PROGRAMME OMS DE LUTTE CONTRE L'ONCHOCERCOSE EN AFRIQUE DE L'OUE,ST WHO ONCHOCERCIASIS CONTROL PROGRAMME IN WEST AFRICA Siège de I'OCP - BP 549 Ouagadougou - Burkina Faso Tél : (226) 30 23 12 I 30 23 13 I 30 23 0l ; Fax : 30 21 47 Rapport Annuel d'Activités de I'OMS/OCP Contribution de VCU pour 1998 (1er mai 1997 - 30 avril 1998) Version du juin 14, 1998 à l0:00 RAP/2 I 3/98/VCU/ADM/5.3 2RESUME a) b) c) d) e) Sur I'ensemble de la période considérée. des déficits pluviornétriques ont éré enregistrés dans presque tous les bassins sous traitements larvicides. Les mois d'août / septembre 1997 pour la zone Est et septembre / octobre 1997 pour la zone Ouest ont par contre été relativement arrosés par rapport à 1996. Cela s'est traduit par des décrues assez longues, en particulier pour les bassins de l'extension sud Côte d'lvoire. Le nombre d'hélicoptères sous contrat pendant la période considérée a varié de sept (de mai à décembre 1997) à quatre (avril 1998). Drl 30 mars au 19 avril 1998, nous n'avons utilisé en réalité qu'un hélicoptère en raison de débits très faibles, en particulier pour les bassins de la zone Est du Programme. Les épandages aériens ont en effet été totalement suspendus dans cette zone pendant sept semaines consécutives, du 9 mars au 26 avril 1998. L'année 1998 était la dernière année d'un contrat aérien de trois ans établi avec la compagnie "Evergreen Helicopter International" (EHI). En étroite collaboration avec la direction et les techniciens du Programme, des négociations entre I'OMS et EHI ont eu lieu pendant la période écoulée et ont permis d'aboutir à un accord pour les quatre dernières années du Programme. De 1999 à 200l,le Programme disposera de trois hélicoptères en mars et avril et de cinq hélicoptères pendant le reste de l'année. En 2002, compte tenu de la réduction de la couverture larvicide, le Programme ne disposera plus que de deux hélicoptères en mars et avril et de trois hélicoptères pendant le reste de l'année. Les traitements larvicides ont été arrêtés en avril 1997 sur la Kankélaba au Mali (un affluent de la Bagoé) et en juin 1997 sur Ia Marahoué en Côte d'lvoire. La situation d'insécurité qui persiste en Siena Leone laisse planer un sérieux doute sur Ia reprise des traitements larvicides au nord de ce pays où pratiquement aucune rivière n'a été traitée depuis avrll 1994. Par rapport à la période mai 1996 I avrll 1997,le Programme a économisé 104 000 U.S.$ en heures de vol (environ 3%) mais dépensé en insecticides 333 000 $ de plus (environ 90Â). Cette augmentation s'explique par le fait que l'arrêt des traitements sur la Kankélaba et la Marahoué a été compensé dans le même temps par une intensification des traitements sur les affluents de l'Oti (en raison d'une situation entomologique préoccupante) et par des conditions hydrologiques défavorables sur le bassin du Sassandra (longue décrue). Les sept larvicides utilisés par I'OCP (téméphos, phoxim, pyraclofos, B.r. H-14, perméthrine, carbosulfan et étofenprox) ont été utilisés colnme les années précédentes selon une stratégie de rotation destinée à prévenir les phénomènes de résistance et à limiter I'impact des traitements sur la faune aquatique non cible. La période écoulée a permis de mettre en évidence, au sud de la Côte d'lvoire, un retour à la sensibilité de populations de simulies savanicoles situées sur certains biefs du bas Bandama et de la basse Comoé. Une amélioration de la sensibilité au téméphos a également été constatée 0 Jh) s) i) i) k) 1) sur ceftains bassins de la zone Est. en particulier sur les bassins du Mono au Togo et de l'Ouemé au Bénin. Le réseau de surveillance hydrologique de I'OCP comporte actuellement 137 échelles de crue dont 78 sont équipées de télébalises hydrologiques appartenant pour la plupart à I'OCP (sept balises appartiennent au réseau "Hydroniger" et quatre au service hydraulique du Bénin). La période écoulée a connu un certain nombre d'actes de vandalisme et en particulier des vols de panneaux solaires et de batteries, de plus en plus prisés pour un usage domestique. Le Programme a réagr en intensifiant la sensibilisation des populations et des autorités sur l'importance de ce réseau. Après avoir séparé par les sondes spécifiques d'ADN les parasites d'origine animale des parasites humains, 13 points de capture (sur les 121 visités régulièrement) présentent pour la période considérée des potentiels de transmission de I'onchocercose humaine supérieurs à 100 larves infectantes par homme et par an. En ne considérant que la transmission occasionnée par les simulies de savane, seulement six points présentent des potentiels de transmission supérieurs à 100, deux sur les affluents de I'Oti au Togo, un sur la Pru au Ghana, deux sur le bassin du haut Niger en Guinée et un sur le bassin du Tinkisso en Guinée. L'arrêt des traitements larvicides fin 1998 sur la quasi totalité des bassins de la Côte d'lvoire entraînera la fermeture