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Prévention du tabagisme et lutte antitabac

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WORLD HEALTH ORGANIZATION

ORGANISATION MONDIALE DE LA SANTE

REGIONAL OFFICE FOR THE WESTERN PACIFIC BUREAU REGIONAL DU PACIFIQUE OCCIDENTAL

COMITE REGIONAL Cinquante-deuxième session Brunéi Darussalam 10-14 septembre 2001 Point 15 de l'ordre du jour provisoire

WPR/RC52/9 26 juillet 2001 ORIGINAL : ANGLAIS

PREVENTION DU TABAGISME ET LUTTE ANTITABAC

Conscient de l'aggravation de l'épidémie de tabagisme dans le Pacifique occidental, le Comité régional a adopté en 1999 la résolution WPR/RC50.R6 qui appelait instamment les Etats Membres à promouvoir et à appuyer pleinement l'élaboration et l'adoption de la Convention cadre de l'OMS sur la lutte antitabac (CCLAT). En 2000, le Comité régional a pris acte de la contribution du tabagisme au poids grandissant des maladies non transmissibles dans la Région et a encouragé les pays à formuler des stratégies multisectorielles globales visant à corriger les facteurs liés au mode de vie, notamment le tabagisme, qui favorisent les maladies non transmissibles.1 Le tabagisme demeure l'un des principaux problèmes de santé publique recensés dans la Région, en dépit des efforts de sensibilisation et d'éducation menés en matière de lutte antitabac. Parmi les obstacles majeurs au succès des activités de lutte antitabac figurent : les facteurs politiques, économiques et socioculturels associés à la production, la commercialisation et la consommation de tabac ; le manque de moyens ou de volonté politique observé dans certains pays dans l'incapacité d'engager des politiques efficaces de lutte antitabac ; l'insuffisance des dispositifs et programmes d'aide au sevrage tabagique fondés sur des bases factuelles ; la forte résistance des fabricants de tabac aux politiques globales de lutte antitabac ; et la nécessité de renforcer la participation des Etats Membres de la Région au processus d'élaboration de la CCLAT.

1

Résolution WPR/RC51.R5.

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Le succès de la lutte contre l'épidémie de tabagisme passe par l'adoption de stratégies globales et intégrées de portée nationale, régionale et mondiale. A cet égard, la CCLAT aidera les pays à mettre un frein à la propagation mondiale du tabagisme. L'ampleur de la participation de la région à la mise en œuvre de la Convention-cadre déterminera dans une large mesure les chances de succès des efforts de lutte antitabac menés dans le Pacifique occidental. Le Comité régional est saisi du présent rapport annuel pour information et examen lors de sa cinquante-deuxième session.

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1. SITUATION ACTUELLE

Le tabagisme est un des principaux problèmes de santé publique de la région. Le Pacifique occidental produit et consomme une proportion importante de la production mondiale de tabac. Trois des plus gros fabricants de tabac du monde, représentant quelque 30 % des approvisionnements mondiaux, sont établis dans le Pacifique occidental. La région est à l'origine de près de la moitié de la production mondiale totale de tabac brut. L'ampleur du phénomène dans la région est considérable au regard de la situation observée dans les autres régions membres de l'Organisation mondiale de la Santé. Ainsi, on dénombre dans le Pacifique occidental 422 millions de fumeurs (soit 34,4 % des consommateurs de tabac recensés dans le monde), dont environ 387 millions d'hommes et 35 millions de femmes. La Chine, le Japon, les Philippines, la République de Corée et le Viet Nam regroupent la plupart des fumeurs de la Région. La prévalence du tabagisme relevée dans la région chez les hommes d'âge adulte est la plus élevée au monde et s'établit aux alentours de 60 %. La consommation de tabac par habitant continue d'augmenter à un rythme alarmant. Les effets dangereux du tabac ne concernent pas seulement les fumeurs. Ainsi, le tabac à mâcher se consomme couramment dans certaines communautés, en particulier dans les pays insulaires océaniens, au Cambodge, en République démocratique populaire lao et au Viet Nam. En outre, on dispose désormais de preuves scientifiques qui attestent des risques considérables que représente le tabagisme passif pour les non-fumeurs. Le nombre important et croissant de fumeurs directement exposés aux effets néfastes du tabac et les nombreux individus qui subissent les conséquences indirectes du tabagisme passif constituent au total une proportion considérable de la population de la région. Compte tenu de l'ampleur de l'exposition au tabac constatée actuellement, il n'y a rien d'étonnant à ce que un décès sur quatre dû au tabagisme dans le monde survienne dans le Pacifique occidental. Bien que le délai relativement long qui s'écoule entre la première cigarette et l'apparition des symptômes d'une maladie chronique masque souvent l'impact réel du tabagisme sur la santé publique, le tabagisme compte parmi les principales causes de maladies non transmissibles dans nombre de pays. Si rien n'est fait pour réduire la prévalence du tabagisme, les cancers, les affections respiratoires et cardiaques et les attaques liés au tabac viendront alourdir considérablement le poids énorme que représentent déjà les maladies chroniques dans la région.

