World Health Organization (WHO) · Technical Documents

Etude migration dans le bassin de la Bougouriba : Burkina Faso

World Health Organization
View original document

The full text is hosted by the publishing organisation. lawenc.com indexes the metadata and links to the official source.

Full text

rlF WORD HF',ALTE ORGA}I'ISATION ORGANISATION MONDIAIÆ DE r.A SAIYTE (O.l{.s.) ONCHOCERCIASIS CONTROL PROGRAMME IN WEST AFRICA PROGRAMMEDELUTTECoNTREL'ONCHOCERCoSE EN ATRIQUE DE L'OUEST ÀtP I ,3. OFFICE NATIONAL D'AMENAGEMENT DES TERROTRS (O.N.A.T.) Oumar TRAORESociologue t SOMMAIRE .INTRODUCTION - CADRE DE L'ETUDE . METHODOLOGIE - DIFFICULTES RENCONTRES I. MOWEMENTS MIGRATOIRES PENDANT LES DIX DERNIERES ANNEES SANS LE BASSIN DE LA BOUGOURIBA AUTOUR DU VILLAGE DE ZOULO ET DANS CERTAINS VILLAGES DU PROJET VARENA/ONAT I.I. MIGRATIONS DE TRAVAIL 1.2 MIGRATIONS AGRICOLES 1.2.1. MIGRATIONS AGRICOLES ORGANISEES 1.2.2. MIGRATIONS AGRICOLES SPONTANEES I.3. SITUATION DE LA MIGRATION DANS LES VILLAGES TOUCI{ES PAR L'ENQUETE II. TRAITEMENT A L'IVERMECTINE II.I. CONNAISSANCE DE L'ONCHOCERCOSE PAR LES POPULATIONS I1.2. TRAITEMENT CONTRE L'ONCHOCERCOSE II.3 TRAITEMENT A L'IVERMECTINE M. CONCLUSION RECOMMANDATIONS ANNE)G : QUESTIONNAIRE D,ENQUETE CARTE DE SITUATION DE LA ZONE D,ETUDE INIRODUCTION L'onchocercose (ou cécité des riüères) est une maladie parasitaire transmise par une mouche "la simulie" et qui séüt dans une grande partie de l'Afrique de l,ouest dont le Burkina Faso. si cette maladie a longtemps été un fléau social et un obstacle au développement car à l'origine du dépeuplement de vastes zones à potentiel agricole certaiq aujourd,hui les résultats du Programme de Lutte contre I'onchocercose (o.c.P) sont satisfaisants grâce à un effort conjugué de la communauté internationale. En effet, la lutte anti-vectorielle qui a corrmencé dans l,aire initiale de l,o.c.p (qui comprenait sept pays) a permis de maîtriser la maladie depuis son lancement dans les années 1974. La maîtrise de la maladie ne signifiant pas qu'elle est totalement supprimée, d,où la nécessité de mettre en place une stratégie de surveillance qui a donné naissance à un plan de dévolution. Par "Dévolution", il faut entendre le transfert de la responsabilité des actiütés de l,o.C.p. aux gouvernements nationaux afin de les aider à sauvegarder les acquis de l,o.C.p. par une surveillance épidémiologique active üsant à déceler précocement les foyers de recrudescence et à maîtriser celle-ci à l'aide de I'ivermectine ; ceci d'autant que la disponibilité de l,ivermectine en l9g7 avait mis à la disposition de I'o.c.P. et au grand bonheur des populations, un autre outil utile à la maîtrise de la maladie. C'est dans ce contexte que s'inscrit la présente étude de migration dans le bassin de la Bougouriba @urkina Faso) ; précisément dans les villages situés dans un rayon de l0 km autour de zoulo (département de Zarrbo) qui s'est avéré être un foyer de recrudescence selon Ies dernières évaluations de I'o'c.P. ; ainsi que dans certains villages de l'ex-AW (Aménagement des vallées des volta) situés dans I'aire d'intervention du Projet VARENA/oNAT (valorisation des Ressources NaturelleÿOffi ce National d,Aménagement des Terroirs). cette étude a donc pris en compte aussi bien les vilrages anciennement évarués par,o.c.p.que de nouveaux ü'ages (au totar 20 vilrages dont l2ülrages o.c.p.). Les objectifs poursuiüs par cette étude se résument comme suit : - vérifier res mouvements migratoires pendant res dix demières années deshabitants du Bassin de la Bougouriba autou r de Zoulo ; - vérifier si ces habitants ont été traités à r,ivermectine entre I ggg et 1994 ; - faire une cartographie des üllages de la zone ; - faire des