la crise X Prévoir du temps libre pour les travailleurs qui ont subi un traumatisme ou une perte personnelle. Prendre des dispositions pour ramener ces personnes dans l’organisation en les affectant initialement à des tâches moins exigeantes. X Élaborer des protocoles pour fournir aux travailleurs des conseils sans les stigmatiser afin qu’ils puissent aborder les aspects émotionnels de leur expérience. X Organiser des entrevues de départ pour aider les travailleurs à mettre en perspective leurs expériences et à valider ce qu’ils ont vu, fait, pensé et ressenti. Sécurité et santé au travail lors d’épidémies de maladies transmissibles: paramètres cliniques et communautaires 04 Sécurité et santé au travail durant les crises sanitaires 04. Sécurité et santé lors d’épidémies de maladies transmissibles78 Le climat de beaucoup de pays tropicaux est favorable au développement et à la propagation d’épidémies de différentes maladies – particulièrement celles dont les vecteurs ne survivent pas à des hivers froids et qui se reproduisent à la saison des pluies. L’interaction entre hôtes, microbes et environnement détermine le développement et la propagation des maladies infectieuses, qui sont devenues plus importantes et plus rapides avec l’augmentation des voyages, la mondialisation et la croissance démographique, en particulier dans les pays où les capacités de préparation et d’intervention en matière de santé publique manquent. Ces infections peuvent se répandre et conduire à une crise pouvant devenir une urgence en matière de santé publique d’importance internationale. Selon le RSI, les catégories d’événements suivantes peuvent constituer une urgence en matière de santé publique d’importance internationale: X Un cas de l’une des maladies suivantes est inhabituel ou inattendu et peut avoir un impact grave sur la santé publique, et doit donc être signalé: variole, poliomyélite due à un polio- virus de type sauvage, grippe humaine causée par un nouveau sous-type, SRAS. X Un incident impliquant les maladies suivantes doit toujours mener à l’utilisation de l’algo- rithme, car elles ont démontré leur capacité à avoir un impact sérieux sur la santé publique et à se répandre rapidement dans le monde: choléra, peste pneumonique, fièvre jaune, fièvres hémorragiques virales (Ebola, Lassa, Marburg), fièvre du Nil occidental, autres maladies qui sont de préoccupation nationale ou régionale particulière (par exemple dengue, fièvre de la vallée du Rift, maladie à méningocoques). X Tous les incidents comportant des risques potentiels pour la santé publique internationale, y compris ceux de cause ou de source inconnues, et ceux impliquant des incidents ou des maladies autres que celles énumérées ci-dessus. Les exemples dans cette catégorie comprennent des incidents présentant un risque de propagation de matières toxiques, infectieuses ou autrement dangereuses qui peuvent se produire naturellement ou non et qui ont contaminé ou ont le potentiel de contaminer une population et/ou une vaste zone géographique. Un grand nombre de professionnels de santé participent activement à la gestion de ces crises sanitaires (encadré 4). Ils comprennent les premières équipes d’intervention, les équipes médi- cales d’urgence, les personnels de santé dans les unités d’urgence et les unités de traitement spécialisées, et les laboratoires directement impliqués dans le sauvetage, le transport, les premiers secours, les soins d’urgence et le traitement des communautés touchées. La prévention et le contrôle des infections professionnelles chez les soignants en cas d’épi- démies infectieuses nécessitent une étroite collaboration entre les spécialistes de la SST et de la lutte contre les infections, les représentants de la direction de l’organisation et des personnels de santé de première ligne, ainsi que d’autres professionnels pour évaluer les dangers, compiler les informations sur les expositions potentielles survenues et faire des recommandations pour la prévention. Lorsque plusieurs employeurs ou organisations uti- lisent les mêmes installations, lieux de travail ou procédés, ils doivent collaborer étroitement pour s’assurer que tous les travailleurs expatriés et domestiques, réguliers et sous-traitants, sont protégés de manière égale et efficace contre les infections et les maladies et acci- dents professionnels. 79Un manuel pour la protection des personnels de santé et des équipes d’intervention d’urgence04. Sécurité et santé lors d’épidémies de maladies transmissibles Encadré 4 X Risques et impacts pour la sécurité et la santé au travail des personnels de santé et des autres travailleurs pendant l’épidémie de MVE en Afrique occidentale L’épidémie de MVE sans précédent a présenté de graves risques pour la santé des personnels de santé et d’autres professions. Selon un rapport préliminaire de l’OMS [6], du 1er janvier 2014 au 31 mars 2015, 815 cas confirmés et probables ont été enregistrés parmi les professionnels de santé dans la base de données concernant les fièvres hémorragiques virales, dont 328 en Sierra Leone, 288 au Libéria et 199 en Guinée. Au cours de la même période, les professionnels de santé représentaient 3,9 pour cent (815 sur 20 955) de tous les cas confirmés et probables (tous âges confondus). À l’ex- ception des premiers mois, au cours desquels seuls quelques cas ont été signalés, les infections au sein des personnels de santé, en proportion de tous les cas mensuels, ont connu un pic en juillet 2014 et ont diminué par la suite. La baisse de 12 pour cent en juillet 2014 à un minimum de 1 pour cent en février 2015 reflète la mise en œuvre effective des interventions préventives. Dans les pays où la transmission de la MVE est répandue et intense, il est difficile de faire la distinction entre l’exposition professionnelle et l’exposition communau- taire ou résidentielle, en particulier parmi les travailleurs locaux qui entretiennent des contacts quotidiens avec les membres de leur famille et la communauté. En plus des personnels de santé, les autres travailleurs à risque étaient les nettoyeurs, les laborantins, les guérisseurs traditionnels, les sages-femmes traditionnelles, les travailleurs s’occupant des funérailles et des enterrements, les préposés aux soins à domicile et les chefs religieux. Les travailleurs exposés au risque de contact avec des patients non diagnostiqués incluaient ceux qui effectuaient le dépistage (y compris les professionnels de santé publique et les travailleurs communautaires), le personnel de contrôle des points d’entrée et de sortie et le personnel de l’industrie du voyage (avions, transports terrestres et navires). Les chauffeurs de taxi, les forces de sécu- rité (gardes, policiers et soldats), les professionnels du sexe et les travailleurs qui manipulent des déchets dans les communautés touchées par le virus Ebola étaient également menacés. Sécurité et santé au travail durant les crises sanitaires 04. Sécurité et santé lors d’épidémies de maladies transmissibles80 4.1 Sécurité et santé au travail dans les unités de soins et de traitement d’Ebola Afin d’assurer la sécurité des patients et des professionnels de santé, les dispositions suivantes relatives à la SST doivent être en place dans les établissements de traitement des cas: X Les installations doivent être conçues avec une séparation maximale entre la zone verte (la zone la moins contaminée) et la zone rouge (la zone la plus contaminée) et avec un flux unidirectionnel (toujours du vert au rouge et jamais l’inverse). Dans certains contextes (par exemple zones rurales éloignées ou grandes unités de traitement d’Ebola), il peut égale- ment y avoir une ou plusieurs zones «à plus faible risque» – par exemple les bureaux ou le logement du personnel où des vêtements et des chaussures de ville peuvent être portés. Ces zones doivent être entièrement clôturées et séparées des zones vertes et rouges. X Il devrait y avoir des entrées séparées pour les patients, le personnel et les visiteurs. Cette zone devrait permettre un accès direct aux patients qui arrivent à pied ou en ambulance, en éliminant toute interaction avec les zones du personnel et des autres patients. Il doit y avoir suffisamment d’espace près de la zone d’arrivée des ambulances pour la décon- tamination des véhicules. X L’entrée du personnel doit permettre le contrôle à l’arrivée et fournir un accès direct à un vestiaire. Le personnel doit se vêtir de blouses et de bottes avant d’entrer dans le reste de l’enceinte de l’unité de traitement d’Ebola. Cette zone devrait fournir un rangement sécurisé pour les vêtements et les effets personnels de l’équipe. X La zone de triage doit être suffisamment grande pour permettre 1 mètre de distance entre les patients, avoir au moins une station de lavage des mains et des toilettes, et offrir une protection contre le soleil et la pluie. De plus, une zone d’attente à l’extérieur devrait être prévue pour les personnes accompagnant les patients et devrait compter les éléments énumérés ci-dessus. X L’utilisation de l’EPI est la mesure la plus visible dans la hiérarchie des contrôles. Cependant, ces contrôles sont les plus faibles et ne devraient pas être considérés comme une stratégie unique de prévention primaire. L’EPI fournit des barrières physiques entre une personne non infectée et un agent infectieux ou une source d’infection. Cette protection comprend, mais sans s’y limiter, les gants, les blouses, les masques, les protections faciales et oculaires et les appareils respiratoires. X L’utilisation efficace et appropriée de l’EPI repose sur l’adhésion de l’utilisateur aux proto- coles et est donc le contrôle le plus facilement compromis. Se concentrer uniquement sur la disponibilité et l’utilisation des EPI, à l’exclusion des contrôles techniques et administratifs, entraîne une protection sous-optimale de toutes les personnes dans les établissements de santé, y compris les travailleurs. Prévention et contrôle de l’infection La prévention et le contrôle des maladies hautement infectieuses – telles que la MVE et d’autres fièvres hémorragiques virales – dans tous les établissements de santé nécessitent le renforce- ment et l’application prudente de précautions standard lors des soins à tous les patients, quels que soient les signes et les symptômes qu’ils présentent. Ces mesures de PCI comprennent [37]: X l’hygiène des mains; X une évaluation des risques pour l’utilisation appropriée des EPI; X la sécurité des injections et la prévention des blessures causées par les aiguilles et autres instruments tranchants; X le nettoyage et la désinfection de l’environnement du patient et de l’équipement de soins aux patients; X la blanchisserie et la gestion des déchets; X l’hygiène respiratoire. 81Un manuel pour la protection des personnels de santé et des équipes d’intervention d’urgence04. Sécurité et santé lors d’épidémies de maladies transmissibles 4.2 Sécurité et santé au travail dans les unités de traitement du choléra Une unité de traitement du choléra (UTC) est une unité de traitement spécialisée pour la prise en charge clinique des cas de choléra et de maladies hydriques. Les stratégies de protection des travailleurs de la santé dans les UTC sont similaires à celles utilisées dans les unités de traitement d’Ebola et comprennent: X triage; X isolement des patients; X désinfection; X hygiène de mains; X équipement de protection individuelle. L’UTC est composée des quatre sections suivantes qui préviennent les infections parmi les patients et le personnel soignant [38]: X sélection et observation; X hospitalisation; X pièce pour convalescents pour le traitement par solutions orales de réhydratation; X zone neutre (pour la cuisine, les stocks de matériel, etc.). Les règles clés d’hygiène et de sécurité pour la prévention et le contrôle de l’infection dans les UTC sont fournies dans le tableau 2. Règles de santé et d’hygiène dans les unités de traitement du choléra Mode de transmission Règles essentielles Règles supplémentaires recommandées Personnes Accès limité au patient + un membre de la famille + personnel Flot de personnes unidirectionnel (par exemple de zones propres à zones infectées uniquement) Pas plus d’un soignant par patient Eau Eau potable (concentration de chlore selon l’utilisation spécifique) Grande quantité nécessaire (minimum 10 litres par personne et par jour) Idéalement 50 litres par patient par jour Mains Stations de lavage des mains avec de l’eau potable Se laver les mains avec de l’eau et du savon – avant et après avoir pris soin des patients – après avoir utilisé les toilettes – avant de cuisiner ou de manger – après avoir quitté le service des admissions Ongles courts et propres Nourriture Aliments cuits Les professionnels de santé ne devraient pas manipuler de la nourriture ou de l’eau Nourriture fournie par l’UTC (plutôt que par les familles) Vêtements et literie Laver les vêtements et la literie avec la solution chlorée appropriée selon les directives Si du chlore n’est pas disponible, laver les vêtements avec du savon et les sécher au soleil Contamination environnementale (excréments et déchets) Garantir des toilettes à usage exclusif Désinfecter régulièrement les seaux, les surfaces souillées et les toilettes avec la solution chlorée appropriée Utiliser un incinérateur pour les déchets médicaux Les toilettes devraient être situées à au moins 100 mètres des puits ou des cours d’eau de surface Lits spéciaux de choléra (lits pour cholériques) Cadavres Morgue séparée Désinfecter les cadavres Identifier les pratiques d’inhumation sûres Éliminer les cadavres dès que possible Tableau 2 Sécurité et santé au travail durant les crises sanitaires 04. Sécurité et santé lors d’épidémies de maladies transmissibles82 4.3 Gestion de la sécurité et de la santé dans les laboratoires manipulant des agents infectieux Le manuel de l’OMS sur la biosécurité en laboratoire [39] couvre divers niveaux d’exigences en matière de biosécurité pour différents types de laboratoires. En outre, dans ses directives sur la manipulation d’échantillons hautement infectieux (par exemple de la grippe aviaire), l’OMS recommande que les mesures suivantes soient en place pour protéger la sécurité et la santé des travailleurs de laboratoire [40]: X La responsabilité de l’élaboration d’une politique de sécurité complète, y compris un manuel de sécurité, et des programmes d’appui à sa mise en œuvre incombe normale- ment au directeur ou au chef d’un institut ou d’un laboratoire. La sécurité en laboratoire est également la responsabilité de tous les chefs d’unité et des employés de laboratoire, et les travailleurs sont responsables de leur propre sécurité et de celle de leurs collègues. X Une bonne technique microbiologique est fondamentale pour la sécurité du laboratoire. L’utilisation d’équipements de sécurité, combinée à de bonnes procédures et pratiques, contribuera à réduire les risques liés à la gestion des dangers de biosécurité. X Les précautions standard devraient toujours être suivies; une barrière de protection (blouses, gants) devrait être utilisée à chaque fois que des échantillons sont prélevés sur des patients. En plus de ces précautions standard, les yeux devraient être protégés. X Les pratiques et procédures de confinement de base – niveau 2 de biosécurité (BSL2) – devraient être les exigences minimales pour la manipulation des échantillons. X De bonnes pratiques de laboratoire doivent être suivies. Il est interdit de manger, boire, fumer, appliquer des produits cosmétiques et manipuler des lentilles de contact dans les zones de travail du laboratoire. X L’EPI (blouse, gants, lunettes de protection) doit être porté au laboratoire lors de la mani- pulation et du traitement des échantillons et lors des tests de diagnostic. X Toutes les procédures techniques doivent être effectuées de manière à minimiser la for- mation d’aérosols et de gouttelettes. X Il convient d’utiliser des enceintes de sécurité biologique ou d’autres dispositifs de confine- ment physiques pour toutes les manipulations pouvant causer des éclaboussures, goutte- lettes ou aérosols de matières infectieuses (par exemple centrifugation, broyage, mélange, agitation ou mélange vigoureux, désagrégation par ultrasons, ouverture des contenants de matières infectieuses dont la pression peut être différente de la pression ambiante). X L’utilisation d’aiguilles et de seringues hypodermiques devrait être limitée. Elles ne doivent pas être utilisées comme substituts aux dispositifs de pipetage ou à d’autres fins que l’injection parentérale ou l’aspiration de liquides d’animaux de laboratoire. Le pipetage à la bouche doit être strictement interdit. X Des conteneurs adéquats et convenablement placés devraient être disponibles pour l’élimination des matériaux à risque biologique. X Les surfaces de travail doivent être décontaminées après tout déversement de matières potentiellement dangereuses et à la fin de la journée de travail. En général, des solutions d’eau de javel fraîchement préparées sont appropriées pour traiter les déversements biologiques dangereux. X Le personnel doit se laver les mains souvent – en particulier après avoir manipulé des matières infectieuses et des animaux, avant de quitter les zones de travail du laboratoire et avant de manger. X L’EPI doit être retiré avant de quitter le laboratoire. 83Un manuel pour la protection des personnels de santé et des équipes d’intervention d’urgence04. Sécurité et santé lors d’épidémies de maladies transmissibles 4.4 Gestion de l’exposition au sang, aux fluides corporels et autres contaminants en milieu médical L’exposition non protégée des muqueuses et de la peau aux fluides corporels de patients dont on suspecte qu’ils sont malades ou dont la maladie est confirmée, à des objets et à des corps contaminés de défunts doit être considérée comme un accident d’exposition à haut risque. Dans la plupart des cas, de tels accidents sont dus au contact d’une partie non protégée de la peau au moment de retirer l’EPI, à des blessures causées par des objets tranchants lors de soins prodigués aux patients et au contact avec une personne contagieuse ou des objets contaminés. Les accidents d’exposition liés à des matières infectieuses comme le sang, les vomissures et d’autres sécrétions corporelles doivent être signalés et examinés [41]. Face à de tels accidents, qui impliquent des maladies hautement infectieuses telles que les virus Ebola, Marburg et d’autres fièvres hémorragiques virales, les personnels de santé et les autres travailleurs devraient suivre les mesures suivantes: X Cesser immédiatement et en toute sécurité les tâches en cours et quitter les zones de soins aux patients et les zones de travail. X Retirer l’EPI avec précaution, en suivant les procédures appropriées. L’exposition pendant cette opération peut être dangereuse et est susceptible d’entraîner une transmission professionnelle de fièvres hémorragiques virales telles que la MVE. X Immédiatement après avoir retiré l’EPI, laver les surfaces de la peau qui ont été affectées ou l’endroit de la lésion avec du savon et de l’eau courante ou une solution saline pen- dant au moins 15 minutes. Il convient en outre de rincer abondamment les membranes muqueuses (par exemple la conjonctive) à l’eau ou avec une solution de lavage oculaire. Ne pas utiliser de solutions de chlore ou d’autres désinfectants. X Signaler immédiatement l’accident au coordinateur local. Il s’agit d’une mesure urgente qui doit être effectuée dès que le professionnel de santé quitte l’unité de soins. X Les personnes exposées doivent subir des examens médicaux qui tiennent compte d’autres expositions hématogènes potentielles (VIH, hépatites B et C) et faire l’objet d’un suivi médical, notamment un contrôle de la fièvre deux fois par jour pendant 21 jours (durée maximale de la période d’incubation de la MVE) après l’accident. Une consultation immé- diate d’un expert en maladies infectieuses est recommandée pour toute personne qui développe de la fièvre dans les 21 jours suivant l’exposition. X Les travailleurs susceptibles d’avoir été infectés devraient être isolés et devraient recevoir des soins jusqu’à ce qu’un diagnostic négatif soit confirmé. X Il est essentiel d’effectuer une recherche des contacts et le suivi de la famille, des amis, des collègues et des autres patients qui ont pu être exposés à des fièvres hémorragiques virales telles que la MVE par un contact étroit avec le professionnel de santé infecté. X L’infection par des fièvres hémorragiques virales telles que les virus Ebola et Marburg chez les personnes ayant eu un contact professionnel avec les sources du virus devrait être considérée comme une maladie professionnelle si l’on se réfère à la liste des maladies professionnelles de l’OIT. Sécurité et santé au travail durant les crises sanitaires 04. Sécurité et santé lors d’épidémies de maladies transmissibles84 Prophylaxie postexposition Les recommandations actuelles de l’OMS sur la prophylaxie postexposition (PPE) [42] reposent sur des preuves scientifiques et sont les suivantes: X La PPE devrait être proposée à toutes les personnes exposées à un risque de transmission du VIH et entreprise le plus tôt possible (idéalement dans les 72 heures). X L’évaluation de l’éligibilité doit être basée sur le statut VIH de la source lorsque cela est possible et peut inclure la prise en compte de la prévalence du contexte et des schémas épidémiologiques locaux. X Les expositions pouvant justifier une PPE sont l’exposition de la membrane parentérale ou muqueuse (exposition sexuelle et éclaboussures dans les yeux, le nez ou la cavité buccale). L’exposition à des fluides corporels (sang, salive ensanglantée, lait maternel, sécrétions génitales et liquides cérébro-spinal, amniotique, rectal, péritonéal, synovial, péricardique ou pleural) peut présenter un risque d’infection par le VIH. X Les expositions qui ne nécessitent pas de PPE sont les cas où la personne exposée est déjà séropositive, lorsque la source est prouvée séronégative et quand l’exposition concerne des fluides corporels qui ne présentent pas de risque significatif (par exemple larmes, salive exempte de sang, urine, sueur). X Bien que la PPE soit, dans l’idéal, fournie dans les 72 heures suivant l’exposition, les per- sonnes peuvent ne pas être en mesure d’accéder aux services dans ce délai. Les fournisseurs devraient étudier la gamme d’autres interventions essentielles et de recommandations qui devraient être offertes aux clients se présentant plus de 72 heures après l’exposition. X Dans certains contextes où la prévalence du VIH est élevée ou lorsque la source est consi- dérée comme présentant un risque élevé d’infection par le VIH, toute exposition peut être prise en compte pour la PPE sans évaluation des risques. X Les liquides biologiques, comme mentionné ci-dessus, comportent un risque élevé d’in- fection par le VIH, mais cette liste n’est pas exhaustive et tous les cas doivent être éva- lués cliniquement. Les personnels de santé doivent décider si l’exposition constitue un risque significatif. Évaluation La personne exposée, les conditions durant l’exposition et le statut de la personne source doivent être évalués. Il convient de procéder à: X une évaluation clinique de l’exposition; X une évaluation de l’éligibilité pour une PPE contre le VIH; X un dépistage du VIH chez les personnes exposées et auprès de la source si possible; X l’administration des premiers secours en cas de lésion de la peau ou de blessure. Conseil et soutien Ceux-ci sont nécessaires pour préparer la personne aux examens, au traitement et au suivi, y compris aux effets indésirables potentiels du traitement médicamenteux. Les éléments suivants doivent être couverts: X risque de VIH; X risques et avantages de la PPE contre le VIH; X effets secondaires; X soutien et observation renforcés si la PPE doit être prescrite; X soutien spécifique dans les cas d’agression sexuelle. 85Un manuel pour la protection des personnels de santé et des équipes d’intervention d’urgence04. Sécurité et santé lors d’épidémies de maladies transmissibles Prescription Cela inclut la sélection et le commencement du traitement avec des médicaments appropriés et doit couvrir les éléments suivants: X introduction de la PPE le plus tôt possible après l’exposition; X traitement de 28 jours avec des médicaments rétroviraux appropriés à l’âge; X information sur les médicaments; X évaluation des comorbidités sous-jacentes et des interactions médicamenteuses possibles. Suivi Le suivi est une partie importante de la PPE et couvre: X un dépistage VIH 3 mois après l’exposition; X un lien avec le traitement du VIH si possible; X des actions de prévention selon les cas. Étapes pour atteindre les objectifs X administrer les premiers soins immédiatement; X analyser l’exposition potentielle au VIH ou à d’autres infections transmissibles par le sang; X tester la source de l’exposition liée au VIH et à l’hépatite B et C; X tester le professionnel de santé ayant été exposé et fournir des conseils et des recom- mandations de soins; X préserver la confidentialité à la fois pour le professionnel de santé et le patient; X assurer les analyses et l’évaluation clinique de suivi; X fournir une PPE si nécessaire, accompagnée de conseils; X analyser les cas d’exposition pour améliorer la pratique; X disposer d’une procédure d’indemnisation établie en cas de poursuite. Gestion d’une possible exposition à d’autres maladies (par exemple hépatite B et C) X Le risque de transmission du virus de l’hépatite B (VHB) et du virus de l’hépatite C (VHC) est plus élevé que le risque de transmission du VIH dans la plupart des cas d’exposition, en particulier dans le cadre des soins de santé. X Une vaccination antérieure au VHB doit être évaluée et une vaccination proposée si néces- saire selon les programmes nationaux de vaccination adaptés à l’âge. X L’immunoglobuline de l’hépatite B protège par immunisation passive si elle est administrée peu de temps après l’exposition et devrait être envisagée, si elle est disponible, pour les personnes non vaccinées ou partiellement vaccinées en complément de la vaccination. X Le dépistage du VHC devrait être proposé conformément aux directives de l’OMS. Les personnes devraient être conseillées sur le risque de contracter le VHC et confiées à des spécialistes en cas de séroconversion. Sécurité et santé au travail durant les crises sanitaires 04. Sécurité et santé lors d’épidémies de maladies transmissibles86 4.5 Protection de la sécurité et de la santé au travail du personnel de santé contre les maladies respiratoires aiguës pendant les épidémies de maladies respiratoires Les directives provisoires de l’OMS concernant la prévention et le contrôle des infections trai- tant des maladies respiratoires aiguës épidémiques et à tendance pandémique dans le cadre des soins [43] recommandent les mesures suivantes pour la protection des professionnels de santé contre les maladies respiratoires aiguës (MRA): Les MRA qui peuvent constituer une urgence de santé publique de portée internationale en raison de leur flambée et de leur potentiel épidémique sont entre autres: X un syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS); X un nouveau virus de la grippe causant une infection humaine; X une nouvelle MRA susceptible d’avoir un impact important sur la santé publique. Syndrome respiratoire aigu sévère: Le SRAS est causé par un coronavirus associé au SRAS (SRAS-CoV) qui peut infecter les animaux et les humains. La transmission interhumaine du SRAS se produit principalement par des gouttelettes ou par contact, bien que la trans- mission par des aérosols respiratoires infectieux de différentes tailles puisse se produire à courte distance. Nouveau virus de la grippe causant une infection humaine: Les virus de la grippe aviaire A infectent généralement les oiseaux, mais peuvent parfois infecter d’autres animaux et des humains, et ont été associés à des groupes de cas humains. La souche associée au plus grand nombre d’épisodes humains est H5N1. Nouvelle MRA susceptible d’avoir un impact important sur la santé publique: Les maladies infectieuses se sont propagées à travers les populations et les régions au cours de l’histoire et il est probable que des maladies infectieuses émergentes continueront à être identifiées. Beaucoup de maladies infectieuses ont des réservoirs animaux et peuvent infecter les humains dans certaines circonstances. La nécessité de protéger les professionnels de santé contre les MRA est motivée par les raisons suivantes: X Pendant les épidémies de grippe saisonnière ou pandémique, les professionnels de santé peuvent être infectés par la grippe par exposition dans la communauté ou dans l’établis- sement de santé (pas nécessairement à la suite d’une exposition à des patients). Une fois infectés, ils peuvent servir de sources de transmission du virus à d’autres membres du personnel et à leurs patients, qui présentent un risque accru de complications associées aux MRA. X Bien que le vaccin contre la grippe saisonnière n’offre pas de protection contre les nou- veaux virus grippaux, comme la grippe aviaire, il contribuera à prévenir une infection concomitante par la grippe humaine saisonnière, et ainsi réduire la confusion dans le diagnostic et des absences professionnelles inutiles. X La prévention de la grippe saisonnière devrait aussi permettre théoriquement de mini- miser le risque d’émergence de virus humains réassortis chez les professionnels de santé vaccinés. X Les personnels de santé qui prodiguent des soins à tout patient atteint d’une MRA poten- tiellement préoccupante peuvent être exposés à ces agents pathogènes et doivent être surveillés et soutenus au besoin. 