TROGRAIflVE DE LuI{M COI{IRE L'ONCHOCERCOSE DANS I,A, REGION DU BASSIN DE ],A VOI,TA _)T_X _iÉ_l+-.)f _)É_J(-r+-lÉ_J*- -.)+_-)É _.)Ê _i+_JÉ _rÉ-)É-JÉ-)É-16_ Id M]sE EN vATEUR DES z0r[BS pnomcms DE I'oNCHocERcos -*-.,( -Jê _l+_)Ê-)Ê_J+_.,É_)É-*- hésentée par M. J.D. TBAONE ECo/ocP/0MS JIIIN 1985 o -.)+-)Ê-JÊ_l+-*-*-Jt-r(-lÉ-J6-.rÊ_ o/ umorucrrow -.)+_)É _lt -x -l+-,)t-lÊ_)É_J+-J+_)Ê - LA }IÏSE INN VALIIUR D]iS ZONES PROTEGMS DE L'ONCHOCERCOffi f. TTON Ltonchocercose, or cécité d.es rivières, est transmise en Afrique Occidentale par des sirnrlies du complexe sirmlium damnosun qui se neproduisent dans 1es biefs à courant rapide d.es rivières. La maladier eul sévit tout particulièrerænt d.ans 1es zones de savane soudanienne et guinéenne, est cause d'e débilité et de cecité. Dans certaines parties de 1a sava,ne orest africaine, lronchæercose constitue un important obstacle au peuplercnt humain et en conséquencer au développernent économique d.e nombreuses vallées désertes et improductives. Le kogramme de Iutte contre lr0nchocercose (OCp), démarré en 1974, consiste en une lutte contre Ie vecteur d.e ltagent pathogène, afin d.errrrlduire lrimpact de ltonchocercose-rnaladie à un niveau te1 qurelle ne représente ni un problène de santé publique, ni un obstacle au développenænt socio-économique, ni un em1Écheænt à la récupération de bonnes temes arabes vacantestr. Le Pro'pamIIE couræait 764 OOO W. jusquren fin t9B4 et touchait Z pays Bénin, Burkina, côte-drrvoi-re, Ghana, l'Ia1i, Niger, Togo ; (voir carte). Son extension a été décicté en d.écembre 1984 por:r inclure d.es zones infestées d.e Ia Guinée (Conatcy), de 1a Guinée-Bissau, du Sénéga1 et de 1a Sierra Ieone. Ies activités ont débuté par la lutte antivectoriell-e et Ies résultats en ont été très vite préhensibles. T,timpact épidémiologique d.e cette action a été plus long à se rnanifester et ctest seulerent mai,ntenant que 1ton lnut en d.égager les premiers résultats et 1es tend.ances généraIes. Les effets socio- économiques sont encore plus lents à énerger et des analyses significati-ves ne peuvent être ænées que sur les régions protégées d.epuis longtemps. Ctest dans les années à venir que d.e teIles analyses pourront avantagerrserent 6tre étendues à ltensemble d.e rraire concernée par le programnn. 2Nous alIons examiner successivement : - quelques aspects d.e lrinpact de lronchocercose et lroccupation des terres, - lfonchocercose et la productivité, - la mise en valeur des terres protégées de lronchocercose : a) - prograrnrlps de d.éveloppement b) - occupation et mise en vulture des terres c) - protection de ltenvironnement. -*_JÉ _+É_i6_)Ê- lê_ J(_*_*_t+_tÉ_ Q@IQIES ASItrCIS DE Lr II,IPACT XE LTONCHO0ERCOSE ET L'OCCUPATION DES IERNES -rÊ-x-r,(-J+-t+-.)É-*-r+-*-*-Jt- ,IT - ONCH OCERCOSE ET OCCIIPATION DES \TALLEES I4ârc si ltonchocercose ntest pas 1e seul obstacle à ltinstallation tLe populations agricoles dans 1es vaIlées soud.aniennes, iI nten dereure pas noins que cette parasitose a constitué au cours d.es temps ltun des freins principaux à ltimplantation d.urable d.ta6riculteurs sur des sols non usés pax une utilisation de loqgue durée. Les études épid.éniologiques nenées dans lrai.re tlu hograæ ont roontré qurindlvidus et collectivités placés dans 1es mâæs conditions appaxentes d.e transmission présentaient d.es manifestations cliniques clifférentes, en fonction tle Ia situation d.u vi1lage, de 1a taille clu vi11a6e, d.e 1a tiensité cl.e peupleænt, du mod.e d.rhabitat, ttes pratiques agraires ainsi que d.es activités professionnelles. Saint-Pierre ou Iréchec d.rune tentative d.e mise en valeur d.turp vaIIée onchocerquienrp Au d.