Comité régional de l’Europe 73e session Astana (Kazakhstan), 24-26 octobre 2023 EUR/RC73/15 20 septembre 2023 | 230702 ORIGINAL : ANGLAIS Points 2 c) et 10 de l’ordre du jour provisoire Programme européen pour la vaccination à l’horizon 2030 Rapport de situation Le présent rapport dresse un bilan des progrès réalisés dans la Région européenne de l’OMS au cours des deux premières années de mise en œuvre du Programme européen pour la vaccination à l’horizon 2030, jusqu’en décembre 2022. Quoique la Région ait maintenu son statut « exempte de poliomyélite », des poliovirus dérivés de souche vaccinale ont été détectés dans des échantillons environnementaux et dans des cas de paralysie. Sur la base des statistiques notifiées pour 2021, la Commission régionale européenne de certification de l’éradication de la poliomyélite a recensé plusieurs États membres présentant un risque moyen à élevé de propagation de poliovirus dans la Région à la suite de l’importation de poliovirus sauvages ou de l’émergence de poliovirus dérivés de souche vaccinale. En 2021 et en 2022, le processus de vérification de l’élimination de la rougeole et de la rubéole a été perturbé en raison du faible nombre de rapports établis par les États membres. Par ailleurs, moins de cas de rougeole et de rubéole ont été notifiés en 2020 et jusqu’en 2022, ce qui est partiellement dû au relâchement de la surveillance des maladies à prévention vaccinale dans les États membres pendant la pandémie de COVID-19. Un nombre croissant d’États membres ont signalé un rétrécissement de la couverture par vaccins contre la rougeole et la rubéole en 2022 par rapport à 2019. En 2021 et 2022, 5 États membres ont été déclarés comme ayant atteint la cible régionale de maîtrise de l’hépatite B, ouvrant ainsi la voie à l’élimination de l’hépatite dans la Région. À la fin 2022, 4 États membres seulement avaient atteint l’objectif mondial d’une couverture de 90 % par le vaccin contre le papillomavirus humain chez les filles de 15 ans. Plus de 1 900 épisodes de flambées de maladies à prévention vaccinale atteignant les seuils prédéfinis pour les flambées ont été notifiés dans 36 États membres en 2019, et seulement 10 flambées de ce type de maladies ont été signalées dans 6 États membres en 2022. Les données sur les flambées épidémiques de maladies à prévention vaccinale signalées en 2020 et jusqu’à la fin de 2022 sont sujettes à caution en raison de l’impact de la pandémie de COVID-19 sur la surveillance de ces maladies et de l’impact des mesures sociales et de santé publique prises à cause de la pandémie sur la transmission des infections. Le nombre d’États membres où moins de 90 % des districts (troisième niveau administratif) ont une couverture d’au moins 95 % par la troisième dose d’un vaccin diphtérie-tétanos-coqueluche est passé de 27 (55 %) en 2019 à 23 (47 %) en 2022. La couverture par la troisième dose d’un vaccin diphtérie- coqueluche-tétanos, la deuxième dose de vaccin contre la rougeole et la dose finale des vaccins contre le papillomavirus humain et des vaccins antipneumococciques conjugués fournit une indication sur l’ampleur de la protection apportée par les vaccins dans le calendrier national de vaccination. Il n’y a eu qu’un changement minime dans l’ampleur de la protection assurée par ces vaccins entre 2019 et 2022. Ce rapport est soumis à l’examen du Comité régional de l’OMS pour l’Europe en sa 73e session d’octobre 2023. EUR/RC73/15 page 2 Sommaire Introduction ............................................................................................................................................. 3 Progrès réalisés par rapport aux indicateurs d’impact du Programme européen pour la vaccination à l’horizon 2030 .................................................................................................................... 3 1er indicateur d’impact : Maintenir la Région européenne exempte de poliomyélite....................... 4 2e indicateur d’impact : Pourcentage de pays parvenus à l’élimination durable de la rougeole et de la rubéole .................................................................................................................................. 