-1 at 6. àcP 1Y'L'o /trJhia/ÿ\ 5 PROGRA}ME DE LUTTE CONTRE LTONCHOCERCOSE Surveillance du milieu aquatique. Reflexions sur les potentialités de recolonisation des biefs Èraités aux insecticides J.-M. ELOUARD ï ^ ç[..."1r....-- e' ,[ o«s\ffi e * 7A-?q c<:-.1'r .l' /{J',^-X,ll} t ç .; 6.',^.1'3Fc** >.  Le traitement hebdomadaire ou fréquent au Eéméphos des rivières dans le cadre du Programme de Lutte conÈre lrOnchocercose dans le bassin de la Volta , nrest pas sans danger vis-à-vis de 1a faune non-ciblersurtout vis-à-vis des Invertébrés aquaÈiques autres que les larves du complexe Simuliun damnosum Theobald. . Toutefois, Itutilisation de cet insecticide sur une large ""n"ff" et sur une longue durée engendre des modifications cénotiques qui sont somne toute acceptables . I1 ne faut cependant pas oublier qutelle a t,ouE de mêue enErainé 1a raréfaction, voire 1a disparition drun certain nombre dtespèces des biefs Eraités. Parmi ceux-ci, citons les Tricorythus sp., certains Baetidae, certains Hydropsychidae (ELOUARD , 1983 ). Ce problème , à ltheure acÈuelle relativement bien connu, est redevenu dractualiEé avec lremploi de nouveaux insecticides , rendu nécéssaire par lrapparition drune résistance au téméphos chez les larves de deux espèces du complexe Simulium damnosum (S.sancti pauli et S.soubrense). Le Bacillus thuri ].ensIS sérorype H 14 (9.t. h 14) est employé en saison sèche pour lutter conEre S.soubrense et S.sanctipauli . La lutte contre ces deux espèces est par contre menée au moyën au fnlorphoxime en saison des pluies. C/ Du point de vue risques pour lrenvironnement rappelons que: - le B.t. H 14 esE très peu toxique pour la faune non-cible non simulidienne . 11 ne peut malheureusement pas être employé en période des hauÈes eaux du fait drune parÈie1le inadéquation de sa formulation aux forts débits des rivières. ' te y'ntorphoxime est beaucoup plus toxique que le téméphoslç- pour 1a faune non-cible ( OEIOUX eÈ aI .,L979 ) . - lrarrêt des traitements au dtune recolonisation assez int.ense eE r ,Chlorphoxirne est touÈefois suivi t apide (DEJOUX et al. , 198f ) . t$ 1(-- apparu en certaines zones du Programme une a(hlorphoxime chez 1es deux espèces Pour le phlorphoxime que ce1le Cette résitance semble cependant moins stable consEatée pour le téméphos. (-, Le Programme de Lutte conEre lrOnchocercose se trouve donc assez démuni, dtune part pour luEt-er en saison Ces hautes eaux contre les espèces résitantes au térnéphos eÈ "r, dhlorphoxime et dfautre part pour pallier uneéventuelle double résitance àt""" deux insecticides qui apparaitrait chez les espèces savanicoles du conplexe S.damnosum . CetÈe dernière eventualité obligerait peut-être OCP à utiliser en saison des pluies des insecticides Èrès toxiques vis-à-vis des invertébrés aquatiques , pour ne pas interrompre ltarrêÈ de la transmission dtOnchocerca volvulus et pour ne pas perdre ainsi I'acquit de 8 années drefforÈs fructueux en laissanË se réinstaller la cécité des rivières dans les vallèes fertiles. Lremploi de tels larvicides drasÈiques devraiÈ normalement être proscrit si lton veut conserver une certaine quant.ité de faune dans les rivières Èraitées . Une situation dturgence , telle que celle décrite précéde- rnent pourraît cependant inciter OCP à y recourir. La décision de lrapplication de tels insecticides devra se faire enEre ltappréciaÈion de risques majeurs pour 1'environnement aquaEique et ltarrêt de la transmission de lronchocercose. Cette décision en faveur de larrs applications peut être néanmoins facilité si I'on se réfère à lrexpérience acquise tant en régions tempérées que tropicales . Dtune manière générale , les"catastrophes " écologiques liées à ce type de perturbations se sont révélées moins dramatiques que prévues en ce qui concerne les Invertébrés aquatiques et. lton constate que 1e recouvremenË de la situation antérieure aux Eraitements esE t.rès