du secteur de Bouaké et de ses deux sous-secteurs, Bouaké et Odienné. Cette restructuration s'accompagnera d'une redistribution des activités de recherche entomologiques et insecticides entre Odienné, Kara et Ouagadougou et du transfert du laboratoire de biologie moléculaire de Bouaké à Ouagadougou. Les résultats de la surveillance présentés par les équipes nationales hydrobiologiques indiquent une bonne situation des peuplements ichtyologiques avec des coefficients de conditions et des richesses spécifiques stables. Quant aux invertébrés, malgré la rareté sinon la disparition quasi-totale de certains taxons signalée depuis quelques années, les densités totales de faune n'en sont pas affectées, même si la structure des peuplements connaît quelques modifications qui ne sont toutefois pas préjudiciables aux fonctions de transfert d'énergie au sein des communautés d'invertébrés. Un autre volet important de la surveillance qui prend de plus en plus d'ampleur avec I'arrêt des traitements larvicides est l'étude du potentiel de recolonisation des cours d'eau. Les modifications des lits et berges des cours d'eau étant des facteurs importants dans la situation biologique des cours d'eau, I'étude du potentiel de recolonisation de ceux-ci devra dorénavant être accompagnée d'informations sur la qualité de l'habitat. En 1997, les recherches sur les insecticides se sont davantage orientées vers des essais en rivière visant à comparer deux formulations commerciales de B.t. H-l4,le Vectobac@ et le Teknar@. A la dose de 540 ml de formulation par mètre cube seconde de débit, soit 75Yo de la dose opérationnelle, le Teknar se révèle plus efficace que le Vectobac en terme de portée, ce qui nécessite toutefois confirmation par des traitements en conditions opérationnelles réelles (épandages aériens actuellement en cours). 4rlt ) n) o) I-a technique d'identification des vecteurs par hétéroduplex est désonnais opérationnelle et sa validation sur le terrain. par rapport à la cytotaxonomie, est pratiquement terminée. De plus, depuis l'adoption de deux techniques nouvelles d'extraction de I'ADN des simulies et I'utilisation d'une cuve de séquençage pour Ia séparation des produits, il est désormais possible d'augmenter le nombre d'échantillons identifiés et d'en améliorer la résolution. L'identification des vecteurs s'est enrichie d'une nouvelle technique basée sur l'ADN rnicrosatellites. Un transfert de technologie réalisé entre I'ORSTOM / Montpellier et I'OCP a permis de former les techniciens du laboratoire à I'utilisation de cette outil qui permet de caractériser les populations de S. damnosum s.l. Les microsatellites vont servir dans un premier temps à caractériser et comparer les populations simulidiennes de certains bassins hydrologiques du nord de la Sierra Leone, de la Guinée et du Mali. La technique visant à déterminer, par des sondes d'ADN spécifiques d'O. volvulus,la prévalence de l'infection dans des broyats de simulies est désormais opérationnelle. Le protocole d'étude a été validé en 1997 et cette technique va dorénavant être utilisée de façon systématique, par les équipes nationales, dans les études entomologiques de post-traitement. En raison de sa simplicité et de son faible coût, cette méthode est également appelée à jouer un rôle de premier plan dans la surveillance de l'onchocercose (détection précoce de l'infection des simulies). Suite aux mauvais résultats entomologiques effegistrés en avril et mai 1997 sur les affluents de l'Oti au Togo (Kara, Kéran et Mô), des mesures spéciales ont été prises afin de tenter d'améliorer, pendant cette période particulièrement critique de montée des eaux, l'efficacité des opérations de lutte. Ces actions ont consisté essentiellement à i) intensifier les traitements au sol sur les affluents de l'Oti en appui aux traitements aériens, ii) augmenter la couverture larvicide de ces affluents jusqu'à la confluence de l'Oti et ii) traiter l'Oti peu avant la montée des eaux pendant quatre semaines consécutives. Ces mesures, qui seront désormais répétées et évaluées chaque année, ont eu pour effet de réduire en avril I mai 1998les taux de piqûres et d'infectivité de près de 90%o par rapport à l'année précédente, démontrant ainsi le bien fondé de l'ensemble des mesures préconisées. p) 5LUTTE ANTIVECTORIELLE Conditions climatiques Sur I'ensemble de la période considérée, des déficits pluviométriques ont été enregistrés dans presque tous les bassins sous traitements larvicides à l'exception de ceux de la Sierra Leone où les précipitations ont été excédentaires par rapport à la période 199611997. Les mois d'août / septembre 1997 pour la zone Est et septembre / octobre 1997 pour la zone Ouest ont par contre été relativement pluvieux par rapport à 1996. Cela s'est traduit par des décrues assez longues, en particulier à l'Ouest et notamment dans les bassins de l'extension sud Côte d'lvoire. Flotte et opérations aériennes 