ébut d.es années 60, d.ans le nord-o.rest clu Burkina, les populations Bobo fing et Bobo orLé locales vivaient sur d.es temoirs extrânelænt resserés, laissant d.e vastes espaces d.e brousse vierge entre les villages. En d.ehors d.es t6tes de riviènes, ces populations ne srappnochaient guère des talwegs otr étaient situés Ies gltes à simrlies, En L963, un gro.rpe d.tune cinquantaine d,e personnes de Iansila se déplaga dfenviron 20 kn pour s,installer sur la valIée d.u Keralié, à porimité iles rapitles de Kurnba et créaient Ie virlage cle saint-pierre. En 1ÿ68, d.es enquêtes renées par les groupes noblles ophtalnologlques cl.e Orra€adougour mettalent en évldence, d.ana ce vilIa,ger üffi situation parasito- Iogique et ophtalnologique catastrophiques. 4)J o/o d,es intlivid.us de plus de 5 ans étaient onchocerquiens et 77 t)6 présentaient cles lésions æulaires. 100 % d.es enfants de 5 à ÿ ans avaient des snips positifs et 71 % étaient déjà atteints par des lésions æulaires et seuls 1es enfants d.e moins d.e quatre ans échappaient à celles-ci. 11 y avait 1à 1a plus forte prévalence onehoeerquienne jamais trouvée au Burkina et ce après seulernent cinq ans dtexposit-ion aux piqûres des simulies. La prévalence de lronchæercose étant extrêrnelrent faible dans la région (tO% pour 1es villages de 1a région et 20 % pour Tansila), i1 est presque certain que bien peu drhabitants d,e Saint-Pierre étaient onchocerquiens lors de leur arrivée sur ce site. En 1971, ce vi11a6e avait totalement disparu,.. Loumana : d.u1:iz et des aveugles Un pays senoufo Burkinabé : Ies services de lra.griculture décldèrent draménager le bas-fond dralné par 1e Tiao. Ces aménagerentsr par la construction de drains, de bar'rages et d.e déversoirs, pérénnisèrent au cours d.es saisons les gltes à sinmlies déjà existantes et en créàrent d.e nouveaux. La situation sani- taire des villages voisins d.evint si..g:rave que 1es aména6ements furent abandonnés cinq ans plus tard :1es atteintes oculaires irréversibles stétaient nnrltipliees en nÉne temps que lron constatait une surmortalité d.es aveugles. Quelques chiffres peuvent ilrustrer cette catastrophe sanitajre. Pourcenta.qes d.tave ugles par villaee Année Léra t957 t%4 or5 % tr? % Itolg or4 % 2r2 % Kondono 4,7 % 7r1 % Mononi 916 % 2r% Cinq ans d.rexposition aux piqrîres d.es simrlies j.ssues des gites cré ée s parltaménagement ontdonc suffipournmltiplierpard.e 2 à! 1e nombre d.taveugles. 5Ies exemples dtobstacles (Yaka1a, Farako, llatlina-Diassa) faits par lronchæercose au peuplement des vallées pourraient être rmltipliés. Tqrt coruIe on peu mettre aujourd.thui en évid.ence d.e fortes dynamiques de peuplercnt dans 1es vaIlées Burkinabé protégées d.e lronchocercose. Une étude récente effectuée à la demand.e titOCP indique ainsi que 10 % d.es terres cultivées au Burkina en 19BJ étaient constituées pax des gains d respace a4raire dans 1es zones protégées d.e Itonchæercose. Mais d.e te1les études nécessitent des photographies aériennes actue IIes. Ï1 y a interaction de d.eux phénomènes ; les risques de céclté abaissent la population par départ des élérents jeunes et décès prématuré des aveugles. Donc eeux qui restent sont soumis à un surcrolt dtinfection, étant donné que Ie nombre d.e sinrlies piqueuses au nivear: d.tun village reste relativenent constant, fnversement, i1 y aurait une masse critique au-delà d.e Iaquel1e Ia trans- mission d.u parasite serait diluée entre un plus grand nombre d.tind.ivid.us et n,aurait plus lrintensité suffisante alr cunu:I des infections. Par ailleurs, de par leurs activités près des rivières, certaines professlons sont particulièrement exposées au risque dronchocercose r trÉcheurs, riziculteurs, pasteurs par exemple, Les femnes sont en généra1 moins infectées que 1es homres par suite de Ia d.ivision du travail. CeIa se vérifie au Burki.na chez les Lobi et 1es Birifor où eI1es ne cultivent que ltaire péridorcstique, alors que 1es homnes sroccupent d.e lraire extérieure. Par contre, chez les Dagara, où. e1les participent aux mêræs travaux que les honnes, elles présentent les mênps taux drinfection que ceux-ci. Chez les Senoufo de Côte-dtlvoire où. elles pratiquent seules La riz!