World Health Organization (WHO) · Publications

Vingt-huitième Assemblée mondiale de la Santé, Genève, 13 - 30 mai 1975: partie II: comptes rendus in extenso des séances plénières: procès-verbaux et rapports des commissions

World Health Organization
View original document

The full text is hosted by the publishing organisation. lawenc.com indexes the metadata and links to the official source.

Full text

ACTES OFFICIELS DE

L'ORGANISATION MONDIALE DE LA SANTÉ N° 227

VINGT -HUITIÈME

ASSEMBLÉE MONDIALE DE LA SANTÉ GENEVE, 13 -30 MAI 1975

PARTIE II COMPTES RENDUS IN EXTENSO DES SÉANCES PLÉNIÈRES PROCÈS -VERBAUX ET RAPPORTS DES COMMISSIONS

ORGANISATION MONDIALE DE LA SANTÉ GENÈVE 1975

Liste des abréviations employées dans les Actes officiels de l'Organisation mondiale de la Santé:

- Agency for International Development des Etats -Unis d'Amérique - Agence internationale de l'Energie atomique - Banque internationale pour la Reconstruction et le Développement - Bureau international du Travail B SP - Bureau sanitaire panaméricain Comité administratif de Coordination CAC Commission économique pour l'Afrique CEA Commission économique pour l'Asie occidentale CEAO CEE - Commission économique pour l'Europe Commission économique pour l'Amérique latine CEPAL - Commission économique et sociale pour l'Asie et le Pacifique CESAP CIOMS - Conseil des Organisations internationales des Sciences médicales - Centre international de Recherche sur le Cancer CIRC CNUCED - Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture FAO - Fonds des Nations Unies pour l'Enfance FISE FNUAP - Fonds des Nations Unies pour les Activités en matière de Population FNULAD - Fonds des Nations Unies pour la Lutte contre l'Abus des Drogues - Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés HCR Organisation de l'Aviation civile internationale OACI - Organisation internationale du Travail OIT - Organisation intergouvernementale consultative de la Navigation maritime OMCI - Organisation météorologique mondiale OMM - Organisation mondiale de la Santé OMS Organisation des Nations Unies pour le Développement industriel ONUDI Organisation panaméricaine de la Santé OPS Organisation de l'Unité africaine OUA - Programme alimentaire mondial PAM - Programme des Nations Unies pour le Développement PNUD - Programme des Nations Unies pour l'Environnement PNUE - Union internationale des Télécommunications UIT UNESCO - Organisation des Nations Unies pour l'Education, la Science et la Culture UNITAR - Institut des Nations Unies pour la Formation et la Recherche UNRWA - Office de Secours et de Travaux des Nations Unies pour les Réfugiés de Palestine dans le Proche Orient

AID AIEA BIRD BIT

Les appellations employées dans cette publication et la présentation des données qui y figurent n'impliquent de la part du Secrétariat de l'Organisation mondiale de la Santé aucune prise de position quant au statut juridique des pays, territoires, villes ou zones, ou de leurs autorités, ni quant au tracé de leurs frontières ou limites.

Lorsque l'appellation « pays ou zones» apparaît dans le titre de tableaux, elle couvre les pays, territoires, villes ou zones.

ISBN 92 4 260227 2

IMPRIMÉ EN SUISSE

La Vingt- Huitième Assemblée mondiale de la Santé, tenue au Palais

des Nations, à Genève, du 13 au 30 mai 1975, a été convoquée conformément aux résolutions EB54.R11 et EB55.R71 du Conseil exécutif (cinquante quatrième et cinquante- cinquième sessions).

Le compte rendu des débats de la Vingt- Huitième Assemblée mondiale de la Santé est publié en deux parties. Les résolutions et les annexes

figurent dans les Actes officiels N° 226. Les comptes rendus des séances plénières et des séances des commissions, ainsi que la liste des délégués et autres participants, l'ordre du jour et d'autres documents, sont reproduits dans le présent volume.

Index

:

page 701

T A B L E

D E S MAT I E R E S Pages

Liste des délégués et autres participants Présidence et Secrétariat de l'Assemblée et composition de ses commissions Ordre du jour

1

29 31

COMPTES RENDUS IN EXTENSO DES SEANCES PLENIERES

Première séance plénière 1.

2. 3.

4. 5. 6.

Ouverture de la session Allocution du Directeur général de l'Office des Nations Unies à Genève Allocution du représentant du Conseil d'Etat de la République et Canton de Genève Allocution du Président de la Vingt -Septième Assemblée mondiale de la Santé Constitution de la Commission de Vérification des Pouvoirs Election de la Commission des Désignations

35 35 36 37

39

40

Deuxième séance plénière 1.

2. 3.

Premier rapport de la Commission des Désignations Deuxième rapport de la Commission des Désignations Communications

41 41 42

Troisième séance plénière 1.

2.

3.

4.

Discours du Président de l'Assemblée Adoption de l'ordre du jour et répartition des points entre les commissions principales Communications Admission de nouveaux Membres

44 48 50 51

Quatrième séance plénière 1.

2.

3.

4.

Admission de nouveaux Membres (suite) Etude et approbation des rapports du Conseil exécutif sur ses cinquante quatrième et cinquante -cinquième sessions Examen du Rapport du Directeur général sur l'activité de l'OMS en 1974 Discussion générale des rapports du Conseil exécutif sur ses cinquante quatrième et cinquante -cinquième sessions et du Rapport du Directeur général sur l'activité de l'OMS en 1974

64 72 76

76

Cinquième séance plénière 1. 2.

Programme de travail Attribution de la Médaille et du Prix de la Fondation Léon Bernard

96 96

- v -

Pages

Sixième séance plénière 1.

2. 3.

Allocution du Secrétaire général de l'Année internationale de la Femme et de la Conférence mondiale de l'Année internationale de la Femme Premier rapport de la Commission de Vérification des Pouvoirs Examen du Rapport du Directeur général sur l'activité de l'OMS en 1974 (suite)

102

104 105 108

4. 5.

Communication Discussion générale des rapports du Conseil exécutif sur ses cinquante quatrième et cinquante -cinquième sessions et du Rapport du Directeur général sur l'activité de l'OMS en 1974 (suite)

109

Septième séance plénière Discussion générale des rapports du Conseil exécutif sur ses cinquante quatrième et cinquante -cinquième sessions et du Rapport du Directeur général sur l'activité de l'OMS en 1974 (suite)

129

Huitième séance plénière Discussion générale des rapports du Conseil exécutif sur ses cinquante quatrième et cinquante -cinquième sessions et du Rapport du Directeur général sur l'activité de l'OMS en 1974 (suite)

166

Neuvième séance plénière Discussion générale des rapports du Conseil exécutif sur ses cinquante quatrième et cinquante -cinquième sessions et du Rapport du Directeur général sur l'activité de l'OMS en 1974 (suite)

199

Dixième séance plénière 1.

2.

3.

4.

Deuxième rapport de la Commission de Vérification des Pouvoirs Election de Membres habilités à désigner une personne devant faire partie du Conseil exécutif Discussion générale des rapports du Conseil exécutif sur ses cinquante quatrième et cinquante- cinquième sessions et du Rapport du Directeur général sur l'activité de l'OMS en 1974 (suite) Election de Membres habilités à désigner une personne devant faire partie du Conseil exécutif (suite de la section 1)

242 242

244 258

Onzième séance plénière 1.

2.

3.

4.

5.

Premier rapport de la Commission B Deuxième rapport de la Commission B Election de six Membres habilités à désigner une personne devant faire partie dispositions relatives à l'augmentation du nombre du Conseil exécutif des membres du Conseil exécutif Discussion générale des rapports du Conseil exécutif sur ses cinquante quatrième et cinquante - cinquième sessions et du Rapport du Directeur général sur l'activité de l'OMS en 1974 (suite) Attribution de la Médaille et du Prix de la Fondation Dr A. T. Shousha :

260 260

261

263 286

Douzième séance plénière 1.

2.

Troisième rapport de la Commission de Vérification des Pouvoirs Election de six Membres habilités à désigner une personne devant faire partie du Conseil exécutif

290 290

- vi -

Pages

3.

4.

5. 6. 7.

8. 9.

10. 11.

12.

Transfert de points de l'ordre du jour de la Commission A à la Commission B Projets d'amendements à la Constitution destinés à permettre une nouvelle augmentation du nombre des Membres habilités à désigner une personne devant siéger au Conseil exécutif Troisième rapport de la Commission B Quatrième rapport de la Commission B Cinquième rapport de la Commission B Premier rapport de la Commission A Deuxième rapport de la Commission A Troisième rapport de la Commission A Rapport du Président général des discussions techniques Election de six Membres habilités à désigner une personne devant faire partie du Conseil exécutif (suite de la section 2)

.

292

293 295 295 297 297 297 298 298

302

Treizième séance plénière 1.

2. 3.

4. 5. 6.

7.

8. 9.

Transfert d'un point de l'ordre du jour de la Commission A à la Commission B Date de clôture de la Vingt- Huitième Assemblée mondiale de la Santé Choix d'un pays ou de la Région où se tiendra la Vingt- Neuvième Assemblée mondiale de la Santé Sixième rapport de la Commission B Septième rapport de la Commission B Huitième rapport de la Commission B Quatrième rapport de la Commission A Cinquième rapport de la Commission A Etude et approbation des rapports du Conseil exécutif sur ses cinquante quatrième et cinquante -cinquième sessions

303 303 303 303 308 308 309 311 311

Quatorzième séance plénière Clôture de la session 313

PROCES- VERBAUX DU BUREAU DE L'ASSEMBLEE ET DES COMMISSIONS

BUREAU DE L'ASSEMBLEE Pages Pages

Première séance Deuxième séance Troisième séance Quatrième séance Cinquième séance

-

321 324 325 327 327

Sixième séance Septième séance Huitième séance Neuvième séance Dixième séance

329 329 333 334 334

COMMISSION A

Première séance 1.

2. 3.

4.

Allocution d'ouverture du Président Election du vice -président et du rapporteur Organisation des travaux de la Commission Examen détaillé du budget programme pour les exercices financiers 1976 et 1977

337 337 337

337

Pages

Deuxième séance

Examen détaillé du budget programme pour les exercices financiers 1976 et 1977 (suite) 345

Troisième séance

Examen détaillé du budget programme pour les exercices financiers 1976 et 1977 (suite)

349

Quatrième séance

Examen détaillé du budget programme pour les exercices financiers 1976 et 1977 (suite)

358

Cinquième séance

Examen détaillé du budget programme pour les exercices financiers 1976 et 1977 (suite) 368

Sixième séance

Examen détaillé du budget programme pour les exercices financiers 1976 et 1977 (suite)

378

Septième séance

Examen détaillé du budget programme pour les exercices financiers 1976 et 1977 (suite)

387

Huitième séance

Examen détaillé du budget programme pour les exercices financiers 1976 et 1977 (suite)

394

Neuvième séance

Examen détaillé du budget programme pour les exercices financiers 1976 et 1977 (suite)

399

Dixième séance 1.

2.

Premier rapport de la Commission Examen détaillé du budget programme pour les exercices financiers 1976 et 1977 (suite)

411

411

Onzième séance

Examen détaillé du budget programme pour les exercices financiers 1976 et 1977 (suite)

423

Douzième séance 1.

2.

Deuxième rapport de la Commission Examen détaillé du budget programme pour les exercices financiers 1976 et 1977 (suite)

436

436

Pages

Treizième séance Examen détaillé du budget programme pour les exercices financiers 1976 et 1977 (suite)

452

Quatorzième séance Examen détaillé du budget programme pour les exercices financiers 1976 et 1977 (suite)

462

Quinzième séance 1.

2.

3.

4.

Examen détaillé du budget programme pour les exercices financiers 1976 et 1977 (suite) Examen des remarques et recommandations formulées par le représentant du Conseil exécutif et par le Directeur général au sujet du budget programme pour les exercices financiers 1976 et 1977 Recommandation concernant le montant du budget effectif et le niveau du budget pour 1976 Troisième rapport de la Commission

475

481 483 488

Seizième séance 1.

2.

3.

Examen des remarques et recommandations formulées par le représentant du Conseil exécutif et par le Directeur général au sujet du budget programme pour les exercices financiers 1976 et 1977 (suite) Projets de résolutions sur l'assistance aux pays en voie de développement examinés dans le cadre de l'examen du budget programme pour les exercices financiers 1976 et 1977 Election d'un vice -président par intérim

489

489 498

Dix -septième séance 1.

2.

3.

4.

Assistance spéciale au Cambodge, à la République démocratique du Viet -Nam et à la République du Sud Viet -Nam examinée à l'occasion de l'examen du budget programme pour les exercices financiers 1976 et 1977 Examen détaillé du budget programme pour les exercices financiers 1976 et 1977 (suite) Planification à long terme de la coopération internationale en matière de recherche sur le cancer Etat d'avancement du programme antipaludique

499 501 505 510

Dix -huitième séance 1.

2. 3.

Quatrième rapport de la Commission Résolution portant ouverture de crédits pour l'exercice financier 1976 Etat d'avancement du programme antipaludique (suite)

512 512 513

Dix -neuvième séance 1.

2.

Etat d'avancement du programme antipaludique (suite) Promotion des services nationaux de santé

517

526

Vingtième séance 1.

2. 3.

4. 5.

Promotion des services nationaux de santé (suite) Etat d'avancement du programme antipaludique (suite) Promotion des services nationaux de santé (suite de la section 1) Cinquième rapport de la Commission Clôture des travaux

528 537 538 546 546

Pages

COMMISSION B

Première séance 1.

2. 3.

4.

Allocution d'ouverture du Président Election du vice -président et du rapporteur Organisation des travaux de la Commission Examen de la situation financière de l'Organisation Rapport financier sur les comptes de l'OMS pour l'exercice 1974, rapport du Commissaire aux Comptes et observations y relatives du Comité spécial du Conseil exécutif Etat du recouvrement des contributions annuelles et des avances au fonds de roulement Membres redevables d'arriérés de contributions dans une mesure pouvant donner lieu à l'application de l'article 7 de la Constitution Rapport sur les recettes occasionnelles et position du compte d'attente de l'Assemblée

547 547 547 547

549 553 554

554

Deuxième séance 1.

2. 3.

Rapport de la Commission B à la Commission A Budget supplémentaire pour 1975 Rapport de la Commission B à la Commission A (suite de la section 1)

556 556 560

Troisième séance 1.

2.

3. 4.

5.

Rapport de la Commission B à la Commission A (suite) Traitements et indemnités pour les postes non classés Amendement au contrat du Directeur général Barème des contributions Contributions des nouveaux Membres et Membres associés Contribution du Pakistan Barème des contributions pour 1976 Examen de la situation financière de l'Organisation Membres redevables d'arriérés de contributions dans une mesure pouvant donner lieu à l'application de l'article 7 de la Constitution (suite)

562 565 565

565 568 568

569

Quatrième séance 1.

2.

3.

4.

5.

6.

Premier rapport de la Commission Examen de la situation financière de l'Organisation Membres redevables d'arriérés de contributions dans une mesure pouvant donner lieu à l'application de l'article 7 de la Constitution (suite) Examen du fonds de roulement Etude sur la possibilité de financer les activités de l'OMS en des monnaies autres que le dollar des Etats -Unis ou le franc suisse besoins futurs Bâtiment du siège Deuxième rapport de la Commission :

571

571 572 574 575 580

Cinquième séance 1.

2.

3. 4.

5.

Examen du fonds de roulement (suite) Fonds immobilier Nomination du Commissaire aux Comptes Coordination à l'intérieur du système des Nations Unies Commission de la Fonction publique internationale Rapports annuels du Directeur général

581 581 582 583 583

-x-

Pages 6.

7.

8.

Etudes organiques du Conseil exécutif Etude organique sur les rapports entre les services techniques centraux de l'OMS et les programmes d'assistance directe aux Etats Membres Etude organique sur la planification des ressources extrabudgétaires et leurs effets sur les programmes et la politique générale de l'OMS Prochaine étude organique Emploi du chinois comme langue de travail à l'Assemblée mondiale de la Santé et au Conseil exécutif Emploi de l'arabe comme langue de travail à l'Assemblée mondiale de la Santé et au Conseil exécutif

584 586 587 587

588

Sixième séance 1.

2.

Troisième rapport de la Commission Aide sanitaire aux réfugiés et personnes déplacées dans le Moyen- Orient

592

592

Septième séance 1.

Aide sanitaire aux réfugiés et personnes déplacées dans le Moyen -Orient (suite)

603 604 605

2.

3.

4.

Utilisation de l'allemand comme langue de travail dans l'Organisation régionale de l'Europe Participation au Comité régional de l'Afrique de Membres dont les gouvernements ont leur siège hors de la Région Coordination à l'intérieur du système des Nations Unies Questions générales

609

Huitième séance Coordination à l'intérieur du système des Nations Unies Questions générales (suite) Activités de l'Organisation mondiale de la Santé en ce qui concerne l'assistance aux mouvements de libération dans l'Afrique australe, conformément aux résolutions 2918 (XXVII) de l'Assemblée générale des Nations Unies et 1804 (LV) du Conseil économique et social Année mondiale de la Population et Conférence mondiale de la Population, 1974

612

618 621 622

Activités de l'OMS en cas de désastres et de catastrophes naturelles

.

Neuvième séance 1.

2.

Quatrième rapport de la Commission Coordination à l'intérieur du système des Nations Unies Activités de l'OMS en cas de désastres et de catastrophes naturelles (suite)

626

Assistance technique au Portugal coordination Programme de l'OMS concernant la santé et l'environnement des programmes et activités dans le domaine de l'environnement :

626 630 631

Dixième séance 1.

2.

3.

Coordination à l'intérieur du système des Nations Unies Programme de l'OMS concernant la santé et l'environnement : coordination des programmes et activités dans le domaine de l'environnement (suite). Facteurs psycho- sociaux et santé classification des pesticides en fonction Sécurité d'emploi des pesticides des dangers qu'ils présentent :

635 639 641

Pages

Onzième séance 1.

2.

3.

Cinquième rapport de la Commission classification des pesticides en fonction Sécurité d'emploi des pesticides des dangers qu'ils présentent (suite) Coordination à l'intérieur du système des Nations Unies Programme de l'OMS concernant la santé et l'environnement: coordination des programmes et activités dans le domaine de l'environnement (suite) :

643

643

645

Douzième séance 1.

2.

Fluoration et santé dentaire Substances prophylactiques et thérapeutiques

649 658

Treizième séance

Substances prophylactiques et thérapeutiques (suite)

663

Quatorzième séance 1.

2. 3.

4. 5.

Substances prophylactiques et thérapeutiques (suite) Sixième rapport de la Commission Caisse commune des Pensions du Personnel des Nations Unies Rapport annuel du Comité mixte de la Caisse commune des Pensions du Personnel des Nations Unies pour 1973 Nomination de représentants au Comité des Pensions du Personnel de l'OMS Méthode de travail de l'Assemblée mondiale de la Santé Septième rapport de la Commission

667 670

671 671 672 678

Quinzième séance 1.

2.

3.

Rôle de l'OMS dans le développement et la coordination de la recherche biomédicale (rapport de situation) Huitième rapport de la Commission Clôture des travaux

679 691 691

RAPPORTS DES COMMISSIONS

Commission de Vérification des Pouvoirs Commission des Désignations Bureau de l'Assemblée Commission A Commission B Commission B à la Commission A

693 694

695 696 697 700

Index

701

COMPOSITION DE L'ASSEMBLÉE DE LA SANTÉ

LISTE DES DELEGUES ET AUTRES PARTICIPANTS

DELEGATIONS DES ETATS MEMBRES

AFGHANISTAN Délégués Professeur M. I. AZIM, Vice -Ministre de la Santé publique (Chef de délégation) Dr G. R. ROASHAN, Chef du Département des Relations extérieures, Ministère de la Santé publique :

Dr M. A. BAKIRI, Médecin -chef de la Section de Psychiatrie et d'Hygiène mentale, Ministère de la Santé publique M. A. KRIM, Directeur du Secteur sanitaire d'Ait -Idir

M. A. SEGHIRATE, Division des Organisations internationales, Ministère des Affaires étrangères

ALGERIE

Délégués Professeur O. BOUDJELLAB, Ministre de la Santé publique (Chef de délégation) Dr A. BENADOUDA, Directeur de l'Action sanitaire, Ministère de la Santé publique; Directeur de l'Institut national de Santé publique Dr M. BRACI, Sous -Directeur des Relations internationales, Ministère de la Santé publique :

ALLEMAGNE, RÉPUBLIQUE FÉDÉRALE D' Délégués Professeur L. VON MANGER -KOENIG, Consultant spécial pour les questions sanitaires internationales auprès du Ministère fédéral de la Jeunesse, de la Famille et de la Santé (Chef de délégation) Baron O. VON STEMPEL, Ministre, Représentant permanent par intérim de la République fédérale d'Allemagne auprès de l'Office des Nations Unies et des autres organisations internationales à Genève (Chef adjoint) Dr Elisabeth FUNKE, Directeur du Service de la Santé publique, Ministère du Travail, de la Santé et des Affaires sociales du Land de Rhénanie -du -NordWestphalie :

Suppléants M. R. BOUDJAKDJI, Ambassadeur, Représentant permanent de la République algérienne démocratique et populaire auprès de l'Office des Nations Unies à Genève et des institutions spécialisées en Suisse et en Autriche Dr A. AROUA, Médecin -chef de la Section de l'Assainissement, Ministère de la Santé publique M. R. KADI, Directeur du Secteur sanitaire de Meftah M. S. MEKACHER, Directeur du Secteur sanitaire de Bejaia M. B. CHOUIREF, Secrétaire, Mission permanente de la République algérienne démocratique et populaire auprès de l'Office des Nations Unies à Genève et des institutions spécialisées en Suisse et en Autriche Dr B. HADJ -LAKEHAL, Médecin -chef de la Section de Nutrition, Ministère de la :

Safité publique

Suppléants Dr Ruth MATTHEIS, Directeur du Département de la Santé publique, Berlin (Ouest) Dr K. -H. ETER, Conseiller, Service des Relations internationales, Ministère fédéral de la Jeunesse, de la Famille et de la Santé Dr Eleonore LINSMAYER, Conseiller, Mission permanente de la République fédérale d'Allemagne auprès de l'Office des Nations Unies et des autres organisations internationales à Genève :

-

1 -

2

VINGT- HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II AUSTRALIE Délégués Dr D. N. EVERINGHAM, Ministre de la Santé (Chef de délégation) Dr G. HOWELLS, Directeur général du Département de la Santé (Chef adjoint) Dr R. W. CUMMING, Sous -Directeur général, Division de la Santé internationale, Département de la Santé :

Conseillers Dr H. H. BRIESKORN, Chef du Service "Biologie, écologie et médecine ", Ministère fédéral de la Recherche et de la Technologie M. W. GOERKE, Chef du Service "Médecine, biologie et environnement ", Ministère fédéral de l'Intérieur Dr W. -D. ERNERT, Chef du Service des Politiques sanitaire, nutritionnelle et démographique des Pays en voie de développement, Ministère fédéral de la Coopération économique M. G. WIRTH, Conseiller, Mission permanente de la République fédérale d'Allemagne auprès de l'Office des Nations Unies et des autres organisations internationales à Genève M. H. VOIGTLAENDER, Conseiller, Service des Relations internationales, Ministère fédéral de la Jeunesse, de la Famille et de la Santé :

ARABIE SAOUDITE Délégués Dr A. A. KHOWAITER, Ministre de la Santé (Chef de délégation) Dr H. ABDUL -GHAFFAR, Vice -Ministre de la Santé (Chef adjoint) Dr A. S. AL- TABBAA, Directeur général du Département de l'Hygiène internationale, Ministère de la Santé :

Suppléants M. K. I. GATES, Conseiller, Mission permanente de l'Australie auprès de l'Office des Nations Unies et des autres organisations internationales à Genève M. S. C. WHITLAM, Deuxième Secrétaire, Mission permanente de l'Australie auprès de l'Office des Nations Unies et des autres organisations internationales à Genève Dr R. W. GREVILLE, Médecin -administrateur en chef, Haut -Commissariat d'Australie au Royaume -Uni de Grande -Bretagne et d'Irlande du Nord Dr D. S. M. GRAHAM, Directeur médical, Bureau de l'Emigration de l'Ambassade d'Australie en République fédérale d'Allemagne :

AUTRICHE Délégués Dr A. KRASSNIGG, Directeur général de la Santé publique, Ministère fédéral de la Santé et de la Protection de l'Environnement (Chef de délégation) Dr J. DAIMER, Directeur au Ministère fédéral de la Santé et de la Protection de l'Environnementl Dr jur. M. HAAS, Conseiller administratif, Ministère fédéral de la Santé et de la Protection de l'Environnement :

Suppléants Dr J. M. AASITY, Sous -Directeur général de la Médecine préventive, Ministère de la Santé Dr S. S. ISLAM, Directeur des Services de Santé régionaux et des Hôpitaux, Ministère de la Santé :

ARGENTINE Délégués Dr P. R. YANEZ, Secrétaire d'Etat à la Santé publique (Chef de délégation) Dr H. CARRAL TOLOSA, Président de la Commission de la Prévoyance sociale et de la Santé publique de la Chambre des Députés Dr R. C. LEÓN, Directeur des Relations sanitaires internationales au Secrétariat d'Etat à la Santé publique :

Conseillers Mlle R. GUEVARA ACHAVAL, Premier Secrétaire, Mission permanente de la République Argentine auprès de l'Office des Nations Unies et des autres organisations internationales à Genève M. C. A. PASSALACQUA, Deuxième Secrétaire, Mission permanente de la République Argentine auprès de l'Office des Nations Unies et des autres organisations internationales à Genève :

Suppléants Dr R. TOROVSKY, Ministre conseiller, Mission permanente de l'Autriche auprès de l'Office des Nations Unies et des institutions spécialisées à Genève Dr B. VELIMIROVIC, Ministère fédéral de la Santé et de la Protection de l'Environnement Mlle J. BASTL, Secrétaire d'ambassade, Mission permanente de l'Autriche auprès de l'Office des Nations Unies et des institutions spécialisées à Genève :

Conseiller Professeur A. F. H. LUGER, Chef du Service de Dermatologie de l'Hôpital de la Ville de Vienne -Lainz :

1 Chef de la délégation à partir du 19 mai.

COMPOSITION DE L'ASSEMBLEE DE LA SANTE BAHAMAS

3

Délégués M. A.

:

L. ROKER, Ministre de la Santé (Chef de délégation) Dr C. W. M. BETHEL, Consultant médical supérieur, Ministère de la Santé

Professeur S. HALTER, Secrétaire général du Ministère de la Santé publique et de la Famille (Chef adjoint) M. H. DILEN, Conseiller, Ministère de la Santé publique et de la Famille Suppléants M. P. NOTERDAEME, Ambassadeur, Représentant permanent de la Belgique auprès de l'Office des Nations Unies et des institutions spécialisées à Genève Dr P. DE SCHOUWER, Chef de cabinet du Ministre de la Santé publique et de la Famille Dr M. KIVITS, Médecin en chef; Directeur à l'Office de Coopération au Développement :

BAHREÏN Délégués Dr E. M. YAQOUB, Directeur de la Médecine curative, Ministère de la Santé (Chef de délégation) M. A. -R. BU -ALI, Chef du Personnel, Ministère de la Santé :

BANGLADESH Délégués M. A. :

S. CHOWDHURY, Représentant spécial du Gouvernement du Bangladesh (Chef de délégation) Dr M. RAHMAN, Directeur des Services antipaludiques et des Services intégrés de Santé (Chef adjoint) M. M. AHMED, Premier Secrétaire, Mission permanente de la République populaire du Bangladesh auprès de l'Office des Nations Unies et d'autres organisations internationales à Genève :

Conseillers Dr T. HOSSAIN, Secrétaire général du Ministère de la Santé et de la Planification familiale M. K. A. RAHMAN, Deuxième Secrétaire, Mission permanente de la République populaire du Bangladesh auprès de l'Office des Nations Unies et d'autres organisations internationales à Genève M. M. N. MUSTAFA, Deuxième Secrétaire, Mission permanente de la République populaire du Bangladesh auprès de l'Office des Nations Unies et d'autres organisations internationales à Genève

BARBADE Délégués Dr R. B. CADDLE, Ministre de la Santé et de la Prévoyance sociale (Chef de délégation) M. A. S. HOWELL, Secrétaire permanent du Ministère de la Santé et de la Prévoyance sociale :

Conseillers M. R. DELVAUX, Ministre conseiller, Représentant permanent adjoint de la Belgique auprès de l'Office des Nations Unies et des institutions spécialisées à Genève Dr A. DE WEVER, Directeur général au Ministère de la Santé publique et de la Famille Professeur P. G. JANSSENS, Directeur de l'Institut de Médecine tropicale Prince Léopold à Anvers Professeur E. A. SAND, Président de l'Ecole de Santé publique de l'Université libre de Bruxelles Professeur M. F. LECHAT, Directeur adjoint de l'Ecole de Santé publique de l'Université catholique de Louvain Professeur K. VUYLSTEEK, Section d'Hygiène et de Médecine sociale de l'Université de Gand Dr Daisy HEYNE, Inspecteur en chef, Directeur au Ministère de la Santé publique et de la Famille Professeur W. J. EYLENBOSCH, Section d'Epidémiologie et de Médecine sociale de l'Université d'Anvers Dr A. REUSE, Chargé de cours à l'Ecole de Santé publique de l'Université libre de Bruxelles Dr C. THILLY, Secrétaire de l'Ecole de Santé publique de l'Université libre de Bruxelles Dr J. VAN ROY, Chargé de cours à l'Université libre de Bruxelles Dr A. MEHEUS, Section d'Epidémiologie et de Médecine sociale de l'Université d'Anvers :

BIRMANIE

BELGIQUE Délégués M. J. DE SAEGER, Ministre de la Santé publique et de la Famille (Chef de délégation) :

Délégués M. KYI MAUNG, Ministre de la Santé (Chef de délégation) Dr THEIN NYUNT, Directeur de la Lutte contre la Maladie, Ministère de la Santé Dr AUNG MYAT, Sous- Directeur de la Formation médico- sanitaire, Ministère de la Santé :

4

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II :

Suppléants M. THAUNG LWIN, Chargé d'affaires, Ambassade de la République socialiste de l'Union birmane en Suisse M. THAUNG TIN, Assistant personnel du Ministre de la Santé

M. L. H. PEREIRA DA FONSECA, Deuxième Secrétaire, Mission permanente du Brésil auprès de l'Office des Nations Unies et des autres organisations internationales à Genève

BULGARIE BOLIVIE

Délégués Dr J. TORRES NAVARRO, Ministre de la Prévoyance sociale et de la Santé publique (Chef de délégation) Dr A. BROWN LEMA, Sous -Secrétaire d'Etat à la Prévoyance sociale, Ministère de la Prévoyance sociale et de la Santé publique Dr J. SERRATE AGUILERA, Ambassadeur, Représentant permanent de la République de Bolivie auprès de l'Office des Nations Unies et des autres organisations internationales à Genève .

Délégués Dr A. TODOROV, Ministre de la Santé publique (Chef de délégation) Professeur L. CHINDAROV, Directeur du Centre des Maladies contagieuses et parasitaires Dr D. ARNAUDOV, Directeur du Département des Relations internationales, Ministère de la Santé publique :

Suppléants M. J. EGUINO LEDO, Ministre, Représentant permanent adjoint de la République de Bolivie auprès de l'Office des Nations Unies et des autres organisations internationales à Genève Mme V. BANZER LÓPEZ, Premier Secrétaire, Mission permanente de la République de Bolivie auprès de l'Office des Nations Unies et des autres organisations internationales à Genève :

Conseillers M. D. BOGKOV, Conseiller, Représentation permanente de la République populaire de Bulgarie auprès de l'Office des Nations Unies et des autres organisations internationales à Genève Dr B. MICHOV, Directeur de département, Ministère de la Santé publique :

BURUNDI

BOTSWANA Délégués M. M. P. K. NWAKO, Ministre de la Santé (Chef de délégation) Dr D. B. SEBINA, Secrétaire permanent à la Santé :

Délégués Dr J. NINDORERA, Ministre de la Santé publique (Chef de délégation) Dr G. NINTERETSE, Directeur général de la Santé publique M. I. MAGEREGERE, Directeur du Département de l'Hygiène et des Laboratoires, Ministère de la Santé publique :

CANADA Délégués M. M. LALONDE, Ministre de la Santé nationale et du Bien -Etre social (Chef de délégation) M. J. L. FRY, Sous -Ministre intérimaire de la Santé nationale et du Bien -Etre social (Chef adjoint)1 M. W. H. BARTON, Ambassadeur, Représentant permanent du Canada auprès de l'Office des Nations Unies et des autres organisations internationales à Genève :

BRÉSIL Délégués Dr J. C. SEIXAS, Secrétaire général du Ministère de la Santé publique (Chef de délégation) Dr B. RODRIGUES, Coordonnateur pour les Affaires de Santé de la Région :

sud -est

M. E. JUAREZ, Conseiller du Ministre de la Santé publique Conseillers M. M. SILVA, Deuxième Secrétaire, Mission permanente du Brésil auprès de l'Office des Nations Unies et des autres organisations internationales à Genève :

Suppléants Dr A. T. ROWE, Ministre de la Santé de la province de Terre -Neuve M. T. SELLARS, Sous -Ministre de la Santé de la province de Terre -Neuve :

1 Chef de la délégation à partir du 19 mai.

COMPOSITION DE L'ASSEMBLEE DE LA SANTE Dr G. R. F. ELLIOT, Sous -Ministre (Programmes de santé des collectivités), Département des Services de Santé et de l'Assurance hospitalière de la province de la Colombie britannique, Mme M. -L. COTE, Conseillère en Administration hospitalière, Direction générale des Programmes de Santé, Ministère de la Santé nationale et du Bien -Etre social Dr A. J. de VILLIERS, Directeur général, Services internationaux d'Hygiène, Ministère de la Santé nationale et du Bien -Etre social M. W. P. KILBURN, Directeur des Programmes des Nations Unies, Département des Programmes multilatéraux, Agence canadienne pour le Développement international Dr R. L. PERSAD, Consultant médical supérieur pour les maladies vénériennes, Ministère de la Santé de la province de l'Ontario M. P. FIORI, Division des Programmes internationaux, Ministère des Finances Conseillers Mlle A. JAMIESON, Assistante (exécutive) du Ministre de la Santé nationale et du Bien -Etre social M. P. THIBAULT, Premier Secrétaire, Mission permanente du Canada auprès de l'Office des Nations Unies et des autres organisations internationales à Genève :

Dr TZUJENCHOKA, Directeur adjoint du Bureau de la Santé, Région autonome du Tibet M. CHU Hsing -kuo, Responsable du Bureau des Relations extérieures, Ministère de la Santé Suppléants Dr TSAO Hsiao -ting, Directeur adjoint du Comité révolutionnaire de la Faculté de Thérapie, Premier Institut de Médecine de Chang -hai M. LIN Chia -sen, Deuxième Secrétaire, Mission permanente de la République populaire de Chine auprès de l'Office des Nations Unies à Genève et des autres organisations internationales en Suisse :

CHYPRE

Délégués M. C. VAKIS, Ministre de la Santé (Chef de délégation) M. A. MAVROMMATIS, Ancien Ministre du Travail et de la Sécurité sociale Dr V. VASSILOPOULOS, Directeur général du Ministère de la Santé :

Suppléant M. N. MACRIS, Représentant permanent adjoint de Chypre auprès de l'Office des Nations Unies et des institutions spécialisées à Genève :

COLOMBIE Délégués Dr H. CALVO, Ministre de la Santé publique,(Chef de délégation) Dr D. GARCES, Ambassadeur, Représentant permanent de la Colombie auprès de l'Office des Nations Unies et des institutions spécialisées à Genève Dr A. DUENAS, Secrétaire général du Ministère de la Santé publique :

CHILI

Délégués Dr L. GIVOVICH MERCIER, Sous -Secrétaire d'Etat à la Santé publique (Chef de délégation) Dr F. MONCKEBERG, Coordonnateur exécutif du Conseil national de la Nutrition et de l'Alimentation M. J. LAGOS, Premier Secrétaire, Mission permanente du Chili auprès de l'Office des Nations Unies à Genève et des autres organisations internationales en Suisse :

Suppléant Dr G. MORA, Chef du Bureau des Relations internationales, Ministère de la Santé publique :

CONGO

Suppléant M. P. OYARCE YURASZECK, Troisième Secrétaire, Mission permanente du Chili auprès de l'Office des Nations Unies à Genève et des autres organisations internationales en Suisse :

Délégués Dr A.

:

C. EMPANA, Ministre de la Santé (Chef de délégation) Dr G. ONDAYE, Directeur des Services sanitaires Dr A. MAMBOU, Chef du Service de Santé maternelle et infantile de Brazzaville

CHINE

COSTA RICA Délégués Dr CHEN Chih -ming, Responsable du Bureau général, Ministère de la Santé (Chef de délégation) :

Délégués Dr H. WEINSTOK, Ministre de la Santé (Chef de délégation) :

6

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

M. M. A. MENA, Ministre conseiller, Représentant permanent adjoint de la République de Costa Rica auprès de l'Office des Nations Unies et des autres organisations internationales à Genève

Professeur A. PERDRUP, Médecin en chef' Dr S. K. SORENSEN,'Directeur général du Service de la Santé publique2 Suppléants Dr C. TOFTEMARK, Directeur général adjoint du Service de la Santé publique3 Dr A. MAHNEKE, Médecin au Service de la Santé publique :

COTE D'IVOIRE Délégués Professeur H. AYE, Ministre de la Santé publique et de la Population (Chef de délégation) M. B. NIOUPIN, Ambassadeur, Représentant permanent de la République de Côte d'Ivoire auprès de l'Office des Nations Unies et des institutions spécialisées à Genève et à Vienne (Chef adjoint) Dr I. KONE, Directeur de la Médecine sociale, Ministère de la Santé publique et de la Population :

Conseillers M. N. BENTSEN, Chef de Section au Ministère de l'Intérieur M. W. WILLERSLEV -OLSEN, Chef de Section au Ministère de l'Intérieur M. J. V. LARSEN, Chef de Section au Ministère de l'Intérieur M. T. LEHMANN, Premier Secrétaire, Mission permanente du Danemark auprès de l'Office des Nations Unies et des autres organisations internationales à Genève :

Suppléants Mlle M. -L. BOA, Deuxième Secrétaire, Mission permanente de la République de Côte d'Ivoire auprès de l'Office des Nations Unies et des institutions spécialisées à Genève et à Vienne Mme D. KABA CÁMARA, Deuxième Secrétaire, Mission permanente de la République de Côte d'Ivoire auprès de l'Office des Nations Unies et des institutions spécialisées à Genève et à Vienne :

EGYPTE

Délégués Dr F. MOHY EL -DIN, Ministre de la Santé (Chef de délégation) Dr A. K. MAZIN, Premier Sous -Secrétaire d'Etat au Ministère de la Santé (Chef adjoint) Dr R. A. GOMAA, Sous -Secrétaire d'Etat au Ministère de la Santé :

CUBA Délégués Dr J. ALDEREGUIA VALDES- BRITO, Vice -Ministre de la Santé publique (Chef de délégation) Dr Dora GALEGO PIMENTEL, Sous -Directeur des Relations internationales, Ministère 4e la Santé publique Dr C. A. RAMÎREZ MARQUEZ, Directeur provincial de la Santé publique :

Suppléants Dr A. M. ALY, Directeur du Département des Organisations internationales, Ministère de la Santé M. M. ABOUL -NASR, Conseiller, Mission permanente de la République arabe d'Egypte auprès de l'Office des Nations Unies et des institutions spécialisées à Genève :

Suppléant M. H. RIVERO ROSARIO, Troisième Secrétaire, Mission permanente de la République de Cuba auprès de l'Office des Nations Unies et des autres organisations internationales à Genève :

DAHOMEY Délégués M. I. BOURAIMA, Ministre de la Santé publique et des Affaires sociales (Chef de délégation) Dr B. -C. SADELER, Professeur agrégé de Parasitologie, Université du Dahomey

Conseillers Dr A. SIRRY, Sous -Secrétaire au Ministère de la Santé Dr R. MOHAREB, Directeur du Département de Dermatologie et de Vénéréologie, Ministère de la Santé Mlle L. EMARA, Troisième Secrétaire, Mission permanente de la République arabe d'Egypte auprès de l'Office des Nations Unies et des institutions spécialisées à Genève Dr W. A. FAHMY, Directeur de la Division des Conférences, Ministère de la Santé :

' Chef de la délégation du 15 au 17 mai.

DANEMARK Délégués M. E. JENSEN, Ministre de l'Intérieur (Chef de délégation) :

2 Chef de la délégation du 18 au 24 mai. 3 Chef de la délégation à partir du 25 mai.

COMPOSITION DE L'ASSEMBLEE DE LA SANTE EL SALVADOR Délégués Dr M. A. AGUILAR, Sous -Secrétaire d'Etat à la Santé publique et à l'Assistance sociale (Chef de délégation) M. G. PONS, Représentant permanent adjoint de la République d'El Salvador auprès de l'Office des Nations Unies à Genève .

7

EMIRATS ARABES UNIS Délégués Cheikh S. bin M. AL NAHAYAN, Ministre de la Santé (Chef de délégation) Dr A. H. SAROUR, Conseiller médical, Ministère de la Santé Dr S. K. AL QASSIMI, Directeur de la Médecine curative, Ministère de la Santé :

Suppléants Dr B. SACHEZ MURIAS, Sous- Directeur général de la Médecine préventive et de l'Environnement, Direction générale de la Santé M. C. GONZÁLEZ PALACIOS, Premier Secrétaire, Mission permanente de l'Espagne auprès de l'Office des Nations Unies à Genève et des autres organisations internationales en Suisse Dr R. GARRIDO GARZON, Chef de la Section des Relations sanitaires internationales, Direction générale de la Santé :

ETATS-UNIS D'AMERIQUE Délégués Dr T. COOPER, Sous -Secrétaire à la Santé, Département de la Santé, de l'Education et de la Prévoyance sociale (Chef de délégation) Dr S. P. EHRLICH Jr, Directeur du Bureau de la Santé internationale, Département de la Santé, de l'Education et de la Prévoyance sociale (Chef adjoint) M. F. L. DALE, Ambassadeur, Représentant permanent des Etats -Unis auprès de l'Office des Nations Unies et des autres organisations internationales à Genève :

Suppléants M. A. A. FARDAN, Directeur du Service des Fournitures et de la Pharmacie, Ministère de la Santé M. K. AL BASSAM, Troisième Secrétaire, Ministère des Affaires étrangères :

Conseillers M. A. YASIN, Ministère de l'Information et de la Culture M. S. E. JAMOUA, Ministère de l'Information et de la Culture :

EQUATEUR Délégués Dr G. MALDONADO LINCE, Ambassadeur, Représentant permanent de l'Equateur auprès de l'Office des Nations Unies à Genève (Chef de délégation) Dr G. BERMEO, Sous -Secrétaire de la Santé publique Dr H. DONOSO, Directeur du Service des Soins médicaux :

Suppléants Dr L. HOWARD, Directeur du Bureau de la Santé, Agency for International Development Dr D. J. SENCER, Directeur du Centre des Maladies transmissibles, Département de la Santé, de l'Education et de la Prévoyance sociale :

Suppléants Dr E. TOBAR, Conseiller, Mission permanente de l'Equateur auprès de l'Office des Nations Unies à Genève M. A. ONTANEDA, Attaché, Mission permanente de l'Equateur auprès de l'Office des Nations Unies à Genève :

ESPAGNE

Délégués Dr F. BRAVO MORATE, Directeur général de la Santé (Chef de délégation) M. F. ANTEQUERA Y ARCE, Ministre conseiller, Représentant permanent adjoint de l'Espagne auprès de l'Office des Nations Unies à Genève et des autres organisations internationales en Suisse Dr G. CLAVERO GONZALEZ, Secrétaire technique de la Direction générale de la Santé :

Conseillers Dr H. D. GARDNER, Médecin à Louisville (Kentucky) M. J. J. FLORIO, Membre de la Chambre des Représentants M. H. J. BINDA, Attaché (Affaires internationales de Santé), Mission permanente des Etats -Unis auprès de l'Office des Nations Unies et des autres organisations internationales à Genève M. J. S. COTTMAN Jr, Conseiller, Mission permanente des Etats -Unis auprès de l'Office des Nations Unies et des autres organisations internationales à Genève Dr J. JENNINGS, Commissaire associé pour les Affaires médicales, Administration du Contrôle des Denrées alimentaires et des Médicaments, Département de la Santé, de l'Education et de la Prévoyance sociale M. E. NOZIGLIA, Direction de la Santé et du Contrôle des Médicaments, Bureau des Affaires relatives aux Organisations internationales, Département d'Etat :

8

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II Dr R.

B. UHRICH, Bureau de la Santé internationale, Département de la Santé, de l'Education et de la Prévoyance sociale

FRANCE

ETHIOPIE

Délégués Dr A. TEKLE, Secrétaire permanent du Ministère de la Santé publique (Chef de délégation) M. T. MENGESHA, Directeur du Département de la Planification et des Programmes, Ministère de la Santé publique :

Délégués Professeur E. J. AUJALEU, Directeur général honoraire de l'Institut national de la Santé et de la Recherche médicale (Chef de délégation) M. J. FERNAND -LAURENT, Ambassadeur, Représentant permanent de la France auprès de l'Office des Nations Unies à Genève et des institutions spécialisées ayant leur siège en Suisse Dr P. CHARBONNEAU, Directeur général de la Santé :

FIDJI Délégués M. J. :

S. SINGH, Ministre de la Santé (Chef de délégation) M. S. C. RAMRAKHA, Secrétaire permanent à la Santé FINLANDE Délégués Mme S. KARKINEN, Ministre des Affaires sociales et de la Santé (Chef de délégation) Dr K. LEPPO, Directeur adjoint, Ministère des Affaires sociales et de la Santél Dr A. P. OJALA, Directeur de département, Service national de la Santé :

Suppléants Dr J. -S. CAYLA, Directeur de l'Ecole nationale de la Santé publique M. J. MASSENET, Conseiller des Affaires étrangères Dr R. MICHEL, Adjoint au Directeur de la Santé publique et de l'Action sociale, Ministère de la Coopération Professeur R. SENAULT, Faculté de Médecine de l'Université de Nancy Dr M. TRAZZINI, Conseiller technique, Direction générale de la Santé, Ministère de la Santé :

Suppléants Dr H. HELLBERG, Chef de Bureau, Service national de la Santé Dr M. PARMALA, Chef du Bureau des Relations internationales, Service national de la Santé :

Conseillers Mme S. BALOUS, Premier Secrétaire, Mission permanente de la France auprès de l'Office des Nations Unies à Genève et des institutions spécialisées ayant leur siège en Suisse Professeur C. BOUDENE, Faculté des Sciences pharmaceutiques et biologiques de l'Université de Paris Dr J. MEILLON, Médecin - inspecteur principal, Division des Relations internationales, Ministère de la Santé Dr REYNES, Direction générale de la Santé, Ministère de la Santé Dr A. SIBOULET, Consultant, Hôpital :

Conseillers Dr A. LASSUS, Professeur associé, Hôpital central de l'Université de Helsinki M. P. RUTANEN, Conseiller, Mission permanente de la Finlande auprès de l'Office des Nations Unies et des autres organisations internationales à Genève M. R. REKOLA, Secrétaire de section, Ministère des Affaires étrangères Mme T. RAIVIO, Secrétaire pour les Affaires internationales, Ministère des Affaires sociales et de la Santé Mme H. ROOS, Secrétaire pour les Affaires internationales, Ministère des Affaires sociales et de la Santé M. K. V. SALONEN, Secrétaire, Mission permanente de la Finlande auprès de l'Office des Nations Unies et des autres organisations internationales à Genève M. H. HALINEN, Attaché, Ministère des Affaires étrangères :

Saint -Louis, Paris Mme M. VIOT, Sous -Directeur, Chef de la Division des Relations internationales du Ministère de la Santé

GABON

Délégués M. F. BONGOTHA, Ministre de la Santé pùblique et de la Population (Chef de délégation) M. L. N'DONG, Ambassadeur, Représentant permanent de la République gabonaise auprès de l'Office des Nations Unies et des autres organisations internationales à Geijève (Chef adjoint) Dr P. OBAME- NGUEMA, Inspecteur général de la Santé :

1 Chef de la délégation à partir du 18 mai.

Suppléants Dr J. ABANDJA, Directeur général adjoint de la Santé publique M. J. J. N'ZIGOU -MABIKA, Deuxième Conseiller, Mission permanente de la République gabonaise auprès de l'Office des Nations Unies et des autres organisations internationales à Genève :

COMPOSITION DE L'ASSEMBLEE DE LA SANTE GAMBIE Délégués M. K. F. SINGHATEH, Ministre de la Santé, du Travail et de la Prévoyance sociale (Chef de délégation) Dr P. J. N'DOW, Médecin -administrateur en chef, Département médical et sanitaire Dr A. B. H. N'JIE, Obstétricien gynécologue au Royal Victoria Hospital, Banjul :

9

M. S. KEITA, Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République de Guinée en Europe occidentale Dr N. CAMARA, Médecin -chef de l'Hôpital Ignace Deen, Conakry Suppléant Dr O. BANGOURA, Hôpital de Donka (Pavillon des maladies infectieuses) :

GUINÉE- BISSAU

GHANA Délégués M. A. H. SELORMEY, Commissaire à la Santé (Chef de délégation) Dr M. A. BADDOO, Directeur des Services médicaux, Ministère de la Santé (Chef adjoint) M. S. E. ARTHUR, Secrétaire principal en chef du Ministère de la Santé :

Délégués M. J. DA COSTA, Sous -Commissaire d'Etat à la Santé et aux Affaires sociales (Chef de délégation) Dr M. RODRIGUES BOAL, Secrétaire général du Sous -Commissariat d'Etat à la Santé et aux Affaires sociales Dr S. DIAS, Inspecteur régional de la Santé :

Suppléants Dr J. A. ADAMAFIO, Médecin -administrateur régional Dr P. TWUMASI, Chargé de cours à l'Université du Ghana :

GUYANE

Délégués Dr O. M. R. HARPER, Ministre de la Santé (Chef de délégation) Dr Claudette HARRY, Médecin -administrateur :

Conseillers M. J. G. OKYNE, Conseiller, Mission permanente de la République du Ghana auprès de l'Office des Nations Unies à Genève et des institutions spécialisées en Suisse Dr N. A. DE HEER, Secrétaire régional, Secrétariat ouest -africain de la Santé :

HAUTE -VOLTA

GRÈCE

Délégués Dr R. SAWADOGO, Ministre de la Santé publique et des Affaires sociales (Chef de délégation) Dr K. P. COMPAORE, Directeur de la Santé publique Dr S. B. OUEDRAOGO, Médecin -chef du Dispensaire central de Ouagadougou :

Délégués Dr Meropi VIOLAKIS- PARASKEVAS, Directeur général de l'Hygiène, Ministère des Affaires sociales (Chef de délégation) M. A. AFENDULI, Conseiller d'ambassade, Représentant permanent adjoint de la Grèce auprès de l'Office des Nations Unies à Genève et des institutions spécialisées en Suisse M. D. AVRAMIDIS, Directeur de la Santé publique, Ministère des Affaires sociales :

HONDURAS

GUATEMALA Délégués Dr J. R. CASTILLO SINIBALDI, Ministre de la Santé publique et de l'Assistance sociale (Chef de délégation) Dr E. DEL CID PERALTA, Directeur général des Services de Santé :

Délégués Dr R. ALVARADO LOZANO, Vice -Ministre de la Santé publique (Chef de délégation) M. M. CARIAS, Ambassadeur, Représentant permanent de la République du Honduras auprès de l'Office des Nations Unies et des autres organisations internationales à Genève M. J. M. CANTOR, Premier Secrétaire, Mission permanente de la République du Honduras auprès de l'Office des Nations Unies et des autres organisations internationales à Genève :

HONGRIE

Suppléant Professeur F. GONZALEZ -DAVISON, Conseiller juridique :

GUINÉE

Délégués Dr E. SCHULTHEISZ, Ministre de la Santé (Chef de délégation) Dr Eva ZSóGON, Secrétaire d'Etat au Ministère de la Santé (Chef adjoint) 1 :

Délégués Dr L. DIANE, Ministre de la Santé publique (Chef de délégation) :

1

Chef de la délégation à partir du

18 mai.

10

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

Dr L. SANDOR, Chef du Département des Relations internationales, Ministère de la Santé

Suppléants :, Mme I. BERENYI, Premier Secrétaire, Ministère des Affaires étrangères Professeur J. TIGYI, Recteur de l'Université des Sciences médicales de Pécs Dr D. FELKAI, Conseiller- expert, Ministère de la Santé Professeur K. KIRALY, Directeur de Clinique dermatologique Dr K. AGOSTON, Premier Secrétaire, Mission permanente de la République populaire hongroise auprès de l'Office des Nations Unies et des autres organisations internationales à Genève M. B. BLAHO, Chef adjoint du Département des Relations internationales, Ministère de la Santé

Suppléant M. I. IBRAHIM, Premier Secrétaire, Mission permanente de la République d'Indonésie auprès de l'Office des Nations Unies et des autres organisations internationales à Genève :

IRAK Délégués Dr I. MUSTAFA, Ministre de la Santé (Chef de délégation) Dr I. A. AL- NOURI, Directeur général des Affaires techniques, Ministère de la Santé (Chef adjoint) Dr M. H. AL- KHAFAJI, Secrétaire général de la Fondation des Services de Santé ruraux, Ministère de la Santé :

INDE

Délégués Dr K. SINGH, Ministre de la Santé et de la Planification familiale (Chef de délégation) M. G. PRAKASH, Secrétaire général du Ministère de la Santé et de la Planification familiale (Chef adjoint) Dr J. B. SHRIVASTAV, Directeur général des Services de Santé :

Suppléants M. T. H. AL- RUBIAE, Directeur général de l'Entreprise d'Etat des Industries pharmaceutiques Dr A. S. HASSOUN, Directeur des Relations sanitaires internationales, Ministère de la Santé M. T. PACHACHI, Conseiller, Mission permanente de la République d'Irak auprès de l'Office des Nations Unies à Genève :

Suppléants M. B. C. MISHRA, Ambassadeur, Représentant permanent de l'Inde auprès de l'Office des Nations Unies et des autres organisations internationales à Genève Dr D. N. MULAY, Dermatologiste principal, Hôpital Willingdon, New Delhi M. A. BAGCHI, Assistant particulier du Ministre de la Santé et de la Planification familiale M. P. SINGH, Premier Secrétaire, Mission permanente de l'Inde auprès de l'Office des Nations Unies et des autres organisations internationales à Genève :

IRAN

Délégués Professeur A. POUYAN, Ministre de la Santé (Chef de délégation) Dr A. DIBA, Ambassadeur; Conseiller pour les questions sanitaires et les relations avec l'OMS, Mission permanente de l'Iran auprès de l'Office des Nations Unies et des institutions spécialisées à Genève (Chef adjoint) Dr A. NOZARI, Directeur général du Département de la Santé maternelle et infantile, Ministère de la Santé :

INDONÉSIE Délégués Professeur Julie SULIANTI SAROSO, Directeur de l'Institut de Recherche et de Développement sanitaires, Ministère de la Santé (Chef de délégation) Professeur D. D. PRAWIRANEGARA, Directeur général des Soins médicaux, Ministère de la Santé (Chef adjoint) Dr S. WIRJOWIDAGDO, Directeur des Services de Santé des Collectivités, Ministère de la Santé :

1 Chef de la délégation à partir du 19 mai.

Conseillers Dr M. ROUHANI, Directeur général des Services médico- sanitaires de la Société nationale iranienne des Pétroles Mr H. GOUDARZI, Directeur général du Département de l'Hygiène du Milieu, Ministère de la Santé Dr K. MERAT, Directeur général du Département de la Population et des Statistiques, Ministère de la Santé M. A. N. AMIRAHMADI, Directeur général du Département des Relations sanitaires internationales, Ministère de la Santé M. H. BANIAHMAD, Directeur général du Département de l'Information et des Relations publiques, Ministère de la Santé M. T. HABIBOLLAHI, Directeur général du Secrétariat du Ministre de la Santé :

COMPOSITION DE L'ASSEMBLEE DE LA SANTE IRLANDE Délégués Dr J. :

11

C. JOYCE, Médecin -administrateur en chef, Département de la Santé (Chef de délégation) M. S. GAYNOR, Ambassadeur, Représentant permanent de l'Irlande auprès de l'Office des Nations Unies et des institutions spécialisées à Genève M. C. SHEEHAN1 Administrateur principal, Relations internationales, Département de la Santé

Dr D. YAROM, Chef des Relations extérieures, Ministère de la Santé Professeur M. PRYWES, Président de l'Université Ben Gourion, Beersheba Professeur H. NEUFELD, Spécialiste scientifique en chef, Ministère de la Santé

Conseillers Mme R. RAELI, Conseiller, Mission permanente d'Israël auprès de l'Office des Nations Unies et des institutions spécialisées à Genève M. D. YOCHAI, Attaché :

Conseillers M. D. CLARKE, Représentant permanent adjoint de l'Irlande auprès de l'Office des Nations Unies et des institutions spécialisées à Genève M. J. F. COCAN, Premier Secrétaire, Mission permanente de l'Irlande auprès de l'Office des Nations Unies et des institutions spécialisées à Genève :

ITALIE Délégués M. F. FOSCHI, Sous -Secrétaire d'Etat, Ministère de la Santé (Chef de délégation) Professeur R. VANNUGLI, Chef du Bureau des Relations internationales, Ministère de la Santé (Chef adjoint) Professeur F. POCCHIARI, Directeur de l'Istituto Superiore di Sanità :

ISLANDE Délégués M. M. BJARNASON, Ministre de la Santé et de la Sécurité sociale (Chef de délégation) M. P. SIGURDSSON, Secrétaire général du Ministère de la Santé et de la Sécurité sociale (Chef adjoint) Dr O. OLAFSSON, Médecin -administrateur en chef Suppléants M. E. BENEDIKTSSON, Ambassadeur, Représentant permanent de l'Islande auprès de l'Office des Nations Unies à Genève :

M. K. SIGMUDSSON, Premier Secrétaire, Mission permanente de l'Islande auprès de l'Office des Nations Unies à Genève Conseiller M. E. B. INGVARSSON, Conseiller spécial du Ministre de la Santé et de la Sécurité sociale :

Suppléants Professeur G. A. CANAPERIA, Président du Centre italien pour la Santé mondiale Professeur A. CORRADETTI, Istituto Superiore di Sanità Professeur L. GIANNICO, Directeur général de l'Hygiène publique, Ministère de la Santé Professeur B. PACCAGNELLA, Directeur de l'Institut d'Hygiène II, Université de Padoue Professeur G. PENSO, Istituto Superiore di Sanità Professeur D. POGGIOLINI, Directeur général des Services pharmaceutiques, Ministère de la Santé M. L. VOZZI, Conseiller, Mission permanente de l'Italie auprès de l'Office des Nations Unies et des autres organisations internationales à Genève :

ISRAEL Délégués Professeur J. MENCZEL, Directeur général, Ministère de la Santé (Chef de délégation) M. E. RONN, Ambassadeur, Représentant permanent d'Israël auprès de l'Office des Nations Unies et des institutions spécialisées à Genève (Chef adjoint) Professeur A. HARELL, Directeur du Centre médical Ichilov, Tel -Aviv :

Conseillers M. I. RAINONE, Ministère du Trésor Mlle V. BELLI, Conseiller juridique, Ministère de la Santé Professeur G. CALETTI, Chef de service, Hôpital de Venise -Mestre Dr A. MOLFESE, Ministère de la Santé Dr Ingeborg DEL PIANTO, Chargé de recherches à l'Institut de Pharmacologie, Université de Milan :

JAMAIQUE Délégués M. J. A. CAPLETON, Secrétaire parlementaire, Ministère de la Santé et de la Protection de l'Environnement (Chef de délégation) :

Suppléants Professeur M. DAVIES, Ecole de Médecine Hadassah, Université hébraïque de Jérusalem Dr J. BARROMI, Ambassadeur, Ministère des Affaires étrangères :

12

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II Dr W.

J. -S. WILSON, Médecin -administrateur

Dr J.

M.

en chef, Ministère de la Santé et de la Protection de l'Environnement H. S. WALKER, Ambassadeur, Représentant permanent de la Jamaique auprès de l'Office des Nations Unies et des institutions spécialisées à Genève :

C. LIKIMANI, Directeur des Services médicaux, Ministère de la Santé (Chef adjoint) Dr S. KANANI, Directeur adjoint des Services médicaux, Ministère de la Santé Suppléant Dr N. E. MNGOLA, Médecin spécialiste supérieur, Ministère de la Santé :

Conseiller M. F. A. R. McGILCHRIST, Premier Secrétaire, Mission permanente de La Jamatque auprès de l'Office des Nations Unies et des institutions spécialisées à Genève

KOWEIT Délégués Dr A. R. AL AWADI, Ministre de la Santé publique (Chef de délégation) Dr A. M. S. AL- BUSAIRI, Chirurgien à l'Hôpital Sabah M. A. K. JAAFAR, Directeur technique, Ministère de la Santé publique :

JAPON

Délégués M. K. TSURUMI, Ambassadeur, Représentant permanent du Japon auprès de l'Office des Nations Unies et des autres organisations internationales à Genève (Chef de délégation) Dr Y. YAMANAKA, Conseiller pour la science et la technologie, Cabinet du Ministre de la Santé et de la Prévoyance sociale Dr R. OKAMOTO, Médecin- administrateur en chef, Division des Affaires internationales, Cabinet du Ministre de la Santé et de la Prévoyance sociale Suppléants M. W. MIYAKE, Conseiller, Mission permanente du Japon auprès de l'Office des Nations Unies et des autres organisations internationales à Genève M. Y. IKEDA, Premier Secrétaire, Mission permanente du Japon auprès de l'Office des Nations Unies et des autres organisations internationales à Genève M. T. ONISHI, Premier Secrétaire, Mission permanente du Japon auprès de l'Office des Nations Unies et des autres organisations internationales à Genève :

Conseiller Dr I. AL- KASHLAN, Spécialiste en dermatovénéréologie :

LAOS

Délégués Dr K. ABHAY, Ministre de la Santé publique (Chef de délégation) Dr P. PHOUTTHASAK, Directeur général de la Santé publique :

LESOTHO Délégués M. P. MOTA, Ministre de la Santé (Chef de délégation) Dr J. L. MOLAPO, Secrétaire permanent à la Santé (Chef adjoint) Dr S. G. MOHALE, Médecin -administrateur supérieur :

Conseiller M. Y. ITO, Troisième Secrétaire, Mission permanente du Japon auprès de l'Office des Nations Unies et des autres organisations internationales à Genève :

LIBAN Délégués Dr E. F. HAYEK, Directeur général du Ministère de la Santé publique (Chef de délégation) M. M. HALLAB, Chef du Service de Génie sanitaire Dr R. SAADE, Chef du Service régional de Santé du Mont -Liban :

JORDANIE

Délégués Dr T. AL -KADI, Ministre de la Santé (Chef de délégation) Dr A. MASA'DEH, Directeur de la Médecine préventive, Ministère de la Santé Dr A. YAGHLIAN, Directeur de la Planification et de la Coordination, Ministère de la Santé :

LIBERIA Délégués M. O. BRIGHT Jr, Ministre de la Santé et de la Prévoyance sociale (Chef de délégation) M. J. R. ELLIS Jr, Vice -Ministre (Services préventifs), Ministère de la Santé et de la Prévoyance sociale Dr Kate BRYANT, Chef du Département de Pédiatrie, Centre médical John F. Kennedy :

KENYA Délégués M. J. C. N. OSOGO, Ministre de la Santé (Chef de délégation) :

COMPOSITION DE L'ASSEMBLEE DE LA SANTE Conseiller Dr E. JALLAH, Conseiller, Ministère de la Santé et de la Prévoyance sociale :

13

MALI Délégués Dr A. K. SANGARÉ, Directeur de cabinet, Ministère de la Santé publique et des Affaires sociales (Chef de délégation) Dr D. KEITA, Directeur général de la Santé publique, Ministère de la Santé publique et des Affaires sociales :

LUXEMBOURG Délégués M. E. KRIEPS, Ministre de la Santé publique et de l'Environnement (Chef de délégation) Dr E. J. P. DUHR, Directeur de la Santé publique (Chef adjoint)1 M. A. DUHR, Ambassadeur, Représentant permanent du Luxembourg auprès de l'Office des Nations Unies et des institutions spécialisées à Genève :

MALTE Délégués Dr A. V. HYZLER, Ministre de la Santé (Chef de délégation) Dr A. GRECH, Médecin -administrateur en chef a.i. du Gouvernement M. J. MARMARA, Deuxième Secrétaire, Mission permanente de Malte auprès de l'Office des Nations Unies et des institutions spécialisées à Genève :

Suppléants Mlle M. LENNERS, Conseiller adjoint de Gouvernement au Ministère de la Santé publique M. M. SCHUMACHER, Secrétaire, Mission permanente du Luxembourg auprès de l'Office des Nations Unies et des institutions spécialisées à Genève :

Suppléant M. A. DEBONO, Secrétaire particulier du Ministre de la Santé :

MADAGASCAR Délégués Dr E. ANDRIAMAMPIHANTONA, Directeur des Services sanitaires et médicaux, Ministère des Affaires sociales (Chef de délégation) M. J. RASOLOFONIRINA, Chef de la Division de l'Evaluation et de la Planification, Ministère des Affaires sociales : :

MAROC Délégués Dr A. TOUHAMI, Ministre de la Santé publique (Chef de délégation) M. A. SKALLI, Ambassadeur, Représentant permanent du Royaume du Maroc auprès de l'Office des Nations Unies à Genève et des institutions spécialisées en Suisse Dr A. LARAQUI, Secrétaire général du Ministère de la Santé publique

MALAISIE Délégués M. LEE SIOK YEW, Ministre de la Santé (Chef de délégation) Dr R. A. NOORDIN, Directeur des Services de Santé, Ministère de la Santé Dr A. V. DENIS, Directeur des Services médico- sanitaires de l'Etat de Selangor :

MALAWI Délégués Dr N. M. CHITIMBA, Médecin -administrateur en chef, Ministère de la Santé et du Développement communautaire (Chef de délégation) M. M. MLAMBALA, Sous -Secrétaire, Ministère de la Santé et du Développement communautaire :

Suppléants Professeur A. TOUNSI, Centre hospitalier de Rabat Professeur M. I. ARCHANE, Hôpital Mohamed V, Rabat Dr M. AKHMISSE, Médecin -chef de la Préfecture de Casablanca Dr FIKRI, Médecin -chef de la Préfecture de Rabat M. S. M. RAHHALI, Secrétaire d'ambassade, Mission permanente du Royaume du Maroc auprès de l'Office des Nations Unies à Genève et des institutions spécialisées en Suisse M. M. LOULIDI, Chef de cabinet du Ministre de la Santé publique; Directeur du Centre national de Transfusion :

MAURICE Délégués Sir Harold WALTER, Ministre de la Santé (Chef de délégation) Dr A. Y. WONG SHIU LEUNG, Médecin administrateur en chef, Ministère de la Santé Dr C. M. PILLAY, Spécialiste en ophtalmologie, Conseiller spécial du Ministre de la Santé :

1 Chef de la délégation à partir du 19 mai.

14

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

MAURITANIE Délégués Dr A. OULD BAH, Ministre de la Santé et des Affaires sociales (Chef de délégation) Dr A. M. MOULAYE, Directeur de la Santé publique : :

NICARAGUA Délégués M. A. CAJINA, Ministre de la Santé publique,(Chef de délégation) Dr O. AVILES, Directeur de la Planification et de l'Evaluation sanitaires, Ministère de la Santé publique M. F. HERNANDEZ GORDILLO, Directeur de l'Institut national de Sécurité sociale Suppléants Dr H. PAGUAGA MIDENCE, Conseil national de la Santé Dr L. PASOS VILAIN, Conseil national de l'Assistance et de la Prévoyance sociales, et Institut national de Sécurité sociale Dr D. SANSON ROMAN, Ambassadeur, Représentant permanent adjoint du Nicaragua auprès de l'Office des Nations Unies et des autres organisations internationales à Genève :

MEXIQUE

Délégués Dr R. GUZMAN, Sous -Secrétaire à la Santé et à l'Assistance sociale (Chef de délégation) Dr P. PÉREZ GROVAS, Directeur général des Affaires internationales, Secrétariat à la Santé et à l'Assistance sociale Mlle A. B. CABRERA SILVA, Deuxième Secrétaire, Mission permanente du Mexique auprès de l'Office des Nations Unies et des autres organisations internationales ayant leur siège en Suisse :

NIGER Délégués M. M. SALAR, Ministre de la Santé publique et des Affaires sociales (Chef de délégation) Dr J. WRIGHT, Secrétaire général du Ministère de la Santé publique et des Affaires sociales (Chef adjoint) Dr I. ALFA CISSÉ, Directeur de l'Hygiène et de la Médecine mobile, Ministère de la Santé publique et des Affaires sociales :

Conseillers Dr L. D. MARCIAL, Conseiller technique, Sous -secrétariat à la Santé, Secrétariat à la Santé et à l'Assistance sociale Dr M. SANCHEZ ROSADO, Sous -Directeur de la Santé dans le District fédéral, Secrétariat à la Santé et à l'Assistance sociale :

MONACO Délégué Dr E. BOERI, Conseiller technique, Délégué permanent de la Principauté de Monaco auprès des institutions sanitaires internationales

NIGERIA Délégués M. E. O. ABISOYE, Commissaire fédéral à la Santé (Chef de délégation) M. B. A. CLARK, Ambassadeur, Représentant permanent de la République fédérale du Nigéria auprès de l'Office des Nations Unies et des autres organisations internationales à Genève Dr S. L. ADESUYI, Conseiller médical en chef, Ministère fédéral de la Santé :

MONGOLIE Délégués M. D. NJAM -OSOR, Ministre de la Santé publique (Chef de délégation) Dr T. RINCHINDORJ, Chef de la Division des Relations extérieures, Ministère de la Santé publique Dr P. DOLGOR, Doyen de la Faculté d'Enseignement postuniversitaire, Institut médical d'Etat :

Suppléants Dr Mojisola O. AROMASODU, Consultant auprès des Services de Santé, Ministère fédéral de la Santé Dr N. ANDEYABA, Consultant auprès du Ministère de la Santé de l'Etat de :

Bénoué- Plateau

NEPAL Délégués Mme S. TRAPA, Ministre d'Etat à la Santé (Chef de délégation) Dr N. D. JOSHI, Directeur général des Services de Santé Dr G. S. L. DAS, Chef de la Section de Planification, Ministère de la Santé :

Dr N. EMOKPARE, Consultant en dermatovénéréologie, Ecole de Médecine de l'Université de Bénin Conseillers M. S. MUSA, Secrétaire permanent du Ministère fédéral de la Santé M. K. F. ADEBOLU, Sous -Secrétaire principal, Ministère fédéral de la Santé :

COMPOSITION DE L'ASSEMBLEE DE LA SANTE M. M. T. GBASHAH, Premier Secrétaire, Mission permanente de la République fédérale du Nigéria auprès de l'Office des Nations Unies et des autres organisations internationales à Genève OUGANDA Délégués M. H. K. M. KYEMBA, Ministre de la Santé (Chef de délégation) Dr E. G. N. MUZIRA, Médecin- administrateur en chef adjoint, Ministère de la Santé Dr W. NGANWA, Chirurgien- dentiste consultant, Ministère de la Santé :

15

NORVE GE

Délégués Dr T. MORK, Directeur général des Services de Santé (Chef de délégation) Dr A. V. LARSEN, Médecin -administrateur de comté Dr J. ASVALL, Directeur médical :

Suppléants M. C. OLWENY, Fonctionnaire des Affaires étrangères M. V. MASIGA, Assistant personnel du Ministre de la Santé :

Suppléant Mme A. B. SVINDLAND, Directeur médical :

Conseillers M. O. GRAHAM, Conseiller, Mission permanente de la Norvège auprès de l'Office des Nations Unies et des autres organisations internationales à Genève M. H. HOSTMARK, Premier Secrétaire, Mission permanente de la Norvège auprès de l'Office des Nations Unies et des autres organisations internationales à Genève :

PAKISTAN

NOUVELLE -ZÉLANDE

Délégués

:

H. HIDDLESTONE, Directeur général de la Santé (Chef de délégation) M. C. J. M. ROSS, Conseiller, Mission permanente de la Nouvelle -Zélande auprès de l'Office des Nations Unies à Genève Mme V. R. CRUTCHLEY, Deuxième Secrétaire, Mission permanente de la Nouvelle Zélande auprès de l'Office des Nations Unies à Genève Dr H. J.

Délégués Dr M. A. CHOWDHRY, Directeur général de la Santé, Ministère du Travail, de la Santé, de la Prévoyance sociale et de la Planification familiale (Chef de délégation) Dr A. AZIZ, Président de l'Association médicale du Pakistan, Professeur de phtisiologie à l'Ecole de Médecine King Edward, Lahore M. I. BUKHARI, Deuxième Secrétaire, Mission permanente du Pakistan auprès de l'Office des Nations Unies et des institutions spécialisées à Genève :

PANAMA

Délégués Dr A. SAIED, Ministre de la Santé (Chef de délégation) M. J. M. ESPINO GONZALEZ, Ambassadeur, Représentant permanent du Panama auprès de l'Office des Nations Unies à Genève :

OMAN Délégués Dr M. AL KHADOURI, Ministre de la Santé (Chef de délégation) Dr S. HAMDAN, Sous -Directeur des Services médicaux, Ministère de la Santé' M. I. DAUD, Chef des Services de Quarantaine, Ministère de la Santé :

PARAGUAY Délégués Dr A. GODOY JIMENEZ, Ministre de la Santé publique et du Bien -être social (Chef de délégation) Dr R. M. CACÉRES, Directeur général de la Santé, Ministère de la Santé publique et du Bien -Etre social Dr A. ALMADA LÓPEZ, Directeur du Service national de l'Eradication du Paludisme :

Conseillers Dr A. R. FERGANY, Directeur des Services de Santé publique, Ministère de la Santé Dr M. SULTAN, Consultant médical, Conseiller du Ministère de la Santé M. M. -A. GHARIANI, Ambassadeur, Représentant permanent du Sultanat d'Oman auprès de l'Office des Nations Unies à Genève M. A. BEN SEDRINE, Attaché, Mission permanente du Sultanat d'Oman auprès de l'Office des Nations Unies à Genève :

PAYS -BAS

l Chef de la délégation à partir du 22 mai.

Délégués M. J. P. M. HENDRIKS, Secrétaire d'Etat à la Santé publique et à l'Hygiène du milieu (Chef de délégation) Dr P. SIDERIUS, Secrétaire général du Ministère de la Santé publique et de l'Hygiène du milieu .

16

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II Dr W.

B. GERRITSEN, Directeur général de la Santé publique, Ministère de la Santé publique et de l'Hygiène du milieu :

POLOGNE Délégués Professeur M. SLIWINSKI, Ministre de la Santé et de l'Assistance sociale (Chef de délégation) Professeur J. KOSTRZEWSKI, Secrétaire de la Section des Sciences médicales de l'Académie polonaise des Sciences; Chef du Département d'Epidémiologie à l'Institut national d'Hygiène Professeur W. RUDOWSKI, Secrétaire adjoint de la Section des Sciences médicales de l'Académie polonaise des Sciences; Directeur de l'Institut d'Hématologie de Varsovie :

Suppléants M. D. J. DE GEER, Directeur des Affaires internationales, Ministère de la Santé publique et de l'Hygiène du milieu Dr J. SPAANDER, Directeur général de l'Institut national de la Santé publique M. E. TYDEMAN, Représentant permanent adjoint du Royaume des Pays -Bas auprès de l'Office des Nations Unies et des autres organisations internationales à Genève M. M. J. H. MARIJNEN, Département des Affaires internationales, Ministère de la Santé publique et de l'Hygiène du milieu Conseillers Mme J. VAN LEEUWEN, Président de la Commission permanente de la Santé publique de la Seconde Chambre des Etats généraux Dr H. BIJKERK; Médecin -inspecteur, Ministère de la Santé publique et de l'Hygiène du milieu M. I. M. K. BRAHIM, Ministre de la Santé publique du Surinam Dr W. A. VAN KANTEN, Directeur adjoint, Ministère de la Santé publique du Surinam :

Conseillers Professeur J. LEOWSKI, Directeur de l'Institut de la Tuberculose Professeur J. TATOÑ, Troisième Clinique de Médecine interne, Académie de Médecine de Varsovie M. S. TOPA, Conseiller, Représentant permanent adjoint de la République populaire de Pologne auprès de l'Office des Nations Unies et des autres organisations internationales à Genève :

PORTUGAL Délégués M. A. DE CARVALHO, Ambassadeur, Représentant permanent du Portugal auprès de l'Office des Nations Unies et d'autres organisations internationales à Genève (Chef de délégation) Professeur A. A. DE CARVALHO SAMPAIO, Directeur général de la Santé, Ministère de la Santé (Chef adjoint) Professeur L. A. CAYOLLA DA MOTTA, Sous Directeur du Bureau des Etudes et de la Planification, Ministère des Affaires sociales :

PÉROU Délégués M. F. MIRO QUESADA, Ministre de la Santé (Chef de délégation) Dr M. TIBURCIO GAMARRA, Directeur général du Fonds national de la Santé et du Bien -Etre social Dr M. ALENCASTRE GUTIÉRREZ, Directeur général du Bureau de l'Organisation et des Méthodes, Ministère de la Santé :

Conseiller Dr A. LARI CAVAGNARO, Directeur général du Bureau des Relations internationales, Ministère de la Santé :

Conseiller Dr Laura G. MARTINS AYRES, Professeur à l'Ecole nationale de la Santé publique; Chargé de recherche à l'Institut national de la Santé :

QATAR Délégués M. K. M. AL MANA, Ministre de la Santé publique (Chef de délégation) M. A. R. AL ATTYIA, Ambassadeur, Représentant permanent de l'Etat du Qatar auprès de l'Office des Nations Unies et des autres organisations internationales à Genève (Chef adjoint) Dr A. A. R. AL- BAKER, Directeur p.i. des Services médicaux et de Santé publique, Ministère de la Santé publique :

PHILIPPINES Délégués Dr J. SUMPAICO, Directeur du Bureau de la Recherche et des Laboratoires, Département de la Santé (Chef de délégation) Dr A. N. ACOSTA, Principal assistant de l'exécutif, Département de la Santé M. N. D. LAVIÑA, Premier Secrétaire, Mission permanente des Philippines auprès de l'Office des Nations Unies et des autres organisations internationales à Genève :

Suppléants M. M. G. AL -FAIN, Directeur du Cabinet du Ministre de la Santé publique :

COMPOSITION DE L'ASSEMBLEE DE LA SANTE Dr S. A. TAJELDIN, Médecin de la Santé publique M. J. AL BOAINAIN, Attaché, Mission permanente de l'Etat du Qatar auprès de l'Office des Nations Unies et des autres organisations internationales à Genève RÉPUBLIQUE DE COREE Délégués M. D. :

17

RÉPUBLIQUE ARABE LIBYENNE Délégués Dr A. A. SHERIF, Sous -Secrétaire d'Etat au Ministère de la Santé (Chef de délégation) Dr F. EL- GERBI, Directeur du Département de la Formation du Personnel médical, Ministère de la Santé Dr A. -R. ABURKES, Commissaire à la Santé, Tripoli :

C. MOON, Ambassadeur, Représentant permanent de la République de Corée auprès des organisations internationales à Genève (Chef de délégation) M. B. -H. CHUN, Chef du Bureau des Affaires internationales, Ministère de la Santé et des Affaires sociales Dr S. -K. AHN, Chef de la Division de la Santé publique, Ministère de la Santé et des Affaires sociales :

Suppléants Dr C. -H, KIM, Chef de la Division de 1'Epidémiologie, Institut national de la Santé M. K. T. KANG, Troisième Secrétaire, Mission permanente de la République de Corée auprès des organisations internationales à Genève

Suppléant M. T. JERBI, Ministre, Mission permanente de la République Arabe Libyenne auprès de l'Office des Nations Unies à Genève et des institutions spécialisées en Suisse :

RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE ALLEMANDE Délégués Professeur L. MECKLINGER, Ministre de la Santé (Chef de délégation) Dr K. -H. LEBENTRAU, Chef du Département des Relations internationales, Ministère de la Santé Professeur F. RENGER, Directeur de la Clinique médicale de l'Académie médicale Carl Gustav Carus, Dresde :

REPUBLIQUE ARABE SYRIENNE Délégués Dr M. KHIAMI, Ministre de la Santé (Chef de délégation) Dr M. BAATH, Ministre adjoint de la Santé (Chef adjoint) Dr M. A. EL -YAFI, Directeur des Relations sanitaires internationales, Ministère de la Santé :

Suppléants Dr M. Y. MUFTAH, Directeur de la Médecine préventive, Ministère de la Santé Mme R. KURDY, Directeur des Affaires administratives, Ministère de la Santé :

Suppléants M. G. SCHUMANN, Représentant permanent adjoint de la République Démocratique Allemande auprès de l'Office des Nations Unies et des autres organi; sations internationales à Genève M. F. WEGMARSHAUS, Chef de section au Département des Relations internationales, Ministère de la Santé Mme C. WOLF, Troisième Secrétaire, Ministère des Affaires étrangères Dr H. KRAUSE, Chef du Centre de Consultation pour l'OMS, Ministère de la Santé :

RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE Délégués M. F. OTINA, Ministre de l'Aviation civile et Ministre de la Santé publique a.í. (Chef de délégation) M. R. -M. BOMBA, Ambassadeur de la République Centrafricaine auprès de la Confédération suisse (Chef adjoint) Dr S. B$DAYA- NGARO, Inspecteur des Services de Santé publique :

Conseillers Dr H. -G. KUPFERSCHMIDT, Directeur adjoint de la Policlinique de l'Université de Leipzig M. G. VOGEL, Deuxième Secrétaire, Mission permanente de la République Démocratique Allemande auprès de l'Office des Nations Unies et des autres organisations internationales à Genève :

RÉPUBLIQUE DOMINICAINE Délégué M. M. B. DÎAZ FRANJUL, Conseiller, Délégation permanente de la République Dominicaine auprès de l'Office des Nations Unies et des autres organisations internationales à Genève :

Suppléant Dr A. BANGA -BINGUI, Directeur général de la Santé publique :

18

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II RÉPUBLIQUE DU SUD VIET -NAM ROUMANIE

Délégués Mme PHAN THI MINH, Chargée des Relations extérieures, Ministère de la Santé, des Affaires sociales et des Invalides de guerre (Chef de délégation) M. VU LE, Conseiller, Ministère de la Santé, des Affaires sociales et des Invalides de guerre Dr TRAN VINH HIEN, Conseiller, Ministère de la Santé, des Affaires sociales et des Invalides de guerre :

Délégués Professeur R. PAUN, Ministre de la Santé (Chef de délégation) M. C. ENE, Ambassadeur, Représentant permanent de la République socialiste de Roumanie auprès de l'Office des Nations Unies et des institutions spécialisées à Genève (Chef adjoint) Dr M. MIHAILESCU, Inspecteur en chef de l'Inspectorat central sanitaire d'Etat, Ministère de la Santé :

RÉPUBLIQUE POPULAIRE DÉMOCRATIQUE DE CORÉE Délégués Dr HAN Hong Sep, Vice -Ministre de la Santé publique (Chef de délégation) Dr CHOI Choon Hyon, Vice -Président de l'Académie des Sciences médicales (Chef adjoint) Dr KIM Won Ho, Chercheur, Académie des Sciences médicales :

Suppléants M. V. TUDOR, Conseiller, Mission permanente de la République socialiste de Roumanie auprès de l'Office des Nations Unies et des institutions spécialisées à Genève Professeur I. ORNA, Chef de travaux à l'Institut de Médecine et de Pharmacie de Bucarest M. C. IVASCU, Deuxième Secrétaire, Mission permanente de la République socialiste de Roumanie auprès de l'Office des Nations Unies et des institutions spécialisées à Genève :

Suppléants Mme KIM Hui Sook, Spécialiste, Ministère des Affaires étrangères Dr KIM Dok Hyon, Médecin -administrateur, Ministère de la Santé publique :

ROYAUME-UNI DE GRANDE - BRETAGNE

ET D'IRLANDE DU NORD Délégués :

RÉPUBLIQUE -UNIE DE TANZANIE

Délégués M. A. H. MWINYI, Ministre de la Santé (Chef de délégation) Dr E. TARIMO, Directeur des Services préventifs, Ministère de la Santé M. J. D. S. MWAIKAMBO, Deuxième Secrétaire, Haut Commissariat de la Tanzanie au Royaume -Uni de Grande Bretagne et d'Irlande du Nord :

Médecin -administrateur en chef, Département de la Santé et de la Sécurité sociale (Chef de délégation) Professeur J. J. A. REID, Médecin -administrateur en chef adjoint, Département de la Santé et de la Sécurité sociale Dr J. L. KILGOUR, Médecin -administrateur principal supérieur, Département de la Santé et de la Sécurité sociale

RÉPUBLIQUE -UNIE DU CAMEROUN

Suppléants Sir John BROTHERSTON, Médecin-administrateur en chef, Département de l'Intérieur et de la Santé de l'Ecosse M. A. L. PARROTT, Sous -Secrétaire, Département de la Santé et de la Sécurité sociale :

Délégués M. P. FOKAM KAMGA, Ministre de la Santé et de l'Assistance publiques (Chef de délégation) M. S. NKO'O ETOUNGOU, Ambassadeur en Belgique et Représentant permanent du Cameroun auprès de l'Office des Nations Unies et des autres organisations internationales à Genève (Chef adjoint) Professeur E. EBEN -MOUSSI, Directeur adjoint du Centre universitaire des Sciences de la Santé, Yaoundé :

Suppléant Dr P. Ch. MAFIAMBA, Directeur adjoint de la Santé publique :

Conseillers M. F. B. HINDMARSH, Sous -Secrétaire, Département de la Santé et de la Sécurité sociale M. R. K. ALDER, Administrateur principal, Département de la Santé et de la Sécurité sociale M. K. F. X. BURNS, Conseiller, Mission permanente du Royaume -Uni auprès de l'Office des Nations Unies et des autres organisations internationales à Genève M. O. M. O'BRIEN, Deuxième Secrétaire, Mission permanente du Royaume -Uni auprès de l'Office des Nations Unies et des autres organisations internationales à Genève :

COMPOSITION DE L'ASSEMBLEE DE LA SANTE Dr C.

19

S. NICOL, Conseiller -consultant pour les maladies transmises par voie sexuelle, Département de la Santé et de la Sécurité sociale

Dr A. M. HASSAN, Directeur de l'Hôpital général de Mogadishu

SOUAZILAND

RWANDA Délégué Dr S. BUTERA, Secrétaire général à la Santé publique, Ministère de la Santé publique et des Affaires sociales (Chef de délégation) :

Délégués Dr P.

:

S. P. DLAMINI, Ministre de la Santé et de l'Education (Chef de délégation) Dr Fanny FRIEDMAN, Médecin- administrateur en chef, Ministère de la Santé Dr Z. M. DLAMINI, Médecin principal de la Santé publique

SÉNÉGAL

Délégués Dr M. NDIAYE, Ministre de la Santé publique et des Affaires sociales (Chef de délégation) M. A. CISSÉ, Ambassadeur, Représentant permanent de la République du Sénégal auprès de l'Office des Nations Unies et des institutions spécialisées à Genève Dr P. GAYE, Directeur de la Santé publique, Ministère de la Santé publique et des Affaires sociales :

SOUDAN

Délégués Professeur E. N. DAFALLA, Ministre de la Santé (Chef de délégation) Dr J. Y. AROP, Ministre de la Santé de la Région méridionale Dr A. MUKHTAR, Sous -Secrétaire, Ministère de la Santé :

Suppléants Dr M. TOURE, Médecin -chef de la région du Sénégal oriental M. J. P. CRESPIN, Conseiller, Mission permanente de la République du Sénégal auprès de l'Office des Nations Unies et des institutions spécialisées à Genève

Suppléants Dr N. DARLEY, Directeur général des Services médico- sanitaires Dr O. I. H. OMER, Directeur général de la Santé internationale et de la Formation, Ministère de la Santé :

SRI LANKA Délégués M. W. P. G. ARIYADASA, Ministre de la Santé (Chef de délégation) M. C. E. H. AMARASEKERA, Secrétaire général du Ministère de la Santé (Chef adjoint) Dr L. B. T. JAYASUNDARA, Directeur adjoint (Services de laboratoire) et Directeur p.i. des Services de Santé, Ministère de la Santé :

SIERRA LEONE

Délégués M. J. C. O. HADSON -TAYLOR, Ministre de la Santé (Chef de délégation) M. V. E. SUMNER, Secrétaire permanent du Ministère de la Santé Dr Marcella DAVIES, Médecin- administrateur en chef, Ministère de la Santé :

Conseiller M. M. A. O. FINDLAY, Conseiller, Ministère de la Santé :

SINGAPOUR Délégués Dr ANG Kok Peng, Ministre d'Etat à la Santé (Chef de délégation) Dr SUNG Wing Heun, Directeur médical de l'Hôpital Alexandra :

Conseillers M. S. DE ALWIS, Ambassadeur, Représentant permanent de la République de Sri Lanka auprès de l'Office des Nations Unies et des autres organisations internationales à Genève M. K. K. BRECKENRIDGE, Premier Secrétaire, Mission permanente de la République de Sri Lanka auprès de l'Office des Nations Unies et des autres organisations internationales à Genève :

SUEDE

SOMALIE

Délégués Dr O. A. HASSAN, Directeur général, Ministère de la Santé (Chef de délégation) :

Délégués Professeur B. REXED, Directeur général du Service national de la Santé et de la Prévoyance sociale (Chef de délégation) :

20

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II Dr M. TOTTIE, Médecin -administrateur en chef, Service national de la Santé et de la Prévoyance sociale M. S. -E. HEINRICI, Chef du Secrétariat international, Ministère de la Santé et des Affaires sociales

Dr K. GECÍK, Chef du Secrétariat du Ministre de la Santé de la République socialiste slovaque Suppléants Dr Eliéka KLIVAROVA, Directeur du Département des Relations extérieures, Ministère de la Santé de la République socialiste tchèque M. J. STAHL, Représentant permanent adjoint de la République socialiste tchécoslovaque auprès de l'Office des Nations Unies et des autres organisations internationales à Genève Dr Anna SOBOTKOVA, Deuxième Secrétaire, Ministère des Affaires étrangères M. L. FEDOR, Deuxième Secrétaire, Mission permanente de la République socialiste tchécoslovaque auprès de l'Office des Nations Unies et des autres organisations internationales à Genève :

Suppléants M. C. SWEGER, Deuxième Secrétaire, Mission permanente de la Suède auprès de l'Office des Nations Unies et des autres organisations internationales à Genève M. D. S. AHLANDER, Mission permanente de la Suède auprès de l'Office des Nations Unies et des autres organisations internationales à Genève Mlle G. NORDSTRbM, Ministère de la Santé et des Affaires sociales :

Conseiller Dr L. RINDER, Service national de la Santé et de la Prévoyance sociale :

SUISSE

THAÏLANDE

Délégués Dr U. FREY, Directeur du Service fédéral de l'Hygiène publique (Chef de délégation) Dr C. FLEURY, Chef de la Section des Maladies transmissibles, Service fédéral de l'Hygiène publique (Chef adjoint) Mlle M. von GRUNIGEN, Collaborateur diplomatique, Direction des Organisations internationales, Département politique fédéral :

Délégués Dr A. NONDASUTA, Sous -Secrétaire d'Etat adjoint, Ministère de la Santé publique (Chef de délégation) Dr Kalaya SUTHISOMBOON, Directeur de la Division de la Lutte contre les Maladies vénériennes, Département de la Lutte contre les Maladies transmissibles Dr D. BOONYOEN, Médecin -administrateur supérieur, Division de la Planification sanitaire, Ministère de la Santé publique :

Suppléant Dr Susy ROOS, Adjoint scientifique, Service fédéral de l'Hygiène publique :

Conseillers Dr A. SAUTER, Ancien Directeur du Service fédéral de l'Hygiène publique Dr J. -P. PERRET, Directeur suppléant du Service fédéral de l'Hygiène publique M. J. -P. BERTSCHINGER, Chef de la Section pharmaceutique du Service fédéral de l'Hygiène publique Professeur H. STORCK, Directeur de la Clinique universitaire de Dermatologie, Zurich :

Suppléant Mlle D. PURANANDA, Chef de la Division de la Santé internationale, Ministère de la Santé publique :

TOGO

Délégués Dr K. S. HODONOU, Directeur de la Division de l'Assistance médicale et des Services de Santé de base, Direction générale de la Santé publique (Chef de délégation) Dr T. ADIGO, Médecin -chef du Service national du Paludisme Dr A. D'ALMEIDA, Co- Directeur de l'Institut national d'Hygiène :

TCHEC0SL0VAQUIE

Délégués Professeur J. PROKOPEC, Ministre de la Santé de la République socialiste tchèque (Chef de délégation) Professeur E. MATEJMEK, Ministre de la Santé de la République socialiste slovaquel :

TRINITÉ -ET- TOBAGO

1 Chef de la délégation à partir du 22 mai.

Délégués M. T. C. TAITT, Secrétaire permanent du Ministère de la Santé (Chef de délégation) Dr Elizabeth QUAMINA, Médecin- administrateur en chef, Ministère de la Santé Dr B. MAHABIR, Médecin -administrateur supérieur, Division des Maladies vénériennes, Ministère de la Santé :

COMPOSITION DE L'ASSEMB LEE DE LA SANTE Conseiller M. A. GRAY, Deuxième Secrétaire, Mission permanente de la Trinité -et- Tobago auprès de l'Office des Nations Unies à Genève et des institutions spécialisées en Europe :

21

UNION DES RÉPUBLIQUES SOCIALISTES SOVIÉTIQUES Délégués Professeur B. V. PETROVSKIJ, Ministre de la Santé de l'URSS (Chef de délégation) Dr D. D. VENEDIKTOV, Ministre adjoint de la Santé de l'URSS (Chef adjoint) Mme Z. V. MIRONOVA, Ambassadeur, Représentant permanent de l'URSS auprès de l'Office des Nations Unies et des autres organisations internationales à Genève Suppléants Dr O. P. SCEPIN, Chef du Département des Relations extérieures, Ministère de la Santé de l'URSS Dr N. N. FETISOV, Chef adjoint du Département des Relations extérieures, Ministère de la Santé de l'URSS Dr N. V. NOVIKOV, Chef adjoint du Département des Relations extérieures, Ministère de la Santé de l'URSS Professeur J. P. LISICYN, Directeur de l'Institut de l'Union pour la Recherche sur l'Information médicale et médico- technique, Ministère de la Santé de l'URSS Dr E. V. GALAHOV, Chef du Département des Services de Santé étrangers, Institut de l'Union pour la Recherche en Hygiène sociale et en Administration de la Santé publique, Ministère de la Santé de l'URSS Conseillers M. L. I. MALYSEV, Inspecteur principal, Département des Relations extérieures, Ministère de la Santé de l'URSS Dr E. N. KUZ'MIN, Chef adjoint du Département des Réserves et des Registres de Personnel, Ministère de la Santé de l'URSS Dr A. KISELEV, Chef du Département de la Coordination scientifique, Académie des Sciences médicales de l'URSS Dr L. S. JAROCKIJ, Chef de Département, Institut E. I. Marcinovskij de Parasitologie médicale et de Médecine tropicale Dr A. S. HROMOV, Chef de section, Institut de l'Union pour la Recherche en Hygiène sociale et en Administration de la Santé publique, Ministère de la Santé de l'URSS Dr D. A. ORLOV, Conseiller, Représentation permanente de l'URSS auprès de l'Office des Nations Unies et des autres organisations internationales à Genève :

TUNISIE Délégués M. M. MZALI, Ministre de la Santé publique (Chef de délégation) Dr A. R. FARAH, Médecin -Inspecteur divisionnaire, Ministère de la Santé publique Dr M. BARRI, Directeur de la Médecine préventive et sociale, Ministère de la Santé publique :

:

Suppléants Professeur A. CHADLI, Directeur de l'Institut Pasteur de Tunis Professeur Z. ESSAFI, Doyen de la Faculté de Médecine de Tunis Mme J. DAGHFOUS, Chef de la Division de la Coopération internationale et Relations extérieures, Ministère de la Santé publique :

Conseillers Dr H. SAIED, Médecin- inspecteur général, Ministère de la Santé publique M. A. JERAD, Conseiller d'ambassade, Mission permanente de la Tunisie auprès de l'Office des Nations Unies à Genève et des institutions spécialisées en Suisse M. S. BEN REJEB, Attaché d'ambassade, Mission permanente de la Tunisie auprès de l'Office des Nations Unies à Genève et des institutions spécialisées en Suisse :

:

TURQUIE Délégués M. A. C. KIRCA, Ambassadeur, Représentant permanent de la Turquie auprès de l'Office des Nations Unies à Genève et des autres organisations internationales en Suisse (Chef de délégation) Dr O. YAySAR, Secrétaire général du Ministère de la Santé et de l'Assistance sociale Dr T. ALAN, Directeur général des Relations extérieures, Ministère de la Santé et de l'Assistance sociale :

Suppléants M. R. ARIM, Représentant permanent adjoint de la Turquie auprès de l'Office des Nations Unies à Genève et des autres organisations internationales en Suisse M. A. ERMAN, Premier Secrétaire, Mission permanente de la Turquie auprès de l'Office des Nations Unies à Genève et des autres organisations internationales en Suisse :

URUGUAY Délégués Dr J. M. ALONSO, Ministre de la Santé publique Chef de délégation) Mme R. RODRIGUEZ LARRETA DE PESARESI, Premier Secrétaire, Mission permanente de l'Uruguay auprès de l'Office des Nations Unies et des institutions spécialisées à Genève :

22

VINGT- NUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II VENEZUELA

Délégués Dr P. SALCEDO NADAL, Directeur général du Ministère de la Santé et de l'Assistance sociale (Chef de délégation) Dr J. M. PADILLA LEPAGE, Directeur de la Santé publique, Ministère de la Santé et de l'Assistance sociale Dr R. VALLADARES, Chef du Bureau de la Santé publique internationale, Ministère de la Santé et de l'Assistance sociale :

Professeur D. JAKOVLJEVIC, Président de la Commission yougoslave pour la Coopération avec les Organisations sanitaires internationales) Dr I. MARGAN, Vice -Président de l'Union des Communautés des Institutions sanitaires de Yougoslavie Suppléant Professeur R. GERIC, Faculté de Médecine de Belgrade :

Suppléants Dr L. BLANCO ACEVEDO, Chef du Département de Vénéréologie, Ministère de la Santé et de l'Assistance sociale Dr O. BARRIOS, Chef du Département des Maladies cardio -vasculaires, Ministère de la Santé et de l'Assistance sociale :

Conseillers M. J. C. PINEDA, Premier Secrétaire, Mission permanente du Venezuela auprès de l'Office des Nations Unies et des autres organisations internationales ayant leur siège à Genève Mme M. E. RUESTA DE FURTER, Troisième Secrétaire, Mission permanente du Venezuela auprès de l'Office des Nations Unies et des autres organisations internationales ayant leur siège à Genève :

Conseillers 'M. J. BOGDANSKI, Secrétaire à la Santé et aux Affaires sociales de la République socialiste de Macédoine Dr N. GEORGIEVSKI, Président de la Croix -Rouge yougoslave M. M. DESPOTOVIC, Secrétariat fédéral aux Affaires étrangères M. T. BOJADZIEVSKI, Deuxième Secrétaire, Mission permanente de la République socialiste fédérative de Yougoslavie auprès de l'Office des Nations Unies et des institutions internationales ayant leur siège à Genève :

ZAÏRE

YEMEN

Délégués Dr A. M. ABDALLAH, Ministre de la Santé (Chef de délégation) Dr M. Q. AL AGHBARI, Conseiller médical à la Présidence du Conseil Dr A. TARCICI, Ambassadeur, Représentant permanent de la République arabe du Yémen auprès de l'Office des Nations Unies à Genève et des institutions spécialisées en Europe :

Délégués Dr B. LEKIE, Directeur général du Département de la Santé publique (Chef de délégation) Dr MATUNDU NZITA, Chef de Division au Département de la Santé publique Dr Y. YOKO, Chargé d'Affaires, Représentant permanent adjoint de la République du Zaire auprès de l'Office des Nations Unies à Genève et des institutions spécialisées en Suisse :

Conseiller Mlle K. B. KABANGI, Premier Conseiller, Mission permanente de la République du Zaire auprès de l'Office des Nations Unies à Genève et des institutions spécialisées en Suisse :

ZAMBIE

YEMEN DÉMOCRATIQUE Délégués Dr A. A. BUKEIR, Directeur des Services de Santé, Ministère de la Santé (Chef de délégation) M. M. NAGI, Directeur technique des Laboratoires centraux :

Délégués Dr Mutumba M. BULL, Ministre de la Santé (Chef de délégation) Dr S. H. SIWALE, Sous -Directeur des Services médicaux, Ministère de la Santé Dr C. CHINTU, Consultant en pédiatrie :

YOUGOSLAVIE Délégués Mme Z. TOMIC, Membre du Conseil exécutif fédéral; Président du Comité fédéral à la Santé et à la Protection sociale (Chef de délégation) :

1 Chef de la délégation à partir du 22 mai.

COMPOSITION DE L'ASSEMBLEE DE LA SANTE REPRÉSENTANTS DE MEMBRES ASSOCIES

23

NAMIBIE

PAPUA -NOUVELLE -GUINÉE

Dr Libertina Inaviposa AMATHILA

Dr W. MOI, Sous -Directeur des Services de Santé mentale, Département de la Santé publique Dr K. SUGOHO, Sous -Directeur des Services de Lutte contre les Maladies, Département de la Santé publique

OBSERVATEURS D'UN ÉTAT NON MEMBRE SAINT -SIEGE

Mgr S. LUONI, Observateur permanent du Saint -Siège auprès de l'Office des Nations Unies et des institutions spécialisées à Genève Dr P. CALPINI Dr Marie -Thérèse GRABER -DUVERNAY

R.P. P. BOLECH

OBSERVATEURS

ORDRE DE MALTE Comte de NOUE, Ambassadeur, Délégué permanent de l'Ordre Souverain de Malte auprès des Organisations internationales à Genève

Comte E. DECAZES, Ambassadeur, Délégué permanent adjoint de l'Ordre Souverain de Malte auprès des Organisations internationales à Genève Dr M. GILBERT, Secrétaire général du Comité international de l'Ordre Souverain de Malte pour l'Assistance aux Lépreux

OBSERVATEURS INVITES CONFORMÉMENT AUX DISPOSITIONS DE L'ARTICLE 3 DU RÈGLEMENT INTÉRIEUR DE L'ASSEMBLÉE M. NGUYEN VAN TRONC, Directeur du Département des Relations extérieures, Ministère de la Santé Dr DOAN XUAN MUOU, Directeur adjoint de l'Institut national d'Hygiène et d'Epidémiologie M. PHAM NGAC, Conseiller

MOZAMBIQUEI Dr H. MARTINS, Président de la Commission de Restructuration et Réorganisation des Services de Santé, Ministère de la Santé et des Affaires sociales M. F. V. CABO, Directeur général adjoint de la Santé publique M. A. MAHECHE, Membre de la Commission de Restructuration et Réorganisation des Services de Santé Mlle M. -A. SALOMX0 , Collaboratrice de la Commission de Restructuration et Réorganisation des Services de Santé

TONGA3

M. I. FALETAU, Haut Commissaire des Tonga au Royaume -Uni de Grande -Bretagne et

d'Irlande du Nord

RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU VIET -NAM2

Professeur HOANG DINH CAU, Vice -Ministre de la Santé 1 Admis en qualité de Membre de l'Organisation mondiale de la Santé le 22 mai 1975 (résolution WHA28.15).

Admise en qualité de Membre de l'Organisation mondiale de la Santé le 22 mai 1975 (résolution WHA28.14).

2

Admises en qualité de Membre de l'Organisation mondiale de la Santé le 22 mai 1975 (résolution WHA28.13).

3

24

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

OBSERVATEURS INVITES CONFORMEMENT A LA RESOLUTION WHA27.37 CONGRES NATIONAL AFRICAIN (AFRIQUE DU SUD) Dr E. PULE ORGANISATION DE LIBÉRATION DE LA PALESTINE

CONGRÈS PANAFRICAIN D'AZANIE (AFRIQUE DU SUD)

M. D. BARAKAT, Observateur permanent de l'OLP auprès de l'Office des Nations Unies à Genève Dr A. TOUBASI, Directeur de la Section des Services médicaux

M. T. BIDI PARTI AFRICAIN POUR L'INDEPENDANCE DE LA GUINÉE ET DU CAP -VERT (COMMISSION NATIONALE DU CAP -VERT) Dr J. de D. LISBOA RAMOS, Président de la Commission de Direction de l'Hôpital de Praia

MOUVEMENT DE LIBÉRATION DE SAO TOME ET PRINCIPE Dr C. DIAS DA GRAçA, Ministre de la Santé et des Affaires sociales

REPRÉSENTANTS DU CONSEIL EXECUTIF

Dr C. N. D. TAYLOR Dr A. A. GARCIA

PRESIDENT DU COMITÉ SPECIAL D'EXPERTS CHARGE D'ETUDIER LA SITUATION SANITAIRE DES HABITANTS DES TERRITOIRES OCCUPES DU MOYEN- ORIENT Dr I. WONE

REPRÉSENTANTS DE L'ORGANISATION DES NATIONS UNIES ET DES INSTITUTIONS APPARENTÉES

Organisation des Nations Unies Mme H. SIPILN, Sous -Secrétaire général au Développement social et aux Questions humanitaires, et Secrétaire général de l'Année internationale de la Femme et de la Conférence mondiale de l'Année internationale de la Femme

Fonds des Nations Unies pour l'Enfance M. S. BACIC, Directeur adjoint pour l'Europe Mlle M. HODGSON, Fonctionnaire chargé des opérations

M. P. CASSON, Fonctionnaire chargé des Relations extérieures et des Affaires inter -organisations

Office de Secours et de Travaux des Nations Unies pour les Réfugiés de Palestine dans le Proche -Orient

M. T. S. ZOUPANOS, Fonctionnaire chargé de la coordination, Service des Relations extérieures et des Affaires inter -organisations

Dr M. SHARIF, Directeur de la Santé

M. V. LISSITSKY, Fonctionnaire chargé de la coordination, Service des Relations extérieures et des Affaires inter organisations Dr S. M$RTENS, Directeur de la Division des Stupéfiants M. R. J. B. ROSSBOROUGH, Directeur, Bureau du Coordonnateur des secours en cas de catastrophe M. B. WICKLAND, Bureau du Coordonnateur des secours en cas de catastrophe M. V. POLIANSKI, Division de l'Environnement et des Etablissements humains, Commission économique pour l'Europe

Programme des Nations Unies pour le Développement

M. S. HEPPLING, Directeur du Bureau européen du PNUD M. G. SCOLIAMIERO, Fonctionnaire chargé de la liaison

Programme des Nations Unies pour l'Environnement M. P. S. THACHER, Directeur du Bureau de Liaison du PNUE M. G. BIRYUKOV, Fonctionnaire chargé de la liaison

COMPOSITION DE L'ASSEMBLEE DE LA SANTE Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement

25

M. G. KRASNOV, Chef p.i. de la Section des Relations extérieures Mme L. BANKS, Fonctionnaire chargé de la liaison Institut des Nations Unies pour la Formation et la Recherche

M. M. CARRILLO, Fonctionnaire chargé de la liaison (Organisations internationales), Service des Relations officielles Dr D. DJORDJEVIC, Service de la Sécurité et de l'Hygiène du Travail

Banque internationale pour la Reconstruction et le Développement Dr J. A. LEE, Conseiller pour les questions d'environnement et de santé

M. E. M. CHOSSUDOVSKY, Représentant en Europe Organe international de Contrôle des Stupéfiants

M. J. DITTERT, Secrétaire M. S. STEPCZYÑSKI, Secrétaire adjoint Haut Commissariat pour les Réfugiés M. T. LUKE, Chef du Service de la Programmation et de la Coordination M. J. J. KACIREK, Fonctionnaire chargé de la coordination inter -organisations Fonds des Nations Unies pour la Lutte contre l'Abus des Drogues Dr S. MARTENS, Directeur exécutif p.i. M. H. R. WELLMAN, Directeur exécutif adjoint Organisation internationale du Travail Dr E. MASTROMATTEO, Chef du Service de la Sécurité et de l'Hygiène du Travail

Organisation mondiale de la Propriété intellectuelle Mme LIGUER- LAUBHOUET, Vice- Directeur général

M. M. PORZIO, Conseiller, Division des Relations extérieures

Organisation intergouvernementale consultative de la Navigation maritime M. F. MASSON, Fonctionnaire chargé de la liaison

Agence internationale de l'Energie atomique Mme M. OPELZ, Chef du Bureau de l'AIEA à Genève

REPRÉSENTANTS D'AUTRES ORGANISATIONS INTERGOUVERNEMENTALES

Comité intergouvernemental pour les Migrations européennes Dr C. SCHOU, Chef des Services médicaux

M. D. SEHOULIA, Secrétaire exécutif adjoint de la Délégation permanente de l'OUA à Genève

Comité international de Médecine et de Pharmacie militaires Professeur J. PATRNOGIC Dr C. DIAZ COLLER, Professeur à l'Ecole de Médecine militaire, Mexico

Organisation des Etats américains Dr G. J. SCHAMIS, Directeur du Bureau du Secrétariat général de l'OEA en Europe Mlle B. SZASZKIEWICZ

Ligue des Etats arabes Dr Z. A. HAMDI, Directeur du Département de la Santé Dr G. ALZERIKLY, Premier Secrétaire, Département de la Santé M. M. M. FAHMY, Deuxième Secrétaire, Délégation permanente de la Ligue des Etats arabes auprès de l'Office des Nations Unies à Genève Secrétariat international du Service volontaire M. M. -L. ZOLLNER, Secrétaire général M. R. EL SAVED, Chef p.i. de la Division de la Coordination internationale

Organisation de l'Unité africaine M. N. DJOUDI, Ambassadeur, Secrétaire général adjoint chargé des Affaires scientifiques et culturelles

Organisation internationale de Protection civile Dr M. M. BODI, Secrétaire général Dr E. MUSSO, Membre du Conseil d'experts

26

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

REPRÉSENTANTS DES ORGANISATIONS NON GOUVERNEMENTALES EN RELATIONS OFFICIELLES AVEC L'OMS

Association du Transport aérien international Dr A. S. R. PEFFERS Dr E. MOAYYAD M. R. W. BONHOFF

Association médicale mondiale Sir William REFSHAUGE Dr J. IMFELD Dr P. POUYAUD

Association mondiale vétérinaire Association internationale de la Recherche sur la Pollution de l'Eau Professeur O. JAAG Collège international des Chirurgiens Professeur P. STEFANINI Professeur N. C. LOUROS Dr V. T. DEVAULT M. E. AALBERS

Association internationale de Logopédie et Phoniatrie Dr A. MÜLLER

Association internationale de Médecine agricole et de Santé rurale Dr M. PRIVEZ

Comité international catholique des Infirmières et Assistantes médico- sociales Mme E. VAN DER GRACHT -CARNEIRO Mlle G. VAN MASSENHOVE M. P. D. M. SLEIJFFERS M. R. SEUTIN Mlle W. KÜPPER

Association internationale de Médecine des Accidents et du Trafic M. R. ANDREASSON Dr O. FRYC Comité international de la Croix -Rouge

M. D. MICHELI

Association internationale d'Epidémiologie Dr L. MASSÉ

Comité international sur les Animaux de Laboratoire Dr N. ODARTCHENKO

Association internationale de Radioprotection Professeur J. SPAANDER

Commission électrotechnique internationale Mme D. DOBLER

Association internationale des Femmes Médecins Dr Anne -Marie SCHINDLER

Commission médicale chrétienne

M. J. C. McGILVRAY Mlle R. N. BARROW Dr S. J. KINGMA

Association internationale de Sociologie Professeur M. G. FIELD Commission mixte sur les Aspects internationaux de l'Arriération mentale

Mme Y. POSTERNAK Association internationale des Sociétés de Microbiologie Professeur J. -C. SENEZ

Professeur R. H. REGAMEY

Confédération internationale des Sages Femmes

Mme M. A. CHEID Association internationale des Techniciennes et Techniciens diplômés en ElectroRadiologie médicale M. E. R. HUTCHINSON Conseil des Organisations internationales des Sciences médicales Dr L. J. VERHOESTRAETE

Conseil de la Population

Dr R. CASTADOT

Association médicale du Commonwealth M. J. A. BYRNE

COMPOSITION DE L'ASSEMBLEE DE LA SANTE

27

Conseil international de l'Action sociale Mme M. ROCHAT

Fédération internationale du Diabète Dr B. RILLIET

Conseil international des Infirmières

Fédération internationale pharmaceutique M. P. BLANC

Mlle A. HERWITZ Mlle M. P. TITO DE MORAES Mlle M. RYCHTELSKA

Fédération internationale pour le Planning familial Conseil international des Services juifs de Bienfaisance et d'Assistance sociale Dr A. GONIK Dr F. T. SAI Dr I. P. SENANAYAKE Dr J. F. PORTER

Conseil international des Unions scientifiques Dr R. MORF

Fédération mondiale de l'Hémophilie Dr Lili FÜLOP- ASZODI

Conseil international sur les Problèmes de l'Alcoolisme et des Toxicomanies M. A. TONGUE Dr Eva TONGUE Professeur H. HALBACH

Fédération mondiale des Associations de la Santé publique M. R. C. DUDROW Dr T. R. HOOD

Fédération mondiale des Associations pour les Nations Unies Mr J. G. G. DE GEER Dr E. MUSIL

Fédération dentaire internationale Professeur L. -J. BAUME Dr J. GREENE

Fédération mondiale des Ergothérapeutes Fédération internationale de Chimie clinique Professeur J. FREI Dr M. ROTH

Mme E. TACIER

Fédération mondiale des Parasitologues Professeur G. PIEKARSKI Professeur A. MANTOVANI

Fédération internationale de Gynécologie et d'Obstétrique Professeur H. DE WATTEVILLE

Fédération mondiale des Sociétés de Neurochirurgie Professeur E. ZANDER

Fédération internationale de l'Industrie du Médicament Dr J. EGLI Dr E. LANG Mlle A. BUCHEL Mlle D. SCHATZMANN

Fédération mondiale pour la Santé mentale Dr Anne AUDEOUD- NAVILLE M. D. DEANE

Fédération internationale des Collèges de Chirurgie Professeur J. KOSTRZEWSKI

Fédération mondiale pour l'Enseignement de la Médecine Dr H. van Zile HYDE

Ligue des Sociétés de la Croix -Rouge

Fédération internationale des Hôpitaux Dr D. G. HARINGTON HAWES

S. HANTCHEF Professeur A. HASSIG M. G. AKOPOV Dr H. ACEVEDO ARDILA Mlle B. YULE Dr Z.

Fédération internationale des Sociétés d'Ophtalmologie Dr A. FRANCESCHETTI

Ligue internationale contre le Rhumatisme Professeur S. ORLOFF

28

VINGT- HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

Organisation internationale de Normalisation Dr R. W. MIDDLETON Dr N. N. CHOPRA

Union internationale contre les Maladies vénériennes et les Tréponématoses Professeur A. PERDRUP Professeur A. LUGER Professeur G. A. CANAPERIA Dr R. R. WILLCOX Dr C. S. NICOL Union internationale de Chimie pure et appliquée Dr R. MORE

Organisation internationale de Recherche sur le Cerveau Dr J. J. DREIFUSS

Organisation mondiale contre la Cécité Sir John F. WILSON

Société internationale de Cardiologie Professeur P. MORET

Union internationale d'Education pour la Santé Professeur R. SENAULT Dr G. SICAULT Dr BERTHET Mme A. KAPLUN -LE MEITOUR

Société internationale de Mycologie humaine et animale Dr H. J. SCHOLER Union internationale de Pharmacologie Professeur H. HALBACH Union internationale de Protection de l'Enfance Mme I. KEMPE Mme M. GRANDJEAN

Société internationale de Radiologie Professeur W. A. FUCHS

Société internationale de Soins aux Brûlés Union internationale des Architectes Professeur J. A. BOSWICK Professeur P. MATTER Professeur F. ZDRAVIC M. A. RIVOIRE

Union internationale des Sciences biologiques Société internationale de Transfusion sanguine Dr Z. S. HANTCHEF Société internationale d'Hématologie Professeur J. SPAANDER Union internationale des Sciences de la Nutrition Professeur J. C. SOMOGYI

Dr C. A. WRIGHT Professeur Hj. HUGGEL

Société internationale pour la Réadaptation des Handicapés Mme P. BUGNION- SECRETAN

Union internationale des Villes et Pouvoirs locaux

M. F. COTTIER

Union internationale contre la Tuberculose Dr Annick ROUILLON Mme J. BERNARD DEBAECKER

Union internationale d'Hygiène et de Médecine scolaires et universitaires Professeur V. BRUTO DA COSTA Dr H. OUILLON

Union internationale contre le Cancer Dr J. F. DELAFRESNAYE

Union internationale pour la Conservation de la Nature et de ses Ressources Dr A. J. MENCE

COMPOSITION DE L'ASSEMBLEE DE LA SANTE PRÉSIDENCE ET SECRÉTARIAT DE L'ASSEMBLÉE DE LA SANTÉ ET COMPOSITION DE SES COMMISSIONS

29

Président Professeur S. HALTER (Belgique) :

Bureau de l'Assemblée Le Bureau de l'Assemblée était composé du Président et des Vice -Présidents de l'Assemblée, des Présidents des commissions principales et de délégués des Etats Membres Bangladesh, Bolivie, Chine, suivants Etats -Unis d'Amérique, Guinée, Irak, Jamaique, Lesotho, Libéria, Pologne, République Arabe Libyenne, République -Unie du Cameroun, Royaume -Uni de Grande -Bretagne et d'Irlande du Nord et Union des Républiques socialistes soviétiques. :

Vice-Présidents Dr A. C. EMPANA (Congo) Dr K. SINGH (Inde) Dr F. MOHY EL-DIN (Egypte) Dr D. N. EVERINGHAM (Australie) Dr J. R. CASTILLO SINIBALDI (Guatemala) :

Secrétaire Dr H. MAHLER, Directeur général :

Commission de Vérification des Pouvoirs La Commission de Vérification des Pouvoirs était composée de délégués des Etats Fidji, Guyane, Islande, Membres suivants Mongolie, Panama, République Centrafricaine, République -Unie du Cameroun, Roumanie, Soudan, Suisse, Tunisie et Uruguay. :

Professeur S. HALTER (Belgique), Président Président de l'Assemblée de la Santé Dr H. MAHLER, Directeur général Secrétaire : :

COMMISSIONS PRINCIPALES

Mme J. DAGHFOUS (Tunisie) Dr O. M. R. HARPER (Guyane) M. S. C. RAMRAKHA (Fidji) Rapporteur Secrétaire M. C. -H. VIGNES, service des Questions constitutionnelles et juridiques Président :

Vice -Président : :

:

Conformément à l'article 35 du Règlement intérieur de l'Assemblée de la Santé, chaque délégation a le droit de se faire représenter par un de ses membres à chacune des commissions principales.

Commission A

Commission des Désignations La Commission des Désignations était composée de délégués des Etats Membres Arabie Saoudite, Bahrein, suivants Bangladesh, Belgique, Chine, Colombie, Congo, Costa Rica, Dahomey, Etats -Unis d'Amérique, Ethiopie, Finlande, France, Hongrie, Inde, Jamaique, Libéria, Malaisie, Paraguay, Royaume -Uni de Grande -Bretagne et d'Irlande du Nord, Somalie, Souaziland, Tchécoslovaquie et Union des Républiques socialistes soviétiques. :

Président

:

M. M. MZALI (Tunisie) :

Vice -Président Dr Marcella DAVIES (Sierra Leone) Vice -Président par intérim :

Dr Meropi VIOLAKIS -PARASKEVAS (Grèce) Rapporteur Dr B. LEKIE (Zaire) Secrétaire Dr O. W. CHRISTENSEN, Comité du Siège pour le Programme /Information pour le Programme du Siège : :

Commission B Président Dr J. -S. CAYLA (France) Vice -Président Professeur F. RENGER : :

Dr J. L. KILGOUR (Royaume -Uni Président de Grande - Bretagne et d'Irlande du Nord) Dr H. MAHLER, Directeur général Secrétaire : :

(République Démocratique Allemande) Rapporteur Dr R. VALLADARES (Venezuela) Secrétaire Dr M. R. SACKS, service de la Coordination avec d'autres organisations :

:

ORDRE DU JOUR1

1.

SEANCES PLENIERES

1.1 1.2

Ouverture de la session Constitution de la Commission de Vérification des Pouvoirs Election de la Commission des Désignations Election du président et des cinq vice -présidents de l'Assemblée

1.3

1.4 1.5

Election du président de la Commission A Election du président de la Commission B

1.6 1.7

Constitution du Bureau de l'Assemblée [Point renvoyé à la Commission B]

1.8

1.9

Adoption de l'ordre du jour et répartition des points entre les commissions principales Etude et approbation des rapports du Conseil exécutif sur ses cinquante -quatrième et cinquante -cinquième sessions

1.10 1.11 1.12

Examen du Rapport annuel du Directeur général sur l'activité de l'OMS en 1974 Admission de nouveaux Membres ou Membres associés 1.12.1 Demande d'admission présentée par les Tonga 1.12.2 Demande d'admission présentée par la République démocratique du Viet -Nam 1.12.3 Demande d'admission présentée par le Mozambique :

1.13

Election de Membres habilités à désigner une personne devant faire partie du Conseil exécutif [Point renvoyé à la Commission $]

1.14 1.15

Attribution de la Médaille et du Prix de la Fondation Léon Bernard (rapports du Comité de la Fondation Léon Bernard) Attribution de la Médaille et du Prix de la Fondation Dr A. T. Shousha (rapports du Comité de la Fondation Dr A. T. Shousha) Approbation des rapports des commissions principales Clôture de la Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé

1.16 1.17

1.18

2.

COMMISSION A

2.1 2.2

Election du vice -président et du rapporteur

Examen du budget programme pour les exercices financiers 1976 et 1977 2.2.1 Examen des remarques et recommandations formulées par le représentant du Conseil exécutif et par le Directeur général 2.2.2 Recommandation concernant le montant du budget effectif et le niveau du budget pour 1976 2.2,3 Examen détaillé du budget programme pour les exercices financiers 1976 et 1977 2.2.4 Résolution portant ouverture de crédits pour l'exercice financier 1976 :

2,3

Planification à long terme de la coopération internationale en matière de recherche sur le cancer Facteurs psycho- sociaux et santé2

2.4

1 Adopté à la troisième séance plénière. 2

Point transféré à la Commission B par l'Assemblée de la Santé à sa douzième séance - 31 -

plénière.

32

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II Etat d'avancement du programme antipaludique Promotion des services nationaux de santé Fluoration et santé dentaire) Substances prophylactiques et thérapeutiques) Role de l'OMS dans le développement et la coordination de la recherche biomédicale (rapport de situation)2 Sécurité d'emploi des pesticides qu'ils présententl :

2.5 2.6 2.7 2.8 2.9 2.10

classification des pesticides en fonction des dangers

3.

COMMISSION B

3.1 3.2 3.3

Election du vice -président et du rapporteur

Budget supplémentaire pour 1975 Examen de la situation financière de l'Organisation 3.3.1 Rapport financier sur les comptes de l'OMS pour l'exercice 1974, rapport du Commissaire aux Comptes et observations y relatives du Comité spécial du Conseil exécutif 3.3.2 Etat du recouvrement des contributions annuelles et des avances au fonds de roulement 3.3.3 Membres redevables d'arriérés de contributions dans une mesure pouvant donner lieu à l'application de l'article 7 de la Constitution 3.3.4 Rapport sur les recettes occasionnelles et position du compte d'attente de l'Assemblée :

3.4

Barème des contributions 3.4.1 Contributions des nouveaux Membres et Membres associés 3.4.2 Contribution du Pakistan 3.4.3 Barème des contributions pour 1976 :

3.5

Fonds de roulement 3.5.1 [Supprimé] 3.5.2 [Supprimé) 3.5.3 Examen du fonds de roulement :

3.6 3.7 3.8

Etude sur la possibilité de financer les activités de l'OMS en des monnaies autres que le dollar des Etats -Unis ou le franc suisse Bâtiment du Siège Fonds immobilier :

besoins futurs

3.9 1.14 3.10

Traitements et indemnités pour les postes non classés Amendement au contrat du Directeur général Etudes organiques du Conseil exécutif 3.10.1 Etude organique sur les rapports entre les services techniques centraux de l'OMS et les programmes d'assistance directe aux Etats Membres 3.10.2 Etude organique sur la planification des ressources extrabudgétaires et leurs effets sur les programmes et la politique générale de l'OMS 3.10.3 Prochaine étude organique :

3.11 3.12

Aide sanitaire aux réfugiés et personnes déplacées dans le Moyen -Orient

Participation au Comité régional pour l'Afrique de Membres dont les gouvernements ont leur siège hors de la Région Utilisation de l'allemand comme langue de travail dans l'Organisation régionale de l'Europe Méthode de travail de l'Assemblée de la Santé Rapports annuels du Directeur général

3.13

1.8 3.14

1 Point transféré à la Commission B par l'Assemblée de la Santé à sa douzième séance plénière. Point transféré à la Commission B par l'Assemblée de la Santé à sa treizième séance plénière. 2

ORDRE DU JOUR 3.15

33

Nomination du Commissaire aux Comptes Coordination à l'intérieur du système des Nations Unies Questions générales 3.16.1 Activités de l'Organisation mondiale de la Santé en ce qui concerne l'assistance 3.16.2 aux mouvements de libération dans l'Afrique australe, conformément aux résolutions 2918 (XXVII) de l'Assemblée générale des Nations Unies et 1804 (LV) du Conseil économique et social Année mondiale de la Population et Conférence mondiale de la Population, 1974 3.16.3 Activités de l'OMS en cas de désastres et de catastrophes naturelles 3.16.4 Assistance technique au Portugal 3.16.5 Programme de l'OMS concernant la santé et l'environnement coordination des 3.16.6 programmes et activités dans le domaine de l'environnement 3.16.7 Commission de la Fonction publique internationale : :

3.16

3.17

Caisse commune des Pensions du Personnel des Nations Unies Rapport annuel du Comité mixte de la Caisse commune des Pensions du Personnel 3.17.1 des Nations Unies pour 1973 Nomination de représentants au Comité des Pensions du Personnel de l'OMS 3.17.2 :

Points de l'ordre du jour supplémentaire 1.

Dispositions transitoires concernant l'augmentation du nombre des membres du Conseil exécutif Emploi du chinois comme langue de travail à l'Assemblée mondiale de la Santé et au Conseil exécutif Utilisation de l'arabe comme langue de travail à l'Assemblée mondiale de la Santé et au Conseil exécutif

2.

3.

COMPTES RENDUS IN EXTENSO DES SÉANCES PLÉNIÈRES

PREMIERE SEANCE PLENIERE Mardi 13 mai 1975, 10 heures Président :

Professeur A. POUYAN (Iran)

1.

OUVERTURE DE LA SESSION :

Excellences, Messieurs les délégués, Mesdames, Messieurs, je suis heureux, Le PRESIDENT par cette belle journée printanière, de vous souhaiter la bienvenue à la Vingt- Huitième Assemblée mondiale de la Santé. Je suis persuadé que l'année dernière vous avez accompli tous un beau travail dans la noble mission que vous avez, et je suis encore plus persuadé que cette année, au cours de la présente Assemblée, vous allez accomplir un meilleur travail encore. Alors, avec votre autorisation, je déclare la séance ouverte. En ma qualité de Président de la Vingt- Septième Assemblée mondiale de la Santé, j'ai l'honneur de déclarer ouverte la Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé. J'ai également le plaisir de saluer, au nom de l'Assemblée et de l'Organisation mondiale de la Santé, M. Willy Donzé, représentant du Conseil d'Etat de la République et Canton de Genève, M. Gustave Morex, Président du Grand Conseil, M. Raymond -A. Foex, Procureur général, M. Pierre Raisin, Maire de la ville de Genève, M. Marcel Clerc, Président du Conseil municipal de la ville de Genève, M. Ernest Heer, Recteur de l'Université de Genève, M. William Geisendorf, Doyen de la Faculté de Médecine, M. Winspeare Guicciardi, Directeur général de l'Office des Nations Unies à Genève, représentant le Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies, MM. les directeurs généraux des institutions spécialisées, leurs représentants et les représentants des divers organes des Nations Unies, MM. les délégués des Etats Membres et les représentants des Membres associés - mes souhaits s'adressent tout particulièrement aux délégués de Guinée -Bissau, Grenade et Botswana, Etats devenus Membres depuis la dernière Assemblée MM. les observateurs des Etats non Membres invités, MM. les observateurs des Etats ayant sollicité leur admission à la qualité de Membre de l'Organisation mondiale de la Santé, MM. les observateurs des mouvements de libération nationale invités conformément à la résolution WHA27.37, MM. les représentants des organisations intergouvernementales et non gouvernementales en relations officielles avec l'OMS, MM. les représentants du Conseil exécutif. Je donne maintenant la parole à M. Winspeare Guicciardi, Directeur général de l'Office des Nations Unies à Genève, représentant le Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies. 2.

ALLOCUTION DU DIRECTEUR GENERAL DE L'OFFICE DES NATIONS UNIES A GENEVE

M. WINSPEARE GUICCIARDI (Directeur général de l'Office des Nations Unies à Genève) (traduction de l'anglais) Monsieur le Président, au nom du Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies et en tant que Directeur général de l'Office des Nations Unies à Genève, j'ai le grand plaisir de vous accueillir cette année encore au Palais des Nations. Le Secrétaire général, M. Waldheim, m'a demandé expressément de vous transmettre, ainsi qu'aux honorables délégués, ses voeux les plus chaleureux pour le plein succès de cette vingt -huitième session de l'Assemblée mondiale de la Santé. Cette session nous donne l'occasion de replacer nos organisations dans le vaste, contexte du système des Nations Unies et de l'ensemble du monde. Il est important de le faire de temps à autre pour voir comment nos préoccupations - souvent assez spécialisées, toujours très absorbantes - sont liées à celles de collègues qui travaillent dans des domaines si divers que la relation n'apparaît pas d'emblée. Comment pourrions -nous, autrement, voir le rapport entre nos taches quotidiennes et la grande mission que s'est donnée l'Organisation des Nations Unies et qui découle à son tour des aspirations les plus profondes de l'humanité sécurité, bien -être matériel, santé et liberté ? En cette époque de transformations économiques et sociales considérables, l'initiative peut -être la plus importante du système des Nations Unies - à laquelle tous les éléments de ce système sont appelés à participer d'une manière ou d'une autre - est la création d'un nouvel : :

- 35 -

36

VINGT- HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

ordre économique. Tous les Etats n'ont certes pas exactement la même vision de l'avenir - et ils l'ont montré dans leur réponse à la Charte des Droits et des Devoirs économiques des Etats- mais nous connaissons dans ses grandes lignes le but vers lequel tend la communauté des nations : un monde

où les richesses et - ce qui est plus essentiel - les chances seront plus également réparties. Nous nous sommes donné pour mission de combattre ces maladies que sont l'inégalité et l'injustice et pourtant chaque année l'écart s'accroit entre les nantis de la terre et les pays qui luttent encore pour atteindre le point où ils pourront assurer leur croissance par leurs propres moyens. Même dans les pays d'abondance, le vieil ordre économique ne paraît plus fonctionner correctement; l'inflation et le chômage y prélèvent un lourd tribut. Tel est, Monsieur le Président, le contexte dans lequel ont été adoptés il y a juste un peu plus d'un an la Déclaration et le Programme d'action concernant l'instauration d'un nouvel ordre économique international. Depuis lors, prolongeant et complétant ces décisions, l'Assemblée générale a adopté la Charte des Droits et des Devoirs économiques des Etats, et l'Organisation des Nations Unies pour le Développement industriel a adopté en mars dernier à Lima la Déclaration et le Programme d'action concernant le développement industriel et la coopération. Vont aussi dans le sens de cette action en faveur de l'instauration d'un ordre économique international plus juste les autres grandes préoccupations du monde actuel, dont certaines étaient inconnues ou n'étaient que vaguement pressenties lorsque nos organisations sont nées, je veux dire la pollution, la population, l'alimentation, les établissements humains. Les conférences mondiales qui ont été ou seront organisées sur ces sujets traduisent la volonté de la communauté internationale de dépasser les intérêts étroits des éléments qui la composent et d'affronter collectivement les problèmes qui ne peuvent être résolus que collectivement. La participation active des institutions spécialisées à ces grandes conférences, ainsi qu'à une multitude d'autres activités inter -institutions, est une condition indispensable de notre succès. Le système des Nations Unies tire sa force, en grande partie, de l'objectivité qui caractérise le mandat de beaucoup de ses institutions. S'attaquer à des problèmes concrets est probablement la façon la plus efficace de manifester le dévouement et la compétence pour lesquels votre organisation est si réputée. Je pense par exemple à la remarquable victoire de l'OMS sur la variole, qui est maintenant très proche. Le Rapport annuel de votre Directeur général donne de nombreux exemples d'activités et de réalisations sectorielles. Il montre aussi l'intensification de la coopération de l'OMS avec les autres organisations internationales. Aucune récapitulation ne peut donner une idée juste de l'étendue de cette coopération. Votre organisation est étroitement associée à toutes les grandes activités de l'Organisation des Nations Unies prolongements de la Conférence mondiale de l'Alimentation et de la Conférence mondiale de la Population; Année internationale de la Femme; science et technologie; décolonisation; environnement; assistance aux régions frappées par la sécheresse; stratégie du développement; préparation de la conférence de Vancouver sur l'habitat prévue pour l'année prochaine; assistance en cas de catastrophes; lutte contre l'abus des drogues; Programme alimentaire mondial. Cette coopération dans des domaines d'intérêt commun pour résoudre des problèmes qui nous affectent tous et qui touchent à la raison d'être de nos organisations est indispensable si nous voulons demeurer utiles à la communauté mondiale. Le Dr Mahler, dans l'introduction à son rapport, déclare que "le jour où les Etats coopéreront ainsi sans restriction ni arrière -pensée peut nous sembler encore lointain ". J'espère qu'il exprime là un pessimisme que les événements ne justifieront pas. Mais je suis certain de parler pour toute la famille des Nations Unies en disant, pour reprendre les termes mêmes du Dr Mahler dans sa conclusion, que c'est là "un but vers lequel l'OMS doit tendre avec une inlassable énergie pendant les années qui viennent ". :

Merci, Monsieur Guicciardi. M. Donzé, représentant du Conseil d'Etat de Le PRESIDENT la République et Canton de Genève, a maintenant la parole. :

3.

ALLOCUTION DU REPRESENTANT DU CONSEIL D'ETAT DE LA REPUBLIQUE ET CANTON DE GENEVE i :

M. DONZE (représentant du Conseil d'Etat de la République et Canton de Genève) Monsieur le Président, Monsieur le Directeur général, Excellences, Mesdames et Messieurs, au nom des autorités fédérales, cantonales et municipales, j'ai l'honneur et le plaisir de vous souhaiter une cordiale bienvenue dans notre pays et aussi l'accueil le meilleur en notre ville à l'occasion de la Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé. C'est une infinie fierté pour Genève que d'héberger aujourd'hui ce que je crois être la plus grande création internationale de l'aprèsguerre; fierté certes, mais très grande modestie aussi en regard de l'immense activité que vous avez déployée. Je vous adresse donc nos sentiments de gratitude et nos sincères félicitations.

La simple énumération des têtes de chapitres de votre Rapport annuel montre à quel point votre activité, tout en partant d'un concept global de la santé et du respect de l'homme, est infiniment diversifiée et adaptée aux situations particulières de chaque pays que vous représentez. Les grandes taches mises en place, comme le renforcement des services de santé, la santé de la famille, le développement des personnels de santé, la lutte contre les maladies transmisla salubrité de l'environnement, etc., mettent en évidence les efforts d'imagination, sibles, d'intelligence, mais en même temps de discipline et de prudence que vous avez su déployer dans

PREMIERE SEANCE PLENIERE

37

vos activités. La multiplicité de celles -ci apparaît aussi dans la structure de vos services dans les Régions, et il est remarquable de voir que, partout, vous avez pu répondre en partant de l'hygiène du milieu aux besoins les plus divers, allant des plus simples comme la survie jusqu'aux plus avancés comme-ceux de la recherche. Cette diversité n'a pas empêché les relations bilatérales, multilatérales, et l'universalité sans réserve d'aucune sorte du point de vue politique qui caractérise toujours, nous l'espérons, l'effort des Nations Unies. Si l'on songe un instant aux multiples problèmes que représente déjà la planification des services et des personnels de santé dans un petit Etat comme le mien, disposant de moyens élevés, il est admirable de lire les résultats de vos efforts dans ce domaine en toute région et quelles que soient les difficultés auxquelles vous vous êtes heurtés. Votre institution au sein du elle est immédiatement au système des Nations Unies est plus qu'une organisation technique service de l'homme. Elle le grandit par le respect qu'elle apporte sans cesse à la vie et par l'espérance dont elle témoigne universellement. Avant de terminer ce bref message, je voudrais également relever la qualité de vos publications et l'importance mise à chaque fois, dans le Rapport annuel, sur le contact direct avec les populations du monde entier. Mieux que tout, la légende d'une des dernières photos exprime "des enfants souriants accueillent l'équipe de santé ". bien ce contact fondamental Je voudrais donc ici, Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, rendre hommage à votre Directeur général, à tous les directeurs et délégués ainsi qu'à tout le personnel, pour leur activité si bénéfique. Le peuple de mon pays, ainsi que les autorités suisses et genevoises, considèrent comme un honneur et un devoir de pouvoir apporter à votre organisation l'appui le plus large. Puissent les travaux de votre assemblée mondiale aider encore mieux à lutter contre la souffrance des hommes. : :

Le PRESIDENT 4.

:

Merci, Monsieur Donzé.

ALLOCUTION DU PRESIDENT DE LA VINGT - SEPTIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE :

Le PRESIDENT Mesdames, Messieurs, chers collègues, l'Assemblée mondiale de la Santé qui vient de s'ouvrir se tient dans l'année où le monde célèbre le trentième anniversaire de l'Organisation des Nations Unies. A quelques jours près, trois décennies se sont en effet écoulées depuis que les représentants de cinquante nations réunies à l'Opéra de San Francisco ont adopté la Charte des Nations Unies dans laquelle ils déclaraient solennellement leur volonté de préserver les générations futures du fléau de la guerre, de promouvoir le progrès social et d'instaurer de meilleures conditions de vie. Un nouvel organisme international était alors mis en place pour aider à atteindre ces objectifs et pour favoriser le progrès économique de tous les peuples.

Peu après, l'Organisation mondiale de la Santé venait prendre sa place dans le système d'organisations des Nations Unies avec pour mission spécifique d'amener tous les peuples au niveau de santé le plus élevé possible. D'année en année, grâce à la franche coopération de ses Membres, aux efforts de la communauté médicale et scientifique, au dévouement de son personnel, l'Organisation a élargi et multiplié ses activités pour devenir dépositaire mondial du savoir des professions de la santé et organe de soutien efficace pour les pays qui ont besoin d'aide. En constante évolution, l'Organisation a été amenée à s'occuper des problèmes sanitaires et médicaux des populations dans un large contexte social et économique. Ses préoccupations et sa participation aux efforts des pays débordent le cadre étroit de la pathologie humaine. Parmi les nombreux exemples de cette encourageante expansion, je voudrais mentionner en particulier le rûle que l'Organisation a joué récemment à la Conférence mondiale de la Population et à la Conférence mondiale de l'Alimentation, deux grandes consultations internationales qui se sont tenues depuis notre dernière réunion et qui ont fait beaucoup pour que soient mieux comprises les interactions entre démographie, nutrition, santé et développement économique. Si l'on en juge par les résultats visibles, les secteurs où les progrès les plus grands ont été accomplis sont ceux où la recherche scientifique avait déjà identifié les causes, les difficultés, et trouvé des remèdes. Ainsi la vaccination a réduit l'incidence de la variole aux proportions d'un fléau sporadique qui, dans l'ensemble, est de peu d'étendue et cède aux mesures d'endiguement. Le nombre de pays d'endémicité, de trente qu'il était en 1967 est passé à trois seulement en 1974, tandis que le nombre des cas est tombé de deux ou trois millions à moins de deux cent mille. L'éradication est désormais en vue et l'on espère réussir cette année à libérer le monde de ce très ancien fléau. La vaccination s'est également révélée efficace contre le choléra et la tuberculose, encore que la protection qu'elle confère soit dans ces deux cas moins certaine et moins complète. Pour ce qui est des campagnes contre les vecteurs des maladies, les résultats ont été plus variables. Dans ce secteur le programme le plus vaste et le plus intensif est celui qui vise le paludisme, maladie qui représente encore la plus grande menace pour la santé publique dans beaucoup de pays en voie de développement, si en bien des endroits elle est maintenant pratiquement éradiquée. Malheureusement des flambées de paludisme ont récemment éclaté dans diverses régions où la maladie avait été largement éliminée il y a une dizaine d'années, ce qui non seulement entraîne la nécessité d'une vigilance constante pour éviter son retour mais indique également que l'immunisation joue peut -être aussi chez les insectes et que nous devons trouver

38

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

de nouveaux moyens de combattre les vecteurs du paludisme. En ce qui concerne les autres maladies de masse pour lesquelles les méthodes de lutte antivectorielle en sont encore au stade expérimental, les progrès accomplis sont plutôt maigres. Aucun résultat prometteur n'a été obtenu contre le mollusque qui intervient dans la transmission de la schistosomiase, ni contre la mouche qui transmet l'onchocercose, ni contre celle qui transmet la trypanosomiase. Avec le pian et toute une série d'helminthiases et de parasitoses cutanées, ces trois maladies continuent de débiliter des travailleurs et de causer beaucoup de souffrances et de décès prématurés dans de nombreux pays en voie de développement, en particulier sur le continent africain. Grâce à l'isolement des malades et au traitement par les sulfones et d'autres médicaments on est parvenu, semble -t -il, à contenir la lèpre, mais on n'a guère avancé dans l'acquisition des connaissances et des moyens qui pourraient finalement conduire à son éradication. D'une façon générale et malgré les efforts considérables qui ont été faits pour maîtriser les maladies et renforcer les services de santé, le sort de la majorité des habitants des pays en voie de développement est toujours celui d'individus dont la santé est exposée à de nombreux risques. Un tableau de morbidité caractéristique se retrouve en particulier dans les collectivités où les approvisionnements en eau et les équipements sanitaires sont insuffisants, les logements médiocres et surpeuplés. Alors que l'espérance de vie à la naissance dépasse maintenant 70 ans dans la plupart des pays développés, elle est de 49 ans en Asie et de 43 seulement en Afrique. Dans les pays en voie de développement, environ 30 % de la population d'âge préscolaire se situe à plus de 25 % en dessous des normes de poids corporel. Enfin, dans beaucoup de pays en voie de développement, 85 % des ruraux et des membres de divers groupes tels que les nomades et les familles habitant des taudis n'ont aucun accès à des services de santé. Conscients de cette situation et résolus à y remédier, nous sommes convenus lors de nos précédentes délibérations de rechercher de nouvelles approches. Dans ce sens, plusieurs résolutions importantes ont été adoptées à notre dernière Assemblée. De fait, le concept de systèmes de santé intégrés a gagné du terrain dans bon nombre de pays. Des réseaux de services articulés sur des hôpitaux de district et des dispensaires ruraux sont aujourd'hui mis en place et l'on s'efforce de les doter d'un personnel adéquat mais d'un coût modéré, en faisant appel aussi largement que possible à des catégories de personnels plus faciles à former, à savoir infirmières, aides et autres agents de santé capables d'appliquer des techniques simples et de contribuer à cette nouvelle oeuvre essentielle qu'est la prévention. Cependant l'expérience montre que l'immobilité institutionnelle dans le secteur de la santé, qui tient en partie à la configuration et à la composition des structures existantes et à l'attitude des personnels en place, est plus profondément enracinée que nous ne le pensions et que les spécialistes en éducation n'arrivent pas à concevoir assez vite de nouvelles méthodes qui permettraient de remédier en partie aux pénuries aiguës de personnel enseignant et d'établissements d'enseignement. Messieurs les délégués, Mesdames, Messieurs, le Rapport annuel du Directeur général sur l'activité de l'OMS vous donnera un aperçu des problèmes de santé qui se sont posés en 1974 avec une acuité toute particulière. Comme à l'accoutumée, notre assemblée fera un examen critique de ces problèmes et s'efforcera d'en dégager les grandes lignes de la politique et de l'action future de l'Organisation. Cette tâche est, cette année, exceptionnellement complexe et difficile. En effet, je manquerais à mon devoir si j'omettais de signaler dès l'ouverture de cette Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé que jamais depuis la naissance de l'Organisation nous n'avons connu de changements aussi profonds et aussi frappants au niveau des pays comme sur le plan international. Sur le plan international on a vu partout aboutir les aspirations des peuples avec l'abolition des derniers vestiges du colonialisme, le rejet de toute ingérence étrangère dans les intérêts intérieurs des nations et la recherche d'un nouvel ordre économique dans les rapports entre pays développés et pays en voie de développement. Au niveau des pays, non seulement les masses défavorisées réclament de plus en plus une meilleure alimentation, des services de santé plus efficaces, une éducation plus poussée et un environnement plus sain, mais encore les dirigeants et les élites intellectuelles s'emploient activement à garantir ces droits à leurs concitoyens. A ces demandes pressantes et combien justifiées, la récente crise économique et monétaire a opposé des obstacles inattendus. Ces difficultés nouvelles qui sont venues briser l'élan des pays en voie de développement vers le progrès économique et social en cette deuxième décennie des Nations Unies pour le développement ont pris l'année dernière une ampleur particulière. Pour les pays riches, dont la prospérité n'a cessé de croître depuis la fin de la guerre, cette crise ne représente qu'un accident de parcours, si pénible qu'il soit, mais dans les pays pauvres elle pourrait bien signifier la fin des espoirs de tous ceux qui comptent voir disparaître de leur vivant la misère économique et son cortège de souffrances. Il serait extrêmement néfaste pour le monde entier que les ajustements économiques qui sont devenus nécessaires servent de prétexte pour une réduction des efforts de promotion de la santé et pour une diminution de l'assistance internationale dans ce domaine. Notre organisation se doit donc d'adapter ses programmes à la situation exceptionnelle dans laquelle le monde se trouve aujourd'hui et aux besoins très divers de ses Membres. Alors que les grandes maladies transmissibles continuent de faire des ravages dans la plus grande partie de la population mondiale, les difficultés économiques que connaissent la plupart des pays en voie de développement menacent de réduire tous leurs efforts à néant et de désorganiser complètement leur infrastructure sanitaire déjà insuffisante. Dans ces conditions, il faut donc

PREMIERE SEANCE PLENIERE

39

que l'Organisation mondiale de la Santé s'emploie surtout à accroître le volume et la qualité de son assistance, en particulier au bénéfice des pays les plus pauvres. L'année qui vient de s'écouler a été marquée aussi par des crises d'une dimension nouvelle. Trente années de guerre viennent de s'achever en Indochine, laissant dans tout un sous -continent un peuple profondément meurtri, dont la santé est gravement atteinte. En Angola et au Mozambique, la situation sanitaire est très préoccupante. Les institutions des Nations Unies tardent à prendre les mesures de grande envergure qui seraient nécessaires dans ces Etats nouvellement indépendants. En Afrique australe, les mouvements de libération attendent une assistance plus efficace comme suite aux résolutions et décisions adoptées par l'Organisation des Nations Unies. Enfin, la situation des réfugiés au Moyen -Orient continue de se dégrader. Ce sont là d'énormes problèmes que l'OMS se doit de regarder en face avec lucidité pour s'y attaquer rapidement et efficacement. Mesdames, Messieurs, chers collègues, en tant que Président de la Vingt -Septième Assemblée mondiale de la Santé, j'ai été renforcé dans ma conviction que l'OMS possède les capacités et la maturité nécessaires pour intensifier son action touchant les problèmes de la santé, anciens et nouveaux, aussi complexes qu'ils puissent être. Je suis persuadé aussi que sous la présidence de mon successeur, cette Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé prendra les décisions les mieux adaptées aux exigences du moment et aux difficultés que connaît aujourd'hui le monde dans le secteur sanitaire. Mes chers collègues, permettez -moi de vous dire une fois de plus toute ma gratitude pour la confiance que vous m'avez témoignée et pour l'honneur que vous avez fait à mon pays en m'élisant Président de la Vingt -Septième Assemblée mondiale de la Santé. En vous remerciant de m'avoir prêté votre attention, je voudrais profiter de cette occasion pour ajouter à mon discours officiel quelques mots, car dans quelques heures je vais laisser la place à mon éminent successeur qui, j'en suis persuadé, présidera la Vingt - Huitième Assemblée avec beaucoup plus de compétence, courage et amour. Mais ici je voudrais, en tant que représentant de l'Iran, ajouter quelques mots en disant que l'honneur que vous m'avez fait l'année dernière en m'élisant Président de la Vingt- Septième Assemblée m'a donné l'occasion de connaître davantage cette organisation. J'ai eu le plaisir, durant l'année passée, d'avoir des séances de discussion avec le Directeur général, avec ses collaborateurs, avec le Directeur régional pour notre Région, et cela m'a donné l'occasion de voir mieux, de comprendre mieux l'ampleur de cette organisation. La tâche qui incombe à l'Organisation mondiale de la Santé est bien sûr de fournir et de donner la santé physique et morale au monde, mais la santé est devenue l'augmentation aujourd'hui un facteur qui dépend lui -même d'autres facteurs très importants de la population mondiale, la sous -alimentation, les mauvaises conditions d'habitation, les mauvaises conditions de travail dans les ateliers, dans les usines, les fléaux naturels, tous interviennent dans le maintien, dans la conservation de la santé de l'homme. Or, avec toutes les charges qu'a l'Organisation mondiale de la Santé, avouons -le, ses moyens sont limités. C'est pour cela que je lance un appel en tant que Président sortant. Je vous demande, et à travers vous je le demande à vos pays, si vous êtes possédants d'aider les moins possédants, si vous le pouvez d'aider ceux qui peuvent moins. C'est pour répondre à ces exigences que sur la demande du Directeur régional pour notre Région, mon pays, l'Iran, a accepté de recevoir beaucoup moins d'aide qu'elle recevait les années précédentes. C'est également pour répondre à ces exigences humaines que je suis heureux de vous annoncer que S.M. l'Impératrice d'Iran a bien voulu offrir à l'Organisation mondiale de la Santé la somme de 500 000 dollars que je vais remettre au Directeur général, et j'espère que ce petit cadeau de notre reine vous aidera, Monsieur le Directeur général, dans l'accomplissement un peu meilleur de votre tâche dans les jours qui viennent. (Applaudissements) Avant que les personnalités qui ont bien voulu assister à l'ouverture de cette assemblée nous quittent, je tiens à les remercier encore une fois pour l'honneur qu'elles nous ont fait. Je vais suspendre un instant la séance pour nous permettre de prendre congé d'elles et de les reconduire. Je vous prie de ne pas vous déplacer, la séance sera reprise dans quelques instants. :

La séance est suspendue de 10 h.45 à 10 h.50. 5.

CONSTITUTION DE LA COMMISSION DE VERIFICATION DES POUVOIRS

Le PRESIDENT : Mesdames, Messieurs, nous allons reprendre, si vous le voulez bien, le travail. Nous devons maintenant passer à l'examen du point 1.2 de l'ordre du jour provisoire Constitution de la Commission de Vérification des Pouvoirs. L'Assemblée doit constituer une Commission de Vérification des Pouvoirs conformément à l'article 23 de son Règlement intérieur dont je vous donne lecture : :

"Une Commission de Vérification des Pouvoirs, composée de douze délégués ressortissant à

un nombre égal d'Etats Membres, est nommée par l'Assemblée de la Santé au début de chaque session, sur la proposition du Président. Cette commission élit son propre bureau. Elle examine les pouvoirs des délégués des Membres et des représentants des Membres associés et fait sans retard rapport à l'Assemblée de la Santé. Tout délégué ou représentant dont l'admission soulève de l'opposition de la part d'un Membre siège provisoirement avec les

40

VINGT- HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

mames droits que les autres délégués ou représentants jusqu'à ce que la Commission de Vérification des Pouvoirs ait fait son rapport et que l'Assemblée de la Santé ait statué." Conformément à cet article, je soumets à votre approbation une liste comprenant les douze Etats Membres suivants Fidji, Guyane, Islande, Mongolie, Panama, République Centrafricaine, République -Unie du Cameroun, Roumanie, Soudan, Suisse, Tunisie, Uruguay. Y a -t -il des objections à cette proposition ? En l'absence d'objections, je déclare que la Commission de Vérification des Pouvoirs est constituée dans la composition que je viens d'indiquer. Sous réserve de la décision du Bureau, cette commission se réunira, conformémenc à la résolution WHA20.2, demain mercredi 14 mai lorsque nous aborderons en séance plénière le débat général sur les rapports du Conseil exécutif et du Directeur général. :

6.

ELECTION DE LA COMMISSION DES DESIGNATIONS : :

Le PRESIDENT Nous passons maintenant au point 1.3 Election de la Commission des Désignations. Cette question relève de l'article 24 du Règlement intérieur de l'Assemblée qui dispose "L'Assemblée de la Santé élit une Commission des Désignations comprenant vingt -quatre délégués ressortissant à un nombre égal d'Etats Membres. Au début de chaque session ordinaire, le Président soumet à l'Assemblée de la Santé une liste de vingt -quatre Membres en vue de la constitution d'une Commission des Désignations. Tout Membre peut proposer des adjonctions à cette liste. Cette liste, telle que modifiée par toute adjonction proposée, est mise aux voix conformément aux dispositions du présent Règlement intérieur applicables en matière d'élection." :

Conformément aux dispositions de cet article, une liste de vingt -quatre Etats Membres a été établie et va être soumise à l'examen de l'Assemblée. Je désire signaler que, dans l'établissement de cette liste, je me suis efforcé de donner à la Commission une composition géographique équilibrée en appliquant les mêmes critères de répartition par Région que pour les élections au Conseil exécutif, qui lui aussi compte vingt -quatre membres. La répartition géographique est la suivante Région africaine, quatre Membres; Amériques, cinq; Asie du Sud -Est, deux; Europe, sept; Méditerranée orientale, quatre; Pacifique occidental, deux. L'application de ce critère a donné la liste suivante Arabie Saoudite, Bahrein, Bangladesh, Belgique, Chine, Colombie, Congo, Costa Rica, Dahomey, Etats -Unis d'Amérique, Ethiopie, Finlande, France, Hongrie, Inde, Jamaique, Libéria, Malaisie, Paraguay, Royaume -Uni de Grande -Bretagne et d'Irlande du Nord, Somalie, Souaziland, Tchécoslovaquie, Union des Républiques socialistes soviétiques. Y a -t -il des délégations qui désirent faire des observations au sujet de cette liste ? En l'absence d'observations, je déclare élue la Commission des Désignations. La Commission des Désignations se réunira immédiatement. Comme vous le savez, l'article 25 du Règlement intérieur de l'Assemblée définit les attributions de la Commission et dispose que ses propositions doivent être communiquées sans retard A l'Assemblée de la Santé. Je lève maintenant la séance. : :

La séance est levée à 11 heures.

DEUXIEME SEANCE PLENIERE Mardi 13 mai 1975, 14 h.30 Président puis 1. : :

Professeur A. POUYAN (Iran)

Professeur S. HALTER (Belgique)

PREMIER RAPPORT DE LA COMMISSION DES DESIGNATIONS :

Le PRESIDENT Je déclare la séance ouverte. Le premier point à notre ordre du jour est l'examen du premier rapport de la Commission des Désignations. Ce rapport est contenu dans le document A28/40. J'invite à présent le Président de la Commission des Désignations, le Dr Kilgour, à donner lecture de ce rapport. Le Dr Kilgour (Royaume -Uni de Grande -Bretagne et d'Irlande du Nord), Président de la Commission des Désignations, donne lecture du premier rapport de la Commission (voir page 694).

Election du Président de l'Assemblée

Le PRESIDENT Merci, Docteur Kilgour. Y a -t -il des observations ? En l'absence d'observations et comme il ne semble pas qu'il y ait des propositions à formuler, je signale à l'Assemblée que, conformément aux dispositions de l'article 77 de son Règlement intérieur, il ne sera pas nécessaire de procéder à un vote puisqu'une seule candidature a été présentée. Je propose par conséquent à l'Assemblée d'approuver la désignation présentée par la Commission et d'élire son président par acclamation. (Applaudissements) Le Professeur Halter est donc élu président de la Vingt- Huitième Assemblée mondiale de la Santé. Tout en le félicitant du fond de mon coeur, je le prie de bien vouloir prendre la présidence. (Applaudissements) :

Le Professeur Halter prend place au fauteil présidentiel.

Le PRESIDENT Excellences, Mesdames et Messieurs, je voudrais exprimer toute l'émotion que je ressens en ce moment où, par vos acclamations, vous avez décidé de m'élire à ce poste. J'aurai l'occasion demain matin de vous dire d'une façon plus précise tous les sentiments que j'éprouve à l'égard de cette assemblée et de tous les représentants qui la composent ainsi que de l'amitié qu'ils ont marquée à ma personne et à mon pays en m'élisant à cette fonction. Dès à présent, en tout cas, merci. J'essaierai de faire aussi bien que mes prédécesseurs. :

2.

DEUXIEME RAPPORT DE LA COMMISSION DES DESIGNATIONS :

Je vais demander au Dr Kilgour de bien vouloir lire le deuxième rapport de Le PRESIDENT la Commission des Désignations. Le Dr Kilgour (Royaume -Uni de Grande -Bretagne et d'Irlande du Nord), Président de la Commission des Désignations, donne lecture du deuxième rapport de la Commission (voir page 694). Election des cinq vice -présidents de l'Assemblée

Je vous remercie vivement, Docteur Kilgour. Je vais demander à l'Assemblée Le PRESIDENT si elle a des remarques ou des objections à formuler au sujet du document A28/41 dont il vient d'être donné lecture. En l'absence de remarques, nous allons passer, si vous le voulez bien, au choix, parmi les Vice -Présidents proposés par la Commission des Désignations, des premier, deuxième, troisième, quatrième et cinquième Vice -Présidents, conformément à la tradition de cette assemblée. Nous allons donc tirer au sort pour déterminer dans quel ordre ils pourront être appelés à assumer Dr Empana, premier; Dr Karan Singh, deuxième; Dr Mohy El -Din, troisième; la présidence Dr Everingham, quatrième; Dr Castillo Sinibaldi, cinquième. Nous avons ainsi établi la liste de ceux qui, en cas de défaillance du Président, assureront la direction de nos travaux. Y a -t -il des observations à ce sujet ? En l'absence d'objections, cette liste est adoptée. Je voudrais demander aux personnalités qui ont été élues à la vice- présidence de bien vouloir venir s'installer à la tribune et de prendre les places qui leur sont réservées. Mes félicitations toutes particulières pour votre désignation, mes chers collègues. :

:

Election des présidents des commissions principales Le point suivant du rapport présenté par le Dr Kilgour concerne la désiLe PRESIDENT gnation des présidents des commissions principales. La Commission des Désignations a proposé :

- 41 -

42

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

M. Mzali (Tunisie) comme président de la Commission A. Je voudrais le féliciter tout particulièrement, après avoir demandé à cette assemblée si elle a une objection à formuler au sujet de cette proposition. Puisqu'il n'y en a pas, il est décidé que M. Mzali sera Président de la Commission A. En ce qui concerne la présidence de la Commission B, nous avons entendu avec une grande satisfaction la proposition d'élire à ce poste le Dr Cayla (France), un ami de toujours. Cette assemblée a -t -elle des objections à l'égard de cette proposition ? En l'absence d'objection, j'ai le plaisir de déclarer le Dr Cayla élu comme Président de la Commission B. Constitution du Bureau de l'Assemblée Le PRESIDENT Le point suivant du rapport de la Commission des Désignations porte sur la désignation des membres du Bureau de cette assemblée. Conformément à l'article 31 du Règlement intérieur, la Commission des Désignations a proposé les noms de quatorze pays dont vous avez entendu la liste et dont les délégués siégeront en tant que membres du Bureau. Y a -t -il une objection à l'égard de la liste proposée par la Commission des Désignations des pays qui délégueront des personnes au sein du Bureau de cette assemblée ? En l'absence de remarque, cette liste est adoptée et les pays suivants désigneront donc un représentant au Bureau de l'Assemblée Bangladesh, Bolivie, Chine, Etats -Unis d'Amérique, Guinée, Irak, JamaYque, Lesotho, Libéria, Pologne, République Arabe Libyenne, République -Unie du Cameroun, Royaume -Uni de Grande Bretagne et d'Irlande du Nord et Union des Républiques socialistes soviétiques. Je me réjouis de ces désignations et je ne doute pas que nous pourrons avec ces délégués faire du très bon travail en vue de faciliter les décisions de cette assemblée. Je remercie tout particulièrement le Dr Kilgour, Président de la Commission des Désignations, de l'excellent rapport qu'il nous a présenté. :

:

3.

COMMUNICATIONS :

Le PRESIDENT En ce qui concerne la suite de nos travaux, immédiatement après cette réunion plénière, le Bureau que vous venez de constituer se réunira. Lors de cette première séance, le Bureau aura une responsabilité considérable, car il devra établir une proposition d'organisation de nos travaux pour les semaines qui viennent - travaux dont il n'est pas douteux qu'ils ont pour l'existence même de l'OMS une importance considérable. Nous aurons à examiner l'ordre du jour sur la base des travaux préparatoires du Conseil exécutif ainsi que l'ordre du jour supplémentaire. Le Bureau étudiera également les recommandations qu'il désire faire à l'Assemblée concernant la méthode de travail de l'Assemblée de la Santé (point 1.8 de l'ordre du jour provisoire) et il devra recommander également la répartition des points entre les commissions principales. Il établira aussi le programme de travail de l'Assemblée pour les prochains jours, y compris les discussions techniques qui doivent normalement se tenir vendredi toute la journée et samedi matin. Je voudrais rappeler que le Bureau de l'Assemblée est composé du Président, des Vice -Présidents, des Présidents des commissions principales et des délégués des quatorze pays que vous venez de désigner. La présidence des discussions techniques sera cette année, assurée excellemment, nous en sommes sûrs, par le Professeur Canaperia dont l'arrivée nous est annoncée incessamment. Mercredi 14 mai, c'est -à -dire demain, sous réserve bien entendu de l'agrément du Bureau que je solliciterai cet après -midi, nous tiendrons les troisième et quatrième séances plénières de cette session. Nos travaux commenceront à 9 h.30 dans cette même salle. Notre réunion durera jusqu'à 12 h.30 et nous reprendrons nos travaux à 14 h.30 avec le programme de travail suivant allocution de votre président, qui sera suivie de l'examen des méthodes de travail de l'Assemblée de la Santé. Nous poursuivrons par l'adoption de l'ordre du jour et la répartition des tâches entre les commissions principales, conformément aux articles 33 et 34 du Règlement intérieur. Il est envisagé de procéder ensuite à l'examen des candidatures de nouveaux Membres et Membres associés (point 1.12 de l'ordre du jour), sous réserve bien entendu de l'accord du Bureau et de toute modification qui pourrait intervenir à la suite de ses discussions. Puis nous passerons à l'étude et à l'approbation des rapports du Conseil exécutif (point 1.10) sur ses cinquante quatrième et cinquante- cinquième sessions, conformément à l'article 18 d) de la Constitution de notre organisation. Viendra ensuite l'examen du Rapport annuel du Directeur général sur l'activité de l'OMS en 1974, selon le même article de la Constitution. Nous aborderons enfin la discussion générale sur les points 1.10 et 1.11 dont je viens de vous donner connaissance, et nous aurons peut -être quelques problèmes en ce qui concerne l'horaire qui devra être observé. Je ne veux pas dès à présent vous faire des déclarations alarmantes, mais il n'est pas exclu que nous ayons beaucoup de travail à accomplir dans la journée de demain et dans la journée de jeudi. Je vous ferai part demain en début de séance des décisions ou des propositions du Bureau et vous aurez l'occasion d'exprimer vos sentiments à l'égard de la façon dont vous souhaitez travailler. Ainsi que l'a annoncé le Professeur Pouyan, mon valeureux et charmant prédécesseur à cette tribune, la Commission de Vérification des Pouvoirs se réunira lorsque la discussion générale sur les points 1.10 et 1.11 commencera en séance plénière. Les délégations qui désirent participer à la discussion générale sur les points 1.10 et 1.11 (Rapports du Conseil exécutif et Rapport annuel du Directeur général) sont invitées à se :

DEUXIEME SEANCE PLENIERE

43

mettre en rapport le plus rapidement possible avec le Secrétariat et plus spécialement avec M. Fedele qui est, comme vous le savez tous, le grand ordonnateur de nos travaux. M. Fedele a, cette année, un travail particulièrement ardu et ingrat, compte tenu de la présence de très nombreux ministres de la santé publique des Etats Membres et du désir que ceux -ci ont exprimé de se faire entendre devant cette assemblée pour lui exposer des préoccupations particulières ou des préoccupations de caractère plus général relatives à leur pays. Il m'a été rapporté que dès à présent, et avant même cette annonce, celui -ci avait déjà reçu 53 demandes d'intervention, essentiellement de ministres de la santé publique qui ont, en outre, exprimé le désir de pouvoir s'exprimer avant jeudi soir. Vous vous souviendrez certainement tous des règles qui ont été établies depuis longtemps en ce qui concerne les interventions à l'Assemblée, et vous savez qu'en principe elles sont limitées à dix minutes. Ceci représente déjà 530 minutes et, comme il est vraisemblable qu'un grand nombre d'autres délégations auront également des choses très intéressantes à nous dire, et qu'elles souhaiteront les dire, nous sommes vraiment très préoccupés en ce qui concerne l'ordre de nos travaux. Je voudrais cependant rappeler à ceux d'entre vous qui ont une intervention écrite dont ils se proposent de donner lecture qu'en tout état de cause il est important que le texte de ces interventions et la langue dans laquelle elle sera faite soient connus de M. Fedele, et cela pour plusieurs raisons, notamment celle de faciliter le travail de traduction et la compréhension des interventions par tous les membres de cette assemblée. Il est donc demandé à tous ceux d'entre vous qui ont des textes écrits de bien vouloir les remettre à M. Fedele. Je voudrais par ailleurs adresser une prière à ceux d'entre vous qui ont un texte ils savent que ce texte sera publié in extenso dans les comptes rendus de cette écrit assemblée; dès lors, peut -être certains d'entre vous estimeront -ils suffisant que ces interventions soient publiées in extenso et renonceront -ils à la lecture de ces textes, ce qui ferait évidemment gagner beaucoup de temps à l'Assemblée. Je tiens à dire cependant, dès maintenant, qu'en aucun cas et en aucune manière je ne veux limiter le temps de parole de ceux d'entre vous qui souhaitent parler - si ce n'est dans les limites auxquelles il vient d'être fait allusion. Voici, mes chers collègues, ce que je devais vous dire maintenant. La séance est levée. :

La séance est levée à 15 h.10.

TROISIEME SEANCE PLENIERE

Mercredi 14 mai 1975, 9 h.30 Président :

Professeur S. HALTER (Belgique)

1.

DISCOURS DU PRESIDENT DE L'ASSEMBLEE :

Le PRESIDENT Mesdames et Messieurs, la séance est ouverte. J'espère qu'entre hier et aujourd'hui vous avez eu l'occasion de profiter de ce très beau climat que la Confédération suisse et plus spécialement le Canton de Genève ont bien voulu nous accorder pendant ces quelques heures, et que le repos dont vous avez bénéficié permettra à nos travaux de se développer aussi harmonieusement que possible dans les heures qui viennent. Mesdames et Messieurs, Excellences, Messieurs les Ministres, et vous tous mes frères de la santé publique qui oeuvrez sans cesse en faveur de la santé et du bonheur des peuples, je voudrais vous dire que l'émotion que j'ai éprouvée hier, au moment où vous m'avez projeté vers cette tribune en me confiant cette lourde responsabilité de diriger les débats de la présente Assemblée, cette émotion ne m'a pas permis de rassembler mes idées et de vous adresser quelques paroles hier déjà. C'est la raison pour laquelle je vous demanderai ce matin quelques minutes d'indulgence et de patience pour me permettre de vous exposer quelques vues et quelques préoccupations qui me paraissent de nature à susciter vos réflexions; je souhaiterais vous encourager à consacrer l'essentiel de vos efforts à la recherche des moyens d'améliorer la condition de nos peuples et d'assurer à ceux -ci, conformément à notre Constitution, le meilleur état de santé possible. Je me suis permis de m'adresser à mes frères en santé publique car nous, médecins, faisons partie d'une chaîne qui a commencé il y a plusieurs milliers d'années. C'est au moment où l'humanité venait de prendre conscience de son existence à la surface du globe qu'elle s'est préoccupée, d'abord à l'échelon de la famille, puis à l'échelon des petits groupes de population, puis enfin à l'échelon des peuples et des nations, de la lutte contre la maladie, les traumatismes et les perturbations physiologiques dont, à la différence des animaux, elle n'a pas accepté de subir sans plus les effets; elle a voulu, au contraire, par des efforts constants, par une observation attentive des phénomènes morbides et par l'utilisation de tous les moyens que la nature met à notre disposition, lutter contre ces anomalies, contre ces incapacités, contre ces invalidités. La plupart grandes nous ont laissé le souvenir de grands médecins que, très tôt, on s'est empressé de transformer en divinités, et je m'en voudrais de ne pas rappeler cette remarquable statuette qui se trouve dans le hall de l'OMS et qui représente notre plus ancien maître à tous, Imhotep, l'architecte, le philosophe, le médecin de l'ancienne Egypte. Je voudrais aussi rappeler Asclepios et nos grands maîtres Hippocrate et Galien, sans oublier ces autres grands maîtres de la médecine qui, dans les régions orientales de l'Asie, ont développé des sciences médicales extraordinaires dont nous cherchons encore aujourd'hui à approfondir les facteurs et les effets. Je voudrais ajouter aussi que, très rapidement, les collectivités humaines ont ressenti le besoin de lier la politique à la médecine et que ceux qui portaient les responsabilités de direction au sein des communautés humaines ont très tôt ressenti la nécessité d'assurer à ces collectivités le support nécessaire à la protection de leur santé. Ce support n'a pas été n'importe lequel Il ne s'agissait pas seulement d'encourager les médecins à pratiquer leur art, mais de songer également à ce qu'ils le pratiquent dans les meilleures conditions, et aussi au profit des patients traités et sans leur nuire. Je n'ai jamais pu m'empêcher d'avoir une vive admiration pour le code d'Hammourabi, dont vous connaissez tous les éléments et dans lequel la médecine a été placée pour la première fois et d'une façon indiscutable devant ses droits, ses devoirs et ses responsabilités. C'est au cours des cinquante dernières années que la santé a cessé d'être simplement l'absence de maladie ou d'invalidité, c'est en 1946 que nos constituants ont rédigé la définition de la santé, en y introduisant des concepts sociaux qui résultaient naturellement des grands bouleversements sociaux du XIXe siècle et du XXe siècle dans nos régions. Si, dans toutes les régions du monde, cette propension à rechercher l'amélioration de la condition humaine s'est développée inexorablement et inéluctablement, c'est au travers de luttes souvent très violentes et très dures. Aujourd'hui, nous constatons que les efforts qui ont été accomplis sur le plan social et politique, de même que le développement de la connaissance scientifique dans les domaines de la santé, nous ont fait faire des progrès considérables. Hier, en me dirigeant vers cette tribune, je n'ai pas pu m'empêcher de songer à certains de mes grands prédécesseurs. J'ai songé au regretté Professeur Stampar, que j'ai eu l'honneur de connaître au lendemain de la guerre et dont la science et la sagesse m'ont considérablement impressionné. Une liste d'amis, Evang, Parisot, Al- Wahbi, Sir John Charles, Aujaleu, ont jalonné les traditions et les destinées de cette assemblée. .

-44-

TROISIEME SEANCE PLENIERE

45

Enfin, celui dont je m'honore de prétendre à l'amitié, mon prédécesseur immédiat le Professeur Pouyan a, par sa gentillesse, sa simplicité, sa sagesse et sa générosité, contribué grandement à l'évolution de cette institution, et je dis bien générosité, car non seulement le Professeur Pouyan a payé de sa personne pendant son mandat, mais il nous a aussi fait cette surprise de nous apporter hier à la fois le message et le don généreux de S.M. l'Impératrice d'Iran. Je crois que tous, nous souhaiterons exprimer au Professeur Pouyan à la fois notre sympathie et notre gratitude. Nous sommes réunis ici afin de dresser le bilan de nos réussites et de nos échecs, et de formuler notre action pour l'avenir. Au cours des dernières Assemblées, de nombreuses personnes hautement qualifiées et venant de tous les coins du globe ont fait d'importantes déclarations et indiqué les tâches qui s'imposent. Le Dr Gunaratne, du continent asiatique, a évoqué les contradictions de l'époque actuelle et le fossé croissant entre les situations extrêmes de développement. Le Professeur Aujaleu, mon ami et maître cher, a souligné avec éloquence l'interdépendance de la santé et du développement. Sir William Refshauge, de l'Océanie, a réclamé un équilibre équitable dans les programmes de l'OMS pour assurer une efficacité maximale. Le Dr Layton, des Amériques, à l'occasion du vingt -cinquième anniversaire de l'Organisation, a mis en évidence les meilleurs moyens pour l'OMS de s'acquitter de sa mission par la coopération et le précepte. Et le Dr Ayé, de l'Afrique, a insisté sur la nécessité de trouver des ressources appropriées pour que le rêve de santé universelle devienne une réalité. Mais je m'en voudrais de ne pas rappeler la gentillesse, la grâce et l'amitié souriante de notre collègue Sulianti d'Indonésie qui, il y a deux ans encore, à cette place, éclairait cette assemblée de toute la grâce féminine qui est la sienne, et je souhaite en ce moment et en cette Année de la Femme lui rendre un tout particulier hommage. Les messages venant de ces cinq continents, où les hommes vivent dans des conditions si différentes, répondent tous à une préoccupation commune qui a guidé l'Organisation dans ses travaux et lui a valu la position enviable qu'elle occupe à bon droit. Cependant, les problèmes que nous avons encore à résoudre sont loin de nous autoriser à être satisfaits de nous -mêmes et à nous laisser aller. Certes, de grands progrès ont été réalisés dans l'aide aux défavorisés du monde, mais il reste encore beaucoup, vraiment beaucoup, à faire. C'est là qu'est le défi actuel. Pour faire face à ce défi, l'Organisation a le bonheur - je suis sûr que vous en conviendrez avec moi - d'avoir un Directeur général infatigable à qui l'on doit un renouveau d'allant dans les activités, d'enthousiasme chez le personnel et de résolution parmi les Etats Membres. Avec tant de bonne volonté, de travail et de sens de la mission à accomplir, nous ne pouvons pas échouer; nous ne devons pas échouer, car ce serait une catastrophe impensable. Cependant, il ressentie l'activité de l'Organisation dont l'instabilité économique de ces dernières années a engendré un malaise socio- économique dans les pays industrialisés et a eu des répercussions fâcheuses surtout sur les services de santé des pays en voie de développement. Les problèmes relatifs à la croissance démographique, aux soins de santé minimaux et aux besoins nutritionnels fondamentaux ont continué à limiter les réalisations dans une mesure telle qu'une fois de plus l'attention se trouve attirée sur les relations intimes entre la santé et le cadre socio- politique, et qu'apparaít la nécessité d'un effort d'imagination et d'une action sur plusieurs plans à la fois. Dans le contexte social, il devient de plus en plus évident que la pénurie d'aliments est la manifestation la plus marquée de la pauvreté et que les crises alimentaires sont étroitement liées aux problèmes démographiques et à la santé. Ici, à l'OMS, nous ne pouvons pas ne pas tenir compte de ces interactions et borner nos efforts au seul domaine de la santé. C'est pourquoi nous notons avec satisfaction que l'Organisation a participé activement l'an dernier à la Conférence mondiale de la Population ainsi qu'à l'élaboration du Plan d'action mondial de la Population. Mais, à côté de ces efforts coordonnés, il est une autre entreprise propre à l'OMS qui il s'agit de la mise en place de services de santé semble promise à de grandes réussites primaires dans les collectivités qui ont le plus grand besoin de soins mais qui sont le plus mal desservies. C'est une conception d'aider les gens à s'aider eux -mêmes, selon leurs besoins et leurs possibilités. Dans le sous -développement rural, la situation est partout différente et les priorités d'action sanitaire doivent être adaptées aux besoins particuliers de chaque localité. Cela suppose que nous abandonnions nos idées classiques, telles que le rapport optimum entre effectif médical et population, et que nous acceptions que les soins primaires soient assurés par des agents de santé ruraux n'ayant reçu qu'une formation très simple. Cela suppose aussi des centres bien équipés vers lesquels puissent être acheminés les cas graves. Dans cette entreprise très prometteuse, l'Organisation a besoin de notre soutien enthousiaste et total. Sachons éviter le péché d'orgueil en nous rappelant que le mieux est souvent l'ennemi du bien; là où rien n'existe, contentons -nous de réalisations modestes pour assurer au moins les soins élémentaires. J'en viens maintenant à l'autre pôle, c'est -à -dire aux maladies de l'abondance. Il ne fait malheureusement pas de doute que, dans le monde d'aujourd'hui, ceux qui souffrent le plus sont les habitants des pays en voie de développement. Alléger leurs souffrances doit donc rester la tâche principale de l'OMS. Cependant, les pays industrialisés comprennent de mieux en mieux que :

46

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

leur prospérité ne les met pas à l'abri d'une certaine pathologie sociale et de maladies chroniques de plus en plus répandues. Les maladies dégénératives et les affections cardíovasculaires sont sans doute les premiers exemples quí viennent à l'esprit, mais j'aimerais surde la multitout m'arrêter sur les effets tardifs - certains bien connus, d'autres moins tude des polluants que nos sociétés industrielles déversent sur elles- mêmes. Les maladies et les tensions physiologiques, mentales et sociales, qui suivent presque inéluctablement dans le sillage du développement sont en train de devenir une étiologie de plus de contre -développement. Dans les pays avancés, on remet d'ores et déjà sérieusement en question la nécessité des hôpitaux géants, des traitements de luxe, d'une haute densité médicale et des dépenses consacrées aux techniques de prestige. Pour ne prendre qu'un exemple, la détresse sociale des millions de personnes âgées, en vérité des malades sains, ne pourra trouver de remède qu'au prix d'un douloureux examen de conscience sociale. Ainsi, à une époque où les moyens de combattre la maladie deviennent plus puissants et plus efficaces, on se trouve dans une situation paradoxale où les pays développés créent de nouvelles maladies, tandis que les pays démunis sont toujours aussi peu aidés dans leur développement et que le fossé entre les deux groupes s'élargit et s'approfondit sans cesse. Devant ce tableau mondial d'injustice et d'inégalité sociale, l'Organisation mondiale de la Santé ne peut rester indifférente. Il ne faut pas qu'elle laisse gaspiller ce qui a été péniblement acquis et il ne faut pas qu'elle laisse hors de portée ce qui doit être atteint. Cela exige un grand élan de coopération internationale, la participation active de tous nos gouvernements, une conscience sociale collective et l'engagement personnel de chacun de nous. Venant d'un pays dit "industrialisé ", je me permets ici de signaler une tendance de plus en plus affirmée qui désormais, les pays en voie de devrait être pour nous tous un motif de grande satisfaction développement comptent de plus en plus sur eux -mêmes, ce qui leur donne du même coup ce sens de la dignité sans lequel rien de valable ne peut être entrepris. En ma qualité de Président de cette assemblée, je voudrais humblement engager les pays en voie de développement à ne pas se sous -estimer, à ne pas minimiser leur rôle sur la scène mondiale, à ne pas vivre dans la crainte que le plein développement soit impossible. En réalité, ils ont plus d'une leçon à donner à leurs frères plus favorisés; que l'on soit celui qui reçoit ou celui qui donne, le temps n'est plus au chauvinisme et à l'arrogance technologiques. A l'évolution des rôles auxquels les nations sont appelées doit correspondre une évolution parallèle de l'OMS. Aussi est -il réconfortant de constater qu'après s'être attaquée à des problèmes immédiats en veillant à la bonne gestion de projets précis, l'Organisation se lance maintenant dans une action plus vaste de programmation sanitaire par pays. Il ne suffit plus de solutions fragmentaires à des problèmes isolés pour répondre aux besoins des Etats Membres. Aujourd'hui, l'accent doit être mis sur une approche systématique qui permettra aux pays d'identifier leurs priorités dans le secteur de la santé, de préciser leurs objectifs opérationnels et de mettre sur pied les programmes voulus pour les atteindre. Par sa souplesse, cette méthodologie de programmation à moyen terme au niveau national répond aussi bien aux besoins des pays en voie de développement qu'à ceux des pays développés et offre l'avantage de permettre une harmonisation des priorités des pays avec celles de l'Organisation, donnant ainsi des bases solides au programme général de travail de l'OMS. Ces problèmes permanents exigent de nous un effort systématique et continu, mais il faut aussi se préparer aux urgences que pourraient créer des situations catastrophiques. Il est donc satisfaisant de savoir que notre organisation a pris des mesures spéciales pour se donner les moyens de faire face à des crises inattendues. En évoquant tout à l'heure le cadre socio- économique dans lequel il faut chercher à résoudre les problèmes de santé, je ne sous -entendais nullement que l'OMS doive renoncer à ses obligations et prérogatives de chef de file dans le domaine de la santé internationale. Bien au contraire. En collaborant étroitement avec les autres institutions des Nations Unies et les organisations gouvernementales ou non gouvernementales qui concourent au développement social et économique, l'OMS ne pourra qu'augmenter sa propre efficacité et sera mieux en mesure d'atteindre son objectif de conduire tous les peuples à un état de complet bien -être physique, mental et social. A cette fin, il faut que l'Organisation et tous ses Membres, c'est -à -dire vous et moi, nous sortions de notre tour d'ivoire médicale et acceptions d'unir nos efforts à ceux d'autres partenaires pour mieux répondre aux besoins de santé de la société humaine. Les défis qui nous sont lancés sont nombreux, et c'est seulement en termes très généraux que je viens de les évoquer. Ces quelques réflexions personnelles et le trésor d'idées et d'expérience que vous apportez chacun de votre pays sont maintenant soumis à cette assemblée. A elle d'en débattre et de les traduire en sages décisions. La fraternité médicale, mes chers collègues, s'est développée au cours des temps parce que les médecins et, depuis quelque temps, les autres professions qui oeuvrent dans l'équipe sanitaire ont eu des responsabilités particulièrement délicates. Soigner les malades, promouvoir la santé des peuples est une tache d'un caractère très particulier et il faut donc que cette oeuvre merveilleuse puisse se développer dans des conditions optimales. Quelles sont donc ces conditions ? Et c'est là que nous retrouvons cette disparité profonde qui, dans certains moments, semble se creuser plutôt que de se combler entre les pôles du déve:

TROISIEME SEANCE PLENIERE

47

loppement de nos communautés, et je crois que tous nos efforts devraient se conjuguer pour que nous, de notre côté et avec les responsabilités qui sont les nôtres, contribuions à combler les différences et non pas à les accentuer. Le serment d'Hippocrate, comme beaucoup d'autres formules de serments qui nous lient, montre bien à quel point les médecins ont été au cours des temps conscients de leurs responsabilités et de leurs devoirs. Nous savons qu'aujourd'hui, dans certains pays, les conditions dans lesquelles la médecine s'exerce entraînent un accroissement considérable du nombre de personnes qui appartiennent à ce groupe et à cette profession. Et, dès lors, il est fatal que certains perdent un peu de vue et la noblesse et le caractère quasi ésotérique des responsabilités de la santé. Nous devons donc nous efforcer de rappeler partout où nous le pouvons cette responsabilité d'oeuvrer dans un secteur particulièrement délicat des activités humaines. Il est évident - et cela a été dit depuis longtemps - que la santé représente dans toutes les communautés humaines un facteur d'équilibre social, économique et politique et que toute altération de cet état peut entraîner à la fois le mécontentement des populations et la création de terrains favorables à l'éclosion de troubles. On doit redouter aussi ces fléaux que sont la pauvreté et la dictature. Aucune activité humaine autre que la médecine n'a présenté à ce point une continuité dans l'effort et l'action au travers des siècles, et cela explique probablement qu'aujourd'hui encore la médecine ait ce caractère un peu mystérieux qui amène le patient à se confier aveuglément à nos interventions. Toutefois, nous constatons aussi que la médecine comme toutes les autres activités humaines s'est équipée d'une façon extraordinaire. Elle a acquis, par l'utilisation de moyens mécaniques, une puissance qu'il est de plus en plus difficile de maîtriser; quoi d'étonnant, dès lors, que l'on voie dans le secteur de la médecine également se dessiner des mouvements de contestation. Je crois qu'il est essentiel que nous soyons toujours conscients du rôle fondamental que nous devons jouer. Je crois que la contestation est favorable, dans un certain sens, pour nous amener à reconsidérer certaines vérités que nous estimions définitivement établies; pour nous amener à reconsidérer certaines attitudes; et peut -être aussi pour nous amener à en changer. Mais en tout état de cause, je crois que l'oeuvre à laquelle nous sommes attachés est vaste et nécessaire, cette oeuvre qui est si excellemment reflétée dans le monde par l'Organisation mondiale de la Santé. Je crois, en outre, que cette oeuvre et les problèmes que nous aurons encore à résoudre sont et seront importants et fondamentaux. Ces préoccupations doivent être présentes à l'esprit de tous. Nous savons que, dans la mesure où, aujourd'hui, une organisation sanitaire comporte non seulement des activités de médecine curative, de médecine préventive et de médecine restaurative, la santé ne trouve plus sa satisfaction dans le seul exercice de ces activités et les responsabilités se déplacent vers la protection de la qualité de la vie et du milieu de vie. Nous savons aussi que les activités sociales doivent se développer pour permettre à tous les citoyens de tirer le plus grand profit de tous les moyens que les communautés développent et mettent à la disposition de ceux qui portent la responsabilité de protéger et de promouvoir la santé. Et, dès lors, il est normal de considérer que le rôle de l'OMS doit nécessairement s'orienter vers ces problèmes fondamentaux que constituent les aspects sociaux de la production et de la dispensation des soins, qu'il s'agisse de traiter ou de protéger. Nous savons que rien de cela n'est possible si l'éducation et la formation du personnel, sans cesse plus nombreux, nécessaire à la réalisation de ces tâches n'est pas assurée dans les meilleures conditions. Nous savons aussi que la recherche biomédicale est devenue un des éléments fondamentaux de notre temps, car si nous disposons de moyens mécaniques puissants, notre connaissance n'a pas nécessairement évolué dans les mêmes proportions. Enfin, l'éducation du public, l'information correcte de chacun des citoyens du monde sur les possibilités qu'il a de se protéger lui -même sont peut -être, parmi les différentes actions que nous pouvons mener, une des plus efficaces, et peut -être aussi un des meilleurs moyens de protéger la santé. Dans la période de crise économique que nous vivons, dans une période de croissance démographique quelquefois incontrôlée, dans le contexte de l'inégalité des possibilités d'alimentation des peuples du monde, la participation de l'OMS aux grandes conférences internationales mondiales de l'alimentation et de la population a été particulièrement appréciée. Aujourd'hui, les programmes devront nécessairement s'orienter davantage et je m'en voudrais de terminer cette allocution sans dire au Directeur général et à ses collaborateurs toute l'admiration que je ressens pour la façon magistrale avec laquelle ils ont pris le gouvernail de cet énorme navire qu'est l'Organisation mondiale de la Santé, qui se dirigeait tout droit vers les zones de tempête et qu'une main ferme a pu faire dévier vers des zones apparemment plus calmes. Mais, Monsieur le Directeur général, cela n'enlève rien aux responsabilités de l'Organisation, ni à la complexité des travaux que vous devez réaliser, car les moyens dont vous disposez s'amenuisent tous les jours alors que la demande et les tâches deviennent de plus en plus importantes. Il faut donc vous dire, et je crois que ce sera le sentiment de cette assemblée, que nous sommes tous unis, dans cette salle, dans nos pays, pour soutenir vos efforts, pour contribuer à l'action de cette organisation, à la réalisation de cette grande solidarité humaine que nous devons voir déferler sur le monde si nous voulons qu'un jour nous puissions vivre tous dans un climat de paix et avec les meilleures conditions de santé pour tous les citoyens du monde.

48 2.

VINGT- HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

ADOPTION DE L'ORDRE DU JOUR ET REPARTITION DES POINTS ENTRE LES COMMISSIONS PRINCIPALES :

Excellences, Mesdames et Messieurs, nous allons passer maintenant aux Le PRESIDENT travaux de cette assemblée et le premier de nos problèmes sera de considérer notre ordre du jour.

A la séance qu'il a tenue hier après -midi, le Bureau s'est longuement penché sur le point 1.8 "Méthode de travail de l'Assemblée de la Santé" qui figurait dans le document A28/1 comportant le programme provisoire de nos travaux. Comme vous ne l'ignorez pas, le Conseil exécutif, dans sa résolution EB55.R46 reproduite aux pages 28 à 31 des Actes officiels N° 223, a formulé différentes recommandations en vue d'améliorer et de rationaliser le travail de l'Assemblée. Après une discussion longue et détaillée, le Bureau a décidé de recommander à l'Assemblée que ce point soit attribué à la Commission B pour un examen approfondi et pour l'établissement des propositions qui doivent être présentées à l'Assemblée. Toutefois, en vue de faciliter le travail de l'Assemblée, le Bureau vous recommande d'appliquer immédiatement - mais ceci sur une base purement expérimentale et afin de nous rendre compte de la valeur des propositions du Conseil exécutif - deux de ces propositions, notamment la proposition que la Commission A examine dans le détail le projet de budget programme avant de recommander le montant du budget effectif. Vous conviendrez avec moi qu'il y a une sérieuse dose de logique dans cette proposition; il s'agit de savoir ce qu'on veut faire avant de décider des moyens que l'on demandera pour le réaliser. La deuxième proposition est que l'une des commissions principales se réunisse pendant que se déroule en séance plénière de l'Assemblée de la Santé la discussion générale sur les rapports du Conseil exécutif et le Rapport du Directeur général relatif à l'activité de l'Organisation. Ces deux recommandations résultent d'un examen attentif du Bureau et, dans l'intérêt du bon déroulement de nos travaux, j'espère qu'elles rencontreront l'agrément unanime de l'Assemblée et qu'elles nous permettront à la fois de faire un travail plus efficace et de gagner du temps, car le programme de travail des réunions - je tiens à vous le dire dès maintenant - apparaît comme particulièrement chargé cette année. Il est bien entendu que les propositions du Conseil exécutif portaient sur d'autres points, d'une importance et d'une résonance plus grandes; mais comme il a été suggéré qu'ils soient discutés par la Commission B, ces points pourront faire l'objet de commentaires détaillés et de décisions appropriées. Je voudrais demander à l'Assemblée s'il y a des objections à ce que nous adoptions cette méthode de travail, qui reviendra en fin de compte à supprimer le point 1.8 de l'ordre du jour de l'Assemblée plénière et,en fait, à le transférer à la Commission B. Je tiens à dire qu'avec le peu d'expérience que j'ai déjà acquis de la fonction de Président de cette assemblée, je crois que cette solution et cette proposition sont sages et qu'il y aurait tout intérêt à les adopter. Y a -t -il des oppositions ? Je n'en vois pas. Dès lors, il en sera fait ainsi. Le point suivant (point 1.9) concerne l'adoption de l'ordre du jour et la répartition des points entre les commissions principales. Le Bureau a examiné très attentivement l'ordre du jour provisoire qui a été adressé aux Membres et aux Membres associés soixante jours avant l'ouverture de la session (document A28/1) ainsi que l'ordre du jour supplémentaire (document A28/1 Add.l) où figurent deux autres points. Le Bureau a été saisi hier, en outre, de la demande du Gouvernement de l'Irak d'inclure un troisième point supplémentaire, intitulé "Emploi de l'arabe comme langue de travail à l'Assemblée mondiale de la Santé et au Conseil exécutif "; le document A28/1 Add.2, distribué ce matin, fait état de cette requête. Le Bureau a formulé au sujet de l'ordre du jour un certain nombre de recommandations qu'il vous appartiendra maintenant d'examiner. Il s'agit en premier lieu de modifications à apporter à l'ordre du jour et en deuxième lieu de la répartition des points. Si vous le voulez bien, nous examinerons d'abord les recommandations du Bureau concernant les amendements à l'ordre du jour.

Le premier point est le point 1.12 "Admission de nouveaux Membres et Membres associés ". Le Bureau a recommandé d'ajouter trois sous -points à ce point de l'ordre du jour, afin de tenir compte des demandes d'admission qui ont été reçues par le Directeur général. Le premier de ces sous -points serait intitulé 1.12.1 "Demande d'admission des Tonga ". Cette demande a été reçue le 13 mars 1975 et communiquée à l'ensemble des Membres le 25 mars; elle fait l'objet du document A28/32. L'Assemblée accepte -t -elle de faire sienne la recommandation du Bureau d'inclure dans l'ordre du jour un point 1.12.1 intitulé "Demande d'admission des Tonga" ? Je ne vois pas d'objections; il en sera donc ainsi. Le point suivant, qui deviendrait le point 1.12.2, concerne la demande d'admission de la République démocratique du Viet -Nam. Cette demande a été reçue le 10 avril, et non le 18 comme il a été erronément indiqué dans le document en langue anglaise; il s'agit du document A28/34 que vous avez certainement sous les yeux. Cette demande a été communiquée à tous les Etats Membres le 18 avril. Je voudrais demander si l'Assemblée est d'accord pour inscrire ce sous point 1.12.2 à notre ordre du jour et l'intituler "Demande d'admission de la République démocratique du Viet- Nam ". Je ne vois pas d'objections, dès lors il en sera ainsi. Il y a un troisième point, le sous -point 1.12.3 "Demande d'admission du Mozambique ". Une communication demandant que le Mozambique soit admis comme Membre de l'Organisation mondiale de la Santé à dater du 25 juin 1975 a été reçue le 9 avril et communiquée à tous les Etats

TROISIEME SEANCE PLENIERE

49

Membres le 21 avril. Cette question fait l'objet du document A28/36. Je voudrais signaler que le Bureau s'est penché sur ce problème un peu particulier de l'admission d'un Etat qui ne sera en fait un Etat que dans quelves semaines. Le Directeur général a répondu à la satisfaction des membres du Bureau qu'il y avait des précédents et que c'était en tout cas une nécessité de permettre à l'Assemblée et à l'Organisation mondiale de la Santé de participer le plus rapidement possible aux activités en faveur de ce nouvel Etat. Je demande donc s'il y a des objections à l'inscription de ce point à notre ordre du jour. Je n'en vois pas; dès lors il en sera ainsi et nous aurons donc à notre ordre du jour un point 1.12.3 intitulé "Demande d'admission du Mozambique ". D'autre part, le Bureau a noté que la demande d'admission contenue dans le document

A28/35 était devenue sans objet, vu la communication ultérieure de la République du Sud Viet -Nam contenue dans le document A28/38; j'attire l'attention de l'Assemblée sur cette communication, qui fait qu'il ne nous est pas apparu nécessaire d'établir un sous -point concernant la demande de la République du Sud Viet -Nam. Il y a aussi des propositions en ce qui concerne l'adjonction de points supplémentaires à l'ordre du jour. En ce qui concerne l'ordre du jour supplémentaire, il a été distribué sous la cote A28/1 Add.l et aussi, comme je l'ai rappelé il y a quelques instants, sous la cote A28/1 Add.2. Le Bureau vous recommande d'inscrire à l'ordre du jour ces trois points qui figurent dans les documents que je viens de citer. Le premier point supplémentaire est intitulé "Dispositions transitoires concernant l'augmentation du nombre des membres du Conseil exécutif ". Le Bureau en a recommandé l'inclusion dans l'ordre du jour, étant donné qu'au stade actuel de la procédur.e d'adoption des amendements à la Constitution, et compte tenu du nombre des notifications d'acceptation des amendements aux articles 24 et 25 qui portent de vingt -quatre à trente le nombre des membres du Conseil exécutif, il est apparu souhaitable de disposer des instruments nécessaires à l'application de ces amendements, lorsque le nombre statutaire de ratifications aura été atteint. Il va sans dire que si ce point était inscrit à l'ordre du jour, le Secrétariat distribuerait un document tenant compte des précédents établis à la Treizième Assemblée mondiale de la Santé en 1960. Compte tenu de l'enthousiasme que l'Assemblée a marqué les années précédentes en faveur de l'adoption de ces amendements, je suppose qu'il n'y aura pas d'objections à l'inscription de ce point à l'ordre du jour. J'aimerais savoir si l'Assemblée est d'accord ? Je ne vois pas d'objections; dès lors, conformément à la recommandation du Bureau, nous inscrirons ce point supplémentaire à l'ordre du jour. Le deuxième point supplémentaire porte sur l'emploi du chinois comme langue de travail à l'Assemblée mondiale de la Santé et au Conseil exécutif. Pour permettre à l'Assemblée de prendre en toute connaissance de cause une décision sur l'inclusion de ce point supplémentaire, le Bureau a suggéré que le document A28/44, qui contient la requête du Gouvernement chinois, soit distribué sans retard et je suppose qu'il se trouvait devant vous ce matin. En ce qui concerne ce point particulier, je voudrais attirer l'attention de l'Assemblée sur la différence qu'il faut faire entre une langue officielle et une langue de travail. Le chinois est, je pense, une langue officielle de l'Assemblée mais n'a pas été jusqu'à présent une langue de travail, et les conséquences, budgétaires notamment, de cette transformation doivent être appréciées par l'Assemblée. Je vais donc demander s'il y a des objections à l'inclusion de ce point supplémentaire dans l'ordre du jour. Je n'en vois pas, il en sera donc fait ainsi. Le troisième point supplémentaire, qui a été proposé, comme je l'ai dit tout à l'heure, par le Gouvernement de l'Irak, porte sur l'emploi de l'arabe comme langue de travail à l'Assemblée mondiale de la Santé et au Conseil exécutif. Je présume que si l'Assemblée n'a pas fait d'objections au point précédent, elle acceptera également l'inscription de ce nouveau point à l'ordre du jour. En est -il ainsi ? Je vous remercie. Je ne vois pas d'objections. Donc ce point sera ajouté à notre ordre du jour. Il faut aussi que je vous fasse part de propositions de suppression de points de l'ordre du jour. En effet, le Bureau a constaté qu'il n'y avait pas lieu de discuter des points 3.5.1 et 3.5.2.

Le point 3.5.1 concerne les avances prélevées sur le fonds de roulement pour faire face à des dépenses imprévues ou extraordinaires en vertu de la résolution WHA26.23, partie C, paragraphe 2. 1). Ii était marqué dans l'ordre du jour provisoire "s'il y a lieu ". Comme il n'y a pas lieu, je suppose que vous serez d'accord pour la suppression de ce point. Le point 3.5.2 a trait aux avances prélevées pour livraison de fournitures d'Nrgence aux Etats Membres en vertu de la même résolution. Comme il n'y a pas lieu, je présume que vous serez également d'accord pour la suppression de ce point. En ce qui concerne le point 3.3.3, qui apparaît dans le projet d'ordre du jour avec la même mention, nous devons vous demander de le maintenir à l'ordre du jour. Il s'agit du point intitulé "Membres redevables d'arriérés de contributions dans une mesure pouvant donner lieu à l'application de l'article 7 de la Constitution ". Il convient de supprimer les mots "s'il y a lieu ", car malheureusement il y a lieu. Je suppose que ceci est approuvé par l'Assemblée ? Il en est ainsi décidé. Nous pouvons donc maintenant passer à la répartition des points de l'ordre du jour entre les commissions principales. L'ordre du jour provisoire de l'Assemblée (document A28 /1) a été

50

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

préparé, comme vous le savez, par le Conseil exécutif de manière à esquisser un projet de répartition des points à examiner entre la Commission A et la Commission B, compte tenu du mandat de ces commissions. Le Bureau recommande que la répartition des points entre les commissions principales indiquée dans l'ordre du jour provisoire soit maintenue, étant entendu que durant la session il faudra peut -être envisager de transférer d'une commission à l'autre certains points comme il est devenu un peu de tradition dans nos réunions. Cela dépendra bien entendu du volume de travail de chacune des commissions, et surtout du rythme auquel ces travaux pourront être soumis. En ce qui concerne les points supplémentaires de l'ordre du jour, je voudrais vous signaler que le Bureau a recommandé qu'ils soient tous trois examinés par la Commission B. Il s'agit donc des deux points concernant les langues chinoise et arabe et il s'agit également du problème de l'élargissement du Conseil exécutif. Vous savez qu'il existe à l'ordre du jour un certain nombre de points qui ne sont pas répartis et le Bureau a recommandé que ces points soient examinés en séance plénière, à l'exception du point 1.8 que vous avez accepté tout à l'heure de supprimer de l'ordre du jour de l'Assemblée plénière et de renvoyer à la Commission B. En ce qui concerne le point 1.14, il s'agit également d'un point que le Bureau vous recommande de transférer à la Commission B qui l'examinerait immédiatement après le point 3.9 intitulé "Traitements et indemnités, postes non classés ". Le point 1.14 "que nous vous suggérons de transférer porte sur un amendement au contrat du Directeur général. Je suppose que l'Assemblée marquera son accord sur ces propositions. Je ne vois pas d'objections. Il en est ainsi décidé. Etant donné que nous avons accepté tout à l'heure, à titre expérimental, la mise en oeuvre de certaines dispositions particulières concernant la méthode de travail de l'Assemblée de la Santé, le point 2.2, intitulé "Examen du budget programme pour les exercices financiers 1976 et 1977 ", devrait, comme vous le recommande le Bureau, être réorganisé de la manière le point 2.2.3 "Examen détaillé du budget programme pour les exercices financiers suivante 1966 et 1967" viendrait en discussion en premier lieu, donc avant les points 2.2.1, 2.2.2 et 2.2.4. Je suppose que, ayant accepté le principe, vous serez d'accord pour sa réalisation ? Il en est ainsi décidé. Le texte révisé du document A28/1 sera L'Assemblée a maintenant adopté son ordre du jour. mis au point, publié et distribué le plus rapidement possible et en tout cas se trouvera devant vous demain matin. Il sera tenu compte dans ce nouveau texte - et ceci est une remarque importante - du fait que le Volume II du Recueil des résolutions et décisions vient de paraître et, par conséquent, les références au texte des résolutions et des décisions seront modifiées en conséquence. Je demande aux délégués de bien vouloir être attentifs à ce point, car il pourrait y avoir bien entendu des confusions résultant de certains changements qui interviendront dans la présentation des documents de référence à l'ordre du jour. :

3.

COMMUNICATIONS :

Je voudrais, Mesdames et Messieurs, vous dire un mot des discussions Le PRESIDENT techniques. Les discussions techniques, comme vous le savez, se tiennent chaque année le vendredi et le samedi matin, à la fin de la première semaine. Le Bureau a recommandé qu'elles aient lieu comme prévu le vendredi 16 mai le matin et l'après -midi et le samedi 17 mai, le matin seulement, ceci afin de vous permettre de vous détendre et de récupérer des forces en vue de nos travaux de la semaine prochaine. Ainsi qu'il est indiqué dans le Journal d'ailleurs, vous trouverez le détail des arrangements relatifs à ces discussions dans le document A28/ Technical Discussions /3. Vous savez que les discussions techniques seront présidées par le Professeur Canaperia et qu'elles portent sur le sujet extrêmement important des maladies transmises par voie sexuelle. Je suppose que l'Assemblée n'a pas de remarques à formuler à ce point ? Je n'en vois pas. Il est donc ainsi décidé. La dernière communication que je voudrais vous faire concerne l'horaire de nos travaux. Le Bureau a décidé que l'horaire de travail serait en principe le suivant (je m'excuse si je dis "en principe ", car vous vous apercevrez au cours du temps que pour des raisons évidentes séances plénières et commissions il est nécessaire de procéder à certaines adaptations) principales, de 9 h.30 à 12 h.30, sauf les jours où les travaux cesseront à 12 heures parce qu'il y aura autre chose à faire à ce moment -là. Les autres choses à faire seront, par exemple, demain à 12 heures la remise du Prix de la Fondation Léon Bernard et d'autres jours, des réunions du Bureau. Donc, en dehors des journées où il y a une limitation, nous supplierons les commissions et l'Assemblée de bien vouloir rester en séance jusqu'à 12 h.30. L'après -midi, les séances reprendront à 14 h.30 et se termineront à 17 h.30. Le Bureau se réunira à 12 heures ou à 17 h.30, selon les circonstances, et ces réunions seront évidemment dûment annoncées. En ce qui concerne maintenant le programme de travail d'aujourd'hui et de demain, vous avez dans le Journal le programme tel qu'il a été arrêté par le Bureau. Nous venons de terminer :

1

Voir p. 31 l'ordre du jour adopté.

TROISIEME SEANCE PLENIERE

51

l'examen du point 1.9, qui concernait l'adóption de l'ordre du- jour; Je rappelle'que la Commission de Vérification des Pouvoirs se réunira dès que la discussion générale sur les points 1.10 et 1.11 sera commencée. Le point 1.10 a trait aux rapports du Conseil exécutif et le point 1.11 au Rapport du Directeur général. Après avoir écouté ces rapports, nous entamerons la discussion générale et la Commission de Vérification des Pouvoirs se réunira. Pour demain jeudi 15 mai, le programme suivant a été établi de 9 h.30 à 12 heures, réunion des commissions demain matin, pas de séance plénière, mais bien réunion principales. J'insiste sur ce point des Commissions A et B pour entreprendre leurs travaux. A 12 heures - et je demanderai que cette heure soit respectée autant que possible - séance plénière, pour l'attribution du Prix de la Fondation Léon Bernard. Nos travaux reprendront à 14 h.30 et se poursuivront jusqu'à déclaration du Président, qui invitera 17 h.30 en séance plénière avec le programme suivant les Etats à faire des propositions concernant l'élection de Membres habilités à désigner une personne devant faire partie du Conseil exécutif, puis adoption du premier rapport de la Commission de Vérification des Pouvoirs, et enfin reprise de la discussion générale sur les points 1.10 et 1.11; ce sera donc la suite de la discussion qui sera vraisemblablement entamée dès aujourd'hui. J'attire votre attention sur le fait que simultanément, et cela dans la mesure où l'horaire le permettra, la Commission A poursuivra ses travaux pendant que l'Assemblée plénière écoutera les interventions et participera à la discussion des points 1.10 et 1.11. Je rappelle que le Bureau se réunira demain à 17 h.30. Avant de passer au point suivant de l'ordre du jour, il me paraît essentiel d'attirer l'attention de l'Assemblée sur la participation à nos travaux des représentants de mouvements de libération nationale. Hier, mon prédécesseur le Professeur Pouyan a eu l'occasion de souhaiter la bienvenue à ces représentants. La résolution WHA27.37 dispose que ces représentants peuvent assister aux réunions de l'OMS en qualité d'observateurs. Je suppose que l'Assemblée sera prête à confirmer que ceux -ci jouiront des mêmes droits que les autres observateurs participant à l'Assemblée et auront donc le droit 1) d'assister aux séances publiques de l'Assemblée de la Santé et de ses commissions principales; 2) sur l'invitation du Président ou du Président par intérim, et avec l'agrément de l'Assemblée ou de la commission, de faire un exposé sur la question en discussion; 3) d'avoir accès aux documents non confidentiels et à tous autres documents que le Directeur général estimera pouvoir mettre à leur disposition; 4) de présenter des notes au Directeur général, qui déterminera la forme et la portée de leur mise en circulation. Ces quatre points représentent donc les droits des observateurs, et je voudrais demander à l'Assemblée s'il y a des observations à ce sujet. Je n'en vois pas, donc il est ainsi décidé, et les observateurs savent par conséquent quels sont dorénavant leurs droits au cours de cette : : :

:

réunion. 4.

ADMISSION DE NOUVEAUX MEMBRES

Demande d'admission présentée par les Tonga Le PRESIDENT Nous en arrivons: maintenant à l'examen du point 1.12 Admission de nouveaux Membres et Membres associés - dont la première subdivision, point 1.12.1, concerne la demande d'admission des Tonga (document A28/32). Compte tenu des observations qui ont été présentées, je suppose que l'Assemblée sera disposée à accepter le projet de résolution dont je vais vous donner lecture après avoir rappelé la procédure que nous suivons en la matière. Nous donnerons la parole à ceux qui la demanderont, et le projet de résolution sera ensuite mis aux voix. Cette résolution devra être adoptée à la majorité simple pour que l'admission soit un fait. L'un ou l'autre délégué souhaite -t -il intervenir sur ce point 1.12.1 ? Je prie le délégué de la Nouvelle -Zélande de bien vouloir venir à la tribune. : :

Le Dr HIDDLESTONE (Nouvelle- Zélande) (traduction de l'anglais) Monsieur le Président, le Gouvernement de la Nouvelle -Zélande est très heureux d'appuyer la demande d'admission du Royaume des Tonga. Il s'est toujours beaucoup intéressé aux Tonga et accueille avec satisfaction cette nouvelle preuve de l'importance que prend ce pays sur la scène internationale. Nous sommes convaincus qu'en entrant dans la famille de nations de la Région du Pacifique occidental, le Royaume des Tonga renforcera cette Région et contribuera efficacement à ses travaux. Nous prions respectueusement les honorables délégués de faire droit à cette demande d'admission. :

Le PRESIDENT Je vous remercie vivement, Monsieur le délégué de la Nouvelle -Zélande. Y a -t -il d'autres interventions ? Je donne la parole au délégué de Fidji. :

M. SINGH (Fidji) (traduction de l'anglais) Monsieur le Président, chers collègues ministres de la santé, honorables délégués, Mesdames et Messieurs, en ma qualité de délégué de Fidji, j'ai le plaisir et l'honneur d'appuyer chaleureusement la demande d'admission du Royaume des Tonga, pays proche du mien qui, non seulement nous est uni par des liens très forts et extrêmement cordiaux, mais qui est aussi pour nous un voisin modèle dans ce coin perdu du Pacifique, ce qui lui vaut du reste d'être universellement appelé "l'île des Amis ". :

52

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

Au cours des cinquante dernières années, les services médicaux de nos deux pays ont entretenu d'étroites relations. Le premier médecin tongan est sorti de l'Ecole de Médecine de Fidji en 1921. Depuis, nos institutions médicales, dentaires, infirmières et paramédicales ont servi et servent encore de centres de formation pour le personnel sanitaire tongan aux niveaux universitaire et postuniversitaire. En temps de guerre comme en temps de paix, nos deux pays ont toujours été alliés. Ils se consultent régulièrement sur les problèmes médicaux, éducatifs et commerciaux et unissent leurs efforts en cas de catastrophe naturelle. Vouée qu'elle est à la santé et au bien -être de l'humanité souffrante et se voulant universelle, l'Organisation mondiale de la Santé s'enrichira sous bien des rapports - nous en sommes convaincus - en admettant parmi ses Membres ce territoire hautement respecté du Pacifique sud qui ne fait qu'user d'un droit élémentaire en demandant à faire partie de cette noble organisation afin d'améliorer la santé de ses 88 000 habitants. A Fidji, nous nous sommes toujours fait un devoir d'épauler nos voisins du Pacifique et de partager avec eux tout ce que nous possédons. Monsieur le Président, c'est dans cet esprit que ma délégation réaffirme son appui à la demande d'admission des Tonga en qualité de Membre à part entière de l'Organisation mondiale de la Santé, et invite respectueusement les délégués à voter unanimement la résolution qui nous sera proposée. Merci, Monsieur le délégué. Quelqu'un d'autre désire -t -il intervenir ? Non. Le PRESIDENT Je vais donc vous donner lecture du projet de résolution qui est soumis au vote : :

La Vingt- Huitième Assemblée mondiale de la Santé ADMET les Tonga en qualité de Membre de l'Organisation mondiale de la Santé, sous réserve du dépôt d'un instrument officiel entre les mains du Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies conformément à l'article 79 de la Constitution.

Mesdames et Messieurs les délégués, veuillez voter en levant votre pancarte. Quels sont les pays en faveur de cette résolution ? Merci. Puis -je demander maintenant ceux des pays qui sont contre cette résolution ? Je vous remercie. Y a -t -il des pays qui souhaitent s'abstenir ? En l'absence de toute opposition ou abstention, la résolution est adoptée à l'unanimité.' Je suis très heureux de pouvoir, comme premier acte de ma présidence, féliciter le Royaume des Tonga pour son admission en qualité de Membre de l'OMS. J'espère que les rapports entre l'Organisation et ce pays seront des plus fructueux et j'espère aussi que la situation des délégués de ce pays sera aussi agréable parmi nous qu'elle a pu l'être pour les autres délégations jusqu'à présent. Demande d'admission présentée par la République démocratique du Viet -Nam Demande Nous passons maintenant au point 1.12.2 de notre ordre du jour Le PRESIDENT d'admission de la République démocratique du Viet -Nam (document A28/34). L'Assemblée est maintenant saisie de cette demande et j'ai, dès à présent, devant moi une liste d'orateurs qui souhaitent intervenir. Il s'agit en tout premier lieu de l'observateur de la République démocratique du Viet -Nam que j'invite à venir à la tribune. : :

Le Professeur HOANG DINH CAU (observateur de la République démocratique du Viet -Nam) Monsieur le Président, Monsieur le Directeur général, Mesdames et Messieurs les délégués, la délégation de la République démocratique du Viet -Nam remercie très sincèrement M. le Président et M. le Directeur général qui ont créé les dispositions favorables pour que nous puissions assister et prendre la parole à cette Vingt- Huitième Assemblée mondiale de la Santé. Nous saluons chaleureusement Mesdames et Messieurs les délégués des pays Membres et souhaitons que cette Vingt -Huitième Assemblée remporte de nouveaux succès dans son oeuvre de protection de la santé des peuples du monde. Après avoir étudié le but et les fonctions de l'Organisation mondiale de la Santé sur la base des articles 3 et 6 de sa Constitution, le Gouvernement de la République démocratique du Viet -Nam a remis sa demande d'admission à l'Organisation avec le désir de développer les rapports amicaux et de coopération avec les Etats Membres et de contribuer au renforcement et à l'amélioration de la protection de la santé des peuples du monde. Comme vous le savez, le Viet -Nam est une nation plurimillénaire qui avait toujours défendu farouchement son indépendance. Le Viet -Nam a une culture datant de longs siècles, son territoire possède de grandes richesses naturelles. Le peuple vietnamien, travailleur et persévérant, est un peuple épris de paix mais prêt à consentir les plus lourds sacrifices parce que, pour nous, rien n'est plus précieux que l'indépendance et la liberté. Notre peuple a dû mener un combat long et ardu et contre la nature, et contre les envahisseurs; il a vécu de longues années durant dans des conditions atroces. Le régime colonial ne lui permettait pas de bénéficier des bienfaits de la science médicale; il ne jouissait d'aucun droit à la protection sanitaire. :

1 Résolution WHA28.1.

TROISIEME SEANCE PLENIERE

53

Avant la révolution d'août 1945 qui a donné naissance à la République démocratique du Viet -Nam, le niveau de vie du peuple vietnamien était des plus bas. La famine a causé deux millions de morts en 1945; les notions d'hygiène les plus élémentaires étaient ignorées par une grande partie de la population; les maladies épidémiques telles que la peste, le choléra, la fièvre typhoTde, la poliomyélite sévissaient presque chaque année; les maladies la variole, sociales - tuberculose, paludisme, trachome, lèpre, maladies vénériennes - étaient répandues dans tout le pays. D'après les anciens documents, le taux de mortalité générale s'élevait à 26 pour 1000 et le taux de mortalité infantile atteignait 300 à 400 pour 1000. En 1945, le colonialisme et le fascisme nous ont légué une situation désastreuse avec une organisation sanitaire des plus pauvres. Dans tout le pays, il n'y avait que 47 hôpitaux, 9 maternités avec environ 4000 lits et 100 médecins qui étaient concentrés dans les grandes villes pour servir une minorité de privilégiés. Après la reconquête de l'indépendance en 1945 sous l'égide du Parti des Travailleurs du Viet -Nam ayant à sa tête notre vénéré Président Hô Chi Minh, la préservation de la santé publique était mise au premier rang des taches primordiales de l'Etat. Le droit à la protection de la santé du citoyen vietnamien est inscrit nettement dans la première Constitution du 9 janvier 1946 et le Gouvernement a donné à ce problème une orientation précise et mis en oeuvre des mesures concrètes. Sur la base de ces directives, un réseau médico- sanitaire pour tout le pays est mis sur pied. Cependant, à peine avions -nous commencé le travail que les colonialistes déclenchaient une guerre de reconquête qui allait durer de 1946 à 1954. La victoire historique de Diên Biên Phu rétablit la paix dans notre pays pour plus de dix années, mais il fallut bientôt mener une seconde guerre de résistance contre le néo- colonialisme, qui voulait par la guerre spéciale, puis locale et de destruction perpétuer la division d'un pays déjà unifié depuis plusieurs siècles. La signature en 1973 de l'Accord de Paris a mis fin à cette guerre qui a causé des destructions considérables. Malgré trente années de guerre acharnée et dure, le service de protection de la santé de notre peuple n'a cessé d'être renforcé et de se développer grâce à l'application résolue d'une ligne générale, que notre gouvernement a ainsi définie - la médecine vietnamienne doit servir le bien -être du peuple, servir la production et servir la défense nationale; - la médecine vietnamienne a pour tâche principale la prophylaxie; elle doit chercher à combiner les taches du traitement et de la prévention et savoir allier les progrès de la médecine moderne aux expériences de la médecine traditionnelle; - la médecine vietnamienne doit compter sur ses propres forces et s'appuyer sur le peuple pour organiser et développer le service sanitaire tout en utilisant avec le meilleur rendement l'aide des pays frères et des organisations progressistes du monde. En application de cette ligne, notre réseau médico- sanitaire allant de l'échelon central jusqu'au village doit prendre en main l'hygiène et la prophylaxie, le traitement curatif, la formation des cadres, la recherche scientifique, la culture des plantes médicinales, la production et la répartition des produits pharmaceutiques. Partant de la situation concrète de notre pays - un pays doté d'une agriculture très en retard et appauvri par des guerres continues - nous avons adopté des méthodes de travail particulières qui nous sont propres pour répondre aux besoins sanitaires du pays et en même temps pour nous mettre au courant de la science médicale moderne. Dans notre réseau médico- sanitaire, nous attachons une importance particulière à l'échelon sanitaire de base qui est la commune, car les paysans constituent 90 % de la population, formant la principale force de combat et de production. De cette population rurale, l'élément féminin représente plus de la moitié, les enfants et les jeunes presque autant. Résoudre la question sanitaire pour les paysans équivaut à résoudre d'une façon fondamentale la question sanitaire nationale. Actuellement, dans notre pays, du delta jusqu'aux régions montagneuses reculées peuplées de minorités ethniques, il existe dans chaque commune une infirmerie- maternité et une pharmacie au service des habitants qui s'occupe en même temps de la vulgarisation de l'hygiène et de la prévention des épidémies. C'est grâce à ce réseau dont les maillons se ramifient jusque dans les villages et les coopératives agricoles que nous avons pu résoudre le problème des secours d'urgence pendant les années de guerre. Comme cadres à cet échelon de base, nous avons un certain nombre de docteurs en médecine, mais en général c'est un médecin auxiliaire qui dirige l'infirmerie- maternité avec la collaboration d'une accoucheuse, d'un infirmier, d'un pharmacien et d'un médecin traditionnel. La médecine préventive est l'activité principale et elle doit être réalisée avec l'aide du peuple auquel nous inculquons des notions d'hygiène par des campagnes répétées de propagande et d'éducation. Nous avons déclenché un mouvement populaire dit "d'hygiène patriotique" avec le slogan "des villages propres, des rizières fertiles ", pour résoudre le problème fécal, celui de l'eau potable, des ordures et de l'hygiène du milieu grâce à la construction par des méthodes simples, peu coûteuses, scientifiques et efficaces de latrines à deux compartiments, d'abris pour bestiaux avec fermentation sur place du fumier, de puits, de salles de bains, etc. Les habitants reconnaissent l'utilité de moyens qui peuvent être à la portée de tous. Ce mouvement englobe encore d'autres questions avec différents slogans comme "les trois propretés être logé proprement, manger proprement, boire proprement" ou l'extermination des vecteurs propagateurs des maladies. A : :

54

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

travers ces campagnes, chaque paysan accroit peu à peu ses connaissances en matière d'hygiène. Cette médecine préventive comprend encore le "côté prophylactique" qui joue un rôle très important. La vaccination n'est pas légalement obligatoire mais, grâce à une éducation persévérante, tout le monde reconnaît son utilité et participe volontairement à la prévention des maladies. Le taux des vaccinés atteint 90 % chaque année. Depuis 1960, nous avons adopté sur une vaste échelle la vaccination intradermique au moyen des dermojets, méthode à la fois économique et rapide. Nous avons pu fabriquer nous -mêmes tous les vaccins contre le choléra, la fièvre typhoide, la variole, le tétanos, la rage, la rougeole, l'encéphalite japonaise, la poliomyélite, etc. et nous pratiquons régulièrement des vaccinations de masse. Ainsi, durant ces vingt années passées et même en temps de guerre, nous avons enrayé les épidémies dangereuses et certaines épidémies qui surviennent souvent dans les régions occupées par l'ennemi ou dans les pays voisins. Pour le traitement des maladies courantes aussi bien que pour la lutte contre les maladies sociales comme le paludisme, la tuberculose, le trachome et la lèpre, nous disposons des formes d'organisation appropriées afin de suivre de près l'évolution des maladies et de chercher à restreindre et à abaisser le taux de morbidité. Si l'on compare le nombre de lits d'hôpitaux en 1954 avec celui d'aujourd'hui, on constate qu'il a augmenté 10 fois. Pourtant, pendant les longues années de guerre et surtout pendant les deux dernières guerres aériennes de destruction, 60 % de nos établissements sanitaires à l'échelon central et provincial et 30 % à l'échelon du district ont été complètement détruits, causant pour nous naturellement des difficultés dans notre oeuvre de rétablissement. Pour la bonne surveillance de la santé du peuple, nous avons d'une part mis sur pied un réseau de polycliniques et d'autre part organisé des brigades mobiles de dépistage et de traitement précoce avec traitement à domicile afin de réduire le nombre de malades hospitalisés. Nous nous sommes servis au maximum des expériences de la thérapeutique traditionnelle et avons utilisé à son plus grand rendement les riches sources de matières médicinales de notre pays. Notre gouvernement s'occupe sans relâche de l'éducation civique du corps médical en conseillant aux médecins de ne pas s'isoler dans leur spécialité, mais de savoir lier le travail médical aux activités sociales et politiques du peuple et surtout de se dévouer corps et âme aux malades. La ligne de conduite de nos médecins est définie par le Président Hô Chi Minh en ces termes "le médecin est comme une mère affectueuse ". L'évolution de notre médecine, qui réside dans la quasi -gratuité des soins médicaux et la présence d'un corps médical entièrement dévoué aux malades, est un des aspects importants des profonds changements que notre pays et nos campagnes ont connus. La médecine contribue à apporter au peuple un réconfort moral et à susciter chez lui une foi nouvelle dans le régime et à renforcer son enthousiasme pour le combat et la production; le peuple collabore étroitement avec le service médical pour la préservation de la santé. Et c'est bien grâce à cela que le taux de mortalité générale s'est abaissé ces derniers temps à 8 pour 1000 et le taux de mortalité infantile à 26,7 pour 1000. Le Gouvernement de la République démocratique du Viet -Nam accorde une grande importance à la recherche scientifique, qui doit s'assigner comme objectif d'aider le service de santé à résoudre ses principales difficultés. Bien des travaux concernant les constantes biologiques des Vietnamiens, les maladies tropicales, le cancer, le rhumatisme articulaire, les maladies cardio -vasculaires, l'environnement, etc. sont en cours dans dix instituts de recherche et dans les facultés et établissements sanitaires avec la participation de presque tous les cadres. Nous avons aussi créé toutes les conditions matérielles favorables pour que nos travailleurs scientifiques puissent pratiquer la chirurgie du coeur, du poumon, la résection exsangue et réglée du foie, la chirurgie du cancer du pharynx, etc., encourageant l'effort créateur du corps médical afin d'adapter et d'appliquer les techniques médicales les plus modernes. Nous avons trois facultés de médecine, dont une réservée aux minorités ethniques, et une faculté de pharmacie. L'emploi de la langue vietnamienne dans les cours comme dans les ouvrages d'enseignement des écoles supérieures facilite beaucoup notre tache de formation. Actuellement, le total des diplômés s'élève à 800 à 1000 par an. En outre, chaque province a une école pour la formation des cadres secondaires. Dans une première étape après la libération, parallèlement à la formation des cadres supérieurs, nous avons concentré nos efforts sur la formation rapide d'un grand nombre de cadres secondaires afin de répondre aux besoins immédiats. Puis, quand le nombre de cadres est relativement suffisant, nous procédons au perfectionnement des cadres secondaires ayant cinq années de service et possédant le niveau de l'instruction supérieure. Si l'on compare le nombre de docteurs en médecine d'avant la révolution d'aoGt 1945 avec celui d'aujourd'hui, on constate que l'effectif actuel est 100 fois supérieur, tandis que la proportion des médecins (docteurs en médecine et médecins auxiliaires) par rapport à la population est passée à 1 pour 700 habitants. Si l'on ne tient compte que des docteurs en médecine, la proportion est de 1 pour 4000 habitants. Notre service de santé a obtenu des succès certains et accumulé une assez riche expérience, mais nous avons encore beaucoup à faire pour le renforcer et le rendre capable de nouveaux progrès. Nous croyons fermement que l'orientation et les directives dans le domaine de la santé publique données par le Gouvernement de la République démocratique du Viet -Nam et les succès qu'elles ont permis de remporter sont conformes aux objectifs poursuivis par l'Organisation mondiale de la Santé. Nous croyons aussi, de ce fait, qu'un pays agricole pauvre et

TROISIEME SEANCE PLENIERE

55

démuni est capable d'édifier un réseau médido-sanitaire efficace pour l'éradication des épidémies dangereuses, d'abaisser le taux de morbidité, d'améliorer la santé du peuple et de contribuer ainsi à accroître la force de combat et de production et à rehausser le niveau de vie du peuple, si ce pays adopte une orientation et des directives justes, sachant mettre au premier rang la médecine préventive et la participation consciente des grandes masses et compter sur ses propres forces. Mesdames et Messieurs les délégués, la République démocratique du Viet -Nam, Etat indépendant et pleinement souverain, entretient des relations diplomatiques, économiques et culturelles avec près de 80 Etats ayant des régimes sociaux différents, relations qui n'ont cessé de se développer. Elle est aussi membre de plusieurs organisations internationales, dont l'Union internationale contre la Tuberculose; et elle est partie aux conventions internationales humanitaires, y compris la convention de Genève pour la protection des victimes de la guerre conclue en 1947. Tout récemment, les délégations des pays participant au Vile Congrès de l'Organisation météorologique mondiale, qui se déroule actuellement à Genève, ont voté presque à l'unanimité l'admission de la République démocratique du Viet -Nam au sein de cette organisation. La République démocratique du Viet -Nam a signé plusieurs accords de coopération médicale avec divers pays. Elle a échangé plusieurs délégations de chercheurs scientifiques et des stagiaires dans le domaine médical et a reçu un grand nombre de délégations, de représentants et de cadres sanitaires venant des pays d'Europe, d'Asie, d'Amérique latine et d'Afrique ainsi que d'Australie, et aussi des médecins de pays qui n'ont pas de relations diplomatiques avec le Viet -Nam comme les Etats -Unis et la République fédérale d'Allemagne. Tous nos visiteurs ont été favorablement impressionnés par le travail effectué par notre service de santé. De notre côté, la République démocratique du Viet -Nam étant un pays en voie de développement, nous attachons une grande importance aux échanges d'expérience avec d'autres pays. Au cours des années passées, nous avons, malgré nos difficultés, envoyé un certain nombre de nos spécialistes dans des pays d'Afrique ayant reconquis leur indépendance pour aider à l'édification du réseau médico- sanitaire et aussi pour échanger des expériences sur la protection de la santé publique dans les pays en développement. Membre de l'OMS, la République démocratique du Viet -Nam aurait pleinement la possibilité de contribuer à réaliser les objectifs et les fonctions de l'Organisation mondiale de la Santé, de renforcer et de développer les relations amicales et de coopération entre les pays Membres, de contribuer positivement à la défense de la paix et à la protection de la santé des peuples du monde, notamment dans les régions tropicales et subtropicales. Mesdames, Messieurs, après trente années d'une lutte acharnée et ininterrompue, notre pays est entièrement libéré du nord au sud. Depuis 1973, le Nord Viet -Nam s'est déjà attaché à panser ses blessures de guerre et à édifier l'avenir. La délégation de la République démocratique du Viet -Nam a la conviction que les délégations des pays Membres auront à coeur de contribuer à la réalisation des nobles objectifs et des fonctions de l'Organisation mondiale de la Santé. Votre approbation à l'admission de la République démocratique du Viet -Nam au sein de l'OMS sera un acte hautement positif. Encore une fois, nous remercions grandement M. le Président, M. le Directeur général et tous les délégués de leur bienveillante attention. Je remercie le représentant de la République démocratique du Viet -Nam et Le PRESIDENT prie le deuxième orateur de bien vouloir monter à la tribune. Il s'agit du délégué de :

l'Algérie.

Monsieur le Président, en vous appelant à présider Le Professeur BOUDJELLAB (Algérie) sa vingt -huitième session, l'Assemblée mondiale de la Santé vous a unanimement témoigné sa confiance et a rendu un hommage combien mérité à votre pays avec lequel l'Algérie entretient des relations privilégiées d'amitié et de coopération. Votre élection est aussi un juste hommage à votre personnalité, à l'action persévérante que vous avez toujours menée au sein de notre organisation et à votre expérience de la vie internationale. A cette charge délicate, vous succédez au Président Pouyan, Ministre de la Santé de l'Iran, pays frère et ami si proche de nos coeurs. Nous tenons à lui redire notre fierté d'avoir pu collaborer avec lui et notre estime pour sa précieuse contribution au prestige de cette organisation. Monsieur le Président, la lutte victorieuse et la cessation de la guerre au Viet -Nam nous donnent avant tout l'occasion de saluer l'héroisme du peuple vietnamien qui, en dépit des sacrifices les plus lourds que lui a imposés la plus grande machine de guerre jamais mise en place contre un petit pays, a su après trois décennies de résistance farouche inscrire sa victoire dans le cours inéluctable de l'histoire. La présence aujourd'hui à sa place légitime de la délégation du Gouvernement provisoire du Sud Viet -Nam et l'admission imminente de la République démocratique du Viet -Nam, si elles valorisent la justesse du refus et les vertus de la lutte révolutionnaire, appellent aussi au recueillement devant les millions de martyrs qui ont été les artisans de la victoire. Le peuple vietnamien va enfin pouvoir forger son propre destin à l'abri des ingérences extérieures, amorcer le processus de réunification et créer les conditions propres à garantir son indépendance nationale. La victoire du peuple vietnamien, dont il convient de souligner la portée et le caractère historique, contribue à :

56

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

l'avènement d'une véritable révolution dans les rapports internationaux. Elle est la caution et le gage d'une paix en harmonie avec la justice et la solidarité internationale, puisque fondée sur le strict respect des droits des peuples. Intervenant dans une conjoncture mondiale marquée par la prise de conscience de la nécessaire transformation de l'ordre international, un tel événement s'impose comme une nouvelle affirmation du tiers monde. Il convient de souligner par ailleurs que l'évolution dont nous sommes les témoins a bénéficié de la part de l'opinion internationale d'une plus juste compréhension des problèmes. Le monde semble se réconcilier avec lui -même et accepter un peu plus que les peuples d'Asie, tout comme ceux d'Afrique et d'Amérique latine, sont plus que jamais décidés à vivre comme ils le veulent effectivement, chacun restant pleinement maitre de ses propres affaires. A ce propos, l'admission au sein de l'Organisation mondiale de la Santé des deux pays frères, le Mozambique et les Tonga, nous donne l'occasion de leur adresser nos' meilleurs souhaits de bienvenue et aussi de saluer les efforts déployés par le peuple portugais et ses dirigeants pour accélérer sa politique de décolonisation et le placer auprès des peuples épris de paix et de liberté. Monsieur le Président, le monde entier aujourd'hui est témoin du fait que la prédominance de la puissance matérielle a fait son temps. En admettant qu'elle puisse conférer une dimension de sagesse à la responsabilité internationale, cela n'implique nullement que la responsabilité des petits pays se trouve pour autant diminuée. Désormais, la puissance matérielle devrait se découvrir une vocation pacifique dans le développement des rapports internationaux et participer ainsi à l'instauration d'une coopération mutuellement avantageuse et à l'avènement d'une phase nouvelle dans les relations entre les grandes puissances et Les petits pays. L'élargissement de cette aire de compréhension dans les rapports mondiaux constitue plus que jamais le support principal des objectifs poutsuivis par le tiers monde et concrètement formulés par la politique de non- alignement, De même que la violence et la destruction se sont avérées contagieuses, de même la paix et la coopération pourraient, pourquoi pas, le devenir. Dans la lutte de libération comme dans la construction de la paix, la solidarité des peuples et leur vigilance deviennent le facteur déterminant du progrès dans les relations internationales. Pour la délégation algérienne, si la question de l'admission de la République démocratique du Viet -Nam à l'Organisation mondiale de la Santé doit recevoir la solution la plus satisfaisante qui soit, ce n'est pas seulement parce que cet Etat a sollicité son admission, c'est aussi dans l'intérêt de notre organisation pour peu que nous voulions réellement en respecter la Constitution et le droit. Sa collaboration au niveau technique élevé avec l'Organisation mondiale de la Santé sera éminemment utile aussi bien du point de vue national que pour notre organisation et la communauté internationale tout entière. La Répúblique démocratique du Viet -Nam possède un réseau sanitaire complet qui allie à la médecine occidentale moderne une médecine traditionnelle dont on reconnaît volontiers l'efficacité et les bienfaits qu'elle procure. Ce réseau sanitaire s'est sans cesse consolidé et développé en dépit de nombreuses années de guerre et ce n'est pas là son moindre mérite, connaissant les ravages qu'il lui a fallu subir. La formation médicale et la recherche scientifique sont organisées selon les méthodes les plus modernes et les plus appropriées aux exigences spécifiques à la région. Monsieur le Président, au -delà de la nomenclature des maux et maladies naturels ou créés involontairement de main d'homme qui représentent une atteinte permanente à la santé des hommes et à leur vie, nous estimons qu'il importe d'accorder d'urgence une attention plus marquée à la longue liste des agressions infligées avec constance depuis des générations à la personne humaine dans le but de perpétuer un système de domination de type colonial, de nombreux professionnels de la santé s'étant obstinés par omission volontaire à maintenir à l'écart de tout examen sérieux certaines situations de la plus haute gravité pour le devenir sanitaire de dizaines de millions d'êtres humains. Le Viet -Nam dans son ensemble a été ainsi injustement et pendant longtemps ignoré par une organisation dont il aurait dû constituer l'une des préoccupations principales. Et pourtant, que ce soit à la suite de bombardements massifs, de massacres collectifs par l'utilisation du napalm et de produits chimiques de la plus haute toxicité, que ce soit du fait des indicibles tortures physiques et morales subies ou des atteintes portées à l'équilibre écologique, des populations entières resteront infirmes, traumatisées au plus haut degré et pour de longues années. Il s'agit assurément de problèmes de santé et de survie pour toute une génération d'hommes et de femmes de tous âges qu'une guerre implacable, odieuse, a placés près de la mort sans qu'ils aient réellement vécu. Il y a là matière à mobilisation de tous les efforts que pourrait conseûtir la communauté internationale en vue non seulement de faire participer la République démocratique du Viet -Nam à la grande oeuvre humanitaire de l'Organisation mais aussi, dans l'immédiat, de mettre sur pied un programme d'assistance internationale à la mesure de la gravité du sort de populations entières tout juste sorties d'un conflit dévastateur qui aura, tout compte fait, duré trente longues années de souffrances. Nous vivons dans un même monde, quelles que soient sa complexité et les diverses philosophies de l'existence qui le divisent, et nous sommes donc tous appelés à coopérer si nous voulons assurer à tous nos peuples un minimum de sécurité et de bien -être. Pour préserver la paix, il ne suffit pas aux peuples du monde de se connaître et de se respecter, encore faut -il qu'ils apprennent à travailler ensemble, à trouver ensemble les solutions qui

TROISIEME SEANCE PLENIERE

57

s'imposent aux problèmes les plus cruciaux qui nous préoccupent tant. C'est une entreprise difficile mais absolument nécessaire. La délégation algérienne, en appuyant fermement cette candidature, souhaiterait voir tous les Etats Membres accorder leur appui à l'admission de la République démocratique du Viet -Nam à l'Organisation mondiale de la Santé et manifester ainsi de la façon la plus claire leur volonté d'élargir la coopération internationale dans un domaine si important pour la vie et la survie du genre humain. Je vous remercie, Monsieur le Ministre, pour les sentiments que vous avez Le PRESIDENT exprimés et pour l'élévation de pensée dont a témoigné votre intervention. Je donne maintenant la parole au délégué de la République populaire de Chine. :

Monsieur le Président, au nom Le Dr CHEN Chih -ming (Chine) (interprétation du chinois) de la délégation de la République populaire de Chine, permettez -moi de souhaiter une cordiale bienvenue à la délégation de la République démocratique du Viet -Nam ici présente. Le peuple du Viet -Nam est un peuple héroique qui n'a pas craint de s'attaquer avec intrépidité à l'impérialisme et au colonialisme. Affrontant toutes les difficultés et au prix d'immenses-sacrifices, le peuple du Viet -Nam, courageux et inébranlable, a remporté de grandes victoires contre les Etats -Unis et pour le salut de la nation. Il a montré aux peuples opprimés du monde qu'un pays faible peut vaincre un pays fort, qu'une petite nation peut triompher d'une grande. Mettant en jeu leur esprit d'héroîsme révolutionnaire et leur patriotisme, les Vietnamiens ont réalisé une oeuvre gigantesque de construction nationale et le prestige de la République démocratique du Viet -Nam ne cesse d'augmenter sur le plan international. Aujourd'hui, conformément aux principes constitutionnels de l'Organisation mondiale de la Santé, la République démocratique du Viet -Nam demande officiellement son admission à la qualité de Membre de l'Organisation. Elle a tous les titres à le devenir. La délégation chinoise appuie donc résolument la demande justifiée de la République démocratique du Viet -Nam. Elle engage vivement L'Assemblée à adopter une résolution admettant la République démocratique du Viet -Nam au sein de l'Organisation. :

Je remercie le délégué de la République populaire de Chine, et je donne Le PRESIDENT la parole au délégué de la République du Sud Viet -Nam. :

Monsieur le Président, Mesdames, Mme PHAN THI MINH (République du Sud Viet -Nam) Messieurs, nous sommes très honorés et émus de représenter le GRP et la population du Sud Viet -Nam pour la première fois en tant que Membre de l'OMS. Nous voudrions d'abord adresser nos félicitations au Président, le Professeur Halter, et adresser nos souhaits de bienvenue aux Tonga et au Mozambique. En apportant notre ferme appui à l'admission de nos compatriotes du Nord Viet -Nam, la République démocratique du Viet -Nam, nous considérons cet événement comme un nouveau pas très important dans le développement des activités sanitaires de notre Région en collaboration avec la communauté internationale. Permettez -moi de vous saluer au nom de tous ceux qui, au Viet -Nam, se sont dévoués depuis tant d'années aux soins des malades, des blessés, et de vous présenter quelques aspects de l'état sanitaire de notre population. Actuellement, le GRP, tout comme l'administration sanitaire de la République démocratique du Viet -Nam, s'est vu attribuer la responsabilité de veiller à la santé de toute la population du Viet -Nam. Comme vous le savez tous, nos compatriotes du Nord ont accepté d'énormes privations et sacrifices pour nous aider dans le passé comme à présent dans la reconstruction du Sud Viet -Nam. Je me permets de profiter de cette occasion pour vous parler en quelques mots de la situation sanitaire au Sud Viet -Nam. Eñ effet, de lourdes tâches nous attendent du fait que le Sud Viet -Nam en particulier est une région de production agricole rudimentaire ravagée par une longue guerre extrêmement dévastatrice. De grandes superficies de rizières et les principaux moyens de production ont été détruits, des millions de travailleurs transformés en chômeurs vivent misérablement dans des camps de regroupement. La sous -alimentation, le manque d'hygiène constituent le terrain de toutes sortes de maladies auxquelles il faut ajouter les maladies inhérentes aux zones tropitortures, bombardements, cales. Les séquelles directes de la guerre sont aussi très nombreuses produits chimiques toxiques, séquelles physiques, écologiques, psychologiques aussi, car, à cause de la guerre, de très nombreuses familles ont été constamment dispersées et dans beaucoup de cas se sont retrouvées dans les deux camps opposés. Les fléaux sociaux abondaient dans maladies vénériennes, drogue, etc. les villes surpeuplées par une urbanisation forcée Durant ces années de guerre, les services médicaux et sanitaires ont déployé de grands efforts pour vaincre les difficultés et privations multiples. C'est ainsi que nous avons constitué un système sanitaire extrêmement décentralisé mais solide, à la fois mobile, dynamique et efficace, répondant aux besoins de la population qui vivait sous notre contrôle. Sur le plan de l'organisation, nous accordons une importance particulière au rôle des réseaux sanitaires s'étendant jusqu'aux coins' les plus reculés, depuis les centres sanitaires jusqu'aux : :

:

58

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

équipes de secours d'urgence et de prophylaxie mobile, aux réseaux d'hygiénistes et de secouristes de notre Croix -Rouge.

Sur le plan thérapeutique, nous encourageons l'utilisation des matières médicales locales et l'association de la médecine occidentale à la médecine traditionnelle. Considérant la prophylaxie comme primordiale, nous attachons une importance particulière aux mouvements de protection de la mère et de l'enfant, à l'éducation de la population en matière d'hygiène et de prophylaxie par le biais des organisations populaires (jeunesse, femmes, Croix -Rouge, etc.) pour mobiliser la masse afin qu'elle participe elle -même au travail sanitaire et, de ce fait, nous avons pu mieux la servir. Beaucoup d'efforts ont été déployés pour former nos cadres médicaux et sanitaires, et nous l'avons fait sur la base des principes suivants répondre aux besoins immédiats et concrets de la population, développer avant tout l'esprit de responsabilité et d'initiative tout en ne transigeant pas sur la qualité scientifique et technique, allier étroitement la théorie et la pratique, élever sans cesse le niveau technique et professionnel des cadres, transformer en infirmiers les secouristes les plus actifs, former des médecins en choisissant à cet effet les infirmiers les mieux adaptés. C'est ainsi que, dans des conditions presque impossibles, nous avons pu avoir un nombre de cadres presque suffisant et atteindre des résultats encourageants dans divers domaines (fabrication des vaccins anticholérique, antivariolique, antityphoidique, antitétanique, BCG, etc.); thérapie et prophylaxie d'un certain nombre de maladies (tuberculose, paludisme, maladies entériques); utilisation de plus en plus rationnelle des matières médicales du pays; vulgarisation de l'expérience acquise avec les méthodes spécifiquement vietnamiennes dans le diagnostic comme en thérapeutique (tissuthérapie, utilisation du Bacillus subtilis dans les blessures infectées, du NT9 dans le traitement du choc, acupuncture dans les maladies nerveuses, etc.). Depuis 1969, un comité national de recherches scientifiques et techniques a été constitué. A l'heure actuelle, la paix est rétablie définitivement dans nos pays. De nombreux problèmes se posent dans le pansement des blessures de guerre. Nous avons commencé une campagne nationale contre toutes sortes de fléaux sociaux tels que le paludisme dans les zones montagneuses, la tuberculose parmi les réfugiés et les prisonniers politiques, les maladies vénériennes très répandues dans les grandes agglomérations, les maladies gynécologiques des femmes dans les camps de réfugiés ou les prisons, dont certaines ont subi des tortures au cours de leur détention, les effets nocifs des produits chimiques toxiques dans la campagne et des drogues dans les villes, le rachitisme chez les enfants et surtout les orphelins, l'invalidité de guerre, etc. Nous devons aussi combler rapidement le retard matériel et technique. Nous voudrions souligner encore une fois que, pour ce qui concerne l'acquit du passé comme dans l'accomplissement des lourdes tâches présentes, nous avons l'énorme contribution de nos compatriotes du Nord. C'est pourquoi nous appuyons fermement l'admission de la République démocratique du Viet -Nam à l'OMS et, pour accomplir toutes nos tâches, l'expérience scientifique acquise par l'OMS et l'aide matérielle des institutions des Nations Unies, des organisations internationales et des pays amis nous sont très, très précieuses. Nous sommes certains qu'avec cette aide et l'effort constant de notre corps sanitaire, le Viet -Nam, et le Sud Viet -Nam en particulier, sauront apporter efficacement leur contribution à la protection de la santé de :

l'humanité.

Le PRESIDENT Je vous remercie beaucoup, Madame le délégué du Viet -Nam, de votre charmante présence parmi nous. Je vais demander maintenant au délégué de la Yougoslavie de monter à la :

tribune.

Le Dr MARGAN (Yougoslavie) (traduction de l'anglais) Chers collègues, c'est un honneur et une grande satisfaction pour la délégation yougoslave de se ranger parmi les Etats Membres qui appuient la demande d'admission de la République démocratique du Viet -Nam au sein de l'Organisation mondiale de la Santé. Pour l'oeuvre de l'OMS et pour la coopération internationale, ce sera un grand enrichissement. J'aimerais ici dire quelques mots des raisons qui nous motivent en l'occurrence. L'OMS est ouverte à tous les Etats qui sont prêts à coopérer à la réalisation des nobles et généreux principes énoncés dans sa Constitution. Notre organisation ne peut donc que se réjouir d'accueillir de nouveaux Membres car c'est ainsi, en s'efforçant de parfaire son universalité, qu'elle pourra le mieux atteindre son but essentiel "amener tous les peuples au niveau de santé le plus élevé possible ". Cependant, mon intervention sur ce point serait trop formaliste si je n'y ajoutais quelques considérations sur d'autres aspects - importants à nos yeux - d'ordre moral et, singulièrement, d'ordre politique. Etant donné les buts humanitaires de l'OMS, nous sommes moralement obligés d'offrir au peuple de la République démocratique du Viet -Nam notre meilleure assistance. Ce peuple courageux, durement éprouvé depuis tant d'années, a besoin aujourd'hui de notre aide comme tous les autres peuples d'Indochine. Ayant subi de grandes pertes humaines et matérielles, il s'emploie maintenant à retrouver une vie normale et à lancer toutes les activités sociales qui s'imposent. : :

TROISIEME SEANCE PLENIERE

59

Au prix d'efforts exceptionnels, ses dirigeants maintiennent la situation sanitaire de la population en mettant en oeuvre toutes les ressources humaines et matérielles existantes. Au cours des trente dernières années, la République démocratique du Víet -Nam a établi un vaste réseau de services de santé sur l'ensemble de son territoire. Compte tenu de la situation militaire et du conflit armé dans le Sud, avec les répercussions qui en ont résulté dans le Nord, compte tenu aussi de la situation d'après- guerre qui se dessine, les services de santé devront être encore étendus et développés pour s'adapter aux circonstances. Des problèmes vont se poser, notamment en ce qui concerne la création de centres de formation pour le personnel sanitaire, l'enseignement de la médecine, l'équipement médical, les fournitures médico- sanitaires et la construction d'établissements de santé. La délégation yougoslave ne croit pas qu'il soit possible d'atteindre les objectifs essentiels de l'OMS sans apporter partout une solution à ces problèmes. Fournir une assistance matérielle et morale au peuple de la République démocratique du Viet -Nam pour l'aider à résoudre ses nombreux problèmes de santé se justifie aussi sur le plan politique. Pendant des années, nous avons accepté l'existence d'une fiction juridique intolérable; en effet, le peuple vietnamien était représenté par la délégation d'un régime qui ne défendait pas ses véritables intérêts et aspirations. Ainsi l'OMS a longtemps refusé de reconnaître les droits et intérêts légitimes des peuples du Viet -Nam. Si nous voulons, comme il le faut, réparer cette injustice, nous nous devons d'admettre, sans opposition, la République démocratique du Viet -Nam au sein de l'Organisation. Le PRESIDENT :

Merci, Monsieur le délégué. Je donne la parole au délégué de Cuba. i :

Monsieur le Président, la délégation Le Dr ALDEREGUTA (Cuba) (traduction de l'espagnol) de Cuba tient à appuyer chaleureusement la demande d'admission de la République du Viet -Nam au sein de l'OMS. Pays indépendant, la République démocratique du Viet -Nam a déployé d'immenses efforts pour élever le niveau de vie de sa population, malgré les ravages et destructions considérables causés par la guerre et principalement par les bombardements dont elle a été victime. Ce pays souverain a tous les droits - juridiques et moraux - d'entrer dans les organisations internationales et, parmi elles, dans celle qui consacre ses principales énergies à la protection de la santé de la population mondiale. Monsieur le Président, la délégation de Cuba ne doute pas qu'en admettant la République démocratique du Viet -Nam au sein de l'Organisation, nous ferons un pas très important dans le renforcement du principe d'universalité qui est la base même de son existence. Pour les mêmes raisons, notre délégation appuie la demande d'admission du Mozambique, comme il a appuyé celle du Royaume des Tonga. Le PRESIDENT Je remercie le délégué de Cuba et j'appelle à la tribune le délégué de la République Démocratique Allemande. :

Le Dr LEBENTRAU (République Démocratique Allemande) (traduction du russe) Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs, la demande d'admission de la République démocratique du Viet -Nam comme Membre de l'OMS, présentée avec tant de force persuasive par le représentant de ce pays, est pleinement conforme aux dispositions et aux objectifs de la Constitution de notre organisation. La délégation de la République Démocratique Allemande soutient vigoureusement cette :

demande.

Notre délégation estime qu'il est particulièrement important que la demande d'admission de la République démocratique du Viet -Nam soit examinée à un moment où le peuple vietnamien vient d'achever victorieusement un combat héroique de plus de trente ans pour la paix, l'indépendance nationale, la démocratie et le progrès social. A cet égard, la délégation de la République Démocratique Allemande est profondément satisfaite de voir la délégation du Gouvernement révolutionnaire de la République du Sud Viet -Nam participer pleinement et sur un pied d'égalité aux travaux de cette assemblée. La République Démocratique Allemande appuie de même la demande d'admission à l'OMS du Mozambique. Notre pays ayant toujours soutenu les combats menés par les peuples, et notamment par le peuple du Mozambique pour se libérer, il est naturel et conforme à son attitude constante que notre délégation se prononce en faveur de l'admission du Mozambique comme Membre de l'OMS. Notre délégation est convaincue que l'admission de la République démocratique du Viet -Nam et celle du Mozambique en qualité de Membres de l'OMS sont un important pas en avant dans la voie de l'universalité de notre organisation. Le PRESIDENT Je remercie le délégué de la République Démocratique Allemande et je demande au délégué de l'Union des Républiques socialistes soviétiques de monter à la tribune. :

Le Professeur PETROVSKIJ (Union des Républiques socialistes soviétiques) (traduction du Monsieur le Président, Monsieur le Directeur général, Mesdames, Messieurs, la délégation soviétique salue chaleureusement la présence des représentants du peuple héroYque du Viet -Nam, sorti vainqueur d'un dur combat contre l'impérialisme; elle souhaite la bienvenue aux représentants de la République démocratique du Viet -Nam et du Gouvernement révolutionnaire russe) :

60

VINGT- HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II :

de la République du Sud Viet -Nam: Nous constatons avec une immense satisfaction un fait capital en ce mois de mai 1975, pour la première fois depuis bien des années, il n'y a pas de guerre sur notre planète, et surtout pas d'embrasement au Viet -Nam. En un moment comme celui -ci, tous les efforts de l'Organisation mondiale de la Santé devraient viser à octroyer toutes les formes possibles d'aide et de soutien aux populations du Viet -Nam qui ont tant souffert, ont survécu à des combats sans merci et doivent maintenant panser les blessures de la guerre et remédier à ses graves conséquences sur le plan de la santé publique et des soins médicaux. Dans l'accomplissement de cette noble tâche, l'OMS peut jouer un rôle important. D'autre part, nous devrions étudier très attentivement l'expérience des héroiques médecins vietnamiens qui, dans les conditions les plus difficiles, sont parvenus A éviter les épidémies et ont donné toutes les formes d'aide possibles aux blessés et A ceux qui ont souffert pendant les hostilités. C'est pourquoi la délégation soviétique souscrit aux déclarations faites par les orateurs précédents et se prononce chaleureusement en faveur de l'admission à l'OMS de la République démocratique du Viet -Nam. Elle se réjouit d'autre part de l'admission des Tonga au sein de l'Organisation et appuie vivement celle du Mozambique.

Merci, Monsieur le délégué de l'Union soviétique. J'appelle maintenant à Le PRESIDENT la tribune le délégué du Bangladesh. :

M. CHOWDHURY (Bangladesh) (traduction de l'anglais) Monsieur le Président, chers collègues, nous vivons aujourd'hui un moment solennel, un grand moment de l'histoire. Parce que nous y avons part, nous mesurons mal A quel point il est grand, mais, ayant cette chance, nous en sommes nous -mêmes grandis. La République démocratique du Viet -Nam qui, A l'issue d'une longue lutte, est devenue un Etat reconnu par de nombreux pays du monde, demande A être admise au sein de l'Organisation. Je suis persuadé que pas une des délégations présentes en cette auguste enceinte n'a attendu ma modeste intervention pour être convaincue du droit de la République démocratique du Viet -Nam d'être admise en qualité de Membre de l'OMS. Monsieur le Président, j'ai demandé la parole pour me faire l'interprète des 75 millions d'habitants du Bangladesh qui, après avoir soutenu un combat semblable, se sont jurés de reconstruire la nation et de rétablir la dignité humaine avec tout ce qu'elle implique. Nous accueillons la République démocratique du Viet -Nam avec cordialité et souhaitons prospérité et bien -être A tous ses habitants. Il y a longtemps que mon gouvernement a reconnu le Gouvernement vietnamien et le distingué représentant de la République démocratique du Viet -Nam nous a déjà informés des besoins du pays et de la tâche gigantesque qu'il s'est assignée. Nous souhaitons son admission au sein de l'Organisation parce que nous croyons à l'universalité du genre humain, principe qui est la dominante et l'essence même de la doctrine de cette grande organisation. Sans le bien -être, sans la santé des peuples, la paix que nous recherchons aujourd'hui ne pourra régner dans le monde. C'est pourquoi la République démocratique du Viet -Nam sera certainement admise par acclamation au sein de l'OMS. J'ai le sentiment que ce sera une simple formalité. Monsieur le Président, si nous vivons un grand moment, c'est aussi en raison de la présence parmi nous des représentants du nouveau Gouvernement du Sud Víet -Nam. C'est en effet la première fois que les représentants de ce gouvernement prennent la parole devant une assemblée internationale. La déclaration qu'a faite leur honorable porte -parole est pour nous cause de fierté car nous sommes les premiers à les accueillir parmi nous. Et nous le faisons avec une parfaite sincérité, car nous croyons en la fraternité et la dignité humaines, valeurs pour lesquelles ce peuple a lutté en même temps que pour la paix. Monsieur le Président, il nous a semblé parfois que les déclarations et messages de paix étaient vains, que la justice bafouée souffrait en silence, mais aujourd'hui, nous savons qu'un peuple qui prend la résolution de faire reconnaître ses droits légitimes finit par triompher. Par ses souffrances, le Sud Viet -Nam a proclamé la victoire de l'homme. Le représentant de ce pays a décrit ces souffrances; son exposé entraîne pour l'Organisation une lourde responsabilité. Connaissant la profonde humanité du Directeur général, le Dr Mahler, je suis convaincu que l'OMS fera tout ce qui est en son pouvoir pour ces deux grands peuples, celui de la République démocratique du Viet -Nam et celui du Sud Viet -Nam. Lors de la dernière inondation qui a dévasté le Bangladesh, j'ai été témoin de l'émotion du Dr Mahler et de son souci d'assurer le bien -être des hommes. Fort de cette certitude, je suis sûr qu'avec la collaboration du Conseil exécutif il fera tout ce qui est possible pour atténuer les souffrances de ces grands peuples, sortis victorieux d'un noble combat. Monsieur le Président, je voudrais ajouter que nous appuyons non seulement la demande d'admission de la République démocratique du Viet -Nam, mais aussi celle du grand pays qu'est le Mozambique, dont le peuple a enduré d'immenses souffrances. Guidés par les mêmes principes, nous avons également appuyé la demande d'admission du Gouvernement des Tonga. :

Je remercie le délégué du Bangladesh. Je donne maintenant la parole au Le PRESIDENT délégué de la Roumanie. :

TROISIEME SEANCE PLENIERE

61

Le Professeur ORHA (Roumanie) : Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, je suis monté à cette tribune pour apporter également le plein appui de la République socialiste de Roumanie à l'admission de la République démocratique du Viet -Nam au sein de l'Organisation mondiale de la Santé. Nous pensons qu'il était grand temps que la République démocratique du Viet -Nam prenne sa place parmi les Membres de cette organisation. En admettant ce pays dans notre organisation, l'Assemblée de la Santé met fin à une injustice prolongée envers le peuple vietnamien qui a mené un long et très dur combat contre l'ingérence extérieure, pour son indépendance et son épanouissement national. Sa juste cause a triomphé et la République démocratique du Viet -Nam se trouve à présent engagée dans une vaste action de reconstruction nationale. Il est hors de question que l'OMS puisse continuer à se priver de la coopération avec la République démocratique du Viet -Nam. Pour conclure, Monsieur le Président, nous vous prions d'inclure notre pays parmi les coauteurs de la résolution visant l'admission de la République démocratique du Viet -Nam à l'OMS. Nous l'appuyons fermement comme un nouveau pas vers l'universalité de l'Organisation. Le PRESIDENT Je vous remercie, Monsieur le délégué de la Roumanie, et j'appelle à la tribune le délégué de l'Irak. :

Mesdames et Messieurs, la délégation Le Dr MUSTAFA (Irak) (interprétation de l'arabe) de l'Irak est heureuse d'appuyer chaleureusement la demande d'admission de la République démocratique du Viet -Nam au sein de l'Organisation mondiale de la Santé. Ce peuple ami, qui a longuement combattu pour sa liberté et qui l'a conquise après tant d'années d'une lutte héroique, ce peuple qui a supporté tant de sacrifices est bien digne d'entrer dans cette organisation et a certainement un rôle positif à jouer parmi nous. Il faut lui donner la possibilité d'accomplir son oeuvre de santé publique et d'apporter ainsi sa contribution au bien -être du monde entier. :

Merci, Monsieur le délégué de l'Irak. Je donne maintenant la parole au Le PRESIDENT délégué de la République populaire démocratique de Corée. :

Le Dr HAN Hong Sep (République populaire démocratique de Corée) (traduction de l'anglais) Monsieur le Président, chers collègues, je tiens à déclarer formellement que le Gouvernement de la République populaire démocratique de Corée soutient résolument l'admission de la République démocratique du Viet -Nam au sein de l'Organisation mondiale de la Santé. La République démocratique du Viet -Nam est un pays indépendant qui a noué des relations diplomatiques avec plus de 70 pays et qui a renforcé ses liens avec les institutions sanitaires internationales, notamment avec l'Union internationale contre la Tuberculose. La République démocratique du Viet -Nam n'a jamais cessé de développer ses services de santé, même pendant la période de son difficile combat contre l'impérialisme et le colonialisme des Etats -Unis; aujourd'hui, ses perspectives de réussite sont plus grandes que jamais. Les brillants résultats obtenus par le peuple vietnamien dans sa nouvelle vie et dans ses actions de santé publique ont puissamment contribué au progrès social et à la promotion de la santé humaine. L'influence de ce pays sur le plan international ne cesse d'augmenter et il est naturel que la République démocratique du Viet -Nam soit admise au sein de l'Organisation mondiale de la Santé, dont le but principal est de promouvoir la paix et la santé des peuples. Ce n'est pas seulement le voeu du peuple coréen, soucieux d'appuyer la République démocratique du Viet -Nam dans son juste combat, c'est aussi celui de tous les peuples progressistes du monde, car cette admission est pleinement conforme à l'esprit de la Constitution de l'OMS. C'est pourquoi je demande à nouveau formellement et avec insistance que la République démocratique du Viet -Nam soit admise en qualité de Membre de l'Organisation mondiale de la Santé. :

Je remercie le délégué de la République populaire démocratique de Corée et Le PRESIDENT je vais demander au délégué de la Hongrie de venir à la tribune. :

Monsieur le Président, Mesdames Le Dr SCHULTHEISZ (Hongrie) (traduction de l'anglais) et Messieurs, en cet instant où l'Assemblée doit décider de l'admission de la République démocratique du Viet -Nam, permettez -moi de souhaiter une chaleureuse bienvenue au peuple héroique du Viet -Nam, à la délégation de la République démocratique du Viet -Nam et à celle du Gouvernement révolutionnaire provisoire ici présent, et de féliciter le peuple vietnamien pour sa victoire historique. Le service de santé hongrois est depuis de longues années en contact étroit avec celui de la République démocratique du Viet -Nam et un certain nombre de médecins vietnamiens ont achevé leurs études dans des universités hongroises. Nos pays sont en relations étroites sur le plan de la santé et nous connaissons bien les difficultés et les réalisations des services vietnamiens. Nous sommes profondément émus par l'hérotsme des médecins et de tout le personnel de :

62

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

santé vietnamiens qui n'ont cessé de faire leur travail sous les bombardements. Restant sur la brèche 24 heures sur 24, ces médecins et ces infirmières ont oeuvré nuit et jour pour sauver la vie des soldats et celle des innocents - enfants et personnes âgées. En même temps, les services de santé du pays se sont constamment développés. L'année dernière, l'Organisation avait déjà fait beaucoup pour réaliser l'universalité en son sein. Une juste conscience des réalités de notre époque, étayée par des considérations d'ordre sanitaire et humanitaire, nous fait espérer et proposer maintenant l'admission de la République démocratique du Viet -Nam en qualité de Membre de l'Organisation mondiale de la Santé. Merci, Monsieur le délégué de la Hongrie. Le PRESIDENT Je voudrais vous signaler qu'il reste sur ma liste d'orateurs trois délégations. Jusqu'à présent, nous en avons entendu douze et toutes ont été en faveur de l'admission de la République démocratique du Viet -Nam. J'en conclus donc que, selon toute vraisemblance, l'intention de cette assemblée est d'admettre la République démocratique du Viet -Nam. Dès lors, il serait vraiment dommage que nous ne puissions terminer cette opération avant midi et permettre à nos collègues vietnamiens d'aller prendre leur repas dans l'allégresse après votre décision. C'est la raison pour laquelle je voudrais suggérer que les trois délégations qui doivent encore prendre la parole veuillent bien restreindre leur intervention au minimum, de façon que je puisse vous donner lecture du projet de résolution soumis au vote et que nous procédions à ce vote dans le délai voulu. Monsieur le délégué de la Bulgarie, vous avez la parole. :

Monsieur le Président, Mesdames, Le Dr ARNAUDOV (Bulgarie) (traduction du russe) Messieurs, la délégation de la République populaire de Bulgarie accueille avec joie et soutient chaleureusement la proposition d'admission de la République démocratique du Viet -Nam en qualité de Membre de l'OMS. Le plaisir pour nous est double, car cet événement coincide avec le triomphe total de la juste cause des populations du Nord Viet -Nam et du Sud Viet -Nam et avec leur victoire complète sur les forces réactionnaires et interventionnistes dans cette région de notre planète. A propos de la demande d'admission de la République démocratique du Viet -Nam en qualité de Membre de notre organisation, il conviendrait de signaler que ce pays aurait dû depuis longtemps faire partie de l'OMS. Un certain nombre de circonstances que nous ne connaissons que trop bien ont jusqu'à présent empêché l'admission de ce pays. Grèce à l'hérofsme des populations vietnamiennes, qui ont mené un combat acharné contre les agresseurs impérialistes, les conditions d'une collaboration pacifique avec tous les peuples en vue du progrès de l'humanité sont désormais établies. Depuis trente ans, malgré les difficultés de la situation, des services de santé publique existent dans la République démocratique du Viet -Nam; ils ont permis de guérir ceux qui avaient souffert de la guerre et ont réussi à protéger la santé de la population. La République démocratique du Viet -Nam collabore avec succès, dans le domaine de la santé publique, avec un grand nombre de pays à travers le monde. Elle fait partie d'un certain nombre d'organisations et d'associations qui s'occupent de problèmes de santé. Chaque année qui passe voit grandir le prestige international de la République démocratique du Viet -Nam. La République démocratique du Viet -Nam entretient actuellement des relations diplomatiques avec plus de 70 pays, et son système national de santé publique peut servir d'exemple à un grand nombre de pays. Notre pays se félicite du succès du Viet -Nam. Nous sommes heureux de poursuivre notre collaboration avec les héroiques populations du Viet -Nam au sein de l'Organisation mondiale de la Santé. En votant l'admission de la République démocratique du Viet -Nam en qualité de Membre de l'OMS, nous ferons un pas de plus vers la réalisation de l'universalité de notre organisation. :

Merci, Monsieur le délégué de la Bulgarie. J'appelle maintenant à la Le PRESIDENT tribune le délégué de la Guinée. :

Monsieur le Président, la délégation de la République de Guinée Le Dr DIANE (Guinée) voudrait saisir cette occasion pour appuyer solennellement et fermement la demande d'admission de la République démocratique du Viet -Nam et du Mozambique au sein de l'Organisation mondiale de la Santé. La Vingt- Huitième Assemblée mondiale de la Santé se tient à une période caractérisée par la prise de conscience généralisée des peuples du monde, dont les manifestations les plus vigoureuses ont été les victoires remportées par les peuples des anciennes colonies portugaises d'Afrique et par les peuples vietnamien et cambodgien sur l'impérialisme, le colonialisme et le néo- colonialisme. Les problèmes sanitaires importants nés de la domination étrangère et de la guerre qui se posent actuellement dans ces pays figureront, nous en sommes sûrs, parmi les préoccupations majeures de notre organisation. Nous formulons en conséquence très instamment le voeu que ces Etats rejoignent les autres Membres de l'Organisation mondiale de la Santé. :

TROISIEME SEANCE PLENIERE :

63

Merci, Monsieur le délégué de la Guinée. Nous allons entendre la dernière Le PRESIDENT intervention, celle du délégué de la Tchécoslovaquie. i

Le Dr GECIK (Tchécoslovaquie) (traduction du russe) Monsieur le Président, honorables délégués, la question de l'admission de nouveaux Membres à l'Organisation mondiale de la Santé a été inscrite bien des fois à l'ordre du jour de l'Assemblée. La mission fondamentale de l'OMS, ses objectifs, son principe d'universalité déterminent notre attitude en la matière. L'Assemblée mondiale de la Santé a, par le passé, traité ce genre de problèmes et s'est montrée capable de leur donner une solution satisfaisante même si celle -ci a parfois été longtemps différée. Le Gouvernement de la République démocratique du Viet -Nam a clairement manifesté son intention de collaborer avec les autres pays dans le cadre de l'OMS. Les représentants du peuple du Mozambique ont manifesté la même volonté dans ce domaine. Nous pensons que tous les Etats Membres se féliciteront de ces demandes d'admission, qui sont présentées à un moment où les conditions dans le monde sont propices à la détente et au relâchement des tensions. :

Le PRESIDENT Merci, Monsieur le délégué de la Tchécoslovaquie. Mesdames et Messieurs, j'avais annoncé qu'il s'agissait de la dernière intervention, le débat est donc clos et je vais vous donner lecture du projet de résolution : :

La Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé ADMET la République démocratique du Viet -Nam en qualité de Membre de l'Organisation mondiale de la Santé, sous réserve du dépôt d'un instrument officiel entre les mains du Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies conformément à l'article 79 de la Constitution. Je vais demander aux pays Membres de lever leur pancarte s'ils sont en faveur de cette résolution. Que les délégations qui sont contre cette résolution veuillent bien à leur tour lever leur pancarte. Je voudrais demander maintenant à ceux qui souhaitent s'abstenir de se faire connaître. Je vous remercie. Mesdames et Messieurs les délégués, voici les résultats du vote nombre de Membres présents et votants, 116; majorité requise, 59; pour, 116; contre, 0; abstentions, 8. La résolution est adoptée .1 Je félicite les délégués de la République démocratique du Viet -Nam pour leur admission parmi nous et je leur souhaite toute la prospérité possible. Mesdames et Messieurs, nous allons donc interrompre nos travaux, qui reprendront à 14 h.30 avec l'examen de la troisième candidature, et j'espère que, compte tenu des nombreuses interventions de ce matin en faveur du Mozambique, la discussion pourra être réduite à une rapide formalité. Je déclare la séance levée. :

La séance est levée à 12 h.15.

1 Résolution WHA28.2.

QUATRIEME SEANCE PLENIERE

Mercredi 14 mai 1975, 14 h.30 Président :

Professeur S. HALTER (Belgique)

1.

ADMISSION DE NOUVEAUX MEMBRES (suite) Le PRESIDENT :

Mesdames, Messieurs, la séance est ouverte.

Nous avons admis ce matin le Royaume des Tonga et j'ai le plaisir de vous annoncer que le représentant de ce pays a demandé à adresser quelques mots à l'Assemblée. J'ai le plaisir de l'inviter à venir à la tribune, et j'aurai dans quelques instants celui de lui donner la parole. M. FALETAU (observateur des Tonga) (traduction de l'anglais) Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs, c'est pour moi un grand privilège et un honneur insigne que de venir aujourd'hui exprimer ici les remerciements de mon pays à toutes les délégations qui ont unanimement approuvé ce matin notre demande d'admission. Ce faisant, et même si aujourd'hui commence pour nous une ère nouvelle du point de vue de la coopération mondiale dans l'incessant combat contre les difficultés sanitaires qui assaillent l'humanité tout entière, je n'oublie pas que notre petit royaume insulaire du Pacifique sud reçoit déjà depuis un certain temps une aide considérable de cet auguste organisme et de ses différents services. A cette occasion, je prendrai la liberté, Monsieur le Président, de remercier les bureaux régionaux de l'OMS, et notamment celui de Manille, aux Philippines, qui depuis de nombreuses années nous apporte son assistance et son appui et nous aide à améliorer le niveau général de la santé de notre peuple. Notre reconnaissance va aussi aux deux pays qui nous ont parrainés ce matin. Il était parfaitement normal que la discussion relative à notre demande soit des plus brèves, et nous sommes extrêmement reconnaissants à ces deux pays, la Nouvelle -Zélande et Fidji, nos plus proches collègues à l'OMS désormais, pour l'appui très vigoureux et très précieux qu'ils nous ont apporté. Monsieur le Président, je ne voudrais pas abuser davantage du temps de l'Assemblée. Il y a des questions beaucoup plus importantes à traiter maintenant, et je n'ignore pas, quant à moi, à quels stricts impératifs de temps vous devez vous plier. Je voudrais simplement, au nom du Royaume des Tonga, remercier toutes les délégations ici présentes de l'honneur qu'elles ont fait ce matin à mon pays. :

Le PRESIDENT

:

Merci, Monsieur le représentant des Tonga_

Demande d'admission présentée par le Mozambique Nous allons passer maintenant au troisième point de notre discussion sur Le PRESIDENT l'admission de nouveaux Membres. Vous vous souvenez que nous avons examiné ce matin le point 1.12.1 et le point 1.12.2, et vous avez bien voulu admettre la République démocratique du Viet -Nam avant le déjeuner. Il nous reste maintenant le problème du Mozambique. Je vous rappelle qu'il nous reste aussi, cet après -midi, à entendre la présentation des rapports du Conseil exécutif et du Rapport du Directeur général, et à entamer la discussion de ces documents. Or je voudrais vous signaler que ce matin nous avons eu quinze orateurs inscrits pour la République démocratique du Viet -Nam, et nous avons été très heureux de les entendre. Mais cette série d'exposés nous a amenés à consacrer près d'une heure, que dis -je, une heure et demie, à affirmer notre sympathie pour le Nord Viet -Nam, ce qui à mon sens aurait pu se faire d'une façon tout aussi efficace par un vote enthousiaste en faveur de cette admission. Nous allons avoir maintenant le même problème pour le Mozambique, car je vous signale que dès à présent j'ai neuf orateurs inscrits et, pour autant que je puisse préjuger l'état d'esprit de ceux qui ont demandé à intervenir, je crois qu'ils sont tous désireux à la fois de rendre hommage au Mozambique et d'appuyer sa demande d'admission. Ne serait -il alors pas possible que chacun des délégués venant à la tribune dise avec tout l'enthousiasme voulu qu'il est pour ou qu'il est contre, mais qu'il ne s'engage pas dans un discours qui nous prendra éventuellement beaucoup de temps, sans que cela change grand -chose à la décision qui sera prise. Je sais qu'il est quelquefois difficile d'accepter de ne pas prononcer un discours qu'on avait préparé mais, croyez -moi, il y a plus de mérite à souffrir qu'à se satisfaire et, dès lors, peut -être ceux qui accepteront de souffrir auront -ils le mérite des martyrs et ils seront certainement reconnus comme tels par l'ensemble de cette assemblée. (Applaudissements) Si j'en juge par vos acclamations, je crois que j'ai gagné la partie. Je vais donc appeler directement les délégués après avoir présenté ce point, et j'espère qu'ainsi nous pourrons nous offrir le plaisir d'en venir plus vite aux rapports du Conseil exécutif et du Directeur général. Je vous rappelle ce que j'ai dit ce matin en ce qui concerne la demande d'admission du Mozambique; le document pertinent porte la cote A28/36. Vous noterez que le Mozambique a demandé :

-64-

QUATRIEME SEANCE PLENIERE

65

à être admis en qualité de Membre de l'Organisation à compter du 25 juin 1975, date à laquelle il accédera à l'indépendance. J'ai dit ce matin, lorsque nous avons discuté de notre ordre du jour, que la question de la légalité d'une pareille intervention précoce avait été soulevée au Bureau et qu'il avait été fait état de précédents à la fois dans l'Organisation et ailleurs et que, d'autre part, on avait fait ressortir le caractère hautement dommageable du report de cette admission à l'année prochaine, car nous n'aurons pas d'assemblée générale avant l'an prochain. C'est la raison pour laquelle le Bureau a fermement recommandé - et je me permettrai d'insister sur ce fait - qu'une décision intervienne maintenant. Nous nous trouvons donc devant ce problème l'Assemblée est saisie de la demande du Mozambique. Avant de lire le projet de résolution qui éventuellement sera soumis au vote de l'Assemblée, je voudrais vous dire que j'ai sous les yeux la liste des personnes qui ont demandé à être entendues. Je voudrais savoir s'il y a d'autres demandes d'intervention, car j'aimerais clore la liste des orateurs. Je vais donner lecture de cette liste; ainsi, ceux qui craignent de ne pas s'y trouver entendront que leur nom y est bien inscrit j'ai comme premier orateur l'observateur du Mozambique, comme deuxième orateur le délégué du Portugal, puis les délégués des pays suivants République populaire de Chine, Libéria, République populaire démocratique de Corée, Yougoslavie, Zambie, Guinée, Congo, Rwanda, Ghana, République -Unie de Tanzanie, Gambie. Y a -t -il d'autres délégations qui souhaitent parler ? La Somalie, la Guinée -Bissau, la Roumanie, Madagascar. Bien, Mesdames et Messieurs, je vous signale que dès à présent nous battons les records du Nord Viet -Nam et avons dix -sept orateurs inscrits, et je décide de clore la liste des orateurs. J'insiste par ailleurs sur le fait que vous venez d'applaudir à la proposition de raccourcir les interventions, et je compte donc fermement sur les délégués pour qu'ils fassent des interventions aussi brèves que possible de façon à ce que nous puissions prendre une décision pour ou contre l'admission du Mozambique dans les délais les plus courts. Je donne donc la parole à l'observateur du Mozambique. Qu'il veuille bien venir prendre la parole à la tribune. : : :

Monsieur le Président de l'Assemblée mondiale Le Dr MARTINS (observateur du Mozambique) de la Santé, Monsieur le Directeur général, honorables délégués, Excellences, Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, camarades, dès le 25 septembre 1964, jour glorieux du déclenchement :

de la lutte armée dans notre pays, les problèmes de la santé de nos combattants ont représenté pour

nous un motif d'attention particulière. Plus tard, lorsque nous avons pu contrôler des parcelles du territoire national, notre effort en matière de santé s'est aussi étendu aux populations des zones libérées. Pendant ces dures années de guerre, nous avons créé nos propres centres pour la formation de techniciens de niveau moyen des diverses professions de santé. Il a ainsi été possible de former des cadres nationaux à partir des premières années de la lutte armée de libération. Notre action sur le plan de la santé est indissociable des objectifs fondamentaux de notre lutte puisque, pendant la longue période d'oppression coloniale, notre peuple s'est trouvé dans sa grande majorité privé des plus élémentaires soins médicaux. C'est donc avec le plus vif plaisir que nous nous adressons aujourd'hui à cette importante assemblée pour présenter la demande d'adhésion de notre pays à l'OMS. En considérant le travail accompli pendant la difficile période de notre lutte de libération nationale, vous pourrez vous rendre compte que nous avons toujours respecté et appliqué les principes énoncés dans la charte de l'OMS, bien que nous ne fussions pas encore Membre de l'Organisation. En présentant, ce jour, la demande d'adhésion de notre pays, nous ne faisons donc que couronner les efforts en faveur de la santé déployés par notre peuple sous la direction du FRELIMO. En acceptant notre pays en son sein, l'OMS ne fera que concrétiser son universalité. Pendant les années de lutte, nous avons eu la grande satisfaction de ne pas nous sentir seuls. Tout d'abord, nous avons eu l'aide incommensurable de la République -Unie de Tanzanie et de la République de Zambie, non seulement dans les domaines politique, diplomatique et matériel, mais également dans le domaine de la santé. C'est sur le territoire tanzanien que nous avons installé nos centres de formation; c'est là aussi que nous avons construit un hôpital central pour appuyer nos hôpitaux plus modestes des zones libérées. Nous avons reçu de beaucoup de pays du monde des médicaments, de l'aide matérielle et technique, indispensables au fonctionnement de nos services de santé. A ce propos, nous faisons remarquer que cette aide, plus ou moins grande, n'est pas venue seulement des pays dont les gouvernements ont rejeté clairement la politique coloniale fasciste de Salazar et Caetano et ont appuyé notre lutte, comme. c'est le cas des pays africains, des pays socialistes, des pays non alignés et des pays du nord de l'Europe, mais que nous avons reçu également une aide médicale des organisations humanitaires, religieuses, politiques ou syndicales des pays dont les gouvernements ont toujours été des alliés fidèles du colonial- fascisme portugais. A tous les pays et organisations qui nous ont aidés dans le domaine de la santé, nous exprimons aujourd'hui notre reconnaissance. Il est également nécessaire de souligner que l'OMS ne nous a pas toujours donné l'appui que nous estimions mériter. Jusqu'en 1966, l'Organisation a collaboré activement avec le colonialisme portugais. C'est au cours de cette année 1966 que l'action des forces progressistes au sein de l'OMS a obtenu un premier succès, lorsque l'Assemblée a voté une résolution supprimant toute aide matérielle au Gouvernement colonial du Portugal. Le Portugal a également été expulsé du Comité régional de l'Afrique. Ces décisions historiques n'ont malheureusement pas été immédiatement mises à exécution, mais elles ont constitué pour notre peuple une source d'encouragement dans notre dure lutte de libération nationale parce qu'elles exprimaient la solidarité

66

VINGT- HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

des peuples du monde entier envers notre lutte, et qu'elles montraient que l'écrasante majorité des membres de cette assemblée avait su comprendre que notre lutte était juste et que l'oppression coloniale fasciste est incompatible avec la santé telle qu'elle est définie dans la charte de l'OMS. Ce n'est que très récemment, et comme résultat du développement de notre lutte, que l'OMS a franchi un nouveau pas en reconnaissant notre parti, le FRELIMO, comme l'unique et légitime représentant de notre peuple et en l'admettant en cette qualité comme observateur. Le 7 septembre 1974, notre parti et le nouveau Gouvernement portugais issu du coup d'Etat révolutionnaire du 25 avril 1974 ont signé l'accord historique de Lusaka qui a permis l'installation à Lourenço Marques, le 20 septembre 1974, d'un gouvernement de transition dirigé par le FRELIMO et chargé de l'administration générale du pays jusqu'à l'indépendance totale complète qui aura lieu le 25 juin prochain. Dans le discours d'investiture du Gouvernement de transition, le Président Samora Moises Machel a défini la santé comme l'une des trois priorités de l'action gouvernementale. Notre gouvernement s'est engagé à suivre fidèlement le mot d'ordre de son président et de son parti. Mais l'héritage colonial, dans le domaine de la santé comme dans les autres domaines, est très lourd. Nous avons trouvé des services de santé conçus selon une optique coloniale, destinés à servir essentiellement une population favorisée, la minorité blanche, et laissant totalement à l'abandon la plus grande partie de la population, en particulier celle des régions rurales. Les structures de santé étaient non seulement conçues selon une optique erronée mais elles n'avaient pas été entretenues durant les dix dernières années. En dehors des trois principales villes, nous n'avons trouvé que des ruines. Outre ces ruines au niveau de la périphérie, nous avons aussi hérité de structures centrales ankylosées, d'une machine bureaucratique inefficace, désorganisée, archatque, inopérante. La discrimination raciale et socio- économique, caractéristique de la société coloniale fasciste, était nettement mise en évidence dans toutes les structures de la santé. Une assistance médicale gratuite, mais de mauvaise qualité, existait théoriquement pour certains groupes de fonctionnaires et pour les indigents, mais il était si difficile de prouver qu'on était indigent que ce droit avait une portée pratique très limitée. Dans le domaine de la médecine préventive existaient seulement un service de médecine scolaire pour les enfants des écoles des villes de Lourenço Marques et Beira (représentant seulement 9 % de la population) et des vaccinations aux voyageurs et des vaccinations épisodiques lorsqu'il y avait un risque d'épidémie. Même pour ces vaccinations épisodiques, des méthodes autoritaires propres au système colonial étaient utilisées, qui engendraient la méfiance et une non collaboration de la part des populations. Il n'avait rien été fait dans le domaine de l'assainissement du milieu. Nous ne sommes même pas en mesure de définir des priorités avec des critères scientifiques, puisqu'il n'existe aucune donnée statistique des cinq dernières années et que toutes les statistiques antérieures à cette date sont très primitives et n'inspirent pas confiance. Mais notre plus grande faiblesse, c'est le manque de cadres. La plus grande partie des cadres supérieurs de santé étaient des Portugais qui bénéficiaient directement du système colonial; ils ont eu de grandes difficultés à s'adapter aux profondes transformations socio- économiques en cours dans notre pays et c'est pourquoi ils l'ont abandonné. Pendant cette courte période de sept mois de gouvernement, nous avons déjà fait un énorme effort, dans la mesure de nos moyens, pour modifier radicalement cette situation. Nous nous trouvons dans une phase de réorganisation et de centralisation de toutes nos structures sanitaires pour qu'elles soient plus efficaces et puissent ainsi mieux servir la population, sans discrimination. Nous avons totalement réorganisé nos cours de formation du personnel médical et paramédical, nous avons créé de nouveaux cours et nous avons déjà commencé la formation intensive de personnel national à tous les niveaux et dans les limites qui nous sont imposées par le manque actuel de professeurs. Nous avons élaboré un plan pour l'amplification et l'intensification, dans une plus grande mesure, de nos programmes de formation de cadres. Pour ces projets, nous comptons sur la collaboration des institutions spécialisées du système des Nations Unies. Nous avons déjà présenté à l'OMS, au FISE et au PNUD des projets de coopération. Nous attendons toujours la réponse de ces organisations. Nous sommes certains que tous les gouvernements ici représentés contribueront à ce qu'une réponse favorable nous parvienne le plus rapidement possible. Nous avons donné la priorité à la médecine préventive, moins onéreuse et plus humaine. Nous nous sommes engagés dans les préparatifs d'une gigantesque campagne nationale d'assainissement qui sera réalisée au mois de juillet en vue de célébrer le premier mois de l'indépendance. Nous avons programmé une campagne nationale de vaccination contre la variole, la rougeole et par le BCG qui atteindra la totalité de la population vulnérable en l'espace de 28 mois. Pour ce projet, nous comptons encore une fois sur l'aide des organisations internationales, et en particulier de l'OMS à laquelle nous avons déjà présenté un projet de coopération mais dont nous attendons toujours un engagement définitif. Nous sommes en train d'intensifier nos programmes de vaccinations de routine, dans la mesure et dans les limites qui nous sont imposées par notre pauvre réseau d'infrastructures sanitaires. Nous avons élaboré un plan d'investissements dans le domaine des infrastructures sanitaires qui est certes ambitieux, mais qui est bien en deçà de nos nécessités et des exigences légitimes de nos populations en matière d'assistance médicale. Ce plan d'investissements est évalué

QUATRIEME SEANCE PLENIERE

67

à 30 millions de dollars. La réalisation de ce projet, pour lequel nous avons besoin d'une aide internationale, constituerait certainement un pas en avant considérable dans le domaine de l'amélioration des conditions de santé de notre peuple. Bien que ce plan soit ambitieux, et seulement réalisable si nous disposons d'une importante aide internationale, il est loin de satisfaire les besoins du peuple et les exigences des populations ayant un besoin si urgent d'aide médicale. Même la réalisation de ce plan laisse encore sans assistance médicale une partie de la population dans un pays d'une si faible densité de population. C'est pour cette raison que nous sommes sur le point de créer des "promoteurs de santé de la communauté ", agents rudimentaires d'action polyvalente préventive et curative (mais essentiellement préventive), de formation - très élémentaire - mixte d'hygiénistes et de secouristes, sachant reconnaître et traiter trois ou quatre des maladies les plus communes dans notre pays. Les promoteurs de santé de la communauté n'étant pas des fonctionnaires des services de santé, ils seront le premier appui de la population en matière de santé et seront un lien entre les services de santé et la population. Le promoteur de santé de la communauté aura sur tous les autres travailleurs de la santé l'avantage énorme de ne pas avoir besoin d'installations fixes pour agir. C'est pourquoi le promoteur de santé de la communauté sera un investissement bon marché et dont nous espérons obtenir les meilleurs résultats. Monsieur le Président, Monsieur le Directeur général, honorables délégués, Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, camarades, nous vous avons montré notre intérêt et notre engagement dans l'amélioration des conditions sanitaires de notre peuple dès les premiers jours de notre lutte de libération, oeuvre que nous avons poursuivie tout au long de ces années et que nous intensifions maintenant que nous gouvernons et contrôlons tout le territoire national. Nous souuiuues à même, actuellement, de prouver notre capacité d'établir des plans pour la création de structures sanitaires convenant à notre pays. Certes, nous devons compter surtout sur nos propres forces, et c'est pourquoi nous avons déjà mis la main à l'oeuvre de reconstruction nationale, en particulier dans le domaine de la santé. Mais nous avons besoin d'une aide internationale pour mener à bien notre oeuvre d'élévation du niveau sanitaire de notre peuple et contribuer ainsi à la cause de l'amélioration de la santé dans le monde qui est la devise de l'OMS.

C'est avec une satisfaction particulière que nous entrerons dans cette organisation à une époque où nos frères de la République de Guinée -Bissau et de la République démocratique du Viet -Nam y sont déjà et où nos compagnons d'armes du GRUNK et du Gouvernement révolutionnaire provisoire du Sud Viet -Nam sont déjà assurés de leur place justement méritée. Nous apprécions aussi que notre entrée se fasse à une époque où le peuple portugais a balayé de la scène politique l'oligarchie réactionnaire coloniale fasciste de Salazar et Caetano qui opprimait le peuple portugais autant que nous -mêmes. Nous voulons exprimer le voeu que nous puissions bientôt voir, à côté de nous sur les bancs de cette assemblée, les représentants légitimes des peuples de l'Angola, du Cap -Vert, de Sáo Tomé et Principe, de la Palestine, ainsi que ceux des peuples africains de l'Afrique du Sud et du Zimbabwe, et que le honteux régime de l'apartheid soit pour toujours banni de la surface de la terre. Nous formulons aussi le voeu que l'OMS apporte dès maintenant toute son aide à ces peuples en lutte. La lutte continue. Je remercie l'observateur du Mozambique, et je voudrais demander maintenant Le PRESIDENT au délégué du Portugal de bien vouloir monter à la tribune. :

Monsieur le Président, Le Professeur SAMPAIO (Portugal) (traduction de l'anglais) Mesdames, Messieurs, Messieurs les délégués, je suivrai votre conseil et je serai bref. C'est avec un grand plaisir et beaucoup de satisfaction que la délégation portugaise apporte son vigoureux appui à l'admission du Mozambique au sein de cette importante organisation. Le peuple portugais déplore que cette admission n'ait pas eu lieu de nombreuses années auparavant. Cette erreur, résultat d'une politique aveugle menée contre la volonté de la grande majorité de notre peuple, a posé d'énormes problèmes aux deux pays. Heureusement, la politique du Portugal a radicalement changé et, à l'heure actuelle, les Gouvernements du Mozambique et du Portugal entretiennent les meilleures relations d'amitié, de compréhension et de coopération en vue de résoudre les problèmes auxquels ils ont tous deux à faire face. Pour cela, nous comptons les uns et les autres sur l'aide importante de l'OMS. C'est pourquoi la délégation portugaise et le peuple portugais appuient chaleureusement la demande d'admission du Mozambique. Nous sommes convaincus qu'à l'avenir la contribution du Mozambique à la santé du monde sera des plus bénéfique pour :

nous tous.

Nous saisissons cette occasion pour saluer également l'admission des Tonga et de la République démocratique du Viet -Nam. Je remercie vivement le délégué du Portugal, à la fois pour le contenu de Le PRESIDENT son exposé et pour sa brièveté dont j'espère que s'inspireront tous les orateurs suivants. Je voudrais maintenant appeler le délégué de la République populaire de Chine. :

Monsieur le Président, je saisis M. LIN Chia -sen (Chine) (interprétation du chinois) cette occasion pour adresser au nom de la délégation chinoise mes chaleureux souhaits de bienvenue à la délégation du Mozambique, ici présente. Le peuple du Mozambique est un peuple :

68

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

héroYque qui a une glorieuse tradition de lutte contre l'impérialisme et le colonialisme. Pour se débarrasser du joug colonialiste et accéder à l'indépendance nationale, le peuple du Mozambique a mené contre le colonialisme cinq siècles de luttes. Depuis septembre 1964, en particulier, le peuple du Mozambique, placé sous la conduite du Front de Libération du Mozambique, le FRELIMO, a choisi la juste voie de la lutte armée, développant constamment ses propres forces dans la lutte, infligeant des coups de plus en plus durs aux colonialistes portugais et obligeant finalement le Portugal à reconnaître le droit à l'indépendance du peuple du Mozambique. Le Mozambique a décidé de proclamer son indépendance le 25 juin 1975. C'est là une grande victoire du peuple du Mozambique. Dès lors que le Gouvernement de transition du Mozambique a demandé à être admis comme Membre à part entière de l'Organisation mondiale de la Santé à compter du 25 juin 1975 - jour de son indépendance - nous appuyons résolument sa demande. Le PRESIDENT Je remercie le délégué de la Chine pour l'exemple qu'il donne lui aussi aux orateurs inscrits, et je voudrais appeler maintenant le délégué du Libéria. :

M. BRIGHT (Libéria) (traduction de l'anglais) Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs, le fait que le Mozambique ait demandé à être des nôtres à la date même où il entrera de plain -pied dans le concert des nations est, selon nous, un précieux témoignage de l'estime et de la considération que le Gouvernement provisoire et le peuple du Mozambique portent à notre organisation. Mon gouvernement est fermement convaincu que l'importance de notre organisation ne doit jamais être perdue de vue, et que nous avons précisément aujourd'hui l'occasion de l'exalter en accueillant à l'unanimité le Mozambique parmi nous, et en faisant bénéficier ainsi un nouveau peuple du monde des bienfaits humanitaires qui ont fait le renom de notre organisation. :

Le PRESIDENT Merci beaucoup, Monsieur le délégué du Libéria. J'appelle maintenant le délégué de la République populaire démocratique de Corée. :

Le Dr HAN Hong Sep (République populaire démocratique de Corée) (traduction de l'anglais) Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs, j'ai le plaisir de vous informer, au nom de la délégation de la République populaire démocratique de Corée, que le Gouvernement de la République populaire démocratique de Corée appuie vigoureusement l'admission du Front de Libération du Mozambique au sein de cette organisation mondiale. Le peuple du Mozambique, qui s'est libéré de l'exploitation et de l'oppression de l'impérialisme et du colonialisme, a pris le chemin de la souveraineté nationale et de l'indépendance et s'apprête à créer une vie nouvelle sous la sage conduite du Front national de Libération du Mozambique. Le Front victorieux s'est toujours grandement préoccupé de la promotion de la santé du peuple et de ses responsabilités nationales en matière de santé. Monsieur le Président, nous sommes certains que la participation du Front de Libération du Mozambique aux activités de l'Organisation mondiale de la Santé, dont le premier objectif est de faire parvenir l'humanité au niveau de santé le plus élevé possible, apportera une importante contribution à l'amélioration des activités nationales de santé publique et au renforcement des relations internationales dans de nombreux domaines. Nous estimons aussi, Monsieur le Président, que c'est là une décision pleinement conforme à la Constitution de l'Organisation mondiale de la Santé. En conclusion, au nom de la délégation de la République populaire démocratique de Corée, j'appuie chaleureusement, une fois encore, l'admission du peuple du Mozambique au sein de notre organisation. :

Le PRESIDENT Merci, Monsieur le délégué de la République populaire démocratique de Corée. J'appelle le délégué de la Yougoslavie. :

Le Dr MARGAN (Yougoslavie) (traduction de l'anglais) Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs, au nom de la délégation yougoslave, je tiens à recommander sincèrement que notre assemblée se prononce à l'unanimité pour l'admission du Mozambique comme Membre à part entière de l'Organisation mondiale de la Santé. En agissant ainsi, nous nous alignerons sur la position que nous avons prise précédemment lorsque nous avons admis la Guinée -Bissau. Notre position à l'égard des pays récemment libérés est très connue et se passe de plus amples commentaires. Les relations que nous entretenons à l'heure actuelle avec le Mozambique sont un exemple caractéristique de cette orientation. La décision positive que, je l'espère, nous allons prendre sera dans l'intérêt de l'OMS comme du Mozambique. Nous contribuerons ainsi à promouvoir le principe de l'universalité, et nous nous donnerons les moyens de coopérer avec nos confrères de ce pays ami afin de les aider à résoudre les nombreux problèmes de santé qui se posent à eux comme à nous :

tous.

Le PRESIDENT Merci, Monsieur le délégué de la Yougoslavie. J'appelle maintenant à la tribune le délégué de la Zambie. :

Le Dr BULL (Zambie) (traduction de l'anglais) Monsieur le Président, Messieurs les délégués, Mesdames, Messieurs, je viens appuyer la demande du Mozambique qui souhaite être admis :

QUATRIEME SEANCE PLENIERE

69

comme Etat Membre de l'Organisation mondiale de la Santé. Le peuple du Mozambique a donné au monde la preuve de son désir de paix et de promotion de la dignité humaine, désir dont la réalisation a d0 passer par la suppression du colonialisme et le remplacement de régimes dictatoriaux par la règle de la majorité. En accédant le mois prochain à l'indépendance, le Mozambique sera appelé à exercer ses responsabilités en matière de lutte contre la maladie à l'intérieur de ses frontières. Jusqu'à présent, la Zambie, qui a des frontières communes non seulement avec le Mozambique mais aussi avec l'Angola et la Rhodésie, a da recevoir de nombreux réfugiés qui non seulement fuient l'oppression et la guerre, mais viennent chercher le nécessaire, et notamment les soins médicaux qui leur manquent. La Zambie n'a à aucun moment hésité à faire bénéficier ces réfugiés de ses ressources limitées. La question du colonialisme est désormais réglée au Mozambique. Le moment est venu pour tous les peuples épris de paix et de progrès d'aider le Mozambique à se doter de solides infrastructures. Notre organisation a un rôle particulier à jouer au Mozambique en vue de mettre en place une infrastructure sanitaire viable et de former du personnel paramédical et médical. Mon pays ne doute pas que cette auguste assemblée sera disposée à accueillir le Mozambique comme Membre à part entière de l'Organisation mondiale de la Santé.

Le PRESIDENT Merci, Madame le délégué de la Zambie. Le prochain orateur inscrit était le délégué de la Guinée mais, et je l'en remercie, il renonce à prendre la parole. Je voudrais signaler d'ailleurs d'autres réactions à ma suggestion. Le délégué du Rwanda, notamment, a bien voulu lui aussi renoncer à prendre la parole. Cela n'enlève rien, j'en suis sûr, aux sentiments que ces pays portent à la cause qui est à l'examen. L'orateur suivant, que j'invite à la tribune, est le délégué du Congo. :

Monsieur le Président, Messieurs les délégués, en saluant les Le Dr ONDAYE (Congo) vaillants et valeureux combattants de la liberté et de la paix d'Afrique, d'Asie et d'Amérique latine en général, et du Mozambique en particulier, la République populaire du Congo se déclare par ma voix heureuse d'entendre aujourd'hui dans cette salle des frères hier divisés par l'impérialisme, le colonialisme, et le néo- colonialisme parler enfin le même langage, celui de la paix, de la fraternité pour la recherche des moyens tendant à assurer aux peuples bonheur :

et bien -être.

C'est du plus profond de notre coeur que nous saluons l'entrée au sein de notre organisation de la République démocratique du Viet -Nam, exemple de peuple qui a su montrer aux yeux du monde que seules les causes justes finissent par triompher. Hier la Guinée -Bissau, aujourd'hui le Mozambique, et demain l'Angola, le Cap -Vert, les îles de Saó Tomé et Principe siégeront à nos côtés grâce à la détermination de ces peuples qui n'ont ménagé aucun effort, aucun sacrifice pour la liberté, l'indépendance, source de bonheur et de santé des peuples. Nous rendons ici hommage ,à la sagesse du peuple portugais et de ses dirigeants pour avoir compris enfin que la lutte des peuples hier opprimés, exploités, méprisés, ne pouvait se terminer que par une victoire qui profite à tous, celle de la justice et de l'égalité entre les peuples, Le Mozambique, pays frère et ami, malgré la guerre de libération, a su mettre en place des services de santé qui, grâce à l'aide internationale et à l'assistance de notre organisation, pourront se développer rapidement. Le Congo appuie sans réserve et très fermement sa candidature à l'admission en qualité de Membre de l'Organisation mondiale de la Santé. Le PRESIDENT du Ghana. :

Merci, Monsieur le délégué du Congo. J'appelle à la tribune le délégué

Monsieur le Président, Messieurs les M. SELORMEY (Ghana) (traduction de l'anglais) délégués, la délégation du Ghana appuie la demande d'admission du Mozambique qui souhaite devenir Membre à part entière de l'Organisation mondiale de la Santé. L'indépendance imminente du Mozambique sera le juste couronnement de la lutte légitime menée par le peuple de ce pays pour se libérer de la domination coloniale, lutte au cours de laquelle le Ghana a eu le privilège d'apporter tout au long des années sa constante aide morale et matérielle. On se rappellera que le Mozambique a été en guerre contre le Portugal au cours des dix dernières années. Bien peu a été fait pour la population indigène en matière de santé sous le régime du colonialisme portugais. Il faut se rappeler également que, pendant la guerre, le mouvement nationaliste du Mozambique a commencé à fournir une assistance et des soins médicaux dans les zones libérées. Immédiatement après l'accord de Lusaka entre le FRELIMO et le nouveau Gouvernement portugais, le Gouvernement de transition du Mozambique a mis en place un programme médical complet destiné à améliorer la situation sanitaire de la population. Nous espérons sincèrement que, avec l'admission du Mozambique au sein de notre organisation, la population de ce pays recevra toute l'assistance nécessaire afin qu'elle puisse, elle aussi, jouir du niveau de santé le plus élevé possible, droit fondamental garanti à tout être humain, quelles que soient sa race, sa couleur, sa religion, ses opinions politiques ou sa condition économique et sociale. :

70

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

Conformément au principe de la Constitution de l'Organisation mondiale de la Santé selon lequel la santé est un droit pour toutes les nations, la délégation du Ghana, au nom du Gouvernement et du peuple de son pays, appuie la demande d'admission du Mozambique au sein de l'Organisation mondiale de la Santé. Le PRESIDENT Après le délégué du Ghana, que je remercie, je donne la parole au délégué de la République -Unie de Tanzanie. :

M. MWINYI (République -Unie de Tanzanie) (traduction de l'anglais) Monsieur le Président, Messieurs les délégués, Mesdames, Messieurs, la délégation de Tanzanie appuie chaleureusement la demande du Mozambique qui souhaite devenir Membre à part entière de l'Organisation mondiale de la Santé à compter du 25 juin 1975, date à laquelle ce pays accédera à l'indépendance totale et complète. Le peuple du Mozambique nous a montré que, si le peuple est résolu et mobilisé, la libération complète peut être atteinte, aussi lourd que soit l'héritage du passé. Ma délégation ne doute pas que la participation du Mozambique à nos délibérations profitera non seulement à nos frères et à nos soeurs du Mozambique, mais à nous tous également. Ma délégation est tout aussi convaincue que, en luttant contre la maladie ennemie, le peuple du Mozambique emploiera la méthode même qui lui a donné la victoire sur son ancien ennemi, le colonialisme. La participation du Mozambique à l'OMS permettra également aux pays Membres de prendre connaissance des problèmes de santé qui se posent à nos frères, ce qui donnera à cette noble organisation les moyens de déterminer les efforts collectifs qui seront nécessaires pour améliorer la santé de nos frères et de nos soeurs du Mozambique. Monsieur le Président, je saisis cette occasion pour rappeler aux dernières puissances coloniales et aux oppresseurs qu'ils ont beaucoup à apprendre des événements qui se déroulent devant la présente Assemblée. Ils devraient apprendre que leurs jours sont comptés et que plus tôt ils se rangeront à la politique adoptée par le Portugal, mieux cela vaudra pour eux et pour l'humanité en général. La libération du Mozambique ouvre la voie à la libération des autres territoires d'Afrique australe. Mais c'est aussi une source d'inspiration pour les peuples qui, dans d'autres régions du monde, luttent contre des oppresseurs de toute sorte. L'admission du Mozambique - appuyée par la République -Unie de Tanzanie - nous rapproche de l'universalité que l'Organisation a toujours souhaité atteindre. A cet égard, Monsieur le Président, ma délégation se réjouit également de l'admission des Tonga et de la République démocratique du Viet -Nam. :

Le PRESIDENT Merci, Monsieur le délégué. Puis -je demander au délégué de la Gambie de venir à la tribune ? :

Monsieur le Président, Monsieur le M. SINGHATEH (Gambie) (traduction de l'anglais) Directeur général, Messieurs les délégués, au nombre du groupe OUA des pays Membres de l'OMS, que je préside actuellement, j'appuie de tout coeur l'admission du Mozambique en tant que Membre à part entière de l'Organisation mondiale de la Santé. Comme nous le savons tous, le peuple du Mozambique a lutté pendant de nombreuses années pour arracher sa liberté à la domination coloniale. Il est très réconfortant pour nous tous de savoir que l'indépendance politique de ce pays sera acquise en juin de cette année, dans moins d'un mois. Toutefois, cette bonne nouvelle est assombrie par tout ce que nous savons de source sûre au sujet des souffrances et des malheurs endurés par ce peuple courageux au cours des dix dernières années. La maladie, la faim et la misère continuent jusqu'à ce jour à prélever un lourd tribut sur nos malheureux frères, jeunes et vieux. Pour des raisons bien compréhensibles, l'Organisation mondiale de la Santé n'a pas été en mesure par le passé d'apporter au courageux peuple du Mozambique toute l'assistance que les pays africains auraient souhaitée. Comme je l'ai dit plus haut, le Mozambique accédera à l'indépendance dans moins de quatre semaines, alors que, après la présente session, il faudra attendre le mois de mai 1976 pour que se réunisse la prochaine Assemblée mondiale de la Santé. Il ne fait pas de doute que ce délai est beaucoup trop long, et que le peuple du Mozambique ne peut attendre jusque -là l'aide dont il a si cruellement besoin pour assurer le fonctionnement de ses services de santé. C'est pour cette raison, entre autres, que les pays Membres de l'OMS affiliés à l'OUA ont décidé d'appuyer le Mozambique de toutes leurs forces pour lui permettre d'adhérer dès maintenant à l'Organisation mondiale de la Santé. Les délégués se rappelleront les résolutions votées par les Assemblées précédentes à l'appui des demandes des mouvements de libération de l'Afrique australe qui souhaitaient être reconnus et recevoir une assistance plus substantielle. Si l'on veut que ces résolutions présentent quelque intérêt pratique pour les peuples qu'elles sont censées aider, nous, Membres de l'OMS affiliés à l'OUA, estimons qu'il faut décider sans hésiter d'admettre le Mozambique à l'OMS en qualité d'Etat Membre. En agissant ainsi, l'Organisation témoignera devant le monde entier de ses principes humanitaires et de son souci d'alléger les souffrances sans tenir compte des différences politiques, linguistiques, culturelles ou géographiques. Monsieur le Président, j'espère avoir clairement présenté la cause du groupe des Etats Membres affiliés à l'OUA et du peuple du Mozambique. Chacun en Afrique espère que la décision :

QUATRIEME SEANCE PLENIERE

71

que l'Assemblée de la Santé prendra aujourd'hui restera dans l'histoire comme une décision aussi louable qu'importante. Le PRESIDENT Somalie. :

Merci, Monsieur le délégué. Je donne maintenant la parole au délégué de la

Le Dr O. A. HASSAN (Somalie) (traduction de l'anglais) Monsieur le Président, j'ignorais que le Président de notre groupe allait prendre la parole. Si jel'avaissu, je me serais abstenu. Mais puisque j'ai été appelé à la tribune, je tiens à ajouter quelques mots c'est avec grand plaisir que nous saluons et que nous appuyons l'admission du Mozambique au sein de notre organisation. Nous sommes certains que l'expérience acquise par le FRELIMO dans des conditions difficiles et en temps de guerre sera d'un grand secours, non seulement pour ce pays, mais pour d'autres aussi. Nous espérons également pouvoir accueillir bientôt d'autres Membres encore placés sous la domination coloniale et voir l'Organisation parvenir à l'universalité. : :

La délégation suivante sur ma liste est celle de la Guinée -Bissau. Puis -je Le PRESIDENT demander à son délégué de monter à la tribune ? :

Le Dr BOAL (Guinée- Bissau) Monsieur le Président, Monsieur le Directeur général, honorables délégués, la présence des mouvements de libération dans cette Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé et les droits qui viennent de leur être conférés confirment et accentuent le mouvement vers l'universalité qui doit être un des aspects déterminants de notre organisa:

tion.

La demande d'admission du Mozambique ne peut donc que nous réjouir et la délégation de la Guinée -Bissau pense qu'aucune entrave juridique ne saurait justifier un ajournement de l'admission de ce pays à l'OMS. Le Mozambique, qui vient de sortir d'une guerre de libération nationale longue et difficile, ne peut pas se permettre d'attendre une année encore pour bénéficier des avantages dus à un Membre de l'Organisation mondiale de la Santé. Ce pays, dont l'indépendance sera proclamée le 25 juin prochain, est déjà en fait un Etat indépendant puisque toutes les attributions d'un Etat souverain sont sous la responsabilité de ses enfants et pleinement exercées. Nous espérons donc que, conformément à l'article 6 de la Constitution de l'OMS, le Mozambique deviendra Membre de notre organisation non pas à la majorité simple mais à l'unanimité. Permettez -moi, Monsieur le Président, de saisir cette occasion pour féliciter la délégation de la République démocratique du Viet -Nam et celle des Tonga pour leur admission à l'OMS, ainsi que les représentants du peuple héroique du Sud Viet -Nam qui siègent enfin à la place qui leur revient parmi nous. Le PRESIDENT Je sais gré au délégué de la Guinée -Bissau d'avoir été bref lui aussi et j'appelle à la tribune le délégué de la Roumanie. :

Monsieur le Président, la délégation roumaine appuie Le Professeur ORHA (Roumanie) fermement l'admission sans retard du Mozambique à l'OMS. Notre pays est solidaire de la lutte anticolonialiste du peuple de Mozambique, qui voit s'approcher très vite l'heure de l'indépendance. Admettre dès maintenant le Mozambique à l'Organisation mondiale de la Santé, c'est venir en aide à un peuple de plus qui a dû souffrir et souffre encore de la domination étrangère. Ma délégation est prête à appuyer aussi toute action de la part de notre organisation tendant à favoriser les conditions nécessaires pour que le peuple du Mozambique puisse se consacrer pleinement au développement libre et indépendant de son pays. :

Merci, Monsieur le délégué de la Roumanie. Le dernier orateur sur ma liste Le PRESIDENT est le délégué de Madagascar, que j'appelle à la tribune. :

Le Dr ANDRIAMAMPIHANTONA (Madagascar) Monsieur le Président, Monsieur le Directeur général, honorables délégués, Mesdames et Messieurs, la délégation de la République malgache à cette Vingt- Huitième Assemblée mondiale de la Santé saisit l'occasion qui lui est offerte aujourd'hui d'exprimer son appui ferme et chaleureux à l'admission au sein de l'orgahisation mondiale de la Santé du pays frère et ami du Mozambique. A cet effet, la délégation malgache invite les délégations de tous les pays épris de paix et de liberté à voter en faveur du pays frère du Mozambique afin qu'il puisse appliquer au profit de son peuple, avec l'aide de notre organisation, une politique de protection et de promotion de la santé, condition sine qua non d'une édification nationale véritable et du plein épanouissement de l'homme. :

Le PRESIDENT Je remercie le délégué de Madagascar. On vient de m'apprendre que le délégué de l'Irak souhaite faire une courte déclaration au nom des pays arabes. En vertu des pouvoirs de la présidence, je lui donne la parole. :

72

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II :

Le Dr AL -NOURI (Irak) (interprétation de l'arabe) Monsieur le Président, Messieurs les délégués, en mon nom personnel et au nom des délégations arabes, je tiens à exprimer le soutien que nous apportons à l'admission du Mozambique au sein de l'OMS, mesure bien faite pour couronner la juste lutte de ce pays contre le colonialisme et son accession à l'indépendance complète à l'issue d'un dur combat. Nous espérons que les autres mouvements de libération qui luttent de par le monde viendront occuper la place qui leur revient au sein de notre organisation, une fois qu'ils auront atteint leur pleine indépendance.

Le PRESIDENT Je remercie le délégué de l'Irak pour la brièveté de son intervention. Le débat est maintenant clos et je vais donner lecture du projet de résolution soumis au vote de cette assemblée :

:

La Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé

ADMET le Mozambique en qualité de Membre de l'Organisation mondiale de la Santé, cette admission devant prendre effet à la date de l'accession du Mozambique à l'indépendance, qui doit avoir lieu le 25 juin 1975, et sous réserve du dépôt d'un instrument officiel entre les mains du Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies conformément à l'article 79 de la Constitution. Nous allons procéder au vote. Que les délégations qui appuient ce projet veuillent bien lever leur pancarte. Que celles qui sont contre veuillent bien se faire connaître. Nous passons maintenant aux abstentions éventuelles. Je vous remercie. Je constate qu'il n'y a ni vote contre ni abstention. La résolution est donc adoptée.' J'ai le plaisir de déclarer le Mozambique admis au sein de l'Organisation mondiale de la Santé dans les conditions que précise la résolution, et ceci à l'unanimité. Je voudrais exprimer mes félicitations toutes particulières au représentant du Mozambique et à son pays. 2.

ETUDE ET APPROBATION DES RAPPORTS DU CONSEIL EXECUTIF SUR SES CINQUANTE - QUATRIEME ET CINQUANTE -CINQUIEME SESSIONS :

Nous allons maintenant passer au point 1.10 de l'ordre du jour - Etude et Le PRESIDENT approbation des rapports du Conseil exécutif sur ses cinquante -quatrième et cinquante- cinquième sessions - et je prie le Dr Taylor, Président du Conseil exécutif, de bien vouloir monter à la tribune pour nous présenter les rapports du Conseil. Le Dr TAYLOR (représentant du Conseil exécutif) (traduction de l'anglais) Monsieur le Président, honorables délégués, Mesdames et Messieurs, je voudrais tout d'abord rappeler que les décisions et recommandations du Conseil exécutif et le compte rendu de ses discussions lors des deux sessions que j'ai eu l'honneur de présider figurent dans les Actes officiels N° 219, N° 223 et N° 224. Ces documents attestent l'ampleur des débats qui ont eu lieu au Conseil et le vif intérêt que portent ses membres aux programmes importants pour l'Organisation mondiale de la Santé et donc pour les peuples du monde. Ma troisième année d'activité au Conseil exécutif est presque arrivée à son terme et je tiens à dire combien j'ai été impressionné par la façon dont les membres du Conseil se préoccupent de l'action de l'Organisation et donnent généreusement de leur temps, dans un réel esprit de collaboration. Je pense que le Conseil participe de plus en plus aux activités de l'Organisation, ce qui est tout à l'avantage des Etats Membres et du Secrétariat. L'année dernière, dans la résolution WHA27.20, la Vingt -Septième Assemblée mondiale de la Santé a accepté la suggestion du Conseil exécutif tendant à ce que les fonctions du Comité permanent des Questions administratives et financières, particulièrement l'analyse du projet de budget programme présenté par le Directeur général, soient assumées par le Conseil dans son ensemble. La cinquante- cinquième session du Conseil, tenue en janvier dernier, a été pour lui la première occasion d'appliquer cette procédure nouvelle. Les membres du Conseil sont convenus pour la plupart que l'expérience avait été fructueuse et qu'il fallait la poursuivre. Cependant, ils ont reconnu que le peu de temps dont ils disposaient avait rendu la tâche extrêmement ardue et qu'à l'avenir les sessions de janvier devraient être prolongées de quelques jours afin que le Conseil soit mieux à. même de faire face à l'importance du volume de travail. Depuis la naissance de l'Organisation, la question de la méthode de travail de l'Assemblée de la Santé n'a cessé de se poser aux réunions successives de l'Assemblée et du Conseil exécutif. Le Conseil a examiné de façon assez détaillée le rapport du Directeur général à ce sujet et adopté la résolution EB55.R46, qui contient une résolution dont l'adoption par l'Assemblée de la Santé est recommandée. Vous vous souviendrez avoir décidé, ce matin, de renvoyer ce point à la Commission B, qui pourra l'examiner en détail. Le Conseil attache une grande importance à cette question dans la perspective de la rationalisation des travaux de l'Assemblée. :

1 Résolution WHA28.3.

QUATRIEME SEANCE PLENIERE

73

Le Conseil a étudié en détail le projet de budget programme pour les exercices financiers 1976 et 1977 présenté par le Directeur général dans les Actes officiels N° 220; il a examiné certaines charges budgétaires additionnelles pour 1976 liées à une révision intérimaire des traitements et indemnités du personnel des catégories professionnelles et supérieures ainsi qu'aux aspects de l'évolution monétaire internationale qui affectent le budget de l'Organisation. De même, conformément aux articles 3.2 et 12.2 du Statut du Personnel, le Conseil a confirmé, par les résolutions EB55.R6 et EB55.R41, les amendements apportés par le Directeur général au Règlement du Personnel, y compris ceux qui résultent des décisions prises par l'Assemblée générale des Nations Unies concernant les traitements et indemnités du personnel des catégories Pl à D2. Le texte des amendements au Règlement du Personnel figure dans l'annexe 3 des Actes officiels N° 223 (page 48). Le Conseil a estimé que les propositions concernant les diverses sections du budget programme étaient satisfaisantes et il a décidé, dans la résolution EB55.R15, de recommander à la Vingt- Huitième Assemblée mondiale de la Santé d'approuver pour 1976 un budget effectif d'un montant de US $131 885 000. Vous n'ignorez pas qu'étant donné les faits survenus après la cinquante- cinquième session du Conseil, le Directeur général a dfl soumettre à la présente Assemblée de la Santé des charges budgétaires additionnelles pour 1976 et revoir le montant du budget effectif proposé pour cet exercice, qui s'élèvera au total à US $137 100 000. Lorsque le Conseil a examiné l'augmentation des traitements et indemnités du personnel des catégories professionnelles et supérieures, il s'est demandé s'il ne conviendrait pas de prendre des mesures analogues pour le traitement du Directeur général. Cette question a également été attribuée à la Commission B. Puisque le Conseil assume désormais les fonctions du Comité permanent des Questions administratives et financières, il lui est possible d'examiner les programmes tout en étudiant de près leurs incidences budgétaires. Bon nombre d'entre elles seront signalées au cours de l'Assemblée de la Santé, mais plusieurs questions ont surgi sur lesquelles le Conseil a estimé devoir appeler tout particulièrement l'attention de la présente Assemblée. Il faut citer tout d'abord l'important rôle coordonnateur que peut jouer l'OMS dans le domaine de la santé internationale et la nécessité pour l'Organisation de développer à tous les niveaux la capacité requise à cette fin. Deuxièmement, il convient de mentionner le programme du Directeur général pour le développement, auquel le Conseil a apporté son appui. La troisième question concerne le groupe spécial créé par le Conseil pour donner un élan nouveau au programme de promotion des services nationaux de santé. Un comité ad hoc a également été institué pour étudier certains aspects du programme antipaludique, à l'égard duquel le Conseil estime qu'il faut prendre d'urgence des mesures pour remédier aux revers actuels. Le programme d'éradication de la variole, où il ne faut en aucun cas relâcher les efforts, est le quatrième point important. Enfin, le Conseil désire appeler votre attention sur la nécessité de mettre l'accent sur de nouveaux aspects du secteur de programme relatif aux substances prophylactiques, diagnostiques et thérapeutiques, notamment en ce qui concerne la nécessité pour les Etats Membres de mettre sur pied des politiques pharmaceutiques nationales. A ses cinquante -quatrième et cinquante -cinquième sessions, le Conseil exécutif a examiné quatre rapports soumis par le Corps commun d'inspection. Il a également analysé les commentaires et observations du Directeur général sur ces rapports, au sujet desquels il a adopté les résolutions EB54.R12, EB55.R45, EB55.R47 et EB55.R66. L'Assemblée de la Santé notera que la résolution EB55.R47, adoptée par le Conseil au sujet du rapport du Corps commun d'inspection sur l'utilisation des crédits de voyage à l'OMS, contient les recommandations formulées par le Conseil à propos des modalités de voyage des délégués à l'Assemblée et des membres du Conseil, recommandations que l'Assemblée de la Santé examinera lorsqu'elle abordera le point 3.16.1. A sa cinquante -troisième session, le Conseil avait demandé au Directeur général de lui soumettre à sa session suivante une revue et une évaluation à mi- parcours du cinquième programme général de travail pour une période déterminée. Par la suite, le Directeur général a engagé un consultant pour l'aider à revoir le cinquième programme général de travail et soumettre à son sujet un document d'ensemble, précisant notamment les conséquences de cette évaluation pour l'élaboration du sixième programme général de travail. La revue préparée par le consultant a été soumise par le Directeur général à la cinquante -cinquième session du Conseil exécutif. Le Conseil a pris note avec reconnaissance de cette revue et en particulier des conclusions qu'il fallait en tirer pour la préparation du sixième programme général de travail pour une période déterminée. Il a décidé de prendre en considération ces conclusions, ainsi que les délibérations du Conseil sur la question, lors de l'élaboration du sixième programme général de travail. A la cinquante cinquième session du Conseil, un groupe de travail a été créé en vue d'établir un projet de sixième programme général de travail qui sera soumis au Conseil à sa cinquante- septième session. Ce groupe de travail a tenu sa première réunion pendant la cinquante- cinquième session du Conseil et il a notamment envisagé les moyens d'appliquer au sixième programme général les leçons tirées de la revue du cinquième programme, conformément à la résolution EB55.R25. Dans la résolution WHA27.29, l'Assemblée mondiale de la Santé avait invité le Directeur général à étudier les modalités selon lesquelles l'OMS pourrait renforcer le rôle qu'elle joue

74

VINGT- HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

dans l'établissement des programmes et des priorités en matière d'aide bilatérale ou multilatérale en vue de développer les ressources disponibles pour l'action de santé. Pour l'examen initial de cette question, le Conseil était saisi d'un rapport du Directeur général exposant, dans ses grandes lignes, le rôle de l'OMS dans les programmes bilatéraux et multilatéraux d'aide en matière sanitaire. La plus grande partie de la tâche a été assurée pour le Conseil par un groupe de travail, qui a défini certains des principaux aspects du problème, dont les suivants :

- incidences sanitaires des projets de développement socio- économique, et nécessité de leur accorder une attention prioritaire dans les activités bilatérales et multilatérales; - possibilité de financer une part plus importante du programme opérationnel de l'OMS au moyen de sources extérieures, et nécessité d'établir un équilibre entre les ressources extrabudgétaires disponibles pour cette action et le budget ordinaire de l'Organisation; - nécessité d'assurer la disponibilité à long terme de fonds extrabudgétaires pour d'importants programmes nouveaux, tels que la recherche biomédicale, le renforcement des services de santé et le développement des soins de santé primaires.

Le groupe de travail a estimé que le rapport du Directeur général devait avoir l'appui du Conseil et que celui -ci devrait en tenir compte pour son étude organique concernant "La planification des ressources extrabudgétaires et leurs effets sur les programmes et la politique générale de l'OMS", prévue dans la résolution WHA27.19. Le Conseil a pris note des considérations du groupe de travail et il a adopté la résolution EB55.R43, où il se félicite de la direction dans laquelle progressent les travaux. Il a été décidé que le groupe de travail poursuivrait ses activités en 1975; en fait, il se réunira après la présente session de l'Assemblée et peut -être encore une fois vers la fin de l'année. Le rapport final sera ensuite soumis au Conseil à sa cinquante- septième session en janvier 1976. Lorsque l'Assemblée générale des Nations Unies a adopté sa résolution sur la stratégie internationale du développement, elle a décidé de procéder, par l'intermédiaire du Conseil économique et social, à une revue et évaluation biennales des progrès réalisés. L'OMS a collaboré à la première revue et évaluation conformément aux résolutions WHA24.49 et WHA25.31, et le Conseil exécutif a été saisi de sa revue et évaluation à mi- parcours en janvier 1975. Le Conseil a noté que le rapport préparé par le Directeur général tenait compte de la Déclaration et du Programme d'action concernant l'instauration d'un nouvel ordre économique international, formulés à la sixième session extraordinaire de l'Assemblée générale, ainsi que des résultats de la Conférence mondiale de la Population et de la Conférence mondiale de l'Alimentation. Après avoir étudié cette revue des aspects sanitaires, le Conseil exécutif a adopté la résolution EB55.R61, dans laquelle il prie le Directeur général de transmettre à l'Organisation des Nations Unies le texte de la revue et de l'évaluation à mi- parcours effectuées par l'OMS. Le Conseil a également considéré que le document devrait servir de contribution à la documentation de base préparée pour la session extraordinaire de l'Assemblée générale des Nations Unies qui aura lieu en septembre 1975. Lorsqu'il a examiné le rapport du Directeur général sur la situation sanitaire dans le monde, à sa cinquante- cinquième session, le Conseil a souligné l'importance des renseignements sanitaires mondiaux qu'il fournit. Tout en reconnaissant qu'il y avait matière à améliorations, le Conseil a estimé qu'il importait de poursuivre la publication de ces rapports. Les améliorations proposées portent notamment sur la normalisation de la terminologie, la rationalisation de la collecte des renseignements sanitaires dans les pays et l'harmonisation des renseignements transmis par les Etats Membres. En outre, le Secrétariat a été prié d'essayer d'analyser les données recueillies et d'indiquer les tendances de l'évolution observée en matière sanitaire. Il a aussi été proposé d'adapter la périodicité de ces rapports à la programmation à moyen terme en publiant le rapport tous les cinq ans. Le Conseil a adopté la résolution EB55.R18, dans laquelle il prie le Directeur général d'étudier plus avant les moyens de présenter le mieux possible les renseignements sur la situation sanitaire dans le monde. A sa cinquante- cinquième session, le Conseil exécutif a créé un groupe de travail chargé d'examiner les principaux faits nouveaux survenus dans le système des Nations Unies ainsi que les résolutions adoptées par le Conseil économique et social et par l'Assemblée générale des Nations Unies. Le Conseil a examiné une étude préliminaire préparée par le Directeur général sur les aspects sanitaires de la politique d'apartheid, conformément à un certain nombre de demandes formulées par le Conseil économique et social et l'Assemblée générale des Nations Unies, ainsi que dans des résolutions antérieures de l'Assemblée de la Santé et du Conseil exécutif. Sur la recommandation du groupe de travail, le Conseil exécutif a adopté la résolution EB55.R58, dans laquelle il prie notamment le Directeur général de continuer à collaborer avec d'autres organisations et institutions du système des Nations Unies pour développer l'action internationale concertée contre la politique d'apartheid et d'étudier avec d'autres organisations du système des Nations Unies des moyens appropriés d'assurer le succès de la décennie des Nations Unies pour la lutte contre le racisme et la discrimination raciale, qui a débuté en décembre 1974. Le Conseil exécutif a également examiné un rapport préparé par le Directeur général pour donner suite à la résolution 3218 (XXIX) de l'Assemblée générale des Nations Unies. Dans cette résolution, l'Organisation était invitée "à rédiger, en collaboration étroite, le cas échéant,

QUATRIEME SEANCE PLENIERE

75

avec d'autres organisations compétentes, y compris l'Organisation des Nations Unies pour l'Education, la Science et la Culture, un projet de texte des príncipes d'éthique médicale qui pourraient s'appliquer à la protection des personnes soumises à toute forme de détention ou d'emprisonnement contre la torture et d'autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants ". Dans son rapport, le Directeur général soulignait le rôle historique de l'Association médicale mondiale dans l'élaboration d'un code d'éthique médicale et d'autres codes de déontologie destinés aux médecins, que le Conseil a pris en considération en adoptant la résolution EB55.R64. Pour donner effet à la résolution WHA23.41, le Conseil a examiné un projet de rapport du Directeur général sur l'élément santé dans la protection des droits de l'homme face aux progrès de la biologie et de la médecine. Il a adopté la résolution EB55.R65, dans laquelle il prie le Directeur général de transmettre son rapport à l'Organisation des Nations Unies après l'avoir revu en tenant compte des observations et suggestions faites par le Conseil exécutif, et de poursuivre les études proposées dans le rapport en consultation avec les Etats Membres et en collaboration avec l'Organisation des Nations Unies, les autres organisations intéressées du système des Nations Unies et les organisations non gouvernementales en relations officielles avec l'OMS, en particulier l'Association médicale mondiale et le CIOMS. Egalement à sa cinquante- cinquième session, le Conseil, par l'intermédiaire de son Comité permanent des Organisations non gouvernementales, a revu la liste des 109 organisations non gouvernementales en relations officielles avec l'OMS et il a examiné un rapport du Directeur général sur la révision triennale pour la période 1972 -1974. Le Comité a noté que, dans l'ensemble, la collaboration avec ces organisations non gouvernementales avait été satisfaisante et, sur sa recommandation, le Conseil a décidé de maintenir les relations officielles qu'il entretient avec elles. Dans sa résolution EB55.R55, le Conseil exécutif a décidé d'établir des relations officielles avec les organisations non gouvernementales suivantes :

-

Association médicale du Commonwealth; Collège international des Chirurgiens; Fédération internationale de Chimie clinique; Fédération mondiale de Médecine et de Biologie nucléaires; Société internationale de Mycologie humaine et animale.

Cette décision porte à 114 le nombre des organisations non gouvernementales en relations officielles avec l'OMS. En ce qui concerne la composition des organisations non gouvernementales, le Conseil exécutif a adopté la résolution EB55.R53 sur les organisations non gouvernementales internationales en relations officielles avec l'OMS ou demandant à être admises à de telles relations et comptant parmi leurs membres des organismes ou des personnes associés à Tchang Kat -chek. Dans cette résolution, le Conseil exécutif a invité instamment "toutes les organisations non gouvernementales internationales en relations officielles avec l'OMS ou demandant à être admises à des relations officielles qui comptent encore parmi leurs membres des organismes ou des personnes associés à Tchang Kal -chek à prendre des mesures pour les expulser immédiatement et rompre tous liens avec eux ". Il a également prié le Directeur général "de transmettre la présente résolution à toutes les organisations non gouvernementales internationales en relations officielles avec l'OMS" et "d'inviter les organisations non gouvernementales intéressées à lui faire rapport sur les mesures prises à ce sujet" afin de présenter un rapport au Conseil exécutif à sa cinquante septième session. Le Conseil a également examiné et adopté les recommandations concrètes du Directeur général en vue du renforcement de la collaboration avec les organisations non gouvernementales. Le rapport du Comité permanent des Organisations non gouvernementales et celui du Directeur général se trouvent dans les annexes 15 et 16 des Actes officiels N° 223. Au sujet des conventions internationales sur les stupéfiants, le Directeur général a informé le Conseil exécutif à sa cinquante -cinquième session qu'il avait pris des mesures, sur l'avis d'experts et en application des résolutions WHA7.6 et WHA18.46, concernant le classement de substances aux termes de certaines conventions internationales, et qu'il avait transmis au Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies une notification relative à des préparations contenant du propiram. La résolution EB55.R3 et l'annexe 1 des Actes officiels N° 223 (partie I) ont trait à cette question. Aux cinquante -quatrième et cinquante -cinquième sessions du Conseil exécutif, les membres ont exprimé leur satisfaction devant les rapports des réunions de comités d'experts. Outre les discussions sur le fond des rapports présentés, il a été proposé que le Secrétariat envisage d'inclure une appréciation critique des résultats des réunions de comités d'experts. On a par ailleurs estimé qu'il serait utile de présenter de façon plus détaillée les incidences sur le programme de l'Organisation des recommandations formulées. Le Directeur général a fait rapport au Conseil exécutif à sa cinquante -quatrième session sur les réunions de deux groupes d'étude. Il s'agissait du groupe d'étude sur les maladies d'origine alimentaire (méthodes d'échantillonnage et d'examen dans les programmes de surveillance) et du groupe d'étude sur les questions de santé publique relatives au bruit.

76

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

Conformément au Règlement applicable aux tableaux et comités d'experts, le Directeur général a fait rapport au Conseil exécutif, à ses cinquante -quatrième et cinquante- cinquième sessions, sur les inscriptions aux tableaux d'experts et les nominations aux comités d'experts. L'Assemblée souhaitera peut -être apprendre que le nombre d'experts inscrits aux tableaux au 31 décembre 1974 s'élevait à 2684, soit une diminution de 41 membres. Il y a eu au total 140 inscriptions nouvelles. On trouvera le détail des discussions qui ont eu lieu au Conseil à ce sujet dans les Actes officiels N° 224. La question de l'utilisation par l'OMS des connaissances, des compétences et de l'expérience des membres inscrits aux tableaux d'experts, et aussi de leur mode de recrutement et de nomination, de leur âge, de leur répartition géographique et de leur participation aux réunions de l'OMS a été étudiée de façon approfondie au cours des cinquante- quatrième et cinquante- cinquième sessions du Conseil. Un rapport spécial sera présenté par le Directeur général au Conseil à sa cinquante -sixième session pour répondre aux questions précises soulevées durant ces deuxsessions. Dans la résolution EB54.R4, le Conseil exécutif a approuvé la nomination du Professeur G. A. Canaperia comme Président général des discussions techniques qui doivent avoir lieu cette année sur le thème "Aspects sociaux et sanitaires des maladies transmises par voie Nécessité d'une meilleure approche ". sexuelle En vertu de la résolution WHA10.33, paragraphe 3), le Conseil exécutif est chargé de choisir un sujet pour les discussions techniques deux ans à l'avance, lors de sa session qui suit l'Assemblée mondiale de la Santé. A sa cinquante -quatrième session, le Conseil exécutif a décidé, dans la résolution EB54.R5, de choisir "Aspects sanitaires des établissements humains" comme sujet des discussions techniques qui auront lieu à la Vingt- Neuvième Assemblée mondiale de la :

Santé.

Monsieur le Président, me voici arrivé au terme de mon rapport mais, avant de conclure, j'aimerais remercier les membres du Conseil exécutif de m'avoir confié la présidence du Conseil pendant l'annOe écoulée et d'avoir collaboré de façon amicale, utile et constructive pour promouvoir l'oeuvre de l'OMS et la santé de l'humanité. Je voudrais également remercier le Secrétariat de l'assistance remarquable qu'il a prêtée à moi -même et au Conseil. La plupart des questions que j'ai évoquées seront examinées plus en détail en séance plénière ainsi que dans les deux commissions principales. En tant que représentants du Conseil exécutif, le Dr Garcia et moi -même serons heureux d'apporter tout renseignement ou aide complémentaire dont vous pourriez avoir besoin. Je remercie vivement le Dr Taylor pour son excellent rapport, très complet, Le PRESIDENT sur les activités du Conseil exécutif, et je voudrais en profiter pour rendre hommage moi aussi aux membres du Conseil et à tous ceux qui ont collaboré à ses travaux. :

3.

EXAMEN DU RAPPORT DU DIRECTEUR GENERAL SUR L'ACTIVITE DE L'OMS EN 1974 :

Le prochain point inscrit à notre ordre du jour est l'examen du Rapport Le PRESIDENT annuel du Directeur général (point 1.11), mais je voudrais vous signaler que nous avons pris quelque retard du fait de l'enthousiasme de certaines délégations qui ont voulu manifester toute la sympathie qu'elles portaient aux nouveaux candidats à l'admission à notre organisation. Nous devrions tout d'abord entendre le Directeur général nous présenter son Rapport, mais, mon souci étant d'essayer de donner suite au voeu qui a été formulé par un certain nombre de chefs de délégations qui doivent partir et qui voudraient pouvoir s'exprimer au sujet de ce Rapport, je vous propose, avec l'accord du Dr Mahler, de passer directement à la discussion. Je rappelle que le Rapport annuel du Directeur général figure dans les Actes officiels N° 221, que vous possédez tous et où sont longuement évoqués tous les problèmes qui se sont posés en 1974. I1 est entendu aussi que le Dr Mahler est à votre disposition pour répondre aux questions que vous lui poserez et, lorsque nous en aurons terminé avec la discussion générale, nous aurons certainement l'occasion d'entendre de sa part un certain nombre de commentaires. 4.

DISCUSSION GENERALE DES RAPPORTS DU CONSEIL EXECUTIF SUR SES CINQUANTE -QUATRIEME ET CINQUANTE -CINQUIEME SESSIONS ET DU RAPPORT DU DIRECTEUR GENERAL SUR L'ACTIVITE DE L'OMS EN 1974

Avec votre assentiment, nous allons passer maintenant à l'ouverture de la Le PRESIDENT discussion générale sur les points 1.10 et 1.11. J' voudrais rappeler à l'Assemblée quelques règles de procédure, de façon à faciliter les travaux et à permettre d'avancer aussi rapidement que possible dans l'exécution de nos tâches. c'est que les délégués qui désirent participer à la Il y a tout d'abord un premier point discussion du Rapport ont été invités à se faire connaître, et notamment à remettre dans toute la mesure possible le texte de leur intervention au Secrétariat de l'Assemblée. De plus, je ne doute pas que ces délégués voudront, conformément à la résolution WHA26.1, mettre dans leur interventions l'accent sur les questions traitées dans les rapports qui leur sont soumis pour donner à l'Organisation des indications qui puissent l'aider à arrêter sa politique. Cette : :

QUATRIEME SEANCE PLENIERE

77

résolution recommande en second lieu "que les délégations désirant donner des informations sur des aspects saillants de leurs activités sanitaires le fassent par écrit, pour insertion dans les procès- verbaux conformément aux dispositions de la résolution WHA20.2 ". Les délégations qui désirent participer à la discussion générale sur les deux points sont priées de le faire savoir. Je vous signale à ce propos que plus de 90 orateurs ont déjà été inscrits. Nous avons toutes les chances d'arriver à 100 et peut -être davantage, et vous vous souviendrez que l'Assemblée a décidé, il y a quelque temps déjà, de demander aux délégués de limiter leurs interventions à un maximum de dix minutes. Je me permets d'insister pour que, dans toute la mesure possible, les délégués qui sont en mesure de le faire réduisent encore le temps de ces interventions. En fait, à raison de dix minutes par intervention, 100 interventions représenteraient 1000 minutes, soit de 15 à 16 heures. Nous aurions pu évidemment envisager de commencer maintenant et de faire un travail non -stop de 15 à 16 heures pour en finir avec ce point. Cela me paraîtrait contraire à tous les principes de l'hygiène physique et mentale, et c'est la raison pour laquelle nous allons essayer de procéder conformément aux décisions qui ont été prises pour notre ordre du jour. Les délégués, je vous le rappelle, parlent depuis leur place, et cela aussi c'est une décision de L'Assemblée qui a été prise à la fois dans l'intérêt des délégués eux -mêmes et dans l'intérêt des travaux. Les délégués sont ainsi dispensés de faire parfois de Longs déplacements qui prennent beaucoup de temps et ils sont plus à l'aise pour lire leurs interventions ou leurs commentaires. Vous savez aussi que le dispositif qui vous fait face comporte trois carrés, dont le premier s'allume en vert, le second en jaune et le troisième en rouge. Je vous rappelle que la lumière est verte pendant les neuf premières minutes des interventions des délégués, que pendant la dixième minute elle devient jaune et qu'après dix minutes elle est rouge en permanence. Comme je suis sûr que la plupart d'entre vous conduisent des véhicules automobiles, ils sauront que, lorsque le feu devient rouge, on doit s'arrêter. Je demande donc instamment que vous respectiez la procédure de cette assemblée comme vous le faites certainement lorsque vous circulez en ville et que vous rencontrez des feux de croisement. Vous rendez ainsi service à l'Assemblée et à vos collègues qui tous désirent dire quelque chose. Je vous rappelle qu'il y a 90 orateurs et que nous avons été amenés à classer les interventions en fonction de l'ordre dans lequel elles ont été annoncées, soit dès avant la session pour un certain nombre d'entre elles. Je vais vous donner lecture d'une première liste de pays dont les délégations ont demandé à intervenir et qui sont susceptibles de parler aujourd'hui. Je vous demanderai d'être attentifs au moment de la clôture de notre réunion car je donnerai alors un complément de liste pour que ceux qui souhaitent parler demain soient informés de la chance qu'ils ont de participer au débat. Nous n'avons pas, jusqu'à présent, prévu de séance du soir, mais il se pourrait que, compte tenu de l'abondance des matières, nous soyons amenés à le faire au début de la semaine prochaine. Les délégations que j'envisage en tout cas d'inviter à Maurice, Irak, Espagne, Canada, prendre la parole ce soir sont celles des pays suivants Pologne, Chypre, Finlande, Argentine, Belgique, République fédérale d'Allemagne, Sierra Leone, Panama, et peut -être encore Bulgarie. Je m'excuse d'avance auprès des derniers cités si, le temps s'étant écoulé, nous ne pouvons plus leur donner la parole ce soir. Qu'ils veuillent bien m'en excuser, mais je leur demande quand même de rester en séance jusqu'à la fin. Avec votre permission, nous serons peut -être amenés à prolonger notre séance jusqu'à 18 heures. Mais je n'anticipe pas et donne la parole au délégué de l'Irak. :

Monsieur le Président, Mesdames et Le Dr MUSTAFA (Irak) (interprétation de l'arabe) Messieurs les délégués, j'ai le plaisir et l'honneur de vous transmettre les voeux du peuple et du Gouvernement de la République d'Irak, tout en formulant le souhait que vos débats soient couronnés de succès. Au nom de la délégation irakienne, je voudrais également saisir cette occasion pour féliciter le Président, les Vice -Présidents et les Présidents des commissions principales de leur élection et pour exprimer l'espoir que l'Organisation progressera avec célérité sur la voie humanitaire dans laquelle elle s'est engagée afin d'assurer le bien -être et le bonheur de l'humanité. Nous nous sommes déjà penchés sur le Rapport dans lequel le Directeur général fait le point des différentes activités menées par l'Organisation en 1974. J'aimerais revenir sur l'application du principe de la budgétisation biennale. Nous pensons qu'il faudrait accorder toute l'attention voulue à l'exécution des projets sanitaires de base, notamment dans les pays en voie de développement, et à la nécessité de recherches médicales sur les maladies endémiques, parasitaires et autres maladies transmissibles qui préoccupent les responsables de ces pays et sont à l'origine d'une morbidité et d'une mortalité importantes. Ce sont là en effet des facteurs qui risquent d'entraver le développement économique et social. Tout en appréciant l'importance de la recherche biomédicale sur les problèmes de santé des pays développés, nous espérons que ces travaux n'entraîneront pas une réduction de l'assistance aux pays en voie de développement et ne se feront pas aux dépens des projets de santé menés dans ces pays. Il faut au contraire respecter le principe de l'équilibre des dépenses. Nous approuvons entièrement la partie du Rapport qui insiste sur la nécessité de développer la salubrité de l'environnement, et notamment de mettre en place des réseaux d'évacuation des :

78

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

eaux usées et de fournir de l'eau potable. Il convient de mentionner que le Gouvernement révolutionnaire de l'Irak a exécuté un projet d'adduction d'eau potable, de construction de logements et d'électrification dans les zones rurales du pays. Un conseil suprême de l'hygiène du milieu a été créé qui comporte des commissions et des sections locales dans tous les gouvernorats. En matière de santé mentale, nous ne connaissons pas dans l'immédiat de problèmes aigus. Nous avons toutefois pris les mesures qui s'imposent pour prévenir les problèmes de santé mentale et psychologique et les traiter, étant donné leur importance pour la santé de l'individu et celle de la collectivité. Le Gouvernement révolutionnaire attache une grande importance à l'administration sanitaire, à la formation du personnel médical ainsi qu'à la mise en place de services sanitaires de base dans les zones rurales au moyen d'un vaste réseau de centres médico- sanitaires de base; il se soucie également d'organiser des services de santé nationaux dans de nombreuses régions du pays. Environ 70 % de la population bénéficie de ces services, conformément à un plan fondé sur la surveillance postthérapeutique et l'évaluation sanitaire compte tenu des besoins du pays et de ses ressources matérielles et humaines. En ce qui concerne le plan sanitaire quinquennal établi dans le cadre du plan national de développement de l'Irak, nous avons maintenu l'équilibre entre les activités préventives et curatives, notamment pour ce qui est des maladies transmissibles endémiques et de la lutte contre les maladies importées. Nous nous préoccupons du développement des activités de vaccination et des examens systématiques; le progrès scientifique et technique est mis au service de l'organisation des services médicaux et de la production locale de médicaments. Nous avons développé l'enseignement médical et l'éducation sanitaire et élevé le niveau de compétences du personnel médical à tous les échelons. Nous avons créé des possibilités d'études supérieures et spécialisées dans toutes les branches des sciences médicales et sanitaires. Enfin, je voudrais dire que les délégations des pays épris de liberté et les forces animées par un esprit de paix continuent de partager notre grave préoccupation devant la violation des droits du peuple palestinien et les souffrances des habitants des zones occupées comme celles des réfugiés; les uns et les autres sont soumis à des privations dues à l'absence de soins médicaux et au refus des autorités d'occupation de leur permettre de retourner dans leurs foyers - problème qui affecte leur santé physique, sociale et mentale - et cela en dépit de l'adoption de nombreuses résolutions demandant le rétablissement d'une partie de leurs droits, résolutions qui ont été rejetées. Nous vous demandons dans cette assemblée de prendre les mesures nécessaires pour réparer l'injustice faite à ces peuples et empêcher les autorités d'occupation de continuer à imposer leur domination arrogante et de poursuivre leur agression, qui exposent des millions de gens à la maladie et à la mort. Pour conclure, nous voudrions exprimer notre reconnaissance au Directeur général et à ses collaborateurs, au Directeur régional pour La Méditerranée orientale et à ses collaborateurs ainsi qu'aux experts qui participent aux différents projets exécutés en Irak. Enfin, je tiens à féliciter les Gouvernements de la République démocratique du Viet -Nam, du Mozambique et des Tonga pour leur admission en qualité de Membres de l'Organisation. Le PRESIDENT l'Espagne. :

Je remercie le délégué de l'Irak et je donne la parole au délégué de

Le Dr BRAVO MORATE (Espagne) (traduction de l'espagnol) Monsieur le Président, Messieurs les délégués, Mesdames et Messieurs, au nom de la délégation espagnole, je désire vous féliciter, Monsieur le Président, d'avoir été élu pour diriger les débats de cette assemblée, et je voudrais par la même occasion adresser aussi mes félicitations aux Présidents et Vice -Présidents des deux commissions principales. A propos du Rapport du Directeur général, notre première remarque sera dictée par le conseil que le Dr Mahler adresse aux Etats Membres, qu'il encourage "à mettre eux -mêmes en place les mécanismes nécessaires à la formulation de leur politique sanitaire ". C'est précisément la tâche que s'est donnée notre pays en constituant à la fin de 1974 une commission interministérielle qui doit, dans un délai de six mois, analyser la situation présente, étudier les problèmes et les besoins et adresser au Gouvernement des propositions adéquates concernant les lignes directrices, les normes, le développement et l'application d'une éventuelle réforme sanitaire. Le travail de la commission s'est déroulé en deux étapes, dont la première a pris fin en avril dernier avec la documentation technique fournie par dix -sept groupes d'experts, la seconde étape devant s'achever par l'élaboration d'un rapport qui sera remis au Gouvernement en juillet prochain. Au chapitre des maladies transmissibles, nous souscrivons à l'observation du Directeur général concernant les infections intestinales, dont la prévention constitue effectivement une tâche complexe qui englobe essentiellement l'éducation sanitaire, la surveillance des aliments et de l'approvisionnement en eau, la lutte contre les mouches et l'évacuation des déchets. A ce sujet, nous sommes convaincus que la surveillance des affections diarrhéiques a été correctement assurée en Espagne puisque les cinq cas de choléra enregistrés en 1974 ont été hospitalisés et diagnostiqués par examen clinique et bactériologique dès les premiers signes de la maladie. En réalité, devant la poussée de choléra au Portugal, il n'y a pas eu besoin d'improviser puisque :

QUATRIEME SEANCE PLENIERE

79

les mesures sanitaires appropriées étaient déjà prises, par exemple le contrôle quotidien de quelque 22 000 postes publics d'approvisionnement en eau desservant plus de 28 000 localités de plus de 300 habitants, la distribution de plus de 500 000 brochures d'information, les programmes télévisés d'hygiène individuelle, etc. Ces mesures ont été complétées par des contacts personnels entre les autorités sanitaires de la péninsule, notamment par notre visite à Lisbonne qui a eu pour résultat une très étroite collaboration et un échange d'informations et d'assistance entre le Portugal et l'Espagne. Nous partageons le souci du Directeur général lorsqu'il rappelle que quelques pays n'ont pas notifié leurs cas de choléra, peut -être par crainte que ne soient imposées des restrictions excessives aux voyageurs et au commerce international, et nous estimons qu'il importe de remédier à cette situation. Pour notre part, nous avons appliqué le Règlement sanitaire internous n'avons fait obstacle ni au trafic des voyageurs ni national d'une manière très libérale à celui des marchandises, et pourtant nous n'avons pas eu à déplorer la plus légère poussée, ni même un seul cas secondaire. Comme on le sait, il a été rendu hommage à nos efforts à la réunion tenue le ler octobre aux paroles de félicitations du reprépar le Comité de Santé publique du Conseil de l'Europe sentant du Royaume -Uni, qui présidait, les autres délégués se sont associés, en particulier celui du Portugal qui une fois de plus, dans une réunion internationale, a exprimé ainsi les remerciements de son gouvernement et les siens propres pour l'assistance que nous avions fournie dès la première apparition du choléra dans son pays. En ce qui concerne la poliomyélite, nos campagnes nationales de vaccination se sont poursuivies de façon intense et une nouvelle diminution de la morbidité et de la mortalité a été enregistrée en 1974. La moitié environ des 101 cas déclarés étaient dus au virus du type 1, qui refait son apparition comme responsable de poussées épidémiques d'étendue limitée; celles -ci ont chaque fois affecté des éléments non encore vaccinés de la population. Avant la mise en route des campagnes de vaccination, le nombre des cas se situait aux alentours de 2200 par an. Notre centre national de virologie assure le contrôle systématique de tous les lots de vaccin employés, ainsi que l'application des techniques d'isolement des virus et de détermination des anticorps qui, jointes à l'étude virologique de l'eau, complètent nos moyens de surveillance épidémiologique de la poliomyélite. Notre pays est l'un des quatre qui ont réalisé le programme pilote mis sur pied par l'Organisation mondiale de la Santé, programme dont l'application est maintenant étendue à tous les Etats Membres. Comme le signale le Directeur général, l'incidence de la méningite cérébro- spinale a beaucoup augmenté dans de nombreuses régions du monde. Bien que 2264 cas seulement aient été car en Espagne en 1974, 2600 précédente, c'est la dernière maladie bactérienne essentiellement infantile contre laquelle nous ne disposons encore d'aucun moyen prophylactique adéquat. Notre administration sanitaire suit de très près tous les cas; cette maladie reste potentiellement grave et l'éventualité d'une résistance nous inquiète; en revanche les résultats obtenus avec le vaccin aux polysaccharides incitent à l'espérance. Nous formulons l'espoir que, parallèlement au vaccin contre les méningocoques des sérogroupes A et C, on pourra mettre au point un autre vaccin tout aussi efficace contre le sérogroupe B, celui qui domine en Espagne. Faisant nôtre l'opinion du Directeur général quant au risque que les zoonoses font courir à la santé publique, nous avons renforcé les campagnes de lutte en intensifiant surtout les programmes d'hygiène alimentaire; néanmoins, la brucellose, par exemple, reste une maladie hautement endémique dans certaines régions d'Espagne. En revanche, nous enregistrons des succès croissants dans la lutte contre l'hydatidose. Dans le domaine important de l'hygiène du milieu, l'Espagne bénéficie de l'assistance de l'OMS, qui est responsable de l'exécution de deux projets dans notre pays. Le premier est une étude globale de la pollution de l'air dans la région de Bilbao, ville où se situe une très grande partie de l'industrie lourde espagnole. Le second, dans la province de Guipúzcoa, également sur la côte cantabrique, porte sur la pollution des fleuves, des plages et de la mer, et sur les dangers qu'elle représente pour la santé humaine. Nous espérons que le résultat final des études en cours sera utile non seulement pour nous, mais aussi pour les autres pays qui connaissent les mêmes problèmes. Une conférence de l'OMS sur les soins aux arriérés mentaux s'est tenue en 1974 à Saint -Jacques -de- Compostelle avec la participation de dix -neuf pays d'Europe; ainsi s'est poursuivie notre collaboration sur le plan scientifique et économique avec le Bureau régional, lequel nous a envoyé au cours de l'année passée dix -huit boursiers de différentes nationalités qui sont venus compléter leur formation dans divers établissements espagnols. Monsieur le Président, je tiens pour terminer à formuler les voeux les plus sincères pour que les travaux de cette assemblée soient couronnés de succès. : :

Merci, Monsieur le délégué de l'Espagne. J'invite maintenant le délégué du Le PRESIDENT Canada à prendre la parole. :

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, au nom du Gouvernement M. LALONDE (Canada) du Canada et des membres de la délégation canadienne, je vous félicite de votre élection à la présidence de la Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé. Puis -je aussi féliciter de leur :

80

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

élection les Vice -Présidents et les Présidents des commissions. Enfin, je voudrais joindre ma voix à celles de mes collègues pour souhaiter la plus cordiale bienvenue aux nouveaux pays Membres qui ont été admis aujourd'hui au sein de notre organisation. Je voudrais exprimer également la satisfaction de ma délégation quant aux recommandations proposées par le Conseil exécutif pour améliorer les méthodes de travail de l'Assemblée, bien que certains des changements suggérés se soient peut -être un peu fait attendre. Nous appuyons entièrement l'adoption aussi rapide que possible, et ce par tous les pays, non seulement du système de budget biennal, mais aussi de toute autre mesure propre à améliorer le déroulement des travaux de l'Assemblée et, par ce fait même, la qualité du dialogue entre l'Organisation et ses Membres. Je tiens ici à rendre hommage au Directeur général de l'OMS qui, une fois de plus, nous a présenté dans un excellent Rapport le compte rendu détaillé des réalisations de l'Organisation mondiale de la Santé durant l'année qui vient de s'écouler. Signalons, entre autres, les nouvelles orientations et des initiatives heureuses, plus particulièrement celles axées sur la consolidation des services de santé. Notons aussi l'importance accordée, par les pays Membres eux -mames, à la concrétisation de leurs stratégies de développement sanitaire, les progrès réalisés dans le secteur de la formation du personnel de santé et les efforts faits en vue d'adapter les programmes de formation de la main -d'oeuvre aux besoins locaux et régionaux. Nous sommes parfaitement conscients des difficultés qui attendent l'Organisation et les nations Membres du fait de l'instabilité économique mondiale. Pour ce qui est du programme de travail de l'Organisation, il devient encore plus urgent que nous définissions des normes efficaces d'établissement des priorités à tous les niveaux d'activité de l'Organisation. Toutefois, je ne saurais assez souligner l'importance d'une collaboration plus étroite, dans le cadre des activités de la programmation par pays, avec le Programme des Nations Unies pour le Développement aussi bien qu'avec les autres organismes des Nations Unies. En outre, si l'Organisation vise à améliorer nos connaissances par son programme de recherche biomédicale, il est indispensable que nos stratégies prévoient des évaluations périodiques. J'aimerais maintenant signaler brièvement quelques domaines prioritaires qui nous intéressent particulièrement. Le premier a trait au succès remarquable et quasi complet de la campagne contre la variole. Au moment où cette campagne a débuté, il s'agissait indéniablement d'une priorité à l'échelle mondiale. Nous avons maintenant presque atteint notre objectif. Cette réalisation historique parle d'elle -même. Cependant, nous estimons que la phase la plus complexe commence maintenant. Il est primordial de ne pas relâcher nos efforts afin d'éliminer de la surface du globe et sans plus de délai cette redoutable maladie dans les quelques régions où elle représente encore une menace pour la santé. Le Canada étudie présentement la possibilité d'augmenter de façon appréciable sa contribution à ce programme et j'espère que notre délégation sera en mesure de faire connaître à l'Organisation la décision de mon gouvernement avant la fin de cette assemblée. Le second domaine qui retient particulièrement notre attention est celui de la nutrition. Traduisant le consensus du monde entier en matière de santé, une mission bien spéciale à cet égard incombe à cette Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé. Notre assemblée suit les traces de la Conférence mondiale de l'Alimentation, où les représentants des divers pays ont reconnu l'ampleur de la tâche à accomplir. Des mesures d'urgence sont nécessaires, non seulement face à la croissance exponentielle de la population du globe, mais également à cause de la nécessité de produire et de distribuer plus rapidement plus de nourriture aux millions de personnes qui en manquent déjà. comment, à court terme, Deux points principaux requièrent notre considération immédiate faciliter la distribution d'aliments en quantité suffisante à toutes les nations et comment développer de véritables solutions à long terme aux problèmes d'alimentation du monde entier. Si nous ne nous attaquons pas immédiatement à ces problèmes, ceux -ci risquent de prendre des proportions telles que nous serons incapables de les résoudre. Le Canada a déjà fait connaître son engagement à ce sujet, tant lors de la Conférence mondiale de l'Alimentation que par des contributions directes aux pays Membres de cette organisation, laquelle a à jouer un rôle précis, vital, urgent et immédiat dans ce domaine. La malnutrition n'est pas une question restreinte aux peuples à faibles ressources alimentaires. Un grand nombre de personnes souffrant de malnutrition vivent à portée de ressources alimen:

taires suffisantes. Il faut accentuer partout l' éducation populaire en faveur d'une saine alimentation,

puisque celle -ci a un impact direct sur la prévention des maladies tant mentales que physiques. Les méthodes suggérées pour y parvenir exigeront la conjugaison de nos efforts en matière de recherche en nutrition, ainsi que dans la préparation de nos campagnes d'éducation. En outre, comme l'a signalé le Directeur général, il faudra voir à l'intégration de ces mesures dans les services de santé des pays Membres. Quant à nous, dans la mesure de nos capacités, nous sommes disposés à partager nos ressources techniques avec l'OMS et les pays Membres, partout et en tout temps. Le temps me manque, Monsieur le Président, pour exposer en détail les autres problèmes qui nous préoccupent et plus particulièrement celui des effets de l'environnement sur la santé. A ce propos, je me contenterai d'indiquer notre désir de travailler avec l'OMS et les pays Membres à la solution des problèmes que pose pour la santé un environnement néfaste. Nous attendons avec

QUATRIEME SEANCE PLENIERE

81

un intérêt particulier la discussion sur la recherche biomédicale, plus spécialement en ce qui concerne les maladies tropicales. Grace à nos efforts concertés dans l'Organisation mondiale de la Santé, de réels progrès ont été accomplis pour améliorer la santé dans le monde. Cependant, certains problèmes auxquels nous devons faire face aujourd'hui se sont développés au cours de longues années. Nous ne disposons malheureusement pas du même nombre d'années pour y trouver les solutions qui s'imposent. Je puis vous assurer, Monsieur le Président, que le Canada continuera de fournir son apport à l'atteinte des objectifs humanitaires de l'Organisation mondiale de la Santé. celui de Ministre de la Santé En terminant, permettez -moi de m'exprimer à un double titre et du Bien -Etre social, mais également en ma qualité de Ministre chargé de la situation de la femme au Canada. Je ne doute pas que vous soyez conscients que les Nations Unies, en décrétant l'Année internationale de la Femme, ont invité les pays Membres à prendre les mesures nécessaires à la pleine intégration politique et juridique ainsi qu'économique et sociale des femmes et à leur participation dans toutes les sphères de la vie nationale. Cette année spécialement paix, développement et égalité concerne toutes les femmes à consacrée aux trois thèmes travers le monde, mais je crois qu'elle intéresse au plus haut point cet organisme. En septembre dernier, mon gouvernement a eu le plaisir d'être l'hôte d'une rencontre internationale sur le statut de la femme. On y a discuté des mécanismes à mettre en place pour assurer l'intégration réelle et complète des femmes dans la société. Des délégués représentant une trentaine de nations et cinq continents ont participé à ce colloque. Les pays industrialisés ont souligné particulièrement les problèmes d'égalité économique et d'égalité dans l'emploi. Plusieurs des pays en voie de développement ont mis l'accent sur des réalités de base - l'éducation et la santé. "Il est ridicule de parler d'égalité dans un pays où la Une déléguée d'un pays africain a dit femme doit marcher trois milles pour aller chercher de l'eau au puits, et cela deux fois par jour. Dans un pays où l'argent manque pour obtenir un réservoir d'eau potable, l'égalité et l'éducation des femmes et leur intégration dans le développement du pays est un leurre, une :

:

:

impossibilité ".

Les pays industrialisés possèdent les installations physiques et la qualité des soins de santé qui leur facilitent la poursuite de leurs objectifs d'égalité des sexes tout en continuant leur croissance économique et industrielle. Dans les nations en voie de développement, des mesures aussi simples que l'installation de réservoirs d'eau peuvent constituer la première et la plus importante démarche pour la libération de la femme. Celle -ci pourra s'instruire, acquérir par la suite les connaissances essentielles à la santé - celles dont j'ai parlé l'alimentation et l'éducation sanitaire. Sans ce programme de base, dans bien des précédemment pays, l'Année internationale de la Femme sera un mythe. Les femmes constituent la moitié de la population mondiale. J'ose donc espérer que l'OMS va s'assurer que la voix des femmes soit entendue et écoutée plus souvent sur tous les sujets qui nous préoccupent au sein de cet organisme. L'attention accordée aux besoins de la femme dans le passé par l'OMS est un gage pour l'avenir et j'espère que la participation des femmes et la place qui leur sera faite dans cet organisme ne feront que s'accroître à partir de 1975. L'égalité de chances de tous les citoyens est la condition première de tout véritable progrès économique, politique, social et culturel. :

Le PRESIDENT Je vous remercie, Monsieur le délégué du Canada. Mesdames et Messieurs, je vous rappelle que ceux d'entre vous qui souhaiteraient déposer pour publication in extenso dans les comptes rendus de l'Assemblée des parties de textes qu'ils n'auraient pas exposées afin de réduire leur temps d'intervention sont les bienvenus et peuvent sans aucune appréhension faire appel au Secrétariat à cet effet. Le délégué de Maurice, qui était le premier orateur inscrit sur ma liste, étant maintenant en séance, je puis lui donner la parole. :

Monsieur le Président, Monsieur le Directeur général, Mesdames Sir Harold WALTER (Maurice) et Messieurs, le vieil ordre s'efface faisant place au nouveau, et nous voici amenés à discuter du Rapport annuel du Directeur général avant d'avoir eu le plaisir d'entendre ce dernier, ce qui soit dit en passant n'est nullement une critique. Féliciter le Président et les Vice -Présidents de leur élection, c'est exprimer la conviction que sous leur direction compétente et éclairée la Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé connaîtra le succès que les populations malades et souffrantes du monde sont en droit d'attendre. Telle est aussi ma conviction et c'est donc avec plaisir que je tiens, à mon tour, à les féliciter. Le Directeur général mérite nos plus vifs éloges pour son excellent Rapport sur l'activité de l'OMS en 1974, qui met l'accent sur quelques -unes des principales réalisations de l'Organisation. Que celles -ci concernent certains des aspects les plus délicats des problèmes sanitaires :

mondiaux n'est pas une simple cotncidence. Je ne saurais trop louer l'esprit de dévouement qui anime le Directeur général, le Directeur général adjoint et tous les membres loyaux et dévoués du Secrétariat de l'OMS à Genève. Toutefois, je manquerai à mon devoir si je ne rendais pas aussi hommage au Directeur régional de Brazzaville pour son sens infaillible du devoir et pour sa conscience aigue et sa compréhension des problèmes de notre Région.

82

VINGT- HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

Ne pouvant passer en revue les innombrables activités dont le Rapport rend compte, je me contenterai de faire quelques remarques d'ordre général. Monsieur le Directeur général, vous soulignez à juste titre que l'année 1974 a connu les terribles ravages de l'inflation mondiale, avec son cortège d'instabilité économique et de troubles sociaux. Les ressources financières destinées à satisfaire les besoins sanitaires de populations sans cesse croissantes ont fondu rapidement. Il importe plus que jamais que nous puissions utiliser au maximum et avec profit nos ressources limitées. Il faut donc faire preuve d'une efficience scrupuleuse dans la détermination des problèmes et des priorités et dans la planification et la fourniture des services de santé. Cette efficience ne va pas de soi dans les pays en voie de développement; or c'est précisément dans ces pays, où les problèmes sont complexes et les ressources limitées, que son absence se fait le plus durement sentir. C'est pourquoi j'approuve l'initiative visant à instituer une méthodologie de la programmation sanitaire par pays, comme on le fait déjà dans six pays. J'espère comme vous qu'un nombre croissant de pays saisiront cette occasion de recourir à l'auto- assistance. Notre actuel plan quinquennal, qui tient compte de la préoccupation de l'OMS d'améliorer la qualité de la vie, vise à réaliser un équilibre stable entre l'homme et son environnement pour lui permettre de vivre et de s'exprimer plus pleinement. Les conséquences néfastes de la malnutrition, que souligne le Rapport, représentent une perte économique énorme et contribuent à compromettre le développement physique et mental et à augmenter les souffrances humaines. La pénurie alimentaire mondiale, la hausse vertigineuse des prix et l'accroissement du coOt des transports ont imposé le rationnement alimentaire dans de nombreux pays. Maurice considère que l'augmentation de la production alimentaire est l'une des priorités les plus absolues, et notre Premier Ministre a créé une commission nationale de la production alimentaire qui a déjà effectué une étude complète des besoins actuels et futurs et des sources existantes et potentielles de produits alimentaires. Le Gouvernement mauricien s'occupe activement de donner suite à cette étude

Dans le cadre de notre plan de développement rural, qui accorde déjà aux villages des soins de santé primaires, nous envisageons de faire quitter les villes à nos spécialistes les plus éminents et de les envoyer dans les centres de santé périphériques pour aider leur collègues à résoudre leurs problèmes particuliers. Maurice est un cas unique en ce sens que son hôpital le plus moderne a été implanté à l'écart des villes, en pleine région rurale. Le développement rapide des moyens de transport et du tourisme rend très sensibles aux risques de réinfection des régions où les maladies transmissibles avaient été éliminées. C'est pourquoi nous devons exercer une vigilance absolue et une surveillance permanente. Mais, ainsi que nous nous en apercevons tous les jours davantage, même ces mesures ne constituent pas une protection absolue. Celle -ci ne peut être réalisée que par l'éradication totale de tous les foyers d'infection de la surface du globe. Au stade actuel de l'évolution humaine, il est des valeurs fondamentales auxquelles nous sommes attachés par- dessus tout, comme la justice et la loyauté; pour les défendre, des guerres ont été livrées et des millions d'hommes sont morts. Et cependant, Monsieur le Président, il n'y a pas de plus grande injustice que de condamner, faute de soins, une fraction importante de l'humanité à une vie de maladie et de souffrance. Il nous revient à nous, délégués à cette Vingt Huitième Assemblée mondiale de la Santé, de nous engager une fois de plus à poursuivre la croisade contre la maladie et la souffrance. Le PRESIDENT Pologne. :

Je remercie le délégué de Maurice et je donne la parole au délégué de la

Le Professeur RUDOWSKI (Pologne) (traduction de l'anglais) Monsieur le Président, Messieurs les délégués, je voudrais tout d'abord féliciter chaleureusement le Président et les Vice -Présidents de leur élection à ces hautes fonctions. Nous exprimons d'autre part nos sincères félicitations à la République démocratique du Viet -Nam, aux Tonga et au Mozambique, qui, sous votre présidence, viennent d'être admis en qualité de Membres de l'Organisation. Nous sommes particulièrement satisfaits de constater que la délégation actuelle de la République du Sud Viet -Nam représente légitimement le peuple sud -vietnamien dans diverses organisations internationales, y compris l'OMS. J'espère également que l'Assemblée adoptera des résolutions favorables au développement et au progrès, prouvant ainsi la solidarité de l'Organisation avec les mouvements de libération nationale. J'aimerais rendre hommage au Directeur général pour le soin qu'il a apporté à la préparation de son Rapport. Les résultats de l'activité de l'Organisation au cours de l'année écoulée :

indiquent que l'OMS a travaillé avec efficacité et obtenu de nouveaux succès malgré les difficultés

dues à la dégradation de la situation économique. Ces succès ont été possibles grâce à certaines mesures très opportunes prises par l'Organisation amélioration de la coordination et intégration des activités des divisions du Siège, coopération sanitaire avec les Etats Membres fondée sur la notion d'association et de partage des responsabilités, adaptation des méthodes et des techniques aux conditions économiques et culturelles des différents pays. Nous sommes pleinement conscients des difficultés que rencontre l'Organisation du fait de l'instabilité économique et de ses effets sur la réalisation du programme de base, que nous approuvons pleinement. Il nous semble toutefois que la réalisation des objectifs constitutionnels :

QUATRIEME SEANCE PLENIERE

83

de l'OMS ne devrait pas dépendre d'une augmentation excessive du budget mais de l'amélioration de la coordination en matière de coopération internationale en vue d'utiliser de façon rationnelle toutes les ressources existantes. La délégation polonaise se préoccupe depuis bien des années de l'augmentation constante du budget de l'Organisation, qui dépasse les possibilités de paiement de nombreux pays. Encore maintenant, certains Etats Membres sont redevables d'arriérés de contributions. Si nous ne limitons pas la cadence d'accroissement du budget de l'Organisation au niveau de l'accroissement moyen des revenus dans le monde, c'est -à -dire 4 à 6 %, le nombre des pays incapables de payer leur contribution augmentera sérieusement au cours des années à venir. A cet égard, nous approuvons sans réserve les mesures prises pour évaluer les projets en cours sous l'angle de leur efficacité et pour contrôler le travail administratif. On sait que la crise des ressources naturelles a changé la carte économique du monde. La situation financière de l'Organisation pourrait être améliorée si les pays particulièrement favorisés par la nouvelle situation économique mondiale versaient des contributions volontaires. Comme je l'ai dit, nous approuvons entièrement le programme de base de l'OMS, mais nous nous réjouissons particulièrement du programme de lutte contre le cancer. Nous sommes prêts à coopérer activement à la réalisation de ce programme, en raison notamment du fait que les autorités polonaises ont accordé la priorité, dans le récent programme national, aux recherches sur le cancer et à la lutte contre cette maladie. Nous portons également un vif intérêt au programme concernant les substances prophylactiques et thérapeutiques, qui nous semble très important eu égard au développement rapide de l'industrie pharmaceutique. Nous sommes heureux de voir que l'OMS accorde une grande attention à l'organisation de soins de santé primaires dans le cadre de la politique de renforcement des services nationaux de santé. A notre avis, l'application de méthodes et de techniques médicales simples au niveau des soins primaires doit être considérée comme une étape provisoire, en attendant que l'on puisse assurer des soins médicaux de qualité supérieure. Il ne faut pas oublier non plus que les soins de santé primaires, faisant partie intégrante de l'ensemble du service national de santé, devraient être l'un des éléments décisifs du développement social et économique. Nous attachons une importance particulière à notre coopération avec l'OMS en vue du renforcement des services nationaux de santé. Il nous semble que nous sommes particulièrement qualifiés dans ce domaine, étant donné l'expérience pratique et théorique considérable que nous avons acquise dans l'organisation de notre système socialiste de protection sanitaire, au cours des trente années qui ont suivi la victoire sur le fascisme et la fin de la seconde guerre mondiale. Les débuts, au cours des premières années de la période d'après -guerre, ont été extrêmement difficiles en raison d'une part de la pénurie de personnel et des dommages qu'avait subis l'infrastructure sanitaire de notre pays, ruiné par la guerre et l'occupation nazie, et d'autre part des besoins sanitaires particulièrement grands d'une nation épuisée et sous -alimentée. Dans ces conditions, le concept socialiste des services de santé - qui ne cesse d'être adapté à nos besoins sociaux croissants nous a permis de surmonter les difficultés et de faire bénéficier la population d'un niveau de santé élevé dans un laps de temps relativement court. Si je me suis permis de faire cette courte digression historique, c'est parce que nous célébrons en ce mois de mai, comme tous les pays épris de paix, le trentième anniversaire de la victoire sur le fascisme, qui a mis fin au génocide et à la tyrannie et a fait renaître la liberté dans les pays occupés. La délégation polonaise joint ses protestations à celles de l'opinion publique mondiale pour condamner les violations répétées des droits fondamentaux de l'homme au Chili. En même temps, elle tient à signaler que les principes de la Constitution de l'OMS sont continuellement violés dans ce pays et elle demande qu'il soit mis fin aux agissements de la junte militaire au Chili. Pour terminer, permettez -moi d'exprimer ma conviction que la recherche de solutions à nos problèmes communs de santé sera facilitée par la consolidation de la détente internationale, grâce à laquelle sera sauvegardé le plus grand trésor de l'homme - sa santé. Le PRESIDENT :

Merci, Monsieur le délégué de la Pologne. La parole est au délégué de Chypre. :

Monsieur le Président, j'aimerais, au nom de M. VAKIS (Chypre) (traduction de l'anglais) la délégation chypriote, vous présenter nos félicitations pour votre élection à la présidence de la Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé. Cette élection traduit la confiance que les délégations placent en vous et notre conviction que, sous votre direction, les délibérations de l'Assemblée se dérouleront de façon très constructive pour le plus grand bien de l'humanité, auquel tendent tous nos efforts. Permettez -moi, Monsieur le Président, de rendre un chaleureux hommage au Président sortant de la Vingt- Septième Assemblée mondiale de la Santé, Son Excellence le Ministre de la Santé de l'Iran, pour la compétence avec laquelle il a dirigé l'an dernier les délibérations de notre assemblée. Ma délégation se félicite également de l'admission en tant que Membres de l'OMS de la République démocratique du Viet -Nam, des Tonga et du Mozambique. Ce faisant, nous exprimons notre certitude que leur action à nos côtés sera des plus constructive. Monsieur le Président, Messieurs les délégués, c'est un grand plaisir pour moi d'exprimer au Dr Mahler, notre Directeur général, les félicitations de ma délégation pour son Rapport complet et instructif sur l'activité de l'OMS en 1974. Ce Rapport met en lumière aussi bien les réalisations que les échecs, mais contient aussi des suggestions constructives qui ont pour objet de nous permettre, le cas échéant, de réévaluer les approches, les stratégies et les méthodes que

84

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

nous préconisons pour promouvoir les objectifs de l'Organisation et résoudre ses problèmes spécifiques. Le Rapport du Directeur général nous rappelle par exemple que le cinquième programme général de travail a été conçu essentiellement en fonction des besoins des pays et que l'OMS tend à adopter une approche beaucoup plus systématique de la programmation sanitaire par pays afin de permettre aux pays de déterminer leurs problèmes de santé prioritaires et d'élaborer les programmes nécessaires pour les résoudre. Au sujet de l'hygiène des denrées alimentaires, nous attendons avec le plus vif intérêt les directives proposées pour la création d'un système d'inspection des produits alimentaires, directives qui sont préparées en commun par l'OMS, la FAO et le PNUE, ainsi que l'instauration d'un système commun FAO /OMS /FISE de surveillance mondiale. Ces directives permettront certainement d'améliorer encore à l'avenir les services d'hygiène des denrées alimentaires. D'autre part, le Directeur général met à juste titre l'accent sur l'importance de recherches biomédicales soigneusement planifiées et coordonnées, dont les résultats devraient être largement bénéfiques non seulement pour les pays où ces recherches sont effectuées, mais aussi pour le reste du monde. Enfin, le Directeur général souligne très justement le rôle décisif de la coopération internationale dans la solution des problèmes sanitaires. L'importance de ce facteur est illustrée par la campagne mondiale d'éradication de la variole. La réalisation de cette éradication, qui apparaît maintenant toute proche, fera date dans l'histoire de la médecine, mais nous ne devons pas oublier que d'autres problèmes de santé attendent une solution qui ne peut être trouvée que par la coopération et la compréhension internationales. C'est l'occasion de nous rappeler que notre objectif ultime dans le domaine de la santé est non seulement de guérir les malades et de prévenir ou combattre les maladies, mais aussi d'assurer aux populations du monde le plus haut niveau possible de qualité de la vie. La réalisation de ce noble objectif ne doit pas être le souci individuel de chaque pays, mais devrait être la préoccupation commune de toute la communauté internationale. Monsieur le Président, Messieurs les délégués, dans l'esprit des objectifs et des politiques de l'OMS, le Gouvernement de la République de Chypre a inscrit à son plan quinquennal de développement la réalisation complète de ses deux objectifs à long terme dans le domaine de la santé, à savoir l'application effective et efficace de programmes de médecine et d'hygiène préventives et l'octroi des meilleurs soins de santé possibles à tous les ressortissants chypriotes. Pour parvenir à ces objectifs, les services de soins préventifs ont été améliorés et élargis de façon à couvrir un plus large secteur de l'assainissement. De nouveaux centres de santé maternelle et infantile ont été créés dans les régions rurales. Les hôpitaux publics ont reçu des renforts en personnel qualifié et en matériel moderne de toutes sortes. Pour ce qui est de la thalassémie - grave problème de santé qui a d'importantes incidences socio- économiques - un service spécial a été créé dans tous les hôpitaux de Chypre pour suivre les personnes souffrant de la maladie, détecter les personnes présentant cette anomalie et donner des conseils à la population. Un service scolaire de soins dentaires a commencé à fonctionner à Chypre et une étude est en cours sur l'introduction d'un service complet de santé scolaire. Les projets les plus ambitieux de mon gouvernement, tels qu'ils figuraient dans le dernier plan quinquennal de développement, étaient d'une part l'établissement d'un hôpital général moderne à Nicosie et, d'autre part, l'introduction d'un système général de santé sous contrôle public. Un grand nombre d'études et de travaux préliminaires avaient été réalisés et des experts avaient été chargés d'effectuer des enquêtes détaillées et de soumettre des recommandations. Mais alors que ces plans et ces objectifs étaient en cours de réalisation, la résurrection d'Attila a non seulement arrêté tout progrès à Chypre, mais également ramené le pays plusieurs décennies en arrière. Le 20 juillet 1974, la Turquie, l'un des garants de l'indépendance, de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de Chypre, envahissait le pays et occupait par la force environ 40 % de notre territoire. L'envahisseur contraignait plus de 200 000 personnes qui vivaient dans les zones maintenant occupées à quitter leurs maisons et leurs biens. Ces personnes déplacées, qui constituent le tiers de la population totale de l'île, ont ainsi été obligées de devenir des réfugiés dans leur propre pays et d'affronter les dangers et les épreuves que chacun peut imaginer. Pour comprendre l'ampleur des problèmes que les services sanitaires de Chypre ont de résoudre, il suffit de dire que trois des huit hôpitaux et cinq des dix -huit centres de santé ruraux ont été occupés, que des dépôts de fournitures médicales ont été détruits ou pillés, que des hôpitaux et autres établissements médicaux, bien que clairement signalés, ont été bombardés à maintes reprises, ensevelissant sous leurs décombres un grand nombre de malades et de membres du personnel traitant. Mais malgré ces difficultés, les services de santé publique, renforcés par du personnel supplémentaire et par des dispensaires et des centres médicaux d'urgence mis sur pied par l'ensemble de la profession médicale privée, se sont attelés avec dévouement à la tâche complexe qui consistait à apporter une assistance médicale aux milliers de victimes de l'invasion et à prendre des mesures d'urgence pour prévenir les maladies et soigner la population des nombreux camps de réfugiés. L'une de ces mesures a été la gratuité des soins médicaux pour toutes les personnes déplacées, y compris tous les Chypriotes turcs se trouvant dans les régions contrôlées par le Gouvernement. Grâce à l'oeuvre d'assistance et de coopération de l'OMS et d'autres institutions, grâce aussi aux mesures préventives et autres mesures qui ont été adoptées, il a été possible d'éviter des épidémies à Chypre. Cependant, le danger persiste et l'éventualité du déclenchement de graves

QUATRIEME SEANCE PLENIERE

85

épidémies - qui ignorent les frontières artificielles créées par la force des armes ou par d'autres moyens - ainsi que la prévalence des maladies dégénératives et autres continueront à faire peser une menace permanente tant que les personnes déplacées n'auront pas regagné leurs foyers conformément aux résolutions adoptées à l'unanimité par l'Assemblée générale et le Conseil de Sécurité des Nations Unies. C'est à ce moment -là seulement que les services médicaux et sanitaires publics pourront être totalement rétablis et qu'il sera possible d'appliquer avec succès des programmes de prévention. Monsieur le Président, Messieurs les délégués, je ne veux pas abuser davantage de votre précieux temps en vous donnant des détails sur la façon dont nous essayons, dans des circonstances difficiles, de faire face à la situation actuelle dans le domaine de la santé ou d'une façon plus générale de résoudre les problèmes qui ont surgi avec l'invasion et qui ont des incidences graves sur la situation sociale et sanitaire du pays. La plupart d'entre vous sont parfaitement conscients de notre drame. Cette tragédie est semblable à celles qui se sont produites dans d'autres parties du monde, par exemple au Moyen -Orient et en Indochine, où, sur un ordre donné, des milliers de personnes ont de fuir leurs foyers et leur milieu familier. Alors que nous essayons d'assurer aux hommes une meilleure qualité de vie, des événements comme ceux -là marquent un renversement des progrès réalisés. Monsieur le Président, Messieurs les délégués, je voudrais pour finir, au nom de mon gouvernement, remercier le Dr Mahler, Directeur général, et le Dr Taba, Directeur régional, pour l'aide qui nous a été généreusement accordée par l'OMS ou par son intermédiaire. Nous sommes persuadés que l'Organisation renforcera encore son étroite coopération avec le Gouvernement de la République de Chypre pour le plus grand bien de sa population.

Monsieur le délégué de Chypre, votre intervention a suscité une motion Le PRESIDENT d'ordre de la délégation turque et dès lors je vais donner lecture de l'article 57 de notre Règlement intérieur "Au cours de la discussion de toute question, un délégué ou un représentant d'un Membre associé peut soulever une motion d'ordre et le Président prend à son endroit une décision immédiate. Un délégué ou un représentant d'un Membre associé peut faire appel de la décision prise par le Président; dans ce cas, l'appel interjeté est aussitôt mis aux voix. Un délégué ou un représentant d'un Membre associé qui soulève un point d'ordre ne peut aborder le fond de la question en discussion, mais doit s'en tenir au point d'ordre." :

:

En vertu de cet article, je voudrais suggérer à la délégation turque de prendre la parole demain au début de la séance de l'après -midi, après que la représentante de l'Organisation des Nations Unies nous aura parlé, au nom du Secrétariat, de l'Année internationale de la Femme. Le délégué de la Turquie est -il d'accord d'accepter cette proposition ? Il a la parole. M. ARIM (Turquie) Monsieur le Président, avec tout mon respect pour votre décision, étant donné que mon pays a été mis en cause par l'intervention du délégué de Chypre, j'aimerais beaucoup que vous me permettiez d'user de mon droit de réponse à cette intervention avant la clôture de la présente séance. :

Le PRESIDENT Je vous remercie. Nous vous donnerons donc la parole avant la clôture de la séance comme dernier orateur de cette journée. Le prochain orateur est le délégué de la Finlande. :

Mme KARKINEN (Finlande) (traduction_ de l'anglais) Monsieur le Président, Messieurs les délégués, Mesdames, Messieurs, au nom du Gouvernement finlandais, j'aimerais féliciter le Directeur général et le Secrétariat de leur excellent Rapport sur l'activité de l'Organisation mondiale de la Santé en 1974. Le nouveau Rapport du Directeur général est un document remarquable sur les travaux qui ont été accomplis l'an passé en dépit de toutes les difficultés économiques. Mais en outre, il témoigne d'une orientation politique qui mérite de retenir toute notre attention. Il représente la continuation logique et la mise en oeuvre pratique des idées exposées dans l'étude organique sur les méthodes à employer pour promouvoir le développement des services de santé de base, et il insiste sur la nécessité fondamentale, pour combattre avec succès les maladies et promouvoir la santé, de disposer de services bien planifiés, bien équilibrés et bien gérés de soins préventifs et curatifs s'étendant à tous et assurés avec la participation active de la collectivité. Nous faisons entière confiance à cette orientation politique en laquelle nous plaçons de grands espoirs et nous nous réjouissons de constater à la lecture des procès- verbaux du Conseil exécutif que ses membres ont été unanimes à approuver et à soutenir la politique éclairée et novatrice qui consiste à renforcer les services nationaux de santé et notamment les services de soins primaires. En Finlande, nous nous sommes efforcés au cours des dernières années de constituer une solide infrastructure sanitaire en consacrant aux services de soins primaires une part croissante des ressources en argent et en personnel. L'instrument politique de notre action est une décision ministérielle annuelle au sujet des plans relatifs aux services de soins primaires et de soins :

86

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

spécialisés des cinq années à venir, définissant les principaux objectifs, les mesures essentielles à prendre et les ressources disponibles. Il est réconfortant, au moment où tous nos efforts tendent vers cette réorientation, d'apprendre que les experts de l'OMS portent un jugement analogue sur les priorités, comme le montrent si clairement les récents documents. Je voudrais insister sur une question liée à la planification sanitaire, problème qui mérite, à mon avis, que l'OMS lui accorde davantage d'attention qu'elle ne l'a fait jusqu'à présent. Cette question a trait au rôle de l'Organisation dans la coopération internationale présente et future. Si l'on songe aux problèmes pratiques qui se posent aux Etats Membres lorsqu'ils s'efforcent d'accroître la protection sanitaire, il semble que dans la quasi -totalité de ces pays l'on pousse à construire toujours davantage d'établissements exigeant des équipements techniques de plus en plus coûteux et des investissements et des frais de fonctionnement de plus en plus élevés. La pyramide des soins se renforce ainsi au sommet au détriment de la base, pourtant plus importante. Dans le monde entier, les gouvernements ont beaucoup de difficulté à résister à ces tendances malsaines et je suis persuadée qu'ils aimeraient beaucoup que l'OMS leur apporte une aide concrète sous la forme de recommandations et d'avis d'experts concernant la rentabilité des différentes mesures de protection sanitaire et les diverses options qui s'offrent. On admet généralement que de coûteux services de soins curatifs n'ont que très peu d'effet sur l'état sanitaire d'une population. La prévention des maladies et la promotion de la santé donnent de meilleurs résultats mais ne bénéficient généralement pas de la priorité nécessaire. Cette constatation vaut à la fois pour les pays moins avancés et pour les pays développés. Les façons d'aborder le problème de l'amélioration de la santé de la population doivent être fondamentalement les mêmes il faut changer l'environnement physique et social, le mode de comportement et la façon de vivre pour aller dans le sens de la protection et de la promotion de la santé. L'OMS s'occupe activement des drogues engendrant la dépendance mais, du point de vue des gouvernements, il serait plus important encore d'examiner sérieusement les dangers des techniques médicales engendrant la dépendance. Ces dangers existent dans le monde entier, même si le degré de technicité varie. La confiance en soi et la participation de la population aux soins de santé sont en eux -mêmes signes de santé, comme l'indiquait récemment l'excellente publication de l'OMS Participation et santé. Il faudrait insister davantage là- dessus dans l'étude et la mise au point d'autres modèles de soins de santé. La même approche peut et doit être appliquée pour la formation du personnel :

sanitaire.

La nécessité de répartir de maigres ressources est le plus grand dénominateur commun des problèmes auxquels les gouvernements ont à faire face en matière de planification et de politique sanitaires. Je suis certaine d'exprimer ce que beaucoup d'entre nous pensent en disant que l'OMS pourrait et devrait, dans ce domaine fondamental, jouer plus activement encore le rôle de porte parole des experts internationaux les plus qualifiés et les plus compétents. Cette action ne constituerait pas une ingérence dans les affaires des gouvernements mais correspondrait à l'aide que nous attendons de l'Organisation. En effet, quand on doit prendre les grandes décisions en matière de politique sanitaire, on souhaiterait souvent que ceux qui connaissent le mieux la question fassent des recommandations plus concrètes. Je crois que l'OMS est le seul organisme au monde capable de réunir les personnalités les plus éminentes pour formuler des recommandations valables dans le domaine de la prévention et du traitement des maladies. Des décisions doivent être prises soit pour adopter certaines mesures soit pour rejeter certaines pratiques ou certaines politiques, et les recommandations officielles de l'OMS seraient précieuses pour les autorités sanitaires nationales qui doivent prendre leurs décisions face à des opinions divergentes et à des groupes de pression. En Finlande, nous avons récemment fait dans deux domaines l'expérience du poids des avis des experts de divers organes de l'OMS. En premier lieu, une décision a été prise au niveau ministériel pour assurer de la façon la plus efficace et la plus économique une absorption suffisante de fluor pour prévenir les caries dentaires, ce qui implique la réglementation de la teneur en fluor de l'eau potable partout où cela est possible. En second lieu, le Gouvernement est actuellement saisi d'un projet de loi visant à restreindre l'usage du tabac. Aucune de ces deux importantes mesures de politique sanitaire n'aurait pu être défendue aussi énergiquement sans le soutien ou le poids des différents organes et des résolutions de l'OMS. Me fondant sur ces exemples très positifs de l'influence de l'opinion de la communauté sanitaire internationale sur les décisions nationales de politique sanitaire, ainsi que sur d'autres expériences du même genre dans le domaine d'activité de l'OMS, j'estime que nous devrions unir nos efforts en vue d'accroître la capacité de l'OMS d'édicter des règles, afin de rendre les décisions de l'Organisation plus contraignantes pour ses Membres. Monsieur le Président, l'approche novatrice et dynamique dont l'OMS fait preuve à l'égard des problèmes sanitaires mondiaux mérite le soutien total de mon gouvernement. Devant les sombres perspectives économiques qui s'offrent à nous, nous estimons que l'OMS ne peut plus, à long terme, dépendre de façon croissante de contributions volontaires, car ce serait le monde à l'envers. Ce qu'il faut faire, c'est élaborer un plan économique et opérationnel vraiment rationnel qui permette de satisfaire les besoins prioritaires des pays Membres sans qu'il soit besoin de compter sur des fonds plus ou moins précaires. Après tout, les sommes nécessaires sont proportionnellement faibles. Le budget ordinaire dépasse à peine les dépenses annuelles d'un grand hôpital d'enseignement. Il semble que ces aléas ne pourront être éliminés à l'avenir que si le fonctionnement et le financement des services forment un ensemble cohérent fondé sur les contributions au budget ordinaire.

QUATRIEME SEANCE PLENIERE

87

Notre assemblée se trouve à un tournant, étant donné que c'est la première fois que le projet de budget programme est établi pour une période supérieure à un an. Nous espérons d'ailleurs que ce n'est là que le début de l'élargissement de l'horizon de planification. Cet élargissement devrait également permettre d'assurer une base financière stable à l'Organisation. Une infrastructure sanitaire rationnelle est indispensable aux Etats Membres s'ils veulent réaliser leurs objectifs en matière de santé, mais une saine infrastructure économique est également indispensable si l'on veut que l'Organisation fasse bénéficier tous les peuples du plus haut niveau de santé possible. Le PRESIDENT :

Je vous remercie, Madame le délégué de la Finlande.

Mesdames et Messieurs , je vous signale que, compte tenu de l'heure et du fait que je devrai encore

donner la parole au délégué de la Turquie, je vais limiter les interventions supplémentaires à deux. Je m'excuse donc auprès de la République fédérale d'Allemagne, de la Sierra Leone, du Panama et de la Bulgarie dont les délégués parleront demain en début de séance. Je donne la parole au délégué de l'Argentine. Monsieur le Président, honorables Le Dr YANEZ (Argentine) (traduction de l'espagnol) délégués, nous désirons tout d'abord adresser nos félicitations au Président pour son élection, et au Directeur général pour son excellente gestion pendant l'année 1974. Alors que diverses tourmentes agitent notre planète, en cette époque où la violence sous ses multiples formes et le mécontentement de l'homme sont les constantes de notre vie, nous venons ici exposer nos idées et nos réalisations dans le domaine de la santé. Si nous jetons un coup d'oeil sur le monde d'aujourd'hui, nous constatons que dans de vastes régions de la planète une grande partie de l'humanité manque encore des éléments les plus essentiels que la science et la technique ont mis au service de la famille humaine et de sa santé. Cependant, la science et la technique ne fournissent pas seulement les moyens qui permettent à l'homme de mieux se soigner. Nous savons bien, en effet, que la médecine préventive a déjà fait et fera encore de plus grands miracles que la médecine curative. Mais la pratique de la médecine préventive nécessite dans de nombreux secteurs - alimentation, hygiène du milieu, culture, sports, etc. - des ressources dont une grande partie de l'humanité est également privée. C'est pourquoi la coopération et la compréhension internationales sont plus que jamais nécessaires. Nous ne pouvons nier ni refuser de voir l'épouvantable détresse dans laquelle vivent des multitudes de nos frères dans différentes régions du globe car ce n'est pas ainsi que nous pourrons y mettre :

fin.

Comme l'affirme un vieux dicton, charité bien ordonnée commence par soi -même; je parlerai donc d'abord de ce que le Gouvernement argentin, dirigé par l'Excellentissime Présidente de la République Argentine, Dofa Maria Estela Martínez de Perón, a réalisé et réalise encore pour le bien -être mental et la santé physique de son peuple. Avant tout, qu'il me soit permis de rappeler brièvement que notre gouvernement met en pratique la doctrine politique que son illustre créateur, le Général Juan Domingo Perón, auquel divers pays ont proposé d'attribuer à titre posthume le Prix Nobel de la paix, a nommée "justicialisme" et dont l'élément moteur essentiel est la justice sociale, qui implique à son tour, sur le plan spirituel, la paix, la liberté et la démocratie, et, sur le plan matériel, la participation du peuple tout entier à la distribution des richesses et du revenu national ainsi que logement, enseignement, emploi, crédit, etc., l'aide aux nécessiteux dans tous les domaines dans la limite, bien entendu, des possibilités du moment. Dans cet ordre d'idées et de réalisations, le Gouvernement justicialiste, comptant sur l'appui et la compréhension de tous les secteurs politiques majoritaires du pays, a mis sur pied dans le cadre de deux lois très sages promulguées par l'Honorable Congrès de la Nation, ce que l'on appelle le Système national intégré de Santé et de Carrière sanitaire nationale. Ce système révolutionnaire d'assistance médicale que nous sommes en train d'implanter progressivement dans tout le pays comporte la protection sanitaire intégrale de tous les habitants de la République Argentine, même ceux des vastes régions les plus isolées. De la sorte, notre gouvernement assure à tous les habitants du pays, et principalement aux enfants et aux adolescents, une couverture médico- sanitaire totale, afin que leur croissance et leur développement psychiques et physiques soient normaux et qu'ils ignorent l'angoisse dont s'accompagne le dénuement sanitaire. En résumé, dans le cadre du Système national intégré de Santé, le Gouvernement national assumera progressivement, dans un délai de cinq ans, la charge des prestations sanitaires pour toute la population. Entre -temps, il s'est chargé intégralement des prestations dans une province et a signé des accords avec neuf autres provinces parmi les plus démunies qui seront définitivement intégrées dans le Système national intégré de Santé d'ici juin ou juillet prochain. Les prestations comprennent l'intégralité des soins médicaux, l'hospitalisation et la distribution des médicaments, le tout étant totalement gratuit. A cet effet, le Gouvernement national fournira aux provinces tout ce qui leur fait actuellement défaut infrastructures, moyens de transport et de communication, médicaments et ressources humaines. Il convient de noter que ce programme déjà bien amorcé doit s'achever en l'espace d'environ cinq ans. Dans certains cas, la construction de grands hôpitaux extrêmement complexes a déjà commencé, tandis que des appels d'offres ont été lancés pour d'autres établissements d'égale importance sur le plan régional; en outre, nous construisons dans les zones rurales très éloignées des centres urbains de petits hôpitaux pour : :

88

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

les premiers secours et les urgences, étant entendu que les soins de santé pour toute la région seront assurés rationnellement dans les centres à titre permanent. En même temps, les groupes de travail spécialisés qui ont été chargés en particulier des enquêtes épidémiologiques, de l'hygiène du milieu, de l'éradication des maladies, poursuivront leur oeuvre sans interruption. Notre gouvernement estime que l'extraordinaire effort financier qu'implique ce système représente en réalité un des meilleurs investissements qui soient, puisqu'il aura pour résultat d'améliorer la santé du peuple, de la famille argentine, de ses enfants, lesquels pourront ainsi produire davantage et mieux; ce système sera, nous l'espérons, sujet d'inspiration pourles autres pays qui eux aussi sont résolus à lutter pour venir à bout de leurs propres problèmes. Sur le plan international, notre pensée est dominée par cette idée justicialiste que, pour un être humain, il n'y a rien de meilleur qu'un autre être humain; la coopération et la solidarité internationales exigent donc que l'on se prive sans égoisme, sans limitations autres que celles qu'impose à chaque nation le souci de veiller sur la santé de ses propres fils. Aussi sommes -nous convaincus que cette assemblée doit avoir pour objectif fondamental de resserrer les liens entre les peuples et les gouvernements, et que c'est de l'analyse des besoins de chaque région, de chaque zone ou de chaque pays en particulier que se dégagera de façon concrète l'orientation à donner à l'assistance, celle -ci devant être fournie avec toute la célérité et la spécificité nécessaires et, naturellement, toujours plus importante et de meilleure qualité. Cependant, elle ne prendra pas toujours, ni ne doit nécessairement prendre des formes financières, car il peut aussi s'agir de services consultatifs ou techniques. Avec le Système national intégré de Santé, nous étendrons la couverture sanitaire préventive et curative à l'ensemble du territoire grâce à des plans et des programmes réalisés de façon rationnelle. En outre - et c'est là un aspect fondamental - le Système national contribuera à répartir les médecins dans tout le pays conformément aux besoins réels, ces médecins étant bien rémunérés et travaillant dans des hôpitaux équipés de telle sorte qu'ils puissent développer pleinement leur activité, tout en jouissant d'un logement adéquat et en disposant de moyens appropriés pour leur formation et leur perfectionnement. Nous nous employons à former d'abord des médecins généralistes et ensuite seulement des spécialistes, afin de renverser la tendance actuelle selon laquelle 55 % des médecins se dirigent vers la chirurgie et le reste vers les différentes spécialités. Nous nous employons également à former des auxiliaires médicaux - infirmières, techniciens et assistants - dont les effectifs sont nettement insuffisants. A cette fin, nous avons modifié les principes sanitaires traditionnels et l'enseignement des soins infirmiers et de l'organisation des services infirmiers, contribuant ainsi à leur hiérarchisation et veillant à ce que toute la population puisse bénéficier d'une assistance complète, aisément accessible et dispensée avec une grande compétence. Nos plans prévoient la formation de 5000 auxiliaires médicaux par an, dans le cadre du Système national intégré de Santé, et nous sommes résolus à mettre fin à l'isolement dans lequel s'opéraient d'une part la planification de la santé et d'autre part la planification de l'enseignement. Parallèlement à la mise en oeuvre du Système national intégré de Santé, et pour compléter celui -ci, nous intensifions progressivement les campagnes et programmes visant à réaliser l'éradication définitive des maladies qui provoquent tant de décès et tant de graves épidémies dans la population. En voici quelques exemples concrets. Programme de santé maternelle et infantile La République Argentine compte quelque 7 200 000 enfants de moins de 15 ans et environ 6 100 000 femmes en âge de procréer, ces deux groupes constituant 55 % de la population totale. Soixante -trois enfants sur 1000 meurent dans leur première année. La mortalité infantile, demeurée stationnaire pendant les quinze ans qui ont précédé 1973, est maintenant en recul, principalement dans les zones les plus touchées. Grâce au programme de santé du Gouvernement national, le taux de mortalité est descendu à 49 pour 1000 l'année dernière, ce qui prouve que les moyens adoptés, rationnellement programmés, commencent à donner des résultats positifs. Néanmoins, les données les plus récentes que nous possédions - celles de l'année 1974 - révèlent qu'il meurt chaque année 5500 enfants de 1 à 4 ans, les causes les plus fréquentes étant la diarrhée, la pneumonie et la rougeole, associées certainement à la malnutrition. D'autre part, la mortalité maternelle atteint 1,5 pour 1000 par suite du manque de soins pendant la grossesse et au moment de l'accouchement. On espère que ce pourcentage diminuera à partir de cette année avec la mise en place du Système national intégré de Santé. Par l'intermédiaire du Système national intégré de Santé, le Secrétariat d'Etat à la Santé publique s'emploie aussi à réaliser, avec l'aide d'ordinateurs, un système d'information adéquat qui permette de connaître rapidement et d'une manière complète toutes les caractéristiques de la situation épidémiologique nationale. Ainsi, les données pourront être actualisées rapidement et de façon satisfaisante et l'application des solutions s'en trouvera accélérée. Programme de lutte contre le paludisme Dans la République Argentine, le paludisme sévit sur une superficie de 111 661 km2 englobant les provinces de Catamarca, Cordoba, La Rioja, San Juan, San Luis, Santiago del Estero, Salta et

QUATRIEME SEANCE PLENIERE

89

Jujuy, qui comptent ensemble une population de 1 665 000 habitants. Certaines zones sont déjà entrées en phase de consolidation et peu à peu la situation s'est sensiblement améliorée. Toutefois, en 1974, il a fallu mener des opérations d'attaque dans les provinces de Salta et de Jujuy, en coopération avec les autorités de la république soeur de Bolivie, par suite d'une augmentation de la transmission du paludisme dans les secteurs frontières. Il est prévu d'intensifier partout la campagne antipaludique, notamment dans les zones les plus touchées, à savoir 84 000 km2, 560 000 habitants), Formosa (secteur impaludé le Chaco (secteur impaludé 72 600 km2, 258 000 habitants) et Misiones (secteur impaludé 1700 km2, 95 000 habitants). : : :

Programme de surveillance d'Aedes aegypti Bien que le vecteur de la fièvre jaune ait été éradiqué, la surveillance ne s'est pas relâchée dans les zones à haut risque. Ainsi, nous avons mené une campagne de vaccination intensive à proximité de la frontière bolivienne, principalement à cause de la poussée enregistrée cette année dans ce secteur, et les contrôles nécessaires sont assurés dans tous les aéroports, postes de douane et points d'entrée et de sortie, des deux côtés de la frontière. Programme de lutte contre les parasitoses intestinales Si les parasitoses intestinales posent un problème de santé publique sur l'ensemble du territoire, leur ampleur est telle dans les provinces du nord -est et du nord -ouest - et surtout dans les premières - qu'elles exigent une action prioritaire. Parmi toutes les parasitoses intestinales (taeniase, non compris l'hydatidose, amibiase, etc.), l'ankylostomiase représente une véritable endémie dont il faut débarrasser le pays. Les activités en sont à l'étape de la consolidation des infrastructures. Le Secrétariat d'Etat à la Santé publique a signé un accord, toujours en vigueur, avec l'Université du Nord -Est (Institut régional de Pathologie) et prête aussi son concours à l'Institut national de Microbiologie (Division d'Helminthologie). Aux termes de l'accord conclu avec l'Université, il a été créé un peu plus tard un Centre national de Parasitologie à Corrientes, afin que cette région dispose d'un laboratoire de haut niveau pour appuyer les programmes qui y sont exécutés. Le Centre national de Parasitologie en est au stade de l'équipement. C'est là une étape essentielle car cette région (où l'incidence des parasitoses est plus élevée que partout ailleurs dans le pays) ne dispose pas encore de structures en rapport avec ses besoins. Objectifs du programme. Pour lutter contre les parasitoses intestinales dans cette région à forte incidence, les moyens suivants seront employés :

a)

diagnostic parasitologique et immunologique dans les collectivités;

b)

constitution d'un laboratoire de référence ayant des fonctions d'enseignement, de recherche et de service dans cette spécialité; traitement des malades et application de mesures préventives au niveau régional.

c)

Programme national de lutte contre la maladie de Chagas Ce programme vise essentiellement à interrompre la transmission du parasite sous sa forme la plus fréquente, c'est -à -dire la transmission par Triatoma infestans. Cependant, en l'état actuel des connaissances, il parait évident que la désinsectisation seule, malgré tous ses avantages, ne saurait suffire pour résoudre le problème et obtenir des résultats durables. Aussi les activités du programme national sont -elles intégrées avec d'autres mesures, à savoir :

campagnes visant à susciter dans la population les changements d'attitude propices à l'action sanitaire; a) b) c)

désinsectisation des logements et de leurs alentours;

lutte contre l'infection dans la population, par l'administration de médicaments qui agissent sur l'agent étiologique (Trypanosoma cruzi) et par le traitement trypanosomicide du sang destiné aux transfusions dans les zones d'endémicité; promotion et soutien de recherches visant à définir de meilleures méthodes d'assainissement, de meilleures thérapeutiques et des techniques de prévention spécifiques; d) e)

élimination des habitations insalubres dans les zones rurales.

Les travaux de normalisation, de contrôle et d'évaluation relèvent du Secrétariat d'Etat à la Santé publique, tandis que l'action sur le terrain est menée par le Service national de Lutte contre la Maladie de Chagas ou par les organismes sanitaires provinciaux dans les régions où se déroulent des programmes soutenus par le Secrétariat d'Etat. Le sous -programme de désinsectisation comprend à la fois la désinsectisation des habitations et de leurs alentours, l'amélioration des logements, l'éducation sanitaire et la surveillance

90

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

permanente dans les zones traitées. Ce sous -programme, qui doit s'étendre à dix -neuf provinces de la zone d'endémicité, est déjà en cours dans onze provinces Catamarca, Cordoba, Chaco, Jujuy, La Rioja, Salta, San Juan, San Luis, Santa Fe, Santiago del Estero et Tucuman. En 1967, la province de Río Negro a été intégrée dans cette action grâce à une campagne menée conjointement par les autorités provinciales, municipales et nationales. En 1972, ce fut le tour de la province de Neuquén, grâce à des programmes d'assistance. En 1974, le programme et le budget de la province de La Pampa ont été approuvés, tandis qu'il est prévu, pour 1975, d'octroyer une assistance à la province de Mendoza et de renforcer l'action entreprise dans le territoire de Formosa. L'évaluation du programme de lutte contre la maladie de Chagas révèle que les progrès sont lents à cause d'interruptions dues essentiellement à des difficultés administratives, qui seront surmontées par le Système national intégré de Santé; cependant, dans les zones traitées, on constate un recul appréciable de l'incidence de la maladie. Dans certains secteurs, le remplacement du HCH par le mercaptothion a permis d'accélérer l'extension des opérations sur le terrain. :

Programme de vaccination Le but est de réduire la morbidité et la mortalité dues aux maladies que la vaccination peut éviter.

L'action projetée a pour objet de réaliser l'éradication de la poliomyélite paralytique, qui a déjà pratiquement disparu; de réduire le niveau d'endémicité de la rougeole et d'éviter les poussées épidémiques; de ramener à un minimum la morbidité et la mortalité dues à la diphtérie, à la coqueluche et au tétanos; de réduire la morbidité et la mortalité dues au tétanos chez les adultes dans tout le pays et de faire disparaître le tétanos du nouveau -né dans les provinces du nord -est et du nord -ouest; de maintenir l'éradication de la variole; enfin de réduire la morbidité et la mortalité dues à la grippe dans certains groupes de la population. Activités :

- soutien des programmes réguliers de vaccination des autorités provinciales par la fourniture de vaccins et par la surveillance des opérations et l'évaluation des résultats; - exécution de campagnes massives de vaccination programmation, normalisation, fourniture aux provinces d'un appui matériel et financier, surveillance et évaluation des opérations. :

Objectifs

:

- administration par les services de santé généraux de deux doses de vaccin antipoliomyélitique à la naissance; le nombre d'enfants à vacciner serait de 550 000 (chiffre correspondant à l'accroissement naturel de la population), avec une couverture minimale de 80 %; - administration par les services de santé généraux à 500 000 enfants d'une dose d'entretien de vaccin antipoliomyélitique à l'âge de 18 mois et au début de la scolarité, avec une couverture minimale de 80 %; - administration par les services de santé généraux de deux doses aux femmes enceintes, le nombre des bénéficiaires étant estimé à 550 000, avec une couverture minimale de 80 ,; - exécution de deux campagnes de vaccination antipoliomyélitique dans l'ensemble du pays en septembre et octobre 1975, comportant l'administration d'une dose aux enfants âgés de 2 mois à 5 ans et aux femmes se trouvant au moins dans le cinquième mois de leur grossesse; pour chaque campagne, le nombre total des bénéficiaires sera de 3 300 000, avec une couverture minimale de 80 % (nous pouvons dire qu'avec ce programme il n'y aura pas de poliomyélite dans la République Argentine); - administration par les services de santé généraux d'une dose de 103 TCIDS0 de vaccin antirougeoleux à la naissance (550 000 nouveau -nés, chiffre correspondant à l'accroissement naturel de la population) et sur demande, le nombre total d'enfants à vacciner étant estimé à 600 000, avec une couverture minimale de 90 %; - administration par les services de santé généraux de trois doses à la naissance (550 000 enfants, chiffre correspondant à l'accroissement naturel de la population) et d'une dose de rappel à l'âge de 18 mois, avec une couverture minimale de 80 %; - exécution en mai 1975, dans l'ensemble du pays, d'une campagne comportant l'administration d'une dose de vaccin antirougeoleux de 500 TCID5O aux enfants âgés de 9 mois à 5 ans, le nombre total des bénéficiaires étant d'un million avec une couverture minimale de 80 %; - lors du conseil de révision, administration aux jeunes gens incorporés et aux sujets déclarés inaptes au service militaire (effectif estimé à 60 000) d'une dose de vaccin triple contre la diphtérie, la coqueluche et le tétanos, avec une couverture de 100 %; - exécution en septembre et octobre 1975 de deux campagnes de vaccination antitétanique des femmes enceintes dans les provinces du nord -est et du nord- ouest, en liaison avec les opérations antipoliomyélitiques; l'effectif des femmes enceintes est estimé à 125 000 pour chaque campagne, et la couverture visée est de 80 %; - administration par les services de santé généraux d'une dose de vaccin antivariolique à la naissance (550 000 nouveau -nés, chiffre correspondant à l'accroissement naturel de la population), à l'entrée à l'école primaire, lors du conseil de révision et à la demande; le

.

QUATRIEME SEANCE PLENIERE

91

nombre des bénéficiaires est estimé à 3 300 000 et la couverture visée est de 90 %; - administration par les services de santé généraux d'une dose de vaccin antigrippal aux vieillards hospitalisés atteints d'affections graves des voies respiratoires ou d'autres maladies et au personnel indispensable des services de santé ou autres; le nombre des bénéficiaires est estimé à 200 000, et la couverture visée est de 80 %. Programme antituberculeux Les opérations de lutte contre le péril tuberculeux dans la République Argentine ont les objectifs suivants réduire les sources d'infection, accroître la résistance à la maladie, et améliorer les systèmes d'information. A cet effet, des dispositions ont été prises pour : :

a)

promouvoir la création de réseaux de laboratoires intégrés dans les services de santé en assurer le développement par la fourniture de matériel;

généraux; b) c)

veiller à ce que les autorités provinciales désignent un responsable de ce secteur chargé de l'implantation et de la surveillance des installations de diagnostic bactériologique; aider à préparer le personnel de laboratoire aux travaux de surveillance (en collaboration avec l'Institut national de la Tuberculose et l'Institut national d'Epidémiologie); d)

coordonner avec l'Institut national de la Tuberculose, l'Institut national de Microbiologie Carlos G. Malbrán et l'Institut national d'Epidémiologie, les services de surveillance et les services consultatifs en bactériologie, afin de les doter d'un équipement complet; e) f) donner des avis et exercer un contrôle sur les divers aspects des programmes à l'échelon provincial, cette tâche sera menée à bien en collaboration avec l'Institut Malbrán, l'Institut national de la Tuberculose et l'Institut national d'Epidémiologie car l'échelon central dispose seulement de médecins et ne peut fournir les moyens requis en matière de services de laboratoire, de services infirmiers et de statistiques;

compléter et mettre à jour les normes du programme, et collaborer à leur diffusion et au contrôle de leur application; g)

participer aux congrès, journées d'étude, conférences, stages, etc. concernant cette action de santé publique; h)

collaborer à l'implantation et /ou à l'adaptation des systèmes d'enregistrement des opérations et, selon le cas, de surveillance épidémiologique; i)

j)

organiser des réunions du Conseil consultatif de la Tuberculose.

En outre, des normes ont été établies pour l'approvisionnement en vaccins, antibiotiques et autres fournitures nécessaires à l'échelon national. Le montant des investissements correspondants atteint 10 millions de dollars (Loi 18.188). Programme de lutte contre la lèpre L'Argentine compte environ 25 000 malades de la lèpre et 100 000 sujets contacts et il est nécessaire d'exercer un contrôle sur les uns et les autres. Cette tâche devrait être menée à bien en trois ans. A cette fin, les objectifs suivants ont été fixés :

a) b) c)

accroître le pourcentage des malades contrôlés et des contacts surveillés; augmenter le pourcentage de dépistage des formes indéterminées de lèpre;

réduire la nécessité d'hospitaliser les malades grâce à un contrôle adéquat et aux soins ambulatoires; d)

abréger la durée de l'hospitalisation;

prévenir les infirmités et soigner les infirmes par les méthodes de réadaptation modernes; e) f)

développer l'éducation sanitaire à tous les niveaux;

g)

réactiver le Registre central des Malades (Loi 11.359).

Programme de lutte contre la fièvre hémorragique argentine Dans notre pays, la fièvre hémorragique pose un grave problème parmi les travailleurs et les agriculteurs d'une vaste zone essentiellement rurale (nord -ouest de la province de Buenos Aires, sud de Cordoba et Santa Fe et nord -est de La Pampa). Les registres de morbidité reflètent une incidence variable selon les années; de même, la mortalité imputable à cette maladie varie d'une

92

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

période à l'autre ou en fonction des poussées épidémiques. En l'espace de seize à dix -sept ans, 15 000 cas humains environ ont été notifiés; il est difficile de déterminer le taux de létalité avec exactitude, mais il est estimé à 10 -20 %. Les objectifs généraux du programme en cours dans les zones d'endémicité de l'Argentine sont les suivants :

-

acquérir une meilleure connaissance de l'histoire naturelle de la maladie; améliorer et normaliser le diagnostic clinique et immunobiologique; normaliser le traitement des personnes atteintes de cette zoonose; améliorer la notification des cas et les travaux épidémiologiques et écologiques; intensifier les recherches sur le virus Junín en vue de mieux connaître ses caractéristiques biologiques et son action sur l'homme; - intensifier les efforts visant à la mise au point d'un vaccin.

L'Institut national de Microbiologie Carlos G. Malbrn, le département de microbiologie et de parasitologie de la Faculté des Sciences de la Santé de Buenos Aires et l'Institut de Virologie de l'Université nationale de Córdoba procèdent aux études virologiques et immunobiologiques. Les Sous -Secrétariats à la Santé publique des provinces d'endémicité se chargent des enquêtes épidémiologiques et de l'assistance médicale aux malades; le groupe de travail de l'Ecologie de la Commission nationale de Coordination apporte aussi son concours, tandis qu'un groupe de travail du Secrétariat d'Etat à la Santé publique, ayant sa base à Pergamino, s'occupe du secteur physiopathologique et clinique. Lutte contre les maladies vénériennes Dans ce domaine, nous nous proposons de ramener l'incidence des maladies vénériennes, en particulier la syphilis et la gonococcie, à des minimums contrôlables. Comme on enregistre actuellement une augmentation du nombre des cas, il est nécessaire de :

a)

déterminer exactement l'ampleur du problème;

assurer le dépistage précoce des cas nouveaux et administrer un traitement adéquat à la totalité des cas; on s'attend à un total de 56 000 cas de syphilis et de 70 000 cas de gonococcie; b) c)

prévenir la syphilis congénitale par l'examen de toutes les femmes enceintes; vérifier l'application correcte des techniques de diagnostic en laboratoire; amender la Loi 12.331 afin de l'adapter aux besoins actuels de la lutte antivénérienne. :

d) e)

Afin d'atteindre les objectifs indiqués plus loin, on a entrepris des activités visant à a)

encourager les laboratoires à déclarer les examens sérologiques et les cultures qu'ils effectuent; fournir aux programmes entrepris dans les provinces un appui technique et toutes les ressources matérielles nécessaires (médicaments, instruments, matériel éducatif); b) c)

évaluer et surveiller les programmes à l'échelon provincial; organiser et dispenser des cours de perfectionnement pour les membres de l'équipe de

d)

santé.

Objectifs a)

:

augmenter de 20 % le chiffre des notifications;

b) c) d)

étendre à cinq autres provinces le champ du programme de lutte; suivre l'exécution de tous les programmes;

organiser un cours national pour le personnel de niveau professionnel et quatre cours régionaux pour les membres de l'équipe de santé (cinquante personnes par cours). Un meilleur contrôle de l'infection sera possible grâce au Livret sanitaire du Système national intégré de Santé.

Programme national de lutte contre la rage C'est dans les chefs -lieux des provinces où la maladie est enzootique et dans les secteurs voisins que sont enregistrés les cas de rage animale les plus nombreux.

Objectifs spécifiques du programme

:

- vaccination du nombre de chiens jugé utile pour endiguer la maladie; - éducation sanitaire par tous les moyens de diffusion disponibles et à tous les niveaux.

QUATRIEME SEANCE PLENIERE Activités :

93

Voici comme s'établit, pour chaque province, le nombre de chiens auxquels a été administré en 1974 le vaccin à 2,5 % préparé à partir de tissu cérébral de raton à la mamelle et irradié Chaco, 11 715; Tucumán, 22 292; Mendoza, 11 908; San Juan, par les rayons ultraviolets 27 746; Santa Fe, 63 078; Buenos Aires, 391 087; Capitale fédérale, 40 204. :

Hydatidose a) un sous L'objectif général est la lutte contre l'endémie dans les zones affectées, avec programme de soins médicaux; b) un sous -programme de soins vétérinaires; c) un sous -programme d'assainissement de base; d) un sous -programme d'éducation sanitaire. :

Activités d'hygiène du milieu Activités d'assainissement :

La fluoration de l'eau est assurée en coordination avec le Département des Soins médicaux du Secrétariat national à la Santé publique. Le contrôle de la qualité de l'eau est intensifié dans l'agglomération de Buenos Aires, en application d'un accord conclu entre les différents organismes publics intéressés. Dans le domaine de l'assainissement rural, des programmes ont été mis en place avec les organismes compétents. Des accords ont été conclus avec l'Institut national de Technologie agricole (INTA) et avec les provinces en vue d'organiser des ateliers pour appuyer les programmes d'assainissement rural; d'autres accords ont été passés avec les provinces pour financer des travaux d'équipement rural amélioration des écoles, construction de latrines, amélioration de l'approvisionnement en eau, etc. Dans le secteur industriel, le Gouvernement national s'emploie à strictement contrôler et améliorer le milieu de travail, ce qui a déjà entraîné une diminution sensible des accidents du travail et des maladies professionnelles provoquées ou aggravées par les conditions d'environnement. Cependant, cette action n'est pas achevée et le programme s'améliore et s'intensifie tous :

les jours.

La promotion de la salubrité de l'environnement en général et de l'hygiène du travail en particulier s'est traduite par une importante amélioration des conditions dans tous les lieux où la densité d'occupation humaine est élevée. La pollution de l'atmosphère est à juste titre un autre sujet de préoccupation sur le plan international. Les enquêtes suivantes ont été entreprises :

l'objectif est de recueillir des données sur la composition véhicules automobiles du parc automobile de l'agglomération de Buenos Aires, sur le kilométrage parcouru à l'intérieur de cette agglomération et aux alentours, et sur la consommation de carburant, afin de calculer le volume des émissions de polluants; a) :

b)

l'objectif est de rassembler des données sur le nombre et la incinérateurs d'immeuble répartition des incinérateurs d'immeuble, sur la population disposant de ce service et sur les volumes d'ordures incinérées et de cendres résiduelles. :

Divers contaminants ont fait l'objet d'évaluations. Huit stations procèdent à des dosages du dioxyde de soufre et des poussières en suspension et 70 mesurent et analysent les poussières formant des dépôts. Santa Fe (Rosario) dispose d'un réseau de stations mobiles pour les prélèvements d'échantillons de dioxyde de soufre, de monoxyde de carbone, d'oxyde d'azote et de particules en suspension. La Direction nationale de la Législation a élaboré l'avant -projet d'un texte qui est devenu la Loi N° 20.284 sur la protection des ressources de l'atmosphère. Des accords ont été signés avec le Département de Mécanique appliquée de l'Université de La Plata et avec l'Institut d'études géohéliophysiques pour des travaux sur les questions spatiales. Programmes intégrés :

Une étude technico- économique est en cours pour l'organisation de services d'assainissement municipaux. Dans le domaine de l'hygiène du milieu, un appui a été fourni à diverses activités et réunions scientifiques. En cette Année internationale de la Femme, je ne voudrais pas terminer sans rendre un vibrant hommage à toutes celles qui sont nos collaboratrices dévouées dans le secteur de la santé.1

1

Le texte ci- dessus est la version intégrale du discours prononcé par le Dr Yanéz sous

forme abrégée.

94

V1NGT- HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

Je remercie le délégué de l'Argentine et je donne, pour terminer, la parole Le PRESIDENT au délégué de la Belgique. :

Mesdames, Messieurs, je voudrais tout d'abord féliciter et M. DE SAEGER (Belgique) remercier l'Assemblée d'avoir élu comme Président le Professeur Halter. Sans doute, ce choix a été fait sur la base de ses mérites personnels. Je puis témoigner que depuis de nombreuses années déjà le Professeur Halter est un fervent défenseur de l'OMS, au sein de laquelle il est certainement un des artisans les plus actifs. Son élection est un honneur pour la Belgique. Je remercie l'Assemblée au nom de mon pays. Je tiens à féliciter le Directeur général, le Dr Mahler, le Directeur général adjoint, le Dr Lambo, et tous leurs collaborateurs pour l'oeuvre remarquable qu'ils ont déjà accomplie, ainsi que pour l'excellent Rapport que nous discutons en ce moment. Dans la conjoncture monétaire et économique actuelle, l'Administration de L'OMS doit faire face à des difficultés financières extrêmement graves. Ayant examiné le budget, je constate que l'OMS est sans doute parmi les organismes internationaux un exemple d'efficacité avec un minimum de moyens, elle a obtenu un maximum de résultats. Visant en particulier les pays qui en ont les moyens, je n'hésite pas à dire que nous devons non pas essayer de diminuer notre participation financière, mais bien au contraire augmenter nos contributions volontaires pour l'assistance aux programmes de l'OMS. L'Iran nous a donné hier un bel exemple par le geste du Président sortant. Mon pays a contribué aussi dans la mesure de ses moyens à développer l'activité de l'OMS par des contributions volontaires s'ajoutant aux cotisations statutaires, ainsi qu'en finançant directement des groupes d'étude, symposiums ou conférences, par un budget spécial voté par le Parlement. Nous avons conclu avec plusieurs pays des accords d'aide bilatérale. Chaque fois, l'OMS a été associée à ces accords. Des contributions importantes sont accordées pour les programmes de recherche en parasitologie tropicale, programme conduit par le Professeur De Duve, Prix Nobel de médecine. Il est normal que la Région européenne touche moins que ce qu'elle paie. Actuellement, le Bureau régional de l'Europe ne touche que 5,7 % du budget total et cela essentiellement pour des études. Le fruit de ces études profite cependant à l'ensemble des pays du monde. Je suis d'avis que le Bureau de Copenhague pourrait faire davantage encore dans le domaine des études si son budget était augmenté. Il pourrait l'être notamment si d'autres Régions qui manquent souvent d'experts voulaient davantage charger le Bureau européen d'études particulières - éventuellement contre remboursement des frais correspondants. Sur le plan des programmes, je voudrais souligner l'importance des aspects sociaux dans une politique de santé. Les conditions de travail, de nourriture, de transport et d'habitation sont déterminantes pour la santé de l'homme. La politique sociale doit garantir l'accès de toute la population aux soins médicaux les meilleurs. L'environnement est un facteur fondamental de toute conception suffisamment large d'une politique de santé. Les problèmes de lutte contre les pollutions sont de dimension continentale et même mondiale. Ici encore, plus qu'ailleurs, il ne suffit pas de guérir, mieux vaut prévenir. La politique de la santé doit protéger l'homme dans ses conditions de vie et de milieu. L'Assemblée a voté l'année dernière une résolution invitant le Directeur général à organiser des programmes multidisciplinaires pour étudier le rôle des facteurs psycho- sociaux et leur influence sur la santé en général, et en particulier sur la santé mentale. Le rapport complet sur cette question nous est annoncé pour l'année prochaine. Puis -je exprimer l'espoir que l'étude en cours ne se limite pas à faire l'inventaire des progrès déjà réalisés ou encore possibles dans le seul domaine de la psychiatrie. Ce serait une base trop étroite pour une étude qui devrait au contraire nous ouvrir la voie vers une dimension nouvelle dans les recherches sur l'homme. Je veux dire que l'homme devrait être davantage étudié dans ses relations avec ses semblables. Nous avons fait des progrès fantastiques dans l'étude de l'homme comme individu. N'avons -nous pas trop souvent oublié que l'homme est un être vivant en société et que les relations humaines, que ce soit au sein d'une famille, d'une profession, d'une communauté de travail, d'une collectivité locale, régionale ou nationale, sont déterminantes pour la santé des hommes. Les maladies psychosomatiques sont en augmentation dans nos pays industrialisés. Combien de fois traitons -nous des symptômes sans remonter aux causes ? Ces dernières se trouvent si souvent en dehors du champ d'action traditionnel et de la formation classique du médecin. L'interaction relationnelle devrait davantage être le thème des études de nos savants. Je me pose la question de savoir si nous ne sommes pas trop devenus tributaires de notre méthode d'isolationnement. Pour mieux l'étudier, nous avons isolé l'homme de son entourage. Nos études ont isolé les organes et nous en arrivons à avoir autant de spécialistes qu'il y a d'organes humains. Nous avons étudié la cellule après l'avoir isolée. Nous avons commencé l'exploration de cet univers nouveau qu'est la molécule ... que nous avons isolée. N'est -il pas temps d'entreprendre avec des équipes multidisciplinaires l'étude des systèmes intégrés ? Un homme isolé, cela n'existe pas dans ce monde. Certes, nous croyons en la valeur intrinsèque de l'homme en tant que personne humaine ayant sa propre valeur et sa propre destinée. Mais cet homme subit journellement les interactions et réactions dans le monde où il vit. Il influence les autres comme il est influencé par eux. Et tout ce qui se passe dans son cerveau, le corps y est sensible. A une époque où les coutumes et traditions se perdent ou sont considérées comme désuètes, où les idéologies religieuses ou autres sont ébranlées ou en évolution, l'homme des temps modernes est davantage que ses prédécesseurs exposé à être agressé dans son équilibre psychique. On lui a enlevé les valeurs sûres qui assuraient auparavant un cadre de vie stable. Nous nous préoccupons de son environnement écologique et nous l'étudions. Qu'en est -il de l'étude de l'environnement :

:

QUATRIEME SEANCE PLENIERE

95

psychique ? Il n'y a pas que nos cours d'eau qui sont pollués. Il y a aussi des fleuves d'information plus ou moins pollués. Il n'y a pas que les pesticides et les drogues. L'esprit des hommes est si souvent intoxiqué. Ils ne sont pas suffisamment formés pour sauvegarder l'intégrité de leur personnalité et pour créer des relations harmonieuses avec les autres membres de la collectivité. L'hygiène mentale n'en est qu'à ses débuts. Que de malentendus entre les hommes, même s'ils parlent la même langue Combien de frictions, d'oppositions au sein d'un même groupe ou entre les groupes opposés au sein d'un même peuple Combien de tensions et de conflits entre Tous ces problèmes sont de même nature les peuples il n'y a que l'échelle qui est différente. Nos populations subissent les impressions préfabriquées par les mass media. Ceux qui nous veulent du mal ont quelques longueurs d'avance les publicistes commerciaux ont étudié l'art d'influencer les masses et de leur vendre n'importe quel produit, même nuisible à la santé. Ceux qui font la guerre ont depuis longtemps une brigade spécialisée pour l'intoxication psychologique des masses. Où sont les scientifiques qui peuvent enseigner à l'homme de ces temps, bousculé comme il l'est, un nouvel art de vivre, de développer sa personnalité en harmonie avec celle des autres ? Ce ne sont pas uniquement "des" hommes qui sont malades, c'est l'humanité en tant que telle qui est malade et je souhaite à l'OMS l'ambition de devenir son médecin. Il se peut que nous traversions une crise et qu'une fois passées les douleurs inhérentes à une naissance, l'aube de temps meilleurs se dessine. Nous avons besoin de cet espoir qui fait vivre. Teilhard de Chardin nous a ouvert la vision de l'unification et même de l'unicité de cette couche humaine qui peuple la surface de cette planète. Exerçons -nous déjà dans ce nouvel art de vivre. Préparons ensemble ce monde meilleur. Soyons des frères, vivons comme des frères. Ce sera d'ailleurs excellent pour notre santé. : : : : :

Le PRESIDENT Merci, Monsieur le Ministre de la Santé publique de Belgique pour ces informations qui seront certainement de très grande utilité pour l'Organisation. Ceci cl8ture donc la série des exposés mais, comme nous en avons décidé tout à l'heure, je vais donner maintenant la parole au délégué de la Turquie dans le cadre de la motion d'ordre relative à l'intervention du délégué de Chypre. :

M. ARIM (Turquie) la parole.

:

Je vous remercie beaucoup, Monsieur le Président, de m'avoir accordé

Le délégué chypriote grec s'est référé à mon pays en essayant de donner une impression erronée, en travestissant les faits au sujet de Chypre. Comme vous le savez bien, le coup d'Etat du 15 juillet 1974 destiné à réaliser l'union de Chypre avec la Grèce a obligé la Turquie à recourir à l'exercice des droits qui lui sont reconnus par le Traité de garantie de 1960. La Turquie a entrepris cette action en sa qualité de pays garant de l'état de choses créé par les dispositions fondamentales de la Constitution de la République de Chypre, quand elle a constaté qu'un danger imminent menaçait l'indépendance et l'intégrité territoriale. La Turquie a ainsi sauvegardé l'indépendance et l'intégrité territoriale de la République et protégé la vie et les biens des Chypriotes turcs. Je ne veux pas entamer ici une discussion politique ni une polémique sans utilité, car nous avons placé tous nos espoirs dans les discussions qui ont commencé à Vienne entre les représentants des communautés chypriotes turque et grecque. Au lieu d'essayer de faire de la propagande à l'Assemblée mondiale de la Santé, les Chypriotes grecs devraient entamer des efforts sérieux dans leurs négociations avec les Chypriotes turcs. Je n'ai pas non plus l'intention de vous exposer en détail les souffrances que les Chypriotes turcs ont endurées pendant onze années à la suite des attaques des Chypriotes grecs en 1963. Comme vous vous en souviendrez, conformément à la Constitution de la République, le Conseil des Ministres était composé de sept Ministres grecs et de trois Ministres turcs. Le Ministre de la Santé de la République de Chypre était un Chypriote turc. Par suite des événements de 1963, les Chypriotes grecs ont usurpé les droits des Chypriotes turcs dans l'Etat de Chypre. Le meilleur exemple a été donné au sein même de l'Assemblée mondiale de la Santé, où quelqu'un d'autre est venu siéger à la place légitime du Ministre chypriote turc de la Santé. Les Chypriotes turcs, qui ont été privés de tous les services de la République, ont de mettre sur pied au prix de grands sacrifices leur propre service sanitaire. Pendant onze années, 50 000 réfugiés chypriotes turcs, comme les Chypriotes turcs vivant dans les enclaves encerclées par les Chypriotes grecs, ont enduré de grandes souffrances.

Monsieur le Président, je voudrais terminer en précisant ceci nous espérons beaucoup que la coopération actuellement en cours entre Chypriotes turcs et grecs en ce qui concerne les questionssanitairesdans l'île ne sera pas affectée par des déclarations politiques telles que celle que nous avons entendue de la bouche du délégué chypriote grec au sein de notre assemblée. :

Je vous remercie, Monsieur le délégué de la Turquie, et je vous félicite de Le PRESIDENT la modération de votre intervention. J'espère que notre collègue chypriote sera d'accord avec moi pour considérer que l'incident doit être clos dans cette assemblée et nous formulons le voeu que la paix se rétablisse à Chypre dans un juste équilibre entre les communautés qui :

l'habitent.

Je déclare la séance levée. La séance est levée à 18 h.10.

CINQUIEME SEANCE PLENIERE

Jeudi 15 mai 1975, 12 heures Président :

Professeur S. HALTER (Belgique)

1.

PROGRAMME DE TRAVAIL :

Le PRESIDENT Mesdames et Messieurs les délégués, Excellences, Mesdames et Messieurs, la séance est ouverte. Avant de passer au seul point de notre ordre du jour, j'ai une communication à vous faire au sujet de nos travaux. Je vous ai signalé déjà depuis le début de ma présidence que j'étais soumis à des courants qui n'étaient pas toujours concourants, et pour le moment je risque d'être entraîné dans des difficultés considérables si je ne prends pas certaines décisions du point de vue de l'organisation de nos séances. Mon intention est de clore avant 17 h.30 la liste des orateurs désireux de participer à la discussion générale. Nous avons actuellement 96 orateurs inscrits et atteindrons la centaine probablement, tous les records de l'Assemblée étant de ce fait battus. Neuf orateurs ont pris la parole hier; il en reste donc près de 90. Le Président ne peut pas commettre au nom de l'Assemblée un geste inélégant à l'égard d'un certain nombre de ministres de la santé publique qui ont souhaité nous apporter leur message et sont venus quelquefois de pays très lointains. Je me vois donc contraint et forcé de faire en sorte que, dans le courant de cette journée, nous donnions à 32 orateurs la possibilité de prendre la parole.

Je voudrais donc, Messieurs les délégués, Mesdames, vous adresser une prière. Selon la tradition - et croyez bien que le Président et les Vice -Présidents y sont très sensibles - vous leur adressez au début de vos interventions, et cela pendant une ou deux minutes, des compliments et des salutations. L'enthousiasme de cette assemblée lorsque nous avons été appelés à ces responsabilités nous a indiqué à suffisance toute la sympathie que vous nous portez. Je voudrais donc vous dire que j'accepte par avance et tacitement tous les compliments que vous souhaitiez m'adresser, et je sais que je peux parler au nom des Vice -Présidents. Dès lors, je vous prie de commencer d'emblée par la matière de votre discours et de faire abstraction de toutes salutations et de tous compliments. J'espère que ce voeu sera exaucé et que les différentes divinités voudront bien vous inspirer dans sa réalisation. Je vous rappelle aussi que tous les discours sont imprimés in extenso et que vous avez toujours la possibilité d'intervenir soit sur les points essentiels de votre discours, soit en en faisant un résumé, et soyez assurés que le texte complet figurera dans les comptes rendus de cette assemblée. 2.

ATTRIBUTION DE LA MEDAILLE ET DU PRIX DE LA FONDATION LEON BERNARD :

Le PRESIDENT Mesdames et Messieurs, nous allons passer à l'ordre du jour de notre réunion plénière, qui ne comporte qu'un seul point (point 1.15) Attribution de la Médaille et du Prix de la Fondation Léon Bernard. Le rapport financier sur le Fonds de la Fondation Léon Bernard est contenu dans le document A28/21 et le rapport du Comité de la Fondation Léon Bernard dans le document A28/3. Nous devons d'abord prendre acte du rapport financier et je suppose que vous me faites la grâce de ne pas en donner lecture. Y a -t -il des observations ? En l'absence d'observations, il est pris acte de ce rapport. Nous passons maintenant à l'examen du rapport du Comité et, pour cela, j'invite le Professeur Garcia, Président du Comité de la Fondation Léon Bernard, à venir à la tribune pour présenter ce rapport. :

Le Dr GARCÍA (Président du Comité de la Fondation Léon Bernard) (traduction de l'espagnol) Monsieur le Président, Messieurs les délégués, Mesdames, Messieurs, le 22 janvier de cette année, conformément aux Statuts de la Fondation Léon Bernard, le Comité de la Fondation s'est réuni sous ma présidence afin de proposer à la Vingt- Huitième Assemblée mondiale de la Santé un candidat pour l'attribution du Prix en 1975. Etant donné les états de services et la carrière de chacun des postulants, le Comité n'a pas eu la tâche facile. Finalement, il a décidé à l'unanimité de recommander à la Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé que le Prix de la Fondation Léon Bernard soit attribué en 1975 au Professeur Boris V. Petrovskij, Ministre de la Santé de l'Union des Républiques socialistes soviétiques. Le Professeur Petrovskij a à son actif une carrière professionnelle remarquable, en particulier dans le domaine de la chirurgie, et notamment de la chirurgie thoracique. Il s'est distingué également dans le domaine de l'administration de la santé publique et du développement de la médecine sociale dans son pays. Ministre de la Santé de l'Union soviétique depuis 1965,

:

1

Voir Actes officiels OMS, N° 226, 1975, annexe 1.

-96-

CINQUIEME SEANCE PLENIERE

97

il a apporté une contribution extrêmement importante à la promotion de l'enseignement médical et à l'amélioration du système d'assistance médicale dans son pays. Membre de plusieurs sociétés savantes, non seulement dans sa patrie, mais dans de nombreux autres pays, il est en outre l'auteur de plus de 200 publications qui ont rendu de grands services aux professionnels de la santé de l'Union soviétique et de plusieurs autres pays. Ce n'est là qu'un bref résumé de la carrière du Professeur Petrovskij. En recommandant par ma voix que le Prix de 1975 soit attribué au Professeur Petrovskij, le Comité de la Fondation Léon Bernard est persuadé qu'il ne fait que rendre justice à ce dernier. Si l'honorable Assemblée se range à cette recommandation, elle rendra hommage à la carrière médicale d'un homme qui s'est entièrement consacré à la lutte pour la santé de ses compatriotes et des populations du monde. Le PRESIDENT Je vous remercie, Dr Garcia. Y a -t -il des observations sur ce rapport ? Je n'en vois pas; il est donc pris acte de ce rapport. Je vais demander au Dr Lambo de lire un projet de résolution que je soumets à votre approbation. :

Le DIRECTEUR GENERAL ADJOINT (traduction de l'anglais) Prix de la Fondation Léon Bernard :

:

Attribution de la Médaille et du

La Vingt- Huitième Assemblée mondiale de la Santé PREND ACTE des rapports du Comité de la Fondation Léon Bernard; 2. FAIT SIENNE la proposition de ce comité concernant l'attribution de la Médaille et du Prix de la Fondation Léon Bernard pour 1975; 3, DECERNE la Médaille et le Prix au Professeur Boris V. Petrovskij; et 4. REND HOMMAGE au Professeur Boris V. Petrovskij pour les éminents services qu'il a rendus à la cause de la santé publique et de la médecine sociale. 1.

