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La variole et la surveillance après éradication

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Bulletin de l'Organisation mondiale de la Sante6, 65 (5): 589-598 (1987) © Organisation mondiale de la Santd 1987 La variole et la surveillance apres eradication* Z. JE_EK,I L. N. KHODAKEVICH,' & J. F. WICKETT' Dbixme anniversaire de l'eradication mondiale de la variole En mai 1980, la Trente-Troisieme Assemblee mondiale de la Sante proclamait 1 'eradication mondiale de la variole. Depuis, I 'OMS applique un systeme global de surveillance dont le but est d'eviter tout risque de reapparition de la maladie. En 1984, tous les pays avaient abandonne' la vaccination de la population ge'ne'rale et cesse d'exiger le certificat de vaccination antivariolique pour les voyageurs inter- nationaux. Un certain nombre de pays ont etgalement cesse' de vacciner le personnel militaire. L'OMS a conserve jusque' ce jour un stock de vaccin antivariolique per- mettant de vacciner 300 millions de personnes, mais dix ans s'etant ecoules depuis le dernier cas endemique de variole, le maintien de ces reserves ne s'impose plus. L'OMS continue a surveiller les rumeurs et a coordonner les investigations concer- nant les cas suspects qui, jusqut' maintenant, se sont tous reveles etre des erreurs de diagnostic de varicelle ou de diverses autres affections cutane'es, ou encore des erreurs d'enregistrement ou de notification. Le virus variolique n'est plus conserve' que dans deux Centres collaborateurs OMS qui possedent des laboratoires de con- finement ti haute securite. Etant donne que le ge'nome du virus variolique a ete clone dans des plasmides bactefriens, methode qui permet de fournir suffisamment de materiel pour re'pondre aux besoinsfuturs en recherche et diagnostic, il n 'estplus necessaire de conserver des stocks de virus variolique viable. Les re'sultats obtenus par un programme special de surveillance de l 'orthopoxvirose simienne de 1'homme confirment que cette maladie ne pose pas de problme de sante' important. Les laboratoires collaborateurs OMS n'ont pas seulement examine' les e'chantillons humains et animaux, ils ont aussi fait des progre's dans l'analyse de I'ADN des orthopoxvirus et la mise au point d'epreuves serologiques fiables. La derniere apparition mondiale de la variole a eu lieu en Somalie en octobre 1977. Par la suite, de pair avec la proclamation de l'eradication mondiale de la variole par la Trente- Troisieme Assemblee mondiale de la Santea en mai 1980, l'OMS a pris des mesures pour maintenir la confiance generale en l'eradication, en vue de faire profiter rapidement les populations des avantages de l'eradication, notamment en abandonnant la vaccination anti- variolique. L'OMS a par cons&quent mis au point un systeme de surveillance de la variole apres eradication qui repose sur dix-neuf recommandations formul6es par la Commission mon- diale pour la Certification de l'Eradication de la Variole (1). Le but de cette surveillance, institu6e en 1980 par l'OMS conformement aux recommandations ci-dessus, est d'assurer I'elimination definitive de la variole. En 1981, le Directeur general a designe un Comite sur les Orthopoxviroses dont la tache est de conseiller l'Organisation sur la mise en aeuvre * Cet article a &6 publie en anglais dans le Bulletin de l'Organisation mondiale de la Sante, 65 (4): 425-434 (1987). Unite de l'Eradication de la Variole, Organisation mondiale de la Sante, 1211 Geneve 27, Suisse. Les demandes de tires a part doivent etre adress&es au Dr. Z. Je£ek. a Resolution WHA33.3. 