&1948 11998 ORGANISATION MONDIALE DE LA SANTÉ B u r e a u r é g io n a l d e l ’E u r o p e C o p e n h a g u e COMITÉ RÉGIONAL DE L’EUROPE Quarante-huitième session, Copenhague, 1 4 - 1 8 septembre 1998 Sa n t é 21 - In t r o d u c t io n à l a p o l it iq u e d e l a Sa n t é po u r to u s p o u r l a R é g io n e u r o pé e n n e d e l ’ O M S 1. Le présent document est une version succincte de la poli tique de la Santé pour tous. Il est indissociable du document présentant la version intégrale de la politique, intitulé Santé 21 - La politique de la Santé pour tous pour la Région européenne de l'O M S- 21 buts pour le XXIe siècle (document EUR/RC48/10). 2. Ce document succinct a été établi conformément à la réso lution EUR/RC47/R6. Il décrit brièvement l’essence de la politique de la Santé pour tous, en mettant l’accent sur les questions essen tielles et les grandes stratégies, ainsi que sur le rôle de l’OMS. Il s’adresse principalement aux gouvernements, aux ministères et aux administrateurs de haut niveau de la santé publique. 3. Ce document est présenté au Comité régional pour approbation. Point 3 c) de l’ordre du jour provisoire EUR/RC48/9 22 juillet 1998 04998 ORIGINAL : ANGLAIS DÉCLARATION MONDIALE SUR LA SANTÉ Adoptée parla communauté mondiale de la santé lors de la cinquante et unième Assemblée mondiale de la santé, en mai 1998. I Nous, États Membres de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), réaffirmons notre attachement au principe énoncé dans la Constitution de l'Organisation selon lequel la possession du meilleur état de santé qu'il est capable d'atteindre constitue l'un des droits fondamentaux de tout être humain; nous affirmons par là la dignité et la valeur de chaque personne, ainsi que l'égalité des droits et des devoirs et la responsabilité de tous dans le domaine de la santé. II Nous reconnaissons que l'amélioration de la santé et du bien-être des peuples est le but ultime du dévelop pement économique et social. Nous sommes attachés aux valeurs morales d'équité, de solidarité et de justice sociale, et à la prise en compte des spécificités de chaque sexe dans nos stratégies. Nous mettons l'accent sur l'importance de la réduction des inégalités sociales et économiques pour améliorer la santé de l'ensemble de la population. Il est par conséquent impératif d'accorder la plus haute attention à ceux qui sont les plus démunis, qui souffrent d'une mauvaise santé, ne bénéficient pas de services de santé adéquats ou sont victimes de la pauvreté. Nous réaffirmons notre volonté de promouvoir la santé en agissant sur ses principaux déterminants et ses conditions de base. Nous reconnaissons que, pour faire évoluer la situation sanitaire mondiale, nous devons donner effet à la «politique de la Santé pour tous pour le XXIe siècle» par la mise en œuvre de politiques et de stratégies régionales et nationales appropriées.1 III Nous nous réengageons à renforcer, adapter et réformer, selon le cas, nos systèmes de santé, y compris les fonctions et services essentiels de santé publique, pour assurer un accès universel à des services de santé fondés sur des données scientifiques, de bonne qualité et dans des limites de coût abordables et qui puissent être durablement assurés à l'avenir. Nous entendons rendre accessibles les éléments essentiels des soins de santé primaires tels qu'ils sont définis dans la Déclaration d'Alma-Ata2 et développés dans la nouvelle politique. Nous continuerons à mettre en place des systèmes de santé adaptés à l'état de santé actuel et futur, à la situation socio-économique et aux besoins des populations, des communautés et des pays concernés par des actions publiques et privées et des investissements judicieux. IV Nous reconnaissons que, dans l'action en faveur de la santé pour tous, les nations, les communautés, les familles et les individus sont interdépendants. En tant que communauté de nations, nous agirons ensemble pour faire face aux dangers communs qui menacent la santé et pour promouvoir le bien-être universel. V Nous, États Membres de l'Organisation mondiale de la Santé, prenons ici la résolution de promouvoir et d'appuyer les droits et les principes, les actions et les responsabilités énoncés dans la présente Déclaration par des efforts concertés, et une participation et un partenariat pleins et entiers, et demandons à tous les peuples et à toutes les institutions d'adhérer à la vision de la santé pour tous au XXIe siècle et d’oeuvrer ensemble & sa concrétisation. 1 Ce dernier membre de phrase n’est pas un caractère gras dans l’original. 2 Adoptés i la Conférence internationale sur les soins de santé primaires tenue à Alma-Ata du 6 au 12 septembre 1978, et entérinée par la trente deuxième Assemblée mondiale de la santé dans sa résolution WHA32.30 (Mai 1979). S O M M A IR E Page Pourquoi la SANTÉ 21 ? ........................................................................................................................................2 Un programme pour la santé........................................................................................................................2 La politique mondiale de la Santé pour tous.............................................................................................. 3 La santé 21 est la façon dont la région européenne donne suite à la politique mondiale de la Santé pour tous........................................................................................................................................................3 Solidarité et équité en matière de santé..............................................................................................................4 Combler l’écart de santé entre les pays.......................................................................................................4 Combler l’écart de santé dans les pays.......................................................................................................5 Une meilleure santé pour les habitants de la Région européenne de POMS.................................................. 6 Améliorer la santé d’un bout à l’autre de la vie.........................................................................................6 Lutte contre la maladie et les traumatismes............................................................................................... 8 Stratégies multisectorielles pour une santé à long terme................................................................................ 10 Réorienter le secteur de la santé vers l’amélioration des résultats................................................................ 12 Gérer le changement en faveur de la santé.......................................................................................................15 Le rôle de POMS et de ses partenaires en faveur de la santé.........................................................................16 Conclusion...........................................................................................................................................................18 Annexe 1. Relation entre les buts mondiaux et régionaux de la Santé pour tous........................................19 R é su m é ............................................................................................................................................................................................1 EUR/RC48/9 page 1 Résumé Cela est-il favorable à la santé ? Question simple mais profonde. En se la posant, les décideurs peuvent modifier le développement humain. Alors que nous nous approchons du XXIe siècle, les Européens recherchent un mode de développement et de croissance plus responsable sur le plan social et plus viable. Très souvent, cela implique un compromis entre la recherche de la richesse et la protection et l’amélioration de la santé. «O n peu t m esu rer le Comme indiqué dans la Déclaration mondiale sur la santé3, la santé est l’un des droits pou'voiïpubîîc^en ex” fondamentaux de tout être humain. Elle est une condition préalable au bien-être et à m inan t leu rs effets su r la qualité de la vie. Elle est un critère qui permet de mesurer les progrès accomplis la santé» vers la réduction de la pauvreté, la promotion de la cohésion sociale et l’élimination des discriminations. En conséquence, on peut mesurer les succès des politiques des pouvoirs publics en examinant leurs effets sur la santé. Une bonne situation sanitaire est indispensable pour une croissance économique viable. L’investissement intersectoriel pour la santé non seulement libère de nouvelles ressources pour la santé mais en outre a des avantages plus larges, car il contribue au développement économique et social global à long terme. L’investissement dans des soins de santé axés sur des résultats améliore la santé et permet de déterminer les ressources qui peuvent être dégagées pour faire face aux exigences croissantes auxquel le secteur sanitaire doit répondre. La politique SANTÉ 21 pour la Région européenne de l’OMS comporte les principaux éléments suivants : Le BUT GÉNÉRAL INCHANGÉ est de permettre à chacun de réaliser pleinement son potentiel de santé. IL Y A DEUX OBJECTIFS PRINCIPAUX : • Promouvoir et protéger la santé des individus tout au long de leur vie • Réduire l’incidence des principales maladies et des principaux traumatismes, et les souffrances qui en résultent. t r o i s v a l e u r s FONDAMENTALES constituent le fondement éthique de la SANTÉ 21 : • la santé est un droit fondamental de la personne humaine', • l 'équité en matière de santé et une solidarité agissante entre les pays, dans les pays et entre leurs habitants; • la participation et la responsabilité des individus, des groupes, des institutions et des communautés pour un développement sanitaire continu. Q u a t r e g r a n d e s s t r a t e g i e s d ’a c t i o n ont été retenues pour faire en sorte que la viabilité scienti fique, économique, sociale et politique soit l’élément moteur de la mise en œuvre de la SANTÉ 21 : • des stratégies multisectorielles visant à influer sur les déterminants de la santé, en tenant compte des aspects physiques, économiques, sociaux et culturels et des spécificités de chaque sexe et en utilisant l’évaluation des effets sur la santé; • des programmes et des investissements axés sur les résultats en matière de santé pour le dévelop pement sanitaire et les soins cliniques; • des soins de santé primaires intégrés et axés sur la famille et le cadre local, soutenus par un système hospitalier souple et apte à faire face à diverses situations; et • un processus participatif de développement sanitaire auquel s’associent des partenaires s’intéressant à la santé - au foyer, à l’école et sur le lieu de travail, à l’échelon des collectivités locales et du pays - et qui favorise la prise de décision, la mise en œuvre et la responsabilité conjointes. 