cq/ EURO ',*ll I r Analyse d'un choix de programmes destih6s aux enfants d'6ge scolaire et i leurs parents Vuylsteek REcroNer- DE L'EURoPE : eou] \ 2 2 "tJR' t I I I L] + l Ir II l. I Ir mondiale de la Sant6 @ ftR, lil e*D +q Vu -l c,2 Rapports et Etudes EURO 10 [ilucalitln mu, Ia $ilnlE Ia[aui$mg, almolisme EI il]'llOUB$ Analyse d'un choix de programmes destin6s aux enfants d'6ge scolaire et d leurs parents K. Vuylsteek D irecteu r d u DCpartement de MCdecine sociale de l'UniversitC d'Etat de Gand, Belgique BUREAU REGIONAL DE L'EUROPE Organisation mondiaie de la Sant6 COPENHAGUE 1979 @ ISBN 92 9020 249 | O Organisation mondiale de la Sant6 1979 Les publications de I'Organisation mondiale de la Sant6 b6n6ficient de la protection pr6vue par les dispositions du Protocole No 2 de la Convention universelle pour la Protection du Droit d'Auteur. Pour toute reproduction ou traduction partielle ou int6grale, une autorisation doit €tre demand6e au Bureau rdgional de I'OMS pour I'Europe, 8 Scherfigsvej, DK-2100 Copenhague @, Danemark. Le Bureau rdgional sera toujours trds heureux de recevoir des demandes d cet effet. Les appellations employ6es dans cette publication et la prdsentation des donn6es qui y figurent n'impliquent de la part du Secrdtariat de l'Organisation mondiale de la Sant6 aucune prise de position quant au statut juridique des pays, territoires, villes ou zones, ou de leurs autorit6s, ni quant au trac6 de leurs frontidres ou limites. La mention de firmes et de produits commerciaux n'implique pas que ces firmes et produits commerciaux sont agr66s ou recommandds par I'Organi- sation mondiale de la Santd de pr6f6rence i d'autres. Sauf erreur ou omission, une majuscule initiale indique qu'il s'agit d'un nom d6pos6. Les opinions exprim6es dans cet ouvrage n'engagent que leur auteur. Ce rapport est publid 6galement en anglais et en russe. IMPRIME ATI DANIMARK Réédition sous le numéro ISBN : 9789289024457 (version imprimée) en 2025. Publié à l’origine sous le numéro ISBN-10 : 9290202491. ISSN 0250-8400 (version imprimée) SOMMAIRE 1. Introduction 1.1 Objectil .... 1.2 Rappel des faits 1.3 M6thodologie . 2. Programmes selectionn6s i titre d'exemples <Tabac et Sant6>, Belgique < Information drogues>, Pays-Bas <Information drogue et alcool>, Pays-Bas <Campagne nationale antitabac>, France <Haut Comit6 d'Etude et d'lnformation sur I'Alcoolisme>, France <Drogue>, R6publique f6d6rale d'Allemagne <Alcool et alcoolisme>, Autriche <Alcoolisme>, Ecosse, Royaume-Uni. <Living well>, Angleterre, Royaume-Uni <Schools Council Project : Health Education>, Angleterre, Royaume-Uni <Information sur ... >,Canton de Gendve, Suisse . < Rauchenberatung in der Schule> , R6publique d6mocratique allemande 2.1 2.2 2.3 2.4 ')< 2.6 2;t 2.8 2.9 2.to Page I I I I 3 3 7 tl t4 2t 25 30 33 40 45 49 55 60 64 2.tt 2.12 3. Conclusions R6f6rences bibliographiques I. INTRODUCTION l.l Objectif La prdsente 6tude a pour objet d'exposer certains exemples de pro- grammes d'6ducation pour la sant6 susceptibles de servir de mat6riel de base i un groupe de travail sur les programmes d'6ducation pour la santd I l'inten- tion des enfants d'6ge scolaire et de leurs parents. 1.2 Rappel des faits Dans sa rdsolution WHA27.27,la Vingt-Septidme Assembl6e mondiale de la Sant6 a <soulignd I'importance de l'6ducation pour la sant6 non seule- ment dans les programmes de sant6, mais aussi dans les programmes d'ensei- gnement et dans les efforts apparent6s de ddveloppement socio-dconomique qui ont des incidences sur la sant6>. Dans sa rdsolution WHA27.28, elle a <estim6 n6cessaire de chercher et de promouvoir de nouvelles voies pour aborder et r6soudre d'une manidre appropride les problCmes soulevds par l'dducation sanitaire des mdres, des enfants et de la jeunesse en vtre de prendre soin de leur sant6 et de leur pro- tection face aux nocivit6s de la vie moderneu. Le programme du Bureau r6gional de I'OMS pour I'Europe (Services de la Sant6 mentale et de I'Education pour la Santd), concrdtise par les rapports de rdunions tenues tr Nancy, Cologne et Manchester (OMS, Bureau rdgional de l'Europe, 1974,19'16 et 1978) ainsi que par le rapport, i paraitre, d'un goupe de travail rduni A Dresde en 1977 , fait ressortir I'importance attribude tr l'6ducation pour la santi. Plus spdcifiquement, il s'attache aux principes, ir I'application et i l'6valuation des programmes dont elle est I'objet. Une selection de programmes d'6ducation pour la sant6 en rapport avec le tabagisme, I'abus de l'alcool et I'usage non m6dical des drogues, effectude ir partir des 6l6ments suivants : objectifs, pertinence du contenu, rdalisation et faisabilit6, m6thodologie, 6valuation, rdsultats (y compris les effets secondaires), r6sistances et con$quences ir long terme, est de nature d apporter d'utiles informations compldmentaires i un groupe de travail traitant des programmes d'6ducation pour la sant6 i I'intention des enfants d'6ge scolaire et de leurs parents. 1.3 Mdthodologie 1.3.1 Inventaire Etant donn6 I'objectif vis6 (l.l), un inventaire des programmesad hoc dans la R6gion europ6enne de I'OMS s'imposait. La structure mdme de I'Organisation indiquait que c'6tait aux ministdres de la sant6 publique qu'il convenait de s'adresser tr cet effet,et une demande d'informations a 6t6 envoy6e par le Bureau r6gional de I'OMS pour I'Europe afin d'identifier une personne ou un organisme cl6 dans le domaine de l'6du- cation sanitaire. Les rdponses mentionnant les services ou/et les responsables de pro- grammes qui correspondaient d la d6finition de I'objectif ont donn6 lieu ir I'envoi d'une seconde demande nominative d'informations, plus pr6cise, concernant les programmes et actions en question. Faisant suite d la r6ponse plus concrdte de tels ou tels services ou personnes responsables d'un programme, un questionnaire ditaill6, par programme ou action, leur a dtd envoyd. Les r6ponses ont permis analyse comparative et une apprdciation des programmes mentionn6s. Sur la base de cette analyse, il a 6t6 d6cid6 s'il 6tait ou non approprid de prendre personnellement contact avec le service ou les personnes respon- sables, en leur rendant visite pour compl6ment d'information. l.3.2Selection de programmes et dbctions en matidre d'iducation pour la santd (obus de l'alcool, uyge nn mddical de drogues, tobagisme) destinds aux enfants d'dge scolaire et d leurs parents En tenant compte des dldments d'6valuation mentionn6s plus haut (1.2), une s6lection de 12 programmes a 6td effectude, aprCs analyse d'une cinquantaine de programmes qui avaient dt6 inventori6s dans les 28 pays de la R6gion europdenne de I'OMS ayant rdpondu i la demande d'informa- tions. Il s'est av6r6 n6anmoins qu'il 6tait impossible, pour la plupart des pro- grarnmes et actions conqus et rdalises,de donner une r6ponse valable e toutes les questions-critdres. De plus, il est apparu que la grande diff6rence des situa- tions nationales sur les plans culturel, politique et philosophique,6tait sou- vent I'explication et la raison d'€tre de certains aspects trds caractdristiques des programmes et actions. Il est d'ailleurs essentiel, si l'on veut s'inspirer de certains exemples, de bien situer le programme d'6ducation pour la santd dans le cadre spici- fique de la population pour laquelle il est conqu. Pour cette raison, il a 6td jug6 n6cesaire d'esquisser en toile de fond, pour chaque programme retenu, la situation gdndrale de l'6ducation pour la sant6 dans le pays considdr6, telle qu'elle se d6gageait de la documentation et des r6ponses reques ainsi que des entrevues personnelles. I .3.3 Commentoires sur h mdthode appliquie La terminologie utilis6e dans la lettre de prise de contact <Programmes d'dducation sanitaire en sant6 mentale> 6tait parfois consid6r6e comme ne 2 s'appliquant pas e un programme d'6ducation pour la sant6 dans les domaines en question (alcoolisme, drogue, tabagisme), et par zuite zuscitait une r6ponse n6gative. Dans plusieurs pays, ce n'est pas le ministCre de la sant6 publique qui est reqponsable de l'dducation pour la sant6, de sorte qu'une demande d'infor- mation introduite par ce canal seul reste sans rdponse. Aprds la sdlection op6rde zur la base des r6ponses, il est apparu qu'il importait, pour confirmer les donndes reques par correspondance, d'avoir une entrevue personnelle avec les personnes et services int6ress6s. Toutefois, convenait-il de pr6parer cette entrewe par I'envoi pr6alable des questions que I'on se proposait d'aborder ? A ce propos, la possibilitd de participer i des r6unions internationales ayant trait au probldme de l'6ducation pour la sant6 et se situant dans la p6riode pr6c6dant la mise en route de I'enqu6te a 6t6 trCs utile pour la r6alisa- tion de I'inventaire. 2. PROGRAMMES SELECTIONNES A TTTNT D'EXEMPLES 2.1 Programme de I'action <Tabac et Sant6>, Belgique 2.1.1 Responvble Croix-Rouge de Belgique, en collaboration avec les Ministdres de la Sant6 publique et de I'Education nationale. Adrese : Croix-Rouge de Belgique Service d'Education sanitaire Chauss6e de Meurgat 98 1050-Bruxelles 2.1.2 Obiectif Motiver les enfants d'dge scolaire, et plus sp6cifiquement les jeunes de 10 a l8 ans de telle fagon qu'ils ne commencent pas d fumer, ou, le cas 6ch6ant, qu'ils renoncent d l'usage de la cigarette. 2.1 .3 Principes mithodologiques a) Aprds une itude-enqudte sur le tabagisme parmi les jeunes et une dvaluation des effets i court i et long terme d'un programme antitabac t6l6vis6, il a 6t6 d6cid6 d'organiser une <action antitabac> et de la r6p6ter plusieurs ann6es de suite dans toutes les dcoles du primaire et du secondaire. J b) La technique employ6e consiste i envoyer i toutes les 6coles un matdriel d'information jug6 utile pour inciter les jeunes de 10 h 18 ans d ne pas ou ir ne plus fumer,et i offrir A chaque enseignantlapossibilit6 de faire usage de ce matdriel dans le cadre de ses cours. c) Parallilement est pr6vue une action antitabac sur le phn natiotwl, coordonnde par le Comit6 national de coordination antitabac. Elle comprend une s6rie d'6missions en liaison avec les prognunmes de la t6l6vision scolaire et ceux d'information gdndrale de la t6ldvision et de la radio nationale, ainsi que la distribution, zur tout le territoire du pays, d'affiches et de brochures <antitabac>. d) Une ivaluation de lbction dans les 6coles elles-m6mes n'est pas pr6- vue, en raison d'abord de la difficultd de diffdrencier I'effet sp6cifique du programme scolaire de celui des actions parallCles ext6rieures i I'icole (mas m6dia, affiches, etc.) et, ensuite, de l'absence d'6coles t6moins. Toutefois, une ivaluation globale des actions <antitabacu est programmde pour les anndes i venir, par le biais d'enqu€tes qui seront r6pit6es chaque ann6e et porteront sur un 6chantillon repr6sentatif des adolescents de 18 i 20 ans, notamment les appel6s au servicc mili- taire obligatoire. 2.1 .4 Pertinence du contenu Un des principes retenu pour I'information antitabac destin6e aux enfants d'6ge scolaire comporte I'inclusion de cette information dans un contexte plus large de <promotion de la santd en rapport avec I'hygidne du systCme respiratoire en gdndral et son importance dans la vie de I'homme sain>. Pour le groupe d'dge de l0 a 15 ans, la documentation comprend : - une brochure scientifique pour I'enseignant; - un livret d'instruction pour l'instituteur; - un livret d'instruction pour le personnel de I'enseignement moyen; - une brochure pour les dldves de I'enseignement primaire (5Cme et 6Cme ann6e d'6tudes); - une brochure pour les 6ldves de I'enseignement secondaire (premier degr6). Pour le groupe d'6ge de l5e l8 ans, il est prdvu la brochure scientifique pour I'enseignant et une brochure informatique pour l'6ldve. La brochure scientifique (<Respirer pour viweu, 26 pages) expose les caract6ristiques anatomiques et physiologiques du systdme respiratoire, 4 d6crit les dl6ments nocifs de la pollution atmosphdrique, ses consequences fdcheuses sur I'arbre bronchique et le tissu pulmonaire, et <fait le procds> du tabagisme. Les corr6lations nocives entre le tabagisme et la pathologie respiratoire sont visualiSes par des tableaux et des graphiques. Le facteur tabac n'est pas isol6 cortme 6l6ment incrimin6, dans le dessein de diluer <l'agression antitabacD dans une optique d'hygiCne respiratoire g6n6rale. En conclusion, la brochure propose un progriunme d'action moddle pour (cesser de fumer en une semaine>. Le livret d'tnstruction d l'usage de llnstitutear explique la raison d'€tre de la campagne antitabac et fait appel au sens de la responsabilit6 <de celui qui doit donner l'exemple>. Quelques suggestions pratiques quant i la technique pddagogique et i la tactique propre ir introduire le probldme dans le programme d'dducation normal permettent I I'instituteur de faire usage de I'information dans la plupart des cours traditionnels. La brochure pour les jeunes de dix ans renseigne, au moyen de dessins et d'illustrations simples, sur I'anatomie et la physiologie respiratoire; elle insiste sur les 6l6ments de la pollution atmosphirique en y incluant le taba- gisme. Par les observations qu'elle les amdne i faire i leur foyer et dans leur entourage imm6diat, les jeunes se reprdsentent I'ampleur du problCme. Des questions ir choix multiple, des exercices de mots croisds, des graphiques i commenter, des concours de collages et des probldmes d'arithm6tique simples proposent aux dcoliers une dynamique dducationnelle permettant une participation et un engagement intensifs de leur part. 2.1.5 Realisotion et foivbilitd a) La conception et la rdalisation des brochures, livrets et affiches est I'cpuwe de personnes spdcialisees en pddagogie et en arrangement typo- graphique, d'une part, et d'autre part de m6decins qui ont travaill6 en liaison avec le secrdtariat du service d'6ducation sanitaire de la Croix-Rouge. Bien que cette collaboration se soit av6r6e heureuse, le caractdre occasionnel qu'elle a eu peut faire craindre que l'dvaluation et I'adaptation 6ventuelle du programme ne souffrent du manque de la continuitd ndcessaire. b) L'application du programme d'6ducation pour la sant6 <antitabac> dans les 6coles reldve de la direction locale de chaque 6tablissement. Bien que le Ministdre de I'Education nationale, par la voie d'instructions, incite directions et enseignants d prendre part d I'action, chaque autorit6 scolaire dispose, quant tr la r6alisation ou le refus du programme, d'une autonomie totale. Bien que faisable, il est certain que dans plusieurs institutions I'action ne se d6clenche pas faute de motivation au niveau des directions ou des enseignants. 5 c) Le programme de I'action (antitabacD dans les 6coles, r6alise par le service d'dducation sanitaire de la Croix-Rouge, est soutenu par une action coordonnde du <Comitd national de coordination antitabac>. Les responsables du programme antitabac dans les 6coles estiment qu'une action expres$ment et uniquement axde sur les enfants peut pro- voquer entre l'6cole et les parents des r6actions antagonistes. Il faut donc prdvoir, simultandment, une information destin6e au public en gdndral. A cette fin, le recours aux mass media est indiqu6. 2.1 .6 Risultats, rdsistances, consiquences Il n'est pas posible, au moment prdsent, de faire 6tat des rdsultats de I'action antitabac dans les 6coles. Une enqu€te est ndcessaire, tant pour ce qui est de I'acceptation du programme par les autorit6s scolaires et les enseignants, et de I'utilisation de I'information mise i leur disposition, que de l'appr6ciation du programme par les jeunes. D'autre pafi, il est cer- tain que des risistances se manifestent dans le corps enseignant qui, lui, n'a pas dt6 consultd dans une mesure suffisante ou de manidre ad6quate. De plus, ses membres n'ont pas requ de formation en 6ducation sanitaire, d'orl peut r6sulter de leur part un refus de coop6rer. 2.1 .7 Conclusions Il est admis que le <programme antitabac de la Croix-Rouge de Belgique> , destin6 aux enfants d'6ge scolaire, est dans son contenu comme dans sa forme valable et bien 6tudi6. Toutefois, vu les difficult6s que prdsente son introduction dans le cycle des cours, la question se pose de savoir si I'on doit continuer d vouloir rdaliser l'6ducation pour la sant6 par sujet spdcifique (antitabac, antidrogues ou anti- alcool), ou s'il ne serait pas plutOt indiqu6 de la globaliser dans un ensemble 6ducatif. Le manuel intitul6 <Vivre en personne responsable de sa sant6> mis entre les mains d'enseignants ayant requ lors de leur formation p6dagogique une instruction sp6cifique en iducation pour la sant6, pourrait €tre utilis6 et introduit dans le cadre de tout enseignement, et par tout dducateur. Cette dernidre formule est actuellement envisag6e par le d6partement responsable au MinistCre de l'Education nationale. En collaboration avec le service comp6tent du Ministdre de la Sant6 publique, une commission se constitue pour dlaborer un programme d'dducation pour la santd i introduire dans chaque 6cole. 2 .l .8 L'iduution pour la sante en Belgique : aperqu giniral Ce n'est qu'ir partir des anndes 1970 que I'autorit6 centrale a jug6 ndcessaire de prendre des initiatives dans ce domaine. En 1972,le Ministdre 6 de la Santd publique a institud un <Comit6 scientifique d'avis en dducation pour la sant6> auprds de la Croix-Rouge de Belgique, laquelle a requ mission de coordonner cette activitd dans les dcoles. Le Ministdre de la Sant6 publique a d'autre part cr66 un <Service d'in- formation et de relations publiques> qui sbccupe notamment du problOme de l'6ducation pour la sant6 dans le cadre de la mddecine pr6ventive. Des organismes comme I'Guwe nationale de l'Enfance,les asurances mutuelles pour maladie et invaliditd,l'Association scientifique des M6decins gdn6ralistes, le Groupement professionnel des Pharmaciens, etc. considdrent l'6ducation pour la sant6 comme 6tant dgalement de leur compCtence. Le Ministdre de I'Education nationale et de la Culture frangaise, pour sa part, a pris en charge la publication d'une brochure intitulde <La drogue en Belgique>. Le manque d'une coordination r6elle,le financement trCs modeste des programmes - qui est d'ailleurs presque exclusivement consacr6 i la prdpa- ration de brochures et d'affiches - ainsi que I'absence d'dvaluation de tout prograrnme sont les points les plus critiqu6s de l'6ducation pour la sant6 en Belgique. 2.2 Programme <Information drogues>, Pays-Bas 2.2.1 Responsable Gemeentltike Geneeskundige- en Gezondheidsdienst, de la ville de Rotterdam. Adresse : Gemeentlijke Geneeskundige- en Gezondheidsdienst, afdeling gezondheidsvoorlichting en - opvoeding Schiedamsedijk 95 Postbus 7O.032 Rotterdam, Pays-Bas 2.2.2 Obiectif Ce programme, conqu i I'intention des 6ldves de I'enseignement secon- daire dans la ville de Rotterdam, visait i <informer ces jeunes d'une manidre qui les amdne d adopter une attitude favorable tr la lutte contre I'abus des drogues et d acqudrir un comportement contraire d leur usage)).Il s'agissait, principalement, d'une <recherche m6thodologique et exp6rimentale destin6e i 6tudier I'effet de l'dducation pour la sant6 en rapport avec la drogue>. 2.2.3 Principes mit hodo logtques a) En fait, le programme a 6tE conqu en l97l en tant que proiet de recherche &ncerrunt l'effet de diffirentes mithodes d'iducation pour h vnti sur le comportement, I'attitude et les connaissances des jeunes de 14 it 16 ans au sujet des drogues. 