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Pour s'attaquer à l'épidémie de tabagisme, il convient de se doter de stratégies globales et intégrées aux plans national, régional et international. La Convention cadre de l'OMS sur la lutte antitabac (CCLAT) est un instrument juridique de portée internationale qui permettra aux pays signataires de mettre un frein à la propagation du tabagisme dans le monde. Durant les négociations qui se sont déroulées dans le cadre des réunions du groupe de travail et des deux premières sessions du Comité intergouvernemental de négociation tenues en octobre et en avril-mai 2001, le projet de texte proposé par le président a continué d'évoluer en fonction des modifications apportées par les pays. Ce processus se poursuivra avec la troisième réunion du Comité intergouvernemental de négociation en novembre 2001. La participation active des Etats Membres à l'élaboration, la négociation et l'adoption de la Convention cadre est essentielle au succès des efforts de lutte antitabac menés dans la région. A ce jour, 20 Etats Membres de la Région du Pacifique occidental ont pris part au processus d'élaboration de la CCLAT. Le renforcement de la participation régionale, qui passe par l'adhésion de l'ensemble des Etats Membres à la Convention, déterminera dans une très large mesure les chances de succès des efforts de lutte antitabac menés dans le Pacifique occidental. Les activités de lutte contre le tabagisme conduites dans la Région sont décrites en détail dans le rapport Activité de l'OMS dans la Région du Pacifique occidental : 1er juillet 2000 – 30 juin 2001 (pp. 147-154).

2. ENJEUX

1.

Les retombées sociales et politiques de la consommation de tabac se font sentir bien au-delà du secteur de la santé. Le fait que l'Etat possède ou subventionne les entreprises ciguarettières est une entrave majeure à l'adoption d'un engagement politique en faveur de la lutte antitabac. Les pratiques socio-économiques et les croyances culturelles associées au tabagisme font obstacle à la mise en œuvre efficace des interventions axées sur la réduction de la consommation de tabac. La prise en compte de ces problèmes à l'échelon national, ainsi que par des groupements sous-régionaux de pays, est donc indispensable à l'application de politiques constructives de lutte antitabac. Il importe de surcroît que les autorités nationales s'engagent au plus haut niveau à appuyer les efforts de lutte contre le tabagisme. A défaut, on ne pourra venir à bout des obstacles sociaux et politiques rencontrés.

2.

Les capacités nationales et la volonté politique indispensables à la mise en œuvre de politiques de lutte antitabac efficaces présentent des différences considérables d'un pays à

