CADRE MONDIAL DE SUIVI DE LA NUTRITION GUIDE PRACTIQUE POUR LE SUIVI DES AVANCÉES PAR RAPPORT AUX cibles mondiales 2025 6 ÉM AC IAT ION 5 AL LA ITE MENT 4 SU RP OID S 1 RE TA RD DE CROISSANCE 2 AN ÉM IE 3 IN SU FFI SANCE PONDÉRALE CADRE MONDIAL DE SUIVI DE LA NUTRITION GUIDE PRACTIQUE POUR LE SUIVI DES AVANCÉES PAR RAPPORT AUX AVEC L’APPUI DU GROUPE CONSULTATIF D’EXPERTS TECHNIQUES SUR LA SURVEILLANCE DE LA NUTRITION (TEAM) Janvier 2018 cibles mondiales 2025 Cadre mondial de suivi de la nutrition : guide pratique pour le suivi des avancées par rapport aux cibles mondiales 2025. ISBN 978-92-4-251360-8 © Organisation mondiale de la Santé 2018 Certains droits réservés. La présente publication est disponible sous la licence Creative Commons Attribution – Pas d’utilisation commerciale – Partage dans les mêmes conditions 3.0 IGO (CC BYNC-SA 3.0 IGO ; https://creativecommons. org/licenses/by-nc-sa/3.0/igo). 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Toute médiation relative à un différend survenu dans le cadre de la licence sera menée conformément au Règlement de médiation de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle. Citation suggérée. Cadre mondial de suivi de la nutrition : guide pratique pour le suivi des avancées par rapport aux cibles mondiales 2025 [Global Nutrition Monitoring Framework: operational guidance for tracking progress in meeting targets for 2025]. Genève : Organisation mondiale de la Santé ; 2018. Licence : CC BY-NC-SA 3.0 IGO. Catalogage à la source. Disponible à l’adresse http://apps.who.int/iris. Ventes, droits et licences. Pour acheter les publications de l’OMS, voir http://apps.who.int/bookorders. Pour soumettre une demande en vue d’un usage commercial ou une demande concernant les droits et licences, voir http://www.who.int/about/licensing. Matériel attribué à des tiers. 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IIICADRE MONDIAL DE SUIVI DE LA NUTRITION : GUIDE PRATIQUE POUR LE SUIVI DES AVANCÉES PAR RAPPORT AUX CIBLES MONDIALES 2025 SOMMAIRE Remerciements V Sigles et acronymes VI Liste des tableaux VII 1 CONTEXTE 1 1.1 Objectifs du Cadre mondial de suivi 3 1.2 Perspectives pour la mise en place de systèmes nationaux de recueil de données sur la santé 5 2 JUSTIFICATION DES INDICATEURS 6 2.1 Justification des cibles mondiales 8 2.2 Justification des indicateurs de résultats intermédiaires 10 2.3 Justification des indicateurs de processus 10 2.4 Les indicateurs concernant l’environnement politique et les capacités 12 3 PRÉSENTATION DÉTAILLÉE DES INDICATEURS RELATIFS AUX SIX CIBLES DÉFINIES PAR L’ASSEMBLÉE MONDIALE DE LA SANTÉ 15 3.1 Le retard de croissance chez les enfants de moins de cinq ans 16 3.2 Anémie chez les femmes en âge de procréer 18 3.3 Insuffisance pondérale à la naissance 21 3.4 Surcharge pondérale chez les enfants de moins de cinq ans 23 3.5 Allaitement exclusif au sein des enfants de six mois ou moins 25 3.6 Émaciation chez les enfants de moins de cinq ans 27 4 INDICATEURS DE RÉSULTATS INTERMÉDIAIRES, INDICATEURS DE PROCESSUS ET INDICATEURS CONCERNANT L’ENVIRONNEMENT POLITIQUE ET LES CAPACITÉS 31 4.1 Indicateurs de résultats intermédiaires 32 4.1.1 Couverture du traitement de la diarrhée 32 4.1.2 Faible indice de masse corporelle chez les femmes de 15 à 49 ans 34 4.1.3 Taux de natalité des adolescentes 35 4.1.4 Surpoids et obésité chez les femmes de 18 ans et plus 36 4.1.5 Surpoids et obésité chez les enfants d’âge scolaire et les adolescentsr 37 IV CADRE MONDIAL DE SUIVI DE LA NUTRITION : GUIDE PRATIQUE POUR LE SUIVI DES AVANCÉES PAR RAPPORT AUX CIBLES MONDIALES 2025 4.2 Indicateurs de processus 38 4.2.1 Diversité alimentaire minimum (DAM) 38 4.2.2 Population ayant accès à des services d’approvisionnement en eau de boisson gérés en toute sécurité 40 4.2.3 Population utilisant des services d’assainissement gérés en toute sécurité 42 4.2.4 Supplémentation en fer durant la grossesse 44 4.2.5 Naissances se déroulant dans une structure « amie des bébés » 46 4.2.6 Conseils en matière d’allaitement au sein 47 4.3 Indicateurs concernant l’environnement politique et les capacités 48 4.3.1 Densité de professionnels de la nutrition 48 4.3.2 Code international de commercialisation des substituts du lait maternel 50 4.3.3 Lois ou réglementation sur la protection de la maternité 51 RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES 52 ANNEXES 57 Annexe 1 Synthèse des indicateurs présents dans le Cadre mondial de suivi concernant la nutrition 57 Annexe 2 Données essentielles pour mesurer la taille et le poids 63 Annexe 3 Ajustement du taux d’hémoglobine pour les fumeurs et les personnes vivant en altitude 67 Annexe 4 Ajustement pour un faible poids de naissance 71 Annexe 5 Pesée 73 Annexe 6 Opérationnalisation de la diversité alimentaire minimum (DAM) à l’aide des données alimentaires quantitatives 75 VCADRE MONDIAL DE SUIVI DE LA NUTRITION : GUIDE PRATIQUE POUR LE SUIVI DES AVANCÉES PAR RAPPORT AUX CIBLES MONDIALES 2025 REMERCIEMENTS Ce guide pratique est produit par le Groupe consultatif d’experts techniques OMS-UNICEF sur la surveillance de la nutrition (TEAM) et il a été développé avec le soutien de la Fondation Bill et Melinda Gates. Membres de TEAM: Rafael Flores-Ayala, Mary Arimond, Rebecca Heidkamp, Purnima Menon, Trevor Croft, Patrick Webb, Luz Maria De-Regil, Eline Korenromp, Faith Thuita, et Abul Kalam Azad, pour leur contribution technique dans la définition et le développement d’indicateurs spécifiques nécessitant une orientation opérationnelle complémentaire. Kuntal Kumar Saha (OMS, Genève) pour la conceptualisation de ce guide pratique et la coordination de son écriture et sa révision.; Elaine Borghi, Monika Blossner et Mercedes de Onis (OMS Genève), pour la préparation de la première ébauche de ce guide pratique pour consultation par les Etats Membres lors d’une session informelle en 2015 et pour leur révision des versions successives; Francesco Branca, Elisa Dominguez, Kaia Engesveen, Laurence Grummer-Strawn, Chizuru Nishida, Juan Pablo Pena-Rosas et Lisa Rogers (OMS Genève), pour leur contribution au développement de ce guide pratique et leur revision des nombreuses ébauches; Adelheid Onyango (OMS Région Afrique) et les points focaux nutrition des bureau pays de l’OMS Régions Afrique et Asie du Sud Est, pour leurs précieux commentaires et conseils lors des essais sur le terrain de ce guide pratique; Timothy Armstrong, Cynthia Boschi Pinto, Michelle Jane Hindin, Khondkar Rifat Hossain, Richard Johnston, Antonio Montresor, Leanne Riley and Marcus Marcellus Stahlhofer (OMS Genève), pour leur contribution au processus de développement de nombreux indicateurs; Gretchen Stevens et Wahyu Mahanani (OMS Genève), pour la révision statistique et contributions techniques aux indicateurs spécifiques; Julia Krasevec et Tom Slaymaker (UNICEF), pour leur implication dans le développement d’indicateurs spécifiques et la correction de certaines sections du document; James Akre (Consultant), pour la révision; Diana Estevez (Consultant), Fabienne Maertens and Anne Sikanda (OMS Genève), pour la coordination du processus de publication et de traduction dans les langues officielles des Nations Unies. VI CADRE MONDIAL DE SUIVI DE LA NUTRITION : GUIDE PRATIQUE POUR LE SUIVI DES AVANCÉES PAR RAPPORT AUX CIBLES MONDIALES 2025 SIGLES ET ACRONYMES BFHI Initiative « hôpitaux amis des bébés » ECHO Commission sur les moyens de mettre fin à l’obésité de l’enfant EDS Enquêtes démographiques et de santé ENSN Enquêtes nationales sur la santé et la nutrition ET Écart type GEMI Global Expanded Monitoring Initiative GINA Base de données mondiale sur la mise en œuvre des actions en nutrition GNPR Revue mondiale des politiques nutritionnelles IBFAN Reseau international des groupes d’action pour l’alimentation infantile ICDC Centre de documentation du Code international IMC Indice de masse corporelle JMP Programme commun OMS/UNICEF de suivi de l’approvisionnement en eau et de l’assainissement MICS Enquêtes en grappes à indicateurs multiples NCD-RisC NCD Risk Factor Collaboration (Collaboration sur les facteurs de risques de maladies non transmissibles- MNT) ODD Objectif de développement durable OIT Organisation international du travail OMD Objectif du millénaire pour le développement OMS Organisation mondiale de la Santé OPS Organisation panaméricaine de la Santé SIGS Systèmes d’information sur la gestion sanitaire SRO Solution de réhydratation orale SUN Mouvement pour le renforcement de la nutrition TEAM Groupe consultatif d’experts techniques sur la surveillance nutritionnelle UNICEF Fonds des Nations Unies pour l’enfance UNSCN Comité permanent de l’ONU sur la nutrition VMNIS Système d'informations nutritionnelles sur les vitamines et les minéraux WASH Eau potable, assainissement et hygiene WBTi World Breastfeeding Trends Initiative WHA Assemblée mondiale de la Santé VIICADRE MONDIAL DE SUIVI DE LA NUTRITION : GUIDE PRATIQUE POUR LE SUIVI DES AVANCÉES PAR RAPPORT AUX CIBLES MONDIALES 2025 LISTE DES TABLEAUX Tableau 1 : Ensemble d’indicateurs de base pour le Cadre mondial de suivi concernant la nutrition chez la mère, le nourrisson et le jeune enfant. Tableau 2 : Ensemble d’indicateurs de base pour le Cadre mondial de suivi concernant la nutrition chez la mère, le nourrisson et le jeune enfant, et indicateurs recommandés. Tableau A1 : Synthèse des indicateurs du Cadre mondial de suivi pour les cibles mondiales définies par l’Assemblée mondiale de la Santé, les résultats intermédiaires, les processus ainsi que l’environnement politique et les capacités. Tableau A2 : Ajustement du taux d’hémoglobine pour les fumeurs. Tableau A3 : Ajustement du taux d’hémoglobine (g/L) en fonction de l’altitude de résidence Tableau A4 : Taux d’hémoglobine pour diagnostiquer l’anémie au niveau de la mer (g/L). Contexte 1 2 CADRE MONDIAL DE SUIVI DE LA NUTRITION : GUIDE PRATIQUE POUR LE SUIVI DES AVANCÉES PAR RAPPORT AUX CIBLES MONDIALES 2025 En 2012, l’Assemblée mondiale de la Santé a approuvé un Plan d’application exhaustif concernant la nutrition chez la mère, le nourrisson et le jeune enfant, qui définissait six cibles mondiales de nutrition, correspondant aux priorités à atteindre d’ici 2025 (1) : RÉDUIRE DE 40 % LE NOMBRE D’ENFANTS DE MOINS DE CINQ ANS PRÉSENTANT UN RETARD DE CROISSANCE RÉDUIRE DE 50 % L’ANÉMIE CHEZ LES FEMMES EN ÂGE DE PROCRÉER RÉDUIRE DE 30 % L’INSUFFISANCE PONDÉRALE À LA NAISSANCE PAS D’AUGMENTATION DU POURCENTAGE D’ENFANTS EN SURCHARGE PONDÉRALE RÉDUIRE ET MAINTENIR AU-DESSOUS DE 5 % L’ÉMACIATION CHEZ L’ENFANT PORTER LES TAUX D’ALLAITEMENT EXCLUSIF AU SEIN AU COURS DES SIX PREMIERS MOIS DE LA VIE À AU MOINS 50 % En 2014, les États Membres ont approuvé le Cadre mondial de suivi concernant la nutrition chez la mère, le nourrisson et le jeune enfant, ainsi que les six indicateurs de base pour le suivi des progrès accomplis en direction des six cibles mondiales de nutrition (Tableau 1). (i) des indicateurs de résultats primaires, qui mesurent les progrès accomplis vers la réalisation des six cibles mondiales en matière de nutrition, (ii) des indicateurs de résultats intermédiaires, qui rendent compte de la manière dont certaines maladies et situations spécifiques ayant des liens de cause à effet avec la réalisation des six cibles affectent les performances des pays à cet égard, (iii) des indicateurs de processus, qui surveillent l’avancement du programme et les progrès dans telle ou telle situation spécifique, et (iv) des indicateurs concernant les capacités et l’environnement politique, qui mesurent l’économie politique et les capacités au sein d’un pays donné. Ces indicateurs additionnels ont pour objectif de suivre les progrès par rapport aux six cibles, à l’échelle nationale et à l’échelle mondiale. À ce jour, l’ensemble d’indicateurs de base se compose ainsi des six cibles mondiales, de cinq indicateurs de résultats intermédiaires, de six indicateurs de processus et de trois indicateurs concernant les capacités et l’environnement politique. En novembre 2014, le Secrétariat a proposé 14 indicateurs de base additionnels (Tableau 1) (2, 3). Le Cadre mondial de suivi comporte quatre types d’indicateurs : En janvier 2015, le Conseil exécutif a validé les 14 indicateurs de base additionnels, mais demandé une définition plus claire de leurs aspects opérationnels, ainsi que des informations supplémentaires. Il fallait en effet uniformiser la définition de chaque indicateur, préciser la fréquence recommandée pour la collecte des données, résoudre différents problèmes, tels que la disponibilité des données et le déroulement de la collecte des données, et vérifier la validité des indicateurs retenus. Le Conseil exécutif a étudié le projet et demandé des informations supplémentaires sur les indicateurs de base proposés. Les 14 indicateurs sont résumés dans un document de référence daté de mars 2015 (4), qui a été 6 ÉM AC IAT ION 5 AL LA ITE MENT 4 SU RP OID S 1 RE TA RD DE CROISSANCE 2 AN ÉM IE 3 IN SU FFI SANCE PONDÉRALE 3CADRE MONDIAL DE SUIVI DE LA NUTRITION : GUIDE PRATIQUE POUR LE SUIVI DES AVANCÉES PAR RAPPORT AUX CIBLES MONDIALES 2025 examiné lors d’une consultation informelle avec les représentants de 43 États Membres et de plusieurs agences des Nations Unies (Genève, 16-17 avril 2015). Seize indicateurs ont été validés, et remplissaient donc les conditions nécessaires pour une mise en œuvre immédiate. En revanche, concernant quatre autres, il a été recommandé d’élaborer des orientations pratiques supplémentaires en reportant le délai à 2018 pour les États Membres (5). Trois indicateurs de processus et un indicateur concernant les capacités et l’environnement politique sont concernés : i. Proportion d’enfants de 6 à 23 mois bénéficiant d’une alimentation minimale acceptable ii. Proportion de femmes enceintes recevant une supplémentation en fer et en acide folique iii. Proportion de mères d’enfants de 0 à 23 mois ayant reçu des conseils, une aide ou des messages sur l’alimentation au sein optimale au moins une fois pendant l’année écoulée iv. Nombre de professionnels de la nutrition formés pour 100 000 habitants L’OMS et l’UNICEF ont constitué un Groupe consultatif d’experts techniques sur la surveillance de la nutrition (TEAM) pour conseiller sur les moyens d’améliorer le suivi mondial de ces indicateurs. Ce Groupe consultatif doit également participer à l’identification des nouveaux travaux de recherche nécessaires pour la surveillance nutritionnelle, et recommander l’élaboration et/ou l’amélioration des indicateurs et des méthodes. Il est en outre chargé d’apporter un avis technique sur la poursuite de l’élaboration et la validation des quatre indicateurs reportés, ainsi que de finaliser les lignes directrices relatives au suivi et à la communication de données. Le Tableau 2 présente la liste des indicateurs actuels et les modifications proposées pour les quatre indicateurs reportés et l’indicateur de la diarrhée. 1.1 Objectifs du Cadre mondial de suivi Le Cadre mondial de suivi (6) a pour objectifs de suivre : (i) les progrès accomplis par rapport aux six cibles mondiales (s’applique aux niveaux mondial et national) ; ii) la mise en œuvre de certains programmes nécessaires pour atteindre les cibles mondiales (s’applique aux niveaux mondial et national) ; (iii) la mise en œuvre de tous les programmes nécessaires pour atteindre les cibles nationales (s’applique au niveau sousnational). TABLEAU 1 : Ensemble d’indicateurs de base pour le Cadre mondial de suivi concernant la nutrition chez la mère, le nourrisson et le jeune enfant Indicateur Type d’indicateur Nom abrégé Indicateurs de résultats primaires pour les six cibles mondiales en matière de nutrition 1 Prévalence d’un faible rapport taille/âge chez les enfants de moins de 5 ans Cible Assemblée mondiale de la Santé CI1 2 Prévalence d’un taux d’hémoglobine <11 g/dL chez les femmes enceintesPrévalence d’un taux d’hémoglobine <12 g/dL chez les femmes non enceintes Cible Assemblée mondiale de la Santé CI2 3 Prévalence de l’insuffisance pondérale à la naissance (poids <2500 g) Cible Assemblée mondiale de la Santé CI3 4 Prévalence d’un rapport poids/taille élevé chez les enfants de moins de 5 ans, défini comme supérieur de 2 écarts types (ET) à la médiane Cible Assemblée mondiale de la Santé CI4 5 Prévalence de l’allaitement exclusif au sein chez les nourrissons de moins de 6 mois Cible Assemblée mondiale de la Santé CI5 6 Prévalence d’un faible rapport poids/taille chez les enfants de moins de 5 ans Cible Assemblée mondiale de la Santé CI6 4 CADRE MONDIAL DE SUIVI DE LA NUTRITION : GUIDE PRATIQUE POUR LE SUIVI DES AVANCÉES PAR RAPPORT AUX CIBLES MONDIALES 2025 Indicateur Type d’indicateur Nom abrégé Indicateurs de résultats intermédiaires 7 Prévalence de la diarrhée chez les enfants de moins de 5 ans Résultat intermédiaire RI2 8 Proportion de femmes de 15 à 49 ans présentant un faible IMC (<18,5 kg/m2) Résultat intermédiaire RI2 9 Nombre de naissances pendant une période de référence donnée chez les femmes de 15 à 19 ans, pour 1 000 femmes âgées de 15 à 19 ans Résultat intermédiaire RI3 10 Proportion de femmes âgées de 18 ans et plus en surpoids ou obèses (IMC ≥25 kg/m2) Résultat intermédiaire RI4 11 Proportion d’enfants d’âge scolaire et d’adolescents de 5 à 19 ans en surpoids ou obèses (IMC pour l’âge >+1 ET) Résultat intermédiaire RI5 Indicateurs de processus 12 Proportion d’enfants de 6 à 23 mois bénéficiant d’une alimentation minimale acceptable Processus PR1 13 Proportion de la population ayant accès à un service d’alimentation en eau potable géré en toute sécurité Processus PR2 14 Proportion de la population ayant accès à un service d’assainissement géré en toute sécurité Processus PR3 15 Proportion de femmes enceintes recevant une supplémentation en fer et en acide folique Processus PR4 16 Pourcentage de naissances dans des structures certifiées par l'initiative « hôpitaux amis des bebes » Processus PR5 17 Proportion de mères d’enfants de 0 à 23 mois ayant reçu des conseils, une aide ou des messages sur l’alimentation au sein optimale au moins une fois pendant l’année écoulée Processus PR6 Indicateurs concernant les capacités et l’environnement politique 18 Nombre de professionnels de la nutrition formés pour 100 000 habitants Capacités et environnement politique EP1 19 Nombre de pays dotés de législation/réglementation donnant pleinement effet au Code international de commercialisation des substituts du lait maternel (résolution WHA34.22) et aux résolutions pertinentes adoptées postérieurement par l’Assemblée mondiale de la Santé Capacités et environnement politique EP2 20 Nombre de pays ayant adopté des lois ou des réglementations sur la protection de la maternité Capacités et environnement politique EP3 5CADRE MONDIAL DE SUIVI DE LA NUTRITION : GUIDE PRATIQUE POUR LE SUIVI DES AVANCÉES PAR RAPPORT AUX CIBLES MONDIALES 2025 TABLEAU 2 : Ensemble d’indicateurs de base pour le Cadre mondial de suivi concernant la nutrition chez la mère, le nourrisson et le jeune enfant, et indicateurs recommandés par le TEAM Type d’indicateur Indicateurs initiaux Indicateurs recommandés RI1 Prévalence de diarrhée chez les enfants de moins de 5 ans Enfants de moins de cinq ans présentant diarrhée qui reçoivent une solution de réhydratation orale (SRO) PR1 Proportion d’enfants de 6 à 23 mois bénéficiant d’une alimentation minimale acceptable Diversité alimentaire minimum pour les enfants de 6 à 23 mois PR4 Proportion de femmes enceintes recevant supplémentation en fer et en acide folique Supplémentation en fer pendant la grossesse PR6 Proportion de mères d’enfants de 0 à 23 mois ayant reçu des conseils, une aide ou des messages sur l’alimentation au sein optimale au moins une fois pendant l’année écoulée Disponibilité de services de conseil pour l’allaitement maternel sur les programmes de santé publique et/ou de nutrition au niveau national EP1 Nombre de professionnels de la nutrition formés pour 100 000 habitants Densité de professionnels de la nutrition 1.2 Perspectives pour la mise en place de systèmes nationaux de recueil de données sur la santé La résolution de l’Assemblée mondiale de la Santé appelle les États Membres à mettre en pratique le Plan d’application exhaustif concernant la nutrition chez la mère, le nourrisson et le jeune enfant en intégrant les interventions nutritionnelles pertinentes, conçues sur la base de données factuelles, en ce qui concerne les services de santé destinés aux mères, aux enfants et aux adolescents (7). Les États Membres peuvent concevoir des interventions nutritionnelles nationales s’appuyant sur des schémas épidémiologiques et des décisions programmatiques spécifiques. Ces interventions devront permettre l’élaboration et le déploiement de politiques dans d’autres secteurs, aux fins d’améliorer la nutrition. Les États Membres devront disposer de systèmes nationaux de surveillance pour suivre la mise en œuvre des programmes et les progrès dans l’amélioration de l’état nutritionnel. Le Cadre de suivi, destiné à aider les États Membres à mettre en pratique le Plan d’application exhaustif, propose une approche harmonisée et internationalement reconnue pour le suivi des avancées par rapport aux cibles mondiales de nutrition. Tous les États Membres étaient tenus de rapporter sur les 20 indicateurs de base à compter de 2016. À cette fin, ils ont besoin d’un flux continu de données pertinentes et de qualité, mais nombre d’entre eux ne disposent pas de ces données ou de données comparables entre les pays. Or, des systèmes nationaux robustes pour la surveillance de la nutrition sont essentiels pour le suivi de progrès pour atteindre les cibles mondiales. Le chapitre 1 de ce guide pratique donne des informations de base sur le Plan d’application exhaustif concernant la nutrition chez la mère, le nourrisson et le jeune enfant, ainsi que sur les indicateurs. Le chapitre 2 précise les raisons d’inclure ces indicateurs dans le Cadre mondial de suivi. Le chapitre 3 décrit en détail les aspects techniques de la mesure des indicateurs, pour les six cibles mondiales. Le chapitre 4 présente des recommandations pour la mise en œuvre des indicateurs de résultats intermédiaires, de processus et concernant les capacités et l’environnement politique. Justification des indicateurs 8 CADRE MONDIAL DE SUIVI DE LA NUTRITION : GUIDE PRATIQUE POUR LE SUIVI DES AVANCÉES PAR RAPPORT AUX CIBLES MONDIALES 2025 Les défis mondiaux en matière de nutrition sont pluridimensionnels et complexes. Le cadre conceptuel défini par l’UNICEF pour la santé des enfants montre qu’une alimentation inadéquate et la maladie sont les deux plus importantes causes immédiates de la malnutrition (8). Les causes sous-jacentes sont un accès insuffisant à la nourriture, des soins et des services de santé inadéquats pour les mères et les enfants, l’insalubrité de l’eau de boisson et des conditions d’assainissement et d’hygiène inappropriées. La bonne santé passe par l’accès à des services de santé curatifs et préventifs de qualité et d’un coût abordable. Les causes fondamentales de la malnutrition chez l’enfant sont, notamment, un développement économique et un engagement politique insuffisants pour permettre aux politiques publiques de créer un environnement propice à une bonne nutrition. Le Cadre de suivi prend en considération la dimension plurisectorielle de la nutrition et comprend des indicateurs relatifs aux causes sous-jacentes de la malnutrition et aux politiques ou actions plus larges, telles que l’accès aux services de santé et les mesures en place dans des secteurs autres que celui de la santé. Les indicateurs ont été sélectionnés en tenant compte d’autres initiatives intersectorielles ayant des déterminants communs, et incluent des « marqueurs » des résultats nutritionnels, de la mise en œuvre des programmes de nutrition et de l’environnement politique. Le Cadre de suivi définit six cibles mondiales, qui constituent les indicateurs de résultats primaires. Il comprend aussi des indicateurs de résultats intermédiaires, des indicateurs de processus et des indicateurs concernant les capacités et l’environnement politique, qui peuvent influer, directement ou indirectement, sur un ou plusieurs indicateurs de résultats primaires. Pour la plupart des indicateurs, le Cadre de suivi pourra rassembler des données à partir des bases de données existantes, qui facilitent la standardisation et le contrôle qualité. Ces bases de données s’appuient sur des informations de bonne qualité, recueillies dans les pays au moyen d’enquêtes ou par les systèmes de surveillance. Critères de sélection des indicateurs de base additionnels Les critères suivants ont été utilisés pour sélectionner les indicateurs de base additionnels : a. l’indicateur est pertinent pour la trajectoire permettant d’atteindre une ou plusieurs cibles mondiales ; b. l’indicateur a été validé ; c. il existe des systèmes de surveillance ou d’autres dispositifs de collecte de données qui permettent d’établir une référence et de suivre les changements sur la durée ; d. l’indicateur est actuellement calculé dans la plupart des pays, ou pourrait être intégré, pour un coût minime, dans l’infrastructure actuelle ; et e. au niveau national, il existe des capacités de suivi des indicateurs (production, compilation et échanges de données, évaluation de la qualité des données, analyse et synthèse, et communication des résultats). 2.1 Justification des cibles mondiales Les six cibles définies par l’Assemblée mondiale de la Santé pour six indicateurs de la nutrition suscitent une attention accrue depuis que le Plan d’application exhaustif concernant la nutrition chez la mère, le nourrisson et le jeune enfant a été approuvé en 2012. Ces cibles, que l’Assemblée mondiale de la Santé a fait siennes dans sa résolution WHA65.6, ont été largement adoptées par de nombreuses initiatives mondiales, dont le mouvement Renforcement de la nutrition (SUN) et au titre de diverses stratégies de donateurs. La présente section décrit les six cibles mondiales en matière de nutrition qui ont amené à inclure ces indicateurs dans le Cadre de suivi. Le taux de retard de croissance chez l’enfant reste très élevé. Il peut être imputable à une croissance intra- utérine et postpartum lente, qui empêche l’enfant d’atteindre la taille correspondant à celle d’un enfant du même âge en bonne santé et bien nourri. Étant un indicateur du déficit de croissance, il est associé à plusieurs facteurs de long terme : apport en nutriments chroniquement insuffisant, infections fréquentes, pratiques alimentaires inappropriées sur la durée et pauvreté. Les effets de ces facteurs de long terme ne sont pas toujours réversibles pour les enfants de plus de deux ans. À l’échelle mondiale, la prévalence du retard de croissance et le nombre total d’enfants de moins de cinq ans qui présentent un retard de croissance sont en recul. Entre 2000 et 2016, le taux de prévalence est tombé de 32,7 % à 22,9 %, et le nombre total d’enfants touchés de 198,4 millions à 154,8 millions (9). La situation diffère cependant d’une région à l’autre. En Asie, on dénombre aujourd’hui encore 86,5 millions d’enfants présentant un retard de croissance, dont 61,2 millions dans la partie septentrionale de ce continent, alors qu’en Afrique, le nombre d’enfants souffrant d’un retard de croissance a augmenté, passant de 50,4 millions à 59 millions entre 2000 et 2016. 