7 b ) Trois m6thodes d'approche ont it6 utilis6es , aprds un test pr6alable - la mdthode dite de <mise en garde)) ; - la mdthode de <l'approche factueller; - la mdthode de <l'approche individuali#e et personnelle> La methode de mise en garde consistait i mettre en garde contre le danger de tenter I'exp6rience de la drogue et i fortiori d'en faire r6gulidre- ment usage. La m6thode de l'approclte factuelle consistait i donner une informa- tion objective aussi compldte que possible sur les drogues et les raisons pour lesquelles il en est lait usaget toutefois, elle laissait aux 6ldves le soin de formuler eux-m€mes leurs conclusions. La troisidme m6thode, lbpproche individualisie et personnelle, reposait sur ce principe que les causes ou raisons de I'abus des drogues doivent €tre approfondies et comprises par les 6ldves si I'on veut arriver i une pr6vention effective. Comme les causes se situent le plus souvent dans une probldmatique de I'adolescence d l'6gard de la soci6t6, la troisiCme approche est spdcifi- quement ax6e sur ces probldmes de I'adolescent. La technique consistait i cr6er dans le milieu scolaire une ambiance qui donnait aux jeunes la possi- bilit6 de s'exprimer librement sur leurs probldmes, d'en discuter entre eux et avec les enseignants, de se rendre compte de la relativiti de leurs difficult6s et, surtout, de r6aliser qu'il 6tait possible de trouver, par leurs propres moyens et avec I'aide du groupe de soutien, une r6ponse i leurs incertitudes et i leur angoisse. Il est clair que les deux premidres mdthodes - traditionnelles - sont relativement faciles d concrdtiser : elles ne demandent que fort peu de temps et un minimum de comp6tence professionnelle. La troisidme m6thode exige en revanche une grande comp6tence, et il faut trouver, pour cette approche dynamique, des enseignants qualifids. D'autre part, la m6thode du travail en groupe implique une activitd 6ducative qui s'6tend sur plusieurs semaines : I'enseignant - qui est le guide de ce groupe plutOt que le chef - doit 6tre <disponible> pendant toute cette pdriode, m€me en perrnanence. c) L'6valuation de chaque mdthode a dtd tent6e dans les trois do- maines : connaissances, attitude et comportement, au moyen d'un question- naire d6taill6 qui a permis de recueillir, pour chaque 6ldve, des informations concernant le niveau social de sa famille, le comportement d l'6gard des drogues, de I'alcool et du tabac, les raisons d'un abus 6ventuel, I'engagement 8 social, les attitudes i l'6gard des drogues et de ceux qui en font usage, et envers la soci6t6 en g6ndral, ainsi que la perception des diffdrentes formes de contr6le social; dgalement la connaissance factuelle des drogues, de leurs effets, de la l6gislation, etc. 2.2.4 Pertinence du contenu La validiti de I'information offerte dans les deux premidres m6thodes ne pr€te aucunement i discussion. Le contenu a 6t6 d'ailleurs consid6rd comme trCs valable et utile pour augmenter la connaisance des drogues et de leurs effets sur l'homme. Il est plus difficile de porter un jugement sur le contenu de la troisidrne m6thode, puisque, en fait, il n'6tait pas fix6 d'avance mais plutOt provoqu6 par les interventions individuelles au sein des groupes de discussion. L'impor- tant n'6tait d'ailleurs pas dans le contenu du programme, mais avant tout dans I'interaction - b6n6fique - des membres du groupe et de I'enseignant- guide. 2.2.5 Rialisation et faisabilite Il ne semble pas y avoir de probldme pour ce qui est de la r6alisation et de la faisabilitd en ce qui concerne les deux premidres m6thodes. En re- vanche, la troisidme n6cessite un grand nombre d'enseignants ayant requ une formation sp6cifique en dynamique de groupe et technique de discussion. Cela implique de toute dvidence une organisation,la mobilisation d'un personnel qualifi6 et un apport financier non n6gligeable. De plus, il s'agit de motiver le personnel enseignant de fagon qu'il consente i s'adapter i une p6dagogie trds diff6rente des m6thodes didactiques usuelles, ce qui souvent donne lieu i des rdsistances serieuses. L'approche <individualisee et personnelle> pose certainement des probldmes quant A sa rdalisation courante. 2.2.6 Risultats, r€sistances, consdquences Aucune des trois m6thodes n'a r6ussi i mettre un terme i I'usage abusif des drogues, bien que chacune d'elles ait accru sensiblement les connaissances spdcifiques sur ces produits; toutefois, on a 6galement observ6 une augmenta- tion des notions inexactes. Par ailleurs, certains jeunes ont 6t6 incit6s d exp6rimenter les drogues, ce qui a surtout 6t6 le cas pour les deux premidres mdthodes. ll a 6t€ difficile d'appr6cier l'dvolution de I'attitude des groupes soumis ir I'influence du pro- grzrmme et de I'action antidrogues. La mdthode de<l'approche personnelle> semble provoquer un engagement social plus marqud, ce qui pourrait sugg6rer un impact comportemental plus important et plus favorable b la sant6 mentale. 9 Une reisistance d la mise en application du programme <Information- droguesr a 6t6 attribude au fait que la m6thodologie p6dagogique dont l'6du- cation pour la sant6 tend i faire usage - la dynamique de groupe notamment - n'est pas toujours accept6e par les milieux traditionnels dans I'enseignement actuel. Une importante consdquence de I'analyse des risultats et de I'expdrience acquise par la mise en pratique du programme <Information-drogues> d Rotterdam a 6tE la d6cision avisee des autorit6s communales comp6tentes de prendre en consid6ration les conclusions du rapport analytique pour toute action d'6ducation sanitaire en cette matidre, notamment le danger que I'information pure et simple n'6veille la curiositd et le d6sir d'exp6rimenter telle ou telle drogue. 2.2.7 Conclusions Le programme <Information-drogues>, rdalise dans I'enseignement secondaire i Rotterdam, peut €tre consid6r6 comme un moddle de recherche opdrationnelle en 6ducation pour la sant6 dans ses rapports avec la santd mentale. L'dlaboration du programme, la pertinence de son contenu, les m6thodes employ6es et les techniques d'6valuation 6taient extr€mement bien choisies et adaptdes au groupe cible. N6anmoins - et cela est 6galement I'avis des auteurs du programme - les r6zultats amdnent i conclure qu'il est pr6fdrable, s'agissant de I'usage non mddical des drogues, d'inclure ce sujet dans une 6ducation pour la sant6 glo- bali#e, comprise dans un ensemble 6ducatif, plutdt que de I'aborder de faqon particuliire, explicite ou indirecte. Un programme d'6ducation sanitaire ax6 sur un seul problCme de sant6, isol6 et sp6cifique, peut donner lieu i une situation conflictuelle vis-i-vis du concept de la sant6 globale, qui, elle, est une unit6 physique, mentale et sociale. La conception actuelle de la sant6 et de la maladie est beaucoup plus large que celle qui 6tait traditionnellement admise : le mo- dile mddico-somatique est progressivement remplac6 par le moddle psy- chosocial. Logiquement, l'6ducation pour la sant6 doit tenir compte de ce ph6nomdne, et celle qui est destin6e d des enfants d'6ge scolaire doit donc faire partie int6grante de l'dducation en gdndral. Il devient de ce fait 6vident, en premier lieu, que tout enseignant dewait recevoir, durant sa formation p6dagogique ou dans le cours d'une formation continue, une instruction ndcessaire et suffisante en matidre d'6ducation sanitaire; en second lieu, qu'6tant donn6 le modCle social de la conception sant6-maladie il convient de recommander I'inclusion de la collectivitd dont l'6cole fait partie dans toute action d'6ducation sanitaire. De I'avis d'un responsable du programme <lnformation-drogues> i Rotterdam, il faudrait ainsi en- visager une action paralldle et simultande dans les 6coles, d'une part, et d'autre part auprds de tous les 6l6ments (multiplicateursl de la socidti l0 vis6e. Un r6le important incombe de ce fait aux organisations bdn6voles sociales, politiques et culturelles. 2.3 Le programme <Information drogue et alcool>, Pays-Bas 2.3.1 Responvble Overijssels Centrum voor Geest eliike Gezondheidszorg Adresse : Overijssels Centrum voor de Geestelijke Gezondheidszorg Schouwburgplein 4 Almelo, Pays-Bas 2.3.2 Objectif Il s'agit de deux programmes qui se compldtent : le premier est pr6vu pour les enseignants; le second est le programme-action destin6 aux 6lCves de 12 ir l8 ans. L'objectif du progamme-enseignonts : <donner d I'enseignant la comp6tence qui le rendra plus apte i discuter avec ses 6ldves des probldmes relatifs aux drogues et ir leur usage abusif, afin de prdvenir leur consommation i I'dcoleu. L'objectif du programme-dcoliers : <motiver les jeunes d'une manidre qui les amdne i faire un choix responsable d l'6gard de l'usage de I'alcool, de la cigarette, des calmants, des somnifdres et des drogues ill6galesu . Au surplus, ce programme 6tait conqu comme un projet pilote, en we d'une action antidrogues plus vaste et g6n6rali#e. 2.3.3 hincipes mithodologiques a) Le programme-enseigrwnts Il comportait de trois i quatre jours consecutifs d'instruction et de travail en groupe, chaque groupe comptant quirze participants. Quatre centres d'intdr€t ont 6t6 choisis : - augmenter les connaissances sur les drogues par une information ddtaill6e; - faire entrevoir les 6ldments controver#s, sociologiques et id6olo- giques, de I'usage des drogues; - faire pr6ciser par les enseignants leurs propres exp6riences,jugements, pr6jugds et rdactions i l'6gard du probldme des drogues; * faire prdciser les diffdrentes possibilit6s de r6actions envers les adolescents qui font usage de drogues, et analyser les consdquences de chacune d'elles. Une 6valuation a 6tE faite i la fin du cours. ll b) Le programnte-dcoliers En tant que progranrme pilote, ce progriunme a 6t6, mis en application dans onze classes. Le projet en avait dtd dlabord par des enseignants ayant particip6 au programme-enseignants et par le centre provincial de santd mentale d'Overijsselsl les enseignants 6taient responsables de I'action propre- ment dite. Une dvaluation 6tait prdvue, tant en ce qui concerne les phdnomdnes psycho-pddagogiques de groupe que les effets individuels. 2.3 .4 Pertinence du contenu Le programme-enseignants, qu'ont suivi quelque 250 enseignants, a sans aucun doute contribud d accroitre les connaissances sur les drogues et leurs effets, r6pondant ainsi i I'attente gdndrale des participants. Moins pertinents semblent avoir it6 les centres d'int6rdt autour de I'expdrience personnelle dventuellement v6cue avec les jeunes utilisateurs de drogues. Le programme-icoliers, pr6vu surtout pour inciter les jeunes i exa- miner et i r6soudre eux-m€mes leurs probldrnes en rapport avec les drogues manquait, du fait de son contenu - les drogues pr6cisiment -, de pertinence 6tant donnd que dans les 6coles of I'exp6rience a et9 mende le problCme de la drogue (illdgale) 6tait tellement mineur qu'il ne se pr€tait gudre i des discus- sions de groupe sur les facteurs sous-jacents i I'usage abusif de ces produits. 2.3.5 Rialisotion et faivbilite Pourvu qu'on ait I'accord de I'autoriti responsable de I'enseignement, il semble que les deux programmes puissent se concrdtiser moyennant une collaboration suffisante des enseignants et des 6lCves; toutefois, on peut s'interroger sur I'efficacitd r6elle de I'investissement en temps et en argent dans le programme-enseignants. D'autre part, comme la m6thodologie didactique qui supporte le programme (groupes de travail et discussions de groupe) ne cadre pas, ou trds peu, avec les conceptions traditionnelles du milieu dans lequel il a 6t6 introduit, sa rdalisation n'a pas manqud de provoquer de nombreux remous, ph6nomdne qui pourrait 6ventuellement faire avorter un projet de ce genre dans certaines 6coles trds traditionnelles. 2.3.6 Risultats, rdsistances, consdquences a) Risultat du programme-enseigrwnts A part les r6sultats tris positifs de I'acquisition par les enseignants de nouvelles connaissances, et I'exp6rience v6cue de l'6tude d'un probldme en t2 groupe de travail pendant trois jours consecutifs, on n'a enregistrd sur le moment m€me, quant ) la prdvention de l'usage des drogues, qu'un r6sultat fort minime. La chose semble logique, le probldme alcool et drogue (illicite) ne se posant pas vraiment. Ndanmoins, il est permis de supposer que les enseignants ayant participd au programme seront, le cas 6ch6ant, plus aptes d aborder le problCme de la drogue ainsi que les autres problCmes du domaine de la sant6 mentale en plus grande connaissance de cause et, dCs lors, plus i m€me d'intervenir et de pr6venir avec davantage d'efficacitd. L'exp6rience a dgalement montrd qu'il importait qu'au moins deux enseignants par 6cole puissent suiwe le cours. b) Risultat du programme-imliers Comme les jeunes n'avaient pas conscience de I'importance du pro- bldme de la drogue,l'objectif n'a pas toujours 6td atteint. Il 6tait assez diffi- cile de les faire participer i un approfondissement des causes psychosociales sous-jacentes au problCme, ou de les alnener i se poser la question du choix d'un comportement responsable en matidre de sant6. L'analyse des r6sultats de l'6valuation effectu6e parmi les 6lCves laisse entrevoir que le sujet <drogues> n'6tait pas un bon choix 6tant donnd I'ob-jectif poursuivi (responsabilitd personnelle). Le problOrne du tabagisme pourrait €tre consid6r6 comrne plus applicable dans ce contexte. La confrontation de deux m6thodes didactiques et p6dagogiques a d6termin6 une vive rdsistance. La m6thode choisie (travail en goupe de discusion) semblait encore trop 6trange, et m€me inqui6tante, dans les 6coles traditionnelles, surtout qu'une controverse acharn6e se poursuit pr6cis6ment ?r ce zujet. L'acceptation de cette forme didactique touchant I'introduction de l'dducation pour la sant6 6tait consid6r6e comme l'dquivalent de I'acceptation de la nouvelle p6dagogie; le programme n'6tait pas toldr6 par les opposants au changement p6dagogique. A la suite de I'exp6rience d'Overijssels, il a 6t6 d6cid6 de ne pas conti- nuer le programme <Information drogues et alcool>, mais de l'inclure dans un prograflrme int6grd d'iducation pour la sant6. 2.3.7 Conclusions L'expdrience du programme (Information drogues et alcool>, du centre de sant6 mentale d'Overijssels, cadre parfaitement avec celle de Rotterdam (2.2): a) une grande circonspection s'impose en ce qui concerne la mise en ceuvre dans les dcoles de programmes <antidrogues et antialcool> axds uniquement sur ces sujets; l3 b) il convient de concevoir et de promouvoir une structure et une mdthodologie didactique qui permettent, dans I'enseignement mdme, une approche intdgrale et syst6matique de tous les messages ayant rapport i l'6ducation pour la sant6; c) l'6ducation pour la santd doit etre avant tout une activiti propre a inculquer un comportement (sanitaire) responsable, et non une for- mation ax6e sur un programme informatique, isol6 et spdcifique, por- tant sur un il6ment ou un comportement jug6s nuisibles tr la sant6. Elle doit s'identifier i une approche dducative englobant toute maniire d'€tre gdn6ratrice de risque pour la sant6 et intimement li6e aux fac- teurs sociaux qui d6terminent les attitudes et le comportement de la personne en g6n6ral. 2.3 .8 L'dducation pour h vntd aux Pays-Bas : apergu gineral Une commission rwtionale de l'eiducation pour h vnti, qui dipend du Ministire de h Sante publtque, a dtd institude en 1976. Elle a pour objectifs la coordination et le soutien de projets 6ducatifs rdgionaux et locaux (Ko mmissie N a t io rw a I P la n G e z o nd h e id svoo r li c h t i ng en - o pvo ed i ng) . D'autre part a 6td cr66, d l'initiative du MinistCre de I'Education natio- nale, un comiti d'ayri concernant I'incorporation dans tout curriculum scolaire de la philosophie et de la mdthodologie actuelle de l'6ducation pour la sant6 (Kommissie tot Modernisering van het leerphn bii het Ministerie van Onderwii s, en Adviesko mmissie Lager Ond erw ii s wor G ezondheidskunde). ll 6tait prdw qu'une coopdration soutenue et fructeuse pourrait s'instaurer entre les deux commissions et les d6partements responsables des deux ministCres. Il ne semble pas que cela aille sans difficultds. En troisidme lieu, il convient de signaler les importants centres d'idu- cation sanitaire qui fonctionnent dans plusieurs villes et d6pendent le plus souvent des autoritds communales. 2.4 Le ,programme de la <Campagre nationale antitabac> , France 2.4.1 Responsable Comitd frangais d'Education pour la Sant6 (CFES) Adresse : 9, rue Newton 751 l6-Paris, France 2.4.2 Objectif Faire diminuer la consommation tabagique dans I'ensemble de la popu- lation. l4 2.4.3 Principes mit hodo logiques Bien que le programme de la campagne antitabac ait 6t6 congu comme un progrumme notionol sbdresvnt a toute la population, et destind a 6tre diffuse sur les chaines nationales de la t6l6vision et de la radio, propagd par la presse nationale, et soutenu dgalement par des affiches et slogans distribuds sur tout le territoire national, le groupe cible 6tait constitud par les parents et leurs enfants. Les deux premidres cilmpagnes visaient I'ensemble de la population : - la premiCre, en novembre-ddcembre 1976, pour une sensibilisation large au probldme du tabagisme; - la deuxiCme, en septembre-octobre 1977,polur le respect des non fumeurs. La deuxidme 6tape du programme, visant sp6cifiquement la pr6ven- tion du tabagisme chez les jeunes, a 6t6 abordde en juin 1978 par la troisiCme grande campagne nationale, celle-ci avec un impact plus particulier dans certains 6tablissements scolaires. Pendant la p6riode entre les deux campagnes nationales 1976-1977 , pratiquement durant toute I'ann6e 19'77 , des actions rdpdties, brdves mais disperSes sur la totalit6 de I'annde, ont 6t6 6galement men6es. <La lutte contre le tabagisme ne peut se concevoir comme une action 6ph6mCre, elle doit s'inscrire, pour avoir une efficacit6 rdelle, dans une perspective tr long termer(CFES ,1977). Les responsables des prograrnmes <antitabagisme> dtaient d'avis que toute action d'information i ce sujet devait €tre soutenue par I'autoritd politique de la nation. Dds lors, les ddcrets d'application sur les interdic- tions de fumer (6coles, 6tablissements hospitaliers, transports publics, etc.) ont en effet 6t6 votds par le parlement frangais ou ddcrdtds par les autorit6s compitentes. Le thdme du tabagisme a dt6 choisi, comme chacun des thdmes des cam- pagnes nationales d'6ducation pour la sant6, selon une m6thode rigoureuse : - les comitds rdgionaux et ddpartementaux d'dducation pour la sant6 sont consult6s, ainsi que les diffdrentes associations non gouverne- mentales impliqu6es dans l'dducation pour la sant6; - des 6tudes sociologiques sont r6alis6es par le Comit6 frangais d'Edu- cation pour la Sant6 et divers organismes de recherche, concernant le niveau actuel des connaissances du public relativement aux princi- paux thdmes de sant6; l5 le choix final reldve de la d6cision d'un <directoire> composd de reprdsentants du Ministdre de la Sant6 et de la Famille et des orga- nismes de sdcuritd sociale qui financent les campagnes. [,a pr6paration directe de la campagne reldve aussi d'une technique d'dlaboration p16cise. La recherche des informations i offrir et de la manidre de les prdsenter se base sur des dtudes de motivations - la premidre dans un groupe d'une cin- quantaine de jeunes et d'adultes. Chacun est enqu6td pendant une heure.Tout renseignement utile et valable est not6. Au cours d'entretiens non directifs, I'interviewi est invitd i s'exprimer librement sur le sujet qui lui est proposd. Un second groupe de personnes subit la m€me procddure : les id6es nouvelles et originales sont retenues. Dans une troisigme ou quatrieme phase,les enqu€- teurs constatent que I'interrogatoire ne fournit plus de nouvelles informations valables. Ce type d'dtude permet de ddterminer les mobiles conscients et in- conscients qui sont i I'origine des ddcisions, des attitudes et des comporte- ments des individus et des groupes. Une 6valuation des campagnes nationales de 1976 it 1977 a 6t6 rdalisee par le Centre d'Etudes d'Opinions (CEO) de la Radio-T6l6vision et de la SOFRES qui a enqu€td auprCs d'ichantillons repr6sentatifs d'adultes,d'adoles- cents, de jeunes et de femmes enceintes, sur les connaissances, I'attitude et le comportement i I'igard du tabagisme. D'autre part, I'analyse des chiffres des ventes de tabac durant et aprCs la campagne a dgalement permis de juger de I'effet de celle-ci. 2.4.4 Pertinence du contenu Une caractiristique de la campagne a 6t6 I'utilisation i une vaste dchelle des moyens de communication de masse : t6l6vision, radio, affiches, ddpliants, comrne le montre le tableau ci-dessous. Media uti I is6s T6l6vision Radio Af f ichage urbain D6pliants et aff ichettes Nature gt nombre des messages 9 messages de 20 se@nd€s 18 messages de 20 secondes 33O passagesDiff usion 87 passages Canaux de diff usio n 2 chaines 5 chaines l'affiche 100 l'af f ichate le d6pliant emplacements 20O 00O affichettes 2 millions de d6pliants affichage mural 6tablissements scolaires, dans la ville de arm6e, pharmacies, mai- Paris ries, maisons de ieunes, postes et autres centres de t616communications t6 La diffusion des neuf messages t6l6vises s'est effectu6e sur les chaines TF I et Antenne 2;chaque message, qui illustrait de faqon trds brdve un thdme trds pr6cis, passait dans le cadre des cr6neaux horaires r6serv6s d la publicit6 aux heures de plus grande dcoute;la population cible dtait de 40 millions;la population couverte a 6td estim6e i 37 millions et le nombre des contacts i 700 000 millions. Les thdmes dtaient, notamment : tabac et pollution;le droit des non fumeurs; ils ne fument pas; I'enfant qui fume par mimdtisme;enfants dans un environnement de fum6e;la femme enceinte. Les 6missions radiophoniques ont 6t6 de leur c0t6 effectu6es sur cinq chaines; au total, 330 pasages ont ainsi 6td assurds avec une population cible de 40 millions de personnes et une population couverte estim6e i 3l millions, ce qui repr6sente un nombre de contacts de 290 millions. En ce qui conceme l'affiche, le nombre des contacts a 6ti estim6 ?r 4l millions. Durant la p6riode de la campagne,le Comit6 franqais,les comitds r6gio- naux et d6partementaux d'6ducation pour la santd, ainsi que de nombreuses associations, ont organi# des manifestations sur le tabagisme. Il convient de citer par exernple : - des concours : it la radio, un concours lanc6 par le Comit6 franqais sur le thdme <Comment s'arr€ter de fumer> a suscit6 2000 r6ponses des auditeurs dont 20 ont 6t6 prim6es; de nombreux 6tablissements scolaires ont profitd de la campagne pour organiser des concours d'affiches ou de slogans sur le tabac et ses consequences; - une exposition: le Salon de I'Enfance,la Foire de Paris et le Ministdre de la Santd ont abritd une exposition r6alisCe par le Comit6 frangais; cette exposition itindrante s'est ensuite d6plac6e par I'interm6diaire des centres rdgionaux et d6partementaux; - des conferences et des dibats : la campagne a 6t6 I'occasion de nom- breux d6bats largement rdpercutds par la presse nationale et r6gionale. La brochure La vnti de lhomme, publication bimestrielle sp6cialiSe en 6ducation pour la sant6, destinde surtout aux enseignants,dducateurs et personnel mddico-social, a consacrd plusieurs num6ros et suppl6ments au problCme du tabagisme. La grande presse s'est largement fait l'6cho de la campagne. Quelque 2500 articles ont 6td en effet publi6s sur le tabac depuis 1975. Enfin, des travaux universitaires, dont plusieurs thdses de m6decine, ont 6t6 consacr6s i ce sujet. Il est assez 6vident que le contenu et la prdsentation du progamme - les moyens et techniques 6tant tellement vastes et importants - peuvent €tre consid6rds comme valables. Toutefois, <le concept selon lequel les 11 changements du niveau d'information induits par les mass m6dia provoquent ir plus ou moins long terme des modifications positives du comportement, souldve et suscite de maniCre croissante, i I'heure actuelle,de tris nombreuses r6serves> (ICP/HED 004). 