87Un manuel pour la protection des personnels de santé et des équipes d’intervention d’urgence04. Sécurité et santé lors d’épidémies de maladies transmissibles Recommandations aux administrateurs d’établissements médicaux X Chaque fois que possible, vacciner le personnel médical contre la grippe saisonnière et surveiller l’absorption du vaccin. X Les personnels de santé qui présentent un risque élevé de complications potentielles des MRA (par exemple les femmes enceintes, les personnes immunodéprimées et les personnes souffrant de maladies cardio-pulmonaires ou respiratoires) devraient être informés des risques médicaux et être assignés à des tâches qui n’impliquent pas de soins aux patients atteints de MRA. Recommandations aux établissements médicaux gérant des patients atteints de MRA potentiellement préoccupantes X Un registre du personnel de santé qui a prodigué des soins aux patients atteints de MRA potentiellement préoccupantes devrait être tenu à des fins de recherche de contacts. X Un système de surveillance des syndromes grippaux chez les professionnels de santé devrait être développé. Le personnel médical atteint d’un syndrome grippal devrait être exclu des unités à haut risque (par exemple les unités de soins intensifs néonatals). X Un système devrait être mis au point pour surveiller la santé du personnel médical – en particulier les professionnels de santé qui prodiguent des soins aux patients souffrant de MRA potentiellement préoccupantes –, avec rapport spontané de la part du personnel atteint de symptômes. X Si la prophylaxie antivirale est recommandée par une politique locale, les administrateurs des établissements médicaux devraient mettre au point un système de prophylaxie anti- virale à l’intention des professionnels de santé exposés à des patients atteints de MRA potentiellement préoccupantes. Au besoin, l’administration devrait contacter les respon- sables de santé publique et solliciter leur aide pour obtenir un approvisionnement adéquat pour la prophylaxie des professionnels de santé prodiguant des soins aux patients atteints de MRA potentiellement préoccupantes, conformément aux directives locales. X Il conviendrait de s’assurer que les professionnels de santé (en particulier ceux qui prennent en charge des patients atteints de MRA potentiellement préoccupantes) aient un accès rapide à des vaccins de dernière génération pour prévenir le développement de MRA préoccupantes. X Des méthodes devraient être développées pour fournir un soutien supplémentaire au personnel de santé (par exemple soutien émotionnel et familial), si nécessaire. Recommandations à l’intention des personnels de santé ayant prodigué des soins à des patients infectés ou soupçonnés d’être infectés par une MRA potentiellement préoccupante X Organiser le personnel médical par groupes désignés pour prendre soin des patients et vérifier régulièrement la température du personnel médical (par exemple avant chaque poste de travail); surveiller les symptômes d’un syndrome grippal (toux, mal de gorge, difficulté à respirer) pendant 7 à 10 jours après la dernière exposition possible à un patient présentant une MRA potentiellement préoccupante. X En cas de fièvre supérieure à 38 °C ou de développement de syndromes grippaux, les professionnels de santé doivent immédiatement limiter leurs interactions avec les autres, rester à l’écart du travail, ne pas fréquenter de lieux publics et informer l’équipe de contrôle des infections/de santé au travail (et/ou leur prestataire de soins) qu’ils sont sympto- matiques et qu’ils ont eu des contacts avec des patients atteints de MRA potentielle- ment préoccupantes. Sécurité et santé au travail durant les crises sanitaires 04. Sécurité et santé lors d’épidémies de maladies transmissibles88 4.6 Sécurité et santé au travail durant l’intervention en cas d’épidémies en milieu communautaire L’intervention d’urgence en cas d’épidémie consiste en des actions menées par différentes organisations, tant locales qu’internationales. L’intervention inclut le gouvernement et les autorités locales dans les pays à risque affectés, la société civile, le secteur privé, les ONG, les organisations internationales, les institutions financières internationales et les agences de différents pays. Les objectifs stratégiques de l’intervention sont d’arrêter l’épidémie, de traiter les personnes infectées, d’assurer les services essentiels, de préserver la stabilité et de prévenir les épidémies dans d’autres pays. Outre les unités de traitement spécialisées telles celles pour la MVE et le choléra, ces activités sont menées dans différents cadres de soins, y compris les maisons, les centres de santé, pendant le transport aérien, maritime et routier et aux points d’entrée dans les pays ou les districts. En plus des personnels de santé dans les établissements de santé, d’autres catégories de travailleurs présentent également un risque élevé d’infection. Cette section décrit les exigences requises pour la prévention des infections professionnelles dans les contextes communautaires les plus typiques d’intervention en cas de crises sanitaires, où les activités d’intervention présentent des risques et des dangers pour la sécurité et la santé au travail des équipes d’intervention en cas d’urgence. 4.6.1 Travail communautaire (par exemple mobilisation sociale, recherche de contacts, dépistage de cas) Le travail dans la communauté (hors zone sanitaire) – comme le dépistage de cas, le suivi des contacts et la mobilisation sociale – entraîne un risque élevé de contact avec des cas non détectés ainsi qu’un risque élevé d’infection professionnelle pour les personnels de santé. Par conséquent, un tel travail doit toujours être effectué en prenant les précautions suivantes: X Éviter les poignées de main et autres contacts sociaux pendant les activités de mobilisation sociale et les entrevues. X Il faut pouvoir disposer d’EPI tels que blouse imperméable, masque facial, lunettes de protection et gants d’examen, bottes et produits d’hygiène des mains (de préférence une solution hydroalcoolique pour les mains). X Maintenir une distance de plus de 1 mètre (environ 3 pieds) entre l’intervenant et la per- sonne interrogée même si la personne ne semble pas être malade. X Éviter tout contact physique avec la personne interrogée et avec l’environnement. X Il n’est pas nécessaire de porter un EPI lorsque ces précautions sont adoptées et lorsque l’on interroge des sujets asymptomatiques (par exemple absence de fièvre, de diarrhée, de saignement ou de vomissements). X Il faut respecter les mesures relatives à l’hygiène des mains après tout contact avec un cas suspect et un environnement potentiellement contaminé, et au moment de quitter l’endroit où les entretiens de recherche de contacts et de dépistage de cas dans la com- munauté ont été menés. 89Un manuel pour la protection des personnels de santé et des équipes d’intervention d’urgence04. Sécurité et santé lors d’épidémies de maladies transmissibles 4.6.2 Ambulances et véhicules pour les patients et les cadavres Les personnes transportant un patient atteint d’une maladie hautement infectieuse risquent d’être exposées par le biais d’un contact avec les fluides corporels du patient. Celles qui trans- portent les corps de personnes décédées de maladies hautement infectieuses sont aussi mena- cées. Le nettoyage et la désinfection du véhicule présentent également un risque d’infection. Les mesures de contrôle suivantes devraient être appliquées: X Le personnel d’intervention qui est en contact physique direct avec un cas suspect ou confirmé (par exemple en aidant le patient à entrer dans l’ambulance, en fournissant des soins aux patients pendant le transport) devrait utiliser un EPI approprié. X Si un patient ne vomit pas ou ne saigne pas et n’a pas de diarrhée, l’EPI devrait comporter au minimum des gants, un masque et une blouse. X Si un patient vomit, saigne ou a la diarrhée ou lorsque des cadavres sont manipulés, l’EPI devrait toujours inclure une combinaison ou une protection complète avec des gants doubles, un respirateur de type N95, une blouse imperméable (ou un tablier imperméable sur une blouse non imperméable), une protection oculaire (lunettes ou écran facial) et des bottes/chaussures fermées avec des couvre-chaussures. X Un patient qui tousse devrait être invité à porter un masque. X Avant de charger un cadavre dans un véhicule, le corps devrait être placé dans un double sac mortuaire en plastique. La surface extérieure de chaque sac devrait être essuyée avec un désinfectant approprié (par exemple une solution de chlore à 0,5 pour cent), et le sac devrait ensuite être scellé et étiqueté comme matériau hautement infectieux. X Après avoir porté secours à un patient qui a vomi ou saigné ou a eu la diarrhée, ou après avoir chargé des cadavres, il faudrait toujours changer et éliminer les EPI en toute sécurité. X Les EPI devraient être enfilés et retirés avec soin conformément aux instructions et pic- togrammes de l’OMS. Lors du retrait de l’EPI, veiller à éviter tout contact entre les articles souillés (par exemple gants, blouses) et toute zone du visage (yeux, nez ou bouche) ou de peau lésée. X Les EPI devraient être jetés dans des conteneurs à déchets ou des sacs en plastique des- tinés aux matières hautement infectieuses. X Les équipes d’intervention doivent se laver les mains avec une solution hydroalcoolique ou avec de l’eau et du savon après avoir été exposées au sang et aux liquides organiques du patient, après avoir touché des surfaces/objets/équipements contaminés et après avoir retiré l’EPI. X L’EPI n’est pas requis pour les personnes conduisant ou voyageant dans le véhicule, à condition que les conducteurs ou les passagers ne touchent aucun patient ou aucune personne accompagnant un patient, et n’aident pas à charger ou à manipuler un cadavre. X Les ambulances et autres véhicules utilisés pour le transport des patients devraient être nettoyés et décontaminés régulièrement (au moins une fois par jour) avec des détergents/ désinfectants standard (par exemple une solution de chlore à 0,5 pour cent). Si les surfaces ont été salies avec du sang ou des liquides organiques, elles devraient être nettoyées et décontaminées immédiatement. X Les ambulances et autres véhicules utilisés pour le transport des patients devraient tou- jours être équipés de gants, de masques et d’ensembles complets d’EPI, de solutions désinfectantes pour les mains à base d’alcool, de sacs à déchets, de sacs mortuaires, d’un réservoir d’eau, de lingettes, de détergent et de désinfectant. Les ambulanciers devraient être formés à cet effet, ainsi qu’effectuer l’essai d’ajustement requis pour l’utilisation des appareils respiratoires. Sécurité et santé au travail durant les crises sanitaires 04. Sécurité et santé lors d’épidémies de maladies transmissibles90 4.6.3 Examens post mortem L’examen post mortem des corps de patients décédés en raison d’une maladie infectieuse présumée comme le choléra, Ebola ou la maladie de Marburg devrait être limité aux seules évaluations essentielles et devrait être effectué par du personnel qualifié [37]. Les précautions suivantes doivent être prises lors des examens post mortem: X L’équipe de prévention et de contrôle des infections devrait être consultée pour toute prise de décision concernant les examens post mortem. X L’examen post mortem des dépouilles de ces patients devrait se limiter aux évaluations essentielles et devrait être effectué par du personnel qualifié. X Le personnel procédant à l’examen des dépouilles devrait porter un EPI complet. X En outre, le personnel effectuant des autopsies de cas de fièvre hémorragique ou d’autres maladies respiratoires aiguës suspectées ou avérées devrait porter un appareil respiratoire soit avec filtres à particules (par exemple FFP2, ou équivalent certifié EN, ou N95 certifié par le NIOSH), soit un appareil respiratoire isolant (ARI). X Lors du retrait de l’EPI, éviter tout contact entre les gants ou l’équipement souillés et le visage (c’est-à-dire les yeux, le nez ou la bouche). X Il convient de respecter les mesures relatives à l’hygiène des mains immédiatement après le retrait de l’EPI. X Placer les échantillons dans des récipients étanches, clairement étiquetés et qui ne sont pas en verre, et les transmettre directement aux zones de manipulation des échantillons. X Toutes les surfaces extérieures des contenants à échantillons doivent être soigneusement désinfectées (en utilisant un désinfectant efficace) avant le transport. X Les tissus ou liquides corporels destinés à l’élimination doivent être soigneusement placés dans des contenants scellés et clairement identifiés pour être incinérés. 4.6.4 Pratiques d’inhumation sûres et dignes Dangers présentés par le cadavre Les travailleurs s’occupant de la gestion des cadavres, les personnes chargées de la pulvéri- sation, les responsables techniques et les agents de liaison avec la famille et la communauté sont exposés à un risque de contact direct avec des liquides organiques sur un cadavre, des vêtements, de la literie ou d’autres surfaces/objets. Le stress thermique dû au travail à l’ex- térieur en EPI complet, la violence de la part de membres de la famille et de la communauté, les problèmes ergonomiques liés à la manutention manuelle de charges (corps et cercueils) et la détresse psychologique liée au fait de traiter des dépouilles humaines et d’être témoin de la souffrance humaine constituent également des facteurs de risques. Les corps de personnes qui sont décédées de maladies hautement infectieuses telles que le choléra, le virus Ebola ou le virus de Marburg sont très contagieux et nécessitent une inhumation par des équipes spéciales dûment formées et équipées. Les enterrements sûrs, recommandés par l’OMS [44], comprennent les 12 étapes suivantes: X Étape 1: avant le départ: composition de l’équipe et préparation des désinfectants. X Étape 2: rassembler tout le matériel nécessaire. X Étape 3: arrivée au domicile du patient décédé: préparer l’enterrement avec la famille et évaluer les risques. X Étape 4: enfiler l’EPI complet. X Étape 5: placer le corps dans le sac mortuaire. 91Un manuel pour la protection des personnels de santé et des équipes d’intervention d’urgence04. Sécurité et santé lors d’épidémies de maladies transmissibles X Étape 6: placer le sac mortuaire dans un cercueil lorsque cela est culturellement approprié. X Étape 7: désinfecter l’environnement familial. X Étape 8: retirer l’EPI, gérer les déchets et respecter les mesures relatives à l’hygiène des mains. X Étape 9: transporter le cercueil ou le sac mortuaire jusqu’au cimetière. X Étape 10: enterrement au cimetière: placer le cercueil ou le sac mortuaire dans la tombe. X Étape 11: enterrement au cimetière: engager la communauté à prier car cela dissipe les tensions et offre un moment de calme. X Étape 12: retour à l’hôpital ou au siège de l’équipe. Les équipes procédant aux enterrements devraient être formées de sept membres: quatre personnes pour la gestion du corps (en EPI complet), une personne chargée de la vaporisation (en EPI complet), un responsable technique (ne portant pas d’EPI) et une personne chargée de la communication avec la famille et la communauté (ne portant pas d’EPI). L’équipe devrait également utiliser des sacs mortuaires, du désinfectant et des véhicules. Le matériel essentiel à rassembler est le suivant: X Pour l’hygiène des mains: solution hydroalcoolique pour les mains (recommandée) OU eau courante propre, savon et serviettes (recommandés) OU solution chlorée 0,05 pour cent (lorsque les options ci-dessus ne sont pas disponibles). X EPI: une paire de gants jetables (non stériles, ambidextres), une paire de gants résistants, une combinaison jetable (par exemple combinaison Tyvec), un tablier en plastique imper- méable, une protection faciale (lunettes et masque), des chaussures (bottes en caout- chouc recommandées OU, si non disponibles, chaussures avec semelles antiperforation et couvre-chaussures jetables). X Pour la gestion des déchets: désinfectant, pulvérisateur à une main (solution de chlore à 0,05 pour cent), pulvérisateur à dos (solution de chlore à 0,5 pour cent), contenant pour objets tranchants étanche et résistant aux perforations. Les recommandations de la PCI pour la manipulation des corps des personnes décédées de maladies hautement infectieuses comme Ebola sont les suivantes [44]: X Seul le personnel qualifié devrait manipuler les corps pendant l’épidémie. X Les personnels de santé, les membres de la famille et les équipes funéraires devraient observer les précautions sanitaires standard lorsqu’ils manipulent un corps décédé de MVE ou du virus Marburg. Cela comprend l’utilisation d’EPI complets lors de la manipulation du cadavre d’un cas présumé ou avéré de fièvre hémorragique, le respect des directives d’hygiène des mains et les précautions standard lors de contact avec du sang, des liquides organiques et des matériaux infectés – particulièrement les éclaboussures sur des surfaces. La manipulation des restes humains devrait être réduite au minimum. Les recommandations suivantes devraient être respectées en principe, mais peuvent nécessiter une certaine adap- tation pour tenir compte des préoccupations culturelles et religieuses: X Le nettoyage des mains devrait être effectué immédiatement avant de mettre des gants et tout de suite après le retrait de l’EPI. X Boucher les orifices naturels. Placer le corps dans un sac mortuaire double, essuyer la surface de chaque sac mortuaire avec un désinfectant approprié (par exemple une solution de chlore à 0,5 pour cent) puis le sceller et l’étiqueter avec l’indication «matériel hautement infectieux». Déplacer immédiatement le corps à la morgue. X Les EPI devraient être portés sur le lieu de collecte des restes humains, lors de la levée du corps et de sa mise en place dans un sac mortuaire, ainsi qu’au moment du placement du sac mortuaire dans un cercueil. L’EPI ne devrait être retiré qu’une fois le corps déposé dans le cercueil, mais immédiatement après cette opération. Sécurité et santé au travail durant les crises sanitaires 04. Sécurité et santé lors d’épidémies de maladies transmissibles92 X Les restes ne doivent pas être pulvérisés, lavés ou embaumés. Toute pratique consistant à laver les restes pour la préparation de «sépultures propres» devrait être déconseillée. X Le port de l’EPI n’est pas requis pour les personnes conduisant ou voyageant dans un véhicule collectant les restes humains, à condition que les conducteurs ou les voyageurs ne manipulent pas le cadavre d’un cas présumé ou avéré de fièvre hémorragique. X Les porteurs du cercueil devraient utiliser des gants épais (robustes). X Après avoir été enveloppée dans un matériau scellé et étanche, la dépouille devrait être si possible placée dans un cercueil, et enterrée rapidement. X Il est fortement recommandé que les tombes de ces victimes soient identifiées confor- mément aux coutumes locales. Le processus d’enterrement est une question très sensible pour la famille et la communauté et peut être source de problèmes ou même de conflits ouverts. Par conséquent, avant d’entamer toute procédure, la famille doit être pleinement informée des protocoles d’inhumation dignes et de ses droits religieux et personnels à témoigner du respect au défunt. S’assurer que la famille ait donné son accord formel avant de commencer l’enterrement. Aucune inhumation ne devrait commencer avant que l’accord de la famille n’ait été obtenu. Des civières devraient être utilisées pour déplacer les dépouilles humaines. Un nombre suffi- sant de personnes devraient être présentes dans l’équipe pour qu’au moins quatre personnes puissent porter le corps. Le travail devrait être organisé de façon à permettre des pauses sans EPI, ainsi qu’une bonne hydratation. 4.6.5 Points d’entrée et de sortie, postes-frontières, aéroports et ports maritimes Les personnes travaillant aux points d’entrée et de sortie des aéroports, ports maritimes et postes-frontières offrent des services tels que contrôle des papiers, prise de la température corporelle et évaluation de la santé des voyageurs internationaux, manutention des bagages, marchandises, conteneurs, fret et colis postaux. Les facteurs de risque pour les personnels aux points d’entrée et de sortie comprennent le contact avec les fluides corporels des voyageurs internationaux et les surfaces et vêtements contaminés [45]. X Les travailleurs effectuant le contrôle des passagers devraient recevoir un EPI propor- tionné à l’évaluation des risques pour leurs tâches. Cet équipement devrait inclure, au minimum, des gants jetables. Les personnels devraient éviter de toucher les voyageurs et devraient maintenir une distance de sécurité de 1 mètre (ou 3,2 pieds) chaque fois que cela est possible. X Les travailleurs doivent se laver les mains avec de l’eau et du savon ou avec un désinfectant pour les mains à base d’alcool. X Le personnel médical ou de santé publique qui effectue le dépistage des voyageurs malades ou suspects doit pouvoir bénéficier d’un EPI – gants jetables, blouse imperméable à manches longues, masque, protection oculaire (écran facial ou lunettes de protection) et chaussures fermées avec des couvre-chaussures ou des bottes en caoutchouc. Un masque, une protection oculaire et un tablier résistant à l’eau si la blouse n’est pas imperméable sont importants, en particulier s’il y a un risque de projection de sang ou de liquide cor- porel (par exemple si le patient vomit, saigne ou a la diarrhée). X Les travailleurs effectuant un dépistage de sortie devraient être formés à l’utilisation cor- recte de l’EPI et au contrôle de l’infection lors du traitement de cas suspects et devraient se laver les mains avec du savon et de l’eau courante ou une solution hydroalcoolique et une serviette à usage unique. X Le personnel aux points d’entrée et de sortie, y compris les manutentionnaires de fret, ne devrait pas manipuler de colis visiblement souillés de sang ou de liquides organiques. 93Un manuel pour la protection des personnels de santé et des équipes d’intervention d’urgence04. Sécurité et santé lors d’épidémies de maladies transmissibles 4.6.6 Avions Les déplacements en avion vers des régions ou des pays éloignés lors de cas suspectés ou avérés de maladie hautement infectieuse constituent d’énormes défis pour contrôler la pro- pagation des agents pathogènes dans les régions ou les pays qui ne sont pas touchés par la maladie. Dans de tels cas, il est essentiel que le personnel au sol et le personnel navigant soient correctement formés et que des kits de précautions médicales et universelles soient dispo- nibles à bord pour gérer les cas/contacts, conformément aux directives de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI). Aux points d’entrée et de sortie, l’équipage devrait suivre les procédures opératoires standard de l’Association du transport aérien international (IATA) sur la gestion des maladies transmissibles à bord, qui fournissent les indications suivantes [46]: Traitement d’un cas entrant de maladie transmissible suspectée dans un avion X Selon les directives de l’IATA, un «cas suspect» implique de la fièvre (température de 38 °C/100 °F ou plus) associée à un ou plusieurs des signes ou symptômes suivants: malaise apparent, toux persistante, respiration altérée, diarrhée persistante, vomissements persis- tants, éruption cutanée, ecchymoses ou saignements sans blessure antérieure et confusion d’apparition récente. X Si un équipage de cabine identifie un cas suspect de maladie contagieuse à bord, le per- sonnel navigant doit aviser le contrôleur de la circulation aérienne en croisière qui, à son tour, informera le contrôleur de la circulation aérienne de l’aéroport de destination. Les informations transmises incluront des détails tels que le numéro de vol, l’origine, la destination, l’heure d’arrivée prévue, le nombre de personnes à bord et le nombre de cas suspects. L’autorité de santé publique devrait être avisée du cas par le contrôleur de la circulation aérienne de destination, conformément aux arrangements locaux. La période précédant l’arrivée de l’avion pourrait permettre à l’autorité de santé publique de procéder à une «évaluation préliminaire des risques», généralement de façon indirecte, par l’inter- médiaire du centre de contrôle des opérations aériennes ou du conseiller médical sol-air. L’évaluation proactive des risques peut déterminer si une intervention de santé publique est requise et permettra de prendre des mesures dans le cadre du plan d’intervention local avant l’arrivée de l’avion, ce qui minimisera les retards. La référence pour le retard maximal des passagers et/ou aéronefs imputable à la gestion par l’autorité de santé publique d’un cas de maladie transmissible suspectée devrait être de 1 heure. À bord d’un avion, les mesures suivantes doivent être immédiatement prises en compte, conformément aux procédures opérationnelles recommandées par l’IATA: X Si possible, éloigner le voyageur malade des autres passagers en le plaçant de préférence près d’une toilette réservée à son usage exclusif. X Couvrir le nez et la bouche du patient avec un masque médical en présence de symptômes respiratoires (par exemple toux ou éternuements). En cas d’intolérance au masque, le passager malade doit recevoir des mouchoirs et être prié de se couvrir la bouche et le nez lorsqu’il tousse ou éternue et ensuite de se laver les mains. X Fournir au passager malade un sac en plastique afin qu’il puisse se débarrasser des mouchoirs usagés et un sachet pour mal de l’air en cas de nausées ou de vomissements. X Entreposer les articles souillés (mouchoirs, masques, draps, oreillers, couvertures, articles contenus dans la poche du siège, etc.) dans un sac de protection contre les risques biolo- giques, si disponible. Sinon, utiliser un sac en plastique scellé accompagné de la mention «danger biologique». X Limiter les contacts du passager au minimum indispensable. Seul un membre de l’équipage (deux si un passager malade a besoin de plus d’assistance) devrait s’occuper du passager malade. De préférence, il doit s’agir uniquement des membres de l’équipage qui ont déjà Sécurité et santé au travail durant les crises sanitaires 04. Sécurité et santé lors d’épidémies de maladies transmissibles94 été en contact avec ce passager. Ce membre de l’équipage ou toute personne en contact direct avec le passager malade devrait respecter les précautions universelles. Il devrait porter des gants et se laver les mains une fois qu’il les a retirés. X Demander aux membres du personnel de cabine de se laver les mains avec une solution hydroalcoolique pendant 20 à 30 secondes ou à l’eau et au savon pendant 40 à 60 secondes si les mains sont visiblement sales après tout contact direct avec le passager malade, ses effets personnels ou tout objet/toute surface potentiellement contaminé(e) par du sang ou des liquides corporels du passager malade, et après avoir enlevé les gants. Si les mains gantées sont visiblement souillées de liquides corporels (par exemple vomi), les gants devraient être enlevés à l’endroit où se trouve le passager malade, et il convient de se laver les mains immédiatement. Les membres d’équipage qui assistent un passager malade doivent utiliser un EPI approprié lorsqu’ils sont en contact avec lui et pour effectuer les procédures de nettoyage à bord si nécessaire. X Le risque de transmission aux autres passagers et membres d’équipage à bord de l’aéronef devrait être évalué par les prestataires de soins à l’arrivée. Dans la grande majorité des cas, l’état sera dû à une maladie comme le paludisme ou à une maladie bénigne comme la grippe courante [47]. X Si l’examen conclut que le passager présente des symptômes compatibles avec une maladie transmissible et le risque d’avoir été exposé par le passé dans les pays touchés, les passagers et les membres d’équipage peuvent être en danger s’ils ont été en contact direct avec des liquides organiques ou des objets fortement contaminés. Des mesures épidémiologiques, basées sur la proximité du patient de référence, devraient être prises en compte dans les cas suivants: Passagers et membres d’équipage ayant signalé un contact direct Pour rassembler ces informations, tous les rapports d’événements significatifs sur le vol doivent être obtenus auprès de la compagnie aérienne. Les covoyageurs et les membres d’équipage qui signalent un contact direct avec le patient de référence et les passagers assis à proximité du patient de référence, à côté, devant ou derrière, y compris de l’autre côté de l’allée, doivent être contactés. Nettoyage de l’avion contaminé Si le cas est soupçonné ou diagnostiqué après avoir quitté l’aéronef, le personnel qui a nettoyé la section et le siège où le patient de référence était placé devrait également être soumis à une recherche des contacts. Les passagers, les membres d’équipage et le personnel de net- toyage identifiés lors de la recherche des contacts doivent être évalués en fonction de leur niveau d’exposition spécifique. L’autosurveillance passive de la température (surveillance de la température uniquement si on se sent fiévreux) et des symptômes ou l’autosurveillance active (par exemple prise régulière de la température deux fois par jour) pour les personnes plus à risque doit être poursuivie pendant la plus longue période d’incubation possible (par exemple 21 jours pour les fièvres hémorragiques virales telles que la MVE). 