st'* s LUTTE CONTRE L'OI\CHOCERCOSE EN GUINEB Progrès accomplis et Perspectives après OCP a 2002 1 I. INTRODUCTION 1.1 Situation de l'onchocercose en Afriorre de l'Orrest avant oCP . L'onchocercose sévit en Afrique, en Amérique et dans la péninsule arabique. . On estimait que dans le monde : Environ 122,9 millions de sujets sont exposés à l'onchocercose. Plus de 17,7 millions de personnes étaient atteintes de la maladie. Plus de 270 000 personnes étaient aveugles et au moins 500.000 personnes sujettes à une mal voyance consécutive à l'onchocercose. . L' Afrique est le continent le plus touché avec plus de 16,9 millions (95%) de sujets atteints. L'Afrique de l'Ouest était non seulemenf particulièrement atteinte mais surtout elle abritait des foyers très importants de la forme la plus grave de l'endémie. Ces foyers étaient localisés notamment dans les parties septentrionales du Bénin, du Togo, de la Côte d'Ivoire, du Ghana, I'Est du Mali, le Sud du Niger et étaient disséminés sur la totalité du Burkina Faso. C'est dans cette aire ou zone initiale couvrant 654 000 km2 qu'a démané le Programme de Lutte contre I'Onchocercose (OCP) en Afrique de l'Ouest. L'OCP s'est ensuite étendu aux foyers du Sud de la Côte d'Ivoire, du Bénin, du Togo et du Ghana, puis à l'Ouest du Mali, la Guinée, la Guinée-Bissau, le Sénégal et la Sierra Leone. Aujourd'hui, l'ensemble de I'aire du Programme couvre 1 235 000 km2, cadre de vie d'environ 40 millions de personnes. On dénombrait dans cette zone avant le début de la lutte, plus de 3 millions d'onchocerquiens dont environ 135 000 aveugles. L'onchocercose est une maladie parasitaire. Elle est due à une fllaire, l'Onchocerca volvulus. La filaire adulte qui ne se développe que chez l'homme produit des microfilaires transmises à d'autres hommes par la piqûre d'un moucheron communément appelé simulie, vectrice de la maladie. L'onchocercose sévit uniquement dans des zones rurales, dans les agglomérations situées le long des cours d'eau à courant rapide. La simulie se reproduit dans ces cours d'eau, d'où le nom de "cécité des rivières" que porte encore l'onchocercose. Les communautés les plus exposées sont celles situées jusqu'à environ une dizaine de kilomètres de part et d'autre des cours d'eau. La cécité, la nuisance et autres conséquences de l'onchocercose sont des facteurs de détérioration des conditions de ces communautés. Elles sont à l'origine de l'abandon des terres riveraines les plus fertiles par les villageois. Un accord cadre signé en 1973 entre les Gouvernements participants et I'OMS définissait les limites, les objectifs, les structures de consultation et de gestion du Programme ainsi que les modalités de déroulement des opérations de lutte et les procédures d'évaluation. Après approbation du rapport de la mission du Programme d'Appui aux Gouvernements en janvier 1974, le budget nécessaire à la mise en ceuvre du Programme de Lutte contre I'Onchocercose dans le Bassin de la Volta fut voté. L'OMS était alors désignée comme Agence d'exécution. Dans un élan de solidarité internationale, 22 pays et institutions ont financé les activités de l'OCP pendant près de trois décennies. I 2 D 1.2. Stratéeies de lutte utilisées La principale stratégie utilisée est la lutte anti-vectorielle à laquelle s'est ajouté le traitement à l'ivermectine dès 1987. Dans certaines zones, seule la lutte anti-vectorielle a été menée et dans d'autres le traitement à I'ivermectine uniquement. Dans quelques-unes par contre, les deux stratégies ont été combinées. 1.3. Résultats obtenus dans l'aire OCP L'onchocercose est maintenant éliminée comme problème de santé publique dans toute l'aire de l'OCP. Dans quelques foyers limités, il importe toutefois d'améliorer davantage les résultats acquis. Près de 40 millions de personnes sont aujourd'hui protégés contre I'onchocercose et plus de 18 millions d'enfants nés depuis le début du Programme ont échappé au risque de la cécité onchocerquienne. 