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Rejection of hypothesis associating an experimental polio vaccine with the origin of HIV = Rejet de l’hypothèse d’une association entre un vaccin antipoliomyélitique expérimental et l’origine du VIH

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Rejection of hypothesis associating an experimental polio vaccine with the origin of HIV Background Since the beginning of the AIDS epidemic, there has been much speculation in both the scientific literature and in the popular press on the origin of the human immunodeficiency virus (HIV). One such theory, first put forward about 10 years ago, was that HIV was initially spread through contamination of an experimental attenuated type 1 oral polio vaccine virus strain called CHAT, developed at the Wistar Institute in Philadelphia, and produced only at Wistar and at Recherche et industrie thérapeutiques (RIT), Belgium. CHAT was used during vaccination campaigns conducted in the Congo (then a colony of Belgium) between 1957 and 1959. The theory alleged that some lots of the vaccine were manufactured using chimpanzee kidney cells, causing contamination with a relative of HIV – simian immunodeficiency virus (SIVcpz) – which was said to have infected vaccines and transformed itself into the HIV known today. The theory also contends that early cases of AIDS in Zaire (now Democratic Republic of the Congo) occurred within close proximity of vaccination sites where CHAT vaccine was used.

Rejet de l’hypothèse d’une association entre un vaccin antipoliomyélitique expérimental et l’origine du VIH Historique Depuis le début de l’épidémie de SIDA, l’origine du virus de l’immunodéficience humaine (VIH) a donné lieu à d’abondantes spéculations aussi bien dans la littérature scientifique que dans la presse grand public. Une de ces théories, avancée pour la première fois il y a une dizaine d’années, était que le VIH avait été à l’origine propagé par contamination d’une souche expérimentale de virus poliomyélitique de type 1 atténué servant à la préparation du vaccin buccal, baptisée CHAT, développée à l’Institut Wistar de Philadelphie et produite uniquement à Wistar et Recherche et industrie thérapeutiques (RIT), Belgique. Le vaccin CHAT a été utilisé lors de campagnes de vaccination menées au Congo (alors colonie belge) entre 1957 et 1959. Selon cette théorie, certains lots de ce vaccin auraient été fabriqués à partir de cellules de rein de chimpanzé, entraînant une contamination par un virus parent du VIH – le virus de l’immunodéficience simienne (VIScpz) – dont on pensait qu’il avait infecté des personnes vaccinées et s’était transformé en VIH, le virus connu aujourd’hui. La théorie veut également que les premiers cas de SIDA apparus au Zaïre (désormais République démocratique du Congo) soient survenus à proximité immédiate des sites de vaccination où le vaccin CHAT avait été utilisé.

New scientific findings A meeting was held at the Royal Society in London in September 2000, to examine available evidence for the origin of HIV. Several hypotheses were considered. The following evidence and scientific findings presented to the Royal Society allow rejection of the hypothesis that an early experimental oral polio vaccine was the origin of HIV: — Using ultrasensitive molecular methods, early samples of the experimental CHAT polio vaccine (which have been in safe storage since the late 1950s) have recently been tested, and were found negative for HIV and SIV. — The same samples also tested negative for chimpanzee DNA. This finding refutes the allegation that chimpanzee kidney tissue was used to prepare the experimental CHAT vaccines that were tested. Contemporaneous documents show that macaque monkey cells, not chimpanzee cells, were used to produce the vaccine. Macaque monkeys derive from Asia and are not naturally infected with SIV. — Many persons present at the meeting with first-hand knowledge of the situation at the Wistar Institute and the RIT laboratories in Belgium, where the CHAT vaccine was manufactured, deny categorically that chimpanzee cells were ever used to produce the vaccine. 406

Nouvelles constatations scientifiques Une réunion a été organisée à la Royal Society de Londres en septembre 2000 pour examiner les données disponibles sur l’origine du VIH. Plusieurs hypothèses y ont été étudiées. Les données et constatations scientifiques suivantes présentées à la Royal Society permettent de rejeter l’hypothèse selon laquelle un vaccin antipoliomyélitique buccal expérimental aurait été à l’origine du VIH: — Des échantillons du vaccin antipoliomyélitique expérimental CHAT (qui avaient été soigneusement conservés depuis la fin des années 50) ont récemment été testés au moyen de méthodes moléculaires ultrasensibles et se sont révélés négatifs aussi bien pour le VIH que pour le VIS. — Les mêmes échantillons ont également donné des résultats négatifs pour l’ADN de chimpanzé. Cette constatation réfute l’allégation selon laquelle des tissus de rein de chimpanzé auraient été utilisés pour préparer les vaccins expérimentaux CHAT qui ont été testés. Des documents de l’époque montrent que l’on a utilisé des cellules de macaque et non de chimpanzé pour produire le vaccin. Or les macaques proviennent d’Asie et ne sont pas naturellement infectés par le VIS. — De nombreuses personnes présentes à la réunion et directement au courant de la situation à l’Institut Wistar et dans les laboratoires de l’Institut royal de médecine tropicale de Belgique où le vaccin CHAT a été fabriqué nient catégoriquement que des cellules de chimpanzé aient jamais été utilisées pour produire le vaccin. WEEKLY EPIDEMIOLOGICAL RECORD, NO. 49, 8 DECEMBER 2000

