SOIXANTE-CINQUIÈME ASSEMBLÉE MONDIALE DE LA SANTÉ Point 13.1 de l’ordre du jour provisoire
A65/8 22 mars 2012
Lutte contre les maladies non transmissibles Mise en œuvre de la Stratégie mondiale de lutte contre les maladies non transmissibles et du plan d’action Rapport du Secrétariat 1. À sa cent trentième session en janvier 2012, le Conseil exécutif a examiné une version antérieure du présent rapport.1 2. Le présent rapport rend compte des progrès accomplis dans la mise en œuvre du plan d’action pour la Stratégie mondiale de lutte contre les maladies non transmissibles2 approuvé par la Soixante et Unième Assemblée mondiale de la Santé en mai 2008 (résolution WHA61.14). Comme le précédent rapport de situation couvrant la période 2008-2009 a été examiné par la Soixante-Troisième Assemblée mondiale de la Santé,3 le présent rapport porte sur la période 2010-2011. 3. Le plan d’action contient les six objectifs suivants : 1) accorder un rang de priorité plus élevé aux maladies non transmissibles dans les activités liées au développement aux niveaux mondial et national et intégrer les activités de prévention et de lutte aux politiques de l’ensemble des ministères concernés ; 2) élaborer des politiques et des plans nationaux de lutte contre les maladies non transmissibles et les renforcer ; 3) promouvoir des interventions destinées à réduire les principaux facteurs de risque communs modifiables de maladies non transmissibles : tabagisme, mauvaise alimentation, sédentarité et usage nocif de l’alcool ; 4) promouvoir la recherche pour prévenir et combattre les maladies non transmissibles ; 5) promouvoir des partenariats pour prévenir et combattre les maladies non transmissibles ; et 6) suivre les maladies non transmissibles et leurs déterminants et évaluer les progrès accomplis aux niveaux national, régional et mondial.
1 2 3
Voir les documents EB130/7 et EB130/2012/REC/2, procès-verbaux de la huitième séance. Document WHA61/2008/REC/1, annexe 3.
Voir les documents A63/12 et WHA63/2010/REC/3, procès-verbaux des septième, huitième et neuvième séances de la Commission A.
A65/8
PROGRES ACCOMPLIS OBJECTIF PAR OBJECTIF OBJECTIF 1. Accorder un rang de priorité plus élevé aux maladies non transmissibles dans les activités liées au développement aux niveaux mondial et national et intégrer les activités de prévention et de lutte aux politiques de l’ensemble des ministères concernés 4. Le Secrétariat a notamment pris les mesures suivantes : a) Le Secrétariat a examiné les éléments établissant un lien entre les maladies non transmissibles, d’une part, et le développement socio-économique, la pauvreté et les objectifs du Millénaire pour le développement liés à la santé, de l’autre. Un résumé des conclusions a été publié dans le rapport de situation mondial de l’OMS sur les maladies non transmissibles 2010.1 b) Le Secrétariat a organisé une consultation d’experts sur l’action intersectorielle pour la santé et l’effet de l’alimentation et de l’activité physique sur les maladies non transmissibles (Helsinki, 6 et 7 septembre 2010), afin de faire le point des expériences internationales et des enseignements à en tirer. Des ateliers mondiaux et régionaux ont été organisés sur le renforcement des capacités en vue de l’intégration des interventions contre les maladies non transmissibles dans les soins primaires. c) Dans le cadre de la préparation de la Réunion de haut niveau de l’Assemblée générale des Nations Unies sur la prévention et la maîtrise des maladies non transmissibles (New York, 19-20 septembre 2011), le Secrétariat a organisé des consultations multisectorielles régionales auxquelles ont participé les États Membres. Il s’agissait d’évaluer la charge des maladies non transmissibles et leur impact socio-économique ; d’examiner la pertinence politique et stratégique de la lutte contre les maladies non transmissibles dans tous les pays ; et de définir les défis à relever, les possibilités à exploiter et les mesures recommandées pour que la lutte contre les maladies non transmissibles figure parmi les priorités en matière de développement.2 d) Au Forum mondial de l’OMS sur l’action à mener face aux maladies non transmissibles (Moscou, 27 avril 2011), un large groupe de parties prenantes a défini des mesures prioritaires pour produire des résultats au niveau mondial et s’est engagé à les appliquer.3 L’échange de différents points de vue a permis de préparer la discussion à la conférence ministérielle qui a suivi. e) Les résultats aussi bien de la Première Conférence ministérielle mondiale sur les modes de vie sains et la lutte contre les maladies non transmissibles (Moscou, 28 et 29 avril 2011, organisée conjointement par la Fédération de Russie et le Secrétariat) que de la Réunion de haut niveau de l’Assemblée générale des Nations Unies ont été résumés dans un rapport distinct soumis au Conseil.4 La Déclaration de Moscou explique la raison d’être des mesures que ses signataires s’engagent à prendre aux niveaux national et international.