4819 -589- Z. JE-EK ET AL. des recommandations de la Commission mondiale. Le Comite s'est reuni en 1982, 1983, 1984 et 1986. ACTIVITES APRES ERADICATION DE LA VARIOLE Politique vaccinale La vaccination systematique de la population generale avait cesse dans plusieurs pays d'Am6rique du Nord, d'Europe et du Pacifique occidental avant meme la d6couverte du dernier cas de variole en Somalie, en octobre 1977 (Fig. 1). Cependant, 133 pays main- tenaient encore des programmes de vaccination systematique. Avec la proclamation de l'eradication de la variole en mai 1980, les representants des Etats Membres de l'OMS ont approuve une recommandation selon laquelle la vaccination syst6matique contre la variole ne se justifiait plus et devait etre abandonnee dans tous les pays. Fin 1980, seuls 52 Etats Membres de I'OMS sur 156 maintenaient des programmes de vaccination, et il ne restait fin 1983 que l'Albanie et la France qui toutes deux ont mis fin 'a la vaccination systema- tique en 1984 (tableau 1). La vaccination systematique n'a toutefois pas cesse immediatement, les instructions appropriees n'ayant pas toujours ete transmises efficacement jusqu'aux zones les plus reculees. Dans certains cas, le vaccin antivariolique etait toujours disponible a la demande, dans d'autres il a ete utilise "a tort, pour traiter par exemple des infections herp6tiques, des verrues, etc., entrainant alors des complications graves (2-4). Par le canal du Releve' epidemiologique hebdomadaire et par la communication directe avec les pouvoirs publics, l'OMS n'a cesse de deconseiller la vaccination et l'utilisation du vaccin antivariolique a Fig. 1. Pays ayant cesse la vaccination antivariolique systematique, ou en ayant declare la suspension, avant 1977, entre 1977 et 1980, et entre 1981 et 1984. 590 VARIOLE ET SURVEILLANCE APRES ERADICATION Tableau 1. Nombre d'Etats Membres de l'OMS pratiquant la vaccination antivariolique syst6matique, par annee et par region OMS, 1977-1986 R6gion OMS 1977 1978 1979 1980 1981 1982 1983 1984 1985 1986 Afrique 43 43 32 11 1 1 0 0 0 0 Ameriques 27 25 25 22 0 0 0 0 0 0 Asie du Sud-Est 11 11 10 4 1 1 0 0 0 0 Europe 23 21 18 6 3 2 2 2 0 0 Mediterranee orientale 21 16 12 6 2 1 0 0 0 0 Pacifique occidental 8 7 6 3 0 0 0 0 0 0 Nombre d'Etats Membres pratiquant la vaccination 133 123 103 52 7 5 2 2 0 0 Nombre total d'Etats Membres 150 151 152 156 157 158 161 165 166 166 Pourcentage 89 81 68 33 4,5 3,2 1,2 1,2 0 0 des fins therapeutiques en raison du risque de complications. En 1983 l'Organisation a pris contact avec les autorit6s et les fabricants et les a instamment pries de ne pas distribuer le vaccin. Dans certains pays, on continuait neanmoins a vacciner le personnel militaire, pratique qui s'est soldee par des infections vaccinales accidentelles chez des civils (5-7). En 1983, le Comite sur les Orthopoxviroses a recommande de consigner dans ses bases le personnel militaire venant d'etre vaccine et d'empecher les contacts avec des sujets non vaccines pendant les deux semaines suivant la vaccination (8); finalement, le Comite a recommande en 1986 de cesser la vaccination antivariolique du personnel militaire (9). En 1980, 23 Etats Membres de 1'OMS exigeaient toujours un certificat international de vaccination antivariolique. En mai 1981, la Trente-Quatrieme Assemblee mondiale de la Sante decidait officiellement de ne plus faire figurer la variole parmi les maladies soumises au Reglement sanitaire international (10). Malgre la suppression du