Le PRESIDENT Je vous remercie, Dr Lambo. Y a -t -il des observations ? Je n'en vois aucune. Cette résolution est adoptée.l Mesdames et Messieurs, le Prix Léon Bernard est attribué cette année à une personnalité de l'Union soviétique qui s'est distinguée à la fois dans le domaine des sciences médicales et dans celui de la santé publique. Le Professeur Boris Petrovskij, Ministre de la Santé de l'Union soviétique depuis 1965, s'est fait remarquer dans plus d'un secteur des sciences médicales. Eminent chirurgien spécialisé en chirurgie thoracique et dans d'autres branches de cette discipline, il a également fourni une contribution importante à l'administration de la santé publique et à l'avancement de la médecine sociale dans son pays. Les progrès de l'enseignement de la médecine et le développement du système de soins médicaux en Union soviétique doivent beaucoup à l'impulsion du Professeur Petrovskij. Ses travaux remarquables en chirurgie sont mondialement connus, grâce à ses écrits et aux congrès professionnels auxquels il a participé pendant les vingt dernières années. Il a mis au point plusieurs techniques opératoires originales. Il a été le premier en Union soviétique à opérer le cancer de l'oesophage et l'un des premiers chirurgiens soviétiques à remplacer les grosses artères par des tubes en matière plastique. Né le 27 juin 1908 à Essentuki et fils de médecin, le Professeur Petrovskij a été diplômé de la Faculté de Médecine de la Première Université de Moscou en 1930. II a commencé sa carrière comme médecin d'usine et chirurgien de l'hôpital de rayon de Podolsk. En 1932, il a été transféré à l'Institut d'Oncologie de Moscou, qui était alors dirigé par le Professeur Herzen. C'est Ià qu'il a écrit ses premiers articles scientifiques sur différents aspects de l'oncologie et de la transfusion sanguine. Lorsque éclata la Deuxième Guerre mondiale, il travaillait au Département de Chirurgie générale du Deuxième Institut médical de Moscou. Pendant la guerre, il se distingua comme chirurgien de grande valeur au front et dans les hôpitaux militaires. L'expérience qu'il acquit ainsi lui fournit le sujet de sa thèse pour le grade de docteur ès sciences médicales qui lui fut conféré en 1947. Cette oeuvre était intitulée "Traumatismes par balles dans les gros vaisseaux du fait des opérations de guerre ". Ses travaux sur la chirurgie en campagne en temps de guerre ont constitué la base d'une monographie publiée en 1949 et ont été résumés dans le "L'expérience médicale soviétique pendant la Grande volume 19 d'un ouvrage faisant autorité : :

Guerre patriotique, 1941 -1945 ".

En 1945, le Professeur Petrovskij fut nommé Directeur adjoint chargé de la recherche à l'Institut de Chirurgie de l'Académie des Sciences médicales de l'URSS. C'est là qu'il mit au point et appliqua avec succès des techniques nouvelles pour le traitement du cancer de l'oesophage. Ces techniques sont décrites dans sa monographie "Traitement chirurgical du cancer de l'oesophage et du cardia" publiée en 1951. En 1948, il fut nommé professeur au Département de Chirurgie générale du Deuxième Institut médical de Moscou et en 1951 Chef de la Faculté de Chirurgie. De 1949 à 1951, il dirigea le Département de Chirurgie à l'Université de Budapest.

1 Résolution WHA28,4,

98

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

Depuis 1956, le Professeur Petrovskij dirige le Centre pansoviétique de Chirurgie clinique et expérimentale qui poursuit des études sur la chirurgie du coeur, des vaisseaux, des poumons et de l'oesophage ainsi que sur les problèmes de greffes d'organes et sur des questions connexes. Le Professeur Petrovskij est l'auteur de plus de 250 publications scientifiques, dont 15 monographies, et il a formé de nombreux professeurs et éminents spécialistes. Depuis 1967, il fait partie de la rédaction de la Grande Encyclopédie médicale, ouvrage de référence en nombreux volumes. En tant que Ministre et chef des services de santé soviétiques, le Professeur Petrovskij a énormément contribué au développement des recherches en hygiène sociale. Il a publié deux monographies et un certain nombre d'articles sur l'organisation de plusieurs grands secteurs de protection de la santé en Union soviétique prévention des maladies, prévention des accidents, développement des services médicaux spécialisés et formation du personnel médical. Le Professeur Petrovskij a dirigé en outre plus d'une fois la délégation soviétique à l'Assemblée mondiale de la Santé et il a apporté une importante contribution au développement de la coopération entre l'Union soviétique et l'Organisation mondiale de la Santé. En tant que Ministre de la Santé et personnalité éminente, le Professeur Petrovskij contribue activement à mettre l'assistance sanitaire soviétique à la disposition des pays en voie de développement, dans beaucoup desquels il s'est rendu personnellement. Sous sa direction, l'Union soviétique a largement contribué au succès du programme d'éradication de la variole. Une assistance a également été fournie pour la construction d'établissements médicaux dans certains pays en voie de développement. Au nom du Gouvernement soviétique, le Professeur Petrovskij a signé des accords intergouvernementaux de coopération en matière de santé publique et de recherche médicale entre l'Union soviétique et la France en 1969 et entre l'Union soviétique et les Etats -Unis d'Amérique en 1972. Il contribue activement aussi à instituer une coopération médicale entre l'Union soviétique et d'autres pays, notamment le Royaume -Uni, la Finlande, l'Italie et la Suède. Il est membre de l'Académie des Sciences de l'Union soviétique, de l'Académie des Sciences médicales de l'Union soviétique et des Académies des Sciences de Bulgarie, Pologne, Allemagne, Serbie et Hongrie. Il est membre honoraire de l'Académie de Chirurgie de France, du Royal College of Surgeons de Grande -Bretagne, de l'American College of Surgeons, et membre d'autres sociétés scientifiques. Il a été élu président du Congrès de 1971 de la Société internationale de Chirurgie. En 1960, le Professeur Petrovskij a reçu le Prix Lénine, la plus haute distinction scientifique soviétique, pour ses travaux sur les problèmes de chirurgie du coeur et en 1972 il a obtenu un Prix d'Etat de l'Union soviétique pour ses travaux sur les nouvelles méthodes de greffe du rein. En 1968, il s'est vu conférer le titre de Héros du Travail socialiste, la plus haute distinction décernée par le Gouvernement de l'Union soviétique. Le Professeur Petrovskij est membre du Soviet suprême de l'Union soviétique - le parlement soviétique - depuis 1962. Dans quelques instants, j'aurai le grand plaisir de remettre la Médaille et le Prix de la Fondation Léon Bernard au Professeur Boris Petrovskij et, en attendant, je vais demander à mon ami Fedele, ordonnateur de cette séance, de bien vouloir amener le Professeur Petrovskij au siège qui lui est réservé à cette tribune. :

Le Professeur Petrovskij prend place à la tribune.

Je voudrais dire combien, personnellement, j'éprouve de satisfaction d'avoir Le PRESIDENT l'occasion, en ma qualité de Président, de procéder à la remise de ce Prix. J'ai assisté par le passé en tant que délégué de mon pays à l'Assemblée de la Santé ainsi qu'à de multiples réunions de la Fondation Léon Bernard. J'ajouterai que les personnalités qui en ont bénéficié étaient des personnalités de très grande importance. Comme je viens de le dire, Mesdames et Messieurs, j'ai pour le Professeur Petrovskij depuis plusieurs années une très grande amitié car, par lui et par ses collaborateurs, dont certains sont devenus des amis personnels, nous avons pu établir entre son pays et le mien des relations extrêmement amicales et je crois que nul mieux que le Professeur Petrovskij ne pouvait aujourd'hui prétendre être le lauréat de ce Prix. Je sais cependant, et j'éprouve une certaine tristesse à cet égard, que parmi ses concurrents candidats à ce Prix figurait d'autres personnalités pour lesquelles j'ai aussi beaucoup d'amitié. Mais malheureusement, le Fonds ne prévoit qu'un seul lauréat et il a donc été nécessaire de faire un choix qui, comme l'a dit le Professeur Garcia, a pu à quelques moments apparaître comme déchirant. Je voudrais en tous cas adresser mes félicitations personnelles au Professeur Petrovskij et lui demander de bien vouloir adresser quelques mots à cette assemblée. :

Le-Président remet au Professeur Petrovskij la Médaille et le Prix de la Fondation Léon Bernard. (Applaudissements) Le Professeur PETROVSKIJ (traduction du russe) Monsieur le Président, Monsieur le Directeur général, Mesdames et Messieurs, chers collègues, je voudrais tout d'abord vous remercier de l'honneur que vous m'avez fait en me décernant le Prix Léon Bernard, Nous tenons tous en grande estime le nom du Dr Léon Bernard, car ce fut non seulement un grand phtisiologue, :

CINQUIEME SEANCE PLENIERE

99

mais aussi un remarquable administrateur dé la santé publique. Son très grand mérite a été d'oeuvrer sans relâche, avec ferveur, pour unir les chercheurs en vue de l'étude des graves maladies sociales, pour aviver chez les médecins le sens de leur responsabilité envers la société, et pour élargir la coopération internationale dans le domaine des sciences médicales et de la santé publique, Le Prix Léon Bernard que vous me décernez est pour moi plus qu'un honneur personnel, c'est aussi et surtout la reconnaissance de la contribution que les services de santé publique de l'Union soviétique apportent à l'action visant à protéger la vie et la santé humaines et à promouvoir la coopération internationale. La santé et la maladie sont bien entendu inextricablement liées aux conditions de vie de l'organisme dans l'environnement. Pour l'homme, il n'y a pas d'environnement qui n'ait pas subi d'une façon ou d'une autre l'influence du milieu social. Nous vivons tous dans un environnement naturel qui a été façonné ou modifié par l'action de nombreuses générations. Quelle que soit la spécialité du médecin d'aujourd'hui, il ne peut ignorer les problèmes de la médecine sociale. En l'absence de recherches approfondies et complètes sur les aspects sociaux de la protection et de la promotion de la santé de l'homme, aucun nouveau progrès des sciences médicales, aucune amélioration de l'administration, de la planification et des prévisions en matière de santé publique ne seraient possibles aujourd'hui. En revanche, aborder les sciences médicales dans l'optique de l'hygiène sociale peut faire beaucoup pour assurer l'exactitude des résultats et leur évaluation objective. L'importance de l'hygiène sociale en médecine se manifeste clairement dans les différentes mesures prises en matière de santé publique sur le plan tant national qu'international. L'activité de l'Organisation mondiale de la Santé en est l'exemple le plus éclatant. L'OMS, en effet, ne cherche pas seulement à lutter contre les différentes maladies ou à aider à résoudre des problèmes de santé individuels, elle vise à "amener tous les peuples au niveau de santé le plus élevé possible ", entendant par santé "un état de complet bien -être physique, mental et social ". Il ne sera possible d'atteindre ce noble objectif que sí tous les pays unissent leurs efforts pour accélérer le développement social et économique et pour faire profiter les peuples du monde entier des bienfaits du progrès scientifique et technique. De nombreuses décisions importantes de l'Organisation mondiale de la Santé indiquent la voie à suivre pour y parvenir. Je citerai tout d'abord la résolution de la Vingt -Troisième Assemblée mondiale de la Santé où sont énoncés quelques -uns des principes les plus efficaces pour l'établissement et le développement de systèmes nationaux de santé publique. Cette résolution dénote une très forte orientation médico- sociale, En effet, elle proclame qu'il incombe à l'Etat et à la société de protéger la santé de la population; qu'il faut utiliser rationnellement et efficacement, aux fins des services de santé, toutes les forces et toutes les ressources que la société, au stade de développement où elle se trouve, est capable d'affecter à cette destination; qu'il importe d'assurer à toute la population des soins médicaux préventifs et curatifs du plus haut niveau, dont nul ne puisse être privé pour des raisons d'ordre financier ou autre; qu'il faut appliquer largement dans chaque pays les résultats de la recherche médicale et de la pratique de la santé publique dans le monde; enfin qu'il est nécessaire de faire participer de larges secteurs de la population à l'exécution de tous les programmes de santé publique. Je suis fier que la délégation soviétique ait très activement participé à l'élaboration de cette résolution. Les principes énoncés dans ce texte sont entièrement et pleinement appliqués dans les services de santé de l'Union soviétique. La croissance industrielle sans précédent que nous connaissons aujourd'hui permet certes une amélioration des conditions de vie, mais elle entraîne aussi de fâcheuses modifications de l'environnement qui peuvent avoir des effets néfastes sur la santé de l'homme, La nature de nombreuses maladies a évolué, le nombre des accidents s'est brutalement accru, les maladies cardio -vasculaires sont de plus en plus répandues, de même que le cancer et d'autres maladies. Cependant, dans de nombreux pays du monde, de graves maladies épidémiques n'ont pas encore été éliminées ni même endiguées. Collaborer à la solution de ces problèmes est notre devoir commun sur le plan professionnel, social et national. La nature de La médecine, elle aussi, s'est considérablement modifiée, grâce aux nombreuses méthodes nouvelles de prévention, de diagnostic et de traitement dont nous disposons à l'heure actuelle. Les progrès des sciences médicales et l'introduction des plus récentes techniques et réalisations scientifiques sont sí rapides que les méthodes de traitement, les médicaments et les procédures et matériels diagnostiques peuvent changer complètement en quelques mois. c'est l'homme, avec son endurance et ses soufUne chose cependant demeure inchangée frances, l'homme, inséparable de son environnement et de ses conditions de travail et de vie. Il faut bien comprendre non seulement que l'homme a droit à la santé, mais que la société est tenue de veiller à ce qu'il puisse réellement jouir de ce droit. C'est pourquoi le rôle de la société dans le domaine de la santé publique s'est immensément accru, en même temps que son importance sur le plan humain, économique, politique et international. Dans les pays socialistes, conformément aux idées de Lénine, les services de santé publique répondent pleinement aux besoins de la société et de chacun de ses membres et ces services sont en mesure de toujours continuer à progresser. Nul n'ignore les succès obtenus en matière de :

100

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

santé publique en Union soviétique. Ils ont été rendus possibles par le développement constant de l'économie nationale, par l'amélioration des conditions matérielles de vie et l'élévation du niveau culturel du peuple soviétique, par l'existence d'un réseau très étendu de services médicaux et d'un nombre adéquat de travailleurs médicaux hautement qualifiés, par le développement de la science et de l'industrie médicales, etc. Ces succès sont dus à la conception soviétique de la santé publique, selon laquelle la protection de la santé du peuple soviétique ne relève pas uniquement des autorités sanitaires dépendant du Ministère de la Santé, mais est assurée par tout un ensemble de mesures économiques et sociales, par l'action conjointe d'organismes d'Etat, économiques et sociaux, visant à protéger les travailleurs et à améliorer les conditions de vie (assurances sociales, prévoyance sociale, équipements collectifs, éducation physique de masse, élévation du niveau culturel, etc.). Pour le citoyen soviétique, le droit de recevoir des soins médicaux dans tout établissement médical de l'URSS va de soi. Toutes les formes de prestations médicales - prévention et traitement, soins ambulatoires et soins hospitaliers, opérations chirurgicales, consultations, examens de laboratoire, soins maternels, traitement dans les sanatoriums pour enfants et pour tuberculeux, et autres soins hautement spécialisés - sont assurées gratuitement. En Union soviétique, les dépenses sanitaires sont financées par le budget de l'Etat et par d'autres fonds publics. Dans son ouvrage bien connu "La Tuberculose pulmonaire ", traduit en russe et publié en Union soviétique dès 1930, Léon Bernard a écrit que l'avenir de la médecine résidait dans son aptitude à devenir préventive aussi bien que curative. Cette observation parfaitement juste rejoint le jugement formulé il y a plus de cent ans par le grand chirurgien russe N. I. Pirogov "l'avenir appartient à la médecine préventive ". La synthèse de la médecine préventive et de la médecine curative a été réalisée avec succès dans le système soviétique de "dispensaires ", lequel, avec l'organisation de districts médicaux pour la prestation des soins de santé à la population, constitue la base de notre méthode de travail.

L'adoption d'une approche préventive dans les services de santé soviétiques a été rendue possible par la généralisation de l'éducation sanitaire de la population dans les zones tant urbaines que rurales de l'Union soviétique. L'examen préventif de millions de personnes a fréquemment permis aux médecins de déceler la maladie chez des individus qui se considéraient en bonne santé et n'avaient pas songé à consulter un médecin. Ce genre d'activité est particulièrement important dans le cas de maladies qui se déclarent de façon insidieuse, comme le cancer, la tuberculose et les stades précoces des maladies hypertensives et coronariennes. La possibilité d'obtenir une aide médicale, même pour les anomalies les plus insignifiantes, est l'une des plus importantes réalisations de la médecine socialiste. Aujourd'hui, une nouvelle voie très prometteuse s'ouvre à nous je veux parler de l'amélioration des diverses formes de soins médicaux spécialisés. A cet égard, les autorités sanitaires soviétiques ont récemment décidé de donner à leurs spécialistes une formation nouvelle, beaucoup plus poussée, de construire de vastes hôpitaux spécialisés et de reconstruire leur réseau actuel d'établissements curatifs, qui seront renforcés, modernisés et rééquipés compte tenu des progrès les plus récents de la recherche et de la technique médicales. En ce mois de mai où le monde célèbre le trentième anniversaire de la victoire sur le fascisme hitlérien, il importe de songer aux effets pernicieux que toutes les formes de guerre ont sur la santé humaine ainsi qu'aux pertes en vies humaines dont elles sont responsables. A l'instar des savants soviétiques Semaàko et Burdenko et de nombreux autres témoins de la Première Guerre mondiale, Léon Bernard a décrit les effets funestes de la guerre sur la santé humaine ainsi que la déchéance physique et morale et la dégradation de l'hygiène et de la nutrition qu'elle provoque. Pendant la dernière guerre mondiale, j'ai eu l'occasion, en tant que chirurgien, de soigner les blessés sur les champs de bataille et je sais ce que signifient le sang, la vie et la mort de tant d'hommes. C'est pour éviter le retour de tels conflits que nous, médecins, sommes appelés à faire tout ce qui est en notre pouvoir pour réduire progressivement les tensions internationales et consolider la paix dans le monde. Nous avons tous de lourdes obligations à l'égard de la science médicale, qui progresse actuellement avec une extrême rapidité, et nous devons faire notre possible pour favoriser ce progrès et appliquer toutes les découvertes. Il faut cependant veiller à ce que les progrès de la médecine et des méthodes médicales ne soient utilisés que pour servir l'humanité et jamais pour lui nuire. A cet égard, nous assumons une très grande responsabilité vis -à -vis de nos populations, et aussi vis -à -vis de l'humanité tout entière. Il existe aujourd'hui toute une série de problèmes auxquels, pendant de nombreuses années, seuls les scientifiques et les médecins se sont intéressés d'un point de vue professionnel, mais qui revêtent maintenant une importance internationale. Parmi ces problèmes figurent le développement et la coordination de la science médicale ainsi que la lutte contre les maladies épidémiques, qui prend maintenant une dimension nouvelle en raison des moyens de transport et de communication dont nous disposons. Particulièrement urgente est la question de l'étude et de la mise au point de méthodes de lutte contre des maladies comme le cancer, les affections cardiovasculaires graves, les maladies virales et les troubles endocriniens. L'introduction de méthodes efficaces pour le contrôle de la production et de la consommation des médicaments et :

CINQUIEME SEANCE PLENIERE

101

la lutte contre la pharmacomanie est un autre problème d'intérêt mondial. Une tâche d'une extrême importance est l'octroi aux pays en voie de développement d'une aide pour la formation de personnels sanitaires, la mise en place de systèmes de santé efficaces et la création de réseaux de services médicaux. D'autres problèmes encore se posent, comme les problèmes de population et celui de l'exploitation de nouvelles sources de produits alimentaires. Tous ces problèmes, communs à de nombreux pays, sont particulièrement complexes et difficiles à résoudre. Le sentiment d'être responsable de leur solution nous rapproche encore davantage et fait de nous tous des compagnons de lutte dans le grand combat pour l'avenir de l'humanité, et pour la protection et le renforcement de la santé des hommes de notre génération et des générations futures. Il ne suffit pas de parler des avantages de la coopération internationale il faut encore prendre des mesures concrètes pour assurer et consolider la paix, combattre la course aux armements et interdire la mise au point et l'utilisation des moyens de destruction massive, sans pour autant perdre de vue notre obligation de résoudre les problèmes purement médicaux qui se posent à nous. Il faut tirer la leçon non seulement des résultats positifs mais aussi des aspects négatifs de la coopération internationale telle qu'elle s'est manifestée jusqu'à présent. Ce qui importe, ce n'est pas seulement que le programme mondial d'éradication de la variole ait été un succès et le programme d'éradication du paludisme un échec, c'est aussi de connaître les raisons de ce succès et de cet échec. Enfin, si l'on veut développer la coopération internationale et résoudre les problèmes de santé du monde, des efforts et des ressources considérables sont nécessaires. De nouveaux progrès de la détente dans le monde (auxquels la coopération internationale dans le domaine de la santé peut contribuer), la limitation de la course aux armements, l'utilisation à des fins pacifiques ne serait -ce que d'une partie des ressources actuellement consacrées à la mise au point, à la production et à l'utilisation de moyens de destruction de masse, tout cela dégagera nécessairement de nouvelles ressources et de nouvelles perspectives pour la réalisation des objectifs fixés sur le plan de la santé. A plusieurs reprises, le Gouvernement soviétique a proposé des mesures et des programmes concrets en vue d'aboutir à un désarmement général et complet et d'interdire la production et l'essai de toutes les armes de destruction de masse. En tant que médecins, nous ne pouvons que constater que de telles propositions sont de nature à favoriser la coopération internationale sur le plan médical. C'est grâce à des mesures de ce genre qu'il sera possible de donner un nouvel élan aux vastes programmes que nous avons entrepris, et de trouver les ressources nécessaires pour les mener à bien. Tous les médecins sont des optimistes. En tant que chirurgien, je sais d'expérience qu'il n'est pas possible, lorsqu'on tient dans la main le coeur ouvert d'un malade, de mener à bien une intervention complexe et délicate si l'on n'a pas confiance en soi, pas plus qu'il n'est possible de consacrer toute son existence à lutter contre la mort et la maladie si l'on se sent impuissant devant les maux que l'on s'efforce de combattre. Il est difficile de consoler et de calmer un patient si l'on ne croit pas qu'il soit possible de vaincre la maladie. Nous n'avons pas le droit de parler de prévention de masse si nous ne sommes pas convaincus que les méthodes dont nous disposons peuvent permettre d'obtenir des résultats positifs. La médecine est une science foncièrement humaine; elle est optimiste et tournée vers l'avenir. L'histoire nous donne de nombreux exemples de l'humanité et de l'abnégation dont savent faire preuve les médecins, ainsi que de leur sens du devoir et de la foi qu'ils ont en leurs idéaux. Il nous faut maintenant nous atteler à une tâche extrêmement importante, celle de faire franchir une nouvelle étape à la médecine, de renforcer la coopération internationale sur le plan médical et de faire bénéficier tous les peuples de la terre des secours de la médecine dans un esprit de fraternité, de paix et de respect mutuel. Nous sommes convaincus que ces tâches sont d'une importance exceptionnelle et qu'elles seront menées à :

bonne fin.

Monsieur le Président, en acceptant aujourd'hui la Médaille et le Prix de la Fondation Léon Bernard, je tiens à donner à cette auguste assemblée l'assurance que non seulement moi même, mais aussi tous les médecins de mon pays, l'Union des Républiques socialistes soviétiques, nous continuerons à faire tout ce qui est en notre pouvoir pour favoriser les progrès de la médecine, développer la coopération internationale et sauvegarder et consolider la paix à travers le monde. (Applaudissements) Le PRESIDENT Merci, Professeur Petrovskij, pour cette intervention à la fois généreuse et pleine de réflexions. Je crois que vous venez de confirmer la valeur de votre intelligence et les mérites qui vous ont amené à bénéficier de ce Prix. Mesdames et Messieurs, la séance est levée. :

La séance est levée à 12 h.55.

SIXIEME SEANCE PLENIERE

Jeudi 15 mai 1975, 14 h.30 Président par intérim :

Dr K. SINGH (Inde)

puis Président :

Professeur S. HALTER (Belgique)

1.

ALLOCUTION DU SECRETAIRE GENERAL DE L'ANNEE INTERNATIONALE DE LA FEMME ET DE LA CONFERENCE MONDIALE DE L'ANNEE INTERNATIONALE DE LA FEMME :

Le PRESIDENT PAR INTERIM (traduction de l'anglais) La séance est ouverte. Le Président de l'Assemblée m'ayant demandé de le remplacer au début de la séance de cet après -midi, qu'il me soit tout d'abord permis de dire combien j'apprécie l'honneur que vous avez fait à l'Inde en m'élisant à la vice -présidence; je vous en remercie chaleureusement au nom de la délégation indienne. Avant d'aborder le premier point inscrit à notre ordre du jour pour cet après -midi, j'ai l'agréable devoir d'accueillir Mme Helvi Sipild, Sous -Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies pour le Développement social et les Questions humanitaires, et Secrétaire général de l'Année internationale de la Femme et de la Conférence mondiale de l'Année internationale de la Femme. Comme vous le savez, les femmes et les enfants représentent les éléments les plus vulnérables de notre société, notamment dans les pays en voie de développement, et nos problèmes de santé sont axés en très grande partie sur le bien -être de la femme et de l'enfant. Mon espoir sincère est donc que l'Année internationale de la Femme marque un tournant important pour les programmes de santé des différents pays du monde qui sont orientés plus particulièrement vers la solution de ces problèmes. Madame Sipilé, nous sommes très heureux de vous accueillir aujourd'hui parmi nous; je vous invite à prendre place à la tribune et vous donne la parole.

Mme SIPILA (Secrétaire général de l'Année internationale de la Femme et de la Conférence mondiale de l'Année internationale de la Femme) (traduction de l'anglais) Monsieur le Président, Monsieur le Directeur général, honorables délégués, c'est en vérité un grand honneur et un très grand plaisir pour moi d'avoir l'occasion, en ma qualité de Secrétaire géneral de l'Année internationale de la Femme et de la Conférence mondiale de l'Année internationale de la Femme, de m'adresser à la Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé, en cette année qui doit revêtir une très grande importance, non seulement pour la femme, mais encore pour l'ensemble de l'humanité. Permettez -moi tout d'abord d'exprimer mes remerciements au Directeur général de l'Organisation mondiale de la Santé, le Dr Mahler, ainsi qu'à ses collaborateurs, pour le précieux concours que nous a apporté l'OMS dans la préparation de l'Année de la Femme et l'exécution de son programme. Ce concours nous est particulièrement utile pour les séminaires régionaux consacrés à la participation de la femme au développement, surtout en ce qui concerne les questions de population, et aussi pour la préparation du plan d'action mondial qui sera étudié et, je l'espère, adopté à la Conférence mondiale de l'Année internationale de la Femme qui aura lieu à Mexico du 19 juin au 2 juillet. L'Année internationale de la Femme a été proclamée par l'Assemblée générale des Nations Unies en vue d'intensifier les efforts qui doivent permettre de réaliser les trois principaux objectifs dont le principe est déjà inscrit dans plusieurs instruments internationaux, à savoir l'égalité des droits, des chances et des responsabilités entre l'homme et la femme, la pleine intégration de la femme dans le développement des sociétés en tant que partenaire égale de l'homme, et la contribution croissante de la femme à l'établissement de bonnes relations entre les Etats et au renforcement de la paix mondiale. Les différences existant entre l'homme et la femme sur le plan de leur condition et de leur participation à la vie sociale sont plus particulièrement sensibles dans les quatre en premier lieu, l'éducation, avec un éventail allant de l'analphabétisme domaines suivants au niveau des études universitaires, sans oublier l'orientation et la formation professionnelles; deuxièmement, l'emploi et le travail, et d'une manière plus générale les activités économiques, avec les différences que l'on peut noter en matière de revenu et de hiérarchie professionnelle; troisièmement, le droit civil et plus particulièrement les lois relatives au mariage, aux tutelles, aux successions, à la propriété et à la capacité légale, avec pour corollaire une altération profonde de l'égalité des droits et des chances dans divers autres secteurs, y compris ceux qui ont déjà été mentionnés et également ceux qui font l'objet de notre quatrième point, c'est -à -dire la participation de la femme à la vie de la collectivité, et notamment aux tâches de planification et de décision à des échelons divers, locaux et nationaux aussi bien que régionaux et mondiaux. : :

- 102 -

SIXIEME SEANCE PLENIERE

103

Ces différences s'expliquent certainement par de nombreuses raisons, qui exercent un effet néfaste non seulement sur la femme, mais aussi sur ses enfants et sa famille, ainsi que sur l'ensemble de la société, y compris la collectivité internationale. L'une de ces raisons, qui agit fortement sur les attitudes et qui est responsable de la répartition stéréotypée des activités entre l'homme et la femme, tient sans doute au rôle social dévolu à la femme en sa qualité de mère ou de future mère, avec toutes les conditions préalables et les conséquences que cela suppose. De telles attitudes ont en partie des fondements réels, mais procèdent surtout d'attentes et d'idées préconçues. C'est essentiellement son rôle potentiel de mère qui empêche la femme d'avoir accès, sur un pied d'égalité avec l'homme, à l'éducation, au travail et à d'autres activités économiques, de même qu'à une participation pleine et entière au développement économique, social, politique et culturel de la société. C'est également pour cette raison qu'elle souffre d'un statut juridique inférieur. Toutefois, comble d'injustice, les avantages qui devraient lui être accordés en tant que mère lui sont refusés, à commencer par des services de santé appropriés et une nutrition satisfaisante, car souvent son alimentation laisse beaucoup plus à désirer que celle d'autres membres de la famille. C'est pourquoi, Monsieur le Président, à notre époque qui est caractérisée par d'importants progrès dans le domaine de la science et de la technique, des millions d'enfants naissent de femmes analphabètes, dépendantes sur le plan économique, souffrant de malnutrition et surchargées de travail, dont l'état de santé est souvent loin d'être satisfaisant et qui, n'ayant pas d'autre choix, mettent chaque année au monde un enfant. Nous proclamons solennellement notre foi dans les droits de l'homme et dans l'égalité des droits entre l'homme et la femme comme entre toutes les nations, grandes et petites, et cependant nous acceptons le fait que sur 110 millions d'enfants nés depuis dix ans dans l'une des régions de notre monde, 7 millions n'aient pas atteint l'âge de 1 an, et 5,6 millions l'âge de 5 ans. Nous proclamons solennellement le droit souverain de chaque nation à disposer de ses ressources naturelles et nous nous préoccupons également des ressources humaines sur le plan de la démographie nationale, mais nous sommes très discrets sur l'énorme gaspillage de ressources humaines provoqué par les taux extrêmement élevés de mortalité et de morbidité maternelles et infantiles. Lorsque nous parlons des droits de l'homme, nous passons pratiquement sous silence le droit à la vie et à la santé des enfants. Ordinairement, on accorde encore moins d'attention aux droits de la mère et aux immenses pertes de potentiel humain que représentent pour la femme les grossesses répétées et la mortalité infantile. Ces pertes exigent en compensation un nouvel effort de procréation, en raison notamment de la nécessité d'avoir davantage d'enfants de sexe masculin pour garantir la sécurité sociale et économique de la famille et marquer son prestige. Cependant, tous nos efforts pour améliorer la qualité de la vie humaine, qui est le but final de notre marche vers le progrès, ne tiennent que très peu compte de la qualité de la vie des mères et des enfants. Une telle situation est également en contradiction flagrante avec les principes et recommandations adoptés par la Conférence mondiale de la Population et la Conférence mondiale de l'Alimentation, il y a quelques mois seulement. Chacun et chacune doit avoir le droit de décider librement et en toute responsabilité du nombre des enfants qu'il ou elle désire aveir et de l'espacement des naissances, en disposant des renseignements et des connaissances nécessaires pour prendre ces décisions, et aussi des moyens de les appliquer. De même, tout individu a le droit de jouir d'un bon état nutritionnel; or la mère joue un rôle particulièrement important en matière de nutrition infantile. Il ressort d'une enquête publiée l'an dernier par l'Organisation des Nations Unies que la condition de la femme sur les plans éducatif, économique, juridique, culturel et social avait de sérieuses incidences sur l'exercice de son droit de décision concernant la constitution de sa famille et la conduite de sa propre existence. En retour, la constitution de la famille et l'aptitude de la mère à contrôler ses fonctions de procréation influent sur accès à l'éducation, au travail et à d'autres l'exercice d'autres droits qui sont les siens activités économiques, de même que participation à la vie de la société dans tous ses aspects, y compris les choix politiques. Diverses enquêtes de l'OMS ont d'autre part démontré les avantages certains que présente la planification des naissances pour la santé. Les taux de morbidité et de mortalité maternelles et infantiles sont plus faibles lorsque la naissance du premier enfant est retardée jusque vers 18 ou 19 ans, ou jusqu'aux années qui suivent immédiatement la vingtième année, ou encore lorsque la mère cesse d'avoir des enfants vers 35 ans, lorsque les naissances sont espacées de plus de trois ans, et lorsque le nombre total d'enfants ne dépasse pas quatre ou cinq. Ainsi, le droit à l'espacement et à la limitation des naissances est -il lié directement au droit à la santé, et toute atteinte à l'un de ces droits se répercute automatiquement sur l'autre. Faute d'en bénéficier, la femme est contrainte de recourir à l'avortement clandestin qui comporte pour sa santé et même pour sa vie des risques extrêmement sérieux. Il y a également danger pour les enfants déjà nés, car leur mère peut décéder ou être incapable de s'occuper d'eux. Un certain nombre d'études incitent également à penser que la santé mentale de la mère et de l'enfant, mesurée selon le degré de bien -être social et psychologique, est meilleure lorsque les naissances sont prévues et désirées. Les enfants ont le droit d'être aimés et désirés. Le :

104

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

choix en matière de maternité appartient à la femme qui, lorsqu'elle décide de l'importance numérique et de la constitution de sa future famille, doit prendre en considération de multiples éléments tels que sa propre santé, ses projets personnels et ceux de sa famille, ainsi que d'autres facteurs encore, comme l'état de santé de l'enfant à naítre et celui des enfants déjà venus au monde. Les avantages de la planification familiale, pour autant qu'ils intéressent la santé de la femme et de l'enfant, exercent des effets certains sur les perspectives de ralentissement d'un accroissement démographique trop rapide, car c'est à cause de l'incidence toujours élevée de la mortalité infantile que les parents de nombreux pays du monde se refusent à limiter le nombre de leurs enfants. Monsieur le Président, l'Année internationale de la Femme nous donne l'occasion d'étudier cette question et d'autres encore qui sont liées aux buts et objectifs de notre action, à la fois sur un plan pluridisciplinaire et dans un contexte national, régional et mondial. A l'ONU, de même qu'au Secrétariat de l'Année internationale de la Femme, nous avons été encouragés par l'enthousiasme et l'intérêt manifestés par un très grand nombre de pays qui nous ont déjà informés des programmes qu'ils avaient élaborés pour faire de l'Année internationale de la Femme un premier pas vers une ère nouvelle de progrès universel. L'Année internationale de la Femme a incité tant les pays développés que les pays en voie de développement à regrouper leurs efforts, de concert avec les organisations du système des Nations Unies, afin de promouvoir l'égalité des droits entre individus et nations, de renforcer l'action en faveur du progrès économique, social et humain, et d'améliorer la coopération et la solidarité entre les nations, dont l'interdépendance ne cesse de grandir. Cette année doit également appeler les femmes à agir en vue de leur participation pleine et entière à la planification et à la prise de décision comme à la mise en oeuvre des politiques nationales et internationales. La maternité et la santé de l'enfant sont des domaines où la femme, du fait de l'expérience qu'elle possède en propre, est à même d'apporter une contribution particulièrement importante, comme on a pu le constater dans les pays où les femmes ont participé aux travaux de planification et aux prises de décisions. L'OMS joue un rôle particulièrement important dans la formulation des politiques et leur mise à exécution à l'échelon régional et à l'échelon mondial, et l'aide qu'elle offre aux pays est également très appréciée. Aussi est -ce avec une vive satisfaction que j'ai pu constater qu'elle accorde dans ses programmes une large place au rôle des femmes dans la santé de la famille, notamment en ce qui concerne la nutrition infantile et l'espacement des naissances, et qu'elle met également au premier plan les relations existant entre développement rural, d'une part, promotion de la santé et santé de la famille, d'autre part. Compte tenu de la pénurie généralisée de personnels de santé, surtout dans les pays en voie de développement, et du fait que dans ces derniers 10 à 20 % seulement des femmes bénéficient d'une assistance prénatale sous une forme ou une autre, les efforts déployés par l'OMS, dans le cadre de la programmation par pays, en vue de favoriser la formation de personnels de santé à tous les échelons sont certainement d'une importance capitale. La même remarque vaut, d'une manière générale, pour tout ce qui concerne l'information et la recherche. Il semble que, dans l'action que nous menons pour résoudre les problèmes mondiaux, nous nous préoccupons davantage de faire face à des situations de crise aiguë que de prendre des mesures à long terme pour les prévenir, de même que nous paraissons nous préoccuper davantage des effets que des causes profondes des problèmes. Peut -être l'Année internationale de la Femme nous fera -t -elle prendre réellement conscience de l'existence d'un domaine relativement peu exploré jusqu'ici, qui est celui de la condition et du rôle de la femme, car il s'agit là d'un facteur essentiel de progrès pour une nation, qu'il s'agisse de son développement économique, social et humain, de son taux d'accroissement démographique, de la santé, de la nutrition, de la morbidité, de la mortalité ou de bien d'autres questions encore. Une connaissance plus poussée de tous ces éléments interdépendants nous aidera à construire un avenir meilleur. Dans ce domaine, une approche plurisectorielle permettra de conjuguer les efforts sur le plan national comme sur le plan international. Le projet de plan d'action mondial, dont une partie est consacrée à la santé et à la nutrition, prévoit dans différents domaines un certain nombre de mesures qui passeront dans les dix années à venir au premier rang des priorités, et qui seront assorties d'un système d'évaluation permettant de faire le point des progrès accomplis et de revoir les plans après un certain temps. C'est donc avec confiance, Monsieur le Président, que j'envisage la poursuite d'une collaboration avec les gouvernements des Etats Membres et les institutions du système des Nations Unies, de même qu'avec les organisations non gouvernementales, pour l'élaboration de politiques sanitaires et leur mise à exécution au cours des prochaines années. Le PRESIDENT PAR INTERIM (traduction de l'anglais) Je vous remercie, Madame Sipi1. J'espère sincèrement que vos espoirs ne seront pas déçus et que les honorables délégués ici présents, qui viennent de toutes les parties du monde, auront à coeur de se rappeler les importantes et très utiles suggestions que vous avez bien voulu formuler dans votre allocution. :

2.

PREMIER RAPPORT DE LA COMMISSION DE VERIFICATION DES POUVOIRS :

Le PRESIDENT PAR INTERIM (traduction de l'anglais) Nous passons maintenant au premier point de l'ordre du jour de cet après -midi, à savoir l'examen du premier rapport de la Commission

SIXIEME SEANCE PLENIERE

105

de Vérification des Pouvoirs, qui s'est réunie hier sous la présidence de Mme J. Daghfous, délégué de la Tunisie. J'invite M. S. C. Ramrakha, délégué de Fidji, Rapporteur de la Commission, à monter à la tribune afin de donner lecture du rapport. Ce rapport figure dans le document A28/47. M. Ramrakha (Fidji), Rapporteur de la Commission de Vérification des Pouvoirs, donne lecture du premier rapport de la Commission (voir page 693). Je vous remercie, Monsieur Ramrakha. Le PRESIDENT PAR INTERIM (traduction de l'anglais) Y a -t -il des observations ? Il n'y en a pas. Le rapport est adopté et je remercie le Rapporteur du travail accompli par sa commission. :

3.

EXAMEN DU RAPPORT ANNUEL DU DIRECTEUR GENERAL SUR L'ACTIVITE DE L'OMS EN 1974 (suite) :

Je donne la parole au Directeur Le PRESIDENT PAR INTERIM (traduction de l'anglais) général, le Dr Mahler, qui présentera son Rapport annuel sur l'activité de l'OMS en 1974. Il s'agit du point 1.11 de notre ordre du jour. Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs, j'ai de nouveau Le DIRECTEUR GENERAL l'honneur de présenter à l'Assemblée mondiale de la Santé le Rapport annuel sur les activités de l'Organisation mondiale de la Santé, cette fois en 1974. Cette année restera pour beaucoup d'entre nous - e£ peut -être aussi pour les historiens - un tournant dans l'évolution de nos :

idées concernant le développement futur de l'humanité sur le plan économique et social. Avec la neutra-

lité de ton qui sied à un tel ouvrage, le Rapport ne reflète peut -être pas assez les examens de conscience toujours plus exigeants auxquels se sont livrés ceux qui ont pour tâche de tenir la barre de votre organisation sur le cap que vous avez fixé. Si vous le voulez bien, je ne répéterai pas ce qui est déjà écrit dans le Rapport. Je préfère, puisque c'est la deuxième fois que j'ai l'honneur de m'adresser à vous en qualité de Directeur général de l'OMS, revenir sur ce que je disais dans les mêmes circonstances voici un an. A cette occasion, je vous faisais part de mes réflexions personnelles sur la mission de l'OMS. Aujourd'hui, je me sens tenu, envers vous et envers moi -même, de revenir sur ces réflexions pour voir si elles sont encore valables et quels progrès ont été accomplis vers les buts qu'elles dessinaient. J'avais souligné, vous vous en souviendrez certainement, que la fonction première de votre organisation était, aux termes de la Constitution, d'agir "en tant qu'autorité directrice et coordonnatrice, dans le domaine de la santé, des travaux ayant un caractère international ". Je définissais la coordination en termes fonctionnels, au sein de l'Organisation, dans l'action sanitaire mondiale et, par -delà cette limite, dans les rapports avec d'autres secteurs, sociaux, économiques et politiques. Je m'efforçais en même temps de définir la portée du rôle d'assistance technique traditionnel de votre organisation, l'équilibre à maintenir entre les deux fonctions et le synergisme qu'elles doivent avoir l'une sur l'autre. Les événements de l'année écoulée me confirment dans la conviction que nous sommes sur la bonne piste, surtout si je considère les changements si rapides qui se produisent dans les rapports politiques et économiques entre les Etats Membres. Ce qui ne m'empêche pas d'avoir une conscience très aiguë des difficultés dont notre route est semée, aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur de votre organisation. La première difficulté interne tient au fait que nous sommes encore beaucoup trop conscients de notre passé, avec ses succès et ses échecs, tous liés à un contexte mondial qui n'est plus, et qui était fait de la rencontre, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, entre une prise de conscience socio- internationale de la part des pays techniquement avancés et une prise de conscience technico- nationale de la part des pays en progrès social qui venaient de s'affranchir du colonialisme. En pareilles circonstances, il était sans doute inévitable que l'OMS accorde peut -être un peu trop d'importance au transfert non sélectif des techniques des pays technologiquement avancés aux pays technologiquement plus attardés. Ce processus, presque universellement admis comme un préalable à la promotion de la santé dans les pays technologiquement défavorisés, s'inspirait d'un modèle du progrès en matière de santé qui s'est révélé beaucoup trop uniforme pour notre monde pluraliste, et qui a même parfois entraîné des reculs là où l'on attendait des progrès. En même temps, on a rarement remarqué que ce transfert de techniques n'était pas aussi neutre qu'il en avait l'air et qu'il portait la marque des sociétés de consommation d'où il émanait. Le temps est largement venu de soulever ces questions et de nous interroger en profondeur. Nous voyons de mieux en mieux que le progrès technologique n'assure pas de lui -même sa propre application. Cette constatation s'impose à tous les stades du développement économique, mais elle est d'autant plus vraie que le pays est moins avancé sur le plan technologique. Ainsi, le sous -développement même du secteur santé, au sens où l'entend la Constitution de l'OMS, est intimement lié à cette distorsion technologique et à ses retentissements sociaux. La leçon à tirer est double. D'une part, pour que votre organisation réussisse à jouer son rôle constitutionnel, il faut qu'elle travaille dans une atmosphère de confiance réciproque, d'abord entre ses Membres puis entre eux et l'Organisation qu'ils constituent, afin que les opérations se déroulent dans le climat social qui convient au transfert des techniques appropriées. Cette confiance suppose que la quête commune de la santé l'emporte sur toutes les considérations de prestige national. La deuxième leçon est que nous devons veiller beaucoup plus

106

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

attentivement à adapter les connaissances acquises pour les rendre applicables sous des formes socialement productives et économiquement réalisables dans les pays intéressés. Si l'on admet que la santé individuelle est une responsabilité sociale, on donne une nouvelle dimension à la nécessité de mesures communautaires, lesquelles ne peuvent être rationnellement organisées qu'en tenant compte de la totalité des problèmes qui se posent à la société considérée, dans le domaine de la santé, mais aussi dans le secteur apparenté de la réalité socio- économique. Malheureusement, il nous reste encore à découvrir les meilleurs moyens qu'une société donnée doit employer pour répondre à ses problèmes de santé par les meilleures solutions socio- économiques intégrées. Et dans cette recherche méthodologique, le rôle coordonnateur de l'OMS est capital. Nos difficultés internes se retrouvent, à plus grande échelle, dans le monde extérieur. La sagesse médicale traditionnelle est présentée comme la seule vraie à des groupes toujours plus nombreux dans le monde entier, à la fois par les établissements d'enseignement et par les media de masse. Ce qui est en cause, ce n'est pas l'exactitude scientifique des connaissances et l'excellence technique de ceux qui les appliquent. C'est l'intérêt de cette science et de ces techniques pour la solution des problèmes critiques de santé avec lesquels tant de pays sont aux prises quotidiennement. Est -il sage de consacrer tant d'efforts à ce qui n'est souvent qu'un petit approfondissement des connaissances techniques, plutôt que d'élargir le cercle et d'augmenter le nombre des bénéficiaires en traduisant dans la pratique ce que nous savons déjà ? N'est -il pas triste de songer que ces progrès des connaissances médicales, salués comme des triomphes de la science, risquent de perdre rapidement de leur valeur parce qu'ils sont de moins en moins en prise sur le droit humain universel qu'a chaque individu au niveau socialement optimal de santé physique et mentale. La complexité même de l'appareil médical moderne tend à empêcher cette participation individuelle et collective sans laquelle l'action de santé se ramène trop souvent à de dérisoires exploits techniques. Beaucoup de chemins mènent à la santé et la plupart sont pavés de bonnes intentions, mais la voie la meilleure n'est pas toujours celle qu'ont tracée les cartographes médicaux. Il appartient à l'OMS de faire ce qui est en son pouvoir pour élargir le champ de vision de ceux qui propagent sans réfléchir ce qu'il y a de plus conventionnel dans la médecine et les persuader de jeter un regard nouveau sur leur rôle social à l'échelle mondiale. Si je fais état de toutes ces difficultés, ce n'est pas seulement pour en partager le poids avec vous. C'est aussi parce que je crois possible de les surmonter. Je suis intimement convaincu que cette victoire passe par une intensification de la collaboration internationale. Vous qui êtes l'organe suprême, celui qui fixe la politique de votre organisation, c'est à vous, à vous seulement, d'indiquer la voie et de donner le ton. De son côté, le Conseil exécutif peut apporter sa pierre en partageant plus que jamais la responsabilité de donner effet à vos décisions et d'appliquer votre politique. La cinquante -cinquième session du Conseil, qui a été marquée par des francs échanges entre membres et avec le Secrétariat, m'apparaît comme l'illustration encourageante de la manière dont le Conseil et le Secrétariat pourraient se comporter en partenaires d'un nouveau style. Prenons un exemple. Un comité spécial du Conseil a été créé pour déterminer, en collaboration avec le Secrétariat, tous les aspects du programme antipaludique qui appellent une intervention prioritaire, en s'attachant principalement à définir les stratégies régionales et à réorienter les programmes nationaux. Un autre groupe spécial du Conseil s'est attaqué au problème dominant des soins de santé primaires, où l'Organisation doit se montrer beaucoup plus dynamique que dans le passé. Par de telles méthodes, l'OMS, votre organisation, pose un exemple pratique montrant que de vrais partenaires peuvent laisser au vestiaire les considérations de prestige. En même temps, elle met en oeuvre un maximum de coopération technique et géographique dans l'abord de problèmes qui n'admettent pas de solutions de facilité. De la même manière, les comités régionaux pourraient contribuer davantage à promouvoir la collaboration entre pays en prenant une part beaucoup plus active aux affaires régionales de l'Organisation. Il vous appartient d'encourager par tous les moyens ces comités à élargir leurs perspectives pour en faire l'instance politique et coordonnatrice suprême pour tout ce qui concerne les questions régionales. En jouant ce rôle, ils feraient beaucoup pour favoriser les rapports nouveaux entre les Etats Membres et avec le Secrétariat, et pour faire naître dans chaque Région ce que j'appellerais la conscience OMS régionale. A son tour, cette conscience encouragerait les Etats Membres à participer beaucoup plus intensivement aux activités de l'Organisation, à assurér une mise en oeuvre plus souple et plus efficace des moyens qu'a l'OMS de collaborer avec les pays et à utiliser mieux son potentiel de coordination régionale. Ce potentiel pourrait également s'accroître par un recours beaucoup plus large aux talents régionaux. Cet élargissement pourrait, par exemple, consister à créer des tableaux multidisciplinaires d'experts régionaux, dont les connaissances seraient utilisées pour résoudre des problèmes régionaux complexes plutôt que des problèmes relevant de disciplines distinctes. De tels tableaux aideraient également à définir les problèmes locaux appelant des recherches originales et à coordonner et à canaliser les ressources bilatérales et multilatérales vers les questions prioritaires au niveau de la Région. Dans un prolongement naturel de cette action, on pourrait, à mon avis, créer dans chaque Région les mécanismes qui conviennent pour adapter les technologies chères aux besoins et aux moyens des pays et pour aider ces pays à réaliser ces adaptations moins onéreuses. Ces mêmes mécanismes pourraient devenir de grands centres de formation, dont sortiraient, notamment, des généralistes capables de faire face aux problèmes courants ou nouveaux de planification et de gestion. Voilà quelques exemples, parmi bien d'autres,

SIXIEME SEANCE PLENIERE

107

des formes que pourrait prendre, à l'inspiration des comités régionaux et aussi rapidement que possible, la collaboration entre les Etats et avec les secrétariats régionaux. Pareille autonomie régionale constituerait certainement la meilleure immunisation contre l'importation des techniques médicales de pointe que je déplorais tout à l'heure. En dernière analyse, l'OMS vaut ce que valent ses retombées sur l'évolution des politiques et le déroulement des programmes de santé de ses Etats Membres. Comme vous le savez, l'Organisation s'est lancée dans une ambitieuse entreprise de développement connue sous le nom de "programmation sanitaire par pays ". L'ambition n'est pas dans la méthode, qui est des plus simple, mais dans les finalités ultimes. Celles -ci, inspirées du souci d'arriver rapidement à l'autosuffisance nationale, consistent à développer à l'intérieur des pays les moyens de préciser par eux -mêmes les raisons de leur sous -développement sanitaire et de décider pour eux mêmes les politiques et les programmes les plus aptes à promouvoir la santé de toute leur population et non pas seulement de ceux qui appartiennent à la frange des 10 à 20 % de privilégiés. Les pays qui ont déjà adopté cette formule de programmation sont désormais mieux en mesure de déterminer leurs programmes prioritaires, de prendre des dispositions nationales en conséquence et de canaliser l'aide extérieure vers ces actions prioritaires. Les donateurs éventuels n'auraient donc plus à faire eux -mêmes leurs propres analyses du secteur sanitaire dans ces pays, ce qui a si souvent causé de regrettables confusions dans le passé. Une telle forme de collaboration entre l'Organisation et les Etats Membres est certainement moins décevante pour tous les intéressés qu'une aide marginale à des projets isolés, souvent dépourvue d'influence réelle sur la situation sanitaire. Cette amélioration du potentiel de programmation renforcera certainement la position des dirigeants de l'action de santé, non seulement dans leur secteur propre, mais aussi dans leurs rapports avec d'autres secteurs voisins, économiques et sociaux. Et en même temps, les rapports et le dialogue avec votre organisation se situeront sur un ton différent. Par exemple, les soins de santé primaires sont une magnifique occasion - en même temps qu'un défi stimulant d'inaugurer cette nouvelle forme de rapports et de dialogue. En cette matière, qui englobe toutes les complexités du développement rural, l'instauration d'un système de soins primaires centrés sur la communauté et le service de santé tout entier dans sa structure et ses fonctions, le point de départ est l'adoption de décisions nationales au niveau politique et pas sur le plan technique seulement. Mais l'OMS a aussi ici un r8le de catalyseur à jouer en rappelant les difficultés rencontrées par d'autres Etats Membres et les solutions qui ont été trouvées, et surtout en démontrant que la santé peut fournir un apport à de très nombreux secteurs qui sont en interrelation avec elle. En jouant ce rôde, je pense que votre organisation contribue à faire tomber les barrières sectorielles et aide de nombreuses autorités sanitaires nationales à prendre une part beaucoup plus importante dans l'ensemble du développement socio- économique. Mais d'autres circonstances nous poussent encore à adopter ce mode relationnel différent. Je citerai par exemple le programme élargi de recherche et de formation qui concerne la lutte contre les maladies tropicales, notamment parasitaires, et dont l'exécution prend actuellement un grand essor en Afrique. L'idée fondamentale dont il s'inspire est la réunion de partenaires qui pensent et investissent en partenaires. C'est dans un cadre de véritable solidarité entre nations que seront définis les buts de la recherche, rassemblés les femmes et les hommes les plus qualifiés pour atteindre ces buts, appliquées sur place les conquêtes des sciences biomédicales et de la recherche opérationnelle socialement utile, et constitués surtout, progressivement, les cadres de chercheurs qui sauront amener leur Région et leur pays à l'autosuffisance en matière de recherches pour la santé. J'ai donné quelques exemples des efforts concertés qui se sont accélérés l'année dernière, et j'aurais pu en citer bien d'autres, également encourageants. Toutes ces expériences sont prometteuses et doivent être poursuivies. Elles ont des retentissements évidents sur l'OMS, à mesure qu'elle s'affirme comme facteur de changement et comme catalyseur des actions nationales. En premier lieu, ces efforts ne peuvent réussir que si nous avons su ranger nos objectifs internationaux dans un ordre qui puisse être atteint dans le contexte des actions nationales. En second lieu, l'OMS doit déployer toutes ses ressources techniques et financières dans un cadre homogène d'information, qui va de la saisie des données à leur application mondiale, régionale et surtout nationale. Enfin, il faut que l'OMS s'affirme comme un organisme consacré à la santé, et non comme un service de santé, et comme ayant la volonté et les moyens d'entrer dans tous les domaines, et de collaborer avec tous les secteurs qui peuvent avoir une influence, directe ou indirecte, sur la santé. En m'adressant à vous l'année dernière, je soulignais que la promotion de la santé est inextricablement liée à la promotion d'autres efforts économiques et sociaux, et je mettais une fois de plus en relief le rôle coordonnateur de l'OMS dans toutes les matières où la santé est en jeu. De grands progrès ont été accomplis depuis lors. Diverses institutions bilatérales et multilatérales de développement ont pris conscience de l'intérêt de la santé, en grande partie, je crois, parce que beaucoup d'entre elles ont été séduites par l'intégrité de l'inspiration technique et sociale de l'OMS. Si des pays plus nombreux recherchant des appuis extérieurs pour leur action de santé voyaient à leur tour l'OMS comme leur partenaire international naturel et lui faisaient confiance, je suis persuadé que les sources internationales de financement pourraient être mieux utilisées pour faire face aux besoins nationaux prioritaires en matière de santé.

108

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

Ce progrès prend une importance redoublée si l'on songe au souci qui s'est récemment manifesté au sein du système des Nations Unies d'instaurer un nouvel ordre économique. C'est un sujet qui sera de nouveau discuté par une session extraordinaire de l'Assemblée générale des Nations Unies cet automne. Je ne saurais trop répéter que, dans l'histoire, le bien -être économique s'est trouvé en bien faible corrélation avec le bien -être social. Beaucoup de planificateurs économiques animés des meilleures intentions n'ont pas suffisamment été sensibilisés à la notion de pauvreté sociale et à la déduction qui en découle l'énergie de l'homme est le facteur le plus important du développement socio- économique. L'OMS a le devoir de veiller à ce que ces vérités fondamentales ne soient pas oubliées et à ce que la promotion de la santé reçoive sa juste part de toute redistribution internationale des richesses. Par -delà cet objectif, je serais heureux de connaître votre sentiment sur le rôle moteur que l'OMS devrait prendre sur la scène internationale en partant de l'idée que la santé est en soi un puissant instrument de développement économique et social. Tous ceux d'entre nous qui avons eu l'occasion de participer à des entreprises communes avec d'autres organisations du système des Nations Unies, avons été frappés de l'autorité qui s'attache à notre apport du fait que nous nous soucions toujours plus du développement sous toutes ses formes, dont la santé est une composante dynamique. On nous dit que nous avons de la chance parce que la santé est un objectif indiscutable, souhaité par tous, et donc moins soumis à des divergences de vues politiques que d'autres objectifs sociaux. De plus d'une manière, je pense, nous pourrions devenir l'avant -garde d'une conscience internationale du développement social. Dans quelle mesure nous devons avancer dans cette voie est une question qui me parait mériter d'être examinée de près par cette assemblée; c'est là mon opinion personnelle. Monsieur le Président, c'est avec espoir que je suis revenu au bout d'un an sur le sujet de la mission de l'OMS, car je vois quelques signes certains d'une évolution persévérante de votre organisation dans une direction qui est bien celle à mon avis qu'exigent les besoins actuels du monde et surtout ceux qui se dessinent pour l'avenir. Certes, la distance qui reste à parcourir est énorme, mais pour moi ce fait ne peut être qu'un aiguillon qui nous pousse à accélérer notre progression vers une authentique solidarité mondiale pour la santé. Mesdames et Messieurs, j'attends avec intérêt de connaître vos opinions et de recevoir vos directives, car votre organisation ne saurait être meilleure que ses Etats Membres ne la souhaitent collectivement. :

Le PRESIDENT PAR INTERIM (traduction de l'anglais) : Au nom de toute l'Assemblée, je voudrais féliciter le Dr Mahler non seulement pour la compétence et l'ampleur de vues dont il a fait preuve dans son allocution, mais plus encore pour la philosophie éclairée qui l'inspire, pour son sentiment profond que la santé est inextricablement liée aux responsabilités économiques et sociales plus larges et que la technique doit servir l'homme et non le dominer, ainsi que pour la nette compréhension de la place nouvelle et de l'importance plus grande de la santé dans un ordre mondial plus équitable, notamment en ce qui concerne les secteurs et les couches de la population mondiale qui actuellement ne bénéficient même pas de services minimaux. Je tiens à faire un éloge chaleureux de cette allocution et à remercier le Directeur général. J'espère que le texte de ce discours sera distribué à tous les Membres. Mais voici que notre Président est de retour et je vais lui demander de reprendre la place qui lui revient à la tribune.

Le Professeur Halter (Belgique), Président de l'Assemblée, assume la présidence. Le PRESIDENT Mesdames et Messieurs les délégués, je crois que vous serez d'accord avec moi pour que je remercie de tout coeur le Dr Karan Singh d'avoir bien voulu prendre la relève pendant la première partie de cet après -midi et d'avoir dirigé les débats jusqu'à présent. Je voudrais vous dire d'emblée que sa conclusion en ce qui concerne le Rapport du Directeur général tel qu'il vient de vous être présenté emporte tous mes suffrages, et je crois que nous avons toutes les raisons, à différentes périodes de cette assemblée, de nous réjouir d'avoir un Directeur général à la fois compréhensif, dynamique et, dans une certaine mesure, audacieux. :

4.

COMMUNICATION :

Le PRESIDENT Je voudrais maintenant faire une communication, qui s'inscrit dans le cadre du Règlement intérieur de l'Assemblée, et plus spécialement de l'article 98. Il s'agit en effet de l'élection annuelle des Membres habilités à désigner une personne devant faire partie du Conseil exécutif. Cet article 98 est rédigé de la manière suivante :

"Au début de chaque session ordinaire de l'Assemblée de la Santé, le Président invite les Membres désireux de faire des suggestions concernant l'élection annuelle des Membres habilités à désigner une personne devant faire partie du Conseil à adresser leurs suggestions au Bureau de l'Assemblée. Ces suggestions doivent parvenir au Président du Bureau de l'Assemblée au plus tard quarante -huit heures après que le Président, en application du présent article, aura fait cette annonce."

SIXIEME SEANCE PLENIERE

109

Cela signifie que je demande aux délégués qui souhaitent formuler des suggestions touchant cette élection de bien vouloir les présenter dans les jours qui viennent et au plus tard lundi, 19 mai, à 10 heures du matin. Il est indispensable que cette limite soit respectée pour permettre au Bureau de se réunir ce même jour, 19 mai, à midi, pour arrêter les recommandations qu'il soumettra à cette assemblée. Je voudrais vous signaler que c'est à l'Assistant du Secrétaire de cette assemblée, M. Fedele, que vous connaissez tous, que ces suggestions devront être remises. J'insiste auprès des délégués pour qu'ils veuillent bien prendre note de cette annonce et y réserver la suite appropriée. 5.

DISCUSSION GENERALE DES RAPPORTS DU CONSEIL EXECUTIF SUR SES CINQUANTE -QUATRIEME ET CINQUANTE- CINQUIEME SESSIONS ET DU RAPPORT DU DIRECTEUR GENERAL SUR L'ACTIVITE DE L'OMS EN 1974 (suite) :

Nous pouvons maintenant revenir à la discussion générale des rapports du Le PRESIDENT Conseil exécutif et du Directeur général, et cette fois -ci non plus seulement des Actes officiels N° 221, mais aussi du rapport que le Directeur général vient de nous faire. Pour tous ceux d'entre vous qui étaient là, ou qui n'étaient pas là, à la fin de la séance plénière de ce midi, je voudrais rappeler ma recommandation. Nous avons trente -deux orateurs inscrits pour cet dites -nous des choses après -midi et ce soir, nous avons une séance de nuit à partir de 20 h.30 intéressantes et importantes, laissez de côté les compliments que nous avons convenu entre nous de ne plus formuler, et procédons d'emblée à l'examen de ces problèmes. Je demande maintenant à M. le délégué de la République fédérale d'Allemagne de bien vouloir prendre la parole. :

Le Professeur VON MANGER -KOENIG (République fédérale d'Allemagne) (traduction de Monsieur le Président, plutôt que dix lignes de compliments, je n'aurai qu'un l'anglais) mot Félicitations : Plutôt que de longs remerciements pour le Rapport du Directeur général et Le Rapport du Directeur général est non Merci pour son Secrétariat, je n'aurai qu'un mot : : :

!

seulement instructif, il est aussi, à mon avis, franc dans la mesure où il ne se borne pas à mentionner ce qui a été bien fait, mais indique également de façon assez claire les points faibles, les échecs et les domaines dans lesquels une nouvelle orientation semble s'imposer. Une fois encore, ce Rapport fait nettement ressortir le lien étroit qui existe entre les systèmes de santé nationaux et l'action sanitaire internationale. Ce doit être une politique d'apports mutuels. Les contributions financières, à elles seules, ne suffisent pas. Il sera également nécessaire de stimuler et de mettre en valeur le potentiel de connaissances et d'expériences accumulé dans les hôpitaux, chez les praticiens, dans les laboratoires et les administrations de tous les pays pour qu'une collaboration active s'institue au sein de l'OMS et sous la coordination de l'OMS. Pour ne citer qu'un exemple, mon pays serait disposé - dans le cadre du programme à long terme de lutte contre le cancer entrepris sous l'égide de l'Organisation, et en plus de la collaboration scientifique qui existe actuellement entre le Centre international de Recherche sur le Cancer et le Centre allemand de Recherche sur le Cancer de Heidelberg - à détacher des scientifiques à Lyon pour qu'ils participent à des activités de leur compétence tout en étant rétribués par leur administration d'origine et, aussi, à faire participer directement certains services du Centre allemand de Recherche sur le Cancer au programme international de lutte contre le cancer. Quant au courant d'information auquel le Directeur général fait allusion dans l'avant dernier paragraphe de son Introduction au Rapport annuel, il faut entendre par là que les pays devront non seulement informer l'Organisation suffisamment à temps des événements importants qui se déroulent sur leur territoire, mais aussi indiquer sous quelle forme la politique de l'OMS pourra être exécutée dans les secteurs dont ils ont la responsabilité. Sans cette information en retour, l'Organisation sera en effet incapable d'évaluer correctement les incidences de sa politique. Après ces observations générales, je voudrais maintenant faire quelques remarques sur un certain nombre de problèmes particuliers évoqués dans le Rapport du Directeur général. Dans de nombreux pays, on constate une augmentation alarmante des dépenses de santé et l'on peut se demander si le citoyen en retire un avantage suffisant. Il nous faut essayer d'établir un meilleur rapport entre les coûts et les avantages de nos systèmes de santé. La limitation des dépenses, d'une part, et l'amélioration de l'efficience et de l'efficacité, d'autre part, seraient autant de moyens d'y parvenir. Ce n'est qu'en analysant les coûts et les avantages et en évaluant l'efficacité de chaque sous -système sanitaire de façon absolument objective que nous parviendrons à juguler la hausse des coûts. Cela s'applique en particulier aux secteurs où, de toute façon, les avantages escomptés du traitement s'accompagneront non seulement de coûts élevés, mais aussi d'effets secondaires peu souhaitables. Je pense, par exemple, aux substances prophylactiques et thérapeutiques. C'est un domaine dans lequel nous n'avons pas de programme à long terme, bien que l'OMS s'y intéresse activement depuis déjà de nombreuses années. Au cours de la semaine prochaine, nous aurons amplement l'occasion de lui consacrer un examen approfondi. Permettez -moi de dire quelques mots

110

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

de cette question qui est évoquée dans le Rapport du Directeur général et qui pose un problème d'actualité dans de nombreux Etats Membres. La politique pharmaceutique des pays Membres prend une place toujours plus importante dans la politique sanitaire et sociale. Or, cette politique pharmaceutique nationale doit être complétée par une politique pharmaceutique internationale qui cependant - et je suis à cet égard entièrement d'accord avec le Dr Mahler - ne sera possible que grâce à un effort coordonné et synchronisé des pays Membres. Les dépenses de médicaments n'augmentent pas au même rythme que les dépenses d'hospitalisation et pourtant il faut absolument trouver un mécanisme régulateur permettant de freiner l'usage et l'abus des médicaments ainsi que leur prescription sans discernement. L'information pharmaceutique - c'est -à -dire l'information des professionnels de la santé et celle du grand public - est étroitement liée à cette question. Il sera nécessaire de fixer dans le monde entier un certain nombre de principes fondamentaux concernant la politique de publicité et d'information; l'OMS, par exemple, pourrait s'en charger en consultation avec la Fédération internationale de l'Industrie du Médicament et la Fédération mondiale des Fabricants de Spécialités grand public, de manière à fournir aux autorités nationales de contrôle et aux organisations de contrôle bénévoles un outil approprié. En ce qui concerne le système de surveillance internationale des médicaments, je souhaiterais que le nombre des pays participants, qui n'est actuellement que de vingt, augmente dès que l'on disposera des résultats des études sur les coûts et avantages de la collaboration internationale et que l'on en saura davantage sur les centres de surveillance intensive. Nous estimons que la surveillance des médicaments constitue un aspect important de la sécurité d'emploi des médicaments et qu'il faudrait inciter les laboratoires producteurs à collaborer; nous pensons également que la collaboration du médecin fait partie de ses obligations déontologiques. La possibilité et la nécessité d'améliorer l'efficience et l'efficacité comme d'accroître les effets thérapeutiques et également la sécurité d'emploi pour le malade et donc, par la même occasion, de rationaliser le système sanitaire me semble exister dans d'autres domaines. Pour ne donner qu'un exemple, je citerai le contrôle de la qualité et la standardisation des substances diagnostiques utilisées dans les cabinets médicaux, les hôpitaux et les laboratoires, ceux des techniques et procédés de laboratoire ainsi que le contrôle permanent des résultats obtenus en laboratoire. Le Secrétariat a très rapidement mis en pratique la résolution de la Vingt- Septième Assemblée mondiale de la Santé. Dans un pays que je connais particulièrement bien, je peux vous dire que depuis l'année dernière le régime d'assurance sociale, qui couvre plus de 90 % de la population, ne prend plus en charge les services de laboratoire si les spécialistes, les laboratoires et les hôpitaux refusent de se soumettre aux dispositions en vigueur régissant le contrôle interne et externe des résultats d'analyses. Plus les ressortissants des différents pays iront passer leurs vacances à l'étranger ou se livreront au commerce international et plus il faudra attacher d'importance aux méthodes de diagnostic normalisées à l'échelon international afin de faire en sorte que les malades reçoivent le meilleur traitement possible avec un minimum de risque. La question du contrôle de la qualité et de la standardisation des substances diagnostiques restera donc à l'ordre du jour de l'Organisation au cours des années à venir. Merci, cher Docteur von Manger- Koenig, à la fois pour la façon dont vous avez Le PRESIDENT présenté votre exposé et pour son contenu. Je demande au délégué de la Sierra Leone de prendre :

la parole.

Monsieur le Président, Monsieur M. HADSON - TAYLOR (Sierra Leone) (traduction de l'anglais) le Directeur général, honorables collègues, permettez -moi d'associer les sentiments de ma délégation à ceux qui vous ont été exprimés, Monsieur le Président, Monsieur le Directeur général, Messieurs les membres du Conseil exécutif et de féliciter tous les délégués qui ont été élus à des postes de responsabilité à l'occasion de cette Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé. Ma délégation est persuadée que, sous votre sage et compétente direction, les travaux de l'Assemblée seront conduits avec un talent consommé et couronnés d'un très grand succès. Ma délégation, Monsieur le Président, profite de cette occasion pour saluer l'entrée dans notre grande famille du Royaume des Tonga, de la République démocratique du Viet -Nam et du Mozambique; nous sommes sûrs que la contribution qu'ils apporteront à la santé du monde accélérera la réalisation des buts et objectifs de l'Organisation. Monsieur le Président, en raison des incertitudes économiques et monétaires mondiales, l'Organisation mondiale de la Santé traverse actuellement une phase tout à fait cruciale de son histoire. L'inflation et toutes ses conséquences néfastes sont à l'ordre du jour. Dans tous les domaines de la vie, les efforts humains sont entravés par la situation financière actuelle et le domaine de la santé n'y échappe pas. Même en temps normal, les services de santé sont généralement mal placés dans l'ordre des priorités nationales; c'est dire que la crise monétaire actuelle n'a pas du tout aidé à améliorer la situation. Le tableau, tel qu'il nous est présenté dans le rapport du Conseil exécutif sur le projet de budget programme pour 1976 -1977, qui porte plus particulièrement sur l'exercice 1976 (Actes officiels N° 223, partie II), est à la fois encourageant dans la mesure où, grâce au dynamisme du Directeur général, encourageant et sombre il a été possible en dépit de la situation financière mondiale d'établir un budget programme stabilisé, mais sombre en ce sens que, par suite de la crise financière actuelle, nous devons nous contenter d'un programme d'activités globalement réduit qui, c'est le moins que l'on puisse :

:

SIXIEME SEANCE PLENIERE

111

dire, représente seulement le minimum de ce que les Etats Membres souhaiteraient avoir. Dans une seule Région, Monsieur le Président, les activités d'un programme dépassant largement 23 millions de dollars ont de être réduites car, si l'on avait inclus dans le budget tous les programmes approuvés, cela se serait traduit par une augmentation sans précédent du budget sans parler de l'accroissement des charges financières imposées aux Etats Membres sous la forme de contributions. Toutefois, ma délégation tient à féliciter le Directeur général et les membres du Secrétariat pour le très gros effort qu'ils ont fourni en élaborant le budget programme que nous examinerons en temps utile. La préparation d'un budget programme pour une org?nisation de la taille de l'OMS n'est pas une petite affaire et, avec l'inflation et l'instabilité des monnaies, les choses se compliquent encore puisque les calculs et les prévisions peuvent être complètement dépassés au moment où le budget est adopté. Il est donc impérieux, non seulement pour le Directeur général et le Conseil exécutif, mais aussi pour tous les Etats Membres, d'explorer toutes les possibilités qui s'offrent de faciliter le travail de l'Organisation. A cet égard, je tiens à rappeler, en les soulignant et en les appuyant très fortement, les observations que le Conseil exécutif a formulées lorsqu'il a examiné le projet de budget programme proposé par le Directeur général pour 1976 et 1977 :

"... des membres du Conseil ont souligné que plusieurs options demeurent ouvertes à l'Organisation recherche d'économies administratives, restructuration et compression d'activités du programme et appui plus important provenant de fonds bénévoles ou de contributions additionnelles des Etats Membres. Il appartient assurément au Directeur général d'effectuer des économies et d'assurer le rendement des opérations courantes, mais il incombe au Conseil exécutif et à l'Assemblée de la Santé de donner des directives sur la politique générale à suivre pour toute réorientation ou restructuration des programmes et priorités de l'Organisation. La flexibilité du budget programme est essentielle étant donné l'incertitude de la situation financière et la difficulté d'imaginer des mesures appropriées pour faire face à une situation sanitaire qui se modifie ou aux problèmes sanitaires non prévus qui pourraient surgir. L'évolution actuelle des relations économiques dans l'ensemble du monde pourrait entraîner des changements dans la composition des soutiens financiers apportés aux programmes sanitaires internationaux." :

Monsieur le Président, malgré la crise monétaire mondiale, la course aux armements continue à une vitesse et avec une ampleur que le monde n'avait encore jamais connues. Au cours d'une réunion internationale qui s'est tenue il y a quelques années, un voeu pieux avait été adressé aux grandes puissances, leur demandant de réduire la course aux armements et d'employer leur énergie et leurs ressources à aider les pays en voie de développement à élever leur niveau de vie. C'était longtemps avant que l'ensemble du monde soit plongé dans la crise monétaire que nous connaissons, mais cet appel serait toujours parfaitement approprié dans la situation où nous nous trouvons aujourd'hui. Ma délégation, Monsieur le Président, souhaite lancer à nouveau cet appel avec toute la vigueur dont elle peut faire preuve et faire observer qu'en réduisant ne serait -ce que de 2 % les énormes budgets consacrés par les grandes puissances à la course aux armements on mettrait à la disposition de l'OMS une somme considérable qui l'aiderait dans la tâche qu'elle s'est fixée d'amener tous les peuples du monde au niveau de santé le plus élevé possible. Si l'on veut garantir la paix mondiale, Monsieur le Président, c'est la santé qui doit être la principale préoccupation et non pas les armes et les munitions. A l'appui de cette assertion, je citerai l'un des paragraphes du préambule de la Constitution "La santé de tous les peuples est une condition fondamentale de la paix du monde et de la sécurité; elle dépend de la coopération la plus étroite des individus et des Etats". En ce qui concerne le Rapport du Directeur général pour 1974, je tiens à dire qu'il nous donne un nouvel exemple de l'approche objective des problèmes de la maladie et de la souffrance humaine qui caractérisait déjà le premier Rapport annuel. La mise en place d'une infrastructure sanitaire destinée à satisfaire les besoins de la population figure depuis des années au tout premier plan des projets, mais, avec l'évolution qui s'est produite dans le monde entier sous l'effet de forces échappant aux individus et aux pays, cette notion s'est élargie et il est devenu important et urgent de garantir un maximum de bien -être au plus grand nombre possible d'individus dans la limite des moyens disponibles. Le développement des services de santé de base et des soins de santé primaires dans les régions rurales est nettement lié à cette évolution. Dans mon pays, Monsieur le Président, le Gouvernement a officiellement admis depuis longtemps la nécessité de créer un réseau de services de santé de base assurant la prestation des soins de santé primaires dans les régions rurales. Notre plan consiste à mettre en place au niveau des chefferies des centres de santé intégrés avec des postes sanitaires satellites à la périphérie, ces deux types d'unités étant reliées à un hôpital de base situé à l'échelon du district. Les centres de santé assureront des services à la fois préventifs et curatifs grâce à des équipes sanitaires dirigées chacune par un médecin. La santé maternelle et infantile constituera un élément important des services fournis, au même titre que les vaccinations, l'éducation sanitaire et l'hygiène du milieu. Chaque centre desservira un peu plus de 20 000 personnes et ses activités comprendront également des opérations sur le terrain. La mise en oeuvre de ce plan a été retardée à cause d'un certain nombre de facteurs dont le principal est le manque de moyens financiers et humains. Il est donc devenu de plus en plus évident que les pays en voie de développement comme le nôtre doivent se tourner vers les sources d'assistance extérieures s'ils :

112

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

veulent assurer la prestation de soins de santé primaires aux populations des régions rurales. En plus de l'infrastructure et du matériel, il faut disposer d'un personnel convenablement formé. Nous avons élaboré des plans en vue du lancement d'un programme de formation complet destiné aux auxiliaires médicaux qui seront affectés au coeur même des zones rurales. Un certain nombre de démarches ont été faites pour obtenir de l'aide; nous en attendons encore les résultats. Nous souhaiterions surtout disposer d'un centre de formation permettant de poursuivre ce programme. Un tel centre pourrait être établi à l'échelon régional, de manière à satisfaire les besoins d'Etats Membres voisins et à exercer son action au -delà des limites d'un seul pays. Monsieur le Président, comme on peut s'en apercevoir en examinant le Rapport du Directeur général, le développement des personnels de santé est devenu tellement complexe qu'il nécessite une approche entièrement nouvelle. Les questions traitées dans le Rapport sont bien choisies et je suis heureux de signaler que, conscients de la nécessité de nous doter de moyens de formation suffisants pour faire face aux besoins locaux en personnel tout en évitant d'abaisser les normes, nous avons élaboré un plan visant à créer un institut des sciences de la santé qui serait l'un des éléments du futur département de médecine sociale de l'Université de la Sierra Leone. L'institut coordonnerait les différents programmes de formation, planifierait et élaborerait les programmes d'études et, d'une manière générale, veillerait à ce que les besoins en personnel du secteur sanitaire soient satisfaits. L'OMS nous a assuré les services d'un enseignant médical/ coordonnateur des études et, grâce à son aide et à ses conseils, nous espérons que l'exécution du plan commencera dans de bonnes conditions. Avec l'entière collaboration et la généreuse assistance de gouvernements amis, de l'OMS, du FISE et d'autres institutions internationales - dont nous sommes extrêmement reconnaissants mon gouvernement ne négligera aucun effort pour atteindre l'objectif que nous nous sommes fixé et qui est de faire en sorte que notre peuple atteigne le niveau de santé le plus élevé possible. En conclusion de cet exposé qui, nous l'espérons, aura contribué à éclairer certains des problèmes auxquels l'Organisation doit faire face et pour lesquels nous nous sommes risqués à suggérer des solutions possibles, je tiens, Monsieur le Président, à adresser au Directeur général, au Conseil exécutif et au Secrétariat nos voeux sincères de succès au cours de cette très difficile et éprouvante période de l'histoire de l'Organisation. Pour sa part, mon gouvernement continuera à soutenir l'action de l'Organisation dans les limites des moyens dont il dispose. Nous espérons que les Etats Membres en mesure de le faire s'estimeront tenus de contribuer généreusement au fonds bénévole pour la promotion de la santé de manière à aider l'Organisation à poursuivre son oeuvre. Monsieur le Président, je voudrais pour terminer lancer un appel à la conscience des pays nantis et leur demander de donner généreusement aux pays plus pauvres, par pitié pour l'humanité souffrante et pour que des milliers d'êtres puissent vivre plus pleinement et en meilleure santé. Je remercie le délégué de la Sierra Leone, mais Le PRESIDENT (traduction de l'anglais) je pense que ma prière de ce matin n'a pas été entendue des dieux anglophones. Je vais donc répéter ce que j'ai dit ce matin. Je voudrais vous rappeler qu'il a été demandé - et je crois savoir que l'Assemblée l'a accepté ce midi - que chacun fasse un effort pour abréger son intervention, par exemple, en éliminant systématiquement toute espèce de félicitations adressées au Président ou aux autres membres du bureau. Il est toujours possible à tous les délégués de déposer le texte de leur intervention pour qu'il soit reproduit intégralement dans le compte rendu in extenso. Je tiens à le répéter parce que, comme je vous l'ai dit, il y a actuellement 101 délégués qui ont manifesté à M. Fedele leur intention de prendre la parole et qu'il nous faudra ajourd'hui écouter au moins 32 orateurs. Je crois devoir exprimer mes remerciements et ma gratitude à plusieurs délégations qui ont déjà indiqué qu'elles déposeraient leur texte au Secrétariat et s'abstiendraient de parler. Je voudrais, en particulier, remercier les délégations des Pays -Bas et de l'Algérie et d'un certain nombre d'autres pays qui m'ont déjà fait savoir qu'elles renonçaient à leur temps de parole. Je ne veux empêcher personne de parler, mais je vous prie de dire exactement ce qui vous paraît essentiel dans votre intervention; le reste aura sa place dans les comptes rendus de l'Assemblée. D'autre part, je me propose de clore la liste des orateurs à 17 h.30. Ceux d'entre vous qui ne se sont pas encore fait inscrire auprès de M. Fedele sont donc invités à le faire, mais je vous rappelle que plus de 100 délégations ont déjà demandé à parler. Personnellement, je trouve cela très agréable et aussi très encourageant, mais je pense que, compte tenu du peu de temps dont nous disposons, nous devons essayer de nous limiter. Je voudrais également vous rappeler qu'il y aura ce soir une séance de nuit; elle commencera à 20 h.30 et s'achèvera lorsque nous aurons épuisé la liste des orateurs qui se sont fait inscrire aujourd'hui. Je serai malheureusement obligé d'interrompre ceux qui excéderont leur temps de parole. A partir de maintenant - et je prie les orateurs de m'en excuser - je leur couperai la parole dès que la lampe rouge s'allumera. Merci. On me dit que Sir Harold Walter désire soulever une motion d'ordre, si je comprends bien. Vous avez la parole. :

Monsieur le Président, je ne Sir Harold WALTER (Maurice) (traduction de l'anglais) voudrais pas être importun, mais je crois que les Membres de l'OMS, avec tout le respect qu'ils doivent au Président de l'Assemblée, ont une méthode et une façon de faire pour dire à :

SIXIEME SEANCE PLENIERE

113

l'Assemblée ce qu'ils pensent du Rapport du Directeur général et que le temps qui leur est imparti est de dix minutes. Précédemment, nous pouvions monter à la tribune, mais cela a été aboli afin de gagner du temps. Maintenant, on nous indique ce qu'il faut dire dans notre intervention concernant les félicitations à adresser au Président ou au Directeur général. Monsieur le Président, je ne suis pour ma part pas disposé à l'accepter. Les Membres de l'OMS ne sont pas des enfants. Nous avons dix minutes pour parler et nous parlerons pendant ces dix minutes; et si le Conseil exécutif décide que les Membres doivent se rendre à la tribune, nous nous rendrons à la tribune. Je suis navré, Monsieur le Président, et j'espère que vous ne prendrez pas cela pour une attaque personnelle. Je me bats pour un principe et je ne suis pas prêt à transiger. Je remercie vivement le délégué de Maurice; il est certain que le Le PRESIDENT Président de cette assemblée ne prend nullement ces remarques pour une attaque personnelle. Je suis ici dans le but de servir l'Assemblée. Je m'étonne un peu que le délégué de Maurice, qui a pu parler hier librement, intervienne aujourd'hui, au moment où précisément, dans le désir de rendre la tâche de tout le monde plus facile, j'essaie d'engager les membres de cette assemblée - sans rien vouloir leur imposer- à raccourcir leurs discours en élaguant ce qui peut l'être sans nuire à l'ensemble. Je crois que le délégué de Maurice est un orateur suffisamment accompli - et nous en avons eu la preuve hier - pour qu'il reconnaisse qu'il y a dans un discours des choses qui sont essentielles et des choses qui sont accessoires. C'est évidemment à chaque délégué d'en juger. En tout cas, je vais exercer mes droits et limiter le temps de parole à dix minutes comme cela a été prévu. Mon intervention d'il y a un instant était due au fait qu'un délégué a pris la liberté de parler trois minutes de plus que ses dix minutes. Par déférence à son égard, je n'ai pas voulu l'interrompre et je trouve que la remarque du délégué de Maurice n'est peut -être pas tout à fait celle que j'aurais pu attendre alors que je ne songe qu'à rendre service aux délégués, car, pour moi, je puis demeurer assis ici pendant des heures. Si le délégué de Maurice est d'accord avec moi, nous allons déclarer clos cet incident et je vais donner la parole à l'orateur suivant. Pardon ? S'il s'agit toujours d'une motion d'ordre, je donne la parole au délégué de Maurice. :

Je vous remercie, Monsieur le Président. Il est vrai qu'il Sir Harold WALTER (Maurice) y a certaines parties des discours qui sont un peu superflues, mais pouvons -nous voir un joli bouquet de roses s'il n'y a pas quelques feuilles pour le décorer ? C'est là toute mon intervention, Monsieur le Président. Elle n'est pas personnelle, je n'ai à aucun moment voulu dire que vous avez essayé d'empiéter sur les droits qui sont acquis aux Membres de l'Organisation. Ce que j'ai voulu dire, Monsieur le Président, c'est qu'ils ont dix minutes et ils sont libres de présenter leur discours comme bon leur semble. Si, au cours de mon intervention, vous avez jugé entendre une déclaration qui n'était pas de mise, je m'en excuse mais, quand je suis convaincu d'une chose, rien ne m'arrête, Monsieur le Président. Je vous remercie et, en ce qui me concerne, l'incident est clos. :

Je remercie vivement le délégué de Maurice à la fois pour son intervention Le PRESIDENT et les sentiments d'amitié qu'elle reflète, et je suis d'accord pour clore l'incident. Je donne maintenant la parole au délégué de la Tunisie qui attend impatiemment de pouvoir parler. :

Permettez -moi, Monsieur le Président, de vous M. MZALI (Tunisie) (traduction de l'arabe) adresser tout d'abord mes félicitations pour la confiance unanime placée en vous par notre assemblée générale, et de remercier ensuite Monsieur le Directeur général pour l'excellent Rapport qu'il nous a présenté concernant l'activité de l'OMS en 1974, dans l'introduction duquel il a été fait mention de la programmation sanitaire globale par pays et des résultats prometteurs de cette méthode qui tend à remplacer l'approche fragmentaire de chaque problème sanitaire pris isolément. Nous notons avec satisfaction que les premiers essais ont été concluants et que l'élaboration des méthodes de programmation est l'un des domaines où l'aide de l'OMS pourrait être la plus bénéfique aux différents pays qui en sentent la nécessité; nous sommes également d'accord sur le fait que cette programmation ne doit pas se contenter de l'élaboration, mais doit comprendre également l'implantation et surtout l'évaluation aussi bien opérationnelle qu'analytique des résultats. Elle est donc, par définition même, dynamique et nécessite des structures appropriées dont l'une des constituantes est la présence d'équipes polyvalentes. Pour ce qui est de l'activité sanitaire en Tunisie, l'année 1974 a constitué une étape particulièrement importante de l'action entreprise par le Gouvernement de la Tunisie dans le domaine de la santé publique. Le premier volet de notre politique sanitaire a été le renforcement des activités de médecine préventive et sociale. D'abord, nous avons consolidé sur toute l'étendue du pays les résultats de notre campagne d'éradication du paludisme qui est arrivée à son terme, et nous avons demandé officiellement à l'Organisation l'envoi en début de 1976 d'une équipe d'experts en vue de constater l'éradication effective de cette maladie en Tunisie. :

114

VINGT- HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

Nous avons également pratiquement éradiqué la schistosomiase dans les oasis du sud tunisien grâce à un dépistage systématique et à un traitement contrôlé. Il nous est agréable de souligner toute l'aide que nous ont apportée l'Organisation et le Bureau régional d'Alexandrie, tant en personnel hautement qualifié qu'en équipement, moyens de transport et molluscicides, et de leur exprimer tous nos remerciements. Nous avons réactivé nos autres campagnes de lutte contre les maladies transmissibles et notamment :

1) la tuberculose, grâce à un dépistage sélectif par radiomicrophoto des tranches de population particulièrement exposées et surtout par examen direct des crachats, et grâce à une généralisation de la vaccination BCG à tous les nouveau -nés dans les centres PMI, les maternités, les dispensaires, et aux élèves des premières années des écoles primaires et des lycées. C'est ainsi que dans les écoles primaires nous avons assuré une couverture vaccinale de plus de 80 %; 2) les maladies vénériennes et les dermatoses sociales, par un dépistage clinique et sérologique de la syphilis et bactériologique des gonococcies au niveau des maternités, des centres PMI, des centres régionaux de dermato- vénéréologie et de certaines collectivités industrielles; 3) les maladies diarrhéiques, à l'égard desquelles une vaste campagne d'information des responsables des municipalités a été entreprise avec un appui logistique technique en matière de surveillance des denrées alimentaires, de surveillance - voire de traitement de l'eau potable, d'évacuation et de traitement des eaux usées.

Notre principal objectif est de pouvoir assurer une couverture suffisante de la population en matière de médecine préventive, qu'il s'agisse de lutte contre les maladies transmissibles, d'hygiène et d'assainissement du milieu, d'éducation sanitaire avec des priorités pour certaines tranches particulièrement vulnérables, à savoir les mères, les enfants et notamment la population scolaire, les travailleurs. La scolarisation des enfants de plus de 6 ans est quasi totale et, le nombre des élèves fréquentant les établissements scolaires et universitaires comptant plus d'un million de sujets, la médecine scolaire a bénéficié du plus grand appui en personnel médical et paramédical et en moyens de diagnostic, de traitement et également de prévention. Cette couverture sanitaire de la population, nous voudrions qu'elle soit la plus complète possible et, pour cela, nous avons planifié et programmé la formation de techniciens spécialisés et de techniciens supérieurs de l'hygiène à l'Ecole de Santé publique de Nabeul (actuellement, plus de 90 élèves suivent les cours de formation d'agents et d'infirmiers hygiénistes dans cette école). Nous avons également programmé un ensemble de constructions de centres régionaux de médecine préventive et sociale comprenant un aspect opérationnel préventif et un aspect d'examens de laboratoire nécessaires à toute activité préventive. C'est ainsi qu'avec l'appui de l'OMS un projet de construction d'un laboratoire central et de quatre laboratoires régionaux de la santé publique a déjà reçu un début d'exécution dans le cadre de l'Institut Pasteur de Tunis. Dans les cinq prochaines années, toutes les régions seront dotées de centres régionaux d'hygiène, que ces centres soient autonomes ou intégrés dans des formations à caractère polyvalent. Dans ce contexte, nous avons organisé et exécuté avec l'assistance du Gouvernement belge un projet pilote de médecine intégrée au Cap Bon, où les barrières entre les activités de médecine curative et de médecine préventive, entre la médecine individuelle et la médecine collective ont été levées. Un programme analogue a commencé à se dérouler à Béjà, avec l'aide de l'OMS, et à Gafsa avec l'assistance de la Belgique, et particulièrement de l'Université libre de Bruxelles, dans la même optique de médecine intégrée mais avec des variantes conditionnées par certaines priorités inhérentes à la Région. Un autre aspect de la prévention réside dans un domaine dont l'importance est considérable pour la Tunisie il s'agit de la planification familiale, de l'équilibre et du bien -être de la :

famille.

Au lendemain de l'indépendance et grâce au prestige, à la clairvoyance et au courage du Président Habib Bourguiba, une politique de planning familial a été adoptée, qui entre dans le cadre de la politique générale de développement et qui a pour objectif primordial la promotion et la protection de l'homme tunisien. Un certain nombre de mesures législatives et administratives ayant toutes une incidence directe ou indirecte sur l'évolution démographique ont été prises. La suppression de la polygamie (août 1956), la réorganisation du régime des allocations familiales, l'institution d'un âge minimum légal au mariage, la libéralisation de la vente des produits contraceptifs (1961) et la libéralisation de l'avortement (1973), enfin la création del 'Office national du Planning familial

et de la Population et du Conseil supérieur de la Population en 1973, constituent autant de mesures qui tendent à promouvoir l'homme et la femme, à libérer le couple, à contribuer au bonheur de la famille et à l'équilibre psychique de l'enfant.

SIXIEME SEANCE PLENIERE

115

Car, pour nous, le planning familial n'est pas seulement la limitation des naissances. C'est plutôt une conception de l'homme, une voie vers l'amélioration de sa situation physique, psychologique et matérielle une voie vers l'amélioration de la qualité de la vie et la réalisation d'une société harmonieuse et équilibrée. C'est aussi une libération en ce sens qu'il permet de débarrasser l'homme des problèmes qui font obstacle à son épanouissement et à son progrès et qu'il renforce en lui le sens de la responsabilité. Il me plaît de relever à ce propos dans le Rapport de M. le Directeur général la référence à un argument fréquemment avancé en faveur de la planification familiale, et relatif aux grossesses non désirées qui ont des effets psychologiques néfastes - ce qui a été partiellement corroboré par une étude contrôlée faite à Prague avec l'aide de l'OMS sur la croissance, le développement, le comportement et l'intégration sociale de trois cents enfants dont la mère avait présenté en vain une demande d'avortement. L'étude a révélé chez ceux -ci une tendance peu accusée, mais constante, à avoir plus de problèmes scolaires et de difficultés d'apprentissage et à se montrer moins sociables que les sujets témoins. Axée essentiellement sur l'information et l'éducation, notre action dans le domaine du planning familial vise à offrir aux citoyens des services soignés et efficaces et à intégrer ces derniers dans les services de santé de base, notamment dans les centres de protection maternelle et infantile. Des efforts considérables sont déployés continuellement pour améliorer et renforcer l'infrastructure d'accueil et mettre à la disposition de tous les citoyens, dans toutes les régions du pays, les moyens susceptibles de les aider et les protéger. C'est ainsi que les centres d'éducation et de planification familiale, les centres de protection maternelle et infantile, les dispensaires ruraux et communaux permettent de toucher tous les citoyens et de leur dispenser informations, conseils, et services variés et gratuits. Notre ambition est d'intégrer l'éducation en matière de population dans les milieux scolaires, ouvriers et agricoles de façon à inculquer à tous les citoyens, de quelque milieu qu'ils soient, des connaissances relatives aux questions de population afin de les amener à se comporter en citoyens conscients et responsables. Le planning familial est désormais entré dans les moeurs mais une dynamique irréversible est créée. Le tout est aujourd'hui de pouvoir répondre à la demande des citoyens et surtout des citoyennes. Les résultats obtenus en 1974 nous permettent d'augurer un avenir meilleur. En ce qui concerne l'infrastructure hospitalière et sanitaire, nos efforts ont tendu à améliorer la rentabilité de l'organisation hospitalière surtout au niveau régional, et à promouvoir un système de maintenance et de modernisation des équipements hospitaliers. Dans un souci d'équilibre régional, la construction de quatre grands hôpitaux à Jendouba, Médenine, Gafsa et Mahdia, hôpitaux qui coûteront 25 millions de dollars, a déjà commencé conformément aux prévisions du quatrième plan (1973- 1976). En outre, deux centres hospitalouniversitaires d'un coût de 14 millions de dollars chacun sont en construction à Tunis et à Sfax. Un troisième centre hospitalo- universitaire de même dimension sera construit à partir de cette année. Il en est de même au niveau des délégations, où la construction et l'aménagement d'hôpitaux auxiliaires ont commencé. Si l'on tient compte des projets prévus dans le cadre du planning familial (construction de 4 grandes maternités de 120 lits chacune à Tunis, Sousse, Sfax et Bizerte, et de 29 centres de PMI), la masse globale d'investissements publics prévus pour toutes ces opérations s'élève à plus de 35 millions de dinars, alors que durant la décennie 1962 -1972 à peine 10 millions de dinars avaient été investis dans ce cadre. Un autre domaine où notre action en 1974 a été intense est celui de la formation des :

cadres.

La politique tunisienne en matière de formation de cadres sanitaires supérieurs, médecins pharmaciens et chirurgiens- dentistes trouve sa justification dans certains éléments que nous rappellerons rapidement. Il existe une pénurie manifeste de cadres sanitaires supérieurs tunisiens pour répondre aux besoins exprimés par la population. Le rapport médecin /population est insuffisant (1 pour 6000), compte tenu des 500 médecins étrangers qui exercent en Tunisie, et il en est de même pour ce qui est du rapport chirurgien- dentiste /population. Cette pénurie est génératrice d'une mauvaise répartition géographique des médecins et des chirurgiens- dentistes, entraînant une disparité et un déséquilibre fâcheux entre les diverses régions de la République. Mais, d'un autre côté, nous assistons à un accroissement rapide du nombre de bacheliers des sections scientifiques désireux d'accéder aux études médicales (en juillet 1974, 1400 bacheliers sciences et maths ont participé au concours d'entrée aux facultés de médecine de Tunis, Sousse et Sfax). Ces éléments essentiels et bien d'autres ont incité le Gouvernement tunisien à élaborer une politique de formation de cadres sanitaires supérieurs. Deux facultés de médecine ont été créées, l'une à Sousse et l'autre à Sfax. Ces facultés fonctionnent depuis octobre 1974 avec un programme d'études rénové et étalé sur 13 semestres. L'accès aux études médicales se fait dorénavant par voie de concours. Nous sommes persuadés que ces réformes ne manqueront pas d'apporter leurs fruits dans les années à venir.

116

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

Pour donner une idée des efforts entrepris dans ce domaine, signalons qu'aux 1100 étudiants inscrits dans toutes les années à la Faculté de Médecine de Tunis en juin 1974 se sont joints près de 900 étudiants nouveaux de lère année à Tunis, Sousse et Sfax. L'effort fourni par la Tunisie en vue de former des cadres médicaux de qualité et en nombre suffisant pour répondre aux aspirations de la population méritait d'être signalé. Les difficultés techniques que nous rencontrons ne nous impressionnent pas, car notre volonté de servir notre pays est grande, comme sont grands la résolution et le dévouement de nos professeurs de médecine et de nos techniciens. Et nous avons le ferme espoir que la Tunisie pourra bénéficier de l'assistance des pays amis et de l'Organisation mondiale de la Santé. Il en est de même du domaine de la formation des cadres paramédicaux où nous avons atteint aujourd'hui notre vitesse de croisière afin de répondre aux besoins croissants des services, d'assurer l'élévation du niveau des soins paramédicaux et d'adapter la formation paramédicale à la mission qui lui revient dans les structures sanitaires. Telles sont, Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs, les grandes lignes des efforts que le Gouvernement tunisien entreprend afin que la santé publique puisse remplir son contrat vis -à -vis de tous les citoyens tunisiens pour lesquels nous considérons que la protection de leur santé physique et psychique est un droit sacré. Je ne voudrais pas terminer sans rappeler A l'attention de notre Vingt -Huitième Assemblée la gravité de la situation sanitaire des Palestiniens. La délégation tunisienne recommande que, dans un esprit de justice et de solidarité agissante, une action vigoureuse et des mesures énergiques soient entreprises en faveur de ces millions d'hommes dépossédés de leur mère- patrie et qui n'ont d'autres aspirations que la recherche d'une vie libre et digne.1 Le PRESIDENT délégué du Panama.

:

Je remercie vivement le délégué de la Tunisie et je donne la parole au

Le Dr SAIED (Panama) (traduction de l'espagnol) Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les délégués, la politique du Gouvernement du Panama a pour but ultime le développement du pays et son bien -être. Pour 1975, notre objectif essentiel est d'améliorer la production et la productivité dans tous les secteurs, sous la conduite et avec la participation active de l'Etat. Ainsi, les plus grands projets agro- industriels actuellement en cours sont menés par le Gouvernement lui -même avec le concours des ouvriers et des paysans. Face au problème de l'inflation mondiale, notre pays a entrepris des projets ambitieux de production - notamment dans le domaine alimentaire - et il s'efforce de rationaliser les dépenses dans le cadre d'un programme d'austérité nationale. C'est dans ce même esprit que le Gouvernement panaméen accorde un rang de priorité élevé aux problèmes d'ordre international qui affectent notre intégrité territoriale et nous empêchent d'utiliser efficacement notre position géographique pour assurer notre développement économique et social. L'existence au Panama d'une enclave coloniale ne lèse pas seulement notre souveraineté, elle compromet aussi notre développement socio- économique et culturel, au grand détriment de la population panaméenne. Le Panama lutte pour sa libération avec une force inlassable et bénéficie dans son entreprise de l'appui de nombreux pays ici représentés, auxquels il tient A exprimer une fois de plus sa vive reconnaissance. C'est avec une satisfaction profonde que nous pouvons annoncer devant l'Assemblée que les mesures prises dans le domaine de la santé et les résultats obtenus au cours de la dernière période quinquennale soutiennent fort avantageusement la comparaison avec les objectifs que s'est fixés notre gouvernement dans le plan décennal de santé pour les Amériques. Certains de ces objectifs ont même été dépassés et d'autres vont être atteints sans difficulté avant 1980. Les indicateurs de santé les plus importants révèlent le bien -fondé de notre politique de santé communautaire et intégrale. De 1970 A 1974, la mortalité infantile est tombée de 40,5 A 31 pour 1000 naissances vivantes. Au cours de la même période, la mortalité maternelle est tombée de 1,4 A 1 pour 1000. Le taux de mortalité générale est descendu à 5,6 et le taux de natalité A 32,6. En conséquence, notre population, qui s'élève A 1 600 000 habitants, a vu en 1974 baisser légèrement son taux d'accroissement naturel, qui a été de 2,7 % pour cette année. Au cours des cinq dernières années, la couverture sanitaire de la population a triplé, en raison surtout du fait que la population rurale marginale a pu bénéficier de services de santé. L'accès aux services de santé s'est amélioré et un nombre sans précédent de nouveaux centres de soins ont été construits dans les différentes régions du pays. La sectorisation de la capitale s'est poursuivie avec l'établissement de centres de santé périphériques reliés étroitement aux h8pitaux, eux -mêmes sectorisés. Parallèlement, l'amélioration qualitative et quantitative du personnel technique s'est poursuivie. En 1974, la proportion de médecins pour 10 000 habitants a atteint 8,1, celle des infirmières 7 pour 10 000 et celle des infirmières auxiliaires 14,6 pour 10 000. Il importe de signaler que cette année une loi a été promulguée qui réglemente la profession d'assistant médical. Il existe deux catégories d'assistants médicaux, les assistants de niveau universi:

1 Le texte ci- dessus est la version intégrale du discours prononcé par M. Mzali sous forme abrégée.

SIXIEME SEANCE PLENIERE

117

taire (correspondant aux feldchers) et les assistants de niveau inférieur, formés par le Ministère de la Santé lui -mème. Un nombre important de nos collectivités rurales sont desservies uniquement par ces assistants, qui remédient à l'absence de médecins et d'infirmières dans les zones rurales, car si les effectifs de médecins et infirmières sont nombreux, 75 7 d'entre eux travaillent dans les zones urbaines alors que la moitié de la population vit dans les zones rurales.

Le développement de nos programmes exige la participation active de la collectivité, que cherchent à stimuler les comités de santé et les assemblées communales et locales qui représentent l'autorité centrale au niveau local. Environ 900 comités de santé, 505 assemblées communales et plus de 2000 assemblées locales oeuvrent dans ce sens dans le cadre du programme d'éducation, de recherche et d'organisation communautaire. La population participe ainsi à production alimentaire dans les exploitations communautaires, diverses activités de santé construction de puits et d'aqueducs ruraux pour les collectivités de moins de 500 habitants, construction de latrines, amélioration des logements, vaccination, soins médicaux, etc. Un degré élevé de priorité a été donné à la lutte contre les maladies transmissibles et, à cette fin, les activités de vaccination ont été intensifiées, en particulier les vaccinations DTC, DC, BCG, antipoliomyélitique et antirougeoleuse. Des résultats satisfaisants ont été obtenus. L'éradication de la variole, de la peste et du choléra a été maintenue. Le pays n'a plus enregistré de cas de poliomyélite depuis 1972 ni de cas de rage canine depuis 1973. Aucun cas nouveau de fièvre jaune selvatique n'a été notifié. En 1974, 901 243 doses de vaccin antiamaril ont été administrées et la présence d'Aedes aegypti n'a été constatée que dans l'un des districts proches de la capitale. Le paludisme ne subsiste que dans la zone forestière qui ne compte pas plus de 10 % de la population. Le taux de mortalité par paludisme est tombé à 0,3 pour 100 000 habitants. Dans le cadre du programme d'assainissement, l'approvisionnement en eau potable des collectivités se poursuit avec énergie. La construction de l'usine de traitement des eaux destinée à desservir la ville de Panama, qui groupe 30 % de la population du pays, est achevée. En 1974, la totalité des habitants de la zone urbaine étaient desservis en eau potable et 93 % d'entre eux recevaient l'eau sous conduite à domicile. Dans les zones rurales, la construction de puits et d'aqueducs s'est poursuivie. En 1974, 115 nouveaux aqueducs ruraux ont été construits avec l'aide du Ministère de la Santé et des collectivités elles -mames. La population rurale desservie est passée à 53,2 %. Ainsi, en trois années seulement, le Panama a dépassé les objectifs fixés pour la décennie. De plus, 97,3 % de la population urbaine et 71,2 % de la population rurale disposent de moyens hygiéniques d'élimination des excreta. Il importe à ce propos de mentionner la participation extrêmement utile des collectivités, qui ont aidé à construire les installations par des apports de fonds et de main -d'oeuvre représentant un quart du coût de la construction, et qui se sont chargées de l'exploitation et de l'entretien de ces installations. Sur le plan de la politique du travail dans le secteur de la santé, les autorités ont poursuivi l'intégration organique et fonctionnelle des deux plus importants organismes qui assurent des prestations médicales, la Sécurité sociale et le Ministère de la Santé. Les résultats obtenus dans les provinces où l'intégration est achevée sont satisfaisants et justifient l'extension de cette action à d'autres provinces cette année. Dans le cadre d'un projet qui doit s'achever en 1976, nous cherchons à améliorer la qualité et la couverture des services de santé, à assurer une utilisation plus rationnelle des ressources et, surtout, à supprimer toute discrimination fondée sur la capacité productive. Rejetant le principe selon lequel il faut donner "à chacun selon son travail ", nous nous efforçons de faire triompher la :

devise "la santé pour tous ".

Pour terminer, je tiens à rendre hommage, devant les représentants de toutes les nations du monde, aux collectivités panaméennes et tout spécialement aux assemblées communales et locales ainsi qu'aux comités de santé qui ont tant contribué aux progrès du secteur sanitaire par leur enthousiasme, leur travail et l'appui qu'ils ont accordé à l'équipe technique du Ministère. Notre reconnaissance va tout particulièrement au Président de la République du Panama, M. Demetrio Basilio Lakas, et au Chef du Gouvernement, le Général Omar Torrijos Herrera, car aucun des résultats dont nous nous enorgueillissons aujourd'hui, et qui pour de nombreux Panaméens ont signifié la victoire de la vie sur la mort, n'aurait été possible sans leur politique en faveur des humbles, des enfants, des paysans marginaux, sans leur conception intégrée de gestion des affaires, sans leur noble ferveur patriotique et leur ardente lutte pour la libération de notre pays. Le PRESIDENT : Merci beaucoup, Monsieur le délégué du Panama. Je donne la parole au délégué de la Bulgarie. Monsieur le Président, Mesdames, Le Dr TODOROV (Bulgarie) (traduction du russe) Messieurs, permettez -moi, au nom de la délégation bulgare, de féliciter la République démocratique du Viet -Nam, le Mozambique et les Tonga de leur admission au sein de la grande famille de l'Organisation. Qu'il me soit permis aussi de féliciter le Directeur général pour le Rapport très complet qu'il nous a présenté sur l'activité de l'OMS en 1974, et pour les principes si élevés qui inspiraient la déclaration que nous avons entendue aujourd'hui. :

118

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

Avec une grande joie et une profonde satisfaction, nous tenons à complimenter également le grand homme de science et administrateur de la santé publique soviétique, héros du travail socialiste et Ministre de la Santé de l'URSS, notre grand ami Boris Vasil'evié Petrovskij, à qui vient d'être attribué le Prix Léon Bernard. De tout coeur, je lui souhaite une bonne santé et de nouveaux succès dans sa tâche, au service du bien -être de l'héroique peuple soviétique, de la science médicale mondiale, et du bonheur et du progrès de l'humanité. C'est avec beaucoup d'intérêt que nous avons pris connaissance du Rapport du Directeur général qui rend compte des activités du Secrétariat de l'Organisation sur un très large front, sans oublier les programmes des bureaux régionaux. Devant les résultats de la lutte antivariolique, nous partageons la satisfaction générale, car il n'y a plus que quatre pays dans le monde où cette maladie soit encore endémique, et nous estimons que les mesures préconisées par le Dr Mahler pour l'éradication de ce "malin génie ", si elles sont rigoureusement mises en oeuvre, permettront effectivement d'éliminer ce fléau de l'humanité. Au contraire, la situation du programme antipaludique nous cause une certaine inquiétude. Bien que ce programme ait englouti une bonne partie des ressources de l'Organisation, et qu'il continue de le faire, les résultats obtenus ne sont toujours pas satisfaisants. Nous sommes persuadés que l'on ne pourra compter sur des succès décisifs que si les mesures tactiques et stratégiques envisagées pour combattre cette maladie sont appliquées avec plus de détermination et de cohérence par toutes les parties intéressées. L'OMS a tout à fait raison d'attirer spécialement l'attention sur les maladies cardiovasculaires, mais il ne faut pas oublier non plus le problème du rhumatisme, maladie qui, selon les statistiques officielles, est responsable d'un dixième de l'ensemble de la morbidité dans les pays développés, et d'environ un tiers de tous les cas d'infirmité. Une telle proportion de malades chez des personnes encore jeunes et actives devrait inciter la communauté médicale mondiale à s'attaquer sérieusement à cette maladie. C'est pour cette raison que je me permets, devant cette assemblée, de préconiser la mise en train d'un programme de recherches biomédicales consacré à ces maladies. En ce qui concerne le cancer, qui retient de plus en plus l'attention dans le monde entier, je tiens à dire ici que notre pays se préoccupe beaucoup de cette maladie et que, ces dernières années, il a participé activement à un vaste programme de lutte lancé par les pays socialistes. Après les discussions qui ont eu lieu lors des Vingt -Sixième et Vingt -Septième Assemblées mondiales de la Santé, il n'est pas un seul Etat Membre de l'Organisation qui ne soit convaincu qu'une étroite coopération internationale, sous l'égide de l'OMS, est indispensable dans ce domaine si nous voulons, en conjuguant nos efforts, atteindre un jour notre grand objectif. Mesdames, Messieurs, en examinant le programme de notre organisation, nous ne pouvons pas manquer d'aborder la question de son financement, c'est -à -dire les problèmes posés par le budget de l'OMS. L'analyse des chiffres qui figurent dans les Actes officiels de l'OMS est malheureusement peu faite pour inspirer l'optimisme. Si l'on tient compte de la proposition tendant à augmenter encore les dépenses pour faire face aux conséquences de la baisse du dollar par rapport au franc suisse, l'augmentation réelle du budget de 1976 sera bien supérieure à 8 %. A ce sujet, il conviendrait une fois de plus d'envisager sérieusement d'autoriser le paiement d'une partie des contributions en d'autres monnaies que le dollar. Mesdames, Messieurs, dans le monde d'aujourd'hui, les services de santé de tous les pays peuvent se développer harmonieusement en mettant à profit les nombreuses occasions de contacts internationaux et de collaboration offertes par cette institution centrale que nous honorons tous, l'Organisation mondiale de la Santé. Le renforcement de la paix et de l'amitié entre les peuples créera des conditions de plus en plus favorables pour la mise en place de systèmes nationaux de santé et pour l'élargissement de la collaboration internationale dans l'intérêt de la promotion universelle de la santé. Notre pays fait des efforts sincères pour contribuer activement aux programmes de l'OMS. Ces efforts nous ont valu, l'année dernière, une visite du Directeur général. Nous avons eu ainsi l'occasion de lui faire connaître les principes d'organisation et les réalisations de nos services de santé socialistes, qui s'inspirent des services de santé soviétiques dans lesquels nous voyons le modèle de protection sanitaire le plus développé et le plus humain qui soit. Nous avons eu également l'occasion d'informer le Dr Mahler de la tendance fondamentale qui préside au développement de notre système national de soins médico- sociaux. Ensemble nous avons constaté que les principales orientations du développement de la santé publique dans notre pays, qu'il s'agisse de placer l'action sanitaire au premier plan de toutes les mesures sociales visant à améliorer le bien -être de l'homme, d'affirmer la valeur de la prévention dans tous les secteurs de la santé et de l'éducation sanitaire de la population, de resserrer constamment les liens entre les services de santé et la collectivité, de faire participer activement le public aux mesures de protection de la santé, de mettre en pratique le principe selon lequel le médecin doit découvrir son malade par le moyen de multiples examens préventifs, d'assurer le dépistage systématique et le suivi des cas, ou encore d'améliorer l'efficacité des soins médicaux primaires et les relations entre la recherche biomédicale et l'enseignement et la pratique de la médecine afin d'arriver à résoudre les problèmes de santé publique, nous avons constaté, dis -je, que ces orientations coincident pleinement avec celles que l'OMS tient aujourd'hui pour particulièrement propices au développement de la santé publique.

SIXIEME SEANCE PLENIERE

119

Nous nous efforçons de réaliser les objectifs fondamentaux du développement de nos services de santé en tirant parti de l'expérience universelle, mais non sans rechercher de nouvelles approches, de nouvelles formes et de nouvelles méthodes, afin d'améliorer encore notre système de santé publique. A cet égard, nous faisons des essais avec un modèle très élaboré comportant l'analyse de prévisions pour les dix ou quinze prochaines années. Je tiens ici à remercier le Directeur général d'avoir montré beaucoup d'intérêt pour nos problèmes de santé publique et pour cette expérience riche de perspectives, et d'avoir reconnu que l'OMS peut utilement participer à l'élaboration de modèles analogues. Au cours d'une récente visite dans notre pays, la mission du Secrétariat de l'OMS a eu l'occasion de voir les résultats que donnent les formes de collaboration déjà pratiquées et de constater que les conditions sont réunies pour une collaboration plus poussée et plus fructueuse encore. J'espère que nos distingués collègues de la mission ont déjà fait rapport au Directeur général sur l'expérience que nous avons accumulée, sur le niveau de préparation de nos spécialistes et sur les ressources offertes par nos instituts, toutes choses qui nous autorisent à penser que nous pourrons collaborer avec fruit sur des bases élargies et de façon durable.

Mesdames, Messieurs, l'année 1975 a été déclarée Année internationale de la Femme afin que toutes les organisations du système des Nations Unies unissent leurs efforts pour se faire les défenseurs de la femme - celle qui crée la vie et dans les yeux de qui se reflètent non seulement les peines de l'enfant mais aussi son espoir et sa foi dans l'avenir. Un siècle s'est écoulé depuis l'abolition de l'esclavage, mais n'est -ce pas une forme moderne d'esclavage que la condition où se trouvent encore dans de nombreux pays du monde les femmes privées de leurs droits et maintenues dans un cruel état d'inégalité sociale, politique et économique ? Notre délégation a reçu des femmes bulgares - qui, elles, jouissent de droits égaux en tant qu'artisans de notre société socialiste - et notamment des femmes médecins et des infirmières bulgares, le mandat de convaincre l'OMS de demander à l'Organisation des Nations Unies de prendre cette année des mesures permettant de mettre un terme à l'inégalité des femmes dans tous les secteurs de l'existence. Après trente ans d'une guerre dévastatrice, le peuple du Sud Viet -Nam est enfin parvenu à se libérer. La victoire a également couronné la lutte des peuples du Cambodge. Il est tout à fait remarquable que la présente Assemblée soit la première à se tenir alors que la paix règne dans toutes les régions de notre merveilleuse planète. Il reste néanmoins quelques zones de tension, entretenues par la politique de rapine que mènent les impérialistes au Proche -Orient et dans d'autres régions du globe, ce qui constitue une menace pour la paix du monde tout entier. L'élimination de ces foyers de tension est le devoir historique de tous les Etats qui adhèrent sincèrement aux principes de l'Organisation des Nations Unies. Cette année, l'Assemblée coincide avec la célébration du trentième anniversaire de la victoire sur le fascisme, lequel a tué plus de monde qu'aucune des grandes épidémies que la terre ait jamais connues. En célébrant cet anniversaire, les peuples d'Europe se rappellent les millions d'êtres chers qui furent les victimes du fascisme, et protestent contre les nouveaux actes de cruauté et contre les violations des droits de l'homme et de la liberté qui se "Que produisent au Chili. Parce qu'ils ont souffert, ils nous lancent cet avertissement l'humanité se tienne sur ses gardes ; Qu'elle ne laisse pas le passé se répéter : Que tout soit fait pour empêcher les forces de la réaction de rallumer les brandons de la guerre :" En collaborant pacifiquement, les peuples peuvent accomplir des merveilles au nom de l'humanité et pour son bien. Notre organisation en est un excellent exemple. :

Merci, Monsieur le délégué de la Bulgarie. C'est maintenant le tour du Le PRESIDENT délégué du Népal mais, comme celui -ci souhaite parler dans sa langue, je vais demander à M. Fedele de faire une déclaration. :

M. FEDELE (Assistant du Secrétaire de l'Assemblée de la Santé) (traduction de l'anglais) Monsieur le Président, le délégué du Népal ayant demandé à s'exprimer en népalais, l'interprète fourni par lui, en application de l'article 86 du Règlement de l'Assemblée mondiale de la Santé, donnera simultanément lecture de son intervention en anglais. Le PRESIDENT :

:

La parole est au délégué du Népal. :

Monsieur le Président, Monsieur le Mme TRAPA (Népal) (interprétation du népalais)1 Directeur général, honorables délégués, Mesdames et Messieurs, pour commencer, permettez -moi de vous féliciter, Monsieur le Président, de votre élection à cette haute charge. Je suis certaine que sous votre conduite éclairée les délibérations de la Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé aboutiront à d'heureux résultats. Je désire également adresser mes

1 Conformément à l'article 86 du Règlement intérieur.

120

VINGT- HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

sincères félicitations aux Vice -Présidents et aux Présidents des commissions, et offrir mes voeux les plus chaleureux de bienvenue aux nouveaux Etats Membres, à savoir le Royaume des Tonga, la République démocratique du Viet -Nam et le Mozambique. Monsieur le Président, l'Organisation des Nations Unies a décidé de faire de 1975 l'Année internationale de la Femme. Sous la présidence de Sa Majesté la Reine, le Népal célèbre l'Année par diverses manifestations et programmes. Il aurait été réconfortant de voir quelques femmes occuper des charges honorables dans la présente Assemblée. J'espère que cette idée se concrétisera en une prochaine occasion, puisque l'OMS est une institution spécialisée du système des Nations Unies. Le Directeur général a présenté un Rapport complet et lucide sur l'activité de l'OMS en 1974, pour lequel il mérite des éloges. Ce Rapport reflète, en termes clairs, l'assistance que l'Organisation a accordée à divers Etats Membres en 1974. Nous notons avec satisfaction que l'OMS examine comment se déroule l'exécution de son cinquième programme général de travail, qui couvre la période 1973 -1977. Elle pourra ainsi servir plus efficacement les Etats Membres. Le Népal a été l'un des premiers pays à appliquer la programmation sanitaire par pays. Il préparait alors son cinquième plan quinquennal, ce qui a permis à l'OMS de lui assurer une aide appropriée en temps utile. L'Organisation a également fourni des informations et des avis précieux pour l'exécution au Népal d'un plan sanitaire à long terme, qui est actuellement en préparation. Je saisis cette occasion pour signaler que, dans beaucoup de pays en voie de développement, les données de base sur la morbidité et la mortalité sont incomplètes ou erronées, quand elles ne font pas totalement défaut. Or, la première étape de la programmation sanitaire par pays consiste à recueillir et analyser des données sur la santé et d'autres secteurs. Cela présuppose que l'on a en mains toutes les informations nécessaires, ce qui n'est pas toujours le cas. C'est pourquoi la première étape devrait consister à générer des données, opération qui peut être exécutée bien avant le moment où débute la programmation sanitaire; la génération et la circulation des données devraient précéder d'une année au moins le début de la programmation. L'autre point sur lequel je désire appeler votre attention est le suivant il convient que l'OMS aide les Etats Membres qui souhaitent ainsi procéder à former des experts locaux aux tâches de planification, de programmation et d'évaluation dans le secteur sanitaire. En effet, envoyer des experts dans un pays ne constitue pas une solution durable; il est préférable de développer localement les aptitudes et le savoir -faire, car la planification est un processus permanent. Les pays en voie de développement doivent aujourd'hui relever le défi que constitue pour eux la mise en place d'un système efficace de soins médicaux dans les régions rurales, où vit la plus grande partie de leur population. Comme l'indique le Rapport du Directeur général, la moitié de la population mondiale habite des villages. Au Népal, on atteint la proportion étonnante de 96 7. La population rurale vit dans de petits hameaux très clairsemés et coupés les uns des autres du fait du caractère extrêmement accidenté du terrain. Dans ces conditions, mettre en place des services de santé capables de desservir ces millions d'habitants constitue véritablement un défi. Les services intégrés de santé de base qui sont assurés dans six districts du Royaume font appel à des auxiliaires de santé - en fait des agents de santé de village - qui visitent chaque mois toutes les habitations dont ils ont la charge, exécutant des travaux de surveillance du paludisme et de la variole, effectuant des vaccinations par le BCG, faisant de la propagande sanitaire et distribuant des contraceptifs dans le cadre des consultations de planification familiale, sans oublier le dépistage des tuberculeux et des lépreux qui ne viennent pas se faire soigner. Ce personnel recueille également des statistiques démographiques et effectue chaque année un recensement. Dans notre plan à long terme, actuellement en cours de préparation, il est prévu de former des techniciens de la santé et d'en affecter progressivement un à chaque panchayat de village; le nombre des postes pourra être augmenté dans le cas des panchayats situés dans des régions où les déplacements sont très difficiles. Le Gouvernement de Sa Majesté a accordé la priorité absolue à la mise en place de services intégrés de santé. Ce mode de prestations sanitaires sera étendu progressivement à d'autres districts, avec les modifications qui pourront être jugées nécessaires compte tenu de l'expérience acquise entre -temps. Il n'est peut -être pas inutile de signaler ici que, conformément à la politique du Gouvernement de Sa Majesté d'affecter à des tâches pluridisciplinaires des agents primitivement chargés d'une tâche unique, les agents chargés de la vaccination antivariolique pratiqueront également la vaccination par le BCG, après avoir reçu une formation appropriée. De même, le dépistage de la tuberculose sera assuré par l'équipe de surveillance, d'éducation et de traitement du projet de lutte contre la lèpre, et les agents de terrain des campagnes antipaludiques devront signaler tous les cas de variole qu'ils seront amenés à constater sur place. Ma délégation note avec satisfaction la création en Iran et en Indonésie d'instituts pour le développement des services de santé. J'espère que les résultats des enquêtes entreprises par ces instituts feront l'objet d'une large diffusion pour le plus grand profit des Etats Membres qui s'attachent à développer leurs services de santé de base. Il a été signalé que, dans la Région de l'Asie du Sud -Est, certaines campagnes antipaludiques ont marqué un recul. C'est le cas également au Népal. Du fait de l'importation d'un grand nombre de cas de paludisme dans le pays, le système de surveillance mis en place avec l'aide de l'Organisation a beaucoup de mal à empêcher la maladie de se propager. Les livraisons :

SIXIEME SEANCE PLENIERE

121

irrégulières de DDT, dont le prix atteint des niveaux astronomiques, l'apparition d'une résistance vectorielle au DDT et l'importation sporadique de cas de paludisme à Plasmodium falciparum résistant à la chloroquine ne font qu'aggraver les difficultés. Je voudrais exprimer les remerciements sincères du Gouvernement de Sa Majesté à l'OMS, à l'AID et au PNUD pour leurs dons généreux de DDT à notre programme. L'assistance de l'Organisation a permis au Népal de se procurer du DDT depuis trois ans, bien que dans une proportion décroissante, et 1975 marquera la fin de cette aide. Je demande instamment à l'OMS, en espérant que ce voeu sera exaucé, de continuer à appuyer pendant quelques années encore les achats de DDT, étant donné que nos besoins ont augmenté en même temps que le prix de ce produit. La formation d'agents de terrain est d'une importance capitale pour les projets de lutte antipaludique. Jusqu'ici, nous avons formé à Manille nos techniciens de niveau intermédiaire et supérieur, mais je crois savoir que l'OMS a fermé le centre de formation que nous utilisions. Je suggérerais donc que l'Organisation crée un établissement semblable dans notre Région. Il est réconfortant de constater que des recherches intensives se poursuivent sur la mise au point de techniques de vaccination antipaludique; si elles aboutissent, elles offriront un nouvel instrument de lutte qui permettra l'éradication définitive de la maladie. le point de Le thème choisi cette année pour la Journée mondiale de la Santé, "Variole non -retour ", n'est pas qu'un simple voeu. On peut en effet noter avec satisfaction que la variole n'est plus endémique que dans trois pays, où le nombre des cas est d'ailleurs en sensible régression. Au Népal, il y a eu quelques cas importés qui ont pu être maîtrisés sans Le temps est proche où la variole aura disparu de la face de la terre, et nos difficulté. descendants ne connaîtront cette maladie que par la lecture des ouvrages d'histoire de la médecine. Au Népal, le paludisme, la variole et la tuberculose ont prélevé un lourd tribut de vies humaines. Grâce au lancement de divers projets de lutte, on est en train de les réduire à l'impuissance. Aujourd'hui, la rougeole - en raison des complications pulmonaires - et le tétanos sont les deux causes principales de mortalité infantile et maternelle. J'espère que l'OMS accordera son appui pour l'organisation de campagnes de vaccination contre ces maladies et qu'elle aidera à réduire la mortalité maternelle, dans le cadre notamment de l'Année internationale de la Femme. A l'occasion de son couronnement, Sa Majesté le Roi a proposé que le Népal soit déclaré "zone de paix ". Cela créera un climat favorable à l'élévation du niveau de vie de la nation et, par conséquent, de son niveau de santé, et de nouveaux horizons seront ainsi ouverts à une coopération fructueuse avec toutes les nations dans tous les domaines, y compris celui de la :

santé.

En terminant, je voudrais exprimer mes remerciements sincères à l'OMS au nom du Gouvernement de Sa Majesté pour son aide précieuse dans ce domaine et lui présenter mes meilleurs voeux de réussite dans l'action qu'elle mène pour promouvoir le bien -être social, mental et physique de tous les peuples du monde. Le PRESIDENT :

Je vous remercie beaucoup. Le délégué de l'Inde a la parole. :

Monsieur le Président, Monsieur le Le Dr K. SINGH (Inde) (traduction de l'anglais) Directeur général, chers collègues, après des milliers d'années d'une existence longue et difficile, l'homme est finalement arrivé au stade où la science et la technique lui donnent les moyens de faire disparaître la pauvreté et la maladie de la face de cette planète. Malheureusement, la sagesse humaine ne grandit pas avec les progrès de la technique. Aussi, malgré les acquisitions très importantes enregistrées dans de nombreux secteurs de la recherche médicale et nutritionnelle et malgré l'accroissement massif de l'ensemble des richesses du monde, un bon tiers de l'humanité ne dispose pas de ce qui peut être considéré comme le minimum vital indispensable à une existence décente, et un autre tiers vit à peine au- dessus du seuil de la pauvreté. Représentant un pays qui compte un bon septième de la population mondiale, force m'est de constater que la grande majorité des peuples plongés dans le dénuement vivent dans des pays en voie de développement comme l'Inde. Considérer notre planète comme un seul et même écosystème, un vaisseau spatial unique voguant à travers le temps, est une notion qui commence depuis peu à se faire jour dans l'esprit de l'homme. Les photographies de notre magnifique terre prises depuis la lune témoignent de façon émouvante de cette unité. Et pourtant, le monde demeure fragmenté et divisé en de multiples factions vivant dans un état de tension et de suspicion réciproque, et nous voyons que les sommes consacrées chaque année à la santé et à la nutrition ne représentent qu'une part infime des sommes englouties pour la fabrication d'armes dotées d'un pouvoir de destruction incalculable. Je me suis attaché à brosser ce tableau assez sombre parce que je suis convaincu que si les nations du monde ne changent pas radicalement d'attitude à l'égard des problèmes de santé et de nutrition, en prenant modèle sur notre grande Organisation mondiale de la Santé, qui a joué un rêle si important dans la promotion du bien -être humain, les chances qu'ont les pays du tiers monde de sortir réellement du sous -développement demeurent faibles. Faute d'adopter les mesures nécessaires sur une échelle beaucoup plus vaste que par le passé, et d'accorder une priorité beaucoup plus grande à la santé et à la nutrition, il n'est pas possible d'envisager pour l'humanité future des perspectives très brillantes. Dans le tiers monde, il est indispen-

122

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

sable d'envisager la santé des collectivités dans une perspective beaucoup plus large et de s'attaquer aux problèmes de santé sur plusieurs fronts à la fois. Force nous est de reconnaître qu'il existe un cercle vicieux créé par des éléments tels qu'une fécondité et une mortalité élevées, une sous -alimentation massive accompagnée de maladies infectieuses, une qualité insuffisante de l'environnement et un faible niveau d'instruction. Nous devons développer notre aptitude à maîtriser simultanément des causes multiples, mais cela dépendra en grande partie des ressources dont nous pourrons disposer et de notre volonté de procéder à une réorientation complète de l'enseignement médical et paramédical. On ne peut en effet échapper à la nécessité de faire appel, de plus en plus, au personnel paramédical et auxiliaire pour couvrir les besoins essentiels en prestations de santé de la grande majorité de la population mondiale vivant dans des pays en voie de développement, et plus particulièrement en milieu rural. Je viens de faire distribuer un document détaillé relatif aux programmes de santé et de planification familiale exécutés en Inde cette année, en espérant qu'il pourra intéresser d'autres délégations. Dans cette intervention liminaire, je me contenterai donc de formuler quelques observations de caractère général. En premier lieu, comme l'a mentionné le Directeur général dans son excellent Rapport, la situation est extrêmement inquiétante en ce qui concerne les maladies transmissibles. En Inde, grace a des investissements massifs, nous avions réussi à ramener le nombre des cas de paludisme du chiffre estimatif de 75 millions avant 1947 à moins de 50 000 en 1964, et nous pensions que nous nous acheminions vers l'éradication de cette maladie qui, au cours des siècles, a prélevé un si lourd tribut de vies humaines et causé tant de souffrances. Malheureusement, pour diverses raisons telles que l'apparition d'une résistance vectorielle, on a noté une forte recrudescence du paludisme dans notre pays, bien que 60 % du budget fédéral de la santé soient consacrés exclusivement à cette maladie. En 1974, le nombre des cas a monté en flèche, atteignant 2,5 millions. Devant cette désolante évolution de la situation, je ne peux qu'inviter de manière pressante cette auguste assemblée à accorder une très haute priorité à l'éradication du paludisme dans le monde entier. La forte augmentation du coût des insecticides a ajouté aux difficultés des pays en voie de développement et seul un programme international, organisé avec soin, de recherches et d'activités opérationnelles peut nous permettre de faire face à la situation. Une autre maladie transmissible dont je voudrais parler est la variole. Dans ce domaine, nous avons accompli des progrès très rapides et je suis heureux de signaler que, grâce à l'aide précieuse de l'OMS et de l'Agence suédoise pour le Développement international, notre campagne de porte en porte pour dépister les cas et éliminer la maladie a donné des résultats satisfaisants. Au moment où je vous parle, l'Inde est virtuellement exempte de cas indigènes. Cependant, nous avons l'intention de poursuivre notre action de surveillance pendant deux ou trois ans encore, afin d'avoir la certitude que notre pays est définitivement libéré de la variole. La lèpre est un autre fléau auquel l'OMS s'intéresse de près. Il existe en Inde un important programme fédéral de lutte contre la lèpre, que nous désirons développer. Cette redoutable maladie est associée à un ostracisme social qui en fait un problème particulièrement difficile à résoudre. A une époque où le monde est sur le point d'être libéré de la variole, j'invite instamment l'OMS à mettre sur pied un programme analogue de lutte contre la lèpre et d'éradication de cette maladie, qui a terrorisé pendant des millénaires de larges secteurs de la population humaine, et je suggère de fixer à l'an 2000 la date à laquelle la lèpre devra avoir complètement disparu de notre planète. Le deuxième point de mon intervention concerne la nutrition. Les apports nutritionnels, notamment en faveur des femmes enceintes et des mères allaitantes, ainsi que des nourrissons et des jeunes enfants, sont absolument indispensables à l'édification d'un monde où règne la santé. Il est tragique que, de nos jours, des centaines de milliers d'enfants des pays en voie de développement perdent la vue à cause d'une simple carence en vitamine A. Comment pourrait on justifier le sort cruel et les souffrances ainsi imposées à des enfants innocents et sans défense alors que, dans le monde, des millions d'individus sont atteints de cette maladie très à la mode qu'est la suralimentation ? Aussi avons -nous décidé de lancer un programme national de prévention de la cécité, en liaison étroite avec notre programme de nutrition infantile. Nous sommes convaincus que la notion de développement n'implique pas uniquement une idée de croissance économique et qu'elle doit, pour avoir un sens, englober le bien -être du corps social tout entier. Dans le plan quinquennal en cours d'exécution en Inde, nous avons adopté ce que nous appelons un programme de prestations minimales à l'intention de nos populations rurales. Ce programme, qui est conçu comme une offensive générale contre les bastions de la i) électrification des régions rurales, ii) aménagement pauvreté, se compose de cinq éléments de routes, iii) construction de logements pour les sans -foyer, iv) approvisionnement des zones rurales en eau de boisson et v) exécution d'un programme intégré de services de santé, de nutrition et de planification familiale. Nous attachons une grande importance à cette intégration, car faute d'un apport nutritionnel satisfaisant, aucun programme de santé n'a de chance de réussir. En cette Année internationale de la Femme, la protection de la santé et du bien -être de la mère et de l'enfant devrait enfin bénéficier de la plus haute priorité, et l'Inde, sous la direction éclairée de Mme Indira Gandhi, s'est engagée dans cette voie. L'OMS a déjà accompli :

SIXIEME SEANCE PLENIERE

123

une oeuvre très utile dans ce domaine, mais la malnutrition chronique, qui atteint des dimensions sociales très vastes, demeure omniprésente à nos yeux. Il ressort d'une estimation approximative de l'OMS qu'il existe dans les pays en voie de développement 100 millions d'enfants sous -alimentés, sur un total de 314 millions d'enfants de moins de 5 ans. Si l'on y ajoute les écoliers et la population adulte souffrant des mames carences, on arrive à plusieurs centaines de millions. Cette situation crée un grand dilemme pour l'humanité. D'après ce que nous savons de la quantité totale d'aliments produits aujourd'hui dans le monde, nous pouvons affirmer que si ces ressources étaient réparties selon les besoins physiologiques de l'ensemble de la population, elles répondraient aisément aux besoins biologiques de chaque individu; aussi la question qui se pose est -elle d'ordre moral. L'humanité aura -t -elle le courage moral d'assurer une distribution plus équitable de ses ressources, et tout au moins des aliments, qui sont indispensables non seulement à la santé mais à la vie elle -mame ? En troisième lieu, je voudrais rappeler que, aux termes de la Constitution de l'OMS, la santé n'est pas simplement l'absence de maladie; c'est un état positif qui intéresse le corps, l'esprit et les plus hautes aspirations de la personne humaine. Beaucoup de pays riches ont compris à leurs dépens que la simple santé physique n'est pas siffisante et nous observons souvent que l'essor industriel, le développement des villes et la prospérité s'accompagnent d'une nette recrudescence des névroses et de l'instabilité mentale. En dernière analyse, nous devons nous efforcer de favoriser l'avènement d'un nouveau type d'être humain chez lequel la santé physique soit pleinement associée au bien -être psychologique, de sorte que le mystère infini de la personnalité humaine puisse s'épanouir sans obstacle. Bien que l'Orient, pour des raisons historiques, soit généralement moins développé économiquement que la plupart des pays de l'Occident, il possède une certaine compréhension des problèmes de l'existence qui peut offrir un intérêt réel pour l'humanité. Le concept de l'humanité considérée comme une famille unique, que nous trouvons exprimé il y a des milliers d'années dans la pensée visionnaire des prophètes et des mystiques, commence enfin à se concrétiser. Pour développer le bien -être de cette grande famille, nous devons mobiliser l'ensemble de nos ressources médicales, en faisant appel non seulement à la médecine moderne, mais encore aux méthodes de traitement non allopathiques telles que la médecine ayurvédique pratiquée depuis des millénaires en Inde et le système Unani, qui s'est développé au cours des siècles dans le monde arabe; il se peut très bien que ces méthodes permettent de pénétrer les énigmes que posent certains problèmes insolubles pour l'instant, tels que le cancer, le diabète, les allergies et l'hypertension. En vérité, je pense que l'OMS ne devrait pas s'intéresser à une seule forme de médecine, mais également à des méthodes orientales de traitement telles que la médecine ayurvédique, la méthode Unani ainsi que l'acupuncture, sans oublier l'homéopathie et la naturopathie. Nous devons également accorder l'attention qu'ils méritent à certains aspects du yoga, qui peut aider l'être humain à devenir un instrument admirablement accordé capable d'exprimer des degrés de conscience de plus en plus élevés, ce qui lui permettra de parvenir à un équilibre psychosomatique satisfaisant dans le monde plein de bruit et de fureur qui l'entoure. L'exploration de la conscience en est encore à ses balbutiements, mais c'est peut -être là que se trouve la clé de la fusion créatrice de la science et de la mystique autour de laquelle tournera peut être l'avenir même de la race humaine au XXIe siècle. Nous sommes intimement convaincus que la réussite de l'action de santé dépend essentiellement des progrès réalisés en recherche biomédicale et de leur application rapide aux besoins des collectivités. Nous partageons pleinement la volonté que manifeste cette auguste assemblée d'accorder une place toujours plus grande à la recherche médicale, et notamment à la recherche appliquée et la recherche opérationnelle, capables de garantir une utilisation plus efficace des ressources locales. En Inde, comme dans d'autres parties du tiers monde, il faut faire porter l'essentiel des efforts sur les problèmes que posent la nutrition, les maladies transmissibles, la régulation de la fécondité et la salubrité de l'environnement. La pollution croissante du milieu, due à l'emploi des techniques modernes, atteint un niveau inquiétant et exige l'adoption, à l'échelle mondiale, de mesures parfaitement coordonnées du genre de celles qui sont envisagées dans la déclaration de Stockholm sur l'environnement de l'homme, si l'on veut réellement protéger la santé et le bien -être de l'humanité. Je voudrais, enfin, aborder le problème de la démographie mondiale, qu'il n'est plus possible de dissocier de l'action d'ensemble qu'exercent les programmes de santé. La Conférence de Bucarest, qui s'est tenue l'année dernière, a appelé l'attention du monde entier sur la situation très difficile dans laquelle de nombreuses nations se trouvent placées du fait de l'explosion démographique. L'amélioration des services de santé publique dans les pays en voie de développement a entraîné une forte diminution des taux de mortalité, d'où une augmentation non moins marquée des taux de survie, et il est vraisemblable que cette évolution se poursuivra au cours des prochaines décennies. Il est donc d'autant plus nécessaire que des pays comme l'Inde adoptent une politique de régulation démographique dans le cadre de la lutte générale qu'ils mènent contre la pauvreté et le sous -développement. Notre programme de planification familiale est le plus ancien et le plus vaste des programmes nationaux de ce genre dans le monde; c'est une somme de 5000 millions de roupies qui lui sera consacrée dans le cadre du plan quinquennal en cours d'exécution et l'on s'efforcera ainsi, par une action massive et multi-

124

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

forme, d'abaisser le taux de natalité d'un point pour 1000 chaque année. Notre nouvelle stratégie, qui concorde avec le plan d'action mondial de la population adopté à Bucarest, consiste à rattacher la planification familiale aux services de nutrition et de santé, de manière à faire bénéficier les très larges couches rurales, qui représentent 80 % de l'ensemble de notre population, de services intégrés à caractère social. Nous sommes persuadés que, dans les pays en voie de développement, la planification familiale ne peut réussir que si elle s'inscrit dans le cadre d'une vigoureuse offensive contre la pauvreté. Si la mortalité et la morbidité infantiles ne peuvent être abaissées sensiblement, il sera difficile de persuader les populations des pays en voie de développement d'avoir moins d'enfants. L'Inde a reçu une aide importante de l'OMS et a également apporté sa contribution à celle ci dans de nombreux domaines. Qu'il me soit permis d'exprimer ici mes vifs remerciements pour l'aide dont nous avons bénéficié dans des secteurs très divers. Je dois cependant ajouter que ce qui a été fait jusqu'à présent ne permet de répondre qu'à une fraction minime de nos besoins les plus urgents. La présente Assemblée mondiale de la Santé, qui représente virtuellement l'humanité entière, sans distinction de race, de religion, de nationalité ni d'idéologie, doit s'acquitter des lourdes obligations qui lui incombent. Au nom de la délégation de l'Inde, je suis heureux de féliciter le Président, les Vice -Présidents, les Présidents des deux commissions principales, de même que le Directeur général. Ils peuvent compter sur l'appui actif de ma délégation dans l'exécution des importantes taches qui nous attendent. L'humanité doit faire face à un défi formidable au moment où elle entre dans ce dernier quart de siècle, qui marque aussi la fin d'un millénaire. La mesure dans laquelle nous saurons relever ce défi dépend, en partie, des délibérations de la présente Assemblée. Au nom des 600 millions d'habitants de l'Inde, j'adresse mes voeux fraternels de bienvenue aux gouvernements et aux peuples des Tonga, de la République démocratique du Viet -Nam et du Mozambique, qui viennent d'être admis au sein de notre grande organisation. Pour terminer, puisqu'en ma qualité de Vice -Président je dois donner le bon exemple, je citerai un passage du Veda, sans doute le plus ancien texte toujours révéré qui nous soit parvenu, où sont magnifiquement exprimés les idéaux fondamentaux de notre organisation :

Sarve bhavantu sukhinah Sarve santu niramaya Sarve bhadrani pashyantu Ma kashchit dukh bhag bhavet. Puissent tous les hommes être heureux, Puissent -ils ignorer tous la maladie, Voir se lever des jours fastes Et ne plus connaître la souffrance. Merci, Monsieur le Vice -Président et délégué de Le PRESIDENT (traduction de l'anglais) l'Inde, pour vos observations si avisées. Je voudrais maintenant rappeler que le délégué des Pays -Bas, qui devait prendre la parole, a indiqué qu'il renonçait à donner lecture de sa déclaration. :

M. HENDRIKS (Pays -Bas) (traduction de l'anglais)2 Monsieur le Président, Monsieur le Directeur général, Messieurs les délégués, tout d'abord, Monsieur le Président, je tiens à vous féliciter, au nom de ma délégation, pour votre élection à votre haute charge, et à féliciter également les Vice -Présidents. Nous vous souhaitons beaucoup de succès dans l'accomplissement de votre tache, afin que cette Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé nous apporte la moisson que nous attendons d'elle. Nous tenons également à féliciter le Professeur Pouyan pour la manière dont il s'est acquitté de sa fonction présidentielle durant l'année écoulée. Nous avons étudié avec beaucoup d'intérêt le Rapport annuel du Directeur général pour 1974 et nous avons été impressionnés par la qualité et le volume du travail réalisé, malgré les nombreuses contraintes, financières et autres, qui ont si lourdement pesé sur les activités de notre organisation. A cet égard, nous pensons qu'il faut sans cesse continuer de rechercher les moyens de renforcer les mécanismes qui doivent nous permettre d'améliorer la santé dans le monde. Lors de précédentes réunions, nous avons fait nôtre le point de vue du Directeur général sur l'importance du rôle coordonnateur de l'OMS, et nous avons favorablement accueilli l'année dernière la résolution WHA27.29 de l'Assemblée de la Santé sur le rôle de l'OMS dans les programmes bilatéraux ou multilatéraux d'aide en matière sanitaire. En ce qui concerne l'aide sanitaire bilatérale fournie par les Pays -Bas, je suis en mesure d'annoncer que les discussions entre les représentants de nos services ministériels et ceux des professions de la santé ont permis de dégager une politique sanitaire nationale d'aide technique bilatérale qui, dans ses grandes lignes, rejoint les vues de l'Assemblée telles qu'elles sont exposées dans le cinquième programme général de travail. :

1 Le texte ci- dessus est la version intégrale du discours prononcé par le Dr K. Singh sous forme abrégée. Le texte qui suit a été communiqué par la délégation des Pays -Bas pour insertion dans le compte rendu, conformément à la résolution WHA20.2. 2

SIXIEME SEANCE PLENIERE

125

La politique bilatérale de développement des Pays -Bas vise principalement à amener les pays en voie de développement à compter sur eux -mêmes et à aider les plus pauvres d'entre les pauvres. Nous partons de ce principe que la situation sanitaire doit être améliorée non seulement parce que le droit à la santé est l'un des droits fondamentaux de l'homme, mais parce que la santé est aussi à d'autres égards un préalable indispensable au développement socioéconomique en général. D'ailleurs, le progrès en matière de santé ne saurait être uniquement rapporté au volume des équipements médicaux il est également fonction du développement de secteurs tels que l'approvisionnement en eau potable et en denrées alimentaires, l'éducation et le logement. Par conséquent, si l'on entend obtenir des résultats durables, il est essentiel d'aborder le problème dans une perspective globale qui tienne constamment compte de l'influence et des interactions des autres secteurs de la politique de développement. Cependant, il est évident que l'on ne peut pas se contenter de penser aux problèmes à long terme. En matière de développement, la coopération qui ne tiendrait aucun compte des problèmes à court terme, et notamment ne se préoccuperait pas de soulager la détresse criante de tant de gens, ne serait guère crédible. Je pense en particulier à la malnutrition chronique de centaines de millions d'enfants et aux dommages physiques et mentaux qu'elle leur inflige pour le reste de leur existence. Considérée de ce point de vue, la répartition inégale des services de soins que l'on constate actuellement dans la plupart des pays en voie de développement pose un problème grave. On peut dire en général que, jusqu'ici, les soins de santé n'ont pas été à la mesure des possibilités socio- économiques; l'exemple des services de santé occidentaux est en partie responsable de cet état de choses. Il est cependant réconfortant de constater que ces dernières années, souvent avec l'aide de l'OMS, de nombreuses initiatives prometteuses ont pu être prises dans le domaine des soins de santé primaires, et que la formation médicale a été orientée dans ce sens. Je voudrais citer à titre d'exemple le projet sanitaire intégré actuellement mis en oeuvre en Afghanistan avec la coopération d'experts néerlandais, ainsi qu'un récent projet de recherche international, parrainé par des initiatives privées néerlandaises, dans le cadre duquel les participants ont été priés de décrire un système de services de santé des collectivités fonctionnant dans les régions rurales qui serait suffisamment souple pour s'adapter aux situations locales, pourrait être réalisé dans le pays intéressé, et serait adapté aux mentalités des habitants. Nous vous ferons connaître les résultats extrêmement intéressants de ce projet dès qu'ils auront été publiés. Ceci me ramène, Monsieur le Président, à mon point de départ, à savoir le rêle coordonnateur que l'OMS sera appelée à jouer dans la coopération bilatérale et multilatérale en vue du développement médical. L'objectif qui nous rassemble tous ici - assurer le niveau de santé le plus élevé possible dans le monde entier - suppose la mise en commun de toutes les énergies. Qui, mieux que l'Organisation mondiale de la Santé, est en mesure de le faire ? :

Le PRESIDENT

:

J'appelle à la tribune le délégué du Sénégal. :

Monsieur le Président, honorables délégués, permettez -moi, au nom Le Dr NDIAYE (Sénégal) de ma délégation, de féliciter M. le Directeur général de l'OMS, le Dr Mahler, pour la consistance et la pertinence de son Rapport sur l'activité de l'Organisation en 1974, rapport qu'il vient de brosser avec élégance et éloquence. Vous l'avez fort justement fait remarquer, Monsieur le Directeur général, dans votre Introles malaises socio- économiques des puissances nanties ont cruellement retenti sur les duction pays en voie de développement. Mais il y a aussi, en ce qui nous concerne en particulier, que les huit années de sécheresse consécutives ont été catastrophiques et nous ont assommés. Ces huit années ont réduit nos efforts et rendu notre action beaucoup plus difficile. Et c'est pourquoi, dans ce contexte, nous sommes d'accord avec vous, Monsieur le Directeur général, pour affirmer qu'une politique sanitaire et une planification générale sont difficiles à formuler et que chaque pays se doit, compte tenu de ses priorités, de dégager sa propre politique et son propre programme d'action. Le Sénégal a pour sa part fondé les principes de sa doctrine en matière de santé, dans ses plans de développement économique et social, sur l'indivisibilité de l'action médicosanitaire et le droit à la santé de chaque citoyen sénégalais. La priorité a été ainsi accordée au développement de l'action sanitaire en milieu rural - donc à la médecine de masse -, aux activités de prévention, et aux tâches éducatives et sociales. Ce concept de "médecine une et indivisible" se confirme tout naturellement dans notre politique d'intégration de l'action médico- sanitaire et sociale, intégration qui, comme l'écrit le Dr Quenum, Directeur de l'Organisation mondiale de la Santé pour la Région africaine, "se ramène à une mise en commun cohérente des structures administratives, des fonctions et des techniques en vue d'une meilleure utilisation des ressources disponibles pour atteindre le meilleur état :

de santé possible ".

Mais la meilleure appréciation de l'état de santé d'une population n'est -elle pas liée à la perception du changement de comportement et de mentalité à l'égard des problèmes sanitaires ? N'est -elle pas surtout la prise de conscience de ces mêmes populations et leur confiance dans les actes médicaux de tous les jours ? Dans ce contexte, la reconversion de nos populations est telle que leurs demandes dépassent bien souvent les possibilités qu'on leur offre. D'où la nécessité d'une programmation concertée avec les diverses institutions dont les activités

126

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

touchent plus ou moins la santé, et la participation de ces populations à la recherche et au maintien de "leur état de complet bien -être physique, mental et social ". Le Sénégal a mis à profit la participation responsable des masses populaires, jusque dans le domaine de la santé, par la création de maternités rurales, de pharmacies villageoises et de "cases de soins ". Certes, cette approche n'en est qu'à ses débuts, mais et le rejoint, Monsieur le

Directeur général, votre concept de "l'agent de santé de village ". Vous avez également raison, Monsieur le Directeur général, d'écrire "qu'une approche fonctionnelle est préférable à une approche structurale, si l'on veut atteindre les objectifs de programmes complexes ", et notre quatrième plan de développement économique et social, qui insiste sur la restauration et la fonctionnalité de nos services de santé existants et exclut toute création nouvelle non impérieuse qui ne viendrait qu'alourdir le système en place, illustre votre assertion. La recherche scientifique et technique occupe une place importante dans les préoccupations du Gouvernement sénégalais, ce qui a motivé la création d'une "Délégation à la Recherche scientifique ". Aussi la recherche biomédicale, indispensable pour le progrès de la médecine, devra être intensifiée et spécialisée à l'échelon régional, ce qui implique que des centres internationaux de recherches spécialisées soient créés dans différentes zones, compte tenu de leurs spécificités endémo- épidémiques, et les nations nanties devraient aider financièrement et matériellement la réalisation de nos programmes. S'agissant de l'environnement et de l'assainissement, Monsieur le Directeur général, nous sommes plus que convaincus de l'influence du milieu sur la santé de l'individu. L'équilibre si nécessaire de l'homme et de son environnement a tant préoccupé le Gouvernement sénégalais que celui -ci a créé un Ministère de l'Environnement, et c'est ainsi qu'une école d'agents de l'assainissement fonctionne au Sénégal depuis quelques années. La nécessité s'est d'ailleurs fait sentir d'élever le niveau de la formation de ces techniciens du génie sanitaire, mais les besoins sont si grands et si impérieux, et nos possibilités réelles si limitées, qu'une aide extérieure est indispensable pour la réalisation de ces projets. Qui évoque les problèmes de santé dans nos pays en devenir évoque également les problèmes de nutrition qui en sont la composante fondamentale et conditionnent le développement. Or nous savons tous l'état de carence alimentaire de nos pays, lequel retentit sur la santé de nos populations, en particulier sur celle des enfants. Les huit années de sécheresse qui viennent de sévir dans les pays du Sahel ont pesé lourdement sur l'état nutritionnel et partant sur la santé de nos populations. Mais l'action considérable du Gouvernement du Sénégal, appuyée par l'aide internationale, a atténué la catastrophe. Et c'est ici le lieu de remercier l'ensemble des nations amies qui ont concouru à cette magnifique oeuvre de solidarité humaine. En matière de surveillance de la situation nutritionnelle et de recherche d'une méthodologie applicable partout, le Sénégal dispose de l'Organisation de Recherche sur l'Alimentation et la Nutrition africaine (ORANA) et d'un bureau d'application, le SANAS. Ce dernier a défini un programme national d'éducation et de surveillance nutritionnelles avec l'aide du Secours catholique américain et du FISE et procède à l'inventaire des aliments locaux à mettre à la disposition des mères de famille pour un meilleur équilibre alimentaire de leurs enfants. Pour permettre à nos pays de tirer le maximum de profit des possibilités de leur sol, il faut soutenir efficacement les grands projets d'aménagement hydro- agricoles qui s'intègrent dans des programmes régionaux et sous - régionaux. C'est le cas de l'Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS) intéressant le Sénégal, le Mali et la Mauritanie. Mais avant toute réalisation de ces programmes, le préalable sanitaire doit être résolu. Dans ce domaine, le Sénégal compte beaucoup sur l'aide de l'Organisation mondiale de la Santé pour résoudre le problème de l'onchocercose, qui conditionne l'aménagement des fleuves Sénégal et Gambie et le repeuplement des "terres neuves" du Sénégal oriental. C'est une de nos préoccupations majeures. Les conditions d'existence en zones rurales sont telles que, souvent, les populations désertent les campagnes pour aller encombrer les villes. Cela pose de graves problèmes de santé mentale qui, si l'on n'y prenait garde, risquent d'être un fléau au même titre que les endémies majeures. Le Sénégal, conscient de ce fait, a inscrit dans son plan de développement économique et sociall'assistance régionale psychiatrique, dont le but est non seulement de prendre en charge le malade dans son propre milieu, mais aussi d'envisager la prophylaxie des maladies mentales. Le Sénégal est l'un des pays d'Afrique qui bénéficie de l'existence au sein de son université d'une chaire de neuro- psychiatrie qui travaille en étroite collaboration avec les thérapeutes traditionnels. Il est également conscient que la meilleure prophylaxie mentale réside dans la fixation des populations au terroir. La réforme scolaire, avec la création de l'enseignement moyen pratique, la réforme administrative avec la naissance des communautés rurales, vont dans ce sens. Le programme élargi de vaccination de l'Organisation mondiale de la Santé a toujours retenu notre attention et nous y avons souscrit pleinement, car nous sommes convaincus que c'est le moyen le plus efficace pour juguler certaines grandes endémies. Il y a donc lieu de maintenir encore la vaccination antimorbilleuse car, après l'avoir négligée ou abandonnée momentanément, nous avons vu de grandes flambées meutrières de rougeole dans certaines de nos contrées. Le choléra est encore là, sommeillant mais potentiel. La moindre inadvertance nous conduira aux années épidémiques.

SIXIEME SEANCE PLENIERE

127

Ainsi les problèmes de santé sont diversifiés dans nos pays où les moyens de les résoudre sont réduits. C'est pourquoi nous avons souscrit à la conception des "services de santé de base" dont le programme a débuté il y a cinq ans dans l'une de nos régions et dont l'extension se poursuit en cercles concentriques. Le Président Léopold Senghor l'a dit "Sans hommes compétents et consciencieux, il est inutile de parler de développement ", soulignant ainsi l'importance du développement des ressources en personnel et en cadres de santé. C'est pourquoi le Sénégal, faisant de la formation des hommes la priorité des priorités dans le domaine de la santé notamment, a créé spécialement une école militaire de santé qui accroîtra dans deux ans et d'une façon notable l'effectif des médecins. Il n'est pas impossible que, dans un temps qui n'est pas lointain, mon pays puisse apporter dans ce domaine son assistance à d'autres pays de notre sous -continent. Nous voudrions insister pour finir sur l'obligation qui est faite aux Etats Membres d'informe rapidement l'OMS de tous les faits intéressant leur situation sanitaire, et sur la nécessaire collaboration entre pays limitrophes pour résoudre les problèmes de santé qui leur sont :

communs.

Voilà, Monsieur le Président, honorables délégués, notre contribution, qui découle de notre expérience, en matière de politique sanitaire. Puisse, Monsieur le Président, honorables délégués, cette Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé être celle de la compréhension et de la solidarité internationale "sans restriction ni arrière- pensée ". Le PRESIDENT la Malaisie. :

Merci,

Monsieur le délégué du Sénégal. Je donne la parole au délégué de

M. LEE SIOK YEW (Malaisie) (traduction de l'anglais) Monsieur le Président, Monsieur le Directeur général, Messieurs les délégués, au nom de la délégation malaise je saisis cette occasion pour vous transmettre, Monsieur le Président, ainsi qu'à tous les Membres de l'Organisation, tous les voeux du Gouvernement et des populations de la Malaisie. Mon gouvernement entretient des relations étroites avec l'Organisation mondiale de la Santé depuis notre indépendance, en 1957, et je puis vous assurer que le Gouvernement de la Malaisie soutient sans réserve les activités et les programmes de l'Organisation. L'année dernière, mon gouvernement a eu le privilège de participer au niveau régional à l'examen du cinquième programme général de travail de l'OMS. Je suis tout prêt à reconnaître avec le Dr Mahler que l'Organisation ne doit pas se contenter de fournir aux Etats Membres une assistance au coup par coup, mais qu'elle doit surtout se préoccuper d'aider les Etats Membres à aborder la planification sanitaire dans une perspective intégrée et systématique. En tant que pays en voie de développement, la Malaisie est toute acquise à l'aide technique de l'OMS dans ce domaine. Je pense me faire l'écho de nombreux pays en voie de développement en disant que l'un des aspects de l'assistance qui mérite la plus haute priorité, c'est la planification et la formation des personnels de santé, car l'efficacité des prestations de santé dépend dans une grande mesure de la quantité et surtout de la qualité des effectifs sanitaires. A l'heure où l'OMS est en train de préparer le sixième programme général de travail, je voudrais suggérer que la durée de ce programme soit portée de cinq à six ans. Cela permettrait de mieux l'aligner sur la programmation biennale que nous avons déjà adoptée, tout en facilitant à l'avenir l'examen du programme. Monsieur le Président, le caractère pluridisciplinaire des problèmes de santé ne fait absolument aucun doute. Les responsables de la planification et de la mise en oeuvre des services de santé ont constaté dans la pratique que les problèmes de santé sont étroitement liés aux divers autres problèmes qui se posent aux collectivités. Si nous entendons résoudre les problèmes de santé, nous ne pouvons plus nous permettre de travailler isolément. L'approche globale qui doit être la notre ne doit pas seulement consister à intégrer les activités des différents secteurs de la santé, mais également à intégrer les activités du secteur de la santé à celles des autres secteurs et des autres institutions. Mais s'il est un problème pluridisciplinaire par excellence, c'est sans doute celui de la malnutrition. Nous admettons tous que la malnutrition n'est plus considérée uniquement comme un problème relevant de la médecine ou de la santé publique, mais comme un problème de développement. Aussi faut -il féliciter l'OMS d'avoir mis l'accent sur les cinq secteurs prioritaires. En ce qui concerne la coordination des activités nutritionnelles avec les activités correspondantes des services de santé, j'irai pour ma part plus loin encore et je recommanderai très fermement la coordination et l'intégration des activités du secteur de la santé, y compris la nutrition, avec celles des autres secteurs, notamment l'agriculture, l'économie domestique, l'éducation et l'information, en privilégiant le développement communautaire. En d'autres termes, l'approche que je préconise n'est pas seulement pluridisciplinaire, mais aussi interdisciplinaire. Pour résoudre les problèmes d'alimentation et de nutrition, mon gouvernement admet parfaitement la nécessité d'adapter les politiques nationales d'alimentation et de nutrition à la situation particulière de chaque pays. En ce qui concerne le programme, cependant, mon gouvernement estime que nous devrions examiner l'actuel programme de nutrition appliquée et nous demander si le moment n'est pas venu d'en élargir la portée et d'en faire un programme d'alimentation et de nutrition appliquées. Ce n'est sans doute qu'à ce prix que :

128

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

les problèmes d'alimentation et de nutrition pourront être réglés de façon véritablement intégrée, notamment au niveau local. Monsieur le Président, ma délégation admire beaucoup l'oeuvre considérable réalisée par l'OMS dans la lutte contre la variole, et je tiens à féliciter chaleureusement le Directeur général à ce sujet. Le thème retenu cette année pour la Journée mondiale de la Santé "Variole le point de non -retour" - est à la mesure des perspectives optimistes que réserve l'avenir. En Malaisie, la dernière épidémie de variole s'est produite il y a quinze ans, en 1960. Nous avons déjà décidé de supprimer dans nos ports les bâtiments réservés aux services quarantenaires, étant donné qu'ils n'ont plus servi depuis plus de quarante ans. En lieu et place, nous avons un plan d'alerte qui nous permettra de faire face à la situation au cas assez improbable où l'on découvrirait un cas suspect de variole ou de toute autre maladie quarantenaire à l'entrée de notre territoire. Enfin, je voudrais parler d'un problème de santé publique qui, à l'heure actuelle, retient toute notre attention en Malaisie, à savoir la fièvre hémorragique dengue. La première grande épidémie de fièvre hémorragique dengue s'est produite en Malaisie péninsulaire en 1973; il y a eu 969 cas et 54 décès. En 1974, nous avons enregistré une épidémie plus grave encore avec 1482 cas et 104 décès. Particulièrement inquiétant a été le fait que cette maladie, que l'on rencontre généralement dans les villes, s'est propagée dans les campagnes. Etant donné ce fait nouveau, la relation entre les opérations de pulvérisations de la campagne d'éradication du paludisme et la lutte contre la fièvre hémorragique dengue devra être étudiée de près. Mon gouvernement, soucieux de tout mettre en oeuvre pour faire face à ce problème, se préoccupe du rôle que le personnel chargé de l'éradication du paludisme pourrait jouer en combattant aussi la fièvre hémorragique dengue dans les zones rurales. :

Le PRESIDENT Merci, Monsieur le délégué de la Malaisie. Mesdames et Messieurs, je suis désolé, mais je suis obligé d'arrêter ici pour le moment la discussion des points 1.10 et 1.11. Je dois donc m'excuser tout particulièrement auprès des délégués de la République Démocratique Allemande et des Etats -Unis d'Amérique, qui avaient pourtant promis d'être brefs, et leur demander de bien vouloir se trouver ici, présents au poste, pour la reprise des travaux à 20 h.30, etje leur donnerai la parole immédiatement. Je voudrais d'autre part vous dire qu'il figure sur ma liste - que je vais maintenant clore avec votre approbation - 103 orateurs. Nous avons constaté que le succès de ces séances est grand et, avec votre permission, je vais rapidement donner lecture des pays encore inscrits République Démocratique Allemande, EtatsUnis d'Amérique, Fidji, Nigéria (dont le délégué a très aimablement accepté de ne pas présenter verbalement son exposé, qui sera imprimé in extenso), Mongolie, Zambie, Soudan, Algérie (le délégué de ce pays a également accepté de remettre simplement son exposé qui sera imprimé dans nos comptes rendus), Yougoslavie, Mexique, Roumanie, République Arabe Syrienne, Gambie, Chine, Egypte, Guatemala, Chili, Pérou, Hongrie, Ghana, Guinée, Brésil et République Centrafricaine. Les délégations dont je viens de donner les noms parleront en tout état de cause à la séance de ce soir, à partir de 20 h.30 jusqu'au moment où nous aurons entendu la dernière de ces délégations. J'ignore donc à quelle heure nous terminerons nos travaux. Viennent ensuite sur ma liste les pays suivants Ouganda, Venezuela, Union soviétique, Nicaragua, Gabon, Cuba, Colombie, Honduras, République populaire démocratique de Corée, Bolivie, Somalie - qui ont exprimé le désir de parler en tout cas à la séance de lundi après -midi République -Unie de Tanzanie, Bostwana, Singapour, Israël, République -Unie du Cameroun, Grèce, Birmanie, Royaume -Uni, Bangladesh, Australie, ThaTlande, ZaTre, Afghanistan, Nouvelle -Zélande, Niger, Dahomey, Mali, Haute -Volta, Paraguay, République du Sud Viet -Nam, Costa Rica, Japon, Philippines, Uruguay, Namibie et Libéria (les délégations de ces deux derniers pays ont cependant accepté de ne pas prononcer leur discours et de le remettre pour impression), Indonésie, Equateur, Yémen, Italie (dont la délégation ne présentera pas non plus son exposé oralement), Portugal, Qatar, Oman, Papua- Nouvelle- Guinée, Rwanda, République Arabe Libyenne, Tchécoslovaquie, Maroc, Sri Lanka, Congo, Pakistan, République de Corée, Côte d'Ivoire, Turquie, Kenya, Burundi, Mauritanie, Koweit, enfin l'Organisation de Libération de la Palestine en qualité d'observateur. Si d'autres délégations souhaitent encore s'inscrire, elles peuvent s'annoncer. Comme c'est la tradition, l'observateur du Saint -Siège parlera en dernier lieu. On me fait savoir que la délégation de la Guinée, que nous devions entendre ce soir, renonce à prononcer son exposé et le remettra pour impression. En l'absence de nouvelles inscriptions et conformément à notre Règlement intérieur, je déclare close la liste des délégations qui parleront au titre des points 1.10 et 1.11 de notre ordre du jour. Sous réserve de l'assentiment du Bureau, une séance plénière sera donc consacrée ce soir à la poursuite de la discussion générale. Elle débutera à 20 h.30 et se prolongera jusqu'à ce que tous les orateurs inscrits aient parlé. Je déclare la séance levée. : :

:

,

La séance est levée à 17 h.30.

SEPTIEME SEANCE PLENIERE

Jeudi 15 mai 1975, 20 h.30 Président :

Professeur S. HALTER (Belgique)

DISCUSSION GENERALE DES RAPPORTS DU CONSEIL EXECUTIF SUR SES CINQUANTE- QUATRIEME ET CINQUANTE CINQUIEME SESSIONS ET DU RAPPORT DU DIRECTEUR GENERAL SUR L'ACTIVITE DE L'OMS EN 1974 (suite)

Mesdames et Messieurs, je voudrais d'abord vous exprimer mes sentiments Le PRESIDENT d'admiration pour votre présence ici ce soir, car beaucoup d'entre nous ont dû quitter pour cela différents endroits où il était plaisant de se trouver. Je vais donner d'emblée la parole au délégué de la République Démocratique Allemande. :

Monsieur le Président, Le Professeur MECKLINGER (République Démocratique Allemande) Monsieur le Directeur général, honorables délégués, au nom de la délégation de la République Démocratique Allemande je tiens à vous présenter, Monsieur le Président, de même qu'à Messieurs les Vice -Présidents et à leurs collègues, mes félicitations à l'occasion de votre élection à ces hautes fonctions, et à souhaiter que nos travaux soient couronnés de succès. C'est avec un grand intérêt que la délégation de la République Démocratique Allemande a étudié les documents préparés pour la présente Assemblée. Elle voudrait adresser au Directeur général et à ses collaborateurs ses remerciements pour leur grand travail constructif et également pour leur persévérance optimiste visant le noble but d'une "sécurité collective internationale en matière de santé ", comme le disait le Dr Mahler. Nous partageons l'opinion qu'une sécurité collective internationale dans le domaine de la santé n'est pas possible sans paix, sans sécurité et sans coopération entre Etats à systèmes sociaux différents, et qu'elle n'est possible que sur la base de la coexistence pacifique. Pour arriver à ce grand but, nous avons besoin de l'Organisation des Nations Unies, car pour cela il n'y a pas d'alternative, comme le déclarait récemment le Dr Waldheim, Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies, lors de son séjour à Berlin, capitale de la RDA. L'OMS, en tant qu'institution spécialisée importante du système des Nations Unies, atteindra ses buts élevés dans le domaine de la santé d'autant plus vite qu'elle aidera par ses moyens spécifiques à approfondir le processus de la détente internationale et à l'étendre au monde entier, et qu'elle s'associera à l'isolement des forces qui s'opposent aux tendances humanitaires déterminant l'évolution de notre époque. Dans ce contexte, la délégation de la RDA condamne les violations persistantes des droits élémentaires de l'homme par la junte militaire au Chili, qui continuent à frapper aussi des forces progressistes dans le domaine de la santé publique. Ces jours -ci, nous avons célébré le trentième anniversaire de la victoire sur le fascisme hitlérien et la fin de la deuxième guerre mondiale. Plus de cinquante millions de morts, parmi lesquels vingt millions de citoyens de l'Union soviétique, des destructions sans nom, les' maladies et épidémies par suite de la guerre nous appellent à défendre la grande acquisition qu'est la période la plus longue de paix qu'ait connue l'histoire de l'Europe durant ce siècle et à libérer les générations futures du fléau de la guerre. La victoire de l'Union soviétique et des autres peuples et Etats de la coalition antihitlérienne, à laquelle a contribué largement la lutte des forces progressistes dans les pays opprimés par l'hitlérisme, a été la condition préalable de la fondation de l'Organisation des Nations Unies et de l'adoption de sa Charte. C'est alors que, dès sa fondation et l'adoption de sa Constitution, l'OMS a obtenu le mandat de promouvoir une coopération réciproquement avantageuse entre les Etats. Par ses moyens spécifiques, l'OMS a apporté sa contribution à la coopération fructueuse entre Etats souverains. La leçon que nous tirons du trentième anniversaire de la victoire sur le fascisme hitlérien est qu'à la grande coalition antihitlérienne d'il y a trente ans doit succéder à l'époque actuelle une large coalition de tous ceux qui oeuvrent pour la paix, la sécurité et la coopération. Et qui donc serait mieux placé pour y contribuer que les organisateurs de la santé publique, les médecins chercheurs et praticiens, tous ceux qui ont mis leur vie au service de la santé des hommes ? La victoire de la coalition antihitlérienne sur l'impérialisme fasciste, qui a entrafné de grands changements sur le plan politique et social en Europe et ailleurs, a aussi donné un élan à la lutte de tous les peuples opprimés par le colonialisme pour la liberté et l'indépendance nationale, dont les gouvernements constituent aujourd'hui la grande majorité de notre organisation. C'est pourquoi ma délégation félicite le peuple vietnamien de sa victoire grandiose. Elle salue cordialement l'admission de la République démocratique du Viet -Nam à l'OMS comme expression du renforcement des principes de l'universalité et de l'humanité; elle tient aussi pour absolument légitime qu'à la suite de la grande victoire du Front de libération sud vietnamien, le Gouvernement révolutionnaire provisoire de la République du Sud Viet -Nam ait pris sa place parmi les Etats Membres de l'OMS. :

- 129 -

130

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

La victoire de l'Union soviétique sur le fascisme hitlérien a également créé les conditions qui ont permis de réorganiser dans un esprit antifasciste et de démocratiser la santé publique en République Démocratique Allemande, pour aboutir, sous la direction de la classe ouvrière et de son parti, au développement et à la réalisation d'un système socialiste de santé publique. L'expérience acquise durant ces trente années dans la création d'un service national de santé efficace, la prestation de soins et de services médicaux généreux et gratuits pour les citoyens, notamment pour les travailleurs de l'industrie et de l'agriculture, la formation et le perfectionnement de spécialistes nationaux de la santé publique, le développement de la formation et de la recherche médicales, la protection de la mère et de l'enfant ainsi que le développement et le perfectionnement continu de la planification dans le domaine de la santé en République Démocratique Allemande confirme ce qu'a déclaré le Directeur général, à savoir que l'amélioration de la santé est inséparable du développement social et économique. C'est ainsi qu'en République Démocratique Allemande les efforts en vue de la santé, de la capacité créatrice et de la joie de vivre jusqu'à l'âge le plus avancé sont de plus en plus devenus partie intégrante d'un mode de vie basé sur la société tout entière et encouragé fortement par l'Etat socialiste, et ils sont partagés par les citoyens eux -mêmes. Dans les conditions sociales de la République Démocratique Allemande, l'unité de politique économique et de politique sociale est garantie dans tout son sens. La République Démocratique Allemande est prête à mettre à la disposition de l'OMS son expérience, notamment lors de la conférence mondiale sur le développement des services nationaux de santé proposée par l'Union soviétique.

Mesdames, Messieurs, la présente Assemblée se tient au cours de l'année proclamée par la vingt -huitième session de l'Assemblée générale des Nations Unies Année internationale de la Femme En RDA, la promotion de la femme et son égalité juridique, politique et économique avec l'homme font partie intégrante et sans restriction de la politique planifiée et conséquente de notre Etat. Actuellement, 84,5 % des femmes entre 15 et 60 ans travaillent ou passent par une formation professionnelle. Avec 49,1 %, près de la moitié de la population active est de sexe féminin. Le personnel de la santé publique et des affaires sociales de la RDA compte presque 90 % de femmes. Durant une seule génération, nous avons réussi à liquider les différences entre le niveau d'instruction des hommes et des femmes. Les femmes et filles de notre pays socialiste ne connaissent ni discrimination d'aucune sorte, telle que paiement inégal, possibilités insuffisantes de formation professionnelle ou d'instruction, ni le chômage complet ou partiel. Dans notre système de santé, nous avons tenu compte de cette égalité réelle des femmes et des mères par une assistance médicale et sociale générale pour les femmes enceintes et les mères qui travaillent et pour les enfants. La délégation de la RDA est d'avis que notre organisation devrait elle aussi remercier toutes les femmes actives et courageuses du monde qui, en qualité de médecins, d'infirmières ou de travailleuses sociales, mettent toutes leurs forces au service de la santé de l'humanité. Nous devrions aussi remercier toutes les mères, entre les mains desquelles repose la santé des enfants, c'est -à -dire l'avenir du monde. Le Directeur général a notamment constaté dans son Rapport annuel que le succès des programmes de l'Organisation dépend du progrès des connaissances qu'on ne peut obtenir que par des travaux de recherche planifiés et coordonnés. Je voudrais compléter cette juste constatation en disant qu'une haute qualité scientifique dans la réalisation des programmes de l'OMS ne peut être atteinte que si, grâce au rôle coordonnateur de l'Organisation, il existe une avance scientifique suffisante dans le domaine de la recherche fondamentale et appliquée et si l'introduction des résultats récents de la recherche dans la pratique peut être assurée. Cela vaut pour les problèmes de la recherche sur le cancer et sur les maladies cardio -vasculaires, et tout particulièrement aussi pour les maladies encore endémiques dans les pays en voie de développement, dont les causes sont souvent dues également à des facteurs socio- économiques. Nous avons le droit d'être fiers des succès que notre organisation a remportés dans la lutte contre la variole. L'expérience acquise dans cette lutte devrait nous servir dans la lutte contre d'autres maladies qu'on peut contrôler par des vaccinations efficaces. Mais en ce qui concerne les maladies parasitaires des régions tropicales, telles que le paludisme, la schistosomiase et l'onchocercose, de grands efforts seront encore nécessaires pour ouvrir une brèche dans ce domaine. La délégation de la République Démocratique Allemande approuve pour l'essentiel les idées directrices évoquées dans l'Introduction du budget programme pour les deux années à venir. Nous saluons particulièrement l'accent mis sur l'évaluation systématique des programmes de l'OMS et la recommandation que des indicateurs sensibles soient intégrés dans la planification des programmes afin que les résultats soient mesurés suivant les objectifs globaux, régionaux et nationaux. La délégation de la RDA soutient avec insistance les efforts en vue d'aider les pays en voie de développement dans la création et la direction d'établissements nationaux et régionaux de formation de médecins, de personnel infirmier et technique, ceci étant une condition fondamentale pour le développement d'une infrastructure efficace du service national de santé et pour l'indépendance nationale dans ce domaine.

SEPTIEME SEANCE PLENIERE

131

Les dépenses d'armement dans le monde dépassent actuellement de plusieurs fois les dépenses pour la santé publique. C'est ainsi qu'on a calculé que 80 % des budgets militaires actuels suffiraient pour éliminer de la terre, dans les vingt prochaines années, la faim, les maladies dues à la sous -alimentation et l'analphabétisme. Le Directeur général de l'OMS a eu raison de constater dans son message à l'occasion de la Journée mondiale de la Santé que la fin de la variole "est aussi le commencement d'une époque nouvelle pour l'OMS qui, ayant contribué à montrer ce qu'il est possible de faire pour éliminer la maladie quand toutes les nations se joignent dans un effort commun, pourra s'attaquer plus efficacement à la multitude des autres problèmes de santé auxquels nous devons encore faire front." Se basant sur les relations entre la paix et la santé ancrées dans la Constitution de l'OMS comme principes fondamentaux pour le bonheur des peuples, ma délégation est d'avis que notre organisation, en tant qu'institution spécialisée de l'ONU et responsable de la santé de l'humanité, doit apporter son soutien actif à toutes les mesures visant au désarmement, tout particulièrement à la Conférence mondiale du Désarmement, ainsi qu'à la Convention sur l'interdiction d'agir sur l'environnement et le climat à des fins militaires et autres incompatibles avec le maintien de la sécurité internationale, le bien -être et la santé de l'être humain, propositions soumises par l'Union soviétique. Le renforcement de la détente politique, complétée par des mesures concrètes dans le domaine du désarmement, mettrait notre organisation à même d'obtenir des succès encore plus décisifs dans le domaine de la santé des peuples.1 Le PRESIDENT Merci, Monsieur le délégué de la République Démocratique Allemande. Je donne la parole au délégué des Etats -Unis. :

Monsieur le Président, Le Dr COOPER (Etats -Unis d'Amérique) (traduction de l'anglais) Monsieur le Directeur général, Messieurs les délégués, pour gagner du temps, je résumerai ce qui est déjà un résumé. Ma délégation reconnaît que cette Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé a une tâche importante à remplir sur le plan de la santé publique. Nous nous joindrons à nos collègues pour entreprendre une oeuvre constructive de santé publique et nous le ferons avec enthousiasme. Pour résoudre les problèmes, nous nous laisserons guider par l'esprit nouveau que le Dr Mahler a insufflé à l'Organisation, notamment en mettant l'accent sur la coordination et sur la planification sanitaire nationale. Parmi les multiples problèmes auxquels nous devons continuer à chercher une solution, il y a ceux que posent de grandes maladies tropicales comme la schistosomiase et le paludisme. Nous devons trouver de nouveaux moyens d'assurer les soins de santé primaires, des moyens qui tiennent compte d'une façon réaliste des facteurs sociaux, économiques et culturels qui influent sur l'état de santé et sur l'issue de la maladie. Les vues de ma délégation sur cette question importante sont exposées en détail dans une déclaration plus complète dont le texte, Monsieur le Président, sera communiqué au Secrétariat pour figurer dans le compte rendu in extenso.2 Monsieur le Président, Monsieur le Directeur général, Messieurs les délégués, c'est pour moi un grand privilège et un plaisir d'assister pour la première fois à une Assemblée mondiale de la Santé. Quoique étant un nouveau venu, je connais bien l'oeuvre importante que l'OMS a accomplie. La tâche qui nous attend à cette Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé n'est pas moins importante. C'est donc pour nous une grande chance que nos délibérations soient guidées par vous -même, Monsieur le Président, et par vos éminents collègues du bureau. Le rapport très documenté du Dr Taylor sur les deux dernières sessions du Conseil exécutif nous sera extrêmement utile. De toute évidence, le Conseil a déployé une activité croissante pour surveiller les travaux et les programmes de l'Organisation et donner des avis à leur sujet. Ses conclusions renforceront nos propres travaux et seront, j'en suis sûr, profitables au Directeur général. Aujourd'hui, après vingt -huit ans de tâches et de réalisations considérables, l'Organisation est encore loin du but - amener tous les peuples au niveau de santé le plus élevé possible - et il reste des problèmes sanitaires à résoudre tant dans les pays les moins développés que dans les pays les plus développés. Cependant, il est permis d'espérer. Voici tout juste dix ans, la Dix -Huitième Assemblée mondiale de la Santé s'est engagée à relever le défi de la variole, laquelle sévissait alors à l'état endémique dans une trentaine de pays, était notifiée dans une douzaine d'autres et n'épargnait aucune région du globe. En soulignant de nouveau que l'objectif était l'éradication, la Dix -Huitième Assemblée mondiale de la Santé a réclamé un effort à l'échelle mondiale et une stratégie pour intensifier le programme d'éradication. Le succès imminent de cet effort montre bien que la coopération internationale peut être extrêmement efficace. :

1 Le texte ci- dessus est la version intégrale du discours prononcé par le Professeur Mecklinger sous forme abrégée. 2 Le texte qui suit a été communiqué par la délégation des Etats -Unis d'Amérique pour insertion dans le compte rendu, conformément à la résolution WHA20.2.

132

VINGT- HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

Il importe de noter que l'OMS n'a pas été seule à accomplir cette tâche. Outre ses propres réalisations, l'Organisation a coordonné et guidé les efforts de bien d'autres participants. Cet appel à la coordination est très souvent lancé par le Dr Mahler. En nous tournant vers l'avenir, nous devrons conserver un espoir fondé sur les réalisations passées. Nous devrons aussi nous rappeler que les grandes maladies tropicales sont encore loin d'être vaincues. L'éradication de la variole n'est pas encore complète. Dans la lutte contre le paludisme, nous avons perdu du terrain parce que, bien souvent, dans le programme mondial, les Etats Membres n'ont pas continué à appliquer les principes fondamentaux bien connus de la lutte contre la maladie. Le paludisme reprend l'offensive dans beaucoup de pays au moment même où les efforts déployés pour vaincre d'autres graves maladies infectieuses se révèlent plus difficiles parce que l'espoir et la volonté nationale ont fléchi. En songeant aux dix prochaines années, nous devons faire preuve d'optimisme, non seulement parce que bien des nations du globe possèdent aujourd'hui de meilleures ressources techniques, mais aussi parce que l'Assemblée s'attaque avec réalisme aux problèmes que pose la fourniture de soins de santé à la plus grande partie de la population mondiale. La présente Assemblée de la Santé aura à examiner des méthodes entièrement nouvelles pour offrir des soins de santé primaires à l'immense majorité des populations des pays en voie de développement, qui, après vingt -huit ans d'efforts, ne peuvent encore accéder normalement aux services sanitaires. A notre avis, l'initiative que l'Organisation a prise en appelant l'attention de l'Assemblée sur ce problème est de la plus haute importance pour l'avenir de la santé publique. Les besoins sanitaires de la planète sont immenses, mais les ressources sont faibles. Notre tâche est de les gérer de telle sorte qu'elles aient le maximum d'effet. Le rôle, en tous points unique, de l'Assemblée de la Santé est d'identifier et de coordonner les ressources sanitaires existantes. L'insistance de l'Organisation sur l'amélioration de la programmation sanitaire par pays est un élément d'une importance critique dans une vaste stratégie cohérente visant à ce que chaque pays puisse répartir les services de santé dans la population d'une manière équitable sans que le coût dépasse ses possibilités financières. A condition qu'on lui accorde la priorité qui lui revient, la programmation sanitaire par pays pourra servir de modèle pour un progrès rationnel des soins de santé primaires, de la nutrition et des services de santé de la famille au profit du plus grand nombre. Pour être efficace, la stratégie sanitaire nationale ne doit pas être dissociée de la planification socio- économique. La misère, la malnutrition, le surpeuplement, le défaut d'hygiène et le manque de moyens se conjuguent pour réduire à néant les efforts les plus méritoires. Cela est particulièrement frappant dans le cas de la lutte contre les maladies associées à la mise en valeur des ressources en eau. L'une de ces maladies, la schistosomiase, bénéficie maintenant d'une plus grande attention. Comme principe fondamental, il faut établir, lors de l'élaboration des projets d'aménagement hydraulique, des directives en vue d'une planification, d'une exécution et d'une surveillance efficaces, afin de réduire le plus possible les risques de propagation de la schistosomiase et des autres maladies transmises par l'eau. Nous formulons l'espoir que les délibérations et les décisions de la présente Assemblée mondiale de la Santé encourageront le Directeur général dans ses efforts pour appuyer les programmes nationaux et coordonner les activités internationales tendant à lutter contre la schistosomiase et les autres maladies liées à l'exploitation des ressources en eau. Toutefois, en dernière analyse, c'est dans chaque pays la population elle -même qui est responsable de sa santé. En dépit de tous leurs efforts, l'Organisation mondiale de la Santé et les autres organismes donateurs ne peuvent fournir une aide valable si la volonté nationale est insuffisante. Au cours des trois dernières années, trois grandes conférences mondiales ont été motivées par la nécessité d'une action internationale pour vaincre la malnutrition et la faim, améliorer la qualité de la vie lorsqu'elle est compromise par le surpeuplement et lutter contre la pollution de l'environnement. Une autre conférence se réunira dans quelques semaines pour examiner le rôle important de la femme dans le développement. Dans chacun de ces domaines, nous en sommes convaincus, il nous est possible de provoquer des transformations notables qui amélioreront la santé de la majorité des populations les plus déshéritées du globe. Sous la direction éminente du Dr Halfdan Mahler, notre Assemblée mondiale de la Santé et notre organisation ont un rôle important à jouer. C'est dans cet esprit que ma délégation participera aux délibérations de la Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé.

Le PRESIDENT Je remercie vivement le délégué des Etats -Unis de la façon positive et concise avec laquelle il a su formuler son exposé. Nous veillerons à ce que le texte soit publié in extenso dans les comptes rendus. Je donne maintenant la parole au délégué de Fidji. :

M. SINGH (Fidji) (traduction de l'anglais) Monsieur le Président, Messieurs les Ministres de la Santé, Monsieur le Directeur général, Messieurs les délégués, Mesdames et Messieurs, j'ai le plaisir et le privilège de transmettre à la Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé les voeux les plus cordiaux du Gouvernement et du peuple de Fidji. Je saisis cette occasion pour adresser, au nom de ma délégation, nos chaleureuses félicitations au Président de l'Assemblée, ainsi qu'à tous les Vice -Présidents et aux Présidents des commissions pour leur élection à ces hautes fonctions. :

SEPTIEME SEANCE PLENIERE

133

Ma délégation félicite de tout coeur le Directeur général et ses très efficaces collaborateurs d'avoir produit un Rapport annuel aussi excellent. Notre pays se compose de plus de 300 îles, peuplées de 560 000 habitants et dispersées sur une superficie de 425 000 km2 dans l'océan Pacifique. Bien que notre pays ait enregistré des progrès dans la distribution des soins de santé, nous savons qu'il nous faut rester toujours vigilants en nous efforçant constamment de maintenir et d'améliorer leur qualité. A cause du relief montagneux de nos Iles et de leur dispersion, il est extrêmement difficile d'accéder à bien des régions, qu'on ne peut atteindre qu'en bateau, à cheval, voire à pied. La plupart des services sanitaires sont assurés gratuitement ou pour une somme très modique. Nos services de santé ont pour caractéristiques, d'une part qu'ils font partie de la fonction publique, comme dans plusieurs autres pays en voie de développement, et, d'autre part, que la formation des travailleurs sanitaires de base - médecins, infirmières et auxiliaires paramédicaux - est complètement intégrée dans le Ministère de la Santé. Fidji accorde la priorité absolue à la santé maternelle et infantile. De plus, nos infirmières distribuent aux mères, à leur domicile, du matériel de planification familiale, ce qui leur évite des frais de transport, facteur d'importance considérable dans un pays qui ne dispose que de ressources limitées. Les chiffres les plus récents indiquent un taux de natalité de 29,7 pour 1000. C'est là une baisse considérable par rapport au chiffre de 40,88 enregistré en 1961, mais il reste que le taux de natalité n'a pas fléchi de façon appréciable ces dernières années en dépit de tous les efforts que mon ministère a déployés pour offrir notre aide à chaque femme et à chaque homme. C'est pourquoi nous comptons beaucoup sur l'assistance du Fonds des Nations Unies pour les Activités en matière de Population, dont nous attendons un montant d'environ US $8 000 000 au titre de la planification familiale, et j'espère sincèrement que cette aide sera approuvée d'ici à 1976 afin que nous puissions améliorer et accélérer nos activités dans ce domaine et, ainsi, sauver Fidji, surnommée "le paradis du Pacifique ". Nous disposons au total de 1660 lits d'hôpitaux, soit 3,2 lits pour 1000 habitants. Un nouvel hôpital de 350 lits, pour lequel nous avons reçu une aide du Royaume -Uni, est maintenant achevé à Lautoka, tandis qu'un autre hôpital de 120 lits à Labasa, dans l'autre ile principale de Fidji, est actuellement en construction avec un financement de l'Etat. Récemment, des ouragans ont gravement endommagé à maintes reprises plusieurs de nos centres de santé et postes de secours et nous nous efforçons de les reconstruire aussi rapidement que nos ressources le permettent. Mon ministère a récemment étudié de façon approfondie la malnutrition qui sévit surtout chez les enfants qui viennent d'être sevrés. Ce grave problème a pour causes la misère, l'ignorance, une certaine confusion quant au choix des aliments, l'urbanisation rapide, le surpeuplement, l'inflation, le manque d'hygiène, l'absence d'une planification familiale satisfaisante et certains interdits traditionnels. Nous sommes très reconnaissants à l'Organisation mondiale de la Santé de l'aide qu'elle a fournie pour les recherches sur la malnutrition. Mon ministère étudie actuellement l'intégration des services d'assainissement. Il a mis au point une latrine de type simple "à chasse" qui est bien acceptée par la population rurale. Une assistance a été demandée à cette fin au Programme des Nations Unies pour le Développement. Une poussée de dengue de type 1 a sévi récemment dans tout l'archipel, ainsi que dans les pays et territoires avoisinants. Contrairement aux épidémies de l'Asie du Sud -Est, celle -ci a coûté la vie non seulement à des enfants mais aussi à des adultes. Nous sommes reconnaissants à l'Organisation mondiale de la Santé de l'appui qu'elle nous a fourni pour lutter contre Aedes aegypti, sous la direction compétente du Professeur C. Y. Chow (conseiller régional pour la biologie des vecteurs et la lutte antivectorielle) et du Dr T. Suzuki (entomologiste chargé de fournir des services consultatifs pour la filariose). Près de 99 % de nos femmes enceintes fréquentent les dispensaires prénatals et 85 % des accouchements ont lieu à l'hôpital; tous les nouveau -nés sont vaccinés par le BCG. La plupart des enfants sont vaccinés contre la coqueluche, la diphtérie, le tétanos et la tuberculose, et ces maladies sont en régression rapide. Nous n'avons pas enregistré un seul cas de poliomyélite depuis 1962. La tuberculose et la lèpre ne sont plus les fléaux que nous avons connus voici seulement une dizaine d'années. Ces dernières années, nous avons centré notre attention sur les troubles du métabolisme et les maladies de dégénérescence. L'hypertension, les cardiopathies ischémiques et le diabète sont de plus en plus fréquents dans notre Région. Ces maladies ont maintenant tendance à frapper les gens moins âgés et nous avons commencé à tenir des registres afin de permettre une évaluation de leur incidence. Monsieur le Président, nos succès dans le domaine médical sont dus pour une large part à notre école de médecine et à notre école d'infirmières. Notre école de médecine dispense une formation de cinq ans pour les médecins et de quatre ans pour les dentistes. Nous formons aussi des radiographes, des techniciens d'anatomie pathologique, des diététiciens, des auxiliaires dentaires et des physiothérapeutes. Il est important de signaler que nous avons maintenant commencé à former des assistants médicaux et des infirmiers. Notre école de soins infirmiers dispense deux cours, dont l'un s'inspire du programme d'études en vigueur en Nouvelle -Zélande. Monsieur le Président, notre pays bénéficie d'une coopération et d'une assistance dans bien des domaines et grâce à de nombreux concours. Le Dr John Hirshman, représentant de l'Organisation mondiale de la Santé à Fidji, et le Dr Francisco Dy, Directeur régional de l'OMS pour

134

VINGT- HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

le Pacifique occidental, ainsi que les membres de leur équipe, n'ont jamais cessé de nous prodiguer leurs encouragements et leur appui le plus complet. Nos voisins immédiats, la Nouvelle -Zélande et l'Australie, de même que l'Inde et la Grande Bretagne, nous ont fourni une précieuse assistance en assurant des soins thérapeutiques complexes, en formant notre personnel médical, en accordant une aide matérielle et en effectuant des travaux de recherche à Fidji. Nous sommes particulièrement reconnaissants au Gouvernement de l'Inde d'avoir libéré quelques médecins pour qu'ils puissent travailler à Fidji. Sans ce concours, non seulement nos effectifs médicaux auraient été grandement insuffisants, mais de plus, à cause de l'exode des compétences et pour d'autres raisons, nous n'aurions pas pu rappeler nos médecins locaux des régions rurales pour qu'ils suivent des stages dans diverses spécialités ou soient envoyés en Inde, ce pays étant désormais notre principal centre de formation pour les médecins qui préparent un diplôme de chirurgie. Monsieur le Président, nous voudrions saisir cette occasion pour assurer de notre profonde reconnaissance le Gouvernement de l'Inde par l'entremise de son Excellence l'honorable Dr Karan Singh, Ministre de la Santé et de la Planification familiale, qui a été brillamment élu au nombre des Vice -Présidents de l'Assemblée. Tout en adressant nos chaleureuses félicitations au Directeur général, le Dr Mahler, pour son excellent Rapport, qu'il nous soit permis de formuler respectueusement les observations suivantes afin qu'elles soient prises en considération lors du débat sur l'activité future de l'OMS. 1) Une question qui est au premier rang des préoccupations de ma délégation touche à la politique fondamentale de l'Organisation mondiale de la Santé quel type d'assistance doit -elle fournir et faut -il qu'elle modifie sa politique traditionnelle ? L'aide accordée par l'Organisation mondiale de la Santé est -elle aussi utile qu'elle pourrait l'être ? Comment pourrait -on l'améliorer ? Ce sont là des questions importantes. A notre avis, il faut mettre l'accent sur le rôle coordonnateur de l'Organisation en matière d'aide sanitaire bilatérale et multilatérale. Nous estimons que l'OMS est bien placée pour recenser les priorités en collaboration avec les pays et conseiller ceux -ci quant à leurs besoins réels. Par exemple, dans notre cas, il est manifeste qu'aujourd'hui, en matière d'assistance sanitaire, nous avons besoin non pas tant de construire de nouveaux hôpitaux que d'améliorer l'approvisionnement en eau, les réseaux d'égouts, la lutte antivectorielle et la formation du personnel. C'est pourquoi l'Organisation doit coordonner dans toute la mesure possible l'aide sanitaire extérieure quelle qu'en soit la source. Il convient de réexaminer la doctrine qui veut que l'OMS soit essentiellement un 2) organe consultatif technique et non un organisme d'approvisionnement. A notre avis, il faudrait revoir la politique suivant laquelle les approvisionnements doivent être assurés par les gouvernements eux -mêmes, ou bien provenir d'organismes tels que le Fonds des Nations Unies pour l'Enfance, le Fonds des Nations Unies pour les Activités en matière de Population ou les services d'aide bilatérale. Ma délégation estime que l'Organisation devrait accroître son assistance aux pays sous forme de fournitures et de matériel pour les projets auxquels elle participe ou qu'elle a proposés et encouragés. Certes, les conseils sont toujours les bienvenus, mais lorsqu'un pays ne dispose que de ressources très restreintes, les recommandations figurant dans certains rapports resteront lettre morte si l'on ne dispose pas aisément d'une aide financière extérieure. Nous concevons fort bien que les exigences budgétaires limitent ce que l'OMS peut faire en matière de fournitures et de matériel. Nous ne préconisons pas qu'elle accorde une assistance pour les travaux de construction ni qu'elle fournisse des produits de consommation courante. Néanmoins, à notre avis, elle pourrait faire plus - même si cela entraîne une certaine réduction de la portée de ses services consultatifs - en intégrant, dans les projets auxquels elle participe, un élément appréciable de fournitures et de matériel. Cette suggestion s'appliquerait plus particulièrement aux projets d'assainissement. Il est certain que l'Organisation ne peut pas financer la construction d'égouts, mais elle pourrait fournir, dans les limites de ses possibilités budgétaires, des fonds de "catalyse" pour des articles tels que les pompes à eau pour zones rurales, le matériel nécessaire pour l'élimination des excreta, les pulvérisateurs pour la lutte contre les moustiques, les véhicules, etc. L'OMS devrait envisager une étude des moyens de surmonter la crise de l'énergie, 3) notamment en ce qui concerne son incidence sur les services de santé. Parmi les suggestions qui me viennent à l'esprit figure l'emploi des "gaz biologiques ", des déchets animaux et humains, notamment en milieu rural, ou des fours solaires. L'Organisation devrait envisager d'aider les pays pour l'exécution d'études de biolo4) gie marine, notamment en ce qui concerne la pollution qui détruit la vie animale dans les eaux côtières, réduisant ainsi l'approvisionnement en poissons et fruits de mer alors que ceux -ci constituent la principale source de protéines pour nos populations rurales. L'OMS pourrait étudier les effets des explosions nucléaires dans le Pacifique sud, où 5) de petites nations faibles sont devenues les cobayes d'une grande puissance. De l'avis de :

SEPTIEME SEANCE PLENIERE

135

ma délégation, on n'a pas encore suffisamment étudié sous tous leurs aspects les effets des radiations nucléaires sur la santé. L'OMS devrait envisager d'aider les pays qui désirent entreprendre une étude épidé6) miologique du cancer sur une base régionale. Le Medical Research Council du Royaume -Uni a fourni une certaine assistance à Fidji à cet égard et nous lui en sommes reconnaissants. Voilà, Monsieur le Président, quelques -unes des réflexions et suggestions dont je voulais vous faire part. Monsieur le Président, Fidji est sur le point de mettre en route son septième plan de développement et je suis heureux de pouvoir dire que l'OMS, d'autres institutions du système des Nations Unies et divers pays ont joué un rôle non négligeable dans l'exécution des plans précédents; nous espérons très sincèrement que leur aide sera maintenue et renforcée lors de la mise en oeuvre de notre nouveau plan. Enfin, Monsieur le Président, ma délégation souhaite à la Vingt- Huitième Assemblée mondiale de la Santé un plein succès dans ses délibérations.' Merci, Monsieur le délégué de Fidji. Le PRESIDENT Le délégué du Nigéria était le prochain orateur inscrit, mals il a accepté de faire publier son texte in extenso et de renoncer à le prononcer. :

M. ABISOYE (Nigéria) (traduction de l'anglais)2 Monsieur le Président, c'est avec un grand plaisir que je prends la parole pour la première fois devant cette auguste assemblée. Ma délégation adresse un cordial salut à celles du Botswana, de la Grenade et de la Guinée -Bissau qui pour la première fois participent à une Assemblée en qualité d'Etats Membres. Nous adressons aussi nos chaleureuses félicitations, en leur souhaitant très sincèrement la bienvenue, aux Tonga, à la République démocratique du Viet -Nam et au Mozambique, qui ont été admis comme Membres de l'OMS au début de la présente Assemblée. En outre, nous sommes très heureux d'accueillir la délégation du Gouvernement révolutionnaire provisoire du Sud Viet -Nam, qui occupe enfin la place qui lui revient à cette assemblée. Nous sommes persuadés que notre organisation continuera inlassablement à étendre son domaine de compétence afin d'atteindre son objectif ultime qui est de sauvegarder et de guider la santé de tous les peuples du monde. Monsieur le Président, permettez -moi d'exprimer ma reconnaissance au représentant du Conseil exécutif qui a présenté d'une manière très lucide le rapport sur les deux dernières sessions du Conseil. Je désire aussi féliciter le Directeur général d'avoir présenté son Rapport annuel pour 1974 d'une manière si compétente que nous avons maintenant une image très nette de l'activité de l'OMS pendant l'année écoulée et de ses plans d'avenir. Le Directeur général a souligné que le cinquième programme général de travail, qui couvre la période 1973 -1977, était expressément axé sur les besoins des pays. Comme il faut s'y attendre, ceux -ci varient beaucoup d'un pays à l'autre. L'assistance de l'OMS prend la forme d'une approche systématique qui permet aux pays d'identifier leurs problèmes sanitaires prioritaires, de spécifier les objectifs opérationnels dont dépend la solution des problèmes, et d'élaborer des programmes pour atteindre ces objectifs. Le Nigéria a pleinement profité de' cette approche. Je voudrais exprimer la reconnaissance de mon gouvernement pour l'aide qu'il a reçue de l'Organisation et du Programme des Nations Unies pour le Développement lors de la préparation du secteur "santé" de notre troisième plan national de développement, récemment lancé par le Gouvernement militaire fédéral du Nigéria. Pour la période d'exécution de ce plan (1975- 1980), un montant total de plus de 750 millions de naira est affecté au développement des services de santé et l'on espère que cela permettra de porter de 25 % à 40 7 la proportion de la population totale couverte par ces services. L'accent sera mis à juste titre sur l'extension aux zones rurales des centres de santé et des unités sanitaires (complétés au besoin par des dispensaires mobiles), afin d'y assurer les soins de santé primaires, y compris les services préventifs et curatifs, puisque la majeure partie de notre population habite les régions rurales où la couverture sanitaire est actuellement très fragmentaire. Le plan prévoit des programmes de formation élargis pour toutes les catégories de personnel de santé - médecins, dentistes, pharmaciens, infirmières, sages -femmes, techniciens de laboratoire, radiographes, et toutes autres catégories de personnel paramédical et auxiliaire - de façon à pouvoir disposer d'effectifs suffisants compte tenu du développement des infrastructures envisagé dans le plan. La mise en route d'un programme national de lutte contre le paludisme, qui viseà améliorer et à coordonner les travaux des différents services antipaludiques dans tous les Etats du Nigéria, est également inscrite dans le plan. Il est prévu que, d'ici à 1980, la majeure partie de la population bénéficiera d'un service antipaludique efficace. Au Nigéria, l'Organisation est associée depuis plusieurs années déjà aux travaux de recherche sur le paludisme et :

1 Le texte ci- dessus est la version intégrale du discours prononcé par M. Singh sous forme abrégée.

Le texte qui suit a été communiqué par la délégation du Nigéria pour insertion dans le compte rendu, conformément à la résolution WHA20.2.

2

136

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

à l'élaboration de techniques de lutte; mon gouvernement lui est reconnaissant de cette assistance, et notamment du concours du personnel OMS de terrain lors de la planification du programme national de lutte antipaludique. Nous avons aussi l'intention de nous lancer dans des programmes nationaux de lutte contre d'autres maladies transmissibles et notamment contre la tuberculose, la lèpre, la schistosomiase et l'onchocercose. A cet égard, nous espérons sincèrement que l'Organisation mettra volontiers à notre disposition l'expérience qu'elle a pu accumuler dans ces domaines, et singulièrement celle qu'aura permis d'acquérir le projet régional de lutte contre l'onchocercose dans le bassin de la Volta en Afrique de l'Ouest. Le thème de la Journée mondiale de la Santé pour 1975 - "Variole :le point de non- retour " met de nouveau en relief le succès de la campagne mondiale d'éradication de la variole entreprise par l'OMS. Comme l'a très justement signalé le Directeur général, nous ne devons pas nous reposer sur nos lauriers. Les services épidémiologiques améliorés qui ont été mis en place pendant cette campagne seront utilisés pour s'attaquer au problème d'autres maladies transmissibles. D'ailleurs, les résultats obtenus ne laissent subsister aucun doute sur le fait qu'avec l'OMS comme principal organe collaborateur, les campagnes de lutte menées à l'échelle mondiale contre les maladies transmissibles peuvent être couronnées de succès à condition qu'une coopération s'instaure aux niveaux inter -pays, national et local. Nous avons été particulièrement heureux d'accueillir au Nigeria pendant l'année écoulée un certain nombre de consultants de l'OMS, nos visiteurs les plus récents étant le Dr W. C. Cockburn, Directeur de la Division des Maladies transmissibles, et le Professeur J. Kostrzewski, qui ont séjourné dans notre pays en avril pour y évaluer les activités de l'OMS dans la lutte contre les maladies transmissibles. Nous sommes persuadés que leur visite aura pour résultat de renforcer encore la collaboration entre l'Organisation et le Nigeria dans cette lutte contre les maladies transmissibles. Je voudrais remercier aussi l'OMS de l'assistance qu'elle continue à nous accorder pour le développement des services épidémiologiques et des services de santé de base dans les différents Etats du pays et pour la dotation de nos écoles de médecine en enseignants et en matériel. Au cours de la période d'exécution du plan actuel, nous aurons besoin de former un personnel nombreux pour atteindre l'objectif souhaité et je suis persuadé que nous pouvons compter sur l'appui continu de l'OMS, d'autres institutions des Nations Unies telles que le FISE et le PNUD et des pays amis pour nous aider à former ce personnel tant au Nigeria qu'à l'étranger.

Je voudrais souligner pour terminer que la réussite enregistrée par l'OMS dans mon pays a été grandement facilitée par l'enthousiasme du Directeur régional de l'OMS pour l'Afrique, le Dr Quenum, et de ses excellents collaborateurs au Nigeria. Nous vous sommes extrêmement reconnaissants de l'aide que vous nous avez fournie et nous comptons sur votre concours et votre orientation pour l'immense programme de développement des services de santé qui nous attend.

Le PRESIDENT Le prochain orateur est le délégué de la Mongolie, que je prie de bien vouloir communiquer son message. :

M. NJAM -OSOR (Mongolie) (traduction du russe) Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les délégués, Mesdames, Messieurs, la délégation de la République populaire mongole vous félicite, Monsieur le Président et Messieurs les Vice -Présidents, de votre élection à ces hautes fonctions. Monsieur le Président, la délégation de mon pays constate avec grand plaisir que le nombre des Membres de l'Organisation mondiale de la Santé augmente, et nous félicitons les nouveaux venus à l'OMS. Je suis particulièrement heureux de féliciter les délégués de la République démocratique du Viet -Nam et du Gouvernement révolutionnaire provisoire du Sud Viet -Nam ainsi que l'héroYque peuple vietnamien qui a victorieusement mené à son terme une lutte longue et résolue pour l'indépendance, la liberté et la justice. Nous félicitons aussi les représentants du Mozambique et le peuple de ce pays qui a atteint ses objectifs à la suite de nombreuses années de lutte opiniâtre. Monsieur le Président, j'ai maintenant l'agréable devoir de féliciter le Directeur général, le Dr Mahler, du Rapport très complet qu'il nous a soumis. En prenant connaissance de ce rapport, nous avons eu l'attention attirée par certains problèmes de politique de santé publique dont l'OMS a commencé à s'occuper ces dernières années. Le Dr Mahler met au premier plan l'approche systématique des problèmes desantépublique et en particulier la programmation sanitaire par pays; il souligne que l'assistance de l'OMS sera sans grand effet si elle n'offre qu'une solution partielle aux différents problèmes qui se posent dans les pays. Le Rapport fait mention d'une première expérience de programmation sanitaire effectuée au Bangladesh, au Népal et dans certains autres pays. Il est facile de comprendre que cette orientation sera très avantageuse dans de nombreux pays où l'on n'a pas mis sur pied jusqu'ici de système unifié de services de santé ou de planification sanitaire centralisée à court ou à long terme. :

SEPTIEME SEANCE PLENIERE

137

En attendant, même si à première vue certains des projets de l'OMS en cours dans des pays Membres peuvent paraître isolés, ils n'en auront pas moins une incontestable utilité. Nous n'en voulons pour preuve que la collaboration fructueuse qui s'est établie entre la Mongolie et l'OMS pour certains projets qui, non seulement sont suivis de très près par l'Etat, mais encore bénéficient de crédits considérables. En ce qui concerne la lutte contre les maladies infectieuses, nous sommes heureux de constater le succès du programme d'éradication de la variole entrepris à l'instigation des Etats Membres de l'OMS et exécuté avec leur appui. A l'heure actuelle, même si la variole existe encore dans certains pays, nous pouvons déjà nous réjouir à l'idée de la victoire imminente sur ce fléau de l'humanité. En revanche, pareil optimisme ne se justifie pas pour d'autres maladies infectieuses. L'efficacité très limitée du programme d'éradication du paludisme et la menace que continuent à faire peser des maladies infectieuses et parasitaires telles que le choléra, la lèpre, l'hépatite, l'onchocercose, etc. ne peuvent que susciter l'inquiétude. C'est à très juste titre qu'il est signalé dans le Rapport du Directeur général que, pour combattre les maladies infectieuses, il faut une démarche pluridisciplinaire, tant de la part des organisations internationales que de la part des gouvernements des pays où ces maladies sévissent encore. Selon notre délégation, si l'OMS veut remporter de nouveaux succès dans cette direction, elle doit avant tout choisir correctement ses sphères d'activité et fixer des priorités pour les problèmes à résoudre. Une telle approche est particulièrement nécessaire à l'heure actuelle, étant donné les difficultés financières et la croissance excessive du budget de l'OMS. Nous nous inquiétons tout particulièrement de voir que l'augmentation du budget et les crédits supplémentaires serviront surtout à défrayer des dépenses administratives au lieu de concourir à l'accroissement de l'aide fournie aux pays en voie de développement en vue du renforcement de leurs services nationaux de santé, et notamment de la lutte efficace contre ces maladies infectieuses qui nous préoccupent tous. Monsieur le Président, grâce aux efforts de notre gouvernement et à la collaboration efficace des pays frères et de l'OMS, de nombreuses maladies infectieuses ont été extirpées de la Mongolie, sans parler de la variole, du choléra et du paludisme. Ces dernières années, nous n'avons eu à déplorer que des cas isolés de coqueluche, de diphtérie et de rougeole. D'autre part, la morbidité due à la tuberculose et à la méningo -encéphalite a considérablement décru. Une autre question importante abordée dans le Rapport du Directeur général est celle de la recherche biomédicale et de la collaboration en matière de cancer. Ce problème de dimension mondiale touche les intérêts de tous les pays et de l'ensemble de l'humanité, ce qui explique que les efforts déployés par l'OMS pour développer la collaboration dans ce domaine aient l'appui sans réserve des Etats Membres. Notre délégation demande une fois de plus à l'Organisation de poursuivre et d'intensifier ces efforts. L'an dernier, notre pays a fêté le cinquantième anniversaire de la proclamation de la République et nous avons fait le point des résultats obtenus, notamment dans le domaine de la santé. Il y a un demi -siècle, nous n'avions aucun établissement médical et pas un seul médecin qualifié. Aujourd'hui, notre pays est doté d'un système national unifié de services de santé, avec un réseau d'établissements médicaux implantés dans tout le pays. D'après les statistiques de l'an passé, il y avait 20 médecins et 100 lits d'hôpital pour 10 000 habitants. Outre l'amélioration des principaux indices de l'état sanitaire de la population et les progrès de la santé publique, il convient de signaler la grande attention prêtée au développement des sciences médicales, à l'éducation et à la formation permanente du personnel médical, et à la mise à la disposition des populations rurales de soins médicaux de qualité. Dans notre pays, le développement des services de santé et de la recherche médicale est régi par la planification d'Etat à long terme. Monsieur le Président, en tant que représentants de la plus humanitaire des professions, nous nous réjouissons de voir la tension se relâcher progressivement dans le monde. Les foyers de guerre de l'Indochine se sont éteints, tandis qu'au Proche -Orient on n'a enregistré ces derniers temps aucun affrontement important. La tension subsiste cependant dans cette dernière région, ainsi que les graves conséquences de l'agression. L'humanité suit avec beaucoup d'espoir les efforts visant à créer des bases permanentes de sécurité en Europe, ce qui pourrait constituer un exemple pour les autres continents, et notamment pour l'Asie. Cette situation généralement favorable contraste nettement avec les attentats dont la junte militaire se rend coupable au Chili, où elle continue à persécuter les partisans du progrès. La délégation de la République populaire mongole condamne sans équivoque les agissements de la junte militaire chilienne et demande qu'elle cesse immédiatement ses actes inhumains à l'encontre des patriotes chiliens. Monsieur le Président, je voudrais dire en conclusion qu'à l'avenir d'autres peuples et d'autres pays recouvreront leur liberté et leur indépendance. Nous espérons que l'Organisation mondiale de la Santé agira fructueusement et efficacement en vue de renforcer la santé des peuples du monde entier. Le PRESIDENT :

La parole est au délégué de la Zambie.

138

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II :

Le Dr BULL (Zambie) (traduction de l'anglais) Monsieur le Président, Monsieur le Directeur général, Mesdames et Messieurs les délégués, Mesdames, Messieurs, je tiens à remercier le Directeur général et le Secrétariat de l'excellent Rapport, très complet, qu'ils nous ont soumis. Non seulement ce Rapport expose en termes concis les activités de notre organisation, mais on y trouve certaines idées novatrices sur ses futures fonctions. Mon gouvernement est reconnaissant à l'Organisation d'avoir continué à appuyer nos efforts pour que les soins de santé destinés à notre population deviennent une réalité. Monsieur le Président, je voudrais confirmer au Directeur général que, sous réserve d'un rapide examen et de l'approbation du projet d'accord, mon Gouvernement est disposé à participer à la création du Centre de Recherches biomédicales de Ndola. Plans et travaux destinés à transformer certaines parties de l'hâpital en laboratoires et en bureaux sont déjà bien avancés. Nous espérons que le premier groupe de scientifiques arrivera en Zambie en juin de cette année pour les activités préliminaires. Leur arrivée et leur présence en Zambie contribueront sans aucun doute à accélérer la planification définitive et l'exécution du projet. Nous remercions l'OMS et le Directeur régional pour l'Afrique, le Dr Quenum, d'avoir répondu favorablement à nos demandes de monitrices pour l'école supérieure d'infirmières. J'ai le plaisir d'annoncer qu'avec l'arrivée de ces monitrices l'école devrait ouvrir en septembre de cette année. L'industrie de mon pays repose depuis longtemps sur l'extraction du cuivre. Aussi, le développement des services de médecine du travail a -t -il surtout été axé sur la pneumoconiose et la tuberculose. Les progrès des autres branches industrielles, de l'agriculture et de l'industrie agricole exigent maintenant une expansion correspondante de la médecine du travail. Mon Gouvernement a l'intention de s'appuyer à cette fin sur l'infrastructure qu'offre déjà l'Office médical et de recherche pour la pneumoconiose. A cet égard, je tiens à remercier le Directeur régional de nous avoir envoyé des consultants spécialistes de la médecine du travail et des services de réadaptation. Malgré un renforcement régulier des effectifs et l'extension incessante de la couverture sanitaire de la population, les problèmes posés par les maladies transmissibles continuent à nous préoccuper. L'année dernière, mon pays a da faire face à un nouveau problème. Pour la première fois depuis que les événements médicaux y sont enregistrés, la Zambie a connu une poussée épidémique de méningite cérébro- spinale. On a compté 262 cas dont 8 mortels.Ils'agissait, heureusement, d'une épidémie circonscrite puisqu'elle n'a touché que trois des huit provinces du pays. Nous sommes reconnaissants à l'OMS qui s'est portée promptement à notre secours en fournissant au Ministère de la Santé du vaccin antiméningococcique, de la chloromycétine et des sulfamides retard. Un programme de vaccination contre la méningite est en cours afin de protéger les groupes vulnérables dans les établissements scolaires et autres. Mon Gouvernement espère que l'on pourra ainsi éviter de nouvelles poussées épidémiques de cette maladie gravement invalidante. Nous maintenons la surveillance épidémiologique, en dépit du fait que la plus grande partie des populations frontalières de notre pays sont instables. Je suis heureuse d'annoncer une fois de plus, Monsieur le Président, que nous avons pu empêcher toute apparition du choléra dans le pays. De même, nous pouvons signaler une fois encore qu'aucun cas de variole n'a été observé au cours des sept dernières années. Je tiens à remercier l'OMS de son appui constant, qui a permis ce succès. Nous sommes aussi reconnaissants du renforcement de notre service épidémiologique par l'affectation d'un épidémiologiste en Zambie. Nous remercions encore l'Organisation de nous avoir fourni du vaccin antivariolique pour la phase d'entretien de notre programme. Je veux également remercier d'autres organisations internationales telles que le FISE et le PNUD de l'aide apportée à la protection et à la promotion de la santé dans mon pays. Il s'est agi d'une assistance matérielle et financière pour nos programmes de développement des personnels de santé. Les taux de natalité et de mortalité sont encore à un niveau beaucoup trop haut dans mon pays. C'est pourquoi la population est une population jeune. La proportion des personnes à charge est élevée et les services sociaux sont soumis à une vive pression. Tous ces facteurs, joints au fait que les masses exigent de plus en plus de services de santé, font que nos problèmes sont considérables. Les fluctuations monétaires internationales ont encore alourdi le fardeau de nos services de santé. Les prix des vaccins, des médicaments et du matériel médical sont constamment en hausse. Etant donné la dispersion de notre population dans les zones rurales, l'augmentation du coût des transports rend plus compliquée la tâche consistant à faire face aux besoins sanitaires des gens. Nos programmes de vaccination contre les maladies transmissibles progressent d'année en année et l'indice de fréquentation dans les dispensaires pour enfants de l'ensemble du pays s'est multiplié plusieurs fois. Cette évolution, Monsieur le Président, nous a posé certains problèmes la pénurie de personnel d'encadrement et la hausse du prix des transports déjà signalée ont fait peser de sérieuses contraintes sur nos efforts de développement. Les services de santé scolaire et de planification familiale sont désormais intégrés dans les services de santé maternelle et infantile. Du fait des contraintes en matière d'effectifs, de matériel et de crédits, l'aide extérieure, et notamment celle de l'OMS et d'autres institutions, restera indispensable à la croissance et à la consolidation de ces services. Mon :

SEPTIEME SEANCE PLENIERE

139

gouvernement serait très reconnaissant si cette assistance pouvait être augmentée, en particulier dans le domaine des transports, dont je n'ai pas besoin de souligner l'importance. Nous apprécions beaucoup les services du spécialiste de la santé maternelle et infantile que le Directeur régional pour l'Afrique, le Dr Quenum, a mis à notre disposition. Monsieur le Président, je voudrais évoquer rapidement les incidences sanitaires de la situation politique en Afrique australe. Nous nous réjouissons que le Mozambique et l'Angola accèdent à l'indépendance dans le courant de l'année. Mon gouvernement espère que l'Organisation fera tout ce qui est en son pouvoir pour contribuer à améliorer la situation sanitaire des populations de ces deux pays. Mais la liberté politique n'est pas assez pour ces peuples. Il faut qu'elle soit pour eux un moyen de se libérer de la maladie, de la faim et de l'ignorance. C'est pourquoi mon gouvernement espère que l'OMS et les autres organisations internationales renforceront leurs programmes d'aide à ces deux pays qui ont courageusement mené un juste combat pour leur liberté. Nous nous félicitons que notre assemblée ait décidé de faire du Mozambique un Membre de plein exercice de l'Organisation mondiale de la Santé lorsque ce pays accédera à l'indépendance au mois de juin. Cela permettra au Mozambique de participer pleinement aux travaux de l'Organisation et de profiter de l'expérience des autres Etats Membres. Mon gouvernement espère aussi que le Zimbabwe bénéficiera sous peu de la règle de la majorité et qu'il prendra sa place au sein de cette noble assemblée. Je tiens ici, Monsieur le Président, à adresser les chaleureuses félicitations de ma délégation aux peuples des Tonga et de la République démocratique du Viet -Nam qui sont devenus Membres de l'Organisation mondiale de la Santé. Pour conclure, Monsieur le Président, je voudrais remercier le Président et les Vice Présidents sortants de la remarquable façon dont ils se sont acquittés de leurs fonctions. La manière dont ils ont conduit les activités de l'Organisation mérite notre admiration. Je vous remercie tous de votre attention et souhaite à notre assemblée beaucoup de succès dans ses travaux. Le PRESIDENT Soudan.

:

Je vous remercie vivement, Madame, et je donne la parole au délégué du

Monsieur le Président, Monsieur le Directeur Le Dr AROP (Soudan) (traduction de l'anglais) général, Mesdames, Messieurs, c'est pour moi un grand honneur que de pouvoir m'adresser à cette Assemblée mondiale de la Santé au nom de ma délégation. Tout d'abord, je veux saisir cette occasion pour transmettre à l'Assemblée les salutations du Gouvernement et du peuple de la République démocratique du Soudan. Nous sommes redevables à l'Organisation mondiale de la Santé de sa précieuse assistance matérielle et technique qui nous a aidés à maintenir et à intensifier les progrès et le développement de divers programmes de santé, notamment en matière d'enseignement et de formation ainsi que de lutte contre les grandes maladies endémiques et transmissibles. Monsieur le Président, j'estime que c'est pour moi aujourd'hui une occasion unique de vous informer, de même que l'Assemblée, des aspects de nos activités et de nos programmes qui sont dignes de votre attention et de celle des honorables délégués des Etats Membres de l'Organisation mondiale de la Santé. Notre politique vise à mettre en place sur toute l'étendue du territoire soudanais un système national de soins médicaux gratuits. En effet, nous pensons que la santé est un investissement en potentiel humain et, à ce titre, l'un des piliers du développement économique, que la prévention et l'hygiène du milieu sont deux moyens clés d'allier sécurité et investissement économique, et que la santé est un droit qui doit être garanti à tous les citoyens. Les priorités essentielles de notre politique sanitaire sont les promotion et développement de la médecine préventive et sociale, amélioration et suivantes promotion de la santé rurale, formation de diverses catégories de personnels de santé, y compris de cadres professionnels, techniques et auxiliaires, renforcement des services médicaux curatifs, et promotion de la recherche scientifique axée en priorité sur les problèmes de santé les plus pressants. Un groupe national pour la santé, assisté d'experts de l'OMS, a pu formuler un programme national de santé très soigneusement étudié qui a été transmis au Gouvernement et aux organes politiques du pays. L'un des éléments les plus importants de ce programme est la couverture élargie des populations rurales au moyen de services de santé primaires. C'est pourquoi nous recherchons une assistance extérieure multilatérale et bilatérale pour la mise en oeuvre de ce :

:

programme.

Monsieur le Président, nous ne négligeons pas les enquêtes sanitaires relatives aux grands projets de mise en valeur tels que ceux de Jongle! et du Rahad. Il est désormais admis que l'élément sanitaire fait d'emblée partie intégrante de l'ensemble du budget de tout projet de mise en valeur. Le budget de l'équipement du Ministère de la Santé est en augmentation régulière depuis les cinq dernières années. Cependant, étant donné l'ampleur énorme des programmes nationaux de développement, les services de santé ne sont pas en mesure de faire face à la multiplicité des problèmes que posent les projets.

140

VINGT- HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

L'hygiène du milieu constitue un problème de plus en plus préoccupant dans mon pays par suite de la croissance rapide de la population dans les régions habitées et de l'urbanisation. Beaucoup reste à faire dans ce domaine au niveau national, étant donné les besoins croissants de la population et la menace que représentent les vecteurs de maladies. Il faut espérer que nous disposerons bientôt des moyens nécessaires pour promouvoir et développer l'hygiène du milieu. Un service de génie sanitaire a déjà été mis en place au Ministère de la Santé. Le paludisme est l'un de nos principaux problèmes nationaux, surtout dans les régions qui se consacrent aux cultures de rapport ou autres. Par la menace qu'elle représente pour notre main -d'oeuvre, cette maladie pèse lourdement sur notre économie. Il a été établi que les vecteurs du paludisme étaient devenus résistants aux insecticides classiques. Aussi a -t -il fallu recourir à un insecticide de rechange extrêmement coûteux (le malathion), d'un prix trop élevé pour notre actuel budget de la santé. Grâce à l'aide de l'OMS et de certains pays amis, 200 tonnes de malathion, ainsi que du matériel et des moyens de transport, nous ont été fournis. Nous sommes en train de travailler à résoudre ce problème avec l'assistance technique de l'OMS. La schistosomiase constitue pour nous un autre sujet d'inquiétude. Mon ministère aorganisé un programme doté d'effectifs importants, avec des experts soudanais du Ministère de la Santé, du Conseil national de la Recherche et de l'Université de Khartoum ainsi que d'autres venus de l'Université de Londres, afin d'évaluer les médicaments utilisés pour le traitement de cette maladie et les moyens employés à l'heure actuelle pour lutter contre elle. Une zone d'environ 800 hectares a été affectée à un projet pilote et des résultats prometteurs ont déjà été obtenus. Le document A28/6 ne fait pas état des enseignements précieux que l'on a tirés de ce projet; nous comptons bien en faire profiter nos collègues au cours de la discussion de ce document.

En ce qui concerne la variole, je suis heureux de répéter que nos efforts d'éradication ont été couronnés de succès. Depuis le début de la campagne - en 1969 pour le nord du pays, en 1972 pour la région sud - 16 millions de Soudanais ont été vaccinés. Nos projets pour l'avenir sont de placer ces régions sous surveillance continue afin d'y maintenir l'immunité, une attention toute particulière étant prêtée à la vaccination des nouveau -nés. Cela fait maintenant plus de deux ans que nous n'avons pas enregistré un seul cas au Soudan. Devant les succès obtenus par les projets pilotes de vaccination contre la méningite cérébro- spinale entrepris avec l'aide de l'OMS, un projet national de vaccination générale des enfants des écoles contre cette maladie a commencé à Khartoum et à Juba en février 1975. Il est prévu de l'étendre graduellement aux autres régions du pays. La vaccination des enfants contre les maladies infectieuses fait l'objet d'un autre projet entrepris avec l'aide de l'OMS et du FISE. Nous envisageons d'étendre ce projet à toutes sortes de vaccinations. Un plan complet a été élaboré et présenté à l'Organisation pour examen et assistance éventuelle. Parmi les autres grandes maladies endémiques prioritaires sur le plan social et médical et présentant de l'importance sur le plan économique, il faut citer la trypanosomiase, l'onchocercose, la lèpre et le kala -azar. Des plans d'éradication ont été dressés. Nous espérons qu'avec l'aide de l'OMS et de certains pays amis nous pourrons nous rapprocher sensiblement de cet objectif. Monsieur le Président, je voudrais souhaiter la bienvenue aux nouveaux Etats Membres, la République démocratique du Viet -Nam, le Royaume des Tonga et le Mozambique. D'autre part, notre délégation appuie le droit des réfugiés palestiniens à retourner dans leurs foyers. Conformément à la résolution WHA27.42, nous demandons au Directeur général de consacrer des crédits suffisants à l'amélioration de la situation sanitaire des populations des territoires occupés, qui est en train de se dégrader, et de faire en sorte que ces crédits soient gérés sous le contrôle direct de l'Organisation mondiale de la Santé, par l'intermédiaire d'un représentant désigné à cet effet. Nous voulons également appuyer la proposition de la République arabe d'Irak tendant à adopter l'arabe comme langue de travail de l'OMS. Ma délégation tient aussi à remercier le Gouvernement du Canton de Genève de son aimable hospitalité. Monsieur le Président, je conclurai en renouvelant à l'Assemblée nos remerciements pour l'aide économique et technique que nous a constamment et généreusement fournie l'Organisation, et en exprimant ma gratitude toute particulière au Directeur régional pour la Méditerranée orientale, le Dr Taba, qui a toujours été pour nous un grand ami sans cesse disposé à collaborer à la solution de nos problèmes. Le PRESIDENT de l'Egypte. :

Merci, Monsieur le délégué du Soudan. C'est maintenant au tour du délégué

Le Dr MOHY EL -DIN (Egypte) (interprétation de l'arabe) Monsieur le Président, je tiens tout d'abord à dire que je me réjouis de la décision prise par l'Assemblée d'admettre les nouveaux Membres, car nous croyons à l'universalité de notre organisation. Nous sommes heureux de voir s'élargir les rangs de l'OMS. Nous nous félicitons par conséquent de voir la République démocratique du Viet -Nam, le Mozambique et les Tonga admis en qualité de Membres et les représentants de l'Organisation de Libération de la Palestine admis en tant qu'observateurs. Nous sommes certains que la Palestine pourra participer à la Vingt- Neuvième Assemblée mondiale de la Santé en qualité de Membre de notre organisation. :

SEPTIEME SEANCE PLENIERE

141

De nombreux pays ayant récemment accédé à l'indépendance placent leurs espoirs dans l'OMS dont ils attendent une aide pour améliorer la santé de leurs populations. Nombre de pays d'Afrique se tournent vers l'Organisation pour laquelle ils éprouvent beaucoup d'estime et d'admiration. Nous espérons que ces pays feront l'objet d'une attention toute particulière, dans un esprit fraternel et humanitaire. Si nous nous réjouissons de voir augmenter le nombre des Membres de l'OMS, c'est d'abord en raison du droit qu'ont tous les peuples de faire partie en pleine égalité de la collectivité internationale et de collaborer avec elle; c'est en deuxième lieu parce qu'il en résulte pour l'Organisation un soutien élargi et par conséquent davantage de stabilité et des possibilités d'action potentiellement accrues. Monsieur le Président, nous ne devons jamais oublier que chaque fois que l'on accomplit quelque chose, on accroît d'autant ses responsabilités. L'admission de nouveaux Etats Membres étend les possibilités matérielles de l'Organisation mais en élargissant ses responsabilités; elle apporte aussi un nouveau potentiel humain dans lequel il sera possible de puiser. La santé va avec le bonheur, et il n'y a pas de conscience heureuse en face du malheur des autres. On ne peut que déplorer les tristes conséquences du malheur et de la maladie. A cet égard, nous regrettons beaucoup de constater qu'aucune décision n'a été prise pour contrecarrer les tendances inflationnistes de l'époque actuelle. Je ne demande pas l'impossible. Cependant, je ne crois pas me tromper en disant qu'il nous appartient, à nous plus qu'à tous autres, de forger notre propre destin, de prendre nos responsabilités et d'essayer de débarrasser de toutes considérations égoYstes notre lutte contre la maladie. Monsieur le Président, je voudrais exposer quelques idées sur cet équilibre difficile à réaliser entre nos aspirations et les moyens dont nous disposons. Cela ne signifie pas que nous ne devons pas définir avec précision les problèmes de santé du jour et leur ordre de priorité afin d'essayer de les résoudre. Je pense aux millions d'êtres humains qui, sur la terre, se tournent vers nous avec confiance et espoir, et en particulier aux populations qui souffrent de la schistosomiase et du paludisme ainsi que de difficultés économiques. Tous les projets, toutes les enquêtes devraient faire l'objet d'analyses, ce qui suppose une étude scientifique. Toutefois, je me demande vraiment si notre préoccupation de définir les dimensions et l'ampleur des problèmes de santé ne risque pas de nous empêcher de reconnaître la gravité de ces problèmes. En d'autres termes, avons-nous le droit de fixer un plan ou une stratégie pour régler les problèmes de santé et mettre au moins à la disposition des populations des soins de santé primaires, quand nous cherchons à équilibrer nos moyens et nos responsabilités ? Le fait que nous examinions la situation pour connaître le prix de la lutte contre la maladie ne devrait cependant pas nous faire oublier ou négliger les aspects humanitaires, ni les gens qui souffrent de ces maladies ou qui en sont menacés. Au cours de la présente session, l'Assemblée mondiale de la Santé examinera le problème de la schistosomiase et du paludisme cependant qu'au mois d'octobre, au Caire, se tiendra une conférence sur la schistosomiase. Nous comptons bien sur la participation de l'OMS et de nombreux spécialistes de la question. Nous avons essayé pendant de nombreuses années de lutter contre la schistosomiase avec les moyens classiques dont nous disposons, mais nous espérons que les participants à la conférence du Caire sauront dresser des plans rigoureux qui nous aideront à extirper graduellement cette maladie afin que nous en soyons débarrassés le plus rapidement possible. Nous estimons que c'est là la meilleure façon de faire face aux besoins de l'humanité. Avant de conclure, Monsieur le Président, je ne voudrais pas oublier, devant cette assemblée internationale composée de personnes qui luttent pour le bonheur et l'élévation des niveaux de vie, nos frères des pays occupés qui vivent dans les conditions d'hygiène les plus horribles et les plus épouvantables qui soient. Il appartient à l'OMS de faire face à la situation et d'embrasser cette cause avec son dévouement et son courage habituels. Merci beaucoup, Monsieur le Vice -Président, délégué de l'Egypte. Je vais Le PRESIDENT maintenant donner la parole au délégué de la Yougoslavie, mais comme ce délégué souhaite parler dans sa langue nationale, je demanderai au Dr Lambo de faire une communication. :

Le DIRECTEUR GENERAL ADJOINT (traduction de l'anglais) Monsieur le Président, le délégué de la Yougoslavie a demandé à parler dans sa langue nationale, conformément à l'article 86 du Règlement intérieur de l'Assemblée mondiale de la Santé. Un interprète dont les services sont fournis par le délégué de la Yougoslavie donnera simultanément lecture du texte du discours en :

anglais.

Le PRESIDENT

:

Madame le délégué, vous avez la parole. 1

Monsieur le Président, Monsieur le Mme TOMIC (Yougoslavie) (interprétation du slovène) Directeur général, cette Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé se réunit à un moment où le monde connaît de profonds changements politiques et économiques. En Asie, le combat hérotque des peuples du Cambodge et du Sud Viet -Nam s'est terminé par la victoire sur les forces impérialistes, et la liberté a été conquise au prix de sacrifices :

1 Conformément à l'article 86 du Règlement intérieur.

142

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

humains et de pertes matérielles énormes. Dans la situation nouvelle qui s'est créée, l'Organisation mondiale de la Santé devra orienter ses actions et ses programmes de manière à aider ces peuples à réparer les destructions de la guerre avec l'aide de la communauté internationale. L'appel lancé par le Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies nous fait un devoir à nous, Etats Membres, de trouver un terrain d'entente et d'offrir une aide rapide, efficace et au besoin à long terme. Plus d'un million et demi d'enfants - orphelins de guerre, dont quelques centaines de milliers sont infirmes, victimes des techniques militaires les plus dévastatrices - attendent notre secours. La Yougoslavie a suivi avec beaucoup de sympathie le combat des peuples héroiques du Viet -Nam et du Cambodge. Elle a fourni un appui moral et matériel aux mouvements de libération et, dans les organisations internationales, notamment à l'Organisation mondiale de la Santé, elle a soutenu les véritables représentants des peuples de ces pays pour qu'ils puissent prendre leur place parmi nous. En Afrique, on assiste à des modifications profondes qui auront des répercussions considérables sur le développement du continent. Un grand nombre de pays ont déjà été libérés. Ils s'efforcent maintenant de réaliser un développement accéléré. Par la lutte armée, les peuples de la Guinée -Bissau, du Mozambique et de l'Angola ont accédé à l'indépendance. Le colonialisme y a laissé les marques profondes d'une longue exploitation maladie, analphabétisme, faim, retard économique, pénurie de personnel qualifié, etc. Par leurs propres moyens, ces pays ont déjà entrepris de remédier aux conséquences du régime colonial. Ils attendent néanmoins de l'Organisation une aide importante qui leur permette d'acquérir davantage de connaissances et de compétences. Malheureusement, sur le sol africain, le colonialisme et des formes grossières de discrimination raciale existent toujours. Les peuples d'Afrique du Sud et de Rhodésie et d'autres régions où persistent encore les vestiges du colonialisme continuent de souffrir. Nous espérons qu'ils prendront bientôt conscience de leurs droits nationaux et que nous les aiderons à surmonter leurs difficultés dans le domaine de la santé. Les peuples du Moyen -Orient, pays arabes amis, mènent un juste combat pour la libération des territoires qui leur ont été enlevés par la force. En cela, ils sont appuyés par tous les peuples progressistes. La lutte du peuple palestinien pour sa liberté et son développement, y compris le droit de former un Etat, a gagné de nombreux soutiens, notamment celui des Nations Unies. Les peuples d'Amérique latine, qui combattent pour leur émancipation économique et politique ont obtenu d'importants résultats; leurs efforts sont compris et appuyés par tous les pays non alignés et les pays en voie de développement. Dans le domaine économique, on s'emploie sur le plan mondial à instaurer un nouvel ordre économique et à empêcher l'élargissement du fossé entre pays développés et pays en voie de développement, conformément à la déclaration des Nations Unies adoptée par l'Assemblée générale à sa sixième session extraordinaire. C'est dans ce contexte que nous devons juger les décisions qui engagent l'Organisation mondiale de la Santé à entreprendre des actions plus rapides et plus efficaces dans le cadre d'un effort global. Le Rapport du Directeur général et les documents complémentaires préparés pour la présente Assemblée montrent bien l'ampleur des activités menées par l'Organisation au cours de l'année écoulée sous la conduite du nouveau Directeur général. Il n'est pas douteux que le succès de ces activités n'aurait pas été aussi tangible sans le concours des Etats Membres. Permettez -moi d'aborder maintenant la question des stratégies et tactiques selon lesquelles l'Organisation s'efforce de promouvoir la santé de tous les peuples du monde. Le Rapport du Directeur général souligne que les objectifs principaux du cinquième programme général de travail n'ont pas été atteints dans toute la mesure souhaitable. D'autre part, certains facteurs objectifs ont eu pour effet d'accentuer les écarts entre pays développés et pays en voie de développement dans le domaine de la santé. Loin d'améliorer la situation, le développement économique a encore élargi le fossé. Bien que la cause fondamentale du phénomène réside dans les disparités de développement économique, l'orientation du programme de l'Organisation mondiale de la Santé n'est pas complètement conforme aux politiques qui permettraient de réduire les différences. Cela apparaît dans les affectations budgétaires et dans la conception du programme, pour ne mentionner que ces deux points. Certes, ces affectations ont été fixées méticuleusement, mais il n'est pas douteux que pour atteindre, avec nos modestes contributions, cet objectif fondamental, qui est de rendre les services de santé accessibles à de larges couches de la population, surtout dans les pays en voie de développement, il nous faut réorienter nos programmes de telle façon qu'ils soient directement liés à l'assistance accordée aux pays, et en premier lieu aux pays en voie de développement. On peut faire des observations analogues en ce qui concerne la manière dont la politique des Nations Unies à l'égard des pays les moins développés et les plus sérieusement affectés est appliquée dans les programmes et le budget de l'Organisation mondiale de la Santé. Il est vrai que les activités de l'OMS ont été jusqu'ici largement orientées vers ces pays, mais leur situation et leurs besoins exigent qu'on intensifie encore les mesures prises en leur faveur. Diverses formes d'aide devront être prévues. :

SEPTIEME SEANCE PLENIERE

143

Il est satisfaisant de noter, d'après le Rapport du Directeur général et d'autres documents préparés pour la présente Assemblée, que des progrès certains ont été réalisés en ce qui concerne l'aide de l'OMS aux mouvements de libération, notamment à ceux d'Afrique. Nous espérons que les pays africains continueront de tirer parti du concours et de l'assistance de l'Organisation pour promouvoir leurs services de santé nationaux. Dans d'autres régions du monde, notamment au Moyen -Orient, l'aide de notre organisation est également nécessaire aux mouvements de libération et devrait être aussi efficace que possible. Le sixième programme général de travail que l'OMS est en train de préparer devrait tenir compte de ces considérations sur les efforts que notre organisation doit entreprendre pour résoudre les problèmes de santé prioritaires du monde contemporain. Les priorités à retenir sont bien présentées dans le Rapport du Directeur général, mais de l'avis de la délégation yougoslave, elles pourraient peut -être être énumérées dans l'ordre suivant :

- Aide directe aux pays en voie de développement, notamment à ceux qui se trouvent dans la situation la plus difficile, visant d'abord à promouvoir les programmes de santé nationaux.

- Aide à la formation de personnels nationaux dans les pays où la pénurie de médecins est la plus aiguë, en favorisant une politique qui contribue à retenir ces personnels dans le pays.

- Encouragement de la recherche biomédicale dans les pays en voie de développement, notamment dans le domaine des maladies transmissibles; soutien de toutes les mesures contribuant à introduire les techniques médicales modernes dans le plus grand nombre possible de pays ayant besoin de ces techniques. - Coordination de la recherche dans les secteurs clés de la médecine, en vue de résoudre les problèmes sanitaires de l'homme contemporain, tels que les maladies cardio -vasculaires, le cancer, les maladies chroniques et dégénératives. - Poursuite des efforts visant à éradiquer les maladies contre lesquelles il existe une technologie médicale, notamment dans les pays où les efforts nationaux peuvent être coordonnés avec ceux de l'Organisation mondiale de la Santé. L'ordre de priorité qui vient d'être présenté tient compte avant tout des besoins des pays en voie de développement, mais à notre avis il est également intéressant pour tous les autres pays. Nous avons donc bon espoir que les efforts déployés par l'OMS et par les Etats Membres pour l'élaboration du sixième programme général de travail donneront des résultats positifs. La Yougoslavie a toujours appuyé les efforts du Directeur général tendant à promouvoir les programmes de l'Organisation orientés vers l'action en tirant largement parti de l'expérience internationale et en apportant ainsi sa contribution aux échanges de connaissances dans le domaine de la protection sanitaire. Au cours de l'année passée, un processus de socialisation des services de santé a été mené à bien en Yougoslavie. Il s'agit d'un processus d'autogestion auquel participent à la fois les personnes travaillant dans les services de santé et les utilisateurs de ces services. Ainsi sont appliqués dans le secteur sanitaire des principes identiques à ceux qui régissent les autres secteurs de la vie économique et sociale. Cela constitue une base solide non seulement pour améliorer l'entente entre tous ceux - population et travailleurs sanitaires - qui sont concernés par les services de santé, mais aussi pour mieux garantir les intérêts immédiats des travailleurs, assurer des soins de santé, aider les travailleurs sanitaires à pratiquer l'autogestion, et sauvegarder les droits constitutionnels. L'association des travailleurs sanitaires et des citoyens par le système de l'autogestion s'exerçant au niveau de communautés d'intérêts, qui en est déjà à la première phase de sa formation, a donné un nouvel élan à la protection sanitaire de la population et à l'organisation des services de santé dans le pays. Le Directeur général a eu l'occasion, durant son récent voyage en Yougoslavie au début de mars, de se familiariser avec certains des aspects du système. Nous pensons que l'expérience acquise en Yougoslavie dans le cadre de l'autogestion ne peut que servir à améliorer l'entente entre la population et les travailleurs sanitaires. Elle pourrait intéresser également d'autres pays. Comme par le passé, la Yougoslavie est disposée à promouvoir toutes les formes de coopération avec l'OMS, contribuant ainsi aux échanges internationaux de données d'expérience dans le domaine de la protection sanitaire. Le PRESIDENT i

:

Merci, Madame. La parole est au délégué du Mexique.

Le Dr GUZMÁN (Mexique) (traduction de l'espagnol) : Monsieur le Président, j'ai l'honneur de transmettre le salut fraternel du Président de mon pays aux Etats Membres de l'Organisation mondiale de la Santé; le Mexique est persuadé que la responsabilité de la conduite de l'action sanitaire est un stimulant assez efficace pour nous permettre d'harmoniser nos efforts, quelles que soient les différences géographiques, idéologiques, économiques ou sociales. Le contenu du Rapport du Directeur général satisfait pleinement notre délégation et nous permet de renouveler notre certitude que la gestion du Dr Mahler appuiera solidement les efforts

144

VINGT- HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

vigoureux que tous les pays, y compris le nôtre, déploient pour améliorer leurs niveaux de santé et de développement. Le plan national de santé qui, sur l'initiative du Président du Mexique, a été élaboré à la suite du Premier Congrès national de la Santé de 1973 et dont la Vingt -Septième Assemblée a été informée est maintenant terminé et mis à exécution. Ce plan fait appel à une coordination extrêmement étroite entre les divers organismes du Gouvernement fédéral, des services fédéraux et locaux, des institutions de sécurité sociale et des autres organisations, qui ensemble constituent le secteur sanitaire de notre pays. La population elle -même joue un rôle important dans sa mise en oeuvre soit directement, soit par l'intermédiaire des groupes organisés. Nous sommes en effet convaincus que le droit à la santé, qui est la base de nos efforts, ne peut être respecté que lorsque la population partage les responsabilités qu'impliquent les soins de santé. La ratification des plans existants, leur réaménagement le cas échéant et le lancement de nouveaux programmes ont permis d'accélérer les progrès dans le domaine de la santé. Ainsi, le Mexique a commencé à produire du vaccin contre la rougeole. Comme les vaccins contre la poliomyélite, la diphtérie, le tétanos, la coqueluche et la tuberculose, et les dérivés sanguins tels que les gamma- globulines et les protéines sériques, il est fabriqué dans le pays conformément aux normes de qualité les plus élevées et en quantités suffisantes pour satisfaire progressivement la demande intérieure. Nous espérons même être en mesure d'ici quelque temps d'envoyer des vaccins aux pays qui en feront la demande. Le Gouvernement mexicain a créé le Conseil national de la Population afin de renforcer la coordination entre les institutions participant aux programmes de planification familiale. Le secteur sanitaire, qui assure à la population une éducation en matière de planification familiale et lui offre des prestations directes sur sa demande, a consolidé ses programmes en se fondant sur le principe de l'entière liberté de décision du couple et du respect absolu de la dignité humaine. Pour le développement de ces programmes, nous avons bénéficié de la collaboration de l'Organisation mondiale de la Santé, du Fonds des Nations Unies pour les Activités en matière de Population et d'autres organismes internationaux. Nous sommes restés attentifs à l'évolution des processus de dégradation écologique et de pollution de l'environnement et n'avons pas ménagé nos efforts pour que soient prises les mesures préventives ou correctives nécessaires à la sauvegarde de nos richesses naturelles et au contrôle des risques croissants qu'entraînent pour la santé le développement des grandes villes et l'industrialisation. L'action que nous avons menée dans ce domaine ne nous a pas empêchés d'accentuer nos efforts en vue de résoudre d'autres problèmes sanitaires non moins importants et de renforcer les activités propres à favoriser le développement du pays. C'est ainsi que nous avons poursuivi les programmes de vaccination intensive contre les maladies transmissibles qui, comme la poliomyélite, la coqueluche, le tétanos, la tuberculose et la rougeole, compromettent la santé des jeunes enfants. Les campagnes massives qui ont couvert la quasi -totalité de la population exposée constituent un prélude à l'exécution des programmes permanents de consolidation prévus dans le plan national de santé. Nous nous inquiétons avec le Dr Mahler de la croissances de la malnutrition dans le monde. Notre pays, comme d'autres pays d'Amérique latine, n'est pas à l'abri de cette menace et continue à renforcer l'infrastructure agro- pastorale et piscicole pour que son développement suive la croissance démographique et économique. Les recherches dans le domaine de la nutrition et l'action d'éducation nutritionnelle de la population ont été intensifiées, de même que les activités de distribution de compléments alimentaires aux groupes à haut risque. Nous pensons nous aussi que l'administration des services de santé doit être réorientée. Notre pays a adopté comme élément promoteur de la santé le "médecin communautaire" qui, moyennant une préparation spéciale, assurera également la coordination des équipes techniques d'agents de niveau moyen et d'auxiliaires dans les régions rurales. Grace à la formation donnée au médecin communautaire et aux autres membres du personnel, y compris les travailleurs sanitaires traditionnels exerçant dans des collectivités, il sera possible d'élargir la couverture des centres ruraux et des centres de santé qui constituent le premier échelon de la structure culminant dans le système national hospitalier. La formation du personnel sanitaire des différents échelons reçoit l'entier appui de notre gouvernement, conformément aux nécessités et aux particularités de notre cadre social et culturel ainsi qu'aux exigences des programmes. Ces actions, comme d'autres inscrites dans le plan national de santé, concordent avec les critères du plan décennal de santé pour les Amériques préparé sous l'égide de l'Organisation panaméricaine de la Santé; comme dans le cas du plan décennal, les buts du plan national ont été fixés de manière à pouvoir être atteints progressivement au cours de la décennie. En outre, notre pays a jugé bon de créer une commission technique de contrôle et d'évaluation du plan national de santé afin de suivre attentivement la réalisation de celui -ci. Notre délégation est très satisfaite qu'un Mexicain, le Dr Héctor Acuña Monteverde, ait été désigné comme Directeur du Bureau régional de l'Organisation mondiale de la Santé pour les Amériques; elle tient à réaffirmer, comme elle l'a fait par le passé, sa conviction que l'Organisation doit être un facteur toujours plus important d'union entre les pays du monde et qu'elle

SEPTIEME SEANCE PLENIERE

145

combattra, comme le fait le Mexique, pour éliminer toute différence dans le domaine de la santé. En effet, s'il y a des aspects de la vie individuelle ou collective où les différences ne se justifient pas, elles se justifient moins encore dans ce domaine dont l'objet unique est d'engendrer le bien -être humain pour que chaque homme puisse se montrer fier d'édifier un destin chargé d'optimisme et de confiance dans l'avenir. Le PRESIDENT Merci Monsieur le délégué du Mexique. Je donne maintenant la parole au délégué de la Roumanie. :

Monsieur le Président, exprimant au nom de la délégation Le Professeur PAUN (Roumanie) roumaine nos félicitations et notre haute appréciation aux nouveaux Président et Vice- Présidents de l'Assemblée ainsi qu'au Directeur général de l'OMS, le Dr Mahler, je désire aussi saluer avec une profonde satisfaction les délégués de la République démocratique du Viet -Nam, du Mozambique et des Tonga, dont l'admission en tant que Membres de l'OMS constitue un nouveau pas vers la réalisation de l'universalité dans le cadre de l'Organisation. Mesdames et Messieurs, dans son excellent Rapport, le Directeur général souligne à juste titre les importants changements intervenus dans notre monde, les nouvelles relations dans l'actuelle conjoncture, les exigences accrues pour la protection et la promotion de la santé. Les conditions nouvelles qui ont résulté de l'élan des peuples vers le développement et l'accès à une vie meilleure, ainsi que les conséquences des anciennes conditions sociales et économiques posent à la protection de la santé des tâches nouvelles et ceci d'autant plus si l'on admet que les conditions de vie ne se reflètent parfois dans l'état de santé qu'après un très long :

délai.

Pour accomplir leur rôle de protection et de promotion de la santé, utiliser avec une efficience maximale les ressources dont nous disposons, hiérarchiser les besoins et établir les priorités spécifiques dans le cadre de la stratégie globale, notre organisation et les organismes sanitaires nationaux doivent aborder les principaux problèmes de santé d'une autre manière que par le passé, tant du point de vue stratégique que tactique. Il s'impose de faire la critique constructive des principes de base, des lignes générales d'orientation des programmes de notre organisation, et de reconsidérer la façon dont on réalise la coopération entre les Etats Membres d'une part, et entre ceux -ci et l'OMS de l'autre. Nous sommes bien heureux de retrouver cette idée dans l'orientation présentée par le Directeur général dans l'Introduction au Rapport. Dans ce contexte, je voudrais souligner qu'une fois établis les besoins de la protection de la santé dans une zone donnée, fixées les options des priorités et élaborés les programmes et les plans d'action, le passage à la phase opérationnelle est conditionné par les possibilités d'exécution - personnel et base matérielle - et ensuite par le maintien des résultats enregistrés. A cet égard, nous avons deux exemples démonstratifs, quoique contraires, à savoir le programme d'éradication du paludisme pour lequel on a fait des efforts financiers appréciables mais dont les résultats sont encore loin des prévisions et, dans certaines situations, même décourageants, et le programme d'éradication de la variole qui nous a coûté beaucoup moins mais qui, orienté sur d'autres bases, nous a donné des résultats beaucoup plus satisfaisants. C'est pourquoi nous tenons à souligner l'importance de la réalisation des structures et des infrastructures nationales de santé, principe pour lequel la Roumanie a milité activement dans le cadre de l'Organisation, non selon des modèles mis en pratique dans certains pays, mais selon un modèle propre pour chaque pays, répondant le plus possible aux besoins des priorités et des possibilités spécifiques de l'étape. Au fur et à mesure de l'élimination de quelques -uns des problèmes aigus de protection de la santé et de l'accroissement des possibilités, les structures s'améliorent, se développent, se perfectionnent, élargissent leurs possibilités de couvrir en superficie et en profondeur. "Adapter aux nécessités et aux possibilités de chacun" et non "adopter les formes d'organisation et les programmes de santé ", ainsi que le proclamait le Directeur général il y a deux ans, doit être à notre avis la devise de l'orientation de l'Organisation pour le développement de la protection et de la promotion de la santé dans le monde. Afin de faire comprendre la motivation de notre point de vue dans ce problème, je voudrais montrer que la Roumanie, pays socialiste en voie de développement ayant une population de 21,5 millions d'habitants, avance rapidement sur la voie de l'industrialisation (la production industrielle a augmenté de plus de trente fois par rapport au niveau d'avant -guerre) et de la modernisation de l'exploitation agricole. Dans le domaine de la protection de la santé on a créé un puissant réseau de personnel sanitaire de tous les degrés et d'unités sanitaires, représentant une augmentation, au cours des trente dernières années, de plus de quatre fois pour les médecins, de plus de dix fois pour le personnel auxiliaire, de plus de quatre fois du nombre des dispensaires médicaux, de plus de dix fois du nombre des polycliniques pour l'assistance ambulatoire de spécialité et de plus de cinq fois du nombre des lits d'hôpital, dont plus du tiers se trouvent dans des constructions modernes réalisées au cours des dix dernières années. Nous disposons ainsi maintenant de 1 médecin pour 630 habitants, de 1 agent auxiliaire pour 179 habitants et de 8,1 lits d'hôpital pour 1000 habitants, le tout fonctionnant selon un système intégré et hiérarchisé par territoire. On a liquidé ou réduit à des niveaux où elles ne posent plus un problème de santé publique les maladies transmissibles majeures comme le paludisme, le typhus exanthématique, la fièvre typhoîde, la poliomyélite, la diphtérie, le tétanos, la pellagre, etc. Actuellement, nous devons

146

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

de plus en plus faire face à des maladies chroniques et dégénératives (maladies cardio- vasculaires, psychiques, nutritionnelles, cancer) ainsi qu'aux problèmes liés aux accidents. Nous continuons à enregistrer une natalité de 20,4 pour 1000 habitants, une mortalité générale de 9 pour 1000 (moins de la moitié par rapport au passé) et une espérance de vie de plus de 69 ans, contre 42 ans seulement avant 1938. Monsieur le Président, l'expérience et la pratique de beaucoup de pays ont démontré que, quelque vastes que soient les acquisitions de la science et de la technique, les moyens de les appliquer sont toutefois limités et il faut donc, dans le domaine de la protection de la santé comme dans d'autres secteurs, commencer à analyser de façon plus approfondie l'efficacité de nos actions à travers les indicateurs coût /efficacité et coût /bénéfice. Par conséquent, nous devons répondre de façon bien fondée à quelques questions de base Quelles sont les nécessités réelles ? Quelles sont les formules les plus adéquates de structures sanitaires ? Quelles sont les priorités majeures en perspective du développement pour les vingt à trente prochaines années dans les conditions spécifiques locales, etc. ? Pour rendre possible une réponse valable à ces questions, notre organisation, accumulant l'expérience de tous les Etats Membres par des études opérationnelles, par des études fondées sur l'expérience propre de chaque Etat, par des synthèses basées sur des études élaborées dans le cadre des programmes propres de recherche des différents pays, pourrait assurer une aide effective pour un taux d'investissement minime à tous les pays, et particulièrement à ceux qui sont confrontés avec des difficultés sérieuses au cours des périodes initiales de leur développement. Le trait caractéristique essentiel de notre siècle - l'essor sans précédent de la science et de la technologie - parallèlement aux immenses avantages offerts à la promotion de la santé, soulève en même temps de sérieux problèmes d'adaptation aux nouvelles conditions de milieu et de vie. Nous sommes tous convaincus - et les recherches déployées dans tous les pays le prouvent de l'immense importance des nouveaux facteurs de l'environnement (physiques, chimiques, biologiques, psychologiques et sociaux) dans le cadre du système écologique humain. L'Organisation pourrait inscrire encore davantage dans son programme de travail le rassemblement, l'analyse et la synthèse des données et des résultats obtenus par les pays qui se heurtent à ces problèmes, et les mettre ensuite à la disposition de tous en tant qu'exemples d'orientation concernant l'interdépendance de l'environnement et de l'état de santé. Dans le contexte politique et social actuel, l'activité et les résultats des efforts de l'OMS ont un retentissement croissant au niveau des facteurs de décision politique et économique à l'échelon national et international. C'est pourquoi nous pensons que l'activité déployée par l'Organisation doit être en concordance permanente avec les actions entreprises par les autres organismes des Nations Unies, à l'avantage de la santé et de la vie, du développement normal physique et psychique, du bien -être général des hommes. Avant de conclure, je voudrais souligner l'apport que l'Organisation mondiale de la Santé doit fournir à la réalisation des importantes taches du plan d'action mondial de la population adopté à Bucarest, ainsi qu'au plan qui sera élaboré à la conférence mondiale de l'Année internationale de la Femme, qui tous deux intéressent au plus haut degré la protection et la promotion de la santé, de même que l'accroissement du bien -être physique et psychique des hommes. :

Le PRESIDENT Merci, Monsieur le délégué de la Roumanie. Je donne maintenant la parole au délégué de la République Arabe Syrienne. :

Le Dr KHIAMI (République Arabe Syrienne) (interprétation de l'arabe) Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les délégués, Mesdames, Messieurs, pour me conformer aux souhaits du Président, je me contenterai d'exprimer très brièvement mes remerciements. Cependant, je voudrais rappeler qu'à l'occasion de son vingt- cinquième anniversaire, l'OMS a lancé un appel concernant l'éradication de la variole. Les résultats obtenus ont dépassé de loin tout ce que l'humanité avait réalisé jusqu'alors et je pense qu'ils pourraient nous servir de stimulant pour l'éradication de toutes les maladies, qui perdraient ainsi leur emprise sur l'homme. Je ne m'étendrai pas sur les liens étroits qui unissent notre gouvernement et le Bureau régional de l'OMS à Alexandrie dirigé par le Dr Taba. Mais je suis très heureux de pouvoir dire la satisfaction et la joie qu'éprouve ma délégation devant l'admission à l'Organisation d'un nombre croissant de nations libres, amies de la paix; je citerai les Tonga et la République démocratique du Viet -Nam ainsi que le Mozambique dont la présence ici est due, pensons -nous, à la nouvelle politique du Portugal. La tâche d'assurer à toutes les populations rurales la même protection sanitaire qu'aux populations urbaines est le fondement et la pierre angulaire de la politique de mon pays. Malgré les grandes difficultés que nous rencontrons, nous nous efforçons d'atteindre cet objectif auquel nous avons donné la priorité. Le FISE nous a aidés avec beaucoup de générosité. Les services de santé de la République Arabe Syrienne ont pratiqué les diverses vaccinations possibles aujourd'hui - antituberculeuse, antivariolique, antipoliomyélitique, etc. - et il est assez encourageant de constater que nos concitoyens ont conscience de leurs besoins et collaborent volontairement avec les autorités sanitaires. Je suis heureux de pouvoir dire que la Syrie n'a pas connu la moindre épidémie en 1974; en outre, nos projets de lutte contre des maladies transmissibles telles que le paludisme, la tuberculose et la schistosomiase ont été exécutés avec succès. :

SEPTIEME SEANCE PLENIERE

147

Je voudrais appeler votre attention sur un problème dont j'avais déjà entretenu l'Assemblée l'an dernier, à savoir l'attraction d'ordre matériel qu'exercent certains pays développés sur les médecins du tiers monde, incitant beaucoup d'entre eux à émigrer en abandonnant leur patrie alors qu'elle a grand besoin de leurs services. L'année dernière, lorsque nous avons débattu de ce problème, nos collègues représentants des pays développés ont envisagé la possibilité de créer divers obstacles pour s'opposer à cet "exode des cerveaux ", c'est -à -dire pour empêcher les jeunes médecins de céder à la tentation de s'installer ailleurs que dans leur propre pays où les projets et plans de développement sanitaire seraient grandement compromis sans leur collaboration. Un autre problème que nous nous efforçons de résoudre chez nous réside dans la disproportion qui existe entre le nombre des médecins et les effectifs réduits d'infirmières et de personnel paramédical nous avons plus de médecins que d'agents paramédicaux. Pour remédier à cette situation, notre Ministère de la Santé a l'intention de créer de nouvelles écoles d'infirmières et des centres de formation pour assistants médicaux et personnels auxiliaires. Monsieur le Président, puis -je vous rappeler que, malgré les efforts déployés pour assurer la protection médicale de tous les peuples du monde, nous n'avons pas encore atteint l'objectif fixé par la Constitution de l'OMS fournir des services de santé à tous, sans distinction de race, de nationalité ou de croyance. D'autre part, la Vingt- Sixième Assemblée mondiale de la Santé a créé un comité spécial d'experts chargé d'étudier la situation dans les territoires arabes occupés par Israël et d'enquêter sur les conditions sanitaires dans lesquelles vivent les populations arabes de cette région. Or ce comité, dont les membres ne sont ni des politiciens, ni des soldats, ni des militaires, mais simplement des médecins, s'est vu refuser pendant toute cette période l'accès aux territoires occupés; les autorités occupantes ont donc délibérément empêché l'Organisation d'avoir officiellement accès à ces territoires où elle aurait pu constater la situation déplorable des habitants, privés d'une grande partie de leurs droits et notamment des services de santé dont fait mention la Constitution de l'OMS. Outre le mépris dont Israel fait ainsi preuve à l'égard de l'Organisation, de sa Constitution, de ses objectifs et de ses résolutions - mépris que nous observons depuis de nombreuses années - et outre le dédain manifesté pour les droits humains fondamentaux, un autre argument réduit à néant les protestations pacifistes d'Israel, c'est la destruction totale et injustifiée, sans provocation, Nous pourrions ajouter de la ville de Quneitra quelques jours avant sa restitution à la Syrie des centaines d'autres exemples qui devraient être clairement dénoncés par notre assemblée pour condamner les agissements d'Israel. Aux yeux de la délégation syrienne, la question importante est -ce qu'un pays qui a fait souffrir des centaines de milliers de qui se pose est celle -ci personnes, qui en a chassé des milliers d'autres de leurs foyers, mérite d'être autorisé à siéger au sein de l'Organisation aux côtés des autres ? Au nom de la délégation arabe syrienne, que j'ai l'honneur de conduire, j'en appelle à vos consciences et vous demande d'examiner ce problème et d'avoir le courage d'adopter les résolutions qui en découlent naturellement en condamnant le pays qui agit de cette façon; je propose au Directeur général de s'engager lui même et d'engager l'Organisation dans une assistance maximale aux habitants des territoires occupés qui souffrent gravement depuis tant d'années de l'occupation d'Israel. :

:

:

Le PRESIDENT Mesdames et Messieurs, une délégation ayant estimé devoir soulever une motion d'ordre, je vais donner lecture de l'article 57 du Règlement intérieur de l'Assemblée. :

"Au cours de la discussion de toute question, un délégué ou un représentant d'un Membre associé peut soulever une motion d'ordre et le Président prend à son endroit une décision immédiate. Un délégué ou un représentant d'un Membre associé peut faire appel de la décision prise par le Président; dans ce cas, l'appel interjeté est aussitôt mis aux voix. Un délégué ou un représentant d'un Membre associé qui soulève un point d'ordre ne peut aborder le fond de la question en discussion, mais doit s'en tenir au point d'ordre." J'ai l'honneur de donner la parole au délégué d'Israel pour une communication sur un point d'ordre.

Je vous remercie de me donner la Le Professeur HARELL ( Israël) (traduction de l'anglais) parole pour une motion d'ordre. Je n'emploierai pas le temps qui m'est imparti à refuter maintenant les allégations formulées contre mon pays. Ma délégation se réserve le droit d'exposer en temps utile la situation réelle. J'ai demandé la parole simplement pour prier le Président de suggérer à nos collègues délégués de s'abstenir de toute déclaration propre à entraîner une politisation de nos débats dont souffrirait l'atmosphère constructive de cette assemblée. La sincère reconnaissance des milliers d'Arabes qui vivent sous administration israélienne et jouissent des services médicaux les plus modernes qu'ils aient jamais connus pèse davantage dans la balance qu'un discours politique et, fort heureusement pour eux, l'augmentation très importante de l'espérance de vie et la baisse spectaculaire de la mortalité infantile au sein de leur population ne peuvent être effacées par des mots. :

Je remercie M. le délégué d'Israel. Dans les circonstances actuelles, il Le PRESIDENT parait correct de constater que le délégué d'Israel annonce qu'il traitera de ce problème à un autre moment au cours de cette assemblée. Je crois donc pouvoir clore l'incident pour l'instant, :

148

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

et je voudrais attirer l'attention de nos frères délégués sur le fait que cette assemblée traite de problèmes particuliers et qu'il existe d'autres assemblées où nous espérons tous vivement que les germes de la paix pourront se développer et des solutions intervenir à tous les conflits de ce monde. En attendant, notre préoccupation essentielle doit être de poursuivre notre tache de promoteurs de la santé. Avec votre accord, je donne maintenant la parole au délégué de la Gambie. M. SINGHATEH (Gambie) (traduction de l'anglais) : Monsieur le Président, Monsieur le Directeur général, honorables délégués, Mesdames, Messieurs, j'ai l'honneur de vous transmettre les salutations de notre Président ainsi que du Gouvernement et du peuple de la Gambie. Que Dieu guide nos délibérations au cours de cette assemblée, tel est leur voeu. Ma délégation voudrait faire quelques commentaires touchant certains points soulevés dans les rapports du Conseil exécutif sur ses cinquante -quatrième et cinquante -cinquième sessions ou dans le Rapport annuel du Directeur général sur l'activité de l'OMS en 1974. Mais auparavant je tiens à féliciter de leur excellent travail le Directeur général et ses collaborateurs si compétents. Le Rapport est bien fait et mérite nos éloges; il nous fournit une revue à jour des activités, nombreuses et variées, de l'Organisation et nous renseigne en particulier sur l'application des décisions prises par les dernières Assemblées et par les comités régionaux à leurs plus récentes sessions. La Gambie étant un pays en voie de développement, j'ai délibérément choisi dans les documents mentionnés les points qui ont le plus de rapports avec l'évolution de nos services médicaux et sanitaires, cela dans le but d'éclairer certains de nos problèmes de santé malgré la modestie de nos réalisations au cours de la période considérée. Monsieur le Président, honorables délégués, nous avons souscrit depuis longtemps au principe du renforcement des services de santé de base. C'est pourquoi, dans notre deuxième programme de développement national, nous avons mis l'accent sur leur renforcement, tout en assurant une modeste expansion des services curatifs et préventifs. Nous avons formulé des plans avec l'aide de l'Organisation mondiale de la Santé. Je suis heureux de dire que, dans l'exécution de ce programme, nous avons pu définir nos buts et objectifs, tels qu'ils figurent dans le projet de plan national de santé, avant d'être intégrés au troisième programme général de développement national dont le lancement est prévu pour cette année. Le financement du programme souffrira probablement de l'inflation généralisée à cause de laquelle il nous est déjà très difficile de satisfaire les besoins de notre population en services curatifs et préventifs, ainsi que le note très justement le Directeur général dans son Rapport. Dans le contexte de notre plan de santé, il est urgent d'accélérer le développement des personnels de santé. Nous connaissons nos besoins et nous avons aussi fait des projections pour dix ans. Il s'agit d'un véritable défi pour nos instituts de formation. A ce propos, je tiens à exprimer ma sincère gratitude au Gouvernement britannique et à tous les pays amis qui nous ont aidés ces dernières années à former nos médecins et notre personnel paramédical. Monsieur le Président, j'aimerais maintenant parler brièvement de la section du Rapport qui traite des maladies transmissibles. Dans le passé, ma délégation a eu l'occasion de faire connaître ses vues concernant la surveillance épidémiologique de ces maladies. Notre Région a encore besoin de centres supplémentaires, notamment pour desservir les Etats qui jouxtent les bassins du Sénégal et de la Gambie. J'applaudis au projet d'éradication de l'onchocercose dans le bassin de la Volta, mais quelques autres Etats voisins non inclus dans ce programme, qui est financé par l'OMS, le PNUD et la Banque mondiale, ont eux aussi besoin d'une assistance analogue.

La schistosomiase ne s'est pas étendue en Gambie malgré l'irrigation de la région du Fleuve moyen où se déroule un projet de riziculture, financé conjointement par notre gouvernement et la Banque mondiale. Fort heureusement, cette maladie a fait l'objet de nombreuses études, pendant des années, au centre du Medical Research Council, situé à Fajara. Tout récemment, le Gouvernement britannique a accepté d'aider à financer un projet de lutte, préparé de concert par notre Ministère et le Medical Research Council. Les travaux de recherche sur le paludisme et les autres maladies parasitaires se poursui vent dans notre pays. Nous pensons que l'OMS devrait revoir sa stratégie concernant les programmes de lutte recommandés pour notre Région. Il n'est pas douteux que le paludisme reste une cause très fréquente de décès dans le groupe d'âge 0 -4 ans. J'ai eu l'occasion récemment de mettre ce fait en lumière sur la base d'une évaluation des succès et des échecs enregistrés par nos services médicaux et sanitaires depuis notre accession à l'indépendance. Bien que nous ayons identifié depuis longtemps les deux groupes vulnérables que sont les mères et les enfants et que nous ayons donné une priorité élevée à leurs besoins, il reste encore beaucoup à faire pour eux, principalement dans les zones rurales où notre gouvernement s'emploie à améliorer en particulier la qualité de la vie des collectivités agricoles. Un projet de renforcement des services de santé maternelle et infantile en Gambie a des chances d'obtenir une aide substantielle du Gouvernement britannique au titre de notre accord bilatéral et il n'est pas inutile de souligner qu'un tel programme est tout à fait dans la ligne du plan général de santé.

SEPTIEME SEANCE PLENIERE

149

Monsieur le Président, honorables délégués, je viens de vous dire que notre gouvernement s'attachait à améliorer la qualité de la vie dans les zones rurales, mais cela ne nous a pas fait oublier, ni négliger, les effets très graves de l'urbanisation rapide. Le Bureau de l'Aménagement du Territoire du Ministère des Administrations locales et des Terres a entrepris de nombreuses études dans ce domaine. D'autre part, il coordonne les études préliminaires faites en étroite collaboration avec l'OMS et le PNUD après approbation du plan d'aménagement d'égouts dans les zones de Banjul et de Kombo. Ce plan prévoit également l'évacuation deseauxpluviales, dans la zone de Banjul en particulier. En ce qui concerne la lutte antivectorielle, un projet a été préparé avec l'assistance de l'OMS. Nous espérons que sa réalisation permettra de venir à bout de la plupart des vecteurs de maladies en Gambie. Pour ce qui est de la recherche biomédicale, nous avons pris acte des travaux de la seizième session du Comité consultatif de la Recherche médicale et, notamment, de l'institution par l'OMS d'un programme élargi de recherche et de formation dans le domaine des maladies transmissibles tropicales. Nous en attendons avec intérêt l'application, d'autant que l'Organisation se propose de resserrer les liens avec les instituts nationaux de recherche déjà établis dans notre Région. Monsieur le Président, Monsieur le Directeur général, honorables délégués, permettez -moi de dire un dernier mot au sujet de la coopération dans le secteur sanitaire en vertu d'accords bilatéraux et sur une base régionale. A cet égard, nous avons entretenu une fructueuse collaboration avec nos voisins du Sénégal. Comme vous le savez, il existe un Secrétariat Sénégal Gambie; cet organe administratif examine périodiquement les mesures préventives que nous prenons contre les maladies transmissibles. Nous comptons demander ensemble à l'OMS d'entreprendre dans nos deux pays la lutte contre l'onchocercose. Nous avons aussi pris une part active à l'Assemblée des Ministres de La Santé d'Afrique occidentale. Au nom de ma délégation, je tiens à féliciter les Tonga, La République démocratique du Viet -Nam et le Mozambique de leur admission à l'OMS. Enfin, j'adresse les plus chaleureux remerciements de mon pays à notre infatigable Directeur régional, le Dr Alfred Quenum, pour l'excellent travail qu'il accomplit dans la Région africaine. Le PRESIDENT Je remercie le délégué de la Gambie et j'invite maintenant le délégué de la Chine à prendre la parole. :

Le Dr CHEN Chi -ming (Chine) (interprétation du chinois) Monsieur le Président, avant tout, je tiens à vous féliciter, au nom de la délégation de la République populaire de Chine, de votre élection à la présidence de la Vingt- Huitième Assemblée mondiale de la Santé. La délégation chinoise est heureuse d'assister à cette Vingt- Huitième Assemblée et de pouvoir échanger avec les délégués d'autres pays des vues et des données d'expérience sur des questions d'intérêt commun. La délégation chinoise a lu avec attention le Rapport du Directeur général sur l'activité de l'Organisation mondiale de la Santé en 1974. L'un des points traités nous paraît d'importance; je veux parler de l'action sanitaire dans les pays en voie de développement. J'aimerais vous dire ce que nous en pensons. Ma délégation soutient que les causes profondes de la pauvreté, du sous -développement et de la mauvaise santé dans le monde actuel sont l'agression, le pillage, l'oppresion et l'exploitation qu'engendrent l'impérialisme, le colonialisme et l'esprit de domination. Pour qu'un pays puisse transformer radicalement sa situation sanitaire et élever le niveau de santé de sa population, il est indispensable tout d'abord qu'il lutte pour sauvegarder son indépendance politique et économique et s'affranchir de l'influence de l'impérialisme, du colonialisme et de l'esprit d'hégémonie. Il doit mobiliser et organiser son propre peuple afin de développer son économie nationale de façon autonome, en comptant sur ses propres forces. Le seul moyen d'éliminer les maladies et de remédier en profondeur aux situations insalubres est de s'appuyer sur les millions de membres de la nation, de les mobiliser et de les organiser pour la lutte contre ces maux. Nous en avons fait nous -mêmes l'expérience directe. Notre pays est vaste et très peuplé. La population chinoise est industrieuse, courageuse et douée, et nous possédons d'abondantes ressources naturelles et un riche héritage culturel. Néanmoins, sous l'oppression et l'exploitation de l'impérialisme, du colonialisme et du capitalisme bureaucratique qui, tels trois hautes montagnes, pesaient lourdement sur l'ancienne Chine, son économie de base était extrêmement retardataire et les conditions sanitaires excessivement médiocres. La grande masse des travailleurs, livrés à la pauvreté et à la maladie, vivaient dans un abîme de misère. Le Président Mao Tse -tung et le Parti communiste chinois ont toujours attaché une grande importance à l'action sanitaire. Depuis la libération de notre pays, sous la conduite du Président Mao et du Parti communiste, le peuple chinois, tout en assurant la révolution et l'édification socialistes, a lancé de vastes campagnes sanitaires de masse. Le Président Mao nous a dit "Mobilisez -vous; veillez à l'hygiène; réduisez la maladie; et améliorez les conditions sanitaires ". : :

150

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

Depuis une vingtaine d'années, suivant les directives du Président Mao, des centaines de millions de Chinois ont lancé à plusieurs reprises de vigoureuses campagnes de masse dans le cadre de la Campagne patriotique d'Assainissement qui vise à l'élimination des quatre fléaux et à l'éradication des maladies. Les conditions insalubres, héritées de l'ancienne Chine, ont rapidement disparu. Beaucoup de maladies qui hypothéquaient gravement la santé des gens ont été soit éradiquées, soit endiguées. L'environnement sanitaire de nos vastes zones urbaines et rurales a pris, de la sorte, un nouvel aspect. Grâce à la grande Révolution culturelle prolétarienne et au mouvement de critique de Lin Piao et de Confucius, la ligne révolutionnaire du Président Mao et ses directives en matière d'action sanitaire se sont profondément ancrées dans le coeur des Chinois. L'enthousiasme et la spontanéité avec lesquels la grande masse a participé à la Campagne patriotique d'Assainissement ont atteint un degré jamais atteint auparavant et les conditions d'hygiène dans les zones rurales et urbaines se sont encore améliorées. La Campagne patriotique d'Assainissement a été lancée sous la conduite du Parti et des divers échelons des organisations gouvernementales. On a enseigné aux masses, aux familles et aux ménages l'hygiène et la prophylaxie au moyen de diverses méthodes d'éducation sanitaire. C'est la population elle -même qui a appliqué les connaissances scientifiques qu'on lui avait ainsi inculquées. Plusieurs fois par an, nous organisons des campagnes intensives d'assainissement, liées à la célébration de diverses festivités saisonnières, en tenant compte des conditions locales ainsi que des modes de production et des habitudes de vie. Un système de contrôle des pratiques quotidiennes permet de veiller au déroulement régulier des activités d'assainissement. Dans les zones rurales, le mouvement d'assainissement de masse est associé au programme "En agriculture, suivez l'enseignement Tachai ", et, dans les zones urbaines, au programme "Dans l'industrie, suivez l'enseignement Taching ". Les mesures d'assainissement sont donc coordonnées, dans les zones rurales, avec les projets de conservation de l'eau et de compostage, et, dans les villes, avec les projets d'élimination correcte des trois déchets industriels. Les cadres du Parti et des organisations gouvernementales aux divers échelons participent à la campagne non seulement comme organisateurs et animateurs, mais encore comme membres actifs. Toutes les catégories d'agents sanitaires, y compris les "médecins aux pieds nus ", servent de conseillers techniques et se livrent aussi aux divers travaux requis. Les cadres supérieurs, les médecins et les agents sanitaires se joignent à la population pour enlever les ordures et les déchets, combler les creux et les dépressions, draguer et drainer les fossés, désherber et débroussailler, assainir les latrines, les puits, les porcheries et les étables, et supprimer les gîtes larvaires des insectes vecteurs de maladies tels que les moustiques et les mouches. Notre pays connaît aujourd'hui une prospérité sans précédent, la production et la s'y développant simultanément. Nous sommes convaincus que l'action sanitaire est d'une importance vitale non seulement pour la santé des masses et le développement de la production, mais encore pour l'évolution des moeurs et les coutumes et, en fin de compte, pour la reconstruction de la nation. Cette action ne peut s'accomplir qu'avec la participation du peuple lui -même. Notre politique est d'intégrer le travail sanitaire dans les mouvements de masse. La Campagne patriotique d'Assainissement se déroule depuis de nombreuses années. Par comparaison avec la situation de l'ancienne Chine, d'immenses progrès ont été réalisés dans le domaine de la santé, mais il en reste encore beaucoup à faire. Actuellement, les Chinois, répondant à l'appel du Président Mao, étudient la théorie de la dictature du prolétariat. Cette étude a imprimé un nouvel élan au développement de notre économie et de notre culture. La révolution dans le domaine de l'action sanitaire se poursuit en profondeur. Nous continuons de mettre l'accent sur les activités médico- sanitaires dans les zones rurales et nous sommes certains qu'il en découlera de nouvelles améliorations. Néanmoins, notre expérience laisse encore à désirer et des problèmes restent à résoudre. Il nous faudra faire des efforts supplémentaires et pousser plus avant nos recherches. Notre passé historique est semblable à celui de nombreux pays et régions et en particulier à celui des pays du tiers monde. Nous souhaitons vivement procéder avec tous nos amis à des échanges d'expériences instructives dans le domaine de la santé. Monsieur le Président, la Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé a lieu dans un excellent contexte international qui se caractérise par l'émergence du tiers monde. Beaucoup de petits pays pauvres, longtemps soumis à l'esclavage, au pillage, à la domination et à l'exploitation se sont insurgés et, ayant entamé une lutte politique et économique d'envergure contre l'impérialisme, le colonialisme et l'hégémonie des grandes Puissances, ont remporté d'impressionnantes victoires. Le combat contre l'impérialisme, le colonialisme et le néo- colonialisme, l'esprit de domination, le sionisme et le racisme se développe dans le monde entier. Nous pensons que la présente Assemblée doit prendre des décisions conformes aux caractéristiques particulières de l'époque. En janvier de cette année, à sa cinquante - cinquième session, le Conseil exécutif de l'Organisation mondiale de la Santé a adopté une résolution invitant instamment toutes les organisations non gouvernementales internationales en relations officielles avec l'OMS à prendre des mesures pour expulser les éléments associés à la clique de Tchang Kat-chek. Nous jugeons cette résolution conforme à la juste opinion publique et aux tendances historiques du

SEPTIEME SEANCE PLENIERE

151

monde. Elle est de nature à faciliter le déroulement normal des activités de l'OMS et des organisations non gouvernementales visées. La délégation chinoise se réjouit que l'Assemblée ait adopté une résolution admettant la République démocratique du Viet -Nam en qualité de Membre de l'Organisation mondiale de la Santé. La République démocratique du Viet -Nam a remporté de grandes victoires tant dans sa guerre contre l'agression des Etats -Unis et pour le salut national que dans son action d'édification socialiste. Elle a aussi développé ses services de santé de manière remarquable. La délégation chinoise félicite chaleureusement la République démocratique du Viet -Nam de son admission à l'OMS.

C'est avec le même sentiment de joie que la délégation chinoise salue la délégation du Gouvernement révolutionnaire provisoire de la République du Sud Viet -Nam qui participe à la Vingt- Huitième Assemblée mondiale de la Santé. Le GRP est le représentant authentique du peuple du Sud Viet -Nam qui a mené, sous sa conduite, un long et héroTque combat pour défendre ses droits nationaux, enregistrant de brillantes victoires. Maintenant que le régime réactionnaire de Saigon a cessé d'exister, c'est au Gouvernement révolutionnaire provisoire de la République du Sud Viet -Nam qu'appartient le droit d'être Membre de l'Organisation mondiale de la Santé. Nous appuyons entièrement son action. Sous la conduite du Front national uni du Cambodge et du Gouvernement royal d'Union nationale du Cambodge, le peuple cambodgien a lutté longuement de manière indomptable et remporté de grandes victoires dans sa guerre de libération nationale. La clique de traîtres de Lon Nol s'est complètement effondrée, balayée parmi les rebuts de l'histoire. Le ferme esprit révolutionnaire dont a fait preuve le peuple cambodgien a gagné le respect et l'admiration du monde. La délégation chinoise estime que le siège du Cambodge à l'Organisation mondiale de la Santé doit automatiquement être rendu au Gouvernement royal d'Union nationale du Cambodge. Monsieur le Président, je terminerai mon intervention en disant mon entière confiance les pays veulent dans l'avenir du l'humanité. Un courant irrésistible emporte l'histoire l'indépendance; les nations, la liberté; et les peuples, la révolution. Les facteurs de guerre et de révolution se multiplient. Que la guerre entraîne la révolution ou qu'au contraire la révolution empêche la guerre, la situation internationale évoluera dans une direction favorable aux peuples. Le monde a devant lui un brillant avenir. L'impérialisme, le colonialisme et le néo- colonialisme, et en particulier les deux super -puissances, se heurtent chaque jour à des difficultés et sont empêtrés dans d'inextricables contradictions. C'est le peuple - et lui seul - qui est la force motrice de l'histoire du monde. Il avancera certainement sur la grand route qui conduit au remodelage de la société et de la nature. Le PRESIDENT Je remercie le délégué de la Chine. C'était maintenant le tour du délégué de l'Algérie, mais celui -ci m'a fait savoir qu'il remettrait son texte au Secrétariat et qu'il s'abstiendrait d'en faire l'exposé. : :

Monsieur le Président, la délégation algérienne est Le Professeur BOUDJELLAB (Algérie)1 heureuse de présenter à M. le Directeur général, deux ans après sa brillante élection, ses chaleureuses félicitations pour le dynamisme et l'esprit nouveau qu'il a apportés à notre organisation. Je saisis l'occasion qui m'est offerte pour saluer très vivement et amicalement le nouveau Président de cette assemblée. Ce choix est un juste hommage rendu aux qualités morales, humanitaires et à l'esprit de coopération de cet éminent homme de santé publique qu'est le Professeur Halter. Permettez -moi de dire aussi combien nous sommes heureux de voir de nouveaux Membres venir élargir le cercle de la grande famille de l'OMS, et ce d'autant plus qu'ils la République démocratique du Viets'agit de pays frères et amis qui ont tellement souffert Nam, le Mozambique et les Tonga. S'agissant du Rapport du Directeur général, je ne saurais passer sous silence la rigueur impeccable, la clarté et la sincérité que l'on retrouve tout au long de ce travail considérable. Je voudrais cependant insister sur quelques points fondamentaux. La formation du personnel de santé national doit être sans cesse encouragée et avoir une place prioritaire en vue de l'excécution des programmes arrêtés. Il convient d'élaborer des programmes prioritaires bien définis par les nationaux afin que l'OMS puisse apporter toute la collaboration nécessaire d'une manière élective. C'est au moment où les pays du tiers monde commencent à avoir de meilleures conditions socio- économiques, un meilleur développement des services de santé et ont saisi avec justesse leurs objectifs en santé publique, que l'OMS se doit de renforcer son aide et son : :

soutien.

Dans son discours, M. le Directeur général a exposé des moyens de mieux utiliser les possibilités de notre organisation. Dans cette optique, l'Algérie a entamé la programmation sanitaire par pays et la formation d'enseignants en pédagogie. Nous pensons que ces deux actions permettront une meilleure approche en matière de besoins sanitaires de notre population et de formation du personnel, et ainsi, de répondre en partie à ces besoins. Monsieur le Président, sans abuser du temps imparti, j'ajouterai quelques mots sur de graves problèmes d'ordre humanitaire qui nous touchent tous. J'attire l'attention de M. le

1 Le texte qui suit a été communiqué par la délégation de l'Algérie pour insertion dans le compte rendu, conformément à la résolution WHA20.2.

152

VINGT- HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

Directeur général sur la situation sanitaire des populations, qu'il s'agisse des réfugiés palestiniens, des opposants au régime militaire du Chili, ou du peuple mutilé du Sud Viet -Nam. L'OMS se doit de prendre une attitude digne de son nom, visant à sauvegarder la santé de toutes ces populations en leur apportant toute l'aide nécessaire, tant matérielle que technique, faisant une large place à la prévention, à l'hygiène du milieu et à une alimentation d'appoint suffisante. Je ne saurais terminer sans adresser à cette noble assemblée mes voeux chaleureux de succès.

Le PRESIDENT

:

Je donne maintenant la parole au délégué du Guatemala. :

Le Dr CASTILLO SINIBALDI (Guatemala) (traduction de l'espagnol) Je vous remercie, Monsieur le Président, de me donner l'occasion de m'adresser à cette noble assemblée. Je tiens à vous féliciter de votre élection et à formuler quelques commentaires sur l'important Rapport du Directeur général qui, avec réalisme, nous trace aujourd'hui le panorama de l'activité de notre organisation. J'ai ici un rapport accompagné de statistiques que je devais lire ce soir mais, étant donné le peu de temps dont nous disposons, je me contenterai de m'adresser à vous tous pour vous remercier de m'avoir honoré, ainsi que mon pays, en m'élisant à la vice -présidence. Je voudrais aussi que nous adressions ensemble un hommage et des applaudissements très chaleureux à l'homme qui a présidé l'an dernier l'Assemblée avec beaucoup de diligence et de dévouement, j'ai nommé le Professeur Pouyan.l Messieurs les délégués, le bien -être et le progrès ont pour prix le travail, l'effort et la générosité. Pour analyser la situation sanitaire de la population du Guatemala, il faut se placer dans le contexte général géo- économique, politique et culturel d'un pays en voie de développement, en tenant compte des différences qui, à l'intérieur du pays, résultent de l'inégalité du développement régional ou local. 2 Le Guatemala couvre, en Amérique centrale, une superficie de 131 800 km y compris le territoire de Belize, et sa population, estimée à 5 750 900 habitants en 1973, est formée en majorité de jeunes et caractérisée par une forte natalité. La population, inégalement répartie, se concentre pour moitié sur un cinquième du territoire national. Du point de vue politique et administratif, le pays est divisé en 22 départements, eux -mêmes divisés en 326 municipalités. Un relief accidenté, qui fait obstacle à l'extension du réseau de communications et à l'intégration socio- économique d'importants secteurs du pays, et l'existence de régions géoéconomiques naturelles inégalement nanties, dont la densité de la population n'est aucunement fonction des ressources, sont des facteurs qui s'opposent à un développement équilibré des secteurs économiques et créent des problèmes particuliers sur le plan social. Il faut encore citer les problèmes qui résultent de la composition ethnique de la population, de l'analphabétisme, dont le taux national moyen est de plus de 60 % (1969), de la prédominance des régions rurales, de l'appréciable écart historique entre milieu rural et milieu urbain, du bas niveau des revenus, et du fait que la population est en majorité occupée dans les secteurs primaires de la production; tous ces facteurs créent une situation générale défavorable, y compris en ce qui concerne la santé. Soixante -cinq pour cent de la population vit dans 9297 localités de moins de 2000 habitants. Le taux de l'accroissement démographique est tel (2,9 %) qu'il est impossible d'assurer à la population éducation, travail et santé. A l'action conjointe des secteurs économiques et sociaux en faveur de la santé s'ajoute celle du secteur auquel incombe spécialement la responsabilité du maintien, de la promotion et du rétablissement de la santé de la population. On appelle secteur sanitaire l'ensemble structuré des organismes d'Etat agissant en vertu d'un mandat constitutionnel et des autres institutions complémentaires ou de soutien, qui ont pour buts et objectifs la promotion, la protection et le maintien de la santé physique, mentale et sociale, tant sur le plan individuel que sur le plan collectif, et déploient à ces fins des activités de promotion, de prévention, de soins et de réadaptation. L'utilisation des services est indiquée par les chiffres suivants dans la capitale, il y a 0,7 consultation par habitant et par an; dans les chefs -lieux de département et dans certaines municipalités, 0,4 consultation par habitant et par an; dans les zones rurales, 0,2 consultation par habitant et par an. L'objectif de notre plan quinquennal est à cet égard d'une consultation par habitant et par an. Faute d'assurer l'équilibre voulu entre population, services et ressources, le pronostic serait assurément bien sombre. Lors de la dix - neuvième réunion des ministres de la santé de l'Amérique centrale et du Panama, nous avons proclamé la nécessité de définir et formuler clairement la politique de santé et organiser les systèmes de 1) services sanitaires d'une manière permettant sa mise en oeuvre; , : :

1 Le texte qui suit a été communiqué par la délégation du Guatemala pour insertion dans le compte rendu, conformément à la résolution WHA20.2.

SEPTIEME SEANCE PLENIERE

153

2) soutenir comme il convient le processus de planification sectorielle dans le cadre de la planification globale, en tant que mécanisme assurant la coordination effective des programmes et activités des différentes institutions de santé; 3) promulguer les lois requises pour la mise en place des mécanismes de coordination et /ou d'intégration des services de santé dans le cadre d'un système national adapté aux modalités particulières de développement du pays concerné; promouvoir le lancement à brève échéance d'un processus de réforme administrative et 4) juridique du secteur sanitaire pour provoquer des changements favorables à une meilleure utilisation des ressources existantes et faciliter l'organisation et le fonctionnement du système de services de santé. Le système national de santé est défini comme "la mise en oeuvre méthodique de toutes les ressources humaines et matérielles disponibles dans les diverses institutions publiques ou privées, grâce à l'application d'un processus administratif et de techniques sanitaires, en sorte que tous les éléments du système offrent des prestations de santé de qualité et en quantité suffisantes pour couvrir la demande de la collectivité à un coût compatible avec les ressources et le niveau de développement du pays ". C'est en se référant à cette définition qu'on a élaboré les principes du plan national de santé, à savoir - Extension de la couverture visant à assurer davantage de soins à la population, en protégeant principalement le groupe mère -enfant et en mettant des services à la disposition de la population des zones rurales. - Amélioration de l'efficience des services grâce à l'introduction de concepts et de définitions, à une réforme administrative, à la normalisation des activités aux divers niveaux de soins et grâce au renforcement de l'infrastructure nécessaire. - Application d'une politique des ressources humaines dont les principaux postulats sont les suivants - la production des ressources humaines doit être réglée de façon coordonnée parles organismes formateurs (offre) et par les organismes employeurs (demande); - la programmation et la production des ressources humaines doivent spécifiquement viser à couvrir les besoins de la population; - il faut créer à l'intention du personnel un système de promotion et lui assurer des possibilités de carrière technique ou administrative; - il faut affecter à chaque échelon de l'action sanitaire un personnel qualifié à cet : :

effet;

- l'importance de la préparation et de l'utilisation du personnel technique auxiliaire doit être reconnue. - Application d'une politique d'alimentation et de nutrition pour résoudre l'un des grands problèmes de santé publique qui se pose dans le pays (80 % des enfants de moins de 5 ans souffrent plus ou moins de malnutrition protéino- calorique); à cette fin, il faut réaliser une coordination intersectorielle assurant - une production et une disponibilité suffisantes d'aliments de base; - une consommation adéquate d'aliments de base par les groupes vulnérables de la population; - l'utilisation biologique adéquate des aliments consommés. - Application d'une politique de préservation et d'amélioration du milieu prévoyant - le développement de l'approvisionnement de la population en eau potable, principalement dans les zones rurales; - la lutte contre la contamination fécale de l'environnement; - la coordination des actions visant à préserver les ressources naturelles indispensables à la santé de la population. - Application d'une politique financière visant notamment les objectifs suivants - obtenir les fonds nécessaires pour la réalisation du plan quinquennal d'action sanitaire; - promouvoir un emploi rationnel des ressources financières du secteur santé; - renforcer le financement des activités de promotion de la santé et de prévention de la maladie. Ces principes seront traduits en action au moyen des stratégies suivantes - Structuration et organisation de la zone sanitaire en tant qu'unité opérationnelle du secteur sanitaire. - Fixation de niveaux pour les soins de santé et le développement des services sanitaires. - Participation active de la collectivité aux activités sanitaires. - Etablissement de comités communaux de développement. : : : :

Le Général Kjell Eugenio Laugerud Garcia, Président constitutionnel de la République, a créé le 10 décembre 1974, par le décret présidentiel N° SP -G- 120 -74, le Comité ad hoc de Coordination qui est chargé d'orienter, de diriger, de coordonner et d'évaluer le plan national de santé couvrant la période 1975 -1979. Par la même occasion était reconnue la nécessité de voir participer à l'action sanitaire non seulement le Ministère de la Santé publique et de l'Assistance sociale mais aussi tous les services périphériques et les institutions autonomes ou privées qui se consacrent à la prévention de la maladie et à la promotion, à la protection

154

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

et au rétablissement de la santé sur tout le territoire national. Ce comité, présidé par le Ministre de la Santé publique et de l'Assistance sociale, comprend le Vice -Ministre de la Santé publique et de l'Assistance sociale, le Directeur de l'Institut de Sécurité sociale du Guatemala, le Secrétaire du Conseil national de Planification économique et un secrétariat technique. Lors de sa deuxième réunion de travail, le Comité ad hoc de Coordination a décidé de créer trois commissions spéciales chargées de s'acquitter, pour le secteur sanitaire, des diverses tàches de coordination qu'implique l'exécution du plan national de développement, à savoir 1) la commission des affaires sectorielles; 2) la commission des systèmes de soutien; 3) la commission de l'élaboration des programmes. Pour concrétiser les principes adoptés, on a procédé à une réorganisation administrative de la Direction générale des Services de Santé et créé la zone sanitaire, qui est l'unité technico -administrative opérationnelle du système sanitaire. Dans l'établissement des zones sanitaires, on s'est inspiré du découpage politico- administratif du pays en départements, ce qui revient à dire qu'une zone sanitaire coincide dans la plupart des cas avec un département. A l'intérieur de chaque zone sanitaire on s'est proposé d'établir trois niveaux de soins de santé. Le premier niveau, le plus courant des trois, sera celui du premier contact de la population avec les services de santé; il sera constitué par les programmes municipaux réalisés dans de petites collectivités (village, hameau, ou groupes de population tels que colons) ne comptant pas plus de 1000 ou 2000 habitants. A ce premier niveau on trouve aussi un autre type de service, représenté par le poste sanitaire, qui est véritablement le premier service proprement dit du système de santé publique, et qui peut être installé dans un village si l'importance de la population le justifie ou bien dans une petite localité. Le deuxième niveau de la couverture sanitaire comporte lui -même trois éléments caractérisés non seulement par l'effectif de la population desservie, mais aussi par le type de service assuré. L'unité territoriale de ce niveau est constituée par une ou plusieurs municipalités groupant une population qui peut varier de 5000 à 25 000 personnes; elle est dotée de ressources suffisantes pour offrir les soins requis et possède des établissements tels que les centres de santé du type "B" et les centres de santé du type "A ", avec un petit nombre de lits pour les soins aux mères et aux enfants, ou bien un service hospitalier moins rudimentaire mais plus modeste que l'hôpital départemental. A tous ces niveaux, il faut tenir compte des moyens de communication et du degré de mobilité de la population et du personnel de santé. Au troisième niveau, le plus complexe de tous, celui de ce que nous appelons les services intégrés de zone, l'unité géographique groupe plusieurs municipalités qui ne coincident pas nécessairement avec les départements politico- administratifs. Ces unités disposeront ou seront en mesure de disposer de moyens de communication adaptés à la mobilité de la population et du personnel de santé, ou bien elles devront avoir la possibilité d'aiguiller les malades vers des établissements adéquats, et elles jouiront d'une autonomie suffisante pour assurer les soins au niveau d'un hôpital départemental et centre de santé, qu'on peut qualifier de centre intégré. On a, en résumé, trois niveaux de l'action sanitaire; aux trois niveaux, on met l'accent sur la prévention de la maladie et la promotion de la santé, et l'action s'amplifie progressivement jusqu'au troisième niveau avec le renforcement constant de l'action curative, qui ne doit cependant pas nuire à l'action préventive. Pour que le système soit réellement efficace, le réseau de services doit pouvoir, aux trois niveaux, compter sur une participation active et résolue de la collectivité. La population étant principalement rurale, il a été urgent de mettre au point un programme de renforcement de la santé en milieu rural. Les principaux objectifs de ce programme sont de doter chacune des 326 municipalités d'au moins un poste de santé disposant des ressources techniques, financières et humaines nécessaires pour exécuter les activités de santé rurale au premier niveau de soins et suffisamment équipé pour travailler efficacement à prévenir, traiter et endiguer les maladies courantes et assurer l'assainissement des collectivités. Un autre but du programme est de mettre en place un système de communications qui reliera entre eux les divers niveaux du système, de manière que le personnel technique auxiliaire du premier niveau puisse communiquer dans de bonnes conditions avec le personnel de type professionnel du deuxième niveau, qui peut l'aider à résoudre ses problèmes techniques et administratifs. Le succès des activités du premier niveau, dont la responsabilité est confiée au personnel technique et auxiliaire, dépend essentiellement de trois éléments sélection, formation et supervision de ce personnel. Pour assurer la supervision, on projette de doter les zones sanitaires de véhicules, ce qui améliorera la mobilité des personnels et facilitera l'exercice de leurs fonctions. Pour la sélection et la formation, on a créé l'Institut de Formation des Personnels de Santé dans la localité de Quirigua, à 204 km de la capitale, dans une région essentiellement rurale. Avant d'entreprendre ses activités d'enseignement, l'Institut de Quirigua a mis au point un laboratoire de formation du personnel dont l'objet est de familiariser les divers personnels (médecins, infirmières, travailleurs sociaux, inspecteurs sanitaires, experts agronomes, nutritionnistes, techniciens de laboratoire, etc.) avec les objectifs, les buts et les principes du programme de renforcement de la santé en milieu rural. : :

SEPTIEME SEANCE PLENIERE

155

Le technicien de la santé rurale, agent paramédical et l'un des principaux produits du programme, reçoit une formation qui le prépare à prévenir la maladie en milieu rural et à protéger les collectivités au sein desquelles il travaille en contribuant notamment à améliorer leur environnement. Les étudiants sont sélectionnés en principe dans les zones rurales; ils proviennent des différents départements politico- administratifs et, au bout de deux ans de formation, ils retournent travailler dans la région dont ils sont originaires. Le niveau d'études requis pour accéder à la formation correspond à la troisième année de l'enseignement secondaire de base et le niveau de sortie à celui du cycle de spécialisation de l'enseignement secondaire. La formation est essentiellement pratique; elle est profondément humanitaire et orientée en vue du développement intégral des collectivités rurales. L'Institut de Formation des Personnels de Santé, entré en activité en mai 1972, a formé deux promotions totalisant 70 techniciens de santé rurale; ceux -ci sont maintenant employés au premier niveau du système sanitaire. On prévoit de lui confier également la formation des promoteurs de santé destinés aux petites localités dispersées qui ne peuvent être desservies par les institutions du système national. D'autre part, on prépare des infirmières auxiliaires et des techniciens de l'entretien de matériel médical, et on se propose aussi de former des techniciens de l'assainissement. Dans le cadre des programmes de santé maternelle et infantile, le Guatemala, conscient de la gravité du problème posé par la malnutrition protéino- calorique, l'avitaminose A et l'ariboflavinose, a lancé le 25 avril 1975 le programme national d'enrichissement du sucre par la vitamine A. Ce résultat stimulant de l'effort entrepris en commun par l'Institut de la Nutrition de l'Amérique centrale et du Panama, le Gouvernement du Guatemala et l'Association des producteurs de sucre représente, dans l'histoire de l'action sanitaire en Amérique centrale, un nouveau pas en avant vers le bien -être de l'humanité. A partir de 1972, eu égard au taux élevé de morbidité et de mortalité dû aux maladies contagieuses de l'enfance, on a exécuté annuellement des campagnes nationales de vaccination contre la diphtérie, le tétanos, la coqueluche, la poliomyélite et la rougeole; ces campagnes ont atteint les régions les plus reculées et la couverture, selon le genre de vaccination, se situe entre 70 et 90 % de la population de moins de 5 ans. En 1971, c'est -à -dire dans l'année qui a précédé le lancement des campagnes nationales de vaccination, 5861 personnes étaient mortes de rougeole. En 1973, il a été notifié 241 décès dus à cette maladie. Alors qu'en 1971 le taux de mortalité avait été de 105,5 pour 100 000 habitants, en 1974 il était tombé de 6,2 pour 100 000. Ces chiffres illustrent le succès des campagnes entreprises. Après avoir défini une politique de lutte intégrale contre les maladies vénériennes, on vient dé lancer un énergique programme intersectoriel de lutte contre ces maladies, dont l'objet est de réduire la morbidité, d'abord dans la zone métropolitaine, puis dans tout le pays.

Dans le domaine de la santé mentale, on a créé une commission intersectorielle chargée de la planification et du développement des différents niveaux de soins en vue de l'exécution du programme. Toutes les activités de développement communautaire dans les zones rurales pourront compter, dans un bref délai, sur l'aide précieuse du Programme alimentaire mondial. En résumé, Messieurs les délégués, le Guatemala poursuit l'exécution de ses programmes sanitaires sans épargner son travail et ses efforts, afin d'assurer des soins de santé complets à tous ses citoyens, de promouvoir le bien -être et le progrès auxquels nous avons tous droit, et de forger ainsi de meilleurs lendemains pour nos enfants et les enfants de nos enfants, ce qui nous donnera la gloire et la fierté d'avoir fait de notre Guatemala un pays plus sain. Le PRESIDENT délégué du Chili.

:

Merci, Monsieur le délégué du Guatemala. Je donne maintenant la parole au

Monsieur le Président, que mes Le Dr GIVOVICH MERCIER (Chili) (traduction de l'espagnol) premières paroles de félicitations aillent à vous -même et à tous les membres de l'Assemblée qui ont été élus à des postes de responsabilité sous votre autorité, mais aussi et surtout au Directeur général de l'OMS pour le magnifique Rapport qu'il nous a soumis. Mon intervention n'a pas d'autre but que de témoigner la satisfaction qu'inspirent au Chili l'à- propos et l'intelligence de l'oeuvre accomplie par l'Organisation mondiale de la Santé, dans son souci de résoudre les problèmes que posent la santé et la maladie. Le fait que l'Organisation se préoccupe avant tout des solutions à apporter à des problèmes spécifiques en se fondant sur l'analyse des résultats des programmes et la preuve tangible de ce que l'on peut obtenir quand l'esprit scientifique et technique se met au service de l'humanité sans se laisser égarer par des considérations étrangères à la question. Le Chili a bénéficié des programmes qui y ont été mis en oeuvre; il peut aujourd'hui faire état avec satisfaction de certains indices sanitaires qui montrent bien que l'on a su y venir à bout de nombreux problèmes auxquels le Président de l'Assemblée a fait allusion. J'insiste fermement sur ce point, étant donné que circulent de par le monde plusieurs publications qui affirment que la santé dans notre pays ne cesse de se dégrader depuis l'avè:

156

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

nement du nouveau régime; c'est là une contre -vérité, doublée d'un acte de propagande délibéré destiné à nous discréditer, qui n'a aucun fondement scientifique et que je vais m'employer à réfuter en analysant la baisse régulière, au cours de l'année 1974, de nombreux indices dont certains avaient cependant accusé une augmentation au cours de la période 1970 -1973 correspondant au régime précédent. Il ne fait pas de doute qu'en ce qui concerne la population le fait le plus important de ces dix dernières années est la baisse de la natalité qui s'est amorçée en 1965, après s'être stabilisée pendant près de trente ans à un niveau élevé, puisqu'elle est tombée de 35,1 pour 1000 à 25,5 pour 1000 en 1974. Cette diminution a marqué un temps d'arrêt en 1971 et 1972 par suite du relâchement des programmes officiels de planification familiale. En 1973, on n'a pu que retrouver les taux de 1970, tandis qu'en 1974 se produisait l'importante baisse du taux de natalité déjà signalée. L'accroissement naturel de la population a marqué également un net fléchissement, malgré la baisse simultanée du taux de mortalité générale, puisqu'il est tombé de 2,5 % en 1965 à 1,9 % en 1973 et 1,8 % en 1974. La nette diminution de la natalité et de la croissance démographique depuis 1965 laisse prévoir que la population de notre pays suivra une courbe descendante. Mortalité générale On trouve une période de baisse régulière entre les années 1939 et 1953, suivie d'une stabilisation avec des chiffres qui oscillent autour de 12 pour 1000 jusqu'en 1963. En 1964, on assiste à la reprise de la tendance à la baisse lente et régulière, jusqu'aux chiffres de 8 pour 1000 en 1973 et de 7,4 pour 1000 en 1974. Mortalité néonatale, infantile et préscolaire La baisse du taux de mortalité infantile s'amorce en 1967 pour atteindre un niveau de 65,2 et 62,9 pour 1000 naissances vivantes en 1973 et en 1974, respectivement. Au cours des périodes quinquennales 1959 -1963, 1964 -1968 et 1969 -1973, la baisse a été respectivement de 11,4 %, 20,7 % et 17 %. Celle qui a été enregistrée en 1974 laisse prévoir un fléchissement encore plus marqué pour la période 1974 -1978. Quant à la mortalité néonatale, elle est restée stationnaire, à un niveau élevé, jusqu'en 1967, pour amorcer à partir de 1968 une baisse qui a abouti à un taux de 27 pour 1000 en 1973 et de 25,6 pour 1000 en 1974. Nous espérons que les programmes de développement des services de santé maternelle et infantile et de protection de la famille, malgré l'aggravation constatée au cours de la période 1970 -1973, permettront une baisse parallèle à celle de la mortalité infantile, en sorte que le taux de mortalité néonatale ne représente pas plus d'un tiers du taux de mortalité infantile. Mortalité préscolaire (1 -4 ans) Constatant une étroite corrélation entre l'indice de mortalité dans le groupe d'âge 1 -4 ans et la consommation de protéines, notamment d'origine animale, la FAO et l'OMS se sont servies de la mortalité de ce groupe d'âge comme indicateur de l'état nutritionnel de la population. D'après notre expérience, il importe également de tenir compte dans ce groupe d'âge de maladies transmissibles courantes telles que la rougeole et la coqueluche. Il ne faut pas oublier, cependant, que la gravité de ces maladies dépend largement de l'état nutritionnel de l'enfant, car les maladies transmissibles sont souvent la cause directe de la mort des enfants sous -alimentés. Le taux de mortalité est tombé de 7 pour 1000 enfants de 1 à 4 ans à 2,4 en 1973 et 2,3 en 1974. Nous espérons que la nouvelle politique d'alimentation et de nutrition contribuera à le faire baisser encore davantage. Nous pouvons signaler en outre que l'élargissement de la couverture des enfants d'âge préscolaire résultant du programme de construction de dispensaires ruraux, du développement du réseau routier, de l'intensification des vaccinations contre les maladies transmissibles aiguës particulièrement fréquentes pendant l'enfance et de l'extension de l'éducation sanitaire agira dans le même sens. Mortalité pour causes obstétricales La mortalité maternelle est tombée de 2,9 pour 1000 naissances vivantes en 1964 à 1,3 en 1973 et 1,2 en 1974, et la mortalité due aux avortements de 1,2 pour 1000 naissances vivantes en 1964 à 0,4 en 1973 et 0,35 en 1974. Comme indiqué dans la section relative à l'analyse des actions de santé, cette évolution particulièrement favorable des courbes de mortalité pour causes obstétricales est due à un effort résolu d'amélioration des services de santé maternelle et infantile et de planification familiale, qui a abouti notamment à une augmentation très nette des contrôles effectués par les professionnels et à une progression du nombre des accouchements pratiqués par des professionnels de la santé. Causes de décès Il est intéressant de voir comment les maladies chroniques et les accidents en sont venus à occuper la première place parmi les causes de décès dans notre pays. Ainsi, alors qu'en 1963 les affections de l'appareil circulatoire, les tumeurs malignes, les accidents, les empoisonnements et les traumatismes étaient responsables de 29,7 % du total des décès, en 1973, ils en représentaient 45,7 %. En 1973, les maladies de l'appareil circulatoire venaient au premier rang des causes de décès, les tumeurs malignes au troisième et les accidents et traumatismes au quatrième. En 1963, ces mêmes causes venaient aux second, quatrième, et sixième rangs respectivement. D'autre part, les maladies infectieuses et parasitaires sont passées du troisième rang en 1963 au huitième en 1973. En 1974, on n'a pas observé de modification sensible à cet égard. L'évolution que nous venons de décrire justifie donc une modification des programmes de santé publique et des structures des services sanitaires en vue de les adapter aux réalités nouvelles. : :

:

:

:

SEPTIEME SEANCE PLENIERE :

157

Le déclin du taux de mortalité par maladies transmisMaladies transmissibles aiguës sibles aiguës, amorcé à la fin des années 40, ne s'est pas démenti depuis puisque ce taux est tombé de 55,5 pour 100 000 habitants à 19,1 en 1973 et 18,7 en 1974. Ici, comme dans la majorité des autres secteurs, cette tendance s'explique par l'amélioration des conditions économicosociales, par l'extension de la couverture des services de santé, par les progrès de l'éducation et, dans le cas particulier qui nous occupe, par le recours à de nouveaux antibiotiques plus efficaces. Enfin et surtout, il faut citer les programmes de vaccination, qui sont incorporés aux actions de santé régulières menées contre la diphtérie, la coqueluche, la poliomyélite et la rougeole. C'est essentiellement à ces programmes de vaccination, commencés en 1964, que sont dus les résultats flatteurs dont je puis faire état. Les fièvres typhotde et paratypholdes continuent à poser un problème de santé dans notre pays, bien que leur taux d'incidence soit tombé de 56 pour 100 000 habitants à 35,9 en 1973 et 34,3 en 1974. Ces chiffres révèlent les carences de l'assainissement du milieu qui subsistent encore, à savoir la médiocrité de la qualité de l'eau de boisson mise à la disposition de la population et l'absence de programmes nationaux de traitement des eaux usées. L'éradication de la variole remonte dans notre pays à 1954; Maladies quarantenaires depuis lors, aucun cas autochtone ne s'est présenté. Les derniers cas de typhus exanthématique épidémique ont été enregistrés en 1967. Aucun cas n'ayant été notifié au cours des six dernières années, la maladie doit être considérée comme extirpée. Au cours des années 1910 -1920, quelques cas de fièvre jaune urbaine s'étaient produits dans la province de Tarapacá. Le Chili a adhéré au programme d'éradication d'Aedes aegypti mis en oeuvre sur tout le continent, et il en a atteint les objectifs en 1963. L'ensemble du territoire national est désormais exempt de ce moustique. Tuberculose Malgré une tendance au fléchissement, la tuberculose reste la maladie transmissible qui présente le taux de létalité le plus élevé. De 45,6 sujets atteints de tuberculose (toutes formes), ce taux est tombé à 19,8 en 1973 et 18,9 en 1974. Trypanosomiase américaine La maladie de Chagas est endémique au Chili et se rencontre de la province de Tarapacá à celle de Colchagua (de 18° à 35° de latitude sud). La prévalence exacte n'en est pas connue, mais il semble qu'elle soit assez importante dans les zones rurales de la région affectée. En 1972, on a enregistré 21 décès imputables à cette maladie. : : :

Politique de santé et bases d'un système national de services de santé Il n'existe pas de formule magique pour résoudre tous les problèmes de santé. Cependant, aujourd'hui plus que jamais, il est nécessaire d'expérimenter des formules neuves, audacieuses et dynamiques. Etant donné que les formules précédentes ont fait la preuve de leur inefficacité, nous avons à coeur d'envisager la réalité nationale dans un esprit de sérieux, de responsabilité et d'efficacité. Aucune solution ne peut être parfaite, mais il est en tout cas impératif, pour éviter les échecs, de se montrer particulièrement attentifs à la situation socio- culturelle, ainsi qu'au processus de développement économique en cours. Le dispensaire périphérique doit constituer le premier niveau des soins de santé. Doivent y tenir une place spéciale, pour la prestation des soins de santé, les universitaires en cours de formation - qu'ils soient étudiants ou déjà diplômés, et qu'ils se consacrent à la médecine obstétrique, soins infirmiers, odontologie, techniques médicales, ou aux disciplines annexes nutrition, ergothérapie, kinésithérapie, etc. Les techniques retenues doivent être les plus simples et les moins coûteuses possible, étant donné que les actes médicaux doivent privilégier avant tout la prévention, ou le traitement des maladies à leur début. Les besoins de cette pathologie simple se trouvant ainsi assurés, les cas plus difficiles pourront être pris en charge plus aisément par l'hôpital ou par les services d'urgence, étant donné que ceux -ci ne seront plus surchargés de cas relevant de la compétence du dispensaire. A cette entreprise commune pourront apporter leur concours ferme et sincère tous ceux qui participent à la prestation des services de santé, les universitaires, les professionnels déjà formés et l'ensemble de la collectivité. Une planification patriotique et vigoureuse permettra aux forces vives du pays, à tous les niveaux, de se mobiliser pour donner et recevoir, non seulement sur le plan matériel, mais aussi sur le plan intellectuel. Le désir de vivre, d'aider à vivre est un puissant facteur d'union qui fait disparaître les différends nés de la rancoeur, de l'envie et de la méfiance. En donnant le meilleur de nous -mêmes, nous obtiendrons la compréhension de nos compatriotes et la paix sociale, à laquelle nous aspirons tant. Pour l'Etat chilien, le droit à la santé est un et indivisible, et tous ceux qui vivent sur son territoire doivent en bénéficier. Il importe d'intégrer au développement économique du pays les mesures d'action sanitaire, c'est -à -dire toutes les mesures visant à favoriser le bien -être de l'homme, de sa famille et des collectivités qui forment le cadre de sa vie sociale. La personne humaine, considérée individuellement ou collectivement, est l'objectif de toute action visant à instaurer les conditions du bien -être dans le pays. La politique de santé publique fait partie intégrante du programme de développement économique et social du Chili, avec les objectifs duquel cette politique doit être coordonnée et harmonisée. L'objectif de bien -être social auquel aspire le pays assigne au Ministère de la Santé une mission précise, celle de garantir à toute la population l'accès à des services qui assurent :

158

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANIE, PARTIE II

toute la gamme des activités de promotion et de protection de la santé, de traitement et de réadaptation. A cette fin, et conformément à l'engagement pris lors de la troisième réunion des ministres de la santé, le Ministère de la Santé a fixé plusieurs priorités pour la période 1975 -1980, sans pour autant se désintéresser des autres problèmes de santé. Les objectifs fixés pour assurer le nécessaire à la population en matière de protection, de prévention, de traitement et de réadaptation sont les suivants :

On contribuera au bien -être familial et social en encourageant les actions visant à limiter les risques de maladies ou de décès de la mère et de l'enfant et en les coordonnant avec les initiatives destinées à empêcher une croissance démographique hors de proportion avec les ressources disponibles. L'Etat s'attachera à créer les conditions propres à favoriser l'exercice conscient de la paternité responsable, ce qui supposera d'une part l'expansion des services de planification familiale, avec accès plus facile à des programmes comportant des objectifs et des méthodes réversibles de contrôle de la fécondité, et d'autre part l'exécution d'une campagne permanente d'éducation pour tout ce qui touche à la santé et au bien -être familial et social. En vue d'accroître l'espérance de vie de la population et de réduire la morbidité et 2) la mortalité, les activités sanitaires seront axées en priorité sur les enfants et les mères, moyennant des soins pour la grossesse, l'accouchement et les suites de couches - le foetus et le nouveau -né faisant l'objet d'une attention toute particulière - ainsi qu'une politique d'alimentation équilibrée, tant en calories qu'en protéines. On luttera contre les infections en développant les activités de protection 3) maintien d'un niveau d'immunisation satisfaisant dans les différents groupes suivantes de population, et activités de contrôle et d'enquête pour diminuer l'incidence des maladies vénériennes, des maladies parasitaires et de la tuberculose. En ce qui concerne l'hygiène bucco- dentaire, on s'est attaché à développer la fluo4) ration de l'eau potable, sans parler des activités destinées à rationaliser davantage les soins dont bénéficie la population, notamment en matière de prévention. Pour ce qui est de la réadaptation, on a insisté sur le développement des soins 5) ambulatoires, en mettant à profit les ressources des institutions publiques ou privées, et en donnant la priorité à la prestation de soins précoces et efficaces à la population active, afin que les actifs puissent retrouver le plus tôt possible leurs occupations habituelles. 1) :

En ce qui concerne les objectifs de santé visant des problèmes particuliers, la priorité est allée à la mise en oeuvre de mesures de prévention des accidents, à la réduction del'incidence de l'alcoolisme et à l'instauration de mesures de prévention et de soins précoces pour les maladies cardio -vasculaires, les maladies dégénératives, les intoxications aiguës et chroniques et le cancer y compris le diagnostic précoce du cancer du col de l'utérus. Pour ce qui concerne l'hygiène du milieu, on a insisté surtout sur les activités de promotion et de protection visant à améliorer l'approvisionnement en eau potable, à développer les réseaux d'égouts et à lutter contre la pollution de l'eau, de l'air et du sol et contre la contamination des aliments. Afin d'assurer la réalisation de ces objectifs, le Ministère a attaché une attention particulière aux ressources humaines, étant donné que le personnel, quelles que soient ses fonctions ou son rang hiérarchique, est l'élément dynamique et créateur de tout organisme de santé publique; il ne fait pas de doute en effet que, pour atteindre leurs objectifs, les institutions dépendent de la valeur humaine, de l'efficience et du zèle de leurs fonctionnaires. Dans cette tâche, le Ministère compte bénéficier de la compréhension des milieux universitaires, lesquels, dans le cadre d'un système alliant la formation et les soins, pourront beaucoup contribuer à élargir la couverture sanitaire indispensable à la population par le biais des activités des dispensaires ou services régionaux relevant de leur compétence. On n'a pas manqué non plus de se préoccuper de la construction ou de la rénovation des établissements médico- sanitaires. C'est ainsi qu'a été élaboré un plan national où l'on a tenu compte des besoins et des priorités de caractère technique et géographique et coordonné les mesures prévues avec celles que doivent prendre les institutions privées. Pour les raisons déjà exposées, on a accordé une attention particulière à la construction et à l'équipement de dispensaires périphériques. Vu la crise économique que traverse le pays, on n'entreprendra pas pour l'instant de travaux nouveaux et on se bornera à achever, conformément aux plans établis, ceux qui ont déjà été commencés. Dans le domaine pharmaceutique, on élaborera une liste de médicaments d'usage courant qui bénéficieront d'un traitement préférentiel, afin qu'ils puissent être à la portée des couches les plus défavorisées de la population. En ce qui concerne la commercialisation des médicaments, on prendra des mesures novatrices de nature à accroître leur disponibilité, selon des modalités qui seront déterminées ultérieurement. Afin de s'adapter au processus de décentralisation et de régionalisation en cours, le Ministère de la Santé, ainsi que les services qui en dépendent, ont envisagé la possibilité de faire passer au secteur privé certains établissements qui représentent une charge trop lourde

SEPTIEME SEANCE PLENIERE

159

pour le budget de la santé. Cette mesure va dans le sens des dispositions prises afin de réduire l'effectif des fonctionnaires pendant l'année en cours. Le Ministère a d'autre part terminé l'étude du "système national de services de santé ", dont feront partie des institutions publiques et semi- publiques et des organismes privés. Ce système, de conception nouvelle, suppose l'application des principes suivants 1) En face des problèmes de santé, tant la collectivité que l'Etat ont à la fois des droits et des obligations; la collectivité, le droit de recevoir des services de santé et l'obligation de concourir directement ou indirectement à leur financement; l'Etat, le droit d'exiger une collaboration concrète à la solution des problèmes de santé et l'obligation de faire en sorte que toute la population puisse bénéficier des services. 2) Le Ministère de la Santé constitue l'organisme normatif et planificateur du système sanitaire du pays, qui, conformément aux directives que lui donne le Gouvernement, fixe les lignes générales et les modalités précises du nouveau système dont l'étude est en voie d'achèvement. 3) Les institutions dépendant du Ministère devront être adaptées de façon rationnelle en vue de la réalisation des objectifs fixés, étant entendu que la décentralisation et la régionalisation avec indépendance financière, administrative et exécutive devront être assurées conformément à la politique générale adoptée dans ce domaine, les institutions restant toutefois soumises à l'autorité générale du Ministère de la Santé. Les prémisses fondamentales de ce nouveau système et de l'application de la politique de santé publique, conformément aux directives économiques fixées par le Gouvernement, sont :

indiquées ci- dessus.

Critères fixés par le Gouvernement pour la mise en place d'un "système national de services de santé"

1) Créer un programme national de sécurité sociale qui Objectifs du système A. permette à tous les citoyens chiliens de bénéficier des soins nécessaires; 2) se servir de ce programme de sécurité sociale comme d'un levier pour adapter les structures publiques, semipubliques et privées actuelles afin de faire en sorte qu'elles soient organisées et fonctionnent au mieux des intérêts de la santé; 3) limiter la hausse des prix, en améliorant la productivité dans le domaine de la santé et en renforçant les contrôles financiers et professionnels; 4) faire en sorte que le coût des prestations sanitaires soit en partie financé par leurs propres bénéficiaires, au prorata de leurs ressources réelles, la gratuité des services assurés par l'Etat n'étant accordée qu'aux individus dont les ressources sont insuffisantes pour leur permettre de bénéficier en temps utile des soins indispensables; 5) prendre les mesures nécessaires pour la réalisation des objectifs susmentionnés, de telle sorte qu'en l'espace de cinq ans le système national de services de santé soit en mesure d'exercer pleinement ses activités. B. Le Gouvernement a décidé que pourront bénéficier du système toutes les Couverture personnes qui résident au Chili, abolissant ainsi la différence établie entre ouvriers et employés, qui formeront désormais ensemble la catégorie des "travailleurs ". Prestations assurées Le programme assurera une gamme complète de prestations en C. matière de traitement et de réadaptation à toutes les personnes qui en ont besoin, ainsi que les activités de protection et de promotion de la santé pour l'ensemble de la population. D. Financement Pendant la période de transition, on constituera au niveau du Ministère de la Santé un fonds national, divisé en fonds régionaux, pour le financement des diverses prestations du secteur de la santé. Ce fonds sera alimenté par les cotisations des travailleurs, les contributions de l'Etat et les recettes provenant des bénéficiaires des prestations. E. Coût Le coût du système national de services de santé ne devra pas excéder la proportion du produit national brut traditionnellement consacrée à la santé. F. Administration 1) Le Ministère de la Santé sera l'organisme supérieur, chargé de planifier et de fixer les normes qui régiront les activités du système. 2) Le système sera doté d'une autonomie régionale, budgétaire, technique et administrative, sous réserve de l'observation des normes établies par le Ministère. G. Ressources humaines 1) Les professionnels et techniciens de la santé déjà formés par les universités; 2) les nouvelles catégories de professionnels et techniciens de la santé que formeront les universités ou écoles techniques en fonction des besoins réels du pays; 3) les ressources offertes par les universités étudiants, boursiers et enseignants; 4) le personnel sanitaire des forces armées; 5) la communauté nationale organisée et coordonnée aux différents niveaux fixés par le Gouvernement. On a d'ores et déjà élaboré des projets concrets qui permettront de mobiliser et de coordonner toutes ces ressources humaines en vue de mener une action conjuguée de formation et de soins qui aura des conséquences de portée incalculable. D'autre part, on a sollicité le concours du Conseil des Recteurs afin que les universités offrent désormais aux futurs professionnels de la santé des programmes d'enseignement et de formation qui les rendent mieux aptes à résoudre les problèmes de santé du pays. Nous sommes certains que cet appel sera entendu. :

:

:

:

:

:

:

:

160

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

Ce tableau panoramique de la politique de santé que met en oeuvre le Ministère, et de celle qu'il projette de lancer lorsque les circonstances économiques le permettront, témoigne que, en dépit des difficultés d'ordre économique auxquelles nous nous heurtons, existe la volonté de réaliser, et aussi de prévoir, des programmes de types nouveaux qui permettront d'obtenir une plus grande efficacité. Telle est, brièvement résumée, l'oeuvre que le Gouvernement veut accomplir dans le pays. L'établissement du système décrit plus haut ne sera pas tache facile. La mise en oeuvre, déjà amorcée, des plans dont je n'ai fait que donner un aperçu et des autres programmes envisagés est pour chacun de nous un impératif clair et précis et elle exigera que nous lui donnions le meilleur de nous -mêmes.

Si nous n'avons pas encore pu mettre en chantier certaines des réformes prévues, nous sommes convaincus qu'elles seront prochainement réalisées, car il n'est pas d'exemple que ceux qui luttent sans relâche pour faire triompher leurs principes et leurs idéaux ne finissent un jour par parvenir à leurs fins.' Je remercie le délégué du Chili et je signale que le délégué du Pérou vient Le PRESIDENT de me faire savoir qu'il déposerait son document et qu'il renonçait à parler. Dès lors je donne la parole au délégué de la Hongrie. :

Monsieur le Président, Mesdames, Le Dr SCHULTHEISZ (Hongrie) (traduction de l'anglais) Messieurs, l'humanité célèbre ces jours -ci le trentième anniversaire de la fin de la deuxième guerre mondiale et de la victoire historique sur le fascisme et le militarisme. A cette occasion, nous tenons à rendre hommage à la mémoire de ceux qui ont sacrifié leur vie pour la paix et le progrès, et à évoquer les trente années qui ont vu s'accomplir de profondes transformations sociales, politiques, économiques et autres. Nous pouvons affirmer avec satisfaction que, par suite de ces changements, le système socialiste mondial a pu voir le jour pour s'étendre aujourd'hui sur trois continents. Les forces nationales de libération ont gagné leur combat pour la liberté et l'indépendance, et l'ère du colonialisme est définitivement révolue. Les forces de la paix et du progrès universel se sont affermies dans le monde entier, tandis que la politique de détente internationale, de coexistence pacifique et de coopération entre Etats à systèmes sociaux différents est devenue la marque dominante des relations internationales. L'idée de mettre en place des systèmes de sécurité collective et de coopération s'imposera bientôt, d'abord en Europe, puis dans le monde entier. Le 4 avril, la Hongrie a fêté le trentième anniversaire de sa libération du fascisme, et récapitulé l'histoire de son développement au cours de ces trente années. J'ai le plaisir de dire que, au cours de l'édification du socialisme, nous avons obtenu d'importants succès dans le domaine économique, ce qui a permis à notre niveau de vie de s'élever constamment et à nos services de santé de progresser. On jugera de notre développement lorsqu'on saura que si, avant la libération, l'ensemble du pays ne comptait qu'environ 10 000 médecins, 20 000 employés des services de santé et 47 000 lits d'hôpital, avec 31 % de la population affiliée à des organismes d'assurance sociale, à la fin de 1974 on comptait 26 300 médecins - soit 25 pour 10 000 habitants - ainsi que 83 000 membres des professions paramédicales et 86 000 lits d'hôpital. Le mois dernier, le Parlement hongrois a voté une loi destinée à unifier le système de sécurité sociale pour en faire bénéficier pratiquement chaque citoyen hongrois, l'Etat entendant ainsi assurer à toute la population une protection sanitaire de caractère général. Les résultats obtenus dans le domaine des services de santé représentent une base solide développement accru de la prévention, diminution pour la réalisation de nos futurs objectifs de l'écart de la médicalisation entre zones rurales et urbaines jusqu'à sa suppression complète, augmentation du nombre des lits d'hôpital, réorganisation des établissements de santé, extension et modernisation de leur équipement, amélioration des programmes de prévention des services de santé, application des progrès de la médecine en vue de l'élévation du niveau des soins médicaux. Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs, conformément aux principes fondamentaux de sa Constitution, l'Organisation s'est encore rapprochée au cours de la présente Assemblée de la Santé, comme elle l'a fait année après année, de l'universalité. La dernière Assemblée mondiale de la Santé avait déjà fait du bon travail dans ce domaine, et cette fois -ci encore nous avons encore progressé vers le même but. Au nom de mon gouvernement et de ma délégation, j'adresse la bienvenue à la République démocratique du Viet -Nam et au Gouvernement révolutionnaire provisoire du Viet -Nam du Sud, en tant que Membres de l'Organisation mondiale de la Santé. L'objectif de l'Organisation, à savoir l'amélioration des services de santé dans le monde entier, ainsi que les taches à réaliser en vue d'y parvenir, sont organiquement liés à la situation internationale telle qu'elle se présente à l'heure où nous siégeons et où nous prenons nos décisions. : :

1 Le texte ci- dessus est la version intégrale du discours prononcé par le Dr Givovich Mercier sous forme abrégée.

SEPTIEME SEANCE PLENIERE

161

Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs, j'ai lu avec beaucoup d'intérêt le Rapport du Directeur général, le Dr Mahler, sur l'activité de l'OMS en 1974. Nous avons attaché beaucoup d'importance au fait que, malgré la crise économique et financière et l'instabilité économique, l'essentiel des efforts porte sur la mise en oeuvre des tâches du cinquième programme général de travail. Nous appuierons la préparation du sixième programme général de travail axé sur l'activité planifiée de l'Organisation. L'Organisation a fait du bon travail l'année dernière, et elle met en oeuvre avec succès les résolutions de la Vingt -Septième Assemblée mondiale de la Santé. Nous attachons beaucoup d'importance au programme de recherche médicale de l'OMS en matière de lutte contre le cancer et contre les maladies cardio- vasculaires, au programme de recherche biomédicale sur les maladies à virus et les affections parasitaires, ainsi qu'au programme de protection de l'environnement. Nous aimerions que ces programmes soient plus efficaces et de plus grande ampleur. Comme par le passé, nos experts sont tout disposés à participer activement à l'oeuvre de l'OMS. Nous comprenons que la crise financière internationale est source de graves préoccupations pour l'Organisation et surtout pour le Secrétariat. Nous -mêmes, comme de nombreux autres pays, souffrons des effets néfastes de cette crise dans laquelle nous voyons une manoeuvre ourdie par une poignée de monopolistes. C'est pourquoi nous ne sommes pas en mesure d'assumer, cette année ou les années à venir, le surcroît du fardeau budgétaire et nous souhaiterions certainement que le budget de l'Organisation soit enfin stabilisé. Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs, j'espère que cette Assemblée mondiale de la Santé contribuera comme les précédentes à la santé du monde entier et notamment au progrès des services de santé des pays en voie de développement. C'est pourquoi je souhaite au nom de ma délégation beaucoup de succès à notre assemblée. Le PRESIDENT Merci, Monsieur le délégué de la Hongrie. Je voudrais vous signaler que le délégué de la Guinée a également renonçé à parler et qu'il a remis son texte au Secrétariat pour l'impression. :

Le Dr DIANE (Guinée)1 : Monsieur le Président, Monsieur le Directeur général, honorables délégués, Mesdames, Messieurs, la délégation de la République de Guinée est très heureuse d'être à Genève pour participer à la Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé. Elle voudrait tout d'abord adresser à Monsieur le Président, à Monsieur le Directeur général et à tous les membres de notre organisation les salutations du Gouvernement, du peuple de Guinée et de son leader bien -aimé, le Président Ahmed Sékou Touré, Responsable Suprême de la Révolution. Elle voudrait également adresser ses sincères félicitations au Président et aux Vice -Présidents pour les suffrages qu'ils ont reçu de cette assemblée et assurer le Directeur général de la sympathie du Gouvernement guinéen pour l'oeuvre de rénovation et la nouvelle impulsion qu'il a su donner à notre organisation. La Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé se tient à une période caractérisée par la prise de conscience généralisée des peuples, dont les manifestations les plus vigoureuses ont été les victoires remportées par les peuples des anciennes colonies portugaises d'Afrique et par les peuples vietnamien et cambodgien sur l'impérialisme, le colonialisme et le néocolonialisme. Les problèmes sanitaires importants nés de la domination étrangère et de la guerre qui se posent actuellement dans ces pays figureront, nous en sommes sers, parmi les préoccupations majeures de l'OMS. Nous formulons le voeu que ces Etats d'Afrique nous rejoignent très bientôt au sein de l'Organisation mondiale de la Santé comme Membres à part entière. L'organisation sanitaire de la République de Guinée a connu de profonds remaniements depuis la Conférence administrative nationale tenue en 1974 pour l'adapter à la philosophie de notre Parti -Etat, le Parti démocratique de Guinée, exprimée par cette citation du Responsable "La santé conçue comme un état de Suprême de la Révolution, le Président Ahmed Sékou Touré bien -être physique, mental et moral ne peut être circonscrite dans le cadre restreint des hôpitaux et des dispensaires. La santé du peuple concerne avant tout le peuple lui -même qui demeure, rappelons -le, objet et sujet de santé. L'objectif véritable qu'est le parfait équilibre socio- humain ne peut être atteint qu'en instituant et en organisant une véritable médecine du peuple conçue et réalisée par le peuple, c'est -à -dire avec sa participation consciente et permanente." C'est précisément l'objectif de notre organisation sanitaire, dont la base est constituée par le peuple dans les pouvoirs révolutionnaires locaux au sein des brigades :

sanitaires. Monsieur le Président, les excellents rapports du Conseil exécutif et du Directeur général ont tous notre approbation. L'un et l'autre ont mis l'accent sur les maladies transmissibles qui entravent encore notre développement économique et social. La lutte contre les maladies

1 Le texte qui suit a été communiqué par la délégation de Guinée pour insertion dans le compte rendu, conformément à la résolution WHA20.2.

162

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

transmissibles, de même que l'organisation et le développement des services de santé, constituent assurément les préoccupations essentielles de notre gouvernement et de la majorité des Etats ici représentés. En Guinée, si la variole ne constitue plus le souci majeur, car presque entièrement éradiquée, le projet se trouvant actuellement à sa phase d'entretien et de surveillance, si la trypanosomiase connaît quelques poussées épisodiques dans certaines régions pour lesquelles un dépistage systématique a été entrepris afin de mieux connaître la situation épidémiologique, si la lutte contre l'onchocercose doit bientôt passer à sa phase active, la schistosomiase et la tuberculose ont été choisies en 1975 comme les deux maladies prioritaires. Un programme de lutte antituberculeuse a été en effet mis au point en janvier 1975. Les de protéger la population contre le risque tuberculeux en buts de ce programme sont soumettant à la vaccination systématique par le BCG les sujets du groupe d'âge de 0 à 20 ans; de dépister et traiter selon un modèle standardisé les malades. Ce programme, nécessitant la formation d'un personnel qualifié et l'installation de laboratoires, requerra très certainement toute l'attention et l'aide de l'OMS. Quant à la schistosomiase, qui sévit sur une large échelle dans la région forestière et en Haute -Guinée, son extension est à redouter encore avec le vaste programme de développement agricole entrepris dans notre pays. Aussi avons -nous décidé d'entreprendre dès à présent une étude approfondie des conditions épidémiologiques de la maladie. Là encore, l'expérience acquise par l'OMS en d'autres pays et sa contribution dans un programme de recherche opérationnelle sur le terrain seront nécessaires. Convaincue que seule la formation des cadres sur place, dans notre pays, peut permettre d'accroître rapidement et leur nombre et leur efficience, la Guinée s'est lancée vigoureusement dans un vaste programme de construction d'écoles. Ainsi, en 1974, un centre de formation dentaire est venu s'ajouter à la Faculté de Médecine et aux écoles d'enseignement paramédical. Ce centre, fruit d'un programme d'aide bilatérale, est destiné à la formation des techniciens de santé dentaire dans une première phase et de chirurgiens- dentistes dans une deuxième phase. Notre pays est aujourd'hui très soucieux de remplacer rapidement l'ensemble du corps professoral étranger en service dans certaines de ces écoles. Aussi demanderait -il à l'OMS la reconversion des bourses d'études à lui octroyées, en matériels didactiques et en envoi de professeurs chargés de l'encadrement et du recyclage des médecins destinés à l'enseignement. La délégation de la République de Guinée voudrait insister sur le rôle de conseiller et sur la mission de coordination qui devraient incomber à l'OMS, et aussi sur la nécessité pour l'Organisation de tenir compte des structures sanitaires nationales et de la nature des programmes prioritaires des Etats. Pour s'adapter à l'évolution de nos pays, elle devrait s'appuyer de plus en plus - et résolument - sur les compétences nationales, tout particulièrement dans la représentation de l'OMS dans les divers pays. Le personnel envoyé par l'Organisation a certes jusqu'ici donné entière satisfaction et nous saisissons cette occasion solennelle pour l'en féliciter, mais notre proposition est une exigence de progrès; elle engagerait davantage la responsabilité des cadres nationaux dans la recherche des méthodes les plus aptes à l'amélioration de notre situation sanitaire, et elle éviterait aussi certaines situations conflictuelles résultant de l'imparfaite connaissance des milieux. Par ailleurs, notre délégation estime que les activités de recherche demanderaient à être décentralisées au maximum pour se situer dans les régions où les problèmes les plus brûlants se posent. Les laboratoires des pays en développement devraient bénéficier d'un soutien encore :

accru.

Pour terminer, nous formulons des voeux ardents pour la réussite de nos travaux et la promotion de la santé de tous les peuples du monde. Le PRESIDENT :

Je donne maintenant la parole au délégué du Brésil. :

Monsieur le Président, la délégation Le Dr SEIXAS (Brésil) (traduction de l'espagnol) brésilienne transmet à l'Assemblée l'expression des sentiments chaleureux du Ministre de la Santé du Brésil et salue cordialement les délégations présentes en leur adressant ses voeux pour que cette réunion soit marquée par un désir fraternel de coopération en vue de l'amélioration du niveau de vie de l'humanité. Notre délégation exprime également son admiration au Dr Mahler pour les résultats de sa première année de gestion, qui renforcent notre confiance dans l'Organisation mondiale de la Santé.

Dans le peu de temps dont nous disposons, plutôt que de commenter les rapports d'un haut niveau technique qui nous sont présentés, il nous parait utile de dire quelques mots sur ce que nous faisons et de réserver ainsi une plus large place au dialogue constructif qui nous rapprochera les uns des autres. Le Gouvernement brésilien, conformément à son deuxième plan national de développement (1975- 1979), considère comme l'objet principal de son action planificatrice l'homme brésilien, avec ses particularités et ses aspirations. Non seulement ce précepte est expressément souligné, mais le Gouvernement fixe des directives et crée des instruments pour la réalisation d'un tel objectif. La stratégie du développement, social exige que l'on n'accepte pas la thèse selon

SEPTIEME SEANCE PLENIERE

163

laquelle la croissance économique apporte par elle -même la solution du problème de la répartition des revenus car, s'il est certes nécessaire de maintenir la croissance économique, il faut aussi appliquer une politique de répartition. Le deuxième plan national de développement, dans la partie relative à la politique de mise en valeur des ressources humaines, prévoit pour la période 1975 -1979 un budget social d'une valeur de 34 millions de dollars qui sera consacré aux activités suivantes éducation, formation professionnelle, santé publique, prestation de services hospitaliers et médicaux et de soins de santé individuels, assainissement de base et nutrition. Dans le cadre du plan général de développement politique, économique et social, le Ministère de la Santé, principal organe de formulation de la politique sanitaire du pays, bénéficie en 1975 d'un accroissement budgétaire de 72 % par rapport à 1974, ce qui montre de façon claire les changements prévus dans la santé publique brésilienne. On peut mentionner en particulier les plans fondamentaux d'action sanitaire pour la région du nord -est et pour la région amazonienne. Ces plans prévoient essentiellement le renforcement des structures locales de la santé, l'extension des services simplifiés en vue de couvrir la population rurale, l'amélioration de l'habitat rural, la lutte contre la malnutrition, l'assainissement de base, la formation intensifiée de travailleurs sanitaires et la lutte contre les grandes endémies. La réalisation de ces divers plans et de plusieurs autres est déjà en cours. Cet aperçu rapide et objectif des efforts du Ministère de la Santé du Brésil se comprendra mieux si l'on considère l'action menée actuellement pour lutter contre les endémies dites tropicales. La zone initialement impaludée au Brésil est habitée par 42 millions de personnes. Aujourd'hui, avec l'extension continue de la partie où l'on a interrompu la transmission du paludisme, il ne reste que 14 millions d'individus exposés à la transmission. Les résultats obtenus dans la vaste zone du nord -est seront soumis cette année aux experts de l'Organisation mondiale de la Santé et, lorsque l'éradication aura été constatée dans cette zone, le nombre des Brésiliens exposés au paludisme ne sera plus que de 8 millions en 1975. La schistosomiase et la maladie de Chagas font en ce moment l'objet d'une enquête nationale qui nous permettra de connaître la dimension exacte de ces endémies. A elle seule, la maladie de Chagas exigera 7 millions de réactions sérologiques avec un antigène normalisé. Dès à présent, on a commencé à formuler la politique sanitaire à appliquer dans ce domaine. Il convient de mentionner spécialement l'exécution du plan national d'assainissement de base qui, d'ici à 1980, devra doter d'eau potable 80 % de la population urbaine. Ces diverses actions et les plans budgétaires et opérationnels s'accompagnent de mesures législatives de la plus haute importance pour l'amélioration du secteur de la santé. Un projet de loi qui vient d'être soumis au Congrès national permettra de réaliser l'implantation dans le pays d'un système rigoureux de surveillance épidémiologique. Un autre projet, également soumis au Congrès national, fixera les bases légales de l'établissement d'un système rationnel de santé, de caractère pluraliste, mais capable d'assurer une couverture plus étendue de la population de façon à éviter les doubles emplois dans certains secteurs et l'absence de services dans d'autres. Un Conseil du Développement social a été créé; il constitue le mécanisme institutionnel destiné à intégrer au niveau central l'action du Gouvernement en ce qui concerne les ministères ou activités à caractère principalement social. Cette création est de la plus haute importance pour le secteur social et en particulier pour le secteur de la santé, car elle permet de relier entre eux les centres de décision du pouvoir exécutif, sous la direction du Président de la République. Parmi les faits récents en relation avec la Journée mondiale de la Santé, nous soulignerons que la célébration du quatrième anniversaire de l'éradication de la variole sur notre territoire donne à notre délégation un sentiment d'optimisme concernant les perspectives de progrès de la santé de notre peuple en dépit des difficultés provoquées par la crise économique et financière mondiale et des ravages extraordinaires causés par la terrible épidémie de méningite qui a sévi au Brésil, principalement en 1974. Pour donner une idée de l'ampleur des efforts que nous avons dU fournir, je dirai qu'il a fallu vacciner environ 60 millions de personnes en six mois, avec un maximum d'environ 3 600 000 vaccinations en 5 jours. Dans cet esprit d'optimisme réaliste, nous avons conscience des difficultés auxquelles nous nous sommes heurtés et de celles qui nous attendent encore. Nous avons l'espoir de faire part ici de nos expériences et de connaître les vutres afin de mieux vaincre les obstacles qui s'opposent à l'amélioration de la santé de notre peuple et des peuples du monde entier. :

Je remercie le délégué du Brésil, et j'ai le plaisir de donner la parole au Le PRESIDENT délégué de la République Centrafricaine, qui sera le dernier orateur de ce soir. :

Monsieur le Président, Monsieur le Directeur général, M. OTINA (République Centrafricaine) honorables délégués, Mesdames, Messieurs, au nom de la délégation centrafricaine que j'ai l'honneur de conduire à cette auguste assemblée, qu'il me soit permis de manifester notre réel plaisir de retrouver les distingués délégués des Etats Membres et Membres associés de plus en plus nombreux et des organisations préoccupées par les problèmes sanitaires, base de toute :

action.

164

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

Ma délégation a le plaisir de transmettre aux délégations soeurs de la République de Guinée -Bissau, de la Namibie, du Mozambique, des Bahamas, de la Grenade, des Tonga et de la République démocratique du Viet -Nam ses chaleureuses félicitations pour leur admission à divers titres au sein de l'Organisation. Que M. le Président sortant soit à nouveau félicité pour la brillante façon dont il a mené les travaux de la Vingt -Septième Assemblée, ainsi que ses collaborateurs. Monsieur le Président, ma délégation vous prie ainsi que vos collaborateurs de bien vouloir accepter ses sincères félicitations pour votre élection méritée et vous assure, en ce qui la concerne, qu'elle fera tout pour apporter sa modeste contribution à la réussite de votre lourde mission. Monsieur le Directeur général, nous voudrions, avant d'entamer la discussion de votre Rapport annuel (Actes officiels N° 221), vous dire combien le Gouvernement de Son Excellence Jean -Bedel Bokassa, Président à vie, Maréchal de la République Centrafricaine, a au cours de la délibération du Conseil des Ministres relative à la Vingt- Huitième Assemblée apprécié l'orientation dynamique et rationnelle que votre mandat est en train d'imprimer à l'Organisation dans un contexte mondial connu pour être extrêmement difficile. En conséquence, le Gouvernement de mon pays vous prie, ainsi que le Directeur général adjoint, de partager avec vos collaborateurs très dévoués les sentiments de sa réelle satisfaction et vous assure de son sincère appui, tout en espérant vous voir très bientôt à Bangui. S'agissant de ce Rapport de 341 pages présenté dans les Actes officiels N° 221, l'attention de mon gouvernement s'est portée d'abord sur l'Introduction qui contient les grandes lignes de l'esprit dudit Rapport. M. le Directeur général dit à la page VII du Rapport "La scène mondiale a été dominée en 1974 par l'instabilité économique ", et plus loin il ajoute "L'inflation généralisée a obligé certains pays à pratiquer des coupes sombres dans leurs dépenses publiques, et leurs services sociaux risquent d'en être profondément affectés, particulièrement les services de santé, dont le coût montait déjà en flèche avant que se fassent sentir les effets de l'inflation ". Monsieur le Président, honorables délégués, la situation telle que le Directeur général l'a si bien analysée mérite une longue réflexion car ses effets néfastes sont déjà là; c'est pourquoi le Gouvernement centrafricain, conscient des liens entre la santé et le développement, a revu la place de la santé dans le cadre des priorités. Ainsi, la santé et l'éducation ont été réaffirmées en République Centrafricaine comme les deux priorités clés, conditions indispensables du progrès social de tout pays. C'est pourquoi, dans cette situation difficile, la délégation centrafricaine a été chargée d'exprimer à cette Vingt- Huitième Assemblée le voeu le plus ardent que, dans les efforts d'affectation des ressources aux différents domaines, la santé soit placée plus que jamais au premier rang pour lui permettre d'avoir un minimum de moyens de se développer. Ma délégation souhaite donc, à l'heure où le programme et le budget seront discutés, qu'il soit constamment tenu compte de cette réalité. Cet appel s'adresse aussi bien aux Etats Membres et Membres associés qu'aux organisations soucieuses de la situation sanitaire dans le monde. Dans le domaine des grandes lignes d'action, ma délégation a relevé avec satisfaction l'accent qui est mis par le Directeur général sur le management et en particulier sur la formulation, la gestion rationnelle et l'évaluation des programmes plus que jamais nécessaires face à l'inflation. C'est ainsi que la République Centrafricaine vient de participer avec grand profit à l'atelier sur la programmation sanitaire par pays qui s'est tenu dernièrement à Brazzaville. Dans le cadre des efforts de développement des services de santé par Région, mon pays a noté avec satisfaction l'effort que l'Organisation centrale déploie pour les pays africains, comme cela ressort de la page IX de l'Introduction. En ce qui concerne les activités médico- sanitaires en République Centrafricaine, la formation du personnel reçoit toujours un haut rang et nous remercions très profondément le Bureau régional, son chef dynamique et ce grand Africain, le Dr Comlan Quenum, pour sa contribution à la mise sur pied de notre Faculté des Sciences de la Santé. Les services de santé de base, dans le cadre général du renforcement de l'organigramme du Ministère de la Santé publique pour un meilleur rendement, viennent de se voir affecter une place privilégiée. Les maladies transmissibles sont contrôlées conformément au programme établi et la trypanosomiase, notre grand souci annoncé à cette tribune l'année dernière, connaîtra incessamment un recul. Par contre, la drépanocytose continue à nous préoccuper et, pour concrétiser nos efforts, nous venons d'ouvrir en février dernier un centre national de lutte contre ce fléau; les éléments essentiels de ses activités sont le dépistage, le traitement, la recherche et le conseil génétique. Une très grande enquête nationale vient de confirmer que près de 25 % de la population portent le trait. C'est pourquoi nous profitons de cette auguste assemblée pour demander à notre organisation, à toutes les bonnes volontés gouvernementales et non gouvernementales, de nous aider à renforcer les activités de ce centre. Les efforts déployés par l'Organisation, ainsi qu'il ressort de la page 113 du Rapport du Directeur général sous le titre "Hémoglobinopathies et troubles apparentés ", constituent un encouragement pour les pays victimes de ces troubles génétiques. : :

SEPTIEME SEANCE PLENIERE

165

Dans le cadre de la salubrité de l'environnement, le Gouvernement centrafricain a marqué la haute importance qu'il donne à ce problème en créant un Ministère de l'Urbanisme et de l'Aménagement du Territoire, dont une des missions essentielles est de résoudre les problèmes de l'environnement et des établissements humains. Monsieur le Président, honorables délégués, en se réservant le droit de revenir sur de plus amples détails au sein des commissions, la délégation centrafricaine, partant de cette analyse, approuve le Rapport du Directeur général contenu dans les Actes officiels N° 221 et "Si tous les Membres et reprend à son compte l'opinion du Directeur général suivant laquelle Membres associés mettaient en commun leurs connaissances et leurs ressources, quels progrès Le jour où immenses pourraient faire en peu de temps la santé et le bien -être de l'humanité les Etats coopéreront ainsi sans restriction ni arrière- pensée peut nous sembler encore lointain, mais c'est un but vers lequel l'OMS doit tendre avec une inlassable énergie pendant les années qui viennent ". La délégation centrafricaine souhaite que cette réflexion imprime profondément et constamment l'ambiance de cette Vingt -Huitième Assemblée. :

Je vous remercie, Monsieur le délégué de la République Centrafricaine. Le PRESIDENT Messieurs, Mesdames les délégués, nous avons ainsi terminé notre travail pour cette soirée. La séance est levée. :

La séance est levée à 23 h.20.

HUITIEME SEANCE PLENIERE Lundi 19 mai 1975, 15 heures Président par intérim :

Dr A. C. EMPANA (Congo)

DISCUSSION GENERALE DES RAPPORTS DU CONSEIL EXECUTIF SUR SES CINQUANTE -QUATRIEME ET CINQUANTE CINQUIEME SESSIONS ET DU RAPPORT DU DIRECTEUR GENERAL SUR L'ACTIVITE DE L'OMS EN 1974 (suite) La séance est ouverte. Le PRESIDENT PAR INTERIM Notre Président m'a demandé de le remplacer cet après -midi et j'aimerais saisir cette occasion pour dire combien je suis sensible à l'honneur que vous avez fait à mon pays et à moi -même en m'élisant à la vice -présidence de cette assemblée. Puis -je vous remercier très chaleureusement au nom de mon pays et au nom de la délégation de la République populaire du Congo à la Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé. Nous allons poursuivre la discussion générale sur les points 1.10 et 1.11, et je vais donner la parole au délégué de l'Ouganda. :

M. KYEMBA (Ouganda) (traduction de l'anglais) : Monsieur le Président, Monsieur le Directeur général, honorables délégués, Mesdames et Messieurs, la délégation de l'Ouganda a le grand plaisir de vous transmettre, Monsieur le Président, ainsi qu'à vous tous honorables délégués à cette assemblée, les salutations les plus cordiales de Son Excellence le Président de l'Ouganda, du Gouvernement et du peuple de la République de l'Ouganda. Monsieur le Président, la délégation ougandaise est particulièrement heureuse de souhaiter la plus cordiale bienvenue en cette assemblée aux représentants du Royaume des Tonga, au peuple hérolque de la République démocratique du Viet -Nam et à celui du Mozambique. Nos souhaits de bienvenue s'adressent aussi tout spécialement à la délégation de la République du Sud Viet -Nam qui occupe maintenant sa place légitime dans cette assemblée. Ma délégation tient à féliciter le Directeur général et ses collaborateurs pour le rapport stimulant et si clairvoyant qu'ils nous ont présenté. Cette analyse approfondie des activités de l'Organisation au cours de l'année 1974 met en relief les succès remportés, mais aussi les difficultés qui, d'une manière ou d'une autre, ont empêché l'entière réalisation des programmes approuvés. Nous appuyons sans réserve les idées du Dr Mahler ainsi que l'attitude très positive qu'il a adoptée depuis qu'il exerce les fonctions de Directeur général de l'OMS. Nous félicitons également le Conseil exécutif de l'examen des programmes et du budget auquel il a procédé, et nous lui sommes reconnaissants d'avoir admis la nécessité d'une évaluation permanente. Je saisis cette occasion pour informer l'Assemblée que le Gouvernement de l'Ouganda a officiellement accepté les amendements aux articles 24 et 25 de la Constitution de l'OMS relatifs à la composition du Conseil exécutif et qu'il a déjà envoyé les documents nécessaires au Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies à New York. Monsieur le Président, ma délégation souhaite insister une fois encore sur la nécessité d'un dialogue critique et d'une collaboration étroite entre l'OMS et ses Etats Membres, car c'est le seul moyen de trouver des solutions aux problèmes sanitaires. L'OMS doit continuer de n'épargner aucun effort pour atteindre son objectif, c'est -à -dire pour amener tous les peuples au plus haut niveau de santé possible. Elle doit mettre en particulier l'accent sur le développement des services de santé de base en veillant à élargir leur couverture et améliorer leur utilisation. Cela est très important, notamment dans les pays en voie de développement, et cela suppose naturellement des efforts concertés de l'OMS et des pays Membres. Monsieur le Président, dans le domaine de la santé, le Gouvernement de la Deuxième République de l'Ouganda s'est fixé les objectifs suivants fournir des services préventifs et curatifs aux populations des villages; insister plus que jamais sur l'importance des services préventifs pour l'ensemble de la population du pays; et s'attacher à former du personnel médical et paramédical de manière à disposer des ressources humaines nécessaires pour faire fonctionner plus efficacement les services. Le développement des services de santé de base continue de recevoir toute notre attention car ces services jouent un rôle tout à fait capital dans l'ensemble des programmes de protection sanitaire. Nous avons continué de créer davantage d'hôpitaux ruraux, de centres de santé, de dispensaires et d'unités sanitaires périphériques afin de fournir à la totalité de la population une protection sanitaire intégrale combinant les soins préventifs et curatifs. Les activités d'éducation sanitaire et de santé maternelle et infantile se déroulent partout de façon satisfaisante. La formation de personnel médical de tous niveaux demeure au premier rang des priorités. De nombreux plans et programmes d'études destinés aux étudiants en médecine, au personnel paramédical, aux infirmières et aux sages - femmes ont été révisés et repensés, de manière à préparer le personnel à former de véritables équipes de santé assurant une protection sanitaire totale. A l'Université Makerere de Kampala, les cours postuniversitaires conduisant à la maîtrise en médecine générale, en chirurgie générale, en obstétrique et gynécologie, en pédiatrie, en psychiatrie, en ophtalmologie, en oto- rhino- laryngologie, en pathologie, en physiologie et en :

- 166 -

HUITIEME SEANCE PLENIERE

167

santé publique, sont maintenant tout à fait au point. Actuellement, environ soixante -dix médecins suivent ces cours postuniversitaires à l'Université Makerere. En mars de cette année, un nombre à peu près identique de médecins est sorti de cette Université, qui a décerné en outre douze diplômes d'études postuniversitaires. En Ouganda, la formation des sages - femmes et infirmières monitrices est maintenant sanctionnée par le Gouvernement et l'Université Makerere. Il est important de noter que les premières élèves monitrices, qui avaient commencé leurs études en 1973 à Mulago, les ont terminées en février de cette année et ont reçu leur diplôme de l'Université Makerere. Le bâtiment du Collège médical des monitrices, financé par la Banque mondiale, est maintenant sorti de terre. Le Gouvernement de l'Ouganda a également institué des diplômes nationaux pour tout le personnel paramédical à l'exception des techniciens de radiologie, des techniciens de laboratoire et des inspecteurs sanitaires. Ces diplômes nationaux assurent à ces différentes catégories de personnel le rang et le respect qui leur sont dus en tant que membres de l'équipe de santé et leur offrent des perspectives de perfectionnement et de promotion. Je suis heureux de pouvoir annoncer que, cette année, nous avons décerné des diplômes à quatorze assistants dentaires de santé publique, à sept aides anesthésistes et à six physiothérapeutes. En outre, nous étudions sérieusement la possibilité de créer une école dentaire complète. A cet égard, je tiens à exprimer nos remerciements au Directeur régional de l'OMS pour l'Afrique, qui a engagé un consultant chargé de nous conseiller dans cet important domaine. Dans notre combat contre les maladies transmissibles, nous avons remporté d'appréciables succès. Au cours de l'année dernière, l'Ouganda n'a connu aucune épidémie de variole, ni de fièvre jaune. Toutefois, la crainte du choléra s'était emparée de certains de nos voisins d'Afrique orientale et nous n'avons pas été totalement épargnés. Trois cas importés ont été diagnostiqués et soignés avec succès à l'Hôpital de Mulago en décembre 1974. Le nécessaire a été fait pour contenir l'infection et aucun autre cas ne s'est produit. Désormais, on insiste davantage sur la surveillance, la détection précoce, la notification et les mesures d'endiguement. En Ouganda, la lutte contre les zoonoses revêt une grande importance économique, sociale et sanitaire. Elle est en fait essentielle car nous sommes absolument déterminés à exploiter notre énorme potentiel en viande de boeuf et produits laitiers, ainsi que l'extraordinaire variété d'animaux sauvages dont l'existence est intimement et harmonieusement liée à celle de l'homme. Nous sommes reconnaissants à l'OMS de nous avoir fourni les services d'un vétérinaire de santé publique qui, avec son homologue national, pourra nous aider dans cet important secteur. Je tiens à faire observer que notre nouvelle unité de lutte contre les zoonoses, d'hygiène alimentaire et de services de laboratoire vétérinaire rend de précieux services à l'ensemble du continent africain et que les crédits permettant de le faire fonctionner ne devraient pas provenir uniquement du Bureau régional de l'Afrique. Le Gouvernement de l'Ouganda attache de plus en plus d'importance aux activités de recherche. Dans ce domaine, les priorités sont fixées par le Conseil national de la Recherche. L'Institut ougandais du Cancer installé à Mulago, l'Organisation de Recherche sur la Trypanosomiase en Afrique orientale et d'autres établissements effectuent de très nombreux travaux ayant surtout pour objet la recherche de solutions pratiques à nos problèmes de santé. Monsieur le Président, il n'est pas du tout facile de dire en si peu de mots tout ce que mon pays doit à l'OMS. Je voudrais maintenant adresser au Directeur général, le Dr Mahler, ainsi qu'au Directeur régional pour l'Afrique, le Dr A. Quenum, et à son personnel, nos très sincères remerciements pour l'aide et les conseils qu'ils nous ont prodigués afin de soutenir les efforts que nous faisons pour améliorer l'état de santé de nos populations. Monsieur le Président, honorables délégués, la délégation de l'Ouganda espère sincèrement que l'Organisation mondiale de la Santé ira sans cesse en se renforçant et que tous les efforts qùe nous faisons ensemble pour amener tous les peuples du monde au plus haut niveau de santé possible seront couronnés du plus grand succès.

Le PRESIDENT PAR INTERIM Je remercie l'honorable délégué de l'Ouganda et je donne la parole au délégué du Venezuela. :

Le Dr SALCEDO (Venezuela) (traduction de l'espagnol) : Monsieur le Président, Monsieur le Directeur général, Mesdames et Messieurs, en cette Vingt- Huitième Assemblée mondiale de la Santé nous voudrions d'abord présenter aux pays qui viennent d'être admis à l'OMS nos félicitations et nos voeux de bienvenue, sachant tout ce que représente pour eux leur présence au sein de l'organisme mondial qui consacre son action à la santé des peuples. Le Venezuela a obtenu son indépendance il y a cent cinquante ans et les descendants de cette génération de l'indépendance ne peuvent que se réjouir de voir d'autres peuples du monde accéder enfin à l'autonomie. des luttes opiniâtres et des vicissitudes jusqu'à Nous avons connu ce qu'ils vont connaître la stabilisation durable d'un régime de gouvernement démocratique qui, malgré l'interdépendance que l'histoire et le développement ont créée entre les pays, aspire chaque jour davantage à être maître de son propre destin. C'est là la seule façon pour nous de parvenir à structurer solidement l'ensemble des nations d'origine ibéro- américaine qui luttent pour réaliser une intégration socio- économique propice à leur développement technique et industriel. :

168

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

Monsieur le Président, en exprimant ces sentiments, nous formulons en réalité une première observation sur le Rapport du Directeur général, où nous relevons avec satisfaction que l'année 1974 a été celle de l'admission des Bahamas, de la Guinée -Bissau et de la Grenade; nous approuvons l'attitude du Directeur général toujours si favorable à une acceptation rapide de ces pays qui, à ce stade de leur évolution, ont le plus grand besoin de l'aide de l'OMS pour améliorer la situation sanitaire de leurs populations. Le Gouvernement du Venezuela, et plus particulièrement le Ministère de la Santé et de la Protection sociale, constatent avec satisfaction que l'Organisation et un grand nombre de ses Membres accordent toujours plus d'importance au développement des services de santé primaires. La publication récente du livre "Participation et santé ", le rapport commun de l'OMS et du FISE sur différentes expériences en cours, la constitution par le Conseil exécutif d'un comité spécial chargé d'étudier cette question, la pression qui s'exerce sur les pays pour qu'ils créent et développent des services de ce genre et, finalement, la réaction favorable des gouvernements démontrent clairement qu'il s'agit d'une formule logique et réalisable pour assurer un minimum de protection médicale aux populations auxquelles elle fait encore défaut. Cette évolution nous montre que nous ne nous étions pas trompés quand, en 1961, nous avions lancé notre programme de médecine simplifiée. En effet, les populations rurales de la plupart de nos pays ne pourront être protégées d'une autre façon. Cependant, comme nous l'avons annoncé lors de la dernière Assemblée, nous avons complété l'action menée en milieu rural par la mise en oeuvre d'un programme de localités rurales, qui tend à regrouper les populations isolées en petits villages et hameaux qui, sans perdre leurs caractéristiques rurales, leur offrent des logements, des services d'assainissement de base, un milieu sain, l'électricité, une école et des soins médicaux. En ce qui concerne l'environnement, nous sommes convaincus que les mesures destinées à le préserver et à l'améliorer revêtent la plus grande importance, car il sera difficile d'infléchir la tendance à l'urbanisation. Le développement technologique et industriel nous apporte chaque jour de nouvelles sources de nuisance et le manque de protection de la flore et de la faune nous conduit à la transformation des sols en déserts et au manque de terres arables. Cette combinaison de causes et d'effets prépare un avenir incertain. Avec l'aide du Programme des Nations Unies pour le Développement, notre Gouvernement a récemment entrepris un programme d'étude et de surveillance de l'environnement, qui s'étend non seulement aux villes, mais également aux bassins fluviaux et à certains de nos lacs et cours d'eau. Nous ne voudrions pas manquer l'occasion de souligner que pour ce programme, comme pour beaucoup d'autres activités en cours, nous avons bénéficié de l'aide du Bureau régional des Amériques. Dans le cadre du plan d'action du Gouvernement dirigé par son Président actuel, le Venezuela poursuit un programme de planification familiale qui, conformément aux règles de l'Organisation mondiale de la Santé, ainsi que du Congrès national et des organismes internationaux de santé publique, comprend des orientations, des normes et des mesures qui devraient aboutir à la planification familiale volontaire, à une réduction des facteurs actuellement responsables des naissances illégitimes, de la paternité non volontaire, de l'avortement, de la mendicité et de la délinquance juvénile, ainsi qu'à l'élévation des niveaux socio- économique et moral de la famille vénézuélienne et du peuple vénézuélien. Le programme de planification familiale se développe dans tout le pays par l'intermédiaire d'un réseau de centres de consultations qui commence à s'étendre et, en utilisant la vaste infrastructure du Ministère de la Santé, atteindra les zones rurales où fonctionne le système de médecine simplifiée. Ce programme vise essentiellement à mettre à la disposition des couples vénézuéliens, pendant le mandat présidentiel actuel, les connaissances et les services d'assistance qui leur permettront, d'une part, d'espacer et de limiter les naissances et, d'autre part, de remédier à la stérilité, conformément aux recommandations de l'Année mondiale de la Population, faisant ainsi en sorte que les femmes vénézuéliennes soient maîtresses de leur destin. Etant donné l'importance des maladies cardio -vasculaires qui, chez nous, occupent les premières places dans les statistiques de mortalité et de morbidité, le Gouvernement national, conscient des responsabilités qui lui incombent, a décidé de renforcer l'organisation des réseaux sanitaires de protection contre les maladies cardio -vasculaires en créant, il y a quelque temps, un institut national de cardiologie qui aura pour tâche d'élaborer des plans et des programmes de lutte contre ces maladies. Conformément à la recommandation de la Vingt- Septième Assemblée mondiale de la Santé, notre pays poursuit des programmes de vaccination contre les maladies infantiles les plus fréquentes. Nous pratiquons la vaccination triple (diphtérie, tétanos et coqueluche), la vaccination antipoliomyélitique et la vaccination antirougeoleuse; bien qu'aucun cas de variole n'ait été enregistré au Venezuela depuis plus de douze ans, la vaccination antivariolique y est également maintenue, la règle dans ce domaine étant de protéger 25 % des enfants de 6 à 11 mois et 50 % des enfants de 1 à 2 ans. L'éradication mondiale de la variole permettra de consacrer à d'autres activités de santé les moyens affectés jusqu'ici à ce programme de lutte. Enfin, il est bon de signaler que, dans le cadre de l'action entreprise par le Gouvernement, nous poursuivons d'importants programmes destinés à combattre la malnutrition, surtout dans les groupes les plus vulnérables tels que les enfants d'âge préscolaire et scolaire et les femmes enceintes. A cette fin, nous avons pour les enfants d'âge préscolaire un programme

HUITIEME SEANCE PLENIERE

169

d'alimentation d'appoint à base de lait enrichi de vitamines et d'éléments minéraux. Pour les enfants d'âge scolaire, il existe d'autres programmes verres de lait quotidiens servis dans les établissements d'enseignement primaire, cantines scolaires et goOters à l'école, qui s'adressent tous aux groupes éprouvant de graves difficultés nutritionnelles. Quant aux femmes enceintes, elles reçoivent gratuitement des comprimés de polivitamines et d'éléments minéraux ainsi que des comprimés de sulfate de fer. Toutefois, nous savons que ces mesures ne sont ni des solutions définitives, ni l'idéal à long terme. Le Gouvernement poursuit donc l'exécution du programme qu'il a entrepris afin de promouvoir la production agricole et l'élevage en grand, la conservation des récoltes et une commercialisation des aliments de base qui les mette à la portée des masses populaires. La délégation du Venezuela s'associe aux félicitations adressées au Directeur général et à ses collaborateurs pour le travail qu'ils ont accompli ainsi qu'au Président et aux Vice Présidents de l'Assemblée pour le grand honneur et les hautes responsabilités qui leur ont été conférés. :

Le PRESIDENT PAR INTERIM Je remercie le délégué du Venezuela, qui vient de respecter son temps de parole, et je donne la parole au délégué de l'Union des Républiques socialistes soviétiques. :

Le Professeur PETROVSKIJ (Union des Républiques socialistes soviétiques) (traduction du : Monsieur le Président, Monsieur le Directeur général, Mesdames et Messieurs, je voudrais tout d'abord, au nom de la délégation soviétique, féliciter M. le Président ainsi que tous les Vice -Présidents de la Vingt -Huitième Assemblée de la Santé, pour leur élection à ces hautes fonctions, et remercier M. le Directeur général de son Rapport sur l'activité de l'OMS en 1974. L'impression générale produite par cette activité pendant l'année écoulée est favorable. En effet, malgré de nombreuses difficultés, l'Organisation a accompli un travail considérable et, dans certains domaines, a remporté de réels succès. L'Organisation mondiale de la Santé s'enorgueillit à juste titre des résultats qu'elle a obtenus en 1974 sur le front de la variole. Comme vous le savez, le programme d'éradication de cette maladie, qui avait été lancé en 1958, sur l'initiative de l'URSS et d'un certain nombre d'autres pays, s'est intensifié en 1967. Il reste maintenant à mener ce programme au succès complet. L'expérience acquise dans cette campagne d'éradication de la variole doit être conservée pour le bien de l'humanité et servir de modèle pour d'autres campagnes sanitaires russe)

Nombreuses sont les actions actuellement organisées sous les auspices de l'OMS pour promouvoir le développement et la coordination de la recherche biomédicale. La réussite du programme de recherche médicale de l'Organisation est largement tributaire d'une étroite collaboration entre les pays et de l'établissement d'un plan d'ensemble. A cet égard, le développement de la collaboration dans la recherche sur le cancer laisse bien augurer de l'avenir. Le problème de l'interaction entre l'homme et son environnement, auquel l'OMS s'intéresse de très près, gagne sans cesse en importance. Préoccupée par la pollution du milieu et soucieuse du bien -être de l'homme, l'Assemblée générale des Nations Unies a adopté une résolution qui interdit d'agir sur l'environnement et le climat à des fins militaires et autres incompatibles avec le maintien de la sécurité internationale, le bien -être et la santé de l'être humain. Il est indispensable que l'OMS tienne le plus grand compte de cette résolution dans la conduite de ses travaux. Le Rapport du Directeur général fait une grande place au développement des services nationaux de santé et à la formation de personnels qualifiés, sujets que la délégation soviétique juge de première importance. L'URSS n'a aucune peine à bien comprendre ce problème car, après la Révolution d'octobre, elle a da partir pratiquement du niveau où se trouvent actuellement beaucoup de pays en voie de développement. Aujourd'hui, ces pays ont largement recours à des travailleurs médicaux de formation moins poussée, recrutés au sein de la population locale; cette formule, préconisée par l'OMS, mérite de retenir l'attention. Toutefois, il ne faut pas dissocier ce type de service médical de l'ensemble du système de protection sanitaire et il importe d'en combiner le développement avec le renforcement des établissements médicaux. Parmi les plus importants de ces établissements hautement qualifiés figurent les polycliniques qui, en URSS, sont devenues des centres de soins ambulatoires spécialisés. Le pays en compte plus de 26 000. Les polycliniques soviétiques, bien équipées sur le plan technique, n'assurent pas seulement le traitement de plus de 80 % des malades; elles jouent aussi un raie préventif important en dépistant les maladies à leur début et en appliquant les mesures curatives, préventives et sociales les plus efficaces - rale que nous désignons par l'expression "dispensarisation de la population ". C'est dans le domaine de la santé maternelle et infantile que l'orientation sociale et préventive de la médecine soviétique apparait le plus clairement; plus de 21 000 centres - polycliniques pédiatriques, dispensaires gynécologiques, et services de santé scolaires assurent dans ce secteur le dépistage des maladies et la surveillance suivie des cas et

170

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

occupent des dizaines de milliers de médecins spécialisés et un important contingent de personnel médical de niveau intermédiaire. En cette Année internationale de la Femme, c'est pour moi une satisfaction toute particulière de parler des succès et du renforcement des services de santé maternelle et infantile. La décision de l'Assemblée générale des Nations Unies de proclamer 1975 Année de la Femme a trouvé un écho particulièrement favorable dans mon pays et dans les autres pays socialistes où la nouvelle organisation sociale a, pour la première fois dans l'histoire, changé radicalement la condition féminine en assurant aux femmes des droits parfaitement égaux à ceux des hommes et la possibilité d'arriver au plein épanouissement de leurs compétences et de leurs talents. Le rôle actif que jouent les femmes dans les services de santé en est un bon exemple; qu'il me suffise de dire ici qu'elles représentent 70 % du corps médical soviétique. Nous attachons également beaucoup d'importance aux mesures sociales et médicales visant à protéger et améliorer la santé des travailleurs de l'industrie, des ouvriers agricoles et de tous les autres groupes de la population. Ces services ont pour base les grandes polycliniques, les complexes hospitaliers et les centres cliniques de recherche. Aujourd'hui, en 1975, l'URSS compte plus de 3 millions de lits d'hôpitaux, soit 12 lits pour 1000 habitants. Le nombre des médecins, pour l'ensemble des spécialités, est de 800 000, soit 32 pour 10 000 habitants. Dans les années qui viennent, la tâche principale du secteur de la santé publique en Union soviétique sera de faire progresser encore la prophylaxie, d'accroître les effectifs et d'améliorer les qualifications des personnels. La formation des médecins a été considérablement améliorée par la réforme que nous avons opérée avec succès dans l'enseignement médical supérieur et par l'introduction d'une large spécialisation aux premiers stades de la formation médicale. La planification et la prévision prennent de plus en plus d'importance en santé publique et méritent une place de choix dans l'activité de l'OMS. Actuellement, l'Organisation prépare son sixième programme général de travail et son action future dépendra du contenu de ce sixième programme. L'évaluation de ce qui a été réalisé dans le cadre du cinquième programme montre qu'il avait été judicieusement conçu et qu'il peut servir de base pour la préparation du sixième programme, lequel devra toutefois refléter davantage les tendances générales de la médecine sociale et envisager leurs incidences à plus long terme. Mais mon exposé serait incomplet si je n'adressais pas aussi quelques critiques à l'Organisation. Malheureusement, un certain nombre de programmes, en particulier le programme antipaludique, laissent apparaître de sérieuses lacunes. Nous espérons que l'OMS en tiendra compte pour ses nouveaux projets contre les maladies tropicales et qu'elle veillera à réunir toutes les bases scientifiques que supposent leur planification et leur exécution. L'augmentation du budget reste beaucoup trop élevée. Il est vrai que l'instabilité monétaire et l'inflation ininterrompue posent à l'Organisation des problèmes supplémentaires, mais il faudrait, dans la planification des programmes et l'élaboration du budget, concentrer l'attention sur les problèmes vraiment prioritaires. La délégation soviétique estime qu'il est grand temps de stabiliser le budget ordinaire de l'OMS et de mobiliser davantage de fonds et de ressources extrabudgétaires venant d'autres organisations. Grâce à la détente internationale et à la fin de la guerre du Viet -Nam, on voit s'installer un meilleur climat politique qui devrait aider beaucoup à améliorer la santé dans le monde. Les perspectives sont particulièrement favorables en ce qui concerne le renforcement de la paix en Europe. La conférence européenne sur la sécurité et la coopération va bientôt s'achever et l'on a tout lieu de croire qu'elle sera couronnée de succès. Par ailleurs, la junte chilienne poursuit son oeuvre malfaisante, tandis que le mouvement de solidarité envers le peuple chilien s'étend à travers le monde parmi tous les honnêtes gens. Nous condamnons la violation arbitraire et brutale des droits de l'homme perpétrée au Chili par la junte militaire et réclamons l'arrêt immédiat de ces actes criminels. Nous demandons aux gouvernements des Etats Membres de l'OMS d'user de leur influence pour que le sort des prisonniers politiques soit allégé, pour qu'ils reçoivent l'assistance médicale nécessaire et qu'ils obtiennent leur libération totale. Nous condamnons aussi la politique de colonialisme, de racisme et d'apartheid pratiquée par les Gouvernements de l'Afrique du Sud et de la Rhodésie du Sud. Le moment est particulièrement indiqué pour le faire, puisque nous célébrons le trentième anniversaire de la fin de la Deuxième Guerre mondiale, qui a marqué la victoire de la liberté sur le fascisme hitlérien. Cette victoire a été acquise par la lutte généreuse de peuples épris de liberté et elle a établi le fondement du développement pacifique de tous les peuples. Seule une paix durable nous permettra de consacrer toute notre attention et toutes nos ressources à la satisfaction des besoins essentiels de l'humanité. C'est pour cela qu'à la veille de ce trentième anniversaire de la victoire, le Comité central du Parti communiste de l'Union soviétique, le Présidium du Soviet suprême de l'URSS et le Gouvernement de l'Union soviétique ont adressé un message aux peuples, aux parlements et aux gouvernements. En exaltant ainsi la paix et la liberté des peuples, ils ont élevé le plus beau des monuments à la mémoire de ceux qui sont tombés pour les défendre. Ces deux idéaux impérissables qui ont inspiré les héros du combat contre le fascisme nous inspirent nous aussi. Que chacun de nous fasse donc tout ce qui est en son pouvoir pour que ces idéaux se concrétisent à jamais dans la vie des hommes.

HUITIEME SEANCE PLENIERE :

171

Je remercie le délégué de l'Union des Républiques socialistes Le PRESIDENT PAR INTERIM soviétiques et je vais maintenant donner la parole au délégué du Ghana. Monsieur le Président, c'est un grand M. SELORMEY (Ghana) (traduction de l'anglais) plaisir pour moi que de féliciter très chaleureusement le Président pour son élection à cette haute fonction et d'exprimer ma sincère gratitude à son prédécesseur pour l'excellence avec laquelle il a assuré la présidence. Je ne doute pas qu'avec le concours des Vice -Présidents et des Présidents des commissions, les débats de cette Assemblée seront conduits avec toute l'efficacité voulue pour en assurer le plein succès. Je voudrais aussi m'associer à tous ceux qui ont déjà félicité le Directeur général et son Secrétariat pour le Rapport si complet qu'ils ont préparé sur l'activité de l'Organisation mondiale de la Santé en 1974. J'ai noté avec grande satisfaction que des progrès importants ont été accomplis au cours de l'année écoulée malgré de sévères contraintes financières. Je tiens à exprimer en particulier la profonde reconnaissance du Ghana pour les efforts que l'OMS a faits en vue d'aider les pays les plus durement touchés par l'inflation mondiale à mobiliser les soutiens financiers et matériels nécessaires pour que les projets déjà amorcés se poursuivent conformément aux plans. Nous espérons que ces efforts pourront s'intensifier encore. Depuis notre dernière réunion dans cette illustre salle, de nombreux événements importants se sont produits et je crois utile de revenir sur quelques -uns d'entre eux. Le Dr Quenum a été réélu Directeur régional pour l'Afrique. En le félicitant à cette occasion, je tiens à lui donner l'assurance que le Ghana lui apportera tout son appui dans l'accomplissement de sa tache, tant dans la Région qu'au niveau de l'Organisation tout entière. J'espère que sous sa direction compétente la situation sanitaire des peuples d'Afrique connaîtra encore de nombreuses améliorations. En décembre 1974, nous avons eu le privilège d'accueillir au Ghana le Directeur général, accompagné du Dr Quenum. Nous avons été très heureux que le Dr Mahler, malgré son programme très chargé, ait pu passer quelques jours avec nous à étudier des questions d'intérêt commun pour l'Organisation mondiale de la Santé et le Gouvernement ghanéen. Nous nous sommes également réjouis qu'il ait bien voulu s'intéresser personnellement à certains des projets exécutés sous le patronage conjoint de l'OMS et du Gouvernement du Ghana. Pendant cette visite, le Dr Mahler a eu l'obligeance de nous faire bénéficier d'une riche expérience acquise à l'occasion de projets analogues réalisés ailleurs. Nous espérons vivement recevoir dans l'avenir d'autres visites du Directeur général et de ses collaborateurs immédiats. L'année dernière, je signalais à l'Assemblée les ravages faits par la rougeole parmi les enfants du Ghana et d'autres pays en voie de développement. Aujourd'hui, j'ai plaisir à dire que l'appel que j'avais lancé n'a pas été vain et que l'OMS a agi promptement. Tout d'abord, mon pays a eu le privilège d'accueillir en novembre 1974 un séminaire OMS sur le programme élargi de vaccination dans la Région africaine. Comme suite à cette réunion, mon Ministère et l'OMS mettront bient8t sur pied un projet pilote dans le cadre duquel seront expérimentées quelques approches prometteuses pour la vaccination contre le plus grand nombre possible des maladies transmissibles qu'il est possible de prévenir pour une dépense minimale et dans lés délais les plus courts. Les plans de ce projet pilote sont sur le point d'être achevés. Il est un domaine où le Gouvernement du Ghana et l'OMS ont dépassé de beaucoup le stade des échanges de vues et de la planification. En effet, en décembre 1974, un accord a été signé entre le Ghana et l'Organisation concernant un projet conjoint de recherche sur la participation de la collectivité à la solution des problèmes de santé locaux. Ce projet a été officiellement lancé à Kintampo, base centrale du Ministère de la Santé pour les activités de formation en santé rurale à l'échelon national. La présence à la séance inaugurale d'un Sous -Directeur général, le Dr Chang, montre bien l'intérêt que l'OMS porte à cette nouvelle entreprise et l'importance qu'elle lui attribue. De notre cêté, nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour la mener à bonne fin. Deux grands traits de ce projet méritent d'être soulignés premièrement, la participation des membres de la collectivité à la prise de décisions et à l'exécution des plans et, deuxièmement, le caractère interdisciplinaire des activités, qui associent les Ministères de l'Agriculture, de l'Education, de la Prévoyance sociale, et du Développement communautaire, ainsi que l'Office des Eaux et Egouts. Cette formule de développement des collectivités rurales dans tous les secteurs, y compris celui de la santé, répond si manifestement à nos besoins que l'on peut en attendre d'excellents résultats, dont nous pourrons partager les fruits avec les autres pays en voie de développement. La phase d'entretien du programme d'éradication de la variole se poursuit de façon soutenue et je suis heureux de pouvoir déclarer que le Ghana n'a pas enregistré un seul cas de variole depuis 1968. C'est donc un des pays où le point de non -retour a été atteint et c'est pourquoi nous nous sommes joints à la célébration de la Journée mondiale de la Santé de cette année, dont le thème était "Variole - point de non - retour ". A cette occasion, des manifestations ont été organisées pendant une semaine entière dans toutes les régions du pays. Sans doute sommes -nous fiers de posséder le statut de "pays exempt de variole ", mais nous ne versons pas pour autant dans un optimisme béat. Bien que la maladie ait disparu de notre sol, nous avons continué, pendant ces cinq dernières années, d'administrer annuellement 1 300 000 doses de vaccin, soit en primovaccinations, soit en vaccinations de rappel et nous avons l'intention de rester vigilants sur ce front aussi longtemps que l'éradication mondiale ne sera pas réalisée. : :

172

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

L'année 1974 a été marquée aussi par des progrès en ce qui concerne la lutte contre l'onchocercose dans le bassin de la Volta. La coopération et la coordination des activités dans sept pays frères de l'Afrique occidentale ont pris des formes tangibles. Les opérations de pulvérisation ont déjà donné des résultats et ce succès initial permet d'espérer que, moyennant le soutien à long terme attendu de tous les intéressés (c'est -à -dire les gouvernements participants, les institutions internationales et les pays amis), on arrivera à maîtriser pratiquement le vecteur sinon à l'éliminer totalement. D'énormes avantages en découleront puisque des territoires fertiles que l'onchocercose avait fait déserter pourront à nouveau être occupés. Toute assistance apportée à ce programme sera vraiment des plus rentables. A cet égard, nous avons contracté une dette de gratitude envers les organisations internationales, notamment l'OMS, la BIRD, le FISE et la FAO, qui parrainent ce programme, ainsi Royaume -Uni, Canada, République fédérale d'Allequ'envers les pays amis qui y contribuent magne, Etats -Unis d'Amérique. Nous espérons sincèrement que les bons résultats des opérations de pulvérisation inciteront d'autres pays à contribuer généreusement à cette grande entreprise si prometteuse qui pourra transformer la vie et améliorer la santé d'un si grand nombre d'individus. le projet de recherche Autre entreprise conjointe de l'OMS et du Gouvernement du Ghana sur les maladies cardio -vasculaires, qui se déroule à l'Ecole de Médecine de l'Université du Ghana. J'ai le plaisir de pouvoir dire qu'il progresse de façon satisfaisante. Actuellement, les chercheurs s'emploient à analyser les données recueillies dans une première série d'investigations et nous en attendons des résultats constructifs. Beaucoup d'études seraient à faire sur l'incidence des maladies dans nos collectivités et sur la distribution des soins de santé aux habitants des zones rurales peu peuplées et aux nouveaux immigrants des centres urbains. Aussi serions -nous heureux d'accueillir des projets visant à résoudre les problèmes qui empêchent l'être humain d'atteindre partout le plus haut niveau de santé possible. Il s'agit là d'une noble tâche et le Gouvernement du Ghana ainsi que ses institutions scientifiques sont extrêmement désireux de collaborer plus avant avec l'OMS à de tels projets de recherche. Je voudrais maintenant dire quelques mots de la situation sanitaire dans le monde. Nous éprouvons de sérieuses inquiétudes quant aux conséquences, pour les pays en voie de développement, du malaise socio- économique qui règne dans les pays développés. L'inflation a forcé de nombreux pays à réduire fortement leurs dépenses publiques, ce qui ne va pas sans menacer gravement les services sociaux et en particulier les services de santé; comme l'a fait remarquer le Directeur général, les effets de ces réductions sont encore aggravés par de fortes hausses de prix. Or, les conséquences néfastes de la mauvaise santé et de la malnutrition sur le développement et, inversement, l'influence bienfaisante du développement sur le niveau de santé, en particulier dans les zones rurales, n'ont pas encore été pleinement reconnues ni convenablement exprimées dans l'action internationale. C'est pourquoi le Ghana prie instamment l'OMS de donner son plein appui à l'effort, recommandé par la sixième session extraordinaire de l'Assemblée générale des Nations Unies, en vue d'instaurer un nouvel ordre économique mondial. Nous espérons en particulier que l'Organisation contribuera le plus possible aux travaux de la septième session extraordinaire de l'Assemblée générale des Nations Unies, qui porteront notamment sur les principaux aspects et problèmes du processus de développement et sur la mise en place d'un nouveau système de relations économiques internationales, basé sur l'égalité et la communauté d'intérêts entre tous les peuples. Si nous insistons tellement sur ce point, c'est que nous croyons plus que jamais que l'action de santé ne doit pas être isolée des plans de développement économique et social. Monsieur le Président, il me reste maintenant à souhaiter une chaleureuse bienvenue aux nouveaux Membres de l'Organisation - les Tonga, la République démocratique du Viet -Nam et le Mozambique - et à exprimer ma conviction que leurs apports enrichiront notre organisation. En conclusion, qu'il me soit permis de redire ma gratitude à l'OMS pour l'oeuvre qu'elle a accomplie l'année dernière et pour la part qu'elle prend, de concert avec les autres institutions du système des Nations Unies, au progrès et au mieux -être de tous les peuples. :

:

Le PRESIDENT PAR INTERIM au délégué du Nicaragua.

:

Je remercie le délégué du Ghana et donne maintenant la parole

Monsieur le Président, je tiens à M. CAJINA (Nicaragua) (traduction de l'espagnol) m'associer à ceux de mes collègues qui, avant moi, ont félicité le Président de son élection à la présidence de la Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé et à féliciter aussi les Vice -Présidents et tous ceux que l'Assemblée a élus pour constituer son bureau. Au nom du Gouvernement et du peuple du Nicaragua et en mon propre nom, je salue cordialement Messieurs les Ministres et toutes les délégations ici présentes, ainsi que les représentants des institutions internationales, qui sont comme nous animés du désir d'aider à améliorer la santé dans tous les pays du monde. Je suis heureux de féliciter le Dr Mahler de son brillant Rapport sur les programmes que l'Organisation met en oeuvre pour aider les Membres à améliorer le niveau de santé de la population du monde. :

HUITIEME SEANCE PLENIERE

173

Le Nicaragua exprime à cette occasionisa confiance à l'Organisation mondiale de la Santé et à l'Organisation panaméricaine de la Santé, ainsi que sa reconnaissance pour leur précieuse contribution passée et future au développement de ses programmes d'action sanitaire. Depuis le tremblement de terre de décembre 1972, qui a détruit Managua, notre capitale, et porté atteinte au potentiel économique du pays, nous sommes entrés dans une ère de reconstruction de l'infrastructure socio- économique dans un esprit nouveau tendant à décentraliser, pour mieux les répartir, les activités commerciales et industrielles et les services de santé et de protection sociale. La situation nouvelle a exigé que le secteur sanitaire soit analysé dans l'optique d'une distribution plus équitable des services de santé, mettant l'accent sur les soins à la population rurale et l'action de médecine préventive au sein des collectivités. Au Nicaragua, le secteur de la santé comprend les institutions relevant du Ministère de la Santé publique, la Commission nationale d'Assistance et de Prévoyance sociales, l'Institut de Sécurité sociale, les hôpitaux et dispensaires des forces armées et divers organismes publics et privés qui assurent des services médico- sanitaires. Conformément aux recommandations du rapport du Dr Mahler concernant la programmation sanitaire nationale fondée sur des critères de productivité sociale et économique, notre gouvernement développe et coordonne nos ressources afin d'élaborer, pour la période de cinq ans 19761980, un plan national de santé visant essentiellement à renforcer la couverture des collectivités tant urbaines que rurales en créant une infrastructure matérielle spécialement en milieu rural; exécuter des programmes de soins intégrés pour la famille, en protégeant particulièrement le groupe mère -enfant grâce aux techniques préventives et curatives; s'attaquer en priorité aux problèmes de la nutrition, des maladies transmissibles et de l'éducation sanitaire; modifier les conditions de milieu en améliorant l'approvisionnement en eau et l'évacuation des excreta, en contrôlant les aliments et en luttant contre les vecteurs; préparer l'amélioration des ressources humaines, techniques et administratives, en mettant l'accent sur la formation du personnel appelé à travailler en milieu rural; assurer une assistance médicale et médicohospitalière à la population; protéger les travailleurs par un régime de sécurité sociale couvrant les maladies courantes, l'invalidité, la vieillesse, le décès, les accidents du travail, les maladies professionnelles, la maternité et les soins médicaux aux enfants jusqu'à 2 et éventuellement 14 ans; renforcer, guider et encourager les établissements privés qui dispensent des soins; et assurer la coordination des activités entre les secteurs de la santé, de l'agriculture et de l'éducation. Comme le suggère le rapport de l'Organisation mondiale de la Santé sur la surveillance nutritionnelle, qui fait de celle -ci un élément important des programmes d'action sanitaire, notre gouvernement a mis en place, sur tout le territoire national, une infrastructure de stockage des céréales de base. Il existe à l'heure actuelle une centaine de centres régionaux de nutrition rurale, et 1041 écoles bénéficient d'une alimentation complémentaire. Pour protéger la population contre le goitre endémique une loi prescrivant l'adjonction d'iode au sel a été promulguée. Le programme de nutrition appliquée est en cours d'exécution dans les fermes- écoles et on poursuit de même la réalisation du programme de développement rural, qui vise particulièrement l'enfance et la jeunesse et dont le but est de relever le niveau de santé de la population rurale par une action intégrée avec celle des Ministères de l'Education, de l'Agriculture et de l'Elevage, et avec l'aide du FISE. Le Programme alimentaire mondial est chargé de l'exécution d'un programme collectif visant à assurer le développement harmonieux des collectivités rurales et suburbaines et d'élever leur niveau de vie. Les collectivités ont été organisées et préparées à participer à des activités de groupe qui doivent promouvoir le bien -être collectif et individuel. Ce programme bénéficie de l'aide du PAM, de la FAO, de l'ONU et de l'Association Caritas du Nicaragua. On a créé l'Institut du Bien -Etre rural qui a pour mission d'améliorer les conditions de vie, la santé et l'éducation de la population des campagnes. Le programme de bien -être rural comporte un projet d'électrification dont l'objet est de promouvoir la mécanisation de l'agriculture et l'irrigation pour encourager les ruraux à ne pas quitter les campagnes et éviter ainsi qu'ils n'aggravent, en émigrant vers les zones urbaines, les problèmes déjà créés par l'afflux de ruraux dans les principales villes du pays. Dans le même esprit, on accordera des facilités de crédit grâce à un programme de crédit rural visant principalement à promouvoir la production des céréales de base. Notre gouvernement, animé de la ferme volonté d'appliquer les recommandations de l'OMS concernant l'amélioration de l'action sanitaire dans les zones rurales, a commencé à former des promoteurs ruraux, issus des collectivités qu'ils auront à servir. L'analyse sectorielle a fait adopter une nouvelle orientation de la formation du personnel de santé, qui est maintenant préparé pour agir en milieu rural dans l'esprit d'une médecine des collectivités. Dans le cadre de notre programme de santé maternelle et infantile, nous prenons des mesures préventives et curatives pour protéger la santé de la femme enceinte et celle de l'enfant de la naissance à l'âge de 15 ans, afin de réduire la mortalité dans ces groupes. D'autre part, nous faisons en sorte que les parents puissent exercer leur droit à la paternité consciente et responsable et puissent décider, tant du nombre de leurs enfants que de l'espacemenr des naissances. :

174

VINGT- HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANIE, PARTIE II

Nous avons entrepris un effort particulier pour réduire la morbidité et la mortalité dues aux maladies évitables par la vaccination, telles que la poliomyélite, la coqueluche, la diphtérie, le tétanos, la rougeole et la tuberculose. Le plan quinquennal 1976 -1980 prévoit que 90 % de la population sera protégée contre ces maladies. Quelques cas de poliomyélite s'étant produits au début de 1975, on a intensifié la la vaccination de masse a été pratiquée par campagne de vaccination contre cette maladie :

canton.

Le programme national contre le paludisme a été modifié pour des raisons de coût, et on a adopté des formes d'action sélective avec application d'insecticides. Nous pensons que la suggestion de l'OMS concernant une réorientation des programmes régionaux permettrait d'exécuter le programme avec une efficacité accrue. On a procédé à des applications d'OMS -33 en dépit du coût élevé de cet insecticide, car c'était indispensable pour interrompre la chaîne de transmission en raison de l'apparition chez le vecteur d'une résistance au DDT, sans doute imputable à l'emploi sans discernement des insecticides en agriculture, notre pays étant un grand producteur de coton. En dehors du traitement des gîtes larvaires par un larvicide efficace, on a largement recouru à la chimioprophylaxie et à la chimiothérapie. Mon pays a lancé une vigoureuse offensive contre les maladies vénériennes dont, comme chacun sait, l'incidence a depuis un certain temps tendance à augmenter. Pour venir à bout de ces maladies, nous n'avons pas seulement recours au traitement, à la prophylaxie et au dépistage des contacts; nous avons aussi lancé une campagne intensive d'éducation par les différents moyens de communication de masse afin de faire comprendre à la population qu'il est dans son intérêt de collaborer au dépistage des contacts et à l'application des mesures préventives. L'Institut nicaraguayen de Sécurité sociale, créé en 1955, exécute des programmes de soins médicaux en faveur des travailleurs assurés et de leurs enfants. De même, l'épouse de l'assuré bénéficie d'une assistance médicale pendant la grossesse, l'accouchement et la période postnatale. L'Institut indemnise aussi le travailleur pour les pertes de salaire résultant d'une incapacité de travail due à la maladie; il couvre aussi la vieillesse et le décès, et on prévoit que la couverture qu'il assure sera élargie au cours des cinq ans qui viennent. On travaille d'autre part à améliorer les conditions de milieu, particulièrement en développant l'approvisionnement en eau et en installant un système simple d'élimination des excreta. La totalité de la population urbaine est alimentée en eau potable, ce qui a pu être réalisé grâce à la sollicitude de notre gouvernement et aux prêts opportunément accordés par les banques internationales. En milieu rural, l'approvisionnement en eau potable est amélioré par la construction de puits communaux et de petits réseaux alimentant les agglomérations de moins de 300 habitants. La population urbaine est desservie pour 48 % par des réseaux d'égouts; le reste utilise des fosses septiques et des latrines, ce dernier moyen étant le seul qui existe dans les campagnes. Le Nicaragua dispose à l'heure actuelle d'une infrastructure sanitaire comprenant 118 centres de santé, 11 unités mobiles d'assistance rurale, 152 postes de santé, 53 hôpitaux et 16 polycliniques. On procède à une réorientation des ressources humaines dans le sens d'un système d'éducation sanitaire mettant l'accent sur le développement communautaire et la santé rurale.

Le tremblement de terre de 1972 ayant détruit entièrement la capacité installée des établissements médico- sanitaires de la capitale, notre gouvernement a entrepris la reconstruction accélérée des hôpitaux, centres de santé et polycliniques de l'Institut de Sécurité sociale. Cette reconstruction s'opère conformément à un plan de décentralisation des services, lesquels sont implantés stratégiquement conformément au plan d'urbanisme de la nouvelle capitale. Dans différents quartiers périphériques de la capitale entrent en service des centres auxiliaires ou postes de santé chargés d'exercer des activités préventives et de dispenser des soins de caractère ambulatoire, afin de décharger les services de consultations externes des hôpitaux. Il est prévu de créer quatre centres et huit centres auxiliaires. La Commission nationale d'Assistance et de Prévoyance sociales a construit la "Granja Esperanza" où les orphelins sont hébergés dans une atmosphère familiale. On a d'autre part reconstruit le centre d'approvisionnement médical et on a créé le "Centro Bueana Esperanza" où est assurée la réadaptation fonctionnelle des invalides victimes du tremblement de terre ou d'accidents de toutes sortes. Ce centre, qui compte 60 lits, est doté d'ateliers où les invalides peuvent faire l'apprentissage de différents métiers. On a construit deux dépôts de fournitures médicales ainsi que la polyclinique "Roberto Clemente" de pédiatrie. La crèche de Managua et le centre de réadaptation infantile ont d'autre part été relogés dans l'ancien hôpital Santiago à Jinotepe. Cette politique de santé, axée sur les besoins des couches les plus défavorisées de la population et des zones rurales, procède de la volonté du Gouvernement et du Président, le Général Anastasio Somoza Debayle, de favoriser le développement de la productivité des campagnes par des mesures visant à améliorer le niveau de vie et les conditions de travail de la population. Je tiens, pour conclure, à signaler que notre capitale sinistrée se reconstruit à un rythme accéléré, ce qui laisse prévoir une remise en service rapide de la totalité des installations. Je tiens aussi, Monsieur le Président, à remercier une fois de plus tous les pays

HUITIEME SEANCE PLENIERE frères représentés ici du précieux concours qu'ils nous ont apporté lors du tremblement de terre et, par la suite, durant le travail de reconstruction.) Le PRESIDENT PAR INTERIM parole au délégué du Gabon. : :

175

Je remercie le délégué du Nicaragua et je donne maintenant la

M. BONGOTHA (Gabon) Monsieur le Président, Monsieur le Directeur général, Messieurs les délégués, Mesdames, Messieurs, c'est pour moi un grand honneur que d'exprimer à M. le Président, au nom de la délégation gabonaise, mes sincères félicitations à l'occasion de son élection à la présidence de cette auguste assemblée; je suis persuadé que sous sa direction sage et éclairée, les travaux de notre assemblée seront largement couronnés de succès. Nos félicitations s'adressent également à MM. les membres du bureau de la présente session, au Directeur général et à ses collaborateurs pour la haute qualité du Rapport annuel qu'ils nous ont présenté. Je profite de cette occasion pour exprimer notre très profonde gratitude au Dr Alfred Quenum, Directeur régional de l'OMS pour l'Afrique, pour les efforts qu'il n'a cessé de déployer pour l'amélioration de la santé de nos populations de la Région, efforts qui lui ont valu, une fois de plus, la confiance des Etats de la Région pour la reconduction de son mandat en septembre 1974. Sa dernière visite officielle au Gabon, il y a quelques jours, a été pour nous riche d'enseignements. C'est le témoignage de sa ferme volonté de toucher lui même du doigt les grands problèmes sanitaires des Etats Membres de la Région. Le Gouvernement gabonais lui renouvelle son entière confiance et l'assure de son soutien total pour la poursuite, avec le même dynamisme et la même détermination, de l'oeuvre déjà si bien entreprise. En ce qui concerne le Rapport annuel du Directeur général, on y trouve comme toujours son souci très sincère des grands problèmes auxquels doivent faire face l'OMS et le monde dans son ensemble. En cette ère d'innovation, dans un monde où l'interdépendance des nations s'accroît sans cesse, l'Afrique ne saurait ignorer les techniques modernes et les nouvelles méthodes de gestion seules capables d'accélérer l'amélioration des conditions de vie du plus grand nombre de ses populations. Ceci nécessite l'édification ou l'aménagement de structures sanitaires nouvelles et la formation d'un personnel adéquat. L'intérêt de ces assemblées, c'est justement d'être un centre de réflexion fructueuse où s'échangent des expériences nationales et régionales en matière de coopération sanitaire. Aujourd'hui plus que jamais, nous restons convaincus que l'homme peut faire beaucoup pour améliorer le sort de l'homme à condition qu'il le désire. Conscients de ce que nous sommes, en même temps que de nos liens avec l'humanité tout entière, confiants dans les vertus de l'innovation et de l'action, animés du désir passionné de contribuer à chasser de ce monde la pauvreté, la maladie et l'ignorance, nous ne saurons faillir à nos responsabilités qui consistent surtout à promouvoir et à protéger l'état de santé des populations, surtout les plus déshéritées. Les activités de ces dernières années, pour la Région africaine, sont dominées par quatre objectifs principaux, à savoir le développement des personnels de santé, la lutte contre les maladies transmissibles, le renforcement des services de santé, la promotion de la salubrité de l'environnement. C'est vous dire que les autorités sanitaires de nos pays, autant par sagesse politique que par souci véritable de la personne humaine, doivent chercher à mettre à la disposition de leurs populations, surtout rurales, le maximum de facilités dans le domaine de la santé. C'est là.une des préoccupations que partage le Gouvernement gabonais qui, depuis plusieurs années, s'efforce de mettre en place un programme de santé de la collectivité. Monsieur le Président, le Gabon consacre en effet sans cesse davantage d'efforts et de ressources à l'amélioration de l'équipement, notamment dans les zones rurales. Dans un pays comme le notre, où 70 à 80 % environ de la population vit en milieu rural, il est essentiel qu'une part importante des dépenses de santé soit consacrée à l'infrastructure sanitaire des campagnes. Pour que le système de distribution de soins médico- sociaux axé sur la collectivité et visant à la mise en place d'un programme d'action sanitaire en milieu rural porte fruit, le Gouvernement gabonais est en train de chercher des méthodes efficaces et peu onéreuses dans notre zone de développement intégré de Ntoum, afin que notre planification sanitaire s'intègre d'une façon logique dans l'économie générale du pays. Les orientations du troisième plan quinquennal en cours d'élaboration, avec la création des villages urbanisés (ou agrovillages) et des comités de village, vont s'inscrire dans ce contexte général de développement rural et communautaire. Pour permettre dans un avenir proche la réalisation d'un tel programme, il ne fait pas de doute que la priorité des priorités réside dans une formation du personnel adaptée aux réalités locales. Dans ce domaine de la formation du personnel de santé, notre pays entreprend actuellement une réforme de l'enseignement en général et de l'enseignement médical et paramédical en particulier, dans le cadre de notre jeune Centre universitaire des Sciences de la Santé qui est dans sa deuxième année d'existence et sur lequel nous fondons de gros espoirs. Ici plus que :

1 Le texte ci- dessus est la version intégrale du discours prononcé par M. Cajina sous forme abrégée.

176

VINGT- HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

jamais, nous comptons beaucoup sur l'aide de l'OMS, notamment en matière de formation pédagogique des enseignants nationaux et de fourniture du matériel didactique nécessaire à un enseignement efficace. Monsieur le Président, la lutte contre les maladies transmissibles traditionnelles demeure l'une des préoccupations majeures du Gouvernement gabonais. L'orientation de la politique sanitaire actuelle vers la coordination des actions de développement à tous les niveaux - périphérique, intermédiaire et central - vers l'intégration des services tant préventifs que curatifs et vers la régionalisation va faciliter dans un proche avenir la prestation efficace de services aux collectivités locales. C'est avec satisfaction, certes, que nous observons les progrès réalisés par l'Organisation, avec l'aide des administrations intéressées, dans la lutte contre la variole ainsi que contre d'autres maladies transmissibles. Mais nous ne pouvons qu'éprouver quelque déception à constater que, s'agissant d'autres maladies pour lesquelles les moyens de lutte et de guérison existent depuis longtemps, les progrès ont néanmoins été si lents c'est le cas de la lèpre, de la tuberculose, de la trypanosomiase, de la rougeole, etc. Les maladies transmissibles se jouent de la géographie politique et des cloisonnements artificiels de l'homme. Les programmes de santé publique devraient donc comporter une action concertée permanente inter -Etats. Cette coordination, qui a donné des résultats fort encourageants en Afrique au niveau de l'OCCGE et de 1'OCEAC, devrait être soutenue par l'Organisation, notamment en matière de recherche biomédicale. Dans cette optique, et face aux problèmes complexes de la reproduction humaine dans notre pays, le Gouvernement gabonais a estimé bon de mettre en place un centre international de recherche sur la stérilité, compte tenu des caractéristiques écologiques qui sont les nôtres. Réalisme, simplicité, efficacité, adaptabilité, tels sont les impératifs fondamentaux qui président à l'élaboration de notre programme sanitaire national, à tous les niveaux. Sans sous estimer, Monsieur le Président, l'aide combien appréciable que l'Organisation ne cesse de nous apporter en matière de santé, nous souhaitons qu'elle soit accrue, notamment dans le cadre d'une approche systématique de la formation des personnels de santé. Je voudrais pour terminer, Monsieur le Président, saluer ici la présence parmi nous de la délégation du Sud Viet -Nam, composée uniquement de membres du Gouvernement révolutionnaire provisoire, représentant authentique du peuple du Sud Viet -Nam. Je voudrais enfin saluer l'admission au sein de notre organisation de la République démocratique du Viet -Nam, du Royaume des Tonga, et du Mozambique. J'espère que notre organisation saura prendre des mesures adéquates pour aider ces nouveaux Membres. :

Le PRESIDENT PAR INTERIM la parole au délégué de Cuba.

:

Je remercie le délégué du Gabon, et je vais maintenant donner

Le Dr ALDEREGUÎA (Cuba) (traduction de l'espagnol) : Monsieur le Président, Messieurs les délégués, nous tenons, au nom de la délégation cubaine, à féliciter le Professeur Halter de son élection à la présidence de l'Assemblée, à vous féliciter vous -même Monsieur le Président, ainsi que tous les autres membres du bureau auxquels nous souhaitons le plus grand succès dans les tâches importantes qui incombent à l'Assemblée. Notre délégation a analysé le Rapport du Directeur général, dont elle se plaît à reconnaître la haute qualité et la clarté. La politique de l'Organisation mondiale de la Santé préconisée par son Directeur général, le Dr Mahler, qui est axée sur l'exécution de programmes par pays tenant compte des situations particulières de chacun d'eux et sur l'élaboration de méthodes de programmation pour l'action sanitaire, mérite encouragement et appui. Il ne faut pas, en effet, perdre de vue que les possibilités réelles de mettre en pratique certains programmes dans les pays en voie de développement sont intimement liées à la nature des méthodes proposées. Certains groupes de conseillers et d'experts, provenant la plupart du temps de pays très développés ou d'institutions de haut niveau scientifique, parlent une langue éloignée à beaucoup d'égards des réalités et des possibilités des pays auxquels s'adressent leurs conseils et leurs recommandations. L'Organisation mondiale de la Santé a finalement admis la nécessité de créer dans chaque pays un large réseau de services de santé de base, ce qui constitue un pas important vers la mise en oeuvre et le contrôle d'une politique de santé. Les niveaux de santé des pays représentés dans cette auguste assemblée étant des plus divers, il incombe à chaque pays d'adopter ses propres formes d'organisation des soins médicaux, conformément à ses caractéristiques et à ses ressources, sans jamais perdre de vue les principes fondamentaux à respecter, et notamment celui que je viens de mentionner. Les pays que l'on appelle développés ne peuvent pas tous se prévaloir d'une couverture d'assistance médicale, ni exécuter des programmes nationaux pour éradiquer des maladies qui, de nos jours, sont parfaitement éradicables. S'il est bien certain que la science médicale a atteint dans beaucoup de domaines les niveaux les plus élevés et si, dans d'autres, on aperçoit déjà des solutions, le développement de la science n'est cependant pas au service de l'immense majorité des êtres humains. Parmi les nations qui sont représentées ici, nombreuses sont celles qui peuvent faire état des résultats qu'elles ont obtenus dans la lutte entreprise pour amener l'homme à un état de

HUITIEME SEANCE PLENIERE

177

complet bien -être physique, mental et social, suivant la définition de la santé qui figure dans la Constitution de notre organisation. Certaines nations s'efforcent encore d'équilibrer leur développement dans toutes les branches de l'économie et de la science, mais peuvent déjà se prévaloir de grandes réalisations dans le domaine de la santé. Dans notre pays, il y a quinze ans, les services de santé à la disposition du peuple étaient pratiquement inexistants, C'est la situation qui prévaut encore dans beaucoup de pays, Notre principal souci, qui a immédiatement déterminé notre action, a été d'assurer à tous les citoyens sans exception le bénéfice de l'assistance médicale et des programmes de prévention mis en oeuvre. En même temps, on s'est spécialement attaché à former le personnel tant professionnel que technique nécessaire. La médecine cubaine, fondée sur les principes du socialisme, met au service du peuple les progrès scientifiques qui ont permis d'alléger les souffrances et de prolonger la vie d'êtres qui autrement auraient été condamnés; elle a aussi permis d'épargner la mort à des enfants qui, en d'autres circonstances, n'auraient pas connu la vie. La mortalité infantile, qui était de 37,5 pour 1000 naissances vivantes en 1970, est à présent d'environ 28 pour 1000. L'espérance de vie à la naissance se situe aux environs de 70 ans. Nous ne répéterons pas ici ce qu'on sait déjà grâce aux publications de cette organisation en ce qui concerne l'éradication de certaines maladies transmissibles comme le paludisme, la poliomyélite, la diphtérie, ou la sensible réduction de la morbidité et de la mortalité due à d'autres maladies. Nous poursuivons à présent l'expérience de la médecine des collectivités. Notre système sanitaire, qui nous permet d'assurer la couverture en soins médicaux de la totalité du territoire, et dont l'unité de base est la polyclinique desservant quelque 25 000 habitants, entre maintenant dans une étape de perfectionnement; il s'agit d'assurer une assistance médicale du niveau le plus élevé, comportant d'importants aspects sociaux, et un système d'enseignement correspondant à l'état actuel de la pédagogie et des sciences biomédicales, système grâce auquel l'individu et la collectivité pourraient un jour bénéficier des techniques de soins médicaux les plus avancées. Il y a, d'une part, le fait que, dès la première année de ses études, l'étudiant en médecine est tenu de participer à l'action de santé et se voit confier des taches infirmières sur le terrain et des travaux d'assainissement, grâce à quoi il acquiert de bonne heure et de manière concrète une conception véritablement sociale de la tâche du médecin et se prépare au travail en équipe. Il y a, d'autre part, dans les hôpitaux universitaires, un nouveau programme de spécialisation en pédiatrie, gynécologie et obstétrique, et médecine interne; ce programme est exécuté, sous la direction d'un médecin ayant une vaste expérience de l'organisation et de l'administration de la santé publique, par une équipe intégrée d'enseignants de ces trois disciplines. Grâce à ce nouveau programme, le médecin se familiarise avec tous les problèmes que posent les soins médicaux intégrés. Dans l'hôpital universitaire, les soins médicaux sont réellement intégrés et sectoriels, puisque chaque médecin s'occupe d'un groupe déterminé de population, de sorte que chaque médecin a ses propres malades et chaque malade son médecin. Les soins sont continus, puisqu'ils sont prodigués non seulement au malade qui vient à la consultation, mais aussi au travailleur sur son lieu de travail, au jardin d'enfants, à l'école et au foyer. Dans le cadre des consultations pédagogiques, d'éminents spécialistes visitent périodiquement l'hôpital universitaire, ce qui fait que le spécialiste en cours de formation bénéficie d'un appui pédagogique et scientifique qualifié. Il est en même temps en contact avec les malades dont il s'occupe, et il fait une partie de son travail au sein des organisations de masse qui jouent un rôle actif et important dans le développement de tous les programmes intéressant la santé. L'hôpital universitaire est ainsi le centre où se forment des spécialistes qui ont une conception plus avancée de la médecine, correspondant au développement social, scientifique et technique du pays; il est aussi un modèle qui se multipliera rapidement et sera progressivement étendu à tous les domaines de la santé. Comme le Directeur général le dit si bien dans son Rapport, on ne peut méconnaître les relations étroites qui existent entre les conditions socio- économiques et les maladies transmissibles des zones tropicales. Nous croyons que ces relations n'intéressent pas uniquement les maladies en question, mais qu'elles prennent un sens plus large eu égard à la conception de la santé dont j'ai parlé tout à l'heure. Les changements sociaux et économiques réalisés dans notre pays au cours des quinze dernières années permettent d'exploiter l'ensemble des richesses de la nation dans l'intérêt de tous les citoyens; ils ont amélioré leurs conditions de vie et de nutrition et, du même coup, relevé le niveau de la santé. Dans la poursuite de ces objectifs, la collaboration des pays amis a joué un rôle important, et principalement celle des pays socialistes, de même que celle des institutions spécialisées des Nations Unies, particulièrement de l'Organisation mondiale de la Santé, de l'Organisation panaméricaine de la Santé et du Fonds des Nations Unies pour l'Enfance, auxquels nous tenons à renouveler l'expression de notre reconnaissance. Pour notre part, chaque fois qu'on nous l'a demandé, nous avons fait profiter d'autres pays de l'expérience acquise en appliquant les principes fondamentaux de la solidarité internationale, et nous sommes déterminés à continuer de le faire. Monsieur le Président, nous ne voudrions pas conclure sans exprimer deux sentiments que nous éprouvons intensément, encore qu'ils soient de nature opposée. L'un est un sentiment de

178

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

douleur et de révolte, quand nous pensons à la junte fasciste du Chili qui continue, impunément jusqu'ici, à opprimer et à torturer nos frères chiliens au mépris des principes les plus élémentaires des droits de l'homme. L'autre sentiment, d'allégresse et de satisfaction, participe de la joie éprouvée par toutes les forces progressistes du monde à la suite des brillantes victoires remportées par les représentants authentiques des peuples du Sud Viet -Nam et du Cambodge qui, après une lutte longue, sanglante et héroique, ont définitivement mis en déroute les forces réactionnaires et leurs valets, soutenus en vain par l'impérialisme nord -américain. Ces grandes victoires confirment notre confiance dans le succès de tous les peuples qui luttent contre les forces oppressives du colonialisme, du néo- colonialisme et du fascisme. La délégation du Chili soulève un point d'ordre et je prie Le PRESIDENT PAR INTERIM M. Fedele de lire l'article 57 du Règlement intérieur. :

M. FEDELE (Assistant du Secrétaire de l'Assemblée)

:

Article 57

:

Au cours de la discussion de toute question, un délégué ou un représentant d'un Membre associé peut soulever une motion d'ordre et le Président prend à son endroit une décision immédiate. Un délégué ou un représentant d'un Membre associé peut faire appel de la décision prise par le Président; dans ce cas, l'appel interjeté est aussitôt mis au voix. Un délégué ou un représentant d'un Membre associé qui soulève un point d'ordre ne peut aborder le fond de la question en discussion, mais doit s'en tenir au point d'ordre. Le PRESIDENT PAR INTERIM :

Je donne la parole au délégué du Chili. :

Le Dr GIVOVICH MERCIER (Chili) (traduction de l'espagnol) Monsieur le Président, Messieurs les délégués, celui qui contemple cette salle et se met à réfléchir ne peut que se féliciter d'être le sujet et l'agent des nobles idéaux qui s'y forgent. Des hommes de toutes races, de toutes croyances, de toutes religions, doivent ici renoncer à leurs particularités personnelles pour agir au sein de cette assemblée dans un esprit de lutte, d'effort et de persévérance, afin de libérer l'humanité des entraves de la maladie et de lui assurer une bonne santé. Cette réflexion si sincère, si simple, si honnête et si juste ne m'a pas induit à penser qu'un ou plusieurs des délégués ici présents pourraient avoir une autre intention que celle de contribuer à la réalisation de ces tâches qui, par ailleurs, sont expressément énoncées dans la Constitution de l'Organisation. Il ne saurait en être autrement, surtout quand les délégations sont composées comme la nôtre de personnes qui, par leurs publications, leurs travaux et les distinctions qu'elles ont obtenues, ont suffisamment donné la preuve qu'elles sont respectées par les associations actives dans les domaines de la santé maternelle et infantile de la nutrition, et qu'elles remplissent leurs fonctions sans se laisser guider par des considérations de nature politique. Le respect que nous avons conservé, comme beaucoup d'autres professionnels distingués, pour notre qualité de médecins, de chercheurs, d'enseignants et d'administrateurs de la santé a fait qu'au Chili les indices de la santé n'ont jamais cessé de s'améliorer, même durant les années tragiques du régime antérieur, alors que toute programmation était bouleversée par le chaos et l'anarchie. Cette digne illustration de l'avantage que retire la population de l'action de médecins quand ceux -ci exercent leur activité professionnelle en dehors de la politique ne semble pas être du goût de ceux qui ont condamné notre attitude uniquement parce que nous représentons un gouvernement qui n'est pas soumis à leur sphère d'influence, ni disposé à se laisser imposer un système de gouvernement inspiré d'une doctrine matérialiste et déshumanisée. Nous devons en conclure avec regret qu'il y a encore des nations plus intéressées à imposer leurs doctrines et leurs consignes qu'à défendre les purs idéaux pour la réalisation desquels nous devrions nous unir afin de contribuer au bonheur de l'homme sur une base de solidarité, de coexistence, de respect mutuel, de relations pacifiques et, pour finir, de liberté pour les hommes et pour les peuples de décider, d'agir et d'être maîtres de leur destin.

Par respect pour les délégués, pour les hommes, les femmes et les enfants du monde, pour les malades, les invalides, les vieillards et les êtres qui souffrent de la faim, de la misère et de la dénutrition, enfin pour tous les peuples qui, soumis à quelque forme de privation que ce soit, attendent aujourd'hui avec anxiété l'aide que nous pourrons leur accorder, j'aurais dû garder le silence, afin de ne pas continuer à troubler cette assemblée avec des questions qui ne correspondent ni à son ordre du jour, ni au domaine de sa compétence. Pourtant, comme il s'agit d'assertions absolument dénuées de fondement, faites avec une insolence qui blesse la dignité du Gouvernement que le Chili s'est donné et celle de ses représentants, je ne peux m'abstenir de protester et, pour réfuter ces assertions, d'en appeler au droit de réponse que nous accordent les dispositions en vigueur, en mon nom et au nom du peuple du Chili et de son gouvernement, en insistant spécialement sur le fait que ma délégation veut que le texte de cette réponse soit consigné dans les comptes rendus comme

HUITIEME SEANCE PLENIERE

179

document officiel de la séance. Le Gouvernement du Chili invite tous ceux qui se laissent tromper par une si intense propagande, faite pour défendre des droits qu'on prétend foulés aux pieds dans notre pays, à réfléchir et à comprendre qu'une accusation aussi injuste relève fondamentalement d'un intérêt politique, idéologique. A ceux qui nous attaquent, nous disons "Soyez conséquents avec vos paroles, ouvrez vos portes et garantissez les mêmes facilités que nous aux nombreuses commissions qui ont demandé à nous visiter, y compris celle de la Croix Rouge internationale et celle des Droits de l'Homme des Nations Unies, pour qu'elles enquêtent sur ce qui se passe à l'intérieur de vos frontières." Messieurs les délégués, je suis certain que quand la vérité éclatera, ce n'est pas nous qui serons mis sur la sellette, mais bien au contraire ceux qui aujourd'hui, avec des mimiques indignées, requièrent contre nous en trompant ceux qui ont le pouvoir de décider. Je remercie le délégué du Chili; sa déclaration figurera dans Le PRESIDENT PAR INTERIM les comptes rendus. Le prochain orateur inscrit sur ma liste était celui de la Colombie; il a renoncé à prendre la parole et a remis au Secrétariat le texte de son intervention qui sera reproduit intégralement dans les comptes rendus. En outre, le délégué du Honduras a demandé à prendre la parole demain mardi. :

:

Je tiens en premier lieu à adresser Le Dr CALVO (Colombie) (traduction de l'espagnol)1 les sincères félicitation de la délégation colombienne au Président, aux Vice -Présidents et aux Présidents des commissions de cette assemblée pour leur élection aux hautes charges qu'ils occupent. Ces félicitations vont aussi au Dr Taylor pour le rapport complet qu'il nous a fait sur les travaux des deux dernières sessions du Conseil exécutif, ainsi qu'au Directeur général pour l'allocution qu'il a adressée à l'Assemblée. Ma délégation apprécie l'occasion qui lui est offerte de réexaminer les finalités et les fonctions principales de l'Organisation mondiale de la Santé et constate avec plaisir que l'on insiste sur la nécessité d'utiliser de nouvelles méthodes. Monsieur le Président, l'Assemblée se doit de remercier le Directeur général et son personnel pour tout ce qu'ils ont fait en notre nom au cours de l'année écoulée. Cette année a été une période de difficultés financières - plus graves encore que celles de 1973 - au cours de laquelle, pour des raisons indépendantes de sa volonté, l'Organisation, comme d'autres institutions internationales, a die revoir sérieusement son ordre de priorité afin d'éviter une détérioration de son action. Je voudrais me référer en premier lieu aux sessions du Conseil. Ma délégation approuve le thème "Problèmes de santé dans les établissements humains" retenu pour les discussions techniques pendant la Vingt -Neuvième Assemblée mondiale de la Santé et partage le point de vue exprimé en sa faveur par le Directeur général; elle est consciente de la nécessité d'accorder davantage d'attention aux problèmes de santé liés à cette question et de la possibilité qu'un tel sujet offre de mieux profiter de la conférence que les Nations Unies ont prévu d'organiser sur ce thème au Canada. Quant à la promotion des services de santé nationaux, nous sommes entièrement d'accord avec le Conseil lorsqu'il insiste sur l'urgente nécessité de procéder à un examen des résultats obtenus par les services de santé de différents pays en matière d'organisation des soins de santé primaires. Je suis heureux d'informer l'Assemblée que notre pays dispose d'une grande expérience dans ce domaine puisque c'est en 1958 qu'il a lancé le programme de promotion de la santé en milieu rural, qui couvre maintenant tout le pays. La prestation de services de santé complets dans les régions rurales, dans les zones périphériques des grandes villes et dans les collectivités qui, jusqu'à présent, n'ont pas eu accès à ces services, constitue l'un des programmes les plus importants exécutés en Colombie. Les programmes de ce genre, qui font non seulement intervenir les soins médicaux mais également l'hygiène du milieu et l'éducation sanitaire et qui se déroulent dans un grand nombre de pays en voie de développement, nécessitent davantage de ressources et cet accroissement doit être notre objectif à court terme. Nous appuyons également le Conseil exécutif lorsqu'il prie le Directeur général d'utiliser tous les moyens dont il dispose pour obtenir davantage de ressources d'origine extérieure afin de développer le programme intégré de l'Organisation. Mon gouvernement note avec satisfaction l'argument avancé par le Dr Mahler en ce qui concerne les avantages de ce que l'on pourrait appeler une "sécurité sanitaire de la collectivité internationale" et selon lequel il est très important de renforcer la fonction coordonnatrice de l'OMS. Nous sommes conscients de la résistance que les pays opposent souvent à :

l'accomplissement de cette fonction. Mais il faut aussi que l'Organisation elle -même fasse un gros effort d'adaptatiom car elle utilise encore des critères et des méthodes caractéristiques de ce que l'on pourrait appeler la période "paternaliste" des institutions internationales.

Le texte qui suit a été communiqué par la délégation de la Colombie pour insertion dans le compte rendu, conformément à la résolution WHA20.2.

1

180

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

Pour toutes ces raisons, ma délégation appuiera le programme du Directeur général pour le développement lors de l'examen du budget programme pour 1976 -1977. Mon gouvernement estime également qu'un système de service de santé qui n'atteint pas toute la population ne remplit pas ses fonctions; en conséquence, nous recourons à la méthode de la programmation sanitaire nationale afin de parvenir au maximum d'efficacité dans la solution de nos problèmes de santé. Nous faisons de grands efforts pour que cette programmation ne s'opère pas une fois pour toutes mais soit un processus basé sur une analyse périodique du secteur. A cet égard, l'un des progrès les plus importants est la réforme de la législation régissant la santé, qui s'opère sous la forme d'une série de décrets -lois promulgués par le Président de la République et grâce auxquels la Colombie s'est dotée d'un système national de santé.

Dans ce domaine, le programme de recherches sur la planification sanitaire globale (PRIDES) que le Gouvernement de la Colombie poursuit avec l'aide de l'OMS et dont il est question aux pages 5 et 295 du Rapport du Directeur général, constitue un appui essentiel. Ce programme est jusqu'à présent limité à une seule région, mais on envisage de l'étendre à l'ensemble du pays et l'on espère que l'expérience acquise pourra ultérieurement faciliter les efforts faits par l'OMS pour renforcer les services de santé dans d'autres pays. Le Directeur général nous dis que l'année 1974 s'est caractérisée par une intensification de la collaboration avec les autres organisations internationales dans la quasi- totalité des secteurs de programme. Ma délégation désire souligner particulièrement l'importance de ce fait. L'augmentation des ressources d'origine extérieure destinées à aider les différents secteurs du développement économique et social incite à mettre au point des mécanismes permettant d'en rationaliser l'utilisation. Si un progrès a certes été réalisé, la situation n'est pas encore satisfaisante. Dans bien des cas, le lancement et le déroulement normal des projets ne dépendent pas des pays eux mêmes mais de la plus ou moins bonne coordination entre les différents organismes internationaux fournissant une aide dans le domaine de la santé. En septembre 1974 a été créé chez nous le Comité du Budget Programme de l'OPS /OMS qui a permis de renforcer la participation organisée des techniciens nationaux à l'élaboration des projets. Ce comité est surtout parvenu à définir les besoins en matière de collaboration extérieure dans le cadre des politiques et programmes que le Gouvernement colombien poursuit dans le secteur de la santé. Nous accueillons avec beaucoup de satisfaction l'idée émise par le Directeur général dans l'introduction du projet de budget programme pour 1976 et 1977 lorsque celui -ci dit que "Pour aider les pays à coordonner leurs activités sanitaires, il faudra accroître les responsabilités des représentants de l'OMS et renforcer leurs bureaux en conséquence. D'autre part, on pourrait créer dans les pays des conseils consultatifs OMS qui aideraient de leurs avis les représentants de l'Organisation ". Le Directeur général ajoute que l'on pourrait créer "au sein des ministères de la santé un mécanisme de coordination des ressources qui permettrait d'avoir la garantie que l'aide extérieure est utilisée à bon escient ". Lors de la vingt -sixième session du Comité régional des Amériques, ma délégation a eu l'occasion d'approuver la vingt -neuvième résolution de ce comité qui s'inspire de la nécessité d'instituer une procédure et un mécanisme de direction et de coordination de l'aide extérieure en matière de santé qui reflètent fidèlement les désirs des gouvernements intéressés. Dans a) de renforcer leurs systèmes internes cette résolution, il est recommandé aux Etats Membres de direction et de coordination de leurs propres activités en matière de santé ainsi que de celles qui sont liées à la coopération extérieure, et b) de prendre en considération les services que peut fournir l'OPS /OMS sous forme d'un soutien technique et administratif des procédures et mécanismes nationaux mis en place pour coordonner les activités de collaboration internationale en matière de santé. Mon gouvernement est fermement décidé à prendre les mesures indispensables pour mieux utiliser les ressources dont il vient d'être question et par conséquent, en définissant sa politique nationale de santé, il a manifesté son intention "de consacrer toutes les ressources d'origine extérieure obtenues par les organismes officiels pour les programmes et les activités de santé, plus les ressources des budgets ordinaires et supplémentaires de l'Etat, au financement des programmes prioritaires de santé déterminés en application du plan national ". Ceci me fournit une nouvelle occasion de saluer la nomination du Dr Hector Acuña au poste de Directeur du Bureau régional des Amériques et de l'assurer que la Colombie l'aidera à faire progresser chaque jour davantage l'OPS /OMS vers la réalisation de ses objectifs. Monsieur le Président, Messieurs les délégués, comme il fallait s'y attendre, le Directeur général nous a présenté un excellent Rapport, qui se distingue par la solidité de son contenu. Nous croyons qu'il a magnifiquement illustré l'idée qu'il avait lui -même exprimée en concluant le débat général de la Vingt -Septième Assemblée mondiale de la Santé en ces "Je me suis contenté d'essayer d'imaginer la destinée de notre organisation telle que termes ses fondateurs auraient pu la concevoir, à savoir l'accession à un tel degré de conscience internationale en matière de santé que cela devienne réellement un droit pour tous les peuples d'atteindre le niveau de santé le plus élevé possible ". : : :

Le PRESIDENT PAR INTERIM M. Fedele.

:

Avant de passer au prochain orateur, je donne la parole à

HUITIEME SEANCE PLENIERE :

181

M. FEDELE (Assistant du Secrétaire de l'Assemblée) Monsieur le Président, le délégué de la République populaire démocratique de Corée a demandé de parler dans sa langue nationale. Conformément à l'article 86 du Règlement intérieur de l'Assemblée mondiale de la Santé, un interprète fourni par le délégué de la République populaire démocratique de Corée lira simultanément le texte du discours en anglais. Le PRESIDENT PAR INTERIM La parole est maintenant au représentant de la République populaire démocratique de Corée. :

Le Dr HAN Hong Sep (République populaire démocratique de Corée) (interprétation du coréen)1 Monsieur le Président, honorables délégués, je tiens tout d'abord, au nom de la délégation de la République populaire démocratique de Corée, à adresser de chaleureuses félicitations à M. le Président et à MM. les Vice -Présidents pour le grand honneur qui leur est fait d'assumer la responsabilité de la Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé. J'exprime également ma profonde gratitude au Dr Mahler pour les efforts énergiques qu'il déploie afin de développer l'action de l'Organisation mondiale de la Santé. Je saisis cette occasion pour adresser nos sincères remerciements aux hauts fonctionnaires de l'Organisation qui nous ont rendu visite l'année dernière, contribuant ainsi puissamment à renforcer les relations entre notre pays et l'Organisation mondiale de la Santé. Ils ont pu observer de très près l'oeuvre de santé publique entreprise dans notre pays et en ont fait le plus grand éloge. Je tiens à adresser mes voeux de cordiale bienvenue aux peuples vietnamien et cambodgien qui, dans leur lutte hérotque de libération nationale, ont remporté une victoire historique sur les impérialistes des Etats -Unis d'Amérique, ainsi qu'à la République démocratique du Viet -Nam et au Mozambique qui viennent d'être admis au sein de l'Organisation mondiale de la Santé. Profitant de l'occasion qui m'est ainsi donnée, je voudrais présenter brièvement quelques aspects fondamentaux des succès que notre République a remportés dans le domaine de la santé publique au cours de l'année dernière. S'inspirant des exigences fondamentales de la pensée Djoutché du Président Kim I1 -Sung, grand dirigeant du peuple coréen - selon laquelle il faut considérer l'homme comme la valeur suprême et tout mettre au service de l'humanité, véritable centre de la création - toute une série de mesures a été également prise au cours de l'année dernière pour faire progresser plus rapidement l'action de santé publique. En créant de nouvelles installations médico- sanitaires et en assurant la formation d'un grand nombre de médecins fonctionnaires, tout en développant l'industrie des produits pharmaceutiques et des instruments médicaux, le Gouvernement de notre République a de façon décisive renforcé les services médicaux offerts à l'ensemble de la population et accompli de grands efforts, notamment en matière d'action sanitaire rurale. En conséquence, au cours de l'année dernière, le niveau de culture et d'hygiène des zones rurales de notre pays s'est à nouveau élevé et les conditions d'hygiène régnant dans l'agriculture se sont notablement améliorées, correspondant d'ailleurs à la mécanisation et à la chimisation totales de l'économie rurale. En outre, tous les dispensaires ruraux de Ri ont été transformés en hôpitaux, des services de pédiatrie assurant la protection sanitaire des enfants ont été installés dans chaque Ri, les hôpitaux ruraux se sont transformés en polycliniques bien équipées et l'on a renforcé des services d'obstétrique destinés aux femmes des régions rurales. Cela montre clairement que nos services médicaux ont non seulement été très proches de la population mais qu'ils ont également atteint un haut niveau de qualité et que l'on est en train d'éliminer totalement les différences entre la ville et la campagne. Considérant le problème de la santé de la population comme un problème socio- politique, le Gouvernement a beaucoup amélioré les conditions de vie sociale de la population afin de promouvoir sa santé. L'année dernière, le Gouvernement de notre République a également aboli totalement les impôts, réduit le prix de denrées de consommation de 30 % et construit des logements modernes en ville et à la campagne sur une échelle suffisamment grande pour pouvoir les mettre gratuitement à la disposition de la population. En 1974, notre production industrielle a augmenté de 17,2 % par rapport à celle de 1973 et la production agricole a également atteint un nouveau record. De ce fait, l'indépendance économique de notre pays s'est renforcée, le revenu national a énormément augmenté et les conditions de vie de la population se sont rapidement améliorées. Cette année également, le Gouvernement de notre République s'est fixé un objectif en matière d'amélioration de la situation sanitaire de la population et il ne néglige rien pour l'atteindre, mettant entièrement en oeuvre le système de soins médicaux complets et gratuits pour tous et adoptant une stratégie de prévention des maladies. Honorables délégués, quand je fais état des brillants succès remportés dans la moitié septentrionale de la République, j'éprouve une grande douleur en pensant que nous ne pouvons faire partager ce bonheur à la population sud -coréenne, à nos compatriotes issus d'un seul et même sang. Comme vous le savez certainement, trente ans après que son territoire a été artificiellement divisé par suite de l'occupation de la Corée du Sud par les impérialistes des EtatsUnis, notre pays n'est pas encore réunifié. La division du pays nous empêche d'échanger même :

1 Conformément à l'article 86 du Règlement intérieur.

182

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

une lettre et encore moins d'avoir des contacts avec des êtres chers - parents, frères, familles et amis - à tel point que parents et enfants séparés éprouvent de la difficulté à se reconnaître. Alors que nous traitons du problème du renforcement de la coopération dans les différents domaines de la santé publique avec les nombreux délégués des différents pays, nous ne pouvons débattre de ces problèmes entre compatriotes du Nord et du Sud de la Corée. En outre, alors même que nos frères sud -coréens meurent sans les moindres soins, par suite du manque de moyens médico- sanitaires et du coût des tarifs hospitaliers - vendant leurs yeux et offrant leur corps pour des expériences médicales afin de recueillir l'argent nécessaire à payer l'hospitalisation de leurs parents ou de leurs frères - nos médecins ne peuvent tendre leurs bras pour les sauver à cause de cette ligne de démarcation que nous refusons. Partant de la noble intention de mettre le plus tôt possible fin à cette épouvantable tragédie nationale, le Gouvernement de la République populaire démocratique de Corée a fait tout son possible pour accélérer la réunification de la patrie, s'inspirant des trois principes d'indépendance, de réunification pacifique et de grande unité nationale, ainsi que de la politique en cinq points clairement définie par notre grand dirigeant, le Président Kim Il -Sung. La politique en cinq points consiste essentiellement à faire cesser la confrontation militaire et à atténuer la tension entre le Nord et le Sud, à réaliser une collaboration et des échanges multilatéraux entre le Nord et le Sud, à convoquer un grand congrès national composé de représentants de tous les secteurs et des partis politiques et organisations sociales du Nord et du Sud, à mettre en place un système confédéral réunissant le Nord et le Sud sous le nom de République fédérale de Koryo et, enfin, à admettre la République fédérale de Koryo au sein de l'Organisation des Nations Unies. Toutefois, notre patrie demeure divisée car les puissances étrangères et les autorités sud -coréennes continuent à opposer une fin de non -recevoir à la juste proposition du Gouvernement de notre République. Sous la protection et à l'instigation des puissances étrangères, les autorités' sud -coréennes arrêtent et emprisonnent sans merci les Sud -Coréens qui demandent la réunification de la patrie et l'instauration d'un régime démocratique, recourant à des tortures barbares et à des assassinats pour tenter de prolonger quelque peu leur destin moribond, contribuant ainsi à rendre la situation extrêmement tendue en Corée. Mais, quels que puissent être leurs efforts désespérés, les autorités sud -coréennes ne renverseront pas le cours de l'histoire et n'échapperont pas à un processus de pourrissement et d'effondrement analogue à celui qu'ont connu la clique fantoche de Lon Nol au Cambodge et la non moins fantoche clique de Saigon. Notre nation, ensemble homogène ayant la même langue et la même coutume, ne pourra jamais être divisée. La réunification de la patrie par les Coréens eux -mêmes et sans ingérence des puissances étrangères est non seulement la volonté et le désir du peuple coréen tout entier mais tend également à s'imposer sur la scène internationale. En conclusion, je déclare solennellement que nous ferons, comme nous l'avons toujours fait, tous les efforts possibles pour renforcer la collaboration internationale dans le domaine de la santé publique, conformément à la Constitution de l'OMS et à la mission sacrée qui lui est confiée, ainsi que pour consolider davantage encore l'amitié et la solidarité qui nous unissent à tous les peuples progressistes du monde qui luttent pour la paix et la démocratie, l'indépendance nationale et le progrès social. Le PRESIDENT PAR INTERIM : Je remercie le délégué de la République populaire démocratique de Corée et, en vertu de l'article 57 que nous venons de lire, je donne la parole au délégué de la République de Corée.