recommandations pour s'assurer de la disponibilité des population à respecter larégularité des traitements en cas de traitement communautaire à r,ivermecting et à contribuer auxactions de dépistage et de surveillance. CADRE DE L'ETUDE Les enquêtes se sont déroulées principalement dans le bassin de la Bougouriba @rovince de IaBougouriba) et ont porté sur 20 vilrages au totar, soit g.1g2 indiüdus. Le tableau No I illustre cela TableauN"t-@ Panni la population enquêtég on avait 50,4 yode sexes mascurins contre 49,6 yode sexesfeminins. Nom du village no Village Population enquêtée 381 o//o Département dont relève le lillagervrouvrolo 2Sinkiero * 4 Zantbo 3 196Kimpeo,r< 24 Tiankoura4 137Foroteon Tansabla 1.7 il t0 10.3 il t1Dersan - lqrgper 542 66 Zanbo I 1S1 2,3 ,t t3 254Korbè 31 Zambo t4 367Nableteon 45 ll l5 419l§bon CboZôOorrn- t<orompari -- Zoulo * 5.1 I t6 489 6 ll l7 4R6 5.9 5096 5493 Bonko * 718 8.8 r 2n? a 6.6^.panKDré r - <AOA Bontioli * Habré * 5496 )z+ I ll 177 4,1 I 5497Zanbo/H,r - - Vl(Koropn6n) * 646 7.9 il 5500 155 1.9 Zambo 5501Bobra-GosoT - 414 5l 94guéré 5502 326V2 (Pabon) * 4 Zantbo 5503Total 446 54 Guéeuéré 8.196 100 844 I Cette population se répartiepa"r groupe d,âge comme suit : Tableau No 2 METHODOLOGM Pour atteindre les objectifs üsés par l'étudq la méthodologie utilisée s,est articulée autourde deux points essentiels. Elle a consisté d'abord à une analyse documentaire et à l,élaboration d,un questionnaire. Ensuite ce fut une reconnaissance des üllages concernés et une prise de contact avec resresponsables administratifs, le personnel de la santé, les chefs coutumiers de ces vlrages pour resinformer et les preparer à mobiriser ra popuration pour res enquêtes. cette étape a permis enfin de tester re questionnaire éraboré à cet effet. -a 99 Total II s'agissait ici, des enquêtes proprement dites sur re terrain. Les enquêtes étaientessentiellement basées sur des questionnaires indiüduels adressés en priorité aux familres qui ontfait I'objet d'r'rne évaluation soit par lacoordination Nationare de Dévorution soit par l,o.c.p. pource qui concerne les villages o'c'P', et à toutes les familles prises au hasard dans les villages ,,nonO.C.P.,, selon leur disponibilité. Au total 20 villages ont été touchés par l'enquêt e (12 ullages o.c.p et g villages non o.c.p) soit autotal8.l92 indiüdus. Dans les villages o'c'P, il s'agissait à travers les numéros indiüduels attribués par l,o.c.paux familles et indiüdus, de les identifier et les enquêter. En plus de ces questionnaires, des entretiens collectifs ont eu lieu dans les villages touchéspar l'enquête pour identifier la contribution que les popurations peuvent apporter pour une rutteefficace contre,onchocercose en cas de traitement communautaire. L'ensemble des informations recueillies, traitées et analysées a permis d,élaborer le présentrapport qui s'articule autour des points suivants : - les mouvements migratoires pendant les dix dernières années dans le bassin de laBougouriba autour du village de Zoulo ; - le traitement de l,onchocercose à lTvermectine ; - conclusion et recommandations. II a été fait appel à des enquêteurs qui connaissaient parfaitement l'une des langues parlées (DAGARA LoBru, poucoul.l...) la zone et qui parlaient DIFFICT]LTE S RENCONTREE S La période des enquêtes a corncidé avec le début des récoltes ce qui rendait diffcile la mobilisation de la population dans certains villages ; c'est ce qui explique en partie le fait que certaines familles dans les villages O.C.P. n'ont pas participé aux enquêtes. Il faut souligner aussi que lazone d'enquête a une grande particularité qui nous a obligé à reporter à plusieurs reprises les enquêtes dans certains villages. En effet, lorsqu'il y a un décès