certificat de vacci- nation antivariolique par les autorit6s sanitaires, des voyageurs internationaux se voyaient de temps "a autre demander ces certificats dans des ports ou des aeroports, lors d'une demande de visa ou encore par des agences de voyages. L'OMS a prete son concours aux autorites sanitaires nationales afin de redresser la situation lorsque de tels incidents lui ont ete signales et aide 'a rectifier les informations contenues dans les guides touristiques. En 1986 le nombre de ces incidents etait presque nul. La vaccination antivariolique n'est plus maintenant indiquee que pour quelques sujets exposes ai des risques precis: 1) les chercheurs des laboratoires qui manipulent le virus de la variole et l'orthopoxvirus simien et les personnes qui penetrent dans ces laboratoires; 2) le personnel des laboratoires en contact avec d'autres orthopoxvirus infectieux pour l'homme (virus de la vaccine humaine et de la vaccine de la vache); et 3) le personnel des equipes de surveillance charg6 d'etudier les caracteristiques epidemiologiques et 6colo- giques de l'orthopoxvirus simien en Afrique. Stocks de vaccin antivariolique Le stock de vaccin antivariolique de 1'OMS a e cree en 1980. L'existence de ce stock a beaucoup aide les Etats Membres a prendre la decision d'interrompre tant la vaccination antivariolique que la fabrication du vaccin. On a fait savoir par une vaste campagne d'in- formation que le vaccin en stock pouvait etre mis 'a la disposition de tout pays dans lequel 591 592 Z. JEZEK ET AL. Tableau 2. Stocks nationaux de vaccin antivariolique, 1985 Nombre de doses Conservees dans les Region OMS Nombre de pays Conservees conditions approprieesb Afrique 1 (1)c 30 000 000 30 000 000 Ameriques 4 (4) 23 934 720 23 659 070 Asie du Sud-Est 2 (2) 13 976 100 Europe 9 (11) 19 145 500 17 845 500 Mediterranee orientale 2 (2) 3 013 500 Pacifique occidental 4 (9) 12 395 500 12 395 500 Total 22 (29) 102 465 320 83900070 a Valeurs minimales; 3 des 22 pays detenteurs de r6serves de vaccin n'ont pas indiqu6 le nombre de doses conserv6es et sont exclus des totaux. b C'est-b-dire a une temperature inf6rieure a 0 IC avec contr6le p6riodique de l'activit6. ' Les chiffres entre parentheses correspondent au nombre d'6tablissements. des mesures de lutte s'imposeraient d'urgence si le diagnostic de variole venait a etre con- firme cliniquement et par des tests de laboratoire. En cas d'urgence, le vaccin, le diluant, les aiguilles bifurquees, les 6tuis a aiguilles, les notices et les fiches d'identification pour- raient etre envoyes dans n'importe quel pays sous 24 heures. Fin 1986, le stock s'elevait a 5 034 178 ampoules reparties en 459 lots. Avec une telle quantite de vaccin on pourrait vacciner, en utilisant des aiguilles bifurquees, environ 300 millions de personnes. Pour des raisons de securite, le vaccin est conserve en deux endroits distincts, Geneve et Lausanne (Suisse). L'activite des lots de vaccins est regu- lierement controlee par le Centre collaborateur OMS pour le vaccin antivariolique de Bilthoven (Pays-Bas). Entre 1981 et 1985, l'activite s'est montree satisfaisante pour tous les lots de vaccin sauf 6. Tableau 3. Nombre de pays producteurs de vaccin antivariolique, 1977-1985, et detenteurs de lots de semence en 1985, par Region OMS Nombre de pays Nombre de pays producteurs de vaccin ddtenteurs de lots de semence Region OMS 1977 1978 1979 1980 1981 1982 1983 1984 1985 en 1985a Afrique 5 5 3 1 0 0 0 0 0 1 Am6riques 14 14 10 3 1 1 1 1 1 3 Asie du Sud-Est 7 6 6 2 1 1 0 0 0 3 Europe 25 23 21 1 