2 Le nombre d'hélicoptères sous contrat pendant la période considérée a varié de sept (de mai à décembre 1997) à quatre (avril 1998). Du 30 mars au 19 avril 1998, nous n'avons utilisé en réalité qu'un hélicoptère en raison de débits très faibles, en particulier pour les bassins de la zone Est du Programme. Les épandages aériens ont en effet été totalement suspendus dans cette zone pendant sept semaines consécutives, du 9 mars au26 avril 1998. L'année 1998 était la dernière année d'un contrat aérien de trois ans établi pour la troisième fois consécutive avec la compagnie "Evergreen Helicopter International" (EHI). En étroite collaboration avec la direction et les techniciens du Programme, des négociations entre le bureau juridique du siège de I'OMS à Genève et EHI ont eu lieu pendant Ia période écoulée et ont permis d'aboutir à un accord pour les quatre dernières années du Programme. Sur le plan technique, cet accord tient compte de trois faits essentiels, à savoir i) l'anêt quasi-total des traitements larvicides en Côte d'lvoire à compter du 1"' janvier 1999, ii) la stabilisation de la couverture larvicide entre 1999 et 2001 et iii) la réduction importante des opérations aériennes en 2002. Pour la période 1999-2001, le Programme disposera de trois hélicoptères en mars et avril et de cinq hélicoptères pendant le reste de l'année. Selon les termes du contrat, il sera garanti à la compagnie le paiement de 53,6 heures de vol par mois pour chaque hélicoptère sous contrat. En 2002, compte tenu de la réduction de la couverture larvicide, le Programme ne disposera plus que de deux hélicoptères en mars et avril et de trois hélicoptères pendant le reste de l'année. Il sera alors garanti à la compagnie le paiement de 58,8 heures de vol par mois pour chaque hélicoptère sous contrat. De mai 1997 à avril 1998, les hélicoptères ont effectué 4 524 heures de vol de traitement (aucun vol de prospection) contre 4 668 heures pour la période précédente J 4 5 66 (tableau 1). Cette faible différence (environ 3%o) s'expliqr.re par le fait que l'arrêt des traitements sur la Kankélaba et la Marahoué (cf. 8 et 9) a été compensé dans le même temps par une intensification des traitements sur les affluents de l'Oti (cf. § a5) et à des conditions hydrologiques défavorables sur le bassin du Sassandra (cf. § l). L'économie en heures de vol par rapport à la période précédente ne s'élève donc qu'à 722 U.S.S x 144 heures soit environ 104 000 U.S.$ (722 U.S.$ représentant le coût de I'heure supplémentaire, carburant inclus, sachant que les heures garanties sont payées en priorité). Tableau 1. Consommation d'heures de vol de traitement de mai 1997 à avril 1998 et comparaison avec la période précédente. Par rapport à la période mai 1996 I avrtl 1997,le Programme a dépensé en insecticides 333 000 $ de plus que l'année précédente, soit environ un surcoût de 9Yo (tableau 2). Cette différence est essentiellement imputable au Bacillus thuringiensls H-14 (B-t- H- 14) dont la consommation a augmenté au cours de la période considérée (42 693 litres soit 198 095 $). La consommation de phoxime est en effet identique à la période précédente et l'augmentation de la consommation d'étofenprox a été compensée par une diminution à peu près équivalente de la consommation de pyraclofos. Il en est de même pour Ie téméphos et le carbosulfan dont le surplus de consommation a été en partie compensée par une utilisation moindre de la perméthrine. Cette ,r..onro-mation de B.t. H-14 est due essentiellement à des conditions hydrologiques défavorables sur le bassin du Sassandra et à l'intensification des traitements larvicides sur les affluents de l'Oti. 7 Mois Heures de vol Différence entre 96197 et 97198Mai 96 - Avril9T n4ai97 - Avril93 Mai Juin Juillet Août Septembre Octobre Novembre Décembre Janvier Février Mars Avril 385 388 Aaa+JJ 480 385 416 39r 389 469 404 308 220 534 526 504 342 255 350 360 380 487 426 251 109 + 149 + 138 + 071 - 138 - 130 - 066 - 031 - 009 + 018 + 022 - 057 - 111 Total 4 668 4 524 - t44 (-3,08',Â) l9 8 Tableau 2. Consommation de larvicides de mai 1997 à avril 1998 et comparaison avec la période précédente. Zones traitées (figure 1) Dans I'aire initiale du Programme, les traitements larvicides ont été suspendus en avril 1997 sur Ia Kankélaba au Mali (un affluent de la Bagoé). En mai 1998, après avoir pris connaissance des résultats des études entomologiques de post-traitement, il a été décidé de ne pas reprendre les traitements sur cet affluent. Les seuls épandages aériens qui se poursuivent dans l'aire initiale concernent les affluents de I'Oti au Togo (Kéran. Kara et Mô), assimilés depuis 1995 aux bassins de l'extension sud-est. Au Burkina Faso, les traitements au sol de la Dienkoa se sont poursuivis au cours de la période écoulée, sous la supervision de l'équipe nationale et avec Ie soutien technique et financier de I'OCP. En 1998, la longueur totale des rivières susceptibles