WORLD HEALTH ORGANIZATION AFRICAN REGION COMITE CONSLTI,TATIF DIEXPERTS Trois ième réunion ptembre 1982 ORGANISATION MONDIALE DE LA SANTE REGION DE L'AFRIQUE OCP/EÂC3 .6 (ocP82.13) ORIGI}.AL: ANGLAIS des données de base sur les performances de vol de S soubrens S. sancti ul étaient 1-es mâiaes que ne trouve ians les zc:les pour Le oitre sua ONCHOCTRCIASIS CONTROL PROGRAMME IN TIIE VOLT.\ RTVER BASIN AREA PROCR^MI{t DE LUTTT CONTRE L'ONCHOCIIRCOSE DANS LA RLGION DU BASSIN DE LA VOLTA Tél 133 I 2 - 329.10 - 338 57 - Téléx ONCHO 524 I Uv Cenève, I3-17 se RECHERCHE SUR L'ECOIOGIE DES VECTETIRS 1. Performances de vo1 des espèces du complexe §. damnosum S. Cette é s quamo sum avait pour soubrense/ S but de réunir . sanctipauli tude c et S. sirbanum, en vue de déterminer leur potentiel migratoire relatif. Il a été démontré que 1es trois espèces cytotaxonomiques étudiées étaient capables d'effectuer de longs vols ininterrompus lors d'essais sur un manège, que les volsétaient possibles pendant plusieurs jours dans la vie d'un adulte, que les fen:e11es gorgées de sang capturées dans la nature pouvaient voler pendant de longues périodes, et qu'une nourriture sucrée était indispensable pour les vols de longue durée et pouvait faciliter un vol supplé- mentaire Ie même jour si el.le était absorbée après le premier vol. Les études sur le terrain ont révélé que 5 . sirbannm êt, dans une certaine mesure, S. squamosum et S. s oubrens e/S. sanctipauli étaient capables d' effectuer des vols migratoires. Les aigrations faciliEées par le vent constituent le mécanisme de dispersion le plus probable de ces simulies si l'on admet que des vols dépassant 50 kilomètres durent relativement peu de temps (un ou deux jours). Si la migration durait plus longtemps - et certains indices donnent à penser qu'il ea est ainsi dufait que les immigrants sont des simulies âgées pares hébergeant souvent des larves d'Onchocerca parvenues à maturité -r url nouveau repas serait nécessaire après chaque étape de même s'il demeure probable que Ie vol est facilité par 1e vent. Des trajets de p la migration, lusieurs cen- taines de kilomètres pourraient être effectués de la sorte si des déplacements rélétés aidéspar le vent avaient lieu entre les repas de jus sucré, voire de sang, et les épiscdes d'acti- vi té reproductive . Les performances mesurées des femelles ce1les des deux auLres espèces. C'est là un fait intéressant puisqu'on de savane du Programme que de petits nombres des deux espèces cytotaxonomiques fc:estières.Peut-âtre est-ce une indication que ces insectes sont moins nombreux à effectuer --es mieratiins, ou encore que les performances de vol mesurées ne reflètent pas nécessairement u;: comportem€:ltinné ni une aPtitude physiologique à effectuer des vols de longue durée dans la r:aEure. Les performances de jeunes S. sirbanum femelles ne s'étant pas encore nourri:s étaientbien meilleures que ceLles de sujets équivalents des deux autres espèces ec i1 s€ pourrait c--le ce soit là une différence rée11e en rapport avec une adaptation aux co:rditions prcores aux régions de savane. r1 ressort des différences constatées entre diverses espèces cytotaxonomiques en ce qui concerne les durées de vo1 les plus longues qui aient été enregistrées qu'i1 y aurait lieu cadéterminer si elles reflètent soit des différences en matière de comportement et:econ=ervat:.on et d'utilisation de la nourriture, soit des effets liés à 1'environneEent. Les études en cours portent sur Ia conservation et l'utilisation de Ia nourriture vo1 et sur 1'effet des facteurs liés à 1'environnement (température, humidité), ainsi1'effet de la charge parasitaire sur les performances de vol. ocefrect.o Page 2 2. Etudes sur la ré:nvasion par S. damnosum s.1 de la partie orientale de la zone du Progranrme, y compris e traitement exp r iment a des sources pofentie ES læ traitement