600 000 cas de cécité ont été prévenus Présentement, plus de 25 millions d'hectares de terres riveraines ont été libérés, sont en voie de repeuplement et de mise en valeur et pourront permettre de nourrir 17 millions d'individus. Il est à signaler toutefois que les résultats restent à améliorer dans quelques rares points : les affluents de l'Oti au Togo, l'Ouémé au Bénin, la Pru au Ghana, le Mafou et le Tinkisso en Guinée. II. SITUATION DE L'ONCHOCERCOSE EN REPUBLIQUE DE GUINEE AVANT OCP Considérée comme le château d'eau de l'Afrique de l'Ouest, la République de Guinée est aussi un vaste territoire de l'onchocercose; lamaladie s'étend sur environ 218 000 km2 (environ 85 %o de la superficie totale). Au début des activités de lutte, plus de 2 millions de guinéens étaient directement exposés à la maladie, parmi eux, 560 000 porteurs de microfiliaires ont été dénombrés et 20 000 aveugles recensés. La prévalence de la maladie dépassait 80 % dans certains villages. La Charge Microfilarienne de la Communauté (CMFC) atteignait 45 % et le taux de cécité avoisinant parfois 10 % parmi la population. Le Potentiel Annuel de Transmission ( PAT) était compris entre 0 et 2075 alors que le Taux Aruruel de Piqûre par homme (PAT) variait entre 1290 et25 767. III. STRATEGIES DE LUTTE Le Programme de lutte contre I'onchocercose est basé sur deux stratégies essentielles: la lutte antivectorielle (par épandage de larvicides en rotation dans les cours d'eau) qui a été et reste le fondement de la lutte contre l'onchocercose. I 3 B t Avec l'avènement de l'ivermectine (microfilaricide) en 1987, le Programme s'est doté d'une deuxième stratégie de lutte. En Guinée, la combinaison des deux stratégies, lutte antivectorielle et traitement par l'ivermectine sur le terrain a effectivement démarré en 1989. L'évaluation de la lutte antivectorielle a débuté par la mise en place d'une structure technique et administrative constituée par les secteurs et bases opérationnelles chargés de la surveillance entomologique dans 11 bassins fluviaux. A partir de 1991, 2 secteurs: Kankan et Faranah supervisent les activités d'évaluation entomologiques de 9 bases opérationnelles dans 8 bassins fluviaux. Avec I'arrêt des traitements larvicides dans les bassins du haut Sassandra, du Sankarani, du Milo du Mongo Kaba et de la Kolenté, les bases opérationnelles de Beyla, Kérouané et Mamou ont été fermées depuis décembre 2001. Actuellement, les traitements larvicides se limitent aux bassins du Niandan, du Haut Niger Mafou et du Tinkisso. Le traitement des populations par l'ivermectine a effectivement débuté en 1989 avec les équipes mobiles O.C.P/ équipe nationale. Actuellement le traitement est assuré par les communautés elles-mêmes sous le terme de Traitement par l'Ivermectine sous Directives Communautaires (TIDC) gràce à des volontaires villageois appelés distributeurs communautaires (DC). Pour assurer le maintien des acquis de la lutte par les pays participants, I'OCP a entrepris la formation des nationaux aussi bien sur le plan académique que sur le plan de la formation en cous d'emploi notamment sur les stratégies de lutte. L'Information, l'Education et la Communication (IEC), la surveillance épidémiologique et entomologique constituent également des stratégies de contrôle de la maladie. L'appui des O.N.Gs comme O.P.C et SSI restent déterminant pour le post OCP RESULTATS EN 2OO2 Au plan entomologique Le principal indicateur est le Potentiel Annuel de Transmission ( PAT) . Au 31 décembre 2001, ce potentiel a varié sur l'ensemble des bassins entre 0 et 56 larves infectantes par homme et par an alors que la nonne prévoit que ce potentiel soit inférieur à 100 larves infectantes par homme et par an. Au plan épidémioloeiquc La prévalence de