- culture, elles sont plus infectées que 1es hon'nes ainsi que lron montré les enqu6tes réalisées par le ho6gamne. Ie développerent de Ia culture attelée ou de 1a mécanisation d.imirme Ia d.urée des travarx des champs et donc le temps de contact avec Ie vecteur ; iI réduit d.e ce fait 1es risques d.tonchæercose grave. L -JÊ- * -J+_*-*-)Ê-JÉ-Jt-tF-*- O}rcHOCERCOffi ET LA PRODUCTNII1E -JÉ-)ê_t+ -+ -i(-J+-x-*-r+-*- -7 - III . LIONCHOCERCOSE ET L\ CÂPAC]TE DE TR.{VAIL Ltétape ultire des infections onchocerquiennes est Ia perte de La vue : IA CECTTE. Dans les zones hyper"end.Smiclues, Ia cécité apparait en moyenne b. J) ans, dans les zones mésoend.éraiques à {l ans et en zone hypoentlémique entre 49 ef 5l ans. Ia non voyance d.éterminée pax Ie test d.e réduction du champ apparait encore plus tôt. Dans les zones hyprendémiques en particulier, la lrrte de Ia u;e intervient donc àune période cruciale de la vie de ltindividu, alors o*uril est en pLeine productivité et souvent nanti d.e grosses charges familiales. Lfespérance d,e vie drun aveugle, à partir du norent où il a perdu 1-a vue, est d.e ÿ ans en zone hyperendénrique et de / ans en zone mésoend.émique ; eIIe est inférieure de IJ à 1l ans à ce1le d.es voyants. Dès le morent où il perd. 1a vue, le sujet est improductif et nta plus d.e vie active porrr Ia collectivité. Plus nÉrrc, i1 est une charge pour e1le. 0n considère comne années perdues d.u fait d.e lronchocercose, celles pendant lesquelles f individ.u est vivant mais aveugle, ainsi o,ue celIes qui ont été perdues du fait d run d.écès prérnaturé. Parmi ces années seule une partie aura.it été consacree à une activité procluctive, celIes qui se situent entre 15 et 50 ans. -x_J+_J+-X-l+_.)É_*-J(-JÉ-)É- f t MrsE EN vArEuR DES mRnEs rEomcEES DE LroNCHocERCos _.t+_)Ë _t6 _J+_J+-JÉ-r(-Jr_*_ J( - -8- rY - MIS EN VAIETIR DES VAIIEES Ie d.éveloppement économique des zones Iibérées d.e Itonchocercose ne d.épencl pas du Prqramæ, mais d.es Etats, d.es comm.rnautés, qui peuvent solliciter des appuis extérieurs, internationarrx oi biLatéranur. Ie Programnr ne peut clorrc que prendre acte des situations nouvelles sans avoi:r pr intervenir sur Ies processus qui les ont créées. Son rôIe ntest celrndant pas entlèrenent passif ; en effet iI inforrre 1es Etats de Ia situation épid.émiologique dans Ies zones quf ils d.ésirent rættre en valeur, mène une évaluatLon sæio-économique des activités de d.éveloppement et iI apporte son appui à Ia forrnulation des clemand.es d.raid.e auprès d.es organisires d.e financerænt. Ia mise en valeur d.e ces lrterr€s neuvesl se fait soit dans le cadre d.e projets planifiés, soit par des migrations spontanées non contrôIées. a ) !res:3p-ng : -Èe -1 Éy9 1 gepgs=! - I 99 i s: g9 9te3isg9 Chaque Etat a envisagé le d.éveloppement d.es zones Iibérées de lroncho- cercose suivant sa propre d,ynamique économique. Un bilan d.es actions réalisées, en cours d.e réalisation ql en projet, a été présenté par ehacun des Etats parti- cipants au Comité Conjoint ciu h€rarine (CCe) de 1982 ou de LgBj ; ce bilan est en ccn'rs dr actualisation. Certains gouvernenents ont mis sur pieti tles actions spécifiques alors que d.rautre ont englobé ces zones d.ans des projets plus vastes, régionaux ou nationaux. Ia majorité des actions engagées or envisagées portent sur Ie tléveIop- pement agro-pastoral et ses infrastructures amont et aval : moJrens d^e production, réseau routler, hyd.raulique, industries agro-alirentai-res, organisation d.u cadre de vie. Ce d.ernier éIéænt inplique les stmctures villageoises drhabitation, Ie réseau de soins, Ie systèrc dréducation et de scolarisation. -9- a-1) - BENrN Ies provinces d.e ltAtacora et d.u Borgou, soit 72 76 du territolre nationa\sont incluses dans 1es zones de traitenent du Programre. Ces deux provinces sont peu peuplées (fO a 15 hab/tar?) et offrent de bonnes possibi- Iités dtaccueil pour d.es mi;rants venant d.es régions surpeuplées. Ia quasi totalité du reste du pays est englobée dans Ia zone dtextensi.on méritlionale. Le d.