5 3e indicateur d’impact : Pourcentage de pays ayant atteint la cible de lutte contre l’hépatite B fixée au niveau régional ..................................................................................................................... 6 4e indicateur d’impact : Pourcentage de pays ayant atteint l’objectif mondial de vaccination contre le HPV ...................................................................................................................................... 6 5e indicateur d’impact : Évolution du nombre de notifications de flambées épidémiques de maladies à prévention vaccinale ........................................................................................................ 6 6e indicateur d’impact : Pourcentage de pays dans lesquels la présence de populations sous- vaccinées au niveau sous-national est attestée ................................................................................. 7 7e indicateur d’impact : Couverture par les vaccins inclus dans les calendriers de vaccination nationaux (la troisième dose de vaccin diphtérie-tétanos-coqueluche, la deuxième dose de vaccin antirougeoleux, la dernière dose du vaccin contre le HPV, la dose finale du vaccin antipneumococcique conjugué) ......................................................................................................... 8 Conclusions .............................................................................................................................................. 8 EUR/RC73/15 page 3 INTRODUCTION 1. Le Programme européen pour la vaccination à l’horizon 2030, adopté lors de la 71e session du Comité régional de l’OMS pour l’Europe (résolution EUR/RC71/R4), expose un projet et une stratégie visant à tirer pleinement parti de la vaccination dans la Région européenne de l’OMS pendant la décennie se terminant en 2030. Il s’agit de l’une des initiatives phares du Programme de travail européen 2020-2025 – « Une unité d’action pour une meilleure santé en Europe » dont le but est d’aider les États membres à honorer leurs engagements du Programme de développement durable à l’horizon 2030 et du Plan d’action mondial pour permettre à tous de vivre en bonne santé et promouvoir le bien-être de tous. 2. Conformément au principe de cocréation pour une mise en œuvre efficace, le Bureau régional de l’OMS pour l’Europe (OMS/Europe) est en train de finaliser un cadre opérationnel pour le Programme européen pour la vaccination à l’horizon 2030, après une vaste concertation avec les États membres et les acteurs régionaux concernés. Ce cadre opérationnel décrit les mesures aux niveaux national et sous-national, adaptées au contexte, nécessaires pour concrétiser les objectifs stratégiques du Programme européen pour la vaccination à l’horizon 2030. 3. Le présent rapport est un récapitulatif succinct des progrès réalisés par rapport aux indicateurs d’impact et aux cibles du Programme européen pour la vaccination à l’horizon 2030 jusqu’en décembre 2022, en prenant 2019 comme année de référence. L’année de référence pour la mesure des progrès est 2019 au lieu de 2020 (la dernière année du Plan d’action européen pour les vaccins 2015-2020), étant donné que le degré d’efficacité des programmes de vaccination des États membres en 2019 (c’est-à-dire avant l’impact de la pandémie de COVID-19) décrit mieux leur progression vers les objectifs et cibles régionaux. 4. Ce récapitulatif des progrès réalisés se fonde sur un examen des données notifiées à l’OMS/Europe par les États membres, par le biais du formulaire établi conjointement par l’OMS et le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) pour les notifications annuelles relatives aux vaccinations, ainsi que d’autres documents et rapports, dont : a) les estimations des couvertures vaccinales nationales et de la couverture par le vaccin contre le papillomavirus humain (HPV) réalisées par l’OMS et l’UNICEF ; b) les rapports de la Commission régionale européenne de certification de l’éradication de la poliomyélite, de la Commission régionale européenne de vérification de l’élimination de la rougeole et de la rubéole et du Groupe de travail sur l’hépatite B du Groupe consultatif technique européen d’experts en matière de vaccination ; et c) les données de la surveillance des maladies à prévention vaccinale. 