95Un manuel pour la protection des personnels de santé et des équipes d’intervention d’urgence04. Sécurité et santé lors d’épidémies de maladies transmissibles 4.6.7 Bateaux Le modèle de déclaration maritime de santé du Règlement sanitaire international [48] contient des questions qui incluent les symptômes suivants menant à soupçonner l’existence d’une maladie de nature infectieuse: a) fièvre persistant plusieurs jours ou accompagnée: i) de prostration; ii) de diminution de la conscience; iii) d’un gonflement glandulaire; iv) de jaunisse; v) de toux ou d’essoufflement; vi) de saignement inhabituel; ou vii) de paralysie. b) fièvre, ou absence de fièvre, accompagnée: i) de toute éruption cutanée aiguë; ii) de vomissements sévères (autres que le mal de mer); iii) de diarrhée sévère; ou iv) de convul- sions récurrentes. Les principaux risques pour les travailleurs sont le contact avec les fluides corporels des pas- sagers ou des membres d’équipage ou avec des surfaces et des vêtements contaminés par leurs fluides corporels. Les principales mesures de contrôle sont les suivantes: X Maintenir une distance de sécurité (1 mètre ou 3,2 pieds) avec les passagers ou les membres d’équipage; utiliser des gants pour manipuler des documents. X Éviter de toucher des effets personnels et des surfaces et des vêtements ayant pu être en contact avec des fluides corporels. Se laver les mains régulièrement. X S’assurer que le capitaine, le médecin ou le membre d’équipage désigné pour traiter les problèmes de santé à bord est pleinement informé des risques de fièvres hémorragiques virales telles que la MVE et qu’il connaisse les précautions et mesures de protection à prendre par les membres de l’équipage pour leur éviter de contracter le virus. X Les membres de l’équipage devraient suivre les recommandations de l’OMS énoncées dans sa publication intitulée Évaluation des risques liés aux voyages et aux transports: recomman- dations provisoires à l’intention des autorités de santé publique et du secteur des transports [45]. Guide pour les exploitants de navires Dans le cas où un passager présentant des symptômes compatibles avec des fièvres hémor- ragiques virales – telles que la MVE (fièvre, faiblesse, douleurs musculaires, maux de tête, maux de gorge, vomissements, diarrhée, saignement) – se trouve à bord d’un navire, les précautions suivantes doivent être prises: X Garder les portes de la cabine de la personne touchée fermées ou la placer dans une chambre d’isolement à bord. X Fournir des informations sur le risque de fièvres hémorragiques virales telles que la MVE aux personnes qui prendront soin du patient ou qui entreront dans la cabine du patient ou dans la chambre d’isolement. X Tenir un registre de toutes les personnes qui entrent dans la cabine ou la chambre d’isole- ment, qui doivent être considérées comme des contacts, à moins qu’un test de diagnostic se révèle négatif. X S’assurer que toute personne qui pénètre dans une cabine ou une chambre d’isolement pour prodiguer des soins à une personne affectée ou nettoyer la cabine qu’elle occupe utilise l’EPI qui suit: — gants d’examen non stériles ou gants chirurgicaux; gants (les nettoyeurs devraient de préférence utiliser des gants résistants/en caoutchouc); — blouse à manches longues imperméable jetable pour couvrir les vêtements et la peau exposée, masque médical et protection oculaire (visière, lunettes ou écran facial) lorsqu’il y a contact étroit avec la personne affectée et/ou qu’une exposition au sang ou aux fluides est à prévoir; s’il n’y a pas de blouse imperméable à disposition, un tablier imperméable doit être porté sur une blouse non imperméable; Sécurité et santé au travail durant les crises sanitaires 04. Sécurité et santé lors d’épidémies de maladies transmissibles96 — bottes en plastique ou chaussures fermées antiperforation et imperméables et couvre-chaussures; — avant de quitter la cabine ou la chambre d’isolement, l’EPI devrait être retiré de façon à éviter tout contact entre les éléments souillés et une quelconque partie du visage. X Toute personne prodiguant des soins à une personne isolée doit se laver les mains avec une solution hydroalcoolique pendant 20 à 30 secondes ou à l’eau et au savon pendant 40 à 60 secondes si les mains sont visiblement sales, avant de mettre des gants, après tout contact direct avec le passager affecté ou avec ses effets personnels ou tout objet/ surface potentiellement contaminé(e) avec son sang ou ses fluides corporels et après avoir retiré l’EPI [49]. Les directives de l’OMS pour la prévention et le contrôle des maladies respiratoires aiguës, telles que la grippe H1N1, à bord des navires comprennent ce qui suit [50]: X Lorsqu’il y a eu, ou qu’il y a toujours, un certain nombre de voyageurs présentant des symptômes de syndromes grippaux à bord, l’exploitant du navire devrait s’efforcer de séparer les passagers malades et les cas suspects quittant le navire de ceux qui sont sur le point d’embarquer. Il peut être nécessaire d’utiliser des salles séparées pour empêcher la transmission interhumaine. Si les deux groupes de passagers sont obligés d’utiliser la même zone, celle-ci devrait être nettoyée efficacement après le débarquement des pas- sagers et avant l’embarquement des suivants. X L’exploitant du navire peut, si les États membres le demandent, désigner un médecin ou un membre d’équipage qualifié, s’il y en a un à bord, pour assumer la responsabilité des mesures préventives et des contrôles sanitaires de base et des traitements médicaux d’urgence. Cela implique: — d’entreprendre une surveillance active (dépistage de cas) parmi les membres de l’équipage pour détecter de nouveaux cas une fois qu’une personne présentant des symptômes de syndrome grippal a été identifiée et pour superviser les activités de surveillance; — de sensibiliser les passagers et les membres de l’équipage aux symptômes et aux signes de la grippe pandémique (H1N1) 2009, aux complications par infection et aux mesures de contrôle des infections comme l’hygiène des mains et les règles d’hygiène en cas de toux; — de promouvoir l’hygiène des mains et les règles d’hygiène en cas de toux; — de collecter les données des cas surveillés dans un délai convenable et de manière appropriée et de rendre compte quotidiennement à l’exploitant du navire, si cela est requis et possible; — d’examiner quotidiennement les données du carnet médical des passagers et des membres d’équipage afin d’évaluer les tendances de la maladie et d’alerter le capitaine du navire de la nécessité d’examiner et de contenir les épidémies. 97Un manuel pour la protection des personnels de santé et des équipes d’intervention d’urgence04. Sécurité et santé lors d’épidémies de maladies transmissibles 4.6.8 Taxis et transports publics Dans les pays où la transmission des maladies contagieuses hautement infectieuses est intense (grippe, MVE, virus de Marburg, etc.), les chauffeurs de taxi (camionnettes, voitures, motocyclettes) risquent d’être exposés à la toux et/ou aux éternuements des passagers ou à leurs fluides corporels, en particulier si le conducteur aide les passagers à entrer dans le véhicule. La transmission peut également se faire par des vêtements ou des effets personnels contaminés par des liquides organiques placés sur des sièges ou d’autres surfaces du véhicule. Les mesures de contrôle consistent à identifier les cas possibles ou confirmés de MVE en posant aux passagers des questions sur les maladies qu’ils ont contractées récemment ou les visites qu’ils ont effectuées dans un établissement médical et en observant les passagers afin de détecter d’éventuels signes ou symptômes (par exemple saignement, incapacité à se mettre debout ou à se déplacer sans assistance). Ne pas toucher aux personnes dont on suspecte qu’elles ont contracté la MVE ou dont il est avéré qu’elles l’ont contractée, ainsi qu’à leurs effets personnels. Décontaminer le véhicule dès que possible en utilisant de l’eau de Javel. Les travailleurs qui décontaminent le véhicule devraient porter des EPI complets. Recourir à la mobilisation sociale pour informer la communauté qu’il ne faut pas solliciter les taxis ou les transports publics pour déplacer les patients présentant des signes et des symptômes de fièvres hémorragiques virales telles que la MVE. Il faudrait plutôt contacter les personnels de santé et utiliser des véhicules privés pour le transport des patients vers les établissements de soins. Dans les zones de transmission généralisée et intense des fièvres hémorragiques virales, il convient de conseiller aux chauffeurs de taxi: X De poser une cloison entre les sièges avant et arrière de la voiture. X D’éviter de serrer la main aux clients. X De se laver les mains fréquemment avec de l’eau et du savon ou avec une solution hydroal- coolique, particulièrement après avoir touché des surfaces ou des objets souillés de sang et de fluides corporels, même si des gants ont été utilisés. X De couvrir les sièges arrière avec des bâches en plastique, qui doivent être immédiatement changées et jetées dans un sac-poubelle scellé si elles sont souillées de sang et de liquides corporels (le faire avec des gants). X D’avoir à disposition un désinfectant pour les mains à base d’alcool, des gants, des sacs à déchets, des lingettes et un désinfectant. X De se référer immédiatement à un établissement/une autorité de santé s’ils ont été exposés à une personne malade susceptible de présenter une fièvre hémorragique virale telle que la MVE (contact physique avec le patient ou avec son sang ou ses fluides corporels). Sécurité et santé au travail durant les crises sanitaires 04. Sécurité et santé lors d’épidémies de maladies transmissibles98 4.6.9 Personnels des réseaux d’assainissement Des microbes pathogènes tels que le virus Ebola, le Vibrio cholerae et la leptospirose peuvent être trouvés dans les fèces (excréments) et l’urine des personnes infectées. Les travailleurs des stations d’épuration qui entrent en contact direct avec les excréments devraient prendre des précautions, dont l’hygiène des mains et le port des EPI. Cela comprend les travailleurs affectés au système d’assainissement dans les établissements de santé, les transporteurs de déchets, les agents d’entretien des réseaux d’égout et les travailleurs des usines de trai- tement des eaux usées qui reçoivent des eaux usées des unités de traitement spécialisées et des communautés affectées. Pratiques d’hygiène de base pour les travailleurs manipulant des déchets X Éviter de fumer, de mâcher du tabac ou du chewing-gum lors de la manipulation des déchets humains ou des eaux usées. X Couvrir les plaies, les coupures et les blessures avec des pansements propres et secs. X En cas de projection accidentelle de déchets humains ou d’eaux usées dans les yeux, rincer ceux-ci délicatement avec de l’eau propre. X Utiliser des gants imperméables pour éviter les coupures et le contact avec les déchets humains ou les eaux usées. X Porter des bottes en caoutchouc sur le lieu de travail et pendant le transport des déchets humains ou des eaux usées; enlever les bottes en caoutchouc et les vêtements de travail avant de quitter le lieu de travail. X Nettoyer tous les jours les vêtements de travail contaminés avec une solution de chlore à 0,05 pour cent (1 volume d’eau de Javel pour 100 parts d’eau). X Respecter les consignes en matière d’hygiène des mains. X Enlever les vêtements de travail souillés avant de manger et prendre ses repas dans les endroits dédiés situés à l’écart des activités de traitement des déchets humains et des eaux usées. Équipement de protection individuelle pour les agents d’entretien des réseaux d’égouts et d’assainissement Les EPI des agents d’entretien des réseaux d’égouts et d’assainissement devraient inclure: X un masque facial ou un écran facial étanche pour protéger le nez et la bouche des écla- boussures de déchets humains ou d’eaux usées; X des lunettes de protection contre les éclaboussures de déchets humains ou d’eaux usées; X une combinaison imperméable pour protéger les vêtements des déchets humains ou des eaux usées; X des gants imperméables pour éviter l’exposition aux déchets humains ou aux eaux usées; X des bottes en caoutchouc pour éviter l’exposition aux déchets humains ou aux eaux usées. 99Un manuel pour la protection des personnels de santé et des équipes d’intervention d’urgence04. Sécurité et santé lors d’épidémies de maladies transmissibles 4.6.10 Pulvérisation d’insecticides pour des activités de lutte antivectorielle Les activités de lutte antivectorielle peuvent être un élément crucial de l’intervention d’ur- gence dans le cas d’épidémies de maladies à transmission vectorielle telles que la dengue, la fièvre jaune et le paludisme. La lutte antivectorielle peut également être nécessaire après des inondations, des tsunamis et des cyclones, ainsi que dans le cadre d’activités de routine dans des camps qui fournissent un hébergement temporaire à la communauté touchée par la catastrophe. Les méthodes de lutte contre les moustiques comprennent la pulvérisation spatiale d’insecticides, l’application de larvicides et, dans certains cas, la pulvérisation d’insec- ticides à effet rémanent à l’intérieur des habitations (à appliquer sur des surfaces intérieures déterminées, par exemple sur les murs ou sous les meubles). Les travailleurs qui interviennent dans la lutte antivectorielle sont exposés aux insecticides lorsqu’ils ouvrent des contenants, mélangent et chargent des solutions de pulvérisation, pulvérisent des insecticides avec des équipements portés ou montés sur véhicule, nettoient et entretiennent l’équipement de pulvérisation et se débarrassent des contenants vides. Les déversements, les éclaboussures et les fuites d’insecticide sous forme concentrée peuvent entraîner une exposition accidentelle. Dans ses directives provisoires sur la protection des travailleurs effectuant des pulvéri- sations d’insecticide pour des activités de lutte antivectorielle, l’OMS a recommandé les mesures suivantes [51]: X planification de mesures de protection, comme l’identification des réglementations natio- nales pertinentes concernant l’achat, l’utilisation et les techniques d’application des pes- ticides; l’information concernant les ingrédients et leurs effets potentiels sur la santé; ainsi que la diffusion d’informations grâce à un système de communication des risques harmonisé au niveau mondial [52]; X protection de la sécurité et de la santé des opérateurs, par exemple en fournissant des équipements de protection (bleu de travail en coton couvrant l’ensemble des bras et des jambes, gants de protection en caoutchouc résistant aux produits chimiques, chapeau à larges bords, lunettes de protection contre les agents chimiques ou écran facial, bottes en caoutchouc et protège-oreilles); X pulvérisation des insecticides de manière à minimiser l’exposition des opérateurs et des résidents; X formation obligatoire des travailleurs à une utilisation sûre des insecticides; X hygiène personnelle stricte telle que le lavage régulier, le changement de vêtements et le nettoyage du matériel; X stockage et élimination des insecticides dans un endroit sûr et conforme aux recomman- dations du fabricant; X supervision médicale des opérateurs de pulvérisation; X gestion des intoxications aiguës par des insecticides: premiers soins et décontamination (lavage) de la peau et des yeux dès que possible après l’exposition et le traitement (il n’y a pas de traitement spécifique, les symptômes sont traités et de nouvelles absorptions doivent être évitées). Mesures à prendre pendant l’application d’insecticides X Séances d’information quotidiennes sur les mesures visant à protéger la santé des tra- vailleurs et à adopter des pratiques de travail sécuritaires; X Interdiction de fumer, de manger et de boire pendant l’application d’insecticides et de larvicides; Sécurité et santé au travail durant les crises sanitaires 04. Sécurité et santé lors d’épidémies de maladies transmissibles100 X Utilisation d’EPI appropriés; X Utilisation de procédures d’entretien correctes pour l’équipement afin de s’assurer qu’au- cune fuite ne se produise pendant les opérations de pulvérisation; X Recalibrage de l’équipement de pulvérisation après 25 heures de fonctionnement, un entretien majeur ou un changement de produit; X Utilisation d’une machine de dilution automatique semi-fermée pour les sprays dilués à l’eau. Le choix de l’EPI dépend des risques en matière de SST associés aux différentes tâches. Les EPI doivent être conformes aux réglementations nationales sur l’utilisation des pesticides, et les recommandations des fabricants doivent être prises en compte. Équipement de protection individuelle à utiliser lors de la manipulation et de la pulvérisation d’insecticides Lors de la manipulation de produits insecticides concentrés, du déversement, du mélange ou de la préparation d’un liquide de pulvérisation et de l’équipement de remplissage, il convient de se protéger avec ce qui suit: X bleu de travail en coton couvrant les bras et les jambes (deux ensembles devraient être fournis par jour et par employé pour permettre de se changer si le premier est mouillé); X gants de protection en caoutchouc résistant aux produits chimiques; X chapeau à larges bords; X lunettes de protection contre les produits chimiques ou écran facial; X bottes en caoutchouc. En complément de ce qui précède, lors de la pulvérisation à la main à l’aide d’appareils por- tatifs et de l’utilisation de brumisateurs montés sur un véhicule, porter un demi-masque respiratoire purificateur d’air à cartouche filtrante organique en combinaison avec des filtres à aérosols et particules, tels que les filtres N95, R95 ou P95 (les filtres des équipements de protection respiratoire doivent être changés périodiquement conformément aux instructions du fabricant), et des protège-oreilles lorsque des nébulisateurs bruyants sont utilisés. Lors de l’application de larvicides microbiens et de régulateurs de croissance, il convient d’utiliser l’équipement de protection suivant: X vêtements de travail; X gants en caoutchouc; X masques antipoussière lors de la manipulation de formulations sous forme granulaire. Stockage et élimination d’insecticides Tous les insecticides et les traitements larvicides utilisés devraient être entreposés dans un endroit sûr et sécurisé et conformément aux recommandations du fabricant. Les insecticides dilués non utilisés ou les larvicides ne doivent pas être laissés dans l’équipement de pulvé- risation après la pulvérisation et ne devraient pas être conservés. Les insecticides dilués non utilisés et les récipients et les sachets vides doivent être éliminés conformément aux directives et réglementations nationales et aux recommandations du fabricant. Les récipients vides doivent être rincés trois fois avec le solvant qui a été employé (par exemple l’huile de kérosène, le diesel, l’eau) et rendus inutilisables avant d’être éliminés. Il faut utiliser le liquide de rinçage pour préparer le liquide de pulvérisation suivant, s’il y a lieu, ou l’éliminer confor- mément aux directives nationales. 101Un manuel pour la protection des personnels de santé et des équipes d’intervention d’urgence04. Sécurité et santé lors d’épidémies de maladies transmissibles Décontamination X Les vêtements contaminés devraient être retirés pour éviter toute absorption supplémen- taire. La peau affectée devrait ensuite être lavée avec du savon et rincée avec de grandes quantités d’eau. Si les yeux sont contaminés, ouvrir délicatement les paupières avec les doigts et rincer les parties internes (conjonctives) à l’eau claire pendant plusieurs minutes. Veiller à ce que le liquide qui s’écoule d’un œil ne pénètre pas dans l’autre œil. X La décontamination de la peau et des yeux devrait avoir lieu le plus tôt possible après l’exposition. Une fois celle-ci réalisée, il convient de rechercher rapidement un traitement médical spécifique. Des mesures particulières sont nécessaires pour différents groupes d’insecticides qui figurent dans les informations du système harmonisé au niveau mondial pour ce produit. Examens préalables à l’affectation X Tous les opérateurs devraient subir un examen de santé préliminaire afin de déterminer s’il existe des contre-indications au travail avec les insecticides spécifiques utilisés. X L’examen de santé préliminaire consiste en un examen physique, une analyse des antécé- dents médicaux et professionnels, un bilan métabolique complet (glycémie, ionogramme, fonctions rénales et hépatiques), des tests de base de la cholinestérase sanguine (pour ceux utilisant des organophosphorés et des carbamates) et un test de la fonction pulmonaire (pour ceux qui doivent porter un appareil respiratoire). X L’utilisation d’organophosphorés et de carbamates peut entraîner des complications chez les patients présentant des antécédents tels ulcère gastro-duodénal, asthme, anémie, maladies dégénératives du système nerveux central, colites chronique, ou des antécédents ou des signes psychotiques, et des maladies comme la myasthénie et le glaucome, qui sont traités avec des médicaments inhibiteurs de la cholinestérase. Surveillance médicale X Des dispositions doivent être prises pour veiller à ce qu’une personne exposée puisse facilement signaler tout symptôme à un superviseur, qui avisera alors un médecin. En particulier, toute maladie inhabituelle non associée à des signes et symptômes bien connus d’empoisonnement par un insecticide spécifique doit être notée et signalée aux autorités sanitaires compétentes. X Une surveillance devrait être mise en place pour détecter tout effet neurologique subtil chez les personnes exposées, comme une perte de la capacité à comprendre les docu- ments écrits et à se concentrer. En plus de la surveillance clinique, des tests biochimiques quantitatifs peuvent être effectués pour évaluer le degré d’exposition, à la fois avant l’affectation et pendant l’engagement sur une base périodique. X Tous les cas d’intoxication aiguë ou chronique des opérateurs et autres personnels résul- tant d’une exposition professionnelle aux insecticides doivent être signalés à l’autorité compétente chargée de l’enregistrement et de l’indemnisation des maladies et des acci- dents professionnels, conformément aux pratiques et réglementations nationales établies. 