3 Voir deuxième page de couverture. EUR/RC48/9 page 2 Vingt et un buts de la Santé pour tous ont été fixés. Ils énoncent les besoins propres à la Région euro péenne tout entière et indiquent les mesures qu’il convient de prendre pour améliorer la situation. Ils serviront de points de repère pour mesurer les progrès enregistrés dans l’amélioration et la protection de la santé et dans la réduction des risques pour la santé. Ensemble, les 21 buts de la Santé pour tous constituent un cadre ambitieux - mais non un carcan - pour élaborer des politiques sanitaires dans les pays de la Région européenne. La S A N T É 2 1 devrait être incorporée dans la politique de développement sanitaire de chaque Etat membre de la Région et ses principes devraient être adoptés par l’ensemble des grandes organisations et insti tutions européennes. Pour sa part, le Bureau régional de l’OMS pour l’Europe devra soutenir fermement la SANTÉ 21 en jouant les cinq grands rôles suivants : 1. faire office de «conscience sanitaire», en défendant le principe selon lequel la santé est un droit fondamental de la personne humaine, en recensant les problèmes persistants ou nouveaux liés à la santé des individus et en attirant l’attention sur ces problèmes; 2. être un centre d'information de premier plan dans le domaine de la santé et du développement sanitaire; 3. promouvoir la politique de la Santé pour tous dans l’ensemble de la Région et faire en sorte qu’elle soit périodiquement actualisée; 4. fournir des outils mis à jour et reposant sur des données probantes qui pourront être utilisées par les pays pour traduire les politiques axées sur la Santé pour tous dans les faits; et 5. servir de catalyseur : - en offrant une coopération technique avec les États membres - cette coopération peut être renforcée par une bonne présence de l'OMS dans chaque pays, pour faire en sorte qu’un échange de données d’expérience utile au pays et à l’Organisation régionale de la santé ait lieu; - en pilotant à l’échelle de la Région les efforts visant à éradiquer, éliminer ou endiguer les maladies qui sont une menace grave pour la santé publique, notamment les épidémies de maladies transmissibles et des pandémies telles que les maladies liées au tabagisme; - en encourageant des actions axées sur la Santé pour tous en collaboration avec de nombreux partenaires dans le cadre de réseaux établis dans l’ensemble de la Région européenne; en facilitant la coordination de la préparation aux situations d’urgence en cas de catastrophes dans la Région survenant dans le domaine de la santé publique et de l’intervention d’urgence lors de la survenue de telles catastrophes. Le présent document est un guide de la version intégrale de la politique régionale de la Santé pour tous, qui est énoncée dans le document intitulé SANTÉ 21 - La politique de la Santé pour tous pour la Région européenne (document EUR/RC48/10). Pourquoi la S a n t é 21 ? Un programme pour la santé Les 870 millions d’habitants des 51 États membres de la Région européenne se trouvent à la croisée des , .. . , chemins. La première moitié du siècle qui s’achève a été marquée par deux guerres «Le XXI siècle sera peu t-être il . n « le p rem ier de l ’histoire de la mondiales effroyables et, ces dernières années, nous avons assisté à des conflits Région au cours duquel le armés et à une croissance du manque d’équité en matière de santé. Cependant, à p » u rr a'c o ns i i"t 1 e r*1 l'a ^ ré oc - l’approche du XXI® siècle, les conflits armés ont perdu de leur virulence ou ont cupation dom inante des pays» cessé et la crise sanitaire dans la partie orientale de la Région semble avoir dépassé son point culminant. Le XXT siècle sera peut-être le premier de l'histoire de la Région au cours duquel le développement humain pourra constituer la préoccupation dominante des pays. EUR/RC48/9 page 3 La Région européenne est pleine de contrastes. Elle englobe des pays riches et des pays très pauvres. Ces derniers doivent faire face aux conséquences de changements sociaux et politiques, mener à bien une transition économique et mettre en place de nouvelles institutions. La Région fait partie d’un monde qui subit de profonds bouleversements et dans lequel une mondia lisation croissante des marchés risque d’agrandir le fossé entre les nantis et les pauvres. Les progrès rapides de la science et des technologies de l’information préparent d’autres évolutions nouvelles, dont l’ampleur exacte ne peut encore être prévue. Pour faire face à cette nouvelle situation, il faut posséder un modèle pour l’élaboration d’une politique sociale, dans laquelle la santé soit un facteur essentiel et un résultat très important. La Santé pour tous constitue ce modèle. La politique mondiale de la Santé pour tous La politique de la «Santé pour tous au XXI* siècle», adoptée par la communauté mondiale en mai 1998 vise à réaliser la philosophie de la Santé pour tous, qui a été conçue par l’Assemblée mondiale de la santé en 1977 et a été lancée en tant que mouvement mondial lors de la Conférence . 0 , «L a Santé p our tous est un d’Alma-Ata de 1978. Elle énonce des priorités mondiales pour les deux premières processus qui perm et une décennies du XXIe siècle et dix «cibles», dont l’objet est de créer les conditions am élioration progressive üe nécessaires pour que tous les habitants de la planète puissent atteindre et maintenir IVobjecdVunfqTe^ Tumi'ié» le plus haut niveau de santé possible. Il importe de comprendre que la Santé pour tous n 'est pas un objectif unique et limité. Il s’agit fondamentalement d’une charte pour la justice sociale, qui offre un guide reposant sur des données scientifiques et montrant la voie vers un meilleur dévelop pement humain, et qui décrit un processus permettant une amélioration progressive de la santé des indi vidus. Comme cela est souligné dans la Déclaration mondiale sur la santé (voir deuxième page de couverture), adoptée par tous les États membres de l’OMS en mai 1998, la réalisation de la Santé pour tous dépend d’un attachement à la santé en tant que droit fondamental sintf pour°toüs de l ’être humain. Elle suppose le renforcement de l’application de / ’éthique et de la po u r le X X P siècle p a r la science à la politique sanitaire, à l’exécution des travaux de recherche et à la mise en oeuvre de politiques et de stratégies régionales et prestation des services. Elle implique également qu’il faut mettre en œuvre des nationales» politiques et stratégies axées sur Péquité et reposant sur des données probantes qui mettent l’accent sur la solidarité, et prendre en compte les spécificités de chaque sexe dans ces activités. Comme cela est indiqué dans la Déclaration mondiale sur la santé, il faut donner effet à la politique de la Santé pour tous pour le XXIe siècle par la mise en œuvre de politiques et stratégies régionales et natio nales, et la S an té 21 est la façon dont la Région européenne répond à cette demande. La Santé 21 est la façon dont la région européenne donne suite à la politique mondiale de la Santé pour tous Depuis son adoption en 1980, la Santé pour tous a constitué un cadre complet pour «La s a n té p o u r tous est un l’amélioration de la santé dans la Région européenne de l’OMS et a eu des effets cad re éth ique qui perm et aux considérables sur le développement sanitaire. La présente importante révision, d *éva i u e r ies'e ffe ts d " 'i t u n * intitulée «La SANTÉ 2 1 » , donne effet aux valeurs, aux cibles et aux stratégies politiques su r la santé et retenues au niveau mondial pour la Santé pour tous. Elle reflète également les d ’utiliser la san té p ou r gu ider problèmes de santé actuels de la Région, ainsi que les changements politiques, ment» °"*d*développe" économiques et sociaux qui s’y produisent, et les possibilités que ces derniers offrent. La S a n t é 21 est un cadre éthique et scientifique qui permet aux décideurs, à tous les niveaux, d’évaluer les effets de leurs politiques sur la santé et d’utiliser la santé pour guider des actions de déve loppement dans tous les secteurs de la société. EUR/RC48/9 page 4 La S a n t é 21 utilise l’expérience collective que les États membres européens ont acquise dans le cadre de la conception régionale de la Santé pour tous, qui au cours des 15 dernières <<Les butson-rent un cadrï années a fait des «résultats en matière de santé», exprimés sous la forme de buts d ’action p o u r la Région et ambitieux, la clé de voûte de l’élaboration de la politique et de l’exécution des P °u r |* conception de buts programmes. Affinant les 38 buts régionaux antérieurs de la Santé pour tous régionaUUocai»0"81’ compte tenu des réalisations passées et des nouveaux défis, la SANTÉ 21 définit 21 buts pour le X X f siècle. Ils ne sont pas normatifs, mais constituent ensemble l’essence de la politique régionale. Ils offrent un cadre d’action pour la Région tout entière et peuvent servir de source d’inspiration pour la conception de buts aux niveaux national et local. L’annexe 1 indique la relation qui existe entre les cibles mondiales et les buts régionaux de la Santé pour tous. Solidarité et équité en matière de santé Favoriser une équité et une solidarité plus vigoureuses en matière de développement sanitaire entre les États membres de la Région et une meilleure équité en matière de santé entre groupes au sein de chaque pays Combler l’écart de santé entre les pays La pauvreté est la cause principale de mauvaise santé et de manque de cohésion sociale. Un tiers de la «Un tiers de la popu- population de la partie orientale de la Région, soit 120 millions de personnes, vivent dans une très grande pauvreté. La santé est la moins bonne là où les économies ne sont pas capables de garantir un revenu suffisant à tous, où les systèmes sociaux se sont effondrés et où les ressources naturelles ont été mal gérées. Cela est clairement