Monsieur le Président, je suis M. MOON (République de Corée) (traduction de l'anglais) très tenté d'exercer mon droit de réponse maintenant. Toutefois, je sais que vous souhaitez, - et que les délégués souhaitent - que l'on évite de s'engager dans des polémiques inutiles qui nous prennent du temps. Je tiens donc à réserver mon droit de parole - et, en l'occurrence, mon droit de réponse - pour le moment où je prononcerai mon allocution générale. :

Le PRESIDENT PAR INTERIM

:

Je vous remercie et je passe la parole au délégué de la Bolivie. :

Monsieur le Président, je Le Dr TORRES NAVARRO (Bolivie) (traduction de l'espagnol) voudrais profiter de cette occasion pour transmettre aux délégations présentes le salut du peuple et du Gouvernement boliviens et présenter mes félicitations au Directeur général pour son magnifique Rapport, dans lequel il analyse avec tant de réalisme la situation sanitaire mondiale. Avec une superficie de 1 098 000 km2, la Bolivie a une population, en majorité dispersée, d'environ 5 633 800 habitants, soit une densité de 5,12 habitants au km2. Les moins de 15 ans représentent 40 % de la population. Les statistiques démographiques sont incomplètes par suite des insuffisances de l'état civil. En 1970, l'espérance de vie à la naissance était de 46 ans. Seulement 20 % des décès enregistrés font l'objet d'un certificat médical. Les principales causes de décès sont, par

HUITIEME SEANCE PLENIERE

183

ordre d'importance décroissante, les maladies infectieuses des voies respiratoires, les infections de l'appareil digestif et les maladies de l'enfance. L'organisation des services de santé n'est pas centralisée, mais on tend à coordonner l'action des différents organismes de ce secteur. Les activités du Ministère de la Prévoyance sociale et de la Santé publique, qui se voient affecter 1,7 % du budget national, couvrent 90 % de la population. Le pays est divisé en onze régions sanitaires. Conformément au plan national de santé, la priorité est accordée à la lutte contre les maladies transmissibles, à la santé maternelle et infantile, à la nutrition, aux soins médicaux et hospitaliers et à la salubrité du milieu. Il est également prévu d'améliorer les aspects matériels, techniques et administratifs de l'infrastructure sanitaire. Dans le cadre du programme de lutte contre les maladies transmissibles, on prévoit d'accroître les activités destinées à maintenir l'éradication de certaines maladies et à lutter efficacement contre d'autres. Grâce à la Banque nationale de Vaccins, on accorde une attention particulière aux programmes de vaccination. Nous projetons d'étendre progressivement à l'ensemble du pays le programme de santé maternelle et infantile en utilisant l'infrastructure actuelle des services de santé. Dans le cadre du programme de nutrition, un certain nombre d'activités sont organisées pour combattre et soigner la malnutrition infantile ainsi que pour réduire la prévalence du goitre endémique. Le programme de soins médico- hospitaliers en milieu rural comprend des activités d'hygiène dentaire et de soins infirmiers, qui sont les seuls moyens de fournir une protection sanitaire à la population rurale. On prévoit d'étendre ces services à 80 % de la population rurale. En ce qui concerne la salubrité de l'environnement, les autorités boliviennes mettent actuellement en oeuvre le plan d'approvisionnement en eau des régions rurales, organisent des programmes d'assainissement de base dans les principales villes et assurent des services minimaux d'hygiène du milieu dans les régions rurales. En vue de l'amélioration de l'infrastructure sanitaire, on prévoit de développer et de perfectionner les statistiques sanitaires ainsi que les laboratoires de santé de tous niveaux, d'intensifier les activités de formation du personnel, d'étendre la planification sanitaire à l'ensemble du secteur de la santé, de procéder à la réorganisation financière de ce secteur, d'améliorer les transports, les approvisionnements en fournitures et l'administration, de développer constamment les services installés dans les régions rurales, de mettre sur pied une flotte fluviale de bateaux sanitaires dans les départements de Beni et de Pando et d'améliorer le taux d'utilisation des services de consultations médicales et des lits d'hôpital. Le secteur sanitaire est formé du Ministère de la Renforcement des services de santé Prévoyance sociale et de la Santé publique, qui coiffe l'ensemble du secteur, et des diverses institutions publiques décentralisées constituées par les organismes de sécurité sociale et les entreprises mixtes et privées qui oeuvrent dans le domaine de la santé. La politique sanitaire pour cette décennie consiste à poursuivre le développement des services de santé en milieu rural afin d'accroître la couverture médico- sanitaire de la population, à augmenter la capacité des installations sanitaires ainsi que leur utilisation, à améliorer le système de régionalisation des services de santé, à perfectionner l'organisation et l'administration de l'infrastructure sanitaire, à intensifier la formation du personnel et coordonner :

la protection médicale au sein du secteur. Le paludisme continue à poser un grave problème. Les zones Lutte contre les maladies impaludées couvrent 75 % du pays et la maladie affecte 32,2 % de la population. Actuellement, on est parvenu à une amélioration qui, espère -t -on, se poursuivra de telle sorte qu'à la fin de la décennie 78,5 % de la population sera couverte par des opérations d'entretien et 20,3 par des opérations de consolidation. Les autorités sanitaires s'attachent à intensifier les programmes de coopération et de coordination avec les pays voisins par le biais de conventions bilatérales. La reprise de l'aide du FISE en matière d'insecticides serait extrêmement bénéfique, particulièrement pour les pays où les vecteurs anophéliens n'ont pas encore acquis une :

résistance aux insecticides. La tuberculose affecte elle aussi d'importants secteurs de la population. On estime que le taux de mortalité est de 120 pour 100 000 habitants. Un programme de dépistage et de traitement fonctionne depuis 1967, mais le nombre des cas dépistés a été limité grâce à une campagne efficace de vaccination par le BCG qui a permis de protéger 75 % des moins de 20 ans. On espère atteindre et maintenir un niveau d'immunisation antituberculeuse couvrant 80 % des moins de 20 ans, grâce auquel on réduirait de 30 % la mortalité à la fin de la décennie. La fièvre hémorragique est jugulée. Le dernier cas de variole a été enregistré en 1964 et l'on poursuit la surveillance épidémiologique permanente. La peste est endémique dans une bande du territoire qui traverse les régions rurales des départements de Tarija, Chuquisaca et Santa Cruz, ainsi que dans une petite zone de la province de Caupolicán, dans le département de La Paz. La rougeole est l'une des plus importantes causes de morbidité et de mortalité chez les moins de 5 ans. Jusqu'à présent, les campagnes de vaccination ont eu une portée limitée mais, pendant la seconde moitié de la décennie, on espère réaliser des programmes intensifs de vaccination qui permettraient de réduire le taux de mortalité spécifique à 1 pour 100 000.

184

VINGT- HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

Le typhus exanthématique est endémique et l'on enregistre des poussées épidémiques dans de vastes zones des hauts plateaux et des vallées. Les succès obtenus dans des zones pilotes avec un nouveau vaccin préparé à l'Université du Maryland ont ouvert la voie à un programme de vaccination qui protègera l'ensemble de la population des régions endémiques. On espère pouvoir réduire sensiblement les taux de mortalité et de morbidité d'ici à 1980. Des poussées épidémiques de diphtérie, de coqueluche et de tétanos se produisent fréquemment et sont suffisamment graves pour constituer une importante cause de décès chez les nouveau -nés. La proportion de la population vaccinée contre la diphtérie, la coqueluche et le tétanos n'atteint pas 6 % et ne représente que 1 % pour les enfants de moins d'un an. Avec l'aide de la Banque nationale de Vaccins, on espère réduire la mortalité par la coqueluche à 1 pour 100 000 et la mortalité par le tétanos à 0,1 pour 100 000. De temps en temps, on enregistre des poussées de fièvre jaune sylvestre dans les zones limitrophes du Brésil, mais on a éradiqué Aedes aegypti et l'on poursuit un programme de surveillance épidémiologique. Il n'existe par conséquent pas de risque de voir réapparaître la fièvre jaune urbaine étant donné que l'on continue à vacciner les populations exposées. Parmi les zoonoses, la rage est endémique dans l'ensemble du pays. On espère lancer une campagne de grande envergure pour lutter contre la plupart des zoonoses, notamment la rage, la brucellose et la fièvre aphteuse. En ce qui concerne la promotion de la salubrité du milieu, on peut donner les renseignements suivants 55 % de la population urbaine est approvisionnée en eau potable à domicile ou par des fontaines d'accès facile; 23,3 % de la population urbaine est desservie par un réseau d'égouts, 3,2 % de la population rurale dispose d'installations d'évacuation des excreta et 31 % de la population urbaine, vivant dans des villes de plus de 20 000 habitants, bénéficie de services de ramassage des déchets solides mais non de systèmes d'élimination définitive de ces déchets. Enfin, 4,3 % seulement de la population rurale est approvisionnée en eau à domicile ou a facilement accès à celle -ci. Les dures conditions de travail dans les mines et l'augmentation sensible du rythme d'industrialisation ont incité à lancer un programme de médecine du travail qui permette de réduire les risques d'accidents de travail et de maladies professionnelles. Les services compétents du Ministère de la Prévoyance sociale et de la Santé publique et du Ministère du Logement et de l'Urbanisme espèrent mettre en oeuvre différents programmes d'assainissement du milieu au cours de la présente décennie. Les statistiques nationales sont incomplètes par suite du manque de coordination entre les différentes institutions du secteur sanitaire et de la nécessité d'organiser des services régionaux et locaux. En outre, on ne dispose pas d'effectifs suffisants de personnel technique et auxiliaire compétent. Le Gouvernement se propose de renforcer l'ensemble du système en modernisant les normes et les procédures, en coordonnant la préparation des statistiques sanitaires, en organisant un programme de formation et d'encadrement du personnel et en établissant progressivement un système normalisé pour l'enregistrement des statistiques sanitaires. Pour conclure, la Bolivie espère que la collaboration active de l'Organisation mondiale de la Santé et de l'Organisation panaméricaine de la Santé, s'ajoutant à l'effort qu'elle déploie elle -même, lui permettront d'atteindre les normes définies dans son plan de santé et dans le plan décennal pour les Amériques. :

Le PRESIDENT PAR INTERIM : Je remercie le délégué de la Bolivie. La parole est maintenant au délégué de la Somalie.

Le Dr O. A. HASSAN (Somalie) (traduction de l'anglais) Monsieur le Président, permettez moi de m'associer aux orateurs qui m'ont précédé et d'adresser, par votre intermédiaire, mes félicitations au Président de l'Assemblée et aux autres membres du bureau pour leur élection à ces postes élevés. Nous avons pris connaissance avec beaucoup d'intérêt du Rapport du Directeur général et j'aimerais formuler quelques observations à ce sujet. Je dois d'abord noter que l'inflation a eu des répercussions bien plus importantes que ne le laissait prévoir le Directeur général dans son Rapport et beaucoup de pays en voie de développement ont dù renoncer à exécuter une bonne partie de leurs plans. Nous pensons que le Directeur général a tout à fait raison de chercher à promouvoir la recherche sur la base des installations dont disposent les établissements existants. Il existe cependant certains pays où manquent les installations nécessaires mais où se posent pourtant des problèmes qui mériteraient d'être étudiés. Ainsi, en Somalie, nous nous intéressons en particulier à l'étude des plantes médicinales locales et nous serions heureux qu'un programme soit entrepris dans ce domaine. Il nous semble que l'absence de services de recherche ne devrait pas être un trop grand obstacle. J'aimerais également signaler que nous sommes très conscients des problèmes psycho- sociaux qui peuvent se poser en relation avec les établissements humains et, comme nous avons entrepris de sédentariser les nomades, nous avons l'intention de faire des études sur ce type de situation, afin de préserver la santé mentale des populations concernées. :

HUITIEME SEANCE PLENIERE

185

C'est avec un intérêt tout particulier que nous avons relevé, dans le Rapport du Directeur général, qu'il existe des liens étroits entre l'état nutritionnel et la santé de la famille. Pour nous, l'ordre dans lequel ont été cités ces deux facteurs est significatif. En effet, lorsqu'il est question d'améliorer la santé de la famille, le nombre d'enfants est généralement considéré comme plus important que d'autres facteurs et, en tout cas, que l'état nutritionnel. A notre avis, il est plus efficace d'appliquer des mesures sociales que d'incriminer uniquement la taille de la famille. Nous avons pris note de l'observation du Directeur général concernant l'utilisation de personnel local à la périphérie de l'infrastructure sanitaire. Dans le courant de l'année écoulée, nous avons non seulement formé un nombre important de personnels de santé locaux, mais nous avons aussi utilisé ces personnels pour des programmes visant à promouvoir la santé communautaire et la prévention de la maladie. Grâce à ces travailleurs, nous avons également pu compenser la grave pénurie de personnel professionnel, qui se fera sentir encore longtemps en Somalie. Dans tout programme de santé, il est indispensable de pouvoir compter sur du personnel qualifié. En conséquence, nous avons l'intention de développer nos activités de formation de personnel sanitaire et nous invitons les collectivités rurales à participer aux programmes prévus, sous la conduite de certains de leurs membres préalablement formés. Il nous faudra beaucoup de ces agents de santé de village et, s'il s'avère qu'ils sont réellement efficaces, leur contribution ne devra pas être négligée il faudra mettre en place des installations adéquates pour leur donner une formation uniforme et veiller à ce qu'ils ne manquent jamais des fournitures nécessaires à leur action. La Somalie a lancé dans les zones rurales un programme pour l'amélioration des conditions de vie dont doit bénéficier la plus grande partie de la population, composée de nomades et d'exploitants agricoles. Au mois d'août 1974, plus de 20 000 étudiants venus des grandes villes ont été envoyés dans les campagnes pour apprendre aux populations l'écriture Somali. Des équipes de travailleurs sanitaires et de vétérinaires les accompagnaient. Il s'agissait non seulement d'alphabétiser les masses, mais aussi de leur donner le moyen d'améliorer leurs conditions de vie et celles de leurs animaux. Des cours sur la santé publique et les premiers soins ont été dispensés par les étudiants et le personnel sanitaire. Au total, plus de 800 personnes du Ministère de la Santé ont participé à cette campagne. Ils se sont essentiellement occupés de vacciner contre la tuberculose et la variole, de cueillir des herbes qui sont efficaces pour le traitement de certaines maladies et de former des agents locaux aux premiers soins. On a effectué au total plus de 800 000 vaccinations antivarioliques et vacciné contre la tuberculose 500 000 personnes appartenant au groupe vulnérable. A la fin de la campagne, de nombreux agents de santé de village avaient été formés. Nous avons veillé depuis à les associer aux activités de développement des services de soins primaires au sein des collectivités rurales isolées auxquelles ils appartiennent. Ils seront appelés à exercer des activités curatives et préventives simples, parmi lesquelles des activités d'éducation sanitaire, dans le cadre de programmes mis au point par les centres de santé de district les plus proches. Ce type d'infrastructure sanitaire suppose une consommation importante de fournitures médicales et, par conséquent, des dépenses élevées. Les participants au programme en milieu rural ont également rassemblé sur les plantes médicinales locales de nombreux renseignements qui sont encore à l'étude. Pour réduire le coût des prestations médicales, on envisage en effet d'utiliser celles qui se seront révélées efficaces. Nous sommes effectivement convaincus que, si nous voulons renforcer nos services de santé et résoudre nos problèmes, il nous faudra non seulement appliquer des techniques mises au point dans d'autres pays, mais aussi utiliser nos propres ressources. La campagne que nous avons exécutée dans les zones rurales n'était pas uniquement destinée à apporter certaines prestations aux collectivités rurales dans un laps de temps déterminé; elle devait aussi, dans notre esprit, être l'occasion d'étudier en profondeur le problème des soins médicaux pour les populations nomades. Nous espérons que l'analyse des données recueillies nous permettra d'élucider les différents aspects de ce problème complexe et d'élaborer des programmes appropriés qui pourront être mis en oeuvre au cours des prochains plans de développement. Nous savons déjà que cette campagne a marqué le début d'une prise de conscience et que les graines que nous avons ainsi semées donneront bientôt leurs fruits. Toutefois, si nous devons nous réjouir que les populations rurales prennent rapidement conscience de ce qu'elles sont en droit d'attendre, nous n'ignorons pas que leurs exigences risquent de croître plus vite que notre capacité de les satisfaire. Pour la plupart des pays du monde, l'année 1974 a été une année d'austérité. Pour la Somalie, elle s'est soldée par un véritable désastre économique, dû à la sécheresse sans précédent qu'expliquent des chutes de pluie très inférieures à la normale depuis 1968 et pratiquement nulles en 1974. Affectées par une détérioration progressive de dix ans, les terres à pâturages ne peuvent plus nourrir le bétail qui représente la principale source de subsistance du pays. On estime que plus d'un tiers de la population somalienne a été touchée par la sécheresse. :

186

VINGT- HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

Pour abriter, nourrir et soigner les populations des zones sinistrées, le Gouvernement a créé plus de dix -huit camps de secours à la fin de novembre et dans les deux premières semaines de décembre 1974. La population de ces camps, qui a augmenté rapidement dans le courant des mois de décembre 1974 et de janvier 1975, représente maintenant 250 000 personnes. Les répercussions de la crise financière sur les programmes sanitaires ont été aggravées par la sécheresse. Il est extrêmement difficile de déterminer la part de responsabilité de chacun de ces deux phénomènes qui, en se conjuguant, ont entraîné une augmentation rapide des pertes économiques subies par le pays. A la suite de la sécheresse, il nous a fallu étirer au maximum nos ressources pour faire face aux besoins sanitaires dans les camps. Nous avons reçu une aide généreuse de diverses organisations internationales (en particulier du FISE), de nos frères des Etats arabes, de sources d'assistance bilatérale et d'autres donateurs; nous leur adressons nos remerciements. Toutefois, nos besoins étaient si grands que nous avons malheureusement été obligés d'ajourner certains de nos programmes de développement. Etant donné la situation particulière dans laquelle nous nous trouvons, nous avons noté avec espoir la proposition formulée par le Directeur régional pour la Méditerranée orientale au sujet des contributions volontaires et nous attendons avec impatience que le Bureau régional reçoive des ressources supplémentaires. En ce qui concerne le personnel médical, nous avons envoyé dans les camps de réfugiés nos travailleurs les plus qualifiés et nous espérons que des personnels internationaux seront mis à notre disposition pour les principaux hôpitaux du pays, qui ont été laissés sans personnel médical qualifié. Enfin, Monsieur le Président, je ne conclurai pas sans faire part de notre espoir de voir bientôt cesser toute forme d'occupation, d'agression et de colonialisme, de façon que l'humanité puisse jouir d'un état de santé parfait, conformément à la définition donnée dans notre Constitution. Le PRESIDENT PAR INTERIM Je remercie le délégué de la Somalie et je donne la parole au délégué de la République -Unie de Tanzanie. :

M. MWINYI (République -Unie de Tanzanie) (traduction de l'anglais) Monsieur le Président, Messieurs les délégués, je m'associe aux orateurs précédents pour remercier le Directeur général et le Conseil exécutif de leurs rapports, dont l'Assemblée est maintenant saisie. Le dernier Rapport annuel du Directeur général est, comme le précédent, remarquablement complet et clair. Il expose de façon magistrale les grands problèmes qui s'opposent à l'accomplissement de notre mission garantir la santé à nos peuples. Ces problèmes sont si bien analysés dans le Rapport qu'il ne nous reste plus qu'à en prendre note et à échanger nos points de vue sur le moyen de les résoudre. Ma délégation aimerait formuler quelques observations sur certains points Aux pages 169 à 199 du Rapport, le Directeur général fait le point des progrès de l'action sanitaire dans les six Régions et, aux pages 202 à 294, il donne une liste des projets exécutés dans ces Régions. Cette division en six Régions géographiques est extrêmement arbitraire. Il suffit d'examiner cette partie du Rapport pour voir où se situe véritablement la ligne de démarcation on observe en effet une forte proportion de cas de maladies et de décès dans certaines parties du monde très fortement peuplées. Les habitants de ces régions sont constamment menacés par des maladies endémiques et leur vie est une lutte perpétuelle contre un environnement hostile. Telle est la situation dans le tiers monde en général, alors que dans les pays développés la plupart de ces maladies ont été vaincues par la médecine et l'expansion économique. Depuis sa création il y a quelque vingt -huit ans, l'Organisation mondiale de la Santé s'emploie à combler ce fossé de la technologie et du développement qui sépare les pays riches des autres. Pourtant, on déplore encore des milliers de morts qui pourraient être évitées si les Etats Membres se concertaient pour une action plus hardie et plus coordonnée. Ce qui reste à accomplir pour faire disparaître cet écart est, comme vous l'avez dit vous -môme, le défi que doit relever cette assemblée. Si l'on étudie les raisons qui sont à l'origine des taux élevés de morbidité et de mortalité dans le tiers monde, il faut admettre que le Directeur général a raison de souligner la nécessité de formuler des politiques et des plans sanitaires appropriés. Il est réconfortant que l'OMS donne maintenant à ce secteur la priorité qu'il mérite. Lorsque l'OMS était invitée autrefois à fournir une assistance dans ce domaine, les résultats n'étaient guère encourageants ou satisfaisants. Le système de programmation sanitaire par pays qu'elle a mis au point et introduit semble -t -il dans six pays parait prometteur. A cet égard, Monsieur le Président, il serait extrêmement utile que le Directeur général informe de temps à autre l'Assemblée et les Etats Membres de l'état d'avancement de ces programmes. L'expérience nous a en effet montré que ce n'est pas au niveau de l'élaboration des plans que se situe l'obstacle majeur à la distribution de soins médicaux appropriés, mais à celui de l'exécution. Monsieur le Président, cela me conduit à la partie du Rapport qui traite des maladies transmissibles. Ma délégation partage tout à fait le point de vue du Directeur général quand il faut observer que les maladies infectieuses restent le problème de santé le plus préoccupant dans : : :

HUITIEME SEANCE PLENIERE

187

les pays en voie de développement. A cet égard, il est réconfortant de noter que la lutte contre la variole a maintenant atteint le point de non -retour. Il est maintenant vraisemblable qu'une phrase dite il y a quelque 150 ans et répétée souvent depuis - "c'est par l'histoire que les nations futures apprendront que la variole a jamais existé" - est sur le point de devenir réalité. L'OMS et les Etats Membres peuvent se réjouir à juste titre de ce succès. Il est la démonstration de ce à quoi peut aboutir une action collective internationale dans le domaine de la santé mais il ne doit pas nous faire oublier les échecs que nous avons subis dans notre combat contre les maladies infectieuses. Le programme d'éradication de la variole montre clairement que la vaccination peut être une arme efficace dans la lutte que mène l'homme contre son ennemie - la maladie. Et pourtant, des maladies comme le tétanos, la rougeole et la poliomyélite, qui peuvent être endiguées par la vaccination, continuent de tuer des milliers d'enfants dans le tiers monde. En Tanzanie, le Parti et le Gouvernement ont donné la priorité à ce problème et des plans ont été faits pour un programme élargi de vaccination qui sera exécuté dans le cadre des services de santé maternelle et infantile et qui, on l'espère, couvrira dans un proche avenir la plupart des enfants du pays. Les obstacles que nous aurons à surmonter sont énormes, car nous manquons par exemple d'installations de réfrigération, d'autres équipements, ainsi que de moyens de transport. Malgré cela, nous avons le sentiment de progresser. Le FISE nous a fourni du matériel et certains vaccins pour le programme, cependant que l'OMS nous sommes nous donnait des conseils précieux pour nous aider à surmonter nos difficultés reconnaissants à ces deux organisations. Il n'existe malheureusement pas de vaccin efficace contre de nombreuses maladies qui sont elles aussi causes de souffrances et de décès dans le tiers monde, par exemple le paludisme, la bilharziose, la filariose, etc. Il me semble que nous devrions concerter nos efforts pour trouver d'autres instruments de lutte contre ces maladies et des moyens plus efficaces d'utiliser les connaissances dont nous disposons. Ma délégation approuve les préparatifs faits par l'OMS pour lancer un programme spécial de recherche et de formation concernant les maladies tropicales. Le choléra est une autre maladie contre laquelle il n'existe pas de vaccin efficace. Comme l'a signalé le Directeur général à la page 64 du Rapport, la première épidémie de choléra enregistrée en Tanzanie depuis le début du siècle s'est déclarée au mois de mai de l'année dernière. Sur les treize cas signalés, sept seulement ont été mortels. Des mesures de lutte appropriées ont été appliquées et, fort heureusement, l'épidémie a été endiguée en trois semaines. La coopération de la collectivité tout entière nous a apporté une aide précieuse dans le combat que nous avons mené contre ce redoutable fléau. L'OMS nous a fourni des tétracyclines, des vaccins et des liquides de réhydratation. Au nom du Gouvernement et du peuple de la Tanzanie, je remercie l'Organisation de son aide rapide et généreuse. Monsieur le Président, comme tant d'autres pays du tiers monde, la Tanzanie s'est donnée pour objectif de créer une infrastructure sanitaire dont chacun puisse bénéficier. Nous disposons pour cette tâche de ressources très limitées. L'inflation généralisée, à laquelle le Directeur général a fait allusion dans l'introduction de son Rapport, associée à la sécheresse qui sévit dans mon pays depuis deux ans, l'ont rendue plus difficile encore. Nous sommes reconnaissants à tous les organismes et à tous les pays qui nous sont venus en aide pendant cette période critique. Animés d'un sentiment d'espoir, nous nous félicitons de l'importance que le Directeur général a donnée dans son Rapport au rôle des auxiliaires médicaux. Il est en effet moins coûteux de former et d'utiliser ces personnels, qui assurent avec beaucoup d'efficacité la distribution des soins primaires, en particulier dans les zones rurales. J'ajouterai simplement aux observations du Directeur général qu'il importe d'établir avec un soin tout particulier les plans de carrière des différents auxiliaires médicaux. L'expérience nous l'a en effet appris. Monsieur le Président, les problèmes de santé du tiers monde sont considérables et, au cours de cet exercice où nous échangeons notes et idées, je n'ai pu en évoquer que quelques uns. Lorsque nous considérons les ressources nécessaires pour résoudre ces problèmes, il me semble que nous avons tous tendance à trop insister sur l'argent et la main -d'oeuvre. Cette tendance apparaît aussi dans le Rapport du Directeur général. Ma délégation estime pour sa part qu'il serait possible de mieux utiliser les ressources humaines disponibles et elle espère que les activités visant à encourager la participation de la collectivité occuperont à l'avenir une place plus importante dans le Rapport annuel du Directeur général. :

Je remercie le délégué de la République -Unie de Tanzanie. Le Le PRESIDENT PAR INTERIM Président de l'Assemblée a demandé au Dr Everingham, autre Vice -Président, de diriger la séance plénière de demain mardi. Je voudrais donc maintenant, avec l'accord bienveillant de l'Assemblée, lui donner la parole pour faire sa déclaration au nom de la délégation de l'Australie. :

Je vous remercie, Monsieur le Le Dr EVERINGHAM (Australie) (traduction de l'anglais) Président. Le Rapport annuel du Directeur général est devenu l'une des principales publications médicales mondiales. Nous nous sommes habitués à le trouver excellent, parfois je le crains, sans formuler de commentaires appropriés. Depuis que le Dr Mahler a été nommé Directeur général, le Rapport annuel reflète aussi l'intérêt profond qu'il porte aux usagers des services :

188

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

sanitaires que nous planifions, assurons et administrons. Il faut que nos discussions de caractère technique, comme les bons sentiments et les résolutions que nous proclamons à haute voix, trouvent tous leur application pratique pour que les hommes, les femmes et les enfants qui font la population de notre planète voient leur état de santé amélioré. Le Rapport du Directeur général contient de nombreux points qui présentent pour l'Australie un intérêt considérable. Il s'agit notamment du travail que fait l'OMS pour introduire l'utilisation de la programmation sanitaire par pays et de ses initiatives pour accroître la coopération et la coordination dans le domaine de la recherche biomédicale. En sa qualité de membre du Centre international de Recherche sur le Cancer, l'Australie continuera à soutenir les mesures prises par le Directeur général pour assurer la coordination des activités de l'OMS, dont celles du CIRC, avec celles d'organisations non gouvernementales comme l'Union internationale contre le Cancer et d'instituts nationaux de recherche. Je suis certain que nous ne sommes pas les seuls à être impressionnés par le succès du programme d'éradication de la variole. Nous adressons nos félicitations au Directeur général et à tous ceux qui ont participé à cette entreprise. L'Australie est à maints égards un pays privilégié. De nombreux problèmes de santé qui se posent dans beaucoup d'autres pays, par exemple les maladies infectieuses et la malnutrition, y ont été vaincus. Toutefois, nous devons maintenant faire face au problème des maladies non transmissibles, parmi lesquelles le cancer et l'artériosclérose constituent les principales causes de décès. En outre, d'autres maladies de la civilisation, si nous pouvons appeler ainsi notre situation actuelle, nous préoccupent chaque jour davantage, qu'il s'agisse des accidents de la circulation ou de l'incidence accrue de l'alcoolisme et des autres toxicomanies. Aussi sommes -nous très heureux de voir que le Directeur général a insisté, dans l'introduction de son Rapport, sur la nécessité de développer à l'avenir les programmes de santé mentale. Il a "Il faut ... admettre qu'une bonne part des personnes qui se présentent notamment souligné dans les services de soins primaires sont atteintes de troubles psychiatriques légers, avec prédominance de symptômes somatiques ". En 1973, le Gouvernement australien a lancé un programme communautaire de santé mentale et de lutte contre l'alcoolisme et la pharmacodépendance, auquel il a consacré les deux premières années 15 millions de dollars australiens. Il nous est cependant apparu de plus en plus que la classique distinction philosophique entre les maladies du corps et les maladies résultant de troubles affectifs ou sociaux n'était guère satisfaisants (jusqu'à une date très récente, les services de santé australiens respectaient cette distinction traditionnelle entre la santé du corps et de l'esprit). Le Gouvernement a, par conséquent, intégré son programme communautaire de santé mentale dans le programme plus vaste d'action sanitaire au niveau des collectivités. Cette entreprise vise notamment à permettre l'intervention de personnel qualifié aux moments de crise psycho -sociale, et même plus tôt si possible, en vue de prévenir les troubles psychiatriques susceptibles d'apparaître ultérieurement. Ce programme prévoit notamment la création de centres de santé mentale au niveau des collectivités, de maisons de convalescence assurant une formation en cours d'emploi aux techniques de consultations, de "centres d'information et d'accueil" ou de "permanences ", ainsi que de services spéciaux tels que des centres de désintoxication pour les alcooliques et les toxicomanes et des services pour les enfants atteints d'arriération mentale. Ce problème de l'arriération mentale est une source de préoccupation grandissante pour beaucoup d'Etats Membres. Je pense qu'il sera bientôt temps, dans tous les pays, de s'attaquer à ce fléau et de prendre des mesures pour le prévenir dans la mesure du possible ou, du moins, pour soigner et réadapter ceux qui en sont victimes. J'ai l'intention, au cours des discussions qui auront lieu en commission, de soumettre à l'Assemblée un projet de résolution à ce sujet. J'ai été le témoin, l'année dernière, de remarquables mouvements d'auto- assistance pour la reconstruction de villages à Sri Lanka et certains de mes collègues qui se sont rendus en Chine au début de cette année ont vu des collectivités entières participer à des programmes d'action sanitaire. Dans certains pays plus industrialisés, nous avons perdu ce sens de la participation et de l'entraide communautaire, et l'expression "politique de clocher" concerne maintenant davantage les tractations commerciales que les valeurs humaines, l'établissement de relations satisfaisantes et la qualité de la vie en général. Nous espérons redonner aux collectivités locales le goût des affaires publiques, le sens de l'initiative et des responsabilités exécutives grâce à un soutien financier, des avis d'experts et d'autres encouragements. Peut être cela contribuera -t -il à l'élimination des troubles psychiatriques légers qui paraissent de plus en plus fréquents dans nos collectivités urbaines. Monsieur le Président, je félicite le Directeur général pour un Rapport qui, j'en suis certain, sera toujours précieux pour les Etats Membres. :

Le PRESIDENT PAR INTERIM délégué du Botswana.

:

Je remercie le délégué de l'Australie et je donne la parole au

M. NWAKO (Botswana) (traduction de l'anglais) Monsieur le Président, Messieurs les délégués, c'est pour moi un très grand plaisir de prendre la parole devant l'Assemblée mondiale :

HUITIEME SEANCE PLENIERE

189

de la Santé. Permettez -moi tout d'abord, Monsieur le Président, de vous féliciter tous de votre élection. Je profite aussi de l'occasion pour féliciter le Directeur général, le Dr Mahler, de son excellent Rapport sur l'activité de l'OMS en 1974. Comme vous le savez tous, ceci est la première fois que le Botswana participe à l'Assemblée en tant que Membre à part entière de l'OMS. Nous nous sommes cependant toujours tenus informés des principales décisions et résolutions adoptées par l'Assemblée, étant donné leur importance pour la communauté internationale et pour notre Région africaine en particulier. Mon pays a assisté, en qualité d'observateur, à de nombreuses réunions du Comité régional OMS de l'Afrique; je suis heureux de dire que ces réunions ont toujours été extrêmement fructueuses et nous ont permis de nous associer aux préoccupations et aux efforts de nos collègues et frères qui assumaient la lourde responsabilité de distribuer des soins de santé à la plus grande partie de nos populations. Il faut reconnaître à l'Organisation mondiale de la Santé le mérite d'avoir toujours été consciente des multiples conséquences de l'interaction entre l'homme et son environnement. C'est cette connaissance qui l'a conduit à créer des bureaux dans chaque Région. A cet égard, je tiens à remercier notre bureau régional de nous avoir toujours fourni rapidement une aide précieuse pour nos activités de contrôle et de prévention des maladies transmissibles, de santé maternelle et infantile, de statistiques sanitaires et de développement des personnels de santé. Il existe aujourd'hui dans le monde une multitude d'organisations internationales aux objectifs et aux programmes distincts, mais ma délégation est fermement convaincue qu'en dépit de certaines difficultés l'Organisation mondiale de la Santé représente pour l'humanité le plus grand espoir, puisque la santé est ce qu'il y a de plus précieux pour un pays ou pour son peuple. Je constate avec grand plaisir que, malgré les nombreuses demandes et les multiples priorités auxquelles nous devons faire face, mon gouvernement a choisi de faire valoir ses droits et de s'acquitter de ses obligations sur le plan international et de s'associer à cette organisation, qui s'est engagée à faire bénéficier tous les peuples du monde, quels que soient leur niveau de développement, leur couleur ou leur croyance, du niveau de santé le plus élevé possible. Monsieur le Président, permettez -moi d'exposer brièvement les projets de mon gouvernement dans le secteur sanitaire. Je tiens d'abord à signaler que dans le cadre de notre plan national de développement pour 1973 -1978, nous avons délibérément renoncé à notre politique antérieure de développement des hôpitaux, en particulier dans les cas où elle avait pour effet de priver les zones rurales de certaines prestations. Notre principal souci est et sera désormais d'améliorer et de développer les services de santé ruraux. Il est prévu de construire à cette fin, entre 1973 et 1978, des postes sanitaires, des dispensaires et des centres de santé, pour un coût total estimé à 4,25 millions de rand. Les objectifs de notre programme d'action sanitaire en milieu rural sont d'améliorer la qualité des soins, curatifs et préventifs, et d'étendre ces prestations à de nouvelles régions. Deuxièmement, nous comptons donner aux hôpitaux de district les moyens de faire face à un volume de travail accru, consécutif à l'installation de services de soins primaires ou de centres de santé ruraux. Parallèlement à l'expansion des services de santé, nous avons accéléré notre programme de formation de personnel médical, infirmier et paramédical, et nous sommes reconnaissants à l'OMS d'avoir fourni une assistance à notre êentre de formation des personnels de santé, de nous avoir accordé des bourses d'études et de nous avoir invité à participer à différents cours, séminaires et conférences -ateliers. Dans ces conditions, ma délégation partage entièrement le point de vue du Directeur général lorsqu'il déclare dans son Rapport que les pays en voie de développement doivent trouver de nouvelles approches au problème de la distribution des soins primaires et définir des programmes répondant aux besoins et souhaits essentiels des différents groupes de population et dont la mise en oeuvre n'exige que des moyens très modestes. En d'autres termes, nous acceptons la devise proposée par le Directeur général "Adapter plutôt qu'adopter ". Dans un pays pauvre comme le Botswana, où la part des dépenses de santé ne saurait être supérieure à 3,50 rand par habitant et par an, il est indispensable de tirer parti au maximum des ressources disponibles. En outre, le type d'habitat - plus de la moitié de la population vit dans des collectivités de moins de 500 habitants - exige un effectif important de personnel dans les zones rurales. Ces deux facteurs - pauvreté et population dispersée - combinés avec les objectifs du développement rural, déterminent l'emplacement des services de santé dans le pays.

Beaucoup de délégués ici présents représentent des pays en voie de développement où la plupart des maladies susceptibles d'être prévenues ne sont pas prévenues et où la plupart des maladies curables ne sont pas guéries. Si cette situation peut s'expliquer par le manque de ressources financières, humaines ou matérielles, elle est aussi parfois le résultat d'une analyse erronée des besoins, des priorités et des ressources, soit d'une incapacité à faire des choix à l'échelon national. A mon sens, aucun objectif ne saurait être plus important que la santé d'un peuple et que la mise en place d'une infrastructure sanitaire capable de protéger nos ressources les plus précieuses, c'est -à -dire notre capital humain. Dans ce contexte, j'aimerai signaler que mon gouvernement a prévu de construire, d'ici à 1978, douze hôpitaux de district, dix centres de santé, quatre -vingt -dix dispensaires et deux cents postes sanitaires. En ce qui concerne la variole, les trente derniers cas ont été

190

VINGT- HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

notifiés en 1973. Aucun cas n'a été signalé en 1974 et pendant la première moitié de 1975. Nous nous employons à accroître la proportion de sujets immunisés dans le cadre de la phase surveillance- vaccination- entretien du programme. Je pense par conséquent que l'optimisme du Directeur général est parfaitement justifié et que l'éradication de la variole est en effet en vue; à cet égard, nous devons féliciter de leur dévouement le Directeur général, le Directeur général adjoint et les Directeurs des régions où se trouvent des zones d'endémicité variolique. La tuberculose reste par contre l'un de nos principaux problèmes de santé, mais des progrès ont été enregistrés depuis que la vaccination antituberculeuse est associée à la vaccination antivariolique. Si le paludisme a toujours été confiné au nord -ouest de notre pays, il s'est étendu au cours des deux années passées à de nouveaux secteurs à l'est et au sud. C'est pourquoi ma délégation se félicite que l'OMS entreprenne de réévaluer la situation actuelle du paludisme et recherche des solutions à ce problème, qui est celui de beaucoup de pays en voie de développement. Mon pays est reconnaissant à l'OMS de l'aide qu'il a reçue pour la planification de ses activités antipaludiques. Ma délégation a pris note avec satisfaction de l'exposé du Directeur général sur le programme élargi de vaccination de l'OMS. Tous les deux à trois ans, mon pays connaît de graves épidémies de rougeole. Il est regrettable que le prix du vaccin antirougeoleux reste prohibitif, ce qui fait que beaucoup de pays en voie de développement n'ont pas les moyens d'en acheter. Nous nous félicitons donc de la création, au titre du fonds bénévole pour la promotion de la santé, d'un compte spécial qui permettra d'aider les Etats Membres à acheter des vaccins et des fournitures. Nombre de pays ici représentés ont beaucoup fait en matière de distribution de soins médicaux, mais pour certains d'entre nous les problèmes posés par l'hygiène du milieu et l'accroissement démographique ne sont pas résolus. Mon pays a encore beaucoup à faire pour assurer à sa population des approvisionnements en eau saine et pour mettre au point des méthodes appropriées et efficaces d'évacuation des déchets solides. Nous devons aussi apporter une attention toute particulière à la pollution du sol et de l'air et à la lutte contre les vecteurs de maladies mortelles. Avant de conclure, Monsieur le Président, j'aimerais remercier nos nombreux amis ici présents qui nous ont aidé pour nos programmes d'action sanitaire, soit directement par des arrangements bilatéraux avec le Gouvernement du Botswana, soit au moyen d'accords multilatéraux, comme l'a fait l'Organisation mondiale de la Santé. Nous avons par exemple obtenu une assistance précieuse de l'OMS, de l'AID des Etats -Unis d'Amérique, du FISE, du FNUAP, du PNUD, de la Fédération internationale pour le Planning familial, de l'Agence norvégienne pour le Développement international, de l'Agence danoise pour le Développement international, du Gouvernement britannique et de nombreux organismes bénévoles. Nous sommes extrêmement reconnaissants à tous et je suis heureux de dire que les crédits et le matériel que nous avons reçus ont été utilisés au mieux pour le bien de notre peuple. Le PRESIDENT PAR INTERIM Je remercie le délégué du Botswana et je donne maintenant la parole au délégué de Singapour. :

Le Dr ANG Kok Peng (Singapour) (traduction de l'anglais) Monsieur le Président, Messieurs les délégués, permettez -moi tout d'abord de vous adresser les félicitations de la délégation de Singapour, à vous, Monsieur le Président, à l'occasion de votre élection, et à vous, Monsieur le Directeur général, pour votre excellent Rapport annuel si complet. Je voudrais aussi en profiter pour transmettre mes félicitations aux trois nouveaux Etats Membres de notre organisation. La prestation de services médico- sanitaires a toujours été une affaire coûteuse. Elle l'est d'autant plus que la situation malsaine de l'économie mondiale se traduit par une régression économique générale, exacerbée par une forte hausse du coût des biens et services. Le problème est également aggravé par l'accroissement de la population, qui impose une charge encore plus lourde aux services sanitaires et médicaux. Mon pays est une petite république insulaire d'une superficie terrestre de 584 km2 comptant environ 2,2 millions d'habitants. Ainsi, la densité de la population est de 3726 habitants au km2, probablement la plus forte du monde. Ne possédant aucune ressource naturelle et dotés d'une population dont le taux de croissance est de 14,2 pour 1000, nous devons absolument mettre l'accent sur la limitation de l'expansion démographique si nous voulons améliorer notre niveau de vie en préservant la santé de nos habitants. Sur le plan démographique, nous pensons atteindre la croissance zéro dans une cinquantaine d'années grâce à un programme national complet de planification familiale comportant une libéralisation des lois sur l'avortement et sur la stérilisation volontaire. Nous encourageons vivement notre population à limiter la taille de la famille de telle sorte que chaque couple marié n'ait pas plus de deux enfants. Malgré cette restriction, du fait que plus de la moitié des habitants sont âgés de moins de 21 ans, notre population aura doublé lorsque nous serons parvenus à limiter sa croissance à zéro. A Singapour, les services médicaux sont principalement assurés par l'Etat grâce à une chaîne d'hôpitaux, de consultations externes, de dispensaires de santé maternelle et infantile :

HUITIEME SEANCE PLENIERE

191

et de dispensaires d'hygiène dentaire. Ces services sont complétés par des hôpitaux privés et une série de cliniques et de dispensaires gérés par des omnipraticiens. Pour permettre aux services hospitaliers de répondre à la demande croissante, nous construisons actuellement un nouvel hôpital de 1400 lits pour un coût de US $90 millions et des plans sont en cours d'élaboration pour deux autres hôpitaux d'une capacité totale de 1800 lits. Nos services de consultations externes sont en voie d'expansion et d'amélioration afin qu'ils puissent dispenser des soins de santé primaires plus complets; ainsi, des malades ambulatoires pourront être soignés en plus grand nombre dans ces dispensaires sans surcharger les services hospitaliers ni occuper les coûteux lits d'hôpitaux qui doivent être réservés aux malades immobilisés. En matière d'hygiène dentaire, nous avons récemment institué une nouvelle catégorie de personnel, l'odontothérapeute, qui, après avoir suivi un stage de trois ans sous la surveillance d'un chirurgien- dentiste, remplace ce dernier dans beaucoup de travaux simples de routine afin qu'il puisse mieux utiliser le temps disponible. Nous pensons ainsi pallier la pénurie actuelle de personnel dans nos services d'hygiène dentaire en expansion. Comme il vaut mieux prévenir que guérir, nous consacrons de grands efforts aux programmes de médecine préventive. Le service de santé scolaire tient à jour un dossier systématique pour chaque écolier indiquant son état de santé médical et dentaire dès le premier jour de scolarité et, grâce à des examens périodiques, il veille à ce que toute déficience sanitaire soit promptement traitée. Depuis quelque temps, les cardiopathies et les cancers sont les principales causes de décès à Singapour et leur traitement nécessite une approche nouvelle. Des enquêtes ont été menées et des campagnes d'éducation ont lieu de temps à autre pour apprendre au public à se protéger contre ces maladies. La réapparition du choléra, du paludisme et de la fièvre thyphoYde a éveillé notre vigilance à l'égard de la propagation de ces infections. Nous avons pris en conséquence des mesures pour éviter la pollution de notre environnement et promouvoir l'hygiène individuelle et l'hygiène des denrées alimentaires, surtout parmi ceux qui ont à manipuler des aliments. Simultanément, nous faisons prendre conscience au public de la nécessité de tenir compte de l'aspect nutritionnel des aliments dans l'intérêt d'une santé meilleure. A l'instar de ce qui se fait dans beaucoup d'autres pays, notre législation concernant l'industrie pharmaceutique et l'emploi des médicaments est en cours de révision pour garantir que les médicaments disponibles et utilisés à Singapour offrent les meilleures conditions sur le plan de la sécurité, de l'efficacité et de la qualité. Nous découragerons fortement l'emploi inutile de médicaments ou l'utilisation de médicaments inefficaces ou nocifs en lieu et place d'un traitement médical en temps opportun. Nous espérons mettre la dernière main à cette nouvelle loi sur le contrôle des médicaments vers la fin de cette année. Singapour, centre d'échanges commerciaux et de communications accueillant chaque année plus d'un million de touristes, est assez fortement exposé aux maladies infectieuses provenant de l'extérieur qui exigent de notre part une surveillance très stricte. Par exemple, nous nous préoccupons tout particulièrement de l'incidence croissante des maladies vénériennes chez les jeunes et nous avons d'ailleurs récemment présenté un rapport à l'OMS à ce sujet. Il semble que les progrès réalisés dans le domaine des communications aient en quelque sorte réduit les distances, permettant aux maladies de se propager beaucoup plus rapidement d'une partie du monde à l'autre. Une étroite coopération internationale dans le domaine sanitaire est la seule façon de combattre les maladies et d'assurer la santé pour tous. Aussi le rôle de l'Organisation mondiale de la Santé est -il plus que jamais d'actualité. Le Rapport du Directeur général indique clairement ses réalisations récentes, tout comme ses aspirations. Sa contribution à la lutte contre les maladies infectieuses et les efforts qu'elle déploie pour contrôler l'emploi illégal des substances psychotropes revêtent une importance particulière. Singapour tient à rendre hommage au bon travail accompli par l'Organisation. Le PRESIDENT PAR INTERIM au délégué d'Israël. Je remercie le délégué de Singapour. La parole est maintenant

:

Monsieur le Président, Messieurs Le Professeur MENCZEL (Israél) (traduction de l'anglais) les membres de l'Assemblée, la délégation d'Israël a l'honneur de se joindre aux autres délégations pour féliciter le Président de l'Assemblée de son élection et lui souhaiter plein succès pendant la durée de son mandat, remercier le Président sortant et rendre hommage au Directeur général et à son personnel pour les progrès notables qui ont été réalisés sous son administration pendant la difficile année qui vient de s'écouler. Parlant au nom d'un peuple qui a toujours attaché une grande valeur à la santé et à l'égalité sociale, nous désirons réaffirmer notre respect du principe dont cette organisation s'est inspirée depuis sa création - assurer la santé de tous les peuples - et nous nous engageons à poursuivre et à renforcer notre étroite collaboration. Israél s'enorgueillit du fait qu'en dépit des difficultés, trente -trois de ses citoyens sont inscrits à vingt -quatre tableaux d'experts de l'OMS ou font partie de comités et de groupes consultatifs, et que l'OMS a reconnu sa compétence en désignant comme centres collaborateurs huit de ses laboratoires et institutions. :

192

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

Par la force des choses, c'est uniquement au Siège de Genève et dans quelques bureaux régionaux que nous avons pu prêter notre concours à l'OMS. Les efforts que nous avons déployés pour réaliser les buts et objectifs de l'OMS ne se sont nullement limités à cette organisation. Le dévouement d'Israël à la cause de l'action sanitaire internationale en dehors de toute considération politique s'est exprimé par des programmes de coopération bilatérale et trilatérale qui se sont traduits par le détachement de 534 médecins, infirmières et autres personnels de santé dans plus de trente pays, dont vingt -quatre en Afrique. Ils avaient pour mission non seulement de créer directement des services de santé publique, de santé maternelle et infantile, d'ophtalmologie et d'autres spécialités médicales, mais aussi et surtout d'aider les pays à mettre en valeur leurs propres ressources. Bien des participants à la présente Assemblée ont été naguère nos collaborateurs et nous espérons qu'ils le seront encore à l'avenir. Malgré sa faible superficie et ses ressources restreintes, Israël, aidé lorsque c'était possible par des dons et subventions de l'OMS, a formé plus de mille médecins, infirmières et travailleurs sociaux de trente -cinq pays dans les domaines de la santé publique et de l'organisation des collectivités. En outre, des centaines d'enseignants et de futurs enseignants ont reçu une formation dans presque toutes les spécialités médicales. La semaine dernière, le quatrième cours de médecine rurale pour médecins d'Amérique du Sud, organisé en collaboration avec l'OPS, a débuté à Beersheba, au Centre des Sciences de la Santé, qui est un centre collaborateur reconnu de l'OMS. Les services de santé, fondés sur des normes professionnelles internationales et indépendants de toute considération politique, ont toujours été au premier rang des priorités dans la planification sociale de notre petit pays. Nos prestations ont atteint un haut niveau; chrétiens, musulmans et juifs peuvent en disposer à égalité, sans aucune discrimination. L'infrastructure, composée des services d'assainissement et de médecine préventive individuelle et des dispensaires de médecine curative, est bien développée dès le niveau du village. En haut de l'échelle, on trouve la thérapeutique la plus moderne, correspondant à des normes qui ne sont dépassées nulle part ailleurs. L'espérance de vie à la naissance, qui, pour les juifs, est de 70,7 ans pour les hommes et 73,6 ans pour les femmes, continue à augmenter, quoique très lentement. Pour les musulmans et les chrétiens, l'amélioration de l'espérance de vie à la naissance est la plus rapide que l'on elle est maintenant de 69 ans pour ait enregistrée dans n'importe quel pays du Moyen -Orient les hommes et de 72,5 ans pour les femmes. Le taux de mortalité infantile, qui est actuellement de 18,1, continue de baisser et Israel compte 1 médecin pour 400 habitants. Comme partout ailleurs, le coût des prestations a considérablement augmenté ces dernières années et nous consacrons près de 8 % de notre produit national brut à la santé. On estime que les dépenses annuelles par habitant au titre de la santé dépassent maintenant 1200 livres israéliennes, soit $200. L'incidence des maladies infectieuses a continué à décroître en 1974, bien que nous n'ayons pas encore vaincu les infections gastro -intestinales, l'hépatite et d'autres maladies virales, qui persistent à l'état endémique. A part quelques rares cas importés, Israël est indemne de paludisme. Les vaccinations à titre préventif, dont bénéficient plus de 90 % des sujets réceptifs, ont permis de combattre les maladies pour lesquelles on dispose d'un vaccin efficace. L'unique exception, la poliomyélite, a réussi une percée en 1974 par suite de l'apparition d'une souche virulente de type 1 en Israël comme dans les pays voisins. La plupart des trente cas confirmés étaient imputables à un échec de la vaccination. Bien qu'ayant fortement l'incidence annuelle de 8 à 12 cas d'infection diminué, la menace de la tuberculose persiste pulmonaire pour 100 000 habitants, qu'ils soient juifs ou arabes, reflète les infections à la fois indigènes et importées. Comme dans les pays développés, les principales causes de décès sont les cardiopathies ischémiques, les cancers et les accidents vasculaires cérébraux dans toutes les catégories de la population. Notre incapacité d'empêcher ces maladies, dont la fréquence augmente, est un souci permanent pour nos services de santé, tout comme dans les autres pays. Les résidents d'Israël ne sont pas les seuls à profiter des services que nous venons de décrire. En bénéficie aussi un nombre sans cesse croissant de résidents de la rive occidentale du Jourdain, de la bande de Gaza et du Sine, ainsi que des visiteurs temporaires en provenance de plusieurs états voisins. On trouvera des indications plus précises à ce sujet dans le rapport sur les services de santé des Territoires administrés qui a été présenté à l'Assemblée mondiale de la Santé. Plusieurs milliers de malades sont aiguillés chaque année sur les h8pitaux israéliens pour y être soumis à des diagnostics et à des traitements de type avancé, lesquels sont pris en charge par l'Etat; des milliers d'autres malades viennent des Territoires administrés et des pays voisins se faire soigner à leurs frais. D'ailleurs, la qualité des traitements offerts à nos voisins est au moins égale à celle que l'on trouve dans n'importe quel autre pays du Moyen -Orient. Dans les Territoires administrés, le taux de natalité est encore de 46 à 50; toutefois, le taux de mortalité infantile serait tombé à 30,7 pour 1000 naissances vivantes. Sur la rive occidentale du Jourdain, 30 % des accouchements ont lieu à l'h8pital et, dans la bande de Gaza, 22 'h, et leur nombre augmente encore, tandis que la population dispose d'un personnel compétent pour les accouchements à domicile. La portée et la qualité des prestations se sont considérablement améliorées en 1974, de même que les autres indicateurs de l'état de santé. Notre rapport : :

HUITIEME SEANCE PLENIERE

193

contient des précisions à ce sujet et des indications partielles figurent aussi dans le rapport de l'UNRWA (A28 /WP /1).

On a parfois prétendu que les conditions sanitaires sur la rive occidentale du Jourdain et dans la bande de Gaza, ainsi que dans le Sinai, sont mauvaises et que les services sont insuffisants. Cela est manifestement inexact et, du haut de cette tribune, la délégation israélienne invite ouvertement tout individu ou tout groupe de confrères en provenance de n'importe quel pays arabe, comme d'ailleurs de tout autre pays, à visiter Israël et les Territoires administrés pour se rendre compte par eux -mêmes des conditions qui y règnent. Je mets l'accent en l'occurrence sur les confrères, car il s'agit d'une invitation adressée par un membre du corps médical à d'autres membres du corps médical, qu'il faut dissocier dans toute la mesure possible de toute considération politique. J'ai fait savoir au Directeur général, et je le répète ici même, qu'Israël est également disposé à accueillir un comité spécial d'experts, ainsi qu'il a été proposé au cours de la dernière Assemblée, à condition qu'il soit composé d'experts indépendants ressortissants d'Etats Membres qui entretiennent des relations diplomatiques avec Israél. Monsieur le Président, nous voudrions lancer un appel pour que cette organisation demeure un organisme professionnel s'occupant des questions de santé et agisse comme tel. Nous avons le fervent espoir qu'ayant appris, de par notre formation, à protéger la santé et à soigner la maladie, nous pourrons, grâce à notre patrimoine médical commun, instaurer des liens de coopération sur lesquels pourra s'édifier la paix. Le PRESIDENT PAR INTERIM Merci. Bien qu'il soit l'heure de clore la séance, je ne doute pas que vous soyez d'avis d'écouter les déclarations de quelques délégations pendant un certain temps encore, ceci pour nous permettre d'avancer un tout petit peu. Nous écouterons peut -être encore deux délégations. Alors, je donne la parole au délégué de la République -Unie du Cameroun. :

Monsieur le Président, Monsieur le Directeur M. FOKAM KAMGA (République -Unie du Cameroun) général, Excellences, honorables délégués, Mesdames et Messieurs, je voudrais tout d'abord apporter le salut cordial de la République -Unie du Cameroun aux participants à cette rencontre, et féliciter M. le Président de la Vingt- Huitième Assemblée mondiale de la Santé de sa brillante élection. Je suis convaincu qu'il dirigera avec dynamisme et compétence les travaux des présentes assises. Mes félicitations vont également aux Vice -Présidents élus, au Bureau de l'Assemblée, aux Présidents des deux commissions principales ainsi qu'au Professeur Pouyan, Président sortant, pour la manière combien efficace et courtoise avec laquelle il avait conduit les destinées de la Vingt- Septième Assemblée mondiale de la Santé. C'est avec joie que je saisis aussi l'occasion qui m'est offerte pour féliciter les nouveaux Etats admis comme Membres ou Membres associés de notre organisation, notamment le Royaume des Tonga, la République démocratique du Viet -Nam et le Mozambique, qui vont nous apporter la riche contribution de leur science dans le domaine de la santé. Venons maintenant à l'objet principal de mon intervention, c'est -à -dire à l'examen du Rapport annuel du Directeur général sur l'activité de l'OMS en 1974. Ce document, qui constitue la suite logique du Rapport que le Directeur général nous avait présenté ici l'année dernière, fait le point, avec le talent et la concision qui sont propres au Dr Mahler, non seulement de l'évolution, dans chaque pays et dans chaque Région, des activités de protection et de promotion de la santé auxquelles l'OMS apporte son concours, mais dégage aussi avec pertinence et lucidité, la philosophie dont notre organisation entend s'inspirer pour mener sa croisade contre la maladie et la souffrance. Certaines formules que le Directeur général a utilisées pour faire connaître sa conception des obligations de l'OMS sont devenues presque historiques et démontrent combien notre institution, poursuivant l'idéal tracé dès sa création, à savoir aider tous les peuples à parvenir au meilleur état de santé possible, est à la recherche constante des solutions les plus appropriées pour atteindre ce noble objectif. "Adapter plutôt qu'adopter ", tel a été le mot d'ordre principal de cette optique. Il n'est donc pas étonnant que, malgré les difficultés économiques qui dominent la scène du monde au cours de ces dernières années, le Rapport que soumet à notre appréciation le Directeur général ne soit pas entaché de pessimisme. Bien au contraire, le Directeur général, tenant compte de la situation inflationniste, a pris des mesures susceptibles de permettre un développement normal des activités sanitaires. C'est ainsi que l'OMS a procédé à une reconversion des objectifs de son programme général pour la période 1973 -1977 afin de les transposer sous forme de programmes limités et coordonnés et plus facilement réalisables. De même a été constitué et renforcé le système de programmation par pays qui, nous le souhaitons vivement, devra s'étendre à tous les Etats Membres. D'autres mesures sont annoncées dans le Rapport qui permettront sans doute à l'OMS d'être toujours plus efficace et plus réaliste, sans avoir à faire appel à plus de ressources. Nous avons noté également avec satisfaction que l'OMS poursuit inlassablement l'ensemble de ses programmes, aussi bien dans les domaines dits traditionnels que par l'intermédiaire de nouveaux projets. A ce titre, notre attention s'est localisée avec un intérêt particulier sur :

:

194

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

1) Les efforts engagés dans le domaine de la recherche biomédicale, notamment dans les pays en voie de développement et particulièrement ceux de la Région africaine, où les maladies transmissibles, parasitaires ou microbiennes, font encore rage; l'idée de créer des instituts de recherche dans lesdits pays sur les maladies parasitaires et endémiques diverses devrait recevoir notre plus ferme appui, comme du reste les autres projets relatifs aux recherches sur les maladies non transmissibles telles que les maladies cancéreuses, les affections cardiovasculaires et, dans notre pays, les hémoglobinopathies. 2) Les problèmes de l'environnement. En cette matière, l'utilisation de techniques simples et peu coûteuses ainsi que la coopération de plusieurs organisations de financement pour résoudre plus facilement les problèmes d'approvisionnement en eau des collectivités, que préconise l'OMS, sont de nature à favoriser dans un bref délai les conditions de vie des populations rurales, particulièrement déshéritées dans ce domaine. L'accent mis sur l'hygiène nutritionnelle, qui doit concerner non seulement la pro3) duction, le conditionnement et la conservation des produits alimentaires, mais aussi l'éducation de la population en cette matière et une distribution rationnelle des denrées vivrières basée sur une politique de développement socio- économique général bien définie. 4) En ce qui concerne la médecine préventive et en particulier les immunisations contre les maladies infectieuses, l'intérêt souligné dans le Rapport qu'il y a à disposer d'un personnel convenablement formé pour les assurer, à mettre à la disposition des équipes de vaccination les moyens logistiques nécessaires et à faire participer les populations elles -mêmes aux actions entreprises. L'expérience acquise dans la campagne mondiale pour l'éradication de la variole a été déterminante à cet égard et constitue un exemple digne d'être suivi dans les programmes futurs de lutte contre les maladies transmissibles. 5) La formation du personnel, qui continue à occuper la première place dans les préoccupations de l'OMS et des Etats Membres, ne pourra que se développer avec plus d'efficacité avec l'approche adoptée ces dernières années de formation en équipes multidisciplinaires. Les formules comme celles adoptées au Centre universitaire des Sciences de la Santé de Yaoundé permettront sans doute de trouver une solution adéquate au problème complexe du personnel, tant sur le plan quantitatif que sur le plan de la qualité, et cela avec les moyens limités dont disposent les pays du tiers monde. Nous nous réjouissons de l'évolution extrêmement encourageante que connaít notre Centre universitaire des Sciences de la Santé, où sont actuellement formés, dans cette optique d'équipe de santé complète et multidisciplinaire, médecins, techniciens de l'hygiène du milieu, techniciens de laboratoire et des services pharmaceutiques et cadres infirmiers supérieurs. La sortie de la première promotion de médecins entièrement formés dans ce centre aura lieu en septembre prochain à Yaoundé, en même temps que s'y tiendra la vingt- cinquième session du Comité régional de l'OMS pour l'Afrique. Que l'OMS, le PNUD, le FISE et tous les pays amis tels que la France, le Canada, les EtatsUnis d'Amérique, la Grande -Bretagne, la République fédérale d'Allemagne et la Belgique, qui nous ont apporté leur précieuse assistance dans la réalisation de ce centre ainsi que dans la création et le développement d'autres écoles de formation des personnels sanitaires, trouvent ici, une fois de plus, l'expression de notre profonde gratitude. C'est également l'occasion pour moi d'exalter de nouveau la nécessité d'une étroite coopération entre les peuples et les hommes de tous les continents car nos existences, de par la force des choses, sont intimement solidaires et interdépendantes à tous les points de vue. Face aux assauts de l'égoïsme humain qui revêt des aspects multiformes - néo- colonialisme, impérialisme, apartheid et discrimination raciale, guerre et lutte d'hégémonie - il revient de plus en plus à l'OMS, institution vouée par excellence à la recherche du bien -être intégral de l'homme, de se poser en défenseur inconditionnel des droits de celui -ci, à quelque race, à quelque religion, à quelque régime politique qu'il appartienne, et, pour y parvenir, de contribuer avec vigueur à la recherche d'un nouvel ordre économique et social dans le monde. J'ai le ferme espoir que notre assemblée se fera un devoir et un honneur de s'inscrire à l'avant -garde de la lutte à mener contre tous les facteurs susceptibles d'attenter à la vie, au bien -être, et à la dignité de tout être humain.

Le PRESIDENT PAR INTERIM Je remercie le délégué de la République -Unie du Cameroun. Je passe la parole au dernier orateur de cet après -midi, le délégué de la Grèce. :

Le Dr VIOLAKIS -PARASKEVAS (Grèce) (traduction de l'anglais) Monsieur le Président, Monsieur le Directeur général, Messieurs les délégués, Mesdames et Messieurs, au nom de la délégation de la Grèce je désire adresser à notre Président, aux Vice -Présidents et aux Présidents des deux commissions principales mes félicitations les plus cordiales à l'occasion de leur élection. Mon gouvernement rend hommage aux multiples efforts que l'OMS a déployés au cours de l'année écoulée en vue d'améliorer l'état de santé de l'humanité, efforts dont portent témoignage l'excellent Rapport du Directeur général et son discours inaugural. Le Directeur général maintient la haute qualité du Rapport et il y exprime les préoccupations très réelles qu'il éprouve devant les problèmes fondamentaux auxquels doivent maintenant faire face non seulement l'OMS mais le monde tout entier. La présente Assemblée a contracté une dette de reconnaissance :

HUITIME SEANCE PLENIERE

195

envers le Directeur général et tous les membres de son personnel pour ce qu'ils ont fait en notre nom ces dernières années. Nous avons aussi écouté avec un vif intérêt les déclarations du Président du Conseil exécutif et je m'associe aux délégués qui ont une haute opinion des travaux accomplis par le Conseil. Tout comme le Directeur général, la délégation de la Grèce estime que l'institution d'une collaboration réellement efficace entre l'Organisation et ses Etats Membres exige une amélioration des méthodes de programmation, de planification et d'évaluation des services de santé, afin que la fixation des priorités au sein de l'Organisation et dans les divers pays soit plus étroitement harmonisée. C'est dans ce contexte que se situe tout entier le rôle de l'OMS sur le plan de la coopération internationale aujourd'hui et demain. Comme la majorité des Etats Membres, la Grèce éprouve de grandes difficultés à réaliser et à conserver un environnement social et physique d'une qualité qui permette à la population de se rapprocher de l'idéal de santé préconisé par l'OMS. Conscient de l'importance que revêt pour la santé la protection de l'environnement, le Gouvernement de la Grèce a mis sur pied il y a deux ans, en étroite collaboration avec l'Organisation mondiale de la Santé, un projet conjoint pour la lutte contre la pollution de l'environnement dans l'agglomération d'Athènes, projet bénéficiant du soutien du PNUD. En dépit de certains retards au début, dus principalement aux difficultés de la situation intérieure et extérieure de la Grèce, des progrès appréciables ont déjà pu être réalisés et les perspectives d'avenir sont très encourageantes. Au cours de l'année passée, marquée par de grandes difficultés financières, notre organisation, de concert avec d'autres institutions internationales, a da revoir de très près ses priorités pour s'assurer qu'elle tirait bien le meilleur parti possible de ses ressources face aux menaces d'ordre monétaire. Néanmoins, le fait que l'on ait pu conserver le programme lui même constitue déjà une victoire dans de telles circonstances. L'expérience que la Grèce a acquise depuis une trentaine d'années a confirmé que, si grands que soient les progrès de la science et de la technique et les ressources financières, on ne peut obtenir des résultats valables à long terme dans le domaine de la santé sans disposer d'un réseau sanitaire de base s'étendant à la totalité du territoire national et doté d'un personnel qualifié en nombre suffisant. Monsieur le Président, les investissements ne revêtent pas la même importance dans toutes les branches d'activité sanitaire et, dans tous les pays, nous avons tendance à investir dans les perfectionnements les plus spectaculaires dont ne bénéficie qu'un nombre de personnes relativement restreint et qui sont d'un coût énorme par rapport aux choses plus simples qui profiteraient à la multitude mais qui, trop souvent, sont négligées. Nous devons appuyer la recherche médicale et nous devons faire en sorte que nos populations profitent des progrès les plus récents de la médecine, mais, ce faisant, nous ne devons pas feindre d'ignorer les besoins moins spectaculaires et trop souvent négligés que constituent les prestations simples pour les vieillards, les malades chroniques, les handicapés et malades mentaux, qui, en trop grand nombre, ont souffert trop longremps d'être rejetés par la société et d'être soignés selon des méthodes médicales périmées, même dans les pays qui jouissent des services de santé les plus modernes du monde. Je voudrais me référer à certaines rubriques du Rapport du Directeur général qui, à mon avis, méritent que nous leur accordions une attention particulière. La planification de la santé publique me semble une approche réaliste pour élaborer des programmes à moyen terme à l'échelon national. Cette approche intéresse vivement la délégation de la Grèce, qui se propose de suivre de très près les études entreprises ou prévues par l'OMS à cet égard, ainsi que l'expérience acquise dans la méthodologie appliquée. Nous avons noté avec satisfaction que l'intensification de la recherche biomédicale ne signifie pas que l'Organisation néglige pour autant la relation étroite entre les conditions socio- économiques et les maladies transmissibles. Malheureusement, pour renforcer la lutte contre certaines maladies transmissibles, on effectue souvent des travaux de recherche complexes et coûteux au lieu d'appliquer des méthodes simples qui correspondent aux possibilités des populations en cause et dont l'expérience a démontré l'efficacité. A ce propos, nous apportons notre plein soutien à la thèse qui accorde une importance accrue aux services d'assainissement de base. L'objectif consistant à développer et à utiliser des services d'assainissement de base simples, peu coûteux, efficaces et sers est à la fois réaliste et pratique, et il mérite notre appui. De tels services doivent constituer la première étape concrète d'un programme à long terme visant à mettre au point les installations d'assainissement de qualité supérieure et plus complexes qui iront de pair avec le développement général. Les besoins en matière de personnel qualifié mettent en relief un problème de pénurie pour l'hygiène du milieu, auquel on se heurte dans tous les secteurs de la santé publique la nutrition, la santé mentale, partout, on ressent de plus en plus le manque de personnel en nombre suffisant, tout comme l'absence d'une formation adéquate. On pourra faire un pas vers la solution de ce problème en planifiant et en adaptant l'instruction et la formation globales du personnel médical et paramédical en fonction des besoins et des conditions particulières d'un secteur donné, ainsi que de son développement futur. Cette méthode serait plus rationnelle que de chercher à développer le système actuel plus ou moins classique d'instruction et de :

196

VINGT- HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

formation du personnel médical et paramédical en essayant de trouver des solutions provisoires aux problèmes spécifiques de l'heure et de pallier les déficiences de ce système. Le développement des personnels de santé publique jusqu'au niveau compatible avec les problèmes auxquels ils auront à faire face est comparable au développement d'installations d'assainissement simples, peu coûteuses, efficaces et sûres au lieu de services complexes qui ne pourront être utilisés en raison de leur coût exorbitant et des dépenses d'entretien. Une approche par étapes harmonisée avec les conditions locales et allant de pair avec le développement ne peut aboutir qu'à un meilleur état de santé et de bien -être grâce aux services appropriés. Monsieur le Président, la Grèce jouit depuis peu de la liberté politique. La politique sanitaire du Ministre des Affaires sociales vise principalement à offrir au public des services de santé de la meilleure qualité possible et à réorganiser ces services sur des bases nouvelles en allouant à la santé des crédits plus élevés. Ma délégation est heureuse que l'on ait pu nous rappeler à tous les principaux buts et les principales fonctions de l'OMS en mettant l'accent sur la nécessité d'adopter dans ce contexte des méthodes nouvelles. Elle est non moins convaincue que, dans le domaine de la santé comme pour les autres aspects de la vie en société, les frontières entre les nations, loin d'être de simples divisions territoriales, doivent aussi devenir un symbole d'harmonie, de paix et de liberté, soutenant un désir insatiable de solidarité mondiale. Je ne saurais conclure sans rendre hommage au Dr Leo Kaprio, Directeur régional pour l'Europe, qui, par sa compétence et sa compréhension, oriente dans cette voie l'activité des pays de la Région européenne. Le PRESIDENT PAR INTERIM :

Je remercie le délégué de la Grèce. :

M. MIRO QUESADA (Pérou) (traduction de l'espagnol)1 Monsieur le Président, je vous prie d'accepter nos félicitations à l'occasion de votre élection à ces hautes fonctions et de transmettre aussi nos congratulations aux Vice -Présidents ainsi qu'aux membres du bureau de la Vingt- Huitième Assemblée mondiale de la Santé. Permettez -moi aussi d'exprimer notre satisfaction de voir admis comme Membres de cette organisation le Royaume des Tonga, la République démocratique du Viet -Nam et le Mozambique. Nous avons lu le Rapport annuel du Directeur général pour 1974 et avons constaté sa grande utilité pour connaître les efforts que déploie cette institution au service de la santé. Nous considérons qu'il est de notre devoir d'en féliciter le Dr Mahler et ses collaborateurs. De notre côté, nous pensons qu'il n'est pas sans intérêt de signaler quelques points qui révèlent les progrès et les changements réalisés au Pérou sur le plan du développement économique et social, car ils influent sur l'état de santé et le bien -être de nos populations :

Mise en route de l'étude sur la réforme du secteur sanitaire, qui permettra d'intégrer les ressources en personnel, les moyens de financement, les installations matérielles et les possibilités de formation et de recherche des différents organismes de ce secteur, afin d'en rationaliser l'emploi et de pouvoir offrir des prestations médicosanitaires sans discrimination aucune en prenant soin de chaque famille péruvienne dans la plus grande partie possible de notre pays. b) Mise en route de la production d'urée comme engrais; développement de la pêche pour l'alimentation humaine; création de conserveries industrielles d'anchois; création et amélioration de centres de pêche dans les principaux ports du pays et mise en place d'un réseau d'entrepôts frigorifiques et de silos pour la conservation des denrées périssables et des céréales. Ces mesures auront un effet multiplicateur en augmentant la production et les disponibilités alimentaires pour la population péruvienne. La création d'un Ministère de l'Alimentation, qui est chargé de veiller à la production et à la commercialisation des produits alimentaires, montre tout l'intérêt que le Gouvernement révolutionnaire des Forces armées du Pérou porte au principal facteur de bien -être des Péruviens l'alimentation. Le développement et l'accélération des travaux entrepris pour donner suite aux c) dispositions de l'Accord Hipólito Unanue, issu de la Réunion des Ministres de la Santé de la Région des Andes (REMSA), ont été remarquables pendant cette période on a notamment effectué diverses études présentant un intérêt pour les pays de la région andine dans le domaine de la santé et l'on a posé les fondements nécessaires pour coordonner l'exécution des programmes. d) Le programme de médicaments de base, institué il y a six ans, continue à se dérouler, et des progrès ont été réalisés tant du point de vue du "codex national" que de l'administration chargée de l'acquisition des produits et de leur distribution dans tout le pays. Ce programme a éveillé l'intérêt de différents pays de la sous - région des Andes. a) : :

Le texte qui suit a été communiqué par la délégation du Pérou pour insertion dans le compte rendu, conformément à la résolution WHA20.2.

1

HUITIEME SEANCE PLENIERE e)

197

La formation de personnel au Pérou, qui va du niveau professionnel aux niveaux technique et auxiliaire, s'étend à de nouveaux secteurs, notamment celui de la formation d'auxiliaires pour les zones rurales et la préparation de personnel pour l'entretien du matériel médical et hospitalier. Pour ce qui est de l'administration sanitaire, nous avons mis en oeuvre les recomf) mandations internationales concernant l'institution de dix régions sanitaires dans lesquelles ont été décentralisées la gestion financière et la prise de décisions, les autorités sanitaires régionales étant elles -mêmes directement responsables de la gestion de leur personnel. Facilités offertes en ce qui concerne les programmes de santé maternelle et infantile g) les accouchements sont dans les établissements sanitaires du Ministère de la Santé gratuits dans tous les centres de santé et hôpitaux dépendant du Ministère. Accroissement notable du budget biennal du Ministère de la Santé par rapport à h) l'exercice précédent et mise en route prochainement du programme de service civil pour les diplômés. Ces deux mesures représentent une augmentation très appréciable des ressources du secteur sanitaire. Nous avons commencé une étude qui présente un grand intérêt pour le Pérou et pour i) faisant suite à une résolution du dernier Conseil directeur de l'OPS, cette l'OPS /OMS étude permettra de connaître le degré d'opportunité, l'adéquation, la complémentarité, le type et l'ampleur de la coopération technique internationale nécessaire pour le pays (selon les prévisions de l'Institut national de Planification), ainsi que l'assistance reçue d'autres pays et d'organismes étrangers ou internationaux. : :

En considérant nos efforts et ceux des organismes de coopération extérieure pour trouver des critères en vue d'améliorer leur coordination, nous estimons en fin de compte que, dans beaucoup de pays, le processus de planification du développement, et singulièrement du secteur sanitaire, est parvenu à un degré de maturité très appréciable et nous constatons que le système de planification de la coopération extérieure ou du financement des institutions spécialisées et des fonds des Nations Unies n'a pas subi le même processus mais qu'il est au contraire périmé. L'évolution des idées et les changements de structure survenus dans les pays du tiers monde ne trouvent pas suffisamment leur reflet dans les programmes de coopération et de financement extérieurs du fait que chaque institution s'est enfermée dans sa propre structure, sa propre organisation et son propre règlement, faisant de chacune une véritable tour d'ivoire, alors que cet état de choses a pratiquement disparu dans l'administration nationale de certains pays. Tant que ne seront pas brisées ces structures administratives et que les institutions spécialisées et financières des Nations Unies n'auront pas suffisamment coordonné leur action ni revu ensemble de quel type de coopération les pays du tiers monde ont besoin pour leur développement, les dirigeants de ces organismes seront déçus en constatant que leur capacité d'aide intégrale aux pays leur échappe. Ainsi continuera le colonialisme international, divisant comme des provinces étanches les pays en voie de développement; on poursuivra les projets inter -pays dont l'intérêt est douteux pour le pays hôte et nul pour les autres pays participants; le paternalisme international persistera, alors que sur le plan national il a disparu depuis des dizaines d'années ou bien est en voie de disparition. Le financement des projets qui présentent une importance vitale pour la santé et le bien -être de l'homme sera différé pendant des années et des années afin de pouvoir servir d'instrument politique de coercition. Les secteurs qui, sur le plan économique et social, doivent être développés dans les pays sont choisis actuellement par les organismes d'assistance ou de financement et non en fonction des besoins signalés dans les études techniques et dans la programmation du développement national. Les pressions que les pays dotés de plus grandes ressources exercent sur chacune des institutions et des sources internationales de financement ne pourront être éliminées si celles -ci restent sans coordination et agissent individuellement sans qu'il existe à un niveau donné un quelconque pouvoir de coordination pour les aspects techniques; il y aura toujours des cas, heureusement rares, dans lesquels une même institution internationale préconise, d'un côté la création de services de santé uniques et, de l'autre, suit une politique visant à dissocier les services sanitaires qui s'occupent de sécurité sociale de ceux qui dépendent du Ministère de la Santé. Comme moyen de retarder l'approbation des projets sanitaires, on continuera à exiger du pays bénéficiaire, lequel est dépourvu d'un système complet de collecte des données, qu'il fournisse des informations complexes que l'on sait d'avance qu'il est incapable de rassembler. Si l'on ne change pas les procédures régissant l'emploi des ressources financières des institutions internationales, des organismes d'aide bilatérale ou de l'Organisation des Nations Unies, qui déterminent avec rigidité ce qui est destiné aux services consultatifs, à la formation et à l'assistance matérielle, ces ressources seront gaspillées puisque, dans certains programmes et dans certains pays, il conviendrait peut -être de modifier ces éléments. Nous ne devons pas imposer dans des situations particulières les normes de gestion financière propres aux pays développés, mais faire preuve d'une souplesse suffisante pour tirer pleinement parti de l'assistance internationale. Un pays qui sollicite une aide pour la formation de son personnel dans des cours organisés à l'échelon local ne peut donner la priorité à cette tâche

198

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

du fait que les normes administratives en question exigent que les fonds soient utilisés conjointement avec ceux destinés à l'envoi de boursiers à l'étranger ou au recrutement de consultants, alors que ces deux éléments peuvent ne pas être nécessaires dans certains cas. Il serait possible de multiplier ces exemples, qui nous incitent à réfléchir à l'urgente nécessité de concevoir de nouveaux systèmes pour l'administration de l'assistance internationale en vue du développement du secteur sanitaire. Vu le bon sens des fonctionnaires internationaux qui collaborent à nos efforts, il n'est point besoin de multiplier les exemples pour étayer notre message, lequel n'a d'autre but que de stimuler la réflexion sur la complémentarité de l'aide extérieure et des efforts déployés par les pays en voie de développement pour améliorer leur bien -être.

En toute équité, nous nous devons de mentionner qu'à la lecture du rapport du Dr Mahler nous avons relevé divers indices montrant de toute évidence que cette organisation a déjà ressenti les préoccupations que nous venons d'évoquer et prend les mesures nécessaires pour éliminer les aspects les plus négatifs. Ces démarches méritent d'être stimulées et appuyées par les Etats Membres. Conclusions 1. :

Les changements de structure que la révolution péruvienne est en train de réaliser ont entrainé des transformations socio- économiques évidentes pour le plus grand bien des majorités nationales, circonstance qui nous a incités à effectuer des modifications parallèles, profondes et immédiates dans la structure unifiée des services de santé du Pérou. Du fait que des changements analogues se produisent dans d'autres pays qui pour2. suivent leur développement, il est nécessaire d'introduire les modifications pertinentes dans la structure, l'organisation, les fonctions et les règlements des institutions spécialisées et financières des Nations Unies qui ont pour mission de coopérer au développement social des pays. 3. L'action sanitaire étant déterminée par les plans nationaux de développement général, lesquels à leur tour sont liés à des politiques de développement régional communes à plusieurs pays, les changements qu'il faut introduire dans les organismes de coopération extérieure devront accorder la priorité à l'aide directe aux pays, ainsi qu'aux projets inter -pays qui auront été formulés au préalable dans le cadre d'accords régionaux. Il faut inclure dans ce type de coopération la formation des personnels de santé au niveau des pays par le moyen de cours régionaux organisés en fonction des besoins exprimés par les pays intéressés et des ressources dont ces derniers disposent ou qu'ils seraient capables d'offrir. Le PRESIDENT PAR INTERIM Honorables délégués, nous arrivons à la fin de notre programme de travail pour la journée. La séance est levée. :

La séance est levée à 17 h.50.

NEUVIEME SEANCE PLENIERE Mardi 20 mai 1975, 14 h.30 Président par intérim :

Dr D. N. EVERINGHAM (Australie)

1.

DISCUSSION GENERALE DES RAPPORTS DU CONSEIL EXECUTIF SUR SES CINQUANTE -QUATRIEME ET CINQUANTE -CINQUIEME SESSIONS ET DU RAPPORT DU DIRECTEUR GENERAL SUR L'ACTIVITE DE L'OMS EN 1974 (suite) :

Le PRESIDENT PAR INTERIM (traduction de l'anglais) Le Président de l'Assemblée m'ayant demandé de le remplacer cet après -midi, permettez -moi de vous dire à cette occasion combien je suis sensible à l'honneur que vous avez fait à mon pays en m'élisant vice -président de cette assemblée. Au nom de la délégation australienne à la Vingt- Huitième Assemblée mondiale de la Santé, je vous adresse mes remerciements les plus chaleureux. Nous allons maintenant poursuivre la discussion générale sur les points 1.10 et 1.11, en espérant que nous aurons terminé entre 17 h.20 et 17 h.30 puisque le Bureau doit se réunir à 17 h.30. Je donne la parole au premier orateur inscrit sur ma liste, le délégué de la Birmanie. M. KYI MAUNG (Birmanie) (traduction de l'anglais) : Monsieur le Président, Monsieur le Directeur général, Messieurs les délégués, Mesdames, Messieurs, la délégation de la République socialiste de l'Union birmane a le plaisir d'adresser au Président de l'Assemblée ses félicitations les plus sincères et de lui transmettre, ainsi qu'à tous les Membres de l'Organisation mondiale de la Santé, les voeux et les félicitations du peuple de Birmanie. Nous tenons également à souhaiter la bienvenue aux nouveaux Etats Membres et à les féliciter de leur admission au sein de l'Organisation. Monsieur le Président, le Directeur général a souligné dans son Rapport annuel l'importance de la programmation sanitaire par pays, qui permet d'aborder de façon plus systématique et plus scientifique la définition des problèmes prioritaires de santé ainsi que leur solution. Nous avons nous aussi adopté cette approche pour nos propres problèmes de santé. Le plan d'action sanitaire de la République socialiste de l'Union birmane fait partie du plan national de développement économique. Les objectifs de ce plan sont les suivants améliorer la situation sanitaire de la population et assurer des services de traitement efficaces pour toutes les maladies qui sévissent dans le pays; promouvoir simultanément la médecine préventive et curative, l'accent étant mis sur la prévention; faire en sorte que les campagnes et les villes soient également desservies sur le plan sanitaire; améliorer les services de santé en faisant davantage appel à la collaboration de la population; enfin, développer, dans la mesure des ressources disponibles, toutes les activités de prévoyance sociale, y compris les activités sanitaires. Monsieur le Président, pour atteindre ces objectifs, nous avons sensiblement développé notre réseau de services de santé de base et nous avons également cherché à mettre en place à la périphérie, dans les limites des crédits disponibles, des services spécialisés de soins médicaux. Le développement des personnels de santé nécessaires est assuré par les différents établissements de formation et écoles relevant des Départements de l'Enseignement médical et de la Santé, avec la collaboration du Département de la Recherche médicale. Les médecins ont en outre la possibilité de se spécialiser dans le pays et quinze cours de niveau postuniversitaire ont été organisés. De même, on a cherché, dans la mesure du possible, à assurer une répartition équitable des personnels de santé entre les zones urbaines et rurales. Enfin, l'enseignement de la médecine communautaire a été inclus dans le programme des études médicales en vue de former des médecins capables d'assurer des prestations sanitaires adaptées aux besoins nouveaux du pays. Nous sommes heureux de pouvoir dire que la collectivité participe très activement à l'exécution des différents programmes d'action sanitaire. Des services d'hygiène dentaire sont maintenant assurés par des centres d'odontologie rattachés aux h6pitaux, des centres de santé urbains et des équipes de santé scolaire. Parallèlement à l'expansion des services modernes de soins médicaux, nous encourageons le développement de la médecine traditionnelle. Il est prévu de créer une école pour la formation de praticiens de la médecine traditionnelle. Maintenant que l'industrialisation du pays s'accélère, il est indispensable de créer un système bien coordonné de médecine du travail et c'est pourquoi les services médicaux de différentes entreprises ont été regroupés sous les auspices du Ministère de la Santé. Des programmes de lutte ou d'éradication dirigés contre différentes maladies transmissibles sont en cours depuis quelques années, avec des résultats variables. Des projets pilotes pour l'intégration de campagnes spéciales de lutte contre la maladie dans l'activité des services de santé de base ont également été mis sur pied dans certaines parties du pays. Le Directeur général a mentionné dans son Rapport annuel la recrudescence de la dengue en Asie du Sud -Est et dans le Pacifique occidental où le nombre des cas notifiés n'a jamais été aussi élevé. Une première épidémie de fièvre hémorragique dengue s'est déclarée à Rangoon en 1970 et depuis des poussées ont eu lieu chaque année. D'après l'expérience acquise en Birmanie, :

- 199 -

200

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

il faudrait, semble -t -il, appliquer des mesures plus intensives pour endiguer la maladie et approfondir les connaissances nécessaires pour un diagnostic, un traitement et des opérations de lutte efficaces. Aussi est -il suggéré de faire figurer la fièvre hémorragique dengue sur la liste des maladies faisant l'objet d'une surveillance internationale. Deuxièmement, il serait peut -être utile de créer, à caté du budget ordinaire, un fonds spécial qui serait utilisé pour des opérations de traitement, de prévention et d'endiguement de la fièvre hémorragique dengue. Le Directeur général a également fait observer, à juste titre, que la majorité des programmes antipaludiques mis en oeuvre dans les pays de la Région de l'Asie du Sud -Est sont au point mort, voire en perte de vitesse. De l'avis de ma délégation, il serait urgent de réévaluer les programmes antipaludiques exécutés dans ces pays si nous ne voulons pas perdre les gains acquis au cours des années passées. En ce qui concerne la poliomyélite, des études sérologiques ont montré que les cas d'infection dus au virus poliomyélitique sont assez courants en Birmanie. Il semble que l'incidence de cette maladie est en augmentation, non seulement en Birmanie, mais aussi dans d'autres pays en voie de développement. En conséquence, nous demandons que l'OMS prenne des mesures pour intensifier l'assistance accordée à ces pays pour des programmes de vaccination systématique. Monsieur le Président, il est réconfortant de noter que l'Organisation mondiale de la Santé s'occupe maintenant activement d'encourager la coopération internationale et la coordination des activités dans le domaine de la recherche biomédicale, ainsi que de promouvoir et de soutenir des recherches dans les pays en voie de développement. Ma délégation se félicite également qu'il soit proposé d'associer plus étroitement les bureaux régionaux aux activités de recherche de l'OMS.

Monsieur le Président, grâce à sa coopération et à l'assistance qu'elle nous a fournie pour nos projets d'action sanitaire, l'Organisation mondiale de la Santé a contribué sensiblement à améliorer la situation sanitaire dans notre pays. Grâce aux établissements et aux services de santé bien développés dont nous disposons à présent, nous avons pu former des boursiers de l'OMS venus de l'étranger aux méthodes de lutte contre certaines maladies transmissibles. A cet égard, permettez -moi de formuler en passant une suggestion maintenant que beaucoup de pays en voie de développement disposent d'effectifs suffisants de personnels hautement qualifiés, peut -être l'OMS devrait -elle utiliser ces personnels nationaux pour les programmes d'action sanitaire dont elle soutient l'exécution dans leur pays, au lieu de recruter des spécialistes dans des pays étrangers. Monsieur le Président, je vous remercie de m'avoir permis de prendre la parole devant cette auguste assemblée. Je souhaite un plein succès à l'Organisation mondiale de la Santé dans ses efforts pour améliorer la santé de tous les peuples du monde. :

Le PRESIDENT PAR INTERIM (traduction de l'anglais) sur ma liste est le délégué du Royaume -Uni.

:

Je vous remercie. Le prochain orateur

Le Dr YELLOWLEES (Royaume -Uni de Grande -Bretagne et d'Irlande du Nord) (traduction de Monsieur le Vice -Président, Monsieur le Directeur général, Messieurs les délégués, l'anglais) :

je vais suivre les conseils que nous a donnés notre Président, le Professeur Halter. Au sujet des points 1.10 et 1.11 de l'ordre du jour, ma délégation aimerait évoquer cinq questions qui lui paraissent importantes. Premièrement, les finances. A un moment où l'Organisation connaît des difficultés financières, il est à notre avis plus que jamais nécessaire de veiller à ce que les ressources limitées dont nous disposons soient utilisées au mieux. Il faudrait aussi profiter de toutes les occasions d'utiliser des sources de financement autres que le budget ordinaire. Nous soutenons entièrement la politique adoptée par le Directeur général pour résoudre ces problèmes financiers et nous tenons à le féliciter de la façon dont il a réussi à préserver l'intégrité du programme. Deuxièmement, la variole. La campagne d'éradication a connu au Bangladesh des revers qui n'ont pas laissé de nous préoccuper mais nous avons été réconfortés par la remarquable progression des activités en Inde. Nous soutenons fermement cette campagne ainsi qu'en témoignent les deux contributions volontaires que nous avons versées l'année passée et nous pensons qu'elle doit continuer à recevoir la priorité, en particulier au cours des mois à venir, qui seront les plus décisifs. Quand la variole aura été extirpée, il faudra apporter des modifications au Règlement sanitaire international et nous espérons que le Comité de la Surveillance internationale des Maladies transmissibles envisagera la question à sa prochaine réunion en 1976. Il faudrait également revoir à cette réunion les dispositions concernant la peste et la fièvre jaune. Enfin, malgré la réglementation existante, le choléra El Tor continue de se propager et nous estimons que ce problème devrait aussi être examiné par le Comité. Troisièmement, le programme de recherche biomédicale. Nous pensons qu'une extension du programme de recherche biomédicale permettrait à la communauté mondiale d'obtenir de meilleurs résultats dans différents secteurs touchant aux maladies transmissibles et parasitaires. Ces affections sont en effet source de grandes souffrances pour les peuples les moins privilégiés, dont beaucoup vivent dans une misère absolue, et nous devons faire davantage pour les aider. Le programme de lutte contre l'onchocercose dans le bassin de la Volta - auquel nous avons

NEUVIEME SEANCE PLENIERE

201

également eu le plaisir de participer - offre un exemple des résultats qui peuvent être obtenus quand on décide de mobiliser des ressources importantes pour une action concertée contre une maladie précise dans une zone cible choisie avec soin. Nous aimerions que ces principes soient plus largement appliqués dans d'autres secteurs et nous espérons que l'on trouvera le moyen de stimuler, au sein des industries pharmaceutiques, la recherche sur la chimiothérapie des maladies parasitaires tropicales. Quatrièmement, le programme coordonné de vaccination. Le succès du groupe de travail FISE /OMS montre qu'une fructueuse coopération peut s'instaurer entre des membres de la famille des Nations Unies. Nous pensons que le programme coordonné de vaccination recommandé par ce groupe de travail contribuerait sensiblement à améliorer la situation sanitaire, en particulier la santé des enfants des pays en voie de développement. Nous espérons que les fonds nécessaires pourront être rapidement réunis pour entreprendre le programme proposé. Nous nous félicitons également qu'il ait été décidé de donner un rang élevé de priorité au développement des services de soins primaires. Permettez -moi maintenant de vous donner un bref aperçu de la situation dans mon pays. Nous venons de terminer la réorganisation du Service national de Santé qui poursuit son action sur des bases nouvelles. Nous avons pris notamment une initiative importante en décidant de réunir en une même association de spécialistes les médecins qui étudient la santé publique et font des recherches dans ce domaine - en d'autres termes qui travaillent dans nos universités - et les médecins chargés de l'application pratique de mesures de santé sur le terrain ainsi que de l'administration médicale de nos services de santé. Cette nouvelle optique devrait, il nous semble, avoir des répercussions très importantes. Pour conclure, Monsieur le Vice -Président, je dirai que le Directeur général est investi de très lourdes responsabilités devant les problèmes multiples liés à la maladie. L'Organisation a certes de la chance d'être dirigée par une aussi remarquable personnalité et nous espérons que les Etats Membres s'associeront à nous pour apporter au Dr Mahler tout le soutien nécessaire pour résoudre les problèmes qui se posent et saisir les occasions qui s'offrent. Le PRESIDENT PAR INTERIM (traduction de l'anglais): Je remercie le délégué du Royaume -Uni. J'appelle maintenant le délégué du Bangladesh.

M. CHOWDHURY (Bangladesh) (traduction de l'anglais) Monsieur le Président, Monsieur le Directeur général, Messieurs les délégués, j'ai le plaisir de vous transmettre les salutations du peuple et du Gouvernement du Bangladesh. Je vous apporte aussi le salut du Père de la Nation, Bangabandhu Sheikh Mujibur Rahman, qui souhaite à cette assemblée plein succès pour ses travaux. Je tiens à adresser au Président de l'Assemblée et à ses distingués collègues les sincères félicitations de ma délégation pour leur élection. Nous adressons aussi nos remerciements au Professeur A. Pouyan qui a présidé avec tant de courtoisie la dernière session de l'Assemblée. Nous sommes certains que l'Organisation mondiale de la Santé remportera de nouveaux succès dans l'accomplissement de sa mission universellement acclamée délivrer le monde de la maladie et de la souffrance. Mon gouvernement n'oublie pas qu'il a envers l'OMS une dette de reconnaissance pour l'assistance qu'elle lui a fournie au cours de la dernière inondation dévastatrice, sous la direction du Dr Mahler dont chacun connaît bien le dynamisme et le profond humanisme. Monsieur le Président, les nations en voie de développement, à la population essentiellement rurale, sont aux prises avec des problèmes de santé qu'ignorent les sociétés développées et organisées de l'Occident. Si, dans le monde en voie de développement, les populations urbaines bénéficient de certaines prestations médico- sanitaires, les populations rurales n'ont, dans leur immense majorité, aucun accès à des services sanitaires de base. En conséquence, elles sont exposées aux maladies parasitaires et aux autres maladies transmissibles. Il faut aujourd'hui, dans les pays en voie de développement, améliorer les services sanitaires ruraux, développer l'assistance et les compétences techniques pour encourager les populations rurales à appliquer certaines règles fondamentales d'hygiène et leur fournir les moyens de les appliquer. Si l'on considère que les habitants des campagnes représentent dans le monde en voie de développement plus de 75 % de la population, c'est là un problème qu'il est impossible de traiter à la légère et qui devrait au contraire être examiné dans tous ses détails par un groupe spécialement constitué à cette fin. Les gouvernements des pays en voie de développement qui, faute de ressources et de personnel qualifié, pourraient difficilement se lancer seuls dans une telle entreprise, se tournent avec espoir vers l'OMS qui pourrait, je pense, faire un travail préparatoire en aidant à mettre en place, dans quelques villages, des centres modèles de santé et d'assainissement. Quoi qu'il en soit, je suis heureux de signaler qu'une action de ce type est en cours au Bangladesh depuis 1974 avec l'aide de l'Organisation, dans le cadre du programme intégré d'action sanitaire et de planification familiale. Dans un pays comme le nôtre, l'approvisionnement des populations rurales en eau potable occupe un rang de priorité très élevé. Nous espérons que grâce à l'aide du FISE 200 000 puits instantanés auront été construits avant la fin de cette année. Monsieur le Président, la pénurie de personnel médical qualifié se fait gravement sentir dans les pays er voie de développement. A mesure que se poursuit l'expansion démographique, l'écart entre le nombre des médecins et le chiffre de la population s'élargit. Le Bangladesh : :

202

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

compte 1 médecin pour 10 000 personnes et 1 infirmière qualifiée pour 10 médecins. Alors que la population augmente de 3 % par an, le pourcentage des médecins par rapport au nombre d'habitants diminue. Les 8 écoles de médecine du Bangladesh, qui accueillent chaque année environ 1400 élèves, pourront peut -être faire face à l'accroissement de la demande, à la condition que soit également formé un effectif important et capable de personnel paramédical. Dans le Rapport très intéressant et bien documenté qu'il nous a présenté, le Directeur général a mentionné le développement des services de santé dans la Région de l'Asie du Sud -Est et notamment au Bangladesh. Il a également fait observer que l'OMS a aidé mon pays à créer des centres de santé et des établissements hospitaliers. Je suis heureux d'annoncer que le Bangladesh a lancé un vaste programme d'action sanitaire en milieu rural dont bénéficie plus de 90 % de la population. Il s'agit de faire bénéficier chaque famille de prestations sanitaires de base. Mon gouvernement envisage de former 4000 assistants médicaux et la commission nationale des programmes d'études a déjà préparé le programme du cours prévu à cette fin. Dans son exposé sur l'Asie du Sud -Est, le Directeur général a signalé les remarquables progrès des opérations d'endiguement et d'éradication de la variole, du choléra et du paludisme. La variole a été extirpée en 1974 dans tout le Bangladesh, à l'exception de deux districts - Mymensingh et Rangpur - qui ont été les plus touchés par les inondations et la famine. Vers la fin de l'année dernière, les inondations ont été à l'origine de déplacements sans précédent de populations en quête de nourriture, d'abris et d'emplois; dans ces conditions, il se pourrait que la maladie se propage à nouveau dans le pays. Le programme d'éradication de la variole en cours au Bangladesh est exécuté depuis le début sous la conduite technique et opérationnelle de l'OMS. On s'est fixé pour objectif prioritaire d'extirper la maladie du pays dans le courant de l'année. Ma délégation est reconnaissante à la délégation du Royaume -Uni qui a bien voulu souligner nos efforts dans ce but. Les maladies diarrhéiques, en particulier le choléra, figurent encore parmi les fléaux à éliminer. On signalera cependant que, grâce à l'Institut de la Santé publique et au Laboratoire de Recherche sur le Choléra, le Bangladesh peut maintenant compter sur ses propres ressources pour les mesures préventives et curatives nécessaires. J'aimerais également informer cette auguste assemblée que le Gouvernement du Bangladesh a fait tout ce qui était en son pouvoir pour éliminer le paludisme du pays. Les résultats satisfaisants obtenus jusqu'ici devront être consolidés par une surveillance continue. Nous avons également adopté un plan à long terme d'éducation nutritionnelle. Mon gouvernement a chargé un conseil national de la nutrition, présidé par le Ministre de la Santé, de prendre des mesures efficaces dans ce domaine. Afin de prévenir la cécité chez les enfants, nous avons lancé un vaste programme de distribution de vitamine A aux 14 millions d'enfants âgés de moins de 6 ans. Nous veillons également à contr8ler l'explosion démographique. Monsieur le Président, Messieurs les délégués, je vous remercie d'avoir bien voulu m'écouter. Afin de délivrer l'humanité de la faim, de la maladie, de la malnutrition et de la pauvreté, il faut que nous oeuvrions ensemble pour le bien d'autrui. Animés d'un esprit de solidarité, les pays développés apporteront, j'en suis sûr, leur assistance aux nations en voie de développement. L'OMS assure la coordination des activités et des ressources locales et internationales pour l'exécution de différents projets d'action sanitaire dans les pays. Il faut que les peuples jouissent dans le monde entier d'une bonne santé, car la santé est essentielle au maintien de la paix et à la prospérité. A cette noble mission qui est celle de l'OMS, le Bangladesh est heureux de participer dans toute la mesure de ses moyens avec un maximum d'humilité et de dévouement.

Le PRESIDENT PAR INTERIM (traduction de l'anglais) du Honduras. :

:

Merci. J'appelle maintenant le délégué

Monsieur le Président, permettez -moi M. CARIAS (Honduras) (traduction de l'espagnol) tout d'abord de présenter nos félicitations au Professeur Halter pour son élection méritée à la présidence de la Vingt- Huitième Assemblée mondiale de la Santé, et de féliciter aussi les membres du bureau de l'Assemblée et des commissions, de même que le Directeur régional pour les Amériques, le Dr Acuña, et le Directeur général, le Dr Mahler, qui achève avec succès sa première année à la tête de notre organisation. La délégation du Honduras a pris note avec reconnaissance du rapport complet présenté par le Conseil exécutif, ainsi que du Rapport ample et inspiré sur l'activité de l'OMS en 1974 que le Directeur général soumet à notre examen. Ces deux documents, qui nous sont d'un grand secours dans nos débats, nous donnent l'occasion de bien réfléchir aux principes à suivre et nous confirment dans notre conviction que notre organisation est agissante et qu'elle est consciente de l'engagement qu'elle a pris d'avancer rapidement vers la réalisation des nobles objectifs définis dans sa Constitution. En passant en revue les principaux secteurs d'activités de l'OMS, nous constatons avant tout que la gestion du Dr Mahler commence sous de bons auspices et que, comme de nombreuses délégations l'ont déjà dit, il y a hautement intérêt - et c'est aussi notre avis - à maintenir systématiquement une approche qui permet, d'une part, de mieux coordonner les services du Siège

NEUVIEME SEANCE PLENIERE

203

avec les activités dans les pays et les activités des diverses organisations entre elles et, d'autre part, de traduire dans la réalité l'idée que le développement de la santé, partie intégrante du développement économique et social, contribue à améliorer la qualité de la vie de millions d'êtres et préservera de beaucoup de maux les générations futures. Le Gouvernement du Honduras a activement collaboré avec l'OMS et l'OPS à la réalisation de divers programmes intéressant les secteurs prioritaires de son plan national de santé; nous croyons que cette collaboration a été fructueuse, notamment dans des domaines tels que le renforcement des services de santé, l'amélioration de l'information statistique, la formation de professionnels et auxiliaires de la santé, la surveillance des maladies transmissibles, la lutte continue contre la malnutrition et l'amélioration de l'hygiène du milieu. Malgré cela, il est certain que nos espérances ont été anéanties par la pire catastrophe naturelle de notre histoire, l'ouragan et les inondations de septembre 1974. Pour cette raison, je me permettrai de vous dire brièvement comment nous avons cherché à compléter l'aide d'urgence que nous avons reçue pour entamer une action de relèvement social et reconstruire les installations détruites et le matériel médical perdu. Dans une aussi dure épreuve, le Honduras a bénéficié d'une assistance internationale ample et généreuse, et il n'est que juste d'exprimer ici notre reconnaissance aux si nombreux peuples et gouvernements de plusieurs continents qui nous ont aidés, aux diverses organisations intergouvernementales et non gouvernementales, comme les soixante sociétés nationales de la Croix Rouge, si efficacement coordonnées de Genève par la Ligue des Sociétés de la Croix -Rouge, aux institutions humanitaires, et, au sein du système des Nations Unies, particulièrement en cette occasion, au Bureau du Coordonnateur des Nations Unies pour les secours en cas de catastrophe, au FISE et à l'Organisation mondiale de la Santé qui, avec l'Organisation panaméricaine de la Santé, ont su dès la première minute nous faire bénéficier de leur précieux concours et de leur inégalable expérience pour l'organisation et l'évaluation des secours nécessaires et pour l'étude et l'approbation des projets relatifs au relèvement et à la reconstruction. Je ne m'attarderai pas à détailler les pertes que nous avons subies; elles sont énumérées dans le rapport que notre gouvernement a présenté à la XIXe Conférence sanitaire panaméricaine/ vingt -sixième session du Comité régional des Amériques, que le Dr Enrique Aguilar Paz, Ministre de la Santé publique du Honduras, a précisément eu l'honneur de présider. Je voudrais ajouter que, dans des circonstances aussi graves, notre approche fondamentale est de chercher à intégrer l'aide à la reconstruction en matière de santé dans un programme cohérent et dynamique qui, préservant pour l'essentiel les objectifs du plan national de santé, permettra, par une conjugaison d'expériences et d'efforts, de mener le plan à bon terme. Sachant que la tâche sera ardue et coûteuse, nous sommes conscients de la nécessité de voir se poursuivre le vaste mouvement de solidarité internationale lancé en septembre dernier. C'est pour cette raison, Monsieur le Président, que les gouvernements membres de la Commission économique pour l'Amérique latine ont adopté le 22 octobre dernier une résolution de grande portée concernant la coopération internationale à la suite de la catastrophe qui s'est produite au Honduras, dont le dispositif contient deux paragraphes que je me permets de signaler, parce qu'ils présentent un intérêt particulier pour nos délibérations le paragraphe 8, qui "prie instamment l'OMS de maintenir et de développer son précieux concours en ce qui concerne le traitement et la prévention des maladies provoquées par la catastrophe, afin de préserver la santé de la population sinistrée" et le paragraphe 20, qui recommande essentiellement "que, même si le Honduras ne figure pas officiellement sur la liste des pays en voie de développement les moins avancés ..., soient accordés à ce pays, jusqu'à ce que soit achevé le processus de relèvement et de reconstruction, des avantages équivalant à ceux qui ont été adoptés par le passé, ou qui le seront à l'avenir, en faveur de ce groupe de pays ". Le FISE pour sa part a classé le Honduras avec les pays de la région soudano -sahélienne, l'Ethiopie, la Somalie, Sri Lanka, le Bangladesh, l'Inde et les pays de la péninsule indochinoise dans ses programmes spéciaux d'action mondiale d'urgence en faveur des enfants. Enfin, dans sa résolution EB55.R62 du 31 janvier 1975, le Conseil exécutif de l'OMS prie notamment le Directeur général de "continuer à développer une étroite coopération ... et à établir des plans qui permettent aux Etats Membres de faire face aux besoins sanitaires et autres des populations durant la période de relèvement et de reconstruction qui suit une catastrophe naturelle ou un autre désastre ". Monsieur le Président, le peuple et le Gouvernement du Honduras renouvellent par ma voix :

l'expression de leur gratitude pour toute l'aide apportée à notre pays depuis la catastrophe de 1974,

certains que l'Organisation mondiale de la Santé, comme ils le souhaitent, continuera à travailler pour renforcer la coopération en vue du développement et de l'amélioration générale de la santé de nos populations. Le PRESIDENT PAR INTERIM (traduction de l'anglais) Merci. Je donne maintenant la parole au prochain orateur de ma liste, le délégué de la Thatlande. :

Le Dr NONDASUTA (Thailande) (traduction de l'anglais) : Monsieur le Président, ma délégation estime que si nous voulons réaliser l'objectif qui consiste à aider les peuples à atteindre le niveau de santé le plus élevé possible, nous devons reconnaître la nécessité d'une série de

204

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

changements pour nous -mêmes, pour nos peuples et pour notre environnement. Nous croyons que la volonté d'agir et l'esprit d'entreprise des Etats Membres, s'ajoutant aux efforts collectifs d'organisations internationales comme l'OMS, pourraient être les catalyseurs de tels changements. Un bilan d'ensemble de ce qui a été fait au cours des années passées montre qu'il peut exister des secteurs où l'amélioration reste possible et pourrait avoir un impact considérable. Cette remarque n'a aucunement pour but de mettre en vedette les problèmes et les déconvenues que nous connaissons tous, mais plutôt d'inciter à l'action tant l'OMS que les pays. A ce propos, Monsieur le Président, notre délégation invite l'Organisation à faire son examen de conscience, et elle préconise une amélioration de nos efforts concertés dans les années à venir. Eu égard à la nature intersectorielle des problèmes de la santé et face à une demande rapidement croissante de services de santé à cause des changements démographiques, sociaux, politiques et technologiques, l'Organisation ne saurait se contenter longtemps de pratiques traditionnelles; il nous faut, d'une manière ou d'une autre, accroître notre capacité de tirer parti de toutes nos ressources scientifiques ou techniques. Dans l'intérêt de la justice sociale, nous devons savoir planifier et gérer les changements qui intéressent un système de santé aussi diversifié. Nous devons éveiller chez la population la conscience du rôle qu'elle doit jouer en matière de santé et réorienter, en vue du changement, le comportement et les aptitudes des travailleurs. Monsieur le Président, je voudrais maintenant exposer certains faits récemment survenus en Thaïlande. Au début de l'année dernière, nous avons notamment élaboré une politique visant à satisfaire avec plus d'efficacité les besoins sanitaires des populations rurales. Le Ministère de la Santé a été réorganisé en conséquence. Il s'agissait de regrouper, au niveau provincial, les diverses activités sanitaires sous une administration unique, en attribuant au bureau de santé provincial une autorité accrue en matière de décisions. Cette réorganisation a entraîné de nombreux ajustements internes. A la même époque, le Gouvernement a compris qu'il existait divers points faibles susceptibles de compromettre la réalisation des objectifs fixés et que l'un de ces points faibles était l'insuffisance des connaissances concernant les activités de planification et de gestion nécessaires pour soutenir le nouveau système administratif. On a appelé sur ce problème l'attention de l'OMS qui nous a fait bénéficier de son aide. Le résultat en est la mise au point d'un programme sanitaire national (ou de pays) prêt à être incorporé dans notre prochain plan quinquennal de développement socio- économique. Il faut noter qu'au cours de l'exercice en question on a soigneusement cherché à adapter et à modifier la planification en fonction des conditions locales. C'est ainsi qu'on donne aux programmes leur caractère national distinct et, grâce à cela, nous n'avons pas connu de ces conflits qui accompagnent généralement l'introduction d'une technologie importée. Cette stratégie de collaboration, couronnée de succès, a apporté satisfaction et profit à tous les intéressés. Il est peut -être trop tôt pour dire si l'entreprise sera réellement rentable. Néanmoins, il est évident pour nous que les techniques de gestion modernes ont un grand rôle à jouer dans le développement des services de santé. Je voudrais à ce propos remercier les membres du personnel de l'OMS qui nous ont aidés durant tout le processus de planification et féliciter notre distingué Directeur général ainsi que le Directeur régional pour l'Asie du Sud -Est, qui ont su nous conseiller avec clairvoyance. Selon nous, l'abondance même des problèmes auxquels nous sommes confrontés nous fournit d'amples occasions de collaborer. Nous voyons de nombreux secteurs des services sanitaires où les ressources, les connaissances et les compétences ne sont pas encore pleinement utilisées. Par exemple, en Thaïlande, nous cherchons actuellement à développer des services de soins de santé primaires à la base même. Nous recherchons et nous utilisons des travailleurs bénévoles et des agents de liaison pour étendre les services jusqu'aux villages. Nous nous proposons d'en faire des éléments de L'ensemble de services bénévoles qui constituera finalement le noyau du conseil de village, c'est -à -dire l'organisme autonome le plus petit de tout le système administratif. Un autre domaine qu'il convient de mentionner est celui des systèmes d'information et de gestion sanitaire. Nous avons tous, à un moment ou à un autre, eu à nous plaindre du manque d'informations, de statistiques et de compétences gestionnelles, alors que nous devions résoudre des problèmes de services de santé. Cela peut paraître surprenant puisque, depuis l'avènement de la technologie sanitaire moderne, nous avons toujours disposé de statistiques et de méthodes de gestion. Nous voudrions dire à l'Organisation qu'il reste toujours, selon nous, des secteurs de base, comme celui que nous venons de mentionner, à prendre sérieusement en considération au cours des années à venir si l'on veut que l'OMS s'acquitte plus efficacement de ses obligations. Parmi ces secteurs, je citerai a) le développement du personnel sanitaire de base, avec les activités de planification, de formation et d'emploi qu'il comporte; b) l'examen critique des services de santé intégrés dans le cadre de l'ensemble du développement socio- économique. L'application d'une approche intégrée en matière de résolution de problèmes et une souplesse accrue permettant de s'adapter à une situation sociale en évolution rapide devraient être les éléments clés de cet examen.

NEUVIEME SEANCE PLENIERE

205

Bien entendu, toutes ces activités exigent des compétences en matière de planification ainsi que des directives et un soutien technique et administratif adéquats. Enfin et surtout, nous voudrions que l'assistance internationale soit coordonnée avec efficience. Comme nos collègues de l'OMS en Thailande, nous croyons beaucoup aux vertus d'une coordination efficace et nous avons commencé à l'assurer dans le cadre de la programmation sanitaire nationale. Nous sommes persuadés qu'une bonne coordination aiderait à utiliser au mieux les ressources fournies par les organismes tant multilatéraux que bilatéraux. En conclusion, Monsieur le Président, ma délégation tient à redire sa confiance dans le rôle futur de l'OMS. Nous souhaitons à l'Assemblée de mener ses délibérations avec tout le succès désirable, persuadés que l'Organisation restera l'un des piliers de la santé future de l'humanité. Le PRESIDENT PAR INTERIM (traduction de l'anglais) au prochain orateur de ma liste, le délégué du Zaïre. :

:

Je vous remercie. Je donne la parole

Le Dr MATUNDU NZITA ( Zaïre) Monsieur le Président, honorables délégués, la délégation de la République du Zaïre est très heureuse de saluer les honorables délégués à cette Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé. Nous présentons également nos chaleureuses félicitations au Président et aux membres du bureau pour leur élection. Le Zaire, notre pays, dont l'humanisme constitue le fondement de la philosophie politique et la base de toute l'action, se réjouit d'appartenir à l'Organisation et de concourir ainsi à la promotion du mieux -être de l'humanité, finalement à l'union entre les peuples. Nous attachons, en effet, la plus grande importance aux assemblées de l'Organisation comme aux réunions des comités régionaux, car elles nous donnent l'occasion de faire le point sur la situation sanitaire du monde et nous aident ainsi à prendre conscience des problèmes qui réclament une solidarité internationale réelle et effective. Nous souhaitons par conséquent le plus grand succès et les concertations les plus fructueuses à cette assemblée. Nous formons l'espoir que nos délibérations pourront également servir de cadre à des réflexions sur les meilleures actions et les méthodes les plus pertinentes pour accroître l'efficacité et la rentabilité de l'Organisation. Nous estimons, en effet, qu'après près de trente ans d'existence, l'Organisation doit pouvoir s'interroger et voir dans quelle mesure certains points de la Constitution et des règlements ne devraient pas être revus pour être adaptés aux contextes nouveaux et simplement pour que l'action de l'OMS soit plus réaliste et plus efficace, notamment dans les modalités de l'assistance technique. Nous connaissons les efforts déjà entrepris dans ce sens par le Directeur général et tenons à l'en féliciter. Nous voulons assurer que la République du Zaire souscrira sans réserve, et en y apportant sa contribution la plus franche, à tout effort de réflexion sur ces problèmes. Quant à notre action sanitaire, notre pays vient de définir et d'adopter une politique sanitaire basée sur le fondement de notre doctrine qui veut que l'homme soit au centre de l'action de l'Etat. Dans cette optique, un conseil national de la santé et du bien -être a'été créé, conseil présidé par le Président de la République lui -même, et chargé d'orienter l'action sanitaire et la formation des personnels de santé. Les principes fondamentaux de notre action sanitaire, contenus dans un manifeste de la santé, découlent d'un examen portant sur les facteurs de santé et sur les contraintes qui gênaient cette action. Ainsi, en nous basant sur notre principe d'humanisme communautaire et de justice sociale, nous organisons l'action sanitaire par priorité au sein des communautés de base, par la création de zones de développement rurales et urbaines ayant comme structures fonctionnelles les centres de bien -être communautaire. Dans cette action, une attention particulière est portée aux activités de santé familiale et à des programmes faisant une large part à la prévention et à l'animation sanitaire. Les activités de ces centres de bien -être communautaire sont conçues essentiellement dans une approche globale et concertée avec l'agriculture, l'aménagement du territoire, l'environnement et l'éducation. De nombreux autres programmes sanitaires ont été entrepris au cours de l'année 1974. Nous signalerons la création d'un centre neuro -psychopathologique rendue nécessaire par les problèmes créés par l'industrialisation et le développement rapides des centres urbains. Il faut également mentionner le développement et l'extension du programme de recherche sur la médecine traditionnelle, programme qui entre actuellement dans sa phase de tentative d'intégration des deux médecines dans certaines unités sanitaires. De même, le Conseil exécutif crée présentement un institut national de recherche biomédicale et de santé publique. La création récente d'un département ministériel de l'environnement montre aussi le souci de notre pays de développer les initiatives en faveur de la santé des populations. S'agissant de la surveillance épidémiologique et du contrôle des maladies transmissibles, la variole, la tuberculose, la lèpre, la trypanosomiase et l'onchocercose font l'objet de programmes spéciaux de lutte. Nous avons également entrepris et poursuivi un programme important de lutte contre le goitre et le crétinisme endémiques dans trois régions du pays, le Kivu, l'Equateur et le Haut Zaïre. Ainsi, un programme national d'éradication du goitre au Zaire a été conçu et l'année 1974 a été consacrée à trois objectifs principaux création d'une infrastructure nécessaire :

206

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

au lancement du programme, démarrage du programme de traitement des populations et poursuite de la prophylaxie au Kivu (en utilisant l'huile iodée), et enfin poursuite des activités de recherche clinique et expérimentale. Monsieur le Président, honorables délégués, je viens de vous exposer dans les grandes lignes quelques aspects de nos préoccupations sanitaires et nos perspectives d'avenir. Je remercie l'honorable assemblée de l'attention qu'elle a bien voulu accorder à mon exposé et renouvelle mes voeux de voir nos discussions rechercher les meilleures solutions aux problèmes sanitaires du monde. Le PRESIDENT PAR INTERIM (traduction de l'anglais) au prochain orateur, le délégué de l'Afghanistan. :

Je vous remercie. Je donne la parole

Le Professeur AZIM (Afghanistan) (traduction de l'anglais) : Monsieur le Président, Monsieur le Directeur général, honorables délégués, la délégation de la République d'Afghanistan a l'honneur de féliciter le Président de l'Assemblée de son élection à ces hautes fonctions, certaine que, sous sa conduite, les travaux de l'Assemblée aboutiront à de bons résultats. J'ai également le plaisir de féliciter, au nom de ma délégation, les Vice -Présidents, les Présidents des commissions principales et les autres membres du bureau de l'Assemblée pour leur élection. Monsieur le Président, ma délégation a étudié de façon approfondie le Rapport annuel du Directeur général. Nous constatons avec plaisir que le travail de l'Organisation a trouvé une orientation, une vigueur et une optique nouvelles pour affronter les problèmes complexes de la prestation des services de santé, de la lutte contre les maladies et de la recherche en santé publique. A notre avis, c'est une évolution de la plus haute importance, et nous nous en réjouissons. Dans son Rapport, le Directeur général souligne comme il convient l'intérêt que la programmation sanitaire par pays et la distribution porte l'OMS à deux secteurs importants de soins de santé à la majorité de la population. J'ai le plaisir de dire que dans ces deux secteurs importants ma délégation éprouve les mêmes sentiments que le Directeur général. Dès sa création, la République d'Afghanistan a proclamé que son principal objectif était de servir la majorité de la population. C'est pour cette raison que dans notre politique sanitaire nous avons attribué un rang prioritaire à la programmation sanitaire par pays et à l'étude des diverses méthodes de distribution des soins de santé permettant de couvrir le plus grand pourcentage possible de la population. Nous poursuivons énergiquement une série d'activités intéressant la programmation sanitaire par pays, et le Ministère de la Santé publique s'emploie activement à améliorer les services de santé de base en appliquant de nouvelles idées en matière de gestion, de formation et d'encadrement, et en introduisant de nouvelles méthodes de prestation de services. Mais tout cela ne sera pas suffisant pour assurer la couverture de la grande majorité de la population rurale. C'est pourquoi nous accueillons avec un grand intérêt les nombreuses idées nouvelles qui se sont fait jour au cours des dernières années en matière de méthodes à employer pour atteindre les populations situées au -delà du rayon d'action des centres et des sous -centres de santé de base. Nous avons donc suivi avec grande attention la récente élaboration par l'OMS d'un guide pour la formation d'agents de santé de village. Nous nous proposons de lancer un projet pilote qui nous permettra d'évaluer les possibilités d'organiser un projet de formation d'agents de santé de village dans notre pays, et de déterminer la faisabilité d'une couverture maximale de la population en soins de santé primaires. Il faudrait que dans ces deux domaines notre volonté d'agir bénéficie du soutien technique et financier de l'OMS et d'autres organisations et sources d'aide similaires. Ma délégation applaudit à l'idée de créer un institut de recherche multidisciplinaire et souhaiterait que diverses institutions multidisciplinaires soient mises en place dans les pays en voie de développement. En raison même des différences de situation selon le pays, de telles institutions permettraient de rechercher les types de solution qui conviennent le mieux à des environnements analogues. Dans notre République d'Afghanistan, nous disposons de toute une gamme de situations se prêtant à tous les types de recherches et d'enquêtes. Je ne peux manquer d'évoquer une autre catégorie importante d'activités sanitaires susceptibles de réduire considérablement la morbidité et la mortalité dans les pays en voie de développement. Les programmes d'hygiène du milieu, visant à améliorer la situation en ce qui concerne les besoins fondamentaux de l'humanité - c'est -à -dire l'alimentation, l'eau et le logement - devraient trouver une plus grande place dans les activités de l'Organisation. Mon pays reste malheureusement parmi ceux où les taux de la mortalité infantile sont les plus élevés. Les infections et la malnutrition sont les causes principales de l'importance des taux de mortalité, et nous espérons que des méthodologies nouvelles nous permettront de nous attaquer à ce grave problème. En ce qui concerne la santé de la famille, le Ministère de la Santé publique a défini une politique qui vise à intégrer les services de santé maternelle et infantile dans les services de santé de base, de manière à ramener la mortalité des nourrissons et des enfants à un niveau tel qu'il soit possible, grâce à une action progressive d'orientation familiale, d'assurer des services efficaces. :

NEUVIEME SEANCE PLENIERE

207

Dans le domaine de la formation du personnel médical et paramédical, le Gouvernement de la République d'Afghanistan, conscient de la grave pénurie de personnel, a entrepris dans le cadre du programme national d'action sanitaire des activités qui couvrent non seulement la spécialisation des médecins, mais aussi la formation de toutes les catégories de personnel. En ce qui concerne les campagnes de masse contre les maladies transmissibles, nous signalons avec satisfaction qu'aucun cas de variole endémique n'a été notifié dans le pays depuis 23 mois. Le paludisme reste un grand problème, et nous avons décidé de nous y attaquer par un programme de lutte rationnel et réalisable. Nous recevons de l'OMS et du PNUD, pour l'exécution de ce programme, une assistance dont nous sommes reconnaissants. La tuberculose a une forte prévalence; c'est pourquoi la lutte contre cette maladie a un rang prioritaire tant dans les campagnes de masse que dans les activités de recherche. La gastro -entérite nous pose aussi un problème. Nous nous proposons de lancer, avec l'assistance de l'OMS, un programme de vaccination combinée, qui couvrira des maladies comme la diphtérie, le tétanos, la coqueluche, la poliomyélite et la rougeole. Parmi les autres problèmes auxquels nous sommes confrontés figure celui des maladies parasitaires. Face à toutes ces tâches, nous disposons d'un cadre résolu de personnels nationaux qui, à condition de disposer du matériel et des méthodes nécessaires, pourra certainement s'attaquer à ces nombreuses difficultés avec efficacité et fermeté. Un de ces personnels a prouvé sa valeur dans l'action d'éradication de la variole, et beaucoup d'autres sont prêts à s'attaquer à des tâches analogues. Monsieur le Président, permettez -moi de rappeler que pour beaucoup des activités que je viens d'énumérer nous bénéficions d'un franc appui de l'OMS. C'est une aide que nous apprécions vivement. Cependant, je ne saurais conclure sans mentionner la crise financière mondiale. La crise a malheureusement frappé l'Organisation, mais il faut dire que nous figurons, pour notre part, parmi les pays en voie de développement qui en ont subi les répercussions. Si le dollar ne permet plus à l'OMS de faire à Genève les achats qu'elle pouvait faire autrefois, il ne nous permet pas non plus de payer les services consultatifs, le matériel et la formation nécessaires à nos projets. Nous devons donc dire que, compte tenu de nos difficultés financières et de notre niveau de développement, nous avons besoin d'une assistance accrue de l'Organisation pour couvrir au moins nos besoins anciens, s'il n'est pas possible de couvrir les nouveaux. Je voudrais, pour conclure, féliciter très cordialement le Royaume des Tonga, la République démocratique du Viet -Nam et le Mozambique de leur admission à l'Organisation mondiale de la Santé.

Le PRESIDENT PAR INTERIM (traduction de l'anglais) Je vous remercie. Je donne la parole à l'orateur suivant sur ma liste, le délégué de la Nouvelle -Zélande. :

Le Dr HIDDLESTONE (Nouvelle -Zélande) (traduction de l'anglais) Monsieur le Président, l'Organisation mondiale de la Santé entre dans une époque extrêmement importante de son histoire. Nous sommes sur le point d'éradiquer la variole, un des grands fléaux de l'humanité. Cette année, la Journée mondiale de la Santé a appelé l'attention sur les efforts de l'Organisation dans ce domaine. Dans mon pays - qui n'a pourtant pas été directement confronté à ce problème depuis trente ans au moins les journaux et les mass media en général ont bien réagi au matériel d'information fourni par l'OMS. Cette réaction montre, je crois, les liens étroits qui existent entre la Nouvelle -Zélande et l'Organisation et ceci non pas uniquement au niveau du gouvernement ou des institutions sanitaires la population elle -même est consciente du travail de l'OMS et l'apprécie. Un des éléments essentiels de la campagne antivariolique actuelle est l'esprit de coopération internationale, qui est très évident dans le déroulement harmonieux des travaux de l'Assemblée de la Santé. Comme notre Ministre de la Santé l'a dit dans son discours à l'Assemblée l'année dernière, la Nouvelle -Zélande réorganise actuellement ses services de santé. Pour préparer cette refonte, nous avons tiré profit de l'expérience de beaucoup d'autres pays et, à cet égard, ainsi que le Directeur général l'a recommandé dans son allocution à la dernière Assemblée, nous avons : :

"adapté" et non "adopté ".

La collaboration de mon pays avec l'OMS l'a considérablement aidé à mettre sur pied un service de santé qui s'étend à l'ensemble du territoire, qui répond aux besoins réels de la population et qui offre à chacun les mêmes possibilités d'accès à des soins de santé de bonne qualité. Les principes directeurs de l'action de l'Organisation et la définition qu'elle a donnée de la santé - un état de complet bien -être physique, mental et social sont présents dans tous nos projets de réorganisation. Nous avons publié un document exposant ce que le Gouvernement se propose de faire pour réorganiser les services de santé. Ces propositions sont fondées sur le principe que la collectivité accepte la responsabilité d'assurer les soins médicaux et que le besoin - et non pas la capacité de payer - doit être l'élément déterminant dans l'obtention des services.

208

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

La population et les professions médico- sanitaires ont la possibilité de faire connaître leur point de vue sur ces propositions. Des groupes consultatifs ont été constitués pour permettre à chacun de s'exprimer et les propositions finales tiendront compte des différentes suggestions émises. Un projet de législation révisée doit être soumis au Gouvernement l'année prochaine et les intéressés auront de nouveau la possibilité de présenter des suggestions. Nos propositions font une plus grande part à l'aspect préventif. Nous pensons qu'il vaut mieux encourager les gens à rester sains que de présumer qu'ils vont être malades et d'organiser les moyens de les soigner. Mais on ne peut pas prévenir toutes les maladies et aucun service de santé ne peut forcer les gens à rester en bonne santé. C'est là une affaire personnelle. On peut cependant inciter les gens à avoir davantage d'activités sportives et culturelles pour se maintenir en bonne condition physique et mentale. C'est ce que fait actuellement le Gouvernement de Nouvelle -Zélande par sa campagne "sois vivant ". Beaucoup d'organismes d'Etat - parmi lesquels le Département de la Santé que je représente ici, le Département de la Prévoyance sociale et plusieurs autres - prennent des mesures pour promouvoir le bien -être social en améliorant les conditions de logement, en développant les services communautaires et en encourageant la participation de la collectivité dans tous les domaines. Nous favorisons le développement d'une médecine communautaire et le traitement des malades dans leur propre collectivité chaque fois que possible. En Nouvelle -Zélande, nous mettons l'accent sur la réadaptation et nous encourageons une optique nouvelle dans laquelle la réadaptation doit commencer dès le début du traitement. Plusieurs centres de santé ont commencé à fonctionner et d'autres doivent être ouverts sous peu. L'un des organismes de l'action sanitaire et sociale en Nouvelle -Zélande est la Commission de Compensation pour les Accidents. Avec la création de cet organisme en avril l'année dernière, la Nouvelle -Zélande a fait oeuvre de pionnier tous les Néo- Zélandais sont maintenant entièrement couverts pour les accidents qui leur arrivent en Nouvelle -Zélande et, dans certains cas, à l'étranger. Par exemple, je suis moi -même couvert pendant mon séjour ici. Si, faisant une chute dans cette salle, je me cassais une jambe, la Commission prendrait à sa charge toutes les dépenses raisonnables. Je serais dédommagé pour toute perte de salaire qui en résulterait. Il en irait de même si je conservais une incapacité permanente à la suite de cet accident. Tous les étrangers qui se rendent en Nouvelle -Zélande, à partir du moment où ils posent le pied sur notre territoire, sont eux aussi couverts gratuitement pour toute blessure accidentelle, quelles qu'en soient les conséquences. La Commission est d'ailleurs plus qu'un organisme de compensation pécuniaire. Elle joue un râle actif dans la réadaptation et s'oriente maintenant vers la prévention des accidents. Nos services de santé ne sont pas uniquement tournés vers le pays même. Ils jouent un rôle actif dans le développement des services de santé à l'étranger. Notre programme d'hygiène dentaire, notamment le service dentaire scolaire qui a été créé il y a plus de cinquante ans, est connu dans le monde entier. La Nouvelle -Zélande a fourni des possibilités de formation au personnel dentaire de 31 pays et jusqu'ici 96 dentistes sont venus en Nouvelle -Zélande étudier notre programme d'hygiène dentaire, généralement pour l'adapter aux besoins de leurs propres pays. Des étudiants d'outre -mer suivent des cycles d'odontologie à l'Université d'Otago. Le Département de la Santé, par ses écoles d'infirmières dentaires, a permis de donner une formation de base aux infirmières des services scolaires d'hygiène dentaire de nombreux pays, notamment d'Australie et de pays de la région du Pacifique, d'Asie et d'Amérique du Sud. Soixante cinq étudiants étrangers sont actuellement régulièrement inscrits à des cours en Nouvelle Zélande et un cours supérieur pour infirmières des services scolaires d'hygiène dentaire a commencé cette année. Nous pensons que des infirmières d'outre -mer y prendront part l'an prochain. Beaucoup de Néo -Zélandais ont participé comme instructeurs à des programmes de formation d'infirmières d'hygiène dentaire pour les services scolaires dans des pays étrangers. Au cours de l'année écoulée, notre gouvernement a doublé son budget d'aide aux pays en voie de développement. Nous finançons la participation de 12 médecins du Commonwealth britannique à des cours de formation postuniversitaire en Nouvelle -Zélande chaque année. Des subventions du Fonds d'assistance bilatérale à l'Asie et à la région du Pacifique, créé par le Gouvernement néo- zélandais et administré par notre Ministère des Affaires étrangères, sont accordées pour des bourses d'études au personnel de santé de l'Asie et de la région du Pacifique. Le Fonds finance également l'envoi dans des pays étrangers de consultants pour des missions de clinique ou d'enseignement et il contribue au financement d'installations médicales dans six pays, le projet le plus important étant la construction d'un hôpital de $3 millions au Samoa -Occidental. Notre aide au Viet -Nam comprenait jusqu'à une date récente une équipe médico- chirurgicale et un consultant pour l'enseignement de la radiologie. Nous avons en outre participé étroitement avec l'OMS à la construction du nouvel Institut national de Santé publique à Saigon. Nous assurons chaque année un traitement médical gratuit à 35 malades de 6 pays de la région du Pacifique et nous avons l'intention d'augmenter ce chiffre pendant quelques années pour prendre en charge les malades qui attendent une opération à coeur ouvert. Un programme de bourses d'études mené en collaboration avec l'Organisation mondiale de la Santé mais financé exclusivement par la Nouvelle -Zélande permet l'envoi de 60 à 70 boursiers OMS chaque année dans notre pays. Pour terminer, Monsieur le Président, je voudrais dire rapidement quelques mots de la nouvelle législation des services sanitaires que notre gouvernement se propose de mettre en :

NEUVIEME SEANCE PLENIERE

209

vigueur cette année. Un projet de loi visant à empêcher l'abus des médicaments, qui est inspiré des principes de l'OMS, sera présenté à nouveau à la Chambre des Représentants cette année après avoir été examiné par un comité parlementaire au cours des derniers mois. Des amendements à notre loi sur les soins infirmiers seront également déposés; l'un d'eux, qui est particulièrement à l'ordre du jour en cette Année de la Femme, propose la suppression de toute discrimination fondée sur le sexe dans la profession infirmière et un autre donnera aux diplômes des nouveaux cycles de formation d'infirmières l'équivalence qui permettra l'immatriculation dans toutes les branches des soins infirmiers. Ce sera là un pas essentiel dans le sens de la valorisation de la profession infirmière dans notre pays. La Nouvelle -Zélande est un petit pays, d'une superficie comparable à celle de l'Italie, mais avec une population de 3 millions d'habitants, contre 50 millions en Italie. Je pense que nous pouvons être fiers, en matière de services de santé, de notre place dans le monde et de nos résultats. Mais il ne faut pas donner dans la complaisance et nous sommes pleinement conscients de la nécessité de modifier nos propres systèmes pour répondre à l'évolution des besoins et des attitudes. Que nous puissions oeuvrer dans ce sens tout en aidant des pays moins favorisés que nous, voilà qui met en évidence la solidité de nos services de santé, solidité qui est due dans une large mesure à notre collaboration avec l'Organisation mondiale de la Santé. Le PRESIDENT PAR INTERIM (traduction de l'anglais) la parole à l'orateur suivant, le délégué du Niger. : :

Je vous remercie. Je donne maintenant

M. SALAR (Niger) Monsieur le Président, au nom de la délégation du Niger, je voudrais m'associer aux orateurs qui m'ont précédé pour féliciter sincèrement le Professeur Halter de son élection à la présidence de notre assemblée. Je tiens aussi à féliciter les Vice -Présidents, ainsi que les Présidents et Rapporteurs des commissions. Je suis certain que, sous la conduite du Président, nous réaliserons un travail constructif et valable. Je félicite chaleureusement aussi M. le Directeur général de l'OMS, le Dr Mahler, ses dévoués collaborateurs, ainsi que M. le représentant du Conseil exécutif, pour l'oeuvre accomplie et les excellents rapports qu'ils nous ont présentés. Monsieur le Président, honorables délégués, Mesdames, Messieurs, mon pays, le Niger, a connu l'an dernier de profonds bouleversements qui ont affecté tant ses institutions politiques et administratives que son économie et ses habitants. Je dois dire, cependant, que grâce à la vigilance et au dynamisme du Conseil militaire suprême soutenu par le peuple tout entier, par les nations et organisations amies, aujourd'hui la remise en ordre est presque achevée. L'instabilité économique et la sécheresse s'étaient liguées pour conduire le Niger pratiquement à la ruine. Il n'en a heureusement rien été, et nous avons repris le dessus. Mieux, nous sommes actuellement, depuis trois mois exactement, en train d'élaborer une programmation triennale dans laquelle les problèmes de santé recevront une place de choix, privilégiée. M. le Directeur général a placé en tête de son Rapport le renforcement des services de santé. Je dis qu'avec le développement des personnels de santé, ces chapitres constituent la préoccupation majeure de mon pays. A l'occasion des premières journées d'étude de la santé, que nous avons tenues fin février -début mars de cette année, l'option a été prise qu'au Niger doit se pratiquer une médecine globale, préventive, éducative et curative, pour les communautés rurales et urbaines, avec leur participation, grâce à un personnel compétent et motivé agissant dans le cadre de structures soigneusement améliorées et adaptées, et utilisant des moyens choisis rationnellement. Depuis dix ans, le Niger s'est engagé - et s'engagera encore plus à partir de cette année - dans la mise en place généralisée de services de soins périphériques primaires acceptables pour sa population, grâce à l'utilisation des personnels auxiliaires, secouristes et matrones traditionnelles, recrutés, formés et encadrés localement et travaillant bénévolement. Un dixième environ du pays est actuellement ainsi couvert. Nous estimons que le temps de l'expérimentation est terminé, dépassé. Nous devons faire vite, massivement, sûrs qu'il n'existe pas d'autre solution pour nous à l'heure actuelle, et nous ne ferons d'ailleurs que répondre aux voeux des populations. Nous avons aussi fait débuter, puis amélioré et renforcé notre Ecole nationale de Santé publique de Niamey, école de formation des personnels paramédicaux des niveaux élémentaire et moyen. Le projet, avec l'aide du PNUD, de l'OMS, du FISE, du Fonds européen de Développement, arrive à son terme. Je serais tenté de dire que les problèmes de quantité sont en voie d'être réglés, et que maintenant nous nous préoccupons de l'aspect qualitatif de ces formations. C'est dire que les objectifs de cette école pour les années à venir consisteront dans l'évaluation du travail accompli, la participation à l'important programme de recyclage des infirmiers, sages femmes et assistantes sociales que mon département veut entreprendre dès cette année. Parallèlement, et pour parachever de doter le pays en cadres de niveau intermédiaire, une deuxième école va ouvrir ses portes au mois d'octobre 1975 à Zinder, deuxième ville du Niger, avec un effectif de recrutement doublé. Jusqu'en 1974, la formation de niveau supérieur s'effectuait hors du Niger, avec l'aide de bourses nationales, de l'OMS, de pays amis. En 1974, une école des sciences de la santé a vu le jour, qui, dans un premier temps, formera les médecins qui nous manquent tant; 35 élèves y sont inscrits. L'Organisation mondiale de la Santé, après nous avoir aidés à en faire l'étude, contribue efficacement à son développement harmonieux tout en continuant à assurer encore un

210

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

certain nombre de bourses de spécialités pour nos étudiants médecins et pharmaciens hors des frontières du pays. Toujours pour rester dans le même domaine, nous avons redéfini le rôle et les tâches qui sont assignés dans le pays à chaque catégorie de personnel, ceci visant à nous en permettre l'utilisation judicieuse et rationnelle au niveau des hôpitaux, du département, de l'arrondissement. Nous ne pouvons donc qu'appuyer le Directeur général et le Directeur régional, le Dr Quenum - que je félicite pour sa brillante réélection - dans les efforts qu'ils ont entrepris pour faire prendre conscience au monde entier de l'importance fondamentale de ces questions. Nous espérons qu'ils seront entendus et soutenus. Les questions de nutrition figurent tout naturellement parmi nos préoccupations. Un projet conjoint médico- nutritionnel s'est réalisé dans mon pays l'année dernière, avec la participation déterminante de la Ligue des Sociétés de la Croix -Rouge, de l'OMS, du PNUD, du FISE. Nos populations ont été admirablement secourues, assistées, éduquées même en matière de nutrition. Des vies ont été sauvées, l'avenir de mères et d'enfants préservé. Nous venons de tenir un colloque, "Nutrition et développement ", conclusion de ce projet remarquable à plus d'un titre. Nous considérons les recommandations finales de ce colloque comme le point de départ, ou plutôt comme le tournant véritable pour la mise en oeuvre d'une politique alimentaire et nutritionnelle réaliste, immédiatement applicable, se poursuivant par des perspectives à court et à long terme réalistes concernant la prévention des malnutritions, la promotion de meilleures habitudes alimentaires, le développement d'un système de surveillance nutritionnelle, l'amélioration de l'assistance alimentaire et la coordination intersectorielle. Nous approuvons donc pleinement les efforts du Directeur général dans ce domaine important de la nutrition - actions d'assistance directe, de promotion de programmes, de coordination inter -institutions, enquêtes scientifiques diverses à aboutissement pratique. Les maladies transmissibles tiennent aussi une place prioritaire dans les activités de nos services de santé. Nos programmes de vaccination ont évidemment souffert de la conjoncture politico- économique et des effets de la sécheresse. Cependant, nous avons pu réaliser 603 947 vaccinations antivarioliques, 85 602 vaccinations antiamariles, 250 000 vaccinations antituberculeuses, 144 719 vaccinations antirougeoleuses, 122 268 vaccinations anticholériques. Nous avons bénéficié de fournitures de vaccins de l'OMS, du FISE, de l'AID, ainsi que de matériel et d'aide logistique d'organisations et de pays amis. Nous n'avons plus de variole depuis cinq ans. Le taux d'enfants de 0 à 15 ans vaccinés contre la tuberculose atteint et dépasse même 70 dans certaines zones. Toutefois, depuis janvier 1975, à la suite d'une alerte au choléra d'importation, nous avons fait redémarrer un important programme de prévention multivaccinale contre la variole, la fièvre jaune, la tuberculose, la rougeole et le choléra. Nous avons décidé de mettre entre parenthèses la prospection et les enquêtes. Nous savons que, si nous étions assurés de recevoir une aide accrue et immédiate en vaccins, matériel technique, chaînes de froid efficaces, soutien logistique massif, nous pourrions réaliser la couverture vaccinale de 80 à 85 % des populations à protéger contre la tuberculose, la rougeole - meurtrière cette année en raison des séquelles de la malnutrition - le choléra, la fièvre jaune, la poliomyélite, la variole, le tétanos, la diphtérie, la coqueluche. Dans le domaine de la prévention, dans un pays aussi vaste que le nôtre et à la population si disséminée, les résultats sont fonction de l'organisation du travail des équipes de vaccination et aussi des moyens dont elles disposent. Il n'y a qu'à se reférer au succès de l'éradication de la variole. La méningite cérébro- spinale sévit encore cette année. Nous nous permettons cependant de fonder des espoirs prudents sur la mise en route, dès que possible, de programmes de vaccination parrainés par l'Organisation mondiale de ,la Santé.

Pour le paludisme, nous n'avons pas encore de plan à long terme. Les insecticides ne donnent pas totalement satisfaction, tant s'en faut, et de toute façon ils manquent cruellement. Quant aux drogues antipalustres, elles viennent de doubler de prix. Comment lancer un programme de chimioprophylaxie, s'appuyant sur des réseaux de matrones et de secouristes, alors que les produits vont inévitablement faire défaut ? La saison des pluies vient de commencer et, d'ici deux à trois mois, il nous faudrait entreprendre la protection au moins de certains groupes enfants de 0 à 14 ans, femmes enceintes à partir du cinquième mois de la grossesse, vulnérables et aussi de certaines communautés d'importance économique. Notre assemblée doit se pencher sérieusement sur ces problèmes graves de fournitures de produits et cesser d'émettre des voeux pieux. De même, nous encourageons les programmes de recherche, mais il faut passer rapidement aux actes. La participation de mon pays reste acquise au projet contre l'onchocercose soutenu par l'OMS, la FAO, la BIRD, le PNUD et de nombreux pays développés. Notre satisfaction a été très grande de constater l'intérêt concret porté à ce projet, lors de la réunion d'Abidjan les 11 et 12 février derniers, par la Banque africaine de Développement, le Koweit, la France, les Etats -Unis d'Amérique, la Belgique, le Japon, le Royaume -Uni, le Canada, la République fédérale d'Allemagne. Il est certain que le projet du PNUD contre la trypanosomiase compléterait convenablement ce projet s'il était accéléré. L'ingénieur sanitaire que l'Organisation mondiale de la Santé a mis à la disposition de mon pays a déjà réalisé un magnifique travail, qui va bientôt déboucher sur le regroupement de services d'hygiène dispersés en un service national d'hygiène et d'assainissement doté de :

NEUVIEME SEANCE PLENIERE

211

moyens de travail et oeuvrant selon un programme soigneusement planifié. Vous comprendrez que, dans un pays tel que le nôtre, tout ce qui touche à l'eau sera la priorité de ce service. Monsieur le Président, Monsieur le Directeur général, honorables délégués, Mesdames, Messieurs, je ne voudrais pas abuser de votre patience. J'ai tenu à vous entretenir très succinctement des efforts passés et à venir de mon pays. Je vous ai énuméré, simplement, quelques -unes des principales priorités des priorités dans un pays où tout est priorité, finalement. L'année écoulée nous a vus acharnés à maintenir l'acquis, à l'améliorer même. Les trois années qui viennent nous verront aussi déterminés à faire porter nos efforts sur tout ce qui peut être services débiles de statistiques à tonifier, qualifié de goulot d'étranglement, de frein fragile potentiel humain et technique à soutenir, à améliorer, etc. Nous approuvons donc complètement le Rapport clair, pratique du Dr Mahler. Les moyens dont dispose le Directeur général sont vraiment dérisoires en regard de tâches qui paraîtraient insurmontables à plus d'un. Cette assemblée doit faire preuve de compréhension et réserver un accueil enthousiaste au projet de programme et de budget que nous présentera le Dr Mahler. Nos préoccupations en matière de santé, à nous pays en voie de développement, sont, si je puis dire, complémentaires de celles des pays riches de cette assemblée. Nous ne devons pas attendre de frôler la catastrophe pour mettre nos efforts en commun, sans arrière -pensées. Il faut en finir avec la politique des petits pas. La santé est, j'en suis convaincu, le domaine privilégié où la notion de nouvel ordre économique peut et doit prendre sa pleine et entière signification, s'exprimer en une vraie solidarité internationale durable. Puissions -nous nous en souvenir durant toute la session pour aboutir à cette véritable amélioration de la qualité de la vie dont parlait M. le Directeur général dans l'Introduction de son Rapport annuel. :

Je vous remercie et je donne mainteLe PRESIDENT PAR INTERIM (traduction de l'anglais) nant la parole à l'orateur suivant, le délégué du Dahomey. :

Monsieur le Président, Monsieur le Directeur général, Monsieur le M. BOURAÏMA (Dahomey) Directeur général adjoint, Messieurs les Directeurs régionaux, honorables délégués, Mesdames, Messieurs, il y a juste un an la délégation dahoméenne a eu par ma voix à vous faire un exposé sommaire de notre politique sanitaire. J'ai eu particulièrement à insister sur la revalorisation de notre pharmacopée traditionnelle. Pendant cette Vingt -Septième Assemblée mondiale de la Santé, je veux parler du Camarade Commisd'augustes voix ont traité de la médecine traditionnelle saire à la Santé de la République du Zaire, et surtout de vous, Monsieur le Directeur général. Des voix conservatrices - et Dieu sait qu'il y en a dans le monde médical - se sont élevées pour vous reprocher cette révolution que vous introduisez dans la pensée médicale de notre siècle. Malgré ces voix, la plupart des journaux médicaux du monde ont loué et votre courage et votre révolution. Le Dahomey, fort de votre appui, a donc cru nécessaire de persévérer dans sa voie, et nous avons essayé d'organiser nos guérisseurs, car pour la santé du peuple nul ne sera de trop. L'unique objet de notre propos est donc de vous exposer les voies et moyens par lesquels nous essayons d'organiser notre médecine traditionnelle. Dès notre retour de Genève, des séminaires provinciaux ont rassemblé guérisseurs et féticheurs afin de constituer des bureaux provinciaux dont la tâche première est de dresser la liste de leurs confrères. Le Ministère de la Santé, par l'entremise du Ministère de l'Intérieur et du Ministère de l'Information, a demandé aux différents médecins traditionalistes de se faire inscrire auprès des agents de commandement et auprès des bureaux provinciaux de guérisseurs. Par une note circulaire, nous avons demandé aux directeurs provinciaux de la santé et aux chefs de circonscription médicale de faire parvenir au Ministère la liste des guérisseurs de leur ressort administratif. Notre souci, en procédant de la sorte, était d'arriver à avoir la liste la plus complète possible de nos guérisseurs. Dans la première semaine d'août 1975, un congrès national les réunira à Cotonou afin de mettre sur pied l'Association nationale des Guérisseurs du Dahomey, association dont la première mission sera d'établir une charte de travail afin de sauvegarder et la vie des malades et le progrès de la médecine au Dahomey. Nous n'allons pas créer une association pour le plaisir d'en créer une, mais pour l'intérêt bien compris du peuple. Permettez -moi, Monsieur le Président, Monsieur le Directeur général, Messieurs les délégués, de rendre ici publiquement hommage aux guérisseurs camerounais en les citant en exemple. De la Charte des Thérapeutes bamilékés, je cite les articles suivants Article 1 - Nos remèdes ayant un caractère magique doivent apporter la guérison immédiate. Si après trois jours le malade n'est pas guéri, nous conseillons de consulter le dispensaire ou l'hôpital. Article 2 - Aucun guérisseur, quel que soit son sexe, ne pourra jamais défendre à un malade d'aller à l'hôpital sous prétexte qu'il y trouvera la mort, ni fréquenter ou se tenir au seuil de l'hôpital pour faire retourner un ou des malades au village en disant qu'il va faire le soin. Un malade déjà hospitalisé est l'objet des soins minutieux, de la surveillance, du contrôle du médecin -docteur et de toute sa cour. Il peut y avoir un cas particulier ou exceptionnel qu'un malade retourne chez les guérisseurs indigènes, mais :

:

:

212

VINGT- HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

avec le concours du médecin lui -même s'il le juge utile et avec une entente réciproque et cordiale des parties. Article 6 - Nous considérons comme maladies à envoyer d'urgence à l'h8pital le paludisme, la fièvre typho!de, etc...., la morsure d'une bête quelconque, tessons de bouteille, etc...., une fracture, une grande plaie, l'hémorragie ou écoulement du sang de toute espèce, le vomissement du sang, la syncope, ... une femme enceinte en coliques ou tous autres malades éprouvant des douleurs internes excessives. C'est vous dire, Mesdames, Messieurs, que nos frères guérisseurs traditionnels bamilékés ont eu l'honnêteté, la probité intellectuelle de reconnaître leurs limites et d'essayer, ce faisant, de rechercher la collaboration de la médecine moderne dans l'intérêt des malades. Associer médecine moderne et médecine traditionnelle pour le bien -être du peuple, c'est une des directives du discours -programme du Dahomey, c'est aussi un des quatre principes directeurs de la politique sanitaire de la Chine populaire, où nous venons de passer trois semaines et où associer médecine moderne et médecine traditionnelle est un fait entré dans les moeurs. A l'université, l'enseignement théorique et pratique de ces deux médecines fait que, très tôt dans sa carrière, le médecin chinois s'imprègne de cette civilisation millénaire qu'est la médecine traditionnelle chinoise. Au Dahomey, en Afrique, bien avant l'arrivée des colonisateurs, nous avions nos médecins. Si la colonisation a eu des effets bénéfiques pour les peuples qui en étaient l'objet, par son effet d'acculturation, elle a eu un effet néfaste en ce sens qu'elle a appauvri la civilisation universelle en tuant ou en essayant de tuer certaines civilisations dont elle avait la charge sous le fallacieux prétexte qu'elles étaient inférieures. A ce rendez -vous du donner et du recevoir que doit être l'Assemblée mondiale de la Santé, nous estimons quant à nous, Dahoméens, que toutes les médecines sont bonnes, car elles concourent à sauvegarder la valeur suprême qui existe au monde, à savoir l'homme. Dans notre lutte contre la maladie et pour le bien -être social de l'homme, il faut faire feu de tout bois et c'est dans ce but que nous organisons nos médecins traditionnels. Monsieur le Président, Monsieur le Directeur général, honorables délégués, depuis l'an dernier nos préoccupations sont demeurées les mêmes. En tant que pays en voie de développement, le Dahomey met l'accent sur la prévention et sur l'utilisation de tous les moyens dont il dispose. Moderne ou traditionnel, peu importe, du moment que le médecin est consciencieux. Dans notre lutte contre la maladie, nous avons la chance de trouver à nos côtés l'aide désintéressée de l'OMS, du FISE, de la Croix -Rouge internationale, des Associations Raoul -Follereau, de l'Ordre de Malte, etc. La délégation dahoméenne souhaite en terminant la bienvenue aux représentants de la République démocratique du Viet -Nam, du Royaume des Tonga et du Mozambique. Plein succès à nos travaux : !

Le PRESIDENT PAR INTERIM (traduction de l'anglais) la parole au délégué du Mali.

:

Je vous remercie; je donne maintenant

Le Dr SANGARE (Mali) : Monsieur le Président, Monsieur le Directeur général, honorables délégués, au nom de la délégation malienne à la Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé, je voudrais à mon tour, et cela en parfaite communion d'idées avec les orateurs qui m'ont précédé, exprimer mes vives félicitations au Président pour sa brillante élection à ce poste élevé de notre auguste assemblée. Aux Vice -Présidents de l'Assemblée et aux présidents des commissions, nous exprimons également nos chaleureuses félicitations en les assurant de notre soutien actif pour la bonne conduite de nos travaux. Nous sommes d'ailleurs convaincus que leur grande expérience et leur compétence nous aideront à trouver des solutions heureuses à nos débats. Qu'il nous soit aussi permis de remercier vivement le Directeur général pour son Rapport annuel où sont évoqués et analysés avec bonheur les problèmes de santé publique qui continuent de préoccuper nos différents pays. C'est pour nous le lieu d'évoquer les aspects de ce Rapport qui peuvent intéresser la République du Mali. En matière de médecine socio- préventive, la campagne d'éradication de la variole est depuis deux ans à la phase d'entretien. La campagne de vaccination indiscriminée par le BCG doit s'achever cette année avec un retard d'un an, retard qu'il faut attribuer aux difficultés supplémentaires causées par la période dramatique de sécheresse. Au terme de ces deux campagnes de masse, il nous reste à dégager une nouvelle stratégie eu égard à l'étendue du territoire et à l'insuffisance de l'infrastructure. En nous référant par ailleurs à la résolution WHA27.57 sur les vaccinations infantiles, force nous sera d'envisager une véritable intégration de toutes les activités préventives, y compris la vaccination antiamarile à laquelle il importe d'attacher désormais un intérêt nouveau. Toujours dans le cadre de la médecine socio- préventive, un séminaire international sur les vaccinations en Afrique, organisé par l'Agence africaine pour la Médecine préventive (AMP) avec le concours de l'Institut Pasteur et de la Fondation Mérieux, s'est tenu à Bamako, notre capitale, les 20, 21 et 22 novembre 1974. Ce séminaire qui se proposait, en réunissant les responsables de la santé publique et des grandes endémies avec les universitaires, cliniciens et hommes de laboratoire, d'apporter les dernières nouveautés sur les vaccins et surtout de faire le point sur les problèmes posés par la réalisation des campagnes de masse de vaccination, ce

NEUVIEME SEANCE PLENIERE

213

séminaire, disons -nous, a été un véritable succès. Il a permis, entre autres informations, de faire savoir aux instituts producteurs que la préparation d'un excellent vaccin techniquement parlant était une condition nécessaire mais non suffisante pour obtenir une bonne vaccination en santé publique, et cela à cause des difficultés considérables rencontrées sur le terrain. Dans le cadre de la lutte contre les effets de la sécheresse, les problèmes nutritionnels nous sont apparus sous un aspect particulier et nous conduisent aujourd'hui à envisager de donner une impulsion nouvelle à notre section nutrition avec éventuellement une demande d'assistance à l'OMS et au FISE. Dans le domaine de la santé familiale et particulièrement dans celui de la santé maternelle et infantile, nos efforts se poursuivent en direction des maternités rurales. La région pilote de Sikasso a déjà ouvert une centaine de ces maternités, soit 1000 lits supplémentaires. Une deuxième région, celle de Bamako, s'est engagée dans la même voie et l'on y dénombre déjà 80 maternités rurales entièrement réalisées, mais qui attendent d'être équipées en literie et en matériel technique pour matrones rurales. Un autre moyen d'aider au renforcement des services de santé de base et au développement de la santé rurale consiste à incorporer systématiquement à tout projet de développement économique un "volet santé" relatif au complément d'infrastructure, au fonctionnement, aux moyens logistiques et même à la formation professionnelle. Cette disposition s'inscrit dans le cadre des conclusions de la conférence de Lomé de mai 1972, organisée par le FISE. Cette conférence avait en effet conclu qu'il était nécessaire de prévoir des volets sociaux dans les grandes opérations de développement économique car celles -ci, qui ont pour premier objectif l'augmentation de la production, mobilisent de vastes populations et entraînent des bouleversements sociaux, sanitaires et éducatifs qui n'ont jamais été sérieusement pris en compte. A propos du développement toujours, nous jugeons utile d'attirer l'attention de M. le Directeur général sur les conséquences pathologiques de certains investissements hydro- agricoles, notamment les barrages. Une étude aussi exhaustive que possible des mesures préventives dans ce domaine nous parait nécessaire pour l'information de nos gouvernements. La conjoncture économique défavorable que connaît mon pays a été, on le sait, singulièrement aggravée par la calamité naturelle de la sécheresse vécue par les pays sahéliens pendant les cinq dernières années. La crise inflationniste mondiale que nous traversons est venue détériorer davantage cette situation économique déjà préoccupante. Ce contexte asphyxiant pour mon pays n'a fait que mettre en relief, mais de façon plus dramatique, les énormes difficultés d'approvisionnement en médicaments, objets de pansement et matériel technique nécessaires, sinon indispensables, au bon fonctionnement de nos formations sanitaires. C'est pourquoi nous saluons tous les efforts déployés par M. le Directeur général ou M. le Directeur régional pour l'Afrique en direction des autres organismes du système des Nations Unies en vue d'accroître leur assistance aux pays en voie de développement dans le domaine de la santé. Nous avons enregistré avec une vive satisfaction et un grand soulagement la récente décision du Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies de mettre 140 millions de dollars des Etats -Unis à la disposition de 32 pays en voie de développement pour l'acquisition de médicaments, matériel technique, objets de pansement et produits insecticides. Nous gardons le ferme espoir que nos justifications, envoyées d'urgence à M. le Directeur général, recevront une suite favorable, qui est attendue avec beaucoup d'impatience. Nous avons par ailleurs hautement apprécié les démarches effectuées par le représentant de l'OMS à Abidjan auprès de la Banque africaine de Développement, qui a pu demander et obtenir à notre profit un prêt à long terme du Fonds africain pour le Développement, et ceci pour nous aider à la consolidation de notre infrastructure sanitaire de base, en particulier de l'infrastructure hospitalière régionale. Après ce bref aperçu sur quelques problèmes de santé publique, permettez -moi, dans un tout autre ordre d'idées mais dans l'esprit de solidarité qui unit les peuples épris de justice et de paix, de saisir l'opportunité qui m'est offerte pour saluer avec une profonde admiration les vaillants peuples du Cambodge et du Sud Viet -Nam qui viennent, après de longues années de lutte acharnée, de se libérer définitivement du joug impérialiste pour accéder enfin à l'exercice responsable de leur souveraineté nationale. En Afrique, depuis les événements du 25 avril 1974 au Portugal, nous avons pu également assister à une évolution heureuse dans le domaine de la décolonisation. Après la Guinée -Bissau, c'est le Mozambique, sous la direction des vaillants combattants du FRELIMO, qui accédera à l'indépendance dès le 25 juin prochain. La délégation de la République du Mali se réjouit donc de tout coeur 1) de l'admission de la République démocratique du Viet -Nam comme Membre de notre organisation internationale. Elle profite de cette occasion pour renouveler à la délégation de la République démocratique du Viet -Nam toute l'amitié et toute la reconnaissance du peuple et du Gouvernement du Mali; 2) de la présence parmi nous de la délégation du Gouvernement révolutionnaire provisoire de la République du Sud Viet -Nam après l'éclatante victoire remportée sur les forces rétrogrades de la clique fantoche de Thieu; 3) de la présence de la délégation du GRUNK comme représentant légal du peuple cambodgien; 4) de l'admission du Mozambique comme Membre de l'Organisation mondiale de la Santé à partir du 25 juin 1975, date à laquelle ce pays doit accéder à l'indépendance; 5) de l'admission des Tonga comme Membre de notre organisation.

214

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

Toutes les forces de progrès doivent s'unir pour apporter leur soutien actif aux héroîques peuples du Viet -Nam, du Cambodge, de la Guinée -Bissau, du Mozambique pour leur permettre de panser leurs profondes et douloureuses blessures et d'entreprendre l'édification de sociétés 'justes et prospères. 1l ne me reste plus qu'à souhaiter plein succès aux travaux de la Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé. Le PRESIDENT PAR INTERIM (traduction de l'anglais) Je vous remercie. Je donne maintenant la parole à l'orateur suivant sur ma liste, le délégué de la Haute -Volta. :

Le Dr SAWADOGO (Haute -Volta) Je voudrais tout d'abord présenter à M. le Professeur Halter les plus chaleureuses félicitations de la délégation de la République de Haute -Volta à l'occasion de son élection et associer à ces félicitations les Vice -Présidents de l'Assemblée et les Présidents des commissions principales. Sous leur conduite, la Vingt -Huitième Assemblée connaîtra, j'en suis sûr, la même réussite que celles qui l'ont précédée. Je rends hommage au zèle et à l'efficacité avec lesquels le Directeur général, le Dr Mahler, et ses collaborateurs ont mené à bien les affaires de notre organisation au cours de l'année écoulée. Au Directeur régional pour l'Afrique, le Professeur Alfred Quenum, et à toute son équipe, qui ont fait preuve d'enthousiasme et de compétence en gérant les affaires de la Région, je dis merci au nom du peuple et du Gouvernement voltaiques et en mon nom propre. Monsieur le Président, Monsieur le Directeur général, honorables délégués, du Rapport de M. le Directeur général, si riche en enseignements et en perspectives, je voudrais extraire les points que pour ma part j'estime fondamentaux. Il s'agit du droit de tous aux prestations sanitaires, de la programmation sanitaire à l'échelon ministériel (avec comme corollaires la détermination des besoins prioritaires et la recherche fondamentale et appliquée), enfin de l'évolution de la conception du rôle des services de santé qui doivent avoir pour objectif final l'amélioration de la qualité de la vie et, pour ce faire, ne doivent plus considérer le malade isolément, mais le malade dans son milieu. Vous avez défini les grandes lignes que commandent ces conceptions assainissement de base, une politique de la nutrition dans tous ses aspects (et notamment celui de la mère et de l'enfant), une politique d'éducation sanitaire intégrée dans l'éducation tout court. Vous avez aussi défini les moyens pour y parvenir réorganisation des soins de base, participation active de toutes les collectivités, intégration des services de santé publique à une action coordonnée aussi bien au niveau des zones rurales qu'au niveau des organismes centraux, en collaboration avec tous les secteurs qui ont pour vocation essentielle l'élévation du niveau de vie des populations. Tout cela nous trace notre voie et nous nous y sommes engagés avec votre aide. Les méfaits de la sécheresse dont notre pays a partagé le triste privilège avec nos voisins ont mis en relief l'acuité de ces problèmes. L'immense élan de solidarité qu'ils ont suscité nous a ouvert des perspectives riches de lendemains meilleurs. Les grands projets régionaux de lutte contre les endémies parasitaires, dont nous partageons aussi avec nos voisins l'affligeant privilège, nous permettront de libérer des zones fertiles de l'hypothèque de l'onchocercose et de les protéger contre le développement du paludisme, de la trypanosomiase et de la schistosomiase. Ils nous permettront aussi de réimplanter dans ces zones des structures nouvelles inspirées de vos conseils. Pour notre part et à la mesure de nos moyens, nous avons déjà entrepris avec vous la réorganisation de notre département et l'approche de nos besoins prioritaires, le développement de nos services périphériques et l'intégration à certains secteurs de lutte classique contre les maladies transmissibles des activités de protection maternelle et infantile et de nutrition, enfin des expériences pilotes concernant la mise en place de structures nouvelles, aux activités intégrées définies par vous. Tout cela constitue un immense programme. Nos ambitions et nos espérances sont à la mesure de nos tâches et de nos problèmes. A notre action nous entendons de plus fixer un double impératif, conforme à notre politique de renouveau. Nous voulons unir le progrès et la tradition, comme nous demandons à l'intérieur la participation de tous et comme nous espérons de l'extérieur la participation du plus grand nombre. Cet impératif d'unir le progrès et la tradition sera le souci constant de nos efforts et la règle d'or de notre action. Il nous faut en effet maintenir et développer nos structures existantes car, vous l'avez dit vous -même, les perspectives économiques peuvent changer. Car aussi, dans notre monde où les barrières disparaissent, les connaissances sont rapidement diffusées et elles engendrent une critique plus serrée de nos activités et des exigences plus précises. Nous n'avons pas le droit de mésestimer les progrès techniques, même s'ils ne nous sont pas immédiatement accessibles. Nous ne saurions donc en abandonner la poursuite. Dans cette même perspective, lointaine ou proche, nos réalisations, projetées ou en cours, de participation villageoise et rurale se justifient immédiatement et devront déboucher sur les mêmes exigences. C'est d'ailleurs notre ambition. Elles ne sauraient être interprétées comme un retour en arrière par rapport à nos structures en place. Elles ne sauraient être envisagées comme une fin en soi ou comme l'établissement à peu de frais d'une action sanitaire de deuxième zone. La nature même de notre action nous impose cette double vigilance. : :

:

NEUVIEME SEANCE PLENIERE

215

Les actions classiques, qui ont fait leurs preuves (et leur éloge n'est plus à faire), ne sauraient prétendre juguler définitivement les grandes endémies parasitaires. De par leur complexité épidémiologique, celles -ci sont difficilement cernables; elles ne demandent qu'à reflamber. Vous en recommandez vous -même une approche de plus en plus ouverte sur les recherches nouvelles. Il en est de même pour la classique médecine de soins dont les progrès ne peuvent nous laisser indifférents. Au -delà de ce souci conventionnel, la création au niveau des collectivités rurales d'un service de santé parallèle quoique intégré, création réalisée avec prudence et circonspection, avec des moyens appropriés aux ressources locales, aura bien pour objectif initial de porter aux villages les plus éloignés l'aide sanitaire qu'ils attendent de nous, mais elle devra être le tremplin d'une action toujours en progrès. Dans la même perspective nouvelle d'élargissement des tâches de santé publique visant à la modification du milieu humain et physique, nous devons mener de front les grands travaux à option nationale et régionale et les réalisations à l'échelle villageoise. La modicité de nos moyens, l'immensité de nos tâches nous imposent d'aller de l'avant sans précipitation. Nous confronterons nos expériences en cours en laissant s'épanouir les initiatives individuelles et, par une politique de réalisation "en damier ", nous essaierons qu'elles se rejoignent en un ensemble d'autant plus solide que chacun de ses éléments aura fait ses preuves sur son propre terroir. Il n'est pas jusqu'à notre personnel qui ne devra prendre conscience de cette ambition et auquel nous entendons, avec l'originalité de notre génie national, insuffler cette dynamique nouvelle. Il n'est pas enfin jusqu'à notre action coordonnée avec celle des autres départements qui n'aura pour ambition dernière l'amélioration de la qualité de la vie de notre peuple sous ce double signe du progrès et de la tradition. Nos tâches, vous le voyez, seront lourdes. Il nous faudra de l'imagination, du temps et de la persévérance. Nous y veillerons. Il nous faudra aussi des aides. L'importance et l'universalité de celles qui nous sont déjà acquises, leurs réalisations et les projets en cours sous leur égide justifient notre sentiment qu'elles ne nous feront pas défaut dans l'avenir. Mais au -delà de cette espérance, plus important pour nous encore est le réconfort né de la manifestation d'une solidarité dont la portée ne saurait être appréciée par une simple évaluation arithmétique. Ce sentiment et cette certitude sont pour nous le gage de lendemains meilleurs pour nos populations et pour notre jeunesse au sein d'une fraternelle et universelle harmonie. Ce jour là enfin l'humanité se retrouvera une et notre assemblée, qui est un des fondements de cette unité, aura largement contribué à son établissement. L'ampleur de vos réalisations, la qualité de vos projets, le dévouement de vos personnels en sont le témoignage. Notre reconnaissance .à votre égard et, à travers vous, envers tous les pays frères et amis, toutes les instances et organismes internationaux, toutes les aides et toutes les assistances, bi- ou multilatérales, est déjà à la mesure de votre oeuvre. Vous portez tous nos espoirs et nous sommes certains qu'ils ne seront pas déçus. Le PRESIDENT PAR INTERIM (traduction de l'anglais) à l'orateur suivant, le délégué du Paraguay. i :

Je vous remercie. Je donne la parole

Le Dr GODOY JIMENEZ (Paraguay) (traduction de l'espagnol) : Monsieur le Président, Monsieur le Directeur général, Messieurs les Ministres de la Santé publique de pays amis, Messieurs les délégués, Mesdames et Messieurs, je voudrais exprimer nos félicitations sincères et amicales au Président et aux membres du bureau de la Vingt- Huitième Assemblée mondiale de la Santé à l'occasion de leur élection hautement méritée. La délégation du Paraguay tient aussi à féliciter très vivement le Directeur général de l'Organisation mondiale de la Santé de la brillante action qu'il mène à la tête de notre organisation. Ma délégation désire exprimer sa satisfaction devant l'intérêt croissant que porte l'OMS aux problèmes sanitaires des pays en voie de développement et devant ses efforts pour préciser ces problèmes et établir un échange plus direct afin que les méthodes et les critères soient "adaptés" et non pas purement et simplement "adoptés ", étant donné la diversité des conditions dans les différents pays. La budgétisation par programme de l'OMS et son application à la programmation par pays donnent une image nouvelle de l'Organisation et méritent notre appui. Le renforcement des services de santé, notamment dans les zones rurales, pour assurer des prestations de base suffisantes à un nombre toujours plus important de personnes, comme l'exposent les Actes officiels N° 220 et le Rapport annuel du Directeur général, est d'une importance primordiale pour les pays dans lesquels la couverture de la population rurale est insuffisante. Il faut s'attaquer avec détermination à la promotion des services nationaux de santé, qui a d'ailleurs fait l'objet d'un débat au Conseil exécutif. Au Paraguay, nous portons notre attention tout spécialement sur la population rurale, et nous concentrons nos efforts sur le renforcement des services ruraux de santé et sur la consolidation d'un système sanitaire assurant des soins complets dans le cadre d'une régionalisation des services sanitaires. Nous avons achevé un recensement national des ressources en personnel de santé et déterminé ce que sont nos besoins dans ce domaine. Nous formons des personnels intermédiaires et auxiliaires polyvalents pour les régions rurales et nous avons préparé à leur intention un manuel

216

VINGT- HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

fort utile. Aussi avons -nous constaté avec satisfaction l'intérêt que le Conseil exécutif porte à ce type de personnel. Nous pensons qu'il conviendrait de donner un appui financier aux écoles qui forment ces personnels afin qu'elles puissent bénéficier d'avis techniques; les pays de développement moins avancé pourraient ainsi disposer plus rapidement de ce genre de personnel, si important en milieu rural. Au Paraguay, nous offrons certains avantages au personnel médical pour l'encourager à se fixer dans les zones éloignées des centres urbains, à savoir des traitements plus élevés assortis d'indemnités spéciales, ce qui nous permet de corriger la répartition inégale du personnel qualifié entre la campagne et les villes. L'OMS a été pour beaucoup dans la décision d'améliorer les prestations offertes à la population rurale et assurer une assistance médicale à tous les habitants. Malheureusement, le coût de plus en plus élevé des services de santé et la réduction des ressources habituellement disponibles rendent difficile un développement des services permettant d'assurer une couverture suffisante. Nous pensons que le financement de la construction d'hôpitaux, de centres de santé et de postes sanitaires grâce à l'octroi de prêts avantageux par des organismes internationaux comme la BIRD devrait être encouragé par l'OMS qui, de son côté, fournirait aux Etats Membres l'assistance technique dont ils ont besoin pour que les projets se concrétisent. Nous ne pouvons manquer de mentionner la nécessité de prévoir des crédits à faible intérêt et à long terme pour l'assainissement et plus précisément pour les systèmes d'approvisionnement en eau potable dans les zones rurales. Aussi l'étude des moyens de financement du secteur sanitaire qu'a entreprise l'Organisation présente -t -elle un très grand intérêt à cet égard. Il est très important que soient approuvées les recommandations formulées par le Conseil conformément à la résolution WHA27.51 concernant l'exécution du programme antipaludique ainsi que la création du Comité ad hoc du Paludisme composé de cinq membres du Conseil. Nous demandons instamment à l'Organisation mondiale de la Santé d'intéresser le FISE à l'octroi d'une aide non seulement aux pays qui connaissent une recrudescence du paludisme, mais aussi aux pays qui, en raison de difficultés de financement, risquent de se trouver dans la même situation. L'Organisation devrait prêter une plus grande attention au problème des parasitoses intestinales et plus particulièrement à l'ankylostomiase qui continue d'affecter gravement la santé de millions d'êtres humains. A la suite de l'effort fait au Paraguay pour améliorer l'infrastructure sanitaire, pour créer, développer et réorganiser des services médico- sanitaires, pour construire des hôpitaux et des centres et postes de santé, pour former du personnel et pour exécuter les programmes, on a constaté une diminution des indices de mortalité et de morbidité par les maladies qui frappent traditionnellement les pays en voie de développement, et l'espérance de vie s'est trouvée prolongée. Dans ce contexte, la population a bénéficié en outre d'un développement économique et social plus harmonieux, dans un climat de paix et de liberté. Ce n'est pas en vain qu'elle a apporté avec foi et conviction son soutien et sa coopération active, si précieuse, aux entreprises de bien commun en participant non seulement à la construction d'hôpitaux, de centres de santé et de postes sanitaires et à l'installation de systèmes de distribution d'eau potable, mais aussi à la constitution d'un corps de plus de 4000 volontaires sans lequel il n'aurait pas été possible de présenter aujourd'hui, avec une fierté légitime, les résultats obtenus par le programme d'éradication du paludisme au Paraguay.

Je vous remercie. Le prochain orateur Le PRESIDENT PAR INTERIM (traduction de l'anglais) sur ma liste est le délégué de la République du Sud Viet -Nam, qui souhaite retirer son nom de la liste. Je vous remercie, Madame. Je donne maintenant la parole à l'orateur suivant, le délégué de la Côte d'Ivoire. :

Monsieur le Président, Monsieur le Directeur général, Le Professeur AYÉ (Côte d'Ivoire) honorables délégués, la délégation ivoirienne est heureuse de présenter à M. le Professeur Halter ses très chaleureuses félicitations pour son élection à la présidence de la Vingt- Huitième Assemblée mondiale de la Santé. Elle est convaincue que, sous son autorité, les débats se dérouleront dans les meilleures conditions possibles. Je voudrais profiter de l'occasion pour adresser mes vives félicitations au Président sortant, le Professeur Pouyan, Ministre de la Santé de l'Iran, pour la compétence avec laquelle il a dirigé l'année dernière les travaux de notre :

assemblée. Permettez -moi aussi, Monsieur le Président, d'adresser au nom de ma délégation mes vives

félicitations aux trois nouveaux Etats qui viennent d'être admis à notre organisation. Monsieur le Président, la délégation ivoirienne, que j'ai l'honneur de conduire, a examiné avec attention le Rapport du Directeur général sur l'activité de notre organisation au cours de l'année qui vient de s'écouler. Qu'il me soit permis d'adresser ici toutes mes félicitations au Dr Mahler ainsi qu'à ses collaborateurs pour les remarquables efforts qu'ils n'ont cessé de déployer depuis de nombreuses années pour aider les autorités sanitaires de nos Etats à trouver les solutions les mieux adaptées aux multiples problèmes qui les assaillent quotidiennement. La nouvelle présentation du Rapport du Directeur général satisfait pleinement ma délégation par

NEUVIEME SEANCE PLENIERE

217

sa clarté et sa concision. Elle permet au surplus une rapide évaluation du travail accompli et des efforts à entreprendre dans chacun des grands secteurs de la santé publique. Je voudrais, Monsieur le Président, faire quelques observations sur certains points traités dans ce Rapport. Le renforcement des services de santé est un des objectifs prioritaires des autorités sanitaires des pays en voie de développement, en particulier dans notre Région, car il conditionne dans une large mesure toute promotion de la santé de nos populations rurales et, partant, l'élévation de leur niveau de vie. Malheureusement, de nombreux facteurs s'opposent au développement rapide de ces services, tels que l'insuffisance quantitative et qualitative du personnel de santé et celle des moyens financiers. En Côte d'Ivoire, des efforts sont entrepris pour doter dans un délai relativement court chaque région du pays d'une infrastructure sanitaire satisfaisante. C'est ainsi qu'il est envisagé de doter d'ici 1980 chacun de nos 140 chefs -lieux de sous -préfecture d'un centre de santé avec maternité. Par ailleurs, au niveau des villages- centres, nous avons commencé la construction, avec la participation active des populations, de centres de santé qui viendront s'ajouter aux 370 centres actuellement existants, répartis sur l'ensemble du territoire national. Nous essayons de pallier l'insuffisance actuelle du personnel qualifié en constituant des équipes mobiles qui sillonnent l'ensemble du pays pour apporter un minimum de soins aux populations des zones les plus reculées. Une de nos grandes priorités est la santé de la famille et, en tout premier lieu, la santé maternelle et infantile. Pour y faire face, une vigoureuse action est en cours depuis quelques années organisation de séminaires de recyclage des personnels infirmiers et sages -femmes, ainsi que des travailleurs sociaux, avec la participation de tous les médecins des services de protection maternelle et infantile du pays. Ces séminaires ont pour objet de développer et d'étendre très rapidement les activités de santé maternelle et infantile à toutes les maternités rurales sans exception. Je voudrais, au passage, rendre hommage aux qualités de coeur, de grande compétence et d'exceptionnel dévouement du médecin -pédiatre et de l'infirmière de la santé publique que le Bureau régional a bien voulu mettre à notre disposition. Grâce à ces deux fonctionnaires, de nombreux enfants sont à présent régulièrement vaccinés dans les centres sociaux au même titre que dans les centres de protection maternelle et infantile et les activités d'éducation nutritionnelle des mères ont pris un essor remarquable. Pour répondre aux exigences sans cesse croissantes d'une population rurale avide de soins, notre gouvernement a entrepris depuis plusieurs années un vaste programme de formation des personnels de santé. Ainsi, au mois de juillet prochain, nos écoles paramédicales nationales fourniront au Ministère de la Santé publique 150 infirmiers - infirmières diplômés d'Etat, 75 sages- femmes, 9 techniciens de laboratoire et 5 assistants d'assainissement. La Faculté de Médecine d'Abidjan a atteint son rythme de croisière avec plus de 100 étudiants ivoiriens en première année; 24 médecins nationaux terminent leurs études cette année et, à partir de 19761977, nous aurons des effectifs de 25 à 40 nouveaux médecins par an. Devant cette perspective de promotions importantes de médecins d'ici quelques années, nous avons entrepris, avec l'aide de l'OMS, de planifier un cours postuniversitaire de santé publique à l'Institut national de Santé publique d'Abidjan. La lutte contre les maladies transmissibles constitue une de nos préoccupations majeures. Notre organisation consacre déjà une part importante de ses activités au programme régional de lutte contre l'onchocercose dans le bassin de la Volta, qui a démarré à la fin de l'année 1974. Les premières campagnes de lutte antivectorielle s'annoncent très encourageantes. La Côte d'Ivoire est heureuse d'avoir accueilli la première réunion en Afrique du Comité conjoint de Coordination en février 1975. L'éradication de la variole est une réalité dans la Région africaine. En Côte d'Ivoire, depuis juin 1967, aucun cas de variole n'a été dépisté. Notre pays est donc un des tout premiers de la Région africaine à avoir éradiqué cette terrible maladie. La phase d'entretien se poursuit au rythme de 500 000 vaccinations par an. La fièvre jaune, menace permanente dans la Région africaine, est inconnue en Côte d'Ivoire depuis de nombreuses années, ceci grâce à la politique d'immunisation systématique appliquée par le Gouvernement. Néanmoins, avec l'apparition depuis quelques années de plusieurs flambées épidémiques ou de cas sporadiques dans certains pays limitrophes et devant le grand mouvement migratoire de populations, nous avons décidé de procéder à une campagne de vaccination de toute la population qui doit s'étendre sur plusieurs années. En 1974, des équipes mobiles de l'Institut d'Hygiène ont pratiqué plus de 740 000 vaccinations antiamariles et, du ler janvier au 4 mai 1975, près de 290 000. La rougeole continue d'être une grande préoccupation, car elle demeure une des maladies les plus meurtrières pour la tranche d'âge de 0 à 6 ans dans notre Région. L'assistance de l'AID pour le programme de vaccination contre la rougeole étant arrivée à son terme, ma délégation lance un appel à l'OMS pour qu'elle prenne les mesures les plus appropriées pour aider notre pays à contrôler cette maladie infantile. En attendant, des dispositions ont été prises en Côte d'Ivoire pour poursuivre cette campagne à raison de 500 000 vaccinations par an. Permettez -moi, Monsieur le Président, de dire quelques mots sur la promotion de la salubrité de l'environnement. Parmi les nombreuses maladies transmissibles qui affectent notre :

218

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

Région, celles dues à un environnement insalubre sont particulièrement importantes. C'est dire toute l'importance que nous accordons, en Côte d'Ivoire, à l'approvisionnement en eau potable de la population, à l'évacuation des déchets solides et liquides, à l'amélioration de l'habitat et à la lutte contre les pollutions de toutes sortes. C'est ainsi que notre pays a entrepris, grâce à l'assistance du PNUD et de l'OMS, un programme d'approvisionnement en eau potable et d'assainissement de la ville d'Abidjan. A la suite d'une décision de notre chef d'Etat, un vaste programme de forage de puits dans toutes les agglomérations de plus de cent habitants a démarré à la fin de l'année 1974. Plus de 8000 puits seront réalisés dans le cadre de ce programme d'ici 1980. Je voudrais enfin, Monsieur le Président, avant de conclure, exprimer ici les sentiments de profonde gratitude de mon gouvernement et du peuple ivoirien tout entier aux Etats donateurs et aux organisations internationales parrainantes qui nous apportent leur assistance désintéressée dans le cadre du grand programme régional de lutte contre l'onchocercose. Nos remerciements vont de même au FED, au FISE et à l'AID pour l'assistance généreuse qu'ils n'ont cessé de nous accorder depuis de nombreuses années. Le PRESIDENT PAR INTERIM (traduction de l'anglais) Je vous remercie. L'orateur suivant sur ma liste est le délégué du Qatar. Celui -ci n'étant pas présent, je donne la parole au délégué du Costa Rica. :

Le Dr WEINSTOK (Costa Rica) (traduction de l'espagnol) Monsieur le Président, tout d'abord je salue les membres du bureau et je félicite le Président de son élection, de même que je félicite le Dr Mahler et le Dr Acuña. Ensuite, je tiens à protester énergiquement contre un déplacement de mon tour de parole qui a été décidé sans qu'on me demande mon accord. Il me semble que c'est un manque à la courtoisie qui ne devrait pas se produire dans une assemblée comme celle de l'Organisation mondiale de la Santé. :

Le PRESIDENT PAR INTERIM (traduction de l'anglais) : Monsieur, vous devez faire votre exposé.

Le Dr WEINSTOK (Costa Rica) (traduction de l'espagnol) : Monsieur le Président, je me permettrai de me répéter je tiens à féliciter de leur élection les membres du bureau de l'Assemblée. Je tiens à féliciter le Président. Je tiens à féliciter le Dr Mahler pour son oeuvre magnifique et à rendre hommage au Dr Acuña, Directeur régional pour les Amériques, qui fait lui aussi un travail remarquable. Et je tiens à protester contre la façon dont on a changé l'ordre des orateurs sans m'avoir consulté, ce qui est un manque d'égards pour ma délégation. En deuxième lieu, je veux dire que j'ai analysé une grande partie des travaux qui se sont déroulés à cette assemblée, qui se situe à un niveau si élevé dans le domaine de l'action sanitaire. Or, je dois malheureusement désapprouver ce que nous faisons à l'Assemblée plénière; j'estime en effet que nous sommes en train de perdre un temps précieux avec la présentation d'exposés décrivant les nombreuses activités en cours dans différents pays qui, me semble -t -il, n'intéressent pas la majorité des participants. J'estime que nous ne faisons pas un bon emploi du temps précieux que nous tous passons ici. On fait aussi perdre un temps précieux aux organismes qui travaillent dans le domaine de la santé du monde, et je tiens à attirer votre attention sur ce point pour voir s'il ne serait pas possible, à l'avenir, de mieux "exprimer le jus ", comme on dit dans mon pays, en faisant un meilleur emploi du temps et de l'argent investis dans l'action sanitaire. Je dirai à ce propos que dépenser plus de 2 millions de dollars pour organiser des réunions comme celles -ci - et vous pouvez voir qu'en ce moment moins de la moitié des délégations sont présentes - c'est vraiment gaspiller beaucoup d'argent pour quelque chose qui devrait être de l'action sanitaire, et qui ne l'est pas. Mon pays (je le dirai pour changer un peu de sujet et pour ne pas vous ennuyer) travaille à améliorer la santé rurale et 50 % de la population bénéficie déjà d'une couverture. Dans le domaine de la médecine des collectivités, toutes les villes sont déjà couvertes. La sécurité sociale a été étendue à la totalité de la population. Pour rendre possibles tous ces changements, il a fallu procéder à une réorganisation administrative. Nous avons mis en chantier un programme de nutrition, qui est mené de pair avec une action éducative et un programme agricole, car à lui seul un programme nutritionnel ne saurait donner de résultats utiles dans aucun pays. Nous travaillons, par conséquent, à la destruction des parasites, à l'installation de latrines et de réseaux d'approvisionnement en eau, et les programmes entrepris, qui doivent se poursuivre jusqu'en 1976 -1977, couvriront 100 % de la population. Depuis le mois de mars, nous exécutons un programme d'enrichissement de tout le sucre en vitamine A; nous enrichissons la farine en fer et le sel en iode. Nous planifions en commençant par définir nos objectifs, et nous ne pratiquons pas la planification pour le plaisir de planifier, dont on parle tant dans les ministères. Je dirai pour terminer que nous n'avons pas de paludisme, qu'il n'y a pas - ou du moins qu'il n'y a que très peu - de cas de paludisme importés, et pratiquement pas de cas indigènes. Nous n'avons pas de poliomyélite - pas un seul cas. L'année dernière, la rougeole n'a provoqué que 12 décès alors que le chiffre annuel le plus bas enregistré jusqu'alors avait été de 156. Et le reste à l'avenant. :

NEUVIEME SEANCE PLENIERE

219

Notre pays n'est ni meilleur ni pire que les autres. Il est probable que ce que je suis en train de dire n'intéresse guère, mais je veux tout de même ajouter que l'Organisation - et je ne fais que répéter ce qu'a dit le Président de l'Assemblée dans son discours inaugural - ne sera pas meilleure que ce que les Etats Membres voudront qu'elle soit. Et sur ce point, je vous invite à réfléchir. Le Costa Rica est un pays qui n'a pas d'armée. C'est un pays qui pratiquement ne dépense pas cinq centimes pour des armes. C'est un pays où les budgets de l'éducation et de la santé sont prioritaires, et je crois qu'avec nos possibilités économiques de pays pauvre nous faisons tout de même un certain travail dans le domaine de la santé. Si l'un de vous était intéressé à approfondir l'un quelconque des sujets dont je viens de parler, je me ferais un plaisir de me mettre à sa disposition. Je vous remercie de votre intervenLe PRESIDENT PAR INTERIM (traduction de l'anglais) tion. Le Directeur général, je tiens à le dire, m'a donné l'assurance que vos observations quant à la procédure seront automatiquement examinées par le Conseil exécutif lorsqu'il étudiera nos méthodes de travail. Je crois que vos observations sont justes. Toutefois, les changements en cause, qui n'intéressent qu'une ou deux places dans l'ordre des orateurs, tiennent directement au fait que certains délégués, qui désirent quitter Genève, ont spécialement demandé à être inscrits sur la liste pour aujourd'hui. Il nous semble naturellement que si la délégation du Costa Rica avait éprouvé des doutes quant à la possibilité de prendre la parole aujourd'hui avant 17 h.30, on nous en aurait avertis rapidement, afin que nous fassions le nécessaire pour qu'on l'entende. Je donne maintenant la parole au délégué de l'Equateur. :

Le Dr BERME() (Equateur) (traduction de l'espagnol) : Monsieur le Président, Monsieur le Directeur général, Mesdames et Messieurs les délégués, nous félicitons sincèrement le Président et les Vice -Présidents de leur élection à leurs hautes fonctions. Nous tenons également à féliciter le Directeur général de son Rapport éloquent et précis, surtout en ce qui concerne les activités de l'année 1974 portant sur le renforcement des services de santé de la famille, le développement des personnels de santé, les maladies transmissibles et non transmissibles, les substances prophylactiques et l'hygiène du milieu. Cette assemblée, telle que nous la concevons, est animée du désir de résoudre rapidement les problèmes de santé de tous les peuples du monde, et notre présence ici a pour but de traduire dans la réalité la conjonction des efforts des nations et leur généreuse coopération. En effet, dans cette haute assemblée, on exprimera des voeux et on émettra des recommandations au sujet des méthodes les plus efficaces et les plus modernes à appliquer pour résoudre les problèmes de santé. Nos résolutions seront pour l'OMS une base et un guide qui fourniront une orientation vers l'objectif fondamental et suprême de l'espèce humaine le bien -être physique et mental, en tant que résultat de la protection de sa santé. Une vision claire de la situation en Equateur, telle qu'elle est de nos jours, et telle' que nous voulons qu'elle soit à l'avenir, n'est possible que dans une perspective d'ensemble. Faute de temps, je me limiterai à citer seulement quelques aspects remarquables des réalisations du Gouvernement des Forces armées qui dirige les destinées du pays. Les faits fondamentaux qui marquent la politique de santé sont les suivants la déclaration d'application de la constitution politique de 1945 qui, dans le chapitre pertinent, reconnaît notamment le droit à la santé comme l'un des droits fondamentaux des Equatoriens; la formulation de la philosophie et du plan d'action du Gouvernement, ultérieurement ratifiée par l'approbation du "plan intégral de transformation et de développement ", où est clairement exposée l'intention du Gouvernement d'accorder la priorité au secteur sanitaire, en renforçant le système national actuel et en créant un service national de santé. En vertu de cette option politique, et eu égard au fait que le Ministère ne disposait que du plan quinquennal provisoire, il a fallu élaborer un plan opérationnel comportant une programmation à court et à moyen terme. A cette fin, et compte tenu des recommandations de la réunion des ministres de la santé des Amériques en 1972, et de celles de la deuxième réunion des ministres de la santé de la région des Andes (Quito, juillet 1973), on a établi le plan national 1974 -1977 en appliquant la méthodologie de planification utilisée par le Bureau sanitaire panaméricain et, en ce qui concerne les programmes, l'approche du plan décennal de sauté pour les Amériques. On élabore à l'heure actuelle une méthodologie pour l'application du plan national au niveau opérationnel qui, jointe à diverses normes de caractère technique et administratif, aura une incidence directe sur l'organisation du système national de santé. Dans cette perspective, on a travaillé à la mise en service du "dossier clinique unique ", qui permettra d'unifier la nomenclature et les procédés cliniques et chirurgicaux dans les établissements de santé et fournira de meilleures informations en vue de la prise de décisions et des activités d'évaluation et de contrêle. L'homme et son milieu constituant une dualité indissoluble, alors que dans son optique traditionnelle la médecine consacrait toutes ses ressources aux soins individuels en oubliant l'autre élément primordial, c'est -à -dire l'environnement, il a fallu créer dans le cadre du plan : :

220

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

national de développement, le Sous -Secrétariat de l'Assainissement du Milieu et des Ouvrages sanitaires, pour soutenir l'action projetée par le Gouvernement en matière d'amélioration ou de création d'infrastructures sanitaires. Afin de disposer d'un personnel technique et administratif à la hauteur de ses tâches, on a fait appel aux services consultatifs de l'OPS pour l'administration et l'équipement de 8 établissements totalisant environ 2000 lits. On a organisé en même temps des cours de perfectionnement pour directeurs d'hôpitaux, personnel infirmier professionnel et auxiliaire, personnel d'entretien, etc.

Programme de soins médicaux En 1973, le pays disposait de 13 066 lits, soit 2,1 lits pour 1000 habitants, avec un taux de sorties d'hôpital de 1 pour 24 habitants. Les établissements dépendant du Ministère de la Santé comptaient 7221 lits, dont 72,2 7 se trouvaient dans des agglomérations de 20 000 habitants et plus. Sur le plan de l'efficience, les moyennes d'occupation et de rendement des lits sont faibles, cela à cause du manque de ressources, de personnel, de matériel, etc. Il y a peu de soins ambulatoires la moyenne des consultations externes, surtout pratiquées en milieu urbain, n'a été que de 0,85 par habitant et par an. Dans les zones rurales, on compte 176 sous centres de santé, confiés à des médecins récemment diplômés. Face à une telle situation, les propositions du Ministère sont les suivantes organiser les services sur une base de soins médicaux progressifs en mettant l'accent sur les soins ambulatoires; dans les chefs -lieux des provinces, rénover les lits ou en augmenter le nombre, selon les nécessités techniques, et augmenter le nombre des centres de santé jusqu'à ce qu'on dispose d'un centre pour 30 000 habitants; dans les chefs -lieux de canton, augmenter le nombre des centres de santé et des hôpitaux; dans les localités importantes, porter à 300 le nombre des sous -centres et, dans les localités moins importantes, créer un réseau de postes aussi simples que possible confiés à des personnels auxiliaires; dans les services ambulatoires, donner la priorité à la santé maternelle et infantile, aux vaccinations, à la nutrition et à l'assainissement et, dans tous les services, chercher à réaliser un taux de sorties d'hôpital de 1 pour 15 habitants et un taux de 1,2 consultations par habitant et par an. Les activités menées en 1974 ont été les suivantes : construction et équipement de 31 centres de santé -hôpitaux; préparation des plans de 4 hôpitaux totalisant 1160 lits; ouverture d'un service de consultations externes dans un hôpital de 400 lits et dans un hôpital de 25 lits (les malades seront admis progressivement à partir de cette année); poursuite de la construction d'un hôpital de 400 lits; mise au point des plans d'un hôpital de 120 lits et poursuite de la modernisation d'un hôpital de 100 lits; en outre, on a construit 4 centres de santé et assuré le financement de la construction de 16 autres centres; des négociations ont été entamées avec la Banque interaméricaine de Développement afin d'obtenir un prêt pour la construction et l'équipement de 270 sous -centres de santé; on a poursuivi l'exécution de programmes de modernisation, d'aménagement et de rénovation des équipements dans presque tous les hôpitaux existants et on a commencé à améliorer l'organisation et l'administration des hôpitaux en général. :

:

Programme de santé maternelle et infantile Le Gouvernement des Forces armées de l'Equateur se préoccupe tout particulièrement d'améliorer la situation des mères et des enfants. A cette fin, on a pris les dispositions suivantes 1) On a défini une politique et une stratégie de protection maternelle et infantile et de bien -être de la famille, avec des objectifs réalistes concernant la réduction des taux de mortalité maternelle, infantile et préscolaire, l'extension progressive des services pour la période prénatale et l'accouchement ainsi que des consultations postnatales, la régulation de la fécondité, la détection précoce du cancer de l'appareil génital féminin et la protection sanitaire des enfants en bas âge, des enfants d'âge préscolaire et de la population scolaire. 2) On a élaboré et formulé le programme de santé infantile et de bien -être de la famille. 3) On a élaboré le projet de programme national de bien -être de la famille, qui a été présenté à l'Organisation des Nations Unies pour obtenir l'assistance technique du FNUAP. 4) On a organisé pour la première fois un programme de communication sociale comportant les éléments suivants étude sur les moyens et systèmes de communication convenant à des publics différents par l'aptitude à communiquer, et conception, production et distribution de matériels adaptés à ces publics. 5) On a mis au point les normes de soins et le manuel de distribution des tâches, ainsi que les formulaires d'information concernant le programme pertinent. 6) On a modernisé et rééquipé les installations des services de maternité, de chirurgie et rééducation et de néonatalogie de la maternité principale administrée par le Ministère. 7) On a renforcé l'équipement gynécologique et obstétrical de 22 hôpitaux, de 11 centres de santé et de 27 sous -centres de santé. On a intensifié la formation du personnel à tous les niveaux. 8) On a mis en oeuvre le projet de développement administratif de la division concernée, 9) pour la rendre apte à s'acquitter efficacement de ses tâches difficiles. 10) On a entrepris des activités de recherche dans ce domaine. : :

NEUVIEME SEANCE PLENIERE

221

Programme d'épidémiologie La prévention des maladies transmissibles a été peut -être l'une des activités qui ont bénéficié de plus d'attention de la part du Ministère. A cet égard, on a accompli les tâches suivantes Prise de mesures visant à maintenir le pays exempt de variole. 1) Afin d'éradiquer la poliomyélite, on a exécuté en 1974 la deuxième étape de la 2) campagne de vaccination massive, prévoyant l'administration d'un vaccin monovalent à plus de 400 000 enfants et celle d'un vaccin trivalent à environ 750 000 enfants (premier et deuxième rappel). Le résultat en a été une diminution de l'incidence, qui était au 30 septembre de 11 cas, soit un niveau qui peut être favorablement comparé à celui de l'année précédente. Afin d'endiguer définitivement la rougeole, on a vacciné 626 000 enfants dans le cadre 3) d'une campagne de vaccination massive. Afin d'intensifier la lutte antituberculeuse, on a administré 132 000 doses de vaccin 4) BCG et, d'autre part, on a développé le programme de soins ambulatoires, de dépistage des cas de tuberculose évolutive et de contrêle post -cure, qui était jusqu'alors limité à une fraction :

du pays.

On a continué à assurer les soins à domicile en milieu rural dont bénéficient 5) 2200 personnes souffrant de la lèpre. On a poursuivi la réalisation du programme sélectif de lutte contre la peste, en con6) centrant les efforts dans les zones de surveillance épidémiologique. En 1974, l'incidence a été représentée par un cas unique, notifié dans une zone endémique de l'intérieur. On a mené à bon terme la première étape de la campagne d'éradication du pian, maladie 7) constatée seulement dans une province du nord -ouest proche de la Colombie. Aucun cas de fièvre jaune n'a été signalé en 1974. Aucun Aedes aegypti n'a été observé 8) dans les anciens gîtes larvaires qui ont été examinés, ce qui est à porter à l'actif des mesures de lutte.

Enfin, en ce qui concerne l'éradication du paludisme, les travaux que nous avons 9) systématiquement entrepris nous permettent de faire valoir les résultats suivants L'incidence des lames positives est seulement de 1,7 %. a) On a constaté 4278 nouveaux cas en 1974, soit 20 % de moins que l'année précédente; b) c'est là le chiffre le plus bas enregistré depuis 15 ans. La transmission du paludisme se limite à deux provinces à population clairsemée; c) 60 % du nombre total de cas se sont produits parmi cette population, qui représente 11 % de la population totale des zones impaludées. On commence à utiliser de plus en plus le personnel des services antipaludiques d) - surtout celui qui travaille dans les zones parvenues à la phase de consolidation ou d'entrepour d'autres activités menées en collaboration avec les autres services de santé. tien Il sera possible d'atteindre les objectifs fixés pour 1980. e) :

Programme de nutrition Le Gouvernement de l'Equateur est conscient de l'importance du problème et de ses conséquences. Pour lui trouver une solution, il a défini une politique qui, en favorisant le développement des secteurs de l'élevage et de l'agriculture industrielle, ouvre la voie à un meilleur approvisionnement en aliments et à une moins grande dépendance dans ce domaine. Parallèlement, le Ministère de la Santé a axé la politique nutritionnelle davantage sur la prévention que sur le traitement. A cet égard, on a élaboré un programme d'aide alimentaire maternelle et infantile dont l'exécution a commencé en décembre. Ce programme représente un investissement de 5 millions de sucres au cours de la première année et de 30 millions au cours des années suivantes.

Par ailleurs, on a poursuivi les activités de lutte contre d'autres maladies de carence et l'on entreprendra cette année l'exécution d'un programme d'administration d'huile iodée dans certaines collectivités où le goitre endémique est très répandu.

Programme d'hygiène bucco- dentaire

Dans ce domaine, je suis heureux d'indiquer que, conformément au plan décennal.de santé pour les Amériques, le secteur de l'odontologie a développé ses activités en lançant des programmes de soins préventifs et curatifs basés sur la recherche de nouveaux systèmes qui, en modifiant l'accomplissement des activités professionnelles, permettent d'accroître sans cesse le nombre des personnes bénéficiant de services dentaires. Pour parvenir à cette situation, il a été nécessaire de réaliser les opérations suivantes: 1) création de la Division nationale d'Hygiène bucco- dentaire au niveau central; 2) formulation du programme d'hygiène bucco- dentaire dans le cadre de la planification sanitaire nationale; 3) création et organisation d'un institut des moyens odontologiques pour la région andine, résultant de l'approbation donnée par la troisième réunion des ministres de la santé de la région des Andes (Caracas, 1974); 4) étude de systèmes, installation de modules d'enseignement, conception et réalisation de matériels odontologiques simplifiés et distribution de nouveaux

222

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

matériels techniques aux brigades rurales qui réalisent un travail considérable en faisant appel à du personnel auxiliaire au lieu de suivre la méthode traditionnelle qui consiste à confier toutes les tâches à une seule personne. Au cours de l'année 1974, les services du Ministère ont accompli 156 000 actes odontologiques complets sur des patients des collectivités rurales du pays. Programme d'hygiène du milieu Reconnaissant la gravité du problème, les autorités ont, à partir de 1973, entrepris un effort total et résolu pour corriger les retards constatés dans ce domaine. Les mesures suivantes ont été prises 1) Sur le plan financier, on a décidé par décret que le programme national d'assainissement serait financé à la fois par des recettes pétrolières et par des affectations budgétaires directes. Il importe de souligner que ce décret établit un système de "fonds de roulement" grâce auquel l'Institut équatorien des Ouvrages sanitaires peut consentir des prêts remboursables aux collectivités urbaines et des prêts non remboursables pour l'exécution de programmes en milieu rural. 2) Sur le plan institutionnel, on procède à la restructuration de l'Institut équatorien des Ouvrages sanitaires, organisme relevant du Ministère et chargé de l'exécution du programme. 3) Sur le plan de l'exécution, on a effectué les opérations suivantes a) Réseaux urbains de distribution d'eau potable et d'évacuation des eaux usées on a terminé ou entrepris la construction de 11 réseaux de distribution d'eau potable et d'évacuation des eaux usées pour un montant total de 432 millions de sucres. Des études ont été réalisées pour 35 villes. Assainissement de base en milieu rural on a réalisé les études nécessaires à l'inb) vestissement, en 1975, de 400 millions de sucres pour la construction de petits réseaux de distribution d'eau et d'élimination hygiénique des excreta ainsi que "d'unités de distribution d'eau ", de puits excavés et de latrines. le problème a été longtemps négligé. L'Institut équatoGestion des déchets solides c) rien des Ouvrages sanitaires a entrepris un programme visant à le résoudre à court terme dans les collectivités de plus de 20 000 habitants. Enfin, on a réalisé des études sur la pollution du milieu et on a établi des programmes d) de fluoration de l'eau potable. : : : : :

Programme de développement de l'industrie pharmaceutique L'approvisionnement en médicaments de l'Equateur s'est longtemps caractérisé par une forte dépendance vis -à -vis de l'étranger, la production locale se limitant pratiquement à deux grands laboratoires d'où provient la plus grande partie de la production nationale. D'une manière générale, les médicaments sont chers et hors de portée du consommateur moyen, situation qui ne facilite guère l'action sanitaire. Face à cet état de choses, le Gouvernement a arrêté une politique dont les principaux a) interdire la hausse des prix; b) stimuler la production aspects ont été les suivants locale, soit en créant de nouvelles installations, soit en utilisant les moyens existants pour fabriquer en Equateur des médicaments étrangers. Cette politique a amené sept grands laboratoires pharmaceutiques à entreprendre la construction d'installations industrielles fabriquant leurs produits ainsi que ceux de 20 autres sociétés. De même, 41 laboratoires étrangers ont passé des contrats avec les laboratoires existants. On espère que, lors de l'achèvement de ce programme, le 20 mars 1976, les importations accuseront une diminution de l'ordre de 370 millions de sucres, soit approximativement 55 % du volume des ventes de médicaments importés, ce qui, ajouté à la production locale préexistante, suffira à assurer un approvisionnement du pays en médicaments de bonne qualité. Enfin, dans le but d'uniformiser l'achat, la gestion et l'utilisation de médicaments dans nos services, nous avons dressé une liste de base de produits monopharmaceutiques. Le Ministère a donc pu commander à l'industrie nationale des médicaments à usage hospitalier qui permettront d'améliorer notablement les soins médicaux. Pour terminer, je tiens à souligner que pour la formulation et l'exécution de ces différents programmes, nous avons bénéficié de l'aide précieuse de l'OPS et de l'OPS et que nous les en remercions.) :

Le PRESIDENT PAR INTERIM (traduction de l'anglais) sur ma liste est le délégué du Japon. :

:

Je vous remercie. L'orateur suivant

Monsieur le Président, Messieurs les M. TSURUMI (Japon) (traduction de l'anglais) délégués, compte tenu de notre accord concernant la procédure, mes commentaires seront très concis.

1 Le texte ci- dessus est la version intégrale du discours prononcé par le Dr Bermeo sous forme abrégée.

NEUVIEME SEANCE PLENIERE

223

Je tiens avant tout à exprimer la reconnaissance de ma délégation au sujet de l'excellent Rapport du Directeur général, le Dr Mahler, et de ses collaborateurs sur l'activité de l'OMS en 1974.

Après les résultats remarquables qu'elle a obtenus dans la lutte contre la maladie depuis sa fondation, l'Organisation mondiale de la Santé a fait un grand pas en avant l'année passée. Tout le monde sait que la variole, dont les hommes ont tant souffert pendant si longtemps, est maintenant sur le point de disparaître grace aux efforts inlassables de l'OMS. J'ai pu constater que l'humanité a une grande aptitude à résoudre les difficultés de la vie grâce à une coopération internationale fondée sur un esprit d'humanité et de solidarité. Le Gouvernement et le peuple que je représente n'épargneront aucun effort pour aider l'Organisation à réaliser, par la coopération internationale, son idéal si élevé. Tout en rendant hommage à l'OMS pour ses réussites, nous ne devons pas perdre de vue que l'objectif consistant à assurer "un état de complet bien -être physique, mental et social" à tous les peuples du monde est encore très éloigné. Nous avons toujours à résoudre de nombreux problèmes de santé, anciens et nouveaux. De plus, nous voyons que certaines maladies, endiguées dans une grande mesure grâce à nos efforts, ont repris l'offensive, nous défient et menacent de nouveau nos vies. Il se passera malheureusement beaucoup d'années avant que nous soyons libérés de la menace du paludisme, des maladies vénériennes et d'autres maladies contre lesquelles nous avons si longtemps lutté dans le passé. Face à des problèmes de santé si divers, nous ne pouvons avancer que pas à pas, animés de la ferme résolution de réussir, grace à une coopération internationale durable, à vaincre toutes les maladies. Des grands problèmes auxquels nous sommes confrontés, celui de la lutte contre les maladies qui persistent dans les pays en voie de développement est le plus urgent. Ces maladies, comme on le sait bien, constituent un obstacle majeur au développement. C'est pourquoi ma délégation approuve pleinement la politique de l'OMS, fortement axée sur les programmes d'assistance technique visant à aider les pays en voie de développement à surmonter cet obstacle. En évoquant l'importance des programmes d'assistance technique, je voudrais souligner deux points qu'il ne faut jamais perdre de vue. En premier lieu, nous estimons que les programmes d'assistance de l'OMS ne doivent pas être considérés comme des substituts des projets sanitaires nationaux des pays assistés. A notre avis, des projets sanitaires nationaux bien conçus et principalement financés par des ressources nationales sont des instruments essentiels pour combattre les maladies dans les pays en voie de développement. Nous assistons avec admiration aux efforts courageux déployés par de nombreux pays en voie de développement pour améliorer leur situation sanitaire, avec l'aide technique de l'OMS, qui soutient efficacement les projets nationaux. Pour que les ressources limitées de l'Organisation soient utilisées de la manière la plus efficace, nous devons veiller à ce qu'elles soient réparties de manière à fournir le maximum de profit pour un minimum de coût. Dans cette optique, c'est l'assistance technique plutôt que l'assistance financière qui devrait jouer le rôle principal dans le programme d'assistance de l'OMS. Il est opportun de rappeler à ce propos la remarque faite l'autre jour par le Directeur général, à savoir que l'OMS ne doit pas être considérée comme un organisme donateur. En deuxième lieu, s'il faut accorder l'attention voulue aux programmes d'assistance, il faut aussi reconnaître l'importance de beaucoup d'autres éléments. Aujourd'hui, en particulier, nous sommes aux prises avec des difficultés nouvelles que nous avons nous -mêmes créées par nos entreprises d'industrialisation et de développement. On peut citer en exemple la pollution et le traitement chimique des aliments, et il y a aussi les problèmes nouveaux dus à la drogue. Ces problèmes de santé, qui affectent surtout, pour l'instant, les pays développés, méritent une grande attention. Il ne faut pas croire qu'ils soient circonscrits aux pays développés, ni que leur résolution ou leur atténuation n'aurait d'utilité que pour les populations des pays développés. Il est certain que ces problèmes se présenteront dans un avenir très proche dans les pays actuellement en voie de développement et constitueront une menace pour leur population, à moins qu'on ne prenne dès à présent des mesures appropriées pour les résoudre. Si on choisissait de réduire les activités de l'OMS dans ce domaine, en mettant excessivement l'accent sur l'expansion des programmes d'assistance, on risquerait de causer aux générations futures un préjudice grave dont tous les êtres humains auraient à souffrir. Qu'il me soit permis pour finir, Monsieur le Président, de présenter mes sincères et chaleureuses félicitations aux Tonga, à la République démocratique du Viet -Nam et au Mozambique, qui viennent d'être admis comme nouveaux Membres de l'Organisation. Le PRESIDENT PAR INTERIM (traduction de l'anglais) Je remercie le délégué du Japon. Un celui des Philippines qui désire que son exposé soit autre orateur était inscrit précédemment inséré dans le compte rendu, ce dont je le remercie. :

:

Le Dr SUMPAICO (Philippines) (traduction de l'anglais)1 : Monsieur le Président, Monsieur le Directeur général, Messieurs les délégués, Mesdames et Messieurs, au nom de la délégation

Le texte qui suit a été communiqué par la délégation des Philippines pour insertion dans le compte rendu, conformément à la résolution WHA20.2.

1

224

VINGT -HUITIEME ASSEMBLES MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

des Philippines, permettez -moi de vous féliciter, Monsieur le Président, de votre élection très méritée aux plus hautes fonctions de la Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé. Je veux également féliciter les personnalités distinguées qui ont été élues Vice -Présidents de l'Assemblée et Présidents des commissions. Vous représentez un tel capital de compétences que l'Assemblée peut s'attendre à ce que ses délibérations soient extrêmement fructueuses. Quant à ma délégation, elle peut simplement vous assurer de son appui et de sa collaboration chaleureux et sincères. Nous vous adressons donc, Monsieur le Président, nos meilleurs voeux de succès. Nous aimerions aussi profiter de cette occasion pour féliciter les nouveaux Membres de l'Organisation et leur souhaiter la bienvenue. Ils nous permettent de faire un pas de plus vers une véritable universalité et contribuent à "recréer" un monde un et indivisible, uni par une même volonté et une même détermination dans la poursuite d'un objectif qui est la condition amener tous les peuples à un niveau de santé et essentielle du bonheur et de la joie de vivre de bien -être aussi élevé que possible. Le Rapport du Directeur général a mis clairement en évidence les efforts déployés par l'Organisation mondiale de la Santé dans l'exercice de ses fonctions. On y trouve un tableau fidèle de la situation sanitaire dans le monde avec, en arrière plan, les difficultés sociales et économiques auxquelles se heurtent les pays. Il passe en revue les divers aspects d'un programme de développement sanitaire à facettes multiples pour lequel l'Organisation suggère des approches, des méthodes et des orientations que les Etats Membres adaptent en fonction de leurs priorités nationales et régionales. Si la délégation des Philippines ne se propose pas d'examiner tous les détails du Rapport du Directeur général, c'est simplement parce que le temps lui fait défaut et qu'elle craint d'abuser de la patience des délégués. Nous nous contenterons par conséquent d'examiner l'incidence générale du Rapport sur le programme global de santé de notre pays. La lutte contre les maladies transmissibles demeure une de nos préoccupations essentielles dans le domaine de la santé. Parmi les dix principales causes de morbidité et de mortalité, les quatre premières sont des maladies transmissibles qui exigent un grand effort en matière de surveillance, de vaccination, d'assainissement et de services sanitaires et médicaux essentiels. Notre pays s'est engagé dans une révolution démocratique non violente qui vise à rompre avec le passé et à offrir non des consolations mais une société nouvelle caractérisée par une volonté de changement et de développement qui se manifestera dans notre vie politique, sociale et économique. A aucun moment de notre histoire, nous ne nous sommes trouvés dans une situation aussi favorable pour réaliser un tel changement et c'est dans ce contexte que nous nous employons aujourd'hui à obtenir pour notre peuple de meilleures conditions de santé et de bien :

être.

Un programme de développement hospitalier, entrepris conjointement par le Gouvernement et le secteur privé, a permis d'accroître les services médicaux, notamment depuis le lancement du programme "Medicare" dont la couverture s'étend à la totalité des Philippins. Au cours de ces six dernières années, 306 hôpitaux nouveaux ont été implantés et le système des unités sanitaires rurales, organisation sanitaire de base du pays, est en cours de restructuration afin de pouvoir desservir les communautés rurales les plus écartées. Ceci implique une modification de la dotation en personnel, des fonctions et des responsabilités ainsi qu'une utilisation plus poussée du personnel sanitaire paramédical et auxiliaire. Le service de santé exécute un programme intensif de santé maternelle et infantile qui a toujours été intégré, pour l'essentiel, dans les services des unités de santé rurales réparties sur l'ensemble du territoire national. On a entrepris des travaux de recherche opérationnelle pour améliorer l'efficacité et le rendement des services intégrés tandis qu'un programme de planification familiale est exécuté dans le cadre des services de santé maternelle et infantile et à l'échelle de la province avec l'aide du FNUAP, du Conseil de la Population et de l'OMS. Notre Présidente a inauguré en personne un programme national de promotion de la nutrition qui comporte la production de denrées alimentaires, une éducation en matière de nutrition ainsi que des services de cure et de réadaptation. Le Service de la Nutrition du Département de la Santé concentre son attention sur le groupe particulièrement vulnérable des mères et des enfants. Il planifie, prépare et élabore des programmes d'action visant à intégrer les activités nutritionnelles dans les services curatifs et préventifs. Un nouveau programme, qui impose aux médecins et infirmières fraîchement diplômés de travailler pendant six mois dans des communautés rurales dépourvues de médecins et d'infirmières avant de pouvoir exercer leur profession, a permis d'atténuer le problème posé par la répartition inégale du personnel sanitaire entre les zones urbaines et rurales. Grâce à lui, on dispose maintenant, dans les communautés rurales isolées, d'une réserve flottante de médecins et d'infirmières. Un programme corollaire de services de santé a été mis sur pied en collaboration avec les c'est le projet d'auto- assistance des barangays. Les dirigeants des autorités locales barangays (village) apprennent à assurer certains services de santé primaires dans le village administration de remèdes simples à domicile, rapports sur l'incidence des maladies, soins d'urgence en cas de catastrophe, hygiène du milieu, etc. Des sages -femmes diplômées sont recrutées pour exercer un nouveau rôle dans les services de santé après une formation appropriée. Elles seront employées non seulement dans les services : :

NEUVIEME SEANCE PLENIERE

225

de santé maternelle et infantile mais aussi, en qualité d'assistantes, dans les services de santé généraux. Ce programme quinquennal bénéficie d'un prêt de la Banque internationale pour la Reconstruction et le Développement. Des programmes élargis en matière de production de vaccins sont en cours avec l'aide de l'OMS et du FISE. Le programme de production de BCG lyophilisé, destiné à répondre aux besoins des Philippines et de la Région du Pacifique occidental, a atteint le stade de la mise en place du matériel spécialisé et dans le courant de l'année des lots d'essai seront préparés. La production proprement dite et la distribution des vaccins doivent commencer en janvier 1976. Une production accélérée de vaccin DTC, toujours avec l'aide de l'OMS et du FISE, est prévue pour 1976, ce qui favorisera le programme de santé maternelle et infantile du pays et apportera une contribution certaine au programme élargi de vaccination contre les maladies transmissibles courantes qui peuvent être évitées. L'éradication de la rage aux Philippines a été une grave source de préoccupation non seulement pour notre gouvernement, mais aussi pour l'OMS l'incidence de cette maladie continue d'être chez nous l'une des plus élevées du monde et un programme intensif de vaccination de la population canine permettrait de résoudre le problème. Le programme de production de vaccin antirabique Flury LEP préparé sur embryon de poulet, qui a été lancé l'an dernier, est en bonne voie. Grâce au matériel nouveau mis en place dans les laboratoires d'Alabang, il est maintenant possible d'envisager une production à moyenne échelle. Un programme national de vaccination des chiens va être lancé dans un très proche avenir. Monsieur le Président, pour reprendre les termes du Rapport annuel du Directeur général, les Philippines sont conscientes de l'obligation qui leur est faite, en tant qu'Etat Membre, d'appliquer les politiques et les programmes proposés par l'Organisation. Permettez -nous, par conséquent, de profiter de'cette occasion pour assurer l'OMS de notre coopération et de notre soutien dans la poursuite de son objectif essentiel la promotion de la santé et du bien -être de toute l'humanité. : :

Le PRESIDENT PAR INTERIM (traduction de l'anglais) la parole à un autre orateur, le délégué de l'Uruguay. :

:

Nous avons encore le temps de donner

Monsieur le Président de la Vingt Le Dr ALONSO (Uruguay) (traduction de l'espagnol) Huitième Assemblée mondiale de la Santé, Messieurs les Vice -Présidents, je vous adresse mes félicitations pour les hautes fonctions auxquelles vous avez accédé nul doute que pendant la durée de votre mandat nos progrès seront encore supérieurs à ceux que nous avons réalisés jusqu'ici. Au Directeur général, le Dr Mahler, dont j'ai fait récemment la connaissance, j'adresse l'assurance de mon appui personnel et de celui de mon pays pour qu'il continue à assumer ses importantes responsabilités avec la compétence dont témoigne le travail considérable exposé dans son dernier Rapport. Messieurs les délégués et chers confrères de divers pays du monde qui constituez cette assemblée, je dois enfin marquer ma reconnaissance au personnel des services linguistiques pour les services précieux qu'ils nous ont rendus avec abnégation et bonne volonté ainsi qu'aux autres personnes qui, d'une manière ou d'une autre, ont participé à notre travail. Monsieur le Président, mon pays, pays américain ayant derrière lui une longue tradition de paix, de liberté et de démocratie, voit dans l'OMS l'une des organisations dont l'existence est indispensable pour intensifier les connaissances des divers pays Membres et établir entre eux un dialogue intime qui soit à la fois constructif, sincère et fructueux. Etant donné que ce qui nous préoccupe - et doit toujours nous préoccuper - est la santé intégrale de tous les peuples, indépendamment de leur race et de leurs opinions politiques ou religieuses, et que la santé de tous est la raison d'être de notre travail ainsi que la base de la paix, du bien -être économique et du progrès de nos pays, nous devons nous unir pour apporter des solutions à tous les problèmes qui se posent, où que ce soit. Pour cela, il importe que partout où existe un désir d'améliorer la santé des peuples, l'OMS sache l'interpréter et le traduire en termes d'aide pour tous ceux qui en ont besoin. Dans mon pays comme ailleurs, le maintien d'une bonne situation sanitaire est une condition essentielle du développement; fort heureusement nous n'avons pas d'endémie importante, la variole ne s'est pas manifestée depuis des années, pas plus que la fièvre jaune et la rage, et la tuberculose a cessé d'être un problème; dans ce dernier cas, les pourcentages actuels sont insignifiants 1 % seulement de lésions actives chez les adultes examinés (et pratiquement aucune infection nouvelle) et incidence de 30,3 pour 100 000 en 1973; il convient de noter que la vaccination par le BCG est obligatoire. Nous nous intéressons particulièrement à la santé maternelle et infantile en effet, la mortalité infantile, qui est de 3 %, demeure constante et c'est aux enfants, futurs citoyens de notre pays, que nous devons consacrer l'essentiel de nos soins pour les maintenir en bonne santé grâce à une alimentation équilibrée, améliorant ainsi leurs perspectives d'avenir. A ce problème il convient d'associer celui de la stérilité qui ne doit pas, à notre avis, être considéré isolément mais s'inscrire dans un plan de grande envergure comportant la création d'un dispensaire pour examens gynécologiques périodiques à caractère préventif où l'on étudiera : : :

226

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

l'avortement, ses causes, ses conséquences et les moyens de réduire la stérilité post -abortum et où s'effectueront des examens du col de l'utérus, des tests de Papanicolaou, etc. Parmi les autres objectifs que nous nous sommes fixés figure, dans le domaine des soins gériatriques, la transformation des anciens asiles en foyers de personnes âgées répartis sur tout le territoire de l'Uruguay, conformément aux principes de la responsabilité communautaire et du maintien des personnes âgées dans leur lieu d'origine. Par ailleurs, on se préoccupe particulièrement des services de santé mentale, actuellement en plein essor, et les programmes envisagés à cet égard ont tous été réalisés. La lutte contre l'hydatidose se poursuit activement; nous pensons que la solution consiste non pas à attaquer la maladie de front en détruisant l'hôte intermédiaire, mais à développer l'éducation en milieu rural, de manière que les travaux agricoles avec les bovins se déroulent dans des conditions telles que l'infestation du chien soit impossible. La maladie de Chagas, répandue dans les pays voisins, pose un problème qui s'aggrave d'année en année et touche un nombre croissant de personnes. D'autre part, les changements écologiques pouvant résulter de la construction d'un barrage réservoir sont de nature à modifier les conditions actuelles et risquent également de nous exposer à d'autres maladies telles que la schistosomiase. Toutes ces activités nécessitent un appui généreux de nos frères américains et de tous nos amis du monde entier; ceux -ci peuvent aider l'Uruguay à occuper, parmi les autres races qui se sont fondues dans le creuset du cosmopolitisme qui nous caractérise, la place qui lui revient du fait de sa culture, vieil héritage hispano- latin. Dans une telle situation, les problèmes de protection sanitaire ne pourront être résolus que si l'on élabore un plan de santé qui, en exploitant ce qui peut encore l'être dans l'organisation actuelle et en restructurant et coordonnant les services sous le contrôle de l'Etat, apporte des solutions aux problèmes de la maladie, de l'hygiène du milieu, du logement et de l'alimentation, de l'éducation, du travail et des loisirs car nous considérons la santé comme un état de bien -être physique et social. Ce plan, qui a été sanctionné par le pouvoir exécutif de l'Uruguay, décrit dans ses grandes lignes l'action prévue dans les domaines suivants santé maternelle et infantile, gériatrie, santé mentale, rationalisation des soins médicaux et campagnes de vaccination. Etant parvenus à cette conception à la fois optimiste et réaliste de nos problèmes et conscients des difficultés présentes et futures, nous espérons qu'un échange d'expériences nous permettra de surmonter les obstacles qui empêchent nos prestations sanitaires d'atteindre le niveau souhaité. Mon pays, la République orientale de l'Uruguay, a une population évaluée à quelque 3 millions d'habitants. Ce chiffre est basé sur le recensement de 1963 et tient compte d'un accroissement démographique de 1,3 % par an. Nous sommes des descendants d'Européens; il n'y a pas d'Indiens chez nous et les Noirs y représentent moins de 1 % de la population totale. Notre capitale, Montevideo, regroupe 46 % de la population. Les 54 % restants occupent les 18 départements de l'intérieur; 82 % vivent dans des agglomérations urbaines et seulement 18 dans des demeures isolées, bourgades et hameaux. Notre pays est, sur le continent américain, celui dont l'urbanisation est la plus poussée. Plus de 90 % de nos exportations sont d'origine agricole et consistent en des matières premières ou en des produits manufacturés à partir de ces matières premières, principalement de la viande, du riz, de la laine et du cuir, du cachemire, des vêtements, des chaussures et des habits de laine et de cuir. On intensifie actuellement la pêche pour la consommation interne et l'exportation. Le taux d'alphabétisation est très élevé et la répartition des établissements d'enseignement primaire, secondaire et technique sur l'ensemble du territoire facilite l'éducation et la formation technique des jeunes générations auxquelles les portes des centres universitaires sont par ailleurs largement ouvertes. Les maladies infectieuses et parasitaires qui posent d'importants problèmes de santé publique dans d'autres pays du continent sont inconnues en Uruguay. :

Tuberculose

La tuberculose a toujours préoccupé nos services de santé et, compte tenu du caractère particulier de ce problème, tous les gouvernements ont de tout temps et sans interruption accordé un maximum d'attention à la lutte antituberculeuse. En 1929, il s'est créé au sein de ce que l'on appelait alors l'Assistance publique nationale et qui est devenu ensuite le Conseil de la Santé publique, puis le Ministère de la Santé publique, un Service d'Assistance et de Protection antituberculeuse qui, tout en ayant une compétence nationale, a longtemps limité son action à la capitale car il ne pouvait pas d'emblée agir à l'intérieur du pays avec toute l'efficacité voulue. En 1946, une loi a institué la Commission honoraire pour la Lutte antituberculeuse à laquelle on a assigné des objectifs en lui donnant les moyens de les atteindre. Son action s'exerce dans l'orbite du Ministère de la Santé publique. Grâce aux efforts conjugués de ces deux organismes qui ont toujours travaillé en parfaite harmonie, on a pu mettre sur pied un

1 Le texte qui suit a été communiqué par la délégation de l'Uruguay pour insertion dans le compte rendu, conformément à la résolution WHA20.2.

NEUVIEME SEANCE PLENIERE

227

service intégré de lutte antituberculeuse qui englobe des services de soins, de prophylaxie, d'aide socio- économique et d'éducation sanitaire. En vertu d'un mandat légal, la Commission honoraire est chargée, dans l'ensemble du pays, d'apporter une aide économique et sociale aux groupes familiaux dont un membre est atteint de tuberculose. Elle assure le dépistage des cas de tuberculose grace à des examens radiologiques de masse auxquels sont soumis notamment les contacts des malades. Elle controle et enregistre les foyers de tuberculose dans l'ensemble du pays. Elle administre le vaccin antituberculeux BCG à partir de la naissance et elle surveille et maintient avec un soin tout particulier le degré d'immunisation de nos jeunes dans les centres d'enseignement primaire, secondaire, technique et agricole et dans les écoles normales. Elle se préoccupe également de l'éducation pour la santé et on peut dire qu'elle suscite partout où s'exerce son action une attitude positive vis -à -vis de la lutte antituberculeuse. Par ailleurs, elle enregistre et analyse les certificats de décès par tuberculose. Elle complète s'il y a lieu l'action du Service d'Assistance et de Protection antituberculeuse dont dépendent notamment les soins aux tuberculeux dans tout le pays et qui travaille en parfaite harmonie avec la Commission. Toutes ses activités passent successivement par les phases planification, réalisation et évaluation. C'est pourquoi ses programmes d'action ne suivantes peuvent pas être fixés une fois pour toutes; ils sont, au contraire, essentiellement dynamiques et se conforment aux circonstances et aux nécessités du moment, l'objectif étant toujours d'obtenir un rendement maximum le plus rapidement et le plus économiquement possible. Depuis le début, on s'est employé à mettre en oeuvre, au profit de tous, un programme complet de lutte antituberculeuse à l'échelon national visant à réduire les risques d'infection, de maladie et de décès dus à la tuberculose. A cet effet, il convient de rompre la chaîne de transmission de la maladie 1) en localisant le plus têt possible les cas infectieux afin de les rendre non contagieux; 2) en augmentant la résistance biologique de la population; 3) en prévenant la maladie dans les groupes humains particulièrement exposés; 4) en incitant à tous les niveaux la population du pays à prendre une part active dans les programmes de lutte; et 5) en apportant une aide économique et sociale aux groupes familiaux qui constituent des foyers de maladie et sont privés de ressources. Lorsque la Commission honoraire élabore un programme de travail, ses techniciens le soumettent à une étude approfondie. Connaissant exactement les objectifs poursuivis, ils déterminent les méthodes tactiques qui permettront de les atteindre dans les meilleures conditions. La Commission détermine ses objectifs et buts avec toute la précision possible, étudie l'évolution des travaux sur le terrain et fait les ajustements nécessaires pour atteindre le but envisagé en empruntant l'itinéraire le plus court. Le premier soin de la Commission honoraire pour la Lutte antituberculeuse a été d'apporter une aide économique aux familles des malades pour faciliter l'hospitalisation, l'isolement et le traitement de ces derniers et permettre au groupe familial de faire face aux répercussions économiques qui ne manquent pas de se produire, surtout dans les milieux modestes lorsqu'un membre de la famille est victime d'une maladie contagieuse telle que la tuberculose, qui nécessitait alors (et nécessite encore) un traitement prolongé. Il convient de noter qu'à l'époque où la Commission a été créée, on ne disposait pas d'antibiotiques. Le système s'est révélé effiil permet à la fois d'isoler le malade et de s'occuper du groupe familial cace à deux égards en lui donnant les moyens de satisfaire ses besoins essentiels (alimentation, logement et vêtements). Le controle rigoureux des contacts est la règle, ce qui constitue une importante mesure prophylactique. Un nombre important de tuberculeux sans ressources a bénéficié de cette assistance qui a atteint un maximum en 1957, date à laquelle 2757 foyers recevaient une allocation mensuelle. Le mécanisme régissant l'octroi des allocations est extrêmement souple et s'il existe un barème général des montants devant être accordés dans chaque cas d'espèce, la Commission des Pensions, composée de hauts fonctionnaires, n'en jouit pas moins d'une liberté et d'une latitude considérables et tient compte chaque fois des circonstances particulières pouvant justifier une augmentation de l'aide prévue. Les médicaments dont dispose actuellement le phtisiologue et les moyens de lutte modernes ont permis de réduire sensiblement le nombre des foyers ainsi assistés, de même que les périodes de versement. Toutefois, les sommes consacrées chaque année à ce type d'assistance ont considérablement augmenté. Au cours des cinq dernières années, le nombre moyen des familles assistées mensuellement s'est situé, avec de faibles variations, aux alentours de 800. Les sommes ci -après ont été versées chaque année Ur $ : :

:

:

taux de dévaluation de la monnaie nationale afin d'assurer un certain niveau de vie selon le voeu du législateur. Examens de masse En 1948, on a institué l'examen radiophotographique de masse. C'est la Commission honoraire qui a commencé à utiliser dans ses dispensaires mobiles un matériel adapté aux films de 70 mm. acquérir le matéPrécédemment, on n'utilisait que des films de 35 mm. Il a fallu tout faire :

65 1970 103 1971 132 1972 260 1973 596 1974 Le montant alloué à chaque famille tient compte du

233 130 597 815

330 247 820 340 274 872

228

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

riel, former le personnel et créer un état d'esprit favorable aux examens, et l'on y est parvenu. Les examens ont eu lieu pendant 25 années au cours desquelles cinq campagnes ont été organisées dans l'ensemble du pays (quatre seulement ont intéressé Montevideo). Au début, l'examen comportait une épreuve tuberculinique suivie, lorsque le sujet était tuberculino- négatif, d'une vaccination par le BCG et, dans tous les cas, d'une abreugraphie. Par la suite, on a supprimé l'épreuve tuberculinique et administré le BCG directement et par piqûres multiples à tous les sujets examinés, quel que soit leur âge. Le tableau ci -après indique les résultats des campagnes :

Campagnes d examen de masse

Abreugraphies 827 233 087 736 108 357 289 483 848 037

Nombre de lésions actives décelées 7

Taux pour 1000 examens 9

Première Deuxième Troisième Quatrième Cinquième .e

(1948 (1951 (1954 (1958 (1964

-1951) -1954) -1957) -1964) -1973)

591 635 662 847

1 1 1

4 981 3 2

5 3 2

1*

Chiffre provisoire.

Kyste hydatique Comme on le conçoit, l'examen radioscopique du thorax permet de déceler, outre les lésions tuberculeuses, des lésions d'origines diverses. Parmi ces dernières, il convient de signaler, du fait de son importance en tant que cause de morbidité, le kyste hydatique intrathoracique dont 2000 cas environ ont été décelés. Programme de médecine préventive La quatrième campagne, lancée en 1958, différait des précédentes en ce sens qu'elle comportait un programme supplémentaire comprenant des épreuves cliniques ou biologiques qui furent bien accueillies et provoquèrent une excellente réaction de la part de la population. Voici les épreuves et examens qui ont suscité le plus d'intérêt 1) mesure de la tension artérielle; 2) recherche des diabétiques ignorant leur état; 3) examen bucco- dentaire; 4) enregistrement des non -voyants; 5) mesure du poids et de la taille; 6) recherche de la brucellose, de l'histoplasmose et de la pollinose du pin. Les trois premières activités font l'objet des efforts les plus intensifs. Voici maintenant quelques chiffres : :

Tension artérielle (quatrième campagne) Nombre Sujets examinés moins de 16, Tension normale (maximum minimum moins de 10) Minimum supérieur à la moyenne Maximum supérieur à la moyenne Maximum et minimum supérieurs à la moyenne Données incomplètes : :

521 247

100,0 84,9 1,3

441 914 6 962 23 480

4,5 9,3 -

48 699 192

Il ressort des chiffres qui précèdent que 9,3 % des personnes de plus de 20 ans avaient une tension maximum supérieure à 16 et une tension minimum supérieure à 10 et souffraient donc d'hypertension artérielle. La recherche du glucose dans l'urine s'est effectuée en trempant des bandelettes de Clinistix dans des échantillons d'urine prélevés chez des personnes âgées de 20 ans et davantage. Au cours de la quatrième campagne, on a effectué 287 613 examens; sur les 3204 sujets (1,1 %) ayant eu une réaction positive, 1206 (0,4 %) avaient des antécédents diabétiques et 1905 (0,7 %) ignoraient qu'ils souffraient de la maladie; on n'a pas de détails sur les 93 autres. Il est jugé que les examens systématiques de masse ont donné dans le pays tous les résultats que l'on pouvait en attendre. L'augmentation des coûts opérationnels et le faible rendement épidémiologique de ces examens ont entraîné leur suppression. Les unités de radiophotographie assurent maintenant l'examen des personnes faisant partie des groupes particulièrement exposés aux risques d'infection, de maladie et de décès du fait de la tuberculose dont il est question plus haut, ainsi que certains services spéciaux. Contrêle des malades et centres départementaux de phtisiologie Il existe, dans les 18 départements de l'intérieur du pays, un vaste réseau de 21 centres et sous -centres de phtisiologie qui exercent des fonctions polyvalentes et desservent 100 % de la population, tant en milieu urbain qu'en zone suburbaine et rurale. Leur couverture est donc totale dans leur secteur. Leurs fonctions sont les suivantes 1) tenue d'un registre départemental à jour des foyers, des cas nouveaux et des contacts, ainsi que de fichiers complets des :

NEUVIEME SEANCE PLENIERE

229

sujets vaccinés et revaccinés par le BCG dans leur secteur; une copie de chacune des fiches locales figure dans les archives des services centraux où elle est vérifiée périodiquement en vue d'éviter erreurs ou omissions; 2) élimination des foyers; cette action englobe les soins aux malades et l'examen complet des contacts du point de vue médical et socio- économique; 3) versement d'allocations, conformément à la réglementation en vigueur; 4) vaccination intensive des nouveau -nés; 5) vaccination intensive des écoliers et des lycéens par le BCG; 6) examen des groupes à risque élevé; 7) achèvement de l'examen primaire dont sont chargés les dispensaires mobiles (examen des sujets supposés sains) en complétant le travail diagnostique commencé avec l'abreugraphie. Une équipe composée de quatre phtisiologues et de quatre superviseurs et inspecteurs fait en permanence le tour des 21 centres pour s'informer sur place du déroulement des divers projets en cours d'exécution. Le secret de la réussite réside dans l'observation rigoureuse de deux conditions, à savoir: 1) assurer une formation en cours d'emploi qui rafraîchit les mémoires et met à jour les techniques de travail et les connaissances; 2) charger un personnel qualifié d'une surveillance administrative et technique sans laquelle on ne peut obtenir de bons résultats.

Registre national des tuberculeux Un registre national des tuberculeux reproduisant les informations du registre de l'intérieur créé en 1956 et, depuis 1964, celles du registre de Montevideo est tenu par la Commission honoraire pour la Lutte antituberculeuse. En ce qui concerne l'intérieur du pays, on peut affirmer qu'il est possible, à tout moment, de dresser avec une précision satisfaisante le tableau épidémiologique d'une période donnée. S'il en est ainsi, c'est en raison, d'une part, de la réputation dont le centre phtisiologique jouit localement et, d'autre part, du fait que le personnel en place est originaire de la localité et y vit, ce qui lui permet de se tenir aisément au courant. Il n'en va pas de même dans la capitale où l'on trouve à la fois un réseau très étendu de mutuelles médicales et des cabinets privés qui, sans être vraiment des milieux hermétiques, suscitent des difficultés qui devront être progressivement surmontées. Le registre national des tuberculeux regroupe donc, pour l'ensemble du pays, d'importantes informations sur les indices les plus significatifs qui permettent de suivre pas à pas la progression de l'endémie dans le pays. Les indices classiques sont 1) la mortalité, 2) la morbidité. Toutefois, la mortalité ne revêt pas aujourd'hui une signification majeure et l'on tend à se référer davantage aux indices suivants prévalence et incidence de la maladie, incidence de l'infection et risque annuel d'infection. On peut dire à cet égard que l'indice le plus pertinent est l'incidence de la maladie, c'est -à -dire le nombre de cas nouveaux de tuberculose pulmonaire confirmée qui ont été enregistrés entre le ler janvier et le 31 décembre de l'année considérée. On trouvera dans les quatre tableaux ci -après des informations sur d'autres aspects de l'épidémiologie de la tuberculose. :

Incidence de la tuberculose pulmonaire confirmée de 1966 à 1973 en Uruguay **

Année 1966 1967 1968 1969 1970 1971 1972 1973 *

Population du pays* 698 057 733 132 2 768 663 2 804 656 2 841 117 2 878 051 2 915 466 2 953 367 2 2

Nombre de cas 1

Incidence (nombre de cas pour 100 000 habitants) 38,7 33,9 33,5 29,4 36,0 33,1 34,8 30,3 * **

044 927 929

1

824 023 971

1

015 894

Estimations basées sur le recensement de 1963. **

De la tuberculose pulmonaire confirmée par des méthodes bactériologiques et histologiques. Données préliminaires sujettes à révision. Prévalence des cas à crachats positifs de 1965 à 1973 en Uruguay Prévalence des cas à crachats positifs Année Population du pays Nombre de cas

Augmentation Taux 98,5 73,7

(diminution) en

1965 1966

2

2

663 432 698 057

2 1

624 989

-25,2

230

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

Année

Prévalence des cas à crachats positifs (suite) Nombre Population de cas du pays Taux 2 2 2 2 2 2 2 733 768 804 841 878 915 953 132 663 656 117 051 466 367 1 722 1 286 843 729 749 803 1 030 63,0 46,4 30,1 25,6 26,2 27,5 34,8

Augmentation (diminution) en

1967 1968 1969 1970

1971 1972 1973* k

-14,6 -26,4 -35,2 -15,0 +2,3 +4,8 +21,0

Données préliminaires sujettes à ajustement. Commission honoraire pour la Lutte antituberculeuse. Source d'information :

*

Incidence de la méningite tuberculeuse confirmée de 1969 à 1972 en Uruguay Année 1969 1970 1971 1972 k

Population du pays 2 2 2 2 804 841 878 915 656 117 051 466

Incidence de la tuberculose confirmée 836 1 091 1 042 1 086

Méningite Nombre de cas 2

%

%oo 0,07 0,14 0,06 0,06

4 2 2

0,23 0,36 0,19 0,18

Source d'information

:

Commission honoraire pour la Lutte antituberculeuse.

Rechutes des cas de tuberculose pulmonaire confirmée dans les 18 départements de l'intérieur de l'Uruguay` de 1964 à 1972 Rechutes

Année 1964 1965 1966 1967 1968 1969 1970 1971 1972 k

Incidence 423 397 460 491 389 425 453 396 445

Nombre 6

11

14 11 21 31

24 32 13

1,4 2,8 3,6 2,2 5,4 7,3 5,3 8,1 2,9

Source d'information

:

Commission honoraire pour la Lutte antituberculeuse.

Mortalité due à la tuberculose S'il est certain que les taux de mortalité du fait de la tuberculose ne reflètent plus, comme autrefois, l'évolution de l'endémie, on observera cependant qu'ils ont décru de façon satisfaisante, atteignant le niveau le plus bas de toute l'Amérique latine. Notons encore que les chiffres enregistrés correspondent à l'ensemble du pays et à toutes les formes de la maladie. Par ailleurs, en Uruguay, 98 % des décès sont certifiés par un médecin. Le tableau ci -après indique pour la période 1968 -1973 la mortalité globale et le taux des décès pour 100 000 habitants. Mortalité par tuberculose enregistrée de 1968 à 1973 en Uruguay

Année 1968 1969 1970 1971 1972 1973 k

Mortalité globale 275 250 217 238 216 197

Taux pour 100 000 habitants 9,9 8,9 7,6 8,3 7,4 6,3*

Chiffre provisoire. On trouvera ci -après quelques brèves observations qui présentent un intérêt du point de vue épidémiologique :

NEUVIEME SEANCE PLENIERE

231

1) Depuis 1964, date de la création du registre national des tuberculeux sous l'égide de la Commission honoraire pour la Lutte antituberculeuse, on dispose en Uruguay de chiffres fiables pour déterminer des indices épidémiologiques aux fins de la surveillance et de l'évaluation au niveau national. 2) L'incidence de la tuberculose pulmonaire confirmée bactériologiquement a très légèrement diminué à partir de 1964 et, depuis 1970, elle se maintient à un taux qui oscille aux alentours de 34 pour 100 000. Les caractéristiques suivantes méritent d'être notées a) on n'enregistre pas de 3) cas de tuberculose confirmés d'une localisation quelconque chez les enfants de moins de 1 an; b) le taux d'incidence de la tuberculose confirmée chez les moins de 15 ans est de 3,7 pour 100 000; c) c'est dans le groupe d'âge 20 -39 ans que l'incidence continue à être la plus forte, mais on note une augmentation progressive dans les groupes d'âge supérieurs; d) on observe une aggravation progressive des lésions. 4) Dans un pays comme le notre où la tuberculose est en pleine régression, et où le risque annuel d'infection a été estimé pour 1974 à 0,0150, ces caractéristiques nous portent à croire que les cas de tuberculose ont leur origine chez des malades anciennement infectés ou réinfectés par le bacille de Koch, nés à une époque où le risque d'infection était élevé, et dont les lésions anciennes se réveillent sous l'effet de facteurs socio- économiques. A partir de 1966, la prévalence des cas à crachats positifs a tendu à s'abaisser; 5) elle est actuellement de 27 pour 100 000. 6) Aucun cas de méningite tuberculeuse confirmé n'a été enregistré au cours de ces dernières années chez des enfants de moins de 1 an; ces cas sont exceptionnels chez les moins de 15 ans et très peu fréquents chez les moins de 20 ans. Nous estimons que ce résultat est lié aux taux élevés de vaccination des nouveau -nés par le BCG, qui dépassent 90 %, et de revaccination des enfants d'âge scolaire, qui atteignent 85 %. Les taux globaux de négativation du crachat, calculés à partir de la date du diagnostic 7) bactériologique (c'est -à -dire d'un point de vue essentiellement sanitaire et non en fonction de la valeur de telle ou telle thérapeutique), sont satisfaisants; au 31 décembre, date à laquelle on fait le bilan de l'incidence annuelle, le taux moyen de négativation s'établit à 56,8 %. Pendant la période de contrôle, ce taux atteint 91 % après deux ans, 95 % après trois ans et 96 % par la suite. Selon la durée des contrôles, le taux de passage à l'état chronique oscille entre 5 et 3 %. 8) Le taux moyen de rechute s'élève, pour la période considérée, à 3,5 %. Les récidives représentent 10 % de l'incidence annuelle et lors des contrôles ultérieurs elles représentent 1,5 % des cas. :

Vaccination antituberculeuse A plusieurs reprises, on a souligné le caractère prioritaire qui est attribué, dans le programme de lutte, à la vaccination et à la revaccination antituberculeuses, des taux de 90 et davantage étant enregistrés à cet égard. Ces chiffres dépassent les objectifs fixés par les autorités sanitaires internationales (entre 75 et 80 7). Tout le BCG utilisé est préparé dans le pays au laboratoire du Centre de Vaccination antituberculeuse du Dr Albert Calmette fondé en 1927. On utilise du vaccin liquide qui est administré par la technique des piqûres multiples de Rosenthal. Les locaux abritant ce laboratoire ont été spécialement construits pour cet usage et une partie du matériel a été financée par le FISE; les experts considèrent qu'ils sont parmi les plus fonctionnels du monde. Récemment, un expert de l'OMS, le Dr K. Bunch Christensen de l'Institut sérologique de Copenhague a travaillé pendant deux semaines au laboratoire et a émis à son sujet un avis favorable. Le BCG est contrôlé au laboratoire de référence du Centre panaméricain des Zoonoses (OPS) situé à Ramos Mejia (Buenos Aires) ainsi qu'à l'Institut sérologique de Copenhague (OMS) où l'on a certifié sa qualité et son activité. Education sanitaire Un secteur spécialisé dans l'éducation sanitaire exerce au niveau national une action qui a eu pour effet d'inciter toute la population à se conformer aux pratiques qu'il préconise, ainsi qu'il ressort de la couverture étendue des services. Il concentre son attention sur les centres d'enseignement de tous niveaux; son action vise les éducateurs et les étudiants en priorité, ainsi que le grand public, et il s'attache à entretenir les connaissances du corps médical en diffusant de façon permanente des résumés des derniers travaux parus dans les revues spécialisées, et en indiquant les conclusions à tirer des événements scientifiques en rapport avec la spécialité. Par ailleurs, des réunions médicales sont organisées périodiquement dans tout le pays. Observations

Conformément à la tendance mondiale dans ce domaine, le traitement des tuberculeux 1) sous la forme de contrôles ambulatoires s'étend progressivement dans tout le pays et, de ce fait, la capacité d'accueil inutilisée des établissements antituberculeux classiques augmente de plus en plus. On a pu ainsi modifier la destination de trois pavillons antituberculeux départementaux (Treinta y Tres, Colonia, Fray Bentos), et l'on envisage de faire de même avec le seul grand hôpital antituberculeux, celui de Saint -Bois, en le réservant entièrement ou en partie pour les cas aigus.

232

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

Etant donné que les méthodes chirurgicales de traitement de la tuberculose (pneumo2) thorax artificiel, phrénicectomie, et thoracoplasties, y compris les résections) sont tombées en désuétude, l'omnipraticien est maintenant en mesure de soigner cette maladie. Cette évolution est favorisée par l'existence d'un traitement moderne par les antibiotiques qui est parfaitement au point. Par ailleurs, l'exercice de la phtisiologie offre aux médecins des perspectives limitées de sorte que l'on enregistre dans notre pays le même phénomène que dans le reste cette spécialité attire peu de jeunes professionnels. La moyenne d'âge de ceux qui du monde l'exercent encore est sensiblement supérieure à 50 ans et très peu de ces spécialistes ont la :

trentaine.

Ce fait nouveau pose un problème auquel il faudra apporter une solution en faisant surveiller étroitement et fréquemment les services par les quelques spécialistes qualifiés et expérimentés qui demeurent en activité afin de garantir la qualité des soins qui y sont dispensés.

Principes de base d'un plan national de santé La santé est un thème qui se manifeste à tous les niveaux des activités publiques ou privées et dont la portée est universelle. Il est indiscutable qu'à l'époque actuelle notre population dispose de services de santé incomplets, mal coordonnés, voire déficients, au point que l'on ne saurait attendre davantage pour résoudre les problèmes complexes que pose leur dégradation. A cette fin, nous avons esquissé le schéma conceptuel d'un plan national de santé tenant compte des directives de base élaborées lors de la réunion de Colonia Suiza en étant persuadés qu'il protégera tous les habitants du pays puisqu'il s'applique à l'ensemble du territoire. Les prémisses ci -après résument brièvement la philosophie du plan La santé est considérée comme un état de bien -être physique, mental et social; par 1) absence conséquent, on se propose de réaliser les diverses conditions permettant d'y parvenir de maladie, environnement sain, logement adéquat, alimentation convenable, vêtements appropriés, éducation et instruction, travail, repos, loisirs et, d'une manière générale, tout ce qui favorise un meilleur rendement chez l'individu, contribue au développement du pays et consolide la paix sociale, base de tout progrès national. Il va de soi qu'un certain nombre des conditions susmentionnées ne sont pas du ressort du Ministère de la Santé publique et on ne les a citées que pour montrer qu'elles sont intimement liées aux grands objectifs poursuivis et que les organismes compétents doivent trouver le moyen de les réaliser. Le cadre généralement étroit dans lequel le Ministère de la Santé publique a dfl 2) exercer son action, à savoir l'assistance médicale, doit être élargi et remplacé par la notion de médecine complète qui englobe les soins médicaux et l'ensemble de la médecine préventive, de l'hygiène du milieu et de la médecine du travail, le tout étant fondé sur le concept de la sécurité sociale. Plus le niveau économique du pays est élevé et plus cette sécurité sociale - ensemble 3) des moyens, institutions et systèmes visant à couvrir les risques que court l'individu du fait de la vie en société - est complète; elle est donc à la fois la résultante directe et l'instrument du développement. L'application de ce plan ne nécessite pas de changements radicaux car, au cours de 4) l'étape initiale et même d'étapes postérieures, son fonctionnement sera basé sur l'adaptation et la coordination des organismes existants qui exécutent des actions de santé sous réserve d'ajustements techniques, administratifs et juridiques intéressant à la fois le secteur public, les assurances de groupe et le secteur privé. Si le Ministère de la Santé publique attribue la plus grande importance au succès de 5) l'entrée en vigueur et du déroulement du plan, il ne vise pas à faire de la santé un monopole d'Etat; néanmoins, une coordination efficace doit s'établir entre tous les ministères et organismes gouvernementaux nationaux et municipaux qui contribuent à la réalisation des diverses composantes de la véritable notion de santé. Les bonnes relations existant entre le Ministère de la Santé publique et la Faculté 6) de Médecine joueront un rôle utile dans l'application du plan et créeront des conditions favorables pour associer d'autres facultés (chirurgie dentaire, droit, chimie et pharmacie, agronomie, école vétérinaire, écoles d'architecture et d'ingénieurs) à cette grande tâche qui sert les intérêts de tous, l'Université participant ainsi à un aspect essentiel de la vie du pays. : :

Problèmes posés par les soins médicaux A notre avis, la dégradation des services de santé à laquelle le plan entend remédier est 1) absence d'une politique sanitaire cohérente et adéquate; surtout due aux causes ci -après 2) complexité, multiplicité et même caractère contradictoire des dispositions légales en matière de santé qui limitent le pouvoir de décision dont jouit le Ministère de la Santé publique en sa qualité d'organe directeur; 3) double emploi des services de santé, et parfois même chevauchements multiples; 4) accroissement naturel, mais irrépressible, des coûts de la médecine dynamique moderne; 5) incidence du prix non contrôlé des médicaments; 6) couverture incomplète des services; utilisation dispendieuse des services médicaux et capacité opérationnelle limitée du secteur; 7) absence de moyens de transport adéquats pour les centres existants :

NEUVIEME SEANCE PLENIERE

233

ou en cours d'implantation; 8) insuffisance des ressources humaines, notamment du personnel infirmier et auxiliaire; et pénurie de personnel d'entretien qui a entraîné une diminution progressive de la capacité d'accueil, notamment dans le secteur public; 9) dégradation, insuffisance ou absence des services de soins médico- chirurgicaux hautement spécialisés ou des moyens de traitement des états ou maladies ayant de grandes répercussions sur la famille ou la société comme les services de gériatrie et de psychiatrie; 10) enfin, mauvaise répartition du personnel médical, aboutissant à ce résultat paradoxal que des groupes de population sont sans médecin alors que de nombreux médecins n'ont pas de malades. Il y a des médecins sans emploi, d'autres sont mal payés, d'autres encore surchargés de travail et nombreux sont ceux qui, ayant atteint la limite de leur vie active, aimeraient bien cesser leur activité mais ne peuvent le faire en raison de l'insuffisance actuelle des pensions de retraite. Cette situation a favorisé la dégradation des services de soins et il n'est pas douteux qu'à l'avenir il ne sera pas possible de rationaliser ou de planifier les soins de santé au niveau national sans la participation, libre de toute inquiétude matérielle, du pivot sur lequel tout plan doit nécessairement reposer, à savoir le corps médical et ses collaborateurs. Lignes d'action Soins médicaux

1l est évident que l'Etat doit réellement diriger, orienter et contrôler toutes les 1) actions de santé en continuant à fournir des prestations sanitaires sans pour autant les monopoliser. Cette fonction qui relève spécifiquement du Ministère de la Santé publique a, pour diverses raisons, perdu peu à peu de son importance. Si l'on accepte la politique découlant des observations qui précèdent, il est indispensable et primordial de réorganiser et de restructurer le Ministère pour qu'il assume effectivement sa mission et soit, sans conteste, l'organisme qui élabore les directives et surveille leur exécution. A cet effet, il importe que le Ministère scinde son domaine d'action. Il s'occupera seul des problèmes techniques, définissant et adaptant la politique nationale de santé et ses divers aspects (soins de santé, hygiène du milieu et médecine du travail), veillant à ce qu'elle soit correctement appliquée et évaluant la qualité des soins médicaux à tous les niveaux techniques tout en créant les cours d'entretien qu'il jugera opportuns. Dans le domaine administratif en revanche, il partagera avec d'autres organismes gouvernementaux la responsabilité des aspects économiques et fonctionnels en vue de réaliser les objectifs visés par le plan dans le cadre de la sécurité sociale. En outre, il est nécessaire d'assouplir et de simplifier les formalités externes et internes, d'accélérer les approvisionnements, de revoir les descriptions de poste, de stimuler la préparation et la formation du personnel et de faciliter l'évaluation de sa productivité, de mettre au point des critères pratiques pour rééquiper les services et entretenir le matériel, enfin, de moderniser la gestion comptable du budget. Une fois définis la politique et les programmes qui permettront de donner à la santé 2) la place qui lui revient et de la replacer dans le cadre socio- économique national, il faut, pour en assurer l'application et le contrôle, procéder à une rationalisation de la législation sanitaire actuelle consistant en particulier à normaliser les institutions qui offrent des prestations sanitaires dans le domaine des assurances de groupe et à définir des responsabilités et des sanctions individuelles ou collectives pour tous les secteurs (gestion technicoadministrative et économique et administration du personnel) qui assurent le bon fonctionnement du plan et l'efficacité des contrôles. Pour remédier aux chevauchements et doubles emplois actuels, il est nécessaire 3) d'adapter et de coordonner les divers secteurs assurant des prestations sanitaires. Compte tenu du contexte socio- économique du pays, la solution la plus acceptable consiste à se fonder sur les structures existantes, lesquelles étant régies par des normes précises peuvent être exploitées au mieux pour fournir, dans l'ensemble du pays, des prestations médicales et dentaires uniformes et d'une qualité aussi élevée que possible. Les installations et autres ressources matérielles nécessaires à la mise en place des services nouveaux ou en cours d'implantation seront fournies par le Ministère de la Santé publique et, dans le cas d'une initiative privée ou de l'intervention de tout autre secteur d'assistance, le Ministère devra donner son accord technique compte tenu de la nécessité, de l'emplacement et de la couverture du service envisagé. La rapidité avec laquelle le coût des soins augmente avec les progrès de la médecine 4) moderne oblige à éviter le renouvellement des frais d'implantation, de personnel, de gestion et d'entretien, d'où la nécessité de coordonner les services de santé. En ce qui concerne les assurances de groupe, on peut citer quelques exemples de mesures spécialisation dans les soins d'urgence; mise en place, pour qui pourraient être prises certaines spécialités, d'un personnel d'encadrement commun à diverses institutions; hospitalisation et traitement des cas d'urgence; centralisation de certains examens de laboratoire. La coordination entre les institutions de ce secteur ou entre ces mêmes institutions et le Ministère de la Santé publique s'effectuerait grâce à des subventions qui seraient accordées à l'intérieur du pays aux installations existantes ou à des installations améliorées de manière à répondre aux besoins. :

234

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

Quant aux centres ou instituts de médecine très spécialisés ou pour le traitement des malades exposés à un risque élevé, ils devront faire l'objet d'un maximum de coordination étant donné qu'ils sont les plus coûteux et les plus complexes ils seront implantés par le Ministère de la Santé publique et demeureront dans sa sphère d'influence ou seront intégrés dans ses propres services, qu'il s'agisse d'établissements existants ou sur le point d'être créés dans le secteur privé. Leur couverture s'étendra à tous les habitants du pays sans distinction - indigents ou affiliés à des assurances de groupe ou privées -, et leur financement, qui sera à la charge de tous les utilisateurs potentiels, sera assuré par un apport de l'Etat, une petite partie de la cotisation versée à l'assurance de groupe et une contribution des gens aisés dont le mode de perception reste à fixer mais qui aura un caractère obligatoire. On trouvera dans la capitale de tels centres - dont certains fonctionnent déjà ou sont en voie de le faire et d'autres seront installés dès que possible - pour ce qui concerne la chirurgie cardiaque, les reins artificiels, les prothèses, les brûlures graves, la médecine nucléaire, le traitement du cancer, les laboratoires spécialisés, la neurochirurgie, la toxicologie, l'internement des malades psychiatriques et la gériatrie. En raison de leur incidence sur la société et la famille, les centres appartenant aux deux dernières catégories sont ceux qu'il sera le plus facile d'installer à l'intérieur du pays et l'on pourra alors leur adjoindre certains autres services. Le prix des médicaments qui absorbe jusqu'à 25 ou 30 % du budget de nombreux orga5) nismes d'assistance médicale est un problème épineux auquel une solution doit être apportée. L'établissement d'un répertoire national des médicaments de base, l'envoi, par le Ministère, de commandes groupées aux producteurs nationaux et internationaux pour son propre approvisionnement et celui des assurances de groupe, la création d'une banque des médicaments très coûteux, peu utilisés ou très spéciaux, le fonctionnement à plein rendement des installations pour la préparation de vaccins et de sérums sont autant de moyens de faire diminuer les prix qui ne s'excluent pas mutuellement mais sont complémentaires. 6) La couverture géographique incomplète et l'utilisation dispendieuse des services médicaux ainsi que la capacité d'exploitation limitée du secteur empêchent d'étendre à tous le bénéfice de la promotion et de la protection de la santé comme de la réadaptation individuelle et collective en fonction de l'environnement qui est l'essence même de toute politique logique de santé; il y sera remédié en adaptant et en perfectionnant l'exploitation des secteurs qui assurent actuellement des prestations sanitaires, à savoir A) le secteur public, B) les assurances de groupe et C) le secteur privé. : : :

A)

Le secteur public

Il s'agit ici des prestations médicales que l'Etat fournit par le truchement d'organismes de l'administration centrale, d'organisations autonomes, de services décentralisés et d'administrations municipales. Il convient de distinguer clairement, en raison de différences de structure et de champ d'application, les services fournis par les Ministères de la Santé publique, de la Défense nationale et de l'Intérieur de ceux assurés par les autres institutions (à l'exception de la Banque nationale d'Assurance) qui constituent le sous -secteur semipublic. Etant donné que, dans la majorité des cas, les institutions de ce sous -secteur ne s'occupent elles -mêmes que de groupes de fonctionnaires et parfois de leurs familles au niveau de la policlinique ou pour l'établissement des certificats, le reste des soins étant confié à des assurances de groupe, on doit considérer qu'à l'avenir elles devront assurer une protection sanitaire complète à cette catégorie de bénéficiaires. La dégradation des services fournis par le Ministère de la Santé publique étant due en partie à des difficultés économiques et administratives, il convient, entre autres mesures, d'avoir présent à l'esprit et d'appliquer l'article 7 de son règlement qui contient, au sujet de ces services, la réserve suivante "ils ne seront gratuits que dans les cas d'indigence notoire ". Toutefois, les versements devront être simplement destinés à faire contribuer l'utilisateur au financement des services en fonction de ses moyens et non à transformer ce secteur en concurrent subventionné. :

Ministère de la Santé publique A l'intérieur du pays Pour assurer dans toutes les régions du pays un niveau de soins aussi élevé que possible, le Ministère de la Santé publique s'appuiera sur trois types d'établissements qui devront fonctionner correctement - Des hôpitaux régionaux (cinq ou six), répartis judicieusement en fonction de leur aire d'attraction, de la densité de la population, des voies de communication et des caractéristiques du milieu. Basés sur des structures existantes auxquelles on aura adjoint des services nouveaux, ces hôpitaux seront dotés de ressources humaines et matérielles suffisantes pour que leurs prestations soient aussi complètes que I) : :

possible.

- Des centres départementaux, dont le nombre reste à fixer mais qui devront parfois être plusieurs par département, assureront des services adéquats dans les grandes

NEUVIEME SEANCE PLENIERE

235

branches de la médecine. Ils seront situés dans l'orbite de la direction régionale et c'est vers l'hôpital régional le plus proche qu'ils dirigeront les malades qu'ils ne peuvent traiter. - Les policliniques de zone et les centres auxiliaires ruraux, périphériques et suburbains ainsi que ceux des villages et des petites villes seront chargés des services médicaux de tous genres et des soins d'urgence et apporteront une contribution particulière dans le domaine de la santé maternelle et infantile ainsi que pour l'application des mesures de base prévues dans les programmes d'hygiène et d'assainissement du plan national. Reliés à la direction régionale par l'intermédiaire du centre départemental, ces établissements comporteront, en certains endroits où les conditions géographiques, les voies de communication ou le milieu l'imposent, un nombre restreint de lits permettant d'assurer provisoirement l'hospitalisation des malades en attendant leur transfert. II) Dans la capitale Il est prévu de conserver les structures actuelles qui seront modifiées, adaptées, réaménagées ou développées de manière à répondre aux exigences de la médecine moderne. Outre l'installation de centres pour malades exposés à un risque élevé déjà mentionnée, il convient de souligner la nécessité absolue de réorganiser les services de soins ambulatoires ou de consultations externes qui pèchent principalement au niveau des soins à domicile et des soins d'urgence. Il sera nécessaire de tracer des zones géographiques en fonction des voies d'accès et de la couverture des hôpitaux ou centres de soins; tous les appels urgents seront reçus par un central téléphonique qui les transmettra à des ambulances radioguidées suffisamment nombreuses et dotées d'un personnel technique et d'un matériel permettant de soigner les malades graves dès leur prise en charge. Comme on l'a indiqué précédemment, ce service pourra être coordonné avec les autres secteurs assurant des actions de santé, aussi bien dans la capitale qu'à l'intérieur du pays, et sera financé au moyen des versements qui auront été fixés. :

B)

Les assurances de groupe

Ce secteur existe depuis de nombreuses années et a tellement accru le volume de ses prestations sanitaires qu'il intéresse maintenant un peu plus du tiers de la population du pays, ce qui oblige à le conserver. Toutefois, il est urgent et indispensable de le réorganiser, de réviser la législation le concernant et de l'intégrer dans un plan cohérent d'actions de santé en normalisant son exploitation technique et administrative et en contrôlant efficacement sa gestion. A cet effet, on s'appuiera sur une "institution type" ayant un nombre d'adhérents compris entre le minimum requis pour que l'institution soit rentable et le maximum au -delà duquel il ne serait plus possible de la gérer; ces chiffres limites ne seront pas les mêmes à l'intérieur du pays et à Montevideo, soit, par exemple, 20 000 à 25 000 et 80 000 à 100 000 respectivement. Le niveau technique de l'institution sera contrôlé par le Ministère de la Santé publique et elle sera organisée de manière que les responsabilités technicoadministratives, la gestion économique et l'administration du personnel soient entièrement séparées. Les prestations seront celles d'une médecine complète et seront complétées par des mesures d'hygiène au niveau individuel. Comme dans tous les autres secteurs où sont dispensés des soins de santé, il faudra savoir utiliser et manier correctement, outre la fiche clinique, une fiche médicale établie pour chaque adhérent et dont le modèle reste à fixer; cette fiche servira à recueillir toutes les informations techniques concernant l'adhérent car ce sera là le document de base permettant de déterminer les prestations qui lui sont dues conformément à la réglementation relative à la médecine du travail. La normalisation mentionnée au paragraphe 2) ci- dessus vise à rationaliser la diversité des institutions qui caractérise ce secteur, à interdire la légalisation du profit en matière de santé et à éviter la poursuite de tout objectif autre que l'accomplissement de à prévenir la maladie et à protéger, guérir et réadapter la haute mission consistant l'individu en l'intégrant dans son environnement. L'adaptation législative proposée pourrait déboucher sur un coopératisme et un mutualisme médical où tous les établissements répondraient aux mêmes exigences et assumeraient les mêmes responsabilités techniques et administratives, les principales différences tenant à l'intégration des organes directeurs et au mode de financement. Le renforcement et le développement des assurances de groupe à l'intérieur du pays, complétées et dirigées par le Ministère de la Santé publique de la manière susmentionnée, contribueront en outre à relever le niveau des soins locaux en évitant de déplacer inutilement les malades jusqu'à la capitale et en incitant les médecins et leurs collaborateurs à s'installer dans les zones où ils sont le plus nécessaires. :

C)

Le secteur privé

Ce secteur, qui représente le plus faible pourcentage de la population visée par le plan, est cependant celui où le niveau des soins est le plus élevé, de sorte qu'il serait

236

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

utile de lui conserver son rôle de secteur pilote. Etant donné, par ailleurs, que le plan doit rechercher davantage l'efficacité que le confort, on ne peut empêcher ceux qui le veulent et le peuvent d'obtenir les deux. Enfin, c'est le seul secteur où l'on puisse actuellement respecter dans tous les cas le principe du libre choix du médecin par le malade, principe qui a été réaffirmé à la réunion de Colonia Suiza et qu'il serait souhaitable d'étendre aux autres secteurs bien que, pour des raisons évidentes, il ne soit guère facile de l'y appliquer intégralement dans l'immédiat. Pour ces raisons, et étant entendu qu'en exerçant à titre privé le médecin a une raison supplémentaire de se surpasser techniquement - cette activité lui permettant plus que toute autre d'affirmer son individualité professionnelle - il sera utile de favoriser, au niveau des cliniques et des maisons de santé privées, l'instauration de systèmes d'affiliation qui ne concernent que l'hospitalisation et laissent entièrement aux malades le choix du personnel technique chargé de les soigner. En ce qui concerne la gestion technique et administrative et l'administration du personnel, il suffit de préciser que ce secteur devra, comme les autres, se conformer aux directives du Ministère de la Santé publique et sera assujetti à ses contrôles. La mise en place de moyens de transport suffisamment nombreux et techniquement satis7) faisants est particulièrement importante si l'on veut que le plan soit correctement appliqué. Aussi bien dans la capitale qu'à l'intérieur du pays où les divers services assurant la régionalisation de la santé publique doivent être reliés entre eux, il est primordial de disposer d'un bon parc d'ambulances. Il est également nécessaire d'avoir d'autres véhicules pour le transport des fournitures et autres éléments indispensables à la bonne marche des services de santé. Dans le cadre du remaniement administratif envisagé, on indiquera qui doit s'employer à améliorer le rendement et à prolonger la durée d'utilisation d'un matériel aussi coûteux. Pour le transport des malades graves de l'intérieur du pays aux centres ou instituts hautement spécialisés, le meilleur système semble être celui des avions ou hélicoptères ambulances qui, à la rapidité, la sécurité et la facilité d'utilisation, joignent l'avantage de permettre d'assurer les premiers soins. II n'est pas nécessaire d'analyser ici les problèmes dus à l'insuffisance des 8) effectifs de personnel infirmier, d'auxiliaires et de personnel d'entretien dont souffre l'ensemble du secteur de la santé. De l'absence presque totale de techniciens des services d'entretien à l'interversion des rapports numériques souhaitables entre le personnel médical, infirmier et auxiliaire, tout dans ce domaine laisse à désirer. Il faut se rendre compte qu'aucun plan de santé ne peut être appliqué si l'on ne dispose pas d'un nombre suffisant - même minimal - d'infirmières et d'auxiliaires paramédicaux pour faire fonctionner une unité. Lorsque l'on a investi d'immenses sommes d'argent dans un hôpital ou service qui ne peut être utilisé faute de personnel (et cela se produit réellement), la situation est dramatique. Un plan national de santé doit tendre à rationaliser la question des ressources humaines qui assurent sa mise en oeuvre et à fixer le nombre des admissions et des sorties dans les centres d'enseignement ou de formation, par rapport à une estimation des besoins réels portant sur une période raisonnable. La coordination déjà amorcée entre le Ministère de la Santé publique et la Faculté de Médecine permettra de résoudre en partie ce problème qui ne sera entièrement résolu que si l'on prévoit, pour le futur personnel, une situation économique et une ambiance et des conditions de travail favorables. L'absence de prévisions pour le remplacement et l'entretien du matériel coûteux a eu de très graves conséquences dans le secteur de la santé; il serait donc d'un grand intérêt, du point de vue économique et pratique, de former un personnel qualifié et d'uniformiser les instruments, appareils et pièces de rechange. S'agissant du problème mentionné au paragraphe 4) ci- dessus, il suffira d'ajouter 9) que si les mises de fonds seront élevées, ce sont là des investissements très profitables à tous égards. Ils permettront, en particulier, d'épargner des devises actuellement dépensées à l'étranger, notamment par les malades nécessitant un certain type de chirurgie cardiaque. En ce qui concerne le personnel de santé, la solution de ce grave problème est 10) création de codes d'éthique et de déontologie profesassujettie aux conditions suivantes sionnelles, d'un statut et d'un règlement de la profession ainsi que d'un conseil de l'ordre et d'une charte des droits et privilèges du médecin, sécurité du travail, rémunération suffisante, revalorisation de l'acte médical et amélioration du tableau d'avancement des fonctionnaires, qui auront toutes pour effet de relever le niveau technique du personnel professionnel en l'obligeant à étudier et à progresser de façon permanente. Il convient tout particulièrement d'offrir au médecin une retraite honorable; une telle elle contribuerait au succès du plan en libérant mesure ne serait pas seulement équitable près de 3000 emplois actuellement occupés par 900 médecins ayant atteint l'âge de la retraite. On pourra ainsi rationaliser la répartition des tâches, élargir le champ d'activité professionnelle et améliorer la situation actuelle en matière de personnel. :

:

Médecine préventive L'objectif fondamental de cette branche de la médecine est la prévention et la prophylaxie au niveau de la population ainsi que l'amélioration des conditions écologiques. Etant donné

NEUVIEME SEANCE PLENIERE

237

qu'au cours de sa phase d'exécution, cette partie du plan se heurtera souvent à des intérêts particuliers, son application et, naturellement, les directives y afférentes doivent être du ressort de l'Etat, encore que certaines activités telles que les vaccinations seront aussi assurées, comme on l'a déjà dit, par les institutions prestataires de soins. Il convient de rédiger un code de la santé où soient définis les divers délits sociosanitaires qui ne sont normalement pas sanctionnés. L'éducation sanitaire de la population, qui commence à l'école et qui occupe une si grande place dans la partie du plan national de santé relative aux soins médicaux, est d'une importance primordiale pour le développement des programmes à exécuter dans ce domaine. Outre l'adoption et la publication par le Ministère de la Santé publique des mesures qu'il juge nécessaires pour préserver ou améliorer le niveau d'hygiène et de salubrité, la communication d'informations sur la préparation, la conservation, l'hygiène et la valeur nutritive des aliments à l'intention des familles et du secteur commercial et industriel, ainsi que sur les diverses formes de contamination de l'air, du sol et des eaux (par les pesticides, les insecticides et les déchets domestiques et industriels) et la diffusion des normes à observer pour éviter la propagation des parasitoses sont autant de moyens de s'assurer la collaboration d'une population convenablement informée en vue de relever le niveau général de salubrité. Il est évident que dans ce domaine c'est à l'Etat qu'incombe la tache principale dont l'exécution est confiée à divers de ses organismes parmi lesquels il faut mentionner tout particulièrement les municipalités dont l'importance est, à cet égard, fondamentale. L'eau potable contrôlée et fournie par l'Office public de l'Assainissement doit être accessible à un maximum d'habitants dans tout le territoire national. Les eaux domestiques doivent cesser de créer un risque de contamination. Il doit être mis fin à la pollution causée directement ou indirectement par certaines industries. La préparation des produits ou articles d'usage personnel doit être surveillée. Enfin, la propreté des lieux publics doit être rendue obligatoire et rigoureusement contrôlée.

Pour exécuter ces mesures préventives de base, les divers organismes intéressés coordonneront leurs actions au stade de la planification. Ils seront stimulés par l'importance primordiale d'une tache qui, par le biais de l'assainissement du milieu, favorise la santé de tous. Médecine du travail Cette forme de médecine, inexistante dans notre pays, est essentielle pour instaurer une sécurité sociale et augmenter la productivité nationale. C'est la branche de la médecine qui étudie les aptitudes psycho -physiques et établit une relation entre ces aptitudes et le travail considéré comme un facteur d'agression, afin d'associer un rendement maximum à un délabrement organique minimum. L'équilibre homme- travail repose sur les trois grandes formes d'action médicale prévues dans le plan national a) la promotion de la santé du travailleur par la prophylaxie des accidents du travail et des maladies professionnelles, qui est un aspect de la médecine préventive; b) le traitement de la maladie et la réadaptation des malades, qui relèvent des soins médicaux; c) l'installation de l'individu à l'endroit où il travaillera le plus et le mieúx possible, qui est du domaine de la médecine du travail; dans ce dernier cas, on aura recours à un centre biomédical d'évaluation du travail au sein duquel une coordination devra s'instaurer entre le Ministère de la Santé publique, qui fixera des normes, et le Ministère du Travail et de la Sécurité sociale. Enseignée par la Faculté de Médecine, normalisée et contrôlée par le Ministère de la Santé publique et appliquée par le Ministère du Travail et de la Sécurité sociale agissant par le truchement de la Banque de Prévoyance sociale, la médecine du travail bénéficiera, lors de sa création, qui ne saurait plus être retardée, d'un avantage l'existence, dans notre législation, d'un droit du travail dont l'analyse et la mise à jour seraient des plus utiles. La réalité biologique de notre pays est l'une des principales raisons qui justifient l'institution d'une médecine du travail qui, tout en jouant son rôle spécifique, contribuera à remédier aux problèmes posés par l'augmentation excessive du nombre des personnes âgées dans notre population. Trois facteurs sont à l'origine de ce problème le faible taux de natalité de ces dernières années; l'émigration des jeunes; enfin, l'augmentation de 15 à 20 ans de la durée moyenne de la vie qui fait que, dans notre pays, l'espérance de vie est l'une des plus longues du monde. En appliquant à une population vieillie les critères juridico -économiques sur lesquels se fonde actuellement notre législation en matière de retraite, on a abouti à une situation financière absurde pour une population de moins de 3 millions d'habitants, il y avait, au deuxième semestre de 1973, 487 300 personnes inactives qu'il faudra entretenir pendant un nombre d'années supérieur à ce qui a été prévu lorsque les lois ont été édictées. L'un des buts essentiels d'une médecine du travail raisonnable sera donc de rationaliser le travail en vue d'augmenter, dans le pays, la proportion de la population active. L'introduction de concepts médicaux dans la législation du travail permettra d'adapter le travail à l'âge du travailleur, celui d'une personne de 60 ans, par exemple, devant évidemment être différent de celui d'un individu de 20 ou 30 ans. L'évaluation critique des trois grandes déterminantes de l'équilibre homme- travail, à savoir l'homme lui -même avec son profil psycho -physique, le temps considéré comme un facteur d'usure, et le travail, origine potentielle d'agressions directes ou indirectes, sera la base : : :

:

238

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANIE, PARTIE II

d'un rendement supérieur et d'une vie active plus longue. Ceci est d'autant plus important que le progrès technique a renforcé le rale fondamental que joue, dans la société moderne, le travailleur hautement spécialisé dont l'apport doit s'évaluer davantage en termes de qualité que de quantité. A mesure que les années passent, la journée de travail de ce travailleur devra être réduite, dans une certaine proportion, afin que la fatigue ne porte pas atteinte à la haute qualité de ses prestations. Actuellement, une quelconque faiblesse organique peut motiver un départ à la retraite alors qu'en fait, l'intéressé continuerait d'être utile si l'on réduisait son horaire de travail, s'il changeait de fonctions ou si on limitait son activité. Toutefois, l'abandon d'une partie de ses activités ne doit pas faire perdre au travailleur le droit au maintien de son pouvoir toute perte doit être compensée, soit par l'entreprise qui l'emploie, soit par l'Etat. d'achat C'est là le principe fondamental de la retraite partielle qui constituera, avec le temps, un facteur important d'équilibre socio- économique dans tout le domaine d'activité de la Banque de Prévoyance sociale. elle L'action d'un centre biomédical aurait un avantage additionnel non négligeable permettrait de contr8ler et contribuerait à réduire l'abstentéisme des travailleurs qui est si répandu chez nous en influant directement ou indirectement sur les services chargés d'établir les certificats de maladie. On a déjà fait état, au paragraphe 10) ci- dessus, de l'importance d'une retraite honorable des médecins pour le succès du plan national de santé. On ajoutera simplement que la retraite partielle ou totale du médecin n'a pas à être un privilège de cette profession car les arguments et les critères qui la conditionneront et la régiront pourront s'appliquer à toutes les activités exercées par des travailleurs - universitaires ou non - hautement spécialisés, c'est -àdire considérés comme tels en raison de leur aptitude à prendre des décisions et à réaliser des actions ayant des incidences considérables sur l'individu ou la société. : :

Plan national de santé 1.

:

commentaires sur le schéma opérationnel

Introduction

Conformément aux principes de base d'un plan national de santé formulés par la section politique du Ministère, la Division du Plan juge nécessaire d'établir un schéma opérationnel pour l'exécution du plan. La philosophie qui se dégage de ces principes fait apparaître deux objectifs très clairement Premièrement, étendre le champ d'application des prestations médicales relevant du définis Ministère de la Santé publique en instaurant une médecine vraiment complète "qui englobe les soins médicaux et l'ensemble de la médecine préventive, de l'hygiène du milieu et de la médecine du travail, le tout étant fondé sur le concept de la sécurité sociale ". Deuxièmement, baser le fonctionnement du plan au cours de l'étape initiale et même d'étapes postérieures "sur l'adaptation et la coordination des organismes existants qui exécutent des actions de santé, sous réserve d'ajustements techniques, administratifs et juridiques intéressant à la fois le secteur public, les assurances de groupe et le secteur privé." En outre, le document énonce les problèmes posés par les soins médicaux ainsi que les lignes d'action à adopter pour atteindre les deux objectifs susmentionnés. Ces brèves références mettent en évidence les éléments fondamentaux qui ont été pris en considération pour formuler le schéma opérationnel exposé ci -après mais seules la lecture et l'analyse du document de base permettent d'en saisir l'ampleur et la complexité qui sont les caractéristiques mêmes des problèmes de santé. Cette complexité est due essentiellement à la juxtaposition, dans une même analyse, de problèmes aussi différents que les problèmes essentiellement techniques et ceux que posent les services de santé proprement dits ou les soins médicaux. Pour concilier ces éléments, on a fait intervenir un facteur d'homogénéisation qui est par ailleurs propre à la planification le "processus de planification" c'est -à -dire envisagée comme un instrument de changement l'enchaînement dans le temps des diverses actions et activités qui composent, en définitive, tout plan ou programme (avec les moyens nécessaires pour exécuter ces activités et /ou actions). : :

2.

Le schéma opérationnel

Il doit être considéré comme tel, c'est -à -dire comme un schéma simple qui vise à traduire les notions théoriques en termes d'action pratique. Ce schéma pourrait sans doute être plus détaillé et comporter davantage de subdivisions mais nous ne pensons pas que cela soit, pour le moment, nécessaire ou même opportun car on risquerait ainsi d'altérer les principes de base du plan lui -même. Toutefois, au cours de l'exécution de ce dernier, il sera nécessaire d'en distinguer tous les éléments pour tenir compte de l'ensemble des facteurs qui le conditionnent et le définissent. Le schéma décompose comme suit la question des "soins médicaux" :

Domaines

Programmes

Sous -programmes

Médecine complète

- Réorganisation et restructuration du Ministère de la Santé publique - Hospitalisation et consultations médicales

- Coordination assurée par le Ministère de la Santé publique - Soins complets relevant du Ministère de la Santé publique (basés sur la notion des soins progressifs) - Coordination du secteur public

NEUVIEME SEANCE PLENIERE

239

- Centres pour le traitement des malades exposés à un risque élevé - Psychiatrie - Gériatrie - Institutions des assurances de groupe Il convient de préciser que cette classification ne prétend pas imposer un ordre de priorité encore qu'il soit nécessaire de souligner l'importance que l'on doit attribuer à la coordination, à la réorganisation et à la restructuration du Ministère de la Santé publique en tant qu'organe directeur qui fixe les normes et exerce les contrôles dans le domaine de la santé en Uruguay. On peut également aborder ce schéma du point de vue chronologique; trois étapes sont indiquées, mais seulement à titre d'exemple et ceci pour diverses raisons dans certains programmes, le nombre des étapes peut être supérieur ou inférieur à trois; les étapes de chaque sous -programme doivent pouvoir être modifiées et elles comprendront des activités différentes quantitativement et qualitativement; le début et la fin de chaque étape ne sont pas marqués avec précision; dans chaque sous -programme, la durée des étapes n'est pas nécessairement identique; enfin, c'est en définitive la nature du sous -programme qui déterminera l'enchaînement des étapes. Il convient d'identifier pour chaque étape des types d'activité distincts. Toujours à titre d'exemple seulement, on a classé les activités de la première étape en trois catégories activités principales, secondaires et d'appui. Cette même division peut s'appliquer à d'autres étapes selon les caractéristiques du sous -programme. On considère qu'il y a toujours au moins des activités principales et des activités d'appui. Les activités principales portent sur la substance même du sous -programme, c'est -à -dire sur le "problème" que l'on se propose de résoudre. Les activités secondaires déterminent les moyens ou la manière de résoudre le problème décelé ou d'améliorer une situation qui s'est révélée peu satisfaisante. Dans certains cas, elles peuvent constituer les étapes successives d'un sous -programme. Les activités d'appui forment la gamme des ressources nécessaires pour exécuter les activités principales et secondaires du sous -programme. Elles comportent à leur tour des programmes d'appui du genre ressources humaines, fournitures, matériel, moyens physiques, mode de financement, etc. Dans chaque sous -programme, ces programmes d'appui sont conçus de manière à indiquer, en dernière analyse, le coût du sous -programme. On constate que, dans presque tous les sous -programmes, à chaque étape correspondent des activités d'appui identiques. Le schéma a été élaboré de telle sorte qu'en adoptant une approche globale on obtient le programme d'appui total; dans le cas par exemple des ressources humaines, on parvient à un tel résultat en regroupant les éléments de chacun des sous -programmes de base. On disposera de la sorte d'un critère pour fixer les priorités puisqu'en fin de compte les moyens et les coûts de :

:

:

chaque sous - programme seront connus.

Ils sont considérés comme l'aboutissement de chaque programme ou Instruments juridiques. les éléments essentiellement sous -programme et doivent comporter trois types d'éléments techniques, ceux qui définissent le support administratif et en dernier lieu les dispositions qui donnent à ces textes force de loi et leur permettent d'entrer en vigueur. Ces instruments juridiques auront, dans chaque cas, une portée différente et, selon leur champ d'application institutionnel, il s'agira de lois, de décrets, de règlements, d'ordonnances, :

etc.

Evaluation. Il a été jugé nécessaire d'entreprendre, à la fin de chaque étape, une évaluation qui jouera un rôle fondamental dans le déroulement du processus de planification; chaque programme ou sous -programme doit évidemment comporter sa propre phase d'évaluation. C'est pourquoi, lorsqu'il est question d'évaluation dans le schéma opérationnel, on se réfère à une évaluation axée sur le processus de planification lui -même en vue de déceler les écarts éventuels par rapport aux objectifs fixés et, en second lieu, d'évaluer la rapidité d'exécution du plan.

3.

Conclusions

Cette analyse sommaire du schéma opérationnel est destinée à faire quelques mises au point qui avaient été jugées nécessaires pour définir les bases théoriques et méthodologiques du schéma. Nous pensons qu'elle reprend, en termes généraux, les explications données verbalement au cours des diverses réunions de groupe qui se sont tenues sur ce sujet. Par ailleurs, nous estimons que les personnes n'ayant pu prendre part aux réunions en auront besoin pour l'analyse détaillée du schéma opérationnel qui pourrait sans cela faire l'objet d'interprétations diverses et, ce qui est plus grave, créer un état d'incertitude et d'incompréhension qui nuirait à la bonne diffusion du plan et à la coopération de tous ceux qui doivent y participer. Une dernière observation concerne le rôle et la responsabilité de tous ceux qui prennent part à la formulation et à l'exécution des programmes. Chacun d'eux doit assumer la responsabilité directe de son propre programme. La Division du Plan, qui a été instituée par la Note de service N° 3670, assumera la coordination générale et définira les grandes lignes auxquelles

240

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

les programmes doivent se conformer pour satisfaire au critère d'unité qui est la caractéristique fondamentale du plan. Je vous remercie. Ceci met fin à Le PRESIDENT PAR INTERIM (traduction de l'anglais) notre discussion d'aujourd'hui sur ce sujet. Les deux orateurs suivants, à savoir le représentant de la Namibie et le délégué du Libéria, ont fait connaître qu'ils désiraient que leur exposé figure dans le compte rendu de sorte que le premier orateur dans le débat de demain sera le délégué de l'Indonésie. :

Monsieur le Président, honorables Le Dr AMATHILA (Namibie) (traduction de l'anglaís) délégués, c'est avec un profond sentiment d'humilité et d'orgueil que je m'adresse à vous aujourd'hui au nom du peuple de la Namibie et de la South West Africa People's Organization (SWAPO), qui est reconnue par l'Organisation de l'Unité africaine et par l'Organisation des Nations Unies comme le seul mouvement représentatif de libération du peuple namibien. Au nom de ma délégation, j'adresse mes sincères remerciements à l'Assemblée générale des Nations Unies, à l'Assemblée mondiale de la Santé, au Conseil des Nations Unies pour la Namibie et à tous les organismes, gouvernements et personnes qui nous ont permis de participer à la présente réunion. Le paragraphe 3.3) de la résolution WHA2.103 de la Deuxième Assemblée mondiale de la Santé dispose que "Les représentants des Membres associés devraient être qualifiés par leur compétence technique dans le domaine de la santé et devraient être choisis dans la population indigène, et ce conformément aux dispositions de l'article 8 de la Constitution." Monsieur le Président et honorables délégués, ma présence parmi vous atteste la profonde détermination de la SWAPO et du peuple de Namibie à assumer toutes les obligations qui nous incombent si nous voulons jouer pleinement et en toute indépendance notre rôle de fils et filles d'Afrique. Je suis également fière de faire observer qu'en plaçant une femme à la tête de sa délégation à l'Organisation mondiale de la Santé, le peuple de la Namibie a montré une fois de plus qu'en Afrique les chances et les responsabilités sont les mêmes pour tous, indépendamment du sexe. Monsieur le Président, je suis tout à fait consciente du fait que l'OMS est une institution spécialisée des Nations Unies à caractère technique qui s'emploie à améliorer la santé et le bien -être - envisagé sous tous ses aspects - des populations. Etant donné cependant que je participe pour la première fois aux réunions de cette organisation hautement réputée, je pense que vous voudrez bien, ainsi que les honorables délégués, me permettre de faire quelques observations sur les besoins de la Namibie auxquelles vous accorderez, j'en suis sûre, toute l'attention voulue. L'Organisation mondiale de la Santé se développe rapidement et modifie son programme traditionnel d'assistance technique. Cela est nécessaire, non seulement pour accroître son prestige et son adhésion à des principes élevés, mais aussi pour perfectionner ses techniques de développement et d'action sociale. Si elle assume ses obligations élargies sans appliquer universellement des principes moraux, éthiques et humains solides, l'efficacité de sa lutte contre les maladies, sa compétence scientifique et son image de marque en souffriront. L'OMS ne peut pas se dérober à l'action sociale et éviter les problèmes sociaux et économiques délicats ou encore ignorer les grands paramètres de la santé et de la maladie. Les buts de l'Organisation ne sont pas purement médicaux dans le sens strict du terme, c'est -à -dire qu'elle ne s'intéresse pas simplement à la maladie mais aussi à sa prévention ainsi qu'au bien -être général et au développement des Etats Membres. A mon avis, les obligations élargies de l'OMS et son futur rôle sont en rapport avec une conception moderne non seulement de la santé et de la maladie mais aussi de la liberté, du bien -être total et de la dignité de l'homme. Monsieur le Président, j'aimerais rappeler à l'OMS les résolutions adoptées par la Vingt Septième Assemblée mondiale de la Santé ainsi que par le Conseil exécutif à ses cinquante troisième et cinquante -quatrième sessions. Je songe en particulier aux résolutions WHA27.36 et WHA27.37 concernant l'assistance aux mouvements de libération dans l'Afrique australe conformément aux résolutions 2918 (XXVII) de l'Assemblée générale des Nations Unies et 1804 (LV) du Conseil économique et social. Je prie humblement l'OMS et les pays Membres de l'Organisation représentés ici d'accorder toute l'attention voulue au contenu de ces deux résolutions et de prendre d'urgence les mesures nécessaires pour apporter au peuple namibien une aide morale et matérielle aussi étendue que possible. Ainsi que vous le savez tous, la Namibie est encore occupée illégalement par la République Sud -Africaine en dépit des nombreux appels lancés à celle -ci par divers organismes mondiaux pour qu'elle se retire de la Namibie. Est -il vraiment nécessaire de mentionner encore ici le mépris des droits fondamentaux de l'homme, les violations de la dignité humaine et l'absence de services minimaux de santé et de prévoyance sociale auxquels les Namibiens ont été et sont encore exposés dans leur propre pays et qui vont de pair avec une aliénation complète de leur personnalité et une totale absence de :

1

liberté.

Dans un ouvrage intitulé South West Africa, Ruth First évaluait, en 1926, la population de la Namibie à 600 000 habitants. En 1967, soit 41 ans plus tard, un livre blanc du Gouvernement

1 Le texte qui suit a été communiqué par le représentant de la Namibie pour insertion dans le compte rendu, conformément à la résolution WHA20.2.

NEUVIEME SEANCE PLENIERE

241

sud -africain intitulé "South West Africa Survey" a cité le chiffre de 610 000 habitants. Ce taux d'accroissement étonnamment faible peut être dû à l'une des trois raisons suivantes a) la source d'information de Ruth First surestimait largement l'effectif de la population, ou bien le chiffre cité par le Gouvernement sud -africain en 1967 constituait une grossière sous -estimation des faits; b) le taux des naissances et celui des décès se sont équilibrés en Namibie au cours des 50 dernières années; c) le Gouvernement sud -africain fait preuve d'une apathie et d'une négligence coupables pour justifier l'argument malveillant selon lequel les Namibiens seraient un peuple en voie de disparition, incapable de se gouverner lui -même en raison de sa faible importance numérique. Mon opinion est que nous ne connaissons pas les faits réels et que, lorsqu'il existe un doute, des mesures doivent être prises pour le dissiper. C'est pourquoi je demanderai en premier lieu à l'Organisation de faire recueillir des statistiques démographiques et autres informations pertinentes sur la Namibie qui serviront de base à la planification de sa stratégie d'assistance. Deuxièmement, un certain nombre de Namibiens ont réussi à quitter le pays mais sont décidés à y revenir un jour. Parmi eux figurent de nombreux jeunes gens et jeunes femmes. L'OMS pourrait prendre rapidement des mesures pour donner à certains une formation de médecin, d'infirmière, de technicien de laboratoire, de pharmacien, etc. Mon organisation, la SWAPO, pourra aider l'OMS dans cette tâche si les contacts nécessaires sont établis. Troisièmement, l'OMS devrait prendre des mesures pour faire participer certains Namibiens ayant reçu une formation médicale à des projets de l'Organisation en Afrique et leur permettre ainsi d'apporter leur contribution à la cause commune, d'éprouver un sentiment d'appartenance et d'acquérir en outre quelque expérience du travail sur le terrain. Ma dernière requête est la plus importante, et peut -être aussi la plus difficile à il faudrait que l'OMS envoie en Namibie une mission qui serait chargée d'évaluer réaliser les services médicaux et sanitaires du pays ainsi que les besoins et la situation de la population. Je suis consciente des difficultés d'une telle entreprise mais elles ne sont pas insurmontables. Je suis heureuse de faire connaître qu'à sa 209e séance, le 27 septembre 1974, le Conseil des Nations Unies pour la Namibie a adopté un plan relatif à la création d'un institut pour la Namibie qui permettra à des Namibiens de poursuivre des recherches, de recevoir une formation, d'entreprendre des travaux de planification et de mener d'autres activités connexes touchant particulièrement la lutte des Namibiens pour la liberté et la création d'un Etat indépendant de Namibie. Cet institut devrait être ouvert dans le courant de l'année. Le Gouvernement de la République de Zambie ayant aimablement donné son accord, l'Institut pour la Namibie sera implanté à Lusaka et géré à partir de cette base jusqu'à ce que l'occupation illégale de la Namibie par l'Afrique du Sud prenne fin. Je prie humblement tous les Etats Membres de donner des bourses aux Namibiens et d'aider à former des techniciens de tous niveaux. Monsieur le Président, honorables délégués, voilà ce que j'avais à dire au nom de la Namibie à la Vingt- Huitième Assemblée mondiale de la Santé. Avant de terminer, je vous demanderai de bien vouloir me permettre de féliciter les délégations du Mozambique, de la République démocratique du Viet -Nam et de la Guinée -Bissau, d'abord d'être entrées à l'OMS et ensuite d'avoir mis fin aux souffrances de leurs pays. La liberté n'est jamais un don il faut la gagner par la lutte, la défendre et l'apprécier. Le combat de ces pays pour l'indépendance a touché et affermi les coeurs des Namibiens. : : :

Le PRESIDENT PAR INTERIM (traduction de l'anglais)

:

La séance est levée.

La séance est levée à 17 h.30.

DIXIEME SEANCE PLENIERE Mercredi 21 mai 1975, Président :

9 h.30

Professeur S. HALTER (Belgique)

La séance est ouverte. Le PRESIDENT Je voudrais commencer par faire une déclaration, Mesdames et Messieurs, j'ai appris que les délégations des pays arabes à cette assemblée ont été préoccupées du fait que, au cours de notre séance de nuit de jeudi, je n'ai pas remercié le délégué de la République Arabe Syrienne après son intervention, et que j'ai utilisé une formule particulière à l'égard du délégué d'Israël. Cela se trouve dans le compte rendu de la septième séance. Je tiens à déclarer que cette différence de terminologie était purement fortuite et qu'elle ne reflète aucune intention particulière de la part du Président de cette assemblée à l'égard de l'une quelconque des délégations. :

1.

DEUXIEME RAPPORT DE LA COMMISSION DE VERIFICATION DES POUVOIRS

Le PRESIDENT : Mesdames et Messieurs, le premier point à notre ordre du jour est l'examen du deuxième rapport de la Commission de Vérification des Pouvoirs. J'invite le Rapporteur de cette commission, M. Ramrakha, à monter à la tribune pour donner lecture de ce rapport qui est contenu dans le document A28/55.

M. Ramrakha (Fidji), Rapporteur de la Commission de Vérification des Pouvoirs, donne lecture du deuxième rapport de la Commission (voir page 694). Merci, Monsieur Ramrakha. Y a -t -il des observations ? Je n'en vois pas, et Le PRESIDENT je présume donc que l'Assemblée est d'accord pour accepter ce rapport. Merci encore à M. Ramrakha pour sa présentation. :

2.

ELECTION DE MEMBRES HABILITES A DESIGNER UNE PERSONNE DEVANT FAIRE PARTIE DU CONSEIL EXECUTIF :

Le PRESIDENT Nous allons passer maintenant au point suivant de notre ordre du jour, qui est le point 1.13 - Election de Membres habilités à désigner une personne devant faire partie du Conseil exécutif. Le document A28 /511 contient le rapport du Bureau de l'Assemblée où figure la liste des douze Membres désignés en application de l'article 99 du Règlement intérieur de l'Assemblée. En vertu de ce même article, le Bureau a recommandé, parmi les douze Membres désignés, les noms de huit Membres qui, s'ils bénéficiaient de vos suffrages et étaient élus, assureraient à l'ensemble du Conseil une distribution équilibrée. Je demande s'il y a des observations ou des remarques. Je donne la parole au délégué de la Turquie, que j'invite à venir à la tribune. Vous avez la parole, Docteur Alan. Le Dr ALAN (Turquie) Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les délégués, ce n'est pas sans surprise que la délégation turque a pris connaissance du fait que le nom de la Turquie figurait sur la liste des douze Membres établie par le Bureau à l'intention de l'Assemblée, une délégation amie ayant présenté sa candidature. La délégation turque est très reconnaissante à cette délégation amie, ainsi qu'aux autres délégations qui ont bien voulu voter pour la Turquie. Cependant, Monsieur le Président, la Turquie n'est pas candidate cette année; elle a l'intention de présenter sa candidature l'année prochaine. La délégation turque exprime d'ores et déjà l'espoir ou le souhait que la candidature de la Turquie à l'Assemblée prochaine trouvera un large appui. :

Le PRESIDENT Merci, Docteur Alan. Il m'a été dit que le délégué du Libéria souhaitait également prendre la parole. Je le prie de bien vouloir venir à la tribune. Vous avez la parole. :

M. BRIGHT (Libéria) (traduction de l'anglais) Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs, pour la délégation du Libéria, la liste des huit Membres suivants Bangladesh, Canada, Mauritanie, Rwanda, Yougoslavie, Australie, Finlande et Somalie, représente une distribution géographique équitable si l'on considère la totalité des pays Membres de l'Organisation. Nous aimerions dans ces conditions recommander que la liste de ces huit Etats Membres présentée par le Bureau soit adoptée à l'unanimité car toute substitution, ou suppression d'un nom de pays, ou autre modification à cette liste irait à l'encontre du principe de la régionalisation et de la distribution géographique équilibrée. :

:

1 Voir p. 695.

- 242 -

DIXIEME SEANCE PLENIERE :

243

Le PRESIDENT Merci, Monsieur le délégué du Liberia. Le délégué de la Tunisie a demandé la parole. Je le prie de bien vouloir venir à la tribune. Vous avez la parole.

Le Dr FARAH (Tunisie) (interprétation de l'arabe) Monsieur le Président, Messieurs les délégués, après ce qu'a décidé le Bureau, la Tunisie retire sa candidature au profit de la Somalie. Il est quand même connu que la Tunisie garde son droit de candidature à un autre siège si on adopte le principe de l'augmentation des sièges au Conseil exécutif, et ceci avant la fin de cette session. De toute façon, la Tunisie remercie tous les Etats amis pour leur appui, si ce n'est pas aujourd'hui, du moins la semaine prochaine. :

Merci, Monsieur le délégué de la Tunisie. Y a -t -il d'autres orateurs qui Le PRESIDENT désirent prendre la parole ? Je n'en vois pas. La discussion est donc close. Vous savez, Mesdames et Messieurs, que l'élection a lieu au scrutin secret. Je me bornerai il s'agit, à vous rappeler les noms des huit Etats Membres dont le mandat vient à expiration pour la Région africaine, du Niger et du Zaïre; pour la Région des Amériques, de la Colombie; pour la Région de la Méditerranée orientale, de l'Afghanistan; pour la Région européenne, de la Hongrie et du Royaume -Uni de Grande -Bretagne et d'Irlande du Nord; pour la Région de l'Asie du Sud -Est, de l'Indonésie; et pour la Région du Pacifique occidental, de la Nouvelle -Zélande. J'aimerais aussi attirer l'attention de cette assemblée sur les articles de la Constitution et du Règlement intérieur qui concernent le mode de scrutin. Il s'agit des articles 18b), 24 et 25 de la Constitution et des articles 97, 99 et 100 du Règlement intérieur de l'Assemblée. Pour éviter tout malentendu - et je me permets d'attirer l'attention des Membres sur le fait que tout nouveau vote absorbe un temps très considérable - je vais répéter que les huit noms qui doivent recevoir vos suffrages doivent nécessairement être choisis parmi les douze Membres proposés par le Bureau, à savoir l'Australie, le Bangladesh, le Canada, le Costa Rica, la Finlande, la Mauritanie, le Rwanda, Singapour, la Somalie, la Tunisie, la Turquie et la Yougoslavie. Vous venez d'entendre, toutefois, que la Tunisie et la Turquie ne souhaitent pas recevoir vos suffrages. Les noms pour lesquels vous allez voter seront donc les dix restants, et je rappelle que le Bureau a fait dans ce groupe une suggestion dont vous pourriez tenir compte et qui, si vous en teniez compte, assurerait la répartition appropriée. La procédure de vote va commencer, et je voudrais attirer votre attention sur l'article 74 du Règlement intérieur de l'Assemblée qui prévoit qu'aucune délégation ne peut interrompre le scrutin, sauf s'il s'agit d'une motion d'ordre. Dès lors, si une délégation souhaite faire connaître un point de vue, c'est maintenant que cela doit se produire, avant que la procédure de vote soit déclarée ouverte. Je ne vois pas de délégation s'annoncer. Afin de faciliter le déroulement du scrutin, je vais prier le Secrétariat de distribuer des bulletins de vote sur lesquels figurent, dans l'ordre alphabétique anglais, les noms des douze Membres désignés par le Bureau de l'Assemblée. Les huit Membres dont le nom est souligné sont ceux dont l'élection assurerait, de l'avis du Bureau, une répartition équilibrée des sièges. Je rappelle que parmi les douze noms, il y en a deux que vous pouvez également oublier la Tunisie et la Turquie. Vous êtes donc priés d'indiquer pour quels pays vous votez en marquant d'une croix les cases qui figurent sur le bulletin de vote. Chaque bulletin ne peut comporter que huit noms de pays, ni plus, ni moins. Je veux rappeler que tout bulletin qui contiendrait une croix en plus ou une croix en moins, ou un nom autre que ceux qui figurent sur le bulletin, sera considéré comme nul. Les délégations seront appelées à se prononcer en déposant leur bulletin de vote, après appel nominal, dans une urne qui se trouvera à la tribune. Chaque délégation doit donc venir déposer son bulletin à la tribune à l'appel du nom de son pays. Les délégations seront appelées dans l'ordre alphabétique anglais, et je vais tirer au sort la lettre par laquelle nous allons commencer. Il s'agit de la lettre 0. Je dois également désigner des scrutateurs qui auront l'amabilité de vérifier la régularité du scrutin et de procéder au décompte. Je voudrais demander au Dr Wright, du Niger, et au Dr Jayasundara, de Sri Lanka, de bien vouloir se charger de cette tâche et de venir s'installer à la tribune avec nous. Le Dr Wright, s'il vous plait, et le Dr Jayasundara. : : :

Les deux scrutateurs prennent place à la tribune. Je remercie dès maintenant ces deux personnalités pour l'obligeance avec Le PRESIDENT laquelle elles ont accepté notre proposition, et je voudrais aussi dire que le scrutin sera contrBlé et surveillé par un des Vice -Présidents qui a bien voulu accepter cette mission et qui est le Dr Castillo Sinibaldi. Toutes les délégations ont -elles reçu, actuellement, leur bulletin de vote ? Il est extrêmement important que celles qui ne l'ont pas reçu se fassent connaître tout de suite. Je prends acte du fait que toutes les délégations présentes ont reçu leur bulletin de vote. Celles qui n'en auraient pas reçu pourraient lever leur pancarte. La délégation du Paraguay. Mesdames et Messieurs, nous allons maintenant procéder au vote. :

244

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

Il est procédé à un vote au scrutin secret, les noms des Etats Membres étant appelés dans l'ordre alphabétique anglais comme suit, en commençant par l'Oman :

Oman, Pakistan, Panama, Paraguay, Pérou, Philippines, Pologne, Portugal, Qatar, République de Corée, République du Sud Viet -Nam, Roumanie, Rwanda, Arabie Saoudite, Sénégal, Sierra Leone, Singapour, Somalie, Espagne, Sri Lanka, Soudan, Souaziland, Suède, Suisse, République Arabe Syrienne, Thailande, Togo, Trinité -et- Tobago, Tunisie, Turquie, Ouganda, Union des Républiques socialistes soviétiques, Emirats arabes unis, Royaume -Uni de Grande -Bretagne et d'Irlande du Nord, République -Unie du Cameroun, République -Unie de Tanzanie, Etats -Unis d'Amérique, Haute Volta, Uruguay, Venezuela, Yémen, Yougoslavie, Zafre, Zambie, Afghanistan, Algérie, Argentine, Australie, Autriche, Bahamas, Bahrefn, Bangladesh, Belgique, Bolivie, Botswana, Brésil, Bulgarie, Birmanie, Burundi, Canada, République Centrafricaine, Chili, Chine, Colombie, Congo, Costa Rica, Cuba, Chypre, Tchécoslovaquie, Dahomey, République populaire démocratique de Corée, Yémen démocratique, Danemark, République Dominicaine, Equateur, Egypte, El Salvador, Ethiopie, Fidji, Finlande, France, Gabon, Gambie, République Démocratique Allemande, République fédérale d'Allemagne, Ghana, Grèce, Guatemala, Guinée, Guinée -Bissau, Guyane, Honduras, Hongrie, Islande, Inde, Indonésie, Iran, Irak, Irlande, Israël, Italie, Côte d'Ivoire, Jamatque, Japon, Jordanie, Kenya, Koweft, Laos, Liban, Lesotho, Libéria, République Arabe Libyenne, Luxembourg, Madagascar, Malawi, Malaisie, Mali, Malte, Mauritanie, Maurice, Mexique, Monaco, Mongolie, Maroc, Népal, Pays -Bas, Nouvelle -Zélande, Nicaragua, Niger, Nigéria, Norvège. Le vote est maintenant clos. Conformément à l'article 76 du Règlement Le PRESIDENT intérieur, je vais demander au Dr Castillo Sinibaldi, Vice -Président, d'assister au décompte des votes et ainsi nous serons à même de poursuivre nos travaux. Le décompte des votes aura lieu dans la salle VII. Je voudrais demander que ceux qui sont intéressés à la question restent ici encore un moment, et je voudrais rappeler que les délégations ont le droit d'être présentes à la salle VII, si elles le souhaitent, pendant le dépouillement. Avant que les scrutateurs ne quittent cette salle, il est nécessaire de vérifier si le nombre de bulletins de vote qui se trouvent dans l'urne correspond au nombre de pays qui ont voté, et je vais donc demander au Dr Sinibaldi et aux scrutateurs de bien vouloir compter les bulletins avant de quitter cette salle pour se rendre à la salle VII. :

Les scrutateurs comptent les bulletins de vote. Le PRESIDENT Mesdames et Messieurs, le nombre de bulletins correspond au nombre de pays qui ont voté. Il y a eu 124 pays qui ont voté et il y avait 7 absences. Je vais donc demander maintenant au Vice -Président Sinibaldi et aux scrutateurs de se rendre à la salle VII pour procéder au dépouillement du scrutin, et je les remercie d'avance pour le travail qu'ils veulent bien faire. Je vous rappelle aussi que si l'un ou l'autre d'entre vous souhaite assister à ce travail, il est libre de le faire. :

3.

DISCUSSION GENERALE DES RAPPORTS DU CONSEIL EXECUTIF SUR SES CINQUANTE -QUATRIEME ET CINQUANTE -CINQUIEME SESSIONS ET DU RAPPORT DU DIRECTEUR GENERAL SUR L'ACTIVITE DE L'OMS EN 1974 (suite) :

Le PRESIDENT Comme le dépouillement du scrutin va prendre un certain temps, et conformément à ce qui a été indiqué à notre ordre du jour, nous allons maintenant reprendre les autres travaux de cette assemblée en séance plénière, et plus spécialement la discussion des points 1.10 et 1.11 de l'ordre du jour, c'est -à -dire des rapports du Conseil exécutif et du Directeur général. Nous avons encore un certain nombre d'orateurs inscrits, je crois vingt -cinq, dont quatre nous ont annoncé qu'ils souhaitaient que leurs textes soient publiés dans le compte rendu mais qu'ils s'abstiendraient d'en donner lecture. Nous allons donc reprendre maintenant les exposés et je vais demander au délégué de l'Indonésie de bien vouloir, de sa place, nous communiquer son message. Le Professeur SULIANTI SAROSO (Indonésie) (traduction de l'anglais) Monsieur le Président, Monsieur le Directeur général, amis délégués, Mesdames, Messieurs, au nom de la délégation de la République d'Indonésie, je tiens à féliciter de leur élection tous les membres du bureau. Je regrette seulement que l'on n'ait apparemment pas tenu compte de l'Année internationale de la Femme. Il aurait en effet été approprié qu'une femme soit élue Vice -Président de l'Assemblée ou Président de l'une des commissions principales. Lorsqu'il a présenté son Rapport à la Vingt- Septième Assemblée mondiale de la Santé, le Directeur général, le Dr Mahler, a déclaré que le but de l'OMS devrait être d'apporter au moment et à l'endroit qu'il faut, aux problèmes qu'il faut, les solutions qu'il leur faut et avec les moyens quantitatifs et qualitatifs qu'il faut. Afin de promouvoir la santé du monde dans le sens indiqué par le Dr Mahler, il faudrait que chaque Etat Membre sache quels sont ses principaux problèmes, lesquels touchent le plus grand nombre de personnes, où ils se posent et :

DIXIEME SEANCE PLENIERE

245

comment il serait possible de les résoudre efficacement dans un temps minimum, en tenant compte des ressources disponibles et en appliquant les techniques les mieux adaptées. Adoptant une approche conforme aux principes que je viens d'évoquer, l'OMS apporte une assistance pour des activités de programmation sanitaire par pays. Toutefois, dans le courant de l'année 1974, cinq pays seulement ont bénéficié de ce type d'assistance. La délégation indonésienne aimerait savoir s'il serait possible d'étendre cette aide en utilisant notamment les personnels OMS en poste sur le terrain après leur avoir fourni un complément de formation. La plus grande partie de la population mondiale vit dans ce qu'il est convenu d'appeler des "pays en voie de développement ". Dans ces pays, les principaux problèmes de santé restent les maladies transmissibles, la malnutrition, l'insalubrité de l'environnement et l'insuffisance des services de santé. Certes, il suffirait d'apporter quelques améliorations aux conditions d'hygiène pour réduire sensiblement l'incidence des maladies parasitaires et des autres maladies transmissibles et il conviendrait d'utiliser dans les pays en voie de développement des techniques appropriées mais peu coûteuses; toutefois, même dans ce cas, les ressources nécessaires seraient considérables. Nous espérons que l'OMS pourra mobiliser des crédits en faisant appel à d'autres institutions du système des Nations Unies ainsi qu'à des organismes extérieurs pour accélérer les progrès de l'assainissement de base dans le monde. La vaccination, mentionnée dans le Rapport du Directeur général, est un autre moyen de prévenir les maladies transmissibles. Ce problème a déjà fait l'objet d'une discussion au sein de la Commission A. J'aimerais cependant souligner l'importance du programme élargi de vaccination et je souhaite que l'OMS, le FISE et les organismes d'assistance compétents donnent la priorité à ce programme. Au sujet du problème posé par l'insuffisance des services de santé, la délégation indonésienne tient à féliciter le Directeur général d'avoir rapidement pris les mesures nécessaires en application de la résolution WHA27.44 dans laquelle l'OMS est priée de concentrer ses efforts afin d'aider les gouvernements à développer leurs systèmes de prestations sanitaires de façon à en faire bénéficier les populations insuffisamment desservies. L'OMS atteindra certainement son objectif - amener tous les peuples au niveau de santé le plus élevé possible - si l'Assemblée adopte le projet de résolution intitulé "Promotion des services nationaux de santé" qui figure dans le document A28/9. Si elle était adoptée, cette résolution donnerait en effet au Directeur général le pouvoir de mobiliser toutes les ressources disponibles pour développer rapidement les programmes de santé à l'intention des populations insuffisamment desservies. J'aimerais profiter de cette occasion pour remercier l'OMS de son assistance et de sa coopération lors de la création d'un institut pour le développement des services de santé à Surabaya, en Indonésie. Une description de cet institut et de certaines de ses activités figure aux pages 3 et 4 du Rapport du Directeur général. Dans la mesure où cet institut sera appelé à aider d'autres pays, nous espérons que des crédits supplémentaires additionnels seront mis à sa disposition par l'intermédiaire de l'Organisation mondiale de la Santé. Au cours des dernières Assemblées mondiales de la Santé, nous avons longuement discuté du role de coordination de l'OMS dans le domaine de la recherche biomédicale. C'est là un sujet extrêmement important et il serait bon que l'Organisation joue à cet égard un rôle directeur. Pour trouver la solution à nos problèmes de santé, il importe de faire des recherches - travaux sophistiqués dans des laboratoires bien équipés aussi bien qu'études de santé publique sur l'application pratique des techniques existantes. A ce propos, nous approuvons la formule adoptée pour présenter l'activité de l'OMS en 1974, chaque section comportant une description des travaux de recherche correspondants._ Avant de conclure, j'aimerais faire une petite observation au sujet de la liste des projets, à la partie III du Rapport du Directeur général. Si, en effet, le titre et les objectifs des projets sont indiqués, on ne trouve de description du travail accompli que pour certains projets qui, à notre avis, ne sont en outre pas toujours les plus importants. Cette liste serait, il me semble, plus utile si elle était accompagnée d'un rapport financier donnant une évaluation des résultats obtenus. Monsieur le Président, je ne vous retiendrai pas plus longtemps. Je souhaite à l'Assemblée plein succès pour ses travaux. Je vous remercie, Madame le délégué de l'Indonésie. Le pays suivant sur ma Le PRESIDENT liste était l'Italie, mais cette délégation nous a fait savoir qu'elle renonçait à prendre la parole tout en souhaitant que son texte soit imprimé dans le compte rendu. :

M. FOSCHI (Italie) Permettez -moi d'abord, Monsieur le Président de vous adresser, au nom du Gouvernement italien et en mon nom personnel, les félicitations les plus chaleureuses pour votre élection, ainsi qu'aux Vice -Présidents de cette assemblée. Je voudrais aussi féliciter le Directeur général pour l'excellent Rapport qu'il nous a présenté. A ce sujet, je voudrais souligner les relations étroites qui existent entre les :

1

,

1 Le texte qui suit a été communiqué par la délégation de l'Italie pour insertion dans le compte rendu, conformément à la résolution WHA20.2.

246

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

problèmes de santé d'un pays comme le mien et la manière dont ces mêmes problèmes sont traités, sur le plan mondial, au sein de l'Organisation mondiale de la Santé. Déjà en 1973 le Conseil exécutif présentait un rapport dans lequel il faisait état des préoccupations et des critiques que suscitaient les services de santé dans le monde. Il affirmait notamment que les services de santé provoquaient un mécontentement toujours plus grand de la part des populations auxquelles ils étaient destinés, en raison de leur incapacité de s'adapter à l'évolution des besoins et de comprendre les différences que présentent ces besoins d'un pays à l'autre et, à l'intérieur d'un pays, d'une zone à l'autre. En effet, l'homme, qui est en train de modifier son milieu naturel de vie afin de l'adapter aux exigences du développement industriel et technologique, n'a pas mis au point les instruments sociaux et sanitaires nécessaires pour contrôler les conséquences de modifications qu'il a lui -même introduites. Il est évident que, dans la mesure où la médecine et l'organisation sanitaire dans son ensemble ne sont pas capables de devenir un instrument de planification et d'intervention sur ces structures techniques et économiques, on court le risque de provoquer une profonde divergence entre progrès technologique et santé de l'homme. La situation en Italie n'échappe pas à ce risque. Au cours des vingt dernières années on a assisté, dans mon pays comme dans beaucoup d'autres, à des mutations profondes du milieu dans lequel l'homme vit et travaille. Cela exige une révision profonde des données traditionnelles de référence pour la compréhension des besoins de la population. Dans ce contexte, et sur la base du Rapport du Directeur général, on peut identifier certains problèmes qui revêtent une importance particulière. Grâce à l'emploi systématique de vaccins et d'autres substances possédant une action 1) préventive et à la diffusion de normes et de services d'hygiène, une diminution spectaculaire de la mortalité et de la morbidité par maladies infectieuses transmissibles a été enregistrée, mais on a assisté, en même temps, à l'augmentation des maladies dites dégénératives (dysmétaboliques, cardio -vasculaires, mentales et tumorales) liées à la transformation des conditions de vie et de travail de la population. Cette tendance, confirmée par les statistiques annuelles, se manifeste surtout dans les zones particulièrement exposées à la pollution industrielle où la population en général, et les enfants en particulier, sont atteints par des formes de bronchite chronique, souvent à caractère asthmatique. L'hygiène du milieu représente par conséquent une des exigences prioritaires dans la promotion d'une action préventive et d'assainissement du milieu. Le travail industriel et la vie dans les grandes concentrations urbaines, dont 2) l'accroissement n'a pas été accompagné d'un développement correspondant des services sociaux nécessaires, est la cause évidente de l'inadaptation de la population. Comme on a pu le constater dans tous les pays industrialisés, le développement des zones industrielles avec une forte densité de population a eu pour conséquence la désagrégation des valeurs traditionnelles, culturelles et sociales, depuis la conception du travail jusqu'à la fonction de la famille, et a finalement entraîné un profond changement des rapports entre l'individu et son milieu de vie. Cette situation non seulement est cause de l'augmentation des affections neuro -psychiatriques, mais favorise aussi l'apparition de la pathologie dite psychosomatique qui contribue très largement au développement des formes dégénératives. L'emploi des traitements prolongés des affections chroniques et, en général, l'accrois3) sement de l'espérance de vie moyenne ont fait augmenter le nombre des personnes âgées et celui des handicapés. Leur condition, bien que différente dans les grandes villes et dans les petites agglomérations, est souvent caractérisée par l'isolement social et la ségrégation dans des institutions. C'est une situation qui exige des services sanitaires sociaux une action urgente pour la réadaptation et la réintégration de ces sujets dans leur milieu familial, culturel et social.

exigent de Ces problèmes que j'ai à peine mentionnés - et qui ne sont pas les seuls la part de l'Etat une organisation nouvelle des services sanitaires et sociaux. Le Parlement italien est en train de discuter, ces jours mêmes, un projet de réforme sanitaire qui fait suite au transfert de l'assistance hospitalière aux administrations régionales et à l'unification du niveau des prestations hospitalières pour toute la population. Les objectifs prioritaires que nous nous proposons sont les suivants L'organisation des services sanitaires et sociaux sur une base territoriale au moyen 1) de la création d'unités locales pour desservir des groupes de population de 50 000 à 200 000 habitants. Les services, qui seront unifiés sous une direction locale unique, auront pour tache primordiale le développement d'une vaste action préventive et d'hygiène dans les différents milieux de vie et de travail; ils devront réaliser de façon prioritaire des services capillaires de prévention pour les enfants, les travailleurs et les personnes âgées, ainsi qu'une assistance psychiatrique rationnelle, dépassant les conceptions traditionnelles et transformant les services de santé mentale en instruments qui permettent de surmonter l'aliénation et la ségrégation des malades mentaux. Le transfert aux gouvernements locaux de la gestion des services, afin de débureau2) cratiser l'assistance et de promouvoir une gestion démocratique de la politique sanitaire avec participation active de la population, ce qui ne manquera pas de favoriser aussi l'éducation sanitaire de celle -ci. :

DIXIEME SEANCE PLENIERE

247

Une révision totale des fonctions des opérateurs sanitaires - médecins et autres 3) catégories de personnel sanitaire - qui devront ainsi assumer des fonctions plus spécialisées. Leur formation doit être finalisée en fonction de nouveaux problèmes sanitaires et dans la perspective de leur intégration dans des groupes de travail multidisciplinaires pour garantir que les problèmes soient abordés d'une façon globale. Comme l'action continue de l'OMS à cet égard le montre clairement, la formation des personnels de santé représente le domaine fondamental sur lequel doivent se concentrer les efforts de la coopération internationale. C'est le moment essentiel de tout processus de changement ce n'est pas tellement de structures nouvelles que l'on a besoin pour La santé de l'homme, mais plutôt d'investissement sur l'homme et pour l'homme. Au moment où le Gouvernement italien est en voie de promouvoir une réforme profonde de l'organisation sanitaire, nous ressentons plus vivement l'exigence d'une coopération de plus en plus étroite et continue avec l'Organisation mondiale de la Santé afin d'utiliser au maximum les directives basées sur les expériences faites sur le plan international. De son côté, mon pays renouvelle à cette assemblée son engagement d'apporter sa contribution à la définition de lignes directrices et de programmes d'opérations qui puissent servir, dans le cadre de l'OMS, à la protection et à la promotion de la santé de l'homme dans le monde entier. :

Le PRESIDENT

:

Je donne la parole au délégué du Portugal. :

Le Professeur DE CARVALHO SAMPAIO (Portugal) Monsieur le Président, Monsieur le Directeur général, Messieurs les délégués, Mesdames et Messieurs, je désire tout d'abord féliciter M. le Président et MM. les Vice -Présidents de leur élection. La délégation portugaise est certaine que, sous l'orientation de personnalités aussi distinguées, les travaux de cette assemblée se dérouleront au niveau technique le plus élevé et dans la plus grande cordialité. C'est la première fois que la délégation portugaise est présente à cette grande assemblée depuis que le peuple portugais s'est libéré d'un régime qui, pendant tant d'années, l'a écarté de l'amitié des autres pays. C'est donc avec le plus grand plaisir qu'elle participe à cette assemblée dans un esprit renouvelé et elle est prête à collaborer à toutes les mesures conduisant à la promotion d'une meilleure santé et au progrès socio- économique, sans lesquels la paix mondiale et une réelle fraternité entre tous les hommes deviendraient impossibles. Longtemps écarté du sein des organisations internationales en raison de la politique poursuivie par un gouvernement coupé des vraies aspirations du peuple portugais, le Portugal a retrouvé le 25 avril 1974 sa place parmi les autres nations. Lorsque je mentionne cette place réassumée par mon pays, je ne veux nullement prétendre que ce retour soit en quelque sorte passif; bien au contraire, toute la politique portugaise au sein des institutions internationales se veut dynamique, active, dans la poursuite des buts communs et d'une véritable coopération dans tous les domaines - coopération qui est la seule raison d'être de ces institutions. Malgré toute la volonté qui nous anime dans la poursuite d'une saine et étroite collaboration entre les peuples, on ne peut cependant pas oublier que le Portugal a lui -même d'énormes difficultés qui trouvent leur source dans l'état de sous -développement où l'ont laissé près de cinquante ans de dictature. Malgré cela, nous n'avons pas épargné nos efforts, des efforts de tout genre, pour aider les peuples colonisés à surmonter les problèmes inhérents au processus de décolonisation. Au cours de cette année, l'Angola, le Mozambique, les îles du Cap -Vert, Sao Tomé et Principe deviendront des Etats indépendants et souverains, à l'issue d'un processus que l'on peut qualifier d'exemplaire. Cette qualification, je me permets de l'utiliser dans la mesure où la volonté portugaise dans ce processus s'est maintenue sans aucune arrière- pensée, sans aucun autre désir que celui d'aider sincèrement et loyalement ces mêmes peuples dans la voie qui les conduira à l'indépendance. L'effort financier que le Portugal a fait pendant l'année écoulée, dans l'intérêt de ces territoires, témoigne bien de ce désir. Nous voulons cependant aller plus loin. Il ne suffit pas de décoloniser. Il faut établir avec ces nouveaux Etats tout un réseau de relations nouvelles, des relations qui tiennent compte de la spécificité de chacune des parties, dans le respect de la souveraineté, de l'indépendance et de l'intérêt de chacune d'elles. Des relations de coopération entre Etats souverains, sans autre désir que le développement des peuples concernés dans le sens et par la voie qui leur est particulière et qu'ils souhaitent. Je pense qu'il n'est pas nécessaire de souligner davantage toute l'importance que le Portugal attache à ses relations avec les nouveaux Etats de langue portugaise et à une étroite coopération avec ces peuples dans tous les domaines, qu'ils soient culturels ou économiques, techniques ou judiciaires. Pour poursuivre ce but, le peuple portugais est prêt à déployer tous ses efforts. Les propositions concrètes déjà soumises par le Gouvernement portugais aux autorités de certains de ces territoires en témoignent. Mais si je mets l'accent sur la coopération que nous voulons établir avec les nouveaux pays de langue portugaise, cela ne veut en aucune façon dire que ce sera seulement avec eux que le Portugal est prêt à avoir ce genre de relations; bien au contraire, l'effort de coopération du Portugal s'étendra à tous les peuples qui voudront établir avec lui de saines relations d'amitié. Dans ce contexte, les organisations internationales, en tant que lieu de rencontre de

248

VINGT- HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

besoins, de motivations, de désirs, en tant qu'assemblées de représentants de tous les pays, prennent toute leur dimension et toute leur importance. Le Portugal veut poursuivre une politique d'amitié et de coopération étroite avec tous les pays, que ce soit au niveau bilatéral ou au sein des institutions internationales. Mon pays est prêt à toute forme de collaboration avec ces organisations. Parallèlement, il sait qu'il trouvera de leur côté le même désir de coopération active à la résolution de ses multiples problèmes. Parmi ces institutions, l'OMS occupe une place de toute première importance. Nous en sommes Membres depuis 1948 et si nos possibilités en son sein ont été freinées dans le passé par l'iniquité de la politique suivie par un gouvernement dictatorial et colonialiste, la révolution du 25 avril et les attitudes responsables assumées depuis lors par le Gouvernement portugais témoignent d'un désir sans équivoque de coopérer pleinement aux initiatives internationales qui, en tout domaine, auront pour but le progrès des peuples. Dans ces circonstances, le Portugal compte sur la compréhension de tous les pays du monde, ainsi que sur l'assistance de cette importante organisation et sur celle des pays en mesure de la prêter. Je ne puis m'empêcher de faire remarquer que le peuple portugais a été privé de l'assistance technique et financière de l'Organisation pendant près de dix ans. Il s'agit d'une résolution qui n'a affecté que le peuple, sans atteindre les responsables de la politique qui l'a occasionnée. Nous espérons que cette assemblée non seulement révoquera cette résolution, mais votera aussi une assistance additionnelle, visant à compenser les désavantages subis par le peuple portugais. Monsieur le Président, le Rapport du Directeur général est, comme toujours, un document clair et bien élaboré qui décrit les multiples activités réalisées par cette organisation au cours de l'année écoulée. La délégation portugaise félicite chaleureusement le Directeur général et tout le Secrétariat du magnifique travail effectué pour l'amélioration de la santé des peuples.

La délégation portugaise ne veut pas laisser de signaler les succès obtenus dans la lutte contre la variole et d'en tirer les conclusions qui lui semblent appropriées. En effet, l'effort international qui a permis d'obtenir ce résultat spectaculaire à l'égard d'une maladie qui causait des millions de victimes il y a à peine quelques décennies, et dont l'éradication paraissait inaccessible, doit être appliqué également à la lutte contre d'autres maladies transmissibles qui affectent de si vastes secteurs de l'humanité, habitant des zones dont les richesses naturelles n'ont pas encore été exploitées en faveur de leurs habitants. La délégation portugaise fait des voeux sincères pour que des programmes à l'échelle mondiale - tels que ceux de lutte contre le paludisme et la variole soient appliqués à d'autres maladies transmissibles. Il nous semble, par exemple, que les moyens disponibles de lutte contre la poliomyélite permettent déjà d'envisager des programmes mondiaux contre cette maladie, avec des chances de succès. Nous espérons que les pays les plus favorisés pourront contribuer de façon significative à ces programmes globaux de lutte contre les maladies transmissibles. Un autre problème, que la délégation portugaise considère comme de la plus grande importance, est celui de l'explosion démographique, qui peut avoir des conséquences tragiques pour l'humanité. Malgré l'important travail déjà réalisé par l'OMS en matière de reproduction et de planification familiale, il nous semble qu'on doit entreprendre des efforts additionnels en vue d'élaborer une politique démographique en fonction des ressources naturelles disponibles, de l'équilibre écologique et de la qualité de la vie humaine. Selon notre opinion, les services de santé ont largement oeuvré en vue d'apporter à ce problème une solution convenable, comme ils en ont le devoir sur le plan de l'éthique. Un autre problème qui préoccupe beaucoup la délégation portugaise est celui de la planification, de l'organisation et de la gestion des soins médicaux. Quoique reconnaissant l'importance du travail déjà effectué par l'OMS dans ce domaine, nous aimerions voir ces efforts intensifiés et augmentés, surtout en ce qui concerne la détermination du nombre de médecins et d'autres techniciens nécessaires pour prêter les soins médicaux, selon les différentes conditions de développement et les diverses caractéristiques de la population. Avant de terminer, je ne puis m'abstenir de me référer très sommairement à ce qui se passe au Portugal dans le secteur de la santé. Les autorités portugaises ont décidé d'instituer un service national de santé accessible à toute la population sans aucune distinction économique ou sociale. En ce moment, beaucoup d'expériences sont en cours au niveau local et régional sous la direction et la gestion des services de santé, avec l'active coopération de la population, dont on attend les résultats pour l'établissement progressif du service national de santé. Dans l'état présent de transformation révolutionnaire du Portugal, les expériences en cours nous semblent devoir intéresser tous ceux qui sont concernés par l'administration de la santé publique. A cet égard, le Portugal donnera toutes les facilités aux techniciens de santé qui désirent nous rendre visite et étudier ces expériences avec nous. En terminant, nous saluons cordialement toutes les nations représentées ici, et tout spécialement la Guinée -Bissau puisque, au moment de son entrée dans cette organisation, la délégation portugaise n'a pas pu être présente et avoir le plaisir de la féliciter.

DIXIEME SEANCE PLENIERE Le PRESIDENT Qatar. :

249

Je remercie M. le délégué du Portugal et je donne la parole au délégué du

M. AL NANA (Qatar) (interprétation de l'arabe) : Monsieur le Président, Monsieur le Directeur général, Mesdames et Messieurs, j'ai le très grand plaisir de vous adresser, Monsieur le Président, au nom de la délégation du Qatar, mes sincères félicitations à l'occasion de votre élection à la présidence de cette assemblée. Je félicite également les Vice -Présidents et les Présidents des commissions pour leur élection à ces postes importants. Je suis également heureux de vous transmettre, Monsieur le Président, les félicitations de son Altesse le Cheikh Hamad Al- Thani, ainsi que tous ses voeux pour le succès de cette importante conférence. Monsieur le Président, le Rapport que nous a soumis le Directeur général sur les principaux résultats et les progrès obtenus par notre organisation dans certains secteurs de l'action de santé mérite toutes nos félicitations et nous sommes profondément reconnaissants au Directeur général et à ses collaborateurs du travail qu'ils ont fait pour présenter ce rapport. Nous sommes convaincus que, grâce à la coopération de tous les peuples et de tous les Etats, nous parviendrons un jour à vaincre la maladie, qui est l'ennemi de l'humanité tout entière. Le Qatar se trouve actuellement, dans tous les domaines, à une étape décisive de son développement. La santé est l'une des principales préoccupations de notre Emir, car il sait que c'est sur l'homme que repose le pays et son développement et de l'humanité que dépend la civilisation. Nous devons nous appuyer sur une infrastructure solide car nous avons foi dans le principe "un esprit sain dans un corps sain ". Le Ministère de la Santé a donc concentré ses efforts sur les services prophylactiques, qui ont été étendus à l'ensemble de la population. Nous avons également commencé à construire un hôpital selon les normes les plus modernes; si Dieu le veut, cette construction sera terminée dans trois ans. Nous formons aussi un effectif important de médecins et de spécialistes dans toutes les disciplines médicales sous la surveillance de médecins venus d'autres pays; le Ministère de la Santé s'assure le concours de ces médecins étrangers afin que leur expérience puisse être appliquée à la formation des médecins appelés à travailler au sein du ministère. Le Ministère de la Santé a redoublé d'efforts pour donner à des auxiliaires médicaux et à des infirmières une formation de niveau assez élevé, conforme aux normes internationales. Nous nous sommes également employés à accroître la qualité des prestations dans les hôpitaux, les laboratoires, etc. De même, Monsieur le Président, l'Institut de Formation sanitaire collabore avec des institutions internationales pour former du personnel paramédical. Ces personnels sont envoyés à l'étranger aux frais de l'Etat pour tirer profit de l'expérience acquise dans d'autres pays et apprendre d'autres langues. Ce système nous permet également de faire face aux insuffisances de notre infrastructure médicale, insuffisances qui, bien entendu, existent ailleurs dans le monde. Convaincu que la formation joue un rôle capital, le Ministère de la Santé envoie également son personnel faire des études à l'étranger. Monsieur le Président, le succès de la campagne d'éradication de la variole marque un tournant important dans l'histoire de l'Organisation. Cette victoire, dont profite l'humanité tout entière, nous permettra de dégager des ressources humaines et matérielles pour la lutte contre d'autres maladies qui sévissent dans les pays en voie de développement. Grâce à la coopération des peuples et des Etats, nous parviendrons à ce résultat pour le bien de l'humanité. Pour conclure, Monsieur le Président, j'aimerais parler des efforts qu'a faits le Directeur régional, le Dr Taba, et de l'aide qu'il nous a donnée en vue d'améliorer les prestations médicales dans la Région. Nous tenons également à le remercier de l'intérêt personnel qu'il porte aux problèmes médicaux et techniques et à la formation du personnel médical. Enfin, nous remercions aussi le représentant de l'OMS au Qatar et ses collaborateurs des projets qu'ils organisent et des efforts qu'ils fournissent pour nous porter assistance. Le PRESIDENT l'Oman.

:

Je remercie M. le délégué du Qatar et je donne la parole au délégué de

Le Dr AL KHADOURI (Oman) (interprétation de l'arabe) : Monsieur le Président, Monsieur le Directeur général, honorables délégués, Mesdames et Messieurs, je suis très heureux de vous transmettre les félicitations de notre Sultan ainsi que ses voeux pour le succès de cette conférence humanitaire. Monsieur le Président, nous sommes profondément reconnaissants au Directeur général et au personnel de l'Organisation mondiale de la Santé de tout ce qu'ils ont fait pour améliorer les services de santé et combattre la maladie, ainsi que des efforts particuliers qu'ils ont déployés pour éradiquer dans de nombreux pays certaines des maladies les plus dangereuses. A cet égard, le succès de la campagne d'éradication de la variole mérite une mention spéciale. Nous espérons pouvoir collaborer pleinement avec d'autres pays pour combattre les maladies qui présentent un danger mortel et éradiquer les maladies transmissibles qui sont si dangereuses pour les peuples du monde et entravent leur développement.

250

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

Monsieur le Président, depuis que sa Majesté est monté sur le trône en 1970, le Sultanat d'Oman se développe rapidement dans tous les domaines pour atteindre le même niveau que les pays développés du monde. Le plan de développement prévoit notamment la création de services préventifs et curatifs pour tous les citoyens. Afin de vous donner un exemple, il n'y avait autrefois dans le Sultanat que 3 hôpitaux alors que l'on compte aujourd'hui 30 hôpitaux et centres de santé qui totalisent 1200 lits, ainsi que 50 dispensaires pour les soins ambulatoires, le traitement des affections bénignes et les premiers secours, si bien que la population tout entière bénéficie de prestations médico- sanitaires. Cette amélioration de l'infrastructure sanitaire n'est pas limitée aux services curatifs; elle concerne aussi la prévention, qui relève depuis 1972 d'un département spécial. Ce département s'occupe maintenant de la plupart des secteurs de la santé publique intervenant dans la lutte contre la maladie, et le volume de ses activités augmente chaque année conformément au plan établi par le Ministère de la Santé. En outre, la politique que s'est fixée le Ministère pour 1975 suppose une étroite coordination entre les services préventifs et curatifs. On a déjà commencé par mettre en place des unités de prévention dans certains services curatifs existants. Ce système sera étendu à tous les services curatifs, de sorte que l'ensemble de la population pourra bénéficier de soins préventifs. En outre, un nombre important de médecins et de spécialistes ont été nommés dans toutes les branches de la médecine préventive et curative. Certains spécialistes venus de l'étranger ont été chargés de conseiller les médecins des hôpitaux en vue d'enrichir leur expérience et leur connaissance de la santé publique. En ce qui concerne l'enseignement, nous continuons à former des ressortissants du Sultanat dans les différentes disciplines connexes, notamment des infirmières et du personnel paramédical. Cette formation est dispensée dans le cadre de cours organisés soit en Oman, soit à l'étranger, ainsi que dans des écoles d'infirmiers et d'infirmières d'où sortent chaque année de nombreux diplômés. Enfin, soucieux de constituer un effectif important de médecins hautement qualifiés, le Ministère de la Santé accorde des bourses à des médecins du pays pour leur permettre de se spécialiser à l'étranger dans les différentes branches de la médecine curative et préventive. Le Ministère attache également une importance capitale à l'adoption d'une législation sanitaire appropriée destinée à améliorer l'efficacité des services de santé. Je ne saurais exposer les diverses réalisations du Sultanat dans le domaine de l'action de santé sans mentionner le rôle de l'OMS dont les efforts et l'assistance nous sont précieux pour atteindre nos objectifs. Par exemple, l'Organisation participe à des projets importants, accorde des bourses d'études, envoie si nécessaire des experts et soutient différents autres programmes visant à élever le niveau des travailleurs sanitaires. Pour conclure, je tiens à mentionner la remarquable contribution que le Dr Abdul Hussein Taba, Directeur régional, a apportée à l'amélioration des services de santé du Sultanat depuis que notre pays est devenu Membre de l'Organisation, ainsi que la contribution du représentant de l'OMS. J'aimerais aussi renouveler mes remerciements à vous, Monsieur le Président, de même qu'au Directeur général et aux spécialistes et consultants qui oeuvrent pour le bien de l'humanité au sein de l'Organisation mondiale de la Santé. Le PRESIDENT Je vous remercie, Monsieur le délégué de l'Oman, et je vais maintenant donner la parole au représentant du Papua- Nouvelle- Guinée. :

Le Dr MOI (Papua- Nouvelle- Guinée) (traduction de l'anglais) Monsieur le Président, Messieurs les délégués, c'est pour moi un privilège de me joindre aux précédents orateurs pour vous adresser les cordiales félicitations de ma délégation à l'occasion de votre élection à la présidence de la Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé. Naturellement, ces félicitations s'adressent également aux Vice -Présidents. Je regrette que le Ministre de la Santé publique et le Directeur général de la Santé, retenus au Papua- Nouvelle- Guinée pour des raisons politiques et pour assurer le fonctionnement efficace des services sanitaires, ne puissent assister à cette assemblée. Je saisis cette occasion pour dire à l'Assemblée mondiale de la Santé que le Ministre de la Santé publique et le Gouvernement de mon pays remercient l'Organisation et lui sont profondément reconnaissants de l'aide précieuse fournie à mon pays. Nous avions indiqué lors de la dernière Assemblée que le Papua- Nouvelle- Guinée deviendrait Membre de plein exercice de l'Organisation quand il aurait obtenu son indépendance. Si, comme l'ont fait savoir les instances supérieures compétentes, cet événement a lieu en septembre 1975, il est vraisemblable que le Papua- Nouvelle- Guinée sera Membre de plein exercice de l'OMS à la prochaine Assemblée mondiale de la Santé. Nous remercions tout spécialement le Dr Francisco Dy, Directeur régional pour le Pacifique occidental, dont le Papua- Nouvelle- Guinée fait partie, ainsi que tous ses collaborateurs qui poursuivent inlassablement leurs efforts pour former et conseiller les travailleurs sanitaires de mon pays en vue d'assurer une infrastructure sanitaire complète aussi développée que nous le permettent nos ressources limitées. En effet, avec les moyens limités dont nous disposons, il nous est impossible de résoudre la plupart des problèmes de santé qui se posent au PapuaNouvelle- Guinée. Le paludisme, les maladies gastro -intestinales, les maladies des voies respiratoires, dont la tuberculose, la malnutrition et la lèpre figurent par exemple parmi les principales affections dont souffre la population. En outre, à mesure qu'évoluent le mode de vie et :

DIXIEME SEANCE PLENIERE

251

d'alimentation, mon pays commence à faire l'expérience des maladies des pays développés. Les problèmes de l'hygiène du milieu et bien d'autres problèmes communs à tous les pays en voie de développement sont manifestes au Papua- Nouvelle- Guinée. Par ailleurs, comme dans tous les autres pays en voie de développement, les maladies transmises par voie sexuelle sont des maladies importées dont l'incidence augmente progressivement depuis vingt ans. Des indications détaillées sur ces affections ont été fournies par le représentant du Papua- Nouvelle- Guinée qui a participé aux discussions techniques. Je me contenterai donc d'ajouter que ces maladies ont eu des répercussions sur le mode de vie de certains des habitants de mon pays. Depuis 1969, l'Organisation nous aide à diagnostiquer et à traiter ces affections, ainsi qu'à mettre au point de nouvelles méthodes pour les combattre. Parce que nous sommes un pays jeune en pleine croissance, l'un des principaux obstacles au développement de nos services de santé est la pénurie de personnel qualifié. Nous continuons de recevoir une assistance de l'Australie, de la Nouvelle -Zélande, du Canada, du Royaume -Uni, du Japon, des Philippines et d'autres pays soucieux de contribuer au développement d'une nation nouvelle. Nous bénéficions également de l'aide d'autres organismes du système des Nations Unies tels que le FISE, le PNUD, et le FNUAP, sans oublier naturellement le soutien que nous accorde le Secrétariat du Commonwealth et le Fonds du Commonwealth pour la Coopération technique. Ce type d'assistance, extrêmement varié, se traduit notamment par la fourniture de moyens de transport, des services de planification familiale, des activités de formation, des services consultatifs et le détachement de personnels sanitaires spécialisés. Le Papua- Nouvelle- Guinée est extrêmement reconnaissant de l'aide précieuse qui lui est fournie et j'aimerais, au nom de mon pays, adresser tous mes remerciements aux organismes ici représentés. En venant s'ajouter à nos moyens limités, cette assistance nous permet de planifier nos services de santé en fonction des besoins de la collectivité. Je voudrais aussi profiter de l'occasion pour soumettre à l'Assemblée mondiale de la Santé un exemplaire de notre plan national de santé, préparé et établi pour la plus grande partie par les travailleurs sanitaires du Papua- Nouvelle- Guinée. Ce plan national, d'une durée de cinq ans, vise à atteindre les huit objectifs de développement fixés par le Gouvernement, en fonction de la situation locale et des besoins sanitaires de la population, notamment dans les régions rurales. En s'inspirant de ce plan sanitaire national, le Département de la Santé a bon espoir, avec l'assistance internationale mise à notre disposition, de fournir des services de santé complets et de qualité au plus grand nombre possible d'individus, en utilisant nos équipes intégrées d'action sanitaire. Le Département sait que nous ne pourrons assurer seuls à la collectivité les services dont elle a besoin sans l'aide et la coopération d'autres départements. Nous sommes également pleinement conscients de l'évolution politique et socio- économique qui se produit actuellement au Papua- Nouvelle- Guinée et dans les pays voisins et toutes nos mesures sont prises en fonction de cette évolution. Afin de répondre aux besoins de sa population, le Papua- Nouvelle -Guinée, en tant que jeune nation, est prêt à étudier et à adopter de nouvelles méthodes. Nous savons que nous devrons adapter notre action à nos besoins, afin d'amener tous les citoyens au niveau de santé le plus élevé possible. Pour conclure, Monsieur le Président, j'aimerais ajouter que le jour où le Papua- NouvelleGuinée obtiendra l'indépendance, il sera prêt, dans la limite de ses modestes ressources, à aider les pays en voie de développement et les territoires insulaires qui sont ses voisins dans la Région du Pacifique occidental à mettre en place des services en vue d'améliorer l'état de santé et la vie de famille de nos populations. Je remercie le représentant du Papua -Nouvelle- Guinée et je donne la parole Le PRESIDENT au délégué du Rwanda. :

Monsieur le Président, Monsieur le Directeur général, distingués Le Dr BUTERA (Rwanda) délégués, la délégation rwandaise tient tout d'abord à saluer les délégations venues de toutes parts pour assister à cette assemblée mondiale dont la portée humanitaire est indéniable. Poursuivant les objectifs de bien -être social que notre organisation s'est fixés, nous nous rencontrons chaque année pour évaluer ce qui a été réalisé dans le domaine de la santé et programmer nos activités futures en vue d'assurer à chaque membre de la communauté internationale une santé meilleure. C'est pourquoi ma délégation est très heureuse d'accueillir au sein de notre organisation les peuples du Mozambique, du Royaume des Tonga, de la République démocratique du Viet -Nam et tous ceux qui luttent pour la liberté et l'égalité. En ce qui concerne mon pays, la Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé se tient au moment où le Gouvernement procède à l'élaboration du plan quinquennal de développement socioéconomique. Tenant compte du fait que le responsable de la nation rwandaise attache du prix au secteur "santé ", la délégation rwandaise souhaite que cette assemblée consacre davantage de temps à la formulation des problèmes de santé qui se posent réellement dans nos différentes Régions et qu'elle définisse une philosophie homogène mais adaptable. Si nous arrivons à comprendre de la même façon les difficultés, nous pourrons chercher avec plus d'efficacité des solutions justes. Par exemple, nous pensons qu'il faudrait à l'avenir octroyer des bourses locales aux nationaux afin d'assurer la formation pédagogique sur le terrain de futurs professeurs de nos :

252

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

jeunes écoles de médecine. Dans le même ordre d'idées, le recrutement par l'OMS de cadres nationaux qui connaissent mieux les problèmes particuliers de leur pays soulagerait l'Organisation qui disposerait désormais, au sein de son administration, de fonctionnaires non dépaysés et prêts à aider réellement les gouvernements assistés. Etant donné que la planification sanitaire est un domaine tout à fait nouveau pour la plupart des administrateurs de la santé des pays en voie d'émergence, ma délégation insiste sur la création d'une école internationale de planification en Afrique, où tout le monde pourra apprendre les nouvelles méthodes d'approche des problèmes sanitaires et leurs implications dans le secteur économique. Certains pays, comme le mien, traversent des moments difficiles causés par des catastrophes naturelles entraînant l'éternel problème de la malnutrition. Il serait intéressant que l'OMS, de concert avec les autres organismes internationaux de la famille des Nations Unies, puisse prévoir des moyens permanents d'intervention en cas de désastre naturel surgissant dans un pays Membre. En ce qui concerne le Rapport du Directeur général, ma délégation en est satisfaite. Sa clarté et son sérieux nous incitent à reconnaître au Dr Mahler son mérite inavoué d'administrateur de la santé assidu et possédant le sens des responsabilités. L'amélioration de la qualité de travail occupe la première place parmi ses soucis. Il accorde en outre une attention spéciale aux maladies transmissibles telles que l'onchocercose, la schistosomiase, la tuberculose et le typhus exanthématique, qui sévissent encore dans la plus grande partie de la Région africaine. Grace à la vigueur et aux nombreuses initiatives de notre Directeur général, notre organisation se trouve rafraîchie et les nouveaux principes de travail sur le terrain s'implantent progressivement. Il reste à veiller à ce que la méthode de travail du Dr Mahler puisse s'intégrer dans l'ensemble de l'appareil administratif de l'OMS pour une meilleure utilisation de nos ressources sévèrement limitées. Malgré les efforts déjà déployés, les problèmes de santé auxquels mon pays doit faire face ont fort peu changé depuis l'année dernière malnutrition, insuffisance de l'hygiène du milieu, morbidité et mortalité infantiles élevées, prévalence dramatique du typhus exanthématique, insuffisance des personnels professionnels et démographie galopante. Aussi notre plan de développement sanitaire reste -t -il axé sur le renforcement de nos services de santé de base, en intégrant ceux -ci dans les activités de développement communautaire, et sur la formation des personnels à tous les niveaux. Monsieur le Président, en relation avec les problèmes plurifactoriels de santé que connaissent bon nombre de pays africains et qui exigent des solutions pluridisciplinaires intégrées, et compte tenu de la multiplicité des petits pays qui composent la Région africaine, ma délégation recommande au Directeur général et au Conseil exécutif la création de trois sous régions à l'intérieur de l'actuelle Région africaine. L'existence de ces trois sous -régions permettrait de rapprocher les dirigeants de notre organisation des autorités nationales des Etats Membres et d'apporter ainsi les solutions qu'il faut quand les gouvernements les sollicitent. Ce système de déconcentration et de décentralisation nous paraît plus efficace du fait qu'il permet une meilleure identification des problèmes, une répartition équitable des ressources - qui pour le moment laissent à désirer - et l'élimination des milliers de consultants à court terme dont le coût et l'inefficacité ont été plusieurs fois soulignés. Monsieur le Président, c'est là pour ma délégation une occasion toute particulière de présenter mes sincères remerciements aux pays amis et organismes internationaux qui ont joué un rôle combien louable dans le développement des services de santé de mon pays. La Belgique, qui nous fournit son aide dans tous les domaines de la santé, doit être remerciée. L'aide de la France dans ce secteur va également de l'avant et nous en sommes très reconnaissants. Ma délégation se fait un plaisir de remercier d'une manière toute spéciale le Grand -Duché de Luxembourg ce beau petit pays, dix fois plus petit que le Rwanda, mais combien généreux, nous a aidés à construire une école nationale d'infirmières, l'une des plus belles d'Afrique centrale. Ce cher pays nous a aménagé l'hôpital où les élèves de cette école effectuent leur stage professionnel, et il a bien voulu en outre nous construire un hôpital rural de 120 lits dans l'une des régions les plus défavorisées de notre pays. Je ne voudrais pas non plus oublier de mentionner les nombreuses bourses de perfectionnement qu'il offre à notre personnel infirmier. Encore une fois, je tiens à exprimer solennellement les sincères sentiments d'admiration et d'estime qui animent le peuple rwandais à l'égard du peuple luxembourgeois pour l'attention particulière qu'il accorde à mon pays afin de l'aider à sortir du sous -développement. Je prie la délégation luxembourgeoise à cette assemblée de bien vouloir transmettre ce message de sympathie et de gratitude au Gouvernement et au peuple luxembourgeois. Mes remerciements vont également au FISE pour son aide accrue, notamment dans le domaine du perfectionnement du personnel et du développement des services de santé de base. Mes hommages et remerciements s'adressent enfin au Directeur général de l'OMS, le Dr Mahler, qui, grace à son dévouement et son dynamisme incontestés, a su donner à notre organisation un cachet spécial d'efficacité malgré de nombreux obstacles dont le plus cité est l'inflation monétaire internationale. Ses propositions, notamment celles tendant à favoriser l'acquisition de nouvelles connaissances dans le domaine de la planification et de la programmation en vue de mener les :

:

DIXIEME SEANCE PLENIERE

253

activités sanitaires d'une manière coordonnée, et celles concernant la mise sur pied d'un système de formation d'agents sanitaires des zones rurales et la création d'instituts pour le développement de services de santé plus fonctionnels (instituts conçus comme organe de recherche et de développement des ministères de la santé), marquent le début d'une carrière pleine de succès. Soucieux d'innover, ses principes de réforme administrative apportent chaque année un élément nouveau, ce qui garantit un progrès continu à notre organisation et nous donne espoir de la voir un jour atteindre l'objectif qu'elle s'est fixé, à savoir le bien -être social pour tous.

Je remercie le délégué du Rwanda et je donne la parole au délégué de la Le PRESIDENT République Arabe Libyenne. :

Le Dr EL -GERBI (République Arabe Libyenne) (interprétation de l'arabe) Monsieur le Président, Monsieur le Directeur général, Messieurs les délégués, la délégation de la République Arabe Libyenne voudrait vous féliciter ainsi que vos collaborateurs et, en particulier, les Présidents des commissions principales. Nous sommes convaincus que nos débats ici approfondiront les importantes questions qui sont inscrites à l'ordre du jour de l'Assemblée et nous avons la certitude que les travaux de cette assemblée seront très fructueux pour le bien -être de l'humanité. Enfin, nous voudrions féliciter la République démocratique du Viet -Nam, le Mozambique et les Tonga de leur admission à l'Organisation mondiale de la Santé. Monsieur le Président, vous nous avez demandé d'être brefs. Nous nous conformerons à ce voeu et nous n'exposerons pas dans le détail tous les efforts qui ont été faits dans notre pays pour la santé publique ou pour le développement économique et social en général. Nous aurions sans doute aimé parler de certaines de nos réalisations dans ces domaines, mais elles apparaissent dans les documents de base que l'Organisation a préparés et je ne m'y attarderai donc :

pas

Ce qui est beaucoup plus important pour nous, c'est l'effort que l'OMS déploie pour améliorer les conditions sanitaires dans l'ensemble du monde et notamment dans les pays en voie de développement, qui connaissent encore une situation économique difficile. Monsieur le Président, alors même que nous exprimons notre gratitude pour les efforts constructifs de l'Organisation dans ces domaines, nous devons parler de l'inquiétude que nous donnent les difficultés auxquelles l'Organisation doit faire face, notamment les difficultés financières qui résultent des fluctuations monétaires dans le monde, de l'inflation et de l'augmentation des prix et des salaires. Ces facteurs ont des répercussions directes sur les programmes destinés à améliorer les conditions sanitaires dans tous les pays. Ils freinent ainsi l'action de l'Organisation, notamment en ce qui concerne son programme d'assistance aux pays qui en ont le plus besoin. Monsieur le Président, nous espérons sincèrement que le programme de l'Organisation mondiale de la Santé ne souffrira pas de ces tristes événements et nous pensons que la présente session de l'Assemblée mondiale de la Santé est extrêmement importante. Pourquoi ? Parce que l'Assemblée va s'efforcer de définir une ligne de conduite qui aidera le Directeur général à répartir les crédits de manière à rendre plus simple, et peut -être plus efficace, l'action de l'OMS. La République Arabe Libyenne a répondu à l'appel lancé par l'Organisation et notre gouvernement a informé le Directeur général qu'il n'utiliserait pas les fonds qui lui ont été alloués pour l'enseignement et la formation professionnelle et les autres projets financés par le budget ordinaire de l'OMS. Nous avons pris cette décision pour que ces fonds puissent être affectés à d'autres projets dans des pays de la Région qui ont un besoin d'assistance plus urgent que nous -mêmes.

La République Arabe Libyenne voudrait à son tour lancer un appel à l'Organisation mondiale de la Santé et aux Etats Membres pour que les pays qui le peuvent renoncent à certains projets d'assistance technique, notamment parmi ceux qui doivent être financés par le budget 1976 de l'Organisation, afin que les fonds puissent être utilisés pour les pays où cette aide est encore plus nécessaire, et cela dans le but de renforcer l'assistance technique que l'Organisation peut offrir aux Etats Membres qui en ont le plus besoin et d'améliorer ainsi les conditions sanitaires dans tous ces pays. Les Etats Membres, considérés dans leur ensemble, pourraient par là faire la preuve de leur esprit de coopération et en même temps de leur désir d'aider les pays les plus démunis. Nous espérons donc que le Directeur général entreprendra une étude sur les économies qui pourraient être réalisées dans les cinq années à venir et établira un.ordre de priorité des projets dans les pays en voie de développement, afin que les projets prioritaires puissent être financés grâce aux fonds qui seraient libérés par les économies; peut -être cette étude pourrait -elle être présentée à la Vingt- Neuvième Assemblée mondiale de la Santé l'an prochain. Nous lançons de nouveau un appel aux pays nantis, aux pays riches. Nous espérons que s'établira ainsi une nouvelle base pour la coopération internationale et que ce pourrait être là le point de départ d'une nouvelle orientation des méthodes de travail adoptées par l'Organisation mondiale de la Santé pour répondre aux besoins des pays en voie de développement. Monsieur le Président, toutes ces questions, tous ces problèmes sanitaires sont en fait essentiellement des problèmes sociaux qui sont eux -mêmes étroitement liés aux problèmes économiques. Les problèmes économiques, nous le savons, sont à leur tour directement ou indirectement

254

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

dépendants de la situation internationale, des politiques des Etats, de leurs liens et de leur coopération. Nous pensons que nous devons essayer de rendre notre volonté de coopération aussi efficace que possible pour faire face aux crises qui pourront se présenter. Cette volonté de coopération est très importante pour trouver des solutions d'ensemble qui seront bénéfiques à la communauté humaine et à tous les pays, proches ou lointains. Envisager sous cet angle les problèmes sanitaires et les relier ainsi aux conditions existantes dans l'ensemble du monde est à notre avis l'attitude la plus constructive. La raison pour laquelle nous insistons sur cet aspect est que nous sommes convaincus que les conditions sanitaires peuvent être améliorées partout dans le monde. Les efforts faits dans ce sens, notamment dans les pays en voie de développement, sont, je crois, très importants; mais si nous négligeons les facteurs économiques et sociaux ou les oppositions qui se font jour dans les relations internationales, nous n'irons pas très loin. Il ne fait aucun doute que nous sommes tous conscients de cette évidence, mais nous n'en tenons pas toujours compte. Nous essayons parfois de nous dissimuler ces problèmes et nous n'en parlons pas franchement dans le cadre de l'Organisation pour des raisons de tactique et de diplomatie ou pour toute autre raison, et pourtant, cette vérité évidente existe et continuera d'exister. Cela est certain, et quels que soient nos efforts pour améliorer les conditions sanitaires dans le monde, nous ne réussirons que si nous fondons ces efforts sur la participation de la communauté internationale, afin de tenter de dégager une stratégie nouvelle de coopération grâce à l'action de l'Organisation mondiale de la Santé et d'autres institutions internationales. Ainsi seront posées les bases d'une amélioration des relations internationales, qui permettra aux Etats Membres de mieux se comprendre et aussi de s'aider financièrement. Cet appel, Monsieur le Président, je le formule devant vous. Y répondre n'est pas impossible; tous les peuples du monde doivent étudier ensemble cet aspect de la coopération pour trouver les moyens qui nous permettront de faire face aux problèmes difficiles et complexes qui se posent aujourd'hui. Nous demandons instamment aux Etats Membres et au Directeur général d'intensifier partout les efforts pour parvenir à une meilleure formule de concertation internationale compte tenu de l'évolution actuelle du monde, et cela dans l'intérêt de la communauté internationale et de l'humanité. Nous pensons qu'il est du devoir de l'Organisation mondiale de la Santé de patronner cet effort et que les Etats Membres pourront répondre à cet appel. Le PRESIDENT Je remercie le délégué de la République Arabe Libyenne et je donne la parole au délégué de la Tchécoslovaquie. :

Le Professeur PROKOPEC (Tchécoslovaquie) (traduction du russe) Monsieur le Président, permettez -moi de vous féliciter à l'occasion de votre élection à la présidence de la présente Assemblée de la Santé, et de féliciter aussi de leur élection les Vice -Présidents et les Présidents des commissions principales. Je suis convaincu que, sous votre direction, nous traiterons avec succès les importantes questions inscrites à notre ordre du jour. La possibilité nous en est donnée par le climat de détente internationale et les résultats des travaux de la Conférence sur la Sécurité et la Coopération en Europe. Permettez -moi également de souhaiter la bienvenue aux Etats qui sont devenus Membres de notre organisation au cours de la présente session. Je voudrais féliciter tout particulièrement la République démocratique du Viet -Nam, et adresser mes félicitations aux représentants du Gouvernement Révolutionnaire Provisoire de la République du Sud Viet -Nam qui prennent part pour la première fois aux travaux de l'OMS. La République socialiste de Tchécoslovaquie vient de fêter le trentième anniversaire de sa libération du fascisme allemand par l'armée soviétique. Les peuples de Tchécoslovaquie ont commencé une nouvelle vie indépendante et se sont engagés sur la voie de l'édification d'une patrie socialiste. Au cours de l'édification du socialisme en Tchécoslovaquie, nous avons constitué également un système de santé socialiste. L'année passée, les dépenses consacrées à la santé se sont élevées à 16 500 millions de couronnes. Pour l'effectif du personnel médical, la Tchécoslovaquie est au nombre des pays qui ont les chiffres les plus favorables. Le niveau de vie élevé de la population et les services médicaux qui lui sont assurés font que les indices sanitaires sont parmi les plus élevés d'Europe et même du monde entier. J'aimerais souligner qu'à l'heure actuelle, nous mettons en oeuvre dans notre pays certains programmes de l'OMS grêce aux fonds fournis par notre gouvernement. C'est ainsi qu'on a entrepris un programme systématique de lutte contre la tuberculose, qui a connu des succès remarquables. Une campagne contre les maladies cardio -vasculaires est présentement en cours. Des milliers de médecins ont suivi des cours spéciaux, en particulier sur les méthodes modernes de diagnostic et de traitement de l'infarctus du myocarde, ce qui a eu pour résultat une diminution considérable de la mortalité par cette maladie. Nous avons créé, au cours des dernières années, des centres de réanimation qui nous permettent d'apporter des soins de haute qualité aux patients dont la vie est en danger. A l'occasion de l'Année internationale de la Femme, j'aimerais souligner qu'en Tchécoslovaquie comme dans les autres pays socialistes, les femmes sont parvenues à une entière égalité dans les domaines politique, économique et culturel. La société socialiste fournit par :

DIXIEME SEANCE PLENIERE

255

ailleurs aux mères la possibilité de continuer à travailler en multipliant les crèches, les jardins d'enfants et les garderies. Au cours des dernières années, nous avons assisté à une augmentation de la natalité grace aux avantages économiques qui sont accordés aux mères et aux jeunes épouses. Nous offrons d'autre part des moyens contraceptifs et la possibilité de l'interruption de grossesse. Aujourd'hui, alors que trente années se sont écoulées depuis l'écroulement du fascisme, le programme de paix des Etats socialistes, dû à l'initiative de l'Union soviétique, nous donne la possibilité d'établir une coopération internationale fructueuse dans le domaine de la santé et pour le développement des services médicaux dans tous les pays. Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs les délégués, notre délégation a étudié le Rapport du Directeur général et elle félicite le Dr Mahler des résultats qu'il a atteints depuis son accession pourtant récente à ce poste élevé. Les résultats de ses efforts, toutefois, auraient pu être encore plus sensibles si l'Organisation s'était concentrée sur les problèmes de santé les plus importants. L'élargissement des activités de l'OMS conduit à une situation telle que la solution donnée aux problèmes reste superficielle et les reconduit d'année en année. Le principe des programmes prioritaires à long terme ne peut pas être intégralement appliqué parce qu'au lieu d'apporter aux programmes déjà adoptés les solutions requises sur le plan financier et opérationnel, on lance de nouvelles activités qui demandent des ressources nouvelles. L'autre inconvénient hérité de l'ancienne gestion est l'absence de compatibilité entre le programme proposé et les moyens financiers dont on dispose. Il est temps de parvenir à un budget stable car les contributions des Etats Membres augmentent d'année en année à un rythme vertigineux. La contribution de la Tchécoslovaquie cette année est de plus de 1 million de dollars, c'est -à -dire deux fois plus élevée qu'en 1968. On ne peut admettre que le budget de 1975 ait déjà été augmenté de 4 millions de dollars au cours des premiers mois de l'année sur la recommandation du Conseil exécutif. Nous ne pouvons pas accepter non plus que le budget de l'année prochaine soit augmenté de 14 7., c'est -à -dire porté à plus de 131 millions de dollars. Comme par le passé, la question de la possibilité pour les Etats Membres de payer leur contribution en monnaies autres que le dollar des Etats -Unis ou le franc suisse reste en suspens. Bien que les Etats Membres aient demandé qu'une solution soit apportée à cette question, aucune réponse claire n'a été donnée jusqu'à présent. Pour l'élaboration des futurs programmes d'opérations, il conviendrait de s'appuyer davantage sur les textes de base, qui donnent de précieuses indications à cet égard. Je pense que les programmes généraux de travail de l'Organisation, et plus particulièrement le sixième programme général de travail, devraient permettre d'éliminer certaines erreurs du passé. En vertu de ce principe et pour tenir compte des programmes à long terme déjà approuvés ainsi que des résolutions qui ont une importance décisive pour l'action future de l'OMS, nous proposons qu'à l'avenir l'Organisation concentre surtout son attention sur les objectifs suivants - parvenir à une véritable universalité; - réaliser des programmes de développement des systèmes nationaux de santé par les pays eux mêmes avec l'appui actif de l'OMS; - assurer des échanges de vues sur les principes essentiels des systèmes nationaux de santé; - s'informer plus systématiquement des progrès de la recherche scientifique et plus particulièrement de la recherche sur le cancer; il nous semble que la participation de l'OMS à la recherche biomédicale est insuffisante parce que l'effort porte sur une multitude de problèmes isolés; - développer la lutte contre le cancer, qui constitue une grave menace tant dans les pays en voie de développement que dans les pays disposant de services de santé très élaborés. Tout ceci s'inscrit dans les possibilités financières de l'Organisation. Si notre délégation s'est efforcée de formuler des observations constructives sur le programme d'activités de l'OMS et son organisation financière, cela ne signifie nullement que nous sous- estimons la contribution apportée et les résultats déjà obtenus à l'échelle mondiale dans le domaine de la santé. Un exemple très convaincant nous est fourni par le programme d'éradication de la variole entrepris en 1958 à l'initiative de la délégation soviétique et qui touche maintenant à son terme. Nous sommes heureux que la Tchécoslovaquie ait pu apporter une utile contribution à la solution de ce problème. En conclusion, permettez -moi de souhaiter au Directeur général ainsi qu'à ses Collaborateurs le plus grand succès dans leur tâche si importante. :

Le PRESIDENT Je remercie le délégué de la Tchécoslovaquie et donne maintenant la parole au délégué du Yémen. :

Le Dr ABDALLAH (Yémen) (interprétation de l'arabe) : Monsieur le Président, la délégation de la République arabe du Yémen vous adresse ses félicitations pour votre élection à la présidence de cette Assemblée mondiale de la Santé et elle félicite également les Vice -Présidents

256

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

de l'Assemblée et les Présidents des commissions principales. Nous vous souhaitons un plein succès et nous espérons que les travaux de cette assemblée seront couronnés de succès. Monsieur le Président, la délégation du Yémen a examiné le Rapport que le Directeur général a présenté sur les problèmes sanitaires dans le monde et elle tient à l'en remercier. Il faudra approfondir ces problèmes pour pouvoir renforcer les services de santé dans les pays en voie de développement qui ont toujours besoin de l'assistance de l'OMS. Nous sommes conscients de l'importance que revêt l'adoption par l'Organisation d'un système de décentralisation qui augmentera le potentiel d'action des bureaux régionaux et les services qu'ils offrent. Cette année, le thème de la Journée mondiale de la Santé était "Variole - le point de non retour". Nous avons participé à cette Journée et nous avons mesuré l'ampleur de l'action menée par l'Organisation pour faire disparaître la variole dans l'ensemble du monde. Notre pays déploie également de grands efforts en ce domaine afin que notre peuple ne connaisse plus cette maladie, qui ne s'est pas manifestée au Yémen depuis six ans. Je voudrais saisir cette occasion de féliciter tous ceux qui ont participé à la campagne d'éradication de la variole et lancer un appel à la communauté internationale, que représente l'OMS, pour qu'une coopération plus étroite permette d'éliminer d'autres maladies de la surface du globe. Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, la délégation de la République arabe du Yémen se réjouit d'accueillir la délégation de l'Organisation de Libération de la Palestine qui participe à la présente session. Nous souhaitons également la bienvenue aux délégations de certains pays africains et nous serons heureux de les voir devenir Membres de plein exercice de l'OMS. Nous nous félicitons que l'Organisation aide tous les pays sans distinction de race ou de couleur et nous accueillons avec plaisir le Mozambique, les Tonga et la République démocratique du Viet -Nam, qui sont maintenant Membres de l'OMS. S'agissant de l'adoption de la langue arabe, je voudrais rappeler que c'est la langue d'une civilisation qui s'adapte à l'évolution technique et idéologique. Elle continuera à jouer ce role parce que ses particularités et sa souplesse s'y prêtent, et également parce qu'elle est la langue commune de 150 millions d'Arabes vivant dans des pays qui sont Membres de l'Organisation. A travers le monde, 600 000 000 de personnes parlent l'arabe; c'est la langue de l'Islam et nous sommes heureux qu'elle soit langue officielle de l'Organisation mondiale de la Santé et qu'elle serve ainsi à répandre dans le monde en général et dans le monde arabe en particulier les progrès de la technologie et de la médecine. Elle deviendra ainsi un moyen de communication efficace entre les peuples sur le plan médical, Nous voudrions également souligner que la Conférence sur le Droit de la Mer à Genève a également admis la langue arabe dans toutes ses réunions, dans tous ses comités et sous -comités et nous remercions l'Assemblée d'avoir inscrit cette question à son ordre du jour. La République arabe du Yémen se réjouit de la collaboration qui s'est établie entre elle même et l'OMS et elle espère que cette collaboration sera renforcée pour développer les services de santé, lutter contre la maladie, améliorer l'environnement, développer l'enseignement et amplifier les programmes de vaccination, notamment les campagnes de vaccination des enfants. Nous tenons à en remercier l'Organisation ainsi que le Dr Taba, Directeur régional, et tous ses collaborateurs. Nous remercions également tous les experts de l'OMS d'avoir contribué à élever le niveau de santé dans notre pays. Nous voudrions enfin exprimer notre gratitude à tous les pays amis ainsi qu'au PNUD, au FISE et aux autres institutions qui nous ont aidés dans nos programmes de santé; nous espérons que cette coopération continuera pour le plus grand bien de notre peuple et de tous les peuples du monde. Nous sommes heureux de cette collaboration et nous souhaitons qu'elle se poursuive à l'avenir. Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, alors que nous examinons les problèmes sanitaires de notre pays et les moyens d'améliorer l'état de santé de notre peuple, nous voudrions appeler l'attention de la communauté internationale sur les conditions sanitaires du peuple palestinien dans les camps et les territoires occupés. Nous espérons qu'Israël collaborera avec la communauté internationale et appliquera les résolutions adoptées. Nous espérons que seront prises les mesures nécessaires pour assurer l'application de ces résolutions et que la situation actuelle dans les territoires occupés ne se perpétuera pas. Je remercie le délégué du Yémen et j'informe l'Assemblée que le délégué Le PRESIDENT du Maroc m'a fait savoir qu'il se contenterait de la publication du texte de son intervention dans le compte rendu. :

Monsieur le Président, Monsieur le Directeur général, Mesdames, Le Dr TOUHAMI (Maroc)1 Messieurs, il m'est agréable de transmettre les souhaits de S, M. le roi Hassan II à votre honorable assemblée, à ses Président et Vice -Présidents, pour le succès des travaux qui viennent de commencer et dont le but essentiel est de contribuer effectivement à élever le niveau de santé des populations du monde entier. La santé conçue comme un facteur important de mieux -être est un souci constant de notre auguste souverain, et guide les programmes d'activités du département que j'ai l'honneur de diriger. Je voudrais vous dire également combien grand est mon plaisir de me retrouver parmi vous, à la tête de la délégation marocaine. :

1 Le texte qui suit a été communiqué par la délégation du Maroc pour insertion dans le compte rendu, conformément à la résolution WHA20,2.

DIXIEME SEANCE PLENIERE

257

L'ambition que manifestent notre organisation et les gouvernements ici représentés de conduire les êtres humains vers un plus grand bien -être a suscité et continuera de susciter bien des espoirs qu'il nous appartient de ne pas décevoir par des projets manquant de réalisme et d'objectivité. Aussi avons -nous vivement apprécié le sens critique avec lequel le Directeur général a rendu compte des problèmes sanitaires dans le monde et exposé le rôle que l'Organisation peut encore jouer. Il me plait de souligner l'importance des progrès sanitaires que l'on doit à l'Organisation mondiale de la Santé. En contribuant de façon déterminante à valoriser l'action et l'esprit de santé publique, à ramener à de justes proportions l'importance de l'attitude clinique face à l'attitude préventive, elle a aidé les responsables sanitaires des Etats Membres à mieux faire prendre en considération leur programme et le bien -fondé de leurs objectifs. Si beaucoup de maladies transmissibles ou parasitaires sont en voie de disparition dans leurs derniers refuges, comme c'est le cas pour la variole, c'est à l'élan, à la caution et, en certains endroits, à l'aide donnée par l'OMS aux projets d'éradication qu'on le doit pour une large part. Avant même que l'on se soucie au plus haut niveau, de divers côtés, de la sauvegarde de l'environnement, l'Organisation avait encouragé et aidé beaucoup de pays à développer leurs services d'assainissement du milieu. En diffusant une riche documentation technique de base, elle a accéléré la prise de conscience, par un plus grand nombre de médecins et d'ingénieurs, des dimensions réelles de leur profession en matière de santé des populations. Mais bien que nous soyons maintenant tous d'accord sur les finalités de la santé publique, la situation sanitaire, la nature des moyens disponibles, le niveau d'appréhension des problèmes, le degré d'organisation varient tellement d'un pays à un autre qu'il serait vain de recommander à chacun d'eux un seul type de structures, un seul mode d'affrontement et de résolution de leurs difficultés. Ce n'est donc pas sous -estimer l'importance de l'OMS que de l'encourager à suggérer des solutions, en laissant le soin aux pays de les adapter et éventuellement de les adopter, en sollicitant ou non une aide. Le souci d'aider les gouvernements à programmer, planifier, évaluer est mis spécialement en relief dans le Rapport du Directeur général. Ce processus d'élaboration et d'orientation de la politique de santé publique est devenu d'un usage courant chez nous, mais nous en connaissons les difficultés et les limites, l'expérience nous ayant appris à nous garder du mirage des mots et des idées. Ceci nous aide à comprendre combien la tâche de l'Organisation mondiale de la Santé peut être malaisée, lorsqu'elle veut aider certains Etats dont le développement économique n'est peut -être pas achevé, mais qui ont une bonne connaissance de leurs problèmes et disposent déjà d'une infrastructure sanitaire de base adaptée à leurs ressources, à leurs objectifs, à leurs besoins prioritaires, besoins qu'ils sont mieux à même que quiconque d'estimer à leur juste valeur. Il suffit cependant de rester dans l'esprit même de toute démarche médicale qui condamne les idées préconçues, les manifestations d'un vain savoir, dépiste les fausses apparences, essaie de rechercher la nature véritable des choses et des phénomènes observés. N'est -ce pas ce qui guide le Dr Mahler lorsqu'il veut stimuler certaines recherches, et surtout adapter les programmes aux véritables besoins des pays, en évitant de classer ces derniers, à priori, dans telle ou telle catégorie, en fonction du niveau économique actuellement atteint ? Le Maroc, pour sa part, a conscience de faire la politique sanitaire de ses moyens. Les progrès constatés sont surtout liés à la multiplication et au perfectionnement continu de ses cadres médicaux et paramédicaux. Il s'agit là d'un domaine où le concours de l'Organisation mondiale de la Santé peut être très utile. Nous n'avons pas manqué de le solliciter, et nous en connaissons bien les modalités, les limites, l'efficacité. Il est un autre secteur où notre organisation devrait jouer un rôle plus important, c'est celui de l'information et de la documentation techniques et scientifiques. Combien d'essais, de recherches inutiles et coûteux pourraient être évités à divers pays si l'Organisation se dotait effectivement des moyens de mettre rapidement à la disposition des Etats qui les demandent les renseignements les plus récents sur telle ou telle question. Alors que l'inflation atteint le monde entier et n'épargne même pas les organismes internationaux, nous ne pouvons que féliciter le Dr Mahler de rechercher une meilleure évaluation de l'impact réel des programmes et des dépenses de l'OMS. L'effort de réflexion qui prévaut en ce moment, l'instauration d'un dialogue plus ouvert, plus réaliste, moins formaliste, plus direct, exempt de préjugés, devrait l'aider à rendre encore plus efficace l'action de l'Organisation, malgré un souci justifié et combien nécessaire d'économies. Cet effort pour rentabiliser les ressources de l'Organisation mondiale de la Santé et donner un souffle nouveau, une nouvelle vigueur, un nouveau réalisme à son action est considéré avec sympathie par la délégation marocaine. Elle ne ménagera pas son soutien en ce sens au Directeur général, qu'il me plaft de féliciter ici pour l'oeuvre qu'il entreprend en concertation avec tous les pays et qui ne manquera pas d'être comprise partout, dans toutes les Régions. Le PRESIDENT :

Je donne maintenant la parole au délégué du Congo. :

Le Dr EMPANA (Congo) Monsieur le Président, honorables délégués, Monsieur le Directeur général, Mesdames, Messieurs, je voudrais tout d'abord transmettre aux honorables délégués des pays ici représentés les salutations du peuple et du Gouvernement de la République populaire du Congo. Je voudrais aussi vous remercier, honorables délégués, de votre confiance et de l'honneur que vous avez fait au peuple congolais en m'élisant comme premier Vice -Président de l'Assemblée.

258

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

Monsieur le Président, venant après tant d'autres, la délégation congolaise par ma voix vous adresse ses sincères félicitations pour votre brillante élection à la présidence de la Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé. Il ne fait pas de doute que vous dirigerez ses travaux pour un succès total dans l'intérêt des peuples que nous représentons. Monsieur le Directeur général, nous avons lu avec un intérêt très grand votre Rapport annuel, le second rapport que vous présentez depuis votre nomination à la tête de notre organisation. Nous voudrions vous féliciter pour la densité de ce travail et surtout pour les notions nouvelles qu'il apporte dans la recherche des solutions aux problèmes sanitaires. Nous voudrions en extraire deux points en raison de l'intérêt particulier que nous y attachons. Il s'agit d'abord de la proposition de la Vingt - Septième Assemblée mondiale de la Santé concernant la promotion et l'instauration dans les pays en voie de développement de travaux de recherche portant notamment sur les infections parasitaires et d'autres maladies endémiques. Nous félicitons l'OMS pour les travaux préliminaires qui ont été entamés et nous l'invitons à poursuivre cet effort, car dans des pays comme le nôtre les maladies parasitaires, avec leur cortège de désolation, ne reculent pas et celles qui, comme la trypanosomiase, ont un moment marqué le pas reviennent dangereusement et rejoignent la liste de celles pour lesquelles aucune solution efficiente n'a été trouvée. "Il serait de peu d'utilité que l'OMS Je relèverai enfin dans le Rapport cette phrase propose aux gouvernements des solutions fragmentaires à des problèmes isolés; il faut qu'elle adopte une approche beaucoup plus systématique permettant aux pays de déterminer leurs problèmes de santé prioritaires, de préciser les objectifs opérationnels à atteindre pour résoudre ces problèmes et d'élaborer les programmes nécessaires ". En reconnaissant objectivement l'inadéquation des solutions antérieures aux problèmes complexes de santé et en proposant une approche nouvelle et prometteuse, notre organisation, qui a de nombreuses lettres de noblesse, et ses dirigeants font la preuve de leur détermination de s'attaquer au fond des problèmes. En République populaire du Congo, nous attachons un grand intérêt à la programmation sanitaire par pays au moment où notre Parti et notre Gouvernement lancent le programme triennal 1975 -1977. Ce premier programme de développement économique, social et culturel que nous lançons et qui prépare les préconditions d'un véritable plan de développement se propose, en même temps qu'il assainit les entreprises, modernise le secteur traditionnel, amorce le processus de création d'un équilibre harmonieux entre les Régions, d'améliorer les conditions de vie des masses laborieuses. Il est évident que la programmation sanitaire trouvera sa place dans le programme triennal. La conjugaison des facteurs de développement économique, la modernisation progressive de la campagne et des actions sanitaires spécifiques, la décentralisation et la régionalisation permettront de mieux lutter contre les graves problèmes chroniques de notre maladies transmissibles, malnutrition, trypanosomiase, etc. pays Monsieur le Président, honorables délégués, le monde a connu ces derniers temps et connaît encore une crise sans précédent à cause de la persistance du système d'exploitation et de domination, à cause du refus de certains de coopérer dans l'égalité et sans arrière- pensée. L'inflation et ses désordres aggravent la situation sanitaire du monde en développement qui était déjà détériorée par les guerres coloniales et les régimes racistes. Dans cette tourmente, un événement et un espoir les victoires des peuples cambodgien et vietnamien, que nous saluons. Nous saluons l'admission de la République démocratique du Viet -Nam et des Tonga au sein de l'Organisation mondiale de la Santé. De même, nous nous félicitons de l'admission au sein de l'OMS du Mozambique, ce Mozambique qui, grâce à la lutte hérotque de son peuple, accédera à l'indépendance le 25 juin prochain. Ainsi chaque année, Monsieur le Président, honorables délégués, l'OMS voit s'ajouter de nouveaux Membres donnant réellement à cette organisation son caractère universel. Puissions -nous, Membres de cette organisation, mettre au service de la santé de nos peuples notre compétence et notre intelligence pour "un état de complet bien -être physique, mental et social" de tous. :

:

:

Le PRESIDENT

:

Je remercie vivement M. le Vice- Président, délégué du Congo.

4.

ELECTION DE MEMBRES HABILITES A DESIGNER UNE PERSONNE DEVANT FAIRE PARTIE DU CONSEIL EXECUTIF (suite de la section 2) :

J'annonce à l'Assemblée que nous sommes en possession maintenant du résultat Le PRESIDENT du vote et je vais de ce fait m'excuser auprès des délégués qui avaient probablement l'intention de prendre immédiatement la parole. La parole leur sera donnée à notre prochaine séance plénière. Voici, Mesdames et Messieurs, les résultats du vote nombre de Membres ayant droit au vote, 131; absents, 7; abstentions, zéro; bulletin nul, un; nombre de Membres présents et votants, 123; nombre requis pour la majorité simple, 62 voix. Ont été élus le Bangladesh, avec 122 voix; la Finlande, avec 122 voix; le Canada, avec 120 voix; l'Australie, avec 119 voix; : :

DIXIEME SEANCE PLENIERE

259

la Mauritanie, avec 118 voix; la Somalie, avec 118 voix; le Rwanda, avec 113 voix; et la Yougoslavie, avec 113 voix. Je voudrais adresser mes remerciements tout particuliers au Dr Castillo Sinibaldi, aux scrutateurs et aux membres du Secrétariat qui ont fait ce travail dans un temps record, car nous nous attendions à ce que la procédure soit plus longue. Les résultats du vote étant ce que je viens d'annoncer, je déclare que huit Membres ont obtenu la majorité et sont élus. Il convient maintenant, Mesdames et Messieurs, que l'Assemblée adopte une résolution à cet effet et pour cela je voudrais proposer le texte suivant :

La Vingt- Huitième Assemblée mondiale de la Santé,

Après avoir examiné les propositions du Bureau de l'Assemblée, ELIT les Etats suivants comme Membres habilités à désigner une personne devant faire Bangladesh, Finlande, Canada, Australie, Mauritanie, Somalie, partie du Conseil exécutif Rwanda, Yougoslavie. :

Je demande s'il y a des observations ou des remarques de la part des délégués ? Le délégué de l'Indonésie, s'il vous plaît. Voulez -vous venir à la tribune. Monsieur le Président, je voudrais seulement Le Professeur SULIANTI SAROSO (Indonésie) allons -nous énumérer les noms des Etats Membres par ordre alphabéposer une simple question tique ou suivant le nombre des voix obtenues ? : :

Je remercie beaucoup Mme le délégué de l'Indonésie. La résolution qui sera Le PRESIDENT imprimée indiquera les pays dans l'ordre alphabétique comme il se doit. Y a -t -il d'autres observations au sujet de ce projet de résolution que je soumets à vos suffrages ? Je n'en vois pas, le projet de résolution est donc adopté.1 Je prie le Vice -Président et les scrutateurs de bien vouloir accepter mes remerciements pour la tâche qu'ils viennent de réaliser. Je signale à cette assemblée que je vais maintenant lever la séance en me réjouissant des résultats de ce vote. La séance est levée. :

La séance est levée à 12 h.5.

1

Résolution WHA28.5.

ONZIEME SEANCE PLENIERE

Jeudi 22 mai 1975, 9 h.30 Président :

Professeur S. HALTER (Belgique)

1.

PREMIER RAPPORT DE LA COMMISSION B

Le PRESIDENT : Mesdames, Messieurs, la séance est ouverte. Nous avons comme premier point à notre ordre du jour l'examen et l'approbation du premier rapport de la Commission B, tel qu'il est contenu dans le document A28/54. Conformément à l'article 52 du Règlement intérieur, il ne sera pas donné lecture de ce rapport, et je demanderai à l'Assemblée de se prononcer successivement sur les résolutions qui sont soumises à son approbation. Je vais donc demander aux délégués de bien vouloir se prononcer. L'Assemblée est -elle d'accord d'adopter la première résolution, intitulée "Rapport financier sur les comptes de l'OMS pour l'exercice 1974, Rapport du Commissaire aux Comptes et observations y relatives du Comité spécial du Conseil exécutif" ? Y a -t -il des observations ? Je n'en vois pas, cette résolution est adoptée. L'Assemblée est -elle d'accord d'adopter la deuxième résolution, intitulée "Etat du recouvrement des contributions annuelles et des avances au fonds de roulement" ? Y a -t -il des observations ? Je n'en vois pas, cette résolution est adoptée. J'attire maintenant l'attention des délégués sur le fait que la troisième résolution demandera un vote. L'Assemblée est -elle d'accord d'adopter la troisième résolution, intitulée "Budget supplémentaire pour 1975" ? Je rappelle que, conformément à l'article 70 du Règlement intérieur de l'Assemblée,' les décisions qui sont relatives au montant des prévisions budgétaires supplémentaires sont prises à la majorité des deux tiers des Membres présents et votants. Je vais donc mettre aux voix cette résolution. Que ceux des délégués qui sont pour cette résolution veuillent bien lever leur carte, et nos collaborateurs vont procéder au décompte. Je vous remercie. Que les délégations qui sont contre ce projet de résolution veuillentbien lever leur pancarte. Merci. Que les délégations qui désirent s'abstenir veuillent bien lever leur pancarte. Je vous remercie. Mesdames et Messieurs les délégués, voici les résultats du vote. Il y avait 76 Membres présents et votants; majorité requise des deux tiers, 51; votes pour, 72; votes contre, 4; abstentions, zéro. La résolution est adoptée. Je vous remercie. L'Assemblée est -elle d'accord d'adopter la quatrième résolution, intitulée "Traitements et indemnités pour les postes non classés" ? Y a -t -il des objections ? Je n'en vois pas, la résolution est adoptée. L'Assemblée est -elle d'accord d'adopter la cinquième résolution, intitulée "Amendement au contrat du Directeur général" ? Y a -t -il des observations ? Je n'en vois pas, elle est adoptée. L'Assemblée est -elle d'accord d'adopter la sixième résolution, intitulée "Contributions des nouveaux Membres et Membres associés (Botswana)" ? Y a -t -il des observations ? Je n'en vois pas, elle est adoptée. L'Assemblée est -elle d'accord d'adopter la septième résolution, intitulée "Contributions des nouveaux Membres et Membres associés (Grenade)" ? Y a -t -il des observations ? Je n'en vois pas, elle est adoptée. L'Assemblée est -elle d'accord d'adopter la huitième résolution, intitulée "Contributions des nouveaux Membres et Membres associés (Tonga)" ? Y a -t -il des observations ? Je n'en vois pas, elle est adoptée. L'Assemblée est -elle d'accord d'adopter la neuvième résolution, intitulée "Contributions des nouveaux Membres et Membres associés (République démocratique du Viet- Nam)" ? Y a -t -il des objections ? Je n'en vois pas, elle est adoptée. L'Assemblée est -elle d'accord d'adopter la dixième résolution, intitulée "Contributions des nouveaux Membres et Membres associés (Mozambique)" ? Y a -t -il des observations ? Je n'en vois pas, elle est adoptée. L'Assemblée est -elle d'accord d'adopter la onzième résolution, intitulée "Contribution du Pakistan" ? Y a -t -il des observations ? Je n'en vois pas, elle est adoptée. L'Assemblée est -elle d'accord d'adopter la douzième résolution, intitulée "Barème des contributions pour 1976" ? Y a -t -il des observations ? Je n'en vois pas, elle est adoptée. Il nous reste maintenant à approuver le rapport dans son ensemble. Y a -t -il des observations ? Je n'en vois pas, le rapport est donc approuvé.1

2.

DEUXIEME RAPPORT DE LA COMMISSION B :

Mesdames et Messieurs les délégués, nous passons maintenant à l'examen du Le PRESIDENT deuxième rapport de la Commission B, tel qu'il est contenu dans le document A28/56. Ce rapport

1 Voir

p.

697.

- 260 -

ONZIEME SEANCE PLENIERE

261

ne contient qu'une seule résolution, intitulée "Membres redevables d'arriérés de contributions dans une mesure pouvant donner lieu à l'application de l'article 7 de la Constitution ". L'Assemblée est -elle d'accord d'adopter cette résolution ? Y a -t -il des observations ? Je n'en vois pas, cette résolution est adoptée. Nous devons maintenant approuver le deuxième rapport dans son ensemble. Y a -t -il des observations ? Je n'en vois pas, ce deuxième rapport est approuvél et je vous remercie. 3.

ELECTION DE SIX MEMBRES HABILITES A DESIGNER UNE PERSONNE DEVANT FAIRE PARTIE DU CONSEIL EXECUTIF DISPOSITIONS RELATIVES A L'AUGMENTATION DU NOMBRE DES MEMBRES DU CONSEIL EXECUTIF :

Le PRESIDENT Mesdames et Messieurs, le troisième point à l'ordre du jour de cette séance concerne les dispositions relatives à l'augmentation du nombre des membres du Conseil exécutif et l'annonce du Président conformément à l'article 98 du Règlement intérieur. Hier 21 mai, le Directeur général a reçu du Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies confirmation de l'entrée en vigueur des amendements aux articles 24 et 25 de la Constitution qui portent le nombre des membres du Conseil exécutif de 24 à 30. Je vous rappelle qu'il s'agissait d'une décision de l'Assemblée de la Santé de 1967, et qu'il a fallu huit ans pour obtenir cette satisfaction qui va permettre maintenant à certaines Régions d'améliorer leur représentation au Conseil exécutif. L'Assemblée est donc appelée à se prononcer au cours de cette présente session et à élire les six Membres supplémentaires qui seront habilités à désigner une personne devant faire partie du Conseil exécutif. Je voudrais rappeler à cet égard que les articles 24 et 25 de la Constitution de l'Organisation prévoient comment est constitué le Conseil exécutif, composé de personnes désignées par les Etats Membres. Ces Etats, lorsqu'ils sont appelés à désigner une personne pour faire partie du Conseil, sont invités également à choisir la personne la plus qualifiée du point de,vue technique, du point de vue de la promotion des techniques médicales et des techniques de santé publique dans le cadre de l'Organisation. Je n'ai pas besoin de rappeler le r8le extrêmement important que joue le Conseil exécutif élu par l'Assemblée, et c'est la raison pour laquelle il me semble que cette augmentation du nombre des membres représente un événement dans la vie de cette organisation. Je voudrais signaler à l'Assemblée que le Bureau s'est réuni hier à 17 heures pour discuter de cette question, et que ses membres ont cru devoir procéder pendant plus de deux heures à un examen extrêmement approfondi et détaillé de tous les aspects que présente cette nouvelle situation. Le Bureau en a examiné tous les aspects, il a pris en considération tous les critères qui pourront être envisagés pour la désignation de ces six nouveaux Membres, et je voudrais donc demander que d'ici lundi les délégués veuillent bien se concerter entre eux. J'ai le sentiment qu'il ne serait pas très utile que nous ouvrions une grande discussion en séance plénière sur cette question, chacun des délégués pouvant s'adresser aux membres du Bureau pour prendre connaissance de certains des aspects qui ont été pris en considération. Le Bureau a donc examiné les propositions du Directeur général quant à la procédure à suivre, et a endossé ces propositions qui sont reproduites dans un projet de résolution2 qui vous a été distribué sous la cote A28/57. :

En application de la Constitution et du Règlement intérieur de cette assemblée, le Bureau sera appelé à désigner neuf Membres et à en dresser la liste, en recommandant sur cette liste les six Membres qui, à son avis, assureraient, s'ils étaient élus, une répartition équilibrée au sein du Conseil dans son ensemble. De plus, en vertu du texte amendé de l'article 25 de la Constitution, et pour assurer le renouvellement sur une base régulière des Membres habilités à désigner une personne pour siéger au Conseil exécutif - Membres qui, comme vous le savez, sont élus pour trois ans, de sorte que le nouveau Conseil composé de trente Membres verra chaque année renouveler dix de ces Membres -, des six Membres nouvellement élus, deux seront élus pour une période de trois ans, deux pour une période de deux ans et deux pour une période d'une année, la sélection de ces Membres se faisant par un tirage au sort auquel le Président de cette assemblée procédera immédiatement après l'élection par vos suffrages. Mesdames et Messieurs les délégués, je vous rappelle que nous avons procédé hier matin à l'élection de huit Membres habilités à désigner une personne pour siéger au Conseil exécutif, selon une procédure qui maintenant vous est familière et qui avait commencé jeudi dernier par une annonce du Président demandant que des suggestions concernant cette élection soient présentées jusqu'à lundi dernier à 10 heures; le Bureau, après avoir siégé lundi de 12 heures à 14 heures passées, a fait à cette assemblée des propositions qui ont été soumises à vos suffrages hier. Se calquant sur ces dispositions, les propositions qui vous sont faites maintenant comportent donc, sous réserve de votre assentiment, l'appel aux candidatures aujourd'hui, la fixation de la date limite pour la présentation des candidatures à lundi prochain, une nouvelle réunion du Bureau lundi également, et enfin un vote par cette assemblée mercredi prochain. Je voudrais rappeler que l'Assemblée est souveraine pour la désignation des Membres, mais que cependant le Bureau a reçu délégation de cette assemblée pour faire des propositions et que ces pro-

1 Voir p. 698. 2

Reproduite à la p.

328.

262

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANIE, PARTIE II

positions ne pourront être faites que lundi prochain. Compte tenu de la précision et de l'ampleur de la discussion qui a eu lieu au Bureau hier, je crois - et je voudrais vous en informer que la plupart des aspects qui peuvent être pris en considération ont été évoqués et seront certainement pris en considération par le Bureau au cours de sa séance de lundi prochain. Je voudrais demander s'il y a des observations, s'il y a des questions. Le délégué de Maurice. Monsieur le Président, le fait Sir Harold WALTER (Maurice) (traduction de l'anglais) qu'il ait fallu huit ans pour que nous obtenions cet élargissement du Conseil prouve qu'il s'agit bien là d'un événement historique. Historique, sans doute, mais peut -être aussi générateur de discorde pour la simple raison que - si j'en crois les rumeurs qui circulent au sujet de la réunion que le Bureau a tenue hier - on se demande si la Région africaine doit recevoir sa part ou accepter que d'autres reçoivent une part à laquelle ils n'ont pas droit. Je répète ces mots "à laquelle ils n'ont pas droit ", Monsieur le Président, et vais expliquer pourquoi je les emploie. D'après les critères actuels, consacrés par l'usage, l'Afrique a droit à 2,8 sièges de plus. Or comme dans toutes les sociétés civilisées on arrondit à l'unité supérieure les fractions au- dessus de 0,5, l'Afrique a droit à 3 sièges. Cela ne veut pas dire que d'autres Régions ne puissent avoir une part de plus, mais ce ne saurait être aux dépens de l'Afrique. Si nous examinons l'article 24 amendé, nous y trouvons les mots "répartition géographique équitable" qui ont certes été choisis par les législateurs, les fondateurs, dans un but bien déterminé. En ce qui concerne le mot "équitable ", il y a là- dedans à boire et à manger, Monsieur le Président, car si nous réclamons l'équité, nous devons l'appliquer nous mêmes et celui qui la demande doit avoir les mains propres. L'équité est -elle ou non une affaire de conscience ? Si elle l'est, je n'ai pas, en ma qualité de secrétaire du groupe des ministres de la santé de l'OUA, à m'appesantir davantage sur la question. Mais voyons plutôt si, dans la Constitution elle -même, en dehors de l'article 24, les législateurs, les fondateurs ont voulu donner à ces termes leur sens intégral. Si nous examinons l'article 35, relatif au recrutement du personnel, nous voyons, qu'après avoir énoncé les considérations principales, il se termine par une référence à la répartition géographique. Si nous poursuivons notre examen de la Constitution, et considérons la composition du Conseil exécutif, nous lisons qu'il doit être représentatif sur le plan géographique, de sorte que le mot "équitable" qui figure dans l'article 24 ne vient qu'après la représentativité géographique du Conseil. Je suis bien certain que lorsque cette assemblée procédera, dans les formes solennelles qui lui sont propres, au partage des sièges du Conseil exécutif, nous, Africains, ne demanderons rien de plus que droit. Néanmoins, je vous assure, Monsieur le Président, qu'en tant que fils de l'Afrique, nous veillerons à ce que ce droit soit respecté. Nous ne nous présentons pas avec une sébile, nous ne demandons pas de faveurs, mais nous lançons un appel à ceux qui ont dans leurs mains l'avenir de l'Organisation pour que l'équité et la répartition géographique dont le texte fait état soient respectées à la lettre. :

Je remercie le délégué de Maurice, et je crois devoir à la vérité d'informer Le PRESIDENT cette assemblée que les arguments que l'honorable Sir Harold vient de présenter ont été exposés, peut -être avec moins d'éloquence mais avec autant d'efficacité, au Bureau; comme il y a six sièges nouveaux, Sir Harold peut se dire en tout cas que sur six, trois ne sont pas une éventualité à exclure. Dès lors, je crois que le problème devant lequel nous nous trouvons est celui de la confiance que l'Assemblée porte au Bureau. Selon le Règlement de cette assemblée, c'est le Bureau qui fait les propositions, et je ne doute pas que le Bureau tiendra compte des observations qui viennent d'être formulées par l'honorable délégué de Maurice. S'il y a d'autres délégués qui veulent formuler des propositions, ils sont bien entendu libres de le faire, et mon intention n'est nullement de limiter le débat. Mais, comme j'ai eu l'honneur de le dire il y a un instant, le Bureau a consacré deux heures, hier, à examiner tous les aspects du problème et notamment, longuement, celui de la répartition géographique. Comme il y a six sièges à pourvoir, il apparaît clairement que cette formule pourrait donner satisfaction à un certain nombre de Régions. Par ailleurs, il n'est pas exclu que certaines Régions, pour une raison quelconque, souhaitent conserver au Bureau la flexibilité qui depuis toujours a été sa tradition et qui a permis à cette assemblée d'envoyer au Conseil exécutif les meilleurs d'entre les siens. Dès lors, je crois que cette assemblée devrait - et je vous suggère éventuellement d'orienter vos réactions dans ce sens - faire confiance au Bureau qui se réunira lundi prochain et qui devra nécessairement baser ses propositions sur les suggestions qui auront été faites par cette assemblée et par les membres de cette assemblée d'ici lundi. Si d'autres délégués souhaitent prendre la parole, je la leur donnerai volontiers. S'il n'y a pas d'autres réactions, je vais soumettre le projet de résolution que vous avez devant vous à vos suffrages, et vous demander si vous êtes d'accord pour l'approuver. Je ne vois pas d'objection, cette résolution est donc adoptée,1 et je vous remercie. Dès lors, il appartient à votre président de faire dès maintenant l'appel des candidatures. En ce qui concerne l'organisation même et la date de ces élections, comme j'ai eu l'honneur de jeudi 22 mai au matin, le dire il y a quelques instants, le Bureau a proposé ce qui suit :

:

1

Résolution WHA28.19.

ONZIEME SEANCE PLENIERE

263

conformément à la décision que vous venez de prendre, une annonce va être faite par le Président de l'Assemblée pour inviter les Membres désireux de faire des suggestions concernant l'élection des six Membres supplémentaires à les faire connaître au Bureau de l'Assemblée (article 98 de notre Règlement intérieur); lundi prochain, 26 mai, à midi, le Bureau de l'Assemblée dressera la liste des Membres telle qu'elle doit être soumise à vos suffrages (article 99); enfin, mercredi prochain, 28 mai, au matin, l'Assemblée de la Santé, siégeant en séance plénière, procédera à l'élection des Membres (article 100). Ces dispositions permettraient d'avertir par télégramme les gouvernements des Etats Membres ainsi élus en temps voulu pour qu'ils puissent désigner les personnes devant siéger à la cinquante- sixième session du Conseil exécutif qui doit, comme vous le savez, se tenir la semaine prochaine. L'Assemblée accepte -t -elle ces propositions ? Je ne vois pas d'objection. Il en est ainsi décidé. Je vais donc procéder maintenant à l'annonce concernant l'élection des six Membres supplémentaires habilités à désigner une personne pour siéger au Conseil exécutif, conformément à l'article 98 du Règlement intérieur qui s'applique, mutatis mutandis, à cette élection supplémentaire. En vertu de l'article 98, je demande donc aux délégués qui souhaitent formuler des suggestions touchant cette élection de bien vouloir les présenter jusqu'au lundi 26 mai à 10 heures au plus tard. Comme d'habitude, ces suggestions seront examinées par le Bureau ce même jour dès midi pour arrêter les recommandations qui seront soumises à l'Assemblée. Je rappelle que les suggestions doivent être remises à l'Assistant du Secrétaire de l'Assemblée, notre ami M. Fedele que vous connaissez tous. 4.

DISCUSSION GENERALE DES RAPPORTS DU CONSEIL EXECUTIF SUR SES CINQUANTE -QUATRIEME ET CINQUANTE- CINQUIEME SESSIONS ET DU RAPPORT DU DIRECTEUR GENERAL SUR L'ACTIVITE DE L'OMS EN 1974 (suite) :

Avec votre accord, nous allons maintenant passer au point suivant de notre Le PRESIDENT ordre du jour il s'agit de la poursuite de la discussion générale relative aux points 1.10 et 1.11 de l'ordre du jour, c'est -à -dire des rapports du Conseil exécutif et du Directeur général. Le premier orateur sur ma liste était le délégué du Pakistan. J'ai reçu d'autre part une communication annonçant que, la journée d'aujourd'hui étant la fête nationale de Sri Lanka, l'honorable délégué de Sri Lanka a de ce fait des obligations en ville. Il m'a donc demandé de pouvoir prendre la parole au début de la séance. J'ai alors demandé au délégué du Pakistan s'il acceptait d'intervenir en deuxième lieu, et je voudrais exprimer toute ma reconnaissance au Dr Chowdhry qui m'a d'emblée marqué son accord, ce qui me permet d'appeler en premier lieu le délégué de Sri Lanka. Celui -ci va parler dans sa langue nationale, et à ce sujet une communication va vous être faite par M. Fedele. :

M. FEDELE (Assistant du Secrétaire de l'Assemblée) Monsieur le Président, le délégué de Sri Lanka que vous venez maintenant de désigner comme premier orateur dans la discussion générale a demandé à parler dans sa langue nationale. Conformément à l'article 86 du Règlement intérieur de l'Assemblée mondiale de la Santé, un interprète fourni par le délégué de Sri Lanka lira simultanément le texte du discours en anglais. :

Le PRESIDENT

:

La parole est au délégué de Sri Lanka. 1

M. ARIYADASA (Sri Lanka) (interprétation du cinghalais) Monsieur le Président, honorables délégués, Mesdames et Messieurs, permettez -moi de vous féliciter au nom de la délégation de Sri Lanka, Monsieur le Président, pour votre élection à cette haute fonction. Je voudrais aussi étendre ces félicitations aux Vice -Présidents et aux autres délégués qui ont été élus à de hautes fonctions au cours de cette session de la Vingt- Huitième Assemblée mondiale de la Santé. Ma délégation ne doute pas, Monsieur le Président, que vous et vos honorables collaborateurs ne répondiez à nos plus grands espoirs et que les délibérations de cette assemblée ne connaissent un succès remarquable. J'aimerais aussi rendre hommage au Président sortant, le Professeur Pouyan, pour la manière parfaite dont il a présidé la Vingt- Septième Assemblée mondiale de la Santé. Le tact et la compétence dont a fait preuve le Professeur Pouyan dans l'accomplissement de sa difficile mission ont joué un grand raie dans le succès de cette assemblée. Je ne saurais manquer de souhaiter la bienvenue, au nom de mon pays, au Royaume des Tonga, au Mozambique et à la République démocratique du Viet -Nam pour leur admission au sein de l'Organisation mondiale de la Santé. Le Royaume des Tonga est un pays frère du Commonwealth et Sri Lanka n'éprouve qu'admiration pour les efforts hérotques que le peuple du Viet -Nam a accomplis pour conquérir son droit à la liberté et à la justice. Nous souhaitons une bienvenue sincère à ces pays et leur adressons nos meilleurs voeux afin qu'ils apportent un nouveau lustre à l'Organisation dans les années à venir. Permettez -moi aussi de féliciter le Directeur général et ses collaborateurs pour l'excellent travail préparatoire qu'ils ont fait en vue de la présente réunion. Nous éprouvons la plus grande reconnaissance et le plus grand respect pour la tâche qu'ils ont accomplie et les efforts :

1 Conformément à l'article 86 du Règlement intérieur.

264

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

qu'ils ont consentis afin d'assurer aux délégués toute l'assistance possible en vue de la réussite de ces délibérations. L'année écoulée a connu des bouleversements sans précédent; des progrès considérables ont néanmoins été faits vers la réalisation des buts que le monde moderne s'est fixés. Malgré les problèmes, dus aux grandes difficultés économiques mondiales, qui se sont posés à mon gouvernement, celui -ci s'est énergiquement efforcé de fournir des services de santé efficaces en assurant une couverture aussi complète que possible de la population au moyen de l'excellente infrastruture des institutions sanitaires. Cependant, mon pays et mon gouvernement se trouvent encore confrontés à de très nombreux problèmes que je voudrais soumettre à l'Assemblée en espérant que l'OMS adoptera des mesures permettant de les alléger. Mon pays est au nombre des 41 nations considérées comme les plus touchées par l'instabilité économique mondiale et il a besoin du soutien total de l'Organisation, en particulier pour la solution de trois problèmes graves et urgents. Le premier d'entre eux est le coût élevé des médicaments et des fournitures médicales. Mon pays est contraint d'importer presque tous les médicaments et produits pharmaceutiques dontontbesoin ses hôpitaux et établissements médicaux. Leur coût a tellement augmenté qu'il nous est devenu impossible d'y faire entièrement face. Les médicaments, en particulier, ont renchéri de telle façon qu'il nous est quasi impossible de maintenir les services de santé au niveau qu'ils ont atteint jusqu'ici. Pour les produits pharmaceutiques - surtout ceux qui sont à base de dérivés du pétrole - la hausse dans certains cas est de l'ordre de 600 %. Pendant la dernière décennie ou depuis plus longtemps encore, nous avons lutté énergiquement, par toutes sortes d'efforts de rationalisation, pour maintenir le coût des médicaments à des niveaux plus ou moins constants dans nos centres de traitement, mais, depuis deux ans, le montant des fonds à allouer à nos hôpitaux et autres établissements médicaux a dépassé toute limite acceptable, tant en termes de fiscalité nationale que de transactions en devises. Il est donc urgent d'exercer un contrôle sur les prix des médicaments et d'aider des pays comme le mien à bénéficier des immenses progrès de la chimiothérapie. Je sais que l'OMS a accompli un travail considérable pour stabiliser l'approvisionnement en médicaments et la qualité de ceux -ci. Je voudrais maintenant lui demander avec insistance d'examiner la possibilité d'aider les pays les plus pauvres à faire face au paiement des médicaments importés en recherchant les moyens de leur fournir les fonds nécessaires à cet effet. Par ailleurs, je note avec satisfaction que l'Organisation des Nations Unies a institué un fonds spécial pour aider les pays les plus pauvres à se procurer les médicaments dont ils ont un besoin urgent. Je demande que les crédits prélevés sur ce fonds soient alloués généreusement et en temps utile, afin que cette assistance remplisse effectivement son but. Le second problème important qui affecte la protection de la santé dans mon pays est ce qu'il est convenu d'appeler "l'exode des cerveaux ". Lors de la réunion des ministres de la santé du Commonwealth tenue à Sri Lanka en novembre dernier, ce problème a fait l'objet d'une étude approfondie. Les participants sont tombés d'accord pour estimer qu'il était urgent d'intervenir pour atténuer les effets les plus néfastes de cette migration de personnel qualifié dont la formation a absorbé une large part de nos ressources. De nombreux pays souffrent de ce phénomène, mais les plus atteints sont précisément les quelques pays de notre Région qui sont plus ou moins devenus des fournisseurs de médecins et de personnel de santé alors qu'ils en ont eux -mêmes le plus grand besoin; ce personnel est attiré vers les pays les plus riches et les plus développés du monde par des rémunérations supérieures et de meilleures conditions de travail. En fait, la situation est devenue si grave dans mon pays que le Gouvernement a été contraint de voter une loi rendant le service public obligatoire, pour s'assurer les services des médecins et du personnel de santé sortant de nos universités, du moins pendant une période limitée. Pour vous donner une idée claire du problème, je puis vous dire qu'entre 1971 et 1974, plus de 575 médecins ont quitté Sri Lanka pour aller exercer dans deux des pays les plus développés du monde. La perte subie de ce fait par mon pays s'élève à quelque 12 millions de dollars, tandis que le bénéfice qu'en ont retiré les pays développés qui emploient ces médecins est estimé à quelque 325 millions de dollars. On peut juger du préjudice que cet exode des médecins fait subir à mon pays quand on sait que le montant total de l'assistance étrangère fournie au cours de toute cette période par les pays où ces médecins exercent ne dépasse pas 60 millions de dollars. Pendant cette même période, les écoles de médecine de Sri Lanka n'ont pu former que quelque 520 médecins au total; le déficit est donc de plus de 50 médecins sans qu'il y ait faute de notre part. Le même problème se pose indéniablement de façon aiguë dans les autres professions. Des études ont été entreprises par les autorités du Plan de Colombo ainsi que par un comité spécial institué par mon gouvernement aux fins de rechercher des solutions à ce problème. Je voudrais suggérer que l'OMS procède, elle aussi, à des études approfondies et aide nos pays à trouver des solutions appropriées de manière que nos gouvernements puissent assurer aux populations un minimum décent de services de santé. En fait, à la récente conférence des chefs de gouvernements des pays du Commonwealth qui s'est tenue à la Jamarque, le Premier Ministre de Sri Lanka a appelé l'attention des participants sur la perte sérieuse de ressources vitales dont souffrent les pays en voie de développement qui sont précisément le moins en mesure de la supporter, ainsi que sur la nécessité d'apporter d'urgence une solution à ce problème.

ONZIEME SEANCE PLENIERE

265

Le troisième problème est celui de la nutrition, ou plutôt de la malnutrition. Il s'agit d'un problème fondamental qui se pose à la plupart des pays en voie de développement. Avec la pénurie mondiale d'aliments, les normes nutritionnelles, déjà si basses, de la population de mon pays se sont encore dégradées. Tous les efforts que mon gouvernement a faits pour favoriser la production locale, en quantités adéquates, de denrées alimentaires ayant une valeur nutritive suffisante afin d'améliorer les normes nutritionnelles de la population ont échoué, et cela en grande partie à cause du coût élevé des engrais. C'est pourquoi le Premier Ministre de Sri Lanka a proposé, l'année dernière, à la réunion des pays du CESAP, la création d'un Fonds mondial pour les Engrais. Nous sommes reconnaissants au FISE des efforts qu'il fait en vue de procurer une assistance nutritionnelle étendue aux groupes les plus vulnérables de la population de nos pays. Mon gouvernement voudrait insister auprès de l'Organisation mondiale de la Santé pour qu'elle agisse avec plus de vigueur, d'une part pour aider les pays en voie de développement à améliorer la qualité de leur alimentation, et, d'autre part, pour inciter les institutions mondiales à donner au développement nutritionnel la priorité élevée qu'il réclame dans la plupart des pays de ma Région, et cela au moyen d'études conjointes et d'autres activités. Je suis heureux de pouvoir dire qu'avec l'assistance d'une équipe mixte d'experts de la FAO, de l'OMS et d'un certain nombre d'autres organisations internationales, Sri Lanka vient de tenter pour la première fois de mettre sur pied une politique alimentaire et nutritionnelle globale. Nous avons aussi reçu une aide substantielle de plusieurs pays amis privilégiés pour l'établissement d'une politique et d'un programme coordonnés. Nous aimons à penser qu'avant longtemps, avec l'appui des organisations compétentes, nous aurons fait de grands progrès vers la solution d'un fléau majeur qui a sapé nos énergies et décimé notre population pendant des dizaines et des dizaines d'années. Je voudrais encore aborder quelques autres points, d'un intérêt actuel pour l'Assemblée. Après l'introduction du choléra El Tor à Sri Lanka en 1973, il s'est produit une poussée de la maladie; cette dernière continue de nous causer de graves soucis car les efforts que nous avons faits pour l'éradiquer n'ont eu que peu de résultats en raison des problèmes d'assainissement qui se posent dans les zones rurales et les quartiers insalubres. Nous avons pu cependant contenir la poussée et l'empêcher de prendre les proportions d'une épidémie. L'amélioration de l'hygiène du milieu, principalement par l'approvisionnement en eau sûre et l'élimination des excreta, est une solution relativement simple mais dont le coût est prohibitif. Néanmoins, mon gouvernement a accordé une haute priorité à ce secteur et des plans sont en préparation en vue de doter d'un approvisionnement en eau courante un tiers au moins des 14 millions d'habitants. En ce qui concerne le paludisme, il est assez décevant de constater que, presque trente ans après l'introduction des pulvérisations d'insecticide à effet rémanent, cette maladie reste le principal fléau transmis par les vecteurs à Sri Lanka. Près des trois cinquièmes du pays et 40 % de la population sont couverts par les pulvérisations mais cela n'a pas empêché l'augmentation de la morbidité au cours des quatre dernières années. Par bonheur, la mortalité, même dans les groupes vulnérables, a été extrêmement faible. Les problèmes d'ordre opérationnel et logistique, tels que la pénurie de véhicules et de pièces de rechange pour les équipes mobiles et le manque d'insecticides de remplacement, ont sérieusement entravé le programme de lutte antipaludique. C'est sur ce plan que l'OMS peut rendre les plus grands services, d'autant plus que Sri Lanka est un des pays où, quelques années plus tôt, l'éradication semblait presque acquise. Avec la résurgence de la maladie en 1967, la lutte contre le paludisme a gagné en résistance accrue du vecteur aux insectidifficultés, notamment pour les raisons suivantes cides, probablement due à son emploi toujours plus intensif en agriculture; accroissement démographique et multiplication des habitations; enfin, moins bonne acceptation des mesures de lutte par la population des régions d'endémicité. Toutefois, à l'heure actuelle, nous avons lancé un programme de choc pour combattre l'augmentation de la morbidité et nous en escomptons de bons résultats. Compte tenu des contraintes actuelles en matière de finances et de personnel, il ne nous est pas possible d'établir un programme d'éradication limité dans le temps. En raison de la pression démographique accrue, notre programme de santé de la famille a bénéficié de la plus haute priorité et progresse de manière satisfaisante. Les résultats de cette action concertée sont devenus manifestes; en effet, l'accroissement naturel de la population à Sri Lanka est tombé de 2,19 % en 1972 à 1,84 % en 1974. A cet égard, nous sommes extrêmement reconnaissants aux institutions du système des Nations Unies pour leur généreuse assistance. Pour terminer, permettez -moi, Monsieur le Président, de vous remercier ainsi que l'Assemblée pour l'indulgence et l'amabilité dont vous avez fait preuve en m'autorisant à prononcer mon allocution en ce jour anniversaire de l'entrée en vigueur de notre Constitution Républicaine. Au nom du Gouvernement et du peuple de Sri Lanka, je tiens à vous donner l'assurance que nous consacrerons le meilleur de nous -mêmes au succès des idéaux qui sont ceux de l'Organisation mondiale de la Santé et que nous soutiendrons son action en vue de rapprocher l'humanité des buts vers lesquels ont tendu d'innombrables générations d'hommes; nous exprimons l'espoir de voir s'amplifier toujours davantage les efforts que nous accomplissons ensemble pour apporter la paix, la joie et le bonheur à notre univers souffrant. :

266

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II :

Le PRESIDENT Pakistan.

Je remercie le délégué de Sri Lanka, et je donne la parole au délégué du

Le Dr CHOWDHRY (Pakistan) (traduction de l'anglais) Monsieur le Président, honorables délégués, Mesdames et Messieurs, permettez -moi, Monsieur le Président, de m'associer à l'hommage que vous ont rendu les orateurs précédents et de vous adresser, au nom de la délégation pakistanaise, mes plus chaleureuses félicitations pour votre élection méritée à la présidence de la Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé. Je suis persuadé que vos conseils et vos directives seront d'une valeur inestimable pour la poursuite des buts et des objectifs de l'Organisation. Je voudrais aussi présenter les félicitations de ma délégation aux Vice -Présidents de cette assemblée ainsi qu'aux Présidents et Vice -Présidents des commissions principales, à qui je souhaite le plus grand succès. Je tiens en outre à dire ma gratitude pour la façon parfaite dont le Président sortant, le Professeur Pouyan, a mené les débats de la Vingt -Septième Assemblée mondiale de la Santé. J'aimerais enfin exprimer mon admiration et adresser mes éloges au Directeur général qui a présenté à cette assemblée un Rapport remarquable, résumant les activités de l'Organisation an 1974. Comme mes prédécesseurs ont déjà longuement commenté ce document, je n'ajouterai qu'une chose, c'est qu'il est objectif, franc et audacieux et ne tente pas de dissimuler les échecs, là où il y en a eu. En collaboration avec l'OMS, l'AID des Etats -Unis d'Amérique, le FISE et d'autres institutions, le Pakistan a engagé le combat contre les maladies qui accablent l'humanité. Mon pays s'est associé aux immenses efforts que l'Organisation a faits pour éradiquer le paludisme et la variole et endiguer la tuberculose. C'est en 1961 que le plan d'éradication du paludisme, couvrant une période de 14 ans, a été lancé au Pakistan. Ce programme, patronné par l'OMS, a progressé de manière satisfaisante jusqu'en 1967, époque où le taux de positivité des lames de sang est tombé de 15 % (chiffre prééradication) à moins de 1 %; toutefois, à partir de ce moment, le programme a enregistré un recul et l'incidence de la maladie a accusé une tendance à la hausse. Les principaux obstacles ont été les difficultés financières et le coût élevé des insecticides. D'après le plan initial, les opérations devaient s'achever en 1974 mais, en raison des revers enregistrés, mon gouvernement a préparé, en consultation avec les experts de l'OMS et de l'AID,un nouveau plan quinquennal, qui, ayant satisfait à diverses formalités, devrait être lancé en 1975/1976. Si le programme d'éradication du paludisme a connu des échecs, je suis heureux en revanche de pouvoir faire état d'un succès spectaculaire en ce qui concerne la variole. Grâce aux efforts et au dévouement de nos agents sur le terrain et à l'aide fournie par l'OMS, le Pakistan a pu atteindre l'objectif 0 et aucun cas de variole n'a été notifié depuis novembre 1974. Malgré ce beau résultat, mon gouvernement ne se repose pas sur ses lauriers et la surveillance intensive se poursuit, inchangée, afin de prévenir toute résurgence possible de la maladie. Une récompense a été promise à toute personne qui signalerait un nouveau cas de variole en un point quelconque du territoire. En ce qui concerne la tuberculose, nous nous employons à mettre sur pied un programme prospectif de lutte antituberculeuse d'une durée de 20 ans. Tous les services de santé généraux appropriés, tels que les centres de santé ruraux, les hôpitaux généraux de sous -division, etc. sont mis à contribution pour l'exécution d'un programme intégré de district, comprenant la prophylaxie, le dépistage des cas et le traitement. A cet effet, le personnel technique et paramédical de district a reçu une formation spéciale. En plus du programme de lutte antituberculeuse, on procède à une enquête d'envergure nationale sur la prévalence de la maladie dans le pays. A ce propos, permettez -moi, Monsieur le Président, d'exprimer ici la gratitude de mon gouvernement pour l'assistance que l'OMS lui apporte dans sa lutte contre ce fléau. Comme d'autres pays, le Pakistan est confronté au problème de la malnutrition. L'alimentation est déficiente tant en quantité qu'en qualité. Le manque de protéines est très grand et ce sont les enfants de moins de 5 ans, les femmes enceintes et les mères allaitantes qui sont les principales victimes de la malnutrition. D'où une mortalité infantile élevée et une morbidité accrue, ainsi qu'un retard physique et mental chez les enfants d'âge préscolaire. Toutefois, le problème de la malnutrition retient l'attention de mon gouvernement et nous espérons arriver un jour à le résoudre en augmentant la production de denrées alimentaires et en faisant l'éducation des masses. Monsieur le Président, une réalisation importante est l'expérience de programmation sanitaire nationale qui a été entreprise au Pakistan avec le concours de l'OMS et du PNUD. Elle consiste à évaluer les problèmes sanitaires, à définir les priorités et à fixer des objectifs qui se traduiront par un programme de développement sanitaire, en particulier dans le cadre de notre cinquième plan quinquennal (1975 -1980). Conséquence de cette expérience, une stratégie établissant un système sanitaire de base a été élaborée. Elle se caractérise principalement par les points suivants accent mis sur la prévention; intégration des programmes verticaux; autonomie accrue; distribution équitable des services; extension des établissements de formation; emploi de travailleurs polyvalents; amélioration des statistiques démographiques; extension des services d'éducation sanitaire; coordination des activités et participation de la collectivité à tous les niveaux. : :

ONZIEME SEANCE PLENIERE

267

Nous avons donc l'intention de mettre les services de santé directement à la portée de la population en créant une unité sanitaire de base pour 10 000 habitants (ce chiffre étant ramené à 5000 dans les zones où la population est dispersée). Ces unités seront desservies par les auxiliaires sanitaires en attendant que nous disposions de suffisamment de médecins. Nous sommes reconnaissants à l'OMS pour l'intérêt qu'elle nous témoigne ainsi que pour les avis et l'aide qu'elle nous apporte dans ce domaine. Le nombre des écoles de médecine a augmenté et quelque 4000 étudiants y seront admis pour l'année universitaire 1975/1976. J'ai déclaré l'année dernière devant cette auguste assemblée qu'il était nécessaire que le personnel du Siège vienne dans nos pays pour prendre la mesure exacte de nos problèmes. J'ai plaisir à dire que le Dr Lambo, notre compétent Directeur général adjoint, a eu la bonté de répondre à cette invite; il nous a prodigué d'utiles conseils dont nous ne manquerons pas de tirer profit. Nous attendons maintenant la visite de notre distingué Directeur général, prévue pour cette année déjà. Je saisis l'occasion qui m'est offerte d'exprimer la gratitude du Gouvernement du Pakistan au Directeur régional, le Dr Taba, pour l'assistance qu'il a fournie à mon pays en soutenant divers programmes de lutte contre les maladies transmissibles. Je suis persuadé que ce précieux concours dans le domaine de la médecine et de la santé publique nous restera acquis comme par le passé.

Je tiens par ailleurs à souhaiter la bienvenue aux Tonga, à la République démocratique du Viet -Nam et au Mozambique, qui, en devenant Membres de l'OMS, se voient accorder une place à laquelle ils avaient droit dans une organisation internationale de plus. Je suis convaincu que leurs délégations apporteront une contribution importante à nos débats. Pour terminer, au nom de ma délégation et au mien, je forme des voeux pour le succès de cette Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé. Je suis certain que cette session contribuera largement aux progrès incessants et au succès de cette grande organisation. Merci, Monsieur le délégué du Pakistan. Je donne maintenant la parole au Le PRESIDENT délégué de la République de Corée. :

M. MOON (République de Corée) (traduction de l'anglais) Monsieur le Président, permettez -moi de vous présenter mes félicitations à l'occasion de votre élection, et de féliciter également les Vice - Présidents et les Présidents des commissions principales. Je tiens en outre à souhaiter la bienvenue aux nouveaux Etats Membres admis au sein de l'Organisation. Je rends un hommage particulièrement vibrant au Directeur général, le Dr Mahler, et à ses collaborateurs dont le dévouement, l'enthousiasme et les efforts inlassables pour trouver les moyens d'action les plus efficaces nous ont permis d'identifier nos besoins, ainsi que de fixer nos priorités en fonction des ressources dont nous disposons. La santé pose un problème urgent mais la tâche est malaisée, surtout pour les pays en voie de développement. Elle exige d'importantes ressources, tant humaines que matérielles, que seul un progrès régulier du développement national général est en mesure de procurer. Mon pays a la chance d'avoir pu faire un important pas en avant sur le plan des services de santé grâce à l'heureuse réalisation du troisième plan quinquennal de développement, dont les effets se font sentir dans de nombreux et importants domaines des services de santé. Pour lutter contre les maladies transmissibles, nous avons mis sur pied 230 équipes de surveillance des maladies à l'échelon du district, augmenté la couverture vaccinale, renforcé l'assainissement du milieu, et amélioré les installations thérapeutiques. Grâce à ces mesures, nous avons pu réduire de façon marquée des maladies telles que la fièvre typhoide et la diphtérie. La lutte antituberculeuse a, elle aussi, été très fructueuse au cours de la période quinquennale qui s'est achevée en 1970, la maladie a considérablement régressé. Une enquête menée avec l'aide de l'OMS ferait apparaître, croyons -nous, un nouveau recul de cette maladie. Pour lutter contre la concentration des médecins dans les villes, nous organisons une rotation régulière du personnel médical entre les zones urbaines et les zones rurales, et nous avons établi des dispensaires médicaux dans les régions écartées. En outre, le cinquième jour de chaque mois est consacré à la santé des enfants; ce jour -là, les consultations et le traitement des enfants sont gratuits sur l'ensemble du territoire. L'OMS nous a rendu un très grand service en nous aidant à lancer des programmes d'approvisionnement en eau saine et d'évacuation des eaux usées. En conséquence, un programme d'assainissement à long terme sera mis en route cette année. En ce qui concerne la planification familiale, nous sommes arrivés à abaisser le taux d'accroissement démographique à 1,6 ' en 1974. Nous cherchons maintenant à obtenir une nouvelle réduction du taux de natalité en créant des centres et sous -centres de santé chargés d'enseigner à la population les pratiques appropriées de planification familiale. Avec l'aide conjointe de l'OMS et du FISE, nous organisons, à titre expérimental, un projet de développement des services de santé généraux, consistant à convertir les auxiliaires sanitaires monovalents en agents polyvalents, qui auront mission de fournir des soins de santé intégrés. Si cette expérience est concluante, elle sera étendue à tout le pays. :

:

268

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

Monsieur le Président, notre quatrième plan de développement reflètera nos ambitions accrues en mettant davantage l'accent sur la planification sanitaire, concrétisée par des plans à long terme solides et réalistes. Nous sommes persuadés que l'Organisation mondiale de la Santé continuera de servir la cause de l'humanité en faisant progresser les services de santé par ses avis et son soutien. De notre côté, nous l'assurons à nouveau de notre collaboration constante tout en lui exprimant notre profonde gratitude. Monsieur le Président, il n'entre nullement dans mes intentions de distraire votre attention des questions importantes qui nous sont soumises; cependant, il est de mon devoir d'user de mon droit de réponse pour dire quelques mots au sujet de l'intervention du délégué de la Corée du Nord, laquelle est contraire aux objectifs élevés et à la bonne tradition de notre organisation. J'ose donc compter sur votre indulgence. Il est vraiment regrettable que l'atmosphère amicale de nos débats ait à nouveau été perturbée par les propos diffamatoires du délégué de la Corée du Nord, qui fausse les faits et viole le code fondamental régissant les débats internationaux. Il y a déformation des faits lorsque le délégué de la Corée du Nord déclare que ce qui empêche l'unification du Nord et du Sud est la présence en Corée des forces des Nations Unies. Rien n'est plus éloigné de la vérité. Ce qui fait obstacle à l'unification, ce n'est pas la présence des forces des Nations Unies, mais les continuelles menaces d'agression de la Corée du Nord. Si la Corée du Nord souhaite sincèrement l'unification par des moyens pacifiques, pourquoi boycotte -t -elle la Déclaration conjointe Sud -Nord de juillet 1972 par laquelle les deux Cordes ont notamment accepté de réaliser pacifiquement leur unification en se plaçant au- dessus des divergences d'idées, d'idéologies et de systèmes, de ne pas se calomnier ni se diffamer réciproquement afin de favoriser la confiance mutuelle, de renoncer à toute provocation armée, et de procéder à des échanges de toutes sortes pour hâter l'unification pacifique ? Ce que le délégué de la Corée du Nord a omis de dire, c'est que son régime, alors même que la Déclaration conjointe susmentionnée était annoncée, a entamé clandestinement ce qu'il appelle sa "politique militaire en quatre points ", qui consiste à armer tous les citoyens, à fortifier le pays tout entier, à convertir la totalité des forces armées en cadres d'élite, et à moderniser l'armement et l'équipement. Mais dans quel but ? Monsieur le Président, si la Corée du Nord nourrit réellement des desseins de paix, pourquoi nous envoie -t -elle continuellement des assassins, des éléments subversifs et des navires espions et, surtout, pourquoi fait -elle creuser des tunnels souterrains sous la zone démilitarisée ? Ce point a été abordé à la dernière session de l'Assemblée générale des Nations Unies lors de l'examen de la question coréenne et maints délégués en ont parlé. L'un d'entre eux a déclaré "Nous souhaitons que les Sud -Coréens puissent visiter les membres de leur famille résidant dans le Nord dont ils sont séparés depuis longtemps et nous souhaitons que les Nord -Coréens puissent venir en Corée du Sud autrement qu'en empruntant des tunnels étroits, humides et inconfortables, passant sous la zone démilitarisée ". Un autre délégué a dit ceci "... un effort a donc probablement été fait pour creuser des tunnels d'amour entre le Nord et le Sud de la Corée, mais nous avouons qu'en cette époque où l'amour s'étale librement au grand jour, nous préférerions que ces étreintes amoureuses aient lieu en public sur des ponts lancés sur des eaux agitées ". Je ne crois pas qu'il soit nécessaire que j'en dise davantage; les faits parlent d'eux- mêmes. Les forces des Nations Unies en Corée ne sont rien d'autre que des forces de dissuasion. Si les Nord -Coréens n'ont aucun dessein d'agression contre mon pays, la présence des forces de l'ONU ne doit aucunement les gêner; or, tout le peuple de la Corée du Sud la juge indispensable en raison de la menace permanente que la Corée du Nord fait peser sur lui. Si les Nord -Coréens désirent sincèrement l'unification nationale, ils doivent immédiatement reprendre le dialogue avec le Sud, ainsi que le prévoit la Déclaration conjointe qu'ils boycottent depuis deux ans, et renoncer à toute propagande irréaliste, comme celle qu'ils ont faite devant cette :

:

assemblée.

Le délégué de la Corée du Nord a donné à entendre que son pays était un paradis. Ceci se passe de commentaires. Quant à mon pays, son développement rapide dans tous les secteurs de la vie nationale, y compris la santé, est tellement notoire que je ne crois pas nécessaire de m'y appesantir ici. Si la Corée du Nord est un tel paradis, pourquoi craint -elle à ce point de nous ouvrir ses portes ? Enfin, Monsieur le Président, le délégué de la Corée du Nord a parlé des parents et enfants, frères et soeurs, familles et amis séparés. Or c'est la conscience de cette souffrance qui a amené la Croix -Rouge de la République de Corée, dès 1971, à proposer un dialogue en vue de rechercher une solution à ce problème. Si la Corée du Nord souhaitait réellement résoudre ce problème humanitaire, elle commencerait par ne pas boycotter les conversations de la Croix Rouge et ensuite elle ne ferait pas opposition aux propositions constructives de la Croix Rouge sud -coréenne qui préconise des échanges de communications et des visites entre les familles séparées. Monsieur le Président, les mots ne peuvent rien apporter au progrès de la société tant nationale qu'internationale s'ils ne s'accompagnent d'actes concrets. J'en appelle au délégué de la Corée du Nord pour qu'il s'efforce de comprendre le principe, simple mais fondamental, de notre vie. Comme nous l'avons dit à maintes reprises, mon gouvernement et mon peuple sont déterminés à poursuivre le but de l'unification pacifique par le dialogue et la compréhension

ONZIEME SEANCE PLENIERE

269

mutuelle et par la coopération entre nos deux peuples, mais ils ne sont pas moins déterminés à résister résolument et fermement à une nouvelle agression de la Corée du Nord. Au nom de tout le peuple coréen, j'invite le délégué de la Corée du Nord à réfléchir tout d'abord à l'absurdité et aux horribles conséquences d'une autre guerre qui pourrait faire des centaines de milliers, voire des millions de morts dans les deux camps et causer à la péninsule tout entière des dommages incommensurables qu'il faudrait de longues années pour réparer. J'invite aussi le délégué nord -coréen à considérer le rôle utile que pourrait jouer une Corée pacifique, avec ses ressources humaines, matérielles et culturelles, pour l'amélioration du sort des Coréens eux -mêmes et des autres peuples du monde. Enfin, je demande à la délégation de la Corée du Nord de cesser d'abuser cette assemblée et de se consacrer aux questions de fond que nous avons à examiner. Monsieur le Président, je demande respectueusement que le texte de ma déclaration soit intégralement reproduit dans le compte rendu de nos débats et vous remercie de votre indulgence. Je remercie le délégué de la République de Corée. Il est évident que le Le PRESIDENT texte de son intervention figurera dans le compte rendu, comme il en va pour toutes les interventions faites au cours de cette assemblée. Mesdames et Messieurs, le délégué de la République populaire démocratique de Corée indique qu'il désire soulever une motion d'ordre. En vertu de l'article 57, dont j'ai déjà donné lecture à plusieurs reprises, j'ai la faculté de lui donner la parole, mais je voudrais rappeler aux délégués en général qu'ils doivent s'en tenir en pareil cas au point précis qui est en cause. Je donne donc la parole au délégué de la République populaire démocratique de :

Corée.

Le Dr HAN Hong sep (République populaire démocratique de Corée) (traduction de l'anglais) Monsieur le Président, je vous remercie de me donner la parole. Usant de son droit de réponse, la délégation de la République populaire démocratique de Corée tient à relever la déclaration calomnieuse du délégué de la Corée du Sud qui présente la situation sous un jour déformé. Dans le dernier discours que nous avons prononcé dans cette illustre enceinte, nous avons évoqué le sort misérable du peuple sud -coréen qui, en raison de la division du pays, souffre de la misère et de maladies. Nous avons clairement proclamé notre désir unanime de réunifier la patrie et de mettre fin à la division qui est la cause essentielle de cette tragédie. Cet objectif, qui s'impose à quiconque a véritablement le sens de la nation, est aussi pleinement conforme aux principes humanitaires de l'Organisation mondiale de la Santé. Selon le rapport d'une émission de la radio sud -coréenne "Dongyang ", du 5 mars 1975, le "Ministère de la Santé publique" sud - coréen a fait savoir qu'en raison du coût élevé de l'hospitalisation, 10 % seulement de l'ensemble des malades avaient accès aux hôpitaux. Comment des frères de sang ne seraient -ils pas gravement affectés d'apprendre qu'en Corée du Sud - appelée "Royaume de la maladie" par les étrangers - près de 90 % des malades meurent dans une misère profonde sans même être hospitalisés ? Mais le délégué de la Corée du Sud, qui n'a aucun sens de la patrie et ignore délibérément ces souffrances, a longuement et bruyamment parlé de nous en termes diffamatoires, nuisant ainsi à la bonne atmosphère et à l'ordre de l'Assemblée. Monsieur le Président, je n'ai pas l'intention de revenir sur tous les faits que le délégué de la Corée du Sud, prenant le noir pour le blanc, a déformés. Il a proclamé que nous étions responsables de l'impasse où se trouve le dialogue entre le Nord et le Sud mais cette allégation ne sert qu'à démontrer son impudence. Le dialogue Nord -Sud, qui concrétise la politique de réunification indépendante et pacifique invariablement suivie par le grand chef du peuple coréen, le Président Kim Il Sung, vise précisément à réunifier la patrie dans l'indépendance et la paix, sans intervention des puissances étrangères. La délégation sud -coréenne, au contraire, s'est imprudemment vantée que les autorités de son pays respectaient la déclaration conjointe Nord -Sud du 4 juillet. Nous nous contentons est -ce un fait ? La façon dont les autorités sud -coréennes ont agi de lui poser la question après s'être détournées de la déclaration conjointe qu'elles avaient acceptée est bien connue du monde. Immédiatement après que la déclaration a été rendue publique, elles ont proclamé que les forces armées d'occupation des Etats -Unis en Corée du Sud étaient les forces des Nations Unies, celles -ci n'étant pas une puissance étrangère, tandis qu'elles sollicitaient la présence permanente de l'armée des Etats -Unis et traitaient cette dernière avec un respect religieux. Bien plus, les autorités sud - coréennes ont publié ce qu'il est convenu d'appeler la "Déclaration du 23 juin ", annonçant par là le principe de la création de "deux Corées ", ce qui signifie essentiellement que la Corée du Sud sera en permanence inféodée à l'impérialisme : :

des Etats -Unis.

Par ailleurs, les autorités sud -coréennes ne cessent d'appliquer impitoyablement une répression fasciste en arrêtant, emprisonnant et assassinant le peuple innocent de la Corée du Sud, et, notamment, son ancien Président, M. Yun Bo Sun, les personnalités démocrates et religieuses, les intellectuels et les journalistes qui demandent la réunification du pays et l'instauration de la démocratie.

270

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

Qui croira à l'authenticité des déclarations d'un pouvoir qui piétine l'objectif sacré du dialogue tout en prétendant vouloir ce dialogue ? En ce qui concerne les conversations de la Croix -Rouge, le délégué sud -coréen a fait preuve dans son discours d'une intolérable mauvaise foi. S'appuyant sur les nobles intentions de compatriotes, le Gouvernement de la République populaire démocratique de Corée a proposé d'autoriser les familles, parents et amis séparés à se déplacer et à communiquer librement, et de permettre aux familles et aux parents de se réunir. Mais les autorités sud -coréennes ont créé des obstacles artificiels à ces conversations et ont refusé d'accepter notre proposition, pourtant équitable et raisonnable. Ainsi que les faits le démontrent clairement, si les conversations de la Croix -Rouge et le dialogue Nord -Sud ont échoué, c'est en raison des actes perfides commis par les autorités sud -coréennes pour diviser la nation. L'orateur sud -coréen a dit ensuite que l'obstacle à la réunification n'était pas la présence dans son pays des forces des Nations Unies, donnant ce nom à l'armée d'occupation des Etats -Unis d'Amérique. C'est là pur sophisme. Les forces des Nations Unies, comme les appelle le délégué sud -coréen, ne sont rien d'autre que les forces d'agression des Etats -Unis s'abritant sous le drapeau des Nations Unies. C'est l'occupation de la Corée du Sud par l'armée des Etats -Unis qui entretient la division de notre pays et empêche sa réunification, trente ans après un partage décidé unilatéralement. C'est à cause de cette armée, qui mène une politique de guerre et d'agression, que notre pays connaît une situation extrêmement tendue. C'est donc l'occupation de la Corée du Sud par l'armée des Etats -Unis qui est à la base de la division de notre patrie et lui fait courir un danger de guerre permanent. Si cette armée, puissance étrangère, quittait la Corée du Sud, le peuple coréen vivrait en harmonie après avoir réalisé lui -même sa réunification pacifique. Malgré ce qu'a prétendu le délégué de la Corée du Sud devant cette auguste assemblée au sujet de la présence permanente de l'armée des Etats -Unis, sa déclaration le montre sous son vrai jour de traître national. Je tiens ensuite à commenter ses audacieuses remarques sur la "menace d'une invasion du Sud par le Nord ". Elles sont ridicules et absurdes. Honorables délégués, la Corée du Sud possède actuellement une armée régulière de 700 000 hommes et une armée de réserve de 2 millions et demi d'hommes, soit au total une immense force armée de 3 200 000 hommes. Ces dernières années, les Etats -Unis ont fourni à la Corée du Sud une aide militaire s'élevant à la somme fabuleuse de US $15 000 millions pour la modernisation de l'armée. Par ailleurs, le Gouvernement de la République populaire démocratique de Corée n'a pas manqué une occasion de faire savoir qu'il n'avait nullement l'intention de résoudre le problème de la réunification par la force.