éveloppeircnt d.es zones protégéesde l,onchocercose, prises d.ans un sens large, est intégé d.ans le processus national et régional d.e 1a planifi- cati.on, et une cellule spécialisee a été créée à 1a d.irection de Ia p3.anlfica- tion. Ia préparation du plan décennal a été précédée de 1a constitution dtune banque de données sur les ressources naturelles (obtenues par téIédétection), sur 1es potentialités d.es sols et sur 1es besoins socio-économiques d.es::uraüx. Ie plan a identtflié 16 projets dtinvestisserent ; iIs portent sur Ie dévelop- penent nrral intégré, ltamélioration d.es productions vivrières et fruitières, 1t élevage. Ie plan suppose que Ia mise en valeur d.es zones protégées de lroncho- cercose doit 6tre faite par des volontajres et non par d.es d.éplacements auto- ritaires d.e population. fI est donc nécessaire de créer un cad.re attrayant pax Ie développerent de lthydraulique vi11a6eoise, d.u réseau routier, des infrastructu::es seolai-res. Un effort tout particulier est fait en direction de Ia santé en privl1égiant la mâlecine préventive et 1a pharmacopée tradi- tionnelle. a-2) . BIIRKINA FASO Ie Burkina a créé en 7974, ltAutorité pour lraménagerent des vallées des Volta (AW)r établissernent public à caractère ind.ustriel et commercial, d-oté d tune personnalité morale et d.rune autonomie financière pour mettre en valeur Ies ressources naturelles des valléesprotégées de Itonchocercose. -10- Apràs Irétabllsseænt dtun plan di-recteur, Ia construction dtun réseau routier relié au réseau national, Ie fora6e des puits et Ia cons!- truction d.e bâtirents collectifs (d.ispensaires, écoIes, logenent du per- sonnel d.rencadrerænt) ont précéd.é Ia mise en place des exploitations. Celles+i sont établies pour assurer lrautosuffisance allnentaire des exploitants, leur proculter un revenu d.écent et pernettre un assolement par rotations des cultures. Elles ont une taille de 7 à 10 ha, jachère et réserres comprlses ; Ia superficie cultivée est de 016! ha par habitant, soit 4r5 ha porr une famille moyenne de 1 personnes. Des comités d.e villages et tle b1æ concourent à Ia promotion des villageois et en particulier d.es femmes ; d.es centres d.talphabétisation porr adultes fonctionnent ; d.es boutiques notamment d.es pharnacies sont gérées par d.es vi11a6eois. Un sesrice de créd.it a6ricole perrnet lrachat d.e senences sélectionnées, dtengrais, de produits phytosanitaines, d t attelages. LrAVf ernrisage Ia mise en place de zones tie séclentarisation d.e 1té1eva6e et d.e périmètres de reboiserent ind.ustriel et paysannal. Un projet d.e reboisement d.e 5000 ha est en cours d.e réalisation. Des actions porr Ia protection d.e lrenvironnenent sont égalenent prévues. b L972 à 1981 lrAÿ\r a bént5ficlé dtun concours financier de lOrB milliard.s de francs CFA qui ont se:si à couvrlr les dépenses relatives non seulerent aux études de base mais égalerænt à lrinstallation d,e Z45O familles comprenant 18 000 personnes environ. Ie progranræ 1981-1986 prevoit lfinstal- lation d.renviron I0 000 autr€s familles potrr un cott moyen d.e lrs rn:i1lion CFA par fa.mi1Ie. Ïes vi11a6es sont regroupés dans 10 blocs situés Ie long de la ÿo1ta Rouge (f Uroc), de Ia Vo1ta Blanche (e trocs) et de 1a Bougourtba (1 bloc). Ies prévisions d.e production moyenne dtune exploitation sont de 22OO lig d.e coton, I55o kg de sorgho, 17oo ks de ni1 et ,50 lrg de légures secs. -11 - En dehors de 1rAW, six ORD (Organisæs Régionaux cle Développement) ont des secteurs qui se trouvent à ItintérLeur des zones protégées de ltonchocercose. Ce sont : - ORD d.es Hauts-Bassins - ORD de la Conoé - ORD de Ia Bougouriba - ORD de Dédougctr - ORD du Centre-Est - ORD d.u Centre-Orrest Ces ORD bénéficient, dans le cadre de projets de développernent nrral intégré d.e financenent. Ieurs activités principales sont anées sur 3 - Itorganisation d.u monde rural en g?orperents villageois et une reilleure structuration de ces d.erniers, - lrintensification culturale par la vulgarlsation et ltappréciation d.es thères techniques essentiels, - amélloration d.es conditions d.rapprwisi.onnerent et de crédit, - 1 | alphabétisation f onctionnelle, - 1 I intégration a6riculture-é1eva6e, - Ia llaison recherche-développement. 