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Enquête épidémiologique et sérologique sur les arboviroses dans la basse vallée de l'Omo (Éthiopie méridionale)

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Bull. Org. mond. Sante 1 Bull. Wld Hlth Org. 11972, 47, 295-304 Enquete epidemiologique et serologique sur les arboviroses dans la basse vallee de I'Omo (Ethiopie m6ridionale) * F. RODHAIN,1 C. HANNOUN, 2 & D. METSELAAR Afin de completer les donnees recueillies lors d'investigations sur les arbovirus mene'es au Kenya et en Ouganda, on a effectue une enque'te similaire dans la basse vallee de l'Omo, dans le sud de l'Ethiopie. L'examen des serums preleves chez les habitants de cette re'gion a montre' des variations notables, suivant les villages, du taux de positivite globale vis-ti-vis des arbovirus et de la nature des anticorps deceles. Une hypothe'se estformulee pour expliquer cette heterogeneite des reponses se'rologiques. Le virus amaril semble peu actifdans la basse vallee de l'Omo qui repre'sente vraisembla- blement la limite meridionale de l'extension de l'gpidimie de fievre jaune qui a sevi en Ethiopie de 1960 & 1962. La grande epidemie de fievre jaune qui, de 1959 a 1962, a s6vi au Soudan d'une part (region du Nil Bleu) et en Ethiopie d'autre part (vallees de l'Omo et de la Didessa) a donne lieu i plusieurs etudes epid6miologiques (notamment: Berdonneau et al., 1961; Serie et al., 1968). Par la suite, en 1966, de nou- veaux cas furent signales en Ethiopie, a l'est du lac Marguerite et le virus semble maintenant implante dans cette region. Un certain nombre d'enquetes serologiques ont e effectuees durant les cinq dernieres annees, tant dans les regions touchees de fagon notoire par l'epi- d6mie que dans les regions avoisinantes. C'est ainsi que furent prospectees les zones suivantes: - Kenya: region du lac Victoria, districts de Kitui et de Malindi (Geser, Henderson & Christensen, 1970); district du Nord, a l'ouest du lac Rodolphe: Lokitaung, Lokichokio, Lodwar (Henderson et al., 1968); i 1'est du lac Rodolphe: Marsabit, Moyale (Henderson et al., 1968); Ileret, Garissa, Loglogo, Maikona et Marsabit (Metselaar et al., 1970; Henderson et al., 1970); * Cette recherche a b6n6fici6 d'une subvention de l'Orga- nisation mondiale de la Sante. Assistant a l'Institut Pasteur de Paris, France. Professeur a l'Institut Pasteur de Paris. 'Chef de la Section de virologie du Medical Research Centre Nairobi (Department of the Royal Tropical Institute, Amsterdam, Pays-Bas). - Somalie: district de Giohar (Henderson et al., 1968); - Ouganda: district de Karamoja (Henderson et al., 1968); regions de Kigezi, Karamoja, Mengo, West Nile, Madi et Bwamba (Henderson, Kirya & Hewitt, 1970). Pour notre part, dans le cadre de l'Expedition frangaise de l'Omo (mission paleontologique du Centre national de la Recherche scientifique dirig6e par Y. Coppens), nous avons effectue une enquete semblable en Ethiopie, dans la basse vall6e de l'Omo, region jusque-la non prospect6e (aout et septembre 1971). Cette enquete serologique fut men6e de pair avec une enquete entomologique dans la meme zone, commencee en 1968 et 1969 et continuee en 1971 (Rodhain, 1971, 1972). PRESENTATION DE LA RtGION PROSPECT1E Topographie La basse vallee de 1'Omo est une plaine alluviale qui fait partie de la grande cassure africaine qu'est la s Rift Valley * et se prolonge par la cuvette du lac Rodolphe (voir carte). Au milieu de cette vallee, le fleuve Omo deroule ses meandres compliques. Sur la rive occidentale de l'Omo, la seule qui fut etudiee, s'dtale un plateau supportant une petite chaine de volcans recents: les monts Nakua. L'alti- tude moyenne de cette zone est d'environ 500 m. 2899 295 F. RODHAIN, C. HANNOUN & D. METSELAAR --- -. frontibres politiques limites des aires de transhumance des Nyangatom Localisation des villages I A X et carte de situation de la r6gion frontalibre Kenya - Soudan - Ethiopie Hydrographie La seule riviere permanente est le fleuve Omo qui constitue pratiquement le seul cours d'eau alimen- tant le lac Rodolphe. Durant la saison oiu eut lieu notre enquete, l'Omo etait gonfle par l'eau des pluies tombant sur le plateau ethiopien, et charriait