3 1 3 10 8 8 8 1 MWditerran6e orientale 7 7 6 2 2 1 1 0 0 2 Pacifique occidental 18 18 16 5 5 2 2 2 2 3 Total 76 73 62 26 22 15 12 11 11 13 a A 1'exclusion de ceux encore producteurs de vaccins. VARIOLE ET SURVEILLANCE APRES ERADICATION 593 En 1985, 22 pays ont signale que leurs reserves nationales de vaccin s'elevaient a plus de 100 millions de doses, dont 82% convenablement conserv6es et controlees (tableau 2). Nombre de ces pays ont indique qu'ils avaient l'intention de conserver ce vaccin jusqu'en 1990; certains n'avaient toutefois pas encore d6fini leur politique. Lorsque la transmission de la variole a ete interrompue, en 1977, 76 laboratoires, selon les dossiers de l'OMS, fabriquaient du vaccin antivariolique. En 1984, il n'en restait plus que 14, etablis dans 11 pays. Des lots de semence de virus vaccinal permettant de fabriquer le vaccin ont 6te pr6par6s par le Centre collaborateur OMS pour le vaccin antivariolique situ6 aux Pays-Bas et ont ete distribu6s a des laboratoires aux Etats-Unis d'Amerique, en France et au Japon; n'importe quel pays peut aussi se les procurer par l'intermediaire de l'Organisation. En 1985, 17 laboratoires 6tablis dans 13 pays oiu la fabrication du vaccin avait cesse detenaient des lots de semence, les souches de virus vaccinal Lister et Elstree etant les plus courantes (tableau 3). Considerant que presque dix ans s'6taient ecoules depuis le dernier cas de variole ende- mique et que l'orthopoxvirose simienne s'6tait rev6lee un probleme de sante mineur, le Comite sur les orthopoxviroses, reuni en mars 1986, est parvenu a la conclusion que la conservation de la reserve mondiale de vaccin antivariolique par l'OMS ne se justifiait plus (9). Surveillance des cas suspects Les faits constat6s dans de nombreux pays laissaient penser que l'OMS pouvait s'at- tendre a recevoir pendant plusieurs ann6es, de sources diverses, des rapports faisant etat de cas presumes de variole, meme apres la proclamation de l'eradication. On a donc con- sidere que l'examen imm6diat et approfondi de ces rapports, fonde sur des examens de laboratoire et suivi de la divulgation des resultats, constituait un 6l6ment capital du main- tien de la confiance du public a l'egard de l'eradication. En 1981, l'Organisation a distri- bue un guide sur la conduite a tenir en pr6sence de cas suspects de variole,b qui souligne qu'un cas pr6sume de variole est une urgence de sante publique et doit etre promptement examine. Depuis 1980, l'OMS a coordonn6 les investigations concernant 131 rumeurs de variole, consignees dans un registre international prevu a cet effet. Presque toutes les rumeurs ont cependant et examinees rapidement au niveau local; entre 1980 et 1985, par exemple, 68 cas suspects ont ete examin6s au Bangladesh et 86 en Inde; quelques-uns seulement de ces cas figurent dans le registre international. La plupart des rumeurs qui parviennent a l'OMS proviennent des m6decins, des touristes, du grand public ou des medias, plut6t que du reseau de sante publique. Deux Centres collaborateurs OMS-les Centers for Disease Control (Atlanta, Etats-Unis d'Amerique) et l'Institut de Recherche sur les Pre- parations virales (Moscou, URSS) -ont realise les diagnostics de laboratoire. Finalement, toutes ces rumeurs concernaient des affections autres que la variole, les plus courantes etant des affections cutanees, dont la varicelle, ou encore sont apparues sans fondement et imputables a des erreurs d'enregistrement ou a une notification erron6e ou imprecise (tableau 4). Les cas d'orthopoxvirose simienne ont et6 exclus du registre des rumeurs et inscrits a part. Le resultat de l'examen des dossiers est publie periodiquement dans le Releve epidemiologique hebdomadaire. Conservation des stocks de virus variolique La survenue d'une flamb6e de variole dans un laboratoire de Birmingham (Angleterre) en 1978 a contribue a renforcer fortement les efforts de 1'OMS visant a restreindre le b Conduite it tenir en presence de cas suspectes de variole dans la periode post-eradication. Document OMS non publi6, WHO/SE/80. 