5. L’impact de la pandémie de COVID-19 sur la prestation de services de vaccination systématique a été variable dans la Région. Les perturbations dans la dispensation des services de santé, y compris de la vaccination, ont entraîné un recul de la couverture vaccinale régionale en 2020. Mais en 2021, la Région dans son ensemble a été en mesure d’éviter tout nouveau rétrécissement de cette couverture. Il y a eu un relâchement de la surveillance des maladies évitables par la vaccination, ce qui a eu une incidence sur l’évaluation des progrès accomplis dans la réalisation des objectifs régionaux en matière de lutte contre les maladies. 6. Les innovations en matière de programmes et les enseignements tirés du déploiement des vaccins contre la COVID-19 dans la Région serviront de tremplin à une organisation plus efficace de la vaccination tout au long de la vie dans la Région et à l’amélioration de la résilience des programmes nationaux de vaccination et de leur capacité à contrer les futures épidémies et pandémies. PROGRÈS RÉALISÉS PAR RAPPORT AUX INDICATEURS D’IMPACT DU PROGRAMME EUROPÉEN POUR LA VACCINATION À L’HORIZON 2030 7. Le cadre de suivi, d’évaluation et de responsabilisation du Programme européen pour la vaccination à l’horizon 2030 définit des indicateurs axés sur l’action pour observer et évaluer les progrès effectués dans la réalisation des objectifs et priorités stratégiques de ce Programme. Ce cadre comprend sept indicateurs permettant de mesurer les progrès accomplis par rapport à deux objectifs d’impact : objectif 1 – lutte contre EUR/RC73/15 page 4 les maladies ; et objectif 2 – équité et renforcement des soins de santé primaires. En outre, 16 indicateurs permettent d’observer les progrès accomplis par rapport à sept priorités stratégiques. 8. Un recueil d’indicateurs a été élaboré par l’OMS/Europe en consultation avec tous les acteurs concernés de la Région, dont les États membres, les partenaires et les acteurs non étatiques. Ce recueil présente la définition des indicateurs et des sources de données, leur raison d’être, leur pertinence pour le programme et l’usage qui devrait en être fait. 9. Si certains succès ont été observés pendant les deux premières années de la mise en œuvre du Programme européen pour la vaccination à l’horizon 2030, la prestation de services dans le cadre des programmes de vaccination nationaux a été entravée par la pandémie de COVID-19. Cela montre que les programmes nationaux de vaccination doivent être résilients pour pouvoir maintenir les services de vaccination systématique alors que survient une situation d’urgence en matière de santé publique, tout en mettant en place une réponse efficace pour endiguer la crise. 1er indicateur d’impact : Maintenir la Région européenne exempte de poliomyélite 10. Lors de sa 36e réunion, tenue en octobre 2022, la Commission régionale européenne de certification de l’éradication de la poliomyélite a conclu, sur la base des éléments de preuve disponibles, qu’il n’y avait pas eu de transmission de poliovirus sauvage dans la Région en 2021. Ceci confirmait que la Région a été en mesure de maintenir son statut « exempte de poliomyélite » pour la vingtième année. Malgré ce succès, la Commission régionale a conclu que la Bosnie-Herzégovine, le Monténégro, la Roumanie et l’Ukraine sont exposés à un risque élevé et que 14 autres États membres courent un risque moyen de transmission durable en cas d’importation de poliovirus sauvage ou d’apparition de poliovirus circulants dérivés de souche vaccinale (PVDVc), étant donné l’efficacité sub-optimale des programmes de vaccination, la mauvaise qualité de la surveillance, la faible immunité de la population et une préparation inadéquate. 