9CADRE MONDIAL DE SUIVI DE LA NUTRITION : GUIDE PRATIQUE POUR LE SUIVI DES AVANCÉES PAR RAPPORT AUX CIBLES MONDIALES 2025 L’anémie chez les femmes en âge de procréer est un problème de santé publique mondial, qui touche la plupart des pays à revenu faible ou intermédiaire, ainsi que de nombreux pays à revenu élevé. L’anémie a d’importants effets délétères sur la santé, et elle freine aussi le développement social et économique. Elle a plusieurs causes, dont la plus courante (environ 50 % des cas) est la carence en fer. Pendant la grossesse, l’anémie ferriprive peut être associée à un risque accru de faible poids à la naissance (10) et de mortalité maternelle et périnatale (11). La prévalence de l’anémie chez les femmes en âge de procréer était de 29 % en 2011, touchant 32 millions de femmes enceintes et 496 millions de femmes non enceintes en âge de procréer (15–49 ans) (12). C’est en Afrique centrale et de l’Ouest ainsi qu’en Asie du Sud que les taux de prévalence étaient les plus élevés. Ces chiffres sont des estimations révisées par rapport au niveau de référence pour cette cible, qui avait été calculée pour 1993-2005 : 41,8 % pour les femmes enceintes et 30 % pour les femmes non enceintes. À l’échelle mondiale, on estime que 15 à 20 % des nouveau-nés ont un faible poids de naissance, soit plus de 20 millions par an (13). Les estimations régionales montrent que le taux est de 28 % en Asie du Sud, de 13 % en Afrique subsaharienne et de 9 % en Amérique latine. Au Bangladesh et en Inde, où naissent la moitié environ des enfants ayant un faible poids de naissance, le taux de prévalence a diminué, tombant respectivement de 30,0% à 21,6 % (entre 1998 et 2006) et de 30,4 % à 28,0 % (entre 1999 et 2005). Il s’est également réduit en El Salvador (où il est passé de 13 % à 7 % entre 1998 et 2003), en Afrique du Sud (de 15,1 % à 9,9 % sur la même période) et en République-Unie de Tanzanie (de 13,0 % à 9,5 % entre 1999 et 2005). Les pays dans lesquels l’insuffisance pondérale à la naissance est en grande partie imputable à un retard de croissance intra-utérine, plus facile à réduire que la prématurité, affichent une baisse plus marquée(1). Dans le monde, la prévalence du surpoids chez les enfants de moins de cinq ans a augmenté, passant de 5 % à 6 % entre 2000 et 2016 (9). Le nombre total d’enfants en surpoids est aussi en hausse sur la même période (il est passé de30,4 millions à 40,6 millions) et s’accroît dans toutes les régions. En 2016, près de la moitié des enfants en surpoids âgés de moins de cinq ans vivaient en Asie, et un quart en Afrique. En 2016, à l’échelle du globe, seulement 43 % des enfants de moins de six mois ont été exclusivement nourris au sein (14). Ce taux est plus élevé en Asie du Sud (59 %) et en Afrique de l’Est (57 %) ; il est beaucoup plus faible en Amérique latine, et dans les Caraïbes (33 %), en Asie orientale (28 %), en Afrique de l’Ouest (25 %) et en Asie occidentale (21 %). Les données disponibles ne sont pas suffisantes pour permettre de calculer une moyenne régionale pour l’Europe, l’Amérique du Nord et l’Océanie. L’amélioration des comportements et des pratiques en matière d’allaitement au sein peut aussi influer sur la mortalité due à l’émaciation et à la diarrhée (15). En 2016, on dénombrait 51,7 millions d’enfants de moins de cinq ans présentant une émaciation, avec un taux de prévalence de 7,7 % (9). La quasi-totalité des enfants émaciés vivaient en Asie (35,9 millions) et en Afrique (14,0 millions). C’est en Asie que l’on trouve la plus forte proportion d’enfants de moins de cinq ans souffrant d’émaciation (69 %), dont plus de la moitié en Asie du Sud. Par rapport à la référence de 2012, les estimations montrent que les progrès accomplis dans le monde en direction de cinq des six cibles de nutrition 2025 sont trop faibles, et l’on ne dispose pas de données sur l’insuffisance pondérale à la naissance. Pour le retard de croissance, la réduction actuelle est trop faible pour permettre d’atteindre les 100 millions d’ici 2025 (16). De Les six cibles définies par l’Assemblée mondiale de la Santé pour six indicateurs de la nutrition suscitent une attention accrue depuis que le Plan d’application exhaustif concernant la nutrition chez la mère, le nourrisson et le jeune enfant a été approuvé en 2012 10 CADRE MONDIAL DE SUIVI DE LA NUTRITION : GUIDE PRATIQUE POUR LE SUIVI DES AVANCÉES PAR RAPPORT AUX CIBLES MONDIALES 2025 d’Afrique subsaharienne, d’Asie du Sud/centrale et du Sud-Est, ainsi qu’au Yémen. La situation est jugée critique au Bangladesh, en Érythrée et en Inde, trois pays où la prévalence d’un faible IMC chez les mères avoisine 40 %. La prévention de la sous-alimentation des mères peut jouer un rôle important pour éviter une issue négative de la grossesse et, plus tard, un retard de croissance de l’enfant. Le taux de natalité des adolescentes, ou taux de fécondité par âge, constitue un indicateur de base de la santé reproductive parmi les adolescentes vulnérables. Une grossesse précoce peut entraîner une morbidité et une mortalité par manque d’accès à des soins prénatals, pendant l’accouchement et postnatals dispensés par un personnel dûment formé, ou du fait d’un avortement à risque. Les adolescentes, pour lesquelles les complications pendant la grossesse ou l’accouchement sont plus fréquentes que chez les femmes adultes, ont un risque de mortalité accru. Les enfants nés de mères adolescentes ont eux aussi un risque de morbidité et de mortalité plus élevé. Selon une étude multipays menée en Afrique, en Asie et en Amérique latine, le jeune âge de la mère a un effet délétère sur la taille de son enfant entre l’âge de 0 et 11 mois, et le problème persiste après 24 mois (20). Il est par conséquent essentiel de prévenir la natalité très précoce au cours de la vie reproductive d’une femme, afin d’améliorer la santé maternelle et de réduire la mortalité infantile. Le surpoids ou l’obésité de la mère s’accompagne d’un accroissement de la morbidité maternelle et de la mortalité infantile (21). Le surpoids de la mère est également associé à un surpoids et à un syndrome métabolique chez l’enfant (22-24). Dans certains pays développés, l’obésité maternelle est en outre associée à une lactogénèse tardive et à une courte durée de la période d’allaitement au sein (25). L’obésité de la femme peut faire augmenter les risques pour la santé, à la fois chez la mère et chez l’enfant, pendant et après la grossesse. Les données disponibles suggèrent un accroissement significatif du risque de complications diverses durant la grossesse, pendant l’accouchement ou néonatales, pour les femmes en surpoids, obèses ou présentant une obésité grave (25, 26). Vu l’évolution de la nutrition dans beaucoup de pays, la prévention du surpoids chez la mère peut permettre d’éviter le surpoids et d’autres maladies chroniques chez l’enfant. L’obésité pendant l’enfance a des effets immédiats et de long terme sur la santé et le bien-être. Elle peut nuire à la santé, à la scolarité et à la qualité de vie. Les enfants obèses sont très susceptibles de devenir des adultes obèses et d’être atteints d’une maladie chronique. Les enfants même, pour l’émaciation, la réduction est actuellement trop lente pour laisser espérer un taux inférieur à 5 % d’ici 2025. Pour le surpoids, la référence de 2012 était de 6 % dans les estimations conjointes de la malnutrition chez l’enfant en 2017, et le taux actuel indique une progression du surpoids en Afrique et en Asie. Pour l’anémie, la moyenne mondiale de la prévalence chez les femmes en âge de procréer est passée de 30,3 % à 32,8 % en 2016 (14). Pour l’insuffisance pondérale à la naissance, les méthodes d’estimation sont en cours de révision. Pour l’allaitement exclusif au sein, il est difficile de comparer les estimations obtenues à partir de méthodes différentes : dans la plupart des pays à revenu élevé, on mesure l’allaitement exclusif au sein en recourant à la méthode du rappel rétrospectif auprès de la mère/de la personne responsable de l’enfant, et non à la méthode standardisée du rappel des 24 heures. Des travaux sont en cours pour produire des estimations harmonisées à partir de méthodes différentes. MENDATION 3 2.2 Justification des indicateurs de résultats intermédiaires Comme indiqué plus haut, le Cadre de suivi comprend aussi des indicateurs de résultats intermédiaires qui peuvent influer indirectement ou directement sur un ou plusieurs des principaux indicateurs de résultats. La réalisation des six cibles mondiales dépend de la capacité à suivre les maladies et situations au moyen de ces indicateurs de résultats intermédiaires. Ainsi, la diarrhée a une incidence directe sur l’émaciation et sur le retard de croissance (17) et c’est l’une des principales causes du cercle vicieux sous- alimentation/infections. D’un autre côté, l’alimentation au sein peut réduire significativement la morbidité et la mortalité imputables à la diarrhée chez l’enfant (15). L’amélioration des pratiques d’alimentation au sein et de la prévention de la diarrhée peut donc avoir un impact considérable sur la réduction de l’émaciation et du retard de croissance chez l’enfant. La sous-alimentation des mères contribue largement à une croissance fœtale insuffisante, ainsi qu’à la morbidité et à la mortalité infantile à court et à long terme (18). Les femmes en sous-poids (IMC <18,5 kg/m2) sont davantage susceptibles de donner naissance à un enfant ayant un faible poids dû à un retard de croissance intra- utérine, ce qui accroît le risque de mortalité néonatale et, plus tard, de retard de croissance (19). Le taux d’IMC inférieur à 18,5 kg/m² chez les mères est compris entre 10 et 19 % dans la plupart des pays (18), et il est encore plus élevé (supérieur à 20 %) dans la plupart des pays 11CADRE MONDIAL DE SUIVI DE LA NUTRITION : GUIDE PRATIQUE POUR LE SUIVI DES AVANCÉES PAR RAPPORT AUX CIBLES MONDIALES 2025 et adolescents obèses sont davantage susceptibles de développer une maladie cardiovasculaire (cholestérol, hypertension artérielle, diabète, par exemple) (27, 28). Ils ont un plus grand risque d’avoir des problèmes osseux et articulaires, de souffrir d’apnée du sommeil ou de présenter des troubles sociaux ou psychologiques (tels qu’une stigmatisation ou une faible estime de soi) (27, 29). Il est donc important de prévenir l’obésité chez l’enfant afin de promouvoir la santé et le bien-être à la fois pendant l’enfance et durant sa vie d’adulte. 2.3 Justification des indicateurs de processus La réalisation des six cibles mondiales peut aussi dépendre de programmes pouvant être suivis au moyen d’indicateurs de processus. Il a été suggéré que, parallèlement à des stratégies de prévention des maladies, les interventions sous forme d’une alimentation de complément qui ciblent cette « période critique » sont très efficaces pour réduire la malnutrition et pour promouvoir une croissance et un développement satisfaisants (30). L’alimentation de complément devra être apportée en temps opportun, adéquate et appropriée (31), c’est-à-dire intervenir à partir de l’âge de six mois, en plus du lait maternel, répondre aux besoins nutritionnels d’un enfant en pleine croissance et se composer d’aliments divers et en quantité suffisante. Une revue systématique complète de l’efficacité d’une alimentation de complément dans les pays à revenu faible ou intermédiaire révèle que les interventions éducatives qui mettent en avant les aliments d’origine animale riches en nutriments peuvent avoir une plus grande efficacité pour la croissance de l’enfant que des messages éducatifs généraux (32). Dans un contexte de forte insécurité alimentaire, les interventions axées sur l’alimentation de complément combinant apport alimentaire et éducation ® U N IC EF /R aj at M ad ho k 12 CADRE MONDIAL DE SUIVI DE LA NUTRITION : GUIDE PRATIQUE POUR LE SUIVI DES AVANCÉES PAR RAPPORT AUX CIBLES MONDIALES 2025 semblent plus efficaces pour améliorer la croissance de l’enfant (33). L’amélioration des sources d’eau potable, de l’assainissement et de l’hygiène a également une incidence sur la diarrhée (34). Les services d’alimentation en eau potable (raccordements domestiques, forages et puits couverts) peuvent contribuer à prévenir la diarrhée, ce qui peut influer sur le retard de croissance et l’émaciation. L’amélioration de l’assainissement et de l’hygiène contribue elle aussi à la prévention de la diarrhée, ce qui réduit les retards de croissance. En outre, une analyse systématique a mis en évidence un lien entre l’utilisation d’installations d’eau et d’assainissement améliorées et la réduction des retards de croissance parmi les enfants (35). La supplémentation en fer et en acide folique peut faire diminuer le risque d’anémie chez la mère, et d’anomalies du tube neural chez l’enfant. Dans les pays à revenu faible, intermédiaire et élevé, la supplémentation des femmes enceintes en fer et en acide folique accroît les taux d’hémoglobine (36). Au niveau mondial, si des programmes à grande échelle ciblés étaient lancés, on pourrait réduire d’un tiers, en la ramenant à la moitié sur une décennie, la prévalence de l’anémie chez les mères. Une récente revue systématique a analysé l’impact mondial de l’initiative « hôpitaux amis des bébés » (BFHI) sur l’allaitement au sein et sur l’état de santé des enfants (37). Elle a principalement constaté que l’observance des dix mesures BFHI a un effet positif sur les résultats en matière d’allaitement au sein, avec une relation dose- réponse entre le nombre de mesures BFHI auxquelles les femmes ont accès et la probabilité d’augmentation du démarrage précoce de l’allaitement au sein, de l’allaitement exclusif au sein et de l’allaitement au sein en général. Dans la plupart des pays à revenu faible, un nombre significatif de femmes accouchent soit à la maison soit dans un centre de santé ne disposant pas d’un équipement adéquat. C’est pourquoi l’encouragement des accouchements dans un établissement « ami des bébés » peut sensiblement améliorer les résultats concernant l’allaitement au sein. Les conseils techniques jouent un rôle important dans l’amélioration des pratiques d’alimentation des nourrissons et des jeunes enfants. De nombreux travaux de recherche suggèrent que les conseils donnés par des pairs (38) et par des agents de santé formés ont un effet bénéfique sur ces pratiques, ainsi que sur l’état nutritionnel des nourrissons et des jeunes enfants (39, 40). Par exemple, les conseils intensifs dispensés par les agents de santé travaillant sur le terrain ont nettement amélioré les pratiques d’allaitement au sein au Bangladesh et au Viet Nam (39), et les pratiques en matière d’alimentation de complément au Bangladesh (40). 2.4 Les indicateurs concernant l’environnement politique et les capacités Une revue systématique a montré que la formation du personnel de santé à la nutrition améliorait l’apport énergétique journalier chez l’enfant, la fréquence et la diversité de l’alimentation pendant une période critique (chez l’enfant de 6 à 24 mois) (41). Dans les zones rurales du Bangladesh, une formation intensive à l’alimentation du nourrisson et du jeune enfant dispensée aux agents de santé travaillant sur le terrain a significativement renforcé leurs connaissances dans ce domaine, la qualité de leurs conseils, ainsi que les connaissances et les pratiques des mères (42). Les agents de santé communauté formés avaient aussi amélioré leurs compétences en matière de conseils nutritionnels et de gestion de la sous-alimentation chez l’enfant. Tant la formation initiale que la formation continue sont essentielles pour accroître les connaissances nutritionnelles et la qualité des interventions des agents de santé et des agents chargés de la nutrition. En l’absence de dispositions pour l’application du Code international de commercialisation des substituts du lait maternel, les taux d’allaitement au sein n’augmentent guère (43). Cependant, la législation est nécessaire, mais non suffisante, pour que l’allaitement au sein soit complété par des mécanismes de mise en œuvre et de suivi adéquats (44). Toutes les parties prenantes ont un rôle à jouer dans la création d’un environnement propice à l’amélioration des pratiques d’alimentation du nourrisson et du jeune enfant, via un dialogue axé sur la sensibilisation, la formulation et le déploiement d’une politique appropriée. Le retour au travail après le congé de maternité a été identifié comme une cause importante pour ne jamais commencer l'allaitement maternel ou sa cessation précoce (45, 47). Dans la plupart des pays à revenu faible ou intermédiaire, seul l’emploi dans le secteur formel donne droit à un congé de maternité, qui, dans les faits, n’est pas toujours accordé (48, 49). Au Canada, à la suite d’une réforme qui a porté le congé de maternité de 6 mois à un an, la durée moyenne de l’allaitement au sein a augmenté de 10 jours par mois supplémentaire de congé (50). Il est essentiel de veiller à ce que tous les pays appliquent correctement la législation sur la protection de la maternité, afin de promouvoir l’allaitement au sein. Une récente revue systématique a analysé l’impact mondial de l’initiative « hôpitaux amis des bébés » (BFHI) sur l’allaitement au sein et sur l’état de santé des enfants © U N IC EF /U N I1 69 76 4/ Ch ut e Présentation détaillée des indicateurs relatifs aux six cibles définies par l’Assemblée mondiale de la Santé 16 CADRE MONDIAL DE SUIVI DE LA NUTRITION : GUIDE PRATIQUE POUR LE SUIVI DES AVANCÉES PAR RAPPORT AUX CIBLES MONDIALES 2025 Au niveau national, le suivi des cibles mondiales de nutrition nécessite des indicateurs représentatifs de la population cible. Il importe que les pays disposent d’estimations de référence, recueillent/produisent des estimations intermédiaires représentatives à l’échelon national, et planifient une évaluation finale en 2025. Les méthodes standard de collecte de données seront utilisées pour permettre la comparabilité au sein d’un même pays, sur la durée, et entre les pays. Actuellement, la disponibilité des informations dépend principalement des enquêtes nationales répétées qui sont menées par des organismes nationaux, souvent en même temps que les enquêtes démographiques et de santé (EDS), ou les enquêtes en grappes à indicateurs multiples de l’UNICEF et, éventuellement, d’autres systèmes de collecte de données. Les enquêtes sont généralement représentatives et ont lieu tous les quatre ou cinq ans environ. 3.1 Le retard de croissance chez les enfants de moins de cinq ans CIBLE MONDIALE 1 D’ici 2025, réduire de 40 % le nombre d’enfants de moins de cinq ans présentant un retard de croissance Le retard de croissance est un signe de sous-alimentation passée ou chronique, et ne permet pas de mesurer l’évolution à court terme de la sous-alimentation. L’indicateur est une petite taille (mesurée couché par rapport à l’âge chez les enfants de moins de deux ans, et une petite taille (mesurée debout) par rapport à l’âge chez les enfants de deux ans et plus. On parle de retard de croissance dans le cas d’une taille pour l’âge insuffisante. Cette cible suppose de réduire, d’ici 2025, le nombre d’enfants présentant un retard de croissance de 40 % en termes relatifs par rapport à l’année de référence 2012. Cela représenterait une baisse de 3,9 % par an entre 2012 et 2025 en termes relatifs, et ferait passer le nombre de ces enfants de165 millions en 2012 à quelque 100 millions (1).Globalement, la prévalence du retard de croissance a diminué, passant de 29,5 % à 22,9 % entre 2005 et 2016 (14). Toutefois, même si la tendance actuelle se poursuit, le nombre d’enfants présentant un retard de croissance dépasserait de 30 millions à l’échelle mondiale la cible fixée par l’Assemblée mondiale de la Santé pour 2025. WHO/Antonio Suarez Weise 17CADRE MONDIAL DE SUIVI DE LA NUTRITION : GUIDE PRATIQUE POUR LE SUIVI DES AVANCÉES PAR RAPPORT AUX CIBLES MONDIALES 2025 © go sp ho to de si gn Intitulé de l’indicateur Enfants de moins de cinq ans présentant un retard de croissance (modéré ou grave). Définition Pourcentage d’enfants de 0 à 59 mois présentant un retard de croissance (modéré ou grave) (retard de croissance modéré = longueur/taille pour l’âge entre <-2 et >-3 ET à la médiane des Normes OMS de croissance de l’enfant ; retard de croissance grave = longueur/taille pour l’âge inférieure de 3 ET à la médiane) x population âgée de moins de cinq ans lors de l’enquête. MÉTHODE D’ESTIMATION Numérateur Nombre d’enfants de 0 à 59 mois1 présentant un retard de croissance. Denominador Nombre total d’enfants de 0 à 59 mois mesurés Enfants de 0 à 59 mois présentant un retard de croissance pour leur âge Nombre total d'enfants de 0 à 59 mois mesurés Disponibilité des données Depuis 1989, l’OMS gère la base de données mondiale sur la croissance et la malnutrition des enfants (http://www.who.int/nutgrowthdb/en/). Cette base de données agrège des enquêtes en population qui comportent des mesures anthropométriques sur des échantillons représentatifs d’enfants de moins de cinq ans. Sources des données Les principales sources des données sont les enquêtes en population menées auprès des ménages, avec les systèmes de surveillance anthropométrique et nutritionnelle. Qualité des données Enquêtes en population répondant à un ensemble de critères. La validité et la cohérence des données sont vérifiées et les séries de données brutes analysées selon une procédure standard, afin que les résultats soient comparables. Les principaux critères pour l’inclusion des enquêtes dans la base de données sont les suivants : (i) un cadre d’échantillonnage défini de la population, (ii) une procédure d’échantillonnage probabiliste, couvrant au moins 400 enfants, (iii) le recours à des techniques de mesure anthropométrique standard, et (iv) la présentation des z scores sur la base des Normes OMS de croissance des enfants. Afin de faciliter la ré-analyse des données des enquêtes nutritionnelles, l’OMS recommande d’utiliser soit le nouveau logiciel Anthro de l’OMS soit les macros statistiques, qui peuvent être téléchargés, avec les manuels d’utilisation et les fichiers Readme (http://www.who.int/childgrowth/software/en/). Le module « enquête nutritionnelle » du logiciel Anthro permet d’analyser des ensembles de données existants. Les macros sont disponibles pour les logiciels SPSS, SAS, STATA et S-Plus, et particulièrement recommandées pour l’analyse de vastes ensembles de données. Tant le logiciel que les macros permettent à l’utilisateur de produire des tableaux au format standard de saisie des données, pour intégration dans la Base de données mondiales. Fréquence de collecte des données Tous les 3 à 5 ans. Recommandations en matière de collecte des données anthropométriques La détermination de l’âge de l’enfant constitue l’étape première, et la plus importante, de l’évaluation anthropométrique. Il est nécessaire de connaître l’âge précis afin de déterminer si l’enfant doit être inclus dans l’enquête et s’il faudra mesurer sa taille en position couchée ou debout. L’âge de l’enfant permet l’obtention de z scores corrects pour les indicateurs relatifs à l’âge (les Normes OMS de croissance de l’enfant sont exprimées en unités de jours). Longueur/taille On mesurera la taille en position allongée (couchée) pour les enfants de moins de 24 mois, et la taille debout pour ceux de 24 mois et plus. L’annexe 2 décrit en détail la toise, la formation et les méthodes de standardisation pour l’obtention des données anthropométriques, ainsi que les étapes essentielles des mesures. Pour des informations supplémentaires sur les mesures anthropométriques, voir également le cours de formation OMS sur l’évaluation de la croissance de l’enfant (51, 52) et Cogill, 2003 (53). Recommandations en matière de notification La prévalence du retard de croissance chez les enfants de moins de cinq ans sera présentée pour l’échantillon total et ventilée par âge, sexe, lieu de résidence, région, catégorie socio-économique et niveau d’études de la mère. Il est utile de présenter les données sur le retard de croissance par degré de sévérité : retard de croissance modéré (z score entre <-2 et >-3 ET) ou grave (z score inférieur à -3 ET). 