157 Rev. 1. Z. JEIEK ET AL. Tableau 4. Registre international des rumeurs: nombre de cas presumes de variole notifies au Siege de l'OMS, par Region OMS, 1980-1986 Nombre de rapports R6sultats Autres Rapports affections imprdcis ou RAgion OMS 1980 1981 1982 1983 1984 1985 1986 Total Varicelle Rougeole cutan6es erronAs Afrique 9 11 5 5 6 5 6 47 1 8 7 8 1 4 AmAriques 3 6 0 4 5 0 1 19 1 1 1 3 4 Asie du Sud-Est 12 4 3 8 8 5 2 42 17 7 2 16 Europe 1 2 0 0 0 0 0 3 3 0 0 0 M6diterrande orientale 4 3 2 1 2 0 0 12 2 1 2 7 Pacifique occidental 2 4 0 1 0 0 1 8 3 3 1 1 Total 31 30 10 19 21 10 10 131 54 19 16 42 nombre de laboratoires d6tenteurs de stocks de virus variolique. En 1979, la Commission mondiale a recommande de limiter a quatre le nombre de laboratoires autorises a detenir et a manipuler le virus variolique. Ce nombre, qui etait de 76 en 1976, 6tait tombe a 7 en 1980 (Fig. 2). Depuis 1984, les stocks de virus variolique ne sont plus conserves que par deux Centres collaborateurs OMS -les Centers for Disease Control (Atlanta) et l'Institut de Recherche sur les Preparations virales (Moscou). Tous deux possedent des laboratoires de confinement a haute securite. Depuis 1978 1'OMS envoie des equipes d'experts inspecter periodiquement tous les laboratoires qui conservent du virus variolique 18 16 14 12 10 8 6 4 2 n 18 ...... *:-:-:-:-:-: ...... ...... ...... . . . . . *:-:-:-:-:--*.-.-.-.-.-: ....... ...... ........ :-:-:-:-:-:- ...... ...... :.:.:-:.:-:. ......... ....... .......... ....... ........... ,:.:.:.:::::....... :: ...... ,..... :::::: ,........... ,....... ,...... ,...... ,..... ,::::: ....... ...... ,...... ...... .:.:.:.:.:., ...... 13 ...... :-:-:-:-:-:-: ....... *:-:-:-:-:-:- ....... :,:-:-:.: :- . . . . . . . . . . . :-:-:-:-:-:-, . . . . . . . . . . . . -:- -:-:-:-: :-.-:-.-.-.-. ...... :-:-:: :-:-: ,...... Centres collaborateurs rAFtA epaolpmrnat C)I C) 6 IVsrL ~~UI ..H. ..... Fig. 2. Nombre de laboratoires detenteurs de virus variolique, 1977-1986. 1977 1978 1979 1980 1981 1982 1983 1984 1985 1986 Ann6es .. ...... --------- ...... I" ..... r..1, a I594 I VARIOLE ET SURVEILLANCE APRES ERADICATION Tableau 5. Inspections effectuees par l'OMS dans les laboratoires detenteurs de stocks de virus variolique, 1978-1986 Laboratoire 1978 1979 1980 1981 1982 1983 1984 1985 1986 Centers for Disease Control, Atlanta, GA, a a + + _ + + Etats-Unis U.S. Army Medical Research Institute for - + Tb Infectious Diseases, Frederick, MD, Etats-Unis Institut national de la Sante publique, Bilthoven, - + - T Pays-Bas St Mary's Hospital Medical School, Londres, + T Angleterre Centre for Applied Microbiology and Research, - - + + T Porton Down, Angleterre Department of Medical Microbiology, University + Db of Birmingham, Birmingham, Angleterre Institut de Recherche sur les Pr6parations virales, - + + - - + - - + Moscou, URSS National Institute of Virology, Sandringham, + + - + - + D Afrique du Sud = pas d'inspection; + = inspection. hT = stock transfdr6 au Centre collaborateur OMS; D = stock d6truit. et verifier que les precautions en matiere de biosecurite sont conformes aux normes qu'elle a etablies (tableau 5). Le virus n'est plus cultiv6 dans ces deux laboratoires, et en mars 1986, le Comite sur les orthopoxviroses a estime qu'il n'etait meme plus n6cessaire de conserver des stocks de virus variolique, l'ADN de certaines souches de variole majeure et de variole mineure ayant ete clone sur Escherichia coli (9). 