expérimental des sources potentielles moyen satisfaisant de déterminer 1'origine des femelles du complexe S. damnosum. Le schéma de réinvasion dans 1a Progranune offrait une excellente occasion d'effectuer un mentaux. La situation au Togo est particulièrement intér vasion font partie en majorité de 1'espèce S. squamosum, est assez fiable. On a constaté que les gîtes larvaires les dans ïogo a constitué jus piqueuses de réi partie togolais e telle étude de essante puisque dont f identifi de S. squamosum qu'à présent 1e seul nvasion faisant partie e de la zone du s traitements expéri- les simulies de réin- cation morphologique ne Se trouvaient que dans les régions montagneuses et sur les cours d'eau situés à proximité des collines au sud de 1a limite méridionale de la zone du prog rantrne. Conrne S. squamosum éta it considérée (sur La base deI expérience acquise dans la partie occidentale de Ia zone du Progranrne) contrne n'effectuant des migrations que sur de courtes distances, 1es traitements expérimenEaux avaient pour objet de déterminer s'il serait possible de lutter contre la réinvasion par une extension limitée de la zone traiÈée. En 1980, on a conçu 1a zone expérimentale en \rue de protéger la va11ée du M6 en soumettant à des Èraitements les gîtes larvaires de S. squamosum dans un rayon d'une cen- taine de kilomètres autour du pont sur Ie Mô. Cependant, bien que les prospections aient démontré que les traitements avaient été pleinement efficaces dans la zone expérimentale, 1e nombre des simulies n'avait pas été ramené pour autant à un niveau acceptable. Il a fallu admettre que les simulies provenaient de sources plus lointaines tel1es que 1a région d'Atakpamé et 1es gîtes larvaires permanents de S. squamosum dans le bassin de 1'Asukawkaw I€s traitements expérimentaux de 1981 ont donc été conçus de manière à s'appliquer à tous gîEes larvaires de S. squamosum au sud et au sud-ouest des zones de réinvasion du Togo, les zones d'extension prévues au Ghana à I'ouest du lac et dans la partie méridionale du Les traitements expérimentaux ont donné des résultats satisfaisants dans le sud-ouest où aucun échec n'a éEé observé. Des problèmes ont surgi avec les petits affluents et Ies sources de ces cours d'eau dans les régions montagneuses du Togo. En raison du relief particulièrement accentué, comPortant de profondes va11ées très encaissées, souvent recouvertes de forâts le haute futaie, seuls quelques sites d'observation étaient accessibles, mâme par héIicoptère. Les épandages effectués à titre expérimental sur 1e fleuve Mono n'ont jamais donné des résuLtats satisfaisants, mais on I'attribue à une erreur de dosage puisque les traitements ont éLé effi- caces sur 1es affluents. Le traitemenÈ expérimental des populations de simulies piqueuses a donné des résulta:s satisfaisants dans les zones situées à 1'ouest des montagnes, en particulier au Ghana. Daas cerEains endroits, 1es taux d'agressivité ont été ramenés à des niveaux extrômement faibl:s(Djodji : de 43 1 simulies/horr*",,'.1 o.,r en 1980 à 17 simulies homme/jour en f9B1). Comme prévu, il n'a pas été possible de réduire Ies densités sur le cours inférieur:u. Mono. Les résultats étaient meilleurs sur Ie cours moyen du Mono où l'on n'a capturé que :rès peu de simulies par rapport aux deux années précédentes. Le débit n'a repris que très tarC sur cetEe partie du fleuve et I'on n'a observé aucun échec des traiEements. Dans Ia zone du Progranrne sur la rivière Mô (pont sur le Mô) 1e taux d'agressivité a conrnencé à augmenter en mai cornne les deux années précédentes. A 1'époque des traitements expé- rimentaux, les captures journalières sont tombées à des niveaux bas. Toutefois, les résultats n'ont pas éËé entièrement satisfaisants, notartrnent pendant la deuxième moitié du mois dejui1let, où les captures journalières dépassaient 1OO simulies/jour. Sur Ia Kara (Landa-Pozanda), les taux d'agressivité ont pu être maintenus à un niveau très bas pendant toute la durée des Eraitements expérimentaux. La composition par espèces de 1a population agressive sur le Mô (pont du Mô) et la Kara (I-anda-Pozanda) étai_:u analogue à celle de L979 et 19 S. squamosum. 