2.4.5 Rialisation et foisbiliti a) La structure administrative du CFES, son fonctionnement et le budget mis d sa disposition ont permis sans trop de difficult6s la r6alisation du programme conqu par le comitd. b) L'action a 6td soutenue par une action ldgislative paralldle concer- nant la publicit6, et par l'intervention personnelle et publique de plusieurs personnalit6s politiques et scientifiques. c) En ce qui concerne les 6coles, pendant la campagne nationale,l'ins- pection g6ndrale du Ministgre de I'Education a mis ir la disposition des ensei- gnants et des dlives une documentation informative compl6mentaire en demandant, par circulaire officielle, une collaboration active. 2.4.6 Resultots, risistances, consiquences a) Les sondages d'opinions ont permis d'appr6cier I'intdr€t et le degrd de rdceptivit6 du public. Le sondage CEO a 6t6 rdalisd auprds d'un 6chantillon reprdsentatif de 450 tdl6spectateurs de l5 ans et plus. Les sondages SOFRES ont 6t6 rdalis6s imm6diatement aprds la campagne auprds de deux 6chantillons repr6sentatifs de 1000 personnes 6gdes de l8 ans et plus et de 300 personnes 6g6es de l0 i 17 ans. On note que 88% des adultes interrog6s etl 5% des jeunes de I 0 ir I 7 ans ont entendu parler de la campagne. Parmi eux : - 9Wn des adultes et des jeunes ont vu les messages t6ldvisds, - 69%o des adultes et 55% des jeunes ont entendu les messages de la radio, - 55% des adultes et 6Wo des jeunes ont vu les affiches ou ddpliants. b) Deux sondages rdali#s par la SOFRES avant et aprds la campagne permettent d'estimer l'importance des variations des connaissances. des opinions, des attitudes et du comportement con#cutives d la campagne. On note que : - 51% des Franqais ag6s de plus de l8 ans plagaient, apris la campagne, le seuil de consommation quotidienne de cigarettes dangereuse pour la sant6 i moins d'un demi-paquet par jour, contre 56% avant I'action antitabac; l8 - le pourcentage des jeunes qui ont pris conscience des dangers du tabac au cours de la campagne est pas# de 33% it 4O%; - le pourcentage des personnes interrogdes qui voient le fumeur corune <un faible> a progresse au cours de la campagne de 5Vo chez les fumeurs adultes, de 7% chez les adultes non fumeurs, de 2% chez les jeunes fumeurs et de 14% chez les jeunes non fumeurs; - le pourcentage des personnes qui d6clarent fumer a ldgdrement baissd, de 44% it 4l%; 15% des adultes d6clarent avoir diminu6 leur consom- mation tabagique; * 16% des jeunes de l0 d 17 ans ont ddclard avoir r6duit la consomma- tion de tabac. c) L'6volution des ventes des produits du tabac montre une diminution, en 1976, de I 9% par rapport n 1975, le rythme annuel depuis dix ans 6tant une augmentation de 5Vo. d) Il n'est pas possible de juger de I'effet du progamme 1976-1977 sur les enfants dans le cadre scolaire, ni de la r6percussion dans le milieu ensei- gnant, le programme n'ayant pas 6t6 distribu6 spdcifiquernent dans le milieu scolaire;mais l'6valuation pour ce dernier milieu sera faite aprOs la troisi&ne campagne qui se d6roule actuellement et qui est sp6cifiquement dirig6e vers cette cible. 2.4.7 Conclusions La priorit6 attribude officiellement aux campagnes nationales par mass m6dia centr6es sur un thdme spdcifique et destin6es au grand public, bien que consid6r6e coflrme importante, et m€me dans une certaine mesure tout tr fait indiqu6e dans le cas du tabagisme, n'est pas jug6e comme suffisante ni ad6- quate i une 6ducation pour la sant6 A long terme. Les rdsultats des enqu€tes effectudes avant et immddiatement aprCs la campagne ne semblent d'ailleurs pas tellement convaincants quant i un succCs de co0t/efficacit6 (l'investissement dans la campagne 1976 a 6tE dvalud ir 2,5 millions de francs franqais). <A I'heure de ce premier bilan et aprds de multiples tetonnements, il apparait que 1'6ducation moderne pour la sant6 doive €tre abord6e en souplesse et se d6velopper i partir de deux stratdgies : - l'une ax6e principalement sur des modifications du seuil des connais- sances; - et I'autre plus directement axde sur les attitudes et les compor- tements). l9 L'id6e pr6vaut parmi les responsables du CFES que la cr6ation d'un corps de professionnels en dducation pour la sant6 et la formation <d'agents multiplicateursD peuvent avoir, i la longue, un effet plus important et plus durable sur les probldmes de santi. Ces professionnels et agents multiplicateurs sont. avant tout. ceux qui, de par leur fonction, sont en contact direct avec les <consommateurs) et les groupes cibles ir haut risque, plus spdcialement les jeunes en milieu scolaire. Dans le cadre du renouvellement des programmes dans I'enseignement, les autoritds compdtentes du Ministdre de I'Education envisagent une promo- tion importante de l'6ducation pour la sant6 par I'introduction, dans l'ensei- gnement en g6niral, d'une philosophie globale quant d la manidre de vivre sainement en personne responsable, et par la rdalisation d'une m6thodologie 6ducative qui permette une approche intigrale des probldmes de sant6. 2.4.8 L'iducntion pour la vnti en France : aperQu giniral Un organisme national d'6ducation sanitaire, association priv6e, existait en France depuis une cinquantaine d'ann6es. Depuis 1965, cette association, le Comitd frangais d'Education sanitaire et sociale, 6tait 6troitement li6e au Ministdre de la Sant6, dont elle recevait une partie de ses subsides, le reste dtant fourni par les divers organismes de s6curit6 sociale. En I 97 I , ce comit6 a pris le nom de Comite franqais d'Education pour la Sant6 . En I 97 5 , le MinistCre de la Sant6 , sur les recommandations du VIIdme plan (1975-1980), a accordd une large prioriti, dans la politique de santd, i la prdvention et i l'6ducation pour la sant6. Le Comit6 franqais d'Education pour la Santi est devenu I'instrument de I'application de la politique d'6duca- tion pour la sant6. Ses structures et son budget ont 6t6 adaptds i cette nouvelle situation (1 million de francs frangais en 1975, l7 millions en 1978). Outre la r6alisation des grandes campagnes nationales,le Comitd frangais d'Education pour la Santd est charg6 d'organiser et de coordonner sur le plan national toutes les actions d'dducation pour la sant6. Le Comiti frangais d'Education pour la Sant6 peut faire appel i des organismes de recherche, i des instituts ou I des enseignants compdtents en matidre d'6ducation pour la santd (par exemple,l'Ecole nationale de Sant6 publique). Il est aid6 et son action est ddveloppde par les comit6s r6gionaux et ddpartementaux d'dducation pour la sant6, au nombre d'une cinquantaine. Les comit6s r6gionaux d'6ducation pour la santi (CRES) groupant de fait la plupart des personnes et instances qui s'occupent de l'6ducation pour la sant6 i l'dchelon r6gional, de par leur lien structurel avec le Comit6 franqais (natio- nal), permettent ainsi une coordination de l'6ducation pour la sant6 sur tout le territoire. La ligne directrice de I'iducation pour la santd en France est baSe actuellement sur la priorit6 accord6e aux campagnes nationales autour d'un 20 thime. Comme on I'a vu dans I'exemple citd des campagnes antitabagiques, ces campagncs sont organisdes par le Comit6 franqais d'Education pour la Santd; elles ont pour but de motiver favorablement le plus de personnes possible par les mas m6dia, et elles sont d6multipli6es par les comit6s r6gio- naux et d6partementaux d'Education pour la Santd, sous diverses formes: 16unions, confdrences, expositions, etc. En m€me temps, lorsque les jeunes constituent le public cible, le Minis- tCre de lTducation soutient sp6cifiquement la campagne nationale dans les 6coles par I'envoi de circulaires, brochures et autres mat6riels 6ducatifs ir I'intention des enseignants et des 6ldves. 2 .5 Le programme du < Ilaut Comit6 d Etrde et d lnformation sur I'Alcoolisme>, France 2.5.1 Responsable Haut Comit6 dEtude et d'Information sur I'Alcoolisme auprds du Premier Ministre Adresse : Haut Comitd d'Etude et d'Information sur I'Alcoolisrne 27,rue Oudinot 75007 -Paris, France 2.5.2 Objectif Sensibiliser les jeunes aux problOmes de l'alcoolisme 2.5 .3 Principes mithodologiques a) [r programme est destind au groupe cible i haut risque des jeunes entre l2 et 18 ans; non seulement les jeunes qui fr6quentent l'6cole, mais aussi ceux qui en sont sortis et les appel6s au service militaire. b) On considCre que le moyen le plus efficace de sensibiliser les jeunes aux probldmes de I'alcoolisme en vue de freiner I'abus de I'alcool est de faire appel i des animateurs et agents multiplicateurs formds par des stages et des joumees de rencontre. <Le Haut Comitd d'Etude et dlnformation sur I'Alcoolisme, soucieux d'intensifier et d'6tendre, en [aison dtroite avec les personnels des dtablissements, son action dducative auprds des jeunes sco- laires de toutes les rdgions, organise chaque ann6e plusieurs stages nationaux au profit des conseillers principaux d'6ducation et conseillers d'dducation. Ces joum6es d'information et de rencontre permettent l'6tude d'actions susceptibles de sensibiliser les jeunes aux problCmes que posent la consomma- tion ou I'usage excessif de I'alcool> (Circulaire du Ministre de I'Education nationale aux Recteurs des Acad6mies, 1976). 2t Le Ministre de I'Education, par une circulaire sp6ciale. insiste pour que les participants puissent communiquer i leurs colldgues le contenu des 6changes de wes auxquels le stage a donnd lieu, afin qu'il en soit tird le meilleur profit. Sur les 16 rectorats que compte I'Administration de I'Education. 2l ont deje dtd sensibilis6s. Les derniers - ceux de la c6te mdditerrandenne feront I'objet d'un stage vers la fin de I'annde 1978. Les mouvements de jeunesse et centres de jeunes ont dgalement pris la responsabiliti d'organiser des stages de formation avec le soutien financier du Haut Comit6. Plus spdcialement, e I'intention de toutes les 6coles du pays, le Haut Comiti a prf.paft pour les enseignants un ensemble de mat6riel informatique et didactique au sujet de I'alcoolisme. Le D6partement de I'Education natio- nale rend obligatoire la rdalisation annuelle du programme antialcool dans les 6coles. Le concours national pour les jeunes de 14 ir l8 ans - dissertation sur le sujet <alcool et qualite de la viey - qu'organisaient chaque ann6e les directeurs des classes - a 6,t6, supprimi, les participants n'appartenant pas au groupe cible d haut risque. c) Une dvaluation des r6sultats des stages de formation et de I'action dducative des formateurs est effectu6e par I'administration concern6e (6du- cation nationale, ddfense nationale, sports et jeunesse), sous la forme de rapports officiels. Une enqu€te tendant i appr6cier I'impact dans I'opinion publique de la lutte antialcoolique au moyen de questionnaires distribu6s aux chefs d'6tablissements, aux 6ldves de troisiCme et aux parents a 6t6 r6alisee en 1975 par le comitd rigional d'6ducation pour la santd i Nancy. 2.5 .4 Pertinence du contenu Les documenrs mis ir la disposition de I'enseignant dans les icoles par le Haut Comit6 d'Etude et d'Information sur I'Alcoolisme comprennent entre autres : a) plusieurs dossiers d'information, trCs techniques et ditaill6s, notanrment : - extraits du code des ddbits de boissons, - co0t de I'alcoolisme, - alcoolisme dans le milieu du travail, - accidents de la route, - questions 6conomiques, - mortalitd et morbidit6, - causes de I'alcoolisme, etc. 22 b) des brochures, tracts, affiches et films s'adressant sp6cifiquement aux jeunes; c) un dossier pddagogique, destin6 particuliCrement i l'enseignement professionnel et technique <L'alcool et ses dangers>; d) un important dossier pluridisciplinaire, diffuse dans tous les 6tablis- sements I I'intention des 6ldves des classes de fin d'6tudes (15-20 ans) et devant constituer un apport documentaire pr6cieux aux initiatives des enseignants et 6ducateurs d'adolescents. Ut stoge rwtional des conseillers principaux et conseillers d'6duca- tion a eu lieu du 6 au 8janvier 1977. Troisjourndes de travail intensifont r6uni les conseillers d'6ducation de plusieurs institutions. [r programme comportait des #ances d'information accompagn6es d'exposds trds docu- ment6s, la prdsentation d'exp6riences concrdtes r6alisees dans des 6tablis- sements, la projection de films et une joum6e de r6flexion continue par petits groupes sur les diff6rents aspects du thCme. Ces travaux de goupe ont d6bouch6 sur la ddfinition d'attitudes 6ducatives et sur un plan d'actions prdcises tr mener. Parmi les sujets discut6s ont figur6 les suivants : Les jeunes rejettent les probldmes de I'alcoolisme comme ne les concernant pas. Quelles attitudes adopter pour les amener i admettre qu'ils se trompent ? quelles situations cr6er pour qu'ils prennent conscience, peu i peu, que ces problOrnes les concernent dCs maintenant ? Comment aider les jeunes i analyser eux-m€mes les diverses donn6es relatives d l'alcoolisme i partir d'une documentation fournie ou collect6e ? Comment les aider h s'auto-informer ? Par quels moyens pouvez-vous susciter dans votre r6gion d'origine des rencontres avec d'autres conseillers ou 6ducateurs, afin de mul- tiplier les points d'intervention auprCs des 6lCves ? Certaines conclusions du stage ont 6t6 trCs rernarqudes L'alcoolisme n'est qu'un aspect parmi d'autres des probldmes chez nos jeunes : les lycdens se nourrissent mal, ils dorment peu, ils fument beaucoup, ils boivent trop, etc. Pour aider chaque adolescent, pour I'informer objectivanent sur la sant6, il faut dialoguer avec lui et non lui imposer destabous et le silence, etc. 23 L'important. c'est de nouer une relation avec les jeunes; il s'agit donc de I'attitude des adultes d Ieur 6gard. La lomration d'un jeune enfant suppose la collaboration des parents, des p6dagogues, des psychologues, des conseillers d'6duca- tion, de I'assistante sociale, du mddecin, de I'infirmidre, et la documentaliste. L'6tablissement doit avoir un projet dducatif, et I'dquipe dducative doit ddfinir une politique et rechercher les mdthodes et moyens permettant de la mettre en ceuvre. Les actions a mener dans le domaine de I'alcoolisrne sont les suivantes faire participer I'adolescent i sa propre formation; c'est par le travail au sein de gloupes restreints que cette participation sera la meilleure; utiliser les rdunions institutionnelles of se rencontrent parents, professeurs et dldves; crder des clubs d'hygidne, de santd et de presse d'information, pour que les 6lCves y prennent conscience d'eux-m€mes et d6ve- loppent leur capacit6 personnelle d'identifier les probldmes de sant6 , comportant aussi bien I'alcoolisrne que la sexualitd,les drogues, etc.; sensibiliser les responsables, les recteurs, les chefs d'itablissements, etc. ; utiliser efficabement tout document informatique valable et per- mettre aux jeunes de se confronter avec la rdalit6 des faits par contacts divers : juges pour enfants, hOpitaux psychiatriques, police, foyers pour jeunes d6linquants, etc. On peut considdrer que I'ensemble des moyens offerts aux enseignants dans le cadre de la lutte contre I'alcoolisme est important;le contenu des pro- grammes est d'une rdelle valeur. La formation d'iducateurs responsables de l'6ducation pour la sant6 dans les 6tablissements scolaires est certainement le point capital du vaste programme contre I'alcoolisme en France. 2.5.5 Rdalisation et faisabilite Dans sa circulaire du l7 mars 1977,le Ministre de I'Education recom- mande avec insistance la mise en place de clubs d'6lCves, ainsi que de clubs ayant pour objet la santd et la qualitd de la vie. Certains rectorats ont constitud systdmatiquement cettre structure, qui doit constituer un lieu d'accueil et d'dchanges sur de nombreux thdmes : alcool, tabac, drogue, sexualit6, etc. 24 Dans ce cadre, des actions nombreuses et trds vari6es ont 6t6 entreprises par les 6ldves, aidds par leurs professeurs en liaison avec le service m6dico- social : concours d'affiches, campagne de sensibilisation dans la ville, enqu€tes, expositions, recherches de documents, d6bats, etc. De telles rdalisations doivent, pour €tre efficaces, rev€tir des modalitds trds diverses et s'adapter aux contingences et aux besoins locaux. C'est de l'6cologie humaine. 2 .5 .6 Rdsultats, risistances, consiquences Il n'est pas possible, i I'heure actuelle, de faire mention des r6sultats des quelques actions qui ont d6ja 6td rdalisees. Des r6sistances importantes sont envisag6es : professeurs peu disponibles, d6gradation matdrielle de la profession avec refus de faire du b6n6volat; personnel du service m6dical scolaire trop occupd ou absent; parents non intdresSs ou non acceptds dans l'6cole par les 6ldves. Les consid6rations et exp6riences concernant les programmes et actions en matidre d'alcoolimre semblent aboutir d des conclusions analogues i celles de la campagne nationale antitabac (2.4.7,page l9). 2-6 Le programme <Drogue>, R6publique f6d6rale d'Allemagne 2.6.1 Responsable Bundeszentrale ftir gesundheitliche Auftkirung (Centre f6d6ral dEdu- cation pour la Sant6) pour le compte duMinistdre fdd6ral de laJeunesse,de la Famille et de la Santd Adresse : Ostmerheimerstrasse 200 5 Cologrre-Merheim Rdpublique f6d6rale d'Allemagne 2.6.2 Objeoif Am6liorer la communication et les relations interpersonnelles (parents/ enfants; 6ducateurs/dldves) parmi les jeunes de l0 d 15 ans de faqon i leur permettre d'aborder dans un esprit constructif le probldme de la drogue et de le r6soudre eux-m€mes. 2.6.3 Principes met hodologiques a) Aprds plusieurs 6tudes et recherches sociologiques, psychologiques et p6dagogiques concernant l'attitude et le comportement de la jeunesse d l'6gard du probldme de la drogue,les responsables du progamme ont consi- d6r6 que les dliments incitateurs a l'abus des drogues snt certes d brdre socio- dconomique, mais que le facteur decisif est l'insuffivnce de communication et le monque de rehtions interpersonnelles parmi les sujets d haut risque. 