100r - 6 3 5 3 1970 1971 1972 1973 1974 1975 1976 1977 1978 13 10 31r1 ;71 1t~I.. Renforcement de la surveillance 4 4 1979 1980 1981 1982 1983 1984 1985 1986 90g - 80h 701- 60h 501- 40k 30k 92 .:.:.: :: ::::. *:.:.:.: :-.:-:-:. .:.:.:.:: :::::::: :.:,:.:.: :.:,:.:, :-:.:.:-: :.:.:.:. :.:-:-:.: ::::: ,:.:.:,:, :-.:-:-:-: .::.::. :-:-:-:.: ::::: .:-:.:.:-. :::,:: *:.:.:.:- :.:.:-:-: .:.:.:-.:: .-.-.-.-: *:-:-:-:- ::::: ......... :-:-:-:-: 84 .-.... .-.-.-.-. .-.-.-.-. :.:.:.:-: . *:-:-:-:- ,:.:.: :. :-.:-:-.:.: .:-.:.:-.:. ::::::::: :.:.:-.:-: ......... :-:-:-:-: :.:-.:.:.: ,:.:. .:. ::::::::: :. ,:,: *:-:-:.:. :.:.:.:-: .:-:.:.:. ::::::::: :.:.:,:.: .:,::: .-.-.-.-. *:-:-:-:- .:.:.:.:- ::::: _ 20k 10 62 -.... .-.-.-.-. *:-:-:-:- ......... :-:-:-:-: .-.-.-.-. *:-:-:-:- ::::: :-:-:-:-: ..... .-.-.-.-. *:-:-:-:- ......... :-:-:-:-: .-.-.-.-. *:-:-:-:- ......... *;- :-:-:-:-: .-.-.-.-. .-.-.-.-. *:-:-:-:- *:.:-.:-:- .-.-.-.-. *:-:-:-:- .-.-.-.-.- :-:-:-:-: .......... ..... :-:-:-:-:- ..... *:-:-:-:-: 56 :::::::::: .:,:.:.:. .:.:-:-:-: ::.::,:. .:-:-:.:-.: :::::::::: :-:.:.:.: .:.:.:.:- :-:.:-.:-: ,:. :.:.:.:-: ::::: ......... ::::: *:-:.:-o:. -u. e0coI2 Annees Fig. 3. Nombre de cas humains d'orthopoxvirose simienne en Afrique de l'Ouest et du Centre, 1970-1986. 595 Z. JEZEK ET AL. Surveillance de l'orthopoxvirose simienne de l'homme Cliniquement, cette affection est presque identique 'a la variole. En 1980 elle a et6 jug6e comme etant l'orthopoxvirose la plus importante chez l'homme, imposant une surveillance particuliere apres l'eradication de la variole. Depuis 1980 l'Organisation renforce son aide a la surveillance des cas humains d'orthopoxvirose simienne et 'a la recherche epid6mio- logique et ecologique dans certaines zones d'endemicite. Ces activites se deroulent prin- cipalement au Zaire, oiu il existe un systeme de surveillance bien concu et bien control6 reposant sur des unit6s sanitaires p6riph6riques et des equipes mobiles de surveillance. La montee en fleche du nombre de cas d'orthopoxvirose simienne notifi6s au Zaire de 1982 a 1984 par rapport aux annees pr6cedentes (Fig. 3) s'explique essentiellement par le renforcement de la surveillance. En 1985 et 1986 l'incidence a baisse malgre l'augmen- tation du nombre de sujets sensibles imputable a l'arret de la vaccination antivariolique syst6matique. L'orthopoxvirose simienne de l'homme reste une zoonose rare et spora- dique, 75% des patients ayant probablement ete contamin6s par un animal (11). On a signal6 des cas de transmission interhumaine presumee mais la plupart des transmissions se sont interrompues spontanement apres une g6n6ration. L'incidence annuelle moyenne brute observee dans l'une des regions les plus touch6es est de 6,3 pour 100 000 habitants. Aucun changement apparent ne s'est manifest6 au cours des ann6es 1980 par rapport aux ann6es 1970, tant du point de vue de la gravite de la maladie qu'en ce qui concerne le taux d'atteinte secondaire chez les contacts proches. La majorit6 des cas primaires contamines par la faune sauvage n'ont et6 'a l'origine d'aucune infection secondaire (12). Dans le but d'estimer la