une tres grande quantite d'alluvions. A quelques kilo- metres au nord de Kalam, se detache de l'Omo un bras accessoire, le plus souvent constitue par de l'eau stagnante, et designe habituellement sous le nom de riviere Kalam. De tres nombreuses ravines affluents de l'Omo entaillent profondement ses rives. Elles ne coulent que quelques jours par an, ayant alors un courant assez fort, et se remplissent a contresens dans leur partie basse lorsque le niveau du fleuve s'eleve. Hormis le systeme hydrographique 296 ENQUETE SUR LES ARBOVIROSES DANS LA BASSE VALLtE DE L'OMO (ETIOPIE) constitue par l'Omo et ses affluents, un seul cours d'eau existe dans la region: la riviere Kibish, qui longe le flanc ouest des monts Nakua, pour se perdre dans le sol avant d'atteindre le lac. Son regime apparait different de celui de l'Omo et leurs origines sont bien distinctes. Generalement seche en juillet-aofLt, la Kibish se remplit en septembre. Pen- dant la saison seche, les habitants obtiennent toute- fois de l'eau en creusant des trous profonds de 1 a 8 m dans le lit de la Kibish afin d'abreuver leur betail, ce qui montre la faible profondeur de la nappe phreatique a cet endroit. Quelques marais temporaires existent ga et Ia pres de l'Omo. C'est le cas notamment des marais situes pres des villages de Weleso (IIH, IV) et de Cungura (I, II). Sans communication directe avec le fleuve, secs durant une grande partie de 1'annee, ils se remplissent lors de la remontee de la nappe phreatique. Climatologie Cette region est soumise a un climat semi-deser- tique. D'une facon generale, l'annee comprend, au dire des habitants, une periode humide (janvier a juin) et une periode seche (juillet a decembre). L'hygrometrie atmospherique est toutefois relative- ment elevee, de l'ordre de 20% aux heures chaudes, et de 50 a 60% durant la nuit (mois de juillet et aofit). La temperature est habituellement elevee, atteignant generalement 37°C ou 38°C vers 14 heures, et retombant entre 20°C et 25°C la nuit (mois de juillet et aoftt). Le vent dominant, rarement violent, souffle du sud. Vegetation Elle est avant tout conditionnee par les quelques donnees climatologiques exposees ci-dessus. Le type de vegetation dominant sur le plateau est une steppe boisee a Acacia et Commiphora, avec des zones plus ou moins vastes, recouvertes seulement de graminees, alors qu'ailleurs, cette vegetation cons- titue des forets claires ou des fourres. Plus au sud, dans la region de Kalam, la vegeta- tion naturelle est tres alteree par le surpaturage des bovins et des chevres; ce n'est pas le cas dans la zone occupee par les Nyangatom, la presence de glossines pres du fleuve repoussant les troupeaux vers les monts Nakua et la Kibish (Ovazza & Rodhain, 1972). Le long de l'Omo existe une galerie forestiere discontinue: inexistante a certains endroits (convexite des meandres), habituellement large de 10 a 20 m, elle peut atteindre une centaine de metres dans la concavite de certaines courbes. II s'agit d'une foret seche, composee d'arbres parfois tres hauts et de lianes. Les zones marecageuses temporaires sont boi- sees, constituant un petit bosquet dont la tache verte tranche sur la savane environnante. Peuplement humain Hormis la region de Kalam, habitee par les Dassanetch (ou Marille), une ethnie de langage kouchitique apparentee aux Galla, la zone pros- pectee est peuplee par une petite ethnie nilotique: les Nyangatom. Il s'agit d'une population sedentaire de pasteurs pratiquant la transhumance et se livrant assez peu a la culture (mil, ricin). L'etude ethno- graphique des Nyangatom est menee par S. Tomay, du laboratoire d'Ethnologie de l'Universit6 de Paris- Nanterre. Les Nyangatom vivent dans des huttes de bran- chages et de paille, de forme hemispherique, grou- pees en petits villages d'environ 200 a 300 habitants disposes soit le long de l'Omo, a la lisiere de la galerie forestiere (Weleso, Cungura, Kanlikafi), soit au voisinage du poste de Kibish. Les seules sources d'eau, pour le betail comme pour les hommes, sont constituees par l'Omo et les marais temporaires voi- sins des villages, et, dans la region de Kibish, par les trous creuses dans le lit de la riviere atteignant la nappe