80. Les femelles captur/ées au pont su Quelques S. soubrense/S. sanctipauli simulies capturées à Landa- Pozanda é r le Mô étaient dans leur vaste majoriré des ont été obtenues en août. A nouveau plus de taient des S. darrros,r*r/S. sirbanum.1â moitié des ocPfEAC3 es au centre de la zone à S. squamos en particulier 1es sources de 1'Àsukawkaw 6 Page 3 On peut conclure qu'iI n'y a pas eu de réinvasion importante des valIées du Mô et de la Kara pendant les périodes de L981 correspondant aux traitements expérimentaux et que des condi- tions naturelles favorables, notarTment à Landa-Pozanda, ont peut-âtre influé sur les résultats. Aucun épandage de larvicide ne devant avoir lieu dans La zone d'extension méridionale en 1982, des études sont en cours sur la dynamique naturelle de la population de simuliesmigrantes en vue d'une comparaison avec les résultats obtenus en 1979. Trois points de capture supplémen- taires ont été mrs en place dans 1a zone montagneuse située à La frontière entre le Togo et Ie Ghana, afin d'étudier les taux d'agressivité et le potentiel de transmission des populations simulidienn et du Koné. d 'espèces S . soubrense/S . sanct ipaul i 3. Capacité vectorielle de S soubrense/'S . sanctipauli Lorsque'il s'est manifesté une résistance au téméphos et au chlorphoxime chez:a paire en Côre d'Ivoire, 1a question s'est posée de savoir si les femelles de ces simulies fréquentant normalement la zone forestière et préforestière seraient des vecteurs po tentiels de O. volvulus dans les zones de savane, en particulier dans les zones de savane protégées de Ia région du Programme qu'e11es envahissent pendant la saisor des pluies En 1981, des études préLiminaires sur 1a capacité vectorielte de S soubrens e sanct uli ont été menées dans la zone préforestière et dans 1es savanes guinéei:res et soudaniennes en Côte d'Ivoire, au logo et au Bénin. Cependant, les données recueill:es au cours de ces études sont insuffisantes pour qu'on puisse en irer des conclusions définit:.zes. I1 ressort néanmoins de certains indices que brense S. sancti uli ne seraient pe:it- ôtre que des vecteurs médiocres de 1'onchocercose dans les zones de savane de la côte d'Ivoi:: et aussi que ces simulies seraient moins anthropophiles dans la zone de savane que dans La zc=e préfores tière . Au Togo /et au Bénin, Ies résultats préliminaires ont indiqué que le taux d'infe:cion deS. soubrenser S . sanctipauli (forme "Beffa") semble diminuer du sud au nord. TouEefo:=, dans des populations mixtes de S. damnos S. sirbanum et de S. soubrense S sanctipauli q 4. Etudes sur l'élevage et la constitution de co lonies de laboraLoire S , les simul ies faisanE partie de cette deuxième paire d'espèces hébergent des quantités n€:Eementplus élevées de larves infectantes. Des études plus déraillées de Ia capacité vectorielle de S s oubrens u1;- etdu rôle de ces espèces dans 1a transnission de I'onchocercose sont nenées dans ij-ve::2s zcnesbioclimatiques de la Côte d'Ivoire, du Togo et du Bénin pendan[ 1a saison des pluie: et ce réinvasion de l'année en cours. outre les enquâtes sur les taux d'infection naturel-: et l-a chargedelarvesinfectieusesde,onétudieé8a1eme!:;à:itre expérimental la capacité vectorielle de ces espèces. S. sa:'1ct: sinrnons etEdman (1982) ont créé la première colonie de s. damnosum s.l. rations à l'Université du Massachusetts (voir rapport précédent). Les études à :lus-:ur. gét-a-fai:es :ité=1eu- rement au laboratoire d'élevage du progranrne à Akosombo ont révé1é la colonie de laboratoire éEait la "Beffa", souche orientale de s. que la souc s oubrense/ S he ut:-iséÉ pou: . sanc::pau1i.Cette espèce cytotaxonomique représente donc Ie premier vecteur onchocerquien à âtre idec:ifiZ en tant que souche de simulie s'accouplant en laboratoire et elle est aussi Ie prem:=: melbredu complexe S. damnosum à âtre utilisé pour 1a constitution d'une colonie de Labora--:tre. On a découvert que les populations de la souche Beffa provenant de certain. eni:rit3 duTogo et du Bénin avaient un taux d'accouplement élevé en laboratoire, ce qui dome è ;,eng.