l'onchocercose qui était comprise entre 43 % et 88 o avant le début des traitements, est réduite de nos jours à 10 voire 0 o gràce aux stratégies combinées de lutte antivectorielle et traitement à I' ivermectine. IV 4 Au olan traitement à I'ivermectine 8n2002,7320 vrllages ont été traités sw 7478 prévus (98o/o, de couverture géographique) et sur 2 455 457 personnes recensées 1 989 850 personnes ont été traitées (8I % de couverture thérapeutique). Ces résultats sont relativement bons quand on sait que l'objectif principal du TIDC est d'atteindre 100 % de couverture géographique et au moins 65 o de couverture thérapeutique. Au plaq formation Dans I'ensemble, 350 médecins, infirmiers et chefs de centre de santé ainsi que 14 453 distributeurs communautaires ont été formés sur les stratégies de lutte de l'OCP; par ailleurs, 16 équipes préfectorales de surveillance épidémiologique ont été identifiées et formés au niveau des Directions Préfectorales de la Santé. 85 guinéens ont bénéficié d'une bourse de formation de l'OCP dont 41 en entomologie, 9 en épidémiologie, 5 en parasitologie, 10 en hydrobiologie, 5 en santé publique, 3 en ophtalmologie, 9 en gestion des services de santé, etc... V. OBSERVATIONS Points forts La lutte antivectorielle, stratégie de base de la lutte contre l'onchocercose a permis de réduire de façon remarquable la transmission de la maladie dans l'aire de l'OCP. A l'état actuel de la lutte, la maladie ne représente plus un problème de santé publique ni un obstacle au développement socio-économique. Existence d'un système national de santé décentralisé et d'une volonté politique d'intégration. Le TIDC (Traitement à l'Ivermectine sous Directives Communautaires) moins onéreux a donné des couvertures géographiques et thérapeutiques assez élevées. Présence sur le terrain d'un personnel national qualifié pour la poursuite des activités. Existence d'un partenariat avec les ONG OPC, Sight Savers International et HKI Points faibles Gratuité de la prestation des distributeurs communautaires compromettant la pérennisation de la stratégie par la réclamation de motivation sans cesse croissante de ceux-ci. Faible implication des élus locaux dans le processus du TIDC. VI CONDITIONS DE MAINTIEN ET D'AMELIORATION DES ACQUIS APRES 2002 Obtenir 100% de couverture géographique et au moins 650 de couverture thérapeutique dans chaque village sous TIDC à chaque traitement. Dans le sud de la Guinée, procéder périodiquement à un recensement exhaustif dans les camps de réfugiés pour une prise en charge dans le cadre du T.I.D.C. 5 Les équipes préfectorales de surveillance épidémiologique doivent avoir l'équipement adéquat pour la détection de nouveaux cas d'onchocercose au sein de la population. Formation requise pour les captureurs villageois dans le suivi entomologique. Poursuite de la surveillance entomologique et épidémiologique. Traitements au sol dans les zones d'intérêt socio-économique avéré contre la nuisance simulidienne sur 12 points. Nécessité de développer un plaidoyer auprès de nouveaux bailleurs de fonds pour la mobilisation des ressources nécessaires au maintien et à l'amélioration des acquis. Mise à disposition du programme national de lutte contre l'onchocercose du personnel déjà formé sur les stratégies. Nécessité d'un renouvellement et ou d'un renforcement du parc automobile ainsi que de celui du matériel technique de terrain (pour la biopsie et la capture/dissection). 6
World Health Organization (WHO) · Technical Documents
Lutte contre l'onchocercose en Guinée : progrès accomplis et perspectives après OCP
View original document
The full text is hosted by the publishing organisation. lawenc.com indexes the metadata and links to the official source.
Full text
Key facts
Organisation
World Health Organization (WHO)
Document type
Technical Documents
Source
World Health Organization