prevalence de l'orthopoxvirose simienne de l'homme en Afrique du Centre et de l'Ouest, des enquetes serologiques ont ete conduites chez des sujets non vaccines r6sidant dans les secteurs forestiers du Congo, de la Cote d'lvoire, du Sierra Leone et du Zaire. Les resultats indiquent qu'au moins 0,7% des personnes exami- nees 6taient porteuses d'anticorps anti-orthopoxvirus simien. Les etudes ecologiques sur l'hote animal de l'orthopoxvirus simien realisees au Zaire et en R6publique centrafricaine ont progresse rapidement en 1984-1986. L'6cureuil consti- tue dans certaines regions un important reservoir de virus (13). C'est une espece courante dans les plantations de palmiers a huile qui entourent les villages et les separent de la foret ombrophile originelle. Le Comit6 sur les orthopoxviroses a estim6 en mars 1986 que l'orthopoxvirose simienne de l'homme ne constitue pas un probleme majeur, car son taux d'incidence est faible et il apparait de plus en plus certain que le virus est incapable de persister par transmission interhumaine; il estime en outre que les recherches futures pourraient s'inscrire dans le contexte plus large des priorites de recherche en Afrique de l'Ouest et du Centre. Recherches de laboratoire L'OMS a participe activement au maintien de la competence et de la capacite op6ration- nelle des laboratoires au cas oiu des problemes inattendus se poseraient en relation avec la variole ou d'autres poxviroses humaines. Des questions importantes, et non resolues, d'ordre virologique et immunologique, ont egalement ete soulevees 'a propos des ortho- poxvirus et meritent des recherches complementaires. La plupart des diagnostics de laboratoire ont ete realises dans deux Centres collabora- teurs OMS: les Centers for Disease Control (Atlanta, Etats-Unis d'Amerique) et l'Institut de Recherche sur les Pr6parations virales (Moscou, URSS). De 1980 a 1986, ces deux centres ont examine pres de 22 000 6chantillons, preleves sur differents sujets: cas sus- pects de variole et d'orthopoxvirose simienne, sujets atteints d'autres poxviroses (tanapox- virose, molluscum contagiosum, etc.), cas de varicelle cliniquement atypiques, mais aussi personnes apparemment en bonne sante incluses dans les echantillons lors de plusieurs 596 597VARIOLE ET SURVEILLANCE APRES ERADICATION Tableau 6. Nombre d'6chantillons humains (biopsies de l6sions et serums) examines par les Centres colla- borateurs OMS d'Atlanta et de Moscou a la recherche d'une poxvirose, par Region OMS, 1980-1986 R6gion OMS 1980 1981 1982 1983 1984 1985 1986 Total Afrique 2000 (3)b 13 592c(4) 481 (4) 1212 (4) 957 (2) 761 (2) 707 (2) 19 710 (6) Afriqued 32 (11) 2228e(7) 9 (3) 7 (3) 3 (2) 5 (3) 0 (0) 2284 (18) Am6riques 0 (0) 16 (1) 0 (0) 10 (1) 0 (0) 0 (0) 0 (0) 26 (2) Asie du Sud-Est 1 (1) 0(0) 13(1) 3(2) 0(0) 0(0) 0(0) 17(3) Europe 1 (1) 0 (0) 0 (0) 0 (0) 0 (0) 0 (0) 0 (0) 1 (1) M6diterran6e orientale 10 (4) 36 (2) 1 (1) 0 (0) 0 (0) 0 (0) 0 (0) 47 (5) Pacifique occidental 1 (1) 0 (0) 0 (0) 0 (0) 0 (0) 0 (0) 0 (0) 1 (1) Total 2045 (21) 15 872 (14) 504 (9) 1232 (10) 960 (4) 766 (5) 707 (2) 22 086 (36) e Pays ou l'orthopoxvirose simienne a ete observ6e (Cameroun, CMoe d'lvoire, Lib6ria, Nig6ria, R6publique centrafricaine, Sierra Leone, Zaire). b Les chiffres entre parenthAses indiquent le nombre de pays qui ont fourni des 6chantillons. VY compris 12 810 6chantillons recueillis au cours d'enqu6tes s6rologiques conduites en CMoe d'lvoire, au Sierra Leone et au Zaire. d Pays ou l'orthopoxvirus simien n'a pas ete observe. Y compris 2114 