CONSEIL EXÉCUTIF EB142/16 Cent quarante-deuxième session 4 décembre 2017 Point 3.9 de l’ordre du jour provisoire Préparation de la Réunion de haut niveau de l’Assemblée générale pour mettre fin à la tuberculose Rapport du Directeur général CONTEXTE 1. En mai 2014, la Soixante-Septième Assemblée mondiale de la Santé a adopté la Stratégie mondiale et les cibles pour la prévention de la tuberculose, les soins et la lutte après 2015,1 connues par la suite sous le nom de « Stratégie pour mettre fin à la tuberculose », et a pris un engagement ambitieux visant à mettre un terme à l’épidémie mondiale de tuberculose. La Stratégie pour mettre fin à la tuberculose encourage le recours à la tutelle des pouvoirs publics et à l’engagement communautaire, ainsi qu’à des approches éthiques fondées sur les droits, en privilégiant équitablement les populations vulnérables et en menant une action multisectorielle. Elle repose sur trois piliers : les soins et la prévention intégrés centrés sur le patient, les politiques audacieuses et les systèmes de soutien, ainsi que l’intensification de la recherche et de l’innovation. En septembre 2015, les Nations Unies ont adopté les objectifs de développement durable dans le cadre du Programme de développement durable à l’horizon 2030 ; parmi les objectifs liés à la santé, l’une des cibles consiste à mettre fin à l’épidémie de tuberculose.2 Dans son Plan mondial pour éliminer la tuberculose 2016-2020, le Partenariat Halte à la tuberculose a estimé les ressources nécessaires pour la période 2016-2020. Un rapport de situation présenté à la Soixante-Dixième Assemblée mondiale de la Santé en mai 2017 sur la mise en œuvre de la Stratégie pour mettre fin à la tuberculose3 décrit les activités menées par le Secrétariat et les partenaires pour soutenir les États Membres afin qu’ils parviennent à opérer le changement de paradigme nécessaire pour mettre fin à l’épidémie de tuberculose. Il est admis que, sur la base des données fournies à l’OMS,4 les mesures prises et les investissements consentis restent très insuffisants par rapport aux efforts nécessaires pour mettre fin à l’épidémie. 2. La tuberculose est la principale cause de décès dû à un agent infectieux unique dans le monde, l’une des 10 principales causes de décès à l’échelle mondiale, la première cause de décès des personnes porteuses d’une infection à VIH et une des principales causes de décès imputables à une infection résistant aux 1 Résolution WHA67.1 (2014). 2 Cible 3.3 (D’ici à 2030, mettre fin à l’épidémie de sida, à la tuberculose, au paludisme et aux maladies tropicales négligées et combattre l’hépatite, les maladies transmises par l’eau et autres maladies transmissibles) de l’objectif 3 de développement durable (Permettre à tous de vivre en bonne santé et promouvoir le bien-être de tous à tout âge). 3 Document A70/38, section E. 4 Global tuberculosis report 2016. Genève, Organisation mondiale de la Santé (http://apps.who.int/medicinedocs/ documents/s23098en/s23098en.pdf, consulté le 6 novembre 2017). EB142/16 2 antimicrobiens. En 2016, la tuberculose était responsable d’environ 1,3 million de décès et de 374 000 décès supplémentaires parmi les personnes séropositives pour le VIH dans le monde. On estime à 10,4 millions le nombre de personnes ayant contracté la tuberculose en 2016 à l’échelle mondiale. La tuberculose résistante aux médicaments représente une menace planétaire et une véritable crise dans plusieurs États Membres. En 2016, 600 000 nouveaux cas de tuberculose multirésistante et de tuberculose résistante à la rifampicine, nécessitant un traitement plus long avec des schémas thérapeutiques de seconde intention plus chers et plus toxiques, ont été recensés. Le taux de mortalité et le taux d’incidence de la tuberculose dans le monde sont en baisse d’une année sur l’autre, d’environ 3 % et 2 % respectivement. Néanmoins, d’ici à 2020, ces taux annuels doivent baisser jusqu’à 4 % à 5 % et 10 %, respectivement, afin que le jalon fixé pour 2020 dans la Stratégie pour mettre fin à la tuberculose soit atteint. Il ne fait aucun doute qu’il faut encourager l’engagement politique nécessaire pour renforcer la lutte contre la tuberculose et pour aider le monde et chaque pays à mettre un terme plus rapidement à l’épidémie. RÉUNION DE HAUT NIVEAU DE L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE POUR METTRE FIN À LA TUBERCULOSE 3. Dans sa résolution 71/159 adoptée en décembre 2016, l’Assemblée générale des Nations Unies