dans un village, presque tous les habitants de ce village et même ceux des villages environnants üennent assister aux funérailles qui peuvent durer deux à trois jours ; pendant ce temps, il est difficile de mobiliser quelqu\.rr1 ce qui oblige à respecter le temps social des populations pour plus d'efEcacité. Dans certains üllages, 11 a été difficile de mobiliser toute la famille entière, les informations ont été recueillies auprès des membres présents @ère, Mère). La mobilité de la population dans la zone pour des raisons diverses (migration de travail vers le Ghana, la Côte d'Ivoire ... absence pour cause de funérailles) n'a pas permis de recueillir des informations utiles sur certains qui étaient positifs. I. MOIryEMENTS MIGRATOIRES PENDANT LES DD( DER}IIERES A}INEES DAI{S LE BASSIN DE L-{ BOUGOURIBA ESSENTTELLEMENT AUTOT]R DU VILI,AGE DE ZOTILO ET DANS CERTAINS VILL{GES DU PROJET VARENÀ/ONAT Les mouvements de population dans I'espace peuvent jouer un rôle notable dans la transmission de la maladie. Dans le cas de I'onchocercose, le déplacement de populations d'une zone à risque vers une avtre zone où la maladie semble être maîtrisée peut expüquer en partie la recrudescence de celle-ci par sa transmission d'un sujet contaminé à un sujet sain. Les populations de la zone d'étude se caractérisent par un phénomène de mobilité à travers l'histoire; le mouvement migratoire aurait débuté au 13è siècle à partir du Ghana et se serait poursüü au delà du fleuve Mouhoun @urkina Faso). ces mouvements migratoires qui se sont poursuiüs jusqu'à nos jours, obéissent à la même contrainte historique: la recherche de terres fertiles. Les différents mouvements de population ont connu de nombreuses fluctuations en fonction des raisons diverses qui en étaient les causes: guerre tribales, impôts de capitation et travaux forcéq réduction des terres fertiles. A la veille des indépendances, d'autres ÿpes de mouvements migratoires vont apparaître; 1 D'une façon généralg on distingue deux principaux types de migration dans le bassin de la Bougouriba: - les migrations de travail ; - et les migrations agricoles. Ll. Mierations de travail Ce type de migration est essentiellement dirigé vers la Côte-dÏvoire pour la majorité des migrants, ainsi que le Ghana voisin à cause des liens séculaires de parenté qui existent entre les populations de la zone et celles particulièrement du Ghana. L'évolution de ces migrations dans le temps montre que celles dirigées vers le Ghana se sont considérablement réduites. Par contre depuis les indépendances, les migrations vers la Côte d,Ivoire ont pris de l'ampleur. Pendant Ia période des enquêtes, on a constaté que dans les villages, parmi la population à enquêter, plus de lTYo avut migré en Côte d'Ivoire, près de 3,5Yo au Ghana plus de 30,70 dans une autre ville du Burkina comme le montre le tableau suivant : Tableau N" 3 Population absente au moment des enquêtes La majorité de celles-ci venait à peine de partir (moins d'un mois) les autres étant partis depuis plus d'un an. N'étant pas présents au moment des enquêtes, il était difficile de savoir toutes les raisons de leur déplacement et surtout la durée. Raison de I'absence Nombre d'individus Yo Dæédé I19 6.3 Emigré en Côte d'Ivoire 334 r7.8 Emigré au Ghana 65 3.5 Elqgé autre région du Burkina 7 0.4 Elèves - Etudiants 90 4.8 Absent raison de famille 60 3.2 Villes du Burkina 570 30.4 Autres raisons 630 33.6 Total 1.875 100 l0 Depuis un certain temps (année 1985) un vaste mouvement de jeunes tout sexe confondu (parfois des enfants de moins de 15 ans) est dirigé vers la vilre de Bobo-Dioulasso où ils y exercent des emplois domestiques pendant une période de lannée (en saison sèche). ll Les individus concernés