1 Tranches d’âge exprimées en mois complets, par exemple 0–5 mois pour 0–5,999 mois, 0–59 mois pour 0–59,999 mois, etc.. Pourcentage d'enfants présentant un retard de croissance = *100 18 CADRE MONDIAL DE SUIVI DE LA NUTRITION : GUIDE PRATIQUE POUR LE SUIVI DES AVANCÉES PAR RAPPORT AUX CIBLES MONDIALES 2025 3.2 Anémie chez les femmes en âge de procréer CIBLE MONDIALE 2 D’ici 2025, réduire de 50 % l’anémie chez les femmes en âge de procréer L’anémie est définie comme une faible concentration en hémoglobine dans le sang (<110 g/L chez les femmes enceintes et <120 g/L chez les femmes non enceintes âgées de 15 à 49 ans) (54-55). Cette cible suppose de réduire, d’ici 2025, le nombre de cas d’anémie parmi les femmes en âge de procréer (15–49 ans) de 50 % en termes relatifs par rapport à la référence de l’année 2012 qui s’élève à 30,3 % (1). Cela représenterait une baisse annuelle de 5,3 % en termes relatifs entre 2012 et 2025 et supposerait de réduire à environ 230 millions le nombre de femmes en âge de procréer qui sont anémiques (1). Plusieurs pays ont enregistré une réduction de la prévalence de l’anémie chez les femmes en âge de procréer, comme l’indiquent les enquêtes nationales répétées qui sont analysées dans le sixième rapport sur la situation mondiale de la nutrition du Comité permanent de l’ONU sur la nutrition (56). Ces estimations indiquent que la réduction a été comprise entre 4 % et 8 % par an en termes relatifs. Intitulé de l’indicateur Prévalence de l’anémie chez les femmes en âge de procréer. L’anémie est définie comme un taux d’hémoglobine <110 g/L chez une femme enceinte âgée de 15 à 49 ans. Concernant les femmes non enceintes et celles qui allaitent, le seuil est <120 g/L. L’indicateur prend en compte les femmes en âge de procréer (15 à 49 ans) qu’elles soient enceintes ou non. · Prévalence d’un taux d’hémoglobine <110 g/L chez les femmes enceintes âgées de 15 à 49 ans. · Prévalence d’un taux d’hémoglobine <120 g/L chez les femmes non enceintes âgées de 15 à 49 ans. Définition Pourcentage de femmes de 15 à 49 ans dont le taux d’hémoglobine est inférieur à 120 g/L si elles ne sont pas enceintes, et à 110 g/L si elles sont enceintes, ajusté en fonction de de l’altitude et du tabagisme. MÉTHODE D’ESTIMATION Numérateur Nombre de femmes de 15 à 49 ans présentant un taux d’hémoglobine inférieur au seuil indiqué, ajusté en fonction de l’altitude et du tabagisme. Dénominateur Femmes enceintes Nombre total de femmes de 15 à 49 ans dont le taux d’hémoglobine a été évalué. Nombre de femmes enceintes âgées de 15 à 49 ans présentant un taux d'hémoglobine <110 g/L Nombre total de femmes enceintes âgées de 15 à 49 ans dont le taux d'hémoglobine a été évalué *100 O M S/ Pa lla va B ag la Prévalence de l'anémie = 19CADRE MONDIAL DE SUIVI DE LA NUTRITION : GUIDE PRATIQUE POUR LE SUIVI DES AVANCÉES PAR RAPPORT AUX CIBLES MONDIALES 2025 Femmes non enceintes Nombre de femmes non enceintes âgées de 15 à 49 ans présentant un taux d'hémoglobine <120 g/L Nombre total de femmes non enceintes âgées de 15 à 49 ans dont le taux d'hémoglobine a été évalué Procédures de correction du taux d’hémoglobine Le taux d’hémoglobine sera ajusté pour les personnes qui fument et pour celles vivant en altitude élevée (57). Chez les fumeurs, la concentration en hémoglobine augmente et devra être ajustée afin d’éviter une sous-estimation de l’anémie. De même, pour les personnes vivant à plus de 1 000 mètres au-dessus du niveau de la mer, la concentration en hémoglobine devra être ajustée à la baisse pour éviter une sous- estimation de la prévalence de l’anémie. L’annexe 3 décrit en détail les procédures de correction du taux d’hémoglobine des fumeurs et des personnes vivant à une altitude élevée. Disponibilité des données Le Système d'informations nutritionnelles sur les vitamines et les minéraux (VMNIS) établi par l’OMS contient des données par pays sur la prévalence de l’anémie et sur les concentrations moyennes en hémoglobine (http://www.who.int/vmnis/indicators/haemoglobin/fr/). Il présente également les sources des données relatives à l’anémie et les critères d’inclusion dans la base de données sur l’anémie. Les données sont identifiées au moyen de recherches périodiques dans MEDLINE et par l’intermédiaire d’un réseau collaboratif international qui localise les sources de données non communiquées de manière systématique. Les études ou enquêtes sont intégrées dans la base de données de l’OMS s’il existe un cadre d’échantillonnage défini de la population, si des procédures d’échantillonnage probabiliste sont utilisées et si l’échantillon comprend au moins 100 individus (58). Sources des données Enquêtes en population menées auprès des ménages, avec estimation du taux d’hémoglobine des femmes en âge de procréer (15 à 49 ans). L’annexe 3 décrit les sources des données et les critères d’inclusion dans la base de données sur l’anémie. Qualité des données Le Système d'informations nutritionnelles sur les vitamines et les minéraux (VMNIS) établi par l’OMS comporte un ensemble de critères d’inclusion des données sur l’anémie. Lorsqu’une enquête potentiellement pertinente est identifiée et le rapport obtenu dans son intégralité, la cohérence des données est vérifiée dans le cadre du contrôle qualité systématique. Si nécessaire, on contacte les détenteurs des données pour obtenir des précisions ou des résultats supplémentaires. Les informations disponibles sont extraites et saisies sur un formulaire standard. Fréquence de collecte des données Tous les 3 à 5 ans. Recommandations en matière de collecte des données Estimation du taux d’hémoglobine Ces dernières décennies, la plupart des enquêtes en population ont recouru à un hémoglobinomètre portatif (tel que le système HemoCue) pour estimer l’hémoglobine (59). On peut mesurer ainsi l’hémoglobine chez les femmes en âge de procréer (15–49 ans) lors d’enquêtes auprès des ménages. L’emploi d’un hémoglobinomètre présente plusieurs avantages par rapport à la mesure du taux d’hématocrite dans le cadre d’enquêtes in situ, et c’est une méthode bien plus précise qu’un examen clinique, tout particulièrement en ce qui concerne la sensibilité.2 Les erreurs systématiques résultant d’une formation insuffisante du personnel de terrain à l’utilisation de l’hémoglobinomètre peuvent provoquer un biais significatif dans les estimations de la prévalence de l’anémie. La formation adéquate et uniforme du personnel de terrain à l’utilisation d’un hémoglobinomètre revêt par conséquent une importance cruciale. Nombre de pays ne disposant pas d’enquêtes représentatives au niveau national qui mesurent le taux d’hémoglobine, on s’appuie sur des estimations modélisées pour le suivi des progrès en direction des cibles mondiales relatives à l’anémie. Les différentes méthodes de modélisation sont décrites dans un autre document (58). Les enquêtes sont incluses dans le modèle si l’hémoglobine sanguine est mesurée, si l’anémie ou le taux d’hémoglobine moyen des femmes en âge de procréer est enregistré, si une procédure d’échantillonnage probabiliste, avec un cadre d’échantillonnage défini, est mise en œuvre, et si l’échantillon comprend au moins 100 individus. La modélisation utilise des données relatives aux femmes faisant partie du groupe en âge de procréer (15–49 ans) et exclut les taux d’hémoglobine <25 g/L et >200 g/L. Toutes les données concernant l’hémoglobine sont ajustées en fonction de l’altitude, comme décrit dans l’annexe 3. Aux fins de la modélisation, on estime la distribution complète de la concentration en hémoglobine pour chaque pays-année, avec une approche en population des facteurs de risques (uniquement par rapport à un risque élevé). Cette approche, qui repose sur le modèle bayésien hiérarchique mixte, permet des inférences cohérentes du taux d’hémoglobine moyen et de la prévalence de l’anémie à tous les degrés de sévérité. Le modèle est ajusté par des méthodes MCMC. Pour de plus amples informations à ce propos, voir Stevens et al., 2012 (58). L’annexe 3 décrit en détail l’évaluation des taux d’hémoglobine in situ au moyen d’un hémoglobinomètre portatif. 2 La sensibilité désigne la proportion de sujets d’une enquête qui sont diagnostiqués de façon précise au moyen d’une méthode (vrais positifs), parmi les sujets de l’enquête qui présentent une anémie (vrais positifs et faux négatifs Prévalence de l'anémie = *100 20 CADRE MONDIAL DE SUIVI DE LA NUTRITION : GUIDE PRATIQUE POUR LE SUIVI DES AVANCÉES PAR RAPPORT AUX CIBLES MONDIALES 2025 Recommandations en matière de notification Les données relatives à l’anémie seront présentées de manière désagrégée par âge, niveau d’études, lieu de résidence, région, situation vis-à-vis de la procréation (femme enceinte, allaitante) et catégorie socio- économique (quintile de richesse). Pour communiquer des données sur l’anémie chez les femmes en âge de procréer, les pays s’appuieront sur les seuils d’hémoglobine recommandés par l’OMS afin d’estimer le taux national de prévalence de l’anémie, même si une référence locale différente est utilisée. Le seuil d’hémoglobine chez les femmes enceintes et non enceintes âgées de 15 à 49 ans est respectivement <110 g/L et <120 g/L. Le taux d’hémoglobine sera ajusté en fonction de l’altitude et du tabagisme, au moyen des méthodes standard décrites dans l’annexe 3. Il est recommandé de rendre compte de la prévalence de l’anémie par degré de sévérité. Dans le cas des femmes non enceintes, les seuils d’hémoglobine correspondent à une anémie légère (110-119 g/L), modérée (80-109 g/L) ou grave (<80 g/L). L’annexe 3, Tableau A4, présente les taux d’hémoglobine correspondant à une anémie légère, modérée ou grave. Il se peut que certains pays se fondent sur une tranche d’âge différente pour les « femmes en âge de procréer », par exemple 15–44 ans. La tranche d’âge exacte évaluée devra être précisée lorsque les données relatives à la prévalence de l’anémie seront communiquées à l’OMS. Les données sur la prévalence de l’anémie dans le groupe cible devront provenir d’enquêtes transversales menées auprès des ménages et représentatives au niveau national. En général, les femmes non enceintes en âge de procréer qui sont en bonne santé ne viennent pas consulter dans les centres de santé. Les enquêtes réalisées dans ces établissements ne seront donc pas représentatives de l’ensemble des femmes de cette tranche d’âge. Certaines enquêtes peuvent n’inclure que les femmes non enceintes qui ont déjà un ou plusieurs enfants de moins de cinq ans, ce qui ne constitue pas un échantillon représentatif de l’ensemble des femmes non enceintes en âge de procréer. Les taux d’hémoglobine inférieurs à 80 g/L chez les femmes non enceintes ou les femmes allaitantes, et inférieurs à 70 g/L chez les femmes enceintes (anémie grave) devront être notifiés. PRÉVALENCE DE L'ANÉMIE GLOBALE (%) (TOUTES LES FEMMES) Pas de données 5-19.9 20-39.9 >= 40 21CADRE MONDIAL DE SUIVI DE LA NUTRITION : GUIDE PRATIQUE POUR LE SUIVI DES AVANCÉES PAR RAPPORT AUX CIBLES MONDIALES 2025 3.3 Insuffisance pondérale à la naissance MONDIALE 3 D’ici 2025, réduire de 30 % l’insuffisance pondérale à la naissance Le faible poids à la naissance, reste encore un important problème de santé publique. Il est associé à diverses conséquences délétères à court et long terme. La prévalence de l’insuffisance pondérale à la naissance varie toutefois au sein d’un même pays et entre les pays. C’est dans les pays à revenu faible ou intermédiaire que l’insuffisance pondérale à la naissance est la plus fréquente, et surtout parmi les populations les plus vulnérables. Dans les pays à revenu faible, une proportion importante des accouchements ayant lieu à domicile ou dans de petits établissements de santé, les chiffres officiels ne les font pas apparaître, ce qui peut aboutir à une sous-estimation de la prévalence de l’insuffisance pondérale à la naissance. Malgré des données limitées et peu fiables, il convient de souligner que les taux d’insuffisance pondérale à la naissance sont très élevés. Cette cible suppose de réduire de 30 % en termes relatifs, d’ici 2025, le nombre d’enfants dont le poids de naissance est inférieur à 2500 g. Cela représenterait une baisse annuelle de 2,7 % en termes relatifs entre 2012 et 2025 (60). Intitulé de l’indicateur Incidence de l’insuffisance pondérale à la naissance parmi les nouveau-nés. Definición L’incidence de l’insuffisance pondérale à la naissance est définie comme le pourcentage des nouveau-nés vivants pesant moins de 2500 g sur le nombre total de naissances vivantes au cours de la même période. L’OMS définit l’insuffisance pondérale à la naissance comme un poids inférieur à 2500 g (61). MÉTHODE D’ESTIMATION Numérateur Nombre de nouveau-nés pesant moins de 2500 g à la naissance. Dénominateur Nombre total de naissances vivantes. Nombre de nouveau-nés pesant moins de 2500 g sur une année donnée Nombre total de naissances vivantes sur une année donnée Procédures d’ajustement Les données d’enquête sur l’insuffisance pondérale à la naissance sont limitées, car, dans les pays à revenu faible, la plupart des enfants naissent à la maison et ne sont pas pesés à la naissance. Cependant, diverses méthodes ont été élaborées pour prendre en compte ce problème et réaliser des estimations nationales (62). L’annexe 4 décrit en détail les procédures d’ajustement des données relatives à l’insuffisance pondérale à la naissance. Disponibilité des données L’UNICEF tient à jour une base de données mondiale (http://data.unicef.org/topic/nutrition/low- birthweight/), avec des ajustements à partir des données des enquêtes, qui sont principalement les enquêtes démographiques et de santé (EDS) ainsi que les enquêtes en grappes à indicateurs multiples (MICS) développées par l’UNICEF. Les estimations administratives sont utilisées lorsque le pourcentage de nouveau-nés pesés est élevé. *100 Gates/Frederic Coubert Taux d'incidence du faible poids de naissance = 22 CADRE MONDIAL DE SUIVI DE LA NUTRITION : GUIDE PRATIQUE POUR LE SUIVI DES AVANCÉES PAR RAPPORT AUX CIBLES MONDIALES 2025 Sources des données Registres des accouchements (systèmes d’information sur la gestion sanitaire). Ils renseignent sur l’incidence de l’insuffisance pondérale à la naissance parmi les nouveau-nés dont la mère a accouché dans un établissement de santé. Les enquêtes en population menées auprès des ménages pour recueillir des données sur le poids de naissance et la taille relative des nouveau-nés permettent d’ajuster les valeurs même si de nombreux enfants ne sont pas pesés à leur naissance. On peut aussi trouver des données dans les systèmes de collecte systématique d’informations au sein des établissements de santé. Pour les pays à revenu élevé, les principales sources d’information concernant l’insuffisance pondérale à la naissance sont les données sur les services de santé et les systèmes nationaux d’enregistrement des naissances. Pour les pays à revenu faible ou intermédiaire, les estimations de l’insuffisance pondérale à la naissance proviennent essentiellement des enquêtes nationales auprès des ménages et des systèmes de notification systématique. Avant 1990, dans les pays à revenu faible, la plupart des estimations de l’insuffisance pondérale à la naissance reposaient sur les données des établissements de santé. Elles étaient le plus souvent biaisées, car, en général, les accouchements ne se déroulaient pas dans un établissement. De plus, les naissances ayant lieu dans un établissement de santé ne représentaient qu’un échantillon de l’ensemble des naissances. Depuis 1990, à la place des données recueillies au sein des établissements, des informations sur le poids de naissance sont collectées systématiquement auprès des mères participant aux enquêtes menées auprès des ménages qui sont représentatives au niveau national (EDS et MICS). Fréquence de la collecte des données En continu. Recommandations en matière de collecte des données Pour que la pesée soit précise, il faut une balance régulièrement calibrée, avec une précision de mesure d’au moins 10 g et une technique de lecture correcte. La préférence numérique (tendance à arrondir la valeur mesurée) est souvent observée pour les données sur le poids à la naissance, surtout les valeurs autour de 500 g, ce qui peut affecter l’estimation de l’incidence de l’insuffisance pondérale à la naissance dans une population. Seules l’analyse et la communication régulières de données aux personnes pesant les nouveau-nés permettent de remédier à cette pratique. L’arrondi à la hausse ou à la baisse est très fréquent avec une balance. Le poids du nouveau-né n’est alors pas correctement relevé, et cela peut aussi fausser les taux d’insuffisance pondérale à la naissance notifiés pour une population donnée. Pour de plus amples informations à ce propos, voir UNICEF et OMS, 2004 (63). L’enfant sera pesé dans les 24 heures qui suivent sa naissance (dans l’idéal sous 12 heures, car la perte d’eau entraîne une diminution de son poids (64). Le poids effectif du nouveau-né sera noté, avec le degré de précision de la mesure. Même si les tableaux statistiques peuvent indiquer le poids de naissance par tranches de 500 g, il convient de noter le poids exact du nouveau-né. Recommandations en matière de notification Les données désagrégées au niveau national seront présentées par sexe, lieu de résidence, région, âge gestationnel (prématurité), catégorie socio-économique (quintile de richesse) et niveau d’études de la mère. La limite de notification inférieure recommandée par l’OMS est de 500 g. La définition ne prenant en compte que les naissances vivantes, il est vivement recommandé d’exprimer les estimations en proportion des naissances vivantes. Les données peuvent être présentées sous la forme de tableaux indiquant le pourcentage des nouveau- nés pesant moins de 2500 g ou le poids : poids de naissance très faible (moins de 1500 g) ou extrêmement faible (moins de 1000 g). Ces catégories ne s’excluent pas mutuellement. Si le poids est indiqué par 500 g, les plages seront les suivantes : 500–999 g, 1000–1499 g, 1500–1999 g, etc. Pour de plus amples informations à ce propos, voir UNICEF et OMS, 2004 (63). 23CADRE MONDIAL DE SUIVI DE LA NUTRITION : GUIDE PRATIQUE POUR LE SUIVI DES AVANCÉES PAR RAPPORT AUX CIBLES MONDIALES 2025 Dans beaucoup de pays, la surcharge pondérale chez les enfants prend des proportions alarmantes et constitue un problème grave auquel il faut remédier de toute urgence. Sa prévalence s’accroît rapidement, y compris dans un grand nombre de pays à revenu faible ou intermédiaire. En 2016, au moins 40,6 millions d’enfants de moins de cinq ans sont en surpoids ou obèses, et la plupart vivent dans des pays à revenu faible ou intermédiaire (9). Et la lutte contre l’obésité de l’enfant ne progresse que lentement et de façon irrégulière. La Commission sur les moyens de mettre fin à l’obésité de l’enfant (ECHO) a été créée en 2014 dans l’objectif d’examiner et de corriger les lacunes des mandats et des stratégies. Elle a présenté en janvier 2016 son rapport final au Directeur général de l’OMS, lors de la 138e session du Conseil exécutif de l’organisation (65, 66). Ce rapport attire l’attention sur la progression alarmante de l’obésité chez l’enfant et sur la grave menace que ce phénomène constitue pour la santé des enfants et des adultes. Après avoir consulté plus de 100 États Membres de l’OMS, la Commission a élaboré un ensemble de recommandations pour lutter contre l’obésité des enfants et des adolescents, dans différents contextes. La cible mondiale 4 suppose que la prévalence mondiale de 6 % estimée pour 2012 n’ait pas augmenté en 2025 (9). Or, on observe à l’échelle planétaire une tendance à une hausse lente, mais continue de la surcharge pondérale chez l’enfant, et plus forte dans les pays où les systèmes alimentaires sont en expansion rapide, par exemple en Afrique du Nord. Les données nationales et régionales en provenance des pays à revenu élevé indiquent une augmentation plus faible de l’obésité de l’enfant parmi les catégories socio-économiques supérieures. De leur côté, les pays à revenu faible ou intermédiaire ont peu d’expérience en matière de programmes. Les programmes destinés à endiguer l’obésité chez l’enfant ciblent principalement les enfants d’âge scolaire (1). Il faudrait que les programmes visant à réduire les retards de croissance s’attachent également à prévenir la surcharge pondérale chez l’enfant. 3.4 Surcharge pondérale chez les enfants de moins de cinq ans CIBLE MONDIALE 4 D’ici 2025, pas d’augmentation du pourcentage d’enfants en surcharge pondérale Gates/Patricia Rincon 24 CADRE MONDIAL DE SUIVI DE LA NUTRITION : GUIDE PRATIQUE POUR LE SUIVI DES AVANCÉES PAR RAPPORT AUX CIBLES MONDIALES 2025 Intitulé de l’indicateur Enfants de moins de cinq ans en surcharge pondérale. Définition Prévalence chez les enfants de 0 à 59 mois d’un poids pour la taille supérieur de 2 ET à la médiane des Normes OMS de croissance de l’enfant. MÉTHODE D’ESTIMATION Numérateur Nombre d’enfants de 0 à 59 mois présentant une surcharge pondérale. Dénominateur Nombre total d’enfants de 0 à 59 mois qui ont été mesurés. Nombre d'enfants de 0 à 59 mois présentant une surcharge pondérale Nombre total d'enfants de 0 à 59 mois qui ont été mesurés Disponibilité des données Depuis 1989, l’OMS tient à jour la base de données mondiale sur la croissance et la malnutrition des enfants (http://www.who.int/nutgrowthdb/en/), qui comporte des enquêtes en population répondant à un ensemble de critères. La validité et la cohérence des données sont vérifiées et les séries de données brutes analysées selon une procédure standard, afin que les résultats soient comparables. La prévalence supérieure aux seuils définis concernant le poids pour la taille et l’IMC pour l’âge chez les enfants d’âge préscolaire sont présentés sous la forme de z scores sur la base des Normes OMS de croissance de l’enfant. À propos de la disponibilité et de la qualité des données, qui sont les mêmes pour la surcharge pondérale, voir la section consacrée au retard de croissance. Sources des données Les sources des données sont les enquêtes nutritionnelles, toutes les autres enquêtes en population qui comportent des modules relatifs à la nutrition, et les systèmes de surveillance. La méthodologie et les procédures pour la base de données, notamment les sources des données, les critères d’inclusion, le contrôle de la qualité des données et l’ordonnancement des opérations dans la base de données, sont décrits en détail dans un autre document (67). Fréquence de la collecte des données Tous les 3 à 5 ans. Recommandations en matière de collecte des données La longueur/taille et le poids de l’enfant sont mesurés avec des procédures standard (51-53). Voir l’annexe 2 pour une description détaillée des mesures de la longueur/taille et du poids, ainsi que pour la formation des personnes effectuant les mesures et les méthodes de standardisation que ces personnes doivent appliquer. Longueur/taille Les enfants de moins de 24 mois sont mesurés couchés, et ceux de 24 mois et plus debout. L’annexe 2 présente une vue d’ensemble des procédures de mesure de la longueur/taille. Poids L’enfant et sa mère peuvent être pesés au moyen d’une balance électronique, qui est généralement solide et flexible. On peut tout d’abord peser la mère avec l’enfant, puis la mère seule. Cette méthode se révèle utile si l’enfant s’agite ou si l’utilisation d’une nacelle ou d’un pantalon de pesée le panique. Autre avantage de cette méthode : le poids de la mère est lui aussi noté. L’annexe 5 décrit plus en détail la mesure du poids. Pour de plus amples informations sur les mesures anthropométriques, voir également le cours de formation OMS à l’évaluation de la croissance de l’enfant (51, 52) et Cogill, 2003 (53). Recommandations en matière de notification Les données désagrégées seront présentées par sexe, lieu de résidence, région, catégorie socio- économique (quintile de richesse) et niveau d’études de la mère. *100Prévalence du surpoids = 25CADRE MONDIAL DE SUIVI DE LA NUTRITION : GUIDE PRATIQUE POUR LE SUIVI DES AVANCÉES PAR RAPPORT AUX CIBLES MONDIALES 2025 Am y Co tt er /U SA ID L’allaitement exclusif au sein assure une nutrition optimale à un nourrisson en croissance. Le lait maternel contient en effet des minéraux et des nutriments appropriés pour les six premiers mois de la vie. Il contient aussi des éléments immunitaires et cellulaires, ainsi que d’autres facteurs de défense de l’hôte, qui protègent contre les infections. L’OMS recommande le démarrage de l’allaitement au sein dans l’heure qui suit la naissance, l’allaitement exclusif au sein au cours des six premiers mois de la vie et la poursuite de l’allaitement au sein jusqu’à l’âge de deux ans voire au-delà (68). En général, le taux mondial d’allaitement exclusif au sein est faible. Dans les pays en développement, l’absence d’allaitement au sein, et tout particulièrement d’allaitement exclusif au sein au cours des six premiers mois de la vie, constitue un important facteur de risque de morbidité et de mortalité pour les nourrissons et les enfants, surtout à la suite d’une maladie diarrhéique ou d’une infection respiratoire aiguë (69). D’après la série d’études sur l’allaitement au sein publiées dans The Lancet, si l’allaitement au sein devenait quasi universel, on éviterait chaque année 823 000 décès d’enfants de moins de cinq ans et 20 000 décès dus à un cancer du sein (70). On observe ces bénéfices pour les femmes et les enfants dans tous les pays, riches ou pauvres. Pour atteindre cette cible, il faudrait que le taux mondial d’allaitement exclusif au sein, estimé à 38 % pour la période 2006–2010, passe à 50 % d’ici 2025 (1). Cela représenterait une hausse annuelle d’un point de pourcentage, soit 10 millions d’enfants de plus allaités exclusivement au sein jusqu’à l’âge de six mois. Intitulé de l’indicateur Allaitement exclusif au sein des nourrissons de moins de six mois. Définition Pourcentage de nourrissons de moins de six mois qui sont nourris exclusivement avec du lait maternel. MÉTHODE D’ESTIMATION Numérateur Nombre de nourrissons de moins de six mois qui sont allaités exclusivement au sein (c’est-à-dire qui ne reçoivent aucune autre forme de nourriture ou de boisson, eau y compris). Denominator Nombre total de nourrissons de moins de six mois étudiés. Nombre de nourrissons de moins de six mois nourris exclusivement avec du lait maternel au cours des 24 heures précédentes Nombre total de nourrissons de moins de six mois étudiés Fréquence des mesures Tous les 3 à 5 ans. 3.5 Allaitement exclusif au sein des enfants de six mois ou moins CIBLE MONDIALE 5 D’ici 2025, porter les taux d’allaitement exclusif au sein au cours des six premiers mois de la vie à au moins 50 % G at es /J ak e Ly el l Allaitement exclusif au sein = *100 26 CADRE MONDIAL DE SUIVI DE LA NUTRITION : GUIDE PRATIQUE POUR LE SUIVI DES AVANCÉES PAR RAPPORT AUX CIBLES MONDIALES 2025 Disponibilité des données L’UNICEF dispose d’une base de données mondiale sur l’allaitement exclusif (http://data.unicef.org/ nutrition). Au niveau du Bureau régional pour l’Europe, le Programme de l’OMS sur la nutrition, l’activité physique et l’obésité compile des informations nationales sur l’allaitement au sein. Les données des pays à revenu élevé concernent, pour une large part, l’allaitement exclusif au sein à l’âge de six mois, d’où des estimations plus faibles que celles provenant de la mesure standard de l’allaitement exclusif au sein, exprimée en tant que moyenne sur les six premiers mois. Sources des données Enquêtes en population auprès des ménages. Recommandations en matière de collecte des données Les recommandations relatives à la définition de l’indicateur, les questions types et les informations pratiques pour l’allaitement exclusif au sein figurent dans les publications OMS 2008 (31) et OMS 2010 (80). Une majorité de pays notifient les données relatives à cet indicateur par l’intermédiaire des EDS et des MICS qui sont conformes aux recommandations de l’OMS. Recommandations en matière de notification Lorsque la taille de l’échantillon le permet, les données désagrégées seront présentées par sexe, lieu de résidence, catégorie socio-économique (quintile de richesse) et niveau d’études de la mère. On peut procéder à une désagrégation supplémentaire par tranche d’âge, par exemple 0–2 mois, 3–5 mois. © UNICEF/UNI194033/Zavalnyuk 27CADRE MONDIAL DE SUIVI DE LA NUTRITION : GUIDE PRATIQUE POUR LE SUIVI DES AVANCÉES PAR RAPPORT AUX CIBLES MONDIALES 2025 En 2016, l’émaciation a continué de menacer la vie de 51,7 millions d’enfants de moins de cinq ans (9). Les enfants émaciés ont un risque de morbidité et de mortalité plus élevé. Il est essentiel de lutter contre ce problème afin de prévenir le risque de maladie et de mortalité chez l’enfant. L’amélioration de la survie des enfants dépend de la prévention de l’émaciation et de la capacité à administrer rapidement un traitement adapté, qui sauvera la vie des enfants émaciés. On considère qu’un enfant est émacié si son poids est nettement inférieur au poids attendu pour un enfant de cette taille. L’émaciation est un signe de sous-alimentation existante ou aiguë, résultant de l’impossibilité d’atteindre le poids attendu ou d’une perte de poids. Elle est principalement due à un apport alimentaire insuffisant, à des pratiques d’alimentation inappropriées, à une infection ou, bien souvent, à la combinaison de ces trois facteurs. L’émaciation, c’est-à-dire un faible poids pour la taille, est un signe permettant de repérer les enfants qui souffrent de sous-alimentation existante ou aiguë. On peut la mesurer même lorsqu'il est difficile de déterminer l'âge exact de l’enfant. Le rapport poids/taille couchée (enfants de moins de deux ans) ou le rapport poids/taille debout (enfants de plus de deux ans) permet d’examiner des effets à court terme, tels que les pénuries alimentaires saisonnières, un apport alimentaire insuffisant ou une infection comme une gastroentérite ou une infection respiratoire aiguë. En raison de sa sensibilité à des effets à court terme, on se fonde sur l’émaciation pour le dépistage ou pour le ciblage d’interventions dans une situation d’urgence, et parfois pour la notification annuelle. Les utilisateurs doivent savoir que l’émaciation peut avoir une forte dimension saisonnière, et que la notification doit donc inclure des données contextuelles. Cette cible suppose que la prévalence mondiale de l’émaciation chez l’enfant, de 8,6 % selon les estimations pour 2012, devrait être ramenée à moins de 5 % d’ici 2025 et maintenue en dessous de ce niveau (60). Pendant la période 2005–2010, 53 pays ont fait état de taux d’émaciation supérieurs à 5 % au moins une fois. La réduction de l’émaciation exige la mise en œuvre d’interventions préventives, telles que l’amélioration de l’accès à des aliments de qualité et aux soins de santé, l’amélioration de la nutrition et des connaissances et des pratiques en matière de santé; la promotion de l’allaitement au sein exclusif pendant les six premiers mois de la vie et la promotion de pratiques améliorées en matière d’alimentation de complément pour tous les enfants âgés de 6 à 24 mois, ainsi que l’amélioration des systèmes d’approvisionnement en eau et d’assainissement et de l’hygiène pour protéger les enfants contre les maladies transmissibles. 