souterraine. METHODES DE TRAVAIL Nous avons realise, dans le pays nyangatom, deux enquetes paralleles, l'une entomologique (missions 1968, 1969 et 1971), l'autre serologique et virologique (mission 1971). Enquete entomologique sur la faune culicidienne Les resultats detailles de ces recherches ont dejA ete publies (Rodhain, 1971, 1972) et nous ne ferons donc qu'en resumer brievement ici les resultats. Nous avons prospecte tous les gites larvaires poten- tiels (rives de 1'Omo et de ses affluents, marecages situes pres des villages, riviere Kalam, mares resi- duelles dans les ravins, trous d'approvisionnement en eau). Par ailleurs, nous avons capture des culi- cides adultes soit sur homme soit au piege lumi- neux CDC. C'est en vain que nous avons cherchd des adultes dans les huttes nyangatom, ou des larves de culicides dans les faibles reserves d'eau disposees dans les calebasses a l'interieur de ces habitations. La pose de pondoirs-pieges n'a donne pratiquement aucun 297 F. RODHAIN, C. HANNOUN & D. METSELAAR rdsultat. Par ailleurs, aucun trou d'arbre, dans la galerie forestiere tres seche de 1'Omo, ne pouvait abriter de larves, du moins aux mois de juillet et ao(kt. La liste des especes culicidiennes presentes soit dans la zone de l'Omo, soit dans celle de Kibish est presentee dans le tableau 1. Tableau 1. Esp6ces culicidiennes pr6sentes dans la r6gion 6tudi6e (juillet-aout) Espbce Omo Kibish Anopheles gambiae + + + + An. pharoensis + + - An. rivulorum + - Mansonia africana + ++ - M. uniformis + + + Aedeomyla africana + ++ - Uranotaenia balfouri + - Ficalbia mimomyiaformis + - F. splendens + - F. malfeyti + - Aedes sudanensis + - Ae. albicosta +++ ++ Ae. circum/uteolus + + Cu/ex poicilipes + C. unlvittatus +++ +++ C. sinaiticus + Enque'te serologique Prelkvements. Nous avons pu effectuer un pre- levement de sang chez un certain nombre de Nyan- gatom, dans les villages des rives de l'Omo et dans differents hameaux Kibish. Le sang, recueilli sur anticoagulant, etait decante au camp de 1'expedi- tion. Le serum fut conserve A +40C jusqu'i la fin de la mission, soit durant une quinzaine de jours, puis rapporte a Paris. Au total, 290 serums de Nyangatom, provenant de 10 villages ou hameaux, ont ete ainsi testes, auxquels il convient d'ajouter 10 serums de Dassanetch, soit au total 300 serums. Selon le sexe et l'age (presume), les individus se repartissent comme il est indique dans le tableau 2. De'signation des localite's Villages des rives de l'Omo I : Cungura I II : Cungura II III: Weleso I IV: Weleso II V : Kaniikani Hameaux de Kibish VI: Natir VII: Nawiatir VIII: Lokwamufnan IX: Rukruk X : Nawiapua Technique. Les serums furent eprouves par inhibi- tion de l'hemagglutination (IH) vis-a-vis des 15 anti- genes suivants: groupe A: chikungunya (CHIK), Sindbis (SIND), Semliki (SEM); groupe B: fievre jaune (FJ), West Nile (WN) Tableau 2. R6partition des s6rums 6tudi6s par localitO, par groupe d'age et par sexe 5-9 ans 10-14 ans 15-19 ans 20-29 ans 30 ans et plus Total Total Localit6 66aM F M F M F M F M F M F g6nXral Oma I 2 0 2 0 3 1 13 5 8 7 28 13 41 Omoll 1 3 2 2 2 0 2 2 11 5 18 12 30 Omo lIl 0 0 3 0 0 1 0 0 6 4 9 5 14 Omo IV 1 0 1 0 2 0 2 0 4 1 10 1 11 Omo V 0 0 1 0 0 0 0 0 2 1 3 1 4 Kibish Vl 1 2 1 0 0 0 4 1 4 0 10 3 13 Kibish VII 0 1 6 0 2 0 0 1 5 6 13 8 21 Kibish Vill 6 4 7 5 2 2 10 5 12 6 37 22 59 Kibish IX 2 3 1 2 1 2 3 11 10 10 17 28 45 Kibish X 7 1 4 3 0 1 3 2 17 8 31 15 46 Kibish divers 0 0 0 0 1 0 4 0 1 0 6 0 6 Dassanetch 0 0 2 0 2 0 6 0 0 0 10 0 10 Total 20 14 30 12 15 7 47 27 80 48 192 108 300 298 ENQUtTE SUR LES ARBOVIROSES DANS LA BASSE VALLAE DE L'OMO (ATIOPIE) Wesselsbron (WES), Spondweni (SPON), enc& phalite de Saint-Louis (ESL), dengue 1 (DI), dengue 2 (D), Zika (ZIK), Uganda S (UGS); - groupe California: Tahyna (TAH); - groupe Bunyamwera: Bunyamwera (BUN), Ilesha (ILE). L'IH est effectuee selon la m6thode habituelle au laboratoire, c'est-a-dire apres traitement au kaolin pour les serums humains, apres traitement a l'ace- tone pour les serums animaux. La reaction est faite avec un contact rapide (1 heure, temperature du laboratoire) entre les dilutions de serum et 8 unites d'antigene. Dans ces conditions, un titre de 