sont en majorité du sexe masculin pour ce qui est de la migration vers les pays voisins. L'âge moyen des migrants en général varie entre 20 et 3e ans ; les raisons essentielles sont d'ordre farniüal. Les migrations de travail prélèvent donc une part appréciable de la force de travail de la zone. L2. Mierations aericoles Deux types de migrations sont enregistrés dans la zone avec pour principales motivations, recherche de meilleurs conditions de production: ce sont les migrations agricoles organisées et les migrations agricoles spontanées. L2.1. Misrations agricoles orsanisées Elles concernent les zones libérées de I'onchocercose et qui ont été aménagées par I'ex- Aw (Aménagement des vallées des volta) pour leur recolonisation. Les populations concemées sont surtout originaires des villages de la province de la Bougouriba ainsi que celles des régions surpeuplées du pays (plateau mossi) où il existe des problèmes de disponibilité en terres agricoles. Les villages concernés dans cette catégorie et qui font l'objet de la présente enquête sont: Ie Vl (KOROGNON) etley2 (PABOI.D L2.2. Misrations asricoles snontanées Il s'agit essentiellement des mouvements de populations autochtones @agara surtout) venues des villages voisins relativement suqpeuplées (Dano, Dissiq Guéguére) à la recherche de terres fertiles. Cette migration a repris de l'ampleur cette dernière décennie. Le problème de disponibilité de terre oblige constamment les populations de ces villages à rechercher des terres dans les terroirs autour de Zoulo. Ces terroirs avaient été abandonnés à cause de l'onchocercose; avec l'éradication de la simulie rendue possible gràce à la lutte anti-vectorielle de l'OCp, leur recolonisation se fait diftremment que dans les villages A.V.V. iciil faut s'adresser au chef de terre pour pouvoir s'installer. L2 Il y a aussi les migrants agricoles originaires du nord du pays exclusivement cultivateurs mossi accompagnés d'un groupe de dépendants de sept à dix personnes. on enregistre également les migrants peulhs dont le nombre augmente en saison sèche. En dehors des üllages AW tous les autres villages sont concernés surtout zoulo et Mouüolo. t3. Dans les villages, 76 Yo de la population enquêtée sont des natifs ou résidents de plus de l0 ans contre 24Yo qui sont des non natifs. Ce pourcentage est de76,6Yo et27,4oÂpour les villages ocP; 80,4 et l6,6pour les autres villages. Parmi la population enquêtég seulement 4 %o ontvécu au moins 6 mois hors de leur village respectifau cours des dix dernières années. 30Âpour les villages OCp 5,3o pour les autres villages Il existe néanmoins de multiples déplacement dont la durée varie de 1 à 3 mois selon les cas. Les raisons du déplacement sont par ordre d'importance le travail, la famille et autres. Les pays de séjour sont respectivement la côte dÏvoire (le plus grand nombre de migrants) le Ghana et d'autres régions du Burkina. Les principales actiütés pratiquées sont I'agriculture, le commerce et les emplois domestiques pour ceux qui vont particuüèrement dans res grandes vilres. La durée de séjour dans les pays d'accueil varie entre 6 mois et 2 ans;on note aussi des départs de longue durée (au moins l0 ans) et des départs définitifs. l3 Dans ce üllage de Zoulo,52 familles devaient être enquêtées soit une population totale de 726 habitants ; mais ce sont 51 familles qui ont été enquêtées soit une population de 7lg personnes. Il faut faire remarquer au passage que l'analyse des résultats de Zoulo a tenu compte des indiüdus qui n'ont pas repondu à certaines questions. Dans ce üllage de Zottlo, plus de 90 Yo de la population enquêtée sont des natifs contre 5,3 o denon natifs. Pour les non natifs, seul un indiüdu a pour üllage d'origine Accra (Ghana), sinon les autres üennent du bassin de la Bougouriba (entre autres des villages de Kokolib ou, Zarrbo, yokiare etc...). Les raisons du déplacement évoqué sont par ordre d'importance le mariage (plus de 65 oÂ), puis la famille fulus de l0%) et le reste, la recherche de terres fertiles. Parmi les non natifs, seulement un indiüdu a vécu ailleurs hormis le village de Zoulo au cours des dix dernières années ; plus de 90 o avuentleur üllage ou leur lieu de travail à proximité d'un cours d'eau. Quant à la population native, un peu plus de 5 Yo ontvécu au moins 6 mois hors du village au cours des dix demières années. Les pays de séjour sont par ordre d'importance I'intérieur du Burkina @anfora Bobo- Dioulasso, etc...), la Côte-d'Ivoire, puis le Ghana. Les principales actiütés pratiquées sont I'agriculture (plus de 60 oÂ),le commercg la pêche et les emplois domestiques. La majorité de ces migrants (plus de 80 %) avait leur lieu de travail proche d'une riüère dans les zones d'accueil. La durée moyenne de séjour varie entre 6 mois et plus de deux ans. t4 ISelon les informations recueillies auprès des villages, le traitement à l,ivermectine peut être situé entre 1989 et 1995. En outre il n'a jamais existé de traitement communautaire. IL1. Connrirronaa d" I'oraho....or" ,r" 1., oorulutiom Les populations dans leur ensemble ont une faible connaissance de l,onchocercose ; jusque- là; beaucoup ignorent que cette maladie est transmise par une petite mouche (la simulie). Cette affrmation doit être nuancée car bien que liant la maladie à la proximité des riüères, beaucoup sont encore incapables de reconnaître la simulie. Il faut dire que cette situation est née parce que la lutte antivectorielle aurait permis à un moment donné de faire disparaître la simuüe; si bien que ce sont les populations anciennement installées dans les zones où séüssait I'onchocercose qui sont en mesure de reconnaître la simulie. C'est ainsi que dans certains villages on est allé jusqu'à affirmer que la simuüe pique aussi bien de jour que de nuit, faisant ainsila confusion entre la simulie et le moustique. De façon générale, les populations reconnaissent les que simulies sont abondantes pendant les périodes de bonnes pluüométries où les cours d,eau sont en crue. Ce sont surtout les nuisances dues aux piqûres de la mouche qui sont décrites par la population (piqûres douloureuses suiües d'écoulement de sang lorsqu,on gratte suite aux démangeaisons). Toujours au niveau de la connaissance de l'onchocercose, lors des entretiens collectis il est ressorti que la population a du mal à faire la relation entre la maladie et la simulie. Les démangeaisons, les §stes, les maux d'yeux sont attribués soit à l'eau ou à des végétaux qui seraient responsables de ces maux. Il est ressorti aussi qu'il y a une recrudescence des l5 simulies surtout en année de bonne pluüométrie depuis l'arrêt des traitements anti-vectoriels exécutés par I'O.C.P. 16 Les villages les plus touchés sont ceux de ll'ex-AW, et les villages qui sont situés le long de la Bougouriba (Zoulo, Mouüolo, Bobra-Gogo, etc...). Tableau No 4 Répurtition dr lu populution p* grorp. d'âg. r.lo, qu'"ll. ro*uît en pas I'onchocercose. De ce tableau, il ressort que plus de 50 o de la population enquêtée ne sait pas ce qu'est I'onchocercose (ne sont pas pris en compte la tranche d'âge de 5 à 15 ans où il est logique qu'un enfant ne sache pas ce qu'est I'onchocercose). Si I'on se place au niveau de la population traitég une bonne proportion même si elle est composée de beaucoup d'enfants de moins de l5 ans (38% enüron) ne sait pas bien qu'ayant été malade, ce qu'est I'onchocercose. Pour les üllages OCP 36,7Yo seulement savent ce qu'est l'onchocercose contre 