rapide une fois que ceux-ci sont arréE,és. Mais , pour qu'il y ait recouvrement , .il faut qutil y ait quelque part des réservoires de faune non Eouchés par ltemploi de ces insecticides très toxiques eE à partir desquels puisse se faire la recolo- nisaEion des biefs dépeuplés. - il esÈ rapidement double résistance au téméphos S.sanctipauli eE. S.soubrense. et au 1t$ leurs ou de Nous allons donc passer en revue , pour les-rnvertébrés aquatiques, différentes Possibilités de maintien, .de recolonisation , de reproduction remplacement sur lrensemble du Programme de Lutte contre 1?Onchocercose. 11 faut remarquer que les données disponibles afférentes à ce problème sont Peu abondantes , voire souvent inéxistantes . Les hypothèses avancées ici ne peuvent donc êt.re prises pour acquit etèvront faire lrobjet de recherches sur le terrain pour être validées. ' Deux aspects différents des potentialités de recouvremenÈ des stocks drlnsectes seront débaEÈus ici. Nous envisagerons : - le mainÈien drespèces sur les biefs non traités et 1es possi- bilités de recolonisation des biqfs traités ; -Ie maintien dtespèees sur les biefs traités en insistant sur les remplacements drespèces. II. Maintien des espèces en zones non traitées et possibilité de recolonisation des biefs Èraités . On appelera tt refuges " , des zones ou des périodes qui subissenÈ peu ou pas les épandages et qui permettent aux espèces tuées par les insecticides de se maintenir dans une région données. Nous disÈingue-rons 1. Les zones situées en dehors du Programme de lutte conEre ltonchocerco 2.Ie cours supérieur des rivières ainsi que les petits affluents qui ne sont jamais traités à lrinsecticide. 3. les biefs non traités mais qui sont, situés sur des rivières traitées à lrinsecticide 4.les biefs en eau tout.e ltannée mais qui ne sont traités que sporadiquement 5. les formes imaginales qui ne sonÈ pas aquatiques. tl , L. Recolonisation à rtir de zones situées en dehors de ltaire cI OCP Le Programme de LutÈe contre ltonchocercose recouvre partiellement un certain nombre de pay§. 11 est entouré de regions apparÈenant à la même zone biogéographique et donc susceptibles d'héberger les mêmes espèces dtlnsecEes aquaÈiques . I1 esr noEoire en effeÈ que beaucoup d'."p83Ë3tà$$18.i""s possèdenÈ une large répartition géographique. Ce phénomène est bien connu chez 1es Simulies auÈres que S.damnosum s.1. . Ainsi, S.aders.i àst présente dans beaucoup de rivière du Sénégal jusquren Tanzanie. De même le Trichoptère Cheumatopsyche falcifera est signalé en zone de savane dans toute lrAfrique.CerÈains Ephéméropt,ères Baetidae ou Tricorythidae présentent également une telle disÈribut.ion . On est donc tenté de considérer pour ces espèces pangéographiques comlue réservoirs ,les régions extérieures au Programme de luEte contre I'onchocercose. I1 faut toutefois souligner que - la plupart des espèces présentent des variations morpholo- giques , comportemenEales et physiologiques drune zone à lrautre . Pour la majo- rité drentre e11es il stagit certainemenÈ de complexes dtespèces à lrinstar de S.damnosum s.1. Ainsi pour les Trichoptères Hydropsych idae C.falcifera les auteurs ,r. p.ttJplus de 1'espèce C.falcifera mais du group e C.falcifera -1a présence d'une forme ou d'une espèce jumell" "âr;l.1i", est la résultarite du double facÈeur d'évolution : séléction et adaptati6n traduic par la spéciation . Ltespèce ou la population présente dans une rivière ou un bass être considérée comme la mieux adaptée à ltensemble des facteurs biotiques et abiotiques . 