Bulletin de l'Organisation mondiale de la Sauli, 61 (4): 661 - 669 (1983) Wc Organisation mondiale de la Sante 1983 Etude multicentrique des serotypes de pneumocoques en Afrique F. A. DENIS,' B. D. GREENWOOD, 2 J. L. REY,3 M. PRINCE-DAVID,4 S. MBOUP,4 N. LLOYD-EVANS, K. WILLIAMS,2 I. BENBACHIR, N. EL NDAGHRI, D. HANSMAN,6 V. OMANGA,7 K. KRUBWA,7 M. DUCHASSIN8 & J. PERRIN9 La repartition des serotypes de pneumocoques est assez bien connue pour /'Europe et pour le continent nord-ame'ricain; pour le continent africain, les donn6es etant tres pauvres, une etude multicentrique a 6tet r6alisde au cours de ces dix dernieres annees; les resultats portant sur 1504 souches typees, dont 1304 provenant de produits pathologiques, essentiellement de me6ningites, sont rapportes dans ce travail; ils concernent neuf pays africains. Cette etude a un inte'ret epide'miologique certain; elle apporte en outre des informa- tions n&cessaires pour dedfinir laformule optimale d'un vaccin antipneumococcique destine au continent africain. La morbidite et la mortalite dues aux infections pneumococciques restent elevees malgre l'emploi d'antibiotiques; aussi est-il apparu necessaire d'en- visager la mise au point de vaccins antipneumo- cocciques tenant compte de l'epidemiologie de chaque pays. Afin de definir la composition optimale du vaccin, de vastes enquetes sur les serotypes ont ete entre- prises en divers points du globe A l'instigation de l'Organisation mondiale de la Sante, dans le cadre d'une etude collective internationale. Le present travail fait le bilan des resultats obtenus pour le continent africain; ces r6sultats seront compares aux donn6es dont on disposait dejA, recentes pour l'Egyptea et l'Afrique du Sud, ou plus anciennes, pour Madagascar notamment. I1 existe une certaine disparite selon les pays; pour certains, le nombre de typages est important ' Precedemment responsable du Centre de typage des pneumo- coques, Dakar, Senegal. Actuellement professeur de bacteriologie- virologie a la Faculte de Medecine et de Pharmacie de Limoges, 87031 Limoges, France. 2 Centre de Recherche medicale, Fajara, Gambie. 3Organisation de Coordination et de Cooperation pour la Lutte contre les Grandes Endemies en Afrique occidentale (OCCGE), BP lo887, Niamey, Niger. 4Faculte de Medecine, Dakar, Senegal. 5 Faculte de Pharmacie, Casablanca, Maroc. 6 Adelaide Children's Hospital, Adelaide, Australie. 7Faculte de Medecine, Kinshasa, Zaire. 8 Faculte de Medecine, Abidjan, C6te d'Ivoire. 9 Faculte de Medecine, Bujumbura, Burundi. a N. GUIRGUIS ET AL. Bacterial meningitis in Egypt: analysis of CSF isolates from hospital patients in Cairo, 1977-78. Bulletin de l'Organisation mondiale de la Sante, 61(3): 517-524 (1983). (Senegal, Nigeria), pour d'autres il est plus modeste, mais tous les resultats nous ont semble dignes d'interet, meme si, pour certaines regions, ils sont isolement sans valeur statistique. MATERIEL ET MtTHODES Au total, une participation de neuf pays a ete obtenue; il s'agit du Burundi, de la Cote d'Ivoire, de la Gambie, de la Haute-Volta, du Maroc, du Niger, du Nigeria, du Senegal et du Zaire. Pour quatre pays -Gambie, Maroc, Nigeria, Senegal-les typages ont et realises sur place; pour les autres, les identifications ont ete faites sur echantillons expedies a la Faculte de Medecine de Dakar (Senegal) ou a celle de Limoges (France). Au total, les resultats ont porte sur 1504 souches typables isolees a partir de produits pathologiques (1304 souches) ou a partir de prelevements rhino- pharynges (200 souches) pratiques