Document d’information Soixante-septième session du Comité régional RC67/INF/3 Référence pour WPR/RC67/9 SMEAP 31 août 2016 __________________________________________________________________________________
RÉSUMÉ DE L’ÉVALUATION DE LA STRATÉGIE DE LUTTE CONTRE LES MALADIES ÉMERGENTES POUR L’ASIE ET LE PACIFIQUE (2010) Situation La Stratégie de lutte contre les maladies émergentes pour l’Asie et le Pacifique (SMEAP) a été approuvée pour la première fois en 2005 par le Comité régional de l’OMS pour le Pacifique occidental à sa cinquante-sixième session. S’appuyant sur les succès obtenus dans la mise en œuvre de la stratégie, un projet actualisé de SMEAP (2010) a été a dopté par le Comité régional en 2010. La SMEAP est un cadre commun d’action fondé sur une approche progressive visant à renforcer les capacités génériques des États Membres en matière de préparation, d’alerte et de riposte afin qu’ils puissent se doter des principales capacités requises par le Règlement sanitaire international (RSI, 2005). Les États Membres ont mis en œuvre la SMEAP (à travers les plans de travail relatifs à la SMEAP ou au RSI) dans leurs plans d’action pour la maîtrise des maladies émergentes et la gestion des situations d’urgence de santé publique, ou dans les plans sanitaires nationaux. Ces plans ont adopté les approches préconisées par la SMEAP (2010) : l’utilisation d’un cadre commun visant à renforcer les capacités génériques ; une action collective de la part des États Membres et des partenaires en vue d’atteindre leur but commun, qui consiste à améliorer la sécurité sanitaire internationale ; le renforcement continu des capacités entre les événements ; le renforcement progressif des capacités en tenant compte des expériences acquises et des enseignements tirés. Au niveau national, les États Membres ont établi des mécanismes de gestion et de coordination multisectoriels pour la planification, la mise en œuvre, le suivi et l’évaluation de la SMEAP. Sur le plan régional, le Groupe consultatif technique (GCT) pour l’Asie et le Pacifique sur la SMEAP, constitué en vertu de la SMEAP (2005), est un mécanisme birégional qui donne des conseils techniques et crée des opportunités de coordination avec les partenaires.
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Ce mécanisme contribue aux processus de suivi et d’évaluation de la SMEAP en examinant les progrès réalisés et en formulant des recommandations pour la mise en œuvre. Les mesures prises par les États Membres au cours des dix dernières années de la SMEAP ont été mises à l’épreuve par des événements réels. Il est ressorti des flambées de maladie à virus Ebola, de grippe aviaire A (H7N9) et de syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS) que la sécurité sanitaire mondiale reste menacée, y compris dans les pays qui se sont dotés des principales capacités requises par le RSI (2005).
Méthodologie L’évaluation, qui porte sur les dix années de mise en œuvre de la SMEAP, examine la pertinence de son approche, son impact sur les capacités ou les systèmes aux niveaux national et régional, l’efficacité de sa gestion, et son aptitude à réaliser ses objectifs, ainsi que ceux des plans de travail. L’évaluation a été menée comme suit : Les progrès accomplis et les difficultés rencontrées dans l’obtention des résultats et la réalisation des objectifs prévus par le plan de travail de la SMEAP (2010) ont été examinés. Chaque objectif a été classé comme étant soit pleinement atteint, partiellement atteint ou non atteint. Les objectifs ont été considérés comme partiellement atteints s’ils n’avaient pas été atteints par tous les États Membres. Une équipe d’évaluation conjointe a effectué des missions sur le terrain en Indonésie, en Mongolie, au Népal, en République démocratique populaire lao et au Viet Nam en 2015 pour recueillir des informations. Des questionnaires d’évaluation ont été mis au point et envoyés aux États Membres, aux partenaires techniques, aux donateurs et aux membres du GCT. Les conclusions des études de cas au niveau des pays, les enseignements tirés des bilans de la riposte aux flambées, les réponses des pays au questionnaire de suivi annuel de l’application du RSI et les rapports sur les progrès accomplis dans la mise en œuvre de la SMEAP soumis régulièrement au GCT ont également été pris en compte dans l’évaluation.