05 Sécurité et santé au travail lors d’accidents chimiques Sécurité et santé au travail durant les crises sanitaires 05. Sécurité et santé au travail lors d’accidents chimiques104 5.1 Urgences causées par les accidents chimiques Des accidents chimiques d’échelles et de conséquences variables sont fréquents dans la plupart des régions du monde. Ils peuvent faire suite à un accident technologique, une catas- trophe naturelle ou un acte délibéré. Un accident chimique peut impliquer un rejet de produits chimiques dans l’environnement (provenant par exemple d’une explosion, d’une défaillance de confinement ou d’un déversement illégal) et également la dénaturation ou la contamination de produits tels que la nourriture, des boissons ou des médicaments. Ce chapitre traite des rejets chimiques dans l’environnement. Entre 2000 et 2009, près de 3 200 catastrophes technologiques ont été signalées dans le monde, entraînant la mort d’environ 100 000 personnes et affectant plus de 1,5 million de personnes. Ces accidents chimiques concerneraient des produits chimiques rejetés par les usines chimiques en raison d’explosions et d’émissions, de catastrophes naturelles, de déver- sements de déchets toxiques, de conflits et de terrorisme. Quelques exemples d’accidents chimiques majeurs entre 2003 et 2012 apparaissent dans le tableau 3. Exemples d’accidents chimiques majeurs, 2003-2012 Année Localisation Description de l’accident Conséquences 2003 Gao Qiao, Chine Éruption de puits de gaz libérant de grandes quantités de sulfure d’hydrogène 243 morts, 9 000 personnes intoxiquées, 64 000 personnes évacuées 2006 Côte d’Ivoire Déversement de déchets toxiques dans la ville d’Abidjan 10 morts, des milliers de malades 2006 Chine Explosion et incendie d’une usine, avec rejet de 100 tonnes de polluants dans la rivière Songhua qui traverse les frontières internationales 5 morts, des millions de personnes sans eau potable pendant plusieurs jours 2008 Chine Lait et préparations pour nourrissons frelatés à la mélamine 300 000 nourrissons et 50 000 enfants hospitalisés, 600 enfants mourant de calculs rénaux et d’autres malformations rénales 2010 Nigéria Intoxication par le plomb de mines d’or informelles dans une zone où le plomb est répandu, en utilisant une technologie génératrice de poussière brute Plus de 400 enfants montrant des signes de toxicité sont morts et de nombreuses communautés ont été touchées 2010 Hongrie Éclatement d’un réservoir de boue toxique dans une usine d’aluminium, avec des polluants rejetés dans les villages voisins et le Danube, qui traverse les frontières internationales Au moins 9 morts et 150 blessés dus aux effets corrosifs de la boue toxique 2010 États-Unis Explosion de la plateforme pétrolière Deepwater Horizon dans le golfe du Mexique 11 décès suite à l’explosion, des blessures légères et des effets sur la santé des professionnels de santé, d’autres professionnels et des bénévoles vivant près des rives, avec des effets possibles à long terme [53] 2012 République de Corée Rejet de 8 tonnes de fluorure d’hydrogène à partir d’une usine chimique à Gumi 5 morts, au moins 18 blessés, évacuation des habitants, destruction des récoltes, déclaration d’une zone sinistrée [54] Source: International Health Regulations (2005) and chemical events [55]. Tableau 3 105Un manuel pour la protection des personnels de santé et des équipes d’intervention d’urgence05. Sécurité et santé au travail lors d’accidents chimiques 5.2 Dangers et risques des produits chimiques pour la sécurité et la santé au travail Un accident chimique a été défini par le Manuel pour la gestion de l’aspect santé publique des accidents chimiques, publié par l’OMS, comme un «rejet incontrôlé d’une substance chimique hors de son enceinte, perte de confinement» [56]. Un accident chimique touchant la santé publique a été défini comme un «accident au cours duquel au moins deux membres de la population sont exposés à une substance chimique ou en sont menacés». Les accidents chimiques peuvent être des événements soudains, accompagnés d’une libération rapide de substances chimiques sur une période limitée, ou plusieurs événements chroniques qui peuvent se poursuivre pendant des jours, voire des années. Des accidents industriels majeurs peuvent être causés par de grandes explosions de vapeurs ou de gaz inflammables, des incendies ou des rejets toxiques. Les rejets toxiques fréquents des usines comprennent le chlore, l’ammoniac, l’acide sulfurique, le chlorure d’hydrogène, le phosgène et le sulfure d’hydrogène. Par exemple, en décembre 1984, un panache de gaz toxique de méthyle-isocyanate a été libéré dans l’air à partir d’une usine chimique de Bhopal, en Inde, à la suite de défaillances de soupapes de sécurité et d’autres contrôles de sécurité. Le dégagement de produits chimiques peut également avoir lieu pendant le transport des gaz à travers les pipelines, ou par le transport ferroviaire, la route et les voies navigables. Les accidents chimiques affectent les personnes de plusieurs manières, notamment par: X les effets toxiques des produits chimiques; X les effets des incendies; X les effets des explosions. Effets toxiques des produits chimiques Les produits chimiques pénètrent dans l’organisme à travers la peau, les yeux, les poumons ou le tube digestif. L’absorption est influencée par des facteurs tels que les propriétés du produit chimique, la voie et la durée de l’exposition ainsi que l’âge de la personne (proportionnel- lement, les jeunes enfants absorbent davantage que les adultes). Les conditions ambiantes telles que la température peuvent également avoir un effet sur l’absorption en modifiant l’état physique d’un produit chimique. Dans le contexte d’une intervention d’urgence, les voies d’ex- position les plus probables seront l’inhalation et l’exposition cutanée et oculaire. L’absorption par les poumons est généralement rapide alors que l’absorption cutanée est plus lente. Les effets de l’exposition sont déterminés par la toxicité du produit chimique, la quantité absorbée qui atteint les tissus cibles et les facteurs qui influent sur la sensibilité – par exemple l’âge, l’état de santé général, les facteurs génétiques (tel qu’un métabolisme lent ou rapide) et l’exposition concomitante à d’autres produits chimiques. Une courte exposition à une concen- tration élevée peut suffire à provoquer des effets toxiques. Lorsque l’exposition est prolongée et le débit de dose faible, il peut s’agir de la dose totale cumulée qui provoque une toxicité. Les effets toxiques peuvent être locaux (par exemple une brûlure ou un œdème de la peau, des yeux ou des voies respiratoires), causés par des agents corrosifs, des gaz irritants et certains solvants organiques, ou ils peuvent être systémiques (toxicité due au plomb, au mercure, aux insecticides organophosphorés ou au cyanure). Certains effets (par exemple une irritation des yeux et des voies respiratoires ou une dépression du système nerveux central) peuvent survenir dans les minutes ou les heures suivant l’exposition, comme dans le cas de l’empoisonnement par un agent neurotoxique. D’autres effets (par exemple des malforma- tions congénitales ou des cancers) peuvent prendre des mois ou des années à apparaître. Sécurité et santé au travail durant les crises sanitaires 05. Sécurité et santé au travail lors d’accidents chimiques106 Effets toxiques d’un rejet de gaz En fonction de leurs effets sur la santé, les gaz peuvent être classés comme irritants ou asphyxiants. Les gaz irritants possèdent des propriétés corrosives, c’est-à-dire qu’ils pro- voquent des lésions des tissus de surface tels que la peau et les muqueuses et entraînent une inflammation des voies respiratoires. Les exemples comprennent l’ammoniac, le chlore et les oxydes de soufre. Les gaz asphyxiants sont ceux qui entravent l’apport et l’utilisation de l’oxygène dans l’organisme. L’asphyxie chimique provoque la mort en empêchant le transport de l’oxygène par le sang (par exemple le monoxyde de carbone) ou en inhibant la respiration cellulaire (par exemple le cyanure d’hydrogène). Exposition à des produits chimiques au cours d’un incendie Les principales menaces sur la vie lors d’un incendie comprennent les blessures thermiques, le stress thermique, les gaz toxiques et la déficience en oxygène. Selon les substances qui brûlent, la fumée peut être un mélange complexe de nombreux produits chimiques dange- reux. Les composants caractéristiques incluent la suie, le monoxyde de carbone, le dioxyde de carbone, le dioxyde de soufre, les oxydes d’azote, le chlorure d’hydrogène, le phénol, le formaldéhyde, les isocyanates, le benzène et autres. Le monoxyde de carbone est un fac- teur clé dans la plupart des incendies. Le cyanure d’hydrogène se forme dans les incendies impliquant le polyuréthane, le nylon, la soie et la laine. En cas d’explosion, il y a une libération soudaine de produits chimiques et des effets de pression qui causent des blessures physiques ainsi que des effets chimiques et autres associés à l’incendie. Brûlures chimiques Les brûlures chimiques peuvent être causées par de nombreuses substances – telles que les acides forts, les alcalins, les produits de nettoyage des canalisations, les solvants organiques et l’essence. Dans certains cas, des douleurs et des rougeurs peuvent apparaître plusieurs heures après l’exposition. Les dommages peuvent être plus importants que ce que l’on pour- rait attendre d’une brûlure de la peau. Comme dans le cas de l’acide fluorhydrique, la brûlure peut initialement sembler légère, mais elle peut évoluer vers une brûlure du troisième degré si elle n’est pas traitée [57]. La base de données des Fiches internationales de sécurité chimique (ICSC) [58], une initiative conjointe de l’OMS et de l’OIT avec la coopération de la Commission européenne (CE), est disponible en ligne et fournit des informations essentielles sur la sécurité et la santé concer- nant les produits chimiques. 107Un manuel pour la protection des personnels de santé et des équipes d’intervention d’urgence05. Sécurité et santé au travail lors d’accidents chimiques 5.3 Gestion de la sécurité et de la santé au travail des membres des services d’intervention d’urgence lors d’accidents chimiques Cette section décrit quelques principes de base de la riposte aux accidents chimiques. Elle porte une attention particulière aux fonctions des membres des services d’intervention d’ur- gence qui peuvent entraîner une exposition aux produits chimiques, ainsi que les mesures de protection à mettre en place. 5.3.1 Système de commandement des interventions pour la gestion des urgences chimiques Lorsque la riposte à un accident chimique est organisée, elle est habituellement gérée par un centre de commandement et de contrôle des accidents. Les fonctions de gestion d’un accident en cas d’urgence chimique consistent à assurer que les opérations suivantes sont mises en œuvre: X évaluer la situation; X porter secours aux personnes; X évacuer les personnes des zones dangereuses; X établir des paramètres de sûreté et de sécurité; X réserver l’accès aux zones dangereuses au personnel indispensable et habilité, par l’éta- blissement de zones d’exclusion et d’accès limité; X suivre les recommandations de protection personnelle; X gérer les dangers classiques tels que les incendies; X déployer d’autres équipes, comme celles de la surveillance et de la décontamination. Établissement de zones autour de l’accident Pour gérer un accident chimique tel qu’un déversement de produits chimiques, un ensemble de zones peut être établi autour du site de l’accident afin de contrôler l’accès et d’établir un corridor pour contrôler la contamination (figure 7). Généralement, il y aura trois zones: X Zone rouge, brûlante ou d’exclusion: Il s’agit de la zone dans laquelle il y a une libération active ou soupçonnée de produits chimiques. Elle doit s’étendre assez loin pour empêcher la contamination des personnes et des matériaux en dehors de ses contours. Seules des activités très limitées peuvent être réalisées ici (par exemple des opérations pour contrôler le rejet chimique et le secours aux victimes). Aucune décontamination ou aucun soin des patients n’est fourni dans cette zone. Le personnel doit porter un EPI complet contre les risques chimiques. X Zone jaune, chaude ou de réduction de la contamination: Il peut y avoir ou non un rejet actif, mais la concentration de produits chimiques sera plus faible que dans la zone brû- lante. Le personnel d’intervention d’urgence aura toujours besoin d’une protection contre les risques chimiques. Les victimes, les membres des services d’intervention d’urgence et l’équipement sont normalement décontaminés à la limite entre cette zone et la zone froide. Il existe un risque de contamination secondaire. X Zone verte ou froide: Il n’y a pas de contamination. Les victimes contaminées, le personnel d’intervention d’urgence et l’équipement doivent être décontaminés avant d’entrer dans cette zone. Cette zone comprend toutes les fonctions administratives pour gérer l’accident chimique (par exemple l’unité de commande et les ambulances). Sécurité et santé au travail durant les crises sanitaires 05. Sécurité et santé au travail lors d’accidents chimiques108 Le contrôle d’accès – c’est-à-dire réserver l’accès à différentes zones uniquement aux per- sonnes autorisées – est une mesure importante pour contrôler la propagation de la conta- mination aux membres des services d’intervention d’urgence. Pratiques de travail sécuritaires à suivre par les équipes d’intervention d’urgence dans les zones rouge et jaune Les équipes d’intervention d’urgence dans les zones rouge et jaune doivent: X réduire au minimum le temps d’exposition à ce qui est essentiel pour le sauvetage ou la surveillance initiale; X éviter tout contact inutile avec des surfaces ou des matériaux potentiellement contaminés; X utiliser des flux de ventilation naturels pour réduire l’exposition (par exemple position en amont du rejet chimique, comme dans le cas de fuites de gaz); X assurer la décontamination obligatoire; X effectuer une évaluation après la sortie pour déceler les signes et les symptômes d’exposition. Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) de l’Organisation des Nations Unies suggère une orientation pour les membres des services d’intervention d’urgence qui entreprennent des opérations de transport de matières dangereuses [59]. Avant d’engager des ressources sur un site contaminé, les éléments suivants doivent être pris en compte: X Une analyse des risques doit être effectuée sur la base d’une évaluation des risques et de l’étude de site. X Les équipes doivent évaluer le risque lié au sauvetage des victimes par rapport à la recherche des morts. X Les équipes doivent également tenir compte d’autres priorités de recherche et de sauve- tage dans les environs immédiats. Figure 7 Zone rouge ou brûlante (réponse, secours) Zone jaune ou chaude (décontamination, réanimation) Zone verte ou froide (services médicaux, commandement de l’intervention, communication, etc.) Établissement de zones autour du lieu de l’accident chimique Source: Manuel pour la gestion de l’aspect santé publique des accidents chimiques [56]. 109Un manuel pour la protection des personnels de santé et des équipes d’intervention d’urgence05. Sécurité et santé au travail lors d’accidents chimiques En général, les méthodes suivantes doivent être adoptées lors de l’évaluation d’un site sus- ceptible d’être contaminé: X Assurer une approche sécuritaire – généralement dans la direction du vent ou, en cas de déversement de liquide, sur une pente ascendante. X Veiller à ce que des dispositions précises en matière de commandement et de contrôle soient en place et bien comprises par tous les participants. X Sécuriser le site dans la mesure du possible pour assurer la sécurité des autres. X Tenter d’identifier le contaminant (en utilisant les numéros ONU et les codes «marchan- dises dangereuses» ou Hazchem). X Évaluer les dommages potentiels et limiter la contamination de l’environnement lorsque cela est possible. X Faire appel à une assistance (par exemple des conseils d’experts, des ressources supplé- mentaires) dans la mesure du possible. X Si les capacités de l’équipe le permettent, sécuriser le site. X Toujours envisager le pire jusqu’à preuve du contraire. La décontamination peut nécessiter un équipement et un travail importants. Par conséquent, il convient d’envisager de ne pas trop étendre les capacités des équipes dans cette zone. Chaque fois que des vêtements ou des équipements de protection sont utilisés, des stratégies de décontamination doivent être envisagées. Tout en entreprenant des opérations de recherche et de sauvetage sur tout lieu de travail, les équipes doivent envisager les problèmes suivants et mettre en place un système de sur- veillance pour la durée des opérations: X niveaux d’oxygène; X inflammabilité de la substance ou de l’atmosphère environnante; X niveaux de toxicité; X limites d’explosivité; X surveillance radiologique. Les considérations suivantes peuvent influer sur la décision de mener ou non des opérations de recherche et de sauvetage: X Caractéristiques des espaces à contrôler: Si le danger peut être facilement isolé ou atténué, et que des mesures sont prises dans ce sens, la situation est considérée comme étant sous contrôle et les opérations doivent se poursuivre. X Temps requis pour accéder aux victimes: Il s’agira d’une estimation du temps nécessaire pour atteindre la première victime. Il doit inclure le temps qu’il faudrait pour atténuer les risques, couper à travers les planchers, les murs, les toits, etc., et pour consolider la voie d’accès ainsi que les structures adjacentes pertinentes, si nécessaire. X Informations spéciales sur l’occupation: Une attention et une surveillance accrues seront accordées à certains types de dangers ciblés, en particulier ceux impliquant l’énergie nucléaire, les éléments radiologiques, les installations militaires spécialisées, la fabrication chimique et la production ou le stockage biologique. X Décontamination: Une planification minutieuse est nécessaire pour s’assurer que l’équipe dispose de procédures mises en place pour fournir une décontamination appropriée de ses membres, et également des chiens de recherche. Sécurité et santé au travail durant les crises sanitaires 05. Sécurité et santé au travail lors d’accidents chimiques110 Les éléments suivants doivent être pris en compte lors de la détection et de la surveillance: La détection et la surveillance opérationnelles du lieu de travail doivent être effectuées par le spécialiste «Hazmat» («matières dangereuses») désigné au sein de l’équipe et doivent inclure ce qui suit: X établissement de périmètres de sécurité pour chaque structure affectée; X établissement de points d’entrée propres à chaque structure affectée; X planification de la nécessité de surveiller d’autres vides ou espaces potentiels rencontrés pendant les opérations; X établissement de sites de décontamination, y compris l’élimination appropriée des eaux de ruissellement contaminées; X assurer la décontamination des outils et de l’équipement affecté, y compris les vêtements de protection; X assurer la décontamination des véhicules de transport affectés. 5.3.2 Équipement de protection individuelle Le personnel d’intervention d’urgence et le personnel des établissements de santé qui prennent en charge des victimes/patients contaminés peuvent être exposés à des produits chimiques toxiques par contact direct avec le produit chimique sur la peau ou les vêtements du patient ou par inhalation ou contact avec les muqueuses. Ces travailleurs doivent donc recevoir un EPI approprié et être formés à son utilisation. Le niveau de protection dépend du degré probable d’exposition et des propriétés toxiques du produit chimique concerné. Plus la probabilité d’exposition est importante ou plus la toxicité du produit chimique concerné est élevée, plus le degré de protection contre les risques chimiques requis est élevé. À titre d’exemple, les travailleurs impliqués dans le contrôle d’un rejet de produits chimiques ou le secours aux victimes exposées (par exemple ceux qui opèrent dans la zone rouge) pourraient avoir besoin du niveau le plus élevé de protection contre les risques chimiques. Pour le per- sonnel de santé qui traite des patients exposés à un produit chimique présentant des taux d’absorption cutanée et par inhalation limités, des tabliers et des gants devraient suffire. Au moment de décider du niveau approprié d’EPI, il faut trouver un équilibre entre la nécessité d’une protection adéquate contre la toxicité et les difficultés et l’inconfort potentiels associés au travail dans des équipements de protection de haut niveau. Selon leur type, les EPI doivent être décontaminés avant d’être enlevés ou bien retirés et éliminés avec précaution. Niveaux de protection des EPI L’utilisation de l’EPI par les premiers intervenants lors d’une urgence chimique est classée par l’agence de sécurité et de santé au travail des États-Unis (Occupational Safety and Health Administration – OSHA) en quatre catégories [60] sur la base du degré de protection accordé. La protection de niveau A doit être portée lorsque le niveau le plus élevé de protection res- piratoire, cutanée, oculaire et des muqueuses est nécessaire. Un ensemble caractéristique de niveau A comprend: X un appareil respiratoire isolant (ARI) à pression positive (demande de pression) ou un appa- reil de protection respiratoire à adduction d’air à pression positive avec ARI d’évacuation; X une combinaison de protection contre les risques chimiques entièrement étanche; X des gants intérieurs, résistants aux produits chimiques; X des gants extérieurs, résistants aux produits chimiques; X des bottes, résistantes aux produits chimiques, avec embout et tige en acier (en fonction de la structure de la botte, portée par-dessus la botte ou sous celle-ci). 111Un manuel pour la protection des personnels de santé et des équipes d’intervention d’urgence05. Sécurité et santé au travail lors d’accidents chimiques La protection de niveau B est requise lorsque le niveau le plus élevé de protection respira- toire est nécessaire, mais qu’un niveau moindre de protection de la peau et des yeux suffit. La protection de niveau B est le niveau minimal recommandé sur les entrées initiales du site jusqu’à ce que les dangers aient été identifiés et définis par surveillance, échantillonnage et autres méthodes d’analyse fiables, et jusqu’à ce que l’équipement correspondant à ces résultats soit utilisé. Un ensemble caractéristique de niveau B comprend: X un appareil respiratoire isolant (ARI) à pression positive (demande de pression) ou un appa- reil de protection respiratoire à adduction d’air à pression positive avec ARI d’évacuation; X un vêtement résistant aux produits chimiques (combinaison et veste à manches longues, combinaison, combinaison de protection à capuche en deux pièces, combinaison jetable résistante aux produits chimiques); X des gants intérieurs, résistants aux produits chimiques; X des gants extérieurs, résistants aux produits chimiques; X des bottes extérieures, résistantes aux produits chimiques, avec embout et tige en acier. La protection de niveau C est recommandée lorsque le type de substance en suspension dans l’air est connu, que la concentration est mesurée, que les critères d’utilisation des équipements de protection respiratoire filtrants sont respectés et que l’exposition cutanée et oculaire est improbable. Un contrôle régulier de l’air doit être effectué. Un ensemble caractéristique de niveau C comprend: X un appareil respiratoire filtrant, masque complet ou demi-masque; X un vêtement résistant aux produits chimiques (combinaison et veste à manches longues, combinaison, combinaison de protection à capuche en deux pièces, combinaison jetable résistante aux produits chimiques); X des gants extérieurs, résistants aux produits chimiques; X des gants intérieurs, résistants aux produits chimiques; X des bottes, avec embout et tige en acier, résistantes aux produits chimiques. La protection de niveau D est essentiellement un uniforme de travail et est utilisée unique- ment pour les contaminations ne pouvant entraîner que d’éventuelles gênes. Elle ne nécessite que des combinaisons et des chaussures/bottes de sécurité. Les autres EPI sont basés sur la situation (types de gants, etc.). Ce type de protection ne doit pas être utilisé sur un site présentant des risques respiratoires ou cutanés. Pour les risques de contact, des gants en nitrile ou en caoutchouc butyle, et non pas en latex, conviennent. En cas d’indisponibilité, il est possible d’avoir recours à un vêtement ou à une blouse résistants à la pénétration des liquides, mais il faut les changer régulièrement. Les masques médicaux et chirurgicaux standard ne protègent pas les muqueuses des vapeurs toxiques. Un appareil respiratoire filtrant tel qu’un appareil respiratoire à filtre à charbon actif ou un ARI est requis. Les équipements de protection respiratoire isolants nécessitent une formation, un test de sécurité et d’ajustement appropriés et peuvent être portés par l’utilisateur uniquement pour une période limitée. Sécurité et santé au travail durant les crises sanitaires 05. Sécurité et santé au travail lors d’accidents chimiques112 5.3.3 Décontamination du personnel d’intervention d’urgence Le personnel d’intervention d’urgence qui est contaminé par des produits chimiques au cours de son travail doit subir une décontamination à la première occasion et dans tous les cas avant de quitter la zone jaune, recevoir un traitement médical ou quitter le travail. Une déconta- mination rapide et efficace est importante pour protéger contre les effets toxiques aigus et à long terme du produit chimique concerné. L’équipement de base pour la décontamination est indiqué dans l’encadré 5. Il est également important de protéger les autres (par exemple les collègues et les membres de la famille) d’une contamination secondaire. La décontamination est habituellement obtenue par l’élimination physique du produit chimique ou, dans certaines circonstances limitées, par une inactivation chimique. Retirer les vêtements contaminés permet également d’éliminer une quantité importante de produits chimiques. Les méthodes de décontamination sont principalement divisées en méthode humide (en utilisant de l’eau et du savon pour retirer le produit chimique) et méthode sèche (en utilisant des matériaux absorbants pour éponger et éliminer le produit chimique). Les produits chimiques de nature visqueuse ou huileuse peuvent être difficiles à éliminer en recourant à une seule méthode. Encadré 5 X Équipement de base pour la décontamination d’urgence des produits chimiques X Ciseaux X Seaux (5 à 10 litres de capacité) X Éponges, brosses douces (pour laver les vêtements) X Source d’eau potable (eau tiède idéalement), tuyau flexible pour le rinçage, sérum physiologique (pour l’irrigation des plaies, des yeux et d’autres muqueuses), eau distillée, si possible X Savon liquide, liquide vaisselle, shampoing sans conditionneur X Serviettes jetables, linge sec X Grands sacs en plastique (pour les vêtements et le double empaquetage) X Petits sacs en plastique transparent X Carte d’identification/étiquettes de triage et d’identification/stylos X Contenants robustes (pour les équipements de décontamination usagés) X Vêtements ou draps de rechange, couvertures X Brancards Source: Initial clinical management of patients exposed to chemical weapons – Interim guidance document [61]. 113Un manuel pour la protection des personnels de santé et des équipes d’intervention d’urgence05. Sécurité et santé au travail lors d’accidents chimiques Organiser une unité de décontamination dans un établissement de santé Le document d’orientation l’OMS consacré à la prise en charge clinique provisoire des patients exposés aux armes chimiques [61] couvre les aspects suivants liés à la décontamination dans un établissement de santé: X La décontamination doit être effectuée dans une zone désignée, et des matériaux de nettoyage tels que de l’eau, du savon et des éponges doivent être fournis. La zone de décontamination doit contenir des espaces clairement identifiés pour recevoir le personnel contaminé (la zone de prédécontamination) et pour effectuer la décontamination. De plus, la «zone propre» est l’endroit où le personnel peut s’habiller et recevoir un traitement si nécessaire. Le mouvement doit se faire dans une seule direction, de la zone de prédécon- tamination vers la zone de décontamination, puis la zone propre. X La zone de décontamination comprend les zones où le type et la quantité de substances dangereuses sont inconnus et où des victimes contaminées, de l’équipement contaminé ou des déchets contaminés peuvent être présents. Il est raisonnable de prévoir que les travailleurs de cette zone pourraient être exposés à des victimes contaminées, à leurs effets personnels, à leur équipement ou à leurs déchets. Cette zone comprend, mais sans s’y limiter, les lieux de tri initial et/ou de stabilisation médicale des victimes potentiellement contaminées, les zones d’attente de prédécontamination des victimes, la zone de décon- tamination proprement dite et la zone d’inspection des victimes postdécontamination. Cette zone se terminera généralement à la porte du service des urgences. Dans d’autres documents, cette zone est parfois également appelée «zone chaude». X La zone postdécontamination est une zone considérée comme non contaminée. L’équipement et le personnel ne devraient pas être contaminés dans cette zone. Dans un hôpital accueil- lant des victimes contaminées, la zone postdécontamination de l’hôpital inclut le ser- vice des urgences (sauf s’il est contaminé). Cette zone est parfois appelée également «zone froide». X Les professionnelles de santé enceintes ne doivent pas être autorisées à travailler dans les zones de prédécontamination et de décontamination. Décontamination à la fin d’un cycle de travail par le personnel valide S’ils portent des combinaisons de protection contre les risques chimiques, les équipes d’in- tervention doivent laver leur EPI avant de l’enlever, en utilisant une solution de savon et d’eau et une brosse douce, et allant de la tête aux pieds jusqu’à ce que la contamination soit éliminée. L’EPI doit être retiré en le faisant rouler vers le bas (de la tête aux pieds) plutôt qu’en le tirant par-dessus la tête. Après avoir été retirés, tous les EPI doivent être placés dans des sacs en polyéthylène étiquetés et résistants. La personne doit ensuite prendre une douche, en veillant à nettoyer toutes les zones, y compris les plis cutanés, avec de l’eau savonneuse, puis mettre des vêtements propres. D’autres types d’EPI doivent être soigneusement retirés, en évitant à nouveau de tirer les éléments par-dessus la tête. Les vêtements doivent être placés dans un sac en polyéthylène étiqueté et résistant en vue du nettoyage ou de l’élimination ultérieure en tant que déchet dangereux, selon le produit chimique concerné. La personne doit ensuite prendre une douche, en veillant à nettoyer toutes les zones, y compris les plis cutanés, avec de l’eau savonneuse, puis mettre des vêtements propres. Sécurité et santé au travail durant les crises sanitaires 05. Sécurité et santé au travail lors d’accidents chimiques114 Décontamination du personnel contaminé devenu invalide Si un intervenant d’urgence est devenu invalide à la suite d’une contamination ou à la suite d’un traumatisme, il doit être décontaminé par d’autres personnes selon la procédure suivante: X La décontamination doit avoir lieu avant l’entrée dans un établissement de santé. X Les vêtements doivent être soigneusement retirés de manière à éviter d’exposer les zones intactes. Les vêtements doivent être coupés si nécessaire. X La décontamination doit être effectuée et supervisée par un intervenant dûment formé portant un EPI approprié. X L’utilisation d’une méthode sèche ou humide doit être adaptée aux ressources locales et à la situation. Des informations sur la technique de rinçage-essuyage-rinçage sont données ci-dessous. X La décontamination peut s’accompagner d’autres activités telles que le triage et la réa- nimation médicale. X Les matériaux et vêtements contaminés doivent être éliminés en toute sécurité en tant que déchets chimiques dangereux. Décontamination d’urgence en utilisant une technique de rinçage-essuyage-rinçage Les étapes clés de la procédure sont les suivantes: 1. Tout liquide sur la peau doit être épongé à l’aide d’une matière absorbante propre (par exemple un pansement). Frotter délicatement tous les solides (par exemple la poudre). 