-r s*.la constitution de colonies à long terme serait possible, touE au moins pour certaLr:=s pc-2wLa-tions de cette souche simulidienne. Toutefois, Simnons er Edmail (L9g2) ont signzLé ,:e rnrr-ifi-cation du rapport mâles/femelles dans leur colonie, lequeL est passé de I: I chez La ,;étt5:.ztio--F1 à o,o7:1 chez La génêration F4. on a émis l'hypothèse que ces anomalies pourraier-: êtrzimputables à une dégénérescence endogamique. I1 a donc été procédé à la constitr-rtio:7,ur-z ocP/EAC3 6 Page 4 nouvelle colonie avec 1a souche Beffa afin d'étudier ce faire gravement obstacLe à 1'élevage en laboratoire. phénomène qui, éventuellement, pourrait On a donc constitué des colonies de "Beffa" à partir d'une ou deux femelles seulement, les soumettant ensuite au maximum d'endogamie possible. Une colonie issue d'une seule femelle du Bénin a survécu pendant cinq générations, une ponte seulement étant amenée à maturité à chaque génération. Une autre colonie, originaire du Togo, ayant débuté avec deux pontes a produit des adultes de troisième génération. Bien qu'il n'ait pas été possible de maintenir en permanence ces deux colonies minuscules, e1les n'ont pas accusé des anomaiies te11es que le bouleversement du rapport entre les sexes observé par Simmons et Edman. Le maintien d'une colonie pendant c:-nq génératrons (quelques embryons F6 se sontdéveloppés mais n'ont pas éclos), en dépit du peu d'adultes obtenus avec une opération d'aussi faible envergure, prouve bien que les techniques mises arr point pour la manipulation des aduLtes sont désormais satisfaisantes. Ce fait, joint à I'absence de toute modification du rapport entre les sexes dans ces colonies de laboratoire malgré une endogamie très poussée, donne à penser qu'il est possible de constituer des colonies de simulies de forme Beffa à long terme. Aussi s'efforce-t-on acEuellement, en collaboration avec 1'Université du Massachusetts, de produire en Afrique une colonie plus permanente de beaucoup plus grande envergure. Le fair que de nombreux oeufs pondus en laboratoire ne parviennenr pas à éclore constitue un échec majeur pour la création de colonies d'élevage. Cependant, on a effecEué une compa- raison entre deux techniques d'oviposition, etune méthode récente qui s:-mule Ies conditions naturelles a permis d'obtenir un taux de fécondité (lO %) presque deux fois supérieur à celui que donnait une méthode antérieure (36 Z). Du fait que les mâIes de 1a forme Beffa s'accouplent très activement en captivité, il a été possible de réaliser avec succès le croisement entre des simulies "Beffa" et celles de deux autres espèces du cornplexe S. damnosum, dont 1'une, S. squamosum , n'est pas étroitement apparentée à Ia forme "Beffa". La descendance S. squamosum a pu être élevée jusqu'au stade adulte inclus. Des études sont en cours en vue d'effectuer un croisement entre des mâ1es Beffa du Togo (qui n'accusent aucune résistance aux insecticides) et des femelles S. soubrense résistantes de Côte d'Ivoire, afin d'acquérir une meilleure connaissance de la résistance héréditaire. Les progrès récennnent accomPlis facteurs qui influent sur la vitesse des oeufs de S damnosum s.1. vers en transit. ce qui concerne une meilleure compréhension des maturation des oeufs devraient faciliter L'acheminement laboratoires collaboraEeurs sans éclosion des larves en de 1es WORLD HEALTH ORGANIZATION AFRICAN REGION COMITE CONSUI,TATTF D IEXPERTS Troisième réunion eptembre 1982 ORGANIS,{TION MONDIALE DE LA SANTE REGION DE L,AFRIQUE OCP /EAC3 . 