11. La couverture régionale par trois doses de vaccin antipoliomyélitique est restée stable à 94 % entre 2020 et 2022, après une baisse de 1 % en 2020 par rapport à 2019. Cependant, le nombre d’États membres avec une couverture de moins de 90 % par trois doses de vaccin antipoliomyélitique est passé de 7 en 2019 à 13 en 2020 et à 11 en 2022, ce qui indique que le déficit vaccinal s’accroît dans plusieurs États membres. 12. L’inoculation généralisée du vaccin antipoliomyélitique oral a entraîné une prévalence et une propagation croissantes de PVDVc dans plusieurs Régions du monde, dont la Région européenne. Une flambée épidémique due à un poliovirus circulant dérivé d’une souche vaccinale de type 2 (PVDVc2) s’est produite au Tadjikistan en 2021, entraînant 34 cas de paralysie. Cette flambée a été déclarée comme étant maîtrisée le 29 avril 2022. Une flambée due à un PVDVc2 génétiquement lié à celui de la flambée du Tadjikistan s’est produite en Ukraine en 2021, entraînant deux cas de paralysie. Des poliovirus préoccupants, divergents des souches vaccinales à des degrés variables, ont été détectés en Allemagne, en Israël, en Pologne et au Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord en 2022. En Allemagne, trois isolats de poliovirus dérivés d’une souche vaccinale de type 1 ont été détectés sans lien génétique avec ceux qui ont provoqué des flambées, et ont été catégorisés comme ambigus. Au Royaume-Uni, 26 isolats de PVDVc2 ont été détectés dans des échantillons provenant d’eaux usées. Israël a connu une flambée de PVDVc3 en 2021 et 2022, avec un virus isolé d’un cas de paralysie, sept contacts sains et 58 échantillons environnementaux. En 2022, Israël a également eu 27 échantillons environnementaux classifiés comme PVDVc2, et ceux-ci étaient liés au virus isolé au Royaume-Uni. 13. Pour gérer les risques associés aux poliovirus, tous les États membres sont tenus de procéder à un inventaire national de l’ensemble des établissements où l’on manipule des matériels contenant des poliovirus, de détruire tous les matériels non nécessaires (en donnant la priorité à tous les matériels contenant des poliovirus de type 2 et poliovirus sauvages de type 3), et d’homologuer tous les sites qui conservent des poliovirus en tant qu’établissements détenant des stocks essentiels de poliovirus. À ce jour, tous les États membres sauf un (la Roumanie) ont confirmé la destruction des matériels contenant des EUR/RC73/15 page 5 poliovirus de type 2, et tous sauf deux (la France et la Roumanie) ont confirmé la destruction des matériels contenant des poliovirus sauvages de type 3 dans tous les établissements de leur pays ne détenant pas de stocks essentiels de poliovirus. En 2022, 9 États membres sur 10 ayant exprimé leur intention d’accueillir au total 33 établissements aménagés pour détenir des stocks essentiels de poliovirus avaient entamé le processus d’homologation de ces établissements, et 19 certificats de participation avaient été octroyés. La prochaine étape en vue de la délivrance du certificat de confinement provisoire a déjà été entamée, et ce certificat a été octroyé à deux établissements détenant des stocks essentiels de poliovirus en France. 2e indicateur d’impact : Pourcentage de pays parvenus à l’élimination durable de la rougeole et de la rubéole 14. L’élimination de la rougeole et de la rubéole est définie comme l’absence de transmission endémique dans une zone géographique définie (telle qu’un pays) pendant au moins 12 mois en présence d’un système de surveillance efficace, maintenu trois années consécutives. Une élimination au niveau national peut donc être constatée après au moins 36 mois sans endémie dans l’État membre. Le nombre d’États membres de la Région où la Commission régionale européenne de vérification de l’élimination de la rougeole et de la rubéole a vérifié l’élimination de la transmission endémique de la rougeole et de la rubéole en 2019 était respectivement de 30 (57 %) et 45 (85 %). En 2020, ces chiffres ont reculé respectivement à 29 (55 %) et à 41 (77 %), mais se sont rétablis à 33 (62 %) et 48 (91 %) en 2021. La pandémie de COVID-19 a perturbé le processus de vérification en 2020 et en 2021, étant donné le faible nombre de rapports établis par les États membres. Un examen de la situation des États membres en ce qui concerne l’élimination en 2022 sera réalisé au second semestre de 2023. 