11 nrest donc pas sûfquteIle puisse être remplacée par une autre dans un bref dé1ai si elle venait à disparaîÈre. -la vitesse de recolonisation est soumise enÈre autrei / t aux capacités de vol des organismes . Peu de données sonE disponibles sur ce sujet Si lton saiE que celles-ci sont assez grandes pour les Simulies (plusieurs centaines de kilomèËres pour S.damnosum s.1.), e1les sont particulièrement faibles pour certains Ephéméroptères (Polymitaciidae,Euthyplo(ilidae) qui ne vivent qu€ quelques minutes à l'état d'iualos I peut ir 11 apparaît donc 3 : quril est peut être hasardeux de considérer les zones extérieures au Programme corme des "pépinières.de recolonisat,ion r'. - que la recolonisation du coeur de la zone du f,'rorrrrr. a" [rtt. conËre lGhchocercose à partii de ces régions extérieures peut demander plusieurs années pour les espèces à faible capacité de vol. 2. -re:-rs!:ag:-gglgli!ses-pqr-l3-perg!e-gspgr!egre_ge:_sretqs cours dreau ou les o __________L etits affluent.s non traités à IIinsecÈicide. Un bon nombre draffluents ainsi que certaines parties supérieures de grands cours d'eau, ne sonÈ pas traiEés à ltinsecticide et peuvent donc servir de zone de refuge ou plutôc de pépinière de recolonisation de la faune non cible. Cela suppose: - la présence sur ces affluents de biotopes favorables au développement des espèces non cibles - la présence sur ces bioÈopes des mêmes espèces que celles peuplant les gîtes traités des cours dteau principaux. Cette identité au niveau spécifique, de la faune des rivières traitées et des affluents non traités conditionne la validité de leur assimilation à des zones refuge. - la possibilité pour ces espèces de se maintenir sur ces zones refuges. 11 faut se souvenir que bon nombre de ces cours dteau ne sont que temporaires . or pour qutils puissent être assimilés à des zones refuge, il faut que 1es espèces qui sty perpétuent possèdenE des formes de résisEance à la sécheres se (oeufs ,nymphes ou imagos). - lrexistance de phases migratoires ou de formes de dispersion permettant la recolonisation des biotopes dépeuplés par ltaction des insecticides Une étude menée sur Ies affluents du N'Zi en Côte dtlvoire (CISON et al., 1983 ) répond partiellemenÈ à certaines de ces guestions. 11 sembleraig que sur cette rivière, 1a faune présente sur les petits affluents soit, au moins en ce qui concerne celle des eaux courantes, taxinomiquement très.sembalble à celle peuplanE les biefs traités.Ces petiÈs cours dteau non traités pourraienE donc servir de réservoirs et préserver 1a pérénité de 1a faune non-cible. En revanche, à lrheure actuelle , aucune réponse satisfaisant.e nta pu être apportée à la question de leur propre recolonisation lorsqutils se remettenÈ à couler. 11 nry a pas'de problème si cette recolonisation se fait à partir drune forme quelconque de résistance à la sécheresse. Par conÈre, si la recolonisa- tion se fait à partir des populations résiduelles des biefs traités , il y a fort à craindre que ces réservoirs-,d.e faun" """arrissent/si un insecEicide extrèmement toxique était employé Mais , il se pourrait également que la recolonisation de ces peÈits cours dreau temporaires se fasse par voie aérienne par lrintermédiaires dtimagos provenanÈ de cours dteau permanents non traités. En lrabsence de données permettant. dtopÈer pour ltune ou lrauÈre de ces deux hypothèses , i1 nous paraît prématuré drassimiler les affluents temporaires non traités à des zones refuges. Ils ne le sont. peut-êEre que de façon intermittanEe, crest-à-dire à partir du moment où ils ont été eux-même recolonisés Soulignons que dans une telle hypothèse le problème de la phase migratoire ne se poserait plus. "ls u* Âo'' IlÉanmd*s , les cours dteau permanents non t,raités et qui possèdent la même faune que celle des grandes rivières peuvent être considérés comme 4es zones refuges. 3. Les biefs non traités mais soumis à des doses faibles dtinsecticide. certains biefs , de part leur hydraulicité trop faibre , ne permettent pas le développemenÈ de S.damnosum s.1. Ils permettent en revanche le développement de la pluparÈ des Insectes non-cibles . Rappelons que les espèces du complexe S.damnosum sont les organismes les plus rhéophiles des biefs dreau courante des rivières de savane et que la majorité des Insectes aquaÈiques ont des rhéopréfé-ù- rendunrs sit.ués aux environs de O,4O - O16O m/s , voire même inférieurs à ees \ttdglEs alors que 1es larves de S.demnosum s. 1. préfèrent des courants de lrordre de 0rBO - 1,0 m/s. CC \t^(qs3.e ü2 Cr.