Nous avons également proposé de conclure un accord de paix entre le Nord et le Sud lorsque toutes les troupes étrangères, y compris celles des Etats -Unis, auraient quitté la Corée du Sud, cela afin d'empêcher tout acte de belligérance. En même temps, nous avons proposé de ramener les effectifs de nos deux armées à 100 000 hommes, ou moins encore, pour supprimer les tensions créées dans le Nord et le Sud. Mais les autorités sud -coréennes ont aussi rejeté cette proposition et s'acharnent à organiser toutes sortes d'exercices guerriers, commettant constamment des actes d'hostilité contre nous et important en grandes quantités du matériel militaire moderne de toute espèce, et notamment des armes nucléaires. Tout en se livrant à ces manoeuvres, les autorités sud -coréennes parlent très haut de "menaces d'invasion" et montent une comédie telle que celle de "l'incident des tunnels" tout en prétendant "gagner de l'expérience" et assurer la "sécurité nationale ". Ces autorités arrêtent, emprisonnent, torturent cruellement et assassinent au hasard les Sud - Coréens qui réclament la réunification du pays et l'instauration de la démocratie. De plus, elles ont récemment proclamé la "mesure d'urgence N° 9" qui consiste à interdire toutes les activités des partis politiques et des organisations sociales et privent donc totalement la population des libertés d'expression, de réunion et d'association. Cet état de choses n'a pas empêché le délégué sud -coréen de prétendre que la liberté sociale régnait dans son pays. Tous les faits que je viens d'exposer montrent à l'évidence quel est celui qui veut la paix et la réunification pacifique de la patrie et celui qui au contraire cherche la guerre et la division. Quoi que fassent les autorités sud -coréennes pour entretenir cette division, elles ne pourront jamais anéantir les aspirations du peuple coréen tout entier qui attend avec impatience la réunification'du pays, et il est certain que nous gagnerons cette cause historique sous la sage conduite de notre chef bien -aimé et respecté, le Président Kim Il Sung. Je remercie le délégué de la République populaire démocratique de Corée et Le PRESIDENT je vais donner la parole au délégué de la Chine, pour une motion d'ordre, non sans rappeler à nouveau que ces motions d'ordre sont régies par l'article 57 du Règlement intérieur, que les interventions doivent porter sur un point précis et que, selon les conclusions de la réglementation des Nations Unies au sujet du droit de réponse, cette réponse doit être aussi concise que possible. Je donne la parole au délégué de la Chine. :

ONZIEME SEANCE PLENIERE

271

M. LIN Chia -Sen (Chine) (interprétation du chinois) Monsieur le Président, la délégation chinoise soutient pleinement le point de vue de la République populaire démocratique de Corée. Les calomnies et les arguments du représentant de l'administration sud - coréenne sont vains. Les efforts que fait le Gouvernement de la République populaire démocratique de Corée pour lutter résolument contre l'agression impérialiste et réaliser la réunification de la patrie sont entièrement conformes aux aspirations profondes du peuple coréen et à l'intérêt de la nation. Avec l'appui et la connivence de l'impérialisme des Etats -Unis, la clique de Pak Jung Hi a poursuivi obstinément une politique de division nationale; elle a saboté la réunification du pays, intensifié la répression et aggravé la tension dans la péninsule coréenne. Les actes pervers de la clique de Pak Jung Hi se sont heurtés à la forte résistance de la population coréenne et sont en outre condamnés par tous ceux qui, dans le monde, sont épris de justice. Nul ne peut nier ces faits qui sont du reste contrôlables. :

Le PRESIDENT Je remercie l'honorable délégué de la Chine. J'ai une autre motion d'ordre du délégué de la République de Corée, à qui je donne la parole en rappelant ce que j'ai dit il y a quelques instants. :

M. MOON (République de Corée) (traduction de l'anglais) Monsieur le Président, je regrette de devoir à nouveau demander la parole pour une motion d'ordre. Je me demande si le délégué de la Corée du Nord croît avoir parlé de façon convaincante et constructive ? Aux yeux de ma délégation, la déclaration du délégué nord- coréen ne fait que mettre en évidence son attitude polémique et montre combien il est ignorant du désir que nous avons, comme toute cette assemblée, de vouer toute notre attention et tous nos efforts à la solution des problèmes que pose la protection de la santé. Il ne semble pas se rendre compte que ses remarques ne peuvent que polluer l'atmosphère amicale et coopérative de nos débats. Monsieur le Président, le devoir m'oblige à vous demander de m'accorder assez de temps pour répondre point par point aux allégations fallacieuses et malveillantes du délégué nord coréen. Toutefois, ses remarques sont si manifestement éloignées des questions qui nous occupent que je pourrai, conformément au souhait que vous avez exprimé, me contenter de répondre brièvement. Le délégué de la Corée du Nord a de nouveau parlé de la réunification pacifique de la Corée. Je lui pose une fois encore la question les Nord -Coréens ont -ils réellement des intentions si pacifiques et leurs efforts sont -ils si sincères ? Dans ce cas, pourquoi violent ils la Déclaration conjointe et boycottent -ils le dialogue Sud -Nord que les deux Corées ont annoncé et solennellement accepté à Séoul et Pyongyang ? Si les autorités nord -coréennes se préoccupent à ce point de la séparation entre les populations du Sud et du Nord, pourquoi boycottent -elles le dialogue de la Croix -Rouge qui a pour but de mettre fin aux souffrances des familles séparées ? Nous n'avons entendu aucun argument valable justifiant l'échec de ce dialogue. Le délégué nord -coréen a parlé de la "Déclaration du 23 juin 1973" dans laquelle mon gouvernement invitait la Corée du Nord à devenir avec nous Membre des Nations Unies en attendant la réunification du pays. Comment pourrait -on voir dans cette approche réaliste un complot visant à la division du pays ? Nous sommes encore divisés et', au sein de cette assemblée, nous sommes représentés par deux délégations distinctes. C'est là un fait indéniable qui, pour cette assemblée, pour l'ONU et pour nous -mêmes, correspond à la réalité coréenne. Mon gouvernement a fait cette "Déclaration de juin" dans le dessein de trouver une solution réaliste au difficile problème de la réunification. Ce faisant, les autorités sud -coréennes espéraient créer des conditions plus favorables au dialogue et faciliter ainsi la réunification pacifique du Sud et du Nord. Quelle objection peut -on élever contre cette proposition pratique et réaliste ? Le délégué de la Corée du Nord a mentionné certaine émission radiophonique dans mon pays. Nous ne prétendons pas qu'aucun problème ne se pose. Nous savons qu'il y a chez nous des déficiences et tentons d'y remédier. Si nous n'avions pas de problèmes, nous ne serions pas un pays en voie de développement. Notre peuple est un peuple libre; il jouit d'une liberté totale. Il ne faut pas se fier à ce que disent les journaux chacun peut visiter la Corée du Sud pour observer ce qui s'y passe. La Corée du Nord connaît -elle une même liberté ? Sa population jouit elle des libertés d'opinion et d'expression ? Je crois, Monsieur le Président, que les honorables délégués tireront eux -mêmes leurs conclusions. Le délégué de la Corée du Nord a également parlé de notre défense civile, mais qui pourrait s'attendre à ce que les Sud -Coréens se croisent les bras tandis que la Corée du Nord parle bien haut de ses préparatifs militaires pour envahir le Sud ? Il s'agit, de notre part, d'un acte de :

:

:

défense. La déclaration du délégué nord -coréen est l'illustration typique du voleur qui críe au voleur. Le délégué niera -t -il ce que disent la presse nord -coréenne et son propre gouvernement ? La menace que les Nord -Coréens font peser sur le Sud est évidente. Ce qu'ils visent n'est que trop clair à nos yeux.

Monsieur le Président, je ne voudrais pas abuser davantage de votre temps. Je conclurai en disant simplement, pour abréger, que la déclaration du délégué de la Corée du Nord n'est

272

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

que pure invention, déformation des faits et propagande, domaines dans lesquels les Nord Coréens ont acquis une grande notoriété.

Le PRESIDENT Je remercie le délégué de la République de Corée. Deux autres demandes d'intervention me sont soumises au sujet de cette motion d'ordre. Il s'agit des délégations de la République du Sud Viet -Nam et de l'Union soviétique. Je vais encore donner la parole à ces deux délégations qui ne sont pas directement impliquées dans le débat. J'userai ensuite du droit que me confère l'article 57 du Règlement intérieur pour clore cette discussion. Il appartiendra alors à l'Assemblée, si ma décision ne rencontre pas son approbation unanime, de mettre celle -ci aux voix. Je donne donc la parole au délégué du Sud Viet -Nam. :

Monsieur le Président, permettez -nous Le Dr TRAN VINH HIEN (République du Sud Viet -Nam) de nous joindre au représentant de la République populaire démocratique de Corée pour exprimer ici en quelques mots notre humble avis. Victime d'une longue et cruelle guerre d'agression qui lui a valu de terribles souffrances et d'innombrables deuils, le peuple vietnamien connaît enfin son indépendance et la paix. Ayant mené une lutte acharnée de trente années pour arracher l'indépendance et la paix d'aujourd'hui, il sait mieux que quiconque que rien n'est plus précieux que l'indépendance et la liberté. Par sa propre expérience aussi, le peuple vietnamien sait également que l'origine profonde de toute souffrance, deuil, désordre social et discorde nationale est l'ingérence étrangère dans les affaires intérieures et l'occupation militaire impérialiste du territoire des autres pays. Pour ces raisons, il est de notre devoir de nous associer aux gens épris de paix et de liberté pour exiger que cesse immédiatement toute ingérence de l'impérialisme dans les affaires intérieures de la Corée, et qu'on laisse enfin le peuple coréen frère régler lui -même ses propres affaires. :

Je remercie le délégué de la République du Sud Viet -Nam et je donne la Le PRESIDENT parole au délégué de l'Union soviétique. :

Le Dr SCEPIN (Union des Républiques socialistes soviétiques) (traduction du russe) Monsieur le Président, la délégation soviétique appuie pleinement les vues exprimées par la délégation de la République populaire démocratique de Corée et soutient les activités du Gouvernement de la République populaire démocratique de Corée dirigées vers l'unification pacifique :

du pays.

Je remercie le délégué de l'Union soviétique et je voudrais expliquer Le PRESIDENT maintenant pourquoi j'avais l'intention de ne pas continuer ce débat. Nous avons entendu d'une manière très détaillée le point de vue du délégué de la République populaire démocratique de Corée et celui du délégué de la République de Corée. Toutes les délégations possèdent donc l'information voulue. Malgré toute la sympathie que nous portons à l'un et l'autre de ces pays, cette assemblée, je le crois et je le crains, n'est pas à même - ceci n'étant ni son rôle ni sa mission - d'arriver à une quelconque solution de ce problème. Nous avons une tache d'une autre nature que j'ai déjà été appelé à définir, et je voudrais donc demander à celles des délégations qui avaient encore l'intention de dire quelque chose de bien vouloir pardonner au Président s'il estime que la poursuite de cet échange d'informations n'est pas de nature à permettre à l'Assemblée d'apporter une amorce de solution à ce problème. Je ne doute pas qu'il y ait unanimité dans cette assemblée sur le fait que nous désirons tous que la paix existe et que les peuples s'entendent. Je ne pense pas qu'une seule des délégations ici présentes pourrait prendre la parole pour nier ce principe, et je voudrais dès lors demander à l'Assemblée de bien vouloir nous permettre de passer à la suite de nos travaux. Y a -t -il une réaction à ma proposition ? Je vous remercie, Messieurs les délégués; nous allons donc passer au point suivant et je donne la parole au délégué de la Turquie. :

Monsieur le Président, j'ai remis le texte de ma déclaration au Le Dr ALAN (Turquie) Secrétaire de l'Assemblée pour insertion dans le compte rendu. Je suivrai le bon exemple donné par plusieurs délégations en renonçant à donner lecture de ce texte, si court soit -il.l Monsieur le Président, au nom de la délégation turque, je désire vous adresser mes sincères félicitations pour votre élection au poste de Président de la Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé. Honoré de votre amitié, je me réjouis tout particulièrement de vous voir assumer la présidence. Je vous connais depuis longtemps et j'admire vos qualités. Je n'ai donc aucun doute que, sous votre habile présidence, les travaux de cette assemblée aboutiront au succès. Les félicitations de la délégation turque vont également aux Vice -Présidents, qui vous aideront dans votre tâche difficile. :

1 Le texte qui suit a été communiqué par la délégation de la Turquie pour insertion dans le compte rendu, conformément à la résolution WHA20.2.

ONZIEME SEANCE PLENIERE

273

La délégation turque ne voudrait pas laisser passer cette occasion sans adresser un souhait chaleureux de bienvenue aux nouveaux Membres qui viennent d'être admis à l'OMS. La délégation turque se réjouit de voir notre organisation avancer rapidement vers l'universalité. Monsieur le Président, permettez -moi maintenant de me tourner vers le Directeur général. Comme vous l'avez vous -même dit dans votre allocution, le Dr Mahler a su gagner notre admiration. Pendant le peu de temps déjà passé à la tête de l'Organisation il a, avec ses actions énergiques animées par de riches idées nouvelles, accompli un grand travail, et ceci malgré les ressources limitées dont il dispose. Je désire donc le féliciter très chaleureusement de son action. "Il serait de Le Directeur général dit, dans l'Introduction de son Rapport, ce qui suit peu d'utilité que l'OMS propose aux gouvernements des solutions fragmentaires à des problèmes isolés; il faut qu'elle adopte une approche beaucoup plus systématique permettant aux pays de déterminer leurs problèmes de santé prioritaires, de préciser les objectifs opérationnels à atteindre pour résoudre ces problèmes et d'élaborer les programmes nécessaires." La délégation turque partage entièrement cette opinion, et elle estime que ce principe devrait gouverner toutes les activités de l'OMS. Par ailleurs, le Directeur général nous annonce une bonne nouvelle. Il nous dit qu'il y a de bonnes raisons d'espérer qu'aucun cas de variole ne sera plus dépisté après l'été 1975. La délégation turque se réjouit de cette fin heureuse et désire féliciter tous ceux qui ont contribué au succès du programme mondial d'éradication de la variole. On aurait, certes, vivement souhaité le même sort pour le programme d'éradication du paludisme, mais malheureusement les insectes ont été plus forts que nous et ont su résister aux armes dont nous disposons. Il faudrait donc inlassablement continuer à rechercher de nouvelles armes efficaces. Le Directeur général nous parle du manque de personnel qualifié pour assurer la bonne marche des services de santé nécessaires, et il nous dit qu'il s'agit là d'un problème essentiel puisque aucun programme, si bien conçu soit -il, ne peut aboutir si on ne consacre àson exécution un effectif suffisant d'agents qualifiés. Il n'y a rien de plus vrai au monde, Monsieur le Président, et nous savons par expérience que la plupart des échecs rencontrés sont dus au manque de personnel qualifié. Il est, de ce fait, très souhaitable que l'OMS concentre davantage ses efforts sur le développement des personnels de santé. La délégation turque a relevé avec une grande satisfaction dans le Rapport que la reproduction humaine, la planification familiale et la dynamique des populations font maintenant l'objet d'un des plus vastes programmes de l'Organisation et qu'au cours de ces dernières années l'OMS s'est également préoccupée des aspects psychologiques et sociaux des programmes de planification familiale. Voici les quelques remarques que la délégation turque a souhaité faire au sujet du Rapport du Directeur général. Permettez -moi cependant d'ajouter que nous apprécions grandement l'assistance apportée par l'OMS à la Turquie et sa collaboration positive. :

Je remercie le Dr Alan de sa proposition constructive et je donne Le PRESIDENT maintenant la parole au délégué du Kenya. :

Monsieur le Président, Monsieur le Directeur M. OSOCO (Kenya) (traduction de l'anglais) général, chers collègues, soucieux d'abréger les congratulations, selon la règle adoptée, je me contenterai, au nom de la délégation du Kenya, de remercier le Président sortant et tous ses collaborateurs pour l'excellent travail qu'ils ont accompli. Je tiens en outre, au nom de mon gouvernement, à féliciter le Dr Mahler et son personnel de terrain pour ce qu'ils ont réalisé en 1974. Enfin, permettez -moi d'exprimer notre sincère gratitude au Dr Quenum et à ses collaborateurs, à qui nous souhaitons pleine réussite dans la poursuite de leurs activités et de leurs services à la Région. Monsieur le Président, les maladies transmissibles restent très préoccupantes en Afrique, aussi sommes -nous reconnaissants à l'OMS pour l'assistance qu'elle nous accorde dans ce domaine. Nous constatons avec plaisir qu'en 1974 les maladies transmissibles ont bénéficié de nombreuses activités de l'Organisation qui sont très clairement décrites dans la partie I du Rapport du Directeur général. Afin d'élever le niveau de vie de la population, le Gouvernement du Kenya met en route de nombreux plans d'irrigation sur l'ensemble du territoire. Il est certain que ces plans, qui augmenteront la production d'importantes denrées agricoles, susciteront en même temps une multitude de problèmes sanitaires, et, parmi beaucoup d'autres, ceux de la schistosomiase et du paludisme. Le Gouvernement du Kenya est conscient qu'il faudra assurer une excellente coordination entre les projets de développement agricole et ceux de développement sanitaire pour réduire l'ampleur des problèmes de santé que je viens d'évoquer. C'est dans ce domaine particulier de la lutte contre les effets indésirables des plans d'irrigation que nous souhaitons, et, à vrai dire, escomptons, une assistance technique de l'OMS. A cette fin, nous voudrions lui recommander avec insistance d'augmenter les crédits alloués à la lutte contre les maladies transmissibles. Nous appuyons donc fermement le projet de résolution relatif à la schistosomiase qui sera présenté à l'Assemblée en temps opportun. La République du Kenya a identifié quelques -uns de ses besoins de santé. Ils peuvent se santé maternelle et infantile, hygiène du milieu, répartir en quatre grandes rubriques : :

274

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

maladies transmissibles, et nutrition, en particulier dans le groupe d'âge vulnérable des moins de 5 ans. Le tableau est considérablement aggravé par l'insuffisance de nos ressources, qu'il s'agisse de personnel qualifié, de moyens financiers, d'installations, de moyens de communication ou de l'équipement indispensable aux diverses activités sanitaires de base, en particulier dans les zones rurales où vit la majorité de notre population. Vers la fin de 1974, l'épidémie de choléra a gagné le Kenya. Nous n'avons pu découvrir exactement comment la maladie avait pénétré dans le pays. Nous avons été pris au dépourvu car, lorsque le diagnostic de choléra a été posé, la maladie avait déjà jeté de profondes racines dans le bassin lacustre du Kenya occidental. A la fin d'avril 1975, le nombre total de cas confirmés s'élevait à 4370, dont 79 cas mortels. Jusqu'ici, l'infection a été contenue dans la partie occidentale du Kenya et nous sommes arrivés à empêcher sa propagation dans les autres parties du pays. Actuellement, l'épidémie est terminée mais des cas sporadiques continuent d'être observés. L'éradication immédiate a été entravée par un ensemble de facteurs, dont notamment le manque d'installations sanitaires de base et d'un approvisionnement adéquat en eau saine. Quatre observations importantes ont été faites au cours de l'épidémie. Nous avons constaté tout d'abord que le traitement et la maîtrise du choléra dépendaient d'un diagnostic précoce et de l'information immédiate de tous les intéressés. Ensuite, il nous est apparu que le mode de transmission le plus important était les contacts personnels, par négligence des règles d'hygiène, etc.; nous avons encore noté que le dépistage des cas et le traitement immédiat des cas suspects et des contacts étaient les armes les plus efficaces contre la maladie; enfin, nous avons observé que la vaccination de masse avec le vaccin actuel ne semblait pas modifier le cours des événements. Elle satisfait la population sur le plan psychologique mais ne produit que très peu d'effets sur le plan physique. Monsieur le Président, je tiens à profiter de cette occasion pour remercier l'OMS ainsi que les gouvernements qui nous ont épaulés au cours de l'épidémie. En combattant cette épidémie et des épidémies antérieures venues, semble -t -il, de pays limitrophes, nous avons acquis d'utiles connaissances mais nous demandons à l'OMS de nous donner des avis techniques concernant les moyens d'intensifier la surveillance, de dépister les cas, et d'assurer la notification immédiate de toute poussée d'une maladie transmissible qui pourrait menacer les pays voisins. Il faudrait aussi se préoccuper des mesures à prendre pour empêcher, aux postes frontières et en d'autres points d'accès de notre territoire, l'introduction des maladies transmises par voie sexuelle. En ce qui concerne la planification des services de santé, elle pose des problèmes considérables dans les pays en voie de développement en raison du personnel qualifié qu'exigent la formulation des plans et leur exécution adéquate. Il nous paraît important que soient institués des programmes de formation visant à enseigner la gestion des services de santé. En outre, Monsieur le Président, il est impératif que les techniques de gestion modernes soient appliquées au secteur sanitaire; ce n'est qu'à cette condition que les services de santé fonctionneront avec efficacité et efficience et que nous obtiendrons des résultats tangibles sur le plan de la santé des collectivités. Enfin, nous jugeons essentiel que la formation des médecins et du personnel sanitaire soit conçue en fonction des besoins réels de la collectivité au sein de laquelle ils seront appelés à exercer. La République du Kenya est consciente de l'importance des recherches appliquées dans le domaine de la santé. Etant donné les ressources limitées dont disposent les pays en voie de développement, le Kenya est totalement acquis aux vues de l'OMS concernant le renforcement et l'expansion de la recherche dans tous les domaines de la santé et il espère qu'un effort accru sera fait en vue d'allouer aux pays en voie de développement les crédits dont ils ont besoin sur ce plan. Mon pays estime que la planification sanitaire est mal aiguillée lorsqu'elle privilégie les minorités urbaines au détriment de la protection de la santé des populations rurales. Nous constatons avec inquiétude que beaucoup de pays développés s'intéressent à la construction, dans les pays en voie de développement, d'immenses établissements curatifs et manifestent peu d'attention pour le développement, bien plus essentiel, des services de santé dans les zones rurales où réside la majorité de la population. C'est pourquoi nous tenons à nous associer aux autres pays en voie de développement qui ont attiré l'attention de l'OMS sur la nécessité d'amener les organismes internationaux à modifier l'attitude des pays développés en ce qui concerne l'attribution des crédits, lesquels devraient aller aux services de santé ruraux. Je terminerai, Monsieur le Président, en présentant les félicitations de la délégation du Kenya au Royaume des Tonga, à la République démocratique du Viet -Nam et au Mozambique pour leur admission au sein de l'Organisation. Le PRESIDENT Je remercie le délégué du Kenya et je voudrais signaler à l'Assemblée que la délégation de la Trinité -et- Tobago a renoncé à prendre la parole et a demandé que le texte de son intervention figure dans le compte rendu. :

ONZIEME SEANCE PLENIERE

275

M. TAITT (Trinité -et- Tobago) (traduction de l'anglais)1 Monsieur le Président, Monsieur le Directeur général, honorables délégués, je tiens tout d'abord à vous adresser, Monsieur le Président, mes félicitations les plus sincères pour votre élection à ces hautes fonctions. Je vous transmets les salutations de l'honorable Ministre de la Santé de la Trinité -etTobago qui, à son grand regret, n'a pu assister à l'Assemblée en raison des lourdes obligations de sa charge. L'année dernière, je parlais de l'importance de l'administration dans tous les domaines des services de santé et signalais trois secteurs auxquels nous accordions une attention spéciale, à savoir i) l'administration des services de santé; ii) l'administration du programme de santé maternelle et infantile et de planification familiale; et iii) la gestion des fournitures. J'ai dit d'autre part que nous attachions beaucoup d'importance au développement des services de santé ruraux car nous sommes soucieux de fournir à la totalité de notre population les services de santé améliorés qu'elle réclame. J'ai également souligné en 1974 la nécessité d'une réévaluation de nos buts et objectifs sanitaires et d'une évaluation de notre plan sanitaire décennal et du plan sanitaire décennal pour les Amériques. Le projet de budget programme de l'OMS pour les exercices financiers 1976 et 1977 met également l'accent sur l'évaluation et sur son importance pour les programmes de l'Organisation et ceux des Etats Membres. Il annonce, d'autre part, que l'OMS mettra les Etats Membres au courant des méthodes d'évaluation, et souligne que cette dernière doit être un élément indissociable et permanent des processus de planification et de gestion; c'est là un point de vue que nous approuvons sans réserve. Nous avons appliqué à l'évaluation de notre plan sanitaire décennal la méthode mise au point par l'Organisation panaméricaine de la Santé pour l'évaluation du plan sanitaire décennal pour les Amériques. C'est une équipe multidisciplinaire composée de divers fonctionnaires du Ministère de la Santé et de représentants des agences du Gouvernement pour la planification économique et les finances qui procède à cette évaluation, et cela pour deux grandes raisons : : :

Le succès ou l'échec de notre plan sanitaire intéressent non seulement le Ministère de la Santé mais aussi le pays tout entier, et en particulier les agences du Gouvernement pour la planification économique et sociale et les finances. Celles -ci doivent par conséquent être associées de très près à ce travail. 2) Nous estimons que des agences comme celles de l'agriculture, de l'éducation et du développement communautaire doivent entretenir d'étroites relations avec le secteur sanitaire et que leur coopération totale est indispensable au succès de tout plan de développement sanitaire. 1)

Ces principes guident donc l'évaluation de notre plan sanitaire et, pour l'établissement de notre nouveau plan sanitaire décennal, nous ne perdrons pas de vue la nécessité d'une étroite coordination avec les agences centrales de la planification économique et des finances et plus encore avec les autres agences gouvernementales dont l'objet intéresse directement l'action sur le terrain. En ce qui concerne le développement de la santé rurale, j'ai plaisir à annoncer qu'à la fin de cette année cinq nouvelles unités de santé maternelle fonctionneront en divers points du territoire. Elles ont été conçues en vue d'assurer à la population de meilleurs services de santé maternelle et infantile et de planification familiale. D'autre part, d'ici à la fin de l'année, sept nouveaux centres de santé seront en activité et nous devrions avoir entamé la construction de huit autres centres. Notre Ecole de Santé des Collectivités s'est ouverte en janvier 1975. Elle forme des infirmières et d'autres personnels sanitaires au service des collectivités. L'évaluation permanente de l'activité de chacune des unités créées fait partie intégrante de leur organisation et doit nous fournir des données de base sur leur utilisation et sur les besoins des collectivités auxquelles elles sont destinées. Nous attachons une importance grandissante aux maladies chroniques - notamment le diabète et les maladies cardio -vasculaires - qui prélèvent un lourd tribut de vies humaines et coûtent très cher en ressources sanitaires. Nous nous proposons d'étudier l'histoire naturelle de ces affections dans notre environnement et d'améliorer la surveillance suivie des malades traités en recourant aux services d'infirmières spécialisées. Grâce à une subvention de la Banque interaméricaine de Développement, nous nous employons à conclure un contrat avec l'OPS en vue d'obtenir les avis d'experts dont nous avons besoin pour organiser les cours nécessaires à la formation de ces infirmières.

Le texte qui suit a été communiqué par la délégation de la Trinité -et- Tobago pour insertion dans le compte rendu, conformément à la résolution WHA20.2.

1

276

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

Cependant, les nouveaux problèmes ne sauraient faire oublier les anciens et nous poursuivons nos programmes de lutte contre le paludisme et la fièvre jaune. L'éradication du paludisme à la Trinité remonte à décembre 1965. De 1968 à 1975, on n'a enregistré que 23 cas, dont 16 importés, six récurrents et un occulte. La surveillance de la fièvre jaune selvatique est activement poursuivie. Le dernier cas de fièvre jaune a été notifié en 1959. Toutefois, des réinfestations par Aedes aegypti se produisent constamment; ces nouveaux foyers exigent une vigilance ininterrompue, surtout dans les zones portuaires où les petits navires qui assurent le service entre les îles sont la source la plus fréquente de réinfestations. Le coût de ces programmes est élevé puisqu'il dépasse 1 000 000 de dollars de la Trinité -et- Tobago par an. Je suis heureux de pouvoir dire qu'en 1974 l'incidence de la blennorragie a considérablement diminué. En revanche, celle de la syphilis contagieuse a poursuivi son mouvement ascendant mais peut -être faut -il attribuer cette tendance à l'amélioration de la recherche des contacts et du dépistage des cas. La législation sanitaire existante a fait l'objet d'importants remaniements, et de nouvelles lois ont été préparées afin de répondre aux exigences de la vie actuelle. Nous avons élaboré par exemple une nouvelle loi sur la santé mentale, qui simplifie l'admission des malades psychiatriques et assure une protection accrue de leurs biens comme de leur personne, de même qu'une loi prévoyant un contrôle plus efficace des hôpitaux privés. Ces deux lois sont actuellement déposées devant le Parlement. La législation régissant les professions de médecin, d'opticien et de pharmacien subit également une mise à jour et un projet de loi relatif au contrôle des pesticides est à un stade avancé de préparation. Une tâche importante qui nous attend est la révision de la législation de santé publique. Il apparaît déjà que nous aurons besoin, sur ce plan, d'une assistance technique que nous avons l'intention de demander à l'OMS. J'ai parlé l'année dernière du fléau de l'inflation. Je voudrais revenir aujourd'hui sur les conséquences qu'il entraîne pour notre population. Le prix des denrées essentielles s'est élevé malgré une intervention massive de l'Etat qui a accordé des subventions pour les aliments de base tels que le riz et la farine et contrôlé les prix d'autres denrées essentielles. D'autre part, des programmes d'éducation nutritionnelle sont organisés dans les centres de santé et dans des unités spéciales de démonstration. D'après l'enquête sur la consommation alimentaire, menée dans notre pays en 1970 avec l'aide de l'Institut de l'Alimentation et de la Nutrition des CaraYbes, 39 % des familles souffrent d'une carence calorique. Il est donc urgent et impératif de fournir à la population des aliments nutritifs bon marché d'origine locale; nous mettons sur pied, à cet effet, des projets agricoles et de transformation d'aliments. Deux opérations d'évaluation des programmes d'alimentation d'appoint ont été organisées et des études portant sur la surveillance des cas de malnutrition protéino - calorique traités par une alimentation d'appoint au titre de ces programmes sont actuellement en cours. Enfin, un petit groupe de chercheurs tente de mettre au point un aliment de sevrage bon marché, produit sur place. Les difficultés financières n'apparaissent nulle part avec autant d'acuité que dans le secteur de la santé; en effet, les problèmes économiques influent sur l'état nutritionnel, qui à son tour affecte de façon marquée l'incidence des maladies. Un des indicateurs les plus sensibles de la malnutrition est la gastro- entérite dont l'incidence est en augmentation depuis deux ans. En 1973, nous avions enregistré 4595 cas de gastro- entérite, avec 243 décès; en 1974, ces chiffres étaient respectivement de 5599 et 152. Cette année, 1943 cas ont été déclarés à ce jour. En 1973, dans notre plus grand hôpital, à Port of Spain, les cas d'entérite et d'autres maladies diarrhéiques ont représenté 13 355 jours d'occupation des lits. Comme de multiples facteurs entrent en ligne de compte, un comité interministériel de surveillance et de coordination a été créé pour surveiller la situation en permanence et formuler des recommandations sur le plan de la prophylaxie. Ce comité a déjà soumis au Gouvernement des recommandations constructives. D'autre part, nous mettons sur pied une campagne de nettoyage visant à promouvoir l'hygiène du milieu et, en particulier, à améliorer l'élimination des déchets domestiques et industriels. La participation de la collectivité à cette action est des plus encourageantes. La conférence des ministres de la santé des CaraYbes a élaboré une stratégie de lutte contre la gastro- entérite que mon gouvernement a décidé de réaliser par étapes. En outre, l'Université des Indes occidentales a rédigé un manuel d'instructions exposant la méthode de traitement de la gastro- entérite la mieux adaptée à notre situation médicale. Le manuel sera très prochainement distribué à tout le personnel médical et infirmier. La fourniture d'eau saine en quantité suffisante a été reconnue comme un élément important de la lutte contre cette maladie. Mon gouvernement a conclu, avec la Banque interaméricaine de Développement, un accord portant sur un projet d'alimentation en eau de la région de Caroní Arena; ce projet, qui prévoit une fourniture journalière supplémentaire de plus de 270 000 000 litres d'eau en est actuellement à la phase d'élaboration. D'autre part, un projet d'extension du réservoir de Navet accroîtra l'approvisionnement journalier de près de 32 millions de litres en 1980. Le nouveau laboratoire de santé publique a commencé de procéder aux analyses bactériologiques nécessaires

ONZIEME SEANCE PLENIERE

277

aux autorités du service des eaux. Ce laboratoire est maintenant solidement établi et permet au Ministère de la Santé d'enquêter sur les incidents morbides liés à la consommation d'aliments et de faire faire l'analyse régulière des denrées alimentaires ainsi que l'analyse à grande échelle de spécimens d'origine humaine. Je suis heureux d'annoncer la création, le ler janvier 1975, du Centre d'épidémiologie des Caralbes (CAREC). Cet organe, qui est le fruit d'une initiative personnelle du Premier Ministre, le très honorable Dr Eric Williams, est une oeuvre collective à laquelle participent l'OPS, l'Université des Indes occidentales et les gouvernements de la région. Actuellement, il s'occupe activement de la rationalisation des méthodes de notification des maladies dans la région et de l'établissement d'un mécanisme d'analyse et de diffusion des données. Outre les travaux de recherche, assurés auparavant par le laboratoire régional de virologie de la Trinité, lequel jouissait d'une réputation mondiale, le CAREC consacrera une partie importante de ses programmes à la formation de personnel. Les nombreux problèmes que pose la distribution des soins de santé à une population éclairée et bien informée indiquent un besoin de recherches dans ce domaine. Nous projetons, à cet égard, de créer des systèmes d'évaluation de nos programmes et d'encourager notre personnel sanitaire à effectuer des recherches qui soient susceptibles d'applications pratiques dans notre environnement national. Un projet de ce genre est l'étude des infections à streptocoques qui a été entreprise collectivement par le Gouvernement de la Trinité -et- Tobago, la North Western University à Chicago (Etats -Unis d'Amérique), et le Medical Research Council de Grande -Bretagne.

Le PRESIDENT

:

Je donne la parole à l'orateur suivant, le délégué du Burundi. :

Monsieur le Président, Monsieur le Directeur général, honoLe Dr NINDORERA (Burundi) rables délégués, la délégation du Burundi voudrait s'associer aux précédents orateurs pour vous exprimer, Monsieur le Président, ainsi qu'à vos éminents collègues du bureau, ses chaleureuses félicitations pour votre brillante élection. Croyez bien que ce n'est pas par tradition que je le fais, mais pour manifester le sincère sentiment de satisfaction que nous avons ressenti de voir honorer une si éminente personnalité et à travers elle son pays, avec lequel nous avons des liens d'amitié depuis de longues années. Nos félicitations vont également au Président du Conseil exécutif et au Directeur général de notre organisation pour les rapports clairs et objectifs qu'ils nous ont remis. Ces documents nous ont permis de constater que, malgré les efforts que ne cesse de déployer notre organisation pour le développement et l'amélioration de la santé de tous les peuples, il reste beaucoup à faire, surtout avec la crise économique que traverse le monde d'aujourd'hui et dont les pays pauvres sont les premières victimes. Il faut espérer que la solidarité internationale s'adaptera à cet élément nouveau et accroîtra son effort. En ce qui concerne la situation sanitaire de mon pays, notre objectif est d'arriver progressivement mais rapidement à intégrer l'action préventive à l'action curative, action curative menée au moyen de l'infrastructure sanitaire existante. Cet objectif est appuyé par le plan national de développement, qui ne perd pas de vue que la bonne santé de la population constitue un facteur déterminant du développement. Le Burundi, comme tous les autres pays en voie de développement, connaît des problèmes de santé aussi variés que complexes dus notamment aux maladies transmissibles, entre autres la tuberculose, le paludisme, la schistosomiase, les parasitoses diverses, la rougeole, la coqueluche, la trypanosomiase, le typhus et j'en passe. Mon pays connaît aussi la malnutrition mais cette malnutrition, à notre avis, provient beaucoup plus de l'ignorance que d'un manque de vivres.

Nous remercions très sincèrement l'Organisation mondiale de la Santé et tous les pays amis, notamment la Belgique et la France, qui, mus par un sentiment de solidarité internationale, nous ont apporté jusqu'à présent un concours précieux pour la solution de divers problèmes. Nous bénéficions d'une assistance accrue de l'OMS dans le domaine de la lutte contre les endémies; avec l'entrée en fonctions d'un médecin -épidémiologiste, nous pensons que nos services pourront être rapidement améliorés. Il est intéressant de noter qu'après la prise en charge par l'OMS de la campagne de lutte contre la variole, aucun cas n'est apparu depuis 1970, alors que, de 1967 à 1969, plus d'une centaine de cas avaient été notifiés. Après la phase d'attaque, nous sommes entrés dans une phase d'entretien et, bien qu'il n'y ait plus de cas depuis 1970, nous accordons autant d'importance à la phase d'entretien qu'à la phase initiale. D'autre part, l'OMS a pris en charge un projet de lutte contre le typhus exanthématique qui, depuis de nombreuses années, constitue un problème très préoccupant pour les populations de certaines zones rurales. Nous espérons pouvoir juguler cette endémie grâce à une campagne de grande envergure que nous devons entreprendre au mois de juin prochain. A cette action internationale de l'Organisation mondiale de la Santé s'ajoute le concours de divers organismes et pays amis. C'est ainsi qu'une mission médicale française a pris en charge la lutte contre la trypanosomiase dans le nord du pays. La lutte préventive contre la tuberculose revêt la forme de campagnes de vaccination de masse. La phase initiale a permis de réaliser une couverture vaccinale de 85 % et elle se poursuit par une phase d'entretien

278

VINGT- HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

comportant au moins la vaccination des jeunes dans les centres de consultation des nourrissons et de maternité et dans les écoles. Les résultats sont encourageants et nous profitons de cette occasion pour remercier la Belgique et le FOMETRO pour l'aide qu'ils nous apportent dans la réalisation de ces programmes. De même, pour la schistosomiase, la lutte est envisagée sur deux fronts. D'une part, nous luttons contre les vecteurs par des mesures d'assainissement du milieu et de traitement des rivières; à cet égard, nous sommes surtout satisfaits de la participation de la population à tous les échelons. En ce qui concerne, d'autre part, le dépistage et le traitement, l'action est menée simultanément contre cette infection et les autres parasitoses intestinales, et les résultats sont également satisfaisants. D'une manière générale, dans le domaine des maladies transmissibles comme dans d'autres, nous continuons à croire que l'éducation sanitaire des populations est le remède le plus efficace et nous faisons dans ce domaine des efforts particuliers. Ces efforts sont de plus en plus appuyés par d'autres départements, notamment le Ministère de l'Education nationale et celui de l'Agriculture, le Parti et diverses organisations sociales et religieuses, car nous nous rendons tous de mieux en mieux compte que les problèmes de santé publique dépassent les services de santé publique, et qu'ils doivent être compris, soutenus et résolus à ces niveaux variés du pays. Ma délégation manquerait à son devoir si elle n'exprimait, avant de terminer, sa vive gratitude au Dr Quenum, Directeur régional pour l'Afrique, pour le dynamisme, la sollicitude et l'efficacité avec lesquels il se penche, secondé par ses collaborateurs, sur les problèmes de santé du continent africain en général et du Burundi en particulier. Je remercie le délégué du Burundi. Le délégué de la Mauritanie m'a fait Le PRESIDENT savoir qu'il renonçait à prendre la parole et souhaitait que son texte soit publié dans le compte rendu. :

Le Dr OULD BAH (Mauritanie)1 Monsieur le Président, Monsieur le Directeur général, honorables délégués, la délégation de la République islamique de Mauritanie voudrait tout d'abord, Monsieur le Président, vous féliciter de votre élection à la présidence de la Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé. Nous sommes sers que, sous votre conduite, nos travaux connaîtront un grand succès. Nos félicitations vont également à tous les membres du :

bureau.

Notre délégation souhaite la bienvenue aux délégations de la République démocratique du Viet -Nam, du Royaume des Tonga et du Mozambique, Etats admis à notre organisation au cours de la présente session. Notre délégation se réjouit également de l'admission de la République populaire démocratique de Corée au cours de la Vingt -Sixième Assemblée mondiale de la Santé, admission que nous considérons comme un succès important sur la voie de la réunification du peuple coréen. Nous sommes heureux de constater que chaque année notre organisation s'élargit vers l'universalité que proclame notre Constitution. Monsieur le Président, l'examen du Rapport annuel du Directeur général est pour nous l'occasion de rendre un hommage mérité au Dr Mahler et à tous ses collaborateurs pour l'analyse réaliste des problèmes de santé qui continuent de préoccuper nos différents pays. Le renforcement des services de santé, la lutte contre les maladies transmissibles et le programme élargi de vaccination, la santé de la mère et de l'enfant, la politique de nutrition et d'éducation sanitaire sont notamment les priorités pour lesquelles notre pays s'est engagé à trouver des solutions avec la collaboration de l'OMS. Notre pays a entamé une politique de développement des services de santé par la mise en place de centres régionaux de santé, structures intégrant des services de médecine curative et de médecine préventive aussi bien fixes que mobiles. Notre école nationale de formation des personnels paramédicaux va pouvoir augmenter sa capacité dès cette année grâce à l'agrandissement de l'école et à la création d'une section de sages -femmes.

Dans le cadre de la lutte contre les maladies transmissibles, la campagne d'éradication de la variole associée à l'immunisation par le BCG et la vaccination antirougeoleuse, est entrée dans sa phase d'entretien depuis 1973. Actuellement, nous mettons en place un service de surveillance épidémiologique dont l'efficacité sera améliorée dès la mise en fonction de notre centre national d'hygiène. Monsieur le Président, la sécheresse dont souffre notre pays depuis quelques années a révélé des problèmes nutritionnels qui nous étaient inconnus. Devant cette situation, nous avons décidé de mettre en place une section de nutrition, avec l'assistance de l'OMS et du FISE, pour promouvoir une nutrition mieux adaptée. C'est pour nous l'occasion de remercier notre Directeur régional, le Professeur Quenum, de la compréhension qu'il a toujours su montrer à notre égard. Monsieur le Président, il serait fastidieux d'énumérer ici tous les problèmes auxquels nous sommes confrontés. Ils sont nombreux et nos moyens insuffisants. Cette situation est

1 Le texte qui suit a été communiqué par la délégation de la Mauritanie pour insertion dans le compte rendu, conformément à la résolution WHA20.2.

ONZIEME SEANCE PLENIERE

279

identique à celle de tous les pays en voie de développement. C'est pourquoi notre délégation souhaiterait que l'OMS accorde une attention particulière aux pays en voie de développement pour l'édification de leurs services nationaux de santé. Avant de terminer, Monsieur le Président, ma délégation voudrait exprimer ses remerciements aux pays amis et aux organismes internationaux qui nous assistent dans la réalisation de certains de nos projets nationaux de santé. Le PRESIDENT :

Je donne maintenant la parole au délégué du Koweït. :

Le Dr AL AWADI (Koweït) (interprétation de l'arabe) Monsieur le Président, je tiens à suivre vos directives; notre délégation remettra donc son exposé au Secrétariat afin qu'il puisse être inclus dans le compte rendu.' Monsieur le Président, c'est avec le plus grand plaisir que je vous adresse, au nom de la délégation du Koweït, mes félicitations les plus sincères pour votre élection à ces hautes fonctions. Nous espérons que, grace à votre sagesse et à votre grande expérience des travaux de l'Assemblée, nos délibérations aboutiront à d'heureuses conclusions. Je tiens également à apporter le témoignage de notre estime et de notre admiration au Président sortant et à présenter mes félicitations aux Vice -Présidents ainsi qu'aux Présidents et aux Rapporteurs des commissions principales. Pour commencer, j'aimerais rendre hommage au Directeur général et à ses très compétents collaborateurs qui ont préparé ce Rapport extrêmement lucide sur l'activité de l'Organisation mondiale de la Santé. Le Rapport montre la vision pénétrante qu'a le Directeur général de l'avenir et sa grande connaissance de la situation à laquelle doit maintenant faire face notre organisation. Il n'est pas douteux que l'activité de l'OMS s'est ressentie de l'instabilité économique mondiale; il est également clair qu'un important effort de réflexion s'impose pour permettre à l'Organisation d'atteindre les vastes buts qu'elle s'est assignés. Le Rapport a pressenti les nouveaux problèmes auxquels elle doit apporter une solution. Nous approuvons entièrement la nouvelle approche que constituent les techniques de programmation sanitaire qui considèrent le secteur sanitaire comme un tout, et non pas comme des fragments de services juxtaposés. Monsieur le Président, au Koweït, nous pensons que l'établissement d'un programme sanitaire constitue la seule méthode permettant d'améliorer la situation sanitaire dans le pays. Nous pensons aussi que le choix entre les différentes options envisageables ne doit être fait que par une planification appropriée, surtout dans un domaine comme celui de la santé dans lequel de nombreux facteurs interviennent simultanément. Avec une bonne planification, on pourra atteindre les objectifs fixés. Nous sommes parvenus à la conclusion que les pays en voie de développement devraient faire porter l'essentiel de leurs efforts sur la planification des effectifs. Il semble bien en effet que ce soit le facteur décisif de réussite pour tout plan d'action dans le domaine sanitaire, lequel, nous le savons tous, est une industrie de services. Monsieur le Président, j'aimerais suggérer que l'OMS cherche par tous les moyens à encourager les investissements dans les programmes d'action sanitaire. Cela suppose que nous préparions des projets qui soient économiquement sains et se prêtent par conséquent aux investissements. Les projets pourraient être financés au moyen de prêts à faible intérêt consentis aux pays sur une base bilatérale, mais par l'intermédiaire de l'Organisation. De nombreux pays en voie de développement manquant de ressources locales pourraient ainsi obtenir le financement de leurs projets. J'espère très sincèrement que le Directeur général explorera la possibilité de recourir à cette méthode pour fournir des fonds supplémentaires aux pays en voie de développement qui en ont besoin. Monsieur le Président, le Gouvernement du Koweït a déjà apporté sa contribution au projet de lutte contre l'onchocercose exécuté en Afrique occidentale, pour lequel il a fait parvenir un don par l'intermédiaire de la Banque mondiale. Nous sommes convaincus en effet que des projets comme celui -ci présentent un intérêt économique considérable pour les populations concernées, et nous espérons que d'autres projets du même ordre pourront être élaborés et planifiés avec la coopération internationale. Monsieur le Président, je suis sûr que tous ceux d'entre nous qui sont ici présents connaissent maintenant les grandes souffrances qu'infligent aux Palestiniens les occupants barbares de la Palestine. Les raids effectués sur les établissements et les villages paisibles du Liban, les milliers d'arrestations et le harcèlement quotidien de citoyens paisibles dans les territoires occupés ne sont qu'un mince reflet de ces actes barbares qui compromettent gravement la santé des populations. Je demande donc à l'Organisation de renforcer sa coopération avec l'Organisation de Libération de la Palestine pour alléger les souffrances des populations innocentes de la Palestine et je tiens à cette occasion à souhaiter la bienvenue à l'Organisation de Libération de la Palestine qui participe à l'Assemblée en qualité d'observateur.

1 Le texte qui suit a été communiqué par la délégation du Koweït pour insertion dans le compte rendu, conformément à la résolution WNA20.2.

280

VINGT- HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

Monsieur le Président, puis -je également à cette occasion souhaiter la bienvenue aux nouveaux Membres de l'Organisation mondiale de la Santé, à savoir le Royaume des Tonga, le Mozambique et la République démocratique du Viet -Nam. Il est certain qu'en admettant de nouveaux Membres et de nouveaux observateurs, nous donnons à notre organisation un caractère plus universel. Je leur adresse au nom de toute ma délégation mes souhaits de bienvenue les plus sincères.

Je ne saurais laisser passer cette occasion sans remercier notre Directeur régional dont les efforts et la persévérance ont fortement contribué à la promotion du bien -être de toute la population de notre Région. Pour conclure, j'exprime l'espoir que la Vingt- Huitième Assemblée mondiale de la Santé constituera une nouvelle étape vers le renforcement des relations entre tous les pays du monde et je vous souhaite à tous beaucoup de succès. Le PRESIDENT Je remercie vivement le délégué du Koweit pour cette manifestation de sympathie à l'égard de l'Assemblée. Le prochain délégué inscrit, celui du Souaziland, m'a fait savoir qu'il avait également l'intention de remettre le texte de son exposé au lieu de prendre :

la parole.

Le Dr DLANINI (Souaziland) (traduction de l'anglais)1 La délégation du Souaziland félicite à son tour tous ceux qui ont été élus au bureau de la présente Assemblée; elle est convaincue que cette confiance est bien placée. Je tiens à profiter de cette occasion pour souhaiter la bienvenue au Botswana, au Mozambique, aux Tonga et à la République démocratique du Viet -Nam qui sont devenus Membres de :

l'OMS.

Depuis que nous nous sommes réunis en mai dernier, il s'est produit d'importants événements internationaux qui ont eu des répercussions sur l'évolution des services de santé, notamment dans les pays en voie de développement; la situation monétaire n'est pas le moindre de ces événements, et ses effets sont considérables. Diverses conférences internationales - Conférence mondiale de l'Alimentation, Conférence mondiale de la Population, etc. - ont souligné la nécessité de renforcer la coordination, non seulement entre les organisations internationales, mais aussi aux niveaux national, régional, et même local. Les événements que nous considérons aujourd'hui comme tragiques - ce qu'ils sont d'ailleurs - ont eu l'effet d'un traitement de choc et amené une prise de conscience de certains problèmes qui avaient trop longtemps été laissés de côté comme non prioritaires. Les jeunes et les femmes devraient jouer un rôle plus important dans le développement socio- économique.

Au Souaziland, le Ministère de la Santé vient d'établir les grandes lignes de son plan sanitaire; ce faisant, il a tenu compte des tendances récentes et des nouvelles méthodes de distribution des soins médico- sanitaires dans les secteurs ruraux, qui mettent davantage l'accent sur la prévention et sur l'intégration. La stratégie de la prestation de soins primaires dans les régions rurales prévoit une participation plus grande de la collectivité, les promoteurs de la santé étant choisis dans les collectivités mêmes. Nous sommes particulièrement satisfaits des progrès réalisés dans nos programmes de santé maternelle et infantile et de planification familiale. Le fait que le chef de l'Etat, le Roi Sobhuza II, ait publiquement sanctionné la politique de planification familiale - sujet considéré jusqu'alors comme particulièrement délicat - constitue pour nous un nouvel encouragement. Nous continuons cependant de mettre l'accent sur l'espacement des naissances motivé par des raisons de santé et sur les avantages résultant de cette régulation. En ce qui concerne la nutrition, le Conseil de la Nutrition du Souaziland, avec l'aide de la FAO, du Programme alimentaire mondial et des Ministères de l'Agriculture et de l'Education, continue à rechercher des moyens permettant de faire mieux comprendre la nécessité d'intéresser très tôt les jeunes et les écoliers à l'agriculture, d'améliorer la productivité agricole, et d'explorer les possibilités de production locale de sources de protéines acceptables. Dans le domaine des maladies transmissibles, aucun problème majeur ne s'est posé. On a demandé à l'OMS d'envoyer deux experts du paludisme chargés d'évaluer le programme de surveillance et de donner des avis, l'un pour identifier le vecteur du paludisme au Souaziland, l'autre pour fournir des conseils sur le programme de pulvérisation. La schistosomiase demeure un fléau et l'on espère que le projet d'amélioration des approvisionnements en eau ruraux permettra de remédier à la situation. Les maladies transmises par voie sexuelle commencent à poser un problème important comme dans les autres pays, et nous espérons que des discussions fructueuses pourront s'engager sur ce sujet. La rougeole demeure une redoutable maladie infantile et la situation est encore aggravée par le coût du vaccin. La panique récemment suscitée en Afrique du Sud voisine par la maladie de Marburg et au Nigéria par la fièvre de Lassa nous a amenés à constater que nous manquions de toute préparation dans le domaine des maladies à virus et devions prêter davantage d'attention aux recherches virologiques sur le continent africain. Le texte qui suit a été communiqué par la délégation du Souaziland pour insertion dans le compte rendu, conformément à la résolution WHA20.2. 1

ONZIEME SEANCE PLENIERE

281

Nos services de santé ont reçu une aide de différents pays et organisations trop nombreux pour être cités; nous tenons à les en remercier ici. Le PRESIDENT Nous en arrivons maintenant à l'observateur de l'Organisation de Libération de la Palestine, à qui je donne la parole. :

Le Dr TOUBASI (Observateur de l'Organisation de Libération de la Palestine) (interprétation de l'arabe) Monsieur le Président, Monsieur le Directeur général, honorables délégués, Mesdames, Messieurs, je profite de cette occasion pour féliciter le Président, les Vice Présidents et les Présidents des commissions du témoignage de confiance que constitue leur élection. Monsieur le Président, le fait que, pour la première fois, l'Organisation de Libération de la Palestine participe à l'Assemblée mondiale de la Santé représente un nouveau progrès, qui vient s'ajouter aux autres victoires qu'elle a déjà remportées sur le plan international. L'Organisation de Libération de la Palestine considère que l'invitation qui lui a été adressée par l'OMS, conformément à la résolution WHA27.37 adoptée par la Vingt- Septième Assemblée mondiale de la Santé, est un événement historique qui vient corriger certaines des erreurs dont a été victime le peuple palestinien, absent de toutes les réunions internationales depuis 1948. La décision prise par l'Assemblée générale des Nations Unies dans les résolutions 3237 (XXIX) et 3236 (XXIX) et la décision de l'Assemblée de votre honorable organisation de nous inviter à participer à cette réunion en qualité d'observateur nous impose une lourde responsabilité à l'égard du peuple palestinien dans tous les domaines, mais surtout dans celui de la santé et des services sociaux. Ici nous voudrions tout spécialement remercier votre honorable Bureau qui nous a invités à participer à l'Assemblée en qualité d'observateur. Monsieur le Président, nous avons le plus grand respect pour cette importante organisation internationale, qui s'emploie par tous les moyens à élever le niveau de santé des peuples du monde, à combattre les maladies, et à surmonter et alléger les maladies physiques et mentales qui accompagnent des conditions de vie déplorables. Nous espérons qu'une collaboration étroite, efficace et fructueuse s'instaurera entre l'OMS et l'Organisation de Libération de la Palestine afin d'améliorer et d'élever le niveau de santé de notre peuple. Nous espérons en outre collaborer avec les Etats Membres et les mouvements de libération nationaux qui sont présents à cette assemblée en vue d'améliorer les conditions sanitaires des peuples du monde. La délégation de l'Organisation de Libération de la Palestine félicite à cette occasion la République démocratique du Viet -Nam, le Mozambique et les Tonga qui ont été admis en qualité de Membres de l'OMS; elle félicite aussi le peuple du Sud Viet -Nam de sa victoire et les délégués du Gouvernement révolutionnaire provisoire qui le représentent à cette honorable assemblée. Nous espérons d'autre part que la Corée sera réunifiée par des moyens pacifiques sans ingérence d'aucune puissance étrangère. Monsieur le Président, notre délégation remercie le Directeur général des efforts considérables qu'il déploie et dont témoigne le Rapport présenté à l'Assemblée. L'aide matérielle et les avis techniques et scientifiques fournis par l'OMS aux Etats et aux peuples du monde, en particulier du tiers monde dont nous faisons partie, sont un élément essentiel de la lutte contre les maladies, notamment des maladies contagieuses. Nous espérons que l'Organisation accroîtra son assistance afin de parvenir à son but qui est d'élever le niveau de santé des peuples du monde. Monsieur le Président, nous avons noté avec intérêt la partie du Rapport qui a trait à l'aide apportée par l'Organisation mondiale de la Santé à l'UNRWA, dont le montant s'est élevé, comme il est indiqué, à environ US $193 000. Nous estimons que cette somme est bien faible pour aider les réfugiés du peuple palestinien. Notre peuple palestinien, qui compte maintenant plus de 3 millions de personnes, vit dans des conditions physiques, mentales et matérielles déplorables. La situation est la suivante Une partie des Palestiniens ont été contraints d'abandonner leurs terres et leurs maisons en 1948; ils sont environ 1 million dont la plupart vivent dans des camps éparpillés dans tous les pays arabes voisins. Ce sont les réfugiés. D'autres Palestiniens, au nombre de 400 000, sont restés sur leurs terres. Au cours de la guerre de 1967, 300 000 Palestiniens ont été contraints de quitter leur pays; ce sont les personnes déplacées, dont la plupart vivent également dans des camps. Il y a maintenant 1 million et demi de personnes qui vivent sous régime d'occupation en Palestine. De plus, les autorités d'occupation ont expulsé et déporté par la force plus de 1500 personnes qui ont da abandonner leur terre, leur pays et leur famille. Certains de ces déportés sont des médecins qui, comme moi -même, exerçaient leur profession dans leur pays. Depuis leur expulsion, la population est donc privée de leurs services. Toutes ces catégories de Palestiniens vivent dans de mauvaises conditions sanitaires, mentales et matérielles. Pour ceux qui sont installés dans des camps - réfugiés ou personnes déplacées - nous notons que l'UNRWA réduit chaque année ses services, y compris ses services sanitaires et médicaux. L'état sanitaire des Palestiniens sous occupation ne peut être que mauvais; en effet, au bout de huit années d'occupation, malgré l'accroissement de la population durant cette période et les progrès technologiques et scientifiques de la médecine, le niveau de santé de la population et les services médico- sanitaires qui lui sont assurés n'ont pas progressé en proportion à cause des obstacles interposés par les forces d'occupation. : :

282

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

Le fait que le comité tripartite ne puisse opérer de contrâle et assumer sa tache dans les territoires occupés prouve que les autorités d'occupation craignent que ce comité ne puisse constater combien est mauvaise, contrairement à ce qu'elles affirment, la situation sanitaire du peuple palestinien sous régime d'occupation. En outre, le fait que ce comité soit empaché de visiter les territoires occupés constitue un défi pour votre organisation, et témoigne d'un manque de considération à l'égard de la collectivité mondiale. L'Organisation de Libération de la Palestine assume de lourdes responsabilités à l'égard du peuple palestinien par l'intermédiaire de ses institutions médicales et sanitaires, notamment du Croissant -Rouge palestinien. Elle a créé des h8pitaux, des dispensaires et des services de santé dans les régions où vivent les Palestiniens. Par l'intermédiaire de ces institutions, elle assure tous les services sanitaires, médicaux et sociaux qu'elle peut dispenser compte tenu de ses possibilités financières. Ces institutions doivent en outre secourir les victimes des agressions sionistes répétées contre les localités palestiniennes civiles, en particulier les camps, et donner des soins aux combattants palestiniens. Monsieur le Président, il est clair d'après ce que j'ai dit que l'Organisation de Libération de la Palestine a de multiples responsabilités à l'égard du peuple palestinien. C'est l'origine des lourdes charges qu'elle ne peut supporter faute de moyens financiers. Nous faisons appel aux organisations internationales pour qu'elles nous épaulent et nous aident à assumer ces responsabilités. C'est pourquoi nous demandons instamment à votre organisation humanitaire, qui a été créée pour aider l'humanité dans la maladie et dans la peine, d'accorder une aide financière et des avis techniques à l'Organisation de Libération de la Palestine pour l'aider à assumer ses responsabilités médicales et sanitaires. Monsieur le Président, puisque le but de l'Organisation mondiale de la Santé est d'aider les peuples du monde, et parmi eux les peuples qui sont victimes de l'occupation et de la discrimination, l'Organisation de Libération de la Palestine exprime le voeu que ses relations avec l'OMS soient fructueuses et efficaces et aident le peuple palestinien à redresser une situation précaire et à élever le niveau sanitaire et social. Le PRESIDENT Je remercie l'observateur de l'Organisation de Libération de la Palestine et je signale à l'Assemblée que l'observateur du Mouvement de Libération de Sáo Tomé et Principe a demandé l'insertion dans le compte rendu de la présente séance du texte de son intervention. :

Le Dr DIAS DA GRAÇA (observateur du Mouvement de Libération de Sáo Tomé et Principe)1 Monsieur le Président, honorables délégués, Mesdames, Messieurs, la longue et difficile lutte menée par le peuple des îles de Sáo Tomé et Principe contre le colonialisme portugais pour recouvrer la liberté et la dignité humaine est beaucoup moins connue que celle menée par les autres pays africains colonisés par le Portugal (l'Angola, le Mozambique, la Guinée -Bissau et le Cap- Vert). Cela pour deux raisons principales la première est en rapport avec les dimensions géo- démographiques réduites de notre archipel; la seconde est relative à l'absence de lutte . :

armée.

En effet, nous sommes un minuscule pays constitué par deux îles avec une superficie totale de 1000 km2 et une population de 80 000 habitants, et nous n'avons pas pu déclencher une lutte armée étant donné les conditions géographiques. Ces faits expliquent la faible résonance de notre lutte de libération auprès de l'opinion internationale. Notre peuple, au cours de cinq siècles de domination coloniale, a toujours lutté avec courage et abnégation contre l'oppression et l'exploitation auxquelles il était soumis, et notre histoire en fait preuve, jalonnée qu'elle est de moments hérotques de combat contre les forces colonialistes. En 1960 a été fondé le CLSTP (Comité de Libération de Sáo Tomé et Principe) devenu par la suite le MLSTP (Mouvement de Libération de Sáo Tomé et Principe), qui traduisait l'aspiration profonde de notre peuple à conquérir son indépendance nationale pour la construction d'une société libre, juste et prospère. Malgré la féroce répression de la police politique portugaise, le MLSTP a pu implanter des réseaux clandestins à l'intérieur du pays afin de mobiliser et politiser les masses populaires, en même temps qu'une intense activité diplomatique et politique était déployée à l'extérieur, à partir de notre siège à Libreville (Gabon). Notre mouvement a été reconnu dès 1962 comme le seul représentant du peuple de Sáo Tomé et Principe. Pendant ces longues années de lutte pour la libération de notre pays, nous avons bénéficié d'une aide importante, dans tous les domaines, de la République gabonaise. Nous manifestons une fois de plus notre reconnaissance au peuple et au Gouvernement de ce pays frère.

Après le coup d'Etat révolutionnaire du 25 avril 1974 au Portugal, notre peuple a pu finalement démontrer publiquement son adhésion massive au MLSTP, organisant de grandioses manifestations à Sáo Tomé et Principe. Les autorités portugaises ayant reconnu notre mouvement comme le seul et légitime représentant du peuple de Sáo Tomé et Principe, nous avons signé avec elles l'accord d'Alger qui prévoit notre indépendance totale le 12 juillet prochain. Depuis le 1

Le texte qui suit a été communiqué par l'observateur du Mouvement de Libération de Sáo Tomé et Principe pour insertion dans le compte rendu, conformément à la résolution WHA20.2.

ONZIEME SEANCE PLENIERE

283

21 décembre, nous avons un gouvernement de ttansition qui a des problèmes épineux à résoudre, étant donné le lourd héritage colonial qui pèse sur tous les secteurs de la vie nationale. Avec le soutien moral et matériel du nouveau Portugal démocratique, qui s'est engagé dans un processus de décolonisation exemplaire, nous essayons de surmonter les difficultés qui se présentent dans cette phase de reconstruction nationale. Nous comptons aussi sur l'appui de plusieurs pays amis, comme le Gabon, la Roumanie, la Chine, l'Algérie, pour parler seulement de ceux qui ont déjà concrétisé dans les faits leurs promesses, et nous espérons beaucoup de notre coopération avec les différents organismes des Nations Unies. Des délégations du PNUD, de la FAO, du PAM, du FISE et de l'OMS ont déjà visité notre pays. Tels sont, Monsieur le Président, honorables délégués, Mesdames, Messieurs, les très rapides et incomplets renseignements que je voulais vous livrer sur Sâo Tomé et Principe et le MLSTP, avant de vous parler de la situation sanitaire dans le pays. En ce qui concerne la santé de nos populations, nous faisons face à une situation assez préoccupante. La mortalité infantile en est un reflet fidèle puisqu'elle se situe autour de 80 pour 1000. Nous pensons que, pour redresser cette situation, il faudra mettre l'accent sur la médecine préventive et l'éducation sanitaire. Sans cela, nous sommes convaincus que nous ne pourrons jamais changer en profondeur l'état sanitaire de nos populations. Nous considérons comme essentiel que, dans nos actions à développer dans le domaine de la santé publique, nous fassions en sorte que la population soit motivée, sensibilisée, concernée par cette bataille contre la maladie. Sans cette approche intégrée, les services de santé publique ne seront pas en mesure de mener avec succès leur tâche complexe et exaltante. Je ne ferai pas ici un exposé statistique exhaustif de notre situation sanitaire. En effet, un document d'information sur les services de santé de Sao Tomé et Principe, qui sera distribué aux délégations, expose d'une façon très complète la situation sanitaire actuelle à Sao Tomé et Principe. J'aimerais seulement citer les quelques problèmes les plus importants qui se posent à nous en ce moment et qui, par leur incidence sur la santé publique, exigent des mesures énergiques et rapides. Il faut parler en premier lieu du paludisme. L'endémie palustre constitue un problème prioritaire. Nous menons actuellement une campagne de distribution d'antipaludiques à toute la population dans toute l'étendue de nos deux îles. L'évaluation de l'action antipalustre déjà entreprise a été demandée à l'OMS et nous attendons incessamment l'arrivée d'une mission consultative pour étudier les méthodes à utiliser pour l'éradication du paludisme de notre archipel. Le groupe des maladies transmises par l'eau est aussi important (gastro- entérites, hépatites, dysenteries, parasitoses intestinales). La situation est catastrophique en ce qui concerne le contrôle des excreta (voir le document d'information et les chiffres afférents à cet aspect). La réalisation urgente programme de latrines est la façon la plus pratique de lutter contre le péril fécal. Un autre problème préoccupant est celui de la mortalité infantile. Nous devrons trouver les moyens d'améliorer l'organisation des services de protection maternelle et infantile. Nous devrons aussi intensifier nos campagnes de vaccination, notamment contre la rougeole. Dans ce sens, nous avons fait déjà une démarche auprès de l'OCEAC. Au -delà de ces problèmes urgents à résoudre, avec l'aide de l'OMS (organisation en laquelle nous plaçons beaucoup de confiance et d'espoir) et des pays amis, nous avons à nous pencher sur des réformes de structures. En effet, nous avons hérité de structures sanitaires conçues dans une optique colonialiste et qui n'assurent donc pas convenablement le droit des populations à une assistance médicale correcte. L'angoissante pénurie de personnel médical dont souffrent nous avons 13 médecins, presque tous les pays africains ne nous affecte pas pour le moment soit un médecin pour 6000 habitants. Mais le problème se posera bientôt, étant donné que la presque totalité de ces médecins sont des militaires portugais qui doivent, en principe, quitter notre pays au moment de l'indépendance. Nous essayons en ce moment de réorganiser nos services et de réviser nos méthodes de travail pour obtenir plus d'efficacité dans notre action. Il faudra abandonner le concept de la médecine individuelle curative comme moyen prioritaire d'action sanitaire. Prévenir et éduquer, en faisant participer activement les populations à la défense de leur propre santé, voilà la voie principale que nous devons suivre. :

Le PRESIDENT

:

Je donne maintenant la parole à l'observateur du Saint -Siège. :

Monsieur le Président, il est à peine besoin de Mgr LUONI (observateur du Saint -Siège) redire à cette tribune l'intérêt que porte le Saint -Siège aux activités de l'Organisation mondiale de la Santé qui se trouve assumer un des services les plus fondamentaux rendus à l'humanité dans sa lutte contre la maladie, l'ignorance et la misère. Aussi les rapports de l'Organisation et les documents de ses diverses sessions font -ils l'objet d'un examen attentif et a priori sympathique de notre part. Un examen approfondi du très riche Rapport du Directeur général serait certainement plus complet mais, en prenant la parole dans le cadre du débat général, l'observateur du Saint -Siège se limitera par manque de temps, avec la déférence mais aussi avec la franchise qui vous sont dues, à des réflexions à propos du chapitre traitant de la famille. Un sujet pour lequel notre intérêt est constant, mais qui nous semble revêtir une signification particulière en cette Année internationale de

284

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

la Femme et au lendemain de la Conférence mondiale de la Population à Bucarest où il a été au centre des travaux d'une commission spéciale et de débats au sein du groupe de travail chargé d'élaborer le plan d'action mondial. C'est donc avec plaisir que la délégation du Saint -Siège félicite le Dr Mahler pour l'importance donnée au sujet de la santé de la famille, importance soulignée par toute la place qui lui est consacrée dans le Rapport annuel. Encore que certains aujourd'hui le contestent, la famille reste bien en effet, selon l'excellente définition de la Déclaration universelle des Droits de l'Homme (article 16) "l'élément naturel et fondamental de la société" qui "a droit à la protection de la société et de l'Etat ". L'importance de la santé de la famille n'a pas besoin d'être soulignée; la santé de chacun y est affaire de tous et parmi les besoins essentiels figure celui d'un recours compétent et expérimenté pour faire face aux problèmes posés par l'évolution physique et psychique des membres de la famille, les accidents qui peuvent les frapper, les maladie plus ou moins graves auxquelles ils sont exposés. Se référant à l'idée que se fait présentement l'OMS de son rôle, le Directeur sénéral écrit dans son Introduction "elle s'efforce aujourd'hui de traduire ce principe /définissant la santé dans sa Constitution/ dans les faits, recherchant les moyens d'assurer entre l'homme et son environnement un équilibre durable, qui le rendrait sans doute moins vulnérable à la maladie et lui permettrait de mener une existence plus productive et plus attrayante" (page X). Encore - et cela soit dit avec tout respect - que les termes de "productivité" et d' "attrait" nous paraissent fort en -deçà de la définition d'une authentique "qualité de la vie ", nous nous rangeons sans conteste à l'idée d'assurer un équilibre durable entre l'homme et son environnement. Nous sommes heureux de lire dans ce sens, au chapitre sur la santé de la famille du Rapport du Dr Mahler, que "l'Organisation s'emploie notamment à chercher et à promouvoir de nouvelles voies pour l'éducation sanitaire des mères, des enfants et de la jeunesse, en particulier aux fins de leur protection contre les facteurs nocifs de la vie moderne" (2.63). Le contexte d'où cette phrase est tirée montre que très justement on ne se borne pas à envisager ici les seuls facteurs physiques et biologiques. Il nous paraît également que, dans cette perspective, le souci de la santé de la famille, une des victimes principales des agressions du milieu contemporain, tiendrait une place primordiale. L'approche de la Conférence sur l'Habitat, à laquelle l'OMS compte apporter la contribution qui lui revient de par ses fonctions, nous rend attentifs à un des problèmes d'environnement capital pour la famille et dans lequel les aspects sanitaires sont fondamentaux. L'exercice par la famille de ses libertés fondamentales n'est -il pas souvent entravé du fait des conditions d'habitat qui lui sont imposées par la culture ambiante, les systèmes économiques contemporains, ou parfois aussi par l'autorité politique elle -même ? Pour en venir aux secteurs spécifiquement touchés par le chapitre du Rapport relatif à la santé de la famille, c'est bien l'approche interdisciplinaire préconisée qui est la plus prometteuse pour donner à la famille les garanties qu'elle est en droit d'attendre de la part de la médecine et des sciences auxiliaires. A la lumière des travaux de la récente Conférence mondiale de l'Alimentation à Rome, il convient de souligner le rôle capital des problèmes d'alimentation et de nutrition et, en conséquence, d'éducation des ménages et notamment des épouses et des mères. Nous rappelons ici que de nombreuses voix se sont élevées à Rome pour indiquer qu'une amélioration et une révision énergique des pratiques en la matière ne concernaient pas seulement les pays en voie de développement, mais étaient à envisager avec l'urgence la plus grande dans les pays où règnent des civilisations d'abondance ou de consommation. C'est un domaine sur lequel l'OMS se doit d'élaborer et de diffuser des indications claires et convaincantes car les habitudes contractées, renforcées par tout un complexe de facteurs, économiques et sociaux, ne seront pas aisées à transformer. A propos des services de santé maternelle et infantile, l'Introduction au Rapport dit excellemment que "leur mission consiste avant tout à assurer la santé de la femme enceinte, le déroulement satisfaisant de l'accouchement et la protection sanitaire du nouveau -né et du jeune enfant" (page XIII). Mais, d'après l'Introduction, les services ayant pour but d "'aider les parents à fixer l'espacement des naissances et la taille de la famille" (page XIII) se situent à un niveau beaucoup moins important. Aussi n'y a -t -il pas un certain déséquilibre résultant, dans le chapitre sur la santé de la famille, du fait que la prépondérance y est manifestement donnée aux problèmes de la planification familiale ? Sans mettre en question l'importance des aspects sanitaires de la régulation des naissances, une organisation médicale mondiale ne saurait lui consacrer dans son programme pour la santé de la famille une place telle qu'elle en vienne à prendre le pas dans nous ne croyons pas que c'est mal interpréter ce ses préoccupations sur les autres sujets chapitre que de parler ainsi. La lecture de tout son texte montre la fréquence avec laquelle y revient, à des titres divers, la planification familiale, outre les nombreux paragraphes qui lui sont expressément consacrés. Le sujet prend ainsi un relief et une situation à part qui ne s'accordent guère avec l'un des points les plus incontestablement acquis à Bucarest, à savoir que la régulation des naissances, plutôt que d'être poursuivie comme une fin en elle -même, doit s'opérer dans le respect des droits de l'individu et de la famille, comme le fruit d'une poursuite globale d'un développement intégral et d'un équilibre pleinement humain. :

:

ONZIEME SEANCE PLENIERE

285

A cet égard, il est regrettable que la recherche de l'OMS dans le domaine de la reproduction humaine semble être orientée presque exclusivement vers la technologie médicale et pas assez dans le sens de la dignité et de la responsabilité humaines, dans le respect des principes et des valeurs morales. Etant donné que, surtout dans les pays en voie de développement, les programmes se déroulent souvent dans des communautés qui n'ont pas encore achevé leur lutte contre l'analphabétisme, les recherches devraient en tenir compte et se consacrer davantage à l'éducation sanitaire et aux aspects psychologiques et culturels de la régulation des naissances. Il faut s'assurer en effet que les couples comprennent bien les répercussions et les incidences des interventions qu'ils sont amenés à accepter. Surtout, c'est avec le plus grand souci que l'on constate la radicalisation toujours plus grande dans le recours à des méthodes de limitation des naissances dont la valeur morale est de plus en plus contestable. Autrefois, on établissait au moins une certaine graduation entre contraceptifs, stérilisation et avortement. Aujourd'hui, on voit, aux paragraphes 2.103 et 2.104 du Rapport, la stérilisation classée sans plus parmi les méthodes de contraception et, au paragraphe 2.113, un processus qui est un avortement - l'interruption de la grossesse pourrait intervenir au cours du deuxième trimestre - enregistré au milieu d'une série de méthodes de régulation de la fécondité. Ceci préoccupe d'autant plus lorsqu'on sait le montant important des fonds destinés aux recherches sur les processus d'avortement. A plusieurs reprises déjà, notre délégation a souligné à cette tribune la grave infraction à l'éthique humaine et médicale que constitue le recours à l'avortement. Elle rejette également, on le sait, la stérilisation et toutes méthodes non naturelles de régulation des naissances. A ce propos, la délégation du Saint -Siège ne peut pas cacher un certain étonnement devant la façon hâtive avec laquelle le paragraphe 2.117 affirme qu'en matière de régulation naturelle, "peu de progrès ont été réalisés et peu d'idées pratiques se sont fait jour ". Selon les avis de nos experts et nos informations, une vue aussi négative est loin d'être justifiée par les faits.

Mais plus grand encore est l'étonnement de la délégation du Saint -Siège devant l'indifférence presque totale que comportent les activités décrites dans le Rapport en ce qui concerne les facteurs éthiques engagés. Pourtant, il serait normal que l'Organisation mondiale de la Santé promeuve une observation de la déontologie médicale qui fournisse la garantie de toute activité sanitaire et qui constitue son honneur. A ce propos, qu'il me soit permis, Monsieur le Président, de vous dire combien la délégation du Saint -Siège a été heureuse d'entendre votre allocution si élevée sur la noble tâche du médecin. Monsieur le Président, nous sommes arrivés à un moment de l'histoire où beaucoup mettent volontiers en question la doctrine reçue par les meilleurs esprits de l'humanité et de la profession médicale sur le respect de la vie et de ses lois. Le Saint -Siège doit à l'estime qu'il porte à l'OMS le souci instant de la voir en ce domaine à l'avant -garde de la défense de valeurs fondamentales dont une certaine recherche purement technologique, souvent, ne tient pas suffisamment compte. Merci, Monsieur l'observateur permanent du Saint -Siège. Le PRESIDENT La liste des orateurs étant épuisée, la discussion générale sur les points 1.10 et 1.11 se trouve terminée et je voudrais demander d'abord au Dr Taylor, représentant le Conseil exécutif, de bien vouloir monter à la tribune pour présenter ses commentaires. :

Monsieur le Le Dr TAYLOR (représentant du Conseil exécutif) (traduction de l'anglais) Président, Mesdames, Messieurs, je n'ai pas d'autres observations, et tiens seulement à vous remercier de l'accueil que vous avez réservé au rapport du Conseil exécutif. Beaucoup d'idées constructives et de suggestions sont sorties de vos débats et aideront, j'en suis persuadé, le Conseil exécutif dans ses prochaines délibérations. :

Merci, Docteur Taylor, pour cette conclusion lapidaire. Je donne maintenant Le PRESIDENT la parole au Directeur général. :

Le DIRECTEUR GENERAL (traduction de l'anglais) Monsieur le Président, honorables délégués, les activités que j'ai mentionnées dans le Rapport de 1974 sont pour une part considérable celles de travailleurs nationaux dans le monde entier; les remerciements que vous avez pu formuler au cours de ces débats doivent donc aller, d'abord et avant tout, à ces travailleurs. Ensuite, et cela est heureux, les activités de l'Organisation dépassent de très loin celles de son Directeur général; aussi les paroles encourageantes et les critiques constructives que vous avez exprimées iront à tous ceux qui travaillent avec dévouement sur le terrain, dans les bureaux régionaux et au Siège. Quant à moi, Monsieur le Président, j'ai une conscience aiguë des ambitions que mes collègues et moi -même aimerions insuffler à votre organisation dans l'avenir. Bien des gens dans l'Organisation et en dehors m'ont dit "ce sont les illusions des rêves et du désir ". J'aimerais répondre en demandant, comme le faisaitAnatoleFrance face à de semblables attaques, ce qui crée la vie, sinon le désir. Quoi qu'il en soit, je pense personnellement qu'on ne peut éluder le changement et j'aimerais me rallier à l'attitude de Luis Echeverria qui disait "les problèmes auxquels l'homme se trouvera confronté dans les : : :

286

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

prochaines décennies sont tels que tous les efforts échoueront si l'on ne prend pas la décision catégorique de changer et de réorganiser la société contemporaine, de la réorganiser sur d'autres bases, à partir d'autres convictions morales, matérielles et collectives qui seront contraignantes et respectées internationalement ... Il s'agit d'une entreprise philosophique, d'une aventure de l'imagination ". Je pense que votre organisation a une contribution à apporter à cette imagination sociale dans l'avenir. J'aimerais personnellement ajouter aux paroles de ce grand homme d'Etat du monde en voie de développement une pensée de Goethe, qui disait "au sommes -nous prêts commencement était l'action ". Ma dernière question à l'Assemblée sera donc à ce commencement ? Merci, Monsieur le Président. :

:

Je remercie le Dr Mahler qui, comme d'habitude, nous montre quel souci il Le PRESIDENT a des travaux de cette assemblée. Après avoir entendu les déclarations des délégués, et les observations du représentant du Conseil exécutif et du Directeur général, nous sommes maintenant en mesure d'exprimer au nom de l'Assemblée une opinion sur le Rapport du Directeur général concernant l'activité de l'Organisation en 1974. D'après les remarques qui ont été faites et les témoignages d'appréciation qui ont été donnés par les délégués, je crois qu'il est possible de conclure que l'Assemblée désire exprimer sa satisfaction de la manière dont le programme pour 1974 a été conçu et exécuté. Je voudrais donc suggérer à l'Assemblée d'adopter un projet de résolution dont je vais me permettre de donner lecture : :

La Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé, Ayant examiné le Rapport du Directeur général sur l'activité de l'Organisation mondiale de la Santé en 1974, PREND ACTE avec satisfaction de la manière dont le programme de 1974 a été élaboré et 1. exécuté, conformément aux principes établis par l'Organisation; et FELICITE le Directeur général de l'oeuvre accomplie. 2. 1

Y a -t -il des observations ? Je n'en vois pas; cette résolution est donc adoptée. Après avoir adopté cette résolution qui, j'en suis star, constitue de votre part les remerciements de cette assemblée au Directeur général, nous pouvons passer au point suivant, et je voudrais au préalable remercier encore le Dr Taylor et tous les membres du Conseil exécutif qui ont travaillé très durement pour préparer les rapports du Conseil. Je voudrais également vous dire qu'il reste à examiner la partie du rapport du Conseil exécutif qui traite du projet de budget programme pour 1976 -1977 (exercice 1976), c'est -à -dire les Actes officiels N° 223 (Conseil exécutif, cinquante- cinquième session, partie II). J'attire votre attention sur le fait que, lorsque les commissions principales auront achevé la discussion sur ce point, je proposerai, en fin de session, l'adoption d'une résolution appropriée par laquelle l'Assemblée prendra acte des rapports du Conseil exécutif. Mesdames et Messieurs, ceci clôture la discussion des points 1.10 et 1.11 de notre ordre du jour. Je vous demanderai de bien vouloir rester à vos places. Je vais suspendre la séance pendant quelques minutes pour permettre à nos collègues qui sont à la Commission A de rejoindre cette salle, car nous allons dans quelques instants procéder à la remise de la Médaille et du Prix de la Fondation Dr A. T. Shousha. Je ne doute pas que, compte tenu de l'intérêt que nous portons tous aux lauréats de ce Prix, vous aurez à coeur de rester avec nous dans cette salle pendant quelques minutes encore. Je suspends donc la séance pendant quelques minutes.

La séance est suspendue de 12 heures à 12 h.5. 5.

ATTRIBUTION DE LA MEDAILLE ET DU PRIX DE LA FONDATION DR A. T. SHOUSHA :

Le PRESIDENT Le dernier point inscrit à l'ordre du jour de notre séance de ce matin est le point 1.16 de l'ordre du jour de l'Assemblée. Il s'agit de l'attribution de la Médaille et du Prix de la Fondation Dr Ali Tewfik Shousha. L'Assemblée est saisie du rapport financier sur le Fonds de la Fondation Dr A. T. Shousha (document A28/4) et du rapport du Comité de la Fondation Dr A. T. Shousha (document A28/5). Nous devons donc d'abord prendre acte du rapport financier contenu dans le document A28/4. Je demande à cette assemblée s'il y a des observations. Je n'en vois pas; l'Assemblée prend donc acte de ce rapport.2 Nous allons maintenant examiner le rapport du Comité de la Fondation Dr A. T. Shousha, contenu dans le document A28/5. J'invite le Professeur Tigyi, Président du Comité de la Fondation Dr A. T. Shousha, à présenter ce rapport, et je lui demande de bien vouloir monter à la tribune.

1 Résolution WHA28.20. 2

Voir Actes officiels OMS, N° 226, 1975, annexe 4.

ONZIEME SEANCE PLENIERE

287

Le Professeur TIGYI (Président du Comité de la Fondation Dr A. T. Shousha) (traduction de Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs, voici le rapport du Comité de la Fondation Dr A. T. Shousha Le Comité de la Fondation Dr A. T. Shousha s'est réuni le 23 janvier 1975, conformément aux Statuts de la Fondation, sous la présidence du Professeur J. Tigyi. Le Comité a examiné les réponses à la lettre du 25 septembre 1974 par laquelle le Directeur général invitait les Etats Membres de la zone géographique où le Dr A. T. Shousha a servi l'Organisation mondiale de la Santé, ainsi que les précédents lauréats du Prix de la Fondation, à proposer des candidats; il a aussi étudié la documentation soumise à l'appui des l'anglais) : :

candidatures. Le Comité a décidé de recommander à l'Assemblée mondiale de la Santé d'attribuer le Prix de la Fondation Dr A. T. Shousha de 1975 au Dr R. Roashan.

Merci, Docteur Tigyi. Y a-t-il des observations au sujet du rapport que Le PRESIDENT je présume donc que l'Assemblée prend acte vient de nous lire le Dr Tigyi ? Je n'en vois pas de ce rapport. Je vais demander dès lors au Dr Lambo de bien vouloir nous donner lecture d'un projet de résolution que je vais soumettre à l'approbation de l'Assemblée. : :

Le DIRECTEUR GENERAL ADJOINT (traduction de l'anglais) Prix de la Fondation Dr A. T. Shousha :

:

Attribution de la Médaille et du

La Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé PREND ACTE des rapports du Comité de la Fondation Dr A. T. Shousha; FAIT SIENNE la proposition de ce comité concernant l'attribution de la Médaille et du 2. Prix de la Fondation Dr A. T. Shousha pour 1975; DECERNE la Médaille et le Prix au Dr G. R. Roashan; et 3. REND HOMMAGE au Dr G. R. Roashan pour sa contribution particulièrement marquante à 4. la cause de la santé publique dans la zone géographique où le Dr A. T. Shousha a servi l'Organisation mondiale de la Santé. 1.

Merci, Docteur Lambo. Les délégués ont entendu le projet de résolution.lY Le PRESIDENT a -t -il des observations ? Je n'en vois pas; je déclare donc ce projet de résolution adopté. Je vais demander maintenant à M. Fedele, chef du Protocole, de bien vouloir inviter le Dr Roashan à venir à la tribune. :

Le Dr Roashan prend place à la tribune. Mesdames et Messieurs les délégués, Mesdames et Messieurs, par cette céréLe PRESIDENT monie, nous honorons chaque année la mémoire du Dr Ali Tewfik Shousha, à qui l'on doit d'avoir jeté les fondements de la santé publique dans la Région de la Méditerranée orientale. Bactériologiste, épidémiologiste, médecin reconnu et apprécié au Moyen -Orient, l'Egypte qui lui a donné naissance peut être fière de ce grand médecin. Il a participé à la rédaction de la Constitution de l'OMS. Il fut le premier Président du Conseil exécutif. Il a été le premier Directeur régional pour la Méditerranée orientale. Grâce aux réalisations de ce pionnier, les jeunes chefs de file en santé publique trouvent aujourd'hui, dans les différents pays de la Région, un champ d'action où peuvent s'exprimer leur dynamisme et leur dévouement. Le Dr Rauf Roashan, lauréat de la Médaille et du Prix de la Fondation Dr A. T. Shousha pour 1975, est l'un de ces jeunes chefs de file. Né en 1939 et fait Docteur en médecine de l'Université de Kaboul en 1964, il a déjà, malgré la brièveté de sa carrière, marqué son temps par son oeuvre d'administrateur, de planificateur et d'éducateur dans le secteur de la santé. Il a notamment joué un rôle décisif lorsqu'il s'est agi de donner une nouvelle orientation aux services de santé publique de l'Afghanistan, en faisant une plus grande place à la planification sanitaire et en veillant à l'utilisation judicieuse des ressources locales. Dans le même temps, il prenait une part active à la négociation d'accords entre son pays et les organismes d'assistance internationaux et bilatéraux. Rédacteur en chef - fondateur du Journal afghan de santé publique, le Dr Roashan est aussi premier Président de l'Institut de Santé infantile. Il s'est mis en outre au service de l'Ecole de Santé publique de Kaboul, où il occupe la chaire d'administration de la santé publique et de statistiques sanitaires. Il est également secrétaire d'un conseil à l'échelon le plus élevé le Comité consultatif afghan pour la Santé, ainsi que du Comité de la Santé de la Société : :

afghane du Croissant -Rouge.

En 1967, le Dr Roashan obtenait le titre de Master en santé publique à l'Université Yale, aux Etats -Unis d'Amérique, et, l'année suivante, il participait au séminaire itinérant de l'OMS sur la formation du personnel paramédical en Union soviétique. En 1970, il a suivi le cours de planification sanitaire de l'Institut asiatique des Nations Unies à Bangkok et, en 1971, un cours analogue à l'Université Johns Hopkins.

1 Résolution WHA28.21.

288

VINGT- HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

Le Dr Roashan a représenté son pays lors de nombreuses sessions du Comité régional de l'OMS et il était l'adjoint du chef de la délégation afghane aux quatre dernières Assemblées mondiales de la Santé. C'est pour moi un grand plaisir que de remettre au Dr Rauf Roashan la Médaille et le Prix de la Fondation Dr A. T. Shousha. Le Président remet au Dr Roashan la Médaille et le Prix de la Fondation Dr A. T. Shousha. (Applaudissements) Le Dr ROASHAN (traduction de l'anglais) Monsieur le Président, Monsieur le Directeur général, Messieurs les délégués, chers amis, vous venez de me distinguer en m'attribuant le Prix de la Fondation Dr Shousha. Je vous remercie, ainsi que le Comité de la Fondation, du grand honneur que vous me faites. Cette distinction me remplit de joie et d'émotion. Je considère cet honneur moins comme une récompense pour services rendus que comme une responsabilité qu'il me faut assumer. A la différence des précédents bénéficiaires du Prix, hommes éminents et vétérans pleins de sagesse, je ne peux pas me prévaloir d'une longue carrière. Mais je représente une nouvelle génération de cadres, récemment apparue dans le tiers monde, dont les taches et les aspirations s'inspirent d'un idéal apporter la santé au plus grand nombre. Les hommes de cette nouvelle génération sont légion. Ils sont les fruits des arbres plantés par de grands hommes qui se sont distingués par leur science, leur savoir, leur sens de l'administration et leur vision de l'avenir. Des hommes comme le Dr Ali Tewfik Shousha, dont nous évoquons pieusement chaque année la mémoire à l'occasion de la remise de ce Prix. A la différence de la plupart des précédents lauréats, je n'ai pas eu l'honneur de connaître personnellement le Dr Shousha. I1 est pour moi comme une figure de légende et je ne me sens pas capable d'énumérer toutes les qualités de ce géant. Pourtant, en tant que représentant des générations nouvelles qui animent aujourd'hui les services de santé publique des pays du tiers monde, permettez -moi de vous faire part de certaines réflexions que m'inspire notre idéal commun maintenir la santé, promouvoir la santé, soulager la douleur et les souffrances. De tous les défis auxquels l'humanité doit faire face, il n'en est pas de plus pressant que la maladie. Elle est présente dans la cité et au village, dans les immensités désertiques et au fond de la forêt vierge. La maladie frappe les riches et les pauvres, les jeunes et les vieux, l'homme et la femme. Elle frappe l'ouvrier, le producteur, l'homme politique, l'homme de la rue, l'administrateur, le financier. Elle frappe les nations et les continents. Elle est l'ennemi commun de l'humanité. Et pourtant, à ce jour, les hommes n'ont pas su se liguer pour lui faire de façon efficace une guerre commune. Tout se passe comme si chacun menait seul son propre combat. Ce n'est que récemment qu'on a commencé à prendre des mesures pour dresser des fronts unis contre l'ennemi commun. Il faut que ces fronts soient renforcés, notamment aux endroits où ils sont les plus faibles. Des institutions comme l'Organisation mondiale de la Santé se sont mises à organiser la lutte et à reconnaître les points faibles des divers fronts afin d'y acheminer des renforts. Quelques pays riches ont apporté leur aide pour assurer le succès du combat des pays frères. Mais notre univers est encore loin de l'universalité. A l'intérieur même des nations, les buts et les objectifs sont parfois en conflit. On oppose par exemple les avantages immédiats d'une opération chirurgicale aux bénéfices à long terme d'un projet d'assainissement. C'est dans ce monde troublé que ma génération a grandi. Mes collègues et moi -même avons compris que c'est dans la patience et non pas auprès des patients qu'il faut chercher la réponse à bon nombre des problèmes sociaux auxquels se heurte la santé des collectivités. Aux postes que nous occupons, nous avons été et nous sommes à l'origine des décisions des dirigeants politiques. Et nous souhaitons convaincre ces derniers que l'augmentation de la production passe par la santé de la main -d'oeuvre autant et davantage que par le travail des machines. Le milieu dans lequel nous vivons nous en a appris plus que l'université avec ses méthodes scientifiques et ses expériences de laboratoire. Les déserts, les vallées, les hautes montagnes et les gorges profondes avec leurs habitants et leurs problèmes particuliers, tels ont été nos maîtres. Nous avons vu, de nos yeux, la maladie au sein de la misère, et l'ignorance dans la maladie, toutes confondues. Nous avons compris que les problèmes de santé résultent des situations sociales différentes. Chez nos enfants, les hommes de demain, nous avons constaté les formes de malnutrition les plus tragiques. Et nous avons vu ces visages qui pour d'autres n'existent que dans les manuels. Ayant vu ce que nous avons vu, et avec notre savoir puisé auprès d'autrui, nous y avons regardé à deux fois avant de prendre des décisions. Nous avons appris ainsi qu'avant de vulgariser de nobles idéaux sanitaires, il faut d'abord transformer bien des situations sociales. Peut -être est -ce l'émotion qui m'emporte, mais en tant que citoyen d'un pays qui, il y a deux ans seulement, a connu sa plus grande résurrection sociale, j'ai appris de la bouche du chef de notre Etat révolutionnaire que seul peut servir son peuple celui dans les veines de qui coule l'amour de la patrie et de ses concitoyens. C'est grâce à cette transformation profonde de la vie sociale de notre pays, grâce aux objectifs précis définis dans le domaine de la santé par le chef de notre révolution, grâce à sa confiance dans la coopération internationale que le secteur de la santé a changé de visage dans la République d'Afghanistan. Aujourd'hui, dans notre République, de nombreux Afghans servent dans les secteurs sociaux et économiques. Tous sont dignes de louanges et d'encouragement, et je ne veux être aujourd'hui devant : : :

ONZIEME SEANCE PLENIERE

289

vous que le représentant de cette génération. Si je m'adresse à la plus grande assemblée qui soit dans le domaine de la santé, c'est en tant que médecin et serviteur de la santé publique. Je m'adresse à une assemblée qui est en elle -même une université du savoir et de la science, et aussi le lieu d'un fructueux échange d'idées et d'expérience, une assemblée dont les succès et les échecs dans le secteur de la santé peuvent être et sont effectivement utilisés comme les instruments d'enseignement les plus efficaces. J'ajouterai que j'ai appris beaucoup de cette tribune mondiale, qui a bien plus à offrir que n'importe quelle université. Elle offre en effet l'occasion de mesurer combien sont nécessaires la compréhension, l'amitié et la fraternité, tous éléments essentiels à la réussite de n'importe quel plan ou programme d'action sanitaire. Elle offre les moyens de mieux discerner les problèmes de santé régionaux et mondiaux et de mieux prévoir les solutions à apporter sur le plan mondial aux problèmes de santé qualifiés à tort de "locaux ", car, en cette ère de science et de technologie, aucun problème sanitaire ne saurait être considéré comme local. S'il est vrai que j'ai pu dans une certaine mesure apporter ma contribution dans le domaine des services de santé de mon pays, la faveur que vous me réservez en me faisant le grand honneur de m'attribuer cette distinction et en inscrivant mon nom à côté de ceux qu'a distingués naguère le Prix de la Fondation Dr Shousha est pour moi un nouveau stimulant. Ilme donnera la force de continuer à lutter pour mes convictions. Il me fortifiera dans les heures de difficultés et m'encouragera quand celles -ci s'aplaniront. Pour finir, permettez -moi de vous rappeler ces vers d'Emerson que récitait il y a huit ans au cours d'une cérémonie analogue le Professeur Kamal, premier lauréat du Prix de la Fondation Shousha :

A temps nouveau, il faut des mesures nouvelles et des hommes nouveaux, Le monde est en marche et laisse en arrière les lois que nos pères tenaient pour justes, Après nous, soyons -en sers, des hommes plus sages que nous façonneront un monde plus sage, Plus sage de tout l'épanouissement de la vérité. La vérité est éternelle, mais sans cesse changeante au gré de l'heure, Elle tourne son miroir pour nous donner la promesse de l'avenir et non le reflet du passé. Encore une fois, merci à tous. (Applaudissements) Le PRESIDENT séance est levée. :

Je remercie le Dr Roashan de cette très intéressante communication. La

La séance est levée à 12 h.25.

DOUZIEME SEANCE PLENIERE Mercredi 28 mai 1975, 9 h.30 Président :

Professeur S. HALTER (Belgique)

1.

TROISIEME RAPPORT DE LA COMMISSION DE VERIFICATION DES POUVOIRS :

Le PRESIDENT Mesdames et Messieurs, la séance est ouverte. Le premier point à notre ordre du jour est l'examen du troisième rapport de la Commission de Vérification des Pouvoirs. J'invite le Vice -Président de cette commission, le Dr Harper, à monter à la tribune pour nous donner lecture de ce rapport, qui est contenu comme vous le savez dans le document A28/66. Le Dr HARPER (Guyane), Vice -Président de la Commission de Vérification des Pouvoirs, donne lecture du troisième rapport de la Commission (voir page 694). Le PRESIDENT Je remercie le Dr Harper pour ce rapport et je demande à l'Assemblée s'il y a des observations. Je ne vois pas d'observations le rapport est approuvé. : :

2.

ELECTION DE SIX MEMBRES HABILITES A DESIGNER UNE PERSONNE DEVANT FAIRE PARTIE DU CONSEIL EXECUTIF :

Le PRESIDENT Nous passons maintenant, Mesdames et Messieurs, au point 1.13 de notre ordre du jour - Election de Membres habilités à désigner une personne devant faire partie du Conseil exécutif; il s'agit également du point 1 de l'ordre du jour supplémentaire. Le document A28/62 contient le rapport du Bureau de l'Assembléel où figure la liste des neuf Membres désignés en application des dispositions de l'article 99 du Règlement intérieur de l'Assemblée et de la résolution WHA28.19. En vertu de ces mêmes dispositions, le Bureau a recommandé, parmi les neuf Membres désignés, les noms de six Membres qui, s'ils étaient élus, assureraient - de l'avis du Bureau - à l'ensemble du Conseil exécutif une distribution équilibrée. Je voudrais également attirer votre attention sur le document A28 /Conf.Doc. N° 1 qui contient un projet de résolution présenté par la délégation de l'Indonésie. Ce document a trait à une nouvelle adaptation du nombre des membres du Conseil exécutif, et nous examinerons le projet de résolution tout à l'heure, pendant le décompte des voix de l'élection des Membres habilités à désigner une personne pour siéger au Conseil exécutif. Je voudrais rappeler à cette assemblée que le Bureau s'est réuni longuement lundi dernier et qu'il a une fois de plus procédé à un très large examen de la situation. Je puis vous dire que les propo-

sitions contenues dans le document qui doit faire l'objet de vos suffrages ont été longuement pesées et mesurées. Les modifications aux articles 24 et 25 de la Constitution qui ont entraîné l'augmentation du nombre des membres du Conseil exécutif ont été approuvées en 1967 par l'Assemblée, qui avait alors estimé que trente membres étaient de nature à satisfaire les besoins du Conseil exécutif. Il a malheureusement fallu huit années pour que cette disposition entre en vigueur, et le Bureau a pu constater qu'en tout état de cause, dans l'hypothèse où ce nombre des membres du Conseil exécutif est limité à trente et dans laquelle nous nous trouvons aujourd'hui en devant élire six nouveaux Membres, certaines Régions devaient nécessairement éprouver une insatisfaction. Il n'était pas possible d'en tirer d'autres conclusions que ce que le Bureau a fait, et les propositions qui vous sont soumises sont les meilleures qu'il était possible de présenter. Nous verrons tout à l'heure que le projet de résolution qui va être soumis à cette assemblée serait de nature à apporter un correctif à ce manque de satisfaction de certaines Régions. Je crois donc devoir demander à cette assemblée de considérer que l'élection d'aujourd'hui, dans la mesure où l'Assemblée en décidera ainsi, pourrait être une première étape vers un ajustement définitif, ou en tout cas pour une période plus longue, de la composition du Conseil exécutif. Je voudrais également rappeler à l'Assemblée que l'élection des Membres habilités à désigner des personnes devant siéger au Conseil exécutif est visée par l'article 24 de la Constitution, lequel invite notamment ces Membres à choisir les personnes les plus compétentes du point de vue administratif, technique et scientifique, de façon à faire du Conseil exécutif un véritable organe de réflexion pour cette organisation. Le Bureau a également tenu compte de ces réflexions et de cette invitation dans la décision qu'il a prise. Je rappelle aux membres de cette assemblée que l'élection a lieu au scrutin secret. J'aimerais aussi attirer leur attention sur les articles de la Constitution et du Règlement intérieur qui visent le mode de scrutin il s'agit des articles 18b), 24 et 25 (amendés) de la Constitution, et des articles 97, 99 et 100 du Règlement intérieur de l'Assemblée. Pour éviter tout malentendu, je voudrais répéter une fois de plus que les six noms doivent être choisis :

1

Voir p. 695.

-290-

DOUZIEME SEANCE PLENIERE

291

parmi les neuf noms d'Etats Membres qui figurent sur les bulletins de vote et qui vous ont été proposés par le Bureau, à savoir Costa Rica, Grèce, Guyane, Inde, Japon, Soudan, Souaziland, Togo et République -Unie de Tanzanie. Tout bulletin qui contiendrait un autre nom, qui ne figurerait pas sur cette liste, sera considéré comme nul. De même, je voudrais attirer votre attention sur le fait que les bulletins doivent comporter six noms, ni un de plus, ni un de :

moins.

Ceci étant dit, et avant de procéder au vote, je voudrais appeler les remarques éventuelles des délégations. Y a -t -il des observations ou des propositions ? Je crois que le délégué de l'Inde a demandé à prendre la parole je l'invite à venir à la tribune. :

Monsieur le Président, Mesdames et Le Dr SCHRIVASTAV (Inde) (traduction de l'anglais) Messieurs, le Bureau de l'Assemblée a tenu le 26 mai une importante réunion au cours de laquelle il a examiné différentes questions relatives à la répartition équilibrée des sièges au Conseil exécutif. A la demande du Bureau, le Directeur général a présenté un document dans lequel il a fourni des faits et des chiffres concernant le principe de la répartition équilibrée des sièges tel qu'il est appliqué au sein des divers conseils et organes exécutifs d'autres institutions internationales comme l'OIT, l'UNESCO et la FAO. Le nombre des Etats est certainement un critère très important que maintes institutions ont adopté; encore n'est -ce pas une règle générale. A la FAO, à l'UNESCO, et même à l'OIT, par exemple, on ne s'en tient pas strictement au nombre de pays pour la répartition des sièges dans les divers organes; d'autres critères peuvent intervenir, notamment l'importance de la population que la région représente et, plus encore, l'ampleur des problèmes sanitaires qui s'y posent. Les membres du Bureau ont admis qu'une augmentation marginale du nombre des membres du Conseil exécutif pourrait être opérée de temps à autre, ainsi que l'ont recommandé divers délégués auprès de l'Assemblée de la Santé. A sa réunion du 26 mai, le Bureau a accepté en principe d'amender la Constitution de manière que chaque Région ait droit à un minimum de trois sièges au Conseil exécutif et qu'ainsi un pays de chaque Région ait l'occasion d'être appelé une fois au moins en trois ans à désigner une personne devant siéger au Conseil. Compte tenu du fait que le Bureau de l'Assemblée a accepté ce principe et jugé équitable qu'il y ait un minimum de trois sièges par Région afin d'assurer le renouvellement d'un membre de chacune des Régions tous les ans, qu'il existe d'ailleurs une résolution en ce sens émanant de l'honorable délégué de l'Indonésie, et dans le but de sauvegarder l'unanimité, qui a été le trait dominant de cette assemblée, l'Inde renonce, pour cette fois, à présenter sa candidature. Je voudrais donc que soit enregistré le retrait de l'Inde pour cette année. :

Je remercie M. le délégué de l'Inde pour cette généreuse attitude, et je Le PRESIDENT voudrais demander si d'autres délégations souhaitent prendre la parole. Le délégué de Maurice. Qu'il veuille bien venir à la tribune. :

Monsieur le Président, j'apprécie Sir Harold WALTER (Maurice) (traduction de l'anglais) grandement l'option généreuse et altruiste de l'Inde qui se montre fidèle à sa tradition millénaire en servant ainsi la cause de l'unité. Le groupe africain, dont je suis le porte -parole, soutiendra l'idée de cette représentation minimale, pourvu qu'elle n'affecte en aucun cas les règles du jeu telles qu'elles existent actuellement, car il serait contraire à tous les principes de justice qu'une fois le jeu commencé on décide d'en modifier les règles au beau milieu de la partie. Le groupe africain ne l'admettrait pas, du moins pour l'Afrique, mais il soutiendra le principe d'un minimum de sièges assurés à chaque Région pour autant que le total fondé sur la répartition proportionnelle actuellement en vigueur ne soit pas modifié. Monsieur le Président, je suis heureux que toute controverse à ce sujet ait pu être évitée et que nous puissions poursuivre nos travaux dans l'harmonie. :

Le PRESIDENT Je remercie l'honorable délégué de Maurice, mais je voudrais lui signaler que son intervention portait davantage sur le projet de résolution, et j'aimerais demander :

aux honorables délégués de ne pas intervenir en ce moment -ci sur cette question. Y a -t -il d'autres remarques sur l'élection à laquelle nous devons procéder ? Je n'en vois pas, le scrutin va donc commencer.

J'attire une fois de plus votre attention sur l'article 74 du Règlement intérieur de l'Assemblée, qui prévoit qu'aucun délégué ne peut interrompre le scrutin, sauf s'il s'agit d'une motion d'ordre. Afin de faciliter le déroulement du scrutin, je vais prier le Secrétariat de distribuer des bulletins de vote sur lesquels figurent, dans l'ordre alphabétique anglais, les noms des neuf Membres désignés par le Bureau de l'Assemblée. Les six Membres dont le nom est souligné sont ceux dont l'élection assurerait, de l'avis du Bureau, une répartition équilibrée des sièges au Conseil exécutif. Vous êtes donc priés, Mesdames et Messieurs les délégués,

d'indiquer pour quels pays vous votez en marquant d'une croix les cases qui sont prévues à cet effet. Je vous rappelle que chaque bulletin ne doit comporter que six noms de pays, ni plus, ni moins. Les bulletins sur lesquels le nombre des pays marqués d'une croix serait inférieur ou supérieur à six, ou qui porteraient des indications autres, seront considérés comme nuls. Les délégations seront appelées à la tribune, pour déposer leur bulletin de vote dans l'urne, dans l'ordre alphabétique anglais. Je vais tirer maintenant au sort la lettre par laquelle nous désignerons la délégation qui sera appelée en premier lieu. Il s'agit de la lettre P.

292

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

Je dois aussi désigner deux scrutateurs pour vérifier les bulletins de vote, et je voudrais demander au Dr Chitimba et à Mlle von Grunigen d'avoir l'amabilité - car je sais qu'ils n'ont pas fait d'objection à l'égard de cette tâche ardue - de bien vouloir nous rejoindre à la tribune.

Les deux scrutateurs prennent place à la tribune.

Je vais demander, par ailleurs, au Dr Empana, Vice -Président, de bien Le PRESIDENT vouloir assurer la surveillance du vote et donc de participer aux opérations de dépouillement dès que cela sera devenu nécessaire. Les bulletins de vote doivent maintenant être distribués. Je voudrais demander s'il y a des délégations qui n'en ont pas reçu. S'il y en a, qu'elles veuillent bien lever très haut leur pancarte. Je constate que toutes les délégations ont reçu leur bulletin de vote, et nous allons donc procéder maintenant au vote. Je demande aux délégations de bien vouloir remplir leur bulletin de vote en s'inspirant des propositions du Bureau de l'Assemblée qui sont contenues dans le document que vous avez sous les yeux. :

Il est procédé à un vote au scrutin secret, les noms des Etats Membres étant appelés dans l'ordre alphabétique anglais, en commençant par le Pakistan :

Pakistan, Panama, Paraguay, Pérou, Philippines, Pologne, Portugal, Qatar, République de Corée, République du Sud Viet -Nam, Roumanie, Rwanda, Arabie Saoudite, Sénégal, Sierra Leone, Singapour, Somalie, Espagne, Sri Lanka, Soudan, Souaziland,Suède, Suisse, République Arabe Syrienne, Thatlande, Togo, Trinité -et- Tobago, Tunisie, Turquie, Ouganda, Union des Républiques socialistes soviétiques, Emirats arabes unis, Royaume -Uni de Grande Bretagne et d'Irlande du Nord, République -Unie du Cameroun, République -Unie de Tanzanie, Etats -Unis d'Amérique, Haute Volta, Uruguay, Venezuela, Yémen, Yougoslavie, Zaire, Zambie, Afghanistan, Algérie, Argentine, Australie, Autriche, Bahamas, Bahrein, Bangladesh, Barbade, Belgique, Bolivie, Botswana, Brésil, Bulgarie, Birmanie, Burundi, Canada, République Centrafricaine, Chili, Chine, Colombie, Congo, Costa Rica, Cuba, Chypre, Tchécoslovaquie, Dahomey, République populaire démocratique de Corée, Yémen démocratique, Danemark, Equateur, Egypte, El Salvador, Ethiopie, Fidji, Finlande, France, Gabon, Gambie, République Démocratique Allemande, République fédérale d'Allemagne, Ghana, Grèce, Guatemala, Guinée Guinée- Bissau, Guyane, Honduras, Hongrie, Islande, Inde, Indonésie, Iran, Irak, Irlande, Isral, Italie, Côte d'Ivoire, Jamaique, Japon, Jordanie, Kenya, Kowett, Laos, Liban, Lesotho, Libéria, Mali, Malte, Mauritanie, Maurice, Mexique, Monaco, Mongolie, Maroc, Népal, Pays -Bas, Nouvelle Zélande, Nicaragua, Niger, Nigéria, Norvège, Oman. Je voudrais demander si toutes les délégations ont bien voté et déposé Le PRESIDENT leur bulletin dans l'urne. Si l'une ou l'autre délégation n'a pas été appelée, qu'elle veuille bien se faire immédiatement connaître en levant sa pancarte. Je n'en vois pas. Mesdames et Messieurs, comme d'habitude, le décompte va se faire à la salle VII. Je vous rappelle que chacun de vous est libre d'assister, s'il le souhaite, au dépouillement. Toutefois, avant de laisser aller les scrutateurs et le Vice -Président, il convient de procéder à la vérification du nombre de bulletins se trouvant dans l'urne. Je vais donc demander au Vice Président et aux scrutateurs de bien vouloir s'assurer que le nombre des bulletins qui se trouvent dans l'urne est bien conforme au nombre d'Etats qui ont voté. :

Les scrutateurs comptent les bulletins de vote. Le PRESIDENT Mesdames correspond bien au nombre de demander au Dr Empana et aux au dépouillement du scrutin. et pendant leur travail nous :

et Messieurs, il a été constaté que le nombre de bulletins délégués qui se sont présentés à la tribune, et dès lors je vais scrutateurs de bien vouloir se rendre à la salle VII pour procéder Je rappelle que vous êtes libres d'y aller, si vous le souhaitez, allons poursuivre l'examen de l'ordre du jour de cette assemblée.

3.

TRANSFERT DE POINTS DE L'ORDRE DU JOUR DE LA COMMISSION A A LA COMMISSION B :

Mesdames et Messieurs, le premier point que je veux soumettre à votre Le PRESIDENT approbation concerne le transfert de la Commission A à la Commission B d'un certain nombre de points de l'ordre du jour que le Bureau et votre Président ont décidé dans l'intérêt de l'accélération des travaux de cette assemblée il s'agit des points 2.4 - Facteurs psycho -sociaux et santé, 2.7 - Fluoration et santé dentaire, 2.8 - Substances prophylactiques et thérapeutiques et 2.10 - Sécurité d'emploi des pesticides Classification des pesticides en fonction des dangers qu'ils présentent. Il n'a pas été possible de soumettre au préalable ces décisions aux suffrages de l'Assemblée, et je demande si quelqu'un fait une observation ou une objection à l'égard de cette décision. Je n'en vois pas; cette décision du Bureau est donc confirmée. : :

DOUZIEME SEANCE PLENIERE 4.

293

PROJETS D'AMENDEMENTS A LA CONSTITUTION DESTINES A PERMETTRE UNE NOUVELLE AUGMENTATION DU NOMBRE DES MEMBRES HABILITES A DESIGNER UNE PERSONNE DEVANT SIEGER AU CONSEIL EXECUTIF :

Le point suivant concerne le projet de résolution qui vous a été soumis par Le PRESIDENT la délégation de l'Indonésie et qui est relatif à une proposition d'ajustement complémentaire du nombre des Membres habilités à désigner une personne devant siéger au Conseil exécutif. Le document vous a été remis sous la cote A28 /Conf.Doc. N° 1, et il contient un certain nombre de suggestions dont je vais demander à la délégation de l'Indonésie de bien vouloir apporter l'explication en venant à la tribune. Monsieur le Le Professeur SULIANTI SAROSO (Indonésie) (traduction de l'anglais) Président, Mesdames et Messieurs, en ma qualité de président du Comité régional de l'Asie du Sud -Est, je tiens à remercier les membres du Bureau de l'Assemblée qui ont donné leur voix au candidat de l'Asie du Sud -Est pour occuper un siège au Conseil exécutif. L'Inde venait en septième position, n'ayant obtenu que quelques voix de moins que le sixième des candidats dont les noms sont soulignés dans le rapport du Bureau. La Région de l'Asie du Sud -Est aurait pu solliciter des suffrages supplémentaires mais elle y a renoncé dans le but de maintenir l'unité des pays en voie de développement. Les pays de la Région de l'Asie du Sud -Est croient beaucoup à l'unité; c'est pourquoi les pays Membres sont si peu nombreux dans notre Région. Si en Inde, en Birmanie, en Thatlande ou en Indonésie, les Etats ou les provinces n'étaient pas unis, la situation eût été différente. Comme vous le savez, les provinces et les Etats des pays de l'Asie du Sud -Est comptent parfois beaucoup plus d'habitants que d'autres Etats Membres. Pour mettre les choses au point, permettez -moi d'expliquer pourquoi la Région de l'Asie du Sud -Est a sollicité un des six sièges supplémentaires au Conseil exécutif, dont l'attribution vient d'être mise aux voix à cette séance plénière. Lorsqu'en 1967 la Vingtième Assemblée mondiale de la Santé a examiné la question de l'amendement des articles 24 et 25 de la Constitution, les Membres de la Région de l'Asie du Sud -Est ont demandé que trois sièges au moins soient attribués à chaque Région, quel que soit le nombre de ses Etats Membres. Cette demande n'a jamais été contestée. Les Membres de notre Région ont donc appuyé la ratification des amendements, étant entendu que la Région de l'Asie du Sud -Est obtiendrait ces trois sièges au Conseil exécutif, selon la demande faite par elle à la Vingtième Assemblée mondiale de la Santé. Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les délégués, vous devinez aisément quel choc ce fut pour nous d'apprendre que les six sièges supplémentaires au Conseil exécutif seraient attribués, par un calcul mathématique, sur la base du nombre des pays composant chaque Région, sans qu'il soit tenu compte de l'importance de la population de la Région et du nombre de ses problèmes de santé. Il semble que les tenants du seul critère du nombre de pays aient oublié "Le but de l'Organisation mondiale la teneur de l'article 1 de notre Constitution. Je cite de la Santé est d'amener tous les peuples au niveau de santé le plus élevé possible ". Il en ressort clairement que notre objectif est la santé des populations et non celle des gouvernements. Il me semble aussi qu'on a quelque peu perdu de vue que les membres du Conseil exécutif, quoique désignés par les Etats Membres, cessent, une fois nommés, de représenter ces pays pour agir en leur propre nom. C'est pour toutes ces raisons que la Région de l'Asie du Sud -Est a insisté pour obtenir un des six sièges supplémentaires qui viennent d'être mis au voix. Désignée par l'Indonésie, j'ai personnellement siégé au Conseil exécutif ces trois dernières années et je sais, par expérience, qu'on y traite de nombreuses questions en vue d'aider l'Assemblée à formuler les politiques et les programmes de l'Organisation, à examiner les budgets, etc. Les auteurs de la Constitution de l'OMS et de ses nombreux règlements et procédures ont fait preuve d'une grande sagesse en stipulant que le Conseil exécutif devrait être composé de personnes techniquement qualifiées dans le domaine de la santé. Dans les délibérations qui ont précédé le scrutin, certaines déclarations ont donné à penser que la Région de l'Asie du Sud -Est ne respectait pas la souveraineté des pays africains. Je tiens à réfuter ces déclarations. La Région de l'Asie du Sud -Est en effet croit en l'universalité de l'Organisation et a toujours soutenu les demandes d'admission de nouveaux Membres. Si nous avons demandé un siège, c'est parce que nous estimons que, si la souveraineté doit être respectée à l'Assemblée, il devrait y avoir au Conseil exécutif une représentation suffisante des populations dont nous étudions les problèmes de santé. Mesdames et Messieurs les délégués, êtes -vous bien conscients que deux Régions de l'OMS - l'Asie du Sud -Est et le Pacifique occidental - qui comptent, à elles deux, près de la moitié de la population mondiale n'ont que cinq sièges sur trente au Conseil exécutif ? Si le vote de l'Assemblée est conforme à la recommandation du Bureau, il y aura sept sièges pour la Région africaine, six pour la Région des Amériques, deux pour la Région de l'Asie du Sud -Est, sept pour la Région européenne, cinq pour la Région de la Méditerranée orientale et trois pour la Région du Pacifique occidental. On parle d'une répartition équilibrée. A vous de désigner les critères que nous devrions appliquer pour l'obtenir. C'est la raison pour laquelle la délégation indonésienne présente un projet de résolution (document A28 /Conf.Doc. N° 1) dans lequel elle prie le Directeur général de soumettre à l'examen de la Vingt- Neuvième Assemblée mondiale de la Santé des projets d'amendements à la Constitution destinés à permettre une nouvelle augmentation marginale du nombre des membres du Conseil, afin :

:

294

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

que chaque Région puisse désigner au moins un nouveau membre du Conseil exécutif chaque année.' Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les délégués, permettez -moi d'expliquer les termes que j'ai employés dans ce projet de résolution. J'ai parlé d'une "augmentation marginale" afin qu'il soit attribué un siège supplémentaire au moins et que la Région de l'Asie du Sud -Est en reçoive un, ceci devant être stipulé d'une façon quelconque. Toutefois, l'augmentation devrait rester marginale; il se peut que d'autres Régions ne soient pas satisfaites mais il ne faudrait pas que l'augmentation dépasse un, deux ou trois sièges au maximum. En effet, s'il y en avait plus de trois, nous retrouverions la situation conflictuelle qui a divisé l'Assemblée à propos de la répartition des sièges. J'espère que le Directeur général pourra soumettre à la Vingt Neuvième Assemblée mondiale de la Santé une proposition dont le libellé tiendra compte de ce point de vue. D'autre part, nous avons constaté qu'il a fallu huit ans pour que les amendements approuvés en 1967 par la Vingtième Assemblée mondiale de la Santé entrent en vigueur. Ce n'est qu'à cette assemblée, et encore à une date tardive et en recourant à divers expédients, que ces amendements ont été ratifiés. Je voudrais donc demander que nous tentions d'obtenir la ratification d'une façon quelconque comme on l'a fait pour la présente Assemblée, éventuellement par télégramme ou en faisant déjà signer et déposer les instruments d'acceptation auprès du Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies de manière que la ratification n'ait pas à attendre six, sept ou huit ans mais puisse se faire dans l'année où la décision a été prise, si la présente Assemblée adopte le projet de résolution et si la Vingt- Neuvième Assemblée mondiale de la Santé accepte l'idée d'une augmentation en apportant un amendement aux articles 24 et 25 de la Constitution pour que la Région de l'Asie du Sud -Est soit représentée au sein du Conseil par un minimum de trois membres. Je n'expliquerai pas pourquoi nous demandons trois sièges car mon collègue de la délégation indienne l'a déjà fait et je m'en voudrais d'abuser de votre temps. Le PRESIDENT : Mesdames et Messieurs, je voudrais tout d'abord remercier le Dr Sulianti Saroso pour sa proposition et son projet de résolution. Je vous ai dit tout à l'heure que le Bureau avait éprouvé de grandes difficultés, la discussion sur ce sujet ayant duré plus de trois heures, manifestement en raison du fait que la question du nombre de sièges au Conseil exécutif ne s'intégrait pas dans les préoccupations présentes. Je voudrais demander à cette assemblée de limiter la discussion au seul principe d'un aménagement nouveau du nombre de sièges au Conseil exécutif, et supplier les délégués de ne pas commencer maintenant une discussion ni sur le nombre de sièges, ni sur la justification éventuelle de l'attribution d'un siège supplémentaire aux Régions. Je vous demande instamment de vous contenter de faire savoir par votre suffrage éventuel ou par vos interventions votre agrément à la procédure proposée dans le projet de résolution de la délégation indonésienne. Nous pouvons aujourd'hui dire au Directeur général que l'Assemblée souhaite prendre des décisions sur une nouvelle adaptation de la Constitution à sa prochaine réunion, en 1976. Je crois qu'il serait raisonnable de procéder ainsi. Nous aurons le temps, pendant les mois qui viennent, d'écrire au Directeur général pour lui faire connaître nos desiderata à la fois par pays et peut -être par Région. Il sera ainsi possible de faire tout ce que les délégations souhaitent et je crois que toute discussion aujourd'hui portant sur le nombre ou l'affectation des sièges serait une préfiguration de ce qui va devoir nécessairement se passer l'année prochaine. Je demande donc à cette assemblée si elle est disposée à approuver le projet de résolution déposé par la délégation de l'Indonésie qui prie le Directeur général de prendre toutes dispositions pour que six mois avant la prochaine Assemblée mondiale de la Santé, tout soit fait pour permettre à l'Assemblée de procéder à une discussion et à une révision des articles 24 et 25 de la Constitution. Chers collègues délégués, si vous acceptez cette proposition, vous aurez tout le temps devant vous pour préparer ces modifications et pour faire en sorte que le Conseil exécutif demeure l'organe le plus délicat, le plus compétent et aussi le plus efficace de cette organisation. Y a -t -il des délégations qui souhaitent prendre la parole actuellement ? Puis -je

1

Ce projet de résolution est ainsi conçu La Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé, Considérant que l'entrée en vigueur des amendements aux articles 24 et 25 de la Constitution a porté le nombre des membres du Conseil exécutif de 24 à 30; Considérant que la répartition géographique équitable des sièges du Conseil exécutif serait facilitée par une nouvelle augmentation du nombre de ses membres, PRIE le Directeur général de soumettre à l'examen de la Vingt -Neuvième Assemblée mondiale de la Santé des projets d'amendements à la Constitution destinés à permettre une nouvelle augmentation marginale du nombre des membres du Conseil, afin que chaque Région puisse désigner au moins un nouveau membre du Conseil exécutif chaque année, et de communiquer ces projets d'amendements aux Membres au moins six mois avant leur examen, conformément aux dispositions de l'article 73 de la Constitution.

DOUZIEME SEANCE PLENIERE

295

demander si l'Assemblée est d'accord pour approuver la résolution proposée par la délégation de l'Indonésie ? Je ne vois pas d'objections, cette résolution est adoptée.1 5.

TROISIEME RAPPORT DE LA COMMISSION B :

Mesdames et Messieurs, nous allons poursuivre nos travaux, et je voudrais Le PRESIDENT vous demander votre attention pour l'examen du troisième rapport de la Commission B, tel qu'il est contenu dans le document A28/58. Ce rapport contient douze résolutions sur lesquelles je demanderai à l'Assemblée de se prononcer successivement. L'Assemblée est -elle d'accord pour adopter la première résolution, intitulée "Etude sur la possibilité de financer les activités de l'OMS en des monnaies autres que le dollar des EtatsUnis et le franc suisse" ? En l'absence d'objections, cette résolution est adoptée. L'Assemblée est -elle d'accord pour adopter la deuxième résolution, intitulée "BAtiment du Besoins futurs" ? En l'absence d'objections, la résolution est adoptée. Siège L'Assemblée est -elle d'accord pour adopter la troisième résolution, intitulée "Examen du fonds de roulement" ? En l'absence d'objections, la résolution est adoptée. L'Assemblée est -elle d'accord pour adopter la quatrième résolution, intitulée "Fonds immobilier" ? En l'absence d'objections, la résolution est adoptée. L'Assemblée est -elle d'accord pour adopter la cinquième résolution, intitulée "Nomination du Commissaire aux Comptes" ? En l'absence d'objections, la résolution est adoptée. L'Assemblée est -elle d'accord pour adopter la sixième résolution, intitulée "Commission de la Fonction publique internationale" ? En l'absence d'objections, la résolution est adoptée. L'Assemblée est -elle d'accord pour adopter la septième résolution, intitulée "Rapports annuels du Directeur général" ? En l'absence d'objections, la résolution est adoptée, et je voudrais en profiter pour féliciter une fois de plus le Directeur général pour le travail qui a été accompli. L'Assemblée est -elle d'accord pour adopter la huitième résolution, intitulée "Etude organique sur les rapports entre les services techniques centraux de l'OMS et les programmes d'assistance directe aux Etats Membres" ? En l'absence d'objections, la résolution est adoptée. L'Assemblée est -elle d'accord pour adopter la neuvième résolution, intitulée "Etude organique sur la planification des ressources extrabudgétaires et leurs effets sur les programmes et la politique générale de l'OMS" ? En l'absence d'objections, la résolution est adoptée. L'Assemblée est -elle d'accord pour adopter la dixième résolution, intitulée "Prochaine étude organique" ? En l'absence d'objections, la résolution est adoptée. L'Assemblée est -elle d'accord pour adopter la onzième réunion, intitulée "Emploi du chinois comme langue de travail à l'Assemblée mondiale de la Santé et au Conseil exécutif" ? En l'absence d'objections, la résolution est adoptée. L'Assemblée est -elle d'accord pour adopter la douzième et dernière résolution, intitulée "Emploi de l'arabe comme langue de travail à l'Assemblée mondiale de la Santé et au Conseil exécutif" ? En l'absence d'objections, la résolution est adoptée. Il nous reste maintenant à approuver le rapport dans son ensemble. En l'absence d'objections, le troisième rapport de la Commission B est approuvé. :

6.

QUATRIEME RAPPORT DE LA COMMISSION B

Nous en venons maintenant à l'examen du quatrième rapport de la Commission B, Le PRESIDENT tel qu'il est contenu dans le document A28/61. En ce qui concerne la première résolution, intitulée "Aide sanitaire aux réfugiés et personnes déplacées dans le Moyen -Orient ", il a été demandé qu'il soit procédé à un vote à main levée. Nous allons donc procéder au vote. Que ceux qui se prononcent pour la résolution veuillent bien lever leur pancarte. Je vous remercie. Que ceux qui souhaitent voter contre cette résolution veuillent bien lever leur pancarte. Je vous remercie. Que les délégations qui veulent déclarer leur abstention veuillent bien lever leur pancarte. Je vous remercie. Je vais faire connaître le résultat dans un instant. nombre de Membres présents Mesdames et Messieurs les délégués, voici les résultats du vote et votants, 89; majorité requise, 45; nombre de voix pour, 86; nombre de voix contre, 3; abstentions, 25. La résolution est donc adoptée. Le délégué des Philippines demande la parole. Qu'il veuille bien venir à la tribune. : :

1 Résolution WHA28.22. 2

Voir p. 698.

296

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II :

Monsieur le Président, ma délégation M. LAVINA (Philippines) (traduction de l'anglais) a voté en faveur de cette résolution, conformément à la tradition qui veut que le Gouvernement des Philippines soutienne fermement ce genre de proposition devant les organismes des Nations Unies et ailleurs. Si ma délégation s'est abstenue lorsque cette résolution a été mise aux voix à la Commission B, c'est uniquement en raison de certaines difficultés techniques. Maintenant que ces points sont clarifiés, nous demandons que la position de mon gouvernement, qui appuie pleinement cette résolution, soit dament consignée dans le compte rendu de cette séance plénière et que le procès -verbal de la Commission B soit rectifié dans le même sens. Merci, Monsieur le délégué des Philippines. Je voudrais cependant attirer Le PRESIDENT l'attention de cette assemblée sur le fait qu'il n'est pas de tradition de justifier un vote favorable. On justifie surtout les abstentions, et éventuellement les votes négatifs. Y a -t -il d'autres délégations qui veulent prendre la parole ? Non, nous allons donc passer à la résolution suivante. L'Assemblée est -elle d'accord pour adopter la deuxième résolution du quatrième rapport de la Commission B, intitulée "Utilisation de l'allemand comme langue de travail dans l'Organisation régionale de l'Europe" ? En l'absence d'objections, la résolution est adoptée. L'Assemblée est -elle d'accord pour adopter la troisième résolution, intitulée "Participation au Comité régional pour l'Afrique de Membres dont les gouvernements ont leur siège hors de la Région" ? J'ai une demande d'intervention de la part du délégué de la France, à qui je donne volontiers la parole. :

M. MASSENET (France) (les autres membres de la délégation ayant quitté la salle Monsieur le Président, la délégation française n'a participé ni au débat, ni au vote en commission sur le projet de résolution relatif à ce point de l'ordre du jour. Elle tient cependant à préciser sa position à cet égard. La France considère que la qualification de puissance coloniale, qui figure dans la résolution du Comité régional de l'Afrique citée en référence, ne saurait l'atteindre. En effet, elle n'a cessé de donner - et récemment encore - des témoignages suffisamment éloquents de son respect des buts de la Charte des Nations Unies, spécialement de l'exercice du droit des peuples à l'autodétermination. D'autre part, la décision envisagée dans le projet de résolution parait en contradiction avec la tendance au renforcement du dialogue et de la coopération internationale, qui découle de la prise de conscience croissante de la solidarité des peuples. Pour sa part, compte action d'aide et de coopération, la France croit pouvoir apporter un concours utile en faisant partager le fruit de son expérience. En conclusion, la France ne pourrait que regretter l'adoption d'un tel projet. :

Le PRESIDENT Je remercie M. le délégué de la France. Dois -je considérer son intervention comme une demande de vote ? Non. Y a -t -il d'autres observations ? En l'absence d'objections, la résolution est adoptée. L'Assemblée est -elle d'accord pour adopter la quatrième résolution, intitulée "Coordination à l'intérieur du système des Nations Unies - Utilisation des crédits de voyage à l'OMS" ? En l'absence d'objections, la résolution est adoptée. L'Assemblée est -elle d'accord pour adopter la cinquième résolution, intitulée "Coordination à l'intérieur du système des Nations Unies Questions générales" ? En l'absence d'objections, la résolution est adoptée. L'Assemblée est -elle d'accord pour adopter la sixième résolution, intitulée elle aussi "Coordination à l'intérieur du système des Nations Unies Questions générales ", mais qui traite expressément des taches incombant à l'OMS en liaison avec l'Année internationale de la Femme ? En l'absence d'objections, la résolution est adoptée. La septième résolution est également intitulée "Coordination à l'intérieur du système des Nations Unies Questions générales ", et elle concerne les activités soutenues par le PNUD ou financées au moyen d'autres sources extrabudgétaires. L'Assemblée est -elle d'accord pour adopter cette résolution ? En l'absence d'objections, la résolution est adoptée. La huitième résolution, aussi intitulée "Coordination à l'intérieur du système des Nations Unies Questions générales ", concerne plus spécialement la Conférence mondiale de l'Alimentation organisée sous les auspices des Nations Unies. L'Assemblée est -elle d'accord pour adopter cette résolution ? En l'absence d'objections, la résolution est adoptée. L'Assemblée est -elle d'accord pour adopter la neuvième résolution intitulée "Coordination à l'intérieur du système des Nations Unies - Activités de l'Organisation mondiale de la Santé en ce qui concerne l'assistance aux mouvements de libération dans l'Afrique australe, conformément aux résolutions 2918 (XXVII) de l'Assemblée générale des Nations Unies et 1804 (LV) du Conseil économique et social" ? En l'absence d'objections, la résolution est adoptée. L'Assemblée est -elle d'accord pour adopter la dixième et dernière résolution, intitulée "Coordination à l'intérieur du système des Nations Unies - Année mondiale de la Population et Conférence mondiale de la Population, 1974" ? En l'absence d'objections, la résolution est adoptée. : :

:

:

:

:

DOUZIEME SEANCE PLENIERE

297

Il nous reste à approuver le rapport dans son ensemble. En l'absence d'objections, je pense que l'Assemblée désire approuver le quatrième rapport de la Commission B.1 7.

CINQUIEME RAPPORT DE LA COhMISSION B

Nous passons maintenant à l'examen du cinquième rapport de la Commission B, Le PRESIDENT tel qu'il est contenu dans le document A28/63. L'Assemblée est -elle d'accord pour adopter la première de ces résolutions, intitulée "Coordination à l'intérieur du système des Nations Unies - Activités de l'OMS en cas de désastres et de catastrophes naturelles" ? En l'absence d'objections, la résolution est adoptée. L'Assemblée est -elle d'accord pour adopter la deuxième résolution, intitulée "Coordination à l'intérieur du système des Nations Unies - Activités de l'OMS en cas de désastres et de catastrophes naturelles ", et qui concerne l'assistance en vue de faire face aux problèmes sanitaires urgents résultant de la sécheresse en Somalie ? En l'absence d'objections, la résolution est adoptée. L'Assemblée est -elle d'accord pour adopter la troisième résolution, intitulée "Coordination à l'intérieur du système des Nations Unies - Assistance sanitaire aux réfugiés et aux personnes déplacées de Chypre" ? En l'absence d'objections, la résolution est adoptée. L'Assemblée est -elle d'accord pour adopter la quatrième résolution, intitulée "Coordination à l'intérieur du système des Nations Unies - Activités de l'OMS en cas de désastres et de catastrophes naturelles - Sécheresse dans la région sahélienne" ? En l'absence d'objections, la résolution est adoptée. L'Assemblée est -elle d'accord pour adopter la cinquième résolution, intitulée "Coordination à l'intérieur du système des Nations Unies - Assistance technique au Portugal" ? En l'absence d'objections, la résolution est adoptée. L'Assemblée est -elle d'accord pour adopter la sixième et dernière résolution, intitulée "Facteurs psycho- sociaux et santé" ? En l'absence d'objections, la résolution est adoptée. Il nous reste à approuver le rapport dans sonlensemble. En l'absence d'objections, le cinquième rapport de la Commission B est approuvé. :

8.

PREMIER RAPPORT DE LA COMMISSION A :

Nous passons maintenant aux travaux de la Commission A. Nous allons examiner Le PRESIDENT le premier rapport de cette commission, tel qu'il est contenu dans le document A28/59. L'Assemblée est -elle d'accord pour adopter la première résolution, intitulée "Activités de l'OMS concernant le développement des méthodes de lutte contre les maladies parasitaires tropicales" ? En l'absence d'objections, la résolution est adoptée. L'Assemblée est -elle d'accord pour adopter la deuxième résolution, intitulée "Programme d'éradication de la variole" ? En l'absence d'objections, la résolution est adoptée. L'Assemblée est -elle d'accord pour adopter la troisième résolution, intitulée "Schistosomiase" ? En l'absence d'objections, la résolution est adoptée. L'Assemblée est -elle d'accord pour adopter la quatrième résolution, intitulée "Prévention de la cécité" ? En l'absence d'objections, la résolution est adoptée. L'Assemblée est -elle d'accord pour adopter la cinquième et dernière résolution, intitulée "Maladies mycosiques" ? En l'absence d'objections, la résolution est adoptée. Nous passons maintenant à l'approbation du rapport dans son ensemble. En l'absence d'objections, le premier rapport de la Commission A est approuvé.2 9.

DEUXIEME RAPPORT DE LA COMMISSION A

Le PRESIDENT Nous passons maintenant à l'examen du deuxième rapport de la Commission A, tel qu'il est contenu dans le document A28/60. L'Assemblée est -elle d'accord pour adopter la première de ces résolutions, intitulée "Lutte contre la lèpre" ? En l'absence d'objections, la résolution est adoptée. La deuxième résolution est intitulée "Arriération mentale ". Y a -t -il des observations ? Je n'en vois pas, la résolution est adoptée. L'Assemblée est -elle d'accord pour adopter la troisième résolution intitulée "Lutte contre les maladies transmises par voie sexuelle" ? En l'absence d'objections, la résolution est adoptée. :

1 Voir p. 699. 2

Voir p. 696.

298

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

L'Assemblée veut -elle adopter la quatrième résolution "Maladies rhumatismales" ? En l'absence d'objections, la résolution est adoptée. Il nous reste maintenant à approuver le rapport dans son ensemble. Y a -t -il des observations ? Je n'en vois pas, le rapport est approuvé.1

10.

TROISIEME RAPPORT DE LA COMMISSION A :

La prochaine question à notre ordre du jour est l'examen du troisième Le PRESIDENT rapport de la Commission A. C'est le document A28/64. Il contient une seule résolution sur le budget effectif et sur le niveau du budget pour 1976, recommandé à l'Assemblée pour adoption. J'aimerais rappeler que, conformément à l'article 70 du Règlement intérieur de l'Assemblée, la décision relative au montant du budget effectif doit être prise à la majorité des deux tiers des Membres présents et votants. Je vais mettre aux voix la résolution intitulée "Budget effectif et niveau du budget pour 1976 ". Que ceux qui sont en faveur de l'adoption de cette résolution veuillent bien lever leur pancarte. Merci. Que les délégations qui sont contre veuillent bien lever leur pancarte. Merci. Les

délégations qui souhaitent s'abstenir voudront bien lever leur pancarte. Je vous remercie. nombre de Membres Mesdames et Messieurs les délégués, voici les résultats du vote présents et votants, 112; majorité des deux tiers, 75; ont voté pour, 107; ont voté contre, 5; se sont abstenus, 5. La proposition est donc adoptée. Il nous reste maintenant à approuver le rapport dans son ensemble. Y a -t -il des observations ? Il n'y en a pas, le rapport est donc approuvé.1 :

11.

RAPPORT DU PRESIDENT GENERAL DES DISCUSSIONS TECHNIQUES

Le PRESIDENT Mesdames et Messieurs, le point suivant à l'ordre du jour est l'examen par cette assemblée du rapport du Président général des discussions techniques. J'invite le Professeur Canaperia, Président général des discussions techniques, à venir à la tribune pour présenter son rapport. :

Monsieur le Le Professeur CANAPERIA (Président général des discussions techniques) Président, Monsieur le Directeur général, Messieurs les délégués, Mesdames et Messieurs, je vous remercie, Monsieur le Président, de l'occasion qui m'est offerte de présenter à l'Assemblée le rapport sur les discussions techniques qui ont eu lieu pendant cette assemblée et dont le thème était "Aspects sociaux et sanitaires des maladies transmises par voie sexuelle Nécessité d'une meilleure approche ". Ce rapport a déjà été distribué dans le document A28 /Technical Discussions /6, en date du 23 mai. Je me dispenserai donc de vous en donner lecture pour faire gagner ainsi un temps précieux à l'Assemblée et je me contenterai d'en faire une synthèse et de souligner les points plus importants. Les discussions techniques ont eu lieu les 16 et 17 mai et ont été suivies par plus de 220 participants divisés en sept groupes de travail. Les rapports de ces groupes ont été présentés à une séance. plénière, où ils ont donné lieu à une discussion fort animée. Le rapport que j'ai l'honneur de présenter à l'Assemblée est basé sur les conclusions et les suggestions formulées par les participants, soit au cours des réunions de travail, soit en séance plénière. Je désire ici exprimer mes remerciements aux présidents et rapporteurs des groupes, aux consultants, aux rapporteurs généraux, aux membres du Secrétariat et en particulier au Dr Causse, Chef du service des Maladies vénériennes et tréponématoses, pour leur précieuse collaboration. Le premier point qu'on peut dégager du rapport, c'est l'accord unanime qui s'est fait parmi les participants sur la nécessité d'attirer l'attention des gouvernements sur l'importance médicale, sociale et économique des maladies transmises par voie sexuelle, sur l'insuffisance des efforts accomplis jusqu'ici pour les contrôler et sur la nécessité de leur accorder une priorité budgétaire plus élevée dans la programmation nationale et internationale. Les maladies transmises par voie sexuelle comprennent non seulement la syphilis et la gonococcie, qui représentent parmi elles les mieux identifiées et les mieux connues, mais aussi d'autres infections telles que les urétrites non spécifiques, la trichomonase, l'herpès génital et autre, parfois aussi fréquentes et surtout assez sérieuses par leurs conséquences. Il s'agit d'un groupe de maladies qui, par leur diffusion et par leur gravité, pèsent lourdement sur la collectivité, soit du point de vue humain, soit du point de vue économique. Pour ne mentionner que la syphilis et la gonococcie, leurs conséquences, souvent sous -estimées, sont pourtant extrêmement sérieuses. La syphilis peut entraíner des complications cardiovasculaires et nerveuses et se transmettre par voie congénitale; la gonococcie peut donner lieu à des complications affectant l'appareil génital chez l'homme et surtout chez la femme, nomplications aboutissant très fréquemment à la stérilité et qui surviennent lorsque la maladie est négligée ou lorsque le diagnostic et le traitement sont insuffisants. : :

:

1 Voir p. 696.

DOUZIEME SEANCE PLENIERE

299

La prévalence élevée de ces maladies et de leurs complications est due en partie au moins à la sous -estimation par le corps médical - et souvent par les autorités sanitaires elles -mêmes - de l'importance et de la gravité du problème, ainsi qu'à l'ignorance à leur égard du public en général et de la jeunesse en particulier. Comment pouvons -nous concevoir une meilleure approche et quelles doivent être les activités à développer pour améliorer la lutte antivénérienne ? Voilà le problème que nous avons envisagé dans nos discussions techniques en examinant surtout les quatre thèmes principaux Prévention, organisation des infrastructures sanitaires, soulignés dans notre document de base formation du personnel médical et autres personnels de santé, action internationale. Toute politique de lutte contre les maladies transmises par voie sexuelle doit s'appuyer sur l'évaluation de l'ampleur du problème et des ressources humaines et matérielles disponibles dans le pays intéressé. En tout cas, le premier pas pour une meilleure approche reste l'utilisation plus rationnelle des moyens de lutte dont nous disposons actuellement et qui, bien employés, peuvent déjà apporter une amélioration de la situation existante. Cela nécessite dans la plupart des pays l'accroissement des activités techniques, dans ce domaine, du personnel médical et du personnel de santé en général, l'amélioration des infrastructures pour assurer le dépistage, le diagnostic, le traitement des malades et celle des moyens mis en oeuvre pour l'action éducative qui doit accompagner les mesures médicales. Ce sont là les quatre éléments qui ont été pris en considération pour une prévention plus efficace de ces maladies. En ce qui concerne le dépistage, la complexité du problème provient de la fréquence de formes ou phases asymptomatiques des maladies considérées. Pour la gonococcie par exemple, on considère que 80 % des infections sont asymptomatiques chez la femme, et de 10 à 20 % chez l'homme. Il en résulte que le traitement des cas asymptomatiques qui se présentent à la consultation pour recevoir des soins médicaux n'est pas suffisant pour empêcher la diffusion. Nécessité donc de dépistage de ces formes, dépistage qui, pour être rentable, doit être orienté vers certains groupes ou effectué à l'occasion de certains examens médicaux. En ce qui concerne la syphilis, le dépistage devrait comprendre d'abord des examens de sang chez les femmes enceintes et les donneurs de sang pour être ultérieurement étendu à d'autres groupes, par exemple les militaires, les travailleurs migrants, etc. Pour la gonococcie, en l'absence d'un test sérologique fiable, il faut s'en remettre aux cultures, et, là, il faudrait envisager l'application de cette méthode de dépistage dans les centres médico- sociaux en général, c'està -dire dans les dispensaires de planification familiale, de consultation matrimoniale ou prénuptiale, dans les dispensaires maternels et dans les cliniques d'obstétrique et de gynécologie. Avec le dépistage de ces cas asymptomatiques, il y a le problème de la recherche des contacts, contacts sexuels des cas avérés ou suspects, qui reste à la base évidemment, comme dans toutes les maladies transmissibles, de notre oeuvre de prévention. Il s'agit là d'une investigation parfois délicate et difficile qui requiert la collaboration des malades et un personnel expérimenté. Elle reste néanmoins la méthode principale pour une approche épidémiologique, et l'on doit donc essayer de la mettre en oeuvre en lui consacrant toutes les ressources possibles. En ce qui concerne les méthodes de diagnostic, nous en possédons qui sont en général assez fidèles et sensibles, mais elles nécessitent un minimum de moyens matériels et techniques qui ne sont pas toujours disponibles à tous les niveaux des services sanitaires. C'est pour cette raison que, très souvent, au niveau périphérique - le plus important évidemment - le diagnostic est fondé seulement sur les constatations cliniques. Même dans ces conditions, si on dispose de protocoles de diagnostic clinique et de traitement bien standardisés, on peut obtenir de bons résultats. Pour favoriser les services de diagnostic dans les régions où les ressources et les moyens sanitaires sont limités, on suggère dans le rapport un programme progressif qui devrait passer d'une première phase, à l'échelon des soins de santé primaires - où les travailleurs de santé seraient chargés de recueillir les spécimens et de faire des examens microscopiques simples -, à la possibilité d'avoir recours à un laboratoire local qui mettrait ces travailleurs en mesure de faire les examens nécessaires. Pour le traitement, il est bien évident qu'un traitement correct est indispensable pour assurer rapidement la guérison du malade, pour supprimer la contagion, donc la dissémination de l'infection, et pour éviter l'apparition de formes résistantes. Il convient par conséquent d'appliquer des schémas de traitement efficaces et on a souligné à ce propos que l'action internationale, donc l'OMS, pourrait jouer un role très important. Etant donné le très haut degré de contagion de ces maladies, il est nécessaire de traiter non seulement les malades, mais aussi les contacts, d'autant plus que nous avons à notre disposition des moyens thérapeutiques efficaces, comportant une seule prise ou injection, relativement peu onéreux et généralement bien :

tolérés.

Nous en arrivons au quatrième point - point très important - qui est l'éducation sanitaire. Il n'y a pas de doute que l'éducation sanitaire doit jouer un rôle fondamental dans la lutte contre les maladies transmises par voie sexuelle, parce que les facteurs favorisant leur diffusion sont liés étroitement au comportement humain. En effet, la recrudescence de l'endémie vénérienne est le symptôme d'un problème beaucoup plus vaste, du malaise social caractérisé par la désagrégation de la famille, par l'affaiblissement des valeurs traditionnelles, par une morale permissive qui, avec les grands phénomènes de l'urbanisation, de l'industrialisation et d'une mobilité croissante de la population, conduit à l'instabilité et à la promiscuité et donc à la formation de groupes d'individus fortement exposés au risque d'infection transmise par voie sexuelle. Dans ces conditions, les moyens médicaux ne suffisent pas. Il est nécessaire d'identifier, prévenir et modifier les conditions de vie et le comportement qui contribuent

300

VINGT- HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

à la dissémination des infections sexuelles et ici, évidemment, l'action éducative joue le rôle principal. On a souligné à juste titre que l'éducation sanitaire devrait faire partie intégrante des programmes de lutte contre les maladies transmises par voie sexuelle. Elle devrait être axée sur les moyens locaux et correspondre aux caractéristiques des services de santé existants, tout en faisant largement appel à l'engagement et à la participation de la collectivité. L'éducation sanitaire devrait s'adresser en priorité aux groupes particulièrement exposés au risque pour les aider à prendre conscience du danger, pour les informer sur les méthodes de prophylaxie individuelle et sur la possibilité de se rendre compte des premiers signes de la maladie, pour leur faire comprendre l'importance d'un diagnostic et d'un traitement précoces et les inciter à avoir à cet effet recours à un médecin, enfin pour obtenir leur collaboration à une identification des contacts. C'est une oeuvre qui doit être poursuivie dans tous les centres de traitement et dans tous les centres médico- sociaux s'occupant de la lutte contre la maladie, et qui incombe avant tout aux personnels de santé. Mais il y a une action éducative plus vaste de longue haleine, qui doit être dirigée vers le public en général et surtout vers les jeunes, orientée dans un sens positif, basée sur la promotion et l'amélioration des relations interpersonnelles, de l'adaptation à la vie sociale, de la responsabilité individuelle, vers la sauvegarde de la santé comme valeur précieuse de l'être humain. Elle devrait être intégrée dans un cadre plus vaste, faire partie de l'éducation sexuelle et de la préparation à la vie familiale. Elle devrait commencer assez tôt et être adaptée au degré de développement mental et physique de l'enfant et se poursuivre tout au long des études. C'est une action qui exige une approche multidisciplinaire, à laquelle doivent participer non seulement les travailleurs sanitaires, mais aussi les éducateurs, les sociologues, les parents, les leaders de la communauté et le public en général.

Comme dernier point de cette partie, on a traité les problèmes de la recherche recherche opérationnelle, qui peut et doit être accomplie par tous et qui se base sur l'évaluation du problème et sur l'efficacité des mesures adoptées, et recherche fondamentale - plus difficile évidemment - qui requiert des moyens perfectionnés et un personnel hautement qualifié. En ce qui :

concerne cette dernière, bien que les moyens de diagnostic dont nous disposons soient dans l'ensemble

satisfaisants, il apparaít cependant nécessaire d'encourager les recherches dans le domaine de l'immunologie pour améliorer la fidélité et la sensibilité des épreuves diagnostiques et pour arriver si possible, un jour, à des méthodes d'immunisation active. On a souligné aussi la nécessité de recherches sur les aspects culturels, psycho- sociaux et éducatifs et sur les motivations comportementales, qui peuvent nous fournir des éléments précieux pour mieux orienter l'oeuvre d'éducation sanitaire. Passons maintenant au deuxième point traité par les groupes de travail et qui figure dans le rapport de ces groupes, soit l'organisation des infrastructures sanitaires. On a souligné tout d'abord que les services de lutte contre les maladies transmises par voie sexuelle devraient faire partie intégrante des services de santé et être placés sous la responsabilité des autorités sanitaires. A l'échelon périphérique, il faudrait utiliser d'une façon optimale les centres de santé ruraux polyvalents, les policliniques et les hôpitaux existants. Ces centres devraient, là où c'est possible, disposer d'installations très simples de laboratoire et des techniciens devraient être préparés pour accomplir les recherches les plus simples. A l'échelon intermédiaire, on devrait prévoir des services de laboratoire capables d'assurer le diagnostic de la gonococcie et l'épreuve sérologique simple pour le diagnostic de la syphilis, tandis que, au niveau central, il conviendrait de créer un service central sous la direction d'un médecin compétent, qui aura pour but l'élaboration du programme de lutte, l'évaluation, la surveillance et la coordination des activités dans l'ensemble du pays. Il est évident qu'il s'agit d'un programme que l'on doit mettre en oeuvre progressivement, en commençant par l'échelon périphérique - lequel revêt toujours plus d'importance - et en assurant quand même une coordination au niveau central. Le troisième point traité dans notre rapport est la formation professionnelle. Il est certain qu'aucun programme de lutte antivénérienne ne peut donner des résultats satisfaisants sans la pleine collaboration de la profession médicale. Et cette collaboration dépend à son tour de l'étendue et de la qualité de la formation dans le domaine considéré. Malheureusement, la formation des médecins et des autres personnels de santé en matière de maladies transmises par voie sexuelle est presque partout jugée insuffisante. Il est donc nécessaire d'améliorer la formation universitaire et postuniversitaire des omnipraticiens, ainsi que la formation du personnel auxiliaire à qui, dans de nombreux pays, incombent - surtout à la périphérie - les soins aux malades. Il faut arriver à provoquer un renouveau d'intérêt pour la formation médicale en vénéréologie aussi bien au niveau universitaire que postuniversitaire, et engager les autorités académiques à développer davantage cet enseignement, qu'il s'agisse des aspects cliniques - très importants évidemment - ou des aspects épidémiologiques, en tenant compte surtout des aspects psycho- sociaux et éducatifs. Le médecin généraliste qui compte dans sa clientèle aujourd'hui plusieurs malades atteints de telles affections doit pouvoir diagnostiquer et soigner les cas d'une façon efficace, participer à la recherche des contacts et être informé des tendances épidémiologiques, des progrès de la clinique, des techniques de laboratoire disponibles.

DOUZIEME SEANCE PLENIERE

301

La même action devrait être dirigée vers les responsables d'écoles d'infirmiers et des établissements de formation paramédicale, et surtout vers les travailleurs sanitaires polyvalents des services périphériques qui, dans plusieurs pays, peuvent apporter une contribution remarquable à la lutte antivénérienne. Et j'arrive, Monsieur le Président, au dernier chapitre de notre rapport, qui a trait à l'action internationale souhaitée. Les participants ont souligné à plusieurs reprises le rôle important que devrait jouer l'Organisation mondiale de la Santé en tant qu'organe de consultation, de coordination, de promotion et d'éducation pour tous les aspects de la lutte contre les maladies transmises par voie sexuelle. Une action internationale est souhaitée en particulier pour aider les pays à déterminer l'ampleur, la gravité, l'importance de ces maladies et les ressources disponibles, pour assurer un appui technique et matériel à la mise en oeuvre et au développement d'un programme de lutte, pour instituer des cours de formation pour les travailleurs sanitaires, pour favoriser au moyen de bourses d'études la formation postuniversitaire du personnel médical, pour standardiser les techniques et les réactifs de laboratoire, pour rédiger des manuels pratiques sur le diagnostic et le traitement de maladies transmises par voie sexuelle, avec des directives concernant l'éducation sanitaire et surtout les méthodes à utiliser dans les zones

où les ressources sont limitées, pour encourager enfin la recherche spécialisée et l'échange d'informations et pour concerter et coordonner les activités des organisations internationales et nationales qui s'occupent de lutte antivénérienne. C'est donc un vaste domaine d'activité qui est suggéré et dans lequel l'Organisation mondiale de la Santé peut jouer un rôle très important et efficace. Voilà, Monsieur le Président, les points principaux et les suggestions les plus intéressantes du rapport qui est présenté à l'Assemblée. Nous n'avons pas trouvé, hélas, une formule magique qui puisse résoudre d'un coup un problème très sérieux pour une grande partie des pays du monde. Nous avons essayé simplement de tracer des grandes lignes et de suggérer un programme d'action concrète basé sur une meilleure application des moyens de lutte dont nous disposons aujourd'hui et qui, bien exploités, peuvent donner des résultats satisfaisants et réussir, nous l'espérons, à arrêter et renverser la courbe ascendante des maladies transmises par voie sexuelle. Mais, pour atteindre un tel résultat, il faut renforcer et mieux coordonner notre action. La lutte contre les maladies transmises par voie sexuelle n'est pas seulement un problème médical. Il faut diriger simultanément et peut -être davantage nos efforts vers la promotion et l'application d'une action sociale et éducative qui puisse modifier favorablement l'environnement et le comportement et rendre ainsi plus rentables et plus efficaces les mesures spécifiques de prévention, de diagnostic et de traitement. Le PRESIDENT Je remercie le Professeur Canaperia pour cet exposé, très fouillé, des travaux de nos discussions techniques. Nul mieux que lui ne pouvait remplir cette mission. Le Professeur Canaperia est, comme vous le savez, un des pionniers de la santé publique en général et de l'OMS en particulier - je crois qu'il est un des survivants du groupe des fondateurs. Je me souviens personnellement avoir en 1947 ou 1948 assisté tout jeune à une réunion de l'Union internationale contre le Péril vénérien à laquelle participait le Professeur Canaperia - il y a donc de cela près de trente ans - et je crois que l'Organisation mondiale de la Santé ne pouvait :

pas trouver un meilleur Président général ni un meilleur guide pour ses discussions techniques sur un

problème qui devient - qui redevient - particulièrement important de nos jours. Toute notre reconnaissance ira vers le Professeur Canapería et aussi toute l'amitié que nous portons au Maître que nous avons toujours beaucoup apprécié. Je crois, d'autre part, que l'Assemblée sera d'accord pour prendre acte de ce rapport et aussi peut -être pour recommander au Directeur général d'assurer dans l'une des publications de l'Organisation la parution d'un résumé ou la présentation sous une forme ou une autre de ces discussions techniques. Je voudrais demander maintenant aux délégués s'ils ont une observation à faire concernant l'exposé que nous venons d'entendre. Je donne la parole au délégué de l'Union soviétique.

Le Professeur LISICYN (Union des Républiques socialistes soviétiques) (traduction du Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, j'aimerais dire une fois de plus, devant cette noble assemblée, la reconnaissance que nous éprouvons à l'égard des organisateurs des discussions techniques et en particulier à l'égard du Professeur Canaperia qui en a assuré la présidence générale. Les discussions techniques, comme nous avons pu nous en rendre compte en participant cette année encore à une très intéressante étude d'intérêt actuel, permettent des échanges de vues animés sur des questions d'une utilité immédiate pour chacun de nous et pour l'Organisation; elles aident aussi l'OMS à mieux préciser sa stratégie globale pour la lutte contre les principales maladies. Cette année comme l'an dernier, il a été suggéré de publier la documentation relative aux discussions techniques et nous voudrions proposer, et même demander, au Directeur général et aux organisateurs de ces discussions de faire en sorte que le texte qui sera publié - résumé ou monographie - fournisse un compte rendu plus détaillé des résultats des travaux. russe) :

302

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

Compte tenu de l'intérêt considérable que présentent le rapport du Président général des discussions techniques, le document de base que nous avons soigneusement étudié et les rapports des groupes, il serait utile et souhaitable que le résumé final des discussions techniques en fasse état de façon plus détaillée. J'aimerais voir ce matériel paraître sous la forme d'une monographie détaillée qui mettrait à la disposition des spécialistes et de tous ceux qui s'occupent des problèmes sanitaires actuels la riche expérience des participants aux discussions techniques et de l'Organisation. Je remercie le délégué de l'Union soviétique, qui a confirmé les impressions Le PRESIDENT que vous avez certainement tous ressenties. L'Assemblée prendra donc acte de ce rapport et demandera au Directeur général d'en assurer la diffusion dans les meilleures conditions. :

12.

ELECTION DE SIX MEMBRES HABILITES A DESIGNER UNE PERSONNE DEVANT FAIRE PARTIE DU CONSEIL EXECUTIF (suite de la section 2) :

Je voudrais maintenant, Mesdames et Messieurs, vous annoncer les résultats Le PRESIDENT du vote pour l'élection de Membres habilités à désigner une personne devant faire partie du nombre de Membres ayant droit au vote, 131; absents, 5; abstentions, zéro; Conseil exécutif bulletins nuls, 4; nombre de Membres présents et votants, 122; nombre requis pour la majorité :

simple, 62. Ont obtenu

Soudan, 115 voix; République -Unie de Tanzanie, 115; Togo, 114; Japon, 112; Souaziland, 104; Guyane, 88. Ces six pays ayant tous obtenus la majorité requise sont donc élus et habilités à désigner une personne devant faire partie du Conseil exécutif. Il est maintenant nécessaire, Mesdames et Messieurs, de formuler un projet de résolution que je vais soumettre à vos suffrages. Mais auparavant, je vais procéder au tirage au sort parmi les six pays qui viennent d'être élus afin de déterminer ceux d'entre eux qui vont siéger au Conseil pendant 1 an, pendant 2 ans ou pendant la période complète de 3 ans. J'ai ici les six papiers sur lesquels figurent les noms de la Guyane, du Japon, de la République -Unie de Tanzanie, du Souaziland, du Soudan et du Togo. Je vais plier ces papiers et demander au Dr Lambo de les mettre dans le sachet et de les mélanger. Nous allons maintenant tirer le nom des deux Etats habilités à désigner une personne qui le premier est la Guyane, le deuxième le Japon. siégera pendant une année au Conseil exécutif Je rappelle, pour ceux des membres qui ne sont pas très familiarisés avec le système, qu'au bout d'une année une élection amènera de nouveaux Membres à la place laissée par ces Etats. le Togo Sont maintenant habilités à désigner une personne qui siégera pendant deux ans et le Soudan. Enfin, les deux pays restants, la République -Unie de Tanzanie et le Souaziland, siégeront pendant trois ans au Conseil exécutif. Nous avons donc procédé à l'élection des Membres et déterminé la période pendant laquelle la personne qu'ils auront désignée pourra siéger au Conseil. Nous pouvons maintenant voter la résolution qui confirmera les décisions de l'Assemblée. 1l va de soi que, dans le projet de : : :

résolution, les noms figureront dans l'ordre alphabétique. Je vais demander au Dr Mahler de donner lecture de ce projet. Le DIRECTEUR GENERAL :

La Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé, Ayant examiné les propositions du Bureau de l'Assemblée, ELIT les six Membres supplémentaires suivants comme Membres habilités à désigner des Guyane, Japon, République -Unie de personnes devant faire partie du Conseil exécutif Tanzanie, Souaziland, Soudan et Togo, la durée du mandat de la Guyane et du Japon étant d'un an, celle du mandat du Soudan et du Togo étant de deux ans, et celle du mandat de la République -Unie de Tanzanie et du Souaziland étant de trois ans, conformément aux dispositions de l'article 25 de la Constitution, tel qu'il a été amendé. :

Je remercie le Dr Mahler et je vais demander maintenant s'il y a des obserLe PRESIDENT vations ou des remarques concernant ce projet de résolution, que je soumets à votre approbation. En l'absence d'objections, la résolution est adoptée.1 Je voudrais maintenant adresser mes remerciements tout particuliers au Vice -Président, le Dr Empana, et aux scrutateurs qui ont bien voulu travailler très dur pour nous apporter ces résultats, et je les remercie tout spécialement de ce qu'ils ont bien voulu faire pour :

cette assemblée. La séance est levée.

La séance est levée à 11 h.55.

1 Résolution WHA28.61.

TREIZIEME SEANCE PLENIERE

Jeudi 29 mai 1975, 15 h.30 Président :

Professeur S. HALTER (Belgique)

1.

TRANSFERT D'UN POINT DE L'ORDRE DU JOUR DE LA COMMISSION A A LA COMMISSION B :

Mesdames et Messieurs les délégués, la séance est ouverte. Le PRESIDENT Nous entamons donc ensemble l'avant- dernière séance plénière de cette assemblée, et le premier point que nous devons considérer est relatif à un transfert de point de l'ordre du jour auquel le Bureau a été contraint de se résigner hier pour permettre l'achèvement des travaux. C'est ainsi que le point 2.9, qui figurait à l'ordre du jour de la Commission A, a été transféré à la Commission B et traité ce matin par cette commission. Je présume que l'Assemblée est d'accord pour entériner cette décision du Bureau. Je ne vois pas d'obiections, et je vous en remercie.

2.

DATE DE CLOTURE DE LA VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE :

Le deuxième point que nous devons traiter concerne la date d'ajournement Le PRESIDENT de cette assemblée. Le Bureau a décidé - et cette décision a paru au Journal de ce matin que la date d'ajournement serait le vendredi 30 mai, et que la séance de clôture se tiendrait à 10 heures du matin. Je vous donne donc rendez -vous à tous pour nous retrouver dans cette salle, demain matin à 10 heures, pour procéder à la clôture de cette session. CHOIX DU PAYS OU DE LA REGION OU SE TIENDRA LA VINGT -NEUVIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE :

3.

Le point suivant de notre ordre du jour concerne le choix du pays dans Le PRESIDENT lequel se tiendra la prochaine Assemblée mondiale de la Santé. En effet, l'article 14 de la Constitution dit que l'Assemblée choisit, lors de chaque session annuelle, le pays ou la Région dans lequel se tiendra sa prochaine session annuelle. Le Conseil exécutif en fixe ultérieurement le lieu. Nous devons constater qu'aucune invitation n'est parvenue à cette assemblée de la part d'un pays pour recevoir l'Assemblée mondiale de la Santé et dès lors, il est suggéré que la prochaine Assemblée, c'est -à -dire la Vingt- Neuvième Assemblée mondiale de la Santé, se tienne en Suisse en 1976. Je voudrais savoir si l'Assemblée fait une observation à cet égard. S'il n'y a pas d'observations, il en sera ainsi et la prochaine Assemblée, la Vingt -Neuvième, aura lieu en Suisse.

4.

SIXIEME RAPPORT DE LA COMMISSION B :

Le point suivant de notre ordre du jour consiste en l'approbation d'un Le PRESIDENT certain nombre de rapports des commissions principales. Nous allons examiner d'abord le sixième rapport de la Commission B, tel qu'il est contenu dans le document A28/67. L'Assemblée est -elle d'accord pour adopter la première résolution, intitulée "Sécurité d'emploi des pesticides Classification des pesticides en fonction des dangers qu'ils présentent "? Je ne vois pas d'observations, cette résolution est adoptée. L'Assemblée est -elle d'accord pour adopter la deuxième résolution, intitulée "Coordination à l'intérieur du système des Nations Unies - Programme de l'OMS concernant la santé et l'enviCoordination des programmes et activités dans le domaine de l'environnement" ? Je ronnement vois que le délégué de l'Union soviétique demande à prendre la parole, et je l'invite à venir à la tribune. : :

Le Dr VENEDIKTOV (Union des Républiques socialistes soviétiques) (traduction du russe) Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs, les délégations de l'Union soviétique et de la République Démocratique Allemande souhaitent apporter un amendement au texte de cette résolution. Nous proposons d'ajouter à la fin du préambule, après le deuxième alinéa, un nouvel alinéa conçu comme suit "Considérant l'importance de la résolution 3264 (XXIX) de l'Assemblée générale des Nations Unies relative à l'interdiction d'agir sur l'environnement et le climat à des fins militaires et autres incompatibles avec le maintien de la sécurité internationale, le bien être et la santé de l'être humain, ainsi que de la résolution 3326 (XXIX) de l'Assemblée : :

- 303 -

304

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANIE, PARTIE II

générale des Nations Unies relative au rapport du Conseil d'administration du Programme des Nations Unies pour l'Environnement ". Le reste du texte de la résolution n'est pas modifié. Vous le savez, la question a déjà fait l'objet de discussions à la Commission B. Cependant, sur la proposition du délégué de la France, adoptée par 21 voix contre 19, avec 30 abstentions, la mention des résolutions de l'Assemblée générale a été supprimée du texte final du projet de résolution. Nous pensons qu'il s'agit là du résultat d'un malentendu et c'est pour cette seule raison que nous revenons sur la question, conformément au Règlement intérieur, devant l'Assemblée plénière. Nous tenons en haute estime les travaux des commissions et ne désirons nullement établir un nouveau précédent, mais nous sommes forcés de le faire en raison d'importantes considérations que nous n'avons peut -être pas pu bien expliquer à la Commission B. La première de ces considérations, c'est que l'état de l'environnement et ses effets sur la santé de l'homme nous préoccupent tous. La dégradation de l'environnement, qu'elle soit provoquée par des processus économiques, par l'industrie ou par la pollution chimique, est pleine de dangers. Cela a été fréquemment affirmé dans nos décisions et il serait bien trop long d'énumérer toutes les résolutions qui en font mention. Même lorsque la pollution est provoquée par des facteurs économiques, par l'industrie, par les conditions de vie ou la croissance démographique, elle n'en demeure pas moins indésirable. Que dire lorsque l'environnement, l'écologie ou les conditions de vie sont délibérément perturbés par l'emploi, à des finsmilitaires inhumaines, de substances toxiques, de défoliants, de pesticides, et de rayonnements nucléaires, par la modification du climat, par le déclenchement de pluies artificielles, ou par la destruction de grands barrages ? A ce propos rappelez -vous les menaces récentes dont ont fait l'objet le barrage d'Assouan et le delta du Mékong. Il vous sera facile de trouver d'autres exemples passés ou prévisibles. N'oublions pas que la destruction de la nature équivaut à un matricide. L'Assemblée mondiale de la Santé et tous les médecins ne peuvent être que d'un seul et même avis aucune dégradation de l'environnement n'est tolérable, et cela d'autant moins qu'elle est causée à des fins inhumaines. Notre seul objectif est de défendre et de protéger l'environnement et, dans toute la mesure possible, de le restaurer. Tout ce qui peut être fait en ce sens doit donc être fait. Deuxièmement, il a été dit au cours de la discussion que cet amendement était de nature politique et que l'OMS n'était pas une organisation politique. En est -il vraiment ainsi ? Combien de fois n'avons -nous pas déjà discuté de telles questions et combien de fois ne nous a -t -on pas dit de nous garder de faire de la politique ? Le colonialisme sur tous les plans en général, et sur celui de la médecine en particulier, est une question politique, le néocolonialisme est une question politique, les mouvements de libération sont une question politique, le désarmement et la paix sont des questions politiques et ainsi de suite. Tout est question de politique dans la vie. Mais la politique qui est pratiquée dans notre organisation est d'une nature plus élevée, c'est celle de médecins s'acquittant de leurs obligations professionnelles et mettant tout leur talent au service de la santé en s'efforçant de surmonter les dissensions politiques. Notre politique primordiale est le renforcement de la protection sanitaire. En troisième lieu, je vous ferai observer qu'il ne s'agit pas là de quelque chose de nouveau pour l'Assemblée. Bon nombre de résolutions mentionnent les liens entre la paix et la protection de l'environnement les résolutions WHA11.50, WHA13.56, WHA14.56, WHA19.39, WHA23.53, WHA26.57 et bien d'autres encore. Toutes proclament la même chose l'environnement doit être protégé à tout prix. La seule citation que je vais faire est tirée de la résolution WHA23.53 de la Vingt- Troisième Assemblée mondiale de la Santé; où il est déclaré "que l'utilisation non seulement d'armes chimiques et bactériologiques (biologiques), mais aussi de tous agents chimiques et bactériologiques (biologiques) à des fins militaires, risque de causer dans les processus écologiques des perturbations susceptibles de menacer à leur tour l'existence de la civilisation contemporaine ". Je pourrais vous citer encore bien d'autres exemples, mais soyons conséquents avec nous -mêmes, nous sommes des médecins et nous ferons tout ce que nous pourrons pour sauvegarder la vie et préserver la santé humaine. On nous dit que nous n'avons pas besoin de prendre de décisions au sujet des résolutions de l'Organisation des Nations Unies. Or, nous appartenons à la famille des Nations Unies, nous parlons de coordination et, en cas de besoin, nous adressons des demandes au Secrétaire général et aux Etats Membres de l'Organisation des Nations Unies. Ceci est tout à fait normal et conforme à la Constitution. Mais que se passe -t -il quand, pour la première fois depuis de nombreuses années, l'Organisation des Nations Unies s'adresse directement à nous en se référant à des problèmes de santé ? L'ONU estime opportun de discuter de la question d'une convention internationale destinée à protéger l'environnement de la pollution et de la destruction et elle a inscrit cette question à l'ordre du jour de sa prochaine Assemblée générale, précisant qu'elle l'a fait dans l'intérêt de la santé et du bien -être de l'homme, et nous, nous déclarons que cela ne nous intéresse nullement. Il a été décidé par 126 pays et gouvernements, contre 0 et avec 5 abstentions, que la question était importante et devrait être discutée, et nous, nous décidons par 21 voix contre 19 que cela ne nous concerne pas. L'Organisation des Nations Unies souhaite prévenir la dégradation de l'environnement provoquée par des facteurs autres que le développement économique et nous déclarons que cela nous laisse indifférents. Vous pourriez : : :

TREIZIEME SEANCE PLENIERE

305

vous demander pourquoi nous avançons tant d'arguments en faveur d'un si bref amendement. Mais ces commentaires sont eux aussi très brefs; il aurait certainement convenu de faire savoir combien nous sommes profondément satisfaits par la décision de l'Organisation des Nations Unies, d'exprimer l'opinion des médecins du monde entier et de réclamer une solution rapide du problème. Mais nous nous bornons à demander une seule chose, c'est que le Directeur général soit prêt, s'il en est prié, à fournir à l'Organisation des Nations Unies toutes les données scientifiques et objectives nécessaires sur les conséquences pour la santé humaine de la destruction de l'environnement à des fins militaires et sur les moyens de sauvegarder l'environnement à l'avenir. Nous sommes sûrs que le Directeur général le fera. Je voudrais, pour terminer, vous rappeler l'histoire d'un autre amendement. Lors de la Quatorzième Assemblée mondiale de la Santé, l'Assemblée plénière a examiné la résolution WHA14.58 qui prend acte "de la Déclaration concernant l'octroi de l'indépendance aux pays et aux peuples coloniaux, adoptée par l'Assemblée générale des Nations Unies à sa quinzième session ". Or, cette résolution avait été rejetée par une majorité de 2 voix à la Commission A de la Quatorzième Assemblée mondiale de la Santé. Cependant l'Assemblée plénière est revenue sur la décision de la Commission et a adopté la résolution. Vous savez combien de fois au cours des quinze dernières années, en parlant de pays nouvellement indépendants et en voie de développement, nous avons attiré l'attention sur la résolution WHA14.58 et souligné son importance, et vous savez également que nos programmes se sont souvent basés sur cette résolution. Il me semble que nous avons maintenant une nouvelle occasion de rectifier une erreur ou de dissiper un malentendu qui s'est produit dans l'une de nos commissions. J'espère donc, Mesdames et Messieurs, que vous approuverez le bref amendement proposé par les délégations de l'URSS et de la République Démocratique Allemande. Je remercie le délégué de l'Union soviétique, et je constate que nous Le PRESIDENT sommes en présence d'une proposition d'amendement au projet de résolution intitulé "Coordination à l'intérieur du système des Nations Unies - Programme de l'OMS concernant la santé et Coordination des programmes et activités dans le domaine de l'environnement ". l'environnement Avant d'aller plus loin dans la discussion, je vais donner la parole au délégué de la Chine. Qu'il veuille bien venir à la tribune. : :

M. CHU Hsing -kuo (Chine) (interprétation du chinois) : Monsieur le Président, alors que cet amendement sur la prétendue interdiction d'agir sur l'environnement et le climat à des fins militaires et autres incompatibles avec le maintien de la sécurité internationale, le bien -être et la santé de l'être humain a été rejeté par la Commission B, le délégué de l'Union soviétique revient à la charge en séance plénière et prétend qu'il le fait par souci de la protection de l'environnement mondial. La délégation chinoise est donc obligée d'exposer de nouveau son opinion sur la question. La délégation chinoise estime que l'amendement de la délégation soviétique est entaché d'hypocrisie. L'Union soviétique veut ainsi se présenter comme le défenseur du monde. Or, c'est justement le comportement expansionniste agressif des superpuissances qui est à l'origine de la pollution de l'environnement. L'environnement naturel a été gravement endommagé et mis en danger par la course frénétique aux armements et les préparatifs militaires des deux superpuissances qui se disputent l'hégémonie du monde. Alors qu'elles préconisent le désarmement, les deux superpuissances continuent à développer leurs armements au lieu de les limiter. Telle est la réalité sans fard que nul ne peut contester. L'Union soviétique n'éprouve aucun scrupule à préconiser le désarmement et la détente tout en intensifiant ses actes agressifs et son expansion à l'étranger et en disputant à une autre superpuissance l'hégémonie mondiale. Elle pratique le désarmement par la parole et l'armement par les actes. Et voici qu'elle revient à l'Assemblée sur son projet d'amendement si laborieusement fabriqué. On ne peut que se demander pourquoi l'Union soviétique insiste tant sur la prétendue interdiction d'agir sur l'environnement et le climat à des fins militaires et autres incompatibles avec le maintien de la sécurité internationale, etc., alors qu'elle a refusé de se soumettre à une telle obligation en ce qui concerne la zone dénucléarisée en Amérique latine et qu'elle s'abstient tous les ans de voter pour l'établissement d'une zone pacifique dans l'océan Indien. Son objectif est tout simplement de dresser un écran de fumée pour détourner l'attention des populations et dissimuler ce qu'elle fait réellement, c'est -à -dire accélérer le développement de son armement et ses préparatifs militaires. Il n'est pas difficile de comprendre que si le délégué de l'Union soviétique cherche constamment à glisser sa marchandise de contrebande dans les résolutions de l'Assemblée mondiale de la Santé, c'est qu'il a un motif inavoué. La délégation soviétique faisait initialement partie des auteurs du projet de résolution sur la coordination des programmes et activités dans le domaine de l'environnement. C'est cependant elle qui a proposé l'amendement susmentionné lorsque la résolution a été étudiée à la Commission B, et cela pour essayer d'y glisser la phrase en question, mais elle a rencontré l'opposition d'un certain nombre de pays. Une fois l'amendement rejeté, l'Union soviétique s'est alors abstenue de voter sur sa propre résolution. Cette manoeuvre met précisément en évidence la fausseté du prétendu souci de l'Union soviétique pour l'environnement et son intention de couvrir du paravent de son désarmement feint le développement réel de son armement. Quelle que soit la

306

VINGT- HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

manoeuvre à laquelle ait recours le délégué de l'Union soviétique, cela ne masquera pas la nature agressive et expansionniste de l'impérialisme soviétique. C'est pourquoi la délégation chinoise s'oppose à l'amendement soviétique. Le PRESIDENT Je remercie l'honorable délégué de la Chine pour son intervention. Je voudrais rappeler qu'il s'agit donc d'un projet d'amendement. Je vois que le délégué de la République Démocratique Allemande souhaite prendre la parole. Qu'il veuille bien venir à la :

tribune.

M. SCHUMANN (République Démocratique Allemande) (traduction de l'anglais) : Monsieur le Président, le projet de résolution dont nous sommes saisis est intitulé "Coordination à l'intérieur du système des Nations Unies - Programmes de l'OMS concernant la santé et l'environnement Coordination des programmes et activités dans le domaine de l'environnement ". Il est donc tout à fait naturel que l'Assemblée prenne note des résolutions pertinentes de l'Organisation des Nations Unies traitant de la coordination des activités en matière d'environnement et d'autres questions qui intéressent l'Assemblée mondiale de la Santé. La déclaration que nous venons d'entendre n'est, de l'avis de ma délégation, guère inspirée par le souci de l'environnement, de la protection de l'environnement et de la coordination des activités dans le domaine de l'environnement, mais bien plutôt par des objectifs politiques évidents. En soutenant l'amendement présenté par le délégué de l'Union soviétique, je tiens à rappeler les liens indissolubles qui existent entre tous les organismes des Nations Unies; il est donc logique et tout à fait conforme à la Constitution de l'OMS que l'Assemblée mondiale de la Santé soutienne l'initiative de l'Assemblée générale des Nations Unies visant à améliorer le bien -être et la santé de l'homme et à éliminer tous les effets adverses existants et possibles pour la santé de l'homme. La résolution 3264 (XXIX) de l'Assemblée générale relative à l'interdiction d'agir sur l'environnement et le climat à des fins militaires et autres incompatibles avec le maintien de la sécurité internationale, le bien -être et la santé de l'être humain, qui a été adoptée à une vaste majorité, est une résolution fondamentale dont l'importance pour l'OMS, de façon générale et sur le plan de la coordination en particulier, est évidente. Il en est de même pour la résolution 3326 (XXIX) de l'Assemblée générale également mentionnée dans l'amendement. Cette résolution relative au rapport du Conseil d'administration du Programme des Nations Unies pour l'Environnement sur sa deuxième session traite - compte tenu de la résolution 3201 (S -VI) de la sixième session extraordinaire de l'Assemblée générale des Nations Unies sur la déclaration concernant l'instauration d'un nouvel ordre économique international et de la résolution 3202 (S -VI) de cette même session sur le programme d'action concernant l'instauration d'un nouvel ordre économique international - de problèmes fondamentaux de coordination en matière d'environnement intéressant toutes les institutions du système des Nations Unies. Elle a été adoptée par 131 voix contre une, avec une abstention. Le texte intégral des deux résolutions est contenu dans le document A28 /B /Conf.Doc. N° 18 distribué voici deux jours et, en ce qui concerne plus précisément la résolution 3326 (XXIX), ma délégation est d'avis qu'elle doit être dûment mentionnée dans l'intérêt de tous les pays en voie de développement qui se sont prononcés avec une telle unanimité en faveur du programme d'action et de la déclaration de la sixième session extraordinaire de l'Assemblée générale des Nations Unies. Toute coopération et toute coordination inter -institutions devraient normalement reposer sur le respect des résolutions pertinentes de l'instance la plus haute de l'Organisation des Nations Unies, compte tenu des conséquences possibles de ces résolutions pour d'autres organismes et institutions du système des Nations Unies. L'Assemblée mondiale de la Santé ne peut donc faire moins que prendre note de ces résolutions, et c'est précisément ce à quoi tend l'amendement proposé. Le bien -être et la santé sont indissociables et devraient être envisagés dans leurs rapports politiques et sociaux concrets, compte tenu des réalités et des nécessités de l'Organisation mondiale de la Santé; aussi la délégation de la République Démocratique Allemande espère t -elle que l'Assemblée votera massivement en faveur de l'amendement proposé. :

Le PRESIDENT Je remercie le délégué de la République Démocratique Allemande. Je ne vois pas d'autres interventions. Je voudrais donc signaler que la proposition de l'Union soviétique est une proposition d'amendement, et qu'elle tombe sous le coup de l'application de l'article 51 du Règlement intérieur de l'Assemblée, dont je vais donner lecture : :

"Les propositions et amendements doivent normalement être formulés par écrit et remis au Directeur général, qui en fait distribuer le texte aux délégations. En règle générale, aucune proposition ne sera discutée ou mise aux voix à une séance de l'Assemblée de la Santé si le texte n'en a pas été distribué à toutes les délégations au plus tard la veille de cette séance. Toutefois, le Président a la faculté d'autoriser la discussion et l'examen de ces propositions et amendements, ou de motions de procédure, même s'ils n'ont pas été distribués ou ne l'ont été que le jour même." Compte tenu du fait que l'amendement de la délégation de l'Union soviétique est un texte clair et précis - dont je demanderai dans un instant au Directeur général de donner lecture à

TREIZIEME SEANCE PLENIERE

307

cette assemblée - et en vertu de la possibilité qui m'est offerte par l'article 51 du Règlement intérieur, je décide d'ouvrir la discussion pour l'examen de la proposition d'amendement qui vient d'être faite. Je voudrais demander si quelqu'un souhaite prendre la parole. Puisqu'aucune délégation ne souhaite prendre la parole, je vais mettre la proposition de l'Union soviétique aux voix, et cela en vertu de l'article 65 qui donne priorité au vote sur l'amendement, et je vais demander de bien vouloir voter à main levée. Je vais donc demander aux délégations qui sont en faveur de l'amendement de bien vouloir se faire connaître, mais je vais prier d'abord le Directeur général de donner lecture du texte qui est proposé à vos suffrages. Le DIRECTEUR GENERAL (traduction de l'anglais) lecture de l'amendement proposé :

:

Monsieur le Président, je vais donner

"Considérant l'importance de la résolution 3264 (XXIX) de l'Assemblée générale des Nations Unies relative à l'interdiction d'agir sur l'environnement et le climat à des fins militaires et autres incompatibles avec le maintien de la sécurité internationale, le bien -être et la santé de l'être humain, ainsi que de la résolution 3326 (XXIX) de l'Assemblée générale des Nations Unies relative au rapport du Conseil d'administration du Programme des Nations Unies pour l'Environnement ". Je remercie le Directeur général, et je mets maintenant ce projet d'amenLe PRESIDENT dement aux voix. Que celles des délégations qui sont en faveur de l'acceptation de cet amendement veuillent bien lever leur pancarte. Je vous remercie. Que celles des délégations qui sont contre l'insertion de cet amendement veuillent bien lever leur pancarte. Je vous remercie. Que celles des délégations qui souhaitent s'abstenir veuillent bien lever leur pancarte. Je vous remercie. Je vous communiquerai le résultat du vote dans quelques instants. nombre de Membres préMesdames et Messieurs les délégués, voici les résultats du vote sents et votants, 29; majorité requise, 15, votes pour, 23; votes contre, 6; abstentions, 58. La proposition est donc adoptée. Je vais maintenant demander de voter sur la résolution dans son ensemble, telle qu'elle vient d'être amendée. Que les délégations qui sont en faveur de cette résolution veuillent bien lever leur pancarte. Que celles des délégations qui sont contre le texte de cette résolution veuillent bien lever leur pancarte. Que celles des délégations qui souhaitent s'abstenir veuillent bien se faire connaître en levant leur pancarte. Je vous remercie. Le résultat vous sera communiqué dans un instant. nombre de Membres préMesdames et Messieurs les délégués, voici les résultats du vote sents et votants, 65; majorité requise, 33; votes pour, 65; votes contre, 0; abstentions, 15. Le projet de résolution est adopté. Le délégué de la Chine. S'il vous plait, veuillez venir à la tribune. : : :

M. CHU Hsing -kuo (Chine) (interprétation du chinois) Monsieur le Président, permettez moi d'expliquer la position prise par la délégation chinoise lors du vote qui vient d'avoir lieu. Son opinion concernant la résolution susmentionnée a déjà été exposée. Pour ce qui est du faux désarmement et du véritable réarmement de l'Union soviétique, la délégation chinoise n'éprouve "absolument aucun intérêt ". La propagande de l'Union soviétique n'est rien d'autre que de la poudre aux yeux. C'est pourquoi la délégation chinoise a décidé de ne pas participer au vote sur ladite résolution. :

Le PRESIDENT Je remercie le délégué de la Chine. Y a -t -il d'autres interventions ? Je n'en vois pas. Nous passons à la suite du rapport. L'Assemblée est -elle d'accord d'adopter la troisième et dernière résolution, intitulée "Fluoration et santé dentaire" ? Je ne vois pas d'observations, cette résolution est adoptée.l Le délégué de l'Autriche. :

Merci, Monsieur le Président, la Le Dr VELIMIROVIC (Autriche) (traduction de l'anglais) délégation autrichienne a accueilli avec satisfaction la résolution sur la fluoration et la santé dentaire. Elle a cependant demandé d'y apporter un petit amendement, un bien petit amendement en vérité, qui, ainsi que l'ont fait observer les distingués délégués de l'Iran et de l'Italie, n'aurait nui ni à la clarté, ni au sens de la résolution, mais l'aurait simplement dotée d'une plus grande souplesse d'application. Les auteurs de la résolution ont refusé d'accepter cet amendement et la délégation autrichienne l'a retiré. Mon gouvernement m'a prié toutefois d'expliquer la position de la délégation autrichienne sur cette résolution. Nous avions proposé cet amendement pour une raison d'ordre pragmatique et pour une question de principe. Tout d'abord, nous sommes d'avis que la résolution sans :

1 Résolution WEA28.64.

308

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

l'amendement a un caractère discriminatoire à l'égard des populations rurales du monde, c'està -dire en fait à l'égard des deux tiers de la population mondiale. Même dans les pays européens, dans le mien par exemple, la moitié de la population n'est pas desservie par un système d'approvisionnement en eau sous canalisation. Nous estimons qu'il faudrait chercher à atteindre le double objectif de procéder à une détermination scientifique et technique et de permettre une importante participation du public à l'aide de méthodes plus susceptibles de réussir que celle qui consiste à imposer des mesures arbitraires. Deuxièmement, nous estimons par principe que l'eau ne devrait pas être utilisée pour véhiculer des médicaments, même si ces médicaments peuvent être bénéfiques à une partie de la population. C'est pour ces raisons que l'Autriche a choisi de faire distribuer des comprimés de fluor et qu'elle est prête à adopter toute autre méthode, qu'il s'agisse de la distribution de lait fluoré, ou de méthodes du genre de celles qui sont si bien exposées dans le document de base préparé par le Directeur général. Nous sommes d'avis que la méthode scientifique est d'abord destinée à éclairer, c'est -à -dire à enrichir les connaissances, et non pas à appuyer des prétentions ou à influencer la prise de décision. Nous ne voulons pas recommencer la discussion. Nous ne demanderons donc pas que notre amendement fasse l'objet d'un nouveau vote. Selon les instructions de mon gouvernement, je tiens cependant à déclarer que cette résolution ne pourra malheureusement pas servir de guide à l'Autriche et je demande qu'il en soit pris acte. Le PRESIDENT Je remercie le délégué de l'Autriche. Il est évident que sa déclaration sera reprise dans le compte rendu de cette séance. Y a -t -il d'autres remarques ? Non. Nous devons maintenant approuver le rapport dans son ensemble. Y a -t -il des remarques ? Je n'en vois pas, le rapport est approuvé.1 :

5.

SEPTIEME RAPPORT DE LA COMMISSION B :

Le PRESIDENT Nous passons maintenant, si vous le voulez bien, à l'examen du septième rapport de la Commission B, tel qu'il est contenu dans le document A28/68, plus un corrigendum N° 1, qui ne figurerait qu'en langue russe. L'Assemblée est -elle d'accord pour adopter la première résolution, intitulée "Substances prophylactiques et thérapeutiques Règles de bonne pratique applicables à la fabrication des médicaments et au contrôle de leur qualité et système de certification de la qualité des produits pharmaceutiques entrant dans le commerce international" ? Y a -t -il des remarques ? Je n'en vois pas; la résolution est adoptée. L'Assemblée est -elle d'accord pour adopter la deuxième résolution, intitulée "Substances prophylactiques et thérapeutiques" ? Je ne vois pas de remarques; cette résolution est adoptée. L'Assemblée est -elle d'accord pour adopter la troisième résolution, intitulée "Caisse commune des Pensions du Personnel des Nations Unies Rapport annuel du Comité mixte de la Caisse commune des Pensions du Personnel des Nations Unies pour 1973" ? Je ne vois pas de remarques; cette résolution est adoptée. L'Assemblée est -elle d'accord pour adopter la quatrième résolution intitulée "Caisse commune des Pensions du Personnel des Nations Unies Nomination de représentants au Comité des Pensions du Personnel de l'OMS" ? Je ne vois pas de remarques; la résolution est adoptée. L'Assemblée peut -elle adopter la cinquième et dernière résolution, intitulée "Méthode de travail de l'Assemblée mondiale de la Santé" ? Je ne vois pas de remarques; cette résolution est adoptée. Il nous reste à approuver le rapport dans son ensemble. Y a -t -il des observations ? Je n'en vois pas; le septième rapport de la Commission B est approuvé.2 : : :

6.

HUITIEME RAPPORT DE LA COMMISSION B :

Le PRESIDENT Nous pouvons maintenant passer à l'examen du huitième rapport de la Commission B, tel qu'il est contenu dans le document A28/70. L'Assemblée est -elle d'accord pour adopter la première résolution, intitulée "Rôle de l'OMS dans le développement et la coordination de la recherche sur les maladies tropicales" ? Je ne vois pas de remarques; cette résolution est adoptée. L'Assemblée est -elle d'accord pour adopter la deuxième résolution, intitulée "Rôle de l'OMS dans le développement et la coordination de la recherche biomédicale" ? Je ne vois pas d'observations; la résolution est adoptée. Il nous reste maintenant à approuver le rapport dans son ensemble. Y a -t -il des observations ? Je n'en vois pas; le huitième rapport de la Commission B est approuvé.2

1 Voir p. 699.

2 Voir p. 700.

TREIZIEME SEANCE PLENIERE 7.

309

QUATRIEME RAPPORT DE LA COMMISSION A :

Le PRESIDENT Nous procédons maintenant à l'examen du quatrième rapport de la Commission A, tel qu'il est contenu dans le document A28/65. Ce rapport contient quatorze résolutions sur lesquelles je vais demander à l'Assemblée de se prononcer une par une. Première résolution, intitulée "Utilisation et obtention du sang humain et de ses dérivés ". Y a -t -il des observations ? Je n'en vois pas; cette résolution est adoptée. Deuxième résolution, intitulée "Programme de médecine du travail ". Y a -t -il des observations ? Je n'en vois pas; cette résolution est adoptée. L'Assemblée peut -elle marquer son accord sur la troisième résolution, intitulée "Cycle budgétaire biennal" ? Je ne vois pas de remarques; la résolution est adoptée. L'Assemblée est -elle d'accord pour adopter la quatrième résolution, intitulée "Assistance aux pays en voie de développement" ? Je prie le délégué de la Chine de bien vouloir venir à la tribune. M. LIN Chia -sen (Chine) (interprétation du chinois) : Monsieur le Président, la délégation chinoise souhaite préciser sa position concernant certains aspects du projet de résolution intitulé "Assistance aux pays en voie de développement" qui a été présenté par la délégation soviétique et approuvé par la Commission A. Au cours de la présente Assemblée, nous avons appris avec beaucoup de satisfaction que les pays en voie de développement avaient fait de grands efforts pour développer leurs services nationaux de santé et améliorer la santé de leur population, et qu'ils avaient réalisé de grands progrès à cet égard. Cependant, comme le prouve l'expérience de notre pays, dans le cas d'un certain nombre de pays en voie de développement, il faudra, s'ils veulent modifier radicalement leur situation sanitaire et élever le niveau de santé de leur population, qu'ils commencent par se libérer de l'emprise agressive et de l'exploitation de l'impérialisme, du colonialisme et du néocolonialisme et acquièrent et conservent leur indépendance politique et économique totale. A partir de là, chaque pays pourra s'en remettre aux masses de la population pour développer son économie nationale et ses services de santé en toute indépendance. Il faudra également - et ceci stimulera aussi le développement des services de santé nationaux - que ces pays procèdent A l'échange de techniques économiques dans le respect mutuel des principes de la souveraineté nationale, de l'égalité et de la réciprocité, et qu'ils s'aident mutuellement à combler leurs propres lacunes. L'OMS devrait orienter ses activités vers le tiers monde et contribuer à la promotion des services de santé nationaux. C'est dans cet esprit que la délégation chinoise approuve vivement les projets de résolutions proposés par l'Algérie et un certain nombre d'autres pays concernant l'assistance aux pays en voie de développement et l'assistance spéciale au Viet -Nam et au Cambodge. Nous sommes prêts à unir nos efforts à ceux des pays en voie de développement pour combattre l'agression et l'exploitation impérialistes et pour développer les services nationaux de santé. A l'heure actuelle, les deux superpuissances se livrent un âpre combat d'influence dans le monde entier. Elles rivalisent dans la course aux armements, se préparent sans cesse à la guerre, et exploitent le tiers monde. L'agression et l'expansion des superpuissances sont la cause première de la pauvreté et de l'insécurité dans le tiers monde; l'économie nationale et les services de santé nationaux des pays du tiers monde ne pourront donc véritablement progresser que par la lutte contre l'intervention, l'emprise et l'exploitation de l'impérialisme, du colonialisme et du néocolonialisme. La délégation chinoise a fait savoir devant la Commission A qu'elle était fortement opposée au projet de résolution mensonger proposé par la délégation soviétique sous le couvert de "l'assistance aux pays en voie de développement" et elle a voté contre. Le prétendu désir de réduire les budgets militaires et d'employer les économies ainsi réalisées pour fournir une assistance aux pays en voie de développement n'est en fait qu'une ruse employée par le délégué de l'Union soviétique à la vingt -huitième session de l'Assemblée générale des Nations Unies, et voici que la délégation soviétique veut user du même artifice devant l'Assemblée mondiale de la Santé. L'idée d'utiliser les économies réalisées grâce à la réduction des budgets militaires en vue de l'amélioration des conditions sanitaires dans divers pays est très séduisante, mais la réalité, c'est que pendant ces dix dernières années la course aux armements des deux superpuissances ne s'est jamais ralentie. Alors qu'elle réclame à cor et à cri le désarmement, l'Union soviétique accélère et renforce le développement de son armement, et elle ne se contente pas de le faire pour son armement traditionnel, elle accroit aussi dans des proportions inouies son armement nucléaire. Devant notre assemblée, le délégué de l'Union soviétique a parlé brièvement de la réduction du budget militaire dans le but d'améliorer la situation sanitaire dans divers pays. Tout cela n'est que fumisterie, promesses creuses et vile propagande trompeuse. Voilà dix ans et plus que l'Union soviétique nous joue cet air usé de la prétendue réduction des budgets militaires et de l'emploi des crédits ainsi économisés pour fournir une assistance aux pays en voie de développement. Mais jamais nul n'a vu l'Union soviétique réduire ses armements; et si elle l'a fait, combien de l'argent économisé a -t -elle consacré A l'assistance aux autres pays ? Elle colporte partout cette proposition fallacieuse qui n'a d'autre but que de créer un écran de fumée destiné à dissimuler ses préparatifs militaires, le développement de ses armements, ses actes d'agression et son expansionnisme. Ses agissements sont ignominieux, mais il a été prouvé et il sera encore prouvé qu'ils sont totalement vains. La délégation

310

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

chinoise a estimé nécessaire de dévoiler ici au grand jour la supercherie de l'Union soviétique et demande que sa déclaration soit insérée dans le compte rendu de la présente séance.

Merci, Monsieur le délégué de la Chine; il est entendu, bien sûr, que votre Le PRESIDENT intervention sera insérée dans le compte rendu de la présente séance. Le délégué de l'Union soviétique a demandé la parole. :

Le Dr VENEDIKTOV (Union des Républiques socialistes soviétiques) (traduction du russe) Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les délégués, il n'était pas dans mes intentions de répondre à la déclaration faite par le délégué de la Chine, mais je tiens à le faire car il a dit que l'Union soviétique faisait de la propagande en faveur de la paix. Certes, c'est ce que nous faisons. Un pays qui souffre encore de ses blessures trente ans après la Seconde Guerre mondiale a le droit de le faire. Nous faisons de la propagande en faveur de la paix, du désarmement, de la liberté, de l'indépendance et de la libération nationale. Tel est le programme de paix adopté par le Vingt -Quatrième Congrès du Parti communiste soviétique; tout le monde connaît ce programme qui est pour quelque chose dans l'éradication des foyers d'activité militaire en Indochine et au Proche -Orient, le rejet de l'emploi de la force, le maintien de la sécurité collective en Europe, l'interdiction de l'emploi des armes de destruction massive, le désarmement nucléaire de toutes les puissances nucléaires, la fermeture de bases militaires et, ce qui est encore plus important, dans le développement de la coopération internationale sur tous les problèmes. Nous ne nous contentons pas de faire de la propagande, nous oeuvrons aussi pour la paix et tous ceux qui se sont battus ou continuent à se battre pour être libres le savent. Nous faisons également de la propagande pour les décisions de l'Organisation des Nations Unies que nous considérons comme des documents importants et non comme de simples chiffons de papier. Mais je dois dire que d'entendre de telles déclarations et de devoir y répondre m'est très pénible. Il n'y a pas là de quoi se réjouir, en effet. Je suis moi -même entré dans le domaine de l'action de santé internationale après la guerre et je me rappelle combien nous avons été heureux du succès de la Révolution en Chine, comme nous en avons été fiers et combien de tombes russes se trouvent sur le sol chinois. Certains parmi les plus jeunes d'entre vous ne s'en souviennent peut -être pas, mais moi je me souviens des rapports étroits que nous avions à cette époque dans le domaine de la santé avec la Chine. En 1948 et 1949, nos médecins ont travaillé aux côtés des médecins chinois pour lutter contre la peste, le choléra et la variole. Notre Croix -Rouge a envoyé des équipes pour lutter contre les épidémies et a construit des hôpitaux qui ont ensuite été remis gracieusement à la République populaire de Chine. Plus de 3000 médecins soviétiques et de nombreux spécialistes soviétiques ont exercé en Chine; des milliers de Chinois ont étudié dans nos écoles de médecine et nos collèges techniques et j'en ai connu beaucoup personnellement. Nous avions des accords concernant l'échange d'étudiants au niveau universitaire et postuniversitaire, et concernant le développement de la recherche; nous avons donné à la République populaire de Chine le meilleur de ce que nous savions et le meilleur de ce que nous avions alors que nous avions nous -mêmes si peu de chose après la guerre. En ces temps -là, nous n'étions pas traités de la sorte; nous étions considérés comme des frères, nos médecins recevaient des décorations de l'ordre de l'amitié, les rapports étaient cordiaux et le mot "sul'en" c'est -à -dire "soviet" n'était pas alors une injure, mais un terme d'amitié. Nous chantions des chants qui parlaient de Moscou et de Pékin et qui disaient que les Russes et les Chinois seraient toujours frères. Nous, médecins, ne comprendrons jamais ce qui s'est passé, ce qui a changé. Mais nous, nous n'avons pas changé et nous ne regrettons pas nos actions passées ni notre amitié. Nous savons que les peuples ont la mémoire longue et nous sommes sûrs que le grand peuple chinois ne fait pas exception à la règle. :

Le PRESIDENT Merci, Monsieur le délégué de l'Union soviétique. Le délégué de la Chine voudra bien revenir à la tribune. :

M. LIN Chia -sen (Chine) (interprétation du chinois) Monsieur le Président, la délégation chinoise a le droit de répondre à la déclaration du délégué de l'Union soviétique. Il a parlé de désarmement et de détente. Sa plaidoirie est totalement vaine; il ne peut dissimuler la vraie nature du développement des armements et des préparatifs militaires de l'Union soviétique qui sont des actes criminels. Chacun est à même de constater depuis combien d'années l'Union soviétique s'efforce dans toutes les parties du monde d'intensifier le développement de ses armements et ses préparatifs militaires. C'est un fait, un fait qui à lui seul suffit à démontrer l'hypocrisie de la propagande des impérialistes soviétiques. La délégation soviétique a mentionné l'amitié sino- soviétique et l'assistance soviétique à la Chine. Je voudrais dire quelques mots à ce sujet. L'amitié entre le peuple chinois et le peuple soviétique n'a pas disparu. Elle existait dans le passé et elle continue à exister. Mais nous nous opposons à vos sociaux impérialistes soviétiques, ces renégats du léninisme et du marxisme, et à votre politique d'expansion des armements et de préparatifs militaires. Nous n'avons pas oublié l'assistance que le peuple soviétique nous a apportée dans le passé. Mais nous avons aussi fait l'expérience de :

TREIZIEME SEANCE PLENIERE

311

la prétendue aide des dirigeants soviétiques. Par ce moyen, ils pratiquent l'expansionnisme; notre expérience à cet égard est complète. C'est pourquoi, quels que soient vos arguments, vous ne pourrez dissimuler la vraie nature de votre politique.

Le PRESIDENT Je remercie le délégué de la Chine, mais je vais clore ce débat car nous nous sommes vus informés par les deux parties, et je ne crois pas que la poursuite de cet échange de vues pourrait apporter quelque chose au sujet du projet de résolution en discussion. J'exprime mes regrets à la délégation de la République Démocratique Allemande, mais je ne pense pas que, sur le sujet lui -même, il y ait grand -chose à ajouter pour le moment, et je vais demander que la délégation de la République Démocratique Allemande m'excuse si je la prie de rester à son banc. Je voudrais maintenant soumettre cette résolution à l'approbation de l'Assemblée. Y a -t -il une opposition à l'adoption de cette résolution ? Je n'en vois pas. Cette résolution est adoptée. L'Assemblée est -elle d'accord pour adopter la cinquième résolution, intitulée "Principes directeurs du budget programme concernant l'assistance technique aux pays en voie de développement" ? Y a -t -il des objections ? Je n'en vois pas; cette résolution est adoptée. L'Assemblée est -elle d'accord pour adopter la sixième résolution, intitulée "Assistance aux pays en voie de développement" ? En l'absence d'objections, cette résolution est adoptée. L'Assemblée est -elle d'accord pour adopter la septième résolution, intitulée "Assistance aux Etats ayant récemment accédé à l'indépendance et aux Etats en voie d'y accéder en Afrique" ? Y a -t -il des remarques ? Il n'y en a pas. La résolution est adoptée. L'Assemblée est -elle d'accord pour adopter la huitième résolution, intitulée "Assistance spéciale au Cambodge, à la République démocratique du Viet -Nam et à la République du Sud Viet -Nam" ? Il n'y a pas d'observations; la résolution est adoptée. L'Assemblée est -elle d'accord pour adopter la neuvième résolution, intitulée "Pharmacodépendance" ? Je ne vois pas d'observations; la résolution est adoptée. L'Assemblée est -elle d'accord pour adopter la dixième résolution, intitulée "Statistiques sanitaires relatives à l'alcool" ? Il n'y a pas de remarques; la résolution est adoptée. L'Assemblée est -elle d'accord pour adopter la onzième résolution, intitulée "Prévention du rachitisme, de l'ostéomalacie et de l'ostéoporose" ? En l'absence d'observations, elle est :

adoptée.

L'Assemblée est -elle d'accord pour adopter la douzième résolution, intitulée "Besoins en d'animaux de laboratoire pour le contrôle des produits biologiques et l'établissement de colonies de reproducteurs" ? Il n'y a pas de remarques; elle est adoptée. L'Assemblée est -elle d'accord pour adopter une treizième résolution, intitulée "Promotion de la santé mentale" ? Je ne vois pas de remarques; la résolution est adoptée. L'Assemblée est -elle d'accord pour adopter la quatorzième et dernière résolution, intitulée "Planification à long terme de la coopération internationale en matière de recherche sur le cancer ". Je ne vois pas d'observations; cette résolution est adoptée. Il nous faut maintenant approuver le rapport dans son ensemble. Y a -t -il des observations ? Je n'en vois pas. Le rapport est approuvé.1

8.

CINQUIEME RAPPORT DE LA COMMISSION A :

Le PRESIDENT Nous passons maintenant à l'examen du cinquième rapport de la Commission A, tel qu'il est contenu dans le document A28/69. L'Assemblée est -elle d'accord pour adopter la première résolution, "Résolution portant ouverture de crédits pour l'exercice financier 1976" ? Il n'y a pas d'observations. Cette résolution est adoptée. L'Assemblée est -elle d'accord pour adopter la deuxième résolution intitulée "Etat d'avancement du programme antipaludique" ? Il n'y a pas de remarques; la résolution est adoptée. L'Assemblée est -elle d'accord pour adopter la troisième résolution, "Promotion des services nationaux de santé en ce qui concerne les soins de santé primaires' ? Il n'y a pas de remarques. La résolution est adoptée. Nous avons maintenant à approuver le rapport dans son ensemble. Y a -t -il des observations ? Je n'en vois pas. Le cinquième rapport de la Commission A est approuvé.1 ETUDE ET APPROBATION DES RAPPORTS DU CONSEIL EXECUTIF SUR SES CINQUANTE - QUATRIEME ET CINQUANTE - CINQUIEME SESSIONS

9.

Il nous faut maintenant adopter une résolution concernant les rapports Le PRESIDENT du Conseil exécutif sur ses cinquante -quatrième et cinquante -cinquième sessions. Vous vous :

1 Voir p. 697.

312

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

souviendrez que, lorsque nous avons examiné les rapports du Conseil exécutif, il a été fait une réserve; il a été dit qu'une résolution devait encore être présentée lorsque les rapports des commissions principales auraient été discutés et que celles -ci auraient terminé l'examen de la partie II des Actes officiels N° 223 (Conseil exécutif, cinquante- cinquième session).

Il s'agit donc maintenant qu'une résolution prenant acte des rapports du Conseil soit examinée et approuvée par vous. Le texte que je vous propose - et qui résume, je pense, les observations dont j'ai eu connaissance sur ces rapports et rend en même temps hommage au dévouement avec lequel le Conseil exécutif s'est acquitté de sa tâche - pourrait être rédigé comme suit La Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé

PREND ACTE des rapports du Conseil exécutif sur ses cinquante -quatrième et cinquante -cinquième sessions; 1.

2.

FELICITE le Conseil du travail accompli; et

PRIE le Président de la Vingt- Huitième Assemblée mondiale de la Santé de transmettre les remerciements de l'Assemblée aux membres du Conseil exécutif dont le mandat vient à expiration immédiatement après la clôture de la présente Assemblée de la Santé. L'Assemblée est -elle d'accord pour adopter cette résolution ? Je ne vois pas d'observations. Cette résolution est donc adoptée.l Je voudrais en profiter d'ailleurs pour remercier tout particulièrement le Président du Conseil exécutif, ses collaborateurs et les membres du Conseil exécutif pour l'excellent travail qu'ils ont accompli et, surtout, pour la façon dont ils se sont acquittés de la tâche extrêmement ardue qui a été la leur pendant cette longue session de l'Assemblée où ils ont, aux Commissions A et B, participé aux discussions, suivi ces discussions et informé les délégués. Mesdames et Messieurs les délégués, ceci nous amène à la fin de notre ordre du jour pour aujourd'hui. Je vous rappelle que la séance de clôture aura lieu demain matin à 10 heures dans cette même salle. La séance est levée. 3.

La séance est levée à 16 h.50.

1 Résolution WHA28.89.

QUATORZIEME SEANCE PLENIERE Vendredi 30 mai 1975, 10 heures Président :

Professeur S. HALTER (Belgique)

CLOTURE DE LA SESSION Le PRESIDENT : Mesdames et Messieurs les délégués, Mesdames et Messieurs, la séance est ouverte. Comme vous le savez, nous devons maintenant procéder à la clôture de cette VingtHuitième Assemblée mondiale de la Santé. Un certain nombre de personnes ont souhaité s'adresser à cette assemblée et je vais leur donner successivement la parole. Le premier orateur qui a demandé à intervenir est Sir Harold Walter, de Maurice, que je prie de bien vouloir venir à la tribune.

Monsieur le Président, Monsieur le Sir Harold WALTER (Maurice) (traduction de l'anglais) Directeur général, Mesdames, Messieurs, j'estime qu'avant de commencer je me dois, pour la petite histoire, de relever une inexactitude. Ce n'est pas moi qui ai demandé à prendre la parole; j'ai été choisi par les Membres de la Région africaine pour être leur porte -parole. Voilà pour la vérité historique. On dit qu'il y a des hommes qui apportent la grandeur en naissant, et d'autres qui y parviennent par leurs efforts. En ce qui me concerne, la grandeur m'a été conférée, puisque le groupe africain m'a fait l'honneur de me désigner comme son porte -parole auprès de vous. Quant à savoir si je répondrai à son attente, sujet d'inquiétude pour certains, c'est en tout cas pour moi un sujet d'angoisse. Mais, quoi qu'il en soit, je remercie très chaleureusement mes collègues des pays unis de l'Afrique pour l'honneur qu'ils me font. Dans une heure nous toucherons à la fin d'une journée bien remplie. Nous avons récolté ce que nous avons semé, et nous avons retiré de cette assemblée ce que nous y avions mis. Je ne crois pas aux louanges, car ce que chacun ou chacune d'entre nous a fait reste inscrit à son crédit et ne peut lui être dénié même par le pire et le plus exigeant de ses ennemis, mais il n'en reste pas moins que l'Assemblée a été dotée d'un Président qui sait où il va et ce qu'il fait, ainsi que d'un Directeur général et d'un Directeur général adjoint qui ont donné à l'OMS un nouvel élan, conforme à l'évolution des temps. Toute société qui est statique recule, mais celle qui bouge avance. La force motrice de ce changement vient de ces deux chefs de file et de leur vaillante équipe. Les Présidents des commissions ont montré que c'est dans les circonstances les plus difficiles qu'ils donnent le meilleur d'eux -mêmes. Comme à l'accoutumée, les interprètes ont été parfaits. Le bureau du protocole, sous la direction avisée, infatigable et affable de M. Fedele, a fait mentir une fois de plus le vieux proverbe "A l'impossible nul n'est tenu." Le Directeur régional pour l'Afrique a une fois de plus administré la preuve, tout au long de l'année et lors de la présente réunion, de son dévouement à la cause de l'humanité en veillant à ce que le droit à la santé soit reconnu à tous les Africains. Cette assemblée a eu ses temps forts et ses temps faibles mais ici, chers amis, ce n'est pas à notre étoile qu'il faut nous en prendre, mais à nous -mêmes. Quatre -vingt neuf résolutions ont été votées sans que l'on nous dise à aucun moment comment le budget ordinaire et les hypothétiques ressources extrabudgétaires permettront de faire face à ces lourds engagements supplémentaires. Toutefois, avec la baguette magique du Conseil exécutif, et grâce à l'entremise du Directeur général, on trouvera les moyens d'y faire face. Je ne puis qu'espérer que les nobles gestes du Koweït, de la Chine, des Etats -Unis d'Amérique, de la Suède, de la Norvège, de la République fédérale d'Allemagne, de l'URSS avec son don de vaccins illimité, et de l'Iran seront imités par de nombreux pays. L'action consciente que nous menons en tant que réformateurs sociaux, au travers de l'évolution continue et toujours plus rapide des nouvelles politiques sanitaires, contribue sans bruit à modifier la conscience que l'on a des choses de la santé, à reléguer aux oubliettes d'anciennes conceptions des maladies considérées comme tabous, et à faire de notre monde ce havre de sécurité et de paix où chaque citoyen peut jouir de la vie dans sa plénitude. Nous tenons une fois de plus à remercier tous ceux qui, d'une manière ou d'une autre, ont contribué au succès de l'Assemblée, tout en félicitant en même temps le Professeur Petrovskij pour l'hommage bien mérité qui lui a été rendu ainsi que le Dr Roashan pour une distinction des plus opportunes. J'espère que de pareils exemples serviront à inspirer à d'autres l'esprit de dévouement que l'Organisation mondiale de la Santé attend d'eux. Demain, chacun d'entre nous ne gardera que de bons souvenirs de ce beau pays et conservera les chaleureuses impressions laissées par ceux que nous avons rencontrés et, par- dessus tout, l'agréable mémoire de ces journées d'assemblée qui nous ont permis de mettre au service des millions d'êtres humains qui souffrent notre savoir, notre expérience, notre sagesse et notre vision personnelle. : :

- 313 -

314

VINGT- HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II :

Je remercie le délégué de Maurice, représentant la Région africaine, et je Le PRESIDENT donne la parole au délégué des Philippines, le Dr Sumpaico, pour prononcer quelques paroles. Monsieur Sumpaico, si vous voulez bien venir à la tribune. Le Dr SUMPAICO (Philippines) (traduction de l'anglais) Monsieur le Président, Monsieur le Directeur général, Messieurs les délégués, Mesdames, Messieurs, c'est pour moi un grand honneur et un vrai plaisir que de m'adresser à vous au nom des délégués de la Région du Pacifique occidental à l'occasion de cette séance de cloture de la Vingt- Huitième Assemblée mondiale de la Santé. Je tiens tout d'abord à vous féliciter, Monsieur le Président, et à vous remercier pour la compétence et l'habileté dont vous avez fait preuve à la présidence de cette assemblée. Vous avez dirigé nos débats fermement, très fermement, mais sagement; avec beaucoup de rigueur, mais dans un esprit de justice; et par ces qualités vous avez mérité le respect et gagné le soutien de l'Assemblée. Monsieur le Président, grâce à votre direction éclairée, nous avons pu mener à bien la tâche de la Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé. Une fois de plus, les représentants de notre Région saisissent cette occasion pour témoigner leur satisfaction au Directeur général, le Dr Mahler. Dans notre région du monde, où nous ne nous payons pas de mots, nous disons simplement que sa franchise et son courage nous plaisent. Nous aimons aussi sa simplicité et la sobriété avec laquelle il sait présenter les faits même si elles ont parfois quelque chose de brutal, ce sont elles qui, dans la pénombre où nous nous trouvons souvent plongés, nous permettent de parvenir à une vision plus claire. En un temps où l'Organisation est en butte à des difficultés elles -mêmes issues d'événements internationaux indépendants de notre volonté, c'est pour nous un sentiment de sécurité et de réconfort que de savoir que nous pouvons compter sur son enthousiasme et sur son dynamisme pour surmonter les crises que nous traversons. Nous n'oublions pas son adjoint distingué, le Dr Lambo, qui l'a secondé avec compétence durant l'Assemblée. Nous remercions les Vice -Présidents, ainsi que les Présidents, Vice Présidents et Rapporteurs des commissions qui ont oeuvré pour le succès de l'Assemblée. Nous n'oublierons pas non plus de remercier tous ceux qui se sont dépensés dans les coulisses le Secrétariat, les hommes et les femmes qui ont travaillé tard dans la nuit pour que soient prêts à temps l'ordre du jour et les documents du lendemain, et ces personnes, si sympathiques et travailleuses, que nous voyons à l'oeuvre dans les cabines d'interprétation. A tous nous disons merci. Nous pensons que les débats de cette Vingt- Huitième Assemblée mondiale de la Santé ont été fructueux et qu'ils ont contribué à notre objectif d'universalité. La compétence et l'expérience des délégués ont été mises à contribution pour tenter d'éclairer sous un jour nouveau les nombreux problèmes qui se posent à nous ou encore, si vous voulez, de redistribuer les faits dans une nouvelle perspective analytique. Même si certains points de l'ordre du jour ont donné lieu aux habituelles divergences d'opinion, ces divergences ne font que mettre en relief la nécessité d'une coopération et d'une coordination plus étroites. Notre Région a connu cette année un certain nombre d'événements historiques d'ordre social, politique, économique et culturel. Ce sont pour nous de nouveaux horizons, de nouvelles occasions, de nouveaux défis. Nous sommes tous persuadés que, sous la conduite sage et éclairée de notre bien -aimé Directeur régional, le Dr Francisco Dy, qui compte de nombreuses et brillantes années de service et d'expérience à l'Organisation mondiale de la Santé, nous pourrons continuer à sauvegarder l'unité, la coopération et la compréhension dont nous avons toujours fait montre pour réaliser les objectifs de notre organisation. Monsieur le Président, puisque vous nous avez recommandé d'être brefs, je me contenterai d'ajouter merci. : :

:

:

Le PRESIDENT Je remercie le délégué des Philippines, qui vient de parler au nom de la Région du Pacifique occidental, et j'appelle maintenant le délégué du Soudan, le Professeur Dafalla. :

Le Professeur DAFALLA (Soudan) (interprétation de l'arabe) : Monsieur le Président de l'Assemblée mondiale de la Santé, Monsieur le Directeur général de l'Organisation mondiale de la Santé, Mesdames, Messieurs, Messieurs les membres des délégations ici présentes, c'est pour moi un plaisir et un honneur que de pouvoir m'adresser à l'Assemblée au nom des pays de la Région de la Méditerranée orientale, pays qui m'ont fait le grand honneur de me choisir pour porte -parole afin que je puisse exprimer en leur nom mes sentiments de pleine et sincère satisfaction pour tout ce qui a été accompli par la Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé. Les résultats obtenus par cette assemblée apparaissent dans les diverses résolutions que nous avons adoptées; ils ressortent également des libres discussions qui ont eu lieu ici, tendant toutes aux mêmes objectifs et marquant bien ce que sont les idéaux de notre grande organisation. Le meilleur exemple que nous puissions donner est l'importance que l'on a attachée à tous les problèmes de santé des pays en voie de développement, ainsi qu'à la question des réfugiés; voilà, selon moi, qui est le reflet fidèle des sentiments de chacun d'entre nous et

QUATORZIEME SEANCE PLENIERE

315

qui montre combien, Mesdames et Messieurs, vous avez à coeur les problèmes qui se posent à ces pays. C'est pourquoi il est du devoir de la grande famille que nous formons de coopérer pour veiller à ce que tous ces obstacles soient surmontés, afin qu'ensemble nous puissions relever le défi.

Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs, je suis convaincu que ces résolutions n'auraient pas pu être votées, et que nous n'aurions pas pu obtenir les résultats que nous avons atteints aujourd'hui, sans votre sagesse, votre expérience et votre patience, sans la patience et la sagesse des Vice -Présidents et des Présidents des commissions, et sans l'esprit d'impartialité dont ont témoigné tous les Membres au cours de discussions qui, malgré les divergences qui sont apparues, ont toujours permis de parvenir à un accord. Nous travaillons tous pour un même idéal, pour un monde meilleur. En réalité, jamais il n'a été question que nous suivions tous le même chemin, ni que nous prenions nécessairement le plus court. L'essentiel c'est que notre objectif soit atteint. Monsieur le Président, vous et vos assistants, vos conseillers, votre Secrétariat et tous les Membres de l'Organisation mondiale de la Santé avez prodigué votre assistance et votre savoir inestimables, ainsi que votre expérience, et cela a eu une influence considérable sur les résultats obtenus. Permettez -moi de dire à tous nos remerciements et notre gratitude. Nous sommes aussi extrêmement heureux d'avoir une fois de plus l'occasion d'adresser nos remerciements à notre Directeur régional, le Dr Taba, pour les efforts inlassables et le constant dévouement dont il fait preuve en vue d'améliorer le niveau de santé de tous les peuples de la Région de la Méditerranée orientale. L'Assemblée qui approche de son terme a élu le Soudan comme Membre appelé à désigner une personne pour siéger au Conseil exécutif et, là encore, j'estime qu'il est de mon devoir d'adresser nos remerciements à tous les Membres pour cette grande marque de confiance. Je tiens à leur certifier que nous avons l'intention de lutter de toutes nos forces pour veiller à obtenir ce que nous désirons tous réaliser, non seulement pour notre propre Région, mais pour le monde entier. J'estime qu'au cours de nos discussions, puisque nous utilisons de nombreuses langues différentes, nous n'aurions jamais pu nous comprendre sans le concours des interprètes. L'interprétation a été réalisée dans d'excellentes conditions et, au nom de notre Région, je tiens à en remercier les interprètes. Monsieur le Président, je terminerai en vous remerciant personnellement de m'avoir donné cette occasion de m'adresser à l'Assemblée mondiale de la Santé. Je vous souhaite à tous plein et entier succès et un bon retour dans vos pays, ainsi qu'un brillant avenir. Tous mes voeux vous accompagnent. Je remercie le Professeur Dafalla, du Soudan, pour cette intervention au Le PRESIDENT nom des pays de la Méditerranée orientale, et je vais appeler maintenant le délégué du Portugal, le Professeur de Carvalho Sampaio, qui voudra bien venir à la tribune. :

Le Professeur DE CARVALHO SAMPAIO (Portugal) (traduction de l'anglais) Monsieur le Président, Monsieur le Directeur général, Messieurs les délégués, Mesdames, Messieurs, c'est pour moi un grand honneur que de prendre la parole au nom des délégués des pays d'Europe. Je tiens à remercier de leur collaboration tous ceux qui, d'une manière ou d'une autre, ont participé aux travaux de notre assemblée. Je veux tout d'abord souligner la valeur et la qualité de nos travaux, tant en séance plénière que dans les commissions. Je suis sûr que tout cela a beaucoup contribué à créer l'atmosphère amicale sans laquelle il aurait été difficile de parvenir à une telle unanimité. Bien plus, sans la bonne entente et l'esprit de concorde, les résolutions n'auraient pas pu voir le jour. Aussi bien sommes -nous reconnaissants au Président, ainsi qu'aux Présidents et Vice Présidents des commissions pour le travail qu'ils ont accompli. Le nombre des pays représentés a montré à tous que l'OMS a quasiment atteint l'universalité, ce qui lui permet de traduire dans la réalité l'un des principes fondamentaux de sa Constitution. Le colonialisme est en train de vivre ses derniers instants et, grâce aux grands principes sur lesquels repose notre organisation, le monde entier attend d'elle qu'elle contribue au bien -être de l'humanité, bien -être sans lequel la paix ne sera jamais possible. Il est de fait que de nombreuses et importantes résolutions votées par l'Assemblée montrent à chacun qu'à l'avenir l'Organisation accordera la priorité aux programmes destinés à venir en aide aux peuples des pays en voie de développement. De grands changements sont en train de se produire dans le monde, et cela est heureux. Aussi n'est -il pas difficile de prévoir pour le proche avenir de grandes transformations. Pour connaître la santé et la paix, le monde a besoin de davantage de solidarité, de compréhension et d'égalité entre les hommes, et je suis sûr que l'OMS a un rêle important à jouer dans cette évolution. Nous ne doutons pas que notre Directeur général, le Dr Mahler, au nom des principes qu'il défend et qu'il reconnaît, saura saisir cette occasion de contribuer à diminuer les différences qui existent entre les pays du monde. Les pays européens, au nom desquels j'ai pris la parole, ainsi que tous les autres pays, font confiance au Dr Mahler et à son initiative, et nous sommes sûrs que l'OMS saura mener à bien ses importantes tâches. :

316

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

Je tiens aussi à souligner l'atmosphère de camaraderie et d'amitié qui règne parmi les Membres de la Région européenne. Cela a permis au Dr Kaprio de mettre en oeuvre des programmes qui non seulement répondent aux besoins des Etats Membres, mais contribuent également à la santé de l'humanité. C'est pourquoi nous sommes très reconnaissants au Dr Kaprio et à ses collaborateurs des programmes bien conçus qu'ils ont présentés aux membres du Comité régional. Avant de conclure, nous voulons aussi remercier le Secrétariat pour les excellents rapports qui ont alimenté nos discussions au sein de cette assemblée. Je n'oublie pas non plus le travail magnifique des interprètes, sans lesquels nous ne pourrions pas nous comprendre. Nous tenons par conséquent à leur adresser tous nos remerciements. Nos remerciements vont aussi aux traducteurs, aux dactylographes, aux secrétaires et à tous ceux qui, même s'ils n'ont pas figuré sur le devant de la scène, ont beaucoup contribué au succès de l'Assemblée. Nous remercions également la population de Genève pour son bon accueil, que nous avons beaucoup apprécié. Enfin, nous tenons à féliciter le Président, le Directeur général, le Directeur général adjoint, ainsi que les Présidents et Vice -Présidents des deux commissions pour le succès de notre assemblée. Mes meilleurs voeux à tous les délégués, en espérant qu'ils rentreront tous dans leur pays en parfaite santé et avec plus de courage que jamais pour faire face aux grands problèmes qui nous attendent. Merci et au revoir. Le PRESIDENT Je remercie le Professeur Sampaio, du Portugal, qui a parlé au nom de l'Europe, et je vais demander maintenant au délégué du Guatemala, le Dr Del Cid Peralta, de bien vouloir prononcer son message. :

Le Dr DEL CID PERALTA (Guatemala) (traduction de l'espagnol) : Monsieur le Président, Monsieur le Directeur général, Monsieur le Directeur général adjoint, Messieurs les délégués, Mesdames, Messieurs, c'est un grand honneur pour le Guatemala que de représenter les pays d'Amérique lors de cette solennelle séance de culture. Je profite en même temps de l'occasion pour remercier les honorables délégués d'avoir attribué une vice -présidence au Guatemala en la personne de Monsieur le Ministre, le Dr Julio Castillo Sinibaldi. Nous sommes satisfaits d'avoir participé à cette noble assemblée et d'avoir pu ainsi dialoguer et discuter abondamment avec tous les honorables délégués sur toutes ces importantes questions de santé mondiale; à travers les débats et les résolutions, nous avons pu nous rendre compte que les intérêts communs de la santé l'ont emporté sur les intérêts politiques et personnels, ce qui garantit pour l'avenir la solidité et la permanence de l'Organisation. Nous adressons nos félicitations au Directeur général pour son excellent Rapport, guide de toutes nos discussions qui nous montre clairement dans quel sens s'oriente l'Organisation mondiale de la Santé en tant qu'inspiratrice des pays pour la réalisation de leurs programmes. Nous sommes conscients des restrictions budgétaires, mais nous ne doutons pas que le Directeur général et ses collaborateurs sauront non seulement maintenir l'Organisation à flot mais donner l'élan nécessaire pour que tout ce qui a été approuvé puisse être mis en oeuvre dans nos pays. Nos félicitations vont également au Président de l'Assemblée, le Professeur Halter qui, malgré le programme très chargé de cette assemblée, a administré la preuve de sa vaste expérience et de sa sagesse en dirigeant avec habileté nos débats dans une atmosphère de bonne harmonie, de camaraderie et de bonne volonté. La conduite des débats n'aurait pas été possible sans la collaboration efficace des Présidents et Rapporteurs des commissions et de tout le personnel du Secrétariat et de la traduction, qui sont autant de rouages indispensables de notre organisation. Nous sommes satisfaits des résolutions adoptées par cette assemblée et nous comptons bien que l'Organisation mondiale de la Santé, stimulée par les succès de la lutte antivariolique, nous conduira au renforcement des programmes nationaux dans le cadre de systèmes nationaux de santé uniques. Le développement immédiat de nos systèmes de santé, leur renforcement dans le cadre d'une organisation appropriée, adaptée à nos coutumes, à notre culture et à nos ressources, constituent la seule façon d'améliorer les perspectives de parvenir dans les délais les plus rapprochés à une diminution de la morbidité et de la mortalité et à une augmentation de l'espérance de vie. Il n'est pas de programme, qu'il s'agisse de lutte contre les maladies transmissibles - paludisme, rougeole, etc. -, d'assainissement du milieu en tant que facteur déterminant de la lutte contre les infections, ou de toute autre activité, qui puisse être mené à bien sans le renforcement de nos structures sanitaires. Nous sommes convaincus que le succès de tout programme passe nécessairement et impérativement par la mise en place d'une infrastructure solide des services de santé de chaque pays, avec la participation active de la collectivité. Cette nécessité est clairement apparue lors des abondants débats qu'a suscités la question de la formation du personnel auxiliaire, lequel doit être recruté au sein des collectivités elles -mêmes. L'heure est venue d'adapter les services de santé aux coutumes et à la culture de nos peuples, au lieu de tenter de copier vainement ce qui se fait ailleurs en trichant d'adapter cultures et coutumes à nos programmes. Il faut donner aux populations ce qu'elles veulent, et non pas ce que nous voudrions leur donner, étant donnéle respect que nous leur devons.

QUATORZIEME SEANCE PLENIERE

317

Nous sommes satisfaits du travail du Conseil exécutif et de l'approbation du nouveau budget, lequel donnera au Directeur général plus de latitude pour essayer d'accéder, dans des délais aussi brefs, à autant de demandes des pays Membres. Pour conclure, il ne me reste plus qu'à féliciter les Présidents des Commissions A et B, le Dr Cayla et le Dr Davies, sans l'aide avisée desquels notre assemblée n'aurait pas eu tout le succès qu'elle a obtenu. Mes remerciements vont aussi aux Rapporteurs et aux Secrétaires des commissions. Je tiens à mentionner tout particulièrement le Dr Marcelle Davies, de la Sierra Leone, et le Dr Violakis, de Grèce, dignes représentantes de toutes les femmes présentes à cette assemblée. Qu'il me soit permis d'adresser, à travers les personnalités distinguées des Dr Davies et Violakis, et en cette séance solennelle de clôture, un hommage public à toutes les femmes de tous les pays à l'occasion de l'Année internationale de la Femme. Le rôle de la femme sera déterminant pour l'amélioration de la santé des peuples. Monsieur le Président, Messieurs les délégués, nous nous trouvons en face d'une tâche rattraper le temps perdu et réaliser beaucoup, alors que les problèmes extrêmement difficile sont vastes, et que le temps et les ressources nous sont mesurés. Avec l'aide de l'Organisation mondiale de la Santé, de son Directeur général, et de notre Directeur régional, le Dr Acuna, et grâce à l'effort de chacun de nos pays, nous entreprendrons cette tâche. :

Je remercie le Dr Del Cid Peralta, du Guatemala, qui vient de parler au nom Le PRESIDENT des Amériques, et j'ai le plaisir maintenant de demander à notre charmante collègue lé Professeur Julie Sulianti Saroso, d'Indonésie, de bien vouloir monter à la tribune. :

Monsieur le Le Professeur SULIANTI SAROSO (Indonésie) (traduction de l'anglais) Président, Monsieur le Directeur général, Messieurs les délégués, Mesdames, Messieurs, c'est un grand honneur pour mon pays et pour moi -même que de venir à nouveau à cette tribune m'adresser à l'Assemblée au nom de la Région de l'Asie du Sud -Est. Comme il est d'usage lors de la séance de clôture de l'Assemblée mondiale de la Santé, les représentants des Régions expriment leur gratitude à tous les membres du bureau de l'Assemblée et aux membres du Secrétariat qui nous ont facilité le travail, ainsi qu'à tous ceux qui se sont acquittés des diverses tâches, petites ou grandes, qu'exige la bonne marche de l'Assemblée. Ils sont trop nombreux pour que je puisse les remercier individuellement. Je tiens à les remercier tous. Je faillirais à mon devoir de représentante de la Région de l'Asie du Sud -Est si je ne rendais pas hommage au Président de la Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé, le Professeur Halter, qui a su diriger nos débats de main de maître, avec compétence et objectivité, tout en comprenant et en partageant les préoccupations de nous tous, en toute impartialité; au Directeur général, le Dr Halfdan Mahler, qui a accueilli avec le sourire toutes les demandes émanant de l'Assemblée alors même que le budget dont il dispose pour y faire face est des plus modestes; au Directeur général adjoint, le Dr Lambo, qui lui a prêté main forte avec beaucoup de talent; aux directeurs de divisions enfin, qui sont venus nous expliquer les divers programmes envisagés pour les années à venir. Naturellement, nous n'oublierons pas M. Fedele ceux qui ont présidé l'Assemblée savent combien son aide est précieuse. Un hommage particulier doit être rendu au Vice -Président de la Commission A, le Dr Marcella Davies, qui a présidé les débats pendant presque toute la durée de l'Assemblée; au Président de la Commission B, le Dr Cayla, ainsi qu'aux Secrétaires, le Dr Christensen et le Dr Sacks, qui ont tous travaillé très dur, et bien au -delà de l'horaire normal. C'est grâce à leur travail acharné que nous avons pu terminer à temps. Notre reconnaissance et notre gratitude vont également au Dr Gunaratne, notre bien -aimé Directeur régional, qui a nos intérêts si bien à coeur. Il a toujours fait l'impossible pour accéder aux demandes des pays Membres de sa Région. Monsieur le Président, puisque je suis la dernière à prendre la parole, permettez -moi de faire également quelques observations sur l'Assemblée dont vous allez prononcer la clôture. Les délégations et le Secrétariat ont fait part des préoccupations que leur inspiraient l'efficacité ainsi que la durée de l'Assemblée. Avec l'augmentation du nombre des pays Membres, l'emploi de nouvelles langues de travail et, par- dessus tout, les nombreuses demandes de rapports du Directeur général à présenter aux futures Assemblées mondiales de la Santé, la durée de la session ne peut qu'être allongée, à moins de changer la méthode de travail de l'Assemblée, non seulement dans ses procédures, comme il est désormais prescrit dans la résolution votée à ce sujet, mais en apportant des modifications concrètes et fondamentales, compte tenu des attributions des différents rouages de l'Organisation. Ce n'est ni le moment ni le lieu d'adresser des propositions à l'Assemblée, mais ces observations pourraient peut -être être examinées lors des réunions des comités régionaux lorsque les résolutions adoptées au cours de la présente Assemblée viendront en discussion. Une autre question qui mérite réflexion est le grand nombre des résolutions adoptées par l'Assemblée, 89 en tout. Naturellement, elles sont toutes importantes, sinon nous ne les aurions pas adoptées. Cependant, je voudrais en choisir quelques -unes qui, selon moi, mettent bien en valeur le rôle de coordonnatrice et d'inspiratrice en matière de santé que joue, comme il se doit, l'OMS sur la scène mondiale, ainsi que certaines autres résolutions donnant mandat au Directeur général de mettre en oeuvre des activités qui, nous l'espérons, nous rapprocheront : :

318

VINGT- HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

de l'objectif de l'Organisation mondiale de la Santé. Les résolutions auxquelles je me réfère toutes les résolutions concernant la lutte contre les maladies transmissont les suivantes sibles et la recherche sur les maladies tropicales, étant donné que ces maladies sévissent encore gravement dans les pays en voie de développement où elles ont des conséquences terribles pour la santé des populations; toutes les résolutions relatives à l'assistance générale aux pays en voie de développement; la résolution sur le role de l'OMS dans le développement et la coordination de la recherche biomédicale; la résolution sur la sécurité d'emploi des pesticides; et la résolution sur les substances prophylactiques et thérapeutiques, car ces résolutions sont liées au rôle régulateur que joue l'OMS; enfin et surtout, la résolution sur la promotion des services nationaux de santé en ce qui concerne les soins de santé primaires. Cette dernière résolution doit être la base de nos activités sanitaires, puisque nous avons considéré que les soins de santé primaires consistent en une approche sanitaire intégrant au niveau de la collectivité tous les éléments nécessaires pour agir de façon sensible sur la situation sanitaire de la population. La Région de l'Asie du Sud -Est est particulièrement satisfaite de voir que cette résolution, à la différence des résolutions précédemment adoptées sur la promotion des services nationaux de santé, met l'accent sur l'action. Pour conclure, Monsieur le Président, je tiens à m'exprimer maintenant en mon nom personnel en tant que femme déléguée à cette assemblée. Je suis particulièrement heureuse que l'Assemblée ait adopté une résolution, la résolution WHA28.40, concernant les tâches qui incombent à l'OMS en liaison avec l'Année internationale de la Femme. Chers amis délégués, je vous souhaite à tous un bon voyage. Au revoir et à l'année prochaine. :

Je vous remercie beaucoup, Madame Sulianti Saroso, pour votre très réconLe PRESIDENT fortante intervention. Mesdames et Messieurs, frères délégués en vos grades et qualités, il m'appartient maintenant de vous dire quelques mots, et je voudrais tout d'abord adresser mes remerciements - et je suis sûr les remerciements de cette assemblée - aux orateurs qui viennent de se succéder à la tribune, pour avoir accepté de nous apporter le message de leur Région. Les sentiments qu'ils ont exprimés à l'égard de cette organisation sont pour chacun de nous un sujet de réconfort et un encouragement à mener pendant l'année qui vient la lutte en faveur de la santé de nos populations. Mes remerciements vont au Directeur général, le Dr Mahler, et à ses collaborateurs, depuis son adjoint jusqu'aux messagers de cette organisation, qui ont su pendant toute l'année réaliser les nombreuses tâches que l'Organisation leur demande d'accomplir. Je voudrais tout spécialement relever combien, dans cette assemblée, chacun apparaît conscient du rôle qu'il doit jouer et combien, malgré les nombreuses vicissitudes des temps actuels, une humeur agréable continue à régner dans cette organisation. Je puis témoigner qu'il n'en est pas ainsi dans d'autres, et je crois donc pouvoir exprimer des remerciements particuliers à tout le Secrétariat et à la direction générale de cette organisation pour la façon aimable et efficace avec laquelle ils remplissent leur tâche. :

Je voudrais m'adresser également aux Directeurs régionaux et leur dire combien cette assemblée leur est reconnaissante pour les efforts qu'ils accomplissent car, à Genève, il est difficile de percevoir avec une acuité suffisante les nombreux aspects des problèmes que pose la santé dans les différentes parties du monde. La qualité du travail des bureaux régionaux est à ce point excellente qu'elle se répercute sur le plan de cette assemblée et permet de réaliser un certain nombre d'initiatives sans heurts et sans difficultés. Enfin, parmi les collaborateurs de cette organisation, je crois qu'il faut adresser un hommage tout particulier à ceux qui nous permettent de nous comprendre, à ceux qui nous permettent de transmettre dans les multiples langues de cette organisation nos impressions, nos craintes, nos appréhensions, mais aussi nos espoirs, et je voudrais donc en votre nom à tous et au mien adresser aux interprètes ainsi qu'aux traducteurs mes remerciements tout particuliers. J'ai dit hier, lorsque je me suis brièvement adressé à mes collègues du Bureau, que j'avais été frappé par l'excellence des travaux d'interprétation et de traduction à cette assemblée. Mes remerciements vont également au Président et aux membres du Conseil exécutif, dont nous avons déjà dit ce que nous pensions; mais je ne crois pas inutile de répéter que la qualité des travaux et l'approfondissement des problèmes à ce niveau ont facilité un grand nombre de conclusions et décisions de l'Assemblée. Je ne voudrais pas manquer de m'adresser tout particulièrement au Dr Cayla, Président de la Commission B, et à notre charmante collègue, le Dr Marcella Davies, Vice -Président de la Commission A mais qui a, d'une façon impromptue et ininterrompue ou presque, assuré la direction des opérations à la Commission A. Je n'oublie pas notre excellente collègue de la Grèce, le Dr Violakis -Paraskevas, qui a pu venir à certains moments au secours de sa collègue, mais, en tout état de cause, l'Assemblée doit à l'action persévérante du Dr Cayla et du Dr Marcella Davies d'avoir pu réaliser l'énorme tâche accomplie en ces quelques semaines. J'ai eu l'occasion déjà de remercier mes collègues du Bureau, mais je voudrais ici, en séance plénière, rendre hommage à la qualité du travail qu'il a fait, qualité dont le meilleur

QUATORZIEME SEANCE PLENIERE

319

garant a été l'approbation par l'Assemblée des propositions qu'il a formulées à son intention. Je ne voudrais pas oublier non plus les groupes spéciaux qui, en différentes occasions, ont dû se réunir pour proposer à cette assemblée des conclusions dans différents domaines. Bien entendu, nous avons déjà souligné les mérites du Professeur Canaperia et la qualité des travaux effectués dans le cadre des discussions techniques, mais je crois que nous pouvons une fois encore faire part de notre reconnaissance à tous ceux qui ont participé à ces discussions. Enfin, mes frères délégués, ma reconnaissance toute particulière va vers vous, car si cette assemblée a pu être ce qu'elle a été, c'est grace à vous, à chacun de vous, quel que soit l'endroit où il a oeuvré pendant les semaines qui viennent de s'écouler. Vous m'avez fait le grand honneur de me projeter à cette tribune, mais rien n'aurait été possible si vous n'aviez manifesté votre confiance à la fois envers vos institutions et envers votre Président, si vous n'aviez pas fait preuve de compétence, de zèle, de patience et de persévérance dans les discussions auxquelles vous avez participé. Cette assemblée vous doit toute sa reconnaissance à cet égard. Je ne voudrais pas oublier les nombreux représentants des organisations non gouvernementales et les observateurs qui ont suivi de très près nos débats et qui, à de multiples reprises, ont apporté leur contribution aux travaux des commissions, mais je tiens aussi à m'adresser au public - qui n'a jamais été absent de ces assemblées et qui a montré par là combien il estime importantes les taches que remplit notre organisation - ainsi qu'à la presse, dont la vigilance ne s'est jamais démentie. Nous avons pu apercevoir à diverses reprises dans les quotidiens, malgré l'abondance des commentaires relatifs à toute une série d'aspects de la vie publique, des comptes rendus de nos activités, et cela aussi bien en Suisse que dans d'autres pays, ce qui montre bien le rôle essentiel que jouent les mass media dans la transmission au public, à nos peuples, des informations sur les travaux que nous accomplissons ici. Il me faut encore payer tribut à tous mes prédécesseurs, dont l'exemple a été constamment présent à mon esprit pendant les semaines qui viennent de s'écouler et dont je me suis inspiré largement dans les quelques décisions que j'ai dû prendre au cours de nos réunions en tant que Président. Permettez -moi, chers collègues, de vous présenter quelques considérations sur l'Assemblée qui s'achève. Elle a été particulièrement critique, critique dans plusieurs sens, à la fois par le risque qu'elle comportait dans le sens des réactions nucléaires, mais aussi du fait des remarques, des observations qui s'y sont exprimées à l'égard de ce qui s'est fait et de la façon dont les choses se sont accomplies. Et je voudrais dire ici qu'à mon sens l'augmentation énorme de la masse de travail de l'Assemblée, de même que l'augmentation considérable du nombre de pays participants depuis la fondation de cette organisation, justifieraient selon moi que l'on envisage d'allonger les périodes pendant lesquelles nous nous retrouvons et pendant lesquelles nous essayons de construire ensemble la santé du monde en échangeant nos vues et en nous informant mutuellement. Je sais que, dans la plupart des délégations, certains pensent que les délégués restent trop longtemps à Genève, que les Assemblées durent trop longtemps, que certains délégués parlent peut -être un peu trop longuement. Mais chacun a sa propre façon d'exprimer sa pensée et je crois que nous devons le respect à chacun lorsqu'il prend la parole; nous devons lui laisser la possibilité d'exprimer entièrement ses sentiments. Or, j'ai été' moi -même obligé à plusieurs reprises de faire état de la nécessité de raccourcir certains débats. Est -ce raisonnable ? Ne devrions -nous pas au contraire permettre à tous ceux qui ont quelque chose à dire de le faire sans contrainte et sans difficultés ? Pour ma part, je n'ai à aucun moment lorsque, du bureau de la Présidence, je suivais par le haut -parleur qui y est installé les travaux des commissions principales, considéré que l'intervention d'un délégué aurait pu être jugée superflue ou inutile. Certains des orateurs ont apporté des contributions substantielles à l'information qui nous est nécessaire. Très nombreux aussi sont ceux qui ont posé des questions. Et si l'Assemblée pouvait être à la fois une institution construisant la santé du monde et permettant aux délégués de s'informer mutuellement des problèmes qui les tracassent en permanence, je crois que notre organisation remplirait une mission qui aurait toute sa valeur. Je crois donc que, en dehors de la nécessité évidente de revoir les méthodes de travail comme l'a dit si excellemment notre collègue le Professeur Sulianti Saroso, il existe un besoin qui va également de soi pour tous les délégués de pouvoir parler, de pouvoir poser des questions et surtout de pouvoir recevoir, dans la mesure du possible, des réponses à leurs préoccupations. Je sais combien, lorsque nous rentrons chez nous, il devient difficile de trouver le temps de lire des documents et d'y rechercher la réponse à une question précise que l'on a voulu poser, et je voudrais donc profiter de ces quelques minutes que je prends de votre temps pour adresser un appel à toutes les délégations afin qu'elles réfléchissent d'ici l'année prochaine et se demandent si vraiment il faut chercher à limiter la durée de l'Assemblée ou si, au contraire, il ne faudrait pas envisager de l'élargir. Je connais par expérience d'autres organisations dans lesquelles les assemblées durent beaucoup plus longtemps et peut -être d'ailleurs avec des résultats moins positifs. Je voudrais profiter aussi de cette occasion pour dire combien la qualité des documents qui ont été soumis à l'Assemblée a été grande cette année, et tout particulièrement le projet de budget programme. J'ai eu, je l'avoue, pour la première fois (et j'ai cependant une certaine expérience dans ce domaine) le sentiment d'être en présence d'un document qui parlait entiè-

320

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

rement par lui -même - ce qui m'a, disons le franchement, dans une certaine mesure amené à douter de la nécessité d'interventions de membres du Secrétariat avant la discussion. Par contre, je trouve que les réponses qui ont été données au cours de l'examen du budget programme avaient toute leur valeur et auraient peut -être mérité ici ou là d'être encore plus développées. Peut être trouvera -t -on, sur la base de cette remarque, une formule qui permettra à l'avenir de mieux répartir les temps de parole dans les commissions principales. C'est en fait et essentiellement aux délégués à prendre la parole. L'Assemblée a été cette année calme autant qu'efficace; elle a montré qu'elle était majeure et que, malgré l'afflux de nouveaux Membres, elle a réalisé sa vocation. Quels sont les faits saillants qu'on en peut retirer ? Je voudrais tout d'abord rappeler l'admission de nouveaux Membres et une fois de plus souhaiter à ceux -ci la bienvenue dans notre organisation qui groupe ainsi maintenant, ne l'oublions pas, plus de 140 Membres. L'extension du Conseil exécutif nous a imposé pendant cette assemblée des tâches particulières puisque nous avons Cl faire deux fois l'exercice qui revient à chaque Assemblée; cet effort supplémentaire et la tension nerveuse que cette situation a pu créer dans les délégations n'ont pas paru susciter de remous, de rumeurs ou de difficultés particulières. L'adoption de nouvelles méthodes de travail devra être mise à l'épreuve et nous jugerons ultérieurement de leurs résultats. Cependant, un point particulier me tracasse il s'agit du budget programme. Il a été dit tout à l'heure que cette assemblée avait battu tous les records en ce qui concerne le nombre de résolutions votées, qui est de 89 Et je constate que chacune de ces résolutions prie le Directeur général d'établir un rapport. Je sais que le Dr Mahler a des ressources inépuisables, mais en va -t -il de même pour ses services ? Je crois que nous devons être conscients du fait que, si nous acceptons des résolutions - dont aucune d'ailleurs ne saurait être considérée comme superflue - il nous faut aussi songer à donner au Directeur général les moyens d'y donner suite. Et ces moyens, je ne les vois pas, croyez -moi, dans cette formule que nous avons acceptée de "contributions volontaires ". Il faudra, à mon sens, que l'Assemblée se décide à revoir le budget de l'Organisation et à lui donner de nouvelles bases pour les activités futures. A défaut de cette révision - peut -être déchirante, peut -être difficile, mais qui devra se faire - je crois que nous risquons de voir cette organisation continuer à faire des acrobaties sensationnelles, des exercices de cirque, des exercices de voltige que nous ne pouvons tout de même pas considérer comme une façon véritablement correcte de travailler. Je plaide donc pour que chacune des délégations veuille bien, en rentrant chez elle, consulter son gouvernement et s'assurer des possibilités nouvelles d'extension budgétaire, et je souhaite aussi que le Conseil exécutif examine d'une façon positive l'éventualité d'une restructuration du budget de cette organisation, quitte à procéder à cet examen d'une manière gratuite, si je puis m'exprimer ainsi, mais en tout état de cause pour permettre à l'Assemblée de prendre des décisions, décisions qui je l'espère seraient positives mais qui, même si elles étaient négatives, refléteraient en tout cas une décision politique des Etats Membres. L'Assemblée a examiné d'une façon approfondie la situation sanitaire dans le monde et elle a, notamment en étudiant les chapitres des maladies transmissibles, des maladies parasitaires, de certaines maladies particulières comme les mycoses, la schistosomiase, l'onchocercose, fait de nouveaux pas dans la recherche et dans l'élaboration de solutions. En ce qui concerne les maladies dégénératives, nous avons vu apparaître de nouvelles préoccupations dans le secteur du cancer, et nous avons vu aussi se développer de nouvelles initiatives dans le domaine des affections rhumatismales. A l'égard de la qualité de la vie, cette assemblée n'a pas manqué à ses devoirs et elle a, par les résolutions appropriées, donné à l'administration les mandats nécessaires pour la réalisation des objectifs qui sont de la compétence de notre organisation, dont le role est de veiller à la santé des hommes. Mais nous pouvons nous interroger sur le fait de savoir si, dans ce secteur, les moyens dont dispose le Directeur général sont suffisants. En ce qui concerne les problèmes de planification, la formation du personnel, les aspects psycho- sociaux de la santé, les problèmes d'informatique et de statistique, nous avons pu voir l'importance du travail accompli par cette organisation et combien elle fait ainsi progresser les connaissances. En effet, une très longue discussion s'est enfin déroulée sur le plan de la recherche biomédicale et je voudrais rappeler à l'Assemblée que la recherche doit produire la sève dont une organisation comme la notre a besoin pour pouvoir se développer et pour pouvoir grandir. Et si nous ne lui procurons pas cette masse d'informations nouvelles dans les secteurs multiples où la recherche doit se développer à l'heure actuelle, nous faillirons à notre tache. L'avenir donc, mes chers collègues, me parait dépendre d'un certain nombre de décisions dont la principale, bien entendu, est d'ordre financier. Les contributions volontaires doivent se poursuivre et s'amplifier aussi longtemps que nous n'aurons pas revu le budget et accepté de nouvelles bases. Mais, en attendant, nous devrons tous donner la main eu Directeur général, nous devrons tous nous donner la main pour arriver pendant l'année qui vient à réaliser de nouvelles ambitions et glaner de nouveaux succès. Mes chers collègues, cette assemblée touche à sa fin. Nous ne disons pas adieu, mais au :

:

revoir : Nous avons un rendez -vous pour l'année 1976. Je vous souhaite à tous un excellent retour

dans vos foyers, une année de travail fructueux. Je souhaite à tous mes frères délégués que la paix règne sur le monde et que les peuples puissent enfin se développer dans la quiétude et dans un état de santé satisfaisant. Je déclare close la Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé.

La séance est close à 11 h.15.

PROCÈS -VERBAUX DU BUREAU DE L'ASSEMBLÉE ET DES COMMISSIONS BUREAU DE L'ASSEMBLEE

PREMIERE SEANCE

Mardi 13 mai 1975, 15 h.20 Président :

Professeur S. HALTER (Belgique), Président de l'Assemblée de la Santé

1.

ORDRE DU JOUR PROVISOIRE DE LA VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Demandes d'admission à l'OMS en qualité de Membre Après avoir rappelé que le mandat du Bureau est défini à l'article 33 du Règlement intérieur de l'Assemblée, le PRESIDENT signale que le Directeur général a reçu plusieurs demandes d'admission à l'Organisation en qualité de Membre; en vertu de l'article 112 du Règlement intérieur, ces demandes pourraient être inscrites à l'ordre du jour de l'Assemblée à titre de sous rubriques du point 1.12 (Admission de nouveaux Membres et Membres associés). Une demande d'admission des Tonga a été reçue le 13 mars 1975 et a été communiquée le 25 mars à tous les Membres. Le Président suggère au Bureau de recommander à l'Assemblée d'inscrire cette demande à son ordre du jour en tant que sous -point 1.12.1. Il en est ainsi décidé.

Le PRESIDENT indique que le Directeur général a reçu le 10 avril 1975 une demande d'admission de la République démocratique du Viet -Nam en qualité de Membre et qu'il l'a portée à la connaissance de tous les Membres le 18 avril. Le Bureau pourrait recommander à l'Assemblée d'inscrire cette demande à son ordre du jour en tant que sous -point 1.12.2. Il en est ainsi décidé.

Le PRESIDENT signale qu'une demande d'admission du Mozambique en qualité de Membre de l'Organisation à compter du 25 juin 1975 a été reçue le 9 avril et communiquée à tous les Membres le 21 avril. Il suggère que le Bureau recommande à l'Assemblée d'inscrire cette demande à son ordre du jour en tant que sous -point 1.12.3. Le Dr EHRLICH (Etats -Unis d'Amérique), soulevant une question de procédure, désirerait savoir s'il appartient à la présente Assemblée d'examiner par anticipation cette demande d'admission ou si la question devrait être renvoyée à la Vingt -Neuvième Assemblée mondiale de la Santé.

Le DIRECTEUR GENERAL souligne qu'il a pris personnellement la responsabilité de communiquer aux Etats Membres la documentation concernant la demande d'admission du Mozambique, estimant que ce pays était désireux d'entretenir aussitôt que possible des relations réelles avec l'OMS. Le Directeur général s'est d'ailleurs inspiré des décisions prises antérieurement par d'autres organisations du système des Nations Unies dans des cas analogues. Le Dr EHRLICH (Etats -Unis d'Amérique) remercie le Directeur général de ses explications et se prononce en faveur de l'inscription de cette demande d'admission à l'ordre du jour de l'Assemblée.

Il est décidé de recommander à l'Assemblée de faire figurer à l'ordre du jour la demande d'admission du Mozambique en tant que sous -point 1.12.3. Le PRESIDENT appelle l'attention du Bureau sur les documents concernant la demande d'admission de la République du Sud Viet -Nam, qui avait été reçue par le Directeur général le 8 avril 1975 et communiquée à tous les Membres le 18 avril 1975. Ainsi qu'il ressort de la communication de la République du Sud Viet -Nam remise le 7 mai au Directeur général, cette demande d'admission doit être tenue pour caduque. - 321 -

322

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

Adjonction de points supplémentaires à l'ordre du jour Le PRESIDENT signale qu'un premier point supplémentaire, intitulé "Dispositions transitoires concernant l'augmentation du nombre des membres du Conseil exécutif ", est proposé. Comme 92 Etats Membres ont déjà accepté les amendements aux articles 24 et 25 de la Constitution portant de vingt -quatre à trente le nombre des membres du Conseil exécutif, alors que le nombre requis d'acceptations est actuellement de 95, il a paru souhaitable de prévoir les arrangements de procédure, y compris les dispositions transitoires, nécessaires pour appliquer ces amendements quand ils entreront en vigueur. Le Dr VENEDIKTOV (Union des Républiques socialistes soviétiques) est favorable à l'inclusion de ce point supplémentaire dans l'ordre du jour. Il annonce que le Gouvernement de l'Union soviétique a adressé au Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies un instrument officiel d'acceptation des amendements aux articles 24 et 25 de la Constitution. Le PRESIDENT remercie le Dr Venediktov de sa déclaration et espère que d'autres délégations annonceront que leurs gouvernements ont accepté ces amendements. Le Dr K. SINGH (Inde), auquel se rallient M. CHOWDHURY (Bangladesh) et le Dr TORRES NAVARRO (Bolivie), se dit fermement partisan d'un élargissement de la composition du Conseil exécutif. L'Organisation tend de plus en plus vers l'universalité et il importe de maintenir une relation constante entre le nombre des Etats Membres et celui des membres du Conseil exécutif. Le Dr CAMARA (Guinée) appuie les orateurs précédents. Il rappelle que l'Afrique est la Région la plus défavorisée du globe sur le plan du niveau des structures sanitaires; il est donc nécessaire qu'un plus grand nombre de ressortissants de cette Région puissent siéger au Conseil exécutif. Sur la demande du Dr YELLOWLEES (Royaume -Uni de Grande -Bretagne et d'Irlande du Nord), le PRESIDENT précise que si ce point est inscrit à l'ordre du jour, le Secrétariat sera prié de présenter un document relatif aux dispositions envisagées.

Répondant à une question posée par M. BRIGHT (Libéria), le DIRECTEUR GENERAL explique que le règlement actuel régissant les élections au Conseil exécutif ne s'applique qu'à l'élection de huit pays; au cas où six autres pays devraient être élus, deux d'entre eux seraient élus pour un an seulement et deux autres pour deux ans seulement, afin de permettre un renouvellement régulier des membres du Conseil. Il est décidé de recommander à l'Assemblée d'inscrire à son ordre du jour le point supplémentaire intitulé "Dispositions transitoires concernant l'augmentation du nombre des membres du Conseil exécutif ".

Le PRESIDENT signale qu'un deuxième point supplémentaire, intitulé "Emploi du chinois comme langue de travail de l'Assemblée mondiale de la Santé et du Conseil exécutif ", a été proposé par le Gouvernement de la Chine. Il demande au Bureau s'il accepte de recommander à l'Assemblée de faire figurer ce point à son ordre du jour. M. CHOWDHURY (Bangladesh) se prononce en faveur de l'inclusion de ce point dans l'ordre du jour.

Il en est ainsi décidé.

Le Dr HASSOUN (Irak), parlant au nom de la délégation de l'Irak et de celles des pays arabes, propose de recommander à l'Assemblée de faire figurer à son ordre du jour un troisième point supplémentaire intitulé "Emploi de l'arabe comme langue de travail de l'Assemblée mondiale de la Santé et du Conseil exécutif ". Le Dr EL -GERBI (République Arabe Libyenne) et M. CHOWDHURY (Bangladesh) préconisent vivement l'inscription de ce point à l'ordre du jour.

Le DIRECTEUR GENERAL prie le délégué de l'Irak de bien vouloir communiquer au Secrétariat le texte exact du point supplémentaire proposé. Le Dr EHRLICH (Etats -Unis d'Amérique) désirerait que le Secrétariat établisse un document financières et autres conséquences de l'élargissement de l'emploi indiquant les incidences des langues chinoise et arabe.

Le DIRECTEUR GENERAL précise qu'un document sur les conséquences de l'élargissement de l'utilisation du chinois et de l'arabe sera soumis à l'Assemblée de la Santé.

BUREAU DE L'ASSEMBLEE

:

PREMIERE SEANCE

323

Il est décidé de recommander à l'Assemblée d'inscrire à son ordre du jour un point supplémentaire concernant l'emploi de la langue arabe à l'Assemblée mondiale de la Santé et au Conseil exécutif. Suppression de points de l'ordre du jour Le PRESIDENT suggère de supprimer de l'ordre du jour, sous le point 3.5 "Fonds de roulement", les points 3.5.1 "Avances prélevées pour faire face à des dépenses imprévues ou extraordinaires, en vertu de la résolution WHA26.23, partie C, paragraphe 2.1) (s'il y a lieu)" et 3.5.2 "Avances prélevées pour livraison de fournitures d'urgence aux Etats Membres en vertu de la résolution WHA26.23, partie C, paragraphe 2.2) (s'il y a lieu) ", car aucune avance de ce genre n'avait été prélevée sur le fonds de roulement au moment de l'ouverture de la Vingt Huitième Assemblée mondiale de la Santé. Il en est ainsi décidé.

Point 3.3.3 de l'ordre du jour Le PRESIDENT signale que, dans le libellé du point 3.3.3 "Membres redevables d'arriérés de contributions dans une mesure pouvant donner lieu à l'application de l'article 7 de la Constitution ", il convient de supprimer les mots "s'il y a lieu ", étant donné que ce point devra être examiné par l'Assemblée. Il en est ainsi décidé. 2.

METHODE DE TRAVAIL DE L'ASSEMBLEE DE LA SANTE

Le PRESIDENT rappelle que, dans sa résolution EB55.R46, le Conseil exécutif a présenté des recommandations tendant à rationaliser le travail de l'Assemblée de la Santé. Pour permettre d'appliquer dès la présente session certaines des recommandations du Conseil, il serait souhaitable que le Bureau accepte que le point "Méthode de travail de l'Assemblée de la Santé" soit examiné par l'Assemblée à la séance plénière du lendemain matin immédiatement après le discours du Président. Le Dr EHRLICH (Etats -Unis d'Amérique) propose de dissocier l'examen du paragraphe 3 de la partie III du projet de résolution proposé par le Conseil exécutif ainsi que du texte révisé des articles 77, 99 et 100 de celui des autres parties de ce projet de résolution. En effet, des divergences de vues risquent de se faire jour au cours de l'examen de cet élément du projet de résolution par l'Assemblée. Il serait donc préférable qu'il soit soumis au préalable à la Commission B. D'autre part, du fait des récentes notifications d'acceptation des amendements aux articles 24 et 25 de la Constitution, il faut s'attendre à voir prochainement entrer en vigueur les amendements portant de vingt -quatre à trente le nombre des membres du Conseil exécutif. Le Dr Ehrlich annonce que le Gouvernement des Etats -Unis d'Amérique a notifié au Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies son acceptation des amendements aux articles 24 et 25 de la Constitution.

Le Dr K. SINGH (Inde) estime que l'Assemblée ne devrait pas s'attarder à discuter de ses méthodes de travail mais aborder immédiatement les questions de fond. Le Dr VENEDIKTOV (Union des Républiques socialistes soviétiques), tout en partageant le point de vue du Dr Ehrlich, craint que la question de la méthode de travail de l'Assemblée de la Santé ne donne lieu à des débats prolongés en séance plénière. Peut -être conviendrait -il d'étudier en premier lieu les points contenus dans le projet de résolution qui demandent à être résolus immédiatement et remettre à plus tard l'examen des autres points, une fois que les choses se seront éclaircies. Le PRESIDENT se félicite de la décision prise par le Gouvernement des Etats -Unis d'Amérique d'accepter les amendements aux articles 24 et 25 de la Constitution. Il suggère que le Bureau recommande à l'Assemblée d'appliquer immédiatement, à titre expérimental, certaines des recommandations contenues dans la résolution du Conseil exécutif.

Le DIRECTEUR GENERAL précise que la méthode de travail de l'Assemblée pourrait être examinée par la Commission B, mais que l'Assemblée pourrait appliquer immédiatement la recommandation prévoyant la réunion d'une des commissions principales pendant que se déroule en séance plénière de l'Assemblée la discussion générale sur les rapports du Conseil exécutif et le Rapport du Directeur général relatif à l'activité de l'OMS. Il est décidé de recommander à l'Assemblée de renvoyer l'examen de sa méthode de travail à la Commission B pour examen détaillé mais d'appliquer immédiatement, à titre expérimental,

324

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

deux des recommandations figurant dans la résolution du Conseil, à savoir que l'une des commissions principales se réunisse pendant que se déroule en séance plénière de l'Assemblée la discussion générale sur les rapports du Conseil exécutif et le Rapport du Directeur général relatif à l'activité de l'OMS, et que la Commission A examine dans le détail le projet de budget programme avant de recommander le montant du budget effectif. 3.

REPARTITION DES POINTS DE L'ORDRE DU JOUR ENTRE LES COMMISSIONS PRINCIPALES

Le PRESIDENT soumet au Bureau la répartition des points de l'ordre du jour entre les commissions principales telle qu'elle figure dans l'ordre du jour provisoire établi par le Conseil exécutif. Il suggère que le point 1.14 "Amendement au contrat du Directeur général" soit examiné par la Commission B immédiatement après le point 3.9 "Traitements et indemnités pour les postes non classés ".

Il en est ainsi décidé.

Sous réserve du renvoi des points 1.8 et 1.14 à la Commission B, le Bureau recommande de répartir les points de l'ordre du jour entre les commissions principales comme il est indiqué dans l'ordre du jour provisoire, étant entendu que des points pourront être transférés ultérieurement d'une commission à une autre, en fonction de l'état d'avancement des travaux de chacune des commissions. Il rappelle également sa recommandation suivant laquelle, sous le point 2.2 de l'ordre du jour (Examen du budget programme pour les exercices financiers 1976 et 1977), le sous -point 2.2.3 (Examen détaillé du budget programme pour les exercices financiers 1976 et 1977) viendrait en discussion avant les sous -points 2.2.1, 2.2.2 et 2.2.4. Quant aux trois points supplémentaires, le Bureau recommande de confier leur examen à la Commission B. Il est entendu que le point 1.12 et ses trois subdivisions seront examinés par l'Assemblée plénière aussitôt que possible. 4.

PROGRAMME DE TRAVAIL DE L'ASSEMBLEE DE LA SANTE

Le Bureau fixe le programme des réunions du mercredi 14 et du jeudi 15 mai. Il est entendu qu'à la séance plénière du mercredi matin, après le discours du Président, l'Assemblée passera immédiatement à l'adoption de son ordre du jour, compte tenu des recommandations du Bureau concernant sa méthode de travail. Après un échange de vues, il est décidé que l'Assemblée ne tiendra pas de séance de nuit le mercredi 14 mai; il est entendu que le Président invitera les orateurs désireux de prendre part à la discussion générale sur les points 1.10 et 1.11 de l'ordre du jour à faire usage de la possibilité de remettre un exposé par écrit pour publication in extenso dans les comptes rendus des séances plénières. A la suite d'un échange de vues, et après avoir entendu le DIRECTEUR GENERAL, il est décidé qu'au début de la séance plénière du jeudi après -midi, le Président invitera les Membres à présenter des suggestions pour l'élection de Membres habilités à désigner une personne devant faire partie du Conseil exécutif. Il est décidé que, sous réserve de confirmation par l'Assemblée, les discussions techniques présidées par le Professeur Canaperia, qui portent sur le thème "Aspects sociaux et sanitaires des maladies transmises par voie sexuelle nécessité d'une meilleure approche" se dérouleront pendant toute la journée du vendredi 16 mai et le matin du samedi 17 mai. Enfin, il est décidé que les séances plénières et les séances des commissions principales se tiendront, comme lors des précédentes Assemblées, de 9 h.30 à 12 heures ou 12 h.30 et de 14 h.30 à 17 h.30. Le Bureau se réunira soit à 12 heures, soit à 17 h.30. :

La séance est levée à 17 h.20.

DEUXIEME SEANCE

Jeudi 15 mai 1975, 17 h.40 Président 1. :

Professeur S. HALTER (Belgique), Président de l'Assemblée de la Santé

ETAT D'AVANCEMENT DES TRAVAUX DES COMMISSIONS PRINCIPALES

Le Dr DAVIES (Sierra Leone), Vice -Président de la Commission A, et le Dr CAYLA (France), Président de la Commission B, font rapport au Bureau sur l'état d'avancement des travaux de ces commissions. 2.

PROGRAMME DE TRAVAIL DE L'ASSEMBLEE DE LA SANTE

Le Bureau entérine la décision prise par le Président, et annoncée à l'Assemblée plénière, de tenir le soir même à 20 h.30 une séance plénière consacrée à la discussion générale sur les points 1.10 et 1.11 de l'ordre du jour.

BUREAU DE L'ASSEMBLEE

:

TROISIEME SEANCE

325

Il fixe ensuite le calendrier des réunions du lundi 19 mai et établit un programme de travail provisoire pour le mardi 20 mai. 3.

COMMUNICATION

Le PRESIDENT relève que les cartes d'identification délivrées aux délégués et participants à l'Assemblée portent la date 13 -28 mai 1975. Il s'agit là d'une erreur, en ce qui concerne tout au moins la date du 28 mai, car le Bureau est seul compétent pour fixer la date de clôture de l'Assemblée. Une note à ce sujet sera publiée dans le Journal de l'Assemblée.

La séance est levée à 18 heures.

TROISIEME SEANCE Lundi 19 mai 1975, Président :

12 h.10

Professeur S. HALTER (Belgique), Président de l'Assemblée de la Santé

1.

PROPOSITIONS EN VUE DE L'ELECTION DE MEMBRES HABILITES A DESIGNER UNE PERSONNE DEVANT FAIRE PARTIE DU CONSEIL EXECUTIF

Après avoir rappelé que la procédure applicable pour l'établissement des propositions du Bureau en vue de l'élection de Membres habilités à désigner une personne devant faire partie du Conseil exécutif est régie par l'article 24 de la Constitution et par l'article 99 du Règlement intérieur de l'Assemblée, le PRESIDENT attire l'attention des membres sur les documents qui leur ont été communiqués, à savoir :

a)

un tableau indiquant la répartition géographique des sièges au Conseil exécutif, par

Région;

une liste, par Région, des Membres de l'OMS qui sont ou ont été habilités à désigner des personnes devant faire partie du Conseil exécutif; une liste des Membres - classés par Région et par ordre alphabétique dans chacune des c) Régions - dont le nom a été suggéré à la suite de la communication faite en séance plénière par le Président de l'Assemblée en application de l'article 98 du Règlement intérieur, liste qui n'est nullement limitative, les membres du Bureau pouvant voter pour tous autres Membres de leur choix; enfin, un tableau indiquant la composition actuelle du Conseil exécutif, où sont d) soulignés les noms de ceux des Membres ayant désigné des personnes pour faire partie du Conseil dont le mandat expire à la fin de la Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé Afghanistan, Colombie, et qui devront être remplacés. Il s'agit des Membres suivants Hongrie, Indonésie, Niger, Nouvelle -Zélande, Royaume -Uni de Grande - Bretagne et d'Irlande du Nord et Zafre. b) :

le Le Président suggère d'adopter la même procédure que lors des Assemblées précédentes Bureau procéderait en premier lieu à une discussion, s'il le juge utile, puis à un vote d'essai qui permettrait de dégager les tendances générales; ensuite, après une discussion le cas échéant sur les résultats de ce vote d'essai, il établirait tout d'abord une liste de douze Membres, puis une liste de huit Membres - choisis sur la liste de douze Membres - qui réaliseraient, s'ils venaient à être élus, un Conseil comportant dans son ensemble une distribution équilibrée, conformément à l'article 99 du Règlement intérieur. :

Le Dr KILGOUR (Royaume -Uni de Grande - Bretagne et d'Irlande du Nord) demande si les Membres dont le nom a été suggéré ont été consultés et s'ils ont signifié leur accord.

Le DIRECTEUR GENERAL répond que si des consultations ont eu lieu au sujet de ces candidatures, il n'y a cependant aucune preuve formelle que les Membres en question aient accepté de voir leur nom inscrit sur la liste. En fait, il est arrivé dans le passé que l'on ait avancé la candidature d'Etats Membres sans avoir obtenu leur accord préalable, ce qui a donné lieu à des situations embarrassantes. M. BRIGHT (Libéria) constate avec surprise que trois Etats Membres de la Région africaine figurent sur la liste des noms suggérés, alors que le groupe des pays africains a présenté la candidature de deux Membres seulement. Le PRESIDENT souligne que, si le Bureau est appelé à dresser tout d'abord une liste de douze Membres, il n'y a en fait que huit sièges vacants au Conseil exécutif, de sorte que les noms de quatre pays devront être éliminés. Le DIRECTEUR GENERAL explique que les suggestions faites échappent au contrôle du Secrétariat, et qu'il est impossible de déterminer si elles correspondent ou non aux voeux du groupe des pays africains. Il appartient maintenant au Bureau de dresser la liste qui lui paraîtra la plus appropriée.

326

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

M. CHOWDHURY (Bangladesh) annonce que le groupe des pays de l'Asie du Sud -Est a proposé seulement la candidature du Bangladesh et que ce pays a signifié son accord. Le PRESIDENT invite le Professeur Rudowski (Pologne) et M. Fokam Kamga (République -Unie du Cameroun) à faire fonction de scrutateurs. A titre indicatif, il est procédé à un vote d'essai au scrutin secret. 2.

PROGRAMME DE TRAVAIL DE L'ASSEMBLEE DE LA SANTE

Après avoir entendu le Dr CAYLA (France), Président de la Commission B, et le Dr DAVIES (Sierra Leone), Vice -Président de la Commission A, exposer l'état d'avancement des travaux de leur commission, le Bureau arrête le programme des réunions du mardi 20 mai. 3.

PROPOSITIONS EN VUE DE L'ELECTION DE MEMBRES HABILITES A DESIGNER UNE PERSONNE DEVANT FAIRE PARTIE DU CONSEIL EXECUTIF (suite de la section 1) Le PRESIDENT communique au Bureau les résultats du vote d'essai.

M. BRIGHT (Libéria) se déclare satisfait de voir qu'un grand nombre de voix sont allées à la Mauritanie et au Rwanda, dont les candidatures avaient été présentées par le groupe des pays africains. Le Dr CAMARA (Guinée) s'associe à l'opinion exprimée par le délégué du Libéria. Il se déclare surpris de voir figurer sur la liste dont le Président a donné lecture le nom du Gabon, qui était représenté à la réunion du groupe des pays africains, mais dont la candidature n'a pas été proposée par le groupe. Le PRESIDENT rappelle que les propositions de candidatures n'impliquent pas nécessairement l'accord des pays intéressés; d'ailleurs, lors du vote d'essai, des voix sont allées à des Etats Membres dont les noms n'avaient pas été suggérés. Le Dr EL-GERBI (République Arabe Libyenne) annonce que le groupe des pays de la Méditerranée orientale s'est déclaré en faveur de la candidature de la Somalie. Le Dr EHRLICH (Etats -Unis d'Amérique) est reconnaissant aux membres du Bureau d'avoir accordé un grand nombre de suffrages au Canada, dont le groupe des pays des Amériques avait soutenu la candidature. Le Dr SHRIVASTAV (Inde) rappelle que le groupe des pays de l'Asie du Sud -Est a décidé d'appuyer la candidature du Bangladesh.

M. CAPLETON (Jamaique) déclare que son pays n'est pas désireux de faire acte de candidature. Le Bureau procède à un nouveau vote au scrutin secret pour dresser la liste des douze Membres qui sera transmise à l'Assemblée de la Santé. Les onze pays suivants obtiennent la majorité requise Australie, Bangladesh, Canada, Finlande, Mauritanie, Rwanda, Singapour, Somalie, Tunisie, Turquie et Yougoslavie. Le Costa Rica et la Tchécoslovaquie obtiennent un nombre égal de voix. :

Le PRESIDENT donne lecture de l'article 81 du Règlement intérieur de l'Assemblée qui fixe la procédure à suivre au cas où, lors d'une élection, il est impossible de pourvoir un poste vacant en raison du partage égal des voix entre deux candidats. Le Bureau procède à un nouveau vote au scrutin secret afin de compléter la liste des douze Membres, à la suite duquel le nom du Costa Rica est ajouté à la liste. M. CAPLETON (Jamaique) est heureux de constater que la candidature du Canada a recueilli le maximum de suffrages. Avant que le Bureau ne dresse la liste des huit Membres, le PRESIDENT rappelle que seuls les noms figurant sur la liste des douze Membres peuvent être inscrits sur la liste des huit Membres. Il est procédé à un vote au scrutin secret pour établir la liste des huit Membres dont l'élection assurerait, de l'avis du Bureau, une répartition équilibrée des sièges au sein du Conseil exécutif dans son ensemble. Lors du dépouillement du scrutin, le Dr EHRLICH (Etats -Unis d'Amérique) demande au Directeur général de faire le point de la situation en ce qui concerne les notifications d'acceptation des amendements aux articles 24 et 25 de la Constitution.

Le DIRECTEUR GENERAL répond que la situation est la même qu'au début de la semaine dernière. Il espère néanmoins que durant le week -end plusieurs gouvernements auront eu l'occasion d'adresser un instrument officiel d'acceptation de ces amendements au Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies et il donne aux membres du Bureau l'assurance que, lorsque le nombre statutaire d'acceptations requis aura été atteint, ils en seront immédiatement informés. Le PRESIDENT annonce les résultats du vote, à la suite de quoi les pays suivants sont Bangladesh, Canada, Mauritanie, Rwanda, Yougoslavie, inscrits sur la liste des huit Membres Australie, Finlande et Somalie. :

BUREAU DE L'ASSEMBLEE

:

QUATRIEME ET CINQUIEME SEANCES

327

Le Président précise que le rapport du Bureau contenant les noms des douze Membres proposés, accompagnés des noms des huit Membres qui, de l'avis du Bureau, réaliseraient, s'ils venaient à être élus, un Conseil comportant dans son ensemble une distribution équilibrée, sera distribué au plus tard le matin du mardi 20 mai et pourra donc être soumis à l'Assemblée plénière le matin du mercredi 21 mai.

La séance est levée à 14 h.45.

QUATRIEME SEANCE Mardi 20 mai 1975, 17 h.40

Président 1.

:

Professeur S. HALTER (Belgique), Président de l'Assemblée de la Santé

ETAT D'AVANCEMENT DES TRAVAUX DES COMMISSIONS PRINCIPALES

Le Dr DAVIES (Sierra Leone), Vice -Président de la Commission A, et le Dr CAYLA (France), Président de la Commission B, font rapport au Bureau sur l'état d'avancement des travaux de ces commissions. 2.

PROGRAMME DE TRAVAIL DE L'ASSEMBLEE DE LA SANTE

Le Bureau fixe le calendrier des réunions du mercredi 21 mai et établit dans ses grandes lignes le programme des réunions du jeudi 22 mai et du vendredi 23 mai. Le DIRECTEUR GENERAL informe le Bureau que, selon les informations reçues de l'Organisation des Nations Unies, le nombre requis de notifications d'acceptation des amendements aux articles 24 et 25 de la Constitution sera probablement atteint dans l'après -midi du mercredi. Dans cette éventualité, le Bureau pourrait décider à sa prochaine séance des recommandations à adresser à l'Assemblée au sujet des dispositions transitoires nécessaires pour la mise en application de ces amendements, qui portent de vingt -quatre à trente le nombre des membres du Conseil exécutif. Le Directeur général suggère que le jeudi 22 mai l'Assemblée plénière soit directement saisie d'un projet de résolution relatif aux dispositions transitoires requises. Le Président inviterait alors les Membres à présenter des suggestions pour l'élection de six nouveaux Membres habilités à désigner une personne devant faire partie du Conseil exécutif. Le lundi 26 mai, le Bureau établirait des propositions en vue de l'élection de ces six Membres et l'Assemblée plénière pourrait procéder à l'élection le mercredi suivant.

La séance est levée à 17 h.55.

CINQUIEME SEANCE Mercredi 21 mai 1975, 17 h.15 Président 1. :

Professeur S. HALTER (Belgique), Président de l'Assemblée de la Santé

ETAT D'AVANCEMENT DES TRAVAUX DES COMMISSIONS PRINCIPALES

Le Dr CAYLA (France), Président de la Commission B, et le Dr DAVIES (Sierra Leone), Vice Président de la Commission A, exposent au Bureau l'état d'avancement des travaux de ces commissions. 2.

TRANSMISSION A L'ASSEMBLEE DE LA SANTE DES RAPPORTS DES COMMISSIONS PRINCIPALES

Le Bureau décide de transmettre à l'Assemblée de la Santé les premier et deuxième rapports de la Commission B. 3.

DISPOSITIONS CONCERNANT L'AUGMENTATION DU NOMBRE DES MEMBRES DU CONSEIL EXECUTIF

Le PRESIDENT annonce au Bureau que le Directeur général a reçu confirmation de l'entrée en vigueur des amendements aux articles 24 et 25 de la Constitution portant le nombre des membres du Conseil exécutif de vingt- quatre à trente. Il appelle l'attention des membres sur un document préparé par le Directeur général, où figurent des suggestions quant à la procédure à suivre aux fins de l'élection des six Membres nécessaires pour porter de vingt -quatre à trente le nombre des membres du Conseil ainsi qu'un plan de travail pour les différentes étapes de la procédure à suivre.

328

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

Le DIRECTEUR GENERAL, présentant le document soumis au Bureau, souligne que, du fait de l'entrée en vigueur des amendements aux articles 24 et 25 de la Constitution, l'Assemblée de la Santé aura la possibilité d'élire six Membres supplémentaires habilités à désigner une personne devant faire partie du Conseil exécutif, de manière à porter à trente le nombre des membres du Conseil. Aux termes des amendements à l'article 25, le mandat de deux des Membres supplémentaires ainsi élus sera d'un an et celui des deux autres sera de deux ans, la sélection s'opérant par tirage au sort. Il est proposé d'appliquer pour les élections la procédure suivante l'Assemblée élira six Membres supplémentaires habilités à désigner une personne 1) devant faire partie du Conseil exécutif; parmi ces Membres, deux seront élus pour une période de trois ans, deux pour une période de deux ans, et deux pour une période d'un an, la sélection étant opérée par un tirage au sort auquel le Président de l'Assemblée procédera immédiatement après l'élection; 2) l'élection des six Membres sera régie par les articles 97 à 100 du Règlement intérieur de l'Assemblée, étant entendu que le Bureau désignera neuf Membres et recommandera sur cette liste les six Membres qui, à son avis, assureraient, s'ils venaient à être élus, une répartition équilibrée au sein du Conseil dans son ensemble et que, parmi les Membres ainsi désignés, l'Assemblée élira au scrutin secret les six autres Membres habilités à désigner une personne devant faire partie du Conseil exécutif. Le Directeur général indique que, sous réserve de la décision de l'Assemblée, il appartient au Bureau de fixer l'organisation et la date de ces élections. Il est proposé que, lors de la séance plénière du jeudi matin 22 mai, le Président invite les Membres à présenter des suggestions concernant l'élection des six Membres; le lundi 26 mai à 12 heures, le Bureau dresserait une liste des Membres et le matin du mercredi 28 mai, l'Assemblée siégeant en séance plénière procéderait à l'élection. Ces dispositions permettraient d'avertir par télégramme les gouvernements des Membres ainsi élus en temps voulu pour qu'ils puissent désigner les personnes devant siéger à la cinquante sixième session du Conseil exécutif. :

Décision Après un débat prolongé sur les modalités de la répartition des six sièges supplémentaires entre les différentes Régions, certains Membres préconisant une répartition fondée sur une formule purement arithmétique - c'est -à -dire au prorata du nombre des Membres de chaque Région - et d'autres une répartition qui tiendrait compte de critères tels que la dimension des Régions, l'effectif de leur population ou l'ampleur de la contribution des pays à l'activité de l'OMS, le Bureau recommande l'adoption de la procédure proposée par le Directeur général pour l'élection des six Membres habilités à désigner une personne devant faire partie du Conseil exécutif. :

Le PRESIDENT signale que le Directeur général a également soumis au Bureau un projet de résolution relatif à la procédure d'élection des six Membres, qui est ainsi libellé :

La Vingt- Huitième Assemblée mondiale de la Santé, Considérant que le Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies a, le 21 mai 1975, notifié au Directeur général l'entrée en vigueur des amendements aux articles 24 et 25 de la Constitution, adoptés par la Vingtième Assemblée mondiale de la Santé et portant de vingt -quatre à trente le nombre des Membres habilités à désigner une personne devant faire partie du Conseil exécutif, DECIDE que l'élection de six Membres supplémentaires habilités à désigner une personne devant faire partie du Conseil exécutif aura lieu au cours de la présente session et s'effectuera de la façon suivante: 1) L'Assemblée de la Santé élira six Membres supplémentaires habilités à désigner des personnes devant faire partie du Conseil exécutif. Parmi ces Membres, deux seront élus pour une période de trois ans, deux pour une période de deux ans et deux pour une période d'un an, la sélection étant déterminée par un tirage au sort auquel le Président de l'Assemblée procédera immédiatement après l'élection. 2) L'élection des six Membres sera régie par les articles 97 à 100 du Règlement intérieur de l'Assemblée de la Santé, étant entendu que a) Le Bureau de l'Assemblée désignera neuf Membres et en dressera la liste, recommandant sur cette liste les six Membres qui, à son avis, assureraient, s'ils étaient élus, une répartition équilibrée au sein du Conseil dans son ensemble. b) Parmi les Membres ainsi désignés, l'Assemblée de la Santé élira au scrutin secret les six Membres supplémentaires habilités à désigner des personnes devant faire partie du Conseil exécutif, dans les conditions prévues au paragraphe 1) :

ci- dessus.

Décision 4.

:

Le Bureau soumet ce projet de résolution à l'Assemblée de la Santé.

PROGRAMME DE TRAVAIL DE L'ASSEMBLEE DE LA SANIE Le Bureau arrête le programme des réunions du jeudi 22 mai et du vendredi 23 mai. La séance est levée à 18 h.55.

BUREAU DE L'ASSEMBLEE

:

SIXIEME ET SEPTIEME SEANCES

329

SIXIEME SEANCE

Vendredi 23 mai 1975, 17 h.40 Président :

Dr A. C. EMPANA (Congo), Vice -Président de l'Assemblée de la Santé

1.

ETAT D'AVANCEMENT DES TRAVAUX DES COMMISSIONS PRINCIPALES

Le Dr DAVIES (Sierra Leone), Vice -Président de la Commission A, et le Dr CAYLA (France), Président de la Commission B, exposent au Bureau l'état d'avancement des travaux de ces commissions. 2.

TRANSMISSION A L'ASSEMBLEE DE LA SANTE DES RAPPORTS DES COMMISSIONS PRINCIPALES

Le Bureau décide de transmettre à l'Assemblée de la Santé le troisième rapport de la Commission B et le premier rapport de la Commission A. 3.

REPARTITION DES POINTS DE L'ORDRE DU JOUR ENTRE LES COMMISSIONS PRINCIPALES DE POINTS

:

TRANSFERT

Après recommande points 2.4 sification 4.

avoir entendu le DIRECTEUR GENERAL et à la suite d'un échange de vues, le Bureau de renvoyer de l'ordre du jour de la Commission A à celui de la Commission B les (Facteurs psycho- sociaux et santé) et 2.10 (Sécurité d'emploi des pesticides : Clasdes pesticides en fonction des dangers qu'ils présentent).

PROGRAMME DE TRAVAIL DE L'ASSEMBLEE DE LA SANTE

Le Bureau fixe le programme des réunions du samedi 24 mai et du lundi 26 mai et établit dans ses grandes lignes le programme de travail de l'Assemblée pour le mardi 27 mai.

La séance est levée à 18 heures.

SEPTIEME SEANCE Lundi 26 mai 1975, 12 h.5 Président 1. :

Professeur S. HALTER (Belgique), Président de l'Assemblée de la Santé

PROPOSITIONS EN VUE DE L'ELECTION DES SIX MEMBRES SUPPLEMENTAIRES HABILITES A DESIGNER' UNE PERSONNE DEVANT FAIRE PARTIE DU CONSEIL EXECUTIF

Le PRESIDENT rappelle tout d'abord qu'en vertu de l'article 24 de la Constitution le Conseil exécutif est composé de personnes techniquement qualifiées dans le domaine de la santé, et non pas de représentants des gouvernements; en outre, le même article stipule que, lors des élections au Conseil exécutif, l'Assemblée de la Santé doit tenir compte d'une répartition géographique équitable des sièges au sein du Conseil. A ce propos, si l'on peut envisager une répartition strictement calquée sur les Régions, il est également possible de concevoir une répartition quelque peu différente. Le Président fait observer que certaines Régions - telle la Région de la Méditerranée orientale - comprennent des pays de niveaux économiques très divers, tandis que les pays du continent africain appartiennent à trois Régions différentes. Rappelant qu'à l'origine l'Organisation comptait moins de 60 Membres, avec un Conseil exécutif de 18 membres, le Président souligne que ce nombre est maintenant passé à plus de 140, alors que le nombre des membres du Conseil est seulement de 30. Il se demande par conséquent si le moment n'est pas venu d'envisager une nouvelle augmentation du nombre des sièges au Conseil exécutif, d'autant que les organes directeurs similaires des autres organisations du système des Nations Unies comptent un plus grand nombre de membres que le Conseil exécutif. Il appartient au Bureau de l'Assemblée de justifier la confiance de l'Assemblée en présentant, en vue de l'élection des six Membres supplémentaires habilités à désigner une personne pour siéger au Conseil exécutif, des recommandations conformes aux intérêts de l'Organisation. Le Président rappelle que la procédure applicable en la matière est régie par les articles 24 et 25 amendés de la Constitution et par l'article 99 du Règlement intérieur de l'Assemblée et il invite le Bureau à prendre également en considération la résolution WHA28.19 récemment adoptée par l'Assemblée. Il attire enfin l'attention des membres sur la documentation qui leur a été communiquée, à savoir a) un tableau indiquant la répartition géographique au Conseil exécutif, par Région; b) un tableau donnant la composition du Conseil après l'élection des huit Membres à laquelle l'Assemblée a procédé la semaine précédente; :

330 c)

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

un document intitulé "Répartition géographique lors des élections aux organes directeurs d'autres institutions spécialisées "; et d) une liste des Membres, classés par Région et par ordre alphabétique dans chaque Région, dont le nom a été suggéré à la suite de la communication faite en séance plénière le jeudi 22 mai par le Président de l'Assemblée, en application de l'article 98 du Règlement intérieur.

Le Président souligne que cette dernière liste n'est nullement limitative et que les membres du Bureau peuvent voter pour d'autres Etats Membres s'ils le désirent. Il suggère d'adopter la même procédure que précédemment après une discussion générale, le Bureau procéderait à un vote d'essai, puis, à la suite d'une nouvelle discussion, il dresserait tout d'abord une liste de neuf Membres, et ensuite une liste de six Membres choisis sur la liste de neuf Membres qui, à son avis, assureraient, s'ils venaient à être élus, une répartition équilibrée au sein du Conseil dans son ensemble. :

Le Dr SHRIVASTAV (Inde) a écouté avec le plus grand intérêt les observations liminaires du Président. Se référant au document indiquant la répartition géographique dans les organes directeurs d'autres institutions spécialisées, il constate que dans ces organisations (l'OIT, la FAO et l'UNESCO par exemple), la répartition des sièges n'est pas essentiellement fondée sur le nombre de pays composant les Régions. D'autres facteurs importants doivent en effet être pris en considération, à savoir la superficie de la Région, l'effectif de sa population et l'ampleur des problèmes rencontrés. Si l'Asie du Sud -Est ne compte que peu de Membres, ses dimensions, le chiffre de sa population et l'étendue de ses problèmes sanitaires en font une Région très importante. Aussi convient -il de lui assurer au Conseil une représentation adéquate. En ne tenant compte que du nombre des pays composant les Régions, on aboutirait à une situation embarrassante vis -à -vis des autres institutions qui ont adopté des principes différents pour la répartition des sièges dans leurs organes directeurs. Il serait bon que l'OMS se conforme à la politique suivie dans le système des Nations Unies. Le Dr Shrivastav rappelle que lors d'une Assemblée précédente, les délégations de l'Inde et du Népal avaient suggéré que chaque Région compte au moins trois sièges au Conseil exécutif, ce qui permettrait le renouvellement d'un membre de chacune des Régions tous les ans. Il suggère que la question soit maintenant réexaminée, dans l'intérêt d'une meilleure représentation de la Région de l'Asie du Sud -Est.

Le Dr CAYLA (France) fait part au Bureau de la candidature de la Turquie. Le PRESIDENT rappelle que la liste des suggestions est maintenant close, mais il souligne que cette liste n'est pas limitative et que les membres du Bureau peuvent voter pour tout Membre de leur choix. Le Dr BROWN (Bolivie) annonce que le groupe des pays des Amériques a appuyé la candidature du Costa Rica; il a estimé d'autre part qu'étant donné le nombre de ses Membres, la Région des Amériques avait pleinement droit à un siège supplémentaire au Conseil exécutif. Le Dr CAMARA (Guinée), se référant aux observations liminaires du Président, souligne que les personnes siégeant au Conseil exécutif ne représentent pas les gouvernements qui les ont désignées, mais tous les pays du monde. Les membres du Conseil appartenant à la Région africaine sont prêts quant à eux à assumer toutes leurs responsabilités, à tous les niveaux. Le Dr Camara estime que le plus sage est d'écarter toutes considérations d'ordre subjectif et de s'en tenir à des critères de répartition purement objectifs, dans l'intérêt de la bonne marche des travaux de l'Organisation. Le Dr HASSOUN (Irak) annonce que le groupe réunissant la plupart des pays de la Méditerranée orientale a présenté à l'unanimité la candidature du Soudan, en faveur de laquelle la Tunisie s'est désistée. Le Dr GREVILLE (Australie) appuie la candidature du Japon, étant donné la contribution précieuse qu'une personne désignée par ce pays pourrait apporter aux travaux de l'OMS. M. WALKER (Jamatque) remercie le Président de ses observations liminaires, qui l'ont profondément impressionné. A son avis, l'OMS devrait envisager une augmentation du nombre des membres du Conseil exécutif, afin de s'aligner sur les autres organisations du système des Nations Unies. Le Président a bien souligné l'importance d'une répartition géographique équitable, principe fondamental dont il importe de tenir compte avant tout. M. Walker attire l'attention du Bureau sur le fait que le groupe des pays des Amériques a proposé les noms de deux pays, dont la Guyane, mais non à l'unanimité. Il espère pour sa part que la zone des Caratbes sera représentée au Conseil exécutif. Prenant la parole sur l'invitation du Président en vertu de l'article 32 du Règlement intérieur, le Professeur SULIANTI SAROSO (Indonésie) déclare, au nom de la Région de l'Asie du Sud -Est, que les pays de cette Région ont décidé d'appuyer la candidature de l'Inde, bien que l'Asie du Sud -Est n'ait pas droit à un siège supplémentaire si l'on applique une formule purement mathématique pour la répartition des sièges au Conseil. Cependant, on ne saurait se fonder

BUREAU DE L'ASSEMBLEE

:

SEPTIEME SEANCE

331

exclusivement sur une formule arithmétique. Le Conseil doit certes être composé de personnes techniquement qualifiées siégeant à titre personnel et non en tant que représentants des gouvernements, mais il faut aussi assurer une répartition géographique équitable. Or, si l'on applique la formule consistant à répartir les sièges entre les Régions au prorata du nombre de leurs Membres, on aboutit à 7 sièges pour la Région africaine, 6 pour la Région des Amériques, 2 pour la Région de l'Asie du Sud -Est, 7 pour la Région européenne, 5 pour la Région de la Méditerranée orientale et 3 pour la Région du Pacifique occidental. Peut -on parler d'une répartition équilibrée si une Région n'a droit qu'à deux sièges ? Chaque Région devrait avoir un minimum de trois sièges au Conseil exécutif, ainsi qu'on l'avait dit à la Vingtième Assemblée mondiale de la Santé. Les intérêts des autres Régions, y compris ceux de l'Afrique, ne s'en trouveraient nullement compromis. Si l'Asie du Sud -Est ne compte que deux sièges au Conseil, il y aura une année où aucun Etat Membre de cette Région ne sera élu, alors qu'avec trois sièges, elle aurait chaque année au Conseil un membre expérimenté, un deuxième membre moins expérimenté, et un membre nouvellement désigné. Le Conseil exécutif a pour tâche de veiller à l'amélioration de la santé de tous les pays en voie de développement et non pas de pays particuliers. Le Professeur Sulianti estime qu'il ne suffirait pas d'augmenter le nombre des membres du Conseil; en l'absence de critères applicables à la répartition des sièges, on se retrouverait toujours devant les mêmes difficultés. M. FOKAM KAMGA (République -Unie du Cameroun) constate que, d'après les informations contenues dans le document indiquant la répartition géographique lors des élections aux organes directeurs d'autres institutions spécialisées, le Conseil exécutif de l'OMS compte bien moins de membres que les organes directeurs similaires des autres organisations du système des Nations Unies. Aussi se demande -t -il s'il ne serait pas possible d'envisager dès la présente Assemblée une

nouvelle augmentation du nombre des membres du Conseil. Il fait appel aux membres du Bureau pour qu'ils s'efforcent de rapprocher les points de vue en présence. A son avis, il faudrait s'en tenir actuellement à un calcul mathématique pour la répartition des sièges, quitte à établir des critères nouveaux lorsque l'on procédera à une nouvelle augmentation du nombre des membres du Conseil exécutif. Le DIRECTEUR GENERAL précise que l'Assemblée de la Santé pourrait prier le Directeur général de rédiger les amendements nécessaires aux articles 24 et 25 de la Constitution, ceux ci devant être communiqués aux Etats Membres six mois avant la date d'ouverture de l'Assemblée. Le Dr EL -GERBI (République Arabe Libyenne) donne son appui à la candidature du Soudan.

Prenant la parole sur l'invitation du PRESIDENT en vertu de l'article 32 du Règlement intérieur, M. GRAY (Trinité -et- Tobago) confirme que le groupe des pays des Amériques a appuyé la candidature du Costa Rica. Sa délégation estime toutefois, comme le délégué de la Jamatque, que la zone des Caratbes devrait être représentée au Conseil si l'on veut appliquer le principe d'une répartition géographique équitable. Le Dr ALY (Egypte) note que chaque institution spécialisée semble avoir ses propres principes quant à la répartition géographique lors des élections à son organe directeur. Or il est de tradition à l'OMS, depuis l'origine, que le choix s'opère suivant le principe d'une stricte égalité entre pays. Il conviendrait donc d'attribuer trois sièges supplémentaires à la Région africaine et un siège supplémentaire à la Région de la Méditerranée orientale. La délégation égyptienne appuiera pour sa part la candidature du Soudan. Le Dr CAMARA (Guinée) déclare que le seul critère qui puisse résister à la critique est le critère géographique. Les membres du Conseil, qui ne sont pas les représentants de leur gouvernement, défendront assurément les intérêts des pays de toutes les Régions. La Région africaine réclame simplement qu'on lui fasse justice et demande l'application d'un critère purement objectif. M. CHOWDHURY (Bangladesh) dit que, lors de ses précédentes interventions au Bureau, il s'est exprimé non pas au nom de sa délégation, mais au nom de tous les pays de la Région de l'Asie du Sud -Est. Ceux -ci ont décidé d'en appeler au Bureau pour qu'il prenne en considération les vues de leur Région; ils ont demandé au Professeur Sulianti de se faire leur porte -parole et ont prié le délégué du Bangladesh d'appuyer leur thèse. Le respect de l'opinion d'autrui est la base de tous les principes démocratiques, et en particulier de ceux qui interviennent lors d'une élection, et cela, le Bureau ne devrait pas l'oublier. La Région de l'Asie du Sud -Est ne demande pas que telle ou telle Région soit privée d'un siège; elle demande seulement qu'on lui attribue un siège supplémentaire. Le principe consistant à allouer trois sièges à chaque Région, qui permettrait chaque année le renouvellement des membres de la Région, serait certainement le plus équitable. Dès l'instant où un membre est désigné, il cesse de représenter son gouvernement; il se voue au service de l'humanité tout entière. M. Chowdhury rappelle que le groupe des pays de l'Asie du Sud -Est a décidé à l'unanimité de présenter la candidature de l'Inde. Le Dr VENEDIKTOV (Union des Républiques socialistes soviétiques) dit que la question d'une répartition plus équitable des sièges au Conseil exécutif préoccupe vivement les pays européens.

332

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

La délégation soviétique reconnaît certes le bien -fondé d'une formule mathématique de répartition et elle ne conteste nullement le principe de l'égalité de tous les Etats Membres, qu'elle a au contraire constamment appuyé. Le Dr Venediktov souligne que le Conseil exécutif n'est pas seulement un organe politique; c'est aussi un organe technique dont les membres doivent être à même de comprendre les points de vue de tous les pays du monde. Ce n'est pas par hasard que les institutions du système des Nations Unies ont adopté d'autres critères qu'un critère purement arithmétique pour la répartition des sièges au sein de leur organe directeur. Bien que difficiles à évaluer, ces critères ne sont nullement subjectifs et reflètent une certaine répartition des responsabilités entre les divers pays. C'est ainsi que le Conseil de Sécurité compte des membres permanents chargés de responsabilités particulières devant les peuples du monde. De l'avis de la délégation soviétique, l'OMS devrait elle aussi prendre en considération ces autres critères. La Région de l'Asie du Sud -Est, dont la population représente le quart de la population mondiale, a certainement droit à un troisième siège au Conseil exécutif. Cependant, la Région européenne devrait elle aussi disposer d'un siège supplémentaire.En effet, sur les sept sièges qui lui sont attribués, deux sont occupés en permanence par les personnes désignées par certains pays, ce qui restreint la possibilité pour les autres Etats Membres européens de désigner une personne devant faire partie du Conseil exécutif. En second lieu, les contributions des pays européens représentent plus de 50 1 du budget ordinaire de l'Organisation, alors que la Région ne reçoit que 5 % des fonds de ce même budget, ce qui est d'ailleurs parfaitement justifié. Or, à la différence de la Région des Amériques, l'Organisation régionale n'est pas constituée en organisation autonome et ne dispose d'aucun budget complémentaire. En troisième lieu, la Région européenne a une grande expérience dans le domaine médical et technique; elle forme de nombreux boursiers d'autres Régions et ses instituts scientifiques accomplissent d'importants travaux sur des problèmes d'intérêt universel. La conférence européenne sur la coopération permettra d'ailleurs d'ouvrir des possibilités nouvelles d'aide scientifique et technique. Enfin, il existe dans la Région deux systèmes sociaux différents; à côté des pays à économie de marché, il y a les pays socialistes à économie planifiée, dont l'expérience en matière de santé présente un très grand intérêt pour l'OMS et pour le Conseil exécutif en particulier. Etant donné par ailleurs l'augmentation récente du nombre d'Etats Membres de l'Organisation, le moment semble donc être venu de prévoir un nouvel élargissement du Conseil exécutif, comme l'a suggéré le délégué de la République -Unie du Cameroun. La présente Assemblée pourrait être saisie d'un projet de résolution priant le Directeur général d'élaborer des amendements aux articles 24 et 25 de la Constitution à l'effet de porter à trente -deux au minimum le nombre des membres du Conseil exécutif. Le Dr DEL CID PERALTA (Guatemala) estime lui aussi qu'il serait opportun d'augmenter le nombre des membres du Conseil exécutif, afin d'assurer une meilleure répartition des sièges. La délégation du Guatemala donne son appui à la candidature du Costa Rica. M. ELLIS (Libéria) se prononce, comme le délégué de la Guinée, en faveur de l'application d'une formule mathématique de répartition des sièges. A son avis, la Région africaine a pleinement droit à trois sièges supplémentaires. Il souligne que, dès leur désignation, les membres du Conseil cessent de représenter leur gouvernement; ceux qui viendront de la Région africaine seront parfaitement à même de défendre les intérêts des pays en voie de développement, dont les problèmes sont les mêmes en Afrique et dans les autres Régions. La délégation du Libéria estime qu'il est temps de demander au Directeur général de rédiger un projet d'amendement des articles 24 et 25 de la Constitution en vue d'augmenter le nombre des membres du Conseil exécutif. Le PRESIDENT invite le Bureau à procéder à un vote d'essai au scrutin secret et il prie le Dr Kilgour (Royaume -Uni de Grande -Bretagne et d'Irlande du Nord) et le Dr Hassoun (Irak) de faire fonction de scrutateurs. A titre indicatif, il est procédé à un vote d'essai au scrutin secret. Le PRESIDENT communique au Bureau les résultats du vote d'essai, puis un nouveau vote au scrutin secret a lieu afin de dresser la liste des neuf Membres qui sera transmise à l'Assemblée de la Santé. 2.

ETAT D'AVANCEMENT DES TRAVAUX DES COMMISSIONS PRINCIPALES

Le Dr CAYLA (France), Président de la Commission B, fait rapport au Bureau sur l'état d'avancement des travaux de la Commission. Le Dr VENEDIKTOV (Union des Républiques socialistes soviétiques) fait observer que, dans le barème des contributions pour 1976 adopté par l'Assemblée de la Santé, la contribution de la République du Sud Viet -Nam se trouve fixée à 0,06 %. Or, il semblerait juste que cette contribution s'établisse au taux minimal de 0,02 %. Peut -être conviendrait -il de rouvrir le débat sur ce point en séance plénière, afin de pouvoir modifier la contribution de la République du Sud Viet -Nam dès la présente Assemblée. Après un échange de vues et après avoir entendu le DIRECTEUR GENERAL, il est décidé que la question de la contribution du Sud Viet -Nam sera examinée par le Conseil exécutif, ce qui

BUREAU DE L'ASSEMBLEE

:

HUITIEME SEANCE

333

permettra à la Vingt -Neuvième Assemblée mondiale de la Santé de réajuster le barème des contributions compte tenu de la décision prise par le Conseil. Le Dr DAVIES (Sierra Leone), Vice -Président de la Commission A, expose au Bureau l'état d'avancement des travaux de la Commission A. 3.

TRANSMISSION A L'ASSEMBLEE DE LA SANTE DES RAPPORTS DES COMMISSIONS PRINCIPALES

Le Bureau décide de transmettre à l'Assemblée de la Santé le deuxième rapport de la Commission A et le quatrième rapport de la Commission B. 4.

PROGRAMME DE TRAVAIL DE L'ASSEMBLEE DE LA SANTE

Le Bureau arrête le programme des réunions du mardi 27 mai et établit dans ses grandes lignes le programme de travail de l'Assemblée pour le mercredi 28 mai et le jeudi 29 mai. 5.

REPARTITION DES POINTS DE L'ORDRE DU JOUR ENTRE LES COMMISSIONS PRINCIPALES DE POINTS

:

TRANSFERT

Le Bureau recommande de renvoyer de l'ordre du jour de la Commission A à celui de la Commission B les points 2.7 (Fluoration et santé dentaire) et 2.8 (Substances prophylactiques et thérapeutiques). 6.

PROPOSITIONS EN VUE DE L'ELECTION DES SIX MEMBRES SUPPLEMENTAIRES HABILITES A DESIGNER UNE PERSONNE DEVANT FAIRE PARTIE DU CONSEIL EXECUTIF (suite de la section 1)

Le PRESIDENT communique au Bureau les résultats du vote intervenu. Les neuf pays suivants ont obtenu la majorité requise Costa Rica, Grèce, Guyane, Inde, Japon, République -Unie de Tanzanie, Souaziland, Soudan et Togo. :

1l est procédé à un vote au scrutin secret pour établir la liste des six Membres dont l'élection assurerait, de l'avis du Bureau, une répartition équilibrée des sièges au sein du Conseil exécutif dans son ensemble. Les pays suivants sont désignés Guyane, Japon, République -Unie de Tanzanie, Souaziland, Soudan et Togo. :

Le DIRECTEUR GENERAL donne lecture du rapport du Bureau contenant les noms des neuf Membres proposés, accompagnés des noms des six Membres qui, de l'avis du Bureau, réaliseraient, s'ils venaient à âtre élus, un Conseil comportant dans son ensemble une distribution équilibrée. Le PRESIDENT précise que ce rapport sera distribué aussitôt que possible et qu'il pourra donc être soumis à l'Assemblée plénière le matin du mercredi 28 mai. Après un échange de vues, il est suggéré que, lors de l'élection en séance plénière des six Membres supplémentaires habilités à désigner une personne devant faire partie du Conseil exécutif, l'Assemblée pourrait être également saisie d'un projet de résolution priant le Directeur général de soumettre à l'examen de la Vingt -Neuvième Assemblée mondiale de la Santé des projets d'amendements à la Constitution à l'effet de porter de trente à trente -trois le nombre des membres du Conseil exécutif.

La séance est levée à 15 h.25.

HUITIEME SEANCE

Mardi 27 mai 1975, 17 h.40 Président 1. :

Professeur S. HALTER (Belgique), Président de l'Assemblée de la Santé

ETAT D'AVANCEMENT DES TRAVAUX DES COMMISSIONS PRINCIPALES

Le Dr DAVIES (Sierra Leone), Vice -Président de la Commission A, et le Dr CAYLA (France), Président de la Commission B, font rapport au Bureau sur l'état d'avancement des travaux de ces commissions. 2.

TRANSMISSION A L'ASSEMBLEE DE LA SANIE DES RAPPORTS DES COMMISSIONS PRINCIPALES

Le Bureau décide de transmettre à l'Assemblée de la Santé le cinquième rapport de la Commission B et le troisième rapport de la Commission A.

334 3.

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

PROGRAMME DE TRAVAIL DE L'ASSEMBLEE DE LA SANTE

Le Bureau entérine la décision prise par le Vice -Président de la Commission A de réunir cette commission le soir même à 20 h.30. Il arrête ensuite le programme des réunions du mercredi 28 mai et établit un programme de travail provisoire pour le jeudi 29 mai. Il est entendu qu'à sa prochaine séance le Bureau fixera la date de clôture de l'Assemblée de la Santé.

La séance est levée à 17 h.50.

NEUVIEME SEANCE

Mercredi 28 mai 1975, 18 h.10 Président 1. :

Professeur S. HALTER (Belgique), Président de l'Assemblée de la Santé

ETAT D'AVANCEMENT DES TRAVAUX DES COMMISSIONS PRINCIPALES

Le Dr CAYLA (France), Président de la Commission B, informe le Bureau que la Commission a terminé l'examen des points inscrits à son ordre du jour. Le Dr DAVIES (Sierra Leone), Vice- Président de la Commission A, fait rapport sur l'état d'avancement des travaux de la Commission. 2.

REPARTITION DES POINTS DE L'ORDRE DU JOUR ENTRE LES COMMISSIONS PRINCIPALES D'UN POINT

:

TRANSFERT

Le Bureau recommande de renvoyer de l'ordre du jour de la Commission A à celui de la Commission B le point 2.9 (Rôle de l'OMS dans le développement et la coordination de la recherche biomédicale (rapport de situation)). 3.

TRANSMISSION A L'ASSEMBLEE DE LA SANTE DES RAPPORTS DES COMMISSIONS PRINCIPALES

Le Dr CHEN Chih -ming (Chine) étant intervenu à propos d'une résolution contenue dans le quatrième rapport de la Commission A, le PRESIDENT suggère que la délégation de la Chine intervienne en séance plénière, lors de l'examen de ce rapport par l'Assemblée de la Santé. Le Bureau décide de transmettre à l'Assemblée de la Santé le quatrième rapport de la Commission A ainsi que les sixième et septième rapports de la Commission B. 4.

DATE DE CLOTURE DE L'ASSEMBLEE DE LA SANTE Le Bureau décide de fixer la date de clôture de l'Assemblée au matin du vendredi 30 mai.

5.

PROGRAMME DE TRAVAIL DE L'ASSEMBLEE DE LA SANTE Le Bureau établit le programme des réunions du jeudi 29 mai.

La séance est levée à 18 h.30.

DIXIEME SEANCE

Jeudi 29 mai 1975, 14 h.50 Président :

Professeur S. HALTER (Belgique), Président de l'Assemblée de la Santé

1.

ETAT D'AVANCEMENT DES TRAVAUX DES COMMISSIONS PRINCIPALES

Le Dr DAVIES (Sierra Leone), Vice- Président de la Commission A, et le Dr CAYLA (France), Président de la Commission B, annoncent au Bureau que ces commissions ont terminé leurs travaux.

BUREAU DE L'ASSEMBLEE 2.

:

DIXIEME SEANCE

335

TRANSMISSION A L'ASSEMBLEE DE LA SANTE DES RAPPORTS DES COMMISSIONS PRINCIPALES

Le Bureau décide de transmettre à l'Assemblée de la Santé le cinquième rapport de la Commission A et le huitième rapport de la Commission B.

3.

CLOTURE DES TRAVAUX

Le PRESIDENT note qu'à la fin de la présente session l'Assemblée aura adopté un nombre de résolutions sans précédent dans les annales de l'Organisation et il exprime l'espoir que l'OMS se verra accorder les moyens financiers nécessaires pour mener à bien sa mission. Après les remerciements et félicitations d'usage, il déclare clos les travaux du Bureau.

La séance est levée à 15 heures.

COMMISSION A

PREMIERE SEANCE Jeudi 15 mai 1975, 9 h.30 Président :

M. M. MZALI (Tunisie)

1.

ALLOCUTION D'OUVERTURE DU PRESIDENT

Le PRESIDENT déclare que c'est pour lui -même et pour son pays, la Tunisie, un grand honneur que d'avoir été élu à la présidence de la Commission. Il souhaite la bienvenue aux délégués des Etats Membres - en particulier aux délégués du Botswana, de la Grenade et de la Guinée -Bissau - ainsi qu'aux représentants des Membres associés, de l'Organisation des Nations Unies, des institutions spécialisées, d'autres organisations intergouvernementales et non gouvernementales et aux observateurs des divers mouvements et organisations de libération. Il adresse également ses voeux de bienvenue au Dr Garcia, représentant du Conseil exécutif. 2.

ELECTION DU VICE -PRESIDENT ET DU RAPPORTEUR

Ordre du jour, 2.1

Sur la demande du PRESIDENT, le Dr CHRISTENSEN (Secrétaire de la Commission) donne lecture de l'article 36 du Règlement intérieur de l'Assemblée de la Santé, qui stipule que la Commission doit élire un Vice -Président et un Rapporteur après examen du rapport de la Commission des Désignations. Le PRESIDENT attire l'attention de la Commission sur le troisième rapport de la Commission des Désignations,' dans lequel le Dr Marcella Davies (Sierra Leone) et le Dr B. Lekie (Zaire) sont désignés pour les fonctions de vice -président et de rapporteur, respectivement. Décision Le Dr Davies et le Dr.Lekie sont élus Vice -Président et Rapporteur par acclamation. :

3.

ORGANISATION DES TRAVAUX DE LA COMMISSION

Le PRESIDENT rappelle que, conformément au mandat qui lui a été assigné par la résolution WHA26.1, la Commission est chargée de procéder à l'examen détaillé du budget programme pour les exercices financiers 1976 et 1977 (point 2.2.3), d'examiner les remarques et recommandations formulées par le représentant du Conseil exécutif et par le Directeur général (point 2.2.1) et de formuler une recommandation concernant le montant du budget effectif et le niveau du budget pour 1976 (point 2.2.2 de l'ordre du jour). Il propose que la Commission examine ensuite les points 2.3 à 2.10, en précisant toutefois que certains de ces points pourront être, si cela se révèle nécessaire, transférés à la Commission B. Il propose en outre que la Commission commence par l'examen du point 2.2.3, comme cela a été décidé la veille en séance plénière. Il en est ainsi décidé.

Le PRESIDENT appelle l'attention de la Commission sur l'article 82 du Règlement intérieur de l'Assemblée de la Santé relatif à la conduite des débats et aux votes dans les commissions. 4.

EXAMEN DETAILLE DU BUDGET PROGRAMME POUR LES EXERCICES FINANCIERS 1976 ET 1977

Ordre du jour, 2.2.3

Le PRESIDENT rappelle que, bien que les propositions de programme portent pour la première fois sur une période de deux années, la Commission est chargée d'examiner uniquement le niveau du budget pour 1976. C'est là une procédure intérimaire qui restera en vigueur jusqu'à ce que les amendements constitutionnels requis soient entrés en vigueur. En outre, puisque les points 2.3 à 2.10 se réfèrent spécifiquement à plusieurs programmes mentionnés également dans le budget programme que la Commission va examiner, il demande à ses membres de bien vouloir chaque fois que possible attendre, pour formuler les observations qu'ils désirent faire à propos d'un programme donné, que la Commission soit passée à l'examen du point correspondant de l'ordre du jour. i

Le Dr GARCIA (représentant du Conseil exécutif) appelle l'attention de la Commission sur la partie II des Actes officiels N° 223, qui contient le rapport du Conseil sur le projet de budget programme pour 1976 et 1977 (Actes officiels N° 220) et sur certaines autres questions. Le rapport se présente de façon quelque peu nouvelle puisqu'il met davantage l'accent sur les questions d'importance majeure, tandis que les détails du débat qui a eu lieu au sein du Conseil sont consignés dans les procès- verbaux qui sont désormais publiés également dans les Actes officiels (N° 224 pour la cinquante -cinquième session du Conseil). 1 Voir p. 695. - 337 -

338

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

Conformément à cette approche nouvelle, le chapitre I du rapport du Conseil rend compte de l'examen et de l'analyse détaillés du projet de budget programme auxquels a procédé le Conseil; il contient certains renseignements financiers concrets concernant la plupart des secteurs du programme et résume les points saillants du débat. L'analyse par le Conseil du budget programme du Centre international de Recherche sur le Cancer et des projets additionnels demandés par les gouvernements et non inclus dans le projet de budget programme figure à la page 181 des Actes officiels N° 223. A la partie 4 du chapitre II sont énumérées certaines questions sur lesquelles le Conseil désire appeler tout spécialement l'attention de l'Assemblée de la Santé - en particulier la nécessité de développer le role coordonnateur de l'OMS dans le domaine de la santé internationale et la proposition concernant le programme du Directeur général pour le développement. D'autre part, il faut rappeler que le Conseil est sérieusement préoccupé par les effets de l'instabilité monétaire internationale sur la situation sanitaire de nombreux pays. Dans la résolution EB55.R23, le Conseil a invité les Etats Membres à collaborer avec le Directeur général afin d'obtenir de sources extérieures les ressources accrues nécessaires pour amplifier le programme sanitaire intégré de l'OMS et de fournir à l'Organisation l'appui nécessaire aux activités mondiales ou régionales. Le DIRECTEUR GENERAL souhaite vivement que les possibilités offertes par l'Organisation soient plus largement ouvertes à ceux qui la constituent. A son avis, le fait de revoir la politique générale suivie en matière de programme avant d'adopter le niveau du budget effectif marque une rupture avec le passé et une étape nouvelle vers ce que l'on pourrait appeler une "participation démocratique ". C'est également la première fois que l'Assemblée de la Santé examine un budget programme biennal. Cependant, les avantages que présente l'établissement de budgets programmes ne se feront vraiment sentir que lorsque les deux tiers des Membres de l'OMS auront officiellement accepté les amendements à la Constitution approuvés voici déjà deux ans par l'Assemblée de la Santé. Le Directeur général invite les Membres qui n'ont pas encore ratifié ces amendements à le faire le plus tôt possible. Les activités de l'Organisation reflètent nécessairement les voeux de ses Membres, et l'OMS, la plus décentralisée des organisations internationales, n'a aucune excuse si ses priorités ne correspondent pas pleinement à ces voeux. Cependant, le Secrétariat ne peut engager de dialogue à lui seul, et les Membres doivent faire connattre les priorités qu'ils désirent voir inscrites dans le programme et qui peuvent être traduites en activités nationales valables. En période de crise monétaire, le sort du Secrétariat n'est pas enviable. Il ne se passe guère de jour où il ne faille réduire telles ou telles dépenses tant au Siège que dans les Régions, pour assurer la survie de l'Organisation. Comme dans les pays hautement développés, qui se sont repliés sur eux -mêmes depuis qu'ils ont pris conscience de la nécessité de réaliser des économies, il pourrait s'ensuivre une perte de la volonté d'innover sur le plan social et le maintien de ce qui est le moins souhaitable dans les activités classiques de l'Organisation. Cependant, le Secrétariat ne perd jamais de vue la nécessité pour l'Organisation de conserver tout son dynamisme. S'il n'y a pas eu de croissance réelle du programme, on a renforcé - ce qui se reflète, de l'avis du Directeur général, dans le projet de budget programme - les activités innovatrices correspondant aux priorités fondamentales de l'Organisation, notamment en ce qui concerne les maladies transmissibles. Les Etats Membres doivent comprendre que l'OMS n'est pas un organisme bailleur de fonds. C'est une entité dont tous les niveaux - national, régional et mondial - doivent s'étayer les uns les autres, faute de quoi les Membres ne recevront pas leur dê de l'Organisation. Aussi serait -il totalement arbitraire de n'évaluer le budget programme qu'en fonction de tels ou tels projets n'intéressant que certains pays déterminés. Ce qu'il faut, c'est déterminer si l'Organisation met tout en oeuvre pour accomplir les triches prioritaires qu'elle s'est assignées. Sans doute les Etats Membres ne sont -ils pas satisfaits de la manière dont, jusqu'à présent, l'Organisation a exercé ses activités. Cela même constitue un défi pour le Secrétariat, qui cherche à donner une plus grande vitalité à l'Organisation, pour lui permettre de faire face au nouvel ordre économique et à la rapidité vertigineuse de l'évolution économique et politique. Il est certes difficile de s'adapter rapidement à de tels changements, mais le Secrétariat n'ignore pas qu'il est indispensable de procéder à des réformes qui correspondent aux souhaits de tous les Etats Membres. Le PRESIDENT invite la Commission à examiner section par section les analyses de programme contenues dans les Actes officiels N° 220. D'autre part, le Directeur de la Division du Renforcement des Services de Santé étant absent de Genève pour l'instant, le Président propose d'attendre son retour pour examiner l'ensemble de la section 3 (3.1 - Renforcement des services de santé, et 3.2 - Santé de la famille).

Il en est ainsi décidé.

COMMISSION A

:

PREMIERE SEANCE

339

Réunions constitutionnelles (secteur de programme 1.1) Il n'y a pas d'observations.

Direction générale (secteur de programme 2.1) Bureau du Directeur général (programme 2.1.1) Il n'y a pas d'observations. Bureaux des Sous -Directeurs généraux (programme 2.1.2) Il n'y a pas d'observations.

Bureaux des Directeurs régionaux (programme 2.1.3) Le Dr SHRIVASTAV (Inde), soulignant l'importance de la planification des programmes pour les pays en voie de développement, rappelle que la plupart des pays ont besoin de l'aide de l'Organisation pour dresser tant leurs plans à long terme que leurs projets annuels de budget. C'est pourquoi il a recommandé la création d'un service central de planification au Bureau régional de l'Asie du Sud -Est, lequel aide désormais activement les pays de la Région dans ce domaine.

Au sujet des observations que vient de faire le Directeur général, il est à noter que, bien que les Etats Membres n'attendent pas de l'OMS une aide financière substantielle, il est des moments où ils comptent sur une certaine assistance, par exemple lorsqu'il s'agit de trouver des insecticides efficaces pour lutter contre le paludisme ou d'obtenir la fourniture de certains vaccins. Pour ce qui est de la crise financière, sans penser qu'il faut nécessairement procéder à de nouvelles réductions des dépenses, le Dr Shrivastav a le sentiment que l'on pourrait peut -être procéder à une rationalisation judicieuse concernant le personnel et les activités. Ainsi, dans les documents, il est constamment fait mention de la planification des ressources en personnels. Il lui semble que ce qu'il faudrait, c'est un service central et non pas plusieurs services distincts s'occupant chacun d'un programme donné. On pourrait ainsi réaliser des économies qui seraient utilisées pour aider les pays en voie de développement. Le DIRECTEUR GENERAL répète que l'OMS n'est pas un organisme bailleur de fonds. Le rôle moral et social qui incombe à l'Organisation a été souligné à maintes reprises. Elle ne remplirait pas ce rôle si elle ne pouvait être utilisée pour mobiliser des sommes représentant plusieurs fois le montant de son budget ordinaire afin de répondre aux priorités des pays où les besoins sont les plus grands. D'autre part, le Secrétariat a pour consigne expresse de faire preuve de souplesse dans l'exécution du budget ordinaire lorsque certains pays connaissent des difficultés. Si la "bourre" bureaucratique résultant de la création de divers secteurs de programme a entraîné certains doubles emplois, cet inconvénient bureaucratique est moins marqué à l'OMS qu'ailleurs. Il est d'ailleurs possible d'y remédier, et le Secrétariat s'y emploie activement; c'est ainsi qu'une approche horizontale multidisciplinaire a été adoptée pour l'exécution des programmes, tant au Siège que dans les bureaux régionaux. Même au niveau des pays, il arrive que certaines séries de projets soutenus par l'OMS soient conçues de façon trop rigide pour que toutes les ressources disponibles puissent être utilisées dans un cadre qui déborde les limites de chaque projet. L'OMS s'efforce actuellement de remédier à cet état de choses. Programme du Directeur général pour le développement (programme 2.1.4) Le Professeur JAKOVLJEVIC (Yougoslavie) souhaiterait, vu l'importance des crédits demandés à ce titre - $1 500 000 - avoir des précisions sur l'utilisation qui sera faite du programme du Directeur général pour le développement en 1976. Le DIRECTEUR GENERAL répond que l'affectation de crédits au programme pour le développement n'a entraîné aucune augmentation réelle du budget, étant compensée par des réductions opérées sur certaines activités traditionnelles moins prioritaires. Il est souvent arrivé qu'il soit impossible de mettre à exécution des décisions du Conseil exécutif et de l'Assemblée de la Santé faute des fonds nécessaires. Le but du programme pour le développement - qui représente moins de 1 % du niveau du budget proposé - est d'assurer un minimum de souplesse permettant de donner suite à certaines décisions de l'Assemblée sans qu'il faille attendre les deux ou trois ans qu'exigerait la procédure budgétaire normale. Le programme d'éradication de la variole est grace aux progrès réalisés, il a été plus facile d'obtenir un un exemple de cette situation appui extérieur; plusieurs pays ont fait en 1974 des dons totalisant de quatre à cinq millions de dollars, qui sont venus s'ajouter au budget ordinaire, et il est à espérer que leur générosité ne se démentira pas en 1975. Il est nécessaire que les pays en voie de développement identifient leurs propres problèmes de santé et s'y attaquent avec leurs propres ressources grâce à l'établissement d'une infral'OMS manquerait à ses devoirs si elle se bornait à confier structure en matière de recherche cette tâche à quelques pays industrialisés. Toutefois, une telle infrastructure est coûteuse; le programme du Directeur général pour le développement a permis de lancer ce projet en 1975, : :

340

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

sans qu'il soit nécessaire d'attendre encore deux ans. L'objectif du programme pour le développement est donc de permettre à l'OMS d'agir rapidement et de mobiliser d'autres fonds pour mettre à exécution les activités prioritaires déjà décidées par l'Assemblée de la Santé. Le programme de recherche biomédicale dans les pays en voie de développement vient au premier rang des priorités, précédant immédiatement la variole. Des changements doivent intervenir dans la plupart des pays en voie de développement pour que l'OMS puisse y jouer plus efficacement son rôle. Il est en outre prévu d'utiliser certains fonds pour améliorer la productivité et l'efficacité du personnel OMS en poste, en le faisant bénéficier d'une formation. Il ne suffit pas que les représentants de l'OMS soient des médecins; il faut qu'ils soient au courant des problèmes économiques, avec toutes leurs ramifications sociales et politiques. Ce n'est que dans le contexte du développement en général que l'OMS peut remplir efficacement son rôle sur le plan de la santé. Le Conseil exécutif sera informé de la façon dont auront été utilisés les fonds du programme du Directeur général pour le développement et aura ainsi l'occasion d'émettre des critiques et de faire rapport à l'Assemblée de la Santé à ce sujet. Le Dr 3CEPIN (Union des Républiques socialistes soviétiques) demande de quelles sources proviennent les fonds qui ont été affectés au financement du programme du Directeur général pour le développement. Le DIRECTEUR GENERAL indique que l'origine des fonds, qui ont totalisé $1 425 000 en 1975, une somme de $1 million qui avait été réservée pour l'assistance directe est la suivante à la Chine et qui a été affectée au programme général après discussion au Conseil exécutif; un montant de $25 000 provient des crédits destinés à la coordination avec les institutions d'aide bilatérale et multilatérale; $300 000 ont été obtenus grâce à la réorganisation de la coordination de la recherche biomédicale; parmi les autres sommes affectées au programme pour le développement figurent un montant de $21 200 prévu à l'origine pour un groupe d'étude sur le renforcement des services de santé, un montant de $65 000 provenant des publications et une somme de $13 800 réunie grâce à des ajustements opérés dans les prévisions initiales de dépenses pour 1975. Il est difficile de donner des précisions sur les économies qui seront réalisées en 1976 et en 1977, mais les activités ont été réduites dans un certain nombre de secteurs lors de l'élaboration de l'ensemble du budget programme. C'est ainsi que le montant indiqué de $1 500 000 a pu être affecté en 1976 au programme du Directeur général pour le développement sans augmentation du budget. La continuité des activités engagées au titre de ce programme sera assurée grâce à leur inscription au budget programme pour 1977, 1978 et 1979. Ce n'est qu'en réalisant des économies effectives dans d'autres secteurs que le niveau des fonds pourra être maintenu aux environs de $1 500 000 ou $1 700 000. La recherche biomédicale est considérée comme ayant une priorité plus élevée que d'autres activités. Il sera donc nécessaire d'effectuer de nouvelles économies pour rétablir le niveau initial des engagements de dépenses et conserver au programme un caractère aussi dynamique que possible. Il appartient aux Etats Membres de décider s'il ne serait pas préférable d'accroitre le niveau du budget effectif. :

Coordination (secteur de programme 2.2) De l'avis du Dr SHRIVASTAV (Inde), la coordination avec d'autres organisations est d'importance vitale pour l'OMS. Certains organismes ont mis sur pied des programmes qui font double emploi. Avant la Conférence de Stockholm, par exemple, le Dr Shrivastav avait souligné qu'une grande partie des activités du PNUE faisaient double emploi avec celles de l'OMS et qu'il convenait d'établir dans ce domaine une coordination et une collaboration efficaces. Existe -t -il d'autres domaines intéressant directement la santé dans lesquels des moyens de coordination sont mis en oeuvre afin d'assurer une unité d'action, de diminuer les dépenses et d'éviter les doubles emplois ? Le DIRECTEUR GENERAL considère que le degré de coordination effective entre les institutions du système des Nations Unies et entre celles -ci et d'autres organismes d'aide bilatérale et multilatérale dans les secteurs sociaux et économiques laisse à désirer. L'OMS a également souffert, dans une certaine mesure, d'un isolationnisme dû peut -être à son succès et à une certaine auto -satisfaction. L'Organisation va résolument de l'avant, à l'intérieur du système des Nations Unies et en collaboration avec les autres organismes intéressés, dans des domaines d'activité intéressant l'alimentation, la reproduction humaine et l'approvisionnement en eau. Elle a réalisé des progrès considérables vers l'établissement de relations nouvelles et plus ouvertes avec le PNUD, le FNUAP, le FISE, la FAO, l'UNESCO et l'OIT, en se conformant ainsi au voeu exprimé par les Etats Membres de l'Organisation des Nations Unies à l'Assemblée générale. Il est indispensable de mettre sur pied dans le domaine du développement un système unique auquel toutes les organisations apporteront leur contribution, selon leurs compétences respectives. Le mode de présentation actuel du budget programme, avec ses grandes priorités et ses exposés généraux, est conçu pour faire prendre conscience aux instances politiques supérieures des organisations du système des Nations Unies de la contribution qu'apporte la santé au développement. Un grand nombre d'institutions traditionnelles d'aide bilatérale en faveur de la santé sont de plus en plus disposées à engager le dialogue avec l'OMS afin de réduire au minimum la confusion à l'échelon des pays. L'OMS sera capable de mobiliser davantage de fonds

COMMISSION A

:

PREMIERE SEANCE

341

pour les activités de santé que par le passé et ces sommes pourront être consacrées à l'exécution d'activités présentant un caractère vraiment prioritaire pour les Etats Membres. Dans tous ces domaines, il est à prévoir que de réels progrès seront réalisés dans les quelques années qui viennent. Promotion et développement de la recherche (secteur de programme 2.3) Le Dr MNGOLA (Kenya) déclare qu'il faut, dans la mise sur pied d'un programme de recherche biomédicale, tenir compte de l'existence d'instituts locaux de recherche afin d'assurer la coordination nécessaire et d'éviter tous doubles emplois. Le Dr SCEPIN (Union des Républiques socialistes soviétiques) fait observer que les renseignements donnés pour 1975 ne font pas apparaître de différence entre les objectifs de l'ancien Bureau de la Science et de la Technologie et ceux du nouveau Bureau de la Promotion et du Développement de la Recherche, plus important, qui l'a remplacé. Des renseignements plus détaillés sur les motifs de certaines modifications de fond et de forme permettraient de se faire une meilleure idée du sens dans lequel vont ces changements. Le Dr SHRIVASTAV (Inde) remarque qu'aucune précision n'a été donnée en ce qui concerne les priorités pour les différentes Régions, qui ne sont pas toujours les mêmes. Les maladies transmissibles continueront d'avoir la priorité en matière de recherche dans les pays en voie de développement de l'Asie du Sud -Est, tels que l'Inde, alors que l'abus des drogues, le cancer et les maladies cardio -vasculaires occuperont la première place dans d'autres Régions. Il est indispensable que les intentions de l'Organisation soient précisées clairement, afin que la promotion et le développement de la recherche tiennent compte de certaines priorités. Afin d'éviter les doubles emplois et de garantir un rendement maximum des sommes investies, l'OMS doit maintenir son aide aux instituts de recherche existants. Dans certaines régions, cependant, et notamment en Asie et en Afrique, il se peut que les établissements de ce genre fassent totalement défaut dans un domaine ou un autre de la recherche, auquel cas il faudra créer un nouvel institut de recherche médicale. Le Dr HASSOUN (Irak) note que, si l'importance accordée à la recherche biomédicale pour la solution des problèmes de santé publique des pays hautement développés est certes justifiée, il n'en faut pas moins espérer que cela n'entraînera pas une diminution de l'aide apportée pour les projets de santé publique dans les pays en voie de développement. Le principe de l'impartialité dans le choix des dépenses doit être respecté. Il faut accorder la place qu'elle mérite à la recherche médicale sur les maladies endémiques, parasitaires et sur d'autres maladies transmissibles, qui demeurent responsables d'une morbidité et d'une mortalité élevées dans les pays en voie de développement, portant ainsi préjudice à leur développement économique et social. Le Dr KAPLAN (Directeur du Bureau de la Promotion et du Développement de la Recherche) précise que nombre des problèmes qui viennent d'être soulevés seront traités ultérieurement sous un autre point de l'ordre du jour relatif à la promotion de la recherche. Toutefois, le Dr Kaplan peut d'ores et déjà donner l'assurance au délégué du Kenya que l'OMS a bien pour politique d'accorder un appui aux instituts locaux de recherche déjà en place, en les renforçant et en les développant dans toute la mesure possible. A propos de la remarque du délégué de l'Union soviétique, le Dr Kaplan précise que la réorientation des activités prévue dans le secteur de programme maintenant dénommé "Promotion et développement de la recherche" est axée essentiellement sur la gestion et l'intégration des travaux de recherche, tant au sein de l'Organisation dans son ensemble qu'en ce qui concerne la collaboration avec des institutions extérieures. L'ancien Bureau de la Science et de la Technologie s'occupait de problèmes spécifiques de recherche en matière de science et de technologie, ainsi que des rapports avec diverses organisations extérieures; le nouveau Bureau poursuit cette tache, mais à une échelle beaucoup moins importante, et consacre essentiellement son activité au développement et à l'intégration des activités de recherche dans l'ensemble de l'Organisation. Le délégué de l'Inde a demandé pourquoi il n'avait pas été indiqué de priorités pour les diverses Régions. Il s'ensuit de l'évolution vers une plus grande participation des pays eux mêmes au processus de programmation et de planification et vers la désignation par les pays de leurs propres priorités que ces pays seront désormais en mesure de spécifier, plus clairement que quiconque au Siège ne pourrait espérer le faire, le type de recherche qui est nécessaire dans les différentes Régions. Le DIRECTEUR GENERAL déclare que la question soulevée par le délégué de l'Irak mérite d'être examinée de très près. Il existe de multiples formes de colonialisme et le colonialisme technologique est l'une des plus dangereuses parce que la technologie médicale importée des pays développés porte souvent l'empreinte des valeurs de la société où elle a vu le jour et n'est pas nécessairement adaptée au contexte politique, social, culturel et économique du pays qui la reçoit. Bien des projets OMS de type classique ont échoué parce qu'ils avaient été implantés artificiellement dans un milieu qui, ayant des options sociales et culturelles différentes, devait inévitablement les rejeter. C'est pourquoi l'OMS est décidée à mettre sur pied en Afrique et en Asie un potentiel de recherche qui permette aux peuples de ces régions de s'attaquer à

342

VINGT- HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

leurs problèmes en faisant appel à leurs propres connaissances et de trouver les solutions les plus fructueuses sur le plan social et les mieux réalisables sur le plan économique. Il ne faut pas établir une distinction trop tranchée entre recherche et santé publique elles doivent constituer un continuum, encore qu'il appartienne aux Etats Membres de décider de la meilleure façon de résoudre leurs propres problèmes, que ce soit en appliquant les connaissances déjà existantes ou en trouvant des solutions nouvelles. Le Directeur général pense, comme le délégué de l'Irak, que l'on risque toujours de trop insister sur la recherche alors que l'on n'a même pas les moyens d'appliquer les connaissances existantes. Toutefois, ce danger peut être écarté si l'on situe bien le problème dans le cadre qu'il a indiqué. :

Développement des personnels de santé (secteur de programme 4.1) Le Dr SCEPIN (Union des Républiques socialistes soviétiques) suggère, pour faciliter la discussion des divers points du budget programme, que des membres du Secrétariat résument les éléments nouveaux figurant dans chacun des secteurs à mesure que ceux -ci sont examinés par la Commission.

Le Dr SHRIVASTAV (Inde) appuie cette proposition.

Le PRESIDENT invite le Dr Fulup à présenter la section consacrée au développement des personnels de santé. Le Dr FULOP (Directeur de la Division du Développement des Personnels de Santé) déclare qu'il s'efforcera de mettre en relief ce que le Secrétariat considère être des impulsions nouvelles données au programme. Ainsi qu'il est indiqué à la page 148 des Actes officiels N° 220, ce secteur de programme a pour principaux objectifs d'aider les Etats Membres à établir et à faire fonctionner des systèmes bien adaptés et novateurs de développement des personnels de santé afin que les services de santé puissent desservir la totalité de leur population et faire face à leurs besoins prioritaires. La nouvelle tendance, en l'occurrence, consiste à mettre l'accent sur la formation de personnel pour des services de santé assurant une couverture aussi large que possible, au lieu de se préoccuper seulement de former du personnel de meilleure qualité. On s'efforcera de favoriser l'intégration la plus poussée possible des trois principaux éléments du processus de déveplanification, production et utilisation. Dans de nombreux loppement des personnels de santé Etats Membres, la planification des personnels de santé est très peu liée à leur production parce que les instituts chargés de celle -ci ne participent guère au processus de planification. De plus, dans bien des pays, la planification relève du ministère de la santé tandis que la or il n'existe pratiquement aucune production est du ressort du ministère de l'éducation communication entre ces deux ministères. La surveillance des personnels de santé est très rudimentaire dans beaucoup d'Etats Membres et, là où elle existe, ses résultats ne sont que rarement exploités dans le secteur de la planification et de la production. C'est pourquoi la nouvelle approche vise à aider les pays à intégrer le développement des services et des personnels de santé en une activité unique ayant pour objet d'assurer la plus large couverture sanitaire possible de la population. L'OMS va bientôt publier une monographie qui, espère -t -on, aidera les responsables de la planification des personnels de santé à adapter des méthodes et des techniques qui se sont révélées utiles dans certains pays. Pour donner suite à la résolution WHA25.42, une étude sur la migration du personnel sanitaire qualifié est en cours. Une autre grande orientation consiste à aider les Etats Membres dans le domaine de la formation des enseignants. Il existe dans ce secteur un vaste programme dont la première phase, à savoir la création de centres régionaux de formation d'enseignants dans cinq Régions, a été menée à bien. La deuxième phase du programme, c'est -àdire la création de centres nationaux de formation d'enseignants, vient de démarrer, le but étant de permettre au plus grand nombre possible d'Etats Membres de couvrir leurs propres le but besoins dans ce domaine. La formation des enseignants n'est pas un objectif en soi est d'aider les Etats Membres à se doter d'écoles à même de produire des personnels de santé capables et désireux de servir la collectivité, afin de garantir cette large couverture de la population qui est nécessaire. Le programme a pour autre élément nouveau de mettre l'accent sur la formation du personnel auxiliaire. Du fait qu'il est difficile d'assurer une large couverture des masses rurales et des autres populations dans le besoin en faisant uniquement appel aux travailleurs sanitaires de type classique tels que les médecins et les infirmières, il est devenu évident que, pour agir avec efficacité, il fallait quitter les sentiers battus. Cette nouvelle approche implique l'emploi d'un personnel auxiliaire n'ayant parfois reçu qu'une formation élémentaire (y compris le cas échéant, et moyennant une formation appropriée, des guérisseurs de type traditionnel). Ce personnel formerait la base d'une sorte de "pyramide des personnels ", encadré et aidé par d'autres auxiliaires d'un niveau plus élevé. Il est prévu de réunir en 1977 un comité d'experts qui fera le point des résultats obtenus et établira de nouvelles directives pour ce programme. Un vaste effort est entrepris pour aider les Etats Membres qui voudraient disposer d'un type de travailleur sanitaire très simple, con: : :

COMMISSION A

:

PREMIERE SEANCE

343

formément au principe (dont la Commission aura à débattre à un stade ultérieur) d'une plus grande participation de la population au développement des services de santé. Par ailleurs, on insiste maintenant davantage pour que les travaux de recherche sur le développement des personnels de santé soient entrepris dans les pays en voie de développement et non plus, comme jusqu'à présent,uniquement dans les pays développés. On utilisera aussi à cette fin les centres régionaux de formation d'enseignants, ainsi que les autres établissements analogues qui ont vu le jour depuis quelques années dans les pays en voie de développement. Le Dr SHRIVASTAV (Inde) craint que le programme de développement des personnels de santé n'échoue s'il ne parvient pas à réaliser un équilibre entre les besoins de la collectivité et les ressources dont elle dispose. L'Inde a besoin de toute urgence d'un grand nombre d'infirmières et de dentistes. Or, le potentiel de formation dans ce secteur ne fait nullement défaut, mais, parce que les collectivités locales hésitent à dégager des crédits pour créer les postes nécessaires, aucun emploi ne peut être offert aux infirmières et aux dentistes dans les secteurs où on en a le plus besoin, si bien qu'ils ont tendance à partir ailleurs. Le Dr Shrivastav demande instamment à l'OMS de vérifier dans quelle mesure les ressources en personnel concordent avec les besoins des différents pays. Le Dr KUPFERSCHMIDT (République Démocratique Allemande) déclare que sa délégation appuie de tout coeur les efforts déployés par l'OMS pour aider les pays en voie de développement à mettre sur pied et à administrer à l'échelon national et régional des établissements d'enseignement pour médecins, infirmières et personnels auxiliaires. L'existence de tels établissements est indispensable pour développer une infrastructure efficace de services de santé nationaux et elle est un facteur essentiel de l'indépendance nationale dans le domaine sanitaire. Le Dr Kupferschmidt suggère que soient organisés, parallèlement à ces établissements, des centres de recherche qui étudieraient les problèmes médicaux les plus importants des pays en voie de développement, notamment les maladies tropicales. Ces centres pourraient être financés au titre du budget ordinaire de l'OMS ou du fonds bénévole pour la promotion de la santé, ou par le PNUD et, peut -être, l'UNESCO. Eu égard aux profondes répercussions de l "'exode des cerveaux" sur la formation et la recherche dans les pays en voie de développement, le Dr Kupferschmidt se demande si l'étude multinationale de l'OMS sur la migration internationale des médecins et des infirmières (Actes officiels N° 220, p. 151) ne pourrait pas servir de base à une convention sur la prévention de l'exode des cerveaux en matière de personnel médical. Le Dr DAS (Népal) prie instamment l'OMS d'user de ses bons offices pour aider à résoudre le problème de l'exode des cerveaux en ce qui concerne les personnels de santé. Le Dr AVILÉS (Nicaragua) constate que la formation des personnels de santé est un thème qui revient constamment au cours des réunions de toutes les organisations à vocation sanitaire, qu'il s'agisse d'assemblées internationales comme celle de l'OMS ou de séminaires et congrès groupant des spécialistes. La délégation du Nicaragua félicite l'OMS des efforts qu'elle a déployés pour fournir un personnel dament qualifié en vue de promouvoir la santé des populations dans les Etats Membres. Cependant, il reste à résoudre quatre problèmes majeurs. Le premier de ces problèmes est que les économistes sont convaincus que former du personnel pour les services de santé ne fait qu'accroître le nombre des bureaucraties. A la suite des résolutions adoptées à la troisième réunion spéciale des ministres de la santé des Amériques, qui s'est tenue à Santiago du Chili en 1972, il a été entrepris au Nicaragua un projet de recherche pour lequel les indicateurs correspondant aux diverses catégories de personnels de santé ont été ajustés en fonction des caractéristiques des différents types de pays en voie de développement. Cette étude a révélé que les pays d'Amérique latine comptaient en moyenne, pour 10 000 habitants, 6 médecins, 0,10 travailleur sanitaire, 0,4 épidémiologiste, 0,10 ingénieur sanitaire, 6 infirmières, etc. Ces personnels de santé peuvent être comparés au matériel de transformation dans une usine qui aurait pour tâche de créer un produit final, à savoir la santé; or, il ressort d'une analyse du budget que cet élément de transformation représente 80 % des dépenses totales. Les économistes prétendent que ce pourcentage est trop élevé. Le Dr Avilés estime que tel n'est pas le cas puisqu'il a été clairement démontré que, pour bien fonctionner, un système sanitaire a besoin de 50 fonctionnaires pour 10 000 habitants, dont 40 peuvent être qualifiés de techniciens sanitaires. Ces travailleurs sanitaires exercent une fonction vitale dans tout le processus d'amélioration de la santé et l'on ne saurait prét..ndre qu'ils ne sont que des bureaucrates. Le deuxième problème est celui des bas salaires et traitements versés par les gouvernements de bien des pays aux travailleurs sanitaires, d'où une insuffisance notable de candidats dans ce domaine. Le Dr Avilés demande instamment aux Etats Membres de bien comprendre que les travailleurs sanitaires, tout comme les autres travailleurs spécialisés, doivent être correctement rémunérés. Le troisième problème est que les bourses octroyées par les gouvernements ne couvrent que rarement les frais de voyage, de sorte que bien des candidats ne peuvent pas accepter les

344

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANIE, PARTIE II

bourses qui leur sont offertes pour étudier dans des pays lointains. Le Dr Avilés insiste auprès des Etats Membres pour qu'ils s'efforcent de remédier à cet état de choses. Le quatrième problème est celui de l'exode des cerveaux, c'est -à -dire du départ vers d'autres pays de personnel qualifié. Le Dr Avilés estime pour sa part que la compétence de ces travailleurs n'est pas perdue puisqu'ils continueront à oeuvrer à l'amélioration de la santé, quelle que soit la région du monde où ils choisiront de s'installer. Le remède est simple il faut mieux les rémunérer. :

Le Dr KLIVAROVA (Tchécoslovaquie), se référant aux prévisions de dépenses au titre du développement des personnels de santé, à la page 154 des Actes officiels N° 220, demande au Secrétariat s'il peut fournir des précisions sur la manière dont les montants indiqués se répartissent entre les réunions, la formation du personnel des instituts qui ont été créés, et l'assistance fournie aux pays pour la formation de personnel auxiliaire, de personnel de niveau intermédiaire et d'enseignants ainsi que pour la formation postuniversitaire.

La séance est levée à 12 h.50.

DEUXIEME SEANCE

Jeudi 15 mai 1975, 16 heures Président :

Dr Marcella DAVIES (Sierra Leone)

EXAMEN DETAILLE DU BUDGET PROGRAMME POUR LES EXERCICES FINANCIERS 1976 ET 1977 (suite) Développement des personnels de santé (secteur de programme 4.1) (suite)

Ordre du jour, 2.2.3

Le Dr YANEZ (Argentine) pense que l'intégration des services de santé sur le plan national permettrait de remédier à la pénurie d'auxiliaires médicaux, aussi bien en Argentine que dans d'autres pays. Cette intégration est en voie d'être réalisée en Argentine. L "'exode des cerveaux" est due à la concurrence que les pays se font pour recruter les techniciens, mais il n'est que juste que ceux qui sont formés dans un pays restent dans ce pays une fois leur formation achevée. Comme le délégué du Nicaragua l'a souligné, un des moyens de remédier à l'exode des cerveaux consiste à accroître les salaires, et l'Argentine l'a fait dans toute la mesure possible. Un autre moyen consiste, pour le pays hôte, à ne recruter du personnel médical que par l'intermédiaire du ministère de la santé du pays d'origine. L'Argentine fait un grand effort économique pour relever le niveau de santé de sa population et le Dr Yañez invite instamment l'OMS à accorder le soutien qu'ils méritent aux pays où il existe des programmes régionaux structurés de développement des services de santé. Le Dr BENADOUDA (Algérie) dit que son gouvernement a donné suite à la demande du Directeur général qui invitait les pays à faire un meilleur usage des services de l'OMS. Dans tous les pays l'enseignement et la formation posent des problèmes importants et l'OMS a proposé deux la programmation par pays, et la formation des enseignants. L'exode des solutions possibles cerveaux se poursuit malgré les nombreuses résolutions adoptées dans le passé par l'Assemblée mondiale de la Santé. Pour le délégué de l'Algérie, c'est là un problème que l'OMS ne peut résoudre et qui relève de la responsabilité des différents pays. :

Le Dr GIVOVICH MERCIER (Chili) estime que le plan proposé dans le rapport convient mieux aux professions traditionnelles de la santé; or c'est en redéfinissant le rôle des membres de ces professions que l'on peut donner à leur carrière une dimension nouvelle. On aurait tendre vers la perfection dès le premier stade de la formation professionnelle, car, une fois formé, le personnel ou bien refuse de s'installer dans les régions rurales, ou bien s'expatrie. Au Chili, la politique préconisée est la suivante le personnel de santé doit servir obligatoirement dans les régions rurales au cours du premier stade de sa formation. A la fin de ce premier stade dans le cas de la formation médicale, l'étudiant se voit délivrer une attestation qui l'autorise à exercer sous surveillance certaines des activités de l'omnipraticien, après quoi il retourne à l'université pour achever ses études ou se spécialiser. C'est ce qu'on appelle le service social. Ce qui vaut pour les médecins vaut également pour le personnel d'assistance médicale, ce qui permet de disposer d'une nouvelle catégorie de personnel de santé, les "assistants de santé ", qui sont des professionnels polyvalents capables de donner des soins infirmiers simples, de dispenser des soins de santé maternelle et infantile, y compris les accouchements simples en cas d'urgence et les soins aux nouveau -nés, et de s'occuper de quelques problèmes de santé publique. Le Dr Givovich termine en demandant que, dans les programmes de formation du personnel chargé de seconder le médecin, on ne précise pas la catégorie mais qu'on utilise simplement le terme générique d "'assistant de santé ". Ainsi, chaque pays pourra former comme il l'entend le personnel appelé à collaborer avec les médecins. :

Le Professeur DAVIES (Israël) félicite le Directeur général et son personnel pour la présentation du budget programme, qui représente une amélioration considérable par rapport à la présentation de l'année précédente et pourrait servir de modèle à de nombreux gouvernements. Il voudrait savoir dans quelle mesure les programmes de développement des personnels de santé sont intégrés dans les programmes visant à renforcer les services de santé au niveau national, et si les bourses de l'OMS ne pourraient pas être attribuées sous réserve que des postes soient offerts aux boursiers à leur retour dans leur pays. Enfin, il aimerait savoir pourquoi une somme si faible - 3000 dollars - a été affectée au développement des personnels de santé en vue de l'amélioration des prestations de santé à l'échelon périphérique. Cette somme est bien minime pour une activité interrégionale. Des fonds seraient -ils disponibles sous d'autres chapitres du budget ? Le Professeur TIGYI (Hongrie) déclare que l'enseignement médical est un investissement profitable et souligne l'importance de la recherche scientifique sur les méthodes et les programmes nouveaux d'enseignement dans les facultés de médecine. Les programmes de formation des enseignants sont particulièrement importants. Il serait nécessaire de tirer parti des conclusions non seulement de l'UNESCO et du FISE, mais aussi d'autres organisations non gouvernementales actives dans ce domaine. Le Professeur Tigyi voudrait avoir davantage de renseignements sur les programmes de développement des services de santé et des personnels de santé. - 345 -

346

VINGT- HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

Le Professeur JAKOVLJEVIC (Yougoslavie) approuve les nouvelles activités envisagées par l'OMS dans le domaine de l'éducation et de la formation. En ce qui concerne la liste des institutions qui collaborent avec l'OMS, qui figure sous "Planification de la formation ", à la page 150 des Actes officiels N° 220, il se demande si le Directeur général verrait la possibilité d'ajouter de nouvelles institutions à celles qui figurent déjà sur la liste. Le Dr HELLBERG (Finlande) voudrait avoir des précisions sur le rôle des différentes catégories de personnels de santé. On peut certes mettre au point des programmes de formation systématique des personnels de santé à différents niveaux, mais dans une situation en pleine évolution les fonctions que les gens exercent sont souvent très différentes de celles qui ont été envisagées lors de leur formation. En Finlande, on intensifie la formation des infirmières auxiliaires de niveau B, parce que progressivement elles assument les tâches des infirmières de niveau A. Les infirmières de niveau A, de leur côté, assument de plus en plus des tâches jadis réservées à des médecins. Aussi est -il très difficile d'établir une corrélation entre les programmes de formation et les programmes de développement des services de santé, à cause des problèmes affectifs, pratiques et techniques qui se posent. Le Dr Hellberg voudrait savoir dans quelle mesure, dans le programme de développement des personnels de santé, on tient compte de cette évolution du rôle des travailleurs de la santé. Le Dr FETISOV (Union des Républiques socialistes soviétiques) estime que l'OMS est très active dans le domaine du développement des personnels de santé. Il rappelle toutefois qu'il y a quelques années l'Assemblée mondiale de la Santé a voté des résolutions contenant des directives et des prévisions concernant la formation des personnels de santé et il pense que les dispositions de ces résolutions qui n'ont pas encore été appliquées devraient recevoir l'attention qu'elles méritent. N'ayant pas encore eu le temps de lire un certain nombre de rapports du Directeur général sur des questions touchant les programmes et vu la hâte avec laquelle la Commission a abordé l'examen de questions importantes du budget programme, la délégation de l'Union soviétique se réserve le droit de soumettre plus tard un certain nombre de projets de résolutions sur les activités de l'OMS en matière de programmes. Le Dr NOORDIN (Malaisie) constate avec satisfaction que l'OMS accorde une priorité élevée à la question du développement des personnels de santé. Un service de santé se juge non seulement en fonction de la quantité, mais aussi de la qualité de ses effectifs. Dans la Région du Pacifique occidental, les divers projets de développement des personnels de santé relèvent désormais d'un coordonnateur; grâce à cette politique, il sera possible d'intensifier le développement des personnels de santé dans cette région. La formation de personnel auxiliaire suppose aussi celle de personnel d'encadrement. Sans encadrement, le travail des auxiliaires serait inefficace. Le Dr VIOLAKIS - PARASKEVAS (Grèce) souligne l'importance du passage où le Conseil exécutif, à propos de l'analyse détaillée du projet de budget programme pour 1976 (Actes officiels N° 223, p. 168), dit que "pour pouvoir jouer pleinement son rôle consultatif technique en matière de développement des personnels de santé, l'OMS se doit de former son propre personnel dans ces disciplines ". Cette formation est indispensable pour que les Etats Membres reçoivent de l'OMS une assistance qui fasse appel aux techniques les plus récentes.

Le Dr ALAN (Turquie) rappelle que, dans l'introduction à son rapport, le Directeur général a souligné l'intérêt qu'il y avait, pour assurer le succès d'un programme, à le doter de personnel qualifié suffisamment nombreux. C'est un fait d'expérience que la cause de la plupart des échecs a été le manque de personnel qualifié. L'exode des cerveaux pose un problème important, puisque les pays en voie de développement financent la formation de leurs nationaux pour les voir ensuite quitter le pays. En 1969, l'Assemblée mondiale de la Santé a invité les Etats Membres à adopter des mesures pour freiner cet exode, mais la situation ne s'est pas améliorée. Le Dr Alan propose que l'Assemblée adopte une résolution plus énergique pour inviter les pays hôtes à prendre des mesures. L'Assemblée pourrait par exemple demander aux autorités sanitaires du pays donateur si elles sont disposées à autoriser tel médecin à travailler dans le pays hôte. Ou encore le pays d'origine pourrait assigner des limites - 3, 4 ou 5 ans - au travail de son ressortissant après quoi l'intéressé devrait retourner dans son pays. Dans le domaine du développement des personnels de santé, la formation des enseignants est d'une grande importance. L'enseignant doit savoir ce qu'il sera appelé à enseigner et il est nécessaire de fixer des objectifs à l'enseignement. Un dialogue devrait s'établir entre les administrations de la santé publique et les écoles de médecine. La Turquie a participé activement aux travaux de l'OMS dans le domaine du développement des personnels de santé. Le but est la qualité du personnel, que seule peut assurer la qualité de la formation. Le Dr RAHMAN (Bangladesh) pense que le programme n'insiste pas suffisamment sur la formation du personnel de santé destiné à servir dans les régions rurales. A son avis, ce personnel devrait constituer plus de 80 % du personnel total des services de santé, car la

COMMISSION A

:

DEUXIEME SEANCE

347

grande majorité des populations vivent dans les régions rurales. Le développement des effectifs sanitaires dans les régions rurales devrait par ailleurs être considéré comme faisant partie intégrante du programme de développement des personnels. Le Dr BROWN (Bolivie) est d'avis que l'OMS et les autres organismes internationaux devraient insister davantage sur l'éducation et la formation à l'intérieur même des pays, car ceux qui sont formés dans leur propre pays connaissent mieux la situation qui y règne, qui est souvent très différente de celle des autres pays. Une bourse d'études à l'étranger coûte souvent autant qu'un cours de formation destiné à 20 ou 30 personnes dans le pays même; utiliser l'argent dans le pays même permet de tirer parti au maximum des ressources disponibles. Le Dr JOSHI (Népal) indique que si l'on est en train d'éradiquer la variole, le paludisme reste un problème inquiétant. Le centre de formation de Manille ne fonctionne plus, mais le besoin de disposer d'un centre de formation à la lutte antipaludique se fait toujours sentir. Il fait remarquer que les pays en voie de développement ont moins besoin de médecins que d'infirmières, de sages - femmes et de personnel de santé auxiliaire. Le Népal ne forme chaque année que 64 sages -femmes et 100 auxiliaires sanitaires; il aurait évidemment besoin de beaucoup plus et l'OMS devrait favoriser la création de nouvelles écoles et l'extension de celles qui existent déjà. Le Dr FRIEDMAN (Souaziland) dit que l'on a tendance à oublier que les pays en voie de développement n'ont qu'un nombre limité de spécialistes. Le niveau de connaissances exigé pour assister aux séminaires organisés sur telle ou telle spécialité est un peu trop élevé pour le personnel de santé de ces pays. Sans abaisser le niveau de l'enseignement, il devrait être possible de réduire quelque peu les exigences dans ce domaine. Après tout, un omnipraticien possède les connaissances de base; il peut toujours écouter et apprendre et il sera toujours en mesure, de retour dans son pays, de tirer parti de ce qu'il a appris. Le Professeur PRAWIRANEGARA (Indonésie) relève que le programme ne dit rien de la carrière future des personnels que l'on forme. Il est important d'offrir des stimulants et un avenir aux personnels de santé, particulièrement dans les régions rurales, car de nombreux travailleurs sanitaires aimeraient terminer leur carrière dans une région urbaine où les situations offertes sont meilleures. Tout programme de développement des personnels de santé devrait donc faire partie intégrante du programme national de développement des services de santé. Le Dr FULOP (Directeur de la Division du Développement des Personnels de Santé) remercie tous ceux qui ont pris part au débat et qui ont donné des indications au Secrétariat sur la façon d'élaborer le programme. Répondant á la question posée par le délégué de la Hongrie, il dit que le programme de développement des services de santé et des personnels sanitaires est une notion assez nouvelle à l'OMS. Le Secrétariat a essayé de promouvoir l'intégration d'une part des différents éléments du développement des personnels - planification, production, utilisation du personnel, perspectives de carrière - et d'autre part du développement des effectifs dans le développement dos services de santé. Pour mettre au point le nouveau programme, il faut tout d'abord que le Secrétariat sache quels sont les Etats Membres qui souhaitent développer leur mécanisme permanent d'intégration. En possession de ces renseignements, l'OMS pourra aider les gouvernements, sur demande, à développer ce mécanisme, qui sera évidemment différent d'un pays à l'autre; mais, bien entendu, l'OMS aidera dans chaque cas à intégrer les différents éléments du processus de développement des effectifs et à insérer ce processus dans celui du développement des services de santé, de manière que le maximum de gens puissent bénéficier des services du plus grand nombre possible de travailleurs de santé qualifiés. Il conviendrait d'accorder une attention spéciale aux services de santé ruraux puisque, comme le délégué du Bangladesh l'a fait remarquer, la population rurale représente dans de nombreux pays plus de 80 % de la population totale. De toute évidence, il faudra, dans le développement des personnels de santé, tenir compte de l'évolution des attributions de ces personnels, dont a parlé le délégué de la Finlande. Aussi envisage -t -on trois modifications dans la formation des personnels premièrement, on formera de nouvelles catégories de personnel sanitaire, par exemple des agents de santé ruraux et leur personnel d'encadrement, qui, dans de nombreux Etats Membres, n'existent pas encore. A cet égard, il conviendrait de faire appel aussi aux guérisseurs traditionnels, et notamment aux accoucheuses de village; un programme a été mis au point dans ce domaine. Deuxièmement, on modifiera la formation des personnels de santé traditionnels, comme les médecins et les infirmières, en vue de leur faire assumer des responsabilités nouvelles. Troisièmement, on recyclera le personnel en exercice pour lui permettre de s'acquitter de nouvelles fonctions. Sur tous ces points, il conviendra de tenir pleinement compte de l'observation faite par le délégué de l'Inde à la première séance de la Commission, à savoir qu'il importe d'assurer l'équilibre entre les besoins et les ressources; en effet, l'objectif du programme de développement des services de santé et des effectifs sanitaires est de former du personnel en quantité et en qualité suffisante, c'est -à -dire du personnel que les pays puissent s'offrir et qu'ils puissent intégrer dans leurs effectifs sanitaires. :

348

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

Répondant au délégué d'Israël, qui a demandé dans quelles mesures les projets à l'échelon national faisaient l'objet d'une intégration, le Dr FUldp dit que le programme est encore trop récent mais que les premières mesures ont déjà été prises. Un petit nombre de pays ont demandé l'aide de l'OMS et au moins trois pays ont reçu la visite de fonctionnaires du Siège et des bureaux régionaux chargés d'aider les pays à intégrer leurs projets de renforcement des services de santé et de développement des personnels sanitaires. La question de l'exode des cerveaux, dont ont parlé un certain nombre d'orateurs, est en effet très préoccupante. Dans le cadre de la mise en oeuvre de la résolution WHA25.42 de l'Assemblée mondiale de la Santé, on a entrepris une étude d'un genre différent de celles que l'on effectue traditionnellement sur les migrations internationales des personnels de santé. L'objectif de cette étude est d'aider les pays, sur leur demande, à choisir et mettre en oeuvre des stratégies adéquates. Atteindre cet objectif faciliterait l'établissement d'une politique réaliste en matière de personnel sanitaire. Il ne suffit pas de s'attaquer à telle ou telle cause, il faut une approche globale. L'OMS collabore à cet égard avec de nombreux organismes de la famille des Nations Unies, et particulièrement avec l'UNESCO et l'UNITAR. Les délégués de la Turquie et de la Hongrie ont parlé du programme de formation des enseignants. L'objectif du programme de l'OMS est de développer les personnels de santé à l'échelon national, de telle façon que les différents pays puissent se suffire à eux -mêmes dans ce domaine le plus têt possible. Le premier objectif a été atteint; les Régions qui ont participé à la mise en oeuvre de ce programme sont désormais plus ou moins autonomes; elles ont créé leurs centres régionaux et elles sont capables désormais d'aider les pays à créer des centres nationaux dotés de personnel enseignant local pour poursuivre la mise en oeuvre de ce programme. Les premiers centres nationaux de formation d'enseignants ont été créés en 1975 dans la République de Corée et aux Philippines, et un grand nombre d'autres pays, dont l'Egypte, se préparent à en créer à leur tour. Répondant au délégué de la Tchécoslovaquie, le Dr Fülóp dit que l'on n'a malheureusement pas disposé de suffisamment de temps pour produire autre chose que des statistiques approximatives. Environ 40 % du budget destiné au développement des personnels de santé est alloué à la formation du personnel sanitaire d'encadrement, notamment à la formation de personnel enseignant; environ 30 % du budget est consacré à la formation des auxiliaires, et environ 18 % à l'octroi de bourses d'études, non compris l'élément bourses d'études de différents programmes tels que ceux relatifs aux maladies transmissibles ou au renforcement des services de santé. Les réunions d'experts, les comités et les groupes d'étude, etc. représentent environ 1 % du budget, la recherche environ 3 % et les dépenses de soutien environ 8 %. Répondant au délégué d'Israël, le Dr Füldp admet que les 3000 dollars alloués au programme de développement des auxiliaires sanitaires de village sont bien insuffisants. Cependant, les fonds extrabudgétaires ne sont pas indiqués dans le cas présent, étant donné que le programme venait seulement d'être lancé au moment où le budget programme était en préparation. Le Secrétariat espère que le programme bénéficiera d'importants fonds extrabudgétaires - qui commencent d'ailleurs à arriver - et qu'à la prochaine Assemblée de la Santé il sera en mesure de faire rapport sur les résultats obtenus et sur les ressources mises à sa disposition. Le délégué d'Israël a posé une question concernant le retour des boursiers et l'assurance que des postes seront mis à leur disposition. La procédure est la suivante lorsqu'un gouvernement demande une bourse il signe un engagement au terme duquel un emploi sera réservé à ce boursier à son retour dans le pays; de son côté le boursier s'engage par écrit à mettre ses services à la disposition de son gouvernement pendant trois ans. L'OMS n'a rien pu faire d'autre pour obtenir le retour effectif des boursiers dans leur pays, mais dans les rares cas où les gouvernements ont soulevé la question, ils n'ont pas habituellement pris de mesures contre le boursier récalcitrant. Répondant au délégué de l'URSS, le Dr Ftltip dit que les résolutions WHA24.59 et WHA25.42 constituent la base de toutes les activités de l'OMS. A la demande du Conseil exécutif, le Directeur général a décidé qu'à la session de janvier 1976 du Conseil le Secrétariat fera rapport sur ce qui aura été fait et sur ce que l'OMS a l'intention de faire pour appliquer ces résolutions. :

La séance est levée à 16 h.55.

TROISIEME SEANCE

Lundi 19 mai 1975, 9 h.30 Président :

Dr Marcella DAVIES (Sierra Leone)

1.

EXAMEN DETAILLE DU BUDGET PROGRAMME POUR LES EXERCICES FINANCIERS 1976 ET 1977 (suite)

Ordre du jour, 2.2.3

Renforcement des services de santé (secteur de programme 3.1) Le Dr NEWELL (Directeur de la Division du Renforcement des Services de Santé) déclare que le programme de renforcement des services de santé a pour objectifs de faire en sorte que la population du monde ait plus facilement accès à un service de santé coordonné et de fournir une assistance aux pays afin qu'ils soient en mesure de modifier et d'améliorer leurs moyens d'action sanitaire en fonction des besoins et des voeux de leurs populations. Les problèmes qui se posent dans le monde et la situation sanitaire peu satisfaisante, voire intolérable, dans laquelle se trouve actuellement une grande part de l'humanité ont été exposés dans les documents du Conseil exécutif et les rapports du Directeur général et ont été discutés à la Vingt -Septième Assemblée mondiale de la Santé. Ces problèmes font l'objet d'une proposition distincte du Directeur général qui sera présentée au cours de la présente Assemblée mondiale de la Santé.1 Si l'on exclut du programme de renforcement des services de santé l'élément soins de santé primaires, il reste cependant des suggestions sur la façon dont on pourra compléter la protection sanitaire primaire pour que l'aide de l'OMS continue à favoriser la mise en place, au niveau national, de systèmes de santé véritablement complets. Ce qui se fait actuellement est présenté Région par Région et sera développé au cours de l'examen des activités régionales. Ce tableau est complété par des travaux de recherche et de développement sur la participation de la collectivité, sur les solutions de remplacement possibles, sur les projets de développement des services de santé et sur des questions connexes, entrepris dans la plupart des cas sous la forme de projets communs Siège /Régions /pays bénéficiant souvent de ressources fournies par les pays et de ressources extérieures au budget ordinaire. L'OMS n'estime cependant pas que cela soit suffisant et l'on a suggéré qu'en 1976 et 1977 l'Organisation insiste même davantage sur d'autres aspects peut -être négligés. Parmi ceux -ci 1) le recours à la programmation sanitaire par pays (programmation sanifigurent notamment taire nationale) et son développement permanent afin d'aider à définir avec plus de précision les priorités sanitaires nationales, la planification intersectorielle et les moyens par lesquels les plans peuvent prendre la forme d'une action nationale; 2) l'étude plus approfondie des problèmes de financement des services de santé aux niveaux national et périphérique et notamment des moyens de favoriser l'établissement de rapports encore plus étroits entre les régimes de sécurité sociale et d'assurance volontaire et les autres services gouvernementaux -ainsi qu'avec le secteur privé - de manière à réaliser des systèmes nationaux de santé véritablement fonctionnels; 3) l'élaboration de mécanismes internationaux, régionaux et nationaux afin de préciser les techniques sanitaires simplifiées à utiliser dans les systèmes nationaux de santé; 4) l'étude plus approfondie de l'infrastructure nécessaire et notamment des améliorations à apporter à la conception et au fonctionnement des établissements sanitaires - allant de l'hôpital au centre de santé périphérique - pour les doter des services logistiques et des services de soutien nécessaires; et 5) un programme mondial en matière d'invalidité et de réadaptation qui pourra être coordonné avec d'autres programmes poursuivis au sein du système des Nations Unies mais qui mettra l'accent sur la priorité accordée par l'OMS à l'assistance aux projets relatifs à la prévention de l'invalidité. Cette liste met en valeur l'orientation et les priorités du programme du Directeur général qui cherche à établir un certain équilibre dans un secteur que l'on pourrait considérer comme un "fourre- tout" servant à ranger les progrès techniques de toutes sortes intéressant la santé. Toutefois, la liste n'indique pas la façon dont cette assistance et ces programmes pourront être réalisés ni l'état d'avancement de ces programmes. 1) attirer l'attention du monde sur les faiblesses et Le rôle de l'OMS est ainsi conçu omissions grâce aux débats de l'Assemblée mondiale de la Santé et des autres organes de direction; 2) préciser certains des principes qui devront régir les mesures correctrices; 3) présenter des programmes mondiaux d'assistance d'une manière telle qu'elle aboutisse à obtenir la compréhension et l'appui de la communauté internationale; 4) favoriser et aider la poursuite de projets de recherche et de développement et en diffuser largement les résultats; et 5) fournir une assistance directe aux pays. Toutefois, l'OMS ne peut véritablement réussir dans les pays où elle exerce son action que si elle est suffisamment attentive à l'expression des besoins urgents et suffisamment souple pour y répondre d'une façon acceptable. : :

1 Voir p. 526.

- 349 -

350

VINGT- HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

Les propositions qui viennent d'être formulées en sont à différents stades. Certaines en sont au stade de la détermination de ce qu'il faut faire, d'autres prennent la forme de propositions à débattre, et d'autres encore sont déjà en cours d'exécution. Leur portée, leur importance, leur pertinence et leur efficacité dépendront du jugement des pays intéressés. Le Dr WIRJOWIDAGDO (Indonésie) fait observer que de larges secteurs de la population du monde ne disposent pas de services suffisants et que leurs problèmes n'exigent pas nécessairement des techniques très avancées; dans la plupart des pays en voie de développement sévissent des maladies transmissibles qui peuvent être combattues par des mesures relativement simples telles que l'amélioration de l'assainissement, les vaccinations et le traitement du paludisme et des maladies diarrhéiques et autres. En Indonésie, le deuxième plan quiquennal de développement insiste sur la nécessité d'étendre aux populations rurales et mal desservies la couverture des systèmes de protection sanitaire existants. Pour atteindre cet objectif, on se propose de favoriser une plus grande participation de la collectivité. L'Indonésie élabore des plans en vue d'étendre la couverture du réseau de centres de santé. Pendant les deux premières années du deuxième plan de développement, des moyens considérables ont été affectés à la construction de 1000 nouveaux centres de santé comprenant chacun des résidences pour trois membres du personnel - et qui s'ajoutent aux 1500 centres de santé construits dans le cadre du premier plan de développement - à l'achat de médicaments et à la construction de réseaux de distribution d'eau en milieu rural et de latrines. Ces programmes ont nécessité un budget de près de US $50 millions qui s'ajoute au budget ordinaire du Ministère de la Santé. Plusieurs petits projets expérimentant de nouvelles façons de couvrir les besoins fondamentaux de la population en matière de santé ont été mentionnés dans la publication de l'OMS Participation et santé.' Parmi les facteurs favorables à l'amélioration de la situation sanitaire en Indonésie, on peut citer 1) le fait que, dans ce pays, le développement profite uniformément à l'ensemble du pays et non pas seulement à quelques groupes particuliers; 2) l'acceptation du principe selon lequel les activités sanitaires doivent être intégrées aux autres projets de développement collectif; 3) l'existence de différentes organisations communautaires s'occupant de développement collectif; 4) l'existence d'unités sanitaires de base travaillant en première ligne et ouvrant la voie en matière de soins de santé primaires; et 5) le désir de collaboration des ministères autres que le Ministère de la Santé. Certains obstacles s'opposent cependant à la mise en oeuvre des soins de santé primaires. Les moyens sont limités, notamment les moyens humains, et il faut donner au personnel une nouvelle orientation pour le préparer à son nouveau rôle de dispensateur de soins de santé primaires. Lors de la réunion de coordination qui s'est tenue en mai 1975 entre le personnel de l'OMS travaillant en Indonésie et les représentants du Gouvernement, le problème des soins de santé primaires a été examiné en profondeur. On a estimé que le développement collectif devait englober la collaboration avec les groupes communautaires et les collectivités tout entières en vue de faciliter le développement des capacités d'animateurs, de favoriser la participation efficace des citoyens à la satisfaction des besoins économiques, sociaux et sanitaires et de permettre de mieux utiliser les ressources publiques et autres tout en renforçant l'initiative et l'autonomie locales. La délégation de l'Indonésie accueille favorablement le rapport du Directeur général sur la promotion des services nationaux de santé2 et appuie le projet de résolution figurant dans ce rapport.3 Se référant aux mesures à prendre après la présente session de l'Assemblée qui sont énumérées dans ce rapport et notamment à l'examen plus détaillé des programmes actuels de l'OMS en vue de les développer dans la mesure où ils sont compatibles avec les principes applicables en matière de soins de santé primaires et où les pays l'accepteront et le souhaiteront (section 5.a) de la partie V du rapport), le Dr Wirjowidagdo demande si, au cas où un EtatMembre exprimerait le désir de mettre en oeuvre ou de développer un programme de soins de santé primaires, l'OMS pourrait facilement l'aider et de quelle façon. Le personnel OMS de terrain saurait -il s'adapter suffisamment vite à son nouveau rôle ? :

Le Dr KUPFERSCHMIDT (République Démocratique Allemande) fait observer qu'à la page 114 des Actes officiels N° 220 l'une des approches du renforcement des services de santé est ainsi "obtenir des renseignements plus complets sur l'expérience acquise par de nombreux énoncée pays en matière de développement, d'administration et de gestion des services de santé et les porter à la connaissance des Etats Membres ". Pour obtenir ces renseignements, il serait bon de :

Participation et santé, publié sous la direction de Newell, K. W., Genève, Organisation mondiale de la Santé, 1975. 2

1

Actes officiels OMS, N° 226, 1975, annexe 15. Voir p. 528.

3

COMMISSION A

:

TROISIEME SEANCE

351

commencer par faire le bilan des expériences acquises au cours de la mise en place des services de santé dans des pays dotés de systèmes sociaux différents. Cela a déjà été fait dans l'étude commune OMS /FISE sur différents moyens de répondre aux besoins sanitaires fondamentaux des populations dans les pays en voie de développement,1 soumise au Conseil exécutif à sa cinquante cinquième session, et dans l'excellent ouvrage intitulé Participation et santé qui met l'accent essentiellement sur les soins de santé primaires. Toutefois, l'OMS devrait poursuivre dans cette voie et examiner d'un peu plus haut la situation socio- économique régnant dans les différents pays, dégageant ainsi plusieurs modèles de protection médicale optimale offerte à tous les citoyens en accord avec la Constitution de l'OMS. Il conviendrait à cet égard de 1) pays en voie de développement et pays les moins répartir les pays en trois catégories développés; 2) pays industrialisés à régime capitaliste a) dont le système sanitaire est essentiellement privé et b) dont le système sanitaire est essentiellement étatisé; et 3) pays socialistes à économie planifiée. :

Le Dr OMER (Soudan) indique qu'avec l'aide précieuse de sa commission nationale de planification sanitaire et de l'OMS, le Soudan a achevé en avril 1975 l'élaboration d'un plan national de santé. Le plan s'attaque à onze problèmes sanitaires nationaux et à six problèmes régionaux dont certains intéressent plusieurs secteurs et supposent l'intervention d'autres ministères ou départements. Le Gouvernement du Soudan estime que l'OMS peut l'aider à formuler des programmes notamment en ce qui concerne la couverture de la population sur le plan des soins de santé primaires. L'OMS peut aussi aider le Soudan en faisant connaître son plan national de santé aux institutions du système des Nations Unies et aux autres pays, suscitant ainsi des offres d'assistance pour certains projets. Le Dr WRIGHT (Niger) déclare que le secteur de programme relatif au renforcement des services de santé est celui qui présente le plus d'importance pour son pays. Des services de santé primaires installés à l'échelon périphérique fonctionnent depuis dix ans au Niger et les résultats obtenus ont montré que c'était la bonne solution. Il y avait en effet deux solutions en présence. L'une consistait à augmenter le nombre des petits dispensaires périphériques mais c'eût été une tâche trop importante. L'autre consistait à améliorer les services existants. Il n'a pas été possible d'y parvenir dans l'ensemble du pays mais les résultats obtenus dans une région qui représente environ un septième du pays montrent que l'utilisation d'auxiliaires, même analphabètes, a permis d'accroître le nombre des services offerts aux populations rurales. En février 1975, lors d'un séminaire qui a réuni des responsables nationaux et régionaux de la santé, tous les participants ont admis qu'il ne s'agissait plus d'expérimenter des méthodes de protection sanitaire primaire mais d'étendre ces services de santé à l'ensemble du pays. La population réclame maintenant des services analogues dans toutes les régions du pays et le principal problème est désormais de contrôler et d'encadrer le personnel de protection sanitaire primaire. Il s'agit moins d'un problème de personnel que de moyens financiers permettant de le payer, de lui donner une formation, de fournir des médicaments, etc. Si l'on veut toucher l'ensemble de la population, il faut également des véhicules et du carburant, autant de chgses qui actuellement coûtent très cher. Le Gouvernement du Niger espère obtenir une aide directe de l'OMS pour satisfaire ces différents besoins. Le Dr DAS (Népal), parlant de la programmation sanitaire nationale au Népal en 1974, déclare que la première phase a été la collecte des données. Dans de nombreux pays en voie de développement, il n'existe pas de données et il faut donc toujours commencer par produire celles dont on a besoin et notamment des données de référence. Ces données ont ensuite été analysées à Genève et, de ce fait, le pays ne s'est pas doté de moyens d'analyse locaux. Or le Dr Das estime qu'un tel développement sur le plan local aurait présenté des avantages plus durables. Le Professeur DAVIES (Israël) félicite le Directeur général et le Dr Newell d'avoir mis en lumière le rôle de premier plan que joue l'OMS dans la recherche de solutions nouvelles propres à aider les gouvernements à faire bénéficier leur population de services de santé. L'exposé du Dr Newell et la section pertinente des Actes officiels N° 220 indiquent clairement que le développement des services de santé est encouragé dans le cadre de la planification sociale globale. Le Dr Newell a mentionné le problème de la recherche sur les services de santé, en particulier sur l'organisation, la gestion et le financement de ces services. Il est évident que pareille recherche exige un développement considérable du domaine relativement vierge de l'économie sanitaire. On peut se demander comment cette action s'articulera avec le programme de développement des personnels de santé et les politiques de recherche de l'OMS. En Israël, certains progrès ont été accomplis en ce qui concerne l'intégration de l'enseignement et la prestation des services de santé. Un centre des sciences de la santé a été créé dans le Neguev avec l'assistance de l'OMS, le doyen du centre assumant également la direction des services de santé locaux. A ce propos, il serait intéressant de savoir dans quelle mesure l'OMS pourrait aider à financer des expériences similaires d'intégration de l'enseignement et des services dans d'autres pays et d'autres Régions. Au sujet du point soulevé par le délégué du Népal, le Professeur Davies se demande quels sont les plans de l'OMS concernant la mise sur pied de systèmes d'information dans le cadre du développement des services de santé. De nombreux pays ont besoin de conseils pour établir des systèmes d'information sanitaire, et en Israël on a constaté que le problème fondamental est

1 En préparation.

352

VINGT- HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

celui de la définition des données de base minimum dont il faut disposer pour la surveillance des services de santé. Le Dr AROMASODU (Nigeria) précise que son pays vient de lancer son troisième plan national de développement, dont l'élément santé a été préparé avec l'assistance de l'OMS et du PNUD. La proportion actuelle de la population desservie par les services de santé au Nigeria est d'environ 25 % et le plan vise à faire passer cette proportion à 40 % au cours de la période allant de 1975 à 1980, objectif qui nécessitera un considérable accroissement des effectifs médicaux et paramédicaux. Elle espère que L'assistance de l'OMS sera maintenue pendant toute la période du plan.

Le Dr NOORDIN (Malaisie) déclare que son gouvernement a donné un rang élevé de priorité au renforcement des services de santé, l'accent étant mis sur la prestation de services préventifs et curatifs intégrés. Le Gouvernement malaísien reçoit une assistance de l'OMS pour un certain nombre de projets portant, par exemple, sur l'éradication du paludisme, le développement des personnels de santé, la nutrition et la santé maternelle et infantile. Cependant, il n'y a pas de coordination entre l'assistance accordée pour le développement des services de santé et l'aide fournie pour d'autres projets, car le premier est considéré comme un projet ne différant pas des autres projets soutenus par l'OMS et non comme un programme général dans lequel pourraient s'insérer d'autres projets. Le Gouvernement malaisien souhaitant une approche intégrée, l'OMS devrait peut -être revoir l'assistance qu'elle fournit pour ce projet compte tenu des autres projets qu'elle soutient. Peut -être serait -il par exemple préférable que le conseiller de l'OMS affecté au projet de renforcement des services de santé occupe un rang supérieur aux conseillers affectés aux autres projets de manière à ce qu'il puisse jouer en quelque sorte le râle de chef d'équipe et promouvoir une approche réellement intégrée. Le Professeur ORHA (Roumanie) s'associe au délégué de la République Démocratique Allemande pour demander que des informations soient recueillies sur les divers types de systèmes de soins médicaux vus sous l'angle de leurs rapports avec le régime social des pays. A cet égard, l'expérience de son pays peut être utile à l'Organisation puisque la Roumanie est passée au cours des trente dernières années d'une économie essentiellement rurale à une économie industrielle en plein développement. L'OMS devrait également recueillir des données sur l'aide offerte pour le renforcement des services de santé dans le cadre d'accords bilatéraux. La Roumanie, par exemple, a conclu de tels accords avec divers pays d'Afrique et d'Asie et offre une assistance technique pour des programmes du genre de ceux qui sont en discussion. Possédant des informations plus complètes sur cette aide, l'OMS pourrait améliorer ses activités dans ce domaine. Le Dr SHRIVASTAV (Inde) pense qu'il n'existe pas de formule type pour les programmes de renforcement des services de santé. Ceux -ci doivent être fonction de la superficie du pays, de ses caractéristiques démographiques, du tableau de la morbidité et des liens existants entre les établissements d'enseignement et les services de santé. En Inde où des programmes d'urgence ont dû être entrepris dans divers domaines, les services de santé se sont développés selon une structure verticale, ce qui n'empêche pas le personnel recruté dans ces conditions d'acquérir une formation qui lui permet de devenir polyvalent. Le lieu d'implantation des établissements d'enseignement médical est également important. Bombay, par exemple, possède huit écoles de médecine qu'il est difficile de mettre en relation avec les districts éloignés. Si les établissements étaient plus rationnellement répartis, la situation en serait améliorée, mais il est inévitable dans un vaste pays que certaines régions soient défavorisées. La solution consisterait peut -être à mettre sur pied des équipes mobiles, mais il est évident que le mode d'organisation des prestations serait différent selon les pays. Le Dr ROASHAN (Afghanistan) estime que tout en étant le point le plus intéressant du budget programme, le renforcement des services de santé soulève certains problèmes difficiles, notamment parce qu'il ne s'agit pas seulement de la distribution des soins à l'échelon périphérique mais aussi de leur distribution à l'échelon intermédiaire et central. Il est à peu près certain que les services de santé urbains vont encore se développer tandis que les populations rurales continueront à être privées de soins de santé primaires. Il est urgent d'explorer de nouvelles solutions afin de pouvoir mettre au point un système qui permettrait, avec les maigres ressources disponibles, de faire face aux besoins sans cesse croissants. Ce type de planification relève de la programmation sanitaire par pays et il serait utile d'être renseigné sur les succès et les échecs des exercices entrepris par l'OMS dans ce domaine. Le Dr SANGARÉ (Mali) reconnaît avec différents orateurs qui l'ont précédé qu'il est possible d'appliquer au renforcement des services de santé différentes formules adaptées au contexte socio- économique de chaque pays. Cette entreprise requiert toutefois une infrastructure minimale et du personnel, professionnel ou auxiliaire. C'est à partir de cette infrastructure que l'on doit chercher à assurer la couverture maximale de la population, ce qui dans les zones rurales est évidemment difficile à réaliser. Il faut choisir entre les centres fixes et les équipes mobiles et décider si l'on donnera la primauté aux services curatifs ou aux services préventifs. Tout dépend des circonstances et il n'existe pas de formule type. Le développement de la santé

COMMISSION A

:

TROISIEME SEANCE

353

doit être considéré comme faisant partie intégrante du développement économique; c'est ce que fait le Mali où tous les plans de développement quinquennaux ou triennaux comportent un élément santé, car on estime impossible de traiter le problème du développement de manière sectorielle. Le Dr CHITIMBA (Malawi) pense que le renforcement des services de santé suppose une redistribution des ressources médico- sanitaires. Le renforcement des services de santé dans une zone risque, par exemple, d'entraîner un affaiblissement des services dans une autre. La question n'est pas de savoir ce que l'OMS va faire mais ce que les Etats Membres eux -mêmes vont faire - avec peut -être l'assistance de l'OMS et d'autres organismes. Les Etats Membres doivent renoncer aux méthodes traditionnelles et chercher de nouvelles approches qui leur permettront de distribuer les prestations sanitaires de manière plus rationnelle à l'ensemble de la population. La profession médico- sanitaire dans son ensemble doit faire un effort extraordinaire pour surmonter son inertie traditionnelle. L'OMS peut montrer la voie, mais c'est aux Etats Membres eux -mêmes qu'il appartient de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour opérer les changements nécessaires. Le Dr SIRRY (Egypte) estime qu'il faudrait trouver une méthode scientifique pour répartir les ressources de l'OMS entre pays développés et pays en voie de développement. Il ne faut pas oublier que l'OMS est une organisation mondiale. La méthode adoptée pourrait se fonder sur l'espérance de vie, les taux de mortalité ou tout autre indicateur adopté de commun accord. Si l'on considère que pouvoir se faire soigner quand on est malade est un droit fondamental de l'homme, c'en est sûrement un aussi de bénéficier d'une protection contre la maladie. La prévention n'est pas seulement un objectif plus humanitaire, c'est aussi une entreprise qui donne un meilleur rapport coût /avantage, Les programmes de renforcement des services de santé sont très importants pour les pays en voie de développement, car les pays qui ont les plus grands besoins sont justement ceux qui ont le moins les moyens d'y faire face. Consacrer des crédits à la recherche sur le cancer et les maladies cardio -vasculaires, c'est gaspiller de l'argent s'il n'est pas possible de prévenir ou d'éliminer ces maladies. Il est plus important de donner la priorité aux maladies transmissibles et de mettre sur pied une infrastructure capable d'assurer la prévention, les soins de santé primaires et les soins maternels et infantiles. Les programmes de formation de personnel professionnel et auxiliaire devraient essentiellement viser à former le plus grand nombre possible de personnel capable d'assurer des soins de santé primaires. Le Dr MARTINS AYRES (Portugal) est également d'avis que chaque pays doit trouver sa propre méthode pour renforcer ses services de santé. Il n'existe pas de modèle universel. Au Portugal, on a organisé des comités dans diverses zones rurales en vue de mettre sur pied des services intégrés de médecine préventive et curative. Ces comités comprennent des membres de la collectivité, afin de permettre à celle -ci de faire savoir quel type de services elle désire et peut se permettre d'avoir. La santé est un problème politique au Portugal. Il n'est pas possible de promouvoir la santé sans que d'autres ministères collaborent avec le Ministère de la Santé. Les médecins tendant à se concentrer dans les zones urbaines, le Gouvernement cherche maintenant à les amener à aller exercer dans les zones rurales pendant les deux ans qui suivent l'obtention du diplôme de médecine. Le Professeur LEOWSKI (Pologne) note que dans bien des pays dits en voie de développement on est parvenu à assurer des services de santé en ayant recours aux ressources dont ils disposaient, Il leur reste à résoudre le problème de la qualité. On ne saurait nier par ailleurs qu'il importe pour tous les pays du monde de renforcer les services de santé et de protection sanitaire, A cet égard deux questions se posent. Premièrement, est -il normal que l'OMS préconise des solutions ne correspondant pas à l'état actuel de développement des sciences médicales et de la santé publique ? Deuxièmement, l'OMS doit -elle se contenter de ne présenter qu'une approche du problème, alors qu'il existe déjà des instruments d'évaluation spécifique qui lui permettraient de présenter des données positives ? Le Professeur Leowski pense à cet égard à la suggestion du délégué de la République Démocratique Allemande concernant l'évaluation des différents systèmes de distribution de soins existants. Si l'OMS n'est pas en mesure d'évaluer la totalité des systèmes de prestations, elle pourrait toutefois certainement évaluer les différents éléments d'un système complet de distribution de soins. Le Dr OJALA (Finlande) voudrait savoir les raisons de la suppression, à partir de 1976, du projet interrégional concernant l'analyse de systèmes (Actes officiels N° 220, page 119; Actes officiels N° 223, page 166). M. RAMRAKHA (Fidji) tient à insister sur la nécessité d'utiliser pleinement tous les personnels médicaux. A Fidji, la protection sanitaire est assurée essentiellement par les pouvoirs publics qui gèrent des centres de santé, des postes de soins infirmiers et des hôpitaux répartis sur l'ensemble du territoire. Les praticiens privés tendent à se concentrer dans les zones urbaines et l'exercice privé de la médecine n'est subventionné d'aucune manière. L'OMS pourrait aider à intégrer les services de santé privés et publics sans accroître indûment le coût des services. Les praticiens privés ont récemment demandé au Gouvernement de créer une

354

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

réserve de médicaments qui pourraient être fournis meilleur marché aux pharmaciens. Il y a encore quelque temps, les diplômés de l'Ecole de Médecine de Fidji n'étaient autorisés à exercer que dans le secteur public, désormais ils ont aussi le droit d'exercer à titre privé. C'est pourquoi on constate maintenant une pénurie de personnel médical dans le secteur public. Les infirmières affectées aux postes infirmiers ruraux rendent des services précieux, et il faut espérer qu'avec le recrutement d'assistants médicaux la couverture sanitaire de la population va encore s'améliorer. La nécessité d'une planification sanitaire est désormais reconnue et le manuel sur la question préparé au Papua- Nouvelle -Guinée avec l'aide de l'OMS parait très bien conçu. Il faut espérer que l'OMS aidera aussi les pays à mettre sur pied des programmes intégrés d'hygiène du milieu. Le Dr VIOLAKIS -PARASKEVAS (Grèce) attire l'attention sur les rapports entre le renforcement des services de santé et la promotion des services sanitaires nationaux, en particulier dans les régions du monde où l'état de santé des populations laisse à désirer. La participation active de la population locale est extrêmement importante.

Le Dr NONDASUTA (Thailande) conclut de l'expérience qu'il a personnellement acquise en matière de planification sanitaire nationale que le renforcement des services de santé implique le développement de l'infrastructure sur la base de laquelle sont assurés les services de santé, et qu'il comprend donc le développement des services de soins eux -mêmes pour couvrir des domaines tels que les soins médicaux et la nutrition. Il aimerait néanmoins savoir quels rapports ces activités auront avec les activités couvertes par le programme de santé de la famille - point suivant que doit examiner la Commission. 1l faudrait, à son avis, établir une certaine démarcation, si imprécise soit -elle, afin d'éviter les chevauchements. Le Dr WRIGHT (Niger) est convaincu qu'il n'y a pas qu'un seul moyen de renforcer les services de santé. Chaque pays doit décider lui -même comment procéder compte tenu de sa situation socio- économique. Au Niger, on considère que le renforcement des services de santé doit s'intégrer dans le développement d'ensemble de la collectivité. Les divers secteurs de l'économie doivent développer leurs programmes en commun, et les activités aux niveaux provincial et local doivent être complémentaires. La tâche est assurée par des comités techniques de département et d'arrondissement, qui se réunissent tous les mois ou tous les trimestres pour envisager les moyens d'entreprendre une action commune, dresser des plans et déterminer les villages où des activités seront entreprises. Cette attitude nouvelle suppose un changement de mentalité de la part des personnels médicaux qui doivent arriver à travailler de concert avec le personnel travaillant dans d'autres secteurs de l'économie. C'est là le moyen d'utiliser au mieux les ressources, dont beaucoup ne sont pas uniquement sanitaires. Les équipes mobiles présentent certains avantages pour l'action de santé, mais elles n'assurent pas une présence permanente dans les villages. On estime au Niger que la présence permanente d'auxiliaires médicaux, sans pour autant représenter la solution idéale, est sans doute préférable. Les auxiliaires sont les antennes du service de santé. Même s'ils changent chaque année, le service de santé disposera bientôt, à condition d'organiser le processus de formation de ces travailleurs de façon permanente, d'un noyau de travailleurs possédant de solides connaissances et qui pourra être la base d'activités sanitaires plus importantes par la suite. Le Dr NEWELL (Directeur de la Division du Renforcement des Services de Santé) a pris note des points soulevés par les délégués de l'Indonésie, du Soudan et du Niger à propos des soins de santé primaires; ilen sera tenu compte lors de l'examen du point approprié de l'ordre du jour.l En réponse aux observations faites par les délégations du Népal, du Soudan et de l'Afghanistan au sujet de la programmation sanitaire par pays, il précise que quelque neuf exercices de programmation sanitaire par pays ont été entrepris à ce jour, et que d'autres sont prévus. Leurs résultats seront vraisemblablement examinés et utilisés lors d'un séminaire qui doit avoir lieu en 1976. Cependant, des expériences comme celles du Népal et du Bangladesh ont déjà incité à apporter un certain nombre de changements. La distinction a été faite entre production et utilisation de l'information; les données sont analysées et présentées dans le cadre du processus, à l'intérieur même des mécanismes du pays et non pas à l'extérieur. D'autres expériences ont permis de renforcer considérablement le processus. Plutôt que de faire l'historique de ce que l'OMS a appris à travers ses erreurs, peut -être vaudrait -il mieux attendre de regrouper toutes ces expériences pour pouvoir les utiliser plus largement à l'avenir. Les délégués de la République Démocratique Allemande, de la Roumanie et de la Pologne ont évoqué la nécessité d'envisager des études comparées sur les services de santé dans différents systèmes économiques. Tout en étant sûr que le Directeur général approuve cette idée, le Dr Newell

est en même temps extrêmement conscient des difficultés qu'il y a à comparer des systèmes de santé. Il est difficile d'établir des critères de comparaison; pour une équipe, un système de

1 Voir sous Promotion des services nationaux de santé, p. 526.

COMMISSION A

:

TROISIEME SEANCE

355

santé ne se présente pas de la même façon vu de l'intérieur et de l'extérieur, et il est difficile de montrer la progression d'événements qui conduit au succès ou à l'échec. Ceci ne signifie bien sûr pas qu'il ne faut pas essayer d'établir des comparaisons. Le Dr Newell est cependant convaincu que le fait de comparer des systèmes de santé ne débouchera pas sur des conclusions étayant le principe de l'adoption d'un modèle unique ou d'une solution optimale universellement applicable. En réalité, on a souvent fait observer qu'il était impossible d'envisager autre chose qu'une série de solutions nationales uniques pour faire face aux problèmes d'un pays. Pour répondre à la question du délégué d'Israél concernant l'intégration des principes d'économie sanitaire dans d'autres secteurs du programme de l'OMS, le Dr Newell précise que cette intégration est très difficile au niveau international mais que l'OMS progresse dans cette voie. Alors qu'il y a quelques années l'Organisation ne comptait aucun membre du personnel s'occupant à plein temps des questions d'économie sanitaire, il y en a actuellement quelques -uns au Siège, dans les bureaux régionaux et dans les programmes nationaux, ce dont le renforcement des services de santé et d'autres programmes ne peuvent que bénéficier. Le délégué d'Israél a également posé une question à propos des systèmes d'information sanitaire, particulièrement tels qu'ils sont décrits dans le budget programme. L'OMS considère qu'un système d'information sanitaire est un des éléments clés de toute politique de développement des services de santé. Les différentes façons dont l'Organisation peut aider à développer les systèmes d'information sanitaire ont été examinées de façon approfondie et un groupe multidivisions a été créé pour déterminer les meilleurs moyens d'action future. Ce groupe comprend des représentants de la Division des Statistiques sanitaires et de celle du Renforcement des Services de Santé, et les propositions qu'il a formulées sont actuellement à l'étude au Siège et dans les bureaux régionaux. Il reste toutefois un certain nombre de mesures à prendre avant qu'elles puissent être présentées à l'Assemblée. Pour répondre au délégué de la Finlande, qui a demandé pour quelle raison aucun autre crédit n'était prévu au -delà de 1975 pour l'analyse des systèmes appliquée aux projets, le Dr Newell précise que le projet a été prévu pour une période de cinq ans, laquelle prend fin en 1975. Un comité d'experts fera le point en 1975 de l'expérience des cinq années écoulées, à la suite de quoi le Directeur général devra décider soit de poursuivre le projet, soit d'utiliser différemment les ressources dans ce domaine. En réponse à la question soulevée par le délégué de la Thailande, le Dr Newell indique que les propositions assez vastes telles que celles qui concernent les soins de santé primaires relèvent d'un comité directeur spécial, créé par le Directeur général, qui réunit toutes les divisions intéressées - dans le cas présent les Divisions du Développement des Personnels de de la Santé de la Famille, de l'Hygiène du Milieu et des Maladies transmissibles, ainsi que la Division du Renforcement des Services de Santé. Santé de la famille (secteur de programme 3.2) Le Dr ZAHRA (Directeur de la Division de la Santé de la Famille) déclare que le programme d'action en matière de santé de la famille, qui porte sur la santé maternelle et infantile (y compris la planification familiale), la reproduction humaine, la nutrition et l'éducation sanitaire, est centré sur les besoins et les problèmes sanitaires prioritaires de la famille en tant qu'unité sociale fondamentale, et préconise l'approche épidémiologique et éducationnelle pour élucider les interrelations entre ces diverses composantes. Quel que soit le niveau de développement des soins de santé primaires, il faut toujours commencer par la santé maternelle et infantile, y compris la planification familiale lorsqu'il y a lieu, et par la nutrition et l'éducation sanitaire. La promotion et l'organisation des soins de santé primaires dépendent en dernière analyse du niveau d'éducation et d'intérêt des familles et des travailleurs sanitaires de toutes catégories, ainsi que de l'attitude des travailleurs sanitaires, qui doivent aller au -delà de l'individu pour centrer leur activité sur la famille. L'éducation des membres de la famille dans le cadre des services sanitaires et éducatifs est cependant loin d'être chose faite dans la pratique. L'approche axée sur la santé de la famille institue un lien nécessaire entre les services destinés aux individus et les services destinés à la collectivité, et à ce titre elle s'intègre logiquement dans les activités concernant le renforcement des services de santé, la prévention et la prophylaxie ainsi que le développement des personnels requis. Dans beaucoup trop de pays, 50 % seulement des enfants ont des chances de survie au -delà de l'âge de cinq ans. Trois problèmes interdépendants affectent la mère et l'enfant la malnutrition, l'infection et les conséquences de la non -régulation de la fécondité. L'approche spécifique adoptée pour le programme est de réduire la mortalité et la morbidité parmi les nouveau nés, les enfants et les mères et d'élever le niveau sanitaire de tous les membres de la famille grâce à des services de prévention, de traitement et de réadaptation. Cette approche se reflète dans le plan d'action mondial de la population, dans les résolutions adoptées par la Conférence mondiale de l'Alimentation ainsi que dans les objectifs de l'Année internationale de la Femme, trois secteurs d'activité auxquels l'Organisation a apporté une importante contribution. Le programme est centré sur la prestation de soins complets, destinés notamment aux groupes vulnérables individus et familles "exposés" au cours des processus de la reproduction humaine, de la croissance et du développement. Il tente d'évaluer les facteurs de risque élevé et de : :

356

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANIE, PARTIE II

déterminer des stratégies locales pour l'organisation des activités de santé maternelle et infantile, de planification familiale, de nutrition, d'endiguement et de prévention des infections, accompagnées d'une action appropriée d'éducation sanitaire, l'objectif étant d'améliorer les soins de santé primaires du point de vue de la couverture et de l'accessibilité. La santé maternelle et infantile prend actuellement des dimensions nouvelles d'une grande importance, à mesure que l'on connaît mieux la physiologie de la reproduction, l'embryologie, les origines des malformations congénitales, le phénomène de la prématurité, ainsi que les besoins nutritionnels et psycho- sociaux au cours de la croissance et du développement. Un vaste programme de recherche a été élaboré en matière de reproduction humaine; il porte essentiellement sur les questions suivantes conséquences pour la santé de la mère et de l'enfant des grossesses fréquentes, de la multiparité et de l'âge au moment de la grossesse; sécurité, efficacité et acceptabilité des méthodes de régulation de la fécondité, notamment dans les pays en voie de développement; mise au point de nouvelles méthodes de régulation de la fécondité; aspects sanitaires de l'avortement légal et clandestin; questions opérationnelles liées à l'organisation des services de planification familiale; infécondité, grossesse et développement foetal. L'accent a été mis tout particulièrement sur la formation à la recherche dans les établissements existants et sur l'aide aux personnels en vue de développer les installations de recherche dans leur propre pays. Les contributions généreuses faites au fonds bénévole pour la promotion de la santé et l'aide du FNUAP ont permis de développer ces activités de recherche, menées dans plus de soixante Etats Membres. De même, de plus grandes responsabilités ont été confiées aux services de santé maternelle et infantile, ce qui se traduit dans les études, les consultations et l'action de l'Organisation concernant les trois stades des soins maternels prévention de la malnutrition et promotion de la croissance et du développement, prévention et traitement des maladies infectieuses courantes chez la mère et l'enfant, et prévention des problèmes spécifiques de la grossesse et de l'accouchement. L'approche adoptée par l'OMS pour l'intégration de la planification familiale dans les services de protection maternelle et infantile et autres services de santé est maintenant presque universellement acceptée. En 1974 -1975, en collaboration avec le FNUAP et le FISE, l'OMS a aidé à planifier et à mettre en oeuvre dans quarante -deux pays des six Régions de l'OMS quelque cinquante -trois projets intégrés. Dans dix -sept autres pays, l'OMS aide à concevoir des projets pour le financement desquels le FNUAP doit encore donner son accord; soixante -trois pays au total doivent bénéficier d'une assistance. Une équipe interrégionale multidisciplinaire et des équipes inter -pays ont été mises sur pied dans les six Régions de l'OMS pour apporter un soutien technique à l'élaboration systématique des projets de santé de la famille /planification familiale dans le cadre du système d'ensemble des services de santé. Dans le secteur critique de la nutrition, on peut bien dire que les épisodes aigus de famine survenus récemment ne sont que l'exacerbation d'un phénomène chronique de malnutrition qui affecte encore d'importants groupes de population. Quant à la stratégie d'ensemble, le Directeur général a présenté à l'Assemblée de la Santé un rapport dans lequel il fait état des mesures prises par l'Organisation pour donner suite aux recommandations de la Conférence mondiale de l'Alimentation. Le document indique les secteurs prioritaires dont se préoccupe l'OMS identification des activités nutritionnelles à mettre en oeuvre par l'intermédiaire des services de santé locaux, notamment dans le cadre de l'action en faveur de la santé maternelle et infantile s'insérant dans les soins de santé primaires; mesures directes contre certaines carences nutritionnelles telles que le goitre endémique, la carence en vitamine A et l'anémie nutritionnelle, auxquelles on peut désormais remédier par des mesures simples n'exigeant pas de changement de régime alimentaire; élaboration de politiques et de programmes nationaux coordonnés en matière d'alimentation et de nutrition, en collaboration avec d'autres secteurs responsables, comme l'agriculture et l'éducation; mise en place de systèmes de surveillance nutritionnelle, fondés sur des indicateurs simples de l'état nutritionnel qui serviront à attirer l'attention des services concernés sur la nécessité d'une action précoce; enfin, mesures de soutien dans le domaine de l'enseignement et de la formation professionnelle et celui de la recherche. :

:

:

En ce qui concerne l'éducation sanitaire, pour donner effet aux résolutions adoptées par la Vingt- Septième Assemblée mondiale de la Santé sur l'éducation sanitaire,1 on élabore actuellement un programme général pour renforcer l'interpénétration de l'éducation sanitaire et des grands programmes en cours dans des domaines tels que la santé de la famille, l'hygiène des collectivités et l'approvisionnement en eau, la lutte contre les maladies diarrhéiques et les maladies transmises par voie sexuelle. L'action d'éducation sanitaire doit s'insérer dans les divers programmes, et la coordination se resserre dans ce but avec d'autres organismes, en particulier le FISE, l'UNESCO, la FAO et l'OIT, ainsi qu'avec des organisations non gouvernementales, essentiellement l'Union internationale d'Education pour la Santé. Pour ce qui est de l'attitude de l'Organisation face à la rapidité de l'évolution actuelle sur les plans social et psycho -social, le Dr Zahra précise qu'en collaboration avec le Bureau de la Santé mentale, le programme s'intéresse de plus en plus à la psychodynamique de la vie familiale, de sorte que divers paramètres psycho -sociaux doivent être pris en considération. Il est intéressant de mentionner les divers projets menés par les Bureaux régionaux OMS de

1 Résolutions WHA27.27 et WHA27.28.

COMMISSION A

:

TROISIEME SEANCE

357

l'Europe et des Amériques et concernant l'étude de la morbidité chez les enfants, les problèmes des écoliers, le dépistage précoce des handicaps chez les enfants, et les adolescents dans la société. De nouveaux problèmes surgissent actuellement, par exemple les effets de la nutrition infantile sur les maladies cardio -vasculaires chez l'adulte, les effets à long terme des contraceptifs oraux chez les filles jeunes, particulièrement dans la prochaine génération, les aspects psycho- sociaux de l'avortement, et les incidences sanitaires de la régression du taux de natalité et de la diminution de la dimension des familles dans certains pays industrialisés. Tous ces problèmes sont la preuve qu'il faut donner en santé publique beaucoup plus d'importance à l'identification des facteurs qui risquent de compromettre précocement la santé, en utilisant des indices sanitaires positifs au lieu des indices négatifs dont on dispose actuellement et qui sont fondés sur la mortalité et la morbidité manifeste. C'est là un secteur délicat auquel il faut accorder plus d'attention. Pour conclure, le Dr Zahra rappelle que l'Assemblée, lors de débats antérieurs, a mis l'accent sur l'ampleur des besoins sanitaires à travers le monde et sur le fait que les besoins fondamentaux sont loin d'être satisfaits dans bien des pays tant en voie de développement que développés. A mesure que les espoirs grandissent et que les responsabilités s'accroissent, certaines lacunes deviennent évidentes faiblesse quasi -universelle de l'infrastructure administrative des services de santé maternelle et infantile et de nutrition, absence ou insuffisance des fonds consacrés à ces services, rareté et mauvaise répartition du personnel professionnel et auxiliaire, problèmes de communication et de logistique et, avant tout, absence de participation réelle de la collectivité aux programmes intéressant la santé. Il faut de toute urgence organiser des programmes de santé maternelle et infantile mieux formulés, qui portent notamment sur la planification familiale, la nutrition, l'éducation sanitaire et la lutte contre les maladies, et que ces programmes soient mieux soutenus sur le plan politique. L'Organisation est parfaitement consciente du fait qu'un programme aussi fondamental que celui de la santé de la famille exige une coordination sans faille avec tous les autres programmes, ceux de l'OMS comme ceux des autres organismes, qu'ils soient multilatéraux, bilatéraux, non gouvernementaux ou bénévoles. A l'intérieur du système des Nations Unies, l'OMS collabore étroitement avec le FISE, le PNUD, le FNUAP, la FAO, le PAM, l'UNESCO, l'OIT et la BIRD. :

Planification du programme et activités générales (programme 3.2.1) Il n'y a pas d'observations.

Santé maternelle et infantile (programme 3.2.2) Le Dr MAFIAMBA (République -Unie du Cameroun) fait observer qu'il y a eu relativement peu de changement dans les crédits budgétaires alloués à la santé maternelle et infantile pour la Région africaine, où la mortalité parmi les nouveau -nés et les enfants est élevée et où de nombreux décès sont dus à des maladies qu'il est possible de prévenir telles que la rougeole, la coqueluche et la poliomyélite. Les Etats Membres ne peuvent certes pas compter indéfiniment sur l'assistance internationale; néanmoins, toute aide que l'OMS pourrait accorder dans le cadre du programme élargi de vaccination contre les maladies de l'enfance serait extrêmement utile pour les pays des zones tropicales. L'Afrique pourrait également bénéficier d'une participation accrue aux divers programmes de recherche menés dans d'autres Régions; à cet égard, la délégation du Cameroun tient à exprimer sa reconnaissance à l'OMS et au PNUD pour la mission sur l'infécondité entreprise dans la province orientale du pays. Cependant, il faut resserrer la coordination entre le Secrétariat et les bureaux régionaux pour éviter les chevauchements dont on a eu un exemple peu après la fin de la mission à laquelle le Dr Mafiamba vient de faire allusion, lorsque le Siège de l'OMS a annoncé l'arrivée imminente d'une autre mission chargée du même problème. En pareil cas, des consultations préalables seraient utiles.

La séance est levée à 11 h.55.

QUATRIEME SEANCE

Lundi 19 mai 1975, 14 h.50 Président ;

Dr Marcella DAVIES (Sierra Leone) Ordre du jour, 2.2.3

EXAMEN DETAILLE DU BUDGET PROGRAMME POUR LES EXERCICES FINANCIERS 1976 ET 1977 (suite) Santé de la famille (secteur de programme 3.2) (suite) Santé maternelle et infantile (programme 3.2.2) (suite)

Le Dr NOZARI (Iran) déclare que son pays est en train de mettre sur pied un réseau de centres de santé appelés à fournir des soins complets (prestations intégrées de santé maternelle et infantile, planification familiale, nutrition etc.), à l'ensemble de la population, tant dans les zones urbaines que dans les zones rurales. Les centres de santé déjà en place sont améliorés et de nouveaux centres sont créés dans des zones stratégiques. On attache beaucoup d'importance à la formation de personnel médical et d'auxiliaires; l'année dernière, onze nouvelles écoles d'infirmières et aides -infirmières ont été ouvertes. Pour ce qui est de la nutrition, des repas gratuits sont servis dans toutes les écoles primaires et un programme de nutrition destiné aux groupes vulnérables est en cours d'exécution, qui entratnera l'achat pour un montant de sept millions de dollars de lait en poudre, d'aliments pour nourrissons et de comprimés vitaminés. Les mères et les enfants sont soignés non en tant qu'individus isolés mais dans le cadre de la cellule familiale et l'on établit des dossiers sanitaires pour la famille plutot que pour l'individu. Une vaste campagne de vaccination est en cours, qui couvrira plus de 70 % de la population; on espère dans le proche avenir vacciner 90 des groupes vulnérables. Des dossiers médicaux ont été établis pour l'ensemble de la population, de sorte que l'on connattra tous les antécédents médicaux des individus depuis leur naissance; plus de six millions de fiches ont été distribuées à cet effet. L'Iran apprécie beaucoup l'aide qu'elle reçoit de l'OMS sous la forme de recherches sur les moyens les plus efficaces d'organiser les services de santé. Le Dr DAS (Népal) indique que dans son pays le taux de mortalité infantile se situe au voisinage de 200 pour 1000 naissances vivantes. Tant que ce taux ne pourra pas etre abaissé, il ne faudra pas s'attendre au succès du programme de planification familiale. En milieu rural, la tradition favorise les familles nombreuses, en raison du taux élevé de mortalité infantile. Le Népal est reconnaissant à l'AID de l'aide généreuse que cet organisme a bien voulu lui accorder dans le domaine de la planification de la famille. Cependant, l'action dans le secteur plus général de la santé maternelle et infantile devra encore titre renforcée. Le FNUAP a envoyé deux missions au Népal pour procéder à des négociations, mais celles -ci n'ont pas encore porté leurs fruits. La dernière mission a décidé d'offrir un appui pour l'établissement de services intégrés de santé de base dans deux régions du Népal oriental et des plans ont été élaborés en vue de procéder à l'intégration des services dans ces régions. Malheureusement ces projets ne se sont pas encore matérialisés, ce qui entrave l'exécution de l'ensemble du programme. L'aide prévue sous la rubrique "Santé de la famille" au tableau de la page 580 des Actes officiels N° 220 n'a en fait jamais été accordée au Népal. Le Dr Das demande si le Dr Zahra ne pourrait pas intervenir pour que l'assistance promise par le FNUAP devienne effective. Le Professeur PACCAGNELLA (Italie) indique que dans son pays la santé de la famille n'est pas considérée comme la somme d'éléments isolés, mais comme une seule et mme entité; la santé est envisagée non seulement sous son aspect physique, mais encore sous l'angle social et psychique. Ces dernières années, le Gouvernement a adopté un certain nombre de nouvelles lois concernant la famille. L'égalité entre le mari et la femme - tant au point de vue juridique qu'au point de vue économique - est aujourd'hui un fait acquis, le divorce a été introduit et l'avortement fait l'objet de discussions. Cette nouvelle situation pose des problèmes nouveaux aux services de santé publique et pour y faire face on envisage de créer de nouveaux types d'établissements de santé. C'est ainsi que des services de consultations conjugales et prénuptiales sont aujourd'hui assurés par des équipes pluridisciplinaires comprenant des médecins, des psychologues, des sociologues et des juristes. En traitant des problèmes sexuels, auxquels se rattachent la planification familiale, la prévention des maladies transmises par voie sexuelle, etc., il est indispensable de respecter la dignité de la personne humaine et de tenir compte des aspects psychologiques et sociaux aussi bien que des aspects physiques de ces questions. Le role respectif de l'homme et de la femme, dans la famille comme dans la société, doit 2tre pris en considération. L'éducation sexuelle considérée dans l'optique du public comme dans celle du personnel médical et paramédical est une entreprise difficile qui nécessite des recherches plus approfondies. La délégation de l'Italie a été particulièrement satisfaite de la récente publication par l'OMS du N° 57 des Cahiers de Santé publique, consacré à l'enseignement de la sexualité humaine dans les établissements formant les personnels de santé. La délégation italienne souhaite que l'Organisation poursuive

- 358 -

COMMISSION A

:

QUATRIEME SEANCE

359

son étude des problèmes de la famille et qu'elle recherche les moyens par lesquels les services locaux de santé publique et d'assistance sociale pourraient, en recrutant sur une base pluridisciplinaire du personnel médical et paramédical qualifié, résoudre les problèmes de santé de la famille. Le Professeur REXED (Suède) souligne que la santé maternelle et infantile, pierre angulaire de tout programme de santé, devrait bénéficier dans tous les pays d'une haute priorité en raison de son importance vitale pour le développement national. Le programme présenté par le Directeur général est bien équilibré, mais sa faiblesse réside dans le fait qu'il est en grande partie financé par des fonds autres que ceux du budget ordinaire. C'est pourquoi il importe que, dans l'élaboration d'un tel programme, l'OMS établisse clairement des priorités et n'accepte les projets financés par des fonds extrabudgétaires que s'ils s'insèrent parfaitement dans le programme général de l'Organisation. premièrement, les prestations de santé Le Professeur Rexed désire souligner deux points maternelle et infantile doivent être considérées comme faisant partie intégrante de la protection sanitaire de base et comprenant la planification familiale. Comme le montre le rapport, le succès de l'assistance offerte par l'OMS aux pays en matière de santé maternelle et infantile est dt à l'intégration des services de santé. Deuxièmement, les prestations de santé maternelle et infantile ne doivent pas être isolées de l'ensemble des éléments qui concourent au développement national. Il ne sert à rien d'élaborer des programmes médicaux de caractère technique si le niveau de développement économique, social et éducatif d'un pays est tel que l'on ne puisse nourrir suffisamment les mères et les enfants. L'OMS doit donc s'efforcer de situer son programme dans le contexte du programme général de développement de chaque pays, en veillant à ce que les groupes de population bénéficiant de prestations de santé maternelle et infantile reçoivent leur juste part des avantages que leur pays retire de sa marche vers le progrès. :

Le Dr HELLBERG (Finlande) constate avec inquiétude, comme le délégué de la Suède, que certains des éléments les plus importants du programme de l'OMS sont dans une très large mesure financés par des crédits autres que ceux du budget ordinaire. Si les Etats Membres jugent ces éléments particulièrement importants, ils doivent les financer sur le budget ordinaire. La discussion de la séance du matin a montré qu'il convient d'adapter aux différents pays des types de programmes différents et de tenir compte aussi du fait que l'état d'avancement des programmes spéciaux, tels que les programmes de santé maternelle et infantile, varie également selon les pays. Si dans certains pays ces programmes sont de création récente, dans d'autres comme la Finlande ils ont déjà connu de nombreuses réussites et il arrive parfois que ce succès même fasse obstacle à la mise en place de services plus complets de soins de santé primaires comprenant des prestations de santé maternelle et infantile. Le Dr Hellberg désire savoir si l'OMS accorde une aide aux pays où des services satisfaisants de santé maternelle et infantile, établis de longue date, doivent être intégrés dans des services plus vastes. Cette intégration joue un rôle important dans l'utilisation efficace des personnels et des autres ressources et exerce également une influence sur les rapports entre les personnels de santé des deux sexes qui travaillent sur le terrain de même que sur les autres échelons de l'administration de la santé. La santé maternelle et infantile occupe une place trop grande dans la santé de la famille pour être traitée comme un élément isolé. Le Dr SIRRY (Egypte) rappelle que l'objectif final de chaque pays doit être de s'assurer des services de santé de la famille d'un niveau élevé, dans lesquels la protection maternelle et infantile trouve automatiquement place. En Egypte, la direction des services médico- sanitaires a été entièrement restructurée, de sorte que les prestations aux mères et aux enfants, de même que la médecine scolaire, sont aujourd'hui intégrées dans les services généraux de santé. I1 y a dix ans, le taux de mortalité des enfants de moins d'un an était de plus de 300 pour 1000; ces dernières années, il est tombé à 100 pour 1000. Le Dr Sirry espère que les programmes actuellement mis en oeuvre par l'administration sanitaire de son pays aboutiront à une nouvelle diminution de ce taux. Un service de santé doit - c'est là un point important - disposer de personnel infirmier qualifié. Aussi l'Egypte a -t -elle créé ces deux dernières années un certain nombre d'établissements de formation infirmière. On espère qu'un nombre plus élevé d'infirmières diplômées seront prêtes à se mettre à la tâche en octobre 1975 et, selon les prévisions, l'Egypte devrait d'ici cinq ans compter 35 000 infirmières. Le Professeur PRAWIRANEGARA (Indonésie) déclare qu'avec le taux actuel d'accroissement annuel des naissances, qui est de 2,5 % à 2,6 %, la population de son pays devrait doubler d'ici 25 à 30 ans. Etant donné qu'environ 70 % de la population vit à Java et à Bali, les programmes de planification familiale ont été concentrés au début dans ces deux régions mais, en 1974, ils ont été étendus à d'autres provinces de l'Indonésie. Depuis le lancement du programme en 1970, 4,5 millions d'Indonésiens ont accepté de recourir aux techniques contraceptives, le choix de celles -ci étant laissé à la discrétion de chacun. Consciente du fait que la planification familiale n'est pas uniquement un problème médical, l'Indonésie a adopté une approche pluridisciplinaire dans la mise à exécution du programme de

360

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANIE, PARTIE II

planification familiale. Un bureau national de coordination de la planification familiale a été créé en vue de coordonner l'organisation, l'exécution et l'évaluation du programme par le truchement d'un certain nombre de services des secteurs privé et public. Les objectifs du programme sont donc réalisés dans le cadre d'une coordination entre les différents secteurs santé, éducation, information, cultes, secteur social. Se référant à la page 139 des Actes officiels N° 220, où l'on peut lire que les anémies ferriprives affectent surtout les femmes et les enfants, le Professeur Prawiranegara souligne que l'on a constaté également ce genre d'anémie chez les adultes de sexe masculin. Une enquête a été entreprise en Indonésie sur l'anémie ferriprive chez les travailleurs de sexe masculin employés dans la construction et dans les plantations de caoutchouc de l'ouest de Java, où elle atteignait un niveau élevé. En raison de la place importante que les travailleurs de sexe masculin occupent dans le développement économique de son pays, il serait reconnaissant à l'OMS d'étudier ce problème. On fait allusion dans le dernier paragraphe de la revue des activités en matière de nutrition, à la même page du volume budgétaire, au rêle de coordination de l'OMS et à l'étroite coopération qui existe entre elle et d'autres institutions internationales. La délégation de l'Indonésie souhaiterait obtenir de l'OMS des indications sur le programme de nutrition appliquée et sur les moyens d'améliorer la nutrition dans le cadre d'une approche pluridisciplinaire. Le Dr KIVITS (Belgique) constate avec satisfaction que le programme de planification familiale de l'OMS doit être progressivement intégré dans les activités de santé maternelle et infantile. Les chances de succès de ce genre de programme seront plus grandes si l'on adopte une approche positive, consistant à assurer aux mères et aux enfants des prestations de santé satisfaisantes, au lieu de se cantonner dans l'attitude négative qui consiste simplement à limiter les naissances. Le problème tend à être traité différemment selon que l'on a affaire à des médecins ou à des économistes et des démographes. Peut -être faut -il regretter une certaine absence de coordination entre les programmes du FNUAP et ceux de l'OMS et le fait que les fonds octroyés par le FNUAP aux gouvernements ne le soient pas toujours après avis et consultation de l'OMS. Le Dr Kivitz partage les inquiétudes exprimées par les délégués de la Suède et de la Finlande au sujet de la part importante des activités du programme de planification familiale :

qui est financée par des fonds extrabudgétaires. Le Dr RAHMAN (Bangladesh) dit que dans son pays la santé de la famille est considérée comme la base même de la santé de l'individu. Un recensement de tous les couples du pays est actuellement effectué par le moyen de visites à domicile, qui fournissent des renseignements sur l'état matrimonial, le nombre d'enfants de chaque famille et l'âge du dernier enfant; à ce jour, 10,4 millions de couples sur un total de 12 millions ont ainsi été recensés. Les prestations de planification familiale, qui font partie intégrante des prestations de santé, ont permis de constater que 10 % des femmes, dans les régions rurales, étaient disposées à accepter des contraceptifs par voie buccale. D'une manière générale, ces dernières années, les méthodes de planification familiale ont été mieux admises en milieu rural, ce qui est important dans un pays où la population rurale représente plus de 90 % de la population totale. Le Bangladesh a d'autre part lancé un programme nutritionnel comportant la distribution de capsules de vitamine A à 13 millions d'enfants de moins de six ans. L'évaluation de ce programme a montré que l'on avait réussi à éviter un certain nombre de problèmes de santé dans ce groupe de population. Le Bangladesh est d'avis que la meilleure forme d'éducation sanitaire en milieu rural est le contact individuel direct avec les paysans des agents qualifiés de la santé familiale.

Le Dr WRIGHT (Niger) déclare que, dans un pays comme le sien où les mères et les enfants représentent 70 à 75 % de la population, la santé maternelle et infantile est évidemment un problème prioritaire. Mais ce qu'il faut surtout, c'est réduire la mortalité et la morbidité infantiles par de bons soins pendant la grossesse et l'accouchement et en assurant une nutrition correcte à la mère et à son enfant. Chaque enfant a droit à la santé et à une éducation convenable, et l'on voit intervenir là des facteurs sociaux et économiques aussi bien que sanitaires. Il faut renforcer et développer les services de santé de manière à assurer à tous un niveau de santé minimal. La limitation des naissances n'est pas une question très préoccupante au Niger; en fait, le problème de la stérilité est jugé plus important. Reproduction humaine (programme 3.2.3) Il n'y a pas d'observations. Nutrition (programme 3.2.4)

Pour le Dr NONDASUTA (Thallande), il n'est pas douteux que la nutrition restera l'un des problèmes les plus pressants auxquels devront faire face les pays en voie de développement dans les prochaines années. Un certain nombre de stratégies ont été mises au point pour surmonter ou du moins pallier la malnutrition protéino- calorique et le Dr Nondasuta a noté que le programme de l'OMS comporte un projet visant à la mise au point d'aliments de sevrage riches en protéines. Certes, c'est là un secteur important auquel il faut prêter attention, mais le Dr Nondasuta

COMMISSION A

:

QUATRIEME SEANCE

361

sait d'expérience que la partie cruciale de la stratégie n'est pas de mettre au point ces aliments, mais plutôt d'assurer leur promotion par le biais des filières commerciales et par celui des services de santé nationaux, afin qu'ils parviennent jusqu'aux enfants qui en ont réellement besoin. Cet aspect promotionnel devrait être pris en considération beaucoup plus attentivement par les travailleurs sanitaires et par les experts d'autres disciplines, comme la gestion et le marketing; une aide de l'OMS dans ce domaine serait fort appréciée. L'OMS est maintenant parvenue à un stade où il lui faut décider si elle doit donner la priorité aux protéines ou aux calories, et établir ses stratégies en conséquence. Une expérience a été menée en Thailande pour accroître la teneur en protéines du riz en l'enrichissant en certains amino- acides; mais une analyse préliminaire a montré que les résultats étaient mauvais. Il pourrait en être de même pour d'autres programmes où l'on fait appel aux sources de protéines classiques. Le Dr Nondasuta suggère que l'OMS consacre davantage d'attention à la question des calories, ainsi qu'à l'intégration des programmes de nutrition dans d'autres programmes sanitaires et de développement. Dans ce domaine, ce sont les enfants des régions rurales qui ont le plus besoin d'aide parce que, faute d'argent, ils n'ont pas assez à manger; pour eux le problème des calories apparaît plus pressant que le problème des protéines. Le Dr NOORDIN (Malaisie) note que l'OMS se préoccupe beaucoup de l'impact assez faible des programmes d'intervention nutritionnelle dans de nombreux pays, et qu'elle voudrait d'autre part intégrer les activités nutritionnelles dans les services sanitaires de base. Cette méthode est en fait appliquée dans les services de santé rurale de la Malaisie depuis 1960. Mais si le taux de mortalité des jeunes enfants a baissé de plus de 60 % depuis 1957, la diminution a été plus lente dans les régions rurales que dans les régions urbaines. Une approche sanitaire intégrée n'est pas suffisante. Ce qu'il faut, c'est intégrer les activités sanitaires (y compris les activités nutritionnelles) dans les activités d'autres secteurs; le problème de la malnutrition est étroitement lié à des facteurs sociaux, économiques et culturels. Le projet de nutrition appliquée préconise une approche multisectorielle, mais ce qui serait préférable c'est une approche intersectorielle intégrée et coordonnée, assurée à l'échelon local non par l'administration sanitaire, mais par un organisme de coordination local, comme le bureau de district (district office). L'expérience de la Malaisie montre qu'un changement d'orientation et même d'appellation est indispensable si l'on veut que le projet de nutritibn ne soit plus considéré comme étant essentiellement un projet sanitaire. Le Dr Noordin se réjouit que l'OMS collabore avec la FAO et le FISE pour aider les pays à formuler et à mettre en oeuvre des politiques nationales en matière d'alimentation et de nutrition. Il serait utile que la collaboration multisectorielle et intersectorielle au niveau national se poursuive au niveau local de nutrition appliquée soit élargi en un programme d'alimentation et de nutrition appliquées. Pour le Dr DEL CID PERALTA (Guatemala), si la question de la nutrition doit de toute évidence être abordée dans le cadre du plan de développement national, certains problèmes ne peuvent être résolus à brève échéance, en particulier les problèmes des déficiences protéinocaloriques et des carences en vitamines et en sels minéraux. Au Guatemala, la carence en vitamine A est l'un des principaux problèmes nutritionnels; des recherches ont été faites à l'INCAP, sous les auspices de l'OMS, en vue d'ajouter lavitamine A au sucre. Cette adjonction, qui est maintenant obligatoire, semble devoir apporter une solution partielle au problème spécifique de la carence en vitamine A et constitue en outre une bonne illustration de l'approche multisectorielle qu'exige le problème global de la nutrition. Le problème des autres carences - la carence en fer par exemple - est plus difficile à résoudre. Toutefois, on a pu combattre la carence en iode en ajoutant de l'iode au sel, et le goitre a maintenant pratiquement disparu au Guatemala. M. RAMRAKHA (Fidji) souligne la nécessité d'un diagnostic précoce de la malnutrition infantile, qui est en augmentation dans son pays. Il est pleinement d'accord sur le fait qu'il faut renforcer et rationaliser l'enseignement de la nutrition donné aux médecins et aux personnels de santé, et il considère que cet enseignement devrait être intégré dans la formation à la planification familiale et aux soins de santé maternelle et infantile. Fidji espère établir prochainement un tableau des rapports taille /poids. D'autre part l'OMS pourrait utilement aider les pays à produire localement un aliment de sevrage. Le Dr HASSOUN (Irak) convient que la malnutrition, surtout la carence protéino- calorique, pose un sérieux problème dans les pays en voie de développement. Ce problème exige qu'on organise la formation nutritionnelle et qu'on établisse une politique nutritionnelle. En Irak, le marasme est plus fréquent que le kwashiorkor; le marasme commence dans les premiers mois de la vie et continue jusqu'à la seconde ou la troisième année, tandis que le kwashiorkor n'apparaît pas avant la deuxième ou la troisième année. Une enquête récente menée dans la région de Bagdad sur 2677 enfants d'âge préscolaire appartenant à différentes classes socio- économiques a montré que la plupart des enfants des classes privilégiées étaient normaux du point de vue nutritionnel, puisque seulement 3 à 10 d'entre eux avaient un poids insuffisant. Dans les classes défavorisées par contre, 25 à 53 des enfants avaient un poids insuffisant, aussi bien dans les régions urbaines que dans les régions rurales. De 0,5 à 4,3 % des enfants du même groupe étaient en état de marasme.

362

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

Les signes cliniques de la carence en vitamine A ne sont pas rares chez les enfants atteints de marasme ou de kwashiorkor. Un faible taux de vitamine A dans le sérum est communément observé chez les enfants d'âge préscolaire souffrant de carence protéino -calorique. Le rachitisme sévit encore faute d'exposition aux rayons solaires. L'anémie est très répandue dans les régions rurales du fait des infestations parasitaires et d'un régime insuffisamment riche en fer. Le goitre résultant de la carence en iode est particulièrement fréquent dans le nord de l'Irak jusqu'à 90 % des adolescentes et 85 % des adolescents peuvent en être atteints. C'est pourquoi du sel iodé va être distribué dans ces régions. :

Le Professeur SENAULT (France) déclare que la forme la plus aiguë de carence nutritionnelle est la famine qui, malgré les progrès techniques considérables de ces dernières décennies, continue de menacer le monde. Ce problème ne peut être résolu par des mesures isolées, mais par une série d'activités coordonnées. Cela est vrai sur le plan général de la nutrition, où la coordination des mesures économiques, agricoles, éducatives, sanitaires et même politiques est essentielle si l'on veut obtenir des résultats efficaces. Les famines résultent évidemment d'une rupture de l'équilibre entre l'homme et son environnement et elles sont liées à toutes sortes de facteurs démographiques. La malnutrition, la carence nutritionnelle, les famines supposent avant tout la mise au point de certains critères - d'ordre climatique, agricole et sanitaire par exemple - qui permettraient la détection précoce de ces états. L'information et l'animation des communautés villageoises doivent retenir toute l'attention, puisque le soutien de la population est essentiel, et cela signifie qu'il faut assurer l'éducation sanitaire et former les personnels techniques chargés de préparer et d'exécuter les différents programmes. La délégation française se réjouit particulièrement de voir que le Directeur général et le Secrétariat ont attiré tout spécialement l'attention sur ces problèmes. Pour finir, le délégué de la France insiste sur la nécessité évidente de coordonner toutes les activités entreprises dans la lutte contre les famines. Education sanitaire (programme 3.2.5) Le Professeur SENAULT (France) estime que l'éducation pour la santé est le fondement même de l'action sanitaire à tous les niveaux et doit faire partie intégrante de cette action. Pour obtenir la participation de la communauté à une action de promotion sanitaire, il faut lui faire prendre conscience, non seulement de la valeur de La santé, mais aussi de la valeur des moyens mis à sa disposition pour cette action sanitaire. La délégation française, qui est satisfaite du projet de budget programme pour 1976 et 1977, est particulièrement heureuse de constater que la coopération va s'établir avec les organisations non gouvertementales, qui auront un rôle complémentaire particulièrement important à jouer dans ce domaine. Le Dr ZAHRA (Directeur de la Division de la Santé de la Famille) remercie tous les orateurs pour les informations, les orientations et le soutien qu'ils ont apportés au programme de santé de la famille. Il remercie le délégué de l'Italie d'avoir défini d'une manière aussi complète la notion de santé de la famille et d'avoir souligné que dans le contexte de la famille et des relations de la famille avec la société, la "santé de la famille" comprenait - mais représentait plus que - la somme des états de santé de tous les membres de la cellule familiale. L'OMS est sensibilisée aux différents problèmes qu'il a évoqués. Outre la consultation sur l'enseignement de la sexualité humaine au personnel de santé, dont le rapport a été largement diffusé,- l'OMS a lancé des études et convoqué des réunions sur les besoins sanitaires des adolescents, groupe particulièrement vulnérable à une évolution sociale accélérée. Le Dr Zahra a déjà mentionné certains projets et certains problèmes nouveaux : morbidité chez les enfants, problèmes des enfants d'âge scolaire et des enfants handicapés, prise en compte des aspects psychologiques et sociaux dans de nombreux projets de recherche sur la reproduction humaine et la santé maternelle et infantile. L'Organisation a constitué ces dernières années une vaste bibliographie sur la famille et sur les études concernant la famille, dont le classement comporte différentes histoire, épidémiologie, santé publique et psycho -sociologie. L'Organisation établit rubriques des contacts avec des travailleurs et des établissements qui s'intéressent non seulement aux aspects sanitaires de la santé de la famille, mais aussi à ses aspects économiques, ainsi qu'à la formation dans ce domaine. Le Dr Zahra pense, comme les délégués de la Suède et de la Finlande, que les services de santé maternelle et infantile doivent être organisés et gérés dans le cadre des services de santé généraux et du programme général de développement social et économique de chaque pays. La Division de la Santé de la Famille coordonne de plus en plus ses activités en s'inspirant de l'approche globaliste appliquée par l'Organisation à la programmation sanitaire par pays et à la formulation des projets, de manière à mettre en évidence l'apport de l'élément "santé de la :

1 Mace, D. R., Bannermann, R. H. O. & Burton, J., L'enseignement de la sexualité humaine dans les établissements formant les personnels de santé, Genève, Organisation mondiale de la Santé, 1974 (Cahiers de Santé publique, N° 57).