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Résultats Les États Membres ont confirmé la pertinence de l’approche de la SMEAP qui consiste à renforcer les capacités génériques de détection, de préparation et de riposte aux maladies infectieuses émergentes et aux urgences de santé publique. Les États Membres et les partenaires ont reconnu que les régions OMS de l’Asie du Sud-Est et du Pacifique occidental étaient à présent mieux préparées à faire face à des agents pathogènes inconnus. L’efficacité de la SMEAP a été mise en regard avec le degré de réalisation des objectifs fixés dans son plan de travail quinquennal. Dans l’ensemble, 94 % des objectifs du plan de travail ont été pleinement ou partiellement atteints, trois seulement (6 %) ne l’ayant pas été. De grands succès ont été remportés dans la surveillance et le renforcement des capacités de laboratoire et de préparation, d’alerte et de riposte régionales. Les principales difficultés ont été rencontrées dans l’évaluation des risques, la prévention et la lutte contre les infections, et la préparation aux urgences de santé publique. Une réalisation importante a été la mise en place de systèmes de surveillance. Tous les États Membres de la Région du Pacifique occidental analysent au moins chaque semaine les données de surveillance relatives aux maladies potentiellement épidémiques et prioritaires. La plupart des États Membres (85 %) ont élaboré des lignes directrices et désigné des unités de surveillance basée sur les événements (SBE). Initialement créées pour détecter des maladies infectieuses, les plateformes SBE sont actuellement étendues à d’autres risques. La participation d’épidémiologistes de terrain formés à la surveillance est essentielle pour garantir la bonne gestion de la sécurité sanitaire. Des progrès considérables ont été réalisés dans la formation à l’épidémiologie de terrain et la mise en place de programmes nationaux de formation à l’épidémiologie de terrain (FETP). Depuis 2005, six États Membres de la Région du Pacifique occidental ont établi des FETP : le Cambodge, la Mongolie, la
Papouasie-Nouvelle-Guinée, la République démocratique populaire lao, Singapour et le Viet Nam. À ce jour, 12 États Membres de la Région du Pacifique occidental sont dotés de programmes de ce type. Les progrès réalisés dans les quatre étapes de renforcement des capacités de laboratoire ont été confirmés. Un programme d’assurance qualité externe (AQE) a été mis en place pour la dengue et d’autres maladies infectieuses prioritaires en 2013. Le pourcentage de laboratoires qui ont obtenu un score parfait d’assurance qualité externe pour la grippe est passé de 57 % en 2007 à Page 3 de 5
87 % en 2015. L’efficacité des systèmes de laboratoire de santé publique a été mise à l’épreuve au cours d’événements de santé publique, notamment la pandémie de grippe A (H1N1) de 2009, l’apparition de la grippe aviaire de type A (H7N9), l’importation de cas de MERS et les flambées de dengue et de virus Zika et Nipah, et un diagnostic rapide a été effectué à chaque fois. Une amélioration de la coordination entre les ministères de la santé animale et humaine a été observée dans la lutte contre les zoonoses au niveau des mécanismes de détection des flambées, de riposte, de confirmation en laboratoire et de communication officielle. On a également renforcé l’efficacité des équipes d’intervention rapide pour ce qui concerne leur composition multisectorielle, leur répartition géographique et leur délai de réponse. La planification annuelle, les processus d’examen et l’utilisation d’exercices nationaux et régionaux de simulation (tels que l’exercice Cristal sur le RSI) ont facilité la coordination entre les parties prenantes internes et externes, favorisé une plus grande prise de conscience et facilité la réflexion transparente sur les progrès et l’amélioration de la définition des priorités. La SMEAP a atteint les objectifs prévus grâce à l’établissement de réseaux et à l’échange d’information aux niveaux mondial et régional. Des évaluations rapides des risques régionaux sont menées quotidiennement. Des évaluations des risques étayées par des données sont menées sur 15 à 20 événements majeurs de santé publique chaque année. Des données recueillies par les systèmes régionaux de surveillance basée sur les indicateurs (SBI) relatives aux maladies prioritaires cibles sont publiées chaque semaine dans les rapports sur la grippe aviaire et toutes les deux semaines dans les rapports de situation sur la grippe saisonnière, la dengue et la maladie pieds-mains-bouche. Le Western Pacific Surveillance and Response Journal lancé en 2010 assure la diffusion rapide de l’information. Le Centre régional d’opérations d’urgence (EOC) de l’OMS a été modernisé en 2013 pour mettre en place les infrastructures requises de communication et d’échange d’information. Les réunions du Groupe consultatif technique de la SMEAP tiennent les États membres et les partenaires informés des progrès de la mise en œuvre de la SMEAP. L’évaluation décennale de la SMEAP a fait ressortir que la majorité des États Membres considèrent que les réunions du Groupe consultatif technique sont utiles. Ce mécanisme, en usage depuis 2005, contribue au suivi et à l’évaluation de la SMEAP en examinant les progrès accomplis, en formulant des recommandations pour la mise en œuvre et en servant d’outil efficace de coordination entre les partenaires.
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Des difficultés se sont présentées, notamment dans les domaines suivants : mise au point d’outils visant à orienter et à intégrer une approche systématique de l’évaluation des risques au niveau national ; réalisation des objectifs du plan de travail relatifs à la prévention et à la maîtrise des infections ; amélioration de la fonctionnalité des centres d’opérations d’urgence, de la formation du personnel et de sa familiarité avec les systèmes de gestion des incidents et de l’articulation entre les structures nationales, régionales et mondiales.
Conclusions L’évaluation a fait ressortir que l’approche de la SMEAP avait été efficace et utile, car elle est de nature générique, facile à adapter à l’évolution du contexte et en mesure de renforcer les capacités des divers États Membres. De nets progrès ont été accomplis dans des domaines clés : mise en place de systèmes de surveillance basée sur les événements ; formation à l’épidémiologie de terrain et élaboration de programmes connexes ; renforcement des capacités de laboratoire et amélioration de l’efficacité des équipes d’intervention rapide. Cependant, les enseignements tirés des ripostes aux flambées de grippe aviaire de type A (H7N9), de MERS et de maladie à virus Ebola, de même que l’évolution du paysage de la sécurité sanitaire mise en évidence lors des consultations nationales et régionales, démontrent la vulnérabilité de la Région Asie-Pacifique. Face à la persistance des menaces de sécurité sanitaire, les États Membres et les partenaires ont de nouveau confirmé la pertinence de l’approche commune de la SMEAP face à tous les risques, qui consiste à renforcer les capacités génériques de santé publique. De nouveaux investissements dans la sécurité sanitaire sont nécessaires pour maintenir et renforcer les capacités. Les efforts à cet égard doivent se poursuivre. L’approche de la SMEAP peut offrir un cadre souple qui permettra de garantir la sécurité sanitaire dans des contextes en évolution.
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