ç Les Insectes non-cibles peuvent donc se développer sur bon nombre Ir de biefs desquels §.dirmnosum s.1. est absent,e . Si ces biefs ne sonÈ pas traitês Par OCP, ils ne recevront au plus que de faibles doses drinsecticide provenant des épandâges sur Ies gîtes situés.en amont et constitueront donc des reservoirs , au moins pour les InsecEes moyennement ou peu sensibles. Ltintérêt ,.dans la recolonisation, de te1les zones nrest pas à néglige surtouË en lrabsence de données sur la recolonisation des petits affluents non traités. 11 faut en effet rappeler que : la faune présente sur ces biefs est la faune la plus apte à recoloniser les gîtes traités du même cours dteau puisque crest.la faune qui y est adaptée. - les distances de vol ou de dérive devant être franchi6grpour recolo- niser les biefs Eraités sont faibles. la plupart de ces gîtes sont peflDanents, -les espèces qui sry maintiennent sonÈ réellemenË les mêmes que celles qui se développaient sur les biefs traités ; aucune ambiguité dridentifica- tion taxinomigue ne pouvant intervenir. Tout.efois, ltimportance de ces zones reservoirs ainsi que celle de la faune qui les colonise est difficile à chiffrer, car si les points de trai- ÈemenE sont connus arrec précision , la portée exacte de chaque épandage nfesE df. pas connue. Celle-ci varie en effet en fonction de lrhydraulicité de du taux d'adsorption de lrinsecticide sur les particules organiques dans lteau, de la rémanence du produit ..... 11 est donc peu aisé de la rivière, en suspension savoir e S quel1e quantité ou que11e concentration drinsecticide a subi un g îËe donn '\.*.*/ t'c. problème est particulièrement délicat, à estimer en saison des p1 ules les gîtes reçoivent de 1 I inseticide à des doses plus ou moins fortes «De plus , si la différence entre les compositions faunistiques existanÈ avant et après Eraitement au téméphos ont pu être estimées pour les biefs situés juste en aval des points drépandage, les différences entre les compositions faunisEiques de ces biefs et ceux qui reçoivent des quantités faibles de pest,icide ne sont pas connues . Cette lacune esE due au fait. que le prograuune. de surveillance des rivières trait.ées aux insecticides srest aÈtaché à mettre en évidence les effeÈs des larvicides au niveau des points dtépandage, 1à àu la concenEration en insect,icide est maximale , mais nta pas étudié ltimpact des traitements sur 1a faune des biefs éloignês des points drépandage . Une ét,ude en ces zoneslde 1â composition spécifique, de l.a richesse et de 1a structure des peuplemenÈs invertébrés serait à faire pour établir un bilan plus positif de lrimpact des pesticides et dés possibiliÈés de recolonisation. 4. Les biefs traités -Par ]-nterm]-ttence. Le problème relatif à ces biefs est Erès proche de celui des biefs non traités situé sur des rivières traités , ce sont drailleur bien souvent les mêmes biefs donE le régime de t.raitement insecticide varie selon 1a saison hydrologique. Nous avons montré (ELOUARD ,1983) que les densités de la majorité des Insectes aquatiques sont, maximales à 1a décrue et à 1rétiage. La préserva- tion de 1a faune aquatique sera d.rautant plus grande que les biefs d.épourvus de S.damnosum s.1. seront traités parcimonieusement ou pas du tout. Remarquons qu'OCP applique ceÈte *Jthod. de Eraitement à la carte depuis plus de deux ans.Il est a souhaiteir que ce régime de Eraitement puisse continuer dtêtre appliqué. s. leg-lersee-lseslgeles. Ces Insectes échappent aux traiEements insecticide des rivières et constituenE donc un réservoir biotique. Toutefois, ce réservoir ne sera efficace que pour les Insectes sensibles aux insecticides employés et a développement rapide . Seuls ceux-ci pourront effgctuer un développement complet. <ie leur phase sensible ent,re deux épandages. 