2. Les zones touchées doivent être rincées délicatement ou lavées avec de l’eau savonneuse (utiliser du sérum physiologique à 0,9 pour cent pour les plaies ouvertes) afin de diluer les contaminants et d’éliminer les particules. Commencer par le visage et descendre jusqu’aux orteils, en accordant une attention particulière aux plis et sillons cutanés, aux ongles, aux oreilles et aux cheveux. Les yeux doivent être rincés abondamment avec du sérum physiologique à 0,9 pour cent, car l’utilisation de petites quantités peut faciliter la dissémination et l’absorption de certains produits chimiques. 3. Les zones touchées doivent être essuyées délicatement et soigneusement avec une éponge, une brosse douce ou un gant de toilette afin d’éliminer les produits chimiques organiques et les produits pétrochimiques (solubles dans l’eau chaude). 4. Les zones touchées doivent être rincées et, une fois propres, séchées délicatement avec des serviettes jetables. 5. Les informations suivantes concernant la personne exposée doivent être enregistrées: — renseignements sur la personne (par exemple son nom, son âge, son sexe, son adresse, ses antécédents médicaux); — la façon dont la personne a été exposée au produit chimique; — le temps d’exposition (moment du jour et durée); — voie d’exposition (c’est-à-dire air, sol ou eau); — les symptômes, y compris leur évolution dans le temps; — les échantillons prélevés (par exemple les biomarqueurs); — le traitement indiqué et fourni. 115Un manuel pour la protection des personnels de santé et des équipes d’intervention d’urgence05. Sécurité et santé au travail lors d’accidents chimiques 5.3.4 Surveillance médicale des équipes d’intervention d’urgence Comme les produits chimiques ont des effets toxiques aigus et à long terme sur la santé, il est essentiel que tous les membres des services d’intervention d’urgence fassent l’objet d’une surveillance médicale tout au long de leur affectation. Cela nécessite que les éléments suivants soient en place: X Un examen médical détaillé pour déterminer l’aptitude à participer aux interventions doit avoir lieu pendant la phase de prédéploiement, y compris une vérification du système respiratoire afin d’évaluer l’aptitude à utiliser les appareils respiratoires. X Pendant le déploiement, il convient de recueillir le plus d’informations possible en ce qui concerne la nature du travail et le type de danger, la durée du travail, la concentration d’exposition aux produits chimiques dans l’environnement de travail, les accidents de contamination et les effets néfastes sur la santé, le cas échéant. X Immédiatement après l’intervention, il est nécessaire de procéder à un examen médical postdéploiement et de se concentrer sur les expositions pendant le déploiement; cela inclut également une évaluation psychologique. Par la suite, en fonction du type d’exposition pen- dant le déploiement, les équipes d’intervention peuvent être examinées périodiquement. X Un traitement médical de toutes les personnes exposées doit être effectué chaque fois que nécessaire pendant le cycle de déploiement. En cas d’implication systémique com- plexe des systèmes de l’organisme, le traitement peut nécessiter une consultation avec un toxicologue clinique et, dans certains cas, l’utilisation d’antidotes dans les établissements de soins tertiaires. Sécurité et santé au travail lors d’accidents radiologiques 06 Sécurité et santé au travail durant les crises sanitaires 06. Sécurité et santé au travail lors d’accidents radiologiques118 Les accidents nucléaires et radiologiques sont peu fréquents par rapport aux événements impliquant d’autres matières dangereuses telles que des produits chimiques. Malgré leur faible fréquence, les événements nucléaires et radiologiques génèrent cependant un degré élevé de préoccupation au sein de la société et d’engagement politique aux niveaux local, national et international. En outre, l’augmentation de la conscience du terrorisme interna- tional a intensifié les préoccupations concernant les potentielles utilisations malveillantes de matières radioactives et nucléaires, et une multitude de scénarios de crise provoquée par leur utilisation peuvent être envisagés. Les accidents de Windscale, Royaume-Uni (1957), Three Mile Island, États-Unis (1979), Tchernobyl, Ukraine (1986), Tokaimura, Japon (1999), et Fukushima, Japon (2011), comptent parmi les plus importants survenus dans les installations nucléaires. Les accidents impli- quant des expositions importantes à des sources radioactives comprennent l’exposition de personnes à des sources abandonnées (New Delhi, Inde, 2010), des accidents du travail (Chili, 2005) et des surexpositions médicales (Épinal, France, 2004) [62]. Par conséquent, l’ampleur et les types d’urgences radiologiques et nucléaires peuvent aller d’une surexposition professionnelle ou médicale isolée d’une personne à une catastrophe majeure de dimension mondiale. Indépendamment de l’ampleur ou de la cause d’un accident, il existe un dénominateur commun, à savoir les impacts sur la santé humaine. Le Règlement sanitaire international inclut les risques radionucléaires dans leur contexte. 1 Voir www-ns.iaea.org/tech-areas/emergency/iec/frg/what-is-a-rad-emergency.asp, consulté le 12 octobre 2017. 6.1 Sources et scénarios des accidents radiologiques Une situation d’urgence radiologique est une situation dans laquelle il existe ou l’on perçoit un danger dû à l’exposition aux rayonnements provenant d’une source pouvant inclure les éléments suivants1: X symptômes médicaux de l’exposition aux rayonnements; X perte ou vol d’une source radioactive dangereuse; X contamination/exposition radioactive du public; X urgence de transport impliquant des matières radioactives; X détection de niveaux de radiation élevés; X présence d’un dispositif de dispersion radiologique. Les sources de rayonnement sont utilisées dans divers domaines, y compris l’industrie, la médecine et la recherche; par conséquent, les urgences radiologiques peuvent se produire n’importe où. Toute source radioactive est susceptible d’émettre une dose de rayonnement qui pénètre dans l’organisme par voies externes ou internes, comme indiqué ci-dessous: Voies externes: Les individus peuvent être exposés à des rayonnements provenant de matières radioactives dans l’environnement: X directement à partir d’une source radioactive ou de matières radioactives déposées sur le sol ou sur d’autres surfaces; 119Un manuel pour la protection des personnels de santé et des équipes d’intervention d’urgence06. Sécurité et santé au travail lors d’accidents radiologiques X par dispersion d’une matière radioactive sous forme gazeuse ou de vapeur dans l’atmosphère. Voies internes: Les individus peuvent être exposés aux rayonnements provenant de matières radioactives dans l’organisme par: X inhalation de matières radioactives dans l’atmosphère à la suite d’un accident ou remises en suspension depuis le sol; X ingestion de nourriture/d’eau contaminée par des matières radioactives; X absorption de contamination radioactive à travers la peau ou les plaies ouvertes. Les effets sur la santé de l’exposition aux rayonnements comprennent un ou plusieurs des éléments suivants: X des effets à court terme tels que les brûlures cutanées ou le syndrome d’irradiation aiguë à fortes doses de rayonnement; X des effets à long terme tels qu’un risque accru de certains types de cancer signalés à des doses supérieures à 100 mSv; X des effets psychologiques même lorsque l’exposition aux rayonnements est faible ou inexistante. 2 La dose résiduelle est la dose attendue après la mise en application des stratégies de protection (ou après qu’il a été décidé de ne pas prendre de mesures de protection). 6.2 Gestion de la sécurité et de la santé au travail des travailleurs en cas d’urgences radiologiques Selon les Normes fondamentales internationales de protection contre les rayonnements ionisants et de sûreté des sources de rayonnements (ci-après NFI 2016) [63], «une situation d’exposition d’urgence est une situation d’exposition qui survient à la suite d’un accident, d’un acte malveillant ou de tout autre événement imprévu et qui nécessite une action rapide pour éviter ou réduire ses conséquences néfastes». Des mesures préventives et des mesures d’atténuation doivent être envisagées avant la survenue d’une situation d’exposition d’ur- gence. Cependant, une fois qu’une situation d’exposition d’urgence se produit, les expositions peuvent être réduites uniquement en mettant en œuvre des mesures de protection. En cas d’urgence, chaque action de protection particulière (élaborée au cours de la préparation aux situations d’urgence et de la planification de l’intervention) pourrait être mise en œuvre séparément, et l’optimisation de l’ensemble de la stratégie doit tenir compte de toutes les voies d’exposition, afin de s’assurer que la dose résiduelle2 est réduite au niveau le plus bas qu’il soit raisonnablement possible d’atteindre. La stratégie de protection optimisée doit être mise en œuvre lorsque des critères généraux, utilisés dans des stratégies de protection compatibles avec les niveaux de référence, sont dépassés, pour permettre une action rapide. De telles actions sont souvent nécessaires en l’absence d’informations radiologiques détaillées géné- ralement associées à des situations d’exposition planifiées dans lesquelles la source est sous contrôle. Dans les situations d’urgence, les niveaux de référence doivent être choisis pour être Sécurité et santé au travail durant les crises sanitaires 06. Sécurité et santé au travail lors d’accidents radiologiques120 dans la fourchette de 20 à 100 mSv 3, conformément aux Recommandations 2007 de la Commission internationale de protection radiologique (Publication 103), ou si possible au-dessous de celle-ci. Les expositions professionnelles dans les situations d’urgence et les situations d’exposition existante doivent être soumises aux dispositions opérationnelles et procédurales disponibles, notamment pour ce qui est de l’évaluation, de la surveillance, de l’engagement et de la for- mation. L’exposition individuelle doit être optimisée, avec des limites appropriées de niveaux de référence. Selon les circonstances, ces niveaux de référence peuvent être supérieurs aux valeurs recommandées des limites de dose applicables aux situations d’exposition planifiée. Dans les situations d’urgence ou les situations d’exposition existante, les niveaux de référence représentent le niveau de dose ou de risque au-dessus duquel il est jugé inapproprié de prévoir des expositions et pour lequel les mesures de protection doivent donc être planifiées et optimisées. L’objectif premier serait de ne pas dépasser ces niveaux ou de les maintenir. Il peut être nécessaire et approprié de permettre des niveaux d’exposition plus élevés en cas d’urgence sur une courte période, compte tenu des circonstances, et sous réserve que la protection soit optimisée. De tels niveaux ne devraient pas perdurer sur de longues périodes, car des réductions de l’exposition peuvent être réalisées à mesure que des informations supplémentaires deviennent disponibles, et qu’un certain degré de contrôle sur la source et la situation d’exposition est atteint. Les recommandations pertinentes de la Commission internationale de protection radiologique (CIPR) visent à prévenir les réactions tissulaires, et l’ambition est de réduire toutes les doses aux niveaux les plus bas qu’il est raisonnablement possible d’atteindre, en tenant compte des facteurs économiques et sociaux. Dans des situations exceptionnelles, telles que les interventions d’urgence nucléaire et radio- logique, les membres des équipes d’urgence dûment formés peuvent se porter volontaires pour intervenir lorsqu’il est probable de recevoir des doses supérieures à 50 mSv (limite de dose annuelle pour les professionnels). Les seules situations dans lesquelles cela est applicable sont énumérées ci-dessous (voir aussi paragraphes 4.15 et suivants des NFI 2016): X Aucun membre des services d’intervention d’urgence ne fait l’objet d’une exposition supé- rieure à 50 mSv durant son intervention, excepté dans les cas suivants: a) dans le but de sauver des vies ou de prévenir des blessures graves; b) pour entreprendre des actions afin d’éviter une exposition collective à une dose élevée; ou c) pour entreprendre des actions afin de prévenir des situations catastrophiques. X Lorsque l’on entreprend une intervention dans de telles circonstances, tous les efforts raisonnables doivent être mis en œuvre pour maintenir les doses pour les professionnels inférieures à deux fois la limite de dose maximale annuelle, sauf pour les actions visant à sauver des vies, dans lesquelles tous les efforts doivent être mis en œuvre pour maintenir les doses au-dessous de dix fois la limite de dose maximale annuelle afin d’éviter les effets déterministes sur la santé. De plus, les professionnels qui entreprennent des actions dans lesquelles leurs doses peuvent approcher ou dépasser dix fois la limite de dose maximale annuelle ne doivent le faire que lorsque les bénéfices pour les autres l’emportent nette- ment sur leurs propres risques. X «Les organismes d’intervention et les employeurs veillent à ce que les membres des équipes d’intervention d’urgence effectuant des actions au cours desquelles les doses reçues pourraient dépasser 50 mSv le fassent volontairement, aient été informés clairement et 3 Les recommandations de 2007 de la CIPR (Publication 103) fournissent trois groupes à utiliser pour sélectionner les niveaux de référence: 1) La contrainte de dose ou niveau de référence allant jusqu’à environ 1 mSv, dans le cas où les individus reçoivent des expositions qui peuvent ne pas représenter un bénéfice pour eux, mais qui peuvent être bénéfiques pour la société. 2) Des niveaux de référence de 20 à 100 mSv seraient utilisés lorsque les individus sont exposés à des rayonnements provenant de sources qui ne sont pas sous contrôle ou lorsque les actions visant à réduire les doses seraient disproportionnées. 3) Une dose supérieure à 100 mSv subie dans un court laps de temps ou dans une année serait considérée comme inacceptable, sauf dans les circonstances relatives à l’exposition des professionnels des services d’urgence qui sont particulièrement visés. 121Un manuel pour la protection des personnels de santé et des équipes d’intervention d’urgence06. Sécurité et santé au travail lors d’accidents radiologiques exhaustivement à l’avance des risques sanitaires associés ainsi que des mesures de pro- tection et de sûreté disponibles et soient, dans la mesure du possible, formés aux actions qu’ils pourront avoir à effectuer» (paragraphe 4.17 des NFI 2016). X Les membres des équipes d’intervention peuvent comprendre des travailleurs employés par des titulaires d’enregistrements et de licences ainsi que des agents des organismes d’intervention, par exemple des policiers, des pompiers, du personnel médical ainsi que les chauffeurs et les membres de l’équipage des véhicules d’évacuation. X Dans les plans d’urgence, il convient de préciser qui est la personne légalement respon- sable du respect des exigences ci-dessus. Selon les NFI 2016, il est essentiel que la préparation aux situations d’urgence et la planification de l’intervention soient entreprises à l’avance sur la base de l’optimisation de la stratégie de protection, qui peut comporter plusieurs actions spécifiques en fonction des circonstances. Conformément aux exigences énoncées dans la convention (no 115) sur la protection contre les radiations, 1960, qui s’applique à toutes les activités impliquant l’exposition des profession- nels aux rayonnements ionisants, y compris les membres des services d’urgence, l’exposition exceptionnelle des travailleurs n’est pas justifiée pour sauver des objets de grande valeur matérielle, ni, plus généralement, parce que des techniques alternatives d’intervention, qui n’occasionnent pas une telle exposition des travailleurs, entraîneraient des dépenses exces- sives. Il est donc essentiel que les activités associées à des expositions potentielles importantes soient examinées et traitées dans le processus d’autorisation, que les ressources appropriées soient identifiées et que des plans d’urgence soient mis en place afin de réduire ou éliminer l’exposition des travailleurs. La recommandation no 114 de 1960 de l’OIT en matière de radioprotection prévoit que, dans la mesure du possible, un registre complet de toutes les doses reçues dans le cadre du travail par chaque travailleur doit être conservé afin que la dose cumulée puisse être prise en compte à des fins professionnelles. Le paragraphe 3.83 d) des NFI 2016 précise que les travailleurs doivent fournir «à l’employeur ou au titulaire d’enregistrement ou de licence les informations sur leurs emplois antérieurs et actuel qui peuvent contribuer à assurer, pour eux-mêmes et pour autrui, une protection et une sûreté efficaces et globales». Une fois les opérations d’urgences terminées, d’autres activités (récupération des sources, nettoyage, élimination des déchets, etc.) doivent suivre et respecter les directives de radio- protection professionnelle, sur instruction d’un expert en radiologie. X Toutes les mesures raisonnables doivent être prises pour évaluer et enregistrer les doses reçues par les travailleurs impliqués dans une intervention d’urgence. Les doses reçues et les risques pour la santé qui en découlent doivent être communiqués aux travail- leurs concernés. X Les travailleurs ne doivent normalement pas se trouver dans l’impossibilité de faire face à une exposition professionnelle supplémentaire en raison de doses reçues au cours d’une situation d’exposition d’urgence. Cependant, un avis médical qualifié doit être obtenu avant toute nouvelle exposition si le travailleur a reçu une dose excédant dix fois la limite de la dose maximale annuelle ou s’il le demande. Conformément aux recommandations de la CIPR de 2007 (Publication 103), les professionnels effectuant des opérations de récupération et de restauration dans une phase ultérieure de situations d’exposition d’urgence doivent être considérés comme des travailleurs exposés professionnellement et doivent être protégés conformément aux normes courantes de radio- protection professionnelle, et leurs expositions ne doivent pas dépasser les limites de dose professionnelle recommandées par la CIPR. Les travailleurs qui entreprennent des travaux de réparation des installations et des bâtiments, des activités de gestion des déchets radioac- tifs ou des mesures correctives pour la décontamination du site et des zones environnantes doivent se soumettre aux exigences applicables en matière d’exposition professionnelle dans les situations d’exposition planifiées, comme le souligne la section 3 des NFI 2016. Sécurité et santé au travail durant les crises sanitaires 06. Sécurité et santé au travail lors d’accidents radiologiques122 6.2.1 Recommandations pour la protection des membres des services d’intervention en cas de situation d’urgence radiologiques 4 Voir http://www-pub.iaea.org/MTCD/Publications/PDF/EPR_FirstResponder_web.pdf, consulté le 12 octobre 2017. Inspirées des principes de base de la radioprotection, les recommandations générales sui- vantes4 doivent toujours être respectées par les membres des services d’intervention au cours de situations d’urgence radiologiques: X Les travailleuses qui découvrent qu’elles sont enceintes ou qui allaitent doivent être encou- ragées à en informer immédiatement leur employeur et doivent être exclues de leurs fonctions d’urgence. X Le travailleur évitera de toucher les éléments radioactifs suspects. X Le travailleur s’assurera qu’il est visuellement reconnaissable et qu’il est conforme au système de responsabilité lorsqu’il se trouvera dans la zone intérieure bouclée. X Le travailleur effectuera uniquement les missions visant à sauver des vies et d’autres missions cruciales à proximité d’une source radioactive potentiellement dangereuse. X Le travailleur réduira au minimum le temps passé à moins de 10 mètres des matières/ sources radioactives suspectées. X Le travailleur évitera la fumée ou utilisera l’équipement de protection respiratoire dis- ponible (pour le personnel intervenant) à moins de 100 mètres d’un incendie ou d’une explosion impliquant une source radioactive potentiellement dangereuse. X Le travailleur gardera les mains loin de la bouche; il ne fumera pas, ne mangera pas et ne boira pas jusqu’à ce qu’il ait pu se laver les mains et le visage (pour éviter une inges- tion accidentelle). X Le travailleur changera de vêtements et prendra une douche dès que possible. X Lors du traitement ou du transport de personnes contaminées, le travailleur utilisera les méthodes de barrière classiques (précautions standard) telles que les gants chirurgicaux et les masques. X Les travailleurs susceptibles d’avoir été contaminés de manière significative ou exposés (par exemple ceux qui se trouvent dans la zone intérieure bouclée) doivent se soumettre à des contrôles en ce qui concerne la contamination radioactive. Si le suivi ne peut pas être effectué immédiatement, le travailleur prendra une douche et changera de vêtements dès que possible. X Un examen médical des personnes potentiellement exposées et/ou contaminées peut être nécessaire afin de déterminer leur prise en charge médicale ultérieure. Par conséquent, les personnes impliquées dans une situation d’urgence radiologique doivent être enregistrées. X Les instruments utilisés normalement par les services d’urgence pour mesurer le débit de dose gamma, y compris les téléavertisseurs, ne permettent pas de détecter les niveaux dangereux de toutes les formes de matières radioactives. Seul un expert en radiologie formé et correctement équipé peut effectuer une évaluation complète des risques radio- logiques. Par conséquent, les recommandations de protection du personnel doivent toujours être respectées jusqu’à ce qu’un expert évalue le danger et fournisse des recom- mandations spécifiques. 123Un manuel pour la protection des personnels de santé et des équipes d’intervention d’urgence06. Sécurité et santé au travail lors d’accidents radiologiques Recommandations à suivre si le débit de dose gamma est connu X Les recommandations énumérées ci-dessus doivent toujours être respectées. X Si le débit de dose ambiant dans une zone donnée est supérieur à 100 mSv/h: — n’effectuer que les opérations de sauvetage; — limiter le temps total sur place à moins de 30 minutes. X Ne pas pénétrer dans une zone où le débit de dose ambiant est supérieur à 1 000 mSv/h, sauf indication contraire de l’expert en radiologie. Recommandations à suivre si des dosimètres à lecture automatique sont utilisés X Les recommandations énumérées ci-dessus doivent toujours être respectées. X Suivre les «Doses indicatives de retour pour les membres des équipes d’intervention d’ur- gence» du Manuel destiné aux premiers intervenants en cas de situation d’urgence radiologique (Vienne, Agence internationale de l’énergie atomique, 2008). Instructions concernant la sécurité et la santé du superviseur des premiers intervenants pendant le suivi des travailleurs et du public X Établir un lieu de surveillance dans une zone où les débits de dose ambiants sont inférieurs à 0,3 sv/h près de la zone de décontamination. X Porter des gants et des vêtements de protection selon les disponibilités. Changer les gants régulièrement. X Respecter les recommandations de protection du personnel, comme décrit ci-dessus. X Surveiller les cheveux, les mains, les poches, les parties sales des vêtements, les pieds et le visage d’une personne, en maintenant le dispositif à environ 10 cm de la surface contrôlée. Instructions concernant la sécurité et la santé de l’équipe du service d’urgences de l’hôpital lors de la décontamination d’une victime contaminée à l’extérieur X Porter un EPI, y compris une protection respiratoire, au besoin. X Changer de gants et examiner les mains fréquemment afin d’éviter la propagation de la contamination à d’autres endroits. X Retirer les vêtements du patient et les placer dans des sacs en plastique étiquetés. Sécurité et santé au travail durant les crises sanitaires 06. Sécurité et santé au travail lors d’accidents radiologiques124 6.2.2 Système de commandement des interventions pour la gestion des situations d’urgence radiologique Les situations d’urgence radiologique, tout comme les accidents chimiques, sont gérées par un système de commandement et de contrôle des interventions. Le tableau 4 présente les équipes d’intervention impliquées dans une situation d’urgence radiologique sur le terrain et à l’hôpital. En cas de situation d’urgence radiologique, il a été observé que les services d’ur- gence locaux (par exemple les services médicaux locaux, les forces de l’ordre, les pompiers) sont ceux qui jouent le rôle le plus important dans la riposte immédiate. Les rôles des équipes responsables de la surveillance environnementale, du triage radiolo- gique, de la décontamination, du suivi des personnes, de l’évaluation des doses et des dossiers, qui opèrent sur les lieux, ainsi que ceux du responsable de la radioprotection et du physicien médical sont spécifiques à une situation d’urgence radiologique. Équipe de surveillance environnementale: L’équipe de surveillance environnementale a pour fonction d’évaluer les niveaux de rayonnement et de contamination sur le site de l’accident. Équipe de triage radiologique: L’équipe de triage radiologique a pour fonction d’établir les priorités relatives à l’évaluation médicale, aux mesures de rayonnement et aux procédures de décontamination. Équipe de suivi des personnes: L’équipe de suivi des personnes a pour fonction de surveiller la contamination externe, et éventuellement interne, des individus. D’autres fonctionnaires et équipes du système de commandement des accidents apportent leur soutien aux équipes responsables des dossiers, de la logistique et de l’administration. Équipes d’intervention impliquées dans une situation d’urgence radiologique Sur les lieux À l’hôpital Commandement stratégique d’intervention Personnel chargé de la sécurité Premiers intervenants Ambulanciers Personnel chargé de la sécurité Directeur de l’unité d’urgence médicale Équipe médicale Équipe médicale d’urgence Équipe de surveillance environnementale Service de pathologie Équipe de triage radiologique Responsable de la radioprotection Équipe de décontamination Physicien médical Équipe de suivi des personnes Équipe d’évaluation de dose Équipe en charge des dossiers Ambulanciers Source: TMT Handbook: Triage, monitoring and treatment of people exposed to ionizing radiation following a malevolent act [64]. Tableau 4 125Un manuel pour la protection des personnels de santé et des équipes d’intervention d’urgence06. Sécurité et santé au travail lors d’accidents radiologiques Figure 8 Zone de sécurité Destination pour la population générale décontaminée, les patients blessés et hospitalisés Zone de transition Niveaux de contamination plus faibles, zone de triage, traitement médical d’urgence, décontamination et évacuation Zone chaude Zone de contamination élevée Zones à risque dans les situations d’urgence radiologique Source: Nuclear and radiological emergency guidelines: Preparedness, response and recovery [65]. Rôle des aidants dans les situations d’urgence: Les aidants sont les citoyens qui interviennent de façon volontaire et bénévole en cas d’urgence nucléaire ou radiologique. Ils reçoivent des informations concernant les expositions potentielles et les risques encourus pour leur santé et sont conscients qu’ils peuvent être exposés aux rayonnements lorsqu’ils apportent leur aide lors d’une urgence nucléaire ou radiologique. Le lieu est organisé en différentes zones en fonction des niveaux d’exposition aux rayonne- ments et des types d’activités effectuées, comme indiqué dans la figure 8. La zone rouge est une zone de contamination élevée où les activités doivent être menées uniquement par les premiers intervenants. Sécurité et santé au travail durant les crises sanitaires 06. Sécurité et santé au travail lors d’accidents radiologiques126 6.2.3 Équipement de protection individuelle Les EPI doivent être choisis en fonction des niveaux de contamination connus ou prévisibles dans la zone de travail, des activités prévues, des conditions de santé des professionnels et des éventuels dangers de nature non radiologique. Le personnel est tenu de porter un EPI lorsqu’il pénètre dans des zones aux niveaux de contamination supérieurs aux limites spéci- fiées afin d’éviter la contamination de la peau et des vêtements. Le degré de protection du vêtement requis dépend des conditions radiologiques dans la zone de travail et de la nature du travail effectué (encadré 6). Les facteurs de base qui déterminent le type et le degré de protection requis sont les suivants: X type et forme de contamination; X niveaux de contamination; X type de travail effectué. Encadré 6 X Équipement de protection individuelle adapté au rôle de l’intervenant (Dans tous les cas, un EPI offrant un niveau de protection similaire doit être utilisé) a) Les premières équipes d’intervention et les secouristes qui pénètrent dans la zone rouge doivent porter: X un équipement de protection respiratoire à masque complet quand il n’existe pas de risques non radiologiques et que le facteur de protection assigné est approprié; X des gants imperméables (résistants à l’abrasion); X des vêtements imperméables (la peau et les cheveux doivent être complète- ment couverts); X des chaussures ou des bottes imperméables; X un casque de sécurité; X un dosimètre personnel (mesure du débit de dose instantané et de la dose cumulée) avec alarme; X un dosimètre personnel (dosimètre film-badge ou dosimètre thermoluminescent); X des vêtements à haute visibilité (recommandé). b) Les premiers intervenants, les secouristes qui pénètrent dans la zone jaune et le per- sonnel médical qui prennent en charge des victimes contaminées doivent porter: X des gants chirurgicaux (à changer fréquemment); X une combinaison imperméable qui couvre les bras, les jambes, le cou et la tête; X un équipement de protection respiratoire; X des couvre-chaussures en plastique; X une coiffe (par exemple une coiffe chirurgicale); X un dosimètre personnel (dosimètre film-badge ou dosimètre thermolumines- cent) (recommandé). c) Le personnel effectuant la décontamination doit porter: X un EPI comme au point b) ci-dessus, plus des vêtements imperméables (recommandé). Source: TMT Handbook: triage, monitoring and treatment of people exposed to ionizing radiation following a malevolent act [64]. 