démontré par l’important écart de santé entre les parties occidentale et orientale de la Région. La mortalité infantile va de 3 à 43 décès pour mille naissances vivantes et l’espérance de vie à la naissance varie de 79 à 64 ans. lation de la partie o rien ta le de la Région vit dans une très g rande pauvreté» Espérance de vie à la naissance dans des groupes sous-régionaux de pays de la Région européenne, 1970-1996 Espérance de vie (années) Année Source Données du Bureau régional de l’OMS pour l’Europe EUR/RC48/9 page 5 But 1. So lidarité p o u r la santé en tre les É ta ts m em bres de la Région européenne Pour réduire ces manques d’équité et maintenir la sécurité et la cohésion de la Région européenne, les institutions internationales, les organismes de financement et les pays donateurs doivent accomplir un effort collectif beaucoup plus important en vue d’augmenter le volume, la synergie et l’efficacité de l’aide au dévelop pement sanitaire des pays ayant les plus grands besoins. L’«initiative 20/20», qui découle du Sommet social des Nations Unies tenu à Copenhague en 1995, devrait maintenant être pleinement respectée. En d’autres termes, au moins 20% de l’aide totale au développement devrait être allouée à des activités du secteur social et les pays bénéficiaires devraient affecter au moins 20% de leur budget national (à l’exclusion de l’aide) aux services sociaux de base. En outre, l ’aide extérieure devrait être beaucoup mieux intégrée grâce à des apports communs aux programmes de développement sanitaire des gouvernements auxquels on donne un degré élevé de priorité et qui reposent solidement sur une poli tique nationale de la Santé pour tous dans le pays bénéficiaire. La SANTÉ 21 offre le cadre de solidarité concrète à long terme qui permet à tous les États membres de faire connaître leur propre expérience en vue de réduire les écarts de santé. Chacun peut apprendre des autres par un partage de l’expérience et s’inspirer d’initiatives réalisées ailleurs. Pour que les pays puissent bénéficier des conseils techniques découlant des activités mondiales et régionales liées à la Santé pour tous et puissent apporter leurs propres contributions à cet ensemble international de connaissances, il devrait y avoir une présence de l'OMS dans chaque État membre européen. L’organisation concrète de cette présence peut être assurée par différents mécanismes. Combler l’écart de santé dans les pays «Les différences de santé Même dans les pays les plus riches pays de la Région, les personnes aisées vivent unVinjust^^claîe^gr^veet plusieurs années de plus et ont moins de maladies et d’invalidités que les pauvres. m ettent en évidence certa ines La pauvreté est le principal facteur de risque en matière de santé et les différences des influences le* plus de santé liées au revenu - qui constituent un gradient social qui s’étend à tous les considérables su r la santé» , , . . , . . . , , . . .. . .niveaux de la hiérarchie sociale - représentent une injustice sociale grave et mettent en évidence certaines des influences les plus considérables sur la santé. Le manque d’argent débouche également sur des préjugés et l’exclusion sociale, ce qui va de pair avec des taux plus élevés de violence et de criminalité. Les niveaux d’instruction produisent un gradient de risque pour la santé analogue à celui qui résulte de la classe sociale. Comme le degré d’instruction est lié étroitement au niveau de pauvreté, il est essentiel d’éliminer les obstacles financiers, culturels et autres à l’égalité d’accès à l’instruction. Cela s’applique en particulier aux femmes, mais également à d’autres groupes défavorisés. Il est également très important d’adopter des programmes spéciaux pour aider les enfants pauvres à surmonter leur handicape initial. Il existe d’importantes différences de santé entre les femmes et les hommes dans la Région. Une équité accrue entraîne une amélioration de la santé et va de pair avec le changement et l’adaptation dans toute la société, une productivité plus élevée et une croissance économique soutenue. Pour le même niveau de richesse nationale, les sociétés qui font un effort en direction de tous leurs citoyens et leur permettent de jouer un rôle social, économique et culturel utile, connaissent une meilleure situation sanitaire que celles où les individus se heurtent à l’insécurité, à l’exclusion et à la pauvreté. En conséquence, il est impératif que les politiques des pouvoirs publics s'attaquent aux causes profondes des manques d ’équité socioéconomiques et que les politiques fiscales, éducatives et sociales soient conçues de façon à assurer une réduction constante des inégalités en matière de santé. Tous les secteurs de la société devraient assumer une responsabilité pour la réduction des manques d’équité d’ordre social et liés au sexe, et pour l’atténuation de leurs conséquences sur la santé. Les groupes défavorisés devraient bénéficier d’une protection sociale, grâce à des «filets de sécurité», et de soins de santé appropriés, acceptables et viables. B ut 2. Équité en m atière de santé en tre groupes dans les pays EUR/RC48/9 page 6 Une meilleure santé pour les habitants de la Région européenne de l’OMS Améliorer la santé d’un bout à l’autre de la vie La vie comporte une série de transitions critiques : changements affectifs et matériels dans la petite enfance, passage de l’enseignement primaire à l’enseignement secondaire, début de la vie professionnelle, départ du logement des parents et fondation d’une famille, changements d’emploi et éventuellement licenciement, et départ à la retraite. Chacun de ces changements peut avoir des effets sur la santé en poussant les individus sur une voie plus ou moins favorable. Investir de bonne heure dans la santé porte généralement ses fruits plus tard dans la vie D’importantes fondations de la santé à l’âge adulte sont constituées par le patrimoine tion^èkte'santéàT’Sge génétique, la vie prénatale et la petite enfance. Des conseils génétiques et diété- adu itc sont posées pen- tiques, une grossesse sans tabagisme, de bons examens prénatals et des conseils dant la gestation et u judicieux contribuent à prévenir un faible poids à la naissance et des anomalies petite enfance» , . , __ . . . ^ .congénitales. Une croissance lente et un manque de soutien affectif pendant cette période peuvent engager l’enfant sur une voie défavorable aux niveaux social et éducatif, ce qui augmente le risque de mauvaise santé physique et psychologique. Cela peut aussi réduire les aptitudes physiques, intellectuelles et affectives à l’âge adulte. Comme un investissement de bonne heure dans la santé peut compenser une situation initiale de pauvreté et porter ultérieurement des fruits, les politiques mises en œuvre doivent prévoir non seulement un filet de sécurité mais également des tremplins pour compenser des désavantages antérieurs. Les programmes «Head Start» appliqués aux États-Unis constituent à cet égard un bon exemple. Des soins de santé de proximité et axés sur la famille, par exemple sous la forme d ’une assistance offerte par une infirmière familiale lors d’événements critiques de la vie, favorisent de meilleurs résultats en matière de santé. But 3. D ém arre r d an s la vie en bonne santé Poids à la naissance par catégorie de pauvreté Années Source : Greater Glasgow Health Board Information Services, 1997. EUR/RC48/9 page 7 Il faudrait mettre en œuvre des politiques qui créent une famille offrant un dans u*vîe Tfaut aideHes^ soutien, dans laquelle les enfants sont désirés et les parents sont à la hauteur de p aren ts et ies jeunes enfants» leur rôle. Les parents ont besoin des moyens et des aptitudes nécessaires pour élever leurs enfants et prendre soin d ’eux dans un environnement social qui protège les droits des enfants, et les communautés locales doivent soutenir les familles en garantissant un environnement protecteur et sûr et en offrant des services de garde d’enfants favorables à la santé. Il faut former le personnel des services sanitaires et sociaux de façon à ce qu’il puisse détecter les sévices aux enfants et prendre les mesures appropriées. Un effort de promotion de la santé soigneusement planifié et intégré, capable d’inculquer de bonnes valeurs en matière de santé, de stimuler la prise de décisions mûres et de créer des aptitudes favorables à des modes de vie sains doit être entrepris dans les maternelles et les écoles, sur les lieux de travail et dans le cadre de programmes d’éducation de masse. B ut 4. Santé des jeunes Pour réduire le nombre d’accidents, de cas de toxicomanie, de cas de compor tement nocif et de grossesses non désirées, il faut que les politiques et les programmes des pouvoirs publics aident les enfants et les jeunes à faire le choix sain parce que c ’est le choix le plus facile. En conséquence, il faudrait examiner toutes les décisions importantes du secteur public afin d’éviter des effets négatifs sur la santé des enfants et des adolescents, de leur famille et de ceux qui prennent soin d’eux. Les politiques menées en matière d’enseignement et d’emploi doivent permettre aux jeunes d’obtenir la meilleure instruction et les emplois les plus productifs. L’organisation d’une éducation sexuelle et d’un soutien en matière de sexualité pour les jeunes, complétée par un accès facile à des préservatifs, réduira les risques de grossesse non désirée et de maladies sexuellement transmissibles, y compris l’infection à VIH. Vie professionnelle saine La quantité et la qualité du travail ont une forte influence sur de nombreux facteurs liés à la santé à l’âge adulte, dont le revenu, les réseaux sociaux et l’estime de soi. L’investissement dans un emploi sûr peut favoriser la santé et donc la productivité à long terme. Des charges de travail stressantes et la précarité de « L ’investissem ent dans un l’emploi ont des coûts cachés pour les entreprises ainsi que pour les travailleurs emploi sû r peut favoriser concernés. Si ces coûts étaient inclus dans les analyses des performances écono- ia san té et donc la p rodu- miques, ces dernières donneraient une description plus réaliste. Il faut agir plus ctivité i long term e» , / - • * j * m i • -> avigoureusement pour favoriser un environnement de travail plus sain grace a une législation et à des normes meilleures, et à des mécanismes assurant plus efficacement leur respect. Les entreprises