dans le cadre d'investigations visant a etudier le portage des pneu- mocoques. L'origine des souches est indiquee, par sources de prelevements et par pays, dans le tableau 1. Pour les pneumocoques isoles ou requs au Senegal, ou en France, du Burundi, de la Cote d'Ivoire, de la Haute-Volta, du Niger, et du Zaire, les identifica- tions ont ete realisees en ayant recours a la contre- immunoelectrophorese et/ou a l'agglutination de particules de latex; pour la contre-immunoelectro- phorese, la technique a e decrite precedemment (5, 6), et les serums du Statens Seruminstitut de 4324 -661 F. A. DENIS ET AL. Tableau 1. Provenance des souches de pneumocoques, par sources de pr6lbvements et par pays Burundi dCvotire Gambie Haute- Maroc Niger Nig6ria S6n6gal Zaire Totald'lvoire ~Volta Liquide c6phalo- 3 24 22 5 37 117 68 560 16 852 rachidien Sang 22 20 72 114 Liquides 12 147 159 pleuraux Crachats 9 96 46 5 156 Pus divers 1 4 17 1 23 Portage 50 150 200 pharyngl Total 3 25 60 5 37 126 234 992 22 1504 Copenhague ont e utilises; pour l'agglutination de latex, on a utilise des billes de latex sensibilis&es selon une technique dejA decrite (6) en utilisant des serums de meme origine, et en ayant recours successivement A deux combinaisons designees l'une par la lettre a, detectant les serotypes 1, 3, 5, 9, 18, 19, 20, et l'autre par la lettre ,B, detectant les serotypes 2, 4, 6, 7, 8, 12 et 14 (Bio-Merieux, Marcy-l'Etoile, France). Apres l'agglutination de groupe, on passe au latex monova- lent. Pour les serotypes non compris dans les com- binaisons, la contre-immunoelectrophorese a ete utilisee; lorsque les typages n'etaient possibles ni par latex, ni par contre-immunoelectrophorese, on a eu recours a la simple immunodiffusion ou au gonfle- ment capsulaire. Pour les pneumocoques de Gambie et du Nigeria, les serums du Statens Seruminstitut ont egalement e utilises et le typage a ete realise par contre- immunoelectrophorese (7); en outre, pour la Gambie on a eu recours au gonflement capsulaire. Pour les pneumocoques du Maroc, les serums Difco et la contre-immunoelectrophorese ont ete utilises; une etude a debute en 1982 avec les serums du Statens Seruminstitut, mais les resultats n'en sont pas encore disponibles. I1 a e possible, pour un certain nombre de souches isolees en Gambie et au Senegal, de proceder A un typage en double, sur place et au centre de reference du Statens Seruminstitut de Copenhague (Dr Henrichsen), pour controler la valeur des resultats. Le pourcentage de souches non typables est vari- able; il est de 4,5% pour le Zaire, de 8,3%/ pour la Haute-Volta et le Niger, de 9,4% pour le Senegal, de 13% pour la Gambie, et de 47,2% pour le Maroc; il s'agit lA vraisemblablement d'un probleme de serums antipneumococciques, car dans les centres otu les serums du Statens Seruminstitut ont e utilises le pourcentage de souches non typables est faible et va de 4,5% A 13%. Les 50 souches isolees du rhinopharynx au Nigeria ont e soumises A un antibiogramme sur milieu au sang pour tester le chloramphenicol, la penicilline G, la tetracycline, l'erythromycine et la lincomycine, et ont fait l'objet d'une determination de la concentra- tion minimale inhibitrice (CMI) par une technique de dilution sur milieu solide pour le chloramphenicol, la penicilline G et la tetracycline. RISULTATS Nous envisagerons successivement les resultats globaux, puis les resultats par pays, avant de con- siderer les variations en fonction d'autres facteurs. R6sultats globaux Le bilan a porte sur les souches isolees de