28,6%o dars les autres üllages. Connaissance ONCHO OUI NON Classe d'âge <5ans 10 1.15 1 5-15ans 241 1.937 t5 -20 203 297 20 -30 450 333 30-50 857 543 50-99 540 3t7 99 2 N Total 2303 4.596 % 33.4 66,6 t7 IL2. Traitement contre lonchocercose Pour I'enquête sociologique, on est parti de I'hypothèse que les personnes qui ont reçu un traitement contre I'onchocercose sont supposés être des cas positifs. En effet, c,est au cours des évaluations qu'une personne est déclarée positive à partir des rézultats des snips et peut par conséquent bénéficier d,un traitement quelconque. Pour I'ensemble des villages, seulement 4,5 o de la population a reçu un traitement contre I'onchocercose. De façon générale,le traitement est fait àlanotézne (entre l9g0 et 1995) à l,ivermectine (entre 1989 et 1995) et avec autres médicaments. Tableau No 5 No Villaees Nombre drfndivid Yo 2 9S 30.6 J 7 2,2 4 30 9.3 10 4 1.2ll ) 0.6 l3 1 0.9 15 1 0.3 5096 39 t2 5493 2 0,6 5494 1l 3.4 5496 4 1.2 5597 6 1.9 5500 7 2.2 5501 63 19.4 5502 22 6.8 5503 24 7.4 Total 324 100 l8 La population qui a reçu un traitement contre I'onchocercose est disséminée dans 16 villages sur les 20 enquêtés, soit 12 villages o.c.p. et 4 illage non o.c.p. Les villages de MoLwoLo, Vl (Korognon) etZoulo sont les plus touchés avec respectivement 30,6 yo, lg,4 o et l2o de I'ensemble. t9 Plus de 960 de la population qui a reçu un traitement üent des villages OCP ce qui permet d'affirmer que le choix de ces villages a été fatt sur la base de critère bien élaborés. Ce sont en général des üllages qui sont proches des principaux cours d'eau et dont la population est en contact permanent avec les simulies au cours des travaux agricoles. Cette population est composée de 58,3 oZ de sexe masculin contre 41,7 Yo de sexe ftminin. Tableau No 6 Répartition de la population traitée par âge Comme pour I'ensemble de la population traitée, la tranche d'âge de 30-50 ans est la plus touchee (44,3%). Ce tableau fait ressortir la répartition de la population traitée par groupe d'âge; son analyse permet de voir que la tranche d'âge des 30 - 50 ans est la plus touchée. Le pourcentage des enfants de 5 - 15 ans est quand même élevé (16oÂ). 87 o de cette population traitée sont des agriculteurs et près de 87 Yo avuent leur lieu de travail près d'un cours d'eau. La population traitée est composée à plus de 65 o de natifs et 8,7 0Z seulement de celle-ci a vécu au moins 6 mois à I'extérieur hors de leur üllage au cours des 10 dernières années; les pays de séjour sont par ordre d'importance la Côte d'Ivoire, le Ghana et I'intérieur du Burkina (Région de Banfora, Frontière de la Côte d'Ivoire). Les actiütés pratiquées dans les pays d'accueils sont principalement I'agriculture (travail dans les plantations, champs de coton etc...), la pèche et autre actiüté. Classes d'âge Nombre d'individus o 5-15ans 52 l6 15 -20 24 7.4 20 -30 33 r0.2 30-50 141 43.5 50-99 74 22.8 Total 324 100 20 IL3. Traitement à I'ivermectine La disponibilité de l'ivermectine (Mectizan) depuis 1987 amis à la disposition de I'OCP un outil efficace de lutte contre I'onchocercose. Jusque l4 le traitement à l'ivermectine s'est effectué après des évaluations de la maladie dans les cas où une personne est déclarée positive. On peut situer le début du traitement à l'ivermectine dans le bassins de la Bougouriba à 1989. Ce traitement a jusque là concerné que les onchocerquiens dépistés dans le cadre de la surveillance épidémiologique par I'OCP ou par la coordination nationale. Le traitement par les communautés elles-mêmes n'a pas encore été initié; c'est ce qui ressort des ' I entretiens avec la population. p'ailleurc, au cours des enquêtes, la population exprimait parfois des difficultés à reconnaître