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OMS : Feuille de route pour la riposte à Ebola, rapport de situation N° 1 29 août 2014 Voici le premier numéro d’une série de bulletins d’information réguliers sur la feuille de route de la riposte à Ebola. Il renferme un examen de la situation épidémiologique et un suivi de l’action. Ce premier bulletin servira de référence pour mesurer ensuite dans le temps les progrès accomplis dans l’application complète de la feuille de route, par rapport aux indicateurs de celle‐ci. Des indicateurs supplémentaires seront communiqués une fois que les données seront réunies. Les données figurant dans le présent rapport se fondent sur les meilleures informations actuellement disponibles. Des efforts importants sont faits pour améliorer la disponibilité et l’exactitude des informations tant en ce qui concerne la situation épidémiologique que la mise en œuvre de la riposte. Suivant la structure de la feuille de route, les pays se classent dans trois catégories : les pays ayant une transmission étendue et intense (Guinée, Libéria et Sierra Leone) ; ceux ayant un ou des cas initiaux ou une transmission localisée (Nigéria) ; et ceux qui ont des frontières terrestres communes avec des zones de transmission active (Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée‐Bissau, Mali, Sénégal) ou qui sont des plaques tournantes du transport international. Le nombre total des cas probables, confirmés et suspects dans le cadre de la flambée actuelle de maladie à virus Ebola en Afrique de l’Ouest est de 3052, avec 1546 décès. Les pays touchés sont la Guinée, le Libéria, le Nigéria et la Sierra Leone.1 La figure ci‐dessous indique le nombre de cas notifiés par pays entre le début de janvier 2014 (semaine épidémiologique 1 et le 25 août 2014 (semaine épidémiologique 34). PAYS AYANT UNE TRANSMISSION ÉTENDUE ET INTENSE Au cours des six dernières semaines, le nombre des cas a continué d’augmenter. Bien que le nombre de nouveaux cas notifiés par la Guinée et la Sierra Leone ait été relativement stable, on a observé la semaine dernière la plus forte augmentation hebdomadaire jamais enregistrée dans les trois pays affectés. Cela souligne le besoin urgent de renforcer les mesures de lutte et accroître les capacités de prise en charge des cas. Courbes épidémiologiques cumulées
Une flambée distincte de maladie à virus Ebola, sans lien avec celle en Afrique de l’Ouest, a été notifiée le 24 août par la République démocratique du Congo. 1
2 Afriqu ue de l’Ouest
Nombre de cas
Pays Guin née Libé éria Nigé éria Sierra Leone
Semaines ép pidémiologiqu ues 2014
3 res ci‐dessou us illustrent la répartition n des cas con nfirmés et pr robables dan ns chacun de ces Les figur pays, accompagnée du nombre de d cas dans les capitales. GUINÉE fres indiquen nt que la notification des s cas semble avoir été rel lativement st table en Guinée, Les chiff mais ave ec une augm mentation ma arquée la sem maine derniè ère. Les prior rités restent inchangées : faire baisser l’incidence l à l’épicentre (Guéckédou) et s’occupe er des foyers s menaçants à Conakry. Guinée
Nombre de cas
Semain nes épidémiologiques 2014 4
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Semaines épidémiologiques 2014
LIBÉRIA Au Libér ria en revanc che, le nomb bre des cas au ugmente à l’ ’épicentre de e l’épidémie (Lofa) et dan ns la capitale, , Monrovia. Libéria
Nombre de cas
Sema aines épidémiologiques 2014
Nombre de cas
Semaines épidémiologiques 2014
SIERRA LEONE nce des cas a été relative ement stable e en Sierra Le eone, mais avec des augm mentations l la L’inciden semaine e dernière. Le es problème es pour l’intensification des d mesures de riposte persistent, notamm ment dans de eux districts, Kenema et Kailahun. K Le nombre des cas a augme enté dans la capitale, Freetow wn.
Nombre de cas
Nombre de cas
Semaines ép pidémiologiques 2014
Semaines épidém miologiques 2014
4 La carte ci‐dessous montre la localisation des cas dans les pays où la transmission est la plus intense, en faisant la distinction entre le nombre cumulé de cas dans chaque zone jusqu’à présent et le nombre de cas survenus au cours des 21 derniers jours (c’est‐à‐dire le délai correspondant à la durée d’incubation de la maladie à virus Ebola).