produits pathologiques, soit 1304 souches; l'etude des 200 souches pr6sentes au niveau pharynge sera examinee plus loin. Ces resultats sont regroupes dans le tableau 2. II apparalt que les serotypes les plus frequents sont, par ordre decroissant de frequence, les suivants: 1, 6, 5, 2, 7, 3, 12, 23, 19, 18, 9, 14, 4, 8; les trois premiers representent 54,9% des isolements, les neuf premiers 82,6%o et les quatorze premiers 93,6o%. Ces 1304 pneumocoques se repartissent entre 34 serotypes de la classification danoise. Rd4sultats par pays et par latitude Les resultats pour certains pays etant peu nom- breux, nous avons prefere effectuer les regroupe- 662 StROTYPES DE PNEUMOCOQUES EN AFRIQUE Tableau 2. Fr6quence des sArotypes de pneumocoques trouv6s dans les produits pathologiques (1 304 souches) Les 14 les plus fr6quents Fr6quences (%) S6rotypes 1 6 5 2 7 3 12 23 19 18 9 14 4 8 Individuelles 34,6 10,6 9,7 6,6 5,0 4,7 4,0 3,8 3,6 3,0 2,5 2,4 1,6 1,4 Cumul6es 54,9 82,6 93,6 Les moins fr6quents Fr6quences (%) Chacun des s6rotypes 0,8 25-45-46 0,7 21-24 0,6 15 0,3 10-29 0,2 32-35 0,15 16-17-20-40 0,08 13-22-28-37-41-48 ments par latitude, meme si cet amalgame peut sembler discutable; de toute facon, les donnees separees figurent dans les tableaux. Maroc. Les serotypes 1 et 3 sont les plus frequents, avec respectivement 14 et 4 souches; les serotypes 2, 6, 18 et 19 comportent chacun 3 souches, les sero- types 5 et 7 chacun 2 souches; pour chacun des sero- types 4, 8 et 14 une seule souche a ete isolee. Le type 5, qui figure en troisieme position au niveau du con- tinent, n'est ici qu'A la septieme place. A titre de comparaison, ce serotype semble rare en Egypte (3), tandis qu'en Israel il represente 10% des isolements; sa place y est donc comparable A celle qu'il occupe au niveau de l'ensemble de I'Afrique (9,7%o). Les resultats obtenus pour cette zone de l'Afrique du Nord sont insuffisants, et ils devront etre etoffes. Gambie, Haute- Volta, Niger, S6n0gal (tableau 3). Dans cette zone, 1033 souches ont ete isolees. Les six serotypes les plus frequents sont, par ordre decrois- sant, les 1, 6, 5, 2, 7, 23. Le serotype 5, frequent au Senegal et en Gambie, est plus rare en Haute-Volta et au Niger. Les serotypes 7 et 14 sont rares en Gambie, assez fre- quents ailleurs. Comme en Egypte et au Maroc, le type 1 repre- sente environ un tiers des souches. En outre, deux souches provenant de liquides cephalorachidiens preleves au Mali ont ete exami- nees; elles appartenaient aux serotypes 1 et 6. C6te d'Ivoire, Nige'ria (tableau 4). Cette zone est bien representee avec 209 souches. I1 est A noter que le type 3 represente 11,0% des isolements, pourcen- tage superieur A celui observe dans toutes les autres zones; le type 5 occupe la deuxieme place, puisque la sequence est la suivante: 1, 5, 3, 12, 4, 18; par contre, le serotype 23, assez frequent au Senegal et au Niger, est rare ici. On notera l'absence, quasi totale, des serotypes 7 et 14 au Nigeria; ceci tient vraisemblablement au fait que pour ce pays les typages ont ete realises en contre-immunoelectrophorese; la faible charge elec- trique de ces serotypes fait que cette technique les detecte mal (6). Burundi, Zaire (tableau 4). L'etude d'un petit nombre de souches montre que les serotypes 1,6 et 24 occupent une place importante. On a en outre plus recemment isole au Burundi 3 souches de pneumocoques responsables de menin- gites purulentes: elles appartenaient au type 1 (1 souche) et au type 8 (2 souches). Afrique du Sud, Madagascar (tableau 5). I1 a