1 2
Global status report on noncommunicable diseases 2010. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2011.
Les rapports sur les résultats des consultations régionales sont disponibles à l’adresse : http://www.who.int/nmh/events/2011/en/index.html (consulté le 28 février 2012). On trouvera un rapport du Forum mondial de l’OMS à l’adresse : http://www.who.int/nmh/events/global_forum_ncd/forum_report.pdf (consulté le 28 février 2012). 4 3
Document EB130/6.
2
A65/8
f) Pour lutter efficacement contre les maladies non transmissibles, leurs facteurs de risque et leurs déterminants sociaux, une action multisectorielle s’impose, comme l’intégration de la santé dans toutes les politiques et dans l’ensemble des approches gouvernementales. Afin de faciliter l’action des pays et de la rendre plus efficace, des modèles et des méthodes sont en cours d’élaboration dans le cadre de la Huitième Conférence mondiale sur la promotion de la santé, organisée conjointement par le Secrétariat et le Ministère finlandais des Affaires sociales et de la Santé en 2013 en Finlande. Le comité d’organisation de la Conférence s’est réuni en août 2011 ; le Ministre finlandais de la Santé et des Services sociaux et le Directeur général ont signé le protocole d’accord entre la Finlande et l’OMS en octobre 2011.
OBJECTIF 2. Élaborer des politiques et des plans nationaux de lutte contre les maladies non transmissibles et les renforcer 5. Le Secrétariat a notamment pris les mesures suivantes : a) Le Secrétariat a appuyé l’élaboration de recommandations fondées sur des données probantes et d’outils simplifiés pour l’évaluation et la prise en charge des risques cardiovasculaires, le dépistage précoce du cancer et la prise en charge du diabète, de l’asthme et des maladies pulmonaires obstructives chroniques au niveau des soins primaires là où les ressources sont limitées. Il a également apporté un appui technique aux États Membres en vue de renforcer les moyens dont ils disposent de mettre en pratique les interventions contre les maladies non transmissibles dans le cadre des soins de santé primaires. b) Cinq séminaires internationaux sur les aspects de santé publique des maladies non transmissibles ont été organisés en Suisse en 2010-2011 à l’intention des responsables de programmes nationaux de lutte contre les maladies non transmissibles afin de renforcer les capacités des pays. c) Pour appuyer l’élaboration et la mise en œuvre d’interventions de prévention et de lutte d’un bon rapport coût/efficacité dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, le Secrétariat a rédigé des déclarations claires et formulé des recommandations techniques complètes sur la surveillance, la prévention et la prise en charge des maladies non transmissibles, ainsi que sur l’intégration d’une série essentielle d’interventions efficaces d’un prix abordable contre les principales maladies non transmissibles dans les systèmes de santé au niveau des soins de santé primaires. Un outil permettant d’estimer les ressources nécessaires et le coût de l’extension d’un module d’interventions essentielles dans les pays à revenu faible ou intermédiaire1 a également été mis au point et diffusé aux États Membres. d) L’efficacité et les éléments essentiels des modèles d’autosoins et d’autoprise en charge ont été systématiquement étudiés afin d’établir une base sur laquelle faire des recommandations pour ce type de soins concernant les maladies non transmissibles. e) Un module de formation a été établi pour faciliter le traitement de la dépendance à l’égard du tabac dans les systèmes de soins de santé primaires. Un appui technique a été apporté à huit pays en vue d’intégrer de brèves interventions antitabac dans leur système de soins de santé primaires.
Scaling up action against noncommunicable diseases: how much will it cost? Voir http://www.who.int/nmh/publications/cost_of_inaction/en/ (consulté le 28 février 2012).