Cas récents (dans les 21 jours précédents)
Ensemble des cas
NOUVELLES INFECTIONS – Nouveaux cas dans les 7 jours précédents (dans des zones indemnes jusque-là)
Une compréhension complète de la flambée conduisant à une amélioration de la riposte suppose une analyse détaillée des zones exactes où il y a une transmission (au niveau des districts) et des tendances dans le temps. Cette analyse est en cours. Les résultats préliminaires montrent que les cas se concentrent toujours dans l’épicentre de l’épidémie (62 % de l’ensemble des cas notifiés depuis le début de la flambée), à Guéckédou (Guinée), à Lofa (Libéria), où leur nombre continue d’augmenter, ainsi qu’à Kenema et Kailahun (Sierra Leone). L’inquiétude est particulièrement vive pour les capitales, en raison de leur densité de population et des conséquences pour les voyages et le commerce. L’épidémie continue de s’intensifier. Plus de 40 % du nombre total de cas se sont produits ces 21 derniers jours. Ils se sont en revanche concentrés dans quelques lieux seulement. Le taux moyen de létalité est de 51 %. Il va de 41 % en Sierra Leone à 66 % en Guinée. Nombre total de cas probables, confirmés et suspects et de décès en Guinée, au Libéria et en Sierra Leone
5 Définition des Pays cas Confirmés Probables Guinée Suspects Total Confirmés Probables Libéria Suspects Total Confirmés Probables Sierra Leone Suspects Total Total Total Cas Total 482 141 25 648 322 674 382 1 378 935 37 54 1 026 3 052 21 jours 21 jours (%) 131 27 7 5 20 80 158 24 192 60 423 63 251 66 866 63 308 33 4 11 19 35 331 32 1 355 44 Total 287 141 2 430 225 301 168 694 380 34 8 422 1 546 Décès 21 jours 8 0 0 8 16 24 14 54 35 2 2 39 101 21 jours Taux de létalité (%) (%) 3 60 0 100 0 8 2 66 7 70 8 45 8 44 8 50 9 41 6 92 25 15 9 41 6 51
Note : Les cas sont classés comme étant confirmés (tout cas suspect ou probable avec un résultat positif au laboratoire) ; probables (tout cas suspect évalué par un clinicien ou décédé ayant un lien épidémiologique avec un cas confirmé et pour lequel il n’a pas été possible de prélever des échantillons pour une confirmation en laboratoire) ; ou suspects (toute personne, vivante ou morte, qui présente ou a présenté une forte fièvre d’installation brutale et qui a été en contact avec un cas suspect, probable ou confirmé d’Ebola, ou avec un animal mort ou malade ; ou toute personne présentant une forte fièvre d’installation brutale et au moins trois des symptômes suivants : céphalées, vomissements, anorexie/perte d’appétit, diarrhée, léthargie, douleurs abdominales, douleurs musculaires ou articulaires, déglutition difficile, dyspnée ou hoquet ; ou toute personne ayant des saignements inexpliqués ; ou tout décès soudain et inexpliqué).
PAYS AYANT UN OU DES CAS INITIAUX OU UNE TRANSMISSION LOCALISÉE Jusqu’à présent, le Nigéria est le seul pays ayant des cas liés à un cas importé d’un pays ayant une transmission étendue et intense. Le tableau ci‐dessous indique la répartition des cas dans ce pays. Définition des cas Confirmés Probables Suspects Total Total 15 1 3 19 Cas 21 jours 6 1 3 10 21 jours (%) 40 100 100 53 Décès Total 6 1 0 7 21 jours 21 jours (%) 4 0 0 4 67 0 ‐ 57 Taux de létalité (%) 40 100 0 37
Les 14 premiers cas confirmés ont tous eu un lien avec des personnes, y compris des agents de santé, qui ont été en contact proche avec un passager en provenance du Libéria arrivé à Lagos le 20 juillet par voie aérienne et qui est mort cinq jours plus tard. Le 27 août, un cas supplémentaire a été confirmé à Port Harcourt par le Ministère de la Santé. Une équipe du Ministère de la Santé et de l’OMS se trouve à Port Harcourt pour aider à rechercher les contacts et à approfondir l’investigation sur cet incident.
6 SUIVI DE LA RIPOSTE La carte ci‐dessous indique les six interventions nécessaires pour endiguer le virus Ebola dans les pays où la transmission est la plus intense. Les travaux se poursuivent pour évaluer complètement la couverture et la qualité de chacune des interventions dans les zones affectées.