semble interessant d'indiquer ces resultats pour me- moire; certains ont ete publies (11), mais sont anciens (Madagascar), les autres sont peu connus; il faut souligner la grande similitude de repartition avec nos propres resultats pour le reste de l'Afrique. -Pour cette zone, l'ordre decroissant des serotypes s'etablit ainsi: 1, 12, 25, 45, 46, 2, 5, 18. II faut noter que les serotypes 25, 45 et 46 ne sont signales avec une telle frequence qu'en Afrique du Sud seulement; ils sont cependant presents au Senegal et au Nigeria. Variation des sdrotypes II n'est pas possible d'envisager tous les facteurs influengant la repartition des serotypes. En fonction du temps, on note des variations (tableau 6); ainsi, il apparait A Dakar, sur un suivi de 663 F. A. DENIS ET AL. 6 66 4 i 66 6 0 (N (N r. LO .- (0-(N4 CY) - 0 0 _ 14 CD M CM C CN U() C) N _ (N4 0 a0 CV N)Nl qt _ 14( - (0(0CV)NLflC (0 lqt C14~~~( (N -( CV) ( CV) N -(N CY) L CV) 0)(N 0r- r.,-(MNCV(N-C''- 0(%(o0(N M( 0 '- N CV) (N4(N4 0 CY) (N4 (N (0 '- M _ c U CD r- _- _ 0 (O (0 (0 CV) cV) CV) co CY) (0 co 0 N N N N - 0 - 0 ( 0(- CV V V (N0 (0 -(N4CV) 0 -(N4 (N4CV) lo 0) 0) _- c 0 0Y) C -) CV) (0 '-- MV (N (0 (0 C-.- (0 co r- D (0 C4)(0 0 664 (N4 cV) CVI)CV) 0 Co _. 0 0 0) -0) CVI) (N r-.(N CN 6; C(4 LO 6 0)(0) LO CNi (0(N4 07) 0 aq (0 (Ni C.- (N4 (0 6 (0 6U)C * 0 N cL E0 z (U 0 U) .@0 .(p0 0) Cn a: 0 E-- 0D CY) 0Y) CV) LO Lc) 0 0 CV) CV) 0 0 CD (N (N (N(N a) 0 O 4a)oD _ 0) >D I 1DC b M a ._ E m CU C 0 U) a 0) z CU 4- m 0 a) D 0) .a) 0 CO) CV) 'a CU I- -i 0 I-) -C 7 a CU U U 4-F 0 I-c U) a) -i C CF tn p U 0 D n'a) C,) toa) c Ii a.) lo: .m w CUX o 2,QM D. = p II II -(D CL gy Q (A . L--J u MO - N m * o o r- m m o N m * o 0 r,,- m m 0 - N m 'I 0 m m N 0 0 0 0 m v- v- - 111- V- V- - - N N N N N N N N m m -t * q 't StROTYPES DE PNEUMOCOQUES EN AFRIQUE Tableau 4. Bilan des s6rotypes en CMte d'lvoire et au Nig6ria, au Burundi et au Zaire C6te d'lvoire Nigeria Total Burundi Zaire Total 1981 1971-79 Ttl1981 1981 S6rotypes LCR Pus LCR Sang Crachats Nombre % LCR Divers Nombre % 1 8 33 8 27 76 36,5 1 10 1 1 44 2 1 5 6 2,9 3 2 3 18 23 11,1 1 1 2 8 4 2 8 10 4,8 1 1 4 5 10 6 10 26 12,4 6 3 1 4 1,9 4 4 16 7 3 3 1,4 8 1 1 2 0,9 9 3 3 6 2,9 1 1 4 10 1 1 2 0,9 12 8 1 3 12 5,7 14 1 1 2 0,9 2 2 8 18 1 3 4 8 3,8 1 1 4 19 2 7 9 4,3 20 1 1 0,5 21 1 1 0,5 23 2 1 3 1,4 24 1 1 0,5 3 3 12 25 3 1 4 1,9 37 1 1 0,5 41 1 1 0,5 45 1 1 2 4 1,9 46 1 1 2 4 1,9 Total 24 1 68 20 96 209 100,0 3 22 25 100 LCR = liquide c6phalorachidien six ans, que certains serotypes subissent des fluc- tuations importantes: le serotype 5, par exemple, a subi une eclipse en 1980 (1,1% des souches), alors qu'il occupait une place importante en 1979 (15,1 o), place qu'il retrouve en 1981 (l1,97o) et en 1982 (14,6%). On peut imaginer que sur un fond de serotypes endemiques, certains serotypes evoluent sur le mode epidemique. En fonction du siege de l'infection, les variations relevees ne vont pas toujours dans le meme sens selon les pays (tableaux 3 et 4). Au Senegal, les serotypes 12, 18 et 23 sont frequents dans les meningites et rares dans les pneumopathies, alors qu'au Nigeria le type 3, rare dans les meningites, est frequent dans les pneumopathies. En fonction du terrain, nous n'avons pas note de differences de serotypes selon que les sujets etaient normaux sur le plan hemoglobinique ou drepanocy- taires homo- ou heterozygotes. En fonction de I'dge, il existe des differences im- portantes, en particulier selon le type d'infection. La connaissance de ces differences est importante pour la