25 Conqu pour les jeunes de l0 d 15 ans, le programme <Drogues> vise ir d6gager les causes et les origines de I'insuffisance de communication et des carences relationr.relles. Il tend i montrer I'influence et l'importance de la relation enfant/parents, I'effet des processus de socialisation et le r6le pr6- ventif consid6rable de la manidre d'aborder les conflits. b) Le manuel et le guide didactique de chaque unit6 d'instruction (Unterrichtseinheten zunt Drogenproblem) comportent, par ann6e scolaire : - un questionnaire exploratifpour les 6ldves; - les objectifs 6ducationnels et sp6cifiques pour les enseignants; - la programmation d6taill6e de 5 i t heures de cours, notamment le thdme, I'objectif, la m6thode didactique, les moyens techniques audio-visuels; - la proc6dure d'dvaluation. c) Comme l'acquisition d'une plus grande connaissance factuelle n'am6liore pas n6cessairement le comportement de la personne concern6e, l'6valuation des r6sultats des programmes antidrogues est fort d6licate 6tant donnd qu'il s'agit avant tout d'appr6cier le changement du comportement individuel. A la lumidre des rdsultats d'enqu€tes appropri6es, mendes avant et aprds l'introduction des programmes dans les dcoles pilotes,les responsables du pro- grirmme ont 6td en mesure de tirer des conclusions favorables. 2.6.4 Pertinence du contenu L'analyse, quant ir la pertinence du contenu des programmes par rap- port aux objectifs et aux principes mdthodologiques, a 6t6 tres satisfaisante. Tout en donnant une information objective sur les drogues consid6rdes (tabac, alcool et drogues <illicites>), ce contenu permet aujeune de se rendre compte par le travail personnel (lectures, discussions, r6les jou6s, interviews, exp6riences toxicologiques et chimiques, etc.) des causes profondes et des consdquences nocives de I'abus des drogues. Une grande importance est atta- chde au fait de prdsenter les drogues comme un probldme d'ensemble, et de faire ainsi comprendre aux jeunes l'ordre prioritaire et la relativitd des pro- bldmes pos6s par certaines drogues. L'objectif de la legon No 7 pour dldves de la 5dme annde scolaire, par exemple, est ir cet 6gard ddmonstratif : <Les 6coliers devront pouvoir distinguer et discuter tel ou tel aspect de l'usage de I'alcool qui peut sejustifien. 26 Chaque leqon est structur6e de faqon identifique : thdme, objectif 6du- cationnel, objectifs sp6cifiques, moyens et mdthodes. Le plan du cours est ddcrit et expliqu6 phase par phase. Des tests d'6valuation terminent chaque leqon. t-a reprise des sujets trait6s dans les ann6es antdrieures, avec chaque fois un aspect nouveau qui s'adapte parfaitement au niveau intellectuel et 6motionnel du groupe cible, est un proc6d6 trCs efficace. 2.6.5 Rialistion et faivbiliti L'6ducation pour la sant6, en ce qui concerne la consommation abusive des m6dicaments et des drogues, a dt6 considdrde comme prioritaire vu I'ex- tension de ce problCme parmi les jeunes i partir de 1968. L'accent de la strat6gie dducative s'est d6plac6 de I'information peu nuanc6e par les mas m6dia vers une approche plus globale et int6gde, et en m€me temps plus personnelle, dans l'6ducation g6ndrale. Il a 6t6 sugg6rd que le contact personnel peut etre rialiS par I'interm6- diaire de l'dducateur d e confiance(Vertrauenslehrer) (S6minaire de I'UNESCO, Cologne, 1975) :l'enseignant qui pourrait €tre attachd i I'icole comme un interlocuteur valable pour les dlives et pour ses collCgues. Une formation p6dagogique sp6ciale est pr6we pour ce personnel afin qu'il puise appuyer et coordonner les programmes et actions dans les 6coles et agir comme conseiller auprds deJ 6ldves (Drogensemirwre fiir Erzieherberufe). L'informa- tion et l'6ducation pour la sant6 en maticre de drogue sont aussi pratiqudes en dehors des 6coles par plusieurs centres m6dico+ociaux et coordonn6es par la Deutsche Hauptstelle gegen die Suchtgefahren. Des initiatives r6gio- nales sont 6galement prises dans chaque Land par plusieurs autres organi- sations : Landeseiwichtungen fiir Gesundheitserziehung, Landesstellen gegen Suchtgefahren, Landesinstituten fiir yidagogische Bildung, Landeszentralen fiir politische Bildung, etc. La convergence de toutes ces initiatives, de m€me que la coordination rendue possible par la position centrale et stratdgique dela Bundeszentrale, garantissent la faisabilit6 du programme et des actions. 2.6.6 Resultat s, co nsiquences, risistances a) Bien que le rdzultat de l'6valuation dans les 6coles pilotes ait 6t6 jugd favorable, on n'en a estim6 pas moins n6cessaire, pour renforcer I'acquis, d'entreprendre une czrmpagne d'information compldmentaire i l'intention des parents, ceux-ci dtant consid6r6s i la fois comme utilisateurs potentiels de m6dicaments et de drogues et comme dducateurs de leurs enfants. La campagne a 6t6 conque par une dquipe multidisciplinaire de psycho- logues, de p6dagogues, de sociologues et de spdcialistes en informatique et en publicitd. Le mat6riel (brochures, plaquettes, affiches) a 6td distribud it une vaste 6chelle. 27 La brochure Alltagxlrogett urul Rauchmittel , de 34 pages, vise d rendre les parents cor.rscients dc ce que I'alcool.le tabac et les mddicaments sont des drogues tout conlme celles qui sont dites illigales :leur usage inconsid6r6 n'apporte aucune solution aux probldmes sous-jacents d leur emploi. Cette brochure donne dgalement toutes informations utiles pour que les personnes concerndes puissent trouver I'aide prdventive ou curative ndcessaire. b) Une certaine r6sistance i la mise en pratique d'une partie du pro- gramme <Drogues> a dtd susceptible de se manifester du fait de la situation isolde du Vertrauenslehrer, I'enseignant/dducateur prdvu dans chaque 6cole. Cet enseignant est parfois classe comme (marginal), ce qui peut crder une barridre i la communication avec les 6ldves et les autres enseignants. 2.6.7 Corrclusions a) Les programmes d'dducation pour la santd destin6s aux jeunes d'6ge scolaire ont fait I'objet des principaux efforts de la plupart des organisations et instituts qui s'occupent de cette iducation. Jusqu'ir pr6sent, ce sont les programmes concernant I'abus des drogues, le tabagisme et I'alcoolisme qui ont eu la prioriti. Toutefois, le principe tendant i instituer des programmes sdlectifs traitant d'un seul probldme et s'adressant indiff6remment d toute une popu- lation de jeunes ne semble plus rdpondre aux besoins rdels. Les rdsultats des travaux d'6valuation ont fait ressortir en effet qu'il serait prefirable de com- prendre tous les sujets d'intir€t dans un programme unique, plus vaste et axd sur l'iducation pour h vntd dans y totaliti : le comportement de I'homme conscient de sa sante. C'est dans ce sens que la centrale f6d6rale, notamment, envisage la r6ali- sation d'un nouveou cuniculum d'iducation pour la santi dans I'enseignement primaire et secondaire; les recherches fondamentales et les lignes directives p6dagogiques et didactiques ont 6t6 d6termin6es pour la partie concernant I'enseignement primaire. Le programme ne peut €tre envisag6 comme un enseignement i ne dis- penser qu'une seule fois : il doit €tre r6p6titif. Il faut qu'il puisse 6tre incorpor6 dans plusieurs cours diff6rents. L'accent est surtout mis sur sa structure pdda- gogique, afin que son contenu soit transmis aux 6ldves par I'interm6diaire de I'enseignant;de cette manidre,le programme se pr6sente comme unguide pddagogique <moddle>. Ndanmoins, il doit laisser i I'enseignant toute latitude de I'adapter selon telles ou telles circonstances sp6cifiques; I'important est qu'il le motive, par son contenu et par sa forme, d adopter une attitude favo- rable ) sa r6alisation. b) Il est dvident que le rdsultat final dipend en premier lieu de I'ensei- gnant lui-m€me; aussi faut-il que sa formation comporte un cours en dduca- tion pour la santd (principes, m6thodes, techniques). l8 c) Les dvaluations rdcentes de quelques programmes types ont fait apparaitre I'importance croisante de I'attitude de la famille, des parents, de la <mini-soci6td> qui entoure le jeune auquel le programme dducatif est des- tin6. Il s'en suit que, parallClement i I'introduction de curricula scolaires en dducation pour la sant6, il faut envisager de promouvoir cette activit6 parmi les adultes afin que la soci6t6, dans son ensemble, soutienne I'effort de 1'6cole pour motiver les jeunes i prendre conscience de leur santd et a en accepter la responsabilit6. 2.6.8 LUducation pour la ynti en Republique fidirale dAllemagne : aperguginiral Au niveau centrol ,l'organisation f6d6rale pour l'6ducation sanitaire est h Bundeszentrale fiir Gesundheitliche Aufklarung, i Cologre, institut qui ressort du Ministdre f6d6ral pour la Jeunesse,la Famille et la Santd. Plusieurs autres organisations et institutions priv6es sont dgalanent actives au niveau central. Elles sont group6es en une Association fdd6rale d'Education pour la Sant6 qui repr6sente trente millions d'habitants de la R6publique. Cette association, subventionnde notamment par I'Etat, dispose d'un service d'information qui lui est propre et diffuse rdgulidrement une documentation traitant de l'dducation pour la sant6. Il faut aussi faire mention d'institutions qui exercent une activitd sp6ci- fique, centr6e sur un sujet 6ducatif exclusif, comme la Deutsche Hauptstelle gegendie Suchtgefahren, qui sbccupe de l'6ducation pour la santd ainsi que de la recherche et de la pr6vention en matiCre de drogue. Av nivuu dicentralisi, les autorit6s minist6rielles des Ltinder ont asum6 la responsabilitd de l'6ducation sanitaire sur leur territoire et ont charg6 leurs ministdres de l'6ducation, du travail, des affaires sociales et autres, de cette matiCre. La plupart de ces d6partements disposent d'un conseiller-spdcialiste en 6ducation pour la sant6. Afin d'optimaliser la coordi- nation des programmes et action d'6ducation pourla sant6 entre lesLdnder et la centrale f6d6rale, i Cologne, un groupe de coordination, comprenant les responsables de l'6ducation pour la santd, des autoritds ministdrielles des diff6rents Lrinder,des organisations rdgionales de ces derniers et de la Bundes- zentrale, se rdunit deux fois par an. L'education pur h sonti dans les icoles est dans chaque Land la res- ponubilit6 des ministres de l'6ducation, et plus spdcifiquement des sdnateurs responsables de I'enseignement. Les curricula de I'enseignement primaire, secondaire, technique et pro- fessionnel prdvoient des programmes d'dducation pour la sant6. Les sujets d'6ducation pour la sant6 qui sont retenus comme priori- taires dans les Lander correspondent aux priorit6s fixdes par le Centre f6d6ral, 29 bien que, selon les urgences rdgionales, des programmcs plus sp6cifiques puisserrt 0tre introduits. Des principes d'dducation sanitaire dldnrentaires pour enfants de 3 i (r ans ont dtd dlabords, et publids aprds que leur valeur et celle du matdriel crd6 en s'en inspirant ont 6td test6es. Des manuels pratiques, des exercices et travaux i exdcuter en classe, ainsi que du matdriel didactique divers ont 6td distribuds i chaque 6cole, aprds approbation du ministre responsable et des sdnats scolaires. Ce matdriel. qui a 6td distribud i raison d'un exemplaire par ecole, comporte un ensemble didactique maximum i I'intention de I'instituteur, qui y choisit les 6l6ments i introduire dans ses cours. 2.7 [r programme <Alcool et alcoolisme>, Autriche 2.7.1 Responvble Bu nd filr S uc ht giftfrei e Jug e nd erz ie hung Adresse : Wd'hringer Strase 188- 190, Stg l/2 A. I I 80-Vienne, Autriche 2.7 .2 Objectif En stimulant une 6ducation et une formation personneile active, motiver les jeunes d choisir leur fagon de vivre en individus responsables et conscients de leur santd. 2.7 .3 Principes mdthodologiques a) Depuis dejir plusieurs ddcennies. le Bundesministerium filr Unter- richt und Kunst engage les 6coles i consacrer chaque ann6e une semaine i la lutte contre l'alcoolisme. Les autorit6s responsables de la Ligue pour I'Education des Jeunes sans Drogues (Bund filr Suchtgiftfreie Jugenderziehung) sont assez sceptiques quant aux r6sultats d'une action qui n'a lieu qu'une fois par an. Elles consi- ddrent 6galement qu'un programme ax6 sur un seul thdme n'est pas particu- ligrement indiqu6. Pour cette raison, la Ligue a ddcid6 d'accroitre I'impact de la campagne en ajoutant au progrzurune de la semaine traditionnelle un ensemble de docu- ments qui composent un manuel didactique pour I'enseignant et ses dldves sur le sujet de I'alcoolisme. Le programme est conqu dans une optique p6dagogique et didactique. Il se divise en plusieurs sous-programmes dont chacun traite d'un probldme de I'alcoolisme suivant une approche qui cadre avec les cours du progriunme clasique de l'dcole et est adaptde aux diffdrentes classes d'6ge. 30 b) Les premiers r6sultats des 6valuations faites parmi les enseignants et les dldves sont encourageants. Il est pr6vu que les documents de travail (Arbeitsbkitter) de la campagne antialcool, qui sont dlaboris dans le cadre du Bund ftir suchtgiftfreie Jugenderziehung pu une 6quipe de p6dagogues, de psychologues, d'enseignants, de m6decins et de sp6cialistes en sciences natu- relles, serviront de base, dans les 6coles, I l'dducation pour la sant6 portant sur d'autres thdmes, comme le tabac et les drogues. 2.7.4 Pertinence du contenu Le programme est pr6sent6 sous la forme d'un ensemble 6ducationnel de l9 documents de travail (Arbeitsblatter) dont deux sont sp6cifiquement destinds aux enseignants. Chaque document traite d\rn problCme ou dhn aspect en rapport avec I'alcool ou I'alcoolisme. Il contient des informations techniques et scientifiques, propose des exercices pratiques adapt6s aux pro- bldmes i rdsoudre, ainsi que des r6cits d'aventures qui suscitent la curiositd et I'int6r€t dujeune lecteur et sugSdrent desjeux en rapport avec le sujet. Les auteurs des documents sont parvenus i intdgrer les informations concernant I'alcool et l'alcoolisme dans les rubriques des cours classiques de l'enseignement secondaire : physique, chimie, biologie. On peut mentionner tr titre d'exemple le document No 3 (Gibt Alkohol Kroft ?> (L'alcool donne- t-il des forces ?). Le sujet est introduit par un probldme de physique : calculer I'effort fourni par une personne qui souldve un poids. Les donn6es sont celles d'une expirience faite par un individu avant et aprds la consommation d'al- cool, et avant et aprCs la consommation de sucre. Les dlCves peuvent, en comparant les chiffres qu'ils ont eux-m€mes calcul6s, conclure que I'alcool n'apporte pas un suppl6ment de forces, bien au contraire. Le document N" 6 <L'alcool et les accidents de la circulationu propose le calcul de la distance minima ndcessaire i I'automobiliste, avant et aprdsla consommation d'alcool, pour s'arr€ter devant un obstacle, en tenant compte des changements intervenus dans le temps de rdaction neryeuse. Pour r6soudre le probldme,l'enseignant doit expliquer la physiologie du systdme neryeux ainsi que sa structure anatomique et morphologique. Les r6sultats des exercices pratiques et des probldmes i r6soudre doivent €tre r6sum6s par les dldves en tableaux et graphiques, ce qui permet ir I'ensei- gnant de les instruire sur ce sujet tout en consid6rant le probldme de l'alcool. L'ensemble 6ducationnel de documents portant sur I'alcool dewait avoir pour rdsultat que l'6ldve, tout en acqudrant ou en utilisant des connaissances traditionnelles, se familiarise avec les donndes et notions relatives A I'alcoolisme . En parcourant les Arbeitsbkitter, on peut se rendre compte que I'ap- proche utiliSe est judicieuse : elle est en effet attractive pour les 6ldves, et elle permet i I'enseignant d'utiliser ces documents dans ses cours classiques. Aucune dvaluation de la m6thode n'a encore dtd rdalisee. 3l 2.7.5 Realisotion et faivbilite Les Arbeitsblatter sont conqus et 6labor6s dans le cadre du Bund fiir suchtgiJtJieie Jugenderziehung pu une dquipe pluridisciplinaire dont les membres apportent leur collaboration i titre bdndvole. Ces documents sont ddit6s trds sobrement et leur prix de revient sera trds raisonnable.Ils prdsentent cet avantage de pouvoir €tre fournis i chaque 6ldve. Le nombre d'exemplaires distribu6s jusqu'ici est d'environ I ,5 million. Le Ministdre de I'Education nationale a donn6 son accord pour l'intro- duction du programme dans le curriculum normal des dcoles. On peut conclure de ces informations que le programme, une fois conqu et mis au point, est rdalisable dans la plupart des 6coles sans de trop grandes difficult6s. Toutefois, bien que les instructions ndcessaires i I'utilisation syst6- matique des documents puissent 6tre obtenues auprds du Ministdre de I'Edu- cation nationale, il n'est pas certain que toutes les dcoles en fassent la demande ou I'usage indiqu6. 2 .7 .6 Rdsultats , risistances, consiquences Etant donn6 que I'introduction du programme est toute rdcente (ann6e scolaire 1977-78), il est 6vident qu'on ne peut encore faire mention de r6sul- tats quant d l'6volution dventuelle de I'attitude et du comportement des jeunes i l'6gard de I'alcool. Aucune rdsistance r6elle ne s'est manifest6e, ni dans le corps enseignant, ni parmi les 6ldves. Les responsables regrettent n6anmoins que 1'6ducation pour la santd dans les dcoles ne soit pas suffisamment soutenue hors du milieu scolaire par une action coordonn6e avec les autres instances intdresdes. Comme conSquence heureuse de I'introduction du programme, il faut signaler la ddcision de prendre les Arbeitsblot er comme moddle didactique et p6dagogique, et d'en 6tendre le contenu i d'autres problCmes de santd : tabac, drogues, etc. 2.7 .7 Conclusions Il est certain que I'originalitd du pro$amme, notamment son intdgra- tion avec les matidres des cours clasiques et le co0t moddr6 de la prdsentation et de la distribution du matdriel, sont deux 6ldments trCs favorables i la rdali- sation des objectifs proposes. I-a faisabilitd et les premidres 6valuations per- mettent de bien augurer de cette approche. Il est n6anmoins i regretter que le progrirmme ne prdvoie pas la partici- pation active et systdmatique de la collectivit6 hors du milieu scolaire (grou- pements de parents, associations de jeunesse, etc.). 32 2.7.8 L'dducation pour la santd en Autriche L'dducation pour la santd en Autriche interesse plusieurs institutions et organisations qui reldvent soit de I'administration publique, soit d'organismes priv6s. L'lnstitut autrichien national de la Sant6 (Osterreiches Bundesinstitut fiir Gesundheitswesen) comprend un groupe d'6tude de la mddecine priven- tive (Studierryruppe ftir Gesundeheitsvornrge) qui s'emploie i promouvoir I'dducation sanitaire par la diffusion de brochures et d'affiches dans le public et dans les 6coles. Le Ministdre de la Santd et de la Protection du Milieu (Bundesministerium fiir Gesundheit und Umweltschutz) a publid plusieurs brochures, plaquettes, affiches et bulletins d'information destinds aux diff6rents groupes cibles et i haut risque, notamment les enseignants et les 6ldves. Il organise chaque ann6e, en collaboration avec le Ministdre de I'Education nationale et des Beaux-Arts, une semaine d'action antialcoolique. Le service midical du MinistCre de l'Education nationale et des Beaux- Arts (Buntlesministerium fir Unterricht und Kunst) distribue dans les 6coles, par l'intermddiaire de son propre personnel ou par celui d'autres instituts ou groupes spdcialises, des affiches, brochures, plaquettes et bulletins d'informa- tion sur les sujets d'actualitd en matidre de prdvention (tabac,alcool,drogues). Par des circulaires adressdes d toutes les icoles, le Ministre de I'Education nationale insiste aupris des enseignants pour qu'ils fassent usage de ce mat6- riel informatique dans leurs cours. Parmi les organisat ions priv6es. l'Ost erreic hischer Arb eit sgemeinsc haft fir Volkgesundheit (6AV) est trds active. Cette organisation prend notamment en charge la diffusion gratuite aux enseignants de quatre bulletins d'information (Informationen) par an sur les probldmes de sant6 et de pr6vention. La Ligue pour I'Education des Jeunes sans Drogues (Bund filr suchtgift- frei Jugenderziehung) se charge de la pr6paration et de la publication des manuels d'dducation sanitaire utili$s dans les dcoles dans le cadre de la lutte contre I'alcoolisme, I'abus du tabac et des drogues. La Croix-Rouge autrichienne, section des jeunes (1sterreichische Jugendrotkrenz) distribue dans tout le pays des affiches et des tracts destin6si la jeunesse. 