World Health Organization (WHO) · Journal articles

Chagas disease (American trypanosomiasis) — factsheet (revised in August 2012) = Maladie de Chagas (trypanosomiase américaine) — aide-mémoire (révisé en août 2012)

World Health Organization
View original document

The full text is hosted by the publishing organisation. lawenc.com indexes the metadata and links to the official source.

Full text

Chagas disease (American trypanosomiasis) – factsheet (revised in August 2012) Chagas disease, also known as American trypanosomiasis, is a potentially life-threatening illness caused by the protozoan parasite, Trypanosoma cruzi (T. cruzi). It is found mainly in Latin America, where it is mostly transmitted to humans by the faeces of triatomine bugs, known as “kissing bugs”, among other names, depending on the geographical area. An estimated 10 million people are infected worldwide, mostly in Latin America where Chagas disease is endemic. More than 25 million people are at risk of the disease. It is estimated that in 2008 Chagas disease killed more than 10 000 people. Chagas disease is named after Carlos Ribeiro Justiniano Chagas, a Brazilian doctor who first discovered the disease in 1909.

Maladie de Chagas (trypanosomiase américaine) – aide-mémoire (révisé en août 2012) La maladie de Chagas, connue également sous le nom de trypanosomiase américaine, est une maladie potentiellement mortelle provoquée par un protozoaire, Trypanosoma cruzi (T. cruzi). On la trouve principalement en Amérique latine, où elle est la plupart du temps transmise à l’homme par les déjections de triatome, une variété de punaise qui porte différents noms selon la région géographique. On estime que 10 millions de personnes sont infectées dans le monde, principalement en Amérique latine où la maladie de Chagas sévit à l’état endémique. Plus de 25 millions de personnes sont exposées à la maladie. En 2008, la maladie de Chagas aurait tué plus de 10 000 personnes. La maladie a été baptisée du nom de Carlos Ribeiro Justiniano Chagas, le médecin brésilien qui l’a découverte en 1909.

Distribution Chagas disease occurs mainly in Latin America. However, in the past decades it has been increasingly detected in the United States, Canada, many European and some Western Pacific countries. This is mainly due to population mobility between Latin America and the rest of the world. Less frequently, it is due to infection through blood transfusion, vertical transmission (from infected mother to child) or organ donation. releve epidemiologique hebdomadaire, No 51/52, 14 DÉCembre 2012

Répartition La maladie de Chagas sévit principalement en Amérique latine. Toutefois, au cours des dernières décennies, elle a été dépistée de plus en plus souvent aux États-Unis, au Canada, dans de nombreux pays d’Europe et dans certains pays du Pacifique occidental. Cette propagation est principalement due à la mobilité de la population entre l’Amérique latine et le reste du monde et, dans une moindre mesure, à l’infection par le biais des transfusions sanguines, d’une transmission verticale (de la mère infectée à son enfant) ou de dons d’organes. 519

Signs and symptoms Chagas disease presents itself in 2 phases. The initial, acute phase lasts for about 2 months after infection. During the acute phase, a high number of parasites circulate in the blood. In most cases, symptoms are absent or mild, but can include fever, headache, enlarged lymph glands, pallor, muscle pain, difficulty in breathing, swelling and abdominal or chest pain. In <50% of people bitten by a triatomine bug, the first characteristic visible signs can be a skin lesion or a purplish swelling of the lids of one eye. During the chronic phase, the parasites are hidden mainly in the heart and digestive muscle. Up to 30% of patients suffer from cardiac disorders and up to 10% suffer from digestive (typically enlargement of the oesophagus or colon), neurological or mixed alterations. In later years the infection can lead to sudden death or heart failure caused by progressive destruction of the heart muscle.

Signes et symptômes La maladie de Chagas se présente en 2 phases. La première, la phase aiguë, dure environ 2 mois. Au cours de celle-ci, un nombre élevé de parasites circulent dans le sang. Dans la plupart des cas, il n’y a pas de symptômes ou des symptômes bénins, fièvre, céphalées, lymphœdème, pâleur, douleurs musculaires, difficultés respiratoires, œdème et douleurs abdominales ou thoraciques. Chez <50% des personnes piquées par un triatome, les premiers signes visibles caractéristiques peuvent être une lésion cutanée ou un œdème violacé des paupières d’un œil. Au cours de la phase chronique, les parasites se cachent principalement dans le muscle cardiaque et les muscles digestifs. Jusqu’à 30% des patients souffrent de troubles cardiaques et jusqu’à 10% de troubles digestifs (généralement mégaœsophage ou mégacôlon), neurologiques ou les deux à la fois. Les dernières années, l’infection peut conduire au décès soudain ou à une insuffisance cardiaque provoquée par la destruction progressive du muscle cardiaque.