1
3
A65/8
OBJECTIF 3. Promouvoir des interventions destinées à réduire les principaux facteurs de risque communs modifiables de maladies non transmissibles : tabagisme, mauvaise alimentation, sédentarité et usage nocif de l’alcool 6. Le Secrétariat a notamment pris les mesures suivantes :
Lutte antitabac a) Un appui technique a été apporté aux États Membres dans la mise en œuvre de la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac, y compris des mesures visant à les aider à s’acquitter des obligations que leur impose la Convention concernant la réduction de la demande de tabac. Des modules de formation sur la taxation du tabac, les environnements nonfumeurs, le conditionnement et l’étiquetage des produits du tabac, l’interdiction complète de la publicité en faveur du tabac, de la promotion et du parrainage et les mesures de réduction de la demande concernant la dépendance à l’égard du tabac et le sevrage ont été mis au point et testés. Un appui technique a été apporté à 20 pays pour l’application de mesures de réduction de la demande. Des évaluations des capacités ont été effectuées dans neuf pays à revenu faible ou intermédiaire afin de déterminer leurs points forts, les possibilités à exploiter et les obstacles à l’application de certaines mesures de réduction de la demande et de l’offre selon les priorités de chacun de ces pays. b) Les travaux se sont sensiblement intensifiés en Afrique. Une assistance et un appui techniques directs sont fournis à des pays de la Région africaine pour renforcer les moyens qu’ils ont de modifier leurs politiques et de mener une action programmatique. On relèvera la création du Centre africain de Lutte antitabac, hébergé par la Makerere University School of Public Health à Kampala (Ouganda). L’OMS a commencé à fournir des ressources techniques et financières au Centre en juillet 2011, et les engagements des donateurs assurent son financement jusqu’en juillet 2014. c) Le Secrétariat a fourni aux ministères des finances de 12 États Membres de l’ensemble des Régions de l’OMS un appui technique, des avis d’experts et une formation pour accroître l’efficience et l’efficacité des systèmes nationaux de taxation du tabac et de leur administration. Trente et un autres ministères ont suivi une formation collective sur la taxation du tabac dans le cadre de réunions régionales et d’ateliers techniques. Un manuel technique sur l’administration des taxes sur le tabac1 et une série d’instruments sur les coûts économiques du tabagisme2 ont été publiés. d) Un appui et une aide techniques ont été fournis au Secrétariat de la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac concernant l’élaboration de directives et de protocoles. Le Secrétariat de l’OMS et celui de la Convention suivent un programme préétabli pour assurer la complémentarité des travaux et éviter au maximum les doublons. e) Suite à la recommandation du Groupe spécial de haut niveau sur le financement international novateur des systèmes de santé préconisant d’étendre le prélèvement de solidarité sur les billets d’avion et d’étudier la viabilité technique d’autres taxes de solidarité sur le tabac 1 2
WHO technical manual on tobacco tax administration. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2010.
Economics of tobacco toolkit: assessment of the economic costs of smoking. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2011.