d'être traitées à des fins de contrôle de la transmission, par voie aérienne ou temestre, était de 14 62a km (y compris le nord de la Sierra Leone). Cette estimation est supérieure aux chiffres avancés les années précédentes dans la mesure où elle a été obtenue à partir de données plus précises provenant d'un logiciel de cartographie informatisée. La couverture larvicide la plus importante a été enregistrée entre le 2l et le 27 j uillet 1997 , période de montée des eaux et donc de forte productivité larvaire. Près de 600Â de la couverture théorique (8 472 km de rivières) ont été traitées, mobilisant les sept hélicoptères sous contrat pour un total de ll0 heures de vol. La semaine allant du 30 mars au 5 avril 1998, période d'étiage et donc de faible productivité larvaire, a enregistré une couverture larvicide exceptionnellement faible avec seulement 147 km de rivières traités (six heures de vol, un hélicoptère de traitement). Dans l'extension sud Côte d'Ivoire, les traitements larvicides ont été suspendus en juin 1997 sur la Marahoué et les résultats des études entomologiques de post-traitement, bien que partiels, incitent à ne pas reprendre les traitements sur ce bassin. I1 est à noter que cette décision est la première à être prise dans une zone d'extension. Les autres Larvicides Quantités utilisées (litres) Différence (en litres) Coût (en U.S.S)Mai 96-Avril 97 Mai 97-Avril 98 Téméphos 27 396 33 99s + 06 599 + 091 990 B.r. H-14 177 392 220 085 + 42 693 + 198 095 Phoxime 26 409 28 350 + 01 941 + 033 036 Perméthrine 2t 360 14 320 - 07 040 - 072 442 Carbosulfan 1 366 tr 576 + 04 210 + 087 652 Pyraclofos 34 23r 25 602 - 08 629 - 228237 Etofenprox rr 760 20 992 + 09 232 + 222 953 Total 305 9r4 3s0 673 + 44 759 + 333 047 (+goh) 10 8ll t2 l3 t4 l5 bassins du sud de la Côte d'lvoire r1'ont cor-urtr auclrne modiflcation de leur couverture Iarvicide. En extension Ouest, la situation d'insécurité qui persiste en Sierra Leone laisse planer un sérieux doute sur la reprise des traitements larvicides au nord de ce pays. Rappelons pour mémoire qu'aucune rivière de Sierra Leone n'a été traitée depuis avril 1994 (à l'exception de quelques semaines en 1997). Les bassins de la Guinée continuent d'être traités par voie aérienne tandis que le Niger et ses affluents, près de Bamako, sont traités au sol sous la responsabilité de l'équipe nationale du Mali, avec le soutien technique et financier de I'OCP. Insecticides et stratégie de lutte Les sept larvicides utilisés par I'OCP (téméphos, phoxim, pyraclofos, B.r. H-14, perméthrine, carbosulfan et étofenprox) ont été utilisés corune les années précédentes selon une stratégie de rotation destinée à prévenir les phénomènes de résistance et à limiter I'impact des traitements sur la faune aquatique non cible. Aucune baisse de sensibilité des simulies au B.t. H-14 n'a encore été mise en évidence dans I'aire du Programme après plus de seize années d'utilisation de cet insecticide d'origine biologique. En ce qui conceme les insecticides chimiques, les tests de sensibilité ont été réalisés en priorité, corune chaque année, avec les composés organophophorés (téméphos, phoxime et pyraclofos), en particulier sur les bassins où la résistance à I'un ou I'autre de ces produits est bien établie. La période écoulée a permis de mettre en évidence, au sud de la Côte d'lvoire, un retour à la sensibilité des populations de simulies savanicoles situées sur le bas Bandama, au niveau des chûtes "Gauthier", et sur la basse Comoé, au niveau de Koutoukro. Des tests complémentaires sont cependant nécessaires pour évaluer l'envergure de ce phénomène, dans la mesure où ces mêmes bassins hébergent par ailleurs des populations de simulies savanicoles toujours résistantes (Bériaboukro en amont des chûtes "Gauthier" et Amouakoukro en amont de Koutoukro). Une amélioration de la sensibilité au téméphos a également été constatée sur certains bassins de la zone Est, en particulier sur les bassins du Mono au Togo et de l'Ouemé au Bénin. La sensibilité des simulies au pyraclofos est dans l'ensemble satisfaisante à l'exception des foyers du Niger à Tienfala, au Mali, et du Milo à Kérouané en Guinée. La sensibilité au phoxime reste satisfaisante sur l'ensemble des bassins du Programme, de même que la sensibilité au carbosulfan, à la perméthrine et à l'étofenprox. L'étofenprox a été utilisé corlme les années précédentes pendant les périodes de montée des eaux et de décrue de façon à diminuer I'utilisation des insecticides organophosphorés dans la fourchette de débits allant de 15 à 70 m3/sec. En période de hautes eaux, le carbosulfan et la perméthrine ont été utilisés sur la plupart des grandes rivières, dans la limite des six cycles consécutifs par an et par bief autorisés par le Groupe écologique. 16. 