devraient adopter la notion d '«entreprise-santé», qui comporte trois éléments : promouvoir la santé du personnel; veiller à ce que les produits fabriqués soient aussi favorables à la santé que possible; et, enfin, faire preuve de responsabilité sociale en soutenant des programmes sanitaires d’ampleur locale ou nationale. Vieillir en bonne santé Les politiques sanitaires devraient préparer les individus à vieillir en bonne santé, en menant une action planifiée systématiquement de promotion et de protection de la santé pendant l’ensemble de l’existence. La possibilité de s’épanouir sur les plans social, éducatif et professionnel, ainsi que l’activité physique, améliorent la santé des personnes âgées, leur estime d’elles-mêmes, leur indépendance et leur contribution active à la société. Il importe en particulier de mettre en place des programmes novateurs pour leur permettre de conserver leur force physique et d’obtenir la correction de déficiences visuelles, auditives et de mobilité avant qu’elles n’entraînent une dépendance. Des services sanitaires et sociaux de proximité devraient prendre contact avec les personnes âgées pour les aider dans leur vie quotidienne et il faudrait de plus en plus tenir compte de leurs besoins et de leurs souhaits en matière de logement, de revenu et d’autres facteurs qui accroissent leur autonomie et leur productivité sociale. B ut 5. V ieillir en bonne santé EUR/RC48/9 page 8 Lutte contre la maladie et les traumatismes Réduire l ’incidence et la prévalence des maladies et des autres causes de mauvaise santé ou de décès aux niveaux les plus bas possible Pour tous les pays, il est très difficile de déterminer où investir pour la santé. «Le tab ac est responsable de Quelle que soit la méthode utilisée, elle doit reposer sur une estimation du f f i Ü ï ï ï ï î ï S r fardeau sanitaire et économique que représentent les décès prématurés et les de do llars p a r an» invalidités. Les maladies cardio-vasculaires sont la cause la plus fréquente de décès dans presque chaque État membre, le cancer venant en deuxième place. La mortalité infantile et maternelle reste très préoccupante dans de nombreux pays. Parmi les autres lourds fardeaux sanitaires, il faut citer les problèmes de santé mentale (environ 10% de la charge totale de morbidité), les traumatismes et les actes de violence (plus d’un demi-million de décès par an et une cause importante de décès parmi les jeunes) et des maladies qui avaient pratiquement disparu, telles que le paludisme, la tuberculose et la syphilis, mais ont refait leur apparition. Le tabac est à lui seul responsable de 14% des décès et coûte à la Région plus de 100 milliards de dollars par an. Pour réduire l’ampleur de ces problèmes de santé, il faut adopter une approche intégrée de la promotion de la santé, de la prévention des maladies, du traitement clinique et de la réadaptation. Santé mentale B ut 6. A m élio rer la santé m entale L’amélioration de la santé mentale - et en particulier la réduction du nombre de suicides - nécessite une action de promotion et de protection de la santé mentale d’un bout à l’autre de la vie, en particulier parmi les groupes défa vorisés socialement et économiquement. Des programmes de santé bien conçus relatifs aux cadres de vie et de travail peuvent aider les individus à avoir un sentiment de cohérence, à nouer et à maintenir des relations sociales représentant un soutien et à faire face aux situations et aux événements stressants. Il est possible de réduire fortement les taux de suicide si les dispensateurs de soins de santé sont formés de façon à pouvoir détecter précocement la dépression et si un traitement approprié est offert. Dans de nombreux pays, il faut remplacer les grands «asiles» de santé mentale par un réseau bien équilibré de services de psychiatrie aiguë dans des hôpitaux généraux et par un réseau bien conçu de services et d’installations de soins de santé primaires. Le stress professionnel joue un rôle important dans les grandes différences en matière de santé, d’absentéisme pour maladie et de décès prématuré qui sont liées à la situation sociale. Une amélioration des conditions de travail permettra aux travailleurs d ’être en meilleure santé, ce qui améliorera la produc tivité. L’emploi représente un risque pour la santé psychologique et physique. Comme des emplois peu satisfaisants et précaires peuvent causer autant de tort que le chômage, le seul fait d’avoir un emploi ne suffit pas à garantir la santé physique ou mentale; la qualité de l’emploi est aussi importante. Maladies transmissibles B ut 7. F aire recu le r les m alad ies transm issib les La réduction du nombre de cas de maladies transmissibles exige une démarche intégrée combinant la promotion de la santé, la prévention des maladies et le traitement. L’amélioration et le maintien d’une hygiène de base, la qualité de l’eau et l’hygiène des denrées alimentaires sont de la plus grande importance, de même que des programmes de vaccination efficaces et des systèmes de traitement bien orientés. La lutte contre les maladies transmissibles peut viser à les éradiquer, à les éliminer ou à les endiguer. Au cours de la période couverte par la SANTÉ 21, la poliomyélite, la rougeole et le tétanos néonatal devraient être éliminés dans la Région (les deux premières de ces maladies dans le cadre des efforts mondiaux d’éradication). En outre, il faut prendre des mesures énergiques et coordonnées pour renforcer les programmes de prévention et de traitement de la tuberculose, du paludisme, du sida et de l’infection à VIH, des autres maladies sexuellement transmissibles, etc. EUR/RC48/9 page 9 Incidence de la syphilis dans des groupes sous-régionaux de pays de la Région européenne, 1990-1996 Cas nouveaux pour 100 000 habitants 225 200 175 150 125 100 75 50 25 0 1990 1992 1994 1996 Années Source : Données du Bureau régional de l'OMS pour l'Europe. Maladies non transmissibles Les maladies cardio-vasculaires, le cancer, le diabète, l’obstruction pulmonaire chronique, l’asthme, etc. constituent ensemble le principal problème de santé de la Région. Il pourrait être éliminé dans une large mesure si tous les pays organisaient, tant aux niveaux national et local, un programme intégré visant à réduire les facteurs de risque qui sont commun à un grand nombre de ces maladies. Il s’agit notamment du tabagisme, d’un mauvais régime alimentaire, du manque d’exercice physique, d’une consommation élevée d’alcool et du stress (ainsi que des facteurs liés aux précédents, tels que l’hypertension et l’obésité). La Région européenne a acquis une expérience considérable dans la mise en œuvre de tels programmes intégrés grâce au programme CINDI, dont les principes devraient être appliqués dans chaque localité de tous les États membres. En outre, les services de diagnostic, de traitement et de réadaptation pour ces maladies - y compris des installations pour soins aigus - doivent être améliorés dans de nombreux États membres. Un élément important d’un tel effort devrait être constitué par un soutien vigoureux de Yauto-prise en charge, y compris le recyclage des professionnels de la santé pour leur faire connaître cette notion. Actes de violence et accidents En ce qui conceme les traumatismes dus à des actes de violence et à des accidents, il faut améliorer les services d’urgence dans de nombreux pays et appliquer plus strictement les mesures préventives permettant de réduire le nombre d’accidents qui se produisent sur les routes, sur les lieux de travail et au foyer. Il convient d’accorder un degré de priorité plus élevé à des questions liées à la cohésion sociale et aux principales causes de la violence - notamment domestique - en accordant une attention particulière à la consommation d’alcool (voir plus loin). B ut 9. D im inuer le nom bre de b lessures dues aux actes de violence e t aux acciden ts B ut 8. F aire recu ler les m alad ies non transm issib les EUR/RC48/9 page 10 Stratégies multisectorielles pour une santé à long terme Favoriser la santé à long terme en instaurant un environnement physique, économique, social et culturel plus favorable à la santé Les déterminants de la santé La santé est le résultat des actions combinées de la société. Bien que de nombreux problèmes de santé majeurs soient dus à des facteurs de risque tels que le tabagisme et la séden- «De nom breux problèm es clés de . . . . . . . . , » n i • i l * - * j san té sont dus aux mêmes fac teu rs t a n t é > o n P e u t considérer que la pauvrete et 1 exclusion sont les facteurs de de risque parm i lesquels la pauvre té risque dominants. Il est important de noter que pour un même niveau moyen et l’exclusion a rriv en t en p rem ier» revenu jes sociétés où les inégalités de revenus sont moindres, sont en général caractérisées par une plus grande cohésion sociale, et des taux plus faibles de criminalité violente et de mortalité, en particulier par cardiopathies. On peut donc en tirer la conclusion que l’existence de politiques économiques alternant les inégalités, d’un soutien social et de bonnes relations entre groupes de la société a un effet positif important sur l’état de santé. Cela veut dire qu’une approche intégrée multidisciplinaire et intersectorielle du développement sanitaire sera plus efficace en termes pratiques et économiques que des approches séparées par domaine. Une telle action ne relève pas seulement du secteur de la santé. Des gains très importants, à la fois dans les domaines de la santé et de l’économie, peuvent être réalisés grâce à l’application de politiques bien conçues en matière d’enseignement, d’emploi, d’infrastructure industrielle, de taxation et d’action sociale. Rendre facile les choix sains «Les taxes environne- B u t 10. Un env ironnem ent physique sain et sû r Les taxes environnementales sont un moyen de promouvoir la santé en réduisant la pollution. Elles consistent à transférer la charge . . . financière s’appliquant jusque-là aux revenus et àm entales, en rédu isan t la rr n . . . pollution, sont un instru - l’épargne, sur les utilisations inefficaces et dangereuses de l’énergie et des m ent de prom otion de la ressources, de manière à favoriser une croissance économique viable. Le coût de san,é>> remise en état de l’environnement après des formes de pollution dangereuses pour la santé est élevé. En investissant d’emblée dans des procédés moins