2.8 Le programme <Alcoolisme>, Ecosse, Royaume-Uni 2.8.1 Responvble Scottish Health Education Unit (SHEU) Adresse : 2l Landsdowne Crescent Edimbourg EH 125 EH, Ecosse 2.8.2 Obiectif Rendre la population consciente de la gravitd du probldme de I'alcoo- lisme dans toutes les clases de la soci6t6 et dans tous les groupes d'6ge. Plus spdcialement, avertir les jeunes des dangers de I'alcoolisme et les inciter i ne pas consommer d'alcool avant l'6ge adulte, et d'en faire alors, 6ventuellement, usage d'une faqon intelligente et socialement acceptable. 2.8.3 h incipes met hodo logiques Comme en Ecosse I'usage de I'alcool est un ph6nomCne social dans toutes les couches de la population, le programme <Alcoolisrne> est conqu pour la population dans son ensemble, avec toutefois, comme groupe d haut risque, lesjeunes de l3 i l8 ans. En vue d'atteindre la majorit6 des habitants, la prioritd est donnde i I'information par les mas m6dia (tdl6vision, presse 6crite nationale et 16gionale). Afin de rendre plus personnelle la prdvention ou la rdadaptation, un rdseau de personnels compCtents en matidre d'dducation est pr6w sur tout le territoire, avec mission d'appuyer, d'intensifier et de concr6tiser le pro- grarnme des mas m6dia. Ce r6seau est celui des personnels du Service de Sant6 national (Notional Heolth Service). Le contenu et la forme des programmes et actions sont conqus et mis au point A partir des risultats de recherches en dducation pour la sant6 et des dvaluations pr6vues d cette fin. 2.8.4 Pertinence du contenu Le programme dans son ensemble comporte cinq volets : - le programme informatif des mas m6dia, - I'action de soutien par affiches, plaquettes, tracts et brochures, - le film i <d6clic>, - les seminaires et cours de formation pour 6ducateurs, - la recherche et I'ivaluation. a) Le programme informotif de la tiltjvision et de la presse rwtiorwle et rigionale L'objectif de ces productions et de ces messages est de montrer qu'une aide effective peut etre obtenue et que <la gudrison> est possible. Le pro- grilllme vise avant tout ir stimuler les appels d'aide prdcoce. Les chaines commerciales de tdl6vision et la presse donnent en exemple des situations v6cues par des personnes qui ont pu se d6faire de leur ddpendance 34 i l'6gard de I'alcool.Ces personnes exposent les circonstances et les probldmes de leur vie qui ont et6 i I'origine de leur comportement n6faste et de ses consdquences. et indiquent la fagon dont elles se sont sorties d'affaire. Les adresses des organisations et institutions rdgionales auxquelles les personnes intdressdes peuvent s'adresser sont indiqudes. b) Les alfiches, phquettes, tracts et broclrures Ces publications sont conques, produites et publides par la Scottish Health Education Unit. Comme suite aux r6sultats des recherches men6es sur I'alcoolisme en Ecosse, les brochures et tracts ont 6t6 adapt6s aux groupes cibles et i haut risque : enseignants et 6ducateurs professionnels, d'une part, parents et jeunes d'autre part. La brochure Drinking and your child (L'alcool et votre enfant) intro- duit le problime en expliquant comment des parents peuvent €tre pour leurs enfants des <initiateurs> ir I'alcoolisme. Les signes d'alarme du ddbut de I'abus d'alcool chez le jeune sont expliqu6s, et des moyens sont propos6s pour que les parents puissent, en coop6rant avec lui, endiguer le danger et rdsoudre le probldme sous-jacent, et a cette fin l'6couter,discuter ouvertement de son probldme,l'aider d retrouver son dquilibre et i reprendre conscience de sa res- ponsabilitd et de ses possibilit6s. Le r6le prdpond6rant du noyau familial, des amis et de I'entourage dans la prdvention de I'alcoolisme chez les jeunes est mis en 6vidence. L'intervention spiciali#e de psychiatres, psychologues, etc. est consid6r6e comme I'ultime ressource. La pfaquette Understanding alcohol and alcoholism in Scotlond (Com- prendre l'alcool et I'alcoolisme en Ecosse) explique en termes trds neutres, avec chiffres et statistiques ir I'appui,le grave probldme que pose I'alcoolisme en Ecosse. Le symbolisme et le contexte sociologique de I'acte de <boiret est expose. Une distinction trCs nette, faite entre I'usage de I'alcool, I'abus de I'alcool et la d6pendance, amdne i une premiCre conclusion, i savoir que I'abus de I'alcool est un aspect d'un comportement habituel qui s'acquiert dans le milieu sociologique et trouve en lui un soutien. Le phdnomdne de la cohdsion du groupe, qui joue un r6le dans la gendse de ce comportement, est expliqud. L'effet catalysateur des probldmes personnels est abordd, mais non pas comme une causalitd majeure. Les consiquences de I'alcoolisme, tant physiques que psychologiques et sociales, sont d6nonc6es. Important est le fait que I'image de I'alcoolique n'est pas prdsentde comme celle du marginal. de I'asocial ou du ddlinquant, mais plut6t comme celle de tel homme ou de telle femme de son entourage dont on prevoit l'6volution malheureuse. Un sevdre avertissement est donnd 35 aux femmes et aux jeunes dont I'attitude et le comportement deviennent inqui6tants sous le rapport de I'alcoolisme. A cause du caractdre exclusif du role des parents, les auteurs de la pla- quette considdrent que la prdvention primaire se situe en fait dans la famille : en communiquant i l'enfant une fause notion de valeur i I'dgard de I'alcool, on peut d6terminer chez lui son usage ou son abus. C'est lir une deuxidme conclusion importante. La prdvention secondaire se situe dans l'entourage : I'dcole,les amis,la mini-soci6ti du jeune. L'influence de cet entourage peut €tre favorable, cornme elle peut aussi €tre nocive. Pour la prdvention tertiaire, il reste les organismes et centres de thdra- peutique et d'accueil pour intoxiqu6s. La plaquette invite chacun i coop6rer aux projets <antialcool> r6gio- naux et locaux en faisant usage de I'information et de I'infrastructure offertes par les initiatives officielles de la SHEU et de ses centres rlgionaux {area health services). Le tract Drinking and young people (L'alcool et les jeunes) est base sur les rdsultats de recherches effectudes par la Scu/tish Health Education Unit parmi lesjeunes de 6 i l0 ans et les adolescents de l0 i l7 ans. Le contenu est adaptd aux trois films conqus i leur intention et qui ont pour sujet I'alcoolisme chez les jeunes; il se pr€te parfaitement i des discus- sions de groupe, ce i quoi les films et le tract visent pr6cisement. c) Les films a <declic> (trigger films) A la suite de recherches sur les attitudes et le comportement des enfants et des jeunes adolescents, la SHEU a 6dit6 une serie de trois films pour ceux de 13 i 16 ans ainsi que pour les personnels du service de sant6. Ces films tendent i provoquer une discussion approfondie et intensive sur I'usage et I'abus de I'alcool dans le groupe desjeunes qui asistent i leur projection. A I'intention des personnes chargdes de la projection des films et des enseignants qui participent, le tract <L'alcool et lesjeunes> fournit des infor- mations compl6mentaires qui facilitent la discusion avec les adolescents. Des images extraites du film sont reproduites sur des affiches, ainsi que dans des brochures et plaquettes. Chaque fois que I'une d'elles se pr6sente au regard, elle ramdne d la m6moire la discussion qui a suivi la projection du film, avec, le plus souvent, ce r6sultat que la motivation contraire i la boisson est intensifi6e. d) Les sdmiruires et cours de formation <d'iducateurs> Ils ont dt6 considdr6s ndcessaires pour supplder la demande d'aide per- sonnali#e que I'on prdvoit comme conSquence du programme <Alcoolisme> des mass m6dia. 36 Le Scottislt Council on Alcoholism et le Deportmetfi o| Exta Mural Studies and Adult Education, de I'Universitd de Glasgow, ainsi que d'autres organismes, ont organisd de concert avec la SHEU un cours dispense cn deux p6riodes et qui a pemris de former quelque vingt conseillers et 6ducateurs. Le Seond Scottish School on Alcoholisrr, organis6 par le Sco//rth Council on Alcoholism avec la SHEU et d'autres organismes,a dgalement pu assurer i plu- sieurs personnes reprdsentatives de la profession medicale et de celle des assis- tants mddicaux, du corps enseignant, de syndicats, de groupements politiques, etc. une formation en 6ducation pour la sant6 sous le rapport de I'alcoolisme. e) La recherche et l'ivoluation Le contenu, la forme et le d6roulement des campagnes sont en grande partie fonction des r6sultats de la recherche scientifique, plus spdcifiquement dans le domaine du comportement et de I'attitude des jeunes i l'6gard du pro- bldme de l'alcoolisme. Une 6valuation du pr6sent programme d'6ducation sanitaire <antialcool> est effectu6e par le Medical Research Council, Unit for epidemiologicol studies in psychiatry, d I'Universit6 d'Edimbourg. 2.8.5 Rialisation et faisabiliti Le programme et les actions mentionnds ont 6t6 rdalisds dans le courant desanndes 1977 et1978. La structure de la SHEU, l'effectif non ndgligeable en personnel du bureau central, la permanence d'unit6s d'dducation i la sant6 d6centrali#es dans le cadre du service de santd et relevant de la SHEU,les relations officielles et officieuses avec la plupart des institutions officielles (comme le d6parte- ment de l'6ducation i I'ichelon rdgional) et non officielles (comme toutes les organisations b6nevoles) sont autant d'6l6ments qui ont favori# la r6alisation et la faisabilit6 du programme <Alcoolisme>. Si I'on en juge du point de vue de la concr6tisation des actions dans les 6coles, il semble que beaucoup d6pende de I'initiative et de la motivation des directions de ces 6tablissements. Ce sont elles qui ddcident in fine d'accepter le programme ou de ne pas s'en charger, de faire ou non appel aux compdtences des personnels de sant6 qui eux ont requ une formation spdcifique en la matiire. Comme le programme <Alcoolisme> de la SHEU n'avait pas dt6 conqu pour €tre introduit dans les dcoles en tant que tel, la carence d'une action intra- scolaire ne peut €tre imput6e d une d6ficience du concept dducationnel. 2.8.6 Risultats, resistances, consdquences Des rdsultats concrets et chiffr6s ne sont pas encore disponibles. Toute- fois, I'impact <informatique)) est ddja assez net dans la population en g6niral. 3t A part les rdsistances commerciales, le programme <Alcoolisme> de la SHEU ne parait pas susciter une r6elle r6sistance sp6cifique. Comme consdquence, non pas tellernent du programme en soi que des considdrations sugg6r6es par les premidres 6valuations et des id6es rdcentes sur la place de l'6ducation pour la sant6 dans le curriculum r6gulier des 6coles, les responsables du SHEU dtudient - avec le D6partment de I'Education nationale (Scottish Education Department) - I'introduction de l'6ducation globale pour la sant6 dans les structures clasiques de I'enseignement primaire et secondaire. 2.8.1 Conclusions Le trait saillant qui se ddgage de I'analyse de l'dducation sanitaire en Ecosse est la structure du Health Education Centre (HEC) et de ses deux composantes : la Scottish Health Education Unit et le Scottish Council of Health Education. Comme le HEC fait partie intdgrante du Service de Sant6, il dispose d'une infrastructure qui lui permet d'organiser ses actions i l'6chelle nationale et r6gionale. Ainsi s'explique la stratdgie de la SHEU : information et motivation par les mas m6dia, soutenues par des affiches, brochures et plaquettes conques pour les groupes cibles et d haut risque,intensifides par la presse nationale et r6gionale et personnalis6es par I'interm6diaire de conseil- lers et d'dducateurs, notamment les personnels des services de sant6, les enseignants et les bdndvoles de plusieurs organismes et institutions. Des sdmi- naires, des cours et des seances d'instruction pratique permettent la formation de sp6cialistes et assurent une 6ducation permanente. Une dvaluation des programmes et actions donne la possibilitd d'en corriger et d'en adapter le contenu et la forme, de d6tecter les groupes cibles et de rdviser les priorit6s. En ce qui concerne l'6ducation pour la sant6 dans les dcoles,la SHEU est consciente de la lacune que prdsente A cet 6gard I'enseignement traditionnel. Comme le Scottish Education Department a opt6, par le biais dhne commission consultative du curriculum, pour I'inclusion de cette dducation dans la structure scolaire existante, des programmes dducatifs en la matidre seront propos6s. De l'avis des responsables de l'6ducation sanitaire en Ecosse (SHEU), il est en effet n6cessaire d'inclure l'6ducation pour la santd dans un curriculum 16novd du cycle scolaire. 2.8.8 L'iducation vnitaire en Ecosse La responsabilit6, A l'6chelon national, de l'6ducation pour la sant6 en Ecosse incombe au Health Education Centre (HEC) (Centre d'dducation sani- taire) qui fait partie du Scottish Health Service (SHS) (Service national de Sant6 d'Ecosse). Comme il est dit plus haut, le HEC se compose de deux 38 entit6s fonctionnelles : la Sco//ish Health Education Unit (SHEU) et le Scottish Council for lleolth Education (SCHE). C'est la division du Common Services Agency. du Scol/is/r Health Seryice, qui assume depuis 1968 la res- ponsabilit6 de l'6ducation pour la santd. Parmi les objectits qui lui sont assignds figurent la d6termination des <points chauds> qui doivent retenir I'attention, l'6tablissement des priorit6s, la mise sur pied, de concert avec d'autres instances intdressdes, de programmes nationaux d'6ducation pour la santd, l'aide i apporter aux autoritds et organisations chargdes de projets en la matiCre, la promotion et I'organisation de la recherche scientifique et d'6tudes dans le domaine de l'dducation sanitaire, ainsi que les activitds propres d stimuler I'intir€t du personnel m6dical et param6dical i l'6gard de l'dducation pour la sant6 au cours de sa formation. A la SHEU sont assocides de nombreuses socidtds scientifiques et orga- nisations int6ressies d l'6ducation pour la santi (dans un sens trds large). Les contacts avec les autoritds du Ministdre de I'Education nationale (Scottish Educotion Department) s'dtablissent i l'6chelon sup6rieur au sein du comit6 directeur (steering committee) du HEC, et d l'6chelon des r6gions par I'intermddiaire du m6decin directeur rdgional (area health officer). L'organisation du service national de sant6 d'Ecosse prdvoit en effet que les autoritds m6dicales rdgionales sont aptes i coopirer dans leur r6gion - ce ir quoi elles sont d'ailleurs tenues - avec les icoles, les organisations concern6es, les groupements d'6ldves et de parents, les services de I'inspection mddicale scolaire, etc., pour identifier les besoins de l'6ducation pour la sant6, donner avis en la matiire et contribuer aux actions et programmes qui sont entrepris dans la rdgion et dans les 6coles. La SHEU peut ainsi coordonner ou tout au moins proposer la coordi- nation de la plupart des activit6s en 6ducation pour la santd men6es dans le pays. En liaison avec les objectifs cit6s, la SHEU s'est rdcemment forte- ment pr6occup6e du probldme de l'6valuation des programmes dducatifs en matidre de sant6, r6aliSs ou proposds. Les responsables considdrent que I'investissement important que demande l'6ducation pour la sant6 n'est acceptable que si I'on a la certitude que les programmes et actions auront une efficacitd suffisante. Sur le montant total du budget destin6 d l'6du- cation et ir la publicit6, lOilo sont affect6s ir l'dvaluation et l5o/o ir la recherche et au diveloppement des personnels concernds. Le personnel du SHEU compte pour le moment une dizaine de personnes. Il est pr6vu - et d6ji partiellement r6alise - que dans chaque r6,gion (area) sera dtablie une dquipe responsable de l'6ducation pour la santd sous la direction d'un directeur 16gional. Une partie non n6gligeable des fonds budgdtaires est employie i sub- ventionner des chaires universitaires pour l'6ducation pour la sant6, ou I'affec- tation de sp6cialistes en dducation pour la santd dans les ecoles supdrieures. 39 Hulth Eduution Council hoject Adresse : Universit6 de Cambridge D6partement de I'Education Hughes Hall Cambridge CBI 2EW, Royaume-Uni 2.9.2 Obiectif Le projet a 6t6 congu sous l'6gide du Health Education Council, en asso- ciation avec le School Council , par une 6quipe du Department of Education de l'Universit6 de Cambridge sous la direction de Peter Mc Phail. La mision confi6e au groupe responsable peut se rdsumer ainsi : a) ddfinir, sur la base d'une recherche des besoins desjeunes de 8 i l6 ans, ce que le projet envisage par <santdu et <6ducation pour la sant6>; b) faire des recherches sur la fagon dont les jeunes se crdent un style de vie et sur leur comportement i l'6gard de la sant6; c) i partir des donn6es fournies par ces recherches, identifier la moti- vation du comportement des jeunes et des adolescents; ddfinir ce qui, en fait, les incite A agir ou les en d6toume; d) appliquer les donn6es de la recherche d l'dlaboration et au d6velop- pement du mat6riel n6cessaire tr l'6ducation pour la sant6 dans les 6coles, ainsi qu'tr la mise au point de techniques appropri6es en la matidre,l I'intention des enseignants; e) ddvelopper le soutien logistique et les responsabilit6s des enseignants en dducation pour la sant6, ce qui implique une recherche touchant les besoins des enseignants en la matidre. Le projet tend A encourager les jeunes d mener une vie saine, en les aidant tr aborder de manidre positive les d6fis,la compleit6, les difficult6s et les incertitudes de la vie de tous les jours, et i les dominer. 2.9 .3 hincipes mit hodo logiques Le concept 6ducationnel qui est i la base du projet trouve son origine dans les conclusions d'une enqu€te men6e parmi quelque cinq cents garqons et filles au sujet de leur comportement d I'igard de la santd. L'incertitude et 40 2.9 Le programme Living well, Argleterre, Royaume-Uni 2.9.1 Responsable I'anxi6t6 sont apparues comme des 6l6ments fondamentaux du comportement de ces jeunes envers eux-mdmes et envers leur entourage pour ce qui est de la santd et de la maladie. Comme le concept <maladie-sant6> se forme sous I'influence de l'exp6- rience quotidienne, tant i notre 6gard qu'ir celui de notre entourage, il est illusoire de vouloir cr6er un comportement ad6quat par une expdrience limitde ou m€me par le biais d'un cours en dducation pour la santi. Pour €tre couron- n6e d'un certain succds, une telle dducation doit 6tre <radicale>,c'est-d-dire €tre basee sur I'exp6rience de la situation dans laquelle nous nous trouvons, dans sa totalitd. L'6ducation pour la santd devra donc faire partie de l'dduca- tion permanente et continue, et s'appliquer i tout moment de notre appren- tisage de la vie et de notre activit6 journaliCre. Les auteurs sont d'avis que l'6ducation pour la sant6 ir I'dcole peut €tre mise i profit : - pour stimuler la compr6hension des jeunes de ce que nous faisons i chacun et pour chacuni *- pour offrir i ces jeunes les moyens de ddvelopper leur confiance en leur aptitude de faire des choix et de se construire une vie plus heu- reuse et qualitativement meilleure. 2.9.4 Pertinence du contenu Consid6rant I'dducation pour la sant6 dans une optique <globale>, les auteurs du projet Living well (Vivre sainement) estiment que les jeunes ne manqueront pas de s'interroger et d'interroger leurs dducateurs et conseillers sur les probldmes qui ddborderont le cadre plut6t restreint de ce qui, aujour- d'hui, est reconnu ou admis comme thdmes de l'dducation pour la santd. Les auteurs et les promoteurs du programme sont d'avis que les jeunes considirent qu'apprendre d vivre dvec son prochoin et i effe en relation avec les autres doivent avoir la prioriti dans le processus de I'apprentissage. <Quand, par expdrience, les gargons et les filles en viendront d conclure que des relations interpersonnelles positives, constructives et qui aident I se soutenir mutuellement, sont essentielles et indispensables d la santi de l'€tre humain, ils mettront en question toute action ou faqon de vivre ne s'accor- dant pas avec ces modalit6s jug6es favorables d la sant6, et par consdquent, essaieront d'y remddier.