9t7 l8 r9 Comme chaque année, en raison de débits particulièrement élevés, un léger dépasserlent des six cycles de perméthrine, sans conséquence pour la faune aquatique non cible, a été enregistré sur le Niger au niveau de Bamako. Les formulations opérationnelles de B.l. H-14 produites par la compagnie Abbott (Vectobac@) et livrées en 1997 se sont améliorées par rapport à I'année précédente, ce qui a permis de revenir aux critères de qualité requis ces demières années par le Programme, tant sur le plan de l'efficacité que de la stabilité (CL 50 inférieure à ll5 mg/l/sec. pendant les six premiers mois suivant la livraison). Une autre formulation, proposée par la firme Thermo Trilogy Corporation (Teknar@), a également donné en 1997 des résultats prometteurs, voire supérieurs à ceux obtenus avec le Vectobac dans des conditions opérationnelles similaires. Des quantités plus importantes de cette formulation (24 400 litres) ont été commandées en 1998 afin de tirer des conclusions définitives sur les qualités respectives de ces deux produits sur le plan coût / efficacité. Hydrologie et télétransmission Le réseau de surveillance hydrologique de I'OCP comporte actuellement 137 échelles de crue dont 78 sont équipées de télébalises hydrologiques appartenant pour la plupart à I'OCP (sept balises appartiennent au réseau "Hydroniger" et quatre au service hydraulique du Bénin). La période écoulée a connu un certain nombre d'actes de vandalisme et en particulier des vols de panneaux solaires et de batteries, de plus en plus prisés pour un usage domestique. Le Prograrnme a réagr en intensifiant la sensibilisation des populations et des autorités sur l'importance de ce réseau qui permet la transmission en temps réel des données hydrologiques grâce à deux stations de réception basées à Kara au Togo et à Odienné en Côte d'lvoire. Comme pour la période précédente, la surveillance de ce réseau incombe à cinq brigades hydrologiques dont trois brigades nationales (deux en Guinée et une en Sierra Leone) et deux brigades OCP (une à Odienné et une à Kara). Le coordonnateur des activités hydrologiques, basé au siège du Programme à Ouagadougou, gère une station de réception d'appui et assiste les brigades hydrologiques pour Ie diagnostic des pannes de balises, pour le réajustement des courbes d'étalonnages et pour Ia réparation des pièces détachées, avec le concours de trois électroniciens du Programme, basés également à Ouagadougou. Réseau de surveillance et d'évaluation entomologiques Le réseau d'évaluation entomologique en zone traitée comporte actuellement 121 points de capture visités régulièrement dont 66 surveillés chaque semaine (point A) et 55 tous les 15 jours (point B). Des captures peuvent être organisées à la demande sur des points de piégeage occasionnel (points C) pour tenter de trouver des explications ou des 20 21 22 23 24 t0 solutions à des problèmes entomologiques ponctuels soulevés au cours des briefings hebdomadaires. Tel a été le cas cette année de Sikan sur la Kéran, de Igbomakro sur la Térou, de Sinahou sur l'Ouémé, de Yapleu sur le N'zo ou encore de Koutoukro sur la basse Comoé. Comme chaque année, des captureurs villageois ont été utilisés en Guinée en des points inaccessibles en saison des pluies, de façon à obtenir une couverture plus complète du réseau d'évaluation entomologique. Cela a été le cas de Banankoro sur le Milo, de Bolorosso sur le Gbanhala, de Kouya Laya sur la Kouya, de Yalawa sur le Mafou et de Koundeboum sur le Balé. D'une manière générale, les résultats de l'évaluation entomologique ont été satisfaisants sur I'ensemble de la zone traitée au cours de Ia période écoulée. Sur ceftains bassins cependant, la transmission de la souche savanicole du parasite par les simulies de savane reste difficile à maîtriser malgré la poursuite des épandages larvicides et la distribution de I'ivermectine. Une réduction importante des Potentiels Annuels de Transmission (PAT) est pourtant enregistrée mais les valeurs dépassent régulièrement le seuil des 100 larves infectantes par homme et par an, seuil au delà duquel il y a un risque d'apparition de lésions oculaires. C'est notamment le cas de Fifa sur Ie Tinkisso, de Yalawa sur le haut Mafou, d'Asubende sur la Pru et de Titira sur la Kéran. Ces bassins font I'objet d'une attention toute particulière et des mesures correctives ont été mises en place afin de ramener au plus vite la transmission à un niveau acceptable (cf. chapitre "études entomologiques spéciales"). Après avoir séparé par les sondes spécifiques d'ADN les parasites d'origine animale des parasites humains, 13 points de capture (sur les 121 visités régulièrement) présentent pour la période considérée des potentiels de transmission de l'onchocercose humaine supérieurs à l00larves infectantes par homme et par an (figure 2). En ne considérant que la transmission occasionnée par les simulies de savane (figure 3), seulement six points présentent des potentiels de transmission supérieurs à 100, deux sur les affluents de I'Oti au Togo (Titira et Tapoundé), un sur la Pru au Ghana (Asubende), deux sur le bassin du haut Niger en Guinée (Yalawa et Balandougou) et un sur le bassin du Tinkisso en Guinée (Fifa). Comme chaque année, la transmission reste négligeable en saison sèche et plus intense pendant les périodes où la forte productivité larvaire coihcide avec un contact homme / vecteur particulièrement important (périodes des semis ou des récoltes). C'est ainsi que du 30 juin au 6 juillet lggT,latransmission a été particulièrement élevée avec un total de 23 femelles infectieuses. A I'inverse, nous n'avons enregistré qu'une seule femelle infectieuse pendant la période allant du l6 mars au 5 avril 1998, soit après trois semaines consécutives de captures. Comme les années précédentes à la même période (février, mars et avri[), de fortes densités de simulies ont été capturées sur les bassins du Sankarani, en Guinée, et du Sassandra, en Côte d'lvoire (parfois plus de mille femelles par homme et par jour sur certains points de capture, en particulier à Téré sur le Dion). Le taux élevé de parturité de ces populations et l'absence totale d'infection laissent à penser que ces simulies proviennent de zones non infectées de la zone initiale à Ia faveur des vents de l'harmattan. u25 26 27 28 Les études entomologiques de post-traitement initiées entre.ianvier et.fuin 1997 sur la Kankélaba et le Baoulé au Mali (Kankéla, Madina Diassa. N'Zana) et sur la Marahoué et Ia Volta noire en Côte d'lvoire (Kongasso et Tagadi-Kohodio) vont s'achever à la fin de la saison des pluies 1998. A Ia fin du mois d'avril. les résultats enregistrés à N'Zana restaient légèrement supérieurs au seuil de une fernelle infectieuse pour mille pares tandis que les valeurs enregistrées aux autres points de captures étaient tout à fait satisfaisants. L'arrêt définitif des traitements larvicides sur la Kankélaba au Mali et la Marahoué en Côte d'lvoire n'a pas eu de conséquences directes sur les secteurs et les sous-secteurs entomologiques du Programme. En revanche, l'arrêt des traitements larvicides fin 1998 sur la quasi totalité des bassins de la Côte d'Ivoire entraînera la fermeture du secteur de Bouaké et de ses deux sous-secteurs, Bouaké et Odienné. Cette restructuration s'accompagnera d'une redistribution des activités de recherches entomologiques et d'évaluation de l'efficacité des insecticides entre Odienné,Kara et Ouagadougou et du transfert du laboratoire de biologie moléculaire de Bouaké à Ouagadougou. Surveillance de I'environnement aquatique Depuis le recentrage des activités de surveillance de I'environnement aquatique intervenu après I'élargissement du mandat du Groupe écologique, l'évaluation de I'impact sur le milieu aquatique des facteurs autres que les insecticides est dorénavant une des composantes importantes de cette activité de surveillance. Toutefois, l'étude de I'impact à long terme des larvicides les moins sélectifs (perméthrine, carbosulfan, pyraclofos et étofenprox) sur la faune non-cible se poursuit, l'échantillonnage étant presque exclusivement réalisé par les équipes nationales d'hydrobiologie. La saisie et l'exploitation partielle des données, la coordination des activités de surveillance de même que la liaison entre les équipes de terrain et Ie Groupe écologique sont toujours assurées par la Coordination de [a Surveillance Hydrobiologique (CSH) du Programme. Les résultats de la surveillance présentés par les équipes indiquent une borme situation des peuplements ichtyologiques avec des coefficients de conditions et des richesses spécifiques stables. Les prises par unité d'effort (p.u.e.) présentent des fluctuations qui restent dans des limites acceptables et qui pourraient être mises en relation avec les conditions hydrologiques des dernières années. Sur les stations non traitées, une amélioration des prises de juvéniles et poissons de petite taille est enregistrée depuis quelques années. Quant aux invertébrés, la rareté sinon la disparition quasi-totale de certains taxons signalée depuis quelques années persiste (Tricorythidae, Oligoneuriidae, Neoperla s.p., Ephemeridae). Les densités totales de faune n'en sont pas affectées même si la structure des peuplements connaît quelques modifications qui ne sont toutefois pas préjudiciables aux fonctions de transfert d'énergie au sein des communautés d'invertébrés. Signalons néanmoins le retour des Leptophlebiidae sur l'Oti au Ghana qui n'est plus traité depuis 1992. 