polluants, on réduit la pollution et l’on favorise des méthodes de fabrication plus efficaces et donc plus profitables. En bref, il est possible de modifier la gestion de l’industrie de manière non seulement à favoriser la santé, mais aussi à accroître la rentabilité ! B ut 11. A d o p te r des m odes de vie plus sa insLa pratique du vélo, de la marche et l’utilisation des transports en commun de préférence aux voitures particulières, sont toutes des formes de déplacement qui favorisent la santé par un accroissement de Y exercice physique et des «Lc*ro^ 7i’èrrctV Pïy sïu éUréd"t£|h,e contacts sociaux. Elles ont pour autres avantages de réduire les risques fréquence des accidents m ortels, d’accident mortel et la pollution de l’air. Le subventionnement des moyens favorise le contact social et réd u it la d e transport en commun, et l’adoption d’incitations fiscales négatives pollution a tmosphérique» , . , , ^ . - , nr.s appliquant aux voitures d entreprises, peuvent etre des moyens efficaces de favoriser le changement. D’autres mesures peuvent être par exemple d’accroître le parc d’autobus, de développer les pistes cyclables et sentiers pour piétons, et de freiner la progression des zones urbaines périphériques à faible densité et centres commerciaux situés en dehors des villes, qui contribuent à favo riser l’utilisation des voitures. Quant à la promotion à.'habitudes alimentaires plus saines, elle nécessite une série d’action allant de la production de denrées agricoles plus saines jusqu’à l’éducation des consommateurs, en passant par le renforcement des normes de manipulation et de stockage des aliments et les politiques de tarification. Le tabagisme représente la première menace pour la santé dans la Région européenne. La Charte de Madrid de 1988 contre le tabagisme affirmait le droit de tous les citoyens à vivre dans un environnement exempt de fumée et non pollué et définissait des stratégies pour établir une Europe non-fumeur. Celles-ci prévoyaient But 12. R é d u ire les dom m ages causés p a r l’alcoolism e, la toxicom anie e t le tabagism e EUR/RC48/9 p a g e 11 notamment d’adopter une loi disposant que tout individu a droit à des environnements collectifs exempts de fumée, d’interdire la publicité pour les produits du tabac et le mécénat utilisant des noms de marques de tabac, et d’aider les fùmeurs à renoncer à leur habitude. Tous les États membres devaient veiller à ce que, conformément au Plan d’action européen pour une Europe sans tabac, ces dix stratégies soient activement mises en œuvre dans le cadre de la législation et de programmes nationaux. Valcoolisme et les accidents liés à l ’alcool représentent aussi un problème sanitaire considérable en Europe. On dispose de preuves abondantes, provenant de pays de la Région européenne de l’OMS, démontrant que les gains notables en termes de santé et d’économie pouvant être réalisés grâce à une action concertée contre l’alcool. La Charte européenne sur la consommation d’alcool (Paris, 1995) et le Plan d’action européen contre l’alcoolisme décrivent les principales stratégies applicables de promotion de la santé et de traitement. Celles-ci incluent la taxation des boissons alcoolisées, la limitation de la publicité directe et indirecte, et le traitement des alcooliques. Tous les États membres devraient veiller à ce que leurs politiques et programmes soient pleinement conformes aux stratégies de la Charte euro péenne. Le nombre de grands toxicomanes dans la Région européenne est évalué à 1,5-2 millions de personnes. Outre ses effets directs sur la santé, la toxicomanie contribue aussi à la propagation à grande échelle de l’infection à VIH et de l’hépatite, en particulier dans les parties méridionale et orientale de la Région. Les méthodes de traitement et de prévention se sont affirmées au cours des années, et l’on constate une plus large application des traitements de substitution pour les toxicomanes dépendants des opiacés. Les faits disponibles prouvent que les sociétés qui savent appliquer des approches complètes et nouvelles en matière de services s’adressant aux toxicomanes, peuvent obtenir des résultats très positifs en ce qui concerne la réduction des comportements dangereux pour la santé, ainsi que la limitation des compor tements antisociaux et criminels chez les toxicomanes. Une approche basée sur les «cadres» de promotion de la santé L’expérience acquise au cours des dix dernières années dans la Région euro péenne a clairement démontré que la meilleure manière d’informer, de motiver et de soutenir les individus, les groupes et les sociétés pour les inciter à mener une vie plus saine, consiste à mener des efforts systématiquement axés sur le cadre de vie, de travail et de loisir des individus. Le domicile est le cadre élémentaire de la société, où les membres de la famille devraient pouvoir discuter ouvertement de leurs problèmes de santé. C’est là qu’ils peuvent s’inciter mutuellement à pratiquer l’exercice physique, à s’abstenir de fumer, à s’alimenter de manière saine, à mieux gérer le stress et à boire avec modération. Un médecin de famille, et une infirmière de famille bien qualifiée et faisant des visites à domicile peuvent être très efficaces comme incitateurs et comme animateurs de ces relations familiales. Dans les maternelles, les enfants devraient apprendre les valeurs fondamentales d’un mode de vie sain, de l’interaction sociale et du travail d’équipe, ainsi que les principes de la prévention des accidents, d ’une alimentation saine, etc. Dans les écoles, les élèves, les enseignants et les parents, avec le soutien des services de santé scolaires, devraient ensemble analyser leurs problèmes de santé, mettre au point des programmes d’intervention et en évaluer les résultats. Les activités de lutte contre le tabagisme, par exemple, devraient comprendre ces trois groupes afin d’inclure tous les éléments clés du réseau social ayant une influence sur le compor tement. Un tel modèle de l'école-santé devrait être appliqué dans toutes les écoles des 51 États membres, conformément au modèle du «réseau des Écoles-santé» lancé avec succès par l’OMS, la Commission européenne et le Conseil de l’Europe. Selon les mêmes principes, les programmes de promotion de la santé sur le lieu de travail devraient associer employeurs et employés, les services d’hygiène du travail ayant pour rôle d’apporter une B ut 13. C a d res favorab les à la santé EUR/RC48/9 page 12 assistance technique au sein d’une équipe appliquant le concept de 1’«entreprise-santé» (voir à la page 7 «Vie professionnelle saine»). Au niveau des collectivités locales et villes, le réseau des Villes-santé, qui a joué un rôle de pionnier dans ce domaine, devrait étendre ses relations à toute municipalité de tous les Etats membres, et inclure les responsables politiques, le secteur de la santé et d’autres secteurs ainsi que les principales ONG dans un partenariat permanent structuré traitant ensemble des questions de vie, d’environnement et de santé dans le cadre d’un plan local de la Santé pour tous. Responsabilisation des acteurs à l’égard des impacts sur la santé Les droits donnés à de nombreux acteurs nouveaux de participer au développement sanitaire doivent aussi s’accompagner d’une responsabilité leur incombant R . R î^ san té"d e v ra it ê treT p p liq u ée P O U r *’effet de ,eurs actions sur la santé- L’évaluation des m ultisectorieU e'poIir la aux politiques e t p rog ram m es impacts sur la santé doit donc être appliquée à toute poli- santé susceptib les d ’avo ir un tel tique et programme social ou économique, ainsi qu’aux projets de développement susceptibles d’avoir un effet sur la santé. Une telle responsabilité incombe aussi aux dirigeants qui élaborent la politique, affectent les ressources et prennent l’initiative en matière de législation. Grâce à des mécanismes tels qu’audits de politique sanitaire, procès pour dommages causés à la santé, et accès du public aux rapports des évaluations d’impacts sur la santé, le secteur public et l’industrie privée peuvent avoir à rendre des comptes devant l’opinion publique sur les effets en matière de santé de leurs politiques et actions. Les pays devraient aussi veiller à ce que leur politique d’aide extérieure et de commerce extérieur ne soit pas nuisible pour la santé dans d ’autres pays, et à ce qu’elle contribue le plus possible au développement des pays défavorisés. L’instauration d ’une coopération plus étroite entre pays, et l’élaboration et l’application de codes de conduite et mécanismes réglementaires internationaux, peuvent permettre d ’atténuer ces problèmes. Réorienter le secteur de la santé vers l’amélioration des résultats Réorienter le secteur de santé vers le bénéfice de santé, l ’équité et le rapport coût-efficacité Un système des soins de santé intégré Pour l’Europe, les services de santé absorbent des ressources financières importantes et sont parmi les principaux employeurs. Dans de nombreux pays de la partie orientale de la Région, cependant, les dépenses de santé sont actuellement trop faibles. Pourtant, les tendances actuelles, telles qu’augmentation du nombre de personnes âgées, aggravation des problèmes d’exclusion et introduction de technologies nouvelles contribuent toutes à favoriser l’augmentation des dépenses de santé dans tous les États membres à l’avenir. Du moins si les pays poursuivent dans la voie qu’ils suivent en ce moment. Heureu sement cependant, il existe des solutions qui permettent d ’améliorer à la fois la qualité et le rapport coût- efficacité des systèmes de santé. Celles-ci, en outre, ne nécessitent pas d ’investissements de grande ampleur; il suffit que le pays ait la volonté de rationaliser l’organisation d’ensemble du système et de recentrer la gestion sur les programmes de santé publique et les soins aux patients. B ut 15. S ecteu r de san té in tégré Dans de nombreux États membres le secteur de santé devrait être mieux intégré, et donner beaucoup plus d’importance aux soins primaires. Ceux-ci devraient orbiter autour de Y infirmière familiale, qui devrait être solidement formée et dispenser à un nombre limité de familles toute une série de services et de conseils sur le mode vie, de soutien familial et de soins à domicile. Les services plus spécialisés devraient être fournis par un médecin de famille qui, avec l’infirmière, interagirait avec les