> Il est 6vident qu'une telle conception de l'dducation pour la sant6 va bien plus loin qu'un programme <antitabac> ou <antialcoolique>. C'est toute une philosophie de la formation de l'<6tre humain responsable>, qui donne i I'enfant, par I'enseignement et par I'expdrience, les moyens d'assumer cette responsabilitd, plus spdcialement dans le domaine de la sante. La technique 6ducationnelle du projet Liuing well consiste d confronter les jeunes, individuellement et en petit groupe, avec des situations de la vie 4l courante qui, pour eux, ont une signification importante ou qui les con- cernent directement. Le choix des situations est ba# sur les r6sultats de I'enqu€te effectude parmi un groupe reprdsentatif de jeunes et mentionn6 plus haut (page 40). Le matdriel consiste en dessins ou en photographies de situations per- tinentes, avec un sous-titre qui suggCre et explicite le probldme. Un r6cit correspondant est 6galement utilise i cette fin. Il est demand6 aux jeunes, individuellement ou en groupe, de trouver la r6ponse i certaines questions,de formuler une d6cision,de motiver cette ddci- sion, 6ventuellement d'interpr6ter en acteurs une situation donn6e. Le travail de groupe est en soi un 6l6ment 6ducatif et repr6sente une r6alit6 de la vie courante. L'enseignant est plut6t le conseiller du groupe, et celui qui peut fournir la documentation et I'information ndcesaires aux jeunes pour qu'ils cherchent et trouvent la solution des probldmes. Le programme comprend le manuel Ziving well et cinq ensembles de 35 cartes-situations avec pour chaque ensernble des instructions pour I'enseignant. Un programme ddtailld est prdvu afin d'6valuer cette nouvelle approche de l'6ducation pour la sant6;plusieurs 6coles pilotes ont 6td ddsign6es. Il est encore trop tOt pour qu'un jugement d6finitif sur le programme Living wel/ puisse €tre fond6 sur des donn6es valables. 2.9.5 Realivtion et faisbilitd Bien qu'il ait 6td expdrimentd avec succds dans plusieurs centres pilotes, le programme Living well ,qui est propos6 aux enseignants depuis 1977,n'a pas encore 6t6 suffisamment diffuse pour qu'un jugement puisse €tre formul6 quant i sa r6alisation et sa faisabilitd. Il est 6vident que sa concr6tisation dans les 6coles d6pend de I'initiative et de la motivation de ces dtablissements et des enseignants. Comme le pro- gramme a 6t6 conqu spdcifiquement pour les dcoles par une 6quipe multidisci- plinaire qui comprend des enseignants, et que ses principes, m6thodes et stratdgies sont bases sur une recherche bien conque, il y a de grandes chances que la rdalisation ne rencontre pas de trop grandes difficultis et qu'il s'avdre applicable dans la plupart des milieux scolaires. Le fait que les structures du Service national de Sant6 pr6voient, par rdgion, une 6quipe et un responsable de l'6ducation pour la sant6 sera sans doute un 6l6ment positif. 2.9 .6 Ri sultat s, rdsistances, consdquences A part les 6tudes d'6valuation qui ont dtd men6es dans plusieurs 6coles pilotes et que I'on a jug6es favorables, il n'est pas possible de porter une appr6ciation formelle quant aux rdsultats, r6sistances ou con#quences de ce 42 que les responsables eux-mdmes considdrent comme (l'6v6nement 6ducatif le plus important dt Health Education Council>t. 2..9 .7 Conclusiotts Voir les conlusions sous 2.10.6, page 49. 2.9 .8 L'education pour h sontd en Angleterre, Royoume-Uni a) La r6organisation, en 1973, du Service national de Sant6 ayant eu entre autres fins la rdgionalisation des services de sant6, il a 6t6 pr|vv des area health authorities (autoritds r6gionales du service de santd) auxquelles ont 6td assign6es des tdches et des responsabilitds bien d6finies, qui comprennent I'dducation pour la santd. Dans chaque rdgion,un sp6cialiste enlamatidre (area heolth education officer) est adjoint au directeur du personnel de la rdgion. L'autoritd r6gionale du service de santd est tenue de coop6rer avec les responsables des institutions et organisations dducatives en 96n6ral, ainsi qu'avec les directions de toutes les 6coles de la rdgion,pour tout programme ou toute action d'dducation pour la sant6. Elle peut mettre i la disposition de ces responsables ou des organisateurs le matdriel dducationnel (affiches, plaquettes, brochures, tracts) et autre mat6riel audio-visuel, ainsi que des experts. Elle est 6galement responsable de I'aide i apporter d toute recherche concernant les groupes cibles et ir haut risque dans la r6gion, ainsi que la re- cherche tendant i d6terminer les besoins et les mdthodes appropri6es en matidre d'6ducation pour la sant6. Les instructions indiquent clairement que I'autorit6 rdgionale est res- ponsable des programmes et actions en 6ducation pour la sant6 dans le cadre de ses responsabilit6s touchant la pr6vention. Parmi les tdches assigndes i I'autorit6 r6gionale du service de sant6 figure la collaboration active avec les enseignants aux fins de l'6ducation pour la santd dans les 6coles, que ce soit dans le cadre d'un programme d6termind ou d'un cours sp6cifique en la ma- tidre, ou encore dans le cycle normal du curriculum ordinaire. Enfin, il est 6galement pr6vu que I'autoritd r6gionale du service de santd organisera des Sminaires, des cours et un enseignement pratique en dducation pour la santd, i I'intention des enseigtants, iducateurs ou toutes autres personnes respon- sables dans ce domaine. b) C'est en 1968 qu'a dt6 institud le Health Education Council (HEC), comme suite au rapport du Cohen Committee on Health Education. Lr HEC est une institution gouvernementale inddpendante, responsable de la conception et de la promotion de l'6ducation sanitaire en Angleterre (et ausi au Pays de Galles et en Irlande du Nord).Il travaille en coopdration dtroite avec le Ministdre de la Sant6 et de la Securitd sociale (Department of Heakh 43 and Sociol Security), avet: le Ministdre de I'Education nationale (Department of Educatiott and Science) et le Conseil supdrieur de I'Enseignement (Scftools council). Les fonctions du HEC peuvent 6tre r6sumdes et sch6matisees comme suit : - donner des avis, fond6s sur les faits et donndes les plus appropri6s, concernant les priorit6s en 6ducation pour la sant6; - concevoir et r6aliser des campagnes nationales, r6gionales et locales, en coopdration avec les autorit6s r6gionales et locales du service de untd (area health authorities); - concevoir, r6aliser et mettre i la disposition des organismes et personnes intdressees, plus spdcialement les autoritds r6gionales du service de sant6, la documentation audio-visuelle ndcessaire aux campaSnes nationales, rdgionales et locales d'6ducation pour la sant6; - entreprendre, organiser ou stimuler la recherche et les enqu€tes d'6valuation en matiCre d'6ducation pour la sant6, en we de guider et d'adapter les campagnes et activitis du Conseil; - s'affrmer en tant que centre technique et informatique national en dducation pour la santd, ir la disposition des autoritds rigionales des services de santd et autres organismes concern6s; - coordonner l'dducation pour la santd en accord avec le Service natio- nal de Sant6 et ses autorit6s r6gionales, ainsi qu'avec les responsables de I'enseigrement et de l'6ducation partout or) cette coordination apparait opportune; - encourager et stimuler la formation en dducation pour la sant6; conseiller et guider les institutions sur le contenu et l'organisation de cours et Sminaires en dducation pour la sant6; - coop6rer avec les institutions locales de I'enseignement, ainsi qu'avec les autorit6s locales resonsables de l'6ducation pour la sant6 dans les 6coles, colldges et 6tablissements techniques; - au moyen de publications, porter i la connaissance des personnes concerndes par le problCme de I'Cducation pour la sant6 tous les 6l6ments susceptibles de les intdresser. En ce qui concerne la formation et l'dducation permanente en 6duca- tion pour la sant6 des enseignants et dducateurs, il a 6t6 pr6w des centres de formation qui, outre les cours et seminaires organi#s dans les areqs par le HEC et les autorit6s r6gionales, sont responsables de la formation de sp6cialistes en dducation pour la sant6 ir l'dchelon national (entre autres le Teachers Advisory Council on Alcohol and Drug Education, d Manchester , et le Poly- technic \ Diploma in Health Education, i Leeds). 44 2.lO Le programme Schools Courcil Project : Hulth Eduution, Angleterre, Royaume-Uni 2.10.1 Responsable Schools Council Adresse : 160 Great Portland Street Londres WIN 6LL, Royaume-Uni Editeur : Thomas Nelson & Sons Ltd Lincoln Way WindmillRoad Sundbury-on-Thomas Middx TWl6 7HP Diffusion Waughan Johnson 24 Harold Road Clacton-on-Sea Essex COl5 6AJ 2.1O.2 Objectif a) Rdaliser un ensemble iducatif (guide-manuel et mat6riel didactique appropri6) d'6ducation pour la sant6, afin que celle-ci puisse faire partie intd- grante de l'6ducation formelle durant toute la pdriode de scolarit6. b) Par le biais de cet ensemble dducatif, motiver les jeunes i aborder de manidre positive les difis,la complexitd, les difficult6s et les incertitudes de la vie de tousles jours de faqon i les dominer,et d prendre en connaissance de cause, en individus conscients de leurs responsabilit6s, les ddcisions ration- nelles touchant leur comportement h l'6gard de la sant6. 2.10.3 Principes mdthodologiques La justification de l'6ducation pour la santd telle que la conqoivent les responsables du programme est fournie par la transformation radicale de la situation <sant6-maladie> au cours des cinquante derniCres anndes. Dans la soci6t6 europdenne en gdn6ral, ce ne sont plus les maladies infectieuses qui menacent la sant6; c'est I'homme lui-m€me qui, par sa conduite personnelle dans les circonstances de la vie moderne,peut devenir un danger pour sa sant6. Il s'agit pour lui de d6cider de faire ou de ne pas faire ce que commande un comportement souhaitable. Les auteurs du progamme expriment leur convic- tion que cette ddcision est le rdsultat d'unlent et progressif processus de socia- lisation, dans lequel l'6ducation joue un r6le capital. La conception du programme et de son contenu reprisente I'aboutisse- ment d'un long travail pr6paratoire ayant comport6 de multiples consultations 45 et rencontres avec des spdcialistes de la sant6 (mddecins, organisations para- mddicales, institutions gouvernementales, autoritis rdgionales), ainsi qu'une 6tude exhaustive des exp6riences nationales et internationales. Un accord sur le contenu de I'iducation pour la santd itait relativement facile i rialiser. Quant d la m6thodologie didactique, il n'existait i son sujet que fort peu d'id6es pr6cises et concrCtes. Comme I'objectif 6tait la r6alisation d'un guide i I'intention des ensei- gnants, il fallait <traduire> les principes et le contenu de l'dducation pour la santd sous la forme d'un manuel adaptd i la situation r6elle de I'enseignement actuel. A cette fin, les responsables du programme ont soumis le projet de programme d quatre groupes d'enseignants qui I'ont 6tudid et l'ont mis i I'essai pendant toute une ann6e (1974). Ces activit6s ont abouti i l'6labo- ration de deux programmes, All obout me (Ce que je suis) et Think well (Bien r6fl6chir), ainsi que d'un mat6riel 6ducatif appropri6. Les deuxprogrammes ont 6t6 6galement essay6s,en l975,dans plusieurs 6coles de diffdrentes r6gions du pays, et remaniis, compte tenu des constata- tions faites, avant leur publication d6finitive. 2.10.4 Pertinence du contenu Des deux programmes dont se compose le Schools Council hoject,le premier, All about me,est destind au groupe d'6ges de 5 I 8 ans, et le second, Think well, ir celui de 9 d l3 ans. a) Le programme All about me Publid en mars I 977 , il comprend le guide de I'enseignant et un ensemble d'exercices pratiques (spirit nwst er s). Le guide de I'enseignant est un manuel de 160 pages, abondamment illustrd. On y trouve exposds, en maniCre d'introduction, la justification, les principes et les mdthodes de l'6ducation pour la sant6, ainsi que I'interpr6ta- tion du concept didactique. La plus grande partie du livre consiste en id6es et suggestions pratiques offertes aux enseignants pour des rdalisations concrCtes. Les 16 spirit masters sont des exercices pratiques trds d6tai1l6s en rap- port avec certaines id6es et suggestions du guide, et mettent en 6vidence, ausi bien pour I'enseignant que pour les 6ldves, la faisabilitd du programme. Le contenu est structurd en sept chapitres qui se suivent selon un enchai- nement logique. Finding out about myself (La d6couverte de soi-m€me). Ce chapitre, qui convient parfaitement aux tout jeunes sujets, aborde <l'exploration> du corps humain, des organes des sens,et passe ensuite au (moi psychique>,aux sensations et aux dmotions. 46 How did I begin (Le d6but de mon existence). Ce chapitre contient des iddes et suggestions pour pr6senter aux 6ldves, i propos de la reproduc- tion et de la naissance, les notions et matiCres i r6flexion adapt6es i leur groupe d'dge. l|thot is growtng (La croissance). La croissance n'est pas considdrie uniquement sous son aspect physique; une importance de premier plan est attach6e au ddveloppement des capacit6s intellectuelles et i la responsabilitd grandissante de l'enfant i l'6cole et i la maison. lUfut helps me growing (Ce qui m'aide i grandir). Les 6l6ments retenus en premier lieu sont I'affection , la tendresse et I'amour; I'alimentation , I'exer- cice physique, le sommeil, etc. viennent ensuite. Looking after myself (Prendre soin de moi-mdme). Les sujets clas- siques de lhygiCne corporelle sont group6s dans ce chapitre, mais des pro- blCmes comme la maladie, les mddicaments et le tabagisrne y sont 6galement inclus. Il est clairement mis en 6vidence qu'il importe de <prendre des d6ci- sions pertinentes et ad6quates quand il s'agit de la sant6>. Keeping safe (La securitd). La s6curitd ir l'6cole, i la maison et dans la rue est le programme abordd dans ce chapitre. Knowing about others (Connaitre les autres). La d6couverte des 6tres autour de soi : connaitre ses amis, sa famille, son entourage,c'est p6n6trer le sens de concepts comme <appartenir, partager, aider, €tre responsable, com- prendre et accepter riglements et lois>. b) Le programme Think well Ce programme a 6td publi6 en mai 1977 .ll comprend le guide-manuel de I'enseignant, des exercices pratiques (spirit masters) pour les 6lCves, et un ensemble de documents pour les travaux de groupe. Le guide-manuel de l'enseignant se compose de huit livres-unit6s, dont chacun porte sur un sujet d'intdr€t en matidre de sant6 et dont les enqu€tes prdliminaires mendes aupris des jeunes, ainsi que les dchanges de vues avec les enseignants, ont dtabli la pertinence pour les dldves. Ces unit6s, toutefois, ne sont pas des 6l6ments isol6s; elles forment un <tout> dducatif centr6 autour des deux thdmes principaux (qui sont au surplus i la base de deux des huit unit6s), I myself (Etre soi-m6me) etOneof many (Un parmi d'autres). Dans le livre I myself les auteurs font ressortir I'importance pour I'en- fant de se comprendre lui-m€me, de comprendre ses 6motions, et de discerner quelles diffdrences et quelles analogies existent entre elles et lui. Ce livre contient le sch6ma et le matdriel ndcessaire au probldme de l'6ducation sexuelle pour le groupe d'6ge de 9 i I I ans. Le second livre,One of many, s'6tend plus en ditail sur I'aspect de I'intdgration de I'enfant dans son entourage imm6diat (6cole, famille, amis). 4l Les relations interpersonnelles et entre garqons et filles font I'objet de plusieurs chapitres. Une grande attention est apport6e i encourager les jeunes i €tre attentifs aux sentiments, attitudes et id6es personnelles des autres. L'aspect capital du comportement addquat en matiCre de sant6, ddcisions et priorites rationnelles, est abordd dans ce deuxidme liwe. Les thdmes des autres six unitds sont les suivants. From sickness to health (De la maladie i la santd). La relation entre le milieu et la sant6 est mise en lumiire. Deadly decisions (Les d6cisions fatales). Les probldmes de I'alcoolisme, du tabagisme et de I'abus de drogues sont examin6s. ks instructions du guide et le matdriel dducatif tendent surtout i amorcer des d6bat qui amCnent les jeunes i prendre des ddcisions en individus responsables. Time to spare (Loisirs). Les jeunes sont encouragds i se poser des questions quant aux grandes possibilitds qui s'offrent actuellement aux ado- lescents en matidre de loisirs, et i concevoir ceux-ci comme partie int6grante de I'activit6 globale. Food for thouglrr (Se nourrir : matiCre i r6flexion). L'aspect biologique de Ia nutrition n'est consid6rd qu'i la fin de cette unit6, tandis que les aspects sociologiques et l'effet des attitudes sur le comportement nutritionnel sont abord6s en premier lieu. Les sujets d'intdr€t des deux derniCres unit6s sont I'hygiCne corporelle et le comportement de sdcuritd. Lir encore,les auteurs s'efforcent de motiver les 6ldves et de les amener i adopter un comportement propice ir la sant6 et i d6cider des priorit6s en connaissance de cause. Une importante introduction et un plan didactique d6tailld prdcddent les huit unit6s. Les exercices pratiques (spirit masters) et I'ensemble de documents pour travaux de groupe, qui complCtent le volumineux dossier 6ducatif du pro- grirmme Think well, sont axds sur I'activit6 personnelle des 6lCves vers une recherche des r6ponses ad6quates et la prise des d6cisions qui s'imposent,en stimulant surtout les activit6s de groupe. 2.10.5 Realivtion et faivbtliti, risultats, rdsistances Comme les programmes n'ont 6td mis sur pied qu'en 1977, il n'est pas encore possible d'dvaluer leurs effets chez les dldves. Les 6tudes pilotes et les essais effectu6s dans plusieurs dcoles de diff6rentes r6gions de I'Angleterre ont d6ji donnd une r6ponse affirmative quant i leur faisabilitd. L'accueil fait au contenu et i la m6thodologie a dt6 favorable. Selon les circonstances locales, les structures pddagogiques, les attitudes des enseignants et des direc- tions des 6coles, il est i pr6voir que des r6actions en sens divers se manifeste- ront et que des ajustements des programmes seront ndcessaires. 48 2.1O.6 Conclusions Bien que d'une manidre moins officielle qu'en Ecosse, l'organe coordon- nateur en 6ducation pour la sant6, le HEC, peut s'appuyer sur les centres rdgionaux du service de santd pour la r6alisation des programmes et des actions en 6ducation pour la sant6 dans les 6coles d'Angleterre. Une nette 6volution se manifeste quant d la strat6gie de l'6ducation pour la santd destinde aux enfants d'rige scolaire. Les campagnes 6ducatives plus ou moins uni-directionnelles (antitabac, antialcool, etc.) seront certes poursuivies auprds de ce groupe, et cela paralldlement auxactions visant vers le public en g6n6ral. Toutefois, l'effort maximal portera sur la r6alisation des deux nouveaux programmes dducationnels sp6cifiquement 6tudi6s et adapt6s pour les 6coles : le Schools Council hoject : Health Education et le Health Education Council ho i ect. Ces deux prograrnmes, conqus et mis au point par une 6quipe multi- disciplinaire au sein de laquelle enseignants et experts en 6ducation pour la santd ont collabord pendant plusieurs anndes de faqon systdmatique et conti- nue, revetent un caractdre rdvolutionnaire dans le contexte des conceptions et r6alisations actuelles en matidre d'6ducation pour la santd en Europe. Les thdmes, tabagisme, abus de I'alcool et des drogues, comme d'ailleurs tous les autres thdmes traditionnels de I'dducation pour la sant6, ne sont plus traitds separ6ment ni isol6ment du contexte d'un comportement humain global. Les auteurs des programmes All about me et Think well les ont congus conlme 6tant susceptibles : de prdsenter une information n6cessaire et ad6- quate; de proposer des possibilit6s de discussion; et surtout de placer les enfants dans des situations qui les habituent i prendre une d6cision correcte, au bon moment et au niveau de compr6hension appropri6. Les id6es et le matdriel mis ir la disposition des enfants doivent leur donner la possibilit6 de prendre conscience d'eux-m6mes, de leurs possibi- litds et de leurs capacitds. Le programme les pr6pare ir prendre par la suite les dicisions souvent difficiles touchant la sant6, en leur montrant de faqon positive comment ils peuvent devenir <des personnes responsables dans une soci6t6 dhommes et de femmes s'entraidant et portant attention d chacun>. 