29 t2 Dans Ia r-nesure où la situation biologique des cours d'eau résulte de la qualité des eaux et de celle de l'habitat, une évaluation de cette composante devrait taire parlie de l'analyse des changements à long terme ; ceci est particulièrement importaut lorsque la situation biologique reste peu satisfaisante malgré un arrêt des traitements larvicides. L'étude de la qualité de I'habitat fera dorénavant partie des activités de surveillance de I'environnement aquatique et les hydrobiologistes recevront une formation en ce sens. Un autre volet important de la surveillance qui prend de plus en plus d'ampleur avec I'arrêt des traitements larvicides est l'étude du potentiel de recolonisation des cours d'eau. Les modifications des lits et berges des cours d'eau étant des facteurs importants dans la situation biologique des cours d'eau, l'étude du potentiel de recolonisation de ceux-ci devra dorénavant être accompagnée d'informations sur la qualité de l'habitat. La valorisation des acquis de la surveillance aquatique mise en place par le Programme est également une des préoccupations majeures du Groupe écologique. Outre des publications sous presse ou en cours de finalisation sur des sujets particuliers, les dispositions sont en train d'être prises pour la publication d'un document sous forme d'un livre, avec la participation de scientifiques de renom, sur les différentes activités conduites sous l'égide du Groupe écologique. RECHERCHES INTERDISCIPLINAIRES Insecticides 32 Au cours de ces cinq demières années, la recherche sur les insecticides a été essentiellement orientée vers l'amélioration des formulations commerciales, en particulier celles de B.t. H-14 dont le rapport coût - efficacité demeure encore peu satisfaisant.En l99l, les recherches se sont davantage orientées vers des essais en rivière visant à comparer deux formulations commerciales de B.t. H-l4,le Vectobac@ et le Teknar@. A la dose de 540 ml de formulation par mètre cube seconde de débit, soit 75yo de la dose opérationnelle, le Teknar se révèle plus efficace que le Vectobac en terme de portée, ce qui nécessite toutefois confirmation par des traitements en conditions opérationnelles réelles (épandages aériens actuellement en cours). JJ L'amélioration des formulations de,B.r. H-14 peut passer également par la mise au point de souches recombinées. Des formulations produites par l'lnstitut Pasteur de Paris ont été mises au point à partir de ces souches et testées en shaker orbital afin d'évaluer le rôle respectif des quatre toxines de B.t. H-14 dans l'activité de ces produits sur les larves de S. damnosum s.l. D'autre part, les recherches visant à mettre au point une technique simple et peu coûteuse d'évaluation de l'efficacité des lots de B.t. H-14 à partir de l'activité hémolytique d'une des toxines bactériennes (CytlAa) se poursuivent. 30. 3l 34 35 36 37 38 l3 Identification des vecteurs La cytotaxonomie reste toujours la technique de réference pour I'identification des espèces du complexe S. damnosum. Les techniques d'identification des adultes basées sur des caractères morphologiques (et, si nécessaire, morphométriques) sont toutefbis davantage utilisées dans la mesure où elles permettent de différencier rapidement, sur le Iieu même de leur capture, les principales espèces vectrices, en pa(iculier les espèces forestières des espèces savanicoles. La technique d'identification des vecteurs par hétéroduplex est désormais opérationnelle et sa validation sur le terrain. par rapport à Ia cytotaxonomie, est pratiquement terminée. De plus, depuis I'adoption de deux techniques nouvelles d'extraction de I'ADN des simulies et I'utilisation d'une cuve de séquençage pour la séparation des produits, il est désormais possible d'augmenter le nombre d'échantillons identifiés et d'en améliorer la résolution. Au cours de la période considérée, la priorité a été accordée aux femelles provenant des zones de transition forêt / savane oùr les possibilités d'identification morphologique et / ou morphométrique sont limitées du fait de l'hétérogénéité des populations vectrices et du chevauchement des critères utilisés pour certaines différenciations. notamment la séparation de S. squanlosum des espèces du sous complexe sanctipauli et, dans une moindre mesure, des espèces savanicoles. L'identification des vecteurs s'est enrichie d'une nouvelle technique basée sur l'ADN microsatellites. Un transfert de technologie réalisé entre I'ORSTOM / Montpellier et l'OCP a permis de former les techniciens du laboratoire à I'utilisation de cette outil qui permet de caractériser les populations de ,S. damnosum s.l. Les microsatellites vont servir dans un premier temps à caractériser et comparer les populations simulidiennes de certains bassins hydrologiques du nord de la Sierra Leone, de la Guinée et du Mali. Identifi cation des parasites La détermination des larves infectantes du parasite provenant des simulies infectieuses par des sondes d'ADN spécifiques d'espèces et de souches s'est poursuivie sans problème majeur au cours de la période considérée (sonde OVS-2 pour O. volvulus, sonde OCH pour O. ochengi, sonde PFS-l pour [a souche forestière d'O. volvulus et PSSl-BT pour la souche savanicole). Les récentes enquêtes ophtalmologiques réalisées en zones de transition forêt / savane semblent confirmer qu'il existerait plusieurs formes de la souche de savane du parasite (pas de lien évident entre l'identité de la souche du parasite