1/10 est consider6 comme significatif. Enquete chez les animaux Vertebres. Un tres petit nombre d'animaux sau- vages ont pu etre pieges ou tues. Les animaux cap- tur6s vivants (rongeurs pieges dans les villages) etaient sacrifies, apres prelevement de leurs ecto- parasites. Leur serum, conserve a +4°C, a et examine pour la recherche d'anticorps. Quelques organes: cerveau, reins, rate, furent preleves, conser- ves en azote liquide, aux fins d'isolement de virus a Nairobi. En ce qui concerne les animaux tues (oiseaux, carnivores), seul le serum fut recueilli et traite comme precedemment. Invert6tbre's. En raison de l'impossibilite d'un approvisionnement regulier en azote liquide, nous n'avons pu congeler qu'un faible nombre de mous- tiques en vue d'essais d'isolement de virus; 17 lots de 50 culicides (Culex univittatus essentiellement), recueillis 'a l'aide de pieges lumineux CDC, au vil- lage de Cungura, ont ete examines 'a Nairobi. R1,SULTATS Serums humains Pourcentage de positivitM globale selon la localite. Le tableau 3 montre le pourcentage par localitd des serums dans lesquels la presence d'anticorps fut mise en evidence pour un au moins des arbovirus recherches. Ces resultats montrent des differences parfois importantes entre les divers villages, certaines de ces differences etant clairement significatives malgre la taille parfois reduite des effectifs. Pourcentage de positivite globale selon le sexe. L'analyse des resultats par sexe a montre que les differences entre sujets masculins et feminins ne sont pas significatives et il est possible de ne pas separer les sexes dans l'analyse detaillee des resultats. Reponses monospecifiques et re'actions de groupe. Les tableaux 4 'a 7 donnent, pour les quatre groupes d'arbovirus et selon les localitds, les rdsultats des reponses monospecifiques et des reactions de groupe. L'analyse des reactions secondaires de groupe B en fonction de la frequence et de l'intensite des reponses pour chaque virus de ce groupe est presentee dans le tableau 6. Interpretation des resultats Groupe A: d'apres les donnees du tableau 4, les 3 virus testes (CHIK, SIND et SEM) semblent pre- senter dans la region un niveau d'activite faible; les reactions positives avec l'antigene CHIK dans la region de Kibish traduisent peut-etre en fait la presence du virus o'nyong nyong. Groupe B: les resultats consignes dans les tableaux 5 et 6 suggerent la presence possible des virus West Tableau 3. Pourcentage de positivit6 globale selon la localit6 Nombre Serums positifs Nombre S6rums positifs Localit6 de s6rums Localit6 de s6rums examines Nombre % examines Nombre % Omo 41 37 90,2 Kibish divers 6 6 (100) Omo II 30 22 73,3 Kibish VI 13 5 38,4 Omo III 14 9 64,2 Kibish VIl 21 11 52,2 Omo IV 11 9 81,8 Kibish Vil 59 22 37,2 Omo V 4 2 (50) Kibish IX 45 37 82,2 Kibish X 46 32 69,5 Total Omo 100 79 79,0 Total Kibish 190 113 59,4 Dassanetch 10 8 80,0 299 F. RODHAIN, C. HANNOUN & D. METSELAAR Tableau 4. R6actions positives vis-3-vis des virus du groupe A Nombre de serums Nombre positifs S6rums positifs Localit6 de s6rums pour le virus examin6s CHIK SIND SEM Nombre % Omo l 41 0 2 1 3 7,3 Omo Il 30 0 0 1 1 3,3 Omo lIlI 14 0 0 0 0 0 Omo IV 11 0 0 0 0 0 OmoV 4 0 0 0 0 0 Kibish Vl 13 0 0 0 0 0 Kibish VIl 21 0 0 0 0 0 Kibish VIII 59 0 1 0 1 1,6 Kibish IX 45 1 5 1 7 15,5 Kibish X 46 2 0 0 2 4,3 Kibish divers 6 0 0 0 0 0 Dassanetch 10 0 1 0 1 10,0 Total 300 3 9 3 15 5,0 Nile, Wesselsbron, Spondweni et Zika. On notera la grande frequence du virus West Nile dans tous les villages prospectes, particulierement dans ceux du bord de l'Omo. Les valeurs des X2 relatifs aux taux de positivite globale d'une part, aux taux de positivit6 pour le groupe B d'autre part, constates dans les differents villages ou hameaux prospectes, mettent en evidence une heterogenet parmi les divers hameaux de Kibish, qui peuvent etre repartis en deux groupes au sein desquels les differences de pourcentage ne sont pas significatives: les hameaux VI, VII et VIII d'une part, avec un pourcentage de positivite globale rela- tivement bas (30 a 47 %) et pr6sence de Spondweni; les hameaux IX et X d'autre part, avec un pour- centage de positivite globale eleve (67 'a 75 %), avec