3.6 Émaciation chez les enfants de moins de cinq ans CIBLE MONDIALE 6 D’ici 2025, réduire et maintenir au-dessous de 5% l’émaciation chez l’enfant Gates/Peter DiCampo 28 CADRE MONDIAL DE SUIVI DE LA NUTRITION : GUIDE PRATIQUE POUR LE SUIVI DES AVANCÉES PAR RAPPORT AUX CIBLES MONDIALES 2025 Intitulé de l’indicateur Enfants de moins de cinq ans présentant une émaciation (modérée ou grave). Définition Pourcentage d’enfants présentant une émaciation (modérée ou grave) âgés de 0 à 59 mois (émaciation modérée = rapport poids/taille entre <-2 et >-3 ET à la médiane des Normes OMS de croissance de l’enfant ; émaciation grave = rapport poids/taille inférieur de 3 ET à la médiane des Normes OMS de croissance de l’enfant). MÉTHODE D’ESTIMATION Numérateur Nombre d’enfants de 0 à 59 mois présentant une émaciation. Dénominateur Nombre total d’enfants de 0 à 59 mois. Nombre d'enfants de 0 à 59 mois présentant une émaciation Nombre total d'enfants de 0 à 59 mois étudiés Fréquence des mesures Tous les 3 à 5 ans. Disponibilité des données Depuis 1989, L’OMS tient à jour la base de données mondiale sur la croissance et la malnutrition des enfants. Cette base de données inclut des enquêtes en population qui comportent des mesures anthropométriques d’échantillons représentatifs d’enfants de moins de cinq ans. Sources des données Les principales sources des données sont les enquêtes en population menées auprès des ménages, comportant des données anthropométriques, ainsi que les systèmes nationaux de surveillance nutritionnelle. Calidad de los datos L’OMS gère la base de données mondiale sur la croissance et la malnutrition des enfants, qui comporte des enquêtes en population répondant à un ensemble de critères. La validité et la cohérence des données sont vérifiées et les séries de données brutes analysées selon une procédure standard, afin que les résultats soient comparables. Recommandations en matière de collecte des données Le poids et la taille des enfants seront mesurés au moyen de méthodes standard. Les enfants de moins de 24 mois seront mesurés en position couchée, et les enfants de 24 mois et plus en position debout. L’annexe 2 et l’annexe 5 décrivent en détail les mesures de la taille et du poids, ainsi que la formation des personnes effectuant les mesures et les méthodes de standardisation que ces personnes doivent appliquer. Pour des informations supplémentaires sur les mesures anthropométriques, voir également le cours de formation OMS sur l’évaluation de la croissance de l’enfant (51, 52) et Cogill, 2003 (53). Recommandations en matière de notification L’OMS définit le degré d’émaciation (émaciation modérée ou aiguë) dans ses Normes de croissance de l’enfant relatives au rapport poids/taille (71). La prévalence de l’émaciation chez les enfants de moins de cinq ans sera présentée sous une forme désagrégée, par âge, sexe, lieu de résidence, région, catégorie socio-économique et niveau d’études de la mère. Elle sera également présentée par degré de sévérité : émaciation modérée (z score du rapport poids/taille entre <-2 et >-3 ET) ou grave (z score du rapport poids/taille inférieur à -3 ET). *100 Pourcentage d'enfants ayant perdu leurs enfants = Indicateurs de résultats intermédiaires, indicateurs de processus et indicateurs concernant l’environnement politique et les capacités 32 CADRE MONDIAL DE SUIVI DE LA NUTRITION : GUIDE PRATIQUE POUR LE SUIVI DES AVANCÉES PAR RAPPORT AUX CIBLES MONDIALES 2025 4.1 Indicateurs de résultats intermédiaires 4.1.1 Couverture du traitement de la diarrhée L’indicateur initial relatif à la diarrhée était la « prévalence de la diarrhée chez les enfants de moins de 5 ans ». Par le passé, au sein de l’OMS, le Département Santé de la mère, du nouveau-né, de l'enfant et de l’adolescent disposait de données sur la prévalence de la diarrhée qui provenaient d’enquêtes nationales auprès des ménages. Ces données ne sont aujourd’hui plus recueillies, car la diarrhée est une affection saisonnière et il ne serait guère pertinent de déterminer une prévalence ponctuelle moyenne au niveau national. Cependant, la base de données mondiale de l’OMS comportera un indicateur relatif à la couverture du traitement de la diarrhée à base de solutions de réhydratation orale (SRO). En outre, dans les 100 indicateurs sanitaires de base, l’indicateur relatif à la diarrhée est intitulé « Enfants souffrant de diarrhée recevant une solution de réhydratation orale (SRO) ». La diarrhée est définie comme l’émission d’au moins trois selles molles ou liquides par jour (ou l’émission de selles plus fréquemment que ce n’est normalement le cas pour un individu donné). Ni l’émission fréquente de selles formées, ni l’émission de selles molles, « pâteuses » par un nourrisson allaité au sein, ne constitue une diarrhée. La diarrhée est l’une des principales causes de mortalité chez l’enfant : en 2015, elle a provoqué dans le monde 9 % du nombre total des décès d’enfants de moins de cinq ans (72). Sa prévalence est plus élevée dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, en raison du manque d’eau potable, d’assainissement et d’hygiène, ainsi que d’un état de santé et d’un état nutritionnel globalement médiocres (34, 35). La plupart des décès imputables à la diarrhée chez les enfants de moins de cinq ans sont survenus en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud. Malgré cette forte charge de mortalité, on constate un recul du nombre annuel des décès dus à la diarrhée parmi les enfants de moins de cinq ans. Sur les 15 dernières années, ce nombre a diminué de plus de 50 %, passant de plus de 1,2 million en 2000 à un demi- million en 2015. On pourrait éviter la plupart de ces décès en recourant à des sels de réhydratation orale et à une supplémentation en zinc pendant les épisodes de diarrhée, ainsi qu’à des interventions de base pour améliorer l’eau potable, l’assainissement et l’hygiène (WASH) (73, 74). D’après les estimations, l’utilisation de SRO pourrait, à elle seule, éviter 93 % des décès consécutifs à une diarrhée, et le zinc réduire de 23 % le nombre de décès imputables à la diarrhée. Intitulé de l’indicateur Enfants de moins de cinq ans souffrant de diarrhée recevant une solution de réhydratation orale (SRO). Définition Pourcentage d’enfants de moins de cinq ans ayant souffert de diarrhée au cours des deux semaines précédentes qui reçoivent des sachets ou un liquide préconditionné pour la réhydratation orale. MÉTHODE D’ESTIMATION Numérateur Nombre d’enfants de moins de cinq ans ayant souffert de diarrhée au cours des deux semaines précédant l’enquête qui reçoivent des sachets ou un liquide préconditionné pour la réhydratation orale. Dénominateur Enfants de moins de cinq ans ayant souffert de diarrhée au cours des deux semaines précédant l’enquête. Nombre d'enfants de moins de cinq ans ayant souffert de diarrhée au cours des deux semaines précédant l'enquête et recevant des sachets de SRO Nombre d'enfants ayant souffert de diarrhée au cours des deux semaines précédant l'enquête Note : Cet indicateur peut aussi être calculé pour les enfants de moins de cinq ans souffrant de diarrhée qui reçoivent une solution de réhydratation orale (SRO) et une supplémentation en zinc ou un traitement de réhydratation orale et du zinc, en fonction des directives nationales existantes. Fréquences de la collecte des données Tous les 3 à 5 ans. Disponibilité des données Les données proviennent d’un réexamen des microdonnées des enquêtes démographiques et des enquêtes en grappes à indicateurs multiples (MICS). Ces microdonnées sont rendues publiques et se fondent sur les définitions standard des indicateurs, telles que publiées dans les EDS ou dans les documents de l’UNICEF (https://data.unicef.org/topic/child-health/diarrhoeal-disease/). Sources des données Les données proviennent principalement des enquêtes auprès des ménages. Les autres sources de données pourraient être les systèmes d’information des établissements de soins qui collectent systématiquement des données. Recommandations en matière de notification Quand la taille de l’échantillon le permet, cet indicateur sera présenté sous une forme désagrégée, par âge, sexe, lieu de résidence et catégorie socio-économique. *100 Pourcentage d'enfants recevant des solutions SRO = 33CADRE MONDIAL DE SUIVI DE LA NUTRITION : GUIDE PRATIQUE POUR LE SUIVI DES AVANCÉES PAR RAPPORT AUX CIBLES MONDIALES 2025 Sur les 15 dernières années, le nombre de décès dus à la diarrhée a diminué de plus de 50 %, passant de plus de 1,2 million en 2000 à un demi-million en 2015 © U N IC EF /U N 05 70 61 /A bu ba ka r 34 CADRE MONDIAL DE SUIVI DE LA NUTRITION : GUIDE PRATIQUE POUR LE SUIVI DES AVANCÉES PAR RAPPORT AUX CIBLES MONDIALES 2025 4.1.2 Faible indice de masse corporelle chez les femmes de 15 à 49 ans L’indice de masse corporelle (IMC) est le poids d’une personne en kilogrammes, divisé par le carré de sa taille en mètres. Il s’agit d’une méthode simple et peu coûteuse pour repérer l’insuffisance pondérale, le poids normal, la surcharge pondérale (le surpoids) et l’obésité. On considère qu’un IMC inférieur à 18,5 kg/m2 indique une insuffisance pondérale, ou faible IMC. Intitulé de l’indicateur Pourcentage de femmes en âge de procréer présentant une insuffisance pondérale. Définition Pourcentage de femmes de 15 à 49 ans présentant un faible IMC (<18,5 kg/m2), exception faite des femmes enceintes. MÉTHODE D’ESTIMATION Numérateur Nombre de femmes non enceintes âgées de 15 à 49 ans présentant un faible IMC (<18,5 kg/m2) Dénominateur Nombre total de femmes non enceintes âgées de 15 à 49 ans. Nombre de femmes non enceintes âgées de 15 à 49 ans dans l^' échantillon qui ont un IMC <18,5 kg/m² Nombre total de femmes non enceintes âgées de 15 à 49 ans dans l'échantillon Fréquence de la collecte des donnée Tous les 3 à 5 ans. Disponibilité des données La NCD Risk Factor Collaboration (NCD-RisC) procède, pour les différents pays, à des estimations concernant la population âgée de 18 ans et plus, et continuera de réviser ses estimations à intervalles réguliers. Les méthodes employées sont décrites en détail dans un autre document (75). La tranche d’âge retenue est celle des femmes en âge de procréer, et correspond au groupe cible habituellement évalué dans les enquêtes nationales auprès des ménages. Les pays qui évaluent séparément la croissance des adolescentes et qui ont adopté la référence OMS 2007 pour la croissance peuvent communiquer une estimation distincte en se fondant sur le seuil d’IMC-pour-l’âge <-2 ET pour la tranche d’âge des 15–18 ans (max. 19,0 ans) et le seuil fixe <18,5 kg/m2 pour leur population adulte de sexe féminin (femmes non enceintes) âgée au maximum de 50 ans. Sources des données Enquêtes en population auprès des ménages, systèmes nationaux de surveillance. Recommandations en matière de notification Le pourcentage de femmes non enceintes âgées de 15 à 49 ans présentant un faible IMC (<18,5 kg/m2) sera désagrégé par âge et niveau d’études, lieu de résidence et catégorie socio-économique. *100 ®UNICEF/Gabe Bienczycki Pourcentage de femmes ayant un IMC faible = 35CADRE MONDIAL DE SUIVI DE LA NUTRITION : GUIDE PRATIQUE POUR LE SUIVI DES AVANCÉES PAR RAPPORT AUX CIBLES MONDIALES 2025 4.1.3 Taux de natalité des adolescentes Dans le monde, en 2015, le taux de natalité des adolescentes ressortait à 44,1 pour 1 000 femmes de 15 à 19 ans. Il était le plus élevé dans la Région africaine de l’OMS (100,3/1 000) et le plus bas dans la Région du Pacifique occidental (15,3/1 000) (76). Les principaux déterminants de la grossesse chez une adolescente sont le mariage précoce, la coercition sexuelle et le manque d’accès et d’utilisation d’une méthode contraceptive (77, 78). Intitulé de l’indicateur Taux de natalité des adolescentes (pour 1 000 filles de 15 à 19 ans). Définition Nombre annuel de naissances chez les femmes de 15 à 19 ans pour 1 000 femmes de cette tranche d’âge. Également appelé taux de fécondité par âge chez les femmes de 15 à 19 ans. MÉTHODE D’ESTIMATION Numérateur Nombre de naissances vivantes chez les femmes âgées de 15 à 19 ans au moment de la naissance, sur une année donnée. Dénominateur Nombre total de femmes de 15 à 19 ans la même année. Le taux de natalité des adolescentes est généralement calculé sous la forme d’un ratio. Le numérateur est le nombre de naissances vivantes chez les femmes de 15 à 19 ans, et le dénominateur le nombre total de femmes de 15 à 19 ans. Le numérateur et le dénominateur sont calculés différemment pour les données d’état civil, d’enquête et de recensement. Nombre de naissances vivantes chez les femmes de 15 à 19 ans sur une année Nombre total de femmes de 15 à 19 ans sur une année Si ces chiffres sont disponibles, on peut aussi calculer le taux de natalité des adolescentes de moins de 15 ans. Données d’état civil Dans le cas de données d’état civil, le numérateur est le nombre enregistré d’enfants vivants nés de femmes âgées de 15 à 19 ans au cours d’une année donnée, et le dénominateur la population recensée ou estimée de femmes âgées de 15 à 19 ans cette année-là. Données d’enquête Dans le cas de données d’enquête, le taux de natalité des adolescentes est généralement calculé sur la base de récits rétrospectifs. Le numérateur se réfère aux enfants nés de femmes âgées de 15 à 19 ans au moment de l’accouchement, au cours d’une période de référence antérieure à l’enquête, et le dénominateur est le nombre total de femmes âgées de 15 et 19 ans sur cette période de référence qui ont été interrogées. La période de référence correspond, dans la mesure du possible, aux cinq années précédant l’enquête, et l’année d’observation au milieu de cette période de référence. Pour certaines enquêtes, aucun récit rétrospectif n’est disponible et l’estimation se fonde sur la date du dernier accouchement ou sur le nombre d’accouchements au cours des 12 mois précédant l’enquête. Données de recensement Dans le cas de données de recensement, le taux de natalité des adolescentes est généralement calculé sur la base de la date du dernier accouchement ou du nombre d’accouchements au cours des 12 mois précédant le recensement. Celui-ci fournit les taux à la fois pour le numérateur et pour le dénominateur. Dans certains cas, les taux provenant de recensements sont corrigés pour tenir compte de la sous- déclaration, sur la base d’une estimation indirecte. Fréquence de la collecte des données Annuelle. Disponibilité des données La Division de la population des Nations Unies compile et met à jour des données sur les taux de natalité des adolescentes. Des estimations fondées sur l’état civil sont présentées lorsque le pays indique un taux de couverture d’au moins 90 % et lorsqu’il existe une concordance raisonnable entre les estimations relatives à l’état civil et les estimations des enquêtes. Les estimations des enquêtes ne sont communiquées qu’en l’absence de données d’état civil fiables (http://www.un.org/en/development/desa/population/ publications/dataset/fertility/adolescent-rate.shtml). Sources des données Les systèmes d’enregistrement de l’état civil qui offrent une couverture complète sont les sources privilégiées pour le recueil de données. Les autres sources de données sont notamment les recensements de population et les enquêtes auprès des ménages. Recommandations en matière de collecte des données Dans les pays où les données d’état civil ou de recensement de la population ne sont pas disponibles ou sont obsolètes, cet indicateur devra être établi à partir d’enquêtes auprès des ménages qui seront représentatives au niveau national. Recommandations en matière de notification Les données désagrégées seront présentées par situation matrimoniale, niveau d’études, lieu de résidence et catégorie socio-économique (quintile de richesse). *1000Taux de fécondité chez l'adolescent = 36 CADRE MONDIAL DE SUIVI DE LA NUTRITION : GUIDE PRATIQUE POUR LE SUIVI DES AVANCÉES PAR RAPPORT AUX CIBLES MONDIALES 2025 4.1.4 Surpoids et obésité chez les femmes de 18 ans et plus D’après les estimations de l’OMS, la prévalence du surpoids chez les femmes est passée de 36,8 % en 2010 à 39,2 % en 2016. La Région où cette prévalence est la plus élevée est la Région des Amériques, avec 60,9 % de femmes en surpoids, suivie de l’Europe (54,3 %) et de la Méditerranée orientale (52,6 %) (79). Intitulé de l’indicateur Prévalence standardisée selon l’âge du surpoids et de l’obésité chez les femmes de 18 ans et plus. Définition Pourcentage de femmes non enceintes (de 18 ans et plus) en surpoids (IMC ≥25 kg/m2) ou obèses (IMC ≥30 kg/m2) L’IMC est calculé en divisant le poids du sujet en kilogrammes par sa taille en mètres carrés. On définit le surpoids comme le fait de présenter un IMC ≥25 kg/m2 et l’obésité comme le fait de présenter un IMC ≥30 kg/m2. MÉTHODE D’ESTIMATION Numérateur Nombre de femmes non enceintes de 18 ans et plus qui sont en surpoids et nombre de femmes non enceintes de 18 ans et plus qui sont obèses. Dénominateur Toutes les femmes non enceintes âgées de 18 ans et plus. Nombre de femmes non enceintes de 18 ans et plus dans l' échantillon qui présentent un IMC ≥25 kg/m² Nombre total de femmes non enceintes de 18 ans et plus dans l'échantillon Nombre de femmes non enceintes de 18 ans et plus dans l' échantillon qui présentent un IMC ≥30 kg/m² Nombre total de femmes non enceintes de 18 ans et plus dans l'échantillon Fréquence de la collecte des données Tous les 3 à 5 ans. Disponibilité des données Le répertoire de l’Observatoire mondial de la santé comporte des données à la fois sur le surpoids et sur l’obésité chez les femmes (http://apps.who.int/gho/data/node.main.A896?lang=en) La NCD Risk Factor Collaboration (NCD-RisC) procède pour les différents pays à des estimations concernant la population âgée de 18 ans et plus, et continuera à actualiser ces estimations à intervalles réguliers (http://www. ncdrisc.org/about-us.html). Sources des données Enquêtes en population (de préférence) représentatives au niveau national, dans lesquelles la taille et le poids des femmes adultes sont mesurés. Recommandations en matière de collecte des données La taille et le poids des femmes adultes sont mesurés au moyen de procédures standard. Recommandations en matière de notification Les données désagrégées seront présentées par âge, sexe, niveau d’études, lieu de résidence et catégorie socio-économique. *100 *100 Surpoids = Obésité = 37CADRE MONDIAL DE SUIVI DE LA NUTRITION : GUIDE PRATIQUE POUR LE SUIVI DES AVANCÉES PAR RAPPORT AUX CIBLES MONDIALES 2025 4.1.5 Surpoids et obésité chez les enfants d’âge scolaire et les adolescents Le surpoids est défini comme un poids corporel excessif pour une taille donnée, imputable à la graisse, aux muscles, aux os, à l’eau ou à une combinaison de ces facteurs. L’obésité se caractérise, quant à elle, par une accumulation excessive de graisse corporelle. L’obésité de l’enfant augmente à un rythme alarmant dans de nombreux pays et constitue un problème urgent et grave (65). La NCD-RisC a inclus des données pour les enfants et les adolescents âgés de 5 à 19 ans et a constaté que la prévalence de l’obésité standardisée selon l’âge est passée de 0,7 % en 1975 à 5,6 % en 2016 chez les filles, et de 0,9 % en 1975 à 7,8 % en 2016 chez les garçons. On estime qu’en 2016, 50 millions de filles et 74 millions de garçons étaient obèses (75). Intitulé de l’indicateur Surpoids et obésité chez les enfants d’âge scolaire et les adolescents (5–19 ans). Définition La prévalence du surpoids chez les enfants d’âge scolaire et les adolescents est définie comme le pourcentage d’enfants de 5 à 19 ans dont l’IMC pour l’âge et le sexe est supérieur de plus d’un écart type (ET) à la médiane de référence OMS 2007. La prévalence de l’obésité chez les enfants d’âge scolaire et les adolescents est définie comme le pourcentage d’enfants de 5 à 19 ans dont l’IMC en fonction de l’âge et du sexe est supérieur de 2 écarts types à la médiane de référence OMS 2007. MÉTHODE D’ESTIMATION Numérateur Nombre d’enfants d’âge scolaire et d’adolescents (5–19 ans) dans l’échantillon qui sont en surpoids (>+1 ET) et obèses (>+2 ET). Dénominateur Nombre total d’enfants d’âge scolaire et d’adolescents (5–18 ans) évalués. Nombre d'enfants d'âge scolaire et d'adolescents dans l'échantillon dont l' IMC pour l'âge >+1 ET ou >+2 ET par rapport à la référence OMS 2007 Nombre total d'enfants d'âge scolaire et d'adolescents dans l'échantillon Fréquence de collecte des données Tous les 3 à 5 ans. Disponibilité des données L’OMS tient à jour la Base de données mondiale sur la croissance et la malnutrition de l’enfant, qui se compose des enquêtes en population remplissant un ensemble de critères. La validité et la cohérence des données sont vérifiées et des ensembles de données brutes sont analysés suivant une procédure standard afin d’obtenir des résultats comparables. Lorsque la prévalence est inférieure ou supérieure à des seuils définis pour les rapports poids/âge, poids/taille et IMC/âge chez des enfants d’âge préscolaire, on utilise des z scores conformément aux Normes OMS de croissance de l’enfant. La NCD Risk Factor Collaboration (NCD-RisC) calcule ces estimations pour les pays et les actualise à intervalles réguliers. La méthodologie détaillée est décrite dans un autre document (75). Sources des données Enquêtes en population réalisées auprès des ménages et représentatives au niveau national, présentant des mesures de la taille et du poids des enfants d’âge scolaire et des adolescents (5–19 ans). Parmi les autres sources de données, on trouve les systèmes nationaux de surveillance de la nutrition. Recommandations en matière de collecte des données Le poids et la taille des enfants sont mesurés à l’aide de procédures standard. Pour une description détaillée, voir la section 3.1 pour la mesure de la taille et la section 3.6 pour celle du poids. Il est recommandé de suivre les procédures décrites à l’annexe 2 et à l’annexe 5 pour mesurer la taille et le poids. Recommandations en matière de notification Les données sont ventilées par âge, sexe, niveau d’instruction, lieu de résidence, situation socio- économique et niveau d’études de la mère. *100Prévalence du surpoids et de l'obésité = 38 CADRE MONDIAL DE SUIVI DE LA NUTRITION : GUIDE PRATIQUE POUR LE SUIVI DES AVANCÉES PAR RAPPORT AUX CIBLES MONDIALES 2025 4.2 Indicateurs de processus 4.2.1 Diversité alimentaire minimum (DAM) L’état nutritionnel d’un enfant de moins de deux ans dépend directement des pratiques d’alimentation. L’amélioration de la nutrition, de la santé et du développement des nourrissons et des enfants en bas âge passe donc par celle de l’alimentation. L’introduction des aliments complémentaires doit être adéquate, appropriée et intervenir au bon moment. Cela signifie que, dès l’âge de 6 mois, tous les nourrissons doivent commencer à recevoir, en plus du lait maternel, une alimentation complémentaire diversifiée. Les indicateurs relatifs aux pratiques d’alimentation des nourrissons et des enfants en bas âge peuvent servir à opérer un suivi de l’efficacité de la couverture de diverses interventions en matière d’allaitement au sein et d’alimentation complémentaire. L’indicateur relatif aux pratiques d’alimentation des nourrissons et des enfants en bas âge est l’un des quatre indicateurs pour lesquels la notification a été repoussée jusqu’en 2018 afin de permettre l’élaboration d’orientations pratiques supplémentaires pour les États Membres. L’indicateur initial inclus dans le Cadre mondial de suivi concernant la nutrition était l’« apport alimentaire minimum acceptable » tel que défini par l’OMS (2008) dans les Indicateurs pour évaluer les pratiques d’alimentation du nourrisson et du jeune enfant, Première Partie – Définitions (31). Le Groupe consultatif d’experts techniques sur la surveillance de la nutrition (TEAM), constitué par l’OMS et l’UNICEF, a été chargé de développer et de valider cet indicateur. TEAM a analysé plusieurs aspects de cet indicateur : adaptation à l’objectif visé, bien-fondé de sa définition et disponibilité de données. TEAM a provisoirement recommandé un indicateur plus simple, la « diversité alimentaire minimum », tel que défini dans OMS, 2008 (31), mais également le réexamen de la définition de cet indicateur. Les analyses issues des enquêtes démographiques et sanitaires, des enquêtes par grappes à indicateurs multiples, ainsi que de trois ensembles de données représentatifs au niveau national sur l’apport alimentaire quantitatif ont été présentées dans le cadre d’une consultation en juin 2017. Il en a résulté la recommandation de revoir la définition de l’indicateur relatif à la « diversité alimentaire minimum ». L’indicateur modifié est jugé réalisable et pertinent pour la notification par les États Membres. 