15. À l’échelle mondiale, le nombre de cas signalés et l’incidence de la rougeole et de la rubéole par million d’individus ont reculé en 2020 et en 2021 par rapport à 2019. Plusieurs facteurs pourraient avoir contribué à cette diminution, dont une transmission moindre du virus en raison des mesures non pharmaceutiques (mesures de santé publique et mesures sociales) prises dans le cadre de la lutte contre la pandémie de COVID-19, du relâchement de la surveillance des maladies à prévention vaccinale et d’une augmentation de l’immunité des populations de certains États membres acquise lors des flambées épidémiques de rougeole entre 2017 et 2019. Le même phénomène a été observé dans la Région européenne, avec une diminution spectaculaire des notifications et de l’incidence des cas de rougeole et de rubéole en 2020 et 2021. Le recul des cas de rougeole pendant cette période n’était pas seulement dû à des facteurs liés à la pandémie de COVID-19 ; il était aussi le résultat d’une amélioration de la couverture par des vaccins antirougeoleux dans les années précédant la pandémie. Entre 2016 et 2019, la couverture par une première dose est passée de 93 % à 96 %, tandis que la couverture par une deuxième dose passait de 88 % à 92 %. En 2018 et 2019, le nombre de cas de rougeole était sensiblement plus élevé que les années précédentes de cette décennie-là, qui étaient des années d’épidémie. Quoique le nombre de cas signalés ait augmenté en 2022 par rapport à 2020 et 2021, l’incidence de la rougeole et de la rubéole en 2022 est restée inférieure à celle de 2019. Vu le volume limité de données de routine disponibles, la sensibilité de la surveillance de la rougeole dans la plupart des États membres de la Région est passée de 3,1 pour 100 000 en 2019 à 0,7 pour 100 000 en 2021 et n’a pas atteint le niveau pré-pandémique en 2022. 16. La couverture régionale par une première et une deuxième dose de vaccin antirougeoleux s’est rétrécie de 3 % et de 1 % respectivement entre 2019 et 2022. Le nombre d’États membres dont la couverture par une première dose de vaccin était inférieure à 90 % est passé de 8 en 2019 à 14 en 2022. Ceci montre un accroissement des déficits vaccinaux dans plusieurs États membres de la Région, lequel pourrait entraîner des épidémies de rougeole, à moins qu’une vaccination de rattrapage ne soit organisée en 2023 et en 2024 pour combler ces déficits. EUR/RC73/15 page 6 3e indicateur d’impact : Pourcentage de pays ayant atteint la cible de lutte contre l’hépatite B fixée au niveau régional 17. Un groupe de travail du Groupe consultatif technique européen d’experts en matière de vaccination est chargé d’évaluer la concrétisation de l’objectif de lutte contre l’hépatite B par les États membres de la Région. 18. Depuis 2019 et jusqu’à la fin de 2022, 5 des 53 États membres de la Région (la Géorgie, l’Italie, le Royaume des Pays-Bas, la République de Moldova et le Royaume-Uni) se sont vu confirmer par ce groupe de travail qu’ils avaient atteint la cible de la lutte. Au début de 2023, 4 États membres supplémentaires (le Bélarus, le Kirghizistan, l’Ouzbékistan et le Turkménistan) ont été déclarés comme ayant atteint la cible régionale. Ces États membres, qui avaient une forte endémicité de l’hépatite B dans le passé, ont démontré que la mise en œuvre réussie de la vaccination contre l’hépatite B pouvait entraîner un recul significatif de l’hépatite chronique chez les enfants et les adolescents et, dès lors, une diminution du nombre de cancers du foie provoqués par l’hépatite B. 19. Au fur et à mesure que davantage d’États membres atteindront les objectifs régionaux fixés pour la lutte contre l’hépatite B – des efforts soutenus par l’OMS/Europe et d’autres partenaires régionaux – la Région se rapprochera de la concrétisation de l’objectif ultime, à savoir éliminer l’hépatite virale en tant que menace pour la santé publique au plus tard en 2030. 