— Assertions that CHAT vaccine was produced in what was then the Belgian Congo, using tissue from a chimpanzee colony near Kisangani, are denied by persons directly involved in the trials. No documentary evidence has ever been produced to prove that CHAT vaccine was produced in Africa. — Phylogenetic data from 3 laboratories suggest that HIV first entered the human population around 1930, well before the CHAT vaccine trials of the 1950s. Also, there is substantial laboratory evidence to show that the SIV strains most closely related to HIV-1 were not found in Congo but in West Africa. — Experiments carried out in several laboratories showed that the process used to manufacture the vaccine could not have permitted the experimental vaccine to be contaminated with SIV or HIV. Production of the experimental vaccine included treatment with trypsin (a powerful proteolytic enzyme), freezing, thawing and filtration, each of which is known to destroy or remove SIV or HIV. — Early cases of AIDS in Zaire were detected in cities, where sexual transmission was more likely and where medical surveillance was better. The assertion that early AIDS cases occurred in close proximity to previous vaccination sites using CHAT vaccine was also contradicted by the demonstration of crucial errors in the information used to support the putative association. — Vaccination trials conducted in the United States and in Europe with the same lots of CHAT vaccine cannot be associated with the early occurrence of AIDS cases.

— Les affirmations selon lesquelles du vaccin CHAT aurait été fabriqué en ex-Congo belge, à partir de tissus provenant d’une colonie de chimpanzés proche de Kisangani, sont réfutées par les personnes ayant participé directement aux essais. Aucune preuve écrite établissant que le vaccin CHAT a été fabriqué en Afrique n’a jamais été produite. — Les données phylogénétiques provenant de 3 laboratoires suggèrent que le VIH a pénétré pour la première fois la population humaine aux alentours de 1930, c’est-à-dire bien avant les essais du vaccin incriminé dans les années 50. D’autre part, il existe suffisamment de données de laboratoire montrant que les souches de VIS les plus proches du VIH-1 n’ont pas été trouvées au Congo mais en Afrique occidentale. — Les expériences pratiquées dans plusieurs laboratoires ont montré que la méthode de fabrication utilisée n’aurait pas permis la contamination du vaccin expérimental par le VIS ou le VIH. La production du vaccin expérimental comportait un traitement à la trypsine (enzyme protéolytique puissante), la congélation, la décongélation et la filtration, chacune de ces étapes étant connue pour détruire ou supprimer le VIS ou le VIH. — Les premiers cas de SIDA décelés au Zaïre l’ont été dans les villes, où la transmission sexuelle était plus probable et où la surveillance médicale était meilleure. L’affirmation selon laquelle les premiers cas de SIDA se sont produits à proximité d’anciens sites de vaccination où le vaccin CHAT aurait été utilisé ont aussi été contredits par la révélation d’erreurs cruciales dans l’information utilisée pour soutenir l’association putative. — Des essais de vaccination effectués aux Etats-Unis et en Europe au moyen des mêmes lots de vaccin CHAT ne sauraient être associés à l’apparition des premiers cas de SIDA.

Conclusions The new findings presented at the Royal Society meeting are consistent with previous epidemiological, biological and virological evidence, and strongly contradict the hypothesis on the origin of AIDS put forward. Rumours linking the use of vaccines to negative health events, but especially to AIDS, can seriously damage immunization programmes, since they undermine the acceptance of all immunization efforts. This negative impact is particularly unfortunate in Africa, where thousands of children still die every year of vaccine-preventable diseases, and where progress in the control and eradication of these diseases is most urgent. It is important to differentiate between the early, experimental CHAT vaccine and the modern oral polio vaccine (OPV) used today. Using OPV, the global campaign to eradicate polio has achieved a 95% decrease in the number of polio cases worldwide since it was launched. Polio eradication is progressing well in Africa. However, achieving global polio eradication will largely depend on further intensifying supplementary OPV immunization to interrupt transmission of wild poliovirus in key areas of western and central Africa. Ⅲ RELEVE EPIDEMIOLOGIQUE HEBDOMADAIRE, No 49, 8 DÉCEMBRE 2000

Conclusions Les nouvelles constatations présentées lors de la réunion de la Royal Society correspondent aux données épidémiologiques, biologiques et virologiques dont on disposait déjà et qui démentissent formellement l’hypothèse sur l’origine du SIDA qui a été avancée. Les rumeurs reliant l’utilisation de vaccins à des manifestations indésirables, mais plus particulièrement au SIDA, peuvent porter un préjudice grave aux programmes de vaccination, car elles minent la confiance dans les efforts de vaccination dans leur ensemble. Cet impact négatif est particulièrement regrettable en Afrique où des milliers d’enfants meurent encore chaque année de maladies évitables par la vaccination et où les progrès de la lutte contre ces maladies et de leur éradication sont les plus urgents. Il est important de faire la différence entre le vaccin expérimental CHAT du début et le vaccin antipoliomyélitique buccal moderne utilisé aujourd’hui (VPO). La campagne mondiale d’éradication de la poliomyélite au moyen du VPO a permis de réduire de 95% les cas de poliomyélite dans le monde depuis son lancement. Les progrès sur la voie de l’éradication sont satisfaisants en Afrique. Toutefois, l’éradication mondiale dépendra en grande partie d’une intensification de la vaccination supplémentaire par le VPO afin d’interrompre la transmission du poliovirus sauvage dans des zones clés d’Afrique centrale et occidentale. Ⅲ 407

Key facts
Document type Journal articles
Adoption date
Source World Health Organization