3 La tranche d’âge 6–23 mois inclut la fois les nourrissons (moins de 12 mois) et les enfants en bas âge. Dans la définition de l’indicateur, et dans le reste de cette section, nous désignons collectivement ce groupe d’âge par le terme « enfants ». 4 La tranche d’âge peut encore être étendue pour remonter jusqu’à la naissance, afin que la notification puisse concerner l’objectif de l’Assemblée mondiale de la Santé relatif à l’allaitement exclusif au sein. © U N IC EF /U N 05 39 92 /P rin sl oo Intitulé de l’indicateur Diversité alimentaire minimum (DAM). Définition Proportion d’enfants3 de 6–23 mois consommant des aliments appartenant au moins à 5 groupes alimentaires distincts. Tranches d’âge et échantillonnage La tranche d’âge pour cet indicateur est 6–23 mois. Pour communiquer les données relatives à cet indicateur, il se peut que les pays doivent étendre la tranche d’âge actuellement couverte par les enquêtes. Dans certains pays, les enquêtes sur l’alimentation représentatives au plan national n’incluent pas les enfants de moins de deux ans, mais il est possible d’étendre la tranche d’âge pour permettre une notification sur la DAM.4 39CADRE MONDIAL DE SUIVI DE LA NUTRITION : GUIDE PRATIQUE POUR LE SUIVI DES AVANCÉES PAR RAPPORT AUX CIBLES MONDIALES 2025 MÉTHODE D’ESTIMATION Numérateur Nombre d’enfants de 6–23 mois ayant consommé la veille (pendant la journée ou la nuit) des aliments appartenant au moins à 5 groupes alimentaires distincts. Dénominateur Enfants de 6–23 mois avec des données sur l’alimentation au sein et l’apport alimentaire. Nombre d'enfants de 6 à 23 mois ayant consommé la veille (pendant la journée ou la nuit) des aliments appartenant au moins à 5 groupes alimentaires distincts Enfants de 6 à 23 mois avec des données sur l'alimentation au sein et l'apport alimentaire Des informations sur la diversité alimentaire peuvent être collectées à l'aide de rappels qualitatifs simples (comme le font les enquêtes démographiques et sanitaires, les enquêtes par grappes à indicateurs multiples de l’UNICEF et d’autres enquêtes alimentaires basiques), ou à l’aide de rappels quantitatifs des 24 heures, à condition que les aliments puissent être regroupés en 8 groupes alimentaires standard ayant ou non été consommés la veille, pendant la journée ou la nuit : 1. Lait maternel 2. Céréales, racines et tubercules 3. Légumineuses et noix 4. Produits laitiers 5. Produits carnés 6. Œufs 7. Fruits et légumes riches en vitamine A 8. Autres fruits et légumes Les Indicateurs pour évaluer les pratiques d’alimentation du nourrisson et du jeune enfant Partie 2 – Calculs (80) (disponible à l’adresse : http://apps.who.int/iris/bitstream/10665/44767/1/9789242599299_fre.pdf), publié par l’OMS en 2010, donne des conseils détaillés pour classer les aliments au moyen de rappels qualitatifs simples. Ce document décrit 7 groupes d’aliments. La consultation d’experts de juin 2017 a décidé d’ajouter le lait maternel en tant que 8e groupe ; le critère de la DAM est donc passé de 4 sur 7 groupes à 5 sur 8 groupes. L’annexe 6 donne des conseils sur le classement des aliments par catégories et sur la mise en œuvre de la DAM à partir des rappels quantitatifs des 24 heures. Fréquence de collecte des données Tous les 3 à 5 ans au moins. Disponibilité des données L’UNICEF tient à jour une base de données mondiale sur la DAM dont la validité et la cohérence de la source de données primaires (rapports d’enquêtes et informations connexes) sont vérifiées (disponible à l’adresse : https://data.unicef.org/topic/nutrition/infant-and-young-child-feeding/). Si nécessaire, des ensembles de données brutes peuvent être analysés selon une procédure standard afin d’obtenir des résultats comparables. Jusqu’ici, cet indicateur n’était pas calculé à partir des rappels quantitatifs des 24 heures. À l’avenir, si les pays communiquent des données sur cet indicateur au moyen des rappels des 24 heures en suivant la méthode indiquée à l’annexe 6, on pourrait envisager d’inclure les résultats dans la base de données mondiale de l’UNICEF. Sources des données Enquêtes en population réalisées auprès des ménages et représentatives au niveau national, qui comportent des modules présentant des rappels qualitatifs ou quantitatifs pour des enfants de 6–23 mois. Recommandations en matière de collecte des données La publication OMS de 2010 (80) donne des conseils pour recueillir les données et opérationnaliser l’indicateur au moyen de rappels qualitatifs simples. Ces recommandations décrivent la méthode de collecte des données et proposent un modèle de questionnaire. Veuillez noter toutefois que les instructions relatives à la classification des indicateurs seront mises à jour afin de tenir compte de l’inclusion du lait maternel comme 8e groupe d’aliments dans le calcul de la DAM. Les recommandations relatives aux rappels alimentaires quantitatifs sont disponibles auprès de nombreuses sources et sortent du cadre du présent document. L’annexe 6 donne des conseils pour mettre en pratique l’indicateur à l’aide des données issues des rappels quantitatifs des 24 heures. Recommandations en matière de notification Lorsque la taille de l’échantillon le permet, les données sont ventilées par sexe, par âge et par situation au regard de l’allaitement au sein. Les classes d’âge recommandées pour la notification sont 6–11 mois, 12–17 mois et 18–23 mois. Il peut également être utile de ventiler les données par lieu de résidence, situation socio-économique (par ex., quintile de richesse) et niveau d’études de la mère. *100Flux minimum de diversité = 40 CADRE MONDIAL DE SUIVI DE LA NUTRITION : GUIDE PRATIQUE POUR LE SUIVI DES AVANCÉES PAR RAPPORT AUX CIBLES MONDIALES 2025 4.2.2 Population ayant accès à des services d’approvisionnement en eau de boisson gérés en toute sécurité L’eau et l’assainissement sont indispensables au développement et au bien-être des êtres humains. En 2010, l’Assemblée générale des Nations Unies a reconnu le droit à l’eau potable et à l’assainissement comme un droit fondamental de l’être humain (81). Ces éléments sont essentiels à la réalisation d’autres objectifs de développement liés à la nutrition, à l’égalité hommes-femmes, à l’éducation et à l’élimination de la pauvreté. L’accès à l’eau et à l’assainissement est considéré comme un indicateur socio-économique et sanitaire essentiel, et comme un déterminant clé de la santé et de la survie des enfants, de la santé maternelle, du bien-être familial et de la productivité économique. Il y a plusieurs initiatives mondiales qui effectuent un suivi de différents aspects du secteur de l’eau. Depuis 1990, le Programme commun OMS/UNICEF de suivi de l’approvisionnement en eau et de l’assainissement (JMP) suit les progrès réalisés en matière d’eau potable et d’assainissement (82). Le JMP collabore avec ONU-Eau et la Global Expanded Monitoring Initiative (GEMI) pour élaborer un cadre visant à inclure le suivi de l’eau et de l’assainissement dans l’ODD 6 (83). ONU-Eau intègre et développe les initiatives existantes afin d’harmoniser le suivi de l’ensemble du cycle de l’eau. Le JMP a établi, à des fins de suivi, un ensemble standard de catégories d’eau potable et d’assainissement (83). Une source d’approvisionnement en eau de boisson « améliorée » est une source d’approvisionnement en eau qui, de par sa construction et lorsqu’elle est correctement utilisée, protège la source de façon adéquate de toute contamination extérieure, en particulier des matières fécales. Une installation d’assainissement « améliorée » se définit comme une installation hygiénique, qui évite tout contact entre les humains et leurs excrétas. Le JMP s’appuiera sur un nouvel indicateur du « Pourcentage de la population utilisant un service d’eau de boisson géré de manière sûre » pour effectuer le suivi de la cible 1 de l’ODD 6. Les définitions et méthodes utilisées par le JMP diffèrent souvent de celles employées par les autorités nationales. Les estimations présentes dans les rapports du JMP peuvent par conséquent différer des estimations nationales. ©2016 World Vision 41CADRE MONDIAL DE SUIVI DE LA NUTRITION : GUIDE PRATIQUE POUR LE SUIVI DES AVANCÉES PAR RAPPORT AUX CIBLES MONDIALES 2025 Intitulé de l’indicateur Pourcentage de la population utilisant un service d’eau de boisson géré en toute sécurité. Definición Population utilisant une source d’approvisionnement améliorée en eau de boisson (eau sous conduite arrivant dans l’habitation, la cour ou la parcelle ; robinets publics ou bornes-fontaines, puits tubés ou forages, puits protégés ; sources protégées et eau de pluie recueillie dans des réservoirs ; eau conditionnée ou livrée) située sur place et disponible au besoin, et exempte de toute contamination par des excréments ou des produits chimiques prioritaires.5 MÉTHODE D’ESTIMATION Numérateur Population utilisant un service d’eau de boisson géré en toute sécurité. Denominador Population totale. Cet indicateur est calculé comme le ratio du nombre de personnes qui utilisent un service d’eau de boisson géré en toute sécurité, qu’il soit urbain ou rural, exprimé en pourcentage. Nombre de ménages (ou population) utilisant un service d’eau de boisson géré en toute sécurité Nombre total de ménages (ou population) Fréquence de collecte des données Biannuelle. Disponibilité des données Le Programme commun OMS/UNICEF de suivi de l’approvisionnement en eau et de l’assainissement compile, examine et évalue les données collectées par les bureaux nationaux de la statistique et d’autres organismes grâce à des enquêtes réalisées auprès des ménages et représentatives au niveau national ainsi qu’à des recensements nationaux. Les données peuvent être directement extraites de la base de données existante (disponible à l’adresse : https://www.washdata.org/data). Les dernières statistiques en date remontent à 2015 et sont disponibles à l’adresse : http://www.washdata.org/data et http://apps. who.int/gho/data/node.main.46?lang=en. Les estimations actualisées en 2017 permettent de mesurer les avancées en direction de l’ODD concerné. Les données émanant des enquêtes auprès des ménages ou des recensements renseignent sur les sources d’approvisionnement en eau de boisson utilisées par la population. Ces données sont combinées à des données sur la qualité de l’eau, sa disponibilité et son accessibilité qui proviennent des enquêtes auprès des ménages, ainsi qu’à des données administratives ou issues de cadres réglementaires relatifs à divers aspects d’une gestion sûre. La plupart des enquêtes auprès des ménages, qui sont représentatives sur le plan national, renferment des informations sur les sources d’approvisionnement en eau améliorées. Les questions et les catégories de réponses à propos de l’accès à des sources d’approvisionnement de base sont entièrement harmonisées entre les enquêtes démographiques et sanitaires (EDS) et les enquêtes par grappes à indicateurs multiples (MICS). Elles proviennent du questionnaire standard que le Programme commun OMS/UNICEF de suivi de l’approvisionnement en eau et de l’assainissement préconise d’inclure dans les instruments d’enquête. Les données administratives sur la contamination fécale et chimique seront collectées par le JMP par le biais d’une consultation avec les institutions publiques responsables de l’approvisionnement en eau de boisson et de sa réglementation. Pour chaque pays, les données relatives à l’utilisation des sources d’approvisionnement en eau de boisson améliorées émanant des enquêtes et recensements sont représentées sur une échelle de temps allant de 2000 à aujourd’hui. Une courbe de régression linéaire, fondée sur la méthode des moindres carrés, est tracée grâce à ces points de données, ce qui permet de produire des estimations sur l’utilisation des sources d’approvisionnement en eau de boisson non améliorées pour toutes les années comprises entre 2000 et, lorsque c’est possible, l’année en cours. Les estimations relatives à l’accessibilité et à la disponibilité de l’eau, ainsi qu’au respect des normes de qualité de l’eau, seront collectées auprès des pays et combinées avec les données sur l’utilisation de sources d’approvisionnement en eau améliorées. Sources des données Enquêtes auprès des ménages, recensements, sources administratives ou cadres réglementaires. Recommandations en matière de collecte des données Les questions et les catégories de réponses à propos de l’accès à des sources d’approvisionnement de base devraient être totalement harmonisées entre les enquêtes démographiques et sanitaires (EDS) et les enquêtes par grappes à indicateurs multiples (MICS) et provenir du questionnaire standard que le Programme commun OMS/UNICEF de suivi de l’approvisionnement en eau et de l’assainissement préconise d’inclure dans les instruments d’enquête. On peut y accéder depuis le site http://www.who.int/ water_sanitation_health/monitoring/oms_brochure_core_questionsfinal24608.pdf. Recommandations en matière de notification Les données doivent être ventilées par lieu de résidence (urbain/rural), par situation socio-économique (richesse, accessibilité financière, etc.). 5 Les produits chimiques prioritaires sont différents d’un pays à l’autre, mais au niveau mondial, l’arsenic et le fluorure sont considérés prioritaires. *100 Population ayant accès à des services d'eau potable sécuritaires gérés en = toute sécurité = 42 CADRE MONDIAL DE SUIVI DE LA NUTRITION : GUIDE PRATIQUE POUR LE SUIVI DES AVANCÉES PAR RAPPORT AUX CIBLES MONDIALES 2025 4.2.3 Population utilisant des services d’assainissement gérés en toute sécurité Afin de réaliser le suivi de la cible 6.2 des ODD, le JMP utilisera un nouvel indicateur : « pourcentage de la population utilisant des services d’assainissement gérés en toute sécurité, disposant d’une installation pour le lavage des mains à l’eau et au savon ». Cet indicateur se compose de deux sous-indicateurs qui feront l’objet d’une notification distincte : la population utilisant des services d’assainissement gérés en toute sécurité (6.2.1a) et la population disposant d’une installation pour le lavage des mains à l’eau et au savon (6.2.1b). L’indicateur relatif aux services d’assainissement gérés en toute sécurité s’appuie sur l’indicateur des OMD intitulé « pourcentage de la population utilisant une installation d’assainissement améliorée » et inclut des aspects concernant l’accessibilité (au sein du ménage), l’acceptabilité et la sécurité (non partagé avec d’autres ménages), pour se rapprocher encore davantage du critère normatif du droit à l’eau. Pour garantir la santé publique au-delà du ménage, cet indicateur englobe la gestion en toute sécurité des déchets fécaux tout au long de la chaîne de l’assainissement, depuis le confinement jusqu’au traitement et à l’élimination finals. © AEA Cambodia / 2015 / Chin 43CADRE MONDIAL DE SUIVI DE LA NUTRITION : GUIDE PRATIQUE POUR LE SUIVI DES AVANCÉES PAR RAPPORT AUX CIBLES MONDIALES 2025 Intitulé de l’indicateur Pourcentage de la population utilisant des services d’assainissement gérés en toute sécurité. Définition Population utilisant des services d’assainissement gérés en toute sécurité qui ne sont pas partagés avec d’autres ménages et dans lesquels les excréments sont éliminés d’une manière sûre in situ ou traités hors site. Les installations d’assainissement améliorées sont, par exemple, les toilettes munies d’une chasse d’eau manuelle ou automatique vers un réseau d’égouts, une fosse septique, les latrines à fosse, les latrines à fosse améliorées (latrines à fosse avec dalle ou ventilées) et les toilettes à compostage. MÉTHODE D’ESTIMATION Numérateur Population utilisant des services d’assainissement gérés en toute sécurité. Dénominateur Population totale. Cet indicateur est calculé comme le ratio du nombre de personnes qui utilisent un service d’assainissement géré en toute sécurité, en milieu urbain et rural, exprimé en pourcentage. Nombre de ménages (ou population) utilisant des services d'assainissement gérés en toute sécurité Nombre total de ménages (ou population) Fréquence de collecte des données Biannuelle. Disponibilité des données Le Programme commun OMS/UNICEF de suivi de l’approvisionnement en eau et de l’assainissement (JMP) compile, étudie et évalue les données collectées par les bureaux nationaux de la statistique et d’autres institutions compétentes par le biais de recensements et d’enquêtes auprès des ménages représentatives au niveau national. Les données issues de ces sources procurent des informations sur les types d’installations d’assainissement rudimentaires listées plus haut. Ces données seront combinées avec des données issues de sources administratives ou de cadres réglementaires pour diverses dimensions de la gestion en toute sécurité. Le pourcentage de la population totale utilisant une installation d’assainissement améliorée est la moyenne pondérée de la population des deux nombres précédents. La plupart des enquêtes auprès des ménages représentatives au niveau national incluent des informations sur l’accès à l’eau et à des installations d’assainissement améliorées. Les questions et les catégories de réponses relatives à l’utilisation d’installations d’assainissement améliorées ont été entièrement harmonisées entre les enquêtes démographiques et sanitaires (EDS) et les enquêtes par grappes à indicateurs multiples (MICS), et proviennent du questionnaire standard que le Programme commun OMS/UNICEF de suivi de l’approvisionnement en eau et de l’assainissement (82) préconise d’inclure dans les instruments d’enquête. On peut y accéder depuis le site : www.washdata.org. Le pourcentage de la population utilisant différents types d’installations d’assainissement améliorées sera ajusté en fonction des estimations de la proportion d’installations qui ne sont pas partagées, ainsi que de celle des installations pour lesquelles les excréments sont éliminés d’une manière sûre in situ ou transportés pour être traités hors site. Il est possible d’extraire les données directement de la base de données existante (disponible à l’adresse : https://washdata.org/data). Les dernières statistiques pays (estimations 2015) sont disponibles à l’adresse : https://washdata.org/data et http://apps.who.int/gho/data/node.main.46?lang=en. Les estimations actualisées en 2017 permettent de mesurer les avancées en direction de l’ODD concerné. Pour chaque pays, les données émanant des enquêtes et recensements sont représentées sur une échelle de temps allant de 2000 à aujourd’hui. Une tendance de régression linéaire, fondée sur la méthode des moindres carrés, est établie grâce à ces points de données pour établir des estimations pour toutes les années comprises entre 2000 et, lorsque c’est possible, l’année en cours. Les données relatives à la gestion des excrétas seront collectées auprès des pays et combinées avec les données relatives à l’utilisation d’installations d’assainissement améliorées. Sources des données Enquêtes auprès des ménages, recensement de la population, données provenant de sources administratives ou de cadres réglementaires. Recommandations en matière de collecte des données Les questions de l’enquête et les catégories de réponse relatives à l’utilisation d’installations élémentaires devraient être entièrement harmonisées avec les enquêtes démographiques et sanitaires (EDS) et les enquêtes par grappes à indicateurs multiples (MICS) et provenir du questionnaire standard que le Programme commun OMS/UNICEF de suivi de l’approvisionnement en eau et de l’assainissement préconise d’inclure dans les instruments d’enquête. On peut y accéder par le site : http://www.who.int/ water_sanitation_health/monitoring/oms_brochure_core_questionsfinal24608.pdf . Recommandations en matière de notification Les données seront ventilées par lieu de résidence (urbain/rural), par situation socio-économique (richesse, accessibilité financière, etc.). *100 Population ayant accès aux services d'assainissement gérés = sans risque 44 CADRE MONDIAL DE SUIVI DE LA NUTRITION : GUIDE PRATIQUE POUR LE SUIVI DES AVANCÉES PAR RAPPORT AUX CIBLES MONDIALES 2025 4.2.4 Supplémentation en fer durant la grossesse L’anémie est un trouble persistant chez les femmes en âge de procréer. Elle peut entraîner de la fatigue, une faible productivité, voire un décès. Cette population est plus exposée à l’anémie en raison de l’augmentation du volume sanguin pendant la grossesse. Environ un tiers des femmes enceintes souffrent d’anémie. La supplémentation en fer permet de traiter la moitié des cas d’anémie pendant la grossesse, car la carence en fer est une cause de l’anémie. C’est pourquoi on recommande aux femmes enceintes une supplémentation quotidienne en fer et en acide folique afin de prévenir l’anémie maternelle, la septicémie puerpérale, l’insuffisance pondérale à la naissance et la prématurité. Depuis une vingtaine d’années, la plupart des pays ont adopté une politique de supplémentation en fer pendant la grossesse. Il s’agit de l’un des quatre indicateurs pour lesquels la notification a été repoussée jusqu’en 2018 afin de permettre l’élaboration d’orientations pratiques supplémentaires pour les États Membres. L’indicateur initial qui figurait dans le Cadre mondial était le suivant : « Proportion de femmes ayant accouché au cours des 2 dernières années et ayant reçu ou acheté des suppléments de fer et en acide folique pendant au moins 6 mois au cours de leur dernière grossesse, en quantités conformes aux protocoles recommandés ». Le Groupe consultatif d’experts techniques sur la surveillance de la nutrition (TEAM), constitué par l’UNICEF et l’OMS en 2015 afin de prodiguer des conseils sur les modifications à apporter à cet indicateur, a débattu de divers aspects : adaptation à l’objectif visé, bien-fondé de sa définition et disponibilité des données. Une étude a été menée afin d’évaluer la possibilité pour les États Membres de communiquer des données sur cet indicateur.6 Sur la base des résultats de cette étude, TEAM a recommandé de recourir à un indicateur plus simple : «Tout type de supplémentation en fer durant la grossesse », qui devrait reprendre l’objectif de cet indicateur et être utilisable par la plupart des États Membres. 