des resultats rappelant ceux des villages des rives de l'Omo. Nous tenterons ulterieurement d'expli- quer ces differences. I1 convient encore de noter qu'un seul serum a donne une reponse monospeci- fique en fievre jaune (homme age d'environ 22 ans, du hameau IX). Groupe California: des anticorps TAH ont Wt6 trouves dans quelques serums (7), provenant des villages I et IX, ainsi que chez deux individus de Kibish (hameau non precise). Ces 7 serums positifs appartiennent i des individus aiges de plus de 20 ans. Peut-etre traduisent-ils le passage, il y a une ving- taine d'annees, du virus Tahyna ou d'un virus voisin. Groupe Bunyamwera: si les individus presentant des anticorps correspondant au virus Bunyamwera sont trop peu nombreux (3) pour conclure, il appa- Tableau 5. R6actions positives vis-h-vis des virus du groupe B a Nombre Nombre de s6rums positifs pour le virus Rdactions S6rums positifsLocalitO de s6rums examin6s FJ WN WES SPON ZIK UGS do groupe Nombre % Omo I 41 0 14 6 0 1 0 16 37 90,2 Omo II 30 0 11 1 0 0 0 10 22 73,3 OmolIl 14 0 6 0 0 0 0 2 8 57,1 Omo IV 11 0 5 0 0 0 0 4 9 81,8 Omo V 4 0 1 0 0 0 0 1 2 (50) Kibish Vl 13 0 1 0 0 0 0 3 4 30,7 Kibish Vll 21 0 2 2 0 0 0 6 10 47,6 Kibish Vill 59 0 1 0 3 0 0 14 18 32,0 Kibish IX 45 1 5 1 0 1 0 26 34 75,5 Kibish X 46 0 9 0 0 0 0 19 28 67,8 Kibish divers 6 0 4 0 0 0 0 2 6 (100) Dassanetch 10 0 4 0 0 0 1 3 8 80,0 300 1 63 10 3 2 1 106 186 62,0 a Tous les serums se sont r6v6l6s n6gatifs pour les antigbnes ESL, Dl et D2. 300 ENQUETE SUR LES ARBOVIROSES DANS LA BASSE VALLtE DE L'OMO (E'THIOPIE) Tableau 6. Analyse des r6actions secondaires de groupe B Localit6 Virus les plus Titres les plus Omo I 1. WN 1. SPON 2. WES 2. WN 3. FJ 4. SPON, ZIK Omo II 1. WES 1. SPON 2. WN 2. WN 3. ZIK 4. FJ Omo III etIV 1. WN 1. SPON 2. WES 2. WN, ZIK 3. FJ, SPON 3. FJ Kibish VI, VIl et VIII 1. FJ,WES 1. WN 2. SPON 2. FJ 3. WN, ESL 3. SPON Kibish IX 1. WN, SPON 1. ZIK 2. FJ 2. WN 3. Dl 3. ESL 4. ESL 5. ZIK Kibish X 1. WN 1. WN 2. SPON 2. ZIK 3. D1 4. FJ rait qu'il existe dans cette zone une enddmie d'assez faible niveau de virus Ilesha, surtout dans les hameaux IX et X, oiu des anticorps sont reguliere- ment retrouvds dans tous les groupes d'age. Rdpartition par sexe et age: par ailleurs, le sexe ne semble pas intervenir dans les taux de positivite. II apparait effectivement logique de considerer qu'en raison de leur mode de vie, les hommes et les femmes sont, a l'intdrieur comme a 1'exterieur des villages, egalement exposes aux piq1res des mous- tiques. L'etude des rdsultats positifs par virus et par groupe d'age ne revele l'existence d'un pic epide- mique dans les 20 demieres annees pour aucun des virus testes, hormis, peut-etre, le virus donnant des anticorps Tahyna qui se serait manifeste il y a vingt ans. Vertebres Serologie. Sur les 10 animaux (8 mammiferes: 3 Lepus sp., 1 Gerbillus (Hendecapleura) sp., 2 Mas- tomys sp., 1 Rhynchotragus guentheri, 1 Gazella granti, et 2 oiseaux: 1 Ardeotis kori et 1 Eupodotis senegalensis), dont le serum a pu etre teste vis-a-vis des 15 antigenes arboviraux, seuls les deux oiseaux se sont averes positifs: l'un (A. kori) vis-a-vis du virus Wesselsbron, l'autre (E. senegalensis), a un titre tres eleve, vis-a-vis du virus de la fievre jaune. Essais d'isolement de virus. Par ailleurs, une souche virale a dte isolee au Medical Research Centre de Nairobi, a partir d'un pool rein-rate d'un Mastomys Tableau 7. R6actions positives vis-h-vis des virus Tahyna, Bunyamwera et llesha Nombre S6rums positifs R6actions R6actions R6actions Localit6 de s6rums pour le virus TAH monosp6cifiques de groupe degroupe examin6s Nombre % BUN ILE BUN (%) Omo I 41 2 4,8 0 5 2 17,0 Omo II 30 0 0 0 4 0 13,3 OmoIIl 14 0 0 1 1 0 14,2 Omo IV 11 0 0 0 0 0 0 Omo V 4 0 0 0 0 0 0 Kibish Vl 13 0 0 0 0 1 7,6 Kibish Vll 21 0 0 0 2 0 9,5 Kibish Vill 59 0 0 0 5 0 8,4 Kibish IX 45 3 6,6 0 10 0 2,2 Kibish X 46 0 0 1 6 0 15,2 Kibish divers 6 2 33,3 0 1 0 16,6 Dassanetch 10 0 0 1 0 0 10,0 Total 300 7 2,5 3 34 3 14,2 301 F. RODHAIN, C. HANNOUN & D. METSELAAR sp. piege6 au village de Cungura. L'etude de cette souche est actuellement en cours a l'Institut Pasteur de Paris. Invertebres Aucune souche n'a pu etre isolee 'a partir des lots de moustiques etudies a cet egard. DISCUSSION Le principal probleme epidemiologique est cons- titue par les differences observees dans les differents villages. 