6chantillons recueillis au cours d'une enqu6te s6rologique rdalis6e au Congo. enquetes sero-epidemiologiques (tableau 6). I1 faut ajouter aux echantillons humains 2800 pr6levements animaux recueillis au cours de la recherche du reservoir animal de l'ortho- poxvirus simien et du tanapoxvirus. Les domaines de recherche soutenus par l'OMS dans la periode post-6radication sont au nombre de trois: analyse de l'ADN des orthopoxvirus, notamment du virus variolique, mise au point d'un test serologique fiable, sensible et permettant de distinguer diverses especes d'orthopoxvirus, etude 6cologique et epid6miologique de l'orthopoxvirus simien. Des laboratoires situ6s aux Etats-Unis d'Am6rique, au Japon et en URSS ont prepare des anticorps monoclonaux capables de distinguer l'orthopoxvirus simien des autres orthopox- virus connus. Une methode fond6e sur l'inhibition par competition de la liaison a l'anti- gene et utilisant des anticorps monoclonaux a ete recemment mise au point au Japon pour l'immunodiagnostic de l'orthopoxvirose simienne. Documentation sur le programme d'eradication de la variole L'6radication de la variole est un evenement sans pr6cedent dans l'histoire de l'huma- nite, et il a par consequent 6t6 juge important de reunir une documentation sur les reali- sations operationnelles et scientifiques du programme, ainsi que sur les exp6riences et les lecons qu'on a pu en tirer, notamment celles qui s'appliquent a d'autres programmes de sante. L'Organisation a publie des ouvrages sur les programmes d'eradication de la variole au Bangladesh (14), en Ethiopie (15), en Inde (16) et en Somalie (17). Elle a, en outre, pret son concours a la r6daction d'un document sur la conduite du programme d'eradi- cation de la variole en Inde (18). L'OMS a entrepris la redaction d'un ouvrage de ref6rence exhaustif, intitule "La variole et son eradication9", qui traite des aspects scientifiques, operationnels et administratifs de l'eradication mondiale de la variole. Ce travail doit marquer le loe anniversaire du dernier cas de variole endemique. De nombreux articles sur la variole et les ortho- poxviroses apparent6es ont ete publies dans les periodiques de 1'OMS et ailleurs, et tous les documents concernant le programme sont catalogues et archives au Siege de I'OMS a Geneve. 598 Z. JEtEK ET AL. CONCLUSIONS Pendant des siecles, le mot "variole" a terrorise le monde civilise, car il evoquait un fleau qui a tue ou defigure des millions de personnes. La proclamation de l'eradication mondiale de la variole par l'Assemblee mondiale de la Sante en mai 1980 est donc une date historique parmi les victoires de l'homme sur la maladie. Dix-neuf recommandations sur la conduite a tenir apres l'eradication ont ete formulees par la Commission mondiale pour la Certification de l'Eradication de la Variole et approuvees par la Trente-Troisieme Assemblee mondiale de la Sante. Ces recommandations qui recouvraient la totalite des aspects sanitaires importants ayant trait aux orthopoxvirus ont ete mises en aeuvre avec succes, assurant l'eradication mondiale definitive de la variole. BIBLIOGRAPHIE 1. ORGANISATION MONDLALE DE LA SANTE. L eradication mondiale de la variole. Rapport final de la Commission mondiale pour la Certification de l'Eradication de la Variole. Geneve, 1980. 2. KERN, A. B. & SCHIFF, B. L. Smallpox vaccinations in the management of current herpes simplex: a controlled evaluation. 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Key facts
Document type Journal articles
Adoption date
Source World Health Organization