6 (ocP82.13) ORIGINAL: ANGLAIS ONCHOCERCIASIS CONTROL PROGRAMME IN THE VOLT.\ RTVER BASIN AREA PROCRAM]UL DE LUTTI] CONTRE L'ONCHOCERCOSE DANS LA RI,GION DU BASSIN DE LA VOLTA Tél 333 12'329 10 - 338.57 - Téléx ONCHO 5241 Uv Genève, 13-17 s RECHERCHE SUR L,ECOLOGIE DES VECTEURS 1. Performances de vol des espèces du comp lexe S. damnosum Cette étude avait pour but de réunir des données de base sur Ies performances de vol deS. squamos UITIT S. soubrense/S. sancti?auli et S s irbanum en vue de déterminer leur potentiel migratoire relatif. I1 a été démontré que 1es trois espèces cytotaxonomiques étudiées étaient capables d'effectuer de longs vols ininterrompus lors d'essais sur un manège, que les vols étaient possibles pendant plusieurs jours dans la vie d'un adulte, que 1es fernelles gorgées de sang capturées dans 1a nature pouvaient voler pendant de longues périodes, et qu'une nourriture sucrée était indispensable pour les vols de longue durée et pouvait faciliÈer un vol supplé- mentaire le même jour si elle était absorbée après le premier vol. Les é ont révé1é que s. sirbanum et, dans une certaine mesure, s. squamosum et tudes sur 1e te/S. soubrense/ rraLn S. sa4ctipauli étaienE capables d'effectuer des vols migratoires. Les migrations facilitées par 1e vent constituent 1e mécanisme de dispersion le plus probable de ces simulies si I'on admet que des vols dépassant 50 kilornètres durent relativement peu de temps (un ou deux jours). Si la migration durait plus longtemps - et certains indices donnent à penser qu'il en est ainsi du fait que les immigrants sont des simulies âgées pares hébergeant souvent des larves d'Onchocerca Parvenues à maturité -r un nouveau repas serait nécessaire après chaque étape de la migration, mâme s'il demeure probable que le vo1 est facilité par le vent. Des trajets de plusieurs cen- taines de kilomètres pourraient âtre effectués de la sorte si des déplacements répétés aidéspar le vent avaient lieu entre les repas de jus sucré, voire de sang, et les épisodes d'acti- vité reproductive. Les performances mesurées des femelles S. soubrense/S. sanctipauli étaient 1es mâmes que celles des deux autres espèces. C'est 1à un fait intéressant puisqu'on ne trouve dans les zones de savane du Prograrnme que de petits nombres des deux espèces cytotaxonomiques forestières. Peut-être est-ce une indication que ces insectes sont moins nombreux à effectuer ries migrations, ou encore que les performances de vo1 mesurées ne reflètent pas nécessairenrent un comportement inné ni une aptitude physiologique à effectuer des vols de longue durée dans la nature. Les performances de jeunes S. sirbanum femelles ne s'étant pas encore nourries étaientbien meilleures que ce1les de sujets équivalents des deux autres espèces et il se pourrait que ce soit 1à une différence réelle en rapport avec une adaptation aux conditions propres aux régions de savane. I1 ressort des différences constatées entre diverses espèces cytotaxonomiques en ce qui concerne les durées de vol les plus longues qui aient été enregistrées qu'il y aurait lieu dedéterminer si elles reflètent soit des différences en matière de comportement et de conservation et d'utilisation de 1a nourriture, soit des effets 1iés à 1'environnement. Les études en cours portent sur la conservation et 1'utilisation de la nourriture pour le vol et sur 1'effet des facteurs 1iés à 1'environnement (température, humidité), ainsi qrru.rr.1'effet de la charge parasitaire sur 1es performances de vol. ocPf1\ca.6 Page 2 2. Etudes sur la ré:nvasion par S. damnosum s 1. de 1a partie orientale de 1a zone du c ris le tra tement taI des sources tent ES Le traitement expérimental des sources potentielles a constitué jusqu'à