a décidé de tenir, en 2018, une réunion de haut niveau sur la lutte contre la tuberculose et elle a prié le Secrétaire général, agissant en étroite collaboration avec le Directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé et en consultation avec les États Membres, selon que de besoin, d’en arrêter les différentes options et modalités, notamment d’envisager quels pourraient en être les résultats, en s’appuyant sur les efforts déjà faits à cet égard. Elle a également pris note de l’initiative prise de tenir à Moscou, en novembre 2017, une conférence ministérielle mondiale sur la lutte contre la tuberculose dans le cadre de la promotion de la santé publique et de la réalisation des objectifs de développement durable. PROCESSUS DÉBOUCHANT SUR LA RÉUNION DE HAUT NIVEAU 4. La résolution de l’Assemblée générale a permis de faire prendre conscience à toutes les parties prenantes qu’il était nécessaire de s’engager davantage, de faire plus d’efforts et d’accroître les investissements afin d’accélérer les progrès dans la mise en œuvre de la Stratégie pour mettre fin à la tuberculose et d’atteindre les jalons fixés, les cibles et l’objectif de mettre fin à l’épidémie. En juillet 2017, les dirigeants du G20 ont reconnu qu’il était fondamental d’agir dans le domaine de la tuberculose dans le cadre des efforts mondiaux visant à lutter contre la résistance aux antimicrobiens. Lors d’un sommet qui s’est tenu en septembre 2017, les dirigeants des pays du Groupe BRICS (Brésil, Fédération de Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) se sont engagés à collaborer afin de lutter contre la tuberculose, notamment en faisant avancer la recherche. Le processus de préparation à la Réunion de haut niveau de l’Assemblée générale comprendra les étapes et les activités énumérées ci-dessous. Options et modalités : rapport et résolution de l’Assemblée générale 5. L’Assemblée générale avait demandé à l’OMS de proposer les options et les modalités relatives à l’organisation de la Réunion de haut niveau, y compris les résultats éventuels. L’OMS a donc soumis un projet de rapport pour examen par le Secrétaire général présentant les commentaires d’un large éventail de parties prenantes, notamment du groupe de coordination du Partenariat Halte à la EB142/16 3 tuberculose pour la Réunion de haut niveau,1 qui a organisé différentes activités visant à obtenir l’appui et l’avis des représentants de la société civile, des personnes touchées par la tuberculose, des partenaires financiers et techniques, des parlementaires, des établissements universitaires et du secteur privé. Le Président de l’Assemblée générale devrait lancer un processus relatif aux options, aux modalités, aux dates, au format et à l’organisation de la Réunion de haut niveau, dans le but de soumettre un projet de résolution à l’Assemblée générale contenant les dispositions à prendre pour l’organisation de cette réunion. La résolution devrait ensuite orienter la préparation de la Réunion de haut niveau, qui devrait déboucher sur une déclaration politique intergouvernementale. Conférence ministérielle mondiale pour mettre fin à la tuberculose 6. L’OMS, en collaboration avec le Gouvernement de la Fédération de Russie, a organisé la Première Conférence ministérielle mondiale sous le thème « Mettre fin à la tuberculose à l’ère des objectifs de développement durable : une réponse multisectorielle », qui s’est tenue à Moscou les 16 et 17 novembre. L’ensemble des États Membres, les entités concernées du système des Nations Unies, les donateurs, les partenaires techniques et financiers, les organisations non gouvernementales, la société civile, les établissements universitaires, le secteur privé, les représentants communautaires et les personnes touchées par la tuberculose ont pris part à la Conférence. Celle-ci visait à encourager les ministres de la santé, les ministres occupant un autre portefeuille et tous les autres partenaires à réitérer leur engagement pour contribuer à l’accélération de la mise en œuvre de la Stratégie pour mettre fin à la tuberculose au moyen d’une approche multisectorielle, dans le but d’atteindre les objectifs mondiaux établis par l’Assemblée de la Santé et les cibles pertinentes des objectifs de développement durable liés à la santé. 