OPÉRATIONNEL PARTIELLEMENT OPÉRATIONNELNON OPÉRATIONNEL
Centre de traitement d’Ebola Situation : Opérationnel Situation : Pas de partenaire identifié
Cas d’Ebola dans la région PAS D’ACTIVITÉ – Aucun cas dans les 21 jours précédents ACTIVITÉ – Nouveaux cas dans les 21 jours précédents NOUVELLES INFECTIONS – Nouveaux cas dans les 7 jours précédents (dans des zones indemnes jusque-là)
« T » Centre de traitement d’Ebola « R » Centre référent (d’orientation‐recours) « L » Laboratoire « C » Recherche des contacts « B » Inhumations sans risque « S » Mobilisation sociale
Situation : Partenaire identifié
Mise en garde : La plupart des analyses figurant dans le présent rapport se basent sur l’analyse des données secondaires 2 provenant de multiples sources. Il n’a pas encore été possible de vérifier toutes ces informations. Des mises à jour seront faites à mesure que l’on disposera de plus d’informations.
Sources d’information : Rapports de l’OMS et des Ministères de la Santé, matrices et cartes du Bureau de coordination des affaires humanitaires (OCHA), rapports de l’UNICEF à Conakry et à Genève, rapports de situation d’organisations non gouvernementales (IMC) et communications avec d’autres partenaires et des équipes médicales étrangères. 2
7 Prise en charge des cas, lutte contre l’infection et prévention La prise en charge des cas comme la lutte contre l’infection et la prévention posent de sérieux problèmes. La situation s’aggrave au Libéria et en Sierra Leone.
En Guinée, les capacités de prise en charge du nombre actuel de cas d’Ebola sont pour l’instant suffisantes à Guéckédou et à Conakry. Au Libéria, les capacités pour faire face au nombre croissant de cas restent dramatiquement faibles, en particulier à Monrovia, la capitale, ainsi que dans les comtés de Bong et Nimba. Au Nigéria, une unité d’isolement de 40 lits a été mise en place au Mainland Hospital, et suffit pour accueillir les patients placés actuellement en isolement. Le Ministère de la Santé a installé une unité d’isolement dans la ville de Lagos pour soigner les cas. En Sierra Leone, les capacités d’accueil sont insuffisantes pour les patients à Freetown. Ils doivent être transférés à Kenema, où les structures sont déjà dépassées par la demande locale. Les agents de santé continuent d’être très touchés par l’épidémie dans tous les pays, en particulier au Libéria et au Nigéria.
Capacités des laboratoires
En Guinée, elles semblent suffisantes pour l’instant. L’Institut Pasteur de Dakar, le Laboratoire mobile de l’Union européenne à Guéckédou et l’OMS apportent leur soutien. Au Libéria, les échantillons provenant du comté de Lofa sont analysés en Guinée. Des moyens supplémentaires de laboratoire sont nécessaires à Lofa pour alléger cette charge. Les échantillons d’autres comtés éloignés de Lofa sont envoyés à Monrovia, où les moyens de laboratoire, appuyés par l’United States Army Medical Research Institute of Infectious Diseases, les National Institutes of Health et les Centers for Disease Control and Prevention des États‐Unis, ont atteint leur limite. Le besoin de moyens supplémentaires de laboratoire est en cours d’évaluation dans les comtés de Bong (hôpital Pheebe), Nimba et Bomi. In Sierra Leone, des moyens supplémentaires de laboratoire sont nécessaires en plus de ceux du laboratoire de Kenema (soutenu par Metabiota et l’US Department of Defense Critical Reagent Team) pour faire face à la charge de morbidité croissante. Un laboratoire mobile d’Afrique du Sud a été déployé à Freetown, où l’on construit des centres de traitement d’Ebola pour soigner localement les patients et dans de meilleures conditions, plutôt que de les transférer à Kenema. Au Nigéria, le laboratoire de virologie de l’Hôpital universitaire de Lagos et le Lagos University Laboratory reçoivent une aide de l’OMS et d’une équipe mobile de l’UE venant du Centre collaborateur de l’OMS à Hambourg (Allemagne).
PAYS QUI ONT DES FRONTIÈRES TERRESTRES COMMUNES AVEC DES ZONES DE TRANSMISSION ACTIVE OU QUI SONT DES PLAQUES TOURNANTES DU TRANSPORT INTERNATIONAL Les pays qui suivent ont des frontières terrestres et des connexions majeures au niveau du transport avec les pays affectés et encourent donc un risque de propagation de la flambée d’Ebola : Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée‐Bissau, Mali et Sénégal.
8 L’OMS et divers partenaires collaborent avec les pays pour veiller à ce qu’ils aient mis en place des plans complets de surveillance d’Ebola, de préparation et de riposte. Les activités prioritaires comportent l’instauration d’une surveillance active des groupes de décès inexpliqués dus à une fièvre, la fourniture d’informations adaptées et de conseils au grand public et aux voyageurs, la désignation d’une unité d’isolement, un accès vérifié à un laboratoire reconnu par l’OMS ; et la mise en place d’une stratégie pour identifier et surveiller les contacts de tout cas suspect.