127Un manuel pour la protection des personnels de santé et des équipes d’intervention d’urgence06. Sécurité et santé au travail lors d’accidents radiologiques 6.2.4 Décontamination La décontamination des personnes blessées peut être effectuée à l’hôpital ou à proximité de l’accident, selon la gravité des blessures. La décontamination telle que décrite dans cette section se rapporte à l’élimination de la contamination radioactive et non à l’élimination de matières chimiques ou biologiques. X Les procédures de décontamination consistent à retirer les vêtements et à se laver le corps avec du savon et de l’eau afin d’éliminer la majeure partie de la contamination externe. Retirer des vêtements d’extérieur sans lavage peut réduire la contamination de 80 à 90 pour cent. X Les personnes effectuant une décontamination ne doivent pas manger, boire ou fumer et doivent garder leurs mains éloignées de leur bouche jusqu’à ce qu’elles aient enlevé leurs vêtements d’extérieur et qu’elles se soient douchées. X Au sein du service de décontamination, un système à sens unique doit être établi afin que les personnes ayant besoin d’une décontamination n’entrent pas en contact avec celles qui ont été décontaminées. Les zones de décontamination doivent disposer de points d’entrée et de sortie distincts. X La contamination par des matières radioactives ne représente pas un danger immédiat pour la vie. La décontamination doit être effectuée dès que possible, mais ne nécessite généralement pas la même rapidité d’action que dans les cas de contamination chimique ou biologique, sauf dans des circonstances extrêmes où la contamination radioactive est suffisante pour entraîner de graves conséquences. X En cas de contamination des vêtements, ceux qui sont contaminés doivent être changés. Si une contamination est détectée sur la peau, la personne doit passer par des procédures de décontamination. X Les articles contaminés ou potentiellement contaminés tels que les vêtements des victimes, les pansements, l’équipement, les vêtements du personnel, etc. doivent être emballés, étiquetés et conservés dans une zone sécurisée. 6.2.5 Surveillance de la santé au travail des personnes exposées professionnellement aux rayonnements dans les situations d’urgence L’article 12 de la convention no 115 de l’OIT souligne que «[t]ous les travailleurs directement affectés à des travaux sous radiations doivent subir un examen médical approprié avant ou peu de temps après l’affectation à de tels travaux et subir ultérieurement des examens médicaux à intervalles appropriés». Selon l’article 13, il faudra déterminer les cas dans lesquels les mesures suivantes doivent être prises rapidement, en raison de la nature ou du degré d’exposition ou d’une combinaison des deux: a) le travailleur doit subir un examen médical approprié; b) l’em- ployeur doit aviser l’autorité compétente conformément aux directives données par cette dernière; c) des personnes compétentes en matière de protection contre les radiations doivent étudier les conditions dans lesquelles le travailleur effectue le travail; et d) l’employeur doit prendre toutes dispositions correctives nécessaires sur la base des constatations techniques et des avis médicaux. À cet égard, selon le paragraphe 3.76 f) des NFI 2016, les employeurs et les titulaires d’enregistrement et de licence font en sorte que, pour tous les travailleurs exerçant des activités dans lesquelles ils sont ou pourraient être soumis à une exposition professionnelle, les services de surveillance de la santé et les services sanitaires nécessaires aux travailleurs soient fournis. Selon le paragraphe 3.108 de ces mêmes normes fondamen- tales, ces programmes de surveillance de la santé des travailleurs doivent être basés sur les principes généraux de la médecine du travail et doivent permettre «d’évaluer l’aptitude des employés à remplir les tâches envisagées, au moment de l’embauche et en cours d’emploi». Sécurité et santé au travail durant les crises sanitaires 06. Sécurité et santé au travail lors d’accidents radiologiques128 Le paragraphe 27 de la recommandation no 114 sur la protection contre les radiations, 1960, prévoit que si à la suite de l’avis médical prévu à l’article 14 de la convention no 115 de l’OIT «il apparaît inopportun de continuer à exposer un travailleur à des radiations ionisantes du fait de son emploi normal, tous les moyens raisonnables devraient être mis en œuvre pour muter ce travailleur à un autre emploi convenable». À cet égard, le paragraphe 3.112 des NFI 2016 prévoit que «[l]es employeurs font tout ce qui est raisonnablement possible pour offrir aux travailleurs un autre emploi convenable lorsqu’il a été établi, soit par l’organisme de réglementation, soit dans le cadre du programme de surveillance de la santé des travailleurs conformément aux dispositions des présentes Normes, que les travailleurs ne peuvent plus, pour des raisons de santé, continuer à exercer un emploi où ils sont ou pourraient être soumis à une exposition professionnelle». De plus, il convient de noter que certains des instruments les plus récents relatifs à la sécurité et à la santé au travail (la convention (no 148) sur le milieu de travail (pollution de l’air, bruit et vibrations), 1977, et la convention (no 162) sur l’amiante, 1986) indiquent que lorsque l’affectation continue à des activités couvertes par ces outils est jugée déconseillée sur le plan médical, tous les efforts doivent être faits, conformément à la pratique et aux conditions nationales, pour offrir aux professionnels concernés d’autres moyens de maintenir leur source de revenus. Des expositions professionnelles peuvent survenir à la suite d’accidents, généralement parmi les équipes d’urgence agissant dans les phases initiales d’une intervention d’urgence et parmi celles qui mènent des opérations de restauration à plus long terme. Dans la majorité des cas, il est possible de contrôler les expositions, mais il peut être nécessaire de dépasser les limites de doses reconnues. Les membres des équipes d’urgence sont susceptibles d’être délibéré- ment exposés à des limites de dose supérieures à la normale dans les situations suivantes [66]: X en sauvant des vies ou en prévenant des blessures graves; X en entreprenant des actions pour éviter une exposition collective à une dose élevée; X en entreprenant des actions pour prévenir le développement de situations catastrophiques. Normalement, ces doses sont limitées à 0,5 Gy. Les personnes exposées doivent avoir béné- ficié d’une formation complète et doivent se porter volontaires pour l’opération en question. Une autre condition est que, avant de mettre en œuvre des opérations planifiées susceptibles d’entraîner des expositions supérieures aux limites de doses, les professionnels concernés doivent être consultés sur l’opération prévue, et informés du danger potentiel et des mesures à prendre pour maintenir les expositions au niveau le plus bas qui est raisonnablement possible. Les doses résultant de l’exposition à une situation d’urgence doivent être enregistrées avec celles des expositions habituelles, mais de manière à les distinguer des doses relatives aux pratiques habituelles; elles ne doivent pas être intégrées à la dose totale cumulée pendant une période de 5 ans, sur laquelle l’application des limites de dose est basée. Les doses résultant d’expositions dans des situations d’urgence doivent être signalées au professionnel, au médecin du travail et à l’autorité de réglementation. De telles doses n’excluraient pas le travailleur d’un emploi ultérieur impliquant une exposition professionnelle, sous réserve d’une autorisation médicale [67]. 129Un manuel pour la protection des personnels de santé et des équipes d’intervention d’urgence06. Sécurité et santé au travail lors d’accidents radiologiques Traitement des personnes surexposées Selon les recommandations de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) [67], les expositions peuvent être divisées en trois catégories selon la dose, à savoir: X doses proches ou juste au-dessus des limites de dose; X doses bien supérieures aux limites de dose, mais inférieures aux valeurs seuil des effets déterministes dans un organe particulier; X doses égales ou supérieures aux valeurs seuil des effets déterministes. X Doses proches ou juste au-dessus des limites de dose: Les doses proches des limites de dose ne nécessitent normalement pas d’examen clinique ou de traitement particulier, et le rôle du personnel de santé au travail, qu’il soit ou non sollicité par le travailleur, consiste à informer le travailleur surexposé qu’une telle exposition ne devrait pas avoir d’effets nocifs sur la santé. X Doses bien supérieures aux limites de dose: Lorsque l’exposition est significativement supérieure aux limites de dose, mais inférieure aux valeurs seuil pour des effets déter- ministes particuliers, le rôle du médecin du travail est de conseiller le professionnel et de déterminer si des indicateurs biologiques relatifs aux doses, tels que le nombre de lymphocytes et les tests d’aberrations chromosomiques, sont nécessaires pour confirmer les estimations de dose. Un prélèvement sanguin doit être effectué par le médecin pour l’examen et l’estimation de la dose, mais normalement aucune autre action n’est requise. X Doses égales ou supérieures aux valeurs seuil pour les effets déterministe: Si les doses externes évaluées pour l’ensemble du corps ou des organes se situent autour des valeurs seuil des effets déterministes, une action thérapeutique peut être nécessaire. Avant de prendre cette décision, le travailleur surexposé doit se soumettre à un examen médical, et tous les résultats ou symptômes anormaux doivent être enregistrés. Il faudra effec- tuer un examen hématologique afin de suivre l’évolution clinique de la surexposition. Si l’exposition est suffisamment grave pour entraîner un symptôme d’irradiation aiguë, un transfert précoce vers des centres de traitement spécialisés est essentiel. Le médecin du travail doit entreprendre les examens et le traitement des premiers symp- tômes. Les blessures présentant un risque immédiat pour la vie, telles que les fractures et les brûlures, doivent être traitées en priorité avant le transfert dans un centre spécialisé. La prise en charge clinique à long terme des personnes hautement exposées doit normalement exiger l’expertise disponible dans les cliniques spécialisées. Dossier médical des expositions accidentelles et d’urgence: Le dossier médical des expositions accidentelles et d’urgence doit être aussi complet que possible. Il doit contenir des détails sur tous les examens, traitements et conseils donnés. Le service de santé au travail doit participer à l’enquête sur l’accident afin d’analyser la pertinence de l’intervention. Risques liés à la sécurité et à la santé au travail lors de catastrophes naturelles 07 Sécurité et santé au travail durant les crises sanitaires 07. Sécurité et santé au travail lors de catastrophes naturelles132 Les principales responsabilités des membres des équipes d’urgence lors de catastrophes naturelles sont le sauvetage des survivants et la mise à disposition d’une aide médicale, l’évacuation des personnes de la zone touchée, la récupération des cadavres, la prévention de dommages supplémentaires, le nettoyage, la fourniture de nourriture et d’eau potable, le maintien d’un bon niveau d’hygiène pour prévenir la propagation des épidémies et l’assistance à la vaccination de la population. Lors de catastrophes naturelles, les risques spécifiques pour les membres des équipes d’ur- gence peuvent être dus à la dévastation de la zone, à l’effondrement des bâtiments et autres structures, à la destruction des installations électriques et à la destruction générale des infra- structures et des lignes de communication. De plus, durant la riposte à une catastrophe, les membres des équipes d’intervention peuvent se voir obligés de travailler dans des espaces confinés et encourent le risque d’être gravement blessés ou piégés par des débris ou d’être attaqués par des animaux agressifs. Les catastrophes naturelles dues aux inondations, aux tempêtes et aux tsunamis comportent des risques de noyade et de propagation de maladies hydriques et de maladies à transmission vectorielle [67]. Les maladies hydriques se propagent lorsque la population touchée ou les membres des services d’urgence entrent en contact direct avec de l’eau contaminée contenant de fortes concentrations de bactéries, de virus et d’autres micro-organismes – comme lorsque les eaux usées pénètrent dans les sources d’approvisionnement en eau potable ou lorsque les membres des services d’urgence doivent travailler dans des eaux de surface contaminées. Parmi les principales maladies infectieuses d’origine hydrique, on trouve le choléra, la fièvre typhoïde, la shigellose, les infections à E. coli, la poliomyélite, l’hépatite A, l’hépatite E, les infections à rotavirus, la leptospirose et les maladies parasitaires telles que la schistosomiase. Après les inondations ou les catastrophes, les maladies à transmission vectorielle représentent un risque lorsque des camps sont construits pour soigner les victimes de catastrophes et que le système de gestion des déchets est perturbé. L’eau stagnante constitue un site de reproduction pour les moustiques, et les rongeurs sont attirés par les nutriments présents dans les déchets. Les maladies transmises par les moustiques sont le paludisme, la dengue, la fièvre jaune, le virus Zika, l’encéphalite de Saint-Louis, l’encéphalite japonaise et la fièvre du Nil occidental. Les fèces des rongeurs peuvent contenir de grandes quantités d’organismes, permettant la propagation de la leptospirose. Parmi les maladies infectieuses pouvant affecter les membres des services d’urgence par leur contact avec les survivants figurent les infections des plaies, les maladies qui sont transmises par une inhalation de gouttelettes infectées telles que la tuberculose, les maladies gastro-in- testinales par transmission féco-orale et les maladies transmissibles par voie sanguine telles que le VIH, l’hépatite B et l’hépatite C. La possibilité de contracter des infections par contact avec des cadavres est plus élevée dans le cas de maladies transmissibles par voie sanguine, de maladies gastro-intestinales et de tuberculose. Les membres des équipes d’intervention d’urgence, tels que les pompiers et autres équipes de secours et les travailleurs humanitaires déployés lors de catastrophes naturelles, peuvent être particulièrement exposés à des problèmes respiratoires et d’asthme. Les éruptions volcaniques entraînent des rejets importants de cendres et de gaz. De la fumée est également générée par les feux de forêt ou les incendies se déclenchant suite à des catastrophes naturelles. Les glissements de terrain et les tremblements de terre entraînent une production excessive de poussière. Tous ces facteurs (cendres, gaz, fumée et poussière) provoquent une irritation ocu- laire et pulmonaire et, dans les cas les plus graves, peuvent entraîner une asphyxie. Certains des sous-produits de la combustion sont souvent cancérigènes. 133Un manuel pour la protection des personnels de santé et des équipes d’intervention d’urgence07. Sécurité et santé au travail lors de catastrophes naturelles Les éruptions volcaniques, les feux de forêt ou les incendies se déclenchant suite à des catas- trophes naturelles provoquent un stress thermique élevé pouvant causer des lésions cutanées et des brûlures. La pollution de l’air liée à la poussière des bâtiments effondrés, au gaz et aux cendres libérés à la suite d’éruptions volcaniques ou de fumées résultant d’incendies rend également les accidents de transport plus probables. Lors des soins de santé préhospitaliers et de l’assistance aux sinistrés, les secouristes sont exposés à un risque accru d’exposition au sang et aux liquides organiques ainsi qu’à des blessures par piqûre d’aiguille. Cela les expose à un risque très élevé de contracter le VIH, l’hépatite B et l’hépatite C. Dans les régions où la tuberculose est répandue au sein de la population, la transmission de l’infection liée au contact avec des survivants ou des cadavres est également susceptible de représenter un risque pour le personnel d’intervention d’urgence. Lorsque ce dernier pré- voit une éventuelle exposition prolongée avec des personnes atteintes de tuberculose (par exemple quand il s’attend à entrer en contact régulier avec les populations des cliniques, des hôpitaux, des prisons ou des refuges pour sans-abri), il doit subir une intradermoréaction à la tuberculine (IDR) ou un test sanguin de dépistage de la tuberculose avant le départ. Si la réaction à l’IDR ou le test sanguin de dépistage de la tuberculose est négatif, un nouveau test est nécessaire 8 à 10 semaines après le retour. 7.1 Risques et dangers pour la sécurité et la santé au travail dus aux inondations Les inondations sont les catastrophes naturelles liées aux conditions météorologiques les plus courantes et touchent de nombreux pays à travers le monde. Selon un rapport du Bureau des Nations Unies pour la réduction des risques des catastrophes (UNDRR), entre 2005 et 2015, les inondations ont représenté 47 pour cent de toutes les catastrophes liées aux condi- tions météorologiques, causant 40 pour cent de tous les décès dus à de telles catastrophes, 89 pour cent de ces décès ayant eu lieu dans des pays à faible revenu d’Afrique et d’Asie. Entre 2005 et 2015, de nombreuses nations ont été confrontées à de graves inondations, dont le Bangladesh, la Chine, l’Inde et le Pakistan en Asie, et l’Afrique du Sud, Madagascar, le Malawi, le Mozambique, le Rwanda et la République-Unie de Tanzanie en Afrique [68]. Les inondations peuvent favoriser la transmission des maladies infectieuses suivantes: X les maladies hydriques, telles que la fièvre typhoïde, le choléra, la leptospirose et l’hépatite A; X les maladies à transmission vectorielle, telles que le paludisme, la dengue et la dengue sévère, la fièvre jaune et la fièvre du Nil occidental. Maladies hydriques Les inondations provoquent un risque accru d’infection par des maladies hydriques – telles que les infections des plaies, les dermatites, les conjonctivites, les infections fongiques et les infections des oreilles, du nez et de la gorge – contractées par contact direct avec les eaux polluées. La leptospirose, une zoonose bactérienne, est transmise directement par l’eau contaminée. La transmission se produit par contact de la peau et des muqueuses avec de l’eau, un sol humide, de la végétation ou de la boue contaminée par l’urine des rongeurs. L’apparition d’inondations après de fortes précipitations facilite la propagation de la bactérie en raison de la prolifération des rongeurs qui libèrent dans leur urine de grandes quantités de micro-organismes responsables de la leptospirose. Sécurité et santé au travail durant les crises sanitaires 07. Sécurité et santé au travail lors de catastrophes naturelles134 Maladies à transmission vectorielle Les inondations peuvent entraîner indirectement une augmentation des maladies à trans- mission vectorielle en raison de l’expansion du nombre et de la variété des vecteurs hôtes. L’eau stagnante résultant de fortes pluies ou le débordement des rivières peut servir de site de reproduction pour les moustiques et accroître ainsi le risque d’exposition de la population touchée par les catastrophes et des membres des équipes d’urgence aux infections telles que la dengue, le paludisme et la fièvre du Nil occidental. Les inondations peuvent dans un premier temps empêcher la reproduction des moustiques, mais ces derniers reviennent lorsque les eaux se retirent. On compte généralement environ 6 à 8 semaines avant l’apparition d’une épidémie de paludisme. Risques associés à la manipulation de cadavres de personnes et d’animaux Contrairement aux idées reçues, il n’y a aucune preuve que les cadavres présentent un risque de maladies «épidémiques» après des catastrophes naturelles. La plupart des agents ne sur- vivent pas longtemps dans le corps humain après la mort (à l’exception du VIH, qui peut durer jusqu’à 6 jours). Les survivants sont une source d’infections aiguës plus répandue. Les restes humains représentent un risque pour la santé dans seulement quelques cas nécessitant des précautions particulières, comme les décès dus au choléra ou aux fièvres hémorragiques [68]. Cependant, les membres des services d’intervention d’urgence qui manipulent régulièrement des cadavres courent le risque de contracter la tuberculose, des virus transmissibles par voie sanguine (tels que l’hépatite B et C et le VIH) et des infections gastro-intestinales (telles que la gastro-entérite à rotavirus, la salmonellose, l’infection à E. coli, la fièvre typhoïde/paratyphoïde, l’hépatite A, la shigellose et le choléra). Ces virus sont contractés de différentes manières: X La tuberculose peut être contractée si le bacille est à l’état d’aérosol (l’air résiduel expiré par les poumons ou le liquide provenant des poumons expulsé par le nez ou la bouche au cours de la manutention du cadavre). X L’exposition à des virus transmissibles par voie sanguine résulte d’un contact direct de la peau avec du sang ou des liquides organiques, des blessures causées par des fragments d’os et des aiguilles, ou d’une exposition des muqueuses à une projection de sang ou de liquides organiques. X Les infections gastro-intestinales sont plus courantes, car les fèces s’écoulent souvent des cadavres. La transmission se produit par contact direct avec le corps et les vêtements souillés ou les véhicules ou équipements contaminés. Lorsque des cadavres contaminent l’appro- visionnement en eau, cela peut également provoquer des infections gastro-intestinales. Le public et les secouristes doivent être dûment informés afin de ne pas paniquer, d’éviter l’évacuation inappropriée des corps et de prendre les précautions adaptées à la prise en charge des personnes décédées. Les autres risques pour la santé dus à des inondations sont la noyade, les blessures ou les traumatismes, ainsi que l’hypothermie si l’on est pris au piège par la montée des eaux pen- dant de longues périodes. Il peut également y avoir un risque accru d’infections des voies respiratoires en raison de l’exposition aux eaux des inondations et à la pluie. 135Un manuel pour la protection des personnels de santé et des équipes d’intervention d’urgence07. Sécurité et santé au travail lors de catastrophes naturelles 7.2 Tempêtes tropicales, ouragans, cyclones et typhons Les tempêtes tropicales, les ouragans, les cyclones et les typhons désignent sous différents termes le même type de catastrophe. Les ouragans, les cyclones et les typhons peuvent être prédits plusieurs jours à l’avance. Ils touchent souvent de vastes régions, et les dégâts qu’ils provoquent sont considérables. Ces catastrophes sont généralement plus destructrices que les inondations. Les vents violents, qui apparaissent de façon soudaine et brève, causent des dommages importants aux infrastructures et aux habitations, en particulier aux constructions fragiles. Cela est généralement suivi par de fortes pluies et des inondations et, dans les zones côtières plates, par des raz de marée. Les principaux dangers pour la sécurité et la santé au travail associés aux tempêtes tropicales, aux ouragans, aux cyclones et aux typhons sont les suivants: X instabilité structurelle avec les risques provenant des lignes d’alimentation électrique qui sont tombées, de l’équipement électrique sous tension et d’autres services publics (par exemple le gaz et l’eau); X bruit; X chutes de hauteur ou à travers des ouvertures; X amiante, plomb; X impact d’objets volants avec les yeux et le visage; X manutention manuelle des matériaux/poids; X produits chimiques inconnus; X coupures et lacérations; X risque de glisser, trébucher ou chuter pendant le travail. 