Transmission In Latin America, T. cruzi parasites are mainly transmitted by the infected faeces of blood-sucking triatomine bugs. These bugs typically live in the cracks of poorlyconstructed homes in rural or suburban areas. Normally they hide during the day and become active at night when they feed on human blood. They usually bite an exposed area of skin such as the face, and the bug defecates close to the bite. The parasites enter the body when the person instinctively smears the bug faeces into the bite, the eyes, the mouth, or into any skin break. T. cruzi can also be transmitted by:

Transmission En Amérique latine, T. cruzi est principalement transmis par les déjections infectées de triatomes hématophages. Ces triatomes (sorte de punaises) vivent la plupart du temps dans les fentes des murs des habitations précaires en milieu rural ou suburbain. Ils se cachent généralement pendant la journée et sortent la nuit pour se nourrir de sang humain. Ils piquent le plus souvent une zone de peau exposée comme le visage, et défèquent à proximité de la piqûre. Les parasites pénètrent dans l’organisme lorsque la personne se frotte ou se gratte instinctivement et fait pénétrer les déjections dans la lésion, les yeux, la bouche, ou toute autre altération de la peau. T. cruzi est également transmis par:

 food contaminated with T. cruzi through for    

example the contact with triatomine bug faeces; blood transfusions using blood from infected donors; passage from an infected mother to her newborn during pregnancy or childbirth; organ transplants using organs from infected donors; laboratory accidents.

 des aliments contaminés par T. cruzi, par exemple par

contact avec des déjections de triatomes;  par transfusion de sang de donneurs infectés;  par passage d’une mère infectée à son enfant pendant la grossesse ou l’accouchement;  par transplantation d’organes de donneurs infectés;  lors d’accidents de laboratoire.

Treatment To kill the parasite, Chagas disease can be treated with benznidazole and also nifurtimox. Both medicines are almost 100% effective in curing the disease if given soon after infection at the onset of the acute phase. However, the efficacy of both diminishes the longer a person has been infected. Treatment is also indicated for those in whom the infection has been reactivated (for example, due to immunosuppression), for infants with congenital infection and for patients during the early chronic phase. Infected adults, especially those with no symptoms, should be offered treatment. The potential benefits of medication in preventing or delaying the development of Chagas disease should be weighed against the long duration of treatment (up to 2 months) and possible adverse reactions (occurring in up to 40% of treated patients).

Traitement Pour éliminer le parasite, la maladie peut être traitée au moyen de benznidazole ou de nifurtimox. Les deux médicaments sont efficaces à près de 100% et permettent de guérir la maladie s’ils sont administrés suffisamment tôt après l’infection, dès le début de la phase aiguë. Leur efficacité diminue toutefois avec l’ancienneté de l’infection. Le traitement est également indiqué pour les personnes chez qui l’infection a été réactivée (par exemple en raison d’une immunodépression), pour les nourrissons présentant une infection congénitale et pour les patients au cours de la phase chronique précoce. Les adultes infectés, notamment ceux qui ne présentent aucun symptôme, devraient se voir proposer un traitement. Les avantages potentiels du traitement médicamenteux pour prévenir ou retarder le développement de la maladie de Chagas devraient être pesés en tenant compte de la durée prolongée du traitement (jusqu’à 2 mois) et des réactions indésirables possibles (qui surviennent dans un pourcentage de patients pouvant aller jusqu’à 40%). Weekly epidemiological record, No. 51/52, 14 DECember 2012

520

Benznidazole and nifurtimox should not be taken by pregnant women or by people with kidney or liver failure. Nifurtimox is also contraindicated for people with a background of neurological or psychiatric disorders. Additionally, specific treatment for cardiac or digestive manifestations may be required.

Le benznidazole et le nifurtimox ne devraient pas être administrés aux femmes enceintes ni aux personnes souffrant d’insuffisance rénale ou hépatique. Le nifurtimox est également contre-indiqué pour les personnes présentant des antécédents de troubles neurologiques ou psychiatriques. De plus, un traitement spécifique des manifestations cardiaques ou digestives peut s’avérer nécessaire.

Control and prevention There is no vaccine for Chagas disease. Vector control is the most effective method of preventing Chagas disease in Latin America. Blood screening is necessary to prevent infection through transfusion and organ transplantation. Originally (>9000 years ago), T. cruzi only affected wild animals. It later spread to domestic animals and people. The large reservoir of T. cruzi parasites in wild animals of the Americas means that the parasite cannot be eradicated. Instead, the control targets are elimination of the transmission and health care access for the infected and ill population. T. cruzi can infect several species of the triatomine bug, the majority of which are found in the Americas. Depending on the geographical area, WHO recommends the following approaches to prevention and control:

Lutte et prévention Il n’existe pas de vaccin contre la maladie de Chagas. La lutte antivectorielle est la méthode la plus efficace pour prévenir la maladie de Chagas en Amérique latine. Un dépistage sanguin est nécessaire pour prévenir l’infection consécutive à une transfusion ou à une transplantation d’organe. À l’origine (>9000 ans), T. cruzi ne touchait que les animaux sauvages. Il s’est ensuite propagé aux animaux domestiques et aux personnes. En raison de la taille du réservoir du parasite chez la faune sauvage dans les Amériques, il ne peut être éradiqué. Par contre, les objectifs de la lutte sont d’éliminer la transmission et de donner accès aux soins de santé aux personnes infectées et malades. T. cruzi peut infecter plusieurs espèces de triatomes, dont la majorité sont présentes dans les Amériques. Selon la zone géographique, l’OMS recommande les méthodes suivantes de prévention et de lutte:

 insecticide spraying of houses and surrounding 

areas; house improvements to prevent vector infestation;