2.1 I Les prcgrammes <Information sur ... D, Canton de GenCve, Suisse 2.11.1 Responsable Service de Santd de laJeunesse du Canton de Gendve,section Education sanitaire Adresse : Rue des Glacis-de-Rive 1l Case postale 374 CH- I 2l I Gendve 3, Suisse 49 2.11.2 Objectifs et principes methodologiques En application de la loi du 28 juin 1958 sur I'Office de la Jeunesse,le service m6dical des dcoles s'est transform6 en Service de Sant6 de la Jeunesse, dans la cadre du D6partement de I'Instruction publique. Il s'agit d'un service de sant6 publique dont I'action est essentiellement prdventive et qui a compdtence pour toutes les questions concernant I'hygidne et la sant6 desjeunes. En 1965 a 6t6, cr66e la section <Education sanitaireD dont la tiche pri- mordiale est l'6ducation dans le domaine de la sant6. Cette section s'occupe de prdvention primaire en ddveloppant diverses actions d'information sur les problCmes de sant6 afin de favoriser des attitudes et des comportements ad6quats parmi la jeunesse. Elle comprend un m6decin responsable, plusieurs collaborateurs-m6decins, deux 6ducatrices sanitaires et un spdcialiste en sant6 publique. L'6ducation pour la sant6 prend la forme de cours r6guliers, obliga- toires ou facultatifs, dans les 6coles secondaires du canton de Gendve, ainsi que de cours ponctuels dans les 6coles primaires et secondaires et auprds des parents. Depuis plusieurs ann6es, les services m6dicaux des 6coles ont progres- sivement 6tendu leurs activit6s pr6ventives i l'enseignement aux dlCves des diff6rents degr6s de ce qu'il est convenu d'appeler les sciences de la sant6. Dans les 6coles qui ont en charge la formation de jeunes de 16 i l7 ans, avec une finalit6 <technique> pr6paratoire, par exemple aux 6tudes d'infirmidres, d'assistantes sociales, etc.,le curriculum comporte un cours de <Sciences de la Sant6> qui est donn6, en tant qu'enseignement rdgulier, d raison d'une heure par semaine par un m6decin de la section d'dducation sanitaire du ser- vice de sant6 de lajeunesse. Ce m6decin-enseignant reqoit une formation p6dagogique sp6cifique qui lui permet de s'acquitter correctement de son r6le d'6ducateur. Mddecins et 6du- cateurs se r6unissent r6gulidrement dans des #minaires de formation continue. Les objectifs du cours de sciences de la santd sont ainsi formulds : a) acquisition de connaissances de base touchant la sant6, permettant de la conserver et d'6viter la maladie;ces connaissances comprennent : - les conditions indispensables i une vie 6quilibr6e sur le plan phy- sique, psychique et social (hygiCne, sommeil, ripartition du travail, loisirs, sports, alimentation, habitat, environnement, etc.), - les nuisances compromettant cet 6quilibre (bruit, pollutions diverses, alcool, tabac, suralimentation, s6dentarit6, etc.); b) par ces connaissances de base, apprendre i faire un choix personnel en matidre de sant6 dans toutes les circonstances de la vie et i acqudrir le sens des responsabilit6s par rapport i la sant6 de la communaut6 (vaccins,examens, d6pistage); 50 c) faire prendre conscience que la santd,soit individuelle,soit collective, est la rdsultante d'influences ntultiples exerqant des interactions. Le plan du cours peut etre sch6matisd comme suit : -- introductiott; - les mahdies cardio-vasculaires : difinitions, description, dvolution; 6tat actuel des recherches; prdvention (prirnaire, d6pistage, r6adap- tation); - les accidenls : pr6vention et premiers secours; - alimentation et santi : principes d'alimentation iquilibr6e,quelques r6gimes, aliments dangereux; maladies par carence; - la maladie infectieuse : 6pid6miologie, vaccination, immunit6, exemples - h maladie cancdreuse : d6finitions, description, dvolution; 6tat actuel des recherches; pr6vention (primaire, ddpistage , r6adaptation) ; - sontd mentole : l'6quilibre mental, ses perturbations, sommeil, sur- menage; * pharmtcoddpendances : le phdnomine de ddpendance, abus de m6di- caments ; drogues, les motivations, alcoolisme, tabagisme ; -- la sexualite et ses diffdrents aspects : rappel anatomo-physiologique; milieu prdnatal et postnatal; 6volution de I'affectivitd et de la sexua- lit6, psychologie du couple, ddviations, maladies v6ndriennes, avorte- ment, pr€vention des malformations, st6rilit6, contraception, etc. Comme matdriel audio-visuel, les mddecins-enseignants ont commencd ir utiliser les films <ri ddclic> ou films de situation, qui semblent 6tre trds appropri6s pour d6clencher les discussions en groupe. Conscients de I'importance du noyau familial dans tout comportement en rapport avec la santd, les responsables de la section <Education sanitaire)) du Service de Santd de la Jeunesse du canton de Gendve ont essay6 de faire participer les parents aux actions d'dducation pour la santd. Leur rdponse a 6ti plutdt ddcevante. Un journal destind aux parents les informe r6gulidre- ment des activitds d'6ducation pour la sant6. Dans les dtablissements du niveau secondaire (collCges), en revanche, le curriculum ne pr6voit pas (ou exceptionnellement) de cours rdgulier de sciences de la sant6. Dans ces 6tablissements. l'information relative i la santd peut €tre donn6e occasionnellement et sur demande par un m6decin-expert (m6decin ponctuel). Le programme du cours de sciences de la santd varie selon les objectifs pr6dtablis, les caractiristiques de la scolaritd ainsi que les structures pedago- giques et sanitaires de I'endroit. Les mdthodes utilisdes sont le plus souvent comparables i celles de I'enseignement en gdn6ral, oi les moyens audio-visuels prennent une place de 5l plus en plus grande. Le contenu du programme est sujet d des choix conjonc- turels, voire accidentels, compte tenu de contraintes telles que la compdtence p6dagogique des m6decins-enseignants. L'int6r6t des enseignants rdguliers pour les probldmes de santd, la volonti de plusieurs autorit6s scolaires d'intdgrer l'6ducation pour la sant6 dans le programme de base, les possibilites de r6partition de I'horaire et les bases l6gales de la rdglementation des programmes de I'enseignement, ainsi que I'appartenance du service de santd de la jeunesse au d6partement de l'instruction publique, sont des 6l6ments nettement positifs et en faveur de l'dducation pour la sant6 dans les cycles oil les cours de sciences de la sant6 sont obligatoires. Une 6valuation de I'impact de ces cours, qui sont donn6s par les mddecins-enseignants, a 6td tent6e par des enqu€tes de type <pr6- et post test)) avec deux 6coles analogues comme groupe tdmoin. L'6valuation portait sur tous les domaines de la sant6 qui avaient 6t6 abord6s dans les cours au niveau des connaissances, des attitudes et du compor- tement. Les r6sultats ne sont pas encore connus. 2.11.3 Pertinence du contenu a) Le programme Information sur les dangers de lblcoolisme fait de- puis fort longtemps partie des programmes d'6ducation pour la sant6 dans les icoles. Pendant plusieurs ann6es,les maitres des 6coles primaires 6taient char- g6s de cet enseignement. Diffdrentes formes de concours (compositions, desins, etc.) dtaient propo#es aux 6ldves et les meilleurs travaux 6taient r6compensds par des prix. A partir de l967,une legon donnde parles maitres de sciences naturelles sur les probldmes de I'alcoolisme a 6td int6grde dans le programme r6gulier de biologie des dldves du 8dme degr6 du cycle d'orientation (13 i 14 ans); I'expo# est compl6t6 par laprojection d'un film <L'alcoolisme, une maladie>. Un questionnaire remis aux 6ldves permet d'6valuer I'impact du film; jusqu'en 1976, des prix (bons d'achat de livres) r6compensaient les meilleures r6ponses, afin de stimuler I'int6r€t des jeunes pour les problCmes de I'alcoo- lisme. b) Le programme Information sur l'usoge du tabac est donn6 depuis 1972 it tous les dldves du Tdme degr6 (6lives de l2 i l3 ans) par le maitre de clase qui reqoit sa documentation du Service de Sant6 de laJeunesse. Cette legon est illustr6e par la projection d'un film <La cigarette et toiD; les 6ldves doivent ensuite rdpondre i un questionnaire i choix multiple. A la suite de ce concours, le meilleur 6lCve de chaque classe regoit un prix sous forme d'un bon d'achat de liwes. Une 6valuation du programme au niveau des dlgves n'a pas 6td envisagde. En ce qui concerne l'6cole primaire, il est pr6w un programme 6duca- tionnel destind aux enseigtants (maitres de classe) : mat6riel didactique ainsi 52 qu'un film <Mourir pour une cigarette>, qui doit €tre I'introduction ir une discussion de groupe. Pour le groupe d':ige de l6 e l7 ans,le probldme du tabagisme est traite dans le cadre des cours de <sciences de la santd> dans les 6coles of ce cours est obligatoire. Dans les autres systdmes d'enseignement (colldges de formation g6ndrale du niveau secondaire),le probldme est abordi par un m6decin-expert (mddecin ponctuel) invitd i I'occasion par la direction de l'6cole. c) Le programme Les dongers de lhutomedication est propod lors des cours rdguliers donnis aux 6ldves du lOime degr6 ( l6 a I 8 ans) par des mddecins enseignants du Service de Sant6 de laJeunesse. Une brochure dditde parla Fon- dation pour la Protection du Consommateur et par Pharma-Information et intitulee <On ne badine pas avec les m6dicaments)) est distribude aux 6ldves. d) Le programme Information sur les toxicomanies a 6t6, mis sur pied en l9l I par un groupe d'dtude comprenant des m6decins, psychiatres, socio- logues et infirmidres appartenant ir la section <Education sanitaire> du Service de Sant6 de la Jeunesse. Ce groupe a 6td chargd de mener une action priventive au sujet de la drogue auprds des 6ldves du 9dme degr6 au cycle d'orientation (14 i l5 ans), en collaboration avec les enseignants et les parents. Cette action se d6roule de la manidre suivante : un film sur la drogue,intituld <La r6petition> est prdsentd par les enseignants du collCge aux 6ldves qui ont , pour chacune des classes, deux heures de discussion-ddbat avec un des membres du groupe d'6tude. Les parents et les enseignants ont la possibilit6 d'assister i une soir6e au cours de laquelle le filrn <La r6p6tition> leur est dgalement prdsent6. Le d6bat est anim6 par un ou deux membres du groupe. Les r6sultats d'un test d'6valuation de cette m6- thode d'information, qui a 6td effectud dans un colldge au niveau de trois clases, ont montr6 que I'information 6tait souhaitde et jugde ndcessaire par la grande majoritd des dldves; en revanche,le film <La r6p6titionu a 6td controverse. En outre, un seminaire riunissant m6decins, psychiatres, psycho- logues, juristes, dducateurs et enseignants a 6td organiS i l'intention de ces derniers, en novembre l976. I-es divers aspects du problCme de la drogue ont 6td trait6s au cours de ce s6minaire qui avait pour thdme <La drogue, une rialitd>, et les participants ont pris une part active aux discussions. D'autres seminaires de sensibilisation et d'information sont organis6s r6gulidrement pour les futurs enseignants, et la collaboration de toutes les personnes concerndes en milieu scolaire par les toxicomanies tend d se ddve- lopper progressivement. 2.11.4 Rialisation et faisabiliti Aux niveaux des structures scolaires o0 le curriculum prdvoit des cours obligatoires de sciences de la santd, il est 6vident qu'il n'y a aucun 53 probldme concernant la r6alisation et la faisabilit6 des programmes d'6du- cation pour la sant6. Par contre - et c'est le cas pour la plupart des institutions fr6quent6es par les 6ldves du grorpe d'6ge de l5 a l8 ans - dans les 6tablissements ot) ces cours ne sont pas obligatoires, il est beaucoup plus difficile d'introduire l'6ducation pour la sant6 par I'intermddiaire des m6decins <ponctuelsr, qui sont plutdt consid6r6s comme ext6rieurs i l'6cole. 2.ll .5 Rdsultats, risistances, consdquences Des tentatives d'6valuation sont faites. On ne dispose pas encore des rdsultats. Certaines rdsistances se manifestent dans quelques institutions dont lesdirections n'acceptent pas I'introduction des cours de sciences de la sant6. 2.ll .6 Cottclusions Le D6partement de l'lnstruction publique et la Direction du Service de Santd scolaire du canton de Gendve ont incit6 les responsables tr introduire progressivement dans le programme des dcoles secondaires des cours sp6ci- fiques sur des thdmes particuliers tels que la sexualit6, la tuberculose, le secourisme et, plus tard,les toxicomanies. Ces cours de sciences de la santd sont donnds par des mddecins appartenant d la section <Education sanitaireu du Service de Sant6 de la Jeunesse. Comme ce service fait partie du Ddpartement de I'Education du canton de Gendve, les mddecins-enseignants responsables des sciences de la santd sont considdr6s comme des membres du personnel enseignant, ce qui peut faciliter les contacts avec ce personnel et avec les 61Cves. D'autre part. comme le Service de Sant6 de la Jeunesse s'efforce, par des seminaires et autres activit6s en cours de service, d'optimaliser les connais- sances et les aptitudes des mddecins en matidre p6dagogique et didactique, il est permis de croire que cette approche <mddicalis6e> de l'6ducation pour la sant6 offre de r6elles possibilit6s. <N6anmoins, ce moddle, bien qu'apparemment fonctionnel, ne peut favoriser l'6volution souhaitable vers une 6ducation i la sant6 int6gr6e, du fait du cloisonnement cr66 entre le corps enseignant et les m6decins venant de l'ext6rieur, de la paucit6 des matidres parachut6es auprds des dldves, et de la difficulte, pour un petit noyau de <sp6cialistes>, de subvenir i tous les besoins et a toutes les demandes. Dds lors, la n6cessit6 d'une option pour un programme global ir v6hiculer par une 6quipe polyvalente (enseignants, psy- chologues scolaires, travailleurs sociaux, infirmidres, m6decins, etc.) i diffe- rents niveaux s'est imposee. Diverses actions ont d0 €tre tenties, faute de moyens et de conditions approprides permettant une nouvelle stratdgie radicale.> (S. Ducommun & P.Haze$ti,1977). 54 2.11.7 L'tiducatbn pour la santd en Suisse La structure potitique de la Suisse prdvoit pour les cantons une grande autonomie culturelle, qui s'accompagne d'une diversitd aussi grande quant ir I'existence et au fonctionnement d'institutions s'intdressant i l'6ducation pour la santd. C'est ainsi qu'a 6td fondde, en 197), i l'initiative de la Soci6td suisse de Midecine sociale et prdventive, la Fondation suisse de I'Education pour la Sant6. Au conseil de cette institution sont reprdsentdes les plus importantes de celles qui s'occupent de promouvoir I'dducation pour la santd dans toute la Suisse. Les activit6s d'information, les prises de position officielles, ainsi que les avis donn6s aux organisations, comptent parmi les fonctions du Centre de Documentation de I'Education pour la Santd de la Fondation, i Zurich. Cet organisme travaille en collaboration avec I'Institut de Mddecine sociale et prdventive de I'universit6 de cette ville. Les t6ches du centre ont 6t6 adaptdes compte tenu de l'6volution de la socidtd actuelle. Il s'agit prin- cipalement : - de coordination : constituer un inventaire de p6dagogie sanitaire; - de coopdration : 6tablir des contacts entre institutions isolies, trans- mettre des informations sur les institutions, Ieur matdriel et leurs activit6s; - de recherche : participer aux programmes de recherche pour 1'6va- luation de I'efficacit6 des stratdgies pidagogiques sanitaires; d6velop- per des techniques d'dvaluation. Le centre s'attache d promouvoir une philosophie de I'dducation pour la sant6 qui s'identifie avec les conceptions souvent mentionndes dans les rapports et publications de I'OMS et de ses groupes scientifiques. 2.12 Le progmmme Rauchenberatung in dq Schule, R6publique d6mocratiq ue allemande 2.12.1 Responvble Poliklinische Abteilung filr Lungenkrqnkeheiten und Tuberkulose der Zentralpoliklinik (Dr J . Goldberg et Dr W. Braune) Adresse : 133 Schwedt/Oder, R6publique d6mocratique allemande 2.12.2 Objectif Motiver les jeunes de telle lagon qu'ils ne prennent pas I'habitude de fumer ou, dventuellement, qu'ils renoncent i I'usage de la cigarette. 55 Le programme peut €tre analy$ sous ses deux aspects : I'apport de connaissances (l'information) et I'influence exerc6e sur le comportement. a) L'information 56 2.12.3 hincipes mdthodologiques En premier lieu, les auteurs du programme et de I'action ont observ6 dans la ville de Schwedt une augmentation de plus en plus marqu6e du nombre des jeunes fumeurs de l2 d l6 ans (le pourcentage des adolescents fumeurs de l5 ans 6tait sup6rieur au pourcentage global de la R6publique d6mocratique allemande). Beaucoup deviennent des fumeurs habituels de cigarettes. Cette situation a incitd le d6partement de pneumologie de la polyclinique de Schwedt ir 6laborer un programme et une action de prophylaxie i I'intention des dldves des 6coles de la ville. En deuxidme lieu, un profond changement du comportement taba- gique des jeunes ne peut 6tre r6alis6 que par une action continue, syst6matique et substantielle d'une dquipe pluridisciplinaire : enseignants, parents et per- sonnel m6dical. Il est 6vident - comme I'affirment les auteurs du programme -que les mddecins font partie de I'dquipe puisque la prophylaxie est leur domaine habituel, et qu'elle est au surplus un de leurs devoirs. D'autre part, il ne peut €tre question d'une approche isolie et limit6e dans le temps. En troisidme lieu, il ne suffit pas d'offrir seulement une information, il faut encore influer sur les attitudes et agir sur les comportements et, A cette fin, faire appel d des mithodes p6dagogiques propres i susciter la discussion et la prise de conscience d'une responsabilit6 envers soi-m€me et envers la soci6t6. Une dvaluation continue du comportement tabagique des dlCves permet de contr6ler I'efficacitd du programme et des actions, et 6ventuel- lement de r6viser les moyens et les techniques. 2.12.4 Pertinence du contenu Annde scolaire 1971-1972. Aprds une enqu€te men6e parmi les 6ldves des classes de niveau 8 et I 0 de la ville de Schwedt au sujet des habi- tudes tabagiques - enqu€te demand6e par les directions et le conseil des 6coles - il a 6td ddcid6 qu'un expos6 sur les dangers du tabac devrait obliga- toirement, chaque ann6e, faire suite aux cours de biologie qui traitent du systCme respiratoire. L'information donn6e par le pneumologue dans le cadre de ces cours porte sur les donndes statistiques (mortalitd, morbiditd) concernant la ville de Schwedt, plus spdcialement en rapport avec le tabagisme, ainsi que sur les thdmes suivants : fumer pendant les ann6es de jeunesse doit €tre considdrd comme un abus de tabac,m€me s'il ne s'agit que de quelques cigarettes par jour; - cornmencer i fumer t6t, mdne irrdm6diablement i la d6pendance tabagique; - il est plus facile de ne pas commencer de fumer que de devoir <se ddfaire> de cette habitude: - le nombre de jeunes fumeurs augmente; les m6decins constatent des cons6quences fdcheuses chez ces jeunes. Annde scoloire 1975- 1976. Les professeurs de langue allemande des classes 9 sont contact6s par les m6decins pneumologues. Dans le cadre de I'en- seignement qui prdvoit comme programme <prdparation et r6alisation d'une discussion>, il est pr6vu que les dlives qui ont requ I'ann6e pr6cidente I'ensei- gnement relatif au tabagisme se verront prdcis6ment assigner <le tabagisme> comme thdme de travail, de discussion et d'action. Comme information compldmentaire, le m6decin apportera surtout des dldments qui ont une perti- nence directe pour la sant6 desjeunes. Dans le cadre des cours de dessin, les 6lives composent affiches et pan- cartes en rapport avec le sujet du tabagisme. Annie scohire 1976-1977. Dans les cours de langues dtrangdres, plusieurs leqons portent sur le tabagisme sous tous ses aspects. Le matdriel didactique, comme les brochures et les plaquettes ilabor6es dans les langues d'origine, est 6tudi6 par le biais de I'enseignement des langues. Les donn6es chiffr6es tir6es des statistiques sont reprises dans les cours de math6matiques pour les exercices pratiques. Le programme est 6labord en collaboration avec les enseignants et les mddecins-pneumologues. b) L'influence exerc6e sur le comportement Il a 6t6 jugd essentiel que les parents, et tous les enseignants, reqoivent la m€me information factuelle que les 6ldves et prennent connaissance des m€mes arguments. Annie scoloire 1974- 1975. Des #minaires et cours du soir 6taient organiSs pour les enseignants de toutes les 6coles de Schwedt. Le m6decin- pneumologue y exposait les m€mes faits et donn6es statistiques,qu'aux dldves, notamment les chiffres concernant les habitudes tabagiques parmi les jeunes. Une discussion sur les faits, sur I'opportunitd d'une action et sur les techniques pddagogiques suivait les exposes. Les contacts avec les parents 6taient consid6rds comme trds importants dtant donn6 leur role en tant qu'<initiateurs possibles> du tabagisrne chez leurs enfants. Le contenu des sdances d'information et des discussions 6tait 5l le m€me que pour les enfants. Le fait que les donn6es utilisdes concernaient directement les habitants de la ville a grandement contribu6 i susciter l'int6- r€t des parents pour le sujet, et i donner aux r6unions un caractCre plus direct et plus pratique. L'enqu€te des ann6es 1973-1974 avait montr6 que la plupart des jeunes se procuraient les cigarettes dans les grands magasins de distribution, bien que la vente en f0t interdite aux enfants de moins de l6 ans. Des <pour- parlers> ont 6td entrepris avec les directions de ces magasins et un groupe de jeunes b6ndvoles s'est engag6 i contr6ler rdguliCrement I'application effective des rCglements, promise par ces directions. 