structures collectives locales sur les problèmes de santé à ce niveau. La liberté dans le choix de l’un et l’autre professionnel devrait être un droit de chaque citoyen, et le soutien actif à Vauto-prise en charge par les patients devrait être l’une des EUR/RC48/9 page 13 tâches de l’équipe constituée de l’infirmière et du médecin. Il devrait exister une politique et un programme de santé de la collectivité garantissant la participation systématique des secteurs locaux et des ONG à la promotion d’un mode de vie sain, d’un environnement sain et d’un système sanitaire et social efficace au niveau local. Une telle approche renforcerait beaucoup les efforts de prévention de la maladie et des traumatismes et garantirait un traitement précoce et efficace à tous ceux des patients qui n’ont manifestement pas besoin d’être soignés à l’hôpital. Les maisons de soins et autres établissements de long séjour devraient offrir des conditions plus proches de celles existant à domicile et relever de la responsabilité de la collectivité locale. Les soins secondaires et tertiaires, qui sont en très grande partie dispensés dans les hôpitaux, devraient être organisés de manière à explicitement venir en complément des soins de santé primaires, et n’offrir que les fonctions diagnostiques et thérapeutiques qui ne peuvent pas être bien assurées par les services de soins primaires. Si les principes ci-dessus sont appliqués, et si la planification et la gestion hospitalière laissent une plus grande souplesse dans le développement et la mise en œuvre des services hospitaliers, les hôpitaux seront mieux en mesure de relever le défi futur posé par l’évolution des technologies et des pratiques cliniques. Ils seront aussi mieux à même de répondre aux besoins individuels de leurs patients. Tirer les bénéfices de soins de haute qualité Un problème majeur de l’organisation actuelle des systèmes de santé est que bien trop peu a été fait pour mesurer avec précision et pour analyser de manière systématique la valeur réelle offerte par les différentes stratégies et méthodes pour réduire un problème de santé donné au niveau de la population. Quelles sont l’efficacité et le coût relatifs des différentes méthodes utilisables pour prévenir, diagnostiquer et traiter les allergies, les cardiopathies, les dépressions, etc. ? Il est urgent de mettre au point un concept unificateur de la gestion, susceptible de stimuler la recherche d’une meilleure qualité et de récompenser l ’innovation au lieu de l’étouffer. La mesure des résultats en matière de santé, sur la base d ’indicateurs interna tionalement adoptés au niveau des populations offre un tel concept unificateur, grâce auquel on peut comparer la valeur relative des programmes de promotion de la santé, de prévention de la maladie et de traitement et de réhabilitation. Les indicateurs européens de la Santé pour tous et la base de données de la Santé pour tous de l’OMS sont des instruments exceptionnels pour comparer le succès obtenu par chacun des 51 États membres dans ses efforts pour atteindre les buts régionaux de la Santé pour tous. Les pays, cependant, ont encore beaucoup à faire pour mettre en pratique cette approche, et l’affiner en fonction des besoins locaux afin qu’elle devienne un instrument de prise de décision stratégique. Un problème fondamental constaté aujourd’hui dans le domaine des soins est que les résultats des soins cliniques pour des patients semblables présentent souvent de grandes variations entre pays, entre régions, entre hôpitaux et entre dispensateurs individuels, même lorsque les ressources matérielles, financière et humaines utilisées sont égales. La raison principale de variations est que par le passé ces résultats n’ont pas été pris en compte parce que les données à ce sujet n’étaient pas collectées. II existe là un grand potentiel, encore inexploité, d’amélioration de la qualité et du rapport coût-efficacité des soins aux patients. Jusqu’ici toutefois, il n’y a eu que peu d’efforts systématiques faits pour inclure ces mesures des résultats dans la pratique quotidienne. La mesure systématique des résultats en matière de santé dans les soins cliniques, sur la base d’indicateurs de qualité internatio nalement normalisés, les données résultantes étant recueillies dans des bases de données à partir desquelles on peut comparer les résultats entre pairs, est un nouvel instrument indispensable pour l'amélioration continue de la qualité des soins aux patients. De telles mesures des impacts sur la santé, en tant que première étape d’un processus d’amélioration de la qualité des soins, ainsi que l’application plus «L a m esure des résu lta ts en m atière de san té perm et d ’iden tifier des ressources qui peuven t ê tre libérées po u r répondre aux dem andes cro issantes auxquelles d o it fa ire face le secteur san ita ire» But 16. G estion axée su r la qualité des soins EUR/RC48/9 page 14 large d’une médecine fondée sur les preuves, peuvent apporter des instruments nouveaux pour l’évaluation des technologies et pour une utilisation plus efficace, sur le plan pratique et économique, des interventions diagnostiques et curatives. Ces méthodes permettront de déterminer ce qui fonctionne, ce qui est nécessaire et ce qui ne l ’est pas. On pourra alors, par une démarche scientifique, retenir les nouvelles interventions présentant un intérêt et réduire la consommation inutile d’actes, de médicaments et d’équipements. De cette manière on libérera des ressources pour répondre en partie aux demandes croissantes auxquelles doit faire face le secteur sanitaire du fait du vieillissement de la population et de l’introduction régulière de technologies de soins de plus en plus complexes. Comparaison du recours à la césarienne dans certaines paires de pays ayant des taux similaires de décès de foetus dans les PECO et en Europe occidentale Morts fœtales lors de l'accouchement, pour 10 000 naissances | Césariennes pour 100 naissances Europe centrale 1 Europe occidentale 1 Europe centrale 2 Europe occidentale 2 Europe centrale 3 Europe occidentale 3__________ 0 5 10 15 20 Conformément au protocole du projet, les noms des pays ne peuvent être divulgués. Ressources affectées aux soins de santé Le financement des soins de santé devrait obéir aux principes d’équité et de viabilité. Quel que soit le système utilisé, les gouvernements doivent veiller à ce qu’ils offrent couverture et accès universels en matière de soins de santé, tout en maîtrisant les dépenses globales. Comme l’avait conclu la Conférence de Ljubljana sur la réforme des systèmes de santé de 1996, les mécanismes de marché non régulés n’ont pas leur place dans les systèmes de financement ou de dispensation d’un bien social tel que les soins sanitaires. En outre, les mécanismes de marché s’appliquant à l’individu ou aux institutions de financement ont donné des résultats nettement moins satisfaisants en ce qui conceme l’équité et l’efficacité que les mesures s’appliquant aux hôpitaux et autres dispensateurs de soins. Les nouveaux systèmes de paiement des dispensateurs de soins primaires, combinant des éléments de capitation, de libre choix du dispensateur et de paiement à l’acte, ouvrent de meilleures perspectives de gérer le système de manière à obtenir haute qualité des soins, utilisation efficace des ressources et satisfaction de l’utilisateur et du dispensateur et accent mis sur la promotion de la santé et les services de prévention. Les programmes de formation s’adressant aux dispensateurs de soins et aux gestionnaires devraient être fondés sur la politique de la Santé pour tous. Les activités de développement des capacités techniques et gestionnaires devront But 18. A m élioration des ressources hum aines p o u r la santé B ut 17. F inancem ent des services de san té et affectation des ressources EUR/RC48/9 page 15 être renforcées à tous les niveaux et entre tous les secteurs, et donner une plus grande importance aux impacts sur la santé et à l’action sanitaire. Dans la plupart des États membres, les infrastructures et fonctions de santé publique auront besoin d ’être remplacées et modernisées confor mément aux principes de la Santé 21. La formation des professionnels de santé publique à tous les niveaux devrait les préparer non seulement à assumer leurs tâches techniques, mais aussi à jouer le rôle d’animateurs, de médiateurs et d’avocats en faveur de la santé et d’actions au niveau de la population dans tous les secteurs. Le programme de formation des architectes, ingénieurs, économistes, journalistes, sociologues, etc. devrait inclure des éléments qui leur apportent les connaissances, motivations et compétences nécessaires pour qu’ils puissent soutenir une action multisectorielle en faveur de la santé. Gérer le changement en faveur de la santé «Il doit exister des m an d a ts expli cites concernan t l’activ ité des p ro fessionnels de la san té pub lique , ainsi q u ’une in fra s tru c tu re suffi sante pour leu r perm ettre d ’exercer celle-ci» Lancer un vaste mouvement en faveur de la santé au sein de la société par le biais de partenariats novateurs, de politiques unificatrices et de méthodes de gestion adaptées aux nouvelles réalités en Eu rope. Elargir la base de gouvernement Le pouvoir collectif dont disposent les populations de la Région européenne pour construire l’avenir est plus grand aujourd’hui qu’il ne l’a jamais été. Ce pouvoir est la somme des très nombreuses actions des individus et institutions, publiques et privées, pour résoudre collectivement les problèmes et répondre aux besoins de la société. Ce processus permet de prendre en compte des intérêts divers, voire contradictoires et d’entreprendre des actions coopératives. Il inclut des institutions officielles représentant le pouvoir exécutif, ainsi que des structures informelles auxquels participent des individus ou des établissements. Dans de nombreux pays de la Région européenne, aujourd’hui, le rôle du gouvernement central est en train d’évoluer. La base de gouvernement de la Santé pour tous n’inclut donc pas seulement les autorités publiques, mais aussi les ONG, la société civile et le secteur privé dans le cadre de projets de dévelop pement sanitaire. Le rôle de la recherche et de l’information Dans de nombreux pays, les politiques et programmes sanitaires devraient être plus manifestement fondées sur des preuves scientifiques. Les