vaccination; certains serotypes, tel le 5, survien- nent tot dans la vie, A une periode oui l'immunisation active est pratiquement impossible a obtenir. Ainsi, dans les meningites dakaroises (figure 1), les sero- types 6, 23, 2 et 5 touchent plus frequemment le jeune enfant (avant 2 ans) et le serotype 1, par exem- ple, des sujets plus ages; dans les autres infections, pneumopathies surtout (figure 2), les types 23 et 7 665 F. A. DENIS ET AL. Tableau 5. Bilan des sArotypes A Madagascar et en Afrique du Sud Madagascar Afrique du Sud Total S6rotypes 1940 1972-76 LCR-Crachats LCR Sang Nombre % 1 20 58 78 28,8 2 2 14 16 5,9 3 4 1 5 1,8 4 3 2 2 7 2,6 5 5 1 9 15 5,5 6 3 2 5 1,8 7 2 2 4 1,5 8 1 2 3 1,1 9 1 1 0,4 10 1 1 0,4 11 1 1 2 0,7 12 1 1 38 49 18,1 14 1 3 1 5 1,8 15 2 2 0,7 16 1 1 0,4 18 5 1 5 1 1 4,1 19 1 2 3 1,1 20 2 2 0,7 23 4 1 5 1,8 24 1 1 0,4 25 1 18 19 7,0 40 1 1 0,4 45 17 17 6,3 46 17 17 6,3 48 1 1 0,4 Total 68 14 189 271 100,0 LCR = liquide c6phalorachidien Tableau 6. Variation des 4 s6rotypes les plus fr6quents par rapport A 1'ensemble des pneumocoques dakarois, selon les ann4es (en pourcentage) SArotypes Ann6es 1 2 5 6 1977 38,4 5,1 6,4 11,5 1978 28,7 8,0 16,0 6,8 1979 32,2 7,7 15,1 6,6 1980 30,2 11,6 1,1 17,4 1981 36,4 2,5 1 1,9 11,9 1982 22,5 0 14,6 14,6 touchent surtout les sujets ages et le type 19 les plus jeunes. Le sexe semble exercer une influence; on sait que le pneumocoque a plus d'affinite pour le garcon, mais d'un serotype A l'autre il existe des differences (tableau 7); ainsi, le taux de repartition par sexe (nombre de garcons/nombre de filles) est A Dakar de 0,75 pour le type 3 et va croissant avec les serotypes 2, 5, 6, 12, pour atteindre le chiffre de 2 pour le serotype 23. Se'rotypes et portages pharyngds Deux enquetes ont e conduites, l'une au Senegal, l'autre au Nig&ria, visant A preciser les serotypes re- 666 StROTYPES DE PNEUMOCOQUES EN AFRIQUE Tableau 7. Taux de r6partition par sexe (nombre de gar9ons/nombre de filles) des m6ningites b pneumo- coques dakaroises, selon le s6rotype S6rotypes Taux 3 0,75 2 0,80 5 1,4 6 1,6 12 1,8 23 2 Tous 1,77 I I 20 30 Age.ns Figure 1. Fr6quence des cas de m6ningites A Dakar, selon I'age (pourcentage cumulatif des cas pour les 7 s6rotypes 1-2-3-5-6-12-23) 100 75- iso ( .,Z 25/1'-/ 0 t0 20 40 50 >50 Age ns Figure 2. Fr6quence des autres infections pneumo- cocciques (pneumopathies essentiellement) A Dakar, selon I'Age (pourcentage cumulatif des cas pour les 7 sArotypes 1-2-5-6-7-19-23) trouves au niveau pharynge au sein d'une population non hospitaliere prise au hasard. La repartition des serotypes des souches isole'es est indiquee dans le tableau 8; au Senegal, 1'eventail des serotypes est etroit, il est plus etendu au Nigeria; les types 2, 7, et 19 sont tres frequents au Senegal, les Tableau 8. Bilan des s6rotypes de pneumocoques trouv6s dans les portages pharyng6s Total S6rotypes Nig6ria SUnAgal1977 1981 Nombre % 1 8 8 4 2 30 30 1 5 3 1 1 0,5 6 8 8 4 7 96 96 48 9 1 2 3 1,5 11 3 3 1,5 12 1 1 0,5 13 6 6 3 15 3 3 1,5 17 1 1 0,5 19 14 13 27 13,5 20 1 1 0,5 23 7 7 3,5 25 1 1 0,5 28 1 1 0,5 34 3 3 1,5 Total 50 150 200 100,0 types 6, 19, et 23 au Nigeria. Il est tres interessant de noter que ces serotypes sont rarement retrouves au Senegal et au Nigeria dans les produits pathologiques (tableaux 3 et 4), alors que les types 1 et 5 sont pratiquement absents du rhinopharynx des sujets normaux. Les serotypes predominants chez les porteurs sont- ils moins virulents que les autres? Cela n'apparaet pas quand on juge de la mortalite par