1III. Exemple de recouvrement des potentialités bioEiques Un certain nombre drhypothèses viennenÈ dtêtre formulées -quant à ltexistence de zones refuges et de leur aptitude à alimenter Ia recolonisation des biefs dépeup1és par les insecticides. Toutefois, leur confirmation ou leur infirmaEion ne pourront se faire qufaprès de noubreux travaux de recherche (§ .V) . Seuls ceux-ci pourront en effet nous faire savoir quelles sont les zones refuges qui servent effectivement. de réservoir et par quels mécanismes se fait la recolonisaÈion. 11 semble que les potenÈialités de recolonisation soienÈ assez fortes , au moins en ce qui concerne Ies zones dépeuplées après utilisaEion du téméphos et du Chlorphoxime. Trois exemples issus drexpériences sur Ie terrain vont nous permett.re de confirmer cette assertion. Notons toutefois que ces résultats ne peuvenÈ ni ne doivent pour le moment être assimilés à ce qui se passerait dans le cas dtinsecticides extrèmement toxiques r . Be gelel !: e!!gl-9g- e!!e _grÉ gbcl_!_L greLe).. Ce gîte a êtê traité hebdomadairement O"nu.i:,".Ïovembre 1975, mais a bénéficié de deux mois d'arrêt de traitement du Li6-au L7 mars 1977. Durant ceÈte période , 1a partie amont, de cette rivière continuait dtêtre traitée au téméphos de môme que la partie située en aval du gîte. Le gîte Gréchan était donc écologiquement isolé en période drétiage. 11 stest rêvélé que : - bi.en que ce gîte fût dans ltensemble surtraité au téméphos, il persisEaiÈ. une certaine faune non-cible. - la faune n'était, pas différente de celle trouvée sur Ies gîtes situés en amont de cette rivière, mais moins sévèrement touchés par les épandages (PonE routier Léraba). - la suspension des traitements nta pas entrainé une remontée de la quantité de faune , ni de changement dans la strucÈure des peuplements drlnsectes. LtévoluÈion constat.ée sur ceÈEe rivière était la même que celle constatée sur les biefs amont de la Léraba et sur le Comoé qui continuaient dfêrre rraités (ELoUARD & FoRcE , tg77). (J 2. Recolonisat !gl-Ég-e!!e-gs-pe!!-ge-!Q-(Ygl!e-rqs t ,*-*r\* CeÈÈe rivière intermittente a été traitée au téméphos depuis 1976 jusqu'en 1981. E1le n'a en revanche pas été traiÈée en 1982. L'étude de la structure des peuplements des Invertébrés aquaEiques peuplant 1es rochers permet de constater : - que Ia stiucture des peuplements drlnvertébrés duranÈ les années 1976 à 19Bl est Eypique des rivières traitées . On constate en effeÈ une large prédominance des groupes Èémoins de pollution tels que les Oligochètes et les Chironomides - qten 1982 , la sÈructure d." p".rf,lements est semblable à celle obtenues sur des rivières non traitées (ELOUARD et al.,L979).0n constate en effet une réduction très nette d: f importance des Oligochètes , des-Simulies et des Trichoptères. Cela se vérifie surÈout pour la période d. "t,r/"t dtétiaget- mais est moins net au débuE de la remontée des eaux puisque la strucEure faunistique typique des périodes non traitées ntavait pas encore pu se reconstiEuer. o 3. RecolonisaEion des biefs traitées au .gûgrebg semalnes. Ltensemble du bassin du Bandama a ê.tê soumis , selon les gît.es , à 6 ou 8 cycles d'épandag" a"ÿtorphoxime (du 1B/11/BO au 6t}i./Bl). Cet insecticide a réduit durant cette campagne , de 94 à 99 7" lrabondance de la faune colonisant les substrats rocheux. Tout,efois, dès 8 jours après la suspension des Èraitements on a pu noter une remontée spéctaculaire des effectifs . Ceux-ci passant de guelques centaines d'individus à plusieurs millie-rs. Les équilibres faunistiques étaienË toutefois très différents de ceux habituellemenÈ observés sur ces rivières en lrabsence de traitemenÈ ou durant les périodes de traitemenEs au téméphos (De;oux er al. ,1981). 