4e indicateur d’impact : Pourcentage de pays ayant atteint l’objectif mondial de vaccination contre le HPV 20. La Stratégie mondiale en vue d’accélérer l’élimination du cancer du col de l’utérus en tant que problème de santé publique mondial décrit les interventions stratégiques et fixe des cibles pour 2030, que les États membres doivent atteindre pour être en voie d’éliminer le cancer du col de l’utérus. L’objectif en matière de vaccination est que les États membres s’assurent que 90 % des filles sont entièrement vaccinées contre le HPV à l’âge de 15 ans au plus tard. 21. À la fin 2019, 38 États membres (72 %) de la Région avaient introduit la vaccination contre le HPV. Ce chiffre est passé à 44 (83 %) en 2022. Il n’y a pas eu de changement majeur dans la couverture régionale par le vaccin contre le HPV pendant cette période : 27 % en 2019 et 29 % en 2022. 22. En 2022, 4 États membres (l’Islande, la Norvège, le Portugal et le Turkménistan) avaient atteint l’objectif mondial d’une couverture de 90 % chez les filles de 15 ans, contre 1 (le Portugal) en 2019. En 2022, 24 États membres avaient atteint une couverture de 50 % ou plus chez les filles de 15 ans. 23. En 2022 et jusqu’au premier trimestre de 2023, sept États membres supplémentaires ont introduit la vaccination contre le HPV dans le calendrier national des vaccinations, portant ainsi le nombre total d’États membres de la Région avec ce vaccin à 45 (85 %). Quelque 58 % des filles de la Région âgées de 9 à 15 ans vivent dans des États membres qui procèdent à la vaccination systématique contre le HPV. En outre, 20 États membres assurent aussi la vaccination des garçons contre ce virus. 5e indicateur d’impact : Évolution du nombre de notifications de flambées épidémiques de maladies à prévention vaccinale 24. La détection, la notification et la réaction rapide aux flambées épidémiques de maladies à prévention vaccinale dans la Région est une mesure de l’impact de multiples priorités stratégiques du Programme européen pour la vaccination à l’horizon 2030 : renforcement des soins de santé primaires et de la couverture sanitaire universelle, y compris la surveillance renforcée des maladies à prévention vaccinale ; instauration d’une couverture vaccinale élevée et équitable ; administration de vaccins tout au long de la vie ; et une meilleure intervention en cas de flambées épidémiques et de situation d’urgence. EUR/RC73/15 page 7 25. En 2019, quelque 1 920 épisodes de flambées épidémiques de maladies à prévention vaccinale dans 36 États membres ont atteint les seuils prédéfinis pour les flambées épidémiques de cas déclarés de poliomyélite, de rougeole, de rubéole et de maladies à méningocoques. En 2022, seules 10 flambées de ce type ont été signalées par 6 États membres de la Région, soit une diminution sensible par rapport à 2019. Quelque 80 % des épisodes de 2019 ayant atteint les seuils de flambée prédéfinis ont été signalés dans 4 États membres de la Région : la Fédération de Russie, l’Italie, le Kirghizistan et l’Ukraine. La diminution des épisodes de flambées épidémiques de maladies à prévention vaccinale atteignant les seuils prédéfinis en 2021 et 2022 doit être considérée avec circonspection. Entre 2017 et 2019, les cas de rougeole dans la Région ont été nettement plus nombreux que les années antérieures. La pandémie de COVID-19 a eu un impact sur l’efficacité de la surveillance des maladies à prévention vaccinale, et il se peut que les mesures de santé publique et mesures sociales appliquées pour lutter contre cette pandémie aient également limité la transmission d’autres infections respiratoires, comme la rougeole. 