1) Les resultats fournis par les differents villages et hameaux nyangatom des bords de l'Omo (2 hameaux de Cungura, 2 hameaux de Weleso et Kaniikafi) sont comparables entre eux. La positivite globale varie entre 64,2% et 90,2%, la positivite pour le groupe B entre 57,1 % et 90,2%; sont pre- sents les virus: Sindbis et Semliki pour le groupe A; West Nile, Wesselsbron et peut-etre Zika et Spond- weni pour le groupe B; Tahyna (ou Lumbo); Bunyamwera et Ilesha. Ceci est en accord avec la presence, en abondance a proximite ou meme a l'interieur de ces villages, de Mansonia africana, dont on a deja isole le virus Spondweni (Mc Intosh et al., 1961; Worth et al., 1961) et qui peut transmet- tre le virus amaril (Robinson, 1950), de M. uniformis, deja trouve porteur des virus Wesselsbron (Kokernot et al., 1960) et Spondweni (Kokernot et al., 1957), de Aedes circumluteolus, a partir duquel furent isoles les virus Wesselsbron (Smithburn et al., 1957; Worth et al., 1961), Spondweni (Mc Intosh et al., 1961; Worth et al., 1961) et Bunyamwera (Kokernot et al., 1958), de Ae. albicosta, qui pourrait peut-etre jouer un role comparable au precddent, de Culex univittatus, connu pour etre porteur des virus Sindbis (Taylor et al., 1955; Malherbe et al., 1963), Spondweni (Worth et al., 1961), Wesselsbron (Kokernot et al., 1960; Worth et al., 1961), et surtout West Nile (Smithburn et al., 1954) et d'Anopheles pharoensis, vecteur du virus Sindbis (Taylor et al., 1955). 2) I1 existe une he'trogeneite parmi les differents hameaux de Kibish, bien que le milieu et notam- ment la faune des vecteurs y semblent constants. Les pourcentages globaux de sujets possedant des anticorps dans les divers villages ont ete compares par calcul du X2 entre les villages voisins pour ddterminer la legitimite de regroupements (tableau 8). On voit que 7 villages peuvent etre regroupes (I, II, III, IV, V, IX, X) et 3 autres forment un autre groupe (VI, VII, VIII). L'analyse des resultats obte- nus pour les arbovirus du groupe B seul amene a une conclusion identique (tableau 8). L'heterogeneite des villages de Kibish, pourtant voisins et apparem- ment analogues au point de vue des conditions ecologiques, demande une explication. Un premier groupe, comprenant les hameaux Natir, Nawiatir et Lokwamufian, est caracterise par des pourcentages de positivite globale relativement faibles compris entre 37,2% et 52,2% (30,7% et 47,6% pour le groupe B), avec presence probable des virus West Nile (mais plus rare), Spondweni, peut-etre fievre jaune et Wesselsbron, Ilesha (absence des virus du groupe A, de Bunyamwera, des anti- corps Tahyna), presence explicable par la seule exis- Tableau 8. Valeurs de x2 Positivit6 tous groupes Positivit6 groupe B Signification des villages x2 Signification de la x2 Signification de la diff6rence a diff6rencea I x 11 3,7 NS 3,7 NS III x IV 0,8 NS 1,7 NS (I + II) x (III + IV) 1,5 NS 2,5 NS VI x VIl 0,6 NS 0,9 NS Vii x Vill 1,4 NS 2,0 NS IX x X 2,0 NS 2,3 NS (VI b Vil) x (IX + X) 23,6 S A P <0,0001 20,9 S A P <0,0001 (I b V) x (VI + Vil) 38,8 S A P <0,0001 35,6 S A P <0,0001 (I V) x (IX + X) 0,3 NS 2,3 NS a NS = non significative; S = significative. 302 ENQUETE SUR LES ARBOVIROSES DANS LA BASSE VALLEE DE L OMO (ETHIOPIE) tence de C. univittatus en grand nombre, aux cotes d'Aedes albicosta. Un second groupe est form6 des hameaux de Rukruk et Nawiapua, dont les rdsultats sont compa- rabies it ceux des rives de l'Omo: pourcentage de positivite globale: 69,5% et 82,2% (67,8% et 75,5% pour le groupe B), presence probable des virus chikungunya (ou o'nyong nyong), Sindbis, Semliki, fievre jaune, West Nile en abondance, Zika, et peut- etre Wesselsbron, Tahyna, Bunyamwera et surtout Ilesha. Les vecteurs, nous l'avons dit, ne pr6sentent pas de difference par rapport au groupe de hameaux precedent. I1 nous semble donc que la raison de l'heterogeneite constatee i Kibish doit etre recher- chee, non au niveau de l'environnement local, mais dans le mode de vie des habitants de ces hameaux. Nous