politiques et urtiisationde!rconmiis- stratégies de la recherche sanitaire devraient se sances p o u r la santé des connaissan ces^”™1* fonder sur les principes et besoins énoncés dans la ------------------------- existantes p erm e ttra it dès Santé pour tous, et rechercher un meilleur compromis entre la recherche m ain tenan t d ’am élio re r fondamentale et la recherche appliquée. La communication et la coopération considérablem ent la santé» , . . . . , , . , , , , . . ,entre la communauté scientifique et les decideurs en vue de 1 application des connaissances nouvelles au développement sanitaire ont besoin d’être renforcées dans la plupart des pays. Si toutes les connaissances existant déjà sur les méthodes qui fonctionnent et celles qui ne fonctionnent pas en matière de santé étaient intégralement appliquées, on réaliserait des progrès considérables dans les domaines de la santé et de l'environnement. Dans chaque pays, il devrait donc exister un mécanisme permettant de déterminer systématiquement, sur une base annuelle, quelles nouvelles méthodes se sont révélées efficaces d’après la recherche internationale ou nationale, et quelles modifications devraient être apportées en conséquence au système de soins du pays. L’existence de systèmes d'information nationaux et locaux sur la santé est une condition indispensable de l’élaboration et de l’évaluation d’une politique sanitaire efficace en termes pratiques et économiques et équitable. Les systèmes d’évaluation et de suivi permettront de déterminer si les objectifs stratégiques et pratiques sont sur le point d ’être atteints et quels aspects doivent faire l’objet d’un effort accru. L’information sanitaire devrait être utile et accessible aux hommes politiques, aux gestionnaires, aux professionnels de la santé et d ’autres secteurs, ainsi qu’au grand public. A tous les niveaux, l’action EUR/RC48/9 page 16 directrice en faveur de la santé devrait être caractérisée par la transparence, la responsabilisation et l’incitation à la participation. En mobilisant les ressources et l’expertise des médias et du secteur de la communication, et notamment du réseau Internet, des réseaux de télévision, on disposera d’énormes possibilités pour informer, éduquer et persuader toutes les populations de l’importance individuelle et collective de la santé. Il sera également important de suivre et d’évaluer les implications éthiques, scientifiques et sociales de la recherche sur les technologies médicales, et en particulier la technologie génétique. Les connaissances génétiques peuvent certes permettre d’améliorer beaucoup les actions préventives et thérapeutiques, mais il faudra veiller à ce qu’elles soient utilisées dans le respect des principes de dignité humaine, d’autonomie et de justice. En associant le public au débat concernant la technologie génétique, on établira une base démocratique pour les décisions en matières de politique future. Politiques et partenaires de la Santé pour tous La Santé pour tous offre un cadre politique intégré et orienté vers l’avenir pour la fixation des priorités, le choix des stratégies et la mobili sation des ressources pour des actions en faveur de la santé dans toute la société. Une politique nationale ciblée s'appuyant sur les valeurs de la Santé pour tous sera un instrument clé de mobilisation et de mise en place d'un cadre pour des politiques et actions au niveau des régions, des villes et des collectivités locales, ainsi que dans des environnements de vie tels qu ’écoles et lieux de travail. En définissant des valeurs, en fixant des objectifs et en décrivant des stratégies pour les atteindre, une politique de la santé sera un guide et un outil de mise en œuvre. Il sera très important, lors de la planification des politiques et programmes nationaux, d’obtenir la participation de ceux qui auront à appliquer cette politique : cadres supérieurs de la santé et d’autres ministères, associations nationales de professionnels de santé, universités, associations nationales de collectivités locales, etc. L’organisation d’un large processus de consultation sur les textes législatifs, avant leur adoption finale par le parlement, est un très bon moyen pour obtenir un large soutien de l’ensemble de la société. Les mêmes principes devraient être appliqués dans le cas des programmes de la Santé pour tous aux niveaux subnational et local, comme les membres des réseaux européens des Régions-santé et des Villes-santé en ont donné la preuve. La mobilisation de tous les acteurs en faveur des valeurs de santé définies dans la SANTÉ 21 permettra d’influer sur les actions menées par les individus, les organisations, les entreprises et les familles. Les efforts devraient être axés sur la constitution de réseaux, d’alliances et de partenariats en faveur de la santé aux niveaux national, régional et local, et sur les mesures visant à donner aux individus les moyens d’agir. Une action visant à inciter tous les secteurs à prendre en compte les avantages mutuels apportés par l’investissement en faveur de la santé avec des retombées positives pour tous. On ne doit pas perdre de vue cependant qu’un processus de planification intégré et participatif peut soulever des difficultés pour des gouvernements qui ne sont pas encore prêts à appliquer une telle démarche globale. Dans un certain nombre de pays il pourrait être nécessaire d’adopter des réformes institutionnelles et des mécanismes en vue de promouvoir la coopération pour la mise en œuvre des poli tiques et plans, de faciliter la décentralisation des structures, de faire participer différents secteurs, et d’améliorer la coordination au sein des structures officielles. Le rôle de l’OMS et de ses partenaires en faveur de la santé La Région européenne de l’OMS dispose d’une ressource extrêmement précieuse, à savoir les nombreuses organisations qui peuvent coopérer avec des pays pour appuyer leurs efforts. L ’Organisation mondiale de la santé a pour vocation de promouvoir l’amélioration générale de la santé. L'Union euro péenne, organisation d’intégration détenant un mandat explicite pour des actions multisectorielles en faveur de la santé, dispose d’un potentiel considérable pour soutenir le développement sanitaire. Le Conseil de l ’Europe est l’organisme qui, au premier chef, veille au respect des valeurs éthiques B ut 21. Politiques e t stra tég ies de la Santé p o u r tous But. 20 R e c ru te r des p a rten a ire s p our la santé EUR/RC48/9 p a g e 17 fondamentales. Quant à VOrganisation de coopération et de développement économiques, elle exécute d’importantes analyses économiques pour le compte de ses États membres. Ces organismes économiques et politiques, ainsi que diverses institutions des Nations Unies, banques principales d’investissement et organisations internationales et intergouvemementales, forment ce que l’on peut appeler les «organes directeurs régionaux de la santé». En vertu de sa constitution, l’OMS a pour mandat spécifique de promouvoir le resserrement de la coopé ration en faveur du développement sanitaire, aussi bien au niveau international que dans ses activités de soutien à chaque pays. Dans cette tâche, elle doit prendre en compte les réalités de la Région européenne en cette fin de XXe siècle, et la nécessité d’établir une coopération avec différents partenaires fondée sur une confiance mutuelle, un partenariat entre égaux et un respect du mandat propre de chacun. Sur cette base, le Bureau régional de l’OMS pour l’Europe s’efforcera de travailler en coordination étroite avec le Siège de l’Organisation à Genève et avec les autres bureaux régionaux de l’OMS, ainsi qu’avec ses partenaires européens, d’apporter aux États membres européens tout le bénéfice de l’expérience et du potentiel d’action importants résultant du statut mondial de l’Organisation. Sur ces arrière-fonds, le Bureau régional de l’OMS pour l’Europe devrait soutenir la mise en œuvre des politiques dans chaque pays en assumant cinq rôles : • Être la «conscience de l’Europe en matière de santé», c’est-à-dire attirer l’attention sur les préoccupations éthiques nouvelles ou anciennes relatives à la santé; cela impliquera pour le Bureau régional de veiller au respect du principe de la santé en tant que droit humain fondamental, de promouvoir la santé au niveau régional et de faire campagne pour améliorer l’équité dans les pays et entre eux, ainsi que de protéger la santé des groupes vulnérables ou démunis, et d’identifier les politiques et pratiques qui favorisent la santé ou au contraire la menacent. • Être un centre d ’information sur la santé et le développement sanitaire, à ce titre le Bureau régional gérera et tiendra à jour les systèmes régionaux de surveillance et d ’évaluation de la Santé pour tous (dont les prochains exercices seront exécutés respectivement en 2001 et 2004), et assu mera la fonction de centre d’information sur la situation sanitaire, les déterminants de la santé, les systèmes de santé et l’évolution sanitaire dans la Région. Dans le cadre de cette fonction, le Bureau régional s’efforcera d’optimiser sa coopération avec le Siège de l’Organisation et avec ses principaux partenaires dans la Région, la Commission européenne, l’OCDE et en particulier les autres institutions des Nations Unies, pour promouvoir la mise en place de systèmes de surveillance et d’autres systèmes d’information sanitaire répondant à la fois aux conditions de facilité de collecte et de transmission de données pour les États membres et de qualité technique en termes de normalisation de données et de satisfaction des besoins des utilisateurs. • Analyser et défendre les politiques de la Santé pour tous, le Bureau régional fournira orientation et soutien aux Etats membres, aux organisations et aux réseaux d'élaboration de la politique sanitaire à tous les niveaux. A ce titre, le Bureau entreprendra des recherches sur la poli tique sanitaire, fera le point sur la politique régionale de la Santé pour tous et veillera à sa prochaine actualisation (en 2005). • Fournir des instruments à base objective et des recommandations pour la mise en pratique des politiques. Le Bureau passera en revue les instruments, approches et méthodes nouveaux dans le domaine du développement sanitaire, en suivant les résultats de la recherche internationale, en analysant l’expérience pratique acquise dans les États membres, et si