26. Les flambées épidémiques de PVDVc2 signalées en Israël, au Royaume-Uni, au Tadjikistan et en Ukraine, et celles de PVDVc3 en Israël dans le courant de 2021 et 2022, ainsi qu’une augmentation du nombre d’États membres dont la couverture par trois doses de vaccin antipoliomyélitique était de moins de 90 % entre 2020 et 2022, font apparaître clairement les risques d’une transmission soutenue de la poliomyélite au sein de la Région. En outre, la couverture par la troisième dose de vaccins diphtérie-tétanos-coqueluche s’est également rétrécie dans plusieurs États membres de la Région pendant la pandémie de COVID-19, ce qui augmente le risque de flambées de maladies à prévention vaccinale à tendance épidémique, comme la diphtérie et la coqueluche. La couverture par une et par deux doses de vaccin à valence rougeole s’est également rétrécie depuis 2019, ce qui indique une accumulation des populations vulnérables et un risque accru de flambées épidémiques si l’on ne remédie pas à ces déficits vaccinaux. 27. La détection de flambées épidémiques de maladies à prévention vaccinale entre 2020 et 2022, malgré un relâchement de la surveillance de ces maladies, montre les lacunes existant dans les États membres en matière de vaccination et la nécessité de renforcer et de maintenir une couverture vaccinale élevée afin de remédier à ces lacunes. Cela souligne aussi la nécessité de renforcer durablement une surveillance de qualité contre les maladies à prévention vaccinale et des mécanismes pour une réaction rapide si des cas de rougeole, de poliomyélite ou de méningococcies étaient détectés dans la Région. 6e indicateur d’impact : Pourcentage de pays dans lesquels la présence de populations sous-vaccinées au niveau sous-national est attestée 28. Les progrès réalisés pour atteindre une équité face à la vaccination, l’un des principes fondamentaux du Programme européen pour la vaccination à l’horizon 2030, seront évalués par le biais d’une notification annuelle des données sous-nationales sur la couverture vaccinale par les États membres. 29. La présence de populations sous-vaccinées au niveau sous-national (unité administrative de troisième niveau), laquelle indique un manque d’équité face à la vaccination, est établie s’il y a moins de 90 % des unités administratives de troisième niveau d’un pays où la couverture est d’au moins 95 % par 3 doses de vaccin diphtérie-tétanos-coqueluche. En outre, même si au moins 90 % des unités sous-nationales d’un pays signalent que la couverture par trois doses de vaccin diphtérie-tétanos-coqueluche est de 95 % ou plus, il faut que les unités sous-nationales ne notifient aucune flambée épidémique ou transmission continue de rougeole, de rubéole ou de poliomyélite chez les habitants de moins de 5 ans dans les trois dernières années. Cet indicateur est applicable pour 49 États membres de la Région qui signalent avoir un niveau sous-national. 30. Les notifications des États membres relatives à la couverture vaccinale sous-nationale ont diminué dans la Région. En 2022, 32 États membres ont envoyé des notifications relatives à la couverture par 3 doses de vaccin diphtérie-tétanos-coqueluche pour leurs unités administratives de troisième niveau, contre 40 en 2019. 31. L’évaluation de cette couverture vaccinale dans les unités administratives de troisième niveau de la Région indique qu’en 2022, 23 États membres (47 %) disposaient de bases factuelles attestant la présence de populations sous-vaccinées au niveau sous-national, contre 28 (57 %) en 2019. EUR/RC73/15 page 8 7e indicateur d’impact : Couverture par les vaccins inclus dans les calendriers de vaccination nationaux (la troisième dose de vaccin diphtérie-tétanos- coqueluche, la deuxième dose de vaccin antirougeoleux, la dernière dose du vaccin contre le HPV, la dose finale du vaccin antipneumococcique conjugué) 32. Une couverture composite, avec des vaccins contre la diphtérie, la coqueluche, le tétanos, l’hépatite B, Haemophilus influenzae type b, la rougeole, la poliomyélite, la rubéole, les pneumocoques et le HPV reflète l’étendue de la protection offerte à la population par le calendrier de vaccination national. L’objectif est que les pays atteignent une couverture d’au moins 90 % pour une sélection de 4 doses de vaccin, à savoir la troisième dose de vaccin diphtérie-tétanos-coqueluche, la deuxième dose de vaccin antirougeoleux, la dernière dose du vaccin contre le HPV et la dose finale du vaccin antipneumococcique conjugué. 