7. Le partage des meilleures pratiques, les discussions sur les domaines clés cernés pour une action rapide, ainsi qu’une déclaration ministérielle issue de la Conférence serviront de base à la Réunion de haut niveau de l’Assemblée générale sur la tuberculose qui se tiendra en 2018. Cette conférence ministérielle devrait : contribuer à accélérer la couverture universelle du traitement et de la prévention de la tuberculose dans le cadre des programmes mondiaux relatifs à la résistance aux antimicrobiens, à la sécurité sanitaire et au développement durable ; débloquer un financement suffisant et pérenne, depuis des sources nationales et extérieures, afin de lutter contre l’épidémie de tuberculose sur tous les fronts ; accroître les investissements dans la recherche et l’innovation ; et déboucher sur un accord pour la préparation d’un cadre de responsabilisation multisectoriel englobant toutes les dimensions de la lutte multisectorielle contre la tuberculose et permettant de passer en revue les résultats en temps opportun et de prendre les mesures correctives nécessaires. Consultations des partenaires 8. L’OMS, de même que d’autres entités du système des Nations Unies, les commissions régionales, les envoyés du Secrétaire général concernés, le Partenariat Halte à la tuberculose hébergé par le Bureau des Nations Unies pour les services d’appui aux projets, UNITAID hébergé par l’OMS, et le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, pourraient être invités à organiser des consultations avec les partenaires en parallèle des importantes réunions et des grands forums internationaux et régionaux pertinents. Ces entités pourraient également être invitées à 1 Les membres du groupe de coordination du Partenariat Halte à la tuberculose sont les suivants : OMS ; Envoyé spécial du Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies chargé de l’initiative Halte à la tuberculose ; et représentants du Global TB Caucus, de l’International Civil Society Support et d’autres organisations non gouvernementales, de l’Afrique du Sud, de l’Agency for International Development des États-Unis, d’Affaires mondiales Canada, de la Fondation Bill & Melinda Gates et de l’Union internationale contre la tuberculose et les maladies respiratoires. EB142/16 4 envisager des initiatives en appui au processus de préparation et à la Réunion de haut niveau elle-même, en particulier en ce qui a trait aux débats portant sur les défis et les possibilités, ainsi qu’à la définition des priorités et à la mobilisation des soutiens pour la Réunion de haut niveau. Dialogue avec la société civile et le secteur privé 9. L’OMS appuiera les éventuels débats interactifs de la société civile qui pourraient être organisés par le Président de l’Assemblée générale et y prendra activement part afin de recueillir des informations auprès des personnes touchées par la tuberculose, de la communauté au sens large, des organisations de la société civile et du secteur privé dans le cadre du processus de préparation de la Réunion de haut niveau. Participation à des échanges interactifs ou à des groupes multipartites 10. Si le Président de l’Assemblée générale décide d’organiser des échanges interactifs ou de réunir des groupes multipartites, l’OMS y contribuera activement, de même que les États Membres, les dirigeants des autres entités concernées du système des Nations Unies, le Partenariat Halte à la tuberculose ainsi que les représentants de la société civile, des organisations non gouvernementales, des organisations communautaires et confessionnelles, et des personnes touchées par la tuberculose. Organisation de la Réunion de haut niveau et résultat attendu 11. La Réunion de haut niveau devrait être convoquée au cours de la deuxième moitié de l’année 2018 en parallèle de l’Assemblée générale, avec la participation des chefs d’État et de gouvernement. Il est prévu que le Président de l’Assemblée générale préside également la Réunion de haut niveau. Cette réunion devrait déboucher sur l’adoption d’une déclaration politique concise et pragmatique approuvée par les chefs d’État sur la fin de l’épidémie de tuberculose. 12. L’OMS se tient prête à apporter un soutien accru dans la préparation de la Réunion de haut niveau ainsi que dans les activités de suivi, si le Secrétaire général et l’Assemblée générale en font la demande. MESURES À PRENDRE PAR LE CONSEIL EXÉCUTIF 13. Le Conseil est invité à prendre note du rapport. = = =
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Préparation de la Réunion de haut niveau de l’Assemblée générale pour mettre fin à la tuberculose : rapport du Directeur général
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