présent 1e seul moyen saLisfaisant de déterminer I'origine des femelles piqueuses de réinvasion faisant partie du complexe S. damnosum. Le schéma de réinvasion dans la partie togolaise de la zone du Progranrne offrait une excellente occasion d'effectuer une telIe étude des traitements expéri- mentaux. La situation au Togo est particulièrement intéressante puisque les simulies de réin- vasion font partie en majorité de 1'espèce S. squamosum, dont f identification morphologique est assez fiable. On a constaté que 1es gîtes larvaires de S. squamosum ne se trouvaient que dans les régions montagneuses et sur les cours d'eau situés à proximiEé des collines au sud de la limite méridionale de la zone du Prog ramne. Conrne S. squamosum était considérée (sur la base de 1'expérience acquise dans Ia partie occidentale de la zone du Progranrne) cortrne n'effectuant des migrations que sur de courtes distances, les traitements expérimentaux avaient pour objet de déterminer s'i1 serait possible de lutEer contre 1a réinvasion par une extension limitée de la zone traitée. En 1980, on a conçu la zone expérimentale en vue de protéger la va11ée du NIô en soumettant à des traiÈements les gîtes larvaires de S. squamosum dans un rayon d'une cen- taine de kilomètres autour du pont sur le I'1ô. Cependant, bien que 1es prospections aient démontré que les traitements avaient été pleinement efficaces dans la zor.e expérimentale, le nombre des simulies n'avait pas été ramené pour autant à un niveau acceptable. 11 a fa1lu admettre que les simulies provenaient de sources plus lointaines telles que la région d'Atakpamé et les gîtes larvaires permanents de S. squamosum dans le bassin de 1'Asukawkaw. I-€s traitements expérimentaux de 1981 onÈ donc été conçus de manière à s'appliquer à tous Ies gîtes larvaires de S. squamosum au sud et au sud-ouest des zones de réinvasion du Togo, dans les zones d'extension prévues au Ghana à 1'ouest du lac et dans la partie méridionale du Togo. Les traitements expérimentaux ont donné des résultats satisfaisants dans le sud-ouest où aucun échec n'a été observé. Des problèmes ont surgi avec les petits affluents et 1es sources de ces cours d'eau dans 1es régions montagneuses du Togo. En raison du relief particulièrement accentué, comportant de profondes vall-ées très encaissées, souvent recouvertes de forêts de haute futaie, seuls quelques sites d'observation étaient accessibles, môme par hélicoptère. Les épandages effectués à titre expérimental sur 1e fleuve Mono n'ont jamais donné desrésultats satisfaisants, mais on 1'attribue à une erreur de dosage puisque les traitements ont été effi- caces sur les affluents. Le traitement expérimental des populations de simulies piqueuses a donné des résultats satisfaisants dans les zones situées à 1'ouest des montagnes, en particulier au Ghana. Dans certains endroits, Ies taux d'agrressivité ont été ramenés à des niveaux extrâmement faibles(Djodji : de 431- simulies/hon*./5o.r. en 1980 à 17 simulies homme,/jour en 1981). Comme prévu, il n'a pas été possible de réduire les densités sur Ie cours inférieur du' Mono. Les résu1t.aEs étaient meilleurs sur 1e cours moyen du I'Iono où 1'on n'a capturé que très peu de simulies par rapport aux deux années précédentes. Le débit n'a repris que très tard sur cette partie du fleuve et 1'on n'a observé aucun échec des traitements. Dans la zone du Progranrne sur la rivière Mô (pont sur 1e Mô) 1e taux d'agressivité a commencé à augrnenter en mai- corrrne les deux années précédentes. A 1'époque des traitements expé- rimentaux, les captures journalières sont tombées à des niveaux bas. Toutefois, les résultats n'ont pas été enti.