7.3 Tremblements de terre Lorsqu’un tremblement de terre se produit dans une zone peuplée, il peut entraîner des décès et des blessures ainsi que des dommages matériels importants. La plupart des blessures liées aux tremblements de terre résultent de l’effondrement des murs, de la projection de verre et de chutes d’objets à la suite de secousses, ou du fait que des personnes tentent de faire plus de quelques pas pendant le tremblement. Une grande partie des dommages causés par les tremblements de terre est prévisible et évitable [69]. Les principaux risques pour la sécurité et santé au travail pour les membres des services d’intervention d’urgence lors d’un tremblement de terre sont les suivants: X blessures résultant d’une instabilité structurelle, glissade, trébuchement ou chute dans des trous, barres d’armature saillantes, chute d’objets, incendie, proximité avec des machines lourdes (par exemple des grues), objets tranchants tels que le verre et les débris, effondre- ment secondaire, vibrations, explosions et câblage électrique sous tension à découvert; X exposition à des produits chimiques dangereux et autres matières dangereuses (ammo- niac, acide sulfurique, fuite de combustible), fuites de gaz naturel rendant l’environnement inflammable et toxique, insuffisance d’oxygène et espaces confinés/environnement inconnu; X risques biologiques dus à l’exposition à des agents pathogènes résultant de ruptures dans le système sanitaire et de l’exposition à des agents pathogènes à diffusion hématogène pendant la prise en charge et les soins des blessés; Sécurité et santé au travail durant les crises sanitaires 07. Sécurité et santé au travail lors de catastrophes naturelles136 X conditions météorologiques défavorables; X bruit de l’équipement (générateurs/machines lourdes); X exposition à la fumée et à la poussière en suspension dans l’air (amiante, silice, etc.). Les principaux contrôles relatifs à la sécurité et la santé au travail pour la protection des membres des services d’intervention d’urgence consistent à: X surveiller tous les aspects relatifs à la sécurité et à la santé des membres des services d’intervention d’urgence par le personnel de sécurité/sécurité et santé au travail; X assurer une sécurité optimale et prévenir les blessures; X examiner et enregistrer toutes les blessures et maladies de l’équipe d’intervention; X préparer et maintenir les autorisations d’entrée (par exemple dans les espaces confinés, pour les travaux électriques, etc.); X s’assurer que l’EPI approprié est utilisé; X élaborer et mettre en œuvre des plans quotidiens de sécurité et de santé qui traitent de l’assainissement, de l’hygiène, de l’EPI, de la décontamination, des cycles de travail/repos, des soins médicaux d’urgence et d’autres préoccupations pertinentes; X évaluer le risque pour les dangers identifiés; X assurer une formation relative à la sensibilisation aux risques et à l’utilisation des EPI. 7.4 Risques courants pour la sécurité et la santé au travail rencontrés lors des activités d’intervention suite à des catastrophes naturelles 7.4.1 Opérations de l’équipe de recherche et de sauvetage La recherche et le sauvetage constituent une activité essentielle d’intervention en cas de catastrophe naturelle. Les catastrophes naturelles majeures et soudaines telles que les trem- blements de terre, les tsunamis et les tempêtes endommagent généralement les infrastruc- tures, causent des blessures et parfois de lourdes pertes en vies humaines, et piègent les personnes dans les débris. Une intervention immédiate est nécessaire pour sauver les per- sonnes prises au piège et stabiliser la zone ou évacuer les survivants; la survie peut être une question d’heures. Les équipes d’opérations initiales de recherche et de sauvetage doivent arriver très rapidement, posséder des compétences spécialisées et ont dans la plupart des cas besoin d’un équipement technique lourd ou spécifique. L’environnement dans lequel ces équipes opèrent est souvent extrêmement difficile, car les membres des services d’interven- tion d’urgence doivent travailler parmi les débris dans des zones où les services publics et les infrastructures sont perturbés ou détruits. Les activités entreprises par les équipes de recherche et de sauvetage et les dangers et les risques qui y sont associés pour la sécurité et la santé des équipes d’intervention des services d’urgence sont traités en détail dans le manuel Generic risk assessment [70]. Les sections 2.1 (sauvetage dans des espaces confinés) et 2.1.4 (structures effondrées) décrivent les activités essentielles pendant la recherche et le sauvetage, ainsi que les dangers, les risques et les mesures de contrôle relatifs à la sécurité et à la santé au travail, comme décrit ci-dessous: 137Un manuel pour la protection des personnels de santé et des équipes d’intervention d’urgence07. Sécurité et santé au travail lors de catastrophes naturelles Fourniture et manutention de l’équipement sur les lieux des opérations Ces activités entraînent des risques liés à la manutention manuelle de l’équipement, notam- ment des risques de troubles musculo-squelettiques. Parmi les membres des services d’in- tervention d’urgence les plus à risque, on compte les pompiers et les secouristes. Les contrôles suivants doivent être mis en place pour la prévention et le contrôle de ces risques: X information, instruction et formation aux procédures de manutention manuelle et d’éva- luation; X opérations de levage en équipe, le cas échéant; X prise en considération du type et de la quantité d’équipement requis pour faciliter les opérations de sauvetage; X zone logistique ou dépôts d’équipement convenablement situés pour réduire les distances de transport; X prise en considération de l’utilisation de dispositifs mécaniques d’aide au levage, le cas échéant; X alternance du personnel pour réduire la fatigue. Évacuation des victimes sur les lieux des opérations L’évacuation des victimes sur les lieux implique également la manutention manuelle et l’uti- lisation de machines lourdes. Les groupes d’intervention d’urgence les plus à risque sont les pompiers, les secouristes et les autres membres des services d’intervention d’urgence. Les principales sources de danger sont les suivantes: X les activités de manutention manuelle; X la présence de liquides organiques; X la présence d’objets tranchants dans l’équipement médical; X la détresse et l’agitation des victimes; X un grand nombre de victimes. Les principaux risques pour la sécurité et la santé sont: X les troubles musculo-squelettiques; X les risques biologiques; X la contamination et l’infection; X la violence verbale et physique envers le personnel; X l’exposition prolongée et répétée à des situations traumatiques; X l’état de stress post-traumatique. Les mesures suivantes doivent être mises en place pour la prévention et le contrôle de ces risques: X information, instruction et formation aux procédures de manutention manuelle et d’évaluation; X les opérations de levage en équipe, le cas échéant; X information, instruction et formation aux procédures de premiers soins et de traitement des blessés; X Soins et évaluations cliniques par le personnel de l’équipe d’intervention ou par les ambu- lanciers paramédicaux en zone dangereuse; X vaccination appropriée (par exemple tétanos, hépatite B); Sécurité et santé au travail durant les crises sanitaires 07. Sécurité et santé au travail lors de catastrophes naturelles138 X équipement et procédures de détection des risques biologiques des services d’incendie et de sauvetage; X procédures de décontamination d’urgence; X considération de l’utilisation de dispositifs d’aide au levage/brancards mécaniques, le cas échéant; X alternance du personnel pour réduire la fatigue; X formation et liaison avec l’équipe d’intervention en zone dangereuse ou le personnel paramédical; X utilisation d’EPI; X les pompiers et les secouristes ne sont pas autorisés à effectuer des injections/administrer des médicaments aux victimes; X les équipes de secours comprennent au moins deux personnes; X services en matière de santé au travail. Accès aux espaces confinés Un espace confiné est un lieu qui est en grande partie fermé (mais pas toujours entièrement) et où des blessures graves peuvent survenir en raison de substances dangereuses ou des conditions au sein de cet espace ou à proximité (par exemple le manque d’oxygène). Les espaces confinés ou les zones dans lesquelles les taux d’oxygène sont insuffisants se trouvent généralement dans les fosses, les égouts, les réservoirs ou les zones dans lesquelles de grandes quantités de gaz sont stockées ou utilisées. On peut également ajouter les puits, les cuves, les chaudières, les silos et les tunnels. Les structures qui ont récemment brûlé peuvent elles aussi présenter un taux d’oxygène faible. Les groupes d’intervention d’urgence les plus à risques sont les pompiers et les secouristes ainsi que d’autres membres des services d’intervention d’urgence. Les principaux risques sont les suivants: X vapeurs toxiques et inflammables; X liquides et solides s’écoulant librement; X atmosphère appauvrie ou enrichie en oxygène; X températures extrêmes; X incendie ou explosion. Les principaux risques pour la sécurité et la santé relatifs au travail dans des espaces confinés sont les suivants: X blessures par piège; X noyade; X asphyxie; X épuisement par la chaleur, stress thermique; X hypothermie; X claustrophobie; X gaz, vapeurs ou brouillard inflammables ou explosifs; X substances toxiques. Les mesures suivantes doivent être mises en place pour la prévention et le contrôle de ces risques: X formations et procédures des équipes d’incendie et de secours pour les opérations en espace confiné; 139Un manuel pour la protection des personnels de santé et des équipes d’intervention d’urgence07. Sécurité et santé au travail lors de catastrophes naturelles X procédures de recherche et de sauvetage pour les opérations en espace confiné; X fourniture et utilisation d’équipement de détection des gaz; X équipement de ventilation; X encadrement des opérations en espace confiné par les agents de sécurité et/ou les agents de supervision désignés; X communications efficaces; X seul le personnel indispensable est autorisé à pénétrer dans des espaces confinés; X les équipes de secours sont composées d’au moins deux personnes. Opérations d’évacuation, de démolition et de création d’espace Les principaux groupes d’intervention d’urgence à risque sont les pompiers et les secouristes. Ces activités impliquent l’utilisation de machines spécialisées, d’outils, etc. Les principaux risques sont les suivants: X grandes concentrations de poussière; X bruit; X vibrations; X éléments de structure mobiles; X pièces mobiles de l’équipement; X éclats volants/débris détachés de l’équipement et des éléments de structure; X dangers électriques; X éléments structurels suspendus; X atmosphère irrespirable due à la présence de matières dangereuses, fuite de gaz et/ou manque ou concentration trop importante d’oxygène. Parmi les principaux risques pour la sécurité et la santé relatifs au travail d’évacuation et de démolition, on peut citer les suivants: X détresse respiratoire; X asphyxie; X troubles auditifs induits par le bruit; X incapacité à entendre les signaux d’avertissement/d’évacuation; X syndrome des vibrations du système main-bras; X effondrement secondaire; X enchevêtrement; X coupures/contusions; X électrocution; X blessure par piège/écrasement. Il est nécessaire de mettre en place les mesures suivantes pour la prévention et le contrôle des risques: X information, instruction et formation à l’utilisation d’équipements spécialisés; X rotation des équipes pour réduire l’exposition; X systèmes de gestion du bruit et des vibrations pour enregistrer les niveaux et la durée d’exposition; X supervision par des agents de sécurité; X utilisation de l’équipement d’évaluation des lieux de construction; Sécurité et santé au travail durant les crises sanitaires 07. Sécurité et santé au travail lors de catastrophes naturelles140 X liaison avec une assistance spécialisée sur place (par exemple équipes de recherche et de secours, conseillers en la matière, ingénieurs en construction); X fourniture de matériel d’étayage; X signal d’évacuation prédéterminé; X les services d’incendie et de secours doivent envisager d’inclure un appareil respiratoire autonome aux EPI; X équipement de surveillance pour localiser les câbles dissimulés/enfouis; X fourniture et utilisation d’équipement de détection des gaz. 7.4.2 Dangers et risques associés à l’utilisation de tronçonneuses et leur contrôle Des tronçonneuses peuvent être nécessaires pour dégager les arbres et les buissons afin d’as- surer le secours et l’intervention en cas d’urgence, en particulier lors de catastrophes naturelles. Les principaux dangers et risques liés à l’utilisation de tronçonneuses sont les suivants: X Les lames peuvent provoquer des coupures sévères. X Les tronçonneuses sont lourdes et peuvent provoquer des blessure dorsales. X Le bruit des tronçonneuses peut entraîner une perte auditive. X L’effet rebond des tronçonneuses peut causer des blessures. X Les vibrations de la tronçonneuse peuvent causer un engourdissement et des blessures au niveau des muscles, des nerfs ou des tendons. X Les débris volants peuvent provoquer des lésions oculaires. Les précautions suivantes doivent être prises pour une opération en toute sécurité de la tronçonneuse, tel que recommandé par l’autorité en matière de sécurité et de santé de la République d’Irlande [71]: Avant de démarrer la tronçonneuse X Contrôler les commandes, le frein de chaîne, la tension de la chaîne et tous les boulons et poignées pour vérifier qu’ils fonctionnent correctement. X S’assurer que le carter d’embrayage n’est pas brisé ou que la chaîne ou le pignon ne sont pas exposés. X Aiguiser les dents de la chaîne. X Lors de l’ajout de carburant dans la tronçonneuse, s’assurer que l’opérateur se trouve à au moins 3 mètres (10 pieds) de toute source d’inflammation. X Démarrer la tronçonneuse au sol avec le frein de chaîne engagé et à 3 mètres (10 pieds) de la zone d’alimentation en carburant. Lors du fonctionnement de la tronçonneuse X Débarrasser la zone des obstacles qui pourraient entraver la coupe de l’arbre ou du buisson. X Garder les mains sur les poignées et s’assurer que la position est sécurisée lors de l’utili- sation de la tronçonneuse. X Ne pas couper à des endroits situés directement au-dessus de la tête ou entre les jambes. X Lever la tête avant d’actionner la tronçonneuse afin de vérifier si des branches peuvent tomber de l’arbre. X Se préparer à un effet rebond. Ne pas couper avec l’extrémité de la tronçonneuse. Surveiller l’endroit où se trouve l’extrémité. 141Un manuel pour la protection des personnels de santé et des équipes d’intervention d’urgence07. Sécurité et santé au travail lors de catastrophes naturelles 7.4.3 Risques liés aux piqûres et morsures d’animaux/ d’insectes et au contact avec des plantes toxiques lors de travaux extérieurs Lors d’interventions en cas de catastrophes naturelles, les secouristes peuvent entrer en contact avec des animaux sauvages, des serpents venimeux, des araignées ou des scorpions, ou des insectes pouvant présenter des risques sérieux pour leur santé. Pour prévenir de tels risques, les mesures de protection suivantes sont recommandées par les centres de contrôle et de prévention des maladies des États-Unis [72]: X utiliser un insectifuge; X éviter les heures/lieux d’exposition maximale; X porter des vêtements appropriés couvrant toutes les parties du corps pour éviter l’exposition; X utiliser des moustiquaires; X traiter les vêtements, les moustiquaires et l’équipement avec des insecticides tels que la perméthrine; X être conscient du fait que la faune, les animaux domestiques et d’autres animaux se déplacent (ne pas essayer d’attraper des serpents); X inspecter les zones avant d’y pénétrer; X faire attention à l’endroit où l’on place les mains et les pieds (ne pas mettre les mains dans les trous, les nids, etc., et ne pas marcher sur les pierres ou les bûches); X porter des chaussures et des gants en cuir appropriés lors du travail dans des zones à risque. Les opérations d’intervention en cas de catastrophes naturelles dans les champs et les forêts peuvent exposer les membres des services d’intervention d’urgence au contact de certaines plantes qui présentent des risques pour la santé comme des allergies cutanées et respira- toires ou des irritations de la peau et des muqueuses. Quelques exemples typiques de telles plantes sont le sumac vénéneux, le sumac de l’Ouest et le sumac à vernis [73]. Les précautions suivantes sont recommandées par l’institut national de sécurité et de santé au travail des États-Unis (NIOSH) pour prévenir ces effets: X apprendre à reconnaître les plantes toxiques au sein et autour de la zone de travail; X utiliser des gants et des vêtements appropriés (par exemple un pantalon long et une chemise à manches longues); X nettoyer les zones affectées avec du savon ou un détergent; X utiliser de l’alcool à friction pour éliminer l’oléorésine provoquant la réaction; X éviter de brûler des plantes ou des amas de broussailles qui peuvent contenir du sumac vénéneux, du sumac de l’Ouest ou du sumac à vernis; l’inhalation de fumée provenant de la combustion de plantes peut entraîner de graves problèmes d’allergies respiratoires. Gestion de la sécurité et de la santé des professionnels de santé durant les interventions humanitaires lors de situations de conflit 08 Sécurité et santé au travail durant les crises sanitaires 08. Sécurité et santé lors de situations de conflit144 Le personnel de santé intervenant lors de crises sanitaires est constitué en grande partie de professionnels de santé nationaux, mais comprend également souvent des prestataires de services de santé internationaux qui apportent leur soutien lors d’interventions de secours en situations d’urgence. Le défi le plus préoccupant auquel ils sont confrontés lors des conflits et des crises sanitaires est qu’ils peuvent être eux-mêmes victimes d’attaques, celles-ci pouvant être des menaces d’agression ou être réelles, ciblées ou perpétrées à l’aveugle. Ces actes de violence ne mettent pas seulement en danger les prestataires de services de santé, ils privent également les personnes touchées des soins d’urgence lorsqu’elles en ont le plus besoin. Alors que les conséquences de ces attaques ont été peu documentées jusqu’à présent, on présume qu’elles sont considérables – cela affecte de façon négative l’offre de services de santé à court terme ainsi que la santé et le bien-être à long terme des populations touchées, des systèmes de santé, des professionnels de santé et, finalement, des objectifs mondiaux en matière de santé publique. Selon l’OMS [7], sur une période de deux ans allant de janvier 2014 à décembre 2015, 594 attaques ont été signalées contre des professionnels de santé, entraînant 959 décès et 1 561 blessés dans 19 pays confrontés à des crises sanitaires. Une analyse des informations collectées a révélé que: X La majorité des cibles (63 pour cent) étaient des établissements de santé. X Plus d’un quart des cibles étaient des prestataires de services de santé (26 pour cent) et 6 pour cent étaient des transports des services de santé. X 366 des 594 attaques (62 pour cent) ont été signalées comme intentionnelles, 116 attaques (20 pour cent) ont été décrites comme non intentionnelles, et pour 112 des attaques (19 pour cent) le caractère intentionnel n’a pas été signalé ou était inconnu ou indéterminé. X 53 pour cent des attaques auraient été perpétrées par des acteurs gouvernementaux, 30 pour cent par des acteurs non étatiques, et 17 pour cent des agresseurs sont restés inconnus, non déclarés ou indéterminés. 145Un manuel pour la protection des personnels de santé et des équipes d’intervention d’urgence08. Sécurité et santé lors de situations de conflit 8.1 Gestion de la sécurité et de la santé au travail dans les établissements de santé durant les conflits et les crises sanitaires Pour aborder la lutte contre la violence perpétrée à l’encontre de l’offre de soins et la néces- sité de protéger la sécurité et la santé des professionnels de santé, de nombreux facteurs doivent être pris en compte. En plus des risques courants pour la sécurité et la santé que représentent les maladies répandues au niveau local, les accidents de la route, le stress thermique et d’autres conditions qui rendent le travail d’urgence dangereux, les conflits présentent de nombreux dangers supplémentaires en matière de sécurité et de santé au travail qui doivent être abordés. Les questions suivantes, qui sont liées à la sécurité et à la santé, doivent être traitées avant d’entreprendre des actions spécifiques pour la protection des établissements de santé et des professionnels. X Engagement communautaire: Favoriser la collaboration et gagner la confiance des indi- vidus sont essentiels pour pouvoir avoir accès aux personnes qui ont besoin de soins et assurer la sécurité des professionnels de santé. Les services d’urgence doivent d’abord évaluer et surveiller la façon dont les professionnels de santé et les autres prestataires de services d’urgence sont perçus par les groupes armés, les autorités et les autres groupes et individus concernés. X Les activités de soins de santé doivent être signalées clairement: Les signes indiquant les activités de soins de santé doivent être visibles. X Communication relative à l’évacuation: Il faut établir des lignes de communication pour les évacuations médicales des patients entre le personnel médical, les ONG, les militaires et les autres personnes concernées avant les opérations et les maintenir ensuite pendant toute la période. Les dirigeants de la communauté locale et les autorités doivent être inclus, car l’évacuation des blessés et des malades ne doit pas nécessairement être effectuée par le personnel médical ou les véhicules sanitaires. X Sensibilisation au droit international humanitaire, aux droits de l’homme et à l’éthique: Le personnel de santé doit avoir une compréhension élémentaire de la manière dont le droit international humanitaire, les droits de l’homme et les principes éthiques façonnent leurs droits et responsabilités dans les conflits armés et autres crises sanitaires. Une formation doit leur être dispensée dans des domaines tels que le respect des principes éthiques relatifs aux soins de santé et les enjeux médicaux, la gestion et la prévention de la violence ainsi que la gestion du stress. X Communication avec les dirigeants de la communauté locale: Il est essentiel de ren- forcer le dialogue concernant la protection des services de santé et de contacter tous les dirigeants de la société civile, y compris les chefs communautaires et religieux, en tenant compte de leur importance dans la société, notamment en période de conflit et de crise. Sécurité et santé au travail durant les crises sanitaires 08. Sécurité et santé lors de situations de conflit146 8.1.1 Mesures pour la sécurité des établissements de santé Il convient d’aborder conjointement les facteurs qui touchent la sécurité des établissements de santé, parmi lesquels la capacité du système de santé et de l’infrastructure à absorber les chocs, l’impact potentiel des perturbations sur la chaîne d’approvisionnement et le bien-être du personnel et des patients. Le programme de l’OMS sur la sécurité des hôpitaux [74] permet d’évaluer la sécurité des établissements de santé, particulièrement en cas de catastrophe naturelle, mais également en cas de violence. L’un des principaux objectifs du programme est de protéger le personnel de santé, mais d’autres objectifs garantissent la protection des patients et des familles, ainsi que l’intégrité des bâtiments hospitaliers, de l’équipement et des installations hospitalières essentielles. L’indice international de sécurité des hôpitaux est devenu une norme mondiale et continue d’être utilisé dans les pays pour déterminer les actions à mener pour remédier aux faiblesses identifiées. Dans son rapport Protéger les soins de santé, recommandations clés, le Comité international de la Croix-Rouge traite de la violence envers les établissements de santé et recommande les mesures suivantes [75]: X Plan d’urgence: Il convient d’élaborer un plan d’urgence et d’établir une liste des four- nitures et des services indispensables pour garantir le fonctionnement autonome de la structure pendant une dizaine de jours. Il est impératif d’entretenir de bonnes relations de travail avec plusieurs fournisseurs, le recours à une source unique d’approvisionnement étant trop risqué. Des ressources suffisantes doivent être allouées à la formulation de plans et à la tenue d’exercices pour permettre à l’ensemble du personnel de se préparer aux situations d’urgence. Les plans d’urgence de l’établissement doivent correspondre aux plans régionaux ou nationaux existants. X Plans d’évacuation et évaluations des risques: Les risques d’incendie et autres risques doivent faire l’objet d’une surveillance et tous les membres du personnel doivent connaître les procédures d’évacuation. L’application d’un film plastique sur les fenêtres et la construc- tion d’un mur de protection à l’extérieur des zones sensibles limiteront les dommages en cas d’explosion. Il est également essentiel de prévoir un système d’appoint pour l’appro- visionnement en eau ainsi que plusieurs sources d’électricité. X Contrôle d’accès: Pour sécuriser l’accès et les points d’entrée, un mur d’enceinte doté de postes de contrôle devrait être érigé tout autour de la structure de santé. Une distinction claire devrait être établie entre les contrôles de sécurité à l’entrée et le triage des patients. Les gardes recrutés par la structure devraient être uniquement affectés aux postes de contrôle et non au triage. X Système d’alerte précoce: Il est indispensable de mettre en place un système d’alerte précoce adapté aux situations d’urgence difficiles. X Services essentiels situés dans un endroit sûr: Les services essentiels devraient être installés dans des zones sécurisées pour subir le moins de dommages possible en cas d’attaque. X Systèmes de communication d’information: Plusieurs systèmes sécurisés de gestion de l’information devraient être mis en place au cas où les moyens de communication tradi- tionnels cesseraient de fonctionner. Autres mesures essentielles X stocker les marchandises dans des zones sécurisées, à l’abri des dangers et des pillages; X utiliser des concentrateurs d’oxygène plutôt que des bouteilles; X incinérer les déchets et entreposer le matériel dangereux dans un local séparé. 