4
A65/8
et les opérations de change, le Secrétariat a publié un document de réflexion sur le concept de contribution de solidarité sur le tabac.1 Promouvoir une alimentation saine et l’exercice physique a) Des ateliers mondiaux et régionaux de renforcement des capacités concernant la mise en œuvre de la Stratégie mondiale pour l’alimentation, l’exercice physique et la santé ont été organisés dans toutes les Régions de l’OMS. b) Plusieurs outils ont été mis au point à l’intention des États Membres et des autres parties prenantes sur la base des recommandations faites dans la Stratégie mondiale (voir la résolution WHA57.17). Des recommandations mondiales sur l’activité physique pour la santé ont été publiées2 et un guide pour leur application est en cours de mise au point. Le Secrétariat a examiné les éléments recueillis sur l’efficacité des interventions favorisant l’activité physique dans des cadres comme les soins de santé primaires, les écoles, la communauté et les lieux de travail en ce qui concerne le transport, l’environnement et les sports. c) Comme proposé par le Forum de l’OMS et la réunion technique sur les stratégies de prévention de l’obésité de l’enfant dans la population (Genève, 15-17 décembre 2009),3 on est en train de tester dans toutes les Régions de l’OMS un instrument pour définir les domaines d’intervention prioritaires des États Membres. d) Un réseau a été mis en place dans la Région du Pacifique occidental pour contribuer à la réduction de l’apport de sel au niveau de la population et établir des liens avec les réseaux et les groupes d’experts de la Région des Amériques et de la Région européenne, qui ont continué à échanger des conseils sur l’importance de la réduction de l’apport de sel pour la santé publique et à sensibiliser l’opinion à la question. e) La Food Standards Agency du Royaume-Uni et le Secrétariat ont organisé ensemble une réunion technique sur la création d’un environnement favorable aux stratégies de réduction de l’apport de sel dans la population (Londres, 1er et 2 juillet 2010). Il a notamment été question d’interventions visant à informer le consommateur et à reformuler les produits alimentaires industriels de façon à ce que le consommateur puisse réduire son apport total de sodium en faisant des choix judicieux.4 Par la suite, le Gouvernement canadien et l’OMS ont organisé conjointement une réunion technique (Calgary, 19 et 20 octobre 2010) consacrée à la surveillance de l’apport de sodium au niveau de la population, à l’évaluation des sources alimentaires de sodium ainsi qu’aux connaissances, attitudes et comportements concernant le
1 The solidarity tobacco contribution: a new international health-financing concept prepared by the World Health Organization. Discussion paper. Voir http://www.who.int/nmh/events/un_ncd_summit2011/ncds_stc.pdf (consulté le 28 février 2012). 2 3
Voir http://whqlibdoc.who.int/publications/2010/9789242599978_fre.pdf (consulté le 28 février 2012).
Stratégies de prévention de l’obésité de l’enfant dans la population : rapport du forum et de la réunion technique de l’OMS, Genève, 15-17 décembre 2009. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2010. 4 Creating an enabling environment for population-based salt-reduction strategies: report of a joint technical meeting held by WHO and the Food Standards Agency, United Kingdom, July 2010. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2010.
5
A65/8
sodium et la santé.1 Sur la base des résultats de ces deux réunions, le Secrétariat est en train de mettre au point, à l’intention des États Membres, un instrument pratique pour l’application des stratégies de réduction de l’apport de sel dans l’ensemble de la population. f) En mai 2010, l’Assemblée mondiale de la Santé, dans sa résolution WHA63.14, a approuvé un ensemble de recommandations sur la commercialisation des aliments et des boissons non alcoolisées destinés aux enfants, qui préconise une action mondiale pour réduire les effets sur l’enfant de la commercialisation d’aliments riches en graisses saturées, acides gras trans, sucres libres ou en sel. Le Secrétariat continue à discuter avec les organisations non gouvernementales et le secteur privé, en mettant l’accent sur une commercialisation responsable des aliments destinés aux enfants ainsi que sur la reformulation des produits et la sensibilisation du consommateur. g) Une réunion technique sur la définition de profils nutritionnels a été organisée conjointement par le Secrétariat et l’International Association for the Study of Obesity (Londres,4-6 octobre 2010).2 Le Secrétariat a rédigé un manuel pour la mise au point ou l’adaptation des modèles de profils nutritionnels et a catalogué les modèles existants. Le manuel peut être utilisé par les pays qui envisagent de mettre au point des modèles de profils nutritionnels et il sera mis à jour après avoir été testé sur le terrain dans des pays des six Régions de l’OMS. h) Afin de mettre à jour les recommandations sur l’apport alimentaire, les données scientifiques sont systématiquement passées en revue. Jusqu’ici, l’examen a porté sur l’apport total de