l'ivermectine, on a dû demander la couleur, les effets secondaires après la prise. Ces informations corroborées aux résultats des dernières évaluations ont été nécessaires pour éüter beaucoup d'incompréhensions. Au niveau de la population traitée, 67,7 yo l'ont été à l'ivermectine. Itr CONCLUSIONS Aux termes de cette étude migratiorq on peut relever que près de76Yo dela population enquêtée sont des natifs ou résidents de plus de 10 ans et que seulement 4 Yo ont été vécu au moins 6 mois hors de leur village respectif au cours des dix dernières années. De même 4Yo de la population a reçu un traitement contre I'onchocercose; cette population traitée est composée de 58,3 o/o de sexe masculin contre 41,7 o de sexe ftminin. 2t 8,7 o/o seulement de cette population avec au moins 6 mois à l'extérieur au cours des dix demières années. Près de 68Yo de la population traitée l'aétéà l'ivermectine entre 1989 et 1995. Au we de ces informations, une conclusion s'impose, s'il y a recrudescence de la maladie, il est difficile d'établir que cela est le fait de la migration. Par contre ce qu'on peut afErmer c'est que la population signale çà et là la présence de simuües qui du fait de ses nuisances peut être en frein pour le développement socio-économique de lazone. Pour faire face à cette recrudescence, la population souhaite qu'on reprenne les traitements aériens à défaut trouver un médicament qui pourrait prémunir l'ensemble de la population. Pour cela, elles sont prêtes à se mobiliser dans les villages et à sensibiliser les personnes recalcitrantes. En cas de traitement communautaire, les recommandations suivantes peuvent être formulées: - Compte tenu de la faible connaissance de la population étudiée sur I'onchocercosg il serait important de procéder à une information-éducation des populations sur I'importance de la prévention de I'onchocercose par le traitement à I'ivermectine; en effet, dans leurs recommandations, les populations souhaiteraient la reprise de la lutte anti-vectorielle comme par le passé. A défaut de cette lutte, elles sont prêtes à sortir désormais massivement lors des dépistages afin qu'on soigne les malades déclarés. - Conformément aux objectifs poursuiüs par la dévolutioq les personnels des centres de santé dewont être impliqués activement dans l'éducation des communautés affectées zur la prévention de l'onchocercose lors des traitements communautaires. 22 - En cas de traitement communautaire, les populations souhaitent qu'on associe les agents communautaires de santé des üllages. 23 Mais pour cel4 il ne faudra pas perdre de vue que l'intervention d'un personnel spécialisé est incontournable. La participation communautaire doit être perçu comme un appui des populations (les agents communautaires de santé villageoise) aux actiütés d'information et de sensibilisation de I'ensemble de la population. Compte tenu du niveau d'organisation de chaque üllage, le traitement communautaire n'est possible que dans les villages A.V.V. avec une responsabilisation totale des responsables de ces villages. Pour les autres üllages, la programmation doit tenir compte du temps social et des ' É coutumes de la zone (funérailles surtout). En cas de traitement communautaire, et pour plus d'efficacité, il faudra nécessairement associer les responsables de l'Administration @réfet...), les agents des services techniques J 6écentralisés (CRPA, Enüronnement et Tourisme, Centres de santé...), les animateurs du Projet VARENA. Le traitement dewa prendre en compte tous les üllages qui ont fait lobjet de I'enquête ainsi que certains autres pour que des villages ne se sentent pas délaissés. 24 i

Key facts
Document type Technical Documents
Adoption date
Source World Health Organization