èrement satisfaisants, notafiEnenE pendant 1a deuxième moitié du mois dejui11eE, où les captures journalières dépassaient lOO simulies/jour. Sur 1a Kara (Landa-Pozanda), 1es taux d'agressivité ont pu âtre maintenus à un niveau très bas pendant toute 1a durée des traitements expérimentaux. La composition par espèces de la population agressive sur 1e Mô (pont du Mô) et la Kara (Landa-Pozanda) était analogue à ce1le de L979 e S. squê.mq È19 sum. 80. Les femelles capturées au pont sur le Mô étaient dans leur vaste majorité des Quelques S. soubrense/S. sancËipauli ont été obtenues en âoût. A nouveau plus de simulies capturées à Landa-Pozanda étaient des S. damnosum,/S. sirbanum.la moiEié des ocPfEAc3.6 Page 3 On peut conclure qu'il n'y a pas eu de réinvasion importante des vallées du Mô et de la Kara pendant les périodes de 1981 correspondant aux traitements expérimentaux et que des condi- tions naturelles favorables, noÈanunent à Landa-Pozanda, ont peut-âtre influé sur les résultats. Aucun épandage de larvicide ne devant. avoir lieu dans La zone d'extension méridionale en 1982, des études sont en cours sur la dynamique naturelle de la population de simuliesmigrantes en vue d'une comparaison avec les résultats obtenus en 1979. Trois points de capture supplémen- taires ont été mis en place dans la zone montagneuse située à 1a frontière entre le Togo et le Ghana, afin d'étudier les taux d'agressivité et le potentiel de transmission des populations simu lidienn et du Koné. es au centre de la zone à S. squamos en particulier les sources de l'Asukawkaw 3. Capacité vectorielle de S . soubrense/'S. sanctipauli Lorsque'i1 s'est manifesté une résistance au téméphos et au chlorphoxime chez la paire d 'espè ces S. soubrense/S. sanctipauLi en Côte d'Ivoire la question s'est posée de savoir si les femelles de ces simulies fréquentant normalement la zone forestière et préforestière seraient des vecteurs potentiels de 0. volvulus dans les zones de savane, en particulier dans 1es zones de savane protégées de la région du Programme qu'elles envahissent pendant 1a saison des pluies. En 1981, des études préliminaires sur la capacité vectori-eIIe de S. soubrense,/ S. sanctipauli ont été menées dans la zone préforestière et dans les savanes guinéennes et soudaniennes en Côte d'Ivoire, au Togo et au Bénin. Cependant, 1es données recueillies au cours de ces études sont insuffisantes pour qu'on puisse en tirer des conclusions définitives. I1 ressort néanmoins de certains indices que S. soubrense/'S. sanctipauli ne seraient peut-âtre que des vecteurs médiocres de I'onchocercose dans 1es zones de savane de la Côte d'Ivoire et aussi que ces simulies seraient moins anthropophiles dans la zone de savane que dans La zone préfores tière . Au Togo,et au Bénin, les résultats préliminaires ont indiqué que 1e taux d'infection deS. soubrense, S sanctipauli (forme "Beffa") semble diminuer du sud au, nord. Toutefois, dans des popu lations mixtes de S bs S. sirbanum et de S S S. sancti auli , les simulies faisant partie de cette deuxième paire d'espèces hébergent des plus élevées de larves infectantes. quantités nettement Des études plus détaillées de la capac ité vectorielle de S. soubrense/S . sanctipauli et du rôle de ces espèces dans la transmission de 1'onchocercose sont menées dans diverses zonesbioclimatiques de Ia Côte d'Ivoire, du Togo et du Bénin pendant Ia saison des pluies et de réinvasion de 1'année en cours. Outre les enquêtes sur les taux d'infection naturelle et 1a charge de larves infectieuses de S. soubrense,/ S . sanc ti-pa on étudie également à titreuli, expérimental la capacité vectorielle de ces espèces. 4. Etudes sur 1'élevage et la consti-tution de colonies de laboratoire Sinmrons etEdman (L982) ont créé la première colonie de S. damnosuE s.1. à plusieurs géné- rations à 1'université du Massachusetts (voir rapport p.e.