COMMISSION A

:

QUATRIEME SEANCE

363

famille" dans les priorités et les allocations de ressources sanitaires nationales et dans la planification intersectorielle. Elle a élaboré des directives applicables à la formulation, à la gestion et à l'évaluation des projets santé de la famille /planification familiale dans le cadre de services de santé intégrés; et des équipes pluridisciplinaires interrégionales et inter -pays ont été établies dans les six Régions de l'OMS pour mener à bien cette tâche. Le Dr Zahra confirme - dans la ligne des observations des délégués du Niger et d'autres pays - que l'action principale de l'Organisation continuera de viser à la réduction de la mortalité maternelle et infantile. Les études épidémiologiques de l'OMS sur la formation et les dimensions de la famille et sur la mortalité infantile démontrent de manière de plus en plus convaincante que la réduction de la mortalité infantile est indispensable à une plus large acceptation de la planification familiale. L'enquête interaméricaine de l'OPS /OMS sur la mortalité chez les enfants, a mis en évidence les relations étroites existant entre trois malnutrition, infections, problèmes de causes de mortalité infantile et maternelle reproduction. En réponse aux délégués du Cameroun et du Niger qui ont parlé du problème de l'infécondité, le Dr Zahra explique que l'OMS a reçu de plusieurs Etats Membres des demandes d'assistance pour prévenir et traiter l'infécondité. Il est désormais évident que dans des collectivités où l'infécondité atteint une proportion non négligeable de la population, par exemple plus de 10 % des couples, des études épidémiologiques sont nécessaires pour en déterminer les causes et pour évaluer l'ampleur et l'origine des interruptions de grossesses, qui sont souvent assimilées à tort à l'infécondité. Le Dr Zahra examinera volontiers avec les délégués du Niger, du Cameroun et d'autres pays les protocoles élaborés par l'Organisation pour les études épidémiologiques sur l'infécondité. Un groupe scientifique de l'OMS sur la question, qui s'occupera plus particulièrement des problèmes de la Région africaine, doit se réunir en juin 1975. Le Dr Zahra explique au délégué du Cameroun que les deux séjours effectués dans son pays l'un faisait suite à la demande visant à par du personnel de l'OMS étaient complémentaires définir le problème de l'infécondité dans la province orientale, tandis que l'autre faisait suite à une demande du Centre universitaire des Sciences de la Santé visant à renforcer le potentiel de recherche du Centre dans le domaine de l'infécondité, à l'intention du Gouvernement du Cameroun comme d'autres pays de la Région. Le Dr Zahra donne au délégué de la Belgique l'assurance que les relations de travail avec le FNUAP et d'autres institutions du système des Nations Unies sont excellentes et sont entretenues par un examen périodique des programmes prévus ou en cours et par le canal du Comité consultatif inter -organisations du FNUAP, des représentants résidents du PNUD et des coordonnateurs du FNUAP dans les divers pays. Il a été entendu que pour tous les aspects de la planification familiale et de la dynamique des populations qui intéressent la santé, le FNUAP demandera à l'OMS des avis techniques et une évaluation. Enfin, le Dr Zahra informe le délégué du Népal que le FNUAP a récemment accepté, en principe, d'aider le Népal à mettre en oeuvre un projet de santé de la famille /planification familiale et que des fonds destinés aux activités préalables à l'exécution du projet sont maintenant approuvés. : :

Le Dr BEHAR (Service de la Nutrition), répondant à diverses questions posées pendant la discussion, déclare que dans la lutte contre l'anémie les programmes de type classique étaient principalement destinés aux femmes enceintes et aux enfants en bas âge, peut -être parce que ce sont là les catégories les plus exposées et aussi parce qu'il est aisé en ce cas de remédier à la carence en complémentant en fer le régime alimentaire par le truchement des services de santé maternelle et infantile. Cependant, des études ont récemment révélé que, chez les travailleurs agricoles des régions tropicales, l'anémie nutritionnelle est plus grave qu'on ne le pensait tout d'abord, surtout si l'on tient compte de son incidence sur la productivité. A cet égard, l'OMS a soutenu pendant plusieurs années les efforts entrepris pour trouver un moyen d'introduire le fer dans les aliments de consommation courante. Mais les préparations à base de fer ainsi introduites dans les aliments et absorbées par l'organisme donnent aux aliments une teinte et une saveur désagréables, et malheureusement les préparations qui n'ont pas cet inconvénient ne sont pas absorbées par l'organisme. Il semble pourtant que l'on soit en passe de trouver un moyen d'enrichir en fer les aliments, seule solution possible car il faudrait trop longtemps pour offrir à la population un régime naturellement riche en fer. La lutte contre certaines carences nutritionnelles figure au premier rang des priorités de l'OMS et celle -ci a centré son attention non seulement sur l'anémie mais aussi sur. la carence en vitamine A et en iode. Pour l'avitaminose A, deux solutions peuvent être envisagées. La première consiste à administrer des doses massives de vitamine A à intervalles semestriels; toutefois, même avec une large couverture de la population, on a découvert que la minorité qui échappait au traitement était précisément composée, pour des raisons d'ordre logistique, des catégories d'enfants qui avaient le plus grand besoin de vitamine A. La deuxième solution consiste à enrichir en vitamine A un aliment de consommation courante. En Amérique centrale, on a choisi le sucre, notamment pour des raisons économiques, mais d'autres aliments pourraient aussi bien servir de véhicule et beaucoup font actuellement l'objet d'essais dans d'autres régions du monde. Bien que l'on sache qu'il est possible de remédier à la carence en iode par l'iodation du sel, il est nécessaire de poursuivre les recherches sur l'application de cette méthode. Dans certaines régions, il n'est pas possible d'ajouter de l'iode au sel; aussi l'OMS étudie -t -elle

364

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

la possibilité d'administrer par injection de fortes doses d'iode en solution huileuse, chaque injection étant suffisante pour cinq ans. Pour ce qui est de la malnutrition protéino- calorique, le Dr Behar admet que l'on a trop insisté sur l'importance des protéines. On a négligé le fait que la carence calorique est souvent tout aussi importante, sinon plus importante. Cependant, il faut veiller à ne pas aller d'un extrême à l'autre et ne pas centrer l'attention sur les calories aux dépens des protéines qui sont d'une telle importance, surtout chez les enfants en bas age il faut maintenir la balance :

égale.

Le Dr Behar reconnaît pleinement la nécessité d'une politique nationale d'alimentation et de nutrition comportant une action intersectorielle coordonnée à l'échelon national. C'est à juste titre que l'on a souligné la nécessité de la coordination, non seulement avec les services de santé mais aussi avec tous les autres secteurs, y compris le secteur politique seule une décision politique prise au niveau du gouvernement central peut déclencher l'action multisectorielle requise. Dans ce domaine, l'OMS collabore étroitement avec la FAO, le FISE et la BIRD à la mise au point de politiques nationales d'alimentation et de nutrition. Un comité mixte d'experts FAO /OMS s'est réuni en 1974 pour examiner les politiques nationales de nutrition. Ce n'est qu'ainsi que l'on pourra trouver une solution à long terme. L'OMS insiste désormais beaucoup plus sur l'intégration de la nutrition dans les programmes de formation des professionnels de la santé. Si le secteur de la santé n'a pas accordé jusqu'ici une importance suffisante à la nutrition, c'est en partie à cause de l'absence de formation dans ce domaine. Bien qu'il n'appartienne pas à ce seul secteur de résoudre le problème de la nutrition, le secteur de la santé a néanmoins un rôle bien précis à jouer. :

Lutte contre les maladies transmissibles (secteur de programme 5.1) Le Dr BERNARD (Sous- Directeur général) déclare que les maladies transmissibles constituent encore la principale cause de morbidité et de mortalité, donc le principal obstacle au développement économique, dans des régions où habite plus de la moitié de la population du monde. C'est pourquoi l'Organisation doit leur accorder une attention prioritaire. Cependant, les pays industrialisés des régions tempérées sont également concernés car ils doivent toujours faire face à des problèmes tels que la tuberculose et les maladies transmises par voie sexuelle, auxquelles s'ajoutent les infections croisées en milieu hospitalier et les maladies dues à la propagation de certaines souches microbiennes comme les salmonelloses. En établissant son programme pour 1976 et 1977, le Directeur général avait quatre soucis principaux. Le premier était d'adapter les connaissances acquises grace au progrès technique aux conditions particulières des divers pays. Le second était de situer le problème des maladies transmissibles dans son contexte économique et social exact. La Commission notera que l'on a insisté sur les facteurs favorisant les maladies transmissibles, notamment dans les régions tropicales et subtropicales, sur le rôle des hôtes et des vecteurs de maladies transmissibles, sur la salubrité de l'environnement, notamment en ce qui concerne l'approvisionnement en eau des régions rurales, sur la malnutrition et sur l'insuffisance des services de santé dans la lutte contre les maladies transmissibles. Le troisième souci du Directeur général était d'intégrer la lutte contre les maladies transmissibles dans l'ensemble des services de il n'est pas facile de trouver un juste équilibre entre la couverture efficace des santé risques à court terme représentés par certaines maladies et les impératifs du développement des infrastructures pour maintenir à long terme les résultats acquis. Le quatrième souci était de développer une action coordonnée, d'abord à l'échelon national dans l'aide apportée aux pays, ensuite à l'échelon régional, notamment en ce qui concerne les zones épidémiologiquement voisines ou comparables, enfin sur le plan mondial, une étude étant entreprise à cet égard pour déterminer comment les services de l'OMS au Siège, dans les Régions et dans les pays pourraient être organisés de façon à constituer un réseau coordonné et à créer une grande équipe d'intervention prête à faire face aux différents problèmes que posent aux pays les maladies transmissibles. Les principaux éléments du programme proposé pour les maladies transmissibles sont l'éradication de la variole, le programme élargi de vaccination et, dans le domaine des maladies parasitaires (abstraction faite du paludisme, que la Commission examinera séparément), la lutte contre la schistosomiase. D'autre part, le projet de lutte contre l'onchocercose qui est en cours dans sept pays du bassin de la Volta pourrait servir de modèle à un type de coopération pouvant aboutir à la solution radicale d'un problème dans une zone déterminée. Enfin, le Dr Bernard voudrait mentionner le programme spécial de recherche et de formation concernant les maladies tropicales qui a pour but de mettre à profit les armes modernes de la science biomédicale pour promouvoir la recherche de nouveaux instruments d'action contre les grandes endémies en développant cette recherche là où ces maladies existent et, pour cela, en développant les institutions et en formant le personnel nécessaire. :

Planification du programme et activités générales (programme 5.1.1) Le Dr COCKBURN (Directeur de la Division des Maladies transmissibles) déclare que le rapport sur le programme élargi de vaccination de l'OMS a été établi conformément à la demande formulée dans la résolution WHA27.57; il a pour objet d'indiquer les mesures prises pour mettre en oeuvre cette résolution au cours des douze derniers mois. Les deux principes essentiels

COMMISSION A

:

QUATRIEME SEANCE

365

régissant le programme sont, d'une part, la nécessité d'entretenir en permanence au moyen des ressources nationales tout programme systématique de vaccination infantile entrepris par un service de santé national et, d'autre part, le fait que l'aide extérieure est inévitablement limitée dans le temps. La vaccination coûtera moins cher qu'on ne l'avait prévu au départ pour vacciner un enfant contre les sept maladies (diphtérie, rougeole, coqueluche, poliomyélite, tétanos, tuberculose et variole), la dépense sera d'environ US $0,70, le coût par tranche de 100 000 habitants étant de US $3000 à 5000. Ces maladies sont une cause extrêmement importante de morbidité et de mortalité, surtout dans les pays en voie de développement. L'OMS a intensifié son activité en matière de vaccination à tous les niveaux. Un comité interdivisionnaire du programme, où sont représentées les disciplines participant aux programmes de vaccination, a été constitué et le personnel consultatif et auxiliaire nécessaire a été désigné au Siège de l'OMS et dans les bureaux régionaux. Pour aider les Etats Membres, des guides techniques ont été rédigés sur le stockage, le transport, la manipulation et l'administration des vaccins. Neuf pays bénéficient d'une assistance pour dresser l'inventaire de leurs ressources, élaborer des programmes échelonnés et déterminer l'ampleur de l'aide extérieure requise. Les méthodes adoptées pour préparer le programme constituent l'élément le plus important du travail effectué par l'OMS à ce jour. La Division des Substances prophylactiques, diagnostiques et thérapeutiques est en train d'établir un registre des fabricants de.vaccins, en vue de réunir des informations sur la qualité de leurs produits. L'Agence danoise pour le Développement international (DANIDA) doit financer des séminaires et l'Agence suédoise pour le Développement international (SIDA) envisage de soutenir vigoureusement des études opérationnelles au Ghana. Le premier séminaire sur les programmes de vaccination dans les pays en voie de développement s'est tenu au Ghana en novembre 1974 et trois autres séminaires auront lieu en 1975, respectivement dans les Régions de la Méditerranée orientale, du Pacifique occidental et de l'Asie du Sud -Est. Le FISE s'est montré de nouveau soucieux de contribuer aux programmes de vaccination, tandis que la Banque africaine de Développement et l'AID ont aussi manifesté leur intérêt pour la question. L'OMS continue à appuyer les recherches sur les problèmes pratiques de vaccination non encore résolus. Au Kenya, une étude est en cours pour comparer les méthodes d'organisation des vaccinations dans les régions à faible ou à forte densité de population. Au Ghana, des études analogues, qui bénéficieront de l'aide de la SIDA, sont en cours pour déterminer les moyens les meilleurs et les plus économiques de transporter les vaccins, de développer la chaîne du froid et de stabiliser certains vaccins. Un compte spécial a été constitué dans le cadre du fonds bénévole pour la promotion de la santé, et des dons en espèces ou sous forme de vaccins pourront être portés au crédit de ce compte. L'OMS est disposée à accepter que les vaccins dont les pays ont besoin soient payés en monnaie locale et elle assume la responsabilité de la qualité des vaccins qu'elle fournit. En résumé, on a constaté au cours des douze derniers mois que tous les pays ont le souci de développer la vaccination car ils y voient un des moyens les plus pratiques de réduire,la morbidité et la mortalité infantiles. La production de vaccins est suffisante dans le monde. Cependant, dans la plupart des pays, un emploi plus systématique du personnel et des ressources assurerait une couverture élargie dans le cadre des structures actuelles du programme. Sur le plan de la recherche, les trois principaux problèmes demeurent la stabilisation, la réfrigération et le transport des vaccins, mais il n'est point besoin d'attendre les résultats de ces travaux de recherche pour développer les programmes. Au cours des douze prochains mois, les efforts seront centrés sur l'aide aux pays pour élaborer des programmes simples et réalistes. L'un des moyens pour les pays d'améliorer la couverture de la vaccination serait de s'assurer des livraisons de vaccin dans le cadre d'accords bilatéraux. Il convient d'appeler l'attention des pays sur la possibilité d'obtenir une aide du FISE et d'autres institutions. :

Le Dr VELIMIROVIC (Autriche) constate le changement d'attitude à l'égard de l'action curative et préventive, qui constitue l'ossature même du programme de l'Organisation et est la preuve la plus manifeste de ses succès et de ses échecs. Aucune autre institution du système desNations Unies ne peut entreprendre de pareilles activités, qui comptent parmi les plus importantes pour la santé des populations et le développement des services de santé de base. Ces activités - peu nombreuses - qui peuvent avoir un véritable retenfigurent d'ailleurs parmi celles tissement et dont on peut effectivement mesurer les résultats en constatant la diminution de l'acuité des problèmes, comme c'est le cas par exemple du programme d'éradication de la variole. Ce sont avant tout ces activités -là qui valent à l'OMS le prestige dont elle jouit et qu'elle continuera de mériter si elle aide à éliminer les règles restrictives du passé, à concevoir de nouvelles méthodes compatibles avec les données de la science médicale moderne et à étendre les connaissances. Le Dr SHRIVASTAV (Inde) indique qu'une récente enquête entreprise en Inde sur divers aspects de la vaccination antipoliomyélitique a révélé une situation alarmante et choquante en raison des fortes températures et de l'insuffisance des moyens de stockage et de transport, 95 % des vaccins n'ont pas l'activité qu'ils devraient avoir. Il convient de tenir compte des problèmes logistiques - transport, stockage et autres aspects de la production des vaccins dans les pays en voie de développement. Les recherches sur la stabilisation des vaccins concernent :

366

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

directement les pays en voie de développement pour qui elles sont des plus importantes. L'efficacité de la vaccination par le BCG fait l'objet d'études en Inde, car son effet protecteur a été mis en doute. Le Dr Shrivastav souhaite obtenir les informations les plus récentes sur la valeur du BCG. L'Inde se suffit à elle -même en ce qui concerne la production de vaccins de grande qualité, exception faite du vaccin antipoliomyélitique et de plusieurs autres vaccins fragiles.

Le Dr GAYE (Sénégal) souligne l'importance considérable que présentent les maladies transmissibles dans les pays africains, oú elles s'acharnent surtout sur les habitants des zones rurales, lesquels représentent 80 % de la population. Etant donné que le développement économique repose essentiellement sur l'agriculture et la pêche, la persistance de ces maladies transmissibles dans les zones rurales est particulièrement préoccupante. D'énormes efforts ont été fournis par l'OMS et d'autres institutions internationales, soit pour intervenir dans le cadre du développement des services de santé de base et de l'extension de la couverture médicale, soit dans le domaine plus restreint des actions entreprises pour diminuer l'incidence de certaines affections endémo -épidémiques. Un important foyer d'onchocercose, l'une des maladies endémiques les plus importantes, existe en Gambie, au Mali, en Guinée et au Sénégal et représente un sérieux obstacle au développement de ces pays. Le problème est difficile à résoudre sur le plan financier, technique et administratif, car il exige l'accord parfait des pays intéressés. En insistant sur la gravité du problème, déjà soulignée dans la correspondance officielle adressée à l'OMS, le Dr Gaye espère recueillir le soutien des voisins du Sénégal, qui sont également concernés par l'onchocercose. Le Dr TARIMO (République -Unie de Tanzanie) se déclare satisfait des mesures prises pour mettre en oeuvre la résolution WHA27.57, encore que beaucoup reste à faire. Comme il est indiqué à la page 159 des Actes officiels N° 220, l'objectif général du programme est "d'augmenter le plus rapidement possible... le taux actuel de vaccination, encore désespérément bas" dans les pays en voie de développement. On ne voit pas très bien, cependant, comment l'objectif pourra être réalisé "le plus rapidement possible" quand on constate que les sommes affectées à l'ensemble des activités relatives aux vaccins et vaccinations ont été ramenées de quelque US $180 000 pour 1976 à $138 000 pour 1977. En vérité, on ne saisit pas très bien comment on peut justifier l'emploi du terme "élargi ". La Tanzanie a lancé un programme de vaccination élargi dans le cadre de ses services de santé maternelle et infantile, lesquels sont progressivement intégrés dans les services de santé de base. On a résisté à la tentation de se lancer dans un programme "vertical ", car le succès durable des programmes de vaccination dépend de leur intégration complète. Les problèmes rencontrés ont été le prix élevé du vaccin, le manque d'équipement et les difficultés de transport et de stockage. Etant donné l'importance que le Gouvernement attache à ce programme, des ressources suffisantes - représentant trois fois au moins les sommes affectées au programme élargi de l'OMS - ont été réservées à son intention. Bien que l'OMS n'ait guère eu le temps de mettre en oeuvre la résolution de l'Assemblée de la Santé sur le programme élargi de vaccination, une intervention rapide est nécessaire pour lutter contre des maladies qui tuent chaque année des milliers d'enfants que la vaccination aurait pu sauver. Le Dr Tarimo se félicite de la création d'un compte au titre du fonds bénévole pour la promotion de la santé et s'enquiert de la procédure suivie pour l'utilisation du fonds.

Comme dans le cas du renforcement des services de santé de base, la mise en place ou le développement d'un programme de vaccination exige avant tout la volonté nationale de réussir. Des techniques d'avant -garde telles que l'analyse fonctionnelle et la programmation risquent de n'occasionner que des retards si la volonté n'existe pas de mettre en oeuvre des programmes visant à améliorer les soins de santé. Avec une politique qui privilégie la santé de tous les citoyens, on peut faire beaucoup en dépit d'énormes difficultés. Le Professeur JAKOVLJEVIC (Yougoslavie) estime que le montant de $79 100 n'est pas suffisant pour faire face aux besoins du programme de vaccination et préconise de nouvelles contributions bénévoles. Son gouvernement est disposé à apporter sa contribution au programme. Toutefois, ce dernier comporte trop de réunions, de séminaires et de conférences, et il faut espérer qu'à l'avenir davantage de fonds seront consacrés à l'équipement et aux fournitures. Le Dr SUMPAICO (Philippines) dit que, en tant que pays en voie de développement, les Philippines sont conscientes que le rapport catit/avantage des vaccinations est fort intéressant et il est reconnaissant à l'OMS et au FISE des efforts faits pour aider son pays à produire du vaccin BCG lyophilisé. On espère qu'au début de 1976 le laboratoire des Philippines produira du vaccin BCG pour la Région du Pacifique occidental et que la production, actuellement insuffisante de vaccin contre la diphtérie, la coqueluche et le tétanos, pourra être développée d'ici à 1976 -1977. Quant à la production de vaccin antirabique Flury destiné à la campagne nationale de vaccination des chiens, elle sera menée à bien avec l'aide du Bureau régional du Pacifique occidental. Le Dr Sumpaico espère que les efforts conjugués de tous les pays représentés à l'OMS permettra d'obtenir des résultats tangibles dans la lutte contre les maladies transmissibles, qui constituent le principal problème de santé dans la plupart des pays en voie de développement.

COMMISSION A

:

QUATRIEME SEANCE

367

Le Dr ANDRIAMAMPIHANTONA (Madagascar) signale que dans son pays la variole a été extirpée, mais que des campagnes de vaccination de masse sont encore organisées tous les deux ans et que le certificat de vaccination antivariolique est exigé de tous les enfants qui fréquentent pour la première fois un établissement scolaire. La vaccination de masse par le BCG est assurée par des groupes mobiles qui, par la suite, doivent assurer également le dépistage. La peste fait occasionnellement son apparition, surtout durant la saison chaude et pluvieuse, mais elle n'est plus le fléau qu'elle était autrefois. Les grands problèmes sont le paludisme et la schistosomiase. La plus grande partie du budget du paludisme est consacrée à l'achat de chloroquine et d'insecticides. Une méthode de prévention de la schistosomiase serait bien nécessaire. étant donné qu'à Madagascar l'alimentation est essentiellement à base de riz, lequel est surtout cultivé dans des champs inondés qui favorisent la réinfestation. Il faudrait que les solutions à trouver respectent les coutumes culturales et permettent de protéger la faune aquatique. Le Dr Andriamampihantona remercie l'OMS pour l'aide et les conseils que le Bureau régional de l'Afrique a prodigués à Madagascar durant l'épidémie de choléra qui a sévi aux Comores. De ce fait, Madagascar a été épargnée par l'épidémie. Le Dr JAROCKIJ (Union des Républiques socialistes soviétiques) estime que le rapport sur le programme élargi de vaccination aurait pu contenir davantage de statistiques sur la morbidité imputable aux sept maladies visées par le programme. Il est également dommage que le rapport ne contienne pas d'informations sur les enseignements que l'on a tirés de l'utilisation des différents vaccins. C'est ainsi, par exemple, que le vaccin antipoliomyélitique a été administré à des dizaines de millions de personnes, et il aurait pu être intéressant de signaler l'expérience de l'URSS, notamment dans le sud et en Asie centrale où les conditions sont semblables à celles que l'on observe au Pakistan, en Inde et en Iran. Le Dr Jarockij espère que les avant -projets des guides techniques relatifs au stockage, au transport et à l'utilisation des vaccins seront bientôt disponibles et que les spécialistes soviétiques seront associés à leur mise au point définitive. Il demande quelles contributions techniques la DANIDA et la SIDA apporteront aux séminaires qu'elles doivent financer. Les séminaires organisés par l'OMS se sont révélés utiles; cependant, les participants n'ont pas tous été amenés, à leur retour, à s'occuper des questions traitées.

Etant donné l'importance et la complexité du programme élargi, il conviendrait de s'occuper d'emblée de la formation des responsables des activités dans les Régions et les pays. Quelques semaines de séminaire ne suffisent pas : une formation complète abordant tous les aspects de la vaccination, d'une durée d'un an peut -être, serait nécessaire. Le Dr Jarockij se demande si les résultats des études menées au Kenya et au Ghana seront applicables dans d'autres régions et il estime que la méthodologie du programme devrait être mise au point en fonction d'enquêtes effectuées dans des régions présentant des différences géographiques plus grandes. Il voudrait savoir quels pays sont intéressés par l'achat de vaccins et il souligne qu'il importe de favoriser le développement de centres nationaux de production de vaccins. Il est indiqué dans le rapport que les problèmes de gestion, de stockage et de transport des vaccins sont les principaux obstacles auxquels se heurte le programme. Selon lui, cependant, les principaux obstacles sont plutôt le manque de ressources, la pénurie de personnel et le fait que les populations ne sont pas toujours disposées à accepter les programmes. Pour finir, le Dr Jarockij déclare que l'URSS est tout acquise au programme élargi. Elle est disposée à livrer des vaccins, et notamment des vaccins BCG, antipoliomyélitique, anticoquelucheux et antivariolique, à mettre à la disposition du programme toute sa grande expérience en matière de vaccination de masse, et à participer à l'organisation de séminaires. Ses laboratoires collaborateurs pourraient s'avérer utiles dans la vaccination contre la diphtérie, la coqueluche et le tétanos.

La séance est levée à 18 heures.

CINQUIEME SEANCE Mardi 20 mai 1975, 9 h.30 Président :

Dr Marcella DAVIES (Sierra Leone)

EXAMEN DETAILLE DU BUDGET PROGRAMME POUR LES EXERCICES FINANCIERS 1976 ET 1977 (suite)

Ordre du jour, 2.2.3

Lutte contre les maladies transmissibles (secteur de programme 5.1) (suite) Planification du programme et activités générales (programme 5.1.1) (suite) Le Dr BANGOURA (Guinée) pense que, par les ravages qu'elles causent et par le frein qu'elles constituent au développement, les maladies transmissibles représentent certainement la préoccupation principale de nombreux gouvernements, y compris le sien. Il est heureux de noter les efforts que déploie l'OMS pour lutter contre les maladies transmissibles mais, étant donné l'ampleur du problème, ces efforts sont encore insuffisants. La solidarité internationale est tout spécialement nécessaire pour l'éradication des maladies transmissibles, en raison du danger d'importation. La Guinée est particulièrement intéressée par le programme élargi de vaccination qui a déjà donné des résultats encourageants. Cependant, il reste à résoudre des problèmes en ce qui concerne la manutention des vaccins, l'équipement, le transport des équipes mobiles et l'approvisionnement régulier en vaccins. S'agissant d'autres programmes de lutte contre les maladies transmissibles, la Guinée coopère déjà avec l'OMS à la mise sur pied du programme de lutte contre l'onchocercose déjà mentionné par le délégué du Sénégal; ce projet entrera bientôt dans la phase opérationnelle. Un séminaire international sur la tuberculose s'est tenu à Conakry, et un programme de lutte antituberculeuse a été établi. La schistosomiase est répandue dans les régions forestières de la République de Guinée et le Gouvernement guinéen demandera à l'Organisation de l'aider par ses avis et son soutien effectif à élaborer un programme de lutte contre cette maladie. Pour terminer, le Dr Bangoura exprime l'espoir que les efforts internationaux de lutte contre les maladies parasitaires seront mieux coordonnés à l'avenir. Le Dr GERRITSEN (Pays -Bas) estime que le programme élargi de vaccination devrait recevoir un rang élevé de priorité, car des maladies telles que la diphtérie, la rougeole, la coqueluche, la poliomyélite, le tétanos et la tuberculose, qui ont pratiquement disparu d'Europe occidentale, continuent à sévir dans les régions en voie de développement. Comme il existe des moyens techniques et scientifiques de prévenir ces maladies, on ne peut plus accepter que tant d'enfants en soient victimes. Déjà, grâce à l'OMS, la variole est sur le point d'être éliminée de la surface du globe. Des résultats comparables devraient sûrement pouvoir être obtenus pour d'autres maladies au cours de la prochaine décennie. Une aide extérieure limitée dans le temps pourrait servir à accélérer la mise au point de programmes nationaux de vaccination là où cela est nécessaire et les services de santé nationaux pourraient ensuite en assumer la responsabilité. Le Gouvernement néerlandais est prêt pour sa part à soutenir le programme élargi de vaccination et cherche actuellement s'il est possible de trouver des crédits supplémentaires à cette fin. En attendant, l'Institut national de la Santé publique, à Bilthoven, pourrait aider à mettre au point des vaccins suffisamment stables pour être utilisés dans les zones tropicales. Il est prêt également à exécuter des programmes de contrôle de la qualité pour vérifier, entre autres, l'activité, la toxicité et la stérilité des vaccins produits dans d'autres pays et à aider l'OMS à faire connaître les techniques de production et de contrôle des vaccins.

Le Dr FRIEDMAN (Souaziland) fait remarquer que la rougeole peut être une maladie meurtrière dans les pays en voie de développement où sa gravité dépend de l'état nutritionnel des enfants en bas âge. Au Souaziland, la prévalence de la maladie est élevée chez les enfants âgés de 5 à 7 mois. Des études ont montré cependant que la vaccination avant 5 mois n'a qu'un effet très limité et qu'elle offre la meilleure protection lorsqu'elle est pratiquée entre 9 et 12 mois. Compte tenu du coût du vaccin, du taux de protection et des complications possibles, le Dr Friedman se demande s'il vaut mieux attendre pour vacciner les enfants qu'ils aient 9 mois, les vacciner avant 5 mois ou les immuniser deux fois une fois avant 5 mois puis de nouveau :

à 9 mois.

Le Dr AGUILAR (El Salvador) déplore que les maladies transmissibles puissent continuer à faire chaque jour des centaines de milliers de victimes parmi les enfants alors que la vaccination offre un moyen de protection garanti. La situation ne semble pas devoir s'améliorer de si tôt. La recherche de vaccins contre le paludisme et la syphilis suscite un grand enthousiasme. Il serait pourtant préférable que l'Organisation consacre ses efforts aux types de programmes qui présentent les plus grandes chances de succès.

- 368 -

COMMISSION A

:

CINQUIEME SEANCE

369

Le Dr QUAMINA (Trinité -et- Tobago) déclare que son pays se préoccupe vivement de la persistance de l'incidence élevée des maladies diarrhéiques, en particulier celles qui sont provoquées par les salmonelles, dans le groupe d'âge inférieur à deux ans. Elle demande qu'un rang élevé de priorité soit accordé à ces maladies parmi toutes celles sur lesquelles il est prévu de poursuivre les recherches. Le rapport du Directeur général sur la schistosomiase contient une carte qui laisserait croire que cette maladie existe à la Trinité -et- Tobago. Comme ce n'est pas le cas, le Dr Quamina espère que l'erreur sera rectifiée. La délégation de Trinité -et- Tobago tient à attirer l'attention sur l'inauguration du Centre d'Epidémiologie des Caralbes (CAREC) né de l'extension de l'ancien laboratoire régional de virologie de la Trinité, grâce à des contributions de l'OPS et des gouvernements de la Région. Les crédits actuellement alloués à ce centre ne tiennent pas compte des tendances inflationnistes; il ne lui sera donc pas possible de maintenir son rythme actuel d'activité s'il ne dispose pas de crédits supplémentaires.

Le Dr AZIZ (Pakistan) trouve prometteur le programme de vaccination proposé, en raison notamment de son coût raisonnable et des résultats attendus. Les pays en voie de développement vont certainement vouloir y participer, mais il serait bon d'organiser des séminaires pour en expliquer la valeur aux médecins et aux omnipraticiens. A propos du rapport du Directeur général sur le programme élargi, la délégation pakistanaise espère que l'OMS et le FISE intensifieront leur aide aux pays qui souhaitent étendre leurs programmes de vaccination. Le Pakistan est exempt de variole depuis novembre 1974 et de choléra depuis 1971. Le programme de lutte antituberculeuse se poursuit de façon satisfaisante et, à la fin de 1976, il couvrira près des trois quarts de la population. Une nouvelle étude de la prévalence de la tuberculose a été lancée afin de déterminer la situation actuelle dans ce domaine. Le Dr COCKBURN (Directeur de la Division des Maladies transmissibles) remercie les délégations de l'enthousiasme qu'elles ont manifesté pour un programme que l'OMS voudrait pratique; il est certain, comme l'a dit le délégué d'El Salvador, que le moment est venu de concentrer tous les efforts sur ce programme. Le délégué de l'Inde a fait observer que plus de 90 % du vaccin antipoliomyélitique perdait son activité pendant le stockage; cela montre combien il est essentiel que les glacières utilisées fonctionnent bien et que l'on améliore la stabilité des vaccins. Les délégués de l'Inde et de la Guinée ont tous deux évoqué la question de la production nationale de vaccins, ainsi que les problèmes que posent la production et le contrôle des vaccins les plus sensibles. Il est certain que quelques -uns de ces vaccins sont si difficiles à produire et à contrôler qu'il conviendrait de faire preuve de la plus grande prudence avant de se lancer dans la production, d'autant que le coût des vaccins concentrés et lyophilisés en vrac est relativement faible.

Le délégué de la Tanzanie a mentionné la pénurie de crédits. Il est vrai qu'il faut davantage d'argent, mais le Dr Cockburn pense que des crédits seront dégagés une fois que les pays seront convaincus de la grande valeur pratique du programme. En Tanzanie même, le FISE s'est déjà engagé à fournir des crédits importants pour le programme que le Gouvernement a élaboré, tant il est persuadé que l'opération réussira. Il existe d'autres sources possibles de fonds, le PNUD et la Banque africaine de Développement. L'OMS, quant à elle, doit jouer le rôle de catalyseur. Le Secrétariat a noté avec un grand plaisir que la Yougoslavie contribuera au fonds bénévole pour la promotion de la santé. L'OMS connaît la haute qualité des vaccins yougoslaves. Les délégués de la Yougoslavie et de l'Union des Républiques socialistes soviétiques se sont demandé si l'on n'organisait pas un trop grand nombre de séminaires, si la contribution technique à ces séminaires est adéquate et si les ressources qui leur sont consacrées ne pourraient pas être employées plus utilement. Il s'agit là de questions pertinentes. En fait, à l'heure actuelle, il n'y a pas trop de séminaires, car il faut informer les pays des avantages de la vaccination, de la nature pratique des programmes possibles et des diverses sources or le seul moyen de le faire est de tenir un ou deux séminaires sur la question dans d'aide chaque Région. La contribution technique aux séminaires est bonne, mais il faudrait peut -être la renforcer; on trouvera un exemple de cette contribution technique dans le rapport sur le séminaire de Kumasi, qui sera diffusé prochainement.lEn ce qui concerne les participants aux séminaires, on a pris un bon départ en invitant des responsables des décisions plutôt que des techniciens. :

Le délégué des Philippines a mentionné l'appui donné pour la production de vaccins dans son pays par le FISE et l'OMS et par différents pays au titre d'accords bilatéraux, ce qui montre qu'il existe de nombreuses sources auxquelles on peut faire appel pour améliorer la qualité et la quantité des vaccins disponibles. 1 Premier séminaire OMS sur l'extension des programmes de vaccination dans les pays en voie de développement, Kumasi, Ghana, 12 -19 novembre 1974, Genève, Organisation mondiale de la Santé, 1975 (Publication offset N° 16).

370

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

En réponse au délégué de l'Union soviétique qui a soulevé plusieurs points importants, le Dr Cockburn précise que, si le rapport en question ne contient pas davantage d'informations sur la morbidité et la mortalité, c'est que ces informations sont fournies par d'autres sources et qu'il est généralement reconnu que les sept maladies mentionnées sont extrêmement graves dans presque tous les pays en voie de développement. Le délégué de l'URSS s'est également enquis de l'évaluation des vaccins l'OMS s'en occupe et en Ouganda elle a procédé à un certain nombre d'études sur le vaccin antipoliomyélitique vivant. Au Ghana et au Kenya, l'OMS et les autorités nationales cherchent à évaluer l'utilité de certains vaccins associés administrés en deux doses plutôt qu'en trois selon la pratique habituelle. Le Dr Cockburn reconnaít avec le délégué de l'URSS que la formation est très importante, mais il ne pense pas qu'il soit nécessaire qu'elle dure un an. Il admet aussi qu'il faudrait procéder à des études des réactions aux vaccins, pour vérifier que les réactions des enfants dans les différentes régions du monde sont les mêmes. L'OMS a déjà travaillé sur ce sujet au cours des dernières années et, en ce qui concerne le vaccin antipoliomyélitique, onze pays lui notifient régulièrement toutes les réactions défavorables enregistrées. Des études similaires seront entreprises sur d'autres vaccins. L'OMS souhaite aussi entreprendre en temps utile des études opérationnelles dans d'autres régions du monde que l'Afrique puisque, comme l'a fait observer le délégué de l'Union soviétique, les problèmes que comporte la réalisation du programme pourraient en effet différer d'une Région à l'autre. L'OMS accepte avec gratitude l'offre de l'Union soviétique de fournir des vaccins et de participer à l'organisation de séminaires, car elle connaît bien la vaste expérience de ce pays et les succès qu'il a remportés dans ses propres programmes. Elle remercie aussi les Pays -Bas d'avoir proposé de fournir une assistance au programme sous différentes formes. Le délégué du Pakistan pense qu'il est nécessaire d'organiser des séminaires nationaux pour informer le personnel médical et non médical de la valeur de la vaccination, et le Secrétariat souscrit à cette opinion. En Tanzanie, une série de séminaires nationaux a récemment été organisée à cette fin avec succès. En réponse aux questions du délégué du Souaziland concernant la vaccination contre la rougeole, le Dr Cockburn précise qu'un groupe national de chercheurs du Kenya étudie cette question avec l'assistance de l'OMS et de l'Institut tropical royal des Pays -Bas. Le problème est que le vaccin est si sensible aux anticorps maternels qu'une très petite quantité d'anticorps dans le système circulatoire de l'enfant détruirait immédiatement l'efficacité du vaccin. on ne connaît pas encore bien la proportion des cas qui se D'autres problèmes se posent encore produisent en dessous de 6 mois - selon les premiers renseignements provenant de l'étude du Kenya, elle serait en fait très faible. En outre, il n'est pas certain que tous les cas d'éruption et de pyrexie soient dus à la rougeole et là encore le groupe national du Kenya procède sur les maladies ressemblant à la rougeole à une étude très poussée sur trois plans clinique, sérologique et isolement des virus. Il faut donc espérer que les études entreprises vont fournir des renseignements concrets sur ces problèmes. Pour l'instant, le Dr Cockburn pense quant à lui que, si l'incidence de la rougeole est élevée chez les enfants de 5 à 7 mois et si l'on dispose de vaccin, il faut vacciner l'enfant et le revacciner au bout d'un an. Comme le vaccin est très coûteux, il s'agit là évidemment d'une décision qu'il convient de peser soigneusement. Le Dr Cockburn serait tenté de suggérer de mettre surtout l'accent sur la vaccination à 9 mois tout en cherchant à déterminer plus exactement l'incidence réelle de la maladie chez les enfants plus jeunes. :

:

:

Le Dr HITZE (Service de la Tuberculose), répondant à la question du délégué de l'Inde sur ce qu'on sait actuellement de la protection conférée par le BCG, déclare que l'opinion prévalant à ce sujet se trouve aujourd'hui confirmée par les résultats d'un certain nombre d'essais cliniques prospectifs contrôlés comme ceux qui ont été faits par Aronson aux Etats -Unis d'Amérique de 1935 à 1955 et par le British Medical Research Council de 1950 à 1965. Une protection de l'ordre de 80 % a été obtenue et l'on a observé une protection substantielle 10 à 15 ans après la vaccination. Les résultats peu satisfaisants obtenus pour certains essais effectués dans le passé doivent être principalement imputés à la mauvaise qualité du vaccin. C'est pourquoi la Vingt Septième Assemblée mondiale de la Santé a souligné dans sa résolution WHA27.54 que l'efficacité de la vaccination par le BCG dépend dans une large mesure de la qualité du vaccin employé; c'est pourquoi aussi un comité d'experts de l'OMS a formulé des exigences de qualité pour le vaccin BCG desséché et l'Organisation a institué un système international de contrôle de la qualité. En coopération avec le Conseil indien de la Recherche médicale et le Service de la Santé publique des Etats -Unis, un essai contrôlé, à grande échelle, de protection par le BCG dans lequel le niveau de protection doit être déterminé par l'observation directe est en cours dans l'Inde méridionale pour une population exposée au risque d'infection par la tuberculose ainsi que par des mycobactéries autres que M. tuberculosis. Cet essai vise à évaluer le niveau de protection conféré par le vaccin BCG ainsi que la durée de cette protection, le rapport dose /réponse et les éventuelles différences de capacité immunogène entre les souches de BCG utilisées. A la différence des essais précédents, celui -ci est effectué avec des souches de BCG lyophilisé qui pourraient être utilisées pour la production de vaccin si le résultat de l'essai

COMMISSION A

:

CINQUIEME SEANCE

371

était jugé positif. Les caractéristiques épidémiologiques de la tuberculose obligent à planifier ce genre d'essai pour une longue période étant donné que l'effet protecteur potentiel ne peut être évalué qu'après de nombreuses années de surveillance continue. L'essai entrepris en Inde n'a pas encore atteint ce stade. Prenant la parole sur l'invitation du Président, Sir John WILSON (Organisation mondiale contre la Cécité) indique que le nombre des aveugles dans le monde, qui s'élève actuellement à 16 millions, s'accroît au même rythme que la population. Si des actions décisives ne sont pas entreprises, il y aura plus de 30 millions d'aveugles à la fin du siècle, perspective totalement inacceptable. Sur le plan médical, la cécité, lorsqu'elle atteint ces proportions, est un anachronisme grotesque car, dans la plupart des cas, elle peut être prévenue ou guérie. Sur le plan économique, elle est catastrophique, car on dépense un milliard de dollars chaque année uniquement pour réadapter les aveugles ou leur verser des pensions. Le budget programme de l'OMS prévoit notamment une réunion interrégionale sur la prévention de la cécité. Il ne fait pas de doute que cette réunion traitera des quatre maladies, déjà identifiées par l'Assemblée de la Santé, qui causent 80 % des cas de cécité dans le monde l'onchocercose, la xérophtalmie, le trachome et la cataracte. L'onchocercose atteint des collectivités entières en Afrique occidentale. Les actions qui sont entreprises actuellement pour lutter contre cette maladie sont un modèle de coopération régionale et internationale. Le trachome et les affections qui lui sont liées sont aussi vieux que les pyramides mais ils frappent encore 4 % de la population rurale dans l'Arabie moderne. Or on a mis au point des méthodes pratiques de délivrance des soins qui permettent de guérir le trachome pour US $0,50 par malade. La xérophtalmie est la cause la plus importante de cécité chez les enfants dans le monde, or il n'en coûte que US $0,12 par an pour protéger la vue d'un enfant grâce à l'un des programmes de distribution massive de concentré vitaminique A. En Inde, où la cataracte a rendu aveugles environ six millions de personnes qui auraient pu être soignées et guéries, il existe pourtant des camps spéciaux où les soins fournis sont remarquables; dans l'un d'eux, en trois semaines, on a restauré la vue de 1200 aveugles pour un coût individuel de $5. Si, dans les statistiques, les millions de personnes qui deviennent aveugles sont confondues, dans la réalité chaque homme devient aveugle individuellement, en raison de facteurs qui lui sont propres, et en subissant souvent la misère, l'angoisse et l'humiliation. Ce fatal enchaînement est absurde et grotesque étant donné les remèdes disponibles. C'est la raison pour laquelle a été fondée l'Organisation mondiale contre la Cécité, en application d'une proposition faite par un groupe d'étude international de l'OMS. L'Organisation est parrainée par tous les organismes s'occupant au niveau international de cécité et d'ophtalmologie. On peut dire qu'elle représente toutes les organisations mondiales de bienfaisance pour les aveugles et tous les ophtalmologues, et qu'elle vise à rompre la relation entre la cécité et la croissance démographique, à alerter l'opinion nationale et à mobiliser les ressources. L'Organisation mondiale contre la Cécité attend de l'Assemblée de la Santé qu'elle lui trace des lignes d'action. Sir John Wilson remercie le Directeur général d'avoir choisi le thème de la prévention de la cécité pour la célébration de la Journée mondiale de la Santé en 1976, qui sera le point de départ d'un effort visant à mobiliser l'intérêt et les ressources et à essayer d'amener les services de soins des yeux à un niveau d'efficacité supérieur. Dans 30 pays déjà, des comités nationaux ont été formés et on espère qu'à la fin de 1975 une organisation efficace existera dans la plupart des pays représentés à l'Assemblée de la Santé. Signalant qu'au moins un tiers des cas de cécité, même dans les pays avancés, peut être prévenu, Sir John Wilson demande aux délégués à l'OMS de contribuer à obtenir de leurs gouvernements qu'ils encouragent tout effort national en vue de donner à la Journée mondiale de la Santé de 1976 le plus de relief possible et d'examiner si les mesures de protection de la vue au niveau national sont suffisantes. L'Organisation mondiale contre la Cécité est consciente des limites imposées aux budgets nationaux et internationaux par les conditions économiques actuelles; c'est pourquoi une collecte de fonds sera lancée dans de nombreux pays en 1976 sur le thème "Merci pour la vue ". Si l'Organisation pouvait susciter de la part du grand public imagination, compréhension et compassion, les résultats seraient surprenants. Néanmoins, il est essentiel aussi que la mobilisation des ressources officielles ait des résultats positifs. Le fonds bénévole pour la promotion de la santé a été créé dans ce but et Sir John Wilson demande aux délégués d'examiner si leurs gouvernements ne pourraient pas fournir des ressources supplémentaires pour permettre à l'OMS et aux autres institutions concernées d'accroître le niveau et l'ampleur des actions entreprises au niveau international pour la prévention de la cécité. Il faut saisir l'occasion d'agir contre la cécité à l'échelle mondiale, et à peu de frais, pour sauver la vue de millions d'êtres. On parle beaucoup des droits de l'homme à propos de minorités; n'est -il pas juste de dire que l'un de ces droits est le droit de voir ? Personne ne devrait perdre la vue sans nécessité, et aucun homme ne devrait rester aveugle alors qu'un effort modeste sur le plan des compétences et des ressources lui permettrait de retrouver la vue. :

(Voir la suite du débat sur le programme 5.1.1 dans le procès -verbal de la septième séance)

Surveillance épidémiologique des maladies transmissibles (programme 5.1.2) Il n'v a pas d'observations.

372

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

Paludisme et autres maladies parasitaires (programme 5.1.3) Le Dr GARCIA (représentant du Conseil exécutif) indique que le Conseil exécutif, à sa cinquante -cinquième session, a adopté, à la suite de l'examen détaillé du projet de budget programme pour les exercices financiers 1976 et 1977, la résolution EB55.R22 dans laquelle il est dit que la schistosomiase est encore loin d'être maîtrisée, que sa prévalence augmente et qu'en outre cette augmentation peut être favorisée par lds projets de mise en valeur qui ne tiennent pas compte de la nécessité d'actions de santé préventives. Le Directeur général a été prié d'entreprendre une analyse des mesures de lutte existantes en vue de tracer les lignes directrices des différentes stratégies qui pourraient âtre requises pour combattre la schistosomíase à l'échelle mondiale, en prenant dûment en considération le rapport coût /efficacité de diverses approches tactiques envisageables, y compris les actions préventives, dans la planification des programmes de mise en valeur des ressources hydriques et des terres. Il a également été prié de rechercher la coopération des gouvernements, d'autres organismes internationaux et d'institutions appropriées à l'appui du rôle coordonnateur de l'OMS dans le développement de recherches et de stratégies destinées à maîtriser la schistosomiase. Le rapport soumis à l'Assemblée de la Santé vise à l'informer des activités entreprises comme suite à cette résolution. Le Dr LEPES (Directeur de la Division du Paludisme et des autres Maladies parasitaires) indique que le rapport soumis à l'Assemblée en application de la résolution du Conseil exécutif renseigne sur la prévalence de la schistosomiase, sur les problèmes liés à la lutte contre cette maladie et sur les activités que l'OMS a entreprises. Parmi les maladies parasitaires, seul le paludisme dépasse en importance la schistosomiase; 600 millions de personnes sont exposées au risque d'infection dans les zones subtropicales et tropicales et 200 millions seraient effectivement infectées. Les cartes jointes au rapport indiquent la répartition des quatre espèces de Schistosoma concernées. Bien que, au cours des deux dernières décennies, les recherches portant sur de nombreux points en relation avec la schistosomiase aient été intensifiées, certains problèmes font encore hésiter les scientifiques et les administrations sanitaires à s'engager dans des opérations de lutte à grande échelle. Les principaux sont les suivants :

Importance de la schistosomiase en santé publique. L'intensité de l'infestation varie non seulement selon les espèces de parasites et la réaction des individus mais aussi selon les régions. Il existe certes des méthodes de mesure de l'intensité de l'infection mais elles ne sont pas suffisamment précises pour indiquer les répercussions de la schistosomiase sur la collectivité et donc les véritables conséquences socio- économiques de la maladie. 2) Chimiothérapie. Il existe plusieurs groupes de médicaments permettant de combattre la schistosomiase mais aucun médicament n'est efficace à 100 % et tous les médicaments ne sont pas efficaces contre toutes les espèces de schistosomes. On bute également sur le problème des effets secondaires présumés, immédiats ou tardifs, qui limitent l'administration massive de certains médicaments. Les difficultés rencontrées par les sociétés pharmaceutiques pour s'assurer d'importants marchés freinent encore la mise au point de nouveaux médicaments contre la schistosomiase. Molluscicides. 3) On dispose actuellement de molluscicides efficaces, mais il faut tenir compte du coût de leur application et de leurs éventuels effets sur les organismes non cibles avant d'envisager une application à grande échelle. Lutte biologique contre les mollusques. 4) On sait qu'un certain nombre d'agents microbiens et de prédateurs - insectes ou poissons - influent sur le cycle vital des mollusques. En outre, la concurrence entre genres de mollusques offre des perspectives intéressantes. Il est toutefois indispensable de poursuivre l'étude de ces méthodes. Vaccination contre la schistosomiase. Il est certain qu'un individu ayant contracté la 5) maladie est partiellement protégé contre la réinfestation, bien que la réponse immunitaire ne soit pas encore entièrement connue. Jusqu'ici tous les essais de mise au point d'un agent immunisant contre la schistosomiase ont échoué mais il faudrait continuer à faire des recherches dans ce sens. Environnement. 6) On sait que le contact entre l'homme et les eaux polluées est un facteur déterminant de la propagation de la schistosomiase. Les projets de mise en valeur des ressources hydriques, dont l'urgence est si grande pour les pays en voie de développement, peuvent développer la propagation de cette maladie s'ils ne font pas l'objet de plans précis, comme on a pu le constater récemment en Afrique. La prévention de la propagation artificielle de la schistosomiase est une question qui concerne la collectivité tout entière et dont il convient de tenir compte au moment de l'établissement des projets. On s'est rendu compte que l'assainissement ne suffit pas et qu'il faut également se préoccuper de l'approvisionnement public en eau, de l'éducation sanitaire, de la mise au point de projets de construction appropriés et d'une gestion judicieuse des eaux. Le Dr Lepes résume de la manière suivante les activités de l'OMS dans le domaine de la schistosomiase au cours des vingt dernières années avis fournis aux pays pour la mise en oeuvre de programmes de lutte; organisation de divers types de réunions; aide aux institutions de recherche et aux scientifiques; recherches sur le terrain; aide à des cours de formation ou organisation de ces cours. Ces activités ont été réalisées en étroite coopération 1) :

COMMISSION A

:

CINQUIEME SEANCE

373

avec d'autres institutions du système des Nations Unies et avec plusieurs organismes d'aide bilatérale. Les rapports des réunions, qui ont été publiés dans la Série de Rapports techniques de l'OMS,1 pourraient fournir des lignes directrices très intéressantes pour l'épidémiologie de la schistosomiase et la lutte contre cette maladie. Il est évident que les réunions ne peuvent à elles seules résoudre des problèmes aussi importants pour la santé publique que la la lutte contre cette maladie exige une large approche pluridisciplinaire schistosomiase ainsi qu'une coopération et une coordination étroites. Les scientifiques ont réalisé d'importants progrès techniques, il est temps maintenant d'associer à l'étude du problème les administrateurs de la santé et les planificateurs du développement socio- économique. Si de nombreux problèmes restent à résoudre, on pourrait améliorer grandement la situation en appliquant les moyens de protection dont on dispose - notamment dans les régions où la maladie est peu répandue - et en empêchant la propagation de la schistosomiase lorsque sont exécutés des projets de mise en valeur des ressources hydriques. :

Le Dr SIRRY (Egypte) indique qu'en Egypte les vecteurs du paludisme sont bien connus et qu'il serait aisé de lutter contre eux. L'attention s'est concentrée sur la partie méridionale du pays, notamment la région d'Assouan, à la suite de la construction du barrage et la création du lac Nasser. Le Dr Sirry tient à affirmer à l'Assemblée de la Santé que, sous réserve de l'établissement de plans préalables, il est possible d'empêcher la réapparition du paludisme dans ces régions. En fait, on peut compter sur les doigts d'une main le nombre de cas de paludisme survenant chaque année dans la région d'Assouan et il s'agit d'ailleurs de cas exogènes apportés de Basse -Egypte et de la côte. Il est important, lorsqu'on met au point des programmes de lutte contre le paludisme, de reconnaître la nécessité d'une coopération entre pays voisins. A la suite d'un accord avec le Soudan, il a été possible d'éliminer le vecteur du paludisme d'une bande de 60 km longeant la frontière entre les deux pays. Pour montrer l'importance de la planification dans l'éradication de la maladie, le Dr Sirry cite le cas du sud de l'Egypte où, avant 1942, il mourait environ 6000 personnes par an du paludisme. Grâce à l'aide fournie par la Fondation Rockefeller, un programme antipaludique a été mis sur pied et a permis l'éradication du vecteur en trois ans. Le Dr Sirry insiste sur la nécessité de rester attentifs en permanence aux sources d'infection qui pourraient entraîner une recrudescence de la maladie; il indique à ce sujet que, lorsque la présence d'Anopheles gambiae a été signalée en 1950 dans une région de l'Egypte, l'application rapide des moyens de lutte contre ce vecteur a permis d'empêcher la réapparition du paludisme. Le Dr VASSILOPOULOS (Chypre) espère que ses déclarations ne seront pas mal interprétées et assure la Commission qu'elles n'ont aucune motivation politique. Bien que Chypre ait été déclaré exempt de paludisme, le Dr Vassilopoulos craint que l'instabilité politique actuelle n'entraîne un grand risque de résurgence de la maladie. Cependant les services sanitaires prennent toutes les mesures nécessaires pour instituer une surveillance efficace et empêcher la réintroduction du paludisme. M. THACHER (Programme des Nations Unies pour l'Environnement) est très satisfait de constater que la collaboration entre le PNUE et l'OMS se développe dans toute une gamme d'activités, notamment en ce qui concerne le paludisme et d'autres maladies parasitaires. Le Directeur général et plusieurs orateurs ont déjà insisté sur l'importance de cette action. De même, les gouvernements représentés au Conseil d'administration du PNUE, qui se réunit chaque année à Nairobi, ont accordé une priorité élevée à la mise en place de systèmes rationnels du point de vue de l'environnement pour lutter contre certains parasites affectant la santé et la production agricole, particulièrement là où le vecteur présente une phase aquatique. Le PNUE a collaboré particulièrement étroitement avec l'OMS pour lutter contre la schistosomiase et le paludisme, mais il a également participé à titre consultatif au programme de lutte contre l'onchocercose mené dans le bassin de la Volta. Il participe à la préparation des réunions qui auront lieu au Caire en octobre 1975 et au Pérou en novembre et il collabore avec la FAO pour mettre sur pied un programme de lutte écologique contre les parasites du coton. M. Thacher espère que l'Assemblée de la Santé acceptera de mettre à la disposition de l'OMS les ressources financières et autres nécessaires pour lui permettre de continuer à jouer un rôle de pionnier dans ce domaine, si étroitement lié au processus de développement. Le Dr TSAO Hsiao -Ting (Chine) donne des indications sur les progrès réalisés en Chine dans la lutte contre la schistosomiase. Le fait que l'on ait trouvé des oeufs de schistosomes dans les restes d'une femme provenant d'une tombe très ancienne montre bien que cette maladie existait en Chine il y a plus de 2000 ans. Tout au long des dynasties qui se sont succédé, les classes dirigeantes se sont très peu souciées de la santé de la population et un grand nombre de gens sont morts de la schistosomiase, notamment au cours du siècle qui a précédé la libération. Les premières années qui ont suivi celle -ci, on estimait qu'environ 10 millions d'individus souffraient de schistosomiase et que plus de 100 millions étaient exposés à la maladie dans plus de dix provinces, municipalités et régions autonomes.

1 Voir Série de Rapports techniques OMS, Nos 17, 1950; 214, 1961; 299, 1965; 349, 1967; 372, 1967; 515, 1973.

65, 1953; 90, 1954; 120, 1957;

374

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

Depuis la fondation de la République populaire de Chine, le Président Mao Tsé -toung et le Parti communiste chinois se sont sérieusement préoccupés de ce problème, et des groupes de travailleurs médicaux ont été envoyés par le Gouvernement à l'intérieur des zones d'endémie pour entreprendre des enquêtes générales sur la situation et prendre des mesures visant à prévenir et combattre la maladie. Le Président Mao a lancé une proclamation affirmant que la schistosomiase devait être éliminée, ce qui a inspiré le zèle révolutionnaire du peuple dans les zones d'endémie. Un organe directeur spécial a été créé par le Comité central du Parti communiste chinois, et un mouvement de masse a été lancé pour la prévention et l'élimination de la schistosomiase. Dans le programme national de développement agricole, l'éradication de la schistosomiase est inscrite en tant que mesure importante pour la préservation de la main d'oeuvre et le développement de la production. Depuis la Révolution culturelle prolétarienne, un mouvement de masse a été lancé pour exterminer les mollusques hôtes dans les régions d'endémie de treize provinces, municipalités et régions autonomes de la Chine du sud. L'action du peuple a montré que c'était une contre -vérité d'affirmer l'impossibilité d'exterminer les mollusques hôtes. Le programme d'éradication de la schistosomiase se fonde essentiellement sur les mesures suivantes La mobilisation des masses en vue d'éliminer les mollusques Oncomelania, hôtes intermé1) diaires de la maladie; ceci s'est fait grâce à des actions collectives dont le but était de creuser de nouveaux fossés, de combler les anciens fossés infestés de mollusques, d'enfouir les mollusques dans la terre et de transformer les zones infestées en terres agricoles fertiles; l'examen, le diagnostic et le traitement des malades le traitement actif des malades 2) atteints de schistosomiase ont été planifiés et échelonnés de façon à tenir compte des différentes situations pendant chaque saison agricole, du personnel et du matériel médical disponibles ainsi que de l'état des malades; au cours du traitement, le Parti et le Gouvernement n'ont le traitement était gratuit, et les malades éprouvant des diffijamais abandonné les malades cultés financières ont reçu une aide; une fois soignés, les malades ont retrouvé la santé et les femmes sont redevenues fécondes; le taux de productivité a augmenté et l'absentéisme a : : :

régressé;

le recours aux masses pour améliorer la gestion des déchets et l'élimination des excreta; c'était là une tâche herculéenne qui a exigé un changement de moeurs et d'habitudes; chaque village a été encouragé à creuser ses propres puits, qui ont été périodiquement désinfectés au chlorure de chaux; des latrines publiques et des abris pour le bétail ont été construits; en vue d'interrompre la transmission, chaque équipe de production a désigné un membre chargé de vérifier que les excreta tant humains qu'animaux étaient éliminés de façon hygiénique; une observation prolongée et des contrôles périodiques en vue d'assurer la consolidation 4) dans les zones où la schistosomiase a pu être maîtrisée, on a procédé des résultats acquis deux fois par an à une recherche méticuleuse des mollusques hôtes, et des examens de selles ont été pratiqués une fois par an chez tous les individus et les animaux de la région; lorsqu'on a trouvé des mollusques, des mesures ont été prises en vue de leur élimination. Outre l'équipe de spécialistes à plein temps affectés au programme de lutte contre la schistosomiase, des équipes travaillant à temps partiel ont également été organisées, comprenant une personne chargée de la détection des mollusques et une autre de la gestion des excreta, un assistant sanitaire et un médecin aux pieds nus. Ces équipes à temps partiel ont assuré une fonction essentielle en mobilisant de larges secteurs de population et en suscitant le lancement de campagnes contre la schistosomiase. Le Parti et le Gouvernement, également soucieux de la recherche scientifique sur la schistosomiase, ont créé des instituts de recherche pour la prévention et le traitement de la maladie tant au niveau central que provincial. De nombreux chercheurs spécialisés dans la schistosomiase ont été formés. En suivant résolument le principe "prévention d'abord" et en adoptant une approche intégrée consistant à éliminer les mollusques hôtes, à soigner les malades, à contrôler l'élimination des excreta et à assurer l'hygiène de l'eau, on a pratiquement éliminé la schistosomiase dans cent districts de zones d'endémie. Il est désormais très rare de trouver des mollusques Oncomelania dans les deux tiers de la zone autrefois infestée. 3) :

Le Dr SAADE (Liban) estime que la schistosomiase continuera de poser un problème à l'avenir, tant que les pays développeront en nombre et en importance leurs projets de développement des ressources hydriques. La maladie, signalée pour la première fois au Liban en 1950, a été éradiquée en 1968. Néanmoins, les cas importés restent un problème. C'est pourquoi les renseignements donnés par l'OMS sur les pays où la schistosomiase est endémique ont leur utilité car ils permettent au Gouvernement de prendre certaines précautions, telles que l'examen d'échantillons d'urine des voyageurs arrivant de ces pays. L'information doit donc être précise et à jour. Puisque les projets de développement des ressources hydriques ont une telle importance dans la propagation de la maladie, l'OMS devrait demander aux Etats Membres d'insister pour que les responsables de ces projets commencent par consulter des épidémiologistes. Le Dr SIRRY (Egypte) estime que l'excellent rapport préparé par le Directeur général montre bien les graves dangers que pose la schistosomiase mais manifeste en même temps une certaine hésitation vis -à -vis des programmes centralisés, qui présentent une certaine complexité.

COMMISSION A

:

CINQUIEME SEANCE

375

Le Directeur général, nettement conscient de l'ampleur du problème, demande à l'Assemblée de la Santé de l'appuyer dans l'organisation d'un programme mondial. L'Assemblée ne manquera pas de lui apporter cet appui, pour les raisons suivantes. Tout d'abord, 200 millions de personnes sont déjà touchées par la maladie et 600 autres millions y sont exposées; ensuite, de grands progrès ont été réalisés ces dix dernières années dans les domaines de l'écologie, de la biologie, de la parasitologie et de la chimiothérapie; enfin, on sait que la maladie présente des complications et des séquelles dangereuses. En outre, comme l'indique le Directeur général dans son rapport, la prévalence et l'intensité de l'infestation dans certaines régions du monde pourraient être considérablement réduites si l'on utilisait les agents chimiothérapiques actuellement disponibles. Du point de vue économique, la maladie entraîne d'importantes pertes de revenu national, en raison de la baisse de productivité chez les travailleurs infestés et de l'arrêt de travail prolongé qu'exige le traitement. Les projets de développement des ressources en eau exécutés dans de nombreux pays en voie de développement font naître la crainte que la maladie ne se propage encore davantage. Un contrôle approprié de ces projets permettrait de réduire non seulement l'incidence de la schistosomiase mais aussi celle d'autres maladies hydriques. Même si les symptômes de la schistosomiase sont considérés comme bénins, la maladie constitue un problème majeur étant donné le grand nombre de personnes atteintes, et, en l'occurrence, bien des individus touchés par la maladie souffrent de complications graves. S'il est vrai qu'il faut entreprendre des recherches pour combler les lacunes des connaissances, ce n'est pas une raison pour ne pas lancer des programmes dès maintenant dans les pays où l'on connaît déjà l'ampleur du problème. Les programmes de lutte pourraient sans doute fournir bien des données qui manquent actuellement. Le Dr Sirry présente le projet de résolution ci- après, proposé par les délégations de l'Egypte, des Etats -Unis d'Amérique, de la Jordanie, du Soudan et de la Suède :

La Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé, Rappelant les résolutions EB5.R5 et EB55.R22 relatives à la schistosomiase; Notant que la schistosomiase est encore loin d'être maîtrisée et que sa prevalence augmente, que cette augmentation peut être favorisée par des projets de mise en valeur des ressources hydriques qui visent à assurer une amélioration nécessaire de la production agricole et des conditions économiques mais ne tiennent pas compte de mesures sanitaires préventives; Notant les indices croissants de la possibilité de complications et séquelles graves à la suite d'une infection par les schistosomes; Notant en outre qu'à la Conférence mondiale de l'Alimentation la nécessité d'accroître considérablement la production alimentaire a été clairement démontrée et que, pour répondre aux besoins nutritionnels et autres de la population mondiale en expansion, il faudra davantage de projets de construction de barrages et d'irrigation; Estimant qu'une conception technique appropriée des projets de gestion des eaux peut avoir une importance considérable en limitant la diffusion de la schistosomiase parmi les populations affectées par de tels projets; Notant l'inclusion de la schistosomíase dans le programme coordonné de recherche biomédicale de l'Organisation; Considérant que la planification et l'exécution efficaces des activités de lutte contre la schistosomiase exigent une coopération et une coordination étroites entre les organisations du système des Nations Unies, la communauté financière internationale et les ministères des gouvernements nationaux; Remerciant le Directeur général de son rapport qui indique la complexité des problèmes qui se posent pour prouver la faisabilité de la lutte contre la schistosomiase; Notant avec intérêt qu'une importante réunion internationale sur la schistosomiase doit se tenir au Caire en octobre 1975; et Considérant le coût très élevé de l'exécution des programmes de lutte avec les méthodes actuellement disponibles, PRIE le Directeur général 1) d'établir et de tenir à jour des directives pour l'organisation des projets de gestion des eaux, y compris des spécifications techniques, en vue de réduire au minimum la possibilité que la schistosomiase et d'autres maladies transmises par l'eau se diffusent du fait de tels projets; 2) de donner aux pays et aux organismes donateurs des avis concernant l'application de ces directives aux projets de mise en valeur des ressources hydriques envisagés, en cours ou achevés; 3) d'inviter les Membres à communiquer des renseignements sur les programmes de lutte contre la schistosomiase en cours ou achevés dans leurs pays, y compris des détails sur les recherches, le développement des personnels, les coûts, etc.; 4) de chercher à obtenir de diverses sources à l'intérieur du système des Nations Unies ainsi que d'organismes internationaux et privés un soutien extrabudgétaire en vue

376 a)

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

5)

de fournir une assistance aux gouvernements pour la planification et l'exécution d'études sur l'épidémiologie de la maladie, la rentabilité d'autres méthodes de lutte et l'impact économique et social de la maladie, et b) de fournir une assistance aux gouvernements qui exécutent déjà des programmes de lutte; et de faire rapport sur cette question à la Vingt- Neuvième Assemblée mondiale de la

Santé.

insérer après le paragraphe 4 b) Le Dr Sirry propose d'autre part l'amendement suivant "de stimuler des efforts accrus en matière du dispositif un paragraphe 4 c) rédigé comme suit de recherches relatives au développement de médicaments, à la chimiothérapie, à l'épidémiologie, à l'endiguement et aux aspects immunologiques de la schistosomiase ". : :

Le Dr HOWARD (Etats -Unis d'Amérique) souligne les insuffisances des services sanitaires de base qui desservent la majorité des populations des pays en voie de développement. C'est pour améliorer le sort de ces populations que l'OMS déploie ses efforts depuis plus de vingt -cinq ans. Cependant, force est de constater que toutes les actions menées pour juguler les maladies tropicales n'ont guère eu d'effet sur les conditions d'existence des populations visées, à l'exception de quelques programmes mondiaux, tels ceux qui sont consacrés à la variole et au paludisme. Les maladies parasitaires continuent de prélever un lourd tribut on ignore encore beaucoup de choses sur elles et les maigres connaissances que l'on possède ne sont même pas appliquées. Le Dr Howard se félicite de la priorité récemment accordée à la schistosomiase, bien qu'il ne se fasse pas d'illusions sur les possibilités d'éliminer cette maladie de vastes régions du monde dans un proche avenir. A la Conférence mondiale de l'Alimentation, qui s'est tenue à Rome en 1974, les pays en voie de développement ont été invités à renforcer notablement leurs systèmes d'irrigation. Il en résultera une progression de la schistosomiase et ce seront les populations rurales pauvres qui en feront surtout les frais. La délégation des Etats -Unis d'Amérique est l'un des coauteurs du projet de résolution présenté par le délégué de l'Egypte, et le Dr Howard insiste sur le fait que cette résolution intéresse non seulement la schistosomiase, mais encore d'autres maladies transmises par l'eau, car il faut à tout prix éviter que n'augmente la prévalence du paludisme et de l'onchocercose - maladies qui sont toutes deux associées à l'exécution de projets de mise en valeur des ressources hydriques. :

Le Dr AL- TABBAA (Arabie Saoudite) déclare que le paludisme n'a pas été totalement éradiqué dans son pays, mais que son incidence a été fortement réduite en raison, premièrement, de la lutte inlassable menée contre les moustiques et les larves et, deuxièmement, de l'étroite collaboration qui s'est instaurée entre le Ministère de la Santé et le Ministère de l'Agriculture. Les terrains marécageux ont été asséchés et des barrages ont été construits pour éviter l'accumulation d'eaux stagnantes et récupérer ainsi de vastes superficies de terres arables. La coopération de l'OMS a été très appréciée dans ce domaine.

Le Dr MICHEL (France) considère qu'il est souhaitable d'adapter les mesures de lutte aux conditions locales de l'environnement. Un grand nombre des échecs subis jusqu'ici sont dus à l'inobservation de cette règle. Il est certain que la recherche et la formation professionnelle concernant des maladies déterminées sont plus efficaces si elles sont exécutées au sein même des populations intéressées, car les chercheurs aussi bien que les futurs praticiens peuvent ainsi se familiariser avec le contexte socio- économique. Il existe peu de méthodes efficaces de lutte contre la schistosomiase; le traitement est long et parfois dangereux; les molluscícides donnent des résultats variables, et aucun vaccin n'a été mis au point jusqu'ici. Cette maladie peut occasionner de graves complications, auxquelles risquent de s'ajouter les effets d'autres maladies endémiques. Il est donc indispensable d'instituer une surveillance de tous les projets de développement des ressources hydriques - ce qui permettrait également de lutter efficacement contre d'autres maladies transmises par l'eau. Il faut espérer que les planificateurs, les ingénieurs et les gouvernements prendront l'avis d'épidémiologistes. Dans les départements français d'outre -mer où sévit la schistosomiase, la surveillance des grands projets d'hydraulique est obligatoire. Le Dr SUMPAICO (Philippines) indique que dans son pays des équipes nationales et des équipes de l'OMS se sont livrées à des recherches étendues sur la schistosomiase et que des enquêtes immunologiques sont en cours. Malheureusement, l'application pratique des résultats de ces recherches est coûteuse. La plupart des pays affectés par la schistosomiase ne disposent pas des ressources nécessaires pour entreprendre les travaux qu'exigerait l'éradication du mollusque hôte applications de méthodes de génie agricole, emploi de techniques modernes d'agriculture et assèchement des zones marécageuses. Aux Philippines, seize provinces sont touchées par la maladie et le nombre des cas s'élève à 500 000. La délégation des Philippines appuie le projet de résolution présenté par le délégué de l'Egypte. :

Le Dr OMER (Soudan) déclare que la schistosomiase constitue dans son pays l'un des plus graves problèmes de santé publique. En 1969, le Ministère de la Santé a lancé un projet pilote dans la région de la Gezireh, afin de procéder à une réévaluation des mesures de lutte appliquées.

COMMISSION A

:

CINQUIEME SEANCE

377

En 1974 a été essayée une nouvelle technique qui consiste à traiter par aéronefs les eaux courantes pendant la saison de l'irrigation; on peut ainsi éviter d'avoir recours aux pulvérisations au sol, avec les inconvénients qu'elles comportent, du fait notamment que les produits chimiques en suspension dans les gouttelettes d'eau pénètrent mal dans les canaux de faible dimension. Cet essai a été une réussite et pourrait constituer une percée technique en matière d'application des molluscicides. Il est intéressant de noter aussi que la consommation totale de produits chimiques a été réduite. Dès que le programme d'évaluation aura été mené à terme, de nouvelles zones seront traitées. Le Dr Omer espère que l'OMS collaborera aux prochaines opérations de recherche opérationnelle et fournira un appui financier aux recherches sur les méthodes de traitement. Le Professeur REXED (Suède) est d'avis que la schistosomiase est un problème qui intéresse tous les pays et c'est pourquoi sa délégation a accepté d'être l'un des coauteurs du projet de résolution présenté par le délégué de l'Egypte. La Suède soutient les travaux de recherche sur cette maladie. Le Professeur Rexed souligne la nécessité d'assurer des recherches et une formation professionnelle dans la région même où la maladie sévit, car c'est le seul moyen d'aller au fond du problème. La lutte contre la schistosomiase exige la collaboration de nombreuses disciplines scientifiques, et l'étroite coopération des services sanitaires de base est indispensable. Le Dr HASSOUN (Irak), parlant du projet de lutte contre la schistosomiase entrepris dans son pays, indique qu'à présent ce projet est entièrement exécuté par du personnel national. Ce personnel est formé de deux équipes comprenant chacune trois techniciens et dix assistants opérant sur le terrain. Les zones expérimentales et d'attaque couvrent 16 000 hectares et comptent 21 000 habitants. Le traitement des eaux par le pentachlorophénate de sodium a permis d'éliminer les mollusques en 1969 et 1972. On a noté, parmi les enfants des écoles primaires de la zone expérimentale, une diminution continue de la prevalence de la maladie, qui est passée de 90 % en 1960 à 2 % en 1974. Un essai de l'agent chimiothérapique hycanthone exécuté en 1970 dans une zone expérimentale de vaste superficie a permis d'obtenir un indice de guérison parasitologique de 60 7, et une réduction de 90 % des oeufs dénombrés. Le Dr Hassoun espère que la conférence internationale sur la schistosomiase qui doit se tenir au Caire dans le courant de 1975 sera l'occasion d'un utile échange de vues. Comme le délégué du Liban, le Dr Hassoun est préoccupé par la migration de travailleurs agricoles des zones d'endémicité vers des pays où la maladie est en voie d'éradication. Le Dr NOZARI (Iran) pense que la leçon à tirer de l'expérience acquise en matière de programmes de lutte antipaludique montre qu'il convient avant tout de procéder à une planification soigneuse et approfondie des opérations. Il est clair que les programmes lancés à la hâte, sans grand souci de planification, de programmation, de gestion ni de soutien financier, ne peuvent que se solder par un échec ou renforcer la résistance des vecteurs. On tient aujourd'hui pleinement compte de ces considérations en Iran, car dans certaines régions une résistance est apparue chez les moustiques. Le Dr Nozari espère que l'OMS fournira une aide pour venir à bout de ces problèmes. La schistosomíase sévit également en Iran, mais fort heureusement sur une très faible partie du territoire. Toutefois, de grands projets d'irrigation ont été exécutés, entraînant l'extension de la maladie. Les opérations de lutte ont donc dû être renforcées; elles comportent le traitement des malades et l'application de molluscicides dans les canaux d'irrigation. On a ainsi réussi à enrayer la progression de la maladie et à diminuer la transmission. Le Dr Nozari estime qu'il serait hautement souhaitable que l'OMS accorde son assistance à la planification des programmes de lutte. Les efforts déployés par l'OMS pour mettre au point de nouveaux médicaments d'une innocuité et d'une efficacité plus grandes sont très appréciés, mais il ne faut pas pour autant négliger les moyens dont on dispose déjà. La délégation de l'Iran appuie le projet de résolution présenté par le délégué de l'Egypte.

La séance est levée à 12 h.30.

SIXIEME SEANCE

Mardi 20 mai 1975, 14 h.40 Président :

Dr Marcella DAVIES (Sierra Leone)

EXAMEN DETAILLE DU BUDGET PROGRAMME POUR LES EXERCICES FINANCIERS 1976 ET 1977 (suite) Lutte contre les maladies transmissibles (secteur de programme 5.1) (suite) Paludisme et autres maladies parasitaires (programme 5.1.3) (suite)

Ordre du jour, 2.2.3

Le Dr BARRI (Tunisie) déclare qu'avec l'assistance de l'OMS son pays a entrepris en 1971 une campagne d'éradication de la schistosomiase dans les gouvernorats de Gafsa et de Gabès, où cette parasitose sévissait à l'état endémique. Le plan national de développement pour la période 1971 -1974 prévoyait la construction de barrages et l'intensification des cultures irriguées, ce qui risquait d'aggraver le danger que représente la schistosomiase. Un épidémiologiste -malacologiste de l'OMS a aidé, sur le terrain, à préparer un projet qui a révélé la prévalence de cette maladie dans les oasis du sud et dans une enclave du centre. Plus de 190 000 échantillons d'urine provenant de 167 000 personnes ont été examinés avec un total de 10 904 cas positifs. Parallèlement, plus de 500 gîtes de Bulinus ont été localisés 300 d'entre eux où l'on avait trouvé des mollusques infectés ont été traités avec succès par le niclosamide. Une chimiothérapie sous contrôle comportant des doses massives de niridazole pendant sept jours a donné un taux de réussite de 95 % parmi les 9500 malades soignés. Des études écologiques ont permis de modifier les conditions de développement de Bulinus et de perfectionner un système d'irrigation et de puits artésiens. Après le départ de l'expert de l'OMS en 1974, le personnel tunisien qu'il avait formé a poursuivi les opérations à une cadence raisonnable. C'est ainsi que pendant le premier trimestre de 1975, 7500 échantillons d'urine ont été analysés afin de dépister les rechutes et les cas nouveaux ou non traités, et aussi pour suivre les cas guéris. Tous les efforts se portent actuellement sur le dernier foyer qui subsiste, dans la région de Kebili -Douz. Moyennant un traitement intensif et continu des malades et des mesures de lutte chimique et biologique, la Tunisie devrait pouvoir réaliser l'éradication de la schistosomiase dans un délai de deux ans. :

Le Dr JAROCKIJ (Union des Républiques socialistes soviétiques) constate que la situation de la schistosomiase, décrite de façon objective dans le rapport présenté à la Commission, est loin d'être satisfaisante. Les projets entrepris dans la plupart des pays en voie de développement depuis dix ou quinze ans pour mettre en valeur les ressources hydriques et les terres vierges et développer l'irrigation ont, dans bien des cas, favorisé la propagation de la schistosomiase, si bien que la protection des populations exposées est devenue l'une des tâches les plus pressantes sur le plan de la santé publique. Dès 1950, la Troisième Assemblée mondiale de la Santé avait adopté la résolution WHA3.26 appelant l'attention sur le danger qu'il y avait à étendre les projets d'irrigation aux zones infectées par la schistosomiase et demandant au Directeur général de prendre toutes mesures nécessaires. Depuis lors, l'OMS, en collaboration avec la FAO, a fourni une assistance technique considérable à ses Etats Membres. Néanmoins, la mise au point de médicaments chimioprophylactiques et thérapeutiques n'a guère progressé depuis vingt -cinq ans. Tous les agents thérapeutiques disponibles sont toxiques et ne peuvent être administrés que sous surveillance médicale, et il n'existe aucune préparation se prêtant à une chimiothérapie de masse. D'autre part, le coût des molluscicides susceptibles d'être utilisés pour lutter contre les gastéropodes qui servent d'hôtes intermédiaires dépasse les moyens financiers de beaucoup des pays affectés. La délégation de l'URSS souhaiterait obtenir des renseignements sur les recommandations pratiques auxquelles a pu donner lieu, jusqu'à présent, le projet exécuté au Ghana avec l'aide de l'OMS pour l'étude du problème de la schistosomiase dans les lacs artificiels, et elle voudrait savoir comment ces recommandations ont été appliquées. La délégation de l'URSS partage l'opinion des orateurs qui, à la séance précédente, ont souligné la nécessité d'une offensive combinée contre toutes les parasitoses tropicales dont souffrent les pays en voie de développement. Bien des individus sont infectés par plusieurs maladies parasitaires et les études effectuées par l'URSS à l'Institut des Maladies tropicales de Moscou et dans plusieurs pays d'Afrique ont révélé la complexité du problème. De plus, la construction de barrages dans les pays tropicaux donne naissance à des ensembles écologiques nouveaux et complexes; il faut les étudier dans leur intégralité et élaborer des méthodes pour s'attaquer au problème dans son ensemble. En ce qui concerne la schistosomiase, l'absence de médicaments thérapeutiques sans danger risque d'entraver la mise au point d'une méthodologie d'attaque exacte et scientifiquement valable. Pour ce qui est de l'onchocercose, bien que l'OMS ait beaucoup fait pour aider les

- 378 -

COMMISSION A

:

SIXIEME SEANCE :

379

il ne suffit pas, pays touchés, il reste néanmoins à mettre au point de meilleures méthodes en effet, de lutter contre le vecteur sans rien faire contre le réservoir humain de la maladie. Toute l'expérience accumulée dans le monde doit être mise à profit pour s'attaquer au problème des maladies parasitaires tropicales. L'URSS, qui possède une grande expérience des moyens de lutte sous tous leurs aspects, sera heureuse d'en faire bénéficier l'Organisation. Afin d'accélérer les travaux sur la mise au point de méthodes et d'agents de lutte contre ces maladies, les délégations de la République Démocratique Allemande et de l'Union soviétique soumettent à l'examen de la Commission le projet de résolution suivant :

La Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé, Appelant une fois de plus l'attention des Etats Membres sur l'un des problèmes de les santé publique les plus urgents actuellement dans les pays en voie de développement maladies parasitaires tropicales, et en particulier le paludisme, l'onchocercose, la filariose, la schistosomiase et la trypanosomiase, qui causent de graves atteintes à la santé des populations et retardent le progrès social et économique dans la plupart des pays en voie de développement; Notant les mesures prises par l'Organisation conformément à la résolution WHA27.52 pour intensifier les recherches sur les maladies parasitaires tropicales, mesures décrites dans le rapport du Directeur général sur l'activité de l'OMS en 1974; Estimant nécessaire de prêter en priorité attention à l'élaboration de recommandations et de méthodes pour les programmes de lutte contre les maladies parasitaires tropicales les plus importantes, et avant tout contre l'onchocercose, la schistosomiase, etc., qui sont déjà en cours ou en sont au stade de la planification active, en se servant à cette fin de toute l'expérience acquise par les Etats Membres, INVITE INSTAMMENT les Etats Membres, les centres de recherche ou d'action et les 1. spécialistes des sciences médicales étudiant des aspects de la pathologie tropicale à redoubler d'efforts pour mettre au point des moyens efficaces, sûrs et pratiques de lutte contre les maladies parasitaires tropicales; et PRIE le Directeur général de prendre les mesures requises pour améliorer le système 2. de coordination des programmes nationaux et internationaux de lutte contre les maladies parasitaires tropicales ainsi que les méthodes d'exécution de ces programmes et d'accorder une attention toute particulière à ces aspects du problème dans le rapport qu'il présentera à la Vingt - Neuvième Assemblée mondiale de la Santé en application de la résolution WHA27.52. :

Le Dr OKAMOTO (Japon) explique que, dans son pays, le programme de lutte contre les maladies parasitaires est entrepris aux termes de la Loi sur la prévention des parasitoses. Dans certains foyers d'endémicité, la lutte contre la schistosomiase est menée efficacement selon une méthode combinant des opérations molluscicides intensives avec la construction de fossés d'irrigation à revêtement de ciment. La Commission japonaise des Maladies parasitaires étudie depuis 1965, dans le cadre du Programme nippo -américain de Coopération dans le domaine des Sciences médicales, la lutte biologique contre les vecteurs et la réponse immunitaire des malades. Le Japon souhaite renforcer sa coopération avec l'OMS dans ce domaine, auquel, à son avis, il convient à l'avenir d'accorder la priorité sur les plans budgétaire et technique. Le Dr MAFIAMBA (République -Unie du Cameroun) déclare que la schistosomiase sévit à l'état endémique dans certaines provinces de son pays où jusqu'à 25 % des enfants de 12 ans peuvent en être atteints. L'inauguration de grands complexes agro- industriels a favorisé la propagation rapide de la maladie. Les méthodes utilisées avec succès pour réaliser l'éradication de la schistosomiase en Chine représenteraient peut -être une nouvelle arme utile dans la lutte contre cette maladie. La délégation du Cameroun appuie d'une manière générale le projet de résolution proposé par les délégations de l'Egypte, des Etats -Unis d'Amérique, de la Jordanie, du Soudan et de la Suède. Toutefois, le Dr Mafiamba propose d'ajouter au dispositif un nouveau paragraphe "d'étudier la possibilité de mettre en route un programme d'éradication ou libellé comme suit de lutte s'étendant au plus grand nombre possible de pays ", afin que ce programme ne soit pas de portée restreinte comme c'est le cas pour le programme d'éradication de l'onchocercose. Sans cette adjonction, la résolution ne profitera qu'aux pays du tiers monde importants ou avancés qui possèdent déjà des connaissances techniques dans ce domaine. :

Le Dr LEON (Argentine) insiste sur l'importance que présente la schistosomiase du point de vue de la santé publique. Le projet de résolution proposé par les délégations de l'Egypte et d'autres pays est acceptable, mais le Dr León propose d'insérer les mots "des projets hydroélectriques et /ou" avant les mots "des projets de mise en valeur des ressources hydriques ", au deuxième alinéa du préambule, afin d'attirer l'attention non seulement sur l'irrigation, mais aussi sur la construction des barrages, qui influe énormément sur la propagation de la maladie. Le Professeur SULIANTI SAROSO (Indonésie) déclare que, dans son pays, on avait pensé d'abord que Schistosoma japonicum n'était endémique qu'aux alentours du lac Lindu. Toutefois, de nouvelles enquêtes ont révélé d'autres foyers d'endémicité à Sulawesi. Bien que la schisto-

380

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

somíase ne sévisse à l'état endémique que dans quelques villages, le Ministère de la Santé, en collaboration avec le Ministère des Travaux publics et l'Unité de Recherche médicale de la Marine des Etats -Unis (NAMRU), a entrepris depuis trois ans des études écologiques très poussées dans le cadre des préparatifs du réseau d'irrigation qui doit être aménagé en aval du lac Lindu. Des études préalables aux mesures de lutte sont en cours avec l'assistance technique de l'OMS. Il est indiqué, dans l'introduction du rapport du Directeur général sur la schistosomíase, que, dans la province de Ta'wan, l'homme n'est pas infesté par S. japonicum, bien que le parasite soit présent chez les animaux domestiques. Le Professeur Sulianti Saroso demande si les souches animales sont différentes des souches humaines ou si ce phénomène est dG aux bonnes pratiques d'hygiène de la population. La délégation indonésienne appuie le projet de résolution proposé par les délégations de l'Egypte et d'autres pays. Sir John BROTHERSTON (Royaume -Uni de Grande -Bretagne et d'Irlande du Nord) est heureux que l'OMS se propose d'axer son activité sur la schistosomiase et qu'elle ait choisi cette maladie débilitante et très répandue comme l'une des six principales affections auxquelles on devra s'attaquer dans le cadre du programme de recherche biomédicale. Le Royaume -Uni est associé depuis longtemps aux activités de lutte contre la schistosomiase, notamment au Soudan et en Gambie. Il faut espérer que la conférence du Caire donnera des résultats positifs et que le groupe d'action sur la schistosomiase dégagera une stratégie valable. La délégation du Royaume -Uni souhaite s'associer aux coauteurs du projet de résolution sur la schistosomiase présenté à la Commission.

Pour le Dr KUPFERSCHMIDT (République Démocratique Allemande), les grandes maladies parasitaires tropicales constituent des problèmes prioritaires puisqu'elles sont très répandues et ont provoqué beaucoup de souffrances humaines et de pertes économiques. La lutte contre ces maladies s'est révélée beaucoup plus complexe que celle dirigée contre les maladies évitables par la vaccination, mais elles ont toutes un dénominateur commun leur présence et leur diffusion sont étroitement liées à des environnements naturels ou artificiels qui favorisent la multiplication des vecteurs, aux habitudes et au niveau d'instruction de la population, et au développement socio- économique en général. Outre les travaux de recherche prévus dans la résolution WHA27.52, l'OMS devrait centrer son attention sur la coordination des programmes nationaux et internationaux en vue de lutter globalement contre les maladies parasitaires, en recommandant des méthodologies et en stimulant les efforts visant à trouver des moyens de lutte efficaces, sans danger et universellement accessibles. A cette fin, il est nécessaire de tenir l'expérience positive acquise les Etats semblables à ceux qu'a connus le programme d'éradication du paludisme. C'est pourquoi la délégation de la République Démocratique Allemande, conjointement avec celle de l'URSS, a présenté un projet de résolution sur les activités de l'OMS relatives à l'élaboration de méthodes de lutte contre les maladies parasitaires tropicales. :

Le Dr A. M. HASSAN (Somalie) déclare que la schistosomiase ne pose pas encore un sérieux problème dans son pays. Toutefois, à mesure que les populations s'implantent dans de nouvelles régions et que l'on construit davantage de réservoirs d'eau, la maladie progresse. Il ressort d'une enquête effectuée dans la principale agglomération productrice de sucre, Jowhar, que plus de 80 % des riverains du fleuve, qui en utilisent l'eau, ont contracté la schistosomiase. La proportion n'était en revanche que de 11 % chez ceux qui avaient reçu une éducation sanitaire. Il ne faut ménager aucun effort pour empêcher les gens d'utiliser l'eau du fleuve. Une méthode efficace a consisté à aménager des puits assez loin du fleuve et à construire des latrines à fosse dans toutes les cases. La délégation de la Somalie appuie le projet de résolution proposé par celles de l'Egypte et d'autres pays. Le Dr SIWALE (Zambie) déclare que la schistosomiase revêt une importance particulière pour son pays, où l'on s'est aperçu au cours des années que les lacs artificiels aggravaient le problème. On note une forte incidence de cette maladie parmi la population riveraine du lac Kariba, l'un des plus vastes lacs artificiels. Par suite du développement de l'irrigation, en particulier dans les plantations de canne à sucre, l'incidence de la schistosomiase augmente chaque année. Des études effectuées dans les villes, notamment à Lusaka, ont mis en évidence un accroissement de la prévalence et de l'incidence de la schistosomiase chez les écoliers. Certains médecins pensent qu'il n'est pas nécessaire de traiter cette maladie, tandis que d'autres en sont venus à penser que le traitement est justifié à cause de l'association entre la schistosomiase et le cancer de la vessie. L'OMS devrait fournir des éclaircissements à ce sujet afin de dissiper toute ambigu /té quant à la nécessité du traitement. La délégation de la Zambie appuie le projet de résolution invitant l'OMS à donner un nouvel essor à l'étude de la schistosomiase. Le Dr ALMADA (Paraguay) dit qu'un certain nombre de grands programmes d'irrigation et de production d'énergie hydro- électrique ont été lancés dans son pays; l'un deux, entrepris conjointement par le Paraguay et le Brésil, prévoit la construction d'un barrage sur le fleuve Parana, qui produira plus de 12 millions de kilowatts /heure et sera le plus grand du monde.

COMMISSION A

:

SIXIEME SEANCE

381

Comme il s'agit là de projets de très grande envergure, le Gouvernement du Paraguay est préoccupé du risque de schistosomiase et autres maladies parasitaires transmises par l'eau qu'ils pourraient entraîner et il espère pouvoir prendre des mesures de prévention afin que le mal que pourraient faire ces maladies n'annule pas les avantages des projets envisagés. Le Paraguay et les autres pays d'Amérique latine - Brésil et Argentine - auxquels il s'est associé pour la mise en oeuvre de projets communs souhaitent que l'OMS les aide à résoudre ce problème, plus particulièrement en ce qui concerne la formation du personnel. Le Paraguay souhaiterait également recevoir des renseignements sur les résultats obtenus par d'autres pays dans la lutte contre ces maladies grâce à une participation active des collectivités locales. L'esprit communautaire devrait permettre de résoudre le problème comme il l'a déjà fait au Paraguay dans la lutte contre le paludisme. Il serait souhaitable en outre que l'OMS fournisse de nouveaux avis techniques concernant l'élaboration et la planification de grands projets d'aménagement hydraulique, afin de réduire le risque de propagation de la schistosomiase et des autres maladies. Pour terminer, le Dr Almada demande quel pourcentage des crédits budgétaires affectés au paludisme et aux autres maladies parasitaires est effectivement consacré à la lutte antipaludique.

Le Dr LEPES (Directeur de la Division du Paludisme et des autres Maladies parasitaires) souscrit à toutes les observations qui ont été faites au cours du débat. Il faudrait consacrer davantage d'efforts à la mise au point de méthodes de lutte dans différentes conditions écologiques. L'Organisation étudie actuellement une méthode qui permettrait d'empêcher la propagation de la schistosomiase à l'intérieur et aux alentours de retenues d'eau artificielles, comme les lacs créés à des fins d'irrigation ou de production d'énergie hydro- électrique. En ce qui concerne l'onchocercose l'OMS pourrait, en dehors du programme intéressant sept pays d'Afrique occidentale, continuer en consultation avec ses bureaux régionaux à aider sur demande les gouvernements soit en leur donnant des conseils techniques soit en participant à l'élaboration de programmes de lutte contre la maladie. Le Dr DAVIS (Division du Paludisme et des autres Maladies parasitaires), répondant au délégué de l'URSS, déclare que le problème a de multiples aspects et qu'on applique pour cette raison de nombreuses techniques à la fois dans la région du lac Volta. Dans une zone où le taux de prévalence est de 90 % chez les enfants de huit ans et où il est difficile de trouver suffisamment de sujets non infectés pour les études d'incidence, les conditions se prêtent tout particulièrement à ce genre d'approche. La phase d'attaque, qui commence ce mois -ci dans le projet du lac Volta, va consister à installer des puits pour réduire la proportion de la population qui entre en contact avec de l'eau infectée. Un programme de traitement des foyers par des opérations molluscicides, surveillé par l'Institut de Biologie aquatique du Ghana, va tenter de diminuer la mortalité qu'entraînent ces opérations chez les poissons ainsi que les autres effets nocifs sur l'environnement, et un programme de traitements chimiothérapiques répétés va être lancé au mois d'août et durera trois ans. En outre, une équipe d'éducation sanitaire va travailler systématiquement dans les villages. L'OMS estime que cette lutte sur divers fronts à la fois est la seule façon logique de s'attaquer à une situation d'endémie ou même d'hyperendémie. L'expérience des autres pays est instructive à cet égard; le délégué de la Chine a souligné que dans son pays les mesures de lutte sont multiples et même dans des pays où la schistosomiase l'attaque a toujours été a été plus ou moins enrayée - comme le Liban, la Tunisie ou l'Iran menée de divers côtés à la fois. Le Dr Davis pense que c'est là l'approche qui sera adoptée dans la plupart des pays. Répondant à une question posée par le délégué de l'Indonésie, le Dr Davis dit que la situation à Taiwan est due à une différence biologique intrinsèque de la souche de schistosome et qu'il ne s'agit pas d'une différence dans les habitudes de la population. Cette souche n'a pas été observée chez l'homme en dépit de recherches répétées.

Le Professeur DAVIES (Israël) dit que sa délégation souhaite figurer parmi les auteurs du projet de résolution sur la schistosomiase. Le Dr VIOLAKIS - PARASKEVAS (Grèce) propose d'ajouter à la fin du dispositif de ce projet "d'appeler l'attention des Etats Membres où la maladie n'est pas épidémique les mots suivants sur la nécessité d'organiser la surveillance épidémiologique dans le cadre des services de :

santé ".

Le Professeur SENAULT (France) indique qu'en raison du nombre important d'amendements proposés, la délégation française souhaiterait les voir réunis dans un nouveau projet de résolution, pour pouvoir présenter ses observations. Le PRESIDENT annonce qu'un texte révisé sera établi et distribué.1 Le Dr DEL CID PERALTA (Guatemala) déclare que le problème de l'onchocercose dont son pays s'occupe depuis vingt ans ne semble pas près de trouver une solution. Il pense que les

1 Voir p. 394.

382

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

techniques de lutte pourraient être améliorées grâce à de nouvelles recherches, notamment d'ordre entomologique. L'OMS devrait tirer parti des travaux qui ont été accomplis dans ce domaine, notamment au Guatemala avec la participation du Japon. Le Professeur JANSSENS (Belgique) appelle l'attention sur le problème assez décourageant de la trypanosomiase en Afrique. Cette maladie, à laquelle sont exposés 35 millions de personnes, connaît malgré une surveillance sans relâche une résurgence brutale. L'ampleur du problème, si elle est moindre que dans le cas d'autres maladies parasitaires, montre que dans ce cas la somme des inconnues est infiniment plus grande que la somme des connaissances. Jusqu'à présent, l'action entreprise a surtout consisté en dépistages actifs par de petites équipes mobiles à intervalles réguliers de six mois ou un an. Les méthodes de dépistage se sont améliorées; mais on se heurte maintenant au problème des porteurs sains, dont on soupçonnait l'existence sans en avoir la preuve. La véritable question est de savoir quels sont les meilleurs moyens de dépister cette maladie, dont l'issue est généralement fatale. Les principaux problèmes sont la résistance, la toxicité des médicaments et pratiquement le refus de l'industrie pharmaceutique de produire de nouveaux trypanosomicides parce que cette production n'est pas rentable. En outre, en dépit de l'attention que l'on a accordée au problème de la prophylaxie par la pentamidine, l'efficacité de cette substance n'est pas nettement démontrée. A tous les points de vue l'avenir est donc incertain et on peut se demander s'il ne conviendrait pas de diversifier davantage la lutte contre la maladie et de se pencher davantage sur le problème du vecteur, la mouche tsé -tsé. Le DDT est une arme efficace à condition que la lutte antivectorielle soit suffisamment préparée. De cette façon, on pourrait améliorer les résultats. La délégation de la Belgique est heureuse de voir que la vigilance de l'OMS ne fléchit pas à l'égard de la trypanosomiase, malgré la priorité souvent très faible que les gouvernements accordent à cette maladie. Elle se réjouit d'autre part à la pensée que la recherche fondamentale et appliquée concernant les maladies tropicales permettra probablement d'élargir les connaissances dans un domaine qu'on peut considérer comme d'une importance majeure pour l'Afrique tropicale. Le Dr LEON (Argentine) déclare que la maladie de Chagas, qui pose un grave problème dans son pays, s'est étendue à19 des 22 provinces du pays et que deux millions de personnes en sont maintenant atteintes. Divers facteurs d'aggravation, tels que les migrations de populations et le manque d'insecticides, ont nui aux opérations de lutte contre les vecteurs. La délégation de l'Argentine demande donc à l'OMS d'aider les pays affectés à mettre en oeuvre un programme intégré de lutte contre la maladie de Chagas en Amérique du Sud. Le Dr MICHEL (France) estime qu'il importe de continuer à donner la priorité à la lutte contre les grandes parasitoses tropicales à la fois sur le plan de la recherche et sur le plan des méthodes opérationnelles. Il aimerait cependant que des précisions lui soient données sur la nature de la coordination qui est envisagée dans le projet de résolution de la République Démocratique Allemande et de l'Union des Républiques socialistes soviétiques. S'agit -il de coordonner les différents programmes nationaux, ou les programmes nationaux et internationaux, ou encore les différents programmes internationaux eux -mêmes ? Le Dr YELLOWLEES (Royaume -Uni de Grande -Bretagne et d'Irlande du Nord) appuie le projet de résolution et pense qu'il serait peut -être utile d'y ajouter une référence aux activités de l'OMS concernant la recherche biomédicale. Il propose donc d'ajouter à la fin du préambule "Accueillant avec satisfaction les activités de recherche biomédicale entrel'alinéa suivant prises par l'OMS dans ce domaine ". :

Le Dr JAROCKIJ (URSS), répondant au délégué de la France, explique que le projet de résolution envisage de coordonner les programmes existants, tant nationaux qu'internationaux, avec l'assistance de l'OMS. Le Professeur SENAULT (France) fait observer qu'il ressort du texte - au moins dans la version française - que le Directeur général pourrait intervenir directement dans les programmes nationaux sans avoir reçu de demande préalable des gouvernements. Il demande si tel est bien le sens du projet de résolution. Le Dr JAROCKIJ (Union des Républiques socialistes soviétiques) donne au délégué de la France l'assurance qu'il n'est nullement question d'une intervention. Il s'agit seulement de coordonner les programmes nationaux avec les programmes internationaux. Le Professeur SENAULT (France) déclare que, si l'ambigu /té du texte français peut être levée, la délégation française acceptera le projet de résolution.

Le Dr NOORDIN (Malaisie) a cru comprendre que la Commission devait examiner à part la question de la lutte contre le paludisme. Il propose donc que le mot "paludisme" soit supprimé dans le premier alinéa du préambule.

Le Professeur HARELL (Isral) propose que, dans le deuxième paragraphe du dispositif, les mots "les programmes nationaux et internationaux" soient remplacés par les mots "les divers programmes ".

COMMISSION A

:

SIXIEME SEANCE

383

Le Dr JAROCKIJ (URSS) déclare que sa délégation accepte les amendements proposés par les délégations du Royaume -Uni, de la Malaisie et d'Israël. Décision :

Le projet de résolution, ainsi amendé, est approuvé.1

(Voir la suite du débat sur le programme 5.1.3 dans le procès -verbal de la huitième séance.)

Eradication de la variole (programme 5.1.4) Le Dr HENDERSON (Service de l'Eradication de la variole), présentant le rapport du Directeur général sur l'éradication de la variole, dit que les douze mois écoulés ont été marqués par des progrès remarquables. La preuve la plus saisissante en est le nombre des cas de variole signalés, qui est aujourd'hui inférieur de 90 % à celui qui avait été enregistré en 1974, ce qui représente le chiffre le plus bas jamais enregistré. le Pakistan, l'Inde et le Bangladesh, En 1974, la variole était endémique dans quatre pays et l'Ethiopie. Aucun cas n'a été enregistré au Pakistan depuis octobre 1974 et, en Inde, pays dévasté par de graves épidémies en 1974, seuls 100 cas ont été signalés pour mars /avril 1975. L'Ethiopie ne connaît actuellement que 50 à 90 cas par semaine. Le seul revers enregistré est le programme du Bangladesh, où l'on espérait que l'éradication de la variole serait chose faite en janvier 1975. Mais, à la suite d'inondations et de mouvements de population sans précédent, la maladie s'est propagée à travers tout le pays. Un programme d'urgence est actuellement en cours et l'on espère maîtriser la variole au cours des quatre à six prochains mois. Les progrès réalisés au cours de l'année écoulée s'expliquent par le fait que les gouvernements ont accordé la priorité au programme, lequel a bénéficié d'un apport de US $9 millions, provenant essentiellement du Gouvernement suédois, mais aussi des autres gouvernements mentionnés dans le rapport du Directeur général. L'éradication de la variole a été confirmée dans les Amériques et en Indonésie et des études se poursuivent en Afrique occidentale en vue d'y réunir une commission internationale. En dépit des progrès accomplis, il n'y a pas lieu de se réjouir trop têt; les six prochains mois seront cruciaux. Il est évident que, si la transmission de la variole persiste au -delà d'octobre 1975 au Bangladesh - pays extrêmement peuplé - la maladie ne pourra probablement pas être maîtrisée d'ici un an. L'Inde, où à l'heure actuelle deux à trois cas sont importés chaque semaine, serait particulièrement exposée et à Calcutta, ville la plus proche et la plus vulnérable, la situation est très dangereuse. En Ethiopie, des mesures diligentes et promptes s'imposent. Il faut de toute urgence obtenir des fonds additionnels pour accélérer la mise en oeuvre des programmes; à cette condition, il y a tout lieu d'espérer que, vers le mois de mai moment où l'on pourra confirmer l'éradication totale de la variole. de 1976, sera :

Le Dr SCEPIN (Union des Républiques socialistes soviétiques) déclare que la régression marquée de l'incidence de la variole en 1975, le fait qu'aucune diminution analogue n'avait jamais été enregistrée auparavant et le fait que le nombre de zones épidémiques n'a jamais été aussi faible prouvent qu'il est possible d'éliminer la maladie. Les mois à venir seront déterminants pour le succès du programme. Les résultats obterfus jusqu'ici attestent qu'il était sage d'adopter, en 1958, la résolution WHA11.54, qui a marqué le lancement du programme. L'Union soviétique s'est toujours attachée au développement du programme, pour lequel elle a fourni plus de 1500 millions de doses de vaccin entre 1958 et 1974, et elle souhaite vivement que ce programme soit rapidement mené à son terme. Le programme d'éradication de la variole, qui a été précédé d'un certain nombre d'opérations nationales et internationales de lutte, est passé par toute une série d'étapes. Entre 1958 et 1966, il a été financé par les budgets nationaux et par le fonds bénévole de l'OMS pour la promotion de la santé. Au cours de cette période, presque tous les pays où la variole était endémique ont inscrit un programme d'éradication dans leurs plans nationaux et l'OMS ainsi que d'autres pays ont apporté à ces pays une aide technique et parfois matérielle. L'OMS a convoqué des comités d'experts et publié des normes minimales concernant le vaccin antivariolique. Le Dr cepin considère cette période comme particulièrement importante, car on a alors acquis l'expérience qui a permis de passer à l'étape suivante, et il déplore qu'un certain nombre d'articles parus récemment aient donné l'impression que le programme n'a vraiment débuté qu'en 1967.

La délégation de l'URSS souhaite vivement que l'expérience acquise au cours du programme fasse l'objet d'une publication spéciale qui serait rédigée avec le concours des experts ayant participé au programme et dont la teneur serait soumise à l'approbation de tous les pays participants. Il est nécessaire de faire preuve de vigilance au cours de la phase finale du programme, afin de prévenir toute flambée nouvelle de variole. Mais d'autres éléments sont également premièrement, l'action (déjà en cours) d'évaluation objective de l'éradication; importants deuxièmement la mise en place, après l'éradication, de systèmes optimaux de surveillance épidémiologique; troisièmement, l'évaluation de la qualité de ces systèmes et l'assistance aux pays :

1

Ce projet de résolution a été transmis à l'Assemblée de la Santé dans le premier rapport de la Commission et adopté sous le numéro d'ordre WHA28.51.

384

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

pour en assurer la bonne organisation et le bon fonctionnement; quatrièmement, la centralisation de l'expérience acquise dans l'exécution du programme et l'évaluation de ses résultats, notamment du point de vue de sa rentabilité économique. Grâce à ce travail, l'expérience acquise pourra servir à choisir, planifier et exécuter des programmes de lutte contre d'autres maladies transmissibles; elle sera, de l'avis du Dr Sèepin, particulièrement utile à l'heure actuelle en relation avec les programmes de vaccination des enfants. En outre, l'établissement de règles internationales de surveillance épidémiologique, une fois réalisée l'éradication de la variole, facilitera l'exécution des tâches précises liées au maintien de l'éradication à travers le monde. Enfin, lorsque le virus de la variole humaine aura cessé de circuler et lorsque la vaccination antivariolique ne sera, selon toute vraisemblance, plus pratiquée, il importera de faire des recherches sur les poxvirus des animaux, notamment le virus du monkeypox. La délégation de l'URSS soumet à la Commission le projet de résolution suivant :

La Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé, Ayant examiné la rapport du Directeur général sur le programme d'éradication de la variole; Notant avec satisfaction le succès considérable obtenu dans l'exécution du programme et dont témoigne la réduction marquée du nombre des cas de variole dans les pays où la maladie est endémique; Considérant que les progrès accomplis et les efforts inlassables déployés par l'OMS et ses Etats Membres pour exécuter le programme permettent de compter que l'éradication de la variole sera bientOt achevée dans le monde entier; Consciente de ce que la réussite de ce programme représentera le premier exemple de l'éradication d'une maladie hautement dangereuse grace à une large coopération internationale et aux efforts collectifs de l'OMS, de ses Etats Membres et de diverses organisations internationales tant gouvernementales que non gouvernementales; Reconnaissant que le succès du programme a tenu à sa base profondément scientifique, aux recherches et investigations pratiques incessantes pendant toute la durée de son exécution, aux mesures prises pour tenir dament compte des caractéristiques particulières de l'agent causal de la variole ainsi que de l'immunité à l'infection, aux améliorations considérables apportées ces quelques dernières années à la qualité et à l'efficacité du vaccin antivariolique, à la mise au point et à la large application pratique de nouvelles méthodes de vaccination de masse, et au perfectionnement constant des systèmes de dépistage des cas et d'enregistrement des vaccinations; Notant aussi que l'entrée du programme d'éradication de la variole dans sa phase finale a été le résultat d'efforts prolongés et hérotques faits par de nombreux pays, organismes internationaux, établissements, médecins et agents de terrain, tant dans la période précédant les années 1950 durant laquelle on a exécuté des campagnes nationales et créé les conditions préalables à l'action antivariolique à l'échelle internationale qu'après l'institution et le lancement d'une campagne internationale d'éradication de la variole conformément à la résolution WHA11.54 adoptée en 1958 et après l'intensification du programme à partir de 1967 conformément à la résolution WHA19.16, REMERCIE tous les gouvernements, toutes les organisations et toutes les personnes qui 1. ont contribué à l'exécution du programme et leur demande de poursuivre leurs efforts d'éradication de la variole pendant cette phase finale du programme; 2. SOULIGNE la nécessité de maintenir dans toutes les régions du monde la plus grande vigilance et un esprit de haute responsabilité, de sorte que, grace à la poursuite de la surveillance épidémiologique active et des programmes de vaccination correspondants, on évite les poussées possibles de variole pour ne pas laisser se perdre les conditions favorables qui existent actuellement pour l'achèvement couronné de succès du programme; 3. ESTIME nécessaire de récapituler et de décrire dans une publication d'importance majeure l'éradication de la variole dans le monde entier, en s'assurant à cette fin le concours de scientifiques et d'agents de terrain ayant participé à l'exécution du programme, après avoir analysé avec soin et ainsi préservé pour l'humanité l'expérience historique unique que constitue l'éradication de l'une des maladies transmissibles les plus dangereuses grâce à une coopération internationale efficace, expérience qui servira sans doute pour des programmes d'action contre d'autres maladies transmissibles; 4. PRIE le Directeur général 1) d'élaborer des recommandations concernant les activités futures de l'Organisation et de ses Etats Membres qui seront requises pour maintenir l'éradication de la variole dans le monde entier, y compris des adjonctions possibles au Règlement sanitaire international; 2) d'assurer une extension des recherches sur les méthodes permettant de différencier les virus du groupe des poxvirus et de déterminer les caractéristiques spéciales de leur épidémiologie, une attention particulière étant prêtée aux virus semblables à celui de la variole (souches whitepox) isolés chez des singes et à d'autres virus des singes; et :

COMMISSION A

:

SIXIEME SEANCE

385

3) de soumettre au Conseil exécutif, à l'une de ses sessions, ou à une Assemblée mondiale de la Santé un rapport sur l'évolution dans ce domaine.

(Voir la suite du débat sur le programme 5.1.4 dans le procès- verbal de la septième séance.)

Personnel et services généraux (secteur de programme 8.1) Le PRESIDENT annonce que, comme M. Munteanu, Directeur de la Division du Personnel et des Services généraux, doit quitter Genève pour se rendre en mission, il faudrait que la Commission examine dès maintenant la question du personnel et des services généraux. Elle invite M. Munteanu à présenter ce secteur de programme. M. MUNTEANU (Directeur de la Division du Personnel et des Services généraux) rappelle que ce secteur de programme comprend quatre groupes d'activités différentes gestion administrative; personnel; fournitures; enfin conférences, services intérieurs et bâtiments. L'application des techniques modernes de gestion à la planification, à l'organisation, au contrôle et à l'évaluation des activités est nécessaire pour tous les programmes et projets, et il faut s'assurer que les fonds disponibles sont utilisés le plus rationnellement possible. L'aide du petit groupe OMS de spécialistes de ces techniques est constamment sollicitée pour des enquêtes de gestion. Des études coût /efficacité et coût /avantage sont faites régulièrement, ainsi que des études sur la planification, la surveillance et l'évaluation des projets; des études de ce genre ont été menées en Algérie, en Pologne, en Hongrie et au Cameroun. Des rapports viennent d'être établis après étude de l'organisation et de la gestion des projets de planification préinvestissement soutenus par le PNUD, et des conférences sur l'application des sciences de la gestion aux programmes de santé ont été faites récemment à Moscou et à Prague. Ces conférences sont organisées sur demande. Le service du Personnel a pour tâche de développer les sources de recrutement, de procéder au recrutement, d'aider les comités de sélection et de nommer le personnel. Il s'occupe de coordonner le placement, la réaffectation et la rotation du personnel, et, en étroite coopération avec les bureaux régionaux, il administre plus de 5000 membres du personnel (y compris le personnel de l'OPS), chiffre auquel s'ajoute un total annuel de 6500 consultants et cadres temporaires de la catégorie professionnelle ainsi que 950 personnes de la catégorie des services généraux. Le personnel de l'OMS comprend plus de 40 groupes professionnels différents et appartient à 109 nationalités. La politique de l'OMS en matière de personnel doit être constamment revue pour pouvoir s'adapter aux tendances récentes du développement des programmes. Des modalités nouvelles de recrutement et d'emploi sont mises au point et l'on intensifie les consultations avec les représentants du personnel. Un programme de développement, de formation et d'information du personnel a été lancé et sera élargi à l'avenir. Le programme de fournitures a pour objet d'acquérir et d'expédier, dûment assurés, les fournitures et le matériel médical spécialisé qui sont destinés à soutenir les projets et les activités du programme. En 1974, la valeur des fournitures et du matériel achetés par l'intermédiaire du Siège s'élevait à près de US $16 millions; ce montant ne cesse de s'accroître, bien que l'on s'efforce de décentraliser l'approvisionnement et que chaque bureau régional s'occupe dans une large mesure de procurer des fournitures aux pays de son ressort. La collaboration étroite avec le FISE est une caractéristique constante des activités dans ce domaine. Le service des fournitures participe à l'aide de l'OMS aux pays dans les cas d'urgence et de catastrophe naturelle; il collabore avec un certain nombre d'organismes internationaux, notamment avec l'Organisation des Nations Unies et la FAO pour les opérations de secours dans la zone sahélienne, la Ligue des Sociétés de la Croix -Rouge, le Bureau du Coordonnateur des Nations Unies pour les secours en cas de catastrophe et le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés. Les opérations de secours d'urgence des Nations Unies entreprises au titre du programme d'action concernant l'instauration d'un nouvel ordre économique international ont déjà apporté une assistance spéciale aux pays en voie de développement les plus gravement touchés par la crise économique, ce qui a eu une incidence considérable sur les activités de l'OMS en matière de fournitures; celles -ci se développeront vraisemblablement de façon significative en 1975 et :

1976.

Si le rôle de l'OMS n'est pas spécialement de procurer des fournitures, la plupart des projets de l'Organisation comportent cependant un élément "fournitures" important; il faut répondre aux demandes d'achats contre remboursement adressées par des Etats Membres, et la participation de l'OMS aux programmes d'aide d'urgence concerne pour une large part des fournitures. Ainsi, l'Organisation est amenée à elargir ses services d'approvisionnement, mais ceux ci se heurtent à un certain nombre de difficultés dues au flottement des taux de change, à l'inflation des prix, aux retards dans les livraisons, et aux pénuries. Des experts ont fait une étude pour voir si l'approvisionnement en fournitures assuré par l'OMS ne pourrait pas être mieux organisé par l'intermédiaire de contractants et de sous -traitants, mais ils ont conclu qu'en termes coût /efficacité, c'était l'action directe de l'OMS qui était la plus rationnelle et la plus efficace. On s'efforce actuellement d'améliorer encore les services rendus.

386

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

Enfin, le programme relatif aux conférences, aux services intérieurs et aux bâtiments vise à fournir les services de base nécessaires au fonctionnement pratique du Siège (communications, conférences, documentation, entretien et bonne marche des bâtiments). Ce sont là des fonctions logistiques essentielles que l'on considère généralement comme allant de soi parce qu'elles sont assurées de façon efficace, harmonieuse et utile par un personnel qui fait généralement son travail dans les coulisses. Là aussi, les coûts ont augmenté rapidement et l'on s'efforce tout particulièrement de rationaliser les services. Le Dr SENCER (Etats -Unis d'Amérique) se félicite des efforts déployés par l'Organisation pour assurer la formation du personnel en cours d'emploi. L'OMS ne saurait aider les autres si son propre personnel ne tient pas constamment ses connaissances à jour. Le Dr Sencer se félicite de l'esprit novateur que traduit le cadre administratif mis en place par le Bureau régional de l'Asie du Sud -Est pour appuyer le programme d'éradication de la variole dans la Région.

Le Dr ROASHAN (Afghanistan) dit qu'étant donné les incidences financières considérables du programme, sa délégation aimerait avoir l'assurance que des critères valables sont appliqués dans la sélection du personnel technique et des consultants. M. MUNTEANU (Directeur de la Division du Personnel et des Services généraux) appelle l'attention sur l'article 35 de la Constitution et sur l'article 4.2 du Statut du Personnel de l'OMS, qui stipulent que la considération dominante dans la sélection du personnel doit être d'assurer les services de personnes qui possèdent les plus hautes qualités de travail, de compétence et d'intégrité, et qu'il faut dûment prendre en considération l'importance d'un recrutement effectué sur une base géographique aussi large que possible. L'Organisation fait tout ce qui est en son pouvoir pour appliquer ces critères à la sélection de son personnel. Le Dr KLIVAROVA (Tchécoslovaquie) déclare que sa délégation a longuement réfléchi aux moyens de réaliser des économies au niveau des dépenses administratives. Les spécialistes de l'OMS qui travaillent dans diverses disciplines médicales tant au Siège que dans les bureaux régionaux pourraient faire partie des comités d'experts une ou deux fois par an, ce qui permettrait d'économiser des frais de voyage et des indemnités de subsistance, qui sont très élevés. On pourrait également tirer un plus grand parti des invitations adressées par les Etats Membres pour l'organisation de réunions, de séminaires, de comités d'experts et de groupes scientifiques, ces pays supportant alors une partie des dépenses administratives; ils devraient bien entendu être informés à l'avance de la date de la réunion et du nombre de personnes qui y participeraient. Le Dr Klivarová propose aussi que l'on fixe un laps de temps pendant lequel les projets soutenus par l'OMS devraient être entrepris, ce qui permettrait là encore de faire des économies. D'autre part, dans la préparation de documents, l'OMS devrait avoir recours à l'assistance d'établissements nationaux spécialisés qui effectueraient à titre gratuit des études sur des sujets donnés. Enfin, les organisations médicales non gouvernementales pourraient intervenir davantage pour résoudre certains problèmes. La séance est levée à 17 h.25.

SEPTIEME SEANCE

Mercredi 21 mai 1975, 14 h.30 Président :

Dr Marcella DAVIES (Sierra Leone)

EXAMEN DETAILLE DU BUDGET PROGRAMME POUR LES EXERCICES FINANCIERS 1976 ET 1977 (suite)

Ordre du jour, 2.2.3

Lutte contre les maladies transmissibles (secteur de programme 5.1) (suite) Eradication de la variole (programme 5.1.4) (suite) Le Dr FLEURY (Suisse) dit que sa délégation a pris note avec beaucoup de satisfaction des résultats remarquables du programme d'éradication de la variole et félicite l'OMS de son excellent travail. Aucun cas de variole n'a été importé en Suisse depuis 1963 et la probabilité d'une nouvelle importation est devenue très faible. Néanmoins, en attendant que l'éradication soit réalisée dans le monde entier, les autorités sanitaires suisses continuent à recommander de poursuivre sans relâche les efforts en matière de vaccination, car sans cela l'importation d'un seul cas de variole pourrait avoir des conséquences catastrophiques. La Suisse continuera à soutenir le programme de l'OMS relatif à la fourniture de quantités supplémentaires de vaccin et elle espère que les crédits utilisés à cette fin pourront bientêt être affectés à un autre programme. Le Dr KLIVAROVA (Tchécoslovaquie) déclare que, de l'avis de sa délégation, le programme intensifié de lutte contre la variole a commencé en 1958 lorsque la Onzième Assemblée mondiale de la Santé a adopté la résolution WHA11.54. La Tchécoslovaquie a pris une part active au programme, dont le succès a été attesté par les informations reçues ces dernières années. Sa délégation estime que les efforts ne doivent pas se relâcher et en conséquence elle appuie, et désire patronner elle aussi, le projet de résolution présenté par la délégation de l'URSS à la sixième séance de la Commission. Le Dr TOTTIE (Suède) estime que l'éradication de la variole soulagerait de nombreux pays du lourd fardeau que représente le maintien de programmes de vaccination qui coûtent cher en argent et en personnel; les moyens utilisés à cette fin pourraient par la suite être affectés à d'autres programmes de santé. Le Gouvernement suédois, qui a soutenu depuis le début le programme d'éradication de la variole, est heureux de pouvoir offrir une nouvelle contribution d'environ US $lmillion pour la mise en oeuvre du projet au Bangladesh. Les prochains mois seront décisifs et la délégation suédoise espère qu'il sera enfin possible d'éradiquer complètement la variole. Elle approuve donc la proposition de publier un ouvrage qui constituera un manuel commémoratif et pourra servir de guide pour d'autres programmes similaires dans l'avenir. Elle considère aussi qu'il est important de poursuivre les activités de surveillance dans les pays libérés de la maladie. Le Professeur SULIANTI SAROSO (Indonésie) se félicite des progrès réalisés en Inde, mais se préoccupe beaucoup du recul enregistré au Bangladesh. L'Indonésie a été déclarée exempte de variole en avril 1974, cinq ans après la mise en route d'un programme à l'échelle nationale. Au début, le programme s'appuyait en grande partie sur la vaccination de masse, mais on a constaté que même une couverture immunitaire à 95 n'interrompait pas la transmission et qu'une surveillance stricte et de promptes mesures d'endiguement étaient plus importantes. En conséquence, on a entrepris de déterminer pour chaque cas de variole connu tous les contacts antérieurs et ultérieurs, et tous les contacts dépistés ont été immédiatement vaccinés. Les enfants ont très bien compris la situation et ils ont signalé les cas existant dans leur entourage. Les mesures de surveillance se poursuivent et le personnel sanitaire signale les cas suspects et effectue les prélèvements pour le diagnostic de laboratoire. Environ 800 prélèvements ont été examinés depuis que l'Indonésie a été déclarée exempte de variole et tous ont été trouvés négatifs. La délégation de l'Indonésie espère que les fonds supplémentaires demandés par le Directeur général seront obtenus et que la vaccination contre la variole cessera d'être nécessaire. Pour le Dr A. M. HASSAN (Somalie), la campagne d'éradication de la variole est un bon exemple de coopération internationale dans les efforts entrepris par l'humanité pour combattre la maladie. C'est une expérience qui mérite d'être étendue à d'autres domaines, l'OMS et les Etats Membres s'unissant pour servir la cause commune de l'amélioration de la santé de tous. La variole n'est pas endémique en Somalie, mais elle sévit dans un pays voisin et plusieurs cas ont été importés en 1974 et 1975. 1l n'y a pas eu d'infection secondaire, mais les mesures de surveillance ne se relâcheront pas tant que la maladie n'aura pas été éradiquée du continent africain.

- 387 -

388

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

Dans le courant de l'année dernière, la Somalie a lancé une campagne de développement rural visant à réduire l'analphabétisme et à améliorer les conditions sanitaires. Les principales mesures sanitaires ont été l'immunisation contre la variole et la tuberculose, 800 000 personnes ayant été vaccinées contre la première de ces maladies et 500 000, dans le groupe d'âge 0 -15 ans, contre la seconde. Aux termes d'un accord récemment conclu avec les autorités éthiopiennes, les opérations de vaccination s'effectueront simultanément de part et d'autre de la frontière de facto et l'on espère ainsi assurer l'éradication de la variole. Le Dr RAHMAN (Bangladesh) partage pleinement l'inquiétude exprimée au sujet du recul du programme d'éradication de la variole au Bangladesh. Ainsi qu'il est dit dans le rapport du Directeur général sur l'éradication de la variole, les progrès enregistrés au cours des neuf premiers mois de 1974 avaient laissé espérer que la transmission pourrait être interrompue en janvier 1975, 91 villages seulement étant infectés à la fin d'octobre 1974. Toutefois, en raison d'inondations dévastatrices, d'une famine et de mouvements de population sans précédent qui se sont produits dans les deux principales zones d'endémie (celles de Rangpur et de Mymensingh), la maladie s'est propagée jusqu'à Dacca et finalement, à la suite de l'évacuation des taudis de la ville sur décision du Gouvernement, elle s'est répandue dans tout le pays. Au 17 mai 1975, il y avait au Bangladesh 1163 villages infectés. Un plan d'urgence a été établi et la priorité absolue a été donnée à l'éradication de la variole. Le Président a donné des instructions pour que toutes les ressources en personnel sanitaire soient regroupées et 30 000 personnes s'emploient maintenant à exécuter le programme. Le Dr Rahman assure la Commission que, si l'aide nécessaire est fournie, la variole sera éradiquée d'ici à la fin de 1975

Le Dr SENCER (Etats -Unis d'Amérique) félicite l'OMS d'avoir dirigé de façon si remarquable la campagne mondiale. Il rend hommage aux pays qui ont réalisé l'éradication de la maladie et prouvé ainsi que ceux qui disaient la chose impossible avaient tort. Toutes les personnes concernées, tant dans les zones reculées que dans les ministères, ont travaillé avec compétence et enthousiasme. Il est hors de doute que la tâche entreprise pourra être achevée si le travail se poursuit au même rythme que l'année dernière et s'il s'accélère dans les quelques foyers qui subsistent, mais il ne faut pas oublier qu'éradication implique certification. Se référant au projet de résolution de la délégation de l'Union soviétique, le Dr Sencer le trouverait acceptable pour sa délégation avec les amendements suivants Premièrement, dans le quatrième alinéa du préambule, remplacer les mots "l'éradication d'une maladie hautement dangereuse" par "l'éradication d'une maladie dangereuse par l'homme ". Deuxièmement, dans le premier paragraphe du dispositif, remplacer "poursuivre" par "accroître de façon sélective ". Troisièmement, dans le deuxième paragraphe du dispositif, remplacer "de maintenir" par :

"d'accroître ".

Quatrièmement, à l'alinéa 1) du quatrième paragraphe du dispositif, remplacer "adjonctions" par "modifications ".

Finalement, ajouter les deux nouveaux paragraphes suivants avant le premier paragraphe actuel du dispositif :

FELICITE les pays suivants qui, depuis le lancement du programme mondial, sont parvenus au résultat remarquable que constitue l'éradication de la variole à l'intérieur Afghanistan, Afrique du Sud, Botswana, Brésil, Burundi, Dahomey, de leurs frontières Ghana, Guinée, Haute -Volta, Indonésie, Kenya, Liberia, Malawi, Mali, Mozambique, Népal, Niger, Nigeria, Ouganda, Pakistan, République -Unie du Cameroun, République -Unie de Tanzanie, Rwanda, Sierra Leone, Soudan, Togo, Zaire et Zambie; EXPRIME l'assurance qu'aux prix d'efforts soutenus, les pays qui sont si près du but - le Bangladesh, l'Ethiopie et l'Inde - réaliseront l'éradication. :

Le Dr TEKLE (Ethiopie) déclare que l'Ethiopie est le seul pays d'Afrique où la variole est encore considérée comme endémique. Le programme a débuté en Ethiopie en février 1971, avec un personnel comprenant seulement un fonctionnaire supérieur et 18 agents du service de santé. Ce personnel a augmenté régulièrement et, en 1974, il comprenait 71 agents éthiopiens et 22 expatriés qui assuraient la surveillance et les travaux d'épidémiologie sous la direction de quatre épidémiologistes de l'OMS et d'un conseiller principal. On disposait en outre d'un important personnel de soutien, d'un parc de véhicules tous terrains et d'équipements de radio destinés à faciliter les communications. Peu après le début du programme, il est apparu que la variole était endémique sur plus de 90 % du territoire du pays, 43 000 cas ayant été décelés en 1971 et en 1972. D'une façon générale, les poussées importantes ne se sont produites que dans deux régions, l'une située dans le sud et le sud -ouest et qui comprend six provinces et l'autre dans le nord, qui en comprend cinq. La méthode adoptée a consisté à recourir à des mesures de surveillance et d'endiguement, la vaccination de masse étant impraticable dans un pays comme l'Ethiopie parce que la variole est en premier lieu une maladie des zones rurales et que la vaccination de la population des grandes villes n'interrompt pas la transmission. Toutefois, dans le cadre des

COMMISSION A

:

SEPTIEME SEANCE

389

activités de surveillance et d'endiguement, 11 millions de personnes, soit 44 % de la population, ont été vaccinées de 1971 à 1974, si bien que le nombre des cas est tombé de 26 000 à 4439, soit une diminution de près de 81 7. C'est là un résultat significatif, le taux d'incidence de la variole étant tombé de 108 pour 100 000 habitants en 1971 à 18 en 1974. Au début de 1975, il n'y avait plus que 20 petits foyers d'endémie, contre 79 en 1971, et neuf des quatorze provinces avaient été libérées de la variole. Les zones d'endémicité qui subsistent se trouvent dans les parties les plus reculées de trois provinces. Au cours d'une phase d'attaque spéciale, à la fin de 1974 et au commencement de 1975, les foyers ont été réduits dans ces zones à quelques cas isolés. La phase d'attaque sera suivie d'une phase d'entretien, qui a déjà commencé dans quelques régions et au cours de laquelle des équipes rechercheront dans toutes les zones les cas non détectés. Le Dr Tekle rend hommage aux agents chargés de la surveillance pour le dévouement dont ils font preuve, à l'OMS pour l'aide qu'elle fournit, et au Soudan, au Territoire français des Afars et des Issas, au Kenya et à la Somalie pour leur coopération. Une étroite coopération s'est également instaurée avec les services médicaux de missions, les programmes de santé publique spécialisés, la Commission de la Sécheresse et des Secours, l'Organisation de Développement par la Coopération et la Croix -Rouge éthiopienne. Le Dr SHRIVASTAV (Inde) est heureux de pouvoir signaler qu'il n'y a maintenant en Inde que 22 villages infectés par la variole, 14 par des cas importés et 8 par des cas indigènes. Le dernier cas indigène a été découvert le 30 avril 1975. Bien qu'il soit admis que les mesures de surveillance et d'endiguement sont plus efficaces que l'immunisation de masse, la primovaccination des nouveau -nés joue aussi un rôle essentiel et doit être poursuivie pendant encore deux ans au moins en Inde et au Bangladesh. Il en est ainsi parce qu'il existe de nombreux facteurs d'aggravation de la situation - tels que des inondations et des mouvements de population - qui pourraient affecter aussi des pays voisins. Le Dr Shrivastav pense qu'il y aurait lieu d'introduire dans le projet de résolution de la délégation de l'URSS une référence à la vaccination des nouveau -nés. Le Dr AROMASODU (Nigéria) dit que le succès remarquable du programme d'éradication de la variole montre clairement ce qui peut être accompli avec la collaboration de l'OMS et une coopération à tous les niveaux. Elle est persuadée que la transmission sera bientôt interrompue dans les foyers d'infection restants et que la maladie sera éradiquée. Le Nigéria est très reconnaissant à l'OMS et aux pays donateurs, notamment les Etats -Unis d'Amérique, qui ont fourni une aide substantielle pendant les cinq premières années du programme entrepris au Nigéria. Une équipe OMS d'évaluation de l'éradication de la variole est récemment arrivée au Nigéria et le Dr Aromasodu est heureuse de confirmer que le dernier cas signalé de variole s'est produit en mai 1970. Devant le succès du programme d'éradication de la variole, l'OMS voudra peut -être envisager de lancer un programme analogue contre l'une des principales maladies transmissibles qui affectent encore les pays en voie de développement. Le programme élargi de vaccination recommandé par le Directeur général serait d'un grand secours. En dépit de l'élargissement de son propre programme de vaccination et de nombreuses résolutions relatives aux moyens d'étendre la couverture immunitaire, le Nigéria n'a pas enregistré de diminution appréciable de l'incidence de la variole sur son territoire avant que le programme mondial eût été lancé. Bien entendu, les services épidémiologiques étaient faibles, au début, ou même inexistants dans la plupart des pays en voie de développement; le programme a aidé à renforcer ces services en permettant de former du personnel local à la lutte contre les maladies transmissibles. Le Dr Aromasodu croit comprendre que la vaccination par le BCG assure une protection efficace contre la tuberculose et que l'OMS poursuivra ses recherches sur les moyens de poursuivre efficacement la lutte jusqu'à l'éradication finale de toutes les principales maladies transmissibles. Le Nigéria a aussi reçu des pays développés des offres généreuses de fourniture de vaccins et d'équipement. Dans ces conditions, le Dr Aromasodu attend avec intérêt les futurs programmes d'éradication mondiale qui pourraient être lancés par l'OMS avec la pleine coopération des Etats Membres. Le Dr RODRIGUES (Brésil) indique qu'au Brésil 4000 cas en moyenne étaient diagnostiqués chaque année, mais ce chiffre ne correspondait pas à la réalité car, une fois la surveillance épidémiologique instituée, il est apparu qu'il fallait compter 40 cas supplémentaires pour chaque cas notifié. L'OMS et l'OPS ont fourni au Brésil des avis techniques et réuni dans le pays plusieurs groupes d'experts. Par la suite, alors qu'il avait jusque -là exporté des cas dans les pays voisins, le Brésil a pu, en trois ans à peine, ramener l'incidence de la variole de 1771 cas à 70 cas et même à 9 cas seulement en 1971. Aucun nouveau cas n'a été enregistré depuis le 19 avril 1971 et l'on considère que la maladie est maintenant éradiquée. En outre, les résultats obtenus dans le cadre du programme d'éradication de la variole ne se limitent pas à cette maladie. Un réseau de 6372 postes de notification couvrant 3951 municipalités a été mis en place. Grâce à ce système de surveillance épidémiologique, on a pu enquêter dans les 24 heures sur une poussée de choléra non confirmée dans la municipalité de Caravelas, Etat de Bahia. De même, une flambée de méningite cérébro- spinale a pu être détectée et délimitée et, en

390

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

moins de cinq jours, des milliers de personnes ont été vaccinées à Sáó Paulo où l'épidémie était particulièrement intense. En trois années consécutives, le Gouvernement brésilien a investi environ US $1 200 000 dans le programme d'éradication de la variole; il a établi un système de surveillance épidémiologique et il est prêt à réaliser de nouveaux programmes de vaccination, comme il l'a fait pour la méningite. Le Dr Rodrigues demande instamment aux pays qui le peuvent de faire des versements au compte spécial afin d'assurer l'éradication complète de la variole. Le but est maintenant en vue. Le Gouvernement suédois vient d'apporter une contribution et le Directeur général devrait envisager d'affecter au compte spécial des ressources budgétaires existantes afin de hater la progression du programme dont la réussite sera toute à la gloire de l'OMS et de ses Membres. La prédiction du Président Kennedy, qui annonçait en 1961 que l'homme irait sur la lune dans les dix années, a été réalisée. L'éradication de la variole n'est pas plus difficile, à condition que tous les pays participent à l'assaut final. Le Dr VIOLAKIS - PARASKEVAS (Grèce) dit que le dernier cas importé en Grèce remonte à 1950. Elle demande quelle sera à l'avenir la politique de vaccination dans les pays qui sont indemnes de variole depuis de nombreuses années. Il n'est pas douteux que les services épidémiologiques devront être renforcés et des systèmes de surveillance mis en place.

Le Dr CHITIMBA (Malawi) souligne que l'heure n'est pas aux congratulations ni à l'autosatisfaction. La transmission de la variole ne sera vraiment interrompue que si tous les pays maintiennent la surveillance pendant deux ans au moins après la notification du dernier cas. Dans l'introduction au Rapport sur l'activité de l'OMS en 1974, le Directeur général présente la variole comme un bon exemple de maladie qui a cédé à un effort international intense, mais il ajoute que cet exemple devrait inciter les Etats Membres à entreprendre le même effort contre d'autres maladies. Il y a de nombreuses maladies contre lesquelles on dispose de vaccins. Il y en a d'autres, comme la lèpre, qu'il est possible de maîtriser ou d'extirper. Le Dr Chitimba se demande si le Directeur général a déjà une idée de la prochaine maladie qu'on s'emploiera à éradiquer. Touchant le projet de résolution, il est d'accord avec les amendements suggérés par le délégué des Etats -Unis d'Amérique, mais espère que ce pays ne sera pas oublié dans la liste impressionnante des Membres qu'il faut féliciter de leurs efforts dans la conquête de la variole. Le Professeur SENAULT (France) constate que la situation a été évaluée avec réalisme et sagesse, puisqu'il reste plusieurs points dans le monde où la variole n'est pas encore éradiquée. Bien que la maladie ne soit pas endémique en France, les autorités sanitaires ont l'intention de maintenir l'obligation légale de la vaccination. En effet, il n'y a pas de traitement de la variole, et l'immunisation reste le seul moyen de défense. Les déplacements internationaux se multiplient et s'accélèrent et il y a encore des groupes très exposés qu'il faut protéger, par exemple les personnels de santé. Le risque de contracter la maladie est beaucoup plus grand que celui des complications postvaccinales, qui sont exceptionnelles en France. Il serait donc prématuré - en France tout au moins - d'abandonner une méthode qui, depuis Jenner, a fait les preuves de son efficacité et a permis d'envisager l'éradication de la variole en quelques années. L'action de tous ceux qui ont travaillé au programme est bien la plus belle expression de la coopération internationale. Pour le Dr AGUILAR (El Salvador), le succès remporté jusqu'à présent par le programme d'éradication de la variole permet de bien augurer de l'issue du combat contre les autres maladies transmissibles qui peuvent être prévenues par la vaccination. Il demande s'il suffira, dans les pays où la variole est extirpée depuis de nombreuses années, de maintenir la surveillance épidémiologique, ou s'il est indiqué de vacciner les enfants de un à cinq ans en plus des personnes se rendant dans des pays où la variole sévit encore. Le Dr DAS (Népal) note avec satisfaction que la variole n'est plus endémique que dans trois pays. Le Népal a été déclaré exempt d'endémie, puisqu'aucun cas n'y a été découvert depuis avril 1975 et qu'on a pu empêcher de s'étendre les quelques cas importés avant cette date. Mais il ne faut pas céder à la facilité. L'OMS se doit de soutenir les activités de surveillance dans ses Etats Membres et la primovaccination devra être maintenue pendant deux ans encore. La délégation du Népal appuie le projet de résolution présenté par celle de l'Union soviétique. Le Dr KILGOUR (Royaume -Uni de Grande - Bretagne et d'Irlande du Nord) fait observer que la victoire n'est pas encore acquise, malgré la participation de l'OMS au programme d'éradication et malgré le succès presque total déjà remporté grâce aux efforts déployés par les travailleurs sanitaires et par les autorités nationales intéressées. Le Royaume -Uni a été heureux d'apporter un appui extrabudgétaire à cette campagne capitale et véritablement historique, et le Directeur général peut être assuré du soutien de tous les Etats Membres s'il faut prendre des mesures supplémentaires au cours des prochains mois, qui seront décisifs et au cours desquels tous les moyens nécessaires à son efficacité devront être mis au service de cette entreprise capitale. Les dernières nouvelles parvenues de l'Inde sont encourageantes. Le Dr Kilgour souhaite au

COMMISSION A

:

SEPTIEME SEANCE

391

Dr Henderson, qui repartira sous peu pour le Bangladesh, tout le succès que ses efforts exceptionnels méritent. Il appuie le projet de résolution proposé par la délégation de l'Union soviétique, tel qu'il a été modifié par le délégué des Etats -Unis d'Amérique et par celui du Malawi. Le Dr MAFIAMBA (République -Unie du Cameroun) rend hommage à la haute qualité des communiqués sur la variole qui ont été diffusés dans le Relevé épidémiologique hebdomadaire au cours des 12 derniers mois. Le programme est vraiment une grande réussite. Si l'on songe aux ravages que causaient naguère encore en Afrique occidentale les épidémies de variole qui ne connaissaient pas de frontières, on ne peut qu'être satisfait des résultats obtenus. Il faut donc féliciter l'OMS et le pays qui avait le premier lancé l'idée du programme - l'Union soviétique - ainsi que tous les pays donateurs et les travailleurs sanitaires qui se sont dévoués. Mais il n'en faut pas moins rester vigilant et poursuivre la recherche sur les poxvirus. Le Dr Mafiamba appuie en partie le projet de résolution proposé par la délégation de l'Union soviétique. Cependant, vu les difficultés financières de l'OMS, il lui paraît peu sage et peu souhaitable d'engager la lourde dépense que représente la préparation d'une publication importante par un groupe d'experts et de travailleurs de terrain, alors que l'Organisation a déjà publié des documents détaillés sur l'exécution du programme dans de nombreux pays. C'est au Secrétariat de l'OMS que devrait être confiée la rédaction d'une monographie historique. Le Dr Mafiamba demande quelles sont les modifications que la délégation de l'Union soviétique envisage d'apporter au Règlement sanitaire international. Il semble qu'on ait tendance à développer les services épidémiologiques et à attacher moins d'importance aux restrictions sur les mouvements de personnes et de marchandises. Le Dr HASSOUN (Irak) appuie également le projet de résolution de l'Union soviétique. Depuis l'hiver de 1972, marqué par une poussée de variole qui fut jugulée en moins de six mois, aucun cas ne s'est produit en Irak. Cependant, la primovaccination reste obligatoire pour tous les enfants de moins d'un an, et la revaccination est répétée tous les trois ans. La dernière campagne de vaccination de masse a été réalisée en janvier 1975. On est arrivé au point de non -retour, mais il ne faut pas relàcher les efforts si l'on veut y rester. Le Dr BROWN (Bolivie) rappelle que la variole a été extirpée de son pays en 1964 après cinq années d'efforts soutenus par l'OPS et des pays amis comme les Etats -Unis d'Amérique. La Bolivie continue de vacciner sa population et met à profit l'expérience acquise à l'occasion du programme d'éradication de la variole pour faire bénéficier la population des avantages du BCG et d'autres vaccins. Le.Dr Brown appuie le projet de résolution proposé par la délégation de l'Union soviétique, tel qu'il a été modifié par celle des Etats -Unis, et exprime l'espoir que la variole sera complètement vaincue dans un proche avenir. Le Dr JOYCE (Irlande), inquiet des conséquences que pourrait avoir le climat d'euphorie dans lequel se déroule le débat, est amené à se faire l'avocat du diable. Il doute fort que deux années de surveillance seront vraiment suffisantes. La méningite à méningocoques est réapparue ces dernières années dans différentes régions du monde, et il semble que, même en Irlande, la tuberculose n'ait pas été maîtrisée comme on le pensait depuis quelques années. Il faut donc être très prudent avant d'affirmer qu'une maladie quelconque a été éradiquée à l'échelle mondiale. Le Dr HENDERSON (service de l'Eradication de la variole) déclare que l'OMS est reconnaissante des observations et des offres d'assistance qui lui ont été adressées. Plusieurs délégués ont demandé si la période de surveillance de deux ans était suffisante. L'expérience acquise dans 27 pays a montré que cinq à huit mois peuvent s'écouler entre le moment où l'on pense avoir éradiqué la variole et le déclenchement d'une poussée épidémique attribuable à des cas connus. Le Comité d'experts de la Variole a déterminé le délai de surveillance de deux ans en multipliant ce laps de temps de huit mois par trois afin de disposer d'une marge de sécurité. La surveillance se poursuit même dans les pays où l'éradication a été certifiée par le Comité d'experts ou par une commission internationale. Le délégué de l'Indonésie a indiqué que l'on a examiné quelque 800 spécimens depuis que la commission internationale a déclaré l'éradication réalisée dans son pays et l'expérience a été analogue en Amérique du Sud. Pour déterminer s'il convient de poursuivre ou de cesser la vaccination, il faut mettre en balance le risque d'importation et, par suite, de rétablissement de la transmission, et le risque de complications postvaccinales. Certains pays ont cessé de vacciner, mais la plupart des gouvernements continuent pour l'instant à pratiquer la vaccination. Si le programme progresse rapidement et si l'on parvient à éradiquer la variole, le risque d'importation deviendra nul et le problème de la vaccination sera alors facile à résoudre. Entre -temps, beaucoup de pays n'ont pas pris de décision définitive parce qu'il pourrait s'avérer difficile de reprendre la vaccination si le programme d'éradication prenait mauvaise tournure. Il faut sans aucun doute continuer à vacciner dans les pays où les services de santé sont peu développés - en Afrique par exemple étant donné que les cas importés dans ces pays sont difficiles à déceler et qu'un plus haut niveau d'immunité empêchera la propagation de la maladie. Il est indispensable d'intervenir rapidement pour empêcher que la maladie se propage à partir des cas importés. Dans tous les pays, mais surtout dans ceux où la variole est encore endémique, la détection et l'endiguement

392

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

des poussées épidémiques doivent être au tout premier plan des priorités, la vaccination venant immédiatement après. Pour répondre à la question du délégué du Nigéria, il est permis de se demander si l'on dispose dès à présent des moyens techniques nécessaires pour éradiquer une deuxième maladie. Le programme élargi de vaccination est la conséquence logique du programme d'éradication de la variole. De nombreux pays utilisent l'expérience qu'ils ont acquise en luttant contre la variole pour élargir et développer la lutte contre d'autres maladies transmissibles. L'OMS espère pouvoir à l'avenir renforcer les activités de ce genre. Le délégué du Malawi peut avoir l'assurance que l'OMS continuera à fournir une assistance en matière de lutte antivariolique car les pays auront besoin d'être aidés jusqu'à ce que la transmission de la variole ait véritablement cessé. Il serait extrêmement intéressant de disposer d'une monographie dont la publication pourrait âtre financée par des contributions volontaires plutôt que par le budget ordinaire de l'OMS. Toutefois, il serait prématuré de publier un tel ouvrage ou de songer aux félicitations tant que la variole n'aura pas été totalement éradiquée. Le jour où l'on proclamera l'éradication de la variole sera effectivement un grand jour, car jamais une maladie n'a encore été éradiquée. Des craintes ont été formulées quant à l'existence possible de foyers cachés. Beaucoup de recherches ayant été faites et de nombreux experts ayant été consultés, il n'y a cependant pas de mauvaises surprises à craindre. L'OMS est consciente de la lourde responsabilité qu'elle endossera en déclarant réalisée l'éradication de la maladie, mais elle estime que cette éradication est possible. Le PRESIDENT demande si la délégation de l'Union soviétique peut accepter les amendements qui ont été proposés au projet de résolution - la délégation des Etats -Unis ayant entre -temps accepté la suppression des noms des pays à féliciter dans le paragraphe qu'elle a proposé à cet effet, de même qu'un certain nombre de modifications purement rédactionnelles - et notamment, selon la proposition du délégué de l'Inde, l'adjonction, à la troisième ligne du troisième paragraphe du dispositif, après le membre de phrase "programmes de vaccination correspondants", du membre de phrase "en particulier pour les nouveau -nés ". Le Dr SCEPIN (Union des Républiques socialistes soviétiques) déclare que les amendements proposés reflètent les opinions exprimées au cours des débats et sont acceptables pour sa délégation; il pense que les autres coauteurs) de la résolution les accepteront également. Se référant à la version française du projet de résolution, le Professeur SENAULT (France) suggère que le texte qui est devenu le troisième paragraphe du dispositif commence plutôt "Souligne la nécessité d'une plus grande vigilance et d'un plus grand sens des responainsi sabilités dans toutes les régions du monde ... ". Il s'agit d'une question de forme qui ne change rien à l'esprit du texte anglais. :

Décision séance)

:

Le projet de résolution, ainsi amendé, est approuvé.2

Planification du programme et activités générales (programme 5.1.1) (suite de la cinquième Le PRESIDENT, après avoir rappelé que Sir John Wilson, de l'Organisation mondiale contre la Cécité, a fait la veille un exposé du plus grand intérêt sur le problème de la cécité, attire l'attention de la Commission sur le projet de résolution suivant, proposé par les délégations du Bangladesh, de Fidji, de l'Inde, de l'Indonésie et de la Yougoslavie3 :

La Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé, Consciente de la somme de souffrances humaines et des charges financières qu'entraîne la cécité, ainsi que du fait qu'une grande partie des cas de cécité pourraient être prévenus ou guéris; Considérant les résolutions sur la prévention de la cécité adoptées par de précédentes Assemblées mondiales de la Santé (WHA22.29 et WHA25.55); et Consciente de la contribution potentielle d'organisations gouvernementales et non gouvernementales, EXPRIME sa satisfaction du travail déjà accompli par l'OMS à cet égard, notamment en 1. ce qui concerne l'une des causes majeures de cécité, à savoir l'onchocercose; 2. PRIE le Directeur général :

1 Les délégations de la République Démocratique Allemande et de la Yougoslavie ont ultérieurement exprimé le désir de voir le nom de leur pays ajouté à la liste des coauteurs du projet de résolution. Ce projet de résolution a été transmis à l'Assemblée de la Santé dans le premier rapport de la Commission et adopté sous le numéro d'ordre WHA28.52. La délégation de la Roumanie a ultérieurement exprimé le désir de voir le nom de son pays ajouté à la liste des coauteurs du projet de résolution. 3 2

COMMISSION A

:

SEPTIEME SEANCE

393

d'encourager les Etats Membres à organiser des programmes nationaux de prévention 1) de la cécité visant spécialement à réduire l'incidence du trachome, de la xérophtalmie, de l'onchocercose et de la cataracte ainsi qu'à introduire des mesures adéquates pour le dépistage et le traitement précoces d'autres états pathologiques potentiellement générateurs de cécité tels que le glaucome; et d'encourager les organisations non gouvernementales, nationales et internatio2) nales, à mobiliser des ressources financières et autres pour la réalisation de ces programmes. Le Dr SHRIVASTAV (Inde) dit que Sir John Wilson a bien situé l'importance du problème de la cécité en disant que l'on estime le nombre des aveugles dans le monde à environ 16 millions et que l'on craint que leur nombre soit deux fois plus élevé à la fin du siècle. Dans les pays en voie de développement, la cécité accroit les difficultés économiques et sociales existantes. Les enquêtes effectuées ces dernières années en Inde ont montré que 2,5 % des habitants sont atteints ou menacés de cécité, 1,7 % souffrant d'affections guérissables nécessitant des soins ophtalmiques. Les carences nutritionnelles et notamment l'avitaminose A figurent parmi les on estime que près de 15 000 enfants perdent chaque année la vue causes de cécité infantile par suite de carences de ce genre. En Inde, environ 5,4 millions de personnes attendent d'être opérées de la cataracte. Les principales causes de cécité sont la cataracte (57 7), le trachome et les infections oculaires (23 7), la variole (4,5 7), les carences nutritionnelles (près de 2 %), les blessures (1,25 %) et le strabisme et les autres causes (environ 12 7e). Si l'on ne tient pas compte de la cataracte, le trachome et les autres infections sont à l'origine d'environ 60 % des cas de cécité. En 1976, la prévention de la cécité va être le thème de la Journée mondiale de la Santé. Etant donné l'ampleur du problème et le fait que la cécité est souvent évitable, l'Assemblée de la Santé doit prendre des mesures dans ce domaine. Le Dr NDIAYE'(Sénégal) remercie Sir John Wilson de s'être si brillamment fait l'avocat des millions d'aveugles du monde entier. Le problème est immense car, en essayant de lutter contre la cécité, il faut également combattre les nombreuses maladies qui sont à l'origine de cette invalidité. La délégation sénégalaise appuie chaleureusement le projet de résolution et souhaite figurer parmi ses coauteurs. :

Le Professeur SENAULT (France) tient à dire combien sa délégation, elle aussi, a été sensible à l'intervention de Sir John Wilson qui traduit un grand dévouement à la cause de la prévention de la cécité. Il appuie sans réserve le projet de résolution et propose qu'on ajoute à la fin du deuxième "ainsi que l'adoption du thème "Prévoir et alinéa du préambule le membre de phrase suivant prévenir la cécité" pour la Journée mondiale de la Santé de 1976 ". :

Le Dr SCEPIN (Union des Républiques socialistes soviétiques) appuie également le projet de résolution. Il suggère qu'au premier paragraphe du dispositif on supprime le membre de phrase "notamment en ce qui concerne l'une des causes majeures de cécité, à savoir l'onchocercose", étant donné que l'onchocercose ne pose un problème grave que dans les pays de la zone des tropiques.

:

Le Dr JOYCE (Irlande) demande si les coauteurs du projet de résolution pourraient envisager la possibilité de mentionner également les malformations congénitales (surdité et cécité) consécutives à la rubéole de la mère. Ces malformations posent un problème affreux à tous les pays qui s'y trouvent confrontés. Répondant à la suggestion faite par le délégué de l'URSS, le Dr NDIAYE (Sénégal) admet que l'onchocercose ne touche pas le monde entier mais seulement certaines régions d'Afrique, mais il estime néanmoins qu'il est préférable de mentionner cette maladie dans la résolution afin d'attirer l'attention des gouvernements sur cette terrible maladie et de les inciter à intervenir. Le Dr SAADE (Liban) appuie la suggestion du délégué de l'URSS. Si l'on insiste trop sur l'onchocercose, les gouvernements des pays où les autres causes de cécité sont plus fréquentes auront tendance à se désintéresser du problème. Le Dr NOZARI (Iran), notant qu'il n'existe pas de véritable moyen de prévenir la cataracte, propose que l'on supprime le mot "cataracte" là où il se trouve au paragraphe 2.1) du dispositif et qu'on l'ajoute à la fin de ce même paragraphe. La dernière phrase du paragraphe serait alors "... ainsi qu'à introduire des mesures adéquates pour le dépistage et le traiteainsi conçue ment précoces d'autres états pathologiques potentiellement générateurs de cécité tels que la cataracte et le glaucome." :

Le PRESIDENT propose que l'on constitue un groupe de travail pour achever l'étude du projet de résolution. Le groupe de travail comprendrait les délégations du Bangladesh, de Fidji, de l'Inde, de l'Indonésie et de la Yougoslavie ainsi que toutes les autres délégations qui pourront souhaiter en faire partie. Il en est ainsi décidé. (Voir le procès- verbal de la neuvième séance.) La séance est levée à 16 h.55.

HUITIEME SEANCE Jeudi 22 mai 1975, 10 h.30 Président :

Dr Marcella DAVIES (Sierra Leone)

EXAMEN DETAILLE DU BUDGET PROGRAMME POUR LES EXERCICES FINANCIERS 1976 ET 1977 (suite)

Ordre du jour, 2.2.2

Lutte contre les maladies transmissibles (secteur de programme 5.1) (suite) Paludisme et autres maladies parasitaires (programme 5.1.3) (suite de la sixième séance) Le PRESIDENT indique que le projet de résolution sur la schistosomiase déjà examiné par la Commission est soumis maintenant sous la forme révisée suivante .

La Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé, Rappelant les résolutions EB5.R5 et EB55.R22 relatives à la schistosomiase; Notant que la schistosomiase est encore loin d'être maîtrisée, que sa prévalence augmente et que cette augmentation peut être favorisée par des projets de mise en valeur des ressources hydriques qui visent à assurer une amélioration nécessaire de la production agricole et des conditions économiques mais ne tiennent pas compte de mesures sanitaires préventives; Notant les indices croissants de la possibilité de complications et séquelles graves à la suite d'une infection par les schistosomes; Notant en outre que la Conférence mondiale de l'Alimentation a souligné la nécessité d'accroître considérablement la production alimentaire et a noté que, pour répondre aux besoins nutritionnels et autres de la population mondiale en expansion, il faudra davantage de projets de construction de barrages et d'irrigation; Estimant qu'une conception technique appropriée des projets de gestion des eaux peut avoir une importance considérable en limitant la diffusion de la schistosomaise parmi les populations affectées par de tels projets; Notant l'inclusion de la schistosomiase dans le programme coordonné de recherche biomédicale de l'Organisation; Considérant que la planification et l'exécution efficaces des activités de lutte contre la schistosomiase exigent une coopération et une coordination étroites entre les organisations du système des Nations Unies, la communauté financière internationale et les ministères des gouvernements nationaux sous la conduite de l'Organisation mondiale de la Santé; Remerciant le Directeur général de son rapport qui indique la complexité des problèmes qui se posent pour prouver la faisabilité de la lutte contre la schistosomiase; Notant avec intérêt qu'une importante réunion internationale sur la schistosomiase doit se tenir au Caire en octobre 1975; et Considérant le coût très élevé de l'exécution des programmes de lutte avec les méthodes actuellement disponibles, PRIE le Directeur général 1) d'établir et de tenir à jour des directives sur l'organisation des projets de gestion des eaux, y compris des spécifications techniques, en vue de réduire au minimum la possibilité que la schistosomiase et d'autres maladies transmises par l'eau se diffusent du fait de tels projets; de donner aux pays et aux organismes donateurs des avis concernant l'application 2) des directives aux projets de mise en valeur des ressources hydriques (y compris aux projets hydro- électriques) envisagés, en cours ou achevés; d'inviter les Membres à communiquer des renseignements sur les programmes de 3) lutte contre la schistosomiase en cours ou achevés dans leurs pays, y compris des détails sur les recherches, le développement des personnels, les coûts, etc.; 4) de chercher à obtenir de diverses sources à l'intérieur du système des Nations Unies ainsi que d'organismes internationaux et privés un soutien extrabudgétaire en vue de fournir une assistance aux gouvernements pour la planification et l'exéa) cution d'études sur l'épidémiologie de la maladie, la rentabilité d'autres méthodes de lutte et l'impact économique et social de la maladie, et b) de fournir une assistance aux gouvernements pour la préparation et l'exécution de programmes de lutte; de stimuler des efforts accrus en matière de recherches relatives au dévelop5) pement de médicaments, à la chimiothérapie, à l'épidémiologie, à la lutte contre la schistosomiase et aux aspects immunologiques de la maladie;

1 Ce projet de résolution révisé incorpore les amendements des délégations de l'Argentine, de l'Egypte, des Etats -Unis d'Amérique, de la Grèce et de la République -Unie du Cameroun. - 394 -

COMMISSION A 6)

:

HUITIEME SEANCE

395

d'appeler l'attention des Etats Membres où la maladie n'est pas endémique sur la nécessité d'organiser la surveillance épidémiologique dans le cadre des services de santé; et de faire rapport sur cette question à la Vingt- Neuvième Assemblée mondiale de 7) la Santé.

Le Dr HOWARD (Etats -Unis d'Amérique) indique que, lors de la préparation du projet révisé, les auteurs ont apporté divers amendements au texte anglais; ils sont disposés à supprimer les parenthèses entourant les termes "y compris aux projets hydro- électriques" dans le paragraphe 2 du dispositif, amendé selon la proposition du délégué de l'Argentine.

Le Professeur SENAULT (France) propose d'apporter un certain nombre de modifications rédactionnelles au texte français du projet de résolution. Le Dr TARIMO (République -Unie de Tanzanie) signale que les résultats d'une étude de faisabilité de la lutte contre la schistosomíase dans son pays ont montré que la prévalence de la maladie pourrait être ramenée de 61 1 à 41 % par l'emploi de molluscicides, pour une dépense de près de $1 par personne et par an, et pourrait même passer de 65 % à 25 % si l'on avait recours à la fois aux molluscicides et à la chimiothérapie, mais à un coût de plus de $4 par personne et par an. Etant donné que, dans son pays, les dépenses totales de santé ne dépassent pas $3 par personne et par an, le Dr Tarimo suggère d'inclure les termes "y compris les méthodes d'auto- assistance" dans le paragraphe 5 du dispositif après les termes "lutte contre la schistosomiase ".

Le Professeur DAVIES ( Israël) propose de modifier le paragraphe 6 du dispositif comme "d'appeler l'attention des Etats Membres où la maladie n'est pas endémique, mais où les conditions écologiques risquent d'amener la propagation de celle -ci, sur le fait qu'il est suit :

nécessaire de ... ".

Le Dr HOWARD (Etats -Unis d'Amérique) accepte, au nom des auteurs initiaux du projet, l'amendement présenté par le délégué de la Tanzanie mais juge par contre qu'il serait possible de répondre à la question soulevée par le délégué d'Israël en remplaçant les mots "sur la nécessité" par "sur le fait qu'il est souhaitable ".

Le Professeur DAVIES (Israël) accepte cette rédaction. Décision séance.) :

Le projet de résolution, ainsi amendé, est approuvé.1

(Voir la suite du débat sur le programme 5.1.3 dans le procès -verbal de la neuvième

Maladies bactériennes (programme 5.1.5) Il n'y a pas d'observations.

Maladies mycobactériennes (programme 5.1.6) Le Professeur JANSSENS (Belgique) dit que sa délégation se félicite du dynamisme qui caractérise le programme contre la lèpre et se réjouit particulièrement du très utile projet de groupe adopté sur l'immunologie de la lèpre. L'Organisation coordonne une série de projets de recherche sur la lèpre dans des domaines où des résultats appréciables peuvent être attendus à court ou à moyen terme. De ce fait, la délégation belge aimerait savoir quelle sera l'orientation générale du programme sur la lèpre en ce qui concerne la recherche. Le Dr SHRIVASTAV (Inde) souligne que le problème de la lèpre exige une attention particulière. Certes, la méthodologie a évolué ces dernières années et on a de plus en plus recours à des médicaments très actifs, maisbien que les recherches actives fassent des progrès, on estime toujours en Inde que la lutte contre la lèpre n'est pas encore parvenue au niveau souhaitable. Il est donc nécessaire de modifier les attitudes. Il semblerait qu'il y ait lieu, dans les zones hyperendémiques, de prendre des mesures énergiques soutenues et de mettre en place un mécanisme de détection précoce des cas, surtout lorsque ces malades sont bactériologiquement positifs et pourraient éventuellement être hospitalisés temporairement et traités par des médicaments très actifs, ce qui diminuerait le risque d'infection. Le Dr Shrivastav attire l'attention sur le projet de résolution suivant relatif à la lutte contre la lèpre et soumis par les délégations de la République fédérale d'Allemagne, du Bangladesh, de Fidji, de la Finlande, du Népal, du Nigéria, de la Thatlande et de son propre pays :

Ce projet de résolution a été transmis à l'Assemblée de la Santé dans le premier rapport de la Commission et adopté sous le numéro d'ordre WHA28.53.

1

396

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II La Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé, Rappelant les résolutions WHA5.28 et WHA27.58, Notant que les activités antilépreuses peuvent aboutir à une réduction substantielle du problème, à condition d'être réalisées avec suffisamment de continuité et de persévérance, 1. RECOMMANDE 1) qu'on effectue un dépistage intensif de façon répétée pour assurer la découverte précoce des cas, 2) qu'on repère les cas contagieux, et que, dans la mesure du possible et sous réserve d'une évaluation, on les soumette pendant des périodes limitées à un traitement intensif et régulier pour réduire leur contagiosité et, ainsi, freiner l'extension de la maladie; 2. SOULIGNE la nécessité d'intégrer la lutte antilépreuse aux activités régulières des services de santé; et 3. PRIE le Directeur général de renforcer la formation de personnels multidisciplinaires compétents en matière de lutte antilépreuse, à l'intérieur et à l'extérieur de l'Organisation. :

Le Professeur SULIANTI SAROSO (Indonésie) signale que la lèpre est également très répandue dans son pays, puisqu'elle touche une ou deux personnes sur 1000. On tend actuellement à éviter l'hospitalisation et on s'attache particulièrement à la détection précoce des cas de lèpre chez les enfants, ce qui a donné de bons résultats. Le Professeur Sulianti Saroso exprime sa gratitude aux pays qui ont accordé une aide à l'Indonésie dans la lutte contre la lèpre et notamment au Danemark et aux autres pays scandinaves, aux Pays -Bas et à l'Australie. Le Dr RAHMAN (Bangladesh) dit que les études entreprises dans son pays sur les maladies mycobactériennes dans leur ensemble ont révélé qu'il existe environ 200 000 cas de lèpre au Bangladesh mais qu'ils sont, heureusement, localisés. L'accent est mis sur les soins ambulatoires dispensés par les services de santé intégrés plutôt que sur le traitement en léproserie. Il en va de même pour le traitement de la tuberculose dont il existe environ 350 000 cas évolutifs. Un programme de formation spéciale en soins ambulatoires pour la lèpre est mis sur pied en 1975 et on espère qu'une attention croissante pourra être accordée aux maladies mycobactériennes lorsque l'éradication de la variole aura été obtenue. Le Dr SENCER (Etats -Unis d'Amérique) suggère que la maladie mycobactérienne causée par Mycobacterium leprae soit désormais appelée maladie de Hansen.

Le Professeur DAVIES (Israël) suggère de remplacer le mot "dépistage" au paragraphe 1.1) du dispositif par le mot "surveillance" qui correspondrait aux intentions des auteurs du projet de résolution et élargirait en même temps le cadre de cette résolution. Le Dr VIOLAKIS -PARASKEVAS (Grèce) approuve la suggestion du délégué des Etats -Unis. Peut être serait -il nécessaire aussi de préciser au paragraphe 1.2) du dispositif s'il s'agit d'hospitalisation ou de soins ambulatoires.

Le Dr SHRIVASTAV (Inde) indique qu'en Inde le traitement de la lèpre se fait soit dans un centre de santé primaire, qui traite environ 80 000 malades, soit dans un centre secondaire responsable de 10 000 à 15 000 malades qui dispense des soins intensifs en s'appuyant sur une structure extrêmement simple mais bien équipée. Dans d'autres pays, on peut envisager l'isolement temporaire - mais pour une période limitée afin que les centres n'aient pas le caractère d'une léproserie - à la suite de quoi le malade, une fois devenu bactériologiquement négatif, pourrait sortir et reprendre son travail. Le traitement varierait naturellement selon la structure des services sanitaires des différents pays. Le Dr VIOLAKIS -PARASKEVAS (Grèce) juge que dans ce cas il serait préférable de mentionner spécifiquement dans le paragraphe 1.2) du dispositif une "hospitalisation temporaire jusqu'à ce que le malade devienne bactériologiquement négatif ". Le Dr SHRIVASTAV (Inde) n'a pas d'objection à formuler contre une addition dans ce sens. Le Professeur SULIANTI SAROSO (Indonésie) trouverait très utile que le Secrétariat précise combien de temps on estime que doit durer le traitement avant d'obtenir une réponse bactériologiquement négative. La stratégie adoptée dans son pays vis -à -vis du problème de la lèpre est basée tout entière sur l'idée que l'hospitalisation de longue durée n'est pas nécessaire. Le Dr SANSARRICQ (Service de la Lèpre) estime que les observations qui viennent d'être faites constitueront un stimulant précieux pour les activités de l'OMS dans le domaine des maladies mycobactériennes. Répondant tout d'abord à la question du délégué de la Belgique concernant les tendances de la recherche, il précise que des renseignements figurent dans les Actes officiels N° 220, où un certain nombre de projets de recherche sur la lèpre sont énumérés à la page 191. La priorité est actuellement donnée aux recherches sur l'immunologie et la chimiothérapie de la lèpre, entreprises dans le cadre du programme spécial de formation et de recherche en matière

COMMISSION A

:

HUITIEME SEANCE

397

de maladies tropicales. La recherche sur l'immunologie de la lèpre a été facilitée par la possibilité d'obtenir de grandes quantités d'antigènes de Mycobacterium leprae à partir du tatou et par les progrès réalisés au cours de la dernière décennie dans les techniques d'immunologie appliquées à la lèpre. Le programme a pour objectif la mise au point 1) d'un test cutané permettant de dépister les individus infectés à un stade très précoce, 2) de méthodes d'immunothérapie, et 3) éventuellement, d'un vaccin spécifique. Une approche multidisciplinaire soigneusement formulée a été adoptée dès le début des travaux et toutes les précautions nécessaires sont prises en vue de respecter les règles de l'éthique médicale lors des essais sur l'homme. Onze centres de recherche participent actuellement à ces projets. Comme il est souhaitable que les chercheurs de pays où la lèpre est endémique jouent un rôle primordial dans la recherche sur cette maladie, on a inclus dans le programme les instituts de recherche de pays concernés, comme l'Inde et le Venezuela. La recherche sur la chimiothérapie a pour objectif essentiel la mise au point d'un médicament antilépreux qui agisse plus rapidement que la dapsone, qui ne présente pas d'effets toxiques et qui soit bon marché. Il importe de procéder à une évaluation plus systématique des agents qui sont actifs contre d'autres mycobactéries mais qui n'ont pas encore fait l'objet d'essais appropriés contre M. leprae; il faudrait aussi soumettre à des essais contrôlés des associations de médicaments connus et pousser plus avant l'étude du métabolisme de M. leprae. Le programme de recherche en est encore à ses débuts, mais différents services de l'OMS y participent déjà activement. Les délégués de l'Inde et de l'Indonésie ayant évoqué la question de l'hospitalisation temporaire, le Dr Sansarricq souligne qu'il faut tenir compte du fait que les cas contagieux ont probablement déjà infecté un certain nombre de personnes avant d'être dépistés. En outre, il faut craindre que si des hospitalisations, même temporaires, étaient instaurées dans certains pays, ce fait pourrait être mal interprété dans d'autres pays et mener à l'établissement d'un réseau d'hôpitaux pour lépreux. En fait, le plus important est de dépister les cas de lèpre le plus tôt possible, et le système préconisé à cette fin par le délégué de l'Inde convient tout à fait. Dès 1965, le Comité d'experts de la Lèpre avait recommandé qu'une attention particulière soit accordée au traitement actif des cas contagieux.- Les propositions du délégué de l'Inde cadrent donc bien avec les recommandations du Comité d'experts ainsi qu'avec l'expérience acquise par l'OMS dans la lutte contre la lèpre, étant entendu que les propositions d'hospitalisation temporaire devraient faire l'objet d'une programmation adéquate et d'une évaluation continue.

Le Dr SHRIVASTAV (Inde) estime que des précisions sont nécessaires sur la durée minimum que devrait avoir l'hospitalisation temporaire. Le Dr SANSARRICQ (Service de la Lèpre) indique qu'il faut distinguer entre les effets du traitement sur les lésions cutanées - qui n'ont que peu d'importance dans la transmission de la lèpre - et les effets du traitement sur les bacilles émis au niveau de la muqueuse nasale qui transmettent la maladie. Dans les cas contagieux, la disparition des lésions cutanées demande en général environ cinq ans ou davantage, mais selon les informations actuellement disponibles il suffit de 3 à 6 mois pour détruire les bacilles émis au niveau de la muqueuse nasale. Le Dr FUNKE (République fédérale d'Allemagne) rappelle que dans son pays divers organismes publics et privés participent depuis bien des années aux efforts de lutte menés contre la lèpre dans de nombreux pays africains et asiatiques. Sa délégation note avec satisfaction que l'incidence de la lèpre chez les enfants diminue. La République fédérale d'Allemagne souhaiterait que la recherche de nouvelles approches thérapeutiques s'intensifie et que des efforts internationaux coordonnés soient entrepris dans le cadre du programme de recherche biomédicale de l'Organisation. Le Dr Funke pense donc que le projet de résolution dont est saisie la Commission devrait mentionner ce programme, comme le fait la résolution sur la schistosomiase. Le Dr GOMAA (Egypte) estime que le projet de résolution devrait également mentionner un aspect du problème qui présente de l'importance pour certains pays, y compris le sien, à savoir la réadaptation des convalescents par une rééducation médicale et sociale appropriée. Le Dr SIWALE (Zambie) note que dans les Actes officiels N° 220, pages 189 -190, aucun crédit n'est inscrit pour l'Afrique sous la rubrique des maladies mycobactériennes. Il espère que les besoins de la Région dans ce domaine ne sont pas négligés.

Le Dr QUENUM (Directeur régional pour l'Afrique) déclare que les tableaux auxquels s'est référé le délégué de la Zambie ne reflètent pas entièrement la situation réelle. Les activités entreprises par l'Organisation pour aider les Etats Membres à lutter contre la lèpre sont intégrées dans un certain nombre de programmes - services de santé et surveillance épidémiologique, par exemple - de sorte qu'elles ne figurent pas sous la rubrique "lèpre ". Par ailleurs, si les

Série de Rapports techniques OMS, N° 319, 1966 (Troisième rapport du Comité OMS d'experts de la Lèpre), p. 11.

1

398

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

activités de l'Organisation dans ce domaine ne sont pas en rapport avec l'ampleur du problème, c'est pour éviter les doubles emplois, car il existe beaucoup d'autres sources d'assistance, aussi bien bilatérales que privées. Le Dr BROWN (Bolivie) déclare que sa délégation appuiera le projet de résolution dont est saisie la Commission, car la lèpre pose encore un problème en Bolivie. Il pense toutefois qu'il faudrait utiliser au maximum les progrès réalisés en matière prophylactique; c'est pourquoi il suggère que le paragraphe 1.1) du dispositif soit remanié de manière à commencer de la manière suivante "qu'on engage régulièrement des activités intensives de prophylaxie et de dépistage ". Il conviendrait de continuer à utiliser le BCG tant qu'on ne dispose pas d'un vaccin plus satisfaisant. :

Le Dr JAROCKIJ (Union des Républiques socialistes soviétiques) souligne lui aussi la nécessité de poursuivre les recherches sur les vaccins entre la lèpre et sur les préparations diagnostiques et thérapeutiques. Il propose d'ajouter un alinéa au paragraphe 1 du dispositif du projet de résolution pour traiter de ce point. Le Dr DLAMINI (Souaziland) reconnaît la nécessité de poursuivre les recherches le mode de transmission de la maladie n'est pas bien connu et les opinions divergent considérablement sur la durée du traitement nécessaire. Selon certains, le traitement doit se poursuivre toute la vie à cause du risque de rechute, les anciens lépreux n'étant pas protégés contre la réinfection. Il faut également continuer les recherches pour vérifier si le BCG offre vraiment une protection contre la lèpre. Enfin, il importe d'améliorer l'éducation sanitaire de la population. Les personnes atteintes de lésions cutanées ont encore tendance à cacher leur état de peur d'être mises au ban de la société; il faut les encourager à se faire examiner et traiter le plus tôt possible. :

Le Dr KIVITS (Belgique) note qu'un certain nombre d'orateurs ont souligné la nécessité du dépistage et du traitement précoces des cas. Il propose donc de faire commencer comme suit le paragraphe 1.1) du dispositif du projet de résolution "qu'on engage régulièrement des campagnes de dépistage actif ... ". :

Le Dr ALFA CISSÉ (Niger) est également d'avis que des campagnes de dépistage actif sont indispensables, car l'un des éléments les plus importants de la lutte contre la lèpre est l'éducation sanitaire de la population. Les personnes atteintes de lèpre ne viennent pas spontanément se faire soigner parce qu'elles ne croient pas qu'on puisse les guérir. Les pays membres de l'Organisation de Coordination pour la Lutte contre les Endémies en Afrique centrale ont réussi à encourager les malades à se présenter volontairement en expliquant à la population l'épidémiologie de la lèpre dans le cadre de campagnes bien organisées. En ce qui concerne les recommandations contenues dans le projet de résolution, le Dr Alfa Cissé voudrait savoir quelles sont les possibilités de mettre au point un vaccin protecteur hautement actif qui permettrait aux pays d'économiser leurs maigres ressources puisqu'ils n'auraient plus à isoler les contagieux. Le Dr SHRIVASTAV (Inde) précise que les auteurs du projet de résolution ont voulu se limiter aux programmes de santé publique de lutte contre la lèpre à la lumière de l'expérience acquise au cours des quinze dernières années et d'une évaluation des nouveaux éléments nécessaires. Si les délégations le souhaitent, il est possible de donner au projet un caractère plus large en y incluant divers aspects mentionnés au cours de la séance, par exemple les mesures prophylactiques, la réadaptation et l'éducation sanitaire. Le PRESIDENT suggère de constituer un groupe de travail pour étudier le projet de résolution et les amendements proposés; ce groupe de travail pourrait comprendre les délégations de la République fédérale d'Allemagne, de la Bolivie, de l'Egypte, des Etats -Unis d'Amérique, de la Grèce, de l'Inde, de l'Indonésie et de l'Union des Républiques socialistes soviétiques, auteurs du projet initial, ainsi que toute autre délégation intéressée.) Il en est ainsi décidé. (Voir la suite du débat sur le programme 5.1.6 dans le procès verbal de la neuvième séance.)

La séance est levée à 12 heures.

1 Voir le texte révisé proposé par le groupe de travail à la p. 411.

NEUVIEME SEANCE Jeudi 22 mai 1975, 14 h.35 Président :

Dr Marcella DAVIES (Sierra Leone)

EXAMEN DETAILLE DU BUDGET PROGRAMME POUR LES EXERCICES FINANCIERS 1976 et 1977 (suite)

Ordre du jour, 2.2.3

Lutte contre les maladies transmissibles (secteur de programme 5.1) (suite) Planification du programme et activités générales (programme 5.1.1) (suite de la septième séance)

Le PRESIDENT annonce que le groupe de travail chargé d'étudier le projet de résolution présenté la veille sur la prévention de la cécité a maintenant terminé ses travaux, et invite les délégués à formuler leurs observations sur ce projet de résolution, libellé comme suit :

La Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé, Consciente de la somme de souffrances humaines et des charges financières qu'entraîne la cécité ainsi que du fait qu'une grande partie des cas de cécité pourraient être prévenus ou guéris; Considérant les résolutions sur la prévention de la cécité adoptées par de précédentes Assemblées mondiales de la Santé (WHA22.29 et WHA25.55) et le rapport du groupe d'étudel réuni par l'OMS en 1972 ainsi que l'adoption du thème "Prévoir et prévenir la cécité" pour la Journée mondiale de la Santé de 1976; et Consciente de la contribution potentielle d'organisations gouvernementales et non gouvernementales, 1. EXPRIME sa satisfaction du travail déjà accompli par l'OMS à cet égard, notamment en ce qui concerne quelques causes majeures de cécité telles que l'onchocercose, le trachome et d'autres affections; 2. PRIE le Directeur général 1) de poursuivre ces efforts; 2) d'encourager les Etats Membres à organiser des programmes nationaux deprévention de la cécité, visant spécialement à réduire l'incidence du trachome, de laxérophtalmie, de l'onchocercose et d'autres causes de cécité, ainsi qu'à introduire des mesures adéquates pour le dépistage et le traitement précoces d'autres états pathologiques potentiellement générateurs de cécité tels que la cataracte et le glaucome; d'encourager les organisations non gouvernementales, nationales et internatio3) nales, à mobiliser des ressources financières et autres pour la réalisation de ce programme; et 4) de faire rapport à l'Assemblée mondiale de la Santé sur les progrès accomplis dans l'action.contre la cécité en général et en particulier contre l'onchocercose, le trachome et la xérophtalmie. :

Le Dr BANGOURA (Guinée) déclare qu'en tant que membre du groupe de travail il souhaite figurer parmi les auteurs du projet de résolution. 2

Décision

:

Le projet de résolution est approuvé.

Paludisme et autres maladies parasitaires (programme 5.1.3) (suite de la huitième séance) Le PRESIDENT attire l'attention sur le projet de résolution suivant, relatif aux maladies mycosiques et présenté par les délégations de la Belgique, de la France, de la Tunisie et du Zaire :

La Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé, Ayant examiné le budget programme présenté par le Directeur général pour les exercices financiers 1976 et 1977; Notant avec satisfaction l'importance accordée par ce budget programme à la lutte contre les maladies transmissibles en général; Considérant que les infections mycosiques superficielles et profondes sont extrêmement répandues aussi bien dans les pays industrialisés que dans les pays en voie de développement, et qu'elles constituent un problème médical et social important, INVITE les autorités sanitaires des Etats Membres à accorder aux infections mycosiques 1. l'attention que justifient leur prévalence et leur importance médicale et sociale; et PRIE le Directeur général de prévoir dans les programmes de l'Organisation une assis2. tance aux études épidémiologiques relatives aux infections mycosiques superficielles et

l Série de Rapports techniques OMS, N° 518, 1973. 2 Ce projet de résolution a été transmis à l'Assemblée de la Santé dans le premier rapport de la Commission et adopté sous le numéro d'ordre WHA28.54.

-399-

400

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

profondes et de fournir aux Etats Membres les conseils techniques appropriés pour les combattre.

Le Dr KIVITS (Belgique) se réjouit de l'importance que le budget programme attache à la lutte contre les maladies transmissibles qui sont encore prédominantes dans les pays en voie de développement et dont les pays industrialisés sont loin d'être débarrassés. Toutefois, il regrette que le programme ne mentionne nulle part des infections provoquées par une catégorie de parasites extrêmement répandue, les champignons pathogènes. Les mycoses ou infections mycosiques qui attaquent la peau, le cuir chevelu, les muqueuses ou les organes profonds sont à l'origine d'un grand nombre de maladies, tant dans les pays industrialisés que dans les pays en voie de développement. Elles se présentent fréquemment, soit spontanément, soit comme complications à la suite d'un traitement par antibiotiques, et l'on a estimé que 10 à 15 % des leucémiques et un tiers des personnes qui ont subi une transplantation rénale souffrent d'infections mycosiques. Dans les pays en voie de développement, des millions d'enfants sont atteints d'infections mycosiques du cuir chevelu et des millions d'adultes souffrent de mycoses des pieds. La délégation de la Belgique souhaite que l'OMS accorde à cette catégorie de maladies hautement transmissibles l'attention que mérite leur prévalence dans le monde; il conviendrait d'encourager les études épidémiologiques et de donner des conseils techniques aux autorités sanitaires nationales pour leur permettre de lutter contre ces affections. Consciente des difficultés financières de l'Organisation, la délégation de la Belgique croit cependant qu'il sera possible de trouver des crédits suffisants pour lutter contre les infections mycosiques dans la masse des moyens

financiers dont l'Organisation dispose pour lutter contre les maladies transmissibles. Le Dr Kivits propose d'amender le projet de résolution en ajoutant au dispositif un paragraphe 3) ainsi conçu "PRIE le Directeur général de faire rapport à la prochaine Assemblée mondiale de la Santé sur l'importance des maladies mycosiques en santé publique dans les Etats :

Membres ".

Le Professeur DAVIES (IsraEl) appuie le projet de résolution et désire figurer parmi ses coauteurs. Le Dr MICHEL (France) et le Dr LEKIE (Zaire) appuient l'amendement proposé par le délégué de la Belgique. Décision :

Le projet de résolution, ainsi amendé, est approuvé.'

Le Dr LEPES (Directeur de la Division du Paludisme et des autres Maladies parasitaires) reconnaît que l'OMS fait relativement peu dans le domaine des maladies mycosiques. Toutefois, il attire l'attention de la Commission sur la page 177 des Actes officiels N° 220 où il est fait mention d'un petit programme de recherche visant ces maladies. En outre, un séminaire organisé cette année dans la Région du Pacifique occidental sur la question des dermatoses tropicales sera essentiellement consacré aux infections mycosiques. L'OMS poursuit également quelques études de terrain sur l'épidémiologie de certaines infections mycosiques au Guatemala, études qui fourniront de nouvelles données sur le cycle biologique et la propagation de certains des champignons incriminés. Certes, l'OMS devrait à l'avenir consentir un plus gros effort, notamment en matière de formation de personnel au diagnostic des infections mycosiques, bien qu'actuellement il existe peu de méthodes chimiothérapiques permettant de soigner ces infections. Maladies mycobactériennes (programme 5.1.6) (suite de la huitième séance) Le Dr BANGOURA (Guinée) estime que, compte tenu de tuberculose dans de nombreux pays, la mise en oeuvre de tuberculeux semble être une solution efficace du double Il aimerait savoir si des programmes mixtes de ce genre de l'OMS et quels en ont été les résultats. la forte incidence de la lèpre et de la programmes mixtes antilépreux et antipoint de vue financier et administratif. ont déjà été lancés sous les auspices

Le Professeur ORHA (Roumanie) dit que, après la Seconde Guerre mondiale, la tuberculose a posé un très grave problème de santé publique dans son pays. Toutefois, les mesures de lutte prises dans le cadre de l'effort de développement socio- économique du pays ont abouti à une nette diminution de la mortalité par cette maladie. L'expérience acquise pendant l'exécution du programme de lutte antituberculeuse a conduit à apporter certaines modifications à l'approche adoptée. Le programme actuel se fonde essentiellement sur une chimiothérapie surveillée, pratiquée en hôpital pour de courts séjours de trois mois en moyenne, suivie d'une chimiothérapie ambulatoire d'une durée de neuf à douze mois. A ces mesures thérapeutiques s'ajoute la vaccination systématique des nouveau -nés, pratiquée dans 95 % des cas. La qualité du vaccin employé a été contrôlée avec l'aide de l'OMS et cela a permis de l'améliorer considérablement. L'Institut roumain des Sérums et des Vaccins participe, avec d'autres laboratoires, à une étude organisée par l'OMS sur le contrôle de la qualité des différents vaccins BCG. La délégation roumaine est convaincue que la seule méthode permettant de remporter de nouvelles victoires sur la tuberculose est d'intégrer la lutte antituberculeuse à l'activité

1 Ce projet de résolution a été transmis à l'Assemblée de la Santé dans le premier rapport de la Commission et a été adopté sous le numéro d'ordre WHA28.55.

NEUVIEME SEANCE PLENIERE

401

des services généraux de santé. Une étude pilote a été entreprise en Roumanie en 1973 afin de comparer, du point de vue technique, épidémiologique et économique, l'efficacité des trois horizontal, vertical et mixte. Les résultats de cette étude permettront types de programmes de déterminer le programme le plus avantageux. Le Professeur Orha tient à remercier l'OMS pour l'aide précieuse fournie à l'occasion de cette étude ainsi que pour son assistance technique concernant l'optimisation du vaccin BCG. Les recommandations formulées dans le neuvième rapport du Comité OMS d'experts de la Tuberculose) ont présenté le plus grand intérêt pour l'élaboration des programmes de lutte antituberculeuse en Roumanie, tant au niveau national que local. :

Le Dr CHITIMBA (Malawi) estime que la tuberculose est une maladie extrêmement importante du point de vue de la santé publique. Les meilleurs moyens d'empêcher la transmission de l'infection sont premièrement, d'identifier les sujets atteints par examen au microscope d'étalements de crachats et de les soigner ensuite grâce à une chimiothérapie efficace de type ambulatoire; deuxièmement, de protéger une forte proportion de la population vulnérable grâce à un vaccin BCG lyophilisé stable de bonne qualité; et troisièmement, d'assurer l'exécution du programme de lutte antituberculeuse grâce au personnel qualifié et bien encadré des services de santé des collectivités. Tout cela est connu des milieux médicaux depuis au moins dix ans, et pourtant le rapport du Directeur général admet que l'infection ne semble pas manifester la tendance à la régression que l'on observe dans certains pays où la prévalence est faible. On a émis l'idée qu'il s'agissait davantage d'un problème d'organisation et de gestion que d'un problème strictement médical et que l'OMS devait à l'avenir s'en tenir à l'approche éducative qui a été jusqu'à présent la sienne et continuer à donner des conseils et une aide. La délégation du Malawi n'est pas de cet avis. Depuis treize ans, l'OMS fait le maximum en matière d'éducation, qu'il s'agisse de comités d'experts ou de cours internationaux de formation, et le problème n'est pas résolu. Il y aurait lieu de procéder à une évaluation des efforts de l'OMS afin de déterminer les raisons qui expliqueraient l'échec des programmes nationaux de lutte antituberculeuse. Il ne faut réunir à grand frais des comités d'experts que s'il existe une forte probabilité que ceux -ci conduisent à une solution efficace. Le Dr Chitimba a trois questions à poser. Premièrement, jusqu'à quel point les programmes mixtes de lutte antilépreuse et antituberculeuse se sont -ils révélés efficaces ? Deuxièmement, quelles mesures l'OMS a -t -elle prises pour assurer l'approvisionnement en médicaments antituberculeux au moment où de nombreux pays souffraient d'une pénurie de ces médicaments ? Troisièmement, pourquoi n'indique -t -on pas dans ce secteur de programme les sommes affectées à la lutte contre des maladies déterminées ? Au Malawi, l'expérience a montré qu'en ce qui concerne la vaccination BCG, la meilleure solution est la méthode de la vaccination unique, à condition qu'elle se limite aux groupes d'âge appropriés. :

Le Dr SANGARE (Mali) signale que, dans son pays, l'incidence de la tuberculose a atteint le taux inquiétant de 2 à 2,5 %. En 1968, une vaste campagne de vaccination BCG a été lancée avec l'aide de l'OMS et du FISE et l'on envisage d'en assurer la suite dans le cadre des opérations intégrées de vaccination de masse contre la variole et la fièvre jaune. Si l'aspect préventif de la lutte antituberculeuse s'est révélé relativement facile, le traitement des malades est plus difficile en raison de l'étendue du pays et de la faiblesse de l'infrastructure sanitaire. La principale méthode employée est le traitement à domicile assuré par des équipes mobiles et complété par un effort d'éducation sanitaire. Dans ce domaine, l'action des pouvoirs publics a été grandement facilitée par le travail des associations bénévoles, notamment d'une association des Pays -Bas. Un projet pilote est actuellement en cours afin de déterminer les meilleurs moyens d'atteindre et de soigner le maximum de malades. Ce projet a nécessité le recrutement et la formation d'agents auxiliaires locaux chargés de collecter les crachats des cas suspects et de distribuer des médicaments. Entrepris depuis deux ans, ce projet commence à donner des résultats encourageants. En conclusion, il convient de remarquer qu'une action conjuguée des services de santé gouvernementaux et des associations bénévoles peut donner des résultats appréciables. Le Dr DAS (Népal) déclare que, dans son pays, les deux principaux aspects de la lutte antituberculeuse sont la vaccination BCG, d'une part, le dépistage et le traitement, d'autre part. On enseigne désormais aux agents de vaccination antivariolique à pratiquer la vaccination BCG et une expérience entreprise au Népal oriental a montré que cette méthode combinée donnait de bons résultats. On envisage également d'associer le dépistage de la tuberculose et la lutte antilépreuse et il serait intéressant d'avoir l'avis d'autres pays Membres qui ont expérimenté des méthodes combinées de ce genre. Maladies à virus (programme 5.1.7) Le Dr FUNKE (République fédérale d'Allemagne) relève que ce programme (Actes officiels N° 220, page 194) mentionne un projet de recherche collective sur la prévalence des infections à cytomégalovirus chez les enfants. Des constatations récemment faites dans son pays ont montré 1

Série de Rapports techniques OMS, N° 552, 1974.

402

VINGT- HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

que le virus d'Epstein -Barr joue sensiblement le même rôle dans les infections prénatales à virus, qui d'ailleurs se manifestent par des symptômes analogues à ceux des infections à cytomégalovirus. Le Dr Funke suggère que l'étude envisagée fasse une place à ce problème qui est très préoccupant dans les pays à croissance démographique nulle où un certain nombre d'enfants risquent de vivre avec des handicaps chroniques.

Le Dr JAROCKIJ (Union des Républiques socialistes soviétiques) estime que la grippe et les maladies grippales méritent une étude plus approfondie car, jusqu'à présent, les mesures prophylactiques n'ont pas empêché l'apparition d'épidémies atteignant le monde entier. Il faut également poursuivre les recherches chimiothérapiques étant donné que les médicaments mis au point aux Etats -Unis d'Amérique et en Union soviétique ne semblent pas prometteurs et n'ont d'ailleurs pas été suffisamment mis à l'épreuve pour autoriser une production et une utilisation de masse. Tout comme il existe différents types de vaccins, il y a différentes méthodes d'administration; dans les pays occidentaux où l'on utilise du vaccin inactivé, on préfère l'injection intramusculaire alors qu'en URSS on administre du vaccin vivant par voie nasale ou buccale. Ces différences de méthode montrent bien la nécessité de poursuivre les recherches et l'OMS devrait entreprendre une étude sur le coût et l'efficacité relatifs des différents vaccins antigrippaux et s'efforcer d'élaborer un système international uniforme pour la surveillance et l'endiguement des épidémies. L'URSS poursuit actuellement des recherches sur l'hépatite virale et pourrait collaborer avec l'OMS à l'identification et à l'isolement du virus de l'hépatite, à sa culture en laboratoire et à des recherches sur le rôle étiologique de l'antigène Australia. Le Dr BOONYOEN (ThaTlande) appuie pleinement le programme poursuivi par l'OMS dans le domaine des maladies à virus. Dans son pays, ce programme a constitué une parade rapide à l'évolution du tableau de la morbidité qui accuse maintenant une augmentation des infections à virus des voies respiratoires; les enquêtes épidémiologiques et la surveillance des sujets infectés devraient permettre de déterminer les moyens d'intervention et de lutte les plus efficaces. Pour les pays où le personnel médical local n'est pas encore très nombreux et où les ressources sont limitées, il est très important d'envisager le problème à l'échelon interrégional et inter -pays.

Les recherches collectives sur l'utilisation d'antigènes inactivés pour le diagnostic de la fièvre hémorragique /dengue, mentionnées dans le projet de budget programme sont une excellente initiative mais à l'occasion de ces recherches est -on parvenu à prouver l'utilité de ces antigènes dans les épreuves de diagnostic ? Le Professeur DAVIES (Israél) demande si le Secrétariat peut fournir des précisions sur le rapport coût /efficacité du système de notification de la grippe. Dans quelle mesure ce système est -il complet et au bout de combien de temps les différents centres obtiendront -ils des informations précises sur les modifications antigéniques ? Peut -on également avoir quelques précisions sur la réponse immunitaire atténuée au vaccin antipoliomyélitique constatée chez les nourrissons dans les pays tropicaux, et que sait -on de l'inhibition par des entérovirus concurrents et par une substance ou des substances provenant de la salive et des liquides de lavage de la gorge ? Le Professeur CANAPERIA (Italie) note avec plaisir qu'il est prévu de réunir en 1976 un comité d'experts qui fera le point des recherches épidémiologiques sur l'hépatite virale A et B. Toutefois, comme il ne semble pas qu'on ait prévu de crédits à cet effet, le Professeur Canaperia désire avoir l'assurance, étant donné l'importance de la question, que cette réunion aura bien lieu. Le problème de la grippe est également un problème fondamental et il conviendrait d'entreprendre des études sur la question des vaccins antigrippaux. Le Professeur KOSTRZEWSKI (Pologne) fait observer que tout programme de lutte contre la grippe et les infections à virus des voies respiratoires doit tenir compte de l'évolution du tableau de ces maladies. On peut en effet se demander si la vaccination est la solution la plus efficace. Quel sera, en ce qui concerne la grippe, le programme de l'OMS au cours des deux prochaines années ? Le Dr DEL CID PERALTA (Guatemala) demande s'il est vraiment utile d'employer des vaccins antigrippaux non polyvalents, étant donné les efforts qu'exige la vaccination dans des pays comme le sien et compte tenu du fait que les épidémies successives ne sont pas dues au même virus. Dans ces conditions, seuls des vaccins polyvalents seraient vraiment efficaces. Il aimerait également savoir si des faits nouveaux sont survenus concernant la vaccination antirougeoleuse. Au Guatemala, on a noté, après la vaccination, des réactions exanthémateuses qui ressemblaient à la rougeole et ont été signalées comme des cas de rougeole. Les recherches faites par la suite ont montré que ces réactions étaient dues à des entérovirus. C'est pourquoi le Dr Del Cid Peralta se demande s'il est utile de poursuivre les recherches sur les vaccins monovalents étant donné leur efficacité limitée dans la prévention des poussées épidémiques de maladies virales. M. RAMRAKHA (Fidji) dit, à propos de dengue, que trois flambées de cette maladie sont une première en 1944, due au virus du type I, une deuxième en 1971 -1972, due survenues à Fidji :

NEUVIEME SEANCE PLENIERE

403

au virus du type II et une troisième en 1975, due de nouveau au virus du type I. Cette dernière flambée a provoqué plusieurs décès, tant à Fidji que dans les pays voisins, dans les zones urbaines et rurales. Il y aurait - semble -t -il - d'autres vecteurs qu'Aedes aegypti. Fidji tient à exprimer sa reconnaissance au Conseil de la Recherche médicale de Nouvelle -Zélande ainsi qu'à d'autres organisations pour l'assistance qu'ils lui ont prêtée au cours de la dernière poussée épidémique. M. Ramrakha ne doute pas que leurs études permettront de révéler de nombreuses données nouvelles. I1 aimerait savoir quelles études l'OMS poursuit sur la prévention de la dengue et les moyens de lutte. Parallèlement aux travaux sur la lutte antivectorielle, il faut élargir les connaissances de manière à prévoir chez quels malades des manifestations hémorragiques apparaîtront et à vérifier si les salicylates risquent de précipiter celles -ci. Le Dr TEKLE (Ethiopie) demande, au sujet du vaccin antityphique, quelle est la situation efficacité, durée de cette efficacité et schéma de vaccination. Puisqu'il est facile actuelle de lutter contre les maladies à rickettsies au moyen d'insecticides, il se demande s'il est vraiment utile de produire du vaccin tué ou atténué contre le typhus à poux. Son gouvernement, préoccupé par le déséquilibre entre le coût de la production du vaccin et les avantages de la vaccination, a cessé la production. Le Dr Tekle aimerait connaître l'expérience d'autres pays à ce sujet et savoir ce qu'ils pensent de la décision de son gouvernement. :

Le Professeur SULIANTI SAROSO (Indonésie) est intéressée par la question qu'a soulevée le délégué de Fidji. Aux réunions du Comité consultatif technique OMS pour la fièvre hémorragique dengue, qui dessert les Régions de l'Asie du Sud -Est et du Pacifique occidental, on a préparé des guides techniques qui donnent de plus amples renseignements sur ce sujet. Ils ont été rédigés de manière à être facilement compris par les travailleurs sanitaires et ils fournissent toute une série de renseignements sur ce qu'il faut faire dans les cas de fièvre hémorragique /dengue.

Maladies vénériennes et tréponématoses (programme 5.1.8) Le Professeur JANSSENS (Belgique) estime préoccupante la progression des maladies transmises par voie sexuelle, plus particulièrement la syphilis et la gonococcie. Le rapport final des discussions techniques organisées sur ce sujet,' qui tiendra certainement compte du document de base ainsi que des divers échanges de vues et d'expériences pratiques, fournira sans aucun doute une meilleure approche multidisciplinaire. Mais il ne suffit pas d'appeler l'attention d'un groupe d'individus sur un problème dont la gravité est pour eux incontestable. Ces travaux devraient encourager les gouvernements et tous les responsables à faire un usage optimal des services et des structures existants de façon que les travailleurs sanitaires de tous niveaux - y compris ceux de la base - aient les renseignements techniques voulus et que l'éducation assurée soit telle qu'elle amène un changement d'attitude chez toutes les personnes concernées. Pour concrétiser ces idées, la délégation de la Belgique a établi un projet de résolution avec l'appui des délégations des pays suivants Côte d'Ivoire, Cuba, France, Grèce, Inde, Italie, Liban, Mali, Suède, Turquie et Zaîre.2 Le projet n'est pas encore prêt à être distribué mais, si la Commission le souhaite, le Professeur Janssens peut en donner lecture. :

Le PRESIDENT propose à la Commission d'attendre que le projet de résolution soit distribué pour poursuivre l'étude de la question.3 Le Dr TOTTIE (Suède) se réjouit que l'Assemblée ait eu l'occasion d'envisager une approche nouvelle pour un problème majeur du monde moderne. Il importe, ce faisant, de se pencher sur l'éducation des jeunes d'aujourd'hui et de demain et d'examiner le contenu d'ensemble du programme éducatif. Le Dr Tottie est tout particulièrement favorable à la notion de responsabilité de l'individu et de respect de l'intégrité de la personne humaine. Pendant trop longtemps, on a manifesté une attitude négative vis -à -vis de ces questions et il faut espérer qu'à l'avenir il en sera autrement. (Voir la suite du débat, consacrée à l'examen du projet de résolution, dans le procès verbal de la onzième séance.)

Santé publique vétérinaire (programme 5.1.9) Le Dr FUNKE (République fédérale d'Allemagne) estime que les problèmes d'hygiène des denrées alimentaires prennent de plus en plus d'importance; la tâche des comités qui s'en occupent devra probablement être intensifiée avec la libéralisation accrue des échanges alimentaires internationaux. Sa délégation aimerait que l'OMS exerce une plus grande influence au sein de la Commission du Codex Alimentarius. Les problèmes d'ordre sanitaire devraient recevoir à tout le moins autant d'attention que les intérêts commerciaux, et l'OMS ne devrait pas 1 En préparation. 2 3

Les délégations du Gabon et du Sénégal se sont ultérieurement jointes aux coauteurs. Voir p.431.

404

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

approuver la mise au point de normes ne répondant pas aux besoins sanitaires des consommateurs. Le Dr Funke demande que l'OMS se penche tout spécialement sur cette question. Le Dr ALFA CISSE (Niger) déclare que son pays est gravement menacé par les activités frauduleuses de certains laboratoires et certaines firmes; le Niger n'est pas équipé pour vérifier si ce qui est indiqué sur les boites contenant des aliments correspond à ce qui se trouve à l'intérieur. Il a même été prouvé avec l'aide de l'OMS que l'on avait vendu des vaccins qui n'étaient en fait que de l'eau distillée. Dans ces conditions, il est essentiel que la Région africaine dispose de laboratoires afin de pouvoir déceler les pratiques frauduleuses, notamment en ce qui concerne les bonbons et autres aliments consommés par les enfants.

Le Dr JAROCKIJ (Union des Républiques socialistes soviétiques) partage les préoccupations du délégué de la République fédérale d'Allemagne. A cet égard, il est important de contrôler la santé des animaux, notamment ceux qui sont destinés à l'exportation. Différentes méthodes sont utilisées suivant les pays pour déceler la leptospirose chez les animaux domestiques; aussi importe -t -il, à son avis, de s'entendre sur une méthode type pour l'examen du bétail et des porcs destinés à l'exportation. L'Union soviétique a fait de très importantes recherches scientifiques sur la propagation de la leptospirose; elle a également entrepris de nombreux travaux sur l'échinococcose; elle a élaboré une méthode satisfaisante pour le diagnostic de cette maladie chez l'homme et les animaux domestiques et mis au point un antigène de haute qualité, et c'est avec plaisir qu'elle fera part de son expérience à l'OMS et à d'autres pays. En ce qui concerne la brucellose, le Dr Jarockij pense qu'il serait utile de publier un rapport annuel sur l'activité des centres collaborateurs de l'OMS. En outre, un numéro du Bulletin OMS pourrait peut -être être consacré aux zoonoses; il faudrait par ailleurs améliorer les statistiques sur les personnes atteintes de brucellose. Le Dr SEBINA (Botswana) apprécie les efforts déployés par l'OMS pour aider les Etats Membres à surveiller et endiguer les zoonoses, dont certaines, particulièrement la rage, sont en recrudescence. Au Botswana, la rage était à l'origine confinée à quelques mangoustes, mais elle s'est par la suite propagée, tout d'abord aux chacals et aux chiens, puis aux chèvres et aux bovins, et enfin à l'homme, comme en témoignent les deux cas mortels survenus en 1975. Diverses mesures ont été prises, telles que la vaccination des chiens et l'abattage des chiens errants, et une action d'éducation sanitaire a été lancée; le cycle de transmission semble désormais interrompu dans les zones urbaines. Le Dr VASSILOPOULOS (Chypre) dit que Chypre est l'un des rares pays où l'hydatidose était répandue; la maladie posait un problème sur le plan de la santé publique mais aussi sur le plan socio- économique, Avec la collaboration de l'OMS, une campagne a été lancée il y a quelques années, son objectif essentiel étant d'abattre les chiens errants dans les villes et les villages, d'inspecter les viandes et d'appliquer aux chiens un traitement préventif. Grâce à ces mesures, la maladie a été pratiquement éliminée. Le Dr ANDRIAMAMPIHANTONA (Madagascar) précise que, dans son pays, les bovins sont touchés par la fascioliase, qui est aux animaux ce qu'est la schistosomiase à l'homme. La maladie est actuellement assez répandue et tue un grand nombre d'animaux. Etant donné que l'on pourrait consommer du foie contaminé par le micro -organisme responsable de la maladie, il aimerait savoir si la maladie peut se transmettre à l'homme et, dans l'affirmative, comment elle se manifeste. Le Dr LEON (Argentine) indique que le programme de santé publique vétérinaire exécuté en Argentine comprend une campagne nationale contre la rage, consistant à vacciner les chiens dans six des provinces du pays ainsi qu'à Buenos Aires. Un programme d'éducation sanitaire est également en cours; il a pour objet d'avertir la population des dangers de la rage et de l'informer des mesures préventives à prendre. Une autre campagne importante est en cours contre l'hydatidose; elle comprend des soins médicaux et vétérinaires, une action d'hygiène rurale et de l'éducation sanitaire. Le programme, qui est maintenant en place depuis cinq ans dans la province de Neuquen, a donné des résultats extrêmement satisfaisants et il est prévu de le développer. Le Dr SADELER (Dahomey) relève que, même dans les pays hautement industrialisés qui disposent de services de contrôle bien équipés, il ne se passe pas de jour où l'on ne trouve des résidus de pesticides, des hormones, des antibiotiques dans les denrées alimentaires, particulièrement le lait, et l'on a même décelé le bacille de Koch dans du beurre. Le contrôle des denrées alimentaires étant encore plus défectueux dans les pays en voie de développement, le Dr Sadeler demande qu'une recommandation soit formulée de toute urgence à cet égard. En ce qui concerne la déclaration du délégué de l'Argentine, il aimerait savoir quelle action ce pays prévoit d'entreprendre contre les réservoirs de la rage autres que les chiens. Le Dr LEON (Argentine) répond que l'Argentine reçoit une assistance tout à fait exceptionnelle du Centre panaméricain des Zoonoses, où d'intéressantes études sont faites sur ces réservoirs. Mais la campagne nationale concerne presque exclusivement la rage canine et les vaccinations sont limitées aux chiens.

NEUVIEME SEANCE PLENIERE

405

Le Dr HASSOUN (Irak) dit que la leishmaniose viscérale est une anthropozoonose qui préoccupe les autorités irakiennes. Il y a trente ans, le kala -azar était inconnu dans le pays. Les premiers cas - assez rares - ont été diagnostiqués en 1966, et l'on a enregistré 488 cas en 1972, 1134 en 1973 et 1691 en 1974. La plupart d'entre eux ont été décelés dans le centre du pays, probablement parce que les services de diagnostic y sont plus perfectionnés et que le personnel médical connaît mieux la maladie. On s'est efforcé de repérer les foyers naturels de la maladie; en particulier, le service du kala -azar de l'Institut des Maladies endémiques a fait une enquête sur des centaines de rongeurs et une cinquantaine de chiens pour vérifier, par étalement et par culture, s'ils pouvaient constituer un réservoir d'hôtes. Le parasite Leishmania donovani n'a été trouvé chez aucun animal. On fait actuellement des études pour déterminer si les chacals et les renards pourraient constituer des réservoirs d'hôtes et si les malades guéris cliniquement peuvent atre une source d'infection. L'Irak apprécierait l'assistance de l'OMS pour ces études et remercie le Bureau régional de la Méditerranée orientale de l'aide déjà accordée. Biologie des vecteurs et lutte antivectorielle (programme 5.1.10) Le PRESIDENT propose que la question de la sécurité d'emploi des pesticides (classification des pesticides en fonction des dangers qu'ils présentent) soit examinée ultérieurement sous le point 2.10 de l'ordre du jour.1 Il en est ainsi décidé.

Le Professeur SULIANTI SAROSO (Indonésie) note avec satisfaction que l'OMS étudie actuellement la biologie, l'écologie et la sensibilité aux pesticides des principales espèces vectrices, y compris celles du paludisme. L'un des laboratoires de biologie des vecteurs et de lutte antivectorielle sur le terrain se trouve en Indonésie. Ses travaux portent principalement sur Aedes aegypti en tant que vecteur de la fièvre hémorragique /dengue et sur les anophèles, et ils font appel aussi bien aux pesticides qu'aux moyens biologiques. Le Professeur Sulianti Saroso tient à remercier l'OMS d'avoir choisi l'Indonésie pour y installer ce laboratoire. Le Dr COCKBURN (Directeur de la Division des Maladies transmissibles) revient sur différents points soulevés au cours de l'examen du secteur de programme concernant les maladies transmissibles. Il indique à propos du programme relatif à la grippe, que celui -ci couvre maintenant 97 centres de notification et deux centres mondiaux. Les renseignements sont de ce fait obtenus beaucoup plus rapidement que par le passé, par exemple sur l'évolution de la structure antigénique des souches. Il faut signaler une autre amélioration récente, utile pour des souches nouvelles peuvent aujourd'hui être combinées à des la production de vaccins souches anciennes adaptées à une bonne croissance en laboratoire, de sorte qu'on peut obtenir de très grandes quantités d'antigènes en trois mois à trois mois et demi alors qu'il y a quelques années il fallait six à huit mois. On ne sait pas pourquoi les mêmes souches ont provoqué des épidémies dans certains pays plusieurs années de suite, mais les renseignements sur ces épidémies sont aujourd'hui plus fiables grace au système très efficace qui permet d'examiner toutes les souches dans l'un des deux centres mondiaux. Cependant, rien de ce qui a été fait jusqu'à présent ne peut empêcher une épidémie de grippe, encore que le vaccin soit certainement très utile sur le plan individuel. Le taux de protection conféré par le vaccin tué est probablement d'environ 70 % et la vaccination pratiquée chaque année est certainement utile pour les groupes exposés, même si certaines souches nouvelles échappent au pouvoir protecteur d'un vaccin. D'importants travaux sont faits actuellement sur les vaccins. On organise dans trois pays des études sur le terrain concernant de nouveaux vaccins vivants qui seront comparés avec des vaccins tués produits par des méthodes plus modernes. La protection conférée par un vaccin contre un nouveau type de virus grippal dépend de la mesure dans laquelle celui -ci diffère du type précédent. Ainsi, un vaccin produit en 1973 protège encore contre une souche prévalente en 1975, en dépit d'une grande différence antigénique. Pour ce qui est des fonds, le Dr Cockburn fait observer que, comme les chiffres sont donnés globalement, il n'est pas facile de distinguer les différents postes. Mais on peut, par exemple, noter que des crédits très importants ont été prévus pour la grippe au titre des fonds du réseau des centres collaborateurs. Le Secrétariat est prêt à reprendre la question ultérieurement si cela est nécessaire. Quant à la poliomyélite en zone tropicale, il est vrai que la réponse des enfants est souvent moins satisfaisante dans les pays tropicaux, tout au moins du point de vue sérologique, que dans les pays tempérés, mais il ne faut pas oublier que, même dans ces conditions, si l'on :

Ce point de l'ordre du jour a été transféré à la Commission B par décision de l'Assemblée de la Santé à sa douzième séance plénière, et discuté par cette commission à sa dixième séance.

1

406

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

administre trois doses de vaccin, le taux de séroconversion n'est pas très inférieur à celui que l'on obtient dans les régions tempérées. Cette réponse plus faible semble être due au fait que la substance inhibitrice récemment trouvée en Afrique par une équipe de l'OMS dans la salive et la gorge d'enfants vivant en zone tropicale pourrait jouer un rôle important en empêchant le virus de pénétrer dans les cellules du canal intestinal. On ne sait pas encore ce qu'est exactement cette substance, mais des travaux sont en cours en Ouganda et en Hongrie, et les perspectives sont encourageantes. La recherche sur l'hépatite est l'un des secteurs où l'on progresse le plus, et l'agent de l'hépatite B est désormais facile à identifier dans le sérum. On ne peut toujours pas le cultiver, mais on prépare actuellement, à partir de l'antigène du sang circulant des porteurs du virus, des vaccins expérimentaux qui semblent conférer une très grande protection. Il s'écoulera toutefois encore beaucoup de temps avant qu'un tel vaccin soit largement disponible. L'hépatite A a récemment été identifiée nettement chez le ouistiti, et il est facile de produire un antigène fixant le complément qui puisse être utilisé pour le diagnostic de l'hépatite A ainsi que pour différencier celle -ci de l'hépatite B et d'autres formes d'hépatite. Enfin, le Dr Cockburn précise que des crédits d'un montant estimatif de $19 400 sont prévus sous la rubrique "Comités d'experts ", dans le projet de budget programme, pour le comité d'experts de l'hépatite qu'on se propose de réunir. Le Dr HITZE (service de la Tuberculose), répondant aux questions posées sur les services de lutte antituberculeuse de l'OMS, se félicite que l'on ait mentionné l'importante recherche opérationnelle conduite en Roumanie, qui devrait être très profitable à l'analyse coûts/ avantages d'une intégration de la lutte antituberculeuse aux services de santé généraux d'un pays européen. Il est également heureux qu'on ait mentionné l'appui capital que peuvent fournir les organismes bénévoles en mobilisant la participation de la collectivité aux programmes intégrés. Le Dr Hitze a noté avec un grand intérêt qu'on avait pu préparer les vaccinateurs antivarioliques à pratiquer les vaccinations par le BCG. Des efforts analogues ont été faits avec succès dans d'autres pays et ont permis d'accroître considérablement la couverture de vaccination par le BCG. On a demandé pourquoi dans certains pays en voie de développement l'incidence de la tuberculose était de deux à trois cents fois plus élevé que dans quelques pays techniquement avancés et pourquoi dans les premiers pays la maladie ne régressait pas comme elle le fait dans les pays où la prévalence est déjà faible. D'après le schéma épidémiologique typique, une fois que la régression l'incidence a été amorcée et qu'elle a pu être maintenue suffisamment longtemps, on constate que le risque d'infection diminue de moitié tous les 5 à 7 ans. Si cela ne s'applique pas à de nombreux pays en voie de développement, c'est que bien souvent ils ne sont pas en mesure d'adopter l'approche systématique et décidée qui s'impose sur le plan préventif ou curatif. Il en résulte que les populations vulnérables sont insuffisamment couvertes par la vaccination BCG, et que souvent il n'y a pas de programme d'entretien faisant suite à la phase intensive du programme de vaccination. En ce qui concerne les programmes de dépistage et de traitement, trop peu de sources d'infection sont identifiées et, une fois dépistées, trop peu sont traitées avec succès, si bien que la tuberculose continue de se propager dans la collectivité. D'autre part, dans le cas d'une maladie A évolution lente comme celle -ci, on ne doit pas oublier que, même avec des programmes fonctionnant de manière satisfaisante depuis un certain temps, il faut des décennies avant que les résultats soient perceptibles. En ce qui concerne les conditions préalables indispensables pour tout programme de cet ordre, A savoir la détermination du pays, la qualité de la planification et de l'exécution du programme, le Dr Hitze appelle l'attention de la Commission sur le rapport annuel de situation concernant le programme élargi de vaccination de l'OMS. Ces conditions valent naturellement pour tous les programmes d'action sanitaire et notamment ceux qui exigent des thérapeutiques très longues, comme c'est le cas pour les programmes de lutte contre la tuberculose et la lèpre. Dans ces conditions, les programmes antituberculeux et antilépreux ne peuvent être combinés qu'à la condition d'être correctement planifiés. Avant de procéder à leur intégration systématique, il est indispensable d'étudier, dans un petit nombre de pays qui serviront de modèles, les situations les plus fréquentes, les conditions minimales à réunir pour parvenir à l'intégration des programmes, ainsi que la méthode la plus rationnelle A employer. Le Gouvernement de la Haute -Volta s'apprête A entreprendre une enquête opérationnelle de cet ordre avec l'aide de l'OMS; on espère qu'elle fournira une base solide pour l'établissement d'un programme combiné de lutte antituberculeuse et antilépreuse qui pourra être exécuté par les services sanitaires de base La pénurie de médicaments antituberculeux préoccupe l'OMS. Des pénuries aiguës de matières premières se sont conjuguées A des augmentations importantes de prix. Il a été suggéré au FISE qu'il devrait, si la chose était possible du point de vue financier et pratique, assurer les laboratoires pharmaceutiques de son intention d'acheter les médicaments pendant une longue période, et faire des commandes en gros auprès des laboratoires afin d'influencer leurs programmes de fabrication. Le De SANSARRICQ (service de la Lèpre) déclare que deux études contrôlées sur l'effet préventif de la dapsone A l'égard de la lèpre sont menées depuis huit ans en Inde et aux

NEUVIEME SEANCE PLENIERE

407

Philippines. Elles portent sur plusieurs milliers d'enfants. Un effet protecteur a été observé chez environ 50 % de ceux -ci dans les deux études, mais il cesse lorsque l'administration du médicament est arrêtée. Le Dixième Congrès international de la Lèpre n'a d'ailleurs pas recommandé la chimioprophylaxie comme mesure de lutte contre la lèpre. Le Dr TARIZZO (service des Maladies à Virus) déclare qu'il existe deux types de vaccin contre le typhus à poux le vaccin tué, composé soit de rickettsies tuées par le formol et d'antigènes solubles associés soit de produits solubles précipités à partir de Rickettsia prowazeki autolysé par le sulfate d'ammonium, et le vaccin produit à partir de la souche E vivante atténuée de R. prowazeki. Les deux types de vaccin ont suscité une réponse immunitaire chez le cobaye et chez l'homme, mais aucun ne confère une protection absolue à l'homme. On a pu montrer cependant que le premier modifie la maladie et réduit la mortalité. Bien que le vaccin vivant atténué cause certaines réactions secondaires, il confère une bonne protection en cas d'épidémie, il modifie le profil des anticorps dans les régions d'endémie, et il est assez bien accepté par la population. Son emploi a été recommandé dans les cas où le typhus pose un problème de santé publique. On pense qu'une ou deux doses du vaccin tué confèrent une protection pendant 12 à 18 mois. Il faut réunir des données complémentaires sur l'efficacité du vaccin de souche E, ce qui exigera des essais comparés sur le terrain. On considère actuellement que la vaccination constitue l'une des quatre mesures qu'il faut appliquer en association pour lutter contre la maladie traitement (de préférence une dose unique de doxycycline); épouillage des malades et de leurs contacts; vaccination des groupes à risque élevé; et - ce qui est le plus important à long terme - éducation sanitaire. : :

Le Dr ABDUSSALAM (service de la Santé publique vétérinaire) souligne l'importance de l'hygiène des denrées alimentaires dans le commerce international et pour les normes alimentaires. Une bonne part du programme d'hygiène des denrées alimentaires de l'OMS vise l'élément sanitaire des normes qui sont en cours d'élaboration. Dans le programme pour 1976, on a prévu un comité d'experts de la microbiologie des denrées alimentaires qui sera essentiellement chargé d'examiner les normes et critères microbiologiques pouvant être inclus dans les normes des denrées alimentaires. Mais il faut aussi élaborer des méthodes permettant de vérifier ces critères et ces normes. Le Dr Abdussalam appelle l'attention sur le problème important que pose dans la pratique le contrôle sanitaire des produits alimentaires, sur lequel achoppent de nombreux programmes. C'est une chose que d'élaborer des normes et de décrire les méthodes permettant de les respecter, mais c'est autre chose que d'appliquer ces normes dans l'action de santé publique. La principale difficulté à cet égard tient à la faiblesse des services de laboratoire des denrées alimentaires. Pour remédier à cette situation, le Centre panaméricain des Zoonoses et le Bureau régional de l'OMS pour l'Europe ont organisé des cours de microbiologie alimentaire. Il n'a pas été possible jusqu'à présent d'organiser un enseignement collectif dans d'autres Régions, mais certains centres collaborateurs peuvent assurer une formation individuelle. On envisage en outre de préparer des manuels pour les travailleurs de laboratoire qui ne peuvent profiter d'un enseignement concernant des sujets tels que l'examen microbiologique des fruits de mer. La question des étiquetages trompeurs constitue un autre problème qui sera partiellement résolu lorsque le contrôle des produits alimentaires sera satisfaisant. Un comité spécial du Codex Alimentarius est chargé de donner des avis sur l'exactitude des indications portées sur les emballages de denrées alimentaires. Les zoonoses comme la leptospirose, la brucellose et l'échinococcose occupent déjà une place importante dans le programme de l'OMS, qui s'efforce d'obtenir une collaboration aussi large que possible des instituts compétents de différents pays. Les laboratoires de l'Union soviétique participent au programme et les suggestions présentées par le délégué de l'URSS aideront à renforcer cette collaboration. En ce qui concerne les critères applicables aux examens vétérinaires internationaux destinés à prévenir la propagation de la leptospirose, le Dr Abdussalam explique que beaucoup de pays exigeaient autrefois que tout animal entrant sur leur territoire soit exempt d'agglutinines anti- Leptospira. Ce critère n'est plus valable puisqu'on a montré que Leptospira pouvait être présent dans les reins de l'animal et excrété dans les urines sans qu'on observe d'agglutinines. La seule mesure applicable en l'espèce est un examen très approfondi mais, étant donné la large distribution de Leptospire, on peut se demander s'il se justifie. Le Bulletin de l'OMS n'a pas encore consacré de numéro spécial à la brucellose; en revanche, des numéros spéciaux ont été consacrés aux grippes animales, A l'échinococcose et à la classification des tumeurs animales.1 On espère publier d'autres numéros spéciaux, A la condition bien sûr que la documentation soit suffisante. Il a été suggéré qu'il faudrait faire des publications spéciales sur la rage en raison de son extension. La rage tient une place particulièrement importante dans le programme de l'OMS et a fait l'objet de différentes publications telles que

1 Bulletin de l'Organisation mondiale de la Santé, 47 et 50 :

:

439 -542 (1972), 39

:

1 -135 (1968),

1 -142 (1974) respectivement.

408

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

le rapport du Comité d'experts de la Rage,- la monographie sur les techniques de laboratoire appliquées à la rage2 et divers rapports sur des aspects particuliers du sujet comme la rage des animaux sauvages. La fascioliase, qui peut être causée par Fasciola hepatica ou par F. gigantica, se rencontre de petites poussées ont été signalées chez chez l'homme aussi bien que chez les animaux l'homme en France, à Cuba, à Hawat et dans certaines régions de l'Union soviétique, dans des endroits où la maladie sévissait chez les animaux et où la population consommait des végétaux crus - par exemple, du cresson - provenant de sols encaissés. Le tableau clinique de la maladie le parasite se rencontre de temps à autre n'est pas le même chez l'homme que chez l'animal dans le canal hépatique, comme chez l'animal, mais le plus souvent il émigre dans la cavité péritonéale ou apparaît dans des abcès sous -cutanés. Cela dit, la fascioliase ne pose pas de problème de santé publique. Se référant à la récente découverte de cas de kala -azar en Irak, le Dr Abdussalam déclare qu'on a là un bon exemple de foyer naturel de zoonose échappant à l'observation pendant une longue période. Il souligne la nécessité d'instituer une surveillance des zoonoses, surtout en ce qui concerne les réservoirs constitués par les animaux sauvages et domestiques dans lesquels elles peuvent rester inaperçues pendant quelque temps. : :

Le Dr HAMON (service de la Biologie des vecteurs et de la lutte antivectorielle) déclare que l'équipe de recherches interrégionales opérant en Indonésie s'efforce de résoudre les problèmes de la Lutte antivectorielle et profite de la position géographique de l'Indonésie qui permet de servir à la fois les pays des deux Régions de l'Asie du Sud -Est et du Pacifique occidental. Grâce à l'aide fournie par le Gouvernement des Etats -Unis, l'équipe pourra accroître ses activités au cours des trois prochaines années et notamment intensifier ses études sur la lutte contre les vecteurs du paludisme résistant au DDT et à la dieldrine. (Voir la suite du débat sur le secteur de programme 5.1 dans le procès- verbal de la dixième séance, section 2.)

Lutte contre les maladies non transmissibles (secteur de programme 5.2) Le Dr AKHMETELI (Directeur de la Division des Maladies non transmissibles) déclare que les objectifs du secteur de programme en question sont les suivants développer et renforcer les études épidémiologiques visant à évaluer la part des maladies non transmissibles dans la mortalité et la morbidité humaines; mettre en oeuvre des programmes de prévention et de lutte; suivre régulièrement les progrès de la recherche biomédicale sur l'étiologie et la pathogenèse et tirer parti des connaissances nouvellement acquises pour apporter des solutions aux problèmes de santé publique causés par ces maladies; développer et renforcer les services de prévention et de lutte et promouvoir l'intégration de ces services dans les services de santé généraux, ainsi qu'une étroite coordination entre les programmes relatifs aux diverses maladies; promouvoir et soutenir les activités de formation en relation avec l'étude des maladies non transmissibles et la lutte contre ces maladies. Différentes par certains aspects, ces maladies ont des points communs, notamment le fait d'être liées à l'environnement et au mode de vie. D'ordinaire elles débutent et se développent insidieusement et, souvent, ne deviennent manifestes que lorsqu'elles ont atteint un stade avancé. Il faut tirer de ce fait deux conclusions principales tout d'abord, l'importance des examens systématiques pour les groupes de population à risque élevé, ainsi que du dépistage et du traitement précoces; en second lieu, dans tout programme à long terme de prévention primaire, l'importance d'accorder la priorité aux groupes d'âge jeunes, et même aux enfants. En ce qui concerne les maladies cardio -vasculaires, en plus de son aide aux pays, l'OMS fait porter ses efforts sur l'élaboration de méthodes de mesure de la santé cardio -vasculaire de la collectivité, sur la lutte contre les maladies cardio -vasculaires et sur la réadaptation. Ces méthodes permettent de faire une évaluation uniforme des paramètres recueillis dans les études de prévalence et sont applicables à différents pays quels que soient leurs structures sociales et économiques et leurs services de santé. Des enquêtes sur la prévalence ont permis de faire une étude comparée des formes aiguës de cardiopathie ischémique observées dans la collectivité; elle a été achevée en 1974. On a enregistré tous les cas d'infarctus du myocarde se produisant dans une population de 3,6 millions d'individus. En 1971 et 1972, 9000 cas ont été enregistrés dans 20 régions, surtout en Europe, dans le groupe d'âge 20 -64 ans. La moitié des sujets qui sont morts dans les quatre semaines sont en fait décédés dans les deux premières heures. De nombreuses vies pourront être sauvées si l'on parvient à identifier les symptômes particuliers précédant la crise cardiaque. L'étude a permis de recueillir d'importants renseignements sur l'histoire de la maladie ainsi que sur le fonctionnement des services de santé dans les régions considérées. Elle a également fait apparaître des différences géographiques importantes dans les taux d'incidence des cas aigus d'infarctus du myocarde en Europe. Jamais encore on n'avait rassemblé de données aussi détaillées sur la morbidité et la mortalité par insuffisance cardiaque à l'échelle d'un continent. En ce qui concerne le projet d'enregistrement des accidents vasculaires cérébraux, indépendamment des 17 centres qui fonctionnent déjà, des régions pilotes de :

:

1 Série de Rapports techniques OMS, N° 523, 1973. 2 Kaplan, M. M. & Koprowski, H. (sous la direction de), La rage. Techniques de laboratoire, 3ème éd., Genève, Organisation mondiale de la Santé, 1974 (Série de Monographies, N° 23).

NEUVIEME SEANCE PLENIERE

409

l'Inde et de Sri Lanka ont commencé en 1974A envoyer des informations à l'OMS. Au total, 6472 cas nouveaux étaient enregistrés en septembre 1974. Le contrêle de 3113 malades trois mois après l'accident a montré qu'environ 80 % de ceux qui étaient comateux au moment de l'accident étaient décédés, contre 15 % seulement de ceux qui étaient restés pleinement conscients. Les données volumineuses sur les maladies cardio -vasculaires qui résultent des études patronnées par l'OMS sont progressivement utilisées pour la planification et l'organisation de services complets, soit dans des régions pilotes soit à différents échelons administratifs selon les pays. L'expérience acquise montre qu'il est possible d'influer sur les facteurs de risque et, par une intervention appropriée, de réduire la morbidité et la mortalité, bien qu'il soit difficile d'évaluer correctement les interactions entre les facteurs en jeu. On pense que le programme se poursuivra pendant la période envisagée. On prête une attention croissante - mais encore insuffisante - aux autres maladies non transmissibles, notamment le diabète, les affections pulmonaires chroniques, la polyarthrite chronique évolutive, et les maladies rénales et hépatiques chroniques. Une étude du diabète et de ses complications dans plusieurs groupes nationaux et géographiques, qui a été préparée en 1973, portera essentiellement sur les diabétiques âgés de 35 à 54 ans. On explorera les relations entre la fréquence des maladies vasculaires d'une part, la durée, le traitement du diabète et différents facteurs d'autre part. Les maladies chroniques non spécifiques de l'appareil respiratoire ont été étudiées à une réunion de chercheurs sur l'épidémiologie de ce groupe de maladies qui s'est tenue à Genève en 1974. Les membres du groupe ont examiné le problème de l'identification des premiers stades de la maladie en vue de définir les principes de la prévention. Les recommandations qu'ils ont formulées seront mises en oeuvre ultérieurement au niveau du Siège et des Régions. En mars 1974, l'OMS a organisé - en liaison avec l'Institut Kennedy de Rhumatologie de Londres - une réunion de chercheurs pour étudier les grandes lignes de ce que devrait être la coopération internationale sur les maladies rhumatismales et le rêle que pourrait jouer l'OMS. En ce qui concerne l'hygiène dentaire, l'OMS s'emploie essentiellement à aider à planifier avec la souplesse requise les services d'hygiène bucco -dentaire (personnels inclus) en les intégrant, partout où la chose est possible, aux plans et programmes sanitaires nationaux. Cette assistance est fondée sur un sous -programme extrêmement Élaboré d'épidémiologie (rassemblement, stockage et extraction des données). La prévention - surtout par utilisation du fluor reçoit la priorité numéro un dans toutes les activités d'hygiène dentaire de l'OMS. Le programme concernant les aspects biomédicaux des rayonnements vise essentiellement à améliorer les services radiologiques s'occupant du diagnostic, de la radiothérapie et de la médecine nucléaire. Il comporte le rassemblement de données, l'évaluation des besoins en services d'approvisionnement, l'établissement de modèles de planification, en particulier de services radiologiques de base. L'accent est mis sur la formation de médecins, de personnel technique et de radiophysiciens médicaux, desquels dépend la qualité des services. Dans le même ordre d'idées, on étudie l'exposition des populations aux rayonnements utilisés à des fins médicales, ainsi que ses effets biologiques possibles et les facteurs modifiant la réponse biologique aux rayonnements. La médecine nucléaire s'occupe essentiellement des problèmes posés par l'emploi à ses fins médicales des radionucléides et par la standardisation des méthodes de routine. L'emploi des rayonnements ionisants sur des êtres humains pose un problème extrêmement difficile et le comité d'experts prévu pour 1977 devra établir des directives claires sur ce qu'il convient de faire dans cette question d'importance croissante. L'immunologie présente des zones d'intérêt communes avec plusieurs domaines et le service de l'Immunologie collabore avec d'autres unités de l'OMS à des projets communs, par exemple la standardisation des réactifs pour l'estimation de l'antigène carcino- embryonnaire et d'autres antigènes spécifiques de tumeurs, l'étude des mécanismes immunobiologiques qui interviennent dans le syndrome de choc de la dengue, et plus généralement l'immunologie des maladies parasitaires. Le service est responsable de l'organisation de cours de formation en immunologie générale et appliquée qui ont lieu dans les onze centres OMS de recherche et de formation en immunologie répartis dans le monde entier. Il consacre une attention particulière à l'immunologie clinique et notamment à la standardisation des réactifs. Une des priorités dans ce domaine est la standardisation des antisérums marqués à la fluorescéine pour le diagnostic de certaines maladies infectieuses comme la syphilis. Il est prévu d'étendre le programme à la standardisation des tests in vitro et des réactifs correspondants pour le diagnostic des allergies. L'OMS encourage la mise au point de nouveaux tests pour l'immunologie du rhumatisme et leur évaluation clinique. Le service de la Génétique humaine s'occupe actuellement de programmes de recherche sur la génétique de groupes spéciaux de population, la génétique clinique, les bases moléculaires des maladies héréditaires, la structure des populations et l'immunogénétique. Les principaux problèmes de génétique humaine intéressant la santé publique sont les hémoglobinopathies, les troubles cytogénétiques et les erreurs innées du métabolisme. Une approche nouvellement adoptée consiste à utiliser des marqueurs génétiques dans le cadre du système de mesures appliqué à l'étude des maladies infectieuses et à la lutte contre ces maladies. Le service de la Génétique humaine participe également à la formation à tous les échelons en soutenant des cours donnés dans différentes parties du monde. Le Dr HIDDLESTONE (Nouvelle- Zélande) déclare que, lors d'un séminaire sur la prévention et la lutte contre les maladies cardio -vasculaires, récemment organisé à Manille, on a eu le

410

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

sentiment très vif qu'il était indispensable de renforcer considérablement l'épidémiologie dans le domaine des maladies non infectieuses chroniques, notamment des maladies cardio -vasculaires. Il se pose de sérieux problèmes dans de nombreux pays de la Région du Pacifique occidental (troubles tels que le rhumatisme articulaire aigu et le rhumatisme cardiaque) qui ne sont absolument pas abordés de manière efficace. La Région offre des occasions exceptionnelles - peut -être uniques - d'acquérir des connaissances scientifiques sur la manière dont les changements psychologiques, sociaux et culturels peuvent influer sur l'apparition de troubles comme l'hypertension, la cardiopathie coronarienne et le diabète. Le rythme des transformations dans de nombreux pays de la Région exige qu'on entreprenne des études épidémiologiques approfondies; les données qu'on en tirera permettront d'introduire des programmes d'intervention à un stade où les cardiopathies coronariennes et l'hypertension ne sont pas encore aussi fréquentes qu'elles le sont dans les pays développés. Planification du programme et activités générales (programme 5.2.1) Il n'y a pas d'observations. Cancer (programme 5.2.2)

Le Dr LEON (Argentine) déclare que dans son pays le traitement du cancer fait appel à la chirurgie, aux rayonnements et à la chimiothérapie. La chirurgie est d'un niveau technique élevé et le traitement radiologique est à la pointe du progrès. Des mesures ont été prises pour acheter le premier accélérateur. Dans toutes les régions de l'Argentine la demande de radiothérapie peut être satisfaite, mais il n'en va pas de même en ce qui concerne les appareils à cobalt 60, qui n'existent que dans les centres les plus peuplés. On s'efforce actuellement de remédier à cette carence. La chimiothérapie du cancer pose des problèmes de temps et de quantité. Les autorités de la santé publique ont créé à la fin de 1974 une banque nationale des médicaments anticancéreux; une autre banque fonctionne de manière efficace depuis dix ans dans la province la plus vaste et la plus peuplée de Buenos Aires qui compte une population de plus de 10 millions d'habitants. elles importent et achètent Ces banques ne sont pas simplement des fournisseurs de médicaments pour le compte de l'Etat tous les médicaments anticancéreux qui ont dépassé le stage expérimental. Les médicaments sont fournis au prix coûtant ou gratuitement quand le malade n'a pas les moyens de les payer. Ils sont délivrés contre présentation d'une ordonnance indiquant le nom du malade, son âge, l'adresse, le diagnostic, le numéro d'identité et le nom du médecin traitant. La banque organise des cours dans l'intérieur du pays afin de montrer aux médecins locaux comment utiliser les médicaments. Il existe en outre un service de consultation postale grâce auquel les médecins des zones périphériques peuvent demander des schémas de traitement, que la banque établit sur la base des données fournies par le médecin, et lui envoie par la poste, avec des précisions sur les effets secondaires et les complications possibles. On organise actuellement des filiales des banques de médicaments qui opéreront dans l'intérieur du pays en collaboration avec des groupes de médecins spécialisés dans ce type de traitement. A l'heure actuelle, la banque nationale de médicaments détient pratiquement tous les médicaments anticancéreux qui ont fait la preuve de leur efficacité et d'une relative absence de toxicité. :

Le Professeur TATON (Pologne) appuie vigoureusement le programme de coopération internationale en matière de recherche sur le cancer. Les résultats déjà obtenus par le programme constituent un bon exemple de ce qu'une action internationale permet de réaliser. La Pologne coopère depuis de nombreuses années avec l'OMS à la recherche sur le cancer, notamment aux échanges d'informations et de méthodes scientifiques sur des sujets de recherche tels que l'étiologie des tumeurs malignes, les mécanismes de la transformation maligne, l'immunologie du cancer, l'évaluation de différentes méthodes de traitement, en particulier de celles qui ont trait au cancer du sein et de l'utérus, aux processus de prolifération maligne des systèmes lymphatique et hématopotétique, au cancer de l'appareil digestif et à la classification des cancers les plus fréquents chez l'homme. Grâce à cela, les recherches menées en Pologne sur le cancer ont pu progresser dans ces différents domaines. Les principaux sujets de recherche au niveau national et international sont actuellement épidémiologie des maladies malignes en Pologne; effets des facteurs environles suivants nementaux sur l'apparition et le développement de tumeurs malignes; chimiothérapie expérimentale et clinique; facteurs génétiques et immunologiques de la transformation maligne; organisation de la lutte anticancéreuse; formation des cancérologues. Le Gouvernement polonais a accordé une priorité très élevée aux recherches sur le cancer et sur la lutte anticancéreuse et espère ainsi stimuler et intensifier la recherche dans ce :

domaine.

Le Professeur Taton appuie vigoureusement le projet de résolution proposé par les délégations du Botswana et d'autres pays sur la planification à long terme de la coopération internationale en matière de recherche sur le cancer.1 (Voir la suite du débat sur le programme 5.2.2 dans le procès -verbal de la dixième séance, section 2.) La séance est levée à 17 h.40.

1 Voir p. 507.

DIXIEME SEANCE Vendredi 23 mai 1975, 9 heures

Président

:

Dr Marcella DAVIES (Sierra Leone)

1.

PREMIER RAPPORT DE LA COMMISSION

Le Dr LEKIE (Zaire), Rapporteur, donne lecture du projet de premier rapport de la Commission. Décision 2. :

Le rapport est adopté (voir page 696). Ordre du jour, 2.2,3

EXAMEN DETAILLE DU BUDGET PROGRAMME POUR LES EXERCICES FINANCIERS 1976 ET 1977 (suite)

Lutte contre les maladies transmissibles (secteur de programme 5.1) (suite) Maladies mycobactériennes (programme 5.1.6) (suite de la neuvième séance) Le PRESIDENT invite le Président du groupe de travail constitué pour préparer un texte révisé du projet de résolution sur la lutte contre la lèprel à présenter le nouveau projet de résolution. Le Dr SHRIVASTAV (Inde), Président du groupe de travail, rappelle que l'intention des auteurs initiaux du projet de résolution n'était pas de présenter une résolution portant sur tous les aspects de la question, mais simplement de souligner la nécessité de modifier la stratégie des activités de lutte antilépreuse sur le terrain. Après une discussion approfondie à laquelle un certain nombre de délégations ont participé, l'accord s'est fait sur le projet de résolution suivant :

La Vingt- Huitième Assemblée mondiale de la Santé, Rappelant les résolutions WHA5.28 et WHA27.58; Notant que les mesures antilépreuses peuvent réduire notablement la prévalence de la lèpre à condition d'être appliquées avec suffisamment de continuité et de persévérance, 1. RECOMMANDE 1) qu'on effectue un dépistage intensif pour assurer le diagnostic précoce des cas, particulièrement chez les enfants; 2) qu'on repère les cas contagieux et que, dans la mesure du possible, on les soumette initialement à un traitement contrBlé de très près pour réduire leur contagiosité et, ainsi, freiner l'extension de la maladie; 2. SOULIGNE la nécessité d'intégrer la lutte antilépreuse aux activités régulières des services de santé; et 3. PRIE le Directeur général de mettre davantage l'accent sur la formation de personnels multidisciplinaires afin d'améliorer les niveaux de compétence en matière de lutte antilépreuse.

Pour le Professeur SENAULT (France), le mot "régulières" appliqué à "activités" au second paragraphe du dispositif du texte français ne traduit pas réellement l'idée contenue dans le texte anglais. Le Dr SHRIVASTAV (Inde) explique que la référence à des "activités régulières" est destinée à exprimer l'idée que la lutte contre la lèpre doit faire partie intégrante des activités sanitaires menées en permanence dans le pays, par opposition aux activités entreprises dans le cadre soit d'un programme vertical "de choc ", soit de campagnes périodiques de courte durée. Le Professeur SENAULT (France) suggère, en ce qui concerne le texte français, de remplacer "régulières" par "habituelles ". Le Dr SADELER (Dahomey) propose "constantes ".

Le Dr GOMAA (Egypte) suggère, toujours à propos du deuxième paragraphe du dispositif, d'insérer les mots "de base" après "services de santé" et de remplacer "activités régulières" par "activités intégrées ", de manière à mettre l'accent sur la nécessité de cette intégration. Le Dr SHRIVASTAV (Inde) suggère que dans la version anglaise du deuxième paragraphe du dispositif on substitue "integrate" à "include" et qu'on fasse état d'activités régulières permanentes. Le Professeur SENAULT (France) et le Dr KUPFERSCHMIDT (République Démocratique Allemande) se demandent si, en mentionnant expressément les services de santé de base, on ne limite pas en fait la portée du projet de résolution. 1 Voir le débat antérieur aux pages 395 -398. - 411 -

412

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

Le Dr VIOLAKIS -PARASKEVAS (Grèce) suggère qu'au paragraphe 1.2) du dispositif on remplace les mots "pour réduire leur contagiosité" par "pour réduire au minimum leur contagiosité ". Le Dr CLAVERO GONZÁLEZ (Espagne) est d'avis que les mots " localización intensive" au paragraphe 1.1) du dispositif du texte espagnol devraient être remplacés par "deteccion intensiva".

Le Dr SHRIVASTAV (Inde) accepte l'amendement suggéré par le délégué de la Grèce et propose que le deuxième paragraphe du dispositif soit ainsi libellé "SOULIGNE la nécessité d'intégrer la lutte antilépreuse aux activités régulières permanentes des services de santé ". Il n'a pas d'objections à ce qu'on supprime les mots "de base ", mais il souhaite qu'il soit clair que les activités sont déjà intégrées aux niveaux intermédiaire et supérieur; ce qui manque, ce sont des activités régulières de lutte antilépreuse au niveau des villages, en milieu rural. Décision :

Le projet de résolution ainsi amendé est approuvé.1

(Voir la suite du débat sur le secteur de programme 5.1 dans le procès- verbal de la onzième séance.)

Lutte contre les maladies non transmissibles (secteur de programme 5.2) (suite) Cancer (programme 5.2.2) (suite de la neuvième séance) Le PRESIDENT appelle l'attention sur le point 2.3 de l'ordre du jour concernant la planification à long terme de la coopération internationale en matière de recherche sur le cancer, qui sera abordé dans la suite des discussions de la Commission.2 Le Président suggère que les observations détaillées relatives à ce point soient faites quand il viendra en discussion plutôt qu'à l'occasion de l'examen du budget programme. Il en est ainsi décidé.

Le Dr FUNKE (République fédérale d'Allemagne) approuve le projet de programme sur le cancer, mais pense qu'il faudrait se préoccuper également de la surveillance post -cure des cancéreux, surtout maintenant que les guérisons et les rémissions durables sont plus fréquentes. La République fédérale d'Allemagne apprécie particulièrement ce que fait l'OMS au sujet des registres hospitaliers des cas de cancer. La presse a fait état d'une conclusion à laquelle seraient parvenus les experts de l'OMS, à savoir qu'il n'y aurait pas réellement de risques pour les "fumeurs passifs ", c'est -à -dire pour les personnes inhalant la fumée des cigarettes fumées autour d'elles. Etant donné les efforts actuellement faits pour restreindre l'usage de la cigarette, le Dr Funke demande instamment à l'OMS de prêter toute l'attention voulue à la publicité faite autour de constatations de cet ordre, afin d'éviter qu'elle n'ait des répercussions fâcheuses. Le Dr CLAVERO GONZALEZ (Espagne) déclare que son pays essaiera de mener sa campagne anticancéreuse conformément à la stratégie adoptée aussi bien par le Siège que par le Bureau régional de l'Europe afin d'essayer d'obtenir les meilleurs résultats possibles. La recherche de base et la recherche environnementale sur le cancer actuellement exécutées en Espagne reposent sur l'étude de la biologie des cellules cancéreuses et sur la virologie cancérogène. Un centre national d'oncologie existe depuis 1932 et travaille en collaboration avec un centre national de virologie. Un registre des cas de cancer couvrant environ 2 millions de personnes a été établi en liaison avec le Centre international de Recherche sur le Cancer, et des comités du cancer sont systématiquement constitués dans les hôpitaux. On se préoccupe tout spécialement de former des auxiliaires, par exemple des cytotechniciens et des radiographes, en tenant compte de la demande, du rapport coût /avantages, de la pénurie de matériel dans le secteur privé, de la nécessité de promouvoir des études d'anatomopathologie et d'oncologie, et d'assurer l'éducation sanitaire de la population en ce qui concerne le cancer du col de l'utérus et du sein. Dans les régions rurales, on a recours aux services des femmes travaillant dans le secteur de la santé, notamment dans les pharmacies où leur proportion est importante. On n'a pas jugé bon d'utiliser la télévision pour l'éducation sanitaire sur le cancer, afin de ne pas alarmer inutilement la population et de ne pas susciter une demande massive de services qui ne pourrait être satisfaite. La radiographie constitue un outil extrêmement précieux et l'infrastructure mise en place depuis vingt ans en Espagne pour combattre la tuberculose et les maladies pulmonaires est maintenant utilisée pour le cancer et les maladies cardio -vasculaires. Maladies cardio -vasculaires (programme 5.2.3)

Le Dr KLIVAROVA (Tchécoslovaquie) déclare que dans son pays plus d'un tiers des décès sont dus aux maladies cardio -vasculaires, et que d'autres pays connaissent une situation semblable. La Tchécoslovaquie, conformément aux recommandations de l'OMS, met en oeuvre diverses mesures dans les domaines de la prophylaxie, du traitement, de la réadaptation, de la formation professionnelle, de l'éducation sanitaire et de la recherche. Il y a deux ans, un programme de lutte fondé sur les recommandations d'un groupe d'experts de l'OMS a été mis en route dans trois régions. Actuellement, on dépouille les résultats de ce programme, en les comparant avec les 1

Ce projet de résolution a été transmis à l'Assemblée de la Santé dans le deuxième rapport de la Commission et adopté sous le numéro d'ordre WHA28.56. 2

Voir p. 505.

DIXIEME SEANCE PLENIERE

413

données concernant l'ensemble du pays. Il semble que les services de maladies cardio -vasculaires puissent être améliorés moyennant une dépense relativement modique et qu'il doive en résulter une amélioration de la santé de la population et des conditions économiques. En 1974, on a organisé des cours spéciaux sur les maladies cardio -vasculaires destinés aux médecins et le nombre total de participants à ces cours atteindra 6000 d'ici un an ou deux. On pense disposer en 1976 d'informations sur les résultats obtenus. En ce qui concerne le programme prévu pour 1976 et 1977, le Dr Klivarová fait observer qu'il ne s'agit pas de créer un institut spécial financé par le budget ordinaire de l'OMS, mais d'utiliser au maximum les ressources qu'offrent les instituts nationaux existants. Le Dr Klivarová demande si l'on disposera pour ce programme de fonds autres que ceux qui figurent au tableau de la page 223 des Actes officiels N° 220; il lui semble en effet, d'après ce tableau, que les ressources seront en fait réduites en 1976, ce qui gênera le développement des activités. Le Dr OJALA (Finlande) déclare que son pays, où l'incidence des maladies cardio -vasculaires est particulièrement élevée, s'intéresse beaucoup au programme de l'OMS dans ce domaine. Certes, il est nécessaire de poursuivre les recherches sur les maladies cardio -vasculaires, mais les connaissances qu'on possède déjà sont suffisantes pour justifier une campagne fondée sur une action multiforme, dans laquelle les programmes axés sur la communauté semblent devoir donner les résultats les plus prometteurs. En étroite collaboration avec l'OMS, la Finlande a mis au point à titre d'essai un projet d'intervention couvrant la région administrative de la Carélie du Nord; le but général est de prévenir les maladies cardio -vasculaires en réduisant les facteurs de risque connus dans la population et de promouvoir le diagnostic, le traitement services de et la réadaptation rapide des malades. Le projet utilise des systèmes existants santé et services sociaux, établissements d'enseignement, presse locale et radio; il se compose de sous -projets intégrés touchant à l'éducation sanitaire, au dépistage, à l'intensification du traitement et de la réadaptation. Le but est en fait de réunir des données qui seront utilisées pour établir un plan général de lutte contre les maladies cardio -vasculaires dans toute la population; l'évaluation des résultats constitue donc un aspect important du projet. La valeur de ce type d'expérimentation est encore rehaussée par les échanges de vues avec les pays entreprenant des études analogues; les résultats des programmes à orientation communautaire pourront être adaptés à d'autres conditions. La délégation finlandaise se déclare très satisfaite du programme de l'Organisation tel qu'il est exposé dans le budget programme et exprime l'espoir que les crédits prévus pour le programme sur les maladies cardio -vasculaires seront maintenus à un niveau correspondant à l'importance que revêtent actuellement ces maladies dans la collectivité. :

Le Dr FETISOV (Union des Républiques socialistes soviétiques) souligne la nécessité de poursuivre activement les recherches sur les maladies cardio -vasculaires. Le programme de l'OMS semble se dérouler de manière satisfaisante, mais il faudra établir des priorités le plus rapidement possible. A son avis, la prophylaxie, notamment celle des cardiopathies ischémiques et des accidents vasculaires cérébraux, doit venir en tête. L'OMS a acquis une expérience considérable à partir de l'étude méthodologique sur les éléments comportementaux et opérationnels des programmes d'intervention sanitaire exécutés à Rotterdam et à Kaunas; cette étude devrait peut -être être étendue à d'autres pays. Il faudra également se préoccuper des maladies rhumatismales. Indépendamment des pertes économiques qu'elles provoquent, leurs séquelles sont à l'origine d'une mortalité considérable, notamment chez les personnes de moins de 40 ans. Beaucoup de maladies rhumatismales, en particulier l'arthrite rhumatoide, aboutissent à une invalidité précoce et environ 5 % des personnes atteintes ont besoin d'une aide extérieure. Le traitement est compliqué et très coûteux, supposant comme il le fait la création d'un large réseau de services hospitaliers et externes. Le programme OMS contre les maladies rhumatismales devrait se développer dans le sens proposé par le symposium international qui s'est tenu à Londres en 1974 et qui a recommandé un certain intensification de la coopération internationale pour la mise au point de nombre de mesures critères et de tests diagnostiques, recherche de méthodes applicables à l'évaluation de l'efficacité des substances thérapeutiques et de traitements plus rationnels, recherches sur l'étiologie et la pathogenèse des maladies rhumatismales. :

Délégué d'un pays où, comme dans d'autres pays d'Europe, les maladies cardio -vasculaires sont l'une des principales causes de décès, le Dr GERRITSEN (Pays -Bas) rappelle que les Pays -Bas

ont participé au programme de l'OMS dès son lancement et qu'ils ont intensifié leur participation ces dernières années. Le programme de l'OMS est à juste titre axé sur la collectivité. Aux Pays -Bas, il a été possible d'améliorer les services de lutte contre les maladies cardio -vasculaires grâce à l'étroite collaboration existant entre les autorités responsables de la santé publique, les instituts scientifiques et l'OMS. On se rend maintenant de plus en plus compte que le problème des maladies cardio -vasculaires doit se résoudre en dehors des établissements hospitaliers. Cette prise de conscience revêt la plus grande importance pour l'avenir étant donné qu'en général les milieux médicaux et le grand public admettent la nécessité de promouvoir l'action de prévention primaire dans l'ensemble de la population. La délégation des Pays -Bas s'intéresse tout particulièrement à l'action menée par l'OMS en ce qui concerne le registre des infarctus du myocarde et l'évaluation des méthodes de réadap-

414

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

tation. Les données statistiques fournies faciliteront l'évaluation de certaines méthodes administratives en usage dans les services nationaux de santé. Des programmes expérimentaux de dépistage des cardiopathies ischémiques ont été lancés voici quelques années dans un certain nombre de régions pilotes des Pays -Bas. Il sera nécessaire d'évaluer sérieusement ces expériences avant d'envisager de lancer de coûteuses campagnes de dépistage à l'échelon national. Les Pays -Bas espèrent pouvoir compter sur la collaboration de l'OMS pour cette évaluation. L'OMS peut jouer un rôle important en coordonnant les études effectuées dans différents pays. Le Dr BANGOURA (Guinée) insiste sur la fréquence croissante des maladies cardio -vasculaires dans son pays, maladies qui constituent désormais un véritable problème de santé publique. C'est notamment le cas de l'hypertension artérielle qui s'est accrue sensiblement ces dernières années et qui frappe de larges couches de la population, jeune et vieille, urbaine et rurale. Le nombre des facteurs étiologiques rend le traitement particulièrement difficile. L'OMS fait de louables efforts en matière de maladies cardio -vasculaires, mais elle pourrait être plus active dans la Région africaine. Il faudra multiplier les contacts avec les administrations de la santé publique afin de prendre des mesures de prévention plus efficaces contre ces maladies et il sera utile de confectionner des ouvrages de vulgarisation à l'usage du personnel des services de santé de base. Il sera également nécessaire d'intensifier les recherches sur la pathogénie des maladies cardio -vasculaires afin d'améliorer l'action préventive dans la Région africaine.

En ce qui concerne l'attention accordée dans la Région européenne à l'athérosclérose et aux cardiopathies ischémiques, le Professeur REID (Royaume -Uni de Grande -Bretagne et d'Irlande du Nord) mentionne qu'un groupe spécial réuni à Copenhague par le Directeur régional de l'OMS pour l'Europe a récemment procédé à un bilan et à une évaluation des progrès réalisés et il espère que la publication du rapport permettra de faire connaître cet intéressant travail à un plus large public. Il faut espérer que le travail du groupe aboutira à l'amélioration et à l'affinement des techniques d'étude et d'évaluation, et que cette expérience incitera à recourir plus souvent, tant dans les Régions qu'à l'échelon mondial, à d'autres groupes spéciaux pour procéder à des bilans et à des études approfondies d'autres programmes de ce genre. Il serait certes intéressant de poursuivre plus avant les recherches sur les maladies cardio- vasculaires et les maladies non transmissibles en général, mais il faut surtout tirer tout le parti possible des connaissances déjà acquises, notamment en matière de prévention, d'éducation sanitaire et d'action psycho -sociale. Il faut insister davantage sur la participation de l'individu à la protection de sa santé; les mesures contre l'usage de la cigarette sont un parfait exemple de ce qu'il convient de faire. Le Dr MNGOLA (Kenya) signale que son pays a entrepris un programme national de lutte contre les maladies cardio -vasculaires qui est axé sur la collectivité. Un registre a été ouvert afin, dans toute la mesure possible, de déceler, prévenir et soigner ces maladies. On s'intéresse par ordre de priorité aux cardiopathies rhumatismales, à l'hypertension, aux cardiopathies congénitales, aux cardiomyopathies, aux cardiopathies ischémiques et à la chirurgie à coeur ouvert.

Le Kenya se félicite de l'occasion qui lui est donnée de s'associer pleinement au programme de lutte contre les maladies cardio -vasculaires et souhaite recevoir une assistance technique de l'OMS tant à l'échelon national que régional. i

Le Dr CLAVERO GONZALEZ (Espagne) indique que ces derniers temps la politique de lutte contre les maladies cardio -vasculaires poursuivie en Espagne a été axée sur la prévention primaire, l'accent étant plus particulièrement mis sur l'éducation nutritionnelle, tant scolaire que familiale. 1l ne semble pas que les programmes de l'OMS insistent suffisamment sur cet aspect de l'éducation nutritionnelle, notamment en ce qui concerne la consommation de corps gras saturés et l'obésité, celle -ci posant un problème de dimension sociale dans de nombreux pays. Quant à la prévention secondaire, on procède à une analyse coût /avantages des possibilités de recours à l'ordinateur pour des campagnes de dépistages électrocardiographiques. Dans le domaine de la recherche, l'Espagne appuie les études sur les facteurs qui provoquent l'athérosclérose dans les groupes d'âge vulnérables. En matière de formation, on s'efforce d'intéresser l'omnipraticien et les services de santé de base aux problèmes de cardiologie étant donné que certaines tâches qui étaient auparavant du ressort des cardiologues leur sont maintenant confiées. Les cardiologues sont tenus au courant des recherches les plus récentes entreprises par l'OMS et par d'autres institutions internationales dans ce domaine. Récemment, plusieurs réunions consacrées aux études plurifactorielles relatives à l'athérosclérose et à l'hypertension ont été organisées à Madrid sous les auspices de l'OMS. Les maladies cardio -vasculaires revêtent une importance croissante et posent un problème grave en Espagne, qui présente à cet égard toutes les caractéristiques d'un pays relativement développé. Le rhumatisme cardiaque a pratiquement disparu mais l'athérosclérose prend de plus en plus d'importance. On se rend compte que l'éducation sanitaire et le développement d'une responsabilité individuelle à l'égard de la santé sont les meilleurs moyens d'éviter l'athérosclérose. Laprévalence du coeur pulmonaire est peut -être plus élevée que dans les autres pays d'Europe en raison du nombre des cas de silicose et on a observé une augmentation du nombre des cas de bronchite chronique, d'asthme et d'emphysème.

DIXIEME SEANCE PLENIERE

415

Comme le délégué de la Tchécoslovaquie, le Dr Clavero Gonzalez s'inquiète de la modicité relative des sommes affectées à la lutte contre les maladies cardio -vasculaires dans le budget programme. Le Professeur ORHA (Roumanie) déclare que les maladies cardio -vasculaires commencent maintenant à poser un problème grave dans les pays en voie de développement qui, comme la Roumanie, ont jusqu'à présent accordé la priorité aux maladies transmissibles et à la protection infantile. La Roumanie a participé à de nombreux projets de l'Organisation relatifs à ces maladies et a bénéficié d'une aide du Bureau régional de l'Europe pour lancer un vaste programme national de recherche consacré aux facteurs de risque, au diagnostic précoce, au dépistage, aux soins médicaux intensifs de longue durée et à la prévention primaire et secondaire. A son avis, l'OMS devrait intensifier les recherches sur les aspects préventifs et curatifs de la lutte contre les maladies cardio -vasculaires, tout particulièrement dans les pays en voie de développement. Il est fort probable que l'action préventive sera plus efficace dans les pays où ces maladies commencent seulement à prendre de l'importance, mais il faut s'attaquer au problème à l'échelon international et non à l'échelon régional. Le Professeur SENAULT (France) est d'accord avec le délégué du Royaume -Uni lorsque celui -ci, parlant du désir d'innovation, rappelle qu'il ne faut pas oublier d'appliquer ce que l'on sait déjà. La nouvelle façon d'aborder les cardiopathies ischémiques en étudiant leurs origines dans l'enfance est particulièrement intéressante; en fait, l'athérosclérose est aujourd'hui devenue un problème pédiatrique et a cessé d'être considérée comme une maladie dégénérative ne frappant que les personnes plus âgées. Le dépistage précoce des signes de déviation morbide revêt donc une importance particulière. La délégation française se félicite de l'utilisation de l'analyse mathématique dans les études plurifactorielles entreprises dans différents pays. Elle souligne l'importance de l'éducation sanitaire s'adressant tant aux médecins qu'au grand public; peut -être faudrait -il même la renforcer dans toutes les écoles de médecine et de santé publique. Il convient d'inciter les organisations non gouvernementales à intégrer leurs activités à celles de l'Organisation.

Le Dr NOZARI (Iran) dit que les cardiopathies rhumatismales revêtent une importance particulière dans les pays en voie de développement. L'OMS doit intensifier ses efforts en matière de diagnostic et de lutte, notamment en ce qui concerne les complications secondaires de la maladie. Il est également nécessaire d'agir sur le plan de l'éducation sanitaire. Le Dr HASSOUN (Irak) fait observer que, si les maladies cardio -vasculaires posent peut -être un problème grave dans les pays développés, elles ne viennent qu'en troisième position dans les pays en voie de développement, après les maladies gastro -intestinales et respiratoires. Les pays en voie de développement doivent toujours consacrer l'essentiel de leurs efforts à la lutte contre les maladies transmissibles. Le Dr Hassoun ne partage pas le point de vue du délégué de la République fédérale d'Allemagne en ce qui concerne l'usage "passif" du tabac. Etant donné que la campagne vise essentiellement à inciter les gens à ne pas commencer à fumer, ceux -ci seront moins enclins à s'abstenir si on leur dit qu'ils risquent également de contracter le cancer du poumon en respirant un air déjà pollué.

Le Dr GOMAA (Egypte) indique que dans certaines collectivités le traitement d'urgence des maladies cardio- vasculaires pose un problème grave. Il est nécessaire de faire en sorte que le personnel travaillant dans les services de santé de base des districts urbains et ruraux ait la formation et l'expérience voulues pour s'occuper de ces urgences. Il est également nécessaire de constituer des équipes complètes assurant une permanence dans les hôpitaux. L'OMS doit entreprendre des études sur cet aspect du problème. Le Dr ADAMAFIO (Ghana) indique que dans son pays c'est la lutte contre les maladies transmissibles qui est au premier plan des préoccupations, mais que les maladies non transmissibles y acquièrent également de l'importance. L'hypertension artérielle qui précédemment s'observait presque exclusivement chez les personnes âgées est maintenant de plus en plus souvent diagnostiquée chez des jeunes. L'incidence des cardiopathies ischémiques et celle de l'athérosclérose sont également en augmentation. Il est donc nécessaire d'intensifier les recherches sur la prévention des maladies cardio -vasculaires dans les pays en voie de développement.A cet égard il convient de noter que le budget programme ne prévoit pas de crédits pour l'Afrique. Quelles activités relatives aux maladies cardio -vasculaires l'Organisation poursuit -elle dans cette Région ? Le Dr SUMPAICO (Philippines) estime que l'installation récente aux Philippines du centre de cardiologie pour l'Asie montre bien que les maladies cardio -vasculaires revêtent de plus en plus d'importance dans son pays. Le centre favorisera la prestation de services médicaux et chirurgicaux dans ce domaine et formera du personnel qualifié. Des spécialistes étrangers de tout premier plan ont été invités à lancer les programmes du centre qui, espère -t -on, apportera sa contribution à l'échelon international. Le Dr SADELER (Dahomey) dit que l'on trouve en Afrique toute la gamme des maladies cardiovasculaires. Le régime alimentaire et les maladies transmissibles comptent parmi les facteurs

416

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

étiologiques des cardiopathies et de l'hypertension artérielle. En effet, si le corps élimine facilement les matières grasses d'origine végétale, il fixe presque complètement les matières grasses d'origine animale. Aussi, dans certains pays d'Afrique, la prévention des maladies cardio -vasculaires suppose -t -elle un changement du régime alimentaire de la population. Parmi les maladies infectieuses et parasitaires, la trypanosomiase africaine provoque des myocardites graves et, comme les études menées au Dahomey l'ont montré, une forte infestation par les schistosomes provoque des perturbations électrocardiographiques précoces. Il serait souhaitable que ces aspects particuliers des maladies infectieuses et parasitaires soient inclus dans le programme de recherche biomédicale de l'OMS. (Voir la suite du débat dans le procès- verbal de la onzième séance.)

Autres maladies non transmissibles chroniques (programme 5.2.4) Le Professeur TATOÑ (Pologne) regrette qu'aucun crédit ne soit prévu en 1977 pour les recherches collectives sur le diabète. Il y a environ 50 millions de diabétiques dans le monde et l'incidence de la maladie augmente, notamment en Afrique et en Asie. Comme dans le cas des maladies cardio -vasculaires, il est certes préférable d'envisager la lutte contre cette maladie sous l'angle de la prévention mais il faut coordonner les efforts en ce qui concerne les études épidémiologiques, les critères de diagnostic et les systèmes de soins fonctionnant au niveau de la collectivité. L'Organisation doit consacrer des sommes suffisantes au diabète pour pouvoir jouer un rôle coordonnateur vis -à -vis des différentes organisations nationales et internationales qui s'occupent de cette maladie. Le Dr QUAMINA (Trinité -et- Tobago) souscrit aux observations formulées par le délégué de la Pologne. Le diabète pose un problème de plus en plus grave dans son pays, par suite de la nécessité d'assurer une surveillance suffisante des très nombreux diabétiques vivant dans des communes rurales. La Trinité -et- Tobago souhaiterait que l'OMS entreprenne une étude sur les soins aux diabétiques et désirerait participer à une telle étude. Depuis 1957, la Trinité -et- Tobago a périodiquement connu de petites épidémies de néphrite consécutives à une infection cutanée d'origine streptococcique. Bien que la North Western University de Chicago et le Medical Research Council du Royaume -Uni aient apporté une aide précieuse à l'étude de l'infection streptococcique, aucun moyen n'a encore été découvert d'éviter la néphrite chronique consécutive à un épisode aigu. Il y a donc à la Trinité -et- Tobago un nombre croissant de malades souffrant de néphrite chronique et il est financièrement impossible de les soigner par hémodialyse. Ce problème nécessite également qu'on s'y arrête.

Le Professeur ORHA (Roumanie) et le Dr MNGOLA (Kenya) partagent le point de vue du délégué de la Pologne. Le Dr Mngola note que le programme prévoit des recherches sur ces complications du diabète que sont les cardiopathies ischémiques. Toutefois, comme l'a dit le délégué de la Trinité -et- Tobago, il faut également s'occuper du traitement de la maladie. Le Dr KUPFERSCHNIDT (République Démocratique Allemande) souhaite, comme les précédents orateurs, que l'OMS fasse davantage dans le domaine du diabète sucré. Cette maladie est fréquente dans son pays et on y a acquis une expérience considérable en matière d'épidémiologie et de traitement ambulatoire; l'Institut de Recherche sur le Diabète de Carlsburg a effectué sur ces questions des travaux qui ont eu un retentissement international. Le Gouvernement de la République Démocratique Allemande est prêt à mettre son expérience à la disposition de l'Organisation. Le Dr BANGOURA (Guinée) souligne la nécessité de recherches sur les maladies gastrointestinales - maladies invalidantes et difficiles à soigner - qui font perdre tant de journées de travail dans son pays. (Voir la suite du débat dans le procès- verbal de la onzième séance.)

Hygiène dentaire (secteur de programme 5.2.5) Le Dr MNGOLA (Kenya) dit que les pays en voie de développement commencent à prendre conscience de l'importance de la santé dentaire qu'ils avaient tendance à sous -estimer. Une école dentaire vient de s'ouvrir au Kenya, mais on manque d'enseignants et de techniciens compétents. Il faudrait que l'Organisation apporte son assistance pour la création de services dentaires. Pour le Dr OJALA (Finlande), l'Organisation n'a pas jusqu'ici donné à l'hygiène dentaire la place qu'elle mériterait compte tenu de son importance non seulement dans les pays industrialisés mais aussi dans les pays en voie de développement. Bien que l'on connaisse parfaitement l'étiologie de la carie dentaire et les moyens de la prévenir, cette maladie représente une charge considérable pour les services de santé. Le Gouvernement finlandais est prêt à soutenir sans réserve le programme proposé mais il regrette qu'il soit prévu de réduire en 1976 et en 1977 le budget de ce programme et espère que cette tendance sera inversée. Il conviendrait d'insister sur le rôle capital pour l'hygiène dentaire d'une bonne politique nutritionnelle.

M. GOUDARZI (Iran) indique que l'on a analysé en Iran des centaines d'échantillons d'eau de boisson provenant de différentes sources afin d'en déterminer la teneur en fluor. Dans

DIXIEME SEANCE PLENIERE

417

presque tous les ça ", il est apparu que la concentration de fluor était inférieure au minimum souhaitable. Le thé, qui est une boisson très courante en Iran, contient en revanche des quantités relativement élevées de fluor et l'on pensait que cela suffirait peut -être à pallier le manque de fluor dans l'eau de boisson et à réduire les risques de caries. Malheureusement, une enquête faite par le Ministère de la Santé a montré que la proportion des caries était élevée dans tous les groupes d'âge; chez les jeunes de 15 à 19 ans en particulier, le taux de prévalence est de 86,6 %. On peut donc se demander si le fluor contenu dans le thé est absorbé par l'organisme; sinon peut -être y a -t -il une autre explication à la prévalence de la carie en Iran.

Le Dr HASSOUN (Irak) déclare que son pays procède à des enquêtes pour dépister les odontopathies et pour établir le nombre estimatif d'individus avec des dents absentes ou cariées. Un centre a été créé spécialement pour faire des études sur la prévention et le traitement des caries et former des techniciens et des auxiliaires aux soins dentaires. Des centres de ce type devraient également être mis sur pied à l'échelon régional. Santé mentale (secteur de programme 5.2.6) Le Dr TWUMASI (Ghana) estime qu'il est indispensable de consacrer des recherches à la santé mentale, dont on ne s'occupe pas dans beaucoup de pays en voie de développement. L'importance du problème a été mise en lumière par les migrations de population associées à l'urbanisation et à l'industrialisation. Les migrants qui arrivent de la campagne pour habiter dans les villes ont des difficultés d'adaptation. Il n'existe au Ghana que deux hôpitaux psychiatriques qui arrivent difficilement à faire face aux besoins. Les spécialistes de la santé mentale reconnaissent que la médecine psychosomatique pourrait bénéficier de la contribution des guérisseurs qui tiennent compte du milieu culturel de leurs patients et parlent la même langue qu'eux. Afin d'évaluer l'efficacité des méthodes utilisées par les guérisseurs, le Gouvernement ghanéen a chargé un éminent spécialiste de faire des recherches sur les plantes médicinales traditionnellement utilisées. Le Dr Twumasi aimerait entendre un bref exposé sur le programme de l'OMS en matière de santé mentale et notamment sur l'assistance dont bénéficient les pays en voie de développement. Le Professeur REID (Royaume -Uni de Grande -Bretagne et d'Irlande du Nord) se demande si l'épilepsie ne devrait pas occuper une plus grande place dans le programme de l'Organisation. Bien que son étiologie puisse varier en fonction des situations locales - on a observé par exemple une augmentation de l'incidence de l'épilepsie au Royaume -Uni par suite des traumatismes crâniens consécutifs à des accidents de moto chez les jeunes - cette maladie pose un problème mondial et semble dans la plupart des cas être idiopathique. Il importe de diagnostiquer les cas, de les évaluer, de soigner les malades et de les placer sous contrôle médical continu, ainsi que de réévaluer périodiquement les traitements qui, trop souvent, sont poursuivis alors qu'ils ne sont plus adaptés. Le traitement de l'épilepsie offre en outre l'occasion d'évaluer le système de santé à tous les niveaux, des services de soins primaires aux services hautement spécialisés de neurologie et de neurochirurgie. Il exige également des liens étroits entre les services médicaux et les services d'assistance sociale et d'éducation. Enfin, il faudrait faire un effort d'information auprès des administrations officielles et du grand public car les épileptiques sont trop souvent victimes de discriminations dans les rapports sociaux et sur le marché de l'emploi. Parce qu'elle est relativement fréquente, qu'elle s'observe dans le monde entier et peut avoir de graves conséquences sur le plan social, l'épilepsie se prêterait parfaitement à une action de l'OMS. Elle offrirait matière à une large gamme de recherches collectives. Le Professeur Reid aimerait donc des précisions sur la place de l'épilepsie dans le programme de santé mentale de l'Organisation.

Le Dr CHINTU (Zambie) déclare que, l'évolution des conditions de vie en Afrique influant profondément sur la santé mentale des populations, il est indispensable de mettre au point des méthodes de prévention et de traitement. On constate par exemple une augmentation de l'incidence de l'arriération mentale. La Zambie dispose de services de santé mentale relativement bien équipés, mais il reste beaucoup à faire et l'OMS pourrait par exemple fournir une aide aux établissements de formation de personnels pour les services de santé mentale. Le manque d'écoles pour enfants handicapés et l'incidence de l'alcoolisme sont aussi préoccupants, et une assistance de l'OMS dans ces domaines serait également la bienvenue. Le Dr ALFA CISSÉ (Niger) dit que la situation dans les pays en voie de développement est aggravée par l'alcoolisme et la toxicomanie présents en particulier chezlesjeunes et qui constituent un frein supplémentaire au développement économique de ces pays. Il aimerait connattre l'état actuel des connaissances sur l'étiologie, la prévention et le traitement des troubles mentaux liés à la fabrication, à la commercialisation et à l'usage non médical des drogues, et avoir des indications sur les moyens qui pourraient être mis en oeuvre pour contrôler la distribution de ces produits et supprimer l'attrait qu'ils exercent sur la jeunesse. La réadaptation est une entreprise ardue et coûteuse et la délégation du Niger aimerait savoir si l'OMS pourrait aider les pays en voie de développement à faire reculer ces fléaux qui, pour le moment, commencent tout juste à se manifester.

418

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

Le Dr SHRIVASTAV (Inde) indique que son pays assure depuis longtemps des services de consultations et de soins psychiatriques au niveau des collectivités et qu'une nouvelle législation vient d'être adoptée dans ce domaine. Toutefois, depuis des temps immémoriaux, la santé mentale est aussi liée en Inde à la pratique du yoga, qui repose sur l'enseignement des sages et dont le but est de cultiver l'esprit, les facultés psychiques, voire mystiques. Le Gouvernement indien envisage d'étudier cette pratique de façon scientifique avec des équipements aussi perfectionnés que possible afin de déterminer si elle entraîne réellement des changements physiologiques et psychologiques. Le yoga présente en effet un intérêt incontestable sur le plan de la santé mentale et puisque cette méthode pourrait éventuellement être utilisée pour combattre de nombreuses maladies, dont l'hypertension et la toxicomanie, une assistance de l'OMS serait nécessaire dans ce domaine. Le Professeur SENAULT (France) convient que le problème de la santé mentale gagne en ampleur et mérite de ce fait une attention toute particulière. L'approche proposée dans le budget programme prévoit des mesures pour améliorer les services existants, intensifier les recherches et, puisque la santé ne saurait être dissociée des problèmes de civilisation, encourager des activités pluridisciplinaires à côté des prestations purement médicales. Il est très important de faire des recherches, notamment sur l'alcoolisme et l'abus des drogues qui ont de graves répercussions sur les plans médical, social et économique. Le délégué du Royaume -Uni a formulé des observations tout à fait pertinentes sur l'épilepsie qui, dans beaucoup de pays, est en effet considérée comme une tare familiale. Il faudrait éduquer le public pour modifier cette attitude; en fait, les facteurs psycho- sociaux ont été trop négligés par le passé et il faudrait maintenant leur donner la place qu'ils méritent et les associer à tous les éléments influant sur le comportement et les attitudes. Les médecins ne peuvent plus ignorer la précieuse contribution que pourraient apporter les sciences psycho -sociales aux efforts de traitement et de réadaptation. C'est pourquoi la délégation française se félicite de l'orientation générale donnée à l'action de l'OMS telle qu'elle est exposée dans le budget programme et espère que cette orientation sera accentuée à l'avenir. Le Dr FUNKE (République fédérale d'Allemagne) dit que les perspectives nouvelles qui se sont ouvertes en matière de traitement des maladies mentales ont forcé les autorités sanitaires de son pays à adopter une attitude plus critique à l'égard des principes traditionnels de la psychiatrie. A cet égard l'OMS, et en particulier le Bureau régional de l'Europe, leur ont fourni une aide et des conseils précieux et elle espère que cette coopération se poursuivra. La délégation de la République fédérale se félicite que les problèmes de la pharmacodépendance et de l'alcoolisme aient été inclus dans le programme de l'OMS en matière de santé mentale. A son sens, ce n'est pas la drogue mais la personne qui l'utilise - ou plutôt qui en abuse et éprouve d'énormes difficultés sur les plans psychiatrique et psychologique - qui devrait être au centre des activités. En fait, c'est là le thème d'une campagne nationale lancée par le Gouvernement de la République fédérale et par les Lander. La République fédérale approuve le projet de résolution sur la pharmacodépendance proposé par les délégations de l'Australie, du Canada, de la Jamaique, de la Malaisie, du Mexique, de la Suède et de la Turquie, et dont le libellé est le suivant :

La Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé, Reconnaissant qu'il est nécessaire, du point de vue humanitaire, d'assurer des soins de santé ainsi qu'un traitement et une réadaptation appropriés aux personnes pharmacodépendantes; Convaincue qu'à long terme les sérieux problèmes de santé publique résultant de l'autoadministration de drogues engendrant la dépendance ne pourront pas être résolus si des mesures ne sont pas prises pour réduire la demande illicite dans le monde entier; Rappelant l'article 38 de la Convention unique sur les stupéfiants; Réaffirmant les résolutions WHA23.42, WHA24.57, WHA25.62 et WHA26.52; Notant également la résolution que la Commission des Stupéfiants a adoptée à l'unanimité et que le Conseil économique et social a entérinée concernant des mesures en vue de réduire la demande illicite de drogues; et Félicitant le Directeur général des mesures qu'il a prises jusqu'ici pour exécuter le programme élargi dans ce domaine qui a été approuvé par les Vingt -Quatrième et Vingt Cinquième Assemblées mondiales de la Santé, PRIE le Directeur général 1. 1) de continuer à développer le programme de rapports sur l'épidémiologie de la pharmacodépendance; 2) de développer encore l'échange de renseignements à l'échelle mondiale et de continuer à promouvoir les activités relatives à la prévention, au traitement et à la réadaptation ainsi que les recherches dans ces domaines; 3) de poursuivre ses efforts en vue d'obtenir le soutien financier accru nécessaire pour l'exécution efficace du programme élargi dans le domaine de la pharmacodépendance; 4) d'aider les gouvernements, sur leur demande, dans les limites des ressources financières et techniques disponibles, et en collaboration constante avec le Fonds des Nations Unies pour la Lutte contre l'Abus des Drogues, à mettre au point et à assurer des services intégrés de prévention, de traitement et de réadaptation au niveau de la collectivité; :

DIXIEME SEANCE PLENIERE 5)

419

de développer encore les activités relatives à la surveillance des effets secondaires adverses des produits psycho- actifs eu égard au risque d'abus et à la possibilité d'engendrer la dépendance; et de promouvoir des activités visant à déterminer la possibilité d'engendrer la 6) dépendance dans le cas de substances chimiques exerçant un effet sur l'humeur et le comportement, ainsi que de préparer des directives pour l'emploi sans danger et efficace des produits psycho- actifs; INVITE instamment les Etats Membres pour qui l'utilisation des drogues à des fins non 2. thérapeutiques et la pharmacodépendance posent des problèmes sociaux et de santé publique à inclure des mesures appropriées de prévention, de traitement et de réadaptation dans leurs programmes intégrés de santé publique; et INVITE en outre instamment les Etats Membres qui disposent de moyens appropriés à 3. poursuivre les recherches dans les domaines considérés afin de mettre au point ou d'améliorer des méthodes pour la prévention et la solution des problèmes liés à l'utilisation non thérapeutique des drogues et à la pharmacodépendance. Le Dr TOTTIE (Suède) partage le point de vue du délégué de la France. Sa délégation a noté avec satisfaction que l'OMS collabore avec l'Institut de Recherche des Nations Unies sur la Défense sociale et avec l'UNESCO, et qu'elle ne néglige pas le stress et autres facteurs analogues qui influent sur la santé mentale. La santé mentale pose un problème dans le monde entier et pas seulement dans les pays développés. Les effets que pourrait avoir la mise au point de nouveaux médicaments devraient retenir davantage l'attention et la délégation suédoise espère que le Bureau de la Santé mentale poursuivra sa collaboration avec la Division des Substances prophylactiques et thérapeutiques. Au sujet de l'arriération mentale, les autorités suédoises ont obtenu d'assez bons résultats en faisant soigner des malades en dehors des établissements spécialisés et en leur permettant de fréquenter des écoles normales ou d'exercer certains métiers. Peut -être pourraient -elles aider d'autres pays en leur communiquant les résultats de leurs expériences, positives ou négatives. M. ITO (Japon) estime que l'OMS devrait accorder son attention aux problèmes de la santé mentale dans les pays industrialisés où les fortes concentrations de population sont une cause de stress. Sa délégation appuie le projet de résolution sur la pharmacodépendance. La Commission voudra peut -être aussi examiner un projet de résolution sur l'arriération mentale que proposent les délégations de l'Australie, du Canada, du Nigéria, de la Norvège, de la Nouvelle Zélande, du Royaume -Uni de Grande- Bretagne et d'Irlande du Nord, de la Suède, de la Yougoslavie et de son propre pays, projet qui est libellé comme suit :

La Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé, Considérant le problème que pose l'arriération mentale dans le monde entier; Rappelant la résolution 2856 (XXVI) de l'Assemblée générale des Nations Unies sur les droits du déficient mental ainsi que le document E/CN.5/472 établi par l'Organisation mondiale de la Santé pour les discussions qui ont abouti à l'adoption de cette résolution; Estimant que l'Organisation mondiale de la Santé devrait à l'avenir consacrer à ce problème une part importante de son attention et de ses ressources; et Notant a) que, d'après les connaissances qu'on possède actuellement, l'arriération mentale peut affecter jusqu'à 3 % des membres d'une population; que des méthodes existent déjà pour prévenir certains types d'arriération b) mentale; et que des techniques sont disponibles pour surmonter ou réduire les handicaps c) existants, dans bien des cas à un point tel que la personne en cause puisse se suffire à elle -même;

INVITE instamment les Etats Membres 1) à patronner et encourager des recherches épidémiologiques, psycho -sociales et biologiques sur l'arriération mentale; 2) à patronner, dans le domaine de la prévention de l'incapacité, des études soigneusement contrôlées concernant l'application des connaissances et techniques existantes ainsi que l'évaluation de nouvelles méthodes dans des contextes culturels et de développement divers; et 2. PRIE le Directeur général, en collaboration avec l'Organisation des Nations Unies et les institutions spécialisées, d'aider à développer au sein de la collectivité les soins pour les arriérés men1) taux dans le cadre d'un programme complet de prévention de l'incapacité et de réadaptation grace à des programmes de formation, à l'attribution de bourses d'études et à la stimulation des échanges internationaux de personnel travaillant dans ce domaine; 2) d'encourager l'élaboration de lignes directrices internationales pour la formation de personnes chargées de soigner les arriérés mentaux et d'assurer leur développement et pour l'organisation de services appropriés; et 3) de faire rapport sur l'état d'avancement de ces activités à la Trentième Assemblée mondiale de la Santé. 1.

420

VINGT- HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

Le Professeur PRAWIRANEGARA (Indonésie) approuve le programme relatif à la santé mentale, spécialement en ce qui concerne l'exposé des objectifs. Les problèmes psycho- sociaux prennent une importance croissante avec les progrès de la technique, et leur solution exige une approche multidisciplinaire. L'éducation en matière de santé mentale fera, à l'avenir, partie du programme d'éducation sanitaire en Indonésie, où des services de santé mentale seront assurés à tous les échelons des services de santé, depuis le centre de santé rural. L'Indonésie estime que la compréhension et la participation de la collectivité sont indispensables au succès des programmes de santé mentale. Le Dr CLAVERO GONZÁLEZ (Espagne) fait observer que les troubles psychiatriques dus aux stress de la vie moderne se répandent de plus en plus, particulièrement parmi les migrants. Bien que de nombreux sociologues estiment que le concept de "trouble mental" est purement social, l'OMS est bien avisée de présenter des maladies telles que la schizophrénie et l'épilepsie comme des affections typiquement psychiatriques. On ne peut, à ce propos, qu'approuver ce qu'a dit le délégué du Royaume -Uni au sujet de l'épilepsie. L'analyse des renseignements recueillis par les services de santé de base, qui sont souvent le premier moyen de contact avec les alcooliques, pourrait éclairer de nombreux problèmes, et notamment celui des facteurs psycho- sociaux sous -jacents à l'alcoolisme. En Espagne, on se préoccupe beaucoup de l'arriération mentale et on estime que celle -ci

est due en partie aux accouchements provoqués suivis d'une anoxie cérébrale irréversible. Il conviendrait d'éclairer les obstétriciens à ce sujet, car ce sont eux qui tiennent dans leurs mains la santé mentale des enfants qu'ils font venir au monde. Le Dr AROMASODU (Nigéria) indique que la santé mentale pose, dans son pays, un problème de plus en plus important; elle souscrit à l'appel lancé par le délégué du Ghana pour qu'une aide plus substantielle soit apportée dans ce domaine. La délégation du Nigéria est au nombre des coauteurs du projet de résolution concernant l'arriération mentale. Le Dr SADELER (Dahomey) souligne l'importance croissante des problèmes de santé mentale, même dans les pays en voie de développement. On se drogue et on boit pour échapper aux stress de la vie moderne. Il convient de procéder à une vaste enquête sur le rôle des guérisseurs en médecine mentale avec beaucoup de tact car leur coopération est nécessaire. A la Faculté de Médecine de Dakar a lieu tous les mois une réunion à laquelle participent des médecins, des guérisseurs et des étudiants, et au cours de laquelle on échange des idées à ce sujet et on recherche des possibilités de collaboration. On a beaucoup à apprendre des guérisseurs, qui connaissent bien les caractéristiques des troubles mentaux. Le Dr LEPPO (Finlande) estime que le programme de santé mentale, avec ses multiples aspects, est excellent. En ce qui concerne la proposition tendant à accroître les activités relatives à l'alcoolisme, l'OMS a récemment produit deux remarquables rapports - celui du Comité OMS d'experts de la Pharmacodépendance) et celui d'un groupe de travail sur la lutte contre l'alcoolisme en santé publique, ce dernier publié par le Bureau régional de l'Europe.2 Tous deux considèrent le problème de l'alcoolisme dans une perspective admirablement large et lui accordent toute l'importance qu'il mérite. Comme les orateurs qui l'ont précédé, le Dr Leppo estime que l'OMS devrait poursuivre son action dans le même esprit, tant au Siège que dans les bureaux régionaux. L'alcoolisme touche, en dehors de la santé mentale, à de nombreux autres secteurs de la santé publique. La délégation de la Finlande présentera ultérieurement un projet de résolution sur les statistiques sanitaires relatives à l'alcoolisme,3 car il est essentiel de disposer d'informations sûres si l'on veut prendre des mesures efficaces contre ce fléau. Le Dr DAS (Népal) estime comme le délégué de l'Inde que des perspectives nouvelles s'ouvriraient à la promotion de la santé mentale si l'on connaissait mieux certaines facultés psychiques potentielles qui, jusqu'ici, ne sont ni pleinement développées, ni pleinement utilisées. Il fait sienne la demande concernant un soutien de l'OMS en vue d'études dans ce domaine.

Le Dr MARTINS AYRES (Portugal) indique que, même si c'est à d'autres problèmes de santé que doit apparemment aller la priorité au Portugal, sa délégation est résolument en faveur du programme relatif à la santé mentale. Dans les pays industrialisés comme dans les pays en voie de développement, les conditions socio- économiques influent considérablement sur la santé mentale, et la délégation du Portugal estime qu'il conviendrait d'entreprendre des études épidémiologiques pour pouvoir faire des comparaisons concernant l'incidence et l'évolution des maladies mentales à travers le monde. Au Portugal, l'alcoolisme est beaucoup plus répandu que la toxicomanie, mais dans le cas de l'un comme de l'autre, l'éducation sanitaire a un grand rôle à jouer. La publicité incitant

1 Série de Rapports techniques OMS, N° 551, 1974. 2

Document EURO 5455 IV. Voir p. 454.

3

DIXIEME SEANCE PLENIERE

421

à boire et le rôle de la profession médicale dans la pharmacodépendance constituent des problèmes qu'il faut considérer avec attention. La délégation du Portugal appuie sans réserve le projet de résolution sur l'arriération mentale et souhaite se joindre à ses coauteurs. Le Dr VIOLAKIS- PARASKEVAS (Grèce) s'associe aux délégués qui ont souligné l'importance du programme de santé mentale. Dans plusieurs pays, le suicide, particulièrement parmi les jeunes adultes, est devenu un très grave problème dont l'OMS devrait se préoccuper tout particulièrement. Le Dr DLAMINI (Souaziland) souligne que le problème des rechutes des malades mentaux est très aigu dans les pays'en voie de développement, aussi bien en milieu rural qu'en milieu urbain. A leur sortie des établissements psychiatriques, les patients se retrouvent dans l'environnement où ils ont été victimes de stress, et les employeurs hésitent à reprendre des employés ayant souffert d'une maladie mentale. Il souhaite que l'OMS aide à résoudre ce problème.

Le Dr MARCIAL (Mexique) estime qu'il faudrait accorder davantage d'importance, dans les pays en voie de développement, à la prévention secondaire et, en particulier, au dépistage précoce des cas, ainsi qu'à la surveillance médicale des patients sortis des établissements psychiatriques. Il faudrait donc créer des services de consultations externes, de psychiatrie dans des hôpitaux et centres de santé, tant généraux que spécialisés, augmenter le nombre de ces établissements et assurer une formation adéquate du personnel. Cette formation réduirait les risques de réactions négatives de la part du public et du corps médical. Le Dr GOMAA (Egypte) souligne qu'avant toute étude de comité d'experts sur les problèmes de la santé mentale et des états psychosomatiques, il conviendrait de définir le rôle du psychiatre ainsi que les indications de la psychanalyse et des autres méthodes de traitement des maladies mentales. Le Professeur JANSSENS (Belgique) approuve les remarques qui ont été faites au sujet des problèmes de santé mentale des migrants. Les autorités belges, consultées par un pays latinoaméricain au sujet de l'assistance qui pourrait être donnée en matière d'affections tropicales à des montagnards déplacés vers des plaines tropicales, ont constaté que l'arriération mentale représentait à elle seule quelque 7 7 de la morbidité dans ce groupe de population. Un autre point important est celui de la formation de toutes les catégories de travailleurs sanitaires, qui doit être conçue en fonction du contexte socio- culturel de ces travailleurs. En Belgique, dans la ville de Geel, on soigne depuis de longues années avec succès les maladies mentales à domicile. Aussi le Professeur Janssens a -t -il entendu avec plaisir la remarque du délégué du Dahomey sur le rôle que jouent les guérisseurs dans le traitement des malades mentaux. Le Dr EVERINGHAM (Australie) estime que l'OMS devrait s'occuper davantage de l'arriération mentale, qui affecte peut -être quelque 3 7 de toute population. Même si, dans certains pays en voie de développement, une mortalité infantile relativement élevée réduit le nombre des cas graves, et si une grande partie des individus légèrement arriérés peuvent être utilisés à des tâches simples en économie rurale, l'industrialisation, l'urbanisation, la réduction de la mortalité infantile etl'alphabétisation font que l'arriération mentale prend, dans une mesure croissante, une dimension sociale et politique. Aussi la plupart des Etats Membres devraient -ils se préoccuper de ce problème, ne serait -ce qu'en raison de son importance pour la planification future. En outre, les dangers auxquels sont exposées les collectivités économiquement défavorisées dans des domaines comme ceux de la nutrition et de l'obstétrique peuvent contribuer à aggraver le problème de l'arriération mentale. Il est difficile de donner des indications chiffrées sur la prévalence de l'arriération mentale, dont la définition dépend en grande partie de facteurs culturels, sociaux et économiques. Toutefois, dans les pays développés, la planification des services est souvent fondée sur l'hypothèse que 3 7 des enfants, les plus défavorisés sur le plan de l'intelligence, auront besoin, sous une forme ou sous une autre, d'une éducation spécialisée. Dans les études fondées sur la mesure du quotient intellectuel (QI), on sépare généralement les cas de sub- normalité grave des cas de sub- normalité légère, et on en fait un groupe distinct pour ce qui est de l'éducation et de l'orientation professionnelle, alors qu'en réalité, les cas ne se présentent pas par grappes et qu'il y a empiètement de part et d'autre de la ligne de séparation en ce qui concerne les aptitudes et les capacités. D'après ce critère, on dit souvent que le rapport du nombre de cas légers à celui de cas graves est de 3 à 1. Cependant, le QI ne permet pas d'évaluer pleinement les capacités individuelles; il convient de l'associer à des mesures de l'aptitude à la vie en société, comme celles que le Professeur Schonell et ses collaborateurs ont mises au point en Australie. Ces mesures sont elles aussi sujettes à de grosses erreurs d'interprétation si on cherche à faire des comparaisons entre deux cultures ou sous -cultures différentes, notamment celles des minorités ethniques. Les comparaisons internationales sont également rendues hasardeuses par l'influence de certains facteurs de milieu tels que la malnutrition, en particulier du troisième trimestre de la grossesse à la fin de la deuxième année suivant la naissance. Il semble qu'à l'heure actuelle, aucune mesure de lutte ne saurait valoir, du point de vue du rapport coût /efficacité, un régime nutritionnel adéquat assuré à chaque individu pendant cette période.

422

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

L'arriération mentale n'intéresse pas seulement le monde développé. Les pays en voie de développement doivent certes faire face à des problèmes de loin plus urgents, et beaucoup d'entre eux ne sauraient encore consacrer une part importante de leurs ressources sanitaires à la lutte contre l'arriération mentale; on devrait néanmoins y évaluer l'ampleur du problème et prévoir des mesures visant à prévenir l'arriération mentale, ou à en réduire les effets là où la prévention n'est pas possible. L'Organisation pourrait prendre un certain nombre de mesures pratiques qui n'entra£neraient pas de grandes dépenses. On pourrait par exemple mettre au point des directives internationales pour la formation du personnel appelé à soigner les arriérés et à aider à leur développement mental. On pourrait encourager des recherches sur l'étiologie et l'épidémiologie de l'arriération mentale, de manière à combler les lacunes les plus importantes des connaissances actuelles, ainsi que des études pilotes sur la prévention permettant d'utiliser les techniques existantes et d'évaluer des méthodes nouvelles dans divers contextes culturels. Le Dr Everingham se félicite de l'appui dont bénéficie le projet de résolution sur l'arriération mentale, dont la délégation australienne est un des coauteurs. Le Dr HIDDLESTONE (Nouvelle -Zélande) souscrit aux remarques du délégué de l'Australie. Au moment où commence à se manifester, dans le monde entier, de l'intérêt pour le problème de l'arriération mentale, il serait particulièrement indiqué que l'OMS assume, dans ce domaine, son rôle traditionnel de centre d'évaluation et d'échange pour les actions entreprises par les Etats Membres. Il est indispensable que tous les pays partagent l'expérience acquise en matière de prévention, de traitement et de réadaptation. On ignore encore quelles capacités potentielles possèdent beaucoup d'arriérés mentaux. Dans de nombreux pays, les besoins des enfants handicapés ont été reconnus, mais il reste beaucoup à faire en ce qui concerne la période de passage à l'âge adulte. La délégation de la Nouvelle -Zélande, coauteur du projet de résolution, demande instamment à la Commission d'approuver celui -ci. Le Dr GERRITSEN (Pays -Bas) appuie le projet de résolution et souhaite que sa délégation figure au nombre des coauteurs.

Le Dr KUPFERSCHMIDT (République Démocratique Allemande) déclare que, vu les progrès réalisés par la médecine périnatale en matière de prévention de l'arriération mentale et des succès de la pédiatrie psychiatrique, sa délégation souhaiterait que les mots "en particulier chez les enfants" soient insérés au dernier alinéa du préambule du projet de résolution, qui serait donc ainsi libellé "b) que des méthodes existent déjà pour prévenir certains types d'arriération mentale, en particulier chez les enfants; et ". Le Dr KIVITS (Belgique) appuie le projet de résolution et demande que sa délégation soit ajoutée à la liste des coauteurs. Le Dr SENCER (Etats -Unis d'Amérique) déclare que sa délégation souhaiterait figurer parmi les coauteurs du projet de résolution. Elle ne propose pas d'amendement, mais demande instamment que, chaque fois que c'est possible, les études épidémiologiques soient élargies de manière à englober l'épidémiologie des malformations congénitales, puisque l'arriération mentale et ces malformations sont souvent dues à la même cause.

Répondant à une question du PRESIDENT, le Dr EVERINGHAM (Australie) annonce que les coauteurs acceptent l'amendement proposé par le délégué de la République Démocratique Allemande. Décision :

Le projet de résolution sur l'arriération mentale, ainsi amendé, est approuvé.' La séance est levée à 12 h.35.

1 Ce projet de résolution a été transmis à l'Assemblée de la Santé dans le deuxième rapport de la Commission et adopté sous le numéro d'ordre WHA28.57.

ONZIEME SEANCE

Vendredi 23 mai 1975, 14 h.30 Président :

Dr Marcella DAVIES (Sierra Leone)

EXAMEN DETAILLE DU BUDGET PROGRAMME POUR LES EXERCICES FINANCIERS 1976 ET 1977 (suite)

Ordre du jour, 2.2.3

Lutte contre les maladies non transmissibles (secteur de programme 5.2) (suite) Santé mentale (programme 5.2.6) (suite) Le Dr de VILLIERS (Canada) présente un projet de résolution révisé sur la pharmacodépendance, établi conjointement avec les délégations des pays suivants Australie, Etats -Unis d'Amérique, Jamaïque, Malaisie, Mexique, Suède et Turquie. Le projet de résolution a la teneur suivante : :

La Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé, Reconnaissant qu'il est nécessaire, du point de vue humanitaire, d'assurer des soins de santé ainsi qu'un traitement et une réadaptation appropriés aux personnes pharmacodépendantes; Convaincue qu'à long terme les sérieux problèmes de santé publique résultant de l'autoadministration croissante de drogues engendrant la dépendance ne pourront pas être résolus si des mesures promptes et efficaces ne sont pas prises pour réduire la demande illicite dans le monde entier; Rappelant l'article 38 de la Convention unique sur les stupéfiants; Réaffirmant les résolutions WHA23.42, WHA24.57, WHA25.62 et WHA26.52; Notant également la résolution que la Commission des Stupéfiants a adoptée à l'unanimité et que le Conseil économique et social a entérinée concernant des mesures visant à réduire la demande illicite de drogues; et Félicitant le Directeur général des mesures qu'il a prises jusqu'ici pour exécuter le programme élargi dans ce domaine qui a été approuvé par les Vingt -Quatrième et Vingt Cinquième Assemblées mondiales de la Santé, 1. PRIE le Directeur général sur l'épidémiologie de la pharmacodépendance; 2) de développer encore l'échange de renseignements à l'échelle mondiale et de continuer à promouvoir les activités relatives à la prévention, au traitement et à la réadaptation ainsi que les recherches dans ces domaines; de poursuivre ses efforts en vue d'obtenir le soutien financier accru nécessaire 3) pour l'exécution efficace du programme élargi dans le domaine de la pharmacodépendance; d'aider les gouvernements, sur leur demande, dans les limites des ressources 4) financières et techniques disponibles, et en collaboration constante avec le Fonds des Nations Unies pour la Lutte contre l'Abus des Drogues, à mettre au point et à assurer des services intégrés de prévention, de traitement et de réadaptation au niveau de la collectivité; de développer encore les activités relatives à la surveillance des effets secon5) daires adverses des produits psycho- actifs eu égard au risque d'abus et à la possibilité d'engendrer la dépendance; de promouvoir des activités visant à déterminer la possibilité d'engendrer la 6) dépendance dans le cas de substances chimiques exerçant un effet sur l'humeur et le comportement ainsi que de préparer des directives pour l'emploi sans danger et efficace des produits psycho- actifs; et de garder en vue la nécessité d'assurer des services de personnels pour que 7) l'OMS puisse concourir efficacement aux efforts du système des Nations Unies dans le domaine de la lutte contre l'abus des drogues; 2. INVITE instamment les Etats Membres pour qui l'utilisation des drogues à des fins non thérapeutiques et la pharmacodépendance posent des problèmes sociaux et de santé publique à inclure des mesures appropriées de prévention, de traitement et de réadaptation dans leurs programmes intégrés de santé publique; INVITE en outre instamment les Etats Membres qui disposent de moyens appropriés à 3. poursuivre des recherches dans les domaines considérés afin de mettre au point ou d'améliorer des méthodes pour la prévention et la solution des problèmes liés à l'utilisation non thérapeutique des drogues et à la pharmacodépendance; PRIE le Directeur général de faire rapport sur les progrès réalisés en la matière à 4. la Vingt -Neuvième Assemblée mondiale de la Santé; et PRIE le Directeur général de transmettre la présente résolution aux Etats Membres pour 5. qu'ils l'étudient et s'en inspirent. :

- 423 -

424

VINGT- HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

Le Dr de Villiers estime qu'on ne fait pas assez en ce qui concerne les services de prévention, de traitement et de réadaptation. Les participants à d'autres réunions internationales considèrent de plus en plus que l'OMS est l'organisme qui doit donner des avis sur la question; l'Organisation pourrait en effet, avec l'aide du FNULAD, donner des avis à propos de la création de services de traitement et de réadaptation dans le cadre de programmes nationaux intégrés de lutte contre les drogues. Une résolution sur les mesures visant à réduire la demande illicite de drogues a été adoptée à l'unanimité à la vingt- sixième session de la Commission des Stupéfiants des Nations Unies en février 1975 et entérinée par le Conseil économique et social en avril -mai.l

Les délégations qui ont proposé le projet de résolution dont est saisie la Commission estiment que l'OMS a un rôle important à jouer dans la prévention de l'abus des drogues ainsi que dans le traitement et la réadaptation de ses victimes. Le Dr ADAMAFIO (Ghana) demande que sa délégation figure au nombre des coauteurs du projet de résolution. La pharmacodépendance pose partout un problème, dans les pays développés aussi bien que dans ceux en voie de développement. Au Ghana - comme dans la plupart des pays en voie de développement - son ampleur n'est pas connue, mais on a tendance à le sous -estimer ou même à en nier l'existence. Or, l'abus des drogues est en augmentation dans le pays, surtout parmi les jeunes et particulièrement les étudiants. Rares sont les pays en voie de développement qui possèdent un système de dépistage précoce. Aussi est -il très urgent de faire des recherches sur l'épidémiologie de la pharmacodépendance afin de mettre au point des méthodes simples et efficaces de dépistage, de déterminer l'ampleur du problème, et de trouver les moyens d'influer sur les facteurs psycho- sociaux qui lui sont liés. Il faut également entreprendre des recherches sur la réadaptation des personnes pharmacodépendantes dans le cadre social qui est celui des pays en voie de développement. C'est pourquoi le Dr Adamafio propose qu'on ajoute "de dépistage précoce" entre "prévention" et "de traitement ", à la fin du paragraphe 1, 4) du dispositif. Pour le Dr BANGOURA (Guinée), le projet de résolution ne reflète pas clairement le fait que le problème de la pharmacodépendance ne touche pas uniquement certaines régions, mais qu'il a tendance à s'étendre à tous les Etats Membres de l'OMS. Aussi souhaite -t -il que la résolution s'applique également aux pays où la pharmacodépendance commence à se manifester mais où elle ne pose pas encore de problèmes sociaux et de santé publique. Le Dr ALFA CISSÉ (Niger) souhaite que sa délégation figure au nombre de celles qui présentent le projet de résolution. Il suggère d'autre part un certain nombre d'amendements. Le Dr GREVILLE (Australie) déclare que son pays, comme tant d'autres, connaît un problème de pharmacodépendance lié à l'usage tant licite qu'illicite des drogues. Aussi a -t -il entrepris un programme de lutte, dont l'essentiel consiste à contrôler les transactions licites de médicaments engendrant une dépendance. Le Ministère de la Santé a mis au point, pour les stupéfiants et amphétamines, un système qui repose sur une notification régulière de la part des importateurs, des fabricants locaux, des préparateurs de formes pharmaceutiques et des grossistes, depuis le lieu d'importation ou de fabrication jusqu'au niveau de la vente au détail ou de la - d'où ressortent la consommation des diffédistribution dans les hôpitaux. Les renseignements rents médicaments selon la zone géographique, les achats dépassant la normale par les détaillants et les hôpitaux, ainsi que les achats par des personnes ou des établissements non autorisés - sont traités sur ordinateur et soumis à l'examen des autorités compétentes dans le cadre de leurs responsabilités légales. Un autre élément important du programme est l'action éducative. Un sous -comité a été créé pour intégrer, promouvoir et orienter l'action éducative concernant l'abus des drogues, et en particulier pour établir et coordonner un programme national d'éducation en matière de drogues. Des centres d'éducation ont été créés pour diffuser des renseignements et assurer des conférences ou autres services de soutien. Les Etats et les territoires de l'intérieur ont organisé des conférences -ateliers, des séminaires et des groupes de discussion à l'intention des enseignants, des parents, des jeunes et d'autres groupes. On a encouragé les écoles à inclure l'éducation en matière de drogues dans leur programme. Une collaboration satisfaisante s'est instaurée avec les mass media, et l'on a produit au niveau national du matériel pédagogique, notamment cinq films. Des recherches pédagogiques sont faites actuellement par le Gouvernement et l'Université nationale d'Australie dans le cadre d'un projet de recherche sociologique et pédagogique intitulé "Lutte contre la drogue chez les adolescents par les adolescents ". Des informations sur les programmes d'éducation en matière de drogues ont été communiquées à des groupes intéressés de Hong Kong, Singapour, Nouvelle -Zélande et Malaisie. Le Gouvernement de l'Australie a dégagé des crédits pour aider les divers Etats à assurer le traitement et la réadaptation. L'Australie a ratifié les deux principaux traités régissant le commerce international des médicaments engendrant une dépendance - à savoir la Convention unique des Nations Unies sur les stupéfiants (1961) et la Convention des Nations Unies sur les substances psychotropes (1971) - et il collaborera pleinement avec l'OMS pour toute autre initiative qui pourrait être prise dans ce domaine.

1 Résolution 1934 (LVIII)dans Documents officiels du Conseil économique et social, cinquante -huitième session, Supplément N° 1 (E/5683).

COMMISSION A

:

ONZIEME SEANCE

425

Le Dr SUMPAICO (Philippines) indique que le problème de la pharmacodépendance est relativement nouveau dans son pays, encore qu'il ne soit pas négligeable. C'est le Ministre de la Santé lui -même qui préside l'Office des drogues dangereuses, lequel supervise toutes les activités concernant l'abus des drogues. Les Philippines ont du reste accueilli récemment une réunion d'Interpol. La délégation des Philippines appuie le projet de résolution. Le Dr FUNKE (République fédérale d'Allemagne) souscrit au projet de résolution. Le Dr SADELER (Dahomey) annonce qu'il a l'intention de proposer d'ici quelques jours un projet de résolution sur l'organisation des services de santé mentale.l Le Dr CHRISTENSEN (Secrétaire) donne lecture des amendements au projet de résolution proposés par le Dr ADAMAFIO (Ghana), le Dr BANGOURA (Guinée) et le Dr ALFA CISSE (Niger), puis le PRESIDENT demande si les auteurs du projet ont des objections à formuler au sujet de ces amendements. Le Dr de VILLIERS (Canada) remercie les délégués de leurs suggestions. Etant donné le nombre de changements proposés, il suggère qu'une version révisée du projet de résolution soit distribuée à la Commission pour que celle -ci puisse l'examiner. Il en est ainsi décidé. (Voir la suite du débat dans le procès- verbal de la douzième séance, section 2.)

Aspects biomédicaux des rayonnements (programme 5.2.7) Le Dr KUPFERSCHMIDT (République Démocratique Allemande) aimerait savoir comment sont coordonnées les activités de l'OMS et celles de l'AIEA, de façon que l'OMS concentre son action sur les aspects biomédicaux des rayonnements et que l'on évite les doubles emplois. Le Dr FLEURY (Suisse) fait observer que le public manifeste une opposition croissante à la construction de centrales nucléaires. Les autorités sanitaires doivent faire face à un fort courant d'opinion publique leur demandant de sauvegarder la santé publique. Toute recherche qui pourrait compléter les connaissances actuelles dans ce domaine et aiderait les autorités à informer la population le plus objectivement et le plus judicieusement possible mérite l'appui de l'OMS. Le Dr MNGOLA (Kenya) espère que l'OMS va renforcer son action de coordination des travaux concernant la radiothérapie dans les pays en voie de développement. Prenant la parole sur l'invitation du PRESIDENT, le Professeur SPAANDER (Association internationale de Radioprotection) rappelle qu'à plusieurs reprises l'OMS a montré l'intérêt qu'elle porte à la protection contre les rayonnements non ionisants. Un chapitre sur ce sujet a été inclus dans la publication intitulée "Risques pour la santé du fait de l'environnement ",2 et un symposium sur les effets des micro -ondes a été organisé à Varsovie en 1973 sous le pátronage commun de l'OMS et des Gouvernements de la Pologne et des Etats -Unis d'Amérique. En outre, l'Organisation a récemment désigné deux centres collaborateurs pour la protection contre les rayonnements non ionisants, l'un en Pologne et l'autre aux Etats -Unis d'Amérique. Au troisième congrès européen de l'Association internationale de Radioprotection, qui s'est tenu au début de mai à Amsterdam, les participants ont accordé une attention particulière aux risques que comportent les rayonnements non ionisants pour la santé et à la fixation de normes de protection contre ces risques. Le Conseil de l'Association internationale de Radioprotection a décidé que l'Association continuerait d'encourager la recherche et les échanges d'informations scientifiques sur les rayonnements non ionisants en patronnant des séminaires et des symposiums et en examinant la question à toutes les réunions scientifiques de l'Association. Le Conseil a également créé un groupe d'étude chargé de rassembler, pour le quatrième congrès international de l'Association, qui aura lieu en 1977, des renseignements préliminaires concernant l'élaboration de critères de protection contre les rayonnements non ionisants et d'établir des propositions relatives à la création éventuelle d'un organisme international qui formulerait des recommandations sur ce sujet. L'Association est prête à communiquer à l'OMS les résultats de ses travaux dans ce secteur difficile que constitue l'établissement de normes de protection contre les rayonnements non ionisants, de même qu'elle est prête à poursuivre sa collaboration sous toutes les formes qui pourraient se révéler nécessaires. Génétique humaine (programme 5.2.8) Le Dr MNGOLA (Kenya) souligne que le problème des anomalies génétiques dans les pays en voie de développement ne doit pas être sous -estimé, car on est mal renseigné sur les incidences et les implications de ces troubles. Les pays en voie de développement manquent de moyens pour dépister les anomalies chez les nouveau -nés et l'OMS pourrait jouer un rôle plus important à cet égard. 1 Voir p. 504. 2

Organisation mondiale de la Santé, Risques pour la santé du fait de l'environnement, Genève, 1972.

426

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

Prenant la parole sur l'invitation du PRESIDENT, le Professeur SPAANDER (Société internationale d'Hématologie) indique que le Comité international de Standardisation en Hématologie - comité officiel de normalisation de la Société internationale d'Hématologie et de la Société internationale de Transfusion sanguine - a toujours pris un vif intérêt aux travaux de l'OMS sur la normalisation des méthodes et des réactifs de laboratoire. Après avoir examiné la résolution.WHA27.62, le Comité a décidé que la meilleure manière dont il pourrait aider l'OMS consisterait à mettre au point des méthodes de référence internationales et à établir des préparations de référence en hématologie et en sérologie de la transfusion sanguine, ainsi qu'en contribuant - en collaboration avec la Société internationale des Thromboses et de l'Hémostase - à la normalisation des épreuves de coagulation. En outre, des anémies de diverses origines (nutritionnelles, infectieuses et dues à des hémoglobines anormales) se rencontrent dans une grande partie du monde et exigent l'élaboration de méthodes de biologie clinique qui soient simples, rapides et sûres, notamment dans les zones où l'on dispose de ressources húmaines et matérielles limitées. Pour toutes ces raisons, le Comité a participé à une consultation avec l'OMS, qui a eu lieu à Bilthoven (Pays -Bas) au début de 1975, et qui a ouvert la voie à une collaboration encore plus étroite à l'avenir. Les membres des tableaux d'experts du Comité attendent avec un vif intérêt d'apprendre du Directeur général de l'OMS comment les recommandations formulées lors de la consultation de Bilthoven pourront être mises en oeuvre. Le renforcement des services de santé est l'un des buts fondamentaux du Comité international de Standardisation en Hématologie tout comme de l'OMS, et les laboratoires de santé de base aux échelons locaux et régionaux sont d'une importance primordiale pour assurer une protection sanitaire efficace. S'il faut donc mettre au point des méthodes et des préparations internationales de référence, il est non moins nécessaire et urgent de former du personnel au diagnostic biologique des troubles hématologiques, notamment des anémies, et d'élaborer des manuels et autres moyens d'enseignement. Immunologie (programme 5.2.9)

La Commission était saisie de la résolution suivante concernant le sang humain et ses dérivés, qui avait été soumise par les délégations du Danemark, de la Finlande, du Ghana, de l'Inde, du Nigéria, de la Norvège, des Pays -Bas, des Philippines, du Souaziland, de la Suède, de la Suisse et de l'Uruguay La Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé, Consciente de l'utilisation croissante qui est faite du sang et de ses dérivés; Ayant examiné les informations communiquées par le Directeur général sur l'utilisation et l'obtention du sang humain et de ses dérivés; Considérant la résolution XVIII de la XXIIe Conférence internationale de la Croix -Rouge;

Notant l'ampleur, toujours croissante, des activités des firmes privées qui cherchent à commercialiser dans les pays en voie de développement la collecte du sang et la plasmaphérèse;

Se déclarant très préoccupée à l'idée que ces activités puissent compromettre les efforts de mise en place de services nationaux efficaces de transfusion sanguine reposant sur le don volontaire et gratuit; Consciente que le risque de transmission de certaines maladies est plus élevé lorsque les dérivés proviennent de donneurs rémunérés, ainsi que des conséquences néfastes que peuvent avoir pour la santé des donneurs les dons de sang trop fréquents (à cause notamment de la rémunération), REMERCIE le Directeur général des mesures qu'il a prises pour étudier les problèmes 1. relatifs à la plasmaphérèse commerciale dans les pays en voie de développement; 2. PRIE instamment les Etats Membres de favoriser la mise en place de services nationaux de transfusion sanguine 1) fondés sur le don de sang volontaire et gratuit; 2) d'arrêter des mesures législatives efficaces régissant le fonctionnement des services de transfusion et de prendre en général toutes les mesures qui s'imposent pour protéger et promouvoir la santé des donneurs de sang et des receveurs de sang et de ses dérivés; PRIE le Directeur général 3. d'augmenter l'assistance fournie aux Etats Membres pour la mise en place de 1) services nationaux de transfusion sanguine fondés sur le don bénévole, en collaboration lorsqu'il y aura lieu avec la Ligue des Sociétés de la Croix -Rouge; 2) de favoriser la coopération entre les pays en vue d'assurer un approvisionnement suffisant en sang et produits dérivés obtenus au moyen de dons bénévoles; 3) d'étudier plus avant la pratique de la plasmaphérèse cotmmerciale, et notamment les risques qu'elle comporte pour la santé ainsi que ses incidences morales, particulièrement dans les pays en voie de développement; et de faire rapport à l'Assemblée mondiale de la Santé sur tous les faits nouveaux 4) qui pourraient se produire à ce sujet. Le Dr GAYE (Sénégal) rappelle que les techniques médicales modernes font un emploi fréquent du sang et de ses dérivés, soit pour le diagnostic, soit en réanimation médicale ou chirurgi-

COMMISSION A

:

ONZIEME SEANCE

427

cale, soit encore à des fins immunologiques. Dans les pays de l'Afrique occidentale, les services de santé n'ont souvent pas la possibilité de recourir à ces produits indispensables ou ne peuvent le faire que dans une mesure très insuffisante. L'une des principales préoccupations des gouvernements de cette région est donc de mettre sur pied le plus rapidement possible des services appropriés de transfusion sanguine disposant du matériel voulu et d'un personnel. autochtone dament formé. Le Dr Gaye n'ignore pas les difficultés qu'implique une telle entreprise et, par conséquent, toute initiative de la part de l'OMS ou d'institutions privées serait particulièrement bienvenue. Le Dr Gaye s'oppose formellement à toute tendance à considérer le sang comme un produit commercial banal et il estime qu'une telle attitude constituerait une atteinte à la dignité humaine. Sa délégation appuie donc chaleureusement le projet de résolution et désire elle -même figurer parmi ses coauteurs. M. OSOGO (Kenya) exprime la satisfaction de sa délégation devant le bon fonctionnement du centre OMS de recherche et de formation en immunologie à Nairobi. Il espère que les travaux du centre permettront de répondre aux nombreux problèmes qui se posent à cet égard dans les pays en voie de développement et dans l'ensemble du monde en général. Le Professeur ORHA (Roumanie) souligne l'importance que présente pour la santé publique le problème de l'utilisation du sang et de ses dérivés. La Roumanie a institué un système national fondé sur le volontariat des donneurs de sang et a adopté une législation à ce sujet. Le Professeur Orha souhaite que son pays figure parmi les coauteurs du projet de résolution. Le Dr GOMAA (Egypte) rappelle que l'on a déjà mentionné l'importance des études immunologiques pour la lutte contre la schistosomiase. Il estime que l'OMS devrait accorder une attention particulière aux Régions de l'Afrique et de la Méditerranée en tant que centres d'études immunologiques. Le Dr CLAVERO GONZALES (Espagne) souhaite aussi que son pays figure parmi les coauteurs du projet de résolution. L'utilisation et la distribution du sang et de ses dérivés est une question importante, qui préoccupe vivement les autorités sanitaires espagnoles. Le PRESIDENT déclare que le projet de résolution sera examiné lorsque la Commission traitera de la technologie de laboratoire de santé (programme 5.3.5).1 Prenant la parole sur l'invitation du PRESIDENT, le Dr MASSE (Association internationale d'Epidémiologie) explique que son association a collaboré avec l'OMS dans le passé pour l'exécution d'un certain nombre d'activités, y compris la coordination de recherches épidémiologiques, l'organisation de séminaires de formation et la rédaction de manuels, en particulier le Guide de méthodes d'enseignement en épidémiologie qui est maintenant disponible en huit langues.2 On a parfois fait reproche à l'Association d'apparaître comme un cercle assez fermé et intéressé essentiellement à certaines recherches avancées effectuées dans des pays privilégiés et concernant des maladies limitées. Cependant, elle désire maintenant élargir ses perspectives et aborder des problèmes de portée plus générale qui correspondent davantage aux préoccupations de l'OMS. Elle est prête à développer ses programmes de collaboration avec l'OMS (conjointement avec d'autres institutions non gouvernementales) dans les domaines de l'enseignement, de la recherche ou de la pratique de l'épidémiologie, notamment en ce qui concerne l'étude épidémiologique des maladies transmissibles et non transmissibles et de leurs effets invalidants, ainsi que l'étude de problèmes d'organisation, de planification et d'évaluation des services de santé pour la solution desquels l'analyse épidémiologique est souvent en mesure d'offrir des solutions pratiques. Le Dr AKHMETELI (Directeur de la Division des Maladies non transmissibles) déclare que l'OMS examinera attentivement les observations formulées par les délégués, lorsqu'elle élaborera le plan de ses activités futures. Le délégué de la Nouvelle -Zélande a souligné l'importance des études épidémiologiques concernant un certain nombre de maladies non transmissibles. Le Dr Akhmeteli partage ce point de vue et estime que les études sur l'ampleur de ces maladies dans la collectivité présentent un intérêt spécial pour le monde en voie de développement. Dans les pays développés, on se rend déjà pleinement compte de l'importance des maladies cardio -vasculaires (notamment de l'ischémie cardiaque) et de leur influence sur la mortalité et la morbidité dans la collectivité. Il est bien connu que, d'après les chiffres de l'OMS, presque 20 % des personnes âgées de 40 à 59 ans sont, dès maintenant, atteintes d'une ischémie cardiaque installée. Une évaluation plus poussée de la situation ne serait donc pas très utile, mais une action s'impose pour déterminer dans quelle mesure les facteurs de risque pourraient être réduits. Dans la partie

1 Voir p. 440.

2 Epidémiologie; un guide de méthodes d'enseignement. Rédigé par C. R. Lowe et J. Kostrzewski pour l'Association internationale d'Epidémiologie en collaboration avec l'Organisation mondiale de la Santé. Traduit par L. M. F. Massé. Varsovie, Editions médicales polonaises, 1973.

428

VINGT- HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

du monde insuffisamment développée, où la prévalence des maladies cardio- vasculaires est imparfaitement connue, toutes les études épidémiologiques devraient être associées à une telle action.

Comme l'a fait remarquer le délégué du Ghana, il faudrait entreprendre divers programmes dans la Région de l'Afrique au sujet des maladies cardio -vasculaires. Une équipe interrégionale OMS travaille au Ghana elle est composée d'un cardiologue, d'un épidémiologiste et d'un assistant technique, dont la mission consiste, avec l'aide des autorités sanitaires ghanéennes, à évaluer la prévalence de ces affections dans la collectivité. Pour ce qui est du cancer, la croyance était très répandue, il y a quelque trente ans, que le cancer était rare sur le continent africain; une étude approfondie a cependant révélé que plusieurs localisations cancéreuses dans un certain groupe d'âge étaient mille fois plus fréquentes sur le continent africain qu'en Europe. Les études menées sur l'épidémiologie et la prévalence de divers cancers sont arrivées au point où il va devenir possible, dans un proche avenir, d'entreprendre une action préventive. Une étude est en cours à Kaunas et à Rotterdam pour définir la méthodologie de l'intervention et l'OMS examine comment on pourrait le mieux intégrer les résultats de cette étude dans l'activité des services existants. Un certain nombre d'autres études pratiques sont en cours en Finlande, aux Pays -Bas, en Roumanie, au Royaume -Uni, en Tchécoslovaquie et en URSS, et l'OMS a pour tâche d'évaluer les résultats de ces travaux, de manière que l'on puisse en déterminer exactement la portée. Comme l'a souligné le délégué de la France, un élément nouveau du programme est l'accent mis sur la prévention primaire. Des études sur ce sujet ont été lancées aux Pays -Bas et ailleurs, mais pour l'instant on manque d'appuis financiers pour les poursuivre et il faut espérer que des contributions volontaires apporteront les moyens nécessaires. En ce qui concerne les prévisions budgétaires générales, le Dr Akhmeteli se réfère au tableau de la page 223 des Actes officiels N° 220, qui montre que les crédits prévus pour les maladies cardio -vasculaires ont été maintenus approximativement au même niveau pour les années 1974 à 1977. Répondant à la question posée par le délégué de la Pologne au sujet des crédits prévus pour le diabète, le Dr Akhmeteli renvoie à la page 229 des Actes officiels N° 220 et explique que l'étude prévue au titre de ce projet OCD 003 a pour but de faire le point dans quatorze pays des complications microvasculaires chez les sujets atteints de diabète installé. Cette étude durera jusqu'en 1977, année au cours de laquelle une réunion en évaluera les résultats. :

Le Dr SARTORIUS (Bureau de la Santé mentale) rappelle que le délégué du Ghana a demandé qu'on présente un exposé d'ensemble du programme de l'OMS en matière de santé mentale. Pour définir ce programme, l'Organisation a tenu compte des nécessités et des contraintes qui se présentent dans les différents pays au point de vue social et dans les domaines de la santé générale et de la santé mentale. Elle a décidé de s'attaquer à trois problèmes dont le premier est la nécessité de traiter et d'aider les malades mentaux. A l'heure actuelle, il y a quelque 40 millions de malades mentaux graves dans le monde et 200 millions de personnes environ souffrent de troubles moins sérieux, qui les rendent néanmoins incapables de travailler. Les observations recueillies indiquent que la prévalence des troubles mentaux graves est la même dans tous les pays du monde. Mais l'aptitude des familles et des collectivités à aider ou à tolérer les malades mentaux n'a cessé de décliner au cours des années récentes. Le deuxième groupe de problèmes de santé mentale auxquels il convient de faire face se rattache à la déshumanisation de la médecine et au rôle des sciences de la santé mentale dans les services de santé. De nombreuses techniques hautement perfectionnées ont échoué parce qu'on n'a pas tenu compte de la psychologie, des attitudes et des aspirations des personnes qui fournissent ou qui reçoivent les soins. Instituer les meilleures relations humaines possibles au sein de l'équipe sanitaire est un autre problème que les ressources et les connaissances actuellement disponibles dans le domaine de la santé mentale peuvent aider à résoudre. 1l y a un troisième secteur dans lequel une intervention s'impose il s'agit des conséquences qu'exerce l'évolution sociale sur la santé mentale, comme le montrent, par exemple, les névroses qu'engendre la vie dans les villes nouvelles où les gens ont été forcés de s'installer contre leur gré. Il n'est pas facile de répondre à ces trois types de besoins, en raison du grand nombre de contraintes auxquelles il faut faire face en psychiatrie et en santé mentale. Tout d'abord, il y a celles qui sont communes aux services de santé en général, par exemple la pénurie de ressources, de personnels, de fonds, de médicaments et d'installations, à laquelle s'ajoute le gaspillage des ressources existantes; c'est ainsi que de nombreux pays ne sont pas en mesure de mettre en pratique la masse considérable de connaissances actuellement réunies. Il faut aussi tenir compte de contraintes particulières au domaine de la santé mentale, et qui mettent en jeu toute une gamme de problèmes éthiques, tels que le droit du malade de décider s'il doit ou non être traité, les difficultés résultant de l'ambiguîté et du vague des conceptions qui prévalent et le manque de réalisme de nombreuses propositions faites par les experts. Il faut également mentionner l'attitude défavorable du corps médical et autres groupes professionnels, ainsi que de la population en général, à la fois à l'égard du psychiatre et du personnel de santé mentale :

COMMISSION A

:

ONZIEME SEANCE

429

et à l'égard du malade mental lui -même. Il convient enfin de souligner l'exclusion injustifiée, inutile et nuisible de la psychiatrie de la pratique de la médecine générale. En tant que groupe professionnel, les psychiatres ne sont pas toujours des partisans affirmés d'une conception des soins de santé qui fait porter l'accent sur l'action du généraliste plutôt que celle du spécialiste, qui donne la primauté à la promotion de la santé sur le traitement de la maladie, et qui considère les services de santé non comme une fin en eux -mêmes mais comme un moyen d'aider beaucoup de gens à mener une vie plus satisfaisante. Compte tenu de ces nécessités et de ces contraintes, ainsi que des caractéristiques des pays, l'OMS a assigné trois objectifs à son programme de santé mentale 1) prévenir ou réduire la morbidité mentale et neurologique et ses conséquences; 2) accroître l'efficacité des services de santé par la mise à profit des ressources et des connaissances dans le domaine de la santé mentale; et 3) faire mieux comprendre les conséquences que l'évolution sociale exerce sur la santé mentale et élaborer des stratégies en vue d'une action pratique. La réalisation de ces objectifs exige une série de mesures et, pour commencer, la mise à la disposition des pays de moyens grâce auxquels ils pourront évaluer de façon réaliste l'ampleur et la nature de leurs problèmes de santé mentale et définir, pour les soins de santé mentale et leur distribution, des stratégies qui s'intègrent dans le système général de soins et qui tiennent compte des nécessités, des contraintes et des ressources existantes. A ce stade, le rôle de l'OMS consiste à mettre au point un choix de "jeux" de méthodes de traitement et d'organisation des soins assurant la réalisation des objectifs visés, et à concevoir des systèmes d'information permettant le contrôle, l'évaluation et le réajustement des méthodes, la communication, et la coordination efficace des efforts. Les activités que comporte le programme de santé mentale peuvent être présentées en fonction des objectifs généraux de l'OMS. C'est ainsi que le premier groupe d'activités qui sera entrepris au titre de ce programme a pour but d'améliorer les services fournis aux malades mentaux. Les états sur lesquels porteront en priorité ces activités sont tout d'abord les états largement répandus dans le monde entier et qui affectent gravement la capacité de travail des intéressés, par exemple les troubles psychiatriques aigus et les états psychotiques chroniques, ainsi que les problèmes posés par les groupes hautement vulnérables que sont les enfants ou les personnes âgées par exemple. Les états envisagés en second lieu ont un caractère régional. Ils comprennent l'alcoolisme, qui prélève son tribut le plus lourd en Europe, dans les Amériques et en Afrique, et la pharmacodépendance, qui ravage de larges parties de l'Asie, des Amériques et de l'Europe. Le Dr Sartorius appelle l'attention sur un exposé récemment publié par l'OMS au sujet des problèmes de l'alcool dans 33 paysl et sur le rapport d'un comité d'experts qui résume les priorités à observer pour l'organisation de services de santé mentale dans les pays en voie de développement.2 Les deux objectifs prioritaires sont l'intégration de l'action de santé mentale dans l'activité des services généraux de santé et l'élaboration de technologies applicables dans les pays en voie de développement. La population cible, comme dans la plupart des activités sanitaires de l'OMS, est constituée par les collectivités les moins protégées. L'intégration de l'action de santé mentale dans l'activité des services généraux de santé pourrait permettre de réaliser des économies très considérables. Ainsi, dans les pays en voie de développement, le coat du traitement d'un malade pendant un an dans un hôpital pour malades mentaux pourrait couvrir les frais des médicaments qu'exige le traitement d'environ 200 malades dans la collectivité. Le deuxième groupe d'activités que comprend le programme de santé mentale porte sur le développement des ressources en personnel et, là encore, deux approches principales sont envipremièrement, accroître les connaissances en santé mentale des responsable des soins sagées primaires, des généralistes, des autorités de décision et des planificateurs sanitaires, au lieu de former des spécialistes de la santé mentale; deuxièmement, développer le potentiel de recherche des pays en voie de développement pour leur permettre de se suffire à eux -mêmes. Le troisième groupe d'activités se rapporte à l'aspect psycho -social de l'environnement et il y a lieu de mentionner à ce sujet l'ouvrage récemment publié en anglais par l'OMS sous le titre Promoting Health in the Human Environment.3 La principale manière d'aborder ce problème consistera à développer les compétences techniques et les ressources susceptibles d'aider les collectivités exposées à des stress psycho- sociaux accrus, par exemple les groupes en voie d'urbanisation rapide, les habitants des taudis péri- urbains et les déracinés, parmi lesquels les migrants méritent tout particulièrement de retenir l'attention. Le quatrième groupe d'activités a trait à la recherche et, dans ce cas, l'accent doit être mis sur une meilleure adaptation aux besoins des pays, la qualité sur le plan scientifique et l'orientation vers la solution des problèmes nouvellement apparus. C'est ainsi que des recherches épidémiologiques ont été entreprises et des méthodes épidémiologiques mises au point, : :

1 Moser, J. Problèmes et programmes relatifs à la dépendance à l'égard de l'alcool et des drogues dans 33 pays, Genève, Organisation mondiale de la Santé, 1974 (Publication offset, N° 6). 2 Série de Rapports techniques OMS, N° 564, 1975.

3 Meyer, E. E. & Sainsbury, P., ed. Promoting health in the human environment, Genève, Organisation mondiale de la Santé, 1975.

430

VINGT- HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

parce qu'elles étaient appelées à faciliter l'évaluation du succès enregistré grâce à l'action menée par les services. Des recherches ont également été lancées pour élaborer de nouvelles méthodes de traitement; en outre, un important aspect de la recherche est celui qui a trait aux moyens pratiques de promouvoir la santé mentale plutôt que de soigner purement et simplement les cas de maladie. Le cinquième groupe d'activités a pour objet de donner aux intéressés, au moment opportun, le type d'informations sûres dont ils ont besoin. A cet égard, les efforts sont orientés dans deux directions principales tout d'abord, la recherche d'un langage commun qui permette une communication plus facile entre professionnels de la santé mentale, ainsi qu'entre ce groupe de spécialistes et d'autres membres du personnel sanitaire ou social; en second lieu, la mise au point de systèmes d'information qui répondent aux besoins des pays et leur fournissent des données scientifiques, techniques, socio- économiques et administratives appropriées. Les recherches que comportent ces activités visent à élaborer des méthodes nouvelles et peu coûteuses pour apprécier les besoins en santé mentale et pour évaluer l'efficacité des services sanitaires, en lieu et place des méthodes souvent inapplicables dont on dispose actuellement. En réponse à la question posée par le délégué du Royaume -Uni, le Dr Sartorius explique que l'OMS considère depuis longtemps l'épilepsie comme une maladie qui mérite une attention prioritaire. L'Organisation a fait paraître plusieurs publications sur ce sujet, notamment un dictionnaire de l'épilepsie.1 Dans la Région des Amériques, un programme a été entrepris sur l'épidémiologie et le traitement de l'épilepsie. On a créé un réseau de centres pour les sciences neurologiques, qui s'est fixé comme toute première priorité le traitement, le diagnostic et la classification de l'épilepsie, en particulier chez les enfants. En plus du traitement et de la réadaptation, l'action préventive occupe une place importante dans l'action menée par l'OMS et fournit, elle aussi, l'occasion de collaborer avec les services généraux de santé pour combattre les divers états physiques susceptibles de conduire à l'épilepsie, tels que la méningite, et pour assurer des soins prénatals et postnatals adéquats. La coopération de l'OMS avec des organisations non gouvernementales comme la Ligue internationale contre l'Epilepsie est, de ce point de vue, d'une grande assistance. Le délégué de la Zambie a appelé l'attention sur l'évolution du programme de santé mentale et mentionné les problèmes que posent la prévention et le traitement de l'arriération mentale, ainsi que l'importance de la formation de personnel. Comme le Dr Sartorius l'a déjà mentionné, l'OMS cherche à développer la formation en santé mentale au niveau des services généraux de santé plutôt que de favoriser l'accroissement massif du nombre des spécialistes. Le délégué du Niger a demandé des explications sur les faits nouveaux survenus dans la prévention de la pharmacodépendance et de l'alcoolisme. Le projet relatif à l'épidémiologie de la pharmacodépendance, de même que les projets envisagés dans le domaine de l'alcoolisme, ont pour but de fournir le plus rapidement possible aux pays des informations pertinentes et à jour sur ces deux fléaux. Le délégué de l'Inde a fait une distinction entre les conceptions traditionnelles de la santé mentale et la conception qui est à la base du yoga. Le Dr Sartorius estime que le yoga constitue une approche importante; le Secrétariat s'y intéresse vivement, tout comme à d'autres techniques thérapeutiques. Le Dr Sartorius exprime ses remerciements au délégué de la France pour son excellente analyse du programme, ainsi qu'au délégué de la République fédérale d'Allemagne pour les remarques qu'elle a bien voulu formuler. L'OMS serait très heureuse d'être informée par la Suède de l'expérience acquise dans ce pays au sujet des arriérés mentaux, notamment en ce qui concerne le programme de normalisation. Le Dr Sartorius remercie aussi le délégué du Japon d'avoir fait mention des problèmes psycho- sociaux et le délégué de l'Indonésie d'avoir souligné l'importance qu'il y a à inclure l'éducation en matière de santé mentale dans l'éducation sanitaire générale. :

Le Dr GARIN (Cancer) partage l'opinion exprimée par le délégué de l'Argentine sur la chimiothérapie du cancer. Il fait remarquer que, dans la Région des Amériques en particulier, une grande attention est accordée à cette question. Il donne au délégué de la République fédérale d'Allemagne l'assurance que la réadaptation des malades atteints de cancer aura certainement sa place dans les activités de l'Organisation. Le Dr PISA (Maladies cardio -vasculaires) déclare que les progrès accomplis dans les recherches sur les maladies cardio -vasculaires depuis les vingt dernières années ont permis de réunir des informations et d'obtenir des connaissances techniques qui devraient accroître l'efficacité et l'ampleur de l'action préventive et des mesures de lutte dirigées contre ces affections. L'OMS est convaincue que l'heure est venue de mettre systématiquement en application ces connaissances dans l'intérêt de la population du monde entier et cette conviction se traduit par le fait que l'on a axé le programme sur la collectivité. Il ne s'ensuit pas, cependant, que l'on doive négliger les recherches sur l'étiologie et la pathogénie des maladies cardio -vasculaires et sur les questions apparentées. Le programme prévoit des crédits pour ce genre de recherches et une certaine souplesse a été maintenue.

1 Gastaut, H. Dictionnaire de l'Epilepsie. Partie I mondiale de la Santé, 1973.

:

Définitions, Genève, Organisation

COMMISSION A

:

ONZIEME SEANCE

431

Grâce aux informations fournies par les registres des cas d'infarctus du myocarde tenus dans dix -neuf zones européennes, il est maintenant possible de comparer, par exemple, les différences d'incidence de l'infarctus du myocarde selon le degré de dureté de l'eau dans ces zones. Une telle étude pourrait fort bien contribuer considérablement à l'élucidation d'un problème dont l'importance est peut-être grande au point de vue de l'étiologie de l'athérosclérose. Il est significatif et encourageant pour les travaux futurs de l'OMS dans ce domaine que l'on reconnaisse l'importance croissante des maladies cardio -vasculaires en santé publique dans les pays en voie de développement et la nécessité de prendre des mesures pour les combattre. L'OMS accorde une haute priorité à cette partie de son programme. En juin 1975, un comité mixte de l'OMS et de la Société internationale de Cardiologie se tiendra au Siège pour discuter des futures activités à entreprendre à l'égard des maladies cardio -vasculaires, notamment dans les pays en voie de développement. C'est également l'orientation vers la collectivité qui est adoptée pour faire face à ce problème dans les pays développés. L'idée qui est à la base du programme de l'OMS est de mettre en oeuvre toute mesure de lutte contre les maladies cardio -vasculaires par l'intermédiaire du réseau de services sanitaires existant dans chaque pays. Les services sanitaires de base joueront donc un rôle majeur pour assurer le succès du programme. En raison des différences que présente la fréquence de ces maladies dans diverses parties du monde, ainsi que de la diversité que l'on observe dans l'organisation des services de santé et dans les ressources disponibles, une approche individuelle s'impose pour la préparation des plans et l'exécution des activités. L'OMS serait heureuse, en matière de lutte contre les maladies cardio -vasculaires, de collaborer avec tout gouvernement pour la mise au point de plans d'action réalistes adaptés aux besoins du pays. Le Professeur BOSWICK (Société internationale de Soins aux Brûlés), prenant la parole sur l'invitation du PRESIDENT, déclare qu'environ 1 ' de la population de tout pays est atteint chaque année de brûlures et que, dans environ 10 % à 12 % des cas, les lésions aboutissent à une incapacité grave de travail pendant toute la durée de la vie de l'intéressé. Les brûlures sont courantes dans les pays industrialisés et non industrialisés, mais la majorité des victimes sont des enfants, ce qui provoque des pertes de revenus et inflige de sérieuses souffrances à un groupe d'âge qui a besoin de soins particuliers. La Société internationale de Soins aux Brûlés estime que la fréquence de ces lésions et celle de la mortalité qu'elles entraînent pourraient être réduites par un travail éducatif portant sur la prévention et sur les soins à donner aux victimes. La même approche pourrait aboutir à une réduction de la morbidité, en ce sens qu'elle raccourcirait la durée du séjour à l'hôpital - chose coûteuse et compliquée dans beaucoup des pays - et permettrait de soulager les souffrances et de diminuer les invalidités. La Société internationale est soucieuse de travailler avec tout groupement ou individu, à quelque niveau que ce soit, pour mettre en application des mesures permettant de prévenir les brûlures. Lutte contre les maladies transmissibles (secteur de programme 5.1) (suite) Maladies vénériennes et tréponématoses (programme 5.1.8) (suite de la neuvième séance) Le PRESIDENT demande aux délégués de présenter des observations sur le projet suivant de résolution, dont la délégation de la Belgique avait annoncé la préparation à la neuvième séance et qui concerne la lutte contre les maladies transmises par voie sexuelle :

La Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé, Notant que les maladies transmises par voie sexuelle, en particulier la syphilis et la gonococcie, sont encore loin d'être maîtrisées et que la gravité des complications qu'elles occasionnent, si elles ne sont pas traitées de manière adéquate, ont de graves conséquences individuelles, collectives, sociales et économiques; Notant qu'une meilleure approche de ce problème de santé publique nécessite une action coordonnée et pluridisciplinaire tant médicale qu'informative, éducative et sociale, 1. INVITE les Etats Membres à réunir, diffuser et communiquer à l'OMS des renseignements épidémiologiques, statistiques et opérationnels pour la lutte contre les maladies transmises par voie sexuelle; PRIE les gouvernements de prendre en considération la nécessité 2. 1) de faire un usage optimal des services et des structures sanitaires existants pour renforcer la lutte contre les maladies transmises par voie sexuelle; 2) d'encourager la formation appropriée dans ce domaine du personnel médical et d'autres travailleurs sanitaires de tous les niveaux et le perfectionnement du personnel existant; de favoriser l'information et l'éducation pour la santé en vue de promouvoir 3) le sens des responsabilités et le respect de l'intégrité de tous les êtres humains; PRIE le Directeur général 3. 1) de fournir aux Etats Membres les avis et l'assistance nécessaires pour une meilleure appréciation des problèmes de santé publique posés par les maladies transmises par voie sexuelle; : :

432

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II 2) d'encourager la réunion de séminaires internationaux, régionaux ou nationaux pour l'échange d'information et le perfectionnement du personnel et des chercheurs, avec la participation de l'OMS; 3) d'établir et de tenir à jour des directives pour l'organisation des activités de lutte, y compris des spécifications techniques; 4) de chercher à obtenir de diverses sources à l'intérieur du système des Nations Unies ainsi que d'organisations non gouvernementales et privées les ressources budgétaires en vue de fournir une assistance aux gouvernements pour la planification, l'exéa) cution d'études et de recherches sur l'épidémiologie, la clinique, le diagnostic, le traitement, la prévention, les méthodes de lutte; b) de fournir une assistance, si elle est demandée, aux gouvernements qui exécutent déjà les programmes de lutte; et de faire rapport sur cette question à l'Assemblée mondiale de la Santé. 5) :

Le Professeur CANAPERIA (Italie) appuie le projet de résolution. Ce projet concorde avec les constatations des récentes discussions techniques sur la question; il appellera l'attention des gouvernements sur la gravité du problème des maladies transmises par voie sexuelle dans de nombreux pays, et leur fournira des directives pour dresser des plans de campagne contre ces maladies. Le Dr ADESUYI (Nigeria) propose que les mots "et, en particulier, de souligner la nécessité du diagnostic systématique des cas et du dépistage des contacts" soient ajoutés à la fin du paragraphe 2,1) du dispositif. Le Dr SENCER (Etats -Unis d'Amérique) estime que le libellé proposé par la délégation du Nigeria exigerait l'introduction d'une référence au traitement approprié, sans lequel le diagnostic des cas et le dépistage des contacts ne pourraient pas être vraiment efficaces. A son avis, cependant, le terme "lutte ", qui figure dans le texte original du paragraphe 2,1), couvre tous les aspects du problème, notamment du fait que les opinions divergent quant aux avantages de la recherche des contacts.

Le Professeur SENAULT (France), prenant la parole en tant que coauteur du projet de résolution, déclare qu'il partage l'avis du délégué des Etats -Unis. Ceux qui ont rédigé la résolution estiment que le paragraphe 2,1) du dispositif englobe tous les aspects de la campagne, y compris le diagnostic systématique et le traitement. Le Professeur Senault craint que, si l'on entre davantage dans les détails, on ne soit amené à revoir la totalité du projet de résolution. Le PRESIDENT demande au délégué du Nigéria si, compte tenu des observations des délégués des Etats -Unis et de la France, il est disposé à retirer sa proposition. Le Dr ADESUYI (Nigéria) explique que, en faisant sa proposition, il pensait aux pays qui n'ont pas les moyens d'instituer un diagnostic systématique; il lui a donc semblé nécessaire d'être précis sur ce point. Dans ces conditions, il n'est pas enclin à retirer sa proposition. Le Dr SENCER (Etats -Unis d'Amérique) fait remarquer que le projet de résolution sera accompagné du rapport sur les discussions techniques, qui traite en détail des éléments d'un programme de lutte.

Le Dr TOTTIE (Suède) partage ce point de vue. En outre, parlant en tant que coauteur du projet de résolution, il estime que celui -ci répondrait à son objet s'il était adopté dans sa forme originale. Le Dr VIOLAKIS -PARASKEVAS (Grèce), partageant l'avis des délégués des Etats -Unis et de la France, déclare que les mots "faire un usage optimal des services existants ", qui figurent dans le paragraphe 2,1) du dispositif, peuvent s'appliquer à tous les pays et ont un caractère suffisamment général pour couvrir tous les aspects du problème.

Le Dr ADESUYI (Nigéria) répond que ce sont les mots "services existants" qui justifient en fait son objection, car, dans certains pays, les services nécessaires n'existent pas. Le Dr KIVITS (Belgique) est du même avis que les délégués de la France, de la Grèce et des Etats -Unis. Le projet de résolution, tel qu'il est rédigé, traite de tous les aspects de la campagne contre les maladies transmises par voie sexuelle - y compris le dépistage et il n'y a pas lieu d'entrer dans de plus amples détails, d'autant plus que le projet de résolution sera accompagné d'un rapport détaillé sur les discussions techniques. Le Dr SENCER (Etats -Unis d'Amérique) indique que l'alinéa a) du paragraphe 3,4) du dispositif couvre le point soulevé par le délégué du Nigéria.

Le Dr ADESUYI (Nigéria) fait observer que le paragraphe 3 du dispositif s'adresse au Directeur général, tandis que le paragraphe 2, qui fait l'objet de son intervention, s'adresse aux gouvernements.

COMMISSION A

:

ONZIEME SEANCE

433

Le Professeur SENAULT (France) comprend la préoccupation du délégué du Nigeria, qui évoque la situation des pays dépourvus de structures sanitaires adéquates. Il suggère donc que les mots "ou d'envisager d'en créer" soient insérés après les mots "structures sanitaires existantes" dans le paragraphe 2,1) du dispositif. Le Dr NDIAYE (Sénégal) signale que les termes "structures sanitaires" dans le texte français où que ce soit dans le monde, il y a toujours une semblent donner la réponse au problème forme de service ou structure sanitaire, même si elle n'est qu'embryonnaire. :

Le Dr KONE (Côte d'Ivoire) estime aussi que la rédaction proposée par le délégué de la France risque d'aller plus loin qu'il n'est nécessaire. Le texte français du projet de résolution répond aux observations du délégué du Nigeria. Bien entendu, il n'y a pas, en général, dans les pays en voie de développement, de services sanitaires spécifiquement chargés des maladies transmises par voie sexuelle, ce qui n'empêche pas d'exécuter des programmes contre ces maladies dans le cadre des structures sanitaires existantes. Accepter la proposition du délégué de la France donnerait l'impression que l'on veut créer, en plus des structures existantes, une structure nouvelle qui s'occuperait exclusivement de la lutte contre les maladies transmises par voie sexuelle. De l'avis du Dr Kone, la résolution devrait demeurer inchangée, du moins dans la version française. Le PRESIDENT demande si la délégation du Nigeria estime avoir satisfaction, étant donné les observations formulées par les délégués du Sénégal et de la Côte d'Ivoire. Le Dr ADESUYI (Nigeria) répond affirmativement. Le Dr TEKLE (Ethiopie) déclare qu'il ne comprend pas tout à fait la portée du paragraphe 2,3) du dispositif. A qui s'adressent l'information et l'éducation pour la santé dont il est fait mention ? Est -ce à la population, au malade ou au médecin ? Le Dr TOTTIE (Suède) explique que, comme l'éducation sanitaire intéresse tout le monde, cet alinéa s'adresse à toutes les parties en cause. Il vise à promouvoir en chacun le sens de l'intégrité, comme il a été souligné lors des discussions techniques. Le Dr TEKLE (Ethiopie) est prêt à accepter cette explication, mais, pour plus de clarté, il propose que les mots "de toutes les personnes concernées" soient insérés après les mots "éducation pour la santé ".

En réponse à une question du PRESIDENT, le Dr KIVITS (Belgique) déclare qu'il n'a pas d'objection à l'amendement proposé par le délégué de l'Ethiopie. Décision :

Le projet de résolution, ainsi amendé, est approuvé.1

Lutte contre les maladies non transmissibles (secteur de programme 5.2) (reprise de la discussion) Autres maladies non transmissibles chroniques (programme 5.2.4) (suite de la dixième séance, section 2) Le PRESIDENT appelle la Commission à examiner le projet de résolution suivant qui se rapporte aux maladies rhumatismales :

La Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé, Considérant que les maladies rhumatismales font l'objet de préoccupations exprimées dans le programme de l'OMS pour le développement de la recherche biomédicale, en raison des longues incapacités qu'elles entraînent et de leur répercussion psycho -sociale et économique;

Rappelant les résolutions WHA1.15, WHA3.29, EB8.R36 et EB29.R20 qui soulignent l'importance du problème; Considérant les efforts déployés par la Ligue internationale contre le Rhumatisme dans les domaines de la recherche, de l'éducation et de l'information du public et notant sa proposition de faire de 1977 l'année du rhumatisant, RECOMMANDE que TOMS poursuive sa collaboration avec les programmes nationaux et 1. internationaux de lutte contre les affections rhumatismales et spécialement ceux de la Ligue internationale contre le Rhumatisme dans le but d'intensifier les recherches dans le domaine de l'épidémiologie, de l'étiopathogénie, de la prévention et du traitement des affections rhumatismales, ainsi que de la réadaptation des malades qui en sont atteints; INVITE les Etats Membres à encourager des programmes de recherche, de prévention, 2. de traitement, de réadaptation et d'assistance sociale en matière de maladies rhumatismales, ainsi que des campagnes d'information ayant trait à ces dernières; 1 Ce projet de résolution a été transmis à l'Assemblée de la Santé dans le deuxième rapport de la Commission et adopté sous le numéro d'ordre WHA28.58.

434 3.

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

PRIE le Directeur général d'aider les Etats Membres dans leurs programmes; et 1) 2) de faire rapport à la Vingt -Neuvième Assemblée mondiale de la Santé sur les progrès réalisés en ce domaine. :

Le Dr KIVITS (Belgique), introduisant le projet de résolution présenté par les délégations de la République fédérale d'Allemagne, de la Roumanie, du Zayre, du Royaume -Uni, et celle de son pays, rappelle l'intérêt manifesté à plusieurs reprises par l'Organisation pour les problèmes que posent les maladies rhumatismales et leurs répercussions économiques du fait des invalidités qui en résultent et des charges qu'elles entratnent pour les systèmes de sécurité sociale. A mesure ques'accrott la proportion des personnes âgées dans la population, ces problèmes gagnent en importance. Le Directeur général, dans son rapport à la Vingt -Septième Assemblée mondiale de la Santé sur la recherche biomédicale, a déjà souligné la nécessité qu'il y a d'intensifier les recherches sur les affections rhumatismales et notamment l'arthrite rhumatotde, recherches que la Ligue internationale contre le Rhumatisme et plusieurs organisations nationales s'efforcent également d'encourager. Le but du projet de résolution est de favoriser la collaboration entre l'OMS, les Etats Membres et la Ligue internationale contre le Rhumatisme, en vue de promouvoir ces recherches, ainsi que l'assistance portée aux victimes des maladies rhumatismales. Le Dr FUNKE (République fédérale d'Allemagne) explique que les affections rhumatismales et les troubles associés posent un problème de santé publique de plus en plus sérieux. Figurant parmi les causes principales d'invalidité précoce, ils ont des conséquences socio- économiques graves et sont responsables d'un dixième de la morbidité totale dans les pays industrialisés. L'OMS, qui a accompli une oeuvre importante en appuyant les centres de recherche, pourrait faire davantage encore si elle élaborait une stratégie globale contre un groupe de maladies invalidantes qui menacent la vie de nombreuses personnes. La délégation de la République fédérale prie donc instamment la Commission d'approuver le projet de résolution. Le Dr CLAVERO GONZÁLES (Espagne) indique que sa délégation appuie pleinement le projet de résolution. Le Dr FETISOV (Union des Républiques socialistes soviétiques) appuie le projet de résolution. Le Dr VIOLAKIS -PARASKEVAS (Grèce), se référant au paragraphe 2 du dispositif, propose que les mots "de dépistage précoce" soient insérés avant les mots "de traitement ". Il en est ainsi décidé. Décision :

Le projet de résolution, ainsi amendé, est adopté.1

(Voir la suite du débat sur le programme 5.2.4 dans le procès -verbal de la dix -septième séance, section 2.)

Substances prophylactiques, diagnostiques et thérapeutiques (secteur de programme 5.3) Le Dr FATTORUSSO (Directeur de la Division des Substances prophylactiques, diagnostiques et thérapeutiques) déclare qu'il se limitera à quelques brèves observations, car d'autres aspects du programme relatif aux substances prophylactiques et thérapeutiques seront discutés à propos du point 2.8, que la Commission examinera plus tard.2 Le but principal du secteur de programme présentement à l'étude est d'aider les autorités sanitaires à vérifier et à évaluer la sécurité d'emploi et l'efficacité des substances chimiques et biologiques utilisées pour la prophylaxie, le diagnostic et le traitement, de telle sorte que les produits qui contiennent ce type de substances répondent à des normes reconnues et que leurs effets, notamment leurs effets secondaires, soient dûment surveillés. La multiplicité et la complexité croissantes des médicaments modernes ont amené les autorités sanitaires de nombreux pays à intervenir plus largement dans le contrôle non seulement de la qualité de ces substances, mais aussi de leur efficacité et de leur sécurité d'emploi. Il est donc proposé que les travaux de standardisation internationale des produits biologiques et diagnostiques soient poursuivis en 1976 et 1977, compte tenu des progrès scientifiques et techniques, de l'utilisation et de l'utilité de ces produits et de leur importance dans le commerce international. La normalisation non seulement s'applique aux caractéristiques de chaque substance, mais comporte aussi l'établissement de normes générales, concernant par exemple la production et le contrôle des produits biologiques (notamment des vaccins) et l'observation des "Règles de bonne pratique applicables à la fabrication des médicaments et au contrôle de leur qualité ", règles dont un texte révisé3 va être soumis et examiné à propos du point 2.8.2

1 Ce projet de résolution a été transmis à l'Assemblée de la Santé dans le deuxième rapport de la Commission et adopté sous le numéro d'ordre WHA28.59. 2 Ce point, transféré à la Commission B en vertu d'une décision prise par l'Assemblée de la Santé à sa douzième séance plénière, a été examiné lors de la douzième séance de cette commission. 3

Actes officiels OMS, N° 226, 1975, annexe 12, partie 1.

COMMISSION A

:

ONZIEME SEANCE

435

La standardisation internationale exige des recherches de la part de nombreux laboratoires, en vue d'établir des étalons biologiques internationaux, des substances chimiques de référence et des préparations de référence et d'améliorer les critères de qualité spécifiés dans les normes. Une autre forme de standardisation porte sur la nomenclature des substances, dont la normalisation est indispensable pour faciliter l'identification des ingrédients contenus dans les préparations pharmaceutiques commercialisées dans les divers pays le Dr Fattorusso se réfère, à cet égard, aux dénominations communes internationales qui sont de plus en plus employées. Ce travail, en raison de son caractère mondial, est coordonné essentiellement par le Siège de l'OMS. L'assistance directe que l'on se propose d'apporter aux pays visera essentiellement la création ou l'amélioration des laboratoires nationaux nécessaires pour le contrôle des produits biologiques et pharmaceutiques, la formation du personnel de laboratoire et des inspecteurs des pharmacies, l'organisation de séminaires et l'octroi de bourses d'études. On ne saurait trop souligner l'importance que présente la formation du personnel chargé du contrôle des médicaments, car tout système national dépend largement de la compétence de ce personnel. L'évaluation et la surveillance des médicaments sont un élément important du secteur de programme considéré, qui comporte notamment un système international de surveillance des réactions adverses aux médicaments. Le but de ce système est de rassembler des informations sur les réactions adverses observées à la suite de l'administration de médicaments, de promouvoir la collaboration internationale pour l'évaluation des données et de porter les renseignements obtenus à la connaissance des Etats Membres. Des systèmes avancés de surveillance fonctionnent maintenant dans plusieurs pays développés et les informations recueillies permettent de donner rapidement l'alarme lorsqu'on observe des réactions graves à la suite de l'administration de médicaments; ces informations sont utiles à tous les pays, dotés ou non d'un système de surveillance, parce qu'ils mettent en garde contre certains risques thérapeutiques et aident à renforcer les critères de sélection des médicaments nécessaires pour soigner les malades. Certains pays moins développés ont des centres hospitaliers dotés de services de pharmacologie clinique, qui bénéficient d'une assistance de l'OMS et qui collaborent à l'étude des réactions adverses aux médicaments. Il est envisagé d'étendre ce réseau et d'adapter le système international de surveillance aux besoins d'information de tous les pays, développés ou en voie de développement. Se référant à la technologie de laboratoire de santé, le Dr Fattorusso explique que, jusqu'à une date récente, la plupart des travaux de l'OMS ont porté sur les maladies transmissibles, qui continuent à poser un problème urgent dans beaucoup de pays en voie de développement. Depuis quelques années, l'OMS encourage la fabrication de matériel de laboratoire destiné à réduire les manipulations. D'autre part, on assiste à une prolifération croissante de jeux complets de réactifs destinés à diverses analyses, alors que ces réactifs n'ont pas fait l'objet d'un contrôle de qualité. D'où la nécessité de procéder à la normalisation internationale des préparations de référence et des techniques de laboratoire qui s'y rapportent, ainsi que d'engager de nouvelles activités dans ce domaine, conformément à la résolution WHA27.62. En dernier lieu, le Dr Fattorusso appelle l'attention sur le document intitulé "Utilisation et obtention de sang humain et de ses dérivés "1 qui intéresse le même secteur de programme. :

(Voir la suite du débat dans le procès -verbal de la douzième séance, section 2.)

Lutte contre les maladies non transmissibles (secteur de programme 5.2) (reprise de la discussion) Maladies cardio -vasculaires (programme 5.2.3) (suite de la dixième séance, section 2)

Le Dr QUENUM (Directeur régional pour l'Afrique), répondant à une question du délégué du Ghana, donne à la Commission l'assurance que, s'il n'y a pas de crédits budgétaires prévus pour la Région africaine au titre du programme 5.2.3, il ne faut pas en déduire que les maladies cardio -vasculaires ne sont pas un sujet de préoccupations, alors que, depuis plusieurs années, elles ne cessent de se développer dans la Région. Cependant, aucun gouvernement de la Région n'a demandé expressément que l'on s'attaque spécialement à ces questions, sans doute à cause des nombreux problèmes prioritaires qui se posent. Néanmoins, un certain nombre d'activités sont en cours, bien qu'elles ne se limitent pas à la seule Région africaine. Par exemple, il est fait usage des services consultatifs que comporte un projet interrégional de recherche basé tout d'abord en Ouganda et maintenant au Ghana. Plusieurs études pilotes sont en cours (comme il est mentionné à la page 222 des Actes officiels N° 220), celles qui concernent les cardiopathies rhumatismales se déroulant au Nigéria et au Sénégal. En outre, des bourses d'études sont fournies pour former des cardiologues et pour permettre à des cardiologues déjà formés de prendre part à des réunions de type éducatif.

La séance est levée à 17 h.35.

1 Actes officiels OMS, N° 226, 1975, annexe 14.

DOUZIEME SEANCE Samedi 24 mai 1975, 9 heures

Président

:

Dr Marcella DAVIES (Sierra Leone)

1.

DEUXIEME RAPPORT DE LA COMMISSION Le Dr LEXIE (Zaire), Rapporteur, donne lecture du projet de deuxième rapport de la Commission.

Décision 2.

:

Le rapport est adopté (voir page 696). Ordre du jour, 2.2.3

EXAMEN DETAILLE DU BUDGET PROGRAMME POUR LES EXERCICES FINANCIERS 1976 ET 1977 (suite)

Lutte contre les maladies non transmissibles (secteur de programme 5.2) (suite) Santé mentale (programme 5.2.6) (suite de la onzième séance) Le PRESIDENT invite la Commission à examiner le projet de résolution révisé sur la pharmacodépendance, proposé par les délégations de l'Australie, du Canada, des Etats -Unis d'Amérique, de la Jamaïque, de la Malaisie, du Mexique, de la Suède et de la Turquie, et amendé par les délégations du Ghana, de la Guinée et du Niger. En voici le texte :

La Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé, Reconnaissant qu'il est nécessaire, du point de vue humanitaire, d'assurer des soins de santé ainsi qu'un traitement et une réadaptation appropriés aux personnes pharmacodépendantes; Convaincue qu'à long terme les sérieux problèmes de santé publique résultant de l'autoadministration croissante de drogues engendrant la dépendance ne pourront pas être résolus si des mesures promptes et efficaces ne sont pas prises pour réduire l'introduction frauduleuse et la demande illicite dans tous les pays du monde; Rappelant l'article 38 de la Convention unique sur les stupéfiants; Réaffirmant les résolutions WHA23.42, WHA24.57, WHA25.62 et WHA26.52; Notant également la résolution que la Commission des Stupéfiants a adoptée à l'unanimité et que le Conseil économique et social a entérinée concernant des mesures en vue de réduire la demande illicite de drogues; et Félicitant le Directeur général des mesures qu'il a prises jusqu'ici pour exécuter le programme élargi dans ce domaine qui a été approuvé par les Vingt -Quatrième et Vingt Cinquième Assemblées mondiales de la Santé, 1. PRIE le Directeur général 1) d'accélérer le développement du programme de rapports sur l'épidémiologie de la pharmacodépendance; 2) de développer encore l'échange de renseignements à l'échelle mondiale et de continuer à promouvoir les activités relatives à la prévention, au traitement et à la réadaptation ainsi que les recherches dans ces domaines; 3) de poursuivre ses efforts en vue d'obtenir le soutien financier accru nécessaire pour l'exécution efficace du programme élargi dans le domaine de la pharmacodépendance; 4) d'aider les gouvernements, sur leur demande, dans les limites des ressources financières et techniques disponibles, et en collaboration constante avec le Fonds des Nations Unies pour la Lutte contre l'Abus des Drogues, à mettre au point et à assurer des services intégrés de prévention, de dépistage précoce, de traitement et de réadaptation au niveau de la collectivité; 5) de développer encore les activités relatives à la surveillance des effets secondaires adverses des produits psycho -actifs, eu égard au risque d'abus et à la possibilité d'engendrer la dépendance; 6) de promouvoir des activités visant à déterminer la possibilité d'engendrer la dépendance dans le cas de substances chimiques exerçant un effet sur l'humeur et le comportement, ainsi que de préparer des directives pour l'emploi sans danger et efficace des produits psycho -actifs; et 7) de garder en vue la nécessité d'assurer des services de personnels pour que l'OMS puisse concourir efficacement aux efforts du système des Nations Unies dans le domaine de la lutte contre l'abus des drogues; 2. INVITE instamment les Etats Membres et les Membres associés pour qui l'utilisation des drogues à des fins non thérapeutiques et la pharmacodépendance posent des problèmes sociaux et de santé publique à inclure des mesures appropriées de prévention, de traitement et de réadaptation dans leurs programmes intégrés de santé publique; :

3.

INVITE égalementlesEtats Membres et les Membres associés pour lesquels l'utilisation des drogues à des fins non thérapeutiques et la pharmacodépendance ne posent pas encore de problèmes sociaux et de santé publique à coordonner leurs efforts avec les autres pays et organisations internationales et à prendre des mesures préventives appropriées pour contrBler la circulation et l'usage des substances engendrant la pharmacodépendance; - 436 -

COMMISSION A 4.

:

DOUZIEME SEANCE

437

INVITE lesEtats Membres etlesMembres associés sur le territoire desquels sont implantées des firmes pharmaceutiques à bien vouloir donner à celles -ci des instructions strictes pour que la mise sur le marché de leurs produits serve les seuls intérêts de la santé publique. La circulation de ces produits pharmaceutiques impliquera la responsabilité de la firme productrice et du pays qui l'abrite; INVITE en outre instamment les Etats Membres et les Membres associés qui disposent de 5. moyens appropriés à poursuivre des recherches dans les domaines considérés afin de mettre au point ou d'améliorer des méthodes pour la prévention et la solution des problèmes liés à la mise en circulation et à l'utilisation non thérapeutique des drogues et à la pharmacodépendance; 6. PRIE le Directeur général de faire rapport sur les progrès réalisés en la matière à la Vingt- Neuvième Assemblée mondiale de la Santé; et 7. PRIE le Directeur général de transmettre la présente résolution aux Etats Membres pour qu'ils l'étudient et s'en inspirent.

Le Dr de VILLIERS (Canada) serait heureux de connaître l'avis d'autres délégations sur l'opportunité du paragraphe 4 du dispositif tel qu'il se présente actuellement. Le Dr JENNINGS (Etats -Unis d'Amérique) dit que le projet de résolution révisé fait référence à des aspects de la pharmacodépendance autres que les seuls aspects médicaux. Si l'on désire faire état de ces aspects, le projet de résolution n'est pas assez complet; le paragraphe 4 du dispositif, par exemple, mentionne les Etats Membres et les Membres associés sur les territoires desquels sont implantées des firmes pharmaceutiques, mais non les Etats Membres disposant de moyens qui leur permettent de produire des substances autres que des produits pharmaceutiques pouvant donner lieu à un abus. Il semble nécessaire de réviser une nouvelle fois le projet de résolution. Le Professeur SENAULT (France) indique que la seconde phrase du paragraphe 4 du dispositif peut poser des problèmes à divers pays et espère que les auteurs du projet accepteront de la modifier. En effet, cette phrase susciterait des problèmes juridiques dans les pays où les firmes pharmaceutiques sont des sociétés de droit privé.

Pour le Dr TOTTIE (Suède), il serait préférable que les aspects non médicaux du problème de la drogue, auxquels se réfère le paragraphe 4 du dispositif, soient examinés à propos du point 2.8 de l'ordre du jour. Le Dr ALFA CISSE (Niger) dit que c'est lui qui a proposé le paragraphe 4 du dispositif et qu'il

souhaite le maintenir. A son avis, la question évoquée est bien liée au problème de la pharmacodépendance. Les sociétés commerciales ne peuvent fonctionner en marge des lois du pays où elles sont installées. Si l'on désire assurer une réglementation véritable de la circulation des produits pharmaceutiques pouvant donner lieu à abus, il faut que les délégués, en tant que représentants d'Etats souverains, prennent l'engagement de tout mettre en oeuvre pour y parvenir. Les sociétés doivent savoir qu'elles courent le risque d'être sanctionnées pour commercialisation de produits illégaux. Le Dr FLEURY (Suisse) suggère de résoudre le problème en rédigeant comme suit le paragraphe "INVITE les Etats Membres et les Membres associés à renforcer leur considéré du dispositif législation sur la circulation de ces produits pharmaceutiques ". :

Le PRESIDENT propose que le projet de résolution soit étudié à nouveau par un groupe de travail composé des délégations du Canada, des Etats -Unis d'Amérique, de la France, du Ghana, de la Guinée, du Niger, de la Suède et de la Suisse et de toutes autres délégations intéressées. Il est ainsi décidé. (Voir la suite du début dans le procès -verbal de la dix -septième séance, section 2.)

Substances prophylactiques, diagnostiques et thérapeutiques (secteur de programme 5.3) (suite de la onzième séance) Planification du programme et activités générales (programme 5.3.1) Il n'y a pas d'observations.

Spécifications et contr8le de la qualité des préparations pharmaceutiques (programme 5.3.2) Le Dr LEÓN (Argentine) approuve la politique de l'Organisation en matière de contr8le de la qualité des préparations pharmaceutiques. En Argentine, un département du ministère de la santé publique est responsable de ce contr8le, ainsi que de l'autorisation à donner aux entreprises pharmaceutiques pour la publication d'informations concernant leurs produits, afin d'éviter que la population ne soit incitée à l'auto- médication. Le Ministère de la Santé publique dispose aussi d'un système de traitement électronique d'informations ayant trait notamment à l'action thérapeutique des médicaments, à leur classification pharmaceutique et aux analogies qu'ils peuvent présenter. L'Argentine participe activement au programme de l'OMS. Le Dr AZIZ (Pakistan) soutient la politique suivie par l'Organisation en ce qui concerne les médicaments. Cette politique présente un intérêt particulier pour les pays en voie de développement dont les ressources sont limitées et pour lesquels le coût des médicaments et leur efficacité relative revêtent une importance considérable. La délégation du Pakistan est très

438

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

favorable à l'établissement de laboratoires de contrôle de la qualité des médicaments et à la promotion par l'Organisation de normes internationales applicables aux produits pharmaceutiques. Voici trois ans, le Gouvernement du Pakistan a rendu obligatoire l'emploi des dénominations communes et a ainsi ramené de plus de 10 000 à environ 1400 le nombre des produits figurant sur le marché. Une telle politique rend toutefois indispensable l'établissement de règles de bonne pratique se rapportant à la fabrication et au contrôle de la qualité des médicaments. Le Dr Aziz insiste sur la nécessité de fournir au corps médical des informations objectives au sujet des médicaments. Au Pakistan, le soin de fournir des informations est entièrement laissé, actuellement, à l'industrie pharmaceutique, parce que le Gouvernement ne dispose pas pour cela de moyens adéquats. Cette tache pourrait toutefois être assumée par les associations médicales nationales travaillant en étroite collaboration avec les autorités sanitaires. Une aide supplémentaire de l'OMS aux pays en voie de développement serait utile à cet égard. Le Dr CLAVERO GONZÁLEZ (Espagne) félicite l'Organisation du travail qu'elle effectue en ce qui concerne les dénominations communes internationales. Le Dr FLEURY (Suisse) dit que la Suisse dispose d'une industrie pharmaceutique considérable. La législation suisse impose déjà l'observation de dispositions qui correspondent à la plupart des "Règles de bonne pratique applicables à la fabrication des médicaments et au contrôle de leur qualité ". De même, la convention pour la reconnaissance mutuelle des inspections concernant la fabrication des produits pharmaceutiques, à laquelle la Suisse est partie, répond aux directives de l'Organisation. Le Dr SADELER (Dahomey) estime que l'action entreprise par l'Organisation dans le domaine du contrôle de la qualité des préparations pharmaceutiques est extrêmement opportune et il espère qu'une aide substantielle sera fournie pour créer et développer des laboratoires nationaux de contrôle de la qualité. Les pays en voie de développement dépendent entièrement des laboratoires d'Europe et des Etats -Unis pour toute information sur l'efficacité des produits qui leur sont offerts. Le Dr VELIMIROVIC (Autriche) demande quel rapport il y a entre la Pharmacopée internationale et la Pharmacopée européenne, laquelle a maintenant été approuvée par les organes législatifs des pays européens qui l'ont adoptée. Il demande aussi quelle coopération existe à ce sujet entre le Conseil de l'Europe et l'OMS. Etalons internationaux de produits biologiques (programme 5.3.3) Le Dr SENCER (Etats -Unis d'Amérique) signale que la poursuite de nombreux programmes approuvés par les Etats Membres dépend d'un approvisionnement continu en primates pour les essais. Jusqu'à une date récente, des primates pouvaient être obtenus dans le commerce mais actuellement, en raison surtout d'une utilisation abusive, on n'en trouve plus en nombre suffisant pour répondre aux besoins légitimes de la communauté scientifique. Par exemple, on ne peut plus obtenir de singes rhésus pour éprouver les vaccins contre la poliomyélite, ni de ouistitis pour des expériences destinées à faciliter la recherche sur le vaccin contre l'hépatite. La délégation des Etats -Unis d'Amérique pense qu'il est possible de concilier la protection de toutes les espèces animales et les besoins du corps médical. Les Etats -Unis d'Amérique ont interdit l'importation de primates sauf à des fins scientifiques ou zoologiques légitimes. La solution à long terme serait de créer des colonies de reproducteurs en diverses régions du monde mais, pour le moment, il est nécessaire de se procurerldes primates dans la nature. La délégation des Etats -Unis d'Amérique et d'autres délégations presentent donc un projet de résolution demandant aux Etats Membres qui fournissent des primates à des fins scientifiques de collaborer avec les Etats Membres qui ne trouvent pas cette ressource dans la nature. Le Dr Sencer demande aussi si l'Organisation pourrait fournir quelque assistance en la matière. Le projet de résolution est le suivant :

La Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé, Tenant compte de l'utilisation croissante d'animaux de laboratoire, en particulier de primates (simiens), pour la recherche biomédicale, pour la production de vaccins et pour le contrôle de la sécurité de substances thérapeutiques d'usage courant, en attendant la mise au point d'autres méthodes qui soient meilleures; Constatant qu'il y a eu des cas où l'utilisation non appropriée de simiens a entraîné une sérieuse limitation du nombre de ces animaux disponibles à des fins scientifiques légitimes, INVITE instamment les Etats Membres 1. à réexaminer les pratiques des instituts de recherche et des firmes pharmaceu1) tiques en matière d'utilisation des simiens; à établir des directives concernant l'utilisation des simiens en vue de faire en 2) sorte que ces animaux soient utilisés de façon économique; :

1 Il s'agit des délégations suivantes République fédérale d'Allemagne, Belgique, Brésil, Ethiopie, Inde, Philippines, Royaume -Uni de Grande -Bretagne et d'Irlande du Nord, Suisse et Union des Républiques socialistes soviétiques. :

COMMISSION A

:

DOUZIEME SEANCE

439

2.

3) à prier leurs administrations sanitaires d'expliquer aux autres services gouvernementaux l'importance que présente pour la santé humaine l'utilisation de simiens; 4) à coopérer avec les autres Etats pour que des simiens soient disponibles immédiatement et à long terme pour couvrir les besoins légitimes en matière de santé; 5) le cas échéant, à offrir les simiens nécessaires pour l'établissement de colonies de reproducteurs; PRIE le Directeur général 1) d'aider à élaborer des directives internationales concernant l'utilisation des simiens dans des programmes de santé humaine; 2) de donner des avis sur des méthodes permettant de limiter le commerce international inutile de simiens qui fréquemment, sans qu'on le sache, sont porteurs de maladies dangereuses pour l'homme; et 3) d'étudier la situation et de faire rapport à la Vingt- Neuvième Assemblée mondiale de la Santé. :

Le Dr CLAVERO GONZALEZ (Espagne) demande pourquoi l'allocation budgétaire en faveur du centre international d'information sur les antibiotiques disparaît à partir de 1975. Il note, toutefois, que des montants ont été affectés à des travaux sur les antibiotiques qu'on peut considérer comme relevant aussi bien du programme 5.3.3 que du programme 5.3.4. Il prie le Secrétariat de fournir à ce sujet de plus amples informations, étant donné que beaucoup d'antibiotiques nouveaux ne résultent que de simples modifications de la molécule, sans amélioration de leurs propriétés. Il importe de procéder à une analyse coat /avantages des antibiotiques. (Voir la suite du début sur le programme 5.3.3 dans le procès -verbal de la dix -septième séance, section 2.)

Evaluation des médicaments et pharmacovigilance (programme 5.3.4) Le Dr KUPFERSCHMIDT (République Démocratique Allemande) signale que la résistance aux antibiotiques pose un problème de plus en plus complexe dans le monde entier. Sa délégation serait heureuse de voir l'OMS formuler, en coopération avec la FAO, des recommandations spécifiant quels sont les antibiotiques qui doivent être utilisés exclusivement en médecine humaine et ceux qui peuvent être employés comme éléments nutritifs pour des animaux servant à l'alimentation de l'homme.

1l demande si le programme pourrait comprendre l'étude du problème de la protection contre les effets secondaires des préparations dites favorables à la santé et des cosmétiques, lesquels sont soumis à un contrôle strict dans son pays. Le Dr AZIZ (Pakistan) dit que des effets secondaires toxiques de médicaments par ailleurs efficaces ont souvent été observés dans son pays. Sa délégation a noté avec satisfaction l'existence au Siège de l'OMS d'un excellent service pour la surveillance des médicaments, qui a fourni au Pakistan des données d'un grand intérêt pour L'amélioration des méthodes de traitement médicamenteux. Il espère que l'Organisation fera davantage pour aider les pays en voie de développement à améliorer leur surveillance des médicaments. Le Dr ALFA CISSE (Niger) remarque que certains produits manufacturés ne conservent leurs propriétés

physiques et chimiques que sous certaines conditions. Par exemple il a fallu qu'un laboratoire africain appelle l'attention d'un fabricant sur le fait que l'un de ses produits, bien qu'efficace dans des pays tempérés, devenait complètement inopérant en milieu tropical s'il n'était pas conservé au réfrigérateur. Il est évident que ce produit n'avait pas fait l'objet de recherches suffisantes avant son introduction sur le marché. En outre, certains produits qui sont efficaces pris isolément ont des effets fâcheux si on les utilise dans certaines conditions il en est un, par exemple, qui voile le bacille de Koch et rend très difficile Le diagnostic de la tuberculose. :

Le Dr VELIMIROVIC (Autriche) signale qu'un accord conclu au Conseil de l'Europe encourage la réunion de données sur la toxicité des cosmétiques. Il demande comment le Conseil et l'OMS coopèrent pour l'échange d'informations sur les médicaments. Le Dr SHRIVASTAV (Inde) déplore que les grandes firmes pharmaceutiques produisent des pilules vitaminées qui présentent toutes sortes d'associations et de doses et qui sont complètement inutiles du point de vue médical et qui occasionnent pour les pays en voie de développement un gaspillage de devises étrangères. Il serait utile que l'OMS formule quelques recommandations à ce sujet. Le Professeur HARELL(Israel) estime que la priorité doit être donnée à l'étude proposée sur le système international d'information et sur les directives pour l'homologation des médicaments. Le Dr SADELER (Dahomey) s'associe aux remarques du délégué de l'Inde concernant l'abus des produits vitaminés. L'Afrique est inondée de comprimés de vitamine C alors que chacun sait que la vitamine C synthétique s'oppose à la synthèse de la vitamine B12 dans l'organisme. Les personnes sous -alimentées et anémiques qui prennent des vitamines C synthétiques aggravent encore leur état.

440

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

Le Dr GOMAA (Egypte) demande à l'Organisation de faire une étude sur les méthodes de surveillance des médicaments utilisées dans les différents pays. Le contrôle de la qualité au cours de la fabrication est quelquefois effectué par un seul institut, comme c'est le cas en Egypte, et quelquefois par les autorités nationales un échange d'informations est nécessaire pour qu'une coopération effective soit possible en matière de surveillance des médicaments. :

Technologie de laboratoire de santé (programme 5.3.5) Le Dr GERRITSEN (Pays -Bas) déclare que les laboratoires de santé font partie intégrante des services sanitaires nationaux pour le diagnostic des maladies. Si l'on veut que des services de santé soient établis dans des zones reculées, il faut que l'on dispose de méthodes diagnostiques simples, rapides et fiables qui puissent être employées dans des conditions climatiques difficiles et sans qu'il soit nécessaire d'utiliser un équipement moderne. Il faudra recourir à un personnel de laboratoire ou à d'autres agents sanitaires locaux auxquels on aura appris à pratiquer les épreuves requises. La délégation des Pays -Bas recommande que l'on organise à l'échelon national ou régional des cours de formation qui permettront aux participants de retourner dans leurs collectivités respectives nantis non seulement des connaissances théoriques nécessaires mais aussi d'un équipement simple et de réactifs qu'ils puissent utiliser dans l'exercice de leurs fonctions d'agents sanitaires, par exemple pour faire avec des moyens simples le diagnostic hématologique des anémies qui constituent un problème sérieux dans de nombreuses régions du monde. Le programme relatif aux laboratoires de santé pourrait comprendre une étude de faisabilité sur cette question.

Le Dr GAYE (Sénégal) s'intéresse à l'établissement en Afrique de laboratoires dont on a un urgent besoin pour pouvoir assurer le diagnostic correct et le traitement des maladies. Il est nécessaire de mettre sur pied un important programme pour fournir l'équipement et former le personnel local. La délégation du Sénégal désire figurer parmi les coauteurs du projet de résolution qui a été présenté sur la question à La onzième séance de la Commission.1 Le Dr ADAMAFIO (Ghana) partage les vues du délégué du Sénégal. Au Ghana, les soins sont assurés par des centres de santé ruraux dotés d'assistants sanitaires n'ayant pas l'expérience clinique des médecins. Les conséquences de cette situation sont que l'on ne peut se fier aux statistiques et que par conséquent la planification de la distribution des soins de santé est inefficace. Pour que des diagnostics dignes de foi puissent être posés, il faut développer les services de laboratoire en formant du personnel et en lui fournissant le matériel requis. Le Professeur SENAULT (France) considère que, dans le cadre du programme concernant les laboratoires de santé, la proposition de soumettre à une analyse critique les progrès réalisés dans le domaine de la technologie des laboratoires de santé est particulièrement utile; on fabrique trop de matériels différents et, dans toutes les parties du monde, les laboratoires de santé sont conduits à effectuer des essais pour leur propre compte afin de déterminer leur fiabilité. Pour le Dr ASVALL (Norvège), les informations communiquées parle Directeur général 2

sur l'utili-

sation et l'obtention du sang humain et de ses dérivés méritent un examen attentif. Beaucoup de pays se préoccupent de s'assurer un approvisionnement suffisant en sang et en dérivés sanguins de haute qualité, en raison du fait que les progrès de la médecine impliquent une utilisation accrue de sang complet. Traditionnellement, les autorités responsables de la santé publique et les organisations sanitaires bénévoles, notamment la Ligue des Sociétés de la Croix -Rouge, ont pris une part active à la promotion des services qui organisent des collectes de sang en faisant appel à des donneurs volontaires non rémunérés. Il est évident, toutefois, que l'accroissement de la demande de sang exige une intensification des efforts nationaux et internationaux. Ainsi qu'il est dit dans le document, des entreprises commerciales s'intéressent depuis peu à la production et à la vente en grand de dérivés sanguins et divers problèmes se sont posés à ce propos, certaines entreprises de pays développés cherchant apparemment à assurer leur approvisionnement en matière première en recueillant du plasma prélevé par plasmaphérèse, moyennant rémunération, sur des donneurs de pays en voie de développement. C'est certainement là une bonne affaire car dans ces pays les entreprises paient leur matière première beaucoup moins cher qu'ailleurs. Mais le prélèvement et la transfusion du sang sont des actes médicaux importants qui ne peuvent être considérés uniquement du point de vue technique et commercial. L'utilisation de donneurs rémunérés de pays en voie de développement pour la production de dérivés sanguins présente des aspects médicaux et éthiques discutables. La plasmaphérèse convenablement pratiquée sur des individus en bonne santé est probablement sans danger, mais les donneurs de pays en voie de développement souffrent souvent de malnutrition, de maladies tropicales ou d'autres troubles qui affectent sérieusement leur santé. Opérer une nouvelle ponction sur leurs ressources biologiques et affaiblir leurs mécanismes de défense

1

Voir p. 426.

2 Actes officiels OMS, N° 226, 1975, annexe 14.

COMMISSION A

:

DOUZIEME SEANCE

441

contre la maladie en prélevant sur eux du sang complet ou des éléments importants du sang semble être une pratique médicale très douteuse et moralement condamnable. La plupart des produits ainsi obtenus sont utilisés par les pays développés dont la population jouit d'une santé bien meilleure. La logique aussi bien que la morale exigent que le transfert de dérivés du sang ce sont les donneurs des pays développés qui devraient fournir s'effectue dans l'autre sens la matière première nécessaire aux receveurs des pays en voie de développement, et non l'inverse. Un autre problème médical important provoqué par cette pratique est celui de la santé des receveurs. Comme la population donatrice des pays en voie de développement est très sujette à des maladies qui peuvent être transmises par transfusion de sang ou de dérivés sanguins, et notamment à l'hépatite, le risque de contamination est plus élevé pour les personnes qui reçoivent du sang de cette provenance. Finalement, les sollicitations appuyées par une offre de rémunération dont les donneurs sont l'objet de la part d'entreprises commerciales ou de programmes de collecte de sang à grande échelle peuvent avoir de sérieuses répercussions sur les efforts faits par les autorités responsables de la santé publique et par les organisations bénévoles pour assurer un service satisfaisant de transfusion sanguine. Il est évident que la concurrence de ceux qui paient pour obtenir du sang rend difficile le recrutement de donneurs volontaires non rémunérés pour les programmes de base de transfusion sanguine. Le problème revêt une gravité particulière dans les pays pauvres. La bonne volonté et le respect que le public manifeste actuellement dans beaucoup de pays à l'égard des collectes de sang - cette bonne volonté étant indispensable au bon fonctionnement des services de transfusion sanguine - sont largement dus au fait que le don du sang n'est pas rémunéré et qu'il s'agit d'un cadeau d'un individu en bonne santé à un être humain moins favorisé. Cette image pourrait être détruite si la pratique de la rémunération se répandait. C'est là un danger que l'Organisation ne peut se permettre de prendre à la légère. La délégation norvégienne se préoccupe de cette situation et estime que l'OMS devrait prendre fermement position contre le développement d'une pratique discutable, en vue de mettre fin à celle -ci. Elle reconnaît naturellement que la production industrielle de dérivés sanguins correspond à un besoin et elle n'y est nullement opposée, pour autant que les entreprises se conforment à de bonnes pratiques médicales, techniques et éthiques. Toutefois, ces entreprises devraient s'adresser pour obtenir leur matière première aux services de base de transfusion sanguine du pays, que ceux -ci soient assurés par les autorités responsables de la santé publique ou par les organisations relevant de la Ligue des Sociétés de la Croix -Rouge, et le système devrait être basé sur le don bénévole du sang. M. Asvall note avec plaisir qu'une attention particulière sera accordée à cette question par l'OMS dans les deux années à venir. Sa délégation, conjointement avec celles du Danemark, de la Finlande, du Ghana, de l'Inde, du Nigéria, des Pays -Bas, des Philippines, du Souaziland, de la Suède, de la Suisse et de l'Uruguay, a présenté un projet de résolution à ce sujet à la onzième séance.1 :

Le Dr EL -GERBI (République Arabe Libyenne) appuie le projet de résolution et demande si les mots "et les sociétés du Croissant Rouge" pourraient être insérés à la fin de la troisième ligne du paragraphe 3, 1) du dispositif.

Le Dr FUNKE (République fédérale d'Allemagne) remarque que deux problèmes se posent premièrement, les pratiques d'entreprises commerciales dans les pays en voie de développement où le plasma est obtenu sans considération pour les risques que court la santé des donneurs; deuxièmement, l'insuffisance des garanties contre l'importation dans les pays développés de plasma obtenu dans des pays en voie de développement sans que les précautions requises soient observées. La législation nationale doit être revue et amendée le cas échéant pour faire face à ces deux problèmes; il est clair que ceux -ci ne seront pas résolus par une approche unilatérale. La délégation de la République fédérale d'Allemagne croit donc que l'OMS doit fournir des informations sur ces pratiques et recommander une action concertée de tous les Etats Membres intéressés. En conséquence, elle appuie le projet de résolution. :

Le Dr FLEURY (Suisse) fait observer que le projet de résolution, dont sa délégation est coauteur, est présenté par des pays susceptibles d'être aussi bien donneurs que receveurs et facilitera tout particulièrement l'intensification des efforts faits par la Ligue des Sociétés de la Croix -Rouge ou du Croissant Rouge pour maintenir le sang et les dérivés du sang en dehors des circuits commerciaux et en assurer le bon approvisionnement. Etant donné les dangers que présentent les plasmaphérèses répétées dans les pays où sévit déjà la malnutrition, ainsi que les risques de transmission de maladies, il est particulièrement urgent de renforcer les législations nationales concernant le sang et ses dérivés. Le Dr SUMPAICO (Philippines) partage le point de vue des deux derniers orateurs. Dans certains pays en voie de développement, il se révèle difficile d'obtenir des dons de sang par suite de l'apathie ou de la crainte de la population. Le Gouvernement des Philippines a donc adopté des dispositions législatives régissant spécialement le contrôle et l'homologation des banques de sang et a totalement interdit l'exportation du sang humain et de ses dérivés.

1 Voir p. 426.

442

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

Le Dr SEBINA (Botswana) attache beaucoup d'importance à la question et souhaite figurer parmi les coauteurs du projet de résolution. Grâce à l'assistance bénévole de la Société de la Croix -Rouge, le Botswana a jeté les bases d'un service national de transfusion sanguine. Ces derniers temps, les autorités ont été harcelées par des sociétés internationales qui désiraient créer des centres de plasmaphérèse et acheter du sang mais, avant même d'avoir reçu les précisions fournies par l'Organisation, ces autorités s'y sont toujours refusées car elles sont violemment opposées à la spéculation sur le sang. Le Dr ALFA CISSE (Niger), se référant à l'idée exposée dans le projet de résolution, selon laquelle

le risque de transmission de certaines maladies est plus grand lorsque les dérivés proviennent de donneurs rémunérés, estime que le risque ne tient pas à la rémunération mais au mélange des sangs de différents donneurs. Le délégué de la Norvège a dit que le sang provenant des pays en voie de développement pouvait présenter des risques pour les receveurs des pays développés, mais ce risque est le même quelle que soit l'origine du sang. En revanche, il y a un risque qui, celui -là, ne concerne que le donneur d'un pays en voie de développement; il se peut en effet fort bien que le donneur ne puisse profiter de l'argent qui lui est payé en échange de son sang étant donné qu'il est déjà grandement affaibli par la malnutrition. Le Dr KONE (Côte d'Ivoire) et le Dr MOULAYE (Mauritanie) appuient le projet de résolution et demandent que leurs délégations soient ajoutées à la liste des coauteurs. Répondant au délégué du Niger, le Dr SHRIVASTAV (Inde) fait observer que, dans les pays en voie de développement, le donneur rémunéré n'est pas un donneur occasionnel mais professionnel et qu'il peut souffrir de malnutrition et de différentes maladies, ce qui n'est pas le cas pour les donneurs bénévoles appartenant aux couches sociales plus élevées. L'Inde a adopté une législation interdisant l'exportation de sang humain, à l'exception du sang produit à partir du placenta humain. D'autres pays auraient intérêt à adopter une législation de ce genre. Le Dr VIOLAKIS -PARASKEVAS (Grèce) demande si les coauteurs peuvent expliquer comment fonctionnera la coopération dont il est question au paragraphe3, 2) du dispositif. Si cela aboutissait à des échanges de sang, il faudrait prévoir un service d'expédition approprié. Le Dr ASVALL (Norvège) considère que la coopération dépendra de l'importance des pays et des moyens dont ils disposent. Les grands pays ont sans doute tous les moyens nécessaires et n'ont guère besoin de coopération; les plus petits jugeront utile d'obtenir des dérivés du sang provenant d'autres pays techniquement mieux outillés pour les produire. L'échange de sang entier peut dans certains cas être souhaitable, surtout lorsqu'il s'agit de groupes sanguins rares. Il existe déjà des programmes européens et scandinaves de coopération en matière de transplantation rénale. Les formules proposées au paragraphe 3, 2) du dispositif devraient être souples et adaptées au type de coopération que chaque pays jugera nécessaire.

Le Dr FLEURY (Suisse) ajoute que certains pays ont des excédents de sang et de dérivés sanguins appartenant à des types dont d'autres pays ont besoin. C'est à une utilisation rationnelle de ce genre que l'on pense au paragraphe 3, 2). Le Dr KUPFERSCHMIDT (République Démocratique Allemande) indique que son pays encourage les dons bénévoles de sang et que sa législation sanitaire est très stricte en ce qui concerne les donneurs et les receveurs. Sa délégation appuie le projet de résolution et son pays est prêt à mettre à la disposition de l'Organisation l'expérience qu'il a acquise dans ce domaine. Le Professeur CANAPERIA (Italie) appuie le projet de résolution et s'associe aux observations formulées par le délégué de la République fédérale d'Allemagne. Le Dr MAFIAMBA (République -Unie du Cameroun) appuie le projet de résolution et précise que sa délégation figurerait parmi ses coauteurs si elle avait été informée de sa préparation. La Croix -Rouge camerounaise a attiré l'attention du Ministère de la Santé publique et de l'Action sociale sur les dangers que présentent les activités des sociétés commerciales étrangères dans le domaine de la transfusion sanguine, des dérivés sanguins et de la plasmaphérèse. Grâce aux documents de l'OMS, les pays sont désormais mieux informés des graves conséquences de ces activités. Il faut se montrer vigilant et la délégation du Cameroun souhaite obtenir une aide de l'OMS dans un domaine où il faudra procéder constamment à un réexamen de la situation. Il serait également utile que l'OMS aide les pays à se doter de moyens de recherche sur ces questions.

Le Dr NOORDIN (Malaisie) appuie énergiquement le projet de résolution et souhaite que le nom de sa délégation soit ajouté à la liste des coauteurs. Tout récemment, le Ministère de la Santé de la Malaisie a appris qu'une société étrangère avait essayé de se livrer à la collecte commerciale du sang par l'intermédiaire d'une organisation locale. Il ne faut pas autoriser de tels agissements; la vie humaine ne doit pas faire l'objet de marchandages. Le Dr RODRIGUES (Brésil) appuie le projet de résolution. Le Brésil a pris des dispositions législatives particulières pour lutter contre le commerce illicite du sang mais, en raison même des dimensions du pays, les autorités sanitaires accueilleront avec plaisir tous les renseignements qui les aideront à faire cesser ce commerce.

COMMISSION A

:

DOUZIEME SEANCE

443

Le Dr DAS (Népal) déclare que sa délégation appuie le projet de résolution et souhaite figurer sur la liste des coauteurs. Le Dr JENNINGS (Etats -Unis d'Amérique) approuve l'intention qui préside au projet de résolution. Toutefois, il serait maladroit de prendre des mesures qui pourraient être de nature à faire cesser tout échange international de sang et de dérivés sanguins. En cas de catastrophe, par exemple, il peut toujours être nécessaire d'envoyer d'urgence du sang d'un pays dans un autre. D'ailleurs, il serait préférable d'envisager séparément le cas du sang et celui des dérivés sanguins, étant donné que la collecte de sang destiné à servir immédiatement au traitement d'une hémorragie ou d'un choc se distingue de la collecte de plasma servant à produire des dérivés. Sur ce dernier point, les pays en voie de développement continueront pendant un certain temps encore à importer des dérivés sanguins provenant des pays développés, quelle que soit l'origine du plasma ayant servi à les fabriquer. La production de ces dérivés sanguins est un processus de haute technicité et, aux Etats -Unis, non seulement elle est soumise à la réglementation ordinaire concernant les médicaments, mais fait aussi l'objet de dispositions supplémentaires. Pour donner plus de poids à la résolution, on pourrait donc insérer un alinéa supplémentaire "de prendre des mesures pour l'élaboration de au paragraphe 3, après l'alinéa 3), ainsi conçu règles de bonne pratique spécifiquement applicables au sang et aux composants sanguins afin de protéger la santé aussi bien des donneurs que des receveurs ", l'alinéa 3, 4) devenant alors l'alinéa 3, 5), Cela laisserait chaque pays libre de fixer les modalités selon lesquelles ses ressortissants devraient participer à la production de plasma destiné à la fabrication de dérivés et conférerait une certaine souplesse jusqu'à ce que chaque pays puisse satisfaire complètement ses propres besoins. Les autorités sanitaires des Etats -Unis sont prêtes à collaborer étroitement avec l'Organisation à l'élaboration de règles de bonne pratique et se feront un plaisir de mettre à sa disposition des exemplaires de leur réglementation. :

Le Dr ASVALL (Norvège) indique que les coauteurs du projet de résolution n'ont aucune objection à formuler au sujet des amendements proposés par les délégués des Etats -Unis et de la Libye. Toutefois, le Croissant Rouge n'est -il pas affilié à la Croix -Rouge ? Le Dr SHRIVASTAV (Inde) demande s'il est possible d'insérer une disposition tendant à ce que les recommandations ne s'appliquent pas au sang provenant de placenta humain qui peut servir à fabriquer du plasma. Le Dr ASVALL (Norvège) estime qu'une telle disposition serait la négation des dispositions précédentes. D'ailleurs, il se demande si elle est nécessaire étant donné que l'utilisation de sang placentaire n'est pas contraire à l'esprit du texte. Le Dr SHRIVASTAV (Inde) retire sa proposition. Invité à prendre la parole par le Président, le Dr HANTCHEF (Ligue des Sociétés de la Croix -Rouge et Société internationale de Transfusion sanguine) estime que des programmes de sang solidement établis sont nécessaires dans tous les pays, et les organisations qu'il représente oeuvrent dans ce sens, en étroite collaboration avec l'OMS. Cette collaboration a encore été illustrée il y a peu de temps par la publication conjointe d'un manuel intitulé "Guide pour la création et la gestion d'un service de transfusion ".1 Pour le Dr Hantchef, des programmes de sang solidement établis sont nécessaires dans tous les pays et les organisations qu'il représente oeuvrent dans ce sens, en étroite collaboration avec l'OMS. Cette collaboration a encore été illustrée il y a peu de temps par la publication d'un manuel intitulé "Guide pour la création et la gestion d'un service de transfusion ". La discussion a montré toute l'importance que l'on attache maintenant à la transfusion sanguine. Toutefois, elle a également révélé que ni le donneur ni le receveur ne sont suffisamment protégés par la loi et que certaines sociétés commerciales ont profité de cette situation pour réaliser des bénéfices. Les renseignements fournis par le Directeur général dans le document soumis à la Commission, et pour lequel la Ligue des Sociétés de la Croix -Rouge et la Société internationale de Transfusion sanguine ont fourni des données, brossent un tableau réaliste de la situation. Il faut espérer que l'Assemblée de la Santé adoptera des recommandations qui permettront d'atteindre le but visé, à savoir la création de services de transfusion reposant entièrement sur le don volontaire et gratuit du sang. Ce principe figure d'ailleurs dans une résolution adoptée par la vingt -deuxième Conférence internationale de la Croix -Rouge en 1973.2

Guide pour la création et la gestion d'un service de transfusion, 1 Transfusion sanguine établi par C. C. Bowley, K. L. G. Goldsmith& W. d'A. Maycock pour le compte de l'Organisation mondiale de la Santé, de la Société internationale de Transfusion sanguine et de la Ligue des Sociétés de la Croix -Rouge, Genève, Organisation mondiale de la Santé, 1971. :

2

Résolution XVIII dans Revue internationale de la Croix -Rouge, 56ème année, N° 661, 1974,

up. 40 -41.

444

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

En ce qui concerne la coopération qui s'établira à l'avenir, l'OMS, la Ligue des Sociétés de la Croix -Rouge et la Société internationale de Transfusion sanguine organiseront, à l'occasion du quatorzième Congrès de la Société internationale de Transfusion sanguine qui se tiendra à Helsinki en juillet prochain, un symposium consacré à la plasmaphérèse, au sujet de laquelle il est nécessaire de poursuivre les efforts de recherche et d'information. L'Organisation que représente le Dr Hantchef est officiellement connue sous le nom de Ligue Fédération mondiale des des Sociétés de la Croix -Rouge mais son titre complet est le suivant Sociétés de la Croix et du Croissant Rouges et du Lion et Soleil Rouges. :

Compte tenu de ces précisions, le Dr EL -GERBI (République Arabe Libyenne) retire son amendement. Le projet de résolution sur l'utilisation et l'obtention du sang humain et de Décision ses dérivés, tel qu'il a été amendé par la délégation des Etats -Unis d'Amérique, est approuvé.I :

Le Dr FATTORUSSO (Directeur de la Division des Substances prophylactiques, diagnostiques et thérapeutiques) dit que le Secrétariat a pris bonne note des différentes observations et suggestions formulées au cours de la discussion. En ce qui concerne les liens entre la Pharmacopée européenne et la Pharmacopée internationale, il n'y a en fait pas de liens officiels mais des contacts et des échanges d'informations ont lieu au niveau des secrétariats au sujet des spécifications pour les produits pharmaceutiques et les produits biologiques. Répondant à une question posée par le délégué de l'Espagne concernant une apparente absence d'activités en matière d'antibiotiques, le Dr PERKINS (Standardisation biologique) explique que cela tient dans une large mesure à la présentation du budget qui ne rend pas nettement compte du travail très actif que l'Organisation accomplit en réalité dans ce domaine. Le Comité OMS d'experts de la Standardisation biologique actualisera les connaissances qu'on possède sur les antibiotiques. Le Dr Perkins se félicite de la position adoptée par la délégation des Etats -Unis à propos de l'approvisionnement en singes. Le Directeur général, qui a des responsabilités particulières en matière de vaccins antipoliomyélitiques, est tout spécialement préoccupé par la pénurie de singes, notamment de singes rhésus, et il va lancer un appel aux gouvernements afin de leur demander de fournir des singes pour les expériences scientifiques et la constitution d'élevages.

Le Dr ACUNA (Directeur régional pour les Amériques), complétant les observations formulées par le délégué des Etats -Unis à propos des activités entreprises pour se procurer des singes servant à la recherche et à la production de vaccins, indique que le département de la santé animale de l'OPS procède depuis 1973 à des recensements, grâce à une subvention accordée par l'Académie nationale des Sciences des Etats -Unis. Ces études, axées notamment sur la Colombie et le Pérou, ont fait l'objet d'une mission d'évaluation effectuée dans ces deux pays en février 1975 et dont le rapport, préparé avec l'aide d'un consultant de l'OPS, a été présenté à l'Académie nationale en avril. Ce travail se poursuivra et un centre d'élevage a été créé au Pérou. Une conférence interaméricaine sur les primates sera organisée du 2 au 4 juin prochain sous les auspices de l'OMS et de l'OPS. Le Dr ABDUSSALAM (Santé publique vétérinaire) estime que les observations qui viennent d'être faites seront utiles au Directeur général, qui demandera conseil au Comité consultatif de la Recherche médicale en juin 1975. Le programme de l'OMS a tenu compte des aspects du problème liés à la planification et à la formation dans ce domaine, ainsi qu'à la santé et au commerce des animaux. Les résultats de cinq symposiums, portant principalement sur la manipulation et le soin des primates, ont été publiés; des recommandations concernant leur transport, leur manipulation et leur utilisation ont été formulées dans le rapport sur les aspects sanitaires du commerce et de l'emploi des primates à des fins biomédicales.2 Les infections virales dont sont parfois atteints ces primates constituent un sujet de préoccupation, non seulement parce qu'elles sont dangereuses en elles -mêmes mais aussi parce qu'elles entraînent des rejets d'organes et de cultures tissulaires. Des travaux sont en cours au centre de primatologie établi par l'OMS à San Antonio (Texas). La question des singes capturés à l'état sauvage pose également un problème urgent en raison des maladies dont ils peuvent être porteurs. Les études qui sont faites au Siège à propos de l'emploi des primates et de l'approvisionnement en animaux montrent clairement que la seule difficulté technique réelle que soulève leur élevage dans les pays tempérés est l'importance de l'investissement en capital nécessaire pour élever 600 singes par an, il faudrait quelque US $2 millions. L'Association internationale de Standardisation biologique s'efforce de trouver des fonds. :

1 Ce projet de résolution a été transmis à l'Assemblée de la Santé dans le quatrième rapport de la Commission et adopté sous le numéro d'ordre WHA28.72.

2 Série de Rapports techniques, N° 470, 1971

(Rapport d'un groupe scientifique).

COMMISSION A

:

DOUZIEME SEANCE

445

Promotion de la salubrité de l'environnement (secteur de programme 6.1)

Le Dr DIETERICH (Directeur de la Division de l'Hygiène du Milieu) rappelle en présentant le programme qu'à la suite des réexamens par l'Assemblée de la Santé, en 1971 et 1973, du programme mené par l'Organisation en matière d'hygiène du milieu, non seulement certaines priorités ont été réaffirmées mais un certain nombre de priorités nouvelles ont été mises en relief concernant, par exemple, l'identification et l'évaluation des risques que comporte pour l'homme la présence de substances chimiques dans l'air, dans l'eau et dans les aliments, la protection des travailleurs contre les risques au lieu de travail, et le renforcement du contrôle des denrées alimentaires dans les Etats Membres. C'est pourquoi le programme présenté dans les Actes officiels N" 220, page 274, insiste sur l'évaluation et l'application de techniques appropriées en vue de prévenir et de réduire les maladies liées à l'environnement, sur l'évaluation des effets sur la santé et l'identification des risques nouveaux pour la santé publique, sur l'évaluation de l'exposition à des éléments nocifs, ainsi que sur la planification et l'appui institutionnel concernant ces activités. Une certaine proportion - entre 72 % et 80 % - des ressources consacrées au programme est affectée à des activités régionales, notamment à l'assainissement de base et à l'approvisionnement public en eau. Une attention spéciale est accordée à la planification de ces activités dans le cadre de la planification nationale, par exemple au moyen des études sectorielles faites par l'OMS en collaboration avec la BIRD. L'OMS entreprend également une action conjointe avec la Banque africaine de Développement. L'harmonisation de ces activités avec la programmation sanitaire par pays pose un problème tant aux Etats Membres qu'à l'OMS, et elle se fera très certainement de façon de plus en plus efficace à l'avenir. Un nouveau programme d'approvisionnement en eau et d'assainissement dans les zones rurales a été entrepris en collaboration avec un certain nombre d'organismes internationaux; il vise à créer un réseau d'établissements qui aideront à adapter les techniques aux situations particulières des pays en voie de développement et à les diffuser par la formation de personnel et par d'autres moyens. Une autre entreprise nouvelle - qui a trait aux aspects sanitaires des établissements humains - sera examinée lors des discussions techniques de la Vingt- Neuvième Assemblée mondiale de la Santé. Un nombre croissant de projets sont menés dans des Etats Membres en matière de lutte contre la pollution de l'environnement, dont beaucoup comportent des études complexes sur la pollution de l'air, des eaux et du sol, sur le bruit et sur les tensions en milieu urbain. D'autres études seront entreprises suivant ces grandes lignes, et il est recommandé aux Etats Membres d'utiliser davantage les fonds du PNUD à cette fin. Il convient de noter tout spécialement le programme européen à long terme de lutte la pollution ainsi que la création du Centre panaméricain d'Ecologie et de Santé humaines au Mexique. L'OMS est résolue à donner aux Etats Membres une meilleure information scientifique sur les effets sanitaires de la pollution afin d'aider les gouvernements à fixer des normes nationales ainsi qu'à planifier et évaluer des programmes de lutte contre la pollution qui répondent aux critères de santé publique. Ceci se fait par l'intermédiaire du programme OMS de critères d'hygiène du milieu, auquel un nombre croissant de pays collaborent et qui est complété par une surveillance de la santé et de l'environnement, notamment la surveillance des effets de la pollution sur la santé et la mesure des réponses biologiques. La santé des travailleurs a suscité une plus grande attention dans les programmes et projets régionaux et nationaux, et l'accent a été mis sur le dépistage et la prévention des maladies liées à certaines conditions de travail, en particulier dans les pays en voie de développement. On envisage de renforcer les établissements nationaux de médecine du travail et d'accroître leur rôle, soit dans le cadre des services de santé publique soit auprès du ministère du travail. Les activités menées au Siège concernent l'évaluation des effets d'expositions combinées ainsi que des effets psycho- sociaux du travail, la surveillance sanitaire des travailleurs et le dépistage précoce des atteintes à la santé dues à une exposition professionnelle. Des directives pratiques sont actuellement mises au point pour l'évaluation et le contrôle de l'hygiène professionnelle. Les accidents de la route sont aussi un sujet de préoccupation. En ce qui concerne le programme de l'OMS en matière de normes alimentaires, une enquête a montré que les Bureaux régionaux s'intéressent de plus en plus à la formation de personnel et à la création de services et établissements nationaux de contrôle alimentaire qui pourront ultérieurement appliquer au niveau national les conclusions des Comités d'experts des Additifs alimentaires et des Résidus de Pesticides. Près des deux tiers des fonds prévus par l'OMS pour la sécurité des denrées alimentaires sont consacrés à la collaboration directe avec des Etats Membres, tandis qu'un tiers environ est affecté à l'évaluation et à la standardisation des mesures concernant les substances toxiques dans les aliments. Pour ce qui est de l'avenir, il faut étudier, pour y trouver une réponse, bien des questions critiques liées à l'hygiène du milieu par exemple, comment intégrer de façon optimale les objectifs de salubrité de l'environnement dans tous les grands efforts de développement (développement rural et urbain, développement industriel, utilisation des terres, etc.) ? Dans la résolution WHA27.49, le Directeur général a été prié de soumettre en 1976 un rapport résumant les progrès accomplis dans l'exécution du programme et contenant des propositions pour la suite à donner à ce programme. Dans ce rapport, qui est déjà en préparation, on examinera les questions :

446

VINGT- HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

essentielles et on cherchera à adapter le programme aux problèmes les plus urgents des Etats Membres, tant dans les pays en voie de développement - où la morbidité et la mortalité sont encore étroitement liées à l'insalubrité de l'environnement - que dans les pays industrialisés, où les risques d'ordre chimique et physique constituent une nouvelle menace pour la santé de l'homme.

Pour conclure, le Dr Dieterich signale que la coordination des programmes et activités dans le domaine de l'environnement sera examinée plus particulièrement sous le point 3.16.6 de l'ordre du jour.' Planification du programme et activités générales (programme 6.1.1) Le Dr KLIVAROVA (Tchécoslovaquie) pense que, comme l'OMS s'intéresse aux aspects sanitaires de la protection de l'environnement et à la coordination des activités internationales et nationales dans ce domaine, c'est sous cet angle que son programme doit être évalué. S'agissant d'aspects sanitaires, elle songe notamment à l'évaluation scientifique de l'influence exercée par les modifications de l'environnement sur la santé physique et mentale. On a en effet constaté que des facteurs nocifs de l'environnement pouvaient avoir des effets génétiques délétères jusque sur trois générations. Un bon système de contrôle de l'environnement doit étudier les premiers signes d'effets nocifs pour la santé avant même que les individus affectés en prennent conscience - et les techniques actuelles le permettent. La délégation tchécoslovaque approuve les efforts entrepris par l'OMS pour promouvoir l'établissement de critères d'hygiène du milieu. La Tchécoslovaquie - pays hautement industrialisé - s'intéresse également à la mise en oeuvre du programme OMS de médecine du travail. Depuis la création du PNUE, des questions se sont posées concernant la coordination de l'action en matière de protection de l'environnement et la suppression des doubles emplois entre les diverses organisations. La Tchécoslovaquie fournit des contributions très importantes aux diverses organisations du système des Nations Unies et c'est pourquoi elle souhaite que la coordination et la division du travail soient convenablement assurées. De l'avis de la délégation tchécoslovaque, il faudrait intensifier l'assistance au programme de l'UNESCO sur "L'homme et la biosphère ". Le Dr Klivarová aimerait d'autre part avoir des renseignements sur la collaboration avec les organisations non gouvernementales s'occupant d'hygiène de l'environnement ainsi que sur les suites données aux décisions et aux recommandations des congrès d'organisations non gouvernementales en relations officielles avec l'OMS.

La délégation tchécoslovaque appuie le programme de l'OMS relatif à la salubrité de l'environnement, mais elle souhaiterait que l'on renforce ses aspects biomédicaux. Il apparaît à la page 276 des Actes officiels N° 220 que le montant total affecté au secteur de programme 6.1 (Promotion de la salubrité de l'environnement) en 1976 dépasse US $16 000 000, dont plus de la moitié sont alloués aux programmes 6.1.2 (Mesures d'assainissement de base) et 6.1.3 (Planification préinvestissement pour les services d'assainissement de base). Le Dr Klivarová aimerait savoir si les activités prévues dans le cadre de ces programmes déboucheront sur de nouvelles méthodes en matière de protection de l'environnement ou - dans le cas où les fonds seraient prévus pour une assistance technique aux pays - si les pays concernés en tireront vraiment profit. Le Dr SAADE (Liban) estime que la salubrité de l'environnement mérite une attention particulière car l'assainissement du milieu permet de réduire les taux de morbidité et de mortalité par maladies transmissibles comme par maladies non transmissibles. Presque tous les problèmes qui ont été étudiés par l'Assemblée de la Santé avaient un rapport avec l'environnement. Puisque le rôle du médecin est avant tout préventif, l'OMS devrait, de l'avis du Dr Saade, intensifier son action dans le domaine de l'hygiène du milieu. L'OMS devrait fixer des critères afin de déterminer ce qu'est un milieu salubre, et également formuler des normes pour l'industrie dans les pays tant industrialisés qu'en voie de développement. D'autre part, l'Organisation pourrait donner des avis concernant l'élimination des déchets industriels, notamment ceux de matières plastiques. Le Professeur BOUDENE (France) considère que la recherche sur l'environnement ne doit pas avoir un caractère uniquement technologique ou appliqué, mais qu'elle doit également comprendre des travaux de recherche fondamentale; elle doit s'intéresser non seulement à la toxicité directe pour l'homme à court et à long terme mais aussi à la toxicité indirecte résultant d'une altération de l'environnement. La recherche sur l'environnement a jusqu'ici été surtout axée sur le court terme; il faut s'attacher davantage aux influences à long terme. En outre, il convient d'aborder la salubrité de l'environnement sous un angle pluridisciplinaire, ce qui suppose des contacts plus étroits entre chercheurs de disciplines différentes, notamment la toxicologie. Le Dr FETISOV (Union des Républiques socialistes soviétiques) appuie le programme d'hygiène du milieu proposé pour 1976 et 1977. Il se félicite de constater qu'on a davantage mis l'accent sur l'élément "santé ", ce qui est tout à fait conforme à la fonction de l'OMS. Néanmoins,

1 Voir le procès -verbal de la neuvième séance de la Commission B, section 2.

COMMISSION A

:

DOUZIEME SEANCE

447

certaines des activités proposées ont un caractère nettement technique, ce que sa délégation désapprouve, comme elle l'a toujours fait dans le passé. Si ces activités figurent dans le programme, c'est probablement en raison des insuffisances de la coordination avec d'autres organisations du système des Nations Unies qui possèdent le personnel et les fonds nécessaires pour les entreprendre. L'OMS ne doit mener que des activités ayant directement trait à la santé. Le Dr Fetisov tient à souligner l'importance de la résolution 3264 (XXIX) de l'Assemblée générale des Nations Unies concernant l'interdiction d'agir sur l'environnement et le climat à des fins militaires et autres incompatibles avec le maintien de la sécurité internationale, le bien -être et la santé de l'être humain. Dans les circonstances actuelles, cette résolution intéresse tous les pays et, à n'en pas douter, l'OMS accordera l'attention voulue aux aspects sanitaires de cette résolution dans ses programmes. Peut -être l'Assemblée de la Santé pourrait elle adopter une résolution distincte sur ce sujet. Les problèmes croissants que pose la médecine du travail intéressent à la fois les pays en voie de développement et les pays développés. Le Dr Fetisov souhaiterait que le Directeur général prépare un rapport spécial sur cette question pour la Vingt -Neuvième Assemblée mondiale de la Santé. En ce qui concerne les publications prévues dans l'exposé relatif au programme d'hygiène du milieu, le Dr Fetisov aimerait avoir de plus amples renseignements sur leurs auteurs, le matériel qui y figurera et les pays sur l'expérience desquels elles se fonderont. Le Professeur HARELL ( Israel) fait observer à propos du tableau figurant à la page 278 des Actes officiels N° 220 que les activités concernant l'hygiène du milieu et le programme de développement social et économique (CEA /OMS) ne sont prévues dans le budget que pour l'année 1974. I1 aimerait savoir si le projet a été mené à son terme ou bien s'il a été interrompu. D'autre part, le Secrétariat envisage -t -il d'encourager d'autres activités dans ce domaine et, si oui, dans quels secteurs particuliers ? Mesures d'assainissement de base (programme 6.1.2) Le Dr BOONYOEN (Thaîlande) désire savoir si des experts pourraient évaluer le cont/efficacité de diverses mesures d'hygiène de l'environnement. Ces évaluations, être relativement faciles, aideraient les pays en voie de développement à faire un cette gamme impressionnante de technologies de l'hygiène du milieu devant laquelle trouvent.

rapport qui devraient choix face à ils se

Planification préinvestissement pour les services d'assainissement de base (programme 6.1.3) Il n'y a pas d'observations.

Lutte contre la pollution du milieu et contre les risques liés à l'environnement (programme 6.1.4) Il n'y a pas d'observations.

Santé des travailleurs (programme 6.1.5) Le PRESIDENT invite le délégué du Soudan à présenter le projet de résolution concernant le programme de médecine du travail qui est proposé par les délégations de l'Argentine, de Bahrein, du Brésil, de l'Egypte, des Etats -Unis d'Amérique, du Kenya, du Qatar, de la République Démocratique Allemande, de Sri Lanka, du Soudan, de l'Union des Républiques socialistes soviétiques, du Venezuela et de la Zambie, projet libellé comme suit :

La Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé, Consciente de la nécessité de plus en plus impérieuse pour les pays en voie d'industrialisation d'organiser des programmes adéquats de médecine du travail qui assurent la protection sanitaire des travailleurs; Notant que le programme OMS relatif à la santé des travailleurs a réalisé certains progrès qui méritent d'être développés; Rappelant la résolution WHA25.63 qui prie le Directeur général de faire rapport sur le programme de médecine du travail à une future Assemblée mondiale de la Santé ainsi que d'autres résolutions intéressant ce domaine, PRIE le Directeur général de faire rapport à la Vingt -Neuvième Assemblée mondiale de la Santé sur l'état d'avancement du programme OMS de médecine du travail, en incluant dans son rapport un résumé des conditions de santé des travailleurs dans différentes parties du monde et les plans d'action future envisagés par l'OMS.

Le Dr OMER (Soudan) rappelle à la Commission que le Soudan a été coauteur de la résolution WHA25.63, par laquelle le Directeur général a été prié de faire rapport ultérieurement à l'Assemblée de la Santé sur la médecine du travail. Au Soudan, cette activité bénéficie d'une attention croissante, notamment en ce qui concerne l'agriculture et les industries qui lui sont liées. D'autre part, dans sa résolution EB53.R23 sur la surveillance de l'environnement et de la santé en médecine du travail, le Conseil exécutif a recommandé que l'OMS aide les Etats Membres à préparer des inventaires nationaux aux fins de la planification et de l'exécution de programmes de médecine du travail. Ayant ces résolutions à l'esprit, la délégation soudanaise

448

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

propose avec d'autres le nouveau texte priant le Directeur général de faire rapport sur l'état d'avancement du programme dans le domaine considéré. Le Dr Omer suggère que, pour laisser au Directeur général et au Secrétariat une plus grande souplesse à cet égard, on insère dans le dispositif du projet de résolution les mots "informations disponibles à l'OMS sur les" après les mots "un résumé des ". Le Dr VIOLAKIS -PARASKEVAS(Grèce) dit que son gouvernement reconnaît pleinement l'importance de la protection de l'environnement pour la santé et le bien -être de la population. Elle remercie l'OMS de l'aide qu'elle prête actuellement pour un projet de lutte contre la pollution de l'environnement mené dans la région d'Athènes avec l'appui du PNUD. Ce projet, qui comporte des mesures de lutte contre la pollution de l'air et de l'eau, de gestion des déchets solides et de lutte contre le bruita donné des résultats appréciables en un laps de temps relativement court. On a pu identifier les principales sources de pollution, ce qui permet de planifier rationnellement les activités de lutte. On forme du personnel et un programme de mesures législatives et administratives est en cours d'élaboration. On entreprend maintenant des études épidémiologiques concernant les effets sur la santé de la pollution atmosphérique et du bruit; elles aideront à mieux comprendre cet important sujet. Si le but immédiat du projet est la solution de problèmes environnementaux propres à la région d'Athènes, son objectif à long terme est de fournir une base à l'établissement de politiques nationales. La création d'un organisme grec de protection de l'environnement est à l'étude et des propositions relatives à sa structure, à ses responsabilités et à sa dotation en personnel ont été préparées avec le concours d'un comité consultatif de l'OMS. Encouragé par les résultats de la coopération avec l'OMS dans ce domaine, le Gouvernement se prépare à étendre le projet de lutte contre la pollution à d'autres régions du pays. On espère que les compétences techniques et méthodologiques acquises grâce au projet pourront être mises à la disposition de la collectivité internationale par la participation de la Grèce à des activités régionales et interrégionales, comme le projet envisagé de lutte contre la pollution dans la Méditerranée. Le Professeur PACCAGNELLA (Italie) demande instamment que l'OMS continue de jouer un râle directeur dans le domaine important qu'est l'hygiène du milieu et qu'elle s'attache à promouvoir les enquêtes épidémiologiques qui sont insuffisantes dans la plupart des régions du monde. La solution au problème posé par l'hygiène du milieu doit être recherchée dans l'évaluation épidémiologique plutôt que dans les observations expérimentales ou cliniques, si précieuses soient elles.

Il faut prêter attention non seulement à l'influence sur la santé de l'environnement physique considéré du point de vue microbiologique et clinique, mais aussi à celle de l'environnement social. Ici, l'OMS a un râle fondamental à jouer en développant et en soutenant des activités nouvelles. Le Dr HASSOUN (Irak) déclare que sa délégation souhaite figurer parmi les auteurs du projet de résolution qui a été présenté. L'Irak connaît actuellement une révolution industrielle associée à un boom économique; des problèmes sanitaires sont donc inévitables. Le Directeur général a souligné l'importance de la santé dans le cadre du développement social et économique en général. La protection de la santé des travailleurs constitue l'un des meilleurs moyens d'atteindre l'objectif visé. En Irak, la responsabilité de la santé des travailleurs est partagée entre un certain nombre de ministères, notamment ceux qui S'occupent de la santé, du travail, des affaires sociales et du prétrole. Des directives de l'OMS seraient grandement appréciées. A cet égard, le Dr Hassoun se félicite de l'aide fournie par un consultant à court terme envoyé par le Bureau régional de la Méditerranée orientale. Le Dr TAJELDIN (Qatar) note avec satisfaction que la médecine du travail, et notamment l'hygiène industrielle, occupe une place importante dans les programmes de l'OMS. Etant donné le rythme rapide de l'industrialisation dans de nombreux pays en voie de développement, l'hygiène industrielle ne peut que devenir un problème très important. L'OMS doit, d'abord, assurer la coordination entre les activités de médecine du travail et l'action sanitaire en général et, en second lieu, veiller à ce que la santé des travailleurs soit considérée d'un point de vue général et non pas seulement du point de vue des maladies qui sont liées au milieu de travail. Le Dr Tajeldin se demande pourquoi un programme de médecine du travail n'a pas été soumis à l'examen de l'Assemblée de la Santé en 1972, alors que les pays en voie de développement avaient déjà besoin d'aide dans ce domaine. Le Qatar possède maintenant une industrie pétrolière, une industrie pétrochimique, une industrie du ciment et une industrie des engrais; il s'efforce de trouver le moyen de protéger la santé de ses travailleurs aussi bien que celle des travailleurs migrants. Etant donné l'importance croissante de la médecine du travail, l'OMS devrait lui accorder une priorité plus élevée. Le Dr KLIVAROVA (Tchécoslovaquie) dit que sa délégation suit attentivement les mesures prises pour mettre en oeuvre la résolution WHA25.63 sur la santé des travailleurs. Il semble, d'après l'exposé de programme figurant dans les Actes officiels N° 220, que du bon travail ait

COMMISSION A

:

DOUZIEME SEANCE

449

été fait, mais que le programme n'ait jamais réellement démarré. Du tableau qui se trouve à la page 300 des Actes officiels N° 220, il ressort que les fonds prévus pour le programme en 1976 sont inférieurs à ceux de 1975, ce qui est de surtout à une diminution des ressources extrabudgétaires. Le programme n'est pas soutenu comme il le mérite. Aussi la délégation de la Tchécoslovaquie appuie -t -elle pleinement le projet de résolution soumis à la Commission et souhaite -t -elle figurer au nombre de ses auteurs. Elle appuie tout particulièrement la demande adressée au Directeur général de faire rapport sur la question à la Vingt- Neuvième Assemblée de la Santé. Enfin, la santé des travailleurs est un sujet suffisamment important pour mériter d'être inclus dans le sixième programme général de travail. Le Dr RODRIGUES (Brésil) souligne que le rapport présenté par le Directeur général à la Vingt- Cinquième Assemblée mondiale de la Santé en 1972 a fourni des orientations précieuses aux pays en voie de développement ayant à créer les infrastructures nécessaires pour la mise en oeuvre de programmes de médecine du travail. Etant donné l'industrialisation rapide de nombreux pays en voie de développement, la santé des travailleurs est exposée à des risques croissants. Un nouveau rapport fournissant des orientations complémentaires dans ce domaine serait grandement apprécié. Le Dr BANGOURA (Guinée) déclare que le troisième plan de développement économique et social de la Guinée, couvrant la période 1973 -1977, met tout particulièrement l'accent sur le développement agro- pastoral et industriel. Dans le contexte de ce plan, la promotion de la santé des travailleurs a été considérée comme prioritaire et un programme de médecine du travail a été lancé; il couvre déjà les travailleurs de l'industrie et sera ensuite étendu aux travailleurs de l'agriculture. Le Dr Bangoura se félicite de la participation de l'OMS à ce programme. Le délégué de la Guinée souhaite figurer parmi les auteurs du projet de résolution sur la médecine du travail. Le Professeur VON MANGER -KOENIG (République fédérale d'Allemagne) note que presque toutes les institutions internationales s'occupent dans une certaine mesure des problèmes de médecine du travail, de l'hygiène du milieu et des problèmes sociaux, mais que la coordination laisse à désirer, quand elle existe. Les comités d'experts sur le sujet réunissent presque toujours les mêmes spécialistes dont la tâche est, de ce fait, très lourde. Le Professeur von Manger- Koenig pense qu'on consacre une proportion trop élevée des fonds disponibles à l'organisation de réunions et à la préparation de documents, et que les travaux effectués par les différents organismes en cause ne suffisamment compte situation réelle des différents pays. L'OMS peut jouer un râle utile en coordonnant les travaux menés dans ce secteur.

Le programme fait état de séminaires et de cours destinés à former les médecins qui auront à s'occuper des problèmes sanitaires des travailleurs migrants, des gens de mer, des mineurs et des travailleurs de l'industrie. Or, d'après l'expérience du Professeur von Manger- Koenig, ce qui manque souvent à ces médecins, c'est l'infrastructure nécessaire pour assurer les soins requis. Il pense que les centres de formation pourraient être conçus sur le modèle de celui qui existe en Finlande. Il est hautement souhaitable d'élaborer des lignes générales d'orientation concernant les niveaux maximum tolérables d'agents nocifs dans le milieu de travail. Les écarts existant entre les normes des différents pays ont pour effet de donner à certains pays un avantage injuste dans la compétition internationale par rapport à d'autres pays qui imposent à leurs industries des règlements de sécurité très stricts. Le Professeur von Manger- Koenig appuie chaleureusement le projet de résolution sur la médecine du travail. Le Dr GOMAA (Egypte) souligne que la santé des travailleurs de l'industrie a un effet direct sur la situation économique et le bien -être social, en particulier dans les pays qui viennent de s'engager dans la voie de l'industrialisation. Il importe d'évaluer les programmes de médecine du travail, surtout ceux auxquels participe l'OMS. Il faut en outre demander au Directeur général de faire rapport sur ses plans pour l'avenir. Le Dr Gomaa espère que le projet de résolution soumis à la Commission bénéficiera d'un large appui, étant donné son importance, et que le rapport du Directeur général contiendra des informations sur les études coût /avantages en médecine du travail. M. BU -ALI (Bahrein) remercie l'OMS des services consultatifs en médecine du travail qu'elle a fournis à son pays. A Bahreïn, l'industrie se développe à grands pas. Comme il y a une industrie pétrolière, une fonderie d'aluminium et un chantier de construction navale, des milliers de travailleurs sont maintenant exposés aux maladies professionnelles. Beaucoup aussi sont employés dans de petites entreprises. Dans un pays de la dimension de Bahreïn, les effets de l'industrialisation sur la santé de la population et notamment des travailleurs sont rapidement apparents. Les autorités s'intéressent donc vivement à la question, comme le montrent la création d'un département de médecine du travail au Ministère de la Santé, la nouvelle législation adoptée

450

VINGT -HUITIEME ASSEMBLES MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

et l'organisation d'un laboratoire d'hygiène du travail qui doit entrer en service en 1975. Ces activités pourraient servir de modèle aux services de médecine du travail dans les pays en voie de développement. Bahrein entretient des relations étroites avec le Bureau régional et a constamment à l'esprit les résolutions sur la médecine du travail qui demandent aux Etats Membres de développer leurs services de médecine du travail et de surveiller la santé des travailleurs. Etant donné le nombre d'immigrés qui travaillent à Bahrein, M. Bu -Ali demande si l'OMS prépare des directives concernant la santé des travailleurs migrants et l'organisation de services de médecine du travail destinés à ces travailleurs. Se référant au résumé assez bref des activités de médecine du travail qui figure dans les Actes officiels N° 220, p. 298, M. Bu -Ali dit qu'il aimerait avoir davantage de renseignements sur la manière dont l'OMS développe la medecine du travail, sur l'aide prévue pour les pays en voie de développement, sur le rôle joué par les Etats Membres dans le programme et sur les activités envisagées pour promouvoir la santé des travailleurs. M. Bu -Ali appuie le projet de résolution soumis à la Commission et attend avec grand intérêt le rapport du Directeur général à la Vingt -Neuvième Assemblée mondiale de la Santé. Dans l'intervalle, Bahrein renforcera ses relations avec les services de médecine du travail du Siège et du Bureau régional. Le Dr MARTINS AYRES (Portugal) déclare que sa délégation appuie le projet de résolution et souhaite figurer au nombre des auteurs. Le Dr Martins Ayres souligne d'abord que le programme de médecine du travail doit faire partie du programme général de santé de tous les pays et, en second lieu, que la santé des travailleurs doit être considérée d'un point de vue social plutôt que physique. Le programme doit se préoccuper tout particulièrement des travailleurs migrants; c'est pourquoi elle propose que, dans le dispositif du projet de résolution, on ajoute les mots "notamment des travailleurs migrants," après les mots "des travailleurs ". Le Dr VIOLAKIS- PARASKEVAS (Grèce) propose qu'au premier alinéa du préambule, on remplace "protection sanitaire" par "protection de la santé physique et mentale ".

Le Dr SENCER (Etats -Unis d'Amérique) propose que, dans le dispositif, les mots "conditions de santé des travailleurs" soient remplacés par "informations disponibles à l'OMS sur les risques connus pour la santé des travailleurs ".

Le Dr KUPFERSCHMIDT (République Démocratique Allemande) demande si le délégué du Portugal ", y compris les travailleurs accepterait que sa proposition soit modifiée comme suit :

migrants, ".

Le Dr MARTINS AYRES (Portugal) répond que sa délégation n'y voit aucun inconvénient. Le Dr OMER (Soudan) déclare que sa délégation accepte, sous réserve que les autres auteurs n'aient pas d'objection, les amendements proposés par les délégations de la Grèce et des Etats -Unis ainsi que l'amendement du Portugal modifié par la République Démocratique Allemande. Décision :

Le projet de résolution, tel qu'il a été modifié, est approuvé.1

Le Dr ADAMAFIO (Ghana) note que la discussion sur le projet de résolution a essentiellement porté sur la santé des travailleurs de l'industrie. Or, dans les pays en voie de développement, la plupart des travailleurs appartiennent au secteur agricole. Il demande s'il y a des activités concernant la santé des travailleurs agricoles. Etablissement et renforcement de services et d'institutions d'hygiène du milieu (programme 6.1.6) Il n'y a pas d'observations.

Normes alimentaires (programme 6.1.7) Le Dr SPAANDER (Pays -Bas) dit que sa délégation a toujours porté un grand intérêt au programme commun FAO /OMS sur les normes alimentaires. En raison de l'importance croissante - et de la diversité - des facteurs sanitaires en rapport avec la nutrition ainsi que du nombre des produits alimentaires offerts à la consommation, il tient à souligner la nécessité de maintenir un équilibre entre ces facteurs sanitaires, d'une part, et les questions agricoles traitées par la Commission du Codex Alimentarius, d'autre part. (Voir la suite du débat sur le programme 6.1.7 dans le procès -verbal de la treizième séance.)

Le Dr DIETERICH (Directeur de la Division de l'Hygiène du Milieu) répond aux questions posées au cours de la discussion sur le secteur de programme "Promotion de la salubrité de l'environnement ". On a mentionné à plusieurs reprises la coordination. C'est un point important;

1 Ce projet de résolution a été transmis à l'Assemblée de la Santé dans le quatrième rapport de la Commission et adopté sous le numéro d'ordre WHA28.73.

COMMISSION A

:

DOUZIEME SEANCE

451

il fait l'objet d'un rapport du Directeur général qui sera examiné par la Commission B.1 Dans la coordination avec le PNUE, l'UNESCO et la Commission du Codex Alimentarius, le Secrétariat a toujours à l'esprit la nécessité de mettre l'accent sur les questions sanitaires. Le but essentiel de la coordination est d'introduire l'élément santé dans d'autres programmes et de rattacher ces programmes à l'action sanitaire menée dans le domaine de l'hygiène du milieu. Cela vaut également pour la BIRD, l'OIT et d'autres organisations qui s'intéressent de manière croissante à une conception plus globale du développement urbain, rural et industriel. A cet égard, une question a été posée quant à la raison de l'interruption des activités avec la CEA concernant l'hygiène du milieu et le programme de développement social et économique. La réponse est qu'il n'y a pas eu interruption. Ces activités continuent à faire partie intégrante du programme général; un poste seulement a été supprimé. En ce qui concerne la nécessité d'évaluer l'effet des conditions environnementales sur la santé - notamment les aspects scientifiques et les risques à long terme pour les générations futures - le Dr Dieterich précise que ce problème fait l'objet d'un vaste programme actuellement mené par l'OMS auquel participent des fonctionnaires du Secrétariat représentant de nombreuses disciplines (tant de la Division de l'Hygiène du Milieu que d'autres divisions) et des fonctionnaires du Centre international de Recherche sur le Cancer. Environ 80 % des crédits du Siège pour le programme sont consacrés à ce domaine particulier. Un certain nombre de groupes scientifiques et de comités d'experts sont prévus pour 1976 et 1977 et l'on reconnaît de plus en plus l'importance de l'épidémiologie pour l'établissement de normes correctes. Essentiellement, les efforts tendent à réunir des informations scientifiquement fondées afin d'orienter les gouvernements, plutôt qu'à formuler des normes internationales - la seule exception étant constituée par le programme sur les normes alimentaires. Le reste du programme de salubrité de l'environnement a été mentionné dans plusieurs résolutions dont la dernière a été la résolution WHA27.49. Les propositions contenues dans les Actes officiels N° 220 correspondent fidèlement à ces résolutions et visent à les mettre en oeuvre. Le Dr Dieterich ajoute que, dans les programmes régionaux, l'accent est mis sur l'assainissement de base, alors qu'au Siège il est placé sur l'étude et l'évaluation des effets des facteurs environnementaux. En ce qui concerne la médecine du travail, les nombreuses suggestions qui ont été faites au cours de l'examen du projet de résolution fourniront des orientations supplémentaires au Secrétariat. Se référant au point soulevé par le délégué du Ghana, le Dr Dieterich reconnaît que les travailleurs des pays en voie de développement sont principalement employés dans le secteur agricole. Certaines activités à cet égard figurent sous la recherche; de plus, un centre collaborateur en Union soviétique s'occupe tout particulièrement de la question.

La séance est levée à 13 h.30.

1 Voir le procès- verbal de la neuvième séance, section 2.

TREIZIEME SEANCE Lundi 16 mai 1975, Président :

9 h.30

Dr Marcella DAVIES (Sierra Leone)

EXAMEN DETAILLE DU BUDGET PROGRAMME POUR LES EXERCICES FINANCIERS 1976 ET 1977 (suite) Statistiques sanitaires (secteur de programme 7.1)

Ordre du jour, 2.2.3

M. UEMURA (Directeur de la Division des Statistiques sanitaires) dit que le but du programme de statistiques sanitaires est de fournir des services de statistiques aux Etats Membres, directement et indirectement directement, dans la mesure où l'OMS assure la collecte et la diffusion de statistiques de santé dans le monde et aide les Etats Membres à améliorer leurs systèmes de statistiques; indirectement, par l'établissement de normes et de directives internationales et par une assistance méthodologique à tous les programmes de l'OMS en vue de garantir la validité des statistiques utilisées dans le cadre de ces programmes. Il est de plus en plus manifeste que l'information joue un rôle capital lorsque des décisions doivent être prises dans le domaine de la santé publique, et la plupart des Etats Membres reconnaissent que leurs systèmes d'information comportent des lacunes. En conséquence, plusieurs modifications ont été apportées au programme de statistiques sanitaires de l'OMS, ainsi qu'en témoignent les pages 312 à 329 des Actes officiels N° 220. Le secteur de programme comprend quatre rubriques méthodologie des statistiques sanitaires; diffusion des renseignements statistiques; développement des services de statistiques sanitaires; et classification internationale des maladies. Le but des activités de méthodologie des statistiques sanitaires est d'apporter aux divers programmes de l'Organisation, de la planification à l'exécution et à l'évaluation, le soutien statistique et mathématique nécessaire. Une étroite collaboration avec d'autres secteurs de programme s'impose par conséquent. On notera en outre que les programmes de recherche exécutés à l'échelon régional, qui ne cessent de s'étendre, vont bénéficier d'un soutien méthodologique : :

accru.

Le programme de diffusion des renseignements statistiques subit lui aussi d'importants changements. Des banques de statistiques sanitaires mondiales sont actuellement mises sur pied et l'on accorde une attention accrue au traitement, à l'analyse et à l'interprétation de l'information. On a entrepris en 1974 un nouveau programme de publication d'articles reposant sur l'analyse des principales tendances et différences en matière de santé, par exemple les tendances de la santé mondiale jusqu'en l'an 2000, les tendances mondiales en matière de personnel médical et les tendances de la mortalité en Europe. En outre, l'OMS a entrepris de réviser sa politique de publications statistiques afin d'améliorer la qualité, l'utilité et la pertinence du système de diffusion d'informations statistiques. De même, des mesures ont été prises pour associer davantage les bureaux régionaux à la collecte et à la diffusion des statistiques. On espère, en coordonnant les activités, éviter aux pays d'avoir à fournir certaines données deux fois d'abord au Siège, puis aux bureaux régionaux. L'approche adoptée pour le troisième programme - développement des services de statistiques sanitaires - repose sur l'analyse fonctionnelle. Il s'agit de déterminer les besoins en informations statistiques, de rechercher les lacunes de l'information et de prendre des mesures pour combler ces lacunes. L'OMS continuera dans ce domaine de donner la priorité aux pays en voie de développement, dont les besoins d'information sont particulièrement aigus et qui se préoccupent d'améliorer les services nationaux de statistiques sanitaires et de former du personnel. Pour ce qui est du quatrième programme, l'établissement du projet définitif de révision (la neuvième) de la Classification internationale des Maladies (CIM) est en cours. Ce projet de révision sera présenté à la Conférence internationale de Révision qui se tiendra à Genève en automne 1975, après quoi les recommandations de la Conférence seront soumises à l'approbation de la Vingt- Neuvième Assemblée mondiale de la Santé. Enfin, l'OMS a entrepris une activité qui présente un intérêt tout particulier pour de nombreux pays sous -équipés et qu'elle compte développer à l'avenir il s'agit de la mise au point d'une classification des cas de morbidité et de mortalité pour les collectivités à faible densité médicale; il s'agira de classer des symptômes et des signes qui pourront être enregistrés par du personnel non médecin. En bref, le programme de l'OMS en matière de statistiques sanitaires met l'accent sur les trois objectifs suivants premièrement, fournir des informations élaborées plutôt que des données statistiques brutes; deuxièmement, développer le programme de statistiques pour en faire une partie intégrante du programme général de l'OMS en renforçant la coopération avec les autres secteurs de programme et, troisièmement, s'employer davantage à répondre aux besoins des pays en voie de développement. : :

:

Planification du programme et activités générales (programme 7.1.1) Pour le Professeur JAKOVLJEVIC(Yougoslavie),un programme de santé ne saurait être efficacement géré en l'absence de données statistiques. En conséquence, il approuve entièrement l'objectif

- 452 -

COMMISSION A

:

TREIZIEME SEANCE

453

majeur du programme, à savoir aider les pays à améliorer leurs services de statistiques sanitaires afin qu'ils puissent produire et exploiter efficacement les données nécessaires à l'appréciation et à la surveillance de la situation sanitaire. Il approuve également les principes qui ont été adoptés pour moderniser le programme (page 312 des Actes officiels N° 220). Cela dit, même quand il existe des statistiques, celles -ci ne sont pas toujours utilisées au mieux et il serait urgent que l'OMS remédie à cette situation en soutenant des activités de formation dans les pays en voie de développement comme dans les pays développés. On notera dans le rapport du Conseil exécutif (Actes officiels N° 223, page 175, paragraphe 110) que l'OMS a été invitée à analyser la masse importante de données dont disposent ses services pour parvenir à simplifier et rationaliser l'information. C'est là une tâche très importante et le délégué yougoslave aimerait savoir ce que l'on pourrait faire dans ce sens. Le Dr GOMAA (Egypte) dit que sa délégation est très satisfaite des diverses phases du programme de statistiques sanitaires. Les lacunes des systèmes d'information statistique dans les pays en voie de développement sont dues en partie au manque d'intérêt - parce que ces statistiques sont de mauvaise qualité ou parce que l'on doute de leur valeur - et en partie à la pénurie des moyens et des personnels compétents qui seraient nécessaires pour assurer la collecte, l'analyse et la publication des données. Les statistiques sont pourtant essentielles dans toute activité de planification, de programmation et de contrêle et les pays en voie de développement souhaitent améliorer la qualité de leurs services dans ce domaine. Une assistance de l'OMS serait par conséquent la bienvenue. Pour le Dr Gomaa, il est extrêmement important que les opérations de planification et d'évaluation soient faites avec le concours d'un nombre suffisant de statisticiens formés à l'emploi des ordinateurs et aux méthodes scientifiques modernes.