meningite purulente en fonction des serotypes. Ou existe-t-il des vagues successives de portage avec serotypes dif- ferents, qui immuniseraient precisement contre ces serotypes? Seule une surveillance prolongee des sero- types chez les porteurs donnerait peut-etre une reponse a ces questions. Se'rotypes et resistance aux antibiotiques Depuis 1977, des souches de Streptococcus pneu- moniae resistantes aux ,3-lactamines et a d'autres antibiotiques (chloramphenicol, tetracycline, ery- thromycine, clindamycine, aminosides...) ont ete isolees en Afrique dans les meningites, pneumonies, bacteriemies ou pleuresies purulentes. Elles ont tout d'abord ete signalees en Afrique du Sud par Appelbaum (1, 2) et Koornhof (10), puis ont e re- trouvees dans d'autres pays, tels le Nigeria, par 667 F. A. DENIS ET AL. Hansman (8), ou le Senegal, par Denis (4). Un certain nombre de travaux fondamentaux sur la resistance des pneumocoques aux antibiotiques a et realise sur les souches africaines (12, 13). Pour certaines souches africaines, on possede des renseignements a la fois sur la resistance et sur les serotypes (1, 2, 4, 8, 10, 12, 13). On constate que les serotypes 6, 12 et 19 sont souvent resistants; ceci semble verifie grace a la recherche systematique de la resistance qui a ete realisee sur les 50 souches presentes au niveau du rhinopharynx au Nigeria (tableau 9). La souche de serotype 6, relativement resistante a la penicilline G, avait une concentration minimale inhibitrice (CMI) de 0,2 Ag/ml et etait sensible aux autres antibiotiques; les souches resistantes a la tetra- cycline ont une CMI > 50 Ag/ml, et celles resis- tantes au chloramphenicol une CMI entre 10 et 20 Ag/ml. Il n'y avait pas de souches resistantes a l'erythromycine et a la lincomycine. DISCUSSION Dans un pr&cedent travail (3), une revue de la litt& rature mondiale portant sur 9500 souches provenant des continents autres que le continent africain reve- lait qu'en dehors de l'Afrique les serotypes les plus frequents etaient les suivants, par ordre decroissant: 3, 4, 14, 8, 6, 1, 7, 19, 18, 23, 9. Cet ordre differe des donnees africaines puisque le type 5 est en troisieme position en Afrique, alors qu'il occupe la treizieme au niveau mondial, et le type 2 en quatrieme position en Afrique, en seizieme ailleurs. Il est a noter aussi que si le serotype 1 se situe en premiere position dans la zone africaine (34,6%), il ne represente que 7,3% des souches dans le reste du Tableau 9. R1sistance aux antibiotiques observ6e parmi les 50 souches de S. pneumoniae isol6es 6 partir de pr6lvements pharyng6s au Nigeria Nombre de souches r6sistantes S6rotypes C+ T6 P6G 6 1 1 1 9 1 11 1 12 1 13 1 17 1 19 3 34 1 C = Chloramph6nicol T6 = T6tracycline P6G = P6nicilline G monde et y occupe la sixieme place. La place du type 5, en Afrique en particulier, doit conduire a son integration dans un vaccin antipneumococcique. Dans le bilan africain, on peut regretter que l'iden- tification soit limitee au type ou au groupe et qu'il n'ait pas e possible de determiner les types au sein des groupes 6, 7, 9 et 10 figurant dans le systeme de classification danoise (9). Malgre cela, la presente etude doit permettre de mieux definir la composition optimale d'un vaccin antipneumococcique destine a l'Afrique. On con- state que l'actuel vaccin a 14 serotypes- 1, 2, 3, 4, 6A, 7F, 8, 9N, 12F, 14, 18C, 19F, 23F, 25 -aurait une couverture theorique allant de 77,9%o a 85, lo selon les pays africains (tableau 10), que certains Tableau 10. S6rotypes africains et vaccin antipneumococcique