6 Developing and validating an indicator on iron and folic acid supplements for monitoring progress of the Global Nutrition Monitoring Framework indicators. © UNICEF/UN0155430/Thame 45CADRE MONDIAL DE SUIVI DE LA NUTRITION : GUIDE PRATIQUE POUR LE SUIVI DES AVANCÉES PAR RAPPORT AUX CIBLES MONDIALES 2025 Intitulé de l’indicateur Tout type de supplémentation en fer durant la grossesse. Définition Proportion de femmes ayant pris des suppléments de fer pendant leur grossesse actuelle ou récente (au cours des deux dernières années). Note : Les données peuvent se rapporter à n’importe quelle supplémentation contenant du fer, qu’il s’agisse de comprimés de fer et d’acide folique, d’associations de micronutriments en comprimés ou en poudre, ou de comprimés contenant uniquement du fer, en fonction de la stratégie adoptée par le pays. Tranche d’âge et échantillonnage Cet indicateur n’est assorti d’aucune tranche d’âge, même si toutes les femmes doivent être actuellement enceintes ou l’avoir été au cours des deux dernières années, et sont par conséquent en général en âge de procréer (15–49 ans). En raison du nombre limité de grossesses que l’on trouve généralement dans les enquêtes en population, il se peut que les pays doivent sur-échantillonner les femmes qui sont actuellement enceintes ou l’ont été récemment (au cours des deux dernières années) afin de produire des estimations fiables pour cet indicateur. MÉTHODE D’ESTIMATION Numérateur Nombre de femmes dans l’échantillon ayant pris des suppléments de fer pendant leur grossesse actuelle ou récente (au cours des deux dernières années). Dénominateur Nombre total de femmes de l’échantillon qui sont enceintes ou l’ont été au cours des deux dernières années. Nombre de femmes dans l'échantillon ayant pris des suppléments de fer pendant leur grossesse actuelle ou récente (au cours des deux dernières années) Nombre total de femmes dans l'échantillon qui sont enceintes ou l’ont été au cours des deux dernières années Fréquence de la collecte de données En continu, ou tous les 3 à 5 ans. Disponibilité des données Les enquêtes démographiques et sanitaires (EDS) recueillent des données sur la consommation de fer durant la grossesse pour toutes les grossesses des cinq dernières années. Il est possible de ré- analyser les données de ces enquêtes pour les grossesses des deux dernières années, même si les échantillons seront plus restreints et les estimations moins fiables. Les enquêtes par grappes à indicateurs multiples (MICS) appuyées par l’UNICEF peuvent collecter certaines données sur l’apport en fer et en acide folique durant une grossesse au cours des deux dernières années. De nombreux pays réalisent régulièrement des enquêtes nationales sur la santé et la nutrition (ENSN), mais recueillent souvent les données relatives à la consommation de suppléments contenant du fer dans le cadre d’un questionnaire général sur la supplémentation dans l’ensemble de la population. En général, le nombre de femmes enceintes échantillonnées dans ces enquêtes est très faible. Il n’est pas possible de produire des estimations fiables sur les femmes enceintes sans sur-échantillonner cette sous-population. Enfin, certains systèmes d’information sur la gestion sanitaire (SIGS) recueillent des données sur la fourniture d’une supplémentation en fer durant la grossesse, mais ne permettent généralement pas d’en vérifier la consommation. Sources des données EDS, MICS, ENSN et SIGS (comme précédemment). Recommandations en matière de collecte des données Afin d’améliorer la fiabilité des rappels pour cet indicateur, il faudrait, lors de toute enquête auprès de la population, pouvoir observer des échantillons des suppléments alimentaires disponibles les plus répandus. Les agents recenseurs doivent comprendre la différence entre le fait de recevoir ou d’acheter le supplément et le fait de le consommer. Dans les ENSN, où la composition des suppléments ne figure pas toujours en intégralité, la notification concernant la consommation de fer, en particulier, dépendra de la qualité de l’analyse des données, en plus de la collecte de ces données. Concernant les données SIGS, il peut s’avérer utile de vérifier la consommation de suppléments contenant du fer à un stade ou à un autre du processus de suivi (en fonction du système, il peut s’agir d’observer la prise de la première dose au point de distribution, ou d’en confirmer la consommation oralement ou en observant les bouteilles/ emballages vides qui sont rendus). Recommandations en matière de notification Lorsque la taille de l’échantillon le permet, les données seront ventilées par niveau d’études de la mère, son lieu de résidence et sa situation socio-économique (quintile de richesse, par exemple). *100Supplémentation prénatale en fer = 46 CADRE MONDIAL DE SUIVI DE LA NUTRITION : GUIDE PRATIQUE POUR LE SUIVI DES AVANCÉES PAR RAPPORT AUX CIBLES MONDIALES 2025 4.2.5 Naissances se déroulant dans un estructure certifiée par l'initiative « hôpitaux amis des bébés » L’initiative « Hôpitaux amis des bébés » (BFHI) a été lancée par l’OMS et l’UNICEF en 1991, à la suite de la Déclaration Innocenti de 1990. Cette dernière est axée sur la protection, la promotion et l’encouragement de l’allaitement au sein. Ses résultats sont mesurables et avérés : elle augmente la probabilité que les nourrissons soient exclusivement nourris au sein pendant leurs six premiers mois de vie (84). Depuis sa mise en place, cette initiative a été étendue et plus de 152 pays la mettent aujourd’hui en œuvre. Les domaines d’action de la Stratégie mondiale pour cette initiative ont recommandé des actions pour les dix étapes d’un allaitement au sein réussi, et une synthèse des lignes directrices relatives aux établissements de soins de maternité présentée dans la déclaration conjointe OMS/UNICEF a été acceptée comme étant le critère mondial minimum pour accéder au statut d’hôpital « ami des bébés » (84). Pour plus d’informations, voir http:// www.who.int/nutrition/topics/bfhi/en/. Le programme limite également le recours par l’hôpital à des préparations pour nourrissons distribuées gratuitement ou à d’autres produits pour nourrissons distribués par les fabricants de préparations pour nourrissons. Intitulé de l’indicateur Pourcentage de naissances se déroulant dans une structure certifié par l'initiative « hôpitaux amis des bébés ». Définition Pourcentage de naissances se déroulant dans une structure qualifiée par l'initiative « hôpitaux amis des bébés » durant une année calendaire. MÉTHODE D’ESTIMATION Numérateur Nombre de naissances se déroulant dans une structure actuellement qualifiée par l'initiative « hôpitaux amis des bébés » durant une année calendaire. Dénominateur Nombre total de naissances durant une année calendaire. Nombre de naissances se déroulant dans une structure actuellement qualifiée par l'initiative « hôpitaux amis des bébés » durant une année calendaire Nombre total de naissances durant une année calendaire Fréquence de collecte des données Tous les 3 à 5 ans. Disponibilité des données Le Département Nutrition pour la santé et le développement de l’OMS compile des informations émanant de pays utilisant des données de sources diverses. Cet indicateur est inclus dans la Revue mondiale OMS des politiques nutritionnelles. Un questionnaire en ligne a été diffusé en 2016 afin de collecter des données. Les données sur cet indicateur seront extraites de cette nouvelle base de données, qui sera mise à jour par le Département Nutrition de l’OMS. En 2016, ce dernier a interrogé tous les coordonnateurs de l’initiative « Hôpitaux amis des bébés » (BFHI) ou les « Coordinateurs allaitement » présents dans les pays sur la mise en œuvre de l’initiative BFHI. Sources des données États Membres rendant compte à l’OMS. Recommandations en matière de collecte des données Le questionnaire comporte des informations sur le nombre de naissances se déroulant chaque année dans des structures qualifiées d’« amies des bébés » au cours des cinq dernières années. Étant donné que les recommandations BFHI de 2009 indiquent qu’il faut procéder à une réévaluation au moins tous les cinq ans, ces structures seront considérées comme des structures « actuellement qualifiées » comme telles. Le dénominateur émane de la Division de la population des Nations Unies. Recommandations en matière de notification Les données seront ventilées par type de localisation géographique des structures (zone rurale/zone urbaine, par exemple). Il peut arriver que des pays disposent de pourcentages sur les structures, mais pas sur les naissances. Ces informations seront également demandées dans les enquêtes et serviront d’indicateur indirect si le nombre de naissances n’est pas connu. *100 Pourcentage de naissances se déroulant dans une structure = « amie des bébés ». 47CADRE MONDIAL DE SUIVI DE LA NUTRITION : GUIDE PRATIQUE POUR LE SUIVI DES AVANCÉES PAR RAPPORT AUX CIBLES MONDIALES 2025 4.2.6 Conseils en matière d’allaitement au sein L’indicateur initial figurant dans le Cadre mondial de suivi concernant la nutrition était la « Proportion de mères d’enfants âgés de 0 à 23 mois ayant reçu des conseils techniques, aide ou des messages sur l’alimentation au sein optimale au moins une fois pendant l’année écoulée ». Il s’agit de l’un des quatre indicateurs pour lesquels la notification a été repoussée jusqu’en 2018 afin de permettre l’élaboration d’orientations pratiques supplémentaires pour les États Membres. Le Groupe consultatif d’experts techniques sur la surveillance de la nutrition (TEAM) constitué par l’OMS et l’UNICEF, a été chargé de développer et de valider cet indicateur. TEAM a travaillé sur plusieurs aspects de cet indicateur : tranches d’âge, utilité, définition et disponibilité des données. Étant donné que les données permettant de calculer l’indicateur initial n’existent pas encore dans la plupart des systèmes de données nationaux (comme les enquêtes nationales auprès des ménages ou les SIGS), TEAM a proposé, à titre provisoire, d’inclure les pays qui rendent compte des interventions et politiques existantes Intitulé de l’indicateur Disponibilité, au niveau national, de services de conseils pour l’allaitement au sein sur les programmes de santé publique et/ou de nutrition. Définition Cet indicateur rend compte de l’existence d’un programme national qui fournit notamment des services de conseil sur l’allaitement au sein à des mères d’enfants de 0 à 23 mois par l’intermédiaire des systèmes de santé ou d’autres plateformes à assise communautaire. Método de estimación Les Ministères de la santé rendent compte de la fourniture de services de conseil sur l’allaitement au sein dans les programmes publics de santé et/ou de nutrition. Il est également possible de s’appuyer sur l’examen par un tiers des documents d’orientation sur les services de conseils en nutrition disponibles au niveau national, ou par la notification des autorités nationales à l’OMS. Fréquence de la collecte de données Tous les 3 à 5 ans. Disponibilité et sources des données Les données relatives à la fourniture de conseils et d’aide à l’allaitement au sein proviennent d’examens mondiaux des politiques tels que la Revue mondiale des politiques nutritionnelles (GNPR), réalisée par l’OMS (disponible à l’adresse : http://apps.who.int/iris/bitstream/10665/84408/1/9789241505529_eng. pdf?ua=1), la base de données mondiale de l’OMS sur la mise en œuvre des actions en matière de nutrition : GINA (disponible sur l’extranet : who.int/nutrition/gina/), Nutri-Dash, géré par l’UNICEF (disponible à l’adresse : http://unicefnutridash.org/?page=country-report ) ou les rapports de la World Breastfeeding Trends initiative (WBTi) du Réseau international des Groupes d’action pour l’alimentation infantile (IBFAN) (disponible à l’adresse : http://worldbreastfeedingtrends.org/). Il est recommandé d’utiliser les données émanant de ces sources dans l’ordre de priorité suivant : 1) GNPR, lorsque disponible, puis 2) Nutri-Dash, puis 3) WBTi. Problème de qualité des données Les problèmes de qualité des données sur l’existence de services/d’interventions de conseil dans le cadre des programmes de nutrition nationaux ou des systèmes de santé nationaux sont les suivants : · Peu ou pas d’informations sur la qualité de ces programmes · Peu ou pas d’informations sur la couverture de ces programmes · Peu d’informations sur la disponibilité de ressources financières suffisantes pour fournir des conseils en matière d’allaitement au sein · Interprétations émanant des organismes chargés de l’évaluation ou biais de déclaration/notification imputable à l’auto-notification par les autorités nationales. Recommandations en matière de collecte des données Pour les pays dans lesquels les données issues de la GNPR, de Nutri-Dash et de WBTi ne sont pas disponibles, nous recommandons aux Ministères de la santé de notifier à l’OMS la fourniture de services de conseils sur l’allaitement au sein dans les programmes de santé publique et/ou de nutrition. Recommandations en matière de notification Tous les 3 à 5 ans jusqu’à ce qu’un nouvel indicateur sur l’accès à des conseils soit disponible dans les systèmes de données nationaux. 7 Proposal for an interim indicator on breastfeeding counseling and development of a counseling indicator for inclusion in large scale surveys to report on breastfeeding counseling. Janvier 2017. pour appuyer les initiatives de conseils sur l’allaitement au sein à tous les âges7. Cette solution temporaire a pour but de déterminer s’il existe un programme opérationnel permettant d’atteindre les mères et doté des moyens nécessaires pour permettre un allaitement au sein optimal à n’importe quel moment. Concernant les systèmes de santé nationaux, il s’agit de déterminer si des prestataires de services de santé désignés sont chargés de fournir des conseils en allaitement au sein et une aide avant l’accouchement, après l’accouchement et durant les deux premières années de vie du nourrisson. 48 CADRE MONDIAL DE SUIVI DE LA NUTRITION : GUIDE PRATIQUE POUR LE SUIVI DES AVANCÉES PAR RAPPORT AUX CIBLES MONDIALES 2025 4.3 Indicateurs concernant l’environnement politique et les capacités 4.3.1 Densité de professionnels de la nutrition Les professionnels de la nutrition formés travaillent à différents niveaux et dans différents contextes, notamment dans les établissements de santé, ainsi qu’à l’échelon national et communautaire. Ils peuvent par conséquent influencer les politiques relatives à la nutrition, ainsi que la conception et la mise en œuvre de programmes d’intervention en matière de nutrition à différents niveaux. Ils jouent également un rôle important dans la formation des autres personnels de santé, et dans d’autres domaines, afin de planifier et de mettre en œuvre des interventions dans divers contextes. La nécessité de disposer d’un indicateur relatif aux « professionnels de la nutrition formés » se fonde sur la constatation selon laquelle la disponibilité, dans un pays, d’une main-d’œuvre suffisante dûment formée à la nutrition améliorera les résultats de ce pays sur le plan de la nutrition et de la santé. La validation de l’indicateur défini dans le présent guide pratique montre qu’il peut prévoir plusieurs résultats sur le plan de la nutrition chez la mère, le nourrisson et le jeune enfant.8 8 Developing and validating an indicator on trained nutrition professionals for monitoring progress of the Global Nutrition Monitoring Framework (GNMF) indicators. Draft report, juin 2017. L’indicateur initial, inclus dans le Cadre mondial de suivi, était le « nombre de professionnels de la nutrition formés pour 100 000 habitants ». Il s’agit de l’un des quatre indicateurs pour lesquels la notification a été repoussée jusqu’en 2018 afin de permettre l’élaboration d’orientations pratiques supplémentaires pour les États Membres. Le Groupe consultatif d’experts techniques sur la surveillance de la nutrition (TEAM), constitué par l’OMS et l’UNICEF, a été chargé de développer et de valider cet indicateur. TEAM a débattu de plusieurs aspects de cet indicateur : adaptation à l’objectif visé, bien-fondé de sa définition et disponibilité des données pour cet indicateur. Une étude a évalué la validité de l’indicateur et la possibilité de notification à son sujet8. Les travaux menés par TEAM ont abouti aux recommandations suivantes concernant l’indicateur et sa définition. Intitulé de l’indicateur Densité de professionnels de la nutrition. Définition Cet indicateur se définit comme le nombre de professionnels de la nutrition pour 100 000 habitants dans le pays pour une année donnée. Professionnels de la nutrition et formation appropriée Cet indicateur se concentre sur les individus formés pour être des professionnels de la nutrition, ce que la plupart des pays désignent sous le nom de diététiciens ou de nutritionnistes (dont chercheurs en nutrition, épidémiologistes de la nutrition et nutritionnistes de santé publique). Ces personnes sont suffisamment formées aux pratiques nutritionnelles pour faire la preuve de compétences définies et pour satisfaire aux exigences de certification ou d’enregistrement des organisations professionnelles nationales ou mondiales du domaine de la nutrition ou de la diététique (85-87) . Cette formation à l’université ou dans d’autres établissements d’enseignement tertiaire ou supérieur peut se faire à différents niveaux d’études universitaires (licence, maîtrise, mastère et/ou doctorat). Dans certains pays, il peut arriver que les diététiciens et les nutritionnistes suivent la même formation et exercent les mêmes fonctions, mais ce n’est pas le cas partout. De même, l’enregistrement ou la certification des professionnels de la diététique et/ou de la nutrition peut être conjoint ou séparé, et peut exister dans certains pays seulement. Les pays sont encouragés à mettre en place un système d’enregistrement ou d’agrément professionnels des diététiciens et/ou des nutritionnistes afin d’apporter une garantie quant à leur formation et à leur compétence professionnelle. MÉTHODE D’ESTIMATION Numérateur Nombre total de nutritionnistes et de diététiciens travaillant dans un domaine lié à la nutrition au sein des secteurs public et privé dans le pays pour une année donnée. Dénominateur Population totale en milieu d’année pour l’année donnée. Somme des nutritionnistes et des diététiciens travaillant dans un domaine lié à la nutrition au sein des secteurs public et privé dans le pays durant une année donnée Population totale en milieu d'année pour l'année donnée Fréquence de la collecte de données Tous les 3 à 5 ans. *100 000Densité de professionnels de la nutrition = 49CADRE MONDIAL DE SUIVI DE LA NUTRITION : GUIDE PRATIQUE POUR LE SUIVI DES AVANCÉES PAR RAPPORT AUX CIBLES MONDIALES 2025 Disponibilité des données Les données relatives à cet indicateur ont été systématiquement collectées pour la première fois dans la deuxième Revue mondiale OMS des politiques nutritionnelles (GNPR2)( disponible à l’adresse : http:// apps.who.int/iris/bitstream/10665/84408/1/9789241505529_eng.pdf?ua=1). Les données de cette revue ont servi à évaluer la faisabilité et la validité de l’indicateur.9 Les données ont été collectées au moyen du questionnaire élaboré pour la deuxième Revue mondiale des politiques nutritionnelles et distribué aux États Membres par les bureaux régionaux et les bureaux de pays de l’OMS. Les informations relatives à chaque pays ont été compilées par un point focal national à partir des données de recensement ou de sources administratives. La validation des données et le calcul de l’indicateur ont été effectués par le bureau régional correspondant et par l’Unité de politique nutritionnelle et conseils scientifiques au sein du Département Nutrition pour la santé et le développement de l’OMS, à Genève, Suisse. Sources des données Les données sont collectées au niveau des pays à partir des fichiers administratifs de base, tels que les enquêtes sur la main-d’œuvre représentatives au niveau national, et des données provenant des organismes professionnels chargés de délivrer l’autorisation d’exercer et des instituts de formation supérieure. Les sources de données sont listées ci-dessous par ordre décroissant de préférence pour la notification des données. Étant donné qu’il est possible que des individus soient comptés dans plus d’une série de données, il est recommandé d’utiliser une seule source de données sauf si l’on peut garantir qu’ils n’ont pas été comptés plusieurs fois. 1. Enquêtes nationales sur la main-d’œuvre ou recensements Les enquêtes sur la main-d’œuvre représentatives au niveau national ou les recensements qui classent et identifient les diététiciens et les nutritionnistes séparément sont la meilleure méthode de collecte des données, car ils garantissent l’exhaustivité de la participation de la main-d’œuvre de tous les secteurs. Cette classification doit tenir compte des définitions et de la formation telles que définies dans le présent guide. 2. Données issues de l’enregistrement ou de la certification des professionnels Les registres nationaux d’enregistrement ou de certification, recensant les professionnels de la nutrition, fournissent des données appropriées sur la main-d’œuvre, à condition que l’enregistrement ou la certification soient obligatoires pour pouvoir exercer la profession en question. Cependant, les chiffres risquent d’être surestimés si les personnes qui sont enregistrées ou ont obtenu une certification ne travaillent pas actuellement, ou d’être sous-estimés si l’enregistrement ou la certification ne sont pas obligatoires. S’il existe une base de données ou un registre au niveau national, il faut évaluer régulièrement l’exhaustivité des données en utilisant les données des recensements, les fichiers des associations professionnelles, les recensements dans les établissements et autres méthodes appropriées. 3. Enquêtes auprès des établissements Lorsque l’on ne dispose pas de fichiers administratifs de base, on peut utiliser les données agrégées issues d’enquêtes ponctuelles au niveau national auprès des spécialistes de la nutrition dans certains établissements. Le choix des établissements nécessite de connaître les types d’emplois occupés par les professionnels de la nutrition, dans le domaine de la santé, de l’éducation, des services sociaux et de l’agriculture, dans le secteur public, le secteur privé et les ONG. 4. Diplômes délivrés par les instituts de formation supérieure Dans les pays où commencent à apparaître des professionnels de la nutrition, et sans autre moyen de collecter des données sur ces derniers, les données agrégées au niveau national sur les diplômes délivrés par les universités et autres instituts de formation supérieure, dans le pays et à l’étranger, peuvent renseigner sur les capacités des professionnels de la nutrition. Pour être comptabilisés, les cours dispensés devront procurer une formation appropriée, telle que définie dans le présent guide. Le nombre de diplômés doit être agrégé sur une base cumulative, depuis le commencement des cours dans le pays ou la participation à une formation à l’étranger. Cette source de données n’est proposée qu’à titre intérimaire, car elle ne tient pas compte du fait que les diplômés travaillent ou non. On attend des pays qui notifient ce type de données qu’ils élaborent une méthode plus directe pour déterminer le nombre de professionnels de la nutrition formés qui travaillent. Recommandations en matière de collecte des données Pour rendre l’indicateur opérationnel, il faut que les États Membres déterminent et notifient le nombre de nutritionnistes et de diététiciens qui travaillent dans des domaines liés à la nutrition dans les secteurs public et privé du pays. Une sélection de sources de données recommandées est indiquée ci-dessus afin d’inciter les pays à utiliser des méthodes de notification standard lorsqu’ils communiquent leurs réponses à la Revue mondiale OMS des politiques nutritionnelles. On pourra ainsi effectuer des comparaisons dans le temps au sein d’un même pays et d’un pays à l’autre. Les États Membres devront préciser la source des données et continuer à le faire dans les enquêtes ultérieures, ce qui permettra d’effectuer une analyse des tendances, tout en harmonisant de plus en plus les méthodes de mesure de l’indicateur entre les pays. Recommandations en matière de notification Les « exigences minimales de données » précisent qu’il faut que les données soient représentatives au niveau national. Lorsqu’elles sont disponibles, on peut présenter des données ventilées par État ou région au sein d’un même pays, par zone rurale/urbaine, par secteur public/privé et par branche de services. 9 Report on Developing and validating an indicator on trained nutrition professionals for monitoring progress of the Global Nutrition Monitoring Framework (GNMF) indicators. 2017. 50 CADRE MONDIAL DE SUIVI DE LA NUTRITION : GUIDE PRATIQUE POUR LE SUIVI DES AVANCÉES PAR RAPPORT AUX CIBLES MONDIALES 2025 4.3.2 Code international de commercialisation des substituts du lait maternel Le Code international de commercialisation des substituts du lait maternel est un cadre de politique sanitaire international visant la promotion de l’allaitement au sein, adopté par l’Assemblée mondiale de la Santé en 1981 (88). Ce Code constitue une stratégie mondiale de santé publique et recommande d’appliquer certaines restrictions à la commercialisation de substituts du lait maternel, tels que les préparations pour nourrissons, afin que les mères soient incitées à allaiter leurs enfants au sein et que les substituts soient utilisés en toute sécurité, quand ils sont nécessaires. Ce Code traite également de considérations éthiques et de règles pour la commercialisation des biberons et des tétines. Un certain nombre de résolutions adoptées postérieurement par l’Assemblée mondiale de la Santé ont encore clarifié ou étendu certaines dispositions du Code. Le Code et les résolutions postérieures ont été adoptés comme un ensemble de recommandations internationales, et non de règlements. On attend des États Membres qu’ils adoptent une législation, une réglementation et/ou d’autres mesures adaptées pour donner effet au Code et aux résolutions pertinentes adoptées postérieurement sur leur territoire. Intitulé de l’indicateur Réglementation de la commercialisation des substituts du lait maternel. Définition Cet indicateur cherche à déterminer si le pays dispose d’une législation/réglementation qui applique pleinement le Code international de commercialisation des substituts du lait maternel (résolution WHA 34.22) (88, 89) et les résolutions pertinentes adoptées postérieurement par l’Assemblée mondiale de la Santé. Méthode d’estimation Cet indicateur est calculé comme le nombre de pays ayant adopté une législation complète (loi, règlement, décret, etc.) pour une mise en œuvre au niveau national du Code international de commercialisation des substituts du lait maternel ainsi que des résolutions pertinentes adoptées postérieurement par l’Assemblée mondiale de la Santé. Actuellement, les pays sont classés selon les catégories suivantes : – « intégralité des dispositions présentes dans la législation » – « de nombreuses dispositions présentes dans la législation » – « peu de dispositions présentes dans la législation » – « aucune mesure juridique en place » -– « aucune information » Un barème harmonisé est en cours d’élaboration et pourra être utilisé dans les rapports à venir. Disponibilité des données La base de données mondiale de l’OMS sur la mise en œuvre des actions en matière de nutrition (GINA) apporte de précieuses informations sur le déploiement de nombreuses politiques et interventions en matière de nutrition. La base de données GINA contient des informations émanant de diverses sources et invite l’utilisateur à transmettre directement ses données. Les utilisateurs peuvent partager des informations sur la mise en œuvre des programmes, y compris sur les adaptations propres à chaque pays et sur les enseignements qui en ont été tirés. Sources des données · Enquête sur le Code menée en 2014-2015 par l’OMS · Base de données mondiale de l’OMS sur la mise en œuvre des actions en matière de nutrition (GINA) · Rapport sur la mise en œuvre au niveau des pays du Code international de commercialisation des substituts du lait maternel (2013) · Bases de données des partenaires (par ex. UNICEF, Centre de documentation du Code international (ICDC). Recommandations en matière de notification Les pays doivent transmettre à la base de données GINA toute nouvelle loi, tout nouveau règlement ou tout nouveau décret ayant trait au Code. 51CADRE MONDIAL DE SUIVI DE LA NUTRITION : GUIDE PRATIQUE POUR LE SUIVI DES AVANCÉES PAR RAPPORT AUX CIBLES MONDIALES 2025 4.3.3 Lois ou réglementation sur la protection de la maternité La grossesse et la maternité sont des périodes pendant lesquelles les femmes qui travaillent et leur famille sont particulièrement vulnérables. Les femmes enceintes et les mères allaitantes ont besoin d’une protection spéciale pour éviter qu’elles-mêmes ou leurs enfants soient touchés par d’éventuelles conséquences négatives. Elles ont besoin de suffisamment de temps pour accoucher, pour se remettre de l’accouchement et pour allaiter leur enfant au sein. Elles ont également besoin de protection afin d’être certaines de ne pas perdre leur emploi du fait de leur grossesse ou de leur congé de maternité. Cette protection garantit à ces femmes non seulement une égalité d’accès et de droit à l’emploi, mais aussi une durabilité économique pour le bien-être de leur famille. Le retour au travail après un congé de maternité fait partie des principales raisons pour lesquelles une femme ne débutera jamais l’allaitement au sein, l’arrêtera précocement et n’allaitera pas son enfant exclusivement au sein. Dans la plupart des pays à revenu faible ou intermédiaire, le congé de maternité n’existe que pour l’emploi dans le secteur formel et il n’est pas toujours consenti en pratique. La Convention de l’OIT sur la protection de la maternité 2000 (n° 183) prévoit 14 semaines de congé de maternité rémunéré (90, 91). Une femme en congé de maternité devrait recevoir des « prestations en espèces […] établies à un niveau tel que la femme puisse subvenir à son entretien et à celui de son enfant dans de bonnes conditions de santé […] ». La femme qui allaite son enfant au sein devrait avoir « droit à une ou plusieurs pauses quotidiennes ou à une réduction journalière de la durée du travail pour allaiter son enfant ». « La période durant laquelle les pauses d’allaitement ou la réduction journalière du temps de travail sont permises, le nombre et la durée de ces pauses ainsi que les modalités de la réduction journalière du temps du travail doivent être déterminés par la législation et la pratique nationales. Ces pauses ou la réduction journalière du temps de travail doivent être comptées comme temps de travail et rémunérées en conséquence ». Chaque État membre doit garantir le respect de la recommandation sur la protection de la maternité, 2000 (n° 191) et examiner périodiquement, en consultation avec les organisations représentatives des employeurs et des travailleurs, l’opportunité d’étendre la durée du congé prévu à l’article 4 et d’augmenter le montant ou le taux des prestations en espèces visé à l’article 6 (90, 91). Intitulé de l’indicateur Protection de la maternité. Définition Cet indicateur cherche à déterminer si le pays a mis en place des lois ou une réglementation sur la protection de la maternité qui sont compatibles avec la Convention n° 183 et la recommandation n° 191, relatives à la protection de la maternité, de l’Organisation internationale du Travail. Méthode d’estimation Cet indicateur permet de savoir si le pays a adopté une législation (loi, règlement, décret, etc.) pour mettre en œuvre, au niveau national, une protection de la maternité et de la paternité conformément aux instructions de l’OIT. Il est exprimé par « oui » ou par « non ». Une grille est en cours d’élaboration pour un usage ultérieur. Disponibilité des données L’OIT tient à jour sa base de données TRAVAIL des législations sur les conditions d’emploi et de travail. La base de données sur la protection de la maternité contient des informations sur les principales mesures législatives adoptées dans les États Membres afin de protéger la santé et le bien-être des femmes qui travaillent pendant leur grossesse, la naissance de leur enfant et l’allaitement, et de leur garantir protection de l’emploi et non-discrimination. Sources des données États Membres communiquant des données à l’OIT. Recommandations en matière de notification Les pays doivent entrer dans la base de données GINA toute nouvelle loi, tout nouveau règlement ou tout nouveau décret concernant la protection de la maternité qu’ils aient pu adopter. 