Le Dr SHRIVASTAV (Inde) déclare que les statistiques sanitaires jouent un role capital à tous les stades d'un programme de santé. Des difficultés surgissent cependant à l'échelon périphérique, c'est -à -dire au niveau des villages où les données sont souvent imprécises par suite du manque de compétence des agents sanitaires chargés de diagnostiquer les maladies. Comme les services de santé de base doivent rassembler des données brutes, il importe de renforcer ces services pour que les renseignements recueillis à l'échelon périphérique par le médecin ou par l'assistant médical soient aussi fiables que possible. Sinon, les analyses faites aux échelons supérieurs ne peuvent qu'être inexactes. Le Professeur DAVIES (Israel) félicite le Directeur général d'avoir récemment modifié l'orientation du programme afin que les services de statistiques sanitaires soient désormais des instruments servant à planifier et évaluer les services de santé. Les médecins des services de santé publique ont tendance à se méfier des statistiques ou du moins à les considérer comme étrangères au traitement et à la prévention des maladies. Les efforts entrepris par l'OMS pour mettre au point un système d'information sanitaire pourraient aider à vaincre un préjugé naturel que l'on observe encore même parmi les étudiants en médecine. Tous les pays, quel que soit leur stade de développement, ont besoin que l'OMS les aide à revoir leurs systèmes de statistiques et même à décider quels éléments d'information doivent être rassemblés et à quelles fins. Lorsque des services de santé ont été organisés, il faut déterminer les éléments d'information qui seront nécessaires pour les évaluer. A cet égard, l'OMS pourrait assister les pays de deux façons premièrement, elle pourrait aider à esquisser les plans d'un système d'information sanitaire - ou d'une série de systèmes - convenant à des pays arrivés à des stades différents de développement et qui servirait aussi à planifier et à évaluer les services de santé. Par exemple, on a constaté en Israël que les éléments d'information requis pour un système de statistiques couvrant 300 000 personnes étaient les mêmes que pour un système couvrant 30 millions de personnes. Deuxièmement, l'OMS pourrait aider les pays à utiliser éventuellement des mesures indirectes on mesurerait un ou deux éléments et, à partir de ces éléments, on déterminerait d'autres éléments qu'il est impossible de mesurer directement si ce n'est peut -être à grands frais. Toutefois, ce qui importe surtout c'est l'analyse continue et la rétrocession de données très simples à l'échelon le plus bas, faute de quoi les statistiques sanitaires seraient simplement communiquées aux échelons supérieurs puis oubliées. : :

Le Dr DAS (Népal) se félicite que l'OMS fasse une place importante à la collecte, à l'évaluation et au traitement des données statistiques. Se référant aux indications données à la page 314 des Actes officiels N° 220, il fait observer que le total estimatif des engagements de dépenses pour le programme est tombé de US $653 200 en 1975 à $639 530 en 1976; d'autre part, le total estimatif des prévisions d'engagements de dépenses pour le projet PPH 001 (Soutien aux programmes de planification familiale dans les pays, page 315) est tombé de US $110 100 en 1975 à $71 000 en 1976. A son avis, le montant de ces crédits aurait de augmenter et non diminuer. Le Dr KUPFERSCHMIDT (République Démocratique Allemande) dit que sa délégation apprécie beaucoup l'information statistique et épidémiologique réunie par l'OMS, car elle permet de

454

VINGT- HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

mieux identifier les principaux problèmes de santé et d'analyser les tendances sanitaires générales. A son avis, toutefois, il n'est plus satisfaisant de se servir de l'espérance moyenne de vie à la naissance pour la comparaison, A l'échelon international, de l'état sanitaire des populations. Il serait plus simple, pour déterminer les tendances sanitaires générales, de comparer l'espérance de vie de différents groupes d'âge et de malades atteints de certaines maladies répandues, avec et sans traitement. Sans doute le rassemblement de données valables soulèverait -il des difficultés, mais l'OMS pourrait peut -être envisager de le faire. Le Dr ALFA CISSÉ (Niger) fait observer que l'utilisation des informations statistiques et épidémiologiques pose d'énormes problèmes à la majorité des pays en voie de développement. Dans les pays qui ne disposent pas d'un nombre suffisant de médecins sur le terrain, mais plutôt d'infirmiers aux connaissances nécessairement limitées, et qui ne sont pas non plus dotés de véritables services de statistiques, la collecte des données et, à plus forte raison, leur exploitation, sont toujours sujettes à caution. La nature des données épidémiologiques que les pays en voie de développement sont invités à transmettre à l'OMS ne répond pas à une vue réaliste de la situation. Comment un pays tel que le Niger - où aucun laboratoire n'est doté du personnel ou du matériel nécessaires - pourrait -il poser le diagnostic d'hépatite virale de tel ou tel type, voire de leptospirose ou de rickettsiose ? Les données proviennent en général d'infirmiers. Comment, dans ces conditions, l'OMS pourrait -elle en tirer de justes conclusions et, à plus forte raison, entreprendre une campagne contre telle ou telle maladie ? Même dans les pays disposant du personnel et du matériel de laboratoire nécessaires, les services de statistiques sont le plus souvent pratiquement inexistants. Il faudrait donc, en ce qui concerne les pays sous -développés, commencer par la base. Le Niger continuera à fournir des informations sur certaines maladies. Mais l'OMS devrait commencer par aider à former du personnel et à équiper les laboratoires de manière à permettre aux pays en voie de développement de faire face aux demandes qui leur sont adressées, ce qui est absolument nécessaire pour mener à bien les programmes proposés par l'OMS. Méthodologie des statistiques sanitaires (programme 7.1.2) Le Professeur KOSTRZEWSKI (Pologne) pense que les statistiques sanitaires vont jouer un rôle toujours plus important dans les programmes de l'OMS puisque la planification, l'exécution et l'évaluation de toute activité de santé publique supposent l'existence d'un système d'information efficace. L'accès à des données fiables sur la santé est impératif, en particulier dans les pays qui commencent à mettre sur pied des systèmes de soins médicaux complets et qui ont besoin à cette fin d'un système d'information statistique sanitaire efficace, simple et peu coûteux.

L'expérience et l'initiative ne font pas défaut aux Etats Membres, ainsi qu'en témoignent les projets de pays exécutés par l'OMS - projets qui doivent être réalisés en liaison étroite avec les bureaux régionaux et avec le Siège. Il serait possible de tirer profit de cette expérience pour améliorer la méthodologie des statistiques sanitaires, la classification des maladies et les services de statistiques sanitaires en général. Des travaux extrêmement intéressants sont faits actuellement en Afrique, en particulier au Nigeria et au Kenya. Le centre de surveillance épidémiologique de Nairobi, par exemple, prépare un nouveau système d'information sanitaire qui pourrait s'appliquer à toutes les institutions sanitaires du secteur public comme du secteur privé. De telles activités - qui se déroulent certainement aussi dans d'autres Régions - pourraient fournir des informations en retour venant des Etats Membres et pourraient être très utiles pour les travaux au Siège. Diffusion des renseignements statistiques (programme 7.1.3) Le PRESIDENT invite la Commission à examiner le projet de résolution ci -après sur les statistiques sanitaires relatives à l'alcool, proposé par les délégations du Canada, du Danemark, des Etats -Unis d'Amérique, de la Finlande, du Kenya, de la Norvège, de la Pologne, de la Suède et de la Zambie :

La Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé, Rappelant les recommandations du Comité OMS d'experts de la Pharmacodépendance qui s'est réuni à Genève du 8 au 13 octobre 1973; Notant la tendance extensive à l'accroissement de la consommation d'alcool dans un certain nombre de pays industrialisés et de pays en voie de développement, avec les risques de santé qui en résultent et qui appellent de nouvelles initiatives aux niveaux international et national; Notant l'association entre le niveau de consommation alcoolique et certaines formes d'altération de la santé; Consciente qu'une condition fondamentale de la formulation d'une politique nationale de l'alcool orientée vers la santé publique est la disponibilité de données statistiques fiables sur les relations entre la consommation d'alcool et certaines formes d'atteintes pathologiques; Ayant à l'esprit la nécessité d'élargir le champ des statistiques sanitaires de manière à couvrir non seulement les entités pathologiques diagnostiques mais la totalité des déterminants majeurs de la santé, PRIE le Directeur général :

COMMISSION A 1)

:

TREIZIEME SEANCE

455

de porter une attention spéciale, dans le programme futur de l'OMS, à l'ampleur et à la gravité des problèmes que posent au niveau de l'individu, de la santé publique et de la société l'état actuel de l'usage d'alcool dans de nombreux pays du monde et la tendance extensive à un accroissement de la consommation; 2) de prendre des mesures, en collaboration avec les organisations et institutions internationales et nationales compétentes, pour organiser des systèmes propres à fournir

des informations comparables sur la consommation d'alcool et telles autres données pertinentes requises pour une politique de l'alcool orientée vers la santé publique; 3) d'étudier en profondeur, sur la base des renseignements ainsi recueillis, les actions qui pourraient être engagées pour freiner l'accroissement de la consommation d'alcool en ce qu'il menace la santé publique; 4) de faire rapport sur ce sujet à une Assemblée mondiale de la Santé ultérieure. Le Dr LEPPO (Finlande), présentant le projet de résolution, précise qu'il repose sur trois grandes considérations. La première explique que la proposition soit présentée au titre du secteur de programme intéressant les statistiques sanitaires alors qu'un certain nombre d'autres secteurs sont concernés. Ainsi qu'il est indiqué dans les Actes officiels N° 220 (page 312), les statistiques doivent avoir un but bien défini et correspondre aux besoins spécifiques des utilisateurs. A cette fin, il ne faut pas tenir compte seulement du résultat final en termes de maladie, par exemple, mais aussi des facteurs de risque ou des états prédisposants entraînant un tel résultat. Ainsi, dans le cas du cancer du poumon et des maladies respiratoires chroniques, des données statistiques fiables sur les niveaux et les modalités de la consommation de tabac constituent un indicateur de risque essentiel et sont indispensables pour toute évaluation épidémiologique ou analyse de l'efficacité d'un programme. Il en est de même, dans le domaine des caries dentaires, pour les taux et les modalités de la consommation de sucre et de l'ingestion de fluor par les divers groupes de population. Les statistiques concernant les accidents de la route n'ont que peu de valeur si l'on ne dispose pas également d'informations pertinentes sur leurs causes. Quant aux statistiques de morbidité et de mortalité relatives à la fièvre typhoîde et aux autres infections transmises par l'eau, elles ne sont vraiment significatives que si on les étudie en relation avec les indicateurs des conditions d'approvisionnement en eau. Telle est l'idée dont s'inspire le dernier alinéa du préambule du projet de résolution. La deuxième considération - cette fois en relation directe avec le fond du projet de résolution - c'est que, si l'OMS reconnaît depuis longtemps que la pharmacodépendance est un important problème de santé publique, l'alcoolisme n'a en général pas reçu jusqu'ici une attention adéquate. Deux documents publiés récemment ont quelque peu redressé la situation. Le premier, intitulé "Réglementations relatives à l'alcool et santé publique" a été publié par le Bureau régional de l'Europe.l Le deuxième est le dernier rapport du Comité OMS d'experts de la Pharmacodépendance, publié en 1974.2 Le délégué de la Finlande cite certains extraits de ce rapport, soulignant que les problèmes liés à l'usage de l'alcool dépassent de beaucoup par leur ampleur ceux que posent les autres substances engendrant la dépendance, que les états morbides dus à l'alcool ont d'importantes conséquences économiques pour les services de santé de divers pays et qu'il est indispensable de renverser la tendance à une élévation des niveaux de consommation. Le Comité a également noté la relation qui existe entre le taux de consommation d'alcool et certaines maladies et traumatismes. Ce sont ces idées que l'on retrouve dans les deuxième et troisième alinéas du préambule du projet de résolution. Enfin, le projet de résolution vise à attirer l'attention sur la suite qui est donnée aux rapports des comités d'experts. De l'avis de la délégation finlandaise, il arrive souvent qu'on ne tienne guère compte des travaux des plus grands experts de la santé publique. Les rapports mentionnés sont d'excellents exemples de documents que toutes les administrations sanitaires et tous les organes de décision s'occupant du domaine considéré devraient étudier à fond. Les auteurs du projet de résolution espèrent fournir un appui supplémentaire à l'OMS dans son approche du problème de l'alcool sous l'angle de la santé publique et l'aider ainsi à intensifier son action. Ils espèrent aussi rappeler à l'OMS la nécessité de mettre sur pied le type de système d'information statistique qui permettrait l'élaboration d'une politique de santé publique rationnelle et l'évaluation de cette politique. Le Professeur KOSTRZEWSKI (Pologne) dit qu'en sa qualité de coauteur de la résolution il aimerait proposer quelques amendements. Il suggère d'ajouter à la fin du troisième alinéa du préambule, après les mots "altération de la santé ", le membre de phrase suivant "entraînant une augmentation de la morbidité et de maladies mentales, maladies aigus ou chroniques du foie, myocarla mortalité (par exemple diopathies alcooliques, accidents et traumatismes) ". Au cinquième alinéa du préambule, le mot "diagnostiques" devrait être supprimé et remplacé par "ou des états particuliers ". Dans le même alinéa, il conviendrait de remplacer les mots "la totalité des" par "mais aussi les" et d'ajouter à la fin de l'alinéa, après les mots "de la santé ", le membre de phrase suivant "et du bien -être social liés à l'usage de l'alcool ". Le : :

1 Document EURO 5455 IV. 2 Série de Rapports techniques OMS, N° 551, 1974.

456

VINGT- HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

délégué de la Pologne propose également d'insérer, dans le dispositif, un paragraphe supplémentaire, qui serait le nouveau paragraphe 1 et serait ainsi conçu :

"1.

INVITE instamment les Etats Membres à promouvoir le développement de systèmes d'information sur la consommation d'alcool ainsi que d'autres données pertinentes requises pour servir de base à une politique de l'alcool compatible avec la santé publique;" :

"2. PRIE le Directeur général ... ". l'unique paragraphe actuel du dispositif devenant La raison pour laquelle le Professeur Kostrzewski suggère ce nouveau paragraphe est que le Secrétariat aura probablement des difficultés à organiser des systèmes propres à fournir des informations comparables si l'on n'entreprend pas aussi de développer de tels systèmes dans les Etats Membres.

Le Dr GOMAA (Egypte) se félicite qu'une assemblée médicale internationale s'occupe des effets défavorables de la consommation d'alcool sur la santé ainsi que de l'utilisation de l'information statistique aux fins de l'action menée pour résoudre ces problèmes. Bien que l'usage de l'alcool ne constitue ni un problème social ni un problème de santé en Egypte, la délégation égyptienne appuie sans réserve le projet de résolution. Le Dr ASVALL (Norvège) approuve les efforts déployés par le Secrétariat pour rendre les statistiques sanitaires plus fonctionnelles. Tout le monde semble d'accord sur le fait que les statistiques peuvent fournir de précieuses informations en retour pour des activités telles que la planification, la lutte, l'évaluation, l'enseignement et la recherche. Les difficultés surgissent lorsqu'il s'agit d'élaborer des systèmes pratiques qui puissent être utilisés aux échelons local, régional et national. Les remarques du délégué d'Isratl sont donc tout à fait pertinentes et il faut espérer qu'à l'avenir l'OMS prêtera une attention toute particulière à la préparation de manuels détaillés qui fournissent des directives quant aux indicateurs sociaux nécessaires pour élaborer de tels systèmes. La plupart des pays se sont certainement trouvés dans la situation où font défaut

les moyens d'exploiter les statistiques disponibles, qui sont pourtant potentiellement très utiles. Il faudrait donc, dans les facultés, engager et initier les étudiants à l'emploi des statistiques disponibles. En ce qui concerne le problème de la consommation d'alcool, le délégué de la Norvège reconnaît la nécessité d'améliorer les statistiques et souligne combien il importe de coordonner les statistiques concernant les effets de l'alcool sur la santé avec celles qui portent sur les effets de l'alcool dans d'autres domaines sociaux. La délégation norvégienne appuie sans réserve le projet de résolution. Le Professeur REXED (Suède) signale que les altérations de la santé dues à une forte consommation d'alcool posent un important problème en Suède et qu'elles ont fait l'objet de plusieurs récents rapports de comités. Son propre service a entrepris des travaux en vue de mieux comprendre la situation et de mettre au point de nouveaux moyens de prévention et de traitement. La Suède se félicite donc de l'intérêt croissant que manifeste l'OMS pour la question. Dans le passé, l'OMS et d'autres organisations internationales se sont beaucoup occupées de la pharmacodépendance de type classique et ont pris des mesures énergiques pour en prévenir l'extension; l'usage de l'alcool peut, à longue échéance, constituer une menace encore plus grande. Le Professeur Rexed pense donc que l'OMS devrait envisager le problème d'un point de vue plus large que celui des statistiques sanitaires. Le Dr ALFA CISSE (Niger) demande que le nom de sa délégation soit ajouté à celui des auteurs du projet de résolution. Le Dr FREY (Suisse) dit que la situation en Suisse est très semblable à celle de la Suède. On compte en Suisse près de 2 % d'alcooliques chroniques - c'est -à -dire qu'environ 120 000 personnes rentrent dans cette catégorie. Le Dr Frey pense aussi qu'en Suisse le problème de l'alcoolisme est plus grave que celui de la dépendance à l'égard des drogues. La délégation suisse appuie donc pleinement le projet de résolution et souhaite compter au nombre de ses auteurs.

Le Dr ADAMAFIO (Ghana) approuve l'idée d'insérer, comme l'a proposé le délégué de la Pologne, un nouveau paragraphe dans le dispositif de la résolution pour souligner que les Etats Membres se doivent de mettre sur pied leur propre système d'information sanitaire. A cette fin, il faudra, dans les pays en voie de développement, former le personnel nécessaire pour recueillir, analyser et utiliser les données statistiques voulues. Jusqu'ici, lorsqu'un projet de statistiques sanitaires devait être exécuté dans un pays en voie de développement, il était d'usage de faire venir à cette fin des spécialistes de pays développés ou de l'OMS et la plus grande partie des crédits affectés au projet servait à rémunérer leurs services. Les avantages que le pays retirait réellement d'un tel projet étaient donc plutôt faibles. Le Dr Adamafio estime que les systèmes d'information sanitaire devraient être développés par le personnel même des pays que ces systèmes sont destinés à desservir. Le Dr KILGOUR (Royaume -Uni de Grande -Bretagne et d'Irlande du Nord) appuie le projet de résolution proposé par la Finlande, tel qu'il a été modifié par la Pologne. Il reconnaît avec le

COMMISSION A

:

TREIZIEME SEANCE

457

délégué de la Suède que les problèmes physiques et sociaux liés à l'usage de l'alcool méritent d'être étudiés pour eux -mêmes et il espère qu'on s'occupera davantage de la question lors de futures Assemblées de la Santé. Le Dr QUAMINA (Trinité -et- Tobago) tient à faire connaître le grand intérêt de sa délégation pour les problèmes de santé posés par l'accroissement de la consommation d'alcool et demande que son pays figure parmi les auteurs du projet de résolution. Ce n'est qu'en rassemblant des informations statistiques du type visé par le projet de résolution que l'on pourra saisir dans toute leur ampleur les problèmes socio- économiques et sanitaires liés à l'usage de l'alcool. Le délégué de la Pologne ayant proposé de nombreux amendements, le Dr Quamina demande que la Commission ait la possibilité d'étudier le texte révisé du projet avant de voter.

Le Dr SHRIVASTAV (Inde) est tout à fait d'accord sur le projet de résolution quant au fond, mais souhaiterait obtenir des précisions sur un point de procédure. Il est certes nécessaire de recueillir des données statistiques sur l'incidence de diverses maladies, mais les résolutions à cet effet doivent -elles être présentées au cours de la discussion du programme de statistiques sanitaires, ou ne devraient -elles pas plutôt l'être au moment de la discussion consacrée aux maladies en cause ? Cette précision sera utile au Dr Shrivastav dans le cas où il souhaiterait présenter une résolution relative à la collecte de données statistiques sur telle ou telle maladie lors d'une prochaine Assemblée de la Santé. Le Dr CHRISTENSEN (Secrétaire) précise que, dans la mesure du possible, le Secrétariat s'est efforcé de lier les projets de résolution aux programmes auxquels ils ont trait. Il peut arriver, toutefois, que des projets de résolution ne soient présentés qu'une fois terminée la discussion du point sur lequel ils portent dans le cadre de l'examen du budget programme. C'est pour cette raison que le projet de résolution sur les statistiques sanitaires relatives à l'alcool n'est discuté que maintenant. Le Dr EL -GERBI (République Arabe Libyenne) est convaincu que l'usage de l'alcool a des effets nocifs directs non seulement sur la santé, mais encore sur le développement économique et social de la collectivité. Sa délégation appuie donc pleinement le projet de résolution.

Le Professeur SENAULT (France) propose deux modifications de forme dans le texte français du projet de résolution. Il souhaiterait avoir la possibilité d'étudier la nouvelle version du projet incluant les amendements proposés par le délégué de la Pologne. Le PRESIDENT annonce que l'examen du projet de résolution est suspendu jusqu'au moment où un groupe de travail, dont feront partie les coauteurs, ainsi que les délégués de la France et du Royaume -Uni, en aura établi une version révisée. (Voir la suite du débat dans le procès -verbal de la dix -septième séance, section 2.)

Développement des services de statistiques sanitaires (programme 7.1.4) Il n'y a pas d'observations.

Classification internationale des maladies (programme 7.1.5) Le Dr KILGOUR (Royaume -Uni de Grande -Bretagne et d'Irlande du Nord) dit que, comme beaucoup d'autres pays, le Royaume -Uni cherche la meilleure façon d'instruire ceux qui seront appelés à utiliser la Neuvième Révision de la Classification internationale des Maladies. Chaque pays voudrait naturellement entreprendre un programme national; cependant, une formation de base sélective devrait être organisée à un échelon central afin d'éviter les chevauchements. Le Dr Kilgour approuve l'initiative mentionnée aux pages 327 et 329 du budget programme, tout en se demandant si les ressources budgétaires seront adéquates. Si l'Organisation avait besoin d'une aide extérieure, des experts du Royaume -Uni seraient tout disposés à participer aux activités préparatoires envisagées.

Le Professeur DAVIES (Israël) se félicite des efforts entrepris pour rendre la Classification internationale des Maladies plus universelle et plus utile. Comme l'a dit précédemment le délégué du Niger, de nombreux pays ne sont pas à même de recueillir les renseignements précis qui permettraient d'utiliser pleinement la Classification internationale, et le Professeur Davies se demande même s'il existe un seul pays capable de rassembler des données de la précision requise pour toutes les maladies. Il est probable qu'aucune classification ne se prêterait à un usage universel; c'est pourquoi le Professeur Davies préconise l'établissement de classifications distinctes - classifications "filles" - des symptômes, à l'intention de ceux qui sont chargés des soins de santé primaires aux endroits où manquent les moyens matériels de procéder à des recherches de laboratoire détaillées. Ces classifications "filles" pourraient être liées à la Classification internationale "mère" de sorte qu'on puisse obtenir des données comparables non seulement pour des pays au même niveau de développement des services sanitaires, mais encore pour des pays où ces niveaux sont différents. Le Dr MASSE (Association internationale d'Epidémiologie), prenant la parole sur l'invitation du PRESIDENT, déclare que, comme l'a déjà souligné le délégué de l'Egypte, les épidémiologistes ont besoin, pour mesurer la morbidité et l'efficacité des mesures de santé publique,

458

VINGT- HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

d'un système d'information basé sur un réseau de statisticiens ayant reçu une formation très particulière. Les médecins et les agents paramédicaux doivent recevoir une formation complémentaire en méthodologie statistique tandis que les statisticiens doivent recevoir une formation en épidémiologie. L'Association internationale d'Epidémiologie est prête à accroître son effort pour participer à la formation de ces personnels, en organisant des cours de formation d'enseignants et des séminaires itinérants, et en rédigeant des manuels de méthodologie et des guides d'enseignement. L'Association peut faire appel à 700 experts pour ces activités, mais souhaite les mener en collaboration avec l'OMS. M. UEMURA (Directeur de la Division des Statistiques sanitaires) remercie les délégués qui ont formulé des suggestions utiles et des critiques constructives concernant le programme de statistiques sanitaires. Plusieurs délégués ont insisté sur l'importance de la mise en place de systèmes d'information, formule qui s'écarte de l'approche traditionnelle en matière de collecte de renseignements statistiques. L'OMS a parfaitement conscience de la nécessité d'une approche axée sur l'utilisateur et mettant l'accent sur l'information plutôt que sur les données brutes. Il faut d'abord identifier les renseignements dont les pays ont besoin, puis entreprendre des études pour les fournir. L'OMS cherche à élaborer des normes et des directives internationales ainsi que des principes pour la collecte et l'analyse de l'information. Des modifications considérables ont été apportées, pour la Neuvième Révision, à la Classification internationale des Maladies; elles visent à faire plus de place aux données de morbidité, de préférence au simple codage des causes de décès. L'Organisation considère toujours qu'il importe d'obtenir la comparabilité des données sur le plan international, mais elle estime qu'il ne convient pas d'imposer aux pays des normes rigides. Tout système d'information doit être adapté aux besoins particuliers du pays intéressé et il faut faire preuve de souplesse à cet égard. M. Uemura donne au délégué de la Pologne l'assurance que l'OMS, dans ses activités relatives aux statistiques, cherche à instaurer une collaboration étroite avec les services de santé de base, spécialement en ce qui concerne la programmation sanitaire par pays; la Division des Statistiques sanitaires, on l'a vu, collabore étroitement avec la Division du Renforcement des Services de Santé. Comme le délégué de l'Inde et celui du Niger, M. Uemura pense qu'il devrait y avoir au niveau périphérique une structure de base pour la collecte des renseignements statistiques. L'Organisation s'efforce de mettre au point une classification donnant beaucoup plus d'importance aux signes et aux symptômes, conformément à la suggestion du délégué d'Israël. Parlant du besoin de programmes de formation, sur lequel ont insisté les délégués de l'Egypte et du Ghana, M. Uemura précise que de tels programmes devraient être conçus tant pour les producteurs que pour les utilisateurs de l'information. Le délégué de la Norvège a mentionné le problème de la non -utilisation des statistiques disponibles. C'est une question sur laquelle on insistera à l'avenir dans la formation des statisticiens comme dans celle des non- statisticiens. L'OMS met au point un manuel pour l'enseignement des statistiques sanitaires. M. Uemura remercie le représentant de l'Association internationale d'Epidémiologie de ses observations et suggestions concernant la formation en statistiques sanitaires et en épidémiologie; l'OMS sera très heureuse de collaborer avec l'Association. Les délégués de la République Démocratique Allemande et de la Norvège ont parlé de l'importance des indicateurs sanitaires. Les indicateurs traditionnels sont principalement fondés sur les statistiques de mortalité. Il serait maintenant nécessaire de mettre au point de nouveaux indicateurs qui feraient aussi entrer en ligne de compte les statistiques de morbidité et les données socio- économiques touchant la santé. L'OMS étudie ce problème en collaboration avec le Bureau de Statistique de l'ONU et avec l'Organisation de Coopération et de Développement économiques dans le contexte de l'élaboration d'indicateurs sociaux. Le délégué du Népal a demandé pourquoi les fonds destinés au programme interrégional accusent une diminution en 1976. La principale raison en est l'incertitude qui règne au sujet des sources de fonds autres que le budget ordinaire, en particulier au sujet du FNUAP. M. Uemura remercie tout particulièrement le délégué du Royaume -Uni d'avoir offert l'assistance d'experts britanniques pour les activités de formation liées à la Neuvième Révision de la Classification internationale des Maladies. En ce qui concerne le projet de résolution sur les statistiques sanitaires relatives à l'alcool,

M. Uemura donne à la Commission l'assurance que ce problème sera examiné à fond et que la Division des Statistiques sanitaires collaborera étroitement avec le Bureau de la Santé mentale à l'élaboration d'un programme. Le Dr GIVOVICH MERCIER (Chili) note que, dans l'exposé concernant la Classification internationale des Maladies, on se réfère à une formule révisée de certificat de la cause de décès en ce qui concerne spécialement la mortalité périnatale. Le délégué du Chili ne sait pas dans quelle intention cela a été fait, mais il sait bien que dans de nombreux pays on commet de plus en plus l'erreur de définir comme maladies périnatales pratiquement toutes les maladies qui peuvent affecter le nouveau -né. On parle, par exemple, de maladie hémolytique périnatale alors que le tableau nosologique correspondant est antérieur à la brève période périnatale. La confusion va si loin qu'on qualifie de "périnatologue" le pédiatre pratiquant

COMMISSION A

:

TREIZIEME SEANCE

459

la néonatologie, discipline dont le domaine déborde de beaucoup, en deçà et au -delà, la brève période périnatale. Au Chili, dans certains services de néonatologie, on applique une classification qui permet de grouper les tableaux cliniques en fonction de la période du développement embryonnaire et foetal au cours de laquelle s'est produite l'atteinte. On a ainsi constitué trois grands groupes. Le premier englobe toutes les affections du nouveau -né dues à des anomalies de la croissance et du développement intra- utérins (dénutrition intra- utérine, malformations, dysfonctions et néoplasmes). Le deuxième groupe englobe tous les troubles dus à des maladies ou des affections maternelles qui se sont produites ou aggravées durant la grossesse (iso- immunisation, contamination ovulaire, endocrinopathies maternelles, etc.) et le troisième groupe, qui est véritablement celui des maladies périnatales, comprend les atteintes de la période précédant immédiatement l'accouchement ou de l'accouchement (hypoxie néonatale, traumatisme cérébral, syndrome d'aspiration, lésion obstétricale, défaillance d'origine analgésique ou anesthésique et accidents hémorragiques). Cette classification des maladies du nouveau -né est importante parce qu'elle permet de renforcer les sous -programmes de santé maternelle et infantile en fonction des maladies qui prévalent dans une maternité donnée. S'il s'agit de maladies appartenant aux deux premiers groupes, c'est essentiellement du sous -programme de surveillance de la grossesse qu'il faut se préoccuper; en revanche, s'il s'agit de troubles du groupe des maladies périnatales, il faut améliorer les soins lors de l'accouchement. Une application de ces principes aux programmes nationaux de santé maternelle et infantile permettrait de tirer des conclusions importantes en ce qui concerne les déficiences de ces programmes et les meilleurs moyens d'y remédier d'une manière spécifique sans revoir la totalité du programme considéré, ce qui augmenterait les dépenses. Le délégué du Chili aimerait connaître l'opinion de l'OMS à cet égard.

Le Dr JOYCE (Irlande), parlant de la Neuvième Révision de la Classification internationale des Maladies, suggère de marquer d'un astérisque les termes insatisfaisants qu'on a été obligé d'y inclure. Souvent, les personnes chargées du codage de ces termes n'en comprennent pas pleinement la signification médicale. (Voir la suite du débat dans le procès -verbal de la dix -septième séance, section 2.)

Promotion de la salubrité de l'environnement (secteur de programme 6.1) (suite) Normes alimentaires (programme 6.1.7) (suite de la douzième séance) Répondant à une question du Dr GOMAA (Egypte) sur la définition respective des aliments et des médicaments et ce qui est fait pour assurer que tout produit difficile à classer dans l'une ou l'autre catégorie ne puisse être soustrait à l'application des normes, le Dr LU (Additifs alimentaires) explique que les aliments sont définis comme des substances que l'homme consomme pour assurer ses fonctions physiologiques normales et sa croissance. Cette définition exclut les médicaments, qui sont des substances utilisées à des fins prophylactiques, diagnostiques ou thérapeutiques. Il arrive toutefois qu'il y ait des chevauchements, comme dans le cas des aliments diététiques ou enrichis - par exemple, les aliments à haute teneur en protéines, ou apportant beaucoup ou peu de calories, ou à faible teneur en sodium, ainsi que les aliments pour les enfants en bas âge. L'OMS s'occupe de ces produits en collaboration avec la FAO et avec des experts des gouvernements dans le cadre de la Commission du Codex Alimentarius, chargée d'assurer, par l'élaboration de normes, que les denrées alimentaires correspondent aux déclarations des fabricants et ne contiennent pas de substances nocives. Un chevauchement entre aliments et médicaments se produit aussi dans le cas des médicaments vétérinaires qu'on utilise pour stimuler la croissance des animaux d'élevage et à d'autres fins. Dans cette catégorie entrent des substances telles que les hormones anaboliques, les antibiotiques et d'autres substances chimiothérapeutiques qui laissent souvent dans la viande, les oeufs et le lait des résidus pouvant entraîner des risques pour la santé. Ces substances ont été évaluées par le Comité mixte FAO /OMS d'experts des Additifs alimentaires ainsi que par une conférence -atelier sur les antibiotiques organisée il y a deux ans par le Bureau régional de l'Europe. Ces évaluations avaient pour but d'assurer que la concentration de résidus dans les oeufs, la viande, etc. se situait dans des limites acceptables. Services de documentation (secteur de programme 7.2) M. TAINE (Bureau des Services de Bibliothèque et de Documentation en matière de Santé) dit que l'exposé de programme figurant dans les Actes officiels N° 220 marque un changement majeur des activités de l'Organisation dans le secteur de programme relatif aux services de documentation en matière de santé. Alors que le programme de l'année précédente, essentiellement passif et traditionnel, était axé sur la bibliothèque et avait surtout pour objet d'assurer un service au personnel de l'OMS à Genève et ailleurs, le nouveau programme est caractérisé par un accroissement du dynamisme et du champ d'action. A la suite de la résolution WHA25.26, selon laquelle l'OMS "devrait assumer un rôle majeur dans la coordination et l'amélioration des échanges scientifiques biomédicaux ", on a lancé à l'échelle mondiale un nouveau et vaste programme de documentation en matière de santé. L'objectif fondamental de ce programme est d'aider les pays en voie de développement à renforcer leur capacité d'obtenir les informations qui leur sont indispensables pour toute la gamme des

460

VINGT- HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

activités d'éducation, de formation, de recherche et de distribution des soins. A cette fin, on établit des plans pour, conformément à la résolution mentionnée, "confier à un groupe international d'experts une étude du rôle à jouer par l'OMS pour la solution des problèmes contemporains posés par les échanges scientifiques biomédicaux ". Le programme relatif à la documentation vise à rendre les pays capables de satisfaire les besoins locaux, nombreux et variés, de documentation en matière de santé. En dépit des différences notables qu'on peut observer d'une Région et d'un pays à l'autre, il existe suffisamment de facteurs positifs communs pour permettre d'adopter une approche mondiale. Les éléments du programme relatif à la documentation ont été choisis et organisés après de vastes études et des observations directes effectuées dans de nombreux pays en voie de développement de diverses parties du monde. Le programme prévoit la création de centres régionaux de documentation qui fourniront et coordonneront toute une gamme de services disponibles dans divers pays. Le développement des infrastructures et des compétences sur le plan national figurera parmi les objectifs essentiels de ces centres régionaux. Ces centres assureront une formation efficace du personnel en matière de bibliothèque et d'information, amélioreront la distribution des matériels de bibliothèque, permettront d'accéder à des sources d'information lointaines et chercheront à résoudre des problèmes difficiles qui, dans le passé, ont fait obstacle à un échange satisfaisant d'informations. Parmi les éléments du programme figure le service MEDLINE, qui entre avec succès dans sa deuxième année d'activité. La planification concernant d'autres éléments est bien avancée, mais leur plein développement et leur mise en route nécessiteront un financement adéquat. Le financement du programme devrait être en quasi - totalité assuré par des sources extrabudgétaires, qu'on a activement sollicitées à cet effet. On a eu cependant des difficultés à faire comprendre aux donateurs potentiels la grande importance du programme relatif à la documentation qui, jusqu'ici, n'a joué qu'un modeste rôle de soutien à l'égard de la presque totalité des autres programmes d'action sanitaire. Dans le cadre de l'Organisation, l'importance accordée au programme est illustrée par le rattachement de ce qui s'appelle maintenant le Bureau des Services de Bibliothèque et de Documentation en matière de Santé au Bureau du Directeur général. La mise en oeuvre efficace du programme de documentation dépendra dans une large mesure du soutien actif des Etats Membres et du rang de priorité qu'ils voudront accorder à cette entreprise. Selon le Professeur SENAULT (France), les services de documentation sont particulièrement importants. En effet, la documentation fournie par l'OMS tant aux pays développés qu'aux pays en voie de développement est un moyen essentiel de diffusion des connaissances sur l'évolution de la pensée scientifique moderne. A une époque où, dans tous les pays, la recherche se développe avec une rapidité extraordinaire, il est absolument nécessaire que les Etats Membres soient informés de ce qui se réalise dans les différents secteurs de l'activité sanitaire. Tous ceux qui participent aux activités d'enseignement et de formation des professionnels de la santé, de même que ceux qui travaillent dans les. services de santé, connaissent la grande valeur de la documentation de l'OMS. L'élément "dépense" est important et la documentation devrait être distribuée avec discrimination pour éviter le gaspillage. Le Professeur Senault se félicite de l'orientation nouvelle prise par les services de documentation qui feront un effort particulier dans certains secteurs géographiques. Le Dr MARCIAL (Mexique) est de l'avis du délégué de la France. La planification et la mise en place d'un réseau de services de documentation biomédicale représentent dans beaucoup de pays en voie de développement une tâche prioritaire. Comme dans ces pays la plupart des bibliothèques sont pauvres et ne peuvent s'abonner à un nombre suffisant de périodiques, la plus grande partie de la documentation concernant les progrès de la science biomédicale reste dans les centres d'information et de documentation. Les services de documentation médicale ont besoin de fonds pour s'abonner aux périodiques, de matériel audio- visuel et autre, d'un personnel professionnel et auxiliaire qualifié et d'une assistance technique. Le service MEDLINE offre de grandes possibilités aux pays de la Région des Amériques. Il importe que les services nationaux d'information et de documentation deviennent autonomes et créent des centres qui constituent un réseau fonctionnant avec la participation des services de santé et des universités. D'où la nécessité urgente de développer et d'améliorer les services de documentation dans tous les pays en voie de développement. Le Dr MAFIAMBA (République -Unie du Cameroun) souligne l'utilité du service MEDLINE mis à la disposition des Etats Membres. Il note avec satisfaction que des mesures sont prises pour faire mieux connaître aux personnels sanitaires de tous les pays, et en particulier à ceux de la Région africaine, les services de documentation de l'OMS. Le Dr TARIMO (République -Unie de Tanzanie) juge excellents les Objectifs que vise l'OMS en créant des centres régionaux de documentation, mais il ne voit pas exactement comment ces centres vont fonctionner. Etant donné les difficultés de communication entre les pays, en particulier dans la Région africaine, il ne voit pas comment un centre donné pourra desservir

COMMISSION A

:

TREIZIEME SEANCE

461

plusieurs pays différents. Il se demande sri l'on n'obtiendrait pas de meilleurs résultats en utilisant les bureaux des représentants de l'OMS comme centres de diffusion de la documentation en matière de santé. Le Dr Tarimo invite instamment l'OMS à intensifier son action concernant la collecte de renseignements sur les activités sanitaires et leur diffusion dans les pays en voie de développement. Le Dr SADELER (Dahomey) fait siens les arguments exposés par les orateurs qui l'ont précédé. Il demande au Directeur général d'aider à renforcer les services de documentation là où il en existe déjà et d'agir d'urgence pour dresser les plans de tels services dans les pays où il n'y en a pas. L'enseignement et la recherche, notamment la recherche en épidémiologie, ne sauraient progresser sans services de documentation régulièrement mis à jour. Il convient de mettre à la disposition des pays en voie de développement une infrastructure de base comprenant des bibliothèques universitaires où l'on trouverait les publications les plus récentes et des moyens audio- visuels pour faciliter la formation ou le recyclage des équipes de santé nationales. Il faudrait aussi faciliter les échanges d'informations entre les centres de recherche et les universités, aussi bien dans les pays développés que dans les pays en voie de développement.

Le Dr ADAMAFIO (Ghana) rappelle que, depuis quelques années, l'OMS incite les pays en voie de développement à compter davantage sur les centres de santé ruraux pour la prestation des soins de santé. Ces centres sont dirigés par des assistants sanitaires ou des cadres qui, sans avoir les hautes qualifications des médecins, sont formés pour s'acquitter de fonctions multiples concernant notamment la prévention des maladies et les conseils en matière de planification familiale et de nutrition. On aurait besoin d'un manuel d'instruction complet qui faciliterait la formation de cette catégorie de personnel ainsi que celle des techniciens de laboratoire. Le grand public étant en majorité ignorant en matière de santé, il est essentiel d'assurer un bon service d'éducation sanitaire. Malheureusement, les matériels qu'on utilise pour l'éducation sanitaire (films, bandes magnétiques, etc.) ne sont pas toujours appropriés aux conditions locales, notamment à celles des collectivités rurales. L'OMS devrait donc chercher à mieux adapter les matériels en question. Le Ghana souffre d'une pénurie d'éducateurs sanitaires et serait reconnaissant à l'OMS de l'aider à en former davantage. Le Dr SHRIVASTAV (Inde) dit qu'il faut prendre soin, quand on dresse les plans d'un service de documentation en matière de santé, d'éviter les doubles emplois avec l'abondante documentation médicale produite par l'OMS. Par ailleurs, beaucoup de pays souffrent d'une grave pénurie de manuels de formation pour le personnel paramédical et de matériel éducationnel pour les facultés de médecine; l'OMS devrait s'efforcer d'y remédier. Pour le Dr JOYCE (Irlande), les publications de l'OMS ne connaissent pas une diffusion suffisamment large. L'Organisation devrait envoyer tous les mois ou tous les deux mois une liste de ses publications à toutes les revues médicales. M. TAINE (Bureau des Services de Bibliothèque et de Documentation en matière de Santé) souligne que le nouveau programme sera notamment caractérisé par une variation des activités selon la Région et selon le pays, ce qui mènera au développement sur le plan national dont ont parlé les délégués du Mexique et du Dahomey. Répondant à la question soulevée par le délégué du Ghana, M. Taine précise que les centres régionaux seront équipés pour fournir des services qui répondent aux besoins particuliers des divers pays. Passant à la remarque faite par le délégué de l'Inde, M. Taine donne à la Commission l'assurance que l'OMS cherche à coordonner les activités et à utiliser au maximum les moyens existants. Elle s'efforce de fournir les types de documentation qui ne sont pas déjà diffusés par d'autres organismes.

La séance est levée à 11 h.40.

QUATORZIEME SEANCE Lundi 26 mai 1975, 15 h.30 Président :

Dr Marcella DAVIES (Sierra Leone)

EXAMEN DETAILLE DU BUDGET PROGRAMME POUR LES EXERCICES FINANCIERS 1976 ET 1977 (suite) Publications de l'OMS (secteur de programme 7.3)

Ordre du jour, 2.2.3

Le Dr MANUILA (Directeur de la Division des Publications et Traductions) déclare qu'il ressort manifestement des débats de la séance précédente qu'il existe une certaine confusion entre le programme OMS des services de documentation, qui a déjà été présenté à la Commission, et le programme des publications et traductions. En fait, une grande partie des observations et questions déjà formulées concernaient le programme des publications. Le programme des services de documentation comporte la diffusion d'informations produites en dehors de l'OMS, principalement sous la forme de publications, de périodiques, de documents et de services de recherche bibliographique spéciaux tels que le MEDLINE. Le programme des publications et traductions porte sur la planification, la production et la distribution d'informations émanant de l'OMS elle -même et destinées aux travailleurs de la santé, particulièrement sous la forme de publications et de documents. Les publications de l'OMS ne représentent qu'une faible partie de l'ensemble de la littérature médicale, mais elles correspondent ou doivent correspondre très directement aux besoins des Etats Membres. Toute évaluation des efforts déployés par l'OMS dans le domaine de l'information biomédicale doit porter uniquement sur leur adéquation aux besoins des Etats Membres. La Vingt -Cinquième Assemblée mondiale de la Santé, dans sa résolution WHA25.26, a exprimé l'opinion que "l'Organisation mondiale de la Santé devrait assumer un rôle majeur dans la coordination et l'amélioration des échanges scientifiques biomédicaux ". Dans la même résolution, le Directeur général a été prié d'entreprendre une étude de faisabilité afin de déterminer si l'Organisation doit préparer et publier des manuels de médecine. Cette résolution place le programme des publications dans une perspective nouvelle. Si elle était appliquée intégralement, il ne suffirait plus de mettre des informations à la disposition des Etats Membres ainsi que des personnels médicaux et de santé publique sous la forme de publications éditées par l'OMS, mais il faudrait aussi encourager activement le développement, la coordination et l'amélioration des échanges biomédicaux en général. C'est là une tâche difficile en raison des grandes différences qui existent entre les moyens d'information médicale dans les diverses parties du monde. Le rassemblement systématique d'informations sur les besoins des Etats Membres est indispensable, de même qu'une évaluation du genre d'assistance qui serait nécessaire pour l'amélioration des moyens existants. Les efforts consentis dans ce domaine doivent avoir un caractère pluridisciplinaire et faire appel à une étroite coopération entre les programmes des services de documentation, ceux des Divisions des Publications et Traductions et du Développement des Personnels de Santé, et probablement d'autres encore. Petit à petit des progrès sont accomplis dans ce sens et le Dr Manuila espère qu'un rapport beaucoup plus étoffé pourra être présenté à la Vingt -Neuvième Assemblée mondiale de la Santé.

La production et la publication d'auxiliaires de l'enseignement, dont le délégué du Ghana a parlé, ont progressé à un rythme beaucoup plus rapide. Des études préliminaires ont été faites et des consultations ont été organisées sur ce thème au Bureau régional de l'Afrique. Les études préliminaires montrent que les auxiliaires de l'enseignement, y compris les manuels destinés aux personnels de santé de divers niveaux, constituent un besoin prioritaire. Un tel matériel, produit en tenant compte des besoins locaux, et non pas simplement importé de l'étranger ou conçu ailleurs, répondra à un besoin profondément ressenti et constituera un élément essentiel du développement des personnels de santé. Ces efforts seront poursuivis par la Division du Développement des Personnels de Santé, en collaboration avec la Division des Publications et Traductions et d'autres services. Plusieurs autres faits se sont produits, notamment en ce qui concerne l'incidence de la situation financière de l'Organisation sur le programme des publications ainsi que les besoins de publications des bureaux régionaux, mais étant donné le temps limité dont il dispose, le Dr Manuila n'en traitera qu'en 1976. Il mentionnera toutefois un autre fait important, ce qui apportera une réponse provisoire au sujet de certains points soulevés par les délégués de la France, de la République -Unie du Cameroun, du Dahomey, de l'Inde et de l'Irlande. En raison de la crise financière actuelle, et après 28 ans d'un développement progressif du programme des publications, le Directeur général a estimé que le moment était venu de procéder à une réévaluation plus complète des services et éventuellement à une réorientation du programme, et il pose aux services intéressés des questions impliquant une vaste remise en cause ainsi que certaines questions précises.

- 462 -

COMMISSION A

:

QUATORZIEME SEANCE :

463

Voici un exemple d'une question de portée générale Est -ce que tout ce que fait l'OMS en matière de publications répond à une nécessité, ou n'y aurait -il pas lieu d'élaguer du bois mort pour permettre à de nouvelles pousses de se développer ? Voici un exemple d'une question précise le Bulletin de l'Organisation mondiale de la Santé n'est -il pas une revue trop spécialisée et trop semblable à beaucoup d'autres du même genre, ne présentant d'intérêt que pour des cercles étroits de spécialistes ? C'est sans doute à cela que songeait le délégué de l'Inde lorsqu'il a fait son intervention. Peut -être les Etats Membres préféreraient -ils que le Bulletin soit publié sous une forme un peu modifiée, avec six numéros par an, au lieu de douze, et que les économies ainsi réalisées soient affectées à une publication trimestrielle contenant des informations sur les faits nouveaux en matière de santé publique dans divers pays ainsi que des articles d'intérêt général. L'orientation du programme des publications dépend entièrement des voeux des Etats Membres, à condition que le Directeur général et le Secrétariat en aient connaissance. Il serait donc extrêmement utile que les délégués invitent leurs propres services à faire connaître au Secrétariat, par lettre, au cours des prochaines semaines ou des prochains mois, leurs désirs et leurs :

critiques.

Le Dr GOMAA (Egypte) demande si l'Organisation a utilisé des moyens autres que les publications et les laboratoires pour venir en aide aux écoles de médecine qui sont surchargées. A -t -elle envisagé l'emploi des méthodes audio- visuelles pour la formation des personnels de santé ? Le Dr MAFIAMBA (République -Unie du Cameroun) exprime ses félicitations à l'Organisation pour la haute qualité de certaines de ses publications récentes, notamment L'Hôpital rural,1 L'Onchocercose,2 Health project managements et le Manuel de radioprotection dans les hôpitaux et en pratique générale.4 Certains des documents publiés dans la Chronique OMS offrent un grand intérêt pour les services de santé des pays du tiers monde comme moyen de perfectionnement pour les travailleurs de la santé et les responsables de la politique sanitaire. Il convient de féliciter particulièrement l'auteur des Bases scientifiques des conférences sanitaires internationales, étude parue récemment dans la Chronique OMS.5 La délégation de la République -Unie du Cameroun souhaite voir développer encore davantage le programme des publications de l'OMS. A ce sujet, le Dr Mafiamba demande s'il serait possible de réduire les longs délais de réception par les destinataires de la Chronique OMS et du Recueil international de Législation sanitaire, et s'il serait possible de faire paraître également en français des publications aussi utiles que Health project management. Il attend avec intérêt la publication d'un guide faisant autorité sur la programmation des budgets nationaux de santé. Le Professeur SENAULT (France) reconnaît qu'il y a eu dans son esprit une certaine confusion entre publications et documentation et il se demande si ces deux services ne font pas double emploi dans une certaine mesure. En français, tout au moins, la notion de documentation englobe tous les documents imprimés et publiés.

Le Professeur ORNA (Roumanie) félicite l'OMS de son programme de publications. A son avis, il serait utile de recueillir toutes les informations disponibles sur la santé publique, l'assistance médicale et sanitaire, l'enseignement de la médecine et la recherche médicale dans tous les Etats Membres afin de les utiliser dans le programme, ainsi que de faire des recherches sur l'information médicale dans le monde en vue de proposer des améliorations dans ce domaine. Le Dr MANUILA (Directeur de la Division des Publications et Traductions), répondant au délégué de l'Egypte, confirme que les méthodes audio- visuelles ont leur place dans le programme.

1 Bridgman, R. F. L'hôpital rural sa structure et son organisation, Genève, Organisation mondiale de la Santé, 1954 (Monographie N° 21, réimprimée en 1969). :

L'onchocercose symptomatologie, anatomopathologie, diagnostic, sous la direction de A. A. Buck, Genève, Organisation mondiale de la Santé, 1974. :

2

Bainbridge, J. & Sapirie, S. Health project management: a manual of procedures for formulating and implementing health projects, Genève, Organisation mondiale de la Santé, 1974 (Publication offset, N° 12). Manuel de radioprotection dans les hôpitaux et en pratique générale, publié sous l'égide de l'OIT, de l'AIEA et de l'OMS, Genève, Organisation mondiale de la Santé, volume 1, 1974. Republié sous Howard- Jones, N. Les bases scientifiques des conférences sanitaires internationales, 1851 -1938, Genève, Organisation mondiale de la Santé, 1975 (Histoire de la Santé publique internationale, N° 1). :

3

4

5

464

VINGT- HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

En réponse au délégué de la République -Unie du Cameroun, il déclare que le Secrétariat s'occupera du problème des retards de livraison, problème qui se pose depuis longtemps. C'est uniquement pour un motif d'ordre financier que Health project management n'a pas encore été publié en français, mais la traduction en est prête et l'on espère que les lecteurs intéressés pourront en disposer prochainement. Le Dr Manuila remercie les délégués de la France et de la Roumanie de leurs observations constructives.

Information pour la santé (secteur de programme 7.4)

M. TOMICHE (Directeur de la Division de l'Information) rappelle que l'information pour la santé, dont le but est d'appuyer les services et programmes techniques de l'Organisation, utilise à cette fin la presse, la radio, la photographie et le film, et fait également une place importante aux relations publiques. Les activités intéressant la presse comprennent principalement la publication du magazine Santé du Monde, qui parait maintenant en huit langues, et celle de 250 communiqués de presse diffusés chaque année par le Siège et les bureaux régionaux, dont une trentaine sont consacrés aux travaux de l'Assemblée de la Santé et du Conseil exécutif, sans compter divers articles et brochures de caractère éducatif ainsi qu'une pochette spéciale d'information sur le thème de la Journée mondiale de la Santé. Le service de la radio réalise un programme mensuel en anglais, français et espagnol, qui est distribué sur demande et diffusé chaque mois par environ 200 stations de radio du monde entier. Des programmes spéciaux sont consacrés à la Journée mondiale de la Santé et à des événements d'un intérêt particulier, comme l'Année internationale de la Femme ou la conférence des Nations Unies sur les établissements humains (Habitat), qui se tiendra à Vancouver en 1976. Une conférence de presse sur la variole, qui se déroulait simultanément à Washington, New York, Genève et New Delhi, a été diffusée par satellite, ce qui constitue une innovation; cette conférence a donné lieu à une série d'articles parus dans la plupart des grands journaux du monde. Le service de la radio produit quelque 500 enregistrements par an et en distribue environ 3000 copies qui, rappelle le Dr Tomiche, ne sont envoyées que sur demande. Le service photographique produit environ 40 000 documents par an. Les photographies en noir et blanc sont distribuées gratuitement. La demande est en augmentation, notamment de la part des écoles et des hôpitaux. L'OMS ne peut malheureusement pas produire beaucoup de films en raison de leur coût élevé, mais elle s'efforce de stimuler des producteurs extérieurs. En 1975, l'OMS a réalisé un film sur la variole en trois versions (anglaise, espagnole et française) qui a été bien accueilli et a été télévisé sur 20 réseaux nationaux. Un autre film sur la prévention de la cécité est en préparation pour 1976. I1 existe d'autres activités de caractère occasionnel, telles que des séminaires sur des thèmes spéciaux destinés à des journalistes. En novembre 1975, un séminaire régional aura lieu à New Delhi sur le thème "Santé, femmes et développement" et il réunira des journalistes de la presse écrite et parlée de tous les pays de l'Asie du Sud -Est. Des expositions photographiques sont aussi organisées pour illustrer un sujet important ou un programme de l'OMS. Le programme de la Division de l'Information se heurte à de grandes difficultés à cause des effets conjugués de l'inflation et de la baisse du dollar. Le prix du papier journal a augmenté de 96 % de février 1973 à avril 1974 et, il y a déjà eu en 1975 une augmentation d'environ 15 % du prix du papier et de 10 % des frais d'impression. En 12 mois, le prix du papier photographique a pratiquement doublé. Des économies de tous genres ont été réalisées pour faire face à ces augmentations. Le format des photographies a été réduit de moitié et l'emploi de la couleur dans les pages intérieures des magazines a été abandonné. On étudie actuellement la possibilité de faire payer les photos en noir et blanc, comme le font déjà certaines autres institutions des Nations Unies. Il est toutefois encourageant de constater que les recettes provenant de la vente de films ont augmenté de 75 % en 1974, passant de US $16 000 à $28 000. L'OMS cherche à entreprendre le plus possible de projets en collaboration avec d'autres institutions des Nations Unies et diverses organisations non gouvernementales, afin d'en diminuer le coût. On peut citer comme exemple le séminaire de New Delhi sur l'Année internationale de la Femme, qui sera financé conjointement par le FISE, l'OMS et le Centre ONU de l'information économique et sociale. Tous les moyens possibles sont étudiés pour réaliser des économies supplémentaires sans que la qualité et l'efficacité des services assurés s'en ressentent. Le Professeur SENAULT (France) félicite l'Organisation pour la qualité de la publication Santé du Monde, qui aborde les problèmes d'éducation pour la santé avec beaucoup de réalisme et constitue dans ce domaine un complément appréciable aux publications nationales. Personnel

et services généraux (secteur de programme 8.1)

Il n'y a pas d'observations.

Budget et finances (secteur de programme 8.2) M. GROENENDIJK (Directeur de la Division du Budget et des Finances) dit que sa Division a des tâches d'économie domestique - telles que le paiement des traitements et l'administration des fonds de l'Organisation.

COMMISSION A

:

QUATORZIEME SEANCE

465

Elle aide également à la préparation et à l'unification du budget programme, et fournit des données de caractère financier et budgétaire aux responsables de la gestion du programme et à des organismes extérieurs. En outre, elle apporte une contribution à certaines opérations techniques en assurant des services de traitement de l'information grâce aux ressources du Centre international de Calcul. Les responsabilités de la Division se sont accrues en même temps qu'augmentaient les ressources financières mises à la disposition de l'Organisation. En particulier, les fonds extrabudgétaires de l'OMS se sont accrus de manière substantielle en quelques années, passant de US $16 millions en 1969 à US $53,6 millions en 1974, et elles représentent aujourd'hui environ le tiers des fonds dont l'Organisation dispose. Elles augmenteront encore dans les deux prochaines années. Le programme de lutte contre l'onchocercose dans le bassin de la Volta, par exemple, a débuté en 1974 avec des fonds mis à disposition par la Banque mondiale. Les fonds engagés se sont élevés à $2,7 millions en 1974, devraient atteindre environ $7 millions en 1975, et seront compris entre $9 et 10 millions pour chacune des deux années 1976 et 1977. Récemment, l'Organisation a pu disposer de fonds plus importants grâce au fonds bénévole pour la promotion de la santé (qui est passé de $9,3 millions en 1973 à $13,8 millions en 1974), au FNUAP (dont le montant est passé de $6,7 millions en 1973 à $9 millions en 1974) et au PNUD (qui a remboursé $14,1 millions de dépenses en 1973 et $16,1 millions en 1974). On peut espérer que, dans le domaine du budget et des finances, on pourra faire face à ces responsabilités croissantes sans qu'il soit nécessaire de demander des ressources budgétaires supplémentaires. L'accroissement du volume de travail est absorbé grâce à la révision constante des méthodes et techniques employées pour s'acquitter des tâches en cause. Par exemple, une étude sur les attributions et le fonctionnement du service de Traitement de l'information a été entreprise et une vaste étude sur les services du budget et des finances est en cours en vue de rationaliser les méthodes actuelles et de pouvoir assurer une information plus utile en matière de budget et de finances. D'autres études analogues se poursuivent, notamment une étude sur la présentation du Rapport financier annuel, déjà mentionnée devant la Commission B. Le document budgétaire lui -même a été profondément remanié. La situation financière en fin d'exercice est présentée dans le Rapport financier annuel du Directeur général et il convient que ce document soit révisé lui aussi, afin que les données qu'il renferme soient axées davantage sur le programme, et plus intéressantes et accessibles au lecteur non spécialisé. Vérification intérieure des comptes (secteur de programme 8.3) M. DOUGLAS (Vérification intérieure des Comptes) explique que le Bureau de la Vérification intérieure des Comptes fait directement rapport au Directeur général tous les ans, lui rend compte de l'état des avoirs de l'Organisation et l'informe des résultats généraux des vérifications, de toutes questions importantes en suspens et de toutes autres questions qu'il estime nécessaire de porter à sa connaissance. En outre, des entretiens bimestriels réguliers avec le Directeur général viennent d'être institués. Les principales tâches du service sont de trois ordres. Premièrement, il exerce la fonction traditionnelle de contrôle de la qualité qui comporte l'examen des transactions financières afin de s'assurer qu'elles sont conformes aux principes, procédures, statuts et règlements de l'Organisation. Deuxièmement, il procède à l'examen des systèmes de contrôle comptable, financier et administratif. Troisièmement, il s'acquitte de ce que le Commissaire aux Comptes a appelé "les vérifications d'efficacité ", c'est -à -dire l'examen de certains services ou de certaines fonctions afin de s'assurer que leur administration ou leur exécution sont assurées avec efficience et efficacité. M. Douglas rappelle l'exposé que le Commissaire aux Comptes a fait à l'Assemblée, car certaines des discussions qui l'ont suivi concernent aussi le Bureau de la Vérification intérieure des Comptes. Il a été convenu d'un commun accord que la vérification détaillée des transactions financières et celle des systèmes de contrôle intérieur seraient essentiellement la responsabilité du Bureau de la Vérification intérieure des Comptes, et que les travaux du Commissaire aux Comptes à cet égard dépendraient largement de l'importance et des résultats des travaux du Bureau. La tendance est à mettre davantage l'accent sur le système de contrôle intérieur et sur les vérifications d'efficacité. Le service a eu de manière continue avec le Commissaire aux Comptes des échanges de vues extrêmement utiles et féconds. M. Douglas se félicite que les travaux de vérification intérieure et de vérification extérieure se complètent et que l'indépendance des fonctions, absolument indispensable à une action efficace, soit en même temps respectée. Les vérifications comprennent les contrôles au Siège, une visite tous les ans dans chacun des bureaux régionaux ainsi qu'au Centre international de Recherche sur le Cancer à Lyon et, en cas de nécessité, des visites aux bureaux des représentants de l'OMS ainsi qu'aux lieux où se déroulent de vastes projets tels que le Programme de lutte contre l'onchocercose dans le bassin de la Volta. Il se pourrait que le Bureau de la Vérification intérieure soit amené à s'occuper davantage des activités des bureaux des représentants de l'OMS; cela dépendra des constatations et conclusions du groupe de travail sur le développement des systèmes d'information, qui fera son rapport en décembre 1975; le Bureau de la Vérification intérieure des Comptes fait partie du sous -groupe qui s'occupe de la formulation et de la mise en oeuvre du projet. Le Bureau assure aussi la vérification intérieure des comptes de l'OPS à Washington et, à ce titre, visite les grands centres d'Amérique latine, tels le Centre panaméricain de la Fièvre aphteuse, le Centre panaméricain des Zoonoses, l'Institut de la Nutrition de l'Amérique

466

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

centrale et du Panama, les bureaux de zone et les bureaux des représentants dans cette Région. D'autre part, le Bureau coopère à Washington avec la Section de Gestion et fait annuellement deux visites sur le terrain à des projets et à d'autres services, non pas pour la vérification des comptes mais simplement comme membre d'une équipe de gestion. L'effectif du service est resté inchangé depuis 1961, quoique le volume du budget ait décuplé depuis cette époque. Pour faire face à l'accroissement continuel des tâches sans augmenter le personnel, et toujours conscient du risque que ceci implique, le Bureau est parvenu, M. Douglas l'espère, à maintenir un contrôle adéquat en insistant sur les systèmes de contrôle intérieur, en recourant aux techniques de sondage et en étalant certains éléments du programme de vérification sur trois ans. Au sujet de la question de la dotation en personnel, les responsables de la vérification intérieure des comptes de toutes les institutions internationales tiennent une réunion chaque année. Un groupe de travail a été créé à Vienne, en 1974, pour tenter d'établir s'il existe un moyen de définir des critères applicables à la dotation en personnel d'un service de vérification intérieure des comptes. La question a été étudiée à fond et des lettres ont été envoyées à cet effet à de nombreuses grandes entreprises industrielles, à des bureaux d'expertscomptables et à quelques institutions gouvernementales. Il y a eu un pourcentage élevé de réponses mais aucune d'elles n'a fourni une formule ou une liste de critères permettant de déterminer l'effectif convenable d'un service de vérification intérieure des comptes. Malgré l'augmentation constante du prix des transports et des indemnités journalières, les frais de voyage ont été réduits depuis quelques années grâce à diverses mesures au lieu d'une équipe de deux vérificateurs, on en a envoyé un seul; on a fait au Siège une plus grande part des contrôles concernant les comptes des bureaux régionaux; on a fait expédier les comptes au Siège; on a tiré profit au maximum des possibilités de voyages à tarif touristique. En outre, dans certains cas, on est arrivé à combiner le voyage de congé dans les foyers avec un voyage de travail. Toutefois, le service estime qu'il faut faire au minimum une visite par an à chaque bureau régional. :

Services juridiques (secteur de programme 8.4) M. GUTTERIDGE (Directeur de la Division juridique) explique que, depuis le rattachement du service de la Législation sanitaire à la Division juridique, cette division s'efforce de développer ses activités et programmes de manière à fournir les meilleurs services possibles au programme de l'OMS, en particulier à son programme opérationnel dans les pays et les Régions. L'association de disciplines afférentes au droit et à la médecine se révèle utile lorsque sont en jeu des questions médico- juridiques telles que l'éthique médicale et l'incidence des sciences et des techniques sur les droits de l'homme, sujets qui sont tous deux activement étudiés à l'OMS même - notamment en rapport avec son programme de recherches médicales ou à l'occasion de problèmes plus spécifiques comme celui de la plasmaphérèse - ainsi que dans l'ensemble du système des Nations Unies. En ce qui concerne la législation sanitaire proprement dite, les principales activités continuent d'être le rassemblement des textes législatifs ayant trait à la santé, la publication du Recueil international de Législation sanitaire, l'établissement d'études comparées, la fourniture d'avis et consultations, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de TOMS, en particulier aux administrations sanitaires nationales et aux spécialistes de la santé publique; ces services sont en effet de plus en plus demandés. On espère qu'après la réunion de consultants qui doit avoir lieu en novembre 1975 pour préparer des directives concernant la fourniture aux gouvernements de services consultatifs et d'aide opérationnelle en matière de législation sanitaire, il sera possible, pendant la période biennale, d'établir de meilleurs échanges entre le Siège et les Régions pour la distribution et l'évaluation de cette assistance, et de mettre au point des moyens plus dynamiques de répondre aux besoins des gouvernements, en particulier des jeunes pays dont la législation fondamentale en matière de santé publique date d'avant leur accession à l'indépendance et n'est pas toujours adéquate ou convenablement orientée pour permettre de faire face à leurs besoins futurs sur le plan des systèmes de santé publique à large couverture. Pour ce qui est des questions juridiques, il convient de se souvenir que les activités de la Division sont directement liées aux programmes et aux activités d'ensemble de l'Organisation, de sorte que la description du programme d'activités juridiques ne comporte pas de changements fondamentaux. Il y a depuis quelques années une tendance à s'éloigner des questions de caractère formel et administratif pour se tourner davantage vers les questions de caractère institutionnel ou technique, comme les structures de gestion des programmes à grande échelle, la mise à la disposition du secteur public de médicaments et d'appareils relevant des programmes de recherches scientifiques de l'OMS, et d'autres questions connexes transfert de technologie, méthodes et procédures applicables à l'établissement de contrats pour des programmes exécutés par des sous -traitants - par exemple dans le domaine de l'hygiène du milieu - et, d'une manière générale, définition de normes et formulation de directives. Cette évolution, propre à faciliter l'activité de l'OMS dans d'importants secteurs, doit se poursuivre pendant la période biennale. Elle a toutefois nécessité des études dans des domaines juridiques spéciaux et l'OMS fait, à cet égard, figure de novatrice dans le système des Nations Unies. La Division s'attend à devoir fournir à l'avenir un travail plus spécialisé et plus technique qu'auparavant, mais les dispo:

COMMISSION A

:

QUATORZIEME SEANCE

467

sitions nécessaires ont été prises pour lui permettre de mener à bien ces activités pendant la période biennale avec le personnel existant. Planification du programme et activités générales (programme 8.4.1) Il n'y a pas d'observations.

Questions constitutionnelles et juridiques (programme 8.4.2)

Le Dr GOMAA (Egypte) rappelle que les gouvernements ont été priés de faire connaître leur opinion sur la question des incidences sur les droits de l'homme des progrès des sciences et des techniques. Il demande si l'on a l'intention d'inscrire cette question à l'ordre du jour d'une future Assemblée mondiale de la Santé avant de faire rapport à l'Organisation des Nations Unies. Législation sanitaire (programme 8.4.3) Le Dr MATTHEIS (République fédérale d'Allemagne) souligne l'utilité des activités de l'OMS dans le domaine de la législation sanitaire, en particulier de la compilation du Recueil international de Législation sanitaire. En s'efforçant de déterminer si la législation sanitaire des divers pays est conforme aux principes de l'Organisation et en encourageant l'échange d'informations concernant cette législation, l'OMS stimule la coopération internationale et facilite ainsi l'amélioration des services de santé pour le bien des populations. Il faut donc espérer que l'Organisation continuera l'exécution de cette partie de son programme en intensifiant les échanges de renseignements. Le Dr KRAUSE (République Démocratique Allemande), prenant la parole sur un point d'ordre, rappelle que les conditions de participation de l'orateur précédent ont fait l'objet d'une déclaration du chef de la délégation de la République Démocratique Allemande dans une lettre en date du 14 mai 1975 qui a été dûment distribuée, tout comme la lettre adressée le 16 mai 1975 au Président de l'Assemblée de la Santé par la délégation de l'Union des Républiques socialistes soviétiques. Le Professeur von MANGER -KOENIG (République fédérale d'Allemagne) rappelle, sur ce point d'ordre, que la Commission de Vérification des Pouvoirs a jugé valides les pouvoirs de la délégation de la République fédérale d'Allemagne à l'Assemblée de la Santé et que le rapport de la Commission en date du 14 mai 1975 a été accepté sans objections par l'Assemblée. Par conséquent, le Dr Mattheis est un membre pleinement qualifié de sa délégation, tout Etat Membre de l'OMS pouvant composer sa délégation comme il l'entend.

M. GUTTERIDGE (Directeur de la Division juridique) déclare avoir pris bonne note des observations relatives au programme de législation sanitaire. Il s'informera au sujet de la question posée par le délégué de l'Egypte et lui en parlera en privé. Programmes régionaux de soutien Planification du programme et activités générales au niveau régional (secteur de programme 9.1) Aide aux programmes dans les pays (secteur de programme 9.2) Services généraux régionaux de soutien (secteur de programme 9.3) Services communs régionaux (secteur de programme 9.4) Il n'y a pas d'observations.

Activités régionales Afrique Le Dr QUENUM (Directeur régional pour l'Afrique) présente le budget programme de la Région africaine pour 1976 et 1977. Il fait observer que la crise économique actuelle aura inévitablement des répercussions sur l'exécution de ce programme et sur les progrès sanitaires en Afrique. Toutefois, elle aura eu l'avantage d'amener le Bureau régional à mieux réfléchir à la manière la plus efficace et la plus économique d'utiliser des ressources précaires. Dix années d'action sanitaire régionale essentiellement orientée vers le développement des personnels de santé ont permis à de nombreux pays de la Région de créer des cadres nationaux qualifiés dont il faut maintenant faire le meilleur usage. A l'avenir, il faudra viser non pas à prolonger indéfiniment l'assistance technique extérieure, mais plutôt à mettre en place des mécanismes permanents qui conduiront le plus rapidement possible les Etats Membres à l'autosuffisance dans le domaine sanitaire. Des propositions concrètes à cet égard seront soumises au Comité régional à sa prochaine session. Les ressources qui seront mises à la disposition de la Région africaine en 1976 sont d'autant plus insuffisantes qu'il faut faire face à des besoins nouveaux résultant de l'accession à l'indépendance de plusieurs pays, de l'aide aux mouvements de libération nationale et de l'assistance aux pays touchés par des catastrophes naturelles telles que la séche-

468

VINGT- HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

resse. Un effort accru devra être déployé pour lutter contre des fléaux de plus en plus préoccupants comme la schistosomiase. Le Bureau régional s'efforcera de poursuivre et d'améliorer les résultats déjà atteints afin de prévenir toute dégradation de l'état sanitaire des populations africaines. Il espère pouvoir compter dans cette tâche sur l'appui sans faille de tous les Etats Membres de la Région. Le Dr BANGOURA (Guinée) félicite le Directeur régional pour l'efficacité de son action et souligne le rôle de conseiller de l'Organisation mondiale de la Santé et sa mission de coordination, qu'elle doit exercer en tenant compte des besoins, conditions et structures sanitaires des divers pays de- la Région ainsi que de la nature des programmes prioritaires. La représentation de l'OMS dans les pays devrait s'appuyer de plus en plus sur du personnel régional qualifié, et cela vaut particulièrement pour la Région africaine. Cette observation n'implique aucune critique à l'égard du personnel que l'OMS a envoyé jusqu'à présent, bien au contraire, mais une participation accrue du personnel régional est nécessaire au progrès, elle augmentera son sens des responsabilités et permettra d'éviter certaines situations de conflit pouvant résulter d'une connaissance imparfaite des conditions locales. Le Dr MOULAYE (Mauritanie) félicite le Directeur régional pour son exposé et lui exprime la pleine confiance de sa délégation. Le Dr KONE (Côte d'Ivoire) adresse ses félicitations au Directeur régional pour le travail efficace que lui et ses collaborateurs ont accompli malgré les difficultés rencontrées. La délégation de la Côte d'Ivoire est entièrement satisfaite de la manière dont fonctionne le Bureau régional. Le Dr ANDRIAMAMPIHANTONA (Madagascar) félicite lui aussi le Directeur régional. Madagascar a pu bénéficier de l'aide précieuse du Bureau régional pour la formation de personnels médical et paramédical, l'octroi de bourses d'études et la fourniture de matériel et de médicaments. Le Dr BANGA - BINGUI (République Centrafricaine) remercie le Directeur régional pour l'appui qu'il a apporté au développement des services de santé de base dans son pays. Sa délégation juge préférable de réserver ses observations détaillées pour la prochaine session du Comité régional.

Le Dr AROMASODU (Nigéria) félicite le Directeur régional pour le travail accompli dans la Région. Le Nigéria est très reconnaissant à l'OMS pour l'aide fournie en faveur du secteur sanitaire de son plan national de développement et espère pouvoir continuer à compter sur l'assistance de l'OMS. Le Dr SANGARE (Mali) joint sa voix à celle des autres délégués qui ont exprimé leurs remerciements au Directeur régional pour l'excellent travail qu'il accomplit dans la Région et il rend hommage à l'esprit dans lequel s'exerce l'action du Bureau régional, ainsi qu'à la personne même du Directeur régional. Le Dr BADDOO (Ghana) associe sa délégation aux paroles de satisfaction qui ont été prononcées. La plupart des problèmes qui se posent dans la Région ont essentiellement trait à la pénurie de personnel et à la lutte contre les maladies transmissibles et l'on n'insistera jamais assez sur la nécessité d'agir. Il faut espérer que les efforts déployés actuellement seront poursuivis, afin que la santé atteigne un jour en Afrique le même niveau que dans d'autres Régions. Le Dr QUENUM (Directeur régional de l'Afrique) est profondément reconnaissant de l'appui moral fourni à ses collaborateurs et à lui -même. Pour sa part, il remercie surtout les Etats Membres de l'attitude compréhensive dont ils font preuve malgré les difficultés de la tache. Il a pris bonne note de la suggestion du délégué de la Guinée et assure celui -ci que la question pourra être débattue de façon plus approfondie à la prochaine session du Comité régional. Le Bureau régional continuera à faire tout son possible pour améliorer l'état de santé des populations africaines et élever ainsi les niveaux de santé dans le monde entier. Les Amériques

Le Dr ACUNA (Directeur régional pour les Amériques), s'adressant pour la première fois à l'Assemblée de la Santé en qualité de Directeur régional de l'OMS pour les Amériques et de Directeur du Bureau sanitaire panaméricain, réaffirme son intention d'adapter l'action du Bureau régional à la situation actuelle. Les stratégies seront orientées en vue de donner plus de force aux objectifs du plan décennal de santé pour les Amériques,ld'étendre la couverture des services de santé et de réduire la mortalité et la morbidité dues aux infections intestinales. Dans le dessein de doter le Bureau régional d'une structure appropriée lui permettant de faire face aux besoins d'une Région qui évolue rapidement, un groupe d'experts de la santé publique a été constitué avec mission d'étudier de façon approfondie l'organisation et les fonctions du Bureau

Organisation panaméricaine de

1 Ten -Year Health Plan for the Americas /Plan Decenal de Salud para las Américas, Washington, la Santé, 1973 (Official Document /Documento Oficial, N° 118).

COMMISSION A

:

QUATORZIEME SEANCE

469

régional, ainsi que celles des bureaux de zone et de pays, et il y a lieu d'espérer que les recommandations du groupe correspondront aux besoins des pays de la Région, qui traversent une crise financière grave consécutive à l'inflation. Ce groupe a également pour tâche de déterminer les moyens de renforcer l'action du Bureau régional au niveau des pays, notamment en confiant davantage de responsabilités aux représentants de l'OMS et à leur équipe afin de leur permettre de collaborer plus efficacement avec les gouvernements. Les politiques et les stratégies énoncées dans le plan décennal seront en vigueur pendant toute la durée d'application du sixième programme général de travail de l'OMS. Elles visent à augmenter

l'espérance de vie des nouveau -nés et à mettre en place des services de santé dans les zones qui en sont actuellement dépourvues, la priorité étant accordée aux programmes de réduction et d'éradication des maladies transmissibles, de santé maternelle et infantile, de nutrition et de salubrité de l'environnement. Dans ce but, plusieurs pays développent et renforcent l'infrastructure dont ils ont besoin, grâce à un processus de planification et d'action administrative, en s'attachant à élever la capacité opérationnelle de leurs services et à accroître leurs ressources humaines et techniques. C'est ainsi que l'on s'efforce d'utiliser plus efficacement les moyens existants et potentiels, en améliorant la coordination intersectorielle et la collaboration communautaire. Le Directeur régional rappelle qu'il a maintes fois insisté sur la nécessité fondamentale de tirer parti le plus largement possible des ressources humaines, matérielles et institutionnelles considérables qui existent au niveau de la collectivité. Le rôle des agents sanitaires traditionnels, celui des sages -femmes par exemple, doit être graduellement intensifié en vue de leur incorporation dans les systèmes de santé publique de chaque pays. Dans les Amériques, il y a plus de quarante ans que l'on exécute des projets pilotes sur l'utilisation du personnel auxiliaire et sur la participation de la collectivité aux programmes de santé et le moment est venu de généraliser l'application de ces formules. On a jusqu'ici traditionnellement insisté, dans la Région, sur la qualité des services de santé plutôt que sur l'ampleur de la couverture qu'ils offrent et cette deuxième considération est ainsi passée au second plan. On se propose désormais d'inciter les gouvernements à donner la priorité à l'extension, par tous les moyens disponibles, de la couverture assurée par les services de santé à l'ensemble de la population. Il est réconfortant de constater que la Banque interaméricaine de Développement et d'autres organismes de financement ont accordé des crédits à un certain nombre de pays de la Région pour leur permettre de renforcer leurs services de santé et d'en élargir l'action à de nouvelles zones dans le cadre de vastes programmes sanitaires dont la portée s'étend des grands hôpitaux aux services de santé ruraux. Il y a lieu d'espérer que ce type de programme se développera sur l'ensemble du continent et le Bureau régional est prêt à aider tous les gouvernements qui lui adresseront des demandes en conséquence. Le personnel de santé auxiliaire peut également jouer un rôle important dans la lutte contre les maladies parasitaires et intestinales, tout en participant au système de surveillance épidémiologique, aux programmes de vaccination, etc. Les maladies intestinales sont un vieux problème et l'on ne pourra réduire la mortalité infantile qu'en les jugulant. Il faut également associer la collectivité à cette lutte en lui apprenant à notifier immédiatement les moindres symptômes aux agents sanitaires auxiliaires des régions rurales dans le cadre d'un système de surveillance total; cette formule a déjà été adoptée au Brésil et à Cuba. Des efforts sont également faits pour instaurer une surveillance épidémiologique à l'échelle inter -pays ou sous -régionale en associant des zones territoriales qui présentent une communauté d'intérêts. Un centre de surveillance épidémiologique pour les Caraïbes a commencé à fonctionner en janvier 1975 à Port of Spain (Trinité). Il fournira une assistance technique en matière de maladies transmissibles, collaborera avec les universités, organisera ses propres cours de formation en matière de surveillance épidémiologique et entreprendra des recherches sur les maladies qui sévissent aux CaraTbes. Le Service de la Santé publique des Etats -Unis d'Amérique collabore à l'élaboration de ce programme. Des études récentes menées en Australie, aux Etats -Unis et au Royaume -Uni, ont permis d'identifier un nouveau virus auquel sont imputables jusqu'à 73 % des cas de gastro- entérite infantile précédemment enregistrés comme non diagnostiqués. Les travaux se poursuivent sur cette importante découverte et ils aboutiront peut être à la mise au point d'un vaccin protecteur contre les maladies gastro -intestinales. On s'est également aperçu que la malnutrition était l'une des multiples causes de maladies intestinales et l'on accorde une importance accrue aux programmes pratiques visant à assurer une alimentation satisfaisante grâce à différentes mesures production de mélanges de légumes riches en protéines, fourniture de suppléments alimentaires, mise en place de systèmes de surveillance nutritionnelle, meilleur équilibre entre les produits d'origine végétale et animale, formation de personnel, etc. De telles interventions dépassent la compétence des seuls ministères de la santé, mais elles sont importantes en ce sens qu'elles contribuent à prévenir la malnutrition en agissant par l'intermédiaire des services de santé de base. Les succès remportés dans la lutte contre la variole ont permis d'acquérir une expérience précieuse pour combattre d'autres maladies, notamment celles que l'on peut éviter par la vaccination. Toutefois l'incidence de maladies telles que la rougeole et la poliomyélite est en augmentation malgré les campagnes de vaccination. A cet égard, il est nécessaire d'améliorer les méthodes administratives concernant notamment l'achat, la distribution et le stockage des vaccins et de tenir pleinement compte du coût de ces campagnes. Il conviendra également :

470

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANIE, PARTIE II

d'étudier les possibilités d'obtenir auprès des institutions financières des prêts à long terme pour les campagnes de vaccination. La deuxième réunion des directeurs des services nationaux d'éradication du paludisme, organisée en Equateur en avril 1975, a mis l'accent sur la nécessité pour chaque pays d'accorder la plus grande priorité au programme d'éradication du paludisme en raison des répercussions présentes et potentielles de cette maladie sur la santé et l'économie. En outre, tout relâchement des efforts pourrait entraîner de graves épidémies. Le Bureau régionala été prié d'accorder la plus haute priorité à son propre programme antipaludique, notamment en ce qui concerne la recherche et la formation de personnel. Le problème auquel les Amériques ont à faire face est double en effet, non seulement les taux de morbidité et de mortalité imputables aux affections généralement prévalentes dans les pays en voie de développement y sont élevés, mais on rencontre dans la Région les maladies dégénératives caractéristiques des pays industrialisés. Ainsi, en 1972, le cancer et les maladies cardio -vasculaires se sont classés parmi les cinq principales causes de décès dans les Amériques. Il faut donc que les systèmes de surveillance couvrent également les maladies non transmissibles chroniques et qu'un effort tout particulier soit fait pour développer des programmes de prévention et de protection, en mettant plus spécialement l'accent sur certains facteurs de risque tels que l'hypertension, l'obésité et l'alcoolisme. Le Centre panaméricain d'Ecologie et de Santé humaines, installé depuis peu à Mexico, favorisera et entreprendra des études destinées à faire mieux comprendre les interactions entre les collectivités humaines et l'environnement. Il analysera les effets des polluants sur l'air, le sol et l'eau et réunira des données en vue de stimuler les recherches portant sur des aspects mal connus de ces questions. Le Centre fournira également une assistance technique et organisera des cours de formation. Le budget programme de la Région qui figure dans les Actes officiels N° 220 a été préparé en collaboration avec les gouvernements et examiné en détail par l'OPS et par le Comité régional. On prévoit qu'en 19761e budgettotal pour lesAmériques sera de US $59,7 millions, dont 19,7 % au titre du budget ordinaire de l'OMS. La révision du budget OMS /OPS pour 1977, qui a été entreprise en commun avec les gouvernements, n'est pas encore terminée. Le budget présenté dans les Actes officiels N° 220 donne toutefois un aperçu général des prévisions, bien que certaines modifications devront sans doute être apportées à celles -ci en temps opportun avec l'approbation des autorités nationales, car l'élaboration détaillée de ce programme remonte à plus d'un an. Les différentes mesures qui viennent d'être exposées sont destinées à réduire quelque peu l'immense fossé qui sépare les populations nanties de celles qui se bornent à survivre. :

Le Dr DEL CID PERALTA (Guatemala) souhaite au nouveau Directeur régional de réussir pleinement dans sa mission. Parallèlement aux programmes de nutrition et de salubrité de l'environnement, qui revêtent une grande importance pour les Amériques, il conviendra d'accorder la priorité aux programmes de vaccination, notamment contre la rougeole, compte tenu des résultats satisfaisants obtenus ces dernières années. Il faut espérer que l'OMS et l'OPS pourront aider les pays à entreprendre de telles campagnes et les conseiller au sujet de la politique et de la stratégie à suivre pour les opérations d'entretien. Dans le cas de la variole, il est nécessaire d'arrêter une politique pratique et bien définie aux niveaux national et international et de s'efforcer de parvenir à une plus grande uniformité à l'échelle mondiale en ce qui concerne l'opportunité de vacciner et l'âge de la vaccination. Le Dr MARCIAL (Mexique) se déclare satisfait du programme prévu pour la Région des Amériques. Le Mexique poursuit l'exécution de son plan national d'action sanitaire et il convient de mentionner le programme visant à doter le pays de médecins des collectivités. En ce qui concerne la formation de personnel auxiliaire, les résultats obtenus ne se sont pas révélés suffisants pour répondre aux besoins existants. Le Mexique souhaiterait donc obtenir une aide du Bureau régional dans ce domaine. Le Dr Marcial indique les avantages de la formule qui consiste à assurer la formation des agents sanitaires auxiliaires en milieu urbain et à les renvoyer ensuite dans leur lieu d'origine, leur donnant ainsi une nouvelle optique des choses et de nouvelles compétences. En ce qui concerne le Centre panaméricain d'Ecologie et de Santé humaines, le lieu de son implantation a été choisi dans la zone urbaine de Mexico et les travaux préliminaires de planification ont commencé. Il est prévu que le Centre deviendra opérationnel dans deux ans. La campagne visant à réduire et à éradiquer le paludisme doit se situer véritablement au premier plan des priorités. Le Dr Marcial présentera d'autres observations au sujet du paludisme en temps opportun, mais il tient dès à présent à exprimer son inquiétude devant la détérioration manifeste de la campagne. Le Dr AGUILAR (El Salvador) signale que son pays a grandement bénéficié du programme régional, notamment dans le domaine de la lutte contre les maladies intestinales, qui constituent la principale cause de morbidité et de mortalité infantiles. Le succès remporté par la campagne d'éradication de la variole montre que l'on a besoin de vaccins pour lutter contre d'autres maladies transmissibles. Il semble aussi que, de l'avis général, il soit

COMMISSION A

:

QUATORZIEME SEANCE

471

actuellement préférable d'étendre la couverture des services plutôt que d'en améliorer la qualité. i

Le Dr LEON (Argentine) félicite le Directeur régional des efforts qu'il a entrepris pour redéfinir la structure du Bureau régional, de manière à lui permettre de faire face à l'évolution rapide des problèmes sanitaires de la Région. Le Dr SENCER (Etats -Unis d'Amérique) appuie la proposition du Directeur général visant à modifier les priorités et les programmes en fonction de l'évolution de la situation. Il est convaincu que les personnes à qui le Directeur général a confié l'étude de la réorganisation structurelle parviendront à mieux adapter le Bureau régional aux besoins de la Région.

Le Dr ALENCASTRE (Pérou) estime que l'un des principaux problèmes dont il faut tenir compte dans la réorganisation du Bureau régional est celui du champ d'activité des bureaux de zone. Il approuve les modifications de structure envisagées, qui conféreront au Bureau régional un dynamisme accru et qui resserreront les liens avec les pays de la Région. Le Dr GALEGO (Cuba) note avec satisfaction que le Directeur général s'est engagé à corriger les inégalités qui existent encore dans la Région. Le Dr DUEÑAS (Colombie) approuve également le projet de réorganisation du Bureau régional, qui aura, à son avis, un effet bénéfique sur le programme régional. Le programme proposé reflète les voeux des pays intéressés et il devrait être possible d'assurer à la fois une couverture étendue et des services de qualité dans le cadre d'un système régional convenablement intégré à tous les niveaux. On a récemment aidé la Colombie à élaborer, avec l'appui d'autres secteurs nationaux, un programme visant à améliorer l'hygiène du milieu et la nutrition. Il se pourrait que d'autres pays veuillent intégrer leurs programmes sanitaires dans les programmes de développement qui portent sur d'autres secteurs. Le Dr RODRIGUES (Brésil) est persuadé qu'une administration réorganisée pourra exécuter des programmes satisfaisants avec la coopération des pays intéressés. Le Dr ACUÑA (Directeur régional pour les Amériques), répondant à la question du délégué du Mexique au sujet du paludisme, signale que, lors d'une réunion des chefs de services antipaludiques qui s'est tenue à Quito, il a été décidé à l'unanimité d'accorder la priorité au programme antipaludique pour ne pas risquer de perdre les investissements déjà faits dans ce domaine. Cependant, on adopte actuellement une nouvelle approche qui consiste à intensifier les recherches tout en utilisant plus rationnellement les ressources disponibles. Pour ce qui est de la question posée par le délégué du Guatemala à propos de la politique suivie en matière de variole, cette maladie a été éradiquée dans la Région voici quatre ans déjà. Le Bureau régional souligne la nécessité d'une surveillance suivie, ainsi que d'une vaccination des groupes particulièrement exposés, tels que les militaires, le personnel médical et paramédical et les employés des aéroports. On espère que les résultats du programme mondial d'éradication de la variole permettront bientôt de mettre fin aux vaccinations. Asie du Sud -Est

Le Dr GUNARATNE (Directeur régional pour l'Asie du Sud -Est) indique qu'à sa vingt -septième session, en 1974, le Comité régional de l'Asie du Sud -Est a entrepris d'évaluer le cinquième programme de travail et de mettre à jour les directives régionales applicables au programme sanitaire des pays pour la période de cinq ans qui a commencé en 1975. On s'est efforcé de fixer des priorités révisées en étroite consultation avec les gouvernements intéressés, et des opérations de programmation sanitaire par pays ont été menées à bien au Népal et en ThaYlande, où l'on a défini les objectifs opérationnels et inventorié les moyens disponibles pour les traduire en actes. La phase suivante, à savoir la formulation des projets, est en cours d'exécution et devrait accélérer la préparation des prochains plans quinquennaux de ces pays. On s'attend qu'en 1977, la plupart des gouvernements de la Région auront abordé cette forme de programmation, qui formera la base d'une planification à long terme. A ce stade, l'assistance et les directives de l'OMS auront été repensées de façon à mieux répondre aux besoins des pays intéressés. En 1974, on a réexaminé la programmation sanitaire du Bangladesh et aidé à identifier les moyens logistiques nécessaires pour l'achat, le stockage et la distribution des médicaments et des fournitures médicales. Une réunion nationale d'étude sur la programmation sanitaire par pays a été organisée en Birmanie, afin de mettre au point une méthodologie nationale de la planification sanitaire. L'assistance déjà fournie aux gouvernements pour créer des unités de planification sanitaire s'est révélée utile, car ces unités constituent une base structurelle pour le lancement et la poursuite du processus de programmation sanitaire par pays. Des unités de planification sanitaire fonctionnent actuellement dans la plupart des pays de la Région.

En 1974, de nombreuses personnes ont été victimes de catastrophes naturelles - périodes de sécheresse et inondations notamment - au Bangladesh, en Birmanie, en Inde, aux Maldives, au Népal, à Sri Lanka et en ThaYlande. L'OMS a déjà prélevé sur ses propres fonds pour aider la Birmanie, le Bangladesh, les Maldives, Sri Lanka et la ThaYlande indépendamment des acti-

472

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

vités entreprises en étroite collaboration avec le Bureau du Coordonnateur des Nations Unies pour les secours en cas de catastrophe, le FISE, le Programme alimentaire mondial et d'autres institutions gouvernementales et non gouvernementales. L'OMS aide également les Gouvernements du Bangladesh, du Népal, de l'Inde et de Sri Lanka à formuler des demandes de secours d'urgence à l'intention de diverses institutions des Nations Unies, y compris le fonds spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour le programme d'action concernant l'instauration d'un nouvel ordre économique international. Les projets d'assistance aux invalides et de réadaptation ont progressé dans de nombreux pays. L'équipe inter -pays chargée des problèmes de réadaptation, qui a été créée en Indonésie pour dispenser à du personnel sanitaire une formation portant sur les divers aspects de la réadaptation des invalides, devrait jouer à cet égard un r8le important. On s'est aussi attaché à planifier le développement des personnels de santé en fonction des besoins. Une étude sur le personnel sanitaire national a été menée à bien à Sri Lanka et des études semblables sont prévues dans d'autres pays de la Région. L'accent est mis sur les agents sanitaires polyvalents et sur la formation de travailleurs de niveau moyen pouvant assurer des soins de santé primaires en milieu rural. En modifiant les programmes d'enseignement et en introduisant une formation sur le terrain, on est en train de restructurer L'enseignement médical afin de rendre les médecins plus conscients des problèmes de la collectivité. La formation des infirmières tend également à faire participer activement ce personnel au travail des services de santé. Dans le cadre du programme élargi de vaccination de l'OMS, il a été proposé que les Etats Membres organisent des programmes de vaccination contre les maladies pour lesquelles on possède des antigènes conférant une immunité efficace et durable. Le Bureau régional a accru son aide aux gouvernements, notamment en matière de formation de personnel et de production de vaccins, cette dernière activité visant à permettre aux pays de se suffire à eux -mêmes. Le paludisme suscite malheureusement de graves préoccupations dans les pays de la Région. En 1974, il y a eu plus de 3,4 millions de cas et la situation s'est encore détériorée en 1975. Le problème est rendu plus aigu par l'augmentation très sensible du prix des insecticides et des médicaments, ainsi que par la résistance des vecteurs aux insecticides et des parasites aux amino -4 quinoléines. Si les pays affectés ne reçoivent pas une aide substantielle, il leur sera difficile de renverser la tendance actuelle. Le Bureau régional s'est attaché à mettre au point, dans certains pays, une méthodologie de lutte antipaludique et il a aidé les gouvernements à faire tout leur possible pour mobiliser les ressources disponibles. Quelques pays ont prêté une plus grande attention aux programmes de lutte contre les maladies non transmissibles telles que le cancer, les maladies cardio -vasculaires et les troubles mentaux et certains gouvernements se sont particulièrement intéressés à la prévention et au traitement de la cécité, qui constitue un grave problème dans la Région. C'est ainsi que des programmes spéciaux contre le trachome, la xérophtalmie, la cataracte et le glaucome sont en cours de préparation. Si la prévention de la mortalité et de la morbidité, ainsi que l'éradication de la variole, ont fait des progrès considérables, il n'en demeure pas moins que les pays de l'Asie du Sud -Est, oú vit près du quart de la population du globe, sont encore très loin d'avoir atteint le niveau de santé et le degré de qualité de la vie auxquels ils peuvent légitimement prétendre. La plupart de leurs habitants sont encore victimes de nombreuses maladies - transmissibles et autres - qui seraient évitables, manquent d'eau de boisson saine, d'installations et services d'hygiène élémentaire et d'une alimentation adéquate et, enfin, sont exposés à des souffrances inutiles en raison de l'absence de soins essentiels face à une forte mortalité infantile et à un taux de naissances qui pourrait être abaissé. Les ressources disponibles pour résoudre ces immenses problèmes de santé sont tout à fait insuffisantes et la situation s'est encore aggravée à la suite de catastrophes naturelles et du fait des problèmes monétaires internationaux qui ont obligé à réduire énormément les crédits affectés aux secteurs sociaux dans les pays en voie de développement de la Région. L'assistance internationale - multilatérale et bilatérale - ne permet généralement pas de compléter les ressources locales susceptibles d'être affectées à la solution des grands problèmes de santé publique. Lorsqu'une aide substantielle a pu être obtenue en temps utile, les efforts conjugués des intéressés ont été couronnés de succès comme dans le cas de l'éradication de la variole. Une telle aide sera nécessaire pour résoudre d'autres problèmes importants, et c'est pourquoi le Comité régional de l'Asie du Sud -Est a jugé utile d'élaborer une charte sanitaire de l'Asie qui mette en évidence les besoins prioritaires des gouvernements des Etats Membres dans ce domaine et qui facilite une répartition judicieuse des ressources intérieures et extérieures. Donateurs et receveurs devront unir leurs efforts pour obtenir des résultats rapides. Le Bureau régional a déjà recueilli certaines données de base et rassemble d'autres informations pertinentes dans le cadre des opérations de programmation sanitaire par pays. On se propose donc de soumettre un avant -projet de charte sanitaire à la prochaine session du Comité régional et d'entrer en contact avec tous les Etats Membres et donateurs potentiels qui seraient disposés à accorder l'aide financière requise pour mettre ce texte en pratique.

COMMISSION A

:

QUATORZIEME SEANCE

473

Le Dr DAS (Népal) exprime les remerciements de sa délégation pour l'aide substantielle apportée par l'OMS aux programmes sanitaires de son pays, notamment dans les domaines de la programmation sanitaire par pays et de l'éradication du paludisme. Il espère que le Népal continuera à recevoir une assistance en matière d'insecticides. Le Professeur PRAWIRANEGARA (Indonésie) signale qu'en 1974 le Gouvernement de l'Indonésie et le représentant du Directeur régional ont signé un document ayant trait au renforcement des services nationaux de santé. Les mesures prévues portent sur la planification sanitaire nationale, sur le développement accéléré des services de santé périphériques et enfin sur la recherche /développement. Il a été décidé qu'une réunion mixte se tiendrait tous les trimestres pour évaluer et replanifier l'action entreprise dans ces domaines. En envoyant des représentants du Bureau régional à la réunion qui s'est tenue en mai 1975, le Directeur régional a pris une décision très appréciée, car elle a conduit à une meilleure compréhension. La programmation sanitaire par pays a été abordée en Indonésie en octobre 1974 et l'on sera sans doute en mesure de présenter le programme à l'Office national pour la Planification il a déjà été publié un manuel sur ce sujet. Le et le Développement sanitaires en août 1975 programme sanitaire du pays fournira la documentation détaillée requise pour la mise en oeuvre du deuxième plan quinquennal de développement de l'Indonésie au cours des troisième, quatrième et cinquième années et pour la préparation du budget correspondant. Un consultant a, en outre, été demandé à l'OMS en vue de renforcer la programmation sanitaire du pays. En ce qui concerne le paludisme, le Professeur Prawiranegara déclare que son pays, qui a déjà demandé à l'OMS d'étudier les moyens de procurer du DDT aux pays en voie de développement, réitère cette demande. En interrompant la production de DDT, les pays développés ont considérablement accru le prix de ce produit. :

Le Dr NONDASUTA (Thatlande) exprime les remerciements de sa délégation pour l'assistance reçue par la Thatlande et espère que le Bureau régional continuera à prêter son concours pour la programmation sanitaire et l'organisation des soins de santé primaires. Le Dr RINCHINDORJ (Mongolie) remercie le Directeur régional et son personnel du travail fructueux qu'ils ont accompli dans la Région et, en particulier, de leur heureuse collaboration avec son pays. Le Dr SHRIVASTAV (Inde) note avec satisfaction que l'élaboration de la charte sanitaire, à laquelle l'Inde a été étroitement associée, sera bientôt achevée. Les domaines d'action prioritaire dans les pays intéressés et les zones prioritaires de développement ayant été déterminés, le Directeur régional s'emploie activement à trouver des sources de financement. Il faut se féliciter de la création, au Bureau régional, d'un petit service d'économie sanitaire, qui accomplit une oeuvre utile en donnant des avis sur la mise en place d'unités de planification sanitaire; l'Inde a toujours eu de telles unités mais, comme les autres pays, elle apprécie les conseils des experts sur ce sujet. Le Bureau régional a également réussi à prendre promptement des mesures d'urgence pour aider les pays de la Région victimes de catastrophes naturelles. S'agissant du paludisme, la gradité de la situation est telle que c'est l'ensemble de l'Organisation qui doit se pencher sur ce problème en effet, la pénurie d'insecticides et la hausse du coût du pétrole n'ont pas permis de faire les pulvérisations en temps utile. Comme le Directeur régional, le Dr Shrivastav pense que le succès des équipes participant au programme d'éradication de la variole est dû en grande partie à leur mobilité et constitue une leçon pour l'avenir. A présent, l'Inde désire vivement entreprendre des programmes de lutte contre la cécité et la lèpre et a présenté sur ces sujets des projets de résolution qui ont été bien accueillis. Enfin, le Dr Shrivastav est heureux de constater que le nombre des postes vacants au Bureau régional a diminué. :

Le Dr RAHMAN (Bangladesh) explique que le Bureau régional, qui a apporté son assistance au Bangladesh dès 1973, l'a récemment aidé à mettre en place des moyens logistiques et à exécuter des programmes antipaludiques et antivarioliques. En ce qui concerne le paludisme, la situation épidémiologique au Bangladesh est relativement bonne, mais il ne faut pas oublier que 15 à 20 % du pays sont contigus aux zones impaludées de l'Inde et de la Birmanie. Pour préserver le reste du pays de la maladie, le Gouvernement du Bangladesh a besoin de DDT et de moyens de transport. Le Dr GUNARATNE (Directeur régional pour l'Asie du Sud -Est) donne aux délégations l'assurance qu'il a été pris bonne note de leurs observations. En ce qui concerne le paludisme, il est nécessaire de disposer de fonds additionnels pour l'achat d'insecticides et de médicaments antipaludiques en raison de l'accroissement du nombre des cas. Au cours de ces derniers mois, la maladie s'est étendue à de nouveaux groupes particulièrement exposés, notamment aux enfants. Cependant, il serait bon d'attendre la discussion qui va avoir lieu sur cette question avant de prendre une décision quelconque. La charte sani-

474

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

taire sera présentée aux membres de la Commission consultative du Comité régional en juillet. Le Directeur régional n'a fait aucune mention de la lèpre dans son rapport, mais il en a discuté avec les délégations et la résolution relative à ce sujet renforcera sa position. La Commission peut être assurée que de nouvelles mesures seront prises à la demande des gouvernements intéressés.

La séance est levée à 18. h.5.

QU]NZIEME SEANCE Mardi 27 mai 1975, 9 h.10

Président 1.

:

Dr Marcella DAVIES (Sierra Leone) Ordre du jour, 2.2.3

EXAMEN DETAILLE DU BUDGET PROGRAMME POUR LES EXERCICES FINANCIERS 1976 ET 1977 (suite)

Le PRESIDENT propose que la Commission attende d'avoir adopté le budget effectif de 1976 pour examiner les projets de résolution déposés au cours de l'examen du budget programme. Cela ne devrait pas soulever de difficultés puisque les résolutions en question ne semblent pas avoir d'incidences budgétaires pour l'année 1976. Il en est ainsi décidé. Activités régionales (suite) Europe

Le Dr KAPRIO (Directeur régional pour l'Europe) indique qu'en Europe l'OMS continue de prêter assistance, à la demande des gouvernements intéressés, à trois pays où se posent des problèmes spéciaux de développement (Algérie, Maroc et Turquie), utilisant pour cela toutes les méthodes et tous les moyens disponibles, y compris la programmation sanitaire par pays, l'organisation des services de soins primaires et la lutte contre les maladies transmissibles. Toutefois, dans la Région européenne, l'OMS a pour rôle principal d'assurer une coordination dynamique et de fournir des informations techniques aux autorités sanitaires des Etats Membres. Grâce à son réseau technique, elle peut également donner des avis sur des problèmes spécifiques nationaux. En règle générale, la majorité des pays européens n'ont pas besoin de l'aide

de l'OMS sous forme de personnel consultatif permanent ou de matériel pour leurs services de santé, mais il y a certains secteurs prioritaires où des programmes communs s'imposent à l'échelon inter -pays, etc 'est là que se situe la tâche technique essentielle du Bureau régional. Lorsque l'Assemblée a étudié le rôle de l'OMS, il a été souligné à juste titre que l'Organisation devait être plus active encore dans le transfert des connaissances scientifiques et des technologies de santé publique au bénéfice des pays dont la situation socio- économique est la plus difficile et qui ont de toute urgence besoin du soutien de la communauté internationale. Le Dr Kaprio approuve entièrement ce principe, mais, pour pouvoir assurer un transfert de technologies - technologies qu'il vaut mieux adapter qu'adopter telles quelles - l'OMS doit suivre de près partout dans le monde toute nouvelle réalisation intéressante dans le secteur de la santé, quelle que soit la situation économique du pays en cause. En médecine, l'OMS se doit de prendre des initiatives pour répondre à deux nécessités d'abord, il faut concevoir des formules simples, pratiques et peu coûteuses mais efficaces pour assurer les soins voulus à l'ensemble de la population, notamment dans les zones rurales das pays en voie de développement. Ensuite, il faut trouver des correctifs à la situation des pays techniquement très développés, qui sont aujourd'hui en quelque sorte prisonniers d'une technolo:

gie médicale moderne où les ressources financières et humaines sont concentrées sur quelques moyens de prolonger la vie qui ne contribuent vraiment ni au bonheur de l'homme ni à la productivité de

la société. On prétend que ces techniques médicales très élaborées donnent un sentiment de sécurité à la collectivité mais, en réalité, dans certains cas - chirurgie des transplantations, par exemple -, elles suscitent plutôt l'angoisse. C'est pourquoi il faut, dans les pays de la Région européenne, s'employer à humaniser les services médicaux et donner la priorité à la prévention de la maladie et à la promotion de la santé, tant physique que mentale, de tous les secteurs de la population. La protection sanitaire des personnes âgées, notamment, doit prendre la forme d'un programme constructif et positif, axé sur la collectivité, où l'accent sera mis plus particulièrement sur les aspects socio- médicaux du problème, tels que les soins à domicile et la réadaptation, plutôt que sur une chirurgie hospitalière souvent superflue. Le programme régional est conçu pour répondre aux besoins de la majorité des pays de la Région, et l'un de ses objectifs essentiels pour 1976 et 1977 est de s'attaquer aux problèmes généraux de gestion des services de santé. Depuis quelques années, l'OMS essaie de promouvoir en Europe, au niveau des autorités supérieures de la santé, une approche plus pragmatique des problèmes à la faveur de réunions, conférences -ateliers, consultations et cours de formation sur l'épidémiologie des maladies chroniques, la recherche opérationnelle, le rendement des soins médicaux, l'économie sanitaire, la planification des personnels, l'utilisation des ordinateurs, les systèmes d'information et la planification sanitaire. Ces matières, qui sont enseignées dans le cadre de cours nationaux et internationaux soutenus par l'OMS, ont aussi désormais leur place dans l'enseignement universitaire et postuniversitaire. La France est le premier pays de la Région à avoir mis un manuel d'économie de la santé à la disposition de tous les étudiants en médecine. Dans le cadre de son programme sur les maladies cardio -vasculaires, le Bureau régional continuera de s'intéresser à la mise au point de méthodes visant à axer davantage sur la collectivité la prévention et le traitement des maladies cardio -vasculaires. Cela vaut également

-475-

476

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

pour le programme de santé mentale, où la tendance est maintenant de faire sortir les malades des hôpitaux et, moyennant surveillance, de promouvoir l'intégration des malades mentaux dans la communauté. Il est indéniable que ces programmes dirigés contre les maladies chroniques et axés sur la collectivité revêtent une importance pour le monde entier; pour les faire avancer, l'OMS aura besoin d'un appui financier aussi bien que moral. D'autres programmes importants de la Région européenne sont déjà bien connus, en particulier le programme de lutte contre la pollution de l'environnement et, plus nouveau, le programme à long terme de développement des personnels de santé. Mais d'autres activités encore sont en préparation, notamment un programme de protection sanitaire des personnes âgées, dont l'idée a pris forme à la suite des discussions techniques de la vingt -quatrième session du Comité régional de l'Europe. Il s'agit d'identifier parmi les personnes d'âge moyen et les personnes âgées celles dont l'état nécessite une protection et des soins médicaux spéciaux, étant entendu que, pour la grande majorité des vieillards, l'assistance ne devrait pas être à la charge du système de santé, mais relever plutôt d'une politique d'action sociale et éducative. La prévention des accidents de la circulation constitue un autre secteur prioritaire, bien qu'il n'occupe pas encore une place très importante dans le budget régional. Toutefois, grâce à une contribution volontaire de l'Autriche et à la collaboration de l'Institut international pour l'Application de l'Analyse des Systèmes, le Bureau régional pourra, en dépit du manque de fonds, jouer

un rôle dans ce domaine important. Il faut espérer que les travaux accomplis se révéleront utiles lorsque le problème des accidents de la circulation deviendra aussi plus aigu dans d'autres parties du monde. En ce qui concerne la santé maternelle et infantile, certains aspects de la croissance zéro et de la stabilisation de l'accroissement démographique sont à l'étude. Il s'agit là de problèmes importants qui sont inséparables de la situation démographique dans le monde entier. D'autres activités récemment entreprises dans la Région ont trait aux effets de l'usage du tabac sur la santé et à l'alcoolisme en tant que problème de santé publique. Ce bref exposé montre bien que l'OMS doit continuer de jouer un rôle technique dans la Région européenne et s'employer de façon continue à encourager le lancement de programmes communs, à l'échelon inter -pays, dans des secteurs très divers. Nombre d'Etats Membres ont déploré que la crise financière empêche l'OMS de réaliser pleinement son programme dans la Région; le Dr Kaprio tient donc à remercier les gouvernements qui, par le versement de contributions volontaires, ont permis la poursuite de certaines activités. A son avis, il ne serait pas bon pour l'OMS que les fonds extrêmement modestes dont la Région européenne a besoin, essentiellement pour la coordination, soient à l'avenir maintenus à un niveau si bas que l'Organisation ne puisse fonctionner efficacement. A cet égard, bon nombre d'orateurs ont évoqué la détente en Europe et ont exprimé l'espoir que la collaboration dans le domaine des sciences et des techniques, y compris les sciences de la santé, soit renforcée pour le bien non seulement de l'Europe, mais aussi du monde tout entier. Les services de l'OMS, tant au Siège que dans les Régions, doivent être constamments prêts à s'associer à cette entreprise de collaboration. Le programme inter -pays de l'OMS dans la Région européenne a prouvé que des activités communes au niveau continental sont possibles et peuvent être facilement développées. Le Professeur DE CARVALHO SAMPAIO (Portugal) constate qu'en dépit des modestes ressources financières dont il disposait, le Dr Kaprio et ses collaborateurs ont réussi à élaborer et réaliser dans la Région des programmes de santé avancés qui contribueront sans aucun doute à la solution de bon nombre de problèmes de santé publique. Les programmes relatifs à la santé mentale, à la salubrité de l'environnement, à la planification sanitaire et à la gestion des services de soins médicaux ont été particulièrement utiles à son pays. Le Portugal a également beaucoup apprécié certaines publications de l'OMS, notamment "Les services de santé en Europe ",l ouvrage que devraient lire tous ceux qu'intéresse l'organisation des services de santé.

Le Dr DUHR (Luxembourg) fait observer que, selon une opinion largement répandue, les activités de l'OMS sont axées principalement, sinon exclusivement, sur l'aide aux pays en voie de développement. Or, cela n'est que partiellement vrai, car les pays développés et hautement industrialisés eux -mêmes ont besoin de l'aide de l'Organisation, en particulier les petits pays comme le sien. Une tradition qui est en train de s'instaurer veut qu'une conférence, un séminaire ou un cours du Bureau régional ait lieu chaque année au Luxembourg. Le Dr Duhr a déjà pris des dispositions pour faire inscrire au budget de son pays pour 1976 les crédits nécessaires et le Luxembourg sera heureux de continuer à offrir chaque année son infrastructure et son hospitalité, apportant ainsi sa modeste contribution à la réalisation du programme régional. Pour le Dr VIOLAKIS- PARASKEVAS (Grèce), ce qui crée le plus de difficultés aux services sanitaires et sociaux d'un certain nombre de pays européens, c'est d'avoir à fonctionner avec

1 Organisation mondiale de la Santé. Les services de santé en Europe, deuxième édition rédigée par le Professeur E. Aujaleu. Copenhague, Bureau régional de l'Europe, 1974.

COMMISSION A

:

QUINZIEME SEANCE

477

des effectifs de personnel spécialisé relativement peu nombreux; elle tient à remercier l'OMS de l'aide accordée à son pays pour remédier à ces difficultés. Le Professeur SENAULT (France) appuie les programmes définis dans le document budgétaire et exprime son appréciation de la présentation orale qui vient d'en être faite par le Directeur régional.

Le Dr MATTHEIS (République fédérale d'Allemagne) dit avoir noté avec intérêt que, dans le document, les pays ont été groupés en quatre groupes suivant le niveau sanitaire auquel ils sont parvenus. Il est extrêmement important de mettre au point des indicateurs sanitaires qui permettent de comparer l'état de santé que différents pays ont pu assurer à leurs populations par différents types de services de santé. Jusqu'ici, on s'est trop fié pour cela aux taux de mortalité et à l'estimation de l'espérance de vie; comme l'a fait observer le délégué de la République Démocratique Allemande au cours du débat sur les statistiques sanitaires, ces deux indices ne sont pas suffisamment différenciés. Dans bien des pays de la Région européenne, l'augmentation du coût des services de santé suscite des préoccupations croissantes, mais il est difficile de mettre au point des stratégies propres à réduire les coûts tant que l'on n'a pas démontré qu'un système plus économique, ou un système différemment organisé, permet d'arriver à des résultats égaux ou supérieurs à ceux d'un système plus coûteux. La mise au point d'indicateurs sanitaires universellement acceptés fournirait un moyen de comparer les résultats des efforts déployés par les différents pays pour promouvoir la santé de leur population. Le Dr ASVALL (Norvège) rappelle que l'évaluation critique récemment faite dans la Région a clairement montré que les problèmes de santé ne peuvent pas être résolus uniquement par un perfectionnement continu des techniques médicales ou par une extension constante des services de santé. Les aspirations du public d'une part, et les possibilités médicales et techniques de l'autre, dépassent déjà très nettement ce qui est économiquement possible, même pour les pays industrialisés de l'Europe. Aussi la principale préoccupation de la Région, à l'heure actuelle, est -elle moins l'extension des systèmes de santé que l'analyse critique des services existants et des méthodes de gestion. C'est pour cette raison que l'OMS a encore un rôle important à jouer dans la Région européenne. Il est tout à l'honneur du Bureau régional d'avoir tant fait déjà pour la promotion des activités de planification, d'évaluation, de recherche et d'éducation.

Le Professeur REID (Royaume -Uni de Grande -Bretagne et d'Irlande du Nord) rappelle que ce sont les pays de la Région européenne qui reçoivent le plus grand nombre de boursiers OMS venus d'autres Régions. Tous ceux qui participent, au niveau national, à l'organisation des programmes pour ces boursiers jugent extrêmement utile l'aide qu'ils reçoivent du Bureau régional.

Le Professeur KOSTRZEWSKI (Pologne) se dit convaincu que d'autres délégations européennes se joindront à la sienne pour approuver le programme, notamment la partie consacrée aux activités interrégionales. Le Professeur ORNA (Roumanie) et le Dr DE WEVER (Belgique) s'associent aux remerciements adressés au Bureau régional pour son action. Le Dr KAPRIO (Directeur régional pour l'Europe) déclare que son Bureau entretien d'excellentes relations avec bon nombre de responsables nationaux qui font leurs les objectifs du programme pour la Région européenne et qui contribuent, à des titres divers, à l'action menée dans le cadre de ce programme. Cette collaboration étroite entre l'OMS et ses Membres s'est révélée extrêmement précieuse. Il tient à féliciter le Portugal du rétablissement de ses droits à l'Organisation. Il ne doute pas que ce pays contribuera aux relations déjà très cordiales qui existent entre l'OMS et ses Etats Membres.

Méditerranée orientale Le Dr TABA (Directeur régional pour la Méditerranée orientale) indique que le programme a subi plusieurs modifications de détail depuis qu'il a été établi l'année précédente. Elles apparaîtront dans le budget programme révisé qui est actuellement préparé en vue de la session du Comité régional qui se tiendra dans quelques mois. Ces modifications sont dues principalement à la réduction des crédits du budget ordinaire alloués aux pays dont l'économie a connu une croissance rapide ces dernières années. Les économies ainsi réalisées ont permis non seulement de combler le déficit global du budget de la Région, dû aux fluctuations monétaires dans le monde et à l'inflation générale, mais aussi de consacrer des fonds supplémentaires aux besoins des pays les moins favorisés sur le plan économique. Les gouvernements ont chaleureusement coopéré et les compressions prévues pour les pays les mieux partagés ont été réalisées sans qu'il soit porté atteinte à la qualité du programme dans son ensemble. Le Dr Taba voudrait remercier tout particulièrement les Gouvernements de l'Arabie Saoudite, des Emirats arabes unis, de l'Irak, de l'Iran, du Kowett, de la Libye et du Qatar de leur généreuse et sincère coopération avec l'OMS en l'occurrence. Cela a permis non seulement d'améliorer les programmes sanitaires dans les pays de la Région les moins développés, mais aussi de relever le niveau de santé dans toute la Région. Outre la contribution iranienne déjà annoncée, un

478

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

versement de US $1 197 000a été reçu du Koweft pour appuyer leprogramme antipaludique au Soudan. Ce sont là de bons exemples du désir des pays nantis d'aider leurs frères dans d'autres parties de la Région. La cadence rapide du développement socio- économique de toute la Région entraîne des modifications dans la nature des problèmes de santé et, par son programme, l'OMS s'efforce de répondre aux besoins nouveaux qui apparaissent. Néanmoins, l'essentiel reste d'assurer des prestations plus efficaces au très grand nombre d'habitants de la Région qui n'ont encore aucun service de santé à leur disposition. Il est de plus en plus largement admis que les services de santé atteignent leur pleine efficacité lorsqu'ils sont l'expression naturelle des besoins et des aspirations des populations elles -mêmes et sont administrés par un personnel qui s'identifie étroitement à la collectivité servie. Beaucoup d'initiatives nouvelles ont été prises en ce qui concerne le développement des services de soins primaires dans plusieurs pays de la Région et l'on a maintenant tendance à abandonner l'idée que la planification des prestations sanitaires doit se faire au sommet. Afin de mieux tirer parti des ressources disponibles, de nouveaux efforts sont déployés dans les Etats Membres pour établir les plans, les programmes et les budgets de santé dans l'optique du long terme. Dans le processus qu'il est désormais convenu d'appeler la "programmation sanitaire par pays ", l'Organisation collabore étroitement avec les autorités sanitaires nationales pour faire en sorte que la dépense d'argent, de personnel et de temps produise dans chaque cas les résultats les plus efficaces. Les différents éléments du programme de l'OMS sont constamment passés en revue, l'objet étant de les rendre plus réalistes et plus efficaces, et l'on met désormais l'accent sur des stratégies globales plutot que sur l'assistance technique ad hoc pour quelques programmes de portée limitée. Ces approches nouvelles comprennent la poursuite des travaux de recherche et développement sur les meilleures formules de distribution des soins, des travaux de planification de l'enseignement et de développement des techniques d'éducation qui auront des répercussions profondes à long terme, et des efforts importants dans le domaine de l'immunologie. Parallèlement, les activités de l'Organisation sont conduites selon des modalités qui se transforment progressivement. La tendance à la décentralisation s'est confirmée au Bureau régional. Les représentants de l'OMS se sont vu confier de plus en plus la responsabilité de surveiller et de diriger des activités de terrain et de négocier directement avec les gouvernements la mise en oeuvre du programme. D'autre part, on a prévu une réduction des effectifs servant à long terme dans les pays acquérant l'aptitude de gérer leurs propres programmes et l'on fera davantage appel à des consultants à court terme. Dans les pays qui disposent de cadres qualifiés, l'OMS emploie de plus en plus de personnel local pour ses programmes. Une entrave persistante à l'expansion rapide des services de santé dans la Région est l'insuffisance des personnels de toutes catégories. Aussi l'assistance de l'OMS consiste -t -elle encore en grande partie à appuyer les programmes d'enseignement et de formation des gouvernements et à en évaluer l'efficacité. Une grande place est toujours faite aux bourses qui, en nombre croissant, sont attribuées pour des études dans des établissements de la Région. Les pays se rendent compte de plus en plus que les systèmes de formation mis au point dans telle ou telle société ne répondent pas nécessairement aux besoins de telle autre. De plus, il est clair que l'on met trop souvent l'accent sur la formation des catégories de personnel les plus spécialisées, de sorte que beaucoup de médecins ne peuvent pas être employés efficacement parce qu'ils ne sont pas soutenus par un personnel adéquat au niveau moyen ou subalterne. L'OMS s'efforce d'y remédier en insistant davantage sur la formation d'agents qu'on appelle traditionnellement auxiliaires et en continuant de jouer son role en matière de planification et de technologie de l'éducation. Le renforcement des services de santé dépend entièrement d'une amélioration des programmes de développement des personnels et, tant au Bureau régional que sur le terrain, on trouve de plus en plus d'exemples d'activités conjointes associant les responsables des services et ceux des programmes de formation. Il se tiendra en 1976, avec la participation des ministres de la santé et des responsables de la formation des personnels de santé, une conférence qui devrait beaucoup aider à mieux adapter la formation des travailleurs sanitaires aux besoins réels. Maintenant que l'on dispose de mesures de santé publique plus efficaces pour combattre les maladies transmissibles qui sévissent dans la Région et pour en réaliser l'éradication, on accorde une attention plus grande aux principales maladies non transmissibles telles que les maladies dégénératives chroniques et les troubles mentaux. Les transformations rapides du milieu socio- culturel et l'évolution de la situation économique ont provoqué dans bien des pays l'apparition de troubles psychiatriques de dimensions nouvelles, mais en faisant appel aux puissants médicaments psychotropes de la pharmacopée moderne, en mettant davantage l'accent sur les services au sein de la collectivité et en s'efforçant d'incorporer les soins psychiatriques dans le système de santé global, on découvre des possibilités nouvelles pour le traitement de ces troubles. De nouvelles approches ont été suggérées pour diversifier les moyens de répondre aux besoins des malades à divers stades de perturbation du psychisme. Néanmoins, il reste encore bien du chemin à parcourir avant que tous les pays de la Région puissent tirer pleinement parti des techniques modernes et établir des programmes de santé mentale réalistes à la mesure de leurs besoins croissants. Il faudra donc redoubler d'efforts pour atteindre ces buts importants dans le secteur de la santé mentale. L'OMS continuera de fournir une assistance pour former du personnel et élaborer de nouvelles méthodes de traitement et de réadaptation dans des domaines comme celui de la toxicomanie, ainsi que pour améliorer les structures administratives des services de santé mentale en général.

COMMISSION A

:

QUINZIEME SEANCE

479

Le Dr Taba remercie les gouvernements des Etats Membres des précieux concours qu'ils continuent d'apporter à l'OMS dans la Région. Le Dr A. M. HASSAN (Somalie) et le Dr HASSOUN (Irak) rendent hommage aux efforts déployés par le Bureau régional pour élever le niveau de santé et améliorer les conditions de vie des populations de leurs pays et de la Région. Le Dr TAJELDIN (Qatar) indique que son pays, qui reçoit de l'OMS une aide très appréciable pour la formation et l'organisation de laboratoires, fait de grands progrès dans l'amélioration de son système de santé. Il demande instamment qu'un représentant de l'OMS soit nommé au Qatar afin de mieux assurer la réalisation des objectifs de l'Organisation dans ce pays. Le Dr GOMAA (Egypte) déclare que les succès obtenus par son pays dans la promotion de la santé sont le fruit de la coopération entre l'OMS et l'administration sanitaire égyptienne. L'Organisation a insisté sur la nécessité d'économiser et de mieux employer les ressources disponibles. Dans le secteur de l'enseignement et de la formation, on gagnerait à prévoir des projets pilotes offrant le moyen d'évaluer l'efficacité des programmes. La schistosomiase reste un problème fondamental en Egypte et le Dr Gomaa espère que l'absence de crédits pour des projets de lutte contre les maladies parasitaires en 1976 et 1977 ne signifie pas que l'on négligera ce problème. En 1976, l'Egypte mettra en route son quatrième plan de développement économique et social qui fait une plus grande place aux activités sanitaires. La coordination la plus étroite sera assurée entre les opérations inscrites au plan et l'assistance fournie par l'OMS dans le domaine des soins de santé, de la formation et de l'enseignement médical. Le Dr TEKLE (Ethiopie), le Dr FARAH (Tunisie), le Dr NOZARI (Iran), le Dr AZIZ (Pakistan), le Dr EL -GERBI (République Arabe Libyenne), le Dr ROASHAN (Afghanistan), le Dr ISLAM (Arabie Saoudite), le Dr SOROUR (Emirats arabes unis), le Professeur DAFALLA (Soudan), le Dr VASSILOPOULOS (Chypre), le Dr HAYEK (Liban), le Dr AL- BUSAIRI (Kowett), le Dr BUKEIR (Yémen démocratique) et le Dr HAMDAN (Oman) évoquent les problèmes sanitaires de leur pays et de la Région, rendent hommage au travail accompli par le Directeur régional et ses collaborateurs et expriment l'espoir que l'assistance fournie à leurs pays sera maintenue; ils s'engagent à coopérer étroitement avec le Bureau régional de l'OMS dans l'exécution de son programme. Le Professeur DAVIES (Israel) s'associe aux délégués des pays voisins pour remercier le Directeur régional. Il constate que le rapport du Directeur général n'indique pas clairement qu'il existe pour la Région de la Méditerranée orientale deux sous -comités le Sous -Comité A, qui réunit tous les pays à l'exception d'Israël, et le Sous -Comité B, composé uniquement d'Israël qui, pour des raisons politiques, a été délibérément exclu du Sous -Comité A. Néanmoins, Israël a toujours bénéficié de la parfaite coopération du Directeur régional et rend hommage à son comportement impartial dans des circonstances délicates. Israel a su s'attaquer avec succès à beaucoup des problèmes qui se posent dans la Région. Ses nombreux établissements de formation ont été mis à profit par des milliers de personnes venant de plus de quarante Etats Membres (dont 38 extérieurs à la Région) et l'OMS a fait appel à beaucoup d'experts israéliens pour ses programmes dans d'autres Régions. Il est regrettable qu'au niveau régional, la politique ait empiété sur le domaine de la santé, empêchant ainsi Israel de faire partager à ses voisins le fruit de son expérience. De quelque pays qu'il soit, tout travailleur sanitaire qui désirerait se rendre en Israel pour étudier les programmes en cours y sera le bienvenu. :

Le Dr TSAO Hsiao -ting (Chine) déclare que sa délégation est fortement opposée à ce que l'OMS fournisse une quelconque assistance à Israel. Aussi, comme par le passé, la Chine déduira t -elle de sa contribution annuelle un montant correspondant aux sommes affectées à Israel dans le programme.

Le Dr TABA (Directeur régional pour la Méditerranée orientale) déclare que ses collègues et lui -même sont reconnaissants aux nombreux orateurs qui ont rendu hommage à l'oeuvre accomplie par l'OMS dans la Région. Bonne note a été prise de toutes les questions soulevées, et il en sera tenu compte lors de la révision du budget programme. Le Dr Taba reconnaît qu'en dépit de son développement rapide, la Région doit encore faire face à un certain nombre de problèmes ardus. Cependant, étant donné l'esprit qui règne parmi les pays de la Région et la coopération qu'ils apportent à l'Organisation, il a confiance que des solutions seront trouvées. Pacifique occidental

Le Dr DY (Directeur régional pour le Pacifique occidental), présentant le projet de budget programme de la Région pour 1976 et 1977, explique que l'assistance fournie varie selon le degré de développement des pays. La plupart des pays en voie de développement ont encore besoin d'aide pour des programmes de base tels que la lutte contre les maladies, le renforcement des services de santé, y compris la protection de la famille, l'éducation et la formation des personnels de santé. En établissant le programme proposé, on a tenu compte tout particulièrement

480

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

des besoins des pays les moins développés, de leur capacité d'absorption et de l'aide qu'ils reçoivent d'autres sources. Le programme de renforcement des services de santé a pour but d'assurer des prestations efficaces au plus grand nombre possible d'habitants, notamment au niveau périphérique, en développant les soins de santé primaires. Une étude sociologique a déjà été faite sur l'impact de services de santé modernisés dans les collectivités rurales. On a recours à des méthodes modernes telles que la programmation sanitaire par pays et des travaux de recherche supplémentaires sont entrepris pour déterminer les problèmes de santé les plus pressants; le programme attribue un rang de priorité élevé au renforcement des services de laboratoire de santé et à la formation d'experts en planification sanitaire nationale. Le programme de santé de la famille englobe la santé maternelle et infantile, la planification familiale, la nutrition et l'éducation sanitaire. On développe actuellement les activités de planification familiale en tant qu'aspect de la santé maternelle et infantile dans le cadre des services de santé généraux, tout en encourageant une surveillance nutritionnelle plus poussée et la formation nutritionnelle du personnel en vue de combattre la malnutrition. On admet de plus en plus la nécessité de l'éducation sanitaire comme partie intégrante des autres services de santé.

En ce qui concerne le développement des personnels de santé, la formation en groupe et l'octroi de bourses en sont encore des éléments importants. Pour faire face à l'accroissement de la demande de personnel sanitaire qualifié, on accorde une plus grande attention à la formation d'assistants médicaux. Le centre régional OMS de formation pédagogique de Sydney constituera bientôt le point central de ces activités dans la Région. Il est à souhaiter qu'avec le concours de l'OMS de plus nombreux pays suivent l'exemple de la République de Corée qui, en mars 1975, est devenue le premier pays de la Région à mettre sur pied son propre centre national de formation pédagogique. Les maladies transmissibles constituent encore un grave problème, en dépit des différences dans les tableaux de morbidité et de mortalité. Les programmes de lutte contre le paludisme et la tuberculose font constamment l'objet d'évaluations en vue de maintenir les progrès accomplis et de résoudre les problèmes techniques. La fièvre hémorragique dengue est l'une des principales maladies qui sévissent dans la Région et l'on a enregistré récemment une flambée assez étendue dans le Pacifique sud. Le Comité consultatif technique OMS pour la fièvre hémorragique dengue dans les Régions de l'Asie du Sud -Est et du Pacifique occidental a révisé récemment les directives pour le diagnostic clinique et le traitement, ainsi que pour le diagnostic en laboratoire, la surveillance des vecteurs et la lutte antivectorielle, et la surveillance épidémiologique. Ces directives, qui seront utilisées par les services de santé des deux Régions, seront publiées en temps opportun. La prévalence de certaines maladies chroniques comme le cancer et les affections cardiovasculaires augmente dans les pays en voie de développement, de même que les problèmes causés par l'alcoolisme, la pharmacodépendance et l'abus des drogues. On espère pouvoir engager un spécialiste, probablement un psychiatre ayant l'expérience des problèmes de la drogue, pour s'occuper du programme en cours d'élaboration dans ce secteur. Parmi les autres programmes concernant des maladies non transmissibles qui sont déjà en cours, il convient de mentionner le renforcement des services nationaux d'hygiène dentaire et les services consultatifs relatifs aux aspects des rayonnements ionisants ayant trait à la recherche biomédicale et à la salubrité de l'environnement. Le programme concernant les substances prophylactiques, diagnostiques et thérapeutiques consiste principalement à améliorer les méthodes de production et de contrôle de la qualité, ainsi que les moyens dont on dispose pour les substances biologiques et pharmaceutiques et la technologie des laboratoires de santé, par le recrutement de consultants ec la formation de personnel national. L'expansion démographique et l'accroissement de la cadence d'urbanisation et d'industrialisation ont créé de nouveaux problèmes en matière de salubrité de l'environnement et ont aggravé ceux qui existaient déjà. A cet égard, une assistance accrue est nécessaire pour planifier et exécuter les programmes visant à développer l'infrastructure. Il est de plus en plus nécessaire de faire appel à des consultants pour les problèmes touchant toutes les formes de pollution. Dans plusieurs pays, il faut améliorer le système d'archives médicales et les méthodes de collecte des statistiques démographiques et sanitaires. Le Dr Dy précise qu'il continue à mettre l'accent sur les programmes inter -pays, conformément aux voeux exprimés par le Comité régional. On estime en effet que ces programmes susciteront de l'intérêt pour certains secteurs déterminés et contribueront à promouvoir la coopération entre les pays de la Région. Bien qu'il ne lui ait pas été possible de donner suite à toutes les demandes d'assistance qu'il a reçues, le Bureau régional s'est efforcé de satisfaire celles qui concernaient surtout des besoins urgents. En terminant, le Dr Dy souhaite la bienvenue à deux nouveaux Etats Membres, les Tonga et la République démocratique du Viet -Nam. Le Dr OKAMOTO (Japon) dit qu'une rapide évolution économique et politique s'est produite récemment dans la Région et, à ce sujet, estime qu'il est difficile de distinguer nettement

COMMISSION A

:

QUINZIEME SEANCE

481

entre les facteurs historiques, politiques, sociaux et économiques qui déterminent la situation sanitaire et les possibilités de programmation dans le secteur de la santé. Au Japon, on déploie des efforts en vue d'assurer à la population le niveau de santé le plus élevé possible. Les buts visés sont de permettre aux gens de bien comprendre les composantes de la santé et de chercher à conserver leur santé physique et mentale pendant toute leur vie dans un environnement foyer social et spirituel satisfaisant, de guider les habitants vers le bien -être dans leur et dans leur collectivité, d'offrir à la population des soins médicaux appropriés, de mener des travaux de recherche et de faire adopter ces principes dans toute la Région. Le Dr Okamoto estime que ces buts devront rester les buts de l'avenir. Dans ce contexte, le Gouvernement japonais sera heureux de contribuer de son mieux à la santé dans la Région. Le Dr PHOUTTHASAK (Laos), le Dr SUMPAICO (Philippines), le Dr NOORDIN (Malaisie) et le Dr AFIN (République de Corée) font état de l'oeuvre accomplie par l'OMS dans la Région du Pacifique occidental, où la situation socio- économique et sanitaire pose encore bien des problèmes. Le Directeur régional et ses collaborateurs font d'excellent travail et coopèrent admirablement avec les pays représentés par ces orateurs, mais il reste beaucoup à faire et il faut espérer que le Bureau régional renforcera encore le soutien et la collaboration qu'il apporte aux pays. Le Dr DY (Directeur régional pour le Pacifique occidental) déclare avoir écouté avec grand intérêt la déclaration du délégué du Japon; il espère qu'il sera possible de mettre ses idées en pratique. Il remercie les autres délégués qui sont intervenus dans le débat de leurs aimables paroles qu'il ne manquera pas de transmettre au personnel du Bureau régional et au personnel sur le terrain. Centre international de Recherche sur le Cancer 1l n'y a pas d'observations. (Voir la suite de l'examen détaillé du budget programme dans le procès- verbal de la dix septième séance, section 2.) 2.

EXAMEN DES REMARQUES ET RECOMMANDATIONS FORMULEES PAR LE REPRESENTANT DU CONSEIL EXECUTIF ET PAR LE DIRECTEUR GENERAL AU SUJET DU BUDGET PROGRAMME POUR LES EXERCICES FINANCIERS 1976 ET 1977

Ordre du jour, 2.2.1

Le Dr GARCÎA (représentant du Conseil exécutif) présente à la Commission le rapport du Conseil sur le projet de budget programme pour 1976 -1977 (Actes officiels N° 223, partie II). La Commission notera, au paragraphe 4, que le Directeur général a proposé un budget effectif total pour 1976 s'élevant à US $124 450 000. L'augmentation par rapport à 1975 étant principalement destinée à compenser la hausse des prix, il ne reste aucune marge pour l'expansion réelle du programme. Le Dr Garcia appelle d'autre part l'attention des membres de la Commission sur la résolution EB55.R10, concernant le cycle budgétaire biennal que le Conseil recommande à l'Assemblée de la Santé d'adopter, dont le texte figure à la page 7 du document Actes officiels N° 223.

Etant donné l'instabilité monétaire persistante et la décision de l'Assemblée générale des Nations Unies d'augmenter les traitements et indemnités du personnel des catégories professionnelles et supérieures à partir du ler janvier 1975, le Directeur général a jugé nécessaire de présenter des prévisions budgétaires supplémentaires pour 1975 et 1976. Le montant supplémentaire demandé pour 1976 est de US $7 435 000, dont $4 160 000 résultant de la révision des traitements et indemnités et le solde, soit $3 275 000, de l'ajustement du taux de change entre le franc suisse et le dollar des Etats -Unis applicable au calcul des prévisions budgétaires pour 1976 (ce taux passant de Fr.s. 3,23 à 2,90 pour un dollar). En conséquence, le budget effectif proposé pour 1976 par le Directeur général à la cinquante -cinquième session du Conseil s'établissait à $131 885 000. La section 1 du chapitre II du rapport du Conseil rend compte des délibérations que ce dernier a consacrées aux prévisions supplémentaires, tandis que la section 2 expose les questions examinées par le Conseil conformément à la résolution WHA5.62. Ainsi qu'il est indiqué au paragraphe 10 de cette section, le Conseil a décidé de répondre par l'affirmative aux questions l'aptitude des prévisions budgétaires à permettre à l'OMS de s'acquitter de ses concernant fonctions constitutionnelles, compte tenu du degré de développement auquel elle est parvenue; la conformité du programme proposé avec le programme général de travail approuvé par l'Assemblée de la Santé; la possibilité d'exécuter au cours de l'année budgétaire le programme envisagé. Toutefois, le Conseil a reconnu que les événements monétaires ou les tendances inflationnistes susceptibles d'apparaître à l'avenir pourraient restreindre l'aptitude de l'OMS à exécuter la totalité du programme initialement envisagé. Comme il est indiqué d'autre part aux paragraphes 11 à 27, en examinant les répercussions financières des prévisions budgétaires, le Conseil a premièrement, le montant des recettes occasionnelles disponibles étudié les points suivants pour contribuer au financement du budget de 1976; deuxièmement, le barème des contributions et les montants fixés pour les contributions de 1976; troisièmement, l'état du recouvrement des contributions annuelles et des avances au fonds de roulement; quatrièmement, les membres : :

482

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

redevables d'arriérés de contributions dans une mesure pouvant donner lieu à l'application de l'article 7 de la Constitution. La section 3 du chapitre II rend compte des délibérations du Conseil sur le texte du projet de résolution portant ouverture de crédits pour 1976 (reproduit à la page 62 du document Actes officiels N° 220) et sur le budget effectif proposé pour 1976. Le Conseil a jugé satisfaisant le projet de budget programme pour 1976 et, dans sa résolution EB55.R15, il a recommandé à l'Assemblée de la Santé d'approuver pour 1976 un budget effectif de $131 885 000. Toutefois, conscient du fait qu'il faudrait peut -être modifier le montant proposé à la suite d'événements survenant avant l'actuelle Assemblée de la Santé, le Conseil a demandé à son Comité spécial d'examiner les charges additionnelles que le Directeur général pourrait éventuellement lui soumettre. Par la suite, le Directeur général a présenté un rapport sur les charges budgétaires additionnelles 1 ayant pour effet de porter à $137 100 000 le montant du budget effectif proposé pour 1976. Dans son rapport sur la question,2 le Comité spécial a recommandé, au nom du Conseil exécutif, que l'Assemblée de la Santé approuve ce montant. Le DIRECTEUR GENERAL rappelle qu'en une autre occasion, à la Vingt- Septième Assemblée mondiale de la Santé, il avait informé la Commission qu'il ne serait peut -être pas possible, en raison de l'instabilité de la situation monétaire internationale, de couvrir les dépenses du programme pour 1975 au moyen du budget approuvé. Il avait déclaré en outre qu'il estimait de son devoir d'attirer l'attention des Membres sur la situation au cas où elle viendrait à s'aggraver. Malheureusement, les choses ne se sont pas améliorées. Son rapport sur les charges budgétaires additionnelles pour 1976 - dont la section 2 se réfère à la situation budgétaire en 1975 - montrera à la Commission les efforts que le Secrétariat a déployés pour combler un déficit de quelque $10 000 000 en 1975 en ne freinant qu'au minimum l'exécution du programme global de l'Organisation. Contraint à contrecoeur de réaliser des économies, le Directeur général, dans une lettre contenant un appel adressé à tous les Membres en mars, a émis l'opinion qu'il faudrait peut -être envisager des contributions spéciales au fonds bénévole pour la promotion de la santé comme moyen d'éviter d'avoir à restreindre des secteurs vitaux du programme. Cet appel n'a guère suscité de réactions, mais le Secrétariat continuera à faire de son mieux en modifiant la répartition des ressources et en économisant partout où ce sera possible, afin de ne pas trop compromettre l'exécution du programme. L'effet des fluctuations monétaires est également examiné dans le rapport du Directeur général et le Secrétariat a eu la tâche difficile de décider quelle serait la solution la plus prudente à recommander à l'Assemblée de la Santé en ce qui concerne les taux de change budgétaires. Comme le savent les membres de la Commission, on a initialement appliqué au calcul des prévisions budgétaires pour 1976 -1977 un taux de change de Fr.s. 3,23 pour $1 des Etats -Unis. A sa cinquante- cinquième session, le Conseil a entériné une recommandation du Secrétariat tendant à ce que ce taux soit ramené à Fr.s. 2,90 pour $1 des Etats -Unis. Par suite de l'évolution de la situation, le Secrétariat se voit maintenant contraint de recommander un nouvel ajustement de ce taux de change, la contre -valeur du dollar des Etats -Unis étant ramenée à Fr.s.2,51, et, en outre, un ajustement du taux de change entre la couronne danoise et le dollar, lequel passerait de 6,18 couronnes danoises à 5,42 pour $1 des Etats -Unis. En formulant ces recommandations, le Secrétariat ne cherche nullement à prédire la tendance en 1976; il se laisse simplement guider par l'expérience passée. D'autre part, les recettes occasionnelles en 1975 seront très probablement inférieures de beaucoup à ce qu'elles étaient précédemment, de sorte qu'il ne sera pas possible de puiser à cette source pour financer éventuellement un 4éficit important du budget de 1976. Cette situation aura inévitablement pour résultat d'imposer au programme de nouvelles restrictions ou aux Membres des contributions supplémentaires pour 1976. Le Directeur général se déclare fermement convaincu que l'Organisation ne peut pas continuer à absorber les pertes croissantes résultant des fluctuations monétaires et que, si la situation actuelle devait persister, il serait impossible d'éviter une grave distorsion des fonctions et des programmes de l'Organisation dans leur ensemble. Il rappelle à la Commission que l'Assemblée de la Santé a adopté un certain nombre de résolutions qui toutes exigent du Secrétariat qu'il fasse mieux, qu'il fasse plus et qu'il agisse immédiatement. Le Directeur général fait observer qu'il n'a d'autre choix que de souligner la dure réalité. La compréhension mutuelle et la bonne volonté seront nécessaires pour que l'Organisation puisse, dans la mesure du possible, traverser indemne l'actuelle crise financière mondiale, et le Directeur général exprime aux Membres sa reconnaissance d'avoir fait en sorte que le Secrétariat y soit parvenu jusqu'à présent. C'est dans cet esprit qu'il soumet maintenant à la bienveillante attention de l'Assemblée de la Santé le budget effectif de $137 100 000 proposé pour 1976. Ce chiffre représente en pourcentage un accroissement non négligeable (14,91 7,) par rapport au niveau de 1975 si l'on y inclut les prévisions budgétaires supplémentaires dont le représentant du Conseil a fait état. Par contre, si les charges additionnelles pour 1975, qui sont financées grâce à diverses mesures avaient été ajoutées au plafond approuvé pour 1975 au moyen d'ouvertures de crédits d'économie, 1 Actes officiels OMS, N° 226, 1975, annexe 10, partie 2. 2

Actes officiels OMS, N° 226,

1975, annexe 10, partie 1.

COMMISSION A

:

QUINZIEME SEANCE

483

supplémentaires, l'augmentation pour 1976 par rapport à 1975 n'aurait été que de 6,36 %. Bien entendu, les pourcentages sont passibles d'interprétations fort diverses; le Directeur général précise cependant qu'en les citant il ne cherche nullement à faciliter les choses pour le Secrétariat, mais désire simplement signaler un fait que l'Assemblée de la Santé devra garder présent à l'esprit en décidant du budget effectif pour 1976. (Voir la suite du débat dans le procès- verbal de la seizième séance, section 1.) 3.

RECOMMANDATION CONCERNANT LE MONTANT DU BUDGET EFFECTIF ET LE NIVEAU DU BUDGET POUR 1976

Ordre du jour, 2.2.2

Le PRESIDENT appelle l'attention sur le rapport de la Commission B à la Commission A (voir page 700). Le Dr EHRLICH (Etats -Unis d'Amérique) souligne, s'il en est besoin, que les temps sont difficiles aussi bien pour les gouvernements que pour les organisations internationales. L'inflation et l'instabilité monétaire grèvent sérieusement les ressources disponibles et l'OMS, qui, de toutes les institutions spécialisées, est celle dont le budget annuel est le plus élevé, a été particulièrement touchée au cours des deux dernières années. Il faut donc féliciter le Directeur général de la prudence et de l'habileté dont il a fait preuve face à une situation difficile et changeante. Le budget supplémentaire pour 1975, déjà approuvé par l'Assemblée, sera entièrement financé au moyen de recettes occasionnelles sans que l'on demande aux Etats Membres un effort financier supplémentaire. Le Gouvernement des Etats -Unis a suivi de près les mesures prises par l'Organisation pour remédier aux effets de l'instabilité monétaire, mais il s'est abstenu d'offrir ses conseils au Directeur général. Il estime que, dans les limites d'une saine gestion, et dans le cadre des règlements et des priorités de l'Organisation, le Directeur général doit jouir d'une certaine liberté de manoeuvre. Le Dr Ehrlich s'inquiète cependant de voir que plusieurs des résolutions déjà approuvées, et certaines de celles qui restent à examiner, contiennent des instructions trop précises qui risquent de compromettre le développement harmonieux des programmes et d'être incompatibles avec les règles d'une saine gestion. Depuis que le Directeur général a formulé ses premières propositions de budget programme, contenues dans les Actes officiels N° 220, il a d3 par deux fois réviser en baisse le taux de change du dollar par rapport au franc suisse sur lequel reposaient ces propositions. Il demande maintenant à l'Assemblée d'approuver un budget effectif de US $137 100 000, basé sur un taux de change de 2,51 francs suisses pour un dollar. Il y aura ainsi une importante augmentation par rapport à 1975 mais, tout bien considéré, la délégation des Etats -Unis estime que cela est justifié et, comme l'a recommandé le Conseil exécutif, elle approuvera le niveau budgétaire proposé. Il pourrait arriver cependant que le taux de change du dollar par rapport au franc suisse s'améliore en 1976, ce qui se traduirait par un excédent de fonds, par rapport au montant nécessaire pour réaliser le programme proposé. La délégation des Etats -Unis serait heureuse que le Directeur général indique quel emploi serait fait de cet excédent. M. FURTH (Sous- Directeur général) répond en se référant aux explications données dans le paragraphe 8 du troisième rapport du Comité spécial du Conseil exécutif;' au cas où le taux de change comptable moyen dépasserait 2,51 francs suisses pour un dollar en 1976, l'excédent budgétaire qui en résulterait serait à la disposition des futures Assemblées mondiales de la Santé, dans le compte d'attente de l'Assemblée. Naturellement, cela suppose que l'Organisation n'aurait pas à dépenser les sommes économisées pour apporter une assistance spéciale à certains pays, ainsi que semblent l'envisager certains des projets de résolution qui restent à examiner. Parmi les différentes possibilités de rendre compte de cet excédent budgétaire, la plus simple du point de vue administratif serait de rajuster les affectations de crédits aux divisions et unités organiques du Siège. Ces montants, calculés sur la base de 2,51 francs suisses pour un dollar, seraient corrigés chaque fois que le taux comptable dépasserait ce niveau, ce qui aurait pour effet de les réduire. Les sommes ainsi économisées seraient placées dans une réserve non répartie qui diminuerait au cas où le taux de change du dollar se remettrait à baisser. A la fin de 1976, tout solde non affecté restant dans le compte de réserve figurerait comme excédent budgétaire et serait ainsi à la disposition de l'Assemblée de la Santé. Un de cet excédent budgétaire pourrait être inclus dans le Rapport rapport expliquant l'origine financier annuel de 1976. Au cas où le taux de change comptable pour 1976 serait inférieur à 2,51 francs pour un dollar, le rapport ferait apparaître le montant du déficit budgétaire et, selon toute probabilité, les réductions de programme d'égale importance qui en seraient la conséquence. D'autre part, M. Furth illustre par un exemple la relation entre le recouvrement des contributions et la disponibilité d'un excédent budgétaire. Si le taux de change comptable moyen était en 1976 de 2,90 francs pour un dollar, les prévisions d'engagements de dépenses passeraient d'environ 137 millions de dollars (niveau du budget effectif proposé) à environ 132 millions de dollars, ce qui laisserait un excédent de 5 millions de dollars mais si, pour cause de paiement tardif ou de non -paiement de certaines contributions, les ressources ne 1 Actes officiels OMS, N° 226, 1975, annexe 10, partie 1.

484

VINGT- HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

s'élevaient qu'à 130 millions de dollars, on se trouverait, malgré l'excédent budgétaire de 5 millions de dollars, devant un déficit de trésorerie de 2 millions de dollars, qu'il faudrait compenser par un prélèvement sur le fonds de roulement. Lorsque les arriérés de contributions de 1976 seraient réglés en 1977, il faudrait d'abord rembourser le fonds de roulement d'un montant de 2 millions de dollars, après quoi seulement on pourrait créditer le compte d'attente du montant des contributions versées. C'est alors que la partie non disponible de l'excédent budgétaire prendrait la forme d'un excédent de trésorerie qui serait versé à la masse des recettes occasionnelles.

Le Dr REPIN (Union des Républiques socialistes soviétiques) fait observer que le budget ordinaire de l'OMS a augmenté trop rapidement ces dernières années. Le montant du budget effectif proposé pour 1976 dépasse de près de 15 % celui de 1975, y compris les prévisions supplémentaires pour cette dernière année, et rien ne garantit que des prévisions supplémentaires ne seront pas soumises pour 1976. En outre, le financement des charges budgétaires additionnelles est encore compliqué par l'instabilité monétaire et l'inflation. L'accroissement excessif du budget représente un lourd fardeau pour les Etats Membres, comme en témoigne le fait que le nombre des pays qui n'ont pas payé leurs contributions, ou qui ne les ont pas acquittées entièrement en fin d'exercice, augmente d'année en année. L'OMS continue d'affecter l'essentiel des ressources dont elle dispose au titre du budget ordinaire à l'assistance technique, pour laquelle on dispose de crédits importants en provenance du PNUD et des divers fonds. L'Union soviétique a plus d'une fois appelé l'attention sur la nécessité de rendre l'Organisation plus efficace. Quel que soit le montant qu'il atteigne, le budget de l'OMS ne suffira jamais à résoudre tous les problèmes de santé de tous les pays, et ce n'est pas du reste sa destination. Le véritable rôle de l'OMS, c'est de coordonner et d'organiser. Pour les motifs exposés, la délégation soviétique ne peut approuver le montant du budget effectif proposé par le Directeur général pour 1976. Le Professeur VON MANGER -KOENIG (République fédérale d'Allemagne) fait observer que les gouvernements du monde entier connaissent actuellement de gros déficits budgétaires, situation qui ne peut pas manquer d'avoir des répercussions sur l'approbation des budgets des organisations internationales. A sa cinquante- cinquième session, le Conseil exécutif de l'OMS a déjà examiné très soigneusement le budget programme proposé par le Directeur général pour 1976. La délégation de la République fédérale d'Allemagne estime que ces propositions tenaient compte de deux impératifs tout à fait indiqués dans la situation présente renoncer à l'extension des programmes et renoncer à tout gonflement des effectifs. Elles témoignaient ainsi de beaucoup de rigueur sur le plan financier et d'un sens aigu des responsabilités. Cependant, le Directeur général propose maintenant l'adoption d'un taux de change comptable de Fr.s. 2,51 pour un dollar, ce qui aboutirait à une augmentation de $5 215 000 du budget nécessaire pour réaliser le programme. Le Gouvernement de la République fédérale d'Allemagne reconnaît volontiers qu'il serait sans doute peu réaliste de tabler sur un taux de change de Fr.s. 2,90 pour un dollar, mais la proposition visant à adopter le taux de 2,51 semble exagérément pessimiste. Bien que la conjoncture monétaire soit influencée par des facteurs très divers, la situation économique des Etats -Unis semble depuis peu s'améliorer. En outre, si le franc suisse devait entrer dans le serpent des monnaies européennes, cela aurait une importante incidence sur la situation. Par conséquent, la République fédérale d'Allemagne estime que le budget effectif de l'OMS pour 1976 devrait être calculé sur la base d'un taux de change compris entre Fr.s. 2,60 et 2,70 par :

dollar des Etats -Unis.

Le Dr de VILLIERS (Canada) se félicite de constater que le Directeur général a réussi à introduire dans le budget un élément de développement et de croissance des programmes sans demander de crédits supplémentaires. Il espère que le Directeur général sera en mesure de continuer à renforcer les procédures actuellement suivies pour l'évaluation des programmes de l'OMS, afin que ceux dont la priorité et la productivité sont faibles puissent être soit améliorés soit remplacés par des programmes plus efficaces. Avec le programme de développement esquissé dans les propositions du Directeur général, certaines ressources qui ne sont pas affectées à un programme particulier se trouveront à la disposition du Directeur général qui pourra les allouer à tout secteur qu'il estimera le mériter. La délégation canadienne était disposée à accepter à titre d'essai ces nouvelles dispositions, d'autant plus qu'on espérait que ces sommes pourraient servir de "capital de démarrage" en vue de développer de nouveaux secteurs du programme ou d'attirer des ressources extrabudgétaires. Il apparaît cependant, à la lumière des nombreux projets de résolutions soumis à l'Assemblée, qu'il pourrait être nécessaire de distraire ces fonds de leur destination pour fournir une dans ce cas, la délégation canadienne pourrait être amenée à revoir sa assistance technique position. En principe, le Gouvernement canadien a toujours préféré que les fonds destinés à l'assistance technique proviennent du PNUD ou des fonds bénévoles existants. Bien que la délégation canadienne considère le montant du budget proposé comme généralement acceptable, elle a certaines réserves à formuler quant aux mesures suggérées pour remédier aux effets de l'inflation. Elle estime que des économies substantielles peuvent être faites au cours de tout exercice financier par accroissement du rendement ou érosion naturelle des programmes, :

COMMISSION A

:

QUINZIEME SEANCE

485

et que ces économies pourraient être employées pour compenser les incidences de l'inflation. Ainsi, le Directeur général pourrait disposer du montant nécessaire pour mener à bien le programme et le Secrétariat serait incité à surveiller de très près les dépenses. Il est évidemment trop tard pour modifier les prévisions relatives à 1976, mais le Directeur général et le Conseil exécutif pourraient se rappeler cette suggestion lors de la préparation et de l'examen des prévisions pour 1977 -1978. La délégation canadienne souhaite aussi attirer l'attention sur le fait que le BIT a récemment décidé de baser ses prévisions pour 1976 sur un taux d'inflation de 8 % au lieu de 9 selon les estimations de l'OMS. Il semble illogique que les deux organisations emploient des taux différents pour calculer leurs prévisions budgétaires, et il faut espérer que le Directeur général de l'OMS aura la possibilité d'aligner ses prévisions sur celles du BIT. La délégation canadienne estime aussi que le taux de change de Fr.s. 2,51 pour un dollar proposé par le Directeur général est trop bas; un taux se situant entre Fr.s. 2,60 et 2,74 pour un dollar serait sans doute plus réaliste. Le Dr GERRITSEN (Pays- Bas)constate qu'au cours des délibérations de l'Assemblée, ona rappelé une fois de plus l'ampleur des besoins sanitaires dans le monde et l'importance considérable des sommes nécessaires pour y faire face. D'autre part, la situation économique mondiale rend de plus en plus difficile la solution des problèmes auxquels l'OMS est confrontée. Dans ces conditions, la délégation des Pays -Bas estime que stabiliser le niveau du programme devrait être pour l'Assemblée un objectif minimum. Or, il semble qu'à l'heure actuelle le niveau du programme soit en réalité en baisse, du fait des économies imposées par l'inflation, l'augmentation des prix et la situation monétaire. Par conséquent, la délégation néerlandaise approuve pleinement le niveau proposé pour le budget effectif de 1976, sous réserve qu'il suffise à financer au moins le programme à son niveau actuel.

Le Professeur JAKOVLJEVIC (Yougoslavie) indique que sa délégation approuve le niveau du budget effectif proposé par le Directeur général pour 1976 et qu'elle votera ce budget. Le Dr KILGOUR (Royaume -Uni de Grande - Bretagne et d'Irlande du Nord) déclare que sa délégation appuiera la proposition du Directeur général fixant à $137 100 000 le montant du budget effectif; le taux de change de 2,51 francs suisses pour un dollar lui paraît raisonnable; c'est en fait le taux retenu par le BIT. Le Dr Kilgour est heureux d'apprendre que, si le taux s'améliorait, l'excédent qui en résulterait serait à la disposition de l'Assemblée pour des affectations budgétaires de son choix. Il aimerait cependant avoir confirmation que l'excédent en question ne sera pas utilisé à d'autres fins, par exemple pour fournir une assistance technique supplémentaire à certains pays qui auraient besoin d'aide dans la mise en oeuvre des résolutions adoptées par l'Assemblée.

M. RAINONE (Italie) constate que le budget effectif proposé par le Directeur général est de 15 % plus élevé que celui de 1975. La délégation italienne prend acte des efforts du Directeur général visant à réaliser des économies et à améliorer la coordination, ainsi que de ses initiatives en matière de programmation à moyen terme. Cependant, elle éprouve certaines inquiétudes devant les risques d'augmentation ultérieure des dépenses qu'impliquent les récents débats et les nombreuses propositions présentées à l'Assemblée. En plus de la crise économique et monétaire, qui a déjà déterminé un accroissement du niveau du budget, certains éléments nouveaux sont apparus qui comportent beaucoup d'incertitudes et qui ne manqueront pas d'avoir des répercussions sur le montant des dépenses à l'avenir. C'est le cas par exemple du principe de l'augmentation automatique des traitements et des autres dépenses de personnel, principe au sujet duquel l'Italie a déjà élevé des objections aux Nations Unies. Il y a enfin la question de l'introduction des nouvelles langues de travail qui ne soulève pour l'Italie aucune difficulté sur le plan des principes, mais qui aura certainement des conséquences financières considérables. La délégation italienne remarque en outre que, si l'augmentation du montant effectif du budget est de 15 %, celle des contributions des Etats Membres est de 20 %. Etant donné la situation économique actuelle, il est peut -être souhaitable de limiter les contributions des Etats Membres et, si nécessaire, de différer la mise en oeuvre de certains programmes, en concentrant les efforts sur les activités financées par dessources extrabudgétaires. A l'heure actuelle, l'Italie se trouve dans une situation particulièrement difficile, puisqu'elle doit faire face à une inflation rapide qui impose une réduction draconienne des dépenses publiques, ainsi que toute une série de restrictions qui limitent la capacité du Gouvernement de participer aux programmes des organisations internationales. Pour ces motifs, la délégation italienne n'est pas en mesure d'approuver le budget proposé pour 1976 et s'abstiendra lors du vote. Le Dr MORK (Norvège) félicite le Directeur général et ses collaborateurs de l'habileté dont ils ont fait preuve pour limiter les effets néfastes de l'instabilité monétaire sur les programmes de l'Organisation. On a souligné devant l'Assemblée à quel point sont grands les besoins d'assistance dans de nombreux secteurs de la santé, en particulier dans les pays en voie de développement, et combien les programmes sont urgents. Soucieux de placer les propositions budgétaires dans une juste perspective, le Dr Mork signale que la contribution de la Norvège équivaudra à ce que coûte annuellement dans son pays une maison de convalescence de 70

486

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

lits. Il estime que les pays développés peuvent fort bien se permettre d'apporter une contribution de cette importance. Sa délégation votera donc le budget programme proposé. Le Dr OKAMOT0 (Japon) dit que, vu la situation monétaire internationale actuelle, et les tendances inflationnistes observées partout, sa délégation approuvera le budget proposé par le Directeur général pour 1976. Le Dr KLIVAROVA (Tchécoslovaquie) rappelle que sa délégation, comme elle l'a déjà indiqué pendant l'examen du Rapport du Directeur général, ne peut approuver la forte augmentation des prévisions budgétaires par rapport à 1975. Par conséquent, elle ne votera pas le budget effectif proposé pour 1976. Le Dr ALAN (Turquie) indique que, l'année précédente, la Turquie avait approuvé à contrecoeur les propositions budgétaires, mais que cette année l'augmentation est telle que sa délégation ne peut l'accepter. Pour le Dr GAYE (Sénégal), l'augmentation proposée du budget ne doit pas être envisagée simplement du point de vue des contributions des Etats Membres; il faut tenir compte aussi de la mission de l'Organisation. Il est bien évident que la santé du monde, pour laquelle les Etats Membres se sont engagés à faire des sacrifices, laisse encore beaucoup à désirer. Sans parler des problèmes monétaires qui viennent compliquer la situation, il faut admettre que le budget augmente parce que de nombreux pays commencent à peine à sortir de la nuit et ont énormément besoin d'être assistés. Le Dr Gaye est certain que l'équilibre souhaitable s'établira sans tarder si tous les Etats Membres maintiennent intact leur potentiel de solidarité et d'assistance mutuelle. La délégation du Sénégal approuvera donc le niveau budgétaire proposé pour 1976. Le Professeur SULIANTI SAROSO (Indonésie) s'inquiète de l'illogisme de certains délégués qui ne veulent pas approuver les prévisions budgétaires proposées, mais qui ont voté par ailleurs pour des projets de résolution demandant au Directeur général d'entreprendre des activités supplémentaires. Les résolutions adoptées par l'Assemblée sont beaucoup plus nombreuses que les années précédentes et leur mise en oeuvre exigera des fonds supplémentaires. Sa délégation se prononcera en faveur des propositions budgétaires et demande au Directeur général que les crédits votés soient affectés à des opérations d'assistance directe aux Etats Membres. Le Dr VIOLAKIS- PARASKEVAS (Grèce) estime que, vu l'instabilité de la situation monétaire, les propositions du Directeur général méritent le plein appui de la Commission. La délégation grecque votera donc le budget effectif proposé par le Directeur général. Toutefois, dans la situation de crise actuelle, l'Organisation ne devrait mettre en oeuvre que des programmes vraiment prioritaires et éviter les doubles emplois avec les activités des autres organisations internationales.

Le Dr KIVITS (Belgique) apprécie les efforts déployés par le Directeur général pour réaliser le programme recommandé par l'Assemblée et par le Conseil exécutif, tout en maintenant le montant du budget dans les limites dictées par l'instabilité monétaire actuelle. Sa délégation votera le budget proposé, et engage vivement les gouvernements qui en ont les moyens à verser des contributions au fonds bénévole pour la promotion de la santé, afin de permettre à l'Organisation de réaliser les programmes supplémentaires demandés par l'Assemblée. Le Dr A. M. HASSAN (Somalie) déclare que sa délégation votera le budget proposé. Le Professeur DE CARVALHO SAMPAIO (Portugal) annonce que, malgré les nombreuses difficultés que traverse à l'heure actuelle son pays, sa délégation votera, elle aussi, le budget proposé. Le Dr AROMASODU (Nigéria) se félicite des mesures prises pour maintenir le budget de l'OMS dans des limites raisonnables, compte tenu de la crise économique et monétaire que traverse le monde. A l'occasion de l'examen détaillé du budget programme proposé pour 1976, les délégués ont applaudi au Rapport du Directeur général et aux efforts continus que déploie l'OMS dans le domaine de la santé. Un certain nombre de résolutions impliquant des ressources supplémentaires ont été adoptées, et l'espoir a été exprimé, à propos des programmes régionaux, que les activités de l'OMS se développeront au fil des années. La délégation du Nigéria estime donc que l'Assemblée doit être prête à soutenir le Directeur général dans sa tâche difficile et elle votera les crédits correspondant aux charges budgétaires additionnelles pour 1976. Le Dr TARIMO (République -Unie de Tanzanie) et le Dr BADDOO (Ghana) déclarent que leurs délégations voteront pour les propositions budgétaires.

Le Dr WRIGHT (Niger) remarque que les augmentations proposées suffiront tout juste à compenser les effets de l'instabilité monétaire, mais ne permettront pas une extension des programmes; il est inquiétant de voir que beaucoup de projets ne peuvent être réalisés faute de crédits. Ce sont les pays en voie de développement qui souffrent le plus de la crise économique et monétaire. La délégation du Niger votera donc pour les propositions budgétaires.

COMMISSION A

:

QUINZIEME SEANCE

487

M. SEGHIRATE (Algérie), le Dr KONE (Côte d'Ivoire), le Dr BANGOURA (Guinée), le Dr ABDALLAH OULD BAH (Mauritanie), le Dr JOSHI (Népal), le Dr SIWALE (Zambie) et le Dr ROASHAN (Afghanistan) soulignent l'importance des besoins sanitaires dans le monde et se déclarent en faveur du budget effectif proposé. Le Dr MARCIAL (Mexique) explique que sa délégation comprend parfaitement les raisons qui ont poussé le Directeur général à demander qu'on élève le niveau du budget, mais que la position de sa délégation est analogue à celle de la délégation italienne et qu'elle devra s'abstenir lors du vote. Le Dr GOMAA (Egypte) dit que sa délégation, tout en étant pleinement consciente des difficultés liées à la situation financière, ne pense pas que les problèmes financiers doivent affecter la qualité des activités de l'OMS et fait confiance au Directeur pour utiliser au mieux les fonds disponibles. Elle approuvera donc le budget au niveau proposé. Le Professeur KOSTRZEWSKI (Pologne) constate avec satisfaction que le Directeur général s'efforce de maintenir et d'élargir le programme d'activité de l'Organisation en dépit de la situation économique très compliquée dans laquelle se trouve actuellement le monde. Il apprécie tout particulièrement les mesures prises pour réaliser des économies internes. Néanmoins, son Gouvernement est d'avis que l'augmentation annuelle du budget de l'OMS ne devrait pas dépasser 5 à 6 %, ce qui correspond à l'augmentation moyenne du produit national brut des pays Membres, et il estime que l'OMS devrait recevoir davantage de soutiens extrabudgétaires, en particulier de la part d'autres organisations internationales qui s'intéressent aux programmes de protection de la santé humaine. L'augmentation du budget de 1976 par rapport à celui de 1975 est presque le triple de celle que le Gouvernement polonais considère comme appropriée. Le Professeur Kostrzewski regrette donc que la délégation polonaise ne soit pas en mesure de voter le budget proposé. Le DIRECTEUR GENERAL fait observer qu'il n'est pas équitable d'argumenter sur la base de pourcentages. Les pourcentages, qui se réfèrent à des grandeurs purement monétaires, sont mis en avant comme indices d'une extension du programme, alors qu'en fait la valeur réelle des activités inscrites au budget est en baisse depuis quelques années. Une augmentation du produit national brut est normalement considérée comme un avantage pour la population d'un pays, mais on ne saurait en dire autant des augmentations en pourcentage qui font l'objet de la discussion. La situation économique actuelle est si complexe qu'il est difficile de savoir dans quelle direction les valeurs monétaires s'acheminent. Le Directeur général estime qu'avec les garanties demandées par le délégué des Etats -Unis et par d'autres délégués, l'Assemblée pourra exercer un contrôle financier complet sur l'utilisation de tout excédent budgétaire éventuel. Il convient de souligner qu'en fait le taux d'inflation du budget n'a jamais été de 9 % puisqu'il est de moins de 8 %, comme indiqué à la page 64 des Actes officiels N° 220. L'OMS est la seule organisation du système des Nations Unies qui croit en la valeur de sa mission continue d'information et s'applique à traduire cette information en action. Ainsi que l'a dit un délégué, si l'OMS a le plus gros budget, c'est parce que les deux tiers de celui -ci sont consacrés à l'assistance directe aux pays en voie de développement. Un tiers seulement du budget correspond à des activités principalement administratives telles qu'organisation de réunions, services d'interprétation, entretien des bâtiments du Siège, établissement de statistiques, etc. Les deux autres tiers servent en proportion croissante à répondre aux principaux besoins des pays qui sont aux prises avec les problèmes de santé les plus difficiles. Ces fonds pourraient être encore beaucoup mieux utilisés par les pays intéressés et le Secrétariat s'efforce de trouver les moyens qui permettront d'en tirer un meilleur parti. En outre, sur le tiers du budget consacré aux activités centrales du Siège, une bonne partie sert à financer des services techniques dont bénéficient les Etats Membres, ce qui signifie que 80 à 90 % des ressources tudgétaires totales sont en fait affectées à des activités visant à résoudre les problèmes de santé des pays dont les besoins sont les plus grands. Il est très important de maintenir l'intégrité et la cohésion de l'Organisation, du niveau des pays jusqu'au niveau central où s'élabore l'information, mais, personnellement, le Directeur général ne s'inquiète nullement de la perte de prestige que pourrait entraîner pour l'OMS la création d'un nouvel organisme des Nations Unies chargé de toutes les aides au développement. Heureusement pour l'OMS, son budget forme un tout indivisible, et il n'est pas possible de le fragmenter en parties correspondant respectivement à l'assistance technique et à l'administration centrale. C'est un budget qui a été conçu pour placer l'Organisation en première ligne en tant qu'institution technique internationale du secteur de la santé, et pour l'y maintenir. Le Directeur général est convaincu que, dans une mesure toujours plus grande, ce budget permettra d'obtenir des ressources extérieures importantes , et cet effet multiplicateur est essentiel car les sommes dépensées pour la promotion de la santé dans la plupart des régions du monde demeurent d'une criante insuffisance en dépit des efforts des pays Membres pour attribuer à l'action de santé la priorité qui convient. Il incombe à l'OMS, premièrement, de veiller à

488

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

ce que cette multiplication des ressources se produise et, deuxièmement, d'aider les Etats memores à faire le nécessaire pour que les ressources disponibles soient consacrées à des activités réellement prioritaires. Si l'Assemblée décidait que des coupes doivent être faites dans le budget, le Secrétariat accepterait cette décision, mais il serait très difficile de déterminer avec précision les postes de dépenses qui sont purement d'ordre administratif, pour y pratiquer les coupes en question. En conclusion, le Directeur général souligne qu'il y a actuellement dans l'Organisation un climat de changement tel que, dans les années qui viennent, le travail de l'OMS devrait devenir, pour chaque dollar dépensé, beaucoup plus productif qu'il ne l'est maintenant.

Le PRESIDENT met aux voix l'approbation du budget effectif Pour 1976. Décision Un budget effectif de US $137 100 000 pour 1976 est approuvé par 91 voix contre 5, avec 7 abstentions. :

Le Dr LEKIE

( Zaire), Rapporteur, donne lecture du projet de résolution suivant

:

La Vingt- Huitième Assemblée mondiale de la Santé DECIDE que le budget effectif pour 1976 sera de US $137 100 000; 1) le niveau du budget sera égal au montant du budget effectif indiqué ci- dessus 2) au paragraphe 1), augmenté du montant de l'imposition du personnel et du montant des contributions qui correspondent à la réserve non répartie; et le budget de 1976 sera couvert au moyen des contributions fixées pour les 3) Membres après déduction du montant estimatif de US $2 300 000 à recevoir du Programme des i) Nations Unies pour le Développement à titre de remboursement des dépenses de soutien des projets; du montant de US $1 500 000 disponible au titre des recettes occasionii) nelles pour 1976. : :

Décision 4.

:

Le projet de résolution est approuvé.1

TROISIEME RAPPORT DE LA COMMISSION Le Dr LEKIE (Zayre), Rapporteur, donne lecture du projet de troisième rapport. Décision Le rapport est adopté (voir p. 696).

La séance est levée à 13 h.30.

1 Ce projet de résolution a été transmis à l'Assemblée de la Santé dans le troisième rapport de la Commission et adopté sous le numéro d'ordre WHA28.60.

SEIZIEME SEANCE

Mardi 27 mai 1975, 15 heures Président :

Dr Marcella DAVIES (Sierra Leone)

1.

EXAMEN DES REMARQUES ET RECOMMANDATIONS FORMULEES PAR LE REPRESENTANT DU CONSEIL EXECUTIF ET PAR LE DIRECTEUR GENERAL AU SUJET DU BUDGET PROGRAMME POUR LES EXERCICES FINANCIERS 1976 ET 1977 (suite de la quinzième séance, section 2)

Ordre du jour, 2.2.1

Amendements à la Constitution concernant le cycle budgétaire biennal Le projet de résolution proposé par le Conseil exécutif dans sa résolution Décision EB55.R10 est approuvé.1 :

2.

PROJETS DE RESOLUTIONS SUR L'ASSISTANCE AUX PAYS EN VOIE DE DEVELOPPEMENT EXAMINES DANS LE CADRE DE L'EXAMEN DU BUDGET PROGRAMME POUR LES EXERCICES FINANCIERS 1976 ET 1977

Ordre du jour, 2.2

Le Dr SCEPIN (Union des Républiques socialistes soviétiques) présente le projet de résolution suivant au nom des délégations de la République Démocratique Allemande, de la République populaire de Mongolie et de l'URSS :

La Vingt- Huitième Assemblée mondiale de la Santé, Notant avec une vive satisfaction qu'au cours des dernières années une nouvelle étape a été franchie sur la voie de l'universalité de l'Organisation mondiale de la santé et qu'un nombre important de pays en voie de développement, ayant accédé à l'indépendance politique, sont devenus Membres de l'OMS; Notant également avec satisfaction que, dans ses activités, l'OMS veille constamment aux besoins de santé publique des pays en voie de développement en appliquant les dispositions des résolutions WHA14.37, WHA14.58, WHA15.22, WHA20.50, WHA21.47 et WHA23.59; Notant la grande importance que revêtent, pour la poursuite de l'aide aux pays en voie de développement, la résolution 3093 (XXVIII) de l'Assemblée générale des Nations Unies tendant à réduire de 107. le budgetmilitaire des Etats qui sont membres permanents du Conseil de Sécurité et à utiliser une partie des ressources ainsi libérées pour l'aide aux pays en voie de développement, ainsi que la résolution 3260 (XXIX) de l'Assemblée générale concernant la Conférence mondiale du Désarmement; Rappelant que l'OMS joue un rôle croissant de coordination en ce qui concerne l'assistance technique fournie aux pays à partir de sources diverses, y compris l'aide fournie à titre bilatéral ou multilatéral, et consciente du fait que, selon la Constitution et les décisions de précédentes Assemblées de la Santé, le rôle de coordination de l'OMS est l'une de ses fonctions les plus importantes; Reconnaissant, ainsi qu'il est stipulé dans la Constitution et dans la résolution WHA23.61, que c'est aux gouvernements des pays intéressés qu'il incombe au premier chef de doter leurs populations de services médicaux et sanitaires, ces gouvernements ayant le droit de déterminer les priorités régissant l'application, la planification et le contrôle des mesures de santé publique; Consciente de ce que l'assistance fournie aux pays par l'OMS se présente sous les principales formes suivantes assistance pour créer et renforcer les systèmes nationaux de santé publique, qui a) font partie intégrante du développement social et économique général; assistance pour former le personnel national de santé publique de tous niveaux b) qui est indispensable pour assurer aux populations des prestations médico- sanitaires adéquates; assistance pour élaborer, en vue de prévenir et de combattre les maladies, des c) méthodes efficaces qui offrent une base méthodologique scientifique pour tout programme à entreprendre dans les pays et garantissent ainsi le succès des mesures de lutte; et formulation de recommandations en vue de l'établissement de normes, y compris la d) classification des maladies, les critères d'évaluation de l'état de l'environnement, les méthodes propres à sauvegarder l'environnement et à le rendre plus sain, la pharmacopée internationale, les préparations biologiques, etc., 1. PRIE le Directeur général 1) de continuer à étudier les moyens les plus efficaces de fournir une assistance aux pays en voie de développement, compte tenu de leurs caractéristiques sociales, :

:

1 Ce projet de résolution a été transmis à l'Assemblée de la Santé dans le quatrième rapport de la Commission et adopté sous le numéro d'ordre WHA28.74. - 489 -

490

VINGT- HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

économiques, culturelles, climatiques et autres, et en étroite coopération avec l'Organisation des Nations Unies, les institutions spécialisées et d'autres organisations internationales; 2) en fournissant une aide aux pays en voie de développement, d'utiliser toutes les sources de financement possibles, y compris le budget ordinaire et les fonds extrabudgétaires; dans la limite des allocations de crédits approuvées, d'étendre les activités à l'éta3) blissement de méthodes scientifiques pour lutter contre les maladies, y compris les maladies transmissibles et parasitaires les plus répandues; de prier le Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies de prendre des 4) mesures pour que soit mise en oeuvre le plus rapidement possible la résolution 3093 (XXVIII) et d'utiliser une partie des ressources ainsi libérées pour améliorer davantage la santé des peuples; de présenter à une prochaine Assemblée mondiale de la Santé un rapport sur les acti5) vités de l'Organisation à cet égard; CHARGE le Conseil exécutif, lorsqu'il préparera le sixième programme général de travail pour une période déterminée, d'envisager l'exécution de mesures du genre de celles qui sont indiquées aux alinéas a), b), c) et d) du préambule de la présente résolution; 3. INVITE instamment les Etats Membres de l'OMS à continuer de fournir toute l'aide possible sur une base bilatérale et multilatérale, notamment par des contributions au fonds bénévole pour la promotion de la santé; 4. INVITE les pays en voie de développement à accorder une attention prioritaire aux programmes de santé publique dans la répartition des fonds du PNUD qui leur sont alloués; et 5. INVITE instamment les Etats Membres de l'OMS à appuyer toutes les mesures internationales qui tendent à réduire la tension internationale et à promouvoir le désarmement, permettant ainsi d'intensifier l'assistance aux pays en voie de développement dans le domaine de la santé publique. 2.

Le Dr Scepin déclare que la délégation soviétique attache une grande importance à l'assistance offerte par l'OMS aux pays en voie de développement et reconnaît le caractère urgent de ce problème, étant donné qu'un grand nombre d'Etats Membres appartiennent à cette catégorie de pays. Il convient d'étudier les moyens propres à améliorer l'efficacité de cette assistance et à accroître l'aide de toutes provenances. Il est évident que l'assistance que les pays développés sont susceptibles d'accorder dépend de leurs dépenses dans d'autres domaines, y compris la défense nationale, et c'est la raison pour laquelle le troisième paragraphe du préambule du projet de résolution se réfère à la résolution 3093 (XXVIII) de l'Assemblée générale des Nations Unies. Le Dr Scepin estime que l'adoption de ce projet de résolution devrait beaucoup aider l'OMS à s'acquitter des tâches que lui assigne sa Constitution. M. LIN Chia -sen (Chine) tient à expliquer la position de sa délégation au sujet du problème du "désarmement" et du prétendu désir de porter assistance aux pays en voie de développement, qui est en réalité un paravent servant à camoufler l'odieux expansionnisme militaire de l'Union des Républiques socialistes soviétiques. La course frénétique aux armements à laquelle se livrent les deux superpuissances est la cause profonde de la misère et de l'insécurité qui règnent dans le monde et constitue l'obstacle majeur à l'amélioration de la santé dans les pays en voie de développement. L'URSS colporte aujourd'hui au sein du forum de l'OMS une proposition fallacieuse visant à réduire les budgets militaires de 10 % sous prétexte d'offrir une assistance aux pays en voie de développement. Mais elle refuse de s'engager à n'être pas la première nation à utiliser l'arme nucléaire, même contre des pays qui en sont dépourvus; et elle extorque le remboursement de prêts consentis aux mouvements de libération nationale pour l'achat d'armes. Les services de santé des pays en voie de développement profiteraient davantage d'un renforcement de la souveraineté nationale. La délégation chinoise n'a cessé de soutenir l'OMS dans les efforts qu'elle fait pour assurer le développement indépendant des services de santé de ces pays, mais elle s'opposera à l'adoption du projet de résolution dont la Commission est saisie.

Mme WOLF (République Démocratique Allemande) déclare que l'assistance aux pays envoie de développement occupe à juste titre une place importante dans les activités de l'OMS et bénéficie du plein appui de sa délégation. Des moyens financiers considérables sont indispensables à l'extension des services sanitaires nationaux dans ces pays. L'objectif du projet de résolution, dont sa délégation est l'un des auteurs, est de veiller à ce que l'Organisation accorde à cette question toute l'attention voulue. De nouveaux progrès dans la détente internationale et l'adoption de mesures de désarmement et de limitation des armements pourraient contribuer au renforcement et à l'extension des services nationaux de santé dans les pays en voie de développement. L'OMS se doit donc d'appuyer les initiatives de l'Assemblée générale des Nations Unies dans ce domaine, et plus particulièrement les résolutions 3093 (XXVIII) et 3260 (XXIX). Les dépenses militaires s'élèvent actuellement à plus de US $200 000 millions par an; si 10 % de ces fonds étaient libérés par la mise en oeuvre de la résolution 3093 (XXVIII) et offerts aux pays en voie de développement, on réunirait une somme d'environ US $2 milliards, soit quinze fois plus que le budget de l'OMS pour 1976.

COMMISSION A

:

SEIZIEME SEANCE

491

Le Dr KLIVAROVA (Tchécoslovaquie) déclare ne pas comprendre l'indignation manifestée par la délégation de la Chine au sujet du projet de résolution. Si ce texte renvoie à la résolution 3093 (XXVIII) de l'Assemblée générale des Nations Unies, c'est pour en hâter l'application et pour permettre d'affecter à l'action de santé certains des fonds qui seront ainsi libérés. De l'avis du Dr Klivarová, il s'agit là de la disposition la plus importante du projet de résolution. Un autre point important est l'invitation faite, d'une part, au Directeur général d'étudier les modalités les plus efficaces d'assistance aux pays en voie de développement et, d'autre part, au Conseil exécutif d'inscrire à son sixième programme général de travail l'exécution des mesures recommandées. La délégation de la Tchécoslovaquie appuie le projet de résolution et désire figurer parmi ses auteurs.

Le Dr SUPIN (Union des Républiques socialistes soviétiques) juge inutile de répondre à la plupart des remarques du délégué de la Chine, qui sont sans rapport avec la question débattue. L'une de ces remarques toutefois - sur l'assistance accordée par l'URSS aux pays en voie de développement - concerne directement le projet de résolution. L'URSS a aidé à créer 786 institutions et établissements de tous genres dans les pays en voie de développement (dont 120 institutions culturelles et d'enseignement, et 30 établissements de santé) de 1954 à 1971 et 360 autres de 1971 à 1975. L'URSS et les pays socialistes membres du Conseil d'Aide économique mutuelle ont ouvert en faveur des pays en voie de développement des crédits s'élevant à 11 milliards de roubles. Plus de 25 000 stagiaires d'une centaine de pays du tiers monde viennent étudier chaque année dans les universités et instituts des pays socialistes. Ces chiffres montrent combien les remarques du délégué de la Chine sont peu justifiées. Le Dr SENCER (Etats -Unis d'Amérique) estime que le Directeur général, en fixant les priorités, doit prendre en considération les besoins relatifs des Etats Membres, l'efficacité des mesures proposées et la compatibilité de ces mesures avec les systèmes sanitaires en place dans les pays intéressés. Le budget programme que la Commission a étudié démontre amplement qu'il a été tenu compte de ces considérations aucune demande de suppression d'une aide n'a été formulée pour le motif qu'elle n'était pas adaptée aux besoins des pays en voie de développement. La délégation des Etats -Unis d'Amérique est en faveur de l'octroi d'une assistance humanitaire chaque fois que le besoin s'en fait sentir, qu'il s'agisse d'Etats ayant récemment accédé à l'indépendance, de désastres naturels ou de troubles sociaux. Elle est toutefois opposée au projet de résolution présenté - de même qu'à d'autres projets qui vont l'être - pour un certain nombre de raisons. Elle estime que ces résolutions lient les mains du Directeur général en réservant des fonds à certains pays ou certains événements et ne sont pas assez souples pour pouvoir être adaptées à des situations nouvelles ou changeantes; elles se réfèrent à des résolutions de l'Assemblée générale des Nations Unies qui sont hors de propos; elles entraîneraient une augmentation générale du budget que ne justifie pas le programme proposé; enfin, l'ensemble de ces résolutions compromettrait la gestion efficace de l'Organisation par le Directeur général en introduisant dans certains cas des considérations étrangères aux problèmes de santé. Toutefois, l'attitude négative de la délégation des Etats -Unis d'Amérique au sujet de ce groupe de résolutions ne signifie aucunement que ce pays se désintéresse de l'assistance humanitaire, qu'il entend bien poursuivre. :

M. LIN Chia -sen (Chine) dit que le délégué soviétique n'a pas répondu à ses objections au sujet du désarmement si l'URSS est désireuse de réduire son budget militaire, elle pourrait sur le champ retirer ses troupes des pays étrangers et démanteler ses bases nucléaires installées sur le territoire d'autres pays. La délégation chinoise continuera de s'opposer au projet de résolution à l'étude. Toutefois, elle appuie le projet de résolution qui sera présenté ultérieurement sur les principes directeurs du budget programme concernant l'assistance aux pays en voie de développement.1 :

Le Dr SUPIN (Union des Républiques socialistes soviétiques) juge inutile d'expliquer à la Commission la position du Gouvernement soviétique sur le désarmement, les essais nucléaires, les bases militaires à l'étranger, etc. Cette position est suffisamment connue des délégués présents et du monde entier. Le Dr KILGOUR (Royaume -Uni de Grande -Bretagne et d'Irlande du Nord) explique que, si l'on met aux voix le projet de résolution sur l'assistance aux pays en voie de développement présenté par l'Union des Républiques socialistes soviétiques, sa délégation s'abstiendra en raison des implications du troisième alinéa du préambule et du paragraphe 1, 4) du dispositif, qui se réfèrent tous deux à la résolution 3093 (XXVIII) de l'Assemblée générale des Nations Unies. Son pays n'a jamais accepté que l'on établisse un lien entre les économies réalisées sur les budgets militaires et le niveau des ressources consacrées à l'amélioration de la situation sanitaire dans les pays en voie de développement. Malgré cette réserve, l'attitude générale du Royaume -Uni n'a pas varié en ce qui concerne l'élévation, par tous les moyens possibles, du niveau de santé de ces pays.

1 Voir p. 493.

492

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

Le Dr KIVITS (Belgique) dit que sa délégation est très désireuse de voir augmenter l'aide aux pays en voie de développement et a constaté que le programme du Directeur général, qui vient d'être adopté, est orienté essentiellement vers les besoins de ces pays. Toutefois, si le projet de résolution de l'URSS sur l'assistance aux pays en voie de développement est mis aux voix, la délégation belge s'abstiendra, étant donné que cette résolution se fonde sur la résolution 3093 ( XXVIII) de l'Assemblée générale des Nations Unies et que la délégation belge s'est abstenue lors du vote à l'Assemblée générale. M. TYDEMAN (Pays -Bas) explique que si le projet de résolution à l'étude est mis aux voix, sa délégation s'abstiendra car, selon elle, il n'existe pas de lien direct entre la réduction des budgets militaires et le développement des services de santé dans les pays en voie de développement. Néanmoins, le Gouvernement des Pays -Bas reste en faveur de l'amélioration, par tous les moyens possibles, de la situation sanitaire dans les pays en voie de développement.

Le Dr TOTTIE (Suède), au nom des délégations du Danemark, de la Norvège et de la Suède, déclare que ces délégations s'abstiendront lors du vote sur le projet de résolution. Il est évident qu'une réduction des dépenses militaires des pays industrialisés se traduirait par la libération de sommes considérables qui pourraient être utilisées au profit du tiers monde. Toutefois, l'établissement d'un lien direct entre le désarmement et le développement des pays risque de présenter certaines ambigu1tés. Tout échec dans les tentatives de désarmement pourrait servir de prétexte à un refus d'augmentation, ou même à une diminution, de l'assistance aux pays en voie de développement. Certains pays pourraient être amenés à fixer leur aide en faveur du développement à un pourcentage déterminé de leurs dépenses militaires. Tout lien direct entre le désarmement et le développement pourrait avoir des effets négatifs sur les objectifs aussi bien du désarmement que du développement. Il faut tendre vigoureusement vers ces deux objectifs, le développement ne doit en aucun cas dépendre des progrès mais sans établir de lien entre eux du désarmement. :

M. VOZZI (Italie) et le Professeur SENAULT (France) déclarent que, si le projet de résolution est mis aux voix, leurs délégations s'abstiendront, compte tenu des réserves exprimées par leurs pays respectifs lors du vote des résolutions 3093 (XXVIII) et 3260 (XXIX) de l'Assemblée générale des Nations Unies. Le PRESIDENT met aux voix le projet de résolution de l'URSS sur l'assistance aux pays en voie de développement. Décision :

Le projet de résolution est approuvé par 30 voix contre 3, avec 40 abstentions.1

Le Dr de VILLIERS (Canada) tient à expliquer les raisons de l'abstention de sa délégation. Le Canada est en faveur du renforcement de l'assistance en vue du développement et se préoccupe depuis de longues années des incidences d'une augmentation des dépenses militaires. Cependant, tout en approuvant les objectifs du projet de résolution, la délégation canadienne formule des réserves au sujet de certains paragraphes, plus particulièrement au sujet du troisième alinéa du préambule et des paragraphes 1, 4) et 5) du dispositif. Le Canada participe aux discussions internationales sur la réduction des dépenses militaires, qui doivent préluder à un désarmement véritable. Il continuera de jouer un r8le actif dans ce domaine et, une fois que les parties les plus directement intéressées seront parvenues à un accord, il est à espérer que les fonds supplémentaires ainsi libérés seront consacrés, dans toute la mesure possible, à une action internationale de développement économique et social dans le cadre des institutions existantes, qui ont été créées à cet effet et dont l'OMS fait partie. D'une façon générale, la délégation canadienne, sans être opposée à l'esprit de la série de projets de résolutions dont la Commission est saisie, a sur certains points des réserves à faire concernant la plupart des textes proposés, à peu près pour les mêmes raisons que celles qui ont été avancées par le délégué des Etats -Unis d'Amérique. Le Baron VON STEMPEL (République fédérale d'Allemagne) indique que sa délégation s'est abstenue parce qu'elle considère que le désarmement et l'aide en faveur du développement sont deux objectifs fondamentalement différents; tout en étant en faveur de l'un et de l'autre, elle estime qu'il n'y a entre eux aucun lien direct. Bien entendu, la République fédérale d'Allemagne souhaite l'amélioration de la situation sanitaire dans les pays en voie de développement et déploie dans ce domaine des efforts considérables. La question de la réduction des budgets militaires et de l'accroissement de l'aide aux pays moins favorisés - qui est une question politique sera examinée à la trentième session de l'Assemblée générale des Nations Unies, sur la base d'un rapport d'experts. L'Assemblée mondiale de la Santé ne doit pas adopter de résolution qui risque d'anticiper sur les délibérations de l'Assemblée générale. M. LIN Chia -sen (Chine) explique que sa délégation a voté contre le projet de résolution parce qu'elle estime que la proposition de réduction des budgets militaires n'est qu'un attrape nigaud.

Ce projet de résolution a été transmis à l'Assemblée de la Santé dans le quatrième rapport de la Commission et adopté sous le numéro d'ordre WHA28.75.

1

COMMISSION A

:

SEIZIEME SEANCE 1

493

Le Professeur JAKOVLJEVIL (Yougoslavie), au nom de 52 délégations, soumet le projet de résolution suivant, qui porte sur les principes directeurs du budget programme concernant l'assistance aux pays en voie de développement :

La Vingt- Huitième Assemblée mondiale de la Santé, Ayant présente à l'esprit la Déclaration des Nations Unies concernant l'instauration d'un nouvel ordre économique international (résolution 3201 (S -VI) des Nations Unies), par laquelle les Etats Membres de l'Organisation des Nations Unies proclament solennellement leur détermination commune de travailler d'urgence à l'instauration d'un nouvel ordre économique international qui "corrigera les inégalités et rectifiera les injustices actuelles, permettra d'éliminer le fossé croissant entre les pays développés et les pays en voie de développement et assurera dans la paix et la justice aux générations présentes et futures un développement économique qui ira en s'accélérant "; Rappelant la résolution 3202 (S -VI) des Nations Unies relative au Programme d'action concernant l'instauration d'un nouvel ordre économique international qui "complète et renforce les buts et objectifs énoncés dans la Stratégie internationale du développement pour la deuxième décennie des Nations Unies pour le développement ainsi que les nouvelles mesures formulées par l'Assemblée générale à sa vingt- huitième session en vue de compenser l'insuffisance des réalisations enregistrées jusqu'à présent ", et déclarant que "les organisations, institutions, organes subsidiaires et conférences des Nations Unies sont tous chargés d'appliquer le présent Programme d'action "; Consciente des différences énormes qui subsistent entre les niveaux de santé des pays développés et ceux des pays en voie de développement, ainsi que du fait que les pays en voie de développement manquent de ressources humaines, matérielles et financières pour faire face à leurs brûlants problèmes de santé et pour édifier leurs services nationaux de santé; Considérant que, pour atteindre les buts et objectifs de la deuxième décennie du développement et pour mettre en oeuvre la Déclaration et le Programme d'action concernant l'instauration d'un nouvel ordre économique international, l'Organisation mondiale de la Santé devrait donner une plus haute priorité à la fourniture d'une assistance et de services directs, immédiats et adéquats aux pays en voie de développement; Considérant en outre qu'un certain nombre de demandes d'assistance techniquement valables pourraient être satisfaites si l'Organisation disposait de ressources supplémentaires, 1. DECIDE que le budget programme ordinaire doit faire l'objet d'une augmentation progressive de 1977 à la fin de la deuxième décennie du développement afin d'assurer une expansion substantielle, en termes réels, de l'assistance technique et des services aux pays en voie de développement; DECIDE EN OUTRE que l'assistance technique aux gouvernements doit 2. 1) se composer essentiellement des types d'assistance et de services qui se sont révélés efficaces ainsi que de ceux que l'Organisation élabore actuellement; 2) être aussi souple que possible et adaptée aux besoins et aux conditions propres aux différents pays et comporter des éléments opérationnels selon qu'il sera nécessaire; se fonder sur l'expérience acquise et sur une meilleure compréhension des 3) contraintes qui limitent le processus de développement des pays en voie de développement; INVITE le Directeur général à aménager le projet de budget programme pour l'exercice 3. 1977 en conformité de la présente résolution et à tenir compte de cette résolution quand il préparera le projet de budget programme pour 1978/1979; et INVITE le Conseil exécutif à examiner le projet de budget programme pour 1977 et les 4. années suivantes en tenant compte des termes de la présente résolution. Les cinquante -deux auteurs du projet de résolution ont eu présents à l'esprit, en dehors des résolutions des Nations Unies dont il est fait mention, les principes fondamentaux de la Constitution de l'Organisation mondiale de la Santé, selon lesquels "la possession du meilleur état de santé qu'il est capable d'atteindre constitue l'un des droits fondamentaux de tout être humain, quelles que soient sa race, sa religion, ses opinions politiques, sa condition économique ou sociale ", "les résultats atteints par chaque Etat dans l'amélioration et la protection de la santé sont précieux pour tous" et " l'inégalité des divers pays en ce qui concerne l'amélioration de la santé et la lutte contre les maladies, en particulier les maladies transmissibles, est un péril pour tous ". :

1

Algérie, Bahrein, Botswana, Burundi, Congo, C8te d'Ivoire, Dahomey, Egypte, Ethiopie, Cabon, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée -Bissau, Haute -Volta, Inde, Irak, Jordanie, Kenya, Lesotho, Liban, Libéria, Madagascar, Malawi, Mali, Maroc, Maurice, Mauritanie, Népal, Niger, Nigéria, Ouganda, République Arabe Libyenne, République Arabe Syrienne, République Centrafricaine, République -Unie de Tanzanie, République -Unie du Cameroun, Roumanie, Rwanda, Sénégal, Sierra Leone, Somalie, Souaziland, Soudan, Tchad, Togo, Tunisie, Yémen, Yémen démocratique, Yougoslavie, Zaïre, Zambie.

494

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

Le cinquième rapport sur la situation sanitaire dans le monde,' le Rapport annuel du Directeur général2 et le rapport du Directeur général sur la promotion des services nationaux de santé, qui tient compte notamment des conclusions d'un groupe spécial du Conseil exécutif,3 signalent tous de trop nombreux cas d'inégalité en matière de santé dans le monde contemporain. Les inégalités entre les pays développés et les pays en voie de développement sont plus graves dans le secteur de la santé que dans d'autres domaines. Les auteurs du projet de résolution ont estimé que le moment était venu de réviser les principes directeurs du budget programme et d'accroître l'assistance aux pays en voie de développement. La structure de l'Organisation s'est modifiée depuis 1960, 57 nouveaux Etats Membres sont entrés à l'OMS - tous, à l'exception de quelques -uns, pays en voie de développement. Cela signifie que, plus encore que par le passé, l'Assemblée de la Santé ne doit pas perdre de vue les tâches capitales de l'OMS, à savoir l'octroi d'une assistance aux gouvernements, sur leur demande, pour renforcer leurs services de santé. Le premier paragraphe du dispositif du projet de résolution, qui propose à cet effet d'augmenter progressivement le budget programme ordinaire de 1977 à la fin de la deuxième décennie du développement, représente peu de chose sur le plan financier, mais devrait avoir une grande portée morale. :

Le Professeur SENAULT (France) se demande si les auteurs du projet de résolution ont donné à l'expression "assistance technique ", dans le paragraphe 1 du dispositif, la même signification que celle que lui attribue l'Organisation. i

Le Professeur JAKOVLJEVIC (Yougoslavie) répond par l'affirmative. Le Professeur SENAULT (France) propose que le paragraphe 1 du dispositif du projet de résolution soit amendé comme suit :

"1.

DECIDE que le budget programme ordinaire doit assurer une expansion substantielle, en termes réels, de l'assistance technique et des services aux pays en voie de développement de 1977 à la fin de la deuxième décennie du développement;"

La délégation française est favorable à l'assistance aux pays en voie de développement, mais estime que celle -ci doit s'intégrer dans le cadre général du budget ordinaire et qu'il conviendrait d'envisager la possibilité de mettre à la disposition des pays en voie de développement certaines ressources affectées à des pays développés. Le PRESIDENT ayant demandé si /les auteurs du projet de résolution acceptent l'amendement français, le Professeur JAKOVLJEVIC (Yougoslavie) propose que ce dernier soit mis aux voix. Le Dr KILGOUR (Royaume -Uni de Grande -Bretagne et d'Irlande du Nord) se félicite de l'assurance donnée par le délégué de la Yougoslavie au sujet de l'expression "assistance technique ", qui conserve le sens que lui attribue l'Organisation; il rappelle que l'article 2 d) de la Constitution, notamment, spécifie que l'une des fonctions de l'Organisation est de fournir l'assistance technique appropriée. Sa délégation appuie fermement l'amendement français et espère que les auteurs du projet lui réserveront un accueil favorable, étant donné les conséquences certaines qu'une telle décision pourra avoir sur le vote des délégations, soit qu'elles se prononcent en faveur du projet, soit qu'elles s'abstiennent.

Le Professeur ORHA (Roumanie) déclare que sa délégation appuie pleinement le projet de résolution, dont elle est l'un des auteurs, et invite instamment la Commission à l'adopter. Ce sera là un pas en avant vers la satisfaction des besoins des pays en voie de développement, conformément à la Charte des Nations Unies et à la Constitution de l'OMS. Il est indispensable que l'OMS augmente l'assistance aux pays en voie de développement si elle veut apporter la contribution que l'on attend d'elle au Programme d'action des Nations Unies concernant l'instauration d'un nouvel ordre économique international. Le Professeur Orha a consulté plusieurs des auteurs du projet de résolution, qui sont disposés à accepter l'amendement français. Le Dr HASSOUN (Irak) déclare que sa délégation, en tant que coauteur du projet de résolution, est disposée à accepter cet amendement. Il espère que la résolution ainsi amendée pourra être adoptée par acclamation. Le Dr GOMAA (Egypte), dont le pays figure parmi les auteurs du projet, fait observer que la justice et la solidarité internationales exigent le renforcement des sentiments humanitaires qui s'expriment aux Nations Unies. En devenant Membres de l'Organisation des Nations Unies et des institutions spécialisées, les pays en voie de développement espèrent pouvoir tirer profit des réalisations des pays industrialisés grâce à une oeuvre de coopération dont doivent béné-

1 Actes officiels OMS, N° 225, 1975. 2 3

Actes officiels OMS, N° 221, 1975. Actes officiels OMS, N° 226, 1975, annexe 15.

COMMISSION A

:

SEIZIEME SEANCE

495

ficier tous les pays du monde. Les mesures proposées dans le projet de résolution sur les principes directeurs du budget programme devraient aider l'OMS à élever le niveau de la santé d'une grande partie de l'humanité, conformément aux objectifs de l'Organisation. Selon le Dr GAYE (Sénégal), l'amendement français ne s'oppose pas au paragraphe 1) du dispositif du projet de résolution, mais il le souhaiterait plus précis en ce sens. Le Dr KIVITS (Belgique) rappelle que l'approbation donnée par sa délégation au principe d'une aide accrue aux pays en voie de développement s'est concrétisée par son vote du budget. Elle a pris bonne note de la signification donnée à l'expression "assistance technique" par les auteurs du projet de résolution et elle votera l'amendement français. Etant donné que certaines réserves ont été formulées lors de l'Assemblée générale des Nations Unies au sujet des résolutions 3201 (S -VI) et 3202 (S -VI), la délégation belge souhaiterait que soient inclus dans les deuxième et troisième alinéas du préambule les mots "telle qu'elle a été adoptée par l'Assemblée générale des Nations Unies ". :

M. DE GEER (Pays -Bas) juge positif le projet de résolution. Toutefois, il éprouve certaines réticences au sujet du paragraphe 1 du dispositif. Tout en estimant que l'assistance aux pays en voie de développement doit être augmentée, il pense que d'autres activités de l'OMS, telles que la recherche, doivent également être améliorées et renforcées. Il suggère donc que les mots "entre autres" soient inclus dans le paragraphe 1 du dispositif du projet de résolution, immédiatement après les mots "afin d'assurer ". Cet amendement a pour but de souligner la nécessité de maintenir un programme équilibré. La délégation des Pays -Bas est d'avis que l'augmentation des dépenses budgétaires résultant de ces dispositions est nécessaire et acceptable après l'adoption par l'Organisation, ces dernières années, d'un budget restrictif. M. LIN Chia -sen (Chine) votera le projet de résolution. Dans cette période de mutation qui suit le déclin du colonialisme, l'OMS doit, conformément aux principes de la Déclaration et du Programme d'action concernant l'instauration d'un nouvel ordre économique international, qui ont été adoptés par l'Assemblée générale des Nations Unies, accorder aux pays du tiers monde l'assistance nécessaire pour développer leurs services de santé sur la base de l'indépendance et de l'autodétermination.

En réponse à une question du PRESIDENT, le Professeur JAKOVLJEVIC (Yougoslavie) déclare accepter l'amendement belge, mais non celui des Pays -Bas, car ce dernier risquerait de changer l'orientation de la résolution. Le Dr DAS (Népal) suggère, étant donné que les amendements de la France et des Pays -Bas s'excluent mutuellement, que l'on mette tout d'abord aux voix l'amendement français, qui s'éloigne le plus du texte original.

Le PRESIDENT met aux voix l'amendement au paragraphe 1 du dispositif présenté par la délégation française. Décision :

L'amendement français est approuvé par 40 voix contre 6, avec 19 abstentions.

Le PRESIDENT met aux voix le projet de résolution sur les principes directeurs du budget. programme concernant l'assistance aux pays en voie de développement, tel qu'il a été amendé par les délégations de la France et de la Belgique. Décision :

Le projet de résolution est adopté par 69 voix contre une, avec 7 abstentions.1

Le Professeur SENAULT (France) tient à rappeler que, si sa délégation a voté le projet de résolution dans son ensemble, la France a toutefois exprimé des réserves au sujet des résolutions 3201 (S -VI) et 3202 (S -VI) de l'ONU au moment où celles -ci ont été adoptées par l'Assemblée générale des Nations Unies. Le PRESIDENT appelle l'attention des membres de la Commission sur le projet de résolution ci -après du Paraguay au sujet de l'assistance aux pays en voie de développement :

La Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé, Considérant à la fois l'augmentation du coût des services de santé et la nécessité d'accroître la couverture et la qualité des services de santé offerts aux populations insuffisamment desservies du monde; et Soulignant que les ressources sanitaires nationales disponibles sont insuffisantes pour financer ces améliorations et extensions des services de santé dans de nombreux pays, PRIE le Directeur général de renforcer le rôle coordonnateur et catalyseur de l'OMS afin d'encourager les 1) institutions financières internationales à accorder des crédits à long terme et à des :

1 Ce projet de résolution a été transmis à l'Assemblée de la Santé dans le quatrième rapport de la Commission et adopté sous le numéro d'ordre WHA28.76.

496

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

conditions avantageuses pour le développement des services de santé aux pays qui se proposent d'étendre ces services à la totalité de leur population; et 2) de fournir une assistance technique aux pays pour les mettre en mesure de remplir les conditions techniques demandées par les institutions financières internationales. Décision :

Le projet de résolution est approuvé à l'unanimité.1 demander au délégué de la Guinée -Bissau de présenter un aux Etats ayant récemment accédé à l'indépendance et aux elle va donner la parole à l'observateur du Parti africain Cap -Vert.

Le PRESIDENT annonce qu'avant de projet de résolution sur l'assistance Etats en voie d'y accéder en Afrique, pour l'indépendance de la Guinée et du

Le Dr LISBOA RAMOS (Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap- Vert), prenant la parole à l'invitation du PRESIDENT, remercie la Commission de l'honneur qu'elle lui fait et saisit cette occasion pour donner un bref aperçu de la situation sanitaire au Cap Vert, pays qui se compose de 10 îles, compte 300 000 habitants et va accéder à l'indépendance le 5 juillet 1975. Le colonialisme a laissé au Cap -Vert un lourd héritage dans tous les secteurs, y compris celui de la santé. Le taux de natalité est très élevé, de même que celui de la mortalité infantile et de la mortinatalité, ce qui est une caractéristique du sous -développement. Les services sanitaires sont particulièrement déficients dans le domaine de la protection maternelle et infantile. La sécheresse qui sévit dans les îles depuis des années n'a fait qu'aggraver la malnutrition, et les mesures prises par les autorités coloniales sous la pression de l'opinion publique - par l'intermédiaire notamment de l'Organisation des Nations Unies et de l'Organisation de l'Unité africaine - n'ont réussi qu'à stabiliser l'état de famine sous une forme chronique "contrôlée "; cet état s'accompagne naturellement de toutes les maladies associées à la malnutrition. L'incidence de certaines maladies transmissibles est élevée au Cap -Vert. Les cas de paludisme sont assez fréquents et leur nombre risque d'augmenter si la lutte antipaludique n'est pas intensifiée. Les services de santé comptent actuellement 20 médecins, dont 6 appartiennent aux forces armées portugaises et quitteront donc le pays en juillet. Si l'effectif des médecins n'est pas renforcé, il n'y aura alors qu'un seul médecin pour 20 000 habitants, la plupart de ces médecins étant d'ailleurs concentrés dans les îles de Santiago et de Saó Vicente où se trouvent les principaux hôpitaux. Certaines îles ne possèdent qu'un médecin et d'autres n'en ont aucun. La pénurie de personnel paramédical et de techniciens est grande également et l'on manque d'équipements de toutes sortes. Le réseau de services médicaux comprend deux hôpitaux centraux, un petit hôpital, cinq infirmeries régionales et vingt -sept postes sanitaires. Presque toutes ces installations sont devenues insuffisantes par rapport au nombre des malades. Les laboratoires d'analyses cliniques et les cabinets de radiologie ne font que les examens les plus simples. Il est évident à tous que l'infrastructure sanitaire du Cap -Vert est d'une criante insuffisance. Le PAIGC et le Gouvernement de transition font tous leurs efforts pour améliorer la situation et reçoivent à cet effet des appuis internationaux. Ils ont commencé à collaborer avec l'OMS à la préparation de projets pour la promotion des services de santé et ont reçu une aide immédiate sous la forme de vaccins. Le FISE et diverses organisations bénévoles ont déjà envoyé des fournitures médicales urgentes; des études sont en cours avec d'autres institutions spécialisées comme la FAO, le PNUD, le PAM et l'UNESCO au sujet de programmes d'assistance dans les domaines de compétence respectifs de ces institutions. Le Cap -Vert est déterminé à faire tous les efforts possibles pour améliorer la situation et est convaincu que, grâce à sa détermination et à l'aide qu'il compte recevoir des organisations internationales humanitaires, il parviendra à élever le niveau de vie d'un peuple qui, du fait du PAIGC, se trouve sur le point d'accéder à l'indépendance nationale et ira dans la dignité vers une vie meilleure. L'observateur du PAIGC tient à exprimer ses remerciements pour l'assistance que son pays a déjà reçue. Le Dr RODRIGUES BOAL (Guinée -Bissau) estime qu'il serait superflu de souligner les difficultés devant lesquelles se trouvent les pays qui viennent de sortir d'une guerre de libération nationale.

Leur situation est telle qu'ils tombent dans la catégorie des pays les moins avancés parmi les pays en voie de développement. Il serait souhaitable de leur fournir une assistance selon des procédures simplifiées. Au nom des délégations de l'Algérie, du Congo, de l'Egypte, de la Guinée, du Kenya, du Libéria, du Niger, du Nigéria, de la République -Unie de Tanzanie et de sa propre délégation, le Dr Boal présente le projet de résolution ci -après :

La Vingt- Huitième Assemblée mondiale de la Santé, Ayant étudié la situation découlant des transformations récemment survenues dans le monde et notamment en Afrique australe;

1 Ce projet de résolution a été transmis à l'Assemblée de la Santé dans le quatrième rapport de la Commission et adopté sous le numéro d'ordre WHA28.77.

COMMISSION A

:

SEIZIEME SEANCE

497

Considérant que les pays nouvellement libérés du colonialisme portugais sont confrontés au lourd héritage découlant d'une lutte de libération nationale; Rappelant la résolution 3294 (XXIX) de l'Assemblée générale des Nations Unies; Considérant aussi l'absence totale de structures sanitaires adéquates et la destruction des structures existantes par le fait de la guerre; Tenant compte que la situation s'est considérablement aggravée du fait de catastrophes naturelles notamment en Guinée -Bissau, dans les îles du Cap -Vert, au Mozambique, en Angola et dans les îles de Sáo Tomé et Principe; Tenant compte aussi des principes et des objectifs qui guident l'action de l'OMS dans le domaine sanitaire, spécialement dans les régions rurales, DECIDE 1. 1) qu'un programme d'assistance d'urgence soit élaboré par l'OMS en coopération avec les gouvernements respectifs pour les anciennes colonies portugaises; 2) qu'il soit mis à la disposition des gouvernements de ces pays l'assistance technique dont ils pourraient avoir besoin; qu'une aide matérielle soit accordée pour la mise en place de structures sani3) taires adéquates et la transformation et le renforcement des structures existantes, :

particulièrement dans les régions rurales, et selon les plans des gouvernements respectifs;

que l'OMS participe activement aux programmes de médecine préventive que ces pays jugeront bon d'entreprendre; 5) qu'il soit demandé à l'Organisation des Nations Unies et aux institutions spécialisées de contribuer autant que possible à ces programmes d'action; 6) que toutes ces formes d'assistance soient fournies de la manière la plus rapide et la plus souple possible par le biais de procédures simplifiées; 2. DEMANDE instamment à tous les Etats Membres de verser des contributions volontaires pour cette opération exceptionnelle; 3. PRIE le Directeur général de financer des programmes d'assistance élargie et spéciale en faveur de ces pays au moyen des fonds dont dispose l'Organisation, notamment le fonds bénévole pour la promotion de la santé - y compris les ressources accumulées dans le compte spécial pour les désastres et catastrophes naturelles-, les fonds disponibles au titre du programme du Directeur général pour le développement, les économies éventuellement réalisées et, si besoin est, le fonds spécial du Conseil exécutif; et 4. PRIE en outre le Directeur général 1) de poursuivre tous les efforts possibles afin d'obtenir l'appui de sources gouvernementales et non gouvernementales pour cette opération; et 2) de présenter à la cinquante -septième session du Conseil exécutif et à la Vingt Neuvième Assemblée mondiale de la Santé un rapport sur les mesures prises et sur l'assistance fournie à ces pays. 4) :

Le Dr TOTTIE (Suède) rappelle que l'intérêt de sa délégation pour cette question l'a déjà amenée à faire adopter une résolution à la précédente session de l'Assemblée de la Santé. Il suggère de remplacer les mots "à l'Organisation des Nations Unies et aux institutions spécialisées", au paragraphe 1, 5) du dispositif, par les mots "à l'Organisation des Nations Unies, au PNUD et aux institutions spécialisées ". Si cet amendement est accepté, la délégation suédoise sera heureuse d'être comptée au nombre des auteurs de la résolution. Le Dr RODRIGUES BOAL (Guinée- Bissau) accepte l'amendement proposé.

M. LEHMANN (Danemark) soutient le projet de résolution. Il indique que les dispositions du paragraphe 1 du dispositif signifient, pour le Gouvernement danois, que le programme d'assistance d'urgence aux territoires en question devra être approuvé par le Conseil exécutif; de plus, de l'avis du Danemark, ces dispositions ne préjugent pas la teneur du programme, ni la classification des pays dans les zones d'urgence. Les formes d'assistance énumérées au paragraphe 1 du dispositif ne devraient pas être interprétées comme signifiant que les anciens territoires portugais doivent forcément avoir la priorité absolue dans le cadre du programme d'assistance multilatérale. Selon les circonstances, ces pays pourront être classés dans la même catégorie que d'autres pays prioritaires, tels que les pays les moins avancés et les plus touchés. Dans le même ordre d'idées, le Gouvernement danois présume que le libellé du paragraphe 3 du dispositif ne signifie pas que les anciens territoires portugais devraient recevoir une priorité absolue en matière de financement mais devraient, le cas échéant, être assimilés aux autres pays prioritaires. Le Danemark envisage avec bienveillance l'octroi d'une assistance bilatérale à l'Angola, à la Guinée- Bissau et au Mozambique. Cette assistance, qui peut être considérée comme la poursuite de l'assistance déjà offerte par le Danemark aux anciens mouvements de libération de ces pays, sera accordée en nature et en espèces et sera destinée à soutenir des projets mis en oeuvre par l'Organisation des Nations Unies et les institutions spécialisées. Enfin, le Gouvernement danois est en principe disposé à accorder une aide bilatérale d'urgence aux pays en question, et il étudie actuellement la possibilité de le faire pour la Guinée -Bissau.

498

VINGT- HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE Il

Le Professeur JAKOVLJEVIC (Yougoslavie) appuie énergiquement le projet de résolution et déclare qu'il votera en sa faveur. Le Dr A. M. HASSAN (Somalie) et le Dr TEKLE (Ethiopie) appuient également le projet de résolution et désirent figurer au nombre de ses auteurs. Le Professeur SENAULT (France) précise que sa délégation est également favorable à l'octroi de l'assistance envisagée dans le projet de résolution. Toutefois, étant donné l'évolution de la situation, il demande s'il ne serait pas préférable, dans le deuxième alinéa du préambule, de remplacer les mots "nouvellement libérés du colonialisme portugais" par les mots "ayant récemment accédé à l'indépendance ".

En réponse au PRESIDENT, désireux de savoir si les auteurs du projet acceptent cet amendement, le Dr RODRIGUES BOAL (Guinée- Bissau) tient à préciser que le projet de résolution n'est nullement

dirigé contre le peuple portugais, mais seulement contre le colonialisme portugais. La Guinée Bissau a beaucoup souffert au cours de la guerre de libération et il n'est que juste que les graves crimes de l'impérialisme portugais restent fixés dans l'histoire.

Le Dr GAYE (Sénégal) souhaite que sa délégation soit comptée au nombre des auteurs du projet de résolution. Le Dr KONE (Côte d'Ivoire) tient à appuyer le projet de résolution en raison du très grand besoin d'aide des pays qui viennent d'accéder à l'indépendance. Le Dr MARTINS AYRES (Portugal) indique que sa délégation apprécie vivement l'amendement au deuxième alinéa du préambule suggéré par le délégué de la France. Elle votera de tout coeur le projet de résolution, bien que les auteurs n'aient pas jugé possible d'accepter cet amendement. Le Dr MAFIAMBA (République -Unie du Cameroun) soutient le projet de résolution. Sa délégation est en faveur de l'amendement suggéré par la délégation française. Une fois la guerre d'indépendance gagnée, il est de bonne politique d'enterrer la hache de guerre.

Le Professeur DAVIES (Isral) appuie sans réserve le projet de résolution, étant donné la nécessité urgente d'une aide aux pays en question. Il prie instamment les auteurs du projet de résolution d'accepter l'amendement français. Le Dr RODRIGUES BOAL (Guinée- Bissau) préfère conserver le texte original qui, il tient à le réaffirmer, ne vise pas le peuple portugais. Il s'inclinera toutefois devant les désirs des auteurs du projet

de résolution.

Le Professeur SENAULT (France) est convaincu que toutes les délégations ont bien compris l'esprit dans lequel il a suggéré cet amendement. Pour éviter tout désaccord, il retire sa proposition. Le PRESIDENT met aux voix le projet de résolution sur l'assistance aux Etats ayant récemment accédé à l'indépendance et aux Etats en voie d'y accéder en Afrique, tel qu'il a été modifié par la délégation suédoise. Décision :

Le projet de résolution est approuvé.

(Voir la suite de l'examen du point 2.2 de l'ordre du jour dans le procès-verbal de la dix -septième séance, section 1.) 3.

ELECTION D'UN VICE -PRESIDENT PAR INTERIM

Le PRESIDENT annonce qu'elle ne sera pas en mesure d'assister à la séance suivante et qu'en l'absence d'un Vice -Président, il est nécessaire d'élire un vice -président par intérim. Le Dr RAHMAN (Bangladesh), appuyé par le Professeur SENAULT (France) et le Professeur CANAPERIA (Italie), propose de désigner comme vice -président le Dr Violakis -Paraskevas. Décision :

Le Dr Violakis -Paraskevas (Grèce) est élue vice -président par intérim.

La séance est levée à 17 h.15.

1 Ce projet de résolution a été transmis à l'Assemblée de la Santé dans le quatrième rapport de la Commission et adopté sous le numéro d'ordre WHA28.78.

DIX -SEPTIEME SEANCE

Mardi 27 mai 1975, 20 h.30 Président par intérim :

Dr Meropi VIOLAKIS -PARASKEVAS (Grèce)

1.

ASSISTANCE SPECIALE AU CAMBODGE, A LA REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU VIET -NAM ET A LA REPUBLIQUE DU SUD VIET -NAM EXAMINEE A L'OCCASION DE L'EXAMEN DU BUDGET PROGRAMME POUR LES EXERCICES FINANCIERS 1976 ET 1977

Ordre du jour, 2.2

Le Professeur JAKOVIJEVIC (Yougoslavie) présente le projet de résolution suivant, proposé par les délégations de l'Algérie, de Bahreïn, de Cuba, de l'Egypte, de la Guinée, de l'Inde, de l'Irak, de la Jordanie, du Liban, de l'Ouganda, du Pérou, de la République Arabe Libyenne, de la République Arabe Syrienne, de la République populaire démocratique de Corée, de la Roumanie, du Soudan, du Yémen démocratique et de la Yougoslavie :

La Vingt- Huitième Assemblée mondiale de la Santé, Réunie en un temps où toutes les nations amies de la paix célèbrent la fin de la guerre au Cambodge, dans la République démocratique du Viet -Nam et dans la République du Sud Viet -Nam;

Consciente des immenses pertes humaines et matérielles que les peuples du Cambodge, de la République démocratique du Viet -Nam et de la République du Sud Viet -Nam ont subies au cours de la lutte héroïque qu'ils ont menée pour l'indépendance et la liberté de leur pays;

Profondément soucieuse des énormes problèmes sanitaires qui résultent d'une guerre de trente années dans la République démocratique du Viet -Nam et dans la République du Sud Viet -Nam et de la guerre au Cambodge; Témoin du mouvement qui se manifeste dans le monde entier - de l'homme de la rue et des organisations charitables nationales et internationales aux gouvernements - pour aider les peuples du Cambodge, de la République démocratique du Viet -Nam et de la République du Sud Viet -Nam à panser leurs blessures et reconstruire leur pays dévasté; Se félicitant des préparatifs de l'Organisation des Nations Unies en vue d'une vaste action d'assistance au Cambodge, à la République démocratique du Viet -Nam et à la République du Sud Viet -Nam; Considérant que, conformément à son objectif, qui est d'amener tous les peuples au niveau de santé le plus élevé possible, l'Organisation mondiale de la Santé devrait être à la pointe de cette action et mobiliser les ressources dans toute la mesure possible pour aider les Gouvernements du Cambodge, de la République démocratique du Viet -Nam et de la République du Sud Viet -Nam à s'attaquer à leurs problèmes sanitaires immédiats et à long terme, 1. DECIDE que l'OMS doit participer pleinement au programme global de l'Organisation des Nations Unies en vue d'une vaste action d'assistance au Cambodge, à la République démocratique du Viet -Nam et à la République du Sud Viet -Nam;

DECIDE que l'OMS doit s'efforcer de fournir dans l'immédiat 1) une assistance technique dans le domaine de la santé publique et dans d'autres domaines médicaux selon qu'il sera nécessaire; 2) une assistance opérationnelle consistant à mettre des spécialistes médicaux et d'autre personnel médical à la disposition des gouvernements concernés; 3) un personnel technique et opérationnel en vue d'une action de réadaptation tant à court terme que de longue durée; 4) des médicaments et autres fournitures médicales nécessaires pour la prévention et le contrôle des maladies transmissibles, et pour le traitement des malades et des mutilés; 3. DECIDE en outre que toutes ces formes d'assistance doivent être fournies de la manière la plus rapide et la plus souple possible, par le biais de procédures simplifiées, sans que le gouvernement concerné soit obligé d'y participer financièrement ou se voit imposer une telle participation; AUTORISE le Directeur général à financer des programmes d'assistance élargie et spé4. ciale en faveur de ces pays au moyen des sources de fonds dont dispose l'Organisation, y compris les ressources accumulées dans le compte spécial pour les désastres et catastrophes naturelles du fonds bénévole pour la promotion de la santé, les fonds disponibles au titre du programme du Directeur général pour le développement, les économies éventuellement réalisées et, si besoin est, le fonds spécial du Conseil exécutif; INVITE le Directeur général à poursuivre tous les efforts possibles afin d'obtenir 5. l'appui de sources gouvernementales et non gouvernementales pour cette opération; DEMANDE instamment à tous les Etats Membres de verser des contributions volontaires 6. pour cette opération exceptionnelle; et 2. :

-499-

500 7.

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II INVITE le Directeur général à présenter à la cinquante- septième session du Conseil exécutif et à la Vingt- Neuvième Assemblée mondiale de la Santé un rapport sur les mesures prises et l'assistance fournie à ces pays.

Le Professeur Jakovljevic dit que les peuples du Viet -Nam et du Cambodge ont besoin d'une assistance rapide et directe pour tout ce qui touche à la santé. La guerre a en effet dévasté ces pays et causé de nombreuses morts et les survivants doivent faire face à des problèmes de santé considérables. De nombreux établissements sanitaires ont été complètement détruits et la pénurie de matériel et de personnel qualifié se fait cruellement sentir. Les gouvernements intéressés doivent faire d'immenses efforts pour reconstruire leur pays. C'est le droit et le devoir de l'OMS, vu sa Constitution, de faire tout son possible pour fournir une assistance technique, opérationnelle et matérielle pour hâter la construction des services de santé dans ces pays.

Le Dr TOTTIE (Suède) s'associe aux paroles du Professeur Jakovljevic et indique que la délégation suédoise approuve l'esprit du projet de résolution proposé. Les efforts de l'OMS devraient faire partie intégrante d'un programme des Nations Unies visant à aider les pays en question. En conséquence, il propose de modifier comme suit le début du paragraphe 2 du dispositif :

DECIDE que dans ce contexte l'OMS doit s'efforcer de répondre dans l'immédiat aux besoins exprimés des pays intéressés en leur fournissant 2. :

et de modifier également le paragraphe 6, qui serait ainsi libellé 6.

:

DEMANDE instamment à tous les Etats Membres de verser des contributions volontaires au programme du système des Nations Unies en vue d'une vaste action d'assistance pour cette opération exceptionnelle. i

Le Professeur JAKOVLJEVIC (Yougoslavie) accepte ces amendements au nom des auteurs du projet de résolution. M. CHU Hsing -kuo (Chine) appuie le projet de résolution ainsi modifié. Sans reculer devant les énormes sacrifices que cela supposait, les peuples de ces pays se sont opposés à l'agression impérialiste. Leur éclatante victoire constitue un exemple pour le monde entier. Tous les pays soucieux de justice les aident dans leur tâche de reconstruction et l'OMS devrait apporter une assistance efficace à cette juste cause.

Le Dr HASSOUN (Irak) et le Dr A. M. HASSAN (Somalie) déclarent que leurs délégations appuient énergiquement le projet de résolution ainsi modifié. Le Dr GREVILLE (Australie) note que les procédures simplifiées mentionnées au paragraphe 3 du dispositif devraient être compatibles avec le Règlement financier et les procédures financières de l'OMS; d'autre part, les gouvernements bénéficiaires devraient participer aux projets de façon que les priorités voulues soient respectées. L'utilisation des fonds dont il est question au paragraphe 4 devrait être conforme aux objectifs des comptes auxquels ils ont été versés. Enfin, les contributions mentionnées au paragraphe 6 devraient être versées aux fonds existants et il ne faudrait pas créer de nouveaux fonds bénévoles. Sous ces réserves, la délégation australienne appuie le projet de résolution. Le Dr SCEPIN (Union des Républiques socialistes soviétiques) déclare que sa délégation appuie le projet de résolution ainsi modifié. Le Dr KILGOUR (Royaume -Uni) demande si la procédure simplifiée dont il est question au paragraphe 3 du dispositif ( "sans que le gouvernement concerné soit obligé d'y participer financièrement ou se voit imposer une telle participation ") n'est pas en fait la procédure normalement appliquée par l'OMS chaque fois qu'un gouvernement bénéficie de son assistance. Si c'est le cas, tout ce qui suit les mots "la plus souple possible" pourrait être supprimé.

Le DIRECTEUR GENERAL répond que rien dans le Règlement financier n'empêche l'OMS de fournir une assistance à un gouvernement sans que celui -ci apporte une contribution en contrepartie. Le Professeur JAKOVLJEVIC (Yougoslavie) dit que l'assistance prévue devrait être fournie de la manière la plus souple possible. Si cela n'entraîne pas de complications, il n'insistera pas pour que le texte entier du paragraphe soit conservé mais il préférerait qu'il ne soit pas modifié. Le Dr KILGOUR n'insistera pas sur son amendement; il pense néanmoins que la deuxième partie de la phrase en question n'est pas vraiment nécessaire. i

Le Professeur TATON (Pologne) appuie le projet de résolution tel qu'il a été modifié. Le Dr TRAZZINI (France) approuve le projet de résolution ainsi modifié; il tient cependant à faire une observation au sujet du membre de phrase "au moyen des sources de fonds dont dispose l'Organisation" qui figure dans le paragraphe 4 du dispositif. On risque en effet de tarir les

COMMISSION A

:

DIX -SEPTIEME SEANCE

501

fonds dont le Directeur général dispose en cas de catastrophe et le Dr Trazzini se demande ce qui se produirait en pareil cas si l'on avait besoin de ces fonds. Décision 2. :

Le projet de résolution, tel qu'il a été amendé, est approuvé.1 Ordre du jour, 2.2.3

EXAMEN DETAILLE DU BUDGET PROGRAMME POUR LES EXERCICES FINANCIERS 1976 ET 1977 (suite de la quinzième séance, section 1)

Lutte contre les maladies non transmissibles (secteur de programme 5.2) (suite) Santé mentale (programme 5.2.6) (suite de la douzième séance, section 2) Le Dr TOTTIE (Suède) présente le projet de résolution suivant sur la pharmacodépendance, proposé par le groupe de travail dont il est Président :

La Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé, Reconnaissant qu'il est nécessaire, du point de vue humanitaire, d'assurer des soins de santé ainsi qu'un traitement et une réadaptation appropriés aux personnes pharmacodépendantes; Convaincue qu'à long terme les sérieux problèmes de santé publique résultant de l'autoadministration croissante de drogues engendrant la dépendance ne pourront pas être résolus si des mesures promptes et efficaces ne sont pas prises dans tous les pays du monde; Rappelant l'article 38 de la Convention unique sur les stupéfiants; Réaffirmant les résolutions WHA23.42, WHA24.57, WHA25.62 et WHA26.52; Notant également la résolution que la Commission des Stupéfiants a adoptée à l'unanimité et que le Conseil économique et social a entérinée concernant des mesures en vue de réduire la demande illicite de drogues; et Félicitant le Directeur général des mesures qu'il a prises jusqu'ici pour exécuter le programme élargi dans ce domaine qui a été approuvé par les Vingt -Quatrième et Vingt Cinquième Assemblées mondiales de la Santé, 1. PRIE le Directeur général 1) d'accélérer le développement du programme de rapports sur l'épidémiologie de la pharmacodépendance; 2) de développer encore l'échange de renseignements à l'échelle mondiale et de continuer à promouvoir les activités relatives à la prévention, au traitement et à la réadaptation ainsi que les recherches dans ces domaines; 3) de poursuivre ses efforts en vue d'obtenir le soutien financier accru nécessaire pour l'exécution efficace du programme élargi dans le domaine de la pharmacodépendance; 4) d'aider les gouvernements, sur leur demande, dans les limites des ressources financières et techniques disponibles, et en collaboration constante avec le Fonds des Nations Unies pour la Lutte contre l'Abus des Drogues, à mettre au point et à assurer des services intégrés de prévention, de dépistage précoce, de traitement et de réadaptation au niveau de la collectivité; 5) de développer encore les activités relatives à la surveillance des effets secondaires adverses des produits psycho- actifs eu égard au risque d'abus et à la possibilité d'engendrer la dépendance; 6) de promouvoir des activités visant à déterminer la possibilité d'engendrer la dépendance dans le cas de substances chimiques exerçant un effet sur l'humeur et le comportement, ainsi que de préparer des directives pour l'emploi sans danger et efficace des produits psycho -actifs; et 7) de garder en vue la nécessité d'assurer des services de personnels pour que l'OMS puisse concourir efficacement aux efforts du système des Nations Unies dans le domaine de la lutte contre l'abus des drogues; INVITE instamment les Etats Membres et les Membres associés pour qui l'utilisation des 2. drogues à des fins non thérapeutiques et la pharmacodépendance posent des problèmes sociaux et de santé publique à inclure des mesures appropriées de prévention, de traitement et de réadaptation dans leurs programmes intégrés de santé publique; 3. INVITE également les Etats Membres et les Membres associés à développer une législation nationale appropriée et à mettre en oeuvre d'autres procédures en accord avec les traités internationaux relatifs au contrôle des drogues engendrant la dépendance, afin d'assurer que la mise sur le marché de tels produits ne donne pas lieu à un usage non thérapeutique et à une pharmacodépendance à l'égard de ces drogues et ne serve que les intérêts médicaux et scientifiques légitimes; 4. INVITE en outre instamment les Etats Membres et les Membres associés qui disposent de moyens appropriés à poursuivre des recherches dans les domaines considérés afin de mettre au point ou d'améliorer des méthodes pour la prévention et la solution des problèmes liés à :

Ce projet de résolution a été transmis à l'Assemblée de la Santé dans le quatrième rapport de la Commission et adopté sous le numéro d'ordre WHA28.79.

1

502

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

la mise en circulation et à l'utilisation non thérapeutique des drogues et à la pharmacodépendance; PRIE le Directeur général de faire rapport sur les progrès réalisés en la matière à 5. la Vingt -Neuvième Assemblée mondiale de la Santé; et PRIE le Directeur général de transmettre la présente résolution aux Etats Membres pour 6. qu'ils l'étudient et s'en inspirent. Décision :

Le projet de résolution est approuvé.

1

Le Dr MARTENS (Fonds des Nations Unies pour la Lutte contre l'Abus des Drogues) se félicite, au nom du Fonds des Nations Unies, de ce que la Commission se soit préoccupée du problème de l'abus des drogues et ait approuvé la résolution correspondante. Le Fonds pour la Lutte contre l'Abus des Drogues et la Division des Stupéfiants entretiennent avec l'OMS des contacts très cordiaux et la collaboration entre le Fonds et l'OMS est continue. La pharmacodépendance pose un grave problème sanitaire et social dans de très nombreux pays et constitue une menace permanente pour tous; aussi le Fonds reçoit -il constamment des demandes d'assistance tendant à prévenir et combattre ce problème. Les pays sont de plus en plus nombreux à demander une aide pour le traitement, la réadaptation et la réinsertion dans la société des personnes pharmacodépendantes. En sa qualité d'institution compétente du système des Nations Unies, l'OMS est le principal conseiller et agent d'exécution du Fonds pour la préparation et l'exécution de projets d'assistance dans ce domaine. Les ressources du Fonds sont limitées et dépendent de contributions volontaires; elles doivent donc être consacrées à des problèmes critiques hautement prioritaires. Elles viennent toutefois s'ajouter aux budgets ordinaires des gouvernements et des organisations internationales pour les aider à faire face plus efficacement à la situation toujours très grave causée par l'extension de l'abus des drogues. Le Fonds et l'OMS ont collaboré à neuf projets concernant le traitement et la réadaptation ou les recherches épidémiologiques et autres. A ce titre, le Fonds a transféré, versé ou prévu de verser à l'OMS en 1976 une somme de plus d'un million de dollars. L'OMS bénéficiera d'autres allocations à condition que des crédits soient disponibles et conformément aux demandes d'assistance ainsi qu'aux exigences du programme intégré des Nations Unies pour la lutte contre l'abus des drogues. Il faut espérer que l'OMS et les autres institutions participant au programme de coopération internationale et d'assistance mutuelle pour la lutte contre l'abus des drogues donneront à ce problème la priorité qu'il mérite dans le cadre de leurs programmes d'ensemble. (Voir la suite du débat sur le programme 5.2.6 à la page 504.)

Statistiques sanitaires (secteur de programme 7.1) (suite) Diffusion des renseignements statistiques (programme 7.1.3)(suite de la treizième séance) Le Professeur KOSTRZEWSKI (Pologne) présente le projet de résolution suivant sur les statistiques sanitaires relatives à l'alcool, proposé par le groupe de travail dont il est Président :

La Vingt- Huitième Assemblée mondiale de la Santé, Rappelant les recommandations du Comité OMS d'experts de la Pharmacodépendance qui s'est réuni à Genève du 8 au 13 octobre 1973; Notant la tendance à l'accroissement de la consommation d'alcool dans un certain nombre de pays industrialisés et de pays en voie de développement, avec les risques qui en résultent pour la santé et qui appellent de nouvelles initiatives aux niveaux international et national; Notant l'association entre le niveau de consommation alcoolique et certaines formes d'altérations de la santé entraînant une augmentation de la morbidité et de la mortalité troubles mentaux, maladies du foie, accidents et traumatismes); (par exemple, Consciente qu'une condition fondamentale de la formulation d'une politique nationale de l'alcool compatible avec la santé publique est la disponibilité de données statistiques fiables sur les relations entre la consommation d'alcool et certaines formes d'atteintes pathologiques; Ayant à l'esprit la nécessité d'élargir le champ des statistiques sanitaires de manière à couvrir non seulement les entités pathologiques ou des états particuliers mais aussi d'autres indicateurs de santé et de bien -être social, INVITE instamment les Etats Membres à promouvoir le développement de systèmes d'infor1. mation sur la consommation d'alcool ainsi que d'autres données pertinentes requises pour servir de base à une politique de l'alcool compatible avec la santé publique; et PRIE le Directeur général 2. de porter une attention spéciale, dans le programme futur de l'OMS, à l'ampleur 1) et à la gravité des problèmes que posent, au niveau de l'individu, de la santé :

1 Ce projet de résolution a été transmis à l'Assemblée de la Santé dans le quatrième rapport de la Commission et adopté sous le numéro d'ordre WHA28.80.

COMMISSION A

:

DIX -SEPTIEME SEANCE

503

publique et de la société, l'état actuel de l'usage d'alcool dans de nombreux pays du monde et la tendance à un accroissement de la consommation; de prendre des mesures, en collaboration avec les organisations et institutions 2) internationales et nationales compétentes, pour organiser des systèmes propres à fournir des informations comparables sur la consommation d'alcool et telles autres données pertinentes requises pour une politique de l'alcool compatible avec la santé publique;

d'étudier en profondeur, sur la base des données ainsi recueillies, les actions qui pourraient être engagées pour freiner l'accroissement de la consommation d'alcool en ce qu'il menace la santé publique; de faire rapport sur ce sujet à une future Assemblée mondiale de la Santé. 4) 3)

Le Dr LEPPO (Finlande) appuie le projet de résolution. Décision :

Le projet de résolution est approuvé.'

Lutte contre les maladies non transmissibles (secteur de programme 5.2) (suite) Autres maladies non transmissibles chroniques (programme 5.2.4) (suite de la onzième séance) Le Professeur DAVIES ( Israël) présente un projet de résolution proposé par les délégations de Fidji, d'Israel et du Japon :

La Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé, Considérant l'accumulation grandissante de données qui attestent l'effet invalidant de l'ostéomalacie et de l'ostéoporose; Considérant en outre que la prévalence de ces maladies a augmenté, en particulier dans les pays où les besoins nutritionnels ne peuvent être pleinement couverts; Estimant que des actions préventives pourraient réduire le degré d'invalidité de la population affectée, PRIE le Directeur général de soutenir des études sur la biologie, l'épidémiologie et la prévention de 1) l'ostéoporose et de l'ostéomalacie; d'explorer la possibilité de convoquer une réunion conjointe FAO /OMS sur les 2) besoins en calcium. :

Le Professeur Davies rappelle que l'ostéomalacie et l'ostéoporose sont un sujet de préoccupation dans tous les pays. Elles mettent en péril la santé des adultes (y compris les femmes enceintes) et celle des enfants. Les carences alimentaires jouent un rade étiologique, même dans les pays au climat ensoleillé. L'ostéoporose sénile est un problème courant qui entraîne infirmités et fractures. Le projet de résolution a pour objet de mieux faire comprendre ce que sont ces deux maladies, de façon qu'on puisse dresser des plans en vue d'une prévention primaire et secondaire. Le Dr DAS (Népal) fait observer que le rachitisme n'est pas mentionné dans le projet de résolution; aussi propose -t -il d'insérer ce terme avant "de l'ostéomalacie et de l'ostéoporose" dans les premiers alinéas du préambule et du dispositif. Le Professeur DAVIES (Israël) accepte cet amendement. Le Dr OLAFSSON (Islande) aimerait savoir si, compte tenu du vieillissement de la population dans bon nombre de pays, la plus grande fréquence de ces maladies est réelle ou apparente.

Le Professeur DAVIES ( Israël) répond que l'on sait peu de chose, mis à part les résultats de certaines études épidémiologiques d'importance limitée. Mais il existe des signes cliniques de plus en plus nombreux des effets invalidants de ces deux maladies. Le Dr JOYCE (Irlande) est quelque peu désorienté par l'interaction apparente entre le débat précédent sur les maladies rhumatismales et le présent débat concernant l'ostéomalacie et l'ostéoporose. A son avis, on a suscité les espoirs du public à propos des possibilités de chirurgie orthopédique, et en particulier du remplacement d'articulations, alors que ces espoirs ne peuvent être satisfaits à l'heure actuelle. Le PRESIDENT précise qu'il n'y a aucun rapport entre le débat précédent et le débat actuel, de même qu'il n'y a aucun rapport entre l'étiologie des deux types de maladie. Décision :

Le projet de résolution, ainsi amendé, est approuvé.

2

Ce projet de résolution a été transmis à l'Assemblée de la Santé dans le quatrième rapport de la Commission et adopté sous le numéro d'ordre WHA28.81. 2 Ce projet de résolution a été transmis à l'Assemblée de la Santé dans le quatrième rapport de la Commission et adopté sous le numéro d'ordre WHA28.82.

1

504

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

Substances prophylactiques, diagnostiques et thérapeutiques (secteur de programme 5.3) (suite) Etalons internationaux de produits biologiques (programme 5.3.3) (suite de la douzième séance, section 2) Le PRESIDENT appelle l'attention de la Commission sur le projet de résolution concernant les besoins d'animaux de laboratoire pour le contrôle des produits biologiques et l'établissement de colonies de reproducteurs, proposé par dix délégations à la douzième séance de la Commission. 1

Décision

:

Le projet de résolution est approuvé.2

Lutte contre les maladies non transmissibles (secteur de programme 5.2) (suite) Santé mentale (programme 5.2.6) (reprise du débat) Le PRESIDENT présente le projet de résolution suivant sur la promotion de la santé mentale, proposé par les délégations de vingt -cinq pays Australie, Canada, Côte d'Ivoire, Dahomey, Egypte, Etats -Unis d'Amérique, Ethiopie, Ghana, Grèce, Guinée -Bissau, Haute -Volta, Madagascar, Mauritanie, Niger, Nigéria, Ouganda, République démocratique du Viet -Nam, République fédérale d'Allemagne, République -Unie de Tanzanie, République -Unie du Cameroun, Royaume -Uni de Grande -Bretagne et d'Irlande du Nord, Sénégal, Suisse, Togo et Union des Républiques socialistes soviétiques : :

La Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé, Reconnaissant que les troubles mentaux constituent un important problème de santé publique dans toutes les régions du monde; Notant qu'il existe maintenant des méthodes efficaces pour réduire la morbidité mentale et ses conséquences; Persuadée que l'on peut accroître l'efficacité globale et l'acceptabilité des services de santé par une utilisation appropriée de compétences en santé mentale; Sachant que les conditions socio- culturelles et économiques et leur évolution peuvent avoir d'importantes conséquences pour la santé mentale des collectivités; Convaincue que l'on peut renforcer la santé mentale par une planification tenant compte des facteurs psycho- sociaux et une utilisation appropriée des ressources de la collectivité, y compris celles qui résultent de l'héritage culturel, PRIE instamment les Etats Membres 1. d'inclure la santé mentale et de renforcer son rôle dans leurs services de santé 1) généraux et leurs programmes de santé publique, et de reconnaître son importance dans la planification sociale et économique; de promouvoir, chez les travailleurs sanitaires des différents niveaux du 2) système de santé, les compétences, les connaissances et les attitudes qui leur permettront d'exercer les actions nécessaires pour la conduite du traitement des malades mentaux et la promotion de la santé mentale; et de stimuler et de soutenir les recherches de santé mentale correspondant à leurs 3) besoins; PRIE le Directeur général 2. d'aider les pays à développer l'élément "santé mentale" de leurs programmes de 1) santé en cherchant à réunir davantage d'informations sur l'épidémiologie des a) troubles mentaux, y compris l'identification des facteurs associés à un accroissement du risque de troubles mentaux et à la prévention de ces troubles, ainsi qu'en diffusant ces informations; en élaborant des méthodes nouvelles et efficaces de traitement et de lutte b) concernant les troubles neuropsychiatriques qui ont une grande importance en santé publique, y compris l'épilepsie, les autres troubles organiques du cerveau ainsi que les invalidités associées à la consommation d'alcool et à la pharmacodépendance; en évaluant différentes approches possibles pour l'organisation des soins c) de santé mentale; et en élaborant de meilleures méthodes pour la formation en santé mentale des d) administrateurs, médecins, infirmières et autres travailleurs de la santé; de stimuler et coordonner les recherches intéressant la santé publique dans le 2) domaine de la santé mentale, et d'aider les pays à développer leur propre potentiel de recherche; et d'élaborer de meilleures méthodes de communication au sujet des problèmes de 3) santé mentale en organisant des systèmes d'information et en assurant la normalisation de la classification et de la terminologie dans le domaine de la santé mentale; : :

1 Voir le texte de ce projet de résolution à la p. 438. 2 Ce projet de résolution a été transmis à l'Assemblée de la Santé dans le quatrième rapport de la Commission et adopté sous le numéro d'ordre WHA28.83.

COMMISSION A 3.

:

DIX- SEPTIEME SEANCE

505

PRIE le Directeur général de faire rapport à la Vingt- Neuvième Assemblée mondiale de la Santé sur l'état de la question. Prenant la parole au nom des coauteurs du projet de résolution, le Dr SADELER (Dahomey) souligne l'importance des problèmes de santé mentale dans les pays développés comme dans les pays en voie de développement. Vingt -neuf délégués ont exprimé leur inquiétude devant l'augmentation des maladies mentales et ont esquissé des approches nouvelles sur les plans épidémiologique, étiologique, thérapeutique et prophylactique dans ce domaine. Il est indispensable d'éliminer la frontière entre maladie physique et maladie mentale. Des thérapeutiques efficaces ont été mises au point pour atténuer une grande variété de troubles psychiatriques; des malades soignés dans la collectivité peuvent être pleinement intégrés à la société et vivre une vie normale. Le projet de résolution vise à assurer la réadaptation des malades mentaux et, ce faisant, celle de leur famille et de la communauté dans laquelle ils vivent.

Décision 3.

:

Le projet de résolution est approuvé.1 Ordre du jour, 2.3

PLANIFICATION A LONG TERME DE LA COOPERATION INTERNATIONALE EN MATIERE DE RECHERCHE SUR LE CANCER

Le Dr GARCÍA (représentant du Conseil exécutif) dit qu'à sa cinquante- cinquième session le Conseil a examiné un rapport sur la planification à long terme de la coopération internationale en matière de recherche sur le cancer, préparé par le Directeur général pour donner suite aux résolutions WHA26.61 et WHA27.63. Le programme est mené en collaboration étroite avec le Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC) et l'Union internationale contre le Cancer (UICC). Dans la résolution EB55.R17, le Conseil a souligné l'importance de la coordination et de la programmation de la recherche sur le cancer ainsi que du rôle et des responsabilités qui incombent à l'OMS pour intégrer les efforts des organisations nationales et internationales dans la lutte contre le cancer. Le Directeur général a été prié par le Conseil de continuer à développer intensivement ce programme. Le Dr PAVLOV (Sous- Directeur général) présente le rapport de situation du Directeur général sur les mesures prises l'année précédente pour mettre en oeuvre le programme à long terme de coopération internationale en matière de recherche sur le cancer, dont la création avait été demandée dans la résolution WHA26.61. Le Secrétariat s'est préoccupé avant tout de mettre sur pied un programme mondial complet sur la base d'une approche pluridisciplinaire faisant appel à d'autres services et divisions de l'OMS. La participation active des Régions, par l'intermédiaire des bureaux régionaux, a permis l'organisation d'une réunion de conseillers régionaux pour le cancer. Des programmes régionaux ont déjà été entrepris dans les Régions de la Méditerranée orientale, des Amériques et de l'Asie du Sud -Est, tandis qu'un programme se trouve à un stade avancé de préparation dans la Région du Pacifique occidental. On a tendance à souligner l'importance du cancer, même dans certains pays en voie de développement. Selon des renseignements communiqués par la Division des Statistiques sanitaires, la durée de vie moyenne atteindra 60 à 70 ans au cours des 10 à 15 prochaines années dans bon nombre de pays en voie de développement, de sorte que la population de ces pays courra le risque d'être touchée par la maladie à un âge avancé. On peut donc s'attendre à une plus forte incidence du cancer à l'avenir, ce que reflète l'accroissement du nombre de demandes de coopération technique dans ce domaine. Ces dernières années, le Secrétariat s'est efforcé de choisir des sujets de recherche appropriés requérant tout particulièrement une coopération internationale. Les secteurs les plus importants à cet égard concernent la mise au point d'une méthodologie. Dans la résolution WHA27.63, l'Assemblée de la Santé a estimé "qu'une condition importante pour assurer le succès d'un tel programme est de mettre au point une solide base méthodologique qui permettra de coordonner efficacement l'ensemble des recherches ainsi que de rassembler et de combiner leurs résultats ". Il faudra pour cela adopter une approche systématique impliquant de nombreux éléments interdépendants. Il faut tout d'abord analyser les principaux aspects des activités mondiales en ce qui concerne le cancer, sur la base d'examens critiques faits par des travailleurs nationaux compétents. Ensuite, il faudra élaborer un système d'information pour faciliter la prise de décisions concernant les politiques générales, la planification, la coordination et la gestion, en assurant un équilibre rationnel entre les recherches fondamentales, environnementales et cliniques et les services anticancéreux. Un petit groupe de travail pluridisciplinaire a été créé en vue de déterminer cette approche systématique et globale des problèmes de politique générale que doit résoudre l'OMS et de mettre au point les instruments qui faciliteront la prise des décisions et leur mise en oeuvre à l'échelon de la direction. Le groupe est fortement appuyé par d'autres personnels de l'OMS spécialisés dans l'analyse de systèmes, les statistiques et les mathématiques, le traitement sur ordinateur, les systèmes d'information, etc. Il faudra peut -être mettre sur ordinateur ce système d'information, qui devra être régulièrement actualisé. Il pourra être utilisé en liaison avec un système d'évaluation en vue d'aider la prise de décisions et l'éla-

Ce projet de résolution a été transmis à l'Assemblée de la Santé dans le quatrième rapport de la Commission et adopté sous le numéro d'ordre WHA28.84.

1

506

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

boration du calendrier des activités. Grâce à une étroite liaison avec le CIRC et l'UICC, ainsi qu'avec l'Institut international pour l'Application de l'Analyse des Systèmes (Vienne), le Secrétariat sera à même d'étudier les possibilités d'application des méthodes quantitatives à la simulation de l'établissement des politiques, de la prise de décisions, de la répartition des ressources et des processus épidémiologiques du cancer. L'OMS s'est servie des renseignements provenant des programmes nationaux anticancéreux, mais ces renseignements souffrent d'un manque de comparabilité, faute d'un langage scientifique commun. L'existence d'un tel langage serait la garantie des échanges nationaux et internationaux sur la recherche ainsi que sur les questions ayant trait à la planification, à la gestion, à l'évaluation, à la prévention, aux soins, à la réadaptation et aux facteurs d'environnement. La mise sur pied d'un programme à long terme de coopération internationale en matière de recherche sur le cancer demande la collaboration à l'échelle mondiale des organismes nationaux tels que les registres et centres du cancer, les services de santé et les établissements de soins, les bureaux de statistiques démographiques et sanitaires ainsi que les instituts de recherche. Pour cela, il faut axer les efforts sur l'établissement et la promotion de définitions, de critères de diagnostic, et de méthodes normalisées de prévention, de diagnostic et de traitement; il faut également établir en différentes langues une terminologie, une nomenclature et une classification qui soient internationalement acceptables. Ces outils sont nécessaires non seulement pour la notification statistique des diagnostics mais aussi pour la prise en considération d'autres paramètres tels que l'évolution, la gravité, le pronostic, l'étiologie et l'histologie du cancer, qui entrent en jeu dans le traitement des malades. En outre, l'établissement de modèles mathématiques pourrait contribuer directement à une meilleure connaissance des processus cancéreux, à l'évaluation des méthodes préventives et curatives, à l'application de l'analyse des coûts /avantages et au choix des stratégies d'intervention. Le "cancer" implique toute une gamme de problèmes à bien des niveaux, depuis la recherche clinique détaillée jusqu'aux grandes questions de politique générale. Il incombe à l'OMS d'assurer la coordination des activités mondiales au niveau international, tout en encourageant le développement des activités techniques essentielles. Le Dr VENEDIKTOV (Union des Républiques socialistes soviétiques) déclare que le programme à long terme de coopération en matière de recherche sur le cancer constitue une nouvelle activité de l'OMS à laquelle sa délégation attache une grande importance. Le but du programme n'est pas simplement de renforcer les activités actuellement menées dans les Régions et les pays, mais d'unir les efforts des instituts nationaux et d'élaborer une nouvelle conception de la coopération en matière de recherche sur le cancer. Il n'est pas question de consacrer au programme des sommes importantes provenant du budget ordinaire, bien que certains fonds soient évidemment nécessaires. Un certain nombre d'éléments montrent que le programme est réalisable. Celui -ci est relativement limité comparé à l'ampleur du problème posé par le cancer. Il n'impose pas à l'OMS la tâche impossible d'éradiquer le cancer ou de créer des services anticancéreux dans le monde entier; le but est de fonder le programme sur les données d'expériences accumulées et sur la coopération qui s'est instituée, notamment sur les programmes nationaux et les nombreux accords bilatéraux et multilatéraux qui ont été conclus. Les résolutions déja adoptées par de précédentes Assemblées de la Santé ont préparé la voie à la conjugaison des efforts déployés par l'OMS, le CIRC, l'UICC et les instituts internationaux et nationaux. Le programme ne peut réussir que si la participation des pays et des instituts nationaux est volontaire et si chacun communique sur les résultats de ses travaux des informations qui devront ensuite être transmises à tous les pays participants. C'est dire qu'il faudra créer un système d'information distinct qui permettra notamment à chaque institut de voir la place qu'il tient dans l'action conjointe. Le Dr Venediktov aimerait voir le programme se développer plus rapidement qu'il ne l'a fait jusqu'à présent. Evidemment, certains pays et instituts doutent encore de la possibilité de cet effort conjoint, mais lui -même est convaincu qu'il se matérialisera. L'Union soviétique n'attend pas que le programme se développe entièrement; ses cancérologues, ainsi que ses mathématiciens et les membres de l'Académie des Sciences de l'URSS, élaborent actuellement un système modèle qui servira de base à la coopération internationale; l'URSS est prête à collaborer à cette fin avec l'OMS, le CIRC et l'Institut international pour l'Application de l'Analyse des Systèmes. Naturellement, l'Union soviétique est également prête à joindre les efforts de ses cancérologues à ceux des experts d'autres pays. Le Dr Venediktov espère que le projet de résolution qui a été présenté par un certain nombre de délégations, dont la sienne, recevra l'appui de la Commission. Le Dr KUPFERSCHMIDT (République Démocratique Allemande) note avec satisfaction les efforts considérables qui ont été déployés pour donner effet à la résolution WHA27.63. Le but principal d'un programme international devrait être d'améliorer l'efficacité des institutions nationales existantes et de coordonner leurs activités. L'OMS s'acquittera au mieux de sa mission en stimulant les échanges d'informations et de spécialistes scientifiques, en encourageant la formation de chercheurs, en standardisant les méthodes et les réactifs et en poursuivant des

COMMISSION A

:

DIX -SEPTIEME SEANCE

507

travaux extrêmement utiles comme la classification histologique internationale des tumeurs. La recherche des facteurs cancérogènes dans l'environnement humain doit être prioritaire et le CIRC a fait un excellent travail dans ce domaine. L'identification des cancérogènes chimiques potentiels au moyen d'épreuves de triage et la recherche des virus oncogènes occupent une place importante dans le programme de recherche de la République Démocratique Allemande et le registre national des cas de cancer fournit des renseignements épidémiologiques sûrs. Les pays en voie d'industrialisation doivent prendre des mesures pour prévenir le cancer professionnel et une coopération étroite entre l'OMS et l'OIT est nécessaire à cet égard. La recherche fondamentale doit porter essentiellement sur les tests immunodiagnostiques sur l'immunothérapie expérimentale et sur les bases scientifiques de la chimiothérapie et de l'hormonothérapie. Il est important d'appliquer les résultats de ces recherches aussi rapidement que possible. L'OMS devra donc concentrer son action sur la lutte contre les tumeurs et sur l'évaluation des résultats. L'échange des expériences faites dans certains domaines comme l'éducation sanitaire, la formation des travailleurs sanitaires et le traitement des cancéreux aidera tous les pays à combler l'écart existant entre les connaissances scientifiques et le niveau moyen des soins. Dans la République Démocratique Allemande, la lutte contre les tumeurs est réglementée par la loi depuis vingt ans et le cancer est l'un des cinq principaux domaines de la recherche médicale. La République Démocratique Allemande est prête à participer activement et utilement au programme à long terme de coopération internationale en matière de recherche sur le cancer en formant des boursiers de l'OMS, en établissant des centres ou des laboratoires collaborateurs, en fournissant des consultants sur des problèmes particuliers, en participant aux activités du CIRC et en organisant sur son territoire une réunion OMS d'experts des soins aux cancéreux. La délégation de la République Démocratique Allemande est l'un des auteursldu projet de résolution soumis à la Commission, dont le libellé est le suivant :

La Vingt- Huitième Assemblée mondiale de la Santé, Ayant examiné le rapport du Directeur général et la résolution EB55.R17 sur les travaux de l'OMS relatifs à l'élaboration d'un programme complet à long terme de coopération internationale en matière de recherche sur le cancer, conformément aux résolutions WHA26.61 et WHA27.63; Constatant l'intensification de l'activité, au Siège de l'OMS et dans les Régions, enmatière d'études sur la lutte contre le cancer, et en particulier les progrès réalisés dans la standardisation de la classification histologique et cytologique des tumeurs, la normalisation des relevés hospitaliers, l'analyse des résultats à long terme du traitement, la promotion de modèles de chimiothérapie du cancer, l'utilisation de marqueurs biologiques en cancérologie, etc., ainsi que dans la fixation de priorités pour les activités futures; Consciente du fait que beaucoup d'Etats Membres, d'institutions nationales de ceux -ci et d'organisations internationales se montrent disposés à aider à promouvoir l'élaboration d'un programme complet de recherche sur le cancer et à participer activement à sa réalisation, 1. REMERCIE le Directeur général de son rapport et le prie de poursuivre ses efforts. tendant à élaborer un programme international de recherche sur le cancer en vue de favoriser la collaboration internationale et la coordination des efforts des organisations nationales, internationales, intergouvernementales et non gouvernementales; APPELLE L'ATTENTION sur la nécessité d'accélérer l'élaboration d'approches méthodo2. logiques visant la coordination internationale des recherches sur le cancer et l'élaboration de systèmes d'information capables d'appuyer le programme complet de recherche sur le cancer, compte tenu des propositions des organisations nationales et internationales désireuses de participer à ce programme; et PRIE le Directeur général de faire rapport régulièrement sur l'avancement de ces 3. travaux au Conseil exécutif et à l'Assemblée mondiale de la Santé.

Le Dr KIVITS (Belgique) déclare que le CIRC, qui fait partie intégrante de l'OMS, a amplement fait la preuve de son efficacité; il faut espérer que les liens entre le Siège de l'OMS et le Centre seront encore renforcés, non seulement pour améliorer la collaboration, mais aussi pour éviter les chevauchements et même pour unifier certains programmes. Cette rationalisation des activités, outre qu'elle accroîtra l'efficacité, permettra peut -être des économies budgétaires. C'est dans cet esprit que la délégation belge appuie le projet de résolution qui est soumis à la Commission. Le Professeur MATEJICEK (Tchécoslovaquie) rappelle que les résolutions adoptées par de précédentes Assemblées de la Santé ont affirmé la nécessité d'une planification à long terme de la coopération internationale en matière de recherche sur le cancer et le rôle de coordination que doit jouer l'OMS à cet égard. La délégation tchécoslovaque approuve la structure du programme telle qu'elle est exposée dans le rapport du Directeur général. Les services anticancéreux 1 Les autres coauteurs de ce projet de résolution étaient les délégations de la République fédérale d'Allemagne, du Botswana, de Cuba, des Etats -Unis d'Amérique, de la Hongrie, du Royaume -Uni de Grande -Bretagne et d'Irlande du Nord, de la Tchécoslovaquie et de l'Union des Républiques socialistes soviétiques.

508

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

sont particulièrement importants et l'OMS doit être prête à aider les pays en voie de développement à les organiser, surtout par l'intermédiaire de ses bureaux régionaux. Le Dr ZS0G0N (Hongrie) déclare qu'il faudra utiliser au mieux les personnels et les ressources disponibles pour la recherche sur le cancer en répartissant rationnellement le travail au niveau international. Les pays socialistes ont acquis une expérience considérable de la collaboration en matière de recherche sur le cancer. En Hongrie, la priorité est accordée à l'étude des médicaments anticancéreux, à l'épidémiologie et au diagnostic du cancer, ainsi qu'à plusieurs autres branches de la cancérologie. L'OMS devrait accroître son soutien aux programmes de recherche nationaux, dans lesquels les méthodes de recherche et la nomenclature de l'Organisation devront être appliquées. Il faudrait mettre à la disposition de tous les pays les résultats des recherches effectuées dans le monde entier, grâce à un système d'information fonctionnant sur la base de la réciprocité. Il faudrait faciliter l'échange de chercheurs et organiser des conférences de travail sur des sujets importants. L'OMS devrait avoir connaissance des programmes de recherche fondés sur des contrats bilatéraux et multilatéraux entre pays, et leur donner son appui moral; elle devrait également étudier la possibilité de soutenir les recherches communes de plusieurs pays. Enfin, elle devrait jouer un rôle de plus en plus important dans la coordination des recherches sur le cancer effectuées par des organisations internationales. La réalisation progressive de tous ces buts accroîtra les chances de succès de la lutte anticancéreuse. La Hongrie est l'un des coauteurs du projet de résolution; le Dr Zsbgbn espère qu'il sera approuvé par la Commission. Le Dr KILGOUR (Royaume -Uni de Grande - Bretagne et d'Irlande du Nord) déclare que sa délégation - coauteur du projet de résolution - insiste sur l'importance de la recherche épidémiologique et croit que la diffusion rapide d'informations nouvelles sur le cancer est absolument nécessaire, surtout en ce qui concerne les facteurs environnementaux, dont l'importance s'accroît et qui deviennent de plus en plus évidents. Dans ce domaine, l'éducation sanitaire et les mesures d'hygiène du travail constituent une part importante des programmes de santé publique nécessaires. Il est manifeste que bien souvent, dans tous les pays, les connaissances qu'on possède ne sont pas appliquées.

Le Dr AZIZ (Pakistan) déclare que son pays possède huit centres bien développés de diagnostic et de traitement du cancer et que des études épidémiologiques ont montré des différences importantes dans la fréquence de différentes tumeurs d'une région à l'autre. On a noté par exemple une augmentation du cancer de la cavité buccale à Karachi, peut -être due à l'habitude de chiquer. Il est nécessaire de poursuivre et de développer ces études, puisqu'elles mettent en évidence des facteurs environnementaux associés au cancer. Le Pakistan a besoin d'une aide de l'OMS dans les domaines suivants établissement d'un registre des cas de cancer et mise en rapport de ce registre avec ceux d'autres pays de la Région; échanges de matériels de recherche, de données, de connaissances et de personnel avec d'autres pays de la Région; recherche et utilisation d'agents chimiothérapeutiques, fourniture de ces agents à des tarifs moins onéreux. La délégation du Pakistan souhaite figurer parmi les auteurs du projet de résolution considéré. :

Le Dr MATTHEIS (République fédérale d'Allemagne) reconnaît qu'il est difficile d'évaluer les priorités à assigner aux activités internationales, étant donné les différences des priorités dans les différents pays; mais une préoccupation est commune à tous - celle d'obtenir de meilleurs résultats en ce qui concerne le dépistage précoce et un traitement plus rapide. La délégation de la République fédérale d'Allemagne appuie donc l'idée que l'OMS devra faire porter ses efforts sur les aspects cliniques des formes communes du cancer, sur le développement de la thérapeutique (chimique et immunologique), sur les relations tumeur /hôte et sur l'amélioration des services anticancéreux. Il est très important d'évaluer différents programmes mis en place pour le dépistage précoce du cancer dans différentes conditions, d'évaluer les méthodes appliquées dans ces programmes et leur valeur et d'analyser l'acceptation de ces programmes par différents groupes de la population. L'évaluation devrait être conduite de manière à permettre des comparaisons entre des pays aussi nombreux que possible. Les informations ainsi acquises seront utiles aux éducateurs sanitaires et leur permettront d'élaborer des stratégies pour atteindre les groupes à risque élevé qui, jusqu'à présent, n'ont été qu'incomplètement couverts. Le Dr GOMAA (Egypte) souligne les relations étroites existant entre la schistosomiase et le cancer de la vessie, qui pose un sérieux problème en Egypte. On a besoin de données qui permettraient aux médecins des grands centres de dépister la maladie à ses débuts. Le Professeur KOSTRZEWSKI (Pologne) appuie le projet de résolution. Le Professeur ORHA (Roumanie) est heureux de constater qu'un programme de recherches à long terme sur le cancer figure parmi les activités envisagées par l'OMS; il est entièrement d'accord avec les auteurs du projet de résolution qui demandent un renforcement de la collaboration internationale en matière de recherche sur le cancer. La délégation roumaine souhaite figurer parmi les coauteurs de la résolution. En ce qui concerne le programme qui a été exposé

COMMISSION A

:

DIX- SEPTIEME SEANCE

509

par le Dr Pavlov, les sujets à étudier pourraient également inclure le type d'unité nécessaire pour le traitement hospitalier et ambulatoire du cancer, les modalités de collaboration avec d'autres unités du réseau sanitaire, l'oncologie en tant que spécialité et les cancérologues, ainsi que la formation en oncologie aux niveaux universitaire et postuniversitaire. Le Dr JOYCE (Irlande) constate avec inquiétude que le Rapport annuel du Directeur général (Actes officiels N° 221, page 100, paragraphe 7.40) fait état d'une association possible entre la mononucléose infectieuse et la maladie de Hodgkin. Les rapports concernant cette association sont très contradictoires et, comme la mononucléose infectieuse est une maladie extrêmement courante, il faudrait éviter de publier dans le Rapport annuel des données de cette sorte quand elles sont aussi peu fondées. Elles auraient davantage leur place dans un document à l'intention de l'Assemblée de la Santé. (Etats -Unis d'Amérique) se réjouit des progrès réalisés dans la planifiLe Dr UHRICH cation et la coordination d'un programme à long terme de coopération internationale en matière de recherche sur le cancer. Il félicite l'OMS de recourir de façon suivie à des groupes consultatifs d'experts pour affiner la définition des priorités et améliorer les méthodes de coopération. Les programmes de recherche nationaux couvrent un large spectre de priorités; la tache consistant à soutenir les priorités nationales et à coordonner un effort international, qui est celle de l'OMS, exige maintenant la mise au point d'une stratégie d'ensemble. Cette mise au point n'apparaît pas clairement dans le rapport de situation du Directeur général et le Dr Uhrich suggère que l'OMS utilise les informations qu'elle a amassées pour redéfinir son rôle. Il recommande en outre qu'on soit très prudent avant d'entreprendre un large éventail de programmes nouveaux. La crédibilité de l'OMS dépend de sa capacité d'établir des services uniques en leur genre et d'assurer de manière incontestable les rapprochements nécessaires dans des secteurs d'activité tels que l'évaluation et la standardisation de la terminologie et des méthodes de recherche, les besoins en formation de chercheurs, et l'établissement de systèmes d'information de base. Le Dr Uhrich souscrit à l'idée qu'en ce qui concerne la coordination des efforts des Etats Membres, les objectifs doivent être la prévention, le diagnostic précoce et l'élaboration de méthodes efficaces de traitement de toutes les formes de cancer à tous les stades de leur développement. L'accent devrait être mis sur les services anticancéreux.

Le Dr HIGGINSON (Directeur du Centre international de Recherche sur le Cancer), répondant à la remarque du délégué de l'Irlande, précise qu'il est dit dans le Rapport annuel du Directeur général que les indices d'une association entre la mononucléose infectieuse et la maladie de une étude plus approfondie de la question lui controverses; Hodgkin font paraît -elle justifiée. C'est la raison pour laquelle cette indication a été donnée dans le Rapport annuel. En ce qui concerne les suggestions faites au sujet de l'amélioration de la coordination et de la collaboration, un groupe de travail a été créé à la quatorzième session du Conseil de Direction du CIRC pour étudier la possibilité de développer la coordination au niveau international. Le Dr Higginson a eu des entretiens préliminaires avec le Directeur général au sujet du mandat de ce groupe et il a été proposé que celui -ci étudie la planification à long terme de la coopération internationale en matière de recherche sur le cancer, examine les ressources disponibles à l'OMS pour la planification à long terme et détermine les mécanismes propres à assurer la collaboration la plus efficace. Le Conseil de Direction a également souligné qu'il y aurait grand intérêt à ce que d'autres Etats adhèrent au Centre si celui -ci doit entreprendre des programmes supplémentaires du type proposé. Les services d'information fonctionnent de façon satisfaisante. La neuvième révision de la Classification internationale des Maladies est achevée et la mise au point d'un système bien articulé d'information sur l'enregistrement des cas de cancer est presque terminée. Le Centre est très conscient des problèmes des pays en voie de développement et il s'efforce d'établir des liens plus étroits avec les hommes de science de ces pays pour aborder les problèmes communs que posent la prévention du cancer et la lutte anticancéreuse. Le Dr GARIN (service du Cancer) remercie de leurs observations, de leurs critiques et de leurs recommandations les délégués qui ont pris part au débat. Le délégué de l'URSS a fait plusieurs propositions constructives concernant l'approche méthodologique de la programmation, et le Secrétariat lui sait gré d'avoir souligné que le programme a ses limites. Le délégué de la République Démocratique Allemande, qui a souligné que les résultats de la recherche doivent faire l'objet d'une application pratique, peut être assuré que l'Organisation considère la promotion de ces applications comme l'une de ses tâches les plus importantes. Le délégué de la Belgique a parlé de la nécessité d'une collaboration accrue entre divers éléments de l'Organisation ainsi qu'entre l'Organisation et d'autres institutions gouvernementales et non gouvernementales. Son conseil sera suivi. En ce qui concerne l'importance de la recherche épidémiologique, le Secrétariat partage les vues du délégué du Royaume -Uni et lui donne l'assurance que l'évaluation épidémiologique du problème du cancer dans les différents pays constitue une part importante du programme.

510

VINGT- HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

Dans les pays en voie de développement tels que l'Inde et le Pakistan, le cancer de la cavité buccale constitue l'un des principaux problèmes oncologiques et l'OMS se propose de collaborer avec les instituts médicaux de ces pays pour chercher à le résoudre. Les remarques du délégué de l'Egypte concernant les relations entre la schistosomiase et le cancer de la vessie dans son pays montrent qu'il est nécessaire de tenir compte des maladies parasitaires dans le programme de recherche sur le cancer. Le Dr PAVLOV (Sous- Directeur général) déclare que l'OMS répondra certainement de façon positive à l'appel lancé par le délégué de l'URSS au sujet des efforts à faire pour accélérer le développement du programme du cancer. En réponse aux observations du délégué de la Belgique, le Dr Pavlov dit que l'OMS travaille en étroit contact avec le CIRC et avec d'autres organisations internationales et nationales. Les questions relatives aux systèmes d'information, au cancer professionnel et à l'éducation, qui ont été mentionnées par le délégué de la République Démocratique Allemande, tiendront une place importante dans le programme de l'OMS. Le Dr Pavlov est entièrement d'accord avec le délégué de la République fédérale d'Allemagne au sujet de l'importance de la recherche clinique. L'OMS suit aussi avec beaucoup d'attention la question de l'association entre le cancer de la vessie et la schistosomiase, ainsi que les travaux de recherche poursuivis en Egypte sur cette question.

Le Dr GOMAA (Egypte) fait observer que le projet de résolution demande qu'un effort accru soit fait pour résoudre le problème du cancer mais n'indique pas qui doit faire cet effort. Il propose que, dans le deuxième paragraphe du dispositif, les mots "APPELLE L'ATTENTION sur la nécessité" soient remplacés par les mots "PRIE le Directeur général d'envisager les mesures qu'il convient de prendre pour répondre à la nécessité ". Le Dr VENEDIKTOV (Union des Républiques socialistes soviétiques) accepte la modification proposée par le délégué de l'Egypte.

Décision 4.

:

Le projet de résolution, ainsi amendé, est approuvé.

1

ETAT D'AVANCEMENT DU PROGRAMME ANTIPALUDIQUE

Ordre du jour, 2.5

Le Dr GARCIA (représentant du Conseil exécutif) signale qu'après avoir examiné, à sa cinquante -cinquième session, la situation mondiale du paludisme, le Conseil exécutif a noté qu'elle était extrêmement critique par suite des graves échecs enregistrés dans divers pays. Le Conseil a exprimé la profonde inquiétude que lui cause la détérioration de la situation au cours années, en particulier dans les pays où les opérations d'éradication insufs'étaient déroulées de façon satisfaisante. On a attribué les échecs à diverses causes fisance de l'infrastructure, manque d'appui financier, problèmes de logistique, pénurie d'insecticides et manque d'enthousiasme. Le résultat a été que les gouvernements et les institutions internationales ont perdu confiance. La situation économique mondiale, la crise du pétrole et l'inflation ont été autant de circonstances aggravantes. Le Conseil a exprimé la conviction que des mesures devaient être prises d'urgence pour renverser la tendance actuelle. La stratégie révisée adoptée par la Vingt -Deuxième Assemblée mondiale de la Santé reste valable, mais il n'a pas toujours été possible de l'appliquer. Il est indispensable de donner au programme une nouvelle orientation épidémiologique et d'accorder une attention particulière aux groupes de pays qui présentent des caractères écologiques semblables et aux régions qui jouent un rôle important dans le développement économique. Il est nécessaire aussi de recruter des paludologues compétents et expérimentés et d'intensifier la recherche. C'est seulement ainsi que l'on pourra restaurer la confiance aux niveaux national et international, mais il faut auparavant que les gouvernements se montrent décidés à entreprendre des programmes antipaludiques et à poursuivre leurs efforts aussi longtemps que ce sera nécessaire. Le Conseil a appuyé les recommandations du Directeur général au sujet de la nécessité de donner une nouvelle orientation au programme et d'exécuter celui -ci à l'échelle mondiale. Les comités régionaux devront assumer la tâche importante de déterminer les caractéristiques de la situation dans leurs Régions respectives et d'étudier les mesures à adopter. Comme le lui proposait le Directeur général, le Conseil a accepté de collaborer de façon permanente avec le Secrétariat à l'analyse de la situation et à la détermination des mesures les plus appropriées. A cette fin, il a décidé d'établir un comité ad hoc du paludisme. :

Le Dr LEPES (Directeur de la Division du Paludisme et des autres Maladies parasitaires) dit qu'à la demande du Conseil exécutif le Directeur général a soumis à l'Assemblée un rapport sur l'état d'avancement du programme antipaludique. Un addendum au rapport contient les exposés des six Directeurs régionaux sur la situation, et deux appendices traitent l'un des insecticides (disponibilités et coût) et l'autre des médicaments antipaludiques (utilisation et approvisionnement). Le rapport analyse les facteurs qui ont contribué à la détérioration de la situation épidémiologique et décrit les stratégies que les pays devraient appliquer pour redresser

1 Ce projet de résolution a été transmis à l'Assemblée de la Santé dans le quatrième rapport de la Commission et adopté sous le numéro d'ordre WHA28.85.

COMMISSION A

:

DIX-SEPTIENE SEANCE

511

celle -ci. Il a été réaffirmé à maintes reprises que l'éradication du paludisme était réalisable, même si peu de progrès ont été accomplis au cours des dix dernières années. Pour qu'une maladie comme le paludisme puisse être maîtrisée ou éradiquée, un certain nombre de conditions de base doivent être remplies il faut qu'il y ait une volonté nationale de fournir un appui continu, que la priorité soit donnée au programme antipaludique, que des objectifs réalistes soient fondés sur une analyse épidémiologique, opérationnelle et socioéconomique approfondie de la situation et qu'il soit possible, sur le plan national, d'adapter à diverses conditions les méthodes de lutte établies. La lenteur des progrès est principalement imputable à une combinaison de problèmes opérationnels, administratifs et techniques. Les délégués se rappelleront que la hâte avec laquelle les programmes d'éradication du paludisme ont été mis en application au milieu des années cinquante était due à la crainte que les vecteurs deviennent résistants aux insecticides si les programmes n'étaient pas achevés rapidement. Dix ans plus tard, on estimait que 1,5 seulement de toutes les zones couvertes par des programmes d'éradication posaient des problèmes techniques et qu'en conséquence cette difficulté pourrait être surmontée. Toutefois, les opérations intensives qui devaient être entreprises dans les zones difficiles exigeaient un appui administratif et financier complet et cet appui n'a malheureusement pas atteint le niveau nécessaire. C'est pourquoi les zones difficiles ont pris d'année en année plus d'extension. D'autre part, le fait que les critères épidémiologiques n'ont pas été rigoureusement appliqués a entraîné dans certains cas une rétrogradation de la phase avancée à la phase d'attaque. Les problèmes actuels peuvent être résumés comme suit appui financier insuffisant aux programmes d'éradication, inflation mondiale, pénurie d'insecticides, résistance des plasmodiums aux médicaments, manque de personnel entraîné, état rudimentaire des services de santé et échec des efforts visant à élaborer de nouvelles méthodes de lutte contre le paludisme. Le coût par tête des programmes d'éradication du paludisme s'est multiplié par trois, et même dans certains cas par six. Il est reconnu que la stratégie révisée du paludisme, adoptée par la Vingt -Deuxième Assemblée mondiale de la Santé, n'a pas été complètement appliquée. Les programmes d'éradication ont certes été réexaminés dans tous les pays où ils ne progressaient que lentement, mais les recommandations des équipes chargées de cet examen n'ont pas toujours été suivies, soit à cause de difficultés opérationnelles et administratives, soit parce qu'elles n'étaient pas pleinement acceptables par les pays concernés. Pour remédier à cette situation, le rapport du Directeur général propose différentes stratégies applicables dans différentes situations. Les zones impaludées ont été classées d'après la sensibilité du vecteur à l'insecticide le meilleur marché, le DDT. Les pays ont donc été répartis en trois groupes et des objectifs et activités spécifiques ont été proposés pour chaque groupe. Toutefois, la classification des programmes ne peut en elle -même conduire à un renversement de la situation épidémiologique. Pour que ce résultat soit atteint, il faut que la volonté nationale d'aboutir existe et qu'un appui continu des gouvernements pour la période requise soit assuré. Il faut aussi que l'on procède à une analyse épidémiologique approfondie ainsi qu'à une évaluation continue des objectifs, ce qui pourrait conduire à des changements d'ordre tactique dans le mise en oeuvre des programmes. Pour tout cela, il faut que l'on dispose d'un personnel bien préparé à sa tâche. Depuis le lancement du programme mondial d'éradication du paludisme, l'OMS a apporté une aide aux Etats Membres sous forme de services techniques consultatifs et parfois de fournitures et de matériel. Elle a aussi aidé à former du personnel et à entretenir les centres internationaux de formation. Lorsque les opérations d'assistance étaient à leur apogée, l'OMS assumait la charge d'environ 500 postes de professionnels, d'auxiliaires et d'administrateurs, mais à la fin de 1974, le nombre de ces postes n'était que de 190. Il apparaît maintenant que l'aide fournie par l'OMS sous forme de services techniques consultatifs doit être réexaminée et adaptée aux besoins réels des pays. Le personnel national a certainement été développé, mais la rapidité de la rotation du personnel crée des difficultés en ce qui concerne la planification et l'évaluation des programmes antipaludiques. Il serait donc nécessaire que l'OMS fournisse des services consultatifs pour les programmes opérationnels et les programmes nationaux de formation. L'Organisation devrait continuer à faire fonction de coordonnateur au niveau inter pays et au niveau international. Beaucoup de choses toutefois dépendent de la priorité que les gouvernements accorderont au paludisme dans leurs programmes de santé. Il convient de souligner l'aide très importante fournie dans le passé par le FISE et le PNUD, ainsi que par l'AID et par d'autres institutions bilatérales. Sans cette aide, beaucoup de pays n'auraient pas pu entreprendre leur programme antipaludique. Le monde est maintenant confronté à une très sérieuse situation épidémiologique qui pourrait conduire, dans un temps relativement court, à un rétablissement de l'endémicité du paludisme. Avant même que ce stade ne soit atteint, de nombreuses vies seront perdues en raison de la baisse d'immunité des populations. La recherche n'a fait apparaître aucune méthode miraculeuse et on ne peut donc se fier qu'aux instruments existants. Il faut toutefois reconnaître que ces instruments sont suffisamment efficaces, même aujourd'hui, si on les utilise en tenant compte des enseignements de l'épidémiologie. : :

(Voir la suite du débat dans le procès- verbal de la dix -huitième séance, section 3.)

La séance est levée à 23 h.5.

DIX -HUITIEME SEANCE

Mercredi 28 mai 1975, 12 h.10 Président :

Dr Marcella DAVIES (Sierra Leone)

1.

QUATRIEME RAPPORT DE LA COMMISSION Le PRESIDENT appelle l'attention sur le projet de quatrième rapport de la Commission. Décision :

Le rapport est adopté (voir page 697). Ordre du jour, 2.2.4

2.

RESOLUTION PORTANT OUVERTURE DE CREDITS POUR L'EXERCICE FINANCIER 1976

Le PRESIDENT rappelle que la recommandation de la Commission sur le budget effectif et le niveau du budget pour 1976 a été adoptée le matin, en séance plénière (résolution WHA28.60), et appelle l'attention sur le projet de résolution portant ouverture de crédits pour l'exercice financier 1976, qui est libellé comme suit :

La Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé DECIDE d'ouvrir, pour l'exercice financier 1976, un crédit de US $157 106 980 se répartissant comme suit :

A.

Section 1

Affectation des crédits

Montant US $ 2

2 3

4 5 6 7

8 9

Organes délibérants Direction et coordination générales Renforcement des services de santé Développement des personnels de santé Lutte contre la maladie Promotion de la salubrité de l'environnement Information et documentation Programmes généraux de soutien Programmes régionaux de soutien Budget effectif

076 870

859 642 22 362 932 18 203 127 31 889 350 6 8

049 864

14 392 226 19 411 209 13

854 780 100 000

137

10 11

Virement au fonds de péréquation des impôts Réserve non répartie Total

16 336 160 3

670 820

157 106 980

Conformément aux dispositions du Règlement financier, des montants ne dépassant pas les crédits votés au paragraphe A de la présente résolution seront disponibles pour faire face aux obligations contractées pendant la période comprise entre le ler janvier et le 31 décembre 1976. Nonobstant les dispositions du présent paragraphe, le Directeur général limitera les obligations à assumer pendant l'exercice financier 1976 aux sections 1 à 10. C. Nonobstant les dispositions du paragraphe 4.5 du Règlement financier, le Directeur général est autorisé à opérer des virements entre les sections qui constituent le budget effectif jusqu'à concurrence d'un montant ne dépassant pas 10 % du crédit ouvert à la section qui subit le prélèvement, ce pourcentage étant calculé, dans le cas de la section 2, sans tenir compte des crédits prévus au titre du programme du Directeur général pour le développement. Le Directeur général est autorisé en outre à affecter aux sections du budget effectif sur lesquelles les dépenses doivent être imputées des montants ne dépassant pas les crédits prévus au titre du programme du Directeur général pour le développement. Audelà des montants susmentionnés, les virements qui seraient nécessaires peuvent être opérés conformément aux dispositions du paragraphe 4.5 du Règlement financier. Tous les virements opérés entre sections feront l'objet d'un rapport au Conseil exécutif à sa session suivante. Les crédits votés au paragraphe A seront fournis par les contributions des Membres, D. après déduction i) du montant estimatif à recevoir du Programme des Nations Unies pour le Développement à titre de remboursement des frais de soutien US $2 300 000 des programmes, soit de recettes occasionnelles évaluées à US $1 500 000 ii) B. :

Total

US $3 800 000

Le total des contributions à la charge des Membres s'élève donc à US $153 306 980. Pour le calcul des sommes effectivement dues, le montant du crédit de chaque Membre au fonds de - 512 -

COMMISSION A

:

DIX -HUITIEME SEANCE

513

péréquation des impôts viendra en déduction du montant de sa contribution, sous réserve que le crédit d'un Membre qui impose les fonctionnaires de l'OMS sur les émoluments reçus par eux de l'OMS sera réduit du montant estimatif des remboursements que l'Organisation devra faire à ce titre. Le Dr GARCIA (représentant du Conseil exécutif) signale que les observations formulées par le Conseil lors de son examen du texte de la résolution portant ouverture de crédits pour 1976 sont reproduites à la page 184, paragraphes 28 et29, des Actes officiels N° 223; le texte de la résolution figure à la page 62 des Actes officiels N° 220. Le texte proposé est semblable à celui adopté l'année précédente pour 1975 par l'Assemblée de la Santé. Comme l'indique le rapport du Conseil, il se fonde sur la classification révisée des programmes. La résolution portant ouverture de crédits est divisée en 11 sections dont chacune - à l'exception des sections 10 (Virement au fonds de péréquation des impôts) et 11 (Réserve non répartie) - correspond à une large zone de programme couvrant un ou plusieurs secteurs de programme. Le texte proposé diffère de celui de la résolution portant ouverture de crédits pour 1975 en ce qui concerne l'autorisation donnée au Directeur général d'opérer des virements entre sections. La résolution portant ouverture de crédits pour 1975 autorisait le Directeur général à opérer des virements entre les sections qui constituent le budget effectif jusqu'à concurrence d'un montant ne dépassant 10 % du crédit ouvert à la section qui subit le prélèvement. Le projet de texte pour 1976 propose, en ce qui concerne la section 2 (Direction et coordination générales) que le montant maximal du virement ne dépasse pas 10 % du crédit ouvert à cette section, compte non tenu des crédits prévus dans cette section au titre du programme du Directeur général pour le développement. Etant donné la nature et le but de ce nouveau programme, il est également proposé que le Directeur général soit autorisé à affecter aux sections du budget effectif sur lesquelles les dépenses doivent être imputées des montants ne dépassant pas les crédits prévus au titre du programme du Directeur général pour le développement. Décision Le projet de résolution portant ouverture de crédits pour l'exercice financier 1976 est approuvé.l :

3.

ETAT D'AVANCEMENT DU PROGRAMME ANTIPALUDIQUE (suite de la dix - septième séance, section 4)

Ordre du jour, 2.5

Le PRESIDENT appelle l'attention sur le rapport du Directeur général concernant l'état d'avancement du programme antipaludique ainsi que sur le projet de résolution proposé par le Conseil exécutif dans sa résolution EB55.R36. Le Professeur CORRADETTI (Italie) déclare que sa délégation apprécie la franchise avec laquelle le Directeur général met en garde contre les dangers croissants du paludisme en soulignant que la lutte contre cette maladie doit être organisée et menée individuellement par chaque pays. Il dit clairement que l'OMS conseillera et aidera les pays qui placent cette lutte parmi les priorités de leur effort de développement socio- économique. Si le personnel de l'Organisation ne s'est pas contenté jusqu'ici de donner des conseils et a participé directement aux campagnes antipaludiques, c'est parce que l'on croyait que le paludisme pourrait être éradiqué en quelques années dans le monde entier. Il est maintenant évident que chacun des pays où sévit le paludisme doit faire sa propre étude épidémiologique et combattre le paludisme au moyen d'un personnel national qualifié et permanent. Les pays doivent se rendre compte que l'épidémiologie du paludisme est extrêmement complexe et être prêts à entreprendre une campagne d'une durée indéterminée dans des conditions de plus en plus défavorables. On peut encore employer des insecticides tels que le DDT dans certaines régions, mais la sélection résultant de l'usage constant de ces produits entratnera inévitablement une résistance des vecteurs, et il pourrait bien en aller de même pour les plasmodiums soumis à la prophylaxie de masse ou à la chimiothérapie. Le problème est d'autant plus ardu que, fréquemment, les ressources en eau sont contaminées par d'énormes quantités du même insecticide utilisé sans discernement en agriculture, ce qui a pour effet de sélectionner progressivement les anophèles résistants au cours du stade larvaire. Combattre le paludisme est une tâche délicate dont le succès dépend de nombreux facteurs, notamment de la volonté des gouvernements de donner la priorité aux activités antipaludiques et de la coopération de tous les services publics intéressés. Il ressort clairement de l'addendum au rapport du Directeur général qui présente les profils régionaux des programmes antipaludiques, communiqués par les Directeurs régionaux, que dans les pays encore impaludés de la Région européenne on garde quelque espoir d'éradiquer la maladie, mais qu'un tel résultat n'est possible que dans la mesure où l'on comprend que la rapidité d'exécution est le facteur essentiel. Il faut obtenir dès le début une couverture totale et interrompre totalement la transmission avant l'apparition d'une résistance chez les vecteurs. En perdant du temps, on compromet toutes les chances d'éradication et le pays devient irrémédiablement l'un de ceux où le paludisme ne peut être qu'endigué. Si l'on avait agit plus 1 Ce projet de résolution a été transmis à l'Assemblée de la Santé dans le cinquième rapport de la Commission et adopté sous le numéro d'ordre WHA28.86.

514

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

rapidement dans le passé, de nombreuses régions du monde seraient parvenues au stade de l'éradication. Les pays où il faudra combattre la maladie pendant de nombreuses années pour maintenir son incidence à un faible niveau auront besoin des services d'un grand nombre de paludologues et il est probable que d'ici peu l'OMS ne pourra plus répondre à ce besoin. La solution consiste à fournir davantage de paludologues possédant une formation scientifique étendue, qui seront employés par les gouvernements au niveau national. Toutefois, les gouvernements intéressés doivent comprendre que pour attirer et garder à leur service des spécialistes de cette classe, ils devront leur offrir des traitements et des conditions de travail séduisants. L'OMS se contente à présent de guider et de coordonner les efforts nationaux, de promouvoir la recherche et d'aider à former du personnel. La crise économique actuelle permet difficilement d'obtenir des engagements multilatéraux ou bilatéraux à long terme pour la lutte antipaludique. Il faut espérer toutefois qu'une aide financière continuera à être accordée dans ce domaine aux nations économiquement défavorisées. Le Professeur ORHA (Roumanie) explique que la politique de son pays en matière d'éradication du paludisme a jusqu'à présent été fondée sur la corrélation nécessaire entre le degré de développement socio- économique et les possibilités pratiques d'entreprendre des campagnes d'éradication. A partir de 1962, il n'y a pas eu un seul cas de transmission de la maladie alors que l'on enregistrait quelque 200 000 cas par an quinze ans plus tôt seulement. Tout en adoptant la stratégie mondiale révisée élaborée par le Vingt- Deuxième Assemblée mondiale de la Santé, la Roumanie a reconnu que l'élimination du paludisme dans un territoire n'était pas nécessairement la conséquence directe d'un programme d'éradication. Des programmes de lutte antipaludique, qui n'ont pas à être coûteux et complexes pour être efficaces, peuvent réduire la morbidité et la mortalité dues à cette maladie. Le fait le plus remarquable qui soit mis en évidence dans le seizième rapport du Comité OMS d'experts du Paludisme est l'absence totale de tout programme d'éradication dans des zones ayant une population de 35 à 45 millions d'habitants. L'aide de l'OMS doit être dirigée vers les régions où il n'y a pas eu jusqu'à présent d'activités antipaludiques. L'Organisation doit aussi se demander s'il est souhaitable de continuer à soutenir des programmes d'éradication qui ne progressent pas ou même reculent. La poursuite de tels programmes empêche l'OMS d'intervenir efficacement dans des régions où une aide est requise d'urgence. Enfin, les programmes antipaludiques doivent toujours être conçus en fonction des conditions écologiques de la région et il faut analyser les méthodes de concert avec les gouvernements intéressés de manière à pouvoir prendre rapidement des mesures dans toutes les zones impaludées du monde où rien n'a encore été fait.

Le Dr VIOLAKIS - PARASKEVAS (Grèce) constate que certains gouvernements semblent s'être désintéressés de l'éradication du paludisme par suite de difficultés financières et techniques. Lorsque la maladie vient d'être éradiquée (ou pratiquement éradiquée) les gouvernements semblent considérer que leur pays n'est plus en danger et tendent à relâcher ou même à interrompre leur surveillance dans un souci d'économie. La pénurie de paludologues expérimentés pose également un problème d'une grande acuité. Toutes ces raisons font que le paludisme réapparaît parfois dans des zones où l'on croyait qu'il avait été éradiqué. Il faut lancer, dans tous les pays, un programme de surveillance épidémiologique actif et suivi. L'année précédente, vingt et un cas importés ont été enregistrés en Grèce.

Le Dr AZIZ (Pakistan) signale que, dans son pays, le taux annuel de positivité des lames de sang a été de 15 % en 1961/1962. Après le lancement d'un programme de lutte de grande envergure, ce taux est tombé à moins de 1 % en 1966/1967 de sorte que le nombre de cas ne dépassait pas 10 000 pour l'ensemble du pays. Toutefois, des problèmes d'approvisionnement en insecticides et diverses difficultés administratives ont entraîné une nouvelle hausse de l'incidence et, à présent, le taux d'infection est malheureusement le même qu'au départ; la situation aurait même plutôt empiré du fait de la résistance des vecteurs aux insecticides le DDT est inefficace et on ne dispose, au mieux, que de quantités insuffisantes de malathion. En 1975/1976, le Pakistan va lancer un plan quinquennal de lutte antipaludique de concert avec l'OMS et l'AID. La Commission peut être assurée que le Pakistan est fermement résolu à endiguer la maladie. Il apprécierait beaucoup une aide internationale et, notamment, des insecticides efficaces. La mise au point d'un vaccin antipaludique serait également la bienvenue.

Le Professeur JAKOVLJEVIC (Yougoslavie) exprime son inquiétude devant l'aggravation de la situation dans de nombreux pays d'Asie et d'Amérique du Sud. Si l'on ne met pas fin à cette réapparition de la maladie, l'éradication obtenue ailleurs au prix d'immenses efforts risque d'être compromise. La Yougoslavie a été l'un des bénéficiaires du programme mondial d'éradication du paludisme. Pendant l'entre- deux -guerres, l'incidence annuelle évaluée à plus d'un million de cas entraînait de graves pertes économiques notamment dans la province de Macédoine. Toutefois, la maladie a été éradiquée au cours d'une campagne antipaludique intensive lancée en 1947 et, en 1973, le Comité OMS d'experts du Paludisme a certifié la Yougoslavie exempte de paludisme.

COMMISSION A

:

DIX -HUITIEME SEANCE

515

A en juger par l'expérience de la Yougoslavie, une campagne de masse comme les campagnes d'éradication du paludisme exige l'appui complet des services généraux de santé, notamment lors des phases avancées du programme. Il est essentiel de faire preuve de souplesse au cours de la phase opérationnelle car si les services de santé n'ont pas les moyens d'entreprendre seuls une tache aussi complexe que l'éradication du paludisme, ils peuvent aisément, une fois l'éradication obtenue, prendre en charge les activités de surveillance sous la direction d'épidémiologistes. La délégation yougoslave approuve sans réserve l'aide apportée par l'OMS aux Etats Membres pour lutter contre le paludisme et c'est pour la favoriser qu'elle a présenté le projet de résolution sur les principes directeurs du budget programme concernant l'assistance technique aux pays en voie de développement qui a été approuvé à la seizième séance de la Commission.l De même, elle est disposée à appuyer tout appel que l'Assemblée de la Santé pourrait vouloir lancer aux organismes internationaux et bilatéraux aussi bien qu'aux pays riches pour qu'ils aident les pays en voie de développement ayant des ressources financières limitées à exécuter leurs programmes de lutte ou d'éradication. Le Dr MICHEL (France) pense que si des succès importants ont été enregistrés dans les Amériques et dans la Région européenne, la situation en Asie reste préoccupante. Dans la Région africaine, elle demeure stationnaire malgré les efforts entrepris par les services généraux de santé pour assurer au moins la protection des groupes vulnérables. L'une des difficultés auxquelles on se heurte a trait à la collecte d'informations sur le paludisme. De nombreux services antipaludiques ont été intégrés dans les services généraux de santé, qui se bornent à enregistrer les cas cliniques et plus rarement les cas confirmés, les cas mortels n'étant déclarés que dans des secteurs très évolués du service de santé tels que les hêpitaux. De ce fait, c'est paradoxalement dans les pays qui ont les services de santé les plus actifs que la prévalence apparaît la plus élevée parce que les informations y sont

recueillies plus efficacement et que l'on y a davantage conscience de la gravité du problème. On devrait donc s'attacher à mieux faire ressortir les effets médicaux de cette maladie, notamment la mortalité infantile et les avortements, ainsi que ses effets sociaux tels que les pertes de journées de travail. Nombreux sont les pays qui possèdent actuellement une carte exhaustive d'endémie palustre et il faudrait s'attacher à recueillir des informations pour dresser ces cartes dans les régions où il n'en existe pas encore. Dans nombre de pays, l'ascension du coût des insecticides ordinaires associée à leur inefficacité croissante et à la nécessité de les remplacer par des produits encore plus coûteux entraîne une détérioration de la lutte antipaludique. Il semble donc que, pendant quelque temps encore, le recours aux médicaments antipaludiques doive demeurer la seule méthode accessible à de nombreux pays, peut -être en l'associant à des mesures d'assainissement dans les zones urbaines. Dès lors, on devrait mettre l'accent sur un approvisionnement régulier et sur l'organisation méthodique des distributions tant pour la protection que pour le traitement des groupes vulnérables, notamment en milieu rural. Bien des pays sont conscients de ce problème mais les résultats escomptés n'ont pas été atteints, soit parce que les besoins n'ont pas été convenablement estimés, soit en raison de difficultés administratives ou budgétaires. Il faut encourager les recherches concernant de nouveaux médicaments et y faire participer à la fois les instituts régionaux et les services nationaux. La formation, sous l'impulsion de l'OMS, d'un personnel médical national qualifié dans le contexte général de la lutte contre les grandes maladies tropicales doit être accueillie favorablement. Jusqu'ici toutefois, on a fait largement appel à l'assistance bilatérale pour obtenir ce personnel; il serait donc souhaitable d'évaluer convenablement les besoins logistiques afin de permettre à ces futurs spécialistes nationaux d'appliquer efficacement les connaissances qu'ils ont acquises. A cet effet, ils pourraient être très efficacement secondés par un personnel infirmier rompu aux techniques microscopiques et issu des anciens services antipaludiques. Les cas de paludisme qui se déclarent chez des habitants de zones précédemment indemnes à leur retour de pays infestés étant toujours plus nombreux, il faudrait assurer une meilleure information sur la chimioprophylaxie nécessaire, peut -être au moyen d'une mention sur le certificat international de vaccination. A cet égard, il convient de mentionner l'excellente note d'information de l'OMS sur le risque de paludisme, à l'intention des voyageurs internationaux, qui figure dans le Relevé épidémiologique hebdomadaire, N° 3, 1973. Tous les services nationaux de santé devraient diffuser de telles informations par le truchement de la presse ou des agences de voyage.

Le Dr KUPFERSCHMIDT (République Démocratique Allemande) note qu'en dépit des succès remportés le programme d'éradication du paludisme lancé avec tant d'enthousiasme a donné lieu à de graves déconvenues dans de nombreuses régions du monde. Néanmoins, la stratégie antipaludique révisée qui a été adoptée par la Vingt -Deuxième Assemblée de la Santé constitue une approche nouvelle et il n'y a pas lieu d'être pessimiste. Vingt pays ont montré que l'éradication totale est possible et que les mesures de lutte donnent des résultats décisifs, souvent avec des moyens financiers limités. 1

Résolution WHA28.76.

516

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

La lutte antipaludique demeure prioritaire dans de vastes régions du monde. Chaque pays où le paludisme est endémique doit faire appel à la riche expérience de l'OMS pour déterminer le type de lutte le mieux adapté à ses ressources humaines, financières et opérationnelles. L'OMS doit convaincre les gouvernements des avantages économiques de la lutte antipaludique et leur offrir en même temps ses conseils pour lutter contre les autres vecteurs et les animaux nuisibles à l'agriculture. Dans bien des pays on a vu que des mesures systématiques de traitement et de chímioprophylaxie peuvent réduire considérablement la morbidité et la mortalité dues au paludisme. L'OMS devrait donc concentrer les recherches qu'elle entreprend dans le domaine du paludisme sur les priorités ci -après premièrement, les méthodes biologiques et génétiques de lutte antipaludique; deuxièmement, la mise au point d'un vaccin antipaludique; troisièmement, les études concernant l'acquisition d'une résistance par les vecteurs et les plasmodiums; et quatrièmement, la mise au point d'insecticides et de substances chimiothérapeutiques nouveaux. L'OMS doit également favoriser la formation théorique et pratique des paludologues, des médecins, des administrateurs sanitaires, du personnel médical auxiliaire et des travailleurs de santé primaire à la lutte antipaludique. :

Le Dr JAROCKIJ (Union des Républiques socialistes soviétiques) souligne la nécessité d'établir des prévisions à court et à long terme sur l'évolution du problème du paludisme et de continuer à formuler des stratégies de lutte pour chaque pays, notamment les pays tropicaux d'Afrique. Les recommandations formulées à l'occasion du projet de recherches sur le terrain du Nigéria, pour lequel on élabore un modèle mathématique, seront particulièrement utiles lorsqu'il s'agira de déterminer les méthodes de lutte les plus efficaces dans la savane africaine où l'on rencontre le plus de problèmes. Le Dr Jarockij demande quelles sont les méthodes de lutte qui sont prises en considération dans le modèle, et quelles sont les plus prometteuses. Dans la savane d'Afrique occidentale, l'utilisation d'insecticides à effet rémanent n'a pas interrompu longtemps la transmission du paludisme. L'OMS doit donc inciter les pays de cette région et de certaines autres à utiliser toute la gamme des méthodes existantes, y compris l'alevinage par Gambusia et autres méthodes biologiques. La chimiothérapie et la lutte antivectorielle, quisont mentionnées dans le rapport du Directeur général comme étant pratiquement les seules méthodes permettant de réduire l'endémicité du paludisme, ne sont pas suffisantes. D'autres méthodes, parfois difficiles à appliquer, sont indispensables, notamment dans les régions où l'on a observé une résistance des vecteurs aux insecticides et des hématozoaires aux médicaments. La pénurie de personnel qualifié pour la mise en oeuvre des programmes antipaludiques dont il est fait mention dans le rapport est une raison supplémentaire pour établir les services de santé primaire dont on a déjà le plus grand besoin pour d'autres programmes. La formation aux activités antipaludiques pourrait être assurée dans les pays développés qui reçoivent des étudiants en médecine venus de pays impaludés dans le cadre d'accords bilatéraux. L'URSS s'offre à fournir ce type d'assistance et le Dr Jarockij espère que le Directeur général tiendra compte de cette suggestion. La délégation de l'Union soviétique approuve l'esprit de l'amendement que les délégations d'El Salvador, des Etats -Unis d'Amérique, du Guatemala, de la Guyane, du Mexique et du Népal proposent d'apporter au projet de résolution contenu dans la résolution EB55.R36 du Conseil exécutif,1 mais elle se demande si l'Assemblée de la Santé a vraiment le pouvoir de demander aux pays qui siègent au Conseil d'administration du FISE d'exercer des pressions sur un autre organisme des Nations Unies ayant son propre programme et son propre budget. On pourrait peut être exprimer la même idée sous une forme plus adéquate.

La séance est levée à 13 heures.

1 Voir p. 522.

DIX -NEUVIEME SEANCE

Mercredi 28 mai 1975, 14 h.35 Président :

Dr Marcella DAVIES (Sierra Leone)

1.

ETAT D'AVANCEMENT DU PROGRAMME ANTIPALUDIQUE (suite)

Ordre du jour, 2.5

Le Dr HASSOUN (Irak), parlant du programme antipaludique dans son pays, dit que 1974 a été une année difficile. Auparavant, la transmission avait été interrompue dans les régions du centre et du sud, l'endémicité demeurant localisée dans quelques zones du nord connues pour être hautement impaludées. Des mesures intensives étaient prévues pour éliminer ces foyers mais, malheureusement, leur application s'est heurtée à des difficultés d'ordre administratif. A la suite de la pacification des régions. septentrionales du pays, cependant, le plan d'action pour 1975 a été révisé, la priorité étant donnée aux zones de haute endémicité qui étaient demeurées inaccessibles jusqu'alors. L'adoption de mesures d'urgence a également été recommandée en ce qui concerne les personnes retournant en Irak qui risquent d'être porteuses de parasites. Le Gouvernement appuie pleinement la campagne antipaludique et a alloué à l'éradication une somme équivalente à US $6 millions pour la période s'étendant du ler avril au 31 décembre 1975.

Une équipe de l'OMS travaille en étroite collaboration avec le personnel national. L'Irak est reconnaissant de l'aide qui lui a été fournie par le Bureau régional de la Méditerranée orientale, notamment sous la forme de réunions très utiles organisées avec la participation de pays voisins pour examiner les difficultés que rencontre l'exécution des divers programmes d'éradication du paludisme. L'issue de ces programmes dépendra nécessairement de l'évolution de la situation dans les pays limitrophes, car il est impossible de parvenir à un résultat si chaque pays se replie sur lui -même. Tous les pays de la Région doivent donc continuer d'appliquer une stratégie uniforme, et maintenir l'interruption de la transmission. On évitera ainsi tout risque d'une résurgence de l'endémicité due à des cas importés. M. GOUDARZI (Iran) souligne l'importance d'une planification globale, qui est l'une des conditions essentielles de la lutte antipaludique et de l'éradication de la maladie et qui doit également servir de base à l'organisation des campagnes. Il est heureux de constater que l'OMS s'efforce activement d'introduire ce concept dans les projets antipaludiques. Depuis des années, l'Iran se heurte à des difficultés dues à la résistance des vecteurs, aux modifications du comportement des espèces vectrices et aux mouvements de population. C'est pourquoi il a été jugé utile d'appliquer dans certaines zones des mesures d'attaque intégrées. La délégation iranienne prend acte avec satisfaction des efforts déployés par l'OMS pour introduire et développer des méthodes de lutte autres que celles comportant l'emploi de produits chimiques. L'OMS doit intensifier son assistance aux Etats Membres de la Région, afin d'encourager l'application de méthodes simples et efficaces de lutte, notamment dans les zones difficiles. La résistance des vecteurs, l'augmentation du prix des pesticides et les risques que présentent certains insecticides pour l'environnement sont autant de raisons qui justifient pleinement une action de ce genre. Parallèlement, l'OMS doit poursuivre son assistance aux gouvernements pour l'acquisition de pesticides qui, pendant quelques années, constitueront encore l'arme principale contre les vecteurs de la plupart des grandes maladies endémiques. M. Goudarzi se félicite des mesures déjà prises en vue d'assurer la livraison de pesticides à des prix raisonnables. Le Dr SHRIVASTAV (Inde) déclare que la situation touchant le paludisme est critique dans la Région de l'Asie du Sud -Est. Huit pays ont lancé des campagnes antipaludiques il y a quelques années déjà mais, en raison de difficultés techniques et financières, rien ne permettait encore d'envisager, en 1974, une éradication prochaine de la maladie. On a tendance actuellement à adopter une stratégie de lutte plutôt que d'éradication et l'avenir du programme antipaludique dépend en grande partie de la priorité que lui accorde chaque pays. En Inde, où le rang de priorité donné est élevé, 60 % du budget de la santé sont consacrés aux activités antipaludiques. Au cours des quatre années qui ont suivi le lancement, en 1953, d'un programme national de lutte avec l'assistance d'un certain nombre d'institutions internationales, on a pu noter une nette régression de la mortalité et de la morbidité et, en 1958, le programme a été transformé en campagne d'éradication. A partir de 1966, toutefois, on a noté un certain nombre d'échecs et l'apparition de nouveaux foyers. Les chiffres de la morbidité paludéenne pour la période 1961 -1971 ont représenté le double de ceux des années précédentes, mais le mouvement s'est stabilisé en 1972 grâce à la fourniture en temps opportun d'insecticides et de produits pour pulvérisations. En 1973 -1974, la situation s'est de nouveau détériorée, à la suite notamment de l'augmentation du prix des insecticides et de la pénurie de médicaments et d'insecticides du type approprié. Le Gouvernement a chargé deux commissions d'évaluer la situation; leurs rapports sont à l'étude. Il a été suggéré de réviser la dotation en personnel au cours du cinquième plan quinquennal et d'augmenter le nombre des équipes de - 517 -

518

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

pulvérisation ainsi que le volume des approvisionnements en insecticides. Des études sur la résistance aux médicaments ont été effectuées pour déterminer l'importance de la résistance de Plasmodium falciparum à la chloroquine et choisir un régime médicamenteux d'efficacité avérée. Diverses enquêtes sont en cours dans des zones où persiste la transmission. A la lumière de cette expérience, le Dr Shrivastav souhaite formuler un certain nombre de suggestions. En premier lieu, il convient de préciser, en ce qui concerne les insecticides et les antipaludiques, qu'il ne s'agit pas simplement d'un problème de financement, mais aussi d'une question de disponibilité. L'OMS doit donc prendre les mesures nécessaires pour mettre A la disposition des pays les produits dont ils ont besoin. En deuxième lieu, il est indispensable de trouver une solution aux difficultés créées par le prix élevé de l'essence, qui a des répercussions sur la mobilité des équipes antipaludiques. Peut -être les pays producteurs de pétrole pourraient -ils envisager d'accorder des prix réduits pour les programmes de santé. En troisième lieu, la recherche à long terme doit se poursuivre dans des domaines tels que la production de vaccins, la résistance des parasites aux médicaments, ainsi que la lutte génétique contre les moustiques. Il faut également améliorer la salubrité de l'environnement, notamment dans les zones urbaines, car c'est là une mesure antilarvaire efficace. Certaines de ces suggestions pourraient peut -être trouver leur place dans le projet de résolution soumis à la Commission. Le Dr KIVITS (Belgique) fait observer que, malgré les difficultés et les échecs, la campagne d'éradication du paludisme a obtenu des succès spectaculaires. Cette campagne a servi de modèle pour la lutte contre d'autres grandes maladies endémiques et l'étude des causes d'échec a permis d'intéressantes constatations, dont l'une concerne la mauvaise articulation entre les diverses phases du programme. Il avait été prévu de transférer progressivement aux services généraux de santé la responsabilité des programmes antipaludiques ainsi que le personnel affecté à leur exécution. Malheureusement, ces services n'ont pas été en mesure d'accomplir cette nouvelle tâche; les crédits nécessaires n'ont pas été libérés et, souvent, les services généraux de santé étaient mal disposés à assimiler du personnel provenant d'autres secteurs. On peut tirer d'utiles enseignements de ces constatations. Il n'est possible de maintenir les résultats acquis au cours d'une campagne d'éradication que s'il existe un service de santé de base. En outre, si l'on considère l'effet néfaste des échecs d'une campagne antipaludique sur l'attitude des gouvernements, il est indispensable d'informer avec le plus grand soin non seulement les responsables de la santé publique mais encore le gouvernement dans son ensemble. Les ministres des finances doivent être initiés aux questions de santé pour bien comprendre la menace que représente le paludisme. Si l'OMS souhaite donner la priorité à la campagne antipaludique et en faire bénéficier tous les pays pour lesquels aucune solution n'est encore en vue, elle doit insister auprès des gouvernements sur l'importance de cette action. Le Dr Kivits note que l'OMS poursuit l'élaboration de nouvelles stratégies adaptées aux ressources et aux besoins des zones affectées. On ne saurait trop souligner à cet égard l'importance de l'étude épidémiologique approfondie en cours au Nigéria, dans la savane africaine. Des travaux pluridisciplinaires ont permis d'obtenir un remarquable modèle mathématique qui offrira des éléments de base aux fins des décisions à prendre touchant la campagne antipaludique dans la savane d'Afrique occidentale. La pénurie de personnel pouvant paralyser ou ralentir une campagne, la formation doit être au premier rang des priorités de l'OMS. Pour faire face à la situation, on a adopté une formule intéressante qui consiste à organiser un cours de formation de spécialistes de la santé publique ayant une compétence spéciale en paludisme; un tel cours sera donné prochainement en anglais à Téhéran et un autre est prévu en français pour l'Afrique. En plus des difficultés dues à la hausse du prix des insecticides et au risque d'une augmentation de la résistance des vecteurs, un nouveau problème se pose, celui de la chimiothérapie. Le fait que, sur 200 000 produits essayés, cinq seulement aient été retenus et que, parmi eux, aucun ne se soit révélé supérieur aux produits d'usage courant montre bien qu'il n'y a plus grand -chose à attendre des essais systématiques de médicaments. Il faut donc de nouvelles stratégies; la biochimie moderne, combinée avec l'étude de modèles de parasitisme et de cultures de plasmodiums, devrait procurer des armes nouvelles et efficaces. La participation de l'OMS au programme de recherche et de formation en matière de maladies tropicales est un gage pour l'avenir. L'OMS coordonne aussi des travaux d'immunologie qui sont destinés à faciliter le diagnostic et permettront peut -être de créer des vaccins efficaces. L'organisation de symposiums comme celui qui s'est tenu à Rabat, pour la Région européenne, encourage l'analyse des connaissances acquises ainsi que des méthodes de lutte, tout en offrant l'occasion d'échanges de vues et de mises au point très utiles. Le Dr GALEGO (Cuba) indique que, du point de vue de la mortalité et de la morbidité, le paludisme ne constitue plus un problème de santé publique à Cuba depuis près d'une dizaine d'années. On a enregistré une diminution très nette de l'incidence de la maladie après l'introduction du DDT en 1962 et 36 cas seulement ont été diagnostiqués en 1966. Aucun cas indigène n'a été observé depuis 1967. Aujourd'hui, l'objectif principal est de maintenir les résultats acquis, grâce à unesurveillance épidémiologique stricte qui empêche toute réintroduction de la maladie. Lors de leur deuxième réunion, qui s'est tenue à Quito en avril 1975, les chefs des programmes nationaux d'éradication du paludisme dans les Amériques ont souligné la nécessité d'accorder dans

COMMISSION A

:

DIX -NEUVIEME SEANCE

519

chaque pays la priorité aux campagnes antipaludiques. Le Directeur régional pour les Amériques leur a donné l'assurance que ces programmes continueraient à bénéficier de la priorité et de l'aide nécessaires, notamment en ce qui concerne la recherche et la formation. Conformément à la résolution WHA27.51 ainsi qu'aux recommandations formulées par la Dix -Neuvième Conférence sanitaire panaméricaine, la délégation cubaine estime indispensable que les gouvernements accordent dans leurs pays respectifs la priorité aux campagnes antipaludiques afin d'atteindre l'objectif final, qui est l'éradication de la maladie, Il faut également que cette action bénéficie de l'assistance des institutions spécialisées. Le Dr A. M. HASSAN (Somalie) dit que le rapport du Directeur général sur le programme antipalu-

dique donne un tableau très clair de la situation dans le monde, en insistant sur la nécessité d'une nouvelle approche. Il est hors de doute que ce programme doit faire l'objet d'un réexamen à l'échelle mondiale, compte dament tenu des ressources et de la situation qui existent dans les différentes Régions et les divers pays. La nouvelle stratégie supposera une analyse systématique de tous les aspects des activités antipaludiques exécutées jusqu'ici par l'OMS et les Etats Membres, de même que des recherches sur les aspects cliniques, pathologiques, épidémiologiques et autres de la maladie. La délégation de la Somalie estime que la responsabilité principale du programme antipaludique doit incomber aux autorités nationales de la santé, mais l'OMS a un rôle particulièrement important à jouer dans l'organisation et le soutien des activités. Il est nécessaire aussi que le FISE, le PNUD et d'autres organismes internationaux participent directement aux programmes antipaludiques. Le Dr SADELER (Dahomey) rappelle que près des deux tiers de l'humanité habitent dans des zones impaludées et sont donc menacés en permanence par la maladie. Les enfants sont particulièrement affectés par le paludisme et ses séquelles, la prétendue protection conférée par la drépanocytose se révélant illusoire dans la plupart des cas. La situation est aggravée par la résistance du vecteur aux insecticides classiques et par la résistance des plasmodiums à certains antipaludiques. De plus, des bouleversements écologiques naturels ou artificiels favorisent le développement des populations de vecteurs. La destruction du vecteur Aedes aegypti a permis d'éradiquer la fièvre jaune de certaines parties de l'Amérique du Sud. Le Dr Sadeler se demande si les mêmes moyens pourraient être utilisés contre les anophèles. Il se demande également s'il serait possible d'appliquer les méthodes adoptées par les douze pays des Amériques qui ont réussi à éradiquer complètement le paludisme, ou s'il faut envisager l'emploi d'autres techniques. Le Dr DEL CID PERALTA (Guatemala) souligne la nécessité pour l'OMS et les pays voisins de zones

impaludées de coopérer dans la lutte contre le paludisme et d'exécuter des programmes communs. En ce qui concerne la résistance des vecteurs au DDT et à d'autres insecticides, l'OMS devrait recommander que les insecticides utilisés dans les campagnes antipaludiques ne le soient pas en agriculture, afin d'éviter l'apparition ultérieure d'une résistance. Il est nécessaire d'élaborer des mesures appropriées pour le financement de l'approvisionnement en insecticides, étant donné les ressources limitées dont disposent les pays. On devrait aussi s'efforcer de mettre au point un vaccin qui faciliterait les futures campagnes antipaludiques. Le Dr DAS (Népal) dit que le rapport du Directeur général brosse un sombre tableau de la résurgence du paludisme dans la Région de l'Asie du Sud -Est. Il est préoccupant de voir que le nombre des cas enregistrés en 1974 a été de 3,347 millions contre 0,202 millions en 1965 et que l'incidence de 1974 a été supérieure de 40 % à celle de 1973. Pour le Népal, qui a eu l'un des programmes antipaludiques les plus fructueux, les tendances des dernières années sont très inquiétantes. On a enregistré 2320 cas en 1972, 8397 cas en 1973 et environ 13 500 cas en 1974. Les principales difficultés ont été le manque de DDT et d'antipaludiques, l'apparition d'une résistance du vecteur dans l'un des districts et l'importation de cas dont certains à parasites résistants à la chloroquine. Il est impératif de résoudre ces problèmes pour maintenir les résultats déjà acquis. Le Dr Das demande instamment que l'OMS adopte une politique souple en matière d'assistance pour la lutte antipaludique et il exprime l'espoir que l'Organisation continuera d'aider le Népal à se procurer du DDT. Le Dr AROMASODU (Nigéria) indique que le Nigéria est l'un des pays d'Afrique où le paludisme reste holoendémique. Cette maladie est l'une des causes de la forte mortalité infantile et la principale cause de morbidité chez les adultes; ses conséquences sur le plan économique sont importantes. La lutte antipaludique figure au nombre des programmes prévus à l'échelon national en matière sanitaire dans le cadre du troisième plan national de développement pour 1975 -1980 car les autorités ont estimé qu'on ne pouvait espérer de développement économique réel sans une amélioration de la santé de la population. Le problème du paludisme au Nigéria revêt une telle ampleur qu'il n'est pas possible d'attendre, pour entreprendre un programme national, de disposer d'un effectif suffisant de personnel hautement qualifié. Le Dr Aromasodu espère que le Nigéria pourra compter sur l'assistance continue de l'OMS pour la planification et l'exécution du programme afin que les fonds affectés à cette entreprise soient utilisés dans le meilleur intérêt de la population et notamment des groupes les plus vulnérables.

520

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

Le Dr ADAMAFIO (Ghana) précise que le Ghana est l'un des pays où la phase d'attaque du programme d'éradication du paludisme n'a jamais commencé parce que l'OMS a estimé en 1966 que le pays ne possédait pas l'infrastructure nécessaire pour la phase d'entretien. D'autres facteurs ont également milité contre le lancement d'un programme d'éradication. Le vecteur, Anopheles gambiae, est très prolifique et il est difficile de le combattre efficacement par les insecticides à effet rémanent en raison de ses habitudes trophiques et du mode de vie des Africains dans les zones rurales. Maintenant, près de neuf ans après le retrait de l'assistance de l'OMS, l'approche est celle de la lutte et non de l'éradication. Etant donné les conditions particulières de l'Afrique tropicale, la délégation du Ghana demande instamment au Directeur général d'intensifier les activités de recherche - peut -être selon les grandes lignes esquissées par le délégué de la République Démocratique Allemande - afin de dégager de nouvelles méthodologies qui conviendraient pour lutter contre le paludisme dans les zones tropicales d'Afrique. Le Dr RAHMAN (Bangladesh) voudrait apporter une note d'optimisme dans un tableau par ailleurs très déprimant. L'éradication du paludisme au Bangladesh a commencé en 1961 et les résultats obtenus depuis lors ont été maintenus. La situation épidémiologique reste satisfaisante dans la majeure partie du pays, qui est parvenu à la phase de consolidation avancée et de pré- entretien. En l'absence d'une infrastructure permettant d'assurer l'entretien après l'éradication, le Gouvernement a décidé d'organiser des services de santé ruraux intégrés. Au cours de l'année 1974, 2 millions environ de lames de sang ont été recueillies; 15 800 cas positifs ont été détectés, dont 14 000 dans la zone en phase d'attaque le long des frontières de l'Inde et de la Birmanie. L'approvisionnement en DDT était suffisant et une usine a produit 600 tonnes excédentaires qui peuvent être mises à la disposition d'autres pays. Il n'y a pas eu jusqu'à présent de cas de résistance du vecteur au DDT. Les méthodes classiques d'éradication sont appliquées dans les autres zones en phase d'attaque et continueront à l'être dans l'avenir prévisible. La délégation du Bangladesh remercie l'OMS de l'aide qu'elle a fournie pour le programme. Le moment est venu, toutefois, de rechercher une assistance ultérieure pour maintenir le pays exempt de paludisme. Le programme a récemment fait l'objet d'une évaluation par une équipe composée de personnel OMS et de personnel national et il a été jugé bien conçu tant du point de vue technique que du point de vue administratif. Le Dr TARIMO (République -Unie de Tanzanie) fait observer que beaucoup des rapports parus récemment sur la situation du paludisme dans le monde sont assez déroutants pour les administrateurs sanitaires des pays en voie de développement. Ils soulignent la gravité de la maladie et en même temps présentent un tableau décourageant de la situation. Ils laissent entendre qu'il est presque déloyal d'employer le mot "éradication" plutôt que le mot "lutte" à propos de l'action antipaludique dans la plupart des pays. Le sentiment de désarroi que ces rapports tendent à créer est peut -être à l'origine de la régression observée dans les activités antipaludiques. La résolution EB55.R36 a invité l'Assemblée à étudier les divers moyens par lesquels l'OMS pourrait le mieux répondre au défi que constitue la situation. Le Dr Tarimo voudrait à cet égard faire un certain nombre de suggestions. Tout d'abord, il serait urgent de procéder à une analyse détaillée des programmes antipaludiques OMS qui sont actuellement en cours. Par exemple, le rapport du Directeur général indique que le nombre de postes pour la lutte contre le paludisme est passé de 500 en 1967 à 190 en 1974, mais ne donne aucune précision sur les implications de cette diminution. Il y est dit, d'autre part, que la composition des équipes sur le terrain sera révisée. Sans doute est -ce là une mesure nécessaire; il ne sert à rien d'envoyer des techniciens de laboratoire, par exemple, à des pays qui n'en ont pas besoin, uniquement dans le but de maintenir la composition traditionnelle de l'équipe. Toutefois, la révision des programmes antipaludiques devrait aller plus loin et une évaluation critique des réalisations, des problèmes et des objectifs des équipes serait utile. Il faudrait procéder à une analyse qualitative et quantitative approfondie de tous les programmes antipaludiques de l'OMS. Les pays ont besoin que l'OMS les aide de ses conseils pour l'intégration des programmes antipaludiques aux services sanitaires de base. Le rapport ne donne, semble -t -il, aucune orien"Il apparaît aujourd'hui tation à cet égard. A la page 169 des Actes officiels N° 220, on lit rétrospectivement que l'éradication telle qu'elle avait été envisagée à l'origine constituait un objectif parfaitement justifié pour certains pays, mais trop ambitieux pour d'autres où les succès initiaux des programmes d'éradication ont été acquis au détriment du développement des services généraux de santé ". Cela semble impliquer que les programmes antipaludiques doivent être intégrés aux services sanitaires de base. Au paragraphe précédent du même exposé, il est dit, par contre, que "l'intégration des activités antipaludiques dans l'action des services généraux de santé s'est trop souvent révélée prématurée ". Par ailleurs, dans la section du rapport du Directeur général sur l'état d'avancement du programme antipaludique consacrée à la classification des zones en fonction des possibilités techniques d'action, il est question d'établir des plans appropriés en vue "d'assurer l'intégration des opérations antipaludiques dans l'activité des services généraux de santé sans compromettre l'efficacité du programme ". Comment l'administrateur sanitaire peut -il savoir si les services généraux de santé ont atteint le niveau de :

COMMISSION A

:

DIX -NEUVIEME SEANCE

521

développement nécessaire ? On ne voit pas comment il serait possible à l'avenir, pour les pays en voie de développement, d'être certains que le moment est venu d'intégrer leur programme antipaludique - ou tout autre programme sanitaire particulier - dans les services de santé de base sans nuire à l'efficacité de l'action. Faut -il en déduire que le rapport recommande que les pays en reviennent aux programmes verticaux ? Bien entendu, il ne saurait y avoir une politique uniforme pour tous les pays en voie de développement; chacun doit décider de ce qu'il peut faire avec les ressources dont il dispose. Toutefois, l'OMS devrait être en mesure de donner une orientation générale à l'égard de ce problème. Le Directeur général déclare dans son rapport que la condition la plus importante pour le succès d'un programme antipaludique est la volonté nationale de soutenir de façon continue une action non limitée dans le temps. Sans doute faut -il que les Etats Membres intensifient leurs efforts; mais l'OMS pourrait faire davantage en donnant des avis qui reposent sur une analyse qualitative et quantitative approfondie des programmes existants.

Le Dr WRIGHT (Niger) explique que, dans son pays, les activités antipaludiques sont très peu développées et n'ont guère dépassé le stade de ce qui peut être fait par les services généraux de santé. Il est donc assez pessimiste quant à l'évolution de la situation jusqu'à ce que le Niger dispose de services de santé adéquats, de personnel suffisamment nombreux et suffisamment motivé et de services d'hygiène du milieu efficaces. Toutes les difficultés sont judicieusement analysées dans le rapport du Directeur général. Il n'existe pour le moment aucun vaccin contre le paludisme et aucune organisation d'une ampleur comparable à celle qui a été mise en oeuvre pour l'éradication de la variole. Néanmoins, il est possible d'énoncer un certain nombre de préalables en s'inspirant de l'exemple du programme antivariolique. En premier lieu, on doit lutter contre l'organisme pathogène, ce qui signifie que le pays doit disposer de médicaments adéquats en quantités suffisantes et d'un réseau de distribution efficace. Il faut aussi que le contrôle de la prise des médicaments soit facile à réaliser. Cela suppose une éducation sanitaire qui motive les gens suffisamment pour qu'ils prennent les médicaments volontairement et cela suppose également un système efficace de surveillance. En outre, les mesures antipaludiques doivent être intégrées au programme général de santé. En ce qui concerne la lutte antivectorielle, les pays doivent disposer de façon permanente d'insecticides efficaces en quantités suffisantes et des moyens de les appliquer correctement pendant assez longtemps. Cette question de la lutte antivectorielle touche à divers aspects de l'hygiène du milieu. Pour réussir, il faut que les pays en voie de développement soient décidés à payer le prix élevé de toutes ces mesures. Il faut aussi que les pays collaborent pour mener des programmes antipaludiques simultanés comme ils l'ont fait pour arriver à l'éradication de la variole. Si l'on veut venir à bout de tous les problèmes, il faudra que les pays les plus riches appuient les efforts des pays en voie de développement. Il ne s'agit pas seulement du coût du pétrole, des insecticides et d'autres fournitures, mais d'une véritable et nouvelle prise de conscience de la nécessité de conjuguer les efforts aux niveaux national et international. Le Dr RODRIGUES (Brésil) pense que le rapport du Directeur général donne une image très exacte de la situation du paludisme dans le monde. Le plan décennal de santé qui a été approuvé par les ministres de la santé des pays des Amériques lors de leur réunion de 19721 a souligné qu'il importe de poursuivre les activités antipaludiques, mais de graves obstacles techniques et financiers s'y sont opposés. En avril 1975, les conditions géographiques, épidémiologiques, écologiques et socio- économiques qui règnent dans les Amériques ont été passées en revue lors de la réunion des directeurs des programmes d'éradication du paludisme qui s'est tenue en Equateur et un certain nombre de recommandations importantes ont été formulées. L'une est que chaque pays détermine le rang de priorité à accorder au programme dans le cadre de son plan sanitaire général et alloue les crédits nécessaires. Au Brésil on distingue essentiellement l'une où des activités antipaludiques à court terme semblent pouvoir donner de deux zones bons résultats et l'autre, comprenant la vallée de l'Amazone, où les problèmes techniques rendront probablement nécessaires des activités à long terme. Les zones d'endémie paludéenne se trouvant réduites, la population exposée à la maladie est passée de 42 millions en 1965 à 8 millions en 1975, et la région du nord -est du pays attend la visite d'une équipe OPS /OMS qui déterminera si elle peut être considérée comme exempte de paludisme. Parmi les autres activités importantes, il faut mentionner la formation de personnel professionnel de santé publique spécialisé dans la lutte contre le paludisme et les autres maladies parasitaires, en vue d'intégrer l'éradication du paludisme aux programmes généraux de santé. Les gouvernements sont encouragés à demander l'assistance de l'OPS /OMS chaque fois qu'ils en ont besoin pour organiser leurs activités d'éradication du paludisme. L'une des recommandations les plus importantes parmi celles adoptées à la réunion tenue en Equateur concernait la création d'un système spécial permettant d'approvisionner les pays en insecticides à des conditions de prix plus favorables. C'est là une question urgente à laquelle l'OMS/OPS, le FISE et les pays :

1 Ten -Year Health Plan for the Americas /Plan Decenal de Salud para las Americas, Washington, Organisation panaméricaine de la Santé, 1973 (Official Document /Documento Oficial, N° 118).

522

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

développés devraient accorder leur attention. Les fabricants exigent que les commandes de pesticides soient payées à l'avance, ce qui est contre les règlements financiers et budgétaires de beaucoup de pays. La constitution d'un fonds de roulement aiderait peut -être à résoudre cette difficulté. Le Dr GOMAA (Egypte) appelle l'attention sur le fait que, dans le "profil régional" du programme antipaludique pour la Région de la Méditerranée orientale, il est fait mention du "barrage Nasser "; celui -ci s'appelle en réalité "le haut barrage ". Le nom de l'ancien Président égyptien a été donné au lac, le lac Nasser. Le Dr NOORDIN (Malaisie)1 dit que le Gouvernement de la Malaisie accorde une priorité élevée à l'éradication du paludisme à cause de ses répercussions sur le développement national; le programme ne dépend d'aucune aide extérieure en dehors de l'assistance technique de l'OMS. Certaines parties de la Malaisie péninsulaire arrivent déjà à la phase de consolidation et il est

prévu que les Etats du nord, où la campagne d'éradication a débuté en 1967, passeront progressivement à la phase d'entretien en 1976. On espère que la totalité de la péninsule aura atteint la phase d'entretien en 1982. L'un des problèmes techniques auxquels on se heurte actuellement est l'extension de la résistance de Plasmodium falciparum à de nombreux médicaments. Les mouvements de population assez importants posent aussi un problème. On prévoit qu'il sera à l'avenir plus difficile de se procurer des insecticides à relativement bon marché et il serait utile que l'OMS donne son avis sur les moyens d'en répartir la production de façon équitable afin que des groupes de pays en voie de développement puissent régulièrement disposer d'insecticides sur une base régionale, mais non pas nécessairement sur la base des Régions de l'OMS. Le Dr SENCER (Etats -Unis d'Amérique) affirme que le paludisme est en train de redevenir rapidement la plus répandue des graves maladies transmissibles dans le monde. La section du budget programme consacrée au renforcement des services de santé accorde beaucoup d'attention à la programmation sanitaire par pays, mais si l'on y traite de questions telles que la conception des hôpitaux, les ophtalmies, la réadaptation et la biochimie clinique, rien n'y est dit du paludisme. De même, la section sur la santé de la famille insiste beaucoup sur la prévention et le traitement des maladies qui affectent le plus fréquemment les mères et les enfants mais, là encore, il n'y a rien sur le paludisme. C'est pourquoi le Dr Sencer se demande si la programmation par pays à laquelle se livrent l'OMS et les Etats Membres accorde à la lutte antipaludique l'attention qu'elle mérite ou bien si celle -ci est encore considérée comme un programme distinct. Le Dr PEREZ GROVAS (Mexique) rappelle que lorsque les programmes d'éradication du paludisme ont été inaugurés, le FISE jouait un rôle très actif et affectait des crédits à cette fin. Les succès enregistrés au cours des premières années avaient suscité l'espoir que le paludisme disparaîtrait totalement de la surface du globe. Malheureusement, tel n'a pas été le cas. Comme l'ont souligné plusieurs orateurs, le programme a subi des revers sérieux, dus en grande partie au manque de crédits et à la difficulté de se procurer des insecticides en quantités suffisantes, ainsi qu'aux problèmes de planification technique et administrative qui ont surgi à mesure que les activités progressaient. D'autre part, le FISE a décidé de mettre fin à son aide pour les campagnes antipaludiques. Tenant compte du rapport de la vingtième session du Comité mixte FISE /OMS des Directives sanitaires2 et pensant que l'OMS serait peut -être à même d'obtenir du FISE qu'il modifie sa politique en ce qui concerne l'octroi d'une assistance aux pays où le paludisme pose un grave problème, la délégation du Mexique, de concert avec plusieurs autres, propose un amendement à la résolution que le Conseil, dans sa résolution EB55.R36, a recommandé à l'Assemblée de la Santé d'adopter. Elle est convaincue qu'il rencontrera l'approbation de la Commission. Cet amendement tend à ajouter à la fin du paragraphe 3 du dispositif un nouvel alinéa libellé comme suit :

d'appeler tout particulièrement l'attention du FISE, d'une part sur la détérioration de la situation épidémiologique du paludisme, causée principalement par les difficultés auxquelles se heurtent les pays pour obtenir des insecticides, des médicaments antipaludiques et des moyens de transport, et d'autre part sur le besoin urgent d'une assistance pour les programmes de lutte antipaludique et d'éradication du paludisme. 4)

Le Dr VELIMIROVIC (Autriche) note que pendant de nombreuses années le FISE a accordé un appui généreux aux programmes antipaludiques en fournissant des moyens de transport, des insecticides et du matériel et qu'il a collaboré étroitement avec l'OMS. Puis il a décidé de mettre fin à cet appui et la question est de savoir si c'est dô au fait que l'on avait imposé dès le départ un délai limite à cette assistance, ou bien à une réévaluation de la situation une fois passée la période d'euphorie initiale. Force est de reconnaître que le FISE s'est comporté de façon très correcte et qu'il a retiré son appui progressivement et d'une manière ordonnée. Néanmoins, en agissant ainsi le FISE a créé des difficultés très sérieuses pour un certain nombre de pays et le Dr Velimirovic pense qu'il serait bon d'examiner s'il ne serait pas possible Le Dr Sung Wing Heun (Singapour) a donné lecture du texte de cette intervention au nom du Dr Noordin, empêché. 2 Actes officiels OMS, N° 228, 1975, Partie I, annexe 2. 1

COMMISSION A

:

DIX- NEUVIEME SEANCE

523

d'obtenir de nouveau l'aide généreuse de cette grande organisation internationale. Il est nécessaire d'engager un nouveau dialogue, mais sur une base plus pragmatique et plus modeste. Il serait bien triste que les pays et les organisations du système des Nations Unies décident qu'ils en ont assez de ce problème sanitaire extrêmement important, qui dans bien des régions du monde concerne surtout les enfants. Le Dr LEPES (Directeur de la Division du Paludisme et des autres Maladies parasitaires) relève que vingt -huit délégations ont participé au débat sur le paludisme et qu'il serait difficile de contester la plupart des déclarations faites au sujet des facteurs qui sont à l'origine de la situation épidémiologique actuelle. De nombreuses suggestions ont été formulées, mais on a peu parlé de la nécessité d'entreprendre des études épidémiologiques approfondies qui tiennent compte des conditions écologiques. Des délégués ont aussi évoqué la nécessité de travaux de recherche et de méthodologies nouvelles. Comme le signale le rapport du Directeur général, les seuls instruments dont on dispose à l'heure actuelle pour lutter contre le paludisme sont les insecticides et les médicaments antipaludiques. Certes, il existe d'autres méthodes de lutte, telles que l'action physique pour réduire les sources de moustiques ou l'assainissement en général, méthodes qui ne sauraient interrompre la transmission de l'infection mais pourraient l'atténuer de façon appréciable. A cet égard, la participation de la collectivité revêt une très grande importance. Pour ce qui est des moyens de lutte biologique, en dehors de l'emploi de poissons larvivores dans un certain nombre de pays, on n'a encore mis au point aucune méthode susceptible d'être adoptée à grande échelle pour la lutte biologique ou génétique contre les vecteurs. Plusieurs délégations ont insisté sur la nécessité de mettre au point un vaccin. Bien qu'on ait bon espoir de découvrir ultérieurement un agent d'immunisation contre le paludisme, il est encore nécessaire pour l'instant de recourir aux anciennes méthodes. Le perfectionnement des techniques permettant de mesurer la réponse immunitaire a permis de beaucoup mieux comprendre l'immunité chez l'homme. Cependant, en raison d'autres aspects de nature technique, la mise au point d'un agent d'immunisation est un processus relativement lent. Le délégué de la Belgique a fait état du grand nombre de composés essayés aux Etats -Unis depuis huit à dix ans en tant qu'éventuels agents chimiothérapeutiques. Il semble peu probable que l'on parvienne dans un proche avenir à mettre au point un "médicament miracle ". Jusqu'à nouvel ordre, il faut donc s'en remettre aux médicaments existants tels que les amino -4 quinoléines, mais il est possible que l'on puisse les remplacer dans certains cas par des sulfamides retard, notamment le sulfalène. Le délégué de la République -Unie de Tanzanie a soulevé une question très importante. Il est exact que le rapport du Directeur général revêt un caractère assez général, mais il fallait bien s'y attendre puisque le paludisme est une maladie qui sévit dans mille situations écologiques diverses, de sorte qu'il n'est pas possible de décrire une structure unique applicable dans tous les cas ni de prescrire à quel stade un programme antipaludique doit être entrepris ou un service antipaludique intégré dans les services de santé généraux. Le Dr Lepes pense que, pour la mise en route des campagnes de grande envergure tout au moins, il faut disposer d'un noyau de personnel spécialisé qui oriente les activités jusqu'à ce qu'elles puissent être prises en charge par les services de santé généraux. C'est l'unique manière de combiner l'activité verticale et l'activité horizontale dans une campagne de masse. Même dans les régions d'Afrique à forte épidémicité du paludisme, il n'est pas douteux que certains groupes de population pourraient être protégés grâce à l'emploi de médicaments antipaludiques; dans de nombreux secteurs, 30 à 35 % de tous les malades examinés chaque jour dans les centres de santé ou les dispensaires sont des paludéens. Si des mesures organisées permettaient de réduire cette morbidité, les services de santé pourraient consacrer plus de temps à d'autres problèmes sanitaires. Le Dr Lepes reconnaît avec le Dr Tarimo que le rapport du Directeur général ne contient aucun avis sur la façon d'organiser les services mais, sans méconnaître l'importance du problème, il juge préférable de ne pas fournir une réponse à cette question très délicate puisqu'une prescription de caractère général ne serait que de peu d'utilité. On a soulevé d'autre part la question des disponibilités d'insecticides, et notamment de malathion. Il est exact que le mécanisme d'achat des insecticides est assez complexe et que les fabricants ont souvent demandé que les commandes soient passées longtemps à l'avance afin qu'ils puissent faire face à la demande. Bien qu'il soit difficile de se procurer du malathion en quantités suffisantes à l'heure actuelle, on a bon espoir que la production augmentera notablement d'ici un an ou deux et, comme il est indiqué dans le rapport du Directeur général, l'OMS est toute disposée à aider en cas de difficultés. Le Dr GRAMICCIA (Evaluation et formation professionnelle, Division du Paludisme et des autres Maladies parasitaires), se référant au projet OMS de recherche sur l'épidémiologie du paludisme et de la lutte contre cette maladie dans les zones de savane en Afrique, projet terminé en décembre 1973, rappelle qu'il s'agissait de déterminer en détail les raisons pour lesquelles la lutte antipaludique s'était soldée jusqu'alors par un échec dans ce secteur, en vue de pouvoir tirer parti de cette expérience pratique lors de l'exécution de programmes dans d'autres régions d'Afrique où la lutte contre le paludisme se présente dans des conditions extrêmement difficiles. Cette étude pluridisciplinaire et longitudinale a permis de réunir une masse d'informations et les résultats indiquent clairement les conditions dans lesquelles s'effectue la transmission du paludisme, ainsi que les raisons pour lesquelles il n'a pas été

524

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

possible jusqu'à présent d'interrompre la transmission, soit au moyen d'insecticides, soit par une attaque mettant en oeuvre simultanément les insecticides, les médicaments et les autres mesures de lutte, et cela indépendamment de toute question de coflt. Les informations recueillies sont importantes du fait qu'elles ont permis de construire un modèle mathématique du paludisme adapté de façon optimale aux conditions qui règnent dans cette zone de l'Afrique. Ce modèle sera mis à l'épreuve dans divers contextes écologiques du paludisme en Afrique afin de déterminer s'il reflète fidèlement la situation épidémiologique ou s'il faut y apporter quelques ajustements; il pourra donc servir de base pour décider des méthodes de lutte qui, dans diverses régions du monde, et principalement en Afrique, pourraient donner des résultats acceptables dans des limites financières déterminées. Le Secrétariat est heureux de l'intérêt qu'a suscité son approche novatrice de la formation en ce qui concerne le paludisme et les autres maladies parasitaires dans le cadre de la santé publique en milieu tropical. Ce qui est nouveau dans cette approche, c'est qu'elle a pour objectif fondamental de former des individus à certaines tâches dont l'expérience se fait de plus en plus rare dans le monde. Les spécialistes dont les stages sont destinés à assurer la formation, sur la base d'une connaissance technique polyvalente du paludisme et des maladies parasitaires jointe à une expérience des services de santé publique en milieu tropical, seront des directeurs de programme possédant une expérience pratique de l'épidémiologie et capables de former du personnel de soutien. Les stages devraient, pour l'essentiel, répondre aux besoins nationaux, en ouvrant d'autre part des perspectives de carrière intéressantes. La formation doit être dispensée sur place afin que les stagiaires bénéficient de l'expérience que procure l'étude de l'écologie et de l'épidémiologie locales des maladies en question. Les pays qui ont déjà ressenti le besoin de disposer d'un personnel qualifié du type considéré coopèrent avec l'OMS à l'institution de stages de ce genre et le Dr Gramiccia espère que ce programme sera couronné de succès. Mlle HODGSON (Fonds des Nations Unies pour l'Enfance) pense que, le FISE étant mentionné dans la résolution EB55.R36, il ne serait pas inutile de rappeler la position de cet organisme. Le Comité mixte FISE /OMS des Directives sanitaires a examiné la question de l'éradication du paludisme en mars 1970. En 1972, le Directeur général du FISE a fait devant le Conseil d'administration du Fonds une déclaration complète sur l'application de sa politique à l'égard du paludisme. On se souviendra que, suite aux recommandations du Comité mixte FISE /OMS des Directives sanitaires, le Conseil d'administration du FISE avait adopté en 1970 une approche nouvelle et plus souple du problème de la lutte antipaludique le FISE devait poursuivre son assistance pendant une période limitée lorsque les perspectives d'éradication étaient satisfaisantes, mais dans les autres cas l'aide du FISE devait être réorientée vers l'intégration des activités antipaludiques dans les services de santé de base et simultanément vers l'étude des moyens propres à renforcer l'assistance du FISE aux services sanitaires destinés aux masses qui, pour l'heure, n'y avaient pratiquement pas accès. Le Conseil d'administration du FISE a réaffirmé cette politique en ajoutant que, lorsqu'une suppression progressive de l'aide du FISE était indiquée, cette suppression devait s'effectuer avec toute la souplesse requise, en fonction d'une étude de chaque cas d'espèce par les directeurs régionaux du FISE. Conformément à cette approche, il a été convenu que le FISE mettrait fin progressivement à sa participation aux campagnes d'éradication du paludisme, en tant que telles, en Asie, dans la Méditerranée orientale et en Amérique du Sud. Pour l'Amérique centrale, le Conseil d'administration a décidé que le FISE devait parrainer une conférence pluridisciplinaire de haut niveau chargée d'élaborer une stratégie mieux adaptée et le FISE a désigné un coordonnateur pour préparer cette conférence. Des consultations ont eu lieu avec l'OPS /OMS, qui a estimé que le moment n'était pas opportun. Néanmoins, les personnels de l'OPS /OMS et du FISE ont entrepris conjointement avec chaque gouvernement de la région des consultations sur les moyens de renforcer les services de santé de base et de les étendre à la population rurale. Aucune nouvelle proposition d'assistance pour les campagnes antipaludiques en tant que telles n'est présentée. A sa présente session, le Conseil d'administration est saisi d'une proposition concernant l'aide du FISE aux services de santé de base, qui prévoit de donner une formation sanitaire plus large à certaines catégories d'agents participant aux campagnes d'éradication afin qu'ils puissent être intégrés dans les services de santé de base. Mlle Hodgson retrace ensuite l'historique de l'aide que le FISE a apportée aux programmes d'éradication du paludisme. Le FISE a en effet, dans le passé, consacré une forte proportion de son modeste budget à la fourniture de véhicules, d'insecticides et de médicaments antipaludiques. Cependant, du fait que rien ne permettait d'affirmer que l'éradication du paludisme serait intégralement réalisée, surtout en Afrique où l'on se heurtait à des problèmes considérables, le FISE a jugé que le moment était venu de réorienter sa politique; aussi, ces dernières années, a -t -il centré son assistance principalement sur les pays en voie de développement et, plus récemment, sur les moins avancés et les plus gravement touchés de ces pays. En 1974, le Directeur général du FISE a proclamé une "situation d'urgence affectant les :

enfants dans

le monde" car on estimait que plus de cinquante millions d'enfants mouraient de

faim

et

que tous les efforts du FISE seraient nécessaires pour leur permettre de survivre. La politique actuelle du FISE est fixée dans ce contexte. Le Directeur général du Fonds a lancé de nouveaux appels à la session du Conseil d'administration du FISE qui se tient en ce mois de mai; il est prévu que US $200 à $250 millionsseront nécessaires pour couvrir les besoins immédiats des enfants.

COMMISSION A

:

DIX- NEUVIEME SEANCE

525

Le PRESIDENT invite les délégations à examiner le projet de résolution sur l'état d'avancement du programme antipaludique que le Conseil exécutif a, dans sa résolution EB55.R36, recommandé à l'Assemblée de la Santé d'adopter, ainsi que les amendements à ce projet de résolution proposés conjointement par les délégations d'El Salvador, des Etats -Unis d'Amérique, du Guatemala, de la Guyane, du Mexique et du Népal. Le Dr WRIGHT (Niger), faisant observer qu'il existe déjà en fait une assistance pour les programmes de lutte antipaludique et d'éradication du paludisme, suggère de modifier la fin du nouvel alinéa 4) que le délégué du Mexique a proposé d'ajouter au paragraphe 3 du dispositif; "d'une assistance plus importante pour les programmes de ce texte se terminerait comme suit lutte antipaludique et d'éradication du paludisme ". :

Le Dr PEREZ GROVAS (Mexique) accepte ce changement au nom des coauteurs. Le Dr WIRJOWIDAGDO (Indonésie) appuie les amendements proposés. Etant donné qu'on a mentionné en particulier le FISE au cours de la présente séance, sa délégation suggère que soit inséré, dans la résolution recommandée par le Conseil exécutif, après l'alinéa du préambule débutant par les mots "Consciente de la nécessité urgente ...", un alinéa libellé comme suit : "Considérant que le développement des programmes antipaludiques aura un effet positif sur l'état de santé des enfants ".

Le Dr GOMAA (Egypte) propose que le membre de phrase "pour obtenir des insecticides, des médicaments antipaludiques et des moyens de transport ", figurant au nouvel alinéa 4) que le délégué du Mexique a suggéré d'ajouter au paragraphe 3 du dispositif, soit modifié comme "pour obtenir des insecticides, des médicaments antipaludiques, du matériel et des moyens suit :

de transport ".

Le Dr ERNERT (République fédérale d'Allemagne) estime que la substance des amendements proposés semble déjà figurer dans le projet de résolution dont le Conseil exécutif a recommandé l'adoption par sa résolution EB55.R36. En effet, l'un des alinéas du préambule fait état des graves difficultés auxquelles les gouvernements doivent faire face et notamment du manque d'insecticides et du coût croissant des fournitures, des moyens de transports et des services; d'autre part, l'alinéa 3) du paragraphe 3 du dispositif prie le Directeur général d'informer de la situation actuelle toutes les institutions internationales qui s'intéressent au problème afin d'obtenir leur coopération pour une attaque renouvelée contre la maladie. de

Le Dr PEREZ GROVAS (Mexique) est d'accord quant au fond avec l'observation formulée parle délégué amendements visent à mettre tout partiToutefois, République

culièrement l'accent sur l'intérêt que présente l'aide du FISE, compte tenu de l'importante contribution fournie dans le passé par cet organisme. Le Dr ERNERT (République fédérale d'Allemagne) persiste à penser qu'avec les amendements on risque d'énoncer deux fois la même idée. Le Dr TEKLE (Ethiopie) croit comprendre que l'expression "programmes antipaludiques" couvre à la fois la lutte antipaludique et l'éradication du paludisme. Il suggère donc que l'amendement proposé par les délégations du Mexique et d'autres pays soit modifié et se termine par ces mots "une assistance pour les programmes antipaludiques ". :

Le Dr GERRITSEN (Pays -Bas) partage l'opinion du délégué de la République fédérale d'Allemagne :

le nouvel alinéa 4) du paragraphe 3 du dispositif ferait dans une certaine mesure double emploi avec l'alinéa 3) initial. Cependant, étant donné le rôle important joué par le FISE dans le développement du programme antipaludique, on pourrait parvenir à un compromis satisfaisant en modifiant comme suit le début de l'alinéa 3) du paragraphe 3 du dispositif du texte recommandé dans la résolution EB55.R36 "d'informer de la situation actuelle toutes les institutions et organisations internationales qui s'intéressent au problème et en particulier le FISE, ". :

Le Dr PEREZ GROVAS (Mexique) juge préférable d'ajouter le nouvel alinéa 4) proposé. Le PRESIDENT suggère que le texte du projet de résolution et les différents amendements proposés soient examinés par un groupe de travail composé des délégations de la République fédérale d'Allemagne, de l'Autriche, de l'Egypte, de l'Ethiopie, de l'Indonésie, du Mexique, du Niger et des Pays -Bas, ainsi que de toute autre délégation intéressée. Il en est ainsi décidé. (Voir le procès- verbal de la vingtième séance, section 2.)

Mlle HODGSON (Fonds des Nations Unies pour l'Enfance) précise que dans son rapport pour le Conseil d'administration du FISE a résumé la politique suivie en matière d'aide aux campagnes de lutte antipaludique.l Dans le paragraphe relatif à l'étude des différents moyens 1971

1 Conseil économique et social. Documents officiels de la cinquante et unième session. Supplément N° 8 (Fonds des Nations Unies pour l'Enfance. Rapport du Conseil d'administration, 13 -29 avril 1971), paragraphes 73 et 75.

526

VINGT- HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

de répondre aux besoins sanitaires fondamentaux, qui a été adopté à l'unanimité, il est dit que, pour maximiser l'effet de sa contribution, le FISE doit, en collaboration avec l'OMS et les autres organismes intéressés, aider les pays à développer leur infrastructure sanitaire à tous les niveaux. Dans les régions impaludées, le FISE est prêt, en accord avec les priorités nationales générales fixées pour son aide et dans les limites de ses moyens, à fournir des médicaments prophylactiques et thérapeutiques aux mères et aux enfants. Le FISE continuera pour l'essentiel à aider les pays à mettre en place et à développer des services de santé de base minimaux, en s'intéressant plus particulièrement et en consacrant une part considérable de ses ressources aux pays les moins développés et les plus gravement éprouvés sur le plan économique. Le Directeur régional du FISE pour l'Europe signalera la résolution sur le programme antipaludique à l'attention du Directeur général du Fonds. 2.

PROMOTION DES SERVICES NATIONAUX DE SANTE

Ordre du jour, 2.6

Le Dr GARCÎA (représentant du Conseil exécutif) dit qu'à sa cinquante -cinquième session le Conseil exécutif a examiné le rapport du Directeur général sur la promotion des services nationaux de santé à l'occasion de l'étude du secteur de programme relatif au renforcement des services de santé. Tenant compte des résolutions WHA23.61 etWHA27.44, le Conseil a réaffirmé que, malgré les efforts des Etats Membres et les programmes de l'OMS, une forte proportion de la population des pays en voie de développement n'a pas encore suffisamment accès aux soins de santé primaires ou aux autres éléments des services de santé, en particulier dans les zones rurales reculées. Le rapport du Directeur général indiquait que le moment était venu pour l'Organisation d'adopter des mesures novatrices et que ces mesures devaient viser à fournir une assistance accélérée pour l'amélioration de la protection sanitaire primaire des populations rurales dans les pays en voie de développement. Les succès obtenus dans certains pays montrent qu'il est indispensable d'organiser un tel service de façon viable, efficace et acceptable. Le Conseil a également examiné l'étude commune FISE /OMS sur différents moyens de répondre aux besoins sanitaires fondamentaux des populations dans les pays en voie de développement,' étude dans laquelle sont énoncés les principes qui ont été à l'origine des succès susmentionnés. Le rapport soulignait la nécessité d'axer les soins de santé primaires sur la collectivité et d'en faire un élément d'un système sanitaire complet. Le Directeur général insistait sur la nécessité de constituer un "consortium" de toutes les parties intéressées. Toute mesure d'aide pour les soins de santé primaires devrait être basée sur l'aide accordée aux pays. Il est également fondamental d'organiser un échange d'expériences entre les pays, de s'entendre sur les principes à appliquer et d'intéresser à cette entreprise l'Organisation des Nations Unies et d'autres organisations ainsi que les directeurs des programmes bilatéraux. Le Conseil a souscrit aux principes énoncés dans le rapport du Directeur général et a conclu qu'il fallait en priorité se préoccuper des soins de santé primaires à l'échelon de la collectivité dans le cadre d'un système complet de protection sanitaire offrant des services de prévention, de traitement, de promotion et de réadaptation à l'ensemble de la population de chaque pays. En conséquence, le Conseil exécutif a adopté la résolution EB55.R16 priant le Directeur général d'élaborer un programme d'activités en matière de soins de santé primaires et de préparer un nouveau rapport pour la Vingt- Huitième Assemblée mondiale de la Santé, compte tenu a) des échanges de vues qui avaient eu lieu au Conseil exécutif, b) de ses consultations avec les Etats Membres et les institutions intéressées en vue d'établir le plus tôt possible un plan d'action et c) des conclusions auxquelles serait arrivé un groupe spécial du Conseil exécutif réuni avant le début des travaux de la présente Assemblée de la Santé. Le Professeur REID (Royaume -Uni de Grande -Bretagne et d'Irlande du Nord), Président du groupe spécial du Conseil exécutif, précise que le groupe était composé de cinq membres du Conseil, du remplaçant d'un sixième membre2 et d'un conseiller. Le groupe a étudié une série de documents de travail et une analyse du problème de l'insuffisance des soins de santé primaires envisagé à la fois dans le cadre des services de santé complets et dans le contexte des facteurs socio- économiques généraux, y compris les programmes de développement communautaire. La documentation fournie au groupe comprenait un rapport indiquant que les Directeurs régionaux de l'OMS et leurs collaborateurs étaient, d'une manière générale, favorables aux propositions relatives aux soins de santé primaires présentées au Conseil exécutif, et le rapport de la vingtième session du Comité mixte FISE /OMS des Directives sanitaires;3 le groupe a, en outre, entendu un rapport verbal encourageant sur les discussions officieuses entre l'OMS et la BIRD. Le groupe a formulé un certain nombre de recommandations destinées à être prises en considération par le Directeur général dans la préparation de la version finale du rapport qu'il

1 En préparation.

2 Voir la composition du groupe dans Actes officiels OMS, N° 224, 1975, p. XIX. Le Professeur Kostrzewski, membre du Conseil empêché de participer aux travaux du groupe, a été remplacé par le Professeur Leowski. 3

Actes officiels OMS, N° 228, 1975, Partie I, annexe 2.

COMMISSION A

:

DIX- NEUVIEME SEANCE

527

devait présenter sur cette question à l'Assemblée de la Santé.l Quatre questions appellent des observations particulières. Premièrement, les membres du groupe ont unanimement estimé que la création d'un petit groupe contribue à associer pleinement le Conseil exécutif au Directeur général dans l'élaboration des grandes orientations. Elle permet des discussions approfondies dans une ambiance informelle et il faut espérer que d'autres groupes de ce genre seront constitués à l'avenir. Deuxièmement, le rapport du Directeur général indique les mesures administratives prises à l'OMS en prévision d'une initiative majeure en matière de soins de santé primaires. Cela montre, et c'est important, que l'Organisation, si elle invite instamment les Etats Membres à réexaminer leur politique sanitaire, est elle -même prête à accepter de modifier les rapports entre le Siège et les Régions et entre les divisions du Siège. Les propositions auront de larges répercussions sur les rapports de l'OMS avec les Etats Membres et les autres organisations internationales. Troisièmement, on a admis que les soins de santé primaires, domaine où des progrès sensibles ont été réalisés dans le cadre du développement global des services nationaux de santé, doivent également tenir compte des plans locaux de développement communautaire. La formation et l'utilisation du personnel le plus apte à exécuter les tâches liées à la santé constituent un autre aspect important. Il n'existe pas de solution unique au problème que pose la gamme des compétences nécessaires pour fournir des soins de santé ce que l'on entend par "médecin ", "infirmière" ou "auxiliaire de dans les différents pays santé" variera non seulement selon les pays mais encore en fonction du stade de développement atteint par le système de protection sanitaire de chaque pays. Il faut aussi qu'à tous les niveaux, et notamment à l'échelon des villages, s'instaure un dialogue continu entre les usagers et les autorités sanitaires concernant les besoins et les priorités sanitaires. De nombreux pays devront modifier radicalement leur approche si l'on veut que l'édification des services de santé parte des soins primaires, c'est -à -dire de la base et non du sommet. Enfin, le groupe a estimé que les plans d'action doivent être d'inspiration nettement nationale et non pas imposés de l'extérieur; ils doivent être élaborés par les pays où existe une volonté de réforme et être exécutés de toute urgence. Les contraintes inévitables - crédits limités, opposition possible de groupes professionnels, retards consécutifs à la préparation d'un plan correspondant exactement aux besoins de chaque pays - doivent être considérées comme des éléments de stimulation et non de dissuasion. Le rapport du Directeur général indique clairement le plan à suivre. Les propositions impliquent pour l'Organisation et les Etats Membres l'adoption d'une approche radicalement différente; elles bénéficient du soutien du Conseil exécutif et le groupe spécial espère que la Commission les appuiera en approuvant le projet de résolution qui figure à la fin du rapport soumis à son examen.2 :

Le Dr CHANG (Sous- Directeur général) dit que le rapport sur la promotion des services nationaux de santé3 est présenté par le Directeur général en application de la résolution WHA27.44. 1l concerne l'important problème qui a été examiné par le Conseil exécutif en janvier 1973 dans son étude organique sur les méthodes à employer pour promouvoir le développement des services de santé de base4 ainsi qu'au cours des débats de la Vingt -Sixième Assemblée mondiale de la Santé.' Le rapport tient compte des échanges de vues qui ont eu lieu à la cinquante - cinquième session du Conseil exécutif en janvier 1975 et des observations du groupe spécial du Conseil réuni en avril 1975 qui viennent d'être présentées. Parmi les autres mesures prises par le Secrétariat, on peut citer des visites de fonctionnaires du Siège dans les différents bureaux régionaux afin de recueillir leur avis sur les besoins et les voeux des pays ainsi que l'organisation au Siège de groupes de travail inter divisions chargés d'élaborer des directives préliminaires. Ces directives ne sont pas destinées à offrir des modèles aux Etats Membres mais plutôt à énumérer des facteurs auxquels les pays pourront, en fonction de leurs conditions politiques, sociales, économiques et culturelles, attacher plus ou moins d'importance ou d'intérêt. Il ressort nettement du rapport du Directeur général et du projet de résolution qui lui fait suite que l'accent est mis sur un système de soins primaires fonctionnant dans les zones non desservies avec la participation de la collectivité et l'appui du service national de santé dont les soins primaires font partie intégrante. Il faut également que les soins de santé primaires soient intégrés aux activités des autres secteurs participant au développement communautaire. Le Secrétariat est persuadé que les pays doivent édifier leurs services de santé en partant de la base, utiliser le potentiel représenté par les ressources locales, prendre des décisions au plus haut niveau gouvernemental et mettre en oeuvre un plan de services de santé qui s'étende jusqu'au niveau de la collectivité. L'Organisation est prête à fournir son aide sur la demande des Etats Membres. La séance est levée à 17 h.55.

1 Actes officiels OMS, N° 226, 1975, annexe 15. 2

Voir le texte de ce projet de résolution à la p. 528.

3 Actes officiels OMS, N° 226, 1975, annexe 15.

4 Actes officiels OMS, N° 206, 1973, annexe 11. 5

Voir Actes officiels OMS, N° 210, 1973, pp. 442 -444, 446 -450 et 458 -459.

VINGTIEME SEANCE Jeudi 29 mai 1975, Président :

9 heures

Dr Marcella DAVIES (Sierra Leone)

1.

PROMOTION DES SERVICES NATIONAUX DE SANTE (suite)

Ordre du jour, 2.6

Le PRESIDENT appelle l'attention de la Commission sur le rapport du Directeur général concernant la promotion des services nationaux de santél (document A28/9) et sur deux projets de résolution y afférents. Le premier, proposé par le groupe spécial du Conseil exécutif, est libellé comme suit :

La Vingt- Huitième Assemblée mondiale de la Santé, Ayant examiné le rapport du Directeur général sur la promotion des services nationaux de santé; Reconnaissant qu'il est mondialement important et urgent de promouvoir, dans le contexte des services sanitaires nationaux et des efforts nationaux de développement, un programme de soins de santé primaires dans lequel une attention spéciale serait accordée aux populations insuffisamment desservies; et Rappelant la nécessité de développer des services efficaces et efficients de soins de santé globaux, conformément aux résolutions WHA23.61 et WHA27.44, 1. REMERCIE le Directeur général de son rapport, qu'elle considère comme une première étape dans la mise en oeuvre de ces résolutions; 2. PRIE instamment les Etats Membres de prendre les mesures nationales nécessaires pour élaborer et exécuter des plans d'action dans le domaine des soins de santé primaires; PRIE le Directeur général de poursuivre les activités déjà entreprises dans le domaine 3. des soins de santé primaires, en particulier pour les pays en voie de développement, conformément à la résolution EB55.R16 et à l'exposé fait par le Directeur général dans son rapport; et 4. PRIE en outre le Directeur général de signaler le programme de soins de santé primaires à l'attention des plus 1) hautes autorités nationales et, sur leur demande, de les aider à définir des actions tendant à l'élaboration d'un tel programme dans leurs pays respectifs; de promouvoir et de faciliter le développement des activités de soins de santé 2) primaires avec la participation active de différents secteurs socio- économiques et grâce à l'utilisation de différentes approches telles que la programmation par pays, le développement rural ou d'autres entreprises intersectorielles de développement; de continuer à consulter les institutions intéressées afin d'obtenir une assis3) tance pour l'élaboration d'un programme élargi à long terme de soins de santé primaires qui tienne compte des questions techniques aussi bien que financières; et 4) de faire rapport à une future session de l'Assemblée mondiale de la Santé sur les progrès réalisés; 5. ESTIME qu'à une date ultérieure appropriée l'Assemblée mondiale de la Santé désirera peut -être procéder à un examen portant sur l'expérience des services de santé de différents pays en matière de soins de santé primaires, conformément à la résolution EB55.R16.

Le second projet de résolution, proposé par les délégations de Cuba, de la Mongolie, de la Tchécoslovaquie et de l'Union des Républiques socialistes soviétiques, est libellé comme suit: La Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé, Ayant examiné le rapport du Directeur général sur la promotion des services nationaux de santé et la prestation de soins de santé primaires (curatifs et préventifs) à la population, au sein de laquelle des groupes nombreux n'ont pas un accès suffisant aux services de santé, en particulier dans les zones rurales de beaucoup de pays en voie de développement, 1. REAFFIRME ses décisions et résolutions précédentes (WHA20.53, WHA23.61, WHA25.17, WHA26.35, WHA26.43, WHA27.44 et autres) concernant, d'une part, l'impossibilité d'accepter plus longtemps une situation dans laquelle l'immense majorité de la population de nombreux pays n'a pas le moyen d'exercer son droit inaliénable à la protection et à l'amélioration de sa santé et, d'autre part, le fait que la mise en place de moyens réels d'exercer ce droit pour chaque individu et pour l'ensemble de la population est une tâche de la plus haute importance pour la société et pour les gouvernements des pays intéressés; 2. SOULIGNE que les soins de santé nécessaires peuvent être assurés de la manière la plus efficace à la population dans le cadre de systèmes et services nationaux de protection complète de la santé, élaborés et développés sur la base des principes formulés dans la résolution WHA23.61, non seulement en utilisant au maximum toutes les ressources existant

1 Actes officiels OMS, N° 226, 1975, annexe 15.

528

COMMISSION A

:

VINGTIEME SEANCE

529

en matière de financement, d'organisation et de personnel dans chaque pays, compte tenu de sa structure sociale, politique et économique et de sa situation géographique, historique et autre, mais aussi en mettant à profit de la manière la plus souple et la plus rationnelle possible l'expérience internationale acquise en santé publique et toutes les sources possibles d'assistance dans ce domaine; ESTIME nécessaire d'attirer spécialement l'attention des Etats et des organisations 3. internationales sur le développement des soins de santé primaires pour la population vivant dans les zones rurales des pays en voie de développement, en vue d'assurer à cette population l'accès aux services nationaux de santé et de fournir une assistance en matière de prévention, de lutte contre les épidémies, d'éducation sanitaire et de traitement curatif par tous les moyens disponibles et au niveau le plus élevé possible en fonction du stade de développement de la santé publique et du progrès social et économique dans le pays considéré; 4. PRIE le Directeur général de poursuivre les travaux déjà ,entrepris conformément à la résolution EB55.R16 1) sur un programme d'activités de l'OMS tendant à stimuler et à promouvoir le développement des services de santé primaires dans les Etats Membres, en tenant compte de l'expérience nationale et internationale accumulée dans ce domaine, ainsi que des fonctions constitutionnelles de l'Organisation et de ses possibilités et ressources financières, y compris diverses ressources extrabudgétaires; de recommander aux Etats Membres qu'ils planifient et organisent les soins de 2) santé primaires pour la population, de manière que ceux -ci soient assurés par des personnes ayant reçu une formation médicale même minimale, travaillant sous le contrôle effectif de médecins ou de travailleurs médicaux de niveau moyen et pouvant disposer au besoin de l'aide consultative et autre des échelons supérieurs du service de la santé publique, et qu'ils obtiennent l'appui de la population locale pour la création de centres de soins de santé primaires répondant aux besoins et tâches prioritaires sur le plan local; de recommander également aux Etats Membres, premièrement qu'ils acceptent leprin3) cipe que les soins de santé primaires pour la population des pays en voie de développement ne doivent pas, en dernière analyse, se limiter aux soins fournis par des travailleurs ayant une formation médicale minimale; deuxièmement, qu'ils veillent à ce que ces travailleurs et les centres de soins de santé primaires soient subordonnés aux autorités sanitaires locales et aux autorités de l'Etat et soient contrôlés et guidés au sujet des méthodes par les autorités sanitaires nationales centrales, de manière à assurer l'unité fonctionnelle de tous les services de santé du pays, l'assistance mutuelle et l'action commune des établissements des différents niveaux et l'utilisation la plus rationnelle possible des ressources de l'Etat et en particulier de celles des collectivités locales, qui demeuraient auparavant inutilisées; troisièmement, à mesure que se développera le système des soins de santé primaires, qu'ils remplacent graduellement les travailleurs ayant reçu une formation médicale minimale tout d'abord par du personnel médical de niveau moyen puis par des médecins conscients de leurs éminents devoirs professionnels et sociaux vis -à -vis du peuple; et quatrièmement, qu'ils envisagent la possibilité de donner un complément de formation aux travailleurs sanitaires primaires pour leur permettre de s'élever au rang du personnel médical de niveau moyen; 4) d'étendre et d'intensifier considérablement, conjointement avec les établissements nationaux des Etats Membres et les organisations intergouvernementales et non gouvernementales internationales, les recherches scientifiques recommandées dans les résolutions de précédentes Assemblées sur l'organisation efficace de systèmes et services nationaux de santé et en particulier de soins de santé primaires pour la population des zones rurales, en attirant particulièrement l'attention à cet égard sur l'expérience des Etats Membres de l'OMS qui ont résolu avec succès ou sont en train de résoudre avec succès les problèmes posés par l'organisation des soins de santé primaires pour les populations tant rurales qu'urbaines, en vue de soumettre cette expérience à des comparaisons et évaluations et de la communiquer à tous les autres Etats intéressés; PRIE le Conseil exécutif d'examiner le programme établi par le Directeur général à la 5. lumière des considérations qui précèdent et visant les activités de l'OMS relatives à la fourniture de soins de santé primaires à la population rurale des pays en voie de développement et aux autres groupes de population qui n'ont pas actuellement un accès suffisant aux services de santé, et de tenir dament compte de ces activités dans le projet de sixième programme de travail de l'Organisation mondiale de la Santé; ESTIME nécessaire, étant donné l'acuité et la grande importance du problème de l'orga6. nisation de soins de santé primaires pour la population rurale dans le cadre de systèmes et services sanitaires nationaux complets, qu'une réunion ou conférence internationale se tienne en 1976 sous les auspices de l'OMS en vue de permettre des échanges d'expérience sur le développement des services nationaux de santé; et

530 7.

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II CHARGE le Conseil exécutif d'examiner et de déterminer à sa cinquante- sephième session le lieu, le moment et le programme concret d'une telle conférence.

Le Dr VENEDIKTOV (Union des Républiques socialistes soviétiques) fait observer qu'il existe encore des pays où les dispositions de la Constitution relatives au droit de chaque individu au niveau de santé le plus élevé possible, ainsi qu'à la responsabilité de l'Etat à cet égard, n'ont pas encore été appliquées en dépit de tous les efforts faits en ce sens. C'est pourquoi l'adoption de la résolution WHA23.61 par la Vingt -Troisième Assemblée mondiale de la Santé a revêtu une telle importance. Cette résolution, qui expose pour la première fois les principes fondamentaux qui régissent la mise en place d'un service national efficace de santé publique, a donné une orientation nouvelle aux activités de l'OMS dans ce domaine. Elle a été mentionnée bien des fois et l'on a appelé l'attention sur la nécessité pour les habitants et le gouvernement du pays d'être fermement déterminés à étendre les services de santé à la totalité de la population. Il serait erroné d'établir une distinction entre citadins et ruraux en considérant que les premiers sont favorisés par rapport aux seconds car dans les pays en voie de développement la majorité des travailleurs urbains n'ont pas accès à des services de santé satisfaisants. En matière de soins de santé primaires, il faut envisager la population dans son ensemble. Le projet de résolution présenté par la délégation de l'Union soviétique, de concert avec celles de Cuba, de la Mongolie et de la Tchécoslovaquie, souligne que les gouvernements sont responsables de l'organisation des services de santé primaires; on a jugé en effet qu'aucun organisme extérieur ne devait leur imposer ses vues sur la forme ou le mode de gestion de ces services. L'OMS peut aider les gouvernements en leur communiquant les résultats de comparaisons entre divers systèmes et ce procédé, quoique mentionné dans plusieurs résolutions de l'Assemblée de la Santé, n'a pas encore été pleinement exploité. Les soins de santé primaires ne doivent pas être considérés comme des prestations sanitaires rudimentaires mais comme un vaste système national de services de santé accessibles à l'ensemble de la population. Pour parvenir à un tel résultat, il faut mobiliser, dans le cadre d'un effort commun, les services des spécialistes de toutes les disciplines, des médecins, des infirmières, de tous les travailleurs sanitaires - quel que soit leur degré de formation - et de la collectivité. Le projet de résolution indique clairement ce qui pourrait être fait à cet égard dans les prochaines années. Certaines délégations paraissant craindre que le paragraphe 5 du projet puisse réduire la liberté d'action du Directeur général ou retarder l'exécution des programmes, le Dr Venediktov est disposé à envisager l'adoption d'un amendement qui apaiserait ces inquiétudes. Il faut s'atteler immédiatement à la tâche sans croire pour autant que le problème sera réglé aisément ou même dans un proche avenir. La délégation soviétique a la plus entière confiance dans le Directeur général, mais elle aimerait qu'il indique à l'Assemblée, par exemple dans un an, comment il compte s'y prendre pour exécuter le programme mondial de soins de santé primaires. Le Dr Venediktov espère que le projet de résolution recevra l'appui des autres délégations, tout en étant prêt à examiner tout amendement qui n'aille pas à l'encontre de son objectif essentiel. Le Profésseur SULIANTI SAROSO (Indonésie) explique qu'en qualité de membre du Conseil exécutif elle a été amenée à présider la réunion du Comité mixte FISE /OMS des Directives sanitaires. Ce comité a pris pour base de discussion l'étude commune du FISE et de l'OMS sur différents moyens de répondre aux besoins sanitaires fondamentaux des populations dans les pays en voie de développement,1 étude d'où il ressort que ce qui importe le plus pour assurer le succès des services de santé primaires c'est la participation de la collectivité. Tous les pays peuvent réussir à condition d'être animés par une volonté nationale et de tenir compte des conditions particulières à chacun d'eux. L'Assemblée de la Santé a adopté de nombreuses résolutions sur la promotion des services de santé et le moment est maintenant venu d'agir. Si l'Assemblée décide d'adopter des mesures positives pour promouvoir les soins de santé primaires, tels qu'ils sont définis dans le rapport du Directeur général, elle peut compter sur l'appui sincère du FISE. Le Dr GOMAA (Egypte) pense que si l'OMS réussit à promouvoir la prestation de soins de santé primaires au niveau des collectivités, elle aura réalisé l'un de ses objectifs les plus importants non seulement dans le domaine de la santé, mais aussi dans celui de l'action sociale. Les services de santé doivent être en rapport avec les ressources financières, culturelles et humaines de chaque pays et être conçus en fonction des caractéristiques géographiques et des facteurs sociaux. Il faut exploiter les ressources de manière à pouvoir réaliser les objectifs sanitaires et l'on n'y parviendra qu'en ayant recours à de bonnes méthodes de planification et de programmation. L'OMS peut rendre aux gouvernements de grands services dans ce domaine en mettant ses experts à leur disposition, mais il ne faut pas oublier que ceux -ci doivent être eux -mêmes adaptés au contexte culturel et économique dans lequel s'exerce l'action sanitaire. Les soins de santé primaires reposent, dans tous les pays, sur les services du médecin qui, en sa qualité de membre le plus hautement qualifié de l'équipe sanitaire, doit assumer 1 En préparation.

COMMISSION A

:

VINGTIEME SEANCE

531

la direction des unités de santé avec l'aide d'infirmières, d'auxiliaires et de personnels paramédicaux qui ne pourront le remplacer que dans des circonstances exceptionnelles. L'OMS peut soutenir la création de telles unités et la formation de leur personnel. Elle peut aussi aider à trouver des solutions pour inciter les habitants des zones rurales isolées à utiliser les services de ces unités. La formation médicale doit être conçue de manière à préparer les médecins à travailler dans de telles zones. Les services de santé primaires doivent être reliés aux autres services de santé et former ainsi une chaîne ininterrompue au niveau régional aussi bien qu'international. En Egypte, on a pu acquérir des connaissances utiles en rattachant les unités périphériques aux hôpitaux régionaux afin que des experts puissent coopérer avec les médecins des zones rurales pour les opérations chirurgicales et le diagnostic des cas douteux. Le succès du service de santé ne doit pas être évalué uniquement d'après ses effets immédiats - verticaux ou horizontaux - mis aussi d'après ses répercussions à long terme sur la vie économique et sociale de la communauté dans son ensemble. La délégation égyptienne appuie le premier des deux projets de résolution présentés, mais propose d'insérer, dans le dernier paragraphe, le membre de phrase suivant "notamment en ce qui concerne la planification et l'évaluation de ces services" après les mots "soins de santé :

primaires ".

Le Professeur ORNA (Roumanie) pense que si les soins de santé primaires doivent être envisagés en priorité dans la plupart des pays en voie de développement, on se heurte à de nombreux obstacles lorsqu'il s'agit de les administrer de façon adéquate. L'une des prémisses du rapport du Directeur général est que les soins de santé primaires supposent l'intégration, au niveau de la collectivité, de tous les éléments requis pour que ces soins aient une incidence réelle sur la santé de la population. Or, de l'avis du groupe spécial du Conseil exécutif et de certains orateurs précédents, cette intégration n'est qu'une première étape dans la mise en place et la promotion d'un système national de santé. Pour éviter tout malentendu, la délégation roumaine propose d'apporter certains amendements Programme élargi au premier projet de résolution. Il faudrait d'abord adopter le titre suivant de soins de santé primaires. Ensuite, ilconviendrait de modifiercommesuit la fin du paragraphe 2 "élaborer et exécuter, dans le domaine des soins de santé primaires, des plans de la résolution d'action visant à mettre à la disposition de toute la population un système completdeservices de santé ". Il faudrait également insérer au paragraphe 4.3) du dispositif les mots "les Etats Membres et" après "de continuer à consulter" et les mots "nationales et internationales" après : :

"institutions ".

Le Professeur Orha propose que le Secrétariat tienne compte de l'expérience acquise par son pays en matière d'intégration des soins de santé primaires dans le système national de santé et s'en serve pour promouvoir et renforcer les services de santé des pays en voie de développement. Le Dr OJALA (Finlande) fait observer que, dans de nombreux pays du monde, les progrès accomplis par la science médicale depuis quelques dizaines d'années n'ont pas élevé le niveau de santé. Les progrès réalisés l'ont surtout été dans le domaine de la lutte contre les maladies transmissibles et les troubles nutritionnels de l'enfance. Or l'expérience montre que, pour obtenir de façon durable de bons résultats dans le domaine des soins de santé, il faut établir une infrastructure sanitaire permanente, oeuvrant en étroite collaboration avec la population locale. A cet égard, le travail de l'OMS dans les domaines de l'hygiène du milieu et de la santé maternelle et infantile est très apprécié. Les nouvelles connaissances médicales ont principalement servi à renforcer des services hospitaliers déjà très perfectionnés, mais la santé dans son ensemble n'en a guère bénéficié, eu égard à l'importance des ressources humaines et matérielles investies. On a constaté en Finlande que, malgré l'accroissement rapide des dépenses de santé, les indicateurs sanitaires n'avaient pas révélé d'amélioration notable et que le niveau de santé avait même baissé dans certains secteurs de la population. Si les principaux dangers auxquels la santé est exposée se sont quelque peu modifiés dans certains pays, ils restent néanmoins liés, pour l'essentiel, à des changements des régimes nutritionnels, aux risques professionnels, aux accidents de la route, au tabac et aux problèmes que posent les relations humaines. Pour combattre ces dangers, les techniques médicales spécialisées ne suffisent pas; il faut qu'il y ait une action globale, à tous les niveaux de la société, à laquelle participent divers secteurs de l'administration sanitaire. Le service de santé ne doit pas se borner à assurer une protection sanitaire de type classique mais contribuer à la lutte contre tous les facteurs de l'environnement physique et social qui peuvent compromettre la santé. C'est dire qu'il faut revenir aux politiques et approches qui ont fait leurs preuves dans le passé. Ce n'est qu'en renforçant le réseau de services de santé primaires, avec la coopération de la population elle même, qu'on pourra changer les motivations et les attitudes des individus et induire des types de comportements favorables à la santé. Pour ce qui est de la Finlande, elle a révisé sa politique de santé publique en la centrant, par priorité, sur le développement des services de santé primaires. La délégation finlandaise approuve les idées qui sont esquissées dans le rapport du Directeur général ainsi que les conclusions de l'étude commune FISE /OMS sur différents moyens

532

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

de répondre aux besoins sanitaires fondamentaux des populations dans les pays en voie de développement. Lors de la réunion du Conseil d'administration du FISE, au début de ce mois, la délégation finlandaise a fait remarquer que, lorsqu'on établit des services desanté primaires, il faut mettre l'accent sur la planification conjointe puisque de nombreux secteurs administratifs différents sont sollicités. Elle a également insisté sur la nécessité d'étudier les incidences financières et les besoins en personnels découlant du développement des systèmes de soins de santé primaires. Il faut en outre que les organisations internationales qui s'occupent de ce secteur - en particulier l'OMS, le FISE et le PNUD - entretiennent une collaboration permanente. Le Dr Ojala appuie la recommandation figurant dans la résolution EB55.R16 qui invite l'Assemblée mondiale de la Santé à procéder à un examen portant sur l'expérience des services de santé de différents pays en matière de soins de santé primaires ainsi que sur les principes et le développement d'un programme de l'Organisation mondiale de la Santé dans ce domaine. La délégation finlandaise soutient le premier des projets de résolution qui viennent d'être présentés ainsi que les amendements proposés par les délégués de l'Egypte et de la Roumanie. Le Professeur JAKOVLJEVIC (Yougoslavie) note que, dans un grand nombre de pays en voie de développement, la majorité de la population vit en milieu rural et que 85 % de ces ruraux n'ont pas ou guère accès aux services de santé. L'optimisme n'est clairement pas de mise et il est urgent d'intervenir. La délégation de Yougoslavie approuve pleinement l'analyse du problème que fait le Directeur général dans son rapport, en particulier la définition des facteurs qui empêchent encore la population des pays en voie de développement d'avoir suffisamment accès aux services de santé. Le rapport montre bien que les soins de santé primaires doivent bénéficier de la plus haute priorité. Il serait utile que l'OMS continue de recueillir, d'étudier et d'interpréter l'expérience acquise par les Etats Membres dans ce domaine, et de diffuser les renseignements obtenus, de manière encore plus détaillée, notamment en ce qui concerne les méthodes de financement. L'OMS pourrait aider les Etats Membres à mettre au point des techniques simples, efficaces, peu coûteuses et aisément adaptables aux conditions locales, qui permettraient de résoudre les principaux problèmes qui se posent. Il faut se garder de vouloir transférer de façon mécanique aux pays en voie de développement la technologie médico- sanitaire des pays avancés.

L'OMS devrait aussi aider les pays, d'une part à former des travailleurs sanitaires orientés vers la collectivité pour desservir les zones rurales reculées, et d'autre part à établir un système de services de santé totalement axé sur la collectivité. Ces services de première ligne devraient faire partie intégrante du système général des services de santé. L'Organisation pourrait aussi apporter un soutien pour la préparation de matériel didactique et de manuels ainsi que pour l'organisation de séminaires, de symposiums et de conférences -ateliers sur la promotion des services de santé nationaux et communautaires. La santé ne doit pas être considérée comme une entité distincte mais comme un des éléments du développement socio- économique général d'un pays; c'est dire que le développement des services de santé exige la participation totale de la population. A cet égard, les trois points du paragraphe 2 du dispositif de la résolution approuvée par la Commission sur les principes directeurs du budget programme concernant l'assistance technique aux pays en voie de développement ont beaucoup d'importance il faut, premièrement, que l'assistance technique se compose essentiellement des types d'assistances et de services qui se sont révélés efficaces; deuxièmement, qu'elle soit aussi souple que possible et adaptée aux besoins, aux conditions et aux priorités propres aux différents pays, et comporte les éléments opérationnels qui pourront être nécessaires; et, troisièmement, qu'elle se fonde sur l'expérience acquise et sur une meilleure compréhension des contraintes qui limitent le processus de développement. Le Professeur Jakovljevie appuie le premier des projets de résolutions soumis à la Commission avec les amendements proposés par le délégué de la Roumanie. :

Le Dr HOWARD (Etats -Unis d'Amérique) remarque que les besoins sanitaires des pays en voie de développement sont un sujet sur lequel il n'y a guère de divergences de vues. D'excellentes solutions existent déjà, notamment celles qui sont exposées dans la résolution WHA26.35, aux termes de laquelle il faut que l'Organisation "concentre ses efforts sur des programmes spécifiques qui aident les pays à développer leurs systèmes de prestations sanitaires pour l'ensemble de leurs populations, en faisant porter spécialement l'accent sur la satisfaction des besoins de celles des populations qui disposent de services de santé nettement insuffisants ". Le problème fondamental est que, malgré les grands efforts déployés par les pays en voie de développement depuis plus d'un quart de siècle, avec l'aide de l'OMS, d'autres institutions internationales et d'autres pays, 20 % seulement en moyenne de leurs habitants ont un accès régulier et commode à des services de santé fournis là où ils vivent, et à un prix ne dépassant pas les possibilités nationales. Les délégués à l'Assemblée mondiale de la Santé soulignent chaque année la gravité persistante de la malnutrition, l'insuffisance des services de soins maternels et de santé de la famille, les taux inacceptables des maladies parasitaires, et les problèmes que pose l'accroissement démographique.

COMMISSION A

:

VINGTIEME SEANCE

533

A l'heure actuelle, la grande majorité des habitants de nombreux pays en voie de développement et certains groupes moins nombreux dans maints pays développés ne bénéficient pas encore des services des systèmes de protection sanitaire existants. Dans les pays en voie de développement, 90 % des accouchements ont lieu à domicile avec l'aide d'une sage -femme traditionnelle n'ayant reçu aucune formation et la moitié de tous les décès enregistrés chaque année dans le monde sont des décès d'enfants de moins de cinq ans, dus à la conjonction de la malnutrition et de l'infection. D'après les données officielles de l'OMS, les pays en voie de développement dépensent quatre fois plus pour les soins de santé du secteur privé que pour ceux du secteur public, et nombre d'entre eux ne disposent pas du personnel qu'il faudrait pour dispenser à la majorité des habitants des prestations médicales modernes et scientifiques. Malgré les progrès accomplis depuis vingt -cinq ans, la plupart des gens, en particulier dans les zones rurales, sont privés des services de santé les plus simples, exception faite de quelques campagnes de masse contre certaines maladies déterminées. En vertu de la Constitution de l'OMS, il incombe incontestablement à l'Assemblée d'indiquer clairement au Directeur général comment il doit agir dans un domaine d'une telle importance pour le bien -être de la plus grande partie de la population du monde. Le libellé du point de l'ordre du jour prête à confusion; il ne s'agit pas de la promotion des services, organisations ou systèmes nationaux de santé mais bien de celle des soins de santé primaires, c'est -à -dire de cet élément du système existant qui doit permettre d'étendre les services à la majorité de la population, de les répartir localement dans les collectivités elles -mêmes, d'une manière acceptable et à un coût ne dépassant pas les possibilités du pays. Les problèmes que posent la crise alimentaire, la malnutrition, la mortalité maternelle et infantile et l'explosion démographique devront être résolus dans les dix années qui viennent et non dans cinquante ou cent ans. C'est pourquoi les ministres de la santé des Amériques, qui se sont réunis à Santiago en 1972 pour définir les objectifs de la décennie, ont décidé de rechercher les moyens de fournir, en l'espace de ces dix années, des services de soins de santé primaires à 80 % de la population. Pour les pays les plus pauvres - c'est -à -dire ceux où le revenu annuel par habitant est inférieur à US $100 - les solutions actuelles ne sont pas adéquates. La plus grande partie de la population du globe gagne moins de $150 par an et, d'après la Banque mondiale, 40 % des habitants de la planète, les plus défavorisés, ont un revenu annuel d'environ $50. L'augmentation prévue du revenu annuel par habitant pour la prochaine décennie est estimée à quelque 2 %. Or, pour un homme gagnant annuellement $100 ou moins, un accroissement théorique de 2 ne laisse aucun espoir de bénéficier de meilleurs services de santé, pour ne rien dire des progrès de l'agriculture, de l'éducation, etc. En réalité, comme toute réalisation dépend des ressources qu'on peut lui consacrer, le taux de la croissance économique prévue pour les dix années à venir obère sérieusement la possibilité de créer, sous une forme ou sous une autre, un système de services de santé qui puisse couvrir la majorité de la population, tout système dépendant des ressources disponibles. Bien des Etats Membres continuent de penser avec optimisme qu'on pourra résoudre le problème des services de santé de base grâce à un accroissement des ressources extérieures. Le niveau des services de santé tendant à s'élever en même temps que le revenu national, les exemples que constituent les systèmes sanitaires des pays développés ne sont pas toujours utiles puisque ces systèmes sont liés au revenu. Compte tenu des perspectives économiques, la question essentielle qui se pose est de savoir s'il est possible, au cours de la prochaine décennie, d'augmenter notablement la distribution des soins de santé dans un pays dont le revenu annuel par habitant est inférieur à $100. Le montant total de l'aide fournie par l'ensemble des pays donateurs aux pays en voie de développement pour tous les secteurs d'assistance est de l'ordre de 10 milliards de dollars, somme marginale par rapport aux besoins si on la compare au total des dépenses de fonctionnement des pays en voie de développement qui ont un produit national brut de quelque 500 milliards. A longue échéance, les pays devront donc compter sur leurs propres ressources pour résoudre eux mêmes leurs problèmes de santé. L'assistance extérieure, y compris celle de l'OMS, ne peut - au mieux - que jouer le rôle de catalyseur. Comme l'a fait observer le Directeur général, l'OMS n'est pas une institution donatrice et ne dispose pas des fonds qu'il faudrait pour satisfaire les besoins fondamentaux des pays. On ne s'attend pas que l'abaissement des taux de natalité modifie beaucoup le revenu par habitant dans les dix prochaines années, de sorte que même ce facteur ne permettrait pas d'assurer aux populations pauvres des zones rurales de meilleurs services de santé. Face à ce dilemme, les pays en voie de développement ont deux possibilités : soit ne rien faire pour la majorité de leur population, soit réexaminer la structure de la distribution des soins de santé pour tenter de trouver des solutions de rechange qui soient compatibles avec les contraintes financières existantes. Pour ce réexamen, l'OMS pourrait être d'un très grand secours et c'est là que la Commission doit donner au Directeur général un mandat clair quant à l'assistance technique qu'il convient de fournir. Il se peut que la conception même du système de soins de santé primaires doive être radicalement modifiée dans les dix années à venir on passerait ainsi d'un système fondé sur l'emploi d'un personnel coûteux à un système qui, allant beaucoup plus loin que l'emploi d'auxiliaires sanitaires, ferait appel aux chefs des collectivités, aux volontaires locaux et aux sages femmes traditionnelles. Il appartiendra à chaque pays de trouver la formule qui lui convient. :

534

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

Il faut voir, dans les nouveaux systèmes visant à étendre dans les dix prochaines années la prestation de soins de santé simples, une mesure provisoire permettant d'attendre que des systèmes d'un niveau supérieur soient mis en place pour desservir la majorité des individus. L'importance future de la santé de la famille est telle que ce problème ne peut rester sans solution.

Il ne faut pas oublier que tout système doit faire partie d'un système d'ampleur nationale, englobant tous les aspects de l'action médico- sanitaire. Dans le projet de résolution présenté par la délégation de Cuba et d'autres délégations, les résolutions antérieures citées en référence ne concernent pas les soins de santé primaires mais le système de santé national, lequel n'est pas l'objet du débat. Le Dr Howard pense, comme les délégués de la Roumanie et de l'Union soviétique, que tout système doit faire partie intégrante du système national, être solidement encadré par des professionnels, être doté d'un personnel possédant un certain niveau d'instruction sanitaire et être rattaché à l'ensemble des moyens et ressources du système de santé national, mais ce n'est pas de cela qu'il s'agit pour l'instant. Le projet de résolution présenté par la délégation de l'Union soviétique est sans doute juste et bon en lui -même, mais il est sans rapport avec l'objet du débat. En revanche, le projet de résolution proposé par le Conseil exécutif, éventuellement assorti de modifications, concerne réellement l'importante question dont la Commission est saisie. Le Dr ALDEREGUTA (Cuba) appelle l'attention de la Commission sur le rapport du Directeur général, qui est à l'origine du projet de résolution proposé par la délégation de Cuba et d'autres délégations. Ce document précise les besoins à satisfaire et propose des solutions aux problèmes complexes que posent les soins de santé primaires. Dans tout pays, il faut, pour l'exécution de cette grande tâche, respecter certaines conditions essentielles, et en particulier tenir compte tant de ses caractéristiques géographiques et historiques que de sa structure sociale, politique et économique. Cuba, qui est un pays en voie de développement et ne compte que 3000 médecins environ, est parvenu au cours des quinze dernières années à mettre sur pied un système national de santé qui dispense des soins primaires à la totalité de la population. La première condition est que les soins de santé primaires soient intégrés au système national de santé afin d'assurer les liaisons essentielles entre les différents niveaux du système et par là des prestations de meilleure qualité. Il est important que les services de soins de santé primaires soient liés au développement de la collectivité et que celle -ci participe activement au fonctionnement de ses centres de santé primaires. En second lieu, il est indispensable que les centres de santé primaires, si modestes soient -ils, disposent de personnel convenablement formé. En tant qu'éléments du système national de santé, ces centres doivent être supervisés par des médecins et autres techniciens de la santé, subordonnés aux autorités sanitaires de niveaux local et intermédiaire, et se conformer aux instructions des autorités sanitaires nationales. Il importe de tirer parti au mieux des ressources des collectivités locales et de la participation active de la population. Enfin, pour améliorer la qualité des soins de santé primaires, il faut qu'un courant constant permette l'orientation vers les services de santé primaires de personnel médical et technique ainsi que le perfectionnement technique et la promotion des personnels qui ont commencé leur carrière dans les centres primaires. Il y a beaucoup à faire notamment dans le domaine de la formation et du perfectionnement des médecins et autres personnels techniques de la santé, qui doivent avoir une conception plus nette de leur fonction sociale et de l'importance de leurs travaux scientifiques pour l'amélioration de la santé des collectivités. Résoudre un problème d'une telle complexité demande non seulement un effort considérable à l'échelon national, mais aussi la mise à profit de l'expérience acquise dans des pays qui sont parvenus à mettre en place des services de santé primaires bien adaptés aux besoins de la population. La collaboration internationale revêt une importance capitale, par exemple les activités multidisciplinaires qu'exerce l'OMS pour aider les pays qui ont manifesté le désir de mettre en place des services de santé primaires. La délégation de Cuba, l'un des coauteurs du projet de résolution, est disposée à accepter les amendements qui pourront se révéler nécessaires à la lumière des discussions dont cette importante question aura fait l'objet. Le Dr CHITIMBA (Malawi) déclare que dans son pays ce sont les accoucheuses et les guérisseurs traditionnels qui dispensent des soins de santé primaires à la majeure partie de la population. L'OMS aurait donc tort de vouloir promouvoir les soins de santé primaires sans tenir compte de la médecine traditionnelle. Le Conseil exécutif, dans son étude spéciale sur le développement des services de santé de base, est parvenu à la triste conclusion que beaucoup de pays n'obtiennent pas de résultats satisfaisants dans cet aspect de leur développement qui constitue une caractéristique essentielle du cinquième programme général de travail. Constatation plus dans bien des pays, les services de santé de base, loin de progresser, sont en triste encore régression. Il est donc encourageant que, face à cette situation, l'OMS ait réagi presque immédiatement en demandant aux Etats Membres de porter plus particulièrement leurs efforts sur les soins de santé primaires. L'étude commune FISE /OMS donne des exemples de systèmes sanitaires dont on pourrait s'inspirer pour résoudre le problème. Il n'est pas demandé aux pays d'adopter tel ou tel système particulier, mais, avec l'aide de l'OMS, de donner effet aux recommandations qui auront été formulées. :

COMMISSION A

:

VINGTIEME SEANCE

535

Le développement des soins de santé primaires doit se faire en fonction des conditions locales et des ressources locales. L'assistance technique extérieure n'est pas à dédaigner, mais elle doit être avant tout un stimulant pour le système national. Cette assistance serait plus facile à obtenir si l'OMS proposait un programme pour encourager le développement des soins de santé primaires. Il est décevant de constater que le rapport du Directeur général ne contient guère de propositions concrètes. Les mesures qui y sont envisagées à la section V.2 sont les création d'un comité directeur composé de deux sous -directeurs généraux; création suivantes de groupes de travail au Siège et dans les bureaux régionaux; ouverture d'un dialogue du Siège et des bureaux régionaux avec les pays Membres; mesures initiales pour la formulation d'un plan d'action, avec détermination des responsabilités respectives au niveau du Siège, des Régions et des pays.' Des espoirs y sont exprimés quant aux possibilités de financement. Le point essentiel qui a été omis dans ce document, c'est que les soins de santé primaires relèvent très largement de l'action des collectivités elles -mêmes et que le rôle le plus efficace que l'OMS pourrait remplir serait un rôle de persuasion auprès des pays intéressés. La meilleure formule à adopter pour la prestation des soins de santé primaires, ainsi que la forme que prendra la participation de l'Organisation pourraient être déterminées par extrapolation à partir des résultats d'expériences positives antérieures. Il faudrait aussi sans doute freiner l'envoi d'experts ou de prétendus experts aux pays ayant besoin d'aide, donner à ces experts une nouvelle orientation et une nouvelle formation et surtout organiser de façon intensive et judicieuse la formation de personnel local. Le développement des soins de santé primaires doit s'inscrire dans un cadre plus large. Ainsi, au Malawi, le développement de l'agriculture - fer de lance de toute action de développement - comporte des éléments sanitaires. Il est encourageant de voir que beaucoup de pays et d'institutions comprennent l'importance de cette approche globale. Depuis soixante -dix ans - bien avant que les médecins aux pieds nus ne soient célèbres en Occident la cheville ouvrière des services de santé est l'assistant médical. Il est toutefois dangereux de confier à des personnes insuffisamment formées le soin de dispenser les médicaments très actifs dont on dispose aujourd'hui. Il faut accorder une place très importante à la supervision dans les systèmes de soins de santé primaires. Il importe en outre de construire à partir de ce qui existe déjà. Le Dr Chitimba se félicite de voir qu'en 1976 les discussions techniques du Comité régional de l'Afrique porteront sur la médecine traditionnelle. Il n'existe pas de modèle de services de santé primaires. Il est peu probable que des réunions et des conférences puissent mettre en relief les besoins essentiels des différents pays. Ces réunions ne sont que des tribunes dont on se sert pour glorifier tel ou tel système particulier de soins de santé primaires. A l'échelon régional, toutefois, les réunions de représentants de pays confrontés à des problèmes similaires, auxquelles participent l'OMS et d'autres institutions intéressées, sont davantage susceptibles de porter fruit. Les exemples exposés dans l'étude commune FISE /OMS n'ont pas encore subi l'épreuve du temps. L'optimisme doit donc être tempéré de prudence. :

Le Dr KUPFERSCHMIDT (République Démocratique Allemande) estime que l'organisation de services de soins de santé primaires couvrant l'ensemble de la population, notamment dans les zones rurales de beaucoup de pays en voie de développement, doit être un objectif prioritaire pour l'OMS. Au cours des trente dernières années, la République Démocratique Allemande a mis soins de santé primaires axés sur la prévention et sur pied un système complet de services la réadaptation; responsabilité de l'Etat; développement planifié dans le cadre du développement socio- économique; couverture totale de la population avec gratuité des soins médicaux à tous les échelons - depuis les prestations primaires jusqu'aux soins hautement spécialisés - formant une pyramide de soins médicaux intégrés; harmonisation de la théorie et de la pratique en protection sanitaire, c'est -à -dire application rapide aux domaines pratiques, même à l'échelon primaire, des progrès de la médecine et de la technique; participation de la collectivité à la solution des problèmes sanitaires. Il faudrait que des pays où les conditions socio- économiques sont différentes aient l'occasion d'échanger des points de vue sur l'organisation des services de santé en vue d'améliorer les prestations qu'ils offrent dans le cadre d'un service national. La délégation de la République Démocratique Allemande appuie les recommandations formulées dans le projet de résolution présenté par la délégation de Cuba et d'autres délégations en vue d'aider les Etats Membres à mettre au point leurs propres solutions aux problèmes urgents que pose la protection sanitaire primaire, compte tenu de leurs propres besoins médicaux, sociaux, culturels, politiques et économiques. :

Le Dr KIVITS (Belgique) souligne qu'il est de plus en plus évident que le transfert indiscriminé des systèmes de soins de type occidental dans des pays de culture différente, de structure sociale différente, de niveau économique différent ne permet pas de répondre aux besoins essentiels de la grande majorité des habitants; même en Belgique, ce système de médecine hyperspécialisée s'appuyant sur une technologie avancée est remis en question en raison de son coût élevé et du fait qu'il ne répond pas aux besoins élémentaires de la population. Par ailleurs,

1 Actes officiels OMS, N° 226, 1975, annexe 15, p. 118.

536

VINGT- HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

dans les pays en voie de développement, les campagnes polyvalentes contre certaines endémies, malgré leur brillant succès, n'ont pas apporté à la population les soins de santé essentiels dont elle a besoin en permanence. La délégation de la Belgique est reconnaissante au Directeur général d'inviter les responsables nationaux de la santé à faire preuve d'imagination et d'initiative. Dans la limite de ses ressources, la Belgique répond à des demandes d'aide d'un certain nombre de pays pour organiser des services mieux adaptés aux besoins réels des habitants. Les conseils de l'OMS lui seront aussi utiles qu'aux pays qui recherchent son assistance. Une unité spéciale de recherche en organisation des services de santé de base et en éducation sanitaire a été créée à l'Institut de Médecine tropicale d'Anvers. On espère que les autorités des pays dans lesquels se déroulent diverses expériences en collaboration avec la Belgique communiqueront, le moment venu, les résultats des programmes au Secrétariat de l'OMS. Il faut souhaiter par ailleurs que le rapport du Directeur général et l'étude commune FISE /OMS sur différents moyens de répondre aux besoins sanitaires fondamentaux dans les pays en voie de développement seront étudiés à la fois par les pays donneurs d'aide et les pays demandeurs d'aide et que l'OMS pourra jouer son rôle de coordonnateur dans les accords bilatéraux. Les hôpitaux coûteux dotés d'équipements techniques perfectionnés imposent aux pays des charges récurrentes énormes et exigent, pour être bien gérés, un personnel technique et administratif hautement qualifié dont beaucoup de pays ne disposent pas encore. Les coûts de construction de ces hôpitaux sont souvent couverts par une aide extérieure, mais les frais de fonctionnement, qui se renouvellent chaque année et qui peuvent atteindre un tiers du prix de la construction, sont à la charge du pays même. Il ne reste alors pas grand -chose dans le budget national de santé pour organiser des prestations accessibles aux populations rurales ou aux populations marginales des grandes villes. Les hôpitaux ne sont utiles que dans la mesure où ils sont les maillons principaux d'un réseau d'unités sanitaires de divers échelons qui s'étendent sur tout le pays de manière à couvrir les besoins essentiels des populations jusque dans les régions les plus éloignées. Il faut que les gouvernements aient le courage de renoncer aux perfectionnements exagérés des services de santé en faveur d'une répartition plus équilibrée des ressources pour garantir le fonctionnement des services périphériques. Le rapport du Directeur général propose que la population locale contribue par ses efforts à la mise sur pied des services de santé primaires. C'est là en effet un aspect très important car les soins médicaux gratuits pour tout le monde ne sont jamais qu'un slogan électoral qui incite les consommateurs à la passivité. Il est juste également de replacer le système de soins de santé primaires dans le contexte du développement socio- économique car l'amélioration des conditions générales de vie amène elle -même une amélioration du niveau de santé. L'OMS a donné d'excellentes directives et d'utiles renseignements concernant la formation dea agents de santé primaires et la participation des collectivités à la mise sur pied des services. Il faut que les médecins et les autres personnels techniques soient préparés à confier aux agents de soins primaires un certain nombre de tâches pour parvenir à un service de santé coordonné. Le personnel professionnel doit être préparé à travailler au sein d'une équipe médicale dont l'objectif est de promouvoir les activités sanitaires dans le cadre des programmes de développement. La tâche la plus difficile sera sans doute de convaincre les médecins qui, jusqu'à présent, ont été formés dans l'optique traditionnelle d'accepter cette évolution nécessaire. Les médecins qui s'intéressent aux problèmes de santé publique restent une minorité, mais comme la formation de médecins n'a pas suivi le rythme d'accroissement de la population, il sera de plus en plus nécessaire qu'ils remplissent le rôle de conseillers et d'évaluateurs plutôt que de praticiens. Le personnel paramédical devra se charger du diagnostic et du traitement des maladies courantes. Le Dr TZUJENCHOKA (Chine) déclare que la Chine est un Etat multinational qui, sous la direction du Président Mao Tsé -toung, est parvenu à une unité nationale sans précédent. Elle sait d'expérience que le Tibet, avant d'être libéré en 1951, était une société extrêmement réactionnaire reposant sur le système féodal du servage. Ni soins médicaux, ni médicaments n'étaient accessibles à la masse de la population tibétaine et la mortalité maternelle et infantile était très élevée. Le pays était réduit à la stagnation, avec une économie en déclin et une population en régression parmi laquelle les maladies infectieuses faisaient de terribles ravages. Depuis la libération, la société tibétaine a été transformée sous la conduite du Président Mao Tsé -toung et avec le soutien de la totalité du peuple chinois; le peuple tibétain a réalisé des progrès remarquables dans tous les domaines. La production agricole a beaucoup augmenté et la Région autonome du Tibet se suffit maintenant à elle -même pour les céréales et les huiles comestibles. L'industrie, qui était pratiquement inexistante auparavant, comprend maintenant des fabriques textiles, des centrales électriques, des fabriques d'outillage agricole, des laboratoires pharmaceutiques et des ateliers de réparation des appareils médicaux. Les services médicosanitaires ont également progressé rapidement. A la fin de 1974, le nombre des établissements médicaux au Tibet avait augmenté de 28,5 fois et le nombre de lits de 18,3 fois par rapport à 1959. Le personnel médical, y compris les médecins aux pieds nus, était 19,5 fois plus élevé et le montant des crédits affectés par le Gouvernement central à la région plus de 12 fois plus élevé qu'en 1959. Il y a un hôpital dans chaque préfecture, dans chaque arrondissement et dans chaque municipalité, un dispensaire dans chaque district et des postes sanitaires dans les

COMMISSION A

:

VINGTIEME SEANCE

537

communes populaires, qui ont été constituées maintenant dans 93 % des municipalités de la région. Des médecins aux pieds nus sont attachés aux équipes de production. Un réseau de services de santé a ainsi commencé à prendre forme dans toute la région. Tous les travailleurs du Tibet peuvent bénéficier de soins curatifs et préventifs gratuits, et des équipes médicales venues de plusieurs autres provinces aident le personnel de la région. Parallèlement, la médecine traditionnelle du peuple tibétain s'est également développée et les autorités mettent en pratique la directive du Président Mao "Pour l'action médico- sanitaire, faire porter l'essentiel des efforts sur les zones rurales ", en accord avec les quatre principes de l'action sanitaire en Chine qui sont "Servir les travailleurs, les paysans et les soldats; mettre la prévention au premier rang; conjuguer les efforts des praticiens de la médecine traditionnelle et de la médecine occidentale; et intégrer l'action sanitaire à l'action populaire ". Un grand nombre de médecins aux pieds nus ont été formés pour desservir les zones agricoles et pour assurer des services sanitaires jusque dans les régions les plus reculées. Les travailleurs médicaux des villes ont la possibilité de travailler dans les zones rurales par rotation; aussi 70 % des travailleurs médicaux du Tibet travaillent -ils pendant de longues périodes en milieu rural; des équipes médicales mobiles rattachées à tous les hôpitaux de préfecture, de municipalité et d'arrondissement sont envoyées chaque année dans les zones agricoles afin d'apporter les services médicaux et les médicaments directement à la population des villages. Un certain nombre de mesures préventives ont également été prises une vaste campagne patriotique d'assainissement a été lancée dans les zones urbaines et rurales pour améliorer les conditions d'hygiène, détruire les animaux et insectes nuisibles, extirper les maladies et modifier les habitudes personnelles. I1 y a eu des campagnes de vaccination contre quelques maladies; la variole et le choléra ont été éradiqués. Les maladies endémiques et les maladies les plus courantes ont été maîtrisées grâce à des opérations de dépistage à grande échelle suivies de traitement. Les services de santé maternelle et infantile ont été développés; les traitements des troubles gynécologiques courants sont maintenant généralement accessibles, des sages - femmes ont été formées et les méthodes modernes d'accouchement ont été propagées. Des crèches et garderies de différents types ont été organisées dans chaque arrondissement de la Région; elles groupent 70 % des enfants d'âge préscolaire. Ces garderies assurent aux enfants un bon développement et la population du Tibet a doublé depuis 1959. L'enseignement médical également s'est développé rapidement. Le Tibet compte maintenant sept écoles de médecine et un grand nombre d'étudiants ont en outre été envoyés dans d'autres provinces de Chine pour étudier la médecine ou la pharmacie. Beaucoup de médecins tibétains ont été ainsi formés, qui sont en majorité des enfants de serfs et d'esclaves émancipés. Le Dr Tzujenchoka elle -même, issue d'une famille ainsi exploitée, a été envoyée faire ses études à l'Institut des Nationalités du Tibet, puis à l'Institut des Nationalités du Nord -Ouest. Après avoir obtenu le doctorat en médecine, elle est revenue au Tibet, où elle occupe maintenant les fonctions de directeur adjoint du Bureau de la Santé de la Région autonome du Tibet. Son cas est une illustration typique des transformations radicales qui ont eu lieu au Tibet et dans d'autres parties de la Chine. : : :

Le PRESIDENT, constatant que le projet de résolution sur la promotion des services nationaux de santé proposé par le groupe spécial du Conseil exécutif et le projet de résolution sur le même sujet présenté par les délégations de Cuba, de la Mongolie, de la Tchécoslovaquie et de l'URSS ont un certain nombre de points en commun, propose de constituer, pour examiner ces deux projets de résolution et les amendements suggérés, un groupe de travail composé du Président du groupe spécial du Conseil exécutif, des coauteurs du second projet, des délégations de l'Egypte, de la Roumanie et de toutes les autres délégations qui pourront souhaiter y participer. (Voir la suite du débat dans la section 3 ci- Kdessous.) 2.

ETAT D'AVANCEMENT DU PROGRAMME ANTIPALUDIQUE (suite de la dix -neuvième séance, section 1)

Ordre du jour, 2.5

Le Dr VELIMIROVIC (Autriche) présente la version suivante du projet de résolution sur l'état d'avancement du programme antipaludique, qui a été approuvée par le groupe de travail

:

La Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé, Rappelant la résolution WHA27.51; Ayant examiné le rapport du Directeur général sur l'état d'avancement du programme antipaludique et les observations que le Conseil exécutif a faites à ce sujet à sa cinquante cinquième session; Reconnaissant la gravité des conséquences qu'a, en particulier pour les enfants, la détérioration de la situation épidémiologique dans un certain nombre de pays où ont été mis en oeuvre des programmes antipaludiques; Consciente de la nécessité urgente pour l'Organisation de prendre des mesures énergiques, en particulier pour faire échec à la recrudescence actuelle du paludisme dans de nombreuses zones du monde; Consciente et préoccupée des sérieuses difficultés - en particulier manque d'insecticides, de médicaments antipaludiques et de matériel et coût croissant des fournitures,

538

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

moyens de transport et services - auxquelles les gouvernements doivent faire face pour conserver aux opérations antipaludiques le degré d'efficacité voulu; Constatant en outre que les ressources du fonds bénévole pour la promotion de la santé - compte spécial du paludisme - ne sont plus d'un niveau suffisant pour que l'assistance nécessaire puisse être fournie aux Etats Membres; Notant avec satisfaction la décision prise par le Conseil exécutif de créer un comité ad hoc composé de membres du Conseil et chargé d'étudier de près la question en collaboration avec le Secrétariat, ENGAGE vivement les gouvernements à réexaminer leurs priorités dans le secteur de la 1. santé en tenant dûment compte de la situation du paludisme et du risque de propagation de la maladie dans leurs pays et à mobiliser les ressources nationales nécessaires pour assurer le soutien continu que suppose la réalisation de leurs programmes antipaludiques; INVITE les comités régionaux à accorder une attention spéciale, lors de leurs 2. prochaines sessions, à la situation du paludisme dans les Régions et à faire des recommandations relatives à l'orientation des programmes antipaludiques dans le cadre régional; PRIE le Directeur général, compte tenu des considérations énoncées par le Comité 3. ad hoc du Paludisme créé par le Conseil exécutif d'aider les Etats Membres à planifier, évaluer et exécuter des programmes anti1) paludiques, selon la situation, les besoins et les ressources propres de chaque pays; de procéder à une étude approfondie de la situation actuelle concernant la mise 2) au point et la production de médicaments antipaludiques et d'insecticides, en vue de faire en sorte que ces instruments indispensables soient disponibles en temps utile, à des prix abordables, pour les programmes antipaludiques nationaux; et d'informer, en vue de s'assurer leur coopération, toutes les institutions et 3) organisations internationales - en particulier le FISE - ainsi que les organismes bilatéraux, d'une part de la détérioration de la situation épidémiologique du paludisme, causée principalement par les difficultés auxquelles se heurtent les pays pour obtenir des insecticides, des médicaments antipaludiques, du matériel et des moyens de transport, et d'autre part du besoin urgent d'une assistance plus importante pour les programmes antipaludiques; 4. ENGAGE vivement les pays disposant de ressources à verser de nouvelles contributions au fonds bénévole pour la promotion de la santé - compte spécial du paludisme - soit en espèces soit en nature, ou à fournir une assistance au titre d'accords bilatéraux dans le cadre de programmes et de plans d'action convenus; 5. PRIE le Conseil exécutif de continuer à suivre de près l'évolution du programme antipaludique à l'échelle mondiale et de faire rapport, selon qu'il conviendra, à l'Assemblée mondiale de la Santé. :

Décision 3.

:

Le projet de résolution est approuvé.1 Ordre du jour, 2.6

PROMOTION DES SERVICES NATIONAUX DE SANTE (suite de la section 1)

Le Dr MARTINS AYRES (Portugal) annonce que sa délégation désire figurer parmi les coauteurs du projet de résolution sur la promotion des services nationaux de santé présenté par Cuba, la Mongolie, la Tchécoslovaquie et l'Union des Républiques socialistes soviétiques. Chaque pays doit mettre au point son propre type de service national de santé afin d'utiliser au mieux les ressources disponibles et d'intégrer les services existants. L'OMS a un rôle important à jouer à cet égard en formulant des directives et en apportant son appui moral aux autorités de la santé publique qui, ayant choisi la bonne méthode pour s'attaquer à ce problème, éprouvent des difficultés pour l'appliquer. Le Portugal s'attache à mettre en place un service national de santé et cet effort se heurte notamment à une résistance de la part des praticiens ayant reçu une formation axée sur la médecine curative. L'organisation d'un service national de santé semble présenter des problèmes à la fois techniques et politiques. Les médecins doivent comprendre que nombre de leurs fonctions pourraient être assumées, de façon tout aussi satisfaisante, par un personnel moins spécialisé; celui -ci doit avoir reçu une certaine formation médicale et travailler en équipe afin de pouvoir être dirigé et supervisé. La délégation portugaise attache une grande importance à la question de la supervision. Les travailleurs sanitaires doivent être recrutés dans les collectivités où ils sont appelés à travailler et avoir accès à une formation plus poussée en vue d'une promotion. Il est également nécessaire d'intéresser l'ensemble de la collectivité à la mise en place de son service national de santé. Le Dr MICHEL (France) fait observer que l'idée de soins de santé primaires en milieu rural n'est pas tout à fait nouvelle puisque, depuis une dizaine d'années au moins, des organismes, placés généralement sous l'autorité des ministères du plan ou de l'économie rurale, s'emploient à implanter des pharmacies villageoises et des postes de secouristes de village parallèlement aux services généraux de santé. Le fait que ces activités ne dépendent pas entièrement des ministères de la santé est quelque peu préocuppant. 1 Ce projet de résolution a été transmis à l'Assemblée de la Santé dans le cinquième rapport de la Commission et adopté sous le numéro d'ordre WHA28.87.

COMMISSION A

:

VINGTIEME SEANCE

539

Des efforts considérables ont été faits pour organiser les services de santé de base et, plus particulièrement, pour former du personnel infirmier. La formation des médecins n'a pas été non plus négligée dans les pays en voie de développement et il arrive souvent que jusqu'à 50 % du budget de la santé soit consacré à ce personnel. Il ne reste alors pas grand -chose pour couvrir les dépenses courantes des services et c'est ainsi que l'on manque de médicaments, de matériel et de moyens de transport. Il faut donc se garder de juger le travail des médecins, dans les pays en voie de développement, aussi sévèrement que le font certains des documents dont est saisie la Commission. Le manque de moyens professionnels est aussi partiellement responsable de l'exode des cerveaux. Il va maintenant être possible, espère -t -on, de prolonger jusqu'au plus profond du milieu rural de nombreux aspects très divers de l'action de santé primaire. Pour assurer le succès de cette entreprise, il serait utile d'évaluer les besoins supplémentaires en matériel de base, en médicaments et en fournitures médicales qui conditionnent, dans une certaine mesure, l'efficacité de l'action de santé primaire. En outre, il est essentiel d'organiser un approvisionnement régulier à partir du niveau central, même si les populations locales doivent assumer une partie des dépenses, car on connaît les problèmes d'approvisionnement auxquels les services de santé classiques doivent eux -mêmes faire face. La promotion des- services nationaux de santé suppose que le médecin continue à exercer ses activités professionnelles classiques ou bien supervise et organise les actions de santé publique. Finalement, les travailleurs sanitaires doivent disposer d'un minimum de moyens logistiques. De nombreux pays donateurs, dont la France, peuvent fournir à cet égard une aide considérable dans le cadre d'accords bilatéraux, mais c'est aux pays en voie de développement qu'il appartient d'exprimer leurs besoins. Le Dr SHRIVASTAV (Inde) regrette de constater que, si le groupe spécial institué pour l'étude de cette question réunit des experts dont la sagesse et l'expérience sont grandes, de vastes régions du monde où des services de soins de santé primaires sont mis en place depuis plusieurs années n'y sont pas représentées.l L'Inde, par exemple, exécute actuellement son troisième plan qui porte sur les soins de santé primaires. Le titre du point de l'ordre du jour prête dans une certaine mesure à confusion car, comme le délégué des Etats -Unis l'a fait observer, la discussion est surtout axée sur la question des soins de santé primaires. L'expérience indienne semble indiquer que l'organisation de services nationaux de santé - même lorsqu'il s'agit de soins de santé primaires - tend à donner un peu trop d'importance aux échelons supérieurs, de sorte qu'il ne reste plus assez d'argent pour certains postes tels que le matériel et les aliments d'appoint. Il faut donc que la structure adoptée dans un pays donné soit en rapport avec les fonds dont ce pays dispose, ainsi que les délégués des EtatsUnis et du Malawi l'ont déjà indiqué, et l'on doit bien se rendre compte que les ressources financières étant limitées, couverture et structure sont, dans un certain sens, inconciliables s'agissant des services de santé de base. En Inde, l'action de santé primaire est assurée en pour atteindre le taux travailleurs partie par des travailleurs de santé de base des deux sexes sanitaires /population souhaitable, il faut évidemment avoir les moyens de payer ces travail.leurs. Le rapport fait allusion à la formation qui, jusqu'ici, a été surtout monovalente; l'organisation d'une formation plurifonctionnelle est un vaste problème qui mérite d'être étudié à part et n'a pas encore, semble -t -il, fait l'objet d'un examen approfondi. Il a été fait aussi allusion à la participation de la collectivité, notamment dans les pays en voie de développement. Cette participation est évidemment très difficile à obtenir, d'autant plus que l'on n'a pas encore défini très clairement ce qu'il fallait entendre par là en pratique. Le meilleur moyen d'assurer une participation au niveau de la collectivité est de faire appel à des travailleurs bénévoles, ne recevant aucune subvention de l'Etat et profondément intéressés par ce travail, auxquels serait dispensée une formation minimale. C'est ainsi que des enseignants, des travailleurs techniques indigènes et des ménagères instruites pourraient participer, à titre bénévole, à l'action de santé primaire. Les éléments de base de ce personnel varieront évidemment d'un pays à l'autre, mais il serait souhaitable d'utiliser la structure sanitaire de base existante en la réorientant dans le sens le plus approprié. En Inde, où l'on dispose déjà de travailleurs des deux sexes dans les services de santé de base, on s'emploie à donner une formation de deux à trois ans à des assistants médicaux et sanitaires dont les activités seront plus préventives que curatives. Il importe que les services de santé nationaux tiennent compte des liens existants entre les unités primaires et les institutions de médecine préventive et curative de haut niveau. Il a été fait mention de la Charte de la Santé pour l'Asie; à cet égard, il est essentiel de déterminer d'où viendront les fonds nécessaires aux activités prévues par la Charte, étant donné la situation difficile dans laquelle se trouvent certains pays de cette région du monde du fait de famines et de catastrophes naturelles. :

1 Voir la composition du groupe dans Actes officiels OMS, N° 224, 1975, p. XIX, ainsi que la note au bas de la page 526.

540

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

Le Professeur KOSTRZEWSKI (Pologne) rappelle qu'à de précédentes sessions de l'Assemblée de la Santé, sa délégation a exprimé ses vues sur l'action de santé primaire et sur les services nationaux de santé dans des pays parvenus à divers stades de développement. Il souligne l'importance que revêtent ces activités qui constituent certains des éléments les plus importants de l'action future de l'OMS. Il est encourageant d'entendre dire que l'action de santé primaire est considérée comme une partie intégrante du système de services de santé et doit être pleinement appuyée par les services nationaux de santé. La délégation polonaise est favorable au projet de résolution proposé par le groupe spécial du Conseil exécutif comme à toute proposition pouvant contribuer à améliorer et à accélérer le programme de l'OMS en matière de soins de santé primaires. Le Dr TOTTIE (Suède) estime qu'il faudra pleinement tenir compte des diverses observations de la Commission lors de l'élaboration du futur programme de l'OMS. Les vues générales qui ont été exprimées permettent de penser qu'il devrait être possible de s'entendre sur une résolution unique.

Se référant à l'information qui figure à la section V.4 du rapport du Directeur général,1 au sujet des fonds que la Suède pourrait mettre à la disposition de l'OMS en 1975, 1976 et 1977 pour soutenir des recherches sur les soins de santé primaires, le Dr Tottie précise que le 15 mai 1975 le Gouvernement suédois a décidé de dégager un montant de 1,25 million de dollars pour 1975 et 1976 et espère pouvoir débloquer des fonds pour 1977 afin d'appuyer le programme OMS de recherche sur le développement des systèmes sanitaires dans les pays en voie de développement. Le Dr ASVALL (Norvège) approuve entièrement le principe selon lequel il y a lieu de donner la priorité aux services de santé de base lorsque l'on développe l'infrastructure sanitaire, d'organiser ces services en fonction des besoins locaux et de les promouvoir en étroite coopération avec la collectivité locale. Les idées avancées dans le rapport du Directeur général sont du plus haut intérêt, mais certains passages sont quelque peu préoccupants. Le problème consiste essentiellement à déterminer comment adapter au mieux les services de santé locaux à la collectivité à laquelle ils sont destinés ainsi qu'aux ressources disponibles. Or, il existe sur ces deux points d'énormes différences entre les Etats Membres. Le document indique que certains facteurs doivent être communs à l'ensemble des pays et l'accent est également mis sur la nécessité de confier, dans chaque collectivité, la responsabilité de l'action de santé primaire à des travailleurs locaux choisis par la communauté, formés sur place et coiffés par un superviseur médical qui soit également accessible à la communauté et accepté par elle. Si cette notion présente maints avantages dans le cas des pays sous -développés, on peut se demander s'il y a lieu de l'appliquer aux pays développés dont l'action de santé primaire est déjà assurée par des médecins pleinement qualifiés et du personnel paramédical formé dans des écoles professionnelles. Par ailleurs il faut se souvenir, en ce qui concerne les pays développés, que la société est devenue plus mobile et que les habitants et le personnel sanitaire ne restent que quelques années au même endroit ils connaissent donc mal les personnes qui les entourent, contrairement à ce qui se passe dans les communautés très compactes des pays en voie de développement. Comme les orateurs précédents, le Dr Asvall estime que les recommandations du rapport, si l'on doit les considérer comme universellement valables, pèchent par un certain déséquilibre dans la relation qu'elles établissent entre les services de santé primaires et les services plus spécialisés. Lorsque les ressources sont rares, elles doivent incontestablement être affectées à des services de santé de base simples. Par ailleurs, certains pays où le niveau de vie est relativement élevé peuvent assurer des soins à la fois étendus et hautement spécialisés, ce que nul ne songe à nier, mais il est des cas où, dans divers pays, certains groupes nourrissant de fortes préventions à l'encontre du personnel professionnel tendent à simplifier de façon excessive le problème de l'action sanitaire et à nier la nécessité de compétences médicales particulières alors que celles -ci sont indispensables; il importe donc particulièrement que tout document de l'OMS donnant des indications générales sur le développement des services de santé maintienne un juste équilibre dans ses recommandations. Le rapport considéré aurait gagné à souligner encore davantage les différences existant entre pays parvenus à divers stades de développement en ce qui concerne à la fois la détermination des priorités et la recherche de solutions aux problèmes pratiques. L'OMS doit être félicitée de la manière originale dont elle s'est attaquée au problème de l'implantation des services de santé de base dans les pays sous -développés en exploitant la précieuse expérience des pays qui s'attachent à apporter à leurs problèmes des solutions nouvelles. Nul doute qu'elle poursuivra son travail dans ce domaine en tenant dament compte des caractéristiques locales des Régions et des pays. La délégation norvégienne appuie donc sans réserve le projet de résolution proposé par le groupe spécial du Conseil exécutif, tel que suggère de l'amender la délégation de Roumanie. Il faut espérer que l'on pourra s'entendre sur un texte remanié unique qui regroupera les. projets de résolutions proposés. Le principe général dont's'inspire le paragraphe 6 du dispositif du projet de résolution soumis par les délégations de Cuba, de la Mongolie, de la :

1

Actes officiels OMS, N° 226, 1975, annexe 15, p. 118.

COMMISSION A

:

VINGTIEME SEANCE

541

Tchécoslovaquie et de l'Union soviétique mérite d'ètre retenu, mais on peut se demander si l'échange d'expériences sur le développement des services nationaux de santé ne devrait pas constituer le sujet des discussions techniques d'une future Assemblée de la Santé plutôt que celui d'une réunion ou conférence internationale réunie spécialement à cet effet.

Le Dr NONDASUTA (Thaïlande) pense que, dans les cas oú des services relevant du secteur privé se développent parallèlement au système de santé publique et al ce dernier ne permet pas de répondre à des demandes croissantes, les gouvernements devraient prendre des mesures pour promouvoir leurs propres services de santé afin de mettre en place un système efficace et viable reliant ou incorporant les deux systèmes. En outre, il faut s'assurer, dans la mesure du possible, que les politiques suivies dans des domaines autres que la santé ne vont pas à l'encontre de la planification sanitaire mais, au contraire, la complètent. Les services de santé doivent travailler en coopération avec la population au lieu de chercher à imposer les mesures qu'ils ont décidé d'appliquer; en conséquence, l'un des éléments essentiels de la stratégie sanitaire doit être la participation du grand public. Dès lors les agents de santé primaire, tout en étant placés sous la surveillance des services de santé et en profitant pleinement de leur appui, doivent rester dans le secteur privé. Ils feront partie, si possible, de l'administration du village qui est la plus petite unité communautaire. Il sera peut -être possible un jour d'enseigner à ces agents de santé primaire des méthodes de planification simples qui leur permettront de s'adapter eux -mêmes aux besoins futurs; ce devrait être là l'objectif final de tout effort de développement et il faudrait que l'OMS et le pays intéressé se penchent sérieusement sur cette question. Le Gouvernement thaïlandais appuie sans réserve la ligne de conduite adoptée dans ce domaine par l'Organisation et continuera à développer en ce sens son propre système de soins de santé primaires. Le Dr RAHMAN (Bangladesh) souligne la nécessité d'une meilleure coordination, au niveau du Siège, entre les programmes très divers dont l'OMS assure l'exécution; sur le terrain, l'étroite corrélation qui existe entre ces programmes apparaît clairement. L'examen de la situation sanitaire auquel les autorités du Bangladesh se sont livrées en 1973 a montré à l'évidence que les soins de santé primaires constituaient une priorité absolue. Des efforts ont été faits pour déterminer le type de formation qu'il convient de dispenser au personnel en place et pour rationaliser l'action sanitaire en tenant compte des besoins et des moyens. Ainsi, on a cessé de mettre l'accent sur les activités curatives n'intéressant qu'une petite partie de la population pour s'intéresser davantage au bien -être de la famille ainsi qu'à un programme minimum de protection sanitaire, basé sur les soins à domicile et les activités de village, destiné à couvrir 85 % de la population. On a maintenant formé le premier contingent d'agents de santé primaire et entrepris d'intégrer les soins de santé primaires en commençant à la base plutôt qu'au sommet, ce qui a suscité une certaine opposition de la part de certains groupes professionnels. Le programme est exécuté au niveau national depuis environ 18 mois et plus de 60 % des objectifs ont déjà été atteints. Cette action doit être liée au programme de développement rural et bénéficier de l'aide d'institutions bénévoles. On étudie actuellement les possibilités d'institution d'un système d'assurance -maladie.

Pour le Dr TARIMO (République -Unie de Tanzanie), le rapport considéré procède d'une approche nouvelle et montre que l'on est maintenant conscient de la nécessité de prendre des mesures pour assurer des soins de santé primaires. Il partage l'espoir que les débats de la présente Assemblée déboucheront sur une action concrète le rapport dont est saisie la Commission expose lui -même clairement plusieurs lignes de conduite possibles. En Tanzanie, le développement sanitaire rural fait partie intégrante du développement rural. Parmi les nombreux problèmes auxquels on s'est heurté, il en est beaucoup qui sont identiques à ceux décrits dans le rapport; on mentionnera en particulier la difficulté qu'il y a à faire adopter les principes de l'action de santé primaire par le corps médical qui, tout en approuvant le développement des services de santé ruraux, estime que le Gouvernement doit faire bénéficier la population de tous les avantages de la médecine moderne. Or, il est évident qu'un pays en voie de développement doit choisir entre une action de santé primaire dont la couverture est aussi large que possible et l'implantation de grandes unités médicales. En Tanzanie, on a volontairement freiné l'augmentation du nombre des lits d'hôpital, qui est maintenant limitée à 3 % par an, soit le strict nécessaire pour tenir compte de l'accroissement de la population. Les agents de santé primaire constituent l'élément de base du service de santé de la Tanzanie, car la formation d'un médecin est aussi coùteuse que celle de dix travailleurs de santé primaire; il va de soi que s'il n'y avait pas une telle différence, ces deux catégories de personnel devraient être représentées au sein de l'équipe. Par ailleurs, de nombreux pays doivent faire face à ce que l'on appelle "l'exode des cerveaux" et s'il est essentiel d'assurer de bonnes conditions d'emploi, la Tanzanie n'estpas en mesure de verser des traitements aussi élevés que les pays développés, encore que l'exode des cerveaux ne constitue pas pour elle un problème. Les travailleurs sanitaires auxiliaires apportent une utile contribution et doivent être en mesure d'accéder à des postes de responsabilité après avoir reçu une formation plus :

poussée.

542

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

Le Dr Tarimo partage l'avis du délégué du Malawi sur la nécessité de coordonner les activités de plus en plus nombreuses qui sont entreprises au niveau des pays sous l'égide de l'OMS, et il souligne la difficulté qu'il y a à intégrer les programmes verticaux à objectif unique, qui sont parfois exécutés au détriment des services de santé de base. Le Dr KLIVAROVA (Tchécoslovaquie) se déclare en accord avec les orateurs qui ont souligné la nécessité de nouvelles études de l'OMS sur les systèmes de services de santé des différents pays et sur les résultats de leur expérience. Elle ne voit pas très bien pourquoi, dans le rapport du Directeur général, on semble avoir fait une distinction entre les services de soins de santé primaires et les services généraux de santé d'un pays, comme si les soins spécialisés assurés par ces derniers n'étaient pas destinés à l'ensemble de la population. L'affirmation du paragraphe 2.2 de la section Il selon laquelle l'écart entre les services de santé ruraux et urbains a tendance à s'élargir n'est pas confirmée par les faits dans certains pays où, au contraire, l'écart en question, si tant est qu'il existe, diminue chaque année. Selon elle, le rapport du Directeur général a tendance à trop simplifier les choses. Au cours de ces dernières années, son pays a accumulé une expérience considérable en matière d'organisation des services nationaux de santé, y compris les services de soins de santé primaires, qui n'en sont pas moins partie intégrante de l'ensemble du système de santé. Le médecin de district et son personnel (une infirmière généraliste, une infirmière de santé maternelle et infantile, une infirmière de gériatrie et des auxiliaires) collaborent avec la collectivité et les membres de la Croix -Rouge, qui reçoivent une formation spéciale. Les soins de santé primaires peuvent être assurés par des auxiliaires pourvu qu'ils soient encadrés par du personnel qualifié, de niveau intermédiaire au moins en attendant qu'on dispose de personnel médical pleinement qualifié. La délégation tchécoslovaque, coauteur de l'un des projets de résolutions présentés, espère pouvoir donner son appui au projet que le groupe de travail est en train de préparer. Le Dr AZIZ (Pakistan) fait valoir que la question débattue intéresse de très près son pays dont 75 % de la population vit dans des zones rurales et n'a que médiocrement accès aux services de santé. Ces populations, qui souffrent de maladies parasitaires, de malnutrition et de diverses maladies transmissibles, sont trop pauvres pour payer les soins dont elles ont besoin. On ne peut guère envisager de les faire bénéficier dans un avenir prévisible de services de santé modernes, parfaitement équipés. Néanmoins, le Gouvernement a donné la priorité à l'équipement sanitaire des populations rurales, et il a mis au point un projet de programmation sanitaire nationale qui concorde pour l'essentiel avec les recommandations contenues dans le rapport dont est saisie la Il est prévu que ce projet de soins de santé primaires fasse appel à la participation pleine et entière de la collectivité, ainsi qu'à toutes les ressources nationales disponibles. Il doit être intégré aux services généraux de santé. Etant donné que la mise en oeuvre de ce programme reviendra très cher, une aide extérieure, notamment de la part de l'OMS, sera indispensable à son succès. M. GOUDARZI (Iran) indique qu'un projet pilote a été lancé en Iran en 1972 avec la collaboration de l'OMS en vue de la promotion des services nationaux de santé. Bien qu'on puisse aborder le problème de bien des façons, toutes techniquement possibles, l'expérience d'autres pays a montré que nombre de ces prétendues solutions ne sont pas réalisables en pratique, surtout si elles font appel à une technologie de pointe. M. Goudarzi souligne qu'il est nécessaire que chaque pays prévoie et mette au point un système adapté à la situation locale, compte tenu des conditions socio- économiques et des ressources disponibles. En Iran, on a mis au point le plan d'un réseau national de santé qui doit être mis en oeuvre au cours de l'actuel cinquième plan quinquennal. Il prévoit la formation systématique de travailleurs sanitaires de première ligne dans des centres de district proches des zones rurales, les stagiaires devant être recrutés autant que possible dans les régions mêmes où ils seront appelés à exercer. On a sérieusement envisagé diverses méthodes de rechange pour développer le système des services de santé, y compris la distribution de soins de santé primaires dans les zones rurales. On a décidé toutefois qu'un réseau sanitaire complet, doté d'échelons de responsabilité bien définis et visant à assurer une couverture complète de la population était le système qui convenait le mieux à l'Iran. Outre la formation des travailleurs sanitaires de première ligne, le projet prévoit le renforcement des autres échelons et l'élargissement des services assurés par les hôpitaux régionaux. Le Dr DAB (Népal) indique que dans son pays plus de 96 % de la population vit dans des villages très dispersés et séparés les uns des autres par des montagnes inaccessibles. Cette situation complique considérablement le problème de la distribution des soins de santé aux populations rurales. Comme le précédent orateur, il souligne qu'il est nécessaire que chaque pays mette au point son propre système de distribution des soins de santé primaires. Au Népal, deux projets pilotes répondant à des protocoles différents ont été lancés dans deux districts à la topographie très contrastée, l'objectif étant ici d'assurer des soins de santé primaires intégrés au niveau le plus fondamental. Une aide considérable a été fournie par l'OMS et l'AID. Les résultats d'une expertise impartiale ont montré que le système assurait efficacement la distribution des soins de santé primaires dans les secteurs où l'éradication du paludisme a désormais atteint la phase de pré- entretien. Il reste encore à expérimenter un système pouvant convenir

COMMISSION A

:

VINGTIEME SEANCE

543

aux régions rurales de haute montagne. On prévoit que chaque conseil de village devra comprendre des travailleurs sanitaires de village ayant reçu une formation sommaire. Le Dr Das estime qu'il serait intéressant de faire une étude sur le système intégré de distribution de soins de santé primaires qui existe actuellement dans six districts du Népal. Le Dr MAFIAMBA (République -Unie du Cameroun) dit que, depuis que son pays a accédé à l'indépendance, la population est devenue de plus en plus consciente des problèmes de santé. Aux termes des trois plans quinquennaux de développement, on entend réaliser d'ici à 1980 la couverture sanitaire complète de la population, mais en dépit des progrès réalisés dans l'équipement sanitaire des secteurs urbains et ruraux, ainsi qu'en matière de formation du personnel, il reste encore beaucoup à faire. Avec l'aide de l'OMS et du FISE, quatre des six zones pilotes de démonstration sanitaire projetées ont été créées depuis 1966, et le fonctionnement des services de santé intégrés a fourni de précieux enseignements. Le Gouvernement souhaite étendre cette expérience au reste du pays, mais il se heurte à de grandes difficultés. Au rythme actuel de formation des personnels de santé, la couverture sanitaire intégrale reste un objectif assez lointain. Dans le domaine de la santé maternelle et infantile par exemple, 40 % des grossesses et des accouchements ne bénéficient pas encore d'une surveillance et de soins spécialisés. En outre, les difficultés de communication et l'insuffisance des infrastructures sociales, combinées au manque d'incitations financières, découragent le personnel de santé de travailler dans les régions rurales écartées où ses services font pourtant cruellement défaut, et l'augmentation rapide du coût des médicaments rend de plus en plus difficile aux habitants des zones rurales, ainsi qu'à la majorité de ceux des zones urbaines, l'achat des produits dont ils ont besoin. Enfin, des groupes d'intérêt puissants s'opposent à tout changement. Se référant à l'étude commune FISE /OMS sur différents moyens de répondre aux besoins sanitaires fondamentaux des populations dans les pays en voie de développement, le Dr Mafiamba souligne que l'on rencontre, dans le personnel médical et de santé publique, une grande résistance à toute suggestion concernant la création de catégories nouvelles de personnel chargées de fonctions médicales, intermédiaires entre les médecins et les infirmières; de même, les infirmières acceptent mal l'idée que soient formés des agents de santé primaire auxquels seraient déléguées certaines de leurs fonctions traditionnelles. Il est probable que des mesures visant à réduire le coût des médicaments rencontreraient aussi une forte résistance chez les fournisseurs établis de médicaments. Comme le montre l'étude commune, une décision politique majeure à l'échelon national est donc nécessaire au départ. Ensuite, il faudra une assistance internationale pour préparer les programmes de formation d'agents de santé primaire ainsi que des programmes d'action pour l'éradication des maladies transmissibles et parasitaires les plus répandues et pour l'amélioration des services d'hygiène du milieu. Il convient de féliciter l'OMS d'avoir appelé l'attention des Etats Membres sur la question par des publications telles que l'étude commune et l'ouvrage consacré à l'assistant médical, mais l'Organisation doit persévérer dans ses efforts pour persuader les Etats Membres de revoir leurs services de soins de santé primaires et de les adapter aux besoins de la grande majorité de la population. La délégation de la République -Unie du Cameroun est favorable au projet de résolution présenté dans le rapport du Directeur général, avec les amendements proposés par les orateurs précédents; l'observation du délégué du Malawi sur la nécessité d'éviter les réunions de comités est particulièrement pertinente et mérite la plus grande attention.