147Un manuel pour la protection des personnels de santé et des équipes d’intervention d’urgence08. Sécurité et santé lors de situations de conflit 8.1.2 Mesures de protection des personnes travaillant dans les établissements de santé X Les rôles et les responsabilités du personnel doivent être précisés afin d’assurer la sou- plesse requise en cas d’urgence. X Les personnels de santé doivent être formés pour se préparer aux situation d’urgence et à la gestion du stress: Cette formation pourrait couvrir un large éventail de domaines: exercices d’alerte incendie, évaluation et gestion des risques, protection, négociation, communication, gestion des attentes des bénéficiaires, autodéfense, soutien psycholo- gique, premiers secours et bien-être personnel. Des conseils sur la conduite à tenir au sein comme à l’extérieur de la structure devraient également leur être prodigués pour leur permettre de désamorcer les tensions. X Les établissements de santé doivent protéger leurs patients tout en tenant compte des risques que certains d’entre eux peuvent représenter: Il faut éviter, dans la mesure du possible, de regrouper les patients en fonction de leur appartenance à un groupe donné; ceux qui représentent une menace sérieuse pour la sécurité devraient être autorisés à quitter la structure dès que les conditions le permettent. X Les responsables des services de santé devraient également être attentifs aux besoins des proches des patients: Ils devraient solliciter leur accord pour toute opération chirurgi- cale lourde telle qu’une amputation, et leur fournir si nécessaire un soutien psychosocial. S’il peut parfois être préférable de limiter le nombre de visiteurs, des salles d’attente devraient être mises à la disposition des proches des patients. X L’entretien d’une communication régulière et de bons rapports avec la communauté locale concourt à la sécurité et à l’acceptation des services de santé en en facilitant l’ap- propriation par la population: Les responsables d’hôpitaux ou d’autres établissements de soins devraient régulièrement chercher à savoir ce que la communauté pense des mesures de précaution mises en place et s’assurer qu’elles ne sont pas perçues comme des obstacles à l’accès aux soins. X La coopération avec les médias: Les médias peuvent contribuer à renforcer la sécurité d’un hôpital ou de tout autre établissement de soins et l’acceptation des services de santé qui y sont dispensés en informant le grand public et les acteurs concernés des activités de la structure et du caractère impartial de la fourniture des soins. Une stratégie proac- tive de communication devrait être définie (notamment des recommandations pour une utilisation responsable des médias sociaux), et des échanges réguliers devraient être ins- taurés avec les médias pour pouvoir, en cas d’urgence ou de crise, apaiser les éventuels tensions et malentendus. Toutefois, l’échange d’informations doit rester subordonné au respect de l’éthique et de la confidentialité ainsi qu’à la nécessité de préserver la sécurité de la structure. X Une délocalisation temporaire des services de santé peut être la seule solution si les risques concernant la sécurité deviennent intolérables. Tout déménagement temporaire devrait être soigneusement planifié, et une stratégie devrait être élaborée pour guider la gestion pendant la phase préparatoire, ainsi que lors du transfert des services, des patients et du personnel. Il convient de consulter des prestataires locaux, des représen- tants des autorités, des chefs communautaires, des membres du personnel, des patients et des ONG lors de la mise en place d’un établissement de santé temporaire. Avant de choisir un nouvel emplacement, une analyse de la sécurité et une analyse du site doivent être effectuées et les facteurs suivants doivent être pris en compte: l’acceptation par la communauté, l’accessibilité pour le personnel et la population, la disponibilité de services de santé de qualité et la présence de partenaires éventuels. Sécurité et santé au travail durant les crises sanitaires 08. Sécurité et santé lors de situations de conflit148 8.1.3 Gestion du stress durant les conflits En plus de blessures physiques, le travail en situation de conflits présente un risque important de stress chez les professionnels. Le stress peut être un mécanisme d’autodéfense quand il se manifeste comme une réaction normale et utile face à une situation donnée. Cependant, lorsque cette forme d’autoprotection s’intensifie, elle peut engendrer des niveaux plus graves de stress. Les personnes travaillant lors des conflits armés et d’autres situations d’urgence peuvent ressentir trois types de stress sévère, qui peuvent être dangereux s’ils ne sont pas reconnus et traités. À savoir: X le stress de base, qui est le résultat d’un changement brutal vers un contexte non familier; X le stress cumulatif, causé par un certain nombre de facteurs, y compris le souci de sa propre sécurité (l’accumulation de stress peut se produire lentement ou rapidement, et est souvent prévisible); X le stress traumatique, causé par un événement inattendu et violent accompagné d’une menace de préjudice physique ou psychologique pour la personne ou un proche. L’état de stress post-traumatique (ESPT) est une réponse tardive à un traumatisme psycholo- gique aigu. Le stress traumatique et l’ESPT nécessitent une aide professionnelle le plus tôt possible. Les recommandations du Comité permanent interorganisations (CPI) concernant la santé men- tale et le soutien psychosocial dans les crises sanitaires comprennent les mesures suivantes [76]: Bien-être général du personnel de santé et des autres membres des services d’intervention d’urgence durant les conflits La prise en charge des blessés et des malades dans les conflits armés et autres situations d’urgence peut être extrêmement stressante. Les membres des services d’intervention d’ur- gence doivent prendre des mesures pour assurer leur propre bien-être afin de continuer à assumer leurs responsabilités. En ce qui concerne le bien-être général, les mesures suivantes sont requises: X faire tout ce qui dépend de soi pour assurer sa propre sécurité; X respecter les directives locales de sécurité, si elles existent; X ne pas prendre de risques inutiles; X rester informé de l’évolution de la situation; X prendre suffisamment de repos; X connaître ses limites; X manger à intervalles réguliers et s’abstenir de toute consommation d’alcool et de drogues; X s’intégrer à l’équipe et ne pas s’isoler; X parler de ses préoccupations avec ses amis et ses collègues, en particulier si on ressent du stress; X faire de l’exercice; X surveiller son hygiène personnelle. 149Un manuel pour la protection des personnels de santé et des équipes d’intervention d’urgence08. Sécurité et santé lors de situations de conflit Plan d’intervention minimal pour prévenir et gérer les problèmes de santé mentale et de bien-être psychosocial Le plan doit comprendre les mesures suivantes [77]: X Veiller à établir un plan concret de protection et de promotion du bien-être du personnel pendant une situation d’urgence donnée. X Préparer le personnel à sa tâche et au contexte de la situation d’urgence. X Favoriser un cadre de travail sain. X Remédier aux facteurs de stress potentiels liés au travail. X Garantir l’accès du personnel aux soins médicaux et au soutien psychosocial. X Fournir un soutien au personnel ayant vécu (ou ayant assisté à) des événements extrêmes (incidents critiques, incidents potentiellement traumatisants). 151Un manuel pour la protection des personnels de santé et des équipes d’intervention d’urgenceRéférences Références 1. Cadre d’action d’urgence. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2013. 2. Règlement sanitaire international. 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Civil Aviation Authrity, 2015 (https:// www.icao.int/Meetings/CAPSCA2015/Presentations/DAY%202/Session%208/04%20SOP%20 inbound%20suspect%20case%20ND.pdf, consulté le 9 avril 2020). 47. Guidelines for states concerning the management of communicable disease posing a serious public health risk. Montréal, Organisation de l’aviation civile internationale, sans date. 48. Règlement sanitaire international (2005), troisième édition. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2016. 49. Gestion aux points d’entrée d’un évènement lié au virus Ebola: recommandations provisoires. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2014. 50. WHO Interim technical advice for case management of pandemic (H1N1) 2009 on ships. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2009. 51. Protéger la santé et la sécurité des personnes travaillant à la lutte antivectorielle d’urgence contre les moustiques Aedes: lignes directrices provisoires à l’intention des personnes travaillant à la lutte antivectorielle et des agents de santé. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2016. 52. Système général harmonisé de classification et d’étiquetage des produits chimiques (SGH), quatrième édition révisée. New York et Genève, Nations Unies, 2011. 53. Deep water: The Gulf oil disaster and the future of offshore drilling – Report to the President. Washington (DC), National Commission on the BP Deepwater Horizon Oil Spill and Offshore Drilling, 2011. 54. Park S. B., «Alert over South Korea toxic leaks: Government moves to tighten oversight after string of hydrogen fluoride accidents», Nature, 2013, vol. 494, no 7435, pp. 15-16, doi:10.1038/494015a. 55. International Health Regulations (2005) and chemical events. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2015. 56. Manuel pour la gestion de l’aspect santé publique des accidents chimiques. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2016. 57. McKee D., Thoma A., Bailey K., Fish J., «A review of hydrofluric acid burn management», Plastic Surgery, 2014, vol. 22, no 2, pp. 95-98. 58. Fiches internationales de sécurité chimique (ICSC). Genève, Bureau international du Travail, 2017. 59. INSARAG guidelines, Volume III: Operational field guide, International Search and Rescue Advisory Group. Genève, Nations Unies, Bureau de la coordination des affaires humanitaires, 2012. 60. Chemical – Biological – Radiological – Nuclear (CBRN) personal protective equipment selection matrix for emergency responders. Atlanta (États-Unis), National Institute for Occupational Safety and Health, 2005. Sécurité et santé au travail durant les crises sanitaires Références154 61. Initial clinical management of patients exposed to chemical weapons – Interim guidance document. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2014. 62. Disaster risk management for health: Radiation emergencies. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2011 (http://www.who.int/hac/events/drm_fact_sheet_radiation_emergencies.pdf, consulté le 27 mars 2020). 63. Radioprotection et sûreté des sources de rayonnements: normes fondamentales internationalesde sûreté, Prescriptions générales de sûreté Partie 3, no GSR Part 3. Vienne, Agence internationale de l’énergie atomique, 2016. 64. Rojas-Palma C., Liland A., Jerstad A. N., Etherington G., Pérez del Rosario M., Rahola T., Smith K. (dir. de publ.), TMT Handbook: Triage, monitoring and treatment of people exposed to ionizing radiation following a malevolent act. Østerås, Norwegian Radiation Protection Authority, 2009. 65. Nuclear and radiological emergency guidelines: Preparedness, response and recovery. Genève, Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, 2016. 66. Health surveillance of persons occupationally exposed to ionizing radiation: Guidance for occupational physicians, Safety Reports Series No. 5. Vienne, Agence internationale de l’énergie atomique, 1998. 67. Flooding and communicable diseases fact sheet. Genève, Organisation mondiale de la Santé (http://www.who.int/hac/techguidance/ems/flood_cds/en/, consulté le 23 septembre 2017). 68. The human cost of weather-related disasters 1995-2015. Bruxelles et Genève, Centre for Research on the Epidemiology of Disasters et Bureau des Nations Unies pour la réduction des risques des catastrophes, 2015. 69. Earthquakes guide. Washington (DC), Occupational Safety and Health Administration (https://www.osha.gov/SLTC/emergencypreparedness/guides/earthquakes.html, consulté le 14.04.2020). 70. Generic risk assessment (2.1 Rescues from confined spaces; 2.1.4 collapsed structures). Londres, The Stationary Office, 2013. 71. Guide to safe working with timber and chainsaws. Dublin, Health and Safety Authority. 2010. 72. Hazards to outdoor workers. Atlanta, National Institute for Occupational Safety and Health (NIOSH), 2015 (https://www.cdc.gov/niosh/topics/outdoor/, consulté le 14.04.2020). 73. NIOSH Fast Facts. Protecting yourself from poisonous plants. Atlanta (États-Unis), National Institute for Occupational Safety and Health (NIOSH), Publication No. 2010-118. 74. Comprehensive safe hospital framework. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2015. 75. Protéger les soins de santé: recommandations clés. Genève, Comité international de la Croix- Rouge, 2016. 76. Les soins de santé en danger: les responsabilités des personnels de santé à l’œuvre dans des conflits armés et d’autres situations d’urgence, Comité international de la Croix-Rouge, 2012. 77. Directives du CPI concernant la santé mentale et le soutien psychosocial dans les situations d’urgence. Genève, Comité permanent interorganisations, 2007. 155Un manuel pour la protection des personnels de santé et des équipes d’intervention d’urgenceAnnexe. Boîte à outils Annexe. Boîte à outils OUTIL Indicateur de couleur de l’urine Le stress thermique représente un risque important pour la santé au travail lorsqu’on travaille à l’extérieur ou à l’intérieur avec des vêtements de protection individuelle. La couleur de l’urine fournit d’une manière rapide et facile des informations pertinentes sur l’hydratation d’une personne et peut donc encourager l’intervenant des services d’urgence à boire de l’eau et des liquides en quantité nécessaire ainsi qu’à prendre d’autres précautions afin d’éviter les répercussions liées au stress thermique. L’indicateur de couleur de l’urine est une aide visuelle simple développée par le NIOSH, aux États-Unis, pour surveiller le niveau d’hydratation. Le tableau présente différents niveaux d’hydratation en utilisant une combinaison de couleurs, allant du jaune pâle à l’ambre foncé. Bien que ce tableau soit un bon indicateur du niveau d’hydratation pour la plupart des profes- sionnels ayant une urine normale de couleur jaune pâle à ambre foncé, la couleur de l’urine peut également être influencée par l’alimentation, les médicaments et certaines maladies, comme indiqué dans le tableau décrivant les causes des couleurs anormales de l’urine. L’indicateur de couleur de l’urine est disponible à l’annexe B du document Criteria for a recom- mended standard: Occuptional exposure to heat and hot environments, Jacklitsch B., Williams W. J., Musolin K., Coca A., Kim J.-H. et Turner N. Cincinnati (États-Unis), Department of Health and Human Services, Centers for Disease Control and Prevention, National Institut for Occupational Safety and Health, DDHHS (NIOSH) Publication No. 2016-106. Lien Internet: https://www.cdc.gov/niosh/docs/2016-106/pdfs/2016-106.pdf, consulté le 14 avril 2020. OUTIL Indice de chaleur L’indice de chaleur, contenu dans le document du NIOSH (États-Unis) intitulé Criteria for a recommended standard: Occuptional exposure to heat and hot environments, consiste en un graphique des températures avec un taux d’humidité relative. Il apporte des informations utiles sur la probabilité de troubles liés à la chaleur pouvant survenir en raison d’une expo- sition prolongée à la chaleur et/ou d’une activité intense, et fournit des niveaux de risques divisés en quatre catégories – danger extrême, danger, extrême prudence et prudence – indi- qués sous différentes nuances de couleurs. L’agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (National Oceanic and Admospheric Administration – NOAA) émet des alertes de chaleur basées sur les valeurs d’indice de chaleur. L’indice de chaleur du NIOSH reprend la classification des niveaux de risque de l’OSHA, États- Unis, pour les lieux de travail. Ces niveaux de risque peuvent aider les responsables des inter- ventions d’urgence à surveiller les conditions météorologiques et à émettre des instructions concernant les précautions à prendre et les contrôles à effectuer en ce qui concerne le stress thermique. L’information est utile pour les membres des services d’intervention d’urgence travaillant dans des environnements chauds (par exemple en plein air dans les régions tro- picales pendant la journée) ainsi que pour les professionnels de santé travaillant dans les établissements de santé dans les régions tropicales. L’indice de chaleur est disponible à l’annexe C du document intitulé Criteria for a recommended standard: Occuptional exposure to heat and hot environments, Jacklitsch B., Williams W. J., Musolin K., Coca A., Kim J.-H. et Turner N. Cincinnati (États-Unis), Department of Health and Human Services, Centers for Disease Control and Prevention, National Institut for Occupational Safety and Health, DDHHS (NIOSH) Publication No. 2016-106. Lien Internet: https://www.cdc.gov/niosh/docs/2016-106/pdfs/2016-106.pdf, consulté le 14 avril 2020. Sécurité et santé au travail durant les crises sanitaires Annexe. Boîte à outils156 OUTIL Techniques de désinfection de l’eau sur le terrain Les informations sur la page Web des centres pour le contrôle et la prévention des maladies (Centers for Disease Control and Prevention – CDC) aux États-Unis concernant la santé des voyageurs apportent des conseils détaillés sur les différents types de techniques de désin- fection de l’eau, comparent les avantages et les inconvénients des méthodes classiques et offrent des orientations pour le choix d’une méthode appropriée. Ces informations doivent aider les membres des services d’intervention d’urgence qui sont déployés dans des zones reculées à choisir une méthode de désinfection de l’eau appropriée pour les protéger contre les maladies hydriques. Lien Internet: https://wwwnc.cdc.gov/travel/yellowbook/2016/the-pre-travel-consultation/ water-disinfection-for-travelers, consulté le 14 avril 2017. OUTIL Utilisation sécuritaire des échelles Pendant la gestion de l’intervention, les membres des services d’intervention d’urgence peuvent avoir besoin d’escalader des bâtiments ou des murs, de grimper sur des arbres, etc. afin de porter secours aux blessés ou de répondre à une urgence. Travailler dans ces conditions implique souvent l’utilisation d’échelles. De telles situations présentent de sérieux risques de blessures dues à des chutes de hauteur. Le risque de blessures dues aux chutes augmente progressivement à partir de 2 mètres (6 pieds) au-dessus du sol, et tout travail au-dessus de ce niveau nécessiterait l’utilisation d’échelles. Un guide succinct sur l’utilisation sécuritaire d’échelles et d’escabeaux par le Health and Safety Executive au Royaume-Uni traite des précautions à prendre lors de l’utilisation des échelles. Cette information doit aider les membres des services d’intervention d’urgence à adopter des pratiques d’utilisation sécuritaire des échelles. Source: Safe use of ladders and stepladders: A brief guide. Londres, Health and Safety Executive, 2014. Lien Internet: http://www.hse.gov.uk/pubns/indg455.pdf, consulté le 14 avril 2020. OUTIL Gestion du stress personnel en situation d’urgence Le stress psychologique en situation d’urgence est l’un des principaux risques pour la sécurité et la santé des membres des services d’intervention d’urgence. Les premiers secours psycho- logiques supposent l’apport d’une aide dans sa dimension à la fois humaine et concrète pour les personnes ayant vécu des situations de crise graves. Ils fournissent un cadre pour soutenir les individus de façon à respecter leur dignité, leur culture et leurs capacités. Les premiers secours psychologiques abordent à la fois le soutien social et psychologique. Le chapitre intitulé «Prendre soin de vous et de vos collègues» du guide mentionné ci-dessous recommande des mesures pratiques destinées à prévenir le stress grâce à des habitudes de travail et de vie saines. Cette information sera utile aux membres des équipes d’intervention d’urgence lors des différentes étapes de l’intervention. Source: Les premiers secours psychologiques: guide pour les acteurs de terrain. Publié par l’Organisation mondiale de la Santé en collaboration avec la War Trauma Fondation et World Vision International, Genève, 2012. Lien Internet: https://apps.who.int/iris/bitstream/handle/10665/44779/9789242548204_fre. pdf;jsessionid=02755D871B509DF508F846DDEF582?sequence=1, consulté le 14 avril 2020. 157Un manuel pour la protection des personnels de santé et des équipes d’intervention d’urgenceAnnexe. Boîte à outils OUTIL Liste personnelle de vérification de la préparation pour les membres des équipes d’intervention d’urgence Le manuel de l’Organisation mondiale de la Santé consacré aux opérations d’urgence sur le ter- rain intitulé Handbook for emergency field operations couvre différents aspects des opérations d’urgence sur le terrain et inclut une liste de vérification de la préparation aux missions pour les membres des services d’intervention d’urgence. La liste de vérification comprend divers domaines tels que bien-être familial, renseignements bancaires, affaires et finances, répara- tion et entretien de véhicules, réparation et entretien de la sécurité à domicile, compétences en matière de transport et de communication, sensibilisation aux questions géopolitiques et culturelles, santé et questions administratives de l’OMS. Ces domaines pratiques doivent être traités par le professionnel du service d’intervention d’urgence avant le déploiement dans la zone d’urgence. Cela est également très utile pour gérer le stress avant le déploiement. La liste de vérification peut être adaptée à l’intention des responsables, afin qu’ils puissent suivre la préparation des membres de leur équipe, ainsi que d’intervenants individuels. Source: Handbook for emergency field operations. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 1999. Lien Internet: http://www.who.int/hac/techguidance/tools/7661.pdf, consulté le 14 avril 2020. OUTIL Reconnaissance et évaluation de la violence au travail dans les établissements de santé La violence au travail exercée à l’encontre des établissements de santé est un phénomène observé un peu partout à travers le monde. Bien que tous les établissements puissent être touchés par la violence en raison de causes multiples, il existe un certain nombre de carac- téristiques, d’organisations, de groupes de travailleurs, d’individus et de conditions de travail susceptibles de faciliter et de perpétuer la violence. Le document intitulé Directives générales sur la violence au travail dans le secteur de la santé comporte des sections sur la reconnaissance de la violence au travail et l’évaluation des risques en milieu de travail. Il fournit également des informations relatives à l’identification des organisations à risque, des groupes vulnérables, des caractéristiques des éventuels auteurs et des victimes, ainsi que des situations de travail qui présentent des risques importants de violence au travail. Cette information doit aider les décideurs politiques, les organisateurs, les administrateurs et les gestionnaires à identifier les caractéristiques du lieu de travail, les populations vulné- rables et les conditions de travail susceptibles de présenter des risques de violence au travail dans le secteur de la santé. Cela doit les aider à élaborer des politiques, des stratégies et des plans appropriés et pertinents pour prévenir et gérer la violence au travail dans le secteur de la santé. Source: Directives générales sur la violence au travail dans le secteur de la santé. Bureau international du Travail, en collaboration avec le Conseil international des infirmières, l’Organisation mondiale de la Santé et l’Internationale des services publics, 2002. Lien Internet: https://www.who.int/violence_injury_prevention/violence/interpersonal/en/ workplace_violence.fr.pdf?ua=1&ua=1, consulté le 14 avril 2020. Sécurité et santé au travail durant les crises sanitaires Annexe. Boîte à outils158 OUTIL Système de commandement des interventions L’outil en ligne consacré au système de commandement des interventions (SCI) de l’OSHA, États-Unis, est une ressource Web utile créée pour fournir des informations sur le système de commandement des incidents et le commandement unifié. Cet outil couvre différents aspects du SCI de manière exhaustive, incluant le besoin, la portée et la définition, la structure organisationnelle, les rôles et responsabilités ainsi que les aspects de la sécurité pendant la préparation, la mise en œuvre et après les accidents. L’information doit être utile pour aider les membres des services d’intervention d’urgence et les administrateurs à comprendre le concept du SCI lors des situations d’urgence et devrait aider à la planification de la sécurité et de la santé au travail des professionnels des services d’intervention d’urgence. Lien Internet: https://www.fema.gov/incident-command-system-resources, consulté le 14 avril 2020. OUTIL Cinq clés pour des aliments plus sûrs L’Organisation mondiale de la Santé a développé une série de ressources (par exemple manuel, affiches, présentations audiovisuelles, etc.) relatives aux cinq clefs pour des ressources ali- mentaires plus sûres. L’information intègre tous les messages concernant les règles pour la préparation d’aliments sûrs sous des rubriques plus simples et plus faciles à retenir et fournit également davantage de détails à propos du raisonnement sur lequel s’appuient les mesures suggérées. Les messages essentiels des cinq clefs pour des aliments plus sûrs sont: 1) prendre l’habitude de la propreté, 2) séparer les aliments crus des aliments cuits, 3) faire bien cuire les aliments, 4) maintenir les aliments à bonne température, et 5) utiliser de l’eau et des produits sûrs. Les informations fournies dans le manuel ainsi que par d’autres médias (par exemple outils audiovisuels, affiches, brochures, etc.) pourraient être très utiles pour diffuser des messages sur la sécurité alimentaire auprès de l’ensemble du personnel des services d’intervention d’urgence. Cela devrait aider d’une part les administrateurs et les gestionnaires à planifier, mettre en œuvre et surveiller les mesures de sécurité alimentaire prises lors de l’intervention et d’autre part les professionnels des services d’intervention d’urgence à adopter des pratiques sûres et hygiéniques de manipulation et de préparation des aliments. Source: Cinq clefs pour des aliments plus sûrs. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2007. Lien Internet: https://www.who.int/foodsafety/publications/consumer/manual_keys_ fr.pdf?ua=1, consulté le 14 avril 2020. Cinq clés pour des aliments plus sûrs (présentation audiovisuelle) https://www.youtube.com/watch?v=ONkKy68HEIM, consulté le 14 avril 2020. 159Un manuel pour la protection des personnels de santé et des équipes d’intervention d’urgenceAnnexe. Boîte à outils OUTIL Cours en ligne sur la sécurité et la santé dans les situations d’urgence Les cours en ligne de l’organisation DisasterReady abordent un large éventail de sujets sur la santé, la sûreté et la sécurité dans les situations d’urgence. Ces derniers comprennent des domaines d’importance pratique tels que la santé mentale et le soutien psychologique, qui incluent les premiers secours psychologiques, la sensibilisation concernant le virus Ebola, les questions relatives au paludisme, les soins de santé en situation de danger, le cadre légal, la sécurité incendie, la sécurité de base sur le terrain, etc. Les cours sont ouverts à tous et consistent en de courtes présentations dans un langage facile à comprendre avec des supports audiovisuels. Lien Internet: https://www.disasterready.org/, consulté le 14 avril 2020. OUTIL Ressources relatives à l’hygiène des mains L’hygiène des mains est l’élément clé dans la protection contre les risques biologiques au quo- tidien ainsi qu’en cas de situations d’urgence et de crises sanitaires et doit s’inscrire dans un programme systématique traitant de la justification de son observation en milieu clinique, de la méthodologie appropriée, de l’utilisation de différents matériels pour l’hygiène des mains, de la sensibilisation des utilisateurs et de la surveillance sur le lieu de travail. Les principales ressources de l’OMS sur l’hygiène des mains sont indiquées ci-dessous. Ces res- sources devraient être utiles afin de sensibiliser les gestionnaires des programmes d’urgence et les équipes d’intervention à la nécessité d’adopter des pratiques d’hygiène des mains pen- dant les crises sanitaires et autres situations d’urgence, ainsi que dans leur travail quotidien. «Recommandations de l’OMS pour l’hygiène des mains dans les soins» (résumé). Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2009. Publication complète en anglais sous le titre WHO guidelines on hand hygiene in health care. Lien Internet: http://apps.who.int/iris/bitstream/10665/44102/1/9789241597906_eng.pdf Vidéos et podcasts relatifs à l’hygiène des mains Lien Internet: http://www.who.int/gpsc/5may/video/en/ Outils et ressources relatifs à l’hygiène des mains Lien Internet: https://www.who.int/gpsc/5may/tools/fr/ Supports audiovisuels de l’OMS sur l’hygiène des mains «No action today, no cure tomorrow» Lien Internet: https://www.youtube.com/watch?v=kOKeFv5VvY4 Technique de lavage des mains Lien Internet: https://www.youtube.com/watch?v=3PmVJQUCm4E (Toutes les ressources ont été consultées le 14 avril 2020.) Sécurité et santé au travail durant les crises sanitaires Annexe. Boîte à outils160 OUTIL Formation en ligne sur le suivi et la surveillance de la santé du personnel des équipes d’intervention d’urgence Ce cours de formation pédagogique, conçu par les centres de contrôle et de prévention des maladies (Centers for Disease Control and Prevention – CDC) des États-Unis traite des informations relatives au cadre de suivi en situation d’urgence – appelé système de contrôle et de surveillance de la santé des équipes d’intervention des services d’urgence (Emergency Responder Health Monitoring and Surveillance – ERHMS). Le système comprend des recom- mandations et des outils spécifiques pour toutes les phases d’une intervention, incluant les phases de prédéploiement, de déploiement et de postdéploiement. La formation devrait être utile aux agents associés à la sécurité et à la santé au travail des membres des services d’intervention d’urgence (par exemple les gestionnaires d’urgence, les équipes d’intervention d’urgence, le personnel médical, les représentants de la santé et de la sécurité, les épidémiologistes, etc.). Lien Internet: https://emergency.cdc.gov/training/erhmscourse/index.asp, consulté le 14 avril 2020. Organisation mondiale de la Santé Département de l’Environnement, du Changement Climatique et de la Santé 20, avenue Appia 1211 Genève 27 Suisse who.int/health-topics/occupational-health Organisation internationale du Travail Route des Morillons 4 CH-1211 Genève 22 ilo.org Sé cu rit é et s an té a u tr av ai l d ur an t l es c ris es s an ita ire s OI T | O M S

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Source World Health Organization