actuel A 14 s6rotypes Types compris Isolements Types absents dans le vaccin ne dans les du vaccin Types compris figurant pas parmi quatorze mais figurant Pays Nombre dans le vaccin les plus frequents types les parmi les plusde souches (%) dans le pays plus fr6quents frequents dans le ou la zone (%) pays ou la zone Maroc 37 94,6 9N, 12F, 23F, 25 100 5 Gambie-S6n6gal- 1033 85,1 25 94 5 Hte-Volta - Niger C6te d'lvoire- 209 80,1 8, 14 93,1 5, 45, 46 Nig6ria Burundi - Zaire 24 84,0 2, 4, 8, 12F, 19F, 100 5, 2423F, 25 Afrique du Sud -271 77,9 8, 9N, 19F 93,4 5, 45, 46Madagascar 668 SEROTYPES DE PNEUMOCOQUES EN AFRIQUE 669 serotypes, tel le 8, compris dans le vaccin ne figurent pas souvent parmi les 14 serotypes les plus frequents, et qu'a l'oppose le type 5 figure dans toutes les zones africaines etudiees parmi les serotypes les plus fre- quents. Les vaccins destines A l'Afrique doivent donc inclure aussi ce type 5. L'interet d'un tel vaccin est indeniable, mais il parait necessaire de definir dans quelle mesure les populations africaines dans leur ensemble ou les groupes a risque peuvent en beneficier, ce qui a ete expose en detail par ailleurs (4); la premiere appli- cation de ce vaccin consisterait, en Afrique, dans la prevention des meningites et des pneumopathies. Pour les pneumopathies, 1'efficacite de la protection par le vaccin a ete demontree; pour les meningites, un projet de vaccination envisage au Senegal per- mettrait d'avoir une reponse rapide. REMERCIEMENTS Nous tenons a exprimer nos remerciements au D' Causse et au D' Kereselidze de l'Organisation mondiale de la Sante, au D' Henrichsen du Statens Seruminstitut de Copenhague, au D' Austrian de I'Universite de Pennsylvanie, et au D' Triau de l'Institut Merieux de Lyon, pour leurs conseils et leur aide; nos remerciements vont aussi au personnel benevole, medical et technique, de nombreux pays, en particulier aux Professeurs Diop-Mar et Cadoz et a M.S. Sene, technicien, au Senegal; sans eux, cette etude multicentrique n'aurait pas et possible. SUMMARY MULTICENTRE STUDY OF PNEUMOCOCCAL SEROTYPES IN AFRICA A multicentre study made between 1971 and 1982 in nine African countries (Burundi, Gambia, Ivory Coast, Morocco, Niger, Nigeria, Senegal, Upper Volta and Zaire) made it possible to type 1504 strains of pneumococci from 1304 pathological specimens (most of them from cases of meningitis) and 200 strains from pharyngeal carriers. It appears that these pathogenic strains belong to 34 serotypes of the Danish classification; the most frequent serotypes are 1, 6 and 5, which together represent 54.9% of the strains; the 14 most frequent serotypes account for 93.6% of all the strains; serdtype 5 alone represents 9.7% of the isolated strains. There are variations according to infection site, time, age and sex. The formula for an antipneumococcal vaccine for Africa is discussed; serotype 5 should be included in it. BIBLIOGRAPHIE 1. APPELBAUM, P. C. ET AL. Multiple-antibiotic resistant pneumococci- South Africa. Morbidity and Mortality Weekly Report, 26: 285-286 (1977). 2. APPELBAUM, P. C. ET AL. Streptococcus pneumoniae resistant to penicillin and chloramphenicol. Lancet, 2: 995-997 (1977). 3. DARWICHE, H. Repartition des serotypes de pneumo- coques isoles a Dakar entre 1977 et 1980 (a propos de 500 typages). These de Medecine, Dakar 1981, N° 68. 4. DENIS, F. ET AL. 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Étude multicentrique des sérotypes de pneumocoques en Afrique
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