33. Les États membres de la Région n’ont pas tous introduit le vaccin conjugué contre le pneumocoque et le vaccin contre le HPV dans leur programme de vaccination national pour l’ensemble de la population, et à la fin de 2022, 6 États membres (11 %) et 11 États membres (21 %) devaient encore inclure respectivement le vaccin conjugué contre le pneumocoque et le vaccin contre le HPV dans leur calendrier de vaccination national. 34. Entre 2019 et 2022, il n’y a eu qu’un changement minime dans la couverture de ces quatre vaccins et dans l’étendue de la protection qu’ils assuraient. En 2022, seuls 3 États membres avaient une couverture d’au moins 90 % par les quatre vaccins, et 20 États membres avaient une couverture d’au moins 90 % par trois des quatre vaccins. CONCLUSIONS 35. Dans le contexte du lancement et de la généralisation de la vaccination contre la COVID-19 en 2021 et 2022, les États membres de la Région ont fait preuve de résilience s’agissant de fournir des services de vaccination systématique à leur population. Depuis l’adoption du Programme européen pour la vaccination à l’horizon 2030, en septembre 2021, la Région a fait des progrès considérables dans la mise en œuvre de celui-ci. Malgré la survenance de cas de poliovirus dérivés de souche vaccinale et la détection de poliovirus dérivés d’une souche vaccinale dans l’environnement, la Région a maintenu son statut « exempte de poliomyélite ». Les progrès de la Région dans la lutte contre l’hépatite B sont notables, et un nombre croissant d’États membres continuent d’atteindre la cible régionale. Quoique la couverture régionale par le vaccin contre le HPV reste en-deçà de la cible de vaccination fixée à l’échelle mondiale, plus de la moitié des États membres ayant introduit ce type de vaccination ont désormais atteint une couverture de 50 % ou plus chez les filles de 15 ans, ce qui constitue un pas vers l’élimination du cancer du col de l’utérus dans la Région. 36. Malgré ces succès louables, des inquiétudes subsistent en raison de la stagnation de l’étendue de la protection par les vaccins clés depuis 2019 et de l’apparition de flambées épidémiques de poliovirus dérivés de souche vaccinale, de rougeole et de diphtérie dans la Région. À moins de prendre immédiatement des mesures pour combler les déficits immunitaires, la concrétisation de la vision d’une Région exempte de maladies évitables par la vaccination, telle qu’elle est décrite dans le Programme européen pour la vaccination à l’horizon 2030, reste improbable. 37. Atteindre et maintenir une couverture vaccinale élevée et équitable au sein de chaque communauté de la Région sera essentiel pour concrétiser durablement les objectifs d’éradication, d’élimination et de lutte contre les maladies à prévention vaccinale énoncés dans le Programme européen pour la vaccination à l’horizon 2030. Pour l’heure, il est nécessaire que tous les États membres et tous les acteurs concernés de la Région prennent d’urgence des mesures coordonnées pour remédier systématiquement aux inégalités sur le plan de la vaccination, en comblant les déficits immunitaires de la population par une vaccination de rattrapage, une vigilance constante et une aptitude à détecter toute flambée épidémique et à y réagir rapidement, assurant ainsi la sécurité sanitaire régionale. EUR/RC73/15 page 9 38. Les innovations et les enseignements acquis grâce à la vaccination de divers groupes d’âge contre la COVID-19 fournissent l’architecture nécessaire pour que les États membres et les acteurs concernés intègrent la vaccination contre la COVID-19 dans le système de santé au sens large, en ouvrant la porte à une systématisation de la vaccination à tous les stades de la vie dans la Région. = = =
World Health Organization (WHO) · Governing Bodies documents
Soixante-treizième session du Comité régional de l’Europe: Astana, 24-26 octobre 2023: Programme européen pour la vaccination à l’horizon 2030: rapport de situation
View original document
The full text is hosted by the publishing organisation. lawenc.com indexes the metadata and links to the official source.
Full text
Key facts
Organisation
World Health Organization (WHO)
Document type
Governing Bodies documents
Date
Source
who_document