 épandage d’insecticide dans les habitations et les zones avoisinantes;

 améliorations apportées aux habitations pour prévenir l’infestation par des vecteurs;

 personal preventive measures such as bednets;  good hygiene practices in food preparation, transportation, storage and consumption; ers; and

 mesures de prévention personnelle telles que les moustiquaires;  bonnes pratiques d’hygiène lors de la préparation des aliments ou de leur transport, leur stockage et leur consommation; ou de cellules;

 screening of blood donors;  testing of organ, tissue or cell donors and receiv screening of newborns and other children of infected mothers to provide early diagnosis and treatment.

 dépistage des donneurs de sang;  dépistage des donneurs et des receveurs d’organes, de tissus  dépistage des nouveau-nés de mères infectées, et des frères et sœurs d’enfants infectés pour assurer un diagnostic et un traitement précoces.

WHO response Since the 1990s there have been important successes in parasite and vector control in Latin America, in the territories of the Southern Cone, Central American, Andean Pact and Amazonian Intergovernmental Initiatives with the Pan American Health Organization Secretariat. These multinational initiatives led to substantial reductions in transmission by domestic vectors. In addition, the risk of transmission by blood transfusion has been substantially reduced throughout Latin America. These advances have been possible because of the strong commitment of the endemic Member States, and the strength of their research and control organizations, together with support from many international partners. At the same time a series of additional challenges have to be faced:

La réponse de l’OMS Depuis les années 1990, d’importants succès ont été remportés dans la lutte antivectorielle et antiparasitaire en Amérique latine, dans les territoires des pays du Cône Sud, en Amérique centrale, dans le cadre des initiatives du Pacte andin et de l’Initiative intergouvernementale amazonienne, avec le Secrétariat technique de l’Organisation panaméricaine de la Santé. Ces initiatives multinationales ont entraîné des réductions importantes de la transmission par les vecteurs domestiques. En outre, le risque de transmission par transfusion sanguine a été sensiblement réduit dans toute l’Amérique latine. Ces progrès ont été rendus possibles en raison du fort engagement des États Membres d’endémie et de la solidité de leurs organismes de recherche et de lutte, alliés à l’appui de nombreux partenaires internationaux. Mais il reste une série de problèmes à résoudre, à savoir:

 sustainability, maintaining and consolidating the control advances;

 la pérennisation, le maintien et la consolidation des progrès en matière de lutte;

releve epidemiologique hebdomadaire, No 51/52, 14 DÉCembre 2012

521

emergence of Chagas disease in regions previously considered to be free of the disease – such as the Amazon basin;  re-emergence of the disease in regions where control had been in progress – such as the Chaco region of Argentina and Bolivia;  dissemination, mainly due to increasing population mobility between Latin America and the rest of the world;  diagnosis and treatment access of millions of infected people. To attain the goal of the elimination of Chagas disease transmission and provide health care for infected/ill patients, both in endemic and non-endemic countries, WHO aims to increase networking at the global level and reinforce regional and national capacities, focusing on:

 l’émergence de la maladie de Chagas dans des régions

précédemment considérées comme indemnes – comme le bassin amazonien;  la réémergence de la maladie dans des régions où la lutte avait progressé – telles que dans la région de Chaco en Argentine et en Bolivie;  la dissémination, principalement due à une mobilité accrue de la population entre l’Amérique latine et le reste du monde;  l’accès au diagnostic et au traitement de millions de personnes infectées. Pour atteindre l’objectif de l’élimination de la transmission de la maladie de Chagas et fournir des soins de santé aux personnes infectées ou malades, tant dans les pays d’endémie que dans les autres, l’OMS vise à développer des réseaux au niveau mondial et à renforcer les capacités régionales et nationales, en se concentrant sur les points suivants:

 strengthening world epidemiological surveillance and information systems;  preventing transmission by blood transfusion and organ transplantation in endemic and nonendemic countries;  promoting the identification of diagnostic tests for screening and diagnosis of infections;  expanding secondary prevention of congenital transmission and case management of congenital and non-congenital infections; and  promoting consensus on adequate case management. 

 renforcement des systèmes d’information et de surveillance épidémiologique mondiale;  prévention de la transmission par transfusion sanguine et transplantation d’organes dans les pays d’endémie et de non endémie;  promotion de la recherche de tests de diagnostic pour le dépistage et le diagnostic de l’infection;  élargissement de la prévention secondaire de la transmission congénitale et prise en charge des cas d’infections congénitales et non congénitales;  promotion d’un consensus sur une prise en charge adéquate des cas. 

Key facts
Document type Journal articles
Adoption date
Source World Health Organization