savons deji que les Nyangatom pratiquent 1'elevage transhumant, et les particularites de leurs d6placements. La presence de glossines dans la galerie forestiere des rives de l'Omo oblige tous les Nyangatom 'a elever leur betail pres de la Kibish, en transhumant a l'ouest, vers le Soudan, de juillet 'a decembre, et, pendant le reste de l'annee, sur le plateau entre la riviere Kibish et l'Omo, sans atteindre ce dernier (S. Tornay, communication personnelle). I1 apparait que l'ethnie des Nyangatom pr6sente une organisa- tion territoriale, les individus etant repartis en sec- tions patrilineaires, qui ont chacune un territoire de transhumance bien determine et maintenu cons- tant par le respect de la tradition. Par ailleurs, la plupart des familles sont divisees en deux, une partie demeurant dans un village permanent (sur le bord de l'Omo par exemple), une autre partie accompagnant le betail et vivant dans une residence temporaire, 'a Kibish notamment. L'etude des itin& raires de transhumance, dans des aires qui sont propres a chaque section, montre que les echanges et les deplacements sont frequents entre: a) le hameau Nawiapua de Kibish et des villages non 'tudies, situes plus au nord, egalement au bord de l'Omo; b) les hameaux Natir, Nawiatir et Lokwamuiian et les regions oiu vont paitre les troupeaux de leurs habitants situ&es au Soudan. I1 apparait donc que les individus dont le serum fut preleve 'a Kibish vivent en realit6 souvent dans des zones differentes et peuvent, par consequent, se trouver exposes 'a l'attaque d'especes culicidiennes differentes. On peut penser que l'infection par les arbovirus serait realisee surtout dans la region de l'Omo pour les localites I 'a V et IX et X, dans les montagnes du Soudan pour les habitants des loca- lites VI i VIII, d'oiu les diff6rences observees. 3) Comment interpreter les faibles taux de posi- tivite obtenus vis-i-vis du virus amaril? Si l'on considere, 'a la lumiere des etudes de Serie et al. (1968), l'histoire de l'epidemie de 1960/62, on peut penser que, tres probablement, le virus est entr6 du Soudan en Ethiopie, dans la r6gion d'Assosa ou des rivieres Baro et Ghilo, oiu n'existe aucune fron- tiere naturelle susceptible d'arreter les mouvements de population. C'est lIa que, r6cemment, fut intro- duite la trypanosomiase humaine. L'epidemie se serait alors propag6e le long de la Didessa vers le nord, jusqu'a son confluent avec le Nil Bleu, et le long de l'Omo, vers le sud. Bien entendu, I'hypo- these de l'apport du virus par l'intermediaire des Epomophorus (chauves-souris frugivores migratrices), voire d'oiseaux, puisque nous avons trouve une reaction fortement positive chez une outarde, ne doit pas &tre ecartee a priori. Quoi qu'il en soit, la question se pose de savoirjusqu'oiu l'epidemie s'est propagee vers le sud, le long de l'Omo. Peut-etre n'a-t-elle pas atteint le ter- ritoire des Nyangatom qui en possedent fort peu de traces serologiques. C'est d'ailleurs legerement au nord de ce territoire que l'aridite du paysage se manifeste, la foret seche bordant le fleuve ne per- mettant, semble-t-il, l'installation d'aucun Aedes du sous-genre Stegomyia, comme dans les haute et moyenne vallees de l'Omo. Dans leur etude epidd- miologique, Sdrie et al. (1968) considerent d'ailleurs que le poste de Kalam constitue l'extreme limite de l'extension possible #. Toutefois il est possible que le virus amaril continue ia circuler dans la region de facon sporadique, expliquant notamment les resultats serologiques rapportds de Lokitaung, Loki- chokio et meme Lodwar, en pays Turkana (Hender- son et al., 1968) ou encore ia Ileret, sur la rive est du lac Rodolphe (Henderson et al., 1970). Un certain nombre d'etudes restent ia effectuer pour completer notre enquete. I1 serait souhaitable en particulier d'etudier des sdrums preleves plus au nord, dans des villages nyangatom des bords de l'Omo et situes dans l'aire de transhumance reservee aux individus etudies du hameau de Nawiapua, ainsi que des serums de Dassanetch, ethnie localisee sur- tout dans la region de Kalam, mais de part et d'autre du fleuve. L'etude serologique d'animaux nous parait du plus grand interet, surtout des singes, des