1L nty a pas d.factions spéciales en faveur des rnigrants (accuei1, instal- lation) qui reçoivent les rÉroes services que 1es autæhtones. a-j) - c0ttr-Df rÿolnE En Côte-dtlvoire Ie d.évelopperent des zones protégées d.e lronchocercose nrest pas individualisé, iI est englobé dans d.es prog?arilrEs thérnatiques nationaux ou des projets de développement régional intégré. Ie hogramme sucrier mené pa: Ie SODESUCRE a d.ébuté à Ferkesséd.ougou et stest étendu aux complexes tle Ferké fI, Borotor, Sérébcu (1), Katiola (f) et Zuénoula. La SODESUCHE pnocure actuellenent 12 5OO emplois, non compris les (t) Viennent d'être suplximés. L2 emplois saisonniers pour la récorte d.e ra canne. Iê prograrrune sucri.er avec ses retombéee agro-industrielles envisage faire virrre 250 000 personnes. Ies besoins en eau exigés par 1a canne à sucre entralnent l-a localisation de sa culture aux abords des cours d.reau où lrendémie onchæer_ quienne était souvent très grave. Dtoù 1a correlation certaine entre 1es activités d.u fuogramre et Ia mlse en oeu\,?e d.u plan sucrier. Un programrne maralcher, qui a débuté par Ia création de petites zones irriguées en 1974 (Nrzl Bandamar Rubino Ferkessédougou) se développe ,lans deux grands périmètres à l{arabadiassa et Sinematiali. Ceux-ci sont exploités par plus de 1200 familles tlont Ie revenu annuel est de ltord.re d.e {00 OOO fTancs CFA. A 1ravaI, ils sont à ltorigir:e drune industrie agro-aliraentaire de con- serverie tle légumes, de frrrits et d.e concentré de tomte. Les périmètres de oultures occupent d.es va1lées à forte end.émie onchocerquj.enne, et sont d.onc très d.irectement concernés par Ies activités du kogramre. IIn projet fruitier (ananas, avocats) de 1ooo tra, à vocation exportatrice a été mi's en place sur Ia vaIlée du Kan près de Tiébissor ; d.es cultu:res IéSu- mières intercalaires sont prérmes. Ia production du rLz a dimirmé après 1a supression en LgTTt d.e ra SoDERIZ et du soutien financier gouverneræntaI. Iê Côte-d.rlvolre naguère exportatrice voit ses importations d.e riz crolùre d rannée en année ; une relance d.e 1a rizicultu:ee est à Irétud.e. To% ae ra production provient d.e la région fonestière et ]0 % de la savane. Ta moitiée des surfaces cultivées en for6t et la totalité d.e celles d.e savane sont en zone drend.émie onchocerquienne. Les nelations entre Ia riziculture et Ironchocercose ont étéexposées p1u s hau t. Dans 1e nord de 1aCôte-d.rTvoi:ee irplus d'ans ltaj.re initiale du .Programræ Ies pratiques culturales exposent to:t particulièrement les riziculteurs aux piqtres d.e simrlies et à ltonchocercose. t3 Les prqramllps café et câcao d.ébutés dans Ies années 50 sont à 1a base d.e 1réconomie ivoirienne ; localisés en région forestiàre ou préforestière ils intéressent ,75 OOO exploitations familiales. f,tensemble des activités tians ce d.ornaine est sous Ia responsabilité d.e 1a SATMACI. Ie tiers des plantations d.e cacao sont situés dans la zone du Prqgranrne. [ous ces programres staccompagnent du d.éveloppement des infrastrtretures rurales : réseau routier, hydrauliclue villageoise, dispensaires, écoles, magasins, ainsi que de 1a fourniture d.e molrens de production et d.e 1a création d.e groupe- rents coopératJfs. Un effort d.ranimation rurale très important a été initié ; il inclut 1féducation sanitaire et nutritionnelle. En savane, des projets inbé.gés ont été lancés par Ia CIDT, société de d.évelopperent régional des savanes. Enfin, pour pallier Ia carence en protéines animales, Ia Côte-d.rlvoire a laræé, à partir de 1975, un plan tle d.éveloppernent d.e 1ré1eva6e dans 1es régions d.e savanes, de 1a pâche continentale d.ans 1es lacs de reterue des grand.s bana6es, et d-e la pisciculture. Les ranches d.té1eva6e, eomrre celui de Ia Marahoré par exempler occupent souvent des vallées inhabitées où. sévit lronchocercose. La lutte contre lf onchocercose a un impact d.irecterent obserrrable sur les cultures sucrières et maralchères ainsi que sur la riziculture. Al11eurs, e1le entre en ligne de compte d.ans 1es processus de d.