lipides et de glucides, l’apport de sel/sodium et de potassium ; et l’utilisation du sel comme vecteur pour l’enrichissement en iode. i) L’initiative des écoles favorables à une bonne nutrition, dont le but est de promouvoir une alimentation saine chez l’enfant d’âge scolaire, a été lancée dans 17 pays de la Région européenne. Un réseau d’action hébergé par le Gouvernement néerlandais a été créé et il a tenu sa première réunion en novembre 2010. Des matériels de formation ont été mis au point et une réunion des homologues du domaine de la nutrition a eu lieu en mars 2011 à Genève. La Région de la Méditerranée orientale a organisé une formation concernant l’initiative des écoles favorables à une bonne nutrition à Abu Dhabi, Dubaï et Sharjah (Émirats arabes unis) en novembre 2010. Réduction de l’usage nocif de l’alcool a) Après l’approbation de la Stratégie mondiale visant à réduire l’usage nocif de l’alcool par l’Assemblée de la Santé dans la résolution WHA63.13, et conformément aux dispositifs de surveillance et de notification qu’elle prévoit, le Réseau mondial des homologues nationaux de l’OMS pour l’application de la Stratégie a été mis sur pied pour assurer une collaboration efficace et mener des consultations avec les États Membres sur l’application de la Stratégie à différents niveaux. À sa première réunion (Genève, 8-11 février 2011), les responsables
Strategies to monitor and evaluate population sodium consumption and sources of sodium in the diet: report of a joint technical meeting convened by WHO and the Government of Canada. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2011. Nutrient profiling: report of a WHO/IASO technical meeting, London, United Kingdom, 4-6 October 2010. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2011. 2
1
6
A65/8
nationaux de 126 États Membres ont adopté les mécanismes pratiques et les structures du Réseau et ont élaboré le plan de mise en œuvre de la Stratégie mondiale. b) Le Secrétariat continue de surveiller la consommation d’alcool, les modes de consommation, les conséquences pour la santé et les mesures politiques prises par les États Membres afin de soutenir ceux-ci dans l’action qu’ils mènent pour réduire l’usage nocif de l’alcool. Le rapport de situation mondial de l’OMS sur l’alcool et la santé publié en février 2011 présente des données complètes aux niveaux mondial, régional et national.1 c) Le travail de mise au point et de diffusion d’instruments techniques et de matériels de formation qui aident à mettre en œuvre différentes politiques au niveau national, notamment le repérage et la prise en charge de l’usage nocif de l’alcool dans les établissements de soins, s’est poursuivi. d) Le dialogue se poursuit avec les organisations non gouvernementales, les associations professionnelles et les acteurs économiques sur la façon dont ils pourraient contribuer à réduire l’usage nocif de l’alcool. Une consultation a été organisée à Genève le 12 décembre 2011 avec les organisations non gouvernementales et les associations professionnelles au sujet de leur participation à la mise en œuvre de la stratégie, et une autre le 13 décembre avec les acteurs économiques sur la façon dont ils peuvent réduire les méfaits de l’alcool en tant que concepteurs, producteurs, distributeurs, responsables de la commercialisation et vendeurs de boissons alcoolisées.
OBJECTIF 4. Promouvoir la recherche pour prévenir et combattre les maladies non transmissibles 7. À la suite de larges consultations, de la publication de documents de réflexion sur d’importants domaines de recherche et d’une enquête sur la hiérarchisation des priorités de recherche, le Secrétariat a publié un programme de recherche hiérarchisé contre les maladies non transmissibles.2 Pour fixer les priorités, on a voué une attention particulière à la recherche liée aux politiques et interventions qui ont contribué à faire baisser la prévalence des maladies non transmissibles dans les pays développés. Ces aspects de la recherche concernaient notamment : la mise en pratique des résultats de la recherche ; le suivi de l’évolution des facteurs de risque, la surveillance et l’évaluation ; la mise en œuvre d’approches de prévention d’un bon rapport coût/efficacité ; les mesures qui contribuent à faire figurer les maladies non transmissibles parmi les priorités mondiales dans le domaine du développement ; et la réduction du coût des interventions efficaces faisant appel à la technologie de pointe, pour pouvoir les appliquer là où les ressources sont limitées. Le programme de recherche a été lancé au cours de la Première Conférence ministérielle mondiale sur les modes de vie sains et les maladies non transmissibles (Moscou, 28 et 29 avril 2011) et envoyé aux centres collaborateurs de l’OMS, aux organisations non gouvernementales, aux organismes donateurs et aux principaux chercheurs.
1 2
Global status report on alcohol and health. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2011.
Mendis S, Alwan A, eds. Prioritized research agenda for prevention and control of noncommunicable diseases. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2011.