52 CADRE MONDIAL DE SUIVI DE LA NUTRITION : GUIDE PRATIQUE POUR LE SUIVI DES AVANCÉES PAR RAPPORT AUX CIBLES MONDIALES 2025 RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES 1. OMS. 2014. Plan d’application exhaustif concernant la nutrition chez la mère, le nourrisson et le jeune enfant. Genève. OMS. 2. WHO. 2014. Maternal, infant and young child nutrition: development of the core set of indicators. Report by the Secretariat, 21 novembre 2014. 3. WHO. 2014. Indicators for the Global Nutrition Monitoring Framework on Maternal, Infant and Young Child Nutrition (24 novembre 2014). 4. WHO. 2015. Indicators for the Global Monitoring Framework on Maternal, Infant and Young Child Nutrition (30 mars 2015). 5. WHO. 2015. 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Synthèse des indicateurs présents dans le Cadre mondial de suivi concernant la nutrition AN NE XE 1 58 CA D RE M O N D IA L D E SU IVI D E LA N U TRITIO N : G U ID E PRATIQ U E PO U R LE SU IVI D ES AVA N CÉES PA R RA PPO RT AU X CIBLES M O N D IA LES 2025 TABLEAU A1 : Synthèse des indicateurs du Cadre mondial de suivi pour les cibles mondiales définies par l’Assemblée mondiale de la Santé, les résultats intermédiaires, les processus ainsi que l’environnement politique et les capacités Intitulé de l’indicateur Type d’indicateur Définition Inclus dans les indicateurs sanitaires de base Source des données Fréquence de la mesure Ventilation CI1 Enfants de moins de cinq ans présentant un retard de croissance Cible Pourcentage des enfants de 0 à 59 mois présentant un retard de croissance (modéré ou grave) (modéré : enfants dont la taille pour l’âge est entre <-2 et >-3 ET à la médiane des Normes OMS de croissance de l'enfant ; grave : enfants dont la taille pour l’âge est inférieure de -3 écarts types à la médiane des Normes OMS de croissance de l’enfant) Oui Enquêtes en population auprès des ménages 3-5 ans Âge, sexe, niveau d’études de la mère, lieu de résidence, situation socio-économique CI2 Prévalence de l’anémie chez les femmes en âge de procréer Cible Pourcentage des femmes âgées de 15 à 49 ans présentant un taux d'hémoglobine inférieur à 120 g/L pour les femmes non enceintes ou allaitantes, et inférieur à 100 g/L pour les femmes enceintes, ajusté en fonction de l'altitude et du tabagisme. Oui Enquêtes en population relatives à la santé 3–5 ans Âge, niveau d’études, lieu de résidence, situation vis-à-vis de la procréation (femme enceinte, allaitante), situation socio-économique Également : taux d’hémoglobine <80 g/L pour les femmes non enceintes ou allaitantes, et <70 g/L pour les femmes enceintes (anémie grave) CI3 Incidence d’un faible poids de naissance chez les nouveau-nés Cible Pourcentage des naissances vivantes pour lesquelles le nouveau-né pèse moins de 2 500 g. Oui Enquêtes en population relatives à la santé et données administratives/des systèmes d’information. Systèmes d’information systématique des établissements En continu Sexe, prématurité, niveau d’études de la mère, lieu de résidence, situation socio-économique CI4 Enfants de moins de cinq ans présentant une surcharge pondérale Cible Prévalence chez les enfants de 0 à 59 mois d'un poids pour leur taille supérieur de 2 écarts types à la médiane des Normes OMS de croissance de l'enfant Oui Enquêtes en population auprès des ménages 3–5 ans Âge, sexe, niveau d’études de la mère, lieu de résidence, situation socio-économique CI5 Allaitement exclusif au sein de 0 à 5 mois Cible Proportion des nourrissons de 0–5 mois (<6 mois) qui sont alimentés exclusivement avec du lait maternel Oui Enquêtes auprès des ménages, enquêtes en population spécifiques 3–5 ans Sexe, niveau d’études de la mère, lieu de résidence, situation socio-économique 59 CA D RE M O N D IA L D E SU IVI D E LA N U TRITIO N : G U ID E PRATIQ U E PO U R LE SU IVI D ES AVA N CÉES PA R RA PPO RT AU X CIBLES M O N D IA LES 2025 Intitulé de l’indicateur Type d’indicateur Définition Inclus dans les indicateurs sanitaires de base Source des données Fréquence de la mesure Ventilation CI6 Enfants de moins de cinq ans présentant une émaciation Cible Pourcentage des enfants de 0 à 59 mois présentant une émaciation (modérée ou grave) (modérée : enfants dont le poids pour la taille est entre <-2 et >-3 ET à la médiane des Normes OMS de croissance de l'enfant ; grave : enfants dont le poids pour la taille est inférieur de -3 écarts types à la médiane des Normes OMS de croissance de l'enfant). Oui Enquêtes en population auprès des ménages 3–5 ans Âge, sexe, niveau d’études de la mère, lieu de résidence, situation socio-économique RI1 Enfants souffrant de diarrhée recevant une solution de réhydratation orale (SRO)1 Résultat intermédiaire Pourcentage des enfants de moins de 5 ans ayant eu la diarrhée au cours des deux dernières semaines et qui ont reçu une SRO (fluides préparés à partir de sachets de SRO ou boisson SRO préconditionnée). Oui Enquêtes auprès des ménages 3–5 ans Âge, sexe, niveau d’études de la mère, lieu de résidence, situation socio-économique RI2 Proportion des femmes de 15–49 ans présentant un faible indice de masse corporelle (<18,5 kg/m2) Résultat intermédiaire Pourcentage des femmes de 15–49 ans présentant un faible IMC (<18,5 kg/m2) Oui Enquêtes auprès des ménages 3–5 ans Âge, niveau d’études, lieu de résidence, situation socio-économique RI3 Nombre de naissances pendant une période de référence donnée chez les femmes de 15–19 ans/1 000 femmes âgées de 15 à 19 ans Résultat intermédiaire Nombre annuel de nouveau-nés dont la mère est âgée de 15 à 19 ans, pour 1 000 femmes de cette tranche d’âge. Également appelé fécondité par âge chez les femmes de 15−19 ans. Oui Systèmes d’enregistrement de l’état civil avec couverture intégrale, recensements de population, enquêtes auprès des ménages annuelle Situation matrimoniale (si possible, inclure également les femmes de <15 ans, niveau d’études, lieu de résidence, situation socio- économique RI4 Proportion des femmes en surcharge pondérale ou obèses âgées de 18 ans ou plus et présentant un indice de masse corporelle ≥25 kg/ m2 Résultat intermédiaire Pourcentage des adultes (18 ans ou plus) qui sont en surpoids (IMC >25 kg/m2) ou obèses (IMC >30 kg/m2). Oui Enquêtes auprès des ménages 3–5 ans Âge, niveau d’études, lieu de résidence, situation socio-économique 10 El nombre original del indicador en el Marco mundial de vigilancia de la nutrición es «prevalencia de la diarrea en menores de 5 años». Este indicador está incluido en los 100 indicadores básicos de salud. 11 En los 100 indicadores básicos de salud se incluye «Sobrepeso y obesidad en adultos (también: adolescentes). 60 CA D RE M O N D IA L D E SU IVI D E LA N U TRITIO N : G U ID E PRATIQ U E PO U R LE SU IVI D ES AVA N CÉES PA R RA PPO RT AU X CIBLES M O N D IA LES 2025 Intitulé de l’indicateur Type d’indicateur Définition Inclus dans les indicateurs sanitaires de base Source des données Fréquence de la mesure Ventilation RI5 Proportion d’enfants d’âge scolaire et d’adolescents (5–19 ans) qui sont en surpoids Résultat intermédiaire La prévalence du surpoids chez les enfants d’âge scolaire et les adolescents est définie comme le pourcentage d’enfants de 5 à 19 ans dont l’IMC pour l’âge et le sexe est supérieur de plus d’un écart type (ET) à la médiane de référence OMS 2007. La prévalence de l’obésité chez les enfants d’âge scolaire et les adolescents est définie comme le pourcentage d’enfants de 5 à 19 ans dont l’IMC en fonction de l’âge et du sexe est supérieur de 2 écarts types à la médiane de référence OMS 2007 +/-2 Enquêtes en population (de préférence représentative au niveau national) 3–5 ans Âge, sexe, niveau d’études de la mère, lieu de résidence, situation socio-économique PR1 Diversité alimentaire minimum chez les enfants de 6–23 mois Processus Pourcentage d’enfants de 6–23 mois consommant des aliments appartenant au moins à 5 groupes alimentaires distincts Oui Enquêtes en population auprès des ménages portant sur l’apport alimentaire 3–5 ans Âge, sexe, niveau d’études de la mère, lieu de résidence, situation socio-économique PR2 Pourcentage de la population utilisant un service d’eau de boisson géré en toute sécurité Processus Population utilisant une source améliorée d’approvisionnement en eau de boisson (eau sous conduite arrivant dans l’habitation, la cour ou la parcelle ; robinets publics ou bornes-fontaines, puits tubés ou forages, puits protégés ; sources protégées et eau de pluie recueillie dans des réservoirs) située sur place et disponible au besoin, et exempte de toute contamination par des excréments (ou des produits chimiques prioritaires) et/ou régulée par une autorité compétente. Oui Enquêtes auprès des ménages, recensements, données issues de sources administratives ou de cadres réglementaires. Biannuelle Lieu de résidence, situation socio- économique PR3 Pourcentage de la population utilisant un service d’assainissement géré en toute sécurité12 Processus Population utilisant un service d’assainissement géré en toute sécurité, au niveau du ménage, qui n’est pas partagé avec d’autres ménages et dans lequel les excréments sont éliminés d’une manière sûre in situ ou traités hors site Oui Enquêtes auprès des ménages, recensements, données issues de sources administratives ou de cadres réglementaires Biannuelle Lieu de résidence, situation socio- économique PR4 Tout type de supplémentation en fer pendant la grossesse Processus Proportion de femmes ayant pris des suppléments de fer pendant leur grossesse actuelle ou récente (au cours des deux dernières années) Non EDS, MICS, ENSN et SIGS 3–5 ans Niveau d’études de la mère, lieu de résidence, et situation socio- économique (quintile de richesse, par ex.) PR5 Pourcentage de naissances se déroulant dans une structure « amie des bébés » Processus Naissances se déroulant dans une une structure qualifiée par l'initiative « hôpitaux amis des bébés » Non Revue mondiale sur la nutrition 3–5 ans Lieu de résidence 12 En la lista de los IBS, la definición de este indicador añade «...incluida una instalación para lavarse las manos con agua y jabón. 61 CA D RE M O N D IA L D E SU IVI D E LA N U TRITIO N : G U ID E PRATIQ U E PO U R LE SU IVI D ES AVA N CÉES PA R RA PPO RT AU X CIBLES M O N D IA LES 2025 Intitulé de l’indicateur Type d’indicateur Définition Inclus dans les indicateurs sanitaires de base Source des données Fréquence de la mesure Ventilation PR6 Disponibilité, au niveau national, de services de conseil pour l’allaitement au sein sur les programmes de santé publique et/ou de nutrition Processus Cet indicateur rend compte de l’existence d’un programme national qui fournit notamment des services de conseil sur l’allaitement au sein à des mères d’enfants âgés de 0 à 23 mois par l’intermédiaire des systèmes de santé ou d’autres plateformes à assise communautaire Non GNPR, Nutri-Dash, WBTi 3–5 ans Sans objet EP1 Densité de professionnels de la nutrition Environnement politique et capacités Cet indicateur se définit comme le nombre de professionnels de la nutrition pour 100 000 habitants dans le pays pour une année donnée Non Recensement ou enquêtes auprès de la population active au niveau national, données issues de l’enregistrement ou de la certification des professionnels, enquêtes auprès des établissements, diplômes délivrés par des établissements de formation ou d’enseignement supérieur 3–5 ans Régions, zones rurales/ urbaines, secteur public/ privé et des services EP2 Nombre de pays disposant de législation/ réglementation qui applique pleinement le Code international de commercialisation des substituts du lait maternel (résolution WHA 34.22) et les résolutions pertinentes adoptées postérieurement par l’Assemblée mondiale de la Santé Environnement politique et capacités Code international de commercialisation des substituts du lait maternel Non GINA Biannuelle Sans objet EP3 Nombre de pays disposant de législation ou de réglementation relative à la protection de la maternité6 Environnement politique et capacités Protection de la maternité Non Maternité et paternité au travail : Loi et pratique à travers le monde. Bureau international du Travail, Genève : BIT, 2014 annuelle Sans objet Données essentielles pour mesurer la taille et le poids AN NE XE 2 64 CADRE MONDIAL DE SUIVI DE LA NUTRITION : GUIDE PRATIQUE POUR LE SUIVI DES AVANCÉES PAR RAPPORT AUX CIBLES MONDIALES 2025 L’anthropométrie est un élément clé pour évaluer l’état nutritionnel des enfants et des adultes. Les données anthropométriques relatives aux nourrissons et aux enfants reflètent l’état nutritionnel et la suffisance de l’apport alimentaire. Elles permettent de suivre la tendance de la croissance et du développement sur la durée. Les mesures anthropométriques les plus courantes comprennent le poids, la longueur/hauteur, la circonférence de la partie supérieure du bras (MUAC) et les plis cutanés au niveau des triceps. On peut prendre des mesures spécifiques en fonction de l’âge du sujet et de la finalité de l’exercice. Les mesures anthropométriques sont effectuées en suivant un protocole et des procédures standard (51-53). Le cours de formation sur l’évaluation de la croissance de l’enfant est un outil pour la mise en œuvre des Normes OMS de croissance de l’enfant. Il a été conçu pour le personnel soignant qui est chargé de mesurer et d’évaluer la croissance des enfants ou de superviser ce type d’activité. La session de formation dure trois jours et demi. Ce cours dispense les compétences et connaissances nécessaires pour déterminer le poids et la taille des enfants, évaluer leur croissance, rechercher les causes probables des problèmes, et conseiller les mères dans les domaines de la croissance et de l’alimentation. Les utilisateurs peuvent télécharger ou visionner un film pédagogique sur l’anthropométrie (disponible sur http://www.who.int/childgrowth/training/fr/). Ce film explique les procédures à suivre pour prendre les mesures et calibrer le matériel utilisé. Il est disponible en anglais, en français et en espagnol. Les matériels du cours peuvent être téléchargés ci-dessous : Module A : Introduction http://www.who.int/childgrowth/training/a_introduction.pdf Module B : Mesurer la croissance d’un enfant http://www.who.int/childgrowth/training/b_mesurer.pdf Module G : Manuel de l’animateur http://www.who.int/childgrowth/training/g_manuel_animateur.pdf Module H : Manuel du directeur du cours http://www.who.int/childgrowth/training/h_manuel_directeur.pdf Support pratique : « Peser et mesurer un enfant » : http://www.who.int/childgrowth/training/pratique_peser.pdf Vous trouverez d’autres modules et supports pratiques : http://www.who.int/childgrowth/training/en/ Âge : L’âge exact de l’enfant est requis pour procéder à l’échantillonnage, pour décider si l’enfant doit être mesuré debout ou allongé, et pour convertir la taille et le poids en indices standard. Au moment de la mesure, une estimation de l’âge est nécessaire pour prendre les décisions d’échantillonnage et pour la position sur la toise. On recommande à l’enquêteur d’utiliser des méthodes simples afin de déterminer l’âge approximatif, et à l’analyste des données de calculer l’âge à l’aide d’un programme informatique qui a besoin de la date de naissance et de la date de la mesure. Pour déterminer l’âge, l’enquêteur doit examiner des documents en rapport avec la date de naissance (certificat de naissance, certificat de baptême, dossier clinique ou horoscope). Il est indispensable de procéder à un contrôle par recoupement même si la mère connaît la date de naissance, car les erreurs de mémoire sont fréquentes. Lorsqu’il existe un registre général des naissances et lorsque l’âge est généralement connu, l’enregistrement de l’âge ne pose aucune difficulté, l’âge étant mesuré au mois ou à l’année le plus proche. Par exemple, un nourrisson né le 13 juillet 1996 peut être noté comme un enfant de 5 mois (révolus) s’il est examiné entre le 13 décembre 1996 (inclus) et le 12 janvier 1997 (inclus). De même, un enfant né le 13 juillet 1995 peut être noté comme ayant 5 ans (révolus) s’il est examiné entre le 13 juillet 2001 (inclus) et le 12 juillet 2002 (inclus). Si la mère ne se souvient pas de la date de 65CADRE MONDIAL DE SUIVI DE LA NUTRITION : GUIDE PRATIQUE POUR LE SUIVI DES AVANCÉES PAR RAPPORT AUX CIBLES MONDIALES 2025 naissance de son enfant, utilisez un calendrier local pour l’aider13. Il convient d’élaborer le calendrier local avant de réaliser l’enquête et d’effecteur un test avec les enquêteurs. Le disque OMS de calcul de l’âge de l’enfant (un disque rotatif monté sur un calendrier en PVC) fait partie des supports de formation et il est disponible dans les bureaux régionaux de l’OMS lorsque les ateliers de formation des formateurs sont organisés dans les Régions correspondantes. Taille en position allongée pour les nourrissons et les enfants de 0–23 mois Les enfants de 0–23 mois doivent être placés sur la toise en position couchée sur le dos. La personne procédant à la mesure doit tenir la tête de l’enfant et tirer doucement afin de mettre la tête en contact avec la partie fixe de la toise. La personne qui procède à l’examen doit maintenir les jambes de l’enfant en plaçant une main, doucement, mais fermement, sur les genoux de l’enfant, les orteils tournés vers le haut. Elle doit appuyer doucement sur les jambes pour éviter toute flexion des genoux et faire glisser la base mobile de la toise contre les talons de l’enfant. La mesure est prise au 0,1 cm le plus proche de la toise. Il peut être nécessaire qu’une troisième personne aide à mesurer les nourrissons agités afin que la mesure soit prise le plus vite possible tout en restant précise. Taille en position debout pour les enfants de 24 mois et plus Il faut demander à l’enfant de regarder droit devant lui en direction de sa mère qui doit se tenir devant l’enfant. La ligne de regard de l’enfant doit être parallèle au sol. La personne qui effectue la mesure doit placer sa main gauche sous le menton de l’enfant. Il faut procéder avec précaution afin que la bouche ou les oreilles de l’enfant ne soient pas recouvertes par la main de la personne qui effectue la mesure. Les épaules de l’enfant doivent se trouver au même niveau, ses mains sur les côtés, et la tête, les omoplates et les fesses plaquées contre la toise/le mur. Avec la main droite, la personne effectuant la mesure doit descendre la partie supérieure mobile de la toise et l’amener sur le sommet de la tête de l’enfant. Il convient de veiller à ce que la partie mobile comprime les cheveux de l’enfant. Pour des détails sur les mesures anthropométriques, veuillez consulter les directives de l’OMS (voir liens ci-dessus) et Cogill B., 2003 (53). Vous trouverez ci-dessous une description de la toise, de la formation et des procédures de standardisation concernant l’anthropométrie et les étapes essentielles pour peser et mesurer un enfant. Toise (mesure de la taille) La toise a une plage de mesure allant de 85 à 200 cm, avec des graduations de 0,1 cm. Il est important que les matériaux soient durables, légers et, s’il s’agit de bois, que le bois soit bien sec afin d’éviter toute déformation. La toise est portable, résiste à l’eau et est pourvue d’une bandoulière en nylon réglable et amovible. Les toises sont généralement fabriquées localement suivant les spécifications de Shorr Productions (Olney, Maryland, États-Unis). Formation et standardisation - techniques anthropométriques La mesure anthropométrique de précision est une compétence qui s’acquiert grâce à une formation spécifique. Cette formation impose de suivre une procédure, étape par étape, lorsque l’on effectue la mesure. La formation du personnel aux techniques de prise de mesures et de notification des résultats doit comporter des explications et des démonstrations théoriques, mais permettre également aux participants de mettre en pratique ces techniques, ainsi que de lire et de consigner les résultats. 13 FAO. Guidelines for Estimating the Month and Year of Birth of Young Children. 2008. Roma, Italia. 66 CADRE MONDIAL DE SUIVI DE LA NUTRITION : GUIDE PRATIQUE POUR LE SUIVI DES AVANCÉES PAR RAPPORT AUX CIBLES MONDIALES 2025 Une fois que l’ensemble du personnel s’est suffisamment entraîné à mesurer et à noter les résultats, et qu’il se sent à l’aise, il convient de procéder à des exercices de standardisation afin de veiller à ce que tous les enquêteurs acquièrent les compétences nécessaires pour collecter des données anthropométriques de qualité. Les méthodes de standardisation contribuent à garantir que les mesures seront correctes et que des comparaisons seront possibles. On peut comparer les données collectées dans différentes parties d’un pays, les données provenant de différentes enquêtes, ou encore les mesures relevées et les normes de référence. Aucune de ces comparaisons ne sera possible sans une méthode standard de prise des mesures. Le cours de formation sur l’évaluation de la croissance de l’enfant, conçu par l’OMS (51, 52), et Cogill B., 2003 (53), donnent des détails sur la formation et la standardisation des mesures anthropométriques. Vous trouverez ci-dessous les principales étapes à suivre pour effectuer des mesures anthropométriques. Essential steps for weighing and measuring a child: · Disposer de deux personnes formées : Lorsque c’est possible, il est préférable que deux personnes formées mesurent la taille d’un enfant. La personne qui prend les mesures tient aussi l’enfant. Son assistant l’aide à tenir l’enfant et consigne les résultats sur un questionnaire. S’il n’y a qu’une personne formée pour prendre les mesures, on peut demander son aide à la mère de l’enfant. C’est alors la personne qui prend les mesures qui consignera également les résultats sur le questionnaire. · Placer la toise et la balance : On a généralement le choix de l’emplacement de la toise ou de la balance, mais ce choix doit être opéré avec soin. Assurez-vous de placer la toise sur une surface plane et dure, d’accrocher la balance à un plafond solide et de disposer de suffisamment de lumière pour pouvoir lire le résultat avec précision. · Déterminer le bon moment pour mesurer et peser l’enfant : Il ne faut pas procéder à la pesée et à la mesure de la taille au début de l’entretien. Mieux vaut commencer par poser des questions utiles. La mère et l’enfant seront ainsi plus en confiance lorsque l’on procédera aux mesures. Il faut toujours commencer par demander l’âge de l’enfant, la mesure du poids et de la taille viendront ensuite. · Ne peser et mesurer qu’un enfant à la fois : Vous devez remplir le questionnaire et consigner les résultats des mesures pour un enfant à la fois. Cela évite tout risque d’erreur lorsque vous devez peser et mesurer plusieurs enfants. · Maîtriser l’agitation de l’enfant : Lorsque vous pesez et mesurez un enfant, il faut que celui-ci soit aussi calme que possible. S’il est agité ou apeuré, il sera difficile d’obtenir des résultats précis. · Consigner les résultats : Tous les résultats doivent être consignés au crayon. Ainsi lorsqu’une erreur est commise, il sera facile de la corriger. Si le recueil de données est électronique, il convient de toujours en vérifier la cohérence Ajustement du taux d’hémoglobine pour les fumeurs et les personnes vivant en altitude AN NE XE 3 68 CADRE MONDIAL DE SUIVI DE LA NUTRITION : GUIDE PRATIQUE POUR LE SUIVI DES AVANCÉES PAR RAPPORT AUX CIBLES MONDIALES 2025 avec les indicateurs. Il convient d’ajuster le taux d’hémoglobine pour les fumeurs et les personnes vivant en altitude. La concentration en hémoglobine est plus élevée chez les fumeurs (57, 58). En conséquence, les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) des États-Unis recommandent de procéder à un ajustement lorsque l’on mesure la concentration en hémoglobine chez les fumeurs (Tableau A2) (55). Le Tableau A2 présente les valeurs à ajouter aux seuils normaux afin de repérer l’anémie chez les fumeurs. On peut également soustraire ces valeurs de celles observées pour l’hémoglobine. Par exemple, une femme non fumeuse ayant un taux de 120 g/L n’est pas anémiée, alors qu’une femme qui fume plus de deux paquets par jour et qui présente la même concentration en hémoglobine sera anémiée, car son taux ajusté est de (120 – 7) = 113 g/L. TABLEAU A2 : Ajustement du taux d’hémoglobine pour les fumeurs Tabagisme Ajustement à la hausse du taux d’hémoglobine (g/L) ½ à 1 paquet par jour +3 1 à 2 paquets par jour +5 >2 paquets par jour +7 Fumeurs (tous) +3 Fuente: CDC 1989 Le fait de vivre au-dessus du niveau de la mer augmente aussi la concentration en hémoglobine. On peut ajuster les concentrations observées à l’aide de la formule élaborée par les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) : Hémoglobine = - 0,32 × (altitude en mètres × 0,0033) + 0,22 × (altitude en mètres × 0,0033)2 Le Tableau A3 présente les valeurs d’ajustement du taux d’hémoglobine pour des altitudes à intervalles de 500 mètres, sur la base de l’équation ci-dessus. Les concentrations en hémoglobine des personnes vivant à plus de 1000 m au- dessus du niveau de la mer doivent être ajustées à la baisse afin de ne pas sous-estimer la prévalence de l’anémie. Par exemple, une femme vivant à une altitude égale au niveau de mer et dont la concentration en hémoglobine est de 120 g/L n’est pas anémiée, alors qu’une femme vivant à une altitude de 1500 m et qui présente la même concentration en hémoglobine sera anémiée, car son taux ajusté est de (120 – 5) = 115 g/L. TABLEAU A3 : Ajustement du taux d’hémoglobine (g/L) en fonction de l’altitude de résidence Altitude (m) Ajustement du taux d’hémoglobine (g/L) <1000 0 1000 +2 1500 +5 2000 2500 +8 +13 3000 +19 3500 +27 4000 +35 4500 +45 Fuente: WHO 2001 (92). 