éveloppement d.e toutes 1es paxties d.u territoire oir sévit 1a malsdis. a-4) - GHAIIA Ie Ghana a inscrit Ia mise en valeur d.es régions Iibérées d.e ltoncho- cercose d.ans son plan quinquennal dont Ies objectifs sont lraugrentation d.e la prod.tction, la réduction d.e 1a d.isparité entre les revenus ruraux et urbains et Ia mise en place cl,rinfrastrtrctures dtavenir pour 1a gestion d.es resso:rces -t4- en eau et en terres. Près de 100 000 IlÉ (Northern Region et Upper Region) peuplés d'e 2rJ millions d'habitants, bénéflcient des traitements du hogramre et une superficie encore plus importante est englobée dans les extensions méridionales. Lfeffort d.es autorités ghanéennes a porté sur Ie développement des cultures irriguées de riz, tonates et quelquefois coton. plus de 220 petits baxrages sont en place et plusieurs barrages de mo,venne dimension sont en constnrction ou en projet ; ils sont entretenus par une société dtEtat qui fonctionne avec 1es contributions des agriculteurs. Ia. production rurale bénéficie des services de Ia NORRIP (erog?amæ nrral intégré de Ia Région du Nord) de IIURÀDEP (Programrre de développernent a6ricole d.e 1tUpper Region) et de la FASCOM (tr'armerts Service Company). Ies deux 1remlères organisations vulgarisent 1es techniques, aident à 1a gestion, assurent des pr6ts et, éventuellernent, créent des ranches. Ia. troisière assure la distribution d.es engrais et des équiperænts. a-5) - MArr A Ia suite draccord.s avec Ie PNUD et la FAO, en I97Bt les autorités du Mali ont créé une banque d.e d.onnées et une cellu1e de planification d.e 1a zone onchocercose. Dans le cad.re de la planification du d.éveloppernent d.e base, ont été identiflees trois zones pilotes gEoupant J000 personnes : r. Hountounlouga (cencle de Katl, hors du programne actuel), 2. Denyekoro (cercle de Dioila), 1. Pikoro-Founa (cercle d.e Yorosso). _t5_ Dans chacune drelles un conseil informel de concertation représente 1es pro,iucteurs/consornrnateurs et 1es associe aux d.écisions prises avec 1es autorités politiques et administratives. Chaque zone pilote a fait lrobjet d.run relevé de lroccupation des sols et d.e 1eurs aptitudes. On præàie à ltinstallation des équiperænts d.e base (fora6es, pompes, moulins) et é.rentuel- lenBnt à ltinsertion expérirentale de technologies d.e production des énergies renouvelables. Dtautre Paxtr plus de 60 projets individ.ualisés ont été identifiés, d'es d.ossiers ont été préparés pour les irnrestisseurs dans le cadre du plan. Plusieurs sont en cours de réalisation cu sont même terminés, cornrre 1e barrage de SéIingué sur le Sankarani. IIs intéressent Ie développement agro-pastoral, lragro-alirentaire, Ies énergies renouvelables, 1es infrastmctures routières et rurales. Enfin iI ne faut pas onrettre de citer Ie développement remarquable d.es zones libérées de ltonchocercose d.ans Ie bassin d.u Farako, développement anoreé pend.ant 1a campagne trED avant le d.ébut du hopamne, Ie projet tle d.éveIopærnent de la culture du eoton (eropt l{ali-Sutl). a-6) NrGER Lronchæercose est limitée à la partie mérid.ionale de lrarrond.isserænt d'e Say (ff ooO kÉ) situé sur 1a rive droite du Niger dans 1e Département de Niaræy. Crest une d.es régions les mieux arrosées d.u pays ; e11e offre d.e très bonnes perspectiÿes a€?opastorales et a seulement une densité tie population d.e 6 lnabfwrZ. Ie projet d.e mise en valeur de ltarrondissenent préparé avec lrappui du PNIID, lors du démarrage du Prog?amrne t a,à pas encor€ été entièrerent réalisé, t6 Un périmàtre rizicole d.e J00 ha, extension du proJet de productivité tle Niamy a été créé à Say ; un micro-projet d.e cultu:res maralchères fonctionne à Ia mare d.e Kobad.ié ; ces projets ne sont pas en relation directe avec Ia lutte contre 1 t onchocerc ose. En revanohe on peut constater une forte imnigration spontanée à partir d.e Niarey et des anondissernents de Ouallan et Filingué. Ce flux atteint rée1- lerent 1es vaIlées libérées d.e lronchocercose, en particulier ce1le de 1a Sirba. a-T) TæO Iæ développerent des zones onchocerquiennes a débuté en 1976. Ie vaste programne concernant la valIée d.e lrOti est scindé en trois opérations d.e mise en valeur, ce1le d.e Ia plaine de Mandouri, celle d.e la zone Tbhiri et ce1le d.e la pl-aine d.e Namiélé, seul-e cette derniàre est en cours drexécution avec réalisation d.run prémètre hyd.ro-agricole et d.