éd"iTf,EiTrudes faites ultérieu- rement au laboratoire d'élevage du Programme à Akosombo ont révéLé que la souche uti la colonie de laboratoire était la "Beffa", souche orientale de S. soubrense/'S. sanc lisée pour tipauli.Cette espèce cyEotaxonomique représente donc le premier vecteur onchocerq'uien à âtre identifié en tant que souche de simulie s'accouplant en laboratoire et el1e est aussi le premier membredu complexe S. damnosum à âtre utilisé pour la constitution d'une colonie de laboratoire. on a découvert que Ies populations de la souche Beffa provenant de certains endroits du Togo et du Bénin avaient un taux d'accouplement élevé en laboratoire, ce qui donne à penser quela constitution de colonies à long terme serait possible, tout au moins pour certaines popula-tions de cette souche simulidienne. Ioutefois, Sinrnons etEdman (1982) ont signalé une modifi- cation du rapport mâIes/femelles dans leur colonie, lequel est passé de 1:l chez La générationFl à o,07zL chez la génération F4. on a émis 1'hypothèse que ces anomalies pourraieni âtre imputables à une dégénérescence endogamique. I1 a donc été procédé à la constitution d'une ocPf1Aca.6 Page 4 nouvelle colonie avec la souche Beffa afin d'étudier ce phénomène qui, éventuellement, pourrait faire gravement obstacle à 1'élevage en laboratoire. On a donc constitué des colonies de "Beffattà partir d'une ou deux femelles seulement, les soumettant ensuite au maximum d'endogamie possible. Une colonie issue d'une seule femelle du Bénin a survécu pendant cinq générations, une ponte seulement étant amenée à maturité à chaque génération. Une autre colonie, originaire du Togo, ayant débuté avec deux pontes a produit des adultes de troisième génération. Bien qu'i1 n'ait pas été possible de maintenir en permanence ces deux colonies minuscules, el1es n'ont pas accusé des anomalies telles que 1e bouleversement du rapport entre les sexes observé par Simmons et Edman. Le maintien d'une colonie pendant cinq générations (quelques embryons F6 se sontdéveloppés mais n'ont pas éclos), en dépit du peu d'adultes obtenus avec une opération d'aussi faible envergure, prouve bien que les techniques mises au point pour 1a manipulation des adultes sont désormais satisfaisantes. Ce fait, joint à I'absence de toute modification du rapport entre 1es sexes dans ces colonies de laboratoire malgré une endogamie très poussée, donne à penser qu'il est possible de constituer des colonies de simulies de forme Beffa à long terme. Aussi s'efforce-t-on actuellement, en colLaboration avec 1'Université du Massachusetts, de produire en Afrique une colonie plus permanente de beaucoup plus grande envergure. Le fait que de nombreux oeufs pondus en laboratoire ne parviennent pas à éclore constitue un échec majeur pour la création de colonies d'élevage. CependanL, on a effectué une compa- raison entre deux techniques d'oviposition, etune méthode récente qui simule les conditions naturelles a permis d'obtenir un taLrx de fécondiÈé (7O %) presque deux fois supérieur à celui que donnait une méthode antérieure (36 "L). Du fait que les mâles de 1a forme Beffa s'accouplenE très activement en captivité, i1 a été possible de réaliser avec succès le croisement entre des simulies "Beffattet celles de deux autres espèces du complexe S. damnosum, dont I'une, S. s!!4mq§!14, n'est pas étroitement apparentée à la forme "Beffa". La descendance S. squamosum a pu être é1evée jusqu'au stade adulte inclus. Des études sont en cours en vue d'effectuer un croisement entre des mâ1es Beffa clu l'oso (oul n accusent aucune résistance aux insecticides) et des femelles s. soubrense résistantes de Côte d'Ivoire, afin d'acquérir une meilleure connaissance de la résisE.ance héréditaire. Les progrès récermnent accomplis en ce qui concerne une meilleure comPréhension des facteurs qui influent sur la vitesse de maturation des oeufs devraient faciliter 1'acheminement des oeufs de S. damnosum s.1. vers les laboratoires collaborateurs sans éclosion des larves en transit.
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