Le Dr O. A. HASSAN (Somalie) souligne que la qualité d'un service, quel qu'il soit, dépend de l'état d'esprit de ceux qui en assurent le fonctionnement et de la formation qu'ils ont reçue. Si les conceptions des médecins et des autres membres du personnel de santé leur ont été inculquées au cours d'études à l'étranger, ou si elles procèdent de conceptions empruntées à l'étranger, il sera impossible de formuler une politique sanitaire fondée sur la réalité immédiate et concrète. Le Dr Hassan propose que tout soit fait pour changer la mentalité et la formation du personnel de santé, qui ne doivent plus être axées sur le malade mais sur la collectivité. Le Dr VIOLAKIS- PARASKEVAS (Grèce) fait valoir que l'expérience accumulée dans son pays au cours des trente dernières années a confirmé qu'en matière de santé il n'est pas de résultats valables sans réseau de santé de base couvrant tout le territoire, et sans effectifs suffisants de personnel de santé qualifié. Les soins de santé primaires doivent reposer sur des connaissances scientifiques et une technique sanitaire modernes susceptibles d'être promptement appliquées, et ils doivent être liés au développement de la collectivité. Le Dr ViolakisParaskevas se déclare pleinement d'accord avec le projet de résolution recommandé par le groupe spécial du Conseil exécutif et amendé par la délégation roumaine. En ce qui concerne la réso-

l'assistant médical, publication 1 Une catégorie intermédiaire de personnel sanitaire mise au point par Pitcairn, D. M. & Flahault, D., Genève, Organisation mondiale de la Santé, 1974 (Cahiers de Santé publique, N° 60). :

544

VINGT- HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

lution proposée par les délégations de Cuba et d'autres pays, elle suggère qu'à la seconde ligne du préambule, les mots entre parenthèses soient modifiés comme suit "traitement, prévention :

et réadaptation ".

Le Professeur HOANG DINH CAU (République démocratique du Viet -Nam), tout en se félicitant de la haute qualité des rapports présentés à la Commission, déplore que certaines délégations aient paru quelque peu pessimistes et perplexes quant au parti à prendre. Le problème n'est pas celui du manque de moyens techniques suffisants, mais de l'insuffisance des ressources financières. Le Professeur Hoang Dinh Cau oppose la modicité relative des dépenses de santé aux sommes énormes que consacrent certains pays à des activités visant à la destruction de la nature et de la vie humaine. La solution réside dans des réformes sociales, socio- politiques et sociomédicales, davantage que dans des progrès de caractère purement scientifique et biomédical. Pour illustrer son point de vue, il cite l'expérience de son pays en matière de formation de cadres sanitaires de base immédiatement après la révolution de 1945. A l'époque, le réseau sanitaire était presque inexistant et le Gouvernement a décidé de former des cadres sanitaires aussi rapidement que possible pour assurer les tâches élémentaires. Des jeunes gens sachant lire et écrire ont été recrutés (90 % des habitants étaient illettrés) et ont suivi un stage de deux semaines pour apprendre à faire les vaccinations antivarioliques, à donner des soins de première urgence et à éduquer la population en matière d'hygiène individuelle et collective. C'est de cette façon qu'a été formé le premier noyau de cadres sanitaires. A l'heure actuelle, le pays compte plus de 10 000 médecins auxiliaires, formés en deux ans, et plus de 400 médecins pleinement qualifiés. Le Dr CHANG (Sous- Directeur général) indique que, comme une trentaine de délégations ont pris part aux débats, il serait difficile de répondre individuellement à toutes les questions, et qu'il essaiera par conséquent de donner des réponses générales. Le titre donné au rapport du Secrétariat et les relations entre les services nationaux de santé, les soins de santé primaires et les services de santé de base ont paru laisser perplexes de nombreux délégués. Le titre a été retenu parce que le rapport concerne l'ensemble des services nationaux de santé, dont les soins de santé primaires sont un important et indissociable élément. Dans les pays en voie de développement, il faut former du personnel rapidement et mettre en place un système de soins de santé efficace permettant d'assurer dans les délais les plus rapides une couverture maximale. Plusieurs délégués ont souligné que les systèmes de soins de santé ne pouvaient pas s'exporter des pays développés aux pays en voie de développement, et que chaque pays devait se doter de son propre système. C'est pourquoi le rapport ne cite aucun modèle ni aucun pays particulier. En ce qui concerne les services de santé primaires, on a suggéré d'enseigner à la population locale l'exécution de certaines tâches précises. Ceci, naturellement, ne signifie pas qu'il ne faille pas former des médecins et des infirmières, ainsi que des cadres sanitaires d'autres catégories, car on sait que certaines maladies peuvent difficilement être traitées à l'échelon primaire, et que les malades qui en sont atteints doivent donc être confiés à du personnel plus qualifié. Les services de santé doivent être envisagés à la fois du point de vue quantitatif et qualitatif. Dans les pays en voie de développement où 80 % de la population vit dans les zones rurales, la question est de savoir quel est le meilleur moyen de desservir les habitants de ces régions. Le Dr Chang se déclare d'accord avec les délégués qui ont suggéré de donner en toute priorité une brève formation à des effectifs suffisamment nombreux pour assurer la couverture, et de s'en remettre ensuite à la formation permanente pour améliorer la qualité de ces personnels. Il n'est nulle part suggéré que le travailleur sanitaire primaire doive être livré à lui -même, sans formation complémentaire ni encadrement pour lui permettre de se perfectionner. L'OMS estime que, grâce à la participation de la collectivité, il est possible de tirer pleinement parti des services des praticiens indigènes et des autres ressources que recèle la collectivité. Il est encore impossible de dire, faute d'expérience suffisante, si telle méthode de développement de la collectivité est supérieure à telle autre. On estime que le travail de santé doit être intégré dans le cadre général du développement rural, d'où l'accent qui a été mis sur l'aspect intersectoriel du développement des services de santé. Dans certains cas, il peut arriver que la santé ne soit pas nécessairement la première des priorités d'une collectivité donnée il faut alors déterminer quels sont les besoins les plus pressants. L'aide extérieure sera souvent nécessaire au début, mais si l'on veut obtenir une couverture plus étendue, l'objectif dernier doit être de pouvoir compter sur soi -même, chaque collectivité tablant sur son propre fonds pour assurer le fonctionnement des services de santé. Plusieurs délégués ont demandé comment les programmes de promotion des services nationaux de santé et de développement des soins de santé primaires doivent être mis en oeuvre. Le Dr Chang pense que, par le passé, on a sans doute trop parlé et pas assez agi, et que les projets étaient trop limités, trop isolés, trop fragmentaires. C'est pourquoi l'OMS s'efforce maintenant, autant que possible, d'incorporer ces projets dans des programmes uniques, et de remplacer les nombreux programmes de santé verticaux par un petit nombre de programmes horizontaux, d'où la nécessité de disposer de cadres sanitaires primaires dotés d'une formation élargie. Cette orientation sera assez longue à mettre en pratique, mais ce qui s'est passé dans le cas de certains programmes antipaludiques peut servir d'exemple. Dans un certain nombre de pays, les équipes de lutte antipaludiques, une fois maîtrisée la maladie, ont reçu une formation sanitaire complémentaire pour :

COMMISSION A

:

VINGTIEME SEANCE

545

pouvoir remplir les tâches du travailleur sanitaire généraliste. Tous ces éléments ont en outre amorcé au sein de l'Organisation des transformations qui visent à décloisonner les divisions et à coordonner plus étroitement les activités du Siège. Le PRESIDENT annonce que le groupe de travail constitué pour remanier les deux projets de résolution dont est saisie la Commission a achevé son travail, et qu'il a fondu ces deux projets en une seule résolution qui sera distribuée dès qu'elle sera prête. La séance est suspendue pendant la traduction de ce document. La séance est suspendue de 13 h.20 à 14 h.15. Le Dr VENEDIKTOV (Union des Républiques socialistes soviétiques), au nom du Professeur Orha (Roumanie), Président du groupe de travail, présente le projet de résolution révisé qui est ainsi conçu :

La Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé, Ayant examiné le rapport du Directeur général sur la promotion des services nationaux de santé;

Considérant les soins de santé primaires comme le point de premier contact des individus avec le système sanitaire national, ces soins devant faire partie intégrante de ce système, être en rapport étroit avec les moeurs et les besoins de la collectivité desservie et être pleinement intégrés aux activités des autres secteurs de développement communautaire;

Reconnaissant la nécessité urgente d'assurer des soins de santé primaires (promotion, prévention, traitement et réadaptation) aux populations insuffisamment desservies; Réaffirmant les résolutions et décisions précédentes (notamment les résolutions WHA20.53, WHA23.61, WHA25.17, WHA26.35, WHA26.43 et WHA27.44) concernant en particulier la nécessité d'encourager l'organisation et le développement de soins de santé complets et efficaces pour que soit respecté le droit de tous d'avoir accès à de tels soins; Soulignant que les soins de santé primaires peuvent être assurés de la manière la plus efficace dans le cadre d'un système sanitaire national complet correspondant aux conditions et aux besoins de chaque pays, compte dament tenu de l'expérience pertinente acquise ailleurs, REMERCIE le Directeur général de son rapport, qu'elle considère comme une étape utile 1. dans la mise en oeuvre des résolutions; INVITE instamment les Etats Membres à prendre les mesures nécessaires pour élaborer 2. et exécuter des plans d'action dans le domaine des soins de santé primaires qui mènent à faire bénéficier toute la population d'un système complet de soins de santé; PRIE le Directeur général 3. de poursuivre les travaux déjà entrepris conformément à la résolution EB55.R16, 1) tels qu'ils sont décrits dans son rapport, en faisant pleinement usage de l'expérience acquise sur les plans national et international en matière de soins de santé primaires ainsi que de toutes les ressources disponibles tant budgétaires qu'extrabudgétaires; d'encourager les Etats Membres à former et utiliser des personnels sanitaires ayant 2) des niveaux appropriés de compétence dans une structure organique qui leur assure un appui et une orientation efficaces. Ces personnels devraient, dans toute la mesure possible, pouvoir recevoir une formation permanente en vue de l'élévation des normes et de la promotion professionnelle; de coordonner et de promouvoir des recherches sur l'amélioration des systèmes de 3) soins de santé primaires, de diffuser des informations sur les progrès accomplis et l'expérience acquise dans les Etats Membres, et d'encourager l'évaluation de cette expérience; PRIE en outre le Directeur général 4. de promouvoir et de faciliter le développement des activités de soins de santé 1) primaires, avec la participation active de différents secteurs socio- économiques et grâce à l'utilisation de différentes approches telles que la planification du développement national ou les entreprises intersectorielles de développement rural ou autre; de continuer à consulter les Etats Membres et les institutions nationales et 2) internationales intéressées en vue d'obtenir une assistance pour l'élaboration d'un programme élargi à long terme de soins de santé primaires qui tienne compte des questions techniques aussi bien que financières; de faire rapport sur les progrès réalisés tant périodiquement au Conseil exécutif 3) qu'à une future Assemblée mondiale de la Santé; ESTIME souhaitable, étant donné la grande importance du problème de l'organisation de 5. soins de santé primaires dans le cadre de systèmes et services sanitaires nationaux complets, qu'une réunion ou conférence internationale se tienne aussitôt que possible sous les auspices de l'OMS en vue de permettre des échanges d'expérience sur le développement des soins de santé primaires faisant partie des activités des services nationaux de santé, notamment en ce qui concerne la planification et l'évaluation; et CHARGE le Conseil exécutif d'examiner et de déterminer à sa cinquante- septième session 6. la date, le lieu et le programme concret d'une telle conférence. : :

546

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANIE, PARTIE II

Le Dr Venediktov estime que la version révisée, qui reflète l'accord général intervenu au sein du groupe de travail, tient compte des observations faites au cours des délibérations de la Commission. On s'est efforcé, au second alinéa du préambule, de définir les soins de santé primaires comme "le point de premier contact des individus avec le système sanitaire national ". Cette définition, qui n'est pas définitive et qui peut encore recevoir des améliorations, permettra, selon lui, de mieux faire comprendre les différences entre les services de santé de base, les services de santé nationaux, etc. Il attire également l'attention de la Commission sur les deux derniers paragraphes de la résolution, consacrés à la convocation sous les auspices de l'OMS d'une conférence internationale sur les soins de santé primaires. Parlant au nom de sa propre délégation, il estime que le projet de résolution proposé par la délégation cubaine et quelques autres (y compris la sienne) était plus précis dans son libellé et plus vigoureux quant au mandat à donner au Directeur général. Peut -être était -il un peu lourd dans son énoncé, mais une Assemblée de la Santé ultérieure voudra peut -être retenir certains des points qui y sont soulevés. Il espère que le problème des soins de santé primaires sera abordé par toute l'Organisation, et que la responsabilité n'en incombera pas à une seule et unique division. Le Dr WRIGHT (Niger) déplore que les délégués poursuivent une discussion qu'il croyait close.

Le Dr SHRIVASTAV (Inde) fait remarquer que le projet de résolution ne semble évoquer à aucun moment la participation des membres de la collectivité au développement des services de santé primaires, point important sur lequel on a longuement discuté. Le Dr HOWARD (Etats -Unis d'Amérique), intervenant en tant que membre du groupe de travail, indique que le groupe a pensé reflèter ce point de vue au second alinéa du préambule. Décision 4. :

Le projet de résolution est approuvé.1

CINQUIEME RAPPORT DE LA COMMISSION

Sur l'invitation du PRESIDENT, le Dr CHRISTENSEN (Secrétaire de la Commission) donne lecture du projet de cinquième rapport de la Commission. Décision 5. :

Le rapport est adopté (voir page 697).

CLOTURE DES TRAVAUX

Le PRESIDENT, après avoir remercié les délégués de leur coopération, fait observer que son élection à la charge de vice -président de la présente Assemblée de la Santé, laquelle se déroule pendant l'Année internationale de la Femme, a montré combien les délégués sont convaincus que les femmes ont un rôle vital à jouer lorsqu'il s'agit de forger la destinée de l'humanité. Il convient de rendre hommage aux pionnières du monde entier qui ont ouvert la voie dans le domaine de la santé. Dans sa propre Région, les femmes se sont dévouées sans compter pour participer à la tâche de l'édification des pays, contribuant ainsi au développement économique et social de leur pays et du monde. Au nom de la Commission, le Dr VENEDIKTOV (Union des Républiques socialistes soviétiques) et le Professeur SENAULT (France) remercient et félicitent le Dr Davies pour la maîtrise avec laquelle elle a su conduire les travaux de la Commission. Le PRESIDENT déclare clos les travaux de la Commission.

La séance est levée à 14 h.35.

Ce projet de résolution a été transmis à l'Assemblée de la Santé dans le cinquième rapport de la Commission et adopté sous le numéro d'ordre WHA28.88.

1

COMMISSION B

PREMIERE SEANCE

Mardi 15 mai 1975, 9 h.40 Président :

Dr J. -S. CAYLA (France)

1.

ALLOCUTION D'OUVERTURE DU PRESIDENT

Le PRESIDENT souhaite la bienvenue aux délégués des Etats Membres et aux représentants des Membres associés, et en particulier aux délégations qui participent pour la première fois aux travaux de la Commission. Il souhaite également la bienvenue aux représentants de l'Organisation des Nations Unies, des institutions spécialisées, des autres organisations intergouvernementales et des organisations non gouvernementales, de même qu'au représentant du Conseil exécutif.

Il exprime à l'Assemblée sa gratitude pour l'honneur qu'elle lui a fait, ainsi qu'à son pays et à la Région européenne, en l'élisant président de la Commission. Il invite instamment les délégués à limiter la durée de leurs interventions en commission, comme l'a demandé le Conseil exécutif dans sa résolution EB43.R45, à laquelle l'Assemblée mondiale de la Santé a souscrit dans sa résolution WHA25.33. 2.

ELECTION DU VICE -PRESIDENT ET DU RAPPORTEUR

Ordre du jour, 3.1

Le PRESIDENT appelle l'attention sur le troisième rapport de la Commission des Désignations dans lequel le Professeur R. Renger (République Démocratique Allemande) et le Dr R. Valladares (Venezuela) sont désignés respectivement pour les fonctions de vice -président et de rapporteur. Le Professeur Renger et le Dr Valladares sont élus respectivement vice -président Décision et rapporteur par acclamation. :

3.

ORGANISATION DES TRAVAUX DE LA COMMISSION

Le PRESIDENT appelle l'attention sur le mandat de la Commission énoncé dans la résolution WHA26.1 et sur les points qu'elle est appelée à traiter avant que la Commission A examine le point 2.2.2 de l'ordre du jour (Recommandation concernant le montant du budget effectif et le niveau du budget pour 1976). Il s'agit des points 1.14 (Amendement au contrat du Directeur général), 3.2 (Budget supplémentaire pour 1975), 3.3 (Examen de la situation financière de l'Organisation) avec ses quatre subdivisions, 3.4 (Barème des contributions) avec ses trois subdivisions et 3.9 (Traitements et indemnités pour les postes non classés). II propose que ces 3.3, 3.2, 3.9, 1.14 et 3.4. points soient examinés dans l'ordre suivant :

Il en est ainsi décidé. 4.

EXAMEN DE LA SITUATION FINANCIERE DE L'ORGANISATION

Ordre du jour, 3.3

M. FURTH (Sous- Directeur général) présente le point 3.3 dans son ensemble. Il est heureux de faire savoir que la situation financière de l'Organisation demeure à peu près saine bien qu'en 1974 l'instabilité monétaire ait été aussi grave que les années précédentes et se soit accompagnée d'un fort taux d'inflation. Il faut cependant souligner une fois de plus que le maintien de cette situation financière satisfaisante dépend essentiellement de deux conditions d'une part, une gestion avisée et efficace des ressources financières de l'Organisation par le Secrétariat et, d'autre part, le versement rapide et intégral des contributions dues par les Etats Membres. C'est aux représentants de ces derniers qu'il appartient de juger, à la lumière des informations pertinentes qui leur sont présentées, si la première condition a été remplie. En ce qui concerne la seconde, la Commission doit malheureusement être informée que le recouvrement des contributions n'a pas été aussi satisfaisant en 1974 qu'il l'avait été les années précédentes et a même donné lieu à des préoccupations. A la mi- décembre, il y avait encore, pour les contributions au budget ordinaire, près de US $16 millions à recouvrer. Cette situation s'est améliorée dans la deuxième moitié de décembre, mais il n'en a pas moins fallu, pour combler le découvert de trésorerie enregistré à la fin de l'année (du fait de l'écart entre les dépenses engagées et les contributions reçues), prélever une avance de près de $7 millions sur le fonds de roulement dont le montant n'était plus, au début de l'exercice 1975, que d'environ 30 %, soit moins de $3,5 millions. En outre, si l'on peut considérer que la situation financière de l'Organisation est à peu près saine, cela ne veut pas dire que l'OMS soit en mesure de faire entièrement face aux graves conséquences - non prévues dans le budget - de l'instabilité monétaire persistante et de l'inflation galopante. Certes, l'Organisation a réussi jusqu'à présent, malgré les difficultés auxquelles elle s'était déjà heurtée de ce chef les années précédentes, à exécuter l'essentiel :

- 547 -

548

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

de son programme; elle a pu le faire grâce à l'approbation de budgets supplémentaires, à une plus grande efficience qui a permis de réaliser des économies et à une réduction limitée de certaines de ses activités, mais il est certain que dans ces conditions la croissance du programme a été quasiment nulle. De toute évidence, on ne saurait indéfiniment avoir recours à des mesures de ce genre sans porter une atteinte grave et durable au programme de l'Organisation. Le Directeur général a examiné les diverses formules qui permettraient de pallier les effets financiers de ces facteurs extérieurs sur le programme de l'OMS, notamment en faisant appel à d'autres sources de financement pour compléter le budget ordinaire. Cette question sera examinée dans le courant de la session et M. Furth se borne, pour le moment, à rappeler la lettre -circulaire du 21 mars 1975 dans laquelle le Directeur général a prié tous les Membres et Membres associés de verser des contributions supplémentaires au fonds bénévole pour la promotion de la santé afin d'éviter que certaines activités inscrites au budget ordinaire de 1975 ne doivent être amputées ou supprimées. M. Furth saisit cette occasion pour inviter instamment les Membres qui sont en mesure de répondre à cet appel à le faire le plus tôt possible. Se référant à certains des principaux points du Rapport financier pour 1974 figurant dans les Actes officiels N° 222, il appelle d'abord l'attention sur le fait qu'en ce qui concerne le budget ordinaire le total des dépenses engagées en 1974 s'est élevé à $108 406 404, soit 99,64 % du budget effectif, de sorte que l'excédent budgétaire ne s'élève qu'à $393 396. L'appendice 1 du Rapport financier montre que le montant total des dépenses engagées en 1974 au titre de tous les fonds a été de $162 030 453, dont plus de $53 600 000, soit environ 33 %, au titre de fonds extrabudgétaires; le pourcentage correspondant pour les années précédentes a été d'environ 30 % en 1973, 26 % en 1972 et 22 % seulement en 1970. Cette augmentation progressive mais régulière des activités financées à l'aide de fonds extrabudgétaires est un phénomène d'autant plus encourageant qu'il se produit à un moment où des pressions financières considérables pèsent sur les activités du budget ordinaire. Il y a eu notamment un accroissement notable des activités financées au titre du Programme des Nations Unies pour le Développement et du Fonds des Nations Unies pour les Activités en matière de Population. Par rapport à 1973, les dépenses engagées au titre de projets financés par le PNUD et le FNUAP ont augmenté, respectivement, d'environ 14 % et de près de 36 %. Ces augmentations s'expliquent en partie par l'inflation et la hausse des coûts, mais elles reflètent aussi, dans une certaine mesure, un développement des activités exécutées par l'OMS. Les activités financées au moyen du fonds bénévole pour la promotion de la santé se sont elles aussi notablement accrues. En 1974, les dépenses engagées à ce titre se sont élevées à près de $14 millions, contre quelque $9,3 millions en 1973, soit une augmentation d'à peu près 49 %. Cela est dO principalement au renforcement de l'appui apporté au compte spécial pour l'éradication de la variole (majoration de $3,2 millions) et, dans une moindre mesure, à l'accroissement des dons reçus au titre du compte spécial pour la recherche médicale (majoration de $500 000). Le Directeur général espère que les Membres vont continuer à alimenter aussi généreusement le fonds bénévole pour la promotion de la santé et que, le programme d'éradication de la variole approchant heureusement de son terme, d'autres comptes spéciaux du fonds bénévole bénéficieront des contributions qui vont actuellement au compte spécial pour l'éradication de la variole. M. Furth rappelle que l'année dernière il a pu informer la Commission qu'à la fin de 1973 le montant des recettes occasionnelles disponibles atteignait près de $4,4 millions, solde le plus élevé qui ait jamais été enregistré à la fin d'un exercice financier. Or, il est heureux de pouvoir annoncer que ce record a été battu en 1974. En effet, comme le montre le tableau 8 du Rapport financier, les recettes occasionnelles disponibles au 31 décembre 1974 s'élevaient à $8 712 126, montant qui atteint presque le double de celui de 1973. Ce résultat est da principalement aux intérêts élevés perçus par l'Organisation dont les services financiers ont su tirer pleinement parti de la hausse des taux d'intérêt en 1974 en plaçant judicieusement, à court terme, tous les fonds non immédiatement nécessaires. A sa cinquante -cinquième session, le Conseil exécutif a approuvé la proposition du Directeur général de prélever un montant de $7 864 252 sur les recettes occasionnelles pour aider au financement du budget de 1976, financer le budget supplémentaire de 1975, réduire la contribution d'un Membre en 1975 et alimenter le fonds immobilier. Toutefois, il ne faut pas s'attendre à voir augmenter d'année en année le montant des recettes occasionnelles de l'Organisation. Les taux d'intérêt ont beaucoup baissé depuis l'année précédente et, à moins que cette tendance ne se renverse radicalement dans un avenir très proche, le montant des recettes occasionnelles de l'Organisation en 1975 sera certainement beaucoup plus faible qu'en 1974. Enfin, il convient de noter que les Actes officiels N° 222 contiennent le premier rapport du nouveau Commissaire aux Comptes de l'OMS, M. Lars Lindmark. M. Lindmark et ses collaborateurs se sont très rapidement familiarisés avec les principes et procédures qui régissent les opérations de l'Organisation et M. Furth envisage avec plaisir la poursuite de sa collaboration avec eux. Une collaboration s'est d'ailleurs déjà établie pour trouver les moyens d'améliorer certains aspects du système de comptabilité et de rapports de l'Organisation. M. LINDMARK (Commissaire aux Comptes) est sensible à l'honneur que lui a fait l'Assemblée en le nommant Commissaire aux Comptes de l'OMS. Appelé pour la première fois à prendre la parole

COMMISSION B

:

PREMIERE SEANCE

549

devant une Assemblée mondiale de la Santé, il saisit cette occasion pour exprimer, au sujet de la vérification extérieure et de son champ d'application, des avis basés sur une expérience acquise en qualité de Commissaire général aux Comptes de la Suède. Comme la plupart des autres techniques administratives, la vérification des comptes est en train de modifier à la fois ses objectifs et ses méthodes. L'accent étant actuellement mis, dans les organisations, sur la planification et la programmation, tout service moderne de vérification extérieure doit assurer, outre le contrôle financier traditionnel, une vérification axée sur la productivité de l'orgacette dernière opération qui est, à proprement parler, un contr8le d'effinisation considérée cacité a pour objectif final une réalisation plus complète des buts de l'organisation. Il convient de noter le caractère délicat de ce contrôle d'efficacité qui fait du Commissaire aux Comptes un conseiller aussi bien qu'un vérificateur dans le sens habituel du terme et pour lequel une très étroite coopération doit absolument s'établir avec l'organisation inté:

ressée. L'élément de base est évidemment une vérification financière exacte et approfondie mais le

Commissaire doit aussi être familiarisé avec le système général de planification, le processus budgétaire et l'essentiel des activités de l'organisation et de leurs objectifs. Il n'existe pas de frontière bien délimitée entre la vérification financière et les autres formes de vérification; le champ d'intérêt du Commissaire aux Comptes englobe les questions relatives à la vérification interne et à l'efficacité de la comptabilité et des autres systèmes d'information et peut également s'étendre à d'autres aspects de la gestion. La situation financière de l'OMS parait être raisonnablement saine, compte tenu des problèmes posés par l'inflation et les fluctuations des taux de change. M. Lindmark félicite l'Administration d'avoir su, avec autant de bonheur, calculer ses réserves de trésorerie et les placer de manière à en tirer plus de $7 millions; malheureusement, on assiste actuellement à une baisse des taux d'intérêt et il faut s'attendre à voir ces recettes diminuer à l'avenir. M. Furth a eu raison de souligner la nécessité d'un versement rapide et intégral des contributions. Il faut cependant noter que la marche des programmes a souffert des problèmes financiers auxquels l'Organisation doit faire face car il a fallu retarder certains recrutements de personnel.

Conformément à la pratique suivie par son prédécesseur, M. Lindmark a préparé, sur l'exercice 1974, des informations statistiques et financières concernant la mise en oeuvre des projets régionaux financés au moyen du budget ordinaire, et les a annexées à son rapport. En se fondant sur les chiffres antérieurs et actuels, il a également joint au rapport un tableau indiquant l'évolution constatée à cet égard au cours de la période 1971 -1974, et il a cherché à en dégager certaines tendances en matière d'exécution des projets. Le nombre des projets réalisés semble avoir augmenté légèrement mais demeure toutefois assez stable. Le nombre des projets annulés, lui, s'est accru très nettement en 1973 et en 1974. Les informations recueillies ne permettant pas d'analyser les raisons qui ont conduit à annuler ou à différer des projets, il serait utile à l'avenir de disposer des renseignements nécessaires dans le cadre du système d'évaluation pour pouvoir déterminer, compte tenu de ces raisons, dans quelle mesure les tendances observées sont conformes aux plans et politiques de l'OMS. Des discussions ont déjà été entamées dans ce but avec le Secrétariat. Il convient d'accorder une attention particulière au développement du système central de planification, de gestion et d'information de l'Organisation dont l'importance est vitale car il permet à l'OMS de s'acquitter efficacement de ses fonctions. C'est pourquoi M. Lindmark étudie, en étroite collaboration avec le Secrétariat, l'évolution du système de gestion et d'information de l'OMS et celle de son système budgétaire et financier, principalement en vue de mieux connaître l'Organisation et d'être ainsi en mesure de donner des avis sur ses activités futures. A cette occasion, il a été très favorablement impressionné par la volonté de coopération et l'ouverture d'esprit dont le Secrétariat a fait preuve. Rapport financier sur les comptes de l'OMS pour l'exercice 1974, rapport du Commissaire aux Comptes et observations y relatives du Comité spécial du Conseil exécutif Ordre du jour, 3.3.1

Le PRESIDENT rappelle qu'aux termes de l'article 18 f) de la Constitution de l'OMS l'une des fonctions de l'Assemblée de la Santé est de contrôler la politique financière de l'Organisation et d'examiner et approuver son budget. Les articles XI et XII du Règlement financier sont également applicables au point en discussion. Le Dr TAYLOR (représentant du Conseil exécutif), présentant le rapport du Comité spécial du Conseil exécutif,1 indique que le Comité spécial s'est réuni le 12 mai pour examiner le Rapport financier du Directeur général pour 1974, ainsi que le rapport du Commissaire aux Comptes. Il a noté que le mode de présentation du Rapport financier n'avait subi aucune modification importante, mais que la possibilité d'apporter de telles modifications à l'avenir était à l'étude.

1

Voir Actes officiels OMS, N° 226, 1975, annexe 2.

550

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

Le Comité a constaté que pour l'année 1974 l'Organisation avait engagé 99,64 % du budget effectif, terminant l'année avec un solde de $393 396. Il a été préoccupé de noter que 93 seulement du montant total des contributions des Etats Membres pour 1974 avaient été recouvrés à la fin de l'année. Dans son examen du rapport du Commissaire aux Comptes, le Comité spécial a accordé une attention spéciale à certaines observations et données concernant l'exécution des projets, auxquelles il se réfère explicitement à la section 6 de son rapport. Le Comité a également pris note des virements supplémentaires entre sections de la résolution portant ouverture de crédits pour 1974 que le Directeur général avait jugé nécessaire d'opérer à la fin de l'année. Enfin, le Comité a décidé de recommander à l'Assemblée de la Santé d'adopter un projet de résolution acceptant le Rapport financier du Directeur général et le rapport du Commissaire aux Comptes pour 1974. Le Dr ALY (Egypte) reconnaît que l'étude du Rapport financier très complet pour 1974 permet de se faire une idée claire des activités, des services, des buts et des objectifs de l'Organisation, et il souhaite que ses commentaires sur le Rapport ne soient pas interprétés comme signifiant qu'il n'apprécie pas les efforts du Directeur général ou de ses collaborateurs. Il partage l'inquiétude du Directeur général au sujet de l'inflation et de ses graves conséquences pour ce qui est du nombre des projets exécutés, ainsi que du budget de l'OMS. S'il est indispensable de procéder à des réductions dans le programme, il convient, ce faisant, de prendre en considération les priorités définies à maintes reprises par l'Assemblée de la Santé et particulièrement par la Commission B. Selon le Dr Aly, les projets intéressant les pays en voie de développement, en particulier les projets relatifs à l'hygiène du milieu, aux services de santé ruraux et à l'éradication des maladies transmissibles, ne devraient pas être réduits, en dépit des tendances inflationnistes. Il ressort des rapports et documents soumis à la Commission et de la déclaration de M. Furth que, malgré les mesures prises par le Secrétariat en vue de mieux orienter les dépenses et de limiter le nombre des postes nouveaux, les activités de l'Organisation se sont trouvées touchées. Le rapport du Commissaire aux Comptes précise que 162 projets ont été annulés en 1974, ce qui porte à 357 le nombre des projets annulés au cours des quatre dernières années. L'Organisation a certainement consacré beaucoup de temps et d'argent à la préparation de chacun de ces projets dont l'annulation a donc représenté pour elle une perte financière dont il ne saurait, à l'heure actuelle, indiquer le montant exact. De nombreux autres projets figurant dans les "pages vertes" n'ont pas été exécutés (Actes officiels N° 216, appendice il). Le Commissaire aux Comptes, dans la section 11.1 de son rapport, a mis l'accent à juste titre sur l'importance du système central de planification, de gestion et d'information de l'OMS, instrument essentiel pour permettre à l'Organisation d'accomplir sa tâche de façon efficiente et efficace. Il serait bon que l'OMS applique des méthodes de planification globale, comme elle l'a fait avec tant de succès pour le programme d'éradication de la variole. Le Professeur SULIANTI SAROSO (Indonésie) remercie le Comité spécial du Conseil exécutif de son résumé bref mais complet. Elle se félicite de voir que le Commissaire aux Comptes a décidé que désormais son rapport serait autre chose qu'un document aride ne traitant que de finances, et qu'il présenterait une vérification des comptes par programme et par objectif. Elle est également heureuse d'apprendre que le système central de planification et d'information de l'OMS va être développé. Les pays Membres procèdent déjà à la programmation sanitaire par pays, et il est important que l'Organisation elle -même adopte des méthodes de planification identiques.

Le Professeur Sulianti Saroso appuie la recommandation que le Comité spécial a faite à l'Assemblée de la Santé d'accepter le Rapport financier du Directeur général et le rapport du Commissaire aux Comptes pour l'exercice financier 1974. Le Professeur LISICYN (Union des Républiques socialistes soviétiques) note que le Commissaire aux Comptes a, dans la section 11.3 de son rapport, déclaré que son analyse se fondait sur des renseignements de caractère très général qui ne lui avaient pas permis de tirer des conclusions quant à l'efficience ou à l'efficacité de la gestion des projets. Il espère qu'à l'avenir le Commissaire aux Comptes disposera d'informations plus précises sur l'exécution des projets et pourra inclure dans son rapport une évaluation de l'efficience de leur gestion. Le Commissaire a déjà été prié par des résolutions adoptées aux Vingt -Troisième et Vingt- Cinquième Assemblées mondiales de la Santé de soumettre de plus larges informations sur le financement des projets et leur exécution financière. Les difficultés budgétaires dues à l'instabilité monétaire et aux tendances inflationnistes rendent impératives une planification réaliste et rigoureuse. Certaines données figurant dans le rapport du Commissaire aux Comptes laissent à penser toutefois qu'il pourrait y avoir quelques lacunes

dans la planification de l'Organisation. Il est mentionné dans la section 8, par exemple, qu'une réduction de 15 % a été appliquée au montant des dépenses engagées non réglées au titre des bourses d'études. La formation des personnels de santé est une des activités les plus importantes de l'OMS et il serait regrettable de la réduire.

COMMISSION B

:

PREMIERE SEANCE

551

Le Professeur Lisicyn attire l'attention sur le grand nombre des projets annulés en 1974, point déjà mentionné par le délégué de l'Egypte. Il note, en outre, que 28 seulement des 115 projets exécutés ont été pris dans les "pages vertes ", c'est -à -dire parmi les projets additionnels demandés par les gouvernements et non inclus dans le budget programme. De nombreux projets ont de être annulés ou remplacés par de nouveaux projets en raison d'une planification défectueuse. De telles insuffisances risquent de devenir encore plus graves si la planification biennale est adoptée. L'annonce par M. Furth que le montant des contributions non encore versées au titre du budget ordinaire s'élevait à $16 000 000 a soulevé une inquiétude justifiée. Les charges budgétaires additionnelles ont également atteint un niveau record. Tout en se félicitant de l'apport de nouvelles ressources - qui pourraient provenir par exemple d'un transfert de fonds du programme d'éradication de la variole - le Professeur Lisicyn pense qu'il serait également possible de remédier à la situation en améliorant la rationalisation, la gestion et la planification des activités de l'Organisation. Il estime qu'il convient de conserver tous les projets et activités de base et de stabiliser le budget. En conclusion, le Professeur Lisicyn demande instamment que désormais les informations extrêmement importantes que fournit ordinairement le Sous -Directeur général au sujet de la situation financière de l'Organisation soient soumises aux Etats Membres assez à l'avance pour que leurs délégations puissent les étudier, et faire par conséquent des propositions plus constructives au moment de l'Assemblée de la Santé. M. PARROTT (Royaume -Uni de Grande -Bretagne et d'Irlande du Nord) admire les efforts faits par le Directeur général et par ses collaborateurs pour équilibrer lebudgeten dépit d'une situation financière sans précédent. Il souhaite la bienvenue au nouveau Commissaire aux Comptes qui a montré qu'il maîtrisait bien son sujet; il espère cependant que, tout en adoptant des méthodes modernes de vérification des comptes, l'Organisation n'oubliera pas les vertus anciennes de la prudence financière. Il ne serait pas souhaitable que le Commissaire aux Comptes se rapproche trop du Secrétariat, car sa vigilance risquerait d'en pêtir. Enfin M. Parrott attend avec intérêt les modifications du mode de présentation du Rapport financier annoncées dans le paragraphe 3 du rapport du Comité spécial du Conseil, car elles renforceront certainement la coopération entre le Secrétariat et les Etats Membres.

Le Dr A. 0. HASSAN (Somalie) estime à première vue alarmant, en particulier pour les pays en voie de développement, le nombre considérable de projets annulés ou différés. Comme l'a dit le Commissaire aux Comptes, il serait préférable que le rapport analyse les raisons pour lesquelles il a été décidé de différer ou d'annuler des projets. Le Dr Hassan espère qu'à l'avenir une telle analyse indiquera l'importance de chacun de ces projets pour la santé des populations directement visées et du monde en général. Le Professeur VANNUGLI (Italie) s'est souvent demandé quelle attitude adopter au sujet du rapport du Commissaire aux Comptes et du Rapport financier. Certes le lecteur peut, après une étude approfondie de cette abondance de chiffres arides, tirer ses propres conclusions, mais il est regrettable que la préface ne contienne que des généralités. Le Commissaire aux Comptes a dB chercher les réponses à un certain nombre de questions précises et les réponses qu'il a trouvées ne sont pas toujours très significatives ni très révélatrices pour le lecteur. Les mesures prises par le Secrétariat pour faire face aux difficultés financières sont dans l'ensemble satisfaisantes. Le nombre des projets annulés n'a rien d'alarmant. Il faut respecter les priorités, et si un projet ne donne pas de bons résultats il est raisonnable de le remplacer par d'autres activités ou même de l'annuler complètement si la situation financière l'exige. M. NOZIGLIA (Etats -Unis d'Amérique) voit dans le rapport du Commissaire aux Comptes la confirmation que l'OMS est bien gérée. Il est satisfait de l'analyse du Commissaire aux Comptes et espère que ses prochains rapports seront encore plus instructifs pour les Etats Membres. Il semble que dans son rapport pour 1974 le Commissaire aux Comptes ait déjà commencé à examiner les opérations financières d'un point de vue de gestionnaire, comme l'indiquent par exemple les tableaux des pages XXII et XXIV. Ces tableaux pourraient être améliorés à l'avenir si, comme l'a déjà dit M. Lindmark, l'on y expliquait les raisons de l'annulation ou du renvoi des projets, et si l'on exposait les effets de ces modifications sur l'ensemble du programme de l'Organisation. En conclusion, le délégué des Etats -Unis approuve la recommandation du Comité spécial du Conseil exécutif visant à l'acceptation des rapports en question par l'Assemblée de la Santé. Le Dr VELIMIROVIC (Autriche) souscrit sans réserve aux observations du délégué de l'Italie. A propos du nombre des projets annulés, différés ou exécutés, le rapport ne dit rien de l'efficacité des activités de l'Organisation. Le rapport du Commissaire aux Comptes est certes excellent, mais il ne traite que de l'efficacité de la gestion intérieure des crédits. M. FURTH (Sous -Directeur général) remercie les orateurs de leurs remarques flatteuses sur le travail du Secrétariat et voudrait répondre à certaines des questions posées. L'annonce, faite au paragraphe 3 du rapport du Comité spécial du Conseil exécutif, que le Directeur général étudiait la possibilité de modifier le mode de présentation du Rapport

552

VINGT- HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

financier afin de le rendre plus intéressant et plus accessible au lecteur non spécialisé, a donné lieu à diverses observations. Un certain nombre de raisons expliquent pourquoi il a fallu réexaminer la présentation du Rapport. Premièrement, toute la question du Rapport annuel du Directeur général à l'Assemblée de la Santé fait l'objet d'un nouvel examen, et le Rapport financier fait naturellement partie du Rapport annuel. Par sa résolution EB55.R38, le Conseil exécutif a prié notamment le Directeur général de faire rapport sur les projets, jusqu'ici énumérés dans le Rapport annuel, dans un document distinct, sous une forme qui facilite l'évaluation du programme de l'Organisation. L'appendice 4 du Rapport financier actuel pourrait être avantageusement fondue avec la liste des projets, de sorte que l'Assemblée de la Santé disposerait d'informations plus complètes sur l'exécution des projets et pourrait en tirer des conclusions plus instructives. Deuxièmement, la révision du Rapport financier fait suite aux observations du nouveau Commissaire aux Comptes, qui a déjà fait connaître ses idées sur la question à la Commission. Enfin, le Secrétariat estime que le Rapport, qui a été conçu à l'origine à l'intention des Ministères des Finances et qui est basé sur l'article XI du Règlement financier, pourrait être rendu plus lisible à l'avenir, dans les limites permises par le Règlement financier. On envisage en principe d'ajouter au Rapport financier une introduction qui indiquera les principaux problèmes budgétaires et financiers rencontrés au cours de l'année, les solutions trouvées et les principales réalisations de l'Organisation (sous forme de données chiffrées). Cette introduction contiendra une grande partie des renseignements qui sont actuellement présentés à la Commission B dans la déclaration du Sous- Directeur général, et certains des renseignements figurant dans les premières pages du Rapport financier actuel. La partie principale du Rapport montrera, en terme de programmes, ce que l'Organisation a fait de tous les crédits mis à sa disposition. Cette partie présentera sous forme de tableaux des données financières ventilées par programme et par origine des fonds, y compris les fonds extrabudgétaires; elle présentera des données similaires par secteur de programme, pays et origine des fonds; enfin elle présentera le programme de santé intégré. La dernière partie du Rapport contiendra les données exigées par le Règlement financier, des tableaux à l'appui et le rapport du Commissaire aux Comptes. En ce qui concerne les projets annulés, différés ou nouveaux (non inscrits au budget), le Comité spécial a donné une explication satisfaisante des raisons de ces modifications dans le paragraphe 6.3 de son rapport. Ainsi qu'il y est indiqué, la plupart de ces modifications ont été faites à la demande des gouvernements. Le nombre des projets annulés ou différés est relativement faible par rapport au nombre total de projets inscrits au budget et exécutés. Il ne faut pas oublier que si le budget pour 1974 a été approuvé par l'Assemblée mondiale de la Santé en 1973, et préparé par le Secrétariat en 1972, la plupart des discussions avec les gouvernements intéressés ont eu lieu à la fin de 1971 ou au début de 1972. Est -il surprenant dans un monde qui évolue si rapidement qu'un gouvernement puisse, deux ans plus tard, estimer que tel projet n'a plus de raison d'être ? Bien entendu, à mesure que la programmation sanitaire par pays se perfectionnera et sera adoptée par un nombre croissant de pays, les mécanismes généraux de planification de l'Organisation devraient s'améliorer et les budgets annuels ou biennaux devraient pouvoir être exécutés avec moins de modifications. Les délégués de la Somalie et des Etats -Unis d'Amérique peuvent être certains que le Secrétariat se fera un devoir de fournir, dans le prochain Rapport financier, des explications plus détaillées sur les raisons des annulations ou des renvois de projets. L'inflation et les fluctuations monétaires jouent un rôle important dans les modifications du programme; lorsque le dollar baisse, il est obligatoire de procéder à des ajustements. La situation est encore plus grave en 1975 qu'elle ne l'a été en 1974 et les Membres ne devraient pas être surpris si à la prochaine Assemblée de la Santé ils apprenaient qu'un nombre encore plus grand de projets ont été annulés, différés ou modifiés. De toute évidence on ne peut faire face à un important déficit budgétaire, comme celui de 9 millions de dollars en 1975 indiqué dans le rapport du Directeur général sur les charges budgétaires additionnelles pour 1976,1 qu'en procédant à certaines réductions d'activité. Il convient de souligner à cet égard que le Directeur général est tout à fait d'accord avec le délégué de l'Egypte sur le fait que dans toute la mesure possible ces réductions ne devraient pas affecter les projets d'assistance directe aux pays en voie de développement. Ainsi qu'il est dit dans le rapport susmentionné, la grande majorité des mesures prises par le Directeur général pour faire face à la situation visent à réaliser des économies au Siège et n'entraînent aucune réduction de l'assistance technique directe aux gouvernements. Plusieurs délégués ont insisté sur l'importance du système de planification et d'information de l'OMS. Les progrès sur lesquels M. Furth a fait rapport en détail l'année précédente se sont poursuivis en 1974 -1975. Le Groupe de travail pour le Développement des Systèmes d'information, qui comprend 25 membres du personnel originaires de toutes les Régions, s'est réuni une deuxième fois à la fin de 1974 et se réunira de nouveau en 1975. Il doit présenter

1 Voir Actes officiels OMS, N° 226, 1975, annexe 10, partie 2.

COMMISSION B

:

PREMIERE SEANCE

553

son rapport final au Directeur général au début de 1976 et, une fois le rapport approuvé, le système d'information proposé sera mis au point, sera mis sur ordinateur en tant que de besoin et deviendra opérationnel en 1976 -1977. Les résultats des efforts actuels se feront sentir dans deux ou trois ans. M. LINDMARK (Commissaire aux Comptes), répondant au délégué du Royaume -Uni, précise qu'il n'oublie pas qu'une vérification financière est nécessaire, mais il estime que pour s'acquitter efficacement de cette tâche il est nécessaire de coopérer avec l'Organisation. A l'avenir, les informations relatives aux projets figureront dans le Rapport financier du Directeur général et non dans le rapport du Commissaire aux Comptes. Ces informations apporteront une contribution précieuse au système d'analyse et d'évaluation actuellement à l'étude. Le PRESIDENT invite la Commission à se prononcer sur le projet de résolution suivant, présenté par le Comité spécial du Conseil exécutif :

La Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé, Ayant examiné le Rapport financier du Directeur général pour la période comprise entre le ler janvier et le 31 décembre 1974, ainsi que le rapport du Commissaire aux Comptes pour le même exercice, tels qu'ils figurent dans les Actes officiels N° 222; et Ayant pris connaissance du rapport établi par le Comité spécial du Conseil exécutif après examen de ces rapports, ACCEPTE le Rapport financier du Directeur général et le rapport du Commissaire aux

Comptes pour l'exercice financier 1974. Décision :

Le projet de résolution est approuvé.1 Ordre du jour, 3.3.2

Etat du recouvrement des contributions annuelles et des avances au fonds de roulement

M. FURTH (Sous- Directeur général) précise que le document soumis à la Commission indique l'état du recouvrement des contributions annuelles et des avances au fonds de roulement au 30 avril 1975. Depuis cette date, 16 versements supplémentaires, totalisant $3 464 229, ont été effectués au titre des contributions de 1975, ce qui porte à 39,03 I le pourcentage des contributions recouvrées. Des versements ont été faits (en totalité, sauf indication contraire) par Brésil (contribution partielle), Bulgarie, Congo (contribution partielle), les pays suivants Cuba, Irak, Iran, Israal (contribution partielle), Libéria (solde), Madagascar, Malte, Mexique (contribution partielle), Nouvelle -Zélande, Rwanda, Tchécoslovaquie (contribution partielle), Turquie et Yougoslavie (solde). En outre, entre le 30 avril et le 15 mai 1975, des versements supplémentaires d'un montant total de $2 605 842 ont été effectués, ce qui, au 15 mai 1975, ramène à $6 530 974 le total des arriérés dus au titre du budget effectif et des contributions non inscrites au budget pour, les exercices antérieurs à 1975. L'Algérie, le Brésil, le Congo, Cuba, la Guinée et le Mexique ont réglé le solde de leurs contributions respectives pour 1974 et le Nicaragua a versé une partie de sa contribution pour 1974. Le Paraguay a réglé le solde de sa contribution pour 1970 et sa contribution pour 1971. :

Pour le Dr CHEN Chih -ming (Chine), le document dont la Commission est saisie indique à tort que la Chine est redevable d'arriérés au titre d'une partie de sa contribution. Il ne saurait être question

d'arriérés. La Mission permanente de Chine a fait savoir à l'Organisation le 29 janvier 1973 que le Gouvernement chinois retiendrait une part de sa contribution correspondant aux dépenses de l'Organisation qui ne seraient pas conformes à la position politique de la République populaire de Chine. Or, la position du Gouvernement chinois à l'égard des régimes de Lon Nol, d'IsraNl et de Saigon a toujours été dépourvue d'ambigutté. Il a donc retenu sur sa contribution pour 1974 une somme de $45 874 qui représente, dans sa contribution, la part du budget ordinaire servant à aider ces trois pays. Le Gouvernement chinois a d'ailleurs réaffirmé cette position en ne payant qu'une partie de sa contribution pour 1975 s'élevant à environ $3 millions. Le Dr GODOY JIMENEZ (Paraguay) déclare que son gouvernement s'est efforcé de régler ses arriérés

comme convenu à la Vingt -Septième Assemblée mondiale de la Santé. Il a toutefois éprouvé certaines difficultés et a présenté au Secrétariat une demande d'arrangement spécial qui sera examinée sous le point 3.3.3 de l'ordre du jour.

1 Ce projet de résolution a été transmis à l'Assemblée de la Santé dans le premier rapport de la Commission et adopté sous le numéro d'ordre WHA28.6.

554

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

A la demande du PRESIDENT, le Dr Dr VALLADARES (Venezuela), Rapporteur, donne lecture du projet de résolution suivant :

La Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé PREND NOTE de l'état du recouvrement des contributions annuelles et des avances au 1. fonds de roulement à la date du 30 avril 1975, tel qu'il est exposé dans le rapport du Directeur général; APPELLE L'ATTENTION des Membres sur le fait qu'il est important qu'ils versent leurs 2. contributions annuelles le plus tôt possible au cours de l'exercice financier de l'Organisation, afin que le programme approuvé pour l'année puisse être exécuté conformément aux plans; INVITE instamment les Membres redevables d'arriérés de contributions à faire un effort 3. spécial pour les régler en 1975; et PRIE le Directeur général de communiquer la présente résolution aux Membres redevables 4. d'arriérés en leur signalant que de nouveaux retards pourraient avoir des conséquences financières graves pour l'Organisation. Décision :

Le projet de résolution est approuvé.l Ordre du jour, 3.3.3

Membres redevables d'arriérés de contributions dans une mesure pouvant donner lieu à l'application de l'article 7 de la Constitution

Le PRESIDENT indique que le Comité spécial du Conseil exécutif a prié le Directeur général de télégraphier à certains pays redevables d'arriérés afin de leur demander de régler leur arriéré

avant le 19 mai 1975. En conséquence, il propose que la Commission n'examine cette question qu'après cette date. Il en est ainsi décidé. (Voir le procès -verbal de la troisième séance, section 5.)

Rapport sur les recettes occasionnelles et position du compte d'attente de l'Assemblée

Ordre du jour, 3.3.4

M. FURTH (Sous- Directeur général) précise que l'additif actualisant le rapport du Directeur général sur les recettes occasionnelles disponibles indique qu'au 13 mai 1975 le montant de ces recettes s'élevait à $8 803 384. Ces renseignements sont communiqués à la Commission pour l'aider à examiner les quatre recommandations du Directeur général, appuyées par le Conseil exécutif, concernant l'affectation des recettes occasionnelles disponibles. Il est proposé de consacrer plus de 70 % de ces recettes au financement des budgets ordinaires des exercices 1975 et 1976. M. Furth rappelle que, conformément à la résolution WHA26.1, la Commission B doit examiner le montant des recettes occasionnelles disponibles pour aider à financer le budget avant que la Commission A ne recommande le montant du budget effectif pour 1976. Lorsque le Conseil exécutif a examiné les recommandations du Directeur général, le montant des recettes occasionnelles disponibles était évalué à $8 712 126 au 31 décembre 1974. Depuis cette date, cette somme s'est accrue de $91 258, correspondant au règlement d'arriérés de. contributions versés en 1975 par l'Algérie, la Bolivie, le Cambodge, le Chili, El Salvador, Hatti et le Yémen et qui ont été crédités au solde en espèces du compte d'attente de l'Assemblée. Comme M. Furth l'a déjà dit, le montant des recettes occasionnelles disponibles à la fin de 1974 est le plus élevé que l'Organisation ait jamais enregistré à la clôture d'un exercice il est en effet à peu près le double du montant de fin 1973, dernier record en dáte. Si la Commission et l'Assemblée acceptent les quatre recommandations du Directeur général et ouvrent le crédit demandé de $7 864 252, l'Assemblée de la Santé disposera au titre des recettes occasionnelles d'un solde de $939 132. Pour finir, M. Furth indique que le rapport à la Commission A concernant le financement du budget de 1976 fera non seulement état des recettes occasionnelles disponibles, soit $1 500 000, mais également de l'accroissement prévisible du remboursement à recevoir du PNUD en 1976 qui devrait passer de $2 millions à $2 300 000 et qui aidera à financer le budget ordinaire. :

M. PARROTT (Royaume -Uni de Grande - Bretagne et d'Irlande du Nord) demande qu'on lui explique la distinction entre "recettes diverses" et "solde en espèces du compte d'attente de l'Assemblée ".

M. FURTH (Sous- Directeur général) explique que les recettes diverses comprennent les intérêts des dépôts en banque, les gains au change, les remises, les remboursements (tels que ceux provenant de la Caisse commune des Pensions du Personnel des Nations Unies) et les recettes

1 Ce projet de résolution a été transmis à l'Assemblée de la Santé dans le premier rapport de la Commission et adopté sous le numéro d'ordre WHA28.7.

COMMISSION B

:

PREMIERE SEANCE

555

provenant de la vente de matériel périmé. Le compte d'attente de l'Assemblée a été créé en 1950 pour comptabiliser les crédits budgétaires non utilisés et permettre ainsi à l'Assemblée mondiale de la Santé de décider de l'utilisation finale des sommes inscrites à ce compte. Etant donné que l'on y inscrit les contributions fixées pour les Membres inactifs, le compte d'attente de l'Assemblée comprend une partie non liquide correspondant aux contributions impayées dues par certains Membres et un solde en espèces représentant le reliquat non utilisé des contributions. Le Professeur LISICYN (Union des Républiques socialistes soviétiques) demande s'il est normal, compte tenu de l'importance des sommes engagées, de voter les recommandations 2.1 (affectation de $4 070 000 au financement des prévisions budgétaires supplémentaires pour 1975) et 2.4 (virement de $2 185 915 au fonds immobilier) avant que la Commission ait examiné les points correspondants de l'ordre du jour. Abordant la question du nouveau bâtiment provisoire à construire au Siège, qui sera examinée sous le point 3.7 de l'ordre du jour, le Dr ALY (Egypte) fait observer qu'aux termes du quatrième alinéa du préambule de la résolution EB55.R49, ce bâtiment devra être financé par prélèvement sur le fonds immobilier. Il demande si l'adoption des recommandations signifie que l'on approuve également l'ouverture de crédits prévue à cet effet. Le Professeur SULIANTI SAROSO (Indonésie) demande des précisions sur l'affectation du solde de $939 132 mentionné dans l'additif au rapport du Directeur général. M. FURTH (Sous- Directeur général) explique que, pour l'instant, la Commission n'examine que la recommandation 2.2, à savoir l'affectation d'une somme de $1 500 000 qui doit aider à financer le budget de 1976. Il est indispensable que la Commission B adresse un rapport sur cette question à la Commission A qui, sans cela, ne pourra pas se prononcer sur le montant du budget effectif. Les autres recommandations seront examinées sous les points correspondants de l'ordre du jour. Quant au solde des recettes occasionnelles disponibles, il appartient à l'Assemblée de la Santé de décider de le maintenir au compte d'attente comme on l'a fait certaines années ou de l'affecter à tel ou tel poste de dépense. Le PRESIDENT indique qu'un projet de rapport sera soumis à la Commission par le Secrétariat.

La séance est levée à 11 h.55.

DEUXIEME SEANCE Lundi 19 mai 1975, 9 h.35 Président :

Dr J. -S. CAYLA (France)

1.

RAPPORT DE LA COMMISSION B A LA COMMISSION A

Le Dr VALLADARES (Venezuela), Rapporteur, donne lecture du projet de rapport de la Commission B à la Commission A. Le Professeur JAKOVLJEVIC (Yougoslavie) appelle l'attention de la Commission sur la résolution WHA27.34 de la Vingt- Septième Assemblée mondiale de la Santé concernant les mesures spéciales en faveur des pays en voie de développement les moins avancés et note que, dans sa résolution 3202 (S -VI), l'Assemblée générale des Nations Unies, après avoir désigné les trente -trois pays les plus gravement touchés par la crise économique actuelle, a déclaré que la tache la plus urgente de la communauté internationale était de permettre à ces pays de combler le déficit de leur balance des paiements. Dans le projet de rapport, il est proposé de prélever sur les recettes occasionnelles, pour aider au financement du budget de 1976, beaucoup plus que ne l'avait recommandé le Conseil exécutif, car il est apparu depuis la cinquante cinquième session du Conseil que le montant remboursé par le Programme des Nations Unies pour le Développement serait plus important que prévu. La délégation yougoslave estime donc qu'à titre exceptionnel la somme de $1 500 000 devrait servir à réduire proportionnellement les contributions pour 1976 des pays que l'ONU a désignés comme étant les moins développés ou les plus gravement éprouvés. L'usage est d'utiliser les recettes occasionnelles pour réduire les contributions dues par tous les Etats Membres, mais des dérogations à cet usage ont déjà été faites en faveur de certains pays. Il convient aujourd'hui de prendre exemple sur ces précédents. Le Dr SHRIVASTAV (Inde), appuyant la proposition du délégué de la Yougoslavie, suggère d'ajouter le texte suivant à la fin du deuxième paragraphe du projet de rapport "et que, sur cette somme, un montant de $1 500 000 serve à réduire proportionnellement la contribution des pays les moins développés et les plus gravement éprouvés ". :

Cette proposition est soutenue par le Dr ALY (Egypte), le Dr BADDOO (Ghana), le Dr JOSHI (Népal) et le Dr ADESUYI (Nigeria). M. NOZIGLIA (Etats -Unis d'Amérique) et M. PARROTT (Royaume -Uni de Grande -Bretagne et d'Irlande du Nord) demandent quelles seraient les conséquences de l'amendement proposé sur le budget dans son ensemble.

M. FURTH (Sous- Directeur général) rappelle que l'Organisation des Nations Unies a désigné 25 pays comme étant les moins avancés des pays en voie de développement et 33 pays comme étant les plus gravement touchés par la crise économique; plusieurs pays figurant sur les deux listes, ce sont 40 Etats Membres de l'OMS au total qui bénéficieraient de l'amendement proposé. La décision préconisée aurait pour conséquence d'augmenter de $1 500 000 le montant total des contributions des Etats Membres au budget effectif. Une somme de $1 500 000 prélevée sur les recettes occasionnelles serait alors utilisée pour réduire les contributions dues par les 40 Etats Membres mentionnés. C'est -à -dire que les autres Etats Membres devraient verser des contributions plus importantes que celles qui avaient été prévues.

Le Dr MEILLON (France) suggère que le texte de l'amendement proposé soit distribué aux membres de la Commission. Le PRESIDENT propose de reprendre la discussion du projet de rapport lorsque le document aura été distribué. Il en est ainsi décidé. (Voir la suite du débat à la section 3 ci- après). 2.

BUDGET SUPPLEMENTAIRE POUR 1975

Ordre du jour 3.2

Le Dr TAYLOR (représentant du Conseil exécutif) indique que le Directeur général a présenté à la cinquante- cinquième session du Conseil exécutif un budget supplémentaire pour 1975 d'un montant de $4 070 000. Ce chiffre représente le coût estimatif total des dépenses qu'entraînera pour l'OMS en 1975 l'application de la décision prise par l'Assemblée générale des Nations Unies d'ajuster les traitements et les indemnités du personnel des catégories professionnelles et supérieures à compter du ler janvier 1975. Le rapport du Directeur général (Actes officiels N° 223, annexe 4) donne le détail des charges budgétaires additionnelles. Dans sa résolution EB55.R9, le Conseil exécutif a recommandé à la Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé l'adoption d'une résolution approuvant le budget supplémentaire pour 1975 proposé par le Directeur général. Il a également approuvé la recommandation du Directeur général de

- 556 -

COMMISSION B

:

DEUXIEME SEANCE

557

financer ce budget supplémentaire en opérant un prélèvement sur les recettes occasionnelles disponibles, ce qui éviterait d'avoir à augmenter les contributions des Etats Membres. M. FURTH (Sous- Directeur général) appelle l'attention de la Commission sur le rapport du Directeur général relatif aux charges budgétaires additionnelles pour 1976,1 où sont présentées les données les plus récentes sur la situation budgétaire en 1975 et en 1976. Ainsi qu'il est dit aux paragraphes 2.1 à 2.5 de ce rapport, l'Organisation se trouve devant de graves difficultés financières en raison de l'instabilité monétaire persistante. On estime à l'heure actuelle que si le taux de change du dollar des Etats -Unis par rapport au franc suisse (ainsi qu'à plusieurs autres monnaies utilisées par l'Organisation) ne s'améliore pas nettement, le déficit budgétaire en 1975 risque d'être de l'ordre de $9 000 000. Les mesures d'économie qui ont été déjà prises, ou que l'on envisage de prendre, sont indiquées dans le paragraphe 2.4 de ce rapport.

Le Dr ALY (Egypte) est prêt à approuver le projet de résolution recommandé par le Conseil exécutif dans la résolution EB55.R9, qui est justifié par l'instabilité monétaire et l'inflation. Sa délégation est également favorable à l'augmentation des traitements pour la même raison. Il aimerait toutefois savoir si le budget supplémentaire proposé comprend les sommes nécessaires pour donner effet à la proposition de rajuster le traitement du Directeur général (point 1.14 de l'ordre du jour). M. PARROTT (Royaume -Uni de Grande -Bretagne et d'Irlande du Nord) fait savoir que sa délégation est également prête à appuyer le projet de résolution soumis à la Commission. Cependant, elle souhaiterait avoir des explications plus détaillées sur la première mesure mentionnée dans le paragraphe 2.4 du rapport, à savoir l'économie de $2 700 000 réalisée grâce au non transfert au compte pour les paiements de fin de contrat du crédit budgétaire approuvé pour cet objet.

Le compte pour les paiements de fin de contrat a été établi en 1965 par la résolution EB35.R20 en vue de financer les paiements dus en fin de contrat aux membres du personnel de l'OMS. Le délégué du Royaume -Uni aimerait savoir de quelle sorte de paiements il s'agit et comment ce compte a été alimenté; il souhaiterait notamment que soit développé le tableau 4C des Actes officiels N° 222. En effet, les économies en rapport avec la gestion du compte pour les paiements de fin de contrat sont, par leur ordre de grandeur, bien différentes des autres économies mentionnées au paragraphe 2.4 du rapport, ce qui pose la question générale de la gestion des divers comptes internes représentant l'ensemble des fonds à la disposition de l'OMS.

Le Professeur LISICYN (Union des Républiques socialistes soviétiques) demande également de plus amples détails sur les mesures d'économie énumérées au paragraphe 2.4 du rapport, en particulier sur les points ix) et x). Il note que les fonds alloués à la recherche (point vi) ainsi qu'au secteur particulièrement important de l'hygiène du milieu ont été réduits de 10 ou davantage. N'aurait -il pas été possible, en lieu et place, de réduire davantage les crédits affectés aux missions et aux voyages officiels, comme l'avaient suggéré certains membres du Conseil exécutif à la cinquante- cinquième session ? Enfin, a -t -on pris des mesures pour obtenir du PNUD qu'il rembourse une plus grande part des frais de soutien des projets qu'il finance, frais qui, selon le rapport du Directeur général, représentent en moyenne 23 % du coût des projets ?

M. FURTH (Sous- Directeur général), en réponse au délégué de l'Egypte, confirme que le projet de budget supplémentaire pour 1975 comprend les sommes nécessaires pour donner effet aux propositions soumises à l'Assemblée à propos des points de l'ordre du jour 1.14 (Amendement au contrat du Directeur général) et 3.9 (Traitements et indemnités pour les postes non classés). En ce qui concerne les observations du délégué du Royaume -Uni relatives au compte pour les paiements de fin de contrat, dont il est question au paragraphe 2.4 du rapport du Directeur général sur les charges budgétaires additionnelles pour 1976, M. Furth croit utile de faire l'historique de ce compte. Le compte pour les paiements de fin de contrat a été institué le ler janvier 1964 - en vertu des pouvoirs conférés au Directeur général par les dispositions du paragraphe 6.6 du Règlement financier de l'OMS; on se proposait alors, premièrement, de porter graduellement l'avoir du compte à un niveau couvrant la totalité des droits acquis par le personnel de l'Organisation au titre des paiements de fin de contrat et, par la suite, de le maintenir au niveau approprié; deuxièmement, d'établir une procédure financière permettant de faire supporter par chaque programme sa juste part des paiements de fin de contrat. Le compte a été graduellement constitué par inscription dans les crédits budgétaires pour les dépenses communes de personnel d'une provision variant de 4 à 8 % des traitements nets, ce pourcentage ayant été ramené de 8 à 6 % à partir de 1972. Jusqu'à la fin de 1971, seules les allocations de rapatriement étaient imputées sur le compte mais, à partir du ler janvier 1972, on y a ajouté les indemnités pour congé annuel non pris et les frais de voyage et de déménalors du rapatriement. gement

1 Voir Actes officiels OMS, N° 226, 1975, annexe 10, partie 2.

558

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

En 1972, le compte pour les paiements de fin de contrat a fait l'objet de discussions à la Vingt- Cinquième Assemblée mondiale de la Santé, à la suite de quoi on a jugé souhaitable que le Commissaire aux Comptes examine ce compte - sa gestion, son niveau et son accroissement - et fasse

rapport au Directeur général qui, à son tour, ferait rapport à la cinquante et unième session du Conseil exécutif. Dans son rapport, le Commissaire aux Comptes rappelait que l'UNESCO, la FAO et l'OIT avaient créé des comptes semblables et que la raison d'être du compte pour les paiements de fin de contrat, à savoir "une prudente gestion financière ", gardait toute sa valeur, Le Commissaire aux Comptes notait qu'à la fin de 1971 l'avoir du compte s'établissait à $10 304 101, et que, si l'on maintenait la provision budgétaire au taux réduit de 6 % des traitements nets, l'avoir du compte atteindrait le montant voulu en 1977. Il ajoutait qu'une saine gestion financière exige qu'une réserve appropriée soit prélevée sur chaque budget annuel en vue du financement des obligations fermes qui se constituent mais ne seront réglables qu'à des dates indéterminées dans les années à venir. Tenant compte du rapport du Commissaire aux Comptes, et conformément aux propositions initiales touchant la gestion du compte, le Directeur général a proposé au Conseil exécutif le maintien des dispositions en vigueur, consistant à porter graduellement l'avoir du compte à un montant couvrant la totalité des paiements auxquels les membres du personnel de l'Organisation auraient droit en fin de contrat. Le Conseil a approuvé cette proposition par sa résolution EB51.R8. Au 31 décembre 1974, l'avoir du compte s'élevait à $12 779 182 alors que le total des droits acquis à cette date par le personnel dépassait $21 millions. D'ailleurs, cette projection du montant des obligations est probablement trop faible si l'on tient compte de l'inflation et des révisions du barème des traitements qui sont intervenues depuis l'époque où les calculs ont été faits. Il est donc devenu évident qu'il est impossible, pour des raisons d'ordre politique aussi bien que d'ordre financier, d'essayer de porter l'avoir du compte à un montant couvrant le total, toujours plus élevé, des paiements de fin de contrat qui seront dus au personnel. Même en tablant sur un taux d'inflation de 8 % seulement par an, il faudrait prévoir des crédits représentant 3 % du total des traitements uniquement pour maintenir le compte à son niveau actuel. C'est pourquoi le Directeur général a décidé de maintenir à 6 % des traitements nets le taux d'alimentation du compte, étant entendu qu'il ne s'agit pas là d'une disposition rigide et que le taux pourra être abaissé en cas de besoin, comme ce fut le cas en 1973 lorsqu'il a fallu affecter au financement du déficit consécutif à la dévaluation du dollar la plus grande partie des crédits initialement destinés au compte. Comme la Commission le sait, le Directeur général a maintenant décidé, pour des raisons analogues, de ne pas transférer au compte pour les paiements de fin de contrat le crédit de $2 700 000, prévu à cet effet dans le budget de 1975. S'il est impossible actuellement d'atteindre le but qu'on s'était fixé en ce qui concerne l'alimentation du compte pour les paiements de fin de contrat, parce qu'il en résulterait une charge budgétaire trop lourde, il n'en faut pas moins continuer de s'efforcer de couvrir, dans la mesure du possible, les obligations correspondant aux droits acquis du personnel en matière de paiements de fin de contrat. De toute évidence, il existe de bonnes raisons de maintenir le compte sous une forme quelconque, notamment le souci d'une "prudente gestion financière" mentionné par le Commissaire aux Comptes et un certain nombre de motifs propres à l'OMS, par exemple le fait qu'au cours de sa carrière un fonctionnaire de l'Organisation peut être affecté à divers programmes financés par différentes sources de fonds. Dans le système actuel, tous les fonds, sauf le PNUD (pour lequel des dispositions spéciales ont été prises),contribuent à l'alimentation du compte pour les paiements de fin de contrat. En réponse au délégué de l'Union soviétique, M. Furth explique que le montant de $4 070 000, proposé par le Directeur général au titre du budget supplémentaire pour 1975, couvrira uniquement l'augmentation provisoire des traitements et indemnités approuvée par l'Assemblée générale des Nations Unies, puis par le Conseil exécutif à sa cinquante -cinquième session. En outre, il faut compter avec un déficit budgétaire estimé à $9 millions ou un peu plus, dont le montant exact dépendra des fluctuations des taux de change. Dans la section 2 de son rapport sur les charges budgétaires additionnelles pour 1976, le Directeur général s'est efforcé de donner des renseignements sur les mesures qu'il prend pour combler ce déficit, dû à la baisse du dollar par rapport aux autres monnaies utilisées par l'OMS. Passant en revue les divers types d'économie et autres mesures de redressement dont il est question dans le paragraphe 2.4, M. Furth fait observer, à propos de l'alinéa i), que, de toute évidence, le solde du compte pour les paiements de fin de contrat, sur lequel il s'est déjà longuement étendu, diminuera cette année. L'économie qui a été réalisée en janvier 1975 par la suppression de la réunion du Comité permanent des Questions administratives et financières (alinéa ii))résulte d'une décision prise par le Conseil de modifier ses procédures. Les économies mentionnées à l'alinéa iii) et concernant les postes vacants au Siège seront réalisées par un ralentissement du recrutement. Il est moins nuisible pour le déroulement du programme de maintenir un nombre à peu près constant de postes vacants que de geler complètement le recrutement pendant une certaine période. Les économies globales mentionnées à l'alinéa iv)

COMMISSION B

:

DEUXIEME SEANCE

559

portent sur les projets interrégionaux et les projets du Siège; elles impliquent une réduction des dépenses au titre des fournitures et du matériel, des services de consultants et de conseillers temporaires, et des voyages. Le transfert proposé des projets antipaludiques interrégionaux et des activités antivarioliques du Siège (alinéa v)) consiste à les imputer sur le fonds bénévole pour la promotion de la santé au lieu du budget ordinaire pour 1975, allégeant ainsi ce dernier. La réduction de 10 % de l'aide aux centres collaborateurs et des contrats de recherche (alinéa vi)) est sans doute regrettable mais elle apparaît inévitable si l'on veut pouvoir combler la totalité du déficit. En ce qui concerne les services communs au Siège (alinéa vii)), on s'efforce par tous les moyens de réduire les frais de climatisation, de chauffage, de papeterie et autres fournitures, etc. Il n'est pas encore possible de dire en quoi consisteront les économies sur d'autres activités au Siège, mentionnées à l'alinéa viii); peut -être sera -t -il possible de retarder certaines réunions. L'alinéa ix) est le seul où soient mentionnées des économies au niveau régional; c'est aux Directeurs régionaux qu'il appartiendra de décider comment les réaliser, en veillant à porter le moins possible atteinte à l'assistance aux gouvernements. Les possibilités envisagées à l'alinéa x) sont analogues à celles de l'alinéa v) puisqu'il s'agit d'alléger le budget ordinaire en imputant sur d'autres fonds les frais de soutien de diverses activités. Il est exact, comme l'a fait remarquer le délégué de l'Union soviétique, que le montant réel des frais de soutien des projets du PNUD dépasse le taux de 14 % qui est actuellement celui des remboursements effectués par le PNUD. En réalité, les frais de soutien des projets du PNUD sont plutôt de l'ordre de 23 % et la différence entre les deux taux est supportée par le budget ordinaire. En effet, comme les activités de l'OMS forment un programme intégré, il est impossible de distinguer complètement les personnels et les activités qui ne se rattachent qu'au budget ordinaire. C'est pour résoudre ce problème particulier que le Directeur général a créé le compte spécial de frais généraux. Le DIRECTEUR GENERAL précise que les économies porteront surtout sur les services du Siège mais malheureusement aussi - on ne peut plus l'éviter - dans une certaine mesure sur les services régionaux. Il a lancé un appel aux Etats Membres, dont certains ont moins souffert que d'autres des répercussions de l'instabilité monétaire, pour qu'ils envisagent la possibilité de verser des contributions volontaires pour faire face à cette situation difficile. Si la réponse à cet appel est favorable, les Régions verront rétablir leur budget intégral par priorité, afin que les activités au niveau des pays ne souffrent pas plus qu'il n'est nécessaire des présentes difficultés financières. Le Professeur LISICYN (Union des Républiques socialistes soviétiques) estime, à en juger par les documents soumis à la Commission et par les réponses aux questions posées, que des économies budgétaires sont possibles, que des prévisions supplémentaires ne sont pas nécessaires en principe et que, nonobstant la crise monétaire actuelle, le fait que d'importantes prévisions supplémentaires ont été soumises montre qu'il existe des lacunes dans la planification et le financement des activités de l'Organisation. Le recours à d'autres fonds, notamment aux recettes _occasionnelles, pour financer ces prévisions supplémentaires entraînerait inévitablement, tôt ou tard, une augmentation de la contribution des Etats Membres. La délégation soviétique s'inquiète par ailleurs de la proposition visant à réduire certaines activités importantes de l'Organisation. L'expérience a montré qu'il existe d'autres moyens de financer ces activités sans qu'il soit nécessaire de recourir à des prévisions budgétaires supplémentaires. Le Dr MEILLON (France) remercie pour leurs explications le Directeur général et le Sous Directeur général. Il est clair qu'un effort considérable a été fait au niveau du Siège pour réaliser des économies - devenues nécessaires en raison de la grave situation financière créée par l'inflation et l'instabilité des changes - sans trop compromettre les programmes régionaux. Il faudrait tout faire, vu les difficultés actuelles, pour renvoyer à des temps plus favorables les activités qui ne seraient pas strictement indispensables. M. PARROTT (Royaume -Uni de Grande -Bretagne et d'Irlande du Nord) approuve les décisions prises par l'administration de l'OMS pour financer le compte pour les paiements de fin de contrat. Il estime, néanmoins, que ce compte a atteint maintenant un niveau suffisant et que le moment est venu de lui donner une assise financière plus permanente, compte tenu des revenus des fonds investis. La prudence s'impose tout particulièrement dans la gestion de ce compte en raison de son importance capitale pour le personnel.

M. NOZIGLIA (Etats -Unis d'Amérique) soutient les propositions du Directeur général, qui témoignent d'une gestion prudente. Les recettes occasionnelles importantes obtenues grâce à des placements judicieux - qui ont permis d'atténuer l'impact des économies proposées - témoignent elles aussi d'une gestion financière prudente. Cependant, il conviendrait, comme l'a préconisé le délégué de l'Union soviétique, de poursuivre et d'intensifier la recherche de ressources extrabudgétaires.

560

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE.II

La délégation des Etats -Unis est favorable au budget supplémentaire recommandé pour 1975 par le Conseil exécutif dans sa résolution EB55.R9.

Le PRESIDENT met aux voix le projet de résolution proposé par le Conseil exécutif dans sa résolution EB55.R9 et appelle l'attention des délégués sur le fait qu'aux termes de l'article 70 du Règlement intérieur la majorité des deux tiers est requise pour son adoption. Décision 3. :

Le projet de résolution est approuvé par 82 voix contre 4, avec 4 abstentions.1

RAPPORT DE LA COMMISSION B A LA COMMISSION A (suite de la section 1) de la séance par deuxième paragraphe 000 serve à les plus gravement

Le PRESIDENT invite la Commission à examiner l'amendement soumis au début les délégations de l'Inde et de la Yougoslavie, à savoir ajouter à la fin du du projet de rapport les mots "et que, sur cette somme, un montant de $1 500 réduire proportionnellement la contribution des pays les moins développés et éprouvés ".

Le Dr MEILLON (France) propose que le débat sur l'amendement soit renvoyé pour permettre au Secrétariat d'informer les Membres des incidences financières du projet visant à réduire les contributions des pays les moins développés et les plus gravement éprouvés. M. PARROTT (Royaume -Uni de Grande -Bretagne et d'Irlande du Nord) déclare que l'amendement ne reflète pas fidèlement les discussions qui ont eu lieu à la Commission. Il suggère d'y ajouter une indication sur la façon dont on envisage de se procurer le montant de $1 500 000. Il appuie la proposition française de renvoi du débat.

M. NOZIGLIA (Etats -Unis d'Amérique) appuie également la proposition de la délégation française.

Le Dr OULD BAH (Mauritanie) pense que si le Directeur général a l'intention d'utiliser les $1 500 000 pour financer le budget de 1976, il conviendrait d'envisager la possibilité de réduire de quelque autre façon la contribution des pays les moins développés et les plus gravement éprouvés. Le Professeur LISICYN (Union des Républiques socialistes soviétiques) demande des éclaircissements sur le sens de l'amendement. Entraînerait -il par exemple une révision du barème des contributions de l'OMS, qui suit étroitement le barème de l'Organisation des Nations Unies ? M. FURTH (Sous- Directeur général) appelle l'attention de la Commission sur le tableau 2 figurant dans le rapport du Directeur général sur les charges budgétaires additionnelles pour 1976.2 La dernière colonne de ce tableau montre ce que serait la situation si les recommandations du Directeur général concernant le budget de 1976 étaient adoptées; dans ce cas, le montant total du budget effectif serait de $137 100 000. Il existe deux moyens de trouver $1 500 000 pour réduire les contributions des pays les moins développés et les plus gravement éprouvés. On pourrait supprimer ce montant dans la dernière colonne du tableau en regard de la rubrique 8.ii); le montant du budget effectif serait ainsi ramené à $135 600 000 et l'on procéderait à des réductions correspondantes dans le programme. L'autre possibilité serait d'augmenter de $1 500 000 les contributions des Membres, ce qui porterait à $134 800 000 le total indiqué en regard de la rubrique 7. Dans l'un et l'autre cas, les recettes occasionnelles ainsi économisées permettraient de réduire les contributions des 40 Etats en cause. demander Le Dr AVILÉS (Nicaragua) suggère un troisième moyen de réunir les $1 500 000 des contributions volontaires aux Membres qui en ont les possibilités et qui seraient disposés à le faire. :

Après un nouvel échange de vues, auquel prennent part le Professeur JAKOVLJEVIC (Yougoslavie) et le Dr ROUHANI (Iran), le PRESIDENT propose que la Commission diffère le vote sur l'amendement en attendant un complément d'information sur les incidences financières de la proposition. Il en est ainsi décidé. Le DIRECTEUR GENERAL indique que l'intention du projet d'amendement est d'employer $1 500 000 provenant des recettes occasionnelles non pas pour financer le programme de 1976 mais pour alléger la contribution financière des pays les moins développés et les plus éprouvés par la crise économique actuelle.

Ce projet de résolution a été transmis à l'Assemblée de la Santé dans le premier rapport de la Commission et adopté sous le numéro d'ordre WHA28.8. 2

1

Voir Actes officiels OMS, N° 226, 1975, annexe 10, partie 2.

COMMISSION B

:

DEUXIEME SEANCE

561

Si l'Assemblée souhaite maintenir le programme de l'Organisation tel qu'il a été proposé, le chiffre indiqué à la rubrique 7 (Contributions des Membres au budget effectif) du tableau 2 figurant dans le rapport du Directeur général devrait passer de $133 300 000 à $134 800 000, la charge étant répartie entre les Etats Membres selon le barème des contributions. Cela reviendrait, pour la Commission, à dire que les recettes occasionnelles n'ont rien à voir avec le programme et ne doivent pas être utilisées pour le financement du budget, qui doit être assuré par les contributions ordinaires. Le Secrétariat établira des tableaux illustrant les incidences du projet d'amendement sur le budget et sur les contributions pour 1976. Il en est ainsi décidé.

La séance est levée à 12 heures.

TROISIEME SEANCE

Mardi 20 mai 1975, 9 h.40 Président :

Dr J. -S. CAYLA (France)

1.

RAPPORT DE LA COMMISSION B A LA COMMISSION A (suite)

M. FURTH (Sous- Directeur général) annonce que le Secrétariat, comme la Commission l'en avait prié à la séance précédente, a préparé un document qui contient des tableaux indiquant les incidences de l'amendement que les délégations de l'Inde et de la Yougoslavie ont proposé d'apporter au projet de rapport de la Commission B à la Commission A. Dans l'annexe 1 de ce document de conférence, qui concerne le budget total, les contributions des Membres et le budget effectif, les colonnes 3 et 4 permettent de comparer les propositions faites dans le rapport du Directeur général sur la question (tableau 2)1 avec la situation qui résulterait de l'adoption de l'amendement proposé par l'Inde et la Yougoslavie. Le montant du budget effectif total (poste 9) resterait le même, mais la suppression de l'apport de recettes occasionnelles (poste 8 ii)) obligerait à accroître d'autant les contributions des Membres au budget effectif (poste 7). Les autres postes subiraient des ajustements analogues. L'annexe 2 du même document indique les incidences de l'amendement proposé sur les contributions des Membres et Membres associés pour 1976, par comparaison avec les chiffres du tableau qui était annexé au rapport du Directeur général. Il n'y aurait aucun changement dans les pourcentages qui ont été approuvés par la Vingt -Septième Assemblée mondiale de la Santé pour 1975 (colonne 1), ni dans les crédits provenant du fonds de péréquation des impôts (colonne 3), mais le montant brut des contributions (colonne 2) augmenterait de $1 541 300, chiffre correspondant à l'augmentation des contributions au budget effectif. La colonne 5 indique comment les $1 560 000 de recettes occasionnelles serviraient à réduire les contributions des pays les moins développés et les plus gravement éprouvés. Quarante pays répondant à cette définition figurent dans.la colonne; la contribution d'un autre pays appartenant à la même catégorie et qui est Membre de l'Organisation n'a pas encore été calculée, mais ce pays serait ajouté à la liste en temps voulu. Les deux dernières colonnes mettent en parallèle les contributions nettes qui seraient à payer si la proposition indo- yougoslave était acceptée et les contributions prévues dans le tableau 2 du rapport du Directeur général.) Le Professeur JAKOVLJEVIC (Yougoslavie) tient à préciser que le projet d'amendement n'affecte aucunement le niveau du budget effectif que l'Assemblée de la Santé pourra décider d'adopter. En outre, le barème des contributions des Etats Membres restera le même. L'amendement a uniquement pour but de réduire les contributions que les pays les moins développés et les plus éprouvés économiquement devront payer en 1976. Dans la situation mondiale actuelle, ces pays ont à faire face à d'énormes déficits de leur balance des paiements qui compromettront le fonctionnement de leurs services de santé et leurs importations de matériel et de fournitures médico- sanitaires.

La délégation yougoslave estime que l'Organisation, dans l'esprit des résolutions adoptées par l'Assemblée générale des Nations Unies à ce sujet, se doit d'apporter sa contribution à la solution de ces problèmes, d'autant plus que la somme proposée pour aider au financement du budget est plus importante pour 1976 que pour 1975. Les tableaux du document de conférence indiquent les réductions de contributions dont bénéficieraient les pays en question si les $1 500 000 de recettes occasionnelles venaient exclusivement en déduction de leurs contributions. Certes, les autres pays devraient payer un peu plus mais cette augmentation des contributions serait relativement faible. La Yougoslavie est disposée à faire ce modeste sacrifice dans l'intérêt de la santé du monde. M. CAPLETON (Jama!que) demande pour quelle raison 35 des 40 pays intéressés verraient leurs contributions réduites de $13 570, alors que des réductions beaucoup plus importantes sont proposées pour les cinq autres. Le Sous- Directeur général a dit qu'il y aurait 40 pays bénéficiaires; quelles dispositions a -t -on prises pour en ajouter d'autres au cas où le besoin s'en présenterait ? Le Dr RODRIGUES BOAL (Guinée -Bissau) demande si son pays ne devrait pas figurer sur la liste des pays les moins développés. M. PARROTT (Royaume -Uni de Grande -Bretagne et d'Irlande du Nord) signale que l'article 95 du Règlement intérieur subordonne à un préavis de 90 jours toute proposition tendant à réexaminer la répartition des contributions entre les Etats Membres et Membres associés, à moins que le Conseil n'ait recommandé pareil réexamen. Du point de vue strictement juridique, on peut sans doute considérer que l'amendement proposé ne constitue pas vraiment une proposition tendant à 1 Voir Actes officiels OMS, N° 226, 1975, annexe 10, partie 2. 562

COMMISSION B

:

TROISIEME SEANCE

563

réexaminer la répartition des contributions, mais c'est bien là le résultat qu'il aurait. Le Directeur général a clairement indiqué qu'il n'existe que deux façons de donner effet à l'amendement soit Déduire les programmes - solution que l'on estime en général inacceptable - soit réduire la contribution de 41 pays et augmenter dans des proportions correspondantes celles des autres Etats Membres. Les intentions humanitaires qui inspirent l'amendement sont certes louables, mais, comme l'ont montré les observations des orateurs précédents, les moyens proposés pour les servir sont beaucoup plus discutables. M. Parrott suggère donc d'apporter à l'amendement proposé par l'Inde et la Yougoslavie un sous -amendement ainsi conçu : :

et que, sur cette somme, un montant de US $1 500 000 serve, autant que possible, à améliorer les conditions de santé dans les pays les moins développés et les plus gravement éprouvés.

Une telle phrase témoignerait du souci que la Commission éprouve devant la situation des pays les moins développés. Le Dr SHRIVASTAV (Inde) fait observer que l'amendement proposé par l'Inde et la Yougoslavie vise à utiliser des excédents pour accorder un traitement préférentiel à un certain nombre de pays qui éprouvent de graves difficultés économiques, plutôt que de les rembourser à tous les Membres au prorata de leurs contributions. Il se demande s'il a bien interprété ce que le Directeur général a dit à la séance précédente en comprenant que l'amendement proposé pourrait aboutir à une réduction des programmes de l'Organisation. La délégation indienne ne souhaite certainement pas voir l'Organisation réduire ses programmes sanitaires, en particulier dans les pays qui sont aux prises avec des difficultés économiques; cela serait contraire au but même de l'amendement. Quels ont été les critères utilisés pour dresser la liste des pays bénéficiaires ? L'Inde figure sur la liste mais il y a peut -être d'autres pays qui méritent tout autant d'être aidés. Enfin, il conviendrait de prendre l'avis du conseiller juridique pour savoir si l'amendement est recevable, vu l'article 95 du Règlement intérieur. Le Dr O. A. HASSAN (Somalie) estime également qu'il faut prendre l'avis du conseiller juridique en ce qui concerne l'applicabilité de l'article 95. Si l'on se réfère à l'annexe 2 du document de conférence, il semble que les pays bénéficiaires se verront octroyer une remise allant de 40 à 50 % de leurs contributions. Ne serait -il pas plus équitable de calculer la remise en fonction des besoins de chaque pays intéressé plutôt que d'après sa contribution. Le Dr CACERES (Paraguay) indique que son pays éprouve des difficultés à régler sa contribution. Il ne sait pas exactement d'après quels critères la liste des pays bénéficiaires a été établie, mais il souhaiterait que la Commission envisage la possibilité d'inclure le Paraguay parmi les pays gravement éprouvés sur le plan économique. Le DrOULD BAH (Mauritanie) déclare que, si sa délégation comprend les motifs qui ont inspiré l'amendement, elle n'en partage pas moins l'opinion du Directeur général, à savoir qu'un budget du plus haut niveau possible profitera directement aux pays les moins développés et les plus gravement éprouvés par la crise économique, alors que la somme proposée de $1 500 000 ne peut suffire à résoudre leurs difficultés. En outre, il est difficile d'arrêter la liste des pays bénéficiaires et de trouver une formule équitable pour alléger leurs contributions. De ce fait, et bien que son pays soit parmi les bénéficiaires d'une telle proposition, il estime que l'amendement devrait être retiré. 1l doute que la Commission ait compétence pour modifier les contributions des Etats Membres et, quoi qu'il en soit, il est souhaitable que le Directeur général dispose des moyens financiers les plus importants possibles afin d'avoir une marge de manoeuvre. M. WIRTH (République fédérale d'Allemagne) approuve lui aussi les intentions qui inspirent l'amendement, mais sa délégation aura les plus grandes difficultés à l'appuyer. Une proposition tendant à augmenter sans préavis la contribution d'un pays soulève des difficultés sur le plan national et poserait certainement à son pays un problème budgétaire. En outre, comme l'amendement semble impliquer effectivement une modification du barème des contributions, il aimerait avoir l'avis du Secrétariat sur sa recevabilité. Enfin, l'amendement pose le problème des critères utilisés pour dresser la liste des pays bénéficiaires. Le sous -amendement présenté par le Royaume -Uni est une proposition intéressante qui mérite d'être examinée. M. FINDLAY (Sierra Leone) demande que le Secrétariat prenne position sur l'applicabilité de l'article 95 du Règlement intérieur et que, dans l'intervalle, le débat soit ajourné. Toutefois, à la demande du PRESIDENT, il accepte que les délégués qui en ont déjà manifesté le désir puissent prendre la parole. Le Dr CAMARA (Guinée) fait observer que l'amendement proposé pose davantage de problèmes qu'il n'en résout les pays nantis ne sont pas disposés à accepter une augmentation de leurs contributions; il sera impossible d'arrêter une liste de pays bénéficiaires qui donne entière satisfaction et la proposition semble contraire au Règlement intérieur. Enfin, une somme de $1 500 000 ne résoudra pas les problèmes de santé d'un seul pays en voie de développement, encore moins ceux de tous. Il se rallie donc à la proposition du délégué de la Mauritanie tendant au retrait du projet d'amendement. :

Le DIRECTEUR GENERAL indique que l'article 95 du Règlement intérieur n'entrerait pas en jeu si l'augmentation de $1 500 000 était répartie entre tous les Membres (y compris les pays

564

VINGT- HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

les moins développés et les plus gravement éprouvés) au prorata de leurs quotes -parts telles qu'elles sont prévues par le barème des contributions en vigueur. Répondant au délégué de l'Inde, il déclare qu'il ne faut pas perdre de vue que, pour faire face aux nécessités contemporaines, l'OMS se doit de mobiliser toutes ses ressources propres et toutes les ressources complémentaires qu'elle peut obtenir, et de les utiliser pour corriger les déséquilibres injustes qui existent dans le monde. L'Assemblée peut soit donner pour instructions au Directeur général de soustraire $1 500 000 des crédits attribués au Siège et aux bureaux régionaux au titre du budget ordinaire et de virer cette somme à l'assistance technique ou à d'autres activités; soit décider d'accroître d'autant le montant total du budget effectif et donner pour instructions au Directeur général d'utiliser cette augmentation de crédits pour venir en aide aux pays les moins développés et les plus gravement éprouvés. Une autre solution consisterait à prier le Directeur général d'intensifier ses efforts pour obtenir des ressources complémentaires hors budget ordinaire, mais mieux vaut ne pas trop insister sur cette solution, car du point de vue financier elle représente davantage un espoir qu'une réalité. :

Le Dr SACKS (Secrétaire de la Commission) précise que les pays en voie de développement les moins avancés sont ceux qui figurent sur la liste dressée par le Comité de Planification du Développement des Nations Unies et approuvée par l'Assemblée générale dans sa résolution2768 (XXVI), et que les noms des pays les plus gravement éprouvés par la crise économique mondiale se trouvent sur la liste distribuée par le Comité ad hoc du Programme spécial (A /AC.168/5). Ce sont ces listes qui ont servi à désigner les pays bénéficiaires d'une éventuelle diminution des contributions au budget de l'OMS; l'une et l'autre sont provisoires et peuvent être constamment révisées. Répondant au délégué de la JamaYque, M. FURTH (Sous- Directeur général) explique que la somme devant servir à réduire les contributions des pays les moins développés et les plus gravement éprouvés serait répartie entre ces pays au prorata de leur part dans le pourcentage total des contributions fixées pour l'ensemble du groupe selon le barème des contributions. Si d'autres pays du groupe devenaient Membres de l'Organisation avant la clôture de la présente Assemblée, et si l'Assemblée leur fixait une contribution au titre du budget de 1976, la diminution de la contribution de chacun des pays du groupe s'en trouverait proportionnellement réduite.

Le Dr SHRIVASTAV (Inde) estime que le débat sur le projet de rapport et sur le projet d'amendement déposé par sa délégation et celle de la Yougoslavie a été extrêmement intéressant et fécond. Des réponses satisfaisantes ont été données aux questions portant sur les aspects juridiques d'une réduction éventuelle des contributions de certains pays, sur la nécessité éventuelle de réduire le programme et sur les critères permettant de dresser la liste des pays à inclure parmi les bénéficiaires d'une réduction. Si le projet de rapport peut faire apparaître de façon satisfaisante les résultats de ce débat, il retirera le projet d'amendement qu'il a présenté conjointement avec la délégation de la Yougoslavie. M. PARROTT (Royaume -Uni de Grande -Bretagne et d'Irlande du Nord) indique que si les délégations de l'Inde et de la Yougoslavie retirent leur projet d'amendement, le sous -amendement du Royaume -Uni sera également retiré.

Le Professeur SULIANTI SAROSO (Indonésie) attire l'attention de la Commission sur le fait que réduire la contribution d'un pays à l'Organisation ne constitue pas en soi une garantie que le montant de la réduction sera affecté au Ministère de la Santé de ce pays. Elle remercie donc le délégué du Royaume -Uni de sa proposition et espère que l'Assemblée soulignera que les fonds rendus disponibles par des réductions devront être mis à la disposition des services de santé des pays intéressés.

Répondant à une question du Dr AVILES (Nicaragua), le PRESIDENT explique que s'il a donné la parole à des membres du Secrétariat et à certains délégués après la demande du délégué de la Sierra Leone aux fins d'ajourner le débat, c'était pour que soient éclaircies les questions soulevées pendant la discussion, et avec la permission du délégué de la Sierra Leone. La séance est suspendue de 11 heures à 11 h.30. Le Dr SACKS (Secrétaire de la Commission) annonce que les délégués de l'Inde, du Royaume Uni et de la Yougoslavie, de concert avec le Rapporteur, sont convenus de reformuler de la façon suivante le deuxième paragraphe du projet de rapport de la Commission B àla Commission A:

"A la suite de cet examen, la Commission B recommande à la Commission A qu'une somme de US $3 800 000 soit utilisée pour aider au financement du budget de 1976 et qu'une somme substantielle soit consacrée à des programmes visant à améliorer les conditions sanitaires des populations des pays les moins développés et les plus gravement éprouvés."

Décision

:

Le rapport, ainsi amendé, est adopté (voir page 700).

COMMISSION B 2.

:

TROISIEME SEANCE

565

TRAITEMENTS ET INDEMNITES POUR LES POSTES NON CLASSES

Ordre du jour, 3.9

Le Dr TAYLOR (représentant du Conseil exécutif) indique que, dans sa résolution EB55.R6, le Conseil a confirmé les amendements apportés au Règlement du Personnel en vue de donner effet aux décisions de l'Assemblée générale des Nations Unies d'augmenter de 6 % les traitements de base du personnel des catégories P.1 à D.2, ainsi que le montant de l'allocation pour enfant à charge et de l'indemnité d'affectation, dans ce dernier cas uniquement pour les lieux d'affectation situés hors d'Europe et d'Amérique du Nord. Conformément à l'article 3.1 du Statut du Personnel, il appartient maintenant à l'Assemblée d'envisager une mesure analogue en ce qui concerne les postes non classés. Etant donné qu'il est important que le régime des traitements soit le même pour tous, le Conseil a recommandé, dans sa résolution EB55.R7, que l'Assemblée prenne une décision identique en ce qui concerne les postes non classés, avec effet rétroactif au ler janvier 1975. Décision Le projet de résolution proposé par le Conseil exécutif dans sa résolution EB55.R7 est approuvé.1 :

3,

AMENDEMENT AU CONTRAT DU DIRECTEUR GENERAL

Ordre du jour, 1.14

Le Dr TAYLOR (représentant du Conseil exécutif) indique qu'au cours des débats du Conseil relatifs à l'augmentation des traitements et indemnités du personnel des catégories professionnelles et supérieures, un membre du Conseil avait demandé s'il ne conviendrait pas de prendre des mesures analogues en ce qui concerne le traitement du Directeur général. Dans sa résolution EB55.R8, le Conseil a donc recommandé que l'Assemblée de la Santé autorise son Président à signer un amendement au contrat du Directeur général fixant le traitement de celui -ci à US $74 800 avant imposition et à US $44 000 par an net après imposition, à compter du lerjanvier 1975. Ce niveau de traitement a été approuvé par l'Assemblée générale des Nations Unies pour l'Administrateur du PNUD à qui l'Assemblée générale a reconnu le statut de Chef de Secrétariat d'une grande institution spécialisée. Décision Le projet de résolution proposé par le Conseil exécutif dans sa résolution EB55.R8 est approuvé.2 :

4.

BAREME DES CONTRIBUTIONS

Ordre du jour, 3.4

Contributions des nouveaux Membres et Membres associés M. FURTH (Sous- Directeur général), présentant ce point de l'ordre du jour, rappelle que le Botswana est devenu Membre de l'OMS le 26 février 1975. L'Assemblée est donc appelée à fixer le taux de contribution du Botswana et, pour le faire, elle voudra certainement tenir compte de la résolution WHA22.6 stipulant que les contributions dues par les nouveaux Membres seront calculées selon la pratique suivie par l'Organisation des Nations Unies. L'Organisation des Nations Unies a fixé la quote -part du Botswana au minimum, soit 0,02 %. L'Assemblée de la Santé voudra donc sans doute fixer la contribution du Botswana à 0,02 %, étant entendu que, pour 1975, année de l'admission, le taux sera réduit à un tiers de 0,02 %. Si la Commission approuve cette proposition, elle pourrait adopter le projet de résolution suivant :

La Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé, Notant que le Botswana, Membre de l'Organisation des Nations Unies, est devenu Membre de l'Organisation mondiale de la Santé en déposant entre les mains du Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies, le 26 février 1975, un instrument officiel d'acceptation de la Constitution de l'OMS; Rappelant que la Vingt -Sixième Assemblée mondiale de la Santé, dans sa résolution WHA26.21, a déclaré estimer que le barème des contributions de l'OMS doit s'harmoniser aussi étroitement que possible avec celui de l'Organisation des Nations Unies; Notant que l'Assemblée générale des Nations Unies, dans sa résolution 3062 (XXVIII), a fixé à 0,02 % le taux de la contribution du Botswana pour 1974, 1975 et 1976; Rappelant que la Vingt -Deuxième Assemblée mondiale de la Santé, dans sa résolution WHA22.6, a décidé qu'à partir de 1968 les contributions dues par les nouveaux Membres pour

Ce projet de résolution a été transmis à l'Assemblée de la Santé dans le premier rapport de la Commission et adopté sous le numéro d'ordre WHA28.9. 2 Ce projet de résolution a été transmis à l'Assemblée de la Santé dans le premier rapport de la Commission et adopté sous le numéro d'ordre WHA28.10.

1

566

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

l'année durant laquelle ils ont acquis la qualité de Membre seront calculées selon la pratique suivie par l'Organisation des Nations Unies, DECIDE que le taux de la contribution du Botswana pour 1975 sera fixé à 0,02 %; 1) 2) que la contribution pour 1975 sera réduite à un tiers de 0,02 %. :

Décision

:

Le projet de résolution est approuvé.1

M. FURTH (Sous- Directeur général) rappelle que la Grenade est devenue Membre de l'OMS le 4 décembre 1974. L'Assemblée générale des Nations Unies n'a pas encore fixé la quote -part de la Grenade, mais il ressort des renseignements dont on dispose qu'il s'agira du taux minimum. L'Assemblée de la Santé voudra donc sans doute fixer provisoirement la contribution de la Grenade au taux de 0,04 % pour 1974. Ce taux serait réduit à un neuvième de 0,04 % pour 1974, année de l'admission, et à 0,02 % pour 1975 et les années suivantes. La Commission souhaitera sans doute adopter un projet de résolution ainsi libellé :

La Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé, Notant que la Grenade, Membre de l'Organisation des Nations Unies, est devenue Membre de l'Organisation mondiale de la Santé en déposant entre les mains du Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies, le 4 décembre 1974, un instrument officiel d'acceptation de la Constitution de l'OMS; Rappelant que la Vingt -Deuxième Assemblée mondiale de la Santé, dans sa résolution WHA22.6, a décidé qu'à partir de 1968 les contributions dues par les nouveaux Membres pour l'année durant laquelle ils ont acquis la qualité de Membre seront calculées selon la pratique suivie par l'Organisation des Nations Unies, DECIDE 1) que le taux de contribution de la Grenade pour 1974 et les années suivantes sera fixé par l'Assemblée mondiale de la Santé lorsque la quote -part de ce pays aura été déterminée par l'Assemblée générale des Nations Unies; 2) que la contribution de la Grenade sera provisoirement calculée au taux de 0,04 pour 1974 et de 0,02 % pour 1975 et les années suivantes, sous réserve d'ajustement au taux définitif qui sera fixé par l'Assemblée mondiale de la Santé; et que la contribution pour 1974 sera réduite à un neuvième de 0,04 %. 3) :

Décision

:

Le projet de résolution est approuvé.2

M. FURTH (Sous- Directeur général) indique que les Tonga sont devenues Membre de l'OMS le 14 mai 1975, sous réserve du dépôt d'un instrument officiel d'acceptation de la Constitution de l'OMS auprès du Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies. En attendant la recommandation du Comité des Contributions de l'Organisation des Nations Unies sur la quotepart des Tonga, qui servira de base à la décision de l'Assemblée mondiale de la Santé concernant le taux de contribution définitif de ce pays, le Directeur général recommande que l'Assemblée de la Santé fixe pour les Tonga un taux provisoire de contribution de 0,02 % pour 1975 et les années suivantes, ce taux étant réduit à un tiers de 0,02 % pour 1975. Si la Commission approuve cette recommandation, elle pourrait adopter le projet de résolution suivant :

La Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé, Notant que les Tonga ont été admises en qualité de Membre de l'Organisation mondiale de la Santé le 14 mai 1975; Rappelant que la Vingt- Deuxième Assemblée mondiale de la Santé, dans sa résolution WHA22.6, a décidé qu'à partir de 1968 les contributions dues par les nouveaux Membres pour l'année durant laquelle ils ont acquis la qualité de Membre seront calculées selon la pratique suivie par l'Organisation des Nations Unies, DECIDE que le taux de contribution des Tonga pour 1975 et les années suivantes sera 1) fixé par l'Assemblée mondiale de la Santé lorsque la quote -part de ce pays aura été déterminée par le Comité des Contributions de l'Organisation des Nations Unies; que la contribution des Tonga sera provisoirement calculée au taux de 0,02 2) pour 1975 et les années suivantes, sous réserve d'ajustement au taux définitif qui sera fixé par l'Assemblée mondiale de la Santé; et que la contribution pour 1975 sera réduite à un tiers de 0,02 %. 3) :

Décision 1

:

Le projet de résolution est approuvé.3

Ce projet de résolution a été transmis à l'Assemblée de la Santé dans le premier rapport de la Commission et adopté sous le numéro d'ordre WHA28.11. 2 Ce projet de résolution a été transmis à l'Assemblée de la Santé dans le premier rapport de la Commission et adopté sous le numéro d'ordre WHA28.12.

Ce projet de résolution a été transmis à l'Assemblée de la Santé dans le premier rapport de la Commission et adopté sous le numéro d'ordre WHA28.13.

3

COMMISSION B

:

TROISIEME SEANCE

567

M. FURTH (Sous- Directeur général) indique que la République démocratique du Viet -Nam a été également admise en qualité de Membre de l'OMS le 14 mai 1975, sous réserve du dépôt, auprès du Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies, d'un instrument officiel d'acceptation de la Constitution de l'OMS. En attendant la recommandation du Comité des Contributions de l'Organisation des Nations Unies sur la quote -part de ce pays, le Directeur général recommande que l'Assemblée de la Santé fixe provisoirement le taux de contribution de la République démocratique du Viet -Nam à 0,02 % pour 1975 et les années suivantes, sous réserve d'ajustement au taux définitif qui sera fixé par l'Assemblée mondiale de la Santé, et que la contribution pour 1975 soit réduite à un tiers de 0,02 %. Le projet de résolution suivant donnerait effet à cette recommandation :

La Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé, Notant que la République démocratique du Viet -Nam a été admise en qualité de Membre de l'Organisation le 14 mai 1975; Rappelant que la Vingt -Deuxième Assemblée mondiale de la Santé, dans sa résolution WHA22.6, a décidé qu'à partir de 1968 les contributions dues par les nouveaux Membres pour l'année durant laquelle ils ont acquis la qualité de Membre seraient calculées selon la pratique suivie par l'Organisation des Nations Unies, DECIDE que le taux de la contribution de la République démocratique du Viet -Nam pour 1) 1975 et les années suivantes sera fixé par l'Assemblée mondiale de la Santé lorsque la quote -part de ce pays aura été déterminée par le Comité des Contributions des Nations Unies; que la contribution de la République démocratique du Viet -Nam sera provisoi2) rement calculée au taux de 0,02 % pour 1975 et les années suivantes, sous réserve d'ajustement au taux définitif qui sera fixé par l'Assemblée mondiale de la Santé; et que la contribution pour 1975 sera réduite à un tiers de 0,02 %. 3) :

Décision

:

Le projet de résolution est approuvé.1

M. FURTH (Sous- Directeur général) rappelle que le Mozambique a été admis en qualité de Membre de l'OMS le 25 juin 1975, date de son accession à l'indépendance, sous réserve du dépôt, auprès du Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies, d'un instrument officiel d'acceptation de la Constitution de l'OMS. En attendant la recommandation du Comité des Contributions des Nations Unies sur la quote -part de ce pays, le Directeur général recommande que la contribution du Mozambique soit provisoirement calculée au taux de 0,02 % pour 1975 et les années suivantes, sous réserve d'ajustement au taux définitif qui sera fixé par l'Assemblée mondiale de la Santé, et que la contribution pour 1975 soit réduite à un tiers de 0,02 %. La Commission pourrait adopter le projet de résolution suivant :

La Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé, Notant que, le 14 mai 1975, le Mozambique a été admis en qualité de Membre de l'Organisation à partir du 25 juin 1975, date de son indépendance, sous réserve du dépôt d'un instrument officiel d'acceptation de la Constitution de l'OMS entre les mains du Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies: Rappelant que la Vingt -Deuxième Assemblée mondiale de la Santé, dans sa résolution a décidé qu'à partir de 1968 les contributions dues par les nouveaux Membres WHA22.6, pour l'année durant laquelle ils ont acquis la qualité de Membre seront calculées selon la pratique suivie par l'Organisation des Nations Unies, DECIDE que le taux de la contribution du Mozambique pour 1975 et les années suivantes 1) sera fixé par l'Assemblée mondiale de la Santé lorsque la quote -part de ce pays aura été déterminée par le Comité des Contributions des Nations Unies; 2) que la contribution du Mozambique sera provisoirement calculée au taux de 0,02 pour 1975 et les années suivantes, sous réserve d'ajustement au taux définitif qui sera fixé par l'Assemblée mondiale de la Santé; et que la contribution pour 1975 sera réduite à un tiers de 0,02 %. 3) :

Décision

:

Le projet de résolution est approuvé.2

Ce projet de résolution a été transmis à l'Assemblée de la Santé dans le premier rapport de la Commission et adopté sous le numéro d'ordre WHA28.14. Ce projet de résolution a été transmis à l'Assemblée de la Santé dans le premier rapport de la Commission et adopté sous le numéro d'ordre WHA28.15. 2

1

568

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

Contribution du Pakistan

Ordre du jour, 3.4.2

Le Dr TAYLOR (représentant du Conseil exécutif), qui présente la question, rappelle que le Conseil exécutif a examiné à sa cinquante - cinquième session un rapport du Directeur général concernant une communication du Gouvernement du Pakistan par laquelle celui -ci sollicitait une nouvelle réduction de ses contributions pour les exercices 1972 et 1973.1 Cette demande faisait suite à la décision prise par le Conseil à sa cinquante et unième session, dans sa résolution EB51.R48, de recommander une réduction de US $48 163 de la contribution du Pakistan pour 1973, dont US $11 203 au titre de l'exercice 1972 et US $36 960 au titre de l'exercice 1973. L'Assemblée de la Santé avait accepté la recommandation du Conseil par sa résolution WHA26.17. Cette réduction des contributions du Pakistan pour les exercices 1972 et 1973 correspondait aux sommes dues par le Bangladesh pour les mêmes exercices, selon le taux provisoire qui avait été fixé pour ce pays. Depuis lors, le taux définitif de la contribution du Bangladesh a été fixé par l'Assemblée dans sa résolution WHA27.8, qui a réduit la contribution du Pakistan pour 1974 d'un montant de US $139 300, équivalent à la contribution définitive du Bangladesh pour le même exercice. Le nouvel ajustement que le Pakistan demande que l'on apporte à ses contributions pour les exercices 1972 et 1973 s'élève à $108 337. Il correspond à la différence entre les contributions définitives, c'est -à -dire US $156 500, et les contributions provisoires, c'est -à -dire US $48 163, du Bangladesh pour ces mêmes exercices. L'approbation de l'Assemblée de la Santé permettra d'apporter aux contributions du Pakistan pour 1972 et 1973 un ajustement analogue à celui que la Vingt- Septième Assemblée mondiale de la Santé a accepté d'apporter à celle du Pakistan pour 1974. Dans sa résolution EB55.R24, le Conseil a recommandé à la Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé d'approuver les ajustements demandés et de prélever sur les recettes occasionnelles la somme nécessaire à cette fin. M. PARROTT (Royaume -Uni de Grande - Bretagne et d'Irlande du Nord) rappelle que c'est sur proposition de sa propre délégation que la Vingt -Septième Assemblée mondiale de la Santé a décidé de soumettre au Conseil exécutif la question de la contribution du Pakistan. Cette proposition ne constituait nullement une critique à l'égard du Gouvernement du Pakistan ou de la procédure suivie; elle était uniquement inspirée par la conviction que le Conseil, en tant qu'organe exécutif de l'Organisation, devait avoir la possibilité d'examiner la question. La délégation du Royaume -Uni est en faveur des ajustements qu'il est proposé d'apporter à la contribution du Pakistan.

Le Dr CHOWDHRY (Pakistan) se félicite de la déclaration de la délégation du Royaume -Uni, dont la délégation pakisi.anaise a d'ailleurs vivement apprécié la prise de position à la précédente session de l'Assemblée mondiale de la Santé. Décision Le projet de résolution proposé par le Conseil exécutif dans la résolution EB55.R24 est approuvé.2 :

Barème des contributions pour 1976

Ordre du jour, 3.4.3

M. FURTH, Sous -Directeur général, présentant le rapport du Directeur général sur le barème des contributions pour 1976, indique que ce rapport fournit des renseignements sur les critères actuellement appliqués pour l'établissement du barème des contributions de l'OMS conformément à la résolution WHA26.21. Cette résolution a en effet apporté certaines modifications aux principes antérieurement énoncés à cet égard dans les résolutions WHA8.5 et WHA24.12. Pour l'essentiel, les critères antérieurs restent valables, mais il a été décidé qu'en principe la contribution maximale d'un Etat Membre quelconque dans le barème de l'OMS ne dépasserait pas 25 % du total, et des dispositions particulières ont été prises pour que cette décision soit appliquée aussitôt que possible. En outre, le paragraphe 3 du dispositif de la résolution WHA26.21 stipule que la contribution minimale dans le barème de l'OMS devra être conforme à celle qui sera fixée dans les barèmes futurs de l'Organisation des Nations Unies. Enfin, dans la résolution WHA27.9, l'Assemblée a décidé que la contribution des Membres associés pour 1975 et les années à venir serait calculée au taux de 0,01 %. En application des résolutions susmentionnées, le barème des contributions proposé pour 1976 a été calculé sur la base du barème des contributions de l'ONU pour 1974, 1975 et 1976 tel que l'a approuvé l'Assemblée générale des Nations Unies dans sa résolution 3062 ( XXVIII). Le barème proposé est le même que celui que l'Assemblée mondiale de la Santé a adopté pour 1975, mais il devra être modifié pour tenir compte des décisions prises au titre du point 3.4.1 concernant la contribution des nouveaux Membres. Le Dr EHRLICH (Etats -Unis d'Amérique) rappelle que la résolution WHA26.21 pose pour principe que la contribution maximale d'un Etat Membre quelconque dans le barème de l'OMS ne devrait pas dépasser 25 1 du total, et stipule également qu'il faudra atteindre cet objectif aussitôt que

Voir Actes officiels OMS, N° 223, 1975, partie I, annexe 6. 2

Ce projet de résolution a été transmis à l'Assemblée de la Santé dans le premier rapport de la Commission et adopté sous le numéro d'ordre WHA28.16.

COMMISSION B

:

TROISIEME SEANCE

569

faire se pourra. Il signale à ce propos que la législation en vigueur aux Etats -Unis d'Amérique a également fixé un plafond de 25 % pour la contribution des Etats -Unis à toutes les organisations internationales, y compris l'Organisation des Nations Unies elle -même. En fait la contribution des Etats -Unis a déjà été ramenée à ce niveau dans toutes les organisations, à l'exception de l'OMS. La délégation des Etats -Unis formule donc officiellement des réserves concernant le barème des contributions pour 1976. M. CHOWDHURY (Bangladesh) appelle l'attention sur la résolution de l'Assemblée générale des Nations Unies 3062 (XXVIII) annexée au rapport du Directeur général. Elle a été adoptée à un moment où le Bangladesh n'était pas encore Membre de l'Organisation des Nations Unies. Le taux de contribution du Bangladesh y est indiqué au paragraphe _f) comme étant 0,10 %. Il se demande si la contribution du Bangladesh va devoir être modifiée du fait de son nouveau statut d'Etat Membre. M. FURTH (Sous- Directeur général) confirme que la contribution du Bangladesh est toujours calculée au taux de 0,10 1 dans le barème des contributions de l'Organisation des Nations Unies. Le PRESIDENT propose que le projet de résolution figurant au paragraphe 3 du document examinésoitapprouvé par la Commission. Il précise que le barème des contributions qu'il est proposé d'adopter au paragraphe 1 du dispositif est celui qui figure à l'annexe 2 du document, ajusté pour tenir compte des décisions prises au titre du point 3.4.1. Décision 5. :

Le projet de résolution est approuvé.1 Ordre du jour, 3.3 Ordre du jour, 3.3.3

EXAMEN DE LA SITUATION FINANCIERE DE L'ORGANISATION

Membres redevables d'arriérés de contributions dans une mesure pouvant donner lieu à l'application de l'article 7 de la Constitution (suite de la première séance, section 4)

Le PRESIDENT rappelle que la Commission a décidé à sa première séance de renvoyer l'examen de la question à une date postérieure au 19 mai. Le Dr TAYLOR (représentant du Conseil exécutif), présentant la question,appelle l'attention de la Commission sur le deuxième rapport du Comité spécial du Conseil exécutif,2 qui s'est réuni le 12 mai 1975 pour étudier la question des cinq Membres redevables d'arriérés de contributions dans une mesure pouvant donner lieu à l'application de l'article 7 de la Constitution. Ils noteront, ainsi qu'il est indiqué au paragraphe 3, que trois de ces Membres, à savoir la Bolivie, El Salvador et Haiti, ont fait des versements en 1974 et 1975, et que le Paraguay a fait un versement en 1974 et annoncé que des dispositions avaient été prises pour faire un autre versement. En conséquence, le Comité spécial a recommandé au Directeur général d'adresser des télégrammes à ces quatre Etats Membres pour les inviter à s'acquitter de leurs arriérés avant le 19 mai 1975 ou, s'ils n'étaient pas en mesure de le faire, à indiquer au Directeur général les raisons qui les en empêchaient. En ce qui concerne la République Dominicaine, le Comité spécial a été avisé que le dernier versement de ce pays, représentant le solde de sa contribution de 1964 et une partie de sa contribution pour 1965, avait été fait en 1966. Le Gouvernement de la République Dominicaine a proposé depuis de payer intégralement sa contribution pour 1971 et de liquider la totalité de ses arriérés pour 1965 à 1970 en quatre versements égaux étalés de 1972 à 1975; bien que cette proposition ait été acceptée en 1972 par la Vingt - Cinquième Assemblée mondiale de la Santé, la République Dominicaine n'a fait aucun des versements proposés et n'a réglé depuis lors aucune contribution annuelle. En conséquence, sur recommandation du Comité spécial, le Directeur général a, par télégramme, prié instamment le Gouvernement de la République Dominicaine de faire un versement avant le 19 mai 1975, l'informant que le Comité spécial avait recommandé à la Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé, au cas où ce versement ne serait pas fait, de suspendre son droit de vote à l'Assemblée conformément à l'article 7 de la Constitution. Le Dr Taylor rappelle qu'une recommandation similaire concernant la suspension du droit de vote de la République Dominicaine à la Vingt -Septième Assemblée mondiale de la Santé a été adoptée en 1974.

M. FURTH gnements déjà du rapport du représente le gralité de sa

(Sous -Directeur général) informe la Commission, afin de compléter les renseidonnés, que le versement annoncé par le Gouvernement du Paraguay (paragraphe 3 Comité spécial) a en fait été reçu le 14 mai 1975. La somme versée, $46 340, solde de la contribution du Paraguay pour 1970, soit $16 060, ainsi que l'intécontribution pour 1971, soit $30 280. L'appendice au rapport du Directeur géné-

1 Ce projet de résolution a été transmis à l'Assemblée de la Santé dans le premier rapport de la Commission et adopté sous le numéro d'ordre WHA28.17. 2

Voir Actes officiels OMS, N° 226, 1975, annexe 3, partie 1.

570

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

rail contient une proposition du Gouvernement du Paraguay concernant le règlement du solde de ses arriérés de contributions. Si l'Assemblée accepte cette proposition, le Paraguay aura à payer, outre sa contribution annuelle à partir de 1976, le total de ses arriérés de contributions pour 1972 à 1975, soit un total de $136 500, en dix versements annuels de $13 650, pendant la décennie 1976 -1985. En réponse aux télégrammes qu'il a envoyés aux Etats Membres concernés à la demande du Comité spécial du Conseil exécutif (paragraphe 4 du rapport du Comité), le Directeur général a reçu un télégramme en date du 14 mai 1975 du Gouvernement de la Bolivie annonçant le versement immédiat d'une somme de $20 000 et le versement d'une autre somme de $55 363 au cours des mois suivants. Le Gouvernement bolivien a souligné la situation difficile dans laquelle se trouvait la Bolivie par suite des graves inondations et autres calamités qui se sont abattues sur les zones rurales du pays et a prié l'Assemblée de la Santé de ne pas attribuer les retards intervenus dans le versement de ses contributions à un manque de bonne volonté de sa part. Le Dr SERRATE (Bolivie) réaffirme que son Gouvernement fait réellement tout son possible pour payer ses contributions pour 1974 et 1975. La somme de $20 000 dont il a été question a en fait été versée le ler mai 1975, et une nouvelle somme de $35 000 sera versée à l'OMS dans le courant de l'année. Le Dr AGUILAR (El Salvador) a informé le Sous -Directeur général qu'il avait été avisé au début du mois qu'un versement de 16 800 colones avait été effectué en mars 1975 et que son pays ferait tout son possible pour régler ses arriérés de contributions au cours du deuxième semestre de 1975. Les retards dans le règlement des contributions ne sont pas dus à un manque de bonne volonté, mais à des difficultés d'ordre administratif. Il espère que la Commission tiendra dûment compte des efforts faits et qu'elle ne jugera pas qu'il y a lieu d'appliquer les dispositions de l'article 7 de la Constitution. Le PRESIDENT invite le Rapporteur à préparer un projet de résolution en tenant compte des opinions exprimées. (Voir la suite du débat dans le procès- verbal de la quatrième séance, section 2.) La séance est levée à 12 h.30.

1 Voir Actes officiels OMS, N° 226, 1975, annexe 3, partie 2.

QUATRIEME SEANCE

Mercredi 21 mai 1975, 14 h.40 Président :

Dr J. -S. CAYLA (France)

1.

PREMIER RAPPORT DE LA COMMISSION B

Sur l'invitation du PRESIDENT, le Dr VALLADARES (Venezuela), Rapporteur, donne lecture du projet de premier rapport de la Commission. Le Dr AVILES (Nicaragua) note que la résolution sur l'état du recouvrement des contributions annuelles invite instamment les Membres redevables d'arriérés de contributions à faire un effort spécial pour les régler en 1975. Etant donné que les gouvernements doivent préparer leur budget un an à l'avance, il demande au Directeur général d'adresser le plus tôt possible à chaque gouvernement un état des contributions dont il est redevable, avec l'indication du montant exact des arriérés pour chacune des années en cause. M. FURTH (Sous- Directeur général) répond que le Directeur général ne manquera pas d'aviser les gouvernements immédiatement après la clôture de l'Assemblée, comme il l'a toujours fait dans le passé. Décision 2. :

Le rapport est adopté (voir page 697).

EXAMEN DE LA SITUATION FINANCIERE DE L'ORGANISATION Membres redevables d'arriérés de contributions dans une mesure pouvant donner lieu à l'application de l'article 7 de la Constitution (suite de la troisième séance, section 5)

Ordre du jour, 3.3

Ordre du jour, 3.3.3

Le Dr VALLADARES (Venezuela), Rapporteur, soumet à la Commission le projet de résolution suivant :

La Vingt- Huitième Assemblée mondiale de la Santé, 1 Ayant examiné le rapport du Comité spécial du Conseil exécutif sur les Membres redevables d'arriérés de contributions dans une mesure pouvant donner lieu à l'application de l'article 7 de la Constitution; Ayant noté que la Bolivie, El Salvador, Hatti, le Paraguay et la République Dominicaine sont redevables d'arriérés dans une mesure telle que l'Assemblée se voit obligée d'examiner, conformément à l'article 7 de la Constitution, s'il y a lieu de suspendre le droit de vote de ces Membres; Notant que la Bolivie, El Salvador, Hatti et le Paraguay ont fait des versements en 1975; Notant, en outre, les propositions faites par le Paraguay pour le règlement de ses arriérés de contributions; Reconnaissant les efforts faits par ces quatre pays pour régler leurs arriérés; et Notant que la République Dominicaine n'a fait, depuis 1966, aucun versement à l'Organisation en vue de régler ses contributions, bien que la Vingt- Cinquième Assemblée mondiale de la Santé ait accepté sa proposition concernant le règlement de ses arriérés, et que par conséquent la République Dominicaine est redevable d'arriérés pour le solde de sa contribution de 1965 et pour la totalité de ses contributions de 1966 à 1974, 1. DECIDE de ne pas suspendre le droit de vote de la Bolivie, d'El Salvador, d'Hatti et du Paraguay à la Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé; 2. ACCEPTE la proposition du Paraguay pour le règlement de ses arriérés, à savoir que la totalité de ses contributions arriérées pour les années 1972 -1975 soit payée en dix versements égaux de US $13 650 étalés de 1976 à 1985; DECIDE que, si le Paraguay se conforme aux arrangements spécifiés au paragraphe 2 3. ci- dessus, il ne sera pas nécessaire pour les Assemblées ultérieures d'appliquer les dispositions du paragraphe 2 de la résolution WHA8.13 et que, nonobstant les dispositions du paragraphe 5.6 du Règlement financier, les paiements de contributions du Paraguay pour l'année 1976 et les années suivantes seront affectés à l'année considérée; INVITE instamment la Bolivie, El Salvador, Hatti et le Paraguay à accélérer les efforts 4. en cours en vue d'arriver, dans le plus bref délai, à la régularisation de leur situation; DECIDE de suspendre le droit de vote de la République Dominicaine à la Vingt -Huitième 5. Assemblée mondiale de la Santé; 6. PRIE instamment la République Dominicaine de régulariser sa situation à une date rapprochée et de mettre à effet l'arrangement pour le règlement de ses arriérés qui a été accepté par la Vingt - Cinquième Assemblée mondiale de la Santé, de façon que la République

1

Voir Actes officiels OMS, N° 226, 1975, annexe 3. 571

572

VINGT- HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

Dominicaine puisse reprendre sa pleine participation aux travaux de l'Assemblée mondiale de la Santé; et 7. PRIE le Directeur général de communiquer la présente résolution aux Membres intéressés. Le Dr AVILÉS (Nicaragua), se référant au paragraphe 5 du dispositif du projet de résolution, fait observer que la République Dominicaine a déjà exercé son droit de vote au cours de la présente Assemblée de la Santé. Quoi qu'il en soit, il suggère la suppression de ce paragraphe. Pour M. PARROTT (Royaume -Uni de Grande -Bretagne et d'Irlande du Nord), le délégué du Nicaragua vient de soulever un point intéressant, car les conséquences de la résolution dépendront du moment où elle sera adoptée. Si elle est votée en début de session, elle prendra effet pour toute la durée de cette assemblée, mais si elle est votée en fin de session, elle n'aura pratiquement aucun effet. Il aimerait avoir des éclaircissements à ce sujet.

Le Dr SACKS (Secrétaire de la Commission) constate qu'un seul représentant de la République Dominicaine figure sur la liste des délégués. La résolution ne prendra effet qu'au moment où elle sera adoptée en séance plénière et le droit de vote de la République Dominicaine sera suspendu à compter de ce moment -là. Décision 3. :

Le projet de résolution est approuvé.1 Ordre du jour, 3.5.3

EXAMEN DU FONDS DE ROULEMENT

Le Dr TAYLOR (Représentant du Conseil exécutif) rappelle qu'un rapport du Directeur général sur le fonds de roulement a été soumis à la cinquante -cinquième session du Conseil exécutif.2 Le dernier examen du fonds de roulement remonte à 1973, c'est -à -dire à la Vingt Sixième Assemblée mondiale de La Santé qui, par sa résolution WHA26.23, avait invité le Directeur général à faire rapport au Conseil exécutif et à l'Assemblée mondiale de la Santé sur le fonds de roulement lorsqu'il jugerait que les circonstances l'exigent et, en tout cas, tous les trois ans au moins. Le rapport du Directeur général traite de trois points principaux. Le premier concerne le montant autorisé du fonds de roulement et la mesure dans laquelle ce montant permet de faire face aux besoins pour lesquels le fonds a été créé. Si aucune crise grave ne vient affecter le financement des opérations du budget ordinaire de l'Organisation, ou si les contributions annuelles effectivement recouvrées ne sont pas trop inférieures aux montants attendus, le niveau actuel du fonds de roulement est pour le moment suffisant. Le Directeur général a toutefois souligné que, si l'une de ces deux conditions n'était pas remplie, cela aurait des répercussions sérieuses sur le fonctionnement de l'Organisation. En outre, le Directeur général a insisté pour que les Etats Membres s'acquittent de leurs obligations en temps voulu car, à la mi- décembre 1974, plusieurs contributions d'habitude versées en totalité à une date beaucoup plus précoce étaient encore impayées. Heureusement, des versements ont été reçus dans les derniers jours de 1974; si tel n'avait pas été le cas, le fonds de roulement aurait été complètement épuisé. Le deuxième point concerne le barème des avances au titre de la partie I du fonds de roulement. Le Directeur général a recommandé, conformément à la résolution WHA23.8, que le barème de ces avances soit révisé sur la base du barème des contributions de 1976 et que, par souci de simplification administrative, les ajustements qui en résulteraient soient arrondis à la dizaine de dollars la plus proche, comme cela se fait déjà pour les contributions annuelles. Troisième point essentiel le Directeur général recommande d'élever le plafond des avances pouvant être prélevées sur le fonds de roulement pour des achats remboursables de fournitures d'urgence. Ce plafond est demeuré inchangé depuis 1959, bien que les prix des fournitures aient sensiblement augmenté depuis lors, de même que le nombre des Membres de l'Organisation. Pour que ce dispositif d'urgence demeure pleinement efficace, il est indispensable de porter de $100 000 à $200 000 le plafond du montant total pouvant être prélevé sur le fonds de roulement et de $25 000 à $50 000 celui du crédit pouvant être accordé à un Membre ou Membre associé. Après avoir étudié et approuvé le rapport du Directeur général, le Conseil a adopté la résolution EB55.R39 dans laquelle il recommande à la Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé d'approuver les propositions du Directeur général. :

M. FIORI (Canada) souscrit à la proposition de revoir le barème des avances au fonds de roulement. Dans d'autres institutions spécialisées du système des Nations Unies, le barème des avances à un fonds de ce genre et celui des contributions au budget ordinaire sont en règle générale ajustés simultanément; M. Fiori espère que l'OMS pourra adopter la même procédure. Sa délégation accepte la proposition d'augmenter les montants disponibles pour procurer des

1 Ce projet de résolution a été transmis à l'Assemblée de la Santé dans le deuxième rapport de la Commission et adopté sous le numéro d'ordre WHA28.18. 2

Voir Actes officiels OMS, N° 223, 1975, partie I, annexe 9.

COMMISSION B

:

QUATRIEME SEANCE

573

fournitures d'urgence aux Membres contre remboursement, mais il se demande si une telle disposition s'imposerait encore au cas où le compte spécial pour les désastres et catastrophes naturelles, dont il sera question à propos du point 3.16.4 de l'ordre du jour, serait effectivement créé. Le fonds de roulement est destiné notamment à financer "des dépenses imprévues ou extraordinaires", mais le cas s'est rarement produit. M. Fiori souhaiterait obtenir du Secrétariat, des précisions sur la nature des dépenses auxquelles il est ainsi fait allusion. S'il s'agit d'augmentations imprévisibles des dépenses afférentes aux programmes ordinaires, la délégation du Canada préférerait que les mots "dépenses imprévues ou extraordinaires" soient supprimés, car toute augmentation de ce genre doit être couverte par des prévisions budgétaires supplémentaires. M. Fiori ne voit pas la nécessité d'augmenter de $114 000 le montant du fonds de roulement. Etant donné que les avances dues par la plupart des Etats Membres vont être révisées sur la base du barème des contributions de 1976, il serait possible de maintenir le montant du fonds à $11 000 000 et de simplement revoir l'affectation des sommes disponibles. Le but essentiel du fonds est de financer les dépenses budgétaires ordinaires en attendant la rentrée des contributions. Si les Etats Membres versaient leurs contributions plus tôt dans l'année pour laquelle elles sont exigibles, le montant du fonds pourrait être diminué. La délégation du Canada n'est pas certaine que, pour déterminer le montant du fonds, on ait eu uniquement en vue son but essentiel; le Conseil exécutif devrait donc revoir la question à la lumière de renseignements sur les dates des recouvrements et des prélèvements. M. FURTH (Sous- Directeur général) explique que la raison pour laquelle il a été proposé que les avances dues par les Membres au titre de la partie I du fonds de roulement soient calculées d'après le barème des contributions de 1975 est que, dans sa résolution WHA23.8, l'Assemblée de la Santé a décidé que les avances au fonds de roulement seraient calculées d'après le barème des contributions de 1971 et que le montant des avances afférant à la partie I serait réexaminé tous les 5 ans. Or il se trouve que 1975 est la première année où un tel réexamen se justifie, étant donné que, les années précédentes, le barème des contributions a subi des modifications si peu importantes qu'il n'en serait pas résulté d'ajustements notables pour les avances. Toutefois, avec le réaménagement important du barème des contributions pour 1975, le moment est venu de procéder à un réexamen de la partie I du fonds sur la base du barème de 1976, qui est pratiquement identique à celui de 1975. Il est peu probable que le barème doive être considérablement modifié d'ici à 1978 et le Directeur général proposera sans doute à cette date un nouveau réexamen du barème des avances dues au titre de la partie I du fonds. Pour ce qui est du compte spécial pour les désastres et catastrophes naturelles, il ne répond pas tout à fait au même but que les prélèvements opérés sur le fonds de roulement pour des achats de fournitures d'urgence. Il s'agit là d'un compte du fonds bénévole pour la promotion de la santé, qui est alimenté par des contributions volontaires, et les bénéficiaires d'une assistance financée sur ce compte n'ont aucune obligation de remboursement. Le fonds de roulement, lui, ne peut servir à procurer des fournitures d'urgence que contre remboursement. Les deux formules de financement d'urgence se complètent donc, plut8t qu'elles ne font double emploi. M. Furth confirme que la clause relative aux dépenses imprévues ou extraordinaires n'a été que trés rarement appliquée. La dernière occasion s'est présentée en 1969, année où une somme de $1 373 900 a été prélevée sur le fonds de roulement pour faire face à l'augmentation des traitements et indemnités du personnel, ainsi que de l'allocation pour frais d'études. Le remboursement de ce prélèvement a été approuvé par la Vingt -Deuxième Assemblée mondiale de la Santé dans sa résolution WHA22.12. A part certains prélèvements effectués pour faire face à des situations d'urgence dans les toutes premières années de l'Organisation, il n'y a eu que deux autres cas d'avances prélevées à ce titre en 1959 et 1968. Le délégué du Canada a raison de penser que les dépenses imprévisibles au titre du budget ordinaire doivent être normalement couvertes par des prévisions budgétaires supplémentaires, mais il arrive parfois que des circonstances spéciales exigent un recours au fonds de roulement. Quant à la question du délégué du Canada concernant l'augmentation de $114 000 du montant du fonds de roulement, il convient de noter qu'en fait, il n'y a pas eu d'augmentation. Dans sa résolution WHA26.23, l'Assemblée mondiale de la Santé a décidé que la dotation de la partie I du fonds de roulement resterait fixée à $5 000 000, somme à laquelle s'ajouteraient les avances des Membres entrés à l'Organisation après le 30 avril 1965. Or les avances fixées depuis cette date pour les nouveaux Membres s'élevaient à $114 000 au 30 septembre 1974 et, comme la Commission B a maintenant fait des propositions concernant les contributions de 5 nouveaux Membres, le montant effectif du fonds de roulement sera probablement, d'ici quelques jours, de l'ordre de $5 120 000. Le délégué du Canada a exprimé des réserves quant au montant du fonds de roulement et il a proposé de revoir la question en tenant compte des dates auxquelles les contributions sont recouvrées et les prélèvements effectués. En fait, il fut un temps où une étude de ce genre était faite chaque année, mais le Conseil exécutif et l'Assemblée y ont renoncé, jugeant qu'un examen annuel n'avait guère d'utilité. Actuellement, la situation du fonds n'est revue que tous les 3 ans, à moins que le Directeur général n'estime nécessaires des révisions plus fréquentes. Pour ce qui est du montant du fonds, le solde créditeur à la fin de 1974 n'était que de $3 433 571 et, au 30 avril 1975, de $4 653 357. Le fonds risque donc d'être épuisé à la fin de 1975. Le :

574

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

taux de recouvrement des contributions à la fin de 1974 était seulement de 92,99 %, contre 96,55 % à la fin de 1973, et au 18 décembre 1974, 18 Etats Membres n'avaient pas encore versé la moindre partie de leurs contributions pour cette année et 28 autres ne s'étaient pas complètement acquittés de leurs obligations. A cette date, la totalité des arriérés de contributions s'élevait à près de $16 millions, soit un peu plus de 15 % des contributions fixées au titre du budget effectif. Comme le montant du fonds de roulement dépassait à peine $11 millions, on s'est trouvé en décembre 1974 devant une menace de crise, notamment parce que l'année était alors beaucoup trop avancée pour qu'il fût possible de réduire les engagements de dépenses de 1974. Si d'importants versements n'avaient pas été reçus juste avant la fin de l'année, le fonds de roulement aurait été complètement épuisé. C'est là une situation qui pourrait se reproduire, et même revêtir davantage de gravité si les Etats Membres ne versent pas leurs cotisations beaucoup plus têt dans l'année; en pareil cas, le Directeur général n'aurait guère d'autre recours que de proposer une augmentation du montant du fonds de roulement. M. FIORI (Canada) pense que M. Furth vient de donner une raison valable pour un examen de la question par le Conseil exécutif en 1976. Il souhaiterait avoir l'opinion du Secrétariat sur la possibilité de renoncer à la disposition relative aux dépenses imprévues et extraordinaires puisqu'elle n'a été que rarement appliquée et qu'il existe un autre moyen de couvrir de telles dépenses. Pour M. FURTH (Sous- Directeur général) le dernier paragraphe du projet de résolution que le Conseil exécutif a recommandé à l'Assemblée d'adopter dans sa résolution EB55.R39 répond au premier point soulevé par le délégué du Canada. Dans ce paragraphe, le Directeur général est prié de soumettre un rapport sur le fonds de roulement au Conseil exécutif et à l'Assemblée mondiale de la Santé chaque fois qu'il le jugera utile, et de toute manière tous les trois ans au moins. Si la situation s'aggrave à la fin de 1975, le Directeur général sera tenu de soumettre un rapport au Conseil en 1976. Sinon, aucune proposition en vue d'accroître le fonds ne sera nécessaire, mais, en tout état de cause, un rapport sera présenté dans trois ans. Quant à savoir s'il y a lieu de supprimer la disposition relative aux dépenses imprévues et extraordinaires, c'est à l'Assemblée qu'il appartient d'en décider. Toutefois, il pourrait sembler anormal de la supprimer à un moment où l'Assemblée est justement appelée à examiner plusieurs questions relatives à des dépenses imprévues et extraordinaires et à des cas d'urgence. Cette disposition laisse effectivement une certaine latitude au Directeur général, de même qu'au Conseil exécutif, mais le Directeur général ne peut utiliser les fonds à son gré que jusqu'à concurrence de $250 000 et l'approbation préalable du Conseil doit être sollicitée pour les prélèvements supérieurs, jusqu'à $2 millions. M. PARROTT (Royaume -Uni de Grande -Bretagne et d'Irlande du Nord) comprend la préoccupation du délégué canadien. Cependant, les statistiques sur lesquelles le Conseil exécutif s'est fondé pour recommander à l'Assemblée l'adoption des décisions énoncées dans la résolution EB55.R39 se rapportent aux mois de janvier à septembre 1974 inclus et, de ce fait, ne pouvaient pas tenir compte des fluctuations du solde créditeur du fonds de roulement pendant le dernier trimestre, et en particulier pendant le mois critique. Il conviendrait que la Commission dispose d'une version à jour du tableau qui figure dans l'appendice 1 de l'annexe 9 de la partie I des Actes officiels N° 223. Elle serait alors en mesure de se prononcer sur le projet de résolution énoncé dans la résolution EB55.R39 et peut -être de le modifier en insérant dans le préambule un nouvel alinéa qui indiquerait que l'Assemblée mondiale de la Santé a examiné un rapport supplémentaire du Directeur général. Cela montrerait que la situation critique du fonds a été portée à la connaissance de l'Assemblée et inciterait les pays à verser leurs contributions plus rapidement que par le passé.

M. FURTH (Sous- Directeur général) déclare qu'une version du tableau mise à jour au 30 avril 1975 sera présentée à la séance suivante. Les membres de la Commission pourront ainsi constater la brusque chute du solde créditeur net du fonds à la fin de 1974. Ils verront notamment que le solde créditeur net n'a jamais dépassé $5 millions depuis décembre 1974. Le tableau 6 du Rapport financier pour 1974 (Actes officiels N° 222) indique déjà que le solde créditeur net en fin d'exercice était de $3 433 571.

Le PRESIDENT suggère qu'en attendant la communication des renseignements complémentaires, la Commission passe à l'examen du point suivant de son ordre du jour. Il en est ainsi décidé. (Voir la suite du débat dans le procès- verbal de la cinquième séance, section 1.) 4.

ETUDE SUR LA POSSIBILITE DE FINANCER LES ACTIVITES DE L'OMS EN DES MONNAIES AUTRES QUE LE DOLLAR DES ETATS -UNIS OU LE FRANC SUISSE

Ordre du jour, 3.6

Le PRESIDENT appelle l'attention de la Commission sur le projet de résolution présenté sur cette question par le Conseil exécutif dans sa résolution EB55.R40. Le Dr TAYLOR (représentant du Conseil exécutif) informe la Commission que, pour faire suite à la résolution WHA26.40, le Directeur général a présenté à la cinquante -troisième session du

COMMISSION B

:

QUATRIEME SEANCE

575

Conseil exécutif un rapport dont le texte complet constitue l'annexe 6 du document Actes officiels N° 215.

L'Assemblée générale des Nations Unies ayant décidé de créer un groupe de travail chargé d'étudier diverses solutions pour remédier aux difficultés résultant de l'instabilité monétaire et de l'inflation, la Vingt -Septième Assemblée mondiale de la Santé a décidé, dans sa résolution WHA27.13, sur recommandation du Conseil, d'ajourner l'examen de la question jusqu'à ce que l'Assemblée générale ait pris connaissance du rapport de son groupe de travail. Le Directeur général a informé le Conseil exécutif à sa cinquante -cinquième session, en janvier 1975, que le groupe de travail avait fait rapport à l'Assemblée générale pendant le deuxième semestre de 1974 et n'avait trouvé aucune solution généralement acceptable qui puisse remplacer les mesures déjà prises à l'Organisation des Nations Unies et dans les institutions apparentées pour résoudre les problèmes résultant de l'instabilité monétaire et de l'inflation persistantes. Après avoir examiné la question, le Conseil a adopté la résolution EB55.R40, dans laquelle il recommandait l'adoption du projet de résolution dont la Commission est actuellement saisie.

Le projet de résolution proposé par le Conseil exécutif dans la résolution Décision EB55.R40 est approuvé.1 :

5.

BATIMENT DU SIEGE

:

BESOINS FUTURS

Ordre du jour, 3.7

Le Dr TAYLOR (représentant du Conseil exécutif) rappelle qu'en 1974 le Conseil exécutif, dans sa résolution EB53.R43, avait recommandé à l'Assemblée de la Santé que toute décision quant à la poursuite de l'étude et à la construction de l'extension permanente du bâtiment du Siège soit différée, et avait prié le Directeur général de suivre l'évolution de la situation et de faire à nouveau rapport au Conseil lors de sa cinquante- cinquième session. L'Assemblée mondiale de la Santé a donné suite à cette recommandation dans sa résolution WHA27.14. Examinant le rapport présenté par le Directeur général à sa cinquante - cinquième session,2 le Conseil a constaté que les effectifs au Siège s'étaient accrus en 1974 plus rapidement que dans le passé, alors que le nombre des postes financés sur le budget ordinaire n'avait accusé qu'une très faible augmentation; l'augmentation des effectifs au Siège était due principalement à celle du volume des programmes financés au moyen de fonds extrabudgétaires et, par conséquent, des effectifs de soutien travaillant au Siège. Il a également été nécessaire de recruter davantage de personnel temporaire et de consultants en 1974 à cause du moratoire de plusieurs mois qui frappait le recrutement de personnel permanent. Plusieurs membres du Conseil avaient espéré avec le Directeur général que les effectifs au Siège se stabiliseraient progressivement et qu'il ne serait pas nécessaire de construire une extension permanente pour recevoir quelque 700 fonctionnaires. Dans la situation économique actuelle, un tel projet ne pourrait pas être financé dans les conditions avantageuses que l'Organisation aurait pu espérer obtenir à un autre moment. Néanmoins, il n'est pas douteux que les effectifs du Siège continueront à s'accroltre pendant quelques années, encore qu'il soit difficile pour le moment d'estimer dans quelle mesure, si ce n'est en extrapolant les données antérieures. Le Conseil a examiné les solutions proposées par le Directeur général et a noté que, pour répondre aux besoins les plus urgents, il avait loué quelques bureaux dans le nouveau bâtiment du BIT pour au moins deux ans et avait pris une option, valable jusqu'en juin 1975, en vue de la location d'autres bureaux à partir de janvier 1977. Toutefois, il n'est pas sOr que l'OMS puisse proroger au -delà de 1976 l'accord qu'elle a conclu avec le BIT, celui -ci étant en droit de dénoncer le bail ou de réduire la superficie louée moyennant un préavis de trois mois. De plus, le loyer est très élevé. Aussi le Directeur général a -t -il proposé d'édifier un nouveau bâtiment provisoire sur le terrain que l'Organisation a acheté pour y construire l'extension permanente. Pour financer cette construction, l'Assemblée de la Santé pourrait décider d'utiliser les réserves, d'un montant de US $879 835, qui ont été constituées par le fonds immobilier en vue de la construction d'une extension permanente, le solde étant financé sur les recettes occasionnelles. En examinant cette proposition, le Conseil a constaté que si l'actuelle Assemblée de la Santé décidait de construire un troisième bâtiment provisoire, les locaux seraient disponibles avant la fin de 1976, de sorte qu'il ne serait pas nécessaire de proroger l'accord conclu avec le BIT ni de louer des bureaux supplémentaires. En conséquence, le Conseil a adopté la résolution EB55.R48, dans laquelle il recommande à l'Assemblée de la Santé d'accepter les propositions du Directeur général et recommande en outre de différer toute décision concernant la construction d'une extension permanente du bâtiment du Siège. Dans cette même résolution, le Conseil recommande à l'Assemblée mondiale de la Santé d'autoriser le Directeur général à payer par le compte pour les recettes occasionnelles les

1 Ce projet de résolution a été transmis à l'Assemblée de la Santé dans le deuxième rapport de la Commission et adopté sous le numéro d'ordre WHA28.23. 2 Voir Actes officiels OMS, N° 223, 1975, partie I, annexe 12.

576

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

sommes dues au titre des bureaux loués dans le bâtiment du BIT, et ce à concurrence du montant revenant à l'OMS sur le prix de vente par le BIT d'un bâtiment financé en partie par l'OMS. M. FURTH (Sous -Directeur général) informe la Commission que, depuis la distribution du document contenant le rapport du Corps commun d'inspection sur l'utilisation des locaux au Siège de l'OMS, le Directeur général a reçu du Président du Corps commun d'inspection une lettre en date du 28 avril à laquelle il a répondu le 7 mai. Le texte de ces lettres a été transmis à l'Assemblée mondiale de la Santé pour information dans un addendum au document contenant le rapport. M. Furth pense que le document distribué se passe de commentaires. Il appelle l'attention de l'Assemblée sur une légère rectification que le Corps commun d'inspection désire apporter au texte du cinquième alinéa de l'Avant -propos et à celui du paragraphe 3 du chapitre I du rapport. Le Corps commun d'inspection a décidé de ne pas présenter à l'Assemblée générale les rapports détaillés concernant les problèmes de locaux de chaque organisation du système des Nations Unies, à moins que l'Assemblée générale ne le demande, mais d'informer celle -ci que les rapports ont été achevés et soumis aux organisations intéressées.

Le Dr ALY (Egypte) retrace l'historique des débats consacrés aux besoins futurs du Siège en locaux depuis 1972 et rappelle que la question avait été liée, dans la résolution WHA25.37, à une étude sur la possibilité de régionaliser davantage le personnel et les activités de l'OMS. Conformément à la résolution EB51.R54, cette étude a été intégrée dans l'étude organique du Conseil sur "les rapports entre les services techniques centraux de l'OMS et les programmes d'assistance directe aux Etats Membres ", étude que la Commission doit examiner sous le point 3.10 de l'ordre du jour. Dès 1973, la Vingt -Sixième Assemblée mondiale de la Santé avait été informée que, déjà à cette époque, le bâtiment permanent aurait coûté quelque 68 millions de Fr.s En raison des difficultés financières, les Assemblées suivantes ont différé l'examen du problème et demandé au Directeur général de les tenir au courant de l'évolution de la situation. La présente Assemblée est saisie d'une proposition tendant à édifier un bâtiment provisoire pour un coût d'environ 5,5 millions de Fr.s., ainsi que du rapport du Corps commun d'inspection. Le Dr Aly, qui déplore le malentendu dont témoignent les lettres figurant dans l'addendum du rapport, remercie le Directeur général d'avoir communiqué ce document aux Etats Membres en temps opportun, d'autant que ses conclusions ne sont pas les mêmes que les propositions soumises à l'Assemblée. Dans la situation monétaire internationale actuelle, et compte tenu de la situation financière difficile de l'Organisation, la délégation égyptienne ne peut pas souscrire aux propositions du Directeur général. Puisqu'il ressort des paragraphes 93 et 94 du rapport du Corps commun d'inspection que la construction de bâtiments provisoires n'a jamais résolu le problème des locaux destinés au personnel supplémentaire, à moins que l'on n'ait déjà déterminé le niveau des effectifs, mais ne peut qu'en différer le règlement, le Dr Aly suggère que la Commission recommande l'ajournement de la question et invite le Conseil à étudier en détail le rapport du Corps commun d'inspection et à présenter une recommandation à la Vingt -Neuvième Assemblée mondiale de la Santé. Le Professeur AUJALEU (France) déclare qu'après avoir pris connaissance du rapport du Corps commun d'inspection, la délégation française persiste à croire que l'avis du Conseil exécutif est judicieux et doit être suivi. Comme les autres délégations, celle de la France espère que le niveau des effectifs au Siège pourra se stabiliser, et que les augmentations éventuelles ne concerneront que les bureaux régionaux et le personnel de terrain. Néanmoins, on a d'ores et déjà besoin de bureaux supplémentaires au Siège et les locaux du BIT ne seront peut être plus disponibles après 1977. D'autre part, l'Organisation doit verser un loyer qui n'est pas négligeable. Le moment actuel n'est pas favorable à la construction d'une extension permanente; les Inspecteurs ont mentionné la possibilité d'obtenir un prêt des autorités suisses, mais ils auraient dû veiller davantage à recueillir des informations exactes, car cette possibilité n'existe pas. Plusieurs autres arguments militent en faveur d'une décision rapide d'édifier un bâtiment provisoire, notamment les inconvénients résultant de la dispersion du personnel en plusieurs endroits, mais l'argument décisif est que le bâtiment provisoire, qui durera 20 ans, coûtera un peu moins de six années de location. M. FIORI (Canada) a appris avec intérêt que le coût de la location de bureaux dans le bâtiment du BIT pendant la période 1977/1978 se situerait entre 600 000 et 1 million de Fr.s. du bâtiment selon l'évolution du coût de la vie à Genève, alors que le coût de construction complémentaires Il souhaiterait avoir des renseignements projeté serait nettement plus élevé. de la construction d'un nouveau sur le rapport coût /avantages respectif d'une location et bâtiment. La Commission ne doit pas oublier non plus que le loyer versé par l'OMS au BIT profite aux Etats Membres de l'OIT, qui sont en gros les mêmes que ceux de l'OMS. De plus, un recours rationnel à des consultants pour freiner l'accroissement des effectifs pourrait atténuer les pressions qui s'exercent sur les locaux existants, tout comme d'ailleurs, le moment venu, le

COMMISSION B

:

QUATRIEME SEANCE

577

transfert du Centre international de Calcul dans ses propres locaux. A -t -on bien tenu compte de ces possibilités ?

M. WIRTH (République fédérale d'Allemagne) approuve la recommandation du Conseil de différer toute décision sur la construction d'une extension permanente du bâtiment du Siège, eu égard à la situation financière difficile, et d'édifier un bâtiment provisoire, cela pour les raisons exposées par le délégué de la France. Il appuie d'autre part l'opinion des Inspecteurs suivant laquelle l'Assemblée mondiale de la Santé, en décidant de construire le bâtiment provisoire, devrait examiner la possibilité de limiter l'accroissement des effectifs au Siège, afin que ce nouveau bâtiment réponde aux besoins de bureaux de l'OMS pendant un nombre d'années raisonnable. Mlle VON GRUNIGEN (Suisse) confirme que les autorités suisses ne seront pas en mesure pendant environ un an d'accorder un prêt pout la construction d'une extension permanente du bâtiment du Siège, en raison de difficultés d'ordre budgétaire. La délégation suisse appuiera le projet de construction d'un bâtiment provisoire, compte tenu du fait que les locaux du bâtiment du BIT ne seront peut -être plus disponibles après 1976. Le Dr AVILES (Nicaragua) se demande comment le personnel qui occupe actuellement des bureaux dans le bâtiment du BIT serait logé si cette organisation refusait de renouveler le bail et si l'on ne construisait pas de bâtiment provisoire. Les observations du Professeur Aujaleu selon lesquelles le bâtiment provisoire durerait une vingtaine d'années l'ont rassuré; dans ce cas, il vaut mieux construire que louer, pour des raisons d'économie. Certes, comme l'a dit le délégué du Canada, les fonds versés par l'OMS à une autre institution des Nations Unies ne sont pas perdus pour les Etats Membres, mais ils sont perdus pour les programmes de santé. Aussi la délégation du Nicaragua appuie -t -elle les recommandations figurant au paragraphe 2 du dispositif de la résolution EB55.R48. Le Dr O. A. HASSAN (Somalie) dit que, pour être bien servie, l'Organisation doit offrir à son personnel des locaux satisfaisants. Cependant, avant de prendre une décision qui pourrait avoir des incidences importantes sur la vie de l'Organisation, il conviendrait d'étudier certaines des questions figurant au paragraphe 111 du rapport du Corps commun d'inspection, notamment les alinéas a), b), e) et f). En particulier, il faudrait obtenir des autorités suisses des renseignements complémentaires sur l'éventualité d'un prêt. Entre -temps, il ne faudrait pas accorder trop de poids à l'argument suivant lequel les locaux du bâtiment du BIT pourraient ne plus être disponibles, car les Etats Membres pourront toujours donner à leur Ministre de la Santé et à leur Ministre du Travail les instructions nécessaires pour qu'une solution soit trouvée en attendant que l'OMS ait achevé la construction d'une extension permanente du bâtiment du Siège. M. PARROTT (Royaume -Uni de Grande -Bretagne et d'Irlande du Nord) rend hommage aux Inspecteurs pour le contenu des 25 premières pages de leur rapport; en revanche, il est décevant de lire ensuite qu'ils recommandent encore de nouvelles études. La délégation du Royaume -Uni estime que le Comité spécial du Conseil sur le bâtiment du Siège a fait un meilleur travail que ne semblent le penser les Inspecteurs lorsqu'ils déclarent (paragraphe 94) "qu'aucune étude détaillée n'a été faite jusqu'à présent sur les besoins à long terme du Siège en locaux à usage de bureaux ", encore qu'ils aient atténué cette assertion en admettant (paragraphe 101) que la projection concernant l'accroissement des effectifs "s'est révélée raisonnablement exacte ".

Certes, les bâtiments et les fonds sont des éléments importants, mais M. Parrott convient avec le délégué de la Somalie, qu'il est temps maintenant de prendre en considération les besoins du personnel. C'est pourquoi il appuie fermement les recommandations du Conseil exécutif pour les raisons qui ont été invoquées, entre autres, par le délégué de la France ce sera un geste de confiance à l'égard du Conseil et aussi du Directeur général qui - il en est sûr - se fera un devoir de stabiliser les effectifs, comme il est indiqué au paragraphe 102 du rapport du Corps commun d'inspection. :

Le Professeur VANNUGLI (Italie) appuie les recommandations du Conseil exécutif puisque le futur bâtiment provisoire sera de bonne qualité. Il rappelle à la Commission que ce bâtiment est nécessaire pour loger le personnel de l'OMS qui se trouve actuellement dans le bâtiment du BIT et qu'il n'est pas destiné à du personnel supplémentaire; il est, lui aussi, favorable à cette stabilisation des effectifs que, d'après ce qui a été indiqué, le Directeur général pense pouvoir réaliser. De toute façon, la situation monétaire actuelle et le plafond imposé au budget militent en faveur de cette stabilisation. D'autre part, puisqu'il n'y a aucune chance d'obtenir un prêt dans un proche avenir, si l'on décidait d'attendre un prêt pour la construction d'une extension permanente du bâtiment du Siège, cela reviendrait à ajourner de nouveau le règlement du problème. M. NOZIGLIA (Etats -Unis d'Amérique) rappelle que sa délégation est au nombre de celles qui, aux Assemblées de la Santé précédentes, ont préféré renoncer à la construction d'un nouveau bâtiment permanent. La Commission a été avisée qu'un troisième bâtiment provisoire répondrait aux besoins du personnel jusqu'aux environs de 1982. I1 pense que de nouvelles études ne feront

578

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

que différer toute décision sans apporter d'élément nouveau et qu'en décidant dès la présente Assemblée de construire un bâtiment provisoire on donnera à l'Organisation le temps d'envisager la construction d'une extension permanente en 1982 à la lumière des conditions qui prévaudront à cette époque. Il apparaît que la location de bureaux dans le bâtiment du BIT jusqu'à la fin de 1976 s'élèvera à quelque 622 000 Fr.s. et que le nouveau bâtiment provisoire coûtera 5 630 000 Fr.s., de sorte que pour un coût total de 6 252 000 Fr.s. l'Organisation aura résolu le problème des locaux jusqu'en 1982; en revanche, si la présente Assemblée devait donner suite à la recommandation des Inspecteurs, la Vingt -Neuvième Assemblée mondiale de la Santé trouverait la situation inchangée. Si cette Assemblée, à son tour, devait décider de construire un bâtiment provisoire, les travaux ne pourraient débuter qu'au deuxième semestre de 1976, si bien qu'il faudrait non seulement reconduire le bail actuel - et rien ne garantit que ce serait possible puisque les besoins du personnel du BIT auraient naturellement la priorité sur ceux de l'OMS - mais de plus il faudrait louer des locaux supplémentaires. Si, choisissant une autre solution, la Vingt -Neuvième Assemblée mondiale de la Santé devait décider finalement de construire une extension permanente du bâtiment du Siège, l'Organisation se verrait dans l'obligation de louer des bureaux dans les locaux du BIT ou ailleurs en attendant que le nouveau bâtiment soit prat. Ainsi, dans un cas comme dans l'autre, le montant déboursé équivaudrait à peu de choses près au coût résultant d'une décision immédiate de construire le bâtiment provisoire, avec comme seule différence que l'Organisation n'aurait pas à sa disposition ce bâtiment provisoire. La délégation des Etats -Unis estime que ce serait un gaspillage de temps et d'argent que de ne pas donner suite le plus rapidement possible aux propositions qui ont été établies avec tant de soin par le Directeur général et le Conseil exécutif. Le Dr OULD BAH (Mauritanie) appuie les recommandations contenues dans la résolution EB55.R48 du Conseil, surtout après les explications très claires du délégué de la France. Mais étant donné que le bâtiment provisoire pourra durer une vingtaine d'années, il est souhaitable que ce nouveau bâtiment tienne compte des possibilités de croissance de l'Organisation pendant au moins les dix à quinze prochaines années. Le Professeur LISICYN (Union des Républiques socialistes soviétiques) dit que des doutes subsistent dans son esprit. Pour les raisons ci- après, il serait souhaitable de renvoyer l'examen de la question à la cinquante -septième session du Conseil exécutif, qui pourrait alors étudier toutes les pièces du dossier, y compris le rapport du Corps commun d'inspection. Tout d'abord, l'instabilité monétaire actuelle va probablement continuer. Deuxièmement, les activités entreprises dans le cadre des programmes resteront pratiquement à leur niveau actuel en 1975 et 1976 et, comme l'a indiqué le Directeur général, il n'est pas prévu d'accroître sensiblement les effectifs du Siège. Troisièmement, on constate actuellement une tendance à décentraliser les activités, du moins en ce qui concerne les principaux programmes de l'Organisation, ce qui se traduira naturellement par le transfert de certains effectifs du Siège dans les bureaux régionaux. Quatrièmement, les délégués n'ont pas eu le temps d'étudier suffisamment à fond toutes les pièces du dossier, et notamment le rapport du Corps commun d'inspection qui contient un certain nombre d'éléments importants. Les Inspecteurs ont en particulier appelé l'attention sur le fait que l'on n'avait fait aucune étude détaillée des besoins en locaux au Siège de l'OMS et ils ont souligné que la construction d'un nouveau bâtiment provisoire ne résoudrait pas le problème des locaux. Pour toutes ces raisons, la délégation soviétique n'est pas en mesure d'appuyer la recommandation du Conseil exécutif visant à construire un nouveau bâtiment provisoire. Le Dr TOURS (Sénégal) reconnaît avec les délégués de la Somalie et du Royaume -Uni qu'il importe que le personnel dispose de locaux suffisants. Cependant, il faut aussi que l'Organisation fasse la politique de ses moyens. Etant donné qu'il est difficile de financer la construction d'un bâtiment permanent, la solution du bâtiment provisoire, recommandée par le Conseil exécutif, semble raisonnable. Le Dr Touré estime que c'est là une bonne solution, d'autant plus qu'elle permettra de réaliser une économie substantielle de loyer et que le bâtiment provisoire pourra fort bien être modifié de façon à pouvoir durer.

Le Dr ROUHANI (Iran) appuie également les recommandations du Conseil exécutif. On a pu calculer que le coût du bâtiment provisoire, dont on admet généralement la nécessité, sera amorti en moins de six ans, ce qui représente pour l'OMS une solution exceptionnellement favorable.

M. FURTH (Sous- Directeur général), parlant de la terminologie utilisée pour désigner les différents types de bâtiment mentionnés dans le rapport du Corps commun d'inspection, indique que les termes "provisoire" et "permanent" ont probablement été utilisés parce que le premier bâtiment préfabriqué construit par l'OMS était destiné à être provisoire. Cependant, le bâtiment "provisoire" dont il est question ici ne sera pas provisoire au sens strict du terme, puisqu'il durera vingt à trente ans avant de nécessiter d'importantes réparations. Il serait plus juste de dire qu'il s'agira d'un bâtiment de conception normalisée, peu coûteux et préfabriqué ou encore, plus simplement, d'un "bâtiment préfabriqué ". Le bâtiment "permanent" sera, quant à lui, un bâtiment conçu par un architecte, construit sur les indications de ce dernier, sans éléments

COMMISSION B

:

QUATRIEME SEANCE

579

préfabriqués, harmonisé avec l'actuel bâtiment du Siège, et coûtant environ 60 % de plus par mètre carré de bureau (425 Fr.s. contre 260 Fr.s.) qu'un bâtiment préfabriqué. Pour des raisons de commodité, M. Furth désignera dorénavant l'extension du bâtiment envisagée sous le nom de "bâtiment d'architecte ".

Bien que le rapport des Inspecteurs semble vouloir ramener le problème à un choix entre un grand bâtiment d'architecte et un bâtiment préfabriqué plus petit, le Directeur général n'a jamais exclu, comme il l'a clairement indiqué dans son rapport au Conseil, qu'un bâtiment plus grand ne soit nécessaire à l'avenir. Toutefois, on estime qu'un troisième bâtiment préfabriqué permettrait à l'OMS de faire face jusqu'en 1982 aux besoins résultant de l'accroissement des effectifs du Siège, encore que l'on ne puisse rien dire de catégorique à ce sujet, en raison de nombreux facteurs qui ne dépendent pas de la volonté du Secrétariat, comme par exemple la proposition dont se trouve saisie l'Assemblée de la Santé d'adopter de nouvelles langues de travail, ce qui entraînerait un accroissement considérable des effectifs du Siège. Etant donné que, pour une raison ou pour une autre, on doit tres probablement s'attendre à ce que les effectifs du Siège continuent à croître dans une certaine mesure au cours des prochaines années, Comment loger le le problème sur lequel doit se prononcer la Commission est le suivant personnel du Siège jusqu'en 1982, date d'occupation la plus proche d'un éventuel bâtiment d'architecte ? M. Furth rappelle qu'un prêt des autorités suisses, même si l'OMS devait apprendre demain qu'elle pouvait en obtenir un à un taux raisonnable, ne serait pas disponible avant janvier 1978 étant donné la longueur des formalités. Ce n'est donc qu'en mai 1978 que la Trente et Unième Assemblée mondiale de la Santé pourrait autoriser la construction du bâtiment et se prononcer sur le mode de remboursement du prêt et sur le financement des montants qui ne seraient pas couverts par le prêt suisse. Donc, et sans tenir compte de délais imprévus, le bâtiment ne pourrait être occupé qu'en 1982 au plus tôt. La question de savoir comment on logera le personnel du Siège jusque -là ne peut pas être passée sous silence. Des locaux sont déjà loués au BIT, mais le Secrétariat n'a rien trouvé qui puisse justifier l'assertion contenue dans le rapport des Inspecteurs, selon laquelle "il ... est possible [à l'OMS] de louer des locaux dans le bâtiment du BIT pendant plusieurs années encore ". Au contraire, les représentants de l'OIT ont répété à plusieurs reprises oralement et par écrit, aussi bien aux Inspecteurs qu'à l'OMS, que la question de savoir s'il serait possible de prolonger le bail dépendait de l'évolution de la situation des effectifs de l'OIT et que l'on ne voyait pas à l'heure actuelle comment de nouveaux locaux pourraient être loués à l'OMS après les quatre premières années. Même si des locaux pouvaient être loués au BIT jusqu'en 1982, la dépense qui en résulserait terait - soit 6 388 000 Fr.s. compte tenu des locaux supplémentaires nécessaires plus élevée, ainsi que le délégué des Etats -Unis l'a si bien montré, que la somme des dépenses entraînées par la location de bureaux dans le bâtiment du BIT en 1975 et 1976 et la construcEn outre, le prix de la tion simultanée d'un bâtiment préfabriqué - soit 6 252 000 Fr.s. location devrait être inscrit, à partir de 1976, au budget annuel. Il ne faut pas oublier que les chiffres cités ne tiennent pas compte des augmentations de loyer que l'OIT est en droit d'exiger conformément à l'accord qui la lie à l'OMS, non plus que des frais d'entretien du bâtiment préfabriqué. En fait, ces deux chefs de dépense pourraient se compenser. Alors que les Inspecteurs, au paragraphe 101 de leur rapport, admettent que la projection concernant l'accroissement des effectifs établie par le Comité spécial du Conseil exécutif "s'est révélée raisonnablement exacte depuis lors ", ils proposent au paragraphe 103 d'ajourner à nouveau la décision, en attendant les résultats d'une autre étude qui permettrait d "'établir des projections exactes de l'augmentation des effectifs ". On a déjà fait ressortir ce que ces déclarations avaient de contradictoire. En fait, trois projections détaillées ont déjà été établies par le Directeur général et le Comité spécial, et elles ont été soumises au Conseil et à l'Assemblée de la Santé. Une quatrième étude non chiffrée a été faite concernant l'éventualité d'une décentralisation plus poussée du personnel de l'OMS. Par décision du Conseil et de l'Assemblée de la Santé, cette étude, qui doit prévoir les types d'activités que l'Organisation entreprendra à l'avenir et déterminer s'il convient de le faire de préférence au Siège, ou dans les Régions, ou au niveau des pays, a été incorporée à l'étude organique du Conseil sur les "rapports entre les services techniques centraux de l'OMS et les programmes d'assistance directe aux Etats Membres ". L'étude organique sera prochainement examinée par l'Assemblée de la Santé et M. Furth tient simplement à préciser que, en présentant l'étude au Conseil exécutif, le Président du groupe de travail a fait observer que le groupe avait longuement étudié la question de la centralisation et de la décentralisation et a ajouté que l'étude ne prescrivait aucune formule précise et ne se prononçait ni pour la centralisation ni pour la décentralisation_ Elle est en revanche favorable à une conception unifiée de l'Organisation, selon laquelle les attributions peuvent être assurées aux différents niveaux sans qu'il y ait de séparation tranchée. Selon M. Furth, une nouvelle étude n'apporterait pas d'éclaircissements nouveaux sur le problème dont est saisie la Commission. :

Le DIRECTEUR GENERAL réaffirme qu'il n'appartient pas au Directeur général de décider des paramètres dont dépend la croissance des effectifs du Siège. Cependant, depuis vingt mois qu'il occupe son poste, à chacune des nombreuses activités nouvelles qui ont été entreprises à la suite d'une initiative de l'Assemblée de la Santé a fait pendant une réduction du nombre

580

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

des postes affectés au Siège à d'autres activités. Il respectera le voeu de l'Assemblée de la Santé d'éviter toute croissance excessive. De nouvelles activités continueront certes d'être exigées par les Etats Membres, mais les ressources nécessaires devront être dégagées en amputant d'autres services, afin d'éviter de fâcheuses répercussions sur le budget et sur la dotation en bureaux au Siège. Mais il est vrai également que des locaux doivent être trouvés au Siège pour le personnel engagé dans des activités financées au moyen des très considérables fonds activités qui profitent directement aux Etats Membres dans des secteurs tels extrabudgétaires, que l'approvisionnement public en eau, la santé de la famille et la reproduction humaine. Le Directeur général souhaite sincèrement continuer dans la même voie. Il espère que, dans le cadre du budget ordinaire, les effectifs du Siège pourront être bientôt stabilisés. Si l'Assemblée souhaite la poursuite des activités financées au moyen de fonds extrabudgétaires, le Directeur général espère que des fonds destinés à couvrir les frais généraux correspondants pourront être accumulés, et utilisés s'il y a lieu pour la construction des bâtiments provisoires nécessaires à ces activités. Pour sa part, il s'est refusé à soumettre au Conseil exécutif et à l'Assemblée une proposition visant à construire un nouveau bâtiment permanent car, psychologiquement, il est préférable de ne pas disposer de trop d'espace; les locaux du bâtiment du Siège, ainsi que peuvent le constater les délégués qui les visitent, sont actuellement occupés à un point sans doute inégalé dans la plupart des administrations nationales. Grâce à sa politique actuelle, l'OMS ne fait pas seulement des économies, elle contribue aussi à freiner la croissance des effectifs du Siège. Comme l'a fait observer le délégué de l'URSS, cette politique va dans le sens des efforts que l'Organisation poursuit résolument en vue de décentraliser les activités, chaque fois que cela est possible, du Siège vers les bureaux régionaux et des bureaux régionaux vers les pays. Le présent débat montre une fois de plus que les Etats Membres ne toléreront pas de croissance excessive, et le Secrétariat respectera ce voeu.

Le Dr VALLADARES (Venezuela), Rapporteur, donne lecture du projet de résolution ci -après sur les besoins de locaux au Siège :

La Vingt- Huitième Assemblée mondiale de la Santé, Rappelant la résolution WHA27.14 adoptée par la Vingt- Septième Assemblée mondiale de la Santé; Ayant examiné la résolution EB55.R48 et le rapport du Directeur général sur les besoins futurs du Siège en locaux;1 Ayant pris note du rapport du Corps commun d'inspection sur l'utilisation des locaux au Siège de l'Organisation mondiale de la Santé; Notant avec satisfaction que le Directeur général a pris des dispositions pour assurer aux services du Siège de l'OMS les locaux dont ils auront besoin au cours des années 1975 et 1976 en louant des bureaux dans le nouveau bâtiment du Siège du BIT; Estimant souhaitable que l'Organisation possède ses propres locaux qui lui garantissent la disposition des bureaux dont elle aura besoin au -delà de cette période; Constatant que, dans les circonstances économiques actuelles, les moyens de financement d'un grand bâtiment conçu par un architecte font défaut; et Notant que le coût d'un bâtiment préfabriqué plus petit qui contiendrait environ 138 bureaux standard et aurait une durée de vie d'au moins vingt années avant de nécessiter de grosses réparations est estimé à Fr.s. 5 630 000, AUTORISE le Directeur général à payer par le compte pour les recettes occasionnelles 1. le loyer et les frais de nettoyage, d'entretien et d'installation des bureaux loués par l'OMS dans le bâtiment du BIT jusqu'au 31 décembre 1976, et ce à concurrence du montant revenant à l'OMS sur le prix de vente par le BIT de son bâtiment provisoire du Petit Saconnex; DIFFERE à nouveau toute décision concernant la construction d'une extension, conçue 2. par un architecte, du bâtiment du Siège; AUTORISE la construction sur le terrain appartenant à l'Organisation d'un nouveau 3. bâtiment préfabriqué contenant environ 138 bureaux; et AUTORISE, pour financer en partie la construction de ce bâtiment préfabriqué, l'uti4. lisation des réserves qui ont été constituées dans le fonds immobilier en vue de la construction d'une extension plus grande, conçue par un architecte, du bâtiment du Siège.

Décision 6.

:

Le projet de résolution est approuvé.2

DEUXIEME RAPPORT DE LA COMMISSION

Le Dr VALLADARES (Venezuela), Rapporteur, donne lecture du projet de deuxième rapport de la Commission. Décision :

Le rapport est adopté (voir page 698). La séance est levée à 17 h.10.

1 Voir Actes officiels OMS, N° 223, 1975, partie I, annexe 12.

2 Ce projet de résolution a été transmis à l'Assemblée de la Santé dans le deuxième rapport de la Commission et adopté sous le numéro d'ordre WHA28.24.

CINQUIEME SEANCE

Jeudi 22 mai 1975, 14 h.45 Président :

Professeur F. RENGER (République Démocratique Allemande)

1.

EXAMEN DU FONDS DE ROULEMENT (suite de la quatrième séance, section 3)

Ordre du jour, 3.5.3

Le PRESIDENT invite la Commission à examiner le tableau qui a été préparé pour donner suite à la demande formulée par la Commission à sa séance précédente; ce tableau complète jusqu'au 30 avril 1975 les renseignements contenus dans l'appendice 1, annexe 9 de la partie I des Actes officiels N° 223, où figurait le solde du fonds de roulement pour chaque mois depuis le ler janvier 1973. M. FURTH (Sous- Directeur général) appelle l'attention de la Commission sur la diminution du solde créditeur net du fonds de roulement, qui est passé de US $10 506 652 le 30 novembre 1974 à US $4 653 357 le 30 avril 1975 en raison d'arriérés de contributions dus par certains Membres. Il est peu probable que la totalité de ces arriérés soit remboursée prochainement. Le découvert de trésorerie du budget ordinaire pour 1974 était encore de US $5 896 253 au 30 avril 1975.

M. FIORI (Canada) dit que sa délégation juge extrêmement utile le tableau préparé par le Secrétariat et propose qu'à l'avenir des renseignements analogues soient donnés à la Commission. M. PARROTT (Royaume -Uni de Grande- Bretagne et d'Irlande du Nord) apporte son appui à la proposition canadienne et pense que le tableau montre clairement les difficultés auxquelles l'Administration doit faire face.

Le PRESIDENT invite ensuite la Commission à examiner le projet de résolution proposé Conseil exécutif. :

par le

Le projet de résolution figurant dans la résolution EB55.R39 du Conseil exéDécision cutif est approuvé.1 2.

FONDS IMMOBILIER

Ordre du jour, 3.8

Le Dr TAYLOR (représentant du Conseil exécutif) indique que le Directeur général a fait rapport au Conseil exécutif, à sa cinquante -cinquième session, sur l'état des projets financés au moyen du fonds immobilier et sur les besoins de financement prévus pour la période de 12 mois allant du ler juin 1975 au 31 mai 1976. Il était signalé dans le rapport2 que le coûtfinal des projets autorisés pour la période du ler juin 1970 au 31 mai 1974 était resté dans la limite des montants annoncés à l'Assemblée de la Santé. Bien que les estimations pour la période ler juin 1974 -31 mai 1975 aient été provisoires, les montants prévus seraient vraisemblablement suffisants, encore qu'il y ait nécessairement un élément d'incertitude dû aux effets de la hausse des prix. Pour la période du ler juin 1975 au 31 mai 1976, le Directeur général demande l'ouverture de crédits d'un montant total de US $3 306 000 pour les activités suivantes extension du bâtiment du Bureau régional de l'Afrique, accroissement de la capacité du service de production des documents du Bureau régional de l'Europe, installation d'un équipement de détection et de lutte contre l'incendie ainsi que d'un groupe électrogène de secours au Bureau régional de l'Asie du Sud -Est, et construction d'un nouveau bâtiment préfabriqué au Siège de l'OMS; cette dernière question a déjà été examinée sous le point 3.7 de l'ordre du jour. Au 31 décembre 1974, la réserve du fonds s'élevait à US $1 120 085, dont US $800 000 réservés pour la construction du bâtiment temporaire au Siège. Il faut donc prélever US $2 185 915 sur les recettes occasionnelles. :

M. FIORI (Canada) aimerait avoir de plus amples renseignements sur les projets mentionnés dans le rapport du Directeur général. Le Dr QUENUM (Directeur régional pour l'Afrique) rappelle que, jusqu'en 1960, il n'y avait encore que sept ou huit Etats Membres dans la Région africaine. En 1960, ce nombre est brusquement passé à 30. Bien que les locaux du Bureau régional aient déjà été agrandis à deux reprises, certains membres du personnel doivent encore travailler dans des baraquements tout à fait inadéquats. La nouvelle extension envisagée par le Directeur général est le minimum nécessaire pour répondre aux besoins actuels.

1 Ce projet de résolution a été transmis à l'Assemblée de la Santé dans le troisième rapport de la Commission et adopté sous le numéro d'ordre WHA28.25. 2

Voir Actes officiels OMS, N° 223, 1975, partie I, annexe 13. 581

582

VINGT- HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

Le Dr KAPRIO (Directeur régional pour l'Europe) dit qu'en raison du nombre de programmes à moyen terme récemment approuvés par le Bureau régional, le service de production des documents du Bureau doit assurer des prestations pour un programme de réunions beaucoup plus important. Ce service est actuellement installé dans un sous -sol qui ne satisfait pas entièrement aux normes des autorités sanitaires danoises. Les crédits demandés serviront en fait à apporter les aménagements essentiels. M. FURTH (Sous- Directeur général) déclare que les fonds demandés pour le Bureau régional de l'Asie du Sud -Est sont nécessaires pour couvrir le coût de l'installation d'un équipement de détection et de lutte contre l'incendie, y compris une pompe à moteur diesel et le matériel connexe. Il est également prévu d'installer un groupe électrogène de secours en raison de la fréquence des coupures de courant à New Delhi. Le PRESIDENT invite la Commission à examiner le projet de résolution suivant :

La Vingt- Huitième Assemblée mondiale de la Santé, Ayant examiné la résolution EB55.R49 et le rapport du Directeur général sur l'état des projets financés par le fonds immobilier et sur les besoins estimatifs du fonds pour la période du ler juin 1975 au 31 mai 1976; Reconnaissant que certaines estimations figurant dans ce rapport ne peuvent être que provisoires en raison des fluctuations constantes du marché des changes; Notant en particulier qu'il est maintenant nécessaire de réaliser une nouvelle extension du bâtiment du Bureau régional de l'Afrique et de construire un nouveau bâtiment préfabriqué au Siège, 1. AUTORISE le financement par le fonds immobilier des projets envisagés dans le rapport du Directeur général pour la période du ler juin 1975 au 31 mai 1976 aux coûts estimatifs suivants :

US $

Extension du bâtiment du Bureau régional de l'Afrique Agrandissement des services de production des documents du Bureau régional de l'Europe Installation d'un équipement de lutte contre l'incendie et d'un groupe électrogène de secours au Bureau régional de l'Asie du Sud -Est

933 000 75 000

90 000 Construction d'un nouveau bâtiment préfabriqué au Siège de l'Organisation 2 208 000 2. AFFECTE au fonds immobilier, par prélèvement sur les recettes occasionnelles, la somme de US $2 185 915.

Décision 3.

:

Le projet de résolution est approuvé. 1

NOMINATION DU COMMISSAIRE AUX COMPTES

Ordre du jour, 3.15

M. FURTH (Sous- Directeur général) dit en présentant la question que, de l'avis du Directeur général, il serait dans l'intérêt de l'Organisation de reconduire M. Lars Lindmark dans ses fonctions de Commissaire aux Comptes de l'Organisation mondiale de la Santé pour les deux exercices 1976 et 1977. Depuis sa fondation, l'OMS a toujours eu le même Commissaire aux Comptes que l'OIT, ce qui a permis de réaliser des économies considérables dans le coût de la vérification des comptes. M. Furth croit savoir que la prolongation du mandat de M. Lindmark comme Commissaire aux Comptes de l'OIT pour une nouvelle période de deux ans sera examinée plus tard dans l'année par le Conseil d'administration de l'OIT. Le Dr DOLGOR (Mongolie) appuie la nomination de M. Lindmark comme Commissaire aux Comptes pour 1976 et 1977. M. Lindmark a déjà acquis dans ce domaine une expérience valable, et il faut espérer qu'il tiendra compte des propositions formulées par la Commission lors de l'examen du point 3.3.1 de l'ordre du jour, en particulier pour ce qui est de l'inclusion de renseignements plus détaillés dans le rapport du Commissaire aux Comptes. Le PRESIDENT invite la Commission à examiner le projet de résolution suivant :

La Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé DECIDE que M. Lars Lindmark est nommé Commissaire aux Comptes de l'Organisation 1. mondiale de la Santé pour les deux exercices 1976 et 1977. Il devra effectuer ses vérifications de comptes conformément aux principes qui sont énoncés à l'article XII du Règlement financier. S'il y a lieu, il pourra désigner un représentant chargé de le suppléer en son absence; 2. EXPRIME ses remerciements à M. Lindmark pour le travail qu'il a accompli pour l'Organisation en procédant à la vérification des comptes de l'exercice 1974.

Décision

:

Le projet de résolution est approuvé.2

1 Ce projet de résolution a été transmis à l'Assemblée de la Santé dans le troisième rapport de la Commission et adopté sous le numéro d'ordre WHA28.26. 2 Ce projet de résolution a été transmis à l'Assemblée de la Santé dans le troisième rapport de la Commission et adopté sous le numéro d'ordre WHA28.27.

COMMISSION B 4.

:

CINQUIEME SEANCE

583

COORDINATION A L'INTERIEUR DU SYSTEME DES NATIONS UNIES

Ordre du jour, 3.16 Ordre du jour, 3.16.7

Commission de la Fonction publique internationale

Le Dr TAYLOR (représentant du Conseil exécutif) fait brièvement le point des événements qui ont conduit à l'adoption, par l'Assemblée générale des Nations Unies, de la résolution 3357 (XXIX) approuvant le statut de la Commission de la Fonction publique internationale. Le Conseil exécutif a examiné la question à sa cinquante- cinquième session et, dans la résolution EB55.R50, il a recommandé à l'Assemblée mondiale de la Santé d'accepter ce statut, dont le texte figure dans l'annexe du document soumis à la Commission.- Le Dr Taylor fait observer que le Comité consultatif de la Fonction publique internationale (CCFPI) a automatiquement cessé d'exister dès la création de la Commission de la Fonction publique internationale, dont la première réunion était prévue pour mai 1975. M. PARROTT (Royaume -Uni de Grande -Bretagne et d'Irlande du Nord) se félicite de la création de la Commission et notamment des économies réalisées grâce à la suppression du CCFPI et à la réduction des activités du Comité consultatif pour les Questions administratives. Il note cependant que si, sur certains points, la Commission ne peut formuler que des recommandations, l'article 11 de son statut lui confère un pouvoir réglementaire à propos, notamment, du classement des lieux d'affectation aux fins d'application des ajustements de poste. Cela mettra -t -il un terme à l'autonomie dont jouissait auparavant l'OMS pour des questions telles que la fixation des ajustements de poste ?

M. FURTH (Sous- Directeur général) répond que cela dépendra vraisemblablement pour beaucoup de la façon dont la Commission interprétera les articles 10 et 11 de son statut. Aux termes de l'article 11, elle peut à tout moment fixer aux fins de l'application des ajustements de poste la classe d'un lieu d'affectation donné. En vertu de l'article 10 a), en revanche, elle ne peut faire que des recommandations concernant les principes généraux applicables à la détermination des conditions d'emploi des fonctionnaires; or, les ajustements de poste affectent bien évidemment les conditions d'emploi; l'article 10 b), quant à lui, stipule que la Commission ne peut faire que des recommandations concernant le barème des traitements et des ajustements de poste.

Le Professeur LISICYN (Union des Républiques socialistes soviétiques) approuve la recommandation du Conseil exécutif tendant à ce que l'Assemblée de la Santé accepte le statut de la Commission de la Fonction publique internationale. Il sera utile qu'il y ait un organisme chargé des questions importantes de personnel. La Commission prendra très certainement en considération les recommandations des divers organes des Nations Unies ainsi que les vues de l'Assemblée mondiale de la Santé. Le Dr VALLADARES (Venezuela), Rapporteur, appelle l'attention de la Commission sur le projet de résolution suivant :

La Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé, Ayant examiné la résolution EB55.R50 et le rapport relatif à la Commission de la Fonction publique internationale, DECIDE d'accepter le statut de la Commission de la Fonction publique internationale 1. établi par l'Assemblée générale des Nations Unies, lors de sa vingt -neuvième session, dans sa résolution 3357 (XXIX); et PRIE le Directeur général de notifier cette acceptation au Secrétaire général de 2. l'Organisation des Nations Unies.

Décision

:

Le projet de résolution est approuvé.2 Ordre du jour, 3.14

5.

RAPPORTS ANNUELS DU DIRECTEUR GENERAL

Le Dr TAYLOR (représentant du Conseil exécutif) indique que le Conseil, à sa cinquante cinquième session, a étudié diverses propositions du Directeur général concernant les rapports annuels du Directeur général au Conseil» Bien que la Constitution de l'OMS ne contienne aucune disposition relative à la périodicité des rapports, l'usage s'est établi que le Directeur général fasse rapport une fois par an à l'Assemblée mondiale de la Santé et à l'Organisation des Nations Unies sur les activités de l'OMS. En vertu des nouvelles propositions approuvées par le Conseil, le Directeur général continuerait de présenter chaque année un rapport, mais qui serait plus bref une année sur deux. Un rapport succinct serait présenté les années impaires, où l'Assemblée de la Santé doit procéder à l'examen approfondi du projet de budget

1 Voir Actes officiels OMS, N° 226, 1975, annexe 5.

Ce projet de résolution a été transmis à l'Assemblée de la Santé dans le troisième rapport de la Commission et adopté sous le numéro d'ordre WHA28.28. 3

2

Voir Actes officiels OMS, N° 223, 1975, annexe 8.

584

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

programme du prochain exercice biennal; Le rapport plus complet serait présenté les années paires - où l'Assemblée de la Santé devra étudier plus rapidement le budget programme - et il porterait sur les deux années précédentes. On estime que ces propositions, si elles sont acceptées, permettront de rationaliser les travaux de l'Assemblée, de réaliser des économies considérables et de renforcer les possibilités d'évaluation. Le rapport succinct traitera des activités et des événements les plus importants de l'année précédente, au sujet desquels le rapport complet pourra apporter des précisions complémentaires. Le Conseil a également approuvé la proposition d'établir un rapport séparé sur les projets dont la liste figurait jusqu'ici à la fin du Rapport annuel. N'ayant pas eu le temps de terminer l'examen de la question à sa cinquante -cinquième session, le Conseil a proposé de poursuivre à sa cinquante -septième session l'étude de la teneur et de la rationalisation des documents relatifs aux travaux de l'OMS. La résolution EB55.R38 contient le texte d'un projet de résolution dont le Conseil recommande l'adoption par l'Assemblée de la Santé. Le Professeur LISICYN (Union des Républiques socialistes soviétiques) demande quelles sont les économies que l'on peut attendre d'une modification de la procédure de présentation des rapports annuels. Le Dr MANUILA (Directeur de la Division des Publications et Traductions) répond que l'annexe 8 de la partie I des Actes officiels N° 223 donne un chiffre de l'ordre de $275 000, correspondant aux frais de dactylographie, de traduction, de mise au point et d'impression entraînés par la publication du Rapport annuel pour 1973. Toutefois, les calculs sur lesquels se fonde cette estimation ne tiennent pas compte du temps considérable consacré à la préparation du contenu du Rapport ni des frais généraux encourus, pour lesquels il est très difficile d'articuler un chiffre. La dépense totale serait plutôt de l'ordre de $350 000 à $400 000 et une partie importante de cette somme pourrait être économisée tous les deux ans grâce à la publication d'un rapport succinct. Le Professeur LISICYN (Union des Républiques socialistes soviétiques) appuie en principe les propositions du Directeur général, notamment A cause de la réduction des dépenses. Cependant, il souhaite que les futurs rapports annuels du Directeur général, et même les rapports succincts, contiennent une évaluation de certains projets et de certains programmes, car les renseignements donnés à ce sujet dans les précédents rapports annuels étaient insuffisants pour permettre de savoir si l'exécution de ces travaux se faisait de façon satisfaisante et dans les délais prévus. Il souhaite également que le Conseil exécutif, ou un autre organisme désigné par celui -ci ou par le Directeur général, procède A un examen périodique des rapports du Directeur général, tant en ce qui concerne leur forme que leur contenu. Le Dr MANUILA (Directeur de la Division des Publications et Traductions) explique que le Directeur général s'est préoccupé de la question de l'évaluation sélective des projets et programmes au moment où il a présenté au Conseil exécutif ses propositions, et que cette préoccupation a également été au premier plan des discussions du Conseil. Les modifications proposées sont, en fait, fondées sur l'idée d'une évaluation sélective. En ce qui concerne la deuxième observation du délégué soviétique, le Dr Manuila répond que l'ensemble de la question des rapports périodiques au Conseil exécutif et A l'Assemblée mondiale de la Santé fait actuellement l'objet d'un examen et qu'un document sera soumis A ce sujet A la cinquante- septième session du Conseil exécutif. Le projet de résolution proposé par le Conseil exécutif dans sa résolution Décision EB55.R38 est approuvé.l :

6.

ETUDES ORGANIQUES DU CONSEIL EXECUTIF

Ordre du jour, 3.10

Etude organique sur les rapports entre les services techniques centraux de l'OMS et les programmes d'assistance directe aux Etats Membres

Ordre du jour, 3.10.1

Le Dr TAYLOR (représentant du Conseil exécutif) rappelle que le Conseil exécutif, à sa cinquante -troisième session, a chargé un groupe de travail (composé du Dr Chen Hai -feng, du Dr Ehrlich, du Dr Lekie, du Dr Ramzi, du Professeur Sulianti Saroso et du Professeur Tigyi) d'étudier les rapports entre les services techniques centraux de l'OMS et les programmes d'assistance directe aux Etats Membres. Après avoir pris connaissance d'une note du Directeur général qui esquissait le problème et présentait une analyse préliminaire de ses différents aspects, le groupe de travail s'est réuni A diverses reprises pour poursuivre son étude. Un document provisoire sur les résultats de cette étude a été distribué aux membres du Conseil exécutif avant sa cinquante- cinquième session.

Ce projet de résolution a été transmis A l'Assemblée de la Santé dans le troisième rapport de la Commission et adopté sous le numéro d'ordre WHA28.29.

1

COMMISSION B

:

CINQUIEME SEANCE

585

Dans la perspective historique de la question, l'étude (Actes officiels N° 223, partie I, annexe 7) passe en revue les principaux éléments de la planification et de la prestation des services de l'Organisation à différents niveaux et analyse les relations qui existent entre eux. L'étude conclut que tous les éléments du programme de l'OMS s'appuient mutuellement et font partie d'un tout. Le principe de l'unité de conception et d'action doit prévaloir et est indispensable à la réussite des travaux de l'Organisation. Les relations entre structure et fonction à établir au sein de l'Organisation seront déterminées sur la base de l'approche intégrée nécessaire. Afin que le programme, dans son ensemble, puisse être conçu et exécuté de la façon la plus rationnelle, sa planification doit être l'aboutissement d'un effort commun qui implique la participation des autorités nationales de la santé, des représentants de l'OMS, des comités régionaux, des bureaux régionaux, du Conseil exécutif, de l'Assemblée de la Santé et du Siège de l'Organisation. Le Dr EHRLICH (Etats -Unis d'Amérique), s'exprimant en sa qualité de Président du groupe de travail du Conseil, déclare qu'en examinant le problème des relations fonctionnelles entre les différents niveaux de l'Organisation, c'est -à -dire depuis les services du Siège jusqu'aux activités opérationnelles sur le terrain, le groupe de travail s'est notamment attaché à identifier les obstacles qui empêchent une communication et une coordination efficaces. Le Dr Ehrlich espère que l'Assemblée de la Santé accueillera favorablement cette étude et que celle -ci pourra guider utilement l'OMS et l'aider à renforcer son action.

Le Dr ALY (Egypte) estime que l'étude organique est particulièrement intéressante et importante à une heure où l'Organisation, après 25 ans d'activité, se trouve aux prises avec de nouveaux problèmes financiers et monétaires. Si les objectifs fondamentaux de l'OMS demeurent inchangés, les méthodes de travail évoluent rapidement et lesbesoins desEtats Membres augmentent à la mesure de leurs espoirs. L'Organisation doit adapter ses méthodes de travail en fonction de l'évolution de la situation, et c'est pourquoi l'étude organique vient à un moment particulièrement opportun. En exprimant sa gratitude aux membres du groupe de travail pour leur rapport très complet, le Dr Aly fait sienne la conclusion selon laquelle les éléments techniques du Siège et des bureaux régionaux doivent se compléter. Le principe de la complémentarité a été appliqué avec succès dans le programme d'éradication de la variole et il est à espérer qu'il en sera de même dans d'autres domaines, par exemple en ce qui concerne la schistosomiase et le paludisme. Le renforcement du róle des bureaux régionaux ne doit pas signifier que ceux -ci agiront indépenet ne relèveront plus d'une autorité centrale; en fait, les nouvelles dispositions doivent surtout permettre de surmonter les présentes difficultés financières et techniques. Le Dr Aly aurait souhaité trouver dans l'étude organique un chapitre consacré à diverses observations formulées dans le passé sur des questions telles que la nomination des fonctionnaires et l'ensemble des problèmes de la fonction publique internationale, mais il n'insistera pas sur ce point. Le Dr KILGOUR (Royaume -Uni de Grande -Bretagne et d'Irlande du Nord) applaudit à l'étude organique, qui met en lumière cette maladie endémique des grandes bureaucraties, à savoir l'incapacité de réaliser un équilibre satisfaisant entre les structures verticales et horizontales qui permettent la participation et la communication. Les recommandations spéciales et générales formulées dans l'étude sont déjà pour une grande part en cours d'application à l'OMS, ce qui en démontre la valeur. Le Dr Kilgour espère que cette évolution se poursuivra à un rythme accéléré, de sorte que l'OMS pourra mieux atteindre ses objectifs, s'adapter avec plus de souplesse à des situations changeantes et appliquer les conclusions d'une saine autocritique. Le rapport contient sans doute plus d'un enseignement utile dont pourraient tirer profit d'autres membres de la famille des Nations Unies.

Le Professeur LISICYN (Union des Républiques socialistes soviétiques) remercie le groupe de travail pour la manière dont il a accompli sa tâche. Il souscrit aux observations formulées dans l'étude sur la nécessité d'établir des critères plus précis pour déterminer les priorités du sixième programme général de travail de l'OMS, en sorte que soient mieux définies les réalisations que l'on attend dans chacun des domaines d'activité choisis. Il reconnaît également que les projets inter -pays constituent un moyen commode et économique de réaliser certains travaux. Les observations relatives à la concordance des travaux interrégionaux, régionaux et à l'échelon du Siège sont intéressantes, mais il ne pense pas qu'il soit opportun de transférer aux Régions certains projets de recherche avant d'avoir nettement assuré le partage des responsabilités entre l'échelon central et les échelons régionaux. A propos de la création éventuelle d'un système de détection rapide de la pollution de l'environnement, le Professeur Lisicyn demande au Directeur général de donner, à l'occasion, des renseignements sur le mode de fonctionnement de ce dispositif. Il souligne l'importance des conclusions de l'étude concernant l'intensification de la recherche médicale, la nécessité d'une approche intégrée, et celle d'une amélioration de la coopération horizontale entre les diverses disciplines et des relations fonctionnelles "verticales", et il appelle l'attention sur les observations formulées au sujet du rôle de coordi-

586

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

nation qui revient à l'OMS dans l'utilisation de l'aide financière extérieure accordée aux pays. Ces observations sont particulièrement utiles à un moment où il est recommandé de faire davantage appel à des fonds extrabudgétaires pour financer les projets qui bénéficient de l'assistance de l'OMS. Le DIRECTEUR GENERAL, répondant au délégué soviétique, explique que depuis longtemps on estime possible, grâce à la technique moderne, de créer un système mondial d'alerte précoce. La Conférence mondiale de l'Alimentation, par exemple, a demandé la mise en place d'un système de détection et de surveillance dans les domaines de la production alimentaire et de l'état nutritionnel des populations. A l'OMS, on pourrait par exemple assurer la communication rapide aux Etats Membres de renseignements sur les maladies transmissibles, surveiller les effets adverses des médicaments (un système de surveillance a déjà été institué à cet effet), surveiller la pharmacodépendance (les enquêtes épidémiologiques en cours pourraient fournir, un jour, des indicateurs suffisamment sensibles). Toutefois, malgré un certain nombre de consultations, il n'y a toujours pas au Secrétariat d'accord général sur la manière d'utiliser la technique de l'ordinateur pour mettre en place un système d'information rapide qui ne soit pas trop onéreux et n'exige pas un personnel trop nombreux. La question est encore à l'étude et le Directeur général soumettra, en temps voulu, un rapport au Conseil exécutif sur l'état d'avancement des travaux relatifs à la création d'un tel système qui, bien entendu, sera étroitement associé au système mondial de surveillance continue de l'environnement (GEMS) du Programme des Nations Unies pour l'Environnement. Tous ces systèmes constituent des éléments de ce qui sera, à la fin du siècle, un ensemble de systèmes interdépendants d'alerte rapide auquel l'OMS collaborera pour toutes les questions intéressant la santé. Le Directeur général communiquera volontiers, sur demande, les documents pertinents qui sont en la possession du Secrétariat. Le Dr VALLADARES (Venezuela), Rapporteur, donne lecture du projet de résolution suivant :

La Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé, Ayant examiné le rapport du Conseil exécutif sur l'étude organique sur les rapports entre les services techniques centraux de l'OMS et les programmes d'assistance directe aux Etats Membres;1 Rappelant les résolutions EB51.R40, EB51.R54, EB53,R44, EB55.R26, WHA26.36 et WHA27.18, FELICITE le Conseil exécutif de son étude sur les rapports entre les services 1. techniques centraux de l'OMS et les programmes d'assistance directe aux Etats Membres; NOTE avec satisfaction ses constatations, conclusions et recommandations, notamment 2. en ce qui concerne la nécessité d'une approche intégrée de l'élaboration des programmes de l'Organisation, étant donné que toutes les activités de programme à tous les niveaux s'étayent réciproquement et s'inscrivent dans un tout; SOULIGNE l'importance qu'il y a à considérer la planification des programmes comme 3. une entreprise solidaire dans laquelle les autorités nationales, les représentants de l'OMS, les comités régionaux, les bureaux régionaux, le Conseil exécutif, l'Assemblée mondiale de la Santé et le Siège de l'OMS doivent tous être engagés; DEMANDE instamment que le mécanisme de l'Organisation pour l'allocation et la réallo4. cation de ressources, non seulement à l'intérieur des programmes et des Régions, mais aussi entre programmes et Régions, soit conforme au principe de la planification intégrée des programmes; et PRIE le Directeur général d'appliquer les conclusions et recommandations susmentionnées 5. dans la formulation et l'exécution des programmes futurs de l'Organisation. Décision :

Le projet de résolution est approuvé.2 Ordre du jour, 3.10.2

Etude organique sur La planification des ressources extrabudgétaires et leurs effets sur les programmes et la politique générale de l'OMS

Le Dr TAYLOR (représentant du Conseil exécutif) rappelle que, conformément à la résolution WHA27.19, une étude organique est en cours au Conseil sur la planification des ressources extrabudgétaires et leurs effets sur les programmes et la politique générale de l'OMS. Après un premier examen, et étant donné les difficultés de la tâche, le Conseil a jugé nécessaire de différer l'achèvement de cette étude jusqu'en janvier 1976 et de faire rapport à ce sujet à la Vingt - Neuvième Assemblée mondiale de la Santé. Par sa résolution EB55.R42, il soumet à l'approbation de l'Assemblée de la Santé un projet de résolution dans ce sens. Le projet de résolution proposé par le Conseil exécutif dans sa résolution Décision EB55.R42 est approuvé.3 :

1 Voir Actes officiels OMS, N° 223, 1975, Partie I, annexe 7. Ce projet de résolution a été transmis à l'Assemblée de la Santé dans le troisième rapport de la Commission et adopté sous le numéro d'ordre WHA28.30. 3 Ce projet de résolution a été transmis à l'Assemblée de la Santé dans le troisième rapport de la Commission et adopté sous le numéro d'ordre WHA28.31. 2

COMMISSION B

:

CINQUIEME SEANCE

587

Prochaine étude organique

Ordre du jour, 3.10.3

Le Dr TAYLOR (représentant du Conseil exécutif) indique que la question de la prochaine étude organique du Conseil exécutif a été soulevée devant le Conseil conformément à la résolution WHA9.30, qui prévoit que le thème des études organiques doit être choisi un an à l'avance. Le Conseil, ayant décidé par sa résolution EB55.R42 de recommander que la présentation de l'étude organique sur les ressources extrabudgétaires soit renvoyée à la Vingt - Neuvième Assemblée de la Santé, a également décidé de différer jusqu'à sa cinquante -septième session le choix du thème de la prochaine étude organique. Le Dr VALLADARES (Venezuela), Rapporteur, donne lecture du projet de résolution ci -après :

La Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé, Rappelant sa résolution WHA28..., par laquelle elle a décidé de poursuivre pendant une année encore l'étude organique en cours sur la planification des ressources extrabudgétaires et leurs effets sur les programmes et la politique générale de l'OMS; Tenant compte de la résolution WHA9.30 dans laquelle l'Assemblée de la Santé a jugé souhaitable que le sujet des études organiques soit choisi au moins un an à l'avance; et Tenant compte de la résolution EB55.R44, DECIDE d'attendre la recommandation que formulera le Conseil exécutif à sa cinquante septième session sur le choix du sujet de la prochaine étude organique et de renvoyer la question à la Vingt -Neuvième Assemblée mondiale de la Santé.

Décision 7.

:

Le projet de résolution est approuvé.

1

EMPLOI DU CHINOIS COMME LANGUE DE TRAVAIL A L'ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE ET AU CONSEIL EXECUTIF

Point supplémentaire 2 de l'ordre du jour

M. CHU Hsing -kuo (Chine) fait valoir que l'Assemblée générale des Nations Unies, lors de sa vingt -huitième session, a résolu d'employer le chinois comme langue de travail. La délégation chinoise estime que la présente Assemblée de la Santé devrait envisager favorablement l'adoption d'une mesure analogue. La délégation chinoise entend que le chinois soit introduit progressivement, et d'abord comme langue de travail de l'Assemblée mondiale de la Santé et du Conseil exécutif. M. Chu Hsing -kuo soumet à la Commission le projet de résolution suivant :

La Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé, Notant que le chinois est à la fois l'une des langues officielles et l'une des langues de travail de l'Organisation des Nations Unies; Notant en outre que le chinois est l'une des langues officielles de l'Assemblée de la Santé, du Conseil exécutif et du Comité régional de l'OMS pour le Pacifique occidental; Convaincue que l'emploi du chinois comme langue de travail contribuera à la bonne marche des travaux de l'Organisation, PRIE le Directeur général de préparer une étude d'ensemble sur l'adoption progressive 1. du chinois comme langue de travail à l'Assemblée mondiale de la Santé et au Conseil exécutif et de la soumettre pour examen au Conseil exécutif à sa cinquante -septième session; et PRIE également le Directeur général de soumettre cette étude ainsi que les commentaires 2. du Conseil exécutif à la Vingt- Neuvième Assemblée mondiale de la Santé.

Le Dr MANUILA (Directeur de la Division des Publications et Traductions) indique que, si la résolution proposée par le délégué de la Chine est adoptée, le Directeur général se fera un plaisir de procéder à l'étude demandée et d'établir un rapport à l'intention du Conseil exécutif. Le rapport2 du Directeur général contient des informations sur les opérations liées à l'introduction d'une nouvelle langue de travail, sur les conséquences qui en résulteront pour le volume de travail du Secrétariat, et sur le coût de la mise en oeuvre d'une décision dans ce sens.

Le Dr TARCICI (Yémen) fait valoir que le chinois est une des plus vieilles langues du monde civilisé; très vivante encore aujourd'hui, elle est parlée par 800 millions de personnes. L'emploi du chinois comme langue de travail devrait bénéficier de toute l'attention des délégations. La délégation du Yémen appuie la résolution chinoise. Le Dr ALY (Egypte), le Dr JOSHI (Népal), M. AMARASEKARA (Sri Lanka) et le Dr VALLADARES (Venezuela) apportent de même leur soutien au projet de résolution. M. PARROTT (Royaume -Uni de Grande- Bretagne et d'Irlande du Nord) indique que le projet de résolution confirme la réputation de sagesse, de patience et de délicatesse d'expression du peuple chinois. La sagesse se retrouve dans le préambule, où l'énoncé des attendus se suffit à lui -même, la patience se lit dans le dispositif qui propose des étapes et des études, enfin le troisième 1 Ce projet de résolution a été transmis à l'Assemblée de la Santé dans rapport de la Commission et adopté sous le numéro d'ordre WHA28.32. 2

Voir Actes officiels OMS, N° 226, 1975, annexe 6, partie 3.

588

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

la délicatesse d'expression se retrouve partout dans la résolution. M. Parrott estime que l'emploi du chinois contribuera à l'efficacité de l'Organisation. Toutefois, l'introduction d'une nouvelle langue de travail est une affaire sérieuse et comporte des dépenses considérables; il ne faut donc pas prendre la chose à la légère. En demandant au Directeur général de préparer une étude sur l'introduction progressive de l'emploi de leur langue, les membres de la délégation chinoise ont procédé comme l'exigeait la gravité du problème. La délégation britannique appuie sans hésitation le projet de résolution. Le Dr CÁMARA (Guinée) dit que la Chine est à la fois une ancienne civilisation et une civilisation moderne, dont la langue a été acceptée comme langue de travail par les Nations Unies. L'OMS ne saurait faire moins. Le Professeur AUJALEU (France) indique que sa délégation se félicite de voir que le projet de résolution prévoit qu'une étude sera faite, et approuve pleinement la proposition. M. NOZIGLIA (Etats -Unis d'Amérique) souscrit aux observations du délégué du Royaume -Uni et dit que la procédure prévue dans le projet de résolution est acceptable pour sa délégation.

Le Professeur LISICYN (Union des Républiques socialistes soviétiques) accepte également la procédure envisagée, étant donné qu'elle tient compte de l'expérience de l'OMS en matière d'introduction échelonnée d'une langue de travail. 1

Décision

:

Le projet de résolution est approuvé. Point supplémentaire 3 de l'ordre du jour

8.

EMPLOI DE L'ARABE COMME LANGUE DE TRAVAIL A L'ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE ET AU CONSEIL EXECUTIF

Le Dr ALY (Egypte) fait valoir que l'arabe est depuis des centaines d'années la langue d'une civilisation qui a beaucoup contribué à la science et à la culture. C'est la langue de 150 millions d'Arabes vivant dans vingt Etats Membres de l'OMS. C'est également la langue religieuse de 600 millions de Musulmans. Son adoption comme langue de travail constituerait un pas en avant dans les travaux de l'OMS et un pas de plus vers l'universalité de l'Organisation. Du reste, l'arabe est déjà langue de travail dans de nombreux organismes internationaux. Etant donné les dépenses considérables qu'entraîne l'introduction d'une nouvelle langue de travail, les Etats arabes proposent de les couvrir pendant les trois premières années, à partir de 1976. Au nom des délégations de l'Algérie, de l'Arabie Saoudite, du Bahrein, des Emirats arabes unis, de l'Irak, de la Jordanie, du Koweit, du Liban, de la Mauritanie, du Maroc, d'Oman, du Qatar, de la République Arabe Libyenne, de la République Arabe Syrienne, de la Somalie, du Soudan, de la Tunisie, du Yémen et du Yémen démocratique, coauteurs du projet, la délégation égyptienne soumet le projet de résolution ci -après :

Là Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé, Reconnaissant l'importance du rble de l'arabe dans la préservation et la diffusion de la civilisation et de la culture humaines et son influence sur les progrès de la médecine et de.la. science; Reconnaissaht -en outre que l'arabe est la langue de vingt Etats Membres de l'organisation mondiale de la Santé.et l'une des langues de travail de l'Organisation des Nations Unies, de l'UNESCO, de l'Organisation de l'Unité africaine, du Bureau régional de la Méditerranée orientale de l'Organisation mondiale de la Santé et de plusieurs autres organisations et unions internationales; Consciente de la nécessité de renforcer la coopération internationale et de donner à l'Organisation mondiale de la Santé un caractère plus universel; Notant avec satisfaction que les Etats arabes Membres de l'Organisation mondiale de la Santé se sont engagés à prendre collectivement à leur charge les frais afférents à la mise en oeuvre de la présente résolution pendant les trois premières années, DECIDE d'inclure l'arabe parmi les langues de travail de l'Organisation mondiale de la Santé, afin qu'il soit utilisé à l'Assemblée mondiale de la Santé, au Conseil exécutif et dans leurs divers organes, ainsi que dans la pratique courante pour la correspondance avec les pays arabes, les dispositions pertinentes du règlement intérieur devant être modifiées en conséquence.

Le Dr MANUILA (Directeur de la Division des Publications et Traductions) signale deux différences entre la proposition tendant à introduire le chinois comme langue de travail et celle qui est actuellement examinée. Dans le premier cas, il s'agissait simplement d'introduire

Ce projet de résolution a été transmis à l'Assemblée de la Santé dans le troisième' rapport de la Commission et adopté sous le numéro d'ordre WHA28.33.

1

COMMISSION B

:

CINQUIEME SEANCE

589

l'emploi du chinois comme langue de travail à l'Assemblée mondiale de la Santé et au Conseil exécutif, tandis que la deuxième proposition vise à utiliser l'arabe dans les travaux de l'Organisation dans son ensemble, y compris la correspondance avec les pays arabes. D'autre part, la première proposition invitait le Directeur général à effectuer une étude et à établir un rapport, clause qui ne figure pas dans celle concernant l'arabe. L'adoption d'une nouvelle langue de travail a de multiples incidences pratiques, notamment sur le recrutement de personnel et en matière de locaux et d'équipement. Le Directeur général n'a pas encore été en mesure d'étudier ces incidences, mais son rapportl décrit la procédure d'introduction d'une nouvelle langue de travail et les dépenses qu'elle entraîne. Le Dr TARCICI (Yémen) déclare que la proposition à l'examen expose les faits qui ont incité nombre d'organismes internationaux à adopter l'arabe comme langue de travail. Le rapport du Directeur générall indique les différences entre une langue officielle et une langue de travail. Les Etats arabes sont disposés à avancer le montant des dépenses qu'exigera pendant les trois premières années la mise en oeuvre du projet de résolution. Le Dr Tarcici ne voit pas pourquoi il est indiqué dans le rapportl que la mise en oeuvre complète pourrait prendre plusieurs années. Il fait observer qu'à la Conférence des Nations Unies sur le droit de la mer l'arabe a été utilisé comme langue de travail avec plein succès. Toutes les commissions et sous -commissions ont utilisé l'arabe et tous les documents ont été distribués en arabe. Prévoir une période transitoire de plusieurs années n'est pas réaliste. Le Professeur AUJALEU (France) ne voit pas pourquoi l'introduction de l'arabe ne ferait pas l'objet de la même procédure que celle qui a été appliquée au chinois ou, naguère, au russe età l'espagnol. Les problèmes de financement ne sont pas les seuls qui se posent, et la proposition tendant à introduire l'usage de l'arabe serait sans doute adoptée même si les pays arabes n'avaient pas offert de prendre à leur charge les dépenses correspondantes. Les problèmes d'ordre matériel sont plus importants par exemple, plusieurs nouveaux bureaux seront nécessaires, et ils n'existent pas encore. Cela dit, la délégation française est d'accord pour introduire l'arabe comme langue de travail. :

2

Le Dr TOURE (Sénégal) est favorable à l'utilisation de l'arabe comme langue de travail à l'OMS. Au Sénégal, l'arabe occupe une place de choix comme deuxième langue dans les lycées. M. CHU Hsing -kuo (Chine) appuie lui aussi le projet de résolution. Le monde arabe a apporté d'importantes contributions à l'humanité et il y a tout lieu d'adopter l'arabe comme langue de travail à l'OMS.

Le Dr PEREZ GROVAS (Mexique) et M. GONZÁLEZ PALACIOS (Espagne) déclarent que leurs délégations respectives approuvent elles aussi le projet de résolution. M. PARROTT (Royaume -Uni de Grande -Bretagne et d'Irlande du Nord) constate que la Commission est sans nul doute favorable à l'usage de l'arabe comme langue de travail. La délégation britannique s'associe aux observations formulées par les orateurs précédents, et singulièrement le délégué de la France. Cependant, il existe une incompatibilité logique entre le projet de résolution qui vient d'être approuvé et celui qui est à l'étude. Certes, les Etats arabes ont généreusement offert de prendre à leur charge les dépenses correspondantes, mais M. Parrott pense que la logique exige que la Commission ait conscience de faire les choses comme il convient, ne serait -ce que pour rendre justice aux autres langues qui ont été assujetties à la même procédure.

Le Dr TARCICI (Yémen) indique que si, précédemment, d'autres langues de travail n'ont pu être adoptées qu'après diverses étapes, cette procédure n'est plus nécessaire parce qu'on dispose désormais d'installations qui n'existaient pas auparavant. Le Palais des Nations a toutes les installations et tous les services nécessaires pour permettre d'employer sans délai l'arabe comme langue de travail. Si l'usage d'autres langues n'a pu être introduit que par étapes, ce n'est pas une raison pour en faire de même avec l'arabe. Les interprètes et les traducteurs existent et rien ne semble justifier des étapes préliminaires. Il se peut, en revanche, que le chinois pose plus de problèmes, notamment sur le plan de l'interprétation et de la traduction. Le Dr Tarcici admet cependant que, s'il convient d'introduire l'emploi de l'arabe sans délai inutile, il se peut qu'il soit difficile de le faire immédiatement. Si l'on doit procéder par étapes, celles -ci devront être courtes. Le Professeur LISICYN (Union des Républiques socialistes soviétiques) appuie la proposition dans son principe mais, étant donné que des questions ont été posées quant à la procédure qu'il convient d'adopter pour l'introduction de l'arabe, il demande si le Directeur général est 1

Voir Actes officiels OMS, N° 226, 1975, annexe 6, partie 3. 2 Voir Actes officiels OMS, N° 226, 1975, annexe 6, partie 2.

590

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

en mesure d'appliquer cette proposition, compte tenu de tous les facteurs en cause et notamment de l'offre des Etats arabes de prendre à leur charge les dépenses pendant les trois premières années.

Le Professeur AUJALEU (France) se réjouit que le délégué du Yémen ait accepté que l'introduction de l'arabe ne soit pas immédiate. Si elle peut s'étaler sur une période de plusieurs mois, il semble que l'on aura aplani les difficultés. Le Dr CAMARA (Guinée) soutient énergiquement le projet de résolution, dont l'adoption a été grandement facilitée par la déclaration du délégué du Yémen qui accepte que l'usage de l'arabe soit introduit par étapes successives de courte durée. Le Dr DENIS (Malaisie) espère que la résolution sera mise en oeuvre rapidement.

Le DIRECTEUR GENERAL rappelle, ainsi qu'il l'a souligné à maintes reprises, que le Secrétariat n'est que l'instrument de l'Organisation dans son ensemble. Comme tel, il ne prend jamais parti dans un différend mais s'efforce, comme il en a le devoir, de fournir les informations sur lesquelles l'Assemblée pourra fonder ses décisions, puis de mettre celles -ci à exécution au mieux de ses aptitudes. C'est pourquoi le Directeur de la Division des Publications et Traductions a très justement appelé l'attention de l'Assemblée sur certains problèmes que la question à l'étude semble poser, afin que les délégués puissent se prononcer en pleine connaissance de cause. La Commission s'est maintenant vu dire qu'il existe pour l'emploi de l'arabe des installations et des services dont le Secrétariat n'avait pas connaissance. Si l'Assemblée de la Santé décide d'adopter le projet de résolution, le Directeur général fera de son mieux pour la mettre en oeuvre, et il fera rapport à la prochaine Assemblée de la Santé sur la mesure dans laquelle il a pu le faire et sur les répercussions budgétaires. L'Assemblée pourra alors approuver ou critiquer son action, mais il tient d'ores et déjà à donner à la Commission l'assurance qu'il fera de son mieux pour appliquer toute décision qui sera prise. Le Dr ALY ( Egypte) pense qu'un net consensus s'est dégagé en faveur du projet de résolution. Il ne méconnaît nullement qu'il peut subsister quelques difficultés, mais les Etats arabes y apporteront leurs propres solutions. La principale difficulté, qui est d'ordre économique, a été écartée puisque les Etats arabes ont offert de prendre à leur charge les dépenses pendant les trois premières années. Quant aux difficultés techniques, elles ne sont pas bien grandes. Le Dr Aly suggère que le projet de résolution soit mis aux voix. M. PARROTT (Royaume -Uni de Grande -Bretagne et d'Irlande du Nord) convient avec le délégué de l'Egypte que l'accord s'est réalisé sur la question de fond, et il s'en félicite. L'hésitation n'a porté que sur la procédure à suivre. Il pense que, moyennant quelques modifications, le projet de résolution recueillera l'accord unanime puisqu'en acceptant de ne pas demander l'introduction immédiate de leur langue et de procéder par étapes successives les Etats arabes ont dissipé les craintes exprimées par certains délégués. Etant donné que l'Assemblée est en train d'élargir la composition et les attributions du Conseil exécutif, ce serait rendre hommage à ce dernier que de le faire participer aux consultations. M. Parrott suggère de renvoyer la question à la réunion suivante de la Commission pour que l'on ait le temps d'amender le projet de résolution comme il convient.

Le Dr TARCICI (Yémen), appuyé par le Dr ALY (Egypte), pense, comme le délégué de la France, que l'application de la résolution pourrait être réalisée en l'espace de quelques mois. Il espère que le texte est acceptable pour tous dans sa forme actuelle. M. NOZIGLIA (Etats -Unis d'Amérique) déclare que, tout en reconnaissant la très grande valeur de la langue arabe sur le plan historique et sur le plan de la civilisation, sa délégation espère que la question de l'introduction d'une autre langue de travail sera soumise au Conseil exécutif pour examen et étude détaillée avant qu'une mesure ne soit prise à ce sujet.

Le Dr KEITA (Mali) constate que l'on est généralement d'accord pour que l'arabe devienne langue de travail; il s'agit seulement de savoir quelle procédure l'on va suivre. Or ce point a été éclairci lui aussi par les délégués du Yémen et de la France. Le Dr Keita suggère de remplacer le dernier alinéa du préambule du projet de résolution par un autre où l'on préciserait que les mesures appropriées seront prises le plus tat possible. Le Dr WRIGHT (Niger) pense que le dernier alinéa du préambule doit rester inchangé puisque la prise en charge des dépenses résultant de l'emploi de l'arabe durant les trois premières années, question dont traite cet alinéa, est un élément positif qu'il convient de mentionner. Cependant, on pourrait peut -être concilier les différents points de vue en ajoutant dans le dispositif les mots "aussi rapidement qu'il sera matériellement possible de le faire" après les mots "décide d'inclure l'arabe ". Le Dr TARCICI (Yémen) remercie le délégué du Niger de sa suggestion positive, mais espère qu'il ne soumet pas là un amendement officiel qui ne pourrait que retarder la décision de la

COMMISSION B

:

CINQUIEME SEANCE

591

Commission. Le Directeur général ayant donné l'assurance qu'il fera tout son possible pour mettre en oeuvre la résolution dans les meilleurs délais, la Commission doit se prononcer sur le texte dans sa forme actuelle. M. ELLIS (Libéria), invoquant l'article 61 du Règlement intérieur, demande laclôturedu débat.

En réponse à la question du PRESIDENT, le Dr WRIGHT (Niger) retire son amendement. Par 67 voix contre zéro, avec une abstention, le projet de résolution est Décision approuvé.1 :

M. NOZIGLIA (Etats -Unis d'Amérique) explique que l'abstention de sa délégation a pour objet de réserver la position des Etats -Unis d'Amérique sur la question des langues de travail supplémentaires, mais son pays ne s'oppose pas à l'usage de l'arabe. Le Dr ALY (Egypte) déclare que la Commission a pris une sage décision et s'est conformée aux pratiques établies. Au nom des délégations de langue arabe, il remercie la Commission de son vote.

La séance est levée à 18 h.l5.

1 Ce projet de résolution a été transmis à l'Assemblée de la Santé dans le troisième rapport de la Commission et adopté sous le numéro d'ordre WHA28.34.

SIXIEME SEANCE Vendredi 23 mai 1975, 9 h.40 Président :

Dr J. -S. CAYLA (France)

1.

TROISIEME RAPPORT DE LA COMMISSION

Le Dr VALLADARES (Venezuela), Rapporteur, donne lecture du projet de troisième rapport de la Commission. Décision 2. :

Le rapport est adopté (voir page 698). Ordre du jour, 3.11

AIDE SANITAIRE AUX REFUGIES ET PERSONNES DEPLACEES DANS LE MOYEN- ORIENT

Le Dr WONE (Président du Comité spécial d'experts) présente le procès- verbal des travaux du Comité spécial d'experts depuis la vingt -septième session de l'Assemblée mondiale de la Santé. Il indique que, le 22 mai 1974, immédiatement après l'adoption de la résolution WHA27.42 invitant le Comité spécial à achever sa mission dès que possible, le Comité a adressé au Gouvernement d'Isra21 une lettre sollicitant à nouveau les visas nécessaires et demandant qu'une réponse lui soit donnée si possible avant le 31 juillet 1974. Aucune réponse n'ayant été reçue à cette date, le Directeur général a adressé au Gouvernement d'Israël le ler août 1974 un télégramme demandant si le Comité spécial pouvait compter recevoir les visas et demandant si une réponse pouvait être attendue avant la réunion du Comité prévue pour le 12 août à 9 h.30. Peu après l'ouverture de cette réunion, le Directeur général a reçu un message téléphonique, confirmé ultérieurement par écrit, du chargé d'affaires d'Israël à Genève l'informant que la question était à l'étude au niveau le plus élevé et ferait l'objet d'une réponse avant la fin du mois d'août 1974. Sur cette assurance, le Comité spécial a décidé de se rendre sur place afin de pouvoir visiter les territoires abritant les réfugiés et personnes déplacées dès que la possibilité lui en serait donnée, ce qui paraissait alors imminent. Comme l'indique le procès -verbal, le Comité spécial est parti pour Beyrouth le 14 août. Le 15 août, il a eu des entretiens avec le Directeur de la Santé de l'UNRWA, a visité le camp de réfugiés de Nabattieh détruit par des opérations militaires en juin 1974 et s'est rendu à Damas. Le 16 août, il a visité le camp de personnes déplacées de Zaezoun où sont hébergées depuis 1967 4000 personnes originaires de la région de QuneYtra. Le lendemain, Le Comité a été reçu par le Ministre de la Santé de la République Arabe Syrienne, puis par le Président du Croissant rouge syrien; il a ensuite visité les ruines de QuneYtra et a poursuivi sa visite par le village de Khan -Arnabe où les populations déplacées commençaient à retourner. Se rendant ensuite à Amman, le Comité spécial a eu un entretien le 19 août avec le Directeur de 1'UNRWA et a reçu les dernières informations du Ministère de la Santé de Jordanie. Après avoir été reçu à Beyrouth le 20 août par le Ministre de la Santé publique du Liban, le Comité s'est rendu au Caire le 21 août et a été reçu par le Ministre égyptien de la Santé publique. Le 22 août, il s'est rendu dans la Zone du Canal, en passant par Ismailia, Abdou -Khalifa - village peuplé par des populations en provenance du Sinai - et l'hôpital de l'ancienne Compagnie du Canal (endommagé par des bombes et temporairement inutilisé); sur la rive orientale, à Kantara et à Sara -Biom, il a visité les ruines du centre de santé. Le vendredi 23, le Comité a regagné Beyrouth où il a tenu en fin d'après -midi une réunion au cours de laquelle, ayant constaté qu'aucune réponse ne lui était encore parvenue d'Israël, il a décidé d'ajourner ses travaux, en se tenant prêt à se rendre dans les territoires occupés dès que le Gouvernement d'Israël lui en donnerait l'autorisation. C'est seulement le 27 septembre 1974 que le Gouvernement d'Israël a informé le Directeur général par écrit qu'il était disposé à recevoir un Comité spécial d'experts de l'OMS à la condition qu'il soit composé d'experts ressortissant d'Etats entretenant des relations diplomatiques avec Israël. Les Membres du Comité spécial, consultés par le Directeur général, ont estimé que la réponse d'Israël ne permettait pas au Comité de parachever sa mission et ont chargé son Président de rendre compte de la situation à la Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé. Le Dr SHARIF (Office de Secours et de Travaux des Nations Unies pour les Réfugiés de Palestine dans le Proche -Orient), présentant un document auquel est annexé le rapport annuel abrégé du Directeur de la Santé de l'UNRWA pour 1974, remercie le Directeur général de sa collaboration et de son soutien. Il remercie en outre l'OMS de l'assistance technique, d'un montant de $194 000, fournie à l'UNRWA en 1974. Depuis un quart de siècle l'UNRWA, dont Le mandat a maintenant été prorogé jusqu'au 30 juin 1978, fournit des services essentiels en matière de santé, de secours et d'éducation aux réfugiés de Palestine dont il a la charge. Il est très préoccupant que l'avenir des 1,6 millions de réfugiés palestiniens immatriculés auprès de l'UNRWA ne soit pas encore réglé, mais on sait qu'une solution du problème palestinien qui ne tiendrait pas dûment compte du sort des réfugiés ne serait ni durable ni généralement acceptée. En ce qui concerne les services de 592

COMMISSION B

:

SIXIEME SEANCE

593

santé offerts aux réfugiés, services qui ont toujours été sous le contrôle technique de l'OMS, l'UNRWA et l'OMS peuvent légitimement tirer quelque satisfaction du fait que l'état sanitaire des réfugiés a été protégé et dans une large mesure amélioré. Ces résultats n'auraient évidemment pas été possibles sans la coopération des réfugiés eux -mêmes. Le programme sanitaire intégré, à base communautaire, comprend actuellement des services médicaux, des services d'hygiène du milieu pour les personnes vivant dans les 63 camps de réfugiés dépendant de l'UNRWA, et un service d'alimentation complémentaire. L'accent a été mis tout particulièrement sur la prévention et sur la protection nutritionnelle des groupes les plus vulnérables - enfants, femmes enceintes, mères allaitantes et tuberculeux en traitement ambulatoire. L'objectif de l'UNRWA est de fournir des services qui soient dans l'ensemble conformes à ceux offerts par les Etats arabes hôtes à leurs propres populations, objectif qui ne peut être atteint que par des méthodes non classiques étant donné les conditions dans lesquelles vivent ces communautés et les difficultés qu'entraîne le système du financement volontaire qui est celui de l'UNRWA. Par son programme de lutte contre les maladies transmissibles, qui comprend une surveillance régulière et un programme de vaccination, l'UNRWA est parvenue à protéger l'ensemble des réfugiés contre la tuberculose, la poliomyélite, la variole, la diphtérie, la coqueluche, le tétanos, la rougeole et les infections intestinales. A l'exception des épidémies limitées et rapidement maîtrisées de variole en 1957 et de choléra El Tor en 1970 et 1972, il n'y a pas eu de cas de maladies quarantenaires depuis 1953. Les taux d'incidence des ophtalmies transmissibles, de la diphtérie, du paludisme, de la rougeole et de la tuberculose ont considérablement baissé par rapport à ce qu'ils étaient il y a vingt ans. La protection maternelle et infantile occupe une place prééminente dans les services de santé. Des services réguliers de soins prénatals, natals et postnatals ont protégé la santé des femmes et la mortalité maternelle n'a cessé de baisser, passant de 0,44 à 0,33 et 0,06 pour 1000 naissances vivantes en 1972, 1973 et 1974 respectivement. De 1970 à 1972, la mortalité infantile moyenne a varié entre 50 et 80 pour 1000 naissances vivantes selon le pays hôte, alors qu'elle était dix ans avant de 100 à 130 pour 1000. Un programme régulier de surveillance sanitaire a été organisé pour les enfants de 0 à 3 ans, et l'on espère pouvoir étendre ce service aux enfants de 3 à 6 ans. Une protection sanitaire et nutritionnelle est assurée pour les quelque 250 000 enfants des écoles UNRWA /UNESCO, et un programme de prévention des troubles mentaux chez les enfants est envisagé. La proportion des sujets de poids insuffisant parmi les enfants bénéficiant du programme continue à baisser de façon régulière. Comme il est indiqué dans le rapport annuel abrégé du Directeur de la Santé de l'UNRWA pour 1974, les services de santé ont été maintenus et quelques améliorations modestes ont même pu être envisagées en 1974 en dépit des difficultés financières de l'UNRWA. Par exemple, de nouveaux locaux ont été construits pour abriter deux centres sanitaires et deux centres d'alimentation d'appoint. Quatre dispensaires plus spécialisés et sept nouveaux laboratoires cliniques ont été installés. Un service d'audiométrie a été créé pour les enfants des écoles et les soins d'hygiène dentaire ont été développés. Le programme de participation des réfugiés eux -mêmes, organisé avec le soutien financier et technique de l'UNRWA, a considérablement contribué à améliorer les conditions sanitaires dans les camps. En raison de l'inflation, de l'augmentation des prix des produits de base et des réalignements monétaires, l'UNRWA traverse actuellement la crise financière la plus grave de son histoire. Les dépenses prévues pour 1975 s'élevant à quelque US $124,2 millions et le déficit étant estimé à $23,1 millions au 30 avril, les décisions concernant le niveau des services offerts ne peuvent plus être différées. Il va falloir soit supprimer la majeure partie du programme d'éducation et diminuer la ration de farine, soit arrêter totalement les opérations dans quelques régions ou dans toutes les régions pour le deuxième semestre de 1975, ce qui serait une tragédie pour les réfugiés et aurait des conséquences incalculables. Tout est mis en oeuvre pour éviter d'avoir à en arriver là, mais les perspectives actuelles ne sont pas encourageantes. Comme c'est la dernière fois qu'il s'adresse à la Commission en qualité de Directeur de la Santé de l'UNRWA, le Dr Sharif tient à remercier tous les ministères de la santé de la Région dans laquelle il exerce ses fonctions pour leur collaboration au cours des douze dernières années, et à exprimer sa gratitude aux gouvernements, aux institutions intergouvernementales, aux associations bénévoles et aux particuliers qui ont permis à l'UNRWA de maintenir et d'améliorer son programme de santé. Le Dr 0. A. HASSAN (Somalie) rend hommage à l'UNRWA qui, en dépit de conditions difficiles, est parvenue au prix d'efforts inlassables à maintenir et même à améliorer le niveau de ses services.

Le Dr Hassan appelle ensuite l'attention de la Commission sur le projet de résolution concernant l'aide sanitaire aux réfugiés et personnes déplacées dans le Proche- Orient,1 qui est ainsi conçu :

1 Les coauteurs sont les délégations des pays suivants Afghanistan, Algérie, Arabie Saoudite, Bahreîn, Bangladesh, Congo, Dahomey, Egypte, Emirats arabes unis, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée- Bissau, Inde, Irak, Jordanie, Kowe!t, Liban, Madagascar, Malaisie, Mali, Mauritanie, Maurice, Maroc, Niger, Nigéria, Oman, Ouganda, Pakistan, Qatar, République Arabe Libyenne, République Arabe Syrienne, République Centrafricaine, République -Unie de Tanzanie, Somalie, Soudan, Tunisie, Yémen, Yémen démocratique, Yougoslavie et Zambie. :

594

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II La Vingt- Huitième Assemblée mondiale de la Santé, Rappelant la résolution WHA27.42 sur la situation sanitaire des réfugiés et personnes déplacées dans le Moyen -Orient, ainsi que de la population des territoires occupés; A Ayant examiné le rapport du Directeur général sur l'aide sanitaire aux réfugiés et personnes déplacées dans le Moyen -Orient; Tenant compte du principe selon lequel la santé de tous les peuples est une condition fondamentale de la paix et de la sécurité; Considérant que la destruction et la dévastation délibérées par Israël des camps de réfugiés, des agglomérations et des villes, telles que la ville de Quneitra, affectent gravement la santé physique et mentale de leurs habitants; et Profondément alarmée par la détérioration de la situation sanitaire et des conditions de vie des réfugiés palestiniens, des personnes déplacées et de la population des territoires occupés, 1. FAIT APPEL à Israël pour qu'il mette immédiatement en oeuvre les résolutions pertinentes de l'Organisation des Nations Unies et de l'Assemblée mondiale de la Santé demandant le retour immédiat dans leurs foyers des réfugiés de Palestine et des personnes déplacées, ainsi que l'application intégrale de la Quatrième Convention de Genève d'août 1949 relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre; 2. PRIE le Directeur général de procéder à l'allocation de fonds appropriés en vue d'améliorer la situation sanitaire de la population des territoires arabes occupés; 3. PRIE en outre le Directeur général de faire en sorte que les fonds susmentionnés soient utilisés sous le contrôle direct de l'OMS et par l'intermédiaire de ses représentants dans les territoires arabes occupés; B

Tenant compte de la résolution WHA26.56 qui a créé le Comité spécial d'experts chargé d'étudier la situation sanitaire des habitants des territoires occupés du Moyen -Orient; Ayant eu connaissance du rapport du Comité spécial et notant que, d'après ce rapport, le Comité s'est vu, une fois de plus, refuser la possibilité de se rendre dans les territoires arabes sous occupation israélienne; Tenant compte de la résolution WHA24.33 et des dispositions pertinentes de la Constitution de l'OMS concernant le cas où des Membres ne s'acquitteraient pas de leurs obligations vis -à -vis de l'Organisation, 1. CONDAMNE le refus d'Israël de coopérer avec le Comité spécial et demande de nouveau à son gouvernement de coopérer avec cet organisme et, en particulier, de lui donner toute liberté de mouvement dans les territoires occupés; 2. REMERCIE le Comité spécial de ses efforts et le prie instamment de les poursuivre en vue de l'accomplissement de sa mission et de faire rapport à la Vingt -Neuvième Assemblée mondiale de la Santé; et 3. PRIE le Directeur général de continuer à fournir au Comité spécial toutes les facilités nécessaires pour l'accomplissement de sa mission.

C

Notant les résolutions de l'Assemblée générale 3236 (XXIX) concernant la question de la Palestine et 3237 (XXIX) concernant l'octroi du statut d'observateur à l'Organisation de Libération de la Palestine; et Tenant compte des résolutions WHA27.36 et WHA27.37, PRIE le Directeur général de coopérer avec l'Organisation de Libération de la Palestine en ce qui concerne l'assistance à fournir à la population palestinienne. Le projet de résolution a pour premier objectif d'obtenir que des crédits soient alloués pour améliorer les conditions sanitaires de la population des territoires occupés et de garantir qu'ils seront utilisés sous la supervision directe des organes de l'OMS qui travaillent dans cette région. Il vise en second lieu à mettre fin à une situation qui a empêché le Comité spécial d'experts de se rendre dans les territoires occupés au mépris des décisions prises par l'OMS et d'autres organisations internationales. Conformément aux résolutions adoptées par l'ONU et ses institutions spécialisées, ce projet demande d'autre part au Directeur général de collaborer avec l'Organisation de Libération de la Palestine, à laquelle l'OMS a accordé l'an dernier le statut d'observateur. Le projet vise donc, dans son ensemble, à atténuer les souffrances des personnes vivant dans les territoires occupés, et il est présenté de façon à pouvoir constituer une résolution unique. Le Dr Hassan exprime l'espoir que la Commission et l'Assemblée de La Santé adopteront le texte tel qu'il est présenté. Le PRESIDENT suggère que les orateurs suivants consacrent leur intervention, non seulement au projet de résolution, mais aussi aux documents dont la Commission est saisie au titre du point 3.11 de l'ordre du jour. Le Dr TOURS (Sénégal) rappelle que, lorsque l'OMS crée un comité, les membres de ce dernier représentent, non pas leur propre pays, mais l'Organisation elle -même. Le refus du Gouvernement d'Israël d'admettre le Comité spécial sous le prétexte qu'un de ses membres est ressortissant

COMMISSION B

:

SIXIEME SEANCE

595

d'un pays qui n'entretient pas de relations diplomatiques avec Israël porte atteinte à un principe fondamental, ce dont l'Assemblée de la Santé ne saurait se désintéresser. D'autre part, le Dr Touré, tout en appréciant le travail accompli par le Comité spécial, fait observer que l'on ne tonnait pas très bien les besoins immédiats des réfugiés en matière d'abri, de médicaments, d'alimentation, de soins médicaux, etc. Il aurait souhaité que le Comité spécial présente, en même temps qu'un plan d'action, un rapport sur ces besoins. M. GONZALEZ PALACIOS (Espagne) se déclare favorable au projet de résolution dans son ensemble puisqu'il vise à améliorer les conditions sanitaires des réfugiés et personnes déplacées en Palestine. Le Professeur MENCZEL (Israël) déclare que le projet de résolution a un contenu politique et vise à entraîner l'OMS sur un terrain qui ne relève pas de sa compétence. Il- repose en outre sur une représentation déformée de la réalité. Il doit donc être rejeté par tous ceux qui croient que l'OMS ne doit pas se départir de l'objectivité que sa vocation scientifique et médicale lui fait un devoir de respecter. La solution équitable du problème des réfugiés, à laquelle le Gouvernement d'Israël s'efforce de parvenir par tous les moyens, doit faire partie d'un règlement d'ensemble, mais ce règlement dépend du dialogue politique qui doit s'engager ailleurs qu'à l'Assemblée de la Santé. Le projet de résolution est donc présenté au mauvais moment et au mauvais endroit. L'orateur relève dans les paragraphes du préambule certaines prémisses fausses et certaines déformations délibérées des faits. Aucun camp de réfugiés, aucune ville ni aucune agglomération n'ont été détruits délibérément. La ville de Quneltra a été détruite au cours d'une guerre qui n'était pas le fait d'Israël, après que ses habitants l'eurent évacuée et elle a été rendue depuis lors à la République Arabe Syrienne qui n'a rien fait pour la reconstruire et la repeupler. Sur la rive occidentale du Jourdain, il est difficile de distinguer les camps des villages et des villes voisins, tant la transformation a été grande. Rien qu'à Gaza, 4620 logements ont été construits ou sont en construction depuis 1973 pour remplacer les taudis dans lesquels les réfugiés vivaient depuis des années. Aucun effort n'avait été fait avant 1967 pour élever le niveau de vie des réfugiés. Il est dit, au paragraphe 38 du rapport abrégé du Directeur de la Santé de l'UNRWA, que d'une manière générale les conditions de vie dans tous les camps ont continué de s'améliorer; la seule exception est le camp de Déra en République Arabe Syrienne, où les réfugiés sont toujours obligés de vivre sous la tente. Les conditions de vie et de santé des réfugiés et des populations des territoires administrés ne se sont pas dégradées, mais se sont au contraire considérablement améliorées grâce aux efforts incessants des autorités sanitaires israéliennes. Le niveau de vie et les indices sanitaires pour la rive occidentale, Gaza et le Sinai sont beaucoup plus élevés que ceux de n'importe quel pays arabe. La mortalité infantile est de 30,7 pour 1000 (contre 100 pour 1000 dans certains pays voisins) et l'espérance de vie à la naissance (69 ans pour les hommes et 72 ans pour les femmes) a augmenté plus vite et a atteint un niveau plus élevé que dans n'importe quel autre territoire du Moyen- Orient. Comme l'indique le rapport pour 1974 sur les services de santé de Judée et de Samarie, de Gaza et du Sinai, établi par le Ministère de la Santé d'Israël et soumis à la Commission, les services d'hygiène des personnes et du milieu se sont considérablement améliorés. En dehors des soins primaires préventifs et curatifs dont toute la population peut bénéficier soit gratuitement soit dans le cadre de l'assurance -maladie, des services complémentaires et des services financés par le Gouvernement israélien sont offerts à la population; ils ont atteint un niveau largement supérieur à celui des pays environnants. En outre, des milliers de cas compliqués sont dirigés chaque année sur les hôpitaux israéliens pour y recevoir des soins spécialisés aux frais de l'Etat. Les prestations de santé dont bénéficie actuellement la population sont, sans conteste, bien meilleures que celles qu'elle recevait naguère. Malgré le climat politique, des centaines de malades des pays voisins viennent se faire soigner en Israël; ces malades et leurs familles peuvent témoigner de l'impartialité et du niveau élevé des soins dispensés dans les hôpitaux israéliens. .ULIbLdLaLL que, aans la partie A du projet de résolution, le Directeur général est prié d'allouer des fonds appropriés aux réfugiés, le Professeur Menczel fait remarquer que l'aide fournie par l'OMS à l'UNRWA en 1974 s'est élevée à $194 000 alors qu'Israël a affecté, pendant la même année, $16,8 millions aux services de santé de la rive occidentale, de Gaza et du Sinai. Les sommes consacrées à ces services en 1975 sont encore supérieures; aucun effort n'est épargné pour entretenir et développer les services de santé. Si le projet de résolution était d'essence humanitaire et non politique, les Etats arabes qui l'ont présenté pourraient aisément contribuer à relever le niveau de santé des réfugiés dans leur propre pays. La décision d'instituer une commission d'enquête mentionnée dans la partie B du projet de résolution a été une mesure politique sans précédent. Le Gouvernement israélien est disposé cependant à répondre au voeu de l'Assemblée de la Santé et à accueillir la commission, comme indiqué dans sa lettre du 27 septembre 1974 au Directeur général (citée dans le procès -verbal des travaux du Comité spécial). Le Gouvernement israélien accepte la suggestion faite par Sir George Godber à la Vingt- Sixième Assemblée de la Santé et reprise à la cinquante -deuxième

596

VINGT- HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

session du Conseil exécutif,' selon laquelle les trois Etats Membres qui désignent les experts devraient entretenir des relations diplomatiques avec toutes les parties en cause. La partie C du projet de résolution est inacceptable pour des raisons morales, administratives et juridiques. Si l'on veut promouvoir les objectifs de TOMS, on ne saurait accepter de dialoguer avec une organisation qui se livre à des actes terroristes, qui massacre non seulement des Juifs mais aussi des Arabes, qui a récemment fait exploser une bombe aux sources thermales d'Ain Feshkha, et qui s'est réjouie du meurtre des athlètes israéliens aux jeux olympiques de Munich et du massacre des enfants de Ma'alot. Sur le plan administratif, l'OLP n'a pas de statut juridique dans les territoires administrés et ne peut à aucun niveau fournir des services de santé de quelque nature que ce soit. Quant à la situation juridique de l'OLP, la résolution 3237 (XXIX) de l'Assemblée générale des Nations Unies, où il est dit au para"Considère que l'Organisation de libération de la Palestine a le graphe 3 du dispositif droit de participer en tant qu'observateur aux sessions et aux travaux de toutes les conférences internationales convoquées sous les auspices d'autres organes de l'Organisation des Nations Unies ", n'accorde à l'OLP aucun statut de partenaire actif lui permettant de fournir ces services. En revanche, le Gouvernement israélien est plus que jamais désireux de coopérer pleinement avec le Directeur général et ses représentants, comme avec toute organisation internationale ou toute institution médicale ou sociale active sur le terrain, en vue d'améliorer l'état sanitaire et les services de santé des populations des territoires administrés. Le Gouvernement israélien partage la conviction générale selon laquelle il faut trouver une solution au problème des réfugiés, mais l'Assemblée de la Santé n'est pas le lieu où il faut en parler et elle n'a pas les moyens de traiter ce problème. Pour accomplir sa mission, l'OMS doit éviter autant que possible de perdre son temps et sa peine à s'occuper d'activités qui n'ont rien à voir avec la santé. Bon nombre de délégués constatent avec préoccupation la politisation croissante de l'OMS, qui est pourtant un organe à vocation sanitaire et humanitaire. Etant donné que le projet de résolution dont est saisie la Commission et d'autres projets semblables ne peuvent qu'affaiblir l'OMS et compromettre ses travaux, le Professeur Menczel demande que le projet soit purement et simplement rejeté. :

M. ABOUL NASR (Egypte) loue les efforts déployés par l'UNRWA pour améliorer les conditions sanitaires au Moyen -Orient. Il s'efforcera de décrire ces conditions en se fondant uniquement sur des rapports neutres, notamment sur celui d'une organisation internationale bien connue pour son action humanitaire dans la région. Ce rapport signale que dans cette région, et en particulier dans le Sinaf, la situation empire chaque jour. Dix pour cent des habitants du Sinat souffrent de tuberculose; il s'agit souvent de cas avancés qui ne sont pas traités, situation sans précédent au cours des 30 dernières années. De nombreuses maladies, dont l'hépatite, prennent un caractère épidémique à cause des mauvaises conditions sanitaires et de la pollution des puits. Les cas de poliomyélite se multiplient à Gaza parce que les autorités israéliennes ont négligé de prendre les mesures de vaccination nécessaires. Au nombre des maladies qui règnent dans la région figurent l'anémie aiguë, la gastro- entérite et le tétanos. Le rapport fait également état d'un manque d'infirmières et de médecins. Au Sinai, il n'y a que 4 médecins. Les hôpitaux ont été fermés et, dans le seul hôpital resté ouvert à El Arish, la plupart des services ont été fermés et cet établissement n'est plus maintenant qu'un centre de premiers soins alors que c'était naguère un hôpital complet possédant 50 lits. A Gaza, il n'y a qu'un hôpital pour tuberculeux et 3 médecins seulement, qui n'ont pas tous achevé leurs études. Sur les 6 infirmières, 3 seulement sont pleinement qualifiées. Les installations de rayons X sont insuffisantes. Devant cette pénurie, la seule réaction des autorités israéliennes a été de déplacer un plus grand nombre de personnes et d'emprisonner 2 médecins en janvier 1975. Le délégué d'Israël a dit que les maisons n'étaient plus détruites dans les territoires occupés et que les autorités d'occupation étaient guidées par le seul souci de bien faire. Cette affirmation est réfutée par un article du journal Le Monde du 15 mai 1975, écrit par un correspondant qui a visité les territoires occupés. Cet article indique que, alors que des dizaines de milliers d'enfants israéliens plantaient des arbres à l'occasion de la traditionnelle fête des arbres, des bulldozers géants arrachaient des milliers d'arbres fruitiers en fleurs dans une région située au nord -est du Sinat. Les propriétaires arabes de ces splendides vergers avaient été expulsés. Le correspondant du journal a vu des maisons détruites, des arbres déracinés, des tentes renversées et des moissons anéanties. De nombreux Israéliens, et parmi eux un membre éminent de la Knesset, ont décrit des scènes semblables, et le secrétaire des kibboutzs du Mapam a déclaré au journal israélien Ma'ariv, le 21 février 1975 "les expulsions et les expropriations des terres des Bédouins de Rafah nous feront pleurer pendant des générations. C'est une page déshonorante de l'histoire d'Israël ". Le Comité spécial a visité Qunettra et a vu ce qui s'y était passé; il a constaté les crimes commis en violation des principes humanitaires les plus élémentaires, et notamment de la Convention de Genève. Israël a refusé de coopérer avec le Comité spécial comme il avait déjà refusé de coopérer avec le Comité spécial tripartite des Nations Unies chargé d'enquêter sur les pratiques israéliennes affectant les droits de l'homme de la population des territoires :

1 Procès- verbaux de la cinquante- deuxième session du Conseil exécutif (EB52 /SR /2 Rev.l, pp. 31 -32).

COMMISSION B

:

SIXIEME SEANCE

597

occupés. Il s'agit là d'un fait grave qui constitue un nouvel exemple des provocations d'Israël. L'orateur réaffirme qu'il a toute confiance dans le Comité spécial de l'OMS et dans son Président et qu'il croit à l'impartialité du Comité. Le Comité spécial s'est vu confier une mission par l'OMS et ses membres agissent en tant qu'individus et non en tant que représentants des pays dont ils sont ressortissants. M. Aboul Nasr rappelle qu'Israël s'était opposé à la création du Comité spécial avant même que ses membres soient connus. Le Gouvernement égyptien avait établi des contacts avec plusieurs pays qui entretenaient des relations diplomatiques avec Israël et leur avait demandé d'être prêts à désigner un membre du Comité spécial. Ces pays ont répondu qu'ils ne pouvaient pas accepter car Israël ne voulait pas voir un de leurs ressortissants faire partie du Comité. Or le délégué israëlien déclare aujourd'hui que son Gouvernement est tout disposé à recevoir le Comité spécial si sa composition est changée. Voilà qui est étrange. Israël a proclamé qu'il faisait tout son possible pour résoudre le problème des réfugiés. Comment le pourrait -il s'il n'est pas disposé à autoriser les réfugiés à retourner dans leur pays conformément aux résolutions des Nations Unies et à leur accorder le droit d'autodétermination ? Le délégué israélien s'est référé au paragraphe de la résolution 3237 (XXIX) de l'Assemblée générale des Nations Unies dont il pensait qu'il servirait ses desseins, persuadé que ce texte n'accordait aucun droit à l'Organisation de Libération de la Palestine, Or, le second paragraphe du préambule de la résolution 3236 (XXIX) dit "Ayant entendu la déclaration de l'Organisation de Libération de la Palestine, représentant du peuple palestinien ... ". Voilà qui réfute absolument l'allégation israélienne. En outre, le paragraphe 6 du dispositif de la résolution fait appel à tous les Etats et aux organisations internationales pour qu'ils aident le peuple palestinien dans sa lutte pour recouvrer ses droits, et le paragraphe 7 du dispositif prie le Secrétaire général d'établir des contacts avec l'Organisation de Libération de la Palestine au sujet de toutes les affaires intéressant la Palestine. En conclusion, si Israël a pu tromper un certain nombre de personnes pendant un certain temps, il lui sera difficile de tromper tout le monde tout le temps. Le monde connaît aujourd'hui la vérité et les déclarations du délégué israélien ne modifieront en rien les faits qui se sont produits dans les territoires occupés. :

Le Dr BAATH (République Arabe Syrienne) dit que le problème en question est l'un des plus importants qui aient été soumis à l'Assemblée de la Santé, car il s'agit de la santé et du bien -être de plus de 3 millions de Palestiniens, dont la moitié vivent sous l'occupation israélienne. Les autres Palestiniens ont été chassés de leur territoire national et sont des réfugiés. Des territoires sont occupés en Syrie et en Egypte, sur la rive occidentale du Jourdain et dans la bande de Gaza. Les habitants de ces territoires ont besoin d'une aide humanitaire, qui exige un effort collectif. Le point de départ d'une solution du problème est la Constitution de l'OMS, dont les premiers principes stipulent que la santé de tous les peuples est une condition fondamentale de la paix du monde et de la sécurité, et que la possession du meilleur état de santé qu'il est capable d'atteindre constitue l'un des droits fondamentaux de tout être humain, quelles que soient sa race, sa religion, ses opinions politiques, sa condition économique ou sociale. Les représentants des forces d'occupation ont mis en doute ces principes ou ont dit qu'ils ne s'appliquaient pas sans réserve aux habitants des territoires occupés. Le Dr Baath insiste pour que ces principes soient appliqués en tout premier lieu au peuple palestinien, dont la santé physique et morale est menacée. L'occupation des territoires arabes est contraire à l'éthique actuelle et constitue une insulte à l'humanité. Le Dr Baath remercie le Président du Comité spécial d'experts pour son rapport et regrette que le Comité n'ait pas été en mesure de mener à bon terme sa mission. S'il en avait eu la possibilité, ses membres auraient pu voir par eux -mêmes que la ville de Quneitra, contrairement aux affirmations du délégué israélien, a été totalement détruite, une fois la décision prise de la rendre aux autorités syriennes. Ils auraient vu également que les forces d'occupation avaient pris l'hôpital pour cible et l'avaient transformé en champ de bataille. Le Dr Baath note que le comité tripartite composé de représentants de Sri Lanka, de la Yougoslavie et du Sénégal, constitué par l'Assemblée générale des Nations Unies - le Comité spécial chargé d'enquêter sur les pratiques israéliennes affectant les droits de l'homme de la population des territoires occupés - a effectué avec beaucoup de sérieux une mission dans la région en septembre 1974, qu'il a questionné des témoins, réuni toutes les preuves possibles et a ensuite présenté ses conclusions dans le rapport qu'il a adressé au Secrétaire général des Nations Unies (document A/9817). S'agissant de son passage à QuneYtra, le 9 septembre 1974, le Comité spécial a indiqué au paragraphe 156 de ce rapport que tout ce qu'il a vu l'a persuadé que la destruction de la ville a été un acte délibéré effectué en une seule fois avec du matériel lourd et des explosifs. Au paragraphe 157 du rapport, le Comité s'est également déclaré persuadé que la destruction a été effectuée récemment, avant le retrait des troupes israéliennes. De tels agissements constituent une violation de l'article 53 de la Quatrième Convention de Genève et le Comité a donc suggéré que l'on entreprenne une étude juridique tendant à déterminer la responsabilité d'Israël, sur la base des dispositions des articles 53 et 147 de la Quatrième Convention et du Statut du Tribunal militaire international de Nuremberg, et à évaluer le préjudice causé en vue du calcul des réparations. Ces conclusions contredisent les affirmations du délégué israélien qui a prétendu que QuneYtra a été détruite au cours d'engagements militaires et non après la signature de l'accord

598

VINGT- HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

de cessez -le -feu. Il a demandé pourquoi la Syrie n'avait pas essayé de reconstruire la ville et d'inciter les habitants à y revenir. Actuellement, il n'y a pour les accueillir que monceaux de ruines et désolation. Quneltra sera reconstruite maisseulement lorsque les soldats israéliens ne seront plus à 100 mètres seulement de la ville et en mesure de l'occuper à tout instant. Les habitants ont besoin de savoir qu'ils pourront se réinstaller dans la ville en toute tranquillité et en toute sérénité. Le délégué israélien s'est retranché derrière le fait que le Comité spécial n'a pu parachever sa mission, circonstance qu'il a attribuée à l'absence de relations diplomatiques entre Israel et les pays auxquels appartiennent les membres du Comité. Il a soutenu qu'Israel accepterait de recevoir un comité de composition différente et qu'un tel comité pourrait visiter le pays et se rendre compte de la situation sanitaire. Il a prétendu que celle -ci était excellente. La délégation syrienne met Israel au défi d'autoriser des médecins des territoires occupés à venir témoigner devant les organisations internationales. Il est inutile de donner des précisions sur la situation sanitaire dans les territoires occupés qui a été décrite au cours de précédentes Assemblées de la Santé. Le Dr Baath se contentera de citer un témoin oculaire, Eric Rouleau, qui s'est rendu dans les territoires occupés et a interrogé les habitants. Dans un article publié le 21 mai 1975, il déclare que tous les habitants des territoires occupés, quelle que soit leur classe sociale, lui ont dit qu'ils les forces d'occupation achètent leurs produits à bas prix et, en vivaient un cauchemar revanche, les impôts ont considérablement augmenté, le coût de la vie s'élève et les denrées de base augmentent à un rythme alarmant. Le chômage s'accroît également et les travailleurs arabes ne peuvent trouver de travail. Malgré cela, le délégué israélien affirme que la question est purement politique et qu'elle ne doit pas être examinée par l'Assemblée, laquelle doit concentrer son attention sur les questions sanitaires. Toutefois, est -il véritablement possible de ne pas parler de questions sanitaires quand l'homme voit son habitat détruit, sa vie mise en péril, son repos et sa paix menacés et son bien -être compromis ? Il s'agit assurément là de questions qu'il appartient à l'Assemblée de la Santé d'examiner. Le Dr Baath espère que le projet de résolution recevra un appui suffisant de l'Assemblée pour condamner l'attitude de défi d'Israel. :

Le Professeur LISICYN (Union des Républiques socialistes soviétiques) déclare que sa délégation persiste à croire que les problèmes des réfugiés et des personnes déplacées de Palestine ne peuvent trouver de solution que dans le rétablissement d'une paix stable au Moyen -Orient, comportant le retrait des troupes israéliennes de tous les territoires arabes occupés et la reconnaissance des droits légitimes du peuple palestinien. La Conférence de Genève sur le Moyen -Orient revêt à cet égard une grande importance. Tout en appuyant les principales dispositions du projet de résolution, le Professeur Lisicyn estime cependant qu'il serait peu réaliste de s'imaginer que les contributions de l'OMS peuvent résoudre tous les problèmes de santé des populations des territoires occupés. Il est nécessaire de prendre des mesures plus radicales, basées sur la mise en oeuvre des résolutions pertinentes des Nations Unies. Le Dr CHOWDHRY (Pakistan) estime que la situation des Palestiniens dans les territoires occupés est inhumaine; aucune organisation humanitaire ne peut rester insensible au sort tragique d'êtres humains souffrant de maladies, de malnutrition et de mauvais traitements. Le délégué israélien a parlé d'objectivité scientifique et professionnelle mais là n'est pas la question. Il s'agit d'une menace pour l'homme, la plus noble création de Dieu, et pour la vie, le plus grand don de Dieu, et lorsque l'homme et la vie sont en danger, quelle que soit la menace qui pèse sur eux, il appartient à l'OMS de fournir une assistance, en utilisant tous les moyens dont elle dispose. Le problème des souffrances des réfugiés de Palestine est soulevé chaque année à l'Assemblée de la Santé et il faut absolument y trouver le plus tôt possible une solution permanente. Entre temps, il ne faut rien négliger pour assurer aux réfugiés la même couverture sanitaire qu'aux autres et pour faire preuve à leur égard d'un sentiment de l'urgence au moins tout aussi développé. Malgré les efforts faits actuellement par l'UNRWA pour satisfaire les besoins des réfugiés, il reste des insuffisances auxquelles il faudra remédier le plus rapidement possible afin d'épargner de nouvelles souffrances inutiles aux réfugiés. L'OMS ou tout organe délégué par elle devrait pouvoir visiter les services médicaux actuellement organisés par les autorités locales, à tout moment et sans réserve. Allemande) rappelle que son Gouvernement a toujours Le Dr LEBENTRAU (République Démocratique arabes victimes de l'agression ainsi que les forces résolument et constamment soutenu les pays l'impérialisme. Le Gouvernement israélien continue à pourqui dans le monde arabe combattent suivre une politique agressive et à occuper des territoires arabes, au mépris des droits légicomplexe times du peuple arabe de Palestine. La situation au Moyen -Orient reste donc extrêmement problème de l'assistance sanitaire aux populations et délicate. Toute véritable solution au règlement arabes victimes de l'agression israélienne nécessite une approche globale fondée sur un paix juste et durable ne peut s'instaurer au Moyen politique du conflit du Moyen -Orient. Une si le Orient que si tous les territoires occupés sont définitivement évacués par Israel et que l'autopeuple arabe de Palestine est rétabli dans ses droits nationaux, y compris le droit à le projet Etat. Sa délégation appuie donc totalement détermination et celui de se constituer en de résolution.

COMMISSION B

:

SIXIEME SEANCE

599

M. CHU Hsing -kuo (Chine) appuie également le projet de résolution. Les sionistes israéliens occupent depuis longtemps de vastes étendues de territoire arabe, ont commis des agressions contre lui et ont chassé plus d'un million d'Arabes de leur patrie. Les deux superpuissances qui se disputent l'hégémonie au Moyen -Orient ont été les complices des sionistes, faisant endurer des souffrances indicibles au peuple palestinien que l'on a empêché de reconquérir ses droits nationaux. L'OMS doit dévoiler et condamner les crimes commis par les sionistes israéliens, soutenir le juste combat que mène le peuple palestinien pour reconquérir les territoires qu'il a perdus et renforcer l'assistance sanitaire aux réfugiés palestiniens.

Le Dr VASSILOPOULOS (Chypre) déclare que sa délégation appuie entièrement le projet de résolution et votera pour elle. M. CHOWDHURY (Bangladesh) estime que les précédents orateurs, en particulier les délégués de l'Egypte et de la République Arabe Syrienne, ont déjà suffisamment décrit l'effroyable misère humaine du peuple palestinien. Cette misère se perpétuera à moins que les territoires arabes ne soient évacués et que le peuple palestinien soit rétabli dans ses droits légitimes. L'OMS a vis à -vis des réfugiés des responsabilités dont elle s'acquitte à la satisfaction de tous. N'eet été la tactique d'obstruction de la puissance occupante, l'OMS aurait pu même mieux faire encore. Le Bangladesh est coauteur du projet de résolution; M. Chowdhury résume les principales dispositions de son dispositif et engage vivement les délégués présents à l'adopter à l'unanimité. Le Dr CAMARA (Guinée) appuie sans réserve le projet de résolution. Il ne s'agit pas de politique, il s'agit de sauvegarder la santé d'un peuple. Israel pourrait bien se trouver un jour dans une situation identique à celle que connaissent actuellement les Palestiniens et, dans ce cas, il serait du devoir de l'Assemblée de la Santé de prendre des mesures analogues. Si l'Assemblée rejetait ce projet de résolution, elle se déroberait à ses responsabilités et créerait un précédent qu'il faut éviter à tout prix. Le délégué du Sénégal vient à juste titre de dire que le Comité spécial est une mission de l'OMS et non une mission gouvernementale. On s'en prend aux fondements mêmes de l'Organisation. Si Israel est sûr que les réfugiés vivent dans d'excellentes conditions, il n'a aucune raison de fermer ses portes. En pareil cas, l'Assemblée de la Santé peut parfaitement exiger l'application de la résolution WHA24.33 et de la Constitution de l'OMS. C'est Israel et non le Comité spécial qui prétend que les Arabes vivent dans de bonnes conditions. Si l'Assemblée de la Santé rejetait le projet de résolution, ce serait la négation de son existence et un aveu d'échec. Le Dr ERHLICH (Etats -Unis d'Amérique) affirme que les Etats -Unis continuent d'apporter leur soutien et leur participation aux efforts tendant à améliorer la situation sanitaire des réfugiés et des personnes déplacées au Moyen -Orient et ailleurs. Le projet de résolution dont est saisie la Commission concerne bien la situation sanitaire mais y fait figurer certains jugements politiques. Dans la mesure où il traite de questions politiques, il est inacceptable. Actuellement, de nombreux gouvernements cherchent, au plus haut niveau, une solution à long terme au problème du Moyen -Orient. La solution ne peut venir de l'Assemblée de la Santé et la poursuite du débat dans un contexte politique ne peut que saper le caractère professionnel de l'Organisation et la confiance que mettent en elle les gouvernements et les individus. Pour le Professeur HARELL (Israel), si les délégués de l'Egypte et de la République Arabe Syrienne ont l'un et l'autre cité des articles tendancieux parus dans des journaux politiques, c'est parce qu'ils sont incapables de s'appuyer sur des rapports émanant d'organismes objectifs, tels que le rapport à la Vingt- Sixième Assemblée de la Santé du représentant personnel du Directeur général et celui du Directeur de la Santé de l'UNRWA pour 1974. Ces deux rapports indiquent que la situation sanitaire s'est améliorée dans la zone de Gaza et sur la rive occidentale du Jourdain. Le taux de mortalité infantile a baissé de 50 % dans les territoires occupés, passant de 60 à 30 pour mille et les médecins présents admettront certainement qu'il s'agit là d'un bon résultat. Dans certaines régions d'Egypte, le taux de mortalité infantile atteint 100 pour mille. En ce qui concerne les camps, dans la seule zone de Gaza, 4620 logements ont été construits pour les réfugiés et les personnes déplacées au cours de ces dernières années, période pendant laquelle Israel a pourtant accueilli un grand nombre d'immigrants. A cet égard, le Professeur Harell rappelle les difficultés qu'on éprouvées les autorités syriennes dans le camp de Dera'a, difficultés dont il est fait état au paragraphe 38 du rapport abrégé du Directeur de la Santé de l'UNRWA. Des difficultés se sont présentées en ce qui concerne le personnel médical. Dans la zone de la rive occidentale, il y avait 65 médecins en 1966 mais, après la guerre de 1967, il n'en est resté que 48. Dans la zone de Gaza, il y avait 97 médecins en 1966 mais il n'en restait que 36 après la guerre. Or, en 1974, il y avait 116 médecins dans la zone de la rive occidentale et 119 dans la zone de Gaza. Certains des 119 médecins de la zone de Gaza ont suivi enfants l'enseignement des écoles de Gaza puis fait leurs études de médecine dans des pays arabes, principalement en Egypte. Le Gouvernement d'Israel a autorisé beaucoup de ces médecins qualifiés à revenir exercer dans la zone de Gaza. Le Gouvernement israélien relèvera le défi de la délégation syrienne et demandera aux Etats arabes d'envoyer des médecins de bonne volonté pour aider à améliorer la situation dans les régions tenues par Israel.

600

VINGT- HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

En ce qui concerne le problème de la tuberculose, cette maladie est effectivement répandue parmi les Bédouins, mais sa prévalence diminue rapidement. Les autorités israéliennes ont installé dans le nord du Sinai des hôpitaux et des dispensaires locaux pour les populations bédouines. Des dispensaires mobiles fonctionnent dans le Sinai central et huit nouveaux dispensaires ont été construits dans le sud du Sinai. La lutte contre les maladies infectieuses se heurte évidemment à des difficultés, mais les résultats sont très encourageants. Sur la rive occidentale, 68 % des nourrissons ont reçu au moins deux doses de vaccin Sabin, 61 % deux injections ou plus de vaccin triple antidyphtérique / antitétanique /anticoquelucheux, 47 % ont été vaccinés contre la rougeole et 55 % contre la variole. En coopération avec l'UNRWA, plusieurs nouveaux hôpitaux et dispensaires ont été ouverts, dont un hôpital pour tuberculeux, deux dispensaires pour maladies pulmonaires et une unité de radiophotographie de masse. L'école d'infirmières de Gaza a été agrandie et modernisée et d'autres programmes de formation en cours d'emploi se sont poursuivis, notamment pour pharmaciens, administrateurs sanitaires, techniciens de laboratoire et techniciens de l'assainissement. Les ressortissants des pays arabes sont autorisés à franchir la frontière israélojordanienne pour venir se faire soigner dans les établissements médicaux d'Israël et des centaines d'arabes ont profité de cette possibilité. Les pays arabes et Israël possèdent en fait les ressources intellectuelles, humaines et matérielles nécessaires pour réaliser des améliorations spectaculaires dans cette région et une action sanitaire commune faisant abstraction de toutes considérations politiques préparerait le terrain pour une solution politique. Le Dr YAGHLIAN (Jordanie), évoquant certains des problèmes que connaissent les populations de la zone occupée de la rive occidentale, déclare que le Ministère de la Santé de Jordanie a reçu de ressortissants arabes des informations selon lesquelles les services de santé de la rive occidentale sont inadéquats tant en quantité qu'en qualité. Le nouvel hôpital de Jérusalem, construit avant 1967 et d'une capacité de 200 à 250 lits, sert maintenant de poste de police. Le renouvellement du matériel et des fournitures d'hôpital laisse à désirer et les hôpitaux de la rive occidentale connaissent une grave pénurie de produits pharmaceutiques. En ce qui concerne les problèmes de personnel, il arrive fréquemment que des médecins arabes soient déportés par les occupants (le Dr Yaghlian cite ici quelques noms). Le seul pédiatre qu'on pouvait trouver dans une certaine région est emprisonné depuis octobre 1974 et les services dentaires officiels n'ont qu'un dentiste à leur disposition. Le Gouvernement jordanien s'est toujours préoccupé par- dessus tout de la santé mentale des habitants des territoires occupés. Celle -ci est en effet affectée par de nombreux facteurs démolition des bâtiments à l'explosif, confiscation de terres, destruction de récoltes et d'arbres fruitiers et opérations de police à toute heure du jour et de la nuit. L'autorité occupante fait maintenant payer les vaccins; de ce fait, nombreux sont ceux qui n'ont pas les moyens de se faire vacciner et, dans certaines régions, on observe un accroissement sensible des cas de poliomyélite. Un autre problème tient au fait que, dans les territoires occupés, les jeunes ont des certificats de naissance établis en arabe et en hébreu qui ne sont pas acceptés dans les pays arabes voisins, d'où des retards inutiles pour les étudiants désireux de s'inscrire dans une université arabe. Les informations du Gouvernement jordanien sont donc en contradiction avec celles qui ont été présentées par Israël. Il serait facile de savoir quelle est véritablement la situation si le Comité spécial d'experts pouvait seulement inspecter les territoires occupés et faire rapport à l'OMS. :

Le Dr AL AWADI (Kowett) remercie de son rapport le Président du Comité spécial d'experts. Israël a refusé aux membres du Comité l'accès des territoires occupés, au mépris de l'article 67 de la Constitution de l'OMS, selon lequel "l'Organisation jouira sur le territoire de chaque Etat Membre des privilèges et immunités nécessaires pour atteindre son but et exercer ses fonctions ". Etant donné que le Comité représente l'Organisation et non tel et tel Etat Membre, Israël aurait dû autoriser ses membres à se rendre dans les territoires occupés. Le Dr Al Awadi remercie en outre le Directeur de la Santé de l'UNRWA du travail qu'il a accompli pour le compte de cet organisme au cours des douze dernières années. L'UNRWA manque actuellement de beaucoup de ce qui serait nécessaire pour restaurer la santé des réfugiés et des personnes déplacées. Cet état de choses ne peut qu'avoir des répercussions néfastes sur la santé des réfugiés vivant sous la tente, des personnes dont le pays est occupé et de toutes les victimes des sévices de la puissance occupante. Le rapport abrégé du Directeur de la Santé de l'UNRWA pour 1974 fait état d'un accroissement continu de la demande de soins ambulatoires et hospitaliers pour affections mentales, ce qui ne saurait surprendre. L'objet du projet de résolution proposé à la Commission est de donner aux Arabes la possibilité de rentrer dans leur pays, de rétablir la Palestine d'il y a trente ans et de permettre au peuple palestinien d'y vivre dans la prospérité. Arabes et Juifs sont des peuples sémites, donc de la même race, mais les Arabes n'approuvent pas le sionisme auquel ils sont résolument opposés.

COMMISSION B

:

SIXIEME SEANCE

601

Il faut espérer que l'Assemblée de la Santé se rendra compte que les explications qui viennent d'être données par un délégué n'ont d'autre but que détourner son attention des faits. Le moment est venu de mettre fin à l'injustice et à l'occupation et tous les délégués se doivent de coopérer pour aider ceux qui souffrent dans les territoires occupés. S'il est adopté, le projet de résolution apportera à ces gens une lueur d'espoir. Le Dr 0. A. HASSAN (Somalie), prenant la parole au nom des coauteurs du projet de résolution, demande formellement la clôture du débat, la question ayant maintenant été examinée à fond.

Le Dr SACKS (Secrétaire de la Commission) donne lecture de l'article 61 du Règlement intérieur, qui dispose que deux orateurs seulement peuvent demander la parole pour s'opposer à la motion de clôture, après quoi elle est immédiatement mise aux voix. Cet article prévoit en outre que, si l'Assemblée de la Santé se prononce en faveur de la clôture, le Président déclare le débat clos et l'Assemblée vote alors uniquement sur la ou les propositions introduites avant ladite clôture. Décision :

La motion de clôture est acceptée.

Le Professeur DAVIES (Israël), présentant une motion d'ordre, demande que chacune des trois parties du projet de résolution soit examinée paragraphe par paragraphe; si le Président l'y autorise, il exposera les motifs de cette proposition. Il demande aussi que chaque partie fasse l'objet d'un vote distinct et que l'on procède par appel nominal. M. ABOUL -NASR (Egypte), présentant également une motion d'ordre, fait objection à la proposition du délégué d'Israël tendant à reprendre l'examen de chacune des parties du projet de résolution. Il fait aussi objection à la demande de division.

Le Dr SACKS (Secrétaire de la Commission) donne lecture de l'article 64 du Règlement intérieur qui dispose que, s'il est fait objection à une demande de division, celle -ci est mise aux voix et l'autorisation de prendre la parole à son sujet n'est accordée qu'à deux orateurs pour et deux orateurs contre. Le Dr O. A. HASSAN (Somalie) se déclare également opposé à la proposition de division du délégué d'Israël. Le Dr TARCICI (Yémen) estime que le projet de résolution forme un tout et doit être mis aux voix en bloc. Le Professeur DAVIES (Israël), exposant les raisons qui ont motivé sa proposition, signale que la première section du projet de résolution renferme des contradictions et que la deuxième et la troisième traitent de sujets entièrement différents. M. ABOUL -NASR (Egypte), présentant une motion d'ordre, fait observer que toutes les délégations ont eu l'occasion de discuter le projet de résolution et que le délégué d'Israël cherche simplement à rouvrir le débat. Décision La motion de division du projet de résolution est rejetée par 67 voix contre 11, avec 8 abstentions. :

Le Dr SACKS (Secrétaire de la Commission), rappelant qu'un délégué a demandé le vote par appel nominal, donne lecture de l'article 72 du Règlement intérieur. Le PRESIDENT annonce que le projet de résolution proposé à la Commission va être immédiatement mis aux voix par appel nominal. Il est procédé à un vote par appel nominal, les noms des Etats Membres étant appelés dans l'ordre alphabétique anglais. Le premier appelé est la République de Corée, la lettre R ayant été tirée au sort. Le résultat du vote est le suivant : :

Afghanistan, Algérie, Arabie Saoudite, Argentine, Bahrein, Bangladesh, Chine, Pour Chypre, Congo, Cuba, Egypte, Emirats arabes unis, Espagne, Ethiopie, Gambie, Ghana, Grèce, Guinée, Guyane, Haute -Volta, Hongrie, Inde, Indonésie, Irak, Iran, Jordanie, Kenya, Koweit, Liban, Libéria, Madagascar, Mali, Mauritanie, Mexique, Mongolie, Népal, Niger, Nigéria, Oman, Ouganda,

Pakistan, Pérou, Pologne, Qatar, République Arabe Libyenne, République Arabe Syrienne, République Démocratique Allemande, République populaire démocratique de Corée, Roumanie, Sénégal, Sierra Leone, Somalie, Soudan, Sri Lanka, Tchécoslovaquie , The/lande, Tunisie, Turquie, Union des Républiques socialistes soviétiques, Yémen, Yémen démocratique, Yougoslavie, Zaire. Bolivie, Costa Rica, Etats -Unis d'Amérique, Israël, Uruguay. Contre République fédérale d'Allemagne, Australie, Autriche, Belgique, Canada, Abstentions Chili, Colombie, Côte d'Ivoire, Danemark, Fidji, Finlande, France, Irlande, Islande, Italie, Japon, Luxembourg, Norvège, Nouvelle -Zélande, Pays -Bas, Philippines,1 Portugal, Royaume -Uni de Grande Bretagne et d'Irlande du Nord, Suède, Suisse. : :

1 Voir p. 296.

602 :

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

Absents Bahamas, Botswana, Brésil, Birmanie, Bulgarie, Burundi, Dahomey, El Salvador, Equateur, Gabon, Guatemala, Guinée- Bissau, Honduras, Jamaique, Laos, Lesotho, Malaisie, Malawi, Malte, Maroc, Maurice, Monaco, Nicaragua, Panama, Paraguay, République Centrafricaine, République de Corée, République du Sud Viet -Nam, République -Unie de Tanzanie, République -Unie du Cameroun, Rwanda, Singapour, Souaziland, Togo, Trinité -et- Tobago, Venezuela, Zambie.

Décision

:

Le projet de résolution est approuvé par 63 voix contre 5, avec 25 abstentions. -

Le PRESIDENT indique que les délégués désireux d'expliquer leur vote auront l'occasion de le faire à la prochaine séance de la Commission.

La séance est levée à 12 h.40.

1 Ce projet de résolution a été transmis à l'Assemblée de la Santé dans le quatrième rapport de la Commission et adopté sous le numéro d'ordre WHA28.35.

SEPTIEME SEANCE

Vendredi 23 mai 1975, 14 h.40 Président :

Dr J. -S. CAYLA (France)

puis

Professeur F. RENDER (République Démocratique Allemande)

1.

AIDE SANITAIRE AUX REFUGIES ET PERSONNES DEPLACEES DANS LE MOYEN- ORIENT (suite)

Ordre du jour, 3.11

Le PRESIDENT rappelle à la Commission que le débat sur le point 3.11 a été clos à la pré cédente séance et qu'un projet de résolution a été approuvé; les orateurs auxquels il donnera la parole ne pourront donc intervenir que pour expliquer leur vote. M. GAYNOR (Irlande) explique, en leur nom, pourquoi les neuf pays membres des communautés européennes se sont abstenus. L'assistance sanitaire aux réfugiés et aux personnes déplacées est un problème humanitaire auquel ces pays ne sont pas indifférents. Il est regrettable que le Comité spécial de l'Assemblée mondiale de la Santé n'ait pas été en mesure d'accomplir sa mission. Les Neuf auraient souhaité voter en faveur d'une résolution susceptible d'aider à résoudre le problème, mais le projet de résolution approuvé a été jugé inacceptable par eux, tant au fond que dans la forme. Il est d'ailleurs regrettable que cette résolution ne fasse aucune mention de l'UNRWA, dont personne n'ignore l'excellent travail. M. THIBAULT (Canada) explique que, si sa délégation est d'accord avec le but auquel tend le projet de résolution approuvé - à savoir une assistance accrue aux populations des territoires occupés - certaines parties de ce texte ne sont pas compatibles avec la politique de son Gouvernement. Pour ce qui est de la partie C, par exemple, sa délégation n'est pas en mesure de prendre position sur la reconnaissance de l'Organisation de Libération de la Palestine comme le seul porte -parole de tous les Palestiniens. En outre, le Gouvernement du Canada estime que le statut futur des territoires occupés est un élément important des négociations qui doivent s'engager prochainement entre les pays intéressés. Telles sont les raisons pour lesquelles la délégation canadienne s'est abstenue. M. REKOLA (Finlande) déclare que, si son Gouvernement se préoccupe du sort des habitants des territoires occupés et juge inacceptable toute modification du caractère physique de ces territoires, de leur statut, de la composition des populations ou de la structure des insti -, tutions, la délégation de son pays s'est néanmoins abstenue, car la résolution contient des paragraphes auxquels elle ne saurait souscrire. Parmi ceux -ci figure notamment le troisième alinéa du préambule de la partie B, qui implique une limitation, conformément à l'article 7 de la Constitution, des droits et privilèges des Etats Membres dans des circonstances exceptionnelles; de l'avis de la délégation finlandaise, les circonstances actuelles ne justifient pas l'application de l'article 7. M. Rekola regrette que le Comité spécial n'ait pas été composé de manière à pouvoir accomplir normalement sa mission humanitaire et qu'Israël lui ait pour cette raison interdit l'accès des territoires occupés. Il est de la plus haute importance que l'Assemblée dispose d'informations sûres et complètes sur les conditions dans ces territoires. Le Gouvernement finlandais estime que les résolutions 242 de 1967 et 338 de 1973 du Conseil de Sécurité fournissent la base d'une solution juste et durable des problèmes du Moyen -Orient. Pour qu'une telle solution puisse intervenir, il est indispensable qu'Israël se retire auparavant des territoires occupés pendant la guerre de 1967. On doit donc s'efforcer de trouver une solution qui tienne compte des droits légitimes des Palestiniens. Le Dr MORK (Norvège) dit que son pays partage l'inquiétude générale exprimée quant à l'état sanitaire des populations dans les zones visées par le projet de résolution, et qu'il a contribué substantiellement au programme international d'assistance aux réfugiés et personnes déplacées dans le Proche -Orient. La délégation norvégienne n'a toutefois pas estimé possible de l'appuyer, car il contient des dispositions qui ne sont pas en accord avec les principes observés par son Gouvernement. Cette remarque concerne plus particulièrement le troisième alinéa du préambule de la partie A et le troisième alinéa du préambule de la partie B. Mme RODRÎGUEZ LARRETA (Uruguay) indique que son pays est en faveur d'un dialogue sincère et constructif et qu'il appuiera n'importe quel type de programme susceptible d'améliorer la santé. Cependant, le projet de résolution qui a été approuvé a un contenu politique certain, qui se trouve encore renforcé par l'évocation de problèmes dans la solution desquels l'OMS n'est pas qualifiée pour intervenir, et qui n'ont pas encore été résolus. La partie A du projet de résolution, qui a essentiellement trait au maintien et à l'amélioration de la santé et des conditions - 603 -

604

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANIE, PARTIE II

de vie l'OMS, Comité abouti partie rante.

dans les territoires occupés, mérite d'être pleinement appuyée et répond aux objectifs de qui sont également ceux de l'Uruguay; à propos de la partie B, où il est question du spécial d'experts, il convient d'observer qu'un dialogue franc et sincère aurait peut -être à une solution de compromis; en revanche, Mme Rodriguez Larreta juge inadmissible la C de la résolution, qui accorderait un pouvoir de contrêle à une organisation belligéTels sont les motifs qui ont inspiré le vote de sa délégation.

M. WHITLAM (Australie) précise que sa délégation s'est abstenue parce que, malgré son souci bien naturel de préserver la santé et le bien -être des réfugiés et des personnes déplacées dans les territoires occupés, elle estime que ni le ton ni les intentions générales de la résolution ne sont de nature à contribuer de manière constructive à la recherche d'un règlement rapide et durable des problèmes du Moyen -Orient. Le Dr TORRES NAVARRO (Bolivie) déclare que sa délégation réaffirme que l'introduction de questions politiques dans les discussions d'organisations techniques doit être évitée; il appartient à d'autres organisations internationales d'étudier ces questions. C'est la raison pour laquelle la délégation de la Bolivie n'a pas été en mesure d'appuyer le projet de résolution dans son ensemble. Elle est néanmoins disposée à appuyer toute mesure propre à améliorer les conditions de vie des réfugiés et personnes déplacées dans le Moyen -Orient, ainsi que l'assistance sanitaire qui leur est offerte, et c'est pourquoi elle s'était ralliée à la proposition de mettre séparément aux voix les différentes parties de la résolution. Le Dr VALLADARES (Venezuela) regrette que des circonstances indépendantes de sa volonté aient entraîné son absence lors du vote de la séance précédente. Il désire qu'il soit pris note que la délégation vénézuélienne se serait abstenue pour les motifs déjà indiqués par d'autres délégations. M. MENA (Costa Rica) déclare que son pays n'est en conflit avec aucune autre nation et qu'il ne possède d'ailleurs pas d'armée. Les problèmes que les pays concernés n'ont pas un désir sincère de résoudre ne sauraient l'être par des organisations internationales et c'est pourquoi il demande instamment qu'un appel soit lancé de toute urgence aux parties engagées dans le conflit actuel, afin qu'elles s'efforcent d'y apporter une solution immédiate pour le plus grand bien, non seulement de la population des territoires intéressés, mais aussi de l'humanité tout entière. Mme CRUTCHLEY (Nouvelle -Zélande) explique que, si sa délégation s'est abstenue, c'est surtout en raison des réserves qu'elle a exprimées au sujet du troisième alinéa du préambule de la partie B du projet de résolution. Cet alinéa comporte des éléments générateurs de difficultés qui ne cadrent pas avec la position prise de longue date par son Gouvernement sur la question. Toutefois, Mme Crutchley désire exprimer la sympathie de son Gouvernement aux réfugiés et aux personnes déplacées dans le Proche -Orient.

Le Dr CARRAL (Argentine) déclare que, si le projet de résolution avait été mis aux voix paragraphe par paragraphe, sa délégation se serait abstenue sur le troisième alinéa de la partie A ainsi que sur la partie B. Le troisième alinéa de la partie A est trop partial et constitue une ingérence dans des questions politiques qu'il appartient à d'autres organisations de discuter. Il est regrettable que le problème ait été une fois de plus discuté à l'OMS. Cependant, comme la résolution a été mise aux voix dans son ensemble, la délégation de l'Argentine a voté en sa faveur, estimant que toute personne dont la santé est menacée et qui demande une aide doit la recevoir, notamment avec la participation d'organismes entretenant des rapports avec l'OMS. M. ONISHI (Japon) explique que sa délégation, tout en appréciant les aspects humanitaires du projet de résolution, s'est abstenue parce que certains de ses éléments, notamment dans les parties A et C, sont inacceptables par le Gouvernement de son pays. 2.

UTILISATION DE L'ALLEMAND COMME LANGUE DE TRAVAIL DANS L'ORGANISATION REGIONALE DE L'EUROPE

Ordre du jour, 3.13

Le Dr TAYLOR (représentant du Conseil exécutif) rappelle que le Comité régional de l'Europe, ayant pris en considération le voeu formulé par la République fédérale d'Allemagne, l'Autriche et la République Démocratique Allemande visant à introduire la langue allemande comme langue de travail au Comité régional et au Bureau régional de l'Europe, a adopté à cet effet une résolution à sa vingt -quatrième session. A sa cinquante -cinquième session, le Conseil exécutif a étudié la proposition d'assurer, à titre de première étape, un service d'interprétation à partir de l'allemand et vers cette langue dès la vingt -sixième session du Comité régional, qui se tiendra en 1976.1 Le coa t estimatif de cette première mesure serait de $5000

1 Voir Actes officiels OMS, N° 223, 1975, partie I, annexe 5.

COMMISSION B

:

SEPTIEME SEANCE

605

pour 1976 et du même montant pour 1977 et il pourrait être couvert par les crédits budgétaires prévus pour ces deux exercices. Le Conseil a également été informé que l'emploi de l'allemand comme langue de travail au Comité régional de l'Europe se traduirait par une dépense d'environ $106 000 par an et que si, en outre, l'allemand était employé comme langue de travail au Bureau régional, le total des dépenses serait de l'ordre de $380 000 par an. Après s'être penché sur la question, le Conseil exécutif a adopté la résolution EB55.R12, qui recommande à la Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé d'appuyer dans son principe la décision d'adopter l'allemand comme langue de travail du Comité régional de l'Europe et d'inviter le Comité régional à examiner à sa vingt -cinquième session les propositions que lui soumettra le Directeur régional concernant l'application progressive de cette décision de principe, en tenant compte de ses implications matérielles et financières. La même résolution prie également le Directeur général d'examiner, en vue d'une décision qui sera prise ultérieurement, les implications matérielles et financières d'une extension progressive de l'utilisation de la langue allemande au Bureau régional de l'Europe.

Le Professeur AUJALEU (France) fait observer que la proposition soumise au Comité régional de l'Europe a été adoptée par lui à l'unanimité. M. PARROTT (Royaume -Uni de Grande -Bretagne et d'Irlande du Nord) accueille favorablement la résolution EB55.R12 du Conseil exécutif, qui propose de façon très mesurée l'introduction de la langue allemande.

Le Professeur LISICYN (Union des Républiques socialistes soviétiques) appuie également cette proposition. L'expérience déjà faite dans divers organismes des Nations Unies qui ont introduit l'emploi de la langue allemande a démontré que cette disposition était rationnelle et pouvait être appliquée avec succès. Le Dr VALLADARES (Venezuela), Rapporteur, donne lecture du projet de résolution suivant :

La Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé, Prenant note de la résolution EB55.R12 adoptée par le Conseil exécutif à sa cinquante cinquième session au sujet de l'utilisation de la langue allemande dans l'Organisation régionale de l'Europe, APPUIE dans son principe l'adoption de l'allemand comme langue de travail du Comité 1. régional de l'Europe; PRIE le Comité régional de l'Europe d'examiner à sa vingt -cinquième session les 2. propositions que lui soumettra le Directeur régional concernant l'application progressive de ce principe, en tenant compte de ses implications matérielles et financières; et PRIE le Directeur général d'examiner, en vue d'une décision qui sera prise ultérieu3. rement, les implications matérielles et financières d'une extension par étapes de l'utilisation de la langue allemande au Bureau régional de l'Europe.

Décision

:

Le projet de résolution est approuvé.1

Le Professeur Renger (République Démocratique Allemande) prend la présidence. 3.

PARTICIPATION AU COMITE REGIONAL DE L'AFRIQUE DE MEMBRES DONT LES GOUVERNEMENTS ONT LEUR SIEGE HORS DE LA REGION

Ordre du jour, 3.12

M. GUTTERIDGE (Directeur de la Division juridique), qui présente la question, indique qu'à sa vingt -quatrième session, le Comité régional de l'Afrique a adopté la résolution AFR /RC24 /R8 relative à la participation des puissances coloniales au Comité régional, et demandant notamment que cette résolution soit transmise à la Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé pour qu'elle prenne des mesures visant à mettre fin à la participation de toute puissance coloniale aux sessions du Comité régional de l'Afrique. Cette résolution est annexée au document soumis à la Commission,2 qui contient également une note introductive du Directeur général; M. Gutteridge appelle l'attention de la Commission sur le quatrième paragraphe de cette note, qui fait référence aux dispositions constitutionnelles et autres sur le sujet. Mlle BOA (Côte d'Ivoire) explique que la résolution AFR /RC24 /R8 a pour but de supprimer une contradiction entre deux résolutions adoptées par l'Assemblée de la Santé. La résolution WHA2.103 autorise les puissances coloniales représentant les intérêts de certains pays et territoires de la Région africaine à participer aux comités régionaux en qualité de Membres. D'autre part, la résolution WHA27.37 prie le Directeur général de prendre les mesures nécessaires pour inviter les représentants des mouvements de libération nationale reconnus par l'Organisation de l'Unité africaine à participer aux réunions de l'OMS en tant qu'observateurs.

1 Ce projet de résolution a été transmis à l'Assemblée de la Santé dans le quatrième rapport de la Commission et adopté sous le numéro d'ordre WHA28.36. 2

Voir Actes officiels OMS, N° 226, 1975, annexe 7.

606

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

La seconde résolution annule donc la première puisqu'il est inconcevable qu'un pays soit représenté par deux délégations. Mlle Boa demande instamment à toutes les délégations soucieuses de la libération rapide des pays et territoires sous tutelle étrangère de se conformer à la résolution 3118 ( XXVIII) de l'Assemblée générale des Nations Unies (qui demande à toutes les institutions spécialisées de prendre les mesures nécessaires afin d'assurer la représentation des mouvements de libération nationale à leurs réunions) et d'appuyer unanimement la résolution adoptée par le Comité régional de l'Afrique.

M. FINDLAY (Sierra Leone) déclare que la résolution WHA27.37 a reçu l'appui sans réserve du Comité régional de l'Afrique à sa vingt -quatrième session, lors de laquelle les représentants ont également exprimé leur désapprobation quant à la participation de puissances coloniales au Comité régional. En 1949, date à laquelle la résolution WHA2.103 a été adoptée, presque tous les pays de la Région africaine étaient sous le régime colonial; mais aujourd'hui la grande majorité d'entre eux sont des Etats souverains. Il est regrettable que la résolution WHA2.103 n'ait pas déjà été abrogée ou amendée. En tout cas, comme elle fait encore partie des résolutions de l'Assemblée, le Directeur général et le Directeur régional sont toujours tenus de l'appliquer. C'est pourquoi la délégation de la Sierra Leone propose qu'on amende la résolution WHA2.103 en supprimant les paragraphes 2 et 3.4) et en renumérotant en conséquence les autres paragraphes. M. Findlay demande instamment à la Commission d'approuver la résolution qui a été adoptée par le Comité régional. M. CHU Hsing -kuo (Chine) déclare que le long et impitoyable pillage de l'Afrique par les puissances coloniales a suscité la résistance véhémente des peuples africains qui ont fini par conquérir leur indépendance. La résolution du Comité régional de l'Afrique est entièrement justifiée et reçoit l'appui de la délégation de la Chine. Le Dr 0. A. HASSAN (Somalie) approuve lui aussi la résolution, mais il estime qu'il faudrait l'élargir. Certaines parties de l'Afrique sont situées dans d'autres Régions de l'OMS et les puissances coloniales représentent encore certains territoires dans les comités régionaux. Il propose donc qu'au paragraphe 3 du dispositif de la résolution AFR /RC24 /R8 on remplace "au Comité régional de l'Afrique" par "à un comité régional" et qu'au paragraphe 4 du dispositif on remplace "aux sessions du Comité régional de l'Afrique" par "aux sessions des comités régionaux ".

Le Dr TOURÉ (Sénégal) exprime l'espoir que la voix de la France - puissance principalement concernée par la résolution du Comité régional, en ce qui concerne l'archipel des Comores et la Réunion - sera entendue dans le débat, que fera certainement avancer la profonde compréhension qu'a la France des problèmes coloniaux. Le Professeur LISICYN (Union des Républiques socialistes soviétiques) appuie la résolution AFR /RC24 /R8 et les amendements proposés par le délégué de la Somalie. Le Dr TARIMO (République -Unie de Tanzanie) déclare que la résolution du Comité régional a pour objet de régulariser une situation devenue anormale du fait des changements intervenus depuis 1949, époque à laquelle la résolution WHA2.103 a été adoptée. Le Dr Tarimo appuie les amendements proposés par le délégué de la Somalie parce qu'ils rendront applicable dans le monde entier une résolution qui, à l'origine, n'était destinée qu'à la Région de l'Afrique.

Le Dr WRIGHT (Niger) estime qu'il est temps que les puissances coloniales comprennent qu'elles n'ont plus leur place dans les réunions des comités régionaux. Des pays qui ont accédé à l'indépendance sont assez grands pour s'occuper des problèmes concernant leur Région. Il appuie la résolution sous sa forme actuelle, mais les amendements proposés par le délégué de la Somalie le mettent dans l'embarras, parce qu'ils donnent une dimension interrégionale à une résolution régionale. Il approuve ces amendements dans leur esprit et les appuiera si d'autres personnes ou d'autres comités estiment nécessaire d'élargir la portée de la résolution initiale. M. PARROTT (Royaume -Uni de Grande -Bretagne et d'Irlande du Nord) s'interroge quant à certains aspects procéduraux de la discussion. Le point de l'ordre du jour examiné concerne, ceci est clair, la participation au Comité régional de l'Afrique. Les dispositions constitutionnelles et autres auxquelles il est fait référence font état non pas de puissances coloniales, mais de pays ayant la responsabilité de la conduite des relations internationales de territoires ou groupes de territoires, et certains des territoires concernés pourraient s'offusquer de ce qu'on les considère comme étant dans la situation de colonies. Pour M. Parrott, ces dispositions avaient pour but de permettre à des territoires ou groupes de territoires n'ayant pas la responsabilité de la conduite de leurs relations internationales de participer aux comités régionaux - ce qui est d'ailleurs reconnu dans le troisième alinéa du préambule de la résolution AFR /RC24 /R8. D'autre part, le point de l'ordre du jour examiné revêtirait un aspect très différent s'il s'agissait d'amender une résolution déjà adoptée par le Comité régional de l'Afrique, et M. Parrott estime qu'il faut demander l'avis du Secrétariat sur la question de savoir si les amendements proposés et l'élargissement d'un point de l'ordre du jour sont conformes au Règlement intérieur.

COMMISSION B

:

SEPTIEME SEANCE

607

M. GUTTERIDGE (Directeur de la Division juridique) rappelle que les conditions de la participation aux comités régionaux de territoires n'ayant pas la responsabilité de la conduite de leurs relations internationales et qui ne sont pas des Membres associés sont fixées par la résolution WHA2.103, adoptée le 30 juin 1949. Conformément à l'article 47 de la Constitution, la nature et l'étendue des droits et des obligations de ces territoires doivent être fixées par l'Assemblée de la Santé, en consultation avec l'autorité ayant la responsabilité de la conduite des relations internationales de ces territoires et avec les Etats Membres de la Région. Le paragraphe 1 du dispositif de la résolution WHA2.103, qui constitue une interprétation de l'article 47, précise quels sont les Etats Membres d'une Région. Le paragraphe 2 du dispositif expose les dispositions régissant la participation des Etats Membres qui n'ont pas le siège de leur gouvernement dans la Région. Ces dispositions ont naturellement été adoptées en fonction de la situation de l'époque et l'Assemblée peut, si elle le désire, les modifier par une nouvelle résolution. Deux propositions sont soumises à la Commission. La première consiste à amender la résolution WHA2.103 en supprimant le paragraphe 2 et les sous -paragraphes 3.1) et 3.4) du dispositif, de manière que la résolution se rapporte uniquement aux Membres associés. Dans la situation présente, et compte tenu des observations faites par le délégué du Royaume -Uni, puisque la participation des territoires en question aux comités régionaux est régie par une résolution de l'Assemblée de la Santé, il est difficile d'envisager la modification des dispositions régissant la participation à un comité régional en faisant abstraction des autres comités régionaux. On peut donc considérer qu'il est de la compétence de la Commission B, si elle le désire, d'examiner cette question dans un cadre plus large. La seconde proposition, avancée par le délégué de la Somalie, consiste à modifier la résolution AFR /RC24 /R8; mais il est douteux que la Commission puisse modifier la résolution d'un comité régional, à moins qu'elle ne recommande à l'Assemblée mondiale de la Santé un nouveau projet de résolution à cet effet. D'autre part, si l'on choisit de remanier la résolution du Comité régional pour en faire une nouvelle résolution, on aura alors, aussi longtemps que la résolution WHA2.103 restera en vigueur, deux résolutions contradictoires; on peut présumer, il est vrai, que la seconde résolution annule la première; mais sans doute sera -t -il jugé préférable de trouver un moyen d'éviter pareil conflit. S'il s'agit d'abroger les dispositions du paragraphe 2 du dispositif de la résolution WHA2.103, peut -être serait -il bon d'envisager la possibilité d'entreprendre un réexamen de cette résolution. M. SCHUMANN (République Démocratique Allemande) appuie la résolution AFR /RC24 /R8 et l'amendement proposé par le délégué de la Somalie. En cas de conflit d'interprétation entre cette résolution et la résolution WHA2.103, il n'y a aucun doute selon lui que le principe lex posterior derogat priori est applicable. Le Dr CAMARA (Guinée) appuie la résolution AFR /RC24 /R8, qui a été adoptée à l'unanimité à Brazzaville, et les amendements proposés par le délégué de la Somalie qui visent à universaliser son application.

Le Dr O. A. HASSAN (Somalie) estime qu'en cas de conflit entre deux résolutions, on peut considérer que la seconde en date annule ipso facto la première. En conséquence, il demande instamment que l'on accepte les amendements qu'il a proposé d'apporter à la résolution AFR /RC24 /R8, afin d'éviter d'avoir à répéter ce travail si d'autres comités régionaux adoptent des résolutions semblables pour leur propre Région, comme ce sera certainement le cas pour la Méditerranée orientale. Le Dr SACKS (Secrétaire de la Commission) explique que l'amendement proposé par le délégué de la Sierra Leone ne se rapporte pas à un texte constitutionnel mais à la résolution WHA2.103 qui a été adoptée par la Deuxième Assemblée mondiale de la Santé. La résolution AFR /RC24 /R8 est une résolution du Comité régional de l'Afrique transmise comme telle pour soumission à la présente Assemblée de la Santé; toute décision concernant cette résolution devra prendre la forme d'une résolution de l'Assemblée de la Santé fondée sur les discussions qui ont eu lieu à la Commision. M. FINDLAY (Sierra Leone) déclare que l'adoption de l'amendement qu'il a proposé d'apporter à la résolution WHA2.103 lèverait les problèmes de droit qui ont été soulevés. La résolution AFR /RC24 /R8 devrait également être approuvée.

Le Dr OULD BAH (Mauritanie) appuie la résolution qui a été adoptée à l'unanimité par le Comité régional de l'Afrique ainsi que l'amendement proposé par le délégué de la Somalie, afin de simplifier le travail et d'éviter à la Commission de devoir revenir à l'avenir sur des résolutions semblables. Les territoires qui n'ont pas la responsabilité de leurs relations internationales ne peuvent plus être représentés par des pays situés en dehors de leur Région, mais seulement par leurs mouvements de libération ou par leurs propres dirigeants. Le Dr Ould Bah propose qu'on demande au Secrétariat de rédiger un projet reflétant le consensus de la Commission. La résolution WHA2.103 devrait de toute manière être modifiée afin d'éviter tout malentendu

608

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

dans l'avenir. L'Assemblée peut également considérer la résolution AFR /RC24 /R8 comme un projet de résolution proposé par le Comité régional de l'Afrique et l'adopter séparément; ou bien encore les deux questions peuvent faire l'objet d'un seul projet de résolution.

Le Dr ADESUYI (Nigéria) pense que l'on pourrait procéder par étapes successives. La Commission devrait d'abord approuver la résolution du Comité régional; elle la transmettrait ensuite au Directeur général pour transmission à l'Assemblée de la Santé, comme il est demandé au paragraphe 4 du dispositif; après quoi on aborderait la question de l'amendement de la résolution WHA2.103. M. PARROTT (Royaume -Uni de Grande - Bretagne et d'Irlande du Nord) appuie la proposition du délégué de la Mauritanie d'inviter le Secrétariat à préparer un projet de résolution amendant la résolution WHA2.103, si tel est le désir général. Il faut toutefois prendre des mesures pour éviter de porter atteinte aux droits des territoires qui n'ont pas encore la responsabilité de leurs relations internationales et dont certains ne tiennent pas au stade actuel A assumer cette responsabilité. De plus, comme la résolution soumise à la Commission concerne seulement la Région de l'Afrique, il serait peut -être plus courtois de laisser aux autres comités régionaux le soin d'examiner la question avant de rendre la résolution applicable à toutes les parties du monde.

M. NOZIGLIA (Etats -Unis d'Amérique) rappelle à la Commission que le point de l'ordre du jour en cours d'examen ne concerne que l'Afrique. En fait, la Commission doit trouver un moyen simple d'accéder aux désirs exprimés par le Comité régional de l'Afrique. Il n'y a aucun point de l'ordre du jour au titre duquel la Commission puisse envisager la position des autres Régions, et elle ne dispose du reste d'aucune information concernant leur point de vue sur la question. S'il est facile d'accéder aux désirs de la Région de l'Afrique, l'amendement de la résolution WHA2.103, qui affecterait toutes les autres Régions, est encore prématuré. Le Dr DOLGOR (Mongolie) appuie la résolution du Comité régional. Toutefois, le problème ne concerne pas seulement la Région africaine. Il appuie par conséquent aussi l'amendement proposé par le délégué de la Somalie, et suggère de constituer un petit groupe de travail qui serait chargé de rédiger un texte de résolution approprié. Le Dr KEITA (Mali) fait valoir que les pays d'Afrique situés au sud du Sahara ont pris une décision très nette dans leur résolution AFR /RC24 /R8, et qu'ils ont demandé au Directeur régional de transmettre cette décision à l'Assemblée de la Santé. Si les amendements proposés sont en en d'étendre le d'application de la résolution primitive on risque de compromettre ce qui a déjà été gagné par l'Afrique, surtout si l'on devait essayer de remanier le texte de façon à ce qu'il englobe en fait les mouvements de libération du monde entier, dont certains ne sont même pas reconnus dans leur propre Région. La résolution AFR /RC24 /R8 ne vise que les mouvements de libération reconnus par l'Organisation de l'Unité africaine, et le Dr Keita estime qu'on doit la mettre aux voix sans changement. Mlle BOA (Côte d'Ivoire) se déclare d'accord avec les délégués du Nigéria et du Mali. C'est sur la résolution du Comité régional de l'Afrique qui, comme la résolution WHA27.37, ne vise que les mouvements de libération reconnus par l'OUA, que la Commission et l'Assemblée de la Santé ont à se prononcer. Le DIRECTEUR GENERAL explique que la résolution du Comité régional demande à l'Assemblée de la Santé d'accéder aux voeux de la Région africaine en adoptant une résolution qui permettrait au Directeur régional et au Directeur général d'y donner suite. Deux propositions ont été avancées au cours du débat de la Commission. Un groupe d'orateurs souhaite que les termes de la résolution puissent s'appliquer A toutes les autres Régions. On pourrait les satisfaire en modifiant le texte de la résolution du Comité régional de manière A ce qu'elle commence par les mots "La Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé ", au lieu des mots "Le Comité régional ". Au second alinéa du préambule, les mots "et la Ligue des Etats arabes" seraient insérés immédiatement après "l'Organisation de l'Unité africaine" afin d'aligner le texte sur celui d'autres résolutions; au troisième alinéa du préambule, les mots "de la Région africaine" seraient supprimés et, au quatrième alinéa, les mots "en ce moment de l'histoire africaine" seraient également supprimés. Le paragraphe 1 du dispositif resterait sans changement, le paragraphe 2 serait supprimé, et les paragraphes 3 et 4 seraient fondus pour donner un nouveau paragraphe 2 qui serait ainsi conçu "DESAPPROUVE la participation de toute puissance coloniale à tout Comité régional en tant que Membre et DECIDE de mettre fin immédiatement A la participation aux Comités régionaux de toutes les puissances coloniales "; enfin, le nouveau paragraphe 3 du dispositif serait ainsi conçu " DECIDE EN OUTRE que la résolution WHA2.103 sera modifiée en conséquence ". Selon la proposition d'un second groupe, comprenant le Royaume -Uni et d'autres délégations, le résolution devrait demeurer applicable A la seule Région africaine; cette proposition pourrait se traduire par une résolution indiquant que l'Assemblée a pris acte de la résolution adoptée :

:

:

COMMISSION B

:

SEPTIEME SEANCE

609

par le Comité régional de l'Afrique, et qu'elle a décidé de donner immédiatement suite aux dispositions de cette résolution. M. NOZIGLIA (Etats -Unis d'Amérique) propose à la Commission une troisième possibilité qui pourrait se traduire par une résolution indiquant que l'Assemblée de la Santé a noté et approuvé la résolution du Comité régional de l'Afrique, demandant que suite soit donnée à cette résolution et priant le Directeur général d'informer en conséquence les autres comités régionaux en les invitant à prendre toutes mesures qui leur parattront opportunes. M. PARROTT (Royaume -Uni de Grande -Bretagne et d'Irlande du Nord) appuie la suggestion du délégué des Etats -Unis. Il fait remarquer que, si la première solution proposée par le Directeur général était approuvée, on risquerait de devoir mettre fin immédiatement à la présence de toutes les "puissances coloniales" - terme assez mal défini - aux réunions de tous les comités régionaux, quels qu'ils soient. Evidemment, il s'agit là d'une question de rédaction, et le délégué du Royaume -Uni souhaiterait pouvoir prendre connaissance d'un projet présenté par écrit.

Le Dr OULD BAH (Mauritanie) fait valoir qu'on n'a pas encore étudié dans les autres Régions la question soulevée dans la résolution du Comité régional de l'Afrique, et il souhaite que la Commission se prononce sur la résolution sous sa forme actuelle. La séance est suspendue à 16 h.20; elle reprend à 16 h.50. A la demande du PRESIDENT, le Dr VALLADARES (Venezuela), Rapporteur, donne lecture du projet de résolution ci- après, rédigé de manière à tenir compte des divers points de vue exprimés :

La Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé, Ayant examiné la résolution AFR /RC24 /R8 sur la participation au Comité régional de l'Afrique de Membres dont les gouvernements ont leur siège hors de la Région, 1. DECIDE de donner effet au paragraphe 4 du dispositif de la résolution AFR /RC24 /R8 et de prier le Directeur général et le Directeur régional d'agir en conséquence; et 2. PRIE le Directeur général et les Directeurs régionaux de porter la résolution susmentionnée et la présente résolution à l'attention des autres comités régionaux.

Décision 4.

:

Le projet de résolution est approuvé.1 Ordre du jour, 3.16 Ordre du jour, 3.16.1

COORDINATION A L'INTERIEUR DU SYSTEME DES NATIONS UNIES

Questions générales

Le Dr TAYLOR (représentant du Conseil exécutif) informe la Commission que, lors de sa cinquante- cinquième session, le Conseil exécutif a examiné un rapport du Directeur général dans lequel sont passées en revue les principales décisions intéressant l'Organisation prises par le Conseil économique et social à ses cinquante- sixième et cinquante -septième sessions et par l'Assemblée générale des Nations Unies à sa vingt -neuvième session. Le Conseil a créé un groupe de travail pour examiner les nombreuses questions que soulèvent ces décisions et, sur la recommandation du groupe, il a adopté la résolution EB55.R56 consacrée aux questions générales de coordination avec d'autres organisations du système des Nations Unies. Le Conseil a d'autre part adopté la résolution EB55.R69 concernant la Conférence mondiale de l'Alimentation tenue sous les auspices de l'Organisation des Nations Unies. Cette résolution rappelle en termes généraux les recommandations qui ont été faites à la Conférence en vue d'améliorer l'alimentation et la nutrition en collaboration avec les autres organisations du système des Nations Unies; elle rappelle, en particulier, que l'OMS a été invitée, en coopération avec la FAO et d'autres organisations, à élaborer des plans intersectoriels pour l'alimentation et la nutrition et à participer à un système mondial de surveillance de la nutrition. Le document soumis à la Commission constitue, avec ses addendums, le rapport du Directeur général sur les questions générales de coordination; il décrit les mesures prises par le Directeur général pour participer pleinement à la Conférence mondiale de l'Alimentation et pour mettre en oeuvre ses résolutions. Le Dr Taylor attire en particulier l'attention de la Commission sur la teneur des premier et quatrième paragraphes du dispositif de la résolution EB55.R69.

1 Ce projet de résolution a été transmis à l'Assemblée de la Santé dans le quatrième rapport de la Commission et adopté sous le numéro d'ordre WHA28.37.

610

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

Le rapport du Directeur général traite des faits nouveaux concernant la coordination des questions administratives, budgétaires et financières à l'intérieur du système des Nations Unies, ainsi que des décisions prises par l'Assemblée générale des Nations Unies sur les questions administratives intéressant l'Organisation. Le Conseil a également pris note des informations communiquées au sujet du système d'évaluation des coûts, des études relatives au Centre international de Calcul, à son rapport coût /avantages et à son implantation, ainsi que des rapports du CCQAB sur la coordination entre les institutions. Dans lemême ordre d'idées, la Commission voudra sans doute aussi examiner la résolution EB55.R47,

concernant le rapport du Corps commun d'inspection sur l'utilisation des crédits de voyage à l'OMS. Le Conseil a longuement examiné ce rapport, ainsi que les commentaires du Directeur général (reproduits dans les Actes officiels N° 223, partie I, annexe 11). La Commission voudra bien prendre connaissance des solutions de rechange proposées par le Directeur général pour les déplacements des délégués, des membres du Conseil et des membres des comités d'experts. Le Conseil a estimé que les motifs qui ont conduit les premières Assemblées de la Santé à n'autoriser que pour un seul délégué le remboursement des frais de voyage à chaque Membre et Membre associé de l'OMS demeuraient valables. 1l a également réaffirmé que les frais de voyage des membres du Conseil participant à la session du Conseil qui se tient après l'Assemblée devraient être remboursés, qu'ils soient ou non également membres de la délégation de leur pays à l'Assemblée de la Santé, et cela afin de sauvegarder le caractère indépendant du Conseil. En ce qui concerne les conditions de voyage, l'opinion qui a prévalu et qu'il a été recommandé à l'Assemblée de la Santé d'adopter (paragraphe 4 du dispositif de la résolution EB55.R47) est qu'il convient de maintenir la pratique actuelle du remboursement à chaque Membre ou Membre associé de leurs frais de voyage en première classe. Quant aux voyages des membres des comités d'experts, des groupes d'étude et des groupes scientifiques, le Conseil estime que le droit au remboursement devrait être déterminé selon une méthode uniforme qui s'appliquerait également aux experts recrutés à court terme, tels que consultants ou conseillers temporaires. En conséquence, le Conseil a décidé, au paragraphe 5 du dispositif de la même résolution, que tous les experts auraient droit au remboursement de leur voyage en classe économique. Enfin, le Conseil a pris note des mesures que le Directeur général a prises, ou compte prendre, pour rationaliser davantage la planification et l'utilisation des crédits de voyage à l'Organisation. Le DIRECTEUR GENERAL ADJOINT indique que le rapport soumis à la Commission est une version remaniée du rapport du Directeur général à la cinquante- cinquième session du Conseil exécutif. Il souhaite encore faire connaitre les faits qui sont intervenus plus récemment à l'égard des diverses questions traitées dans le rapport. La Déclaration et le Programme d'action concernant l'instauration d'un nouvel ordre économique international (section 1 du rapport) ont été pris en considération dans l'examen du secteur de la santé auquel on a procédé dans le cadre de la revue et de l'évaluation à miparcours de la stratégie internationale du développement pour la deuxième décennie des Nations Unies pour le développement. Conformément à la résolution EB55.R61, la revue faite par l'OMS a été transmise à l'Organisation des Nations Unies avec le texte de cette résolution en tant que contribution à la documentation de base préparée pour la septième session extraordinaire de l'Assemblée générale des Nations Unies qui doit se tenir en septembre 1975 et qui sera consacrée au développement et à la coopération économique internationale. L'Organisation a participé aux travaux du Sous -Comité du CAC sur la deuxième décennie des Nations Unies pour le développement, qui a examiné les divers rapports sur la revue et l'évaluation à mi- parcours soumis par les organisations du système des Nations Unies, et a pu ainsi faire entendre sa voix. Le Directeur général a fait part au Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies de son point de vue sur certaines des questions qui, conformément aux décisions du CAC, seront débattues lors de la session extraordinaire; il s'agit du Programme d'action concernant l'instauration d'un nouvel ordre économique international, de la stratégie internationale du développement, de la Conférence mondiale de la Population et de la Conférence mondiale de l'Alimentation. Ces vues, ainsi que celles des chefs de secrétariat des autres organisations intéressées, seront présentées à la session extraordinaire. En ce qui concerne la science et la technique (section 3 du rapport), le CAC et son Sous -Comité de la Science et de la Technique ont examiné quelques -unes des questions en suspens. Le Directeur général a poursuivi sa collaboration avec le Secrétaire général des Nations Unies et avec les chefs de secrétariat des autres organisations représentées au CAC, afin de trouver le moyen le plus satisfaisant d'étudier des arrangements institutionnels relatifs à la science et à la technique à l'intérieur du système des Nations Unies, et d'adresser des propositions à ce sujet au Conseil économique et social et à l'Assemblée générale. Des mesures ont également été prises, de concert avec d'autres organisations, à l'égard des études sur les zones arides et semi- arides, en prévision de la Conférence des Nations Unies sur la désertification qui devrait se tenir en 1977. La Commission verra combien sont nombreuses les activités que suscitent l'Année internationale de la Femme (section 4 du rapport) et la Conférence mondiale de l'Année internationale

COMMISSION B

:

SEPTIEME SEANCE

611

de la Femme qui doit se tenir à Mexico en juin -juillet 1975. L'Organisation a participé à la préparation d'un Plan d'Action mondial qui doit être soumis à la Conférence. Une section de ce Plan est consacrée à la santé et à la nutrition, en fonction de l'évolution des besoins et du rôle des femmes. En ce qui concerne les systèmes d'information (section 5 du rapport et addendum), la Commission remarquera, notamment en ce qui concerne l'addendum, que le développement du système propre à l'OMS est considéré comme un préalable à toute participation efficace à l'ensemble des activités de développement des systèmes d'information des Nations Unies, et que la contribution de l'OMS vaudra ce que vaudra son propre système d'information. Ce dernier a déjà été considérablement renforcé et remanié. Les mesures prises actuellement dans le cadre de l'action plus générale que le Directeur général entend bien poursuivre sont décrites à la section 8 de l'addendum.

En ce qui concerne l'élaboration de principes d'éthique médicale (section 6 du rapport) et pour donner effet à la résolution EB55.R64, le Directeur général a écrit à tous les Etats Membres, à l'Organisation des Nations Unies, à l'OIT, à l'UNESCO, et à certaines organisations non gouvernementales en relations officielles avec l'OMS pour leur demander de lui faire part de leur point de vue et des informations dont ils disposent, afin que ces renseignements puissent être inclus dans le document destiné au cinquième Congrès des Nations Unies sur la prévention de la criminalité et le traitement des délinquants, qui aura lieu à Toronto en septembre 1975. Quelques Etats Membres, l'Organisation des Nations Unies, l'OIT, l'UNESCO et certaines organisations non gouvernementales ont déjà répondu, et l'on espère que d'autres Etats Membres auront également la possibilité d'aider l'Organisation à préparer ce document. Le Directeur général adjoint informe la Commission que la vingt- neuvième session de l'Assemblée générale a adopté la résolution 3264 (XXIX) intitulée "Interdiction d'agir sur l'environnement et le climat à des fins militaires et autres incompatibles avec le maintien de la sécurité internationale, le bien -être et la santé de l'être humain ". L'Assemblée générale a jugé nécessaire d'adopter des mesures efficaces pour interdire ces actions, au moyen d'une convention internationale appropriée. La question doit être reprise à la trentième session de l'Assemblée générale et l'OMS déterminera entre -temps comment elle pourrait le plus efficacement collaborer avec l'Organisation des Nations Unies. Les activités soutenues par le PNUD ou financées par d'autres fonds extrabudgétaires sont décrites dans un autre addendum, constitué par le rapport qu'a soumis le Directeur général au Conseil exécutif. Conformément à la résolution EB55.R59, le Directeur général a continué à coopérer avec les autres organisations du système des Nations Unies. Lors d'une réunion du Bureau consultatif inter -organisations qui s'est tenue en avril, le Directeur général a souligné le rôle capital que le PNUD pourrait jouer dans la coordination des aspects économiques et sociaux du développement global. Au cours de cette réunion, on s'est également préoccupé des tendances récentes des programmes d'aide multilatérale et bilatérale, ainsi que des fonds qui pourraient être dégagés pour le développement. Le Comité mixte FISE /OMS des Directives sanitaires s'est réuni en février pour examiner le rapport sur l'étude FISE /OMS concernant les divers moyens qui pourraient permettre de répondre aux besoins sanitaires fondamentaux des populations des pays en voie de développement. L'Organisation collabore également avec le FISE à la préparation de rapports sur la nutrition de l'enfant dans les pays en voie de développement, qui doivent être soumis au Conseil d'administration du FISE. Des discussions ont eu lieu en février sur l'avenir de la collaboration avec la Banque mondiale; elles ont porté en partie sur un exposé de politique sanitaire publié par la Banque, dans lequel elle fait part de son intention d'accorder davantage d'importance à l'identification des programmes de santé auxquels donnent lieu certains des projets qu'elle finance. La Commission sera heureuse d'apprendre que les pourparlers menés par l'Organisation avec la Banque africaine de Développement ont abouti à la constitution par cette dernière d'une réserve de près de US $63 000 000 en vue de prêts éventuels pour le financement des activités sanitaires des gouvernements africains. En ce qui concerne la Conférence mondiale de l'Alimentation (section 2 du rapport), la Commission est saisie d'un document rédigé pour donner suite aux dispositions du cinquième paragraphe du dispositif de la résolution EB55.R69.1

La séance est levée à 17 h.20,

1 Voir Actes officiels OMS, N° 226, 1975, annexe 8.

HUITIEME SEANCE

Samedi 24 mai 1975, 9 h.40 Président :

Dr J. -S. CAYLA (France)

COORDINATION A L'INTERIEUR DU SYSTEME DES NATIONS UNIES (suite) Questions générales (suite)

Ordre du jour, 3.16 Ordre du jour, 3.16.1

Le PRESIDENT appelle l'attention de la Commission sur le fait qu'on lui a soumis quatre projets de résolution et invite les auteurs de ces projets à les présenter. Le Dr VALLADARES (Venezuela), Rapporteur, donne lecture du projet de résolution ci -après portant sur la coordination à l'intérieur du système des Nations Unies (Questions générales)

:

La Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé, Ayant examiné le rapport du Directeur général sur la coordination avec d'autres organisations du système des Nations Unies pour ce qui est des questions générales; Souscrivant aux décisions qu'a prises le Conseil exécutif, à sa cinquante -cinquième session, après avoir examiné le rapport du Directeur général sur ce sujet, notamment dans ses résolutions EB55.R56, EB55.R61, EB55.R64 et EB55.R65; Continuant à être persuadée qu'une collaboration et une coopération effectives avec d'autres organisations et institutions du système des Nations Unies exigent un effort constant par la coordination de programmes et de politiques visant à accroître l'impact total du système des Nations Unies sur le développement et autres objectifs vers lesquels tendent les aspirations des Etats Membres; Réaffirmant que la santé est une composante essentielle du développement, qu'il convient d'intégrer avec d'autres composantes indispensables telles que l'éducation, l'agriculture, l'emploi et le logement, ce qui présuppose le renforcement de la participation de l'OMS aux activités collectives du système des Nations Unies, 1. REMERCIE le Directeur général de son rapport; 2. PRIE le Directeur général de continuer à porter à la connaissance du Conseil exécutif et de l'Assemblée mondiale de la Santé, selon qu'il y a lieu, les faits nouveaux qui se produisent à l'intérieur du système des Nations Unies et qui intéressent l'Organisation; et PRIE, en outre, le Directeur général d'assurer la participation la plus complète de 3. l'Organisation aux programmes des autres organisations et institutions du système des Nations Unies qui ont un rapport direct avec la santé et le bien -être social des populations.

Le Professeur LISICYN (Union des Républiques socialistes soviétiques) présente au nom de sa délégation et des délégations de la République fédérale d'Allemagne, des Etats -Unis d'Amérique, de la Grèce, de Maurice, de la République Démocratique Allemande et de la Sierra Leone le projet de résolution ci- après, relatif aux tâches incombant à l'OMS en liaison avec l'Année internationale de la Femme :

La Vingt- Huitième Assemblée mondiale de la Santé, Considérant qu'à sa vingt -septième session l'Assemblée générale des Nations Unies a proclamé la présente année Année internationale de la Femme, qui est célébrée avec la devise suivante "Obtention de droits égaux par la femme et pleine intégration des femmes dans la vie politique, économique, sociale et culturelle, de façon qu'elles puissent apporter une contribution active au développement des relations amicales entre les peuples de tous les pays et au renforcement de la paix "; Notant que les objectifs définis par l'Année internationale de la Femme, à savoir l'octroi aux femmes de droits, de possibilités et de responsabilités égaux à ceux des hommes, sont étroitement rattachés à la protection et à l'amélioration de la santé de la femme et au développement des services sociaux et médicaux et des soins à la mère et à l'enfant; Rappelant les résolutions WHA1.43, EB55.R56 et autres décisions de l'OMS tendant à la mise en oeuvre effective de projets concernant les soins médicaux aux femmes et aux enfants, de même que la participation de l'OMS à l'Année internationale de la Femme; Soulignant l'extrême importance que présente la protection de la santé des mères et des enfants, qui incarnent l'avenir de chaque pays et de toute l'humanité, comme l'indique la résolution WHA23.61; Soulignant le rôle toujours plus important que jouent les femmes dans la médecine et dans l'activité des organismes et institutions de santé publique des Etats Membres de l'OMS, 1. FELICITE le Directeur général et le Secrétariat de la préparation et de la distribution du numéro de janvier 1975 de Santé du Monde; 2. PRIE instamment les gouvernements 1) d'élargir la gamme des possibilités offertes aux femmes dans tous les secteurs de la vie sociale et économique qui sont en rapport avec la santé,et notamment les :

- 612 -

COMMISSION B

:

HUITIEME SEANCE

613

possibilités de formation pour que les femmes aient la capacité de participer au progrès en qualité de partenaires à part entière; 2) d'assurer une plus grande intégration des femmes dans les activités sanitaires, en prenant des mesures à court et à long terme fondées sur des analyses nationales des principaux obstacles et contraintes qui s'opposent à l'emploi et à la participation des femmes; de désigner de plus en plus de femmes comme candidates à des bourses de formation 3) de l'OMS pour études à l'étranger, de façon que les bourses soient partagées plus également; PRIE le Directeur général 3. de prendre des dispositions pour que des représentants de l'OMS participent 1) activement à la Conférence mondiale de l'Année internationale de la Femme et aux grandes activités menées par l'Organisation des Nations Unies en application du programme de l'Année internationale de la Femme; d'élaborer des recommandations pour une action ultérieure de l'OMS et de ses 2) Etats Membres en vue d'instituer des programmes médicaux et sociaux et des services adéquats dans le domaine de la santé maternelle et infantile, de la population et dans d'autres domaines; de placer les femmes sur le même pied que les hommes pour les nominations aux 3) postes de l'OMS, au Siège et dans les Régions, et de faire un effort délibéré pour accroître le nombre des femmes qui occupent des postes professionnels et spécialement des postes comportant la responsabilité de définir des politique générales; d'aider, sur demande, les Etats Membres à élaborer des stratégies, des programmes 4) et des projets nationaux dans le domaine de compétence de l'OMS, pour promouvoir la participation des femmes à la vie économique, sociale et culturelle de leur pays, afin de s'assurer le potentiel humain maximal; RECOMMANDE que, dans les activités actuelles de l'OMS et dans l'élaboration du sixième 4. programme général de travail de l'Organisation, une attention particulière soit accordée à la protection de la santé des mères et des enfants, ainsi que des femmes qui travaillent; :

et

PRIE le Directeur général de faire rapport à la cinquante -septième session du Conseil exécutif et à la Vingt -Neuvième Assemblée mondiale de la Santé sur les résultats de la participation de l'OMS à l'Année internationale de la Femme et aux activités qu'elle comporte, et sur les progrès accomplis dans la mise en oeuvre de la présente résolution, ainsi que des décisions de la Conférence, y compris leurs implications pour l'OMS. 5.

Le Professeur Lisicyn indique que le projet de résolution - qui lui paraît acceptable par toutes les délégations - appelle l'attention sur le rôle grandissant des femmes en médecine et en santé publique. Il est naturellement impossible dans une seule résolution d'exposer pleinement ce rôle ou de dresser un plan détaillé des activités de l'OMS. Toutefois, les quelques propositions concrètes qui figurent dans le projet de résolution fournissent une orientation au Secrétariat et recommandent aux Etats Membres d'intensifier leur action pour augmenter la participation des femmes à la vie sociale et économique, en particulier dans le domaine de la santé publique. Le projet de résolution insiste aussi d'une part sur la nécessité d'améliorer la santé des femmes dont dépend celle de la population tout entière, et d'autre part sur l'importance primordiale des services de santé maternelle et infantile. Le projet de résolution formule aussi certaines recommandations s'adressant au Directeur général au sujet du renforcement de toutes les activités de l'OMS ayant un rapport avec l'Année internationale de la Femme. Le point le plus important est celui qui fait l'objet du paragraphe 4 du dispositif, qui recommande que, dans l'élaboration du sixième programme général de travail de l'Organisation,une attention particulière soit accordée à la protection de la santé des mères, des enfants et des femmes qui travaillent. Au paragraphe 5 du dispositif, le Directeur général est prié de faire rapport à la Vingt Neuvième Assemblée mondiale de la Santé sur les résultats de la participation de l'OMS à l'Année internationale de la Femme et sur les progrès accomplis dans la mise en oeuvre de la présente résolution. Le Professeur Lisicyn est convaincu qu'un travail fructueux sera accompli par l'OMS dans ce domaine. Le Professeur GERIC (Yougoslavie) présente le projet de résolution suivant, relatif aux activités soutenues par le PNUD ou financées au moyen d'autres sources extrabudgétaires, et proposé conjointement par les délégations de l'Algérie, de la Roumanie et de la Yougoslavie

:

La Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé, Ayant examiné le rapport du Directeur général sur la coordination à l'intérieur du système des Nations Unies au sujet des questions générales, et la résolution EB55.R59, PREND ACTE du rapport; 1. APPROUVE la collaboration continue avec le Programme des Nations Unies pour le Dévelop2. pement et d'autres organisations qui fournissent des ressources extrabudgétaires pour les activités sanitaires, notamment le FNUAP, le PNUE et le FNULAD; PREND ACTE avec satisfaction de la coopération existant avec le FISE et du mémorandum 3. d'accord destiné à régir la future collaboration entre le FISE et l'Organisation;

614 4.

VINGT- HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

SE FELICITE des mesures prises pour renforcer l'entente avec la Banque mondiale et pour élaborer des projets communs avec les banques régionales et notamment la Banque africaine de Développement et le Fonds africain de Développement; PREND ACTE avec satisfaction de la collaboration positive continue existant avec le 5. Programme alimentaire mondial pour mettre des ressources alimentaires à la disposition de programmes de développement et rappelle aux gouvernements la possibilité d'utiliser ces ressources pour promouvoir de vastes projets en rapport avec la santé; 6. PREND ACTE avec reconnaissance de l'appui apporté par les gouvernements et autres donateurs au fonds bénévole pour la promotion de la santé et exprime l'espoir que cette tendance se renforcera; 7. PREND ACTE que le Conseil exécutif, dans son étude organique sur la planification des ressources extrabudgétaires et leurs effets sur les programmes et la politique générale de l'OMS, formulera des recommandations expresses concernant les mécanismes qu'il est nécessaire de mettre en place à la fois à l'intérieur de l'Organisation et à l'intérieur des administrations nationales pour assurer la planification et la coordination efficaces des ressources extrabudgétaires destinées à la santé et pour faire en sorte que l'action en faveur de la santé soit reconnue comme une condition essentielle du développement; 8. SE FELICITE de la tendance actuelle qu'ont le PNUD, le FNUAP et d'autres organismes à accentuer la décentralisation de leurs opérations au niveau des pays; 9. APPUIE l'action engagée par le Directeur général pour renforcer la collaboration au niveau des pays en ce qui concerne la planification et l'exécution de projets soutenus par le PNUD avec la pleine participation des autorités nationales intéressées; et 10. PRIE le Directeur général i) de poursuivre ses efforts pour accrottre le role de l'Organisation en tant qu'instrument efficace de la coordination des ressources extrabudgétaires consacrées à l'action sanitaire dans L'intérêt des pays en voie de développement; ii) de souligner l'importance de la santé en tant qu'élément essentiel du processus de développement, notamment dans le contexte des programmes de pays et des programmes inter -pays; et iii) de poursuivre sa coopération avec les sources de fonds extrabudgétaires, y

compris la Banque mondiale, les banques régionales et les donateurs bilatéraux. La coordination à l'intérieur du système des Nations Unies est une question d'importance vitale et le succès des actions des différentes organisations de la famille des Nations Unies en dépend. Cette coordination est indispensable aussi bien au niveau des pays qu'à celui des Régions et des secrétariats. Il faut que l'assistance fournie par les différentes organisations du système des Nations Unies soit conforme aux besoins des pays intéressés et s'accorde avec leurs programmes nationaux de développement social et économique, dans le cadre de la programmation par pays. Félicitant le Directeur général pour le travail déjà accompli dans ce domaine, le Professeur Geric déclare que le projet de résolution exprime l'espoir de ses auteurs de voir encore s'affermir la coordination entre les organisations du système des Nations Unies. Le Dr UHRICH (Etats mentation organisée sous gation est coauteur avec des Philippines, et dont -Unis d'Amérique) présente, au sujet de la Conférence mondiale de l'Aliles auspices des Nations Unies, un projet de résolution dont sa déléles délégations du Chili, d'El Salvador, du Guatemala, du Pérou et le texte est le suivant :

La Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé, Ayant examiné le rapport du Directeur général sur la participation de l'Organisation à la Conférence mondiale de l'Alimentation et sur la suite donnée à ses recommandations :1 Prenant note des décisions adoptées par le Conseil exécutif à sa cinquante -cinquième session;2

Reconnaissant l'ampleur et la gravité de la malnutrition en tant que problème de santé publique majeur dans le monde; et Considérant le role important du secteur sanitaire dans différentes activités relatives à l'alimentation et à la nutrition, PREND ACTE avec satisfaction de l'action engagée par le Directeur général; 1. FAIT SIENNES les vues exprimées par le Conseil exécutif dans sa résolution EB55.R69; 2. RECOMMANDE que les Etats Membres 3. renforcent leurs programmes pour combattre les carences nutritionnelles actuelles; 1) :

et

4.

élaborent des politiques et des plans multisectoriels coordonnés pour améliorer la situation alimentaire et nutritionnelle, ainsi que des stratégies pour leur application en tant qu'important objectif immédiat des programmes de développement socioéconomique; et PRIE le Directeur général d'accorder une haute priorité à l'assistance aux pays dans les programmes de 1) surveillance et de traitement précoce de différentes formes de malnutrition et de 2)

1 Voir Actes officiels OMS, N° 226, 1975, annexe 8. 2 Résolution EB55.R69.

COMMISSION B

:

HUITIEME SEANCE

615

développer des ressources humaines appropriées tant á l'intérieur qu'à l'extérieur du secteur santé; 2) de continuer à coopérer avec d'autres organisations pour assurer la mise en oeuvre des recommandations de la Conférence mondiale de l'Alimentation; et 3) de chercher à obtenir des fonds additionnels pour assurer l'inclusion de composantes sanitaires et nutritionnelles dans des activités de nature à donner effet aux recommandations de la Conférence mondiale de l'Alimentation relatives aux services, le développement des personnels et la recherche orientée sur les problèmes jouant un rôle d'appui. Les résolutions adoptées lors de la Conférence mondiale de l'Alimentation indiquent clairement les grands efforts qui devront être faits pour résoudre les problèmes cruciaux qui se posent dans le monde en matière de production alimentaire, de répartition des ressources alimentaires et de nutrition. La délégation des Etats -Unis souscrit à ces résolutions étant donné les responsabilités de l'OMS en ce qui concerne l'amélioration de l'état nutritionnel des populations. Dans sa résolution EB55.R69, le Conseil exécutif a noté que le fait que des aliments sont disponibles ne constitue pas une garantie contre la malnutrition et les maladies nutritionnelles; un grand nombre d'autres facteurs entrent en jeu. Pour la délégation des Etats -Unis, il importe de mettre au point des politiques et des programmes multisectoriels coordonnés visant à améliorer la situation alimentaire et nutritionnelle. L'élaboration de stratégies pour la mise en application de pareilles politiques devrait être un des grands objectifs immédiats des programmes de développement socio- économique. A cet égard, l'OMS a un rôle capital à jouer, en coopération avec d'autres institutions de la famille des Nations Unies. Le Dr Uhrich demande instamment à la Commission d'approuver le projet de résolution. Le Dr O. A. HASSAN (Somalie) dit que sa délégation approuve le projet de résolution présenté par le délégué des Etats -Unis d'Amérique. Notant qu'au paragraphe 2.3 de son rapport sur les recommandations de la Conférence mondiale de l'Alimentation,' le Directeur général indique qu'à titre de première mesure un guide sur la stratégie commune du FISE et de l'OMS pour l'organisation des activités nutritionnelles dans les services locaux a été largement diffusé parmi le personnel de terrain des deux organisations, il demande que le Directeur général fasse en sorte que le contenu de ce guide soit porté à la connaissance de tous les intéressés dans les services locaux et nationaux afin que la stratégie soit propagée et appliquée par les associations nationales. M. HEINRICI (Suède) fait observer que la participation financière du PNUD dans l'ensemble des projets OMS sur le terrain est considérable. Le Gouvernement suédois voit dans le PNUD l'expression concrète de la volonté commune de tous les Etats Membres des Nations Unies de contribuer au développement des pays les plus pauvres; c'est pourquoi le PNUD devrait être le fer de lance d'une coopération multilatérale au développement. La délégation suédoise a souvent exprimé sa conviction que l'une des tâches essentielles du Conseil exécutif devait être de superviser l'exécution du programme adopté par l'Assemblée mondiale de la Santé. Seule une participation sincère et efficace aux opérations du système de développement international permettra à l'OMS d'acquérir l'expérience pratique nécessaire pour l'élaboration de politiques et de stratégies judicieuses en la matière. Dans le cadre du nouveau système de programmation par pays, les pays en voie de développement accordent maintenant un rang de priorité élevé à l'action de santé; il est donc plus important que jamais que le Conseil exécutif s'attache tout spécialement à la coordination de l'assistance fournie par les institutions du système des Nations Unies. Depuis quelques années, le taux d'exécution des projets du PNUD est décevant. M. Heinrici connaît les difficultés initiales rencontrées dans le nouveau système de programmation et sait combien l'approbation des projets est lente, mais il aimerait avoir des précisions sur le taux d'exécution actuel des activités financées par le PNUD. Il aimerait également savoir pourquoi la réalisation des projets a été aussi lente ces dernières années. Pour M. FIORI (Canada), il sera de plus en plus nécessaire, dans un monde ayant atteint un haut degré d'interdépendance, de disposer de systèmes d'information compatibles afin de limiter autant que possible les inévitables chevauchements d'efforts entre les diverses organisations intergouvernementales. Même si l'on reste en -deçá de la coordination poussée que préconise le rapport Bertrand sur la planification à moyen terme dans le système des Nations Unies, le développement de concepts communs en matière de systèmes d'information permettrait aux Etats Membres et aux autres institutions de mieux suivre les activités des diverses organisations intergouvernementales. Le Fichier commun sur les activités de développement (CORE) pourrait devenir un excellent moyen de centraliser des informations dont les organisations intergouvernementales s'inspireraient pour développer leurs programmes dans les pays. Actuellement, ce fichier souffre du

1 Voir Actes officiels OMS, N° 226, 1975,

annexe 8.

616

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

fait que les utilisateurs potentiels ne sont pas convaincus qu'il leur appartient de l'alimenter sans attendre que le système ait fait ses preuves. Or, de toute évidence, il faut bien commencer à fournir au système des informations assez détaillées si l'on veut pouvoir le juger. M. Fiori estime que l'OMS devrait accorder son entier appui au CORE et la délégation canadienne invite instamment les autres organisations à en faire autant par l'intermédiaire du CAC. La délégation canadienne approuve les quatre projets de résolution qui ont été présentés. Le Professeur EBEN -MOUSSI (République -Unie du Cameroun) annonce que sa délégation appuie tout particulièrement le projet de résolution relatif aux activités soutenues par le PNUD ou financées au moyen d'autres sources extrabudgétaires. Cette résolution présente un grand intérêt pour tous les pays en voie de développement. Ceux qui ont des institutions analogues au Centre universitaire des Sciences de la Santé de Yaoundé savent combien il importe de coordonner les aides multilatérales et bilatérales. Dans ce secteur, le PNUD a un rôle fondamental à jouer. Le Dr SANCHEZ ROSADO (Mexique) dit que sa délégation appuie chaleureusement le projet de résolution concernant les tâches incombant à l'OMS en liaison avec l'Année internationale de la Femme. La Conférence mondiale de l'Année internationale de la Femme doit se tenir sous peu à Mexico, et le Dr Sánchez Rosado est persuadé que l'OMS jouera un rôle important en préparant les femmes à contribuer activement au développement et au progrès de tous les peuples. Il espère que la Conférence prendra des mesures concrètes sous forme de projets visant à une meilleure protection de la santé maternelle et infantile. Le Dr UHRICH (Etats -Unis d'Amérique) dit que sa délégation souscrit aux observations faites par les délégués de l'URSS et du Mexique au sujet du projet de résolution dont elle est coauteur concernant l'Année internationale de la Femme. Il attire en particulier l'attention sur l'esprit de la résolution du Conseil économique et social qui souligne la nécessité de mettre en train des activités fondamentales destinées à exercer une influence durable sur la condition des femmes et leur place dans la société. Le projet de résolution dont la Commission est saisie souligne qu'il est important non seulement d'améliorer la santé des femmes, mais aussi de soutenir et d'accroltre les possibilités offertes aux femmes de jouer un rôle toujours plus grand en médecine et en santé publique, ainsi que dans les organisations internationales comme 1 OMS

Pour M. CHOWDHURY (Bangladesh), les principes dont s'inspirent les quatre projets de résolution auront certainement l'appui de toutes les délégations et il se réjouit de constater que la plupart des idées émises rejoignent des recommandations faites par le Conseil exécutif à sa cinquante -cinquième session. Comme les quatre projets tendent tous à améliorer la coordination entre les institutions pour assurer une meilleure santé aux peuples du monde, M. Chowdhury se demande s'il ne serait pas possible de les réunir en un seul. Cela dit, sa délégation est heureuse en particulier d'appuyer le projet concernant la Conférence mondiale de l'Alimentation. Le Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies a récemment averti les gouvernements que s'ils ne prenaient pas des mesures appropriées pour augmenter la production alimentaire, des dizaines de milliers de personnes mourraient de faim dans les années qui viennent. Au nombre des efforts qui sont faits pour accroître la production alimentaire, il convient de rappeler la décision prise par la Conférence mondiale de l'Alimentation d'instituer un fonds international d'aide au développement de la production alimentaire. Au cours de la Conférence, l'OMS a été priée de faire tout ce qui est nécessaire pour prévenir la malnutrition. M. Chowdhury espère que les gouvernements des pays développés, ceux des pays membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole et d'organisations comme l'OMS mettront tout en oeuvre pour prévenir les souffrances causées par la malnutrition à travers le monde. Le Professeur LISICYN (Union des Républiques socialistes soviétiques) souligne l'importance pour l'OMS des questions abordées dans le rapport du Directeur général sur la coordination à l'intérieur du système des Nations Unies. Il attire en particulier l'attention sur le problème des systèmes d'information et espère que les Etats Membres s'intéresseront davantage aux relations de ces systèmes avec l'analyse systémique, étant donné surtout que l'OMS cherche à utiliser les méthodes de l'analyse systémique pour résoudre ses problèmes d'administration et d'organisation. Le Professeur Lisicyn propose qu'une étude spéciale, peut -être une étude organique du Conseil exécutif, soit faite sur le rôle des systèmes d'information dans la résolution des problèmes de santé publique, y compris ceux liés à la recherche biomédicale. On a également besoin d'informations sur d'autres sujets, par exemple sur les questions d'éthique médicale, car les progrès des sciences et techniques modernes ont aussi des répercussions négatives sur la pratique médicale. Ce n'est pas sans raison que l'on entend dire de plus en plus souvent que la médecine se déshumanise. Le Professeur Lisicyn appuie le projet de résolution sur les activités soutenues par le PNUD ou financées au moyen d'autres sources extrabudgétaires. Toutefois, en ce qui concerne le paragraphe 8, il demande au Directeur général quel sera le rôle de l'OMS et dans quelle mesure il lui sera possible de coordonner les activités si l'assistance fournie par le PNUD et d'autres organisations va directement aux pays bénéficiaires.

COMMISSION B

:

HUITIEME SEANCE

617

Enfin, le Professeur Lisicyn demande qu'à l'avenir le Directeur général présente à l'Assemblée de la Santé, outre les informations contenues habituellement dans son rapport sur la coordination à l'intérieur du système des Nations Unies, un bref résumé de ce qu'on attend de l'Organisation dans les différents domaines. Le Dr SOBOTKOVA (Tchécoslovaquie) souscrit aux remarques faites par le délégué de l'URSS et par ceux d'autres pays sur le projet de résolution traitant des tâches de l'OMS en rapport avec l'Année internationale de la Femme, projet dont la délégation tchécoslovaque aimerait devenir coauteur. Ce texte reflète en effet les vues de son pays qui a commencé à édifier le socialisme il y a trente ans, après avoir été libéré du fascisme allemand par l'armée soviétique. Les femmes tchécoslovaques bénéficient déjà de l'égalité totale sur le plan politique, économique et social.

Le Dr FLACHE (Directeur de la Division de la Coordination) remercie les délégués des suggestions qu'ils ont présentées; elles seront étudiées attentivement par le Secrétariat. Il donne au délégué de la Somalie l'assurance que le document qu'il a mentionné sera largement diffusé.

Le Dr MOCHI (Programmes coopératifs de développement) indique que la question du taux d'exécution des programmes du PNUD, qui a fait l'objet d'une observation du délégué de la Suède, a été examinée ces dernières années par le Conseil d'administration du PNUD. Plusieurs décisions concernant le PNUD et d'autres organes du système des Nations Unies ont été adoptées pour rationaliser les procédures, comme on peut le voir dans la documentation soumise à la Commission. Il est difficile de juger les résultats obtenus jusqu'ici, mais il semble qu'il y ait déjà eu de réels progrès dans l'application et l'exécution des programmes du PNUD. En fait, les sommes dépensées par l'OMS pour des activités soutenues par le PNUD sont passées de US $14,1 millions en 1973 à 16,1 millions en 1974 et l'on peut espérer qu'elles augmenteront encore en 1975. Le Dr SACKS (Secrétaire de la Commission), répondant au délégué de l'Union soviétique, dit que le Directeur général s'est toujours employé à fournir aux Etats Membres des informations sur lesquelles ils puissent se fonder pour prendre des décisions appropriées. Le Secrétariat continuera d'accorder de plus en plus d'attention aux répercussions pour l'OMS des décisions prises par d'autres organismes et de fournir aux Membres les éléments leur permettant de prendre leurs décisions. Les questions d'éthique médicale sont également suivies de près et des mesures concrètes sont prises en vue de sauvegarder les droits de l'homme face aux progrès de la science et de la technique. Au sujet des remarques faites par le délégué du Canada à propos des systèmes d'information, le Dr Sacks attire l'attention sur le rapport soumis à la Commission, où le Directeur général indique que l'OMS, en coopération avec d'autres organisations de la famille des Nations Unies, participe activement à l'application de la résolution pertinente du Conseil économique et social. L'Organisation joue un rôle de premier plan au sein du Bureau inter -organisations ppur les systèmes informatiques et activités connexes et elle continuera de soutenir pleinement le Fichier commun sur les activités de développement; le Directeur général a d'ailleurs demandé des crédits à cet effet dans son projet de budget programme. Le PRESIDENT invite la Commission à se prononcer successivement sur les quatre projets de résolution qui viennent d'être examinés. Décision Les quatre projets de résolution présentés respectivement par le Rapporteur et par les délégués de l'Union soviétique, de la Yougoslavie et des Etats -Unis d'Amérique sont approuvés.1 :

Le Dr VALLADARES (Venezuela), Rapporteur, donne lecture du projet de résolution suivant, fondé sur la résolution EB55.R47 du Conseil exécutif et qui concerne le rapport du Corps commun d'inspection sur l'utilisation des crédits de voyage à l'OMS: La Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé, Ayant examiné les recommandations du Conseil exécutif concernant le rapport du Corps commun d'inspection sur l'utilisation des crédits de voyage à l'OMS; Rappelant les résolutions WHA1.91, WHA1.139, WHA2.46 et EB5.R58; Estimant que le motif qui a déterminé l'Assemblée mondiale de la Santé à autoriser, par ses résolutions WHA1.139 et WHA2.46, le remboursement à chaque Membre de l'OMS des frais de voyage effectifs d'un seul délégué était d'assurer la représentativité de l'Assemblée de la Santé et que ce motif demeure valable;

1 Ces projets de résolution ont été transmis à l'Assemblée de la Santé dans le quatrième rapport de la Commission et adoptés sous les numéros d'ordre WHA28.39, WHA28.40, WHA28.41 et WHA28.42 respectivement.

618

VINGT- HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

Considérant que les fonctions et la composition de l'Assemblée mondiale de la Santé, telles qu'elles sont définies dans la Constitution, se distinguent et diffèrent de celles du Conseil exécutif et qu'il convient de préserver l'indépendance du Conseil exécutif, 1.

DECIDE 1)

:

de maintenir la pratique actuelle consistant à rembourser à chaque Membre et Membre associé les frais de voyage effectifs d'un seul délégué ou représentant, le montant maximum du remboursement étant limité à une somme équivalant au prix d'un voyage aller- retour en première classe par avion entre la capitale du Membre et le lieu de la session; de maintenir la pratique actuelle consistant à rembourser aux membres du Conseil 2) exécutif leurs frais de voyage effectifs entre leur lieu normal de résidence et le lieu de réunion du Conseil exécutif, le montant maximum du remboursement étant limité à une somme équivalant au prix d'un voyage aller- retour en première classe par avion entre la capitale du Membre et le lieu de la session; et PREND ACTE de la décision du Conseil exécutif concernant le remboursement des frais 2. de voyage des membres des comités d'experts, des groupes d'étude et des groupes scientifiques. 1

Décision

:

Le projet de résolution est approuvé.

M. ZOUPANOS (Organisation des Nations Unies) remercie la Commission de l'extrême attention qu'elle a accordée à l'importante question de la contribution de l'OMS à l'amélioration de la coordination et de la coopération à l'intérieur du système des Nations Unies. Les décisions faisant l'objet des projets de résolutions qui viennent d'être approuvés retiendront toute l'attention des organes et des fonctionnaires de l'ONU qu'elles concernent. Activités de l'Organisation mondiale de la Santé en ce qui concerne l'assistance aux mouvements de libération dans l'Afrique australe, conformément aux résolutions 2918 (XXVII) de l'Assemblée générale des Nations Unies et 1804 (LV) du Conseil économique et social Ordre du jour, 3.16.2

Le Dr TAYLOR (représentant du Conseil exécutif) dit que, conformément à la résolution WHA27.36, le Directeur général a fait rapport au Conseil exécutif à sa cinquante -cinquième session sur les mesures prises par l'OMS, en consultation avec le PNUD, le FISE et l'Organisation de l'Unité africaine, pour fournir une assistance sanitaire à la population des zones contrôlées par les mouvements de libération nationale reconnus par l'OUA. En application de la résolution WHA27.37, il a également fait rapport sur les mesures prises pour inviter les représentants des mouvements de libération nationale reconnus par l'OUA ou par la Ligue des Etats arabes à participer en qualité d'observateurs aux réunions de l'OMS qui les intéressent. Dans sa résolution EB55.R51, le Conseil exécutif a félicité le Directeur général de ces mesures et a recommandé à l'Assemblée de la Santé "d'envisager d'attribuer les fonds nécessaires pour couvrir les frais de participation d'un représentant de chacun des mouvements de libération nationale reconnus par l'Organisation de l'Unité africaine ou la Ligue des Etats arabes aux futures réunions de l'Organisation auxquelles ils sont invités conformément à la résolution WHA27.37 ".

Le Dr QUENUM (Directeur régional pour l'Afrique) souhaite la bienvenue aux représentants de certains des mouvements de libération nationale reconnus par l'OUA et espère qu'en assistant aux travaux de l'Assemblée de la Santé, ils se feront une idée claire des efforts accomplis par l'OMS pour fournir une assistance sanitaire aux peuples qu'ils représentent. Le Dr Quenum appelle l'attention sur le rapport2 dans lequel le Directeur général expose les faits survenus depuis la cinquante -cinquième session du Conseil exécutif, et sur l'annexe 14 de la partie I des Actes officiels N° 223, qui contient un rapport plus détaillé soumis au Conseil par le Directeur général. L'OMS est pleinement consciente de la lourdeur et de la lenteur des procédures auxquelles elle -mame et les autres organisations du système des Nations Unies doivent se conformer pour essayer de fournir leur assistance aux mouvements de libération reconnus par l'OUA. Grâce à des consultations avec le PNUD et le FISE, entre autres organisations, elle s'efforce de donner plus de souplesse au système. M. SINGHATEH (Gambie) présente le projet de résolution suivant dont les coauteurs sont les délégations de la Gambie, du Ghana, du Nigéria, de la République -Unie de Tanzanie et de la Sierra Leone :

1 Ce projet de résolution a été transmis à l'Assemblée de la Santé dans le quatrième rapport de la Commission et adopté sous le numéro d'ordre WHA28.38. 2 Voir Actes officiels OMS, N° 226, 1975, annexe 9.

COMMISSION B

:

HUITIEME SEANCE

619

La Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé, I

Ayant examiné le rapport du Directeur général sur les activités de l'Organisation en ce qui concerne l'assistance aux mouvements de libération nationale reconnus par l'Organisation de l'Unité africaine; Rappelant les résolutions pertinentes de l'Assemblée générale des Nations Unies et du Conseil économique et social, ainsi que la résolution WHA27.36; Notant que l'octroi d'une assistance aux mouvements de libération nationale intéressés exige un effort concerté de la part du système des Nations Unies et demande que l'on trouve des moyens efficaces à la fois de déterminer les besoins des populations et d'apporter l'assistance requise de la façon la plus rapide et la plus efficace, REMERCIE le Directeur général de son rapport; 1. 2. ENTERINE la décision prise par le Conseil exécutif, à sa cinquante -cinquième session, dans la résolution EB55.R51, après examen du rapport soumis par le Directeur général; PRIE le Directeur général de travailler en étroite collaboration avec les mouvements 3. de libération nationale reconnus par l'Organisation de l'Unité africaine pour les aider à déterminer leurs besoins sanitaires et à y faire face; et PRIE en outre le Directeur général de continuer à collaborer avec le PNUD, le FISE 4. l'Organisation de l'Unité africaine et d'autres organisations intéressées, pour fournir l'assistance nécessaire aux programmes destinés à résoudre les problèmes sanitaires auxquels sont confrontés les mouvements de libération; II

Rappelant la résolution WHA27.37; Tenant compte des vues exprimées par le Conseil exécutif à sa cinquante -cinquième session et de la recommandation qu'il a adressée à l'Assemblée mondiale de la Santé dans sa résolution EB55.R51 concernant la représentation de chacun des mouvements de libération nationale reconnus par l'Organisation de l'Unité africaine ou par la Ligue des Etats arabes aux réunions de l'OMS qui l'intéressent directement; Reconnaissant que la présence future de représentants des mouvements de libération nationale intéressés en qualité d'observateurs aiderait l'Organisation à comprendre les besoins et les problèmes sanitaires des populations dont ils représentent les aspirations, DECIDE qu'un représentant de chacun des mouvements de libération nationale reconnus par l'Organisation de l'Unité africaine ou par la Ligue des Etats arabes aux réunions auxquelles ces mouvements seront invités conformément à la résolution WHA27.37 sera remboursé de ses frais de voyage effectifs et recevra l'indemnité quotidienne de voyage normalement prévue pour les fonctionnaires du Secrétariat, le montant maximum du remboursement des frais de voyage étant limité à une somme équivalant au prix d'un voyage aller retour en première classe par avion entre le lieu normal de résidence de l'intéressé et le lieu de la réunion. Eu égard à l'urgence des besoins des peuples africains intéressés, M. Singhateh saurait gré à la Commission d'approuver le projet de résolution, ce qui permettra au Directeur général de déterminer les besoins sanitaires de ces populations et d'y répondre.

Le Professeur GERIC (Yougoslavie) remercie le Directeur général de son rapport. Il appuie sans réserve le projet de résolution. M. HEINRICI (Suède) rappelle que, ces dernières années, son pays a énergiquement soutenu l'assistance aux mouvements de libération en Afrique australe. Il se félicite des mesures prises par l'OMS en application de la résolution WHA27.36 et demande instamment que l'on donne suite rapidement aux propositions présentées dans le rapport du Directeur général. Une attention particulière doit être accordée aux mouvements de libération qui poursuivent la lutte contre le colonialisme et la discrimination raciale en Afrique australe. M. THIBAULT (Canada) n'est pas opposé au projet de résolution mais a l'impression que la mise en oeuvre du dispositif de la partie II va ouvrir des brèches dans les fonds de l'Organisation. En principe, il ne faut pas faire de prélèvements sur les fonds destinés à des programmes dont la priorité a déjà été reconnue. M. CHU Hsing -kuo (Chine) déclare que les peuples d'Afrique ont mené un long combat contre l'impérialisme, le colonialisme, le racisme, l'apartheid et le sionisme, combat que le Gouvernement et le peuple chinois ont résolument soutenu. Une série de résolutions ont été adoptées par l'Assemblée générale des Nations Unies et par le Conseil économique et social sur le colonialisme et le racisme, par la Vingt -Septième Assemblée mondiale de la Santé sur le renforcement de l'aide sanitaire aux mouvements de libération nationale reconnus par l'OUA et la Ligue des Etats arabes et sur la participation des représentants de ces mouvements aux réunions de l'OMS, et par le Conseil exécutif, à sa cinquante- cinquième session, sur l'ouverture de crédits destinés à couvrir les frais de participation desdits représentants. M. Chu Hsing -Kuo invite instammment la Commission à approuver le projet de résolution.

M. CHOWDHURY (Bangladesh) appuie le projet de résolution dans son intégralité. En 1971, le Bangladesh s'est lancé dans son propre mouvement de libération en partant de l'idée que

620

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

sans liberté de pensée et d'expression la vie n'est pas supportable. Comme la liberté est indivisible, le Bangladesh a lutté, en fait, pour que tous les peuples puissent vivre sous un régime démocratique. Les mouvements de libération lancés par l'OUA et la Ligue des Etats arabes méritent une sympathie et une aide totales. Les questions politiques en cause sont du ressort de l'Organisation des Nations Unies et ne concernent pas l'Assemblée de la Santé, mais la fourniture d'une aide dans le domaine de la santé fait partie des tâches humanitaires de 1

OMS.

Le Dr UHRICH (Etats -Unis d'Amérique) approuve dans son esprit le projet de résolution et convient que la représentation, par un observateur, des mouvements de libération nationale considérés facilitera la compréhension des besoins et des problèmes, en matière de santé, des peuples dont ils représentent les aspirations. En ce qui concerne le dispositif de la partie II, il se demande toutefois si le remboursement des frais de voyage des observateurs doit être envisagé par l'OMS dans une période de sévères restrictions budgétaires, et il partage sur ce point l'avis du délégué du Canada. A sa connaissance, aucune autre organisation du système des Nations Unies n'a pris à sa charge les frais de voyage et de subsistance des observateurs, mais il serait heureux de recevoir du Secrétariat de plus amples informations à ce sujet.

Le Dr 0. A. HASSAN (Somalie) approuve le principe ainsi que les intentions du projet de résolution et voudrait que sa délégation figure sur la liste des coauteurs.

Le Dr TWUMASI (Ghana) déclare que l'adoption du projet de de principe. Quant aux aspects financiers de la résolution, sur interrogés, des considérations de justice sociale et d'humanité populations, qui sont privées de toute infrastructure sanitaire financières ne doivent pas être les seules à intervenir dans la projet de résolution devrait être appuyé par tous ceux qui sont

résolution est une question lesquels certains se sont exigent qu'on soutienne ces de base. Les considérations décision de la Commission. Le épris de paix.

Le Dr ALY (Egypte) considère que le projet de résolution est parfaitement logique et en accord avec les buts humanitaires de l'OMS. Il demande au Directeur général de faire le maximum pour aider les mouvements de libération nationale à lutter pour les droits de l'homme et pour l'indépendance. Le Dr BARROMI (Israél) déclare que son pays s'est toujours opposé à ce que le prétendu mouvement de libération reconnu par la Ligue des Etats arabes - à savoir l'Organisation de Libération de la Palestine - participe aux travaux des organisations de la famille des Nations Unies, notamment l'OMS, et ce pour les raisons qu'il a déjà exposées à la Commission. Il est donc obligé de s'opposer à la partie II du projet de résolution. Le Professeur AUJALEU (France) approuve la quasi -totalité du projet de résolution. Toutefois, si ce texte est mis aux voix, il s'abstiendra lors du vote sur le dispositif de la partie II. Le Dr RODRIGUES BOAL (Guinée- Bissau) félicite l'Organisation des efforts qu'elle fait pour réaliser l'universalité. Néanmoins, il lui demande instamment d'établir de nouvelles procédures pour assurer en temps voulu une aide aux mouvements de libération, car l'aide de l'OMS est d'ordinaire très lente à leur parvenir. En ce qui concerne la question du remboursement des frais, le Dr Rodrigues Boal souligne qu'en raison de leurs difficultés financières, les représentants des mouvements de libération ont besoin de ce remboursement plus encore que les Etats Membres. Il appuie chaleureusement le projet de résolution.

M. FINDLAY (Sierra Leone) déclare que la nécessité des dispositions contenues dans le projet de résolution est évidente si l'on considère la rapidité avec laquelle la résolution WHA27.37 a été adoptée. Certaines réserves ont cependant été exprimées au sujet du dispositif de la partie II et l'on a affirmé qu'aucune autre institution du système des Nations Unies ne prévoyait ces remboursements. En réponse, M. Findlay signale que le paragraphe 3.3 de l'annexe 14 de la partie I des Actes officiels N° 223 indique clairement que, dans sa résolution 1892 (LVII), le Conseil économique et social a invité les institutions spécialisées "à envisager de prendre à leur charge tous les frais de voyage et autres frais connexes des représentants des mouvements de libération nationale invités à participer aux délibérations des institutions concernant leur pays ". Il est dit dans le même paragraphe que "l'Assemblée générale des Nations Unies a adopté une recommandation aux termes de laquelle l'Organisation des Nations Unies devrait prendre à sa charge les frais de voyage et de subsistance des représentants des mouvements de libération nationale participant aux débats de la Quatrième Commission et de la Commission politique spéciale ". Le Professeur LISICYN (Union des Républiques socialistes soviétiques) appuie le projet de résolution. L'OMS est en mesure de faire tout ce que lui demande la résolution, et notamment de rembourser les frais de voyage des représentants des mouvements de libération qui viennent assister aux réunions auxquelles ils ont été invités.

COMMISSION B

:

HUITIEME SEANCE

621

M. SCHUMANN (République Démocratique Allemande) appuie le projet de résolution. En ce qui concerne la question posée par certains délégués au sujet de la partie II et à laquelle le délégué de la Sierra Leone a déjà répondu, M. Schumann renvoie à la résolution 3280 (XXIX) de l'Assemblée générale qui, au paragraphe 6 du dispositif, a décidé que les dispositions nécessaires, y compris les dispositions financières, devaient être prises pour assurer la participation effective des mouvements de libération nationale et, au paragraphe 7, a recommandé "aux autres organes intéressés de l'Organisation des Nations Unies, agissant en consultation avec l'Organisation de l'Unité africaine, de s'assurer que les dispositions nécessaires sont prises pour faciliter la participation effective des mouvements de libération nationale à leurs délibérations pertinentes ". Cette participation suppose des dispositions financières, et c'est ce que prévoit l'actuel projet de résolution. M. ELLIS (Libéria) déclare que la suppression du dispositif de la partie II reviendrait à inviter les mouvements de libération nationale tout en leur refusant les moyens de participer pleinement aux travaux. Il demande instamment qu'on approuve immédiatement la totalité du projet de résolution; par ailleurs, son pays demande à figurer sur la liste des auteurs. Le Dr OULD BAH (Mauritanie) souhaite également que sa délégation figure sur la liste des auteurs du projet de résolution. Les dispositions de ce texte sont cependant insuffisantes; si l'Assemblée de la Santé veut mener l'affaire à sa conclusion logique, elle doit suspendre le droit de vote de ceux qui oppriment les populations auxquelles se réfère le projet de résolution. Le Dr CHOWDHRY (Pakistan) appuie le projet de résolution dans sa totalité. M. SINGHATEH (Gambie) déclare que le but du projet de résolution est en fait de rembourser leurs frais aux participants. Les mouvements de libération n'ayant pas d'argent pour les frais de voyage, le remboursement de ces dépenses constitue une des meilleures formes d'assistance que l'OMS puisse leur accorder. Le Dr SACKS (Secrétaire de la Commission), répondant à la question du délégué des EtatsUnis, dit que le Conseil exécutif s'est effectivement inspiré, comme l'a signalé le délégué de la Sierra Leone, de la résolution du Conseil économique et social et de la décision de l'Assemblée générale des Nations Unies de rembourser les frais de voyage et de subsistance. Il sait que le PNUD a pris des mesures pour rembourser les représentants des mouvements de libération nationale, mais il ignore ce qu'ont fait les autres institutions spécialisées. Décision :

Le projet de résolution est approuvé.1 Ordre du jour, 3.16.3

Année mondiale de la Population et Conférence mondiale de la Population, 1974

Le Dr TAYLOR (Représentant du Conseil exécutif) présente la question et déclare qu'à la cinquante -cinquième session du Conseil exécutif, le groupe de travail que le Conseil avait spécialement créé pour assurer la coordination avec les autres organisations a étudié le rapport du Directeur général sur l'Année mondiale de la Population et la Conférence mondiale de la Population de 1974, qui est annexé au document soumis à la Commission. Conformément au paragraphe 3 de la résolution WHA27.30, le rapport indique les incidences, sur les travaux de l'OMS, de la Conférence mondiale de la Population et des décisions prises à ce sujet par le Conseil économique et social et l'Assemblée générale des Nations Unies. Sur la recommandation du groupe de travail, le Conseil exécutif, dans sa résolution EB55.R60, a recommandé à l'Assemblée de la Santé d'adopter une résolution dans laquelle l'Assemblée de la Santé "souligne qu'il est urgent de réduire la mortalité et la morbidité maternelles, périnatales, infantiles et juvéniles par un développement continu et une meilleure organisation des services de santé maternelle et infantile et des autres aspects des soins de santé destinés à la famille" et "prie instamment les Etats Membres de prendre, à l'échelon national, des initiatives en vue de donner la suite voulue aux recommandations du Plan d'action mondial de la Population qui sont en rapport avec la santé ". Dans le texte recommandé, l'Assemblée prie enfin le Directeur général "d'intensifier les activités relatives aux soins de santé destinés à la famille dans le cadre du renforcement des services de santé et de participer pleinement à l'institution d'activités dans les secteurs du Plan d'action mondial de la Population qui sont en rapport avec la santé ". Le Professeur LISICYN (Union des Républiques socialistes soviétiques) insiste sur l'importance des résultats de la Conférence mondiale de la Population pour la planification de l'action future en matière de population. Tous les documents de cette conférence soulignent les relations entre l'évolution de la population et le développement socio- économique. Au niveau international,

1 Ce projet de résolution a été transmis à l'Assemblée de la Santé dans le quatrième rapport de la Commission et adopté sous le numéro d'ordre WHA28.43.

622

VINGT- HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

il faut examiner la politique en matière de population à la lumière des questions socio- économique et l'intégrer au développement socio- économique. De plus, il faut considérer les problèmes de population en relation avec les tâches des services de santé, comme la réduction de la mortalité périnatale, infantile et maternelle et l'accroissement de l'efficacité des prestations de santé aux différents échelons. Comme l'ont signalé les résolutions et les rapports de la Conférence, les mesures visant à modifier les politiques en matière de population ne peuvent en elles -mêmes modifier les taux de natalité, les taux de mortalité, etc. D'autre part, la planification familiale n'est pas aussi efficace que certains l'affirment comme instrument visant à réduire le taux de natalité. Les documents de la Conférence montrent bien que le problème de la population n'est pas seulement un problème démographique mais met en jeu tout un ensemble de facteurs socio- économiques et psychologiques. Le Professeur Lisicyn félicite les représentants de l'OMS à la Conférence pour le travail qu'ils ont accompli et pour le rapport qui a été présenté au nom de l'Organisation. Il approuve entièrement ce rapport, mais il formule une réserve au sujet de l'efficacité de la planification familiale, dont il a déjà parlé.

Le Dr ZAHRA (Directeur de la Division de la Santé de la Famille) remercie le délégué de l'URSS d'avoir clairement rendu compte de l'esprit et de la teneur du Plan d'action mondial de la Population et l'assure qu'à cet égard l'OMS applique à tous les échelons les recommandations concernant le secteur sanitaire. L'OMS se préoccupe de la nécessité d'étendre aussi rapidement que possible la couverture sanitaire à la totalité des populations, y compris aux populations des régions rurales, éloignées et autres, qui manquent de services de santé de base. Ce sera là un important sujet de discussion à la Commission A lorsqu'elle examinera le point 2.6 (Promotion des services de santé nationaux). L'autre besoin urgent est la réduction de la morbidité et de la mortalité, notamment chez les femmes et les enfants, par l'élimination de leurs malnutrition, maladies infectieuses et parasitaires, fécondité trop élevée. principales causes Ici, l'éducation sanitaire à un rôle capital à jouer. Les activités dans ces domaines, ainsi que celles concernant le développement des personnels de santé et la recherche, ont déjà été prioritaires dans le cinquième programme général de travail de l'OMS; elles continueront de figurer dans le sixième programme général de travail actuellement en préparation. :

Le projet de résolution contenu dans la résolution EB55.R60 du Conseil exécutif Décision est approuve. :

Activités de l'OMS en cas de désastres et de catastrophes naturelles

Ordre du jour, 3.16.4

Le Dr TAYLOR (Représentant du Conseil exécutif) présente la question et déclare qu'en application de la résolution WHA27.48, le Directeur général a fait rapport au Conseil exécutif à sa cinquante -cinquième session sur les activités de l'Organisation visant à secourir promptement les pays frappés par des désastres ou des catastrophes naturelles, notamment les pays situés dans la région soudano -sahélienne. Après avoir étudié le rapport, le Conseil a adopté la résolution EB55.R62 dans laquelle il a approuvé les mesures prises par le Directeur général et l'a prié de continuer à développer une étroite coopération avec les autres organismes et institutions du système des Nations Unies, ainsi qu'avec la Ligue des Sociétés de la Croix Rouge. Le Conseil a également décidé de créer, en tant que sous -compte du fonds bénévole pour la promotion de la santé, un compte spécial pour les désastres et les catastrophes naturelles. Les fonds de ce compte doivent provenir du legs d'une propriété en Italie, au sujet duquel un rapport a été soumis au Conseil par le Directeur général. Le Conseil a en outre autorisé le Directeur général à opérer sur ce compte spécial les prélèvements qu'il jugerait opportuns pour apporter une assistance sanitaire aux pays frappés par des catastrophes naturelles ou par d'autres désastres et l'a prié de faire rapport au Conseil sur ces prélèvements. Le DIRECTEUR GENERAL ADJOINT explique que le rapport soumis à l'Assemblée par le Directeur général résume les mesures prises par l'Organisation depuis la cinquante -cinquième session du Conseil exécutif. L'annexe du document contient le rapport à la cinquante -cinquième session du Conseil sur lequel est fondée la résolution EB55.R62 du Conseil. La section 2 du rapport soumis au Conseil est consacrée aux activités dans la région soudano -sahélienne d'Afrique et les provinces éthiopiennes frappées par la sécheresse, tandis que la section 3 a trait à d'autres situations d'urgence dans lesquelles l'OMS a fourni des secours aux populations sinistrées. Le PRESIDENT note que la Commission est saisie de quatre projets de résolution relatifs au point de l'ordre du jour examiné, et prie leurs auteurs de les présenter.

1 Ce projet de résolution a été transmis à l'Assemblée de la Santé dans le quatrième rapport de la Commission et adopté sous le numéro d'ordre WHA28.44.

COMMISSION B

:

HUITIEME SEANCE

623 :

Le Dr VALLADARES (Venezuela), Rapporteur, donne lecture du projet de résolution ci -après

La Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé, Souscrivant à la résolution EB55.R62 et aux mesures prises par le Directeur général pour que l'Organisation s'acquitte de ses obligations et responsabilités en ce qui concerne l'assistance sanitaire aux populations victimes de désastres, à la fois pendant la phase d'urgence et pendant la phase de relèvement et de reconstruction; Reconnaissant la nécessité que l'OMS réponde aux besoins des pays frappés par des catastrophes naturelles et autres désastres par une action efficace et rapide au cours de la phase d'urgence et que l'on continue à pourvoir, à moyen terme et à long terme, aux besoins sanitaires des populations affectées; Exprimant ses remerciements au Coordonnateur des Nations Unies pour les secours en cas de catastrophe, aux autres organisations du système des Nations Unies et à la Ligue des Sociétés de la Croix -Rouge pour l'aide qu'ils ont apportée à l'OMS dans l'accomplissement de sa tâche en ce qui concerne l'octroi de secours dans les situations d'urgence, 1. REMERCIE le Directeur général de son rapport; 2. ENTERINE les décisions prises par le Conseil exécutif à sa cinquante -cinquième session et prie le Directeur général de les mettre en oeuvre; et PRIE le Directeur général de continuer à développer la capacité d'assistance sanitaire 3. de l'Organisation aux populations victimes de désastres et de faire en sorte que l'Organisation continue à jouer un rôle actif dans les efforts conjoints en matière de secours, de relèvement et de reconstruction entrepris par le système des Nations Unies et par la Ligue des Sociétés de la Croix -Rouge en cas de catastrophes naturelles et autres désastres.

Le Professeur VANNUGLI (Italie) appelle l'attention de la Commission sur le projet de résolution concernant l'assistance pour les problèmes sanitaires urgents résultant de la sécheresse en Somalie, qui est proposé conjointement par les délégations de la Gambie, de la Guinée, de la Guyane, du Kenya, du KoweYt, du Lesotho, du Libéria et de Madagascar; ce projet est ainsi libellé La Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé, Notant avec un vif regret et une profonde inquiétude qu'une sécheresse d'une intensité sans précédent cause de graves pertes de vies humaines et de sérieuses destructions de biens en Somalie; Notant aussi que l'économie du pays a été sévèrement affectée et que 14 000 personnes sont mortes à ce jour sous l'effet de la sécheresse, de la malnutrition et d'autres causes résultant des conséquences de la sécheresse; Ayant pris acte de la résolution 1916 (LVIII) du Conseil économique et social en date du ler mai 1975; Rappelant la résolution EB55.R62; Prenant acte avec reconnaissance de l'assistance fournie à la Somalie par de nombreux gouvernements, par l'OMS et par d'autres organisations du système des Nations Unies; Notant, en outre, les vigoureux efforts du Gouvernement de la Somalie pour atténuer les épreuves des victimes de la sécheresse; et Ayant connaissance que la réinstallation de ces personnes entre dans une deuxième phase entreprise à grands frais, PRIE le Directeur général de prendre des mesures pour poursuivre la mise en oeuvre 1. de programmes à moyen terme et à long terme en vue d'atténuer les effets sanitaires ressentis par les populations frappées par la sécheresse; AUTORISE le Directeur général à explorer la possibilité de dégager des ressources à 2. l'intérieur de l'OMS, y compris par le moyen du fonds bénévole pour la promotion de la santé, afin d'aider le Gouvernement à mener à bien ses efforts visant à entreprendre des programmes immédiats et urgents dans les zones atteintes par la sécheresse, ainsi qu'à réaliser le processus de réinstallation; et PRIE le Directeur général de collaborer avec l'Organisation des Nations Unies et avec 3. d'autres organisations du système des Nations Unies, notamment le Bureau du Coordonnateur des Nations Unies pour les secours en cas de catastrophe, le PNUD, le FISE, la BIRD, la Ligue des Sociétés de la Croix -Rouge et les autres institutions intéressées.

Le Professeur Vannugli déclare que sa délégation souhaite figurer parmi les auteurs de ce projet de résolution, qu'il tient en outre à présenter à la Commission. L'Italie a suivi de près la catastrophe qui a frappé la Somalie à la fin de 1974 et au début de 1975 et dont les conséquences sont encore très graves aujourd'hui, et elle s'est rendu compte de la difficulté d'apporter en pareil cas l'aide appropriée. En effet, même lorsqu'une assistance est fournie au pays intéressé, de grands problèmes de coordination et d'utilisation se posent. Il est indispensable de savoir exactement de quoi ont besoin les populations frappées par la sécheresse. Le Professeur Vannugli pense que l'OMS pourrait jouer un rôle important à cet égard en assurant la coordination nécessaire et en aidant à atténuer les souffrances de ces populations. C'est pourquoi la délégation italienne recommande à la Commission d'approuver le projet de résolution.

624

VINGT- HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

Le Dr ADESUYI (Nigéria) présente le projet de résolution ci- après, relatif à l'assistance sanitaire aux réfugiés et aux personnes déplacées de Chypre, qui est proposé conjointement par les délégations de l'Inde, du Kenya, de Maurice, du Nigéria, de la République -Unie de Tanzanie et de la Yougoslavie :

La Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé, Tenant compte du principe selon lequel la santé de tous les peuples est une condition fondamentale de la paix et de la sécurité; Rappelant la résolution 3212 (XXIX) de l'Assemblée générale des Nations Unies, ainsi que les résolutions 365 et 367 du Conseil de Sécurité relatives à Chypre; Exprimant l'espoir que des progrès seront accomplis dans la mise en oeuvre des résolutions susmentionnées; et Considérant que les problèmes sanitaires persistants des réfugiés et des personnes déplacées de Chypre exigent une poursuite de l'assistance. PRIE le Directeur général de maintenir et d'intensifier l'assistance sanitaire aux réfugiés et personnes déplacées de Chypre, en supplément de toute assistance fournie dans le cadre des efforts du Coordonnateur de l'Assistance humanitaire des Nations Unies à Chypre, et de faire rapport sur ladite assistance à la Vingt- Neuvième Assemblée mondiale de la Santé. Au sujet du dispositif de ce projet de résolution, le Dr Adesuyi explique que le Haut Commissaire pour les Réfugiés a été chargé par l'Organisation des Nations Unies de remplir également la fonction de Coordonnateur des Nations Unies pour l'assistance à Chypre. La Commission n'est pas sans savoir que les Gouvernements de la Grèce et de la Turquie ont dû faire face, depuis deux ans, aux immenses problèmes posés par les réfugiés et les personnes déplacées à Chypre. En tant qu'organisation humanitaire, l'OMS ne peut se permettre de rester indifférente devant une telle situation, et il ressort d'ailleurs suffisamment du paragraphe 3.5 du rapport du Directeur général au Conseil exécutif qu'elle est parfaitement consciente de ses responsabilités. Le projet de résolution prie le Directeur général de maintenir et d'intensifier l'assistance sanitaire aux réfugiés et personnes déplacées de Chypre. Le Dr Adesuyi sait que des pourparlers ont été engagés à un niveau élevé en vue de normaliser la situation à Chypre et il a hâte de voir venir le moment où il sera possible d'annoncer à l'Assemblée que le problème des réfugiés et personnes déplacées ne se pose plus à Chypre; mais, en attendant, il est nécessaire d'apporter à ceux -ci de plus en plus d'aide et c'est pour cette raison que le projet de résolution a été présenté.

M. SINGHATEH (Gambie) présente le projet de résolution ci- après, relatif à la sécheresse dans la région sahélienne :

La Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé, Prenant acte du rapport du Directeur général; Rappelant la résolution WHA27.48, ainsi que les résolutions correspondantes du Conseil économique et social et de l'Assemblée générale des Nations Unies concernant la sécheresse dans la région sahélienne de l'Afrique; Rappelant la résolution EB55.R62 du Conseil exécutif créant le compte spécial pour les désastres et catastrophes naturelles; Demeurant profondément préoccupée par le fait que la sécheresse continue à provoquer de graves souffrances et pertes de vies humaines; et Soulignant de nouveau que les besoins sanitaires des populations affectées par la sécheresse sont appelés à persister pendant longtemps, 1. REMERCIE les pays et les organisations qui ont déjà fourni et continuent de fournir aux régions sinistrées une assistance appréciable pendant les années de sécheresse; 2. PRIE le Directeur général 1) de poursuivre l'exécution de programmes à moyen terme et à long terme dans les parties de la région sahélienne frappées par la sécheresse, en faisant spécialement porter ses efforts sur les grands problèmes sanitaires particulièrement préoccupants, à savoir la nutrition, les maladies transmissibles, l'hygiène de l'environnement et la mise en place d'une infrastructure sanitaire; 2) d'élaborer des programmes en coopération avec d'autres organisations du système des Nations Unies, notamment le FISE, le PNUD et la FAO; de collaborer avec les Etats Membres intéressés et le Comité permanent inter 3) Etats de lutte contre la sécheresse dans le Sahel à la mise au point de programmes prioritaires; et 4) de chercher à obtenir aes ressources extrabudgétaires, y compris celles que pourrait fournir le compte spécial pour les désastres et catastrophes naturelles du fonds bénévole pour la promotion de la santé, en vue de mettre en oeuvre la présente résolution.

M. Singhateh n'ignore pas qu'une aide considérable a été apportée aux Etats durement touchés par la sécheresse dans la région sahélienne et remercie tous les pays qui ont fourni et continuent

COMMISSION B

:

HUITIEME SEANCE

625

de fournir leur appui. Il exprime aussi sa gratitude au FISE, au PAM et à l'AID. Le but du projet de résolution est d'insister sur le fait que les besoins sanitaires des populations victimes de la sécheresse sont des besoins durables. Des plans à long terme ont été préparés en vue de poursuivre l'assistance à ces populations, qui ont un besoin urgent de mesures sanitaires. C'est pourquoi le projet de résolution demande l'aide de l'OMS. M. CHOWDHURY (Bangladesh) remercie l'OMS de s'être préoccupée de la situation catastrophique créée au Bangladesh par les inondations. Cette situation est évoquée dans le paragraphe 3.1 du rapport du Directeur général au Conseil exécutif. En juillet et août 1974, des inondations d'une ampleur sans précédent ont ravagé le pays. L'OMS est intervenue rapidement pour fournir à la population l'assistance sanitaire dont elle avait un besoin urgent. Toutefois, M. Chowdhury fait observer que les désastres, qu'ils soient naturels ou d'origine humaine, frappent sans prévenir, si bien que les gouvernements et les organisations internationales sont pris au dépourvu. Aussi, au Bangladesh, malgré la volonté d'aider, la coordination a -t -elle au départ quelque peu laissé à désirer.

M. Chowdhury voudrait suggérer au Conseil exécutif et à l'Assemblée de créer, sous une forme ou sous une autre, un mécanisme propre à aider les gouvernements des pays victimes d'un désastre et les institutions du système des Nations Unies à coordonner leurs efforts d'assistance. Un tel mécanisme permettrait d'acheminer rapidement les secours à l'endroit de la catastrophe sans risque de confusion. Les pays en voie de développement n'ont pas les moyens d'entretenir des services permanents prêts à faire face aux catastrophes éventuelles, mais ils pourraient se doter d'une organisation qui, en cas de désastre, recevrait les secours et veillerait à ce qu'ils parviennent le plus rapidement possible dans les régions touchées. Sans doute y a -t -il au sein du système des Nations Unies d'autres institutions que l'OMS qui s'occupent de l'assistance aux pays sinistrés, mais lorsqu'il se produit une catastrophe, c'est toujours la santé qui est la première atteinte. M. Chowdhury souhaite instamment que l'OMS prenne l'initiative de créer un mécanisme permettant aux gouvernements nationaux et aux institutions internationales d'oeuvrer ensemble avec célérité dans les situations catastrophiques. Sa délégation approuve les quatre projets de résolution qui viennent d'être soumis à la Commission. M. MENGESHA (Ethiopie) déclare que sa délégation appuie sans réserve le projet de résolution présenté par le Rapporteur, et désire se joindre à ses auteurs. Il remercie l'OMS et les autres institutions ainsi que les nombreux gouvernements qui ont apporté leur aide aux régions d'Ethiopie frappées par la sécheresse. (Voir la suite du débat dans le procès- verbal de la neuvième séance, section 2.)

La séance est levée à 12 h.30.

NEUVIEME SEANCE Lundi 26 mai 1975, 9 h.45 Président :

Dr J. -S. CAYLA (France)

1.

QUATRIEME RAPPORT DE LA COMMISSION B

A la demande du Président, le Dr VALLADARES (Venezuela), Rapporteur, donne lecture du projet de quatrième rapport de la Commission B. Décision 2. :

Le rapport est adopté (voir page 699). Ordre du jour, 3.16

COORDINATION A L'INTERIEUR DU SYSTEME DES NATIONS UNIES

Activités de l'OMS en cas de désastres et de catastrophes naturelles (suite de la huitième séance)

Ordre du jour, 3.16.4

Le PRESIDENT rappelle que la Commission est saisie de quatre projets de résolution qui lui ont été soumis à la séance précédente. Le premier, de caractère général, a été présenté par le Rapporteur; le second, présenté par le délégué de l'Italie, traite des problèmes sanitaires urgents résultant de la sécheresse en Somalie; le troisième, présenté par le délégué du Nigéria, concerne l'assistance sanitaire aux réfugiés et aux personnes déplacées de Chypre; enfin, le quatrième, présenté par le délégué de la Gambie, porte sur le problème de la sécheresse dans la région sahélienne. Le Dr OULD BAH (Mauritanie) appuie les projets de résolution soumis à la Commission. Ayant été personnellement chargé de diriger la lutte contre les effets de la sécheresse dans son pays, il exprime sa gratitude à tous les pays et organismes des Nations Unies dont l'aide généreuse a permis d'éviter une catastrophe sans précédent. Il appelle toutefois l'attention sur le fait que, sans une action efficace dans le pays bénéficiaire, toute aide de l'étranger risque d'être inopérante ce sont les efforts des autorités mauritaniennes qui ont permis au pays de profiter au maximum de l'aide accordée. En conclusion, il prie le délégué de la Gambie de bien vouloir accepter que les délégations des cinq pays membres du Comité permanent inter -Etats de lutte contre la sécheresse dans le Sahel qui sont présents à l'Assemblée mondiale de la Santé - à savoir la Haute -Volta, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Sénégal - comptent parmi les coauteurs du projet de résolution sur la sécheresse dans la région sahélienne. :

M. WICKLAND (Bureau du Coordonnateur des Nations Unies pour les secours en cas de catastrophe) est très satisfait de la collaboration qui s'est instaurée entre l'OMS et l'UNDRO; grâce à cette collaboration, qui a profité aux deux parties, le système des Nations Unies a été bien mieux en mesure d'apporter des secours immédiats dans les cas de catastrophe naturelle et dans les autres situations d'urgence. Depuis mai 1974, l'OMS et l'UNDRO ont apporté conjointement des secours d'urgence aux victimes d'au moins 12 catastrophes naturelles. Au cours de cette même période, l'UNDRO a prélevé un montant additionnel de US $204 000 sur les crédits qui lui sont alloués au titre du budget ordinaire de l'Organisation des Nations Unies et sur des fonds bénévoles, ce qui a permis à l'OMS d'expédier les fournitures médicales les plus urgentes. Par ailleurs, en obtenant que 7300 kg de fournitures d'urgence de l'OMS soient transportés par avion en franchise de frêt, l'UNDRO a permis à l'OMS d'économiser plus de $24 000. Depuis sa création, il y a tout juste trois ans, l'UNDRO a fourni à l'OMS des fonds et des services d'une valeur totale de près de $1 250 000. Ces chiffres ne reflètent cependant qu'un aspect de la collaboration entre l'OMS et l'UNDRO, qui pourrait être illustrée de façon plus significative. C'est ainsi que les compétences techniques de l'OMS ont incité l'UNDRO à s'adresser à elle, en premier lieu, pour évaluer les besoins sanitaires les plus pressants dans les situations d'urgence. De même, lorsqu'il dispose de ressources financières suffisantes, l'UNDRO s'adresse au service des fournitures de l'OMS pour expédier, en coordination avec le FISE, les médicaments nécessaires le plus rapidement possible et dans les conditions les plus économiques. Cette collaboration étroite et coordonnée dans le secteur des secours sanitaires d'urgence profite à la fois aux sinistrés et aux pays donateurs et permet de tirer le maximum de chaque dollar dépensé. Pour montrer l'efficacité des techniques d'intervention mises au point par l'OMS et l'UNDRO, on ne saurait faire mieux que de citer quelques cas récents. Le représentant de l'OMS ayant demandé que l'on évite d'expédier le vaccin associé antityphoidique et anticholérique (TABC) dans un pays victime d'inondations dont la population souffrait de sous -alimentation chronique et où ce vaccin risquait, par conséquent, de faire plus de mal que de bien, l'UNDRO a pris, en quelques jours, des dispositions pour stopper l'envoi de vaccins TABC par un donateur

626

COMMISSION B

:

NEUVIEME SEANCE

627

bien intentionné. En une autre occasion, un fonctionnaire de l'OMS a informé 1'UNDRO qu'il serait souhaitable de veiller à ce que tout le lait en poudre écrémé expédié dans un pays victime de la sécheresse soit enrichi en vitamine A; en effet, les quantités de vitamine A absorbées dans ce pays sous d'autres formes étaient insuffisantes et la distribution de lait en poudre écrémé non enrichi risquait d'être plus nuisible que bénéfique. Les principaux donateurs de denrées alimentaires ont immédiatement été alertés par l'UNDRO et ont été priés de joindre des provisions de vitamine A à leurs envois; par ailleurs, on a expédié rapidement des comprimés de vitamine A dans les centres de secours du pays pour permettre d'enrichir le lait en poudre distribué à la population. Un autre cas illustre la manière dont une coopération à trois permet de satisfaire les besoins sanitaires dans une situation d'urgence. Un vendredi après -midi, à 17 heures, l'UNDRO a reçu d'un représentant résident du PNUD un télex l'informant d'un besoin urgent de vaccins pour combattre des poussées épidémiques de poliomyélite et de peste bubonique. En quelques minutes, le contact a été établi avec le fonctionnaire OMS responsable des opérations de secours d'urgence qui a pu indiquer les meilleurs types de vaccins ainsi que les noms et adresses des fournisseurs éventuels, l'OMS n'ayant pas ces produits en stock. Cette information a été transmise à la mission permanente à Genève d'un pays donateur et grâce à la persévérance de l'organisme gouvernemental responsable, la première cargaison de médicaments a pu être chargée le lundi matin suivant à bord d'un appareil de la compagnie nationale de navigation aérienne pour être livrée au pays bénéficiaire. Ces exemples sont caractéristiques des relations de travail qui se sont instaurées entre les deux organisations et que celles -ci souhaitent établir avec d'autres organismes soucieux comme elles de faire face aussi rapidement et efficacement que possible aux besoins des populations victimes de catastrophes. Nul doute que l'on puisse faire encore davantage dans la voie de la coopération. A cet égard, M. Wickland a été heureux de lire, dans le rapport du Directeur général au Conseil exécutif, que le Directeur général accueillait avec satisfaction la résolution 1891 (LVII) du Conseil économique et social préconisant l'adoption d'une approche plus systématique pour les opérations du système des Nations Unies entreprises avant, pendant et aussitôt après les catastrophes naturelles ou autres et le renforcement de ces opérations, et que l'OMS s'efforcerait d'améliorer sa propre efficacité et sa collaboration avec le Bureau du Coordonnateur des Nations Unies pour les secours en cas de catastrophe, le FISE et les autres institutions spécialisées et programmes pertinents du système des Nations Unies, notamment en aidant les pays des régions exposées aux catastrophes à mieux se préparer à faire face aux effets adverses de ces catastrophes et à les limiter. Etant donné que la résolution 2816 (XXVI) de l'Assemblée générale portant création du Bureau du Coordonnateur des Nations Unies pour les secours en cas de catastrophe et la résolution 1891 (LVII) du Conseil économique et social reconnaissent toutes deux le rôle primordial de 1'UNDRO dans la promotion des mesures de planification, de prévention et d'alerte prises en prévision des catastrophes, l'UNDRO suivra avec un intérêt particulier les activités de l'OMS dans ce domaine. L'UNDRO accueille très favorablement l'intention du Directeur général de renforcer le dispositif qui doit permettre à l'OMS de remédier aux effets des catastrophes, notamment par la désignation d'un fonctionnaire responsable des opérations de secours d'urgence. Les résolutions EB55.R62 et EB55.R63, qui envisagent l'établissement d'un compte spécial pour les désastres et catastrophes naturelles, crédité des sommes provenant du legs à l'OMS d'une propriété en Italie, sont particulièrement opportunes, car 1'UNDRO ne peut apporter qu'une contribution financière très modeste au moment où se produit la catastrophe. L'idéal serait que les crédits alloués à l'UNDRO au titre du budget ordinaire de l'ONU complètent, sans les remplacer, les fonds fournis par l'OMS dans le cadre des efforts conjoints faits par les deux organisations pour faire face aux besoins sanitaires urgents. Dans sa résolution 3243 (XXIX), l'Assemblée générale des Nations Unies a souscrit à la fois à la résolution du Conseil économique et social qui vient d'être mentionnée et aux propositions de plusieurs Etats Membres tendant à renforcer sensiblement l'UNDRO et s'est déclarée de nouveau convaincue que, s'il était doté d'un personnel et de moyens adéquats, l'UNDRO serait particulièrement bien placé pour mobiliser et coordonner sur le plan mondial les secours en cas de catastrophe, et notamment pour recueillir et diffuser des informations sur l'ampleur de la catastrophe, les besoins prioritaires et l'aide disponible. Il est déjà prévu d'accroître les ressources de 1'UNDRO en personnel et en matériel pour le rendre mieux à même de servir la communauté internationale en coordonnant les secours en cas de catastrophe et en prenant toutes les dispositions en prévision des catastrophes. M. Wickland espère que l'UNDRO pourra établir avec tous les membres de la communauté internationale une collaboration aussi étroite et efficace que celle réalisée avec l'OMS au cours des trois dernières années. Le Dr TOURE (Sénégal) fait connaître qu'après sept années de sécheresse, la production alimentaire de son pays a considérablement diminué, d'où malnutrition et fragilité aux infections. Si les précipitations ont été satisfaisantes en 1974, les effets de la sécheresse persistent et les pays qui en ont souffert ont encore besoin d'aide. Ainsi que son Ministre de la Santé l'a déclaré en séance plénière, le Sénégal a été particulièrement sensible à l'esprit de solidarité internationale manifesté par les pays et organismes qui sont venus en aide aux pays du Sahel. Le Dr Touré insiste cependant sur la nécessité de bien choisir l'aide matérielle

628

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II :

fournie c'est ainsi, par exemple, que les pays tropicaux n'ont que faire de manteaux chauds et que la nourriture doit être adaptée aux habitudes alimentaires des habitants. Ce qui importe le plus, pour les pays du Sahel, c'est que l'on prévienne le retour de telles calamités et, à cet effet, il faut absolument soutenir les projets de développement de ces pays dans les domaines de l'agriculture, de l'irrigation et de l'assainissement. La délégation sénégalaise appuie le projet de résolution sur la sécheresse dans la région sahélienne.

Le Professeur EBEN -MOUSSI (République -Unie du Cameroun) partage l'opinion du délégué du Sénégal. Il s'agit essentiellement d'une prise de conscience des problèmes humanitaires et sa délégation appuie sans réserve le projet de résolution du Rapporteur sur les activités de l'OMS en cas de désastres et de catastrophes naturelles, ainsi que les deux autres projets de résolution sur la sécheresse en Somalie et dans la région sahélienne. Etant donné le caractère dramatique de cette calamité et notamment de ses effets en Ethiopie et en Somalie, le délégué de la République -Unie du Cameroun est certain que ces projets de résolution bénéficieront de l'appui unanime des membres de la Commission.

Le Dr O. A. HASSAN (Somalie) signale que son Gouvernement a distribué aux représentants gouvernementaux en poste à Mogadishu et, par le truchement du PNUD, aux organismes des Nations Unies des documents indiquant les besoins de son pays. Toute l'assistance à la Somalie est coordonnée par le Comité des secours à la Somalie, qui travaille en coopération avec le PNUD ainsi qu'avec les représentants des gouvernements donateurs et des organismes des Nations Unies. Un tiers de la population du pays est touché par la catastrophe et des soins sont dispensés à 1 250 000 personnes. Grâce aux avis de l'OMS et aux vaccins livrés par le FISE, on a pu éviter de grandes épidémies de maladies transmissibles. Le pays doit maintenant réinstaller les victimes de la catastrophe 90 000 personnes iront s'établir dans des régions agricoles et 70 000 dans des régions de pêche. Il va de soi qu'il s'agit d'une tâche énorme sur le plan socio- économique et sanitaire. Les autres victimes de la sécheresse continueront à vivre en nomades jusqu'à ce que l'on ait pris des dispositions en vue de leur installation. Le délégué de la Somalie remercie les gouvernements et les organisations pour l'assistance qu'ils ont apportée à son pays. Il estime, avec le représentant de l'UNDRO, que l'OMS devrait disposer de fonds suffisants pour être en mesure, lorsque surviennent de telles catastrophes, de répondre aux besoins sanitaires et alimentaires des populations frappées. :

Le Dr WRIGHT (Niger) exprime les remerciements de son pays à l'OMS, aux autres organidu des Nations sations la des de à toutes les nations qui ont aidé son pays à combattre les effets immédiats d'une sécheresse catastrophique. Il appuie les projets de résolution dont est saisie la Commission mais juge nécessaire de souligner certains points. Premièrement, l'aide apportée aux pays victimes d'une catastrophe doit être prompte; certaines demandes formulées par le Niger il y a dix -huit mois ou deux ans, c'est -à -dire à l'époque où la sécheresse se faisait le plus durement sentir, n'ont pas encore été satisfaites. Deuxièmement, la coordination est un facteur essentiel; l'aide doit être coordonnée par l'administration du pays secouru, selon ses besoins et sous sa direction. Troisièmement, il importe de faire preuve de prudence et de souplesse en adaptant l'aide aux conditions dans le pays; des aliments inconnus de la population peuvent créer des besoins qu'il sera ensuite difficile de satisfaire. Quatrièmement, il faut utiliser les moyens et le potentiel disponibles dans le pays; les secours d'urgence étant par définition temporaires, on doit s'attacher à les intégrer dans les plans à court et à long terme du pays secouru et évaluer ensuite leur efficacité. Enfin, on doit chercher à obtenir plus de fonds pour être mieux en mesure de reconstituer le potentiel détruit, de remédier à certaines insuffisances d'ordre qualitatif révélées par la catastrophe (comme la malnutrition), de combattre certaines épidémies et de prévenir le retour de semblables catastrophes notamment en exécutant de nouveaux projets de développement économique et social, par exemple dans le domaine de l'approvisionnement en eau. Le Dr UHRICH (Etats -Unis d'Amérique) pense qu'il faudrait adopter une approche plus systématique à l'égard des opérations entreprises par les organismes des Nations Unies avant, pendant ou après les catastrophes. Il approuve sans réserve les plans élaborés par le Directeur général pour que l'OMS soit mieux à même de répondre aux besoins à court et à long terme créés par les catastrophes naturelles et de coordonner l'ensemble de l'aide sanitaire et médicale. L'action de l'OMS doit être étudiée avec soin et l'on devra constamment en analyser les résultats pour en déterminer l'efficacité. Les efforts de l'Organisation visant à faciliter la mise en place d'une infrastructure sanitaire en prévision des catastrophes sont particulièrement louables. Par une intervention appropriée, l'OMS pourrait réduire au minimum tout double emploi entre les diverses institutions. La délégation des Etats -Unis est favorable à l'idée de confier des responsabilités importantes à l'OMS en matière de désastres et de catastrophes naturelles et elle approuve les projets de résolution dont la Commission est saisie. Toutefois,

COMMISSION B

:

NEUVIEME SEANCE

629

il serait bon de regrouper les quatre projets dans une résolution unique qui donnerait au Directeur général des directives suffisantes tout en lui laissant le soin de déterminer la manière dont il conviendra de mobiliser les ressources de l'OMS. Cependant, après un échange de vues avec le Président, le Dr Uhrich n'insistera pas sur ce point pour éviter de retarder les travaux de la Commission. Le Dr GEORGIEVSKI (Yougoslavie) se félicite des nouvelles dispositions prises par le Directeur général au sujet de l'organisation interne du Secrétariat et souhaite que le Directeur général reçoive tout l'appui nécessaire pour continuer dans cette direction. Sa délégation souscrit à tous les projets de résolution dont est saisie la Commission, en particulier ceux qui ont trait à la sécheresse en Somalie et dans la région sahélienne. Le Professeur LISICYN (Union des Républiques socialistes soviétiques) rend hommage à l'OMS pour l'action menée en faveur des pays frappés par des catastrophes naturelles. Son Gouvernement éprouve une profonde sympathie pour les populations des régions touchées et prend des mesures pour leur assurer une aide d'urgence et une assistance à long terme, principalement par l'intermédiaire des Sociétés de la Croix -Rouge et du Croissant -Rouge. Cette assistance s'est considérablement accrue depuis 1971 pour atteindre quelque six millions de dollars. Il faudrait intensifier l'action entreprise en commun par l'OMS et l'UNDRO, même s'il en résulte pour l'OMS des responsabilités accrues. Le Professeur Lisicyn espère que l'ONU, les institutions intéressées du système des Nations Unies et l'OMS trouveront des moyens encore plus efficaces de fournir une assistance d'urgence ainsi qu'à moyen et à long terme. M. MAVROMMATIS (Chypre) est convaincu qu'aucun délégué n'ignore le problème des réfugiés et des personnes déplacées de son pays. Le Ministre de la Santé de Chypre a insisté, en séance plénière de l'Assemblée, sur le fait que le problème persistait et il a lancé un appel pour que l'OMS accroisse son aide. La réaction immédiate de nombreuses délégations a été réconfortante; elle a débouché sur le projet de résolution concernant l'assistance sanitaire aux réfugiés et aux personnes déplacées de Chypre dont est saisie la Commission et dont l'adoption ne pourra que renforcer l'efficacité du système des Nations Unies. M. Mavrommatis tient à remercier les six délégations auteurs du projet, ainsi que les nombreuses autres qui ont exprimé à la délégation de Chypre leur inquiétude face à la persistance du problème et leur sympathie pour le peuple chypriote si durement frappé. Le Gouvernement de Chypre n'est pas en mesure de faire face tout seul à la situation, non seulement à cause de l'ampleur du problème mais aussi parce que Chypre, un pays en voie de développement, se voit coupé de 70 % de ses ressources. Le projet de résolution pourrait certes être développé et amélioré, mais il constitue une première mesure utile et il a été rédigé de façon à susciter un consensus. L'application de la résolution 3212 (XXIX) de l'Assemblée générale des Nations Unies et des résolutions 365 et 367 du Conseil de Sécurité pourrait mettre un terme au problème des réfugiés et personnes déplacées de Chypre et supprimer ainsi les risques qui pèsent sur leur santé. La délégation de Chypre appuie également les autres projets de résolution à l'étude. Sir Harold WALTER (Maurice) fait observer qu'il est nécessaire d'être prêt à faire face aux catastrophes naturelles, parmi lesquelles figurent les cyclones. Bien qu'il s'agisse d'un des phénomènes naturels les plus violents, nul n'en a fait mention jusqu'ici. Un cyclone a ravagé son pays il y a quelques mois, détruisant 14 000 habitations, tuant 21 personnes et en blessant plus de 80; il a provoqué des dommages et des bouleversements graves et a fait planer la menace d'une flambée épidémique de fièvre typhoide. De nombreux pays ont apporté spontanément leur aide et, le contrôle des personnes entrant à Maurice s'étant relâché, un sauveteur venu de l'étranger qui était atteint de paludisme a réintroduit la maladie dans le pays. A son avis, l'OMS devrait faire une enquête sur les besoins des pays frappés par des catastrophes. Cela permettrait d'éviter les retards dans la mise en oeuvre des programmes de secours sanitaires. Peut -être le Directeur général pourrait -il mieux préparer l'OMS à ce rôle en désignant dans chaque Région un fonctionnaire qui serait chargé de constituer un comité de coordination; celui -ci s'informerait auprès de la population locale de ce qui se passe en cas de catastrophe. Pour M. IBRAHIM (Indonésie), on ne saurait envisager les problèmes liés aux catastrophes naturelles indépendamment des considérations économiques, notamment dans les pays en voie de développement, car ces catastrophes compromettent gravement les programmes de développement social et économique. C'est pourquoi sa délégation appuie les différents projets de résolution à l'étude. Le Dr LARI (Pérou) indique que dans son pays, souvent victime de tremblements de terre et d'inondations, c'est le Ministère de la Santé qui est chargé, les premiers jours qui suivent une catastrophe, de subvenir aux besoins de la population frappée. Mais une organisation plus complexe est requise pour assurer 1 'aide médicale au cours des premières 24 à 48 heures et pour exé-

cuter les importants travaux qui s'imposent les jours suivants. Dans les pays fréquemment touchés par des catastrophes, les services ministériels responsables devraient être prêts à faire face

630

VINGT- HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

à la situation. Il existe au Pérou un comité permanent de défense civile composé de représentants des divers ministères. Sa tache est de prêter directement assistance aux collectivités frappées et d'assurer le maximum de coordination entre les différents secteurs de l'aide. L'OMS pourrait étudier de façon approfondie les mécanismes existant dans les Etats Membres pour parer d'urgence à toute éventualité. M. ARIM (Turquie) apporte son appui à tous les projets de résolution dont est saisie la Commission. Pour ce qui est de Chypre, le Secrétaire général des Nations Unies a nommé le Haut Commissaire pour les Réfugiés Coordonnateur de l'Assistance humanitaire des Nations Unies à Chypre. Le Gouvernement turc est reconnaissant pour l'aide ainsi apportée aux Chypriotes turcs et grecs, en particulier pour l'assistance sanitaire fournie par l'OMS. Le projet de résolution incitera l'OMS à poursuivre ses efforts en vue d'assurer des soins aux personnes déplacées sur tout le territoire de l'île. Les problèmes sanitaires des Chypriotes turcs ont été un sujet de préoccupation pour la communauté internationale au cours des douze dernières années. Si M. Arim a bien compris le projet de résolution, toute l'assistance sanitaire fournie par le Directeur général passera nécessairement par le canal de l'Assistance humanitaire des Nations Unies à Chypre et continuera d'être accordée sur les mêmes bases tant aux Chypriotes turcs qu'aux Chypriotes grecs. M. Arim tient également à rappeler la position et les réserves de la délégation de la Turquie face aux résolutions de l'Assemblée générale des Nations Unies et du Conseil de Sécurité qui sont mentionnées dans le deuxième paragraphe du préambule du projet de résolution. M. AFENDULI (Grèce) souscrit à tous les projets de résolution, en particulier à celui qui a trait à l'assistance sanitaire aux réfugiés et aux personnes déplacées de Chypre. Au cours de l'été 1974, la population de Chypre a été précipitée dans la catastrophe et plongée dans un chaos indescriptible; la persistance de cette situation rend plus urgente encore la nécessité des secours. L'assistance apportée par l'OMS a été la bienvenue et il faut espérer qu'elle s'accrottra encore à l'avenir. M. Afenduli tient à souligner la formule qui est utilisée dans le dispositif du projet de résolution, à savoir que le Directeur général maintiendra et intensifiera l'assistance sanitaire, en supplément de toute assistance fournie dans le cadre des efforts du Coordonnateur de l'Assistance humanitaire des Nations Unies. Le Dr BADDOO (Ghana) rappelle que les catastrophes suscitent des problèmes nutritionnels, la propagation de maladies transmissibles et la désorganisation des services d'hygiène du milieu. Lorsqu'il n'y a pas d'infrastructure permettant de faire face aux catastrophes, les souffrances et les pertes en vies humaines n'en sont que plus grandes. C'est pourquoi sa délégation s'associe aux orateurs qui ont demandé au Directeur général d'intensifier ses efforts afin d'aider les Etats Membres frappés par des catastrophes; le Dr Baddoo demande également au Directeur général d'aider les pays à créer des infrastructures grâce auxquelles ils soient mieux à même de faire face aux catastrophes. Le Dr SACKS (Secrétaire de la Commission) précise que, compte tenu de l'observation faite par le délégué de la Yougoslavie, les auteurs du projet de résolution sur l'assistance sanitaire aux réfugiés et aux personnes déplacées de Chypre ont accepté d'amender comme suit le paragraphe du dispositif :

"PRIE le Directeur général de maintenir et d'intensifier l'assistance sanitaire aux réfugiés et personnes déplacées de Chypre, en supplément de toute assistance fournie dans le cadre des efforts du Coordonnateur pour l'Assistance humanitaire des Nations Unies à Chypre, etde faire rapport sur ladite assistance à la Vingt- Neuvième Assemblée mondiale de la Santé." Le Secrétaire rappelle que ce projet de résolution a maintenant pour auteurs les délégations des pays suivants Haute -Volta, Gambie, Mali, Mauritanie, Niger et Sénégal. :

Décision

:

Les quatre projets de résolution, ainsi amendés,

sont approuvés.1

Assistance technique au Portugal

Ordre du jour, 3.16.5

Le Dr TAYLOR (représentant du Conseil exécutif) dit qu'en raison des événements survenus dans les territoires portugais, le Comité régional de l'Europe, à sa vingt -quatrième session, a recommandé que l'Assemblée de la Santé rétablisse le droit du Portugal de recevoir une assistance technique, droit qui avait été suspendu aux termes des résolutions WHA19.31 et WHA21.34. Le Comité régional a également prié le Directeur général de porter ses vues et recommandations à l'attention du Conseil exécutif à sa cinquante - cinquième session. Entre -temps, l'Assemblée générale des Nations Unies a adopté la résolution 3300 (XXIX) dans laquelle elle appelait l'attention des institutions spécialisées sur la situation nouvelle, qui leur permet de rétablir leur collaboration avec le Gouvernement actuel du Portugal. Aussi le

1 Ces projets de résolution ont été transmis à l'Assemblée de la Santé dans le cinquième rapport de la Commission et adoptés sous les numéros d'ordre WHA28.45, WHA28.46, WHA28.47 et WHA28.48 respectivement.

COMMISSION B

:

NEUVIEME SEANCE

631

Conseil exécutif a -t -il recommandé à l'Assemblée de la Santé de rétablir le droit du Portugal de recevoir une assistance et a inclus un projet de résolution à cet effet dans sa résolution EB55.R57.

Le Professeur DE CARVALHO SAMPAIO (Portugal) déclare que les résolutions WHA19.31 et WHA21.34 n'ont plus de raison d'être. Les populations des anciennes colonies portugaises et la majorité du peuple portugais supportent les conséquences graves des politiques réactionnaires d'autrefois. Mais ces politiques ont radicalement changé et le peuple portugais souhaite rétablir des relations amicales et collaborer à nouveau avec l'OMS ainsi qu'avec tous les pays et peuples du monde. La délégation du Portugal espère que le projet de résolution sera approuvé à l'unanimité. Le Professeur AUJALEU (France) reconnaît que le Portugal a abandonné la politique qui avait motivé la décision antérieure de l'Assemblée de la Santé. C'est pourquoi sa délégation, faisant écho à l'opinion unanime du Comité régional de l'Europe et à celle du Conseil exécutif, appuie le projet de résolution visant à rétablir pleinement le Portugal dans ses droits. Le Professeur LISICYN (Union des Républiques socialistes soviétiques) déclare qu'en raison des changements survenus dans la politique du Gouvernement du Portugal, particulièrement dans le domaine des soins médico- sanitaires, sa délégation appuie chaleureusement le projet de résolution du Conseil exécutif. M. PARROTT (Royaume -Uni de Grande - Bretagne et d'Irlande du Nord) appuie lui aussi sans réserve le projet de résolution. Non seulement l'OMS souhaitera jouer le rôle qui est le sien dans la coordination de l'aide au Portugal, qui vient d'être rétablie, mais tous les Etats amis souhaiteront jouer un rôle et accorder à ce pays toute l'assistance possible, dans certains cas par des contacts bilatéraux directs. M. Parrott est heureux d'informer la Commission que le Gouvernement du Royaume -Uni s'est déjà mis en rapport avec le Gouvernement portugais à cet effet. Il croit savoir que les besoins prioritaires à l'heure actuelle concernent la santé publique, où les principaux problèmes sont dus non pas tellement à l'absence de matériel mais à sa sous utilisation. En particulier dans les grandes villes, il existe des doubles emplois dans certains services, alors que ces mêmes services manquent totalement dans des régions plus éloignées. Parmi les besoins urgents figurent des activités fondamentales telles que l'établissement de systèmes satisfaisants d'évacuation des eaux de pluie et la construction de réseaux d'approvisionnement en eau potable. Il devrait être possible de mettre des experts à la disposition du Portugal et le Gouvernement britannique est prêt à collaborer pleinement avec l'OMS pour apporter à ce pays une aide aussi efficace que possible.

Le Professeur GERIC (Yougoslavie) dit que son Gouvernement appuie chaleureusement le projet de résolution. Décision :

Le projet contenu dans la résolution EB55.R57 du Conseil exécutif est approuvé.1

Le Professeur DE CARVALHO SAMPAIO (Portugal) remercie la Commission d'avoir approuvé le projet de résolution et tient à assurer la Commission que le Gouvernement et le peuple portugais sont prêts à collaborer pleinement avec l'Organisation et avec tous les Etats Membres afin de promouvoir la santé de l'humanité tout entière. Programme de l'OMS concernant la santé et l'environnement coordination des programmes et activités dans le domaine de l'environnement :

Ordre du jour, 3.16.6

Le Dr PAVLOV (Sous- Directeur général), rappelant que la dernière Assemblée de la Santé a porté un intérêt tout particulier à la coordination des programmes et activités dans le domaine de l'environnement, présente le rapport du Directeur général, qui résume les progrès accomplis et indique ce que signifie pour l'OMS la coordination des activités en matière d'environnement. Il est indispensable que les services et les organes de coordination spéciaux mis sur pied dans de nombreux Etats Membres pour s'occuper des questions d'environnement collaborent entre eux en ayant pleinement conscience aussi bien de la nécessité de protéger et de promouvoir la santé de l'homme que des moyens pouvant être mis en oeuvre à cette fin dans le cadre de programmes nationaux de protection de l'environnement. Les autorités sanitaires doivent jouer dans ce domaine un rôle majeur et il faut qu'elles participent à l'action des organismes de coordination à tous les stades de la programmation, de la planification et de l'exécution. Malheureusement, dans beaucoup de pays, il n'existe pas encore de mécanismes efficaces de coordination. Conformément à la résolution WHA27.50, le Directeur général a renforcé la collaboration avec le PNUE, notamment dans le cadre du Comité de Coordination pour l'Environnement qui est chargé d'assurer la coopération entre les diverses institutions spécialisées des Nations Unies; ce Comité a reconnu qu'il était indispensable que les institutions soient consultées durant le processus de programmation du PNUE et qu'elles échangent des informations sur leurs programmes respectifs. En outre, des réunions inter -secrétariats OMS /PNUE ont eu lieu à l'échelon des organes directeurs. 1 Ce projet de résolution a été transmis à l'Assemblée de la Santé dans le cinquième rapport de la Commission et adopté sous le numéro d'ordre WHA28.49.

632

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

A sa troisième session, tenue à Nairobi en avril -mai 1975, le Conseil d'administration du PNUE a préconisé de concentrer les efforts sur quelques grands secteurs prioritaires et de s'employer plus activement à promouvoir la santé de l'homme par l'amélioration de la qualité de l'environnement - réduction de la pollution, lutte contre les maladies endémiques, prévention et élimination des autres formes de dégradation de l'environnement - pour le bien de tous les peuples.

Dans le rapport dont est saisie la Commission, le Directeur général présente certains secteurs de programme qui offrent un intérêt majeur pour l'OMS et le PNUE (sous- section2.2.1. 3a)) ainsi qu'une liste, mise à jour depuis la dernière Assemblée, de projets spécifiques exécutés par l'OMS en tant qu'organisation participante et bénéficiant du soutien du Fonds de l'Environnement (sous- section 2.2.1.3b)). On notera à cet égard que la réunion sur la schistosomiase, qui se tiendra au Caire en octobre 1975 et qui est mentionnée dans le rapport sous la rubrique "Maladies endémiques ", est patronnée par le Gouvernement égyptien conjointement avec l'OMS, le PNUE et le Gouvernement des Etats -Unis d'Amérique. Une grande partie des activités de coordination de l'OMS dans le domaine de la santé et de l'environnement de l'homme concerne l'Organisation des Nations Unies et ses organes subsidiaires (sous- section 2.2.2 du rapport). Les membres de la Commission s'intéresseront peut -être aux précisions données sur la préparation de la conférence des Nations Unies sur les établissements humains (Habitat) qui se réunira à Vancouver (Canada) en mai -juin 1976, et de la conférence des Nations Unies sur le problème de l'eau qui doit se tenir à Buenos Aires en 1977. I1 convient de noter que les discussions techniques qui auront lieu à la prochaine Assemblée mondiale de la Santé sur "les aspects sanitaires des établissements humains" feront partie de la contribution de l'OMS à la conférence de Vancouver. Au sujet de la coordination et de la collaboration avec le PNUD (sous- section 2.2.3), la Commission voudra peut -être noter qu'une part considérable du programme de l'Organisation dans le domaine de l'environnement est financée par des sources autres que le budget ordinaire, essentiellement par le PNUD, et que plus de US $7 000 000 seront mis à la disposition de l'OMS en 1976 pour des projets d'amélioration des services de santé de base dans les pays en voie de développement. Les projets d'approvisionnement en eau et d'assainissement des zones rurales exigent des efforts spéciaux de coordination avec la Banque mondiale, le FISE et la FAO. Ils supposent non seulement la planification des activités d'approvisionnement en eau et d'assainissement dans le cadre des plans généraux de développement, mais aussi la mise en place d'une infrastructure appropriée, la formation de personnels à tous les niveaux et des échanges d'informations; toutes ces questions occupent un rang élevé de priorité dans les activités du groupe de travail ad hoc sur l'approvisionnement en eau potable et l'assainissement dans les zones rurales (sous- section 2.2.16 du rapport). La coordination entre l'OMS et les autres institutions se fait non seulement au niveau du Siège mais aussi à celui des bureaux régionaux et des pays, où l'Organisation collabore avec les nombreuses administrations qui sont en mesure de promouvoir la santé par une action sur l'environnement. Ce n'est qu'en intensifiant les efforts qu'il sera possible de s'assurer que la protection de la santé occupe la place qu'elle mérite dans cette action. Pour finir, le Dr Pavlov informe la Commission que le rapport sur le programme de l'OMS en matière de santé et d'environnement de l'homme est en préparation. Conformément à la résolution WHA27.49, il sera soumis pour examen à la cinquante -septième session du Conseil exécutif et à la Vingt -Neuvième Assemblée mondiale de la Santé. Le Dr DE WEVER (Belgique) dit que, s'il ressort clairement du rapport que de très nombreuses actions sont entreprises dans les institutions des Nations Unies pour protéger la santé par une amélioration de l'environnement, il existe semble -t -il un certain manque de coordination.. La multiplicité des ministères et des institutions qui s'occupent de l'environnement dans les Etats Membres risque de retarder considérablement l'adoption des textes législatifs et administratifs nécessaires, et l'Organisation doit recommander une coordination sur le plan national. D'autre part, la pollution dans un pays risque d'avoir des effets, non seulement dans les pays voisins, mais aussi, par différents phénomènes géographiques et météorologiques, à des milliers de kilomètres de distance. Cela vaut en particulier pour la pollution de l'air et de l'eau. L'Organisation devrait par conséquent recommander aussi une coordination à l'échelle internationale. Enfin, comme l'a souligné le Sous -Directeur général, il est indispensable que la protection de l'environnement ait comme objectif primordial la santé de l'homme. Or, à l'heure actuelle l'amélioration de l'environnement est trop souvent envisagée sous l'angle de la protection des espèces animales ou végétales, voire de l'aménagement du territoire. Il faudrait donc que le Directeur général assume dans ce domaine un rôle d'animateur, pour que la santé de l'homme devienne l'objectif majeur de toute action visant à améliorer l'environnement. Pour toutes ces raisons, la délégation belge, celle des Pays -Bas et celle de l'Union des Républiques socialistes soviétiques soumettent le projet de résolution suivant :

La Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé, Réaffirmant la résolution WHA27.50; et Ayant examiné le rapport du Directeur général,

COMMISSION B 1.

:

NEUVIEME SEANCE

633

2.

3.

PREND ACTE du rapport; RECOMMANDE aux Etats Membres 1) qu'une coordination adéquate soit instituée à l'échelon national, de telle sorte que l'amélioration et la protection de la santé de l'homme deviennent un objectif important dans la planification et l'exécution des programmes intéressant l'environnement, et 2) que la capacité de l'Organisation mondiale de la Santé soit mise à profit pour atteindre cet objectif; et PRIE le Directeur général 1) de continuer à collaborer avec les institutions et programmes nationaux et internationaux dans ce domaine; 2) de jouer constamment un rôle d'animateur pour faire en sorte que les questions de santé soient considérées comme un objectif majeur des programmes et activités dans le domaine de l'environnement, à la fois à l'échelle nationale et à l'échelle internationale; 3) d'inviter les institutions intergouvernementales et non gouvernementales, ainsi que les institutions nationales, à contribuer pleinement au programme de l'OMS concernant la santé et l'environnement; et 4) de faire rapport sur les faits nouveaux intéressant la coordination et sur leurs implications, lorsqu'il fera rapport à la cinquante -septième session du Conseil exécutif et à la Vingt - Neuvième Assemblée mondiale de la Santé conformément à la résolution WHA27.49. :

M. DE GEER (Pays -Bas) fait observer que sa délégation a toujours soutenu sans réserve le programme de l'OMS concernant la santé et l'environnement et qu'elle continuera à le faire, compte tenu des résultats sans cesse plus importants obtenus dans ce domaine. Il ressort clairement du rapport du Directeur général, comme des discussions qui ont eu lieu en avril 1975, à la troisième session du Conseil d'administration du PNUE à Nairobi, que les mécanismes de coordination au sein du système du PNUE se sont améliorés. Sans doute, est -ce essentiellement pour cela que le Conseil d'administration du PNUE a réservé, à sa dernière session, une place toute spéciale à la protection de la santé et de l'environnement de l'homme, donnant ainsi une importance accrue à l'action de l'OMS en matière de critères de salubrité de l'environnement et à l'établissement du registre international des substances chimiques potentiellement toxiques. M. De Geer espère que les efforts de coordination décrits à la sous section 2.2.1.3a) 4 du rapport du Directeur général seront poursuivis et intensifiés. Il déclare aussi porter un intérêt particulier au programme élargi d'approvisionnement en eau potable et d'assainissement en milieu rural, auquel son gouvernement espère coopérer.

Le Professeur LISICYN (Union des Républiques socialistes soviétiques) remercie le Directeur général de son rapport. Etant donné la multiplicité des organismes qui s'occupent de l'environnement, la coordination est seule capable d'assurer une utilisation optimale des ressources que l'OMS consacre à la planification et à l'exécution de l'action biomédicale du programme. Il faudrait que les projets exécutés au titre du programme de l'OMS concernant la santé et l'environnement fassent l'objet d'une sélection plus rigoureuse, afin que soient exclus les projets qui relèvent de la compétence d'autres institutions, en particulier du PNUD et du PNUE. L'OMS devrait limiter son action à la lutte contre les facteurs de l'environnement qui sont susceptibles de nuire à la santé de l'homme. Il conviendrait par exemple d'élargir la coopération internationale pour la mise au point de méthodes applicables à l'évaluation des effets biologiques des facteurs délétères de l'environnement, puisque ces méthodes sont indispensables à l'établissement de critères et de normes; l'OMS devrait coordonner et encourager les recherches nécessaires dans les instituts scientifiques nationaux et veiller à accroître en temps voulu le nombre des facteurs étudiés. Les autres activités devraient être confiées aux organisations compétentes - OIT, FAO, AIEA, etc - ce qui n'empêcherait pas l'OMS d'y participer à titre consultatif. Le Professeur Lisicyn aimerait que le Directeur général fournisse à l'avenir des renseignements

plus détaillés sur la coopération avec d'autres organisations et sur les possibilités d'élargir cette collaboration. La délégation soviétique propose de modifier le préambule du projet de résolution qu'elle a présenté conjointement avec les délégations de la Belgique et des Pays -Bas. Avec cet amendement, qu'approuvent semble -t -il les autres auteurs du projet de résolution, le préambule serait ainsi libellé :

Ayant examiné le rapport du Directeur général sur les activités de l'OMS dans le domaine de la santé et de l'environnement; Réaffirmant la résolution WHA27.50 et les résolutions adoptées sur ce sujet par des Assemblées mondiales de la Santé antérieures; et Rappelant la résolution 3264 (XXIX) de l'Assemblée générale des Nations Unies relative à l'interdiction d'agir sur l'environnement et le climat à des fins militaires et autres incompatibles avec le maintien de la sécurité internationale, le bien -être et la santé de l'être humain;

634

VINGT- HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

Sa délégation aimerait également ajouter, à la fin de l'alinéa 1) du paragraphe 3, une phrase ainsi conçue "notamment avec l'Organisation des Nations Unies et ses institutions :

spécialisées ".

A la demande des auteurs du projet de résolution, il est décidé que les amendements proposés seront soumis par écrit à la Commission.

La séance est levée à 11 h.50.

DIXIEME SEANCE

Lundi 26 mai 1975, 15 h.30 Président :

Dr J. -S. CAYLA (France)

1.

COORDINATION A L'INTERIEUR DU SYSTEME DES NATIONS UNIES (suite) :

Ordre du jour, 3.16 Ordre du jour, 3.16.6

Programme de l'OMS concernant la santé et l'environnement coordination des programmes et activités dans le domaine de l'environnement (suite)

Le Dr SACKS (Secrétaire de la Commission) explique que les délégations de la Belgique, des Pays -Bas, de la République Démocratique Allemande, de l'Union des Républiques socialistes soviétiques et du Venezuela se sont mises d'accord sur une version révisée du projet de résolution présenté à la séance précédente par le délégué de la Belgique. Les amendements portent sur le préambule et le paragraphe 3.1) du dispositif. Le projet de résolution révisé, qui a pour coauteurs les cinq délégations susmentionnées, est libellé comme suit :

La Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé, Ayant examiné le rapport du Directeur général sur les activités de l'OMS dans le domaine de la santé et de l'environnement; Réaffirmant la résolution WHA27.50 et les résolutions adoptées sur ce sujet par des Assemblées mondiales de la Santé antérieures; et Rappelant la résolution 3264 (XXIX) de l'Assemblée générale des Nations Unies relative à l'interdiction d'agir sur l'environnement et le climat à des fins militaires et autres incompatibles avec le maintien de la sécurité internationale, le bien -être et la santé de l'être humain, ainsi que la résolution 3326 (XXIX) de l'Assemblée générale des Nations Unies relative au rapport du Conseil d'administration du Programme des Nations Unies pour l'Environnement, 1. PREND ACTE du rapport; 2. RECOMMANDE aux Etats Membres 1) qu'une coordination adéquate soit instituée à l'échelon national, de telle sorte que l'amélioration et la protection de la santé de l'homme deviennent un objectif important dans la planification et l'exécution des programmes intéressant l'environnement, et 2) que la capacité de l'Organisation mondiale de la Santé soit mise à profit pour atteindre cet objectif; et PRIE le Directeur général 3. 1) de continuer à collaborer avec les institutions et programmes nationaux et internationaux dans ce domaine, en faisant porter spécialement l'accent sur la coordination à l'intérieur du système des Nations Unies; 2) de jouer constamment un rôle d'animateur pour faire en sorte que les questions de santé soient considérées comme un objectif majeur des programmes et activités dans le domaine de l'environnement, à la fois à l'échelle nationale et à l'échelle internationale; 3) d'inviter les institutions intergouvernementales et non gouvernementales, ainsi que les institutions nationales, à contribuer pleinement au programme de l'OMS concernant la santé et l'environnement; et 4) de faire rapport sur les faits nouveaux intéressant la coordination et sur leurs implications, lorsqu'il fera rapport à la cinquante- septième session du Conseil exécutif et à la Vingt -Neuvième Assemblée mondiale de la Santé conformément à la résolution WHA27.49. :

Le Dr VALLADARES (Venezuela) explique que l'amendement qu'il est proposé d'apporter au paragraphe 3.1) du dispositif, et qui figure maintenant dans la version révisée du projet de résolution, a pour objet d'encourager la coordination à l'intérieur du système des Nations Unies afin d'éviter que ne fassent double emploi des activités relevant de la compétence de l'OMS, à laquelle il appartient de coordonner toutes les questions intéressant la santé. Le Professeur SULIANTI SAROSO (Indonésie) rappelle que Shattuck aux Etats -Unis et Chadwick au Royaume -Uni ont été les premiers à insister sur la promotion de la salubrité de l'environnement comme meilleur moyen de prévenir la maladie et de protéger la santé. La salubrité de l'environnement est aussi importante pour les pays développés que pour les pays en voie de développement. En Indonésie, pays en voie de développement, il est possible, en améliorant l'environnement, de combattre des maladies transmissibles telles que les affections gastrointestinales et les maladies transmises par des vecteurs. Par ailleurs, les pays en voie de

635

636

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

développement peuvent aussi avoir leurs îlots de pollution provoquée par l'industrie et la circulation, tout comme les pays développés Djakarta, où le niveau d'oxyde de carbone dans l'atmosphère dépasse le seuil admissible, en est un exemple. La délégation indonésienne appuie fermement la coordination entre les organisations du système des Nations Unies pour ce qui concerne l'environnement, telle qu'elle est décrite dans le rapport du Directeur général. Cette coordination est d'autant plus opportune qu'elle encourage les Etats Membres à faire de même au niveau des pays. C'est ainsi qu'en Indonésie le Ministère de la Santé a participé activement à la préparation du rapport destiné à la conférence des Nations Unies sur les établissements humains (Habitat), qui doit se tenir en 1976 à Vancouver (Canada), et il a aussi été tenu compte d'impératifs d'ordre sanitaire dans le programme de mise en valeur des zones de repeuplement qui bénéficie de l'aide de la Banque mondiale. Grâce à cette coordination, les autres institutions comprennent mieux les problèmes sanitaires et les prendront en considération lors de l'exécution de leurs propres programmes de développement. :

Le Dr TOUR (Sénégal) déclare que son pays a pleinement conscience de l'interaction santé environnement, comme le montrent la création d'un Ministère de l'Environnement et l'attention accordée par le Ministère du Développement rural à l'approvisionnement en eau des régions agricoles. C'est pourquoi il appuie sans réserve le projet de résolution dont la Commission est saisie. Cependant, la participation aux programmes nationaux, en particulier d'assainissement, est également nécessaire. On peut aussi craindre qu'en l'absence d'une législation pour l'en empêcher, l'homme n'en vienne à saccager tout l'environnement. C'est pourquoi, dans l'intérêt du genre humain, des mesures sont prises pour empêcher la destruction des forêts parle feu et l'extinction des espèces animales. Le Dr MIHAILESCU (Roumanie) déclare que la protection et la promotion de l'environnement font partie intégrante de la politique de développement socio- économique de son pays; le Ministère de la Santé mène une action de surveillance, étudie les effets de la transformation de l'environnement sur la santé et veille à l'application des mesures de conservation. Il rend hommage à l'aide précieuse que l'OMS et le PNUD ont apportée au programme roumain de lutte contre la pollution de l'atmosphère et de l'eau, qui comprenait des études sur la pollution du Danube et de l'Arges. Il remercie aussi le Bureau régional de l'Europe d'avoir sélectionné avec soin les experts et les consultants affectés à ce programme, ainsi que les établissements à l'étranger où des boursiers roumains ont pu effectuer des études spécialisées. Dans le cadre d'une étude longitudinale concernant les effets de la pollution de l'air sur les enfants, à laquelle participent plusieurs pays européens, et avec l'assistance technique du Bureau régional de l'Europe, une étude comparative de la santé des enfants dans la vallée du Jiu et dans des zones témoins non polluées a été faite en Roumanie. Le Professeur GERIC (Yougoslavie) se félicite du rapport du Directeur général, celui -ci étant bien placé pour contribuer à la coordination au niveau le plus élevé des organismes du système des Nations Unies. Toutefois, comme le laisse entendre ce rapport, la coordination est surtout essentielle à l'échelon national puisque les efforts entrepris dans le domaine de l'environnement mettent en oeuvre de multiples disciplines, secteurs et services gouvernementaux. En Yougoslavie, cette coordination est assurée par un comité de coordination au niveau fédéral ainsi qu'au niveau des Républiques fédérées. Le Professeur Gerie appuie entièrement le projet de résolution avec l'amendement proposé par le délégué de l'Union soviétique.

M. SCHUMANN (République Démocratique Allemande) fait observer que la famille des Nations Unies dans son ensemble souffre d'une lacune dans le domaine de l'environnement il existe nombre de projets intéressants et utiles sur le terrain, notamment ceux de l'OMS, mais ils ne sont pas suffisamment connus des autres organisations et institutions nationales et internationales. Sans doute est -ce l'une des principales raisons du manque actuel de coordination auquel il est fait allusion dans le rapport; c'est ainsi que l'on peut lire à la section 2.2.1.2, par exemple, que, du fait de leurs constitutions, on constate un chevauchement des fonctions de l'OMS et du PNUE en ce qui concerne les relations de la santé et de l'environnement. L'OMS doit s'efforcer au maximum d'éviter les doubles emplois et chevauchements en ce qui concerne les activités d'hygiène du milieu entreprises au sein du système des Nations Unies. Par le canal approprié, c'est -à -dire peut -être le Comité de Coordination pour l'Environnement, l'OMS devrait participer à l'étude des dispositions institutionnelles régissant la coopération internationale en matière d'environnement conformément à la résolution 2997 (XXVII) de l'Assemblée générale des Nations Unies et à la décision N° 9 de la troisième session du Conseil d'Administration du PNUE. M. Schumann estime que cette approche devrait être prise en considération dans le rapport qui doit être présenté à la prochaine Assemblée mondiale de la Santé en application de la résolution WHA27.49. M. Schumann est heureux de figurer parmi les coauteurs du projet de résolution révisé, qui s'inspire de l'expérience selon laquelle la coordination à l'échelon national est un :

COMMISSION B

:

DIXIEME SEANCE

637

facteur important pour la coordination internationale, et il rappelle à ce propos le thème d'une Journée mondiale de la Santé, "La santé commence à la maison ". Il se réfère avec satisfaction à la résolution 3264 (XXIX) adoptée par l'Assemblée générale des Nations Unies en décembre 1974 à une majorité écrasante et qui est mentionnée au troisième alinéa du préambule du projet de résolution. La mise en oeuvre de cette résolution par les organes compétents et l'adoption d'une convention internationale correspondante ayant force obligatoire ouvrent de nouvelles perspectives non seulement en matière de désarmement, mais aussi pour les activités intéressant l'environnement, notamment les aspects touchant la santé et le bien -être de l'homme.

Le Professeur TATON (Pologne) se réjouit de ce que l'OMS accorde une attention croissante à la salubrité de l'environnement. Il appuie le projet de résolution tel qu'il a été amendé. Ainsi qu'en témoigne son adhésion à l'accord de 1973 sur la protection de la Baltique conclu par les Etats riverains, la Pologne estime que la coordination en matière d'environnement et d'hygiène du milieu doit englober les problèmes dans leur totalité en tant qu'ensemble écologique intégré. C'est pourquoi, le Professeur Tatoñ approuve le troisième alinéa que le délégué de l'Union soviétique a proposé d'ajouter au préambule. Le Professeur PACCAGNELLA (Italie) félicite l'OMS des efforts qu'elle déploie pour collaborer avec les organisations s'intéressant à la salubrité de l'environnement, tâche d'autant plus ardue que leur nombre est en rapport avec la diversité des aspects socio- économiques et politiques du problème. Du fait que les facteurs environnementaux influent sur la santé tout comme sur la qualité et la durée de la vie humaine, l'OMS doit poursuivre le programme d'hygiène du milieu déjà examiné par la Commission A en en soulignant les aspects épidémiologiques, pour lesquels l'Organisation doit jouer le premier rôle. Le Professeur Paccagnella demande instamment que les projets inclus dans le programme de salubrité de l'environnement soient intégrés afin de conserver à celui -ci un caractère global, etd'éviter ainsilamultiplication etla prolifération d'initiatives et d'organismes auxquelles on assiste tant sur le plan international qu'à l'échelon national et qui se traduisent par des chevauchements et un manque d'efficacité. Il approuve les dispositions du projet de résolution qu'il est prêt à appuyer sous sa forme révisée.

Le Dr SOBOTKOVA (Tchécoslovaquie) rappelle que sa délégation a déjà évoqué en Commission A, à propos du programme de salubrité de l'environnement, l'importance de la coordination à l'intérieur du système des Nations Unies et de l'application des recommandations émanant d'organisations non gouvernementales comme les associations médicales internationales. Elle appuie pleinement le projet de résolution révisé.

Pour le Dr WRIGHT (Niger), il va de soi que ce projet de résolution est important, étant donné les agressions commises par l'homme contre l'environnement, agressions dont il subit Le Dr Wright s'inquiète de lire, dans la dernière phrase de la section 3 du le contrecoup. rapport du Directeur général, qu'il n'existe pas au budget de l'OMS des crédits suffisants pour absorber la totalité des frais généraux en relation avec les projets du PNUE sans compromettre les activités que l'Organisation met en oeuvre au titre de son budget ordinaire. Le Directeur général pourrait -il indiquer comment il se propose de trouver les fonds nécessaires pour donner suite au projet de résolution que la Commission se prépare à approuver ? Le Dr LARI (Pérou) appuie le projet de résolution. Le Pérou, où la pollution des cours d'eau et de l'atmosphère pose de graves problèmes, s'intéresse depuis longtemps à la protection de l'environnement. Le Centré panaméricain de Génie sanitaire et des Sciences de l'Environnement, récemment construit avec le concours du Gouvernement péruvien, est situé à Lima. Le Pérou a aussi participé à une enquête sur la pollution de l'air, de l'eau et du sol qui a fourni une vue d'ensemble de la situation dans six pays de la région des Andes. 'Le Dr O. A. HASSAN (Somalie) suggère que l'Assemblée de la Santé indique, soit dans le projet de résolution, soit par d'autres moyens, qu'avant que des programmes concernant l'environnement soient entrepris au niveau des pays, les organisations internationales, notamment celles du système des Nations Unies, devront veiller à ce qu'on accorde à l'élément santé plus d'importance que ce n'est le cas actuellement. Le Dr PAVLOV (Sous- Directeur général) remercie les délégués de leurs suggestions et commentaires constructifs. Il reconnaît avec le délégué de l'Union soviétique qu'il est nécessaire d'étudier de plus près la coordination des activités de l'OMS en matière d'environnement avec celles des autres organisations. Il reconnalt aussi que les aspects biomédicaux du programme doivent être soulignés. Le rapport du Directeur général étant toutefois consacré plusparticulièrement à la coordination, il n'a pas été possible d'aborder dans ce document tous les aspects du programme. Ses aspects biomédicaux seront traités dans le rapport qui sera soumis à la prochaine Assemblée de la Santé.