évelopperent de 1té1eva6:e, Ie colt de 1a première phase est d.e Jr7 milliards d.e francs CFA. Is. mise en valeur d.e 1a vaIlée d.e Ia Kara (IEI-KARA) comrnencée en l9T4 se complète dtun d.évelopperent de la culture attelée ; 1es investissenents d.es premiàres phases d.e ces deux projets dépassent 2 milllards de francs CFA. Lropération d'intensification a6ricole (eroSet virrier LA KAIA) dans la région des savanes, d.tun cott d.e Ir47 mllliartl d.e franos CFA est d.estinée à encadrer 2JOO exploitations avec d.évelopperent de Ia culture attelée en particulier pour Ie coton, Cette action très efficace bénéficie tljrectenent des acquis du ProgramrrÉ. Le programræ viræier d rAtchangbadé-Slrka, d.f un cott de {20 millions d-e francs CFA, concerne 1a promotion des cultures virrriàres dans /00 exploita- t i.ons . -t7 - Dans tous 1es projets sont prévr:es les infrast:rrctures villageoises. Ies projets, en préparation, dtaména4ement du Mono et d.u développement rural d.e ltEst-Mono se sion mérid.ionale du Programrc. Iê premier dtentre nent avec la République Populaire d.u Bénin ; outre barrage projeté perrættrait ltimigation de 1! 000 hydro-a6ricole d.e 1a vallée situent dans 1a zone dtexten- eux serait exécuté conjointe- Ia produetion électrique, 1e ha. Ie projet, en préparation, d.e rtla fosse aux lions" pràs de Dapaong, prévoit Ia construction dtun barrage sur 1e Koumfab et lrimigation d.e 1500 ha. t) kgspg tion et mise en culture d.es terres Dtune manière générale la mise en culture des va11ées est Ie fait soit d.timplantations encad.rées intégrées d.ans les prog?arilnes nationaux de développement que lf on vient d.e tiécrire, soit dtoceupations spontanées par irmigration allochtone o.r à partir d,e villages déjà existants proches des vallées ; en effet Ia popularisation de noyens de transport individuels, bicyclettes et cyclomoteurs, permet d.e cultiver d.es champs à dix or quinze kilonètres d.u vi11a6'e d.e résid.ence. Cependant, certains cultivateurs cons- truisent des habitations temporaires utilisées pendant la saison des cultures. Enfin, dans certains cas, les exploitants des nouvelles terres créent d.es quartiers ou d.es villages satellites du village dtorigine. Ies cas dtæcupation à partir dtun vi11a6e drinter-fluve posent en généraI peu de problàres sociaux, car Ies comrmnautés possédaient déjà la plu- part du temps, Ia terre des val1ées. Dans ces conditions, 1e systèrne de tenure des sols ne subit pas de perturbations. Par contre 1ræcupation de norvelles terres par des miTrants alloch- tones (nationaux ou étrangers) ne peut se faire qutavec lraccord ou la neutralité d.es corrnunautés locales qui tiennent traditionnellernent la terre. E11e entralne éventuellenent des modifications sociales irnportantes. -18- Ltimportance de lfoccupation et 1a mise en culture d.es terres libérées d.e Itonchocercose varient d.onc considérablerent d.tune vaIIée à lrautre suivant les plans de développermnt, 1a pression démqgraphique dans ltinterfluve, les systènes droccupation et d.e tenure de 1a terre, lrorganisation sociale, etc. b-I ) - BASSIN DU FARAKO. MALI Entre lÿJ2 ei L975 tes surfaces cultivées dans la zone inondable se sont accrues de 62J % et actuellerænt celre-ci est totalement occupée. une plantation d.e thé fournit 1e sixiène d.es besoins d.u lvlali. Iæ,s cultu?es I'sèches'r continuent dtaugrænter au rythme d" 4 % pa:r an. Des périmètres ont été plantés dtanacardiers et d.e tecks. Ies connnrnautés villa6eoises qui étaient rnenacées d.ans leur existence oÉ*, avant Ie clébut d.es carnpa8nes d.e lutte contre 1es sinn:lies sont maintenant en pleine expansion. Ie bassin d.u Farako préfigure ce que pourrait être, à moyen terme, 1tévo- lution économique de certaines zones libérées de ltonchrrcercose. Mais ce modèle n'a pas, dans ce domaine 1a nÉiæ valeur généraIe quten épidémiologie car Ie d.