4. Discussion. Ces trois exemples peuvent être résumés comme suiE: rqÿ)) rlse-4gre!!-q-è-q duranÈ soit à -aucun phénomène de recolonisation nra été observé sur Ie gîte Gréchan Ies deux mois de suspension des traitemenÈs. Ce phénomène est imputable f isolement du gîÈe , soit à la saison hydrologique. .14 - un retour à une situation normale esÈ observé à la sEation du pont de Pô après une suspension totale des traitemenEs durant. une année. La strucEure faunistique nr6tant pas encore équilibrée à 1a remise en eau du bief mais le devienÈ quelques temps après - on observe une prolifération des organismes aquaÈiques dès 8 jours après la suspension des traiËements au Clorphoxime sur 1es biefs du bassin du Bandama; les équilibres faunistiques sont cependant, très différents 11 semblerait donc que le potenÈieI de reeolonisation soit extrèmement importanÈ chez les Insectes lotiques . Une siEuation semblable à l-a normale srobserverait après un ou deux mois dfarrêt de suspension des traitement,s Cette évolution concerne les deux exemples des rivières considérées dans leur toÈalité mais semble différànte dans le cas drun bief isolé. IV. MainÈien drespèces sur les zones trait.ées. Le maintien dtespèces sur les biefs traités avec un insecticide Peu toxique ' concerne peu les potentialités de recolonisation des biefs traitês avec des insecticides Èrès toxiques . Nous devons toutefois rappeler : - que ces biefs soumis à des insecticides peu t.oxiques , peuvenÈ dans une certaine mesure servir de réservoir pour 1a recolonisation de biefs soumis à des insecticides à effets drastiques, au moins en ce qui concerne les InsecËes peu ou pas afféctés par les pesticides employés. que Ies premiers épandages ont un effet beaucoup plus dévastaEeur que les épandages ultérieurs. 11 semble qutil y ait une certaine "adaptationrl de 1a faune . 11 se pourrait qu'un tel phénomène se prod.uise également avec des insecticides très toxiques . cette hypothèse serait à vérifier. - qutil y a eu des remplacements dtespèces à lrintérieur dtune même guilde permettant de eonserver une certaine biomasse et assurant 1a survie de prédaÈeurs . Or' ces espèces de remplacemenÈ , pêu sensibles aux pesticides (exemplej Simulium schoutedenj- peu sensible au téméphos) nravaient pas été téstées avant traitement. Elles proviennent peut-ôtre de biotopes écolo- giquement différents et ne yerrr'ertt- se développer sur les gîtes à que lorsque 1es espèces plus eompétitives ,"1- éré éliminées S. damnosum Si ce schéma se révélait juste , il est difficile de prévoir quelles seraient 1es espèces de remplacement et quelles seraient leurs provenances dans Ie cas dtemploi d'insecticide très toxiques. aI V. Conclusions. est suivi avant les Dans 1e cas de gîtes non-isolés r ltarrêt des traiEements insecticides d'un recouvrement rapide'de la situation faunistique qui prévalait traitements. Ce recouvrement est dû : - soit à des populations résiduelles - soit à des réinvasions à partir de zones refuge ou réservoirs. I1 ne nous paraît pas judicieux de retenir en tant que réservoirs: - les imagos émergés lors des épandages. -Ies zones situées en dehors du programme de 1utÈe contre lroncho- cercose. La première catégorie intervient à trop long terme .. Des except,ions seraient très courts ou bonsvoiliers trop courÈ terme eÈ 1a seconde à faire pour 1es taxons à cycle a En revanche , les zones non traitées ou sporadiquement traitées à lrinsecticide constituent à nos yeux , dtexcellenEs reservoirs poÈentiels IsurtouÈ parc{Cue la faune présente esÈ 1a même t.axinomiqueement que celle des biefs traités et se trouve être biologiquemenE la. mieux adaptée à la rivière considérée. I1 apparaît de plus en plus à ltheure actuelle , guê si nous évaluer assez précisément lraction des différents insecticides , nous sans doute sous estimé les potentialités de recouvremenÈ biotiques des traitées