chez l'homme et la nature des lésions oculaires). Pour vérifier l'hypothèse selon laquelle il existerait différentes 39 40 41 42 t4 populations de parasites, et donc différents niveaux de pathogénicité. des recherches faisant appel à l'ADN rnicrosatellite sont en cours at'in de caractériser ces différentes populations. Ces études sont réalisées en étroite collaboration avec I'ORSTOM et I'université de I'Alabama. La technique visant à déterminer, par des sondes d'ADN spécifiques d'O. volvulus,la prévalence de I'infection dans des broyats de simulies est désormais opérationnelle. Le protocole d'étude a été validé en 1997 et cette technique va dorénavant être utilisée de façon systématique, par les équipes nationales, dans les études entomologiques de post-traitement. En raison de sa simplicité et de son faible coût (utilisation de captureurs villageois, pas de dissection des simulies), cette méthode est également appelée à jouer un rôle de premier plan dans la surveillance de l'onchocercose (détection précoce de l'infection des simulies), tant dans les zones assainies que dans les zones sous distribution d'ivermectine. Les contrôles de qualité des identifications réalisés au laboratoire de Bouaké se poursuivent chaque année par l'envoi d'échantillons codés au laboratoire de I'université de l'Alabama. Les vérifications effectuées jusqu'à présent montrent une fois de plus la concordance parfaite entre les identifications réalisées à Bouaké et aux Etats-Unis, ce qui confirme la fiabilité de la technique et la qualité du travail réalisé à Bouaké. Un contrôle de qualité vient également d'être institué cette année pour l'identifrcation des vecteurs par latechnique de l'hétéroduplex. La collaboration entre L'université de l'Alabama et I'OCP va se poursuivre dans les années à venir. Les recherches vont se dirigées vers l'adaptation de la technique de l'hétéroduplex aux onchocerques en vue de déterminer la phylogénie entre les souches savanicoles du parasite induisant des lésions oculaires cécitantes et les souches forestières moins cécitantes. Par ailleurs, et compte tenu du polymorphisme de l'ADN microsatellite constaté en1997, un autre axe de recherche en cours consiste à explorer la capacité de ces microsatellites à servir de marqueurs pour les différentes souches du parasite, y compris pour d'éventuelles formes intermédiaires. ETUDES ENTOMOLOGIQUES SPECIALES Afin de mieux connaître l'impact de la déforestation sur la transmission et l'épidémiologie de l'onchocercose dans les régions forestières situées en dehors de l'aire d'OCP, des études entomologiques spéciales ont été entreprises au sud-est de la Guinée (Diani), au sud-est de la Côte d'Ivoire (Bia et basse Comoé) et, en collaboration avec le Dr. Wilson du NMIMR d'Accra, au sud-ouest du Ghana (Tano, Pra et Offin). Il ressort de l'ensemble de ces études que l'apparition de niches écologiques favorables au développement des espèces savanicoles n'est pas systématique (absentes sur la Diani, peu nombreuses sur la Bia, présentes sur Ia basse Comoé et les biefs amonts du Tano, du Pra et de l'Offin). De plus, ces simulies savanicoles n'apparaissent que de façon 43 44 45 r5 szrisonnière et se rér,èlent peu oll pas infectées, ce qui laisse à penser qtt'elles ne représentent pas une véritable menace pour les zones libérées de I'onchocercose. La décision d'arrêter les traitements larvicides sur la Marahoué, en Côte d'lvoire, a motivé en 1997 la rnise en route d'études spéciales au niveau du village de Kavaka, près du complexe sucrier de Zouénoula, ou la prévalence de I'onchocercose était encore élevée (environ l5%). Des captures tests entreprises de juin à décembre 1997 ont permis de vérifier que la transmission était nulle au niveau de cette zone et que le village de Kavaka constituait un cas isolé (village avec forte proportion de migrants infectés). Au vu de ces résultats, une distribution localisée d'ivermectine (entre les affluents Béré et Yarani) a été instituée. Suite aux mauvais résultats entomologiques enregistrés en avril et mai 1997 sur les affluents de l'Oti au Togo (Kara, Kéran et Mô), des mesures spéciales ont été prises afin de tenter d'améliorer, pendant cette période particulièrement critique de montée des eaux, l'efficacité des opérations de lutte. Ces actions ont consisté essentiellement à i) intensifier les traitements au sol sur les affluents de l'Oti en appui aux traitements aériens, ii) augmenter la couverture larvicide de ces affluents jusqu'à leur confluence avec l'Oti et ii) traiter l'Oti peu avant la montée des eaux pendant quatre semaines consécutives. Ces mesures, qui seront désormais répétées et évaluées chaque année, ont eu pour effet de réduire en avril / mai 1998 les taux de piqûres et d'infectivité de près de 90Yo par rapport à l'année précédente, démontrant ainsi le bien fondé de l'ensemble des mesures préconisées.
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