2.12.5 Realivtion et faisobilitd La planification et la r6alisation du programme sont en fait l'ceuvre du ddpartement de pneumologie de la polyctnique de Schwedt. Une trds importante et effective collaboration de la part de toutes les 6coles de la ville a permis d'y introduire le prograrnme. Comme il semble que les parents,parlebiais du groupement des parents d'6ldves, coopdraient dgalement en grand nombre I la campagne et qu'il a 6t6 dgalement possible d'y faire participer les chaines de distribution de cigarettes dans la ville, ni la rdalisation ni la faisabilit6 du programme nbnt pr6sentd de difficult6. Une bonne organisation centrale, une discipline quasi exemplaire de la part des groupes concernds, ainsi que I'important impact psychologique que peut avoir un d6partement m6dical influent (pneumologie), tout cela a certainement contribu6 dans une grande mesure i la rdussite de I'action. Sans doute convient-il de se rendre compte que la r6alisation d'un tel programme n'est possible que grdce i une coordination et une coopdration tris bien organisdes et centralisdes. 2.12.6 Resultats, rdsistances, consdquences Les auteurs du programme, qui ont rdguliCrement proc6dd i l'6valua- tion des habitudes tabagiques chez les 6ldves, ont constat6 une diminution rdelle du nombre des jeunes fumeurs. Pourtant, de l'avis des responsables, il serait utile, sinon ndcessaire, de faire d6buter le programme antitabagisme plus t6t, en 5ime et 6dme clases. Le rapport des auteurs du programme ne fait pas mention de r6sistance. Bien plut6t, les enseignants ont manifest6 un trds vif int6r€t, et plusieurs d'entre eux ont cess6 de fumer. 2.12.7 Conclusions Le programme ddcrit prdsente cette originalitd d'avoir 6t6 congu et r6a- lis6 par les services de pneumologie d'un hopital. C'est aux m6decins qu'il 58 incombe de faire le premier pas, de rechercher la collaboration des ensei- gnants et de les informer; puis I'dducation des enfants devient I'affaire des enseignants et des mddecins agissant de concert. Ce qui importe, c'est d'dliminer, par une longue et patiente <approche> des parents et des enseignants, et par une argumentation d6pourvr.re d'agressi- vit6, les facteurs 6motionnels subjectifs qui font obstacle ?r une motivation suffiyante. Les responsables du programme soulignent I'importance des tech- niques p6dagogiques dans la dynamique de groupe : les 6lCves doivent pouvoir poser des questions et discuter. Dans toute action d'dducation pour la santi, une participation de la col- lectivit6 est jug6e effective pour intensifier I'impact de la campagne. Le fait d'avoir impliqu6 les chaines de distribution de cigarettes dans une action qui les maintenait dans la <ldgalit6> , semble avoir eu un effet appr6ciable. I1 faut signaler qu'une 6valuation, anonyme, des habitudes tabagiques chez les dldves permet d'estimer dans une certaine mesure I'effet du programme. Une con$quence directe de ce procdd6 est qu'il a 6td ddcidd de mener la campagne antitabac parmi les 6lCves des classes infdrieures, notamment chez ceux de la 5dme et de la 6dme. En conclusion, le programme et I'action d'dducation pour la sant6 en matidre de tabagisme, conqus et rdalis6s i I'intention des dcoliers et de leurs parents dans la ville de Schwedt par le ddpartement de pneumologie d'une polyclinique, paraissent €tre une intdressante et trds valable approche i des actions dont il n'est pas douteux qu'elles seraient faisables et r6alisables dans beaucoup de situations analogues. 2.12.8 L'iducatirtn pour h wntd en Rdpublique ddmocratique allemande L'dducation pour la santd i I'intention de la jeunesse en R€publique d6mocratique allemande s'inspire des grandes lignes et des principes directeurs d'une politique socialiste de la sant6, qui prend en considdration la fonction de la jeunesse dans la soci6t6 et, pour I'avenir de celle-ci : I'importance de I'dducation et de la formation des jeunes; I'importance du d6veloppement des jeunes sur les plans corporel, psychique et moral, en vue de leur 6tat de sant6 et de leurspossibilitds h I'rige adulte;l'importance de I'enfance et de la jeunesse pour poser les bases d'une attitude et d'un comportement favorables I la sant6. En ce qui concerne l'6ducation pour la sant6 i I'intention des enfants d'6ge scolaire, elle a 6t6 r6sum6e par une confdrence sur le thCme <jeunesse et sant6> qui a jet6 les bases de I'action sanitaire jusqu'en 1980. Les lignes gdn6- rales en sont : Ie d6veloppement du travail communautaire;la stimulation des initiatives des travailleurs, plus sp6cialement des jeunes; l'incorporation des objectifs d\rne politique de santd et de leur contenu dans I'iducation et la formation jusqu'it I'enseignement sup6rieur y compris; I'activitd des mas mddia pour la promotion de la sant6;la recherche scientifique;l'action des travailleurs dans le systdme sanitaire. 59 3. CONCLUSIONS (De m€me que, dans le monde entier, il est tacitement admis que le droit i l'6ducation est I'un des droits fondamentaux de I'homme, il devrait €tre reconnu que I'dducation sanitaire fait partie int6grante du processus d'dducation.> (OMS, I 974) Compte tenu de I'importance des problCmes de sant6 et des probldmes connexes qui sont caract6ristiques des enfants d'6ge scolaire et des adoles- cents,la nicessit6 de promouvoir l'dducation sanitaire par une aide appropride a 6t6 souvent exprim6e dans les r6unions techniques d'experts de I'OMS. Sans doute, des r6unions mixtes OMS/UNESCO, des seminaires rdgio- naux, des r6unions de travail et des discussions techniques ont-ils permis de d6gager toute une $rie de concepts et de consid6rations qui forment la base de programmes rationnels pour l'6l6vation du niveau de santd chez les enfants d'6ge scolaire et chez les jeunes. Toutefois, dans ces rdunions d'experts, est souvent exprim6 I'avis que (I'OMS, avec I'aide de I'UNESCO, devrait mettre au point une mdthodologie basde sur I'expirience internationale et mettre i la disposition des personnes appel6es i jouer un r6le dans l'dducation pour la sant6 mentale des familles et des icoliers en premier lieu, un guide pratique et complet)) (OMS, Bureau rdgional de I'Europe, 1974). Dans le dessein de r6unir une documentation sur les exp6riences des pays de la Region europ6enne de I'OMS touchant les programmes et actions en ddu- cation pour la santd mentale sous le rapport de I'alcool,du tabac et des drogues, destinds aux enfants et i leurs parents, et avec I'intention de soumettre cette documentation i un groupe de travail pour avis,le Bureau rdgional de I'OMS pour I'Europe a demandd qu'une recherche soit entreprise dans ce domaine en vue de <rasembler des exemples appropri6s de programmes d'dducation pour la sant6 concernant le tabagisme, I'alcoolisme et I'abus des drogues, qui ser- viront de mat6riel de base pour un groupe de travail sur les programmes d'dducation pour la santd i l'intention des 6coliers et de leurs parents>. Comme suite aux rdponses reques des ministdres de la santd publique des pays europ6ens et d'autres institutions et organisrnes s'occupant d'6duca- tion pour la sant6, il a 6td 6tabli un inventaire comprenant une cinquantahe de programmes et actions. Cet inventaire a fait apparaitre la n6cessit6 d'une silection ayant pour base lescritdres explicitement mentionn6s ou implicitement consid6r6s comme importants dans plusieurs documents de I'OMS, notamment du groupe de travail sur l'6va.luation des programmes d'6ducation sanitaire en matidre de santd mentale (OMS, Bureau rdgional de I'Europe, 1974). Ces critdres sont les suivants : - la d6finition plus ou moins explicite des objectifs; - la pertinence du contenu; 60 - la rdalisation et la faisabilitd; - une mdthodologie structurde; - I'existence d'une proc6dure d'dvaluation du programme et de I'action; - la disponibilitd de donndes concernant les rdsultats, les effets secon- daires, les rdsistances et les cons6quences i long terme. Il est 6vident qu'il 6tait exclu de pouvoir donner une rdponse valable et pertinente i toutes les questions-critdres pour la plupart des programmes et actions analyses. Nianmoins, une vingtaine de programmes pouvaient etre retenus sur cette premidre base de s6lection. On considdrait en outre qu'il 6tait opportun de rdunir des programmes se distinguant nettement par la m6thodologie, la technique et m€me les prin- cipes. De m€me, il fallait des exemples dans chaque domaine 6tudi6 : taba- gisne, alcoolisme et abus des drogues. C'est ainsi que douze programmes ont 6td selectionn6s in fine. Si dans tous les pays on s'accorde i penser que le terme <6ducation sanitaire> (dducation pour la santd) d6signe, dans un sens plutOt restreint, <les mezures systdmatiques qui sont prises pour susciter ou favoriser des exp6- riences qui, dtant donn6 leur moment,leur forme et leur contexte, incitent un individu, un groupe ou une collectivitd i acqu6rir des connaissances et i adopter une attitude ou un comportement de nature I I'amener au niveau de santd optimal) (OMS, 1969b); et si par cette dducation pour la sant6 on envisage de <ddvelopper chez les individus le sens des responsabilit6s pour ce qui est de leur propre santd et de celle de la collectivitd, ainsi que leurs aptitudes h participer de manidre constructive d la vie de la collectivit6>, ce qui est dgalement souhaitd par tous et partout, nous devons constater, pour ce qui est des r6alisations concrCtes de programmes d'6ducation pour la sant6 mentale destin6s aux enfants et aux parents en ce qui concerne I'alcool, le tabac et les drogues, qu'il existe une diversitd frappante dans la mdthodologie et le contenu de ces programmes et actions. A travers ces progrzrmmes, il est en fait possible de r6pondre aux trois questions cl6s (G.W. Steuart, 1974): - qu'avons-nous appris des exp6riences du passd ? - quel est I'aspect g6n6ral de l'dducation pour la sant6, en ce moment ? - quelles sont les perspectives et les tendances ? a) Bien qu'il ne soit pas niable que de plusieurs programmes d'6duca- tion pour la sant6 conqus et rdalises dans les dernidres ann6es se digage une tendance r6elle i une nouvelle approche du sujet, force est de constaterque maintes caractdristiques dominantes sont celles qui ont marqu6 <l'dducation sanitaire> traditionnelle, c'est - i-dire : 6l - le dogme selon lequel I'information suffit i influer sur le comporte- ment; - le <moddle mddical> centrd sur le concept de la maladie; - la <compdtence m6dicale> qui se rdserve le monopole de I'dducation pour la santd; - la <dominance> de l'expert omniscient parrapportau (clientignare>; - I'approche paternaliste du genre <maitre-6lCveu; - la <fragmentationD des actions en pr6sentant cette dducation sani- taire par <petits chapitres>; - la <dissociation> des thdmes, que I'on isole du contexte social et culturel; - et, plus r6cemment, une confiance quasi aveugle dans le pouvoir des mass m6dia, entre autres la tdl6vision, en matiCre d'6ducation pour la sant6, en tenant pour acquis qu'un comportement d 1'6gard de la santd peut <se vendre> comme n'importe quel produit commercial. Quelques-uns des programmes qui ont 6t6 analy$s <souffrent> grave- ment de ces mdthodes et techniques, dont l'application peu nuanc6e et sys- matique n'a gudre contribu6 tr engendrer un comportement de sant6 ad6quat. Toutefois, leurs auteurs, ou les autoritds responsables de leur r6alisation, sont conscients des d6ficiences, voire des condquences n6gatives de ces pro- grammes. Sans aucun doute, les exp6riences du pas$ ont r6ussi i faire remettre en question cette <6ducation sanitaireu, que I'on croyait si bien asise. b) Ainsi, les programmes d'6ducation pour la sant6 en matiCre de taba- gisrne, d'alcoolisme et de drogues, peuvent €tre consid6rds comme I'interpr6- tation concrCte de ce qui est, pour le moment, dans la R6gion europ6enne. Il s'agit : - de r6alisations asez clasiques mais d6jl imprdgn6es des id6es nova- trices d'une nouvelle vague d'6ducateurs; - de tentatives d'dvaluation critique des programmes et des actions; - d'expdriences d'adaptation et de renouvellement; - enfin, de quelques prograrnmes - encore rares - qui viennent d'€tre mis tr I'dpreuve tout r6cemment et qui abordent l'6ducation pour la santi d'une fagon toute diff6rente. La s6lection finale des douze programmes retenus a d'ailleurs 6td en partie ddterminde par leur appartenance i l'une ou i I'autre de ces quatre cat6gories. Les deux observations qui suivent caract6risent fort bien ce que I'ana- lyse des programmes d'6ducation pour la sant6 destin6s aux enfants d'6ge scolaire et i leursparents en matiCre de tabagisrne,d'alcoolisme et de drogues a laisS percevoir : 62 <Les changements que I'on voit maintenant se pr6ciser dans les pro- grammes d'6ducation pour la santd se sont produits graduellement, la plupart du temps presque imperceptiblement malgr6 quelques pous#es occasionnelles de progris. Dans une grande mesure, ils ont 6t6 suscitds par des modifications gdndrales du climat social et politique,ainsi que par I'expirience acquise dans la r6alisation de programmes et par les impressions retir6es d'dvaluations.> <Bien que I'on continue d attribuer un rOle capital i la puissance de p6n6tration de I'information disseminde, il existe maintenant une tendance d se mettre en prise directe sur le style de vie global des populations desservies, et d se prdoccuper des besoins tels qu'elles les expriment elles-m€mes, plut6t qu'en les consid6rant sous I'angle d'une d6finition professionnelle.> (G.W. Steuart ,1974). c) Les perspectives et les tendances de cette <nouvelle> approche de l'6ducation pour la sant6, telles qu'elles se dessinent d travers ces programmes et actions, peuvent se formuler comme suit : - l'dducation pour la sant6 destin6e aux enfants d'rige scolaire est une action multilat6rale et multidisciplinaire, dans I'orientation et la r6alisation de laquelle I'dcole et les services de sant6 doivent se partager les responsabilitds en prenant soin d'y faire participer la collectivit6 et la famille dans lesquelles I'enfant se ddveloppe et dont il fait partie; - la responsabilit6 de la soci6t6 dans l'6ducation pour la sant6 est dvidente; - cette 6ducation est envisagde en quelque sorte comme un encoura- gement d se r6aliser soi-m€me et tr former des relations sociales judi- cieuses dans son entourage; - elle met en 6vidence I'importance du choix individuel quant ) la conduite considdrde comme addquate et saine, tout en donnant d I'enfant, par un enseignement appropri6, les moyens de faire ce choix en individu responsable envers lui-m€me et envers la soci6t6. L'6ducation pour la santd a l'6cole facilitera donc I'adaptation de I'indi- vidu i une soci6t6 souvent en 6volution rapide, par une socialisation i l'6cole int6grde harmonieusement dans le processus de socialisation globale. Plus sp6cialement, elle est susceptible de fournir une base de connaissances offi- cielles qui pourraient finalement conduire I des prises de ddcisions ration- nelles, et aussi servir i promouvoir activement I'exploration et la clarification d'une grande vari6td de valeurs et de questions controversdes. Cette 6ducation tend alors i se d6gager du <moddle somatique> pour refldter davantage le <moddle interpersonnel>, bien que tous deux puissent coexister et se compl6ter judicieusement. Encore faut-il, pour que I'on puisse 63 atteindre I'objectif vis6, que tous les dducateurs - et en premier lieu lesper- sonnels des services de sant6 et les enseignants - soient formds et 6duqu6s eux-m€mes en matidre d'dducation pour la sant6. Etant donn6 que certaines expdriences - plutot ndgatives - ont montr6 que tout programme en 6ducation pour la sant6, aussi optimales qu'aient 6td sa conception et sa rdalisation, peut avoir des consequences inattendues, il est essentiel de pr6voir, pour chaque progrirmme et pour chaque action, une 6valuation r6pdt6e des mdthodes comme des r6sultats. A la lumidre de I'analyse des programmes d'6ducation pour la sant6 expo#s dans le pr6sent rapport, nous croyons qu'il est possible, tout en tenant compte des <perspectives et des tendances>, de concevoir et de rdaliser un moddle addquat, approprii et pertinent d'6ducation pour la sant6, i I'in- tention de la jeunesse d'aujourd'hui, dans les pays de la R6gion europ6enne de I'OMS. REFER.ENCES BIBLIOGRAPHIQUES Publications OMS OMS, S6rie de Rapports techniques, N' 9, 1950 (Santd mentale : Rapport sur la premiire session du Comit6 d'experts). 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Butr.6 A|rt', Mell Ordo $ahr : Aurrrrlha Gov€mf,+it PuuttlDt &nlca EookthoDr, P.O. Eor &1, CrxEr A.C.T. 2fln : o otc tlu cogla l?oil Aurlsrllrtr Govaacar Publbr{o!! .Dd lrult, ClorEa ar: ll3-t15 Irtrdotr Clrcult. C^r{tcr^Ctr" A.C.T, 26(10; S;hop 42, Thc Vt[rr CcGrtt, Ertr!^Nt, Quetrthrd 40@ I L7 Ssrn too SaEt, Mt[;tor,rNl VIC 30q, i lO9 Pltt SrrEt. StDrEy N.S.W.2[Ur: M3 Ncma Hoc. 2IXl St. Gcorfc'. Tcftrc.. Errn WA 6m: IadrSrt lloo!. 12 PtsL $EGr. ADrL^rDr SA ,m: t5&.lo Mroqudc SuEr. Ho.ar TAS 70(p - Hlnt r hulcrrldr. 5EA GIDD.guoct, @uJNow@D VIC 3065, O.rold & Co.. Gnb.tr 3t. l0ll rr'Errc l. CoodoErt or 6c. horltilil.r OMS, C.P,O. lor 2r0. D^cc^ 5 - TD3 Arlod.do! oa Volust r,AS!D*, P.O, Eox gX'. D^cc^ t. OOcG hrcrnrlloort d. Ubrrtrlc. 30 rvrolr Munlr, t05O BwI[,..t-ts - lfutenau d Silta tb NortL ted.mil: ,c.! 6G hDror. 202 rrcorD .lu 8ol. 1060 Erur-ur. tob l*,,lurau rtfharl & lOItdS. Elulorccr Rcdol .!G MGdlclu OMS/OPS, Unldr& dc Vcorll dr Puttuc.ga.r, C.d. PofrlZl,l8l. Vll. Ctcmttro, Oaolll SIo P^ur, S.P. Poo rutc connsrde hot &rstcffit : Aaodadoa crtradlcrr d'Hvdtoc Dubllq*. l3t5 Crrt[ *camBilat d'n chlqu ot pm dt la Lttcua Royrh du Curd!, Ortrrr. c@t,ta Orrllbrdon Pord $aalon B. Otr^w^, Oar. KIP 5*5. b cutctp,&ttcc sorhm, lct &wiu* tlolt tD. &.ttac d for'|nl',,loo oondt tc (b L S.aL, Dlilrlbodoo .a Vcntc, l2l I Glxlw 27. Subo. Ch!a. Nrtloort hrulc.doo. lEDorr Cot?qrdoa. P.O. 8or 88. Parfi. Dlrartubra L&t.. Plo Afoaro Grtdr, Crn n.a.. N- 36-119. C^rrtr^otN!. Ehrr Mu[k.rrrd Lut,, Nrrcrrda 6, ll6a OoE{il our K. Nlbu El Fltr Doo&O6, 55 S.rd Z{tlout Slr!.t. Aur^NDu. LtHr Erudlrntfl, Edltclo Co|trctdrl I No 3, Amldr UbGn d. S^N S^rvaDoi. IJbtldr ct orllc. s.A.. P.O. Eor 362. Luqu. zll. CuayaqrrE. Corocdrl Alt.r*um S.4., Cmrclo dG Ckoro lt&136. B^rcEoHs lt: GcGrl MGsd6 29, M^DID 20 - UHr Dt z d. S.!rd. t r.tcr 9t. M^DUD 6 : ldroc. alT y al9. B^rcr.ot[ 6. Pou ,ouc coranatd. hott &orwinl : WHO hblc.door Ccot r USA. a9 sHdr! Avcouo, ALt xy. N.Y. lX2lO. 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Ia H^yr 2000. Burau r{doort do I'OMS Dour !r Prdfetr ocddcotlt, p.O. for 2931. M^xrtrs - TDc Modcr!loof CoED.tr, Irc.. P.O. Eor 632.9rb Rlril AEsu.. MANrur.Sthdltcr Xd0ru&.. ul Mrzotbc.fr 9. (m52 VArryE (tut Crrdteut) - BKWZ tuc0. ul WroDt 23. @&l{, Val&vtr (Dlddteut tatemr),Umrh RodrltxE, tt6 Rul do Ourc, Lexls 2. M. Frm Kcthh, P.O. Dor No. izlt, AIr . DE Coordon[rtar da hoarrm OMS. Ccarlrf p.O. Eor !lo. Sfou!.. Irbrb. nolrllci 1lo. ml Iszto. Cocdoolrtu.b ProGaED OMs. P.O. Dd 3a!. VtrrrtAt[. :,a9 Hlri wcrv Emmno SurGt. Srrccr. wra: SIEN,RA LEONE SINOAIIOI,'R gRI LANKA SuiDB Nhlr U!h,!dtr Colt a, Eoo&&oD (Urtrctd6, o( $Ell L.c). hl?$. l{.lt fr& EErowr.. Coordono.rans d. Frrorrr-qr OMS. tlr Motrffi Ro.d. O.?.O. tc 3at?. iaorrour I - I S.lcct Eootr (HG) Let. 2tt T.!db Stocobr 6tt3. 2/F. t9 Ilrartta faa, Surorrqi io.t* l*, lolr.u dddd .tc IOMS. Atd3Do!r,3t C.B. Frltr. f-ar. Hovbotha.l. R.Grlntrrruo t2. t0r?l $!omr.M.dt&.r VcrLt lra Hltcr. I&.[I Sar- 76. !Ot2 Dntlt 9. 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World Health Organization (WHO) · Publications
Education pour la santé : tabagisme, alcoolisme et drogues : analyse d’un choix de programmes destinés aux enfants d’âge scolaire et à leurs parents
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