69CADRE MONDIAL DE SUIVI DE LA NUTRITION : GUIDE PRATIQUE POUR LE SUIVI DES AVANCÉES PAR RAPPORT AUX CIBLES MONDIALES 2025 Sources des données et critères d’inclusion pour la base de données sur l’anémie Sources des données Les rapports d’enquête et les publications faisant état du bilan vitaminique A sont recueillis/obtenus auprès : · des Ministères de la santé par l’intermédiaire des bureaux régionaux et des bureaux de pays de l’OMS ; · des établissements de recherche et des établissements universitaires au niveau national ; · des organisations non gouvernementales ; · des organisations du système des Nations Unies ; · et moyennant des recherches menées régulièrement dans les bases de données en ligne, telles que PubMed, Medline, Embase, Ovid, et les bases de données régionales de l’OMS (l’Index Medicus africain, l’Index Medicus pour la Région OMS de la Méditerranée orientale, le Centre d’Information sur les Sciences de la Santé pour l’Amérique latine et les Caraïbes (BIREME), la Library Institutional Memory DataBase de l’Organisation panaméricaine de la Santé, l’Index Medicus pour la Région OMS de l’Asie du Sud-Est). Ces ressources sont complétées par une recherche manuelle des articles publiés dans des revues et rapports médicaux et professionnels non indexés émanant des chercheurs principaux. Critères d’inclusion des données Les données d’enquête sont extraites et incluses dans la base de données uniquement si elles proviennent de publications et de rapports d’enquête originaux. Indépendamment du niveau administratif et du groupe de population concerné, les enquêtes sont incluses si elles remplissent les critères suivants : · Enquêtes en population (exception : enquêtes dans les centres de santé pour les femmes enceintes, les nouveau- nés, les enfants d’âge préscolaire et scolaire, ce qui sera rigoureusement mentionné dans les « Notes générales »). · Enquêtes transversales. · Valeurs de référence des études sur les interventions. · Structure de l’enquête clairement définie. · Taille minimale de l’échantillon : 100 sujets. · Détermination des signes de la concentration en hémoglobine (diverses méthodes) et/ou indication de la proportion (%) de la population correspondant aux seuils pour les taux d’hémoglobine qui définissent l’anémie. Lorsqu’on trouve une enquête potentiellement pertinente et qu’on obtient le rapport complet, il faut vérifier la cohérence des données grâce à un contrôle systématique de leur qualité. Si nécessaire, on peut contacter les détenteurs des données afin d’obtenir des éclaircissements ou des résultats supplémentaires. Les informations disponibles sont extraites et saisies sur un formulaire standard. Estimation du taux d’hémoglobine La prévalence de l’anémie chez les femmes en âge de procréer (15–49 ans) devrait être évaluée dans un échantillon représentatif de sujets afin de généraliser les résultats de l’échantillon à l’ensemble de la population cible. Comme la prévalence de l’anémie a un impact important sur les programmes de santé publique, il est important de s’assurer que la collecte des données est effectuée au moyen de méthodes appropriées pour estimer le taux d’hémoglobine. Au cours de ces dernières décennies, la plupart des enquêtes en population ont utilisé la méthode de l’hémoglobinomètre pour estimer le taux d’hémoglobine (59). L’hémoglobinomètre présente plusieurs avantages par rapport à l’utilisation de données relatives à l’hématocrite pour les études de terrain, et il est beaucoup plus précis que l’examen clinique. Contrairement à la méthode reposant sur l’hématocrite, l’hémoglobinomètre ne nécessite ni réfrigération ni transport jusqu’au laboratoire. Cette machine légère et portative, fonctionnant avec 70 CADRE MONDIAL DE SUIVI DE LA NUTRITION : GUIDE PRATIQUE POUR LE SUIVI DES AVANCÉES PAR RAPPORT AUX CIBLES MONDIALES 2025 des piles, peut être facilement transportée jusqu’au site d’étude où les échantillons de sang peuvent être analysés sur place. De plus, les résultats sont disponibles immédiatement et fournissent une estimation adéquate de la prévalence de l’anémie (93, 94). L’hémoglobine peut être mesurée avec un hémoglobinomètre chez les femmes en âge de procréer (15–49 ans) lors des enquêtes auprès des ménages. Les directives donnent des informations détaillées et pratiques sur l’hémoglobinomètre, y compris sur les fournitures, l’assurance qualité, la collecte d’un échantillon de sang capillaire (une goutte de sang) et les protocoles visant à assurer la sécurité des enquêteurs et des sujets (95). Elles comportent également un protocole de formation et un exercice de standardisation pour assurer l’exactitude et la cohérence (fiabilité) des mesures réalisées par l’hémoglobinomètre. Le protocole de formation et l’exercice de standardisation permettent aux formateurs de corriger les erreurs et de sélectionner des enquêteurs compétents. Après la formation des phlébologues à l’utilisation de l’hémoglobinomètre, les phlébologues entraînés collectent, avec l’équipe d’enquêteurs, une goutte de sang en piquant au doigt les femmes de l’échantillon. Les erreurs systématiques résultant d’une formation insuffisante du personnel de terrain à l’utilisation de l’hémoglobinomètre peuvent causer un biais important dans les estimations fondées sur des enquêtes de la prévalence de l’anémie. Par conséquent, il est impératif d’assurer une formation adéquate et uniforme du personnel de terrain à l’utilisation de cet appareil. La date d’évaluation et la valeur de l’hémoglobine doivent être enregistrées à l’endroit prévu à cet effet dans le questionnaire destiné au ménage. TABLEAU A4 : Taux d’hémoglobine pour diagnostiquer l’anémie au niveau de la mer (g/L) Population Pas d’anémie Anémie Légère Modérée Grave Femmes non enceintes (15 ans et plus) 120 ou plus 110–119 80–109 inférieur à 80 Femmes enceintes 110 ou plus 100–109 70–99 inférieur à 70 Fuente: WHO 2011 (96). Ajustement pour un faible poids de naissance AN NE XE 4 72 CADRE MONDIAL DE SUIVI DE LA NUTRITION : GUIDE PRATIQUE POUR LE SUIVI DES AVANCÉES PAR RAPPORT AUX CIBLES MONDIALES 2025 Les données précises et fiables sur l’insuffisance pondérale à la naissance sont rares et il n’existe actuellement pas d’estimations au niveau mondial, régional ou national sur le taux de naissances de faible poids. Pour remédier à cette lacune, l’OMS, en partenariat avec l’UNICEF et des chercheurs universitaires (École d’hygiène et de médecine tropicale de Londres et Université Johns Hopkins), cherche à estimer, au niveau national, le taux et les tendances de l’insuffisance pondérale à la naissance (IPN) parmi les naissances vivantes.13 Ces données seront essentielles pour établir la base de référence à partir de laquelle l’OMS et les États Membres pourront évaluer les progrès accomplis dans la réalisation de la cible mondiale définie par l’Assemblée mondiale de la Santé pour 2025. Parmi les activités passées et en cours, on note : · Examiner les données nationales collectées régulièrement (état civil, statistiques vitales et données MICS) pour tous les pays et définir des critères de qualité pour classer les données. · Analyser à nouveau les données relatives au faible poids de naissance qui émanent des enquêtes EDS et MICS auprès les ménages, notamment étudier de nouvelles méthodes d’ajustement des données d’enquête pour les arrondis. · Produire une base de données globale des données relatives au faible poids de naissance, à partir de sources nationales/représentatives au niveau national, y compris les données ajustées issues des enquêtes auprès des ménages et les données nationales collectées régulièrement. · Concevoir un modèle sur la base de toutes les données d’entrée dans la base de données finale pour les pays ne disposant pas de données de qualité, dont fourchettes et tendances d’incertitude. · Calculer des estimations qui seront soumises à la consultation des pays. De nombreuses enquêtes utilisent le rappel par la mère de l’évaluation subjective de la taille du nourrisson à la naissance (très grand, supérieur à la moyenne, moyen, plus petit que la moyenne, très petit) en plus du poids à la naissance. Un ajustement est effectué grâce à une méthode de pondération où la proportion d’enfants présentant un poids insuffisant à la naissance dans chaque catégorie de taille est multipliée par la proportion totale des naissances dans la catégorie correspondante. Les résultats sont additionnés pour obtenir des estimations globales de la prévalence de l’insuffisance pondérale à la naissance. Cette méthode d’ajustement fournit des estimations sensiblement améliorées, car elle tente de corriger le biais dû à la sous-notification du poids de naissance en utilisant des informations sur tous les enfants, y compris ceux qui ne sont pas pesés (62). Jusqu’à récemment, cette méthode n’était toutefois pas adoptée à grande échelle. Les hypothèses pour cet ajustement sont les suivantes : (i) les enfants dont le poids de naissance est déclaré sont aussi susceptibles de présenter un faible poids que ceux dont le poids de naissance n’a pas été déclaré, et (ii) dans un même pays, l’évaluation de la taille du nourrisson ne dépend pas du fait que ce dernier a été pesé. Dans une évaluation des données d’enquête émanant de plus de 40 pays, Blanc et Wardlaw (2005) ont examiné ces hypothèses et montré que les caractéristiques des nourrissons ayant été pesés à la naissance n’étaient pas représentatives de l’ensemble des naissances (62). Les enfants pesés avaient une plus grande probabilité d’être nés de mères instruites, vivant en zone urbaine et d’avoir vu le jour dans un établissement de santé, avec l’aide de personnel bénéficiant d’une formation médicale. Ces caractéristiques sont généralement associées à un poids de naissance plus élevé et, par conséquent, les estimations résultantes étaient encore susceptibles de sous-estimer le taux des naissances de faible poids. En outre, Blanc et Wardlaw (2005) ont noté que de nombreuses données d’enquête sur le poids à la naissance enregistré avaient été « arrondies » à des multiples de 500 g (62). Le fait d’arrondir le poids à 2500 g, qui est le seuil du faible poids à la naissance, a une incidence sur les estimations de faible poids de naissance. Sur la base d’une évaluation de la distribution des naissances pesant entre 2001 g et 2999 g dans 88 enquêtes, ces auteurs ont recommandé de reclasser un quart des naissances enregistrées à 2500 g exactement en « faible poids de naissance ». Si l’on applique les deux ajustements (à savoir l’estimation par la mère de la taille à la naissance et l’arrondi à 2500 g), on risque d’obtenir une estimation plus élevée de l’incidence du faible poids de naissance. Les résultats de 114 EDS et MICS montrent que ces deux types d’ajustement ont fait augmenter de 24 %, en moyenne, l’incidence de l’insuffisance pondérale à la naissance par rapport aux chiffres rapportés sans ajustements. 13 Des révisions devront être faites en fonction des travaux en cours. Pesée AN NE XE 5 74 CADRE MONDIAL DE SUIVI DE LA NUTRITION : GUIDE PRATIQUE POUR LE SUIVI DES AVANCÉES PAR RAPPORT AUX CIBLES MONDIALES 2025 Chaque membre du personnel de terrain doit, si possible, avoir sa propre balance, sinon il faudra davantage de temps pour peser les enfants et remplir le questionnaire. Il existe plusieurs balances, par exemple la balance électronique conçue par l’UNICEF (article n° 0141015 Balance mère/enfant, électronique). Fabriquée par SECA, cette balance se pose à même le sol et permet de peser les enfants et les adultes. Sa capacité de pesage va de 1 kg à 150 kg par graduations de 100 g pour les adultes. Le poids de l’adulte peut être mis en mémoire, ainsi la balance indiquera le poids de l’enfant porté par cet adulte. Pour de plus amples informations, veuillez contacter : UNICEF Supply Division ; UNICEF Plads, Freeport ; DK-2100 Copenhague, Danemark ; téléphone : (45) 35 27 35 27 ; télécopie : (45) 35 26 94 21 ; e-mail : supply@unicef.org ; site Web : www.supply.unicef.dk. L’enfant peut être pesé directement. S’il est effrayé, on peut peser d’abord la mère toute seule puis recommencer la pesée lorsqu’elle porte l’enfant dans ses bras. La balance calculera alors automatiquement le poids de l’enfant par soustraction. Les enquêtes menées récemment nous montrent que ce type de balance convient aux organismes collaborateurs bien que l’on note certains problèmes dus à la chaleur. L’âge de l’enfant est essentiel pour effectuer des évaluations anthropométriques, et il doit être noté en même temps que les données relatives à la taille et au poids de manière aussi précise que possible (voir la section 3.1 pour plus d’informations). © UNICEF/UN0146813/Knowles-Cour Opérationnalisation de la diversité alimentaire minimum (DAM) à l’aide des données alimentaires quantitatives AN NE XE 6 76 CADRE MONDIAL DE SUIVI DE LA NUTRITION : GUIDE PRATIQUE POUR LE SUIVI DES AVANCÉES PAR RAPPORT AUX CIBLES MONDIALES 2025 Les étapes permettant de produire des données DAM à partir des rappels quantitatifs des 24 heures dépendent de la structure et du contenu des fichiers de données sources. Les principales étapes sont les suivantes : 1. Déterminer si l’enfant a consommé chacune des huit catégories d’aliments définies ; 2. Appliquer un critère de quantité minimum pour que la consommation « compte » ; 3. Construire l’indicateur relatif à la DAM 1. Classer les aliments et déterminer si l’enfant a consommé des aliments dans chacun des huit groupes La plupart des ensembles de données alimentaires quantitatives représentatives au niveau national comportent des fichiers sur l’alimentation/les ingrédients, qui dressent la liste de tous les produits consommés par les individus, et des fichiers personnels, regroupant des données sur les apports en nutriments au niveau individuel. Dans la première catégorie de fichiers, les produits suivent généralement un schéma de codage hiérarchique où, par exemple, un chiffre indique le groupe d’aliments et les autres se rapportent aux caractéristiques et produits alimentaires spécifiques au sein de ce groupe. Le niveau de détail dans la description des attributs fourni par le schéma de codage diffère d’un pays à l’autre, mais le schéma de classification simple nécessaire pour construire l’indicateur de la DAM n’a besoin que de quelques descripteurs et caractéristiques distinctives. Les recommandations qui suivent expliquent comment rattacher des aliments « simples » à des catégories et présentent les diverses manières de coder les aliments composés (recettes), en fonction des informations disponibles dans les ensembles de données sources. 1.1 Codage des aliments « simples » (un seul ingrédient) pour les classer par groupe Il est généralement facile de rattacher les aliments « simples » à une catégorie. Dans bien des cas, il est possible d’utiliser les systèmes de codage existants au niveau national pour classer la plupart des aliments dans l’une des huit catégories. OMS 2010 donne des listes détaillées des aliments en fonction du groupe auquel ils appartiennent. Cette publication fournit également des détails concernant les aliments et les catégories qui ne comptent pas pour la DAM (par exemple, les condiments et les ingrédients mineurs qui sont ajoutés pour rehausser la saveur des plats, les bonbons, etc.). Ces exclusions visent à éviter de gonfler artificiellement la diversité alimentaire, qui elle est bonne pour la santé. Les catégories définies par l’OMS présentent une spécificité que l’on ne retrouve généralement pas dans les systèmes de codage nationaux : les fruits et légumes riches en vitamine A sont classés à part des autres fruits et légumes. Pour être inclus dans les « fruits et légumes riches en vitamine A », un aliment doit comporter au moins 120 équivalents rétinol (ER) pour 100 g, dans la forme sous laquelle ils sont consommés.15 Actuellement, les tableaux de composition des aliments peuvent indiquer la teneur en vitamine A exprimée en équivalents rétinol (ER) ou en équivalents d’activité du rétinol (EAR). Pour les aliments dérivés de plantes, la valeur de 120 ER équivaut à peu près à 60 EAR. Cette classification a très peu de chances de se retrouver dans la plupart des systèmes de codage nationaux.16 Par conséquent, il est possible que les fruits et les légumes doivent être classés article par article, d’après la teneur en vitamine A de l’aliment dans la forme sous laquelle il est consommé. Concernant les racines, les tubercules et les plantains, il se peut que les systèmes de codage nationaux classent également les principaux groupes d’aliments différemment de l’OMS. Dans le classement de l’OMS, à l’exception des patates douces à chair jaune ou orange riches en vitamine A, les racines, tubercules et plantains riches en féculents 15 120 ER pour 100 g correspondent à 15 % de la valeur nutritionnelle de référence (VNR, 800 ER) définie par le Codex Alimentarius. La norme du Codex qui permet d’identifier un aliment comme « source » de nutriments stipule que ledit aliment doit fournir soit : 15 % pour 100 g d’aliment solide ou 7,5 % pour 100 g de liquide ou 5 % pour 100 kcal ou encore 15 % par portion. Pour être identifié comme étant « riche », l’aliment doit apporter deux fois cette quantité (c’est-à-dire 30 % ou 240 ER pour 100 g d’aliments solides). La VNR a été fixée à un niveau qui devrait répondre aux besoins d’environ 97 % des personnes appartenant au groupe d’âge et de sexe dont les besoins sont les plus élevés (à l’exception des femmes enceintes et des femmes qui allaitent). Pour la définition de « source » se reporter aux directives adoptées en 1997 par la Commission du Codex Alimentarius et révisées en 2004. Pour la définition des valeurs nutritionnelles de référence, se reporter aux directives adoptées en 1985 par la Commission du Codex Alimentarius et révisées en 1993. (pour toutes les Normes Codex, voir http://www.codexalimentarius.org/). 16 Certains pays utilisent les mêmes indicateurs pour classifier les sous-groupes de légumes (par exemple, légumes vert foncé ou légumes à feuilles vert foncé et légumes à chair orange foncé). De tels regroupements peuvent simplifier le processus. 77CADRE MONDIAL DE SUIVI DE LA NUTRITION : GUIDE PRATIQUE POUR LE SUIVI DES AVANCÉES PAR RAPPORT AUX CIBLES MONDIALES 2025 sont classés avec les céréales, dans les féculents de base. Veuillez également noter que, dans le classement de l’OMS, certains autres légumes riches en féculents (comme le maïs frais et les pois frais) sont classés avec les légumes. 1.2 Plats composites, dont aliments transformés Les plats composites, ou les recettes, sont codés différemment dans les différentes bases de données alimentaires nationales qui regroupent des informations sur les aliments consommés par la population. Il arrive que les aliments composites soient complètement désagrégés par ingrédients constitutifs, et que la quantité de chaque ingrédient consommé par l’individu soit notée. On peut aussi s’intéresser à la quantité consommée de l’aliment composite ou de la recette en question. Dans ce cas, on peut, ou non, disposer de fichiers de données associés, mais distincts concernant les plats composites afin de désagréger davantage les données. En outre, dans le cas des produits alimentaires transformés, il est souvent difficile d’obtenir la composition complète. Par conséquent, certains ensembles de données nationaux regroupent un mélange d’aliments, d’ingrédients et de produits du commerce dans les fichiers décrivant les produits consommés. Compte tenu de cette diversité de structures et de caractéristiques des données, ce document ne peut fournir d’orientations détaillées. Les orientations générales suivantes devraient toutefois permettre aux analystes responsables du traitement national des données alimentaires de coder les plats composés dans les groupes alimentaires de l’OMS. Dans la mesure du possible, les aliments composés devraient être désagrégés en ingrédients selon les proportions spécifiées dans la liste des ingrédients, et la quantité de chaque ingrédient consommée par l’enfant devrait être calculée.17 Lorsque ce n’est pas possible, les aliments devraient être codés en groupes en fonction de leur ingrédient principal, et la quantité consommée attribuée ensuite au groupe alimentaire auquel appartient l’ingrédient principal. Comme on l’a déjà noté, dans de nombreux systèmes de codification par pays, le codage au niveau des groupes d’aliments existe déjà et se reflète dans les codes hiérarchiques spécifiques des aliments et des ingrédients. 2. Appliquer un critère de quantité minimum à chaque groupe d’aliments pour qu’il soit pris en compte Une fois que tous les articles du fichier aliments/ingrédients ont été codés et classés par catégories, il convient d’appliquer un minimum de 10 grammes de consommation pour que l’article en question18 soit pris en compte. À l’exception du lait maternel,19 il convient de ne pas tenir compte des articles consommés dans des quantités inférieures à 10 grammes. 3. Déterminer la DAM Le fichier de données sur les aliments/ingrédients comprend désormais une liste des articles consommés par chaque enfant pour une quantité d’au moins 10 grammes. À chacun de ces articles sera attribué le code correspondant au groupe d’aliments OMS associé. La DAM peut être déterminée en comptant le nombre de groupes d’aliments distincts qui ont été consommés. Le nombre de groupes d’aliments peut alors aller de 0 à 8. Il faut ensuite calculer le pourcentage d’enfants qui ont consommé cinq groupes d’aliments ou plus (c’est-à-dire qui ont consommé hier, dans la journée ou la nuit, 5, 6, 7 ou 8 groupes définis par l’OMS). Comme déjà noté, dans certains ensembles de données, les fichiers sur les aliments/ingrédients renseignent sur les épisodes d’allaitement au sein (c’est-à-dire que chaque fois que l’enfant est allaité au sein, une ligne du fichier sera codée « lait maternel », même si la quantité n’est pas estimée). Si c’est le cas, l’enfant devrait recevoir un « point » pour le lait maternel sur la base de l’analyse des données de rappel des 24 heures. Il s’agit de la meilleure méthode 17 Pour les alimentés préparés, ce calcul peut nécessiter l’utilisation de facteurs de rendement appropriés pour estimer la quantité consommée par l’enfant. Pour les préparations comportant du lait en poudre, la quantité doit être estimée en équivalent lait liquide (c’est-à-dire reconstitué sous forme de lait liquide). 18 Un « article » est un aliment ou un ingrédient consommé à un moment donné – il correspond habituellement à une ligne dans le fichier de données sur le niveau d’aliment / ingrédient. 19 Dans certaines enquêtes, le lait maternel est présent dans le fichier relatif à l’apport alimentaire, mais il n’est pas quantifié. Pour les besoins de cet indicateur, on considère que n’importe quelle quantité de lait maternel « compte », et ce dans un souci de normalisation des données pour toutes les situations. 78 CADRE MONDIAL DE SUIVI DE LA NUTRITION : GUIDE PRATIQUE POUR LE SUIVI DES AVANCÉES PAR RAPPORT AUX CIBLES MONDIALES 2025 pour calculer la DAM parce que la période de rappel pour le groupe « lait maternel » est la même que pour d’autres groupes d’aliments. Cependant, dans certains ensembles de données, le lait maternel ne figure pas aux côtés d’autres aliments et ingrédients, et l’allaitement au sein est évalué en demandant au répondant si l’enfant est encore nourri au sein. Si aucune donnée sur la consommation de lait maternel la veille ou la nuit précédente n’est disponible, l’enfant peut recevoir un point pour le groupe du lait maternel si l’on sait que l’enfant n’est pas complètement sevré. Dans tous les cas, il convient d’ajouter un point pour le groupe « lait maternel » quelle que soit la quantité consommée.20 20 Le questionnaire type présenté dans OMS 2010 comporte la question suivante : « Est-ce que (NOM) a été nourri(e) au sein hier, dans la journée ou la nuit ? » Pour plus d’informations, contacter : Département Nutrition pour la santé et le développement Organisation mondiale de la Santé Avenue Appia 20, CH-1211 Genève 27, Suisse Télécopie : +41 22 791 4156 Courriel : nutrition@who.int www.who.int/nutrition ISBN 978-92-4-251360-8
World Health Organization (WHO) · Publications
Cadre mondial de suivi de la nutrition : guide pratique pour le suivi des avancées par rapport aux cibles mondiales 2025
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