Le Dr DIETERICH (Directeur de la Division de l'Hygiène du Milieu) note que plusieurs délégués ont souligné la nécessité de renforcer l'élément sanitaire des programmes relatifs à

638

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

l'environnement. Naturellement, c'est là l'objectif que vise l'OMS lorsqu'elle s'efforce de coordonner ses activités avec celles d'autres institutions, et le Secrétariat ne manquera pas de s'inspirer des suggestions faites à cet égard par les délégués du Sénégal, de la Somalie et de la République Démocratique Allemande. Le but du Secrétariat est d'introduire des éléments sanitaires dans les programmes relatifs à l'environnement et de rendre les programmes environnementaux des autres institutions plus proches des objectifs sanitaires de l'OMS. La contribution que l'OMS peut apporter à cette coordination variera suivant les cas, les objectifs des différentes institutions avec lesquelles elle collabore étant très différents. Par exemple, lorsque l'Organisation collabore avec l'AIEA, avec l'OIT ou l'ONUDI, elle s'efforce de fixer les critères ou les normes à appliquer pour des projets de développement. Lorsqu'elle collabore avec la Banque mondiale, elle s'emploie à orienter les investissements dans un sens favorable à la solution des problèmes sanitaires prioritaires, tels que l'approvisionnement en eau et l'assainissement en milieu rural. Plusieurs délégués ont mentionné la nécessité d'une coordination au niveau national; le Dr Dieterich rappelle qu'il en est fait état dans un rapport antérieur soumis par le Directeur général à la Vingt- Septième Assemblée mondiale de la Santé. Le Secrétariat est tout disposé à collaborer avec tout organisme national susceptible de promouvoir les objectifs nationaux en matière de santé. L'approvisionnement en eau et l'assainissement en milieu rural constituent un secteur prioritaire faisant l'objet d'une coordination avec la Banque mondiale, la FAO et le FISE. Le Directeur général a signalé dans le rapport soumis à la Commission qu'à la suite d'une nouvelle F initiative prise en commun avec la Banque mondiale, le PNUD, le PNUE, le FISE, l'OCDE et le Centre de Recherche pour le Développement international, on s'attachera à créer un réseau d'institutions pouvant aider à fournir des informations aux administrations locales chargées du développement des approvisionnements en eau et de l'assainissement en milieu rural. Le délégué des Pays -Bas a fait allusion au registre international des substances chimiques potentiellement toxiques établi par le PNUE; le Dr Dieterich informe la Commission que l'OMS est en train de négocier avec le PNUE un accord à ce sujet. Le délégué de l'Indonésie a dit à quel point les préparatifs nationaux de la prochaine conférence des Nations Unies sur les établissements humains avaient stimulé la coordination dans son pays. Le Dr Dieterich rappelle que les discussions techniques de la Vingt -Neuvième Assemblée de la Santé seront consacrées aux aspects sanitaires des établissements humains; les documents destinés à la préparation de ces discussions techniques seront distribués aux Etats Membres le mois prochain. Il faut espérer que les activités induites par les préparatifs des discussions techniques contribueront au niveau national à favoriser la coordination entre le secteur de la santé et les autres administrations. Plusieurs délégués se sont intéressés aux projets de lutte contre la pollution, tels ceux qui concernent le bassin du Danube et la mer Baltique. On trouve en Amérique latine plusieurs autres programmes semblables qui posent des problèmes complexes en matière de coordination puisqu'ils mettent en jeu plusieurs organisations nationales et internationales. Il est essentiel que toutes ces activités accordent une certaine place aux aspects sanitaires. Le Dr Dieterich confirme aux délégués que tout est fait pour empêcher qu'ily ait double emploi avec les programmes du PNUE. Le rapport dont est saisie la Commission souligne l'importance des mesures déjà prises à cet effet. A la troisième session du Conseil d'administration du PNUE, il a été décidé que l'OMS et le PNUE entameraient des discussions en vue d'élaborer de concert des programmes pour les deux ou trois prochaines années. On espère ainsi encourager le PNUE à accorder une priorité élevée à la santé dans le cadre du programme que le système des Nations Unies consacre à l'environnement. Le Dr SACKS (Coordination avec les autres organisations), répondant à la demande d'éclaircissements du délégué du Niger concernant la dernière phrase de la section 3 du rapport du Directeur général, indique qu'à l'heure actuelle le Directeur général s'efforce d'absorber de son mieux les frais généraux liés aux projets du PNUE, mais qu'il est en contact avec ce dernier pour trouver les moyens de financer les activités résultant de la coopération de l'OMS avec ce programme. En ce qui concerne la nécessité d'éviter que les programmes ne fassent double emploi avec ceux d'autres organisations, l'OMS est consultée par le PNUE à tous les stades des activités, et des fonctionnaires des deux organisations ont été désignés pour s'occuper des problèmes de coordination. Quant à la prolifération des initiatives, l'OMS s'en préoccupe en restant constamment en rapport avec les autres organisations pour veiller à ce que les fonds disponibles soient employés au mieux. En ce qui concerne le projet de résolution révisé, le Dr Sacks explique que la résolution 3326 (XXIX) de l'Assemblée générale des Nations Unies, mentionnée au troisième paragraphe du préambule, est une longue résolution qui traite en termes généraux du, programme du PNUE et qui souligne l'importance de la coordination et de la coopération entre le PNUE et les institutions spécialisées pour assurer la mise en oeuvre efficace de ce programme. Le Dr UHRICH (Etats -Unis d'Amérique) rappelle qu'en présentant le projet de résolution à la précédente séance le délégué de la Belgique a mentionné l'importance du programme de l'OMS

COMMISSION B

:

DIXIEME SEANCE

639

dans le domaine de la santé et de l'environnement. Les observations de ce délégué, et celles des coauteurs du projet de résolution, ont nettement mis en relief les objectifs prioritaires de ce programme. La délégation des Etats -Unis a appuyé le projet de résolution initial, ainsi que les paragraphes du dispositif du texte révisé. En revanche, elle émet quelques réserves sur les rapports entre le nouveau paragraphe du préambule qui rappelle la résolution 3264 (XXIX) de l'Assemblée générale des Nations Unies et la tâche que l'Organisation est priée d'entreprendre. M. CHU Hsing -kuo (Chine) attire l'attention de la Commission sur le troisième alinéa du préambule du projet de résolution révisé qui se réfère à la résolution 3264(XXIX) de l'Assemblée générale des Nations Unies relative à l'interdiction d'agir sur l'environnement et le climat à des fins militaires et autres incompatibles avec le maintien de la sécurité internationale. Cette résolution, présentée par le représentant de l'Union soviétique à la vingt- neuvième session de l'Assemblée générale, est en fait une manoeuvre de propagande pleine d'arrières -pensées. Le délégué de l'URSS à la présente Assemblée de la Santé a dit qu'il souhaitait mentionner la résolution de l'Assemblée générale dans le projet de résolution dont est saisie la Commission à cause du souci que lui inspirent la sécurité internationale et la paix mondiale. Mais quels sont les Etats qui disposent de grandes quantités d'armes nucléaires et qui menacent la paix mondiale ? Ce sont évidemment les deux superpuissances. Si l'URSS se préoccupait véritablement de la sécurité de l'humanité, son Gouvernement prendrait des mesures concrètes dans ce sens, notamment à l'égard de sa présence militaire dans l'océan Indien. La délégation chinoise ne saurait donc souscrire à l'amendement présenté par le délégué de l'URSS.

Le Professeur LISICYN (Union des Républiques socialistes soviétiques) indique, en réponse au délégué de la Chine, que sa délégation estime qu'il est nécessaire que l'Assemblée de la Santé tienne compte des décisions d'importance capitale prises par l'Assemblée générale des Nations Unies au sujet de la protection de l'environnement. La résolution de l'Assemblée générale dont il est question a été adoptée à une majorité écrasante et reflète le désir unanime de voir prendre des mesures plus efficaces à cette fin. M. CHU Hsing -kuo (Chine) fait valoir que le représentant de la Chine à la vingt -neuvième session de l'Assemblée générale des Nations Unies a fait connattre la position du Gouvernement chinois concernant la résolution 3264 (XXIX) de l'Assemblée générale. Il réaffirme cette position; sa délégation s'oppose à l'amendement présenté par le délégué de l'URSS et ne prendra pas part au vote sur le projet de résolution.

Le Professeur SULIANTI SAROSO (Indonésie) souhaiterait, avant qu'on passe au vote, disposer d'informations plus complètes sur les résolutions de l'Assemblée générale des Nations Unies mentionnées dans le projet de résolution révisé dont est saisie la Commission. Le PRESIDENT propose que la Commission renvoie à plus tard la décision à prendre sur le projet de résolution, en attendant que le Secrétariat ait communiqué les informations demandées. Il en est ainsi décidé.

Le Dr KUPFERSCHMIDT (République Démocratique Allemande) se demande si les informations qui seront communiquées à la Commission feront état des résultats du vote sur la résolution 3264 (XXIX) de l'Assemblée générale des Nations Unies. En fait, cette résolution a été adoptée par 126 voix, sans opposition, avec 5 abstentions. (Voir la suite du débat dans le procès -verbal de la onzième séance, section 3.) 2.

FACTEURS PSYCHO -SOCIAUX ET SANTE

Ordre du jour, 2.4

Le Dr TAYLOR (représentant du Conseil exécutif), qui présente la question, indique que, conformément au voeu exprimé par l'Assemblée de la Santé dans sa résolution WHA27.53, le Conseil exécutif a examiné lors de sa cinquante -cinquième session un rapport du Directeur général sur les facteurs psycho- sociaux et la santé. Après avoir examiné ce rapport, le Conseil exécutif a décidé de demander au Directeur général de lui soumettre un nouveau rapport à sa cinquante septième session, et de demander à la Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé d'accepter que le Directeur général fasse un rapport complet sur la question devant la Vingt -Neuvième Assemblée mondiale de la Santé. Le Dr ETER (République fédérale d'Allemagne) indique que les discussions qui se sont déroulées la semaine précédente ont montré qu'il y a eu un déplacement d'accent en ce qui concerne les différents aspects de la santé. Les pays industrialisés et techniquement développés se préoccupent davantage de l'influence des facteurs environnementaux sur la santé. L'examen des facteurs psycho- sociaux est également important. Une analyse des facteurs psycho- sociaux et des soins psychiatriques devrait être faite, ce qui suppose des efforts encore plus poussés en vue de la standardisation internationale du diagnostic et de la terminologie. Une telle enquête devrait avoir pour but d'étudier l'efficacité et l'évolution des différents services psychiatriques.

640

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

En ce qui concerne les groupes sociaux marginaux, il conviendrait d'étudier les rapports qui existent entre certains facteurs du milieu tels que l'habitat et des phénomènes comme la criminalité, la tendance au suicide, l'alcoolisme et la dépendance à l'égard des drogues. Il faudrait étudier par exemple les rapports entre les problèmes du logement dans les villes et ces troubles psychologiques. Ces rapports, qui varient selon les populations étudiées, sont extrêmement complexes. Il pourrait être nécessaire d'aborder le problème sous différents angles, les études devant tenir compte en tout cas de la spécificité du milieu ethno -culturel. Le fait que les troubles psychiques sont particulièrement fréquents chez les personnes vivant seules constitue un indice d'une relation entre ces troubles et l'habitat. L'OMS a un rôle coordonnateur à jouer dans ce domaine, et les critères qu'elle pourra mettre au point seront précieux pour tous les pays. Des actions pluridisciplinaires sont nécessaires mais, en dernier ressort, c'est au médecin que doit incomber la responsabilité. Le Dr KUPFERSCHMIDT (République Démocratique Allemande) indique que les activités déployées par l'OMS pour étudier l'influence des facteurs psycho- sociaux sur la santé procèdent du souci de comprendre les facteurs qui conditionnent la santé et la maladie, et de mettre au point des mesures préventives. Avant que le rapport du Directeur général puisse être établi, il faudra que soit mieux défini le terme "facteurs psycho- sociaux ". Il ne faudrait pas en élargir l'acception au point de le confondre avec la sociologie ou la psychologie. Dans le domaine considéré, les activités de santé publique devraient être consacrées à des problèmes particulièrement importants, tels que les troubles névrotiques, l'alcoolisme, la toxicomanie, les sociopathies et les troubles du comportement et du développement chez les enfants. L'étude du rôle des facteurs psycho- sociaux dans l'étiologie de ces troubles suppose une analyse fort complexe. Des ressources considérables seraient sans doute nécessaires pour mener à bien cette étude, qui devrait également explorer certaines corrélations intéressantes, telles que les rapports entre l'incidence des troubles psycho- sociaux et le degré d'urbanisation. Il importe également d'étudier l'influence des facteurs psycho- sociaux sur les maladies mentales. A cet égard, on constate déjà une intensification de l'activité internationale. Il est donc de la plus haute importance que l'OMS coordonne les activités internationales dans ce domaine en liaison avec les organisations non gouvernementales intéressées. Le Dr TOURS (Sénégal) rappelle qu'en séance plénière le Ministre de la Santé publique et des Affaires sociales de son pays a déjà parlé de la manière dont les problèmes de santé mentale étaient abordés au Sénégal, grâce à la création de centres psychiatriques régionaux. On a estimé que le malade mental devait être traité dans son propre milieu. Le Gouvernement met d'autre part en oeuvre une réforme administrative visant à constituer des collectivités rurales plus actives et dotées d'une plus grande autonomie administrative, ce qui favorisera également la prévention des maladies mentales. Rappelant la définition que donne l'OMS de la santé - un état de complet bien -être physique, mental et social - le Dr Touré fait observer que dans le monde moderne, avec tout ce qu'il comporte de dépersonnalisation et d'instabilité, l'homme vit dans la crainte et se trouve dans un état d'équilibre précaire; ni l'éducation, ni les soins, ni une politique de l'environnement ne suffiront à lui donner un sentiment de sécurité si l'ensemble du système social n'est pas réformé pour assurer un environnement plus salubre, davantage de justice et de fraternité, et plus de liberté et d'égalité dans la société. Le Professeur SULIANTI SAROSO (Indonésie) estime qu'il vaudrait mieux ne pas étudier cette question avant que le rapport complet soit soumis à la Vingt- Neuvième Assemblée de la Santé, ainsi que l'a recommandé le Conseil exécutif à sa cinquante -cinquième session. Il suffira à la présente Assemblée d'adopter une résolution dans ce sens. Le Dr SARTORIUS (Santé mentale) remercie les délégués de leurs observations et leur signale que la préparation du rapport complet est déjà assez avancée. Il sera heureux de pouvoir présenter un rapport plus détaillé aux prochaines sessions du Conseil exécutif et de l'Assemblée. Le Professeur PACCAGNELLA (Italie) souligne que la relation entre l'environnement et la santé n'est seulement d'ordre physique mais implique aussi les rapports entre le milieu social somatiques, mentaux et sociaux. Il est donc important que et la santé dans tous ses aspects l'étude ne se borne pas aux problèmes purement psychiatriques et que la compétence des services de santé publique en la matière soit mise en relief, étant donné l'interdépendance entre les services de santé et les services sociaux à l'échelon local. :

Le Dr SARTORIUS (Santé mentale) répond qu'il n'a pas encore été établi de définitions très nettes et que l'un des buts du nouveau programme est de clarifier ces questions et de mettre au point des définitions. L'approche débordera certainement le cadre de la psychiatrie clinique et comprendra une composante sociale. A la demande du PRESIDENT, le Dr VALLADARES (Venezuela), Rapporteur, donne lecture du projet de résolution suivant :

La Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé, Rappelant la résolution WHA27.53 sur les facteurs psycho- sociaux et la santé; Vu les recommandations du Conseil exécutif qui, dans sa résolution EB55.R20, a estimé

COMMISSION B

:

DIXIEME SEANCE

641

que l'importance et la complexité de la question exigent de plus amples études pour mettre au point un programme détaillé d'action dans le domaine des facteurs psycho- sociaux influant sur la santé, en particulier sur la santé mentale, et sur le fonctionnement des services de santé,

PRIE le Directeur général de soumettre un nouveau rapport au Conseil exécutif à sa cinquante -septième session et un rapport complet sur cette question à la Vingt -Neuvième Assemblée mondiale de la Santé. Décision 3. :

Le projet de résolution est approuvé.1 :

SECURITE D'EMPLOI DES PESTICIDES CLASSIFICATION DES PESTICIDES EN FONCTION DES DANGERS QU'ILS PRESENTENT

Ordre du jour, 2.10

Le Dr TAYLOR (représentant du Conseil exécutif), présentant la question, rappelle qu'elle a été étudiée par le Conseil à la requête d'un certain nombre de pays Membres qui souhaitaient recevoir une assistance pour la classification des pesticides. Réuni en 1972, le Comité d'experts de la Sécurité d'Emploi des Pesticides avait préparé les bases de cette classification et lorsque le Conseil exécutif a examiné le rapport du Comité d'experts, à sa cinquante deuxième session en juin 1973, il a adopté la résolution EB52.R11 dans laquelle il priait le Directeur général de faire préparer un projet de classification et de le soumettre aux organismes nationaux et internationaux. Ce document a été diffusé en 1974 et 21 pays ainsi que deux organisations internationales ont fait connaître leurs observations. Ayant examiné ces observations à sa cinquante -cinquième session, le Conseil les a jugées utiles et favorables à la classification. Il a estimé que le projet constituait une base valable pour la classification des pesticides en fonction des dangers qu'ils présentent et pourrait servir immédiatement aux autorités nationales, tout en réservant la possibilité d'y apporter des changements en consultation avec les Etats Membres, les institutions internationales et les organes régionaux. Le Conseil a adopté la résolution EB55.R19 qui contient un projet de résolution relatif à l'adoption par la Vingt- Huitième Assemblée mondiale de la Santé de la classification proposée. Le Dr HAMON (Biologie des vecteurs et lutte antivectorielle), présentant le rapport auquel le projet de classification est joint en appendice,2 explique qu'on a retenu comme critères de classification les caractéristiques connues pour la quasi -totalité des pesticides, et que la classification proposée est fonction des dangers que présentent les pesticides pour leurs utilisateurs et pour les personnes exposées à des contacts avec ces produits. La classification est établie avant tout à partir de la toxicité intrinsèque par voie orale et par voie dermique, laquelle est évaluée pour la quasi -totalité des pesticides avant leur commercialisation. Cette toxicité intrinsèque est ensuite ajustée en fonction du type de formulation, compte tenu du fait que les formulations liquides entraînent un plus grand risque d'accident. En outre, des dispositions spéciales sont prévues pour les composés qui sont surtout employés sous forme d'aérosols ou de fumigations. Les critères utilisés devraient permettre à tous les pays qui n'ont pas de règlement approprié d'en préparer un; par ailleurs, la classification est suffisamment souple pour être adaptée aux cas particuliers où la formulation est telle que le composé présente un danger non reflété par la toxicité par ingestion ou par voie dermique. En outre, la classification sera revue à la lumière de l'expérience acquise dans les pays Membres. On a estimé qu'il n'était pas possible de tenir compte de l'action des composés sur l'environnement car, actuellement, on ne possède les informations nécessaires que pour quelques produits et, même dans ces cas, l'interprétation des données varie tellement d'un pays à l'autre ou d'un expert à l'autre qu'il serait très difficile de les utiliser. On a donc décidé de fonder les recommandations sur lei principal risque connu, qui est celui d'intoxication aigu é ou, dans certains cas, d'intoxication à moyen terme chez les utilisateurs et les personnes exposées. Le Dr HELLBERG (Finlande) fait observer qu'au niveau des administrations sanitaires des Etats Membres, les dangers liés aux pesticides ne doivent pas être envisagés uniquement sous un angle théorique comme c'est le cas dans le document que la Commission a sous les yeux. Par exemple,

l'emploi des valeurs de la DL50 chez le rat est contestable et le tableau trop schématique qui en résulte pourrait conduire à des applications dangereuses. Pour prendre des décisions valables dans la pratique quotidienne, il faut utiliser des données relatives aux dangers et tolérances correspondant aux pesticides présents dans les aliments. Le Dr Hellberg rappelle qu'à une récente réunion mixte FAO /OMS sur les résidus de pesticides dans les aliments, ce point de vue a été

1 Ce projet de résolution a été transmis à l'Assemblée de la Santé dans le cinquième rapport de la Commission et adopté sous le numéro d'ordre WHA28.50.

2 Voir Actes officiels OMS, N° 226, 1975, annexe 11.

642

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

exposé dans un document. L'OMS pourrait jouer un rôle très utile en se chargeant de recueillir et de distribuer des informations sur la consommation alimentaire et les résidus de pesticides dans les aliments, de manière qu'on puisse établir des niveaux de tolérance réalistes pour différents pesticides. Ce genre de recherche, plus utile que les travaux plus théoriques, est indispensable si l'on veut protéger la santé des hommes. Le Dr Hellberg voudrait connaître les intentions du Secrétariat à cet égard. Le Dr JOSHI (Népal) indique que, dans son pays, un pesticide appelé "Folidol" est souvent utilisé en agriculture pour empêcher le jute de se détériorer dans les entrepôts. Il est arrivé que la mort frappe après quelques heures de travail des pulvériseurs recrutés sans discrimination parmi les jeunes qui cherchaient un emploi dans l'armée et qu'on n'avait pas munis d'instructions claires sur les dangers du pesticide et sur les mesures à prendre pour s'en protéger. Le Dr Joshi estime que les employeurs doivent être tenus pour responsables en pareil cas et astreints à régler les frais de traitement des travailleurs intoxiqués par le "Folidol ". Il est essentiel que les renseignements sur la toxicité et les mesures de protection soient donnés dans la langue locale et non pas seulement en anglais, langue que peu de Népalais sont en mesure de lire. Le Dr MATUNDU NZITA ( Zayre) appuie sans réserves le projet de résolution contenu dans la résolution EB55.R19 du Conseil exécutif, mais demande instamment qu'on attire l'attention des fabricants sur la nécessité de respecter les normes de toxicité et les règlements en matière de transport, de stockage, de conditionnement et d'instructions pour l'emploi. Il faut aussi que chacun se rende bien compte que les pays en voie de développement ne doivent pas servir de terrain d'expérimentation des pesticides, si ce n'est en vertu d'accords bilatéraux.

Le Dr JAROCKIJ (Union des Républiques socialistes soviétiques), se référant à la déclaration du Dr Hamon selon laquelle la classification repose sur les dangers que présentent les pesticides pour les personnes qui les utilisent ou y sont exposées, fait observer que, les pesticides étant de plus en plus employés en agriculture, il est capital de tenir compte de leurs effets sur l'environnement et sur l'ensemble de la population. A cet égard, la DL50 n'est pas un critère suffisant; aussi espère -t -il que l'OMS mettra au point une classification plus fine, fondée sur un plus grand nombre de critères et notamment sur la volatilité du composé, sa stabilité dans l'environnement et ses effets cumulatifs. Il est également important d'introduire dans la classification le critère du facteur limitant; si un pesticide présente, ne fût -ce qu'une seule propriété dangereuse, par exemple cancérogénicité ou mutagénicité, il convient de le classer en fonction de cette propriété. Dans le projet de classification, on a peu tenu compte de la stabilité des pesticides dans l'environnement, alors qu'il s'agit d'un facteur important pour l'estimation des dangers qu'ils font courir à l'ensemble de la population. Se référant à l'appendice 2 du rapport, le Dr Jarockij constate que les pesticides qui y sont énumérés sont correctement classés du point de vue des risques professionnels, mais non du point de vue des risques courus par la population en général. En négligeant des facteurs tels que la stabilité et la toxicité de la substance active, on a classé parmi les produits modérément ou peu dangereux des pesticides qu'il juge, lui, extrêmement dangereux. En résumé, la classification est utile et peut être déjà appliquée mais il est nécessaire de l'améliorer de manière qu'elle reflète plus justement les risques pour l'ensemble de la population et pas uniquement les risques professionnels. (Voir la suite du débat dans le procès- verbal de la onzième séance, section 2.).

La séance est levée à 17 h.30.

ONZIEME SEANCE

Mardi 27 mai 1975, 9 h.40 Président :

Dr J. -S. CAYLA (France)

1.

CINQUIEME RAPPORT DE LA COMMISSION

A la demande du PRESIDENT, le Dr VALLADARES (Venezuela), Rapporteur, donne lecture du projet de cinquième rapport de la Commission. Décision 2. :

Le rapport est adopté (voir page 699). :

SECURITE D'EMPLOI DES PESTICIDES CLASSIFICATION DES PESTICIDES EN FONCTION DES DANGERS QU'ILS PRESENTENT (suite de la dixième séance, section 3)

Ordre du jour, 2.10

M. PARROTT (Royaume -Uni de Grande - Bretagne et d'Irlande du Nord) déclare bienvenu le projet de classification des pesticides en fonction des dangers qu'ils présentent et félicite le Conseil exécutif et le Secrétariat du travail accompli. Les experts du Royaume -Uni approuvent ce projet qui cadre bien avec la classification britannique des pesticides. La Communauté économique européenne, qui patronne des travaux allant dans le même sens, suit de près les activités de l'OMS en matière de toxicologie et de classification des pesticides. Le Dr FLEURY (Suisse) dit que, dans son pays, les pesticides sont, comme dans le projet de l'OMS, classés en fonction de la DL50 (exprimée en mg /kg de poids corporel), mais la classification suisse comporte cinq classes, la classe 1 comprenant les produits les plus dangereux. Cette classification s'est révélée satisfaisante et la délégation suisse soutiendra le projet de l'OMS.

Le Dr GRAHAM (Australie) dit que son Gouvernement est satisfait du projet de classification dont la Commission est saisie. Il note que le projet de classification devra certainement, selon ses auteurs, être remanié en fonction de l'expérience acquise, mais cela ne lui enlève rien de sa valeur. Les classes III, II et la et Ib correspondent grosso modo, dans ce projet, aux groupes 5, 6 et 7 - où se rangent la plupart des pesticides dangereux - de la classification standard en 8 groupes du Commonwealth australien, qui a été adoptée par le Conseil national de la Santé et de la Recherche médicale en vue d'uniformiser la pratique dans les différents Etats du Commonwealth. La classification australienne est fondée sur des études de toxicité aiguë - par contact dermique et par inhalation - réalisées sur au moins deux espèces animales non apparentées, la première étant toujours le rat et la deuxième souvent le chien. En ce qui concerne l'application des critères de classification (section 4 du projet de classification), des valeurs de DL50 aiguë orale ou dermique ont été proposées dans la majorité mais non dans la totalité des cas, de sorte qu'une classification suivant le "danger" plutôt que selon la "toxicité" pourrait être très utile. En raison de la nécessité évidente de protéger ceux qui manipulent les pesticides - qu'il s'agisse de ceux qui les utilisent professionnellement, de travailleurs du secteur des transports ou même du grand public - la proposition visant à faire apposer une mise en garde sur les emballages (section 7 du projet de classification) est sage et opportune. Les substances classées dans la liste australienne doivent faire l'objet de l'une des trois mentions suivantes "danger ", "poison" ou "poison dangereux ". La délégation australienne est favorable à l'apposition du symbole "tête de mort et deux tibias" sur les produits des classes I et II. Une étude internationale plus poussée sur l'étiquetage pourrait être utile. La délégation australienne constate que le projet de classification vise à protéger contre le grave risque que peuvent encourir ceux qui accidentellement manipulent le produit toxique et elle note que l'objectif principal de la classification est d'informer l'acheteur de l'importance de danger qu'il court. Mais la classification pourra être utile aussi dans le cadre d'une procédure d'enregistrement visant à surveiller l'utilisation des pesticides et à assurer la formation du personnel qui les manipule. :

Le Professeur MATEJICEK (Tchécoslovaquie) approuve le projet de classification, qui aidera à réduire les effets nocifs des pesticides sur la santé humaine. On s'intéresse beaucoup à la question en Tchécoslovaquie où une classification analogue est en vigueur. Le projet de classification fondé, en ce qui concerne sa base technique, sur les connaissances actuelles en matière de niveau de toxicité, ne représente toutefois qu'un premier pas dans la lutte contre - 643 -

644

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

les risques que comporte l'utilisation des pesticides. Les autorités sanitaires tchécoslovaques appuient pleinement les travaux qu'accomplit l'OMS dans ce domaine. Le Dr UHRICH (Etats -Unis d'Amérique) soutient le projet tendant à classer les produits selon des critères de toxicité. Les principes qui en forment la base sont rationnels et la classification répond à un besoin qui se faisait sentir depuis longtemps dans les Etats Membres. Les propositions visant à l'évolution de la classification et à la notification des correctifs (sections 5 et 6 du projet) sont utiles. La délégation des Etats -Unis votera donc en faveur du projet de classification.

Le Professeur PACCAGNELLA (Italie) déclare que le projet de classification aidera les Etats Membres à réglementer l'usage des pesticides, et approuve les objectifs énoncés dans la section 1 du projet. La sécurité d'emploi des pesticides ne concerne pas seulement les personnes intervenant dans la production et l'application des pesticides et qui sont en contact avec ces produits alors qu'ils ne sont pas stockés en conteneurs - notamment les agriculteurs et leurs familles - mais aussi l'ensemble de la population mondiale du fait de la présence de résidus dans les aliments. En Italie, jusqu'en 1960, la situation était à peu près la même que celle que le délégué du Népal a dépeinte lors de la séance précédente du fait de manipulations massives et maladroites, des familles entières se sont trouvées exposées à des risques d'effets adverses dont le diagnostic est délicat. Depuis lors, des études ont été effectuées et des règlements édictés, et la situation est maintenant bien en main grâce à l'application des règlements, à l'information du corps médical et à l'éducation sanitaire du grand public, et particulièrement des travailleurs agricoles. Les syndicats ont apporté dans ce domaine leur soutien aux autorités sanitaires. Le projet offrira d'utiles directives aux pays en voie de développement, qui pourront adapter la classification à leurs besoins particuliers. Le délégué italien votera pour le projet de résolution dont la Commission est saisie. :

i

Le Professeur GERIC (Yougoslavie) approuve également le projet de classification, qui n'est certes pas parfait, mais pourra être amélioré dans les années à venir. En attendant, il pourra servir de guide aux Etats Membres pour l'adoption d'amendements à leurs lois et règlements; le Gouvernement yougoslave étudiera certainement sa législation nationale sur les pesticides et les produits toxiques en tenant compte du projet de l'OMS. La délégation yougoslave votera pour le projet de résolution recommandé par le Conseil exécutif. Le Professeur SULIANTI SAROSO (Indonésie) rappelle que des quantités importantes de pesticides importés ont été utilisées durant la "révolution verte" et pour lutter contre les maladies transmissibles. Le Ministère de la Santé de son pays s'est préoccupé des dangers que les pesticides présentent pour la santé et a créé une commission présidée par un représentant du Ministère de l'Agriculture, mais ayant pour vice -président un représentant du Ministère de la Santé; cette commission contrôle toutes les importations de pesticides en Indonésie. Le Gouvernement indonésien soutient fermement l'OMS dans ses efforts pour établir une classification des pesticides selon les dangers qu'ils présentent. Etant donné que l'agriculture a besoin de pesticides, il importe d'évaluer les risques liés à leur emploi. En Indonésie, ces produits sont classés en deux groupes selon des critères assez différents de ceux proposés par l'OMS. Les pesticides du groupe 1, classés comme "très dangereux ", ne peuvent pas être utilisés sans une autorisation spéciale du Ministère de l'Agriculture et doivent être manipulés par un personnel expérimenté, alors que les pesticides du groupe 2 (DL50 orale supérieure à 50 mg /kg) peuvent être utilisés par d'autres personnes. En 1974, un séminaire d'une semaine sur la manipulation des pesticides a été organisé à l'intention des personnels des Ministères de la Santé et de l'Agriculture ainsi que des personnes qui manipulent ces produits. Des experts des Etats -Unis d'Amérique ont apporté au séminaire le bénéfice de leurs conseils. Dans les provinces, il existe une équipe de protection contre les pesticides, comprenant pour l'instant uniquement du personnel de santé, mais on espère que cette équipe pourra être renforcée par du personnel agricole, pour que le problème puisse être abordé sous deux angles différents. Des progrès ont été réalisés dans cette direction, en ce sens que l'usage des pesticides est actuellement contrôlé à la fois par le Ministère de l'Agriculture et par le Ministère de la Santé, bien que la coordination n'existe encore qu'à l'échelon national. Le Ministère de la Santé assure une surveillance épidémiologique pour détecter l'apparition de cas multiples d'empoisonnement par les pesticides; certains décès que l'on aurait pu attribuer à des infections ont, après enquête, été mis au compte d'accidents causés par les pesticides. L'Institut national de recherche et développement en matière de santé poursuit ses recherches sur cette question ainsi que sur d'autres aspects des risques liés aux pesticides.

COMMISSION B

:

ONZIEME SEANCE

645

Le Gouvernement indonésien approuve donc chaleureusement les efforts de l'OMS mais pense que la liste des produits actifs figurant dans l'appendice 2 du projet de classification devra être étoffée; il coopérera très étroitement dans ce domaine avec l'OMS. Le Dr HAMON (Biologie des Vecteurs et Lutte antivectorielle), répondant à une question posée par le délégué de la Finlande à la séance précédente, rappelle que le projet de classification tend essentiellement à éviter le risque aigu qu'encourent les utilisateurs des pesticides et ceux qui sont exposés aux pesticides durant leur utilisation; il devrait permettre aux autorités nationales responsables d'édicter des règles relatives à l'importation, à l'utilisation et à l'étiquetage des pesticides. Comme le délégué de la Finlande, il pense que des études sur les résidus de pesticides - notamment dans les aliments, dans l'eau et dans l'air seraient très importantes et pourraient s'appuyer sur le document dont la Commission est saisie. Des études de ce genre sont effectuées par l'équipe du Codex Alimentarius et par les comités d'experts de la FAO et de l'OMS. Ce problème fait également l'objet d'un examen périodique dans le cadre d'études conjointes FAO /OMS sur les taux tolérables de résidus de produits chimiques, et notamment d'insecticides, dans les produits alimentaires. Les délégués du Népal et du Zaire ont évoqué le problème de l'étiquetage et des instructions dans la langue des utilisateurs. Comme on l'a déjà signalé, le projet de classification est destiné à aider les Etats Membres à édicter à l'intention des importateurs de pesticides toutes les règles nécessaires concernant le type d'information à fournir et le type d'étiquette et de symbole à apposer, de manière à éviter les accidents lors de l'utilisation des produits. Une classification comme celle qui est proposée dans le projet de l'OMS permettra aussi aux Etats Membres d'interdire l'emploi de certains composés si les conditions d'une utilisation satisfaisante ne sont pas réunies. Les accidents causés par le Folidol, dont a parlé le délégué du Népal, ont été dus à l'absence d'étiquetage et d'instructions dans la langue nationale; le Folidol est un des noms commerciaux du parathion, qui figure dans la classe la "extrêmement dangereux" du projet de classification. Le Secrétariat a pris bonne note des observations du délégué de l'Union soviétique et en tiendra compte lors d'un futur remaniement du projet de classification, lequel a été conçu d'emblée comme un point de départ et pourra être modifié en fonction des données de l'expérience. Il faut bien commencer à partir de ce que l'on sait concernant la totalité ou la presque totalité des pesticides, puis améliorer progressivement la classification, en tenant compte de la toxicité chronique à long terme et de la biodégradabilité des produits à mesure que l'on en apprend davantage à leur sujet. A cet égard, le Dr Hamon fait remarquer que le projet de classification tient compte du fait que la présence d'éléments actifs autres que l'insecticide lui -même peut renforcer ou diminuer la toxicité de ce dernier et le faire classer dans des classes différentes selon la formulation du concentré, comme le démontre la liste qui suit le projet de classification. L'OMS sera reconnaissante aux Etats Membres pour toutes les données d'expérience et la documentation qu'ils voudront bien lui communiquer afin de perfectionner et d'affiner constamment la classification. Le Dr Hamon a beaucoup apprécié les observations et suggestions constructives des délégués, particulièrement en ce qui concerne l'étiquetage et la présentation des notices d'emploi. C'est intentionnellement que le projet de classification ne traite pas le problème délicat de l'étiquetage, en raison des différences qui existent d'un pays à l'autre dans des domaines tels que les symboles graphiques et les couleurs. Des dispositions plus détaillées pourraient être envisagées lors d'une étape ultérieure. Décision Le projet de résolution recommandé par le Conseil exécutif dans sa résolution EB55.R19 est approuvé.l :

3.

COORDINATION A L'INTERIEUR DU SYSTEME DES NATIONS UNIES (suite)

Ordre du jour, 3.16

Programme de l'OMS concernant la santé et l'environnement coordination des programmes et activités dans le domaine de l'environnement (suite de la dixième séance, section 1)

:

Ordre du jour, 3.16.6

Le PRESIDENT appelle l'attention sur le fait que, conformément à ce qui a été décidé à la séance précédente, les textes des résolutions 3264 (XXIX) et 3326 (XXIX) de l'Assemblée générale des Nations Unies ont été distribués pour information à la Commission sous forme d'un document de conférence. Il s'agit des résolutions mentionnées dans le troisième paragraphe du

1 Ce projet de résolution a été transmis à l'Assemblée de la Santé dans le sixième rapport de la Commission et adopté sous le numéro d'ordre WHA28.62.

646

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

préambule du projet de résolution, soumis à la dixième séance de la Commission en tant qu'amendement au projet de résolution présenté à la neuvième séance par le délégué de la Belgique. Le Professeur AUJALEU (France) rappelle que la première version du projet de résolution n'a pas soulevé de difficultés et avait paru devoir être adoptée après débat. Par contre, la mention des résolutions 3264 (XXIX) et 3326 (XXIX) de l'Assemblée générale a jeté un certain trouble dans la Commission sans rien apporter, semble -t -il, de très utile au projet de résolution. Aussi le Professeur Aujaleu se demande -t -il s'il ne vaudrait pas mieux renoncer à évoquer ces deux résolutions de l'Assemblée générale. Le Professeur LISICYN (Union des Républiques socialistes soviétiques) estime que la mention de ces deux résolutions pose une question de principe, puisque la résolution 3264 (XXIX) de l'Assemblée générale des Nations Unies et le projet de convention internationale qui lui est annexé intéressent les travaux de l'OMS. La résolution, qui a été adoptée par 126 voix contre 0 avec seulement 5 abstentions, contient des recommandations très fermes liées directement à la protection de la santé humaine. L'Assemblée de la Santé aurait donc pu demander au Directeur général d'étudier quelles mesures l'OMS pourrait prendre pour appliquer ces résolutions. Le troisième paragraphe du préambule n'est pas superflu, comme semble le penser le délégué de la France, et le délégué de l'Union soviétique n'accepte pas de retirer ce paragraphe. M. SCHUMANN (République Démocratique Allemande) estime comme l'orateur précédent que la référence aux résolutions de l'Assemblée générale doit être maintenue, pour les raisons qui viennent d'être indiquées. Il est d'avis que l'Assemblée de la Santé doit soutenir sans réserve les efforts que fait l'Assemblée générale des Nations Unies pour accroître la sécurité et limiter les armements, étant donné surtout que le projet de convention internationale annexé à la résolution 3264 (XXIX), s'il est adopté, aura d'importantes incidences sur la santé humaine. M. PARROTT (Royaume -Uni de Grande -Bretagne et d'Irlande du Nord) pense que le délégué de l'Union soviétique n'a pas répondu entièrement aux objections du délégué de la France. Le projet de résolution soumis à la neuvième séance avait été soigneusement étudié et paraissait acceptable à l'ensemble des membres de la Commission. Il est certainement souhaitable de mentionner dans le préambule les résolutions de l'Assemblée générale; la délégation britannique n'a pas d'observations à faire quant au bien -fondé du troisième paragraphe du préambule. Cependant, sur le plan de la procédure et étant donné que les résolutions de l'Assemblée générale sont bien connues, on peut se demander pourquoi le texte primitif du projet de résolution soviétique ne faisait pas allusion à ces résolutions.

Le Dr VALLADARES (Venezuela), parlant en sa qualité de coauteur du projet de texte révisé, dit que l'essentiel est le dispositif du projet de résolution. Aussi votera -t -il le projet de résolution avec ou sans le troisième paragraphe du préambule. Le Dr VENEDIKTOV (Union des Républiques socialistes soviétiques), répondant au délégué du Royaume -Uni, dit que, premièrement, l'Assemblée mondiale de la Santé ne peut pas ne pas donner suite aux décisions de l'Assemblée générale des Nations Unies, qui sont communiquées aux autres institutions de l'ONU conformément aux dispositions de la Charte. Deuxièmement, la protection de l'environnement comporte des aspects médicaux et sanitaires, particulièrement en ce qui concerne les formes de pollution qui sont provoquées par des opérations militaires et qui peuvent nuire au bien -être de l'espèce humaine. L'Assemblée de la Santé a étudié récemment la question de la guerre écologique, laquelle emploie des moyens de destruction qui peuvent rendre inutilisables les terres pendant de nombreuses années. Troisièmement, les raisons de l'adoption des résolutions sur ces questions ont été examinées par l'Assemblée de la Santé à propos, par exemple, des armes chimiques et bactériologiques (biologiques). A la lumière des débats de l'Assemblée, une résolution a été adoptée dans laquelle il était dit que "les progrès scientifiques ... devraient être mis exclusivement au service de l'humanité ". A la suite de l'adoption de cette résolution, le Directeur général a soumis au Secrétaire général des Nations Unies un rapport très utile intitulé "Aspects sanitaires des armes chimiques et biologiques ". L'OMS a donc apporté une contribution particulièrement opportune en vue de l'interdiction définitive de la guerre chimique et biologique. Plus récemment, l'Assemblée mondiale de la Santé a adopté une résolution sur la pollution de l'environnement, et notamment de l'atmosphère, dans certaines parties du monde; cette résolution a déjà eu des effets pratiques dans un certain nombre de pays. Quatrièmement, le projet de résolution dont la Commission est saisie est un texte minimal le Directeur général aurait pu être invité, en effet, à faire connaître à l'Assemblée générale son opinion sur la question ou être prié d'approuver le projet de convention ou d'établir un document qui montrerait exactement comment la santé humaine était compromise par la pollution de l'environnement. Ces questions n'ont pas été incluses dans le projet de résolution pour éviter :

COMMISSION B

:

ONZIEME SEANCE

647

de compliquer les travaux de la Commission et de l'Assemblée de la Santé et pour éviter de troubler l'harmonie qui règne entre les délégations. Il appartient simplement au Directeur général de décider par la suite, en consultation avec le Secrétaire général des Nations Unies, des mesures qu'il y aurait lieu de prendre. Le délégué de l'URSS estime qu'il est inutile de poursuivre la discussion du projet de résolution et propose que l'on approuve ce texte sans plus tarder. M. DE GEER (Pays -Bas) dit que, en tant que coauteur du projet de résolution, sa délégation approuve sans réserve les résolutions 3264 (XXIX) et 3326 (XXIX) de l'Assemblée générale. L'une et l'autre résolution non seulement sont importantes en elles -mêmes, mais encore intéressent les travaux de l'OMS. Pour ces raisons, la délégation néerlandaise a soutenu la proposition visant à mentionner les deux résolutions dans le troisième paragraphe du préambule. Mais puisque ce paragraphe semble semer la discorde au sein de la Commission, il craint que son maintien ne compromette l'adoption de l'ensemble du texte. Les années précédentes, des résolutions du même genre sur les travaux de l'OMS concernant l'environnement ont fait l'objet d'un consensus, consensus qui est indispensable aux travaux futurs de l'Organisation dans ce domaine. C'est pour cette seule raison qu'il est disposé, en tant que coauteur, à accepter que le troisième paragraphe du préambule soit supprimé et que la Commission se prononce sur ce projet de résolution dans sa forme primitive. Par la suite, la délégation soviétique pourrait peut -être soumettre un projet de résolution distinct qui mentionnerait les deux résolutions de l'Assemblée générale.

Le PRESIDENT demande au délégué de l'Union soviétique s'il entend soumettre un amendement formel au projet de résolution primitif. Le Dr VENEDIKTOV (Union des Républiques socialistes soviétiques) dit qu'il n'y a pas lieu pour la délégation soviétique de soumettre un amendement. La Commission est saisie d'un projet de résolution auquel le délégué des Pays -Bas souhaite, par souci de réaliser l'unanimité au sein de la Commission, apporter un amendement visant à supprimer le troisième paragraphe du préambule. C'est cette proposition qui constitue un amendement au projet de résolution révisé, et elle doit être mise aux voix avant que l'on vote sur l'ensemble du projet. M. DE GEER (Pays -Bas) déclare n'avoir pas officiellement soumis d'amendement au projet de résolution. Le texte tel qu'il est lui convient parfaitement. Il a simplement suggéré que la Commission envisage de supprimer le troisième paragraphe du préambule pour assurer un consensus.

Le Dr VENEDIKTOV (Union des Républiques socialistes soviétiques), considérant que le délégué des Pays -Bas n'a pas soumis d'amendement formel, propose de passer au vote sur le projet de résolution. Le Professeur AUJALEU (France) propose formellement de supprimer le troisième paragraphe du préambule du projet de résolution. Le PRESIDENT rappelle à la Commission qu'elle est saisie d'un projet de résolution sur Coordination des programmes et le "Programme de l'OMS concernant la santé et l'environnement activités dans le domaine de l'environnement ". Ce texte est présenté par les délégations de la Belgique, des Pays -Bas, de la République Démocratique Allemande, de l'Union des Républiques socialistes soviétiques et du Venezuela. Un amendement a été proposé par le délégué de la France. Il invite la Commission à voter d'abord sur cet amendement. :

Décision L'amendement proposé par le délégué de la France est adopté par 21 voix contre 19, avec 31 abstentions. :

M. SCHUMANN (République Démocratique Allemande) n'est pas sûr de pouvoir voter le projet de résolution tel qu'il vient d'être amendé, en raison des rapports étroits qui existent entre la teneur du projet de résolution et celle des résolutions de l'Assemblée générale. Le Professeur AUJALEU (France), intervenant pour une motion d'ordre, dit que le délégué de la République Démocratique Allemande ne doit pas à ce stade du débat reprendre la question quant au fond. Le PRESIDENT appelle l'attention du délégué de la République Démocratique Allemande sur le fait que, le vote ayant commencé, il ne peut rouvrir le débat, mais doit se borner à déclarer si sa délégation reste ou ne reste pas coauteur du projet de résolution. M. SCHUMANN (République Démocratique Allemande) demande une suspension de la séance de cinq minutes pour permettre aux coauteurs du projet de résolution de se consulter.

648

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

Le PRESIDENT indique que, conformément à l'article 74 du Règlement intérieur, il est obligé de mettre aux voix le projet de résolution amendé. Décision : Le projet de résolution amendé est approuvé par 60 voix contre 0, avec 8

abstentions.1 Le Dr VENEDIKTOV (Union des Républiques socialistes soviétiques), expliquant son vote, dit qu'il s'est abstenu non pas parce qu'il désapprouve la teneur du projet de résolution ni son esprit, mais parce que l'adoption de l'amendement français lui paraît avoir affaibli le texte.

M. SCHUMANN (République Démocratique Allemande) s'est abstenu tout comme le délégué de l'Union soviétique, non pas parce qu'il désapprouve le principe ou la teneur de la résolution, mais parce qu'il n'y est plus question des deux très importantes résolutions de l'Assemblée générale des Nations Unies concernant la question inscrite à l'ordre du jour. Par ailleurs, il tient à souligner à nouveau que, de l'avis de sa délégation, aucune activité de l'une ou l'autre des institutions de la famille des Nations Unies ne saurait être considérée isolément en faisant abstraction des travaux soit des autres institutions spécialisées des Nations Unies soit de l'Assemblée générale.

La séance est levée à 11 heures.

1 Ce projet de résolution a été transmis à l'Assemblée de la Santé dans le sixième rapport de la Commission et adopté, après son amendement par l'Assemblée à sa treizième séance plénière, sous le numéro d'ordre WHA28.63.

DOUZIEME SEANCE

Mardi 27 mai 1975, 14 h.55 Président :

Dr J. -S. CAYLA (France)

1.

FLUORATION ET SANTE DENTAIRE

Ordre du jour, 2.7

Le Dr AKHMETELI (Directeur de la Division des Maladies non transmissibles) présente la question. Il expose que la fluoration mérite une grande attention parce qu'elle offre un moyen de prévention efficace contre une maladie très répandue, destructrice et dont le traitement est long. la question de la fluoration avait été discutée en 1969 par la Vingt- Deuxième Assemblée mondiale de la Santé qui a vivement préconisé la fluoration des approvisionnements publics en eau, a recommandé d'étudier d'autres méthodes d'utilisation du fluor et a encouragé les recherches sur le problème général des caries dentaires. Certains pays ont adopté depuis lors des programmes de fluoration de leurs approvisionnements en eau et le nombre des personnes qui bénéficient de la fluoration de l'eau dans les pays où cette mesure a déjà été appliquée a augmenté. Il est cependant indispensable d'intensifier les efforts si l'on veut faire échec à la tendance très nette à l'augmentation du nombre des caries dentaires dans de nombreux pays. A sa cinquante -troisième session, le Conseil exécutif a prié le Directeur général, par sa résolution EB53.R30, d'instituer un programme visant à promouvoir la fluoration des approvisionnements publics en eau ainsi que d'autres méthodes approuvées de prévention des caries dentaires. Le rapport présenté par le Directeur général a été établi en application de cette résolution. Le programme proposé comprend trois éléments promotion active des méthodes de prévention des caries dentaires, collecte et diffusion de données pertinentes et coordination de la recherche sur les divers moyens de lutte contre la carie dentaire. Il tient compte des progrès réalisés et des méthodes mises au point depuis 1969. Les renseignements disponibles donnent à penser que nombre de ces nouvelles méthodes ne sont pas utilisées aussi largement qu'elles pourraient l'être dans les Etats Membres. Le programme proposé est fondé principalement sur le fait que la fluoration offre un moyen efficace et peu coûteux de prévenir une maladie très répandue et dont la prévalence augmente dans des régions qui ne sont pas équipées comme il le faudrait pour faire face à l'accroissement de la demande de soins qui en résulte. Il est très inquiétant de penser aux efforts considérables qu'il faudrait déployer pour former le personnel dentaire et stomatologique nécessaire pour assurer le traitement des caries. Sans une action concertée en vue de la prévention, l'accroissement prodigieux de la demande de soins curatifs imposera sans doute aux administrations nationales un fardeau dépassant leurs moyens. Le plan proposé par le Directeur général facilitera la mise en oeuvre de mesures générales conformément à la stratégie sanitaire clairement indiquée par les avantages que les pays tireraient de l'exécution de programmes de prévention des caries. :

Le Dr BARNES (Hygiène dentaire) dit que, selon les renseignements dont dispose l'Organisation, depuis 1969 six nouveaux pays ont entrepris la fluoration de leurs approvisionnements en eau, ce qui porte le total de la population bénéficiaire à un chiffre estimé à 184 millions de personnes, soit environ 4 % seulement de la population mondiale. On ne sait pas avec certitude combien de personnes ont bénéficié d'autres programmes de prévention des caries, mais tout porte à croire que l'accroissement de la population mondiale est beaucoup plus rapide que l'accroissement du nombre total de personnes bénéficiaires de tous les programmes de prévention des caries, y compris les programmes de fluoration. D'autre part, des études d'épidémiologie dentaire faites à l'échelle mondiale ont révélé des augmentations considérables de la prévalence des caries dans les pays en voie de développement, dont beaucoup étaient autrefois pratiquement exempts de caries. La dégradation de la santé bucco -dentaire dans ces pays risque d'entraîner une augmentation massive de la demande de services curatifs et des besoins de personnel pour y faire face. Le rapport du Directeur général signale la mise au point de nouvelles méthodes d'administration du fluor autres que la fluoration de l'eau, ce qui permet à chaque pays de faire son choix selon la prévalence des caries, sa structure sociale et son système de soins de santé. Là où la fluoration de l'eau distribuée n'est pas possible, on peut maintenant avoir recours à des méthodes simples d'auto -application ou d'utilisation du fluor qui peuvent être employées dans des systèmes scolaires organisés et ne nécessitent qu'une surveillance exercée par du personnel existant, en particulier les enseignants et les auxiliaires sanitaires. Ces méthodes sont aussi très peu coûteuses, bien que leur rapport coût /avantages soit en général moins favorable que celui obtenu avec la fluoration de l'eau. L'application de ces nouvelles méthodes doit être préparée avec soin et les méthodes convenant le mieux différeront selon le pays et la période, et parfois même à l'intérieur d'un pays. Il est particulièrement important de veiller à ne perdre aucune occasion de procéder à

-649-

650

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

une intervention préventive, surtout lorsque l'incidence des caries commence à croître, comme c'est souvent le cas quand l'urbanisation se développe. La situation est claire. Il existe des méthodes de prévention efficaces et peu coûteuses qui ne sont pas appliquées, tandis que la demande de services curatifs coûteux et moins efficaces continue à croître. Manifestement, il faudrait qu'un catalyseur intervienne, et l'on estime que l'OMS pourrait fournir les informations dont les pays ont besoin pour prendre une décision. Elle pourrait accorder sur demande une assistance aux organismes de planification nationaux pour les aider à déterminer les meilleurs programmes de prévention selon les circonstances particulières au pays ou à la collectivité. Les principaux éléments du programme proposé consistent à fournir des informations sur l'efficacité de méthodes scientifiquement éprouvées de prévention des caries dans des conditions très différentes ainsi qu'à en promouvoir l'application et à donner des conseils à cet effet. En outre, ces activités devraient être soutenues par un programme de recherches visant à perfectionner les méthodes proposées et à approfondir les connaissances sur la prévention des caries dentaires. Le programme complet proposé dans le rapport du Directeur général permettrait de réaliser de grands progrès dans l'application des mesures préventives. On peut espérer que le taux d'augmentation de la proportion de la population protégée dépasserait alors celui de l'accroissement de la population mondiale et que serait renversée la tendance très regrettable à une prévalence accrue d'une des maladies les plus fréquentes dans le monde. Le Dr LEPPO (Finlande) présente le projet de résolution qui suit, proposé par les déléArgentine, Danemark, Etats -Unis d'Amérique, Finlande, Islande, gations des pays suivants Norvège, Nouvelle -Zélande, Pologne, République Démocratique Allemande, Royaume -Uni de Grande Bretagne et d'Irlande du Nord, Tchécoslovaquie, Union des Républiques socialistes soviétiques et Yougoslavie :

:

La Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé, Ayant examiné le rapport que, conformément à la résolution EB53.R30, le Directeur général a présenté sur la promotion de la fluoration des approvisionnements publics en eau et autres méthodes approuvées de prévention des caries dentaires ainsi que sur le soutien des recherches relatives à l'étiologie et à la prévention des caries dentaires; Reconnaissant l'importance mondiale croissante de la prévention des caries dentaires en liaison avec l'évolution des consommations alimentaires et, en particulier, l'accroissement de consommation de glucides raffinés; Notant qu'aucun pays ne peut s'attendre à résoudre le problème des caries dentaires en recourant uniquement aux services dentaires curatifs; Considérant que l'on a déjà recueilli suffisamment d'informations sur la sécurité et l'efficacité de l'emploi du fluor comme moyen de prévention des caries dentaires; Notant que, si l'optimisation de la teneur en fluor des approvisionnements en eau demeure le moyen le plus efficace connu de prévention des caries dentaires, d'autres systèmes permettant d'assurer certains des avantages de la protection par le fluor dans les zones où la teneur en fluor de l'eau de boisson est insuffisante et où la fluoration n'est pas possible ont été élaborés et /ou éprouvés depuis la Vingt -Deuxième Assemblée mondiale de la Santé; Considérant que l'Organisation mondiale de la Santé aide les Etats Membres à installer des approvisionnements en eau saine, et qu'il importe de tenir compte des questions de santé dentaire dans ces programmes; et Notant que de nombreux Etats Membres n'exploitent encore pleinement ni la fluoration de l'eau ni d'autres systèmes d'apport de fluor dans des programmes organisés de prévention des caries, REMERCIE le Directeur général de son rapport; 1. RECOMMANDE que l'Organisation mondiale de la Santé 2. entreprenne le programme proposé par le Directeur général; 1) encourage l'adoption des méthodes approuvées pour la prévention des caries 2) dentaires, en particulier par l'optimisation de la teneur en fluor des approvisionnements en eau; et aide les Etats Membres à planifier et exécuter des programmes nationaux de 3) prévention des caries; INVITE les Etats Membres à considérer comme d'une importance immédiate l'organisation 3. de programmes de prévention des caries dentaires dans le cadre des programmes nationaux d'action sanitaire; et 4.

PRIE le Directeur général de s'efforcer d'obtenir un appui financier de sources budgétaires et extra1) budgétaires pour ce programme; et de faire rapport périodiquement à l'Assemblée mondiale de la Santé sur l'état 2) d'avancement du programme et en particulier sur les effets des programmes de prévention des caries dentaires sur les populations.

COMMISSION B

:

DOUZIEME SEANCE

651

On peut souligner, à l'appui de ce projet, que la carie dentaire est une maladie de plus en plus répandue dans les pays industrialisés comme dans les pays en voie de développement, que son étiologie est bien connue et qu'il existe des méthodes de prévention, en particulier la fluoration des approvisionnements en eau, à la fois efficaces, sûres et peu coûteuses, et que, malgré l'existence de ces excellentes méthodes préventives, la seule action généralement entreprise devant l'augmentation rapide des caries est l'extension des services curatifs, tandis que la prévention reste négligée. Le traitement des caries nécessite pour chaque dent atteinte des soins spéciaux, longs et onéreux dispensés par un personnel qualifié au moyen d'un équipement technique compliqué, ce qui représente un lourd fardeau pour les services de santé. La situation se prête remarquad'une part, le traitement des individus blement à l'évaluation des deux solutions possibles atteints au moyen de techniques exigeant à la fois un investissement considérable et beaucoup de travail; d'autre part, la prévention visant l'ensemble de la population et n'exigeant qu'un minimum de dépenses et de personnel. Comme on pouvait s'y attendre, il est démontré que cette deuxième solution présente de nombreux avantages par rapport à son coût, ce qui explique que le Directeur général ait pu affirmer dans son rapport qu'à moins de se trouver en face d'obstacles insurmontables aucune nation ne peut plus s'offrir le luxe de ne pas fluorer l'eau des réseaux centraux de distribution publique dont la teneur en fluor est inférieure au niveau optimal. Il est plutôt surprenant, dans ces conditions, que les possibilités de prévention ne soient pas exploitées pleinement. Une des raisons de la lenteur des progrès réalisés est la crainte éprouvée quant à l'innocuité de la fluoration de l'eau. Le rapport du Directeur général réfute cette crainte dans en deux "L'innocuité du fluor n'est pratiquement plus à démontrer les termes suivants décennies d'expérience de la fluoration des approvisionnements publics en eau, on n'a observé aucune modification physiologique ou pathologique, si ce n'est une réduction du taux d'atteinte des caries, chez les personnes ayant toujours bu de l'eau fluorée." Les rapports et les résolutions de l'OMS sur la question de la fluoration ont déjà beaucoup contribué à favoriser l'adoption de la mesure de santé publique la plus efficace pour la prévention des caries. En Finlande, la décision qui a été prise récemment a été grandement facilitée par la documentation fournie par l'OMS ainsi que par les services de consultants fournis par le Bureau régional de : : :

l'Europe.

Les auteurs du projet de résolution tiennent à souligner l'importance du nouveau rapport du Directeur général et du programme qui y est proposé, et à insister sur la nécessité de donner un rang élevé de priorité à la prévention des caries par la méthode présentant le meilleur rapport coût /avantages, soit l'optimisation de la teneur en fluor des approvisionnements en eau. De nombreux gouvernements hésitent encore et il est urgent que l'OMS donne des directives dans ce domaine. Le nombre des auteurs du projet de résolution témoigne du large appui donné à cette solution par les experts de la santé publique et les autorités sanitaires. Le Dr VELIMIROVIC (Autriche) approuve le projet de résolution, mais est d'avis qu'on supprime la deuxième partie de l'alinéa 2) du paragraphe 2 du dispositif, à partir des mots "en particulier ". Cela laisserait une plus grande latitude dans l'application du projet de résolution, sans en affaiblir la teneur. Il est à craindre que, dans la plupart des pays, en particulier les pays en voie de développement, les mesures proposées ne bénéficient qu'aux populations des grandes villes et que, si la fluoration des approvisionnements en eau était adoptée, quelque autre méthode supplémentaire serait nécessaire. D'autre part, le taux optimal de l'apport de fluor n'est pas encore connu avec exactitude, ainsi qu'il résulte de la section du rapport du Directeur général consacrée aux plans de recherches. La délégation autrichienne s'étonne du ton quelque peu catégorique avec lequel il est affirmé dans le rapport que les Etats Membres devraient être encouragés à formuler un plan national de fluoration de leurs approvisionnements publics en eau et à mettre en oeuvre ce plan dès que possible. En Autriche, une commission spéciale et le Conseil consultatif suprême de la Santé ont étudié la question à fond et ont décidé de ne pas recommander la fluoration des approvisionnements en eau. Le délégué de l'Autriche explique cette décision en détail et fait valoir des motifs d'éthique médicale et la pollution déjà considérable de l'air, de l'eau et des aliments par des substances chimiques, dont beaucoup sont jugées indispensables mais dont certaines pourraient se révéler nocives à long terme; il est donc préférable de garder l'eau pure et de conserver à la population son droit fondamental de choisir elle -même des additifs. L'espoir d'un avenir sans caries semble justifié, mais est -il souhaitable d'exclure la participation du public au moyen de l'éducation sanitaire et de meilleures habitudes diététiques ? N'est -ce pas une vision de cauchemar que celle d'autres additions à l'eau distribuée, telles que vitamines, vaccins, préparations contraceptives, etc. La science et la technique doivent laisser au public son libre arbitre et ne pas servir de bases à des mesures sanitaires imposées. Le Gouvernement autrichien a décidé de distribuer des comprimés de fluor aux femmes enceintes et aux écoliers à titre de mesure gratuite et volontaire, mesure qui

652

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

atteint 50 % d'enfants de plus que n'en atteindraient les programmes de traitement de l'eau. Des programmes de fluoration du lait sont également à l'essai. La délégation autrichienne a conscience des prises de position souvent très passionnelles que suscite le sujet et elle espère que la discussion dans les milieux scientifiques aidera à clarifier la situation et permettra à chaque pays de trouver sa propre solution. Le Dr GREENE (Fédération dentaire internationale) précise que sa Fédération, acquise depuis longtemps au principe selon lequel mieux vaut prévenir que guérir, fait tout son possible pour favoriser l'application de mesures préventives. Elle appuie donc le programme du Directeur général ainsi que le projet de résolution présenté par la Finlande et elle estime que le programme servira les intérêts de tous les Etats Membres et devrait être exécuté énergiquement. Il est proposé que la Fédération facilite l'envoi d'informations à l'OMS et fournisse une assistance technique, sur demande, aux Etats Membres. Elle sera heureuse de le faire dans la mesure de ses moyens. La Fédération soutient les efforts de l'OMS, comme le montre le passage suivant d'une résolution adoptée, en septembre 1974, par son Assemblée générale, laquelle :

"1.

Loue l'initiative du Conseil exécutif de l'Organisation mondiale de la Santé (résolution EB53.R30) qui a recommandé aux Etats Membres de l'OMS d'intensifier leurs efforts pour introduire la fluoration de l'eau ou, lorsque celle -ci n'est pas praticable, d'autres méthodes d'utilisation des fluorures pour prévenir les caries dentaires; Fait sienne la requête du Directeur général de l'OMS visant à la prévention des caries 2. dentaires et à la promotion de la fluoration de l'eau des réseaux publics d'adduction d'eau ainsi qu'à la poursuite de l'aide à la recherche sur l'étiologie de la maladie."

La Fédération reconnaît qu'il est des cas où la fluoration de l'eau est irréalisable ou est jugée inacceptable par les collectivités ou les gouvernements. Dans son rapport, le Directeur général a tenu compte de ce problème et a indiqué d'autres méthodes de prévention des caries qui devraient permettre de répondre, dans ce cas, aux besoins des Etats Membres dans le secteur de l'hygiène dentaire. L'approche décrite dans le programme proposé par l'OMS est conforme à la politique de la Fédération. Le Dr KRAUSE (République Démocratique Allemande) estime que la fluoration est appelée à avoir des effets considérables, qu'elle soit appliquée dans le cadre de mesures de grande envergure ou, simplement, à titre individuel. Dès octobre 1959, son Gouvernement a lancé une campagne de masse visant à la fluoration de l'eau, qui a commencé à Karl- Marx -Stadt et sera étendue progressivement à l'ensemble du pays en vertu d'une loi adoptée en 1972. En 1975, 1,2 million d'habitants, dans 16 villes, étaient approvisionnés en eau fluorée, et en 1985 la mesure couvrira 50 % de l'ensemble de la population. A Karl- Marx -Stadt, la fluoration a déjà abouti à une réduction des caries de 50 à 80 %; dans le groupe d'âge de 6 à 10 ans, le pourcentage des enfants sans caries est passé de 35 % à 68 % et, dans le groupe d'âge de 11 à 15 ans, de 5 à 26 %. La fluoration de l'eau de boisson s'est révélée relativement économique (0,10 à 0,50 mark par habitant et par an) et le coût des traitements dentaires a sensiblement décru tandis que la structure et les tâches du service d'hygiène dentaire se modifiaient considérablement. Les recherches épidémiologiques concernant la fluoration de l'eau ont montré de façon spectaculaire pourquoi il importe d'axer les mesures préventives primaires sur les enfants et les adolescents. Toutefois, si la fluoration de l'eau est le maillon le plus important de la chaîne prophylactique, ce n'est pas le seul. Pendant de longues années, de larges secteurs de population demeureront privés du bénéfice de la fluoration; en outre, les fluorures n'influent pas sur les causes locales de carie bien qu'ils aient un effet prononcé sur la résistance des dents. Il faut avoir recours à d'autres méthodes telles que l'administration de comprimés fluorés, l'application locale de fluorures, l'éducation sanitaire et alimentaire (notamment la limitation de la consommation de sucre) et l'obturation des fissures dentaires. La recherche doit englober la mise en pratique sur une grande échelle des méthodes de lutte les plus efficaces. L'OMS peut jouer un rôle utile en élaborant des recommandations relatives non seulement à la fluoration de l'eau de boisson mais aussi à la législation que les divers Etats Membres devraient adopter en fonction des conditions économiques et techniques nationales. Le Professeur REID (Royaume -Uni de Grande -Bretagne et d'Irlande du Nord) est particulièrement intéressé par la section du rapport sur les analyses coût /avantages concernant la fluoration. Nul doute que les avantages l'emportent largement, même si les dépenses peuvent être élevées à terme du fait que, dans certains pays, un plus grand nombre de personnes d'âge mûr et de vieillards conserveront leurs dents naturelles. Il eût mieux valu mettre davantage l'accent sur les souffrances entraînées par les caries dentaires, particulièrement chez les enfants qui seront les principaux bénéficiaires de la fluoration. Chacun conviendra sans doute que la réalisation d'une concentration optimale de fluor dans l'eau de boisson est la meilleure solution et le Professeur Reid partage l'avis du Directeur général lorsque celui -ci estime, au

COMMISSION B

:

DOUZIEME SEANCE

653

paragraphe 2.7.2 de son rapport, qu'il serait prématuré d'envisager la fluoration du lait comme mesure de santé publique pour la prévention des caries. Le rapport aurait pu souligner plus nettement que, si certains programmes de fluoration demeurent lettre morte, c'est moins en raison de l'indifférence des gens que parce qu'une minorité, usant parfois d'arguments passionnels, engage contre eux une action soigneusement préméditée. Il importe donc particulièrement de fournir des informations objectives aux organismes officiels et au grand public et la plus grande vigilance doit être exercée par les autorités sanitaires et par l'OMS pour que tous nouveaux arguments pour ou contre la fluoration de l'eau soient confirmés ou invalidés scientifiquement. En tant que fonctionnaire de la santé publique, le Professeur Reid a eu l'occasion de constater que la concentration en fluor initialement satisfaisante d'une eau naturellement fluorée diminuait progressivement du fait d'apports en eau beaucoup moins fluorée, de sorte que l'incidence de la carie dentaire chez les enfants de la région augmentait dans des proportions décourageantes. Il est alors apparu clairement que le seul moyen pratique de rétablir la résistance à la carie des enfants consistait à porter la concentration en fluor de l'eau à son niveau optimal. Il faut espérer que l'OMS ne se contentera pas de diffuser des informations scientifiques sur la fluoration des approvisionnements publics en eau et qu'elle étudiera les craintes et les motivations de ceux qui s'opposent à une telle mesure. On peut penser qu'une meilleure compréhension de ces facteurs stimulera l'exécution des programmes de fluoration. Le Professeur Reid engage donc les délégués à appuyer fermement le projet de résolution et s'oppose à l'amendement proposé par le délégué de l'Autriche. Le Professeur GERIE (Yougoslavie) juge regrettable qu'une mesure aussi heureuse que la fluoration de l'eau de boisson ne soit pas plus largement appliquée; la délégation yougoslave appuie sans réserve le projet de résolution dont elle est l'un des auteurs. En Yougoslavie, la lutte contre la carie dentaire est menée sur plusieurs fronts et, en Serbie, on a élaboré une législation prévoyant le lancement échelonné sur 4 ans d'un programme de fluoration de l'eau par les autorités régionales dans toutes les villes de plus de 20 000 habitants où l'eau de boisson n'a pas la concentration en fluor recommandée par l'OMS; celle ci a d'ailleurs contribué à l'élaboration de cette législation. Le Dr HIDDLESTONE (Nouvelle -Zélande) fait observer que sa délégation est l'un des coauteurs du projet de résolution présenté par la Finlande. Il est opposé à l'amendement autrichien. En Nouvelle -Zélande, la carie dentaire pose depuis toujours un problème majeur de santé publique car son incidence y est l'une des plus élevées du monde. Pour combattre la carie, on a mis en place des services dentaires très complets pour les enfants et les adolescents. Un service scolaire d'hygiène dentaire pour les enfants de 2 ans et demi à 13 ans et demi avait été institué dès le début des années 20 et un service pour les enfants de 13 et demi à 16 ans a été mis en place vers 1945. A partir de 1950, on a réussi à endiguer la maladie grâce à"des activités soigneusement coordonnées comprenant des examens prophylactiques réguliers, un diagnostic précoce, le traitement des lésions dès leur apparition, l'enseignement de l'hygiène dentaire aux jeunes à domicile et l'éducation des parents dans le domaine alimentaire. Les plus graves conséquences de ce fléau ont été ainsi largement éliminées, mais sa prévalence demeurait à peu près inchangée; en effet, la prévention se limitait à un petit groupe d'individus fortement motivés. L'expérience a montré que la coopération de la collectivité a été insuffisante et que toute prévention efficace exige l'application de mesures de santé publique à de vastes collectivités. Le Ministère de la Santé de Nouvelle -Zélande a donc concentré ses efforts sur l'administration - généralisée et localisée - de fluorures à titre préventif pour accroître la résistance de l'émail dentaire aux attaques extérieures et l'intérêt pour la fluoration a grandi lorsqu'on a constaté que la concentration naturelle en fluor des eaux de Nouvelle -Zélande était presque toujours inférieure à 0,3 ppm. En 1954, une étude contrôlée fut entreprise à Hastings, ville de 27 000 habitants, pour mesurer l'efficacité de la fluoration. Des enquêtes furent faites tous les deux ans au cours de la décennie suivante, puis de nouveau 16 ans plus tard. En 1964, les résultats obtenus faisaient apparaître une diminution des taux de caries de 50 % pour les dents de lait des enfants de 5 et 6 ans et de 65 % pour les dents définitives des enfants de 6 à 12 ans. En 1970, l'évaluation des effets d'une fluoration pratiquée sans interruption pendant 16 ans a montré que l'incidence de la carie dentaire avait diminué d'environ 50 % chez les enfants de 13 à 16 ans. Depuis lors, on a eu largement recours à la fluoration des approvisionnements publics en eau qui protège maintenant 1,5 million de personnes dans 35 grandes collectivités; actuellement, 52 % de la population - ou 63 % des personnes desservies par des réseaux d'adduction d'eau - consomment une eau dont la concentration en fluor a été portée à environ 1 ppm. 1l est maintenant largement démontré que les jeunes abordent la vie adulte avec des dents en bien meilleur état.

654

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

Le Professeur AZIM (Afghanistan), après avoir félicité le Directeur général de son rapport, explique que, si le problème de la carie dentaire est bien connu dans son pays, aucune recherche ni aucune activité de prévention n'ont pu être entreprises à ce jour. Dans un pays en voie de développement comme l'Afghanistan, la prévention de la carie dentaire par la fluoration se heurte à des obstacles économiques, techniques et sociaux; d'ailleurs, dans certaines régions développées - notamment en Europe - on s'est heurté à une opposition à la fluoration de l'eau de boisson, ainsi qu'il ressort de la section 2.5.1 du rapport. Il convient de développer les réseaux d'adduction d'eau avant de songer à leur fluoration. La fluoration de l'eau à l'école peut être extrêmement avantageuse mais encore faut -il que cette solution soit applicable. Il est hautement souhaitable, mais très difficile, de distribuer des comprimés fluorés à tous les sujets jusqu'à une vingtaine d'années d'âge; pourtant, les programmes axés sur l'école devraient permettre d'obtenir quelques résultats positifs. Quant à la fluoration du lait, du sel et de la farine, elle pose un problème complexe car il faut assurer la distribution centrale de ces aliments dans un emballage d'origine. En Afghanistan, des applications la formule la plus réalisable est l'administration de produits fluorés surveillées de solutions, de gels et de pâtes ont lieu fréquemment dans les écoles, comme indiqué à la section 2.6.2 du rapport. L'Afghanistan serait heureux de recevoir de l'OMS des produits fluorés de cet ordre et du matériel éducatif sur la nutrition et l'hygiène buccale à l'intention du grand public et pour la formation des assistants dentaires, des infirmières et du personnel auxiliaire. :

Le Professeur TATOÑ (Pologne) rappelle que sa délégation est l'un des auteurs du projet de résolution dont 1a Commission est saisie. En Pologne, les fluorures sont utilisés depuis 1967 pour protéger contre la carie. En 1974, près de 2 millions d'habitants du pays consommaient de l'eau fluorée. Dans les jardins d'enfants et les écoles, on applique également d'autres formes de prophylaxie basées sur l'emploi du fluor, telles que l'administration de comprimés fluorés et les applications locales de solutions de fluor. Des recherches organisées à Wroclaw sur l'efficacité de la prophylaxie par le fluor ont montré qu'après 5 années de fluoration de l'eau l'incidence de la carie chez les enfants et les jeunes gens avait diminué en moyenne de 50 à 60 %. Le pourcentage des extractions de dents permanentes est passé de 24 % à 15 % et, en raison de ces résultats, le réseau de stations de fluoration de l'eau sera bientêt étendu à une nouvelle tranche de 11 millions de personnes. Compte tenu de cette expérience, la délégation polonaise ne peut approuver l'amendement proposé par l'Autriche. Le Dr KISELEV (Union des Républiques socialistes soviétiques) estime qu'un des faits les plus importants qu'expose le rapport du Directeur général est que le coût de la fluoration destinée à prévenir les caries dentaires est beaucoup moins élevé que celui du traitement dentaire. C'est particulièrement important pour les pays en voie de développement où les spécialistes et les ressources dans le domaine des soins dentaires font défaut. La fluoration des approvisionnements en eau est la méthode la plus rationnelle et la plus efficace de prophylaxie de masse de la carie dentaire. Elle est appliquée largement en Union soviétique, qui a plus de 15 ans d'expérience de cette méthode. Les études faites par des scientifiques soviétiques ont montré que la présence de fluor dans l'eau de boisson à une concentration optimale était efficace et ne présentait aucun risque pour l'organisme humain. L'Union soviétique a également fait d'importantes recherches sur d'autres méthodes de fluoration intéressantes pour les régions où la fluoration des approvisionnements en eau est impossible. Il est regrettable qu'on n'ait pas tenu compte de l'expérience soviétique dans la rédaction du rapport. Il est à déplorer aussi que, depuis l'adoption de la résolution WHA22.30, seuls quelques pays aient adopté la pratique de la fluoration des approvisionnements en eau. Dans le rapport, la fluoration des approvisionnements en eau est mise sur le même plan que d'autres mesures prophylactiques dont la plupart sont encore à un stade expérimental et sont beaucoup moins efficaces. Il faut encourager les recherches sur ces mesures, mais cela ne doit pas détourner l'attention de la recommandation fondamentale de l'Organisation, qui est d'appliquer partout où c'est possible la fluoration des approvisionnements en eau, puisque c'est le moyen le plus efficace de prévenir les caries dentaires. Le Dr VASSILOPOULOS (Chypre) appuie le projet de résolution sans réserve. Les caries dentaires, très fréquentes dans beaucoup de pays développés, sont également en augmentation dans les pays en voie de développement où l'on consomme de plus en plus d'aliments élaborés. Il importe de noter que, d'après les analyses coût /avantages, la fluoration des approvisionnements publics en eau se traduirait par une économie représentant 30 fois les sommes nécessaires au traitement. Il faudrait que l'OMS encourage les Etats Membres à formuler et mettre en oeuvre leurs propres programmes nationaux de prévention des caries et qu'elle accorde une assistance aux pays sur leur demande. D'autre part, la Fédération dentaire internationale pourrait aider à trouver des consultants qualifiés. A Chypre, il est difficile de pratiquer la fluoration de l'eau potable parce que presque toutes les villes et tous les villages ont leur propre source d'eau. Peut -être la difficulté

COMMISSION B

:

DOUZIEME SEANCE

655

est -elle moindre dans les villes où l'eau, bien que provenant de plusieurs sources, est recueillie dans des réservoirs communs. Il serait souhaitable qu'un consultant de l'OMS examine la situation pour déterminer s'il est possible d'établir des systèmes de fluoration.

Le Professeur CAYOLLA DA MOTTA (Portugal) félicite le Directeur général pour son rapport et souscrit au contenu du projet de résolution. Il signale toutefois que les renseignements sur le Portugal contenus dans un document intitulé "World Fluoridation Status - Appendix II and III" ne sont pas tout à fait exacts, peut -être parce que ce document provient d'une source non officielle; aussi aimerait -il avoir des explications à ce sujet. Les autorités sanitaires du présent Gouvernement portugais ne se désintéressent pas de la fluoration de l'eau de boisson, comme il est dit à tort à la page 2 de l'appendice III; elles lui sont au contraire favorables en principe. On étudie actuellement la possibilité de mettre sur pied des programmes locaux ou régionaux de fluoration de l'eau, compte tenu de la teneur naturelle de l'eau de boisson en fluor et de l'incidence des caries dentaires, laquelle est en cours de détermination. D'autres méthodes de prévention sont également envisagées. Ces études sont faites non seulement au niveau national mais aussi au niveau local sous la responsabilité des services d'hygiène dentaire des centres de santé qui couvrent le pays. Le Professeur VANNUGLI (Italie) dit que les points qu'il désirait soulever ont déjà été évoqués par le délégué de l'Autriche. Il ne comprend pas pourquoi la question de la fluoration de l'eau a un tel caractère émotionnel, contrairement à tout autre problème de santé publique. Les partisans de la fluoration, qui sont en majorité et ont sans doute raison, se demandent pourquoi tous n'en acceptent pas le principe. Il ne faut pas chercher de motivations profondes et obscures à cette opposition à la fluoration de l'eau; les résistances attribuées à des motifs d'ordre psychologique, politique et sociologique proviennent peut -être simplement du fait que tous ne sont pas convaincus de son opportunité. Il est encourageant de constater qu'on emploie des termes nouveaux en parlant de la prophylaxie par le fluor. Le fait de parler d'optimisation de la teneur en fluor de l'eau, et non pas de fluoration de l'eau, équivaut à reconnaitre que la teneur initiale en fluor doit être prise en considération avant qu'il soit ajouté quoi que ce soit à l'eau. D'autres méthodes sont également envisagées pour la première fois, encore qu'il eût été préférable que le rapport ne présente pas ces méthodes uniquement comme des moyens de remplacement de la fluoration de l'eau. En Italie, beaucoup pensent que le fait d'administrer à l'ensemble de la population un élément étranger à l'alimentation normale uniquement pour faire face aux besoins d'une partie de la population n'est pas conforme à des critères médicaux rationnels. Il faut mettre en balance les avantages escomptés et le risque calculé que comporte le fait d'administrer des quantités considérables de fluor à tous sans distinction, même à des vieillards. Et tient -on compte de la situation nutritionnelle de la population et de la teneur en fluor des aliments consommés ? Peut -être la question n'est -elle pas aussi tranchée que le pensent les partisans de la fluoration de l'eau; il faut faire d'autres études et utiliser d'autres méthodes dans les cas où, comme en Italie, la teneur en fluor de certains aliments et de certaines eaux est déjà forte. C'est pourquoi le Professeur Vannugli appuie l'amendement proposé par le délégué de l'Autriche. Le Dr OLAFSSON (Islande) se prononce en faveur du projet de résolution. Etant donné la situation inhabituelle qui prévaut dans son pays, où l'eau ne contient que 0,02 à 0,05 ppm de fluorure et où plus de 90 % des écoliers ont les dents abímées, on s'efforce d'intensifier l'action pour assurer les services nécessaires et l'Islande compte actuellement un dentiste pour 1000 habitants. Le pays, qui consacre des sommes très importantes à la prévention de la morbidité auto -induite par l'usage du tabac, la consommation d'alcool, la suralimentation et la conduite de véhicules automobiles, estime que la fluoration de l'eau est le moyen le plus efficace d'assurer la prévention des caries et que c'est une méthode particulièrement intéressante du point de vue du rapport coût /avantages. Le Professeur PRAWIRANEGARA (Indonésie) déclare que son gouvernement considère la fluoration de l'eau comme une approche idéale en santé publique pour la prévention des maladies dentaires. Il approuve donc le rapport du Directeur général. Toutefois, avant que la fluoration de l'eau puisse être pratiquée en Indonésie, il faudra faire des études de faisabilité, d'abord parce qu'environ 5 % seulement de la population est alimentée en eau par des réseaux centraux de distribution, ensuite parce que des enquêtes épidémiologiques faites dans le pays ont révélé que 90 % des caries concernaient la face occlusale des dents; or des recherches faites en Nouvelle -Zélande et aux Pays -Bas, notamment, ont montré que le fluor conférait une protection moindre contre les caries de la face occlusale de type "fissure" que contre l'attaque de la face lisse des dents. Des études de faisabilité seront faites dans quelques grandes villes pendant la période couverte par le deuxième plan national quinquennal de développement. Des programmes d'application locale de solutions fluorées ont été exécutés dans certaines zones urbaines dans le cadre de programmes d'hygiène dentaire à l'école. Des programmes de rinçage de bouche comprenant l'utilisation hebdomadaire par les écoliers d'une solution contenant un

656

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

fluorure de sodium ont été exécutés dans des zones où l'on manquait de personnel et où les communications étaient médiocres, et un programme d'auto -application au moyen d'une pâte sera bientôt mis à exécution dans huit provinces. Le Dr FLEURY (Suisse) déclare que son pays manifeste depuis longtemps un grand intérêt pour la question en discussion, tant par les recherches démontrant le rôle du fluor dans la prévention de la carie dentaire que par leurs applications telles que la fluoration de l'eau. Des recherches sont actuellement en cours dans deux cantons sur la fluoration du sel. C'est pourquoi la délégation de la Suisse demande à figurer parmi les auteurs du projet de résolution tel qu'il a été présenté, c'est -à -dire sans amendement. Le Dr TOURS (Sénégal) appuie le projet de résolution. Les Africains étaient réputés pour leurs belles dents blanches et solides, mais on constate de plus en plus de détériorations des dents, surtout chez les jeunes, par suite d'une consommation excessive de bonbons et de dattes. L'Institut d'Odontologie de Dakar s'intéresse particulièrement à la prévention des caries et devrait être associé aux centres collaborateurs OMS. On devrait étudier les effets de l'excès de fluor, outre ceux de l'insuffisance de fluor. Dans certaines régions du Sénégal où l'eau a une teneur élevée en fluor, il y a des personnes dont les dents présentent une coloration assez inesthétique. Le Dr ROUHANI (Iran) se déclare satisfait du rapport du Directeur général sur un sujet qui mérite de susciter davantage l'attention dans les Etats Membres. Il est en désaccord avec les nombreux orateurs qui ont estimé que l'amendement proposé par le délégué de l'Autriche affaiblirait le projet de résolution. A son avis, l'amendement donnerait simplement une plus grande latitude aux Etats Membres dans le choix de l'approche à adopter envers la prévention des caries. Il est également en harmonie avec le cinquième alinéa du préambule du projet de résolution. Le Dr DENIS (Malaisie) précise que son gouvernement a accepté la fluoration des approvisionnements en eau en tant que mesure de santé publique visant à réduire l'incidence de la carie dentaire, particulièrement chez les jeunes. Cette décision se fondait d'une part sur l'enquête d'épidémiologie dentaire faite en 1970 -1971 chez des écoliers en Malaisie occidentale, enquête qui a montré que 89,9 % des écoliers présentaient des caries en un ou plusieurs points de la dentition et que 76,0 % buvaient l'eau provenant des réseaux de distribution, et d'autre part sur les résultats concluants du projet pilote de fluoration exécuté dans l'État de Johore de 1966 à 1973, projet qui a permis de réduire nettement l'incidence des caries dentaires dans la dentition permanente des enfants de tous les groupes ethniques. La première phase du programme national de fluoration, qui représente une dépense d'environ US $600 000 et porte sur environ 4 millions de personnes, doit en principe se terminer en juillet 1975. La deuxième phase a été prévue dans le budget pour 1976 et, si elle est approuvée, portera sur 2 millions de personnes de plus. L'élargissement de la couverture du programme de fluoration, auquel on compte parvenir grâce au développement des réseaux de distribution d'eau, réduira le coût par habitant de la fluoration. Le Dr SANCHEZ ROSADO (Mexique) approuve le rapport du Directeur général, bien qu'il eût préféré que soient mentionnées d'autres méthodes préventives considérées comme valables par l'OMS. La fluoration de l'eau dans les pays en voie de développement pose de difficiles problèmes; il faut importer les sels fluorés et le matériel, les habitants tirent souvent leur eau de boisson de sources diverses et la population est dispersée dans de petites collectivités. Il convient d'accorder l'attention voulue à l'éducation sanitaire pour la prévention des caries dentaires, notamment de mettre les personnes en garde contre une consommation excessive d'hydrates de carbone élaborés et de faire connaître les possibilités d'application locale de fluor.

Le Dr JENNINGS (Etats -Unis d'Amérique) rappelle que sa délégation est un des auteurs du projet de résolution sous sa forme initiale. Il fait observer que le programme exposé par le Directeur général facilitera l'adoption des techniques optimales dont on dispose pour faire face aux besoins locaux en matière de prévention des caries et encouragera la mise au point et l'essai d'autres méthodes de lutte contre les caries. La fluoration des approvisionnements publics en eau, entreprise dans son pays en 1945 après de nombreuses années de recherches épidémiologiques et en laboratoire, touche actuellement près de 100 millions de personnes et a permis de réduire l'incidence des caries dentaires pour une dépense très faible. Il est prévu de faire bénéficier le plus tôt possible de la fluoration le reste de la population desservie par des approvisionnements publics en eau. Dans le programme OMS dont l'adoption est proposée, il est reconnu qu'il existe d'autres mesures préventives et l'application en est préconisée lorsque la fluoration des approvisionnements publics en eau est impossible ou indésirable. C'est là un fait nouveau dont il faut se féliciter, en particulier compte tenu des liens qu'il est prévu d'établir avec le programme de recherches sur l'étiologie et la prévention des caries dentaires.

Le Dr JOYCE (Irlande) indique que la fluoration de l'eau est obligatoire dans son pays depuis la loi de 1960 sur la fluoration des approvisionnements en eau; 66 % des habitants sont

COMMISSION B

:

DOUZIEME SEANCE

657

approvisionnés en eau sous canalisation et 60 % d'entre eux reçoivent de l'eau fluorée. L'entrée en vigueur de la loi a donné lieu à une contestation, mais les tribunaux l'ont décrétée conforme à la Constitution. La question de la fluoration de l'eau est de celles qui émeuvent l'opinion et le Dr Joyce se souvient que, lorsqu'il était étudiant en médecine, une petite minorité s'était ainsi levée pour contester la légitimité de la vaccination antivariolique; et pourtant le Directeur général a informé l'Assemblée de la Santé, il y a quelques jours, que le monde était en passe de parvenir à l'éradication totale de la variole. Peut -être la carie sera -t -elle éliminée un jour, elle aussi, grâce à la fluoration de l'eau et à la recherche.

Le Dr LEPPO (Finlande) ne peut pas accepter l'amendement que le délégué de l'Autriche a proposé à l'alinéa 2) du paragraphe 2 du dispositif du projet de résolution. Ce paragraphe constitue une recommandation adressée à l'Organisation elle -même et doit donc être conforme au contenu du rapport du Directeur général qui repose sur des bases scientifiques solides. Le projet de résolution sans amendement ne contient aucune atteinte à la souveraineté des Etats Membres qui restent libres de déterminer leur propre politique. Au paragraphe 3 du dispositif, qui s'adresse aux Membres, rien n'est dit des techniques particulières auxquelles ils doivent recourir, encore qu'il soit sous -entendu que le texte des alinéas du préambule doit être pris en considération. Le Dr AKHMETELI (Directeur de la Division des Maladies non transmissibles) déclare que les observations faites par les délégués ont été très instructives et qu'il en sera soigneusement tenu compte lors de l'élaboration du programme de l'OMS dans le domaine de la prévention des caries dentaires. En réponse à certaines observations d'ordre général, il indique que, si les caries dentaires posent un problème grave, on dispose maintenant d'excellents moyens pour les prévenir; on a signalé des études qui font état d'une réduction de 50 % et plus obtenue par la fluoration de l'eau, Il est exceptionnel que des méthodes préventives permettent d'obtenir un tel niveau d'efficacité. Le moment est donc venu de mettre à profit toutes les connaissances déjà réunies. Même si, naturellement, les autres méthodes de prévention des caries ne doivent pas être négligées dans les recherches, l'emploi de la fluoration, notamment pour les approvisionnements en eau, s'est révélé la méthode la moins chère et la plus facile à mesurer au niveau international. L'OMS a le devoir et l'occasion unique de mesurer aussi objectivement que possible les effets préventifs du fluor sur les caries dentaires; outre la promotion de la fluoration des approvisionnements publics en eau, l'évaluation devra constituer un des points principaux du programme de l'OMS si l'Assemblée de la Santé l'approuve. Le Dr BARNES (Hygiène dentaire) fait observer que le débat a mis en évidence à la fois l'efficacité des diverses méthodes faisant appel au fluor et la nécessité de choisir la méthode la plus appropriée, ce qui n'est pas simple. Le débat a fait ressortir aussi la nécessité d'inclure dans les activités nationales de planification sanitaire des plans soigneusement établis de prévention des caries. Le rapport du Directeur général avait pour objet de présenter un programme équilibré permettant aux Etats Membres de faire leur choix entre diverses solutions, bien que la fluoration de l'eau soit jusqu'à présent la plus efficace des méthodes décrites et ait apporté dans de nombreux pays la preuve de son innocuité. Il ressort clairement des interventions des délégués que certains pays préféreront la fluoration de l'eau, d'autres les méthodes de rechange, d'autres encore panacheront dans leur programme la fluoration de l'eau et d'autres méthodes. Le Dr Barmes reconnaît qu'on doit poursuivre les recherches, notamment en ce qui concerne l'acceptation et l'organisation de diverses méthodes de prévention des caries. Comme il a été indiqué, certains pays se trouvent devant la nécessité de défluorer et d'évaluer la quantité de fluor ingérée avec les aliments. Le Dr Barmes a soigneusement pris note des demandes d'assistance faites à l'OMS, de la suggestion d'étudier les motifs de la résistance à la fluoration de l'eau manifestée par des groupes d'opposants, ainsi que de l'importante suggestion de ceux qui souhaitent qu'on recherche d'autres mesures préventives. Le délégué du Portugal a signalé des inexactitudes dans un texte distribué à l'Assemblée de la Santé. Ce texte est un appendice des fiches techniques établies pour certains pays par la Fédération dentaire internationale et distribuées à titre d'information. Il va de soi que ces fiches ne constituent pas des informations officielles de l'OMS. Le Dr VELIMIROVIC (Autriche) remercie les délégués de l'Italie et de l'Iran qui ont manifestement très bien compris le sens de son amendement, à la différence d'autres délégués qui semblent y avoir vu une mise en cause de la fluoration. En fait, le problème n'est pas là; le Gouvernement autrichien a parfaitement accepté le principe du recours au fluor; il refuse simplement la fluoration des réseaux de distribution d'eau de boisson. Etant donné que les auteurs du projet de résolution ne sont pas disposés à accepter l'amendement, le délégué de l'Autriche le retire. Il estime cependant que la fluoration de l'eau revêt un caractère discriminatoire à l'égard des populations rurales car, même dans nombre de pays d'Europe, une forte proportion de ces populations ne sont pas desservies par un réseau communal.

658

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

Le Dr Velimirovic fait observer que les renseignements contenus dans l'appendice du document établi par la Fédération dentaire internationale sont également erronés en ce qui concerne son pays, qui figure à tort parmi les pays en faveur de la fluoration de l'eau. Enfin, il fait observer qu'il entre manifestement dans les attributions de l'OMS de procéder à la discussion critique de certaines techniques. Cependant, la méthode scientifique est destinée avant tout à éclairer les choses et non à l'affirmation de thèses visant à influencer les décisions. Le Dr Velimirovic estime qu'on a un peu tenté d'influencer les esprits en ce qui concerne la question en discussion. Le PRESIDENT prend acte de ce que le délégué de l'Autriche a retiré son amendement. Il invite la Commission à approuver le projet de résolution sous sa forme initiale. Décision 2. :

Le projet de résolution est approuvé

.1

SUBSTANCES PROPHYLACTIQUES ET THERAPEUTIQUES

Ordre du jour, 2.8

Le Dr TAYLOR (représentant du Conseil exécutif) indique que le Conseil exécutif, à la lumière de son examen du projet de budget programme à sa cinquante -cinquième session, a décidé d'attirer particulièrement l'attention de l'Assemblée de la Santé sur la question des substances prophylactiques et thérapeutiques. Le Conseil a examiné un rapport du Directeur général, qui a été révisé pour être présenté à l'Assemblée de la Santé. Dans ce document sont exposés les principaux problèmes pharmaceutiques et suggérées de nouvelles approches à l'action dans ce secteur du programme.2 Tandis que les pays développés ont à faire face aux problèmes que posent la surconsommation et la mauvaise utilisation des médicaments, dans les pays en voie de développement des médicaments essentiels ne sont pas disponibles en quantités suffisantes, sont trop chers et sont parfois de qualité douteuse. Cette situation peu satisfaisante soumet la protection sanitaire à une lourde contrainte. Le Conseil s'est déclaré convaincu que la solution de ces graves problèmes supposait la mise en place de politiques pharmaceutiques nationales alliant la recherche pharmaceutique à la production et à la distribution des médicaments, selon les grandes lignes proposées dans le document évoqué. La nécessité d'un plein appui des Etats Membres a été reconnue par le Conseil, étant donné que la question entraîne la responsabilité des gouvernements ainsi que la responsabilité sociale globale de l'industrie pharmaceutique à laquelle il incombe d'assurer la commercialisation, à un prix raisonnable, des médicaments les plus essentiels. Le Conseil a souscrit au texte révisé des "Règles de bonne pratique applicables à la fabrication des médicaments et au contrôle de leur qualité" et a pleinement reconnu la nécessité du "Système de certification de la qualité des produits pharmaceutiques entrant dans le commerce international" proposé par l'OMS. Par sa résolution EB55.R21, le Conseil a recommandé à la Vingt- Huitième Assemblée mondiale de la Santé d'adopter les textes révisés qui figurent dans le rapport du Directeur général.3 Le Conseil a également étudié un rapport de situation du Directeur général sur la surveillance des réactions adverses aux médicaments et a recommandé que le système international reçoive les aménagements voulus pour l'adapter aux efforts nationaux visant à faire en sorte que les médicaments soient employés avec le maximum de sécurité. Le Dr FATTORUSSO (Directeur de la Division des Substances prophylactiques, diagnostiques et thérapeutiques) indique que le rapport du Directeur général est issu de discussions du Conseil exécutif au cours desquelles plusieurs membres ont soulevé les graves problèmes que posent la consommation des médicaments et les dépenses qu'elle représente. Ces problèmes concernent les rapports entre la consommation de médicaments et la morbidité, la prescription de médicaments sans discernement, l'abus des antibiotiques et d'autres médicaments, ainsi que les difficultés particulières qu'éprouvent les pays en voie de développement à procurer à temps les médicaments essentiels à ceux qui en ont besoin. Le Dr Fattorusso fait valoir que l'Assemblée mondiale de la Santé, dans sa résolution WHA24.56, s'est déclarée convaincue que les questions relatives à la mise au point, à la production et à la distribution des médicaments, ainsi qu'au contrôle de leur qualité, de leur sécurité et de leur efficacité et à la surveillance des réactions adverses doivent être envisagées comme un tout. Le Directeur général estime que l'action de l'Organisation en matière de médicaments doit être réorientée et, en ce qui concerne l'assistance directe aux pays, envisagée dans une pers1 Ce projet de résolution a été transmis à l'Assemblée de la Santé dans le sixième rapport de la Commission et adopté sous le numéro d'ordre WHA28.64. 2 Voir Actes officiels N° 226, 1975, annexe 13. 3

Voir Actes officiels N° 226, 1975, annexe 12.

COMMISSION B

:

DOUZIEME SEANCE

659

pective globale reliant les priorités en matière de médicaments aux priorités sanitaires en général. Cette perspective globale est importante pour les pays en voie de développement où toute la population ne dispose pas de tous les médicaments dont elle a besoin. Il est nécessaire que les pays formulent leur propre politique pharmaceutique nationale, c'est -à -dire qu'ils fixent leurs propres priorités en matière de mise au point, de production, de contrôle et de distribution des médicaments. Il est évident que ces politiques pharmaceutiques seront différentes selon les pays et varieront en fonction de nombreux facteurs. Aussi n'est -il pas question que l'OMS propose un modèle unique, mais plutôt qu'elle stimule des études et qu'elle aide les pays qui en font la demande à formuler leurs propres priorités. Pour les pays qui ont des difficultés à se procurer des médicaments essentiels, il est important aussi que l'Organisation puisse fournir des services consultatifs et des informations et qu'elle puisse aider à la formation du personnel chargé du contrôle des médicaments. Les médicaments modernes sont l'aboutissement de recherches fondamentales et appliquées et de processus techniques complexes. Ces médicaments présentent des caractéristiques spécifiques indispensables et ils doivent remplir des conditions rigoureuses de qualité, d'efficacité et de sécurité. C'est pourquoi des systèmes d'évaluation et de surveillance des médicaments ont été mis au point dans de nombreux pays développés. Cependant, il est nécessaire d'élaborer des méthodes de surveillance simplifiées susceptibles d'être adaptées à l'intention des pays en voie de développement. Un courant important d'exportation de médicaments va des pays développés aux pays en voie de développement, lesquels s'inquiètent du cost et de la qualité de leurs importations. A cet égard, le Dr Fattorusso attire l'attention sur le document contenant les textes relatifs aux règles de bonne pratique applicables à la fabrication des médicaments et au contrôle de leur qualité et au système de certification de la qualité des produits pharmaceutiques entrant dans le commerce international, révisés par le Comité OMS d'experts des Spécifications relatives aux Préparations pharmaceutiques sur la base d'avis formulés par un certain nombre d'Etats Membres au sujet des textes qui avaient été approuvés par la Vingt- Deuxième Assemblée mondiale de la Santé. Le Dr Fattorusso fait observer qu'il a été tenu compte, dans le texte relatif au système de certification, du fait que la législation nationale de certains Etats Membres peut les amener à formuler des réserves qu'ils pourront notifier en mame temps qu'ils annonceront leur intention de participer au système. Les textes révisés ont été examinés par le Conseil exécutif qui a recommandé à l'Assemblée mondiale de la Santé de les adopter. Le Professeur VON MANGER -KOENIG (République fédérale d'Allemagne) dit que les documents dont est saisie la Commission donnent une excellente vue générale des problèmes relatifs aux substances prophylactiques et thérapeutiques. Il souligne que, pour que soit concrétisé le droit, proclamé dans la Constitution de l'Organisation, à "la possession /par tout être humain/ du meilleur état de santé qu'il est capable d'atteindre ", il faudra redoubler d'efforts en vue de mettre au point une pharmacothérapie efficace et répondant aux besoins sanitaires des populations. Cette tâche nécessite une association entre tous les pays, développés aussi bien qu'en voie de développement, entre les organismes publics et les représentants des sciences médicales, des professions de la santé et de l'industrie pharmaceutique, entre l'OMS et ses Etats Membres, et entre l'OMS et d'autres organisations internationales, intergouvernementales ou non gouvernementales. Toutes les parties en cause ont une responsabilité commune et doivent coopérer en toute équité, de mame que tous les partenaires doivent respecter certaines règles. Cela vaut particulièrement pour l'industrie pharmaceutique, qui doit se laisser guider non seulement par des considérations économiques, mais aussi par la responsabilité qu'elle a de contribuer au développement de la société, encore qu'elle doive aussi bénéficier, bien entendu, de la protection de la collectivité. Le Professeur von Manger- Koenig présente le projet de résolution ci- après, concernant les règles de bonne pratique applicables à la fabrication des médicaments et au contrôle de leur qualité et le système de certification de la qualité des produits pharmaceutiques entrant dans République le commerce international, projet soumis par les délégations des pays suivants fédérale d'Allemagne, France, Grèce, Islande, Italie, Japon, Malaisie, Pakistan, Pays -Bas, Philippines, Pologne, Roumanie, Singapour, Sri Lanka, Suède, Suisse et Union des Républiques socialistes soviétiques. :

La Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé, Rappelant les résolutions WHA22.50, WHA23.45 et WHA25.61; Prenant note de la résolution EB55.R21; et Ayant examiné le rapport du Directeur général sur les substances prophylactiques et thérapeutiques, ADOPTE les textes révisés qui y sont joints pour les règles de bonne pratique appli1. cables à la fabrication des médicaments et au contrôle de leur qualité et pour le système de certification de la qualité des produits pharmaceutiques entrant dans le commerce international;

660 2.

VINGT- HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

RECOMMANDE aux Etats Membres 1) de suivre les règles révisées de bonne pratique applicables A la fabrication des médicaments et au contrôle de leur qualité telles qu'elles sont énoncées dans le rapport du Directeur général; 2) de participer au système révisé de certification de la qualité des produits pharmaceutiques entrant dans le commerce international tel qu'il est exposé dans le rapport du Directeur général; et 3. PRIE le Directeur général de faire rapport A une future Assemblée mondiale de la Santé sur la mise en oeuvre des recommandations ci- dessus. Le Professeur von Manger- Koenig explique que les textes auxquels se rapporte le projet de résolution ont été révisés A la lumière de l'expérience acquise depuis 1969, les principes demeurant inchangés mais les prescriptions étant précisées. Il présente ensuite un deuxième projet de résolution, relatif aux substances prophylactiques Afghanistan, République et thérapeutiques, que soumettent les délégations des pays suivants fédérale d'Allemagne, Canada, France, Grèce, Indonésie, Islande, Italie, Japon, Malaisie, Pakistan, Pays -Bas, Philippines, Pologne, Roumanie, Singapour, Sri Lanka, Suède et Union des Républiques socialistes soviétiques; ce projet de résolution est libellé comme suit : :

La Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé, Ayant examiné le rapport du Directeur général sur les substances prophylactiques et thérapeutiques; Reconnaissant qu'il importe de continuer A mettre au point des étalons internationaux et des normes internationales pour les substances prophylactiques et thérapeutiques; Convaincue de la nécessité d'élaborer des politiques pharmaceutiques telles que les recherches sur les médicaments, la production des médicaments et leur distribution soient liées aux besoins sanitaires réels, I. REMERCIE le Directeur général de son rapport détaillé et complet; 2. INVITE INSTAMMENT les gouvernements et les organismes professionnels A faire en sorte que le personnel sanitaire et le public soient dûment avertis et tenus au courant en ce qui concerne l'usage correct des substances prophylactiques et thérapeutiques; et PRIE le Directeur général 3. de continuer A développer les activités relatives A l'établissement et A la révi1) sion d'étalons, normes et directives internationaux pour les substances prophylactiques et thérapeutiques, en consultation, selon qu'il conviendra, avec les organisations compétentes, gouvernementales ou non gouvernementales, en relations officielles avec :

l'OMS; 2)

de mettre au point des méthodes permettant A l'Organisation de fournir une plus grande assistance directe aux Etats Membres pour l'exécution de programmes nationaux concernant les recherches sur les média) caments, le contrôle réglementaire des médicaments, les systèmes de distribution et la surveillance, ainsi que la formulation de politiques pharmaceutiques nationales; b) les conseils touchant le choix et l'achat, A des prix raisonnables, de médicaments essentiels de qualité bien établie correspondant A leurs besoins sanitaires; c) l'enseignement et la formation de personnel scientifique et technique aux fins de la recherche sur les substances prophylactiques et thérapeutiques, de l'évaluation de ces substances, de leur contrôle et de leur distribution; 3) d'étudier les moyens d'optimiser les entrées et les sorties du système international de surveillance des médicaments de telle sorte que celui -ci soit utile A la fois aux pays développés et aux pays en voie de développement; 4) de communiquer aux Etats Membres des renseignements d'évaluation sur les médicaments; et 5) de faire rapport sur ces questions au Conseil exécutif et A une future Assemblée mondiale de la Santé. :

Deux objectifs importants sont soulignés dans le préambule du projet de résolution la continuation de la mise au point d'étalons et de normes se prêtant A une application internationale en vue d'améliorer la sécurité dans le commerce international des médicaments A usage médical, et la nécessité d'orienter les recherches sur les médicaments, leur production et leur distribution selon les besoins sanitaires réels et les priorités qui en découlent. Le dispositif met l'accent sur la formation et sur les renseignements d'évaluation en matière de pharmacothérapie, soit l'information sur la sécurité et l'efficacité des médicaments. Il s'agit de points exigeant la participation des pouvoirs publics et du corps médical. Les efforts accomplis jusqu'A maintenant par l'OMS en vue d'établir des normes internationales de qualité et des directives ont été couronnés de succès et il convient de les poursuivre car ces normes et directives sont importantes A la fois pour les pays en voie de développement et les pays développés ainsi que pour les organismes de contrôle et les producteurs, et elles :

COMMISSION B

:

DOUZIEME SEANCE

661

sont indispensables pour la coopération internationale. L'Organisation doit cependant, aller encore plus loin; elle doit prêter son concours aux Etats Membres à titre individuel pour leurs propres travaux concernant la recherche et le contrôle de la qualité et pour l'établissement de leurs programmes nationaux en matière de médicaments. Ce faisant, l'Organisation pourra contribuer à l'élaboration d'une politique pharmaceutique internationale dans le cadre d'une politique sanitaire globale. L'OMS peut aussi fournir une aide indirecte pour l'achat de médicaments indispensables à des prix raisonnables en déterminant clairement les critères de sélection et en indiquant tous les facteurs dont il faut tenir compte. L'Organisation peut aussi contribuer à la formation du personnel scientifique et technique nécessaire. L'alinéa 3) du paragraphe 3 du projet de résolution a pour objet de faciliter l'amélioration du système international de surveillance des médicaments en ce qui concerne à la fois la collecte et la diffusion des renseignements sur les réactions adverses aux médicaments. Le Dr GRAHAM (Australie) reconnaît qu'aucune nouvelle question de principe n'a été introduite dans le texte révisé des règles de bonne pratique applicables à la fabrication des médicaments et au contrôle de leur qualité. Il faut insister pour que les produits pharmaceutiques soient de haute qualité et le Gouvernement australien pense que, si l'on s'en tient aux pratiques décrites en détail dans le document, le risque de production d'articles de qualité inférieure devrait être minime. Les principes exposés dans le document servent déjà de base au Code australien de règles de bonne pratique pour la fabrication et ce code englobe tous les points sur lesquels porte le document; on procède actuellement à sa révision pour tenir compte des progrès les plus récents dans la production d'articles stériles et aussi pour préciser certaines sections concernant les spécifications et procédures applicables au contrôle de la qualité. En ce qui concerne le système de certification de La qualité des produits pharmaceutiques entrant dans le commerce international, le Dr Graham constate que des changements notables ont été apportés au texte recommandé par la Vingt -Deuxième Assemblée de la Santé dans sa résolution WHA22.50. Selon la partie I de la version révisée, l'autorité compétente du pays exportateur délivrera, à la demande de la partie intéressée, un certificat précisant que la vente du produit est autorisée dans le pays exportateur et que l'usine de fabrication est soumise à des inspections visant à vérifier que le fabricant se conforme aux règles de bonne pratique recommandées. Le Département de la Santé de l'Australie est disposé à délivrer de tels certificats à la demande d'un pays importateur et procédera à des inspections pour vérifier la conformité avec les normes figurant dans les règles de bonne pratique applicables à la fabrication des médicaments et au contrôle de leur qualité. Toutefois, il est peu probable que le Département de la Santé délivre des certificats pour des lots individuels de médicaments à moins qu'ils ne lui soient expressément demandés. Normalement, cette fonction serait considérée comme incombant au fabricant. La partie II concerne les renseignements que l'Etat exportateur doit communiquer au pays importateur à sa demande. Le Gouvernement australien est disposé à fournir les renseignements spécifiés aux alinéas a), b) et c) du paragraphe 1 de cette partie, mais il pense qu'il serait peut -être difficile de fournir les noms et fonctions des personnes habilitées à signer les certificats concernant des lots distincts de produits pharmaceutiques, comme il est prévu à l'alinéa c). En raison des mouvements de personnel dans l'industrie et des changements de titulaires de postes dans les entreprises, il serait presque impossible de tenir des listes à jour. La notification des défauts de qualité considérés comme graves que viendraient à présenter des produits pharmaceutiques fabriqués, notification requise dans le système de certification, ne poserait aucun problème au Gouvernement australien; le Département de la Santé a déjà procédé ainsi à diverses reprises. En ce qui concerne la partie III, l'exécution d'épreuves appropriées garantissant la qualité des produits pharmaceutiques, le contrôle de l'observation des règles de bonne pratique recommandées, l'accomplissement des enquêtes nécessaires par des inspecteurs possédant les qualifications et l'expérience appropriées sont autant de fonctions déjà exercées par le Département de la Santé en coopération avec les départements de la santé des divers Etats australiens. En outre, le Gouvernement australien veillera le mieux possible, ainsi qu'il est demandé, à ce que les dénominations communes internationales soient utilisées dans le certificat pour la description de la composition du produit. Dans sa résolution WHA25.61, la Vingt -Cinquième Assemblée mondiale de la Santé a prié le Directeur général d'entreprendre une étude sur les moyens les plus pratiques à appliquer pour indiquer, à l'aide d'un système uniforme de marquage, les limites de conservation des produits pharmaceutiques dans les conditions prévues pour leur stockage, la date de fabrication et le numéro du lot. Selon les dispositions de la loi australienne sur les substances thérapeutiques en cours d'élaboration, toutes les substances biologiques à usage pharmaceutique seront identifiées par un numéro de lot et porteront une étiquette indiquant les conditions de stockage. L'étiquette stipulera si le stockage doit se faire à une température inférieure à -10 °C, à 3 °C, 25 °C ou 30 °C. Pour les substances ne portant aucune étiquette stipulant la température de stockage, il aura fallu démontrer qu'elles conservent leur stabilité à 40 °C. L'indication d'une

662

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

date limite d'utilisation sera obligatoire pour la plupart des produits pharmaceutiques et pour toutes les substances biologiques. Les normes ainsi prévues en matière d'étiquetage feront bientôt partie de la législation fédérale australienne. Le Professeur MATEJI6EK (Tchécoslovaquie) dit qu'étant donné l'augmentation constante du nombre des préparations pharmaceutiques il est indispensable de résoudre le problème de leur normalisation et de leur qualité. La première tâche consiste à dresser une liste des médicaments indispensables dont les pays ont besoin et la seconde sera d'assurer la certification de la qualité des médicaments importés. En Tchécoslovaquie, l'évaluation de l'efficacité et de la sécurité des substances prophylactiques et thérapeutiques est régie par des dispositions spéciales, et des organismes publics sont chargés d'évaluer les préparations nouvelles et d'en autoriser la fabrication, d'homologuer les médicaments de fabrication locale ou étrangère et d'autoriser le remplacement de certaines préparations par des préparations nouvelles plus efficaces. La Tchécoslovaquie, qui participe à l'établissement des spécifications internationales pour le contrôle de la qualité des préparations pharmaceutiques, appuie les efforts déployés par l'OMS pour promouvoir des règles de bonne pratique dans la fabrication de ces produits et le contrôle de leur qualité et pour développer la surveillance des réactions adverses. Le Dr VASSILOPOULOS (Chypre) propose que, lorsque la vente de médicaments est interdite dans le pays de fabrication pour des raisons de sécurité ou parce qu'ils manquent d'efficacité ou d'activité, l'exportation de ces médicaments vers les pays en voie de développement soit également interdite. Avec l'aide de l'OMS, Chypre a créé un service de contrôle de la qualité des médicaments importés et ce service a découvert récemment que des médicaments importés d'un pays développé étaient totalement dépourvus de la substance active appropriée ou que leur activité était négligeable. Le Dr Vassilopoulos propose que des restrictions analogues soient imposées à l'envoi d'échantillons aux pays en voie de développement. Le Professeur TATON (Pologne) déclare que les dépenses consacrées aux substances prophylactiques et thérapeutiques ne cessent d'augmenter parallèlement à l'accroissement constant du nombre des produits et du fait que leur usage approprié est de plus en plus complexe. Il incombe aux Etats de veiller à l'emploi efficace et sans danger des médicaments indispensables, ce qui nécessite une meilleure formation du personnel et un développement de la surveillance des médicaments et des recherches y afférentes. Dans ce contexte, la délégation polonaise appuie pleinement la démarche complète englobant le contrôle de la qualité, la sécurité et l'efficacité des médicaments, telle qu'elle est présentée dans le projet de budget programme pour 1976 et 1977 et dans les textes dont est saisie la Commission. L'OMS doit poursuivre ses activités actuelles concernant l'échange de renseignements sur les médicaments nouveaux et sur leur efficacité, leur sécurité et leurs effets adverses. Il faut donner des avis, en particulier aux pays en voie de développement, au sujet de l'accessibilité et de la distribution des médicaments indispensables et accorder une priorité élevée aux études internationales sur la consommation de médicaments et les aspects économiques de leur emploi. Il convient de développer encore la surveillance des effets secondaires et d'envisager une exploitation scientifique de la masse d'informations sur les effets secondaires dont dispose déjà le Centre OMS sur la Surveillance internationale des Réactions aux Médicaments. Les instituts et les départements cliniques universitaires qui participent à des recherches sur les médicaments en Pologne seront heureux de contribuer au développement de cet important aspect du programme de l'OMS.

La séance est levée à 17 h.25.

TREIZIEME SEANCE

Mercredi 28 mai 1975, 12 h.10 Président :

Dr J. -S. CAYLA (France)

SUBSTANCES PROPHYLACTIQUES ET THERAPEUTIQUES (suite)

Ordre du jour, 2.8

Le Professeur OHRA (Roumanie) indique que, si sa délégation a voulu figurer parmi les auteurs des deux projets de résolution soumis à la Commission, c'est en raison de l'importance que le Gouvernement roumain et son Ministère de la Santé attachent aux questions qui y sont évoquées et aux activités qui sont déployées dans ce domaine en Roumanie. Des programmes de recherche à long et à moyen terme sur la production et la distribution de médicaments ont été lancés en Roumanie pour satisfaire aux exigences de la santé publique. La Commission des médicaments du Ministère de la Santé applique une politique compatible avec les besoins thérapeutiques et les objectifs sanitaires majeurs de la population, et elle collabore avec d'autres départements à l'élaboration de programmes nationaux dans tous les secteurs pharmaceutiques. L'Institut d'Etat pour le contrôle des médicaments inspecte des échantillons prélevés sur les lots de produits avant leur distribution, afin de vérifier à la fois leur efficacité et leur innocuité. Chaque lot de médicaments exporté est muni d'un certificat de garantie de cet institut. Le Gouvernement roumain estime que les normes fixées par l'OMS en ce qui concerne les règles de bonne pratique applicables à la fabrication des médicaments et au contrôle de leur qualité ont été très précieuses pour l'établissement d'une législation nationale sur les normes générales pour la fabrication et le contrôle de la qualité des médicaments. Le Ministère de la Santé a créé un centre national de pharmacovigilance qui collabore depuis janvier 1975 avec le Centre OMS de Surveillance internationale des Réactions aux Médicaments. Les documents communiqués par le Centre OMS, ainsi que les notifications qu'il a faites de certaines réactions graves, ont été d'un grand secours pour les autorités roumaines. La délégation de la Roumanie appuie sans réserve le programme OMS relatif aux substances prophylactiques et thérapeutiques et c'est pourquoi elle a tenu à figurer parmi les auteurs des deux projets de résolution soumis à la Commission. Le Dr ALAN (Turquie) déclare que sa délégation appuie pleinement les deux projets de résolution et regrette que, à la suite d'un oubli, la Turquie n'ait pas été inscrite sur la liste des auteurs du deuxième projet de résolution présenté à la précédente séance, bien que le Dr Alan ait demandé formellement que sa délégation figure parmi les auteurs du projet et ait lui -même participé à sa rédaction. Le Dr O. A. HASSAN (Somalie) dit que le contrôle et la certification de la qualité des médicaments sont particulièrement importants pour les pays en voie de développement, qui doivent importer la totalité ou la plupart de leurs produits pharmaceutiques. Il suggère que les projets de résolution et les documents soumis à la Commission soient modifiés de manière à contenir une clause selon laquelle tous les médicaments exportés doivent être munis d'un timbre ou d'un sceau des autorités sanitaires du pays producteur indiquant si ces produits sont en vente dans le pays producteur, si leur qualité a été contrôlée par les autorités sanitaires et s'ils sont conformes aux normes OMS concernant les règles de bonne pratique applicables à la fabrication des médicaments et au contrôle de leur qualité. Il serait également souhaitable de créer davantage de centres de surveillance dans les diverses Régions de l'OMS, afin que les produits importés et ceux fabriqués sur place puissent être analysés dans des laboratoires pas trop éloignés des pays utilisateurs. Il conviendrait d'accélérer la diffusion des informations, notamment en ce qui concerne les médicaments dont la vente n'est pas autorisée dans le pays d'origine ou qui ont été retirés du marché pour insuffisance sur le plan de la sécurité ou de l'efficacité, car il arrive souvent que ce genre de renseignement parvienne trop tard pour être d'une utilité pratique. Le Professeur REXED (Suède) déclare que les documents soumisà la Commission montrent que l'OMS est aujourd'hui mieux placée pour accorder une aide efficace aux pays dans leurs travaux sur l'efficacité, la sécurité et le contrôle des médicaments. Une telle assistance est de la plus haute importance pour les pays en voie de développement, car dans certains d'entre eux les produits pharmaceutiques représentent jusqu'à 10 ' et davantage du budget de la santé. La délégation suédoise appuie les deux projets de résolution qui portent sur tous les aspects de ces problèmes. Dans le projet de résolution relatif aux substances prophylactiques et thérapeutiques, les dispositions du paragraphe 3.3) du dispositif pourraient sans doute être appliquées par l'OMS

- 663 -

664

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II :

l'OMS centraliserait et évaluerait les renseignements sur la manière de la manière suivante dont certains pays assurent la surveillance des médicaments et elle communiquerait ces informations aux pays désirant créer leurs propres services de contrôle et de surveillance. En ce qui concerne l'alinéa 3 2) b) du dispositif, le Professeur Rexed signale que certains pays ont recours à des méthodes qui pourraient être essayées ailleurs avec profit. En Suède, par exemple, les hôpitaux ont des comités consultatifs spéciaux de sélection des médicaments, qui communiquent aux médecins des listes de 100 à 150 médicaments recommandés et convenant pour la plupart des traitements chimiothérapeutiques dispensés dans ces établissements. Les médecins peuvent à leur gré prescrire d'autres médicaments, mais on leur conseille de ne le faire que si des raisons spéciales l'exigent. Cette méthode a eu des répercussions favorables sur la qualité et le coût des traitements et on l'étend actuellement aux districts voisins des hôpitaux, ainsi qu'aux services de soins primaires. Il est très important que le système de surveillance des médicaments soit développé et que les pays reçoivent aide et avis pour la mise en place d'un tel dispositif. A ce propos, le Professeur Rexed pense que l'OMS n'a pas, jusqu'ici, entièrement rempli sa mission sur le plan de la coopération avec la Commission des Stupéfiants des Nations Unies. L'usage non médical des médicaments engendrant la dépendance exige une action plus intensive. Il semble que, dans la pratique, il n'y ait pas de ligne de démarcation bien nette entre les médicaments qui sont du ressort de la Commission des Stupéfiants et ceux qui relèvent des activités générales de l'OMS. Des renseignements concernant l'usage non médical de médicaments engendrant la dépendance auxquels ne s'appliquent pas les conventions et protocoles internationaux en la matière devraient être réunis et évalués par l'OMS, puis transmis à la Commission des Stupéfiants. Les règles de bonne pratique applicables à la fabrication des médicaments et au contrôle de leur qualité, qui font l'objet de l'autre projet de résolution soumis à la Commission, sont déjà appliquées en Suède. Ce pays est également disposé à utiliser le système de certification recommandé dans ce projet de résolution. Il n'est que juste que les pays producteurs veillent à ce que leurs fabricants se conforment aux recommandations de l'OMS. Le Professeur Rexed espère que l'adoption des deux résolutions permettra à l'Organisation d'étendre son action dans ce domaine. Le Professeur GERIC (Yougoslavie) indique que, dans son pays, le contrôle de la qualité des médicaments et la production des médicaments en général font l'objet d'une réglementation très stricte. Les médicaments destinés à l'exportation sont soumis au même contrôle de qualité que ceux réservés au marché intérieur. Le Gouvernement de la Yougoslavie a participé, dès le début, à l'élaboration des règles de bonne pratique applicables à la fabrication des médicaments et au contrôle de leur qualité ainsi que du système de certification, et la délégation yougoslave souhaite figurer parmi les auteurs du projet de résolution sur cette question. Elle appuie également le projet de résolution sur les substances prophylactiques et thérapeutiques. Après s'être déclaré en faveur des deux projets de résolution, le Dr JOSHI (Népal) rappelle que les plantes médicinales figurent depuis longtemps parmi les principaux produits exportés par son pays. Récemment, afin de diversifier ce commerce, le Gouvernement népalais a entrepris de créer des exploitations d'herbes médicinales sous les auspices du Ministère des Forêts. A ce jour, quatre exploitations ont été créées, l'une dans les terres basses et les trois autres dans des régions montagneuses, à haute altitude. Il existe deux fabriques nationales de médicaments - l'une produisant des médicaments modernes et l'autre des médicaments ayurvédiques. Ces dernières préparations continuent d'être fabriquées sous leur forme brute, par des moyens lents et peu économiques, et les quantités ainsi produites sont insuffisantes pour répondre aux besoins, faute de crédits et de compétences techniques; la recherche sur les médicaments traditionnels est presque au point mort. Toutefois, grâce à l'aide de l'OMS, le Gouvernement espère pouvoir être en mesure de développer largement la médecine traditionnelle au Népal. Le Dr OKAMOTO (Japon) est d'avis que le problème des médicaments revêt une importance grandissante dans tous les secteurs de la santé, qu'il s'agisse de promouvoir l'utilisation efficace et sans danger des médicaments, ou de les employer en médecine préventive et curative pour lutter contre les maladies, sans oublier non plus le rôle qu'ils jouent dans la réadaptation de certains malades chroniques, comme ceux atteints de la maladie de Parkinson ou d'épilepsie. Le développement de l'assurance -maladie pour les soins individuels et collectifs - qui couvre aujourd'hui plus de 90 % de la population japonaise - a provoqué un accroissement considérable, et même excessif, de la consommation des médicaments. Ceux -ci représentent aujourd'hui une part si importante des prestations d'assurance -maladie que certaines difficultés ont été rencontrées dans le financement de l'assurance. La création de nouveaux médicaments, les efforts déployés par l'industrie pharmaceutique pour commercialiser ses produits, la généralisation de la médecine gratuite pour l'ensemble de la population (y compris les personnes âgées), entraînent non seulement un accroissement de la consommation des produits pharmaceutiques, mais aussi des réactions adverses plus nombreuses. C'est pourquoi le Japon s'emploie à renforcer la réglementation et les dispositifs de contrôle, en procédant notamment à une surveillance des réactions adverses ainsi qu'à la révision annuelle des prestations d'assurance -maladie en matière de médi-

COMMISSION B

:

TREIZIEME SEANCE

665

caments. Ces efforts n'ont pas encore permis de résoudre toutes les difficultés, qui demeurent préoccupantes. La délégation japonaise estime que la nouvelle approche adoptée par l'OMS jouera un rôle très utile dans la protection de la santé et elle souhaite figurer parmi les auteurs des deux projets de résolution. M. AVRAMIDIS (Grèce) fait part de l'intérêt de son Gouvernement pour la création par l'OMS d'un système international d'informations sur les médicaments, qui pourrait fournir tous les renseignements utiles concernant les produits susceptibles d'intéresser les autorités responsables de la santé publique et de la réglementation des médicaments, les centres de recherche en pharmacologie humaine et vétérinaire, les établissements d'enseignement, les professions médicales et paramédicales et l'industrie pharmaceutique. La recherche sur les médicaments, leur mise au point, leur production et leur distribution, les procédures d'enregistrement et d'homologation des médicaments, les critères de sécurité et d'efficacité, les lois et règlements concernant les médicaments, enfin et surtout la surveillance des réactions adverses sont autant de questions qui toutes intéressent son pays. Le Gouvernement grec espère qu'un système d'alerte rapide et pratique pourra être mis en place au bénéfice du plus grand nombre possible d'Etats Membres. Le Gouvernement grec serait heureux d'apporter sa contribution et de participer à un système de ce genre, dans le mesure de ses ressources. Il accueillera favorablement toute aide technique que l'OMS pourrait lui offrir dans l'immédiat pour lui permettre de créer un centre national de surveillance des médicaments, sur le modèle de ceux qui existent déjà dans d'autres Etats Membres. Le Dr KRAUSE (République Démocratique Allemande) indique que les principales suggestions contenues dans les documents soumis à la Commission sont déjà appliquées dans son pays. Le nombre des médicaments disponibles a été limité à environ 1800, en fonction des tableaux de morbidité, et la plupart d'entre eux ne peuvent être obtenus que sur ordonnance. Pour des raisons de sécurité, certains médicaments très actifs ne peuvent être prescrits que par des établissements de santé spécialisés. Les trois premières années, tout nouveau médicament ne peut être obtenu que sur ordonnance. Les firmes pharmaceutiques spécialisent leur production, en partie en coordination avec d'autres pays membres du Conseil d'Aide économique mutuelle. La production des médicaments est réglementée par la loi; il n'existe pas de production parallèle de médicaments similaires sous des noms commerciaux différents et il n'existe pas davantage de publicité destinée à promouvoir leur consommation. Les autorités sanitaires sont chargées de renseigner la profession médicale sur les nouveaux médicaments. La collaboration entre l'industrie pharmaceutique, les universités et les institutions scientifiques - mentionnée à la section 3 du rapport du Directeur générall - est déjà réalisée en République Démocratique Allemande dans le domaine des essais cliniques et de la surveillance. La production, la distribution, le stockage et le contrôle des médicaments sont du ressort de l'Etat; l'homologation tient compte des besoins confirmés par des analyses scientifiques. Un système d'évaluation scientifique, d'examen pharmaceutique et d'essais cliniques à différents stades, avec contrôle post- traitement, garantit la sécurité des médicaments utilisés. Pour les essais cliniques, la préférence est donnée à des institutions possédant une expérience spéciale dans le domaine en question ainsi que de bonnes installations de laboratoire. L'exécution des ordonnances en pharmacie pose encore des problèmes; mais il existe des préparations pharmaceutiques de plus en plus nombreuses qui sont fabriquées selon les normes établies, et leur valeur médicale est évaluée par un comité central d'experts des médicaments. L'expérience de la République Démocratique Allemande confirme ce qui est dit, dans le rapport du Directeur général, sur le coût croissant de production des médicaments et les prescriptions toujours plus nombreuses, mais les prix en pharmacie y sont demeurés constants. L'augmentation du nombre des ordonnances traduit dans une certaine mesure l'amélioration constante des soins médicaux. En République Démocratique Allemande, le matériel de pansement, les produits dentaires, les conteneurs utilisés pour les médicaments administrés par voie parentérale, ainsi que les préparations destinées à l'hygiène personnelle - y compris les cosmétiques - rentrent dans la catégorie des médicaments, ce qui a son utilité pour la prévention des réactions adverses. Le Dr FETISOV (Union des Républiques socialistes soviétiques), se référant à l'introduction au rapport du Directeur général sur les substances prophylactiques et thérapeutiques,1 où l'on peut lire que des médicaments dont la vente n'est pas autorisée dans leur pays d'origine sont parfois exportés et commercialisés dans les pays en voie de développement, déclare que de tels procédés doivent être considérés comme illicites. L'OMS devrait s'exprimer plus fermement à ce sujet.

1 Voir Actes officiels OMS N° 226, 1975, annexe 13.

666

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

En ce qui concerne les informations sur les médicaments (section 4 du rapport), il convient de n'autoriser que la publication d'informations scientifiques, à l'exclusion de toute publicité. Cela permettrait de diminuer les risques d'automédication, avec ses complications, et d'appliquer plus strictement les règlements qui stipulent que certains médicaments ne peuvent être obtenus que sur ordonnance médicale. En Union soviétique, toute publicité en faveur des médicaments est interdite et les informations scientifiques publiées à leur sujet sont soumises au contrôle du Ministère de la Santé. A propos des règles de bonne pratique applicables à la fabrication des médicaments et au contrôle de leur qualité, il convient de noter que la définition du "médicament ", telle qu'elle est donnée dans le texte, néglige les aspects juridiques de la question. D'après les lois en vigueur dans certains pays, seuls peuvent être utilisés des médicaments dont la fabrication et l'emploi à des fins thérapeutiques dans des établissements approuvés par l'Etat ont été autorisés. Le Dr Fetisov propose donc que la définition soit complétée par le membre de phrase "et dont le fabrication et l'utilisation à des fins thérapeutiques dans des établissuivant sements d'Etat appropriés ont été autorisées ". A propos de l'homologation des médicaments (section 10 du rapport du Directeur général), le Dr Fetisov regrette que les renseignements fournis à la cinquante -cinquième session du Conseil exécutif par l'un de ses membres sur le traitement fonctionnel et par antidote des effets secondaires n'aient pas été retenus. Les mêmes remarques s'appliquent au texte concernant le système de certification de la qualité des produits pharmaceutiques faisant l'objet d'un commerce international. Pour ce qui est de la certification, si une préparation ne possède pas de dénomination commune internationale, il convient de la désigner par son nom chimique complet. Le certificat devrait également indiquer le numéro d'homologation du produit dans le pays producteur. Les certificats relatifs aux stupéfiants devraient être conformes aux dispositions de la Convention unique sur les stupéfiants de 1961 et à celles de la Convention sur les substances psychotropes :

de 1971.

Il est regrettable que, dans le document présentant le texte relatif au système de certification, il ne soit fait aucune mention de la standardisation des méthodes d'enregistrement des numéros de lot, des dates de fabrication et des dates limites d'utilisation des produits. Il conviendrait à ce sujet d'étudier et d'appliquer le système en vigueur dans les pays du Conseil d'Aide économique mutuelle. Les futurs rapports du Directeur général sur les substances prophylactiques et thérapeutiques devraient mieux tenir compte de l'expérience et des réalisations des pays socialistes, dont l'URSS, qui fondent leur politique sur des principes non pas commerciaux, mais humanitaires. La délégation de l'URSS appuie sans réserve les projets de résolution dont la Commission est saisie. Le Dr DE WEVER (Belgique) appuie également les deux projets de résolution et déclare que, dans son pays, tout médicament mis sur le marché doit être enregistré et autorisé par l'administration de la santé publique, qui prend sa décision sur l'avis d'une commission spéciale composée de professeurs d'université de différentes disciplines, laquelle se prononce sur l'efficacité et la sécurité du médicament, sur les méthodes d'analyse utilisées et sur la notice explicative jointe au produit. Une surveillance réelle est exercée sur la production, la diffusion et la vente des médicaments. Sur le plan de la collaboration internationale, la Belgique, les Pays -Bas et le Luxembourg ont un bureau commun d'enregistrement des médicaments qui applique des règles communes aux trois pays, ce qui facilite l'accomplissement simultané par le fabricant des formalités pour les trois pays.

Pour assurer l'information scientifique du médecin et pour qu'il n'ait pas à compter uniquement sur les renseignements communiqués par l'industrie pharmaceutique, on a créé en Belgique un centre d'information composé de professeurs d'université. Ce centre envoie chaque mois à tous les médecins, pharmaciens et dentistes une information indépendante sur les nouveaux médicaments, leur toxicité, les méthodes d'analyse et la posologie. Il existe également un service de renseignements téléphoniques qui peut répondre aux membres des professions médicales dans les délais les plus brefs. Un centre de pharmacovigilance a été mis en place, mais le Gouvernement belge aimerait assurer une coopération encore plus étroite dans ce domaine avec l'OMS. Il se met à la disposition de l'OMS pour apporter à d'autres pays une aide en matière de contrôle des médicaments.

La séance est levée à 13 heures.

QUATORZIEME SEANCE Mercredi 28 mai 1975, 14 h.50 Président :

Dr J. -S. CAYLA (France)

1.

SUBSTANCES PROPHYLACTIQUES ET THERAPEUTIQUES (suite)

Ordre du jour, 2.8

M. PARROTT (Royaume -Uni de Grande -Bretagne et d'Irlande du Nord) accueille avec satisfaction les textes soumis à la Commission, qui sont conformes à la législation et aux pratiques de son pays. En ce qui concerne le système de certification, la certification des lots posera peut -être certains problèmes. On peut par exemple se demander comment l'autorité compétente pourra attester que tel lot est conforme, soit aux conditions fixées, soit, le cas échéant, aux spécifications publiées ou aux spécifications établies par le fabricant, s'il n'y a pas examen approfondi des spécifications et analyse d'échantillons prélevés sur le lot. D'autre part, si les certificats de lots doivent fournir des indications relatives à l'emballage, à l'étiquetage, au récipient, à la date de fabrication, aux résultats des analyses effectuées, etc., on voit mal comment l'autorité compétente pourra délivrer ce certificat sans procéder à une analyse détaillée. Si le Gouvernement du Royaume -Uni de Grande- Bretagne et d'Irlande du Nord est tenu de fournir des certificats de lots comme ceux qui sont envisagés ici, il faudra envisager un accroissement considérable des personnels administratifs et professionnels. En ce qui concerne l'échange de renseignements, il est prévu que l'accord du fabricant sera nécessaire pour la communication d'informations confidentielles - comme c'est d'ailleurs le cas au Royaume -Uni. Les renseignements à fournir pourront cependant être extrêmement nombreux et faire défaut à l'autorité compétente - par exemple, si l'on demande une description détaillée de toutes les mesures prises par un fabricant pour se conformer aux règles de bonne pratique applicables à la fabrication des médicaments. De même, il peut être difficile à l'autorité compétente de fournir des informations sur les contrôles dont un produit fait l'objet en cours de fabrication, de commercialisation ou de livraison. Pour ce qui est des signataires des certificats des lots individuels, il est peu vraisemblable que l'autorité compétente soit en mesure de fournir les renseignements requis au sujet des membres du personnel d'entreprise chargés d'établir ces certificats. Ces réserves, qui portent sur des points mineurs, sont destinées à aider le Secrétariat et ne signifient nullement que la délégation du Royaume -Uni de Grande -Bretagne et d'Irlande du Nord n'appuie pas entièrement les textes examinés.

Le Professeur SULIANTI SAROSO (Indonésie) accueille avec une satisfaction particulière le second projet de résolution présenté par le délégué de la République fédérale d'Allemagne au sujet des substances prophylactiques et thérapeutiques, qui prie le Directeur général d'aider les Etats Membres en leur donnant des conseils touchant le choix et l'achat, à des prix raisonnables, de médicaments essentiels de qualité bien établie. Le Professeur Sulianti Saroso note également avec plaisir qu'au paragraphe 3.4) du dispositif du même projet de résolution, le Directeur général est prié de communiquer aux Etats Membres des renseignements d'évaluation sur les médicaments. Le Gouvernement de l'Indonésie a l'intention de transmettre de tels renseignements à tous les médecins. Le Professeur Sulianti Saroso se réjouit en outre de l'appui dont a bénéficié la demande tendant à ce que le Directeur général aide les gouvernements à élaborer des politiques nationales en matière de médicaments. L'Indonésie importe des milliers de médicaments et les autorités ne savent pas comment opérer un choix judicieux. En 1975, le Gouvernement a commencé à dresser une liste des médicaments recommandés pour les hôpitaux publics, et il appréciera l'aide que l'OMS pourra lui apporter à cet effet. S'ils disposent de listes de médicaments recommandés, les gouvernements seront à même d'employer l'argent consacré aux programmes de santé de manière plus efficace. Le Dr ROASHAN (Afghanistan) souligne la nécessité d'améliorer l'organisation des achats, de la fabrication locale et de la distribution de médicaments. De nombreux pays en voie de développement manquent d'informations sûres concernant les quantités des différents médicaments qui seront nécessaires, les besoins de la population, et la mesure dans laquelle ces besoins sont satisfaits. Il est donc nécessaire d'effectuer une étude des besoins en médicaments essentiels, qui devra aussi tenir compte des besoins en produits de base. Il est en outre indispensable de fournir à la population des médicaments d'une haute qualité et, par conséquent, de renforcer et d'améliorer les laboratoires de contrôle au niveau national. Les Etats Membres ont également besoin d'une aide en ce qui concerne le coût des médicaments. Pour des pays qui n'ont pas l'expérience des techniques commerciales et qui ne possèdent pas un bon service de contrôle de la qualité, l'OMS pourrait fournir un appui en procédant à l'achat contre remboursement de médicaments de qualité à un prix raisonnable. Devant la demande

- 667 -

668

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

toujours croissante de médicaments, certains pays, parmi lesquels l'Afghanistan, devront envisager de se doter de leurs propres laboratoires de fabrication. Dans ce domaine aussi, l'OMS pourra fournir les orientations nécessaires. Il est inutile que l'industrie pharmaceutique envoie aux populations démunies des pays en voie de développement des produits coûteux emballés de manière séduisante alors que bien souvent les médicaments de base font l'affaire. L'OMS devrait aussi soutenir des études visant à répandre l'usage scientifique des herbes médicinales traditionnelles. La délégation de l'Afghanistan a copatronné le projet de résolution sur les substances prophylactiques et thérapeutiques en raison de l'intérêt qu'elle porte aux points qui viennent d'être mentionnés. Le Professeur VANNUGLI (Italie) déclare que sa délégation figure sur la liste des coauteurs des deux projets de résolution examinés et que lui -même les appuie très vigoureusement. La question des substances prophylactiques et thérapeutiques est un domaine dans lequel l'OMS joue déjà un rôle extrêmement important, mais qui pourrait être encore développé. En ce qui concerne le projet de résolution sur les règles de bonne pratique applicables à la fabrication des médicaments et au contrôle de leur qualité, le Professeur Vannugli rappelle que des règles analogues ont déjà été incorporées dans la législation italienne et figurent dans la pharmacopée italienne. Il est extrêmement important de garantir la qualité des médicaments exportés et, même si le système de certification pose certains problèmes, ils pourront certainement être résolus. Pour ce qui est du projet de résolution sur les substances prophylactiques et thérapeutiques, le Gouvernement italien est prêt à apporter son entière coopération et toute son aide. Un système de pharmacovigilance a récemment été créé en Italie et le Professeur Vannugli espère que son pays sera prochainement en mesure de contribuer à la surveillance des médicaments au niveau international. Le Dr LARI (Pérou) propose que les mots "de l'industrialisation" soient ajoutés au paragraphe 3 2) c) du dispositif du projet de résolution sur les substances prophylactiques et thérapeutiques entre les mentions touchant à la recherche et à l'évaluation. L'idée à la base de cette proposition est que les pays en voie de développement pourront envisager d'importer certains produits pharmaceutiques sous forme de substances brutes qui pourront être transformées sur place. L'une des conclusions auxquelles a abouti la rencontre présidentielle de Punta del Este est qu'il faut s'efforcer de fournir aux éléments les plus pauvres de la population des médicaments d'une haute qualité à des prix abordables. Au Pérou, l'expérience montre qu'une bonne organisation permet d'abaisser considérablement le prix des médicaments. Dans le cadre de la campagne d'éradication de la variole, l'OMS a aidé les pays en voie de développement à préparer leurs propres substances prophylactiques, et le Dr Lari pense qu'elle pourrait maintenant les aider aussi à fabriquer certaines substances thérapeutiques. Sur une suggestion du PRESIDENT, le Dr LARI (Pérou) accepte de remplacer, dans sa proposition d'amendement au paragraphe 3.2) c) du dispositif, le mot "industrialisation" par "production ".

Le Dr HELLBERG (Finlande) déclare qu'il reste beaucoup à faire pour que la recherche sur les médicaments, leur production, leur distribution et leur utilisation corresponde aux besoins sanitaires réels des populations. La délégation finlandaise communiquera directement au Secrétariat certaines observations de caractère technique concernant le rapport du Directeur général. Le Professeur CAYOLLA DA MOTTA (Portugal) soutient entièrement les deux projets de résolution examinés. Au Portugal, il existe déjà un système de contrôle des médicaments dont les pouvoirs ont récemment été renforcés. Le Département de la Santé publique et les sections compétentes de l'Institut national de la Santé sont en train d'établir un système national de surveillance des réactions adverses aux médicaments. D'autre part, on revoit actuellement la liste des médicaments approuvés, fabriqués dans le pays et importés, en vue d'améliorer l'efficacité et la sécurité de la chimiothérapie et d'abaisser son coût pour les malades comme pour le pays. Le rapport présenté par le Directeur général, ainsi que le texte révisé des règles de bonne pratique et celui relatif au système de certification, seront très utiles pour les pays désireux de renforcer le contrôle de la production, de l'exportation, de la distribution et de l'utilisation des médicaments ainsi que leur système de pharmacovigilance. Le Dr JENNINGS (Etats -Unis d'Amérique) constate que les règles de bonne pratique exposées dans le document examiné constituent des directives générales rationnelles permettant la fabrication de lots uniformes de médicaments de haute qualité et qu'elles correspondent aux normes actuelles de la Food and Drug Administration des Etats -Unis. Celle -ci n'exige pas qu'une date limite d'utilisation soit indiquée pour tous les médicaments, mais pourrait décider de le faire. Le système de certification offre une solution réaliste aux problèmes qu'ont mentionnés plusieurs exportation de médicaments inefficaces ou de qualité inférieure. Ce système pourrait délégués être adopté par des pays appliquant des systèmes de contrôle différents. :

COMMISSION B

:

QUATORZIEME SEANCE

669

La délégation des Etats -Unis appuie id projet de résolution sur les règles de bonne pratique et aimerait figurer parmi ses auteurs. En ce qui concerne le projet de résolution sur les substances prophylactiques et thérapeutiques, le délégué des Etats -Unis tient à rappeler à la Commission l'existence de deux projets de l'OMS le système international de notification des réactions adverses aux médicaments et le système international d'information sur l'homologation des médicaments. Des projets de ce type permettraient de fournir aux pays en voie de développement les renseignements nécessaires pour élaborer des programmes correspondant à leurs propres besoins. Les renseignements communiqués seraient toutefois inutiles pour les pays qui ne sont pas en mesure d'apprécier ces besoins. L'OMS doit fournir une assistance pour la formation de personnel dans le domaine de l'évaluation et de la réglementation des médicaments. Les Etats -Unis, avec la coopération de l'OPS, ont mis sur pied un programme de formation aux techniques d'analyse des médicaments en laboratoire et aux techniques d'inspection. Si l'OMS décide d'instituer un programme similaire, ils sont tout prêts à l'y aider. :

Le Dr TOURE (Sénégal) déclare que la question des médicaments est d'une grande importance pour son pays, en raison des besoins sans cesse croissants de la population en matière de santé. Les firmes pharmaceutiques s'intéressent de plus en plus aux pays en voie de développement et la délégation sénégalaise appuiera toute résolution tendant à améliorer le contrôle, les circuits de distribution, les prix de vente et la qualité des médicaments commercialisés. Le délégué de la République fédérale d'Allemagne a fait observer à juste titre que l'industrie pharmaceutique ne devrait pas se laisser guider uniquement par des préoccupations économiques, mais reconnaître aussi ses responsabilités sociales. Les pays en voie de développement attirent les firmes pharmaceutiques, mais les médecins de ces pays ne savent pas toujours comment utiliser les produits qu'on leur offre. Il serait très utile que les médicaments soient accompagnés de brochures explicatives rédigées dans la langue du pays. Un délégué a mentionné la possibilité d'un système de contrôle international des médicaments; l'OMS est bien placée pour s'en occuper. Certains médicaments ne devraient plus avoir à être importés, la fabrication sur place des médicaments essentiels devant pouvoir être assurée, avec l'aide de l'OMS si nécessaire. Le Dr CHOWDHRY (Pakistan) déclare que son pays, qui est un pays en voie de développement, doit dépenser des sommes importantes pour des médicaments qui font souvent l'objet d'une surconsommation ou d'un mauvais usage, alors qu'un petit nombre de réellement indispensables pour assurer des soins primaires. Le Pakistan ne peut acheter que des médicaments de prix raisonnable, mais il a besoin de médicaments efficaces et de bonne qualité. Il lui faut donc élaborer une politique rationnelle en ce domaine et il souhaiterait que l'OMS l'aide dans cette tâche. Au Pakistan, les médicaments étaient autrefois vendus sous de multiples appellations commerciales dont chacune faisait l'objet d'une publicité qui accroissait beaucoup les coûts. Ert 1972, le Gouvernement pakistanais a promulgué le Generic Names Act et dressé une liste nationale comprenant environ 1450 médicaments. La délégation pakistanaise est favorable à l'établissement de laboratoires de contrôle de la qualité des médicaments pour que soient garanties la qualité, la sécurité et l'efficacité des médicaments commercialisés. Ce contrôle est particulièrement important pour un pays qui vient de mettre sur pied un programme d'uniformisation des appellations des médicaments. Au Pakistan, le service decontrôle des médicaments a besoin d'être amélioré, ce qui pourra certainement se faire avec l'aide de l'OMS. De nombreuses matières premières et de nombreux produits finis étant importés au Pakistan, la délégation pakistanaise appuie la proposition selon laquelle les autorités sanitaires des pays exportateurs devraient fournir un certificat attestant la qualité, la sécurité et l'efficacité des médicaments exportés. L'industrie pharmaceutique fournit souvent des renseignements sur les médicaments aux médecins, mais cette pratique n'est pas entièrement satisfaisante. Les pouvoirs publics, ou le corps médical lui -même, devraient fournir aux médecins des renseignements exacts sur les médicaments. Le délégué du Pakistan appuie la proposition d'établir une liste de médicaments essentiels correspondant aux besoins de chaque pays et reconnaît que le rassemblement et la diffusion de renseignements sur les réactions adverses aux médicaments constituent une activité fort utile.

Etant donné le coût élevé des médicaments, le Gouvernement pakistanais a chargé une commission spéciale de rechercher les meilleurs moyens d'organiser, d'améliorer et d'utiliser au bénéfice de la population les divers éléments de la médecine indigène. Le Dr SANCHEZ ROSADO (Mexique) appuie les textes présentés à la Commission. Il soutient également l'amendement péruvien au projet de résolution sur les substances prophylactiques et thérapeutiques. Le Dr LANG (Fédération internationale de l'Industrie du Médicament) précise que la Fédération représente les industries pharmaceutiques d'environ 40 pays et qu'elle a l'honneur d'être en relations officielles avec l'OMS.

670

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

En 1971, la Fédération a organisé à Genève un symposium sur les règles de bonne pratique applicables à la fabrication des médicaments. L'OMS y a participé. Elle va dans quelques semaines conduire à Nairobi un séminaire sur le contrôle de la qualité des médicaments qui réunira des représentants des gouvernements de la Région africaine. Sur plusieurs des points discutés à la présente Assemblée de la Santé, comme les règles de bonne pratique, la Fédération donne son plein appui à l'OMS. Le rapport très complet du Directeur général sur les substances prophylactiques et thérapeutiques est également d'un très grand intérêt pour l'industrie pharmaceutique. La Fédération espère, dans le cadre de sa coopération future avec l'OMS, aider à trouver des solutions pratiques et réalistes aux problèmes liés à la fabrication et à l'utilisation des médicaments. Le Dr VENEDIKTOV (Union des Républiques socialistes soviétiques) se demande si le représentant de la Fédération internationale de l'Industrie du Médicament pourrait fournir à la Commission de plus amples renseignements sur l'opinion, les réactions et les intentions de la Fédération concernant les diverses résolutions et décisions adoptées par l'Assemblée de la Santé au cours des dernières années. Le Dr LANG (Fédération internationale de l'Industrie du Médicament) affirme que cela prendrait trop de temps pour qu'il puisse le faire à la présente séance, mais il communiquera avec plaisir ces renseignements par l'intermédiaire du Secrétariat de l'OMS. Le Dr VENEDIKTOV (Union des Républiques socialistes soviétiques) sera heureux de recevoir cette information qu'il suggère de publier dans un bref document. Le Dr FATTORUSSO (Directeur de la Division des Substances prophylactiques, diagnostiques et thérapeutiques) déclare que le Secrétariat a pris bonne note des observations formulées par les différentes délégations. Il note que le délégué de l'URSS a proposé, à propos de la section du rapport du Directeur général sur les substances prophylactiques et thérapeutiques relative à l'homologation, que des informations soient également fournies concernant les antidotes et la thérapie appliquée en cas d'effets secondaires graves et d'intoxication par surdosage. Le délégué de l'URSS a également suggéré que, dans la section 2 des règles de bonne pratique, la définition du médicament soit complétée par une mention des conditions légales d'homologation. Au sujet de la note 2 se rapportant au modèle de certificat de produits pharmaceutiques, le délégué soviétique a suggéré d'inclure le nom chimique de la substance, si nécessaire. Les remarques du délégué du Royaume -Uni concernant l'homologation des lots et l'échange de renseignements ont également été notées. Le Dr Fattorusso constate que les orientations proposées par le Directeur général ont été en général bien accueillies et le Secrétariat est très reconnaissant aux délégations qui se sont déclarées prêtes à aider à les mettre en pratique. Parmi les activités de l'Organisation qu'il importe de réorienter figure l'échange d'informations sur les médicaments (y compris la pharmacovigilance), lequel doit être adapté aux besoins des divers pays. Ceci implique non seulement un rôle nouveau de la part de l'OMS, mais aussi un effort supplémentaire de la part des pays qui possèdent le type d'informations visé. Le PRESIDENT invite la Commission à se prononcer sur le projet de résolution relatif aux règles de bonne pratique applicables à la fabrication des médicaments et au contrôle de leur qualité ainsi qu'au système de certification de la qualité des produits pharmaceutiques entrant dans le commerce international. Décision :

Le projet de résolution est approuvé.1

Le PRESIDENT invite la Commission à se prononcer sur le projet de résolution relatif aux substances prophylactiques et thérapeutiques, avec l'amendement proposé par le délégué du Pérou. Décision 2. :

Le projet de résolution, ainsi amendé, est approuvé.2

SIXIEME RAPPORT DE LA COMMISSION B

Le Dr VALLADARES (Venezuela), Rapporteur, présente le projet de sixième rapport de la Commission. Le Dr VENEDIKTOV (Union des Républiques socialistes soviétiques) indique que sa délégation s'abstiendra de voter sur le projet de rapport, car elle estime que le projet de résolution sur le point 3.16.6 de l'ordre du jour (Programme de l'OMS concernant la santé et l'environnement Coordination des programmes et activités dans le domaine de l'environnement) ne tient pas suffi:

1

Ce projet de résolution a été transmis à l'Assemblée de la Santé dans le septième rapport

de la Commission et adopté sous le numéro d'ordre WHA28.65. 2

Ce projet de résolution a été transmis à l'Assemblée de la Santé dans le septième rapport

de la Commission et adopté sous le numéro d'ordre WHA28.66.

COMMISSION B

:

QUATORZIEME SEANCE

671

samment compte des résolutions pertinentes des Nations Unies, non plus que de la position de l'ONU et d'autres organisations ainsi que de celle des Etats Membres. Sa délégation réserve sa position sur la question. M. SCHUMANN (République Démocratique Allemande) déclare que sa délégation s'abstiendra pour les mêmes raisons; elle estime que toutes les questions de coordination sont étroitement liées et qu'il faut tenir dûment compte des résolutions pertinentes de l'organe essentiel des Nations Unies. Elle reviendra sur la question à la séance plénière au cours de laquelle sera discuté le sixième rapport de la Commission. Décision 3. :

Le rapport est adopté (voir page 699).

CAISSE COMMUNE DES PENSIONS DU PERSONNEL DES NATIONS UNIES

Ordre du jour, 3.17 Ordre du jour, 3.17.1

Rapport annuel du Comité mixte de la Caisse commune des Pensions du Personnel des Nations Unies pour 1973

M. FURTH (Sous- Directeur général), présentant la question, déclare que le document dont est saisie la Commission résume le contenu du rapport en ce qui concerne la situation financière de la Caisse et les participants, ainsi que les débats de la dix -neuvième session du Comité mixte qui s'est tenue au Bureau régional de l'OMS pour l'Europe, à Copenhague, en juillet 1974. Cette session a été principalement consacrée aux effets catastrophiques de l'inflation - aggravés par les fluctuations monétaires - sur les pensions d'un grand nombre de retraités. Depuis ces débats, les montants mensuels perçus en monnaie locale par de nombreux retraités au titre des prestations auxquelles ils ont droit et qui sont libellées en dollars des Etats -Unis ont encore baissé. Les mesures recommandées par le Comité et acceptées par l'Assemblée générale des Nations Unies en décembre 1974 n'ont que partiellement compensé les pertes subies. L'Assemblée générale a prié le Comité mixte de poursuivre l'étude de la question et de proposer un système durable d'ajustement des pensions. Le Comité des Pensions du Personnel de l'OMS, ainsi que les comités des pensions d'autres institutions spécialisées ayant leur siège à Genève, étudient activement la question. Leurs suggestions seront présentées à la prochaine session du Comité mixte qui aura lieu en juillet 1975 à Genève. L'Assemblée de la Santé est simplement invitée à prendre note du rapport.

Le Professeur VANNUGLI (Italie) trouve que le rapport du Comité mixte est résumé trop brièvement dans le document dont est saisie la Commission. Il aurait peut -être été possible de procéder à des comparaisons avec les données d'une année antérieure et si possible à une projection pour une période ultérieure. M. FURTH (Sous- Directeur général) dit que le Secrétariat tiendra compte de l'observation le procès- verbal sera plus étoffé en 1976. Il peut déjà fournir des qui vient d'être faite le capital de la Caisse des Pensions, qui s'élevait au données comparatives pour l'année 1972 31 décembre 1973 à US $821 044 178, se montait au 30 septembre 1972 à $701 425 038. Le nombre des participants à la Caisse atteignait au 31 décembre 1973 le chiffre de 38 089 (les participants de l'OMS étant au nombre de 4852), contre 36 768 en septembre 1972 (avec, 4681 participants de l'OMS). Les bénéficiaires de la Caisse sont passés à 7155 à la fin de 1973 contre 5894 en septembre 1972. L'augmentation la plus importante est donc celle du nombre des bénéficiaires enregistrée dans les 15 mois écoulés de septembre 1972 à décembre 1973, et c'est une tendance qui persistera probablement avec le départ à la retraite des membres du personnel entrés au service des organisations internationales dans les années 1940 et 1950. :

:

Le PRESIDENT demande aux délégués de se prononcer sur le projet de résolution suivant

:

La Vingt- Huitième Assemblée mondiale de la Santé PREND NOTE de l'état des opérations de la Caisse commune des Pensions du Personnel des Nations Unies, tel qu'il apparaît dans le rapport annuel du Comité mixte de la Caisse pour 1973 et dont le Directeur général lui a rendu compte.

Décision

:

Le projet de résolution est approuvé.1 Ordre du jour, 3.17.

Nomination de représentants au Comité des Pensions du Personnel de l'OMS

Le PRESIDENT rappelle que l'Assemblée mondiale de la Santé est représentée au Comité des Pensions du Personnel de l'OMS par trois membres et trois suppléants, avec un système de roule-

1 Ce projet de résolution a été transmis à l'Assemblée de la Santé dans le septième rapport de la Commission et adopté sous le numéro d'ordre WHA28.67.

672

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

ment qui permet aux différentes Régions d'être représentées au Comité et qui prévoit la désignation d'un membre nouveau et d'un suppléant chaque année. La pratique de l'Assemblée de la Santé est de nommer pour la représenter au Comité des Pensions des personnes qui siègent au Conseil exécutif. La Vingt- Huitième Assemblée mondiale de la Santé est donc invitée à désigner un membre titulaire et un membre suppléant, qui siégeront au Comité trois ans, et le Président propose que l'on suive la coutume établie. Mme CRUTCHLEY (Nouvelle -Zélande) propose que le membre appelé à siéger au Comité des Pensions du Personnel soit le membre du Conseil exécutif désigné par le Gouvernement australien. Le Dr VALLADARES (Venezuela) propose que le suppléant soit le membre désigné par la Mauritanie. Le PRESIDENT, en l'absence d'autres propositions, suggère à la Commission d'adopter le projet de résolution suivant :

La Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé DECIDE que le membre du Conseil exécutif désigné par le Gouvernement de l'Australie est nommé membre du Comité des Pensions du Personnel de l'OMS et que le membre du Conseil exécutif désigné par le Gouvernement de la Mauritanie est nommé membre suppléant du Comité, l'un et l'autre pour une durée de trois ans.

Décision 4.

:

Le projet de résolution est approuvé.' Ordre du jour, 1.8

METHODE DE TRAVAIL DE L'ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE

Le Dr TAYLOR (représentant du Conseil exécutif) indique que l'amélioration de la méthode de travail est un des soucis constants de l'Assemblée et du Conseil, préoccupés de rationaliser cette méthode et de l'adapter à l'évolution des besoins et de la situation. A sa cinquante -quatrième session, le Conseil a adopté la résolution EB54.R6 dans laquelle il demandait au Directeur général "d'établir pour le soumettre au Conseil exécutif à sa cinquante cinquième session un rapport passant en revue le fonctionnement actuel de l'Assemblée mondiale de la Santé, contenant des renseignements sur ses coûts et suggérant de nouvelles méthodes possibles qui permettraient une meilleure rationalisation de travail des futures sessions de l'Assemblée mondiale de la Santé sans porter préjudice à son efficacité ou à sa valeur pour les Etats Membres et pour l'Organisation mondiale de la Santé dans son ensemble ". En conséquence, le Directeur général a soumis à la cinquante -cinquième session du Conseil un rapport détaillé qui contenait un certain nombre de suggestions pour une meilleure rationalisation des méthodes en usage et mettait l'accent sur les mesures qui contribueraient le plus à améliorer le fonctionnement et à réduire la durée et le coût de l'Assemblée de la Santé, tout en lui permettant de s'acquitter avec un maximum d'efficacité de ses responsabilités aux termes de la Constitution. Ce rapport est reproduit à l'annexe 10 des Actes officiels N° 223, partie I. Après étude de ce rapport, le Conseil exécutif a adopté sa résolution EB55.R46 qui contient un projet de résolution dont il recommande l'adoption à l'Assemblée mondiale de la Santé. Etant donné que l'entrée en vigueur des amendements aux articles 24 et 25 de la Constitution et l'accroissement du nombre des membres du Conseil de 24 à 30 ont exigé un certain nombre de modifications du Règlement intérieur de l'Assemblée de la Santé, des changements rédactionnels ont dû être apportés au projet de résolution, qui se lit maintenant comme suit :

La Vingt- Huitième Assemblée mondiale de la Santé, Ayant examiné les recommandations du Conseil exécutif concernant la méthode de travail de l'Assemblée de la Santé; Estimant que les mesures recommandées contribueront à une meilleure rationalisation et à une amélioration des travaux de l'Assemblée de la Santé sans porter préjudice à son efficacité ou à sa valeur pour les Etats Membres et pour l'Organisation mondiale de la Santé dans son ensemble; Considérant en outre que l'adoption d'un cycle budgétaire biennal demandée dans la résolution WHA26.38 offrira des possibilités accrues d'améliorer l'efficacité de l'Assemblée de la Santé et de réduire sa durée, I

DECIDE qu'à partir de 1976 la séance d'ouverture de l'Assemblée mondiale de la Santé se tiendra un lundi à 15 heures et sera suivie de la réunion de la Commission des Désignations qui soumettra ses propositions conformément à l'article 25 du Règlement intérieur de l'Assemblée de la Santé, afin que les élections puissent avoir lieu dans la matinée du mardi suivant; 1.

1 Ce projet de résolution a été transmis à l'Assemblée de la Santé dans le septième rapport de la Commission et adopté sous le numéro d'ordre WHA28.68.

COMMISSION B 2.

:

QUATORZIEME SEANCE

673

DECIDE que l'Assemblée de la Santé procédera à partir de 1977 les années impaires, à un examen complet du projet de budget programme pour la 1) période biennale suivante et à un bref examen du Rapport du Directeur général sur l'activité de l'OMS l'année précédente; les années paires, à un examen complet du Rapport du Directeur général sur l'acti2) vité de l'OMS au cours de la période biennale écoulée; DECIDE que la Commission A examinera dans le détail le projet de budget programme 3. avant de recommander le montant du budget effectif; DECIDE que les heures de remise des distinctions attribuées par des fondations conti4. nueront d'être fixées de manière à gêner le moins possible les autres travaux de l'Assemblée de la Santé, compte étant dOment tenu de ce qui convient aux lauréats, et que les séances du Bureau de l'Assemblée se tiendront, dans toute la mesure possible, après les heures normales de travail de l'Assemblée de la Santé et des commissions principales; II

DECIDE que l'une des commissions principales se réunira pendant que se déroulera en séance plénière de l'Assemblée de la Santé la discussion générale sur les rapports du Conseil exécutif et le Rapport du Directeur général relatif à l'activité de l'OMS et que le Bureau de l'Assemblée, chaque fois qu'il le jugera approprié, pourra convoquer des réunions de l'une des commissions principales en même temps que des séances plénières de l'Assemblée de la Santé consacrées à l'examen d'autres points de l'ordre du jour; 2. DECIDE que les discussions techniques continueront d'avoir lieu le vendredi et le matin du samedi de la première semaine de l'Assemblée de la Santé, et que ni l'Assemblée de la Santé ni les commissions principales ne se réuniront à ce moment; DECIDE en outre que les paragraphes II.1 et 2 ci- dessus annulent et remplacent le 3. paragraphe 2 de la résolution WHA 26.1; 1.

III

AUTORISE le Bureau de l'Assemblée à transférer des points de l'ordre du jour d'une commission à l'autre; 2. DECIDE que les rapports de toutes les commissions instituées pour examiner les points de l'ordre du jour seront soumis directement par ces commissions à une séance plénière; 3. DECIDE que, lorsqu'il proposera les noms des Membres habilités à désigner une personne devant faire partie du Conseil exécutif, le Bureau de l'Assemblée dressera au scrutin secret une liste de quinze Membres au plus et de dix au moins, et recommandera les noms de dix Membres figurant sur cette liste qui, à son avis, réaliseraient, s'ils venaient à être élus, un Conseil comportant dans son ensemble une distribution équilibrée; 4. ADOPTE les amendements suivants au Règlement intérieur de l'Assemblée mondiale de la Santé afin de donner effet aux décisions contenues dans les paragraphes III.1, 2 et 3 1.

ci- dessus

:

Article 33 Outre les attributions spécifiées dans d'autres dispositions du présent Règlement, le Bureau de l'Assemblée, en consultation avec le Directeur général et sous réserve de toute décision de l'Assemblée de la Santé a) décide du lieu et de la date de toutes les séances plénières, des séances des commissions principales et de toutes les réunions des commissions instituées au cours des séances plénières de la session. Dans la mesure du possible, le Bureau de l'Assemblée fait connaître plusieurs jours à l'avance les dates et les heures des séances de l'Assemblée de la Santé et des commissions; b) détermine l'ordre de priorité des questions à examiner lors de chacune des séances plénières de la session; c) propose à l'Assemblée de la Santé la répartition initiale, entre les commissions, des questions figurant à l'ordre du jour; d) transfère par la suite d'une commission à l'autre, si nécessaire, des points de l'ordre du jour renvoyés aux commissions; e) fait rapport sur toutes les additions à l'ordre du jour en vertu de l'article 12; f) coordonne les travaux des commissions principales et de toutes les commissions instituées au cours des séances plénières de la session; g) fixe la date d'ajournement de la session; et h) d'une manière générale, facilite la bonne marche des travaux de la session. :

Article 52 Les rapports de toutes les commissions sont soumis par ces commissions à une séance plénière. Ces rapports, contenant des projets de résolutions, sont distribués, dans la mesure du possible, au plus tard vingt -quatre heures avant la séance plénière à laquelle ils doivent être étudiés. Sauf décision contraire du Président, il n'est pas donné lecture en séance plénière des rapports ni des projets de résolutions y annexés. Article 77 Les élections ont normalement lieu au scrutin secret. Sous réserve des dispositions de l'article 107, il n'est pas nécessaire de procéder à un vote si le nombre des candidats aux postes à pourvoir par voie d'élection ne dépasse pas le nombre de ces postes et, en

674

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

pareil cas, les candidats sont déclarés élus. Lorsqu'un vote est nécessaire, deux scrutateurs choisis par le Président parmi les membres des délégations présentes participent au dépouillement du scrutin. Article 99 Le Bureau de l'Assemblée, compte tenu des dispositions du chapitre VI de la Constitution, de l'article 97, des suggestions qui lui sont faites par les Membres et des candidatures présentées par les membres du Bureau en cours de séance, dresse au scrutin secret une liste de quinze Membres au plus et dix Membres au moins. Cette liste est transmise à l'Assemblée de la Santé vingt -quatre heures au moins avant qu'elle ne se réunisse pour l'élection annuelle des dix Membres habilités à désigner une personne devant faire partie du Conseil. Le Bureau de l'Assemblée recommande les noms de dix Membres figurant sur cette liste qui, de l'avis dudit Bureau, réaliseraient, s'ils venaient à être élus, un Conseil comportant dans son ensemble une distribution équilibrée. Article 100 Sous réserve des dispositions de l'article 77, l'Assemblée de la Santé élit au scrutin secret, parmi les Membres désignés conformément aux dispositions de l'article 99, les dix Membres habilités à désigner des personnes devant faire partie du Conseil. Les candidats obtenant la majorité requise sont élus. Si, après cinq tours de scrutin, un ou plusieurs sièges restaient encore à pourvoir, il ne serait pas procédé à un tour de scrutin supplémentaire. Le Bureau de l'Assemblée serait alors requis de soumettre des propositions de candidats pour les sièges restant à pourvoir, conformément à l'article 99, le nombre de candidats ainsi désignés ne devant pas excéder le double du nombre des sièges restant à pourvoir. Des tours de scrutin supplémentaires auront lieu pour les sièges restant à pourvoir et les candidats obtenant la majorité requise seront élus. Si, après trois tours de scrutin, un ou plusieurs sièges restaient encore à pourvoir, le candidat obtenant au troisième tour de scrutin le plus petit nombre de voix sera éliminé et un nouveau tour de scrutin interviendra, et ainsi de suite jusqu'à ce que tous les sièges aient été pourvus. Dans tout scrutin qui aura lieu en vertu des dispositions du présent article, il ne sera pris en considération aucune désignation autre que celles qui auront été faites conformément aux dispositions de l'article 99 et du présent article. Le Conseil a fait deux catégories de recommandations celles qui visent à réduire la durée et le coût des sessions de l'Assemblée sans nuire à l'accomplissement de ses fonctions et obligations constitutionnelles (par exemple celles contenues dans les paragraphes I.1 et 2 et II.1 du projet de résolution), et celles qui, de l'avis du Conseil, amélioreraient encore les conditions dans lesquelles se déroule l'Assemblée et rationaliseraient ses méthodes de travail (paragraphes 1.3 et III.1, 2 et 3). Le Dr Taylor rappelle que l'Assemblée a été d'accord d'appliquer à sa présente session, à titre d'essai, deux des mesures recommandées par le Conseil d'une part, une commission principale s'est réunie pendant la discussion générale en séances plénières des rapports du Conseil exécutif et du Rapport du Directeur général sur l'activité de l'OMS; d'autre part, la Commission A a examiné le projet de budget programme en détail avant de recommander le montant du budget effectif. Les membres sont maintenant en mesure de juger de la valeur de ces recommandations; le Conseil et le Directeur général seraient heureux d'avoir l'opinion de la Commission sur ce point ainsi que sur les autres recommandations visant à rationaliser davantage encore les travaux de l'Assemblée. :

:

Le Professeur LISICYN (Union des Républiques socialistes soviétiques) dit que la Vingt Huitième Assemblée mondiale de la Santé est près de s'achever, et avec elle l'essai de nouvelles méthodes de travail. L'Assemblée de la Santé est appelée à déterminer l'ampleur et l'orientation des travaux de l'Organisation et il est d'une extrême importance que cette tâche soit bien préparée. Ce n'est pas l'effet du hasard si, ces dernières années, il a tant été question des moyens d'améliorer les méthodes de travail et d'accroître l'efficacité de l'OMS. La proposition tendant à ce que la séance d'ouverture de l'Assemblée se tienne le lundi matin et soit suivie d'une réunion de la Commission des Désignations, pour permettre l'élection du bureau le lendemain matin, parait rationnelle. C'est également une bonne idée, comme l'a montré la présente session, de continuer à tenir les discussions techniques à la fin de la première semaine. Mais certaines des recommandations du projet de résolution dont la Commission est saisie visent essentiellement à réduire la durée de la session malgré l'accroissement du nombre des Membres de l'Organisation et de son volume de travail. Déjà la durée des sessions a été ramenée de 20 jours à 17 et même 14, alors que le nombre des séances de nuit augmentait pour s'établir à une moyenne de 3 au cours des récentes Assemblées, et il n'a pas non plus été possible à la présente session d'éviter les séances de nuit. On peut donc se demander si certaines des mesures recommandées accroîtront vraiment l'efficacité ou la qualité des travaux.

COMMISSION B

:

QUATORZIEME SEANCE

675

L'augmentation du volume de travail fatigue les délégués, qui manquent souvent du temps nécessaire pour préparer leur participation aux débats. Le délégué soviétique est hostile à une nouvelle réduction de la durée de l'Assemblée. Il rappelle que le travail a été intense au cours de la première semaine de la présente session et que la Commission A a tenu la veille une session de nuit. Or, le stress est reconnu par toute la profession médicale comme très dangereux pour la santé. De divers côtés on a demandé aux présidents des commissionsprincipales d'alléger le fardeau, surtout lorsque des questions très importantes sont examinées. Le délégué soviétique note également l'absence presque totale, au cours de la présente session, des suspensions de séance de l'après -midi. Il demande au Conseiller juridique des précisions sur la mesure dans laquelle l'Assemblée de la Santé est habilitée à faire des recommandations sur de nouvelles méthodes d'examen du budget programme (paragraphe 1.2 du projet de résolution) avant que les amendements aux articles 34 et 55 de la Constitution n'aient été ratifiés par au moins les deux tiers des Etats Membres. Par ailleurs, rien n'a été prévu pour un examen du budget programme au cours des années paires. L'expérience a montré que, même lorsque l'on procède à une planification préalable, le budget programme que l'on applique effectivement diffère souvent de celui qui a été adopté par l'Assemblée. Le rapport du Commissaire aux Comptes pour l'exercice 1974 (Actes officiels N° 222) indique qu'au cours de cette année 162 projets inscrits au programme ont été supprimés alors que 115 projets qui n'étaient pas prévus ont été mis en oeuvre. Le Professeur Lisicyn propose donc que le para-

graphe 1.2.2) du projet de résolution soit amendé de manière à prévoir aussi un bref examen des changements portant sur le budget programme de la deuxième année de la période biennale. Le délégué soviétique n'est pas convaincu que l'expérience de la présente Assemblée de la Santé justifie pleinement l'adoption de la disposition du paragraphe II.1 du projet de résolution selon lequel une des commissions principales se réunira pendant que la discussion générale se déroule en séance plénière de l'Assemblée, chacune de ces commissions pouvant également être réunie lors des autres séances plénières de l'Assemblée. Il arrive que les effectifs des délégations ne soient pas assez nombreux pour qu'elles soient représentées à la fois aux commissions principales et aux séances plénières. Sept délégations à la Vingt- Sixième Assemblée mondiale, et six à la Vingt- Septième Assemblée, ne comprenaientqu'un seul membre. Le Professeur Lisicyn n'est pas

convaincu non plus que la dernière session du Conseil exécutif ait démontré que l'on pouvait se passer d'une session préalable du Comité permanent des Questions administratives et financières et il propose, vu l'accroissement considérable du volume du travail du Conseil, que l'on envisage de revenir à la pratique antérieure. Pour le Dr EHRLICH (Etats -Unis d'Amérique), il ne fait guèré de doute qu'il est possible et souhaitable d'améliorer les méthodes de travail de l'Assemblée de la Santé. Le Conseil exécutif, après avoir soigneusement étudié diverses solutions allant de modifications radicales à des changements légers, a soumis à l'Assemblée des recommandations qui représentent un dosage soigneux des différentes opinions en présence. La délégation des Etats -Unis aurait préféré des changements plus importants, mais elle appuie vigoureusement les recommandations formulées dans le projet de résolution dont la Commission est saisie. Le Dr Ehrlich espère que ces recommandations seront adoptées rapidement et que le Conseil exécutif continuera à étudier le problème et à faire de nouvelles suggestions aux prochaines Assemblées de la Santé en vue de poursuivre la rationalisation des travaux. Les méthodes de travail de l'OMS ne sont pas sacro- saintes; elles peuvent toujours être changées et l'on peut revenir aux pratiques antérieures si l'expérience le justifie. Il importe que l'Assemblée de la Santé, à laquelle assistent les sommités médicales du monde, ne soit pas l'esclave de méthodes et de pratiques traditionnelles qui, en alourdissant un ordre du jour déjà surchargé, pourraient nuire au prestige de l'Organisation. Le délégué de l'Union soviétique a estimé que l'Assemblée de la Santé ne disposait pas d'assez de temps pour s'acquitter de sa tâche dans de bonnes conditions. Le Dr Ehrlich pense, lui, que la durée des sessions a tendance à correspondre exactement au temps qui leur est assigné et il estime que l'Assemblée peut achever ses travaux dans le temps qui lui est imparti aux termes du projet de résolution. L'amendement proposé par le délégué de l'URSS au paragraphe I.2 2) du projet de résolution lui parait raisonnable. Si la délégation des Etats -Unis a bien compris, on examinerait au cours des années paires les travaux de l'Organisation depuis la dernière étude détaillée du budget programme, et notamment les changements et les progrès réalisés. Si tel est bien le sens de l'amendement soviétique, la délégation des Etats -Unis le soutiendra. M. PARROTT (Royaume -Uni de Grande -Bretagne et d'Irlande du Nord) se prononce en faveur du projet de résolution. Comme le démontre le processus qui y a logiquement abouti, depuis la cinquante -quatrième session du Conseil exécutif jusqu'à la présente Assemblée de la Santé, l'approche adoptée a constamment tenu compte de l'aspect pratique du problème. Le libellé de la résolution EB54.R6 fait ressortir que le gain de temps n'est pas nécessairement souhaitable en soi. Il pourrait être bon de sacrifier une certaine efficacité dans le déroulement de l'Assemblée si les travaux de celle -ci gagnaient de ce fait en utilité pour les

676

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

Etats Membres et pour l'OMS. En d'autres termes, il faut réaliser un certain équilibre. Peut être la première leçon a -t -elle été apportée par la cinquante -cinquième session du Conseil exécutif, où la suppression du Comité permanent des Questions administratives et financières a permis de réaliser des économies mais a peut -être entraîné certains inconvénients. Le délégué du Royaume -Uni espère que la question sera étudiée avec soin par le Conseil exécutif qui vient d'être constitué. Certaines des modifications de la méthode de travail proposées dans le projet de résolution ont déjà été appliquées à titre d'essai à la présente Assemblée et, dans l'ensemble, ces modifications ont été heureuses. Cependant, M. Parrott voudrait formuler quelques réserves. Premièrement, il est très regrettable que le Directeur général n'ait pas pu, avant le début des travaux des commissions principales, prendre la parole en séance plénière devant l'ensemble des délégués, car c'est dans son discours d'ouverture que le Directeur général détermine le thème des travaux de chaque Assemblée. A l'avenir, l'importance de cette séance d'ouverture ne devrait pas être affaiblie par l'absence de délégués siégeant en commission. Deuxièmement, on doit déplorer que le Bureau de l'Assemblée ait parfois siégé en même temps que les deux commissions principales. A l'avenir, il conviendrait de prendre de meilleures dispositions pratiques pour que les travaux de ces commissions puissent se poursuivre en l'absence de leurs présidents ou vice -présidents, lorsque ceux -ci doivent assister aux réunions du Bureau de l'Assemblée ou s'absenter pour d'autres raisons. Enfin, le délégué du Royaume -Uni fait sien l'avertissement du délégué des Etats -Unis les travaux ont tendance à durer tout le temps qui leur est imparti et parfois à se prolonger au -delà. Certes, la Commission B peut se féliciter d'avoir achevé de façon rapide et efficace tous ses travaux et d'avoir pu étudier certaines questions qui lui avaient été renvoyées par la Commission A, mais les délégués devraient faire preuve de vigilance et veiller à ce que leurs interventions soient aussi courtes que possible sans rien perdre de leur qualité. Ce que le délégué du Royaume -Uni vient de dire ne concerne que des questions d'une importance relative; on peut compter sur l'expérience et la bonne volonté de tous les délégués pour remédier aux inconvénients signalés. Etant donné la situation financière actuelle et la détermination générale d'explorer toutes les possibilités raisonnables d'économie qu'il serait possible de réaliser sans que l'Organisation en souffre, l'expérience proposée dans le projet de résolution mérite de réussir. :

M. DE GEER (Pays -Bas) soutient sans réserve le projet de résolution, d'autant plus qu'il tend à réaliser une économie de temps et d'argent aussi bien pour l'Organisation que pour les Etats Membres. Il n'est pas persuadé cependant que les mesures envisagées permettront de réduire la durée des Assemblées de la Santé. Comme l'ont fait remarquer les précédents orateurs, les résultats de l'expérience de cette année n'ont pas été impressionnants - ce qui ne saurait toutefois étonner si l'on considère que le volume du travail, le nombre des Etats Membres et la complexité des problèmes étudiés augmentent chaque année. La délégation néerlandaise préconise un raccourcissement sensible de la durée de l'Assemblée et souscrit à la proposition tendant à ce que le Conseil exécutif étudie la possibilité de prendre de nouvelles mesures dans ce sens. M. de Geer demande au Secrétariat dans quelle mesure il pense qu'on pourra réduire la durée de la Vingt -Neuvième Assemblée et des sessions ultérieures lorsque les dispositions du projet de résolution, s'il est adopté, seront complètement mises en oeuvre.

Le Professeur AUJALEU (France) approuve sans réserve le projet de résolution. Mais il reste très sceptique quant à la possibilité de réduire sensiblement la durée de l'Assemblée de la Santé; parler de deux semaines lui paraît utopique. La présente Assemblée a fait deux essais. Le premier essai a été très utile si la Commission A n'avait pas siégé en même temps que l'Assemblée plénière, cette commission aurait dû tenir trois séances de nuit ou siéger pendant un jour et demi de plus à la fin de la session. Le deuxième essai a consisté à examiner le programme avant de déterminer le montant du budget effectif, mais si cette mesure était logique, elle n'a en l'occurrence servi à rien parce que, au lieu d'examiner sérieusement le programme et de proposer les modifications indispensables qui auraient pu avoir des répercussions budgétaires, les délégués se sont contentés de faire, comme à l'ordinaire, des déclarations sur les problèmes qui se posent dans leur pays. La logique impose toutefois de la maintenir. Le Professeur Aujaleu approuve la teneur de l'amendement soviétique au projet de résolution. D'autre part, il estime lui aussi que les travaux doivent être organisés de telle façon que les délégués ne soient pas surmenés. C'est peut -être la fatigue excessive qui explique que moins de 60 délégations soient présentes à la Commission au moment où il parle, plus de 70 étant par conséquent absentes. Par ailleurs, le Professeur Aujaleu fait observer que l'article 77 du Règlement intérieur de l'Assemblée dispose qu'il n'est pas nécessaire de procéder à un vote si le nombre des candidats aux postes à pourvoir par voie d'élection ne dépasse pas le nombre de ces postes. Certes, cette règle est parfaitement justifiée dans le cas de l'Assemblée de la Santé, mais il s'étonne :

COMMISSION B

:

QUATORZIENE SEANCE

677

que la même disposition figure dans le Règlement intérieur du Conseil exécutif (article 48). Si on l'applique à l'élection d'un Directeur régional par le Conseil exécutif, alors qu'un nom seulement est proposé par le Comité régional compétent, le Conseil est privé de l'une de ses prérogatives fondamentales; il pourrait arriver que certains membres du Conseil veuillent manifester leur désapprobation ou s'abstiennent lors du vote. Le Professeur Aujaleu demande au Secrétariat d'examiner ce point du Règlement intérieur du Conseil exécutif. Le Dr TOURÉ (Sénégal) voudrait savoir pourquoi l'on propose que les futures Assemblées de la Santé s'ouvrent un lundi à 15 heures. Si la réduction de la durée de l'Assemblée provoque de la fatigue et de la tension, cette mesure est peut -être en contradiction avec les principes de la thérapeutique mentale. Pour autant qu'en réduisant la durée de la session on aboutisse à plus d'efficacité dans les travaux, il sera favorable au projet de résolution. Mais s'il s'agit d'éviter de larges discussions, alors il n'est plus d'accord; car c'est de la discussion que jaillit la lumière. Il vaudrait mieux tenir des Assemblées tous les deux ans et instaurer un large débat plutôt que de réunir tous les ans une Assemblée devant laquelle tout le monde ne pourrait pas s'exprimer et où les problèmes ne seraient pas approfondis. Il n'est pas très élégant de laisser les sièges se vider en séance plénière quand les délégués des Etats Membres exposent leurs problèmes et proposent des solutions. A son avis, les commissions principales ne devraient pas se réunir lorsque l'Assemblée siège en séance plénière. Le Dr SOBOTKOVA caces les travaux de l'Union soviétique a tions et suggestions (Tchécoslovaquie) approuve les efforts que l'on fait pour rendre plus effil'Assemblée de la Santé. Elle s'associe à la demande que le délégué de faite au Conseiller juridique de l'OMS et fait siennes les autres observaformulées par ce délégué.

Le Professeur SULIANTI SAROSO (Indonésie) appelle l'attention sur le paragraphe 1.3 du projet de résolution, qui dispose que la Commission A examinera dans le détail le projet de budget programme avant de recommander le montant du budget effectif. Lorsque cette disposition sera appliquée dans les années à venir, il faudra s'efforcer d'inclure l'examen des divers sujets de préoccupation dans la discussion consacrée au projet de budget programme au lieu de les étudier séparément; au cours de l'essai fait cette année, seuls quelques problèmes précis - comme ceux que posent la variole et la schistosomiase ont en effet été inclus dans cette discussion. Une étude d'ensemble rendrait les débats plus efficaces et moins prolixes. Le délégué de l'Indonésie note par ailleurs que, malgré les diverses modifications apportées aux travaux de la présente Assemblée de la Santé, comme de faire siéger la Commission A lorsque l'Assemblée est réunie pour la discussion générale en séance plénière, on se trouve encore plus éloigné d'une réduction de la durée des travaux que les années précédentes. Il conviendrait d'examiner de près les raisons de cet état de choses. M. GUTTERIDGE (Directeur de la Division juridique), répondant aux délégués de l'Union soviétique et de la Tchécoslovaquie, dit que jusqu'à l'entrée en vigueur des amendements aux articles 34 et 55 de la Constitution de l'OMS il sera nécessaire que l'Assemblée de la Santé examine le projet de budget programme tous les ans, point précisé dans les Actes officiels N° 223, Partie I, annexe 10 (section 4.1.5, note de bas de page 2). En soumettant son amendement au projet de résolution, le délégué de l'URSS a en partie répondu lui -même à sa question. Si aucune disposition n'a été prévue à cet effet dans le projet de résolution, c'était pour ne pas lier l'Assemblée en ce qui concerne la nature de l'examen à prévoir - soit bref, soit plus approfondi - les années paires. Le problème n'est d'ailleurs pas juridique, mais plutôt administratif. Le Secrétariat a pris bonne note de l'observation du délégué de la France. Des dispositions ont déjà été prises en vue d'une révision du Règlement intérieur aussi bien de l'Assemblée de la Santé que du Conseil exécutif; un certain nombre de problèmes de procédure ont surgi au cours des années passées et il conviendra de leur trouver une solution. M. FURTH (Sous- Directeur général) déclare que les observations des délégués ont été notées par le Directeur général, qui en tiendra compte lorsqu'il fera de nouvelles suggestions tendant à rationaliser les travaux de l'Assemblée mondiale de la Santé. Répondant au délégué des Pays -Bas, M. Furth dit qu'aucune disposition précise n'a été prise concernant la durée des futures Assemblées de la Santé. En fait, chaque Assemblée détermine sa propre durée et poursuit ses travaux jusqu'à épuisement de l'ordre du jour. Par exemple, la présente Assemblée durera plus longtemps que la précédente malgré les changements apportés à sa méthode de travail; il est évident que la durée des Assemblées dépend de leur volume de travail. Le délégué du Sénégal a demandé pourquoi l'on avait recommandé que les Assemblées futures s'ouvrent le lundi à 15 heures au lieu du mardi matin comme dans le passé. L'expérience a montré que la séance d'ouverture de l'Assemblée dure généralement moins de deux heures, ce qui est dO en partie au fait qu'il faut suspendre les travaux pendant que la Commission des Désignations qui vient d'être élue établit ses rapports pour la deuxième séance plénière. Si l'Assemblée

678

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

s'ouvre à 15 heures le lundi, la Commission des Désignations peut soumettre ses propositions à la séance du lendemain matin, de sorte que le mardi peut être une journée de travail normale.

Le Dr SACKS (Secrétaire de la Commission) annonce que la traduction de l'amendement de l'URSS au paragraphe 1.2 2) du projet de résolution vient d'être établie. Le libellé actuel de après les mots "la période biennale écoulée" on ajoutera ce paragraphe sera modifié comme suit les mots "ainsi qu'à un bref examen des changements portant sur le budget programme de la deuxième année de la période biennale ". Cet amendement a déjà été approuvé par les délégués des Etats -Unis d'Amérique, de la France et de la Tchécoslovaquie. :

Le PRESIDENT invite la Commission à se prononcer sur le projet de résolution ainsi amendé. Décision 5. :

Le projet de résolution amendé est approuvé.'

SEPTIEME RAPPORT DE LA COMMISSION

Le PRESIDENT propose de suspendre la séance pour permettre au Rapporteur d'achever la rédaction du septième rapport de la Commission. La séance est suspendue à 17 h.25; elle est reprise à 17 h.50.

A la demande du PRESIDENT, le Dr VALLADARES (Venezuela), Rapporteur, donne lecture du projet de septième rapport de la Commission. Décision :

Le rapport est adopté (voir page 700).

La séance est levée à 17 h.55.

Ce projet de résolution a été transmis à l'Assemblée de la Santé dans le septième rapport de la Commission et adopté sous le numéro d'ordre WHA28.69.

1

QUINZIEME SEANCE Jeudi 29 mai 1975, Président :

9 h.45

Dr J. -S. CAYLA (France)

1.

ROLE DE L'OMS DANS LE DEVELOPPEMENT ET LA COORDINATION DE LA RECHERCHE BIOMEDICALE (RAPPORT DE SITUATION)

Ordre du jour, 2.9

Le PRESIDENT attire l'attention de la Commission sur le fait qu'on se trouve en présence de deux projets de résolution sur le rôle de l'OMS dans le développement et la coordination de la recherche biomédicale. Le premier, proposé par les délégations de la République fédérale d'Allemagne, du Dahomey, des Etats -Unis d'Amérique, de la France, du Ghana, de l'Inde, de l'Italie, de la Pologne, du Royaume -Uni de Grande -Bretagne et d'Irlande du Nord, de la Suède, de la Tchécoslovaquie et de l'Union des Républiques socialistes soviétiques, est ainsi conçu :

La Vingt- Huitième Assemblée mondiale de la Santé, Ayant examiné le rapport du Directeur général sur le travail accompli par l'OMS en matière de développement et de coordination de la recherche biomédicale; Rappelant les résolutions WHA23.59, WHA25.60, WHA26.42 et WHA27.61 et prenant en considération les échanges de vues qui ont eu lieu sur ce sujet à la cinquante -cinquième session du Conseil exécutif; Soulignant que la solution des problèmes pratiques de santé publique de tous les pays Membres auxquels l'OMS apporte son concours dépend dans une large mesure des réalisations actuelles et futures de la recherche biomédicale, 1. REMERCIE le Directeur général de son rapport et des efforts qu'il déploie en vue d'élaborer un programme à long terme de développement et de coordination de la recherche biomédicale destiné à renforcer la base scientifique et méthodologique des activités de l'Organisation; 2. PRIE le Directeur général d'accélérer la formulation d'un programme global OMS à long terme de développement et de coordination de la recherche biomédicale en se préoccupant tout spécialement 1) de recenser, en tenant compte des recommandations du Comité consultatif de la Recherche médicale, les problèmes scientifiques dont la solution serait d'une importance particulière pour l'Organisation et qui se prêtent à des efforts fructueux; 2) d'étendre et d'intensifier le programme spécial de recherche et de formation sur les maladies tropicales et parasitaires; 3) d'intensifier les activités destinées à coordonner les recherches relatives àla salubrité de l'environnement, au cancer, aux maladies cardio -vasculaires, aux maladies virales et à d'autres problèmes prioritaires; 4) d'achever le réexamen du réseau de centres de référence et de recherche collaborant avec l'OMS afin d'évaluer leur travail passé et d'accroître leur rôle futur dans le programme de l'Organisation; 5) de développer la coopération et la coordination entre les institutions de recherche nationales des pays qui se montrent prêts à participer aux actions considérées ainsi qu'à fournir les moyens matériels et humains nécessaires à des efforts solidaires en vue de résoudre les problèmes de première importance pour l'OMS; 6) d'accroître le rôle du Comité consultatif de la Recherche médicale dans la formulation et l'évaluation de l'efficacité du programme de recherche à long terme de l'Organisation et d'améliorer l'utilisation constitutionnelle des comités d'experts à cet égard; 7) d'encourager davantage les comités et les bureaux régionaux à exécuter des programmes appropriés de recherche biomédicale; 3. PRIE le Directeur général d'intensifier, conformément à la résolution WHA23.59, l'exécution de synthèses et d'analyses des prévisions et des pronostics à long terme des pays Membres et d'organisations internationales appropriées en ce qui concerne la recherche biomédicale, afin de guider l'Organisation dans son propre travail et dans sa programmation à long terme; :

4.

PRIE le Conseil exécutif d'examiner régulièrement les activités de l'OMS en matière de développement et de coordination de la recherche biomédicale, en prêtant une attention spéciale à ces activités dans les plans actuels et à long terme de l'Organisation, et de faire rapport sur ce sujet à l'Assemblée mondiale de la Santé.

Le second projet de résolution est proposé par les délégations de l'Australie, de la Belgique, du Botswana, du Canada, du Kenya, de la République -Unie de Tanzanie, du Royaume -Uni

- 679 -

680

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

de Grande -Bretagne et d'Irlande du Nord, du Souaziland, de la Yougoslavie et de la Zambie; il est ainsi conçu :

La Vingt- Huitième Assemblée mondiale de la Santé, Ayant examiné le rapport de situation présenté par le Directeur général conformément à la résolution WHA27.61; Notant qu'une attention particulière a été prêtée à l'un des aspects du problème - les maladies parasitaires tropicales - dans la résolution WHA27.52; Tenant compte des délibérations de la cinquante- cinquième session du Conseil exécutif et de la résolution EB55.R35, ainsi que des résolutions WHA28.51 et WHA28.53 sur la mise au point de méthodes de lutte contre les maladies tropicales, REMERCIE le Directeur général de son rapport; 1. SE FELICITE que le Conseil exécutif ait approuvé les mesures prises ou envisagées en 2. vue du développement du programme spécial de recherche et de formation concernant les maladies tropicales et de la mise en oeuvre des autres mécanismes de promotion et de coordination de la recherche biomédicale décrits dans le rapport de situation du Directeur général;

NOTE avec satisfaction que des groupes ad hoc ont déjà été constitués en vue de 3. promouvoir la recherche sur les principales maladies tropicales et compte que de nouvelles stratégies seront bientôt mises au point dans ce domaine; REMERCIE les gouvernements et les organismes bénévoles qui ont versé des fonds pour la 4. promotion des activités de recherche de l'OMS, notamment pour le programme spécial de recherche et de formation sur les maladies tropicales; et EXPRIME l'espoir que tous les Etats Membres et tous les organismes bénévoles fourniront 5. le maximum possible de crédits et autres ressources pour promouvoir les recherches en question et les activités de formation à la recherche, l'accent étant mis spécialement sur les problèmes des pays en voie de développement. Le Dr TAYLOR (représentant du Conseil exécutif) rappelle que, lorsqu'à sa cinquante -cinquième session le Conseil exécutif a examiné le rôle de l'OMS dans le développement et la coordination de la recherche biomédicale, il a accordé une attention particulière aux points de la résolution WHA27.61 relatifs à l'accroissement de la coopération et de la coordination internationales en matière de recherche biomédicale et d'échanges d'informations sur la recherche, à la promotion de la recherche dans les pays en voie de développement, notamment en ce qui concerne les maladies tropicales telles que les infections parasitaires, et à la plus grande participation des bureaux régionaux aux activités de recherche. Le Président du Comité consultatif de la Recherche médicale (CCRM) a rendu compte au Conseil de la participation accrue des membres du CCRM et des Régions aux activités de recherche de l'OMS.

Les membres du Conseil ont formulé des suggestions touchant les méthodes à adopter pour développer et coordonner la recherche biomédicale tout en élargissant le domaine d'intérêt de l'OMS en matière de recherche de manière à couvrir l'ensemble des questions de santé publique et notamment la distribution des services de santé et le développement des personnels, ainsi que les moyens à utiliser pour promouvoir et développer les recherches sur les maladies tropicales. A cet égard, les membres du Conseil ont insisté sur l'importance que revêtent l'aide aux centres de recherche installés dans les pays en voie de développement et l'étude constante de l'opportunité d'en créer de nouveaux. Il faut que les institutions collaboratrices comprennent des centres de recherche situés et dans les pays développés et dans les pays en développement, et que leurs efforts soient liés aux travaux de recherche des universités. On a fait observer que l'Institut de la Nutrition de l'Amérique centrale et du Panama fournissait un exemple d'institut donnant de bons résultats et fonctionnant à relativement peu de frais. La planification du programme spécial de recherche et de formation concernant les maladies tropicales est très avancée mais il faudra trouver des crédits supplémentaires pour assurer sa bonne exécution. Le programme vise essentiellement à obtenir des données nouvelles dans les domaines suivants biologie des maladies parasitaires (et notamment rôle de la nutrition), recherche de meilleures méthodes de diagnostic, mise au point de vaccins et amélioration des méthodes chimioprophylac tiques et chimiothérapeutiques. Des propositions destinées à être présentées dans le courant de l'année à des organismes susceptibles de contribuer au programme ont été préparées. Les membres du Conseil ont également formulé des observations sur la nécessité d'appliquer plus efficacement et plus rapidement les connaissances existantes et d'associer plus étroitement les conseils de la recherche médicale et les institutions analogues à l'activité de l'OMS. :

Le Dr KAPLAN (Directeur du Bureau de la Promotion et du Développement de la Recherche) présente le rapport de situation du Directeur général sur le rôle de l'OMS dans le développement et la coordination de la recherche biomédicale et prie la Commission d'excuser l'absence du Professeur Otto Westphal qui avait souhaité assister aux travaux en qualité de représentant du CCRM mais qui s'est trouvé dans l'impossibilité de prolonger son séjour à Genève jusqu'à cette séance.

COMMISSION B

:

QUINZIEME SEANCE

681

Au cours de l'année écoulée, l'Organisation a fait un effort spécial pour qu'un dynamisme souple caractérise la formulation et la mise en oeuvre de ses activités de recherche. Cette souplesse est particulièrement souhaitable en ce qui concerne, premièrement, le transfert de connaissances, nouvelles ou non, susceptibles de permettre à brève échéance la fourniture de services de santé plus satisfaisants au plus grand nombre possible d'individus, notamment dans les pays en voie de développement; deuxièmement, le recensement des lacunes dans les connaissances en vue de combler ces lacunes et d'apporter une amélioration aux services de santé concernés et, troisièmement, les problèmes à long terme tels que ceux des populations vieillissantes.

Jusqu'à ces derniers temps, les travaux de recherche de l'OMS ont été axés sur des problèmes techniques urgents nécessitant la définition de principes techniques et de politiques générales applicables dans un certain nombre de domaines des sciences biomédicales étalons biologiques, microbiologie, immunologie, cancer, maladies transmissibles, nutrition, etc. Ces travaux, qui ont été essentiellement effectués par le personnel technique du Siège, sont maintenant dans une large mesure terminés et le moment est venu de donner une nouvelle orientation aux recherches de l'OMS. Les nouveaux problèmes auxquels il faut désormaiss'attelersont d'abord ceux qui se trouvaient auparavant au second plan des préoccupations de l'Organisation en matière de recherche, à savoir distribution des prestations de santé, techniques pédagogiques, développement et formation des personnels et certains aspects de la lutte contre les maladies (maladies tropicales, troubles mentaux et hygiène du milieu). Toutefois, ces domaines sont vastes et il convient donc de choisir judicieusement les questions hautement prioritaires. Pour opérer ce choix, l'OMS se demandera si son apport est irremplaçable pour résoudre efficacement des problèmes clairement définis. Deuxièmement, il faut mettre en valeur le potentielinexploité et notamment les disponibilités en personnel et en institutions des pays en voie de développement, ce qui suppose une participation plus active des Etats Membres et des bureaux régionaux et l'attribution d'une aide financée par des crédits extrabudgétaires. Troisièmement, il faut puiser dans ce réservoir que constituent les centres de recherche, les conseils nationaux de la recherche et les jeunes scientifiques des pays tant industrialisés qu'en voie de développement avec lesquels l'OMS peut collaborer. Enfin, il convient d'élaborer des mécanismes permettant d'adapter rapidement et efficacement tout l'acquis scientifique aux conditions locales. Pour résoudre ces problèmes, il faut intégrer et coordonner les activités en matière de recherche de l'OMS à tous les niveaux afin de tirer parti au maximum des moyens dont elle dispose. L'Organisation utilisera à cet effet certains mécanismes dont elle a une grande expérience et qu'elle prévoit de perfectionner davantage encore. Parmi ceux que mentionne le rapport, on peut citer la constitution d'équipes de projet qui s'attelleront à des problèmes particuliers tels que le programme spécial de recherche et de formation concernant les maladies tropicales, les groupes spéciaux formés pour résoudre certains aspects d'un problème (mise au point d'un vaccin antilépreux avec la collaboration de spécialistes scientifiques de l'extérieur, par exemple) et les groupes collégiaux faisant appel à des spécialistes scientifiques de l'extérieur pour évaluer la qualité technique des travaux effectués, groupes dont le plus éminent est le : :

CCRM.

Comme l'indique le document, les membres du CCRM sont de plus en plus étroitement associés, tant au Siège que sur le terrain, à la promotion de certaines activités de recherche de l'OMS et le futur programme de travail du CCRM accorde une place à de nombreux problèmes importants, tels que l'examen des dangers que peuvent présenter les recherches sur la recombinaison des plasmides et l'éthique de l'expérimentation humaine, qui pourraient avoir de profondes répercussions sur le plan international. Le Professeur Westphal a demandé au Dr Kaplan de bien vouloir dire à l'Assemblée que les membres du CCRM estiment que c'est un grand privilège de pouvoir servir l'OMS et de l'aider dans la mission qui est la sienne d'améliorer la santé des peuples du monde. Le programme spécial de recherche et de formation concernant les maladies tropicales qui est esquissé dans le rapport constitue un exemple d'utilisation de la formule des équipes de projet mise au point à l'OMS pour l'exécution de tâches de recherche particulières. Au Siège, l'OMS dispose d'un groupe de base à plein temps constitué par quatre médecins et leurs collaborateurs qui, en étroite collaboration avec le Bureau régional de l'Afrique, travaillent à l'élaboration du programme spécial. Bien que le programme soit axé sur l'Afrique, il sera élaboré à l'échelle mondiale au même titre que d'autres activités telles que le programme de lutte contre la trypanosomiase en Afrique et en Amérique latine et les centres d'immunologie d'Asie du Sud -Est. Les conclusions du groupe de planification pour le programme spécial et les recommandations du CCRM figurent dans le rapport. Enfin, on prépare actuellement une réunion des organismes susceptibles de contribuer au programme, qui doit se tenir en octobre 1975 et qui vise à obtenir les contributions volontaires nécessaires à la mise en oeuvre du programme. Outre ces fonds, il sera également indispensable qu'une collaboration s'établisse avec les hommes de science de tous les Etats Membres et avec les institutions scientifiques.

682

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

Pour le Dr CEPIN (Union des Républiques socialistes soviétiques), le développement de tout système de santé publique repose sur l'utilisation rationnelle des résultats de la recherche biomédicale. Si ces résultats ne sont pas appliqués à cette fin, comme c'est le cas dans certains pays, les besoins de la population en matière de santé ne sont pas satisfaits. La recherche biomédicale est en pleine évolution et son développement se heurte à un triple obstacle: informationnel, méthodologique et éthico -social. Tous les pays ont intérêt à ce que l'action de l'OMS dans le développement et la coordination de la recherche biomédicale s'intensifie et l'on comprend mal pour quelles raisons les crédits prévus pour cette action ont été quelque peu réduits. L'Organisation doit s'attacher à favoriser les recherches là où elles sont actuellement le plus nécessaires (cancer, maladies cardio -vasculaires, maladies à virus, salubrité de l'environnement, etc.). L'élément recherche du programme OMS sur les maladies tropicales doit être renforcé. Les programmes de lutte contre la schistosomiase, l'onchocercose, le paludisme et les autres maladies tropicales souffrent encore de l'absence de méthodes scientifiques et ils sont condamnés à échouer si l'OMS ne prend pas rapidement les mesures qui s'imposent. Le rôle de l'OMS n'est pas d'entreprendre des recherches mais de coordonner les efforts de recherche des pays. Toutefois, elle doit s'efforcer activement d'obtenir la collaboration des instituts nationaux et ne pas attendre que ceux -ci la lui proposent. Il conviendrait de réexaminer le réseau des centres collaborateurs afin d'exclure ceux qui n'ont rien apporté, et de chercher à intéresser d'autres centres aux travaux et à faciliter la coopération entre eux. En matière de recherche biomédicale, les méthodes de collaboration sont très différentes de celles que l'on utilise dans d'autres domaines et il convient donc d'accorder davantage d'attention à l'élaboration de méthodes appropriées. Il faut accroître le rôle du CCRM; c'est ainsi qu'il faudrait lui demander de donner son avis sur les priorités à prendre en considération pour la poursuite du programme et de formuler des suggestions en ce qui concerne de nouvelles méthodes permettant de s'attaquer aux problèmes les plus importants. Il conviendrait de s'intéresser davantage aux perspectives qu'offre à l'humanité l'utilisation des résultats des recherches biomédicales - question qui figurera dans le sixième programme général de travail. Le point de vue de la délégation soviétique sur la question des recherches biomédicales transparaît dans le projet de résolution qu'elle propose maintenant en vue de combiner les deux projets de résolution sur lesquels le Président a attiré l'attention à l'ouverture de la séance. Ce texte de synthèse est ainsi conçu :

La Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé, Ayant examiné le rapport du Directeur général sur le travail accompli par l'OMS en matière de développement et de coordination de la recherche biomédicale; Rappelant les résolutions WHA23.59, WHA25.60, WHA26.42 et WHA27.61 et prenant en considération les échanges de vues qui ont eu lieu sur ce sujet à la cinquante -cinquième session du Conseil exécutif; Soulignant que la solution des problèmes pratiques de santé publique de tous les pays Membres auxquels l'OMS apporte son concours dépend dans une large mesure des réalisations actuelles et futures de la recherche biomédicale, REMERCIE le Directeur général de son rapport et des efforts qu'il déploie en vue 1. d'élaborer un programme à long terme de développement et de coordination de la recherche biomédicale destiné à renforcer la base scientifique et méthodologique des activités de l'Organisation; PRIE le Directeur général d'accélérer la formulation d'un programme global OMS à long 2. terme de développement et de coordination de la recherche biomédicale en se préoccupant tout spécialement de recenser, en tenant compte des recommandations du Comité consultatif de la 1) Recherche médicale, les problèmes scientifiques dont la solution serait d'une importance particulière pour l'Organisation et qui se prêtent à des efforts fructueux; d'étendre et d'intensifier le programme spécial de recherche et de formation sur 2) les maladies tropicales et parasitaires (y compris la constitution de groupes ad hoc en liaison avec la promotion de la recherche sur les grandes maladies tropicales); d'intensifier les activités destinées à coordonner les recherches relatives à la 3) salubrité de l'environnement, au cancer, aux maladies cardio- vasculaires, aux maladies virales et à d'autres problèmes prioritaires; d'achever le réexamen du réseau de centres de référence et de recherche colla4) borant avec l'OMS afin d'évaluer leur travail passé et d'accroître leur rôle futur dans le programme de l'Organisation; de développer la coopération et la coordination entre les institutions de 5) recherche nationales des pays qui se montrent prêts à participer aux actions considérées ainsi qu'à fournir les moyens matériels et humains nécessaires à des efforts solidaires en vue de résoudre les problèmes de première importance pour l'OMS; :

COMMISSION B

:

QUINZIEME SEANCE

683

6) d'accroître le rôle du Comité consultatif de la Recherche médicale dans la formulation et l'évaluation de l'efficacité du programme de recherche à long terme de l'Organisation et d'améliorer l'utilisation constitutionnelle des comités d'experts à cet égard; 7) d'encourager davantage les comités et les bureaux régionaux à engager des programmes appropriés de recherche biomédicale; 3. PRIE le Directeur général d'intensifier, conformément à la résolution WHA23.59, l'exécution de synthèses et d'analyses des prévisions et des pronostics à long terme des pays Membres et d'organisations internationales appropriées en ce qui concerne la recherche biomédicale, afin de guider l'Organisation dans son propre travail et dans sa programmation à long terme; 4. REMERCIE les gouvernements et les organismes bénévoles qui ont versé des fonds pour la promotion des activités de recherche de l'OMS, notamment pour le programme spécial de recherche et de formation concernant les maladies tropicales; et

EXPRIME l'espoir que tous les Etats Membres et tous les organismes bénévoles fourniront le maximum possible de crédits et autres ressources pour promouvoir les recherches en question et les activités de formation à la recherche, l'accent étant mis spécialement sur les problèmes des pays en voie de développement; 6. PRIE le Conseil exécutif d'examiner régulièrement les activités de l'OMS en matière de développement et de coordination de la recherche biomédicale, en prêtant une attention spéciale à ces activités dans les plans actuels et à long terme de l'Organisation, et de faire rapport sur ce sujet à l'Assemblée mondiale de la Santé. Les coauteurs en sont les délégations de la République fédérale d'Allemagne, de l'Australie, de la Belgique, du Dahomey, des Etats -Unis d'Amérique, de la France, du Ghana, de l'Inde, de l'Italie, de la Pologne, de la République -Unie de Tanzanie, du Royaume -Uni de Grande- Bretagne et d'Irlande du Nord, de la Suède, de la Tchécoslovaquie, de l'Union des Républiques socialistes soviétiques, de la Yougoslavie et de la Zambie. 5.

Le Dr SIWALE (Zambie) dit que sa délégation s'intéresse tout spécialement à la question des maladies tropicales, qu'il préfère personnellement appeler maladies du sous -développement étant donné qu'elles ont à une certaine époque été endémiques dans de nombreux pays non tropicaux maintenant plus développés. Les projets de résolution dont la Commission est saisie constituent une synthèse des échanges de vues qui ont eu lieu pendant la présente Assemblée de la Santé et au cours desquels ont été définis les problèmes que posent le paludisme, la lèpre et d'autres maladies. Il s'agit maintenant d'élaborer des stratégies permettant de résoudre ces problèmes. Le Gouvernement de la Zambie est conscient des possibilités qu'offrent les connaissances scientifiques nouvelles acquises dans un cadre pluridisciplinaire; il est également conscient de l'intérêt des recherches menées dans des régions du monde qui ne sont pas touchées par les maladies tropicales. Toutefois, l'élan nécessaire pour mener à bien de tels travaux ne peut être soutenu que si ces travaux s'effectuent à l'endroit même où se posent les problèmes. La Zambie a donc mis une partie de l'hôpital de N'dola à la disposition de l'OMS, ou plutôt de la communauté mondiale, pour qu'on y poursuive des recherches sur les maladies tropicales. Le Conseil national de la Recherche scientifique, organe coordonnateur de toutes les recherches entreprises dans le pays, l'Université de Zambie et le Ministère de la Santé souhaitent tous pouvoir collaborer à cette entreprise. La plus grande contribution que les autres pays pourraient apporter à l'amélioration de la santé sous les tropiques est d'aider à former du personnel indigène capable de poursuivre et peut -être même de stimuler les recherches sur ces maladies du sous -développement. C'est la raison pour laquelle le délégué zambien a appuyé le second des deux projets de résolution présentés par le Président, et proposé par l'Australie et d'autres Etats Membres. Bien que la délégation zambienne ait également accepté de figurer parmi les coauteurs du nouveau projet de résolution que vient de lire le délégué de l'Union soviétique, lequel constitue une synthèse des deux projets présentés au début de la séance, elle estime que la recherche et la formation concernant les maladies tropicales constituent un problème particulier et distinct devant être traité séparément. Elle souhaite donc qu'outre le texte de synthèse, la Commission reste saisie du projet de résolution relatif à ce point. Le Dr DE WEVER (Belgique) estime que, s'il existe une multitude d'instituts, de laboratoires et de chercheurs isolés qui, dans les pays tropicaux, poursuivent des recherches biomédicales dans les domaines les plus divers, un petit nombre seulement de ces chercheurs sont des nationaux des pays où les recherches sont effectuées et ils exécutent un nombre surprenant de travaux pratiquement sans rapport avec les problèmes de santé du pays hôte. En fait, une bonne part de ces travaux est accomplie par des boursiers venus de l'étranger qui perturbent le bon fonctionnement des instituts où ils sont reçus, oublient même de les remercier ou de les informer des résultats obtenus, faisant ainsi preuve d'une forme d'impérialisme intellectuel à dénoncer avec vigueur. Tout à fait au courant de la situation et du manque de chercheursnatio-

684

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

naux, l'OMS a essayé d'y remédier non seulement par son programme de bourses d'études et l'organisation de cours et de séminaires spécialisés, mais également en décidant de créer un système d'information sur la recherche scientifique. Le Comité consultatif OMS de la Recherche médicale a recommandé un plan général d'utilisation rationnelle des idées et des méthodes de la recherche biomédicale moderne auquel le Directeur général a donné suite avec empressement. L'inventaire effectué par l'OMS des problèmes les plus importants et des ressources matérielles et humaines dont on dispose pour les résoudre a polarisé l'attention sur les maladies parasitaires qui perpétuent l'état de sous -développement, et sur la grave pénurie de chercheurs nationaux, surtout en Afrique tropicale. Un groupe de planification réuni en novembre 1974 a dressé la liste des problèmes les plus urgents qui, semble -t -il, ont des chances sérieuses d'être résolus et a insisté pour qu'on lance un programme spécial de recherche et de formation concernant les maladies tropicales, d'abord limité à l'Afrique mais pouvant ensuite s'étendre à d'autres parties du monde. Il existe trois niveaux d'action l'utilisation de groupes spéciaux, l'établissement d'un réseau de centres de recherche et de formation et la coopération apportée par des institutions de pays industrialisés. Dans ce dernier domaine, les différents instituts européens de médecine tropicale ont déjà beaucoup fait et ont établi des liens solides avec les milieux scientifiques des pays directement concernés. Ces instituts sont tout disposés à s'insérer dans le réseau de centres et à mettre leur grande expérience au service de leurs collègues d'outre -mer; tel est tout particulièrement le cas de l'Institut belge de Médecine tropicale, Institut Prince Léopold d'Anvers. Le groupe a également décidé la création en Afrique d'un centre de recherche et de formation pluridisciplinaire. A cet égard, il faut se féliciter de l'offre faite par le Gouvernement de la Zambie de fournir des installations permettant d'installer le centre à N'dola. Si l'OMS peut techniquement exécuter le programme de recherche et de formation concernant les maladies tropicales, il lui faudra cependant trouver des crédits hors de son budget. Si l'on veut que les donateurs éventuels se persuadent de l'intérêt et de l'importance du programme, il faut un début d'exécution et la délégation belge a le plaisir d'annoncer que le Gouvernement de son pays a décidé de participer à ce financement. Il faut espérer que beaucoup d'autres pays en feront autant. A cet égard, les pays dont les ressources viennent de s'accroître considérablement pourraient donner un exemple aux pays industrialisés. Enfin, la Belgique porte un grand intérêt aux diverses institutions de recherche médicale en Europe. Il existe en Belgique un Fonds national de la Recherche scientifique médicale et il faut aussi mentionner Conseil européen de Recherche médicale, la Fondation scientifique européenne et le Comité de Recherche médicale des Communal _es européennes. :

Le Dr GRAHAM (Australie) appuie le rapport de situation sur le rôle de l'OMS dans le développement et la coordination de la recherche biomédicale. Le gaspillage des efforts de recherche pourra être réduit par une coordination étroite et par des échanges de renseignements entre l'OMS et les conseils nationaux de la recherche médicale, les instituts de recherche et les universités. L'exécution de nombreux projets pourrait utilement être envisagée sur une base régionale. L'Australie a dans une large mesure jugulé ses maladies transmissibles, mais continue de mener des recherches sur les vaccins et les médicaments. Les résultats de ses travaux dans les domaines de la réponse immunitaire et des maladies chroniques ou dégénératives pourraient être appliqués dans les pays en voie de développement. Les services médicaux absorbent maintenant une bonne part des ressources de nombreux pays; il est donc important de tirer de ces fonds le meilleur parti possible. A cet égard, la recherche opérationnelle est capitale, parce qu'il est dispendieux d'introduire dans un pays des services sanitaires dont les activités ne sont pas bien contrôlées et ne donnent pas des résultats optimaux. Le Dr Graham espère que l'OMS saura susciter un intérêt accru pour la recherche opérationnelle, surtout dans les Régions. Le Dr KRAUSE (République Démocratique Allemande) constate avec satisfaction que l'OMS s'intéresse de plus en plus à la promotion, au développement et à la coordination de la recherche biomédicale. Cette recherche devra correspondre aux besoins de la population, tout en étant conçue de manière à procurer les connaissances nécessaires pour faire face aux besoins médicaux futurs. Ce principe devra guider l'OMS dans son choix des priorités de recherche aux niveaux mondial et régional. Des consultations mutuelles et une coopération étroite entre l'OMS et d'autres institutions spécialisées permettront de tirer parti au mieux de l'expérience acquise notamment sur le plan des méthodes de recherche. Le Dr Krause pense qu'il faudrait donner plus d'occasions aux sociétés médicales et scientifiques internationales en relations officielles avec l'OMS d'exposer leur point de vue aux comités d'experts et à l'Assemblée mondiale de la Santé. Ces sociétés auraient pour tâche essentielle de présenter les résultats des travaux effectués dont l'application pratique exige des décisions gouvernementales. Un fonds important de connaissances scientifiques s'ouvrirait ainsi à l'OMS sans qu'elle ait à trouver des crédits supplémentaires. L'expérience nationale et internationale montre qu'il est souhaitable que les gouvernements assument une responsabilité plus grande en ce qui concerne le contenu et l'exécution des

COMMISSION B

:

QUINZIEME SEANCE

685

programmes de recherche biomédicale, car ils sont ainsi en mesure de faire bénéficier des résultats obtenus la totalité de la population. La délégation de la République Démocratique Allemande estime que l'OMS devrait faire planification de la recherche biomédicale; anaporter ses efforts sur les points suivants lyse de l'état actuel de la science médicale; développement des personnels spécialisés dans la recherche biomédicale; analyse coflt /avantages; application des résultats dans la pratique; structure et fonction des instituts de recherche. Dans le domaine de la coordination, le Bureau de la Promotion et du Développement de la Recherche serait chargé de l'échange d'informations, de la planification des activités de recherche et de la coordination des activités de l'OMS avec celles d'autres institutions des Nations Unies et d'organisations non gouvernementales. Il est important que l'OMS trouve le moyen de tirer parti au mieux des activités de recherche nationales. Il faudra examiner comment les travaux concernant les points prioritaires devront être répartis entre le Siège et les bureaux régionaux en fonction de leur importance mondiale ou régionale. L'Organisation devra tout particulièrement promouvoir la recherche sur les maladies tropicales, surtout dans les pays en voie de développement eux -mêmes. La délégation de la République Démocratique Allemande appuie les résolutions soumises à la Commission et tient à figurer dans la liste des coauteurs. :

M. PARROTT (Royaume -Uni de Grande- Bretagne et d'Irlande du Nord) déclare que sa délégation, bien qu'elle soit coauteur des deux projets de résolution initiaux, appuie le nouveau projet de synthèse, mais aimerait qu'on introduise dans le dispositif un paragraphe par lequel l'Assemblée se féliciterait que le Conseil exécutif ait approuvé les mesures prises en vue du développement du programme spécial de recherche et de formation concernant les maladies tropicales. Cela répondrait aux voeux du délégué de la Zambie sans qu'il soit nécessaire d'avoir deux résolutions. Cependant, s'il n'est pas possible de combiner les projets considérés, la délégation du Royaume -Uni de Grande -Bretagne et d'Irlande du Nord soutiendra les deux. Le Professeur EBEN- MOUSSI (République -Unie du Cameroun) soutient vigoureusement le nouveau projet de résolution et demande à figurer sur la liste des coauteurs. Il s'agit d'un domaine d'une importance fondamentale au niveau des universités. La République -Unie du Cameroun subvient aux frais d'un office national coordonnant les activités de dix instituts de recherche et qui peut bénéficier ainsi des fonds de promotion pour l'échange d'informations, la formation et la programmation des activités de recherche. Les fonds pourraient être fournis par tout gouvernele principe fondamental pour les pays en voie de développebénévole, ment ment - à savoir que les projets de recherche doivent tenir compte de l'intérêt commun et avoir un impact soit national soit régional, mais bien sûr non exclusif.

Le Professeur SENAULT (France) souligne la nécessité d'éviter les doubles emplois dans la recherche biomédicale et l'importance du role coordonnateur de l'OMS dans ce domaine. Il se réjouit de la proposition envisageant un accroissement de l'engagement des bureaux régionáux dans la recherche; en effet, cette mesure encouragera les travaux intéressant particulièrement chaque Région et permettra de faire appel à des concours extérieurs. Il est évident que la recherche biomédicale est liée à d'autres secteurs d'activité, y compris l'industrie pharmaceutique, et le Professeur Senault suggère qu'il faudrait envisager d'établir un programme de coopération entre les universités et certaines branches de la recherche pharmaceutique. A cet égard, il est intéressant de noter qu'en 1974 une conférence internationale sur la chimiothérapie des maladies parasitaires, qui s'est tenue à l'instigation de l'Institut de la Qualité de la Vie à Paris, a montré les possibilités de coopération dans ce domaine. Le rapport de situation du Directeur général appelle également l'attention sur les organisations de recherche biomédicale non gouvernementales dont les travaux sont complémentaires de ceux entrepris au niveau national. Le Professeur Senault désire mentionner à ce propos la création, en Afrique, d'une association internationale pour l'étude et l'application de la science et de la technologie dans le tiers monde. Le Gouvernement français et les ministères compétents ont suivi avec grand intérêt la création de cette association, qui a été établie sur l'initiative d'un Africain pour promouvoir la coopération au niveau régional dans le domaine de la recherche et de la formation. La délégation française soutient la résolution de synthèse proposée par le délégué soviétique. Le Dr MAZIN (Egypte) déclare que la nécessité de coordonner d'importantes recherches biomédicales impose une lourde responsabilité à l'OMS et appelle une certaine décentralisation. L'objectif essentiel devrait être d'encourager les pays en voie de développement à entreprendre des recherches. Le Dr Mazin souligne la gravité du problème de la schistosomiase dans les pays en voie de développement, qui ne peut que s'amplifier avec le développement de l'irrigation. Il est possible que la recherche scientifique aboutisse à l'éradication complète de cette maladie. Il ne faut pas oublier cependant que les pays en voie de développement, à la différence des

686

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

pays développés, n'ont pas les ressources nécessaires pour entreprendre les recherches qui leur permettraient de surmonter leurs problèmes sanitaires. En terminant, le Dr Mazin tient à souligner l'importance de la diffusion d'informations scientifiques par l'OMS, laquelle contribuera à éviter les doubles emplois. Le Professeur REXED (Suède) déclare que, puisque la recherche /développement constitue de plus en plus le fondement de toute l'action sanitaire, il est évidemment vital d'élaborer une stratégie générale de la recherche comportant des priorités rigoureuses. L'OMS doit choisir les problèmes importants pour les pays en voie de développement, et la participation accrue des bureaux régionaux contribuera à adapter la recherche aux besoins locaux essentiels. Pour atteindre ces buts, l'OMS devra faire largement appel au concours de la communauté scientifique mon-

diale. A cet égard, son programme élargi sur la reproduction humaine fournit un exemple intéressant de ce qu'il est possible de faire. La délégation suédoise accueille avec satisfaction le programme spécial de recherche et de formation sur les maladies tropicales et l'appuiera financièrement par l'entremise de l'Agence suédoise pour le Développement international. Le Professeur Rexed estime que le projet de synthèse, dont il est pourtant l'un des auteurs, ne reflète pas entièrement les idées exposées dans le projet de résolution concernant ce programme spécial; c'est pourquoi il se joint au délégué de la Zambie pour demander le maintien de ce dernier projet. Le Dr N'DOW (Gambie) indique que, dans son pays, la recherche est conduite depuis 35 ans par le British Medical Research Council. Il souligne la nécessité à laquelle répond l'organe de coordination pour la Région africaine qui sera vraisemblablement créé à N'dola (Zambie). Le Comité consultatif de la Recherche médicale devrait faire en sorte que la recherche dans la Région soit fructueuse, ce qui suppose la coordination des travaux que mènent, avec de maigres ressources, les instituts nationaux. D'autre part, des directives de l'OMS se rapportant à l'éthique de la recherche médicale seraient très appréciées; ceux qui ont la responsabilité d'approuver les projets de recherche savent bien que les connaissances nécessaires à l'évaluation de la sécurité des mesures de recherche font souvent défaut. Le Professeur CANAPERIA (Italie) souligne que, s'il est vrai qu'il est nécessaire de développer la recherche dans différents domaines, l'Organisation ne doit pas pour autant perdre de vue le problème que pose l'application des connaissances déjà disponibles. De plus, pour combattre certaines maladies et améliorer les conditions de santé, il ne suffit pas de trouver des moyens épidémiologiques ou médicaux, aussi perfectionnés et efficaces soient -ils. Très souvent, il faut agir sur l'environnement physique et social et, à cet égard, le Professeur Canaperia note avec plaisir que le rapport de situation mentionne la recherche éducationnelle parmi les types de recherche à promouvoir. Il ne faut pas oublier que l'éducation sanitaire peut contribuer à modifier certains comportements et à favoriser la participation de la collectivité, et que les problèmes résultant de l'interaction entre les conditions sociales et la santé doivent être considérés comme du ressort de la recherche biomédicale. Le Professeur Canaperia reconnaît que l'Organisation doit se préoccuper particulièrement des secteurs de recherche qui ont jusqu'à présent été le plus négligés, celui des maladies tropicales et parasitaires notamment. A cet égard, il estime, comme le délégué de la Zambie, que le projet de résolution combiné ne met pas l'accent sur la promotion de la recherche dans ce secteur, qui est mentionnée pour la première fois au paragraphe 2 2) du dispositif; on pourrait améliorer le texte en ajoutant au préambule un nouvel alinéa soulignant l'importance des maladies en cause. Enfin, notant que le rapport de situation indique que, pour coordonner la recherche, l'OMS envisage notamment d'établir des équipes de projet, des groupes scientifiques spéciaux, des groupes d'évaluation collégiaux et d'autres mécanismes appropriés pour tous les grands secteurs du programme de l'OMS, le Professeur Canaperia se demande si cette procédure n'est pas excessivement lourde et rigide. Ne serait -il pas préférable de procéder d'une manière plus simple et plus souple ? Le Dr SACKS (Secrétaire de la Commission) annonce que les auteurs des projets de résolution se sont déclarés d'accord pour maintenir le projet relatif au rôle de l'OMS dans le développement et la coordination de la recherche sur les maladies tropicales ainsi que le projet de synthèse présenté par le délégué soviétique, lesquels seront soumis séparément au vote. Le Dr BADDOO (Ghana) se déclare très satisfait du rapport de situation et de l'importance accordée aux maladies parasitaires tropicales qui constituent des causes majeures de débilité, de morbidité et de mortalité dans les régions tropicales de l'Afrique. Les instituts africains qui procèdent à d'importantes recherches sur ce sujet sont handicapés par le manque de ressources financières, d'équipement et de personnel qualifié, et il reste encore à entreprendre desb recherches dans d'autres secteurs également si l'on veut trouver des solutions aux problèmes sanitaires de l'Afrique.

COMMISSION B

:

QUINZIEME SEANCE

687

L'Ecole de Médecine de l'Université dú Ghana, le Conseil de la Recherche scientifique et industrielle, l'Université de la Science et de la Technologie et le Ministère de la Santé entreprennent tous des recherches patronnées par l'OMS. Le Ministère de la Santé a récemment établi un centre de recherche sur les plantes médicinales qui travaille en liaison étroite avec l'Université de la Science et de la Technologie et avec les guérisseurs traditionnels pour étudier les principes actifs de certaines de ces plantes. D'autre part, un institut de génétique clinique, relevant du Ministère de la Santé, procède à des recherches sur les hémoglobinopathies tout en assurant des consultations de génétique. Bien des recherches sont en cours dans d'autres pays; une coordination est donc nécessaire, non seulement pour assurer au mieux et au moindre coût l'utilisation des installations disponibles, mais aussi pour empêcher les doubles emplois, à moins bien entendu qu'il ne s'agisse d'établir des comparaisons. La délégation du Ghana appuie les mesures actuellement prises par l'OMS pour développer la recherche biomédicale, et notamment pour former des chercheurs. Elle souhaite que l'Organisation mobilise toutes les ressources - matérielles, financières et humaines - à cette fin, en collaborant avec les centres de recherche ainsi qu'en centralisant et en diffusant les informations sur la recherche. La délégation du Ghana appuie les deux projets de résolution tout en estimant, avec le délégué du Royaume -Uni, qu'il aurait été plus simple d'ajouter un paragraphe au projet de synthèse.

Le Dr MARIJNEN (Pays -Bas) déclare que les grandes maladies tropicales continuent d'entraver sérieusement le progrès social et économique de nombreux pays en voie de développement et sont responsables de la morbidité qui sévit dans des fractions importantes de leur population. Dans l'aide qu'ils accordent aux pays en voie de développement, les Pays -Bas donnent une haute priorité à la lutte contre les maladies transmissibles. Encore faut -il qu'il existe un système de soins de santé primaires adéquat, ainsi que des personnels de santé convenablement formés et conscients de l'importance de leur tâche. Il reste beaucoup à faire pour établir une technologie sanitaire qui permette de lutter contre les maladies tropicales dans les contextes divers où elles se rencontrent. La délégation des Pays -Bas se félicite donc que l'on ait pris l'initiative d'accélérer et de renforcer le programme d'action concertée en vue de promouvoir la recherche biomédicale dans les pays en voie de développement et d'intensifier la formation des chercheurs nationaux dans ces pays. La création d'un centre de recherche et de formation pluridisciplinaire en Afrique, jointe au renforcement du réseau d'instituts de recherche déjà existant, ne pourra manquer de donner un vif élan au programme de recherche sur les maladies tropicales. Les programmes de recherche nationaux et les activités de recherche bilatérale menées par exemple au Centre néerlandais de Recherche médicale de Nairobi ne pourront manquer d'en bénéficier. L'OMS est la seule organisation qui soit en mesure de coordonner ces actions au niveau international. La délégation des Pays -Bas appuie donc les deux projets de résolution soumis àla Commission.

Le Dr VALLADARES (Venezuela) pense que les cas dans lesquels des recherches sont entreprises pour favoriser la carrière des chercheurs plutôt que dans l'intérêt du pays où elles sont effectuées seraient beaucoup moins fréquents si les gouvernements étaient informés part 'OMS des recherches prévues ou en cours dans leur propre pays. En règle générale, l'Organisation semble discuter de ses plans de recherche biomédicale uniquement avec les spécialistes scientifiques en l'absence des fonctionnaires nationaux, qui ne sont donc pas en mesure d'obtenir l'adhésion ou la pleine coopération de leurs gouvernements. Le Dr Valladares précise que cette observation ne vaut pas pour son propre pays, dont le Gouvernement est informé, et n'implique pas qu'il faille modifier les projets de résolution soumis à la Commission. Le Dr de VILLIERS (Canada) déclare que la délégation canadienne accueillera avec satisfaction toute mesure de caractère général ayant pour objet de permettre aux Etats Membres de bénéficier aux moindres frais des fruits de la recherche biomédicale. En ce qui concerne la collaboration qui pourrait être instituée entre les conseils de la recherche médicale et les divers

Etats Membres, une des principales difficultés vient de ce que la plupart des institutions de recherche médicale sont implantées dans des pays développés dont les priorités de recherche, fondées comme elles le sont sur des besoins nationaux plutôt qu'internationaux, ne correspondent pas nécessairement aux besoins des pays en voie de développement. Pour redresser la situation, les gouvernements nationaux devront donc se référer de plus en plus aux priorités sanitaires mondiales et réorienter en conséquence certaines de leurs activités de recherche et de leurs spécialistes. A cet égard, le Dr de Villiers note avec intérêt que la priorité sera donnée à des secteurs de recherche jusqu'à présent négligés. La délégation du Canada s'intéresse particulièrement au dispositif dans le cadre duquel se développera le programme de recherche sur les maladies tropicales et attend de nouvelles mesures dans ce domaine. Elle considère en outre que l'OMS devrait prendre davantage d'initiatives au sujet des problèmes d'éthique médicale.

Egg

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

Le Dr de Villiers appuie les deux projets de résolution.

Le Dr LARI (Pérou) appuie lui aussi les deux projets de résolution et tout particulièrement le paragraphe 2.3) du dispositif du projet de synthèse qui mentionne spécifiquement la coordination des recherches relatives à la salubrité de l'environnement. L'Organisation devrait accorder la priorité à cette coordination qui permettrait d'aider les Etats Membres à juger de la rationalité et de la rentabilité des investissements à opérer dans des secteurs comme celui de l'approvisionnement en eau et de l'assainissement en milieu rural. Par exemple, le Pérou équipe ses collectivités rurales de systèmes d'approvisionnement en eau potable grâce à un prêt consenti par la Banque interaméricaine de Développement. Comme il n'existe pas d'autres sources de financement extérieur pour l'évacuation des eaux usées, le Gouvernement péruviens dg choisir entre deux options ou bien doter quelques collectivités de systèmes d'approvisionnement en eau et d'évacuation des eaux usées, ou assurer seulement l'approvisionnement en eau d'un plus grand nombre de collectivités. Les recherches prévues, outre qu'elles fourniraient une base solide pour les prises de décision, faciliteraient aussi la soumission de plans acceptables aux organismes de financement qui, d'après leurs propres règlements, ne peuvent appuyer qu'un certain type de mesures d'amélioration de l'environnement. La délégation du Pérou considère que les recherches devraient aussi comporter des travaux portant sur l'aspect social, étant donné que, si les chercheurs se préoccupent uniquement des malades et des maladies, ils risquent de négliger de nombreux facteurs dont dépend la santé. Peut -être pourrait -on indiquer dans le titre du projet de résolution qu'il s'agit à la fois de recherche biomédicale et de recherche environnementale. :

Le Professeur TATON (Pologne) estime lui aussi que l'OMS devrait jouer un plus grand rôle dans la coordination de la recherche biomédicale et, pour commencer, chercher à améliorer la collecte de renseignements sur les programmes nationaux de recherche et leur évolution, ainsi qu'à promouvoir un échange d'informations efficace sur le plan international. La recherche biomédicale exige des ressources financières et humaines si importantes que tous les pays n'ont pas les moyens de s'y engager; aussi ceux qui le peuvent doivent -ils s'efforcer de concentrer leurs efforts pour pouvoir contribuer valablement au progrès scientifique. Cela suppose que les programmes de recherche soient justifiés sur les plans social et économique, réalisés avec soin et convenablement évalués. En Pologne, le deuxième Congrès national de la Science et de la Recherche, tenu à Varsovie en 1973, a fait un grand pas en élaborant national qui des objectifs précis à atteindre dans les 5, 10 et 20 prochaines années. Ce programme est maintenant mis en oeuvre par l'Académie des Sciences de Pologne, en collaboration avec le Département des Sciences et le Conseil de la Recherche du Ministère de la Santé. Le programme de recherche biomédicale, élément du programme national de recherche, bénéficie d'une haute priorité et d'un financement suffisant. Il porte notamment sur le cancer, la physiologie et la physiopathologie du système nerveux, l'écologie humaine, l'immunologie, la nutrition humaine et l'organisation des soins médicaux. De l'avis du Gouvernement polonais, une telle approche facilitera la coordination internationale de la recherche ainsi que les activités de l'OMS dans ce domaine. Le Professeur GERIC (Yougoslavie) demande si l'on peut avoir des renseignements complémentaires sur l'organisation technique, le financement et les besoins de personnel du centre multidisciplinaire de recherche et de formation mentionné dans le rapport. Le Gouvernement yougoslave serait disposé à coopérer à la création d'un tel centre. La délégation yougoslave appuie vivement les deux projets de résolution soumis à la Commission. Le Dr SOBOTKOVÁ (Tchécoslovaquie) se félicite des mesures prises au cours de l'année écoulée pour donner effet à la résolution WHA27.61. L'OMS est bien placée pour promouvoir le développement de la recherche biomédicale dans les instituts nationaux en attribuant des bourses d'études et de formation et en facilitant l'échange d'informations scientifiques. La délégation tchécoslovaque a noté avec plaisir l'importance que le Directeur général attache à cet aspect du travail de l'OMS. L'Organisation devrait concentrer plus spécialement ses efforts sur les zones de programme prioritaires et sur les travaux de recherche visant à résoudre les problèmes des pays en voie de développement. Si les maladies transmissibles tiennent une place très importante, il ne faut pas négliger pour autant l'étude des maladies associées au vieillissement des populations et les problèmes de santé tenant à l'environnement. Il faudrait évaluer l'activité des centres collaborateurs afin de pouvoir utiliser au mieux leurs services, et offrir des occasions de collaborer aux centres nationaux qui disposent du matériel et du personnel nécessaires pour entreprendre des recherches intéressant l'OMS. En outre, il conviendrait de renforcer le rôle du CCRM qui devrait non seulement donner des avis sur le contenu du programme de recherche de l'OMS, mais aussi en évaluer l'exécution. Le projet de résolution proposé par le délégué soviétique reflète les vues de la délégation tchécoslovaque.

COMMISSION B

:

QUINZIEME SEANCE

689

Le Dr SENCER (Etats -Unis d'Amérique) déclare que son pays s'emploie activement à promouvoir la recherche et estime que l'OMS a un rôle capital de développement et de coordination à jouer dans ce domaine. Coauteur du projet de synthèse sur la recherche biomédicale, la délégation des Etats -Unis appuiera aussi le projet relatif au programme spécial de recherche et de formation sur les maladies tropicales, puisqu'il semble que les deux textes ne seront pas amalgamés.

Dans le premier de ces projets, trois points méritent une attention spéciale la solution des problèmes pratiques de santé publique (troisième alinéa du préambule), la recherche et la formation sur les maladies tropicales et parasitaires (paragraphe 2 2) du dispositif) et la coordination mentionnée au paragraphe 2 3) du dispositif. En collaboration avec le Ministère de la Santé d'El Salvador, l'administration sanitaire des Etats -Unis patronne, à San Salvador, une petite station de recherche appliquée sur les problèmes posés par les maladies tropicales dans les pays d'Amérique centrale et au Panama. Les maladies étudiées sont celles qui ont une importance pour la santé publique dans ces pays, notamment le paludisme, l'onchocercose et la leishmaniose. La collaboration des pays de la Région est très appréciée et le Dr Sencer espère qu'elle ira en se renforçant. Comme le délégué de la Gambie, il estime que l'OMS devrait prendre clairement posítionsur les règles déontologiques applicables à la recherche médicale et il attend avec intérêt le rapport de la conférence coparrainée par l'OMS qui se réunira au début de 1976 pour étudier certains aspects de ce problème. En ce qui concerne la décentralisation du programme OMS de développement et de coordination de la recherche biomédicale, une certaine prudence est de mise. Bien entendu, les bureaux régionaux ont un rôle important à jouer dans la définition des problèmes pratiques de santé publique qui attendent une solution au niveau des Régions, mais c'est sans doute au Siège que l'on pourra le mieux identifier les ressources auxquelles il sera possible de faire appel. :

Pour le Professeur SULIANTI SAROSO (Indonésie), l'OMS pourrait plus facilement développer et coordonner la recherche biomédicale si elle disposait d'une liste des principales institutions qui font des travaux de cet ordre. Notant que les bureaux régionaux sont invités à préparer un catalogue de ces institutions dans les diverses Régions, elle demande où en est la mise au point de ce document. L'importance de la recherche opérationnelle appliquée aux services de santé a été affirmée par d'autres délégués ainsi que par le représentant du CCRM à la cinquante -cinquième session du Conseil exécutif. Dans son rapport de situation, le Directeur général souligne lui aussi que la recherche biomédicale ne comprend pas seulement les travaux de laboratoire et les investigations cliniques, mais englobe aussi les enquêtes épidémiologiques et d'autres études dans le domaine de la santé publique, par exemple la recherche opérationnelle sur la distribution des prestations sanitaires. Il est cependant dommage que ce rapport ne signale pas, à propos du programme spécial de recherche et de formation sur les maladies tropicales dans les pays én voie de développement, que vient d'être créé en Indonésie, grâce aux efforts conjugués del'OMS et du Gouvernement indonésien, un Institut pour le Développement des Services de santé dont les ressources sont à la disposition non seulement de l'Indonésie, mais aussi d'autres pays aux prises avec des problèmes de santé analogues. Ce n'est pas tant l'omission elle -même qui l'inquiète, mais ce qu'elle implique peut -être, à savoir que la conception élargie de la recherche biomédicale n'est pas entièrement acceptée. Soutenant les deux projets de résolution, le Professeur Sulianti Saroso suggère que le projet relatif aux maladies tropicales soit intitulé "Rôle de l'OMS dans le développement et la coordination de la recherche sur les maladies tropicales ". Aux yeux du Dr TOURS (Sénégal), l'un des aspects les plus importants du problème de la recherche médicale est la coopération et la coordination entre les universités africaines, dont beaucoup sont de création relativement récente et qui devraient entretenir des relations plus étroites et avoir des échanges plus fructueux. Autre point important la spécialisation des facultés africaines en matière de recherche. Bien entendu, chaque université devrait avoir une vue globale de la recherche médicale mais aussi se spécialiser dans un domaine bien précis, compte tenu des préoccupations majeures en santé publique sur le plan national. La coordination pourrait être assurée par le Bureau régional de l'Afrique. :

Le Dr OKAMOTO (Japon), qui est prêt à voter pour les deux projets de résolution, déclare que les hommes de science et les institutions scientifiques du Japon contribueront très volontiers à l'intensification des efforts de coordination internationale. Le DIRECTEUR GENERAL ADJOINT, rappelant que la santé publique - première vocation de l'Organisation - connaît actuellement une évolution sans précédent, déclare que, selon le Directeur général, toute innovation du vingtième ou du vingt et unième siècle qui n'aura pas de solides fondements dans la recherche biomédicale restera complètement stérile et fallacieuse. Pour porter et maintenir la recherche à un niveau convenable en exploitant au mieux toutes les ressources, il faut dresser des plans réalistes, soigneusement étudiés du point de vue

690

VINGT- HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

économique, et choisir les zones de programme selon des critères rigoureux. Si l'on a, pour commencer, attribué la priorité aux maladies tropicales, ce n'est pas par décision arbitraire ou à cause de quelque intérêt particulier, mais en raison de l'ampleur du problème que posent ces maladies, de la morbidité et de la mortalité élevées qu'elles provoquent et de leur résistance aux armes traditionnelles de la santé publique. On a estimé que l'Organisation ne doit pas continuer de concentrer indéfiniment ses efforts sur des aspects partiels du problème, tels que la recherche en matière de lutte antivectorielle, et qu'il faut recourir à d'autres tactiques, employer d'autres méthodes et étudier d'autres approches. Le choix des maladies tropicales se justifie aussi par l'importance du tribut qu'elles lèvent sur les ressources humaines dans de vastes régions du monde et par leur effet paralysant sur le progrès socio- économique des individus et des collectivités. En outre, on les a négligées pendant des siècles, ce qui contraste avec les efforts déployés dans d'autres domaines, comme ceux des maladies cardio -vasculaires, des troubles mentaux, du cancer, etc. dont l'Organisation en fait s'est trop occupée pendant de longues années. Comme les membres de la Commission le savent bien, la plupart des pays d'Europe et d'Amérique ont mené chez eux, avec beaucoup de compétence, des actions vigoureuses intéressant les problèmes de santé des pays hautement développés, et les pays en voie de développement ont été utilisés comme terrain d'essai pour des techniques de recherche applicables à l'étude de ces problèmes sans toutefois qu'il y ait de coopération véritable, comme on s'en rend maintenant compte. Le délégué de la Belgique a justement souligné que, dans le domaine de la science et de la technique, on n'a jamais autant qu'aujourd'hui manqué de réalisme ni autant pratiqué l'impérialisme intellectuel. La seule manière de rétablir l'équilibre serait d'utiliser la coordination comme un instrument de justice, mais cela ne sera possible que s'il y a des recherches à coordonner. Dans les pays développés, il existe de nombreuses institutions prestigieuses, actives et capables, des écoles de médecine aux grandes traditions, dont les activités scientifiques et autres peuvent être orientées et coordonnées par l'OMS; mais dans les pays en voie de développement d'Asie, d'Amérique latine et d'Afrique, c'est le vide et il n'y aura rien à coordonner, à moins que l'on suscite un intérêt pour la recherche, que l'on mobilise les talents, que l'on crée les moyens matériels, les infrastructures et les services de soutien nécessaires et que l'on organise la recherche sur des bases rationnelles. Le délégué de l'Egypte a fait valoir qu'il est nécessaire de décentraliser, et celui des Etats -Unis a évoqué la nécessité du maintien d'un certain contrôle; en fait, on s'efforcera de coordonner la décentralisation. Au XXIe siècle, la science et la technologie ne devront pas être l'apanage d'un groupe de nations, mais un bien dont chaque pays ait sa part. La science et la technologie comportent des aspects sociaux, politiques et éthiques parfois subtils, que chaque nation devra harmoniser selon ses propres critères. La meilleure assistance que l'OMS puisse apporter aux pays sera de leur mettre en main les instruments nécessaires. Il est important que les délégués qui viennent tous les ans tracer des orientations pour l'Organisation se rappellent que celle -ci doit être préparée à prendre des risques et qu'elle attend des directives précises sur le choix des zones d'action à aborder au moment opportun. Le Dr KAPLAN (Directeur du Bureau de la Promotion et du Développement de la Recherche), revenant sur les remarques faites pendant la discussion, rappelle que plusieurs délégués ont souligné l'importance de la recherche opérationnelle. L'OMS en est pleinement convaincue, en particulier lorsqu'il s'agit de santé publique, car la recherche opérationnelle est indispensable pour obtenir les meilleurs résultats possibles dans la distribution des prestations comme dans tout autre secteur de l'action sanitaire. Pour l'OMS, la coordination est l'élément clé de la collaboration avec la communauté scientifique internationale, mais il faut savoir que l'Organisation a aussi une activité directe de recherche opérationnelle à propos de problèmes qui ne pourraient pas être résolus autrement. Cependant, son rôle de coordination constitue l'essentiel de ses préoccupations. Le Dr Kaplan donne au délégué de la Belgique l'assurance que l'OMS collabore étroitement avec l'Institut belge de Médecine tropicale et continuera de le faire, en particulier dans le cadre du programme spécial concernant les maladies tropicales. Répondant au délégué du Venezuela, qui a souligné la nécessité de mieux informer les gouvernements des activités de recherche de l'OMS, il indique que le Bureau régional des Amériques s'occupe déjà de la question. Par le canal des bureaux régionaux, l'Organisation aura à l'avenir des contacts plus étroits avec les Etats Membres, et pourra leur fournir des renseignements sur les recherches biomédicales correspondant à leurs besoins et à leurs priorités. A l'intention du délégué de la Yougoslavie, qui s'est intéressé au centre multidisciplinaire de Zambie, il précise que des enquêtes épidémiologiques vont y être entreprises dans le cadre du programme spécial. Une mission se rendra sur place en juin pour identifier les populations de malades sur lesquelles pourront être faites des études épidémiologiques et pour dresser un tableau de la morbidité en vue de recherches cliniques en matière de chimiothérapie. Le Dr Kaplan remercie les délégués qui ont offert à l'OMS la collaboration de spécialistes ou d'institutions scientifiques. Ces offres permettront à l'Organisation de faire appel aux meilleures compétences pour l'exécution des divers éléments du programme. Il s'excuse auprès du délégué de l'Indonésie de ce que le rapport de situation n'ait pas fait état de l'Institut pour le Développement des Services de santé, expliquant que l'OMS est en

COMMISSION B

:

QUINZIEME SEANCE

691

train d'organiser, dans toutes les Régions, un vaste réseau d'institutions qui travailleront sur les maladies tropicales. Le délégué de l'Indonésie n'a pas à craindre que les activités de recherche opérationnelle se ralentissent. Le Dr SACKS (Secrétaire de la Commission) annonce que les coauteurs du projet de résolution concernant le développement et la coordination de la recherche sur les maladies tropicales ont accepté ce titre, proposé par le délégué de l'Indonésie. Décision Le projet de résolution concernant le développement et la coordination de la recherche sur les maladies tropicales est approuvé.1 :

Le Dr DE WEVER (Belgique) propose un amendement au projet de résolution sur le développement et la coordination de la recherche biomédicale; il s'agit d'ajouter à la fin du paragraphe 2 du dispositif un nouvel alinéa ainsi libellé "8) d'établir ou de maintenir des contacts étroits avec les organismes nationaux et internationaux s'occupant de programmes :

semblables ".

Le PRESIDENT, ayant consulté les coauteurs, annonce qu'ils acceptent l'amendement. Le projet de résolution sur le développement et la coordination de la recherche Décision biomédicale, ainsi modifié, est approuvé.2 :

2.

HUITIEME RAPPORT DE LA COMMISSION

Le Dr VALLADARES (Venezuela), Rapporteur, donne lecture du projet de huitième rapport de la Commission. Décision 3. :

Le projet de rapport est adopté (voir page 700).

CLOTURE DES TRAVAUX Après les félicitations d'usage, le PRESIDENT déclare clos les travaux de la Commission.

La séance est levée à 13 heures.

1 Ce projet de résolution a été transmis à 1 'Assemblée de la Santé dans le huitième rapport de la Commission et adopté sous le numéro d'ordre WHA28.71.

Ce projet de résolution a été transmis à 1 'Assemblée de la Santé dans le huitième rapport de la Commission et adopté sous le numéro d'ordre WHA28.70.

2

RAPPORTS DES COMMISSIONS

Les textes des résolutions recommandés dans les rapports des commissions et ultérieurement adoptés sans changement par l'Assemblée de la Santé ont été remplacés par les numéros d'ordre (entre crochets) sous lesquels ils sont publiés dans la partie I (Actes officiels N° 226, pages 1 à 54).

COMMISSION DE VERIFICATION DES POUVOIRS

PREMIER RAPPORT'

/-28/47 - 14 mai 19757 La Commission de Vérification des Pouvoirs s'est réunie le 14 mai 1975. Les délégués des pays suivants étaient présents Fidji, Guyane, Islande, Mongolie, Panama, République Centrafricaine, République -Unie du Cameroun, Roumanie, Soudan, Suisse, Tunisie, Uruguay. Mme J. Daghfous (Tunisie) a été élue président, le Dr O. M. R. Harper (Guyane) vice président, et M. S. C. Ramrakha (Fidji) rapporteur. La Commission a examiné les pouvoirs communiqués au Directeur général conformément aux dispositions de l'article 22 du Règlement intérieur de l'Assemblée. :

1. Les pouvoirs des délégués et représentants des Membres et Membre associé énumérés ciaprès ont été trouvés en bonne et due forme; la Commission propose donc à l'Assemblée d'en reconnaître la validité Afghanistan, Algérie, Allemagne, République fédérale d', Arabie Saoudite, Argentine, Australie, Autriche, BahreTn, Bangladesh, Belgique, Birmanie, Bolivie, Botswana, Brésil, Bulgarie, Burundi, Canada, Chili, Chine, Chypre, Colombie, Congo, Costa Rica, Côte d'Ivoire, Cuba, Dahomey, Danemark, Egypte, Emirats arabes unis, Equateur, Espagne, Etats -Unis d'Amérique, Ethiopie, Fidji, Finlande, France, Gabon, Gambie, Ghana, Grèce, Guatemala, Guinée, Guinée- Bissau, Guyane, Haute -Volta, Honduras, Hongrie, Inde, Indonésie, Irak, Iran, Irlande, Islande, Israél, Italie, Jamaïque, Japon, Jordanie, Koweït, Laos, Lesotho, Liban, Libéria, Luxembourg, Madagascar, Malaisie, Mali, Malte, Maroc, Maurice, Mauritanie, Mexique, Monaco, Mongolie, Népal, Nicaragua, Niger, Nigéria, Norvège, Nouvelle -Zélande, Oman, Ouganda, Pakistan, Panama, Paraguay, Pays -Bas, Pérou, Philippines, Pologne, Portugal, Qatar, République Arabe Libyenne, République Arabe Syrienne, République Centrafricaine, République de Corée, République Démocratique Allemande, République du Sud Viet -Nam, République populaire démocratique de Corée, République -Unie de Tanzanie, République -Unie du Cameroun, Roumanie, Royaume -Uni de Grande -Bretagne et d'Irlande du Nord, Rwanda, Sénégal, Sierra Leone, Singapour, Somalie, Souaziland, Soudan, Sri Lanka, Suède, Suisse, Tchécoslovaquie, ThaTlande, Togo, Trinité -et- Tobago, Tunisie, Turquie, Union des Républiques socialistes soviétiques, Uruguay, Venezuela, Yémen, Yémen démocratique, Yougoslavie, Za!re, Zambie, ainsi que Papua- Nouvelle:

Guinée. 2. La Commission a examiné les notifications reçues des pays suivants Bahamas, Kenya, Malawi, République Dominicaine et Namibie qui, bien que donnant la composition de leur délégation, ne peuvent être considérées comme constituant des pouvoirs officiels conformément aux dispositions du Règlement intérieur. La Commission recommande à l'Assemblée de la Santé de reconnattre provisoirement à ces délégations le plein droit de participer à ses travaux en attendant l'arrivée des pouvoirs officiels. :

' Approuvé par l'Assemblée de la Santé à sa sixième séance plénière.

- 693 -

694

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

DEUXIEME RAPPORT1 /X28/55 - 20 mai 19757 La Commission de Vérification des Pouvoirs s'est réunie le 20 mai 1975. La Commission a accepté les pouvoirs officiels présentés au nom d'El Salvador et du Malawi et propose par conséquent que l'Assemblée de la Santé reconnaisse la validité des pouvoirs présentés par ces pays.

TROISIEME RAPPORT2

/X28/66 - 27 mai 19757 La Commission de Vérification des Pouvoirs s'est réunie le 27 mai 1975. La Commission a accepté les pouvoirs officiels présentés au nom de la Barbade, du Kenya et de la Namibie et propose par conséquent que l'Assemblée de la Santé en reconnaisse la validité.

COMMISSION DES DESIGNATIONS

PREMIER RAPPORT3 /X28/40 - 13 mai 19757

La Commission des Désignations, composée des délégués des pays suivants Arabie Saoudite, Bahrein, Bangladesh, Belgique, Chine, Colombie, Congo, Costa Rica, Dahomey, Etats -Unis d'Amérique, Ethiopie, Finlande, France, Hongrie, Inde, Jamaique, Libéria, Malaisie, Paraguay, Royaume -Uni de Grande -Bretagne et d'Irlande du Nord, Somalie, Souaziland, Tchécoslovaquie et Union des Républiques socialistes soviétiques s'est réunie le 13 mai 1975. Le Dr J. L. Kilgour (Royaume -Uni de Grande -Bretagne et d'Irlande du Nord) a été élu président. Conformément à l'article 25 du Règlement intérieur de l'Assemblée, la Commission a décidé de proposer à l'Assemblée la désignation du Professeur S. Halter (Belgique) pour le poste de président de la Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé. :

DEUXIEME RAPPORT 3

/X28/41 - 13 mai 19757

Au cours de sa première séance, tenue le 13 mai 1975, la Commission des Désignations a décidé de proposer à l'Assemblée, conformément à l'article 25 du Règlement intérieur de l'Assemblée, les désignations suivantes :

Vice - Présidents de l'Assemblée

Dr F. Mohy El -Din (Egypte), Dr K. Singh (Inde), Dr A. C. Empana (Congo), Dr D. N. Everingham (Australie), Dr J. R. Castillo Sinibaldi :

(Guatemala);

Commission A Commission B

:

:

Président, M. M. Mzali (Tunisie). Président, Dr J. -S. Cayla (France).

En ce qui concerne les postes de membres du Bureau à pourvoir par voie d'élection conformément à l'article 31 du Règlement intérieur de l'Assemblée, la Commission a décidé de proposer les délégués des quatorze pays suivants Bangladesh, Bolivie, Chine, Etats -Unis d'Amérique, Guinée, Irak, Jamaique, Lesotho, Libéria, Pologne, République Arabe Libyenne, République -Unie du Cameroun, Royaume -Uni de Grande- Bretagne et d'Irlande du Nord et Union des Républiques socialistes soviétiques. :

1

Approuvé par l'Assemblée de la Santé à sa dixième séance plénière.

2 Approuvé par l'Assemblée de la Santé à sa douzième séance plénière. 3

Approuvé par l'Assemblée de la Santé à sa deuxième séance plénière.

RAPPORTS DES COMMISSIONS TROISIEME RAPPORT 1

695

/X28/42 -

13 mai 19757

Au cours de sa première séance, tenue le 13 mai 1975, la Commission des Désignations a décidé de proposer à chacune des commissions principales, conformément à l'article 25 du Règlement intérieur de l'Assemblée, les désignations suivantes pour les postes de vice président et de rapporteur :

Commission A Vice Rapporteur, Dr B. Commission B Vice Rapporteur, Dr R. : :

-Président, Dr Marcella Davies (Sierra Leone); Lekie (Zaire). -Président, Professeur F. Renger (République Démocratique Allemande); Valladares (Venezuela).

BUREAU DE L'ASSEMBLEE

PREMIER RAPPORT

2

4X28/51 - 19 mai 19757

Election de Membres habilités à désigner une personne devant faire partie du Conseil exécutif Au cours de sa séance du 19 mai 1975, le Bureau de l'Assemblée, conformément à l'article 99 du Règlement intérieur de l'Assemblée, a établi la liste suivante de douze Membres, dans l'ordre alphabétique français, liste qui doit être transmise à l'Assemblée de la Santé en vue de l'élection annuelle de huit Membres habilités à désigner une personne devant faire partie du Conseil exécutif :

Australie, Bangladesh, Canada, Costa Rica, Finlande, Mauritanie, Rwanda, Singapour, Somalie, Tunisie, Turquie, Yougoslavie. Le Bureau de l'Assemblée a recommandé ensuite les noms des huit Membres suivants, dont l'élection assurerait, à son avis, une répartition équilibrée des sièges au Conseil exécutif Bangladesh, Canada, Mauritanie, Rwanda, Yougoslavie, Australie, Finlande, Somalie.

:

DEUXIEME RAPPORT3 /X28/62 - 26 mai 19757

Election de six Membres habilités à désigner une personne devant faire partie du Conseil exécutif Au cours de sa séance du 26 mai 1975, le Bureau de l'Assemblée, conformément à l'article 99 du Règlement intérieur de l'Assemblée et à la résolution WHA28.19, a établi la liste suivante de neuf Membres, dans l'ordre alphabétique anglais, liste qui doit être transmise à l'Assemblée de la Santé en vue de l'élection de six Membres supplémentaires habilités à désigner une personne devant faire partie du Conseil exécutif :

Costa Rica, Grèce, Guyane, Inde, Japon, Soudan, Souaziland, Togo, République -Unie de Tanzanie.

1 Voir pp. 337 et 547. 2

Voir le compte rendu in extenso de la dixième séance plénière, sections 2 et 4. Voir le compte rendu in extenso de la douzième séance plénière, sections 2 et 12.

3

696

VINGT- HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

Le Bureau de l'Assemblée a recommandé ensuite les noms des six Membres suivants, dont l'élection assurerait, à son avis, une répartition équilibrée des sièges au Conseil exécutif Guyane, Japon, Soudan, Souaziland, Togo, République -Unie de Tanzanie.

:

COMMISSION A 1

PREMIER RAPPORT /A28/59 - 23 mai 1975/

La Commission A a tenu ses neuf premières séances les 15, 19, 20, 21 et 22 mai 1975. A sa première séance, la Commission a, conformément aux suggestions de la Commission des Désignations, élu le Dr Marcella Davies (Sierra Leone) vice -président et le Dr B. Lekie (Zaïre) rapporteur. Au cours de ces séances, la Commission A, procédant à l'examen détaillé du budget programme pour les exercices financiers 1976 et 1977, a décidé de recommander à la Vingt Huitième Assemblée mondiale de la Santé l'adoption de résolutions ayant trait aux sujets suivants :

Activités de l'OMS concernant le développement des méthodes de lutte contre les maladies parasitaires tropicales /WHA28.51/ Programme d'éradication de la variole /WHA28.527 Schistosomiase /WHA28.53/_ Prévention de la cécité /WHA28.547 Maladies mycosiques /WHA28.55/

DEUXIEME RAPPORT 1

/A28/60 - 24 mai 19757

La Commission A a tenu ses dixième et onzième séances le 23 mai 1975 et a poursuivi son examen détaillé du budget programme pour les exercices financiers 1976 et 1977. Au cours de ces séances, la Commission a décidé de recommander à la Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé l'adoption de résolutions ayant trait aux sujets suivants :

Lutte contre la lèpre /WHA28.56/ Arriération mentale /WHA28.57/ Lutte contre les maladies transmises par voie sexuelle /WHA28.58/ Maladies rhumatismales /WHA28.59/

1

TROISIEME RAPPORT /A28/64 - 27 mai 19757

Au cours de sa quinzième séance tenue le 27 mai 1975, la Commission a décidé de recommander à la Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé l'adoption d'une résolution se rapportant au point suivant :

Budget effectif et niveau du budget pour 1976 /171HA28.607

1

Approuvé par l'Assemblée de la Santé à sa douzième séance plénière.

RAPPORTS DE COMMISSIONS QUATRIEME RAPPORT1

697

/X28/65 - 28 mai 19757 La Commission A a tenu ses douzième, treizième, quatorzième, quinzième, seizième et dix septième séances les 24, 26 et 27 mai 1975, et a poursuivi son examen détaillé du budget programme pour les exercices financiers 1976 et 1977. La Commission a décidé de recommander à la Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé l'adoption de résolutions ayant trait aux sujets suivants :

Utilisation et obtention du sang humain et_de ses dérivés /WHA28.727 Programme de médecine du travail /WHA28.73/ Cycle budgétaire biennal /WHA28.74/ Assistance aux pays en voie de développement - I /WHA28.75/ Principes directeurs du_budget Programme concernant l'assistance technique aux pays en voie de développement /WHA28.76/ Assistance aux pays en voie de développement - II /17111A28.777

Assistance aux Etats ayant récemment accédé à l'indépendance et accéder en Afrique /WHA28.78/ Assistance spéciale au Cambodge, à la République démocratique du République du Sud Viet -Nam /WHA28.79/ Pharmacodépendance /WHA28.80/ Statistiques sanitaires relatives à l'alcool /WHA28.81/ Prévention du rachitisme, de l'ostéomalacie et de l'ostéoporose Besoins en animaux de laboratoire pour le contrôle des produits sement de colonies de reproducteurs /WHA28.83/ Promotion de la santé mentale 5iHA28.84/

aux Etats en voie d'y Viet -Nam et à la

/WHA28.82/ biologiques et l'établis-

La Commission a en outre décidé de recommander à la Vingt- Huitième Assemblée mondiale de la Santé l'adoption d'une résolution se rapportant au point suivant :

Planification à long terme de la coopération internationale en matière de recherche sur le cancer /WHA28.85/ 1

CINQUIEME RAPPORT /X28/69 - 29 mai 19757 La Commission A a tenu ses dix -huitième, dix -neuvième et vingtième séances les 28 et 29 mai 1975, et a décidé de recommander à la Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé l'adoption de résolutions ayant trait aux sujets suivants :

Résolution portant ouverture de crédits pour l'exercice financier 1976 /WHA28.867 Etat d'avancement du programme antipaludique /WHA28.87/ Promotion des services nationaux de santé en ce qui concerne les soins de santé primaires /WHA28.88/

COMMISSION B

2

PREMIER RAPPORT /X28/54 - 21 mai 19757

La Commission B a tenu ses première, deuxième et troisième séances les 15, 19 et 20 mai 1975 sous la présidence du Dr J. -S. Cayla (France). Sur la proposition de la Commission des Désignations, le Professeur F. Renger (République Démocratique Allemande) a été élu vice -président et le Dr R. Valladares (Venezuela) rapporteur.

1

Approuvé par l'Assemblée de la Santé à sa treizième séance plénière.

2 Approuvé par l'Assemblée de la Santé à sa onzième séance plénière.

698

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

Elle a décidé de recommander à la Vingt- Huitième Assemblée mondiale de la Santé l'adoption de résolutions se rapportant aux points suivants de l'ordre du jour :

3.3.1

3.3.2 3.2 3.9 1.14 3.4

Rapport financier sur les comptes de l'OMS pour l'exercice 1974, rapport du Commissaire aux Comptes et observations y relatives du Comité spécial du Conseil exécutif /WHA28.6/ Etat du recouvrement des contributions annuelles et des avances au fonds de roulement /WHA28.7/ Budget supplémentaire pour 1975 /WHA28.87 Traitements et indemnités pour les postes non classés /WHA28.9/ Amendement au contrat du Directeur général /WHA28.107 Barème des contributions :

3.4.1

Contributions des nouveaux Membres et Membres associés Cinq résolutions ont été adoptées sur ce point de l'ordre du jour; elles concernent les contributions du Botswana /WHA28.11 /, de la Grenade /WHA28_127, des Tonga /WHA28.13 /, de la République démocratique du Viet -Nam /WHA28.14/ et du Mozambique /WHA28.15 /.

3.4.2 3.4.3

Contribution du Pakistan /WHA28.167 Barème des contributions pour 1976 /WHA28.17/

DEUXIEME RAPPORT /X28/56 - 21 mai 19757 Au cours de sa quatrième séance, tenue le 21 mai 1975, la Commission B a décidé de recommander à la Vingt- Huitième Assemblée mondiale de la Santé l'adoption d'une résolution se rapportant au point suivant de l'ordre du jour :

3.3.3

Membres redevables d'arriérés de contributions dans une mesure pouvant donner lieu à l'application de l'article 7 de la Constitution /WHA28.18/

TROISIEME RAPPORT2

528/58 - 23 mai 19757 Au cours de ses quatrième et cinquième séances, tenues les 21 et 22 mai 1975, la Commission B a décidé de recommander à la Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé l'adoption de résolutions se rapportant aux points suivants de l'ordre du jour :

Etude sur la possibilité de financer les activités de l'OMS en des monnaies autres que le dollar des Etats -Unis ou le franc suisse /WHA28.23/ Bâtiment du Siège Besoins futurs /WHA28.24/ 3.7 Examen du fonds de_roulement /WHA28.25/ 3.5.3 Fonds immobilier /WHA28.26/ 3.8 Nomination du Commissaire aux Comptes /WHA28.277 3.15 Coordination à l'intérieur du système des Nations Unies 3.16 Commission de la Fonction publique internationale /WHA28.28/ 3.16.7 Rapports annuels du Directeur général /WHA28.29/ 3.14 Etudes organiques du Conseil exécutif 3.10 Etude organique sur les rapports entre les services techniques centraux de l'OMS 3.10.1 et les programmes d'assistance directe aux Etats Membres /WHA28.30/ Etude organique sur la planification des ressources extrabudgétaires et leurs 3.10.2 effets sur les programmes et la politique générale de l'OMS /WHA28.31/ Prochaine étude organique /WHA28.32/ 3.10.3 Point supplémentaire 2 Emploi du chinois comme langue de travail de_l'Assemblée mondiale de la Santé et du Conseil exécutif /WHA28.33/ Emploi de l'arabe comme langue de travail de_l'Assemblée mondiale Point supplémentaire 3 de la Santé et du Conseil exécutif /WHA28.34/ 3.6 : : :

:

1 Approuvé par l'Assemblée de la Santé à sa onzième séance plénière.

2 Approuvé par l'Assemblée de la Santé à sa douzième séance plénière.

RAPPORTS DES COM[IISSIONS

699

QUATRIEME RAPPORT

1

5.28/61 - 26 mai 19757

Au cours de ses sixième, septième et huitième séances, tenues les 23 et 24 mai 1975, la Commission B a décidé de recommander à la Vingt- Huitième Assemblée mondiale de la Santé l'adoption de résolutions se rapportant aux points suivants de l'ordre du jour :

3.11 3.13 3.12

3.16 3.16.1

3.16.2

3.16.3

Aide sanitaire aux réfugiés et personnes déplacées dans le Moyen -Orient /WHA28.35/ Utilisation de l'allemand comme langue de travail dans l'Organisation régionale de l'Europe /WHA28.36/ Participation au Comité régional de l'Afrique de Membres dont les gouvernements ont leur siège hors de la Région /WHA28.37/ Coordination à l'intérieur du système des Nations Unies Questions générales Cinq résolutions ont été adoptées sur ce point de l'ordre du jour; elles utilisation des crédits de voyage à l'OMS concernent les sujets suivants /WHA28.387, questions générales /WHA28.39 /, taches incombant à l'OMS en liaison avec l'Année internationale de la Femme /WHA28.40/, activités soutenues par le PNUD ou financées au moyen d'autres sources extrabudgétaires /WHA28.41 /, et Conférence mondiale de l'Alimentation organisée sous les auspices des Nations Unies /WHA28.42/ Activités de l'Organisation mondiale de la Santé en ce qui concerne l'assistance aux mouvements de libération dans l'Afrique australe, conformément aux résolutions 2918 (XXVII) de l'Assemblée générale des Nations Unies et 1804 (LV) du Conseil économique et social /WHA28.43/ Année mondiale de la Population et Conférence mondiale de la Population, 1974 /WHA28.44/ :

:

CINQUIEME RAPPORT1

/-28/63 - 28 mai 19757 Au cours de ses neuvième et dixième séances, tenues le 26 mai 1975, la Commission B a décidé de recommander à la Vingt- Huitième Assemblée mondiale de la Santé l'adoption de résolutions se rapportant aux points suivants de l'ordre du jour :

3.16 3.16.4

3.16.5 2.4

Coordination à l'intérieur du système des Nations Unies Activités de l'OMS en cas de désastres et de catastrophes naturelles Quatre résolutions ont été adoptées sur ce point de l'ordre du jour, l'une de assiscaractère général /WHA28.457, les autres concernant les sujets suivants tance pour les problèmes sanitaires urgents résultant de la sécheresse en Somalie /WHA28.46 /,_assistance sanitaire aux réfugiés et aux personnes déplacées de Chyp re /WHA28.47/, et sécheresse dans la région sahélienne /WHA28.48/ Assistance technique au Portugal /WHA28.49/ Facteurs psycho- sociaux et santé /WHA28.50/ : :

2

SIXIEME RAPPORT /7,28/67 - 28 mai

19757

Au cours de ses onzième et douzième séances, tenues le 27 mai 1975, la Commission B a décidé de recommander à la Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé l'adoption de résolutions se rapportant aux points suivants de l'ordre du jour :

2.10 3.16

Classification des pesticides en fonction Sécurité d'emploi des pesticides des dangers qu'ils présentent /WHA28.62/ Coordination à l'intérieur du système des Nations Unies : :

1 Approuvé par l'Assemblée de la Santé à sa douzième séance plénière.

2 Approuvé par l'Assemblée de la Santé à sa treizième séance plénière.

700

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANIE, PARTIE II 3.16.6 2.7

Coordination des Programme de l'OMS concernant la santé et l'environnement programmes et activités dans le domaine de l'environnementl Fluoration et santé dentaire /WHA28.64/ :

SEPTIEME RAPPORT2

/X28/68 - 28 mai 19757 Au cours de ses treizième et quatorzième séances, tenues le 28 mai 1975, la Commission B a décidé de recommander à la Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé l'adoption de résolutions se rapportant aux points suivants de l'ordre du jour :

2.8

3.17.1 3.17.2 1.8

Substances prophylactiques et thérapeutiques Deux résolutions ont été adoptées sur ce point de l'ordre du jour; elles concernent les sujets suivants Règles de bonne pratique applicables à la fabrication des médicaments et au contrôle de leur qualité et système de certification de la qualité des produits pharmaceutiques entrant dans le commerce international /WHA28.65 /, et substances prophylactiques et thérapeutiques /WHA28.66/ Rapport annuel du Comité mixte de la Caisse commune des Pensions du Personnel des Nations Unies pour 1973 /WHA28.677 Nomination de représentants au Comité des Pensions du Personnel de l'OMS /WHA28.68/ Méthode de travail de l'Assemblée mondiale de la Santé /WHA28.697 :

HUITIEME RAPPORT2

/X28/70 - 29 mai 19757 Au cours de sa quinzième séance, tenue le 29 mai 1975, la Commission B a décidé de recommander à la Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé l'adoption de résolutions se rapportant au point suivant de l'ordre du jour Rôle de l'OMS dans le développement et la coordination de la recherche biomédi2.9 cale (rapport de situation) Deux résolutions ont été adaptées sur ce point de l'ordre du jour, l'une de caractère général /WHA28.70/ et l'autre sur le rôle de l'OMS dans le développement et la coordination de la recherche sur les maladies tropicales /WHA28.71/ :

RAPPORT DE LA COMMISSION B A LA COMMISSION A3 /X28 /A /1 - 20 mai 1975/

La Commission B a examiné, à la lumière d'un rapport du Directeur général,4 le montant des recettes occasionnelles disponibles, constituées par des recettes diverses, et le solde en espèces du compte d'attente de l'Assemblée. La Commission a également pris en considération l'accroissement prévisible du montant estimatif qui doit être remboursé par le Programme des Nations Unies pour le Développement.

A la suite de cet examen, la Commission B recommande à la Commission A qu'une somme de US $3 800 000 soit utilisée pour aider au financement du budget de 1976 et qu'une somme substantielle soit consacrée à des programmes visant à améliorer les conditions sanitaires des populations des pays les moins développés et les plus gravement éprouvés. remboursement attendu du Programme La somme de US $3 800 000 se décompose comme suit US $2 300 000; recettes occasionnelles disponibles des Nations Unies pour le Développement US $1 500 000. : :

:

1 Le texte recommandé par la Commission (voir p. 635) a été modifié par l'Assemblée de la Santé à sa treizième séance plénière (voir p. 303) et adopté ensuite sous le numéro d'ordre WHA28.63. 2 3

Approuvé par l'Assemblée de la Santé à sa treizième séance plénière.

Ce rapport a été soumis à la Commission A à sa quinzième séance, lorsque celle -ci a examiné le montant du budget effectif et le niveau du budget pour 1976; les recommandations qu'il contient ont été incorporées dans le projet de résolution qu'a présenté la Commission A à l'Assemblée de la Santé dans son troisième rapport (voir ci- dessus). Voir le procès- verbal de la première séance de la Commission B (section 4) et celui de sa deuxième séance (sections 1 et 3). 4

INDEX

AALBERS, E. (Association mondiale vétérinaire), 26 AASHY, J. M. (Arabie Saoudite), 2 ABANDJA, J. (Gabon), 8 ABDALLAH, A. M. (Yémen), 22, 255- 256, 607 -608 ABDUL-GHAFFAR, H. (Arabie Saoudite), 2 ABDUSSALAM, M. (Santé publique vétérinaire), 407 -408, 444 ABHAY, K. (Laos), 12 ABISOYE, E. 0. ( Nigéria), 14, 135 -136 ABOUL-NASR, M. (Egypte), 6, 601 ABURKES, A. -R. (République Arabe Libyenne), 17 Accidents, 146, 156, 158, 208 de la circulation routière, 188, 445, 476, 531 Accidents vasculaires cérébraux, 192, 413 registres, 408 -409 Accoucheuses traditionnelles, 209, 347, 469, 533, 534 ACEVEDO ARDILA, H. (Ligue des Sociétés de la Croix -Rouge), 27 ACOSTA, A. N. (Philippines), 16 ACUÑA, H. (Directeur régional pour les Amériques), 444, 468 -470, 471 ADAMAFIO, J. A. (Ghana), 9, 415 -425, 440, 450, 456, 461, 520 Additifs et contaminants alimentaires, 223, 404, 445, 459, 641, 642, 644, 645, 651 Voir aussi Denrées alimentaires, hygiène et sécurité ADEBOLU, K. F. (Nigéria), 14 ADESUYI, S. L. (Nigéria), 14, 432, 433, 556, 624 ADIGO, T. (Togo), 20 Administration, dépenses d', 137, 386, 487 -488 Adolescents, voir Jeunes Aedes aegypti, 89, 117, 133, 157, 184, 221, 276, 403 études sur, 405 AFENDULI, A. (Grèce), 9, 630 Afghanistan, 206 -207, 654 Afrique, Bureau régional, 462, 681, 689 extension du bâtiment, 581, 582 Afrique, Comité régional, discussions techniques (1976), 535 participation de Membres dont les gouvernements ont leur siège hors de la Région, 296, 605 -609 Afrique, Etats ayant récemment accédé à l'indépendance et Etats en voie d'y accéder, assistance aux, 39, 467, 496 -498 Afrique, Région, 164, 175, 313, 404, 427, 460, 467 -468

Afrique australe, assistance aux mouvements de libération, 39, 143, 240, 618 -621 Agence danoise pour le Développement international, 365, 367 Agence internationale de l'Energie atomique (AIEA), 425, 633, 638 Agence suédoise pour le Développement international, 122, 365, 367, 686 Agency for International Development (AID) des Etats -Unis d'Amérique, 121, 210, 217, 266, 358, 365, 511, 514, 542, 625 Agents de santé de village, 120, 185, 206 guide pour la formation, 206 Agents de soins de santé primaires, 529, 540, 541 formation, 112, 155, 173, 185, 215 -216, 253, 342, 345, 348, 472, 529, 531, 532, 534, 536, 539, 541, 542, 543, 544, 545 AGHBARI, M. Q. AL (Yémen), 22 ÁGOSTON, K. (Hongrie), 10 AGUILAR, M. A. (El Salvador), 7, 368, 390, 470 -471, 570 AHLANDER, D. S. (Suède), 20 ARMED, M. (Bangladesh), 3 AHN, S. K. (République de Corée), 17, 481 Aide bilatérale ou multilatérale, programmes, 94, 107, 197, 279, 352, 365, 373, 398, 472, 490, 497, 514, 515, 538, 539, 611 rôle de l'OMS, 73 -74, 124, 125, 134, 205, 340, 357, 526, 536, 614, 616 Aide d'urgence, 46, 385, 471 -472, 473, 497, 574, 622 623, 626, 629 renforcement du dispositif d', 627, 628 Voir aussi Fournitures et matériel, livraisons d'urgence AIEA, voir Agence internationale de l'Energie atomique AIEA /OMS, Comité mixte d'experts des rayonnements ionisants, 409 Air, pollution, voir Pollution de l'air Ajustements de poste, fixation, 583 AKHMETELI, M. A. (Directeur de la Division des Maladies non transmissibles), 408 -410, 427 -428, 649, 657 AKHMISSE, M. (Maroc), 13 AKOPOV, G. (Ligue des Sociétés de la Croix -Rouge), 27 ALAN, T. (Turquie), 21, 242, 272 -273, 346, 486, 663 Alcool et alcoolisme, 158, 188, 417, 420 -421, 429, 430, 454, 455, 456, 457, 470, 476, 480, 502 -503, 504, 640 recherche, 418 statistiques sanitaires, 420, 454 -455, 458, 502 système d'information, 455, 456, 502, 503 ALDER, R. K. (Royaume -Uni de Grande -Bretagne et d'Irlande du Nord), 18 - 701 -

création de sous- régions, proposition, 252 prévisions budgétaires, 357, 397 polir les maladies cardio -vasculaires, 414, 415, 428, 435 recherche biomédicale, 194, 357, 689 création d'un centre, 138, 683, 684, 686, 687, 688, 690

702

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II ARIYADASA, W. P. G. (Sri Lanka), 19, 263 -265 Armes chimiques et bactériologiques (biologiques), 304, 646 Armes nucléaires, essais, 134 -135 ARNAUDOV, D. (Bulgarie), 4, 62 AROMASODU, Mojisola 0. (Nigéria), 14, 352, 389, 420, 468, 486, 519 AROP, J. Y. (Soudan), 19, 139 -140 AROUA, A. (Algérie), 1 Arriération mentale, 188, 417,419, 420, 421, 422, 430 conférence, Région européenne, 79 Artériosclérose, 188 Arthrite rhumatolde, 413 recherche, 434 ARTHUR, S. E. (Ghana), 9 Asie, charte de la santé, 472, 473, 539 Asie du Sud -Est, Bureau régional, installation d'équipement, 581, 582 structure et effectifs, 339, 386, 473 Asie du Sud -Est, Comité régional, 472 Asie du Sud -Est, Région, 199, 317, 318, 471 -474 recherche biomédicale, 505 Assainissement, 257, 372, 515, 518, 523 dans les zones rurales, 93, 222, 445, 632, 633, 638, 688 financement des programmes, 216 dans les zones urbaines, 515, 518 fournitures et matériel pour les projets, 134 programmes nationaux, 66, 93, 117, 126, 133, 150, 163, 183, 184, 210 -211, 218, 267, 537, 636 Voir aussi Hygiène du milieu Assainissement de base, 163, 195, 214, 245, 445, 446, 447, 451 Assemblée mondiale de la Santé, 585, 586 documentation, 319, 551, 581, 584 durée, 317, 319, 672, 674, 675, 676, 677 frais de voyage des délégués et représentants, remboursement, 73, 610, 617 -618 langues de travail, 140, 322 -323, 587 -591 méthode de travail, 48, 72, 80, 218, 219, 317, 319, 320, 323 -324, 584, 672 -678

ALDEREGUÍA VALDES -BRITO, J. (Cuba), 6, 59, 176 -178, 534 ALRNCASTRE GUTIERRÉZ, M. (Pérou), 16, 471 Alerte précoce, systèmes d', 585, 586 ALFA CISSE, I. (Niger), 14, 398, 404, 417, 425, 437, 439, 442, 454, 456 Algérie, 151 Alimentation, 36, 127 -128, 284, 609, 614, 615 Voir aussi Conférence mondiale de l'Alimentation; Nutrition Aliments, définition, 459 Voir aussi Denrées alimentaires Allemagne, République fédérale d', 313, 418, 467 Allemand, utilisation comme langue de travail dans l'Organisation régionale de l'Europe, 604 -605 Allergies, 123, 409 ALMADE LOPEZ, A. (Paraguay), 15, 380 -381 ALMEIDA, A. D' (Togo), 20 ALONSO, J. M. (Uruguay), 21, 225 -240 ALVARADO LOZANO, R. (Honduras), 9 ALWIS, S. DE (Sri Lanka), 19 ALY, A. M. (Egypte), 6, 331, 550, 555, 556, 557, 576, 585, 588, 590, 591, 620 AMARASEKERA, C. E. H. (Sri Lanka), 19, 587 AMATHILA, Libertina Inaviposa (Namibie), 23, 240 -241 Amériques, Bureau régional /Bureau sanitaire panaméricain, 219, 356 -357, 466, 690 structure, 468 -469, 471 Amériques, Comité régional /Conférence sanitaire panaméricaine, 180, 197, 519 Amériques, plan décennal de santé, 116, 144, 219, 221, 275, 468, 469, 521 Amériques, Région, 316, 460, 468 -471 recherche biomédicale, 505, 689 Amériques, troisième réunion spéciale des ministres de la santé, 158, 219, 343, 521, 533 AMIRAHMADI, A. N. (Iran), 10 Amphétamines, 424 Analyse de système, 353, 355, 366, 452, 505, 616 Andes, réunions des ministres de la santé de la Région des, 196, 219, 221 ANDEYABA, N. (Nigéria), 14 ANDREASSON, R. (Association internationale de Médecine des Accidents et du Trafic), 26 ANDRIAMAMPIHANTONA, E. (Madagascar), 13, 71, 367, 404, 468 Anémies, 426 diagnostic hématologique, 440 Anémies ferriprives, 360, 362 Anémies nutritionnelles, 356, 362, 363 ANG Kok Peng (Singapour), 19, 190 -191 Angola, 497 Animaux de laboratoire, besoins en, 438 -439, 444, 504 Ankylostomiase, 89, 216 Année internationale de la Fèmme, 36, 81, 102 -104, 119, 120, 121, 122, 130, 170, 209, 244, 254, 283 -284, 318, 355, 464, 610 -611, 612 -613, 616, 617

participation des organisations non gouvernementales, 684 périodicité, 677 Règlement intérieur, amendements, 673 -674, 677 Vingt -Neuvième, lieu de réunion, 303 Voir aussi Discussions téchniques Assistance technique, 105, 253, 484, 485, 487, 493, 494, 495, 497, 499, 532, 533, 552, 564 modalités, 197 -198, 205, 223, 493 Assistants médicaux, 116 -117, 354, 461, 535, 539, 543, 544 formation, 202, 480 Association internationale d'Epidémiologie, 427, 457, 458

Année mondiale de la Population, 168, 621 Anophèles, 519 études sur, 405 Anopheles gambiae, 373, 520 ANTEQUERA Y ARCE, F. (Espagne), 7 Antibiotiques, 439, 444, 658 conférence -atelier, Région européenne, Apartheid, 74, 170 Arabe, emploi à l'OMS, 140, 256, 322 -323, Arabie Saoudite, 376 ARCHANE, M. I. (Maroc), 13 Archives médicales et hospitalières, 219, Argentine, 87 -93, 382, 404, 410, 437 Aj1IM, R. (Turquie), 21, 85, 95, 630

-622

Association internationale de Radioprotection, 425 Association internationale de Standardisation biologique, 444 Association médicale mondiale, 75 Asthme, 414 ASVALL, J. (Norvège), 15, 440 -441, 442, 443, 456, 477, 540 -541

459 588 -591

358, 480

Athérosclérose, 414, 415, 431 ATTYIA, A. R. AL (Qatar), 16 AUDEOUD -NAVILLE, Anne (Fédération mondiale pour la Santé mentale), 27 Audio- visuel, matériel, 460, 461, 463 AUJALEU, E. J. (France), 8, 576, 588, 589, 590, 605, 620, 631, 646, 647, 676 -677 AUNG MYAT (Birmanie), 3 Australie, 188, 424, 643, 661, 684 Autriche, 308, 651, 657 -658 AVILIS, O. (Nicaragua), 14, 343, 560, 571, 572, 577

INDEX

703

Avitaminose A, 122, 155, 356, 361, 362, 363, 393 Avortement, 226, 285, 357 recherche, 356 AVRAMIDIS, D. (Grèce), 9, 665 AWADI, A. R. AL (KoweTt), 12, 279- 280, 600 -601 AYE, H. (Côte d'Ivoire), 6, 216 -218 AZIM, M. I. (Afghanistan), 1, 206 -207, 654 AZIZ, A. (Pakistan), 15, 369, 437 -438, 439, 479, 508, 514, 542

BAATH, M. (République Arabe Syrienne), 17, 597 -598 BACIC, S. (Fonds des Nations Unies pour l'Enfance),24 BADD00, M. A. (Ghana), 9, 468, 556, 630, 686 -687 BAGCHI, M. (Inde), 10 Bahrein, 449 BARRI, M. (Tunisie), 21, 378 BAKER, A. A. R. AL- (Qatar), 16 BAKIRI, M. A. (Algérie), 1 BALOUS, Mme S. (France), 8 BANGA -BINGUI, A. (République Centrafricaine), 17, 468 Bangladesh, 201 -202, 360, 383, 387, 388, 389, 391, 396, 471, 473, 520, 541, 625 taux de contribution, 568, 569 BANGOURA, 0. (Guinée), 9, 368, 399 -400, 414, 416, 425, 449, 467-468,.487 BANIAHMAD, H. (Iran), 10 BANKS, Mme L. (Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement), 24 Banque africaine de Développement, 213, 365, 369, 445, 611, 614 Banque interaméricaine de Développement (BID), 220, 275, 276, 469, 688 Banque internationale pour la Reconstruction et le Développement (Banque mondiale) (BIRD), 148, 172, 210, 216, 225, 279, 357, 364, 445, 451, 465, 526, 533, 611, 614, 623, 632, 636, 638 Banques régionales, coopération avec, 614 BANZER LAPES, Mme V. (Bolivie), 4 BARAKAT, D. (Organisation de Libération de la Palestine), 24 BARMES, D. E. (Hygiène dentaire), 649 -650, 657 Barrages, construction de, 213, 373, 375, 378, 379, 380, 381, 394 BARRIOS, 0. (Venezuela), 22 BARROMI, J. (Israël), 11, 620 BARROW, R. N. (Commission médicale chrétienne), 26 BARTON, W. H. (Canada), 4 BASSAM, K. AL (Emirats arabes unis), 7 BASTE, Mlle J. (Autriche), 2 Bâtiments, voir Afrique, Bureau régional; Siège de l'OMS BAUME, L. -J. (Fédération dentaire internationale), 27 BCG, vaccin, 225, 231, 366, 370 -371, 389, 398, 400, 401, 406 vaccination, 37, 66, 114, 117, 120, 121, 133, 174, 183, 185, 190, 210, 212, 221, 227, 229, 231, 277 -278, 367, 391, 400, 401, 406 BEDAYA -NGARO, S. (République Centrafricaine), 17 BEHAR, M. (Nutrition), 363 -364 Belgique, 94, 252, 277, 278, 421, 666, 684 BELLI, Mlle V. (Italie), 11 BENADOUDA, A. (Algérie), 1, 345 BENEDIKTSSON, E. (Islande), 11 BEN REJEB, S. (Tunisie), 21 BEN SEDRINE, A. (Oman), 15 BENTSEN, N. (Danemark), 6 BERÉNYI, Mme I. (Hongrie), 10 BERMEO, G. (Equateur), 7, 219 -222 BERNARD, L. (Sous- Directeur général), 364 BERNARD DEBAECKER, Mme J. (Union internationale contre la Tuberculose), 28

BERTHET (Union internationale d'Education pour la Santé), 28 BERTSCHINGER, J. -P. (Suisse), 20 BETHEL, C. W. M. (Bahamas), 3 Bibliothèque de l'OMS, 459 Bibliothèques médicales, formation de personnel, 460 BID, voir Banque interaméricaine de Développement BIDI, T. (Congrès panafricain d'Azanie (Afrique du Sud)), 24 - BIJKERK, H. (Pays-Bas), 16 BINDA, H. J. (Etats -Unis d'Amérique), 7 Biologie marine, études, 134 BIRD, voir Banque internationale pour la Reconstruction et le Développement Birmanie, 199 -200, 471 BIRYUKOV, G. (Programme des Nations Unies pour l'Environnement), 24 BJARNASON, M. (Islande), 11 BLAHO, B. (Hongrie), lO BLANC, P. (Fédération internationale pharmaceutique), 27 BLANCO ACEVEDO, L. (Venezuela), 22 Blennorragie, voir Gonococcie BOA, Mlle M. -L, (Côte d'Ivoire), 6, 605- 606, 608 BOAINAIN, J. AL (Qatar), 17 BODI, M. M. (Organisation internationale de Protection civile), 25 BOÉRI, E. (Monaco), 14 BOGDANSKI, J. (Yougoslavie), 22 BOGKOV, D. (Bulgarie), 4 BOJADZIEVSKI, T. (Yougoslavie), 22 BOLECH, P. (Saint -Siège), 23 Bolivie, 182 -184, 391 BOMBA, R. -M. (République Centrafricaine), 17 BONGOTHA, F. (Gabon), 8, 175 -176 BONHOFF, R. W. (Association du Transport aérien international), 26 BOONYOEN, D. (ThaTlande), 20, 402, 447 BOSWICK, J. A. (Société internationale de Soins aux Brûlés), 28, 431 Botswana, 189 -190, 404, 442 taux de contribution, 565 -566 BOUDÉNE, C. (France), 8, 446 BOUDJAKDJI, T. (Algérie), 1 BOUDJELLAB, O. (Algérie), 1, 55 -57, 151 -152 BOURAYMA, I. (Dahomey), 6, 211 -212 Bourses d'études, 162, 189, 209, 250, 301, 419, 435, 468, 478, 480, 613, 684, 688 conditions d'octroi, proposition, 345 crédits alloués, 348, 550 locales, 251 -252, 347 Boursiers, accueil de, 200, 208, 477, 507, 636 BRACI, M. (Algérie), 1 BRAHIM, I. M. K. (Pays -Bas), 16 BRAVO MORATE, F. (Espagne), 7, 78 -79 BRECKENRIDGE, K. K. (Sri Lanka), 19 Brésil, 162 -163, 389 -390, 521 BRIESKORN, H. H. (Allemagne, République fédérale d'), 2 BRIGHT, O. (Libéria), 12, 68, 242, 322, 325, 326 Bronchite chronique, 246, 414 BROTHERSTON, Sir John (Royaume -Uni de Grande- Bretagne et d'Irlande du Nord), 18, 380 BROWN LEMA, A. (Bolivie), 4, 330, 347, 391, 398 Brucellose, 184, 404, 407 Bruit, lutte contre, 445, 448 Brûlures, 431 BRUTO DA COSTA, V. (Union internationale d'Hygiène et de Médecine scolaires et universitaires), 28 BRYANT, Kate (Libéria), 12 BU -ALI, A. -R. (Bahrein), 3, 449 -450 Bl7CHEL, Mlle A. (Fédération internationale de l'Industrie du Médicament), 27

704

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

Budget de l'OMS, 86, 313, 320 accroissement, 83, 118, 137, 161, 170, 255, 484, 485, 486, 487 étude sur les économies à réaliser, proposition, 253

CAMARA, N. (Guinée), 9, 322, 326, 330, 331, 563, 588, 590, 599, 607 Cambodge, assistance spéciale au, 499 -501 Canada, 79 -81

exercice 1975, 255, 548, 554 économies, 557, 558, 559 exercice 1976, 255, 482, 490, 548, 554, 555, 556 charges additionnelles, 73, 481, 482, 486, 551 niveau et montant effectif, 73, 337, 338, 481, 482, 483 -488, 562, 563, 564 exercice 1977, 485 répartition des crédits, 94, 252, 332, 476 supplémentaire, 484, 548, 551, 559, 573 pour 1975, 481, 482, 483, 548, 555, 556 -560 Voir aussi Fonds extrabudgétaires; Résolution portant ouverture de crédits Budget et finances, 464 -465 Budget programme, cycle biennal, 77, 80, 338, 481, 489

Centre de Recherche pour le Développement international, 638 CANAPERIA, G. A. (Italie; Union internationale contre les Maladies vénériennes et les Tréponématoses), 11, 28, 298 -301, 402, 432, 442, 498, 686 Cancer, 83, 123, 188, 191, 192, 255, 320, 410, 412, 428, 470, 472, 480 centres nationaux, 506 chimiothérapie, 410, 430, 507, 508 classification et nomenclature des tumeurs, 506, 507, 508 épidémiologie, 135, 506, 508, 509 formation de personnel, 410, 506, 507, 509, 510 recherche, 130, 161, 167, 194, 255, 353, 679, 681, 682

mode d'examen par l'Assemblée de la Santé, 673, 674, 675, 676, 677, 678 pour 1976 et 1977, 110 -111, 211, 319 -320, 340 examen, 337 -410, 411 -435, 436 -481, 501 -505

méthodologie, 505, 506, 507, 508, 509 planification à long terme de la coopération internationale, 109, 118, 137, 143, 169, 188, 410, 505 -510

pour 1978 et 1979, 340, 493 principes directeurs concernant l'assistance technique aux pays en voie de développement, 493 -495, 515, 532

registres, 412, 506, 507, 508 rôle de l'environnement, 410, 507, 508 services nationaux de lutte, 507 -508, 509 système d'information, 505, 506, 507, 508, 509, 510

Budgets nationaux de santé, guide pour la programmation, 463 BUGNION -SECRETAN, Mme P. (Société internationale pour la Réadaptation des Handicapés), 28 BUKEIR, A. A. (Yémen démocratique), 22, 479 BUKHARI, I. (Pakistan), 15 Bulgarie, 118 -119 BULL, Mutumba M. (Zambie), 22, 68 -69, 138 -139 Bulletin de l'Organisation mondiale de la Santé, 404, 407, 463 Bureau consultatif inter -organisations (BCI), 611 Bureau de l'Assemblée, 673, 676 constitution, 42 rapports, 695 -696 Bureau inter -organisations pour les systèmes informatiques et activités connexes, 617 Bureau sanitaire panaméricain, voir Amériques Bureaux régionaux, 465, 466 besoins en matière de publications, 462 effectifs, 576, 578, 580 rôle, 256, 452, 454, 508, 585, 586 en matière de recherche biomédicale, 200, 679, 680, 681, 683, 685, 686, 689, 690 Voir aussi sous le nom des Régions BURNS, K. F. X. (Royaume -Uni de Grande -Bretagne et d'Irlande du Nord), 18 Burundi, 277 -278 BUSAIRI, A. M. S. AL- (Kowett), 12, 479 BUTERA, S. (Rwanda), 19, 251 -253 BYRNE, J. A. (Association médicale du Commonwealth), 26

Cancérogènes chimiques, 507, 642 Cancérologie, formation en, 410, 509 Cancer professionnel, prévention, 507, 508, 510 CANTOR, J. M. (Honduras), 9 CAPLETON, J. A. (Jamaique) 11, 326, 562 Cap -Vert, 496, 497

Caraibes, conférence des ministres de la santé, 276 Cardiopathies, 191, 416 Cardiopathies coronariennes, 410 Cardiopathies ischémiques, 192, 408, 413, 414, 415, 427

CABO, F. V. (Mozambique), 23 CABRERA SILVA, Mlle A. B. (Mexique), 14 CACÉRES, R. M. (Paraguay), 15, 563 CADDLE, R. B. (Barbade), 3 Caisse commune des Pensions du Personnel des Nations Unies, 671 -672 CAJINA, A. (Nicaragua), 14, 172 -175 Calcium, réunion sur les besoins en, 503 CALETTI, G. (Italie), 11 CALPINI, P. (Saint -Siège), 23 CALVO, H. (Colombie), 5, 179 -180

recherche, 416 Cardiopathies rhumatismales, 410, 414, 415, 435 CARÍAS, M. (Honduras), 9, 202 -203 Carie dentaire, 416, 417 prévention, 86, 649, 650, 651, 652, 653, 654, 655, 656, 657 recherche, 649, 650, 652, 656, 657 CARRAL TOLOSA, H. (Argentine), 2, 604 CARRILLO, M. (Organisation internationale du Travail), 25 CARVALHO, A. DE (Portugal), 16 CASSON, P. (Organisation des Nations Unies), 24 CASTADOT, R. (Conseil de la Population), 26 CASTILLO SINIBALDI, J. R. (Guatemala), Vice -Président de l'Assemblée de la Santé, 9, 29, 152 -155 Cataracte. 371. 393, 399, 472 Catastrophes naturelles, voir Désastres et catastrophes naturelles; Sécheresse Cavité buccale, cancer, 508, 510 CAYLA, J. -S. (France), Président de La Commission A, 8, 29, 330 CAYOLLA DA MOTTA, L. (Portugal), 16, 655, 668 CEA, voir Commission économique pour l'Afrique Cécité, prévention, 122, 202, 371, 392 -393, 399, 472, 473 Centre international de Calcul, 465, 577, 610 Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC), 188, 412, 451, 465, 505, 506, 507, 509, 510

Centre OMS de Recherches sur la Surveillance internationale des Réactions aux Médicaments, 662, 663 Centre panaméricain d'Ecologie et de Santé humaines, 445, 470

INDEX

705

Centre panaméricain de Génie sanitaire et des Sciences de l'Environnement (CEPIS), 637 Centre panaméricain de la Fièvre aphteuse, 465 Centre panaméricain des Zoonoses, 231, 404, 407, 465 Centres, institutions et laboratoires collaborateurs, 191, 192, 346, 397, 404, 405, 407, 425, 451, 507, 656, 679, 680, 682, 688 crédits alloués, 557, 559, 682 CEPAL, voir Commission économique pour l'Amérique latine

CESAP, voir Commission économique et sociale pour l'Asie et le Pacifique CHADLI, A. (Tunisie), 21 Chagas, maladie de, 89 -90, 157, 163, 226, 382 CHANG, W. H. (Sous- Directeur général), 527, 544 Change, taux appliqué au dollar des Etats -Unis dans les prévisions budgétaires, 481, 482, 483, 484, 485

CHARBONNEAU, P. (France), 8 Charte des Droits et des Devoirs économiques des Etats, 36 CHEID, Mme M. A. (Confédération internationale des Sages -Femmes), 26 CHEN Chih -ming (Chine), 5, 57, 149 -151, 334, 553 Chili, 155 -160, 178, 345, 459 CHINDAROV, L. (Bulgarie), 4 Chine, 149 -150, 313, 373 -374, 479, 536 -537, 553 Chinois, emploi à l'OMS, 322, 587 -588 CHINTU, C. (Zambie), 22, 417 CHITIMBA, N. M. (Malawi), 13, 353, 390, 401, 534 -535 CHOI Choon Hyon (République populaire démocratique de Corée), 18 Choléra, 78, 117, 126, 137, 138, 167, 187, 191, 200, 202, 265, 274, 367, 369, 389, 537 notification, 79 Voir aussi Vaccins et vaccinations CHOPRA, N. N. (Organisation internationale de Normalisation), 28 CHOSSUDOVSKY, E. M. (Institut des Nations Unies pour la Formation et la Recherche), 25 CHOUIREF, B. (Algérie), 1 CHOWDHRY, M. A. (Pakistan), 15, 266 -267, 568, 598, 621, 669 CHOWDHURY, A. S. (Bangladesh), 3, 60, 201 -202, 322, 326, 331, 569, 599, 616, 619 -620, 625 CHRISTENSEN, O. W. (Comité du Siège pour le Programme /Information pour le Programme du Siège), Secrétaire de la Commission A, 29, 457 Chronique OMS, 463 CHU Hsing^kuo (Chine), 5, 305, 307, 500, 587, 589, 599, 606, 619, 639 CHUN, B. -H. (République de Corée), 17 Chypre, 84, 373, 404, 654, 662 assistance sanitaire aux réfugiés et personnes déplacées, 84 -85, 624, 629, 630 Cigarette, usage, 412, 414, 415 CIOMS, voir Conseil des Organisations internationales des Sciences médicales CIRC, voir Centre international de Recherche sur le Cancer CISSÉ, A. (Sénégal), 19 CLARK, B. A. (Nigéria), 14 CLARKE, D. (Irlande), 11 Classification internationale des Maladies, 452, 454, 457 -459, 509

Colonialisme, 52, 53, 65, 66, 309, 315, 496, 498, 605- 606, 608, 609, 619 Comité administratif de Coordination (CAC), 610, 616 Comité consultatif pour les Questions administratives, 583 Comité consultatif de la Recherche médicale (CCRM), 444, 679, 680, 681, 682, 683, 684, 686, 688 Comité consultatif pour les Questions administratives et budgétaires, ONU, 610 Comité de Coordination pour l'Environnement, 631, 636 Comité de la Planification du Développement, ONU, 564 Comité de la Surveillance internationale des Maladies transmissibles, 200 Comité des Pensions du Personnel de l'OMS, 671 -672 Comité international de Standardisation en Hématologie, 426 comité mixte de la Caisse commune des Pensions du Personnel des Nations Unies, rapport annuel pour 1973, 671 Comité permanent inter -Etats de lutte contre la sécheresse dans le Sahel, 624, 626 Comité d'experts, approche systémique de l'adminis_ tration des services de santé, 355 formation et utilisation des personnels auxiliaires dans les pays en voie de développement, 342 hépatite virale, 402, 406 lèpre, 397 paludisme, 514 pharmacodépendance, 420, 454, 455, 502 résidus de pesticides et groupe FAO de travail, 445, 641 sécurité d'emploi des pesticides, 641 spécifications relatives aux préparations pharmaceutiques, 659 standardisation biologique, 444 tuberculose, 401 variole, éradication, 391 Comités d'experts, 75, 386, 401, 449, 455, 679, 683, 684

remboursement des frais de voyage des membres, 610 618

Comités mixtes, AIEA /OMS d'experts des rayonnements ionisants, 409 FAO /OMS d'experts de la Nutrition, 364 FAO /OMS d'experts des Additifs alimentaires, 445, 459 FAO /OMS d'experts sur les aspects microbiologiques de l'hygiène des denrées alimentaires, 407 FISE /OMS des Directives sanitaires, 522, 526, 530, 611

CLAVERO GONZÁLEZ, G. (Espagne), 7, 412, 414, 420, 427, 434, 438, 439 COCKBURN, W. C. (Directeur de la Division des Maladies transmissibles), 364 -365, 369 -370, 405 -406

Comité spécial d'experts chargé d'étudier la situation sanitaire des habitants des territoires occupés du Moyen -Orient, 147, 193, 282, 592, 594, 595, 596, 597, 598, 599, 600, 603, 604 Comités régionaux, participation des territoires non autonomes aux réunions, 606, 607, 608, 609 rôle, 106, 107 planification des programmes, 585, 586 programme antipaludique, 510, 538 recherche biomédicale, 679, 683 Voir aussi sous le nom des Régions Commissaire aux Comptes, 465, 548, 549 nomination, 582 rapport pour 1974, 548, 549 -553, 558, 675 rapports futurs, présentation, 550, 551, 553, 582 Commission A, bureau, 29, 42, 337, 498 ordre du jour, 31 -32, 292, 303, 329, 333, 334 rapports, 297 -298, 309 -311, 411, 436, 488, 512, 546, 696 -697

Codex Alimentarius, 407, 645 Commission du, 403, 450, 451, 459 Coeur pulmonaire, 414 COGAN, J. F. (Irlande), 11 Colombie, 179 -180, 471

Commission B, bureau, 29, 42, 547 ordre du jour, 32 -33, 48, 50, 292, 303, 329, 333, 334

rapports, 260 -261, 295 -297, 303 -308, 571, 580, 592, 626, 643, 670 -671, 678, 691, 697 -700 à la Commission A, 556, 560 -564, 700

706

VINGT -HUITIEME ASSEMBLÉE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

Commission de la Fonction publique internationale, 583

Commission des Désignations, élection, 40 rapports, 41 -42, 694 -695

réunion, 672, 674, 677 -678 Commission des Stupéfiants, ONU, 418, 423, 424, 436, 501, 664 Commission de Vérification des Pouvoirs, 467 constitution, 39 -40 rapports, 104 -105, 242, 290, 693 -694

Commission du Codex Alimentarius, 403, 450, 451, 459 Commission économique et sociale pour l'Asie et le Pacifique ( CESAP), 265 Commission économique pour l'Afrique (CEA), 447, 451 Commission économique pour l'Amérique latine (CEPAL), 203 COMPAORÉ, S. B. (Haute -Volta), 9 Compte d'attente de l'Assemblée, 483, 484, 554 -555 Compte pour les paiements de fin de contrat, 557, 558, 559 Comptes de l'OMS, vérification extérieure, 549, 550553, 582 intérieure, 465 -466 Compte spécial de frais généraux, 559 Compte spécial du paludisme, 538 Compte spécial pour la recherche médicale, 548 Compte spécial pour le programme élargi de vaccination, 190, 365, 366 Compte spécial pour l'éradication de la variole, 390, 548 Compte spécial pour les désastres et catastrophes naturelles, 497, 499, 501, 573, 622, 624, 627 Conférence mondiale de l'Alimentation, Rome (1974), 36, 37, 47, 74, 80, 103, 132, 280, 284, 355, 356, 375, 376, 394, 586, 609, 610, 611, 614 -615, 616 Conférence mondiale de l'Année internationale de la Femme, Mexico (1975), 102 -104, 132, 146, 613, 616 Conférence mondiale de la Population, Bucarest (1974), 36, 37, 45, 47, 74, 103, 123, 132, 146, 280, 284, 610, 621 -622 Conférence sur la désertification (1977), ONU, 610

frais de voyage des membres, remboursement, 73, 610, 618 groupe de travail, planification des ressources extrabudgétaires et rôle de l'OMS dans les programmes bilatéraux ou multilatéraux d'aide en matière sanitaire, 74 préparation du sixième programme général de travail pour une période déterminée, 73 groupe spécial pour la promotion des services nationaux de santé, 73, 106, 494, 527, 531, 533 composition, 526,'539 langues de travail, 322 -323, 587 -591 méthode de travail, 72 nombre de membres, nouvelle augmentation, 290, 291, 293 -295, 329, 330, 331, 332, 333 rapports sur ses cinquante -quatrième et cinquante cinquième sessions, 72 -95, 109 -241, 244 -258, 263 -286, 311 -312

Règlement intérieur, 677 répartition des sièges entre les Régions, 262, 291, 293, 294, 322, 328, 329, 330, 331, 332 Voir aussi Etudes organiques; Fonds spécial du Conseil exécutif Constitution, acceptation d'amendements aux articles 34 et 55, 338, 489, 675, 677 amendements aux articles 24 et 25, établissant A 30 le nombre des membres du Conseil, 166, 261, 290, 322, 323, 326, 327, 328 permettant une nouvelle augmentation du nombre des membres du Conseil, 291, 293 -295, 331, 332, 333 Consultants, 386, 478, 575, 576 frais de voyage, 610 Contaminants alimentaires, voir Additifs et contaminants alimentaires Contraceptifs oraux, effets A long terme, 357 Contributions, barème pour 1976, 481, 560, 561, 562, 563,. 564, 568 -569

Membres redevables d'arriérés, 481 -482, 484, 553, 554, 569 -570, 571 -572

Conférence sur l'environnement, Stockholm (1972), ONU, 123, 132 Conférence sur le problème de l'eau, Buenos Aires (1977), ONU, 632 Conférence sur les établissements humains (Habitat), Vancouver (1976), ONU,'36, 284, 464, 632, 636, 638

monnaies de paiement, 118, 255, 574 -575 montant pour 1976, 481, 485, 486, 560, 561, 562, 563, 564 Pakistan, 568

recouvrement, 481, 483, 547, 549, 550, 551, 553554, 571, 572, 573, 574 taux, Bangladesh, 568, 569 Botswana, 565 -566

Congo, 258 Congrès sur la prévention de la criminalité et le traitement des délinquants, cinquième, Toronto (1975), ONU, 611 Conseil d'Aide économique mutuelle, 491, 665, 666 Conseil de la Population, 224 Conseil de l'Europe, 438, 439 Conseil des Nations Unies pour la Namibie, 241 Conseil des Organisations internationales des Sciences médicales (CIOMS), 75 Conseil exécutif, 106, 131, 585, 586, 615 Comité ad hoc du Paludisme, 73, 216, 510, 538 Comité permanent des Questions administratives et financières, 72, 73, 675, 676 Comité spécial chargé d'examiner notamment le rapport du Commissaire aux Comptes, 482, 483, 549, 569 Comité spécial du Bâtiment du Siège, 577, 579 documentation, 584 élection de Membres habilités A désigner une personne devant en faire partie, 108 -109, 242 -244, 258 -259, 325 -327, 695

Grenade, 566 Mozambique, 567 République démocratique du Viet -Nam, 567 République du Sud Viet -Nam, 332 Tonga, 566 Conventions internationales sur les stupéfiants, 75 Convention sur les substances psychotropes (1971) 424, 666 Convention sur l'interdiction d'agir sur l'environnement et le climat à des'fins militaires et autres incompatibles avec le maintien de la sécurité internationale, 131, 304, 637 Convention unique sur les stupéfiants (1961), 418, 423, 424, 436, 501, 666 COOPER, T. (Etats -Unis d'Amérique), 7, 131 -132 Coopération et coordination, rôle de l'OMS, 46, 73 -74, 86, 105, 106 -107, 124, 125, 131, 132 134, 162, 179, 180, 197, 202 -203, 205, 254, 301, 317 -318, 338, 339, 340, 349, 360, 449, 468, 475, 484, 486, 489, 533, 637, 638 Coordination A l'intérieur du système des Nations Unies, 36, 46, 74, 146, 197, 303 -307, 340 -341, 351, 446, 447, 449, 450 -451, 486, 583, 609 -625, -,

élection de six Membres supplémentaires, 290 -292, 302, 327, 329 -332, 333, 695 -696 dispositions y relatives, 261 -263, 327 -328, 322, 328

626- 639, 645 -648, 670 -671

Voir aussi sous le nom des organisations

INDEX

707

Coordonnateur de l'Assistance humanitaire des Nations Unies à Chypre, 624, 630 Coordonnateur des Nations Unies pour les secours en cas de catastrophe, 203, 385, 472, 623, 626 -627, 628, 629 Coqueluche, 137, 184, 277 Voir aussi Vaccins et vaccinations CORE (Fichier commun sur les activités de développement), 615 -616, 617 Corps commun d'inspection, rapports, 73 utilisation des crédits de voyage, 610, 617 utilisation des locaux du Siège, 576, 577, 578, 579

CORRADETTI, A. (Italie), 11, 513 -514 Cosmétiques, contrôle, 439, 665 Costa Rica, 218 -219 CÔTÉ, Mme M. -L. (Canada), 5 Côte d'Ivoire, 217 -218 COTTIER, F. (Union internationale des Villes et Pouvoirs locaux), 28 COTTMAN Jr, J. S. (Etats -Unis d'Amérique), 7 CoOts, système OMS d'évaluation, 610 CRESPIN, J. P. (Sénégal), 19 Criminalité, effets des facteurs du milieu, 640 Croix -Rouge et Croissant- Rouge, sociétés, 203, 629 CRUTCHLEY, Mme V. R. (Nouvelle- Zélande), 15, 604, 672

Cuba, 177, 518, 534 CUMMING, R. W. (Australie), 2 Cytogénétique, 409 Cytomégalovirus, infections à, 401 -402

Déclaration universelle des droits de l'homme, 284 DELAFRESNAYE, J. F. (Union internationale contre le Cancer), 28 DEL CID PERALTA, E. (Guatemala), 9, 316 -317, 332, 361, 381 -382, 402, 470, 519 DEL PIANTO, Ingeborg (Italie), 11 DELVAUX, R. (Belgique), 3 Démographie, problèmes de, voir Populations, dynamique des Dengue et fièvre hémorragique dengue, 128, 133, 199200, 402, 403, 405, 409, 480 Comité consultatif technique, 403, 480 création d'un fonds spécial, proposition, 200 DENIS, A. V. (Malaisie), 13, 590, 656 Dénominations communes internationales, 435, 438, 661, 666 Denrées alimentaires, hygiène et sécurité, 79, 84, 403, 407, 445 contrôle, 84, 404, 407, 445 production et distribution, 80, 82, 123, 169, 194, 265, 280, 586, 615, 616 Voir aussi Additifs et contaminants alimentaires; Normes alimentaires Dermatoses tropicales, 400 Désarmement, assistance aux pays en voie de développement en liaison avec, 111, 131, 309, 310, 489, 490, 491, 492 Désastres et catastrophes naturelles, 36, 46, 173, 174, 201, 203, 385, 467, 471 -472, 473, 491, 497, 501, 539, 622 -625, 626 -630 création d'un mécanisme d'assistance, proposition, 252, 625 Voir aussi Compte spécial pour les désastres et catastrophes naturelles; Sécheresse DESPOTOVIC,.M. (Yougoslavie), 22 DEVAULT, V. T. (Collège international des Chirurgiens), 26 Développement socio- économique et santé, 74, 108, 172, 204, 213, 252, 340, 341, 351, 352 -353, 354, 359, 361, 362, 372, 373, 374, 375, 379,. 380, 420, 445, 448, 457, 468, 471, 479, 519, 522, 532, 536, 614, 690 Diabète, 123, 275, 409, 410 recherche, 416, 428 DIANE, L. (Guinée), 9, 62, 161 -162 DIAS, S. (Guinée- Bissau), 9 DIAS DA GRAÇA, C. (Mouvement de Libération de Sao Tomé et Principe), 24, 282 -283 DÍAZ COLLER, C. (Comité international de Médecine et de Pharmacie militaires), 25 DIAZ FRANJUL, M. B. (République Dominicaine), 17 DIBA, A. (Iran), 10 Dieldrine, 408 DIETERICH, B. H. (Directeur de la Division de l'Hygiène du Milieu), 445 -446, 450 -451, 637 -638

DA COSTA, J. (Guinée -Bissau), 9 DAFALLA, E. N. (Soudan), 19, 314 -315, 479 DAGHFOUS, Mme J. (Tunisie), Président de la Commission de Vérification des Pouvoirs, 21, 29 Dahomey, 211 -212

DAMER, J. (Autriche), 2 DALE, F. L. (Etats -Unis d'Amérique), 7 Dapsone, 406 DARLEY, N. (Soudan), 19 DAS, G. S. L. (Népal), 14, 343, 351, 390, 401, 420, 443, 453, 473, 495, 519, 542 -543 DAUD, I. (Oman), 15 DAVIES, M. ( Israel), 11, 345, 351, 381, 395, 396, 400, 402, 453, 457, 479, 498, 503, 601 DAVIES, Marcella (Sierra Leone), Vice -Président de la Commission A, 19, 29 DAVIS, A. (Division du Paludisme et des autres Maladies parasitaires), 381 DDT, 382, 513, 518 approvisionnement en, 121, 473, 519, 520 résistance des vecteurs au, 121, 174, 408, 511, 514, 519 DEANE, D. (Fédération mondiale pour la Santé mentale), 27 DEBONO, A. (Malte), 13 DECAZES, Comte E. (Ordre de Malte), 23 Décennie des Nations Unies pour la lutte contre le racisme et la discrimination raciale, 74 Décennie des Nations Unies pour le développement, deuxième, 38, 74, 493, 494, 610 Déchets, gestion et élimination, 218, 276, 374 industriels, 276, 446 solides, 222, 448 Voir aussi Eaux usées et excreta, évacuation Déclaration et Programme d'action concernant le développement industriel et la coopération, 36 Déclaration et Programme d'action concernant l'instauration d'un nouvel ordre économique international, 36, 74, 142, 306, 385, 472, 493, 494, 495, 610

DILEN, H. (Belgique), 3 Diphtérie, 137, 184, 267 Voir aussi Vaccins et vaccinations Directeur général, 29, 105 -108, 285 -286, 321, 323, 325, 326, 327, 331, 338, 339 -340, 340 -341, 482 -483, 487 -488, 500, 559, 560 -561, 579 -580, 586, 590, 608

63-564,

amendement du contrat et traitement, 73, 557, 565 discours d'ouverture, 105 -108, 676 Voir aussi Programme du Directeur général pour le développement; Rapport annuel du Directeur général Directeur général adjoint, 610 -611, 622, 689 -690 Directeurs régionaux, 526, 559 procédure d'élection, 677 Discussions techniques, Assemblée de la Santé, 541, 673, 674 Vingt -Huitième, 76, 251, 403, 432 rapport du Président général, 298 -302, 432

708

VINGT- HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

Discussions techniques, Assemblée de la Santé (suite) Vingt- Neuvième, 76, 179, 445, 632, 638 comités régionaux, 476, 535 DITTERT, J. (Organe international de Contrôle des Stupéfiants), 25 DJORDJEVIC, D. (Organisation internationale du Travail), 25 DJOUDI, N. (Organisation de l'Unité africaine), 25 DLAMINI, P. S; P. (Souaziland), 19 DLAMINI, Z. M. (Souaziland), 19, 280, 398, 421 DOAN XUAN MUOU (République démocratique du'Viet -Nam), .

23

DOBLER, Mme D. (Commission électrotechnique internationale), 26 Documentation, Assemblée de la Santé, 319, 551, 581, 584 Conseil exécutif, 584 Documentation médicale, services de, 257,459-461,462, 463

DOLGOR, P. (Mongolie), 14, 582, 608 DONOSO, H. (Equateur), 7 DONZE, W. (représentant du Conseil d'Etat de la République et Canton de Genève), 36 -37 DOUGLAS, W. (Vérification intérieure des comptes), 465 -466

DREIFUSS, J. J. (Organisation internationale de Recherche sur le Cerveau), 28 Drépanocytose, 164 Drogues, abus, voir Pharmacodépendance et abus des drogues Droits de l'homme, 75, 103, 466, 467, 617 Déclaration universelle, 284 DUDROW, R. C. (Fédération mondiale des Associations de la Santé publique), 27 DUEÑAS, A. (Colombie), 5, 471 DUHR, A. (Luxembourg), 13 DUHR, E. J. P. (Luxembourg), 13, 476 DY, F. J. (Directeur régional pour le Pacifique occidental, 479 -480, 481 Dysenterie, 283

Eau, approvisionnement, 78, 81, 117, 153, 158, 163, 174, 184, 218, 222, 265, 267, 276 -277, 372, 445, 631, 650, 654 zones rurales, 153, 183, 194, 201, 280, 445, 632, 633, 636, 638, 688 financement des programmes, 216 conférence des Nations Unies, Buenos Aires (1977), 632

emploi des pesticides, 644 hygiène dentaire, 651, 652, 653, 654, 656 lèpre, 398 maladies cardio -vasculaires, 191, 413, 414,'415 maladies transmises par voie sexuelle, 174, 299300, 301, 403, 431, 433 prévention des brûlures et soins aux brûlés, 431 santé mentale, 417, 418, 420, 430 schistosomiase, 372, 380, 381 tuberculose, 401 typhus exanthématique, 407 zoonoses, 92, 404 Education sexuelle, 300, 358 EGLI, J. (Fédération internationale de l'Industrie du Médicament), 27 EGUINO LEDO, J. (Bolivie), 4 Egypte, 359, 373, 479 EHRLICH Jr, S. P. (Etats -Unis d'Amérique), 7, 321, 322, 323, 326, 483, 568 -569, 585, 599, 675 ELLIOT, G. R. F. (Canada), 5 ELLIS Jr, J. R. (Libéria), 12, 332, 591, 621 EMARA, Mlle L. (Egypte), 6 EMOKPARE, N. (Nigéria), 14 EMPANA, A. C. (Congo), Vice- Président de l'Assemblée de la Santé, 5, 29, 257 -258 Emphysème, 414 ENE, C. (Roumanie), 18 Enfants, 38, 187, 201, 267 alimentation et nutrition, 103, 104, 122, 123, 156, 169, 173, 214, 266, 360, 404, 611 brûlures, 431 épilepsie, 430 handicaps, 357, 362 hygiène dentaire, 652, 653, 654, 656 infections à cytomégalovirus, 401 -402 lèpre, 397, 406 -407, 411 maladies non transmissibles, 408, 415, 503 maladies respiratoires dues à la pollution de l'air, 246, 636 morbidité, 355, 357, 362, 621, 622 mortalité, 355, 533, 621, 622 enquête interaméricaine, 363 paludisme, 473, 519, 523 santé mentale, 103, 114, 417, 421, 422, 429, 640 Voir aussi Santé maternelle et infantile; Santé et médecine scolaires; Vaccination, programme élargi Enseignants (médecine et disciplines apparentées), formation, 151, 162, 192, 342, 345, 346, 348, 458

fluoration, 93, 158, 222, 308, 649 -658 Voir aussi Maladies transmises par l'eau; Pollution de l'eau; Ressources hydriques et bassins fluviaux Eaux pluviales, évacuation, 149, 631 Eaux usées et excreta, évacuation, 77 -78, 149, 158, 174, 184, 218, 222, 265, 267, 374 Voir aussi Déchets, gestion et élimination EBEN -MOUSSI, E. (République -Unie du Cameroun), 18, 616, 628, 685 Echinococcose, voir Hydatidose Economie sanitaire, 351, 355, 473 manuel, 475 Education, technologie de, 478, 681 Education sanitaire, 47, 150, 214, 231, 237, 278, 283, 284, 285, 355, 356, 360, 362, 461, 464, 469, 480,.521, 529, 544, 622, 686 alcoolisme et pharmacodépendance, 420, 424 alimentation et nutrition, 80, 144, 191, 194, 210, 276, 414, 415, 651, 652, 653, 654, 656 cancer, 191, 412, 507, 508, 510

centres, 342, 343, 348, 480 Enseignement médical, 106, 125, 130, 136, 274, 347, 352, 472, 531, 534, 539 manuels et matériel pédagogique, 461, 462, 475 normes exigées, 347 programmes nationaux, 52, 54, 66, 88, 112, 116, 127, 133, 135, 144, 166 -167, 170, 177, 181, 199, 202, 207, 209 -210, 217, 249, 267, 537 recherche, 345 Voir aussi sous les disciplines Environnement, 47, 284, 470 cancérogenèse, 410, 507, 508 Centre panaméricain d'Ecologie et de Santé humaines, 445, 470 conférence des Nations Unies, Stockholm, 123, 132 coordination des programmes et activités, 36, 303 -307, 446, 447, 449, 450 -451, 631 -639, 645 -648, 670 -671

critères et normes de salubrité, 445, 446, 451, 633

effets des facteurs environnementaux sur la santé, 80, 94 -95, 146, 246, 418, 419, 420, 429, 430, 446, 448, 451, 478, 531, 633, 639 -641

INDEX

709

promotion de la salubrité, 77, 123, 161, 175, 445 -451, 459, 469, 470, 480, 635, 637 crédits alloués, 557 recherche, 451, 470, 633, 679, 681, 682, 686, 688 surveillance, 445, 446, 447 système mondial de surveillance continue (GEMS), 586

Voir aussi Assainissement; Hygiène du milieu; Pollution de l'environnement Epidémiologie et surveillance épidémiologique, 136, 138, 148, 163, 203, 274, 278, 451, 469, 480 centres de surveillance épidémiologique, 148 Région africaine, 454 Région des Amériques, 277, 369, 469 enseignement et formation, 427, 458, 469 Voir aussi sous le nom des maladies Epilepsie, 417, 418, 420, 430, 504, 664 Equateur, 219 -222

ERMAN, A. (Turquie), 21 ERNERT, W. -D. (Allemagne, République fédérale d'), 2, 525 Espagne, 78 -79, 412, 414 ESPINO GONZALEZ, J. M. (Panama), 15 ESSAFI, Z. (Tunisie), 21 Etablissements humains et habitat, 179, 184, 445 conférence des Nations Unies, Vancouver, 36, 284, 464, 632, 636, 638 Etalons internationaux de produits biologiques et préparations internationales de référence, 434, 435, 438 -439, 444, 504 recherche, 681 Etats -Unis d'Amérique, 313, 656, 669 contribution, 569 ETER, K. -H. (Allemagne, République fédérale 8'), 1, 639 -640

Facteurs psycho- sociaux et santé, 94, 146, 246, 418, 419, 420, 429, 430, 448, 478, 531, 639 -641 FAHMY, M. M. (Ligue des Etats arabes), 25 FAHMY, W. A. (Egypte), 6 FAIN, M. G. AL- (Qatar), 16 FALETAU, I. (Tonga), 23, 64 Famille, santé de la, 104, 132, 185, 205, 265, 284, 354, 355 -364, 479, 480, 534, 621 bibliographie, 362 psychodynamique de la vie familiale, 356, 362 Famines, 362, 539 FAO, voir Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture FAO /OMS, Comité mixte d'experts de la Nutrition, 364 FAO /OMS, Comité mixte d'experts des Additifs alimentaires, 445, 459 FAO /OMS, Comité mixte d'experts sur les aspects microbiologiques de l'hygiène des denrées alimentaires, 407 FAO /OMS, programme commun sur les normes alimentaires, 450 FAO /OMS, réunion conjointe sur les besoins en calcium, 503 FAO /OMS /FISE, système commun pour la surveillance mondiale de l'état de nutrition, 84, 586, 609 FARAH, A. R. (Tunisie), 21, 243, 479 FARDAN, A. A. (Emirats arabes unis), 7 Fasciolase, 404, 408 FATTORUSSO, V. (Directeur de la Division des Substances prophylactiques et thérapeutiques), 434 -435, 444, 658 -659, 670

Faune aquatique, protection, 367, 381 Fécondité, régulation, 123, 622 recherche, 356 Fédération dentaire internationale, 652, 654, 657, 658

Ethiopie, 383, 388 -389, 622, 625, 628 Ethique médicale, 285, 397, 426, 428, 440, 441, 466, 616, 617, 651 élaboration de principes, 75, 611 en matière de recherche biomédicale, 681, 686, 687, 689

Etude organique, prochaine, 587 sur la planification des ressources extrabudgétaires et leurs effets sur les programmes et la politique générale de l'OMS, 74, 586, 614 sur le rôle des systèmes d'information dans la résolution des problèmes de santé publique, proposition, 616 sur les méthodes à employer pour promouvoir le développement des services de santé de base, 85, 527 sur les rapports entre les services techniques centraux de l'OMS et les programmes d'assistance directe aux Etats Membres, 576, 579, 584 -586

Fédération internationale de l'Industrie du Médicament, 110, 669, 670 Fédération mondiale des Fabricants de Spécialités grand public, 110 FEDOR, L. (Tchécoslovaquie), 20 FELKAI, D. (Hongrie), 10 Femme, plan d'action mondial, 102, 104, 146 Voir aussi Année internationale de la Femme; Conférence mondiale de l'Année internationale de la Femme Fer, carence en, 360, 361, 362 enrichissement des aliments en, 218, 363 FERGANY, A. R. (Oman), 15 FERNAND -LAURENT, J. (France), 8 FETISOV, N. N. (Union des Républiques socialistes soviétiques), 21, 346, 434, 446 -447, 665 -666 Fidji, 133 -135, 353 -354, 402 -403

Europe, Bureau régional, 356 -357, 407, 420, 455, 459, 475, 476, 477 agrandissement des services de production des documents, 581, 582 utilisation de l'allemand comme langue de travail, 604 -605

Europe, Comité régional, discussions techniques, 476 utilisation de l'allemand comme langue de travail, 604 -605

Europe, Région, 315- 316, 408, 414, 475 -477 crédits alloués, 94, 332, 476 EVERINGHAM, D. N. (Australie), Vice -Président de l'Assemblée de la Santé, 2, 29, 187 -188, 421 -422

Exode des cerveaux, 147, 264, 344, 345, 346, 539, 541 étude multinationale, 342, 343, 348 EYLENBOSCH, W. J. (Belgique), 3

FIELD, M. G. (Association internationale de Sociologie), 26 Fièvre aphteuse, 184 Fièvre hémorragique, 91 -92, 183 Fièvre hémorragique dengue, voir Dengue et fièvre hémorragique dengue Fièvre jaune, 89, 117, 157, 167, 184, 217, 221, 225, 276 dispositions du Règlement sanitaire international, 200 Voir aussi Vaccins et vaccinations Fièvre typhoíde, 157, 191, 267, 626 FIKRI (Maroc), 13 Filariose, 379 Films médicaux, 464 FINDLAY, M. A. O. (Sierra Leone), 19, 563, 606, 607, 620 Finlande, 85 -86, 346, 413, 531 FIORI, P. (Canada), 5, 572 -573, 574, 576, 581, 615 -616

710

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

Firmes pharmaceutiques, voir Industrie pharmaceutique FISE, voir Fonds des Nations Unies pour l'Enfance FISE /OMS, Comité mixte des Directives sanitaires, 522, 526, 530, 611 FISE /OMS, étude commune sur différents moyens de répondre aux besoins sanitaires fondamentaux dans les pays en voie de développement, 168, 351, 526, 530, 531 -532, 534, 535, 536, 543, 611 FLACHE, S. (Directeur de la Division de la Coordination), 617 FLEURY, C. (Suisse), 20, 387, 425, 437, 438, 441, 442, 643, 656 FLORIO, J. J. (Etats -Unis d'Amérique), 7 Fluor, concentration dans l'eau de boisson, 86, 416417, 650, 651, 652, 653, 654, 655, 656 dans les aliments, 655, 657 Fluoration, 86, 93, 158, 222, 307 -308, 409, 649 -658 recherche, 654, 656 FNUAP, voir Fonds des Nations Unies pour les Activités en matière de Population FNULAD, voir Fonds des Nations Unies pour la Lutte contre l'Abus des Drogues Foie, maladies chroniques, 409 FOKAM KAMGA, P. (République -Unie du Cameroun), 18, 193 -194, 331

coordination des activités financées par, 180, 495, 585 -586, 613 -614, 616

Voir aussi Aide bilatérale ou multilatérale, programmes Fonds immobilier, 548, 555, 575, 580, 581 -582 Fonds spécial du Conseil exécutif, 497, 499 FOSCHI, F. (Italie), 11, 245 -247 Fournitures et matériel, 134, 210, 213, 264, 366, 385, 468, 499, 511, 539, 654 livraisons d'urgence et pour les opérations de secours, 187, 385, 572, 573, 626, 627 Frais de voyage, remboursement des, 73, 386, 466, 557, 610, 617 -618, 619, 620, 621 France, 252, 277, 390, 539 FRANCESCHETTI, A. (Fédération internationale des Sociétés d'Ophtalmologie), 27 FREI, J. (Fédération internationale de Chimie clinique), 27 FREY, U. (Suisse), 20, 456 FRIEDMAN, Fanny (Souaziland), 19, 347, 368 FRY, J. L.

(Canada) , 4

FRYC, 0. (Association internationale de Médecine des Accidents et du Trafic), 26 FUCHS, W. A. (Société internationale de Radiologie), 28

Folidol (parathion), 642, 645 Fondation Dr A. T. Shousha, attribution de la Médaille et du Prix, 286 -289 Fondation Léon Bernard, attribution de la Médaille et du Prix, 96 -101

Fondation Rockefeller, 373 Fonds africain de Développement, 213, 614 Fonds bénévole pour la promotion de la santé, 112, 343, 356, 371, 383, 465, 482, 486, 490, 497, 548, 614, 623 Fonds de roulement, barème des avances, 572, 573 état du recouvrement des avances, 481, 553 -554 examen, 572 -574, 581 montant, 572, 573, 574 prélèvements sur, 484, 547, 573, 574 Fonds des Nations Unies pour la Lutte contre l'Abus des Drogues (FNULAD), 418, 423, 424, 436, 501, 502, 613 Fonds des Nations Unies pour l'Enfance, coopération avec, 66, 283, 340, 385, 464, 613 alimentation et nutrition, 84, 173, 210, 213, 265, 278, 361, 364, 611 guide, 615, 617 approvisionnement en eau et assainissement, 201, 632, 638 assistance aux mouvements de libération nationale, 496, 618, 619 désastres et catastrophes naturelles, 203, 471472, 623, 624, 625, 626, 627, 628 développement des personnels de santé, 136, 138, 194, 209, 251, 252, 345 éducation sanitaire, 356 maladies transmissibles, 172, 266, 356, 406 paludisme, 183, 216, 511, 516, 519, 521, 522 -523, 524, 525, 526, 538 renforcement des services de santé, 146, 252, 267, 530, 532, 543 santé de la famille, 356 -357 vaccins et vaccinations, 140, 187, 201, 210, 225, 231, 245, 365, 366, 369, 401, 628 Fonds des Nations Unies pour les Activités en matière de Population (FNUAP), 144, 220, 224, 251, 340, 356, 357, 358, 360, 363, 458, 465, 548, 613 -614 Fonds européen de Développement, 209 Fonds extrabudgétaires , 74, 83, 86, 170, 179, 186, 200, 245, 279, 313, 320, 339, 348, 349, 359, 360, 375, 394, 449, 460, 465, 484, 485, 487, 490, 529, 545, 548, 559, 564, 580, 611, 624, 650, 680, 681, 683, 684

FULOP, T. (Directeur de la Division du Développement des Personnels de Santé), 342 -343, 347 -348 FÜLOP- ASZODI, Lili (Fédération mondiale de l'Hémophilie), 27 FUNKE, Elizabeth (Allemagne, République fédérale d'), 1, 397, 401 -402, 403 -404, 412, 418 -419, 425, 434, 441 FURTH, W. W. (Sous- Directeur général), 483 -484, 547548, 551 -553, 554 -555, 556, 557 -559, 560, 562, 564, 565 -566, 567, 568, 569 -570, 571 -572, 573574, 576, 578 -579, 581, 582, 583, 671, 677 -678

Gabon, 175 -176

GALAHOV, E. V. (Union des Républiques socialistes soviétiques), 21 GALEGO PIMENTEL, Dora (Cuba), 6, 471, 518 -519 Gambie, 148 -149 GARCÉS, D. (Colombie), 5

GARCÍA, A. A. (représentant du Conseil exécutif), 24, 96, 337 -338, 372 -373, 481 -482, 505, 510, 513, 526 GARDNER, H. D. (Etats -Unis d'Amérique), 7 GARIN, A. M. (Cancer), 430, 509 -510

GARRIDO GARZÓN, R. (Espagne), 7 Gastro -entérite, 207, 276, 283 infantile, 469 GATES, K. I. (Australie), 2 GAYE, P. (Sénégal), 19, 366, 426 -427, 440, 486, 495, 498 GAYNOR, S. (Irlande), 11, 603 GBASHAH, M. T. (Nigéria), 15

GECÎK, K. (Tchécoslovaquie), 20, 63 GEER, D. J. DE (Pays -Bas), 16, 495, 676 GEER, J. G. G. DE (Fédération mondiale des Associations pour les Nations Unies), 27, 647 GEMS (système mondial de surveillance continue de l'environnement), 586 Génétique humaine, 409, 425 -426, 446, 687 formation et recherche, 409 Gens de mer, santé des, 449 GEORGIEVSKI, N. (Yougoslavie), 22, 629 GERBI, F. EL- (République Arabe Libyenne), 17, 253254, 322, 326, 331, 441, 444, 457, 479 Gériatrie, voir Personnes âgées et vieillards

INDEX HADSON- TAYLOR, J.

711

GERIC, R. (Yougoslavie), 22, 613 -614, 619, 631, 636, 644, 653, 664, 688 GERRITSEN, W. B. (Pays -Bas), 16, 368, 413 -414, 422, 440, 485, 525 Ghana, 171 -172, 417, 424, 440, 461, 520, 687 GHARIANI, M. -A. (Oman), 15 GIANNICO, L. (Italie), 11 GILBERT, M. (Ordre de Malte), 23 GIVOVICH MERCIER, L. (Chili), 5, 155 -160, 178 -179, 345, 458 -459

Glaucome, 393, 399, 472 GODOY JIMÉNEZ, A. (Paraguay), 15, 215 -216, 553 GOERKE, W. (Allemagne, République fédérale d'), 2 Goitre, 173, 183, 205 -206, 221, 356, 362 GOMAA, R. A. (Egypte), 6, 397, 415, 421, 427, 440, 449, 453, 456, 459, 463, 467, 479, 487, 494 -495, 508, 510, 522, 525, 530 -531 GONIK, A. (Conseil international des Services juifs de Bienfaisance et d'Assistance sociale), 26 Gonococcie, 92, 276, 298, 299, 403, 431 diagnostic, 300 GONZALEZ- DAVISON, F. (Guatemala), 9 GONZALEZ PALACIOS, C. (Espagne), 7, 589, 595 GOUDARZI, H. (Iran), 10, 416 -417, 517, 542 GRABER -DUVERNAY, Marie -Thérèse (Saint -Siège), 23 GRACHT -CARNEIRO, Mme E. VAN DER (Comité internatio-

nal catholique des Infirmières et Assistantes médico- sociales), 26 GRAHAM, D. S. M. (Australie), 2, 643, 661, 684 GRAHAM, O. (Norvège), 15 GRAMICCIA, G. (Evaluation et formation professionnelle, Division du Paludisme et des autres Maladies parasitaires), 523 -524 GRANDJEAN, Mme M. (Union internationale de Protection de l'Enfance), 28 GRAY, A. (Trinité -et- Tobago), 21, 331 Grèce, 195 -196, 448

C. O. (Sierra Leone), 19, 110 -113 HALBACH, H. (Conseil international sur les Problèmes de l'Alcoolisme et des Toxicomanies; Union internationale de Pharmacologie), 27, 28 HALINEN, H. (Finlande), 8 HALLAB, M. (Liban), 12 HALTER, S. (Belgique), Président de l'Assemblée de la Santé; Président du Bureau de l'Assemblée, 3, 29, 41, 329, 335 HAMDAN, S. (Oman), 15, 479 HA DI, Z. A. (Ligue des Etats arabes), 25 HAMON, J. (Biologie des vecteurs et lutte antivectorielle), 408, 641, 645 HAN Hong Sep (République populaire démocratique de Corée), 18, 61, 68, 181 -182, 269 -270 Handicapés, 246, 357, 362, 417, 419, 421, 422 Hansen, maladie de, 396 HANTCHEF, Z. S. (Ligue des Sociétés de la Croix -Rouge; Société internationale de Transfusion sanguine), 27, 28, 443, 444 HARELL, A. (Israél), 11, 147, 382, 439, 447, 599 -600 HARINGTON HAWES, D. G. (Fédération internationale des Hôpitaux), 27 HARPER, O. M. R. (Guyane), Vice -Président de la Commission de Vérification des Pouvoirs, 9, 29, 290 HARRY, Claudette (Guyane), 9 HASSAN, A. M. (Somalie), 19, 380, 387 -388, 479, 486, 498, 500, 519 HASSAN, O. A. (Somalie), 19, 71, 184 -186, 543, 551, 563, 577, 593 -594, 601, 606, 607, 615, 620, 628, 637, 663 HASSIG, A. (Ligue des Sociétés de la Croix -Rouge), 27 HASSOUN, A. S. (Irak), 10, 330, 341, 361 -362, 377, 391, 405, 415, 417, 448, 479, 494, 500, 517 Haut -Commissaire des Nations Unies pour les Réfugiés, 385, 624, 630

Haute -Volta, 214 -215 27,

GRECH, A. (Malte), 13 GREENE, J. (Fédération 652

Grenade, taux de contribution, 566 GREVILLE, R. W. (Australie), 2, 330, 500 Grippe, 90 -91, 402, 405 Grippe animale, 407 GROENENDIJK, A. (Directeur de la Division du Budget et des Finances), 464 -465 Groupe de travail pour le développement des systèmes d'information, 465 Groupe scientifique sur l'infécondité, 363 Groupes d'étude et groupes scientifiques, remboursement des frais de voyage des membres, 610, 618

HAYEK, E. F. (Liban), 12, 479 Health project management, 463, 464 HEER, N. A. DE (Ghana), 9 HEINRICI, S.- E.(Suède), 20, 615, 619 HELLBERG, H. (Finlande), 8, 346, 359, 641 -642, 668 Hématologie, 426 Hémoglobinopathies, 164, 409 recherche, 194, 687 HENDERSON, D. A. (Eradication de la variole), 383, 391 -392

HENDRIKS, J. P. M. (Pays -Bas), 15, 124 -125 Hépatite virale, 192, 283, 441 recherche, 402, 406, 438

GRÜNIGEN, Mlle M. VON (Suisse), 20, 577 Guatemala, 152 -155, 361 Guérisseurs traditionnels, 211 -212, 342, 347, 469, 534, 544, 687 formation, 144, 199 rôle en médecine mentale, 126, 417, 420 GUEVARA ACHAVAL, Mlle R. (Argentine), 2 Guinée, 161 -162, 368, 449 Guinée- Bissau, 497

HEPPLING, S. (Programme des Nations Unies pour le Développement), 24 HERNÁNDEZ GORDILLO, F. (Nicaragua), 14 HERWITZ, Mlle A. (Conseil international des Infirmières), 27 REUSE, A. (Belgique), 3 HEYNE, Daisy (Belgique), 3 HIDDLESTONE, H. J. H. (Nouvelle -Zélande), 15, 51, 207 -209, 422, 653 HIGGINSON, J. (Directeur du Centre international de Recherche sur le Cancer), 509 HINDMARSH,F. B. (Royaume -Uni de Grande -Bretagne et d'Irlande du Nord), 18 HITZE, K. L. (Tuberculose), 370 -371, 406 HOANG DINH CAU (République démocratique du Viet -Nam), 23, 52, 544 Hodgkin, maladie de, 509 HODGSON, Mlle M. (Fonds des Nations Unies pour l'Enfance), 24, 524, 525 -526 HODONOU, K. S. (Togo), 20 Honduras, 203 Hongrie, 160, 508 HOOD, T. R. (Fédération mondiale des Associations de la Santé publique), 27

GUNARATNE, V. T. Herat (Directeur régional pour l'Asie du Sud -Est), 471 -472, 473 -474

GUTTERIDGE, F. (Directeur de la Division juridique), 466 -467, 605, 607, 677 GUZMÁN, R. (Mexique), 14, 143 -145

HAAS, M. (Autriche), 2 HABIBOLIAHI, T. (Iran), 10 Habitat et logement, 163, 181, 218, 640 Voir aussi Etablissements humains HADJ- LAKEHAL, B. (Algérie), 1

712

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

Hôpitaux, 115, 133, 170, 191, 202, 213, 220, 224, 246,

249, 250, 252, 276, 349, 531, 536, 541, 542 législation sanitaire, 276 HOSSAIN, T. (Bangladesh), 3 HOSTMARK, H. (Norvège), 15 HOWARD, L. (Etats -Unis d'Amérique), 7, 376, 395, 532 -534, 546

Insecticides, 122, 140, 183, 210, 265, 266, 339, 367, 382, 472, 473, 510, 511, 513, 514, 515, 517, 518, 519, 520, 521, 522, 523, 524, 525, 538

HOWELL, A. S. (Barbade), 3 HOWELLS, G. (Australie), 2 HROMOV, A. S. (Union des Républiques socialistes soviétiques), 21 HUGGEL, Hj. (Union internationale des Sciences biologiques), 28 HUTCHINSON, E. R. (Association internationale des Techniciennes et Techniciens diplômés en ElectroRadiologie médicale), 26 Hycanthone, 377 Hydatidose, 93, 226, 404, 407 HYDE, H. van Zile (Fédération mondiale pour l'Enseignement de la Médecine), 27 Hygiène alimentaire, voir Denrées alimentaires Hygiène dentaire, 158, 183, 199, 221 -222, 409, 416417, 480, 649 -658 enseignement et formation, 162, 416 personnel auxiliaire, 167, 191, 208, 417, 654 études épidémiologiques, 649, 656 recherche, 649, 650, 652, 656, 657 services scolaires, 84, 208, 653 Hygiène du milieu, 140, 203, 206, 246, 251, 273, 445-447, 448, 521, 531, 543, 550, 624 programmes nationaux, 153, 158, 165, 222, 276, 354, 471 Voir aussi Assainissement; Déchets, gestion et élimination; Eaux usées et excreta, évacuation; Environnement, promotion de la salubrité Hygiène industrielle, 93, 170, 448, 449 Hypertension, 123, 410, 414, 415, 416, 418, 470 HYZLER, A. V. (Malte), 13

fonds de roulement, proposition, 522 recherche, 516 résistance des vecteurs, 121, 140, 174, 265, 377, 472, 511, 513, 514, 517, 518, 519 recherche, 405, 408, 516 Voir aussi Pesticides Institut de l'Alimentation et de la Nutrition des

Carabes, 276 Institut de la Nutrition de l'Amérique centrale et du Panama (INCAP), 155, 361, 465 -466, 680 Institut de Recherche des Nations Unies sur la Défense sociale, 419 Institut des Nations Unies pour la Formation et la Recherche (UNITAR), 348 Institut international pour l'Application de l'Analyse des Systèmes, 476, 506 Institutions collaboratrices, voir Centres, institutions et laboratoires collaborateurs Invalidité, 349, 431, 434, 504 Voir aussi Réadaptation médicale Iodation du sel, 218 Iode, carence en, 361, 362, 363 Irak, 78, 361, 377, 391, 405, 417, 448, 517 Iran, 39, 313, 358, 377, 416 -417, 517, 542 Irlande, 656 Irrigation, aspects sanitaires, 273, 375, 376, 377, 378, 379, 380, 381, 394 ISLAM, S. S. (Arabie Saoudite), 2, 479 Islande, 655 Israel, 191 -193

Italie, 245 -247, 358, 644, 668 ITO, Y. (Japon), 12, 419 IVASCU, C. (Roumanie), 18

IBRAHIM, I. (Indonésie), 10, 629 IKEDA, Y. (Japon), 12 IMFELD, J. (Association médicale mondiale), 26 Immunologie, 376, 394, 395, 409, 426 -427, 478 centres de recherche et de formation, 409, 427, 681

JAAFAR, A. K. (Kowett), 12 JAAG, O. (Association internationale de La Recherche sur la Pollution), 26 JAKOVLJEVIC, D. (Yougoslavie), 22, 339, 346, 366, 452 -453, 486, 493 -494, 498, 499 -500,

recherche, 300, 396 -397, 478, 507, 518, 681, 684 Inde, 122, 365, 371, 383, 389, 390, 393, 396, 418, 442, 473, 517 Indicateurs sanitaires, 454, 456, 458, 477, 531 Indonésie, 350, 359 -360, 379 -380, 383, 387, 396, 420, 473, 635- 636, 644, 655, 689 Industrialisation, voir Urbanisation et industrialisation Industrie pharmaceutique, 437, 658, 659, 664, 665, 666, 668, 669, 670, 685 Infarctus du myocarde, 254, 408 registres, 413 -414, 431 Infécondité, voir Stérilité et infécondité Infirmières, 147, 236, 347, 354, 527 Voir aussi Soins et enseignement infirmiers Information, système OMS, 107, 549, 550, 552, 553, 586, 611 coordination avec les organisations du système des Nations Unies, 615 -616, 617 groupe de travail pour le développement des systèmes, 465, 552 Information pour la santé, 207, 464 Information sanitaire, systèmes, 204, 351, 355, 429, 452, 453, 454, 455, 456, 458, 502,503,504, 505, 506, 507, 508, 509, 510 INGVARSSON, E. B. ( Irlande), 11

514 -515, 532, 556, 560, 562 JALLAH, E. (Libéria), 13 JAMIESON, Mlle A. (Canada), 5 JAMOUA, S. E. (Emirats arabes unis), 7 JANSSENS, P. G. (Belgique), 3, 382, 395, 403, 421 Japon, 379, 481, 664 JAROCKIJ, L. S. (Union des Républiques socialistes soviétiques), 21, 367, 378 -379, 382, 383, 398, 402, 404, 516, 642 JAYASUNDARA, L. B. T. (Sri Lanka), 19 JENNINGS, J. (Etats -Unis d'Amérique), 7, 437, 443, 656, 668 -669

JENSEN, E. (Danemark), 6 JERAD, A. (Tunisie), 21 JERBI, T. (République Arabe Libyenne), 17 Jeunes, 357, 362 éducation sanitaire, 300 hygiène dentaire, 652, 653, 654, 656 maladies transmises par voie sexuelle, 191, 299 santé mentale, 417, 421, 424 JOSHI, N. D. (Népal), 14, 347, 487, 556, 587, 642 Journée mondiale de la Santé, 121, 128, 131, 136, 163, 171, 207, 256, 464 en 1976, 371, 393, 399 JOYCE, J. C. (Irlande), 11, 391, 393, 459, 461, 503, 509, 656 -657

JUAREZ, E. (Brésil), 4

INDEX

713

KABA CAMARA, Mme D. (Côte d'Ivoire), 6 KABANGI, Mlle K. B. (Zatre), 22 KACIREK, J. J. (Haut Commissariat pour les Réfugiés), 25

KADI, R. (Algérie), 1 KADI, T. AL- (Jordanie), 12 Kala -azar, 140, 405, 408 KANANI, S. (Kenya), 12 KANG, K. T. (République de Corée), 17 KANTEN, W. A. VAN (Pays -Bas), 16 KAPLAN, M. (Directeur du Bureau de la Promotion et du Développement de la Recherche), 341, 680 -681, 690 -691

Laboratoire de santé, technologie, 110, 301, 426, 435, 440 -444, 480 formation, 300, 426, 440, 669 Laboratoires de santé, services, 114, 276 -277, 300, 404, 407, 426, 435, 438, 440, 454, 479, 480, 496, 667, 669 formation de personnel, 435, 461, 480 Lacs artificiels, aspects sanitaires, 373, 378, 380, 381

KAPLUN -LE MEITOUR, Mme A. (Union internationale d'Education pour la Santé), 28 KAPRIO, L. A. (Directeur régional pour l'Europe), 475 -476, 477, 582 KARKINEN, Mme S. (Finlande), 8, 85 -87 KASHLAN, I. AL- (Kowett), 12 KEITA, D. (Mali), 13 KEITA, S. (Guinée), 9, 590, 608 KEMPE, Mme I. (Union internationale de Protection de l'Enfance), 28 Kenya, 273 -274, 414 KHADOURI, M. AL (Oman), 15, 249 -250 KHAFAJI, M. H. AL- (Irak), 10 KHIAMI, M. (République Arabe Syrienne), 17, 146 -147 KHOWAITER, A. A. (Arabie Saoudite), 2 KILBURN, W. P. (Canada), 5 KILGOUR, J. L. (Royaume -Uni de Grande - Bretagne et d'Irlande du Nord), Président de la Commission de Vérification des Pouvoirs, 18, 29, 41, 325, 390, 456 -457, 485, 491, 494, 500, 508, 585 KIM, C..-41. (République de Corée), 17 KIM Dok Hyon (République populaire démocratique de Corée), 18 KIM, Mme Hui Sook (République populaire démocratique de Corée), 18 KIM Won Ho (République populaire démocratique de Corée), 18 KINGMA, S. J. (Commission médicale chrétienne), 26 KIRALY, K. (Hongrie), 10 KIRCA, A. C. (Turquie), 21 KISELEV, A. (Union des Républiques socialistes soviétiques), 21, 654 KIVITS, M. (Belgique), 3, 360, 398, 400, 422, 432, 434, 486, 492, 495, 507, 518, 535 -536 KLIVAROVÁ, Eliéka (Tchécoslovaquie), 20, 344, 386, 387, 412 -413, 446, 448 -449, 486, 491, 542 KONE, I. (Côte d'Ivoire), 6, 433, 442, 468, 487, 498 KOSTRZEWSKI, J. (Pologne; Fédération internationale des Collèges de Chirurgie), 16, 27, 402, 454, 455 -456, 477, 487, 502 -503, 508, 540 Kowett, 279, 313 KRASNOV, G. (Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement), 24 KRASSNIGG, A. (Autriche), 2 KRAUSE, H. (République Démocratique Allemande), 17, 467, 652, 665, 684 -685 KRIEPS, E. (Luxembourg), 13 KRIM, A: (Algérie), 1 KUPFERSCHMIDT, H. -G. (République Démocratique Allemande), 17, 343, 350 -351, 380, 411, 416, 422, 425, 439, 442, 450, 453 -454, 506 -507, 515 -516, 535, 639, 640 KÜPPER, Mlle W. (Comité international catholique des Infirmières et Assistantes médico- sociales), 26 KURDY, Mme R. (République Arabe Syrienne), 17 KUZ'MIN, E. N. (Union des Républiques socialistes soviétiques), 21 Kwashiorkor, 361, 362 KYEMBA, H. K. M. (Ouganda), 15, 166 -167 KYI MAUNG (Birmanie), 3, 199 -200 Kyste hydatique, 228

LAGOS, J. (Chili), 5 LALONDE, M. (Canada), 4, 79 -81 LANG, E. (Fédération internationale de l'Industrie du Médicament), 27, 669 -670 Langues de travail, 317, 485 Assemblée de la Santé et Conseil exécutif, 140, 322 -323, 587 -591

organisation régionale de l'Europe, 604 -605 LARAQUI, A. (Maroc), 13 LARI CAVAGNARO, A. (Pérou), 16, 629 -630, 637, 668, 688

LARSEN, A. V. (Norvège), 15 LARSEN, J. V. (Danemark), 6 Lassa, fièvre de, 280 LASSUS, A. (Finlande), 8 LAVIÑA, N. D. (Philippines), 16, 296 LEBENTRAU, K. -H. (République Démocratique Allemande), 17, 59, 598 LECHAT, M. F. (Belgique), 3 LEE, J. A. (Banque internationale pour la Reconstruction et le Développement), 25 LEE SIOK YEW (Malaisie), 13, 127 -128 LEEUWEN, Mme J. VAN (Pays -Bas), 16 Législation sanitaire, 180, 250, 276, 466, 467 dons de sang et services de transfusion sanguine, 426, 427, 441, 442, 443, 466 fluoration, 652, 653 pesticides et produits toxiques, 276, 644 produits pharmaceutiques, 191, 208 -209, 437, 501, 665, 667 protection de l'environnement, 636 santé des travailleurs, 449 santé mentale, 276, 418 soins infirmiers, 209 Legs à L'OMS d'une propriété en Italie, 622, 627 LEHMANN, T. (Danemark), 6, 497 Leishmaniose, 405, 689 LEKIE, B. (Zatre), Rapporteur de la Commission A, 22, 29, 400 LENNERS, Mlle M. (Luxembourg), 13 L'enseignement de la sexualité humaine dans les établissements formant les personnels de santé, 358, 362

LEÓN, R. C. (Argentine), 2, 379, 382, 404, 410, 437, 471

LEOWSKI, J. (Pologne), 16, 353 LEPES, T. (Directeur de la Division du Paludisme et des autres Maladies parasitaires), 372, 381, 400, 510 -511, 523 LEPPO, K. (Finlande), 8, 420, 455, 503, 650 -651, 657 Lèpre, 38, 91, 120, 133, 136, 140, 176, 205, 221, 250, 395 -398, 400, 406 -407, 411 -412, 473, 474, 683 chimiothérapie, 395, 396, 397, 398 formation de personnel, 396, 411 programme mondial d'éradication, proposition, 122, 390 programmes mixtes de lutte antilépreuse et antituberculeuse, 400, 401, 406 recherche, 395, 396 -397, 398 surveillance épidémiologique, 396 Voir aussi Vaccins et vaccinations Leptospirose, 404, 407 Liban, 374 Ligue des Etats arabes, 608, 618, 619, 620

714

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

Ligue des Sociétés de la Croix -Rouge, 203, 210, 385, 426, 440, 441, 443, 444, 622, 623, 628 Ligue internationale contre l'Epilepsie, 430 Ligue internationale contre le Rhumatisme, 433, 434 LIGUER- LAUBHOUET, Mme (Organisation mondiale de la Propriété intellectuelle), 25 LIKIMANI, J. C. (Kenya), 12 LIN Chia -sen (Chine), 5, 67 -68, 271, 309 -310, 490, 492, 495 LINDMARK, L. (Commissaire aux Comptes), 548 -549, 553 LINSMAYER, Eleonore (Allemagne, République fédérale d'), 1

Maladies non transmissibles chroniques, 46, 133, 146, 156, 158, 246, 275, 409, 416, 476, 478, 480, 503 épidémiologie, 410, 427 -428 recherche, 143, 684 registres, 133 surveillance épidémiologique, 470 Maladies parasitaires, 207, 215, 277, 364, 368, 372 -383, 394 -395, 399 -400, 469, 510, 543, 622

LISBOA RAMOS, J. de D. (Parti africain pour l'Indépendance de la Guinée et du Cap -Vert (Commission nationale du Cap- Vert)), 24, 496 LISICYN, Ju. P. (Union des Républiques socialistes soviétiques), 21, 301 -302, 550 -551, 555, 557, 559, 560, 578, 583, 584, 585 -586, 588, 589 -590, 598, 605, 606, 612 -613, 616 -617, 620, 621 -622, 629, 631, 633 -634, 639, 646, 674 -675 LISSITSKY, V. (Organisation des Nations Unies), 24 Logement, voir Habitat et Logement LOULIDI, M. (Maroc), 13 LOUROS, N. C. (Collège international des Chirurgiens), 26 LUGER, A. (Union internationale contre les Maladies vénériennes et les Tréponématoses), 28 LUGER, A. F. H. (Autriche), 2, 28 LUKE, T. (Haut Commissariat pour les Réfugiés), 25 LUONI, Mgr S. (Saint -Siège), 23, 283 -285 Luxembourg, 252

formation de personnel, 381, 521, 524 immunologie, 409 méthodes de lutte, 490 prévisions budgétaires, 479 recherche, 77, 148, 161, 258, 341, 416, 680 recherche et formation, programme spécial, 107, 149, 187, 258, 364, 382, 396 -397, 518, 679691

Maladies parasitaires intestinales, 89, 216, 278, 283

Maladies parasitaires tropicales, 130, 378, 379, 380, 382 formation de personnel, 524 recherche, 94, 201, 258, 379, 380, 382 Maladies psychosomatiques, 94, 246, 421 Maladies rhumatismales, 320, 409, 413, 433 -434 recherche, 118, 433, 434 Maladies transmises par l'eau, 132, 283, 375, 376, 381, 394 formation de personnel, 381 Maladies transmises par voie sexuelle, 92, 114, 155, 174, 191, 280, 298 -301, 358, 403, 431 -433 formation de personnel, 300 -301, 431 importation, 251, 274 recherche, 300, 301 Maladies transmissibles, 122, 123, 132, 136, 137, 157, 161, 175, 176, 183, 186, 187, 224, 274, 338, 353, 364 -408, 411 -412, 415, 431 -433, 468,

MACRIS, N. (Chypre), 5 468 Madagascar, MAFIAMBA, P. C. (République -Unie du Cameroun), 18, 357, 379, 391, 442, 460, 463, 498, 543 MAGEREGERE, I. (Burundi), 4 MAHABIR, B. (Trinité -et- Tobago), 20 MAHECHE, A. (Mozambique), 23 MAHNEKE, A. (Danemark), 6 Maladies à virus, 401 -403, 405 -406, 407 chez les primates utilisés à des fins biomédicales, 444 recherche, 161, 280, 679, 682 Maladies cardio -vasculaires, 118, 168, 254, 275, 408 -409, 412 -416, 428, 431, 435, 470, 472, 475, 480 effets de la nutrition infantile, 357, 415 épidémiologie, 410, 427 -428 formation de personnel, 413, 414, 415 prévisions budgétaires, 413, 415, 428, 435 recherche, 130, 143, 161, 172, 353, 413, 414, 430, 679, 682 dans les pays en voie de développement, 194, 415 registres, 408, 413 -414, 431 services d'urgence, 415 Maladies dégénératives, voir Maladies non transmissibles chroniques Maladies diarrhéiques, 114, 202, 276, 369 Maladies gastro- intestinales, 192, 207, 250, 276, 283, 469 recherche, 416 Maladies intestinales, 78, 468, 469, 470 Maladies mycobactériennes, 370, 395 -398, 400 -401, 406 -407, 411 -412

469, 475, 478, 480, 622, 624, 632 éradication, 143, 257, 543 crédits alloués, 273, 550 lancement de programmes mondiaux, propositions, 122, 248, 256, 389, 390, 392 formation de personnel, 376, 389 méthodes de lutte, 490 notification, 274 recherche, 77, 143, 176, 195, 341, 376, 681, 688 système d'information, 586 Voir aussi Epidémiologie et surveillance épidémiologique Maladies tropicales, 131, 132, 170, 376 centres de recherche, 194, 343, 691 Région africaine, 138, 683, 684, 686, 687, 688, 690

Région des Amériques, 689 formation de personnel, 515, 524 méthodes de lutte, 682 recherche et formation, programme spécial, 107, 149, 187, 258, 364, 382, 396 -397, 518, 679691

Voir aussi Maladies parasitaires tropicales Maladies vasculaires, 409, 428 Maladies vénériennes et tréponématoses, 92, 114, 155, 174, 191, 298 -301, 403, 431 -433

Maladies non transmissibles, 408 -410, 412 -431, 433434, 435, 436 -437, 472, 478, 501 -502, 503, 504505

formation de personnel, 408 recherche, 143, 194, 408, 414

Voir aussi Maladies transmises par voie sexuelle Malaisie, 127 -128, 352, 361, 522, 656 Malathion, 140, 514, 523 MALDONADO LINCE, G. (Equateur), 7 Malformations congénitales, épidémiologie, 422 Mali, 212 -213, 401 Malnutrition, 80, 82, 123, 127, 132, 144, 163, 168, 203, 250, 252, 265, 277, 356, 361, 469, 496, 614, 615, 616, 622, 623, 627, 628 recherche, 133 Malnutrition protéino- calorique, 153, 155, 266, 276, 360 -361, 362, 364

INDEX

715

MALYSEV, L. I. (Union des Républiques socialistes soviétiques), 21 MAMBOU, A. (Congo), 5 MANA, K. M. AL (Qatar), 16, 249 MANGER -KOENIG, L. VON (Allemagne, République fédérale d'), 1, 109 -110, 449, 467, 484, 659 -661 MANTOVANI, A. (Fédération mondiale des Parasitologues), 27 Manuels, 532 de médecine, 461, 462 d'enseignement des statistiques sanitaires, 456, 458 MANUILA, A. (Directeur de la Division des Publications et Traductions), 462 -463, 463 -464, 584, 587, 588 -589 Marasme, 361, 362 Marburg, maladie de, 280 MARCIAL, L. D. (Mexique), 14, 421, 460, 470, 487 MARGAN, I. (Yougoslavie), 22, 58 -59, 68 MARIJNEN, M. J. H. (Pays -Bas), 16, 687 MARMARA, J. (Malte), 13 Maroc, 257 MARTENS, S. (Organisation des Nations Unies; Fonds des Nations Unies pour la Lutte contre l'Abus des Drogues), 24, 25, 502 MARTINS, H. (Mozambique), 23, 65 -67 MARTINS AYRES, Laura G. (Portugal), 16, 353, 420421, 450, 498, 538 MASA'DEH, A. (Jordanie), 12 MASIGA, V. (Ouganda), 15 MASSÉ, L. (Association internationale d'Epidémiologie), 26, 427, 457 -458 MASSENET, J. (France), 8, 296 MASSENHOVE, G. VAN (Comité international catholique des Infirmières et Assistantes médico- sociales), 26 MASSON, F. (Organisation internationale consultative de la Navigation maritime), 25 MASTROMATTEO, E. (Organisation internationale du Travail), 25 MATEJI EK, E. (Tchécoslovaquie), 20, 507 -508, 643644, 662 MATTER, P. (Société internationale de Soins aux Brûlés), 28 MATTHEIS, Ruth (Allemagne, République fédérale d'), 1, 467, 477, 508 MATUNDU NZITA ( Zayre), 22, 205- 206, 642 Maurice, 82, 629 Mauritanie, 278, 626 MAVROMMATIS, A. (Chypre), 5, 629 MAZIN, A. K. (Egypte), 6, 685 McGILCHRIST, F. A. R. (Jamatque), 12 McGILVRAY, J. C. (Commission médicale chrétienne), 26 MECKLINGER, L. (République Démocratique Allemande), 17, 129 -131

Médecins, r8le dans les soins de santé primaires, 527, 529, 530 -531, 534, 536, 538, 539, 540 Médecins aux pieds nus, 150, 374, 536, 537 Médicaments, approvisionnement en, 213, 264, 499, 521, 526, 539, 660, 661, 662, 667 contr8le de la qualité, 435, 437 -438, 440, 658, 659, 660, 661, 662, 663, 664, 668, 669 coût, 264, 437, 472, 543, 658, 659, 660, 665, 667, 668, 669 enseignement et formation concernant, 659, 660, 661, 662, 669 évaluation et surveillance de leur sécurité et efficacité, 434, 439 -440, 658, 659, 660, 662, 663, 665, 666 laboratoires nationaux, 435, 438, 667, 669 homologation, 439, 662, 663, 665, 666, 670 informations-sur, 110, 438, 662, 663, 666, 670 système international, 439, 660, 662, 665, 667, 669

politiques pharmaceutiques nationales, 73, 110, 158, 196, 222, 234, 658, 659, 660, 667, 669 production et mise sur le marché, 222, 372, 382, 437, 501, 658, 659, 660, 664, 665, 666, 667, 663, 669 recherche, 437, 439, 501, 658, 659, 660, 661, 662, 665, 668, 685 règles de bonne pratique applicable A leur fabrication et au contrôle de leur qualité, 434, 438, 658, 659 -660, 661, 662, 663, 664, 666, 667, 668, 669, 670 système de certification de la qualité, 658, 659, 660, 661, 664, 666, 667, 668, 670 système international de surveillance, 110, 435, 586, 658, 660, 661, 662, 663, 664, 669 Médicaments psycho -actifs, 423, 478 surveillance des effets adverses, 419, 436, 501 Médicaments vétérinaires, 459 Méditerranée orientale, Bureau régional, 478, 588 Méditerranée Comité régional, 607 Méditerranée orientale, Région, 314, 427, 477 -479 recherche biomédicale, 505 MEDLINE, 460, 462 MEHEUS, A. (Belgique), 3 MEILLON, J. (France), 8, 556, 559, 560 MEKACHER, S. (Algérie), 1 Membres, admission, Mozambique, 64 -72, 321 République démocratique du Viet -Nam, 52 -63, 321 Tonga, 51 -52, 64, 321 MENA, M. A. (Costa Rica), 6, 604 MENCE, A. J. (Union internationale pour la Conservation de la Nature et de ses Ressources), 28 MENCZEL, J. (IsraRl), 11, 191 -193, 595 -597 MENGESHA, T. (Ethiopie), 8, 625 Méningite, 430 cérébro- spinale, 79, 138, 140, 163, 210, 389 -390, 391

Médecine communautaire, 470 Médecine et sécurité du travail, 93, 138, 170, 184, 199, 237 -238, 445, 446, 447, 448, 449, 450, 507, 508, 510, 531, 642 formation de personnel, 449 Voir aussi Travailleurs, santé des Médecine nucléaire, 409 Médecine préventive, 66, 84, 114, 191, 194, 208, 228, 236 -237, 250, 283, 353, 355, 356, 497 Médecine psychosomatique, 417 Médecine rurale, cours, 192 Médecine scolaire, voir Santé et médecine scolaires Médecine sociale, 96, 97, 98, 99, 170 Médecine traditionnelle, 54, 58, 123, 199, 211 -212, 342, 347, 534, 535, 537, 664 en santé mentale, 417, 418, 420, 430 recherche, 184, 185, 205, 417, 687 Voir aussi Accoucheuses traditionnelles; Guérisseurs traditionnels

tuberculeuse, 230 Méningo- encéphalite, 137 MERAT, K. (Iran), 10 Mers, pollution, voir Pollution des mers Métabolisme, erreurs innées, 409 Mexique, 144, 470 MICHEL, R. (France), 8, 376, 382, 400, 515, 538539 MICHELI, D. (Comité international de la Croix Rouge), 26 MICHOV, B. (Bulgarie), 4 Microbiologie, recherche, 681 Microbiologie alimentaire, cours, 407 MIDDLETON, R. W. (Organisation internationale de Normalisation), 28 Migrants, problèmes de santé, 420, 421, 429 Voir aussi Nomades; Travailleurs migrants Migration internationale des médecins et des infirmières, 147, 264, 344, 345, 346, 539, 541

716

VINGT- HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

Migration internationale des médecins et des infirmières (suite) étude multinationale, 342, 343, 348 MIHAILESCU, M. (Roumanie), 18, 636 Mineurs, santé des, 449 Ministres de la santé de la région des Andes, réunions, 196, 219, 221 Ministres de la santé des Amriques, troisième réunion spéciale, 158, 219, 343, 521, 533 Ministres de la santé des Caratbes, conférence, 276 MIRONOVA, Mme Z. V. (Union des Républiques socialistes soviétiques), 21 MIRO QUESADA, F. (Pérou), 16, 196 -198 MISHRA, B. C. (Inde), 10 MIYAKE, W. (Japon), 12 MLAMBALA, M. (Malawi), 13 MNGOLA, N. E. (Kenya), 12, 341, 414, 416, 425 -426 MOAYYAD, E. (Association du Transport aérien international), 26 MOCHI, A. (Programmes coopératifs de développement), 617

MUNTEANU, R. L. (Directeur de la Division du Personnel et des Services généraux), 385 -386 MUSA, S. (Nigéria), 14 MUSIL, E. (Fédération mondiale des Associations pour les Nations Unies), 27 MUSSO, E. (Organisation internationale de Protection civile), 25 MUSTAFA, I. (Irak), 10, 61, 77 -78 MUSTAFA, M. N. (Bangladesh), 3 MUZIRA, E. G. N. (Ouganda), 15 MWAIKAMBO, J. D. S. (République -Unie de Tanzanie), 18

MWINYI, A. H.

(République -Unie de Tanzanie), 18,

70, 186 -187

Mycoses, 399 -400

Myocardites, 416 MZALI, M. (Tunisie), Président de la Commission A, 21, 29, 113 -116

MORALE, S. G. (Lesotho), 12 MOHAREB, R. (Egypte), 6 MOHY EL -DIN, F. (Egypte), Vice -Président de l'Assemblée de la Santé, 6, 29, 140 -141 MOI, W. (Papua- Nouvelle -Guinée), 23, 250 -251 MOLAPO, J. L. (Lesotho), 12 MOLFESE, A. (Italie), 11 Molluscicides, 372, 376, 377, 378, 379, 381, 395 Voir aussi Pesticides Mollusques, lutte biologique contre, 372 MUNCKEBERG, F. (Chili), 5 Mongolie, 137 Monkeypox, recherches sur, 384 Monnaies de paiement des contributions, 118, 255, 574 -575

NAGI, M. (Yémen démocratique), 22 NAHAYAN, Cheikh S. bin M. AL (Emírats arabes unis), Namibie, 240 -241 Nations Unies, système des, voir Coordination A l'intérieur du système des Nations Unies NDIAYE, M. (Sénégal), 19, 125 -127, 393, 433 N'DONG, L. (Gabon), 8 N' DOW, P. J. (Gambie), 9, 686 Népal, 120 -121, 347, 351, 358, 363, 390, 401, 471, 473, 519, 542 -543, 642, 664 Néphrite, 416 NEUFELD, H. (Israël), 11 NEWELL, K. W. (Directeur de la Division du Renforcement des Services de Santé), 349 -350, 354355

7

Mononucléose infectieuse, 509 MOON, D. C. (République de Corée), 17, 182, 267269, 271 -272

NGANWA, W. (Ouganda), 15 NGUYEN VAN TRONG (République démocratique du Viet -Nam, 23 Nicaragua, 173 -175 NICOL, C. S. (Royaume -Uni de Grande - Bretagne et

MORA, G. (Colombie), 5 Morbidité et mortalité, classification des cas, 452, 457, 458, 459 Morbidité infantile, 124, 355, 360, 470, 621, 622 MORET, P. (Société internationale de Cardiologie), 28

d'Irlande du Nord; Union internationale contre les Maladies vénériennes et les Tréponématoses), 19, 28 Niger, 209 -211, 351, 354, 521 Nigéria, 135 -136, 352, 389, 420, 519 NINDORERA, J. (Burundi), 4, 277 -278 NINTERETSE, G. (Burundi), 4. NIOUPIN, B. (Côte d'Ivoire), 6 NJAM -OSOR, D. (Mongolie), 14, 136 -137 N'JIE, A. B. H. (Gambie), 9 NKO'O ETOUNGOU, S. (République -Unie du Cameroun), 18 Nomades, problèmes de santé, 184, 185 NONDASUTA, A. (Tharlande), 20, 203 -205, 354, 360361, 473, 541 NOORDIN, R. A. (Malaisie), 13, 346, '352, 361, 382, 442, 481, 522 NORDSTROM, Mlle G. (Suède), 20 Normes alimentaires, 404, 407, 445, 450, 451, 459, 641, 644, 645 Norvège, 313 NOTERDAEME, P. (Belgique), 3 NOUE, Comte de (Ordre de Malte), 23 HOURI, I. A. AL- (Irak), 10, 72 Nouveau -nés, dépistage des anomalies génétiques, 425 tétanos, 90 vaccination antivariolique, 90, 389, 391, 392 Nouvelle -Zélande, 207 -208, 653 Nouvel ordre économique international, instauration, 35 -36, 38, 108, 172, 211, 338 Comité ad hoc du Programme spécial, 564 Déclaration et Programme d'action, 36, 74, 142, 306, 385, 472, 493, 494, 495, 610 fonds spécial, 213, 264, 472

MORF, R. (Conseil international des Unions scientifiques; Union internationale de Chimie pure et appliquée), 27, 28 MORK, T. (Norvège), 15, 485- 486, 603 Mortalité infantile, 104, 124, 355, 358, 360, 363, 469, 470, 472, 515, 519, 621, 622 périnatale, 458, 621, 622 MOTA, P. (Lesotho), 12 Mouche tsé -tsé, 382'

MOULAYE, A. M. (Mauritanie), 14, 442, 468 Mouvements de libération dans l'Afrique australe, assistance aux, 39, 143, 240, 618 -621 Mouvements de libération nationale, aide sanitaire aux, 82, 143, 467 participation à la Vingt -Huitième Assemblée, 51 participation aux réunions de l'OMS, 605, 607, 608, 618, 619, 620, 621 Moyen -Orient, assistance sanitaire aux réfugiés et personnes déplacées, 39, 78, 140, 147, 152, 256, 279, 281 -282, 295 -296, 592 -604 Mozambique, 65 -67, 497 admission en qualité de Membre, 64 -72, 321 taux de contribution, 567 MUFTAH, M. Y. (République Arabe Syrienne), 17 MUKHTAR, A. (Soudan), 19 MULAY, D. N. (Inde), 10 MULLER, A. (Association internationale de Logopédie et Phoniatrie), 26

INDEX

717

NOVIKOV, N. V. (Union des Républiques socialistes soviétiques), 21 NOZARI, A. (Iran), 10, 358, 377, 393, 415, 479 NOZIGLIA, E. (Etats -Unis d'Amérique), 7, 551, 559560, 577 -578, 588, 590, 591, 608, 609 Nutrition, 80, 123, 127 -128, 132, 185, 210, 213, 214, 265, 274, 284, 355, 356, 357, 358, 360 -362, 363, 421, 469, 470, 472, 480, 531, 609, 614, 615, 624 enseignement et formation de personnel, 356, 361, 362, 364, 469, 480, 615 guide FISE /OMS pour l'organisation des activités dans les services locaux, 615, 617 infantile, 103, 104, 122, 123, 156, 169, 214, 266, 360, 611 rôle dans l'apparition des maladies cardiovasculaires, 357, 415 programmes et services nationaux, 126, 144, 153, 163, 168 -169, 173, 183, 196, 218, 221, 224,

Organisation de Coordination pour la Lutte contre les Endémies en Afrique centrale (OCEAC), 283, 398

265, 278, 280, 360, 471 recherche, 80, 356, 615, 680, 681 surveillance nutritionnelle, 126, 173, 210, 356, 480 système commun FAO /OMS /FISE, 84, 586, 609 NWAKO, M. P. K. (Botswana), 4, 188 -190 N'ZIGOU -MABIKA, J. J. (Gabon), 8

Organisation de Libération de la Palestine (OLP), 279, 281 -282, 594, 596, 597, 603, 620 Organisation de l'Unité africaine, 496, 588, 605, 608, 618, 619, 620, 621 Organisation des Nations Unies, 173, 495, 496 Centre de l'Information économique et sociale, 464 coopération, abus des drogues, 36, 502 arriération mentale, 419 assistance au Cambodge, à la République démocratique du Viet -Nam et à la République du Sud Viet -Nam, 499, 500 assistance aux Etats africains ayant récemment accédé à l'indépendance ou en voie d'y accéder, 497 assistance aux mouvements de libération nationale, 39, 594, 606, 618 -621 désarmement, 131, 309, 310, 489, 490, 491, 492 désastres et catastrophes naturelles, 385, 623, 627, 629 droits de l'homme, 75, 467 environnement, 36 interdiction d'agir sur l'environnement et le climat à des fins militaires et autres, 131, 169, 303, 304, 305, 306, 307, 447, 611, 633, 635, 637, 639, 645 -646, 647, 648, 670 -671

(Gabon), 8 Obésité, 414, 470 O'BRIEN, 0. M. (Royaume -Uni de Grande -Bretagne et d'Irlande du Nord), 18 OCDE, voir Organisation de Coopération et de Développement économiques ODARTCHENKO, N. (Comité international sur les Animaux de Laboratoire), 26 Office de Secours et de Travaux des Nations Unies pour les Réfugiés de Palestine dans le Proche -Orient (UNRWA), 281, 592, 593, 595, 596, 598, 599, 600, 603 OIT, voir Organisation internationale du Travail OJALA, A. P. (Finlande), 8, 353, 413, 416, 531 -532 OKAMOTO, R. (Japon), 12, 379, 480 -481, 486, 664665, 689 OKYNE, J. G. (Ghana), 9 OLAFSSON, O. (Islande), 11, 655 OLWENY, C. (Ouganda), 15 Oman, 250 OMER, O. I. H. (Soudan), 19, 351, 376 -377, 447, 450 Onchocercose, 38, 126, 136, 140, 148, 149, 162, 205, 252, 366, 371, 376, 378, 379, 381, 392, 393, 399 bassin de la Volta, projet de lutte, 136, 148, 172, 200, 210, 214, 217, 364, 368, 373 financement, 172, 279, 465 chimiothérapie, 381 recherche, 382, 682, 689 Oncologie, voir Cancérologie ONDAYE, G. (Congo), 5, 69 ONISHI, T. (Japon), 12, 604 ONTANEDA, A. (Equateur), 7 ONUDI, voir Organisation des Nations Unies pour le Développement industriel OPELZ, Mme M. (Agence internationale de l'Energie atomique), 25 Ophtalmologie, 371 OPS, voir Organisation panaméricaine de la Santé Ordinateur, utilisation, 505, 586 OBAME- NGUEMA, P.

éthique médicale, 74-75, 611 réfugiés et personnes déplacées, 594, 597, 598, 624

soins de santé primaires, 526 statistiques sanitaires, 458 coordination, barème des contributions, 560, 568, 569

emploi des langues, 587, 588, 589, 605 problèmes résultant de l'instabilité monétaire, 575

Ordre du jour, 31 -33, 321 -323 adoption et répartition des points, 48 -50, 292,

303, 324, 329, 333, 334 Organisation de Coopération et de Développement économiques (OCDE), 458, 638

remboursement des frais de voyage, 620, 621 systèmes d'information, 611 traitements et indemnités, 481, 485, 556 Voir aussi Année internationale de la Femme; Nouvel ordre économique international Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO), 173, 280, 283, 496 coordination et coopération avec, 340, 558 antibiotiques, emploi, 439 denrées alimentaires, hygiène, 84 désastres et catastrophes naturelles, 385, 624 éducation sanitaire, 356 environnement, salubrité, 632, 633, 638 maladies transmises par l'eau, prévention, 378 normes alimentaires, 450, 459 onchocercose, 172, 210 politiques nationales d'alimentation et de nutrition, 265, 361, 364 résidus de pesticides; 645 santé de la famille, 357 Organisation des Nations Unies pour le Développement industriel (ONUDI), 36, 638 Organisation des Nations Unies pour l'Education, la Science et la Culture (UNESCO), 496 coordination et coopération avec, 340, 558, 588 éducation sanitaire, 356 enseignants, formation, 345 environnement, salubrité, 446, 451 éthique médicale, 611 maladies transmissibles, recherches sur, 343 migration des personnels de santé, 348 santé de la famille, 357 santé mentale, 419

718

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

Organisation internationale du Travail (OIT), 485, 558, 582 coopération avec, 340, 356, 357, 451, 507, 611, 633, 638 locaux loués par l'OMS, 575, 576, 577, 578, 579, 580

Organisation mondiale contre la Cécité, 371, 392 Organisation panaméricaine de la Santé (OPS), 180, 192, 203, 275, 277, 369, 389, 391, 444, 465, 470, 521, 524 Organisations non gouvernementales, 75, 150 -151 coopération avec, 46, 386, 464, 684 cécité, lutte contre, 393, 399 criminalité, prévention, 611 désastres et catastrophes naturelles, 472 droits de l'homme et de la femme, 75, 104 éducation sanitaire, 356, 362 enseignants, formation, 345 environnement, salubrité, 446, 633, 635, 637 éthique médicale, 611 maladies cardio- vasculaires, 415 maladies transmises par voie sexuelle, 432 recherche biomédicale, 684, 685 sur le cancer, 188, 507, 509 santé de la famille, 357 santé mentale, 430, 640 services de santé, organisation, 529 substances prophylactiques et thérapeutiques, 659, 660 variole, éradication, 384 ORHA, I. (Roumanie), 18, 61, 71, 352, 400 -401, 415, 416, 427, 463, 477, 494, 508 -509, 514, 531, 663 ORLOFF, S. (Ligue internationale contre le Rhumatisme), 27 ORLOV, D. A. (Union des Républiques socialistes soviétiques), 21 OSOGO, J. C. N. (Kenya), 12, 273 -274, 427 Ostéomalacie et ostéoporose, prévention, 503 OTINA, F. (République Centrafricaine), 17, 163 -165 OUA, voir Organisation de l'Unité africaine OUEDRAOGO, S. B. (Haute -Volta), 9 Ouganda, 166 -167 OUILLON, H. (Union internationale d'Hygiène et de

compte spécial, 538 conséquences socio- économiques, 515, 516, 519 formation de personnel, 121, 347, 470, 511, 514, 515, 516, 518, 519, 521 centres régionaux, 121, 511 cours, 518, 524 importation, 121, 218, 515, 517, 629 informations sur, 515, 518 pharmacorésistance, 121, 472, 511, 513, 516, 518, 519, 522 programme d'éradication et de lutte, 88 -89, 113, 118, 120, 122, 132, 135 -136, 137, 145, 146, 170, 174, 200, 202, 207, 221, 266, 273, 276, 376, 377, 470, 471, 473, 478, 480, 510 -511, 513 -526, 537 -538, 542

coordination des opérations entre pays limitrophes, 373, 517, 519 personnel, emploi pour d'autres campagnes, 128, 515

prévisions budgétaires, 381 stratégie, 148, 216, 510, 511, 515, 516, 519, 520

recherche, 148, 470, 471, 510, 511, 514, 515, 516, 518, 519, 520, 523, 682, 689 épidémiologie du paludisme dans les zones de savane, 135, 516, 518, 523 symposium, Rabat, 518 surveillance épidémiologique, 120, 202, 514, 515, 518, 521 Voir aussi Vaccins et vaccinations PAM, voir Programme alimentaire mondial Panama, 116 -117 Papua- Nouvelle- Guinée, 250 -251 Paraguay, 215 -216, 380 -381

Parathion (Folidol), 642, 645 Parkinson, maladie de, 664 PARMALA, M. (Finlande), 8 PARROTT, L. (Royaume -Uni de Grande- Bretagne et d'Irlande du Nord), 18, 551, 554, 557, 559, 560, 562 -563, 564, 568, 572, 574, 577, 583, 587 -588, 589, 590, 605, 606, 608, 609, 631, 643, 646, 667, 675 -676 Participation et santé, 86, 168, 350, 351 PASOS VILAIN, L. (Nicaragua), 14 PASSALACQUA, C. A. (Argentine), 2 PATRNOGIC, J. (Comité international de Médecine et de Pharmacie militaires), 25 PAUN, R. (Roumanie), 18, 145 -146 PAVLOV, A. S. (Sous- Directeur général), 505 -506, 510, 631 -632, 637 Pays -Bas, 124 -125, 413

Médecine scolaires et universitaires), 28 OULD BAH, A. (Mauritanie), 14, 278, 487, 560, 563, 578, 609, 621, 626 OYARCE YURASZECK, P. (Chili), 5

PACCAGNELLA, B. (Italie), 11, 358 -359, 448, 637, 640, 644 PACHACHI, T. (Irak), 10 Pacifique occidental, Comité régional, 587 Pacifique occidental, Région, 199, 314, 346, 410, 479 -481

Pays en voie de développement, assistance aux, 38 -39, 142, 143, 223, 253 -254, 279, 309 -311, 487, 489 -498, 532, 550, 552

Pays en voie de développement les moins avancés et les plus éprouvés, 142, 203, 213, 264, 496, 556, 560 -564

recherche biomédicale, 505 PADILLA LEPAGE, J. M. (Venezuela), 22 PAGUAGA MIDENCE, H. (Nicaragua), 14 Pakistan, 266 -267, 369, 383, 438, 508, 514, 542, 669

contribution, 568 Paludisme, 37 -38, 117, 131, 137, 140, 141, 183, 190, 191, 214, 218, 250, 265, 273, 277, 280, 283, 367, 372, 373, 376, 379, 382, 472, 496, 683, 689 certification de l'éradication, 113, 163, 373, 514, 521

PEFFERS, A. S. R. (Association du Transport aérien international), 26 PENSO, G. (Italie), 11 PERDRUP, A. (Danemark; Union internationale contre les Maladies vénériennes et les Tréponématoses), 6, 28

chimiothérapie et médicaments antipaludiques, 210, 283, 472, 473, 510, 515, 516, 517, 518, 519, 521, 522, 523, 524, 525, 526, 538 Comité ad hoc du Conseil exécutif, 73, 216, 510, 538

PEREIRA DA FONSECA, L. H. (Brésil), 4 PEREZ GROVAS, P. (Mexique), 14, 522, 525, 589 PERKINS, F. T. (Standardisation biologique), 444 Pérou, 196 -197, 629 -630, 637, 688 PERRET, J. -P. (Suisse), 20 PERSAD, R. L. (Canada), 5 Personnel de l'OMS, 162, 385 -386, 423, 436, 468, 501, 583, 585 affectif, 473, 478, 484

INDEX

719

au Siège, 575, 576, 577, 578, 579, 580 formation et perfectionnement, 340, 346, 385, 386, 396, 535 place faite aux femmes, 81, 613, 616 recrutement de personnel national et local, 162, 200, 241, 252, 468 régionalisation, 576, 578, 579, 580 voyages en mission, 557 Voir aussi Traitements et indemnités Personnels de santé, 147, 236, 343, 345, 347, 472 développement, 38, 47, 80, 86, 104, 122, 127, 130, 143, 151, 175, 176, 194, 195 -196, 203, 204, 241, 250, 273, 274, 342 -348, 351, 352, 353, 355, 467, 469, 472, 476, 478, 479, 480, 489, 527, 534, 535, 539, 543, 544, 622 cours régionaux, 198 crédits alloués et prévisions budgétaires, 344, 348, 550 matériel d'enseignement et manuels, 162, 461, 462, 532 méthodes pédagogiques, 478, 681 audio- visuelles, 463 programmes nationaux, 52, 54, 58, 65, 66, 88, 112, 115 -116, 127, 133, -135, 136, 138, 144, 148, 153, 154 -155, 162, 163, 164, 166 -167, 170, 175 -176, 185, 189, 194, 197, 199, 207, 217, 220, 236, 247, 249, 250, 251, 257, 358, 468

Voir aussi Conventions internationales sur les stupéfiants; Convention unique sur les stupéfiants Pharmacologie clinique, 435 Pharmacopée internationale, 438, 444 Pharmacopées traditionnelles, 54, 211, 664 recherches sur, 184, 185, 417, 687 Philippines, 224 -225, 366, 376, 425, 441 PHOUTTHASAK, P. (Laos), 12, 481 Pian, 38, 221 PIEKARSKI, G. (Fédération mondiale des Parasitologues), 27 PILLAY, C. M. (Maurice), 13 PINEDA, J. C. (Venezuela), 22 PISA, Z. (Maladies cardio -vasculaires), 430 -431

Planification, gestion et information, système central OMS, 549, 550, 552 Planification familiale, 103 -104, 114, 120, 123 -124, 133, 138, 144, 156, 168, 190, 201, 224, 267, 275, 280, 284, 355, 356, 358, 359, 360, 363, 480, 622 aspects psychologiques, sociaux et culturels, 273, 285

recherche, 346, 680, 681, 686 migration internationale, 147, 264, 344, 345, 346, 539, 541 étude multinationale, 342, 343, 348 planification, 279, 342, 475 monographie sur, 342 répartition, 216, 224, 267, 352, 353, 357 Personnels sanitaires auxiliaires, 122, 144, 153, 187, 209, 236, 267, 345, 347, 351, 354, 401, 469, 527, 541, 542 formation, 208, 300, 316, 342, 470, 478, 516, 654 programmes nationaux, 54, 88, 112, 116, 135, 147, 153, 167, 191, 197, 209, 249, 278, 412, 417 Personnes âgées et vieillards, 226, 237 -238, 246, 429, 434, 475, 476, 503 recherches sur les maladies associées au vieillissement des populations, 681, 688 Personnes déplacées, voir Réfugiés et personnes déplacées Peste, 117, 183, 221, 367, 627 dispositions du Règlement sanitaire international, 200 Pesticides, classification en fonction des dangers qu'ils présentent, 641 -642, 643 -645 étiquetage, 642, 643, 645 législation sanitaire, 276, 644 résidus dans les aliments, 404, 445, 641, 642, 644, 645 Voir aussi Insecticides; Molluscicides PETROVSKIJ, B. V. (Union des Républiques socialistes soviétiques), 21, 59 -60, 98 -101, 169 -170

prévisions budgétaires, 453, 458 recherches sur l'organisation des services, 356 Planification sanitaire nationale, 78, 86, 119, 127, 131, 135, 146, 163, 173, 180, 183, 195, 219, 226, 232 -240, 251, 252, 257, 258, 266, 267, 268, 274, 275, 280, 339, 471, 473, 475, 476, 541 formation d'experts nationaux, 120, 480 création d'une école en Afrique, proposition, 252 recherche, 180 Plantes médicinales, 54, 211, 664 recherches sur, 184, 185, 417, 687 Plasmaphérèse commerciale, 426 -427, 440 -444, 466 Plasmodium falciparum, 121, 518 Pneumoconiose, 138 PNUD, voir Programme des Nations Unies pour le Développement PNUE, voir Programme des Nations Unies pour l'Environnement POCCHIARI, F. (Italie), 11 POGGIOLINI, D. (Italie), 11 Poissons larvivores, 516, 523 POLIANSKI, V. (Organisation des Nations Unies), 24 Poliomyélite, 79, 117, 133, 174, 187, 192, 200, 218, 469, 627 programme mondial de lutte, proposition, 248 Voir aussi Vaccins et vaccinations Pollution de l'air, 79, 93, 445, 448, 470, 636, 637, 651

par les pesticides, 645 Pollution de l'eau, 79, 445, 448, 470, 636, 637, 638, 651

lauréat de la Médaille et du Prix de la Fondation Léon Bernard, 96 -101, 313 PHAM NGAC (République démocratique du Viet -Nam), 23 PHAN THI MINH, Mme (République du Sud Viet -Nam), 18, 57 -58

Pharmacodépendance et abus des drogues, 188, 223, 417, 418 -419, 421, 423 -425, 429, 430, 436 -437, 455, 456, 478, 480, 501 -502, 504, 640, 658, 664, 666

épidémiologie, 418, 423, 424, 430, 436 formation de personnel, 478 recherche, 418, 419, 423, 424, 436, 437, 501, 502 système de surveillance, 586

par les pesticides, 513, 645 Pollution de l'environnement, 36, 123, 144, 158, 168, 195, 218, 222, 223, 246, 304, 445, 448, 476, 480, 632, 636, 646 due aux pesticides, 513, 641, 642, 645 formation de personnel, 470 surveillance de ses effets sur la santé, 445 système d'alerte précoce, 585, 586 Pollution des mers, 79, 637, 638 études de biologie marine, 134 Pollution du sol, 445, 470, 637 Pologne, 410, 654, 688 Polyarthrite chronique évolutive, 409 PONS, G. (El Salvador), 7 Population, plan d'action mondial, 45, 124, 146, 355, 621, 622 Voir aussi Année mondiale de la Population; Conférence mondiale de la Population Populations, dynamique des, 36, 123, 190, 248, 273, 363, 621 -622

720

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

PORTER, J. F. (Fédération internationale pour le Planning familial), 27 Portugal, 247 -248, 353, 477, 655, 668 assistance technique au, 248, 630 -631 PORZIO, M. (Organisation mondiale de la Propriété intellectuelle), 25 POSTERNAK, Mme Y. (Commission mixte sur les Aspects internationaux de l'Arriération mentale), 26 Poumon, cancer, 415 maladies chroniques, 409 POUYAN, A. (Iran), 10 POUYAUD, P. (Association médicale mondiale), 26 Poxvirus, recherches sur, 384, 391 PRAKASH, G. (Inde), 10 PRAWIRANEGARA, D. D. (Indonésie), 10, 347, 359 -360, 420, 473, 655 Président de la Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé, 29 discours, 44 -47 élection, 41 Voir aussi MALTER, S. Président de la Vingt -Septième Assemblée mondiale de la Santé, allocution, 37 -39 Voir aussi POUYAN, A. Prévention routière, 188, 445, 476, 531 Primates, utilisation à des fins scientifiques, 438 -439, 444

conférence interaméricaine, 444 PRIVEZ, M. (Association internationale de Médecine agricole et de Santé rurale), 26 Produits biologiques, voir Substances biologiques Produits pharmaceutiques, système de certification de leur qualité, 658, 659, 660, 661, 664, 666, 667, 668, 670 Voir aussi Législation sanitaire; Médicaments Produits vitaminés, 439 Programmation sanitaire par pays, 46, 80, 82, 84, 107, 113, 132, 136, 176, 186, 188, 193, 206, 215, 258, 279, 345, 349, 362, 445, 458, 475, 478, 480, 522, 550, 552, 614, 615 conférence -atelier, Brazzaville, 164 expériences dans les pays, 120, 151, 180, 199, 204, 205, 206, 245, 266, 351, 354, 471, 472, 473, 542

développement des personnels de santé, 136, 138, 194, 209, 251 environnement, pollution, 195, 445, 448, 636 salubrité, 168, 632, 633 éthique médicale, 611 maladies parasitaires tropicales, 148, 210 recherche, 343 paludisme, 121, 207, 511, 519 planification sanitaire nationale, 135, 352 programmation sanitaire par pays, 80, 266 renforcement des services de santé, 532 santé de la famille, 210, 357, 363 vaccins et vaccinations, 369 Programme des Nations Unies pour l'Environnement (PNUE), 84, 303, 307, 340, 373, 446, 451, 586, 613, 631, 632, 633, 636, 637, 638 Programme du Directeur général pour le développement, 73, 180, 339 -340, 484, 497, 499, 513 Programme général de travail pour une période déterminée, cinquième, 73, 84, 120, 124, 127, 135, 142, 161, 170, 193, 471, 481, 534, 622 sixième, 73, 143, 161, 170, 255, 449, 469, 490, 491, 529, 585, 613, 622, 682 durée, 127 Projets, exécution, 180, 186, 549, 550, 551, 552, 584, 615, 617, 675 financement, 279, 550 formulation et évaluation, 83, 180, 362, 449, 465, 584

évaluation, 186, 352 séminaire (1976), 354 Programme, 142, 145 évaluation, 80, 130, 164, 166, 170, 257, 275, 484, 505, 549, 553, 584 planification, 86, 170, 255, 550, 585, 586 système central OMS, 549, 550, 552 priorités, 80, 86, 127, 137, 141, 143, 170, 179, 186, 195, 200, 206, 255, 273, 315, 338, 353, 364, 368, 379, 448, 471, 491, 532, 535, 550, 551, 585, 614 Programme alimentaire mondial (PAM), 36, 155, 173, 280, 283, 357, 472, 496, 614, 625 Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), 484, 490, 496, 621 activités financées par, 548, 611, 613, 614, 615, 616, 617

études sur, 385 frais de soutien, 559, 580, 637, 638 remboursement, 554, 556, 557, 559 liste, présentation, 245, 552, 584 ordre de priorité dans les pays en voie de développement, 253 PROKOPEC, J. (Tchécoslovaquie), 20, 254 -255 Protéines, production d'aliments riches en, 280 Voir aussi Malnutrition protéino- calorique PRYWES, M. (Israël), 11 Psychanalyse, 421 Psychiatrie, 94, 428 Psychotropes, voir Convention sur les substances psychotropes; Médicaments psycho -actifs Publications de l'OMS, 342, 407 -408, 447, 461, 462464, 476 langues employées, 463, 464 statistiques, 452 sur l'éradication de la variole, proposition, 383, 384, 387, 391, 392 sur les discussions techniques, proposition, 301 -302

PULE, E. (Congrès national africain (Afrique du Sud)), 24 PURANANDA, Mlle D. (Thatlande), 20

frais de soutien, remboursement, 465, 554, 556, 557, 559 projets de planification préinvestissement, 385 coopération avec, 283, 340 approvisionnement en eau et assainissement, 133, 149, 218, 638 assistance aux Etats africains ayant récemment accédé à l'indépendance ou en voie d'y accéder, 66, 497 assistance aux mouvements de libération nationale, 618, 619 désastres et catastrophes naturelles, 623, 624, 628

QASSIMI, S. K. AL (Emirats arabes unis), 7 Qatar, 249, 479 QUAMINA, Elizabeth (Trinité -et- Tobago), 20, 369, 416, 457

QUENUM, A. A. (Directeur régional pour l'Afrique), 397 -398, 435, 467 -468, 581, 618

Rachitisme, 362, 503 RAELI, Mme R. (Israël), 11 Rage, 92 -93, 117, 184, 225, 366, 404, 407 -408 RAHHALI, S. M. (Maroc), 13 RAHMAN, K. A. (Bangladesh), 3

INDEX

721

RAHMAN, M. (Bangladesh), 3, 346 -347, 360, 388, 396, 473, 498, 520, 541 RAINONE, I. (Italie), 11, 485 RAIVI0, Mme T. (Finlande), 8 RAMIREZ MARQUEZ, C. A. (Cuba), 6 RAMRAKHA, S. C. (Fidji), Rapporteur de la Commission de Vérification des Pouvoirs, 8, 29, 105, 242, 353 -354, 361, 402, 403 Rapport annuel du Directeur général, 245, 509, 552, 583 -584, 673 pour 1974, 76-95, 105 -108, 109 -241, 244 -258, 263 -286, 486 Rapport financier sur les comptes de l'OMS, pour 1974, 548, 549 -553 pour 1976, 483 présentation, 465, 549, 551, 552, 553 Rapports sur la situation sanitaire dans le monde, 74 RASOLOFONIRINA, J. (Madagascar), 13 Rayonnements, protection contre, 425, 480 Voir aussi Armes nucléaires, essais Rayonnements, utilisations médicales, 409, 425, 480 formation de personnel, 409, 412 Rayonnements non ionisants, protection contre, 425 Réactifs, 435, 440 standardisation, 301, 409, 426, 506 Réadaptation médicale, 158, 174, 208, 246, 349 concernant, épileptiques et malades mentaux, 419, 421, 422, 430, 505 malades atteints de lèpre, 397, 398 malades chroniques, 408, 412, 413, 430, 433, 664 personnes âgées, 475 personnes pharmacodépendantes, 417, 418, 419, 423, 424, 436, 478, 501, 502 formation, 472 services de, 138, 526, 544, 545 Voir aussi Invalidité Recettes diverses, 554 Recettes occasionnelles, 481, 482, 484, 548, 556, 557, 559, 560, 561, 562, 568, 575, 580, 581, 582 rapport, 554 -555 Recherche biomédicale, 47, 123, 137, 285 centres, 126, 206, 343, 679, 680, 682, 683, 684, 686, 687, 688, 689, 690 coordination et développement, 74, 77, 80, 84, 245, 255, 130, 143, 169, 184, 188, 200 -201, 274, 341 -342, 375, 380, 382, 394, 396 -397, 416, 433, 466, 495, 622, 679 -691 crédita alloués et prévisions budgétaires, 557, 559, 682 méthodes, 680, 682, 684 dans les pays en voie de développement, 106, 143, 162, 194, 200, 206, 258, 274, 339, 340, 680, 681, 685, 687, 690 formation à, 680, 683, 684, 685, 687, 688 priorités, 341, 681, 682, 684, 686, 687, 688, 690 régionalisation, 162, 200, 585, 683, 684, 685, 689, 690 système d'information, 616, 680, 684, 685, 686, 687, 688, 690 Voir aussi sous les divers sujets Recherche opérationnelle, 107, 123, 224, 300, 377, 401, 406, 684, 689, 690, 691 Recueil international de Législation sanitaire, 463, 466, 467 REFSHAUGE, Sir William (Association médicale mondiale), 26 Réfugiés et personnes déplacées, assistance sanitaire, 314 Chypre, 84 -854 624, 629, 630 Moyen- Orient, 39, 78, 140, 147, 152, 256, 279, 281 -282, 295 -296, 592 -604

REGAMEY, R. H. (Association internationale des Sociétés de Microbiologie), 26 Régionalisation, 256, 576, 578, 579, 580, 585 de la recherche biomédicale, 162, 200, 585, 685, 689, 690 Régions, centres de documentation, 460 -461 crédits alloués pour les opérations dans les, 557, 559

recherche biomédicale, 341, 585, 680, 684, 685, 689, 690 -691

tableaux d'experts, 106 Règlement du Personnel, amendements, 73 Règlement financier, 500, 552 Règlement intérieur de l'Assemblée mondiale de la Santé, amendements, 673 -674, 677 du Conseil exécutif, 677 Règlement sanitaire international, propositions de révision, 200, 384, 391 Règles de bonne pratique applicables à la fabrication et au contrôle de la qualité des médicaments, 434, 438, 658, 659 -660, 661, 662, 663, 664, 666, 667, 668, 669, 670 REID, J. J. A. (Royaume -Uni de Grande -Bretagne et d'Irlande du Nord), 18, 414, 417, 477, 526 -527, 652

Rein, maladies chroniques, 409, 416 REKOLA, R. (Finlande), 8, 603 Relevé épidémiologique hebdomadaire, 391, 515 RENDER, F. (République Démocratique Allemande), Vice -Président de la Commission B, 17, 29 Représentants de l'OMS, 162, 180, 340, 468, 469, 478, 479, 585, 586 bureaux, 461, 465, 466 Reproduction humaine, 273 recherche, 285, 356, 362, 686 République Arabe Libyenne, 253 République Arabe Syrienne, 146 -147 République Centrafricaine, 164 -165 République de Corée, 267 -268 République Démocratique Allemande, 130, 416, 507, 535, 652, 665 République démocratique du Viet -Nam, 52 -55, 544 admission en qualité de Membre, 52 -63, 321 assistance spéciale à, 56, 309, 499 -501 taux de contribution, 567 République du Sud Viet -Nam, 57 -58 assistance spéciale à, 152, 309, 499 -501 taux de contribution, 332 République populaire démocratique de Corée, 181 -182 République -Unie de Tanzanie, 187, 366, 395, 541 République -Unie du Cameroun, 194, 211, 379, 543, 685

Résolution portant ouverture de crédits, pour 1974, virements supplémentaires, 550 pour 1976, 482, 512 -513 Ressources extrabudgétaires pour le financement des activités sanitaires, voir Fonds extrabudgétaires Ressources hydriques et bassins fluviaux, mise en valeur, 126, 132, 139, 213, 226, 372, 373, 374, 375, 376, 378, 379, 380, 381, 394 Voir aussi Lacs artificiels; Volta, lutte contre l'onchocercose dans le bassin de REXED, B. (Suède), 19, 359, 377, 456, 663 -664, 686 REYNES, Dr (France), 8 Rhumatisme, voir Maladies rhumatismales Rhumatisme articulaire aigu, 410 Rhumatisme cardiaque, 410, 414, 415, 435 Rickettsioaes, 403 RILLIET, B. (Fédération internationale du Diabète), 27

comité spécial d'experts, 147, 193, 282, 592, 594, 595, 596, 597, 598, 599, 600, 603, 604

RINCHINDORJ, T. (Mongolie), 14, 473 RINDER, L. (Suède), 20 Risques pour la santé du fait de l'environnement, 425 RIVERO ROSARIO, H. (Cuba), 6 RIVOIRE, A. (Union internationale des Architectes), 28

722

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

ROASHAN, G. R. (Afghanistan), 1, 287, 288 -289, 352, 386, 479, 487, 667 -668 lauréat de la Médaille et du Prix Dr A. T, Shousha, 287 -289, 313 ROCHAT, Mme M. (Conseil international de l'Action sociale), 27 RODRIGUES, B. (Brésil), 4, 389 -390, 442, 449, 471, 521 -522

Sang humain et dérivés, utilisation et obtention, 426 -427, 435, 440 -444, 466 recherche, 442 SANGARÉ, A. K. (Mali), 13, 212 -214, 352 -353, 401, 468 SANSARRICQ, H. (Lèpre), 396- 397, 406 -407 SANSÓN ROMÁN, D. (Nicaragua), 14 Santé dentaire, voir Hygiène dentaire Santé du Monde, 464, 612 Santé et médecine scolaires, 66, 84, 114, 138, 169, 191, 199, 208, 357, 359, 651, 653, 654, 655

RODRIGUES BOAL, M. (Guinée- Bissau), 9, 71, 496 -497, 498, 562, 620 RODRIGUEZ LARRETA DE PESARESI, Mme R. (Uruguay), 21, 603 -604

ROKER, A. L. (Bahamas), 3 RONN, E. (Israël), 11 ROOS, Mme H. (Finlande), 8

ROOS, Susy (Suisse), 20 ROSS, C. J. M. (Nouvelle -Zélande), 15 ROSSBOROUGH, R. J. B. (Organisation des Nations Unies), 24 ROTH, M. (Fédération internationale de Chimie clinique), 27 Rougeole, 121, 126, 137, 155, 171, 176, 183, 187, 190, 217, 218, 277, 280, 368, 370, 469 Voir aussi Vaccins et vaccinations ROUHANI, M. (Iran), 10, 560, 578, 656 ROUILLON, Annick (Union internationale contre la Tuberculose), 28 Roumanie, 145 -146, 400 -401, 427, 514, 531, 636, 663 ROWE, A. T. (Canada), 4 ROY, J. VAN (Belgique), 3 Royaume -Uni de Grande -Bretagne et d'Irlande du Nord, 201, 390 Rubéole, 393 RUBIAE, T. H. AL- (Irak), 10 RUDOWSKI, W. (Pologne), 16, 82 RUESTA DE FURTER, Mme M. E. (Venezuela), 22 RUTANEN, P. (Finlande), 8 Rwanda, 251 -252 RYCHTELSKA, M. (Conseil international des Infirmières), 27

Santé maternelle et infantile, 104, 133, 273, 284, 353, 355, 356, 357 -360, 362, 469, 476, 480, 531, 543, 613, 616, 621 formation de personnel, 622 programmes et services nationaux, 88, 133, 138 -139, 148, 153, 155, 156, 158, 169 -170, 173, 183, 197, 206, 213, 217, 220, 224, 255, 267, 275, 278, 280, 283, 366, 459, 537 recherche, 357, 362, 622 Voir aussi Enfants; Famille, santé de la Santé mentale, 78, 103, 114, 126, 155, 184, 188, 205, 226, 356, 417 -425, 428 -430, 436 -437, 450, 458, 472, 475, 501 -502, 504 -505

classification et terminologie des troubles mentaux, 504 épidémiologie des troubles mentaux, 420, 504 formation de personnel, 417, 421, 422, 429, 430, 504 législation sanitaire, 276, 418 organisation des services, 478 dans les pays en voie de développement, 429 recherche, 417, 418, 429 -430, 504, 681 rôle des facteurs psycho- sociaux, 94 -95, 246, 418, 420, 429, 430, 446, 478, 639 -641 soins psychiatriques au niveau de la collectivité, 120, 188, 418, 421, 429, 476, 478, 505, 640

système d'information, 429, 430, 504 Voir aussi Arriération mentale Santé publique vétérinaire, 185, 403 -405, 407 -408 S7lo Tomé et Principe, 282 -283, 497

SARTORIUS, N. (Bureau de la Santé mentale), 428 -430, 640

SAADÉ, R. (Liban), 12, 374, 393, 446 SACKS, M. R. (Coordination avec d'autres organisations), Secrétaire de la Commission B, 29, 564, 572, 601, 607, 617, 621, 630, 635, 638, 678, 686, 691 SADELER, D. -C. (Dahomey), 6, 404, 411, 415 -416, 420, 425, 438, 439, 461, 519 SAEGER, J. DE (Belgique), 3, 94 -95 Sages -femmes, 224 -225, 347

SAUTER, A. (Suisse), 20 SAWADOGO, R. (Haute -Volta), 9, 214 -215 SAYED, E. EL (Secrétariat international du Service volontaire), 25 $L`EPIN, 0. P. (Union des Républiques socialistes soviétiques), 21, 272, 340, 341, 342, 383 -385, 392, 393, 484, 489 -490, 491, 500, 682 -683 SCHAMIS, G. J. (Organisation des Etata américains), 25

Voir aussi Soins obstétricaux Sages - femmes traditionnelles, 209, 347, 469, 533, 534 Sahel, sécheresse, 125, 126, 209, 210, 212, 213, 214, 278, 385, 622, 624 -625, 626, 627, 628 SAI, F. T. (Fédération internationale pour le Planning familial), 27 SAIED, A. (Panama), 15, 116 -117 SAIED, H. (Tunisie), 21 SALAR, M. (Niger), 14, 209 -211 SALCEDO NADAL, P. (Venezuela), 22, 167 -169 Salmonelloses, 369 SALOMAO, Mlle M. -A. (Mozambique), 23 SALONEN, K. V. (Finlande), 8 SAMPAIO, A, A. DE CARVALHO (Portugal), 16, 67, 247248, 313 -316, 476, 486, 631 SÁNCHEZ MURIAS, B. (Espagne), 7 SÁNCHEZ ROSADO, M. (Mexique), 14, 616, 656, 669 SAND, E. A. (Belgique), 3 SANDOR, L. (Hongrie), 10

SCHATZMANN, Mlle D. (Fédération internationale de l'Industrie du Médicament), 27 SCHINDLER, Anne -Marie (Association internationale des Femmes Médecins), 26 Schistosoma japonicum, 379, 380 Schistosomiase, 38, 114, 131, 132, 136, 140, 141, 146, 148, 162, 163, 214, 226, 252, 273, 277, 278, 280, 364, 367, 368, 369, 372, 373 -376, 377, 378, 379, 381, 394 -395, 468, 479, 685 association avec le cancer de la vessie, 380, 508, 510 avec les maladies cardio -vasculaires, 416 chimiothérapie, 140, 372, 375, 376, 377, 378, 394, 395 conférence, Le Caire, 141, 377, 380, 632 formation de personnel, 372, 375, 377, 381, 394 immunologie, 376, 394, 427 recherche, 180, 372, 375, 376, 377, 380, 394, 682, 685 surveillance épidémiologique, 374, 376, 381, 395 Schizophrénie, 420

INDEX

723

SCHOLER, H. J. (Société internationale de Mycologie humaine et animale), 28 Sciences de la santé, enseignement, 112, 194, 351, 476 SCHOU, C. (Comité intergouvernemental pour les Migrations européennes), 25 SCHOUWER, P. DE (Belgique), 3 SCHULTHEISZ, E. (Hongrie), 9, 61, 160 -161 SCHUMACHER, M. (Luxembourg), 13 SCHUMANN, G. (République Démocratique Allemande), 17, 306, 607, 621, 636 -637, 646, 647, 648, 671 SCOLIAMIERO, G. (Programme des Nations Unies pour le Développement), 24 SF.BINA, D. B. (Botswana), 4, 404, 442 Sécheresse, 36, 125, 126, 209, 210, 212, 213, 214, 278, 385, 467 -468, 471, 496, 622, 623, 624625, 626, 627, 628 Sécurité sociale et assurance -maladie, 174, 208, 218, 233, 235, 349, 434, 541, 664 SEGHIRATE, A. (Algérie), 1, 487 SEHOULIA, D. (Organisation de l'Unité africaine), 25

organisation; Services de santé ruraux; Soins de santé, systèmes; Soins de santé primaires Services de santé de base, 120, 127, 164, 176, 195, 257, 376, 542, 544 renforcement, 111, 136, 148, 166, 199, 206, 213, 252, 453, 468, 524, 526, 632 Services de santé nationaux, organisation, 53 -55, 57 -58, 66 -67, 78, 84, 85 -86, 87 -88, 111,

SEIXAS, J. C. (Brésil), 4, 162 -163 SELLARS, T. (Canada), 4 SELORMEY, A. H. (Ghana), 9, 69 -70, 171 -172 SENANAYAKE, I. P. (Fédération internationale pour le Planning familial), 27 SENAULT, R. (France; Union internationale d'Education pour la Santé), 8, 28, 362, 381, 382, 390, 392, 393, 395, 411, 415, 418, 432, 433, 437, 440, 457, 460, 463, 464, 477, 494, 495, 498, 546, 685 SENCER, D. J. (Etats -Unis d'Amérique), 7, 386, 388, 396, 422, 432, 438 -439, 450, 471, 491, 522, 689 Sénégal, 125 -127, 627, 636, 640 SEMEZ, J. -C. (Association internationale des Sociétés de Microbiologie), 26 SERRATE AGUILERA, J. (Bolivie), 4, 570 Services de santé, 134 coat, 109, 477 étude sur différents moyens de répondre aux besoins sanitaires fondamentaux dans les pays en voie de développement, 168, 351, 526, 530, 531 -532, 534, 535, 536, 543, 611 fin4ncenenP, 216, 349, 532, 539 instituts pour le développement des services de santé, 120, 245, 253, 689, 690 participation de la collectivité aux activités sanitaires, 86, 117, 126, 149, 150, 187, 188, 199, 208, 216, 224, 246, 350, 354, 357, 469, 529, 530, 531, 532, 534, 535, 536, 539, 541, 542, 546 recherche, 171 planification, évaluation et gestion, 195, 204, 246, 248, 427, 475, 476, 477, 530, 531, 545, formation de personnel, 274, 475 promotion et renforcement, 38, 80, 145, 164, 169, 175, 202, 203, 255, 309, 316, 345, 347, 348, 349 -355, 478, 479, 489, 490, 492, 494, 500, 538 -546

116 -117, 118, 120 -121, 125, 127, 130, 133, 135, 137, 139, 143, 144, 145, 146, 152 -154, 157 -160, 163, 166, 169 -170, 174, 175, 177, 179, 181, 183, 189, 190 -191, 192, 197, 199, 201, 205, 206, 207 -208, 209, 214, 217 -218, 220, 224, 233 -237, 246 -247, 248, 249, 250, 264, 278, 283 Services de santé ruraux, 120, 201, 274, 280, 461, 475, 480, 497, 524, 526, 529, 531, 533, 538, 539, 544, 622 crédits alloués, 550 personnel, 122, 347, 354 formation, 155, 197, 342, 345, 346 -347, 348, 532 manuel d'instruction, 461 programmes nationaux, 53, 116, 124, 144, 146, 154, 163, 168, 173, 174, 175, 179, 181, 183, 185, 189, 201 -202, 204, 214, 215, 218, 224, 275, 345, 350, 353, 388, 520, 537, 541, 542 recherche, 125, 172 Volt aussi Agents de santé de village; Agents de soins de santé primaires; Médecine rurale Services juridiques, 466 -467 SEUTIN, R. (Comité international catholique des Infirmières et Assistantes médico- sociales), 26 Sevrage, aliments de, 276, 360 -361

Sexualité humaine, enseignement dans les établissements formant les personnels de santé, 358, 362

SHARIF, M. (Office de Secours et de Travaux des Nations Unies pour les Réfugiés de Palestine dans le Proche -Orient), 24, 592 -593

SHEEHAN, C. (Irlande), 11 SHERIF, A. A. (République Arabe Libyenne), 17 SHRIVASTAV, J. B. (Inde), 10, 291, 326, 330, 339, 340, 341, 343, 352, 365, 389, 393, 395 -396, 397, 398, 411, 412, 418, 439, 442, 443, 453, 457, 461, 473, 517 -518; 539, 546, 556, 563, 564 SIBOULET, A. (France), 8 SICAULT, G. (Union internationale d'Education pour la Santé), 28 SIDERIUS, P. (Pays -Bas), 15 Siège de l'OMS, 386 construction d'un bâtiment préfabriqué, 555, 575580, 581, 582 structure organique, 82, 339, 460, 466, 527, 545, 546

Sierra Leone, 111 -112 SIGMUNDSSON, K. (Islande), 11 SIGURDSSON, P. (Islande), 11 Silicose, 414 SILVA, M. (Brésil), 4

avec extension A l'ensemble de la collectivité, 74, 83, 85, 179, 206, 215, 217, 245, 274, 318, 342, 351, 352, 468, 469, 471, 473, 475, 480, 496, 497, 524, 526 -537, 538 -546, 622

Simiens, utilisation à des fins scientifiques, 438 -439, 444

conférence interaméricaine, 444 Singapour, 190 -191 SINGH, J. S. (Fidji), 8, 51, 132 -135 SINGH, K. (Inde), Vice -Président de l'Assemblée de la Santé, 10, 29, 121 -124, 322, 323 SINGH, P. (Inde), LO

réunion, proposition, 130, 529, 530, 535, 541, 543, 545, 546 séminaires, symposiums et conférences -ateliers, 53Z

recherche, 179, 349, 351, 358, 529, 540, 545, 681, 689, 690 Voir aussi Personnels de santé; Planification sanitaire nationale; Services de santé nationaux,

SINGHATEH, K. F. (Gambie), 9, 70 -71, 148 -149, 618619, 621, 624 -625 SIPILA, Mme H. (Organisation des Nations Unies), 24, 102 -104

SIRRY, A. (Egypte), 6, 353, 359, 373, 374 -376

724

VINGT- HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

Situation financière de l'OMS, examen, 547 -555, 569 -570, 571 -572

Situation monétaire internationale, répercussions, 38, 73, 82, 94, 110 -111, 253, 338, 339, 464, 467, 476, 477, 481, 482, 483, 484, 485, 487, 547, 549, 550, 552, 557, 558, 559, 576, 577 groupe de travail de l'Assemblée générale des Nations Unies, 575 Situation sanitaire dans le monde, rapports, 74 SIWALE, S. H. (Zambie), 22, 380, 397, 487 SKALLI, A. (Maroc), 13 SLEIJFFERS, P. D. M. (Comité international catholique des Infirmières et Assistantes médicosociales), 26 SLIWINSKI, M. (Pologne), 16 SOBOTKOVÁ, Anna (Tchécoslovaquie), 20, 617, 637, 677, 688 Société internationale de Cardiologie, 431 Société internationale de Soins aux BrOlés, 431 Société internationale des Thromboses et de l'Hémostase, 426 Société internationale de Transfusion sanguine, 426, 443, 444 Société internationale d'Hématologie, 426 Soins de santé, systèmes de, 86, 145, 176, 246 -247, 257, 353, 354 -355, 477, 528, 530, 532, 533, 534, 535, 542, 544 information sur, 255, 350 -351, 352 recherche, 172, 277, 478, 680, 681, 689, 690 Soins de santé primaires, 45, 74, 83, 107, 112, 118, 125, 131, 132, 187, 189, 280, 318, 349, 351, 353, 355, 356, 473, 480, 526 -537, 538 -546, 669, 687 définition, 546 recherche, 179, 529, 540, 545 réunion, proposition, 130, 529, 530, 535, 541, 543, 545, 546 séminaires, symposiums et conférences -ateliers, 532

sur les maladies visées par le programme élargi de vaccination, 367, 370 sur l'infarctus du myocarde, 414 STEFANINI, P. (Collège international des Chirurgiens), 26 STEMPEL, O. VON (Allemagne, République fédérale d'), 1, 492

STEPCZYNSKI, S. (Organe international de Contrôle des Stupéfiants), 25 Stérilisation, 285 Stérilité et infécondité, 168, 225 -226, 298, 360, 363

recherche, 176, 356, 357, 363 STORCK, H. (Suisse), 20 Streptocoques, recherches sur les infections A, 277, 416 Stress, 419, 420, 421, 429, 445 Structure organique de l'OMS, 82, 339, 460, 466, 527, 545, 546, 579, 681, 686 Stupéfiants, 75, 424, 664, 666 Voir aussi Conventions internationales sur les stupéfiants; Convention unique sur les stupéfiants; Pharmacodépendance et abus des drogues Substances biologiques, production et contrôle de la qualité, 480 sécurité d'emploi et efficacité, contrôle, 434, 435, 661 standardisation, 434, 435, 438 -439, 444, 504 recherche, 681 Substances chimiques de référence, 426, 434, 435 Substances chimiques potentiellement toxiques, registre, 633, 638 Substances prophylactiques, diagnostiques et thérapeutiques, 73, 83, 109 -110, 398, 434 -435, 437 -444, 480, 504, 658 -670

services, 82, 85, 135, 139, 168, 185, 201, 204, 209, 224, 350, 359, 475, 478, 516 Voir aussi Agents de soins de santé primaires Soins et enseignement infirmiers, 130, 133, 138, 147, 167, 183, 249, 250, 252, 275, 301, 346, 347, 358, 359, 472, 539 législation sanitaire, 209 Voir aussi Infirmières Soins obstétricaux, 421 enseignement, 167, 278, 347, 537 Voir aussi Accoucheuses traditionnelles; Sages femmes Sol, pollution, voir Pollution du sol Somalie, 184 -186, 380, 387 -388, 623, 628 SOMOGYI, J. C. (Union internationale des Sciences de la Nutrition), 28 SORENSEN, S. K. (Danemark), 6 SOROUR, A. H. (Emirats arabes unis), 7, 479 Souaziland, 280 -281 Soudan, 139 -140, 351, 376 -377, 447 SPAANDER, J. (Pays -Bas; Association internationale

Suède, 313, 419, 456, 540, 664 SUGOHO, K. (Papua- Nouvelle -Guinée), 23 Suicide, 421, 640 Suisse, 456, 643 SULIANTI SAROSO, Julie (Indonésie), 10, 244 -245, 259, 293 -294, 317 -318, 330, 379 -380, 387, 396, 403, 405, 486, 530, 555, 564, 635 -636, 639, 640, 644 -645, 667, 677, 689

SULTAN, M. (Oman), 15 SUMNER, V. E. (Sierra Leone), 19 SUMPAICO, J. (Philippines), 16, 223 -225, 314, 366, 376, 415, 425, 441, 481 SUNG Wing Heun (Singapour), 19 Surveillance épidémiologique, voir Epidémiologie et surveillance épidémiologique SUTHISOMBOON, Kalaya (ThaTlande), 20 SVINDLAND, Mme A. B. (Norvège), 15 SWEGER, C. (Suède), 20 Syphilis, 92, 276, 298, 299, 368, 403, 431 diagnostic, 300, 409 SZASZKIEWICZ, Mlle B. (Organisation des Etats américains), 25

de Radioprotection; Société internationale d'Hématologie), 16, 26, 28, 425, 450 Sri Lanka, 264 -265

STÁHL, J. (Tchécoslovaquie), 20 Standardisation biologique, 435 Voir aussi Substances biologiques Statistiques sanitaires, 120, 203, 241, 452 -459, 480 enseignement et formation de personnel, 452, 453, 454, 456, 458 prévisions budgétaires, 453, 458 services nationaux, 182, 184, 452, 453, 454, 458 sur la brucellose, 404 sur l'alcool, 420, 454 -455, 458, 502

TABA, A. H. (Directeur régional pour la Méditerranée orientale), 477 -479 Tabac, usage du, 86, 414, 4016, 508, 531 passif, 412, 415 TABBAA, A. S. AL- (Arabie Saoudite), 2, 376 Tableaux d'experts, 76, 191 régionaux, 106 TACIER, Mme E. (Fédération mondiale des Ergothérapeutes), 27

INDEX TAINE, S. I. (Bureau des Services de Bibliothèque et de Documentation en matière de Santé), 459 -460, 461 TAITT, T. C. (Trinité -et- Tobago), 20, 275 -277 TAJELDIN, S. A. (Qatar), 17, 448, 479 TARCICI, A. (Yémen), 22, 587, 589, 590 -591, 601 TARIMO, E. (République -Unie de Tanzanie), 18, 336, 395, 460 -461, 486, 520 -521, 541 -542 TARIZZO, M. L. (Maladies à virus), 407 TATÓN, J. (Pologne), 16, 410, 416, 500, 637, 654, 662, 688 TAYLOR, C. N. D. (représentant du Conseil exécutif), 24, 72 -76, 285, 549 -550, 556 -557, 565, 568, 569, 572 -573, 574, 575, 581, 583, 584 -585, 586, 587, 604- 605, 609, 618, 621, 622, 630 -631, 639, 641, 658, 672 -674, 680 Tchécoslovaquie, 254 -255, 412 -413, 662 Technologie, application dans les pays en voie de développement, 349, 350, 429, 659 recherche, 245 transfert, 105 -106, 143, 204, 341, 475, 532, 681 TEKLE, A. (Ethiopie), 8, 388 -389, 403, 433, 479, 498, 525 Tétanos, 121, 184, 187 du nouveau -né, 90 Voir aussi Vaccina et vaccinations THACHER, P. S. (Programme des Nations Unies pour l'Environnement), 24, 373 Thailande, 204, 471, 473 Thalassémie, 84 THAPA, Mme S. (Népal), 14, 119 -121 THAUNG LWIN (Birmanie), 4 THAUNG TIN (Birmanie), 4 THEIN NYUNT (Birmanie), 3 THIBAULT, P. (Canada), 5, 603, 619 THILLY, C. (Belgique), 3 TIBURCIO GAMARRA, M. (Pérou), 16 TIGYI, J. (Hongrie), 10, 287, 345 TITO DE MORAES, Mlle M. P. (Conseil international des Infirmières), 27 TOBAR, E. (Equateur), 7 TODOROV, A. (Bulgarie), 4, 117 -119 TOFTEMARK, C. (Danemark), 6 TOMIC, Mme Z. (Yougoslavie), 22, 141 -143 TOMICHE, F. (Directeur de la Division de l'Information), 464 Tonga, admission en qualité de Membre, 51 -52, 64, 321 taux de contribution, 566 TONGUE, A. (Conseil international sur les Problèmes de l'Alcoolisme et des Toxicomanies), 27 TONGUE, Eva (Conseil international sur les Problèmes de l'Alcoolisme et des Toxicomanies), 27 TOPA, S. (Pologne), 16 TOROVSKY, R. (Autriche), 2 TORRES NAVARRO, J. (Bolivie), 4, 182 -184, 322, 604 TOTTIE, M. (Suède), 20, 387, 403, 419, 432, 433, 437 492, 497, 500, 501 -502, 540 TOUBASI, A. (Organisation de Libération de la Palestine), 24, 281 -282 TOUHAMI, A. (Maroc), 13, 256 -257 TOUNSI, A. (Maroc), 13 TOURÉ, M. (Sénégal), 19, 578, 589, 594 -595, 606, 627 -628, 636, 640, 656, 669, 677, 689 Toxicologie, 446 Toxicomanie, voir Pharmacodépendance et abus des drogues Trachome, 371, 393, 399, 472 Traitements et indemnités, 485, 583 Directeur général, 557, 565 personnel des catégories professionnelles et supérieures, 73, 481, 556, 557, 558 postes non classés, 565 Transfusion sanguine, services de, 426, 427, 441, 442 TRAN VINH HIEN (République du Sud Viet -Nam), 18, 272

725

Travailleurs, santé des, 360, 445, 447 -450, 530, 613 dans l'agriculture, 170, 360, 363, 447, 449, 450, 451, 644 dans l'industrie, 93, 170, 448, 449 migrants, 299, 449, 450 Voir aussi Médecine et sécurité du travail Travailleurs de santé primaire, voir Agents de soins de santé primaires TRAZZINI, M. (France), 8, 500 -501 Trinité -et- Tobago, 275 -277, 416

Trypanosomiase, 38, 140, 162, 164, 176, 205, 210, 214, 258, 277, 379, 382, 416, 681 médicaments, 382 recherche, 167 TSAO Hsiao -ting (Chine), 5, 373 -374, 479 TSURUMI, K. (Japon), 12, 222 -223 Tuberculose, 120, 121, 133, 136, 137, 157, 162, 176, 183, 190, 192, 207, 225, 250, 252, 277, 369, 370, 371, 388, 389, 391, 396, 406, 480 chimiothérapie et médicaments antituberculeux, 400, 401, 406 formation, 401 programmes nationaux de lutte, 91, 114, 138, 146, 205, 226 -232, 254, 266, 267 recherche, 401, 406 séminaire, Conakry, 368 Voir aussi BCG, vaccin et vaccination TUDOR, V. (Roumanie), 18 Tumeurs, antigènes spécifiques, 409 classification et nomenclature, 506 Tumeurs animales, classification, 407 Tunisie, 113 -116, 378 Turquie, 273 TWUMASI, P. (Ghana), 9, 417, 620 TYDEMAN, E. (Pays -Bas), 16, 492 Typhus exanthématique, 157, 184, 252, 277, 403, 407 TZUJENCHOKA (Chine), 5, 536 -537

UEMURA, K. (Directeur de la Division des Statistiques sanitaires), 452, 458 UHRICH, R. B. (Etats -Unis d'Amérique), 8, 509, 614615, 616, 620, 628 -629, 638 -639, 644 UNESCO, voir Organisation des Nations Unies pour l'Education, la Science et la Culture Union des Républiques socialistes soviétiques, 169170, 313, 506, 654, 666 Union internationale contre le Cancer, 188, 505, 506 Union internationale d'Education pour la Santé, 356 UNITAR, voir Institut des Nations Unies pour la Formation et la Recherche UNRWA, voir Office de Secours et de Travaux des Nations Unies pour les Réfugiés de Palestine dans le Proche -Orient Urbanisation et industrialisation, effets sur l'environnement et la santé, 126, 144, 149, 205, 223, 246, 299, 417, 419, 421, 428, 429, 448, 449, 480, 640, 650 Uruguay, 225 -240

Vaccination, programme élargi, 126, 190, 194, 200, 201, 212, 225, 245, 256, 357, 364 -371, 384, 389, 392, 406, 469, 470, 472 compte spécial, 190, 365, 366 financement, 366, 368, 369, 470 formation de personnel, 367, 370, 472 programmes nationaux, 54, 66,.138, 140, 144, 146, 157, 187, 192, 217, 358, 537 recherche, 365, 367 séminaires, 171, 212 -213, 365, 366, 367. 369, 370

726

VINGT -HUITIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE, PARTIE II

Vaccins, contr8le de la qualité, 368, 369, 404, 434 évaluation, 367, 370 fourniture, 138, 187, 210, 313, 339, 365, 366, 367, 368, 370, 383, 387, 470, 496, 627, 628 production et mise au point, 54, 58, 144, 225, 366, 367, 369, 434, 472, 680 registre des fabricants, 365 transport et stockage, 365, 367, 369, 469 guides techniques, 365, 367 Vaccins et vaccinations, choléra, 37, 210, 274, 626 diphtérie /tétanos /coqueluche, 90, 117, 133, 155, 168, 174, 207, 210, 225, 366, 367 fièvre jaune, 89, 117, 210, 212, 217, 401 fièvre typholde, 626 grippe, 90, 91, 402, 405 hépatite, 406, 438 Lèpre, 397, 398, 681 maladies gastro -intestinales, 469 méningite cérébro- spinale, 79, 138, 140, 210 paludisme, 121, 368, 514, 516, 518, 519, 523 peste bubonique, 627 poliomyélite, 79, 90, 117, 155, 168, 174, 207, 210, 221, 365, 366, 367, 369, 370, 402, 405406, 438, 444, 627 rage, 225, 366 rougeole, 66, 90, 117, 121, 126, 144, 155, 168, 174, 183, 190, 207, 210,-217, 221, 278, 280, 283, 368, 370, 402, 470 schistosomiase, 372, 376 syphilis, 368 tuberculose, voir BCG typhus exanthématique, 184, 403, 407 variole, 37, 66, 90 -91, 121, 138, 140, 168, 171, 185, 190, 210, 367, 383, 384, 387, 388, 389, 390, 391, 392, 401, 470, 471, 544 VAKIS, C. (Chypre), 5, 83 VALLADARES, R. (Venezuela), Rapporteur de la Commission B, 22, 29, 556, 571 -572, 580, 583, 586, 587, 592, 604, 605, 609, 612, 617 -618, 623, 635, 640 -641, 646, 670, 672, 687, 691 VANNUGLI, R. (Italie), 11, 551, 577, 623, 655, 668, 671

VENEDIKTOV, D. D. (Union des Républiques socialistes soviétiques), 21, 303 -305, 310, 322, 323, 331, 332, 506, 510, 530, 545 -546, 646 -647, 648, 670671

Vénéréologie, enseignement, 300 Venezuela, 167 -169

VERHOESTRAETE, L. J. (Conseil des Organisations internationales des Sciences médicales), 26 Vessie, cancer, association avec la schistosomiase, 380, 508, 510 Vice -Présidents de la Vingt -Huitième Assemblée mondiale de la Santé, 29 élection, 41 Vieillissement des populations, voir Personnes âgées et vieillards VIGNES, C. -H. (Questions constitutionnelles et juridiques), Secrétaire de la Commission de Vérification des Pouvoirs, 29 VILLIERS, A. J. de (Canada), 5, 423 -424, 437, 484485, 492, 687 -688 VIOLAKIS- PARASKEVAS, Meropi (Grèce), Vice -Président par intérim de la Commission A, 9, 29, 194 -196, 346, 354, 381, 390, 396, 412, 421, 432, 434, 442, 448, 450, 476 -477, 486, 514, 543 -544 VIOT, Mme M. (France), 8 Virus oncogènes, recherches sur, 507 Vitamine A, 360, 371 carence en, 122, 155, 356, 361, 362, 363, 393 enrichissement des aliments en, 202, 218, 627 Vitamines, voir Produits vitaminés VOGEL, G. (République Démocratique Allemande), 17 Voies respiratoires, maladies, 250, 402 chroniques, 409 VOIGTLAENDER, H. (Allemagne, République fédérale d'), 2 Volta, lutte contre l'onchocercose dans le bassin de, 136, 148, 172, 200, 210, 214, 217, 364, 368, 373

Variole, 37, 128, 137, 138, 157, 162, 167, 183, 189190, 207, 210, 217, 221, 223, 225, 256, 393, 470, 471 certification de l'éradication, 383, 387, 391 complications postvaccinales, 390, 391 compte spécial pour l'éradication, 390, 548 dispositions du Règlement sanitaire international, 200, 384, 391 programme d'éradication, 73, 80, 84, 117, 118, 121, 122, 128, 131, 132, 136, 137, 140, 145, 163, 169, 171, 176, 187, 188, 200, 202, 205, 207, 212, 217, 248, 249, 255, 257, 266, 273, 277, 278, 339, 340, 364, 367, 368, 369, 383385, 387 -392, 469, 472, 473 coordination des opérations entre pays limitrophes, 388 financement, 383, 387, 390 surveillance épidémiologique, 120, 266, 383, 384, 387, 388, 389, 390, 391, 392, 471 Voir aussi Vaccins et vaccinations VASSILOPOULOS, V. (Chypre), 5, 373, 404, 479, 599, 654 -655, 662

financement, 172, 279, 465 Voyage, remboursement des frais de, 73, 386, 466, 557, 610, 617 -618, 619, 620, 621 VOZZI, L. (Italie), 11, 492 VU LE (République du Sud Viet -Nam), 18 VUYLSTEEK, K. (Belgique), 3

WALKER, H. S. (Jamatque), 12, 330 WALTER, Sir Harold (Maurice), 13, 81, 113, 262, 291, 313, 629 WATTEVILLE, H. DE (Fédération internationale de Gynécologie et d'Obstétrique), 27 WEGMARSHAUS, F. (République Démocratique Allemande), 17

WEINSTOK, H. (Costa Rica), 5, 218 -219 WELLMAN, H. R. (Fonds des Nations Unies pour la Lutte contre l'Abus des Drogues),225 WEVER, A. DE (Belgique), 3, 632 -633, 666, 683 -684, 691

WHITLAM, S. C. (Australie), 2, 604 WICKLAND, B. (Organisation des Nations Unies), 24, 626 -627

Vecteurs, 37 -38, 149, 373, 377, 378, 379, 382, 403, 405, 408, 480, 516, 519 lutte biologique, 372, 378, 379, 405, 516, 523 lutte génétique, 518, 523 résistance aux insecticides, 121, 140, 174, 265, 377, 472, 511, 513, 514, 517, 518, 519 recherche, 405, 408, 516 VELIMIROVIC, B. (Autriche), 2, 307 -308, 365, 438, 439, 522 -523, 537 -538, 551, 651 -652, 657 -658

WILLCOX, R. R. (Union internationale contre les Maladies vénériennes et les Tréponématoses), 28 WILLERSLEV -OLSEN, W. (Danemark), 6 WILSON, Sir John. F. (Organisation mondiale contre la Cécité), 28 WILSON, W. J. -S. (JamaYque), 12 WINSPEARE GUICCIARDI, V. (Directeur général de l'Office des Nations Unies à Genève), 35 -36 WIRJOWIDAGDO, S. (Indonésie), 10, 350, 525 WIRTH, G. (Allemagne, République fédérale d'), 2, 563, 577

INDEX

727

WOLF, Mme C. (République Démocratique Allemande), 17, 490 WONE, I. (Président du Comité spécial d'experts chargé d'étudier la situation sanitaire des habitants des territoires occupés du Moyen -Orient), 24, 592 WONG SHIU LEUNG, A. Y. (Maurice), 13 WRIGHT, C. A. (Union internationale des Sciences biologiques), 28 WRIGHT, J. (Niger), 14, 351, 354, 360, 486 -487, 521 -522, 525, 546, 590, 591, 606, 6.28, 637

YOCHAI, D. (Israel), 11 Yoga, 123, 418, 420, 430 YOKO, Y. (Zaire), 22 Yougoslavie, 143, 514 -515, 636, 644, 653, 664 YULE, Mlle B. (Ligue des Sociétés de la Croix- Rouge), 27

ZAHRA, A. (Directeur de la Division de la Santé Xérophtalmie, 371, 393, 399, 472 de la Famille), 355 -357, 362 -363 Zaire, 205 -206

YAFI, M. A. EL- (République Arabe Syrienne), 17 YAGHLIAN, A. (Jordanie), 12, 600 YAMANAKA, Y. (Japon), 12 YANEZ, P. R. (Argentine), 2, 87 -93, 345 YAQOUB, E. M. (Bahrein), 3 YAROM, D. ( Israel), 11

YAW, O. (Turquie), 21 YASIN, A. (Emirats arabes unis), 7 YELLOWLEES, H. (Royaume -Uni de Grande- Bretagne et d'Irlande du Nord), 18, 200 -201, 322, 382 Yémen, 256

Zambie, 138 -139, 380, 417, 683 ZANDER, E. (Fédération mondiale des Sociétés de Neurochirurgie), 27 ZDRAVIC, F. (Société internationale de Soins aux Brûlés), 28 ZERIKLY, G. AL- (Ligue des Etats arabes), 25 ZOLLNER, M. -L. (Secrétariat international du Service volontaire), 25 Zoonoses, 79, 167, 184, 404, 405, 407 -408 surveillance épidémiologique, 408 ZOUPANOS, T. S. (Organisation des Nations Unies), 24, 618 ZSOGON, Eva (Hongrie), 9, 508

Key facts
Document type Publications
Adoption date
Source World Health Organization