oiseaux, des rongeurs ou meme des animaux domestiques, 3 303 304 F. RODHAIN, C. HANNOUN & D. METSELAAR ainsi que le prelevement d'organes et de lots de moustiques en vue d'essais d'isolement de souches virales. Enfin, il serait encore int6ressant de pouvoir effectuer des enquetes entomologiques a d'autres periodes de I'annee afin de prouver la constance de I'absence des Aedes du sous-genre Stegomyia. REMERCIEMENTS Nous tenons A remercier toutes les personnes qui ont permis la realisation de ce travail, notamment: M. Yves Coppens, Sous-Directeur du Musee de 1'Homme, Paris, Chef de l'Exp6dition franSaise de l'Omo (CNRS); M. Serge Tornay, ethnologue, Maitre-Assistant a l'Uni- versite de Paris-Nanterre, dont la presence et la con- naissance de la langue nyangatom nous furent des plus utiles dans l'abord des populations de l'Omo; Mile Anne-Marie Salmon, technicienne, Laboratoire des Arbovirus, Paris. SUMMARY EPIDEMIOLOGICAL AND SEROLOGICAL' SURVEY 7,OF ARBOVIRUSES IN THE LOWER OMO VALLEY, SOUTHERN ETHIOPIA In order to complement the data obtained by other workers in Northern Kenya and Uganda, a serological and epidemiological survey of arboviruses was carried out in the lower valley of the river Omo in southern Ethiopia, and an entomological study was made of local mosquitos. Sera from 10 wild vertebrates and 300 humans were studied; of the latter, 290 were obtained from members of the Nyangatom, a small group of sedentary pastoral people living in 10 villages, 5 along the river Omo and 5 in the Kibish area. The sera were tested against 15 different arbovirus antigens by the haemag- glutination inhibition test. In different villages, positive results were obtained with 37.2-90.2% of the sera. The results show that the following viruses may be active in the area: Chikungunya (or o'nyong nyong), Sindbis, Semliki, West Nile, Wesselsbron, Spondweni, Zika, Tahyna (or Lumbo), Bunyamwera, and Ilesha. Only one serum showed a monospecific low-titre response with yellow fever antigen. With respect to virus groups, the proportions of positive results varied as follows: group A, 0-15.5%, group B, 32-90.2%; California group, 0-6.6 %; Bunyamwera group, 0-17.0%. The only significant find- ing with animal sera was the presence of yellow fever antibodies in a bustard (Eupodotis senegalensis). An unidentified virus was isolated from a rodent belonging to the genus Mastomys. It is suggested that the wide variation in serological response in different neighbouring Nyangatom villages at Kibish may be accounted for by the fact that the people of different villages move to different areas to graze their herds. Some move periodi- cally with their herds to a region near the Omo river and their antibody pattern resembles that of villagers who live in that region; other move their animals towards higher, more arid zones in Sudan and their serological response is quite different. The fact that only one serum was positive for yellow fever is under- standable if the Nyangatom region is considered to have been the southernmost limit of the 1960-62 epidemic. However, it is possible that circulation of the virus may be continuing at a very low level in animal reservoirs. REF1ERENCES BIBLIOGRAPHIQUES Berdonneau, R. et al. (1961) Bull. Soc. Path. exot., 54, 276-283 Geser, A., Henderson, B. E. & Christensen, S. (1970) Bull. Org. mond. Sante, 43, 539-552 Henderson, B. E. et al. (1968) Bull. Org. mond. Sante, 38, 229-237 Henderson, B. E., Kirya, G. B. & Hewitt, L. E. (1970) Bull. Org. mond. Sante, 42, 797-805 Henderson, B. E. et al. (1970) Bull. Org. mond. Sante, 42, 787-795 Kokernot, R. H. et al. (1957) S. Afr. J. med. Sci., 22, 103-112 Kokernot, R. H. et al. (1958) Amer. J. trop. med. Hyg., 7, 579-584 Kokernot, R. H. et al. (1960) S. Afr. med. J., 34, 871-874 Malherbe, H. et al. (1963) S. Afr. med. J., 37, 547 Mc Intosh, B. M. et al. (1961) S. Afr. med. J., 35, 647-650 Metselaar, D. et al. (1970) E. Afr. med. J., 47, 130-137 Morel, P. C. & Rodhain, F. (1972) Bull. Soc. Path. exot. (sous presse) Ovazza, M. & Rodhain, F. (1972) Bull. Soc. 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Key facts
Document type Journal articles
Adoption date
Source World Health Organization