7
A65/8
OBJECTIF 5. Promouvoir des partenariats pour prévenir et combattre les maladies non transmissibles 8. Le Secrétariat a notamment pris les mesures suivantes : a) Le Secrétariat a organisé le Premier Forum mondial du Réseau mondial de lutte contre les maladies non transmissibles (Genève, 24 février 2010).1 Avec plus de 150 représentants des États Membres et de la société civile, le Forum a apporté une contribution significative à la sensibilisation et à l’engagement en faveur de la lutte contre les maladies non transmissibles, notamment dans les pays en développement. Des groupes de travail ont été organisés sur la sensibilisation et la communication, les mécanismes de financement novateurs, la surveillance et l’évaluation. b) En marge de la Réunion plénière de haut niveau de l’Assemblée générale des Nations Unies sur les objectifs du Millénaire pour le développement (New York, 20-22 septembre 2010), le Secrétariat a convoqué la deuxième réunion du Conseil consultatif international du Réseau mondial de lutte contre les maladies non transmissibles. c) Le Secrétariat a organisé plusieurs manifestations à l’intention des groupes de parties prenantes et des partenaires en prévision de la Réunion de haut niveau de l’Assemblée générale des Nations Unies sur les maladies non transmissibles. En novembre 2010, des dialogues informels ont été organisés avec le secteur privé et les organisations non gouvernementales. En avril 2011, le Forum mondial de l’OMS sur l’action à mener face aux maladies non transmissibles a eu lieu à Moscou (voir ci-dessus le paragraphe 4.d)), en présence de plus de 300 participants représentant un large éventail de groupes de parties prenantes.2 Les délibérations du Forum ont été diffusées sur le Web. d) L’OMS a aidé dans ses travaux le groupe spécial de la société civile sur les maladies non transmissibles, créé par le Président de l’Assemblée générale des Nations Unies pour conseiller au sujet de la participation de la société civile à la Réunion de haut niveau sur les maladies non transmissibles (New York, 19 et 20 septembre 2011). Le groupe spécial comprend des membres d’organisations non gouvernementales, d’organisations de la société civile et du secteur privé. Un débat interactif (New York, 16 juin 2011) a notamment été organisé pour la société civile à la demande de l’Assemblée générale et diffusé sur le Web. Les résultats ont contribué aux travaux de préparation de la Réunion de haut niveau.3 e) Le Secrétariat a organisé le 8 décembre 2011 à New York la première réunion des fonds, des programmes et des institutions des Nations Unies sur la mise en œuvre de la Déclaration politique de la Réunion de haut niveau de l’Assemblée générale sur la prévention et la maîtrise des maladies non transmissibles. La réunion a débouché sur une conception unifiée et sur une feuille de route prévoyant une action coordonnée à l’échelle de tout le système des Nations
Le rapport du Premier Forum mondial est disponible à l’adresse : http://www.who.int/ncdnet/events/global_forum_report_20100421.pdf (consulté le 1er mars 2012). 2 Un rapport est disponible à l’adresse : http://www.who.int/nmh/events/global_forum_ncd/forum_report.pdf (consulté le 1er mars 2012). 3 Un résumé du rapport est disponible à l’adresse : http://www.un.org/en/ga/president/65/issues/Advanced%20unedited%20summary%20of%20informal%20interactive%20civi l%20society%20hearing.pdf (consulté le 28 février 2012).
1
8
A65/8
Unies pour soutenir les pays dans la lutte contre les maladies non transmissibles, notamment en cherchant à prendre en compte ces maladies dans les plans-cadres des Nations Unies pour l’aide au développement et à mettre sur pied des programmes communs.