éveloppement socio-économiclue dépend. de d.éterminants culturels, sociaur, écolo- giques et politiques, spécifiques de chaque région. b-2) - BASSTNS DE LA VOLTA BLANCI.IE E T DI Lq YOLTA ROUGE Dans 1es deux bassins coexistent des périmètres de mise en valeur planifiés par ltAutorité de Ia Vallée d.es Volta (aW) et des exploitations spontanées. Dans Ies vingt années qui ont pr".céd.é 1a campagne de lutte contre 1roncho- cercose, Ia croissance des surfaces utilisées était de 0r2 à Orl% po an, crest- à-d.ire inférieure à la croissance démographique du Br:rkina qui atteint 1r2 à Z % par an. r,a superficie d.es espaces habités avait m6me d.iminué de 719ÿ6. -19- Depuis 1e début d.u hqg?ar,me Ia croissance annuelle des surfaces utilisées a été en mo)Énne de 11 %, soit 223 % ttepuis 1e d.ébut du h,qranrne. En généra1 Ie nombre de niqrants spontanés, résidents ou temporaires est plus d.e d.eux fois supérieur au nombre de personnes installées par ltAVI/. Dans d.eux zones de peuplerent d.e Ia ÿo1ta Blanche, à l.{ogtfi.o, on a ainsi recensé en r)B)r p@r 2LlB fani11es, Jf2 fanilles résidentes de 1rAW, 751 familles de migrants spontanés résident et Bll famill-es de migrants spontanés temporai-res. Ia surface d.e chaque exploitation spontanée est, en généra], inférieure de moitié à ce11e des fernres d.e ltAyf. Nous a.vons les nÉmes constations quant à 1tévolution rapide des surfaces cultivées d.ans les régions de Sarnand.éni, de Saint-Pierre, de Ia Léraba et d.e 1a Comoé. c) r.e, tion d.e ltenvironnerpnt dans les terres libérées d.e l t onchocercose Ie, présenration de 1a couverture arborée et, en particulier des galeries forestières est ap)arue comme essentielle pour enrayer Ies processus d.e dégrada- tion d.e Ia végétation et mainteni-r 1e c}.cIe de 1teau. Ie d.éfricherænt incontrtlé et surtout la eoupe des arbres pour 1e bois de chauffe font courir un grave danger aux formations ligneuses ; Ie bois est Ia principale sinon ltexclusive source dténergie utilisée pour Ia cuisson des alirænts et Ia demande crolt en fonction tle Itexpansion d.émographique. tre rebolsenent intensif est actuellenent le seul moyen d'e répondre à ces besoins et dtéviter que 1e préIèvement se fasse uniqueænt au d.étrirent d.es formations naturelles. la plupart des Etats du hogra^unrre ont des plans de reboiserent. -20- Ies d.angers encourus pax 1-a grand.e faune dont de nombreuses espèces sont localernent en voie d.e disparition, sont à lrorigine de Ia création de réserves. Certains Etats ont augrrenté la superficie et Ia surveillance d.e leurs réserves. Tors 1es pays disposent dtune législa- tion de Ia chasse qui permet d.e protéger certains éIérents de leur fanrne. ESUME -t( _)É _J(-J(-)É -J(-J+ _lf_ _2L_ En résuné, Ia lutte contre lronchæercose a permis (et pernettra) non seulerrent une augrentation de 1a capacité d.e travail des hommes, 'nais aussi a amélioré (et améliorera) les cond.itions sanitaires des régions arix potentialités lmportantes. Plusieurs projets et programmes d.e d.évelopnerænt ont été mis en oeuvre par 1es Pays participants dans 1a zone dtocp. Ces projets et p,ro- Srarlmes eoncernent lragriculture, 1téIevage, 1a santé, 1réducation, ltlryd.raulique villageoise et 1es ir:frastructures d.e désenclavement. lls bénéficient des résultats positifs acquls par la lutte contre ce f1éag que constitue I I onchocercose. Ltaction combinée de la lutte contre ltonchocercose et d.es prc4parrures de développenent montrent qu'i1 est possible dren venir à bout du fléau et draméliorer les cond.itions d,e vie des populations dans toute la sous-région. \a-rr44-À^
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La mise en valeur des zones protégées de l’onchocercose
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