cela est nécessaire, en promouvant ou en exécutant des études urgentes sur des points particuliers. • Jouer le rôle de catalyseur en faveur de l’action, à ce titre le Bureau régional devrait assumer quatre fonctions : 1. coopération technique avec les États membres; 2. rôle mobilisateur dans les efforts pour éliminer ou pour maîtriser des maladies qui constituent une menace majeure pour la santé publique, par exemple dans des actions régionales en vue de EUR/RC48/9 page 18 combattre des épidémies de maladies transmissibles et des pandémies telles que les maladies liées au tabagisme, les traumatismes et les actes de violence; 3. action coordonnée avec ses partenaires par le biais des réseaux de collaboration établis dans toute l’Europe; 4. coordination et soutien en matière de mesures de préparation et d’intervention en cas de catas trophes de santé publique dans la Région. Conclusion À l’approche du XXIe siècle, nous devons résolument prendre des mesures visant à améliorer la santé des 87 0 millions de personnes vivant dans la Région. La SANTÉ 21 permet de relever ce défi en appliquant les meilleures stratégies qui résultent de l’expérience collective acquise par l’Europe au cours des 10 à 15 dernières années. Cette philosophie n’est pas illusoire - m ous pouvons y arriver /». L’expérience a montré que des pays aux situations politiques, sociales, économiques et culturelles extrêmement différentes peuvent élaborer et mettre en œuvre des politiques de la Santé pour tous ayant pour objet de placer la santé au rang des principales préoccupations, et que, quand ils y parviennent, ils ont tout à y gagner. Les 51 Etats membres de la Région sont maintenant confrontés à une tâche difficile : ils doivent se servir de la nouvelle poli tique régionale de la Santé pour tous comme d’un guide - et non comme d’un cadre contraignant - pour mettre à jour, selon la nécessité, leurs propres politiques et buts. Dans toute la Région, de nombreuses collectivités locales ont fait preuve de beaucoup d’initiative et d’imagination dans l’utilisation des idées énoncées dans la Santé pour tous pour mobiliser la population et promouvoir et protéger la santé. Il existe d’excellents exemples d’examen par les secteurs public et privé des possibilités d’améliorer la santé. Des milliers de professionnels de la santé et un grand nombre de leurs organisations ont adopté une démarche novatrice pour améliorer la qualité des soins et collaborer plus étroitement avec d’autres secteurs en vue de trouver de nouveaux moyens de relever les défis. En particulier, le mouvement dynamique et en développement rapide des « Villes-santé» a prouvé l’existence d’un formidable potentiel de mobilisation systématique, viable et novatrice des collectivités locales dans chaque État membre. Il est maintenant nécessaire d’agir de manière ciblée et résolue pour transformer la philosophie de la Santé pour tous en réalité concrète et viable dans chacun des 51 États membres de la Région. Nous possédons l’expérience, le savoir-faire et un grand nombre des outils nécessaires pour influencer les déterminants de la santé; il faut maintenant que les dirigeants donnent des impulsions vigoureuses et qu 'il existe une volonté politique d’utiliser ces atouts. EUR/RC48/9 p ag e 19 Annexe 1 Relation entre les buts mondiaux et régionaux de la Santé pour tous L a S a n té p o u r to u s au XXIe s iè c le - 10 CIBLES MONDIALES S a n t é 21 - L a POLITIQUE DE LA SANTÉ POUR TOUS DANS LA R é g io n e u r o p é e n n e DE L’O M S - 21 BUTS S t r a t é g ie s d e m is e e n o e u v r e d e s b u t s ( id é e s FORCE) 1. Accroître l’équité en matière de santé 1. Solidarité entre pays dans la Région euro péenne Partage des idées, des ressources, des connaissances et de l'expertise en Europe Soutien extérieur renforcé et mieux coordonné aux pays en situation difficile, conformément à leurs plans de développement basés sur la Santé pour tous 2. Équité en matière de santé dans les pays Réduction des inégalités sociales et économiques entre groupes par le biais des politiques, de mesures législa tives et d’actions concrètes 2. Améliorer la survie et la qualité de la vie 3. Démarrer dans la vie en bonne santé Investissement en faveur du bien-être social et écono mique des parents et des familles Accès à des services satisfaisants de santé reproductive et de santé infantile 4. Santé des jeunes Établissement d’environnements physiques, sociaux et économiques favorables et sûrs Coopération des services sanitaires, éducatifs et sociaux 5. Vieillir en bonne santé Mesures concernant le logement, les revenus et d'autres conditions visant à améliorer l'autonomie et la produc tivité sociale Promotion et protection de la santé pendant toute la vie 3. Inversion des tendances mondiales concernant cinq grandes pandémies 6. Améliorer la santé mentale Conditions de vie et de travail organisées de manière à donner un sens de la cohérence et des relations sociales Services de haute qualité pour les personnes ayant des problèmes de santé mentale 4. Éradiquer et éliminer certaines maladies 7. Faire reculer les maladies transmis sibles Éradication/élimination de la poliomyélite, de la rougeole et du tétanos néonatal Stratégies internationalement adoptées de surveillance, de vaccination et de maîtrise des maladies 3. Inversion des tendances mondiales concernant cinq grandes pandémies 8. Faire reculer les maladies non transmissibles Prévention et lutte contre les facteurs de risque des maladies non transmissibles courantes Politiques publiques favorables à la santé, y compris le lancement d'un mouvement en faveur des modes de vie sains à l'échelle européenne 9. Diminuer le nombre de blessures dues aux actes de violence et aux accidents Priorité renforcée donnée à la sécurité et à la cohésion sociale dans les environnements de vie et de travail 5. Amélioration de l'accès à l'eau, à l’assainissement, à l’alimentation et au logement 10. Un environnement physique sain et sûr Plans d’action nationaux et subnationaux sur l’environnement et la santé Instruments législatifs et économiques en vue de réduire la production de déchets et la pollution EUR/RC48/9 page 20 L a S a n t é p o u r t o u s a u X X Ie s iè c l e - 10 CIBLES MONDIALES S a n té 21 - L a POLITIQUE DE LA SANTÉ POUR TOUS DANS LA R é g io n e u ro p é e n n e DE L’O M S - 21 BUTS S t r a t é g ie s d e m is e e n o e u v r e d e s b u t s (IDÉES FORCE) 6. Promouvoir les modes de vie sains aux dépens des modes de vie dangereux 11. Adopter des modes de vie plus sains Actions visant à faciliter les choix sains en ce qui concerne la nutrition, l'exercice physique et la sexualité 12. Réduire les dommages causés par l'alcoolisme, la toxicomanie et le tabagisme Stratégie de grande ampleur en vue de prévenir les toxicomanies et de traiter les victimes 13. Cadres favorables à la santé Mécanismes multisectoriels en vue de faire du domicile, de l’école, du lieu de travail et de la ville des lieux plus sains 14. Responsabilité multi- sectorielle pour la santé Par l’évaluation des impacts sur la santé, responsa bilisation de tous les secteurs quant aux effets de leurs actions sur la santé 8. Amélioration de l'accès à des soins de santé essentiels complets et de haute qualité 15. Secteur de santé intégré Soins de santé primaires aux familles et collectivités, et systèmes souples d’orientation vers les hôpitaux 16. Gestion axée sur la qualité des soins Prise en compte des résultats en matière de santé pour l'orientation des programmes de développement sanitaire et des soins aux patients 17. Financement des services de santé et affectation des ressources Systèmes de financement favorisant la couverture uni verselle, la solidarité et la viabilité à long terme Affectations de ressources suffisantes aux besoins prioritaires de santé 18. Amélioration des ressources humaines pour la santé Formation fondée sur les principes de la Santé pour tous Professionnels de santé publique formés pour jouer le rôle d’animateurs et de médiateurs principaux en faveur de la santé depuis le niveau local jusqu’au niveau national 10. Appui à la recherche pour la santé 9. Mise en œuvre de systèmes nationaux et mondiaux de surveillance et d’information sanitaire 19. Recherche et utili sation des connais sances pour la santé Orientation des politiques de recherche sur les besoins de la Santé pour tous Mécanismes visant à instaurer une pratique scientifi quement fondée 7. Élaboration, appli cation et surveillance des politiques nationales de la Santé pour tous 20. Recruter des parte naires pour la santé Sensibilisation, constitution d'alliances et action commune en faveur de la santé Les secteurs et acteurs analysent les avantages mutuels de l’investissement en faveur de la santé et rendent des comptes sur leur action 21. Politiques et stratégies de la Santé pour tous Politiques de la Santé pour tous (avec buts et indi cateurs) formulées et mises en œuvre du niveau national au niveau local, avec la participation des secteurs et organisations concernés Que l’on soit ministre, maire, directeur d’entreprise, personnalité influente, parent ou simple individu, la Santé 21 pourra aider à lancer les stratégies d’action qui permettront d’établir un dévelop pement plus démocratique, plus socialement responsable et plus viable. La Santé pour tous est donc une plate-forme politique parti culièrement efficace. Sa mise en œuvre permettra : • de tirer bénéfice d’une plus grande équité en matière de santé • de renforcer la santé et la productivité pendant toute la vie • de réduire le fardeau de la mauvaise santé et de l’incapacité • de mobiliser des ressources nouvelles grâce à l’action multisectorielle • de recueillir les avantages d’un système de soins axé sur la qualité et l'efficacité pratique et économique de prendre en charge la santé et ses déterminants
World Health Organization (WHO) · Governing Bodies documents
Quarante-huitième session du Comité régional de l’Europe: Copenhague, 14 - 18 septembre 1998 : Santé 21 : Introduction à la politique de la Santé pour tous pour la Région européenne de l’OMS
View original document
The full text is hosted by the publishing organisation. lawenc.com indexes the metadata and links to the official source.
Full text
Key facts
Organisation
World Health Organization (WHO)
Document type
Governing Bodies documents
Source
World Health Organization