OBJECTIF 6. Suivre les maladies non transmissibles et leurs déterminants et évaluer les progrès accomplis aux niveaux national, régional et mondial 9. Le Secrétariat a notamment pris les mesures suivantes : a) Le rapport de situation mondial de l’OMS sur les maladies non transmissibles 2010, publié en avril 2011,1 offre une base pour suivre l’évolution des tendances et évaluer les progrès accomplis par les pays face à l’épidémie. Il énonce des positions et donne des orientations stratégiques claires sur la surveillance, la prévention, la réduction des facteurs de risque et les soins de santé. b) Une deuxième réunion du groupe de référence OMS sur l’épidémiologie, créé conformément au plan d’action, a été convoquée à Genève en août 2010. Les travaux du groupe et les réunions internes ultérieures ont abouti à un consensus sur les éléments fondamentaux et les indicateurs de base des cadres de surveillance nationaux des maladies non transmissibles qui sont présentés dans le rapport de situation mondial. Les trois principaux éléments d’un cadre de surveillance national sont les suivants : i) surveiller les expositions (facteurs de risque) ; ii) surveiller les résultats (morbidité et mortalité par maladie) ; et iii) surveiller les réponses apportées par le système de santé. Le cadre et les indicateurs essentiels proposés sont annexés au rapport du Secrétariat présenté à la cent trentième session du Conseil exécutif.2 c) Afin de fixer des cibles et des indicateurs réalistes fondés sur des données scientifiques pour faire des évaluations à mi-parcours et à terme, le Secrétariat a mis sur pied le groupe de travail technique de l’OMS sur les cibles concernant les maladies non transmissibles, composé d’experts internationaux de la surveillance de ces maladies et de membres du personnel de l’OMS. Le groupe a fait le point de la situation et des tendances concernant ces maladies et a apprécié de façon critique la possibilité d’atteindre les cibles proposées d’après les réalisations avérées des pays. En juillet 2011, il a formulé une série de recommandations sur les cibles et les indicateurs facultatifs qui permettraient de suivre la réduction de la charge des maladies non transmissibles, et les États Membres ont été invités à donner leur avis. Après d’autres travaux et consultations techniques avec les États Membres, une version révisée est actuellement en cours d’élaboration ; elle sera diffusée pour consultation ultérieure entre les États Membres. d) Une discussion informelle avec les organisations non gouvernementales concernées a été organisée le 15 décembre 20113 pour étudier la possibilité de mettre au point un cadre mondial de suivi et des cibles mondiales dans le domaine de la lutte contre les maladies non transmissibles ; les résultats de ce dialogue ont été présentés aux États Membres et aux institutions des Nations Unies lors d’une consultation informelle sur l’élaboration d’un cadre mondial de suivi et la fixation de cibles (Genève, 9 janvier 2012).
1 2 3
Global status report on noncommunicable diseases 2010. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2011. Voir le document EB130/6.
Pour plus d’informations sur ce cadre de suivi, voir http://www.who.int/nmh/events/2011/consultations_dec_2011/en/ (consulté le 1er mars 2012).
9
A65/8
CONCLUSIONS 10. D’importants progrès ont été réalisés dans l’application de la Stratégie mondiale et du Plan d’action. La Réunion de haut niveau de l’Assemblée générale des Nations Unies sur la prévention et la maîtrise des maladies non transmissibles, tenue en septembre 2011, et les travaux préalables ont apporté une contribution sans précédent à la lutte mondiale contre les maladies non transmissibles et leurs effets socio-économiques néfastes. Les mesures appliquées par le Secrétariat concernant les six objectifs du plan d’action pour la Stratégie mondiale ont débouché sur des positions stratégiques claires et des recommandations aux États Membres dans les trois principaux domaines d’action, à savoir : la surveillance des maladies non transmissibles et de leurs déterminants, la prévention des risques par des interventions efficaces, et l’amélioration des soins de santé destinés aux personnes atteintes de maladies non transmissibles par le renforcement du système de santé. 11. Toutefois, la mise en œuvre au niveau des États Membres pose encore d’importantes difficultés. Pour les surmonter, il faudra s’efforcer plus encore de renforcer les moyens qu’ont les pays de faire face aux maladies non transmissibles, surtout les pays en développement, et reconnaître qu’il faudra peut-être pour cela accroître durablement le financement. Comme indiqué dans la Déclaration politique de la Réunion de haut niveau de l’Assemblée générale sur la prévention et la maîtrise des maladies non transmissibles, les chefs d’État et de gouvernement et les représentants se sont engagés à renforcer les politiques et les systèmes de santé nationaux, en étudiant notamment la possibilité de fournir des ressources suffisantes, prévisibles et constantes d’origine nationale, bilatérale, régionale et multilatérale, y compris par les mécanismes de financement traditionnels et par des mécanismes volontaires innovants.1
MESURES A PRENDRE PAR L’ASSEMBLEE DE LA SANTE 12. L’Assemblée de la Santé est invitée à prendre note du présent rapport.
=
=
=
1
Résolution 66/2 de l’Assemblée générale des Nations Unies, paragraphe 45.d).
10