Les zones refuges constiEuées par les petits affluenLs non traités pourraient également consEituer d'excellents réservoirs pour une éventuelle re- colonisation dans 1a mesure où leur faune est capable de stauEo-entretenir, crest- à-dire qufils ne sont pas recolonisés au moment de leur remise en eau par des Insectes provenant. des zones traitées avec un insecÈicide peu toxique. , avons pu avons zones Une telle constatation permet drêÈre moins sévère quant, aux critères retenus pour décider de 1a toxicité à court eE long terme des insecticides Rappelons cependant que deux critères de séIéction doivent êEre impérativement maint,enus : o tJ - les déséquilibres biocénotiques ne doivent pas ent,raîner 1a disparition des poissons et des ,r".d.r"tacés. I - la réinstallation des'prédateurs de Sirnulies doit être rapide après lrarrêt des traitemenÈs. 47 après arrêt & carterr des rivières Au vu des cinétiques de recolonisaÈion des biefs traitements , il semble que le ÈraitemenÈ minimal et ilàdes soi t les mis - le mode de recolonisation des affluents traités à f insecticide . 11 s'agit de déterminer si développé des formes de résistance à la sécheresse se fait par les adultes provenant des biefs traités à développer . Cela signifie qu'il fauÈ mulriplierrquanr faire se peur,/ zones et les périodes non t,raitées. Cette t,act,ique devra être dtauÈant plus en oeuvre , guê lron utilisera des insecticides très toxiques. En touE état de cause_ , il est des plus probables que le problème de recolonisation des zones traitées est très complexe et que les "reservoirs" _ à-. -.qui contribuent*ltalimenter var.ient selon 1es groupes taxinomiques voire selon-les espèces eL aussi selon Ia toxiciÈé de lrinsecticide employé. Un certain nombrê de recherches menées selon plusieurs directions devront êÈre entreprises pour mieux apprécier 1es potenÈialités de recouvre- menË des sÈocks drfnsectes sur les biefs touchés par les épandages. La base de ces recherches est 1'établissement deff cartes de réparti- tion géographique des espèces ainsi que leur zonation écologique dans les cours dreau. Le niveau taxinomique requis devant être le plus fin possible afin de séparer dtévent,ue11es sous-espèces qui ont divergé du fait drune adaptation à des milieux particuliers Une fois ces bases acquises , nous recorrnandons d'éÈudier: - lfimportance du nombre de gîtes colonisés par la majorité des Insectes lotiques par rapport aux nombres de gîtes touchés par f insecticide, ainsi que 1a liste spécifique et la st.ructure des peuplements qui sty développent. - les vitesses cides t,rès toxiques après de recolonisation des biefs t,raiEés avec arrêÈ des Èraitements . Cela devrait être temporaires de bassins certaines espèces ont ou si 1a recolonisat.ion des insecEi- fait en 4t4 plusieurs saisons et en considéranE ltisolement des biefs - la sensibilité des insectes vis-à-vis des pesticides employés. - les poÈentialités de recouvrement lors de ltalternance des insecticides ( cf. rapport séparé) 4; BIBLIOGRAPHIE DEJOUX (C.), 1979 - Recherches préliminaires concernant Iraction du Bacillus thuringiensis israelensis de Barjac sur la faune des inverÈébrés dtun cours dteau tropical DEJoUx (C.), TROUBAT (J.J.),I976 - Toxicité comparée de deux insecricides organophosphorés sur la faune aquaEiqh{non-cible, en milieu tropical. I Rapp. ORSTOM -Bouaké ,no1,6O pp multigrp. DEJOUX (C.), GrBON (F.M.), TROUBAT (J.J.), 1981 - rmpacr de six semaines de traitement.rau Chlorphoxime sur les invertébrés du bassin du Bandama. Rapp. ORSTOM-Bouaké ,no 41,27 pp. multigrap. ELOUARD (J.M.),FORGE (P.) , L977 - Action de lrAbare sur Ies invertébrés aqua- Èiques II . 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World Health Organization (WHO) · Technical Documents
Réflexion sur les potentialités de récolonisation des briefs traités aux insecticides
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