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l'autre. Il convient par conséquent de recenser les besoins spécifiques des Etats Membres de même que les ressources dont ils disposent et de veiller à ce que les moyens investis soient à la hauteur des besoins. Les pays de la région pourront ainsi s'aider mutuellement à atteindre les objectifs nationaux et régionaux qu'ils se sont fixés en matière de réduction de la consommation de tabac. 3. Bien que les fumeurs soient généralement conscients du danger auquel ils s'exposent en consommant régulièrement du tabac, les propriétés toxicomanogènes de la nicotine rendent le sevrage particulièrement difficile. Nombre de fumeurs avérés et potentiels ignorent que le tabac engendre une dépendance et les informations disponibles dans la région sur les fumeurs désireux de s'arrêter de fumer sont très limitées. Par ailleurs, les programmes d'aide au sevrage tabagique fondés sur des bases factuelles sont peu nombreux dans la région. Les substituts pharmacologiques qui facilitent l'abstinence tabagique ne sont toujours pas disponibles dans certains pays et régions du Pacifique occidental et s'avèrent dans bien des cas trop coûteux pour la majorité de la population. De plus, les prestataires de soins de santé sont souvent peu motivés et insuffisamment formés au diagnostic et au traitement de la dépendance tabagique, alors que le traitement compte parmi les stratégies cliniques de sevrage les plus efficaces. Il faut donc renforcer la formation des professionnels de santé aux différents traitements envisageables en la matière. 4. Les fabricants de tabac continuent de commercialiser de manière très énergique leurs produits dans la région Asie/Pacifique. De fait, les ressources consacrées à la promotion du tabac et au maintien des ventes sont largement supérieures à celles investies dans les activités de lutte antitabac. Bien que des progrès aient été réalisés dans l'élaboration de politiques et de législations nationales, on constate que l'industrie du tabac, forte de la vaste expérience qu'elle a acquise en tentant de faire obstacle aux activités de lutte contre le tabagisme, est parvenue dans bien des cas à exercer des pressions sur les autorités nationales afin de les amener à assouplir les restrictions applicables à la vente et à la promotion des produits à base de tabac et à limiter la portée des dispositifs de lutte antitabac. Certains fabricants tentent même de paraître "amis de la santé publique." Plusieurs pays de la Région ont d'ailleurs demandé au Bureau régional de leur donner des conseils sur les mesures à prendre pour contrer efficacement les pressions des fabricants de tabac.

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5.

La portée de la CCLAT doit être élargie à l'ensemble des États membres de la région, conformément à la requête formulée en 1999 par le Comité régional, qui avait invité les pays membres à appuyer pleinement la CCLAT.2 Le soutien des pays sera d'une importance déterminante pendant toute la durée des négociations sur le projet de convention présenté par le président.

3. MESURES PROPOSEES

Les recommandations ci-dessous, formulées à l'intention des Etats Membres, sont soumises pour examen au Comité régional. 1. Elaborer et mettre en œuvre de stratégies qui permettront aux ministères ou secrétariats d'Etat chargés de la santé de prendre l'initiative de la préparation et de la ratification de la CCLAT et des négociations s'y rapportant. Ces stratégies viseraient notamment la mise en place d'un processus interministériel d'examen des questions liées à la CCLAT et des aspects intersectoriels de la lutte contre l'épidémie de tabagisme, ainsi que la création d'un organisme de coordination intersectoriel qui regrouperait entre autres les organisations non gouvernementales (ONG) concernées et aurait pour mission de superviser l'élaboration et la mise en œuvre des plans d'action nationaux de lutte antitabac. 2. Etablir des partenariats avec d'autres pays afin de renforcer et d'harmoniser les stratégies de lutte antitabac de dimension régionale et mondiale et de tirer le meilleur parti des ressources destinées à la lutte antitabac qui sont d'ores et déjà disponibles dans la région. 3. 4. Consacrer des ressources suffisantes aux programmes nationaux de lutte antitabac. Renforcer les capacités dans le domaine du sevrage tabagique. Les organismes à vocation médicale et sanitaire devraient inscrire aux programmes de formation des prestataires de soins de santé des cours sur la dépendance engendrée par la consommation de tabac et sur les programmes d'aide au sevrage tabagique fondés sur des bases factuelles. Il conviendrait par ailleurs d'envisager d'intégrer les programmes de renoncement au tabac dans le cadre d'ensemble des soins de santé primaires.

2

Résolution WPR/RC50.R6.

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5.

Assurer la mise en œuvre de la résolution WHA54.18 (Annexe), qui préconise la transparence du processus de lutte antitabac et appelle instamment l'OMS et les Etats Membres à veiller à ce que les politiques sanitaires soient élaborées en toute intégrité et à ne pas ignorer les liens entre les fabricants de tabac et certains membres de leurs délégations à l'Assemblée mondiale de la Santé et à d'autres réunions, notamment celles ayant trait à la CCLAT.

6.

Participer pleinement et activement au processus de la CCLAT, y compris à la troisième